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Full text of "Cinéa (1921)"

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THE  MUSEUM 
OF«ftDEflNART 


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Digitized  by  the  Internet  Archive 

in  2012  with  funding  from 

Media  History  Digital  Library 


http://archive.org/details/cina21pari 


i 


Numéro   1 
6  Mai  1921 


■^  £ •  •£•  Hebdomadaire  Illustré  4  4  4 
L.  DELLUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
io.  Rue  de  l'Elysée,  Paris  :-:  Tél.  :  Élys.  58-84 


NORMA  TALMADGE 

La  forte  et  séduisante  star  de  tant  de  drames  d'écran  reparait 

cette  semaine  avec  Dnus  la  Nuit.  Cette  image  la  montre  dans 

une  scène  de  L'Ile  Déserte  (The  isle  of  conquest). 


Le  Numéro  :   2    francs 
Abonn'  un  an  :  75  francs 


les  meubles 

de 

francis   Jourdain 

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francis   Jourdain 

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n'est    pas   cher  : 
Deux   francs  . 

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Soixante  -  Quinze  Francs 

pour  52  Numéros 


Inutile  de  vous  dire  que   ces  conditions  étonnantes  d'abonnement 

ne   dureront  pas     » 


EVE  FRANCIS  habillée  par  GEO,  20,  rue  ,1  Aston 


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LE  STUDIO  nODERTIE,.. 

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THEATRE 

(Ex-GrêVin) 
Directeur:  Irénée  Mauget 

B3        83        m 

20   h.  30.  Le  Sentier  Secret, 

pièce  en  3  actes,  de  M.  Auguste  Villeroy. 

MmesH-  Melvyl 

C    Barré 


.  .  .       Marcelle 
Maria 
D.  Real Gilberte 


MM,  M.  Mayen  .  . 
de  Loisel  ■  ■ 


Jacques 
Hart 


La  Souriante  Madame  Tieudet, 

tragi-comédie  en  2  actes,    de  MM.  Denys 
Amiel  et  André  Obey. 

MmesGréta  Prozor 

C    Vallet 

Bl.  Peyrens 

C    Barré 

Desly Eugénie 

MM,  Jacques  Bau 
mer 

Coquillon Lebas 

Liausu Dauzat 


Mme  Beudet 
Gabnelle 
Marguerite 
Mme  Barré 


Beudet 


Vous  écrivez  bien, 
mais  H.  Compère 
1 4,  Rue   Henner 

copie    bien 


•  **• 

et  bien 

entendu 

vos    Cha 

peaux 

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PANIZON  ■ 

8, 

Rue  de 

Ponthieu 

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Vient  de  paraître 


Immense  succès 


MICHEL    GEORGES-MICHEL 


L'ÉPOQUE     TANGO 

II.  —  La  vie  mondaine  pendant  la  guerre 

LE    BONNET    ROSE 

Cahiers  d'une  Comédienne   :   Bordeaux  =   Paris  = 
Deauville  =  Rome  =  Pétrograd  =  Espagne  =  Riviera 

Voici  nn  réquisitoire  sans  pitié  contre  le  monde  de  la  noce  pendant  la  guerre  :  ministres  à 
Bordeaux,  petites  et  grandes  dames  à  Deauville,  étrangers  à  Paris,  Parisiens  à  l'étranger;  Nice, 
Biarritz,  Londres  ;  et  jusqu'aux  (êtes  à  Pétrograd,  à  Home  et  à  Madrid,  que  Michel  Georges- 
Michel  décrit  d'une  plume  amusante  et  féroce  et  qui  souvent  dévoile  d'étranges  côtés  de  1  Histoire. 

Un    volume     ■•■  ■      6  fr.  75 

avec    la    Table    des    noms   cités 
JJ  "L'ÉDITION",  4,    Rue  de  Furslenberg. 


Dans  une  belle  cité 
il  y  a  toujours 
un    bel    hôtel 


Exemple  :  à  Séville, 
l'hôtel  d'Angleterre 


A, 


.Ibum  officiel  du  Concours 
de  Beauté  des  Provinces  de 
France  (publié  par  le  Journal, 
édité  par  Comœdia  illustré). 
Dans  ce  magnifique  album 
seront  reproduits  les  portraits 
de  toutes  les  lauréates  du 
concours,  dans  leurscostumes 
régionaux.  Prix  de  souscrip- 
tion :  i5  francs.  Ce  prix  sera 
porté  à  20  fr.  dès  l'apparition. 
Adresser  demandes  et  man- 
dats au  Journal,  1 00,  rue  de 
.     ,  Richelieu    • 


Photographie 
=   d'Art  = 


Henri  Castera 


51.   Rue  de  Clichy 
PARIS 


cinea 


ÉDITIONS 

de  la  Bibliothèque  Universelle 
73,  boulev.  St-Germain,  Paris 
"Dernières  nouveautés  parues  : 

G    A-  Becquer 

LE     CHRIST 
à  la  tête  de  mort 

Un  beau  livre  traduit  de  l'Espagnol 
I    volume  in- 16 6    75 


Réponses  à  quelques  lettres 


R,  I_.  Stevenson 


L'étrange  aventure 
du  Docteur  Jekyll 

1    volume  in- 16      6.  75 


Pour  paraître  prochainement: 
Multaluli 

Max   Havelaar 

(Histoire   d'une    vie  aux    Indes 
Néerlandaises) 


Nicolo  Macchiavelli 


La  Mandragore 

(Nouvelle  traduction  intégrale). 


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francs    à 

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a    \ 

Petite  Star.  —  Mae  Murrav  est  l'in- 
terprète américaine  d'Anice,  de  Un  Déli- 
cieux petit  din hit-,  et  de  beaucoup  de  char- 
mantes comédies  où  elle  est  souvent 
remarquable  :  Mae  Murrav  est  française 
et  a  beaucoup  de  talent,  et  elle  l'a  prouvé 
dans  Papillons  et  dans  Li-Hang-le-Cruel, 
où  elle  fut  supérieure  à  bien  des  stars  plus 
célèbres.  Je  ne  sais  pas  pourquoi  elle  ne 
troune  pas  davantage.  Je  le  regrette. 

Poppy.  —  i"  Il  est  très  exagéré  de  dire 
que  les  intérieurs  du  Rêve  ont  été  tournés 
en  plein  air.  et  les  extérieurs  en  studio.  Il 
est  vrai  que  le  Clos-Marie  a  été  recons- 
titué dans  les  ateliers  de  Neuilly.  et  aussi 
le  porche  de  l'église  avec  la  petite  place: 
2"  Vous  préferez  la  Cathédrale  de  Blasco- 
Ibanez  ?  Je  comprends  ça. 

Lucien  Fenestre. —  Non.  On  peut  «met- 
tre en  scène  »  sans  être  metteur  en  scène 
et  être  un  auteur  qui  réalise  lui-même  ses 
idées  pour  être  servi  à  son  goût,  sans 
doute,  h.  H.  Violet  est  un  vrai  metteur 
en  scène  et  non  des  moindres,  avouez-le. 
Le  metteur  en  scène  français  le  plus  accom- 
pli, est  Maurice  Tourneur,  mais  il  reste  à 
New-York. 

R.  Th.  —  On  a  acclame  Les  Deux  Ga- 
mines. Mademoiselle,  et  vous  vous  en  plai- 
gnez? Et  vous  déplorez  qu'on  n'ait  pas 
acclamé  L'Ame  de  Koura-San?  Et  que 
diriez-vous  si  chaque  épisode  des  Deux 
Gamines  comportait  deux  mille  mètres 
—  et  si  L'Ame  de  Koura-San  n'était  pas  a 
l'affiche  r...  Je  puis  vous  dire  que  les  films 
d  Havakawa  vont  dans  le  monde  entier. 
Je  n'en  dirai  pas  autant  des  Deux  Gamines. 
Tout  cela  va  bien,  croyez-moi.  et  ce  qu'il 
faut  obtenir  est  seulement  ceci  :  qu'on  ne 
soit  pas  oblige  de  voir  a  la  fois  le  ciné- 
roman  et  le  film  d'envergure.  Il  est  indis- 
pensable de  séparer  les  genres  et  de  ne 
pas  traiter  l'écran  —  ou  plutôt  l'attention 
du  spectateur  — comme  une  boite  a  ordu- 
res où  l'on  jette  n'importe  quoi. 

Il  v  a  des  gens  qui  aiment  entendre 
Georgius  et  Georgel,  et  d'autres  Chalia- 
pine.  Eh  bien '.ces  chanteurs  ne  paraissent 
pas  dans  les  mêmes  établissements.  Et  il 
en  sera  ainsi  pour  le  ciné,  un  jour,  bien- 
tôt. Patience. 

P.  R.  S.  — Vous  excuserez  certainement 
Cinéa  de  ne  pas  consacrer  un  article  à  la 
censure.  D'ailleurs,  si  personne  n'en  par- 
lait jamais,  il  y  a  longtemps  qu'elle  aurait 
disparu. 

SuziE  S.  —  Non  Mademoiselle,  ne  faites 
pas  de  cinéma. 

Henriette  G.  R.  —  Il  ne  suffit  pas  d'être 
belle  pour  devenir  une  star.  Si  toutes  les 
femmes    qui    sont    belles   devenaient  des 


stars  —  eh    bien,    mon    Dieu,    après  tout, 
ça  ne  ferait  pas  beaucoup  de  stars... 

Fi.or  d'ombra.  —  Lisez  la  dernière  page 
de  Cine  pour  tons. 

RENÉ  B.  — Naturellement,  dans  nos  co- 
lonnes tous  les  avis  sont  indépendants, 
et  je  le  crois,  sincères:  mais  ce  n'est  pas 
une  raison  pour  ne  pas  vous  faire  un  avis 
personnel. 

Marcelle  Kahn.  —  Voyez-vous,  il  est 
juste  de  ne  pas  aimer  tel  ou  tel  film,  mais 
il  faut  reconnaître  sa  valeur,  s'il  en  a.  et 
sa  sincérité. 

Ginette  F.  —  Mais  non.  mademoiselle, 
ne  faites  pas  de  cinéma. 

L'anonyme.  —  Comment  voulez-vous 
que  le  directeur  de  X-Palace  sache  que 
vos  amis  et  vous  tenez  à  voir  les  films 
suédois,  si  vous  ne  le  lui  dites  pas? 

Sœurs  Patia.  —  i°  Gladys  Brockwell. 
2"  Je  crois  bien.  Notamment  dans  un  mélo 
curieux  qui  s'appelait,  me  semble-t-il, 
L'Irresponsable,  et  dont  nous  n'avons  vu 
qu'une  copie  infecte,  mais  qui  nous  a  laissé 
un  vif  souvenir. 

Albert.  —  i°  Oui.  y  Oui.  y  Peut-être. 
4°  C'est  une  reunion  de  gens  qui  ne  peu- 
vent pas  se  sentir  et  qui  se  font  de  grands 
compliments.  =,"  Comme  dans  le  monde. 
en  effet.  6°  Seulement,  ils  ne  sont  pas  tous 
bien  élevés. 

M.  Blanc  et  Noir.  —  Tristan  n'est  pas 
positivement  anticinégraphique.  Il  y  a  la 
manière  de  s'en  servir.  Mais  non.  ce  ne 
serait  pas  ennuyeux.  Voyez  Les  Proscrits, 
de  Siostrom. 

LIne  rose.  — Jack  Pickford  a  débute  en 
iooq,  a  la  Biograph  Company  dont  sa 
sœur.  Marv.  faisait  alors  partie. 

Cow-boy  3.  —  Ne  vous  faites  pas  d'illu- 
sion sur  votre  scénario.  Vous  le  placerez 
difficilement,  quoi  qu'il  soit  médiocre. 
Nous  en  connaissons  trois  remarquables 
(originaux,  commerciaux  et  économiques, 
parole  d'honneur),  eh  bien,  personne  n'en 
veut.  C'est  triste?  Pauvre  jeune  homme! 
Avez-vous  lidée  des  difficultés  d'un  écri- 
vain de  talent  à  ses  débuts?  Il  y  eut  un 
nommé  Jack  London... 

/..  /..  a.  —  Bon  voyage. 

s.  y.  —  Non.  non.  non.  Mademoiselle. 
ne  faites  pas  de  cinéma. 

Marie-Rolande.  —  Mais  pourquoi  vou- 
lez-vous faire  du  cinéma?  Faites  des  mé- 
nages, c'est  plus  sur. 

Louis  Deli.uc. 


THÉÂTRE    DU    COLISÉE  ! 


Direction  : 


CINEMA 


Téléphone  :        : 


P.  MALLEVILLE    _«.-„-  *,      -         ELYSÉE  29-46 

— =g= —      38,  Av.  des  Champs-Elysées 


PROGRAMME  6  MAI  AU  12  MAI 

La  Maison   du  Fantoche,  dessins  animés. 

Picratt,  danseuse  I 

Le  Mentor,  film  d'aventures,  avec  William  Hart 

Gau  mont-  Actualités. 

Dans    la     Nuit,    comédie     dramatique,     avec 

NORMA    TALMADGE. 


cinea 


PROGRAMMES    DES    CINEMAS    DE    PARIS 

du    Vendredi    6    au   Jeudi    12    Mai 


2<=  ARRONDISSEMENT 
Cinéma  de  la  Presse,  12s.  rue  Mont- 
martre. —  La  Fleur  des  Indes,  drame.  — 
Oh!  ce  baiser,  comédie.  —  Voleurs  de 
femmes,  2e  épisode.  —  Joe  cbe%  les  cow- 
boys.  —  Dacremont. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonière, 
directeur  M.  P.  Ruez.  —  Altkirch  et  ses  envi- 
rons, plein  air.  —  Belle-maman,  comédie. 

—  Agènor  le  bien-aimè,  comique.  —  Pari- 
si an a-Journal,  actualités.  —  Le  Lys  brisé, 
drame.  —  Chariot  papa,  comique. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. 2-  Aubert-Journal,  les  actualités  du 
monde  entier.  —  A  travers  la  France,  par 
Ardouin  Dumazet,  auteur  du  Voyage  ae 
France,  couronné  par  l'Académie  Fran- 
çaise. —  Le  long  de  la  Durance.  —  Les 
coulisses  du  cinéma,  6e  série,  documen- 
taire. —  Les  joueurs,  comédie  dramatique 
interprétée  par  Harrv  Morey  et  Helen 
Ferguson.  —  Gai...  Gai  ..  marions-nous, 
comique. 

En  supplément  facultatif  :  Mysteria. 
cine-roman  publié  par  La  Lanterne,  9e  et 
dernier  épisode  :  La  main  qui  punit. 

Salle  Marivaux,  15.  boulevard  des 
Italiens.  Les  actualités  de  la  semaine.  —  La 
maison  du  fantoche,  dessins  animés.  —  La 
canonisation  de  Jeanne  d'Arc  à  Rome.  — 
Zidore  ou  les  métamorphoses,  vaudeville 
interprété  par  Biscot.  —  Le  centenaire  de 
Napoléon.  —  Les  Barrais,  jonglerie  hu- 
maine. —  Dans  la  nuit,  grande  scène  dra- 
matique, interprétée  par  Norma  Talmadge. 

Omnia-Pathé,  5.  boulevard  Mont- 
martre. Patbé-Jourual.  —  Gigolette,  grand 
drame  parisien  par  Pierre  Decourcelle. 
adapté  par  H.  Pouctal.  i'c'  époque  :  Les 
ailes  blanches.  Canonisation  de  Jeanne 
d'Arc,  documentaire.  —  Supplément  facul- 
tatif. —  Le  Fauve  de  ta  Sierra,  9°  épisode  : 
Le  Secret  du  Fauve. 

3=    ARRONDISSEMENT 
Béranger-Cinéma.  40.  rue  de  Bretagne- 

—  Un  documentaire.  —  Travail,  2«  épi- 
sode :  l'Apostolat  (Pathéi,  d'après  l'œuvre 
de  Zola.  —  L'âme  de  Koura-San  (Pathé). 
comédie  dramatique  —  Petit  Pont.  Frico- 
tin  et  Coco  (Pathe),  comique,  partie 
concert.  —  Bréval.  diseur  fantaisiste. 

Théâtre  du  Kinérama,  y,  boulevard 
Saint-Martin.  Archives  4'3-i6,  directeur 
M.  Imbert.  Le  Mont  Pilote,  plein  air.  — 
J'épouse  ma  veuve,  comédie  comique.  — 
Les  Vautours,  comédie  dramatique.  —  La 
chute  de  Rome,  comique.  —  Ce  veinard  de 
Georget. 

4e  ARRONDISSEMENT 

Majestic,  33,  boulevard  du  Temple.  — 
Quelques  poissons.  —  Le  Tourbillon,  2e' épi- 
sode. —  Le  pantin  meurtri.  —  Béguin 
dAtlania.  —  Chariot  ett  Fait  y.  — 


5'    ARRONDISSEMENT 

Chez     Nous.   7(1.     rue    Moulïetard. 
Directrice  Mme  Walltier.  —  Hors  la  loi, 
(grand    film    du    Far-West).        ■    Monte- 
Cristo,  1  ie  épisode  ;  Le  triomphe  de  Dan- 
tès.  —  Billv  chef  de  gare,  comique. 

Panthéon.  [3,  rue  Victor-Cousin.  Ri- 
beauville.  —  La  pieuvre,  5e  épisode.  — 
Rançon  de  l'or,  —  Amour  et  loterie.  — 
Chariot  et  Fatty. 

Saint-Michel-Cinéma.  7,  place  Saint- 
Michel.  Pathe  Revue  11"  S.  —  Actualités.  — 
Monuments  de  Sévi/le.  —  LA  mi  Fritr,  avec 
Huguette  Duflos,  de  Max  et  Mathot. 

Danton-Cinéma-Palace,  99-101,  boule- 
vard Saint-Germain.  Pathé  Revue.  — 
Chariot  et  son  mannequin  boxeur,  comique. 

—  L'Homme  aux  trois  masques,  y  épisode. 

—  Zidore  et  les  métamorphoses,  comique 
joué  par  Biscot.  —  L'aveugle  de  Twin- 
Fortb,  comédie  dramatique.  —  Gaumont- 
actuatité. 


III     faut    voir! 

■  • 

"L'ami    commun" 

m 

:     ' '  Le  pauvre  amour 


9  »         ■ 


i    "Le      lys      brisé" 
|     "Jeanne     d'Arc"     \ 

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:     Ceci     n'est     pas     i 

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■  * 

|  p    a     y    é    e 


Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 
—  Le  centenaire  de  Napoléon,  reconstitu- 
tion historique.  —  Le  plus  grand  combat 
national  de  boxe,  Nilles  contre  Journée. — 
Prince- Rigadin  dans  Le  meurtrier  de  Théo- 
dore. —  Attraction  :  Les  Poïliardys,  pati- 
neurs. —  Le  Rêve,  d'Emile  Zola.  —  Zidore 
ou  les  métamorphoses,  comédie  comique. 

6°  ARRONDISSEMENT 
Raspail,    91,     boulevard     Raspail.     De 

Moret  éi  Montiguv.  —  Pathé  Revue.  — 
L'Homme  aux  trois  masques.  — Joe  Gentle- 
man. —  Le  Sphinx.  —  Chariot  mitron. 

T  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Bosquet,  83,  avenue  Bosquet. 
M.  G.  Moyse,  directeur.  Pulcherie  au  dan- 
cing, comique.  —  La  favorite  du  Maha- 
radjah, 2-  épisode  :  Le  miracle  de  Brah- 
mane. —  L'homme  aux  trois  masques, 
2''  épisode  :  Le  calvaire  de  Pascaline.  — 
Perebicol .  le  grand  chanteur  populaire  de 
l'Olympia.  —  Grand  match  de  boxe,  Nilles- 
lournée.  —  Le  Talion,  grand  drame. 


8     ARRONDISSEMENT 

Pépinière-Cinéma.  (),  rue  de  la  Pépi- 
nière. —  La  pèche  dans  les  parages  d'Hanoï. 

—  Neal  Hart  dans  l'Abîme,  comédie 
d'aventures.  —  Pieratl  danseuse,  scène 
comique.  —  L'Homme  aux  trois  masques, 
y  épisode.  —  Pépinière  Journal.  —  Le 
Rêve,   avec  Signoret,  d'après  Emile  Zola. 

—  Intermède  :  Maud'Hva. 

Alcazar  d'été,  Champs-Elvsées.  —  Le 
Duc  de   Reisehtadl.    —  Fatty  au   bain.   - 
Pathe  Journal.   -  Pathe  Revue. 

9e  ARRONDISSEMENT 

A  rtistic  Cinéma,  61,   rue  de  Douai.  — 

Central  81-07.    Gigolette.    ire   époque.    — 
Beaucitron  dentiste,  comique.  —  Le  Fauve  . 
de   la    Sierra,   tf   épisode    :    Le   secret  du 
Fauve.  --  Patbe-Jourual. 

10e   ARRONDISSEMENT 

Folies-dramatiques,  boulevard  Saint- 
Martin.  —  La  reine  des  provinces  (dernière 
série).  —  L'homme  aux  trois  masques, 
y  épisode.  —  Fatty  aviateur,  comique.  — 
Une  savonnerie  danoise.  —  L'aveugle  de 
Twiu-Fortb,  grand  drame.  —  Les  chansons 
filmées  de  G.  Lordier.  —  Fernande^.  — 
Les  chahas. 

Cinépax.  30.  boulevard  Bonne-Nou- 
velle. 10'*  Pathé-Journal,  actualités.  —  Le 
Fauve  de  la  Sierra.  -  -  Pathé-revue.  — 
Gigolette,  ire  époque.  —  Beaucitron  den- 
tiste, scène  comique. 

Cinéma-Palace  .  42,  boulevard  Bonne- 
Nouvelle  io1'.  Une  savonnerie  danoise.  — Le 
Talion,  dramatique.  —  La  reine  des  pro- 
vinces (dernière  série).  —  Joe  gentleman. 
comique.  —  L'homme  aux  trois  masques, 
y  épisode.  —  Les  chansons  filmées  de 
G  Lordier. 

Paris-Ciné.    i7.    boulevard    de    Stras- 
bourg I0L\  Beaucitron  dentiste,  comique.  — 
Gigolette,    T'e  époque.    —  Pathé-revue.   - 
Le  Fauve  de   la  Sierra.   —  Patbé-Jourual. 
actualités. 

Cinématographe  Porte  Saint-Denis. 
8,  boulevard  Bonne-Nouvelle.  —  Le  châ- 
teau de  Blois.  —  L'ingénieux  ingénieur.  — 
L'étreinte  de  la  pieuvre,  [cr  épisode  :  Le 
chéri  de  la  danseuse.  —  Napoléon  ij(u;- 
1821  (Reconstitution  historique. 

Crystal  Palace-Cinéma.  (),  rue  de  la 
Fidélité,  96.  faubourg  Saint-Denis.  Nord 
07-59.  Maître  Evora,  film  français  en 
6  parties,  interprété  par  Mme  Régina 
Badet.  —  L'ingénieux  ingénieur,  comédie 
d'aventures  en  =;  parties,  interprétée  par 
Bert  Lytell.  —  Travail  dans  une  mine  de 
charbon.  —  Palace  Journal .  actualités  de  la 
semrine.  —  Attraction  :  Pélado,  champion 
du  déchirage  de  cartes.  —  La  semaine  pro- 
chaine :  /..■  Rêve,  d'Emile  Zola. 


cinea 


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G  AUMONT-  PALACE 

Grand  programme 
cinématographique  avec 
La  Bretagne  pittoresque, 
Les  Fêtes  de  la 
canonisation  de  Jeanne 
d'Arc,  Zidore  ou  les 
métamorphoses  et  pour  le 
Centenaire  de  la  mort  de 

Napoléon 

première    de 

Napoléon  et  les  grognards 

Mise  en  scène  considérable 
avec  ballet,  chœurs  et  orchestre 
Les  artistes  de  1  Opéra,  de  l'Opéra- 
Comique,  du  Théâtre  Français  et 
200choristes,  danseurs,  figurants, etc. 

Musique  de  Jean  Nouguès 


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de  à 

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j  Directeurs  de 

Cinéma  j 

;  d'envoyer 

leur  programme  j 

j  dix 

jours  d'avance   à  j 

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n  ARRONDISSEMENT 
Artistic-Cinéma.  4=;  bis,  rue  Richard- 
Lenoir  (place  Voltaire.  Bill  en  va- 
drouille, comique.  —  Voleurs  de  femmes, 
2*  épisode  —  Rose  Marv.  la  f ce  aux  pou- 
pées, comédie  dramatique. 

Voltaire- A ubert-Palace.  qç,  rue  de  la 
Roquette  Auheri  Journal.  Les  actuali- 
tés du  monde  entier.  —  Pathé-revue,  le 
magasine  de  l'écran.  —  Mystêria,  cine- 
roman  publié  par  La  Lanterne,  9  et  der- 
sode  :  La  main  qui  punit.  —  GeorgMe  et 
sou  chauffeur,  délicieuse  comédie  senti- 
mentale, interprétée  par  Bessie  Love.  — 
Gai...  Gai.,  marions-nous,  comique.  — 
Gigolette,  grand  drame  parisien  en  quatre 
époques  de  M.  Pierre  Decourcelle.  irc 
époque  :  Les  ailes  blanches. 

12e  ARRONDISSEMENT 
Lyon-Palace.  12,  .uedeLvon.  —  Zidore 
ou  les  métamorphoses,  comédie  comique.  — 
Le  centenaire  de  Napoléon,  reconstitution 
historique.  --  Le  plus  grand  combat  na- 
tional de  boxe,  Nilles  contre  Journée.  - 
Attraction  :  Les  Trobar's,  dans  leur  nu- 
méro :  Le  miroir  brise.  —  Gigolette,  grand 
drame  parisien  en  4  époques.  Première 
époque  :  Les  ailes  blanches. 

M1   ARRONDISSEMLNT 

Orléans-Palace.  100  et  102.  boulevard 
[ourdan,  14°.  Actualités  Pathc.  — Le  Mont 
Maudit,  drame.  —  Le  Tourbillon,  2e  épi- 
sode. —  Chariot  au  spectacle.  — Sur  scène 
Damas. 

Splendide-Cinéma.  3,  rue  Larochelle. 
Directeur  M.  Ch.  Roux.  —  Les  actualités 
de  Splendide-Cinéma .  —  Le  Secret  du  ma- 
gicien. —  Mystêria,  8-  épisode.  —  Zigoto 
machiniste,  comique.  —  Le  Tourbillon, 
grand  ciné-roman,  2^  épisode  :  L'eau  qui 
tue.  publié  par  Le  Petit  Journal.  — Jeanne 
d'Arc,  film  sensationnel,  grande  mise  en 
scène  Grand  film  de  C.  B.  de  Mille,  avec 
Géraldine  Fanar. 

Régina- Aubert-Palace.  i^î.  rue  de 
Rennes.  Aubcrt-Joiirnal,  les  actualités  du 
monde  entier.  —  Mystêria,  ciné-roman  en 
g  épisodes  publié  par  La  Lanterne.  8e  épi- 
sode :  Le  Secret  du  magicien.  —  Bessie 
Love  dans  Georgette  et  son  chauffeur,  déli- 
cieuse comédie  sentimentale.  —  Pathé- 
revue,  le  magasine  de  l'écran.  —  Chris- 
tiane  Vernon  et  Georges  Lannes  dans  Le 
Traquenard,  comédie  dramatique. 

Mille-Colonnes.  20,  rue  de  la  Gaîté. 
La  baie  de  San  Alassio.  —  La  pieuvre, 
Se  épisode.  —  Le  Mont  maudit.  —  Le 
speces  d Atlanta.  —  Chariot  mitron. 

i5  ARRONDISSEMENT 
Grand  Cinéma  Lecourbe.  11s,  rue  Le- 
courbe.  Saxe  ^6-4,.  —  Pour  la  première 
t'ois  :  Le  célèbre  chanteur  champion  cy- 
cliste :  Perchicot .  —  Le  roman  d'un  jeune 
homme  pauvre,  d'après  le  roman  popu- 
laire d  Octave  Feuillet,  interprète  par 
Pina  Menichelli.  —  Voleurs  de  femmes. 
4e  épisode  :  La  proie  des  vagues.  —  Le 
Traquenard,  film  français  de  M.  Maurice 
de  Marsan,  interprété  par  Christiane  Ver- 
non  et  Georges  Lannes.  —  Gaumont  actua- 
lités. —  Jeudi  12  mai.  soirée  de  gala  or- 
ganisée par  l'Union  Nationale  des  Com- 
battants. 

16      ARRONDISSEMENT 
Théâtre  des  Etats-Unis.  56  bis,  avenue 
Malakoff,    16e.   Les  Deux  Gamines.  8e  épi- 
sode :   Parmi  les  loups.   —  May  Allisôn 


dAii^  un  film  d'aventures  extraordinaires: 
L'enlèvement  de  Miss  Maud .  —  William 
Hart  dans  Le  message  secret,  comédie  dra- 
matique. —  Chariot  sabote  le  circuit. 

Maillot-l'alace-Cinéma.  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  16e.  —  Programe  du  6 
mai  au  o  mai  1921  :  A  travers  l  Au- 
vergne, plein  air.  -  Mystêria,  9e  et  10e  épi- 
sode :  la  main  qui  punit.  —  Fatty  et  Char- 
iot dans  le  ring,  comique  —  Les  Carabeâ 
documentaire.  —  Gigolette,  |cr  épisode  : 
Les  ailes  blanches  Grand  drame  parisien 
en  4  époques,  de  Pierre  Decourcelles.  - 
Pathe  Journal,  actualités. 

Programme  du  10  mai  au  12  mai  1921  : 
Les  laudes  de  Jutlaud.  plein  air.  — 
L'homme  aux  trois  masques,  v  épisode  : 
l'Innocent    —  Picratl  danseuse,  comique. 

—  La  Hèrissonne,  documentaire.  —  Dans 
la  nuit,  interprète  par  Norma  Talinadgej 
Eclair  Journal .  actualités. 

Paladium  de  Paris.  83,  rue  Chardon- 
Lagache  et  3,  rue  Callot  iboul.  Exelmans). 
Auteuil  29-20.  Actualités  Gaumont. 
L'heure,  documentaire.  —  Le  Mentor 
(William  HartJ.  —  La  canonisation  de 
Jeanne  d'Arc.  —  Zidore  ou  les  métamor- 
phoses. —  Salvator,  diseur.  -  Lakitta, 
jongleur  antipodiste.  —  Le  phoque  «  Bi- 
chette  »,  présenté  par  Bill  v  |udge.  de 
I'Alhambra. 

Le  10  mai.  soirée  de  gala  :  Les  chanson- 
niers de  Montmartre  :  Xavier  Privas. 
Francine  Loree.  Gaston  Secrétan.  Balder. 
Mévisto.  Jean  Varennes,  Gaston  Bertier 
(2e  prix  du  concours  de  chansons  de 
Comœdia)  La  deche  est  née,  revue  de 
|.  Varennes  : 

Mozart-Palace.  4c),  51.  rue  d  Auteuil. 
i(w.  —  Programme  du  6  mai  au  i)  mai  621  : 
Les  laudes  de  Jutlaud,  plein  air.  — 
L'homme  aux  trois  masques,  y  épisode  : 
L'innocent.  —  La  hèrissonne.  documen- 
taire. —  Dans  la  nuit,  interprété  par 
Norma  Talmadge.  —  Eclair  Journal,  ac- 
tualités. 

Programme  du  10  mai  au  12  mai  1921  : 
A  travers  l'Auvergne,  plein  air.  —  Mvs- 
lena.  90  et  dernier  épisode  :  La  main  qui 
punit.  —  Fatty  et  Chariot  <laus  le  ring, 
comique.  —  Les  carabes,  documentaire.  — 
Gigolette.  grand  drame  parisien  en  quatre 
époques,  de  Pierre  Decourcelles.  ireépoque  : 
Les  ailes  blanches. 

17e  ARRONDISSEMENT 

Ternes-Cinéma,  s.  avenue  des  Ternes. 
17e  Wagram  (12-10.  Les  iles  Hawaï.  —  Le 
Tourbillon,   3e  épisode.   —   Pathe  Journal. 

—  Fattv  bistro.  —  Le  championnat  de 
Franc  de  boxe.  —  La  canonisation  de  Jeanne 
d'Are  éi  Rome.  —  Dans  la  nuit,  grand 
drame. 

Batignolles-Cinéma.  59,  rue  de  la  Con- 
damine. 

Programme  nu  6  mai  au  8  mai  1621  : 
Concours  de  la  reine  des  provinces.  —  La 
lutte  pour  la  vie.  —  Pathe  Journal  actua- 
lités. —  Tout  se  pave.  —  Le  chéri  de  la 
dadseuse.  comique. 

Programme  du  9  mai  au  12  mai  : 
De  San  Francisco  au  Japon.  —  Fattv 
aviateur,  comique.  —  Attraction  :  Joe 
Grev  et  ses  chiens,  comédiens  et  acrobates. 

—  Gigolette,  i'e  époque  :  Les  ailes  blanches. 

—  Le  duc  de  Reicbstadt,  2e  époque  :  Sa 
mort.  —  Pathé  Journal  actualités.  —  Con- 
cours de  la  reine  des  provinces,  série  finale. 

Cinéma  Demours.  7.  rue  Demours.  Di- 
recteur  M.   F.  Destannes.  Les  cascades  de 


J 


cinea 


1  Arc-eu-ciel,  voyage.  —  L'Homme  aux 
trois  masques,  y  épisode  :  L'innocent.  — 
Le  Mentor,  comédie  interprétée  par 
William  Hart.  —  Eclair  Journal,  actur- 
lités.  —  L'ami  commun,  grand  drame  en 

2  époques. 

Splendid-Cinéma  Palace.  60,  avenue 
de  la  Motte-Picquet.  Métro  La  Motte- 
Picquet-Grenelle.  Saxe  65-03.  Di-rection 
artistique  :  G.  Messie.  Grand  orchestre 
Bymphonique  :  A.  Leducq.  Patbé  Journal. 
actualités  au  jour  le  jour.  —  Patbé  Revue. 
grand  magazine  cinégraphique.  —  Le 
parasite  du  citron.  —  Vieille  Alsace.  — 
Danseuse  tunisienne.  —  Record  de  saut .  — 
Le  lac  majeur.  —  L'Homme  aux  trois 
masques,  3e  épisode  :  L'innocent.  —  Le 
meurtrier  de  Théodore,  d'après  le  vaude- 
vile  de  Clairville.  Brot  et  Bernard.  Adapté 
et  mise  en  scène  par  Georges  Monca,  in- 
terprété par  Prince  Rigadin.  —  La  belle 
daine  sans  merci,  d'après  l'argument  de 
Mme  Hillel  Erlanger.  Adaptation  et 
mise  en  scène  de  Mme  Germaine  Dulac, 
Agenorle  bien  aime.  —  Intermède  :  Comique 
Thipp's.  jongleur  excentrique. 

Tous  les  jeudis  à  2  h.  1  2  :  Matinée  spé- 
ciale pour  la  jeunesse,  —  La  semaine  pro- 
chaine :  à  la  demande  générale,  représen- 
tation du  Lys  Brise. 

Villiers-Cinéma.  place  Lévis,  21.  rue 
Legendre.  Wagram  78-31.  M.  Paul  de 
Hermua.  directeur.  Les  gorges  de  Dunaul. 
plein  air.  —  Le  tailleur  facétieux,  scène 
comique.  —  Mystêria,  cf  épisode  :  la  main 
qui  punit.  —  Le  destin  rouge,  drame  avec 
Van  Drele.  —  Eclair  Journal,  actualités. 

Lutetia-Wagram.  31,  avenue  de  Wa- 
gram. -  -  Les  coulisses  du  cinéma,  docu- 
mentaire. —  Cosmopolis,  ciné-drame  tiré 
du  roman  de  Paul  Bourget.  --  Le  plus 
grand  combat  national  de  boxe,  Nilles 
contre  Journée.  —  Miriam  Cooper  dans  Le 
Droit  chemin,  étude  de  mœurs.  —  Gau- 
mont  actualités.  —  Voleurs  de  femmes. 
grand  ciné-roman  en  12  épisodes.  4e  épi- 
sode :  La  proie  des  vagues. 

Royal -Wagram,  33,  avenue  de  Wa- 
gram. —  Le  collier  de  sa  Reine!  fantaisie 
burlesque.  —  Les  Joueurs,  grand  drame 
en  4  parties.  —  Picratt  danseuse,  film 
comique.  —  Le  centenaire  de  Napoléon, 
reconstitution  historique.  —  Gigolette. 
grand  drame  parisien  en  4  époques. 
f0  époque  :  Les  ailes  blanches.  —  Patbè 
Journal . 

CJrand  Cinéma,  147,  avenue  de  Saint- 
Ouen  (près  la  porte  Saint-Ouen).  M.  Mois- 
set  et  Cie,  directeurs-propriétaires.  — 
L'instinct  qui  veille,  grand  drame  des 
mers  arctiques.  —  Le  Tourbillon.  2e  épi- 
sode :  L'eau  qui  tue.  —  Agenor  et  la  main 
qui  vole,  comédie  gaie.  —  Actualités  : 
Patbc  Journal.  —  Quelle  est  la  reine  des 
reines  des  provinces,  concours  du  Journal . 
—  Attraction  :  Les  Montignv,  chanteurs 
tyroliens. 

18     ARRONDISSEMENT 

Barbes  Palace.  34.  boulevard  Barbes. 
Nord   35-58.     Directeur    M.     !..    Garnier. 


Jeanne  d'Arc,  reconstitution  historique.  — 
Dans  la  nuit,  grand  drame  d'actualité 
avec  Norma  Talmadge.  —  Match  fournèe- 
Nilles.  —  Sélection  du  concours  de  la  reine 
des  provinces.  —  Le  centenaire  de  Napoléon. 
L'Homme  aux  trois  masques,  3e  épisode. 

Le  Select.  8,  avenue  de  Cliehv.  —  Gau- 
mont  actualités.  —  Voleurs  de  femmes, 
grand  ciné-roman  en  12  épisodes.  4e  épi- 
sode :  La  proie  des  vagues.  —  Jeanne 
d'Arc,  grand  film  historique.  —  Les  cou- 
lisses du  cinéma,  doenmentaire.  S''  série.  — 
L'Américain,  comédie  d'aventures.  —  Le 
plus  grand  combat  national  de  boxe. 
Nilles  contre  Journée. 

Grand  Cinéma  Ornano.  43.  boulevard 
Ornano.  Directeur  M.  Viguier.  Les  plantes 
artillcuscs.  —  Mystêria,  8-  épisode.  — 
Neal  Harl  En  soirée.   —  Picrals  danseuse. 

—  Carmen.  —  Fait  y  et  Chariot  découchent. 
Grand  Cinéma  Concert  Ramey,  40   rue 

Ramey  (impasse  Pers).  L'instinct  qui  veille. 

—  Tombée  du  nid.  —  Actualités. 
Marcadet-Cinéma-Palace,      110,      rue 

Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81  L'aveugle  de  Twin-Forth, 
grande  comédie  dramatique  tirée  de  la 
pièce  de  Emerson -Hough  avec  Mlle 
Marguerite  de  Lamothe.  —  Le  Duc  de 
Reischstadt,  la  célèbre  reconstitution  his- 
torique, 2<=  et  dernière  partie.  —  Fatty  aux 
bains.  —  La  reine  des  provinces  :  La  reine 
des  reines.  —  De  Sau-Francisco  au  Japon. 
plein  air.    —    Pathe-Joumal.  Pathc-Rcvuc. 

—  Attraction  :  Le  chanteur  Montv. 
Palais    Rochechouart,     56,    boulevard 

Rochechouart.  A  travers  la  France,  par 
Ardouin  Dumazet,  auteur  du  Vovagc  en 
France,  couronne  par  l'Académie  Fran- 
çaise. —  La  Provence  pittoresque.  —  Mvs- 
teria.  ciné-roman  publié  par  La  Lanterne. 
(/  et  dernier  épisode  :  La  main  qui  punit. 

—  Cosmopolis,  grand  drame  tiré  du  cé- 
lèbre roman  de  M.  Paul  Bourget.  de  l'Aca- 
démie Française  —  Aubert  Journal,  les 
actualités  du  monde  entier.  —  Gigolette. 
grand  drame  parisien  en  4  époques  de 
M.  Pierre  Decourcelle.  1™  époque  :  Les 
ailes  blanches. 

19e  ARRONDISSEMENT 
Royal-Tandou.  31,  rue  Tandon.  Mer- 
veilleux glaciers  de  l'Etat  d'Or égon.  — Si- 
mone Genevois  dans  La  Sisane.  —  Enid 
Benett  dans  Le  Désert  —  Mister  Koko 
(attraction),  le  plus  petit  comique  du 
monde.  —  Ecumeurs  du  Sud,  8e  épisode  : 
La  main  infernale. 

Alhambra-Cinéma.  22.  boulevard  de  la 
Villette.  Directeur-propriétaire  M.  Victor 
Deunier.  Contrebandier  maigre  lui.  co- 
mique. —  Les  Deux  Gamines.  12e  épisode. 

—  Actualités  Patbé.  —  L'Homme  aux  trois 
masques,  ciné-roman  en  12  épisodes  du 
Petit  Parisien.  -  Le  Rêve,  de  Zola.  —  La 
lutte  pour  la  vie.  d'Alphonse  Daudet. 

20      ARRONDISSEMENT 
Cinéma  Gambetta      [05,    avenue  Gam- 
betta.    /..'  pauvre   amour.    —    L'homme  aux 
trois  masques,   y  épisode.  —  Déveine  d'un 


mercauli .  comique.  —  Le  Fauve  de  /,/  Si,  rra 
Y  épisode. 

Gambetta  Palace,  cinéma-théâtre,  <>. 
rue  Belgrand  (place  Gambetta).  Roquette 
31-74.  Gambclta-Joui  ual.  —  Patbé  Revue. 
—  Fatty  et  Chariot  dans  te  ring.  —  Le 
roman  d'un  jeune  homme  pauvre.  —  La  vie 
d'un  prodige.  —  Eu  intermède  :  Le  célèbre 
calculateur  Inaudi. 

Mercredi    11    mai.    gala    de    comédie 
Mme    Suzanne    Despres    dans    La    Robe 
rouge.  4  actes  de  M.  Brieux. 

Modern-Cinéma.  4,  rue  Henri-Che- 
vreau. Cork  et  ses  environs,  plein  air.  — 
Gladvs  Leslie  dans  Sylvia,  comédie  dra- 
matique en  4  parties.  —  Les  ecumeurs  du 
Sud.  ciné-roman  en  10  épisodes.  —  Au 
pays  des  Chrysanthèmes,  drame  en  4  par- 
ties. —  Une  fameuse  invention,  comique. 
-  Les  chansons  filmées  de  Lordier. 

Paradis  Aubert-Palace.  42.  rue  de  Bel- 
leville.  —  Charlie  Chaplin  dans  Chariot 
récidiviste,  comique.  —  MYsteria.  ciné- 
roman  en  g  épisodes  publie  par  La  Lan- 
terne. 8°  épisode  :  Le  secret  du  magicien, 
-  George/te  et  son  chauffeur,  délicieuse 
comédie  sentimentale  interprétée  par 
Bessie  Love.  —  Cosmopolis,  grand  drame 
tiré  du  roman  de  M.  Paul  Bourget.  de 
l'Académie  Française. 

Belleville-Palace,  130.  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont  actualités.  —  Quand 
l'amour  commande,  comédie  dramatique 
en  4  parties.  --  Attraction  :  De  Rocroy, 
dans  ses  créations.  -  -  Gigolette.  grand 
drame  parisien  en  4  époque  :  i1"'  époque  : 
Les  ailes  blanches.  —  Picratt  danseuse. 
film  comique  en  2  parties. 

Féerique-Cinéma.  14b.  rue  de  Belle- 
ville.  —  Patbè  Journal .  —  Fatty  aviateur, 
film  comique.  —  Gigolette,  grand  drame 
parisien  en  4  époque.  i'e  époque  :  Les 
ailes   blanches.  Attraction    :    Le    trio 

Pareutons.  —  Le  Rêve,  d'après  Emile  Zola. 

BANLIEUE 

Magic-Ciné.  1  bis,  rue  du  Marché  (Le- 
vallois).  Blanchette,  d'après  l'œuvre  de 
Brieux.  adapte  et  mis  en  ecene  par  Hervil. 
interprète  par  de  Féraudy.  Mathot.  —  La 
Légende  du  Saule,  fantatsie  orientale  avec 
Viola  Dana.  —  L'Homme  aux  trois  masques. 
2e  épisode.    —  Norbert  and  Piétines. 

Fontenay-Cinéma.  S.  rue  Boucicaut 
(Fontenav-aux-Roses).  Tsoiu-Tsoin.  détec- 
tive. —  La  Caravane,  interprétée  par 
William  Hart.  —  Li's  Deux  Gamines, 
40  épisode  :  La  morte  vivante.  -  Pulcbe- 
rie.  capitaine  des  pompiers. 

Grand  Cinéma  National.  11(1.  boule- 
vard National  (Ivrv-sur-Seine).  Ivry-15. 
Directeur  Gaston  Tournier.  Histoire  des 
fourmis  documentaire.  —  Mystêria,  y  épi- 
sode :  Le  temple  enseveli.  —  Le  dernier 
des  Duanes,  comédie  d'aventures.  —  Char- 
iot et  l'étoile,  comique. 

Vlncennes  Palace,  rue  de  Paris-Vin- 
cennes.  Eu  lutte  avec  les  glaces.  —  L'Homme 
aux  trois  masques.  Colomba,  Chariot  et 
Fait  y. 


cinea 


Les    Films   d'aujourd'hui 


Dans  la  Nuit,  interprété  par  Nor- 

ina  Talmadge  (Select  Pic-turcs). 

La  plus  grande  gloire  de  Dans  la 
Nuit,  sera  certainement  d'avoir  rete- 
nu quatre  mois  durant  le  visa  de  la 
censure  française  et  pour  des  raisons 
dont  la  puérilité  n'a  plus  le  droit 
d'étonner  personne,  après  L'Homme 
du  Large,  après  Li-Ilang  le  Cruel, 
après  La  Boue... Sachez  pourtant  que 
les  personnages  de  Dans  la  Nuit 
portent  des  noms  à  consonnances 
russes,  qu'ils  sont  vêtus  de  fourrures 
et  de  houppelandes  et  qu'ils  promè- 
nent leurs  passions  dans  les  paysages 
de  neige  d'une  «Illyrie»en  proie  à  la 
Révolution. 

Vous  avez  tout  à  fait  compris. 

Ce  drame  nous  montre  Fex-prin- 
cesse  Marie  en  butte  aux  persécutions 
amoureuses  d'un  nommé  'Semenoff, 
ancien  chef  de  la  Police,  qui,  après 
avoir  renversé  le  Gouvernement, fait 
désormais  subir  à  tout  le  pays  la 
rigueur  d'une  implacable  dictature. 
La  princesse  Marie  parvient  d'ailleurs 
à  déjouer  toutes  les  intrigues,  à  échap- 
per à  tous  les  pièges  qu'on  lui  tend, 
et  après  avoir  vengé,  comme  il  con- 
venait, les  victimes  de  Semenoff,  s'en- 
fuit en  compagnie  du  bel  officier  de 
la  Cour  avec  qui  elle  fut  naguère 
fiancée  et  qu'elle  n'a  pas  cessé  d'ai- 
mer. 

Les  péripéties  de  ce  drame  sont 
assez  bien  enchaînées,  mais  la  mise 
en  scène  est  plus  médiocre  que  négli- 
gée. Nous  ne  saurions  accepter  l'astu- 
cieuse maquette  qui  doit  nous  révéler 
la  beauté  mélancolique  d'un  village 
sous  la  neige,  non  plus  que  le  clair 
de  lune,  où  le  fond  clans  lequel  est 
largement  découpé  un  croissant  sans 
rayonnement  est  si  malheureusement 
éclairé  qu'il  ne  saurait  faire  illusion 
au  moins  initié  et  qu'on  se  croirait 
soudain  revenu  aux  fastes  d'un  Am- 
bigu de  province. 

L'interprétation  manque  d'unité. 
Les  efforts  s'y  conjuguent  mal  et  les 
efforts  n'atteignent  pas  à  cette  pathé- 
tique puissance  jusqu'où  eut  pu  les 
élever  l'admirable  talent  de  [Norma 
Talmadge.  A  peine,  clans  une  ou  deux 
scènes, pressent-on  le  jaillissement  de 
cette  émotion  qui  nous  secoua  dans 
La  Secrétaire  privée,  Le  Secret  de 
Dollg,La  Cite  défendue.  Le  Fantôme 
du  Passe. 


En  tout  cas,  la  fable  ne  saurait 
tromper  personne;  et  si  les  auteurs 
ont  songé  à  une  propagande  quel" 
conque,  ils  ont  eu  bien  tort,  car  les 
rapprochements  qu'on  pourrait  faire 
désarmeraient  les  meilleures  bonnes 
volontés. 

Tel,  Dans  la  Nuit  est  un  mélo  ni 
plus  ni  moins  mauvais  que  tant  d'au- 
tres auxquels,  seule,  l'interprétation 
de  Norma  Talmage  prête  un  suffisant 
intérêt. 

Léon  Moussinac. 


La   Belle  dame  sans  merci. 

—  Une  actrice  célèbre  fut  jadis 
(quand  elle  était  pauvre  et  obscure), 
lâchée  par  un  homme  du  monde  qui 
l'avait  séduite  ;  devenue  comédienne 
en  renom,  elle  se  venge  sur  tous  les 
hommes  qui  lui  tombent  sous  la 
main  et  voilà  pourquoi  on  l'a  sur- 
nommée «  La  belle  dame  sans  merci  »; 
se  retrouvant  face  à  face  avec  celui 
qui  la  fit  tant  souffrir,  elle  rend  (et  on 
ne  saurait  l'en  blâmer)  le  mal  pour  le 
mal  :  elle  dresse  l'un  contre  l'autre 
son  ex-amant  et  son  fils, pousse  celui- 
ci  au  suicide,  et  la  femme  de  son 
séducteur  dans  les  bras  d'un  de  ses 
amis.  Heureusement  que,  l'artiste 
fatale  partie,  les  choses  reprendront 
leur  cours  normal  :  la  femme  ne 
quittera  pas  sa  place  au  foyer  et  le 
fils  ne  mourra  pas. 

La  mise  en  scène  de  Madame  Ger- 
maine Dulac  est  très  artistique  et 
contient  de  fort  jolies  trouvailles  ; 
excellente  photo;  interprétation  par- 
faite :  Jean  Toulout,  Denise  Lorys, 
Tania  Daleyme,  etc.  Il  est  seulement 
dommage  cpie  le  film  soit  un  peu  long 
et  alourdi  par  des  détails  inutiles. 


Le     Duc    de    Reichstadt. 

Avec  les  éléments  dont  disposait  le 
metteur  en  scène  de  ce  film,  on  pou- 
vait, on  devait  faire  un  chef-d'œuvre; 
au  lieu  de  cela  qu'est-ce  qu'on  nous  a 
donné?  lue  histoire  fantaisiste  qui 
n'a  qu'un  rapport  extrêmement  loin- 
tain avec  la  vérité  ;  on  nous  présente 
d'abord  un  Aiglon  imprévu  :  brun, 
plutôt  laid  ;  puis  un  Metternich 
encore  plus  imprévu  :  il  ressemble  à 
Charles  Alstrup  et  ferait  un  valet 
de  grande  maison  tout  à  fait  réussi  ; 


tous  les  personnages  sont  aussi  ridi- 
cules c]  ue  les  deux  précédents  ;  on  ne 
compte  pas  les  fautes  de  mise  en 
scène  :  un  tramway  malencontreux 
qui  vient  égayer  un  tableau  un  peu 
morne,  les  cordes  et  les  piquets  qu'on 
a  oublié  d'enlever  dans  les  apparte- 
ments, etc.  (car,  et  j'arrive  là  à  la 
seule  qualité  du  film),  il  est  incontes- 
table qu'il  a  été  réellement  tourné 
clans  le  palais  et  le  parc  de  Schun- 
brunn  et  que  les  accessoires  :  caros- 
ses,  certains  costumes,  etc.,  ont  une 
grande  valeur  au  point  de  vue  de  la 
documentation  historique.  Mais  c'est 
tout  ce  qu'il  y  a  de  bien,  hélas! 


La    Légende    du    Saule.  —  A 

son  tour,  après  Mary  Pickford  et  tant 
d'autres,  Viola  Dana  se  transforme 
en  une  gentille  petite  japonaise  éprise 
d'un  américain  qui  l'aime  et  finit  par 
l'épouser.  Entre  temps,  elle  nous 
apparaît  en  princesse  de  légende, 
épouse  d'un  guerrier  antique.  Tout 
cela  est  très  gentil,  la  légende  est 
jolie,  l'histoire  moderne,  poétique  et 
originale  ;  c'est  doué  d'une  très  belle 
mise  en  scène  ;  mais  Viola  Dana  si 
gaie,  si  vive,  si  primesautière,  nous 
fait  un  bien  drôle  d'effet  en  princesse 
triste  ou  en  petite  marchande  au 
désespoir  ;  le  rôle  ne  lui  convient 
altère. 


La    Fiancée  de  la    Haine.  - 

Le  sujet  est  essentiellement,  profon- 
dément américain  :  il  est  basé  tout 
entier  sur  la  haine,  le  mépris  des 
Américains  pour  les  hommes  de  cou- 
leur, ou  même  simplement  de  sang 
mélangé  ;  c'est  dire  qu'il  nous  semble 
bizarre  et  monstrueux  ;  le  fait  cle 
sacrifier  sans  scrupules  le  cœur  et  la 
vie  d'une  jeune  fille,  simplement 
parce  que  son  maître  la  croit  tille 
d'une  esclave,  nous  paraît  vraiment 
répugnant  ;  d'autant  plus  répugnant 
que  cela  parait  tout  naturel  à  tous 
les  personnages  du  film  ;  quelle  drôle 
de  mentalité  ont  ces  gens-là  I 

Frank  Keenan  joue  avec  son  talent 
habituel  le  rôle  du  maître  cruel  ;  miss 
Marjorie  Wilson  est  une  gentille 
esclave.  La  photo  et  la  mise  en  scène 
sont  bonnes,  sans  plus. 

Henriette  Janne. 


cinea 


13 


De  "Rose-France"  à  "El  Dorado" 


Marcel  L'Herbier  est  devenu  Lin  poète, 
au  sens  hellène  du  terme  :  il  crée.  On 
put  craindre  à  ses  premiers  poèmes  que 
les  vieux  lvs  préraphaélites  de  John 
Ruskin  et  d'Oscar  Wilde  —  ou  du  moins 
de  Wilde  tel  que  les  jeunes  poètes  se  le 
représentent  —  ne  l'empêcheraient  de 
dormir.  On  imagina  aussi  de  reconnaître 
l'ombre    de    Paul    Claudel    derrière    les 


mœurs  cinégraphiques  modifièrent  sen- 
siblement le  ton  de  ces  essais  plastiques. 
Tels  quels,  dépouillés  de  leurs  joyaux  ou, 
du  moins,  de  leur  atmosphère,  ces  thèmes 
commencèrent  d'imposer  en  France  le 
goût  du  conte  visuel  conçu,  compris  et 
réalisé  pour  l'écran.  Je  ne  doute  pas  que 
la  vision  du  Torrent,  que  la  lecture  de 
Bouclette  (à  qui  on  aurait  bien  pu  laisser 


souples  hymnes  de  l'Enfantement  du 
Mort,  sa  première  œuvre  dramatique. 
Il  est  de  pires  idoles  pour  un  jeune 
croyant  de  lettres,  et  ce  n'est  pas  mon 
affaire,  mais  n'est-il  pas  curieux  que  la 
tendresse  éclectique  de  ce  poète  ait  élu 
avant  tous  autres  des  aînés  décoratifs, 
stylisés,  visuels?  Ainsi  le  cinéma,  filtré 
par  un  lyrisme  «  de  beauté  »,  pénétra 
l'esprit  de  Marcel  L'Herbier. 

Auteur  d'abord,  il  tache  de  trouver 
cette  formule  directe  et  synthétique,  in- 
dispensable actuellement  à  la  compréhen- 
sion unanimiste  des  foules.  Vous  avez  vu 
le  Torrent.  Vous  avez  vu  Bouclette.  Les 
exigences  ou    les  douces   habitudes   des 


son  étiquette  primitive  :  l'Auge  de  minuit) 
n'aient  eu  certaine  importance  dans 
l'évolution  —  devenue  vertigineuse  main- 
tenant —  de  ce  qu'on  appelait  le  scénario 
de  cinéma. 

Tout  cela  n'est  rien.  Poète,  tu  es  arti- 
san. Quand  le  poète  se  révéla  artisan,  une 
chose  neuve  parut.  Rose  France  est  un 
événement  de  notre  art  muet.  Ce  film- 
poème  a  paru  sur  peu  d'écrans,  Il  a  été 
sifflé  par  le  public.  Les  journaux  l'ont 
traîné  dans  la  boue.  Peu  de  spectateurs 
ont  consenti  à  ne  pas  voir  les  gaucheries 
un  peu  agressives  de  ce  début.  Bien  peu 
ont  compris  l'importance  de  l'effort.  La 
première  tragédie  de  Racine  a  dû  scanda- 


liser les  amis  de  l'antique  —  parce  que 
trop  soudainement  française.  Rose-France 
pour  la  première  fois,  réalisait  une  ciné- 
graphie  française,  mais  les  Français 
perdent  tellement  de  temps  a  maudire 
les  étrangers  qu'ils  ne  s'aperçoivent  pas 


Cliché  ftys-Film 

Jaque  Catklain  Mlle  Aisse 

dans     ROSE-FRANCR 


- 


14 


Une  des  visions  à  flou  partiel  de  L'HOMME  DU  LARGE       61-  Gaumont 


cinea 

dus.  etc.),  virtuosité  technique  ou 
L'Herbier  prodigue  sa  maestria  d'inven- 
teur et  de  prospecteur,  mais  il  vaut 
mieux  qu'on  lait  émondé  de  ce  luxe  troa 
vif  encore  pour  des  spectateurs  mal  pré- 
parés. L'Homme  du  Large  est  un  succès. 
La  censure  l'a  sabote.  Cela  suffit  a 
confirmer  sa  réussite  et  sa  valeur. 

Enfin  Pilla  Destin  va  fondre  en  une 
heure  d'humour  les  dons  somptueux; 
ironiques  et  parfois  contradictoires  de  ce 
poêle  des  images  animées.  Une  sorte  de 
sécheresse  mathématique,  un  mouve- 
ment de  jongleur  anglo-saxon,  un  rvthme 
parodique  ou  perce  comme  involontaire- 
ment de  lasensibité,  un  air  de  se  moquer, 
des  choses  qu'il  faut  nous  faut  faire  aimer, 
bref  on  ne  sait  pas  si  c'est  un  théorèmej 
un  poème,  une  toile  vivante,  —  un  film. 
Il  me  semble  que  là  encore  peu  compren- 
dront. Mais  l'apparence  du  film  permettra 
que  ce  malentendu  prenne  une  allure  de 
succès.  Ainsi  les  exigeants  et  les  igno- 
rants seroue  satisfaits  à  la  fois,  C'est  un 
des  secrets  du  cinéma.  En  tous  cas,  Villa 
Destin  donne   son   prix    véritable   à   une 


des  découvertes  de  leur  pays.  L'important 
est  que  Rose  France  ait  attiré  des  intellec- 
tuels au  cinéma,  converti  des  artistes, 
encouragé  des  chercheurs,  éclairé  des 
tourmentés. 

Depuis,  la  manière  de  Marcel  L'Her- 
bier s'est  épanouie.  Développant  ses  dons 
de  peintre  et  de  technicien,  de  composi- 
teur, voulais-je  dire,  il  a  minutieusement 
étudié  le  détail  orchestral  et  s'est  rap- 
proché du  stvle  symphonique  de  l'en- 
semble. Le  Carnaval  des  Vérités  nous  a 
séduits  et  aurait  connu  le  triomphe  des 
monstres  d'art  si  l'auteur  n'avait  pas 
sacrifié  le  rythme  ou  le  caractère  que 
demandait  le  scénario.  Thème  insigni- 
fiant, exécution  à  la  Stravinskw  il  v  eut 
là  un  désaccord  tout,à  fait  inutile. 

L'Homme  dit  Large  conjugue  plus  heu- 
reusement la  conception  et  la  réalisation. 
Aéré,  vigoureux,  bien  vivant,  le  drame  a 
un  style  étoffé  qui  entre  à  son  aise  dans 
l'attention  de  la  foule.  La  première  ver- 
sion comportait  des  raffinements  excessifs 
de     présentation     (cadres,     titres,      fon- 


1 

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Hallys  Feeld  Paillais  Bouddha        Cliché  GaumoDi 

dans   une   des    scènes   parodiques   de   VILLA   DESTIN 


Bob  Scalon  et  Lili  Samuel  dans  VILLA  DESTIN     Cliché  Gaumonl 


tentative  d'art  visuel  qui  est  une  maîtrise,  je  veux  dire  un 
outil  puissant   aux  mains    d'un  artiste. 

El  Dorade  ajoute  à  ces  efforts  brillants  une  somptueuse  suite 
en  décors  majeurs  où  la  virtuosité  s'assouplit  et  cherche  une 
âme.  Le  moment  est-il  proche  ou  Marcel  L'Herbier  ne  sera 
plus  «  le  premier  photographe  de  France  »  selon  l'expression 
d'un  admirateur  piquant  ?  Souhaitons-le  pour  notre  joie  et 
pour  son  art. 

Mais  nous  ne  lui  reprocherons  point  d  avoir  été  un  photo- 
graphe puisqu'il  fut  photographe  prestigieux  et  puisque  la 
photographie  qui  n'est  pas  du  cinéma  est  un  généreux  prélude 
au  style  cinégraphique. 

Louis   Delluc. 


LE    FILM    RUSSE    —   M"c'    BOLDIREFF 

dans  une  scène  de  La  nuit  du  1 1  Septembre  (Ermolieff-Film) 


LE    FILM    AMERICAIN    —    LOUISE    GLAUM 

si  émouvante  dans  Pour  sauver  sa  race,  reparait  dans  La  Honte 
et  bientôt  dans  Expiation. 


EVE  FRANCIS 
dans  le  nouveau  film  de  Marcel  L'Herbier  :  El  Dorado  dont  elle  vient  de  créer  le  principal  rôle. 
Déjà  dans    l.,ih\'lr  Espagnole  elle  synthétisait  l'Andalousie  passionnée  dont  elle  évoquera  de 
nouveau,  dans  un  prochain  film  en  préparation,  le  rythme  et  la  saveur. 





cmea 


MAE  MURRAY 
dont  on  a  beaucoup  goûté,  à  New-York,  la 
charmante  création  du  Lys  Dore,  son  nou- 
veau film,  qui  dépasse  en  grâce  et  fantaisie 
les  visions  aimables  d'Anice  et  de  Un  déli- 
cieux petit  Diable. 


En     Amérique 

Le  monde  du  Cinéma  s'agite  et  se 
plaint,  en  Amérique  comme  ailleurs 
—  excepté  en  Allemagne  où  l'on  se 
contente  de  travailler  et  de  prendre 
la  place  des  autres. 

Tout  d'abord  les  éditeurs  cons- 
tatent —  ce  sont  des  choses  qu'on  a 
entendu  dire,  niais  auxquelles  on 
ne  croit  que  lorsqu'elles  vous  ar- 
rivent à  vous  —  qu'il  ne  suffit  pas  de 
s'outiller  en  vue  de  produire  tant  de 
pieds  linéaires  —  ou  cubiques  — 
pour  que  les  loueurs  les  achètent  et 
que  les  exploitants  les  projettent 
Mais  cela  se  tassera  ;  on  nous  affirme 
même  que  la  crise  ne  pourra  que 
profiter  à  la  qualité  des  films  améri- 
cains. Attendons. 

Un  autre  danger,  et  la  question  se 
pose,  dans  les  mêmes  termes  pour 
tous  les  pays,  est  signalé  par  Lionel 
Barrymore  dans  un  récent  inter- 
view (1).  C'est  la  différence  de  goûts 
entre  le  public  populaire  et  provin- 
cial, qui  adhère  essentiellement  à 
certaines  conventions,  à  certaine  es- 
thétique, qui  tient  à  ce  que  le  film 
soit  moral  et  finisse  bien,  et  le  public 
des  villes  qui  réclame  quelque  chose 
de  plus  âpre,  de  plus  corsé,  de  moins 
conventionnel  (étant  admis  qu'il  y  a 
moins  de  convention,  par  exemple, 
dans  Zola  que  dans  Octave  Feuillet). 

Comme  on  ne  peut  faire  de  films 
destinés  au  petit  nombre  et  qui 
seraient  du  caviar  pour  le  peuple, 
on  est  obligé  de  sacrifier  le  caractère 
profond  des  œuvres.  Voici  par 
exemple  les  romans  de  Joseph  Con- 
rad :  comment  faire  accepter  au 
public  du  cinéma  sa  vue  amére  et 
désespérante  de  l'existence?  On 
hésite  à  relire  Victory,  tellement  ce 
livre  puissant  vous  laisse  découragé, 
abattu,  pessimiste;  quand  Maurice 
Tourneur  a  transposé  le  roman  pour 
l'écran,  il  a  fait  marier  les  héros  à  la 
fin,  tout  comme  dans  un  Salammbô 
de  néfaste  mémoire.  Et  l'on  considère 
qu'il  lui  a  fallu  un  véritable  courage 
pour  ne  pas  conclure  de  la  même 
manière  son  récent  film,  Le  dernier 
des  Mohicans. 

Dans  le  même  magazine,  'William  C. 
de  Mille  (frère  de  Cecil  13.,  mieux 
connu  en  France)  est  plus  rassurant  ; 
il  prévoit  que  nous  aurons  sous  peu 
des  films  lyriques,  épiques,  drama- 
tiques, composés  par  des  écrivains 
différents,  s'adressant  à  des  publics 


■—■■  ■ 


18 


cinea 


différents.  Mai»  il  ne  parait  pas 
s'arrêter  au  côté  commercial  de  la 
question. 

En  Amérique  comme  chez  nous 
sévit  enfin  la  Censure,  et  pour  la 
même  raison;  on  considère  que  le 
cinéma  ne  doit  comporter  que  des 
spectacles  accessibles  à  un  public 
enfantin,  que  l'idéal  serait  de  mettre 
en  film  le  dernier  discours  sur  les 
prix  de  vertu. 

11  paraît  sans  intérêt  d'annoncer  à 
nos  lecteurs  la  mise  en  cliantier  de 
films  qui  ne  verront  peut  être  jamais 
le  jour;  nous  ne  parlerons  donc  que 
des  œuvres  achevées,  présentées, 
soumises  à  la  Critique. 

La  plus  notoire,  parmi  les  récentes 
est  The  Kid  (Le  gosse)  de  Charlie 
Chaplin,  qui  comporte  une  touche 
pathétique  plus  marquée  que  les 
œuvres  antérieures  du  maître.  On 
donne  comme  particulièrement  réussi 
le  rêve  où  il  est  transporté  au  ciel. 

Nous  avons  cité  tout  à  l'heure  Le 
dernier  des  Mohicans  de  Maurice 
Tourneur.  Le  roman  de  Cooper  est 
resté  célèbre  en  France;  il  arrive 
même  qu'on  le  lise,  et  avec  plaisir. 
La  transcription  est  exacte,  pitto- 
resque, et  l'interprétation  générale- 
ment bonne  sans  avoir  rien  de  stel- 
laire. 

Griffith  reste  fidèle  à  Limeliouse,  au 
livre  de  Thomas  Burke  et  aux  récits 
des  quartiers  pauvres  de  Londres. 
Le  dernier  film  de  cette  série  est 
Flaming  Lamps,  qu'interprète  Carol 
Dempster. 

La  Reine  de  Saba  et  Le  Lys  doré 
permettent  d'admirer  sans  voiles, 
parmi  des  cadres  somptueux  les 
corps  charmants  de  Betty  Blythe  et 
de  Mae  Murray,  et  La  lumière 
d'amour  ne  fournit  point  à  Mary 
Pickford  l'occasion  de  se  surpasser. 

Et  maintenant  Dieu  seul  sait  à 
quel  moment,  sous  quels  titres,  et 
avec  quelles  déformations  nous  pou- 
vons espérer  voir  tout  cela.  A  cet 
égard  nos  confrères  techniques  nous 
donnaient  quelque  espoir  en  an- 
nonçant que,  grâce  au  manque 
d'expérience  des  opérateurs,  les 
vieux  films  se  détérioraient  très  rapi- 
dement. Mais,  hélas!  les  éditeurs 
doivent  avoir  conservé  les  négatifs... 

Pour  être  complets  nous  devrions 
mentionner  les  mariages  et  les  di- 
vorces des  étoiles.  Mais  il  semble 
qu'on  pourrait  simplifier  la  question 
en    suivant  le    principe   du    planton 


qui  «  attendait  le  contre-ordre  ».  11 
sera  toujours  temps  d'annoncer  un 
mariage  si  le  divorce  n'est  pas  inter- 


il  n'y  aurait  plus  ni  romans,  ni  scé- 
narios de  films;  mais  sur  ce  dernier 
point,  cela  ferait-il  une  grande  diflé- 


venu  avant  l'année  prochaine.  Il  est-     rence  avec  l'état  de  choses  actuel? 
vrai  que  si  l'on  suivait  ce  principe.  Lionel  Landry. 


SESSUE    HAYAKAWA 
qui  n'est  plus  seulement  pour  nous  «  le  Japonais  de  Forfaiture  »,  niais  le 
mime  aigu  qui  a  marque  dune  forte  et  subtile   personnalité   ses   rôles  de 
Œil  pour  œil,  Le  Temple  du  Crépuscule,  £1   Jaguar,   Hara-Kiri,  L'Ame  de 
Koura-San,  Amour  de  Geisha  et  Pour  l'Honneur  de  sa  Race* 





~z 


l'irritante  cadence 

De  l'Espagne  farouche  et  tintante  qui  danse 


0  misère  animale,  active,  Iriompliunte, 

()  saveur  île  la  pauvreté, 

sous  le  ciel  des  guerriers,  des  trônes,  des  infantes. 

/mus  le  brasier  bleu  de  télé! 

Huns  ce  royaume  d  aryenl  noir 
La  Vierge  luit  comme  un  miroir... 

()  palais  calme  comme  un  vase, 
/'amis,  plafonds  coloriés, 
Frais  salons  de  parfums  rayés 
Ou  l'âme  cric  ri  meurt  d'extase 

les  palais  d'été 

Ombragés  du  hois  noir  des  arbres, 
Ou  l'eau  s'endort,  contre  les  marbres 
Du  sommeil  de  la  volupté! 

Comtkssi   Mathieu  de  Noailles. 


JAQUE  CATELA1N 
dans  le  rôle  du  jeune  Suédois  Heedwick 


EVE  FRANCIS 

dans  le  principal  refle 

de   la   Danseuse   Andalouse   Svbilla 


MARCELLE  PRADOT 
dans    le    rôle    d  '  1 1 1  i  a  n  a 


Les  interprètes  d'El  Dorado  le 
grand  film  que  Marcel  L'Herbier 
vient  de  tourner  en  Andalousie. 


cinea 


l'IlilTO   Ml  Mil    i    \MH:\ 


ELENA  SAGRARY 


Une  nouvelle  star  franco-slave,  qui  s'est  brillamment  essayée 
avec  le  rôle  saisissant  de  l'«Orientale»  dans  La  Bouc  et  qui 
tourne  le  personnage  principal  dans  Jettatura. 


cinea 


CHARLIE    TRAVAILLE 


Voici  en  plein  labeur  l'humoriste  aigu  de  Une  Vie  de  Chien  et 
de  Chariot  Soldat.  Il  vérifie  la  prise  de  vues,  comme  il  vérifie 
interprétation,  costumes,  décors,  lumière  des  productions  dont 
il  imagine  la  joyeuse  âpreté.  Son  nouveau  triomphe  est  un 
grand    film,    tout    d'humour    et    d'attendrissement,    The    Kid. 


20 


cinea 


M 

Le    Cin 

FILMS 

éma    allemand 

M 

CUBISTES 

jkt                             i 

jK 

Il  y  a  en  Allemagne  des  dizaines 
de  maisons  du  rang  de  Pathé  et  de 
Gaumont  :  maisons  qui  représentent 
dans  le  monde  eette  troisième  indus- 
trie nationale,  maisons  d'exportation, 
maisons  depropagande, cotées  comme 
des  usines  et  des  fabriques  de  maca- 
ronis, selon  leur  rendement,  la  lon- 
gueur kilométrique  des  films,  la 
célébrité  théâtrale  d'une  étoile,  le 
rang  académique  d'un  auteur,  etc. 
Nous  ne  nous  attarderons  pas  à  ces 
maisons  de  commerce  :  contentons- 
nous  de  citer  le  trust  le  plus  impor- 
tant et  le  plus  influent  «  Ut  a  »,  dont 
la  marque  est  connue  dans  le  monde 
entier,  sinon  en  France.  Son  dernier 
atout  notamment  fut  effarant  :  un 
des  rares  films  européens,  qui  fut 
non  seulement  agréé  en  Amérique 
mais  qui  récolta  un  succès  artistique 
et  matériel  très  grand  :  Madame 
Dubarry,  un  épisode  de  la  grande  Ré- 
volution française,  porte  l'estampille 
de  cette  firme  allemande. 

Il  est  évident  d'ailleurs,  que  la  vie 
cinégraphique  d'outre-Rhin  ait  suivi 
les  mêmes  péripéties  cpie  celle  des 
autres  pays,  dont  la  plus  grave  erreur 
fut  et  est  encore  la  transposition  pure 
et  simple  d'une  pièce  du  théâtre  à 
l'écran.  De  eette  erreur  sont  nées 
toutes  les  méprises  des  metteurs  en 
scène  dés  les  débuts  de  ce  nouvel  art. 
Or,  il  y  a  partout  déjà  quelques 
esprits  lucides,  qui  comprennent  que 
et'   chemin    n'est   qu'un  cul-de-sac   et 


que,  pour  atteindre  â  des  réalisations 
plus  adéquates  â  l'art  «  de  la  lumière  », 
il  faut  changer  de  fond  en  comble, 
les  règles  et  habitudes  déjà  trop 
enracinées.  Cela  est  difficile,  plus 
difficile  qu'il  ne  paraît  au  premier 
abord.  Car  la  théorie  ancienne  est 
dès  maintenant  trustée,  capitalisée, 
immunisée  :  la  renverser  nécessite 
une  révolution  tout  aussi  grave  et 
dangereuse  et  épineuse,  que  la  natio- 
nalisation ou  l'électrification  de  che- 
mins de  fer:  et  ce  n'est  pas  l'ancienne 
idée  mais  l'ancien  matériel  qui  s'op- 
pose à  tout  renouvellement. 

Devant  cet  état  de  choses,  l'on 
comprendra  aisément  que  la  réalisa- 
tion d'une  nouvelle  technique  ciné- 
graphique ne  peut  être  tentée  que 
par  des  jeunes.  En  France,  le  «  Film 
d'Art  »  et  certains  artistes  groupés 
ont  pris  cette  voie,  avec  des  succès 
alternants  avec  l'énévitable  pénurie 
de  capitaux.  lien  est  de  même  ailleurs. 
Cependant  il  semble  qu'en  Allemagne 
on  soit  toujours  plus  ouvert  aux 
suggestions  de  la  jeunesse,  les  prota- 
gonistes d'une  forme  nouvelle  d'art 
cinégraphiqueont  constitué  certaines 
associations  qui  vont  vers  une  réali- 
sation de  grandes  découvertes.  Citons 
entre  autres  la  ïlag,  la  Neos,  la  Dê- 
cla,  film  Gesellschaft, 

Tout  l'art  moderne  allemand  qu'on 
appelle  depuis  dix  ans  exprès. 
sionniste,  était  prédestiné  à  emboî- 
ter le  pas  au  film,  car  son  essence 
même    était    l'évolution    de    l'action, 


l'abandon  de  la  phrase  (autant  que 
possible):  c'est  ainsi  que  les  pièces 
de  théâtre  des  poètes  expressionnistes 
réduisent  au  minimum  les  paroles  des 
personnages,  ne  leur  font  dire  —  en 
mots  hachés  et  découpés  —  que  le 
strict  nécessaire,  mais,  par  contre, 
concentrent  tout  l'intérêt  du  drame 
dans  l'action  des  figures.  Alors  :  de 
là  au  film,  il  n'y  avait  qu'un  pas,  iné- 
vitable. 

La  meilleure  preuve  fut  donnée  par 
une  pièce  célèbre  de  Georg  Kaiser  : 
Du  matin  à  minuit  écrite  et  prépa- 
rée entièrement  et  sans  aucune 
arriére-pensée  pour  le  théâtre,  mais 
dont  l'adaptation  au  cinéma  fut  une 
vérité  nécessaire  et  immédiate. 

Dans  le  court  espace  d'un  jour,  du 
«  matin  â  minuit  »,  s'accomplit  la 
destinée  entière  d'un  homme,  d'un 
caissier  de  banque,  de  cinquante 
ans,  qui  a  femme  et  enfants,  mais 
qui,  un  beau  matin  en  voyant  la 
main  rose  et  parfumée  d'une  femme 
lui  tendre  un  chèque  â  son  guichet, 
comprend  toute  l'étroitesse  de  sa  vie 
morose,  et  s'embarque  dans  une  nou- 
velle existence.  Il  vole  les  soixante- 
mille  francs  de  la  caisse  et  s'imagine 
pouvoir  maintenant  vivre,  vivre,  â  la 
façon  des  autres,  acheter  des  femmes, 
l'amour,  acheter  l'ivresse,  la  beauté 
de  la  vie  :  il  va  dans  les  bals,  les  bars, 
dans  la  rue,  il  jette  l'argent  où  il  peut 
mais  nulle  part  il  ne  trouve  le  plaisir 
qu'il  attendait  :  la  vie  n'est  pas  belle, 


~ 


ctnea 


21 


celui  d'un  pauvre  être  morfondu   et 

cherchant    au    dehors    ce   qui    n'était 
pas  en  lui. 

De  ce  film  datera  sûrement  un 
nouvel  essor  de  l'art  cinégraphique. 
C'était  un  essai  :  mais  il  a  complète- 
ment réussi.  Il  ne  plaira  pas  à  tous 
les  publics,  assurément.  Il  faudra  les 
habituer  lentement  à  cet  art  plus 
véridique  que  tout  réalisme!  mais  on 
peut  être  certain  qu'il  conquerra  la 
sympathie  des  foules,  tout  aussi  bien 
que  les  courses  et  "  salto  mortale  " 
des  Américains.  Allons  ;  le  «  film 
cubiste  »  sera  encore  plus  vite  pré- 
senté aux  cinémas  de  nos  boulevards, 
que  les  toiles  de  Braque  ou  de  Gris 
suspendues  au  Louvre. 

Ivan  Goll. 


les  hommes  sont  bétes  et  méchants, 
inutile  de  vivre  désormais... 

Le  tout  se  déroule  dans  une  atmos- 
phère fiévreuse,  et  voici  qu'un  grand 
et  jeune  metteur  en  scène,  Karl  Hein/ 
Martin,  qui  est  aussi  Régisseur  au 
Deutsches  Theater  de  Rheinhardt, 
s'empare  du  sujet  et  crée  avec  cela, 
et  entouré  des  meilleurs  peintres  de 
sa  ville,  le  premier  film  expressioniste 
cubiste  :  c'est-à-dire,  tous  les  paysages 
tous  les  objets  démesurément  agran- 
dis ou  rapetisses,  selon  l'idée  de  la 
scène  :  le  tout  vu  avec  les  yeux  du 
caissier  halluciné,  des  guichets  de 
banque  chancelants,  des  rues  de  tra- 
vers, des  homme»  qui  crient  tous 
comme  des  fous  :  toute  l'âme  du  héros 
répétée  et  transposée  dans  les  choses, 
dans  les  formes,  dans  l'atmosphère 
intérieure  du  film.  Et  seul  le  film  pou- 
vait réaliser  cette  nouvelle  expression 
de  la  vie,  faire  vibrer  ensemble  en  un 
rythme  discontinu  les  hommes  et  les 
choses,  réduire  l'aspect  du  monde  à 


22 


cinea 


SPECTACLES 


Tristan  et  Isolde  prend  l'âme 
et  l'esprit  ;  Sërafin  conduit  en  chef 
passionné  son  orchestre  et  la  parti- 
tion magique.  Mme  Rakowska-Sérafin 
n'est  pas  qu'une  flamme  ardente,  c'est 
aussi  une  voix  sans  une  faiblesse  et 
celle  de  Mme  Capuana  est  souple, 
douce  et  chaude  c'est  Brangàene 
elle-même  avec  un  style  que  je  n'avais 
pas  encore  connu  ;  et  Basai,  ah 
Hassi  T 

Votre  Tristan  du  2e  acte  est  le  plus 
beau  qui  soit  avec  cette  voix  vivante 
qui  décroche  le  cœur  dans  la  poi- 
trine. 

Revenez,  nous  avons  besoin  de 
chanteurs  vivants...  etMarcoux  aban- 
donne Wagner... 

■ 

La  bataille, de  Frondaie.  Un  beau 
roman  de  Farrére  pas  théâtre. . . 
Mais  Gémier  est  un  artiste  et  il  japa- 
nise  si  bien,  et  Mary  Marquet  est  si 
belle  et  Mme  Roggers  a  un  rire  et  des 
attitudes  si  joliment  orientales. 
■ 

Le    Héros    et    le    Soldat,   de 
Shaw.  Que  c'est  agréable  à  voir  et  â 
entendre  malgré  le  traître  Hamon..  . 
• 

Cœur  de  Lilas.  C'est  petit  I  Une 
pièce  ça?  André  Brûlé  n'a  que  des 
boutades  et  quelques  mots  d'amour, 
c'est  trop  peu.  Dommage,  et  Madeleine 
Lély  est  presque  aussi  fugitive.  Tant 

pis. 

■ 

Le  Cocu  magnifique  de  Crom- 

melynck.    Une   œuvre  î  Bien   jouée  I 
avec   un  Lugné  Poë  remarquable. 
■ 
La  8e  femme  de  Barbe  bleue 

d'A.  Savoir.  C'est  charmant,  c'est 
léger,  avec  [parfois  de  l'intensité 
dans  la   grâce,   c'est  écrit   et   Lysês 

me    plaît. 

■ 

La  Rose  de  Roseim,de  J.Variot 
Pauvre  Jean  Périer  qtd  a  tant  de 
talent,   pauvre   public    qui    n'a  rien 

dit,  stoïque  ! 

■ 

MARGARITA  XIRGU  dans  Fédo- 
ra     et    La    Maison     en     ordre. 

Une  simplicité  forte,  une  autorité 
brillante,  une  passion  contenue  qui 
sait  se  déchaîner  et  un  beau  visage  ; 
admire  Réjane,  et  aime  m'a-t-elle  dit 
le  talent  sensuellement  intelligent 
d'Yvonne  de  Bray. 

Eve  Francis. 


La  Cbauve-Souris. 

Nikita  Baliefl'  triomphe.  La  caisse 
de  Chauve-Souris  déborde-t  elle?  J'ai 
peur  que  non.  L'essentiel  est  que 
Nikita  Baliefl'  triomphe  par  son 
influence  sur  la  couleur  et  la  mise  en 
scène  des  théâtres  de  Paris. 

Souvent  les  Russes  ont  agi  forte- 
ment sur  nos  mœurs  scéniques.  Les 
larges  exécutions  visuelles  de  Boris, 
de  la  Pskovitaine,  de  la  Khovan- 
china,  puis —  ô  Alexandre  SanineT  — 
d'Hélène  de  Sparte  et  Salomé  avec 
Ida  Rubinstein  renouvelèrent  un  art 
théâtral  que  l'excès  de  réalisme 
dépouillait  de  synthèse,  de  style  et 
de  puissance.  Les  ballets  de  Serge  de 
Diaghilen  ont  accentué  et  intensifié 
cet  art  nouveau.  Bakst,  Benois,  Lario- 
now,  Gontcharowa,  nous  sont  plus 
familiers  que  les  titres  d'œuvres 
célèbres  d'auteurs  non  moins  célèbres. 
Et  maintenant  Baliefl... 

On  lui  a  reproché  de  se  souvenir  de 
Meyerhold  et  de  Stanislavsky.  Qu'est- 
ce  que  ça  fait  ?  Il  sait  où  sont  les 
beaux  cadres.  Il  sait  où  sont  les 
bonnes  couleurs.  Il  sait  s'en  servir  et 
il  crée  de  belles  pages  de  rythme  et 
d'atmosphère. 

Dans  notre  théâtre  ingénument  et 
maladroitement  pervers,  dans  nos 
réalisations  pour  calendriers  des 
P.  T.  T.,  sa  note  sonne  en  fanfare. 
Jéricho  ne  croulera  pas  pour  celai  Du 
moins  Baliefl,  Wavitch,  Soudéïkine, 
Rémisofl',  et  leurs  pairs,  ont  imposé 
â  notre  mémoire  lassée  des  éclairs 
généreux  comme  Le  Restaurant 
Yard,  Les  houzards  noirs,  Katinka, 
Les  romances  de  Glinka,  et  ce  qui 
suit,  et  ce  qui  suivra.  La  gaîté,  l'es- 
prit, l'humour  de  ces  spectacles 
m'enchante.  L'œil  s'y  réjouit.  Je  ne 
parle  pas  de  l'œil  de  cinégraphistes 
qui  ne  voient  rien  ni  de  l'œil  des  gens 
de  théâtre  qui  voient  peu. 
■ 

Oncle  Vania. 

Deux  heures  de  nuances  et  de 
rythme  intérieur.  Nous  avons  lu  —  en 
profondeur  —  Dostoiewsk}-  et  Tour- 
gueniefl.  Nous  vivons  —  en  intensité 


—  Tchekow ,  comme  Andreiew, 
comme  Shaw  et  comme  Strindberg. 
Oncle  Van ia, c'est  delà  vie  en  dedans. 
C'est  de  la  vie.  La  vraie. 

Pitoëfl  y  tient  le  rôle  du  médecin 
qui  fut  cher  â  Stanislawsky.  Il  y  est 
aussi  aigu  et  saisissant  qu'il  le  fut 
dans  Celui  qui  reçoit  les  gifles.  Ma 
femme  danseuse  ou  Les  Ratés.  Lu- 
dmilla  Pitoëfl'  est  une  brillante  syn- 
thèse du  charme.  Mlle  Albane,  M.  Pe- 
ney,  M.  Jim  Géralds,  Mlle  Sylvère 
sont  justes  et  nous  les  suivons  pas 
â  pas,  de  virgule  en  virgule. 

■ 
Phi-Pbi. 

Dire  que  c'est  fini. 
Dire  que  nous  regretterons  Ph  i-Ph  i. 
Il  3r  avait  là,  du  moins,  un  théâtre 
où  l'on  ne  jouait  pas  autre  chose... 


Casino  de  Paris. 

Ça,  c'est  de  la  belle  peinture.  La 
couleur  grouille.  La  lumière  est 
comme  folle.  Ça  sue  l'électricité.  On 
rit  avec  ses  yeux. 

Les  jazz-band  se  sont  assagis.  Adieu, 
les  permissionnaires  américains  I 
Mistinguett  travaille  dans  le  genre 
théâtral.  Mais  voici  Chevalier  si  gai, 
si  Parigot  avec  ses  «  hommes  du 
monde  »  et  Boucot,  qui  se  fit  naguère 
acclamer  dans  des  chansons  idiotes 
et  que  voici  fort  drôle  dans  des  scènes 
fort  tristes.  Mlle  Fabris  shimmise 
élégamment.  Jenny  Golder  est  supé- 
rieure à  ses  chansons,  car  elle  était 
Oh  la  la,  oui,  oui,  en  chair  et  en  os. 
Les  grandes  a  mou  reuses  me  plaisent 
parce  c'est  du  music-hall  et  que  l'art 
visuel  n'y  vient  point  d'un  couturier, 
mais  du  hasard,  ou  plus  exactement 
de  ce  rythme  hardi  qui  est  l'âme 
même  du  music-hall. 

On  a  failli  faire  un  chef-d'œuvre 
avec  la  reine  de  Saba  qui  est  Mlle  Myro 
avec  sa  voix,  sa  peau,  son  nombril 
et  ses  perles  photogéniques  que 
l'ombre  brusque  nous  révèle  phospho 
rescentes.  C'est  joli. 

L.  D. 


cinea 


23 


DERRIÈRE      L'ÉCRAN 


En  Sicile 

Après  s'être  complu  aux  candeurs 
angéliques  d'un  petit  enfant,  ce  met- 
teur en  scène  a  voulu  se  pencher  sur 
les  abîmes  infernaux,  aux  exhalai- 
sons de  soufre,  aux  miasmes  délé- 
tères et  dont  l'accès  épouvanta  des 
civilisations...  Le  Stromboli,  dont  le 
nom  même  semble  être  une  grondante 
menace  a  pourtant  vu  ses  lianes  gra- 
vis, son  cratère  visité  par  des  Pari- 
siens, des  jeunes  femmes...  :  Luit/. 
Morat,  metteur  en  scène  des  5  Gen- 
tlemen maudits,  avec  ses  interprètes 
Pierre  Régnier  et  Modot,  créateur  de 
Un  Ours  et  Malhias  Sandorf; 
Yvonne  Aurel,  créatrice  de  Fabienne 
et  Mlle  Chapuis,  nouvelle  venue  au 
cinématographe  est  à  Païenne  et 
tourne  les  extérieurs  d'un  film  dont 
il  est  avec  Alfred  Vercourt  l'auteur 
du  scénario.  La  Terre  du  Diable. 
Chez  Footiit 

Au  bar  fameux  de  la  rue  Montai- 
gne, Footitt  reçoit,  gentleman  humo- 
riste et  artiste  ès-eoektails.  Le  cinéma 
n  est  pas  un  gêneur  dans  ce  home 
britannique.  Souvent  on  y  voit  Fail- 
li v  Ward  et  Jack  Dean,  son  mari,  et 
Eve  Francis,  qui  répète  avenue  Mon- 
taigne entre  deux  films.  Quant  à 
Footitt,  nous  le  verrons  sans  doute 
bientôt  à  l'écran  dans  une  nouvelle 
picture  qu'il  va  tourner. 


FOOTITT         Dessin  de  Bécan 
le    célèbre    clown    Anglais    du    Nouveau 
Cirque    vient    enfin    au   Cinéma. 

Espana 

C'est  le  multiple  caractère  de  fré- 
nésie dansante,  de  mendicité  enso- 
leillée, de  dévotion,  de  somptueuse 
indolence  dans  les  Palais  mau- 
resques, et  d'élégie  nocturne  dans  les 


jardins  orientaux,  que  Marcel  I. 'Her- 
bier est  allé  cueillir  dans  les  plus 
authentiques  provinces  espagnoles 
pour  composer  cet  FI  Dorado  que  l'on 
attend  déjà. 

Il    fallut    l'entremise     des    Affaires 


Dessin  de  I..  Laforge 

SUZANNE  DhSPRKS 
après  son  remarquabledébutcinégraphique 
dans  Le  Carnaval  des  Vérités,  vient  de  tour- 
ner L'Ombre  Déchirée,  pour  Léon  Poirier. 

Etrangères,  des  Ambassades,  des 
Administrations  et  des  Municipalités 
locales,  tout  l'empressement  d'une 
société  espagnole  accueillante  et 
admirative,  pour  obtenir  les  autori- 
sations jamais  encore  accordées  de 
tourner  dans  l'Alhambra  de  Grenade, 
et  dans  les  de  Séville  au  passage  des 
illustres  processions  pascales.  A  l'oc- 
casion  de  certaines    scènes,   on   alla 


dans  les  quartiers  pauvre»  et  jus- 
qu'aux «  cuevas  »  creusés  à  même  le 
roc,  où  habitent  les  Gitanes,  afin  d'ob- 
tenir une  figuration  et  des  danses 
authentiques.  Le  plus  grand  souci  île 
vérité,  la  plus  complète  documen- 
tation semblent  d'ailleurs  avoir  pré- 
sidé au  travail  de  chacun. 


SIGNORKT         Dessin  île  Bépan 

nui  vient  d'être  si  remarquable  dans  LeR'cve 
tourne  /.<■  Père  Goriot,  pour  |.  deBaroncelli. 

Eve  Francis,  pour  un  rôle  île  dan- 
seuse, prit  des  leçons  île  flamenco  et 
île  garrotin  avec  les  gitanes,  repro- 
duisit la  coiffure,  le  costume,  voire 
les  moindres  détails  île  toilette  des 
femmes  du  pays. 

Marcelle  Pradot,  à  qui  un  rôle 
île  jeune  fille  de  la  haute  société 
interdisait  la  recherche  d'un  pareil 
réalisme,  s'attacha  à  harmoniser  ses 
toilettes  avec  les  blancheurs  îles 
Palais  mauresques,  à  rappeler  même 
par  la  forme  d'une  certaine  robe,  les 
silhouettes  surannées  des  petites 
infantes  de  Vélasquez. 

En  antagonisme  avec  cette  atmo- 
sphère Andalouse,  un  élément  nor- 
dique interviendra  dans  le  drame, 
par  les  personnages  île  Jaque  Cate- 
lain  et  Claire  Prelia.  Auprès  de  celle- 
ci  qui  prêtera  à  un  rôle  de  dame 
Scandinave  la  douceur  et  la  sérénité 
expressives  île  ce  visage  qu'on  admi- 
ra dans  L'Homme  du  Large,  Jaque 
Catelain,  en  peintre  suédois,  porte 
les  costumes  d'un  pays  qui,  est  celui 
du  jeune  acteur  ;  il  a  précisément 
rapporté  de  chez  lui  îles  documents 
qui  lui  ont  permis  d'établir  la  ma- 
quette de  ses  décors  personnels. 
Ceux-ci,  île  même  que  le  décor  de  la 
maison  île  danses,  conçu  par  un  jeune 
dessinateur,  Louis  Le  Hertre,  seront 
exécutés  par  Robert-Jules  Garnier, 
dont  on  connaît  l'habileté  et  l'autorité. 

A.  Daven. 


24 


cmea 


Les  pages 

de  ma  Vie 

par 
Fcdor  Chaiiapine 


Mes  .souvenirs  datent  de  l'âge  de 
5  ans. 

Une  soirée  triste  d'automne...  Je 
suis  chez  Tiehon  Karpovitch,  le  meu- 
nier à  Ometevo,  village  des  environs 
de  la  ville  de  Kazan,  derrière  le  Fau- 
bourg des  Drapiers.  La  femme  du 
meunier,  Kyrillovna,  ma  mère  et 
deux  ou  trois  voisines  filent  la  laine 
dans  une  chambre  mi-obscure,  éclai- 
rée à  peine.  La  lumière  inégale  et 
blafarde  d'une  «  loutchina  »  (1)  fait 
trembler  les  ombres  le  long  du  mur, 
comme  si  quelqu'un  d'invisible  re- 
muait un  voile  noir  autour  de  nous. 
On  entend  le  bruit  de  la  pluie  der- 
rière les  vitres;  le  vent  murmure 
dans  la  cheminée. 

Et  les  femmes  filent  en  récitant 
doucement  l'une  après  l'autre  des 
histoires  étranges  et  mystérieuses 
ou  on  apprend  comment  les  maris 
décédés  depuis  longtemps  reviennent 
auprès  de  leurs  épouses  survivantes. 
Tout  d'abord  un  serpent  ailé  couvert 
de  ilammes  descend  de  l'espace 
aérien,  c'est  lui,  le  mari.  Puis,  après 
avoir  lancé  autour  de  soi  des  milliers 
d'étincelles,  il  se  transforme  en  moi- 
neau et  entre  ainsi  dans  la  pièce. 
Une  fois  là,  il  reprend  son  aspect 
humain  Le  voici,  le  mari  bien-aimé, 
tel  qu'il  était  de  son  vivant.  Et  la 
femme  le  caresse  tendrement.  Seule- 
ment en  l'embrassant  il  ne  fallait  pas 
lui  toucher  le  dos. 

«  C'est  que,  mes  belles,  expliquait 
Kyrillovna,  il  n'a  pas  de  dos.  A  sa 
place  se  trouve  une  flamme  verte 
qui,  si  on  la  touche,  est  capable  de 


il    éclairage  primitif,  très  en  vogue  chez  les  paysans 

NlSSes  :  des  copeaux   ;illninr>  cl  arrangés  d.ltlS  une  sorte 

île  vase  île  fer. 


brûler    complètement   l'homme   tout 
entier  et  son  âme  avec!  » 

Tous  ces  récits  produisaient  une 
très  grande  impression  sur  moi.  Cela 
me  plaisait  et  me  faisait  peur  en 
même  temps.  Je  me  disais  :  «  Il  y  en 
a  des  choses  extraordinaires  dans  la 
vie!  » 

Les  récits  terminés,  les  femmes, 
tout  en  filant,  commençaient  a  chan- 
ter de  lentes  chansons  mélancoliques 
où  il  est  question  de  la  neige  blanche 
et  touffue,  de  la  tristesse  virginale, 
de  la  pauvre  petite  «  loutchina  »  qui 
éclaire  à  peine,  vaguement.  Et  en 
effet,  celle-ci  n'éclairait  guère. 

Au  rythme  des  paroles  tristes  de  la 
chanson,  mon  âme  rêvait  tout  douce- 
ment à  des  choses  confuses,  indéfi- 
nissables; je  volais  au-dessus  de  la 
terre  sur  un  coursier  enflammé  ;  je 
courais  à  travers  les  champs  cou- 
verts d'une  couche  de  neige  épaisse, 
d'une  blancheur  immaculée  ;  je 
m'imaginais  voir  Dieu  Notre  Sei- 
gneur en  train  d'ouvrir  chaque  matin 
une  cage  dorée  et  lancer  par  de  là  le 
ciel  bleu,  à  travers  l'espace,  le  So- 
leil, ce  grand  Oiseau  de  Feu. 

—  Ce  qu'il  est  tard  !  Yvan  aurait  dû 
déjà  être  là  !... 

C'était  la  voix  de  ma  mère  qui 
m'arrivait  confusément  à  travers  le 
brouillard  de  mes  rêves. 

Yvan,  c'est  mon  père. 

Il  rentrait  vers  minuit.  Le  matin  à 
7  heures,  il  prenait  son  thé  et  se  ren- 
dait à  «  l'audience  ».  Ce  mot  me  fai- 
sait peur;  il  s'associait  dans  mon 
esprit  avec  l'idée  d'un  tribunal,  des 
juges  et  j'avais  entendu  dire  beau- 
coup de  mal  de  la  Justice.  Plus 
tard   j'ai    appris   que   «    l'audience    ■» 


n'était  autre  chose  que  le  bureau  de 
l'administration  locale  du  district  où 
mon  père  travaillait  comme  simple 
employé  aux  écritures. 

De  notre  village  jusqu'à  ce  bureau 
il  y  avait  plus  de  six  verstes.  Mon 
père  s'y  rendait  tous  les  jours  vers 
9  heures  du  matin.  Il  revenait  vers 
4  heures  de  l'après-midi  pour  dîner 
et  à  7  heures,  après  s'être  reposé  et 
après  avoir  bu  son  thé,  il  disparais- 
sait de  nouveau  jusqu'à  minuit. 

Une  fois  je  m'aperçus  que  deux 
jours  passèrent  sans  que  mon  père 
ne  fut  rentré.  Ma  mère  était  toute 
affolée. 

Le  troisième  jour  il  apparut,  com- 
plètement ivre.  Ma  mère  l'accabla  de 
reproches, 

—  Qu'allons-nous  faire  maintenant? 
De  quoi  aurons-nous  à  manger?  se 
plaignait-elle  amèrement. 

Tout  tremblant  de  peur,  j'observais 
mon  père  qui  vociférait  en  versant 
sur  elle  tout  un  Ilot  d'injures  des 
plus  grossières. 

—  Fiche  moi  la  paix!  Va-t-en  au 
diable!  Vous  m'embêtez,  vous  autres! 
Je  suis  comme  une  bête  de  somme! 
Travailler  tout  le  temps  sans  répit... 
Non,  non!  Il  faut  bien  que  je  m'amuse 
aussi  un  jour! 

C'est  alors  que  je  compris  que  mon 
père  va  à  «  l'audience  »  pour  travail- 
ler, qu'il  est  payé  pour  ça  et  qu'il  a 
laissé  au  cabaret  tout  ce  qu'il  venait 
de  toucher  à  la  fin  du  mois  ;  d'ailleurs 
c'est  ainsi  que  procédaient  la  plupart 
de  ses  collègues. 

Je  compris  aussi  que  de  ces  app.nn- 
tements  mensuels  dépend  toute  notre 
existence.  C'est  avec  cet  argent  que 
ma  mère  achète  les  carottes,  les 
pommes   de   terre    et   parfois    toutes 


— 


~~ 


cinea 


25 


L'os  petites  choses  douces,  agréables 
à  manger.  Et  c'est  grâce  à  cet  argent 
qu'elle  prépare  une  fois  par  mois 
mon  plat  préféré,  les  «  pelmeny  »  (1) 
que  nous  ne  mangeâmes  que  le  20 
de  chaque  mois  (2) 

A  partir  de  ce  jour,  mon  attitude 
plutôt  indifférente  à  l'égard  de  mon 
père  a  changé,  avant  compris,  peut- 
être,  que  mon  sort  dépendait  de  lui, 
ou  bien  parce  que  j'étais  intimidé  par 
ses  menaces  et  ses  injures. 

Et  lui,  il  se  mit  à  boire  de  plus  en 
plus  souvent,  jusqu'à  ce  que  c'était 
devenu  pour  lui  une  habitude  régu- 
lière le  20  de  chaque  mois. 

Au  début,  ce  jour  passait  sans  que 
mes  parents  se  disputassent.  Ma 
mère  d'habitude,  pleurait  doucement 
dans  un  coin  quelconque.  Puis  mon 
père  se  mit  à  la  traiter  d'une  façon 
de  plus  en  plus  grossière,  et  un  jour 
je  vis  qu'il  la  battait. 
En  hurlant  de  rage,  je  m'élançai 
,  pour  la  défendre  mais,  naturellement, 
cela  n'a  pas  réussi.  11  n'y  avait  que 
quelques  coups  de  plus  pour  moi.  Je 
pleurais,  je  me  traînais  par  terre, 
j  en  m'efforçant  d'échapper  aux  coups 
le  mon  père  qui  pleuvaient  sur  moi 
sans  interruption.  Tout  cela  faisait 
un  vacarme  épouvantable. 

Il  arriva  que  mon  père  eut  battu 
ma  mère  tellement  qu'elle  perdit 
•  connaissance  et  s'affaissa  immobile 
sur  une  banquette.  J'étais  persuadé 
qu'elle  était  morte.  Immobile,  les 
yeux  fermés,  ses  vêtements  en  lam- 
beaux, elle  gisait  parterre,  sans  res- 
pirer. Je  me  mis  â  pleurer  en  pous- 
sant des  cris  désespérés.  Elle  rouvrit 
les  yeux,  jeta  un  regard  abruti 
autour  de  soi  et  m'embrassa  tran- 
quillement en  disant  : 

—  Allons,  allons I  Ne  pleure  pas... 
Ce  n'est  rien!  Nitchevo.  Et  comme 
d'habitude  en  inclinant  ma  tète  sur 
ses  genoux,  elle  se  mit  à  écraser  les 
puces  dans  ma  chevelure,  en  me 
berçant  tristement  : 

—  Est-ce  qu'on  sait  jamais  avec  ces 
ivrognes?  Toi,  petit,  ne  fais  pas  at- 
tention à  ça... 

Après  ces  batailles,  la  vie  quoti- 
dienne reprenait  :  mon  père  allait  au 
bureau  aux  heures  régulières;  ma 
mère  travaillait,  réparait  le  linge, 
cousait.  En  travaillant  elle  chantait... 
des  chansons   un  peu  tristes,  un  peu 


'i  i  Sorte  de  pâtés  de  viande. 
2)  Jour  de  paie  ilmis  toutes  les  institutions  de  l'Etat 


singulières,  mais  toujours  d'un  air 
grave,  préoccupé.  Dans  sa  jeunesse, 
c'était  probablement  une  femme 
extraordinairement  robuste,  car  je 
l'entendis  se  plaindre  quelquefois  : 

—  Jamais  j'aurais  cru  qu'un  jour 
j'aurai  des  douleurs  dans  les  reins, 
qu'il  me  soit  difficile  de  laver  le 
plancher  ou  le  linge.  Dans  le  temps, 
il  n'y  avait  pas  d'ouvrage  que  je 
n'eusse  exécuté  en  souriant  et  main- 
tenant... 

Mon  père  la  battait  souvent  et 
d'une  manière  atroce;  â  l'époque  ou 
j'avais  neuf  ans,  il  buvait  déjà  non 
seulement  le  20  de  chaque  mois,  mais 
tous  les  jours.  Elle  était  enceinte 
alors.  Mon  frère  Vassily  devait  être 
mis  au  monde  incessamment. 

Je  la  plaignais  beaucoup. 

C'était  pour  moi  le  seul  être  auquel 
je  pouvais  confier  tout  ce  qui  emplis- 
sait mon  âme  â  cette  époque . 

En  me  recommandant  d'obéir  en 
tout  â  mon  père  et  â  elle-même,  ma 
mère  m'apprenait  que  la  vie  est  dif- 
ficile, qu'il  faut  travailler  sans  cesse, 
que  tous  les  chemins  sont  fermés 
pour  le  pauvre. 

«  Les  conseils  et  les  ordres  de  ton 
père  doivent  être  exécutés  rigoureu- 
sement. C'est  un  sageT  » 

Pour  elle  cet  homme  était  le 
maître  vénéré  et  infaillible. 

Grâce  aux  soins  de  ma  mère,  notre 
intérieur  était  très  bien  ^tenu.  Un 
ordre  parfait  régnait  partout.  Une 
petite  lampe  était  allumée  toujours 
devant  l'Icône  sainte. 

Souvent  je  voyais  les  yeux  gris  de 
ma  mère  se  poser  sur  l'image  â  peine 
éclairée  par  cette  petite  lumière  cli- 
gnotante et  une  plainte  craintive, 
un  soupir  mi-étouffè  se  faisait  en- 
tendre confusément. 

Extérieurement,  c'était  une  femme 
comme  il  y  en  a  des  centaines  de 
mille,  chez  nous  en  Russie  :  de  petite 
taille,  le  visage  doux,  toujours  mo- 
deste, effacée... 


Mon  père  était  un  homme  étrange. 
Il  avait  l'air  très  distingué,  grâce  â 
sa  barbe  soigneusement  taillée  ;  assez 
grand,  maigre,  il  avait  des  cheveux 
fins  et  soyeux,  toujours  bien  peignés. 
Vraiment,  je  n'ai  vu  chez  personne 
une  coiffure  aussi  jolie.  C'était  un 
plaisir  pour  moi  de  caresser  ses  che- 
veux aux  rares  moments  de  nos  rap- 


ports pacifiques.  Il  portait  une  che- 
mise molle  avec  un  col  rabattu,  faite 
par  ma  mère  et  avec  une  petite  fi- 
celle en  guise  de  cravate.  Par  dessus 
la  chemise  il  mettait  un  veston;  il 
portait  des  bottes  montantes  et  des 
bandes  de  toile  en  place  de  chaus- 
settes. 

Lorsqu'il  n'était  pas  ivre,  il  deve- 
nait très  silencieux  ne  disant  que  le 
strict  nécessaire  et  toujours  â  mi- 
voix,  presque  en  chuchotant.  A  mon 
égard,  généralement,  il  était  assez 
gentil,  seulement  quelquefois,  lors- 
qu'il était  de  mauvaise  humeur,  il 
m'appelait,  je  ne  sais  pourquoi  : 
—  Un  trou  ! 

Je  ne  me  rappelle  pas  de  l'avoir  vu 
commettre  une  mauvaise  action  ou 
de  tenir  des  propos  grossiers  aux 
moments  ou  il  n'était  pas  ivre. 

Si  quelque  chose  l'agaçait  il  grin- 
çait les  dents  et  se  retirait  loin  des 
gens.  Et  cela  jusqu'à  ce  qu'il  redeve- 
nait saoul.  Pour  arriver  â  cet  état,  il 
lui  fallait  peu  de  chose  :  deux,  trois 
verres,  pas  plus. 

Et  alors,  je  voyais  devant  moi  un 
homme  tout  à  fait  différent.  Mon 
père  devenait  arrogant,  cherchait 
querelle  pour  un  rien;  il  n'inspirait 
que  du  dégoût. 

Je  détestais  les  ivrognes  en  général, 
à  plus  forte  raison  si  c'était  mon 
propre  père. 

J'avais  honte  de  lui  auprès  de  mes 
camarades,  quoique  la  plupart  d'eux 
avaient  des  pères  absolument  pareils 
au  mien  et  qui  étaient  tous  des  alcoo- 
liques convaincus. 

Je  me  demandais  :  «  Pourquoi?  » 
Quelle  est  la  raison  de  cette  passion? 
Un  jour,  j'ai  goûté  de  l'eau-de-vie, 
une  boisson  amére  et  puante...  Je 
concevais  le  plaisir  de  boire  du 
«  Kwas  »,  mais  qu'est-ce  qui  peut 
pousser  les  gens  à  boire  ce  poison? 
Et  je  décidai  que  l'on  boit  pour  la 
plupart  rien  que  pour  la  débauche, 
comme  si  ainsi  on  faisait  preuve 
d'une  bravoure  extraordinaire. 

Le  fait  qu'un  homme  saoul  doit 
faire  un  scandale  me  paraissait  chose 
tout  à  fait  logique,  inévitable. 

Tous  les  ivrognes  agissaient  de  la   • 
sorte. 

Lorsqu'il  était  saoul,  mon  père 
s'accrochait  dans  la  rue  à  chaque 
passant  qui,  pour  une  raison  quel- 
conque lui   paraissait  antipathique. 


(A  suivre) 


L.  Vai.tkr,  trad. 


Les  Concours  de  cinéa 


CONCOURS 

DE     SCÉNARIOS 


Envoyez-nous  un  scénario  cinégraphique.  Des 
journaux  comme  Le  Film,  Ciné  pour  tous, 
Bonsoir,  en  ont  publié  d'excellents  qui  vous 
ont  appris  le  découpage,  le  style  et  le 
mouvement  de  ces  ouvrages  spéciaux.  Essayez 
de  composer  un  thème  d'écran,  drame  ou 
comédie,  découpez-le  et  bornez-vous  à  des 
moyens  simples  :  peu  de  décors,  peu  de 
personnages  mais  beaucoup  de  sincérité,  un 
peu    de  goût,  et    du    talent    si  vous    pouvez. 

Le  Jury  sera  composé  des  plus  remarquables 
personnalités  du  cinéma  français.  Dans  nos 
prochains  numéros  nous  donnerons  leurs 
noms     et     la      liste      des      récompenses. 


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10,      R  U  E      DE 
L'ELYSÉE 

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LA  BOUE 

Drame  Cinégraphique 
de  Louis  DELLUC 
réalisé    par     l'auteur 

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Sarah EVE  FRANCIS 

L'Orientale     ELENA     SAGRARY 

M.litis VAN     DAELE 

Topinelli  ...       .  : MODOT 

L  homme  au    chapeau    gris FOOT1TT 

La  femme  à  la  pipe Yvonne  AUREL 

Le    petit    fonctionnaire    .  .     .  .    A. -F.    BRUNELLE 

Patience Solange    RUGIENS 

L'ivrogne L.-V.     de    MALTE 

La  Naine Lili     SAMUEL 

La   Rafigue Noémie     SCIZE 

Colibri      Gastao  ROXO 

Pompon Marcelle  DELVILLE 

Le   joueur   de    manille BARRAL 

Grimail WAROQUET 

Pêche   verte Jacqueline  CHAUMONT 

Prunelle SISKA 

Flora Jeanne  CADIX 

Javolte     VINTIANE 

César Léon     MOUSSINAC 

Tonneau BOLE 

Alvar W.   de  BOUCHGARD 

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Opérateurs GIBORY  et   LUCAS 





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consacré    au    cinéma 


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Dans  le  film  que  Jean  Kemm  a  tiré 
de  la  Ferme  du  Choqua rt,  de  Victor 
Cherbuliez,  on  verra  pour  la  pre- 
mière fois  dans  un  grand  rôle  d'écran, 
Mary  Marquet,  la  brillante  interprète 
de  l'Aiglon,  de  l'Homme  à  la  Rose, 
de  la  Bataille,  etc. 


Germaine  Dulac,  metteur  en  scène 
de  La  Cigarette  et  de  La  Belle  Dame 
sans  merci  achève  La  mort  du  So. 
leil,  d'André  Legrand,  avec  André 
Xox. 

Les  interprètes  du  Rail,  d'Abel 
Gance,  sont  Séverin  Mars,  Pierre  Ma- 
L;nier,  Gabriel  de  Gravonne,  Térof 
et  Miss  Ivy  Close. 


Ecee  homo  d'Abel  Gance,  est  un 
film  inachevé  où  devaient  paraître 
Berthe  Bady  et  la  danseuse-mime 
Dourga,  entrevue  dans  La  Sultane 
de  l'Amour. 


Les  Trois  Mousquetaires  (Edition 
française)  ont  été  ainsi  distribués 
par  H.  Diamant-Berger  et  Andréani: 

Aimé  Simon-Girard  (D'Artagnan), 
Henri  Rollan  (Athos),  Martinelli(Por- 
thos),  De  Guingand  (Aramis),  De  Max 
(Richelieu),  Desjardins  (M.  de  Tré- 
ville),  Andrew  F.  Brunelle  (Buckin- 
gham),  Rieffer  (Louis  XIII  i,  Joffre 
(Bonacieux),  Armand  Bernard  (Plan- 
chet);  Pierrette  Madd  (Madame  Bo- 
nacieux), Claude  Mérelle  (Milady), 
Jeanne  Desclos  (Anne  d'Autriche), 
Germaine  Larbaudière  (Mme  de  Che- 
vreuse),  G.  Jacquet  (de  Winter). 


Les  Trois  Mousquetaires  (Edition 
américaine)  sont  adaptés  par  Edward 
Knoblock  et  Fred  Niblo  et  interprétés 
par  Douglas  Fairbanks  (D'Artagnan), 
Georges  Siegmann  (Porthos),  Mar- 
guerite de  la  Motte  (Mme  Bonacieux), 


La  Nuit  du  13  est  pour  Henri  Fes- 
court  une  sorte  de  début.  Abondant 
producteur  de  bandes  faciles  et  intel- 
ligentes, chez.  Gaumont  avant  la 
guerre,  il  réapprit  le  métier,  tout  dif- 
férent de  l'ancien  système,  pour  exé- 


cuter Mathias  Sandorf,  ciné-roman, 
chez  Louis  Nalpas.  Maître  de  ses 
moyens,  maintenant  il  réalise  tout  à 
son  aise  ce  qu'il  souhaitait.  La  Nuit 
du  l.i,  premier  d'une  série  que  nous 
espérons  féconde,  est  interprété  par 
Yvette  Andreyor,  Jean  Toulout  et 
Vermoval. 


D.  W.  Griffith,  le  puissant  ouvrier 
d'Intolérance  et  du  Lys  brisé,  pré- 
pare une  vaste  composition  cinégra- 
phique  d'après  le  Faust  de  Gœthe. 


L'auteur  de  Jésus-la-Caille  et  des 
Innocents,  Francis  Carco,  a  suivi 
l'exécution  cinégraphique  de  son 
Equipe,  interprétée  par  Jeanne  Diris, 
Lagrenée,  Valbel,  Dalio,  d  Esparbès. 
etc.,  etc. 

• 

Nous  verrons  un  jour  à  l'écran 
Georges  Pitoëff,  l'intéressant  comé- 
dien et  metteur  en  scène  de  théâtre. 
On  lui  proposa  tout  dernièrement 
une  création  originale  dans  un  film 
pittoresque  en  voie  d'achèvement 
dans  le  plus  grand  studio  de  Paris. 
Mais  il  dut  sacrifier  ce  début  d'écran 
à  son  labeur  théâtral,  c'est-à-dire  à 
Celui  qui  reçoit  les  gi/les.  Oncle  Va- 
nia, Mademoiselle  Julie. 


Louise  Lagrange  est  de  retour  à 
Paris.  Fort  goûtée  naguère  dans  les 
productions  du  Film  d'Art  et  de  Pathé, 
elle  épousa  en  Amérique,  le  comédien 
Georges  Elliott,  connu  pour  sa  mul- 
tiple activité  de  cinéphile.  On  dit  que 
la  jeune  artiste  favorisa  beaucoup 
l'entrée  de  certains  de  nos  films  aux 
Etats-Unis. 


Gilles  Veber  vient d'acheverà Gènes 
les  extérieurs  de  son  drame  d'écran, 
Jettatura,  dont  les  principaux  inter- 
prètes sont  Elena  Sagrary  et  Jean 
Dehelly. 

Au  studio  du  Film  d'Art,  à  Neuilly, 
J.  de  Baroncelli  achève  de  tourner 
le  Père  Goriot,  d'après  un  épisode 
du  roman  de  Balzac. 

Les  principaux  interprètes  sont  : 
G.  Signoret,  Grétillat,  S.  de  pedrelli, 
Jeanne  Cheirel,  Claude  France,  Moni- 
que Chrisès  et  Noémi  Seize.  Opéra- 
teur de  prise  de  vues  :  Gibory. 

L'Œii.-de-Chat. 


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que  ces  conditions 
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ment ne  dureront  pas 


cinea 


ÉDITIONS 

de  la  Bibliothèque  Universelle 

73,    boulev.    St- Michel,    Pans 
Dernières  nouveautés  parues  : 

G-  A-  Becquer 

LE     CHRIST 

à  la  tête  de  mort 

Un  beau  livre  traduit  de  l'Espagno! 

1    volume  in- 1 6 6.75 

R,  L-  Stevenson 

L'étrange  aventure 
du  Docteur  Jekyll 


I    volume  in- 1  6 


6   75 


Pour  paraître  prochainement  : 
Multatuli 

Max   Havelaar 

(Histoire  d'une   vie  aux   Indes 
Néerlandaises) 


Nicolo  Macchiavelli 


Réponses  à  quelques  lettres 


La  Mandragore 

(Nouvelle  traduction  intégrale). 


c    i    n    e    a 

demande  à  MM.  les 
Directeurs  de  Cinéma 
d'envoyer  leur  programme 
dix  jours  d'avance   à 

c   i    n    é    a 


Pi  riTE  Star.  —  Vous  aurez  rectifie  de 
vous-même  la  coquille  du  dernier  numé- 
ro, où  il  était  parlé  de  Mac  Murray  (inter- 
prète américaine  d'Anice  et  Un  délicieux 
petit  diable),  et  de  Mag  Murray  (interprète 
française  de  Papillons  et  Li-Hang-le-Cruel). 

Christian.  —  Dans  un  tout  prochain 
numéro  nous  publierons  un  scénario  qui 
vous  renseignera  suffisamment  surle  style. 
le  découpage,  le  mouvement  d'une  com- 
position cinégraphique. 

Mary.  —  Ecrivez  à  M.  Thiollat.  37.  rue 
Ampère.  Il  vous  procurera  d'excellentes 
photos  des  stars  de  New-York  et  aussi  de 
Paris. 

).  R. —  Cinéa  répond  à  toutes  les  lettres. 
Dans  le  dernier  numéro.  Louis  Delluc  ré- 
pondit à  ses  correspondants  de  Paris-Midi. 

Charles  V.  —  M.  Edmond  Sée  a  été 
jeune,  certainement,  mais  bien  avant  le 
cinéma  — et  peu  après  Porto-Riche. 

Costel  —  Ce  qui  me  dégoûte  un  peu, 
c'est  que  les  commerçants  du  ciné  sont 
tous  d'accord  quand  ils  veulent  protester 
contre  des  taxes  absurdes,  pour  proclamer 
les  vertus  de  propagande,  d'enseignement, 
d'idéalisation,  etc.  du  cinéma.  Quand  on 
pense  que  justement  le  film  d'éducation 
est  traite  avec  un  mépris  obstiné,  il  y  a 
de  quoi  grogner  un  peu.  Pour  un  mélo- 
drame les  capitaux  sont  presque  aussi 
faciles  à  trouver  que  pour  une  petite 
femme  qui  veut  figurer  aux  Folies-Ber- 
gère, mais  essayez  donc  de  trouver  vingt 
mille  francs  pour  un  beau  «  documen- 
taire »  français... 

Un  ieune     homme.  Certainement, 

faites  une  société  anonyme,  mais  ne  pre- 
nez pas  comme  président  du  Conseil 
d'administration  quelqu'un  qui  a  passe  sa 
vie  à  obéir  à  d'autres  présidents  du  Conseil 
d'administration. 

Henry.  —  En  somme,  les  commandi- 
taires voient  grand  dans  les  comptes  d'un 
film,  il  n'aiment  que  ce  qui  est  vaste, 
important,  sérieux.  Ainsi,  ne  leur  parlez 
pas  d'une  bouteille  de  porto  (12  francs) 
pour  une  scène  d'ivresse  :  ils  vous  déclare- 
ront avec  éloquence  qu'une  scène  d'ivresse 
s  obtient  aussi  bien  avec  un  litre  d'eau 
rougie.  Mais  parlez  leur  de  huit  jours 
supplémentaires  de  studio  (la  location  du 
studio  est  généralement  de  mille  francs 
par  jour,  électricité  non  comprise)  et  je 
suis  persuadé  qu'ils  vous  encourageront. 

V.  S.  -  Mme  Sorel  n'a  tourne  qu'une 
fois,  je  crois,  et  c'était  La  Tosca  au  Film 
d  Art,  il  y  a  dix  ou  douze  ans  M.  Le 
Bargy  était  Scarpia  Le  film  n'est  pas  au 
musée  de  la  Comédie-Française. 


Love  vol'.  —  Vous  axez  raison.  Geor- 
getle  et  son  chauffeur  est  une  sale  blague 
faite  a  Bessie  Love.  Si  pure  dans  Pour  sau- 
ver sa  race,  si  vive  et  ardente  dans  La 
Conquête  de  l'or,  si  humaine  dans  Intolé- 
rance, la  voilà  toute  quelconque  en  robes 
bètes  dans  un  film  sot.  et  très  vieux.  Mais 
vous  la  verrez  (un  jour)  spirituelle,  tendre 
et  quasi  nue  dans  son  nouveau  film  pas- 
toral. 

Mlle  Fifi.  —  11  ne  faut  pas  vous  énerver 
comme  ça.  Tout  va  de  lavant  peu  a  peu. 
oui,  oui.  Les  critiques  soulevées  par  la 
photo  (?)  et  la  mise  en  scène(  ??)  de  La  Plus 
Belle  Femme  de  France  ont  scandalise  ceux 
qui  avaient  executc(?  ??)cette  illustre  série. 
Et  pourtant  ILS  ont  apporte  cent  fois  plus 
de  soin  a  la  série  de  la  Reine  des  Pro- 
vinces. 11  v  a  même  de  jolis  portraits  : 
la  Basquaise,  la  Corse  aux  yeux  flous,  la 
Savoyarde,  etc..  Et  je  vous  assure  que  la 
prochaine  fois,  ce  sera  encore  mieux. 

Françoise.  —  Nous  en  reparlerons. 

Canudo.  —  Non  Canudo,  tout  ce  que 
vous  voudrez,  mais  pas  ecraniste.  C  est 
horrible.  Trouvons  autre  chose.  Les  Amé- 
ricains disent  :  directeur,  les  Allemands  : 
régisseurs,  et  les  Français  :  metteurs  en 
scène.  Pas  beau,  tout  ça.  Trouvons,  trou- 
vez autre  chose.  Et  nous  dirons  merci  a 
CASA. 

Roland  P.  —  Naturellement,  ILS  ne 
pouvaient  pas  supporter  que  nous  disions 
tant  de  mal  d'eux  et  tant  de  bien  des 
Américains.  Mais  alors,  pourquoi  se  sont- 
ils  mis  a  les  imiter?  Mal.  d'ailleurs. 

V.  V.  —  Le  Crapouillot  avait  déjà  consa- 
cré un  numéro  au  cinéma,  il  y  a  un  an, 
je  crois.  Il  y  a  là  quelques  esprits  qui 
comprennent  le  cinéma  et  qui.  surtout, 
aideront  a  le  faire  comprendre. 

Suzanne  B.  G.  —  Ai  reçu  votre  photo. 
Eh  bien,  vraiment,  ne  faites  pas  de  cinéma. 
Votre  photo  révèle  votre  beauté  et  une 
àme  aimable,  qui  n'a  point  de  temps  a 
perdre  dans  l'art,  le  travail,  le  mariage 
ou  le  cinéma.  Votre  maquillage  de  ville 
est  excellent.  Entrez,  dans  un  bar  —  n'im- 
porte lequel  de  la  rue  Caumartin  —  et  je 
serais  bien  étonné  si.  au  bout  d'une  heure 
ou  deux,  quelqu'un  de  très  bien  ne  se 
faisait  un  plaisir  de  vous  donner  des  con- 
seils pour  votre  avenir.  Bonne  chance. 

Rose  F.  —  Vous  la  trouvez  distinguée 
(sur  l'écran)  et  votre  sœur  la  trouve 
froide  (sur  l'écran).  Et  bien,  je  vous  dirai 
que.  à  la  ville  comme  a  l'écran,  elle  est 
idiote.  Mais  ne  lui  dites  pas  que  c'est  md 
qui  vous  l'ai  dit. 

l'Œil-de-Chat. 


cinea 


M         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi    13    au   Jeudi    19   Mai 


2<   ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux.  15,  boulevard  des 
Italiens.  —  Patbé-Revue,  —  Les  actua- 
lités. —  Chariot  jonc  Carmen  (réédi- 
tion). —  La  fille  du  fauve,  scène  drama- 
tique jouée  par  Pearl  White.  —  Reprise 
de  David  Garriek,  comédie  romantique 
du  xviue  siècle. 

Cinéma  de  la  Presse,  125,  rue  Mont- 
martre. —  Les  mutinés  de  l'Elsinore, 
drame.  —  Silence  de  femme,  comédie  dra- 
matique. —  Voleur  de  femmes.  3e  épisode  : 
Claudia  Ryss. 

Omnia-Pathé,  s.  boulevard  Mont- 
martre. —  Actualités  de  Pathé-Journal.  — 
Gigolelle,  grand  drame  de  la  vie  pari- 
sienne par  Pierre  Decourcelle  adapté  par 
H.  Pouctal.  2e  époque  :  La  bataille  de  la 
vie.  —  Chariot  joue  Carmen,  Ie''  chapitre. 
—  Le  Fauve  de  la  Sierra,  grand  cinéma- 
roman  10e  et  dernier  épisode  :  Résurrec- 
tion imprévue. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Auhert-Journal,  les  actualités  du 
monde  entier.  —  Patbé-Revue,  le  maga- 
sine de  l'écran.  —  Franck  Mayo  dans 
l'Indomptable,  comédie  dramatique.  — 
Chariot  joue  Carmen,  comique  interprété 
par  Ch.  Chaplin,  Ier  épisode  :  Le  coup  de 
tondre. 

En  supplément  facultatif  :  Le  Roi  de 
l  audace,  ciné-roman  en  10  épisodes,  inter- 
prété par  Fddie  Polo,  publié  par  La  Presse, 
ie''  épisode  :  La  confession  rouge.  —  Le 
singe  d'Alhalie,  comique. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière 
directeur  M.  P.  Ruez.  —  Divorçons,  comé- 
die gaie.  —  La  Paloma,  drame.  —  Pari- 
siana-Journal,  actualités.  —  La  belle  dame 
sans  merci,  interprété  par  M.  Jean  Tou- 
lout  et  Mines  Tania  Duleyme  et  Denise 
Lorys.  —  Picratt  danseuse. 

3e  ARRONDISSEMENT 
Théâtre  du  Kinérama,  37,  boulevard 
Saint-Martin.  Archives  43-16.  directeur 
M.  Imbert.  —  Les  exploits  du  pirate  alle- 
mand :  »  [/.<■  Mœwe  »,  film  réclamé  par  la 
clientèle.  —  Venise  et  le  lac  Majeur,  plein 
air.  —  Rose  Mars,  la  fée  aux  poupées. 
comédie  sentimentale. —  Velty,  la  terrible 
coic-hoy.  comédie  comique,  —  L'enlève- 
ment de  Miss  Pinguett,  ultra  comique. 

Palais  delà  Mutualité,  235,  rue  Saint- 
Martin. 

Crande  salle   du   rez-de-chausséi 
Patbé-Revue,  cinémagazïne  animé,  docu- 
mentaire scientifique,  amusant.  —  Chariot 
mené  une  vie  d'artiste,  comique  américain. 


IL    FAUT' 

VOIR  : 

"Dans  les 

de    l 'au  = 

■  ■ 

griffes 
d  e  1  à  " 

■ 
"La  Belle  Dame 

sans      merci" 

■  ■ 

■ 
"David  GarricK" 

■  ■ 

■ 

"Le      R 

■  ■ 

ê  v  e  " 

■ 

"Le  Dieu 

■  ■ 

captif" 

Ceci  n'est  pas  de  la 
^     •£    publicité    ^    £ 

Dessin  de   Bécan. 


Richard  Barlhtlmess  que  vous 
venez  de  voir  dans  ,  fe  rôle  émouvant 
du  Chinois  (Le  Lys  ZBrisé)  et  que  vous 
reverrez  la  semaine  prochaine  dans  cUrois 
Maris  pour  une  femme  avec  Margue- 
rite  Clark     


—  Les  trésors  du  cœur,  comédie  sentimen- 
tale en  3  actes,  interprétée  par  la  jolie 
Mary  Milles.  —  Gigolette,  grand  drame 
parisien  par  Pierre  Decourcelle,  2<'  époque  : 
La  bataille  de  la  vie.  —  Pathé-Jourual, 
toutes  les  actualités  au  jour  le  jour. 

GRANDE  SALLE  DES  FÊTES    Ie''  ÉTAGE 

Toutes  les  actualités  au  jour  le  jour.  — 
Chariot  est  bien  reçu,  comique  américain. 

—  L'indomptable,  grand  drame  d'aven- 
tures en  4  actes,  interprété  par  Frank 
Mayo  le  superbe  athlète.  —  La  Fille  du 
Fauve,  grande  scène  dramatique  de 
l'Alaska  en  s  actes,  interprétée  par  Miss 
Pearl  White.  —  L'Homme  aux  trois 
masques,  grand  ciné-roman  publié  par  Le 
Petit  Parisien,  4e  épisode  :  Le  remords  de 
Fergus. 

5e  ARRONDISSEMENT 
Chez    Nous,   7b,     rue    Mouffetard.    — 
Directrice  Mme  Walltier.  —  Cœurs  d'en- 
fants. —  Le  match  d'Anatole.  —  Fattv  et 
Charlie  découchent. 

Saint-Michel-Cinéma.  7,  place  Saint- 
Michel..  —  Actualités. —  Le  Rêve,  d'après 
le  chef-d'œuvre  de  Zola,  avec  Signoret, 
André  Brabant.  —  Les  oiseaux  sauvages 
sur  la  côte  d'Islande. 
Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Les  monuments  éi  Seville,  plein  air.  — 
Le  Capitaine  Fracasse,  de  Théophile  Gau- 
tier, tragédie  héroï-comique.  —  Attrac- 
tion :  Le  trio  Frantos.  perchistes.  —  Gigo- 
lette, grand  drame  parisien  en  4  époques 
par  Pierre  Decourcelle.  Mise  en  scène  de 
M.  H.  Pouctal.  i'e  époque  :  les  Ailes 
blanches.  —  Picratt  danseuse,  film  comique 
en  deux  parties. 

6e  ARRONDISSEMENT 
Danton-Cinéma-Palace.  99-101,  boule- 
vard Saint-Germain.  —  L'Homme  aux 
trois  masques.  4"  épisode.  —  L'américain 
(Douglas  Fairbank).  —  Gigolette,  1"'  épo- 
que :  Les  Ailes  blanches.  —  Gaumout- 
actualite. 

7e  ARRONDISSEMENT 
Cinéma  Bosquet,  83,  avenue  Bosquet. 
M.  G.  Movse.  directeur.  —  L'homme  aux 
trois  masques.  3e  épisode  :  L'Innocent.  — 
Narcisse  garçon  d'hôtel,  comique.  —  Pour 
l'honneur  de  sa  race,  grande  scène  drama- 
tique avec  Sessue  Hayakawa. 

Madeleine-Cinéma,  14,  boulevard  de 
la  Madeleine.  Louvre  ^0-78.  —  Les  actua- 
lités. —  Les  /resors  du  cœur,  comédie  senti- 
mentale. —  Rome.  2e  promenade.  —  L'in- 
domptable, drame  d'aventures.  —  Le  singe 
d'Athalie,  comique. 


cinca 


Programmes    des    Cinémas   de    Paris 


■■«■■■■■■■■■■■•■■■•■■■■■■■■■■■■■a 


THEATRE 

DU 

COLISÉE 

CINÉMA 

38,  Av.  des  Champs  Élysées,  38 

Direction  :  Téléphone  : 

P.MALLEVILLE  ELYSÉE  ^9-46 


PROGRAMME  DU  13  AU  19  MAI 

Le  Singe  d'Athalie,  comique. 

Les    Trésors    du    Cœur,    comédie 
avec  Mary  Miles. 

Gaumont-  Actualités. 
L'Indomptable,    film    d'aventures 
joue  par  Frank  Mayo. 


■■■■ ■■•••■■■■•■•■■■■ 


■■■■■■■■■•■■•■•••■■••■■■■■■■■■■■1 


8     ARRONDISSEMENT 

Pépinière-Cinéma.  ().  rue  de  la  Pépi- 
nière. -  Le  travail  des  scaphandriers.  — 
Tout  arrive,  avec  Tom  Mix.  — Joe  gentle- 
man, fantaisie  comique.  —  L'Homme  aux 
/rois  masques,  4e  épisode.  —  Pépinière 
Journal.  —  Le  pauvre  amour,  interprété 
par  Lilian  Gish.  Farv  dans  son  répertoire. 

Alcazar  d'été,  Champs-Elysées.  —  Les 
trésors  du  cœur,  avec  Mary  Miles.  —  Les 
exploits  du  pirate  allemand  %,   Le  Mœwe  ». 

oe  ARRONDISSEMENT 
Artistic  Cinéma,  ni,   rue  de  Douai.  — 
Central  81-07.    Gigolette,    2e    époque.    — 
LeFauve  de  la  Sierra,  ioe  épisode  :  Résur- 
rection   imprévue.    —    Pathé-Journal.    — 

—  Patbé-revue. 

I0«    ARRONDISSEMENT 
Cinématographe    Porte    Saint-Denis. 

cS,  boulevard  Bonne-Nouvelle  -  Visite  à 
Stockolm,  plein  air. —  L'enlèvement  de  Miss 
Maud.  film  d'aventures.  —  L'étreinte  de  la 
pieuvre,  2e  épisode.  —  Fatty  aviateur. 
comique. 

Folies-Dramatiques,  boulevard  Saint- 
Martin.  —  De  San  Francisco  au  Japon.  — 
Les  trésors  du  cœur,   joué  par  Mary  Miles. 

—  Le  chéri  de   la   danseuse,   comique.  - 
L'homme    aux   trois    masques.      -    Le    trio 
Anton  (haute  école)  Dalignv.  —  Les  chan- 
sons filmées  de  G.  Lordier. 

Cinépax.  30,  boulevard  Bonne-Nou- 
velle. —  Patbé-revue.  —  Gigolette.  2e  épo- 
que. —  /.-'  galaul  tailleur,  comique.  — 
Pathé-Journal,  —  Le  Fauve  de  la  Sierra, 
ciné-roman.  —  Un  loup  dans  la  bergerie. 
fou  rire. 

Cinéma-Palace  .  42.  boulevard  Bonne- 
Nouvelle.  —  /..'  chéri  de  la  danseuse,  co- 
mique. —  Les  trésors  du  cœur,  joué  par 
Mary  Miles.  —  De  San  Francisco  au  Japon. 
voyage.  —  L'homme  aux  trois  masques.  — 
Les  chansons    filmées  de  G.  Lordier. 

Paris-Ciné.  i7.  boulevard  de  Stras- 
bourg. —  Un  loup  dans  la  bergerie,  foil- 
rire.  —  Le  Fauve  de  la  Sierra.  —  Palhe- 
fournal.  —  Le  galant  tailleur,  comique.  - 
Gigolette,  2''  époque.  —  Patbé-revue,  co- 
loris. 

Crystal-Palace-Cinéma.  g,  rue  de  la 
Fidélité,  96.  faubourg  Saint-Denis.  Nord 
57-59.—  Le  Rêve,  d'Emile  Zola.  Adapté  et 
mis  en  scène  parj.  de  Baroncelli.  —  M. 
Maurice  Hamel,  homme  de  lettres  parlera 
d'Emile  Zola  et  du  Rêve.  —  Le  Destin 
ronge,  drame  Français  de  Frantz  Tous- 
saint en  4  parties.  —  Les  coulisses  du 
cinéma,  y  série.  —  Palace  Journal .  actua- 
lités de  la  semaine.  —  Attraction  :  Régine 
Odry,  chanteuse  d'Opéra-Comique. 
11'    ARRONDISSEMENT 

Artistic-Cinéma.  4=,  bis,  rue  Richard- 
Lenoir  (place  Voltaire.  —  Ce  doux  Fatty, 


Comique.  —  Voleurs  de  femmes.  y  épisode, 

—  Maître  Evora,  drame  avec  Régina 
Badet.  —  Intermède  :  l.vebel.  chanteur  à 
voix. 

Voltaire-Aubert-Palace.  y,,  rue  de  la 
Roquette.  —  Pathe-Rcvue.  le  magasine  de 
l'écran.  —  Chariot  et  Fait  y  dans  le  ring, 
comique  avec  Charlie  Chaplin  et  Fatty 
Arbuckle.  — Cosmopolis.  drame  d'après  la 
roman  de  M.  Paul  Bourget  de  l'Académie 
Française.  —  Eddie  Polo  dans  Le  Roi  «/. 
l'audace,  grand  ciné-roman  en  10  épisodes 
publié  par  La  Presse.  —  ie'  épisode  :  La 
confession  rouge.  —  Gigolette,  grand 
drame  parisien  en  quatre  époques  de 
M.  Pierre  Decourcelle.  fe  époque  :  La 
bataille  de  la  vie. 

12e  ARRONDISSEMENT 

Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  -  Toutes 
les  actualités  et  les  faits  divers  du  monde 
entier  par  le  Gaumoul-aclualiles.  —  Picrall 
danseuse,  film  comique  en  2  parties.  — 
Douglas  Fairbank  et  Aima  Rubens  dans 
L'Américain,  comédie  d'aventures.  — 
Attraction  :  Le  trio  Riova's.  equilibristes. 

—  'Gigolette,  grand  drame  parisien  en 
4  époques  par  Pierre  Decourcelle.  Mise  en 
scène  de  M.  H.  Pouctal.  2°  époque  :  La 
bataille  de  la  vie. 

14e  ARRONDISSEMLNT 
Orléans-Palace.  100  et  102.  boulevard 
Jourdan.  —  Les  actualités  Pathe.  —  Le  h  s 
brise.  —  Le  Tourbillon,  y  épisode.  — 
Mago  Maga  eu  Chine.  —  Sur  scène  : 
Mehams. 

Régina- Aubert-Palace.  15,,  rue  de 
Rennes.  Aiibcrt-Joiirual,  les  actualités  du 
monde  entier.  —  A  travers  la  France,  par 
Ardouin  Dumazet,  auteur  du  Voyage  de 
France.  —  Le  long  de  la  Durance.  —  Mvs- 
teria.  ciné-roman  en  9  épisodes  publié  par 
La  Lanterne,  tf  et  dernier  épisode  :  La 
main  qui  punit.  —  Gai...  Gai.,  marions- 
nous,  comique.  —  Cosmopolis,  grand  drame 
tiré  du  célèbre  roman  de  M.  Paul  Bourget. 
Splendid-Cinéma.  3.  rue  Larochelle. 
Directeur  M.  Ch.  Roux.  —  Les  actualitt  i 
de  Splendide-Ciuema .  —  Fatty,  le  joyeua 
eomique.  —  Mystéria  :  La  main  qui  punit. 

—  Le  moulin  de  la  mort,  grandes  aven- 
tures sensationnelles.  —  Le  Capitaine  Fra- 
casse, tragédie  héroï-comique. 

i5    ARRONDISSEMENT 
Splendide-Cinéma-Palace.  60.  avenue 
de  la  Motte-Picquet.  Saxe  0,-03.  M.  Messie. 

—  Pathé-Journal.  actualités  au  jour  le 
jour.  —  Types  et  paysages  corses,  docu- 
mentaire. —  L'Homme  aux  trois  masques. 
4'  épisode  :  Le  remords  de  Fergus.  La 
Caution,  drame  en  s  parties  avec  Dorothy 
Phillips.  --  Gigolette,  grand  drame  pari- 
sien en  4  époques.  Première  époque  :  Les 
ailes  blanches.  —  Chariot  mitron,  comique. 

—  Intermède  :  Rosel.  sosie  de  Ma  vol  dans 
son  répertoire. 


cinéa 


Programmes    des   Cinémas    de    Paris 


Grand  Cinéma  Lecourbe.  nç,  rue  Le- 
çourbe.  Saxe  56-45.  -  Zidore  ou  les 
métamorphoses,  comédie  comique.  —  Vo- 
leurs de  femmes.  se  épisode  :  Les  deux 
rivaux.  —  L'Indomptable,  comédie  drama- 
tique jouée  par  Franck  Mayo  —  Zigoto 
dans  les  carrières,  film  burlesque.  —  Gau- 
mont-actualités.  — Attraction  :  Les  Stanley 
Bros,  acrobaties  aériennes. 

Vauglrard-Cinéma.  —  Pathè  Journal, 
actualités.  —  Le  signât  d'alarme,  drame. 

—  Georgette  et  son  chauffeur,  comédie  sen- 
timentale. —  Chariot  joue  Carmen,  ["épi- 
sode. 

16=     ARRONDISSEMENT 

Mozart-Palace,  40,  51,  rue  d'Auteuil. 
16e.  —  Programme  du  13  mai  au  16  mai  1621  : 
Les  étoiles  du  cinéma.  10e  série.  —  L'homme 
aux  trois  masques,  4-  épisode  :  Les  re- 
mords de  Fergus.  —  Fridolin  chef  de 
rayon,  comique.  —  L'ami  commun,  grand 
drame  en  deux  époque,  adopté  du  célèbre 
roman  de  Ch.  Dickens.  —  Éclair  Journal, 
actualités.  —  Programme  du  17  mai  au 
12  mai  1921.  —  foi-  le  marin,  comique.  — 
Georgette  et  sou  chauffeur,  comédie  inter- 
prétée par  Bessie  Lowe.  —  Gigolette. 
2'' époque:  La  bataille  de  la  vie.  —  Pathè 
fouinai,  actualités. 

Paladium  de  Paris,  83,  rue  Chardon- 
Lagache  et  3,  rue  Callot  (boul.  Exelmans). 
Auteuil  2g-26.  Actualités  Gaumont. 
Le  Mont  d'Or,  plein  air.  —  Nemests,  de 
Paul  Bourget.  —  Chariot  violoniste  — 
Attractions  :  Les  2  Berney.  musicaux.  - 
Les  Partallv,  duettistes.  —  Les  Poliardis. 
patineurs. 

Théâtre  des  Etats-Unis.  56  bis,  avenue 
Malakoff.  —  Les  Deux  Gamines,  qe  épi- 
sode :  Le  serment  de  Ginette.  —  Louise 
Glaum,  dans  Esclave  du  Passé,  scène  dra- 
matique. —  Olive  Thomas  dans  Une 
enfant  terrible,  comédie.  —  Bill  Bockey 
cbe{  le  dentiste,  comique.  —  Le  Scarabée. 
documentaire. 

Maillot-Palace-Cinéma,  74.  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  13 
mai  au  16  mai  1921  :  Joe  le  marin,  comique. 

—  Georgette  et  sou  chauffeur,  comédie  in- 
terprétée par  Bessie  Lowe.  —  Gigolette, 
2c  épisode  :  La  bataille  de  la  vie.  —  Pathè- 
foumal,  actualités.  —  Programme  du  17 
mai  au  16  mai  iq2i  :  Les  Etoilcsdu  cinéma. 
10e  épisode.  —  L'homme  aux  trois  masques, 
4e  épisode  :  Les  remords  de  Fergus.  — 
Fridolin  chef  de  rayon,  comique.  —  L'ami 
commun.  1  "'  époque.  Grand  drame  en 
2  époques,  adapté  du  célèbre  roman  de 
M.  Charles  Dickens.  —  Eclair-Journal. 
actualités, 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  —  Refuges 
pour  animaux,  documentaire.  —  5///'  le 
ring,  dessins  animés.  —  Fleur  des  neiges. 
comédie  dramatique.  —  Gaumonl-actua- 
litès.  —  Dans  la  nuit,  drame.  —  Margot 
aime  les  ours,  comique. 


78-31.     Directeur 
—  Le  château  de  Blois 
Roi    de     l'audace 


17  ARRONDISSEMENT 
Villiers  Cinéma,    place   Lévis.    21,   rue 

Legendre.    Wagram 

M.  Paul  de  Hermua. 

documentaire.    —    L< 

i'r   épisode    :    La    confession     rouge. 

Eclair-Journal,    actualités.    —    Jimmv    le 

mystérieux,  comédie  dramatique. 

Royal -Wagram.  avenue  Wagram.  — 
Fridolin  chef  de  rayon,  comique  en  2  par- 
ties. —  Miss  Mary  Miles  dans  Les  trésors 
du  cœur,  comédie  sentimentale  en  cinq 
actes.  —  Gigolette,  grand  drame  parisien 
en  4  époques  par  Pierre  Decourcelle.  Mise 
en  scène  de  M.  H    Pouctal. 

Ternes-Cinéma.  5.  avenue  des  Ternes. 
Wagram  62-10.  —  La  Rochelle.  —  Le  Tour- 
billon, 4e  épisode.  —  A  lad  in  ou  la  lampe 
merveilleuse.  —  Joe  le  marin.  —  Pathè- 
Journal.  —  Gigolette,  i'e  époque. 

Lutetîa-Wagram.  avenue  Wagram.  — 
Le  singe  d'Alhalie,  film  comique.  —  Bessie 
Barriscale  dans  Le  vrai  coupable,  grande 
scène  dramatique  —  Patbc-Rcvnc.  film 
documentaire.  —  Frank  Mayo  dans  L'In- 
domptable, drame  d'aventures.  —  Toutes 
les  actualités  et  les  laits  divers  du  monde 
entier  par  le  Gaumont  actualités.  —  Voleurs 
de  femmes,  grand  ciné-roman  en  12  épi- 
sodes publié  par  l'Eclair  et  les  grands 
régionaux  Adapte  par  P.  d'Ivoi  et  Louis 
d'Hée.  5e  épisode  :  Les  deux  rivaux. 

Batignolles-Cinéma.  59,  rue  de  la  Con- 
damine.  —  Pathc-Journal,  actualités.  — 
Le  signal  d'alarme,  drame.  —  George/le  et 
son  chauffeur,  comédie  sentimentale.  — 
Chariot  joue  Carmen,  i^1' épisode. 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Demours.  Di- 
recteur M.  F.  Destannes.  —  5//;'  les  som- 
mets du  Larch  Mountain,  voyage.  — 
L'Homme  aux  trots  masques,  grand  ciné- 
roman  en  12  épisodes  du  Petit  Parisien. 
4e  épisode  :  Le  remords  de  Fergus.  —  Le 
singe  d'Alhalie,  scène  comique  hilarante. 
Eclair- Journal,  actualités.  —  L'ami  com- 
mun, grand  drame  adapté  du  célèbre  ro- 
man de  Ch    Dickens.  2e  époque. 

Orand  Cinéma.  147.  avenue  de  Saint- 
Ouen  (près  la  porte  Saint-Ouen).  Direc- 
teurs-propriétaires :  M.  Moisset  et  Cie.  — 
Mailre  Evora,  grande  comédie  dramatique. 
Auteur-interprète  :  Regina  Badet.  —  Le 
Tourbillon,  3e  épisode  :  Le  Moulin  de  la 
mort.  —  Chariot  rival  d'amour,  comique. 
—  Actualités  Pathe-Joumal.  —  Attraction  : 
Le  chanteur  romanichel. 

18  ARRONDISSEMENT 

Qaîté-Parisienne,  34.  boulevard  Or- 
nano.  M.  Renaut,  directeur.  —  Un  cas  de 
conscience,  comédie  dramatique.  —  Gigo- 
lette, 2e  époque  :  La  bataille  de  la  vie.  — 
Les  trois  masques,  grand  ciné-roman. 
4"*  épisode.  —  Attraction  :  Régis,  de 
l'Opéra. 


Nous  demandons  à 

VOIR 

encore  une  fois 


Une    Vie    de    Chien 

avec  CHARLIE     CHAPLIN 

DaVid    Garrich 

avec    DUS  TIN     FARNUM 


Le   Trésor    d'Ame 

avec    MARY     JOHNSON 

La  Conquête  de  l'Or 

000     avec    BESSIE     LOVE 

Les    Frères     Corses 

avec    KRAUSS    et     ROUSSEL 

L'auberge  du  signe  du  loup 

de    Th.    H.    INCE 


00     00     00     00 


Une  Aventure  à  New-York 

avec   DOUGLAS  FAIRBANKS 

M    i    c    k    e    y       0 

avec    MABEL     NORMAND 

Olivier        Ttoist 

oo  OJ    avec    MARIE     DORO 

La      Dette      0 

avec  DOROTHY  PH1LIPPS 

Les    Corsaires 

avec      L  I  L  I  A  N       G  I  S  H 


cinéa 


Programmes   des    Cinémas   de    Paris 


Petit  Cinéma.  124.  avenue  de  Saint- 
Ouen.  —  La  bombe  d'avion,  comique.  — 
Les  surprises  du  dancing,  comique.  —  La 
Dentellière,  comédie.  —  Douglas  au  pars 
des  mosquées. 

Barbés- Palace.  ^4.  boulevard  Barbes. 
Nord  36-68  —  La  ceinture  des  amazones, 
film  a  grand  spectacle  avec  le  célèbre 
athlele  Ausonia.  —  L'enVevemeni  de  Miss 
Maud.  comédie  interprétée  par  May  Alli- 
son.  L'homme  aux  trois  masques,  y  épi- 
sode :  Les  remords  de  Fergus.  —  Attrac- 
tion sensationnelle  :  De  Rocroy.  le  plus 
fort  illusioniste  manipulateur  du  monde. 

Grand  Cinéma  Concert  Ramey,  49,  rue 
Ramey  1  impasse  Pers).  —  Fleur  des  Indes, 

—  Une  femme  d'attaque. 

(ira ml  Cinéma  Ornano.  43.  boulevard 
Ornano.  Directeur  M.  Viguier.  —  L'argyro- 
nette,  y  épisode.  —  Héroïque  mensonge.  — 
L'aveugle  de  Twin-Forth.  —  Deux  bons 
copains. 

Le  Select.  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Patbè-Revue,  film  documentaire.  —  Voleurs 
de  femmes,  grand  ciné-roman  en  12  épi- 
sodes, publie  par  Y  Eclair  et  les  grands 
régionaux.  Adapté  par  P.  d'Ivoi  et  Louis 
d  liée.  se  épisode  :  Les  deux  rivaux.  — 
Bessie  Love  dans  Georgette  et  son  chauffeur. 
comédie  sentimentale.  —  Cosmopolis,  ciné- 
drame  tiré  du  roman  de  Paul  Bourget.  — 
Fndolin  chef  de  rayon,  comique  en  deux 
parties. 

Marcadet-Cinéma-Palace.  110.  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
det  22-81.  —  Le  Traquenard,  comédie  sen- 
timentale avec  Christiane  Vernon  et 
Georges  Lannes.  —  L'inénarrable  Chariot 
dans  Chariot  jonc  Carmen,  en  2  parties.  — 
Le  collier  de  la  reine,  comique.  —  Le  singe 
d'Atbalie,  comique.  —  Attraction  :  Wald 
and  Mertens  original  comedy  acrobats.  — 

Gaumont  Palace,    1.    rue  Caulaincourt. 

—  Napoléon  et  ses  gregnards.  grande  allé- 
gorie avec  soli.  chœurs  et  ballet.  Partition 
spéciale  écrite  par  Jean  Nougués.  —  Mme 
Delna  de  l'Opéra,  la  Vivandière.  L'évoca- 
tion du  tombeau.  Le  défilé  des  grognards. 
Chansons  de  route.  Grand  divertissement 
militaire.  Un  bivouac  aux  armées  d'Iéna. 
Apothéose.  220  exécutants.  Hn  deuxième 
partie  :  Le  chef-d'œuvre  de  Paul  Bourget  : 
Nênêsis. 

Palais  Rochechouart.  =;(>.  boulevard 
Ri chechouart.  —  Gai... gai...  marions-nous, 
comique.  —  Aiihcrl-Jonrnal .  les  actualités 
du  monde  entier.  -  Charlie  Chaplin  dans 
Chariot  joue  Carmen,  désopilante  fantaisie 
en  deux  épisodes,  i,r  épisode  :  Le  coup 
de  foudre.  Eddie  Polo  dans  le  Roi  de 
l'audace,  ci  ne-roman  d'aventures  en  io  épi- 
sodes publie  par  /.,/  Presse,  ier  épisode  :  la 
confession  rouge.  -  Patbè-Revue,  le  ma- 
gasine de  l'écran.  —  Les  coulisses  du  ci- 
néma, (v  série,  documentaire.  —  Gigolette, 


grand  drame  parisien  en  4  époques  de 
M.  Pierre  Deçourcelle.  1"  époque  :  La 
bataille  de  la  vie. 

19e     ARRONDISSEMENT 

Alhambra  Cinéma  22.  boulevard  de  la 
Villette  Directeur-propriétaire  M.  Victor 
Deunier.  —  Fridolin  vainqueur,  comique. 
-  La  Tisane,  comédie  interprétée  par  la 
petite  Simone  Genevois.  —  L'Homme  aux 
trois  masques,  2e  épisode  :  Le  calvaire  de 
Pascaline.  —  Actualitès-Pathè.  —  La  lutte 
pour  la  vie,  d'après  le  drame  d'Alphonse 
Daudet.  —  Les  chansons  filmées  de  G.  Lor- 
dier. 


PEARL   WHITE 

reparaît  dans  La  Fille  du  Fauve. 

Alhambra  Cinéma.  22,  boulevard  de 
la     Villette.  Fridolin    vainqueur.     — 

L'Homme  aux  trois  masques.  2e  épisode.   - 
La  Tisane,  comédie  avec  la  petite  Simone 
Genevois.  —  Actualités  Pathè. 

Gambetta  Palace  cinéma-théâtre,  6 
rue  Belgrand  (place  Gambetta).  Roquette 
31-74.  Gambetta-Journal.  —  |oubé  dans 
Fleur  des  neigt  s  (adaptation  musicale  avec 
chant).  —  /.(•  Roi  de  l'audace,  avec  Eddie 
Polo    ;er    épisode.  Gigolette.    d'après 

Pierre  Deçourcelle.  —  Biscot   dans  Zidore 
OU  les  métamorphoses. 

Paradis-Aubert-Palace.  42.  rue  île  Bel- 
leville.  —  Gai...  gai...  marions-nous,  co- 
mique. Mystèria,  ciné-roman  publie  par 
/../  Lanterne  oc  et  dernier  épisode  :  La 
main  qui  punit.  —  Charlie  Chaplin  dans 
Chariot    mitron,    comique.    --    Eddie    Polo 


dans  Le  Roi  de  l'audace,  grand  ciné-roman 
en  10  épisodes  publié  par  La  Presse. 
Ier  épisode  :  La  robe  rouge.  —  Fleur  des 
neiges,  comédie  dramatique  interprétée 
par  Romuald  |oubé. 

Belleville-Palace.  130.  boulevard  de 
Belleville.  —  Toutes  les  actualités  et  les 
faits  divers  du  monde  entier  par  le  Gau- 
mont  actualités.  —  Miss  Helen  Fergusson 
et  Mitchell  Lewis  dans  Les  Vautours. 
grande  scène  dramatique.  —  A/traction  : 
Les  Renaudis,  duettistes.  —  Gigolette, 
grand  drame  parisien  en  4  époques,  par 
Pierre  Deçourcelle.  Mise  en  scène  de 
M.  H.  Pouctal.  2e  époque  :  La  bataille  de 
la  vie. 

Féerique-Cinéma.  14b.  rue  de  Belle- 
ville.  -  Toutes  les  actualités  et  faits 
divers  du  monde  entier  par  le  Pathè  Jour- 
nal. —  Patbè-Revue,  film  documentaire.  - 
Gigolette.  grand  drame  parisien  en  4  épo- 
ques, par  Pierre  Deçourcelle.  Mise  en 
scène  de  M.  IL  Pouctal.  2e  époque  :  La 
bataille  de  la  vie.  —  Attraction  :  Sartel. 
diseur  vedette.  —  Pina  Menichelli  dans  /.. 
roman  d'un  /eu ne  homme  pauvre,  d'après 
l'œuvre  célèbre  d'Octave  Feuillet. 

BANLIEUE 

Magic-Ciné.  1  bis,  rue  du  Marché  (Le- 
vallois).  Wagram  04-91.  —  Dans  la  nuit, 

grand  drame  d'actualité  avec  Norma  Tal- 
madge.  —  Jeanne  d'Arc,  grand  film  de 
reconstitution  et  illustration  de  la  vie  de 
la  grande  héroïne  française.  —  L'Homme 
aux  trois  masques,  y  épisode  :  L'innocent. 

—  Les  Dalcv.  jongleurs  comiques  de 
PAlhambra. 

Fontenay-Cinéma.  8,  rue  Boucicaut 
Fontenav-aux-Roses).  —  L'Homme  du 
Large,  par  Marcel  L'Herbier.  —  Les  Deux 
Gamines.  ^'  épisode.  —  Le  1rs  sons  l'orag.  . 

—  Un  emploi  di  confiance,  comique. 
Grand  Cinéma  National.  116,  boule- 
vard National  (Ivry-sur-Seinei.  Ivry-15, 
Directeur  Gaston  Tournier.  —  Le  cratère 
du  Vésuve.  --  Mystèria,  4e  épisode  :  La 
folie  ou  l'or.  —  Silence  sacre,  avec  W.  Rus- 
sell.  —  Bélier  de  renfort,  comique. 


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cinea 


Les    Films   d'aujourd'hui 


Le  Dieu  Captif 

C'est  un  film  de  William  Hart... 

Voilà  !  C'est  presque  devenu  une 
constatation  péjorative  et  cela  suffit 
à  distinguer  le  caractère  périssable 
des  œuvres  de  ce  grand    tragédien. 

Un  film  de  Hart.  C'est-à-dire  qu'il  y 
a  des  luttes,  des  corps  à  corps  impres- 
sionnants, des  batailles  et  ces  grands 
«silences  »,  qu'imposent  soudain  aux 
spectateurs  la  face  fermée  et  pour- 
tant convulsive  de  L'Homme  aux 
i/eux  clairs. 

On  s'est  ici  avisé  de  travestir  son 
éternelle  figure  de  ranchman  en  chef 
indien.  Pour  être  selon  les  lois  du 
Far- West,  de  l'autre  côté  de  la  barri- 
cade, Hart  n'en  reste  pas  moins  lui- 
même  :  le  Justicier. 

Ce  film,  quant  à  l'intrigue,  me  rap- 
pelle furieusement  le  bon  vieux  livret 
d' Aïila.  Chipia,  chef  indien  aime  la 
fille  du  chef  ennemi  tout  comme 
Radamès   adore   la  fille  d'Amonosro. 

Pour  le  reste  :  rivalité  de  tribus, 
combats,  ruines  aztèques,  sacrifices 
aux  dieux,  vierges  amoureuses  de  la 
victime,  tout  est  traité  selon  une  bonne 
technique,  sans  éclat, a  vécu  ne  rigueur 
puritaine. 


William  Harl  anime  cela  de  tout 
son  corps  sec,  musclé,  précis;  du  re- 
gard de  ses  yeux  calmes  et  de  sa 
force  harmonieuse. 

ha  photo  est  obscure.  On  semble 
avoir  coupé  délibérément  les  gros 
plans  ».  Est-ce  un  vieux  film  ?  Est-ce 
un  film  mutilé? 

L'état  actuel  du  cinéma  en  France 
ne  me  permet  pas  de  décider  sur  ces 
questions  pourtant  strictement  com- 
merciales. 

Gigolette 

Et  on  a  «  tourné  »  Gigolette. 

11  n'en  pouvait  être  autrement 
puisque  M.  Decourcelle  dirige  une 
firme  d'éditions  cinématographiques. 
C'est  pour  beaucoup  une  raison  né- 
cessaire et  suffisante. 

On  a  fait  de  Gigolette  un  film  en 
quatre  parties.  Tous  les  éléments  du 
roman-feuilleton  s'y  rassemblent  : 
viol,  vol,  rapt,  folie,  substitution 
d'enfant,  apaches,  filles,  etc.  C'est 
«  de  la  belle  ouvrage  ».  Vous  ne  tenez 
sans  doute  pas  à  ce  que  je  vous 
raconte  les  malheurs  de  Pâlotte,  de 
Zélie,  du  grand  Charles  et  de  leurs 
compagnons,     foutes     ces    histoires 


si-  ressemblent  et  celle-là  ne  fait  pas 
exception  dans  le  genre. 

Maintenant,  il  serait  injuste  de  ne 
point  accorder  à  M.  Pouctal  une 
réelle  maîtrise  pour  traiter  de  tels 
sujets.  Ce  vieux  routier  du  cinéma,  a 
traversé  les  âges  héroïques  et 
s'adapte,  avec  un  bonheur  inégal 
mais  parfois  remarquable,  à  notre 
époque. 

11  y  a  au  début  de  la  troisième  par- 
tie, une  fête  de  nuit  au  /•'rolic's  Bar 
admirablement  réglé.  Cette  scène  ins- 
truira les  provinces  dans  le  bel  Art 
du, Jazz  et  du  Shimmy.  Elle  apprendra 
à  la  jeunesse  dorée  île  Brives  et  de 
Marvejols  qu'il  est  à  Paris  îles  res- 
taurants viennois  où  des  nègres  au 
son  d'orchestres  américains,  esquis- 
sent des  pas  russes. 

Et  l'interprétation,  grâce  à  Mlle 
Séphora  Mossé,  à  M.  Colin,  à  M.  Sté- 
phen  et  à  Miss  Vernon  sauve  de  la 
monotonie  un  film  où  les  plus  rocam- 
bolesques  aventures  semblent  pré- 
vues! Pierre  Scize. 

• 
Fille  de  Rien. 

De  l'amour,  du  jeu,  des  danses, des 
courses  de  taureaux,  une  gitane  que 


SHPHORA   MOSSK.  GEORGES   COLLIN  et  MAUD  GIPSY  dans  "GIGOLETTE 


H 


cinea 


l'on  croit  coupable  et  qui  est  la  plus 
pure  des  femmes.  Cela  fait  toujours 
passer  une  heure  ou  deux. 

• 
L'homme   fort. 

A  quel  moment  le  héros  du  film 
mérite-t-il  ce  nom  ?  Ce  n'est  point 
lorsque,  armé  de  ses  millions,  il  tue, 
vole,  et  ruine  impunément  ;  c'est  à 
l'heure  où,  transformé  par  le  travail 
et  la  vie  ail  milieu  des  travailleurs, 
son  énergie  implacable  lui  permet, 
après  avoir  sauvé  une  innocente,  de 
s'accuser  lui-même  et  d'expier  volon- 
tairement ses  crimes 

Le  masque  hallucinant  de  Frank 
Keenan,  où  il  y  a  du  faune  et  du  Pré- 
sident Lincoln,  évoque  cette  étrange 
nouvelle  de  Hawthow  e  ou  des  -F.gi- 
pans  dansent  sous  les  yeux  indignés 


d'un  capitaine  puritain.  Le  puissant 
acteur  dégage  parfaitement  l'idée 
maîtresse  du  drame,  malgré  les  au- 
teurs, malgré  un  scénario  chargé 
d'incidents  qui  ne  sont  pas  tous  très 
nouveaux  :  une  double  erreur  judi- 
ciaire, l'empoisonnement  d'un  mari 
ivre  le  soir  de  ses  noces,  etc.,  etc. 

Suivant  l'usage  il  y  a  un  procès  en 
cour  d'assises,  où  les  jurés  sont  repré- 
sentés par  la  douzaine  de  bimanes 
hirsutes  qui  jouent  habituellement  ce 
rôle.  Les  scènes  où  l'homme  fort,  im- 
placablement, maintient  son  opinion 
contre  tous, refuse  de  compléter  l'una- 
nimité exigée  par  la  loi,  et,  de  lassi- 
tude, arrache  de  ses  collègues  le 
verdict  d'acquittement  sont  particu- 
lièrement frappantes. 

L.  L. 


Blaster    Beverley    dandy. 

Voilà  un  des  films  les  plus  charmants 
de  la  semaine.  Ceux  qui  ont  vu  Un 
drame  au  temps  île  Croznwell  :  Le 
chevalier  de  la  Taverne  retrouveront 
avec  plaisir,  sous  d'autres  noms,  la 
jolie  Cynthia,  Gregory  Ashburn,  et 
quelques  autres.  La  mise  en  scène,  de 
M.Maurice  Elvey.  estaussi  bonne  que 
celle  du  Chevalier  c'est-à-dire  qu'elle 
est  pleine  de  jolies  trouvailles  et  d'ef- 
fets artistiques  fort  originaux, rehaus- 
sés par  une  photo-splendide.  Le  sujet 
est  aussi  romantique  que  celui  de 
l'œuvre  précédente  ;  en  un  mot  tout 
le  film  est  digne  d'être  comparé  à  son 
devancier,  et  nous  devons  souhaiter 
que  M.  Elvey  nous  donne  encore 
beaucoup  de  films  comme  ces  deux-là. 

IL  J. 


LA   BELLE   DAME 
SANS  MERCI 

/,./  Belle  Dam,  sans  merci  est  le  dernier 
film  réalise  par  Mlle  Germaine  Dulac 
d'après  l'argument  d'Irène  Hillel-Her- 
langer.  Une  lumineuse  harmonie,  un 
beau  rythme,  du  goût  et  du  style 
attestent  la  valeur  de  cette  cinégraphiste 
et  font  vi\re  l'intelligente  interprétation 
de  |ean  Toulout,  Tania  Daleyme  et 
Denise  Lorys. 


I'IIOIip   lll-.Mll  CASTEIIA 


VAN   DAELE 


Quelques  mois  ont  mis  en  valeur  ce  talent  sobre  et  vif  d'inter- 
prète français  avec  La  Croisade,  Ames  siciliennes,  Narayana, 
Le  Destin  Rouge. 


cinea 


EN     AMÉRIQUE 


LOUISE       FAZENDA 

ET    QUELQUES    AUTRES 


On  raconte  qu'une  charmante  et 
.spirituelle  actrice,  après  avoir  quitté 
le  théâtre  pour  se  marier,  s'était  vue 
obligée  de  remonter  sur  les  planches, 
son  mari  ayant  perdu  à  la  fois  santé 
et  fortune.  Mais  sachant  combien  il 
soutirait  à  l'idée  que  celle  qu'il  aimait 
se  livrait  au  public,  elle  déguisait 
absolument  sa  personnalité  et  ne 
paraissait  que  derrière  le  masque  de 
rôles  grotesques. 

La  double  personnalité  de  Louise 
Fazenda  pourrait  faire  songer  a  cette 
histoire:  mais  non;  car,  tant  que 
nous  ne  savons  pas  ce  qu'elle  est 
hors  de  l'écran,  le  rapprochement 
n'est  pas  possible;  et  si  nous  le  soup- 
çonnons, c'est  parce  qu'elle-même  a 
levé  son  masque.  Philomène,  en  rup- 
ture de  Mack  Sennett,  serait-elle  lasse 
de  ses  déboires,  et  devons  nous  nous 
inquiéter  de  ce  que  son  auteur  favori 
est  Dostoïevski  ? 

Tout  artiste  est  un  prisme,  à  tra- 
vers lequel  nous  voyons  l'homme  et 
la  nature.  En  nous  parlant  des  autres, 
il  nous  renseigne  sur  lui-même.  Lisons 
donc  les  croquis  rapides  par  lesquels, 
en  trois  ou  quatre  coups  de  crayon, 
elle  évoque  ses  camarades  : 

La  princesse  du  conte  de  fée.  L'ar- 
bre de  mai.  La  poupée  au  sommet  du 
sapin  de  Noël,  Petits  chats  blancs. 

Qui  ne  reconnaît  Mary   Piekford? 

Samovars  et  aigrettes.  Un  poi- 
gnard dans  une  gaine  de  satin.  Des 
corbeaux.  Une  cithare  à  travers  les 
jalousies.  Panthère  familière.  Souf- 
fle de  l'Arabie. 

Est-il  utile  de  nommer  Nazimova? 

Voici  les  soeurs  Talmadge  :  Norma  : 

Des  pavots  dans  les  champs  île 
blé.  Dîner  aux  bougies.  Parfum  de 
jasmin  dans  la  brise  du  soir.  Zibe- 
lines. 

Et  Constance  : 

La  femme  de  César.  Alliances  en 
platine.  Piqué  blanc.  Yacht.  Glace 
à  l'ananas.  Lune  île  miel  au  bord 
île  l'eau. 

Au  lecteur  tic  deviner  maintenant! 
Voici    venir,  mais  point  dans   l'ordre 


indiqué,  Gladys  Brockwell,  May  Ali- 
son  et  Anita  Stewart  : 

Fleurs  de  pommier.  Cygnes  sui- 
tes lacs  d'été.  Arc  en  ciel.  Souvenir 
d'un  sourire.  Brise  i)  travers  les 
lilas. 

Apaches.  Tubéreuses.  Orchidées 
noires.  «  L'autre  femme.  » 

Muets  et  Asphodèles.  Turquoise. 
Rayon  de  soleil  après  la  pluie.  La- 
pins blancs. 

Passons   aux  hommes.  Lisez  ceci... 

l'n  flamand  sur  le  soleil  couchant. 
Parfums  d'amandes  sur  une  allée 
sombre.  Hart  Sehaffner  et  Marx  à 
Nagasaki.  Jeune  Bouddha  jouant 
au  golf... 

...  Et  dites  si  l'on  pourrait  mieux 
faire  comprendre  ce  qu'est  Sessue 
Hayakawa  à  quelqu'un  qui  ne  l'au- 
rait jamais  vu? 

William  Earnum  est  : 

L'Hamlet  des  forêts  du  Xord.  Un 
violoncelle.  Camps  de  bûcherons. 
Peinture  d'un  lion. 

Et  Charlie  Chaplin...  Ici,  nous  hési- 
tons. On  n'oserait  essayer  de  définir 
Charlie  Chaplin  en  un  livre  ;  les  mots 
manquent  :  Louise  Fazenda  sollicite 
notre  indulgence. 

Le  prélude  de  Rachmaninoff  joué 
enragtime.  Une  mouche  sur  la  tarte. 
Le  jour  s'en  va.  Saucisses  aux 
petits  pois.  Vielle.  Petits  chiens 
perdus. 

Il  est  plus  aisé  de  circonscrire  Pau- 
line Frederick.  En  voici  le  périple  : 

Agate.  Réincarnation  d'une  reine 
de  Bohême.  «  La  seconde  Mme  Tan- 
queray  ».  Lueur  d'une  lampe  ci  tra- 
vers le  brouillard. 

Et  la  synthèse  d'Enid  Bennett  : 

Lys  de  Pâques.  Chant  du  prin- 
temps, de  Mendelssohn.  Phalènes 
blancs.  Sainte  Cécile. 

Ouvrons  une  parenthèse.  Ce  pou- 
voir évocateur  qu'on  attribue  d'ordi- 
naire à  la  seule  musique,  ce  don  de 
faire  sentir  des  parfums,  entendre 
des    voix    qui  ne  sont    pas   celles  des 


instruments,  le  septième  art  le  pos" 
sède  donc  pour  ceux  qui  le  compren- 
nent? C'est  un  test  ;  que  ceux  qui  ne 
suit  pas  capables  de  le  subir  se  recon- 
naissent aveugles  et  ne  parlent  plus 
cinéma. 

Avez-vous  vu  Florence  Vidor  ?  On 
craint  presque  de  la  voir,  de  peur 
qu'elle  fte  réponde  pas  à  la  descrip- 
tion : 

Portia.  La  maison  au  milieu  du 
jardin  tranquille.  Le  soleil  sur  l'en- 
fant endormi.  Dimanche  matin. 

Pour  annoncer  des  artistes  relati- 
vement peu  connus  chez  nous,  l'im- 
pression de  Louise  Fazenda  vaut 
mieux  qu'une  photographie  Je  n'ai 
plus  rien  à  apprendre  sur  Hobart 
Bosworth  : 

Tempêtes  en  mer.  Acier  bleui. 
Héros  de  Jack  London.  Vikings. 
Expéditions  polaires.  Taches  de 
sang  sur  la  neige. 

Ni  sur  Aima  Rubens  : 

Un  lys  rouge.  Message  d'amour 
dans  un  vieux  missel.  Rubis.  Clair 
de  lune  sur  l'Alhambra. 

O  magie  de  la  couleur  I  La  même 
flamme  rutile  dans  le  nom  de  l'artiste, 
la  fleur  et  la  pierre  qu'elle  évoque, 
et  le  nom  rappelé  du  palais  de  Gre- 
nade, /:'/  hamra,  signifie  le  Rouge. 

Dans  une  teinte  plus  pâle,  voici 
Clarine  Seymour  : 

Lucioles.  La  nuit,  le  parfum  îles 
orangers,  le  gémissement  des  uku- 
lelé(è  Hawaii)  Fleurs  d'abricotiers. 

Et  maintenant  que  le  prisme  nous 
a  livré  les  images  des  autres,  que 
nous  dira-t-il  de  lui-même  ? 

Combinons  la  réfraction  et  la  ré- 
flexion, plaçons  le  prisme  devant  une 
glace. 

Fandango  à  Copenhague.  Un  en- 
fant perdu  dans  la  foule.  Une  larme 
sur  l'affiche  du  cirque.  Héroïnes  de 
Tolstoï  en  maillot. 

Et  c'est  ainsi  que  nous  voyons 
Louise  Fazenda  au  travers  d'elle- 
même... 

Lionel  Landry. 


LOUISE    FAZENDA 


Un  sera  surpris  sans  doute  de  retrouver  sous 
cet  aimable  aspect  la  burlesque  et  presque  vi<  i- 
lente  fantaisiste  des  comëéies  Mack-Sennett. 
Cette  brillante  clown-ladv  est  aussi  une 
essayiste  littéraire  de  goût.  Dans  ces  char- 
mants portraits  littéraires  ne  voyons-nous 
pas  le  sien  propre  —  que  vous  lirez  au  bout 
de  l'article  voisin?  Il  vaut  un  petit  poème  et 
rayonne  de  psychologie. 


12 


cinea 


Et     maintenant,    les     Films     Suédois  ! 


Il  paraît  que-  le  cinéma  français  va 
se  décider  à  être  français.  Nous  le 
croirons  quand  cela  sera.  Il  n'est 
point  cinéma  du  tout  dans  ses  adap- 
tations toutes  théâtrales  d'ceuvre.s 
théâtrales,  —  et  il  n'est  point  fran- 
çais dans  ses  adaptations  timorées 
de  la  somptueuse  et  forte  technique 
américaine.  Et  pas  davantage  le  ci- 
néma français  ne  serait-il  français 
en  adoptant  —adoption,  adaptations, 
ou  parodie  I  —  l'art  muet  des  Sué- 
dois. 

Le  style  d'écran  des  Américains 
reste  pour  le  moment  la  formule  quasi 
parfaite  en  sa  netteté  du  drame  ci- 
négraphique.  Les  films  suédois  n'ont 
pas  cette  verve  directe  que  nous 
avons  aimée  avec  Hart,  Hayakawa, 
Chaplin,  Norma  Talmadge,  Ince,  Grif- 
fith,  Mac  Sennett  et  leurs  pairs.  Le 
style  d'écran  des  Nordiques  participe 
plutôt  du  roman  et  n'atteint  que  par 
un  détour  ses  vertus  propres.  Mais 
il  comporte  tant  de  soin,  de  goût, 
d'intelligence,  il  est  servi  par  de  tels 
talents,  par  de  tels  esprits,  que  sa 
force  l'impose.  Et  les  noms  deSvenska 
et  Skandia  menacent  d'éclipser  ceux, 
illustres,  de  Goldwyn,  Selzniek,  Pa- 
ramount,  BigEiveou  Robertson  Cole. 

Mais  ce  n'est  pas  l'incroyable  mise 
au  point  de  cet  effort  d'art  qui  lui 
livra  notre  admiration.  Nous  avons 
aimé  chez  les  Suédois  leur  sens  de 
l'intimité,  de  l'âme,  de  la  pensée,  de 
toute  la  vie  intérieure.  Une  atmos- 
phère nuancée  et  profonde  rend  le 
scénario  presque  inutile.  Vivre  avec 
des  gens  et  les  connaître,  quelle  im- 
pression I  Et  comme  les  voilà  tout 
soudain  stylisés  parce  que  nous  sen- 
tons (autrement  que  par  des  actes) 
leur  pensée.  L'image  animée  devient 
autre  chose  que  de  l'imagerie.  La 
psychologie  la  plus  simple,  la  plus 
souple,  la  plus  vivante  et  naturelle, 
se  développe  devant  nous  et  envahit 
nos  yeux  d'abord. 

Les  Proscrits,  ce  film  importe  à 
l'art  muet,  comme,  en  leur  temps. 
Pour  sauver  sa  race  ou  David  Gar- 
rick.  C'est  le  premier  duo  d'amour 
entendu  au  cinéma.  Un  duo  qui  est 
toute  une  vie,  qui  nous  fait  vivre 
toute  une  vie.  Est-ce  un  drame  ?  Que 
s'est-il  passé?  Je  ne  sais.  Se  passe-t-il 
quelque   chose   dans    Roméo  et  dans 


Tristan  ?  Des  gens  s'aiment  et  vi- 
vent. C'est  tout. 

Nous  avons  eu  souvent  cette  im- 
pression aiguë  de  vérité  et  d'étude 
humaine  dans  les  films  suédois.  Le 
Trésor  d'Arne  est  un  beau  poème. 
Ceux  qui  l'ont  vu  l'ont  adoré.  Mais 
peu  l'ont  vu.  Car  les  directeurs  de 
cinéma  n'aiment  pas  les  films  sué- 
dois. Pourtant  (ne  serait-ce  que  pour 
mettre  en  relief  Judex  et  Tue-la- 
MortT)  ils  gagneraient  à  offrir  aux 
spectateurs  ces  pages  lumineuses.  Je 
ne  pense  pas  que  le  public  ait  boudé 
au  Monastère  de  Sendomir,  qui  n'a 
pas  la  pureté  séduisante  du  Trésor 
d'Arne,  mais  dont  l'atmosphère  a 
tant  de  chaleur. 

Ahl  l'atmosphère  I  Rappelez-vous 
la  délicieuse  intimité  grisaille  de  la 
Montre  brisée,  la  grâce  prenante  de 
la  Petite  Fée  de  Solbakken,  et  même 
du  trop  ingénieux  Mariage  de  Jou- 
jou. La  Vengeance  de  Jacob  Yindas 
a  déplu  aux  Parisiens,  mais  leur 
déplaira  toujours  ce  qui  touche  à  la 
religion  sans  lyrisme,  comme  na- 
guère le  Cl} rétien,  puissant  film  an- 
glais, et  la  Rédemption  de  Panamint, 
émouvant  film  américain.  Les  Fran- 
çais préféreront  le  Rêve,  et  sa  plus 
solide  poésie. 

On  nous  annonce  d'autres,  beau- 
coup d'autres  productions  suédoises. 
Ne  les  négligez  pas.  Elles  apportent 
des  merveilles.  Encore  une  fois,  que 
les  cinéphiles  de  France  ne  se  trom- 
pent point.  La  beauté  impérieuse  de 
ces  films  n'est  point  due  à  la  photo- 
graphie, aux  projecteurs,  aux  caches, 
fondus,  et  autres  trucs  de  l'opéra- 
teur. Ce  sont  là  accessoires  de  prix 
et  de  luxe,  mais  rien  de  plus.  Le  goût, 
le  tact,  la  mesure,  l'intensité  en  pro- 
fondeur, et  surtout  l'humanité,  cette 
humanité  avec  quoi  les  Américains 
nous  firent  parfois  pleurer  et  qui, 
chez  les  Suédois,  filtrée  par  une  cul- 
ture et  une  délicatesse  inouïes,  nous 
touche  au  plus  secret  du  cœur.  Sans 
humanité,  vous  ne  serez  que  des 
photographes  et  des  cabots.  Il  y  a 
autre  chose,  que  nous  réclamons. 

Et  cela  n'empêche  pas  de  constater 
la  virtuosité  visuelle,  photographi- 
que ou  picturale  de  ces  œuvres,  ni 
de  saluer  la  sobre  autorité  des  inter- 
prètes. Nous  n'avons  pas  vu  ailleurs 


ce  Siostrom,  violoncelle  troublant 
des  thèmes  de  Selma  Lagerloff  (les 
Proscrits,  la  Montre  brisée),  cette 
Tora  Teje,  sensuelle  et  précise  d'ex- 
pression (le  Monastère  de  Sendomir, 
la  Montre  brisée),  Renée  Bjorling, 
Richard  Lund,  et  surtout  Mary  John- 
son, lumière  vivante  du  Trésor 
d'Ame,  et  il  nous  reste  à  voir  Har- 
riett  Bosse,  la  grande  star  des  écrans 
de  Stockolm,  et  Jenny  Hasselquist, 
l'illustre  ballerine,  à  peine  entrevue 
dans  Wolo,  d'harmonieuse  mémoire, 
et  tous  les  collaborateurs  de  ces 
Kappelmeisters  photogéniques  : 
Maurice  Stiller,  Ivan  Hedquist,  Sios- 
trom, etc.  Voilà  des  interprètes  de 
cinéma.  Voilà  des  hommes  de  ciné- 
ma. Voilà  du  cinéma. 

Loi  is  Delluc. 


La  crise  du  français 

Les  critiques  qui  ont  assisté  à  une 
présentation  récente  ont  pu  lire  ce 
qui  suit  sur  le  programme  qui  leur 
était  distribué  : 

«  Andrew,  fils  de  la  première  femme 
de  l'illustre  maison  de  Cudlestone, 
cherche  pour  faire  face  à  des  dettes 
criardes  et  pour  satisfaire  à  ses  nom- 
breuses passions,  de  ruiner  morale- 
ment dans  l'esprit  de  Lord  Cudles- 
tone son  père, son  demi  frère,  George, 
officier  dans  le  régiment  de  la  Reine, 
afin  de  s'approprier  des  biens  fami- 
liaux ». 

Lu  peu  plus  loin,  ils  ont  trouvé  ceci  : 

«  Il  va  en  exiger  le  payement  immé- 
diat lorsqu'il  apprend  que  Lady  Elsie 
Gorton,  pupille  d'Andrew,  qu'elle 
vient  de  lui  signer  un  chèque  afin 
qu'elle  liquide  sa  situation  ». 

Quelques  jours  auparavant,  dans 
un  film  dont  les  détails  étaient  fort 
soignés  et  même  raffinés,  ils  avaient 
vu,  en  lettres  plus  ou  moins  onciales, 
qu'encadraient  des  fruits,  des  fleurs, 
des  feuilles  et  des  branches,  ces  mots: 

«  Elle   tâchait   à    lui   persuader...  » 

Où  diable  les  maisons  d'édition 
vont-elles  chercher  leurs  rédacteurs? 
Que  ne  font-elles  appel  aux  licenciés- 
ès-lettres  qui,  nous  dit-on,  sont  obli- 
gés de  prendre  des  postes  de  grais- 
seurs d'essieux  ?  Comment  veut-on 
que  le  public  prenne  au  sérieux  des 
œuvres  qui  lui  sont  présentés  avec 
une  telle  négligence  ? 

L.  L. 


*kxf 


DKSSl.N    li  E1N  \K    M ■  KM  4\\ 


HARRIET  [BOSSE 

la  grande  vedette  du  cinéma 
suédois,  mais  la  seule  que  nous 
n'ayons    pas    encore    vue    sur 

nos  écrans 


14 


cinea 


DERRIÈRE      L'ÉCRAN 


Aux  Studios  Gaumont 

On  prêtait  de  nombreux  projets  a 
l'auteur  du  Penseuret  de  Narayana, 
on  annonçait  même  qu'en  collabora- 
tion avec  M.  Pierre  Decoureelle, 
M.  Léon  Poirier  allait  filmer  L'Arté- 
sienne; ce  projet  en  restera  vraisem- 
blablement là  et  nous  croyons  que 
L'Ombre  déchirée  venant  d'être  pré- 
sentée, le  metteur  en  scène  tourne- 
rait Le  Co/I'ret  de  Santal,  conte  chi- 
nois, transposé  en  Persan,  qui  aurait 
cette  particularité  de  ne  comporter 
que  des  intérieurs. 

Quant  à  ce  parfait  gentleman  qui 
quitta  les  studios  de  la  Villette  —  Et 
pourquoi? —  au  lendemain  du  succès 
d'un  excellent  film,  à  la  veille  de  la 
présentation  d'un  autre  non  moins 
bon,  il  s'y  trouve  de  nouveau.  Et 
avec  le  concours,  pour  l'interpréta- 
tion, de  Mlles  Iribe  et  Madys,  de 
MM.  Roanne  et  Genika  Messério,  il  se 
dispose  à  tourner  une  bande,  dont 
le  titre  serait  :  Les  Ailes  déployée*. 
Ce  retour  ne  signifie  pas  un  rattache- 
ment à  la  maison  Gaumont ,  car  M.  Guy 
du  Fresnay  qui  mit  en  scène  L'Ami 
des  Montagnes,  est  chargé  de  filmer 
maintenant  pour  le  compte  de  la 
firme  Jupiter. 

• 

La  Maison  Gaumont  vient  de  s'at- 
tacher par  contrat  comme  metteur 
en  scène  M.  Desfontaines,  qui  va  com- 
mencer un  film  tiré  du  roman  de 
Mme  Delarue-Mardrus  :  Les  Trois 
Lus.  L'interprétation  comprendra  M. 
Baissac,  du  Théâtre  Sarah-Bernhardt, 
Mme  Grumbach,  de  l'Odéon,  et  Mlles 
Yvonne    Desvignes  et  Gine  Avril. 

• 
Mais  ?... 

Musidora  reviendrait-elle  au  genre 
de  films  qui  firent  son  succès?...  C'est 
possible.  On  dit  même  que,  délaissant 
les  épopées  carlistes,  l'étoile  irait 
prochainement  en  Autriche,  aux  en- 
virons de  Vienne,  tourner  deux  films 
policiers. 

• 

M.  D'Auchy.dont  laterreur  épan- 
due  dans  Ames  Siciliennes  empoigna 
le  cœur  des  âmes  simples  change  sa 


manière  et  veut  nous  prendre  main- 
tenant par  des  effets  d'attendrisse- 
ment. Avec  le  concours,  pour  l'inter- 
prétation, de  MM.  Maulov,  Warriley 
et  André  Luguet,  et  de  Mlles  Andrée 
Lyonnel  et  Vasseur,  le  metteur  en 
scène  tourne  une  adaptation  de 
l'Ecran  brisé,  d'après  le  roman  de 
M    Henrv  Bordeaux. 


Ressouvenance 

Violet  fit  un  jour  Li-lIang-lc-Cruel... 
Il  fut  coupable.  . 

Nous  faillîmes  avoir  avec  la  Chine 
de  tortueuses  complications  diploma- 
tiques... Les  Eils  du  ciel  n'oublient  ni 
le  Bien  ni  le  Mal..  Ils  se  souviennent 
de  Violet... 

Celui-ci  de  son  côté  a  bonne  mé- 
moire... 

Il  fit  L'Epingle  Rouge... 

Il  eut  raison... 

Dernièrement,  la  bande  fut  présen- 
tée à  la  Censure... 

Et,  comme  par  hasard,  il  s'y  trouva 
un  envoyé  du   Céleste    Empire...  Les 


mcf\ 


Fils  du  ciel  n'oublient  ni  le  Bien,  ni 
le  Mal... 

Or,  celui-ci  parti  avec  des  intentions 
horriblement  cruelles,  s'en  retourna 
souriant  et  ravi.  . 

Son  compatriote  avait,  dans  le  film, 
le  rôle  sympathique. 

Violet  avait  bien  du  Talent... 

Nous  n'aurons  pas  la  guerre  avec 
la  Chine... 

Portrait   express   : 

Norma  Talmadge  débute  à  quator/.e 
ans  sur  l'écran  à  la  Vitagraph 
Company  aux  appointements  de  cinq 
livres  par  semaine.  Aucune  prépara- 
tion, aucune  expérience,  mais  un 
tempérament  et  aussitôt  le  succès. 
Parmi   ses   meilleurs   films  :    Poppu, 


MODOT 


Le  caractéristique  interprète  de 
Un  Ours.  /<■  Chevalier  <7.'  Gaby, 
Monte-Cristo,  In  Fête  espagnole, 
tourne  en  Sicile  la  Terre  du 
Diable. 


0"^ 


Elena  SAGRARY 

Vient  de  tourner  a  Gênes  Jetta- 
lura  de  Gilles  F.  Veber,  dont 
elle  est  la  protagoniste,  avec 
|ean  Dehelly  comme  partenaire. 

De  Luxe  Annie,  The  Isle  of  conquest, 
The  loves  and  lies.  A  dautjhtcs  of 
two  worlds,  Yes  or  oo,  etc.  Taille  : 
cinq  pieds  deux  pouces.  Cheveux  : 
noirs.  Yeux  :  bruns.  Mari  :  Joseph 
Schenck. 


Les  trois  vedettes 

Je  les  ai  vues  toutes  trois  ensemble. 
Peu  jalouses  pour  des  princesses  de 
l'écran,  ELLES  étaient  réunies. 

L'une  est  cette  jeune  femme  brune, 
héroïne  des  ciné-romans  les  plus  lar- 


cinea 


moyants,  qui  se  brouilla  récemment 
avec  notre  national  fabricant  d'épi- 
sodes. 

L'autre  est  cette  jeune  première 
aux  appâts  charnus,  dont  les  foules 
de  la  Villette  —  où  elle  se  révéla, 
d'ailleurs  —  aimèrent  la  perruque 
blonde  en  forme  de  bonnet  à  poils. 

La  dernière,  enfin,  est  cette  jeune 
fille  qui  cultive  si  bien  l'art  muet, que 
le  rôle  qu'on  lui  distribua  pour  ses 
charmes  de  grisette  dans  un  music- 
hall  montmartrois,  est  lui  aussi... 
muet.  Je  les  ai  vues  toutes  trois. 

Dans  un  dr(Me  de  quartier,  pour 
des  «  stars  »  :  au  fond  des  Batignolles. 
Et  je  vais  vous  dire  ce  qu'elles  y  fai- 
saient :  elles  y  ornaient  l'étalage  d'un 
tout  petit  papetier  de  rien  du  tout. 


Yvonne  AUREL 

Jeune  première  dans  Fabienne 
et  (comme  l'indique  ce  dessin  de 
Bécan)  épave  passionnée  dans 
la  Bouc,  elle  fait  une  création 
brillante  dans  la  Terre  du  Diable 
de  Luitz  Morat.  qui  se  passe  à 
Naples.  Palerme.  Taormina. 

Sous  les  espèces  d'une  série  de  cartes 
postales  à  vingt  centimes  où,  vêtues 
de  rose  crevette  et  coiftées  de  vert 
bonbon,  elles  souriaient  de  mille  fa- 
çons diverses  à  des  messieurs  cosmé- 
tiques pour  bien  prouver  que  : 
Le  meilleur  'Bonheur,  c'est  l'Amour 
Kl  quand  on  aime,  c'est  pour  toujours... 


La  Dame  photogénique 

Cinquante  taillées  sur  le  même  pa- 
tron. Un  type...  une  calamité  de  la 
vie  moderne. 

C'est  une  dame  qu'on  voit  partout. 
Dans  les  petits  et  les  grands  studios, 
à  toutes  les  présentations.  Elle  har- 
cèle  chacun,  ne  lâche  personne.  Elle 


Jaque  CATELAIN 

Le  charmant  et  jeune  héros  du 
Carnavaletde  l'Homme  du  Large 

achève   aux    studios    Gaumont 
El  Dorado  où  il  joue  un  person- 
nage de  jeune  suédois. 

est   inévitable  et   tenace   comme  un 
ennui  d'argent. 

Nul  ne  veut  la  présenter:  aussi, 
elle  vous  aborde,  s'arrogeant  des 
titres,  la  poitrine  en  avant,  souriante 
et  prête  au  combat  :  «  Mlle  X. . .  pro- 
tégée de  M.  Z...  »  Elle  a  apporté 
25  photos...  pas  un  bout  de  pellicule. 
Elle  s'asseoit,  très  à  l'aise,  cite  de 
grands  noms  :  «  M.  Untel  m'a  fait 
tourner...  Oh!  j'avais  désiré  moi- 
même  peu  de  chose  à  faire...  je  vou- 
lais essayer...  j'étais  contente...  seu- 
lement après...  on  a  coupé  tous  mes 
premiers  plans...  vous  savez,  c'est 
bien  difficile!...  A  présent  je  suis  sûre 
de  moi...  mais  il  me  faudrait  un  rôle, 
parce  que  la  figuration,  n'est-ce  pas? 
Un  personnage  dramatique  surtout.,, 
mon  genre,  écoutez,  c'est  Nazimova, 
mais  j'aime  bien  aussi  Robinne.  Et 
puis,  j'ai  beaucoup  de  toilettes.  Et  je 
fais  du  cheval,  je  sais  nager,  con- 
duire... 

Et  comme  on  n'a  pas  été  grossier 
avec  elle,  elle  reviendra... 

Physiquement,  elle  a  presque  tou- 
jours une  tare  :  des  joues  tombantes 
ou  des  yeux  inégaux.  Point  pauvre 
(alors  quelle  excuse  ?)  elle  promène 
la  richesse  de  ses  robes  et  de  ses  pré- 
tentions, la  misère  de  son  incons- 
cience. 

D'ailleurs, 
mais  tourné 
ment,  voilà 
nique  ! 

C'est  une  daine  qu'on  voit  partout, 
inévitable  et  tenace  comme  un  ennui 
d'argent.  Quelqu'un  que  je  connais 
l'a  surnommée  :  l'Insistance  Publique. 

Daven. 


elle  ment.  Elle  n'a  ja- 
Heureusement  I  Seule- 
elle   se   croit   photogé- 


NOTES 


SIGNORET.  —  Après  Flipotte,  le 
voilà,  dans  le  Rêve,  l'évêque.  L'onc- 
tion ne  l'abandonne  d'ailleurs  ja- 
mais. Un  fonds  de  grâce  et  de  ten- 
dresse humanise  ses  caricatures  et 
et  synthétise  ses  types  sentimen- 
taux. C'était  l'homme  le  plus  souple 
de  l'ancien  théâtre  d'Antoine.  C'est 
le  masque  le  plus  mobile  du  cinéma 
français.  Voir  le  Vagabond.  Voir 
le  Secret  de  Lotie  Star.  Voir  la 
Rose.  Voir  Le  père  Goriot. 

EMMY  LYNN.  -  Mater  Dolorosa  l'a 
créée.  La  Dixième  Symphonie  l'a 
épanouie.  Visage  voilés,  Ames 
closes  la  révèle. 

VAN  DAELE.  —  Deux  yeux  qu'on  a 
vu  quelque  part  dans  un  chapitre 
de  Sienckiewicz.  La  Croisade,  c'est 
bien.  Amess  iciliennes,  c'est  mieux. 
Narayana,  c'est  lui. 

JAQUE  CATELAIN.  —  C'était  un 
danseur  dans  le  Torrent.  Quelqu'un 
ne  le  nomma-t-il  point  «un  petit 
Nijinsky  d'appartement.  »  Il  danse 
encore  —  mais  en  dedans  —  pour 
Rose-France, pour  le  Carnaval  des 
Vérités  et  pour  l'Homme  du  Large. 
Ce  sera  du  style  dans  le  rythme. 

SUZANNE  DESPRÉS.  —  Suzanne 
Després. 

MODOT.  —  Une  gueule  d'espada. 
Machaquito  ou  Luis  Freg.  Un  par- 
fum de  ganaderia,  une  souplesse 
de  sportif,  une  aisance  d'artiste. 
Un  artiste,  disons-le. 

A.-F.  BRUNELLE.  —  Chignole.  Et 
puis  un  tas  de  jeunes  premiers. 
Ah  !  les  jeunes  premiers...  Qu'il 
vienne  au  drame,  et  vite  ! 

EOOTITT.  —  Le  seul.  Pathé  lui  offrit 
naguère  la  place  que  Prince  accepta. 
Aïe!  Mais  il  revient  au  ciné.  Vingt 
ou  trente  ans  de  gloire  sur  piste 
préfacent  très  bien  une  gloire  neuve 
à  l'écran.  Ce  clown  voit  juste.  Résu- 
mons-nous :  il  voit. 

ANDRÉ  NOX.  —  Une  sérénité  qui~së 
ravage.  Le  Penseur.  Cne  Brute. 
Le  Sens  de  la  Mort.  Le  sens  du 
ciné  aussi,  bien  entendu. 

ALCOVER.  —  Il  n'avait  pas  besoin 
de  quitter  la  «Moliére's  House».  Le 
ciné  prouvait  qu'il  n'était  pas  du 
tout  «  Comédie-Française  ».  Voir 
Champi-  Tortu. 

YVONNE  AUREL.  —  On  lui  a  fait 
jouer  les  ingénues.  Pourquoi  pas 
d'Artagnan  ou  Œdipe  ?  Un  vrai 
tempérament  d'interprète  du  silence 
Elan.  Sincérité.  Vérité. 

ANDRÉE  BRABAXT.— Renonce  enfin 
aux  petites  filles.  Faite  pour  le 
drame.  Destinée  à  l'intensité. 


16 


cinéa 


L'ART 
POUR    LE 
SEPTIÈME   ART 


Il  serait  inutile  de  rappeler  ici  les 
raisons  qui  nous  ont  fait  baptiser 
d'un  nombre  ordinal  cet  art  en  lequel 
nous  avons  mis  toute  notre  foi  esthé- 
tique. Le  Septième  Art.  Cela  est 
entré, en  deux  mois,  depuis  ma  confé- 
rence au  Quartier  Latin,  dans  le  lan- 
gage commun.  Mais  il  est  bon  que 
l'on  se  souvienne  déjà,  que  le  «  Sep- 
tième Art  »  représente,  pour  ceux  qui 
l'appellent  ainsi,  la  puissante  syn- 
thèse moderne  de  tous  les  Arts  : 
arts  plastiques  en  mouvement  ryth- 
mique,arts  rythmiques  en  tableaux 
et  en  seulptures  de  lumières.  Voilà 
notre  définition  du  Cinéma  ;  et,  bien 
entendu,  pour  le  Cinéma-Art  comme 
nous  le  comprenons,  et  vers  quoi 
nous  nous  efforçons. 

Septième  Art,  parce  que  l'Architec- 
ture et  la  Musique,  les  deux  Arts  Su- 
prêmes, avec  leurs  «  complémentai- 
res »  :  de  Peinture,  Sculpture,  Poésie 
et  Danse,  ont  formé  jusqu'ici  le  chœur 
hexa-rythmique  du  rêve  esthétique 
des  siècles. 

Le  C.  A.  S.  A.  ce  club  des  Amis  du 
Septième  Art,  qui  intéresse  déjà  le 
monde  des  artistes  en  France,  autant 
qu'en  Italie, en  Amérique,  en  Pologne, 
à  Tunis,  en  Espagne,  en  Roumanie,  à 
surgi  de  notre  volonté  de  grouper  les 
forces  vives  de  cet  art,  pour  l'enno- 
blir. Et  voici  nos  buts  : 

a)  Affirmer  par  tous  les  moyens  le 
caractère  artistique  du  cinéma.  Le 
cinéma  étant  indéniablement  un  Art, 
le  Septième. 

h)  Relever  le  niveau  intellectuel  de 
la  production  cinématique  française  ; 
et  ce,  dans  un  but  esthétique  autant 
que  commercial.  Car  il  ne  faut  pas 
oublier  que  la  littérature  française 
ne  s'est  imposée  au  monde  entier  que 
par  sa  «  qualité  ». 

e)  Mettre  tout  en  œuvre  pour  atti- 
rer vers  le  cinéma  les  talents  créa- 
teurs, les  écrivains  et  les  poètes,  ainsi 


que  les  peintres  et  les  musiciens  lies 
générations  nouvelles. 

d)  Considérer  comme  urgent  l'éta- 
blissement d'une  «  hiérarchie  des 
salles  »  telle  qu'elle  existe  au  théâtre  : 
Salles  populaires  et  Salles  d'élite, afin 
de  mettre  un  frein  à  l'invasion  totale 
et  avilissante  de  la  production  feuil- 
letonesque.  Et  ce,  pour  attirer  au  Ci- 
néma les  innombrables  intellectuels 
qui  s'en  détournent,  se  refusant  au 
«  nivellement  par  en  bas  »  de  l'émo- 
tion artistique  qu'ils  demandent  à  un 
spectacle,  et  qui  nient, en  conséquence, 
le  caractère  d'art  du  Cinéma. 

e)  Organiser  une  propagande  des 
plus  actives  pour  une  plus  complète 
connaissance,  de  la  part  du  public, 
des  besoins  autant  que  des  fautes 
d'organisation  et  de  directives  de  la 
production  cinématique  française.  Et 
ce,  dans  le  but  de  fournir  aux  réali- 
sateurs les  moyens  que  cet  art  nou- 
veau réclame  aujourd'hui  plus  que 
jamais. 

/')  Agir,  par  toutes  voies  de  propa- 
gande, auprès  de  l'Etat,  afin  que  des 
lois  équitables  et  des  appuis  raison- 
nables soient  par  lui  fournis  à  l'Art 
de  l'Ecran,  dans  la  même  mesure  au 
moins  qu'il  le  fait  pour  l'Art  de  la 
Scène. 

a)  Attirer  l'attention  du  public  sur 
l'origine  et  l'évolution  du  Cinéma  en 
France,  par  l'organisation  officielle 
d'un  premier  Festival  Cinématique 
Français.  Contribuer  à  l'organisation 
du  premier  Congrès  du  «  Film  Latin  ». 

On  connaît  notre  action,  qui  se  dé- 
veloppe de  jour  en  jour,  avec  nos 
«  Lectures  Cinématiques  »  déjà  illus- 
trées pour  Abel  Gance.René  Le  Somp- 
tier,  Germaine  A.  Dulac,  Louis  Xalpas. 
On  connaîtra  ici  les  réalisations  que 
nous  poursuivons,  et  que  nous  atten- 
dons. Une  seule  devise,  pour  tous  : 
L'Art  pour  le  Septième  Art  ! 

Canudo. 


Le  principe  de  relativité 

Que  nos  lecteurs  se  l'assurent  ; 
nous  n'allons  pas  commenter  les  tra- 
vaux d'Einstein,  mais  simplement 
rechercher  pourquoi  les  maquettes 
et  modèles  à  petite  échelle,  sou- 
vent employés  en  cinématographie, 
produisent  rarement  un  effet  satisfai- 
sant. 

Quand  il  s'agit  des  bateaux  jouets 
qu'on  nous  montre  agités  par  la  tem- 
pête, ou  brûlant  comme  dans  Caharia 
ou  la  Reine  îles  Césars,  l'échec  de 
l'illusion  est  généralement  imputable 
aux  mouvements  trop  rapides  qu'on 
leur  imprime. 

La  question  est  plus  subtile  quand 
les  maquettes  sont  immobiles,  et  on 
ne  voit  pas,  au  premier  abord  pour- 
quoi, toutes  les  proportions  relatives 
étant  respectées,  la  maquette  d'une 
ville  ne  produirait  pas  le  même  effet 
que  la  ville  elle-même.  Il  semble  qu'il 
faille  attribuer  la  différence  à  la 
perspective  aérienne,  à  la  dégrada- 
tion progressive  des  lointains  qui 
manque  sur  le  modèle  à  petite  échelle. 
On  pourrait  peut-être  y  suppléer  en 
diminuant  la  transparencede  l'atmos- 
phère qui  entoure  le  modèle,  en  opé- 
rant par  exemple  après  avoir  créé 
un  état  d'humidité  qui  assure  une 
absorption  plus  rapide  des  rayons 
acténiques.  Il  serait  intéressant  que 
des  expériences  fussent  entreprises 
dans  ce  sens. 

L.  L. 


Pour  Vous  abonner  à 


c  t  n  e  a 


envoyez  Votre  nom  et 


soixante  =  quinze    francs    â 


c  t  n  e  a 


M»"-  Ida  Rubinstein,  dont  les  dons 
plastiques  enthousiasmèrent  l'aria  avec 
Clêopdtrc  et  qui  tenta  de  si  curieuses 
réalisations  théâtrales,  du  Martyre  de  S, nul 
Sébastien  à  Phèdre,  vient  au  cinéma 
enfin.  Elle  a  tourne  en  Italie  La  Muv  de 
d'Annunzio,  que  l'on  a  annoncée  a  Rome, 
a  Londres,  a  New- York  —  et  une  l'on 
verra   peut-être   a   Paris     ::     ::     ::     ::     :: 


l'HfllO  OTTO 


Mme    IDA    RUBINSTEIN 
dans  Hélène  de  Sparte 


IH>M\   llh   Whlil     M  VRI  1 


IDA  RUBINSTEIN 
dans  Le  Martyre  de  Saint  Sébastien 


André  Antoine,  défenseur  de  l'art 
muet  comme  de  l'art  dialogué,  a 
beaucoup  appris  —  et  beaucoup 
enseigné  —  depuis  ses  émouvants 
Frères  Corses  jusqu'à  l'harmonieuse 
A/"e  de  la  Seiglùre  et  aussi  la  Terre, 
d'après  Zola,  qu'il  nous  montrera 
bientôt. 


DKSS1N   DK  CAPIKI.LI 


André  ANTOINE 


On  peut  revoir  Un  Roniiin  d'Amour 
et  d  Aventures  le  premier  et  le  seul 
film  de  Sacha  Guitry,  plein  de  détails 
charmants  et  ironiques.  Absorbé  par 
ses  succès  d'acteur  et  d'auteur  dra- 
matique (vous  avez  tous  vu  le  Grand 
Duc)  Sacha  n'a  pas  le  temps  de 
penser  au  cinéma. 


B   MU!    l.l  ITP.V. 


SACHA   til'ITRY 


cinea 


19 


LES     PAGES     DE     MA      VÏE\ 


Par    F.    CHALIAPINE 


Il  commençait  par  saluer  poliment 
l'inconnu,  en  lui  adressant  la  parole 
d'une  manière  très  courtoise.  Il  arri- 
vait qu'un  monsieur  très  distingué 
prêtait  l'oreille  aux  propos  de  mon 
père  et  avec  un  sourire  extrêmement 
aimable  le  demandait  à  son  tour  : 

—  Et  vous  désirez,  monsieur? 
Et  mon  père  de  dire  : 

—  Je  désire  savoir  pourquoi  vous 
avez  des  yeux  de  cochon. 

Ou  bien  : 

—  Est-ce  que  vous  n'avez  pas  honte 
de  promener  dans  les  rues  une 
gueule  aussi  dégoûtante? 

Alors  le  passant  devenait  furieux, 
traitait  mon  père  de  fou,  en  décla- 
rant que  c'est  lui  qui  avait  une 
gueule  ignoble,  etc. 

Généralement,  tout  ceci  avait  lieu 
après  le  «  vingt  du  mois  »  date  que 
je  détestais  de  tout  mon  cœur.  C'était 
le  jour  où  tout  ce  monde  au  milieu 
duquel  passait  ma  vie  s'empoison- 
nait de  l'eau-de-vie  en  bloc,  sans 
aucune  exception  et  se  plongeait 
dans  la  débauche  la  plus  noire.  Les 
gens  en  se  dépouillant  de  toute  appa- 
rence humaine,  se  battaient  entre 
eux,  gueulaient  à  tue-tête,  gémis- 
saient, roulaient  dans  la  boue,  la  vie 
devenait  un  cauchemar  terrible,  im- 
monde, atroce. 

Le  lendemain,  mon  père  restait  au 
lit  pendant  toute  la  journée  et  buvait 
du  kwas  avec  de  la  glace. 

—  Kwas!... 

C'était  la  seule  parole  qu'il  pro- 
nonçait durant  toute  cette  période. 
Son  visage  devenait  livide,  ses  yeux 
hagards. 

Ce  qui  me  frappait  surtout  c'était 
la  quantité  du  «  kwas  »  qu'il  avalait 
et  je  m'en  vantais  devant  mes  cama- 
rades en  disant  que  mon  père  boit 
autant  de  «  kwas  »  qu'un  cheval  de 
l'eau  à  l'abreuvoir.  Ils  ne  s'éton- 
naient guère  et  me  croyaient  sur 
parole,  semble-t-il. 

Lorsque  mon  père  n'était  pas  saoul 
il  me  battait  relativement  peu  mais 
cela  lui  arrivait  quand  même  et  sans 
aucune  raison  plausible, comme  il  me 
semblait. 


Je  me  rappelle  d'avoir  fabriqué  un 
jour  un  cerf-volant  C'était  une  mer- 
veille tout  orné  qu'il  était  de  grelots 
et  de  boites  d'allumettes.  Au  moment 
de  prendre  son  essor,  il  s'accrocha  au 
sommet  d'un  arbre  et  comme  je  ne 
voulais  pas  le  sacrifier  ainsi,  je  grim- 
pai sur  l'arbre,  décrochai  le  cerf-vo- 
lant et  me  mis  à  descendre.  Je  fis  cela 
d'une  façon  si  maladroite  qu'à  mi- 
chemin  j'eus  une  branche  de  cassée 
sous    mon   poids   et   en    faisant    des 


FEDOK  CHALIAPINE 

dans  Boris   Godounow  qui  est  avec 

La  Pskowitaine,  Judith  et  Le  Prince 

Igor  un  de  ses  plus  grands  succès 

de  chanteur  tragique. 

volte-faces  par  dessus  la  haie  et  le  toit 
je  m'abattis  par  terre  presque  sans 
connaissance. 

Je  restai  étendu  ainsi  un  temps 
indéfini,  avec  mon  cerf-volant  entiè- 
ment  brisé, puis  je  me  relevai  et  après 
après  avoir  versé  quelques  larmes 
sur  les  restes  du  pauvre  mutilé  je 
trouvai  d'autres  distractions. 

Le  lendemain  mon  père  m'ordonne  : 

Prépare-toi,  on  va  aller  aux  bains! 

J'adore  encore  maintenant  d'aller 
aux  bains  publics,  mais  les  bains  en 
province  c'est  vraiment  une  chose 
exquise!  Et  surtout  parce  qu'après  le 
retour  à  la  maison,  on  buvait  chez 
nous  du  thé  avec  des  confitures. 


A  cette  époque  mon  père  et  ma 
mère  habitaient  déjà  le  Faubourg 
des  Drapiers. 

Donc,  mon  père  m'amène  aux  bains. 
Il  était  de  très  bonne  humeur.  Nous 
nous  déshabillons.  Tout  à  coup  il  se 
met  à  me  regarder  fixement  et  en 
désignant  du  doigt  mon  côté  droit,  il 
me  dit  : 

—  Qu'est-ce  que  c'est  que  ca? 
Alors   je   vis   que  tout  mon  corps 

était  couvert  de  taches  bleues  et 
jaunes,  comme  une  vraie  peau  de 
zèbre. 

—  Je  suis  tombé.  Cela  m'a  fait  un 
petit  peu  mal. 

—  Un  petit  peu?  Mais  ton  corps  est 
tout  entier  en  rayures.  Comment  cela 
c'est  produit? 

J'avouai  tout.  Mon  récit  terminé  il 
prit  quelques  grosses  branches 
sèches  et  se  mit  à  me  battre  avec,  en 
répétant  : 

—  Cela  t'apprendra  à  grimper  sur 
les  arbres! 

Ce  n'était  pas  la  douleur  physique 
qui  me  causait  tant  de  souffrances, 
c'était  la  honte  d'être  ainsi  exécuté 
en  présence  de  cette  masse  de  bai- 
gneurs qui,  tous,  étaient  ravis  d'as- 
sister à  cette  distraction  inattendue. 
Ils  rigolaient,  sans  aucune  méchan- 
ceté d'ailleurs,  et  encourageaient 
mon  père. 

—  Vas-y,  vas-y!  Là!  Flanque  lui  un 
bon  coup!  Pas  la  peine  de  prendre 
soin  de  la  peau,  elle  ne  sera  que  plus 
fraîche  ainsi. 

Un  bon  petit  coup  dans  le  derrière! 
C'est  ça!  Encore! 

En  général  je  n'étais  pas  très  froissé 
lorsqu'on  me  battait,  je  trouvais  cela 
tout  à  fait  naturel.  Je  savais  qu'au 
Faubourg  des  Drapiers  tout  le  monde 
était  battu,  les  grands  comme  les 
petits,  sans  trêve,  le  matin  et  le  soir. 
Les  coups  étaient  en  quelque  sorte 
une  chose  tout  à  fait  normale,  léga- 
lisée, inévitable.  Mais  une  exécution 
publique  aux  bains  devant  toute  une 
assemblée  d'hommes  nus  et  rien  que 
pour  les  faire  rire,  m'offensait  beau- 
coup. 

(A  suivre)  L.  Valter  trad. 


Les  Concours  de  cinéa 


CONCOURS 

DE     SCÉNARIOS 


Envoyez-nous  un  scénario  cinégraphique.  Des 
journaux  comme  Le  Film,  Ciné  pour  tous, 
Bonsoir,  en  ont  publié  d'excellents  qui  vous 
ont  appris  le  découpage,  le  style  et  le 
mouvement  de  ces  ouvrages  spéciaux.  Essayez 
de  composer  un  thème  d'écran,  drame  ou 
comédie,  découpez-le  et  bornez-vous  à  des 
moyens  simples  :  peu  de  décors,  peu  de 
personnages  mais  beaucoup  de  sincérité,  un 
peu    de  goût,  et    du    talent    si  vous    pouvez. 

Jury  :  Dans  ce  Jury  seront  représentés  les  metteurs  en 
scène  (J.  de  Baroncelli,  Marcel  L'Herbier, 
Léon  Poirier,  T^ené  Le  Somptier,  etc.)  les 
interprêtes  (Signoret,  Van  Daële,  Jlndré  3\Cox, 
Séverin-Mars,  etc.  Jet  les  spectateurs  ({F$oisyvon, 
René  ffizet,  Canudo,  J.-L.  Croze,  Fréjaville, 
Lionel  Landry,  *P.  de  la  ^orie,  ^Pierre  Henry, 
Pierre  Seize,   Urroiller,   Marcel  Yonnet,   etc.) 

Clôture   :  La    date    extrême    pour    l'envoi    des    manus- 
crits est  fixée   au    1er  Août  prochain 

Prix  :  Le  meilleur  scénario  choisi  par  le  Jury  recevra 
un  prix  de  Mille  francs  et  sera  publié  dans 
Cinéa,  si  l'auteur  le  désire.  Et  bien  entendu 
Cinéa  s'emploiera  à  le  faire  connaître  des 
maisons   d'édition   française 


c  i  n  e  a 

10.       RUE      DE 
L'ELYSÉE 

PARIS 


PF.ARL  WHITK 


est  à  Paris,  non  pour  tourner  la  suite  des 
Mystères  de.  New-York  ou  de  la  Maison 
de  la  Haine,  ni  pour  voir  son  dernier 
film,  mais  tout  simplement  pour 
voir  Paris,  la  rue  de  la  Paix,  les  grands 
magasins  et  les  couturiers  a  la  mode. 


Les  Concours  de  cinéa 


CONCOURS 

DE  PHOTOGRAPHIES 
D'AMATEURS 


Envoyez  à  cinéa  des  photos  de 
n'importe  quel  format,  représentant 
des  acteurs  de  ciné  dans  la  vie 
privée,  ou  des  aperçus  Au  travail 
cinégraphique  en  plein  air,  en  studio, 
etc...,  tout  ce  qui  se  rapporte  à 
I  écran  et  pourra  résumer  en  quelque 
sorte  les  coulisses  du  Cinéma. 
Le  jury  sera  composé  de  six  opéra- 
teurs français  :  MM.  Bousquet,  Chaix, 
Gibory,    Irvin,    Forster    et    Lucas. 

Ru    prochain     numéro,     là     liste 

G*/  w/  •  •  •   •••   *••   •••   •  •  •  /  L  K-s  O  •••   •••   •••   •••   •  ••  L-'  I    1 1\. 


c  i  n  e  a 

10,  RUE  DE 
L'ELYSÉE 
PARIS 


Imprimerie  spéciale  de  cinéa,  84.  rue  Rochechôuart,  Paris.  Le  gérant  :  A.  Paty. 


20  Mai  1921 


Numéro  3 


£-£-■£•  Hebdomadaire  Illustré  4  4  4 
Louis  DEL  LUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
io.  Rue  de  l'Elysée,  Paris  -  Tél.  :  Élys.  58-84 


Abonn'.  75  fr. 


Le  IN"     ..  2fr. 


L'  HOMME   LE   PLUS   CONNU   DU   MONDE 


Tous  les  Programmes  des  Cinémas  de  Paris 


CONCOURS 

DE    SCÉNARIOS 


(©*©«•©•• 


Envoyez  nous  un  scénario  ciné- 
graphique.  Des)ournauxcomme 
Le.  Film,  Ciné  pour  tous,  Bon- 
soir, en  ont  publiés  d'excellents 
qui  vous  ont  appris  le  décou- 
page, le  style  et  le  mouvement 
de  ces  ouvrages  spéciaux. 
Essayez  de  composer  un  thème 
d'écran,  drame  ou  comédie, 
découpez-le  et  bornez  vous  à 
des  moyens  simples  :  peu  de 
décors,  peu  de  personnages 
mais  beaucoup  de  sincérité,  un 
peu  de  goût,  et  du  talent  si 
vous  pouvez 

Jury  :  Dans  ce  Jury  seront 
représentés  les  metteurs  en 
scène  (].  de  Batoncelli,  Mai- 
cel  L' Herbier,  Léon  'Poirier, 
T^ené  Le  Somptier.  etc.)  les 
interprêtes  (Signoret,  Van 
Daèle,  André  Nox,  Séverin- 
Mars,  etc.)  et  les  spectateurs 
Boisyvon,  René  Bizet,  Canudo, 
J.-L.  Croze,  Fréjaville,  Lio- 
nel Landry,  P  de  la  {Rorie] 
Pierre  Henry,  Pierre  Seize, 
Ur ciller,  Marcel  Yonne t,  etc.) 

Clôture  :  La  date  exlrême 
pour  1  envoi  des  manuscrits  est 
fixée    au     I er    Août    prochain. 

Prix  :  Le  meilleur  scénario 
choisi  par  le  Jury  recevra  un 
prix  de  Mille  francs  et  sera 
publié  dans  Cinéa,  si  l'auteur 
le  désire.  Et  bien  entendu 
Cinéa  s'emploiera  à  le  faire 
connaître  des  maisons  d'édi- 
tions françaises 


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10,   RUE  DE  L'ELYSÉE 
PAR  13  


Vous    qui    désirez    des    photos   de 

Ch.  Chaolin  Viola  Dana  Pearl  White 

W.S.  Hart  Maë  Marsh  Lilian  Gish 

S.  Hayakawa  Mildred  Hartis  Dorothy  Gish 

Charles  Kay  N.  Talmadge  Priscilla  Dean 

Ecrivez  à  J   THiOLAT.  3y.  r.  Ampère 
Paris  (17^1 

2  fr.  la  photo  (franco)  -  18  fr.  les  12 


Si 

Vous 

aimez 

le 

Cinéma 

Vous  ... 

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Henry    CASTERA 

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.AYlbum  officiel  du  Concours 
de  Beauté  des  Provinces  de 
France  (publié  par  le  Journal, 
édité  par  Comœdia  illustré). 
Dans  ce  magnifique  album 
seront  reproduits  les  portraits 
de  toutes  les  lauréates  du 
concours,  dans  leurscostumes 
régionaux.  Prix  de  souscrip- 
tion :  i5  francs.  Ce  prix  sera 
porté  à  20  fr.  dès  l'apparition. 
Adresser  demandes  et  man- 
dats au  Journal,  ico,  rue  de 
===    Richelieu    ■ 


COURS  DE  PROJECTION 

par  Chef-Cpérateiir  dans  Etablissement  parisien 

Certificat  de  capacité  professionnelle 
délivré  en  fin  de  cours  après  passage 
. . .  au  poste  double  en  exploitation  . . . 
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G.  DROMAZ,  I,  rue  Franklin,  Paris  (16e) 


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CONCOURS 


DE 


PHOTOGRAPHIES 
D'AMATEURS 


Envoyez  à  Cinéa  des 
photos  de  n'importe 
quel  format,  représentant 
des  acteurs  de  ciné  dans 
la  vie  privée,  ou  des 
aperçus  du  travail  ciné- 
graphique  en  plein  air, 
en  studio,  etc.,  tout  ce 
qui  se  rapporte  à  1  écran 
et  pourra  résumer  en 
quelque  sorte  les  coulis- 
ses du  Cinéma.  Le  Jury 
sera  composé  de  six 
opérateurs  français  : 
MM.  Bousquet,  Chaix, 
Gibory,  Irvin,  Forster  et 
Lucas 


Au    prochain    numéro, 
la    liste    de    nos    prix. 

cinéa 

10,   RUE   DE   L'ELYSÉE 
PA  RIS   


cinea 


M         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi   20    au   Jeudi   26   Mai 


J<=    ARRONDISSEMENT 

Electric-Palace,  s.  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Journal,  les  actualités  du 
monde  entier.  —  Zut  et  Flut  chiens  savants, 
comique.  —  Jack,  mèdecen  malgré  lui, 
comédie  interprétée  par  William  Russel. 
—  Charlie  Chaplin  dans  Chariot  joue 
«  Carmen  »,  fantaisie  comique  en  2  épi- 
sodes. 2''  épisode  :  Souvent  femme  varie. 

En  supplément  facultatif  :  Eddie  Polo 
dans  Le  Roi  de  l'audace,  ciné-roman  en 
10  épisodes,  publié  par  La  Presse.  2e'  épi- 
sode :  L  escapade  miraculeuse. 

Omnia-Pathé.  s.  boulevard  Mont- 
martre. —  Pathé-Journal,  actualités.  — 
Gigolette,  de  M.  Pierre  Decourcelle,  3e 
époque  :  Les  dessous  de  Paris.  —  Chariot 
wue  v>  Carmen  »,  2''  chapitre.  —  Supplé- 
ments facultatifs  :  Lui  cheç  les  cow-boys, 
comique.  —  La  chasse  aux  faucons,  docu- 
mentaire. 

Parisiana.  27.  boulevard  Poissonnière. 
Gutenberg  56-70.  —  La  grande  aventure. 
comique.  Rome  /''''promenade,  plein  air.  — 
Fridoliu  vainqueur,  comique.  —  Parisiana- 
Jonrnal.  actualités.  —  Le  drame  des  Eaux- 
Mortes,  d'après  le  roman  de  M.  Charles 
Foley.  —  Chariot  récidiviste,  comique. 

Cinéma  de  la  Presse,  125,  rue  Mont- 
martre. —  Hiver  au  Niagara.  —  Un  roman 
d'amour  et  d'aventures,  avec  Sacha  Guitry 
et  Yvonne  Printemps.  —  Le  ballon  ronge, 
comédie  sentimentale.  —  Voleurs  de 
h  mines.  4e  épisode.  —  Berias,  chanteur 
comiqne. 

3e    ARRONDISSEMENT 

Pathé-Temple.  —  Pathé-Journal,  Faits 
divers  mondiaux.  —  La  chasse  aux  Fau- 
cons, documentaire.  —  Lui  chc{  les  cow- 
poys,  comique,  interprété  par  Harold 
Lloyd.  —  Je  me  vengerai  !  5e  épisode  de 
L'Homme  aux  trois  masques.  —  Gigolette. 
3e  époque  :  Les  dessous  de  Paris,  drame 
de  la  vie  parisienne.  —  Agènor  le  bien- 
aime.  comique. 

Théâtre  du  Kinerama,  37,  boulevard 
Saint-Martin.  Archives  43-16,  directeur 
M.  Imbert.  —  Fatty  aime  pour  lui-même. 
Comique.  —  L'aveugle  de  Twin-Forth, 
grande  scène  dramatique.  —  Godasse, 
terreur  des  fauves,  comique.  —  Polochon 
'  \r\  on  coiffeur,  comique. 

4"   ARRONDISSEMENT 

Saint-Paul,  73,  rue  Saint-Antoine, 
Aarhus  cite  Danoise,  plein  air.  —  Dandv 
tient  la  bonne  place,  comique.  —  Lui...  chef 
<      '  'owboys,  comique.    —  Je  me  vengerai, 


V  épisode  de  L'Homme  aux  trois  masques. 
—  Ci  galette.  3e  épisode  :  Les  dessous  de 
Paris,  drame  de  la  vie  Parisienne. 

5l   ARRONDISSEMENT 

Chez  Nous,  26,  rue  Mouffetard.  —  La 
dame  de  Pique.  —  Pic  rat  t  express.  —  Un 
contre  tous. 

Saint-Michel-Cinéma.  7,  place  Saint- 
Michel. —  Actualités.  —  Dans  la  nuit,  (avec 
Norma  Talmadge,  -  -  Petitpont,  Fricot  in, 
Coco  et  Cie. 

Mésange.  3,  rue  d'Arras,  Pathé-Journal, 
faits  divers  mondiaux.  —  Pathé-Rcvu,  . 
n"  20,  documentaire.  —  L'homme  aux  trois 
masques,  4e  épisode  :  Les  remords  de  Fer- 
gus.  —  Gigolette,  2''  époque  :  La  bataille 
de  la  vie.  drame  de  la  vie  parisienne.  — 
Agènor  le  bicu-aimec,  comique. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 
— ■  Le  collier  de  sa  reine,  fantaisie  bur- 
lesque. —  Marguerite  Clarcke  et  Richard 
Barthelmess  dans  Trois  maris  pour  une 
femme,  comédie  en  4  parties.  —  Attrac- 
tion :  Jeux  Olympiques.  —  Gigolette. 
2'  époque  :  La  bataille  de  la  vie. 

6e  ARRONDISSEMENT 

Danton-Cinéma-Palace,  99-101,  boule- 
vard Saint-Germain.  —  Pathé-Rcvuc, 
L'homme  aux  trois  masques,  5e  épisode. — 
Jack  médecin  maigre  lui.  comédie.  —  Gi- 
golette,   2e  époque.  —    Gaumout-actuatités. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma-Sèvres,  80  bis,  rue  de  Sèvres, 
(angle  du  boulevard  de  Montparnasse, 
boulevard  des  Invalides).  Fleurus  28-og.  — 
Les  trésors  du  Cœur,  comédie  sentimentale 
interprétée  par  Mary  Miles.  —  Gigolette. 
grand  drame  parisien  en  4  époques  de 
M.  Pierre  Decourcelle,  2e  époque  :  La  ba- 
taille de  la  vie.  —  Pathé-Journal.  Pathc-Rc- 
vue.  —  Attraction  sensationnelle. 

Cinéma  Bosquet,  83,  avenue  Bosquet. 
Direction  G.  Moyse.  —  Avec  les  flotteurs 
de  bois  eu  Suéde.  —  Fatty  en  vacances. 
comique  hilarant.  —  La  Tisane,  comédie 
avec  Simone  Genevois.  —  L'Homme  aux 
trois  masques,  4e  épisode  :  Les  remords 
de  Fergus.  —  Attraction  :  Chambard, 
comédien  comique.  —  Violence,  grande 
comédie  dramatique,  avec  Prescillia  Dean. 

8e  ARRONDISSEMENT 

Pépinière-Cinéma,  q.  rue  de  la  Pépi- 
nière. —  Dans  h's  abîmes  de  la  mer.  — 
Agènor.   légataire    universel,  comique.  — 


L'Homme  aux  Irais  masques,  9' épisode.  — 
Pépinière  journal .  —  B/aiicbet/e,  avec  de 
Feraudy.  —  Intermède  :  Reine  Chanteix. 

Théâtre  du  Cotisée.  38,  avenue  des 
Champs-Elysées.  Elysées  29-46.  Direction  : 
Malleville.  —  Lui  cbc{  les  cow-boys,  co- 
médie gaie.  —  Jack  médecin  malgré  lui, 
avec  William  Russel.  —  Gaumont-ac/ua- 
lités.  —  Les  naufrages  du  sort,  drame  de 
M.  Roger  de  Chèteleux,  joué  par  M.  Jan- 
vier et  Mlle  Germaine  Dermoz. 

Alcazar  d'été,  Champs-Elysées.  — 
Jacques,  médecin  maigre  lui.  comédie  avec 
William  Russel.  —  Infernale  obsession, 
drame. 

9e  ARRONDISSEMENT 
Artistic  Cinéma,  61,  rue  de  Douai.  — 
Central  81-07.  —  Gigolette,  y  époque. 
Les  dessous  de  Paris.  —  Lui  chec  les  Cow- 
boys,  comique  joué  par  Harold  Lloyd.  — 
La  chasse  aux  faucons,  documentaire.  — 
Pathé-Journal. 

Aubert-Palace,  28,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Nouveautés  journal .  faits  divers 
mondiaux.  —  L'ami  commun.  2''  époque 
(fin)  d'après  le  roman  de  Ch.  Dickens, 
drame.  —  Je  me  vengerai.  se  épisode  de 
L  homme  aux  trois  masques.  —  La  mai 
sou  eu  ruines,  drame. 


NE   MANQUEZ    PAS 

DALLER       VOIR 

"Chariot  soldat" 

avec     Charlie     Chaplin 

■  ■ 

■ 

"Le    Bonheur 

en     Ménage" 

■  ■ 

■ 

"Le  Pauvre  Amour" 

•  • 

■ 

"     Le     Rêve    " 

■  ■ 

Ceci  n'est  pas  de  la 

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cinea 


Réponses  à  quelques  lettres 


pamphlétaire,    ça?    Un 
voilà  tout.   Et  encore  il 


Coulomb.  —  Mais  non,  mais  non,  qu'on 
nous  préserve  des  «  présentations  »  pari- 
siennes, [e  sais  bien  quelles  ont  l'avan- 
tage de  rapprocher  du  cinéma  l'absurde 
et  actif  public  dit  du  Tout  Paris.  Mais  les 
succès  qu'on  y  récolte  ne  valent  pas  ceux 
du  faubourg,  ceux  de  la  province,  ceux 
des  pays  lointains.  Et  tant  de  pièces  ont 
souffert  du  caprice  des  répétitions  géné- 
rales... Seigneur,  preservez-en  le  cinéma 
français! 

S.  M.  —  Un 
maître-chanteur, 
chante  faux... 

M.  D.  —  Mathot  tourne  actuellement 
sous  la  direction  de  M.  l.eprince,  au 
Studio  Pathé,  à  Vincennes  les  intérieurs 
de  L'Empereur  des  Pauvres. 

Lover  Film. —  Celle  qui  Paie  est  un 
film  très,  très  remarquable.  Son  titre  Amé- 
ricain est  77'o.sy  IVbo  Pay.  Bessie  Barriscale 
v  est  admirable.  Howard  Hickmann  et 
Melbourne  Mac  Dowell  dans  les  autres 
rôles.  D'autres  films  de  Bessie  Barriscale 
a  voir  ':...  mais  ils  le  sont  tous. 

Peggy  &  Suzy,  —  En  France  le  métier 
d'interprète  de  cinéma  ne  nourrit  pas  son 
homme.  Si  vous  êtes  photogéniques,  si 
vous  avez  un  peu  de  talent,  beaucoup  de 
temps,  et  surtout  des  rentes,  essayez 
toujours.  Mais  la  carrière  est  déjà  bien 
encombrée. 

Si  Kong  Man.  —  Vous  êtes  trop  curieux. 
Envoyez  moi  votre  adresse  je  vous  répon- 
drai par  lettre  particulière. 

Jou|ou.  —  Les  extérieurs  de  L'Homme 
du  Large  furent  tournés  pour  la  plupart 
dans  les  environs  de  Vannes,  Penmarck 
et  Quiberon.  (  )ui  à  Grenade,  puis  à  Séville. 
Eve  Francis.  |aque  Catelain,  Marcelle 
Pradot,  Claire  Prélia.  Lucas  probablement. 

I  ucien  Arnoux. —  Je  n'en  sais  rien. 
Filma,  3,  boulevard  des  Capucines.  Conti- 
nuez donc  de  vendre  vos  programmes, 
c'est  encore  plus  rémunérateur. 

Madame  Peacoqh.  —  [ewel  Carmen  est 

la  séduisante  et  talentueuse  interprète  du 
Pardon  du  Forçat,  Lu  Femme  Fardée,  Une 
l 'olonté,  Torture,  etc.. 

PanthÉa. —  Cet  artiste  ne  vous  a  pas 
répondu  et  vous  aviez  joint  quatre  francs 
de  timbres.   Peut-être  en  fait-il  collection. 

Cinéphile.  Voyez    par    exemple    le 

scénario  de  La  Fête  Espagnole,  dans  le 
numéro  ^s   de    Ciné  pour   Tous. 

Fleur  de  Ions.  —  Les  effets  de  nuit! 
Et  bien  on  tourne  tout  simplement  le  jour 


et  on  teinte  le  film  en  bleu  ou  en  vert. 
Pour  plus  de  vérité  on  tourne  maintenant 
la  nuit  avec  le  secours  de  projecteurs. 
Voyez  Lu  Caravane  qui  en  est  un  bel 
exemple. 

AziadÉ. —  Cette  artiste  Française  étant 
fort  discrète,  quant  à  son  âge.  je  ne  puis 
vous  renseigner.  Signoret  possède  en 
effet  une  mobilité  faciale  extraordinaire. 
Voyez-le  dans  La  Rose,  Le  Secret  du  Lone 
Star,  Flipotte,  Le  Silence. 

Le  Nocturne. —  Vous  vous  étonnez  que 
l'église  de  Beaumont  de  style  roman  a 
l'intérieur  ait  un  porche  de  style  gothique. 
Gela  n'est  pas  anormal  s'il  a  fallu  plusieurs 
siècles  pour  la  construire,  le  style  a  pu  en 
être  modifie. 

Jacojjes  Chistiany.  Pour  Georges  Lannes 
écrivez  lui  aux  Films  Lys  Rouge,  S.  rue  de 
Douai 

Harrassowitz.  —  Comment  se  font  les 
dessins  animés  ?  nous  vous  en  parlerons 
d'ici  quelque  temps. 

Fleur  des  Neiges.  —  Oui  c'est  exact, 
Irène  Castle,  l'admirable  interprète  de 
Cœur  d'Héroïne  est  veuve  de  Vernon 
Castle  qui  fut  tué  sur  le  front  Français. 
Vous  aurez,  satisfaction,  nous  en  parlerons 
d'ici  peu. 

Pilier  du  Colisèe.  —  Oui,  il  a  paru  dans 
ce  film,  où  d'ailleurs  il  avait  un  rôle  très 
effacé. 

Suzanne.  —  Suzanne  Grandais  repose, 
je  crois,  au  cimetière  St-Vincent  à  Mont- 
martre.   Hélas  elle  est  déjà  bien  oubliée. 

Robert  Périscope. —  Il  est  généralement 
tenu  un  registre  ou  les  spectateurs  peuvent 
formuler  leurs  désirs.  C'est  à  vous  de  le 
réclamer.  Malheureusement  jusqu'alors 
ils  ne  passent  guère  que  dans  une  salle 
ou  deux  en  première  semaine  et  la 
seconde  ils  disparaissent  à  tout  jamais  de 
l'écran.  Oui,  Sjostrom,  Stiller,  Bruni  us, 
1  Iedquist. 

Carmen.  —  Mary  Pickford  se  nomme 
en  réalite  Glady  Smith  et  est  originaire 
de  Toronto.  Vous  avez  raison.  Abel  Gance 
est  un  réalisateur  incomparable,  mais 
comme  scénariste... 

Douglas.  —  L'adresse  de  Signoret  ? 
Ecrivez  lui  au  Film  d'Art,   14.  rue  Chau- 

veau,  Neuillv-sur-Seine.  Oui.  générale- 
ment il  répond. 

l'CEil-de-Chat. 


Nous  demandons  à 

VOIR 

encore    une     fois 


Chariot      Soldat 

avec  CHARLIE  CHAPLIN 
SYDNEY  CHAPLIN 
et    EDNA     PURVIANCE 


Terrible  Adversaire 

avec    DOUGLAS   FaIRBaNKS 
et     JEWhL     CARMEN 


Vour  sauVer  sa  Race 

avec     WILLIAM      HART 
Louise  GLAUM  et  Bessie  LOVE 


û     Le    Penseur     0 

avec      ANDRE      NOX 


L'Homme  aux  Yeux  Clairs 

avec     WILLIAM      HART 


Le   Lys   et   la   Rose 

avec     LILIAN     GISH 
et       FRANK       MILLS 


0      Le    Silence      d 

avec     EVE      FRANCIS 
:-:     et     SIGNORET     :-: 


0    Œil  pour  Œil   0 

avec    SESSUE     HAYAKAWA 


0    Le     Faune    0 

:-:     avec     FEBO    MARI     :-: 


cinea 


Programmes    des    Cinémas    de    Paris 


Madeleine-Cinéma,  14.  boulevard  de 
la  Madeleine.  Louvre  3(1-78.  —  Les  actua- 
lités. —  Les  naufrages  du  soit.  —  Jack 
médecin  malgré  lui. 


Delta-Palace-Cinéma. 


boulevard 


Rochechouart.  —  Delta-Journal.  —  Jof 
gentleman  a  poils,  comique.  —  Le  Tourbil- 
lon. V'  épisode  :  En  plein  ciel.  —  Le  Raton. 
documentaire.  —  Ce  doux  Fatty.  comique. 

—  Le  Talion,  drame  en  4  parties.  — 
Iuterin'ede  :  Les  sœurs  Helly  dans  leurs 
duos  tvroliens. 

Cinéma-Rochechouart,  66,  rue  de  Ro- 
chechouart. Gutenberg  66-ig.  Directeur  : 
M.  A.  Jallon.  —  Eclair-Journal.  —  Jacc- 
Hotel,  comique.  —  L'Homme  aux  trois 
masques,  5e  épisode  :  Je  me  vengerai.  — 
Iuterin'ede  :  L'original  ventriloque  et  ses 
mannequins.  —  Le  tour  du  monde  d'un 
gamin  de  Paris,  film  sensationnel  d'après 
le  chef-d'œuvre  de  Boussenard. 

10e    ARRONDISSEMENT 
Cinématographe    Porte    Saint-Denis. 

8,  boulevard  Bonne-Nouvelle  —  Wiesba- 
deu.  plein  air.  —  Le  traquenard,  comédie 
dramatique.  —  L'étreinte  de  la  Pieuvre, 
y  épisode.  — Fatty  aux  bains  comique., 

Crystal-Palace-Cinéma,  9,  rue  de  la 
Fidélité,  96.  faubourg  Saint-Denis.  Nord 
O7-59.  —  Dans  la  nuit,  grand  drame  en 
5  parties,  interprété  par  Norma  Talmadge. 

—  L'enlèvement  de  Miss  Maiid,  film  d'aven- 
tures interprété  par  May  Allison.  —  La 
Suisse  inconnue,  vovage.  —  Zigoto  dans 
les  carrières,  comique  américain  en  2  par- 
ties. —  Palace-Journal,  actualités  de  la 
semaine.  —  Attraction  :  Langlois,  de 
l'Opéra-Comique. 

Folies-Dramatiques,  boulevard  Saint- 
Martin.  —  La  maison  des  fantoches.  —  Les 
naufrages  du  sort,  dramatique.  —  Un 
oncle  d'Amérique,  comique.  —  L'Homme 
aux  trois  masques,  grand  ciné-roman.  — 
Le  barvton  Wolff.  —  Attraction  :  Le  trio 
Schmaievsky. 

Cinépax,  30.  boulevard  Bonne-Nou- 
Nouvelle.  --  Patbér Journal.  —  Gigoletfe. 
drame  de  M.  Pierre  Decourcelle.  —  Lui 
che:  les  cow-boys.  —  La  fugitive,  drama- 
tique. —  La  chasse  aux  faucons. 

Cinéma-Palace  ,  42.  boulevard  Bonne- 
Nouvelle.  —  Plantes  sensibles.  —  L'Homme 
aux  trois  masques,  grand  ciné-roman.  — 
Un  oncle  d'Amérique,  comique.  —  Les  nau- 
fragés du  sort,  drame.  —  La  maison  des 
fantoches.  —  Les  chansons  filmées  de  Lor- 
dier. 

Paris-Ciné,  i7,  boulevard  de  Stras- 
bourg. —  La  chasse  aux  faucons.  —  La 
fugitive,  dramatique.  —  Lui.  chc{  les  cow- 
boys.  —  Gigolette,  drame  de  M.  Pierre 
Decourcelle.  —  Patbê- Journal,  actualités. 

Voltaire-Aubert-Palace,  05,  rue  de  la 
Roquette.   —   Zut  et   F/ut  chiens    savants. 


comique.  —  L'indomptable,  comédie  dra- 
matique, interprétée  par  Frank  Mavo.  — 
Eddie  Polo  dans  Le  roi  de  l'audace,  ciné- 
roman  en  10  épisodes  publié  par  La  Presse. 
2e  épisode  :  L'escapade  miraculeuse.  — 
Gigolette,  grand  drame  parisien  en  quatre 
époques  de  M.  Pierre  Decourcelle,  y  épo- 
que :  Les  dessous  de  Paris. 

Tivoli,  K).  faubourg  du  Temple.  — 
La  chasse  aux  Faucons,  documentaire.  — 
Dandy  tient  la  bonne  place,  comique.  — 
Tivoli  Journal,  faits  divers  mondiaux.  — 
Je  me  vengerai.  se  épisode  de  L'homme  aux 
trois  masques.  —  Gigolette,  y  époque  : 
Les  dessous  de  Paris,  drame  de  la  vie  pa- 
risienne. 

11e    ARRONDISSEMENT 

Artistic-Cinéma,  4s  bis,  rue  Richard- 
Lenoir  (place  Voltaire. —  Zigoto  dans  les 
carrières,  comique.  —  Prométhéc   banquier. 

—  Voleurs  de  femmes.  4e  épisode.  —  Les 
Canards  sauvages,  comédie \ dramatique. 

12e  ARRONDISSEMENT 

Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Fridolin 
chef  de  rayon,  comique  en  2  parties.  — 
Gauniont-actualites.  —  Le  collier  de  sa 
reine,  fantaisie  burlesque.  —  Olive  Tho- 
mas dans  Rêves  dorés,  comédie  drama- 
tique. —  Attraction  :  Trio  Vircaz,  volti- 
geurs. —  Gigolette,  grand  drame  parisien 
en  4  époques  par  Pierre  Decourcelle.  Mise 
en  scène  de  M.  A.  Pouctal  3e  époque  :  Les 
dessous  de  Paris. 

i3c  ARRONDISSEMENT 
Qobelins.  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 
Pathé-Joiirual,  faits  divers  mondiaux.  — 
Pathé-revue.  documentaire.  —  Les  remords 
de  Fergus.  4e'  épisode  de  L'homme  aux 
trois  masques.  —  Gigolette,  2e  époque  :  La 
bataille  de  la  vie,  drame  de  la  vie  pari- 
sienne. —  Anatole  au  sérail,  comique. 

14e  ARRONDISSEMLNT 
Orléans-Palace.  100  et  102.  boulevard 
Jourdan.  —  Les  actualités  Patbê. —  Les  ca- 
nards sauvages.  —  Le  Tourbillon,  4e  épi- 
sode. —  Rivalité  de  Fatty  et  Picratt.  —  Sur 
scène,  le  chanteur  populaire  Vais. 

Gaieté,  rue  de  la  Gaieté.  —  Pathé-Jour- 
nal, faé\ts  divers  mondiaux.  —  Pathé-revue, 
n"  20,  documentaire.  —  Je  me  vengerai 
5e  épisode  de  L'Homme  aux  trois  masques. 

—  Gigolette,  2e  épisode  :  La  bataille  de  la 
vie.  drame  de  la  vie  parisienne.  —  Dandy 
Gacier,  comique. 


Régina-Aubert-Palace. 


rue    de 


Rennes.  —  Auberf-Journal,  les  actualités 
du  monde  entier.  —  A  travers  la  France, 
par  Ardouin  Dumazet,  auteur  du  Voyage 
en  France,  couronné  par  l'Académie  Fran- 
çaise :  La  Provence  pittoresque.  —  Eddie 
Polo  dans  Le  roi  de  l'audace,  ciné-roman 
en    10  épisodes  publié  par  La  Presse,    i*' 


!  THÉÂTRE 

■ 

DU 

! COLISÉE 

CINÉMA 

■ 

38,  Av.  des  Champs  Élysées,  38 

■ 

S         Direction  :  Téléphone  : 

j     P.  MALLEVILLE  ELYSÉE  29-46 


:    PROGRAMME  DU  20  AU  26  MAI 

■ 

Lui,  chez  les  cow-boys,  comédie 
gaie. 

■     Jack,    médecin   malgré    lui,    avec 
:         William  Russel. 

Gaumont- Actualités. 

m 

Les  Naufragés  du  Sort,  drame  de 
M.  Roger  de  Chateleux, 
joué  par  M.  Janvier  et 
Mlle  Germaine  Dermoz. 


cinea 


Programmes    des    Cinémas   de    Paris 


épisode  :  La  confession  rouge.  —  Chariot 
et  Fatty  dans  le  ring,  comique.  —  Pathè- 
Revue,  lé  magazine  de  l'écran.  —  La  belle 
dame  sans  merci,  comédie  dramatique 
adaptée  et  mise  en  scène  par  Mme  Ger- 
maine Dulac. 

Splendide-Cinéma,  "$.  rue  Larochelle. 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  Les  actualités 
de  Splendide-Cinéma.  —  Le  pont  de  la  mort, 
grandes     aventures     sensationnelles.     — 

-  Joe  cbe{  les  Cow-boys,  comique.  — 
Zidore  et  les  métamorphoses,  interprété  par 
Biscot,  grande  scène  comique.  —  Le 
Jockey  de  la  mort,  drame  sensationnel 
d  aventures  et  d'amour  en  3  parties. 

15e  ARRONDISSEMENT 

Grenelle.  122.  rue  du  théâtre  Pathé- 
Journal,  faits  divers  mondiaux.  —  Patbé- 
Revue,  n"  20,  documentaire.  —  L'homme 
aux  /rois  masques  5e  épisode:  Jcme  venge- 
rai. —  Gigolette  2e  époque  :  La  bataille  de 
la  vie,  drame  de  la  vie  parisienne.  —  Ne- 
gro  chien  policier,  comique. 

Splendide-Cinéma-Palace,  60.  avenue 
de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-03.  M.  Messie. 
Patbè-Jowrnal.  —  Pathé-revue.  —  Les  lacs 
Suisses,  documentaire.  —  L'homme  aux 
trois  masques,  V'  épisode  :  Je  me  vengerai. 
—  Colombe,  de  Prosper  Mérimée.  —  Gigo- 
lette, 2e  époque  :  La  bataille  de  la  vie.  — 
Joe  le  marin.  Scène  comique  avec  le  singe 
Joë  Martin.  —  Intermède  :  Rima,  ténor 
dans  La  Tosca  et  Paillasse. —  Tous  les  jeu- 
dis a  2  h.  1/2  :  matinée  spéciale  pour  la 
jeunesse.  —  La  semaine  prochaine  :  Les 
naufragés  du  sort,  grand  film  d'art  fran- 
çais. 

Grand  Cinéma  Lecourbe.  115,  rue  Le- 
courbe.  Saxe  s6-4=;.  —  Némésis,  comé- 
die dramatique,  d'après  le  célèbre  roman 
de  Paul  Bourget  de  l'Académie  Française. 
interprétée  par  la  grande  tragédienne 
Soava  Galone. —  Voleurs  de  femmes.  6e  épi- 
sode :  Zara  triomphe.  —  Un  cas  de  cons- 
cience, drame  joué  par  Francis  Bushmann, 
dans  un  double  rôle.  —  Attraction  :  Ren- 
trée de  Sarthel.  le  spirituel  diseur  des 
Ambassadeurs. 

16e  ARRONDISSEMENT 
Le  Régent.  22.  rue  de  Passy.  —  Le  Re- 
nard, documentaire.  —  Le  Bain  turc, 
dessins  animes.  —  Betsy  Love,  comédie 
dramatique  —  Gaumont-actualitès.  —  La 
Falaise,  comédie  dramatique.  —  Un  déjeu- 
ner ehee  la  marquise,  comique. 

Mozart-Palace.  4c),  51,  rue  d'Auteuil. 
[6«.  —  Programmedu  2omai  au  23  mai  1621  : 
Une  savonnerie  danoise,  documentaire.  — 
L'homme  aux  trois  masques,  5e  épisode  : 
Je  me  vengerai.  —  Amoureux  Bécolliu.  co- 
mique. —  Eclair  Journal,  actualités.  — 
L'ami  commun,  (d'après  Ch.  Dickens)  2''  et 
dernière  époque.  —  Ribadouille  veut  divor- 


■■■■■■■•■•••■a 


Nous  demandons  à 

VOI  R 

encore     une     fois 


Une    Vie    de    Chien 

avecCHARLIE    CHAPLIN 


DaVid    Garrick 

avec    DUS  TIN     FARNUM 


Le   Trésor    d'Arne 

avec    MARY     JOHNSON 


La  Conquête  de  l'Or 

000     avec    BESSIE     LOVE 


Les    Frères     Corses 

avec    KRAUSS    et     ROUSSEL 


L'auberge  du  signe  du  loup 


00    00    00    00 


de    Th.    H.    INCE 


Une  Aventure  à  New- York 

avec   DOUGLAS  FAIF  BANKS 


M    i    c    k    e    y       0 

avec    MABEL     NORMAND 


Olivier        Twist 

00  00    avec    MARIE     DORO 


La      Dette     0 

avec  DOROTHY  PH1LIPPS 


Les    Corsaires 

avec      L  I  L  I  A  N       G  I  S  H 


•■«■■■■■■■■■■■•■■■■■•■■•••■■■■■■■■•.•■•■•■••■■an 


c,r,  comique.  —  Programme  du  24  mai  au 
26  mai  192 1.  —  Rome,  plein  air.  —  /. 
de  Simonn,\  interprétée  par  la  petite  Si- 
monne Genevois.  —  Chariot  joue  Carmen, 
(en  deux  épisodes)  i1'1' épisode.  — Gigolette. 
3'' époque  :  Les  dessous  de  Paris.  —  Palhé- 
Journal.  actualités. 

Maillot-Palace-Cinéma.  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  20 
mai  au  23  mai  1921  :  Rome  (plein  air).  —  Le 
rêve  de  Simonne,  interprétée  par  la  petite 
Simonne  Genevois.  —  Chariot  joue  Car- 
men (en  deux  épisodes)  1"  épisode.  —  Gi- 
golette, 3c  épisode  :  Les  dessous  de   Paris. 

—  Pathe-Journal.  actualités.  —  Programme 
du  24  mai  au  26  mai  1921  :  Une  savonnerie 
danoise,  documentaire. —  L'homme  aux  trois 
masques,  se  épisode.  Je  me  vengerai.  — 
Amoureux  Becottin.  comique.  —  Eclair- 
Journal,  actualités.  —  L'ami  commun.  2e  et 
dernier  épisode  d'après   Charles  Dickens. 

—  Ribadouille  veut  divorcer,  comique. 

Théâtre  des  Etats-Unis.  56  bis,  avenue 
Malakoff.  Direction  :  Marcel  de  Léonardi 
et  Cie.  —  Les  Deux  Gamines,  iof  épisode  : 
Le  candidat  à  la  mort.  —  Le  Sac  de  Rome. 
tragédie  de  la  Renaissance  italienne.  - 
Charlie  Chaplin  dans  Chariot  soldat. 

17e   ARRONDISSEMENT 

Batignolles-Cinéma.  ,9,  rue  de  la  Con- 
damine.  —  Industrie  des  conserves  du  sau- 
mon. —  Pathe-Journal,  actualités.  —  Les. 
naufragés  du  sort,  mise  en  scène  de  Ro- 
ger de  Chateleux.  —  Neal  Hait  en  soirée, 
comédie  américaine.  —  Chariot  joue  Car- 
men. 2«  épisode.  —  Programme  du  23  mai 
au  26  mai.  —  Pathe-Journal,  actualités.  — 
L'aveugle  de  Twin  Fort.  —  Grande  scène 
dramatique  de  Hmerson  Hough.  —  Attrac- 
tion :  Le  parfait  chanteur  Porelli  dans  son 
nouveau  répertoire.  —  La  maison  du  fan- 
toche, dessins  animés  comiques.  Gigolette. 
3e  époque  :  Les  dessous  de  Paris. 

Grand  Cinéma,  147,  avenue  de  Saint- 
Ouen  (près  la  porte  Saint-Ouen).  Direc- 
teurs-propriétaires :  M.  Moisset  et  Cie.  — 
Pour  sauver  l'honneur  de  sa  race,  grande 
comédie  dramatique  interprétée  par  Sessue 
Havakawa. —  Agènor,  le  bien-aime.  comé- 
die gaie.  —  Le  Tourbillon,  4e  épisode  :  Le 
Pont  sur  l'abîme.  —  Actualités  Pathé-Jour- 
nal. —  Attraction  :  Alex,  le  comique  co- 
médien. 

Villiers-Cinéma,   Stockholm,   plein   air. 

—  Gai...  gai...  marions-nous,  comédie.  — 
Le  roi  de  l'audace.  2«  épisode  :  L'escapade 
miraculeuse.  —  Eclair-Journal,  actualités. 

—  Le  Rêve,  d'après  le  chef-d'œuvre 
d'Emile  Zola.  —  Intermède  :  Andrée  Rai  vil; 

Ternes-Cinéma,  avenue  des  Ternes,  s. 
Wagram  02-10.  Rome.  i'e  promenade.  — 
Le  Tourbillon.   îe  épisode  :  En  plein  ciel. 

—  Pathé-Joumal.  actualités.  —  Constance 


cinéa 


Programmes   des    Cinémas   de    Paris 


Talmadge  dans  Les  prétendants  tir  Lucie. 

—  Gigolette,  2''  époque  :  La  bataille  de  la 
vie. 

Cinéma    Demours.    7.    rue   Demours. 

Directeur  :  M.  F.  Destannes.  —  La  Chine 
et  les  Chinois,  film  documentaire.  — 
L'Homme  aux  trois  masques,  5e  épisode  : 
Je  me  vengerai  !  —  Chariot  jour  «  Carmen  », 
scène  comique.  —  Eclair- Journal,  actua- 

Royal  Wagram.  avenue  Wagram.  — 
Les  Carabes,  film  documentaire.  —  Les 
naufrages  du  sort,  drame.  Scénario  et 
mise  en  scène  de  Roger  de  Chateleux.  — 
Gigolette,  grand  drame  parisien  en  quatre 
époques  par  Pierre  Decourcelle.  Mise  en 
scène  de  M.  H.  Pouctal.  2e  époque  :  Les 
dessous  de  Paris.  —  Toutes  les  actualités 
et  les  faits  divers  du  monde  entier  par  le 
Patbè-Journal. 

Lutetia-Wagram.  avenue  Wagram.  — 
La  fabrication  des  cigarettes,  film  docu- 
mentaire. —  Marguerite  Clarcke  et  Ri- 
chard Barthelmess  dans  Trois  maris  pour 
une  femme,  comédie  en  4  parties.  —  Wil- 
liam Russel  dans  Jack  médecin  malgré 
lui.  grande  scène  d'aventures  en  s  actes. 

—  Gaumont-actualités.  —  Voleurs  de 
femmes,  grand  ciné-roman  en  12  épisodes, 
publié  par  l'Eclair  et  les  grands  régionaux. 
Adapté  par  P.  d'Ivoï'  et  Louis  d'Hée. 
6=  épisode  :  Zara  triomphe. 

Le  Select.  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Voleurs  de  femmes,  grand  ciné-roman  en 
12  épisodes,  '  publié  par  Y  Eclair  et  les 
grands  régionaux,  adapté  par  P.  d'Ivoï  et 
Lonis  d'Hée.  6e  épisode  :  Zara  triomphe. 

Frank  Mayo  dans  L'Indomptable,  drame 
n'aventures.  —  Gaumont-actualités.  —  La 
fabrication  des  cigarettes,  film  documen- 
taire. —  William  Russel  dans  Jack  méde- 
cin maigre  lui,  grande  scène  d'aventures 
en  5  actes. 

lités.  —  Les  naufragés  du  sort,  drame  en 
fi  parties.  Scénario  et  mise  en  scène  de 
Roger  de  Chateleux. 

Cinéma  Legendre.    128.  rue  Legendre. 

—  Legendre  actualités.  —  Les  mystères  du 
ciné,  comique.  —  L'homme  aux  trois 
masques,  ,c  épisode  :  Je  me  vengerai.  —  Le 
capitaine  tracasse,  d'après  le  chef  d'oeuvre 
de  Théophile  Gautpier. —  Intermède  :  Lan- 
glois  dans  son  répertoire. 

18e  ARRONDISSEMENT 

Grand  Cinéma  Concert  Ramey.  40,  rue 

Ramev  (impasse  Pers).  —  Actualités.  — 
Lorençaccio.  —  La  paix  cbc{  soi. 

Gaîté-Parisienne,  34.  boulevard  Or- 
nano.  M.  Renaut,  directeur.  —  La  lutte 
pour  la  vie,  tiré  du  roman  d'Alphonse 
Daudet.  —  Gigolette,  y>  époque  :  Les  des- 
sous de  Paris. —  L'homme  aux  trois  masques, 
7«  épisode.  —  Attraction  :  De  Buxeuil,  Le 
chanteur  aveugle 


Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt   et   rue  d'Orsel,  43. 

Maurice  Robert,  directeur.  —  Le  mystère 
d'osiris.  —  L'Homme  aux  trois  masques, 
Se épisode  :  Je  me  vengerai.  La  rivalité  de 
Fatty  et  de  Picratt.  —  Attraction  :  Wolfi". 
Lucette  Max. 


CHARLIE 

et    soi    maillet 


Petit  Cinjma.  124,  avenue  de  Saint- 
Ouen.  —  Tsoin-Tsoin  en  famille,  dessins 
animés.  —  Un  départ  précipite.  c<  unique.  — 
La  petite  manoeuvre,  comique.  —  Le  Bar- 
rage, drame  en  4  parties. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  110,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
det  22-81.  —  Lès  naufragés  du  sort,  comé- 
die dramatique  avec  M.  Janvier  du  théâtre 
Antoine   et    Mlle   Germaine    Dermoz.  — 


Chariot  joue  Carmen,  2"  et  dernière  partie- 

—  Lui,..  ehe{  les  cow-boys,  scène  dramatique 
avec  Harold  Llovd.  —  La  maison  du  fan- 
toche.  dessins  animés.  —  De  San  Francisco 
au  Japon,  voyage,  Patbè-Journal,  actualités. 

—  Attraction:  Milliam  et  Millie gymnastes 
aux  anneaux. 

Gaumont-Palace,    1.   rue  Caulaincourt. 

—  Les  naufrages  du  sort,  avec  l'interpréta- 
tion dramatique  de  Mlle  G.  Dermoz  et  de 
M. Janvier  du  théâtre  Antoine, La  charmante 
Enid  Benett  dans  .une  comédie  moderne  : 
Le  bonheur  en  ménage.  —  Le  Port  de  Celle, 
cinéma  en  couleur  naturelles. 

Clichy.  —  Pathe-  tournai,  faits  divers 
mondiaux.  —  Lâchasse  aux  faucons,  docu- 
mentaire. —  L'Homme  aux  trois  masques  : 
îc  épisode.  ■-  Gigolette.  5e  époque  :  Les 
dessous  de  Paris,  drame  de  la  vie  pari- 
sienne. —  Lui  ehec  les  cow-boys,  comique 
interprété  par  Harold  Lloyd. 

Barbes  Palace,  34,  boulevard  Barbes. 
Nord  J5-68.  —  Les  naufrages  du  sort,  scé- 
nario et  mise  en  scène  de  Roger  de  Chate- 
leux. interprété  par  Germaine  Dermoz  et 
Janvier.  —  „ack  médecin  malgré  lui.  comé- 
die d'aventures  avec  William  Russel.  — 
L'homme  aux  /rois  masques,  y  épisode  :  |e 
me  vengerai. 

Grand  Cinéma  Ornano,  43.  boulevard 
Ornano.  Directeur  M.  Viguier.  —  Les  vers  a 
soie,  documentaire.  -  L'or  de  la  forêt, 
Ier  épisode.  —  Colomba.  —  Joe  cbec  les 
cow-boys,  comique. 

Palais-Rochechouart.  so.  boulevard  Ro- 
chechouart. —  Aubert-Journal,les  actualités 
du  monde  entier.  —  Le  théâtre  et  la  vie, 
poème  héroï-comique,  d'après  unelégende 
deShakespeare.  -Eddie  Polo  dans  Le  roi  de 
l'audace,  ciné-roman  en  10  épisodes  publié 
par  La  Presse.  2e  épisode  :  L'escapade 
miraculeuse.  —  Chariot  joue  Carmen,  fan- 
taisie comique  en  2  épisodes,  interprété 
par  Ch.  Chaplin,  2-  épisode  :  Souvent 
femme  varie.  -  Gigolette.  grand  drame- 
parisien  en  4  époques  de  M.  Pierre  Decour- 
celle, Y  époque  :  Les  dessous  de  Paris. 

19e     ARRONDISSEMENT 

Secrétan,  7,  Avenue  Secrétan.  Patbè- 
Journal,  faits  divers  mondiaux.  -  La 
chasse  aux  faucons.  —  documentaire.  — 
L'Homme  aux  trois  masques.  =;c  épisode  :  Je 
me  vengerai.  —  Gigolette.  3e époque  :  Les  des- 
sous de  Paris,  drame  de  la  vie  parisienne. 

—  Lui  ehec  les  cow-boys,  interprété  par  Ha- 
rold Llovd. 

20=    ARRONDISSEMENT 

Cinéma  (iambetta  14s.  avenue  Gam- 
betta.  Paris.—  Le  Fauve  de  la  Sierra.  9e  épi- 
sode. —  L'enlèvement  de  Sabine,  comédie. 

—  Le  Gardénia   Pourpre.   —    L'homme  aux 
trois  masques  :  se  épisode. 


Programmes    des    Cinémas    de    Paris 


cinea 


Modern-Cinéma.  4,  rue  Henri  Che- 
vreau.—  Les  Indes  pittoresques,  éducation. 
—  Charlie  sauvé  par  son  chien,  dessins  ani- 
mes. —  Les  chansons  filmées  de  Lordier, 
avec  chanteur.  —  Georgette,  grande  scène 
dramatique  d'après  le  romain  de  Victorien 
Sardou.  —  Bill  en  vadrouille,  fou  rire. 

Gambetta-Palace,    cinéma-théâtre,    6. 

rue  Belgrand  (place  Gambetta).  Roquette 
31-74-  —  Programme  du  20  mai  au  2s  mai. 
et  jeudi  20  en  matinée  :  Gambetta- Journal, 
actualités.  —  Marv  Miles  dans  Les  /resors 
du  cœur,  comédie.  —  Le  Roi  de  l'audace, 
2e  épisode  :  L'escapade  miraculeuse.  —  In- 
termède: Les  Arna,  chansons  d'hier  etd'au- 
jourdi.  —  Gigolette, 2'  époque:  La  bataille 
de  la  vie. —  rv  époque.  Chariot  joue  Car- 
men, comique.  --  Programme  du  |eudi 
2b  mai.  en  soirée  :  La  cocarde  de  Mimi- 
Pinson,  opérette. 

Paradis- Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 
leville.  —  Znl  et  Fini,  chiens  savants, 
comique.  —  L'envolée,  comédie  drama- 
tique. —  Eddie  Polo  dans  Le  roi  de  l'au- 
dace, ciné-roman  en  10  épisodes  publié 
par  La  Presse.  2''  épisode  :  L'escapade 
miraculeuse.  —  Christiane  Vernon  et 
Georges  Lannes  dans  Le  Traquenard,  co- 
médie sentimentale. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont-actualités.  —  Zigoto 
dans  les  carrières,  film  comique.  —  Gigo- 
lelte.  grand  drame  parisien  en  4  époques 
par  Pierre  Decourcelle.  Mise  en  scène  de 
M.  H.  Pouctal.  y  époque  :  Les  dessous  de 
Paris.  —  Attraction  :  Les  San  Brouwn, 
cyclistes  comiques.  —  Christiane  Vernon 
dans  Le  Traquenard,  comédie  sentimen- 
tale de  Maurice  de  Marsan. 


Féerique-Cinéma,    146, 
ville.   —    Pathè-Journal.   - 


rue  de    Belle- 
Biscot    dans 


Zidore  OU  les  métamorphoses,  comédie  co- 
mique. —  Douglas  Fairbank  et  Aima 
Rubens  dans  L'Américain,  comédie  dra- 
matique. —  Attraction  :  Dobok,  le  roi  des 
ombromanes.  —  Gigolette,  grand  drame 
parisien  en  4  époques  par  Pierre  Decour- 
celle. Mise  en  scène  de  M.  H.  Pouctal. 
2e  époque  :  Les  dessous  de  Paris. 

Cinéma  l'Epatant.  4  Boulevard  de  Bel- 
leville. —  Le  Philtre  mystérieux  —  Gym- 
nastique synthétique.  —  Quand  Dagobcrt 
vient  à  Paris.  —  Le  truc  du  locataire.  — 
Le  Ranch  de  la  mort .  if  épisode. 

BANLIEUE 

Magic-Ciné,  1  bis,  rue  du  Marché  (Le- 
vallois).  Wagram  04-91 .  —  Gigolette.  drame 
d'après  Pierre  Decourcelle  adapté  et  mise 
en  scène  par  Pouctal,  1"  époque  :  Les  ailes 
blanches.  --  L'homme  aux  trois  masques, 
4-  épisode  :  Les  remords  de  Fergus.  — 
Chariot  récidiviste,  scène  comique.  —  At- 
traction :  Les  Franlix,  chutes  m  >rtelles 
acrobatiques. 

Fontenay-Cinéma.  8,  rue  Boucicaut 
(Fontenay-aux-Roses).  —  Programme  du 
21  mai  au  22  mai.  —  Tsoiu-Tsoin  et  la  Tor- 
pille.—  Le  roman  de  Mary,  comédie  dra- 
matique par  Mary  Pickford.  —  Les  Deux 
Gamines,  6e  épisode  :  l'accalmie.  —  Les 
amours  de  Pélagie,  comique. 

Bagnolet.  —  Pathè-Journal,  faits  divers 
mondiaux  —  La  chasse  aux  faucons,  docu- 
mentaire. —  L'homme  aux  trois  masques, 
5e  épisode  :  Je  me  vengerai. —  Gigolette, 
3e  époque  :  Les  dessous  de  Paris,  grand 
drame  de  la  vie  parisienne  —  Lui  che;  les 
cow-boys,  comique,  interprété  par  Harold 
Llovd. 

Vanves.  Palhe-Journal.  faitsdivers  mon- 
diaux.—  Pathc-Rcvuc,  n°  20  documentaire. 


—  L'homme  aux  trois  masques,  5«  épisode  : 
|e  me  vengerai.  —  Gigolette.  2e  époque  : 
La  bataille  de  la  vie.  drame  de  la  vie  pari- 
sienne. —  Agenor   le    hien-aime.  comique. 

Levallois.  Palhe-Journal,  faits  divers 
mondiaux.  —  Beaucitrou  dentiste, comique. 

If  homme  aux  trois  masques,  4e  épisode  :  Les 
remords  de  Fergus.  —  Attraction  :  Jeanne 
Leblanc,  de  la  Cigale,  dans  ses  créations. — 
Gigolette.  grand  drame  parisien  par  Pierre 
Decourcelle.  mise  en  scène  de  Pouctal.  in- 
terprété par  Séphora  Mossé  et  Georges 
Colin.  i'e  époque  :  Les  ailes  blanches.  — 
Le  béguin  d'Atlanta,   comique. 

Montrouge.  Types  de  la  faune  améri- 
caine, documentaire.  — Moutroiige-actuali- 
les.  faitsdivers  mondiaux. —  La  fuite  de 
Jackon  Bill, drame  d'aventures. —  L'homme 
aux  trois  masques,  5e  épisode  :  Je  me  ven- 
gerai. —  Jack  médecin  maigre  lui.  )oue  par 
William  Russell. 


I  c    1    n    e    a 

■ 
■ 

I  demande  à  MM.  les 

■ 
■ 
■ 

1  Directeurs  de  Cinéma 

■ 
■ 
■ 

]  d'envoyer  leur  programme 

■ 

!  dix  jours  d'avance   à 

■ 
■ 

I  c   i    n    é    a 


cinea 


M 


NOTES 


M 


Irène  Castle.  —  Un  lévrier  court 
dans  un  bois  de  bouleaux.  Une 
danseuse  flexible  fait  l'ëcharpe 
dans  une  salle  de  tango.  Un  visage 
d'enfant,  une  grâce  surmenée,  des 
mains  mélancoliques,  quelque  chose 
de  touchant,  quelqu'un  d'étrange, 
mais  comment  voulez-vous  que  je 
fasse  le  portrait  d'Irène  Castle  ? 

L'écran  est  un  tonneau  de  Danaïdes 
et  Cie.  On  y  jette  à  pleins  yeux  les 
robes  de  Cœur  d'héroïne,  les  pyja- 
mas de  Cœur  d'héroïne,  les  bon- 
nets cubistes  de  Cœur  d'héroïne, 
la  jeunesse  et  l'esprit  et  la  vive 
verdeur,  et  puis  tout  continue 
comme  si  rien  ne  s'était  passé.  Il 
est  vrai  que  les  jours  de  pluie  ar- 
rivent cyniquement  comme  s'il 
n'avait  pas  fait  soleil  le  jour  d'au- 
paravant. 

Wagner.  —  Vous  vous  étonnez 
qu'on  parle  théâtre  et  musique 
dans  une  feuille  d'écran  et  pourtant 
vous  trouvez  naturel  qu'on  parle 
cinéma  dans  un  coin  de  tous  les 
journaux  de  théâtre  —  Wagner 
éclate  de  vie  profonde  en  Tristan. 
Amadeo  Bassi  et  l'orchestre  de 
Serafin  ont  arraché  toute  sa  jouis- 
sance au  deuxième  acte.  Et  voici 
que  le  grand  Urlus  et  son  Isolde 
néerlandaise  ont  trouvé  le  style  de 
pureté  du  troisième  où  tout  est 
amour  et  mort  d'amour  qui  est 
plus  qu'amour.  C'est  beau.  Mais 
cela  va  fâcher  Mlle  Dussane  et 
n'apprendra  point  les  secrets  du 
rythme  aux  personnes  qui  «  font 
des  fdms  »  ou  qui  font  semblant. 
Mais  on  donne  Molière  au  Théâtre 
Français.  Mais  c'est  au  Second 
Théâtre  Français  (Métro  :  Odéon) 
qu'il  y  a  de  la  musique  (Française, 
oui,  oui)  de  Georges  Auric. 
• 

Louise  Glaum.  —  Qui  diable  se 
mêle  de  l'embourgeoiser  ?  Elle  a 
créé  et  peiné  à  l'école  de  Thomas 
H.  Ince.  Quand  elle  parut  dans 
Pour  sauver  sa  race,  c'était  le 
petit  taureau  de  Miura  qui  se  jette 
dans  l'arène  sournoise  avec  bien  du 
désordre  et  une  bonne  humeur 
d'entêtement.  On  nous  la  rend  dans 
des  peignoirs  sentimentaux,  dans 
des   villas   trop  neuves,   dans   des 


comédies  vieillotes.  Ce  n'est  pas  çâ, 
Louise  Glaum.  Nous  voulons  cette 
créature  violente,  au  cou  volon- 
taire, au  front  têtu  aux  yeux  d'en- 
fant dur  qu'on  a  battu  et  qui  battra 
aussi. 

• 

Grock  est  revenu.  —  Ce  clown 
franco-anglais  est  magistral  comme 
un  sociétaire.  Il  jongle  avec  le  rire 
du  spectateur  comme  font  les  chi- 
nois avec  des  baguettes  et  des 
assiettes.  Il  jongle  avec  soi-même. 
L'autorité  de  sa  bouffonnerie  est  im- 
périeuse. Qu'il  parle  î  Qu'il  chante  I 
Qu'il  danse!  Qu'il  tripotte  violon, 
piano,  accordéon  —  et  tout  est  bien. 
Derrière  la  violente  gaîté  qu'il  in- 
vente rayonne  le  style  généreux  de 
l'école  d'humour  où  s'instruisirent 
Little  Tich,  Max  Dearly  et,  maître 
de  la  photogénie,  Charlie  Chaplin. 
• 

Georges  Lannes.  —  Ce  sera  peut- 
être  —  nous  ne  demandons  que  çâ 
—  un  interprète  de  cinéma.  Pour  le 
moment,  c'est  un  jeune  homme  qui 
tient  des  rôles  de  vieux  messieurs, 
de  préférence,  grands  industriels 
ou  présidents  du  conseil. 

• 
La  belle  dame  sans  merci  com- 
porte parmi  nombre  d'élégantes 
minutes  animées  un  beau  tableau. 
On  se  croirait  chez  les  frères 
Bernheim.  C'est  la  vision  de  la 
piscine,  avec  la  fatale  et  savoureuse 
Tania  Daleyme.  Le  tact,  la  sensibi- 
lité, le  sens  du  raccourci,  une  sorte 
de  style  font  penser  aux  Manet  du 
meilleur  temps.  A  quand  le  nu 
cinégraphique  d'un  Renoir  nou- 
veau ?  On  laisse  trop  â  Mack 
Sennett  et  â  ses  baigneuses  le  soin 
de  développer  en  moving  pictures 
les  plans  anatomiques. 

• 
Il  y  a  aux  Folies  Bergères  un  char- 
mant quart  d'heure  photogénique. 
Mais  vous  avez  tous  vu  déjà  ces 
«  Chevaliers  de  l'Ombre  ».  Ils  éton- 
nent le  public,  venant  après  une 
heure  de  seins,  de  cuisses,  de  fesses 
et  d'esprit  si  j'ose  dire.  Mais  ils 
conquièrent  et  la  parade  schémati- 
que des  travestis  de  satin  blanc 
emmi    les    rideaux   [noirs    charme 


jusqu'à  l'enthousiasme  et  se  fixe  — 
fugace  chanson  floue  —  en  traits 
précis  dans  le  souvenir. 

Marcelle  Pradot.  —  Combien  vive 
et  harmonieuse  dans  le  Carna- 
val! Quand  on  veut  opposer  les 
jeunes  visages  de  France  aux  jeunes 
visages  d'Amérique,  on  doit  la 
nommer  avant  tant  d'autres. 

Eve  Francis.  —  Verhaeren.  Mal- 
larmé. Claudel.  Rimbaud.  La  Fête 
espagnole.  Le  Silence.  La  Boue. 
El  Dora  do. 

• 

Elena  Sagrary.  —  Un  début.  Une 
nature.  Une  plastique.  Cette  Russe 
d'origine  monténégrine  et  de  famille 
vénitienne  domine  tous  ses  dons  de 
celui-ci  :  l'équilibre. 

Gaston  Jacquet.  —  Un  de  nos  ac- 
teurs qu'on  ,voit  le  plus  souvent 
et  le  moins  à  sa  place.  Supérieure- 
ment doué.  Inégalement  utilisé. 
Dommage,  dommage  !  Ses  inter- 
prétations sont  (ou  peuvent  être) 
du  vrai  ciné. 

• 

Lili  Samuel.  —  Quel  est  donc  le 
sculpteur  aigu  et  minutieux  qui  a 
modelé  cette  cire  pensive? 

• 
Chariot  joue  Carmen.  —  Il  sait  trop 
que  le  public  aimera  ça.  Il  est  moins 
lui.  De.  temps  en  temps,  il  s'aban- 
donne. Il  élargit  la  parodie  jusqu'à 
la  tragédie.  L'air  girl  d'Edna-Car- 
menetlalourdeur  plaisante  de  Mac- 
Escamillo  nous  rassurent.  Charlie 
a  un  duel  vertigineux.  Tous  les  oi- 
gnons, tous  les  jambons,  tous  les 
alcarazas  meurent  de  son  épée  de 
fer-blanc.  Et  puis  il  mourra  lui 
aussi,  puisque  Don  José  doit  mou- 
rir. Il  meurt  en  marge  du  film.  Il 
meurt,  et  e'est  tout.  Deux  secondes. 
L'une  de  ces  deux  secondes  est  char- 
mante. L'autre  est  magnifique.  Vous 
avez  vu  mourir  Zacconi,  Giovan- 
ni, Grasso,  Chaliapine?  Vous  avez 
vu  mourir  aussi  Charlie  Chaplin.  Je 
ne  veux  plus  voir  aucun  ténor  au 
dernier  acte  de  Carmen. 

Loris  Delluc. 


cinea 


Les   Films   d'aujourd'hui 


Trois  maris  pour  une  femme 

Charmant!  oh!  charmant!  Du  de 
Flere  et  Cailla vet de  la  bonne  époque. 
Et,  au  fait,  il  passe  là-dedans  comme 
un  écho  —  terriblement  précis  —  de 
la  Belle  Aventure. 

Une  très  jolie  jeune  fille  au  moment 
d'épouser  un  vieux  barbon,  répond  : 
non!  à  la  question  du  pasteur  et  se 
sauve...  Elle  court  à  toutes  jambes, 
use  de  l'auto  et  du  chemin  de  fer  et 
se  réfugie  dans  une  propriété  de  sa 
mère. 

Péripéties  !  La  villa  est  louée  à  trois 
hommes,  un  musicien,  un  docteur, 
un  avocat,  qui  sont  venus  y  cultiver 
une  mysoginie  consécutive  de  plai- 
sirs mondains. 

Les  trois  bourrus  accueillent  mal 
la  jolie  fille.  Mais  ils  s'apprivoisent 
vite,  et  l'un  d'eux,  le  jeune  avocat 
Kent,  en  devient  amoureux.  Vous 
voyez  d'ici  le  baiser  final,  en  fondu 
avec  le  flou  artistique,  ce  qui  se  fait 
de  mieux! 

Ce  film  est  plein  de  détails  d'un  hu- 
mour, d'une  observation  charmants 
11  nous  confirme  dans  l'idée  que,  seuls 
les  Américains  savent  traiter  avec 
esprit  le  dialogue  photogénique. 

C'est  admirablement  joué  par  Ri- 
chard Barthelmess,  l'a  tout  jamais 
célèbre  chinois  de  Broken  Blossom, 
et  par  la  jeune  Marguerite  Clark, 
ravissante,  et  acidulée  comme  les 
bonbons  au  curry  qu'on  vend...  over 

there. 

P.   S. 

Le  Vengeur  (G.  P.  C) 

Un  film  interminable  :  sept  parties! 

Mais  le  début  absolument  remar- 
quable, sauve  le  reste. 

Dans  le  désert  de  l'Ouest,  un  homme 
et  une  femme  marchent,  hâves,  allâ- 
mes. La  route  est  jalonnée  de  sque- 
lettes de  voyageurs.  Lorsque,  à  bout 
de  force,  l'un  ou  l'autre  des  fugitifs 
veut  s'arrêter,  on  voit  du  fond  de 
l'horizon,  venir  calme,  inexorable, 
certain,  un  cavalier.  Ils  repartent. 
Ils  se  sont  aimés,  mais  maintenant 
ils  se  battent.  Le  cavalier  les  rejoint. 
Il  va  tuer  l'homme.  . 

Alors  le  film  s'interrompt,  on  ne 
veut  pas,  hélas!  nous  laisser  plus 
longtemps  dans  l'incertitude.  Et,  com- 
mence un  long  récit  des  événements 


antérieurs.  Le  charme,  l'intérêt.fuient 
de  toutes  parts  Le  banquier  Man- 
nister  qui  vient  de  reconquérir  ainsi 
sa  femme,  se  venge  au  long  de  six 
parties  de  ses  ennemis. 

Il  les  ruine  les  uns  après  lesautres, 
ce  qui  est,  somme  toute,  son  métier. 
Puis  il  pardonne  a  sa  femme... 

Toute  la  première  partie,  je  le  ré- 
pète, est  hors  de  pair.  Le  découpage 
du  film  en  général,  est  excellent.  Les 
éclairages  sont  recherchés. 

Et  c'est  admirablement  joué  par 
W  lhwoll,  qui  rappelle  le  William 
Hart  des  grands  films. 

Une  œuvre  attachante,  en  somme. 
Pierre  Scize. 
• 

La  puissance  du  remords 

Ce  n'est  pas  encore  un  chef-d'œuvre 
de  logique  et  de  vraisemblance,  mais 
cela  reste  pourtant  attachant  et 
même  poignant  d'un  bout  à  l'autre. 
De  plus,  la  mise  en  scène  est  intéres- 
sante, avec  de  curieux  effets  de  brouil- 
lard; très  bien  joué  par  de  bons  artis- 
tes dont  je  n'ai  malheureusement  pas 
retenu  les  noms;  je  ne  me  rappelle 
que  celui  de  Miss  Madge  Stuart,  qui 
fut  la  belle  Cynthia  du  Chevalier  de 
la  Taverne  et  qui  mérite  bien,  par 
sa  beauté  et  son  talent,  d'être  plus 
connue  qu'elle  ne  l'est. 


Les  Naufragés  du  sort 

Le  sujet  tient  du  plus  pur  mélo- 
drame et  les  hasards  miraculeux  font 
la  base  de  l'action.  Heureusement 
que  cette  action  est  située  dans  un 
pays  fort  pittoresque  (sur  la  Côte- 
d'Azur  près  de  la  frontière  italienne), 
et  que  c'est  joué  par  d'excellents 
artistes  :  Janvier,  Germaine  Dermoz, 
Thérèse  Vasseur,  Minia  Gray,  Jean 
Lord,  etc.  Bonne  photo,  mise  en  scène 
adroite  de  M.  Roger  de  Chàteleux. 


La  maison  en  ruines 

Pour  une  fois,  les  Italiens  nous  ont 
donné  un  drame  moderne  qui  n'a  pas 
déchaîné  de  fou  rire  le  jour  de  la  pré- 
sentation; c'est  assez  rare  pour  être 
signalé.  Ce  n'est  pas  que  la  Maison 
en  ruines  soit  irréprochable,  mais 
enfin  cela  sort  de  la  moyenne  des 
films  italiens  :  une  action  intéressante, 


des  artistes  sincères,  sans  grimaces 
ni  grands  gestes,  une  mise  en  scène 
exacte  sans  exagération,  tout  cela 
constitue  un  bon  film  fort  moral  et 
agréable  à  regarder. 

Henriette  Jannk. 

• 

Pulchérie  veut  boxer 

Assez  bonne  imitation  de  Louise 
Fazenda  sur  fond  de  petites  femmes 
en  maillot. 

• 

Trois  femmes  pour  un   mari 

Film  préhistorique,  antérieur  même 
à  la  naissance  des  Bathing  tjirls  de 
Mack  Sennett,  et  que  l'absence  de 
costumes  de  bains  agréablement  gar- 
nis fait  paraître  vide. 

L'As  de  pique 

Fils  d'un  cadet  de  grande  famille 
anglaise  qu'un  frère  perfide  a  désho- 
noré et  chassé  de  son  pays  en  l'accu- 
sant faussement  d'avoir  triché  au 
jeu,  et  d'une  jeune  hindoue  qui  s'est 
brûlée  sur  le  tombeau  de  son  époux, 
Edward,  élevé  par  les  prêtres  boud- 
dhistes dont  il  a  appris  les  secrets 
magiques,  venge  son  père,  aidé  par 
une  jeune  fille  de  sang  mêlé  qui  lui 
fournit  le  nerf  de  la  guerre  en  volant 
les  joyaux  de  Bouddha. 

Montagu  Love  essaie  de  tirer  parti 
d'un  rôle  inexistant,  sa  jeune  parte- 
naire imite  Constance  Talmadge,  et 
l'acteur  anonyme  qui  joue  le  rôle  de 
l'oncle  dénaturé  est  bon.  Atmosphère 
terne  :  l'Inde  n'est  ni  représentée,  ni 
suggérée.  Il  y  a  des  détails  ridicules, 
notamment  la  veuve  qui  s'en  va  se 
brûler  toute  seule  dans  un  coin  sur 
un  fagot. 

L'auteur  —  si  tant  est  qu'il  y  ait 
un  auteur  —  semble  ignorer  que  le 
suicide  des  veuves  n'était  pas  pra- 
tiqué chez  les  Bouddhistes,  de  même 
qu'il  lui  paraît  naturel  de  faire  pren- 
dre à  la  fille  d'un  baronet,  le  titre  de 
lacly  ou  de  faire  mettre  à  ses  person- 
nages une  cravate  noire  avec  un 
habit.  Chacun  de  ces  détails  isolés 
peut  échapper  au  public  ;  mais,  dans 
l'ensemble,  une  œuvre  dont  les  dé- 
tails sont  ainsi  négligés  donnera  tou- 
jours une  impression  fausse. 

L.  L. 


BETTY 
BLYTHE 


LA  REINE 
DE  SABA 


Sur  les  écrans  de  New-York,  Betty 
Blythe  représente  avec  deux  douzaines 
de  somptueux  costumes  — ou  d'absen- 
ces de  costumes  —  le  personnage  de 
l'illustre  princesse  dans  un  grand  film 
qui  lit  sensation  et  provoqua  un  véri- 
table scandale. 


A  Paris,  c'est  au  music-hall,  dans  la 
nouvelle  revue  du  Casino  de  Paris  que 
Mlle  Jeanne  Myro  évoque  l'amoureuse 
de  Salomon  avec  une  parure  de  perles 
phosphorescentes  qui  se  dessinnent 
très  photogéniquement  dans  l'obscu- 
rité soudaine. 


Photo  Sobol. 


IEANNE  MYRO 


0 


cinea 


L'impossible    aveu 

Toute  l'histoire  est  contenue  dans 
le  titre.  Un  honorable  gentleman 
accusé  à  tort  du  meurtre  d'un  louche 
individu  se  laissera  condamner  à 
mort  plutôt  que  de  compromettre 
une  femme  avec  qui  il  se  trouvait  au 
moment  du  crime.  Finalement  tout 
s'arrangera.  Thème  banal,  mais  le 
scénario  est  bien  mené  et  l'intérêt  se 
soutient  du  commencement  à  la  fin. 
On  revoit  une  histoire  qu'on  a  déjà 
vue  bien  souvent,  mais  on  ne  s'en- 
nuie pas,  et  de  plus,  cette  histoire 
n'est  à  aucun  moment  invraisem- 
blable. 

La  mise  en  scène  sobre,  précise, 
luxueuse,  convient  parfaitement  au 
sujet,  elle  n'est  pas  originale,  mais 
cela  vaut  peut-être  mieux,  car  le  sujet 
ne  demandait  pas  une  autre  mise  en 
scène,  une  mise  en  scène  compliquée 
eut  fait  ressortir  la  banalité  de  l'ac- 
tion. On  ne  nous  montre  que  ce  qui 
est  nécessaire  et  cela  est  bien  suffi- 
sant. A  quoi  cela  nous  eut-il  servi  de 
voir  les  salons, les  couloirs,  les  cham- 
bres, les  salles  de  bain,  et  le  tapis  du 
palace  où  loge  l'honorable  gentle- 
man? Il  nous  suffit  de  voir  le  bureau 
de  ce  palace.  De  même,  nous  n'avons 
pas  besoin  de  visiter  toute  la  villa 
où   le   crime   a  lieu,  ce  qui  importe, 


c'est  que  la  pièce  où  se  passe  l'action 
soit  meublée  convenablement,  et  que 
tout  y  soit  en  rapport  avec  la  situa- 
tion du  propriétaire.  Cela  est  atteint, 
encore  une  fois  c'est  bien  suffisant, 
il  n'en  faut  pas  plus. 

Harry  Morey  qui  joue  le  principal 
rôle  est  absolument  le  personnage 
qu'il  représente.  Evidemment,  il  ne 
fait  pas  une  composition,  mais  au 
cinéma,  c'est  bien  dangereux  de  faire 
une  composition.  La  majorité  de  nos 
films  français  est  gâchée  par  ces  artis- 
tes qui  font  des  compositions.  Une 
partie  du  public  les  trouve  d'ailleurs 
admirables.  Pensez  donc  cet  homme 
à  grande  barbe,  au  dos  voûté  est  le 
même  que  celui  qui  la  semaine  der- 
nière faisait  le  jeune  premier.  Quel 
artiste!  Quel  effort!  Oui,  quel  effort, 
et  c'est  justement  cela  qui  est  fâcheux, 
sauf  de  très  rares  exceptions,  les 
artistes  qui  se  transforment  ainsi 
ne  nous  donnent  jamais  l'illusion 
complète  du  personnage  qu'ils  doi- 
vent représenter,  tout  leur  jeu  est 
gêné  par  l'effort  constant  qu'ils  s'im- 
posent pour  rester  le  personnage 
qu'ils  jouent.  Or,  ce  qui  importe  au 
cinéma,  c'est  de  voir  la  vie.  Nous  ne 
voulons  pas  voir  des  gens  qui  jouent 
la  vie,  nous  voulons  voir  la  vie.  Il 
faut  qu'il  n'y  ait  aucun  décalage  entre 


la  place  de  la  Concorde  et  les  gens 
qui  y  circulent,  et  l'artiste  qui,  au 
tableau  suivant,  assis  à  son  bureau, 
téléphone.  L'artiste  qui  dans  ixn  film 
a  une  barbe,  dans  un  autre  des  gran- 
des moustaches,  dans  un  autre  est 
tout  rasé  et  qui  a  toujours  l'air  de 
jouer  un  rôle,  qui  n'est  jamais  exac- 
tement ce  qu'il  devrait  être,  est  bien 
moins  admirable  que  celui  dont  l'as- 
pect physique  ne  change  jamais,  mais 
qui  mis,  à  sa  place,  a  toute  la  sponta- 
néité de  la  vie. 

L'interprétation  féminine  de  l'Im- 
possible Aveu  est  aussi  parfaitement 
adéquate  à  l'action.  Et  que  c'est  re- 
posant de  ne  pas  voir  des  personna- 
ges qui  portent  sur  leur  visage  toutes 
les  douleurs  humaines,  qui  tendant 
à  devenir  l'expression  synthétique 
de  l'humanité  soutirante,  sombrent 
dans  le  grotesque  et  les  contorsions, 
mais  de  voir  tout  simplement  des 
personnages  qui  se  contentent  d'être 
ce  qu'ils  sont,  des  hommes,  des  fem- 
mes qui  souffrent,  qui  rient,  simples 
unités  dans  la  vie  immense. 

• 
La  déclaration  de  Bill. 

Film  comique  en  deux  parties,  qui 
n'amusera  personne. 

Jacques-Henry  Léyesque. 


BhRTER    KRAUSE 

dans  le  rôle 

de    Silas    IVegg 


••LAM1  COMMUN" 

Film  Danois  de  la  Nordish-Fihn 

tiré  du  roman  de  Dickens 


EGILL  ROSTRL'PP 
dans  le  rôle 
de  Mortimer  Lightwood 
Clichés  ■■  Union-Éclair 


cinea 


a      VARIATIONS 


0 


Le  Superviseur. 
L'Opérateur. 

L'Ecran  (personnage  muet). 

L'Opérateur. 

Le  Superviseur,  qui  revient  de  New  - 
York  où  il  est  allé  présider  au  mon- 
tage de  la  Femme  aux  yeux  d'escar- 
boucle  est  au  premier  plan,  allongé, 
de  profil  sur  un  roeking  chair. 

L'opérateur,  juché  sur  un  haut  ta- 
bouret, à  côté  d'un  petit  appareil  de 
projection,  y  fait  passer  successive- 
ment des  fragments  de  pellicule. 

L'Opérateur.  —  Nous  arrivons  au 
geste  décisif  du  film. 

Le  Superviseur.  —  Ahl  Et  comment 
l'avez  vous  compris  ? 

L'O.  —  Vous  allez  voir  ;  vous  choi- 
sirez entre  diverses  versions.  Voici 
l'idée  toute  nue... 

Le  S.  —  Oh  I  Attention  à  la  Censure  ! 

L'O.  —  Je  m'entends. 

L'Ecran.  —  Mabel, en  pyjama,  saute 
à  bas  du  lit,  va  vers  le  téléphone 
placé  sur  la  table  à  brosses  et  dé- 
croche le  récepteur. 

L'O.  —  Vous  comprenez  :  elle 
demande  Jack  pour  lui  avouer  qu'elle 
est  déjà  mariée  avec  Sydney. 

Le  S.,  (rêveur).  —  Jack...  Sydney... 
Je  n'y  suis  plus  très  bien...  Quatre 
nuits  de  chemin  de  fer...  Je  croyais 
que  le  fiancé  s'appelait  Howard...  Non. 
C'est  dans  un  autre  film...  Enfin,  je 
m'y  remettrai.  Comme  vous  dites, 
c'est  unpeu  nu.  11  faudrait  corsercela. 

L'O.  —  J'ai  essayé  de  divers  éclai- 
rages. 

L'E.  —  Même  mouvement,  Mabel 
étant  éclairée  par  un  jour  frisant 
qui  fait  rutiler   ses   cheveux    d'or. 

Même  mouvement,  Mabel  vue  di- 
rectement et  en  même  temps  dans 
une  glace  à  contre  jour. 

Même  mouvement,  Mabel  vue  à 
travers  un  rideau  de  tulle. 

Le  S.  (avec  un  geste  de  lassitude 
dramatique). —  Les  choses?  Pourquoi 
nous  montrer  toujours  les  choses  ! 
Nous  n'en  voyons  jamais  que  l'om- 
bre... 

L'O.  J'ai  eu  la  même  idée. 

L'E.  —  Même  mouvement.  L'ombre 
de  Mabel  passe  sur  le  mur,  saisit 
l'ombre  du  téléphone. 

Le  S.  —  ...ou  même  que  leur  impres- 
sion négative... 

L'O.  — J'y  ai  songé  aussi. 

L'E.  —  Même  mouvement,  en  néga- 
tif,cheveux  blancs,  vêtements  noirs. 


Le  Superviseur  arrête  le  balance- 
ment de  sa  chaise,  se  redresse,  puis 
se  prend  la  tête  entre  les  mains. 

Le  S.  —  Ce  n'est  pas  dans  cette  voie- 
là  qu'il  faut  chercher.  Au  fond,  le  Ci- 
néma est  le  Maître  de  l'Heure; il  accé- 
lère ou  retarde  le  temps... 

L'O.  —  Exemples. 

L'E.  —Même  mouvement  au  ralenti. 

Même  mouvement  à  l'accéléré. 

Le  S  (qui  n'a  pas  regardé).  —  Dans 
la  réalité,  Christopher... 

L'O.  —  ...  Vous  voulez  dire  Jack. 

Le    S.  ...   Jack    saura    d'abord 

qu'elle  est  au  téléphone  ;  ce  n'est  qu'en- 
suite qu'il  se  la  représentera  sautant 
du  lit. 

L'O.  —  On  pourrait  représenter 
Yinversione  du  mouvement,  comme 
dans  une  fugue. 

L'E.  —  Mouvement  renversé.  Mabel 
part  du  téléphone,  recule,  remonte 
sur  son  lit. 

Le  S.  —  Avez-vous  songé  à  changer 
de  point  de  vue  ?  Il  faut  abolir  cette 
convention,  datant  de  l'âge  de  guerre, 
en  vertu  de  laquelle  tous  les  gestes  se 
voient  de  profil.  L'écran  n'est  pas  un 
vase  étrusque,  que  diable  î 

L'O  (froissé).  —  J'ai  travaillé  avec 
David  Grill'ith. 

L'E.  —  Même  mouvement,  Mabel 
vue  de   face,  allant   en  grossissant. 

Même  mouvement,  Mabel  vue  de 
dos,  allant  en  diminuant. 

Même  mouvement.  Mabel  en  rac- 
courci vu  d'en  haut. 

Même  mouvement.  Mabel  en  rac- 
courci, vue  d'en  bas  à  travers  une 
glace  sans  tain. 

Le  S.  (avec  chaleur).  —  Excellent  T 
original  I  mais  tout  de  même,  difficile 
à  justifier  ! 

L'O  (flatté).  —  J'ai  songé  aussi  à 
détailler  le  mouvement. 

L'E.  —  Deux  pieds  nus  qui  s'avan- 
cent sur  le  tapis. 

Le  S.  —  Pourquoi  les  pieds  ? 

L'O.  —  Le  geste  décisif  consiste  à 
marcher  jusqu'au  téléphone  ;  or,  le 
pied,  a  dit  un  général  connu,  est  un 
organe  indispensable  à  la  marche. 

Le  S.  —  Non.  Le  geste  décisif,  c'est 
la  main  qui  le  fait  en  décrochant  le 
récepteur... 

L'O.  —  Soyez  heureux. 

L'E.  —  Une  main  qui  décroche  un 
récepteur. 


Le  S.  —  (réfléchissant).  — ...  ou  plu- 
tôt, si  l'on  veut,  c'est  la  bouche  qui 
parle... 

L'O.  — J'y  ai  pensé. 

L'E.  —  Une  bouche  gui  parle  de- 
vant un  cornet. 

Le  S.  — (réfléchissant). Tout  compte 
fait,  la  chose  décisive,  c'est  la  réponse 
que  va  lui  faire  Stamford... 

L'O.  —  Vous  voulez  dire  Jack?  Je 
comptais  amener  cela  plus  tard. 

L'E.  —  Une  oreille  devant  laquelle 
se  place  un  écouteur. 

Le  S.  —  (se  levant  et  arpentant  la 
pièce).  Tout  cela, c'est  du  déjà  vu, des 
solutions  mesquines.  11  faut  faire 
grand,  user  de  tous  nos  moyens  d'ac- 
tions, tenter  de  combiner  les  effets  de 
point  de  vue,  d'éclairage  et  de  temps. 

L'O  (modestement).  —  J'ai  fait 
quelques  essais  dans  ce  sens. 

L'E.  —  Mabel  vue  d'en  haut,  à 
contre  jour,  à  la  fois  directement  et 
dans  une  glace,  endouble  raccourci, 
à  l'accéléré. 

Le  S.  —  Est-ce  que  c'est  la  fille  de 
nouveaux  riches?  Parce  qu'autrement 
on  comprendra  difficilement  qu'il  y 
ait  des  glaces  par  terre  dans  sa 
chambre. 

L'E.  —  Mabel  vue  de  face,  éclairée 
de  côté  avançant  vers  le  téléphone, 
à  travers  une  gaze,  au  ralenti. 

Le  S.  —  On  pourrait  supposer  que 
sa  chambre   est  au    rez-de-chaussée. 

L'E.  —  Mabel  de  profil,  en  négatif, 
vue  la  tête  en  bas,  en  mouvement 
renversé. 

Le  S.  -  -  (Il  se  redresse  un  peu 
inquiet, ajuste  son  lorgnon).  Vous  êtes 
sûr  de  ce  dernier  effet?  Ce  n'est  pas 
un  mastic  ? 

L'O.  —  Mais  non  ;  c'est  simplement 
le  négatif  vu  la  tête  en  bas  et  déroulé 
d'avant  en  arrière.  Si  vous  voulez,  je 
recommence. 

L'E.  —  (Comme  plus  haut). 

Le  S.  (perplexe).  —  Tentant.  Mais 
j'ai  peur  que  le  public  ne  comprenne 
pas  très  bien. 

L'O.  — Voulez-vous  que  nous  recom- 
mencions du  début. 

L'E.  —  (La  première  version). 

Le  S  (se  levant).  —  C'est  la  plus 
simple,  mais  je  crois  que  c'est  encore 
la  meilleure.  Bonsoir.  Je  pars  à  minuit 
pour  aller  surveiller  les  prises  de  vue 
du  viol  légal.  Continuez  dans  la  même 
note. 

Lionel  Landry. 


12 


cinea 


INTERPRÉTATION 


par  ROGER   KARL 


Le  cinéma  est  un  art  complexe.  On 
établira  longtemps  encore,  au  cours 
de  sa  progression,  des  principes,  des 
théories  et  des  systèmes  contradictoi- 
res; mais  ces  débats  ne  concerneront 
et  n'intéresseront  utilement  que  ses 
vrais  maîtres,  les  metteurs  en  scène. 

J'ai  lu  dernièrement  dans  une 
feuille  hebdomadaire  quelques  ré- 
flexions d'un  des  meilleurs  artistes 
de  l'écran  :  Hayakawà  ;  et  je  n'ai  rien 
trouvé  de  plus  que  ce  que  les  plus 
modestes  savent  déjà.  «  Pense/.,  dit- 
il,  soyez  sincères,  vivez  votre  rôle. 
Quand  je  pense  à  cambrioler  une 
banque,  je  ne  regarde  aucun  endroit 
ilu  mur,  ni  même  le  mur,  je  suis  un 
malfaiteur,  j'ai  besoin  d'argent,  je 
vais  voler. Si  je  pense  cela  fermement, 
les  spectateurs  saisissent  ma  pensée, 
même  si  je  néglige  de  fixer  les  yeux 
sur  un  endroit  quelconque  du  mur. 
La  sincérité  avant  tout,  etc....  »  Oui, 
soit,  la  sincérité;  et  alors  il  n'y  a 
point  à  disserter,  c'est  une  question 
île  sensibilité,  de  sentiment,  de  sug- 
gestion, avec  un  phj'.sique  plus  ou 
moins  approprié. 

Le  physique  I  «  Si  les  pauvres 
avaient  des  profils,  dit  O.  Wilde,  il 
n'y  aurait  aucune  difficulté  à  résou- 
dre le  problème  de  la  pauvreté.  »  Si 
tous  les  acteurs  de  ciné  avaient  des 
profils...  Mais  non  ;  je  pense  à  cer- 
tains visages  intenses  et  beaux 
quoique  asymétriques  et  barbares  et 
j'évoque  de  jolies  ligures  figées  dans 


leur  ovale  parfait  qui  ne  sont  plus 
supportables  après  quelques  images. 

Cependant,  je  me  demande  encore 
si  le  physique,  le  visage,  quand  il  est 
singulier,  intelligeut,  attachant  par 
lui-même,  n'a  pas  plus  d'importance 
en  ses  seuls  traits  que  par  les  senti- 
ments qui  les  peuvent  animer.  La 
passion  doit  être  si  réservée, elle  doit 
rester  si  intérieure! 

On  dit  à  l'interprète  :  «  Pensez, 
vivez  intensément  la  scène...  »  Soit  ; 
mais  il  y  a  au  ciné  une  manière  dis- 
crète d'animer  la  vie,  une  manière 
qui  n'est  pas  celle  du  théâtre  ;  mais 
qui  n'est  pas  non  plus  dans  la  repré- 
sentation exacte  de  nos  gestes  quoti- 
diens. 

Et  ce  dilemme  s'offre  à  l'acteur  de 
ciné  :  Penser  à  la  meilleure  façon  d'ê- 
tre vrai,  c'est-à-dire  d'imiter  la  vie  pour 
l'écran";  ou  vivre  intensément  sans 
s'occuper  de  toute  théorie  préalable. 

Je  crois  que  cette  dernière  manière 
offre  des  risques  et  prépare  des  désil- 
lusions à  l'heure  de  la  projection. 

Je  considère  deux  individus  discu- 
tant dans  la  rue  à  une  certaine  dis- 
tance. Ils  sont  sincères  ;  la  passion 
les  anime,  ils  prennent  des  «  temps  »  ; 
ils  gesticulent,  ils  sont  libres,  vrais, 
et  cependant  nullement  cinégraphi- 
ques.  Si,  peut-être,  de  loin;  mais  pour 
obtenir  cette  vérité  à  la  distance  ordi- 
naire et  surtout  en  premier  plan, 
vous  n'obtiendrez  pas  de  ces  profanes 
la  transposition  nécessaire. 


ROGER    KARL    

dans  L'Ombre  Déchirée 

Cette  transposition  est  donc  à  étu- 
dier et  à  étudier  selon  chaque  indivi- 
du. Tel  acteur  obtiendra  avec  ses 
yeux  une  valeur  d'expression,  où  tel 
autre,  pour  le  même  résultat,  devra 
avoir  recours  aux  gestes,  à  l'attitude 
générale. 

J'ai  remarqué  au  cinè,  pour  cette 
raison  peut-être,  que  la  pensée  anes- 
thésie  le  muscle  ;  plus  un  acteur  est 
lent,  plus  il  a  l'air  de  réfléchir.  Il  est 
vrai  aussi  qu'une  lenteur  préméditée 
fait  remarquer  mieux  chez  certains 
acteurs  le  mépris  ou  l'absence  de  cette 
faculté,  Il  n'y  a  point  de  règle  à  tout 
cela;  on  voit  de  jolies  et  humbles 
jeunes  filles  qui  ne  se  sont  jamais 
embarrassées  de  théories  et  qui  sont 
sacrées,  sinon  consacrées.  «  stars  »  dès 
leur  premier  film.  Hasard?  Vocation 
secrète?  Non,  joliesse  plutôt, et  passi- 
vité. Bel  objet  articulé  dans  les  mains 
du  metteur  en  scène.  Il  y  a  aussi, 
heureusement,  de  vrais  artistes,  dont 
la  beauté  s'amplifie  et  se  commente 
dans  la  passion  :  Lilian  Gish,  Xazi- 
mova,  Eve  Francis,  Suzanne  Després. 
Celles-là  ont  su  regarder,  étudier  leur 
apparence;  elles  savent  le  jeu  précis 
et  délimité  de  la  lumière  sur  leur  être 
en  mouvement. 

Roger  Karl. 

Roger  Karl,  qui  vient  île  se  classer  parmi  les  pins 
intéressants  comédiens  français  de  l'écran,  débuta  dans 
l'arl  muef  avec  Mireille  que  filma  Henri  Cain  avec  le 
poêle  Mistral.  Plus  récemment  nous  l'avons  revu  dans 
l'aimable  Siège  </es  J'rois  de  J.  de  Baroncelli.  Et  cette 

: ée  même  enfin  il  a  erré  L'Homme  du  Large  de 

Marcel  L'Herbier,  L'Ombre  Déchirée  de  Léon  Poirier 
pour  qui  il  est  on  nain  de  joner  le  rôle  principal  d'un 
pittoresque  film  Persan- 


ALLA    N  AZIMO  VA 

Obscure  danseuse  russe,  le 
hasard  d'une  tournée  la  condui- 
sit en  Nord-Amérique,  où  elle 
devint  la  comédienne  intense 
d'Ibsen  puis  la  visuelle  interprète 
de  la  Lanterne  rouge,  de  Révé- 
lation, de  Hors  la  brume,  de 
La  danse  de  la  mort,  où  rayonne 
son   étonnant  masque  de  mime. 


DESSIN    II  kINAR    NfRMIN 


1-lliiTil   Ht  Mil   HAM  Kl 


EVE  FRANCIS  dans  L'Annonce  faite  à  Marie. 


Au  théâtre,  l'interprète  lyrique  de  Verhaeren.  Mallarmé, 
Rimbaud,  a  connu  ses  plus  grands  succès  dans  des  per- 
sonnages d'un  idéalisme  presque  mystique,  notamment 
dans  L'Otage,  et  L'Annonce  faite  <z  Marie,  de  Paul  Claudel. 


De  la  scène 


I TU    lll-.NRV    (.ASTI  Bl 


EVE  FRANCIS  dans  La  Bouc 


Au  cinéma.  Eve  Francis  a  réalisé  presque  toujours  des 
personnages  pittoresques,  passionnés,  sensuels,  comme 
dans  La  Fête  espagnole,  LaBoue.El  Doradô,  etc..  qui  révèlent 
et   éclairent   un    côté    nouveau   de  ce    talent   si   complet. 


à  V écran 


cinea 


LE    SYNCHRONISME    MUSICAL 


Le  cinématographe,  né  en  France, 
de  parents  français,  s'est  expatrié 
très  vite  pour  aller  chercher  fortune 
en  Amérique.  La  science  française  ne 
lui  a  pas  tenu  rigueur  de  cette  ingra- 
titude. Elle  a  continué  à  s'occuper 
secrètement  de  l'enfant  prodigue  et  à 
se  consacrer  à  son  éducation  artisti- 
que qui  avait  été  jusqu'ici  un  peu 
négligée.  Elle  lui  fait  présent, aujour- 
d'hui, d'un  petit  appareil  fort  ingé- 
nieux qui  va  lui  apprendre  sans  fati- 
gue la  musique,  la  danse  et  les  belles 
manières,  et  lui  donner  des  leçons  de 
maintien.  Cette  petite  machine  mys- 
térieuse, qui  se  place  sur  n'importe 
quel  appareil  ordinaire  de  projection, 
a  été  baptisée  assez  bizarrement  par 
son  inventeur  du  nom  gréco-latin  de 
«  visiophone  ».  C'est  un  appareil  de 
synchronisation  basé  sur  un  principe 
nouveau. 

Depuis  les  débuts  du  cinématogra- 
phe, on  a  cherché  vainement  une 
solution  élégante  au  problème  du 
synchronisme  :  l'intérêt  d'une  concor- 
dance parfaite  entre  la  vision  animée 
et  le  commentaire  musical  qui  l'ac- 
compagne n'est  plus  à  démontrer. 
Le  film  qui  se  déroule  avec  le  petit 
grésillement  monotone  de  son  appa- 
reil de  projection,  ne  saurait  se  passer 
de  musique.  Il  faut  que,  dans  la  salle 
obscure,  la  fantasmagorie  lumineuse 
qui  retient  l'attention  de  l'œil  soit 
complétée  et  équilibrée  par  le  dérou- 
lement parallèle  d'ondes  harmonieu- 
ses qui  bercent  l'oreille,  arrachent  le 
spectateur  aux  réalités  quotidiennes 
et  le  livrent  sans  défense  aux  sugges- 
tions de  l'écran.  A  cette  fascination 
purement  physique,  la  musique 
ajoute  l'éloquence  précise  d'un  com- 
mentaire qui  souligne  et  explique 
l'action  et  en  développe  le  caractère 
poignant,  tendre  ou  joyeux. 

Pratiquement, cet  accord  n'a  jamais 
été  complètement  réalisé.  Les  chefs 
d'orchestre  s'appliquent  à  suivre,  de 
leur  mieux,  la  vision  animée  en  exé- 
cutant îles  partitions-macédoines, 
de  vastes  «  pots-pourris  »  où  ils 
s'efforcent  de  faire  coïncider,  tour 
;'i  tour,  les  valses  lentes  et  les  mar- 
ches funèbres  avec  les  situations 
heureuses  ou  tragiques;  mais,  mal- 


gré toute  leur  attention  et  leur  dexté- 
rité, ils  n'arrivent  pas  à  éviter  les 
«  bavures  »  de  la  musique  au  mo- 
ment où  se  succèdent  à  l'écran  les 
rapides  métamorphoses  de  l'action. 
Le  lamento  empiète  parfois  sur  la 
scène  joyeuse  et  il  faut  à  chaque  ins- 
tant étouffer  brusquement  un  allée/ ro 
qui  s'était  jeté  étourdiment  en  pleine 
tragédie.  La  couleur  musicale  «  dé- 
borde »  constamment  les  contours  de 
la  réalisation  plastique  et  donne  une 
impression  de  déséquilibre  aussi  gê- 
nante et  aussi  irritante  qu'une  gra- 
vure en  couleurs  dont  le  repérage  a 
été  défectueux. 

-     • 

On  a  proposé  bien  des  procédés 
pour  remédier  à  cet  intéressant  «dé- 
calage »  musical,  mais  la  plupart  des 
recherches  procédaient  d'un  point  de 
départ  trompeur.  On  a  fabriqué  d'in- 
génieux dispositifs  rendant  la  rota- 
tion d'un  disque  de  phonographe 
étroitement  solidaire  du  déroulement 
de  la  pellicule.  Mais,  outre  que  le 
phonographe  ne  saurait  remplacer, 
dans  un  commentaire  symphonique, 
la  voix  persuasive  de  l'orchestre, 
cette  conception  rigoureuse  ne  peut 
satisfaire  les  artistes.  L'automatisme 
dans  la  synchronisation  n'est  pas  un 
idéal  :  c'est,  au  contraire  un  ècueil  à 
éviter  î  Même  dans  le  cas  où  la  solu- 
tion de  l'instrument  de  musique  mé- 
canique serait  écartée,  l'idée  de  river 
le  bras  du  chef  d'orchestre  à  l'appa- 
reil de  projection  n'est  pas  heureuse. 
La  coïncidence  la  plus  parfaite,  obte- 
nue dans  ces  conditions,  sera  toujours 
insuffisante.  Car,  dans  ces  deux 
rythmes  que  l'on  s'efforce  de  super- 
poser, l'un  est  exact  et  l'autre  faux. 
Et  c'est  ce  dernier  qui  triomphe  I 

Le  rythme  faux,  chose  singulière, 
est  celui  de  la  machine  et  le  rythme 
exact  est  celui  de  l'homme.  L'erreur 
est  à  l'écran  et  la  vérité  à  l'orchestre. 
Tout  le  problème  est  donc  à  renver- 
ser :  au  lieu  de  forcer  la  musique  à 
s'asservir  automatiquement  aux  dé- 
formations de  l'écran,  il  faut  corriger 
les  déformations  rythmiques  de  la 
vision  animée  pour  l'amener,  régu- 
larisée, disciplinée  et  assouplie,  a 
s'inscrire  exactement  dans  les  limites 


précises  du  cadre  musical.  Ainsi  la 
coïncidence  n'exclura  pas  la  sou- 
plesse, l'exécution  conservera  sa 
liberté  et  son  aisance,  lors  de  toute 
contrainte  mécanique,  et  ne  renon- 
cera pas  au  privilège  de  «  l'équation 
personnelle  »  de  l'interprétation  hu- 
maine. C'est  sur  cette  base  ration- 
nelle que  repose  l'invention  du  visio- 
phone. 

Prenons  un  exemple.  Vous  voulez 
cinématographier  un  rythme  élémen- 
taire :  celui  d'un  régiment  en  marche. 
Les  soldats  marquent  le  pas  avec 
régularité,  aux  accents  d'une  musi- 
que militaire  conduite  avec  une  par- 
faite précision  de  mesure.  Tournez 
votre  prise  de  vue  avec  tous  les  soins 
désirables,  développez,  tirez  et  pro- 
jetez sur  l'écran  :  vous  n'arriverez 
pas  à  reconstituer  le  rythme  du  défilé. 
Les  soldats  avancent  par  saccades, 
trop  vite  ou  trop  lentement,  et,  mal- 
gré toute  son  adresse,  le  chef  d'or- 
chestre n'arrivera  pas  à  «  plaquer  » 
la  marche  militaire  sous  les  pas  de 
ces  bataillons  indisciplinés.  Vous 
avez  constaté  cent  fois  cette  anoma- 
lie. En  voici  l'explication. 

Le  cinéma  vous  a  apporté  trois 
graves  éléments  de  déformation 
rythmique.  Tout  d'abord,  un  ciel  gris, 
un  nuage  qui  passait  devant  le  soleil, 
une  heure  défavorable  ont  parfois 
obligé  l'opérateur  à  ralentir  le  dérou- 
lement de  la  pellicule  vierge  pour 
lui  laisser  le  temps  de  s'imprégner 
d'une  lumière  trop  faible  premier 
coefficient  d'erreur. 

Ensuite,  malgré  ses  soins,  l'opéra- 
teur n'est  pas  absolument  maître  de 
ses  réflexes  musculaires  :  ses  tours 
de  manivelle  ne  sont  pas  rigoureuse- 
ment égaux  entre  eux.  Les  forces 
d'inertie  provenant  de  l'épaisseur 
différente  de  telle  ou  telle  marque  de 
pellicule  ou  du  poids  variable  de  la 
bobine  qui  s'allège  à  mesure  que  se 
dévide  le  film,  viennent  encore  multi- 
plier entre  elles  ces  irrégularités. 
Deuxième  source  de  déformations. 

Enfin,  lorsque  vous  projetez  ce  film, 
où  les  rythmes  sont  déjà  faussés, 
vous  aggravez  encore  ces  imper- 
fections. Car  votre  moteur,  alimenté 


cinea 


17 


par  un  courant  électrique  qui  subit 
sans  censé  d'importantes  et  brusques 
variations  de  vitesse  et  achève  de 
détruire  le  rythme  initial  que  vous 
vous  flattiez  de  reproduire. 

Et  voilà  pourquoi  les  films  les  plus 
artistiques,  les  plus  soignés,  ceux  où 
l'on  a  dépensé  des  millions  de  dollars 
pour  obtenir  une  mise  en  scène  presti- 
gieuse, réalisent  des  miracles  mais 
échouent  devant  l'humble  difficulté 
de  conserver  à  l'écran  le  rythme  du 
pas  humain  I  Voilà  pourquoi  tous  les 
gestes,  tous  les  mouvements  sont 
plus  ou  moins  faussés  par  instants  et 
pourquoi  il  est  impossible  d'obtenir, 
par  exemple,  la  plus  banale  réali- 
sation de  danse  respectant  musicale- 
ment le  mouvement  et  la  mesure. 
Vous  pouvez  reconstituer  au  cinéma 
toute  la  civilisation  babylonienne  : 
vous  êtes  incapable  d'enregistrer 
correctement  un  modeste  pas  de 
polka. 

L'inventeur  du  visiophone  s'est 
attaqué  à  cette  face  du  problème.  Son 
instrument  est  un  correcteur  instan- 
tané des  irrégularités  de  la  vision 
animée.  Pour  reconstituer  un  mou- 
vement correct,  il  faut  pouvoir  modi- 
fier, à  tout  instant,  la  vitesse  de  pro- 
jection de  la  pellicule,  augmenter  ou 
diminuer  le  nombre  d'images  à  la 
seconde  pour  rendre  sa  souplesse  à 
un  rythme  saccadé  ou  sa  vigueur  à 
un  mouvement  trop  alangui.  Le 
visiophoniste  —  qui  peut  être  le  chef 
d'orchestre,  ou  un  de  ses  instrumen- 
tistes, ou  un  observateur  placé  en  un 
point  quelconque  de  la  salle  —  aura 
sous  la  main  un  curseur  qui  lui  per- 
mettra de  déplacer  une  aiguille  le 
long  d'une  échelle  graduée  indiquant 
le  nombre  d'images  projetés  à  la 
seconde.  D'un  coup  de  pouce  il  impo- 
sera à  la  projection  la  souple  disci- 
pline de  ce  «  métronome  visuel  »  et 
rectifiera  tous  les  écarts  de  mouve- 
ment. 

Il  est  le  maître  du  rythme  de 
l'image  qu'il  a  les  moyens  de  corri- 
ger d'une  façon  quasi-foudroyante, 
puisqu'il  peut  passer  de  dix  images 
à  vingt-huit  images  à  la  seconde,  à 
la  vitesse  de  1  150<=  de  seconde  î  Dans 
sa  cabine,  le  projectionniste  laisse  se 
dérouler  normalement  sa  bande  ;  le 
chef  d'orchestre,  même,  peut  se  désin- 
téresser de  la  projection  et  prendre 
librement  les  mouvements  de  son 
choix  :  le  visiophoniste  assure  entre 
eux  la  liaison  parfaite  en  parcourant 
son  petit  clavier  de    vitesse  qui    lui 


permet  de  faire  coïncider  l'arabesque 
visuelle  et  l'arabesque  sonore  à  la 
façon  d'un  pianiste  «  suivant  »  les 
vocalises  d'un  chanteur. 

Le  synchronisme  est  donc  réalisé 
d'une  façon  complète  en  évitant  le 
danger  de  l'automatisme.  Le  passage 
de  la  bande  ne  sera  plus  un  banal 
dévidage  automatique  de  bobines 
comme  dans  une  filature  :  son  glisse- 
ment, discipliné  par  la  main  d'un 
artiste,  aura  l'élasticité  et  la  sou- 
plesse de  l'archet  sur  la  corde.  Le 
film  n'est  plus  un  ruban  impitoyable- 
ment tiré  par  un  engrenage,  il  devient 
ainsi  une  matière  maléable  et  ductile 
qui  se  prête  à  toutes  les  exigences 
des  réalisateurs. 

Il  est  facile  de  prévoir  les  consé- 
quences pratiques  d'une  telle  inven- 
tion. Voici,  d'abord,  l'entrée  à  l'écran 
d'une  réalité  plus  profonde,  plus 
humaine,  plus  vraie  qui  donnera  la 
vie  à  la  plus  artificielle  des  marion- 
nettes. Voici  la  possibilité  de  corri- 
ger, d'améliorer  le  jeu  des  acteurs, 
d'effacer  des  fautes  d'exécution  qui 
étaient  jusqu'ici  indélébiles.  Voici 
enfin  la  réalisation  prochaine  du 
cinéma-lyrique  de  l'opéra,  de  l'opéra- 
comique,  de  l'opérette,  de  toutes  les 
expressions  de  la  danse  auxquelles 
il  avait  fallu  renoncer.  Les  musiciens 
voient  s'ouvrir  devant  eux  des  pers- 
pectives de  vulgarisation  illimitées. 
Le  spectacle  lyrique  est  actuellement 
un  luxe  de  plus  en  plus  coûteux 
réservé  à  quelques  rares  grandes 
villes  :  le  film  lyrique  ira  partout,  à 
peu  de  frais.  Il  développera,  dans  les 
plus  petites  agglomérations,  le  goût 
de  la  musique  et  des  belles  réalisa- 
tions musicales.  Des  ensembles  tels 
que  les  ballets  russes  ou  suédois 
pourront  professer  en  tous  lieux  leur 
cours  d'esthétique,  et  le  légendaire 
contribuable  de  Sisteron,,  qui  se 
plaint  d'être  obligé  de  participer  à  la 
subvention  de  l'Opéra  où  il  n'est 
jamais  entré,  pourra,  enfin,  sans  se 
déranger,  applaudir  notre  incompa- 
rable Zambellil... 

La  création  du  visiophone  peut 
transformer  rapidement  le  niveau 
artistique  du  cinématographe  en  lui 
apportant  des  moyens  d'expression 
nouveaux. 

En  «  sensibilisant  »  ainsi  l'appa- 
reil de  projection,  il  donnera  un 
caractère  d'art  à  ce  qui  n'était  qu'une 
synthèse  mécanique  de  l'image. 

Vlillkrmoz. 


c  i  n  e  a 


Sommaire     du     N  °     1  • 

Les    films    d'aujourd'hui.  Léon  : 

Moussinac,  Henriette  Janne. 

De  "Rose-France"  à  "El  Dorado"  —  ; 

Louis  Delluc. 

En  Amérique.  —  Lionel  Landry. 

Films   cubistes  allemands.   —    [van  • 

Goll. 

■ 

Spectacles.  —  Eve  Francis. 
Derrière  l'écran.  —  Daven. 
Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 
Echos,  Réponses,  Concours. 
Photos  et  Portraits  de  Norma  Tal-  j 
madge,  Cappellani,  Mado  Mintv.  laque  : 
Catelain.    Lili   Samuel.    Hallys    Feeld.  ■ 
Boldiretï.  Louise  Glaum.  Eve  Francis.  j 
Mae  Murray,  Sessue  Hayakawa.  Mar-  : 
celle    Pradot,    Elena  Sagrary.    Charlie  ; 
Chaplin,    Footitt,    Suzanne    Després.  ! 
Signoret.  Chaliapine.  etc. 


Sommaire     du     N  °    2  \ 

•  -    —      —    ■ 
■ 

Les   films    d'aujourd'hui.   —    Pierre  • 

Seize.     Léon     Moussinac.      Henriette  i 

Janne,  L  L. 

Louise  Fazenda  et  quelques  autres,  i 

—  Lionel  Landry. 

Les  films  suédois.  —  Louis  Delluc. 

L'art  pour  le  septième  art.  —  Canudo.  ■ 

Notes. 

Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine.      ; 

Derrière  l'écran.  —  Daven. 

Photos  et  Portraits  de  Pearl  White,  \ 

Irène    Castle.    Barthelmess.    Antoine.  | 

Sacha  Guitry,  Van  Daële.  Modot.   Ida  : 

Kubenstein.  Chaliapine.  Yonne  Aurel,  j 

etc. 

Dessins   de  Cappiello.   Sacha   Guitry,  j 

Einar  Nermann.  Bécan.  A. -F.  Martv.      i 


Sommaire     du     N  °     3  \ 

••     m 

Les    films    d'aujourd'hui.  Pierre  ■ 

Seize.  Léon  Moussinac.  L.  L..  Henriette  j 
Janne,  J.-H.  Levesque. 
Notes.  —  Louis  Delluc. 
Variations.  —  Lionel  Landry 
Interprétation.  —  Roger  Karl 
Le      synchronisme      clnémato-: 
graphique.  —  Vuillermoz. 
Spectacles.  —  Eve  Francis. 
Derrière  l'écran.  —  Daven. 
Pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 
Echos,  Réponses,  Concours 
Photos  et  Portraits  deCharlieChaplin.  • 
Nazimova,   Betty   Blvthe.  Jane    Myro,  \ 
Roger    Karl.    Eve    Francis".    Pavlowa,  j 
Diaghilew,  Bakst,  Stravinskv.  etc. 


18 


cinea 


DERRIÈRE      L'ÉCRAN 


Nous     avons      annoncé     que 

M.  Léon  Poirier  allait  tourner  un 
film  dont  le  titre  serait  Le  coffret  de 
Santal.  Celui-ci  est  changé  et  devient 
Le  coffret  de  Jade.  Les  principaux 
protagonistes  en  seront  :  M.  Roger 
Karl  qui  vient  de  terminer  l'Ombre 
déchirée  et  dont  on  se  rappelle  la 
remarquable  composition  de  Y  Ho  mine 
du  large,  Mlle  Myrga,  interprète  de 
.Xa raya na,  et  M.  Mendaille,  du  Vau- 
deville, dont  ce  seront,  je  crois,  les 
débutç  à  l'Ecran. 

L'Ombre  déchirée,  pour  lequel  on 
compose  une  adaptation  musicale 
spéciale,  ne  sera  présenté  qu'à  la 
rentrée  en  une  même  séance  que  Le 
coffret  de  Jade. 

• 

M.  Henri  Desfontaines  qui  lit 
Sa  Gosse,  la  Suprême  Epopée  et  la 
Marseillaise,  est  prêt  de  terminer 
pour  la  maison  Gaumont  Les  Trois 
Lys  de  Mme  Lucie  Delarue-Mardrus. 
• 

Mme  Germaine  Du  lac  achève 
La  Mort  du  Soleil  avec  André  Nox. 
• 

M.  Guy  du  Fresnay,  metteur 
en  scène  de  la  firme  «  Jupiter  »  finit 
les  extérieurs  des  Ailes  qui  s'ouvrent. 


[il  SSIN   [>E  III  i  AN 


VAN  DAELE 


L'interprète  de  rJaranaya  et  d'Âmes  sici- 
liennes vient  d'être  engagé  par  la  compa- 
gnie russe  Thiemann, 


A  Epinay. 

M.  (iilles  Veber, le  metteur  en  scène 
du  Tiare  noir  est  rentré  d'Italie  et 
tourne  les  intérieurs  de  Jettatura  : 
film  moderne  dont  les  décors  ont  été 
établis  d'après  les  maquettes  du 
peintre  A.  Kabre. 

• 

On  va,  paraît-il,  tourner  Cyrano. 
M.  Pierre  Magnier,  serait  et  Cyrano 
et...  le  metteur  en  scène. .  . 
• 

M.  André  Hugon  qui  nous  donna 
L'Affaire    Plassard,    filmerait    pro- 
chainement   Le    liai    de    Camargue 
d'après  le  roman  de  Jean  Aicard. 
• 

Le  nouveau  théâtre  d'East- 
man.  George  Eastman,  le  président 
de  la  Cie  Eastman  Kodak  d'Amérique, 
est  en  train  de  faire  construire  à 
Rocbester,  dans  l'état  de  New-York, 
un  immense  cinéma,  où  ceux  qui 
veulent  étudier  l'exploitation  et  la 
présentation  des  films  trouveront 
toutes  les  comodités. 

• 
Jeune  Star. 

Le  petit  Jackie  Coogan,  qui  joue 
avec  Charlie  Chaplin  dans  The  Kid 
(Le  Couse)  n'a  que  cinq  ans  et  est 
déjà  consacré  étoile.  11  vient  de  tour- 
ner un  film  dont  il  est  la  vedette, 
Peck's  Bad  Bog.  Il  va,  de  plus,  faire 
une  tournée  dans  les  principaux 
théâtres  de  vaudeville  aux  appointe- 
ments de  2ô0  dollars  par  semaine.  11 
est  vrai  que  cet  enfant  prodige  s'est 
révélé  acteur  merveilleux. 
• 

Nazimova  dans  la  Dame 
aux  Camélias.  Mme  Nazimova  a 
définitivement  choisi  les  artistes  qui 
l'entoureront  dans  La  Dame  aux 
Camélias,  qu'elle  va  tourner.  C'est 
Rudolph  Valentino  qui  interprétera 
le  rôle  d'Armand.  Ce  jeune  artiste  de 
talent  a  toutes  les  qualités  requises 
pour  bien  jouer  ce  rôle,  qualités  dont 
il  a  fait  preuve  dans  le  rôle  principal 
du  film  The  Four  Horsemen  of  the 
Apocalypse. 

• 
Hayakawa. 

Sessue  Hayakawa  annonce  sa  qua- 
trième production  pour  la  Robertson- 
Cole    Compagnie  :     The   Siramp    (Le 


Marais)  scénario  de  J.  Grubb  Alexan- 
der.   Bessie  Love  sera  sa  partenaire. 

• 
Mae    Marsh. 

I.a  deuxième  production  pour  la 
Robertson-Cole  Compagnie,  avec  Maë 
Marsh  comme  principale  interprète 
est  terminée.  C'est  une  adaptation 
d'un  roman  Mary  Cary,  contant  les 
aventures  d'une  orpheline.  11  est 
intéressant  de  noter  que  le  petit 
enfant  de  Maë  Marsh  jouera  un  grand 
rôle  dans  ce  film. 

• 
Fox  va  tourner  en   Europe. 

William  Fox  va  tourner  un  film 
historique  Mary,  Queen  ofScots  en 
Europe,  et  plusieurs  metteurs  en 
scène  et  acteurs  sont  partis  pour  tout 
préparer  pour  cette  importante  pro- 
duction. Les  Américains  se  deman- 
dent quand  un  producteur  Américain 
aura  l'idée  de  se  rendre  soit  dans 
l'Amérique  du  Sud  ou  au  Mexique 
pour  tourner  des  films  au  lieu  d'aller 
en  Europe,  comme  on  le  fait  habi- 
tuellement. 11  y  a  certainement  des 
sites  aussi  jolis  et  aussi  pittoresques 
dans  les  pays  Sud-Américains. 

Daven. 


m  ssi\  m    BEI  >v 


FRANCE  DHELIA 

L'interprète  de  La  Sultane  de  1 Amour,  de  La 

Croisade,  de  Malencontre.  achève  un  nouveau 

film  sur  la  Riviera. 


cinea 


19 


NEQ.MAN 


Anna  Pavlowa  Serge  de  Diaghilew  Léon  Bakst 

Une  répétition  de  Ballets  Russes 


Igor  Stravinsky 


M 


SPECTACLES 


M 


Mademoiselle  Julie. 

Ah  le  bon  air  sec,  savoureux  et 
cruel  que  le  génie  en  tempête  de 
Strindberg  T  Vous  aimez  La  dan.se  de 
la  mort?  Un  Sirocco  savant  qui  des- 
sèche tout  ce  qu'il  effleure.  Il  y  a 
aussi  Créancier.*...  Il  y  a  aussi 
d'autres  superbes  gifles  de  cette  en- 
vergure. Et  il  y  a  Mademoiselle  Julie. 

J'ai  lu  quelque  part  —  avec  la  si- 
gnature d'un  grand  critique  —  que 
c'était  «  écœurant  et  ennuyeux  » 
Bravo  !  Pavoisons  pour  la  critique. 
J'ai  lu  ailleurs  —  avec  la  signature 
d'un  moins  grand  critique — que«  une 
telle  œuvre  était  bien  le  fruit  d'un 
pays  barbare  et  vil,  tandis  que  nous 
peuple  civilisé,  etc.,  etc.  «.  Bravo  en- 
core !  Illuminons,  illuminons  I  Et  puis 
j'ai  lu  bien  d'autres  choses  qui  méri- 
tent tous  les  fanions,  tous  les  lam- 
pions de  la  réjouissance. 

Mais  j'ai  vu  Mademoiselle  Julie. 
L'âpre  folie  de  Strindberg  y  semble 
classique.  Le  drame  se  ramasse 
comme  un  chat  furieux.  On  rit  dou- 
loureusement. C'est  beau,  n'est-ce 
pas  ?  Et  cela  ne  gène  personne,  mes- 
sieurs les  mécontents,  puisqu'on  re- 
prend Phi-Phi. 

Il  paraît  que,  sous  Antoine,  c'était 
joué  par  Eugène  Nan  et  Arquillière. 
J'ai  vu  Pitoëff.  très  ange  déchu,  et 
Luduilla  Pitoëff  qui  dans  un  person- 
nage assez  loin  de  son  tempérament 


dépense    ses    heureuses    qualités    de 
charme  et  son  talent. 

American       syncopated      or- 
chestra. 

Les  affiches  du  théâtre  des  Champs- 
Elysées  disent  le  contraire  de  ce 
qu'elles  devraient  dire  :  Ce  n'est  pas 
un  jazz-band,  c'est  de  l'art,  etc. 
Comme  c'est  malin  I  nous  qui  aimons 
tant  retrouver  l'écho  aigu  du  style 
dans  des  bastringues  élégants  où  la 
foule  se  borne  à  gigoter  sans  émo- 
tion, nous  aurions  préféré  trouver  le 
Syncopated  orchestra  dans  un  pro- 
gramme de  cirque  ou  de  music-hall 
pour  aimer  sans  rien  dire  l'art  para- 
doxal de  cette  compagnie. 

C'est  vrai  que  c  est  un  jazz.  C'est 
vrai  que  c'est  un  chœur  aussi  éton- 
nant, j'allais  dire  angoissant,  que  les 
Ukrainiens.  C'est  vrai  que  c'est  une 
invention  symphonique.  Nous  regret- 
tons tous  qu'ils  aient  cru  plus  habile 
de  composer  leur  répertoire  de  fox- 
trotts  et  de  rag-times  fortement  écu- 
lés    Ils  peuvent  mieux. 

L'impression  est  tout  de  même 
charmante.  Je  pense  à  un  mulâtre  de 
la  Réserve  de  Saint-Jean-de-Luz  qui 
chantait  et  cymbalait  en  sourdine 
l'été  dernier  pour  nous  faire  danser 
au  bord  de  l'Atlantique.  Il  était  émou- 
vant et  je  crois  qu'il  arrivait  â  don- 
ner un  sens  â  la   danse    même  pour 


tous  ces  tristes  gigolos  qui  font  du 
tango  une  épineuse  combinaison  ma- 
thématique. 

Le  Syncopated  Orchestra  a  l'air 
parfois,  d'une  tendre  confidence. 

Chauve-Souris. 

Est-ce  vraiment  le  dernier  spec- 
tacle ?  Tant  pis.  Quelque  chose  man- 
quera â  quelques-uns.  Et  quelques 
autres  n'auront  pas  le  temps  d'y  ve- 
nir comme  il  eût  fallu.  Je  dis  cela  pour 
certains  metteurs  en  scène  de  théâtre 
et  même  de  cinéma.  Le  principe  de 
synthèse  décorative  et  d'intensité  de 
vie  â  la  fois  est  merveilleusement 
appliqué  chez  Balieff. 

Son  nouveau  et  ultime  programme 
donne  quelques  bijoux  :  La  parade 
des  soldats  de  bois  est  une  chose 
parfaite  au  même  degré  que  le  furent 
Katinka  ou  les  Romances  Tziganes. 
On  aimera  Le  Menuet,  Le  Trio  de 
Mozart,  Le  CoifJ'eur,  L'Heure  Espa- 
gnole de  Eranc-Nohain  que  voilà 
rebaptisée  .L'horloger de  Tolède.  On 
aimera  moins  La  grande  Pâque 
russe  car  un  orchestre  miniature  ne 
suffit  pas  Rimskv.  Mais  comme  on 
aimera,  comme  on  célébrera,  la  déli- 
cieuse Mort  subite  d'un  cheval  de 
Bois  et  La  chanson  des  houzards, 
chaude,  ivre,  désespérée,  infinie  et 
fugitive,  qui  vous  chavire  comme  un 
parfum  terrible.  Evi<:  Francis. 


20 


cinea 


LES     PAGES     DE     MA 

Par    F.    CHALIAPINE 


VIE  ! 


Plus  tard,  à  l'âge  de  12  ans  je  com- 
mençais à  m'opposer  aux  brutalités 
de  mon  père  ivre., Je  me  rappelle,  ma 
résistance  le  mit  dans  un  tel  état  de 
fureur  qu'il  saisit  un  énorme  bâton 
et  se  jeta  sur  moi. 

Craignant  en  vérité  d'être  assommé 
je  m'enfuis  précipitamment  dans  la 
rue,  tel  que  j'étais  pieds  nus  et  en 
caleçon;  il  faisait  très  froid,  quelques 
1>  degrés  au-dessous  de  zéro;  après 
avoir  parcouru  en  toute  vitesse  une 
distance  de  près  d'un  kilomètre,  je 
me  réfugiai  chez  un  de  mes  cama- 
rades et  le  lendemain  —  toujours  en 
caleçon  et  pieds  nus  —  et  par  le 
même  froid,  je  revins  chez  nous. 

Mon  père  était  sorti  et  ma  mère, 
tout  en  approuvant  ma  conduite  se 
mit  à  me  gronder  quand  même.  Est- 
ce  que  je  n'avais  pas  honte  de  courir 
ainsi  pieds  nus  dans  la  neige. 

Malgré  tous  mes  efforts  de  la  per- 
suader que  je  n'avais  pas  le  temps 
de  me  chausser,  elle  aussi  faillit  de 
commencer    à    me     battre. 

Parfois  mon  père,  après  avoir  bu, 
commençait  à  chanter  d'une  voix 
aiguë,  presque  féminine  qui  ne  s'ac 
cordait  pas  du  tout  avec  sa  haute 
stature  et  son  caractère  brutal. 
C'était  une  chanson  étrange  toute 
composée  de  paroles  complètement 
inintelligibles  rappelant  les  mots 
tartares  abîmés  et  déformés  à  souhait. 

Je  n'osai  jamais  lui  demander  que 
signifiait  cette  chanson  ainsi  que  son 
proverbe  où  il  était  question  d'un 
Dieu  infaillible  qui  s'appelait,  je  ne 
sais  pourquoi  «  Epimaque  ». 

Généralement,  il  ne  me  parlait 
jamais  de  Dieu.  Il  allait  rarement  à 
l'église,  mais  lorsqu'il  s'y  trouvait  il 
priait  avec  beaucoup  de  piété,  regar- 
dant toujours  tout  droit  devant  soi. 
Il  faisait  rarement  des  signes  de 
croix,  mais  on  sentait  qu'il  disait  en 
soi-même,  toutes  les  prières  qu'il 
avait  appris. 

Je  ne  crois  pas  qu'il  en  connaissr.it 
un  grand  nombre,  au  moins,  je  ne 
l'ai  jamais  entendu  dire  une  prière 
en  se  couchant  ou  en  se  levant  du  lit. 

Dans    l'église    il    était    très    silen- 


cieux, seulement  de  temps  en  temps 
il  me  lançait  un  coup  dans  le  dos, 
lorsque  je  commençais  à  regarder 
ce  qui  se  passait  autour  de  nous. 

—  Ne  bouge  pas,  trou!  disait-il 
doucement  en  laissant  tomber  un 
coup  magistral  sur  mon  crâne  et  je 
prenais  immédiatement  l'aspect  d'un 
humble  fidèle  tout  plongé  dans  ses 
prières. 

Plus  tard,  quand  je  travaillais 
avec  mon  père  â  l'Ouprava  (régence 
provinciale)  j'aperçus  que  sur  sa  ser- 
viette était  dessinée  une  tombe  ;  on  y 
distinguait  un  petit  monceau  de 
terre  avec  une  ;  croix  plantée  au- 
dessus  et  une  inscription  en  bas  : 

«  Ici  point  de  tristesse,  ni  souf- 
frances, ni  soupirs  ;  rien  que  la  béa- 
titude éternelle.  » 

?!«■*   premiers  pas 
dan»  la   vie 

Malgré  les  disputes  incessantes  de 
mon  père  et  de  ma  mère  je  menais 
une  existence  plutôt  assez  agréable. 

J'avais  beaucoup  de  camarades  au 
village,  tous  de  braves  garçons.  Nous 
grimpions  sur  les  arbres  et  les  toits, 
nous  fabriquions  des  arcs  primitifs, 
nous  lancions  des  cerfs-volants,  nous 
dévastions  les  potagers  de  nos  voi- 
sins, en  volant  des  concombres  et 
des  navets,  nous  noits  baladions  â 
travers  les  champs,  les  fossés,  etc. 

Tout  ceci  était  pour  moi  d'un  très 
grand  intérêt.  La  vie  entr'ouvrait 
devant  moi  ses  petits  secrets  en 
m'apprenant  de  l'aimer  et  la  com- 
prendre. 

Je  m'étais  creusé  un  repaire  der- 
rière un  potager  et  je  m'imaginais 
que  c'était  ma  maison  à  moi  et  que 
j'étais  seul  au  monde,  libre,  sans 
parents.  11  me  semblait  dans  mes 
rêves  que  ce  ne  devait  pas  être  mal 
du  tout  d'avoir  des  chevaux,  des 
vaches,  qui  m'appartiendraient;  en 
somme,  ce  furent  toujours  des  rêves 
confus,  imprécis,  enfantins,  où  la  vie 
ressemble  â  un  conte  de  fées. 

Je  me  réjouissais  surtout  â  voir 
les  chorovodes    (1)   qui    avaient  lieu 

h  Danses  populaires  cntri  mêlées  de  chants,  t-l  donl  le 
uiou\ement  est  réglé  »\w  un  an  véritable.  OH  ■  danse 
ressemble  beaucoup  au  «  péricoo  »  Sud  Américain. 


dans  ce  pays  deux  fois  par  an  :  au 
printemps  et  â  l'automne. 

Les  jeunes  filles  venaient  ornées 
de  rubans  écarlates,  portant  des 
sarafanes  (2)  éclatants  avec  beaucoup 
de  rouge  et  de  blanc  sur  la  figure. 
Les  gars  se  faisaient  aussi  remar- 
quer par  une  tenue  très  élégante  et 
tout  le  monde  en  formant  un  cercle 
chantait  des  chansons  exquises. 

Tout  ceci  :  la  démarche  lente  et 
solennelle  des  gens,  leurs  parures, 
leurs  figures  réjouies,  tout  ceci, 
dis-je,  faisait  entrevoir  une  vie  diffé- 
rente, belle  et  calme,  sans  débauche, 
sans  disputes,  sans  saoùleries. 

Un  jour  mon  père  alla  avec  moi  au 
bain.  C'était  déjà  la  fin  de  l'automne 
et,  même,  il  gelait  déjà.  Chemin  fai- 
sent  le  pied  lui  glissa,  mon  père 
tomba  et  se  disloqua  la  jambe.  Nous 
rentrâmes  avec  beaucoup  de  diffi- 
cultés. Le  désespoir  de  ma  mère 
n'avait  pas  de  limites. 

—  Qu'allons-nous  faire,  mon  Dieu, 
qu'allons-nous  faire  maintenant  ? 
répétait-elle  en  pleurant. 

Le  lendemain  matin,  mon  père 
l'envoya  â  l'Ouprava  dire  au  secré- 
taire pour  quelle  raison  il  n'avait 
pu  venir  au  bureau. 

—  Qu'il  envoie  quelqu'un  pour  voir 
si  je  suis  réellement  malade.  Autre- 
ment ces  diables  sont  capables  de  me 
mettre  â  la  porte  tout  simplement. 

Je  comprenais  déjà  que  si  mon 
père  était  mis  â  la  porte,  notre  situa- 
tion deviendrait  affreuse.  Il  ne  nous 
resterait  plus  qu'à  mendier  dans  les 
rues. 

Déjà  nous  ne  nous  logions  que 
dans  une  toute  petite  chaumière  de 
village  pour  un  rouble  et  demi  par 
mois. 

Ohî  je  me  rappelle  très  bien  cette 
maison  en  bois  et,  en  cas  d'incendie, 
nous  aurions  pu  être  brûlés  vifs,  sans 
aucun  moyen  de  se  sauver. 


(A  suivre) 


L.  Valter, trad. 


(2)  Vêtement  de  femmes  pour  les  jour*  de  letc  nu  .lis 
cérémonies  religieuses.  Long,  flexible,  il  rend  parfaite- 
meul  la  grâce  nonchalante  de*  femmes  Ma\r>. 


cinea 


V      A      L      L 


M      A      L      L 


Paroles  d'un  Genevois. 

Nos  écrans  sont  accaparés  par  la 
production  allemande  envahissante. 

Nous  avons  eu,  vous  le  savez,  La 
Dubarry,  Le  Galérien  (de  Balzac), 
Carmen,  La  Maîtresse  du  Monde, 
L'Homme  d'à  rai  le,  L'Opium, 
L'Amour  d'un  grand  homme.  Le 
bénéfice  des  quatre  diables,  Anne  de 
Boleijn,  La  Statue  en  marche.  Tous 
ces  films  sont  parfaits  au  point  de 
vue  exécution  et  ils  ont  obtenu  un 
succès  très  caractéristique  auprès  du 
public. 

Quand  donc  la  production  française 
pourra-t-elle  améliorer  ses  procédés 
techniques  et  renouveler  ses  moyens 
d'expression  ?  Comment  décider  vos 
maisons  d'édition  à  tenter  le  coup  en 
Suisse  ?  Il  nous  faut  de  la  nouveauté 
encore  et  toujours  et  l'on  nous  sert 
des  navets  qui  sont  d'une  puérilité 
sans  pareille. 

Pourtant  ces  temps-ci  Le  Rêve  a 
fait  grand  effet,  Mlle  de  la  Seiglière 
également,     ainsi     que     Blanchette, 

mais    ce    sont   des    adaptations 

aucune  œuvre  écrite  spécialement 
pour  l'écran!  Savez-vous  qu'à  l'heure 
actuelle  nos  quotidiens  ont  tous  une 
chronique  cinégraphique  y  compris 
l'austère  organe  de  l'officiel  protes- 
tantisme. Et  je  vous  prie  de  croire 
que  le  public  lit  cette  chronique  avec 
un  intérêt  symptômatique. 

F. 
• 
Au  C    A    S    A 

Lundi  dernier,  les  personnalités  les 
plus  en  vue  de  la  littérature,  de  l'art, 
et  mondaines  se  pressaient  au  «  Gre- 
nier de  Montjoie  »  pour  entendre 
Mme  Germaine  Albert-Dulac,  rémi- 
ttente écraniste,  faire  la  troisième 
Lecture  Cinématique. 

Le  maître  J .-II .  Rosny  aîné  honorait 
de  sa  présence  cette  réunion  extrême- 
ment brillante. 

«  Ceci  est  une  histoire  comme  il  y 
en  a  dans  la  vie  de  chacun  de  nous 
—  dit  Mme  Dulac  —  sans  aucun  de 
ces  actes  extraordinaires  qui  consti- 
tuent,à  proprement  parler,  une  aven- 
ture, mais  riche  de  ces  chocs  et  mou- 
vements intimes  qui  bouleversent 
les  cœurs  et  les  âmes. 

«  L'argument    de    Mme    Erlanger, 


plein  de  charmes  et  d'élégances,  il 
fallait  le  développer,  le  reconstituer, 
dans  l'atmosphère,  dans  le  rythme  et 
dans  les  caractères  de  l'impression 
première,  et  aussi  le  modifier.  L'œu- 
vre cinématographique, pour  toucher 
commercialement  tous  les  pays,  doit 
éviter  de  parler  d'adultère  ;  d'autre 
part,  si  le  Cinéma  peut  se  permettre 
de  montrer  dans  un  scintillement 
impressionniste  une  diversité  de 
détails  qui  créent  une  atmosphère,  il 
faut  dans  l'action  principale  qui 
groupe  les  caractères, une  unité  dans 
le  «  parallélisme  et  la  continuité». 

«  Mon  effort  a  donc  été  de  créer 
l'ambiance  d'élégance,  de  charme,  de 
grâce,  par  le  décor,  les  détails  rapi- 
dement vus  et  accumulés  des  choses 
telles  que  nous  les  apercevons  dans 
la  vie  sans  y  attacher  d'importance. 
De  faire  sentir  l'effervescence  créée 
par  la  présence  de  Lola  dans  la  petite 
ville,  par  des  traits  rapides,  sans 
y  consacrer  une  scène,  de  resserrer 
le  drame  entre  l'actrice  symbolisant 
«  l'aventure  »,  le  Comte  «  la  légèreté  », 
la  Comtesse  et  le  jeune  d'Amaury,  les 
forces  sincères,  et  de  tracer  par  des 
traits  visuels  les  caractères  de  cha- 
cun d'eux... 

«  J'ai  essayé  d'exprimer,  en  usant 
le  plus  possible  des  moyens  propres 
au  cinématographe, — a-t-elle  ajouté, 
—  le  maximum  de  la  vie.  C'est  en 
voulant  mentir, pour  plaire  soi-disant 
au  grand  public,  qu'on  risque  de  se 
tromper   .  .» 

M.  René  LeSomptier,  du  Comité  du 
C.  A.  S.  A.,  a  précisé  ensuite  les 
directives  des  Amis  du  Septième  Art  : 

«  On  a  voulu  nous  représenter 
comme  des  révolutionnaires, qui  ten- 
teraient de  jeter  la  perturbation  dans 
les  milieux  cinématographiques.  Rien 
n'est  plus  faux.  Nous  ne  sommes  les 
meneurs  de  personne,  et  nous  con- 
naissons trop  la  situation  grave  dans 
laquelle  se  trouvent  les  éditeurs  et 
les  exploitants,  pour  faire  quoi  que 
ce  soit  qui  puisse  leur  porter  préju- 
dice. Xous  voulons  construire  et  non 
point  détruire. 

«  Notre  intention  est  d'aller  dans 
les  quartiers  populaires  de  Paris,  en 
province,  à  l'étranger,  où  nous  avons 
déjà  nos  délégués,    parler  des  beaux 


films, expliquer  aux  foules  si  accessi- 
bles,toutes  les  possibilités  artistiques 
du  Cinématographe.  Dans  nos  réu- 
nions, nous  ferons  preuve  d'un  éclec- 
tisme absolu.  Le  C.  A.  S.  A.  n'est  pas 
une  petite  chapelle.  Il  veut  être 
l'animateur  et  le  défenseur  de  toutes 
conceptions  nouvelles  et  de  tout 
effort  qui  tente  précisément  à  affer- 
mir et  à  augmenter  le  prestige  de 
l'Art  Cinématographique  français, 
qui,  lui  aussi,  est  un  grand  mutilé 
de  la  guerre. .  . 

«  Nous  nous  intéressons  particuliè- 
rement, et  de  la  manière  la  plus 
active,  à  l'état  désastreux  créé  par  les 
lois  en  cours,  à  la  saine  exploitation 
du  cinéma  français.  » 

M.  Canudo  présenta  enfin  le  compo- 
siteur Carol-Bérard,  dont  l'œuvre  : 
La  Danse  sous  la  pluie  est  un  remar- 
quable essai  de  musique  cinémati- 
que. Cette  partition, extrêmement  co- 
lorée, crée  une  véritable  atmosphère 
musicale  autour  de  la  Vision  de 
l'écran. 


|  BONSOIR] 

s 

:  ! 

a  • 

■  ■ 

[  Vo us    dira    quels'- 

m  ■ 

m  ■ 

■  ; 

'•sont   les  bons   soirs- 

m  ■ 

•  ■ 

■  • 

:  au  cinéma 

■  ■ 

■  * 

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■  • 

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■  • 

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■  • 

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\Si    Vous   aimez   le\ 

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\  cinéma,  Vous  aimez  ; 

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■  ■ 

■  • 

■  ■ 

■  ■ 

■  ■ 

IbonsoirI 


CHARLIE  CHAPLIN 

est  un  grand  artiste,  vous  le  savez 
tous,  mais  vous  devez  savoir  aussi 
que  Ton  vous  donne  maintenant 
de  très  vieux  films  de  lui,  sans  vous 
dire  qu'ils  sont  antérieurs  aux  douze 
ou  quinze  délicieuses  créations  que 
vous  avez  acclamées.  Donc  ne  dites 
pas  que  Charlie  Chaplin,  dit  Chariot, 
est  en  décadence,  au  contraire  !  Et 
réclamez,  comme  nous,  ses  trois 
derniers  films,  qui  ont  enchanté 
New- York,  Londres,  et  la  moitié  de 
la   terre  —   et   que   nous    attendons. 


Imprimerie  spéciale  de  cinéa,  84,  rue  Rochechouart,  Paris.  Le  gérant  :  A.  Pat  y 


27  Mai  1921 


Numéro  4 


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La  célèbre  chanteuse  espagnole  qui  fut  acclamée  à  Paris  comme  à  Barcelone  et  à  Madrid  pour  ses  interprétations  de  GitaniUo, 
kl  Relicario,  etc..  vient  de  triompher  sur  les  scènes  sud-américaines  et  connaîtra  la  gloire  de  l'écran  avec  son  beau  film  Les  Arlequins 
de  soie  et  d'or  (Los  Arlecchines  di  seda  v  010)  où  elle  représente  une  émouvante  gitane  amoureuse.  Raquel  Meller  sera  aussi  la 
protagoniste  desjardins  de  Mincir,  le  prochain  film  de  Louis  Mercanton.   réalisateur  de  L'Appd  du  Sang,  de  Miarka  et   de  Pbroso. 


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V  ARRONDISSEMENT 
Salle  Marivaux,  i,,  boulevard  des 
Italiens.  —  Les  actualités  de  la  semaine.  — 
Patbé-Rcvue.  —  Sur  la  rouir,  drame  inter- 
prété par  Edith  Clayton.  —  Une  étoile, 
scène  comique.  —  Une  Salomé  moderne, 
grande  scène  dramatique  interprétée  par 
Miss  Hope  Hampton.  d'après  une  idée 
d  Oscar  Wilde.  Mise  en  scène  de  Léonce 
Perret.  —  Attraction  :  Perchicot,  le  célèbre 
chanteur. 

Cinéma  de  la  Presse,  125,  rue  Mont- 
martre. —  La  montre  de  Chariot,  comédie 
dramatique.  —  La  lutte  pour  la  vie,  comé- 
die sentimentale.  —  Voleurs  de  femmes, 
^  épisode. —  Yallan,  chanteur  fantaisiste 
Electric-Palact*.  s.  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Journal.  les  actualités  du 
monde  entier.  —  A  travers,  la  France,  par 
Ardouin  Dumazet.  auteur  du  Voyage  en 
'France, couronné  par  l'Académie  Française, 
Sisteron. —   Une  Etoile,  comédie  comique. 

—  Patbé-Revue,  le  magazine  de  l'écran.  — 
Olive  Thomas  dans  Héritière  d'un  jour, 
comédie  dramatique.  —  Le  salut  de  Fattv. 
comique  avec  Fatty  Arbuckle.  —  En  sup- 
plément facultatif  :  Eddie  Polo  dans  Le 
Uoi  de  l'audace,  ciné-roman  en  loépisodes, 
publié  par  L:\  Presse,  y  épisode  :  Une 
attaque  audacieuse. 

Omnia-Pathé,  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Patbê- Journal,  actualités.  — 
Gigolette,  4e  époque  :  Rédemption.  —  Une 
Etoile,  Mack-Sennett  comédie.  —  Supplé- 
ment facultatif  :  Une  poule  cheç  les  Coqs. 
comédie  avec  Prince-Rigadin. 

Parisiana.  27,  boulevard  Poissonnière. 
Gutenberg  sfr-70.  —  Dans  le  Telemack. 
plein  air.  —  Le  microbe  du  hox-trott,  co- 
mique.—  L'Embûche,  drame  interprété  par 
Léo  Bai rd. —  Parisiaua-fourual,  actualités. 

—  Dans  la  Nuit,  drame  avec  Norma  Tal- 
madge.  —  Joe  le  marin,  comique.  —  En 
supplément  de  7  h.  1/2  à  8  h.  1/2,  excepté 
dimanches  et  fêtes  :  Champi-Tortu.  avec 
Marie  KousnezoffetAlcxandre.de  la  Comé- 
die française. 

3=  ARRONDISSEMENT 
Pathé  Temple.  —  Pathe-Journal.  — 
Pathé-Revue  n"  22.  documentaire.  — 
L'Homme  aux  trois  masques,  6e épisode  :  La 
Fille  du  forçat.  —  Gigolette,  4e  époque  : 
Rédemption  1  fin) .—  Une  poule  chef  les  coqs. 
avec  Prince. 

Théâtre  du  Kinérama,  37,  boulevard 
Saint-Martin.  Archives  4'3-i6,  directeur 
M.  Imbert.   —  Washington  à  vol  d'oiseau, 


plein  air.  —  Ce  doux  Fatty.  comique.  — 
Jack  médecin  maigre  lui.  comédie  senti- 
mentale. —  Le  Cœur  de  Ginette,  comédie 
sentimentale.  —  Mabel  cherche  un  mari, 
comédie  comique. 

Palais   des   Fêtes,  8,  rue  aux  Ours.  — 
Salle  du  rez-de-chausske 

Pathé-Revue.  —  Le  Salut  de  Fattv,  comi- 
que en  1  acte.  —  Les  Naufragés  du  sort, 
comédie  en  5  actes. —  Gigolette.  4«  époque: 
Rédemption.  —  Pathé- tournai. 

Grande  salle  des  fêtes  du  ier  étage 
Palhé-Journal .  —  Une  Poule  chef  les  Coqs, 
ciné-vaudeville  avec  Prince-Rigadin.  — 
Une  Salomé  moderne,  grande  scène  drama- 
tique. —  L'Homme  aux  trois  Masques,  6e 
épisode  :  La  Fille  du  Forçat. 

4<=   ARRONDISSEMENT 

Saint-Paul.  73.  rue  Saint-Antoine, 
Dans  les  profondeurs  de  la  mer,  plein  air.  — 
Saint-Paul-Journal.  —  Une  poule  chc{  les 
coqs,  interprété  par  Prince.  —  L'Homme 
aux  trois  masques,  6e  épisode  :  La  Fille  du 
forçat. —  Le  voleur  volé,  comique.—  Gigo- 
lette, 4e  époque  :  Rédemption. 

5    ARRONDISSEMENT 

Chez  Nous,  26,  rue  Mouffetard.  —  Un 
cas  de  conscience,  drame.  —  Match  de  lutte, 
ultra-comique.  —  Un  contre  tous.  2-  épi- 
sode :  La  faute  de  la  mort. 

Saint-Michel-Cinéma.  7,  place  Saint- 
Michel. —  Actualités. —  La  Hurle,  avec  Ju- 
liette Malherbe.  —  Joe  cher  les  Cow-boys, 
avec  le  chimpanzé  Joe  Martin. 

Mésange,  3,  rue  d'Arras,  Patbè-Journal. 

—  La  chasse  aux  faucons,  documentaire  — 
L'homme  aux  trois  masques,  y  épisode  :  Je 
me  vengerai  —  Gigolette,  3e  époque  :  Les 
Dessous  de  Paris.  —  Lui...  cher  les  Cozc- 
boys.  comique  interprété  par  Harold  Lvod. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Fridolin  chef  de  rayon,  comique  en  2 
parties.  —  Olive  Thomas  dans  Rêves 
dorés,  comédie  dramatique.  —  Gaumont- 
actualités.  —  Attraction  :  Les  Anna  Lina. 
duettistes.  —  Gigolette.  y  époque  :  Les 
dessous  de  Paris. 

6e  ARRONDISSEMENT 

Danton-Cinéma-Palace,  99-101,  boule- 
vard Saint-Germain.  —  La  chasse  aux 
faucons,  documentaire.  —  L'homme  aux 
/rois  masques,  ()'  épisode  — Lui...  chef  1rs 
Coic-Bovs.  comique.  —  La  proie  pour 
l'ombre,  comédie  dramatique.  —  Gigolette. 
3e  époque.  —  Gaumout-actualités. 


■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■••■•■■■■a 

THÉÂTRE 

DU 

COLISÉE 

CINÉMA 

38,  Av.  des  Champs  Élysées,  38 


Direction  : 
P.MALLEVILLE 


Téléphone  : 

ELYSÉE  29-46 


Programme  du  27  Mai  au  2  Juin 

Le  Salut  de  Fatty. 

Douglas  For  Ever,  réédition  avec 
Douglas  Fairbank. 

Gaumont-  Actualités . 

Une    Salomé    Moderne,    grande 
scène    dramatique,    jouée    par 
Miss  Hope  Hampton. 
•■•■■•■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■•■■■■■■■■•■■■■■■•■■■a 


cinea 


Réponses  à  quelques  lettres 


|ean  de  MÉzières.  -  Non.  Pearl  White 
ne  tourne  plus  de  films  a  épisodes.  File  a 
quitté  la  Pathé-Exchange  depuis  2  ans  et 
tourne  maintenant  pour  la  Fox-Film  des 
comédies  dramatiques  de  métrage  courant. 
Les  six  premières  sont  achevées,  ce  sont  : 
Tbe  Wbite  Moll.  The  Tiger's  Cub  (La  Fille 
du  Fauve).  Pagan  of  the  Hills,  The  Tbief 
(d'après  le  voleur  d'Henri  Bernstein).  The 
Mountain  IVoman,  Knoiv  your  men. 

-  Harold  Lockwoi  d  est  décédé  le 
u)  octobre  1918.  victime  de  l'influenza.  - 
11  naquit  à  Brooklyn  en  1887.  —  Le  Ciné- 
ma perdit  en  lui.  un  de  ses  comédiens  les 
plus  sincères. 

Admirateur  W.  Hart.  -  -  Vous  avez 
reçu  sa  photo  dédicacée  —  Quelle  chance. 
Avis  aux  amateurs. 

Dominique  B.  —  Voici  la  distribution 
d'Intolérance  :  Mary  :  Maë  Marsh  ;  Bobby  : 
Robert  Harron  ;  La  femme  au  berceau  : 
Lillian  Gish  ;  La  jeune  fille  de  la  monta- 
gne :  Constance  Talmadge  ;  Antinéa  : 
Seena  Owen  ;  Balthazard  ;  Alfred  Faget  ; 
La  femme  dévoyée  :  Miriam  Cooper  ;  Le 
Grand-Prête  de  Baal  :  Tully  Marshall  :  Les 
autres  rôles  étaient  tenus  par  Bessie  Love, 
Sam  de  Grasse,  Elmo  Lincolm,  Tom  et 
Margery  Wilson,  E.  W.  Lawrence.  Ralph 
et  Vera  Lewis,  Elmer  Clifton,  George 
Fawcet,  George  Seigma,  Eugène  Palette, 
Spottiswoode  Aitken.  Le  Scénario  et  la 
Réalisation  sont  de  D.  W.  Griffith.  L'Opé- 
rateur :  G-  W   Bitzer. 

Cosmopoi.is.  —  Les  films  suédois  vous 
déplaisent  et  Le  Lys  Brisé  vous  a  indignée. 
Vous  préférez  Les  Deux  Gamines  et  Pr'cs 
des  Cimes.  Bravo,  Mademoiselle,  le  public 
de  barrière  vous  approuvera. 

Unk  future  Étoile.  —  Vous  liriez 
avec  profit  l'ouvrage  Photogénie.  Chez 
de  Brunoff,  l'éditeur. 

Admiratrice  Van  Daële.  —  Oui.  Jacques 
Hébert  dans  Narayana.  D'alonzo  dans 
Ames  Siciliennes.  Louis  Marie  dans  La 
Croisade.  Pierre  Lacroix  dans  La  Cbinùre. 
Prochainement  dans  La  Boue,  le  rôle  de 
Militis. 

Futur  Opérateur.  Adressez- vous 

plutôt  à  G.  Dromaz,  1.  rue  Franklvn  (i(v  ) 
qui  vous  l'enseignera  sûrement  et  rapide- 
ment. Il  vous  fera  des  conditions  très 
avantageuses.  Ne  vous  fiez  donc  pas  tant 
à  la  déloyale  et  intéressée  publicité  de  ces 
écoles.  Comme  vous  le  dites,  elles  en 
forment  300  tous  les  ans,  mais  n'en  pla- 
cent aucun. 


L'Ouvreuse  de  Marivaux.  —  En  effet, 
M.  Poirier  avait  d'abord  songé  a  Geinier 
pour  interpréter  le  rôle  de  Dartigues  dans 
Le  Penseur.  Par  la  suite  il  le  confia  a 
André  Nox. 

Mori.aymane.  —  Vous  trouverez  ces 
renseignements  sur  Gaby  Morlay  dans  le 
numéro  41  du  «Ciné  pourTous».  —  Léon 
Mathot  naquit  à  Roubaix  le  s  mars  1886, 

Carmen  White.  —  Vous  n'aimez  pas 
René  Navarre,  vous  êtes  très  originale. 
Mademoiselle,  et  vous  avez  trouvé  les 
films  suédois  si  remarquables...  là  nous 
allons  nous  entendre. 

Pianola.  —  The  Spy  est  je  crois  le  titre 
américain  de  Le  Sort  le  plus  beau  avec 
Dustin  Farnum  et  Winifred  Kingston. 

Lillian  Blue.  —  Si  vous  n'êtes  pas 
directrice  de  cinéma,  aucune  maison  ne 
vous  procurera  ces  photos.  —  Demandez- 
les  donc  à  J.  Thialet.  37,  rue  Ampère  qui 
vous  les  procurera  à  bon  compte. 

Ranchman.  —  Enid  Bennett  dans  ces 
2  films  ;  Impossible  de  vous  renseigner, 
je  ne  vais  pas  au  théâtre.  —  André  Bra- 
bant  je  pense.  —  Non  je  ne  connais  pas  le 
nom  de  l'interprète  du  rôle  de  la  belle- 
mère  dans  Pour  les  Beaux  Yeux  de  Mary.  — 
Le  vrai  nom  de  Theda  Bara  est  Theodosia 
Goodman.  —  La  suite  au  prochain  numéro. 

Soledad  Magri.  —  L'Agonie  des  Aigles 
n'est  un  grand  film  que  par  sa  longueur. 
C'est  du  cinéma  à  la  manière  de  1913.  — 
Interdire  en  France  les  films  Américains... 
je  serais  bien  curieux  de  savoir  par  quoi 
vous  les  remplaceriez. 

Litti.e  American.  —  Vous  voulez  tour- 
ner un  bout  d'essai,  adressez-vous  au 
Studio,  82.  rue  d'Amsterdam  qui  pour  un 
prix  modique  vous  donnera  entière  satis- 
faction. 

Venus  Victrix.  —  Andrée  Brabant  :dans 
les  20  ans  ;  W.  S.  Hart  aura  4=;  ans  le  6 
décembre    prochain.  Marion    Davies 

dans  La  Belle  de  Nezc-York.  Elsie  |anio 
est  de  passage  à  Paris.  —  Ces  superbes 
vues  dans  Marouf  sont  dues  à  M.  Grignon 
un  as  de  la  technique. 

Cow-Boy.  —  La  distribution  de  L'Homme 
aux  Yeux  Clairs  comprenait  :  W.  S.  Hart, 
Maud  George,  Gertrude  Claire,  Robert 
Mac  Kun,  Robert  Gordon.  Ce  film  a  été 
tourné  au  Canada. 

L'Œil-dk-Chat. 


Nous  demandons  à 

VO  I  R 

encore    une     fois 


Chariot      Soldat 

avec  CHARLIE  CHAPlIN 
SYDNEY  CHAPLIN 
et     EDNA     PURVIANCE 


Terrible  Adversaire 

avec   DOUGLAS   FAIRBANKS 
et     JEWhL     CARMEN 


Pour  sauVer  sa  Race 

avec     WILLIAM      HART 
Louise  GLAUM  et  Bessie  LOVE 


0     Le    Venseur     0 

avec      ANDRE      NOX 


L'Homme  aux  Yeux  Clairs 

avec     WILLIAM      HART 


Le   Lys   et   la   Rose 

avec     LILIAN     GISH 
et      FRANK       MILLS 


0      Le    Silence      0 

avec      EVE      FRANCIS 
:-:     et     S  I  G  N  O  R  E  T    :-: 


0    Œil  pour  Œil   0 

avec    SESSUE     HAYAKAWA 


0    Le     Faune    0 

:-:    avec     FEBO    MARI     :-: 


cinea 


Programmes    des    Cinémas    de    Paris 


7e  ARRONDISSEMENT 
Cinéma-Sèvres.  80  bis.  rue  de  Sèvres, 
(angle  du  boulevard  de  Montparnasse, 
boulevard  des  Invalides).  Fleurus  28-oc).  — 
Pathè-Journal.  —  La  Parure,  d'après  la  nou- 
velle de  Guy  de  Maupassant.  —  Gigolette, 
8e époque  :  Les  dessous  de  Paris. —  Attrac- 
tion sensationnelle.  —  G  and  orchestre 
symphonique  de  20  musiciens. 

8e  ARRONDISSEMENT 
Pépinière-Cinéma,  q,  rue  de  la  Pépi- 
nière. —  Les  Eponges.  —  Enlèvement  de 
Miss  Maud.  comédie  gaie.  —  L'Homme  aux 
trois  masques,  6e  épisode.  —  Pépinière- 
Journal.  —  Jemmy  le  mystérieux,  comédie 
dramatique.  —  Intermède  :  Granval,  dans 
son  répertoire. 

Alcazar  d'été,  Champs-Elysées.  — 
Une  Salome  moderne,  mise  en  scène  de 
Léonce  Perret. —  Fatty  et  Mahel  en  ménage. 

—  Deux  coqs  vivaient  eu  paix. 

Théâtre  du  Cotisée.  38.  avenue  des 
Champs-Elysées.  Direction  Malleville.  — 
Elysées  29-46.  —  Le  Salut  de  Fattv.  — 
Douglas  for  Ever,  avec  Douglas  Fairbanks, 
réédition..  —  Gaumont-acfualités.  —  Une 
Salomé  moderne,  grande  scène  dramatique 
jouée  par  Miss  Hope  Hampton. 

9e  ARRONDISSEMENT 
Artistic  Cinéma,  Cm,  rue  de  Douai.  — 
Central  81-07.  —  Gigolette,  4e  époque  : 
Rédemption.  —  Une  poule  chef  les  coqs 
ciné-vaudeville  interprété  par  Prince-Riga- 
pin,  mise  en  scène  de  G.  Monca.  —  Pathè- 
Journal.  —  Pathe-Revue. 

Aubert-Palace,  28,   boulevard  des  Ita- 
liens. —    Dans    les  profondeurs  de  la  mer, 
plein  'air.   —  Nouveautés   journal.   —    Le 
voleur  volé,  comique. —  L'homme  aux  trois 
masques,  6e  épisode  :  La  Fille  du  forçat.  - 
Un  drame  sous  Napoléon,  ire  époque. 
10e    ARRONDISSEMENT 
Cinématographe    Porte    Saint-Denis. 
8,  boulevard  Bonne-Nouvelle.  — Rt'f"g>-'  et 
établissements    pour    animaux,   documen- 
taire. —  Betsy  Love,  comédie  dramatique. 

—  L'étreinte  de   la   pieuvre.  4e  épisode.  — 
Le  singe  d'Atbalie,  comique. 

Folies-Dramatiques  boulevard  Saint- 
Martin.  —  L'Homme  aux  trois  masques, 
grand  ciné-roman,  6e  épisode.  —  Agénor 
le  bien-aimè,  comédie.  —  La  Parure,  d'après 
Guy  de  Maupassant.  —  Lee  Sam. 

Cinépax,  30.  boulevard  Bonne-Nou- 
Nouvelle.  —  Pathè-Journal.  —  Gigolette, 
4e  époque.  —  Une  poule  che^  les  coqs,  comé- 
die. —  Pathe-revue.  —  La  Fille  de  Delft, 
drame. 

Cinéma-Palace  ,  42,  boulevard  Bonne- 
Nouvelle.  —  Fabrication  des  cigarettes. — 
La  Parure,  d'après  Guy  de  Maupassant. — 
Agénor  le  bien-aimè,  comédie. —  L'Homme 
aux  trois  masques,  grand  ciné-roman.  — 
Les  chansons  filmées  de  Lordier. 


Paris-Ciné,  i7,  boulevard  de  Stras- 
bourg. —  Pathè-Journal,  actualités.  —  La 
Fille  de  Delft,  grand  drame.  —  Une  Poule 
cbe{  les  coqs,  comédie. —  Gigolette,  4e  épo- 
que. —  Patbe-Rcvuc. 

Tivoli,  R),  faubourg  du  Temple.  — 
Tivoli  Journal.  —  La  fuite  de  Jackson  Bill, 
drame  d'aventures.  —  L'homme  aux  trois 
masques.  t>e  épisode  :  La  Fille  du  Forçat.  — 
Le  salut  de  Fatty,  comique.  —  Gigolette. 
4e  époque  :  Rédemption. 

Crystal  Palace  Cinéma  g.  rue  de  la 
Fidélité,  96.  faubourg  Saint-Denis.  Nord 
(07-59.  —  L'Américain,  comédie  dramati- 
que en  cinq  parties,  avec  Douglas  Fair- 
banks. —  Le  Traquenard,  comédie  senti- 
mentale en  cinq  parties  avec  Mlle  Chris- 
tiane  Vernon  et  M.Georges  Lannes. —  Les 
Coulisses  du  Cinéma,  7e  série.  —  Palace- 
Journal  .  actualités  de  la  semaine. — Attrac- 
tion :  Max  Alex  et  sa  soubrette,  illusion- 
niste. 

11e    ARRONDISSEMENT 

Artistic --Cinéma.  4c  bis,  rue  Richard- 
Lenoir  (place  Voltaire. —  L'observatoire  du 
mont  IVilson. —  Picratt danseuse,  comique. 

—  Voleurs  de  femmes,  5e  épisode.  —  Le 
drame  des  eaux  mortes.  —  Intermède  : 
Dugard,  fantaisiste. 

Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la 
Roquette.  —  Chariot  Joue  Carmen,  fantai- 
sie en  deux  épisodes,  ier  épisode  :  Le  coup 
de  foudre. —  La  maison  en  ruines,  comédie 
dramatique.  —  Eddie  Polo  dans  Le  roi  de 
l'audace,  ciné-roman  en  10  épisodes  publié 
par  La  Presse,  5e  épisode  :  Une  attaque  au- 
dacieuse. —  Pathe-Revue,  le  magazine  de 
l'écran.  —  Gigolette,  4e  époque  :  Rédemp- 
tion. 

12e  ARRONDISSEMENT 

Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Gaumont- 
Act  milites .  —  Zut  ..  FI  ut.  chiens  savants. 

—  Pathe-Revue.  —  Ethel  Clayton  dans  Sur 
la  Route,  comédie  dramatique  en  4  parties. 

—  Attraction  :  Les Polliardis ,  patineurs.  — 
Gigolette,  grand  drame  parisien  en  4  épo- 
ques par  Pierre  Decourcelle.  Mise  en  scène 
de  M.  A.  Pouctal.  4e  époque  :  Rédemption 

i3c  ARRONDISSEMENT 

Gobelins.  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 

—  Pathè-Journal.  —  La  chasse  aux]faucons, 
documentaire.  —  L'homme  aux  trois  mas- 
ques. 4e  épisode  :  Je  me  vengerai.  —  Gigo- 
lette, ^  époque  :  Les  dessous  de  Paris.  — 
Lui.., cheç  lesCow-Boys.  comique  interprété 
par  Harold  Lloyd. 

14e    ARRONDISSEMENT 
Qaîté.  rue  de  la  Gaieté. —  Pathè-Journal. 

—  La  chasse  aux  faucons,  documentaire.  — 
L'Homme  aux  trois  masques.  6e  épisode  : 
La  fille  du  forçat  —  Gigolette,  3e  époque  : 
Les  dessous  de  Paris.  —  Lui...  cheç  les 
Cow-boys,  comique  interprété  par  Harold 
Lloyd." 


Orléans-Palace,  100  et  102,  boulevard 
Jourdan.  —  Les  actualités  Patbê.  —  La 
Preuve,  drame.  —  Le  Tourbillon,  5e  épi- 
sode :  En  plein  ciel.  —  Corrida  Royale, 
avec  Gallilo  et  Belmonte.  —  Sur  scène  : 
Douai,  chanteur  fantaisiste. 

Splendide-Cinéma,  3.  rue  Larochelle. 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  Industrie  du 
Ri{  en  Chine. —  Les  actualités  de  Splendide- 
Cinéma.  —  En  plein  ciel,  aventures  sensa- 
tionnelles, —  Le  Mentor,  comédie  drama- 
tique avec  William  Hart.  —  Les  Morts 
parlent,  grande  scène  dramatique  de  Pierre 
Morodon,  mise  en  scène  de  l'auteur,  inter- 
prété par  Lady  Nobodv. 

Régina-Aubert-Palace,  155,  rue  de 
Rennes.  —  Aubert-Journal,  les  actualités 
du  monde  entier.  —  Papillons,  comédie 
dramatique  avec  Léon  Mathot. —  A  travers 
la  France,  par  Ardouin  Dumazet,  auteur  du 
Voyage  en  France,  couronné  par  l'Acadé- 
mie française  :Sisteron. —  Eddie  Polo  dans 
Le  roi  de  l'audace,  ciné-roman  en  10  épi- 
sodes publié  par  La  Presse.  2e  épisode  : 
L'escapade  miraculeuse.  —  Gladys  Leslie 
dans  Pluie  d'or,  comédie  dramatique. 

i5e  ARRONDISSEMENT 
Grenelle.  122,  rue  du  théâtre,  Pathè- 
Journal.  —  La  chasse  aux  faucons,  docu- 
mentaire. —  L'homme  aux  trois  masques, 
(V  épisode  :  La  fille  du  forçat. —  Gigolette, 
3e  époque  :  Les  dessous  de  Paris.  —  Lui... 
che:  les  Cow-boys,  comique  interprété  par 
Harold  Llvod. 


IL  FAUT  VOIR 

du  27  Mai  au  2  Juin     0 

"Corrida  Royale" 

=  avec  Gallito  et  Belmontc  = 

a  ■ 
■ 

"Le     Mentor" 

avec  William    Hart 

■  ■ 
■ 

"L'Indomptable' 


<t 


(• 


Chariot    Marin" 


Douglas  for  ever" 

avec   Douglas   FairbanKs 

■ 

Ceci  n'est  pas  de  la 
^    £    publicité    ^    £ 


cinea 


Programmes    des    Cinémas    de    Paris 

[ m ! 

Splendide-Cinérna-Palace.  60,   avenue           Batignolles-Cinéma,  59,  ruedelaCon-  18°  ARRONDISSEMENT 

de  la  Motte-Pîcquet,  Saxe  65-ov  M.  Messie.  damine.    —    Programme    du  27   mai  au  Théâtre  Montmartre    cinéma  music- 

Pathé-JournaL— La  Chine  et  les  Chinois,  29  mai. —   Pathè-Journal,  actualités. —  Le  hall,  place  Dancourt  et   rue  d'Orsel    at, 

documentaire.  -    L'homme  aux  trois  mas-  Cœur  et  la  petite  main,  comédie  gaie  jouée       Maurice   Robert    directeur   Frank 

ques,   6e    épisode  :  La  Fille  du  forçat.-  par  Peggy  Hyland.  —  La  Parure,  comédie  Mavo>  dans  l'Indomptable,  roman   daven- 

Rivalitê  de  Fatty  et  Picratt,  grande  scène  dramatique  d'après  Guy  de  Maupassant. —      iures\  /.    Cirque  de  la  vertu   le  film  le 

comique.  —  Gigolette,  y  époque  :  Les  des-  Le  salut  de  Fatty.—  Programme  du  30  mai  plus  comique  de  la  sajson.  V  L'Homme  aux 

sous  de  Paris.  —    Les   Naufragés  du  sort,  au  2  juin. —   Pathé-Journal,  actualités. —  trois  masques  6e épisode  •  La  Fille  du  forçat 

scénario  et  mise  en  scène  de  R.  de  Chate-  Promèthèe   banquier,  fantaisie  dramatique.       /(.  ticmn  d'Atlanta    scène  comique   

[eux,  joué  par  J.  Janvier   du    Théâtre  An-  interprétée  par  Sîgnoret.  —    Tout  arrive,  Attractions:  le  désopilant  Rastel-Gimm  et 

toine,    Mlle    Germaine    Delmoy,   etc.    —  comédie  jouée  par  Tom  Mix. —  Intermède:      sa  chienne  Calzellï  et  son  orchestre 

Intermède  :  Mme  de  Lilde,  phénomène  vo-  Sélections  de  Manon,  avec  le  concours  de  ,,    -      „.    .                                   ,     -,  . 

1         \  r       u    a.         /-■    J ■  r>      a     t  mu     c          ■   1     vi\          r                     m  c  Petit    Cinéma.    124,    avenue   de   Saint- 
cal. —  A  1  orchestre  :  Girope-Girofla.   lous  Mlle  rerrari.dc  1  Opera-Comique. —  M\i-  ,.                   .   ,          ,  nn       ,     „  .           .  . 
,             ,.     .       ,       ,            ..  -  ■            ■•   ■  ,    , .                •           -  r  ,                 '       ,    .  .  Ouen.  —   Autour  au   ruv-de-Doiue.    plein 
les  jeudis  a  2  h.  1/2:  matinée  spéciale  pour  batur,  premier  prix  du  concours  de  ténors  ■           ,             ..                             .     ' 
1     ■■                      ■                              1    •          /;  1     /"        j-           *-■     1  n                           D-  air. —   La    mariée  exigeante,    comique. — 
la  jeunesse.  —  La  semaine  prochaine  :  Un  de  Lomcedia.  —  Gigolette,  4e  époque  :  Ke-  ,,,     ,  ,           .              .  b              ,  ■,,             , 
,  ■                 xr   ,    ,.                   '  ...                ,       P         ,.  7,    ,'■     \-         •  Chariot   marin,   comique.  —    L  Homme  du 
drame  sous  Napoléon,  demption.  —  Le  sim>e  d  Athalie.   tou-nre.  -,            ,                          *            A. 

„        .  ,,.    /        .             .                        .               .....         „.                              ,            ,  silence,  drame  en  quatre  parties. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,    115,  rue  Le-           Villiers-Cinéma.  21.  rue    Legendre.  —  „„  „.    XM      _  .' 

,-^.n-Ko     ç-w»   r^  1-            /  ,<■  ,,i,,f,-,rr\-  v,,  t-.-       *■          o     i  j    u                    iw    i    j  Ma rcadet-Ciném a-Palace ,      no,     rue 

courbe,    baxe   so-45.    — Les  naufrages  du  Direction  :  Paul  de  Hermua.  —  Wiesbaden.  ..         ,  .    .      ,             ,     ..     '  n     .  ', 

sort,  comédie  dramatique,  interprétée  par  plein  air.-  Zigoto  dans  les  carrières,  scène  Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 

Germaine  Dermoz  et  MM.  janvier,  Fouché  comique.  -  Eclair-Journal,  actualités.  -  <?det  "'^ '  ~  L"  Paru">  ^med.e  drama- 

,.t  i„.,n  1  ,,,-,n           /?„/,/,„    .•'",,,,„.-.     ~^,^j,a\0  1         ■  j     ;•      j                ■    •      j        11          ^  tiq;;e  tirée  d  une  nouvelle  de  uuv  de  Mau- 

et  Jean  Loict. —    tfobbv    s  amuse,   comédie  Le  roi  de  l  audace,  w  épisode  :    Une   atta-  '                   ,      ^,  ..  ,   .               -,,. 

-  ,m,  ,,,a         i/ni  ,.,■  i<>  /•.,,,„,.<■    -eàni^riû.                     a                          n 1          -i    j  passant. —    La   Châtelaine,  comédie  senti- 
comique,  —  Voleurs  de  femmes,  /  épisode.  que   audacieuse.   —   Dans  la  mut.  drame  '           .              n          .                 ,      r  ,  , 
cnc„,„i:,        r,-,,,, ,„-,,, i' à  -t,, ,7,7  -c          tv,-./,-                  m             -r  1       j                 1    *         -  1  mentale  avec  Bessv  Love. —  Le  Salul  de 
l.nsexelis.  —  uaiiiiioiit-Attuatitis    —  trois  avec    Norma     I  almadge.    -       Intermède:  ....                           À  .,  ,  ,           ,            ... 

maris  pour  une  femme,  comédie  gaie,  avec  Jean  Casai  ha"v-  Çp^ique.  -  Pathe-Journal  actualités. 

Marguerite  Clarcke  et  Richard  Barthelmess,          Ternes-Cinéma    avenue  des  Ternes   -  —Patbc-Revuc-  Attraction  :  Nayarroanâ 

Ann-tinn./,P,/-i;,/[,l,nd(»„rt-l,.,n  „,               Cinéma^  a\  enue  ûes   leines.  ,.  partner      ongleurs  sérieux-comiques.    — 

—  Atti  action.  Lis  PohllY: s  dans  leurs  Utan-  Wagram  02-10.—  Rome  2*  promenade.-    Le  ,               ■              1    ■        1    j.    u     a    a< 
ennnottoc  i  mile  yv  -r    ° i-i,             •   ■     j        t      ,                  •  La  semaine  prochaine  :  La  pocharde,  a  après 
sonnettes  Louis  XV.  Tourbillon,  (r    épisode:    La  lutte  au  sein  l  fnman  A,iM  M«„ 

^       .  .  .,w.  ^  ....  .  .   ,,.  -»■.,.  ,                        .,  V,  .  ,           ,              ...  e    oman  de    u  es   v  ai  \  . 

16e    ARRONDISSEMENT  des  Ilots.  —   Pathé-Journal,    actualités.—  „     ...     .   -,                 ,      ,          ,    n     ,. 

,      n,                            10                 t  1             •      j           j.                   -j-           s*-  Barbes  Palace.   ^4.   boulevard   Barbes. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy. —   tour-  La  cousine  de  campagne,  comédie.  —  Gim-  v,      ,  0    ro          ,7     7                    „  .   , 

7    •      ,                ,    .            v     •     t     •  ;  «        o   '                 1        j               j     o     ■  Nord  35-60.  —    e/»  drame    sous  Napoléon, 

neur  sur  bois,  documentaire. —  l  soin- 1  soin  lette.   V   époque  :  Les  dessous  de  Fans.  .    .    ,    '  ....                          .,           r»     1 

,    .,        ,                                    ,,             ,                      2                                   r.  tire  du  célèbre  roman  de  Conan  Uovle. — 

lutte,    dessins   animes.  —  Un   cas  de  cous-          cinéma    Demours.    7.     rue   Demours.  >,     ,    D  A         ■                 r   ■  " 

,                 ,,     ,      r,        1              ■  v  ^.                 ..    r   ÎZ         '               ,,    ..  Oncle  Bemacen  deux  époques.  ire  époque 

n,v,v.  drame.-  M^/,,;  /^vr/Vv.  comédie  Directeur  :  M.  F.  Destannes.  -   £/«  W-  _  /(,  ^^      d-      ès  ,'a  Jouvdle  ^  fc 

dramatique.  -  ft^im*.  comique  „^,  ;/  5w««  Mo»,/    voyage    -  Lta  de  MJ  assant.  _^  L,  5fl/tt/  d,  Fdth,  dJ_ 

Mozart-Palace,  49    5,,  rue  d  Auteu.l.  ,/».v  fn»,   m^^s    6e  épisode  :    La  Fille  nicre  scène comique  du  célèbre  fantaisiste. 

,6e.-PROGRAMMEDU27MAiAU3OMAi.92i:  du  forçat.    -  Chariot  joue  Carmen,  2'  epi-  _  Lh(mme  aux  ^          ms>  6e  épisode! 

Les  kloiles  du  Cinéma.  11e  série.  —  L  homme  sodé  :  Souvent    femme    varie.    —   hclair-  ,  ,  c:n„  1  ,  l-  .--,♦ 

i                          ,  ■     ■    ■      j       1      r--ii     i  f           7            i-           ,t     1                   \i  1  La  rille  un  roi^at. 

aux  trois  masques,  h-  épisode  :  La  rille  du  Journal,  actualités. —  Un  drame  sons  Napo-  *,*—.,«                        11          1 

,-,,/.,,,■'.,.  ,.                 ,  ...      ,  .                                       [  Grand  Cinéma  Ornano.  43.    boulevard 

forçat.  —  Le  tailleur  facétieux,  comique. —  leon,  grand  hlm  historique.  „             ^.              .,   ...      :  ^       ,      ,  ., 

,,    j                    \t  j.  i-      a            u-  *     ■                                                                  ,x»  Ornano.  Directeur  M.  Viguier.—  Le  château 

Un  drame  sous  Napoléon,  drame  historique           Royal -Wagram.    avenue   Wagram.    —  ,    e/   •      ,    .  ,  ,  onH;„   &    ,  •  ,.    .    ,     .•    -, 

j     ,      ,                    j     /-  r.   .  ,±  r-.-,   .     1  ■                               ,to    ,  de  Blois.  documentane. —  Lw   <?<  /<?  /o;.7, 

en  2  époques  adapte  du    oman  de  Conan  Zut  étFlut,  chiens  savants,  -  La  parure.  2,    .  isode    _  U  cbute  &  &„„  ^S  ■ 

Doyle.  -    &W   yo»n„,/.    actualités.   -  comédie  dramatique  en  s   parties,  d  après  ^  J  comi          _  L,,  ^„,/oMrs.  _  I7y,' 

Programme  du  31  mai  au  2  juin  1921.  —  a    nouvelle  de   Guy   de   Maupassant.  —  .    „,/,      .  m;„„0 

n         ,              .  <               ,  •                     ,,  „.     ,  ,,          ,             •  „  .  ,          .'            ,r  roisme  de  Biliv.  comique. 

Cascades  norvégiennes,  plein  air.  —  //  ;;r  Gigolette,  4e  époque  :  Rédemption.  —  Tou-  ' 

faut  pas  dire  fontaine,  interprété  par  Owen  tes  les  actualités   du  monde  entier  par  le  Palais-Rochechouart.  =,(>.  boulevard  Ro- 

Moore.  -    Gigolette.  4"  époque  :  Rédemp-  Pathe-Journal.  ch&choxx&n.—  Aubert-JournalMs  actualités 

tii,n   Chm-lnt  innr  Cnrme*i    ->e  énisodp           ■     ±  ^      \%r                             wr  du  ui(  >nde  entier.  —  Eddie  Polo  dans  Le  roi 

non.  —  i^odiior  loin    L.ainnn,  2    episocie,           Lutetia-Wagram.  avenue  Wagram.  —  ,     7.      , 

comique.  Pathè-Revue,  documentaire.  -  Miss  Hope  àe  l audace  cne-roman  en  .0  épisodes 
Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue  Hampton  dans  Une  Salome  moderne,  grande  lulblle  f ar.  Lû  P'rf.:  ?*P™fe  :  Une  *«$ 
MalakolT- Les  Deux  Gamines.  .  .«épisode :  scène'  dramatique  en  s  actes.Mise  en  scène  fe  audacieuse.- L  impossible  aveu.  corne- 
La  cite  des  chiffons—  William  Hart  dans  de  Léonce  Perret.  -  Ethel  Clayton  dans  ^  dramatique  interprétée  par  Harrv 
Le  Mentor,  scène  dramatique.--  Le  Tour  S„r  la  Roule,  comédie  dramatique  en  Morey.  -  Patbe-Revue  le  magazine  de 
du  monde  d'un  gamin  de  Pans,  d'après  le  4  parties.  _  Le  saiut  dc  Fatty,  comique.-  eC'"an-  ~  ^ff  %  f  T^/  ç  //T 
rhpf-rl'«>iivr<»  Hp  I  nnîc  Hoiisspmrd  intpr-  7-  ,  ,  i  -,  ■  is  ;  '  j  /•  tion.  —  rattv  ArbUCKle.  dans  Le  failli  de 
cuti  a  œuvre  ut  louis  noussenaïu.  îniti-  Gaumout-octitalitcs. —  Voleurs  de  femmes,  F 

prête  par  le  jeune  Fran-e  Copelli.  —  Riva-  grand  ciné-roman  en  12  épisodes!  publie  ha  -  '  comRiue- 

Utè  de  Fatty  et  Fierai 7,  fou-rire.  par  {'Eclair  et  les  grands  régionaux.  Adap-  Grand  Cinéma  Concert  Ramey,  49,  rue 

17'    ARRONDISSEMENT  té  par  P.  d'Ivoï  et  Louis  d'Hee.  ;<--episode  :  Ramey  (impasse  Pers).  —  Gaiimont-Actua- 

Orand  Cinéma,    147.  avenue  de  Saint-  Ensevelis;  lités.  —  Kneltens,  comique.  —  Les  canards 

Ouen   (près  la   porte  Saint-Ouen).   Direc-           Le    Select.    8,    avenue    de    Clichy.    —  sauvages,  comédie. 

teurs-propriétaires  :  M.  Moisset  et  Cie.  —  Les  monuments  à  Séville,  film  documentaire.  Gaîté-Parisienne,    ^4.    boulevard   Or- 

Le  Rêve,    grande    comédie    dramatique.  Voleurs  de  femmes,  ciné-roman  en  12  épiso-  nano.    M.  Renaut,  directeur  —  Jeu  Cruel'y 

d'après  le  chef-d'œuvre    d'Emile  Zola.  —  des.    publié    par    l'Eclair    et    les   grands  avec  Olive  Thomas. —   Gigolette.    4e  epo- 

Le  Tourbillon,  4e  épisode  :  En  plein  ciel. —  régionaux,  7?  épisode:  Ensevelis. —  Le  salut  que. —  Le  Salut  de   Fatty.   comique.  — 

Chariot  papa,  comique.  —  Actualités  Pathé-  d,  Eatty,  comique.  —  Gaumout-actualiles.  L'homme  aux  trois  masques,  6«   épisode.  — 

Journal.  —  Attraction    :    Les    Florestans,  — Une Salomè  moderne, comédie  avec  Miss  Attraction  :  Les  Giachi,  acrobates  sauteur^ 

chanteurs  duettistes  a  transformations.  HopeHampton.  —  Zut  et  Fini. chiens  savants.  Nitta  Fox,  chanteuse  fantaisiste. 


cinea 


Programmes   des    Cinémas   de    Paris 


Qaumont-Palace,    i.   rue  Caulaincourt. 

—  Le  fameux  artiste  acrobate  Fred  Stone 
dans  La  proie  pou  y  l'ombre,  comédie  d'aven- 
tures. —  F.thel  Clayton.la  gracieuse  artiste 
dans  Sur  la  rouir,   comédie   sentimentale. 

—  Partie  de  concert  avec  le  célèbre  violon- 
celliste ./.  Holmann.  —  Fn  Tunisie,  film 
Gaumonten  couleurs  naturelles. —  Le  salut 
de  Fatty,  par  le  gai  fantoisiste. 

19e  ARRONDISSEMENT 
Alhambra-Cinéma.  22,  boulevard  de  la 
Villette.  Directeur-propriétaire,  M.  Victor 
Deunier.  —  Lavallée  de  Fiume,  documen- 
taire. —  Bigoruo  marie  sur  commande^ 
comique.  —  L'Homme  aux  trois  masques, 
4e  épisode  :  Les  Remords  de  Fergus.  —  Le 
Léopard  de  l'enfant,  comédie. —  Actualités- 
Palbé.  —  Gigolette.  grand  drame  parisien 
en  4  époques,  !''<-•  époque  :  Les  chansons  fil- 
mées de  G.  Lordier. 

Secrétan,  7,  Avenue  Secrétan,  Pathé- 
Jo/imal. — Palhe-Revue  n° 22, documentaire. 
L'Homme  aux  trois  masques,  6e  épisode  :  La 
tille  du  forçat.  —  i.igotcttc,  4e  époque: 
Rédemption.  —  Une  poule  chef  les  Coqs. 
avec  Prince. 

20=  ARRONDISSEMENT 
Cinéma  (jambetta  14^,  avenue  Gam- 
betta,  Paris.—  Le  Fauve  de  la  Sierra,  ior  épi- 
sode :  La  Fille  du  Fauve.  —  Bill  Bockey, 
confiseur.  —  L'homme  aux  trois  masques, 
(y-  épisode. 

Modem-Cinéma.  4.  rue  Henri  Che- 
vreau.— Nuages  et  glaciers,  éducation.  - 

tes  eeumeurs  du  Sud.  —  La  Hantise  du 
passé,  comédie  dramatique.  -  Le  célèbre 
Albertini  dans  Cœur  généreux,  grand 
drame  d'aventures.  —  Bigomo  garçon  de 
ferme,  fou-rire.  —  Les  chansons  filmées  de 
Lordier,  avec  chanteur. 

Gambetta-Palace,    cinéma-théâtre,    6 

rue  Belgrand  (place  Gambetta).  Roquette 
31-74.  —  Gambetta- Journal,  actualités.  — 
Betsy  Love,  coméeie.  —  Le  Roi  de  l'audace, 
y  épisode  :  Une  attaque  audacieuse.  — 
Intermède  :  le  chanteur  Paul  Gesky.  — 
bigolette.y  époque:  Les  dessous  de  Paris. 
Chariot  joue  Carmen,  2e  époque  (fini.  — 
Jeudi  2  Juin.  Gala  Lyrique  :  Mam'eelle 
Nitouche.  avec  Dranem. 

Cinéma  l'Epatant.  4  Boulevard  de  Bel- 
leville.  — Une  faute  de  jeunesse.  —  Le  com- 
mandant île  la  Croquiguole.  —  Nos  hâtes 
malgré  eux.  —  Mangeons  des  œufs.  —  Le 
Ranch  de  la  mort,  10e  épisode. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont-aclualités.  —  Mar- 
guerite de  Lamothe  dans  L'Aveugle  de 
Twin-Fortb,  comédie  dramatique  en  s  actes. 

—  Attraction  :  Les  Damiers,  acrobates  de 
force.  —  Pathc-Rcvuc,  film  documentaire. 

-  Gigolette,  4e  époque  :  Rédemption. 


Paradis-Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 
leville.—Charlic  Chaplin  et  Fatty  Arbuckle 
dans  Chariot  et  Fatty  dans  le  ring.  --  Les 
joueurs,  comédie  dramatique  interprétée 
par  Harry  Morev  et  Hélène  Ferguson.  — 
Attraction  :  Borcet,  le  vagabond  virtuose. 

—  Eddie  Polo  dans  Le  roi  de  l'audace, 
ciné-roman  en  10  épisodes  publié  par  La 
Presse,  y 'épisode:  Une  attaque  audacieuse. 

—  La  Belle  dame  sans  merci,  comédie  dra- 
matique, adaptée  et  mise  en  scène  par 
Mme  Germaine  Dulac. 

Féerique-Cinéma,  146.  rue  de  Belle- 
ville.  —  Pathé-Journal.  —  Gigolette,  4e  épo- 
que :  Rédemption.  —  Attraction  :  Les 
Partnor's,  jongleurs.  —  Bessie  Barriscale 
dans  Le  vrai  coupable,  grande  scène  drama- 
tique. 

BANLIEUE 

Magic-Ciné,  1  bis,  rue  du  Marché  (Le- 
vallois).Wagram  04-91 .  —  Gigolette,  2e  épo- 
que :  Amour  de  Fille.  —  Fleur  des  neiges. 
comédie  dramatique  interprétée  par  Ro- 
muald  Joubé. —  L'homme  aux  trois  masques. 
5e  épisode  :  |e  me  vengerai.  —  Le  chan- 
teur comique  Carpentier,  dans  ses  der- 
nières créations. 

Fontenay-Cinéma,  8,  rue  Boucicaut 
(Fontenay-aux-Roses).  —  Programme  du 
28  mai  au  2c)  mai.  —  Le  Maçout .  documen- 
taire. —  La  petite  Fée  de  Solbakken,  comé- 
die en  5  parties.  —  La  crise  du  logement, 
comédie  comique.  —  Les  Deux  Gamines. 
7e  épisode. 

Bagnolet.  —  Pathé-Journal.  —  Pathc- 
Rcvuc  u"  22,  documentaire.  —  Une  poule 
ebeç  les  Coqs,  avec  Prince. —  L'homme  air: 
trois  masques.  6e  épisode  :  La  Fille  du  For- 
çat. —  Gigolette,  4e  époque  :  Rédemption. 
Agéuor  le  hicu-aime.  comique. 

Vanves. —  Pathé-Journal.  —  La  chasse 
aux  faucons,  documentaire. —  /,  homme  aux 
trois  masques,  6e  épisode  :  La  Fille  du  For- 
çat. —  Gigolette,  3e  époque  :  Les  dessous 
de  Paris.  —  Lui...  cher  les  cow-boys,  comi- 
que avec  Harold  Lloyd. 

Levallois.  —  Pathé-Journal.  —  l'athé- 
Revue  n"  20,  documentaire.  —  L'homme 
aux  trois  masques,  se  épisode  :  )e  me  ven- 
gerai.—  Attraction:  Paul  Dulac,  chanteur. 
Gigolette.  2=  époque  :  La  bataille  de  la  vie. 

—  Rihadouille  oncle  d'Amérique,  comique. 

Montrouge. —  Dans  les  profondeurs  de 
la  mer. —  Dandy  tient  la  bonne  place,  co- 
mique.—  L'homme  aux  trois  masques,  6°  épi- 
sode :  La  Fille  du  forçat.  —  Mou/rougc- 
acluali/cs.  —  Les  Naufragés  du  sort,  drame. 

Clichy.    —     Pathé-Journal.    —     Pathè- 

Rcvuc  u"  22.  documentaire.  —  L'Homme 
aux  trois  masques  :  <>■  épisode  :  La  Fille  du 
Forçat.  —  Gigolette.  4=  époque  :  Rédemp- 
tion.—  Une  poule  cbc{  les  coqs, avec  Prince. 


■■■■■■ ••>•■■•■ 


Nous  demandons  à 

VOIR 

encore     une     fois 


Une    Vie    de    Chien 

avec  CHARLIE    CHAPLIN 


DaVid    Garrick 

avec    DUSTIN     FARNUM 


Le    Trésor    d'Ame 

avec    MARY     JOHNSON 


La  Conquête  de  l'Or 

000     avec    BESSIE     LOVE 


Les    Frères     Corses 

avec    KRAUSS     et     ROUSSEL 


L'auberge  du  signe  du  loup 


00    00    00    00 


de    Th.    H.    1NCE 


Une  Aventure  à  New- York 

avec   DOUGLAS  FAIR  BANKS 


M    i    c    k    e    y       0 

avec    MABEL     NORMAND 


Olivier        Twist 

oo  o,    avec    MARIE     DORO 


La      Dette      0 

avec  DOROTHY  PHILIPPS 


Les    Corsaires 

avec      L  I  L  I  A  N       G  I  S  H 


«•■■•••••■••■•••■•■■■••••■■•■*•■••■ 


■■■■■■■••■ 


cinea 


Les   Filins   d'aujourd'hui 


La  proie  pour  l'ombre 

Mais  non,  Mademoiselle,  ne  faites 
pas  de  cinéma.  Allez  voir  Fred  Stone 
clans  La  Proie  pour  l'Ombre,  et 
vous  constaterez  quel  sort  attend  les 
malheureux  qui  n'écoutent  pas  ce 
conseil.  !..  L. 


aux  fées.  Les  récits  qui  charment 
l'âme  britannique, influencée  à  la  fois 
par  des  survivances  celtiques  que  le 
dur  et  précis  génie  latin  a  effacées 
chez  nous,  et  par  l'atmosphère  exoti- 
que qu'ont  importée  chez  nos  voisins 
trois  siècles  de  voyages  et  de  com- 
merce —  ces  récits  laissent  froid  ou 
ennuient  le  peuple  le  plus  spirituel 
de  la  terre.  Mais  la  grâce  un  peu  lan- 
guissante de  Viola  Dana  désarmera 
les  sceptiques,  qui  ne  discuteront  pas 
et  se  laisseront  aller  au  charme. 

L.  L. 


Sur  la  route 

Ethel  Clayton,  une  automobile,  un 
forçat  qui  n'est  pas  un  forçat.  .  .  S'il 
pleut,  autant  aller  voir  cela  qu'autre 
chose. 


Un  drame  sous  Napoléon 

11  faut  ou  bien  ne  point  faire  de 
drame  historique  à  grande  figura- 
tion, ou  bien  faire  les  frais  de  cette 
figuration.  11  faut,  si  l'on  s'attaque  à 
l'histoire  de  France,  ne  pas  aller 
chercher  un  sujet  dans  un  médiocre 
roman  d'un  médiocre  romancier  an- 
glais. Il  ne  faut  pas  écraser  de 
malheureux  comparses  sous  les  noms 
de  Napoléon,  de  Savary  ou  de  Lassalle, 
et  ne  pas  nous  montrer  un  général  de 
division,  aide  de  camp  de  l'Empereur, 
allant  en  personne  arrêter  un  malfai- 
teur â  la  tète  de  quatre  hussards 
conduits  par  un  colonel.  Si  M.  Bour- 
geois avait  évité  ces  diverses  erreurs, 
il  aurait  pu  faire  un  très  bon  film,  et 
chacun  aura  plaisir  à  voir  les  marais 
où  clapotent  les  cavaliers,  les  rues 
du  vieux  Boulogne, le  moulin  au  clair 
de  lune,  et  certains  coins  de  forêt. 

L.  L. 


La  lampe  merveilleuse 

Après  avoir  charmé  les  rêves  de 
Viola  Dana,  qui  joue  le  rôle  d'une 
pauvre  petite  orpheline  recueillie 
dans  un  village  d'Irlande,  la  «  Lampe 
Merveilleuse  »  qui  n'a  que  de  loin- 
tains rapports  avec  celle  que  célé- 
brait  naguère  l'amusante  féerie  de 
«  Rip  »,  rend  une  mère  à  l'enfant 
abandonnée  et  lui  donne  le  bonheur. 

Le  Français,  né  malin,  ne  croit  pas 


Héritière  d'un  jour 

Jamais  la  pauvre  Olive  Thomas  n'a 
tourné  tant  de  films  que  depuis  sa 
mort.  Il  faut  croire,  ou  bien  que  les 
éditeurs  se  doublent  de  médiums,  ou 
bien  plutôt  qu'ils  ont  acquis  la  ma- 
chine à  remonter  le  temps  de  Wells, 
et  s'en  servent  pour  nous  faire  assister 
aux  débuts  photogéniques  de  la  jolie 
actrice,  et  nous  ramener  peut-être 
au  temps  où  elle  dansait,  fraîche  et 
jolie  choriste,  dans  ce  séminaire  de 
l'art  que  représentent  les  Folies  Zieg- 
feld. 

Pour  composer  ce  film  on  a  pris  un 
conte  de  O.  Henry,  un  conte  bref  et 
pénétrant,  fier,  tendre  et  mélancoli- 
que ;  on  en  a  enlevé  la  vie  intérieure, 
la  fierté,  la  tendresse,  la  mélancolie 
et  la  brièveté.  L'héritière  sous  con- 
dition qui  dépense  l'héritage  sans 
savoir  qu'elle  sera  obligée  de  le  ren- 
dre et  n'est  sauvée  de  la  ruine  que 
par  l'opportune  éviction  du  traître 
ne  représente  pas  une  donnée  très 
nouvelle. 

Il  paraît  que  les  films  américains 
sont  essentiellement  moraux.  On  veut 
bien  nous  annoncer,  à  un  moment 
donné,  que  Grâce  et  George  sont  ma- 
riés et  nous  constatons, en  effet, qu'ils 
sortent  du  même  lit.  Mais, à  la  vérité, 
la  manière  dont  ils  se  tenaient 
nous  laissait  supposer  qu'ils  l'étaient 
depuis  longtemps.  L.  L. 


Chevalier  nocturne 

Ce  chevalier,  c'est  George  Walsh, 
qui, naturellement  sauve  l'innocence, 
confond  le  crime  et  trouve  le  bonheur. 
Et  il  fait  tout  cela  avec  cette  aisance 
souriante  qui  fait  que,  si  voisin  qu'il 
soit  de  Douglas  Fairbanks,  il  conserve 
malgré  tout  sa  plaisante  et  sympa- 
thique personnalité.  L.  L. 


* 


Une  Salomé  moderne 

Comme  tant  d'autres,  M.  Léonce 
Perret  a  cédé  à  la  tentation  d'accro- 
cher un  drame  moderne  à  quelqu'un 
des  sujets  éternels  de  la  littérature  et 
de  démontrer  ainsi  que  tout  est  dans 
tout,  ou,  comme  dit  le  mexicain  que, 
en  todas  partes  se  eueeen  habas. 

Ici  la  similitude  est  assez  superfi- 
cielle. Si  Mrs  Vandam,  surprise  pat- 
son  mari  en  tête-à-tête  avec  deux 
hommes  dont  l'un  essayait  de  la 
violer  et  l'autre  de  la  défendre,  accuse 
ce  dernier,  ce  n'est  point  parce  qu'elle 
l'aimait  et  qu'il  a  repoussé  son  amour, 
c'est  parce  que  l'autre  possède  des 
lettres  compromettantes.  Mrs  Van- 
dam est  une  Salomé  â  la  manque. 
Aucun  développement  psychologique 


cinea 


LILLIAN      GISH 

L'illustre  interprète  du  Lys  Brise  parut  déjà  en  France  dans  de  beaux  films  de  la  Triangle  :  Les  Corsaires,  Le  Lys 
et  la  Rose.  La  Chimère  de  Su  {ou.  on  la  vit  trop  peu  dans  Le  Pauvre  Amour  et  vous  la  reverrez  d'ici  peu  de 
jours  dans  Le  Roman  de  la   Vallée  Heureuse,  où  1).  W.  Griffith  fut  une  fois  de  plus   son   puissant  animateur. 


cS 


cinea 


d'ailleurs  sur  la  naissance  et  le  déve- 
loppement de  son  amoui'  pour  Tor- 
rance  ;  peut-être  y  a-t-il  eu  là  des 
coups  de  ciseaux.  La  scène  où,  dans 
son  délire,  elle  évoque  son  homonyme 
asmonéenne,  se  voit  dansant  devant 
llérode  pour  obtenir  la  tête  de  Joka- 
naan-Torrance  est  ingénieusement 
amenée,  mais  l'atmosphère  du  drame 
est  trop  sèche  pour  qu'elle  produise 
son  effet. 

Miss  Mope  Ilampton  a  aussi  peu 
que  possible  le  physique  de  l'emploi, 
et  sa  danse  l'ait  songer  à  celle  des 
cantatrices  qui,  dans  la  pièce  de 
Strauss,  refusaient  de  confier  les  sept 
voiles  à  une  doublure.  Elle  revêt  suc- 
cessivement trente  ou  trente-cinq 
costumes  différents,  costume  de  bain, 
maillot  de  danseuse,  robes  de  bal 
(sept  ou  huit),  pyjama,  peignoir,  tea 
gown.  avec  coiffures  assorties,  et 
accomplit  les  grimaces  tradition- 
nelles aux  endroits  pathétiques.  Le 
drame  est  également  revêtu  de  tous 
les  effets  que  comporte  le  cinéma  : 
Danses,  neige,  feuilles  qui  tombent, 
luttes  (deux  ou  trois,  toujours  la 
même),  fête  de  nuit  (fort  réussie), 
viol  avec  épaule,  bassins  avec  jet 
d'eau,  strangulation  avec  tête  retour- 
née et  cheveux  épars  (et  tout  cela  est 
à  elle,  ma  chère  î)  ;  enfants  munis 
d'abord  d'un  balai  plus  grand  qu'eux, 
puis  en  larmes  implorant  la  pitié  de 
leur  mère  ;  restaurants  de  nuit  avec 
danseuses  ;  ateliers  de  peintres  (sans 
modèles  ;  pourquoi  ?)  tête  ébouriffée 
s'eneadrant  entre  les  feuillages,  etc., 
etc.  Trois  ou  quatre  fois —  par  exem- 
ple du  moment  où  s'éteint  le  feu  d'ar- 
tifice —  cette  riche  orchestration 
habille  quelque  chose,  correspond  à 
l'expression  dramatique  ;  mais  en 
regardant  ce  spectacle  si  profits,  si 
varié,  et  nullement  ennuyeux,  on 
sent  l'auteur  tellement  plus  préoc- 
cupé de  démontrer  sa  virtuosité 
technique  que  de  l'histoire  elle  même 
qu'on  croirait  être  dupe  en  se  laissant 
émouvoir.  L.  L. 


Trois  choses  ne  changent  jamais  : 
la  vie,  l'amour,  la  mort;  l'héroïne  de 
ce  beau  film  en  fait  la  triste  expé- 
rience :  après  avoir  été  une  gaie 
jeune  fille  heureuse  de  vivre,  inno- 
cente, souffre  par  l'amour  qu'elle 
avoue  à  un  beau  peintre  qui  ne  voit 
en  elle  qu'un  modèle  intéressant  ; 
puis,  ne  pouvant  survivre  à  son 
amour,  elle  meurt.  Comme  vous 
voyez,  le  scénario  est  assez  simple 
et  banal,  mais  M.  Maurice  Elvey  ne 


MARCEL  LEVESQUE 

le  Cocantin  et  le  Serpentin  délicieux 
de  l'écran,  le  vif  comédien  de  la  scène, 
écrit  pour  Cinèa  de  nouvelles  pages 
d'humour  et  d'esthétiquecinégrapnique 


La  vie     .  l'Amour        la  Mort 

Drame  de  Marie  Corelli,  adaptè*par 
Maurice  Elvey 


saurait  rien  faire  de  banal  et  le  sujet 
le  plus  mince  passant  par  ses  mains 
donne  un  film  si  bien  joué,  émaillé 
de  tant  de  jolis  détails  et  de  trou- 
vailles si  originales  que  jamais  il  ne 
fatigue,  ni  ennuie.  Comme  dans  tous 
les  films  de  cette  série,  la  photo  est 
superbe  et  Miss  Madge  Stuart  joue  à 
ravir  le  principal  rôle. 

Henriette  Janne. 


La  parure 

Tiré  d'une  nouvelle  de  Guy  de  Mau- 
passant.  Je  reprocherai  d'abord  au 
sujet  deux  invraisemblances  bien 
difficiles  à  avaler.  1  Une  parure  per- 
due dans  de  telles  circonstances  que 
la  retrouver  n'aurait  dû  être  qu'un 
jeu.  2  Une  femme  ne  porte  pas  pen- 
dant dix  ans  une  parure  sans  s'aper- 
cevoir que  des  diamants  faux  ont  été 
remplacés  par  des  vrais.  A  part  cela, 
le  sujet  est  attachant,  original;  c'est 
joué  peut-être  un  peu  froidement  (il 
est  vrai  que  c'est  un  film  Anglais), 
la  mise  en  scène  est  exacte. 

Henrikttk  Janne 


Lui...  chez  les  Cow-Boys. 

On  retrouve  dans  cette  comédie 
rapide,  bien  composée,  toute  la  fan- 
taisie de  Harold  Lloyd.  11  s'agit  ici 
d'une  parodie  des  films  du  Far-West. 
Harold  Lloyd  en  caricature  aler- 
tement les  héros.  Il  est  lui-même  le 
héros  de  l'aventure  en  qui  se  résu- 
ment toutes  les  aventures  de  la  prai- 
rie. C'est  très  intelligent,  trop  intel- 
ligent. On  voudrait  un  peu  de  cette 
émotion  profonde  par  quoi  un  Char- 
lot  soulève  notre  angoisse  sous  des 
rires.  Sachons  gré,  néanmoins,  à 
Harold  Lloyd  de  sa  façon  d'exprimer 
le  pittoresque.de  sa  fantaisie  vivante, 
directe  et  de  son  originalité. 


Une    poule    chez    les    «  Coq  », 
D'après  le  vaudeville  de  MM.  Orsini 
et  Delrue. 

Nous  avons  vu  cela  au  Palais- 
Royal,  au  Théâtre  Cluny,  a  Déjazet, 
ou  ailleurs...  C'était  peut-être  drôle. 
Ça  n'est  plus  à  l'écran  qu'une  niaise- 
rie, que  la  niaiserie  de  Prince-Rigadin 
porte    à    son    paroxysme. 

LÉON    MOUSSINAC 


Il 


cinea 


William 
Shakespeare 

HART 


Naquit  à  Newburgh  (Etat  de  New- 
York),  le  6  décembre  1876,  de  père 
anglais  et  mère  irlandaise.  Son  en- 
fance s'écoula  dans  un  ranch  du 
Dakota.  Entra,  à  18  ans,  à  l'Ecole 
Militaire  de  West-Point.  Abandonna 
la  carrière  des  armes  pour  le  théâtre, 
où  il  parut  dans  «  Hamlet  »  —  «  The 
Barrier  »  —  «  Roméo  et  Juliette  »  — 
«  The  Squaw  Man  »  —  «  The  Virgi- 
nian  »,  etc.  Vint  au  cinéma  en  1914, 
sous  la  direction  de  Thomas  H.  Ince. 

SES     FILMS 

New- York  Motion   Picture  C 

(direction  Th.  H.  Ince).  .  . 

he  Barqdin.  T^  L**t 


The  Bargdin.  îk  Ut  ^ 

Cash  Parrish's  Pal.   i^ljf 
Tools  of  Providence.  J  JL. ,  i]>f 
Keno  Bâtes,  Liar.     **}/  /?/f 
t^The  Ruse.  JtJLj,%- 


ivr 


l<\tÇ 


Upholding  the  Law  (Le  Shérif)  av. 
Louise  Glaum. 

The  Return  of  Draw  Egan. 

The  Devil's  Double  av.  Enid  Markey. 

The  Square  De  al  Man. 

The  Arijan  (Pour  sauver  sa  Race) 
av.  Louise  Glaum. 

Wolf  Lowry  (La   vengeance  de  Jim). 

Truthfull  Tulliver  (Les  Indésirables) 
avec  A.  Rubens.  lf/j 

The  G  un  Fighter. 

The  Désert  Man  (La  Cité  du  Déses- 
poir) av.  M.  Wilson. 

Paramount- Artcraft  (supervi- 
sion Th.  H.  Ince)  (septembre  1917  à 
octobre  1919). 

The  WolHfes  of  the  Rail  (A  l'affût  du 
Rail)  avec  Vola  Vale. 

The  Silent  Man  (Le  Droit  d'Asile)  av. 
Vola  Vale.  >V7 

The    Xarrow   Trail   (La   Révélation) 


av.    Sylvia    Breamer.    Scénario    de 

W.  S.  Hart. 
Blue  Blazes  Rawden  (L'Homme  aux  "/ 

yeux  clairs)  av.  Maud  George.  Scé- 
nario de  J.  G.  Hawks.  FaJt>,  i<nf 
The    Tiger   Man   (Le  Tigre  humain)  / 

av.  Jane  Novak. 
Sel/ish    Yates  (L'Etincelle)  av.    Jane  y 

Novak.    Scénario    de    C.    Gardner 

Sullivan. 
The   Moneij   Corral  (Le  Gardien    de 

Nuit)  av.  Jane  Novak.   Scénario  de 

W.  S.  Hart. 
Shark    Monroë    (Un    Eorban)     avec  y 

Katherine  Mac  Donald.  Scénario  de 

C.  Gardner  Sullivan. 
y  Riddle   Gawne    (Le   Vengeur)    avec  ^ 

Katerine  Mac  Donald.  Scénario  de 

Charles  Allen  Seltzer. 
The   Border    Wireless   (Le   Message  y 
s/     Secret)  avec  Wanda  Hawley. 


i/Pinto  Ben. 

Bad  Buek  of  Santa  Ynez.  lW/jT 

Tahing  of  LuHc  M(ïcr\Tane.hf>J^,t'^m 
rThe  Roughneek.  Af\'£,  'i/f 
^The  Man  from  Noivhere.  ^w**-,  tcl>*' 
KMr.Silent  Hawkins.  *&■ ,  <ïf 

The  Grudge.     Fijr,  i\'f 
SThe  Passing  of  Tivo  Gun  Hicks.  Rk.,% 

In  the  Sage  Brush  Countru.  I7.cc,  (J/y 

Conversion  of  Frostij  Blake. 
rit.  WU   Hw**. '«J  n«JLmt      lift 

The  Scourije  of  the  Désert.  •!•*.,'?'*" 
Y~-°J+Ï  \  »*  Tj^ul*  TU.  P^jitOH  llm 

Triangle     Keystone     (direction 
Th.  H.  Ince). 

The   Disciple   avec   Dorothy  Dalton.  * 
Ilell's    Ilingcs    (Le    Justicier)    avec 

Louise  Glaum. 
The  Daiv  Maker  av.  Blanche  White. 
The  Patriot  av.  Dorothy  Dalton. 
/The  Apostle  of  Vengeance, 
Betivecn   Man  (Les  Loups)  av.  Enid 

Markey. 
The    Captive    God   (Le    Dieu  Captif) 

avec  E.  Markey. 


10 


cinea 


/. 


Bvanding  Broadway  (Le  Mentor  av. 
SeenaOwen.  Scénario  de  C.  Gardner 

Sullivan. 
]/  Breed  of  Mon  (Le  Shérif  Carmody) 
av.  Seena  Owen.  Seenario  de  J.  G. 
i    Havvks. 
v  The    Pop  pi]    Girl'fi    Husband    (non 
édité  iei)  av.   Juanita   llansen.  Sce- 
v    nario  de  C.  Gardner  Sullivan. 
y  Square   Deal   Satuierson   (Le   Frère 
inconnu)  av,   Ann  Little.  Seenario 
de  Charles  Alden  Seltzer. 
Wagon  Tracks  (La  Caravane)  avec 
Jane  Xovak.  Scénario  de  C.  Gardner 
Sullivan. 
John   Petlicoats  (non  édité  iei)  avec 
Winifred   Westower.   Scénario    de 
C.  G.  Sullivan. 

Hart  Artcraft  (direction  Lambert 
Hillyer)  (avril  I<I20  à  avril  1921). 

The  Toll  date  avec  Anna  Q.  Nilsson. 
Scénario  W.  S.    Hart  et  L.  Hillyer. i*|to 

Sand  avec  Mary  Thurman.  Seenario 
île  Russell  A,  Bogers  lll-o 


y. 


The    Cradle  of  Courage  avec   Ann 

Little.  Scénario  de  Fred  Bradbury. 

The  Testing  Bloek  avec  Eva  Xovak. 

Scénario  de  W.  S.  Hart.    )f\z» 
O  Malleg  of  the   Mounted  avec   Eva 

Novak.  Scénario  W.  Hart. 
The  Whistle   avec   Myrtle   Stedman. 

Seenario  W.  Hart. 
Travelling  On   avec   Vola    Vale.  Scé- 
nario W.  Hart. 

Depuis  son  contrat  arrivé  à  expi- 
ration, Hart  a  manifesté  l'intention 
de  se  retirer  de  l'écran  pour  écrire 
des  romans  d'aventures  destinés  à  la 
jeunesse. 

Ajoutons  qu'il  a  les  yeux  bleus,  la 
chevelure  châtain,  mesure  l  m.  88  et 
pèse  82  kilos. 

Fidèle    à    ses  nombreuses   admira- 
trices \Y.  S.  Hart  est  resté  célibataire. 
Adresse  : 
William  S.   Hart 
Corner  of  Hâtes  and  Effie  Streets 
Hollywood  (California  U.  S.  A.) 


Pall    Mail 


Miss    Pearl     Wliite    dans    un 
sketch 

Au  bal  blanc  et  noir  donné  au  théâ- 
tre des  Champs-Elysées,  par  M.  Jac- 
ques Hebertot  miss  Pearl  YVhite 
parut  dans  un  sketch  de  M.  Camille 
de  Rhynal,  dont  voici  le  sujet  : 

«  Quatre  noirs  en  caleçon  blanc 
(effet  d'éclairage),  apportent  sur  le 
ring  une  malle  close  qui  s'ouvre  brus- 
quement, après  quelques  soubresauts 
et  d'où  l'on  voit  sortir,  en  se  contor- 
sionnant  sur  le  sol,  la  célèbre  artiste, 
vêtue  de  blanc  et  noir,  ligottée  et  les 
yeux  bandes.  Elle  parvient  â  se  dé- 
faire de  ses  liens  et  arrache  son  ban- 
deau. Mais  un  bandit  masqué  de  noir 
aux  dents  blanches  (effet  d'éclairage) 
surgit,  revolver  au  poing.  Scène  ter- 
rible où  miss  Pearl  White  emploie 
tour  â  tour  le  charme  et  la  violence, 
celle-ci  surtout,  au  grand  dam  de  son 
partenaire,  M.  Gaston  Gerh's,  de  la 
Gaîté-Rochechouart.  Soudain,  de  la 
salle,  l'auteur,  M.  Camille  de  Rhynal, 
intervient  :  «  Voyons  miss  Pearl 
White,  un  peu  plus  d'expression.  Vous 
ne  savez  donc  pas  votre  métier?  Et 
vous,  le  bandit,  vous  avez  touché 
dix  sept  francs  cinquante  pour  vous 
faire  casser  la  figure.  Allez-y  donc.  » 
Et  l'héroïne,  énergiment,«  en  remet  ». 

Knock  out.  » 

• 

Aux  studios  de  Join ville 

M.  Protozanotf  a  commencé  pour 
les  films  Thiemann  la  réalisation  de 
Pour  une  nuit  d'amour,  d'après 
Emile  Zola,  avec  Van  Daële  dans  le 
principal  rôle. 

• 
Après  El  Dorado,  voici  L'Infante 
à  la  rose,  qui  appelle  à  la  rescousse 
les  somptueux  décors  de  l'Alhambra 
de  Grenade.  M.  Henry  Houry  est  le 
metteur  en  scène  du  roman  de  Ga- 
brielle  Réval,  dont  la  protagoniste 
sera  Gabrielle  Dorziat. 

• 
En  Allemagne 

La  maison  d'importation  et  d'ex- 
portation de  films  Otto  Dederscheck, 
Berlin,  parait  sur  le  marché  avec  une 
quantité  de  nouveaux  films.  M.  De- 
derschek  procédera  â  un  agrandis- 
sement considérable  de  sa  firme  et 
pour  ce  but  installera  des  succur- 
sales dans  toutes  les  places  commer- 
ciales d'importance. 


Twl>^»«k  ,/US* 


cinea 


11 


M 


NOTES 


JT 


Voici  que  les  films  français  sont  de 
plus  en  plus  jolis. 

C'est  très  ennuyeux. 

Ne  criez  pas  au  paradoxe  et  com- 
parez sincèrement  cette  production 
contemporaine  dont  vous  êtes  si  fiers 
à  l'ancienne  série  de  nos  comédies 
cinématographiques  d'avant-guerre. 
Ce  musée  des  horreurs,  quasi  oublié 
maintenant,  c'était  plus  près  du  bon 
chemin  que  les  «  chefs-d'œuvre  » 
d'aujourd'hui.  Sans  ambition  sé- 
rieuse, sans  adresse  et  sans  travail 
respectable,  les  monstres  de  naguère 
tendaient  pourtant  à  intéresser  la 
foule,  et  trouvaient  dans  leur  simpli- 
cité des  formules  directes,  presque 
justes,  qui,  développées  et  humani- 
sées, pouvaient  établir  la  personna- 
lité de  notre  race  dans  l'art  du  cinéma. 
Malheureusement,  cette  époque  de  la 
pellicule  comportait  une  part  d'er- 
reurs dans  laquelle  on  s'obstina,  et 
quand  éclata  mondialement  —  en 
pleine  guerre  —  la  preuve  de  notre 
infériorité,  la  révolution  trop  brus- 
que amena  l'anarchie  du  genre. 
Toutes  les  tendances,  toutes  les  imi- 
tations s'implantèrent.  Les  films  rus- 
ses, anglais,  italiens,  américains  ser- 
virent tour  a  tour  de  modèles.  Aucun 
ne  fut  dans  la  mesure  où  il  le  fallait, 
aimé  ou  tenu  à  l'écart. 

Actuellement  sévit  le  plus  grossier 
pastiche  de  la  cinégraphie  améri- 
caine. Remarquable  en  elle-même  et 
incomparable  jusqu'à  nouvel  ordre, 
elle  devait  servir  de  modèle,  d'ensei- 
gnement, de  conseil.  On  la  décalque. 
Que  devient  dans  cette  copie  niaise 
le  sentiment  vigoureux  des  Ince, 
des  Griffîth,  des  Fitz  Maurice  et  l'art 
des  interprètes  qu'ils  ont  modelés  et 
animés  ? 

La  hantise  de  la  perfection  techni- 
que est  la  pire  maladie  que  pouvait 
craindre  le  film  français, si  handicapé 
par  ailleurs.  On  songe  au  studio,  à  la 
photographie,  à  l'émulsion  de  la  pel- 
licule, à  la  chimie  du  maquillage,  à 
bien  d'autres  choses,  et  ce  serait  très 
bien,  mais  on  ne  songe  qu'à  cela  et  on 
oublie  que  ces  outils  de  constructeur 
ne  sont  intéressants  que  si  l'on  a 
quelque  chose  à  construire. 

La  prétention  ne  manque  pas  chez 
nos  metteurs  en  scène  qui  tous  sont 
certains  d'être  des  auteurs.  Sur  quels 
sommets  éblouissants  s'égarent-ils  V 


Dès  qu'ils  sont  à  l'œuvre,  ils  dispa- 
raissent et  nous  ne  savons  plus  rien 
d'eux  et  de  leur  pensée,  si  tant  est 
qu'ils  en  aient  une.  «  C'est  le  génie  », 
disent-ils,  comme  dans  le  Midi  on  dit 
pour  s'excuser  de  tout  :  «  Té,  c'est  le 
trctcassin  I  »  Du  génie  V  Du  génie  ? 
Ils  ne  savent  pas  lire.  Ils  se  déclarent 
poètes,  et  le  prouvent  en  nous  pro- 
menant inlassablement  parmi  d'har- 
monieux paradis  à  jamais  déserts. 

J'aime  mieux  en  somme  la  fran- 
chise du  cinéma  italien  qui  compose 
d'impeccables  cartes  postales  (en 
couleurs  aussi,  cela  ne  tardera  pas), 
mais  qui  ne  dédaigne  pas  d'intéresser 
le  spectateur  à  ce  qui  se  passe  dans 
ces  cartes  postales.  A  défaut  de  l'art 
américain,  que  l'on  s'en  tienne  donc, 
ici,  aux  séduisantes  bonhomies  du 
film  latin. 

Mais  que  dis-je  ?  La  technique  amé- 
ricaine domine  tout  Je  vous  dis  que 
nos  meilleurs  films,  ceux  du  moins 
qui  nous  ont  fait  croire  au  progrès 
national  dans  cet  art  universel,  sont 
uniquement  la  jonglerie  froide  et 
raffinée  de  la  grande  «  manière  »  des 
transatlantiques.  Imitation  aussi 
vaine  que  totale.  Ce  n'est  pas  de  là 
que  sortira  une  idée  française.  Ni  de 
ces  huit  ou  dix  artificiers  savants,  ni 
de  leurs  innombrables  disciples  ingé- 
nus. Il  y  aurait  d'amusantes  choses 
à  conter  sur  ceux  qui  emploient  les 
trucs  à  tort  et  à  travers.  Les  caches, 
les  fondus,  les  surimpressions,  les 
décentrations  d'iris,  l'ouverture  et  la 
fermeture  de  l'œil-de-chat,  tout  cela 
est  si  amusant,  n'est-ce  pas  ?  Alors, 
sans  raison  autre  que  déraisonner 
copieusement,  nos  as  font  évanouir 
l'image  du  héros  au  milien  d'une 
scène,  ferment  moelleusement  l'iris 
sur  un  détail  insignifiant  que  rien 
n'incitait  à  isoler,  casent  au  lointain 
le  plus  lilliputien  des  actes  émouvants 
et  transforment  en  «  premier  plan  « 
gigantesque  le  visage  morne  de  la 
jeune  première  qui  transpire  sous  le 
maquillage.  Cela  se  voit  tous  les 
jours.  Cela  c'est  la  grande  pitié  du 
cinéma  de  France. 

Oubliez  donc  cette  science  étran- 
gère dont  vous  ne  savez  pas  vous 
servir.  Ayez  une  pensée,  une  idée,  un 
scénario  à  la  rigueur,  et  vous  trou- 
verez ensuite  la  façon  de  l'exprimer. 
Vous  ne  pouvez  pas  ne  pas  la  trou- 


ver. Vous  aurez  peut-être  même  la 
chance  de  découvrir  une  forme  ori- 
ginale. Cela  vaudra  mieux  que  de 
parodier  ce  que  vous  ne  comprenez 
pas,  ce  génie  d'autrui  qui  vous  va 
comme  un  gibus  et  des  escarpins  à 
un   roi  nègre  tout  nu. 

• 
Joachim  Gccsc/uet.  —  Le  poète  Joa- 
chim  Gasquet  qui  vient  de  mourir 
était  un  homme.  Il  avait  un  rythme 
en  lui  qui  faisait  penser  à  Lamarti- 
ne. Il  se  sentait  tellement  Français! 
Mais  son  meilleur  poème  n'était-ce 
pas  lui-même  ? 

Ne  le  cherchez  pas  dans  ce  qu'il 
a  signé.  Trouvez-le  dans  ce  qu'il  a 
suscité.  Des  littérateurs,  des  pein- 
tres, des  comédiens  sont  nés  de  son 
enthousiasme.  Ce  tribun  d'Ingres 
et  de  Cézanne  reconnut,  révéla  et 
parfois  inventa  de  jeunes  talents. 
Le  Salon  d'Automne  lui  doit  beau- 
coup. 

Son  épique  ronde  à  travers  la 
peinture  le  conduisit  un  jour  à  la 
peinture  animée.  Il  comprit.  Il 
aima.  Il  commença  à  batailler.  A 
la  cohorte,  maintenant  forte  et 
nombreuse,  des  intellectuels  ciné- 
philes, il  apporta  son  loyalisme  de 
Gaulois  provençal  et  son  âme  de 
chef.  Animateur,  il  eût  créé  là 
aussi.  Je  me  souviens  d'un  soir  où 
il  évoqua  tant  de  possibilités  du 
blanc  et  noir.  Il  y  avait  avec  nous 
l'admirable  peintre  Fauconnet  que 
son  art  synthétique  menait  peu  à 
peu  à  l'écran.  Fauconnet  est  mort. 
Gasquet  est  mort. 

11  préparait  joyeusement  une  tra- 
gédie qui  devait  s'appeler  :  Le  Sou- 
rire Ecrasé.  Et  cela  peut  servir  de 
titre  à  cette  fin  de  poète  :  Le  Sourire 
Ecrasé...  # 

Metteur  en  scène,  si  j'ose  m'exprimer 
ainsi,  est  une  laide  expression. 

Mais  Canudo  se  trompe  en  nous 
offrant  écraniste. 

Je  n'ose  insister  pour  lui  propo- 
ser cinéaste,  qui  me  plait. 

J'aimerais  aussi  qu'on  adoptât, 
pour  préciserle  rôlede  ces  artisans, 
le  terme:  tourneur.  Mais  beaucoup 
de  cinégraphistes  français  ne  sup- 
portent pas  qu'un  de  leurs  aines 
s'appelle  tourneur  et  ait  réussi 
mondialement,  via  New-York. 

Louis  Delluc. 


12 


cinea 


UNE    TÉNÉBREUSE   AFFAIRE 

Composition  cinégraphique 
d'après  le  roman  de  Balzac 


A  Madame  Eve  Francis. 

Liste  des  décors 

Plein  air 

i .  —    Une  route  couverte  de  neige  dominée  par  de  hautes 
montagnes. 

ii.  —   Un  coin   de  la  forêt  de  Nodesme  (le  même,  neige), 
ni.  —  Un  autre  coin  de  la  forêt  de  Nodesme,  avec  un 
étang. 

iv.  —  Un  troisième  coin  de  la  forêt. 

v.  —   Un  quatrième  coin  avec   un  épais  fourré  donnant 
sur  l'étang. 

vi.  —  Haute  futaie. 
\  ii.  —   Une  allée  de  la  forêt  sous  la  neige, 
vu  a.  —  Une  crête  à  l'orée  de  la  forêt, 
vin.  —  Une  route  sous  bois,    au   bord  de  la  Marne,  près 
de  Lagny. 

vin  a.  —  Un  coin  de  paysage,  près  de  Cinq  Cygne. 
vin  b.  —  Un  autre  coin  de  paysage, 
vin  c.  —  Une  clairière  dans  une  forêt. 

vin  (/.  —  Fourrés  donnant  sur  l'ouverture  d'une  cachette 
(le  même,  neige). 

îx.  —  Un  camp  de  l'armée  de  Condé. 

x.    -  -   Le  champ  de  bataille  de  Sommosierra. 

xi.  —  Le  champ  de  bataille  de  la  Moskowa. 

xu.  —  Une  route  au  bord  de  la  Saale. 

xni.  —  Sur  le  plateau,  devant  léna. 

xiv.  —  Même  paysage  au  soir. 

Architecture  et  paysages 

xv.  —   Hôtel  de  la  Police  générale  :  la  voûte  d'entrée, 
xvi.  --  Rues   de   Paris   (la  rentrée   de   Bonaparte  après 
Marengo). 

xvn.  --   Parc    de    Gondreville  :   devant   le     pavillon    du 
garde. 

xviii.  —  Parc  de  Gondreville  :  une  grande  allée  d'arbres. 
\ix.    —   Parc  de  Gondreville  :  une  pelouse. 
xix  <•«.  —  Parc  de  Gondreville  :  le  perron  du  château, 
xx.     -    Château  de  Cinq  Cygne,  vu  de  loin, 
xxi.  —  Château  de  Cinq  Cygne:  la  brèche, 
xxn.      -   Château  de  Cinq  Cygne  :  la  grille. 


nu  nous  demande  de  préciser  —  à  propos  de  notre  Concours  de  Scénarios  —  ce  que 
nous  entendons  par  le  style  cinégraphiqve.  Rien  ne  vaut  l'exemple.  Kl  nous  allons 
publier  quelques  scénarios  français  de  valeur.  Celui-ci  est  inédii.  Nous  ne  recomman- 
dons pas  les  adaptations  de  romans,  mais  ceux  qui  oui  encore  beaucoup  ;i  apprendre  se 
rendront  mieux  compte  de  la  difllculté  et  du  goùl  que  demande  ri'  qu'où  appelle  uu 
n  découpage  », 


XXIII. 

neige), 
xxin  a. 

XXIV. 

xxv. 


XXVI. 

rieures. 

XXVII. 

rieures. 

XXVIII. 

générale 
xxix . 
xxx. 

XXXI. 

XXXII. 

XXXIII. 

XXXIV. 

XXXV. 

XXXVI. 

XXXVII. 

XXXVIII. 

salon, 
xxxix. 

XI,. 

Raison.) 

XI.I. 
XI, II. 

xi.m. 
XI.IV. 

XI, V. 
XI. VI. 

xi, VII. 

XI, VIII. 
XI. IX. 

1,1. 
[.II. 

nient  de 


Château  de   Cinq  Cygne  :    le  perron    (le  même, 

Parc  de  Cinq  Cygne  :  une  allée  tournante. 
Parc  de  Cinq  Cygne  :  un  coin. 

-  Sur  le  plateau  devant  Jéna  :  une  chaumière. 

Intérieurs 

—  Le  grand  salon  de  l'Hôtel   des  Relations  exté- 

-  Un   petit   salon   de   l'Hôtel   des    Relations  exté- 

—  Le    cabinet   de    Fouché   à    l'Hôtel  de  la  Police 

-  Le  cabinet  de  Talleyrand. 

—  L'intérieur  d'une  chaumière,  près  d'Iéna. 

—  Le  cabinet  du  sous-préfet  d'Arcis. 

—  Notre-Dame  (le  tableau  du  Sacre  de  Napoléon). 

—  La  salle  des  Assises  à  Troyes. 

—  Les  caves  de  l'hôtel  de  Malin  à  Paris. 

—  Une  cave  obscure. 

-  Une  seconde  cave  où  se  trouve  une  imprimerie. 

—  Une  salle  voûtée  fermée  par  une  grille. 

—  L'hôtel   du  marquis  de  Chargebœuf,  à  Troyes; 

-  Le  club  des  Jacobins  d'Arcis. 

—  Une   église   désaffectée     Cortège   de  la   Déesse 

—  Le  vestibule  de  la  prison  de  Troyes. 

—  Cellule  de  la  prison  de  Troyes. 

—  Autre  cellule  de  la  prison  de  Troyes. 

—  Château  de  Cinq  Cygne  :  le  vestibule. 

—  Château  de  Cinq  Cygne  :  le  salon. 

—  Château  de  Cinq  Cygne  :  la  salle  â  manger. 

—  Château  de  Cinq  Cygne  :  autre  pièce. 

—  Château  de  Cinq  Cygne:  le  logement  de  Michu. 

—  Château  de  Cinq  Cjgne  :  les  caves. 

—  Château  de  Gondreville  :  le  salon. 

—  Château    de    Gondreville  :    l'intérieur    du    logc- 
Michu. 


i     «  1800  ». 

2)  Une  route  couverte  de  neige,  dominée  par  de  hautes 
montagnes  I).  Tandis  que  des  soldats  conduisent  des  che- 
vaux, les  tirant  par  la  bride,  d'autres,  attelés  â  des  cordes, 
baient  des  canons  enfermés  dans  des  troncs  d'arbres  évidés. 
Bonaparte  passe,  enveloppé  dans  un  grand  manteau. 


cinea 


13 


3)  «  Bonaparte  franchit  le  Saint-Bernard  pour  aller 
secourir  Masséna  assiégé  dans  Gènes.  » 

41  Le  grand  salon  de  l'hôtel  des  Relations  Extérieures 
(xxvi).  Riche  ameublement  officiel.  Tables  de  jeu,  conver- 
sation. Un  homme  maigre,  pâle,  à  la  physionomie  inquiète, 
se  lève. 

5)  «  Le  citoyen  Fouché,  ci-devant  oratorien,  ministre  de 
la  Police  générale.  » 

6)  (xxvi)  Fouché  fait  signe  à  un  autre  homme  qui  se  lève 
et  le  suit.  Celui-ci  est  élégamment  vêtu,  de  mine  aristocra- 
tique; il  boite  légèrement. 

7)  «  Le  citoyen  Talleyrand,  ci -devant  évêque  d'Autun, 
ministre  des  Relations  Extérieures.  » 

8)  (xxvi)  Fouché  et  Talleyrand  se  dirigent  vers  une 
petite  porte;  un  troisième  personnage  qui  était  debout, 
adossé  au  mur,  les  suit  d'un  mouvement  presque  imper- 
ceptible. 

9)  «  Le  citoyen  Sieyès,  ci-devant  abbé,  ex- consul.  » 

10)  (xxvi).  Un  groupe  suit  le  mouvement  avec  curiosité. 
Le  centre  de  ce  groupe  est  un  petit  homme,  froid  et  sévère, 
d'allure  militaire. 

11)  «  Le  citoyen  Carnot,  ministre  de  la  guerre  ». 

12)  (xxvi).  Carnot  (premier  plan). 

i3)   «  Je  crains  le  brelan  des  prêtres  ». 

i4)  (xxvi).  Carnot  se  dirige  sans  hâte  vers  la  petite  porte. 

i5)  (xxvn).  Un  petit  salon;  porte  vitrée  fermée.  Fouché, 
Talleyrand,  Sieyès  sont  réunis.  X'ne  ombre  se  profile  sur 
les  vitres,  la  porte  s'ouvre.  Carnot  entre.  Talleyrand  ferme 
la  porte,  pousse  le  verrou. 

16)  (xxvn).  Sieyès  (premier  plan). 

17)  «  Et  que  comptez-vous  faire  si  Bonaparte  est  vaincu?» 

18)  xxvn).  Carnot   premier  plan!. 

19)  «  Il  sera  vainqueur.  On  peut  tout  attendre  de  cet 
homme.  » 

20)  (xxvn).  D'un  coin  obscur  surgit  un  cinquième  per- 
sonnage qui  se  relève  à  demi  du  fauteuil  où  il  était  assis. 

21)  «  Le  citoyen  Malin,  ex-conventionnel.   » 

22)  (xxvn).  Malin    premier  plan). 

23)  «  Soyons  francs  :  s'il  est  vainqueur,  nous  l'adorerons; 
s'il  est  vaincu,  nous  l'enterrerons. 

24)  (xxvn).  Carnot. 

25)  «  Vous  étiez  là,  Malin?  Soyez  des  nôtres.  » 

26)  (xxvn  .   Fouché. 

27)  «  Nous  devons  être  prêts  à  toute  éventualité.  11  faut 
que  du  jour  au  lendemain  nous  puissions  constituer  un  nou- 
veau directoire.  » 

28)  (xxvn)  Sieyès,  avec  un  geste  circulaire. 

29)  «  Justement  nous  sommes  cinq.  » 

30)  (xxvn).  Fouché. 

3i)   «  Méfions -nous  de  Lucien  Bonaparte.  » 

32)  (xxvn).  Sieyès  fait  signe  de  se  taire.  Une  ombre  appa- 
raît sur  la  porte;  Sieyès  va  doucement  dégager  le  verrou. 
La  porte  s'ouvre,  entre  Lucien  Bonaparte. 

33)  «  Bonnes  nouvelles,  Messieurs  !  Mon  frère  vient  de 
remporter  une  première  victoire  à  Montebello.  » 

34)  (xxvn).  Carnot. 

35)  «  La  bataille  décisive  va  se  livrer  bientôt.  » 

39)  (xxvn).  Lucien  et  Carnot  continuent  à  causer,  les 
autres  s'éloignent. 


37)   «  Comment  l'on  prépare  un  coup  d'Etat.  » 
38    (xxxv).    Une  cave  obscure.  Fouché  et  Malin  entrent, 
Malin  portant  une  lanterne  sourde. 

39)  (xxxvi).  Ils  passent  dans  une  seconde  pièce  où  un 
homme  barbu,  en  carmagnole,  travaille  devant  une  presse, 
il  tire  une  épreuve  d'une  affiche  et  la  passe  aux  deux 
hommes.  Ils  la  regardent,  signalent  une  faute.  L'imprimeur 
corrige,  tire  une  seconde   épreuve.  Malin  déploie  l'affiche. 

40)  «  Citoyens, 

«  La  patrie  est  en  danger.  La  situation  réclame  une 
énergie  toute  révolutionnaire. 

«  Un  nouveau  gouvernement,  composé  de  républicains 
éprouvés,  vient  de  se  constituer.  Le  général  factieux  qui 
avait  usurpé  le  pouvoir. 

41)  (xxxvi).  Les  deux  hommes  regardent  l'affiche  d'un 
air  approbateur;  ils  passent  à  la  fin. 

42     «  Vive  la  France  !  Vive  la  Révolution! 
Les  membres  du  Directoire  exécutif 
Carnot,  Fouché,  Malin,  Sieyès,  Talleyrand.  » 

43)  «  Tous  ces  préparatifs  étaient  terminés  quand  par- 
vint... » 

44)  Un  pigeon  voyageur. 

45)  «...  la  nouvelle  de  la  victoire  de  Marengo.  » 

46)  (xxxiv).  Malin  cachant  les  ballots  d'affiches  dans 
ses  caves. 

47)  «  Et  tandis  que  les  ballots  d'affiches,  désormais 
inutiles,  s'entassaient  dans  les  caves  de  Malin  ». 

48)  (xvi).   Le  retour  triomphal  de  Bonaparte  à  Paris. 

49)  «  i8o3.  » 

50)  (u).  Un  coin  de  la  forêt  de  Nodesme.  Demi-jour.  Une 
amazone  passe  sous  bois,  saute  un  arbre  couché  à  terre. 

5i)    «   Laurence  de  Cinq-Cygne.  » 

52)  (m)  Laurence  s'arrête,  écoute,  regarde.  Son  regard 
tombe  sur  un  petit  étang. 

53)  (m).  Laurence  (premier  plan)  penchée  sur  le  cou  de 
son  cheval,  et  regardant  l'eau  où  se  reflètent  les  branches 
des  arbres. 

54)  (iv).  Autre  partie  de  la  forêt.  Arrêtés  chacun  d'un 
côté  d'un  arbre,  deux  cavaliers  observent. 

55)  «  Paul  et  Marie  de  Simeuse,  après  avoir  émigré  et 
combattu  à  l'armée  de  Condé. . .  » 

56)  (vi).  Ils  passent  à  travers  bois,  à  petite  allure. 

57)  «...  reviennent  en  France  pour  prendre  part  au  coup 
de  main  organisé  par  MM.  de  Polignac  et  de  Rivière...  » 

58)  (v).  Arrivés  devant  un  épais  fourré  ils  mettent  pied 
à  terre,  regardent  sous  les  branchages  bas.  Dans  l'eau,  par 
reflexion,  ils  voient  Laurence,  immobile  sur  sa  selle. 

59)  «  ...  et  recevoir  les  instructions  que  doit  leur  trans- 
mettre leur  cousine  Laurence  de  Cinq  Cygne.  » 

60)  (in).  Laurence  voit  à  son  tour,  par  reflexion  dans 
l'eau,  ses  cousins.  Elle  leur  fait  un  signe  et  part  pour  les 
rejoindre. 

61)  «  Elle  retrouve,  avec  ses  cousins,  Robert  et  Adrien 
d'Hauteserre,  les  fils  de  son  tuteur.   » 

62)  (vil.  Haute  futaie.  Laurence  à  cheval  entre  les  deux 
Simeuse,  causant  tantôt  avec  l'un,  tantôt  avec  l'autre,  et  se 
retournant  parfois  pour  adresser  un  sourire  ou  un  mot 
aimable  à  l'un  des  d'Hauteserre. 


li 


14 


cinea 


63)  «  Les  deux  Simeuse,  qui  depuis  dis  ans  vivent  avec 
le  souvenir  et  l'image  de  leur  cousine... 

64)  1  ix).  Au  bivouac  de  L'armée  de  Condé.  Les  deux  frères, 
devant  un  feu,  ouvrent  et  regardent  un  médaillon. 

1)3)  «  ...  l'aiment  sans  qu'elle  ait  jamais  voulu  préférer 
un  des  deux.  » 

(!(!)  (vi).  Les  deux  Simeuse,  encadrant  Laurence  premier 
plan).  L'un  parle  : 

67  «  Eli  bien,  ma  cousine,  avez -vous  cboisi  entre  nous 
deux  ?  » 

68)  (vu.  Laurence  les  regarde  tous  deux   (premier  plan). 

69)  «  Quand  l'usurpateur  aura  été  renversé,  quand  le  roi 
sera  rétabli  sur  son  trône,  je  pourrai  songer  à  cela  !  » 

70)  (vi).  Les  deux  Simeuse  continuent.  Laurence  s'ar- 
rête, est  rejointe  par  les  deux  d'Hauteserre,  qui  l'enca- 
drent. 

71)  «  Messieurs  d'Hauteserre,  votre  père  et  votre  mère 
ignorent  que  vous  êtes  si  près  d'eux  ce  soir.  » 

72)  (vi).  Signe  approbatif  des  deux  jeunes  gens.  Tandis 
que  les  Simeuse,  l'air  morne,  précèdent,  Laurence  continue 
son  cbemin  entre  les  deux  d'Hauteserre. 

-'■S  )  (xvn).  Devant  le  pavillon  du  garde,  Micbu  nettoie 
sa  carabine  pendant  que  sa  femme  et  sa  belle-mère  le  regar- 
dent avec  une  inquiétude  mal  dissimulée.  Le  cbien  est  couché 
au  soleil,  le  museau  posé  sur  les  pattes  allongées. 

74)  «  Micbu,  régisseur  du  domaine  de  Gondreville,  confis- 
qué sur  les  Simeuse,  et  racheté  par  Malin,  ex-conventionnel, 
conseiller  d'Etat.  » 

75)  xvn).  Micbu  charge  sa  carabine  avec  soin  (premier 
plan). 

76)  «  Ancien  Président  du  Club  des  Jacobins  d'Arcis...  » 
77    (xxxix).   La  séance  du  Club. 

78)  «...  Micbu  a  épousé  la  fille  d'un  autre  jacobin,  Pré- 
sident du  Tribunal  Révolutionnaire.  » 

7<j)  (xvn).  Marthe  Micbu,  assise  sur  sa  chaise  (premier 
plan) . 

80)  «  ...  qui,  sur  l'ordre  de  son  père,  avait  figuré,  dans 
les  cortèges  républicains,  la  déesse  Raison.  » 

81)  (xl).   La  fête  de  la  déesse  Raison. 

82)  (xi.).  Marthe  Michu  en  déesse  Raison  (premier  plan). 

83)  (xvn).   Marthe  Micbu,  visiblement  angoissée  : 

84)  «  Tu  veux  tuer  des  chevreuils,  Michu?  » 

85)  (xvn).   Michu. 

86)  «  Non,  mais  un  loup-cervier  que  je  ne  veux  pas  man- 
quer. » 

87)  (xvn).  Le  chien  se  dresse  sur  ses  pattes  et  aboie. 
Michu  passe  la  carabine  à  sa  femme  qui  la  met  derrière 
son  dos. 

Entrent  Corentin  et  Peyrade.  Corentin  : 

88)  «  Ne  sommes-nous  pas  à  Gondreville?  » 

89)  (xvn).    Michu  répond  d'un  signe  de  lête. 

90)  «  Le  château  est-il  loin  ?  » 

91)  (xvn).   Signe  négatif  de  Michu. 

92)  «  De  quel  côté?  » 

93    (xvn  .   (Sieste  du  bras. 

94)  «  M.  le  Conseiller  d'Etat  Malin  est-il  à  Gondreville  ?  » 

95)  (xvn).  Signe  affirmatif  de  Michu.  Peyrade  regardant 
Marthe  : 


96)  «  Et  pourquoi  cachez-vous  cette  carabine,  la  belle 
enfant?  » 

97)  (xvn).   Corentin,  à  Micbu. 

98)  «  Vous  avez  donc  des  loups,  par  ici?  » 

99)  (xvn).  Michu,  goguenard. 

100)  «  11  y  a  toujours  des  loups  là  où  il  y  a  des  moutons.  » 
101;  (xvn).    Corentin  et  Peyrade   s'éloignent.   Michu  les 

guette,  revient  prendre  sa  carabine  avec  un  geste  d'impa- 
tience auquel  répond  un  mouvement  d'angoisse  de  sa  femme. 
Puis,  après  avoir  bien  épié  autour  de  lui  et  fait  coucher  le 
chien,  il  part,  la  carabine  à  la  main. 

102)  (xix  a).  Devant  le  château  de  Gondreville:  Malin, 
Grévin,  Corentin,  Peyrade.  Laissant  ces  deux  derniers, 
Malin  part  avec  Grévin. 

io3)  (xviiij.  Une  grande  allée  d'arbres  dans  le  parc  de 
Gondreville.  Malin  et  Grévin  s'y  promènent,  causant  à  voix 
basse. 

104)  Malin  (premier  plan). 

io5)  «  Le  complot  royaliste  est  découvert  :  on  sait  qu'un 
des  principaux  groupes  de  conjurés  doit  partir  de  la  forêt 
de  Nodesme.  » 

106)  (xviii).  Grévin. 

107)  «  Est-ce  pour  cela  que  ces  deux  agents  de  Fouché 
sont  ici?  » 

108)  xviii).   Malin. 

109)  «  Pour  cela  et  pour  autre  chose.  Ils  flairent  peut- 
être  ce  que  j'ai  dans  mes  caves.  » 

110)  (xxxiv  .  Les  ballots  dans  les  caves  (u°  46). 
m)  (xvm).   Grévin. 

112)    «  Tu  les  as  transportés  ici?  » 

n3)  (xviii).  Malin  arrête  brusquement  Grévin  et  se  jette 
derrière  un  arbre. 

114)  (xviii).  Ce  qu'il  a  vu  :  le  canon  de  fusil  dans  le  feuil- 
lage d'un  arbre  premier  plan). 

n5)  (xviii).  Malin  fait  un  signe  à  Grévin  (premier  plan  . 

116)  (xviii).  Tous  deux  s'éloignent  en  se  mettant  à  cou- 
vert dans  la  contre-allée. 

117)  (xvm).  Dans  l'arbre.  Le  feuillage  s'écarte  douce- 
ment. Apparaît  Michu,  l'air  atterré.  11  suit  du  regard  les 
deux  hommes;  au  bout  d'un  moment  il  saute  à  terre  et  part 
au  pas  do  course. 

118)  (i.u).  Chez  Michu;  sa  femme  et  sa  mère  travaillent. 
Michu  entre  brusquement,  pose  sa  carabine,  fait  signe  à  sa 
femme  de  prendre  sa  coiffe,  de  le  suivre. 

119)  (xvn).  Il  saute  à  cheval,  prend  sa  femme  en  croupe, 
part. 

120)  (11)  puis  121)  (vi).   Traversée  de  la  forêt  (demi-jour), 
122)   (xx).  Au  débouché  de   la  forêt,    Cinq   Cygne  vu  de 

loin  avec  les  fenêtres  éclairées.  Michu  et  Marthe  mettent 

pied  à  terre.  Marthe. 

123).   «  Qu'as-tu  à  faire  au  château  de  Cinq  Cygne  ?  » 
124    (x^)-  Michu  (premier  plan),  commence  à  parler.  Elle 

l'écoute  avec  étonnement,  puis  avec  ravissement,  s'agenouille 

devant  lui  et  lui  baise  la  main.  Il   la  relève,   l'entraîne  sur 

le  bord  de  la  route,  et  lui  montre. 

125)  (.vu a)  ...  se  profilant  contre  le  soleil  couchant,  la 
silhouette  d'un  gendarme  en  vedette. 

126)  xx).   Marthe,    seule,  guette.  Laurence  arrive  à  che- 


cmea 


15 


val,  venant  de  la  foret.  Marthe  l'arrête  du  geste.  Laurence  : 

127)  «  La  femme  de  ce  Judas,  de  cet  ancien  serviteur  de 
mon  oncle  qui  l'a  indignement  trahi  !  Je  n'ai  rien  à  faire 
avec  vous.  » 

128)  (xx).   Marthe  : 

129)  «  Le  complot  est  découvert.  Votre  maison  est  cernée. 
Passez  par  la  brèche  ;  mon  mari  vous  y  attend  ;  il  vous  dira 
tout.  » 

i3o)  (xx).  Laurence,  retenant  son  cheval,  la  regarde  avec 
étonnement. 

i3i)  (xx).  Marthe  : 

i3s)  «  Allez  !  vous  apprendrez  ce  que  vaut  un  Judas.  » 

i33)  (xxi).  La  brèche  du  côté  du  château.  Le  jour  est 
tombé.  Clair  de  lune.  Michu  et  Laurence  causent  avec 
animation. 

i34)  (xxi).  Les  mêmes,  premier  plan.  Michu. 

l35)  «  J'ai  vu  votre  oncle  et  votre  tante  de  Simeuse  dans 
leur  prison,  le  jour  de  leur  mort. 

i36)  (xlii).  Evocation.  Une  cellule  de  la  prison  de  Troyes. 
Le  marquis  et  la  marquise  de  Simeuse  (cheveux  blancs,  de 
deux  nuances  différentes)  attendant  la  mort.  Entre  Michu 
(bonnet  rouge  et  carmagnole)  l'air  arrogant,  suivi  d'un 
porte-clefs.  11  dit  un  mot  à  ce  dernier,  qui  part  comme  s'il 
avait  oublié  quelque  chose.  Alors  Michu  change  d'expres- 
sion; il  écoute  avec  un  respect  religieux  ce  que  lui  dit  son 
maître.  Celui-ci  lui  serre  la  main  ;  Michu  s'agenouille  pour 
baiser  respectueusement  la  main  de  la  marquise.  Il  se  relève 
soudain,  reprenant  son  expression  insultante;  le  porte-clefs 
rentre. 

1^7)  (xm).  Evocation  :  le  vestibule  de  la  prison  de. 
Le   marquis  a  les  cheveux  coupés,  les  mains  liées;  la  mar- 
quise les  cheveux  coupés,  le  bourreau  lui  lie  les  mains.  Elle 
jette  un  regard  à  Michu  qui  s'approche. 

i38)  (xi.i).  Premier  plan:  Michu  s'approche,  tâte  les  liens 
comme  pour  vérifier  qu'ils  sont  bien  attachés. 

i3g)  (xi.i).  Les  mains  liées;  la  main  droite  prend  dans  la 
manche  gauche  deux  boucles  de  cheveux  qu'elle  donne  à 
Michu. 

140)  xxi).    Laurence  agitée  : 

141)  "  Ces  boucles  qu'un  inconnu  m'a  fait  parvenir.  C'est 
vous...  I) 

142)  (xxi).   Michu  fait  un  signe  de  tête.  11  reprend: 

i43)  «  Pour  pouvoir  accomplir  ma  mission,  j'ai  fait  le 
jacobin...  » 

i44)   Evocation  :  le  n°  77  (séance  du  club). 
i45 )  Evocation  :  le  n°  81  (la  déesse  Raison). 

146)  (xxi).  Laurence  6erre  la  main  de  Michu.  Ils  partent 
tous  deux  vers  le  château,  continuant  à  causer. 

147)  (xxm  a).  Laurence  et  Michu  marchent  en  causant 
dans  une  allée  tournante.  Michu: 

148)  «  Ce  misérable  Malin  a  déjoué  tous  mes  plans  en 
achetant  Gondreville,  que  j'espérais  pouvoir  rendre  à  vos 
cousins.  Ce  soir,  je  le  tenais  au  bout  de  mon  fusil. 

149)  Evocation  :  le  n°  1 14. 

150)  «  Mais  j'ai  entendu  ce  qu'il  disait  :  j'ai  appris  que 
le  complot  royaliste  était  découvert,  que  vos  cousins  étaient 
traqués,  et  j'ai  pensé  qu'il  fallait  avant  tout  vous  prévenir.  » 

151)  xxm).  A  la  porte  du  château,  Laurence  dit  un  mot 
à  un  petit  valet  (Gothard)  qui  part  en  courant. 


t52)  (xx).  Corentin,  Peyrade,  le  lieutenant  de  gendar- 
merie passent  sur  la  route.  Corentin  donne   ses  indications. 

j7>'A)  (xx).   Corentin  (premier  plan). 

l54)   «   Comment  découvrir  les  papiers  compromettants?» 

1  55)  (xxi.   Peyrade  (premier  plan). 

l56)  «  Il  faut  les  faire  avertir  et  les  surprendre  an  moment 
où  ils  essaieront  de  brûler  ou  de  cacher  leurs  papiers.  » 

107)  (xi.v).  Château  de  Cinq  Cygne;  le  salon,  M.  et 
Mme  d'Hauteserre,  l'abbé  Goyet,  jouant  aux  cartes. 

r58)  «  Au  château  de  Cinq  Cygne.  M.  d'Hauteserre,  le 
tuteur  de  Laurence,  Mme  d'Hauteserre  et  l'abbé  Goujet. 

109)  (xr.v).  Entre  brusquement  le  maire,  Goulard,  paysan 
habillé.  Goulard  : 

160)  «  Le  château  est  cerné;  vous  allez  subir  une  visite 
domiciliaire.  » 

161)  (xi.v  .  Expression  générale  de  terreur  et  d'étonne- 
ment. 

162)  «  Si  vos  fils,  si  MM.  de  Simeuse  sont  là,  faites  les 
évader.  Si  vous  avez  des  papiers  compromettants,  brûlez-les. 
Je  vais  tâcher  d'amuser  les  agents.  » 

i63)  (xxm).  Sur  le  perron,  Goulard  essaie  de  parle- 
menter avec  Corentin  et  Peyrade;  ceux-ci  s'écartent  et 
entrent,  suivis  des  gendarmes. 

164)  [xxi).  La  brèche  du  côté  du  château,  Laurence  à 
cheval,  Michu  debout  à  côté  d'elle;  derrière,  Catherine 
Gothard  tenant  leurs  chevaux  en  main.  Après  quelques  mots 
échangés,  Michu  descend  dans  le  fossé.  Laurence  commence 
à  descendre  à  cheval. 

i65)  (xxi).  La  douve  vue  par  le  travers.  Laurence  arrive 
au  fond,  commence  à  remonter. 

i()(J)  (xxi).  La  douve  vue  de  la  campagne  (premier  plan, 
pris  du  niveau  du  sol),  on  voit  apparaître  la  tête  du  cheval 
qui  grimpe,  puis  Laurence. 

167)  (xxi).  Même  vue,  ensemble.  Laurence  prend  pied 
sur  le  haut  de  la  brèche;  Michu  achevai  à  côté  d'elle.  Arri- 
vent Catherine  et  Gothard  qui  émergent  de  la  douve,  tirant 
leurs  chevaux  par  la  bride.  Michu  leur  donne  des  indica- 
tions ;  ils  montent  à  cheval,  partent  dans  deux  directions 
différentes. 

168)  (vin  a)  Gothard  file,  entraînant  plusieurs  gendarmes 
à  sa  poursuite. 

169)  (vm  6)  Catherine  file  d'un  même  côté,  faisant  la 
même  chose. 

170)  (xxi).   Laurence  et  Michu  partent  au  galop. 

171)  (xi.v).  Au  Salon,  Corentin  et  Peyrade.  Commencent  à 
fouiller.  Corentin  prend  à  part  Mme  d'Hauteserre. 

172) .  «  Je  suis  un  des  vôtres,  c'est  moi  qui  vous  ai  envoyé 
le  inaire.  Défiez-vous  de  mon  collègue  et  confiez-vous  à  moi, 
je  vous  sauverai  tous.  » 

173  (xi.v).  Corentin  et  Peyrade  continuent  à  fouiller. 
Deux  gendarmes  entrent,  amenant  Catherine  prisonnière. 
Corentin  hausse  les  épaules. 

174  (v).  Dans  la  forêt.  Laurence  et  Michu  parviennent  à 
la  cachette.  Les  jeunes  gens  sont  partis.  Consternation.  11 
faut  les  avertir. 

175)   (v  .  Laurence  donne  à  Michu  sa  bague  (premier  plan). 
176    (v).  Michu  part  à  grande   allure;  Laurence   revient 
vers  le  château. 


16 


cinea 


177)  (xlv).  Au  salon  ;  d'autre?  gendarmes  amènent 
Gothard,  qui  prend  l'air  stupide.  Corentin,  dans  un  coin, 
essaie  d'entreprendre  l'abbé. 

1  78    (xi,\  .  Corentin  (premier  plan). 

17;)).  «Je  vous  avais  fait  prévenir . ..  » 

180)  (xi. v).  L'abbé  (premier  plan). 

181).  «  Oui,  mais  vous  êtes  arrivé  un  peu  trop  sur  les 
talons  de  celui  que  vous  aviez  envoyé. 

182)   (xi.v  .  Corentin,  à  M.  et  Mme  d'Hauteserre. 

[83.    «  Mlle  de  Cinq-Cigne  se  promène  souvent  la  nuit  ?  » 

184)  (xi, v.  Entre  Peyrade,  portant  une  cassette  de  bois  de 
Santal  qu'il  vient  de  découvrir .  Il  demande,  avec  un  geste  de 
tête,  si  quelqu'un  en  a  la  clef.  Corentin  prend  la  cassette, 
tire  de  sa  poche  un  petit  poignard,  essaie  de  la  forcer.  Brus- 
quement entre  Laurence. 

i85)  (xlv.  Laurence  abat  sa  cravache  sur  les  mains  de 
Corentin  qui  laisse  tomber  la  cassette  ;  elle  la  ramasse,  la 
jette  dans  le  feu  et  se  place  devant  la  cheminée,  l'air  mena- 
çant. Peyrade,  s'élance,  Laurence  essaie  de  lui  donner  un 
coup  de  pied,  il  lui  saisit  la  cheville  et  la  renverse  sur  le 
sofa  ;  il  prend  la  cassette,  qui  s'est  enflammée,  la  pose  à 
terre  et  s'assied  dessus  pour  l'éteindre. 

186).  «Ne  m'obligez  pas,  belle  citoyenne,  à  employer  la 
force  contre  vous.  » 

187  (xlv),  Peyrade  se  lève,  saisit  la  cassette  dont  les 
côtés  charbonnés  cèdent.  Laurence  que  Corentin  a  lâchée,  le 
regarde  avec  un  mélange  de  mélancolie  et  de  mépris. 

188  (xi.v).  Premier  plan  ;  la  cassette  s'ouvrant  sur  la 
table  entre  les  mains  de  Peyrade. 

189)   (xi.v).  Premier  plan  :  Laurence. 

190).  «  Les  secrets  de  cette  cassette  ne  concernent  pas  le 
gouvernement.  Quand  vous  aurez  lu  les  lettres  qui  y  sont, 
vous  aurez,  malgré  votre  infamie,  honte  de  les  avoir  lues.  » 

i«)i  (xi.v).  Peyrade  impassible  fait  glisser  sur  le  tapis 
de  la  table  à  jouer  trois  lettres  et  deux  mèches  de  cheveux 
blancs. 

192)   (xlv).  Laurence  : 

19'S.   «  Mais  avez-vous  encore  honte  de  quelque  chose  '!  ■> 

194)  (xlv).  Peyrade  prend  les  boucles  de  cheveux. 

195)  (xr.v).  (Premier  plan)  ce  sont  des  cheveux  blancs  de 
doux  teintes  différentes. 

196)  (xlv).  Corentin  prend  une  lettre,  Laurence  : 

I9")-  ((  C'est  la  lettre  que  m'ont  écrite  mon  Oncle  et  ma 
Tante  de  Simeuse,  avant  de  monter  à  l'échafaud.  Lisez-là 
tout  haut,  ce  sera  votre  châtiment.  » 

198  (xlv  .  Corentin,  après  avoir  lu  la  lettre  sans  remuer 
les  lèvres,  y  remet  tranquillement  les  cheveux.  La  pose  de 
côté  sur  la  table  en  plaçant  sur  le  coin  un  panier  plein  de 
jetons.  Peyrade  a  pris  une  autre  lettre  ;  il  la  déplie. 

199).  «  1*794- Andernach,  avant  le  combat. 

Ma  chère  Laurence,  je  vous  aime  autant  que  la  vie.  et  je 
veux  (pie  vous  le  sachiez  bien  ;  mais  si  je  viens  à  mourir, 
sachez  que  mon  frère  Paul  vous  aime  autant  que  moi...  » 

200)  (xlv).    Laurence. 

201).  «  <  "est  de  mon  cousin  Marie  de  Simeuse.  L'autre  est 
de  son  frère  ;  elle  ne  vous  apprendra  rien. 

202)  (xlv).  Peyrade,  regardant  les  lettres  par  transpa- 
rence. 


20.Î  1.   «  Vous  correspondiez  avec  des  émigrés  ?  » 

204)  (xlv).   Laurence. 

205)  «  Il  y  a  neuf  ans  !  » 

2o(i)  (xlv).  Corentin  s'approche  de  Laurence  et  lui  parle 
à  l'oreille. 

207).  «  Vous  les  avez  vus  il  n'y  a  pas  si  longtemps  (pie 
cela  !  Je  venais  pour  les  sauver,  et  c'est  ainsi  que  vous  m'en 
avez  récompensé  !  » 

208)  (xlv).  Laurence  regarde  l'abbé  (premier  plan). 

209)  (xlv).  L'abbé  répond  à  Laurence  par  un  regard 
d'avertissement  (premier  plan). 

210)  (xlv).  Peyrade  essaie  la  boîte  pour  voir  si  elle  con- 
tient un  secret  (premier  plan  .  Laurence  s'avance  vers  lui 
presse  un  coin  de  la  boîte  et  montre  .. 

211).  (Premier  plan)...  deux  médaillons,  les  portraits  des 
deux  frères  de  Simeuse,  en  uniforme  de   l'armée   de  Condé. 

212)  (xlv).  L'abbé  à  Laurence. 

2i3).   «  Et  vous  jetiez  cela  au  feu  !  » 

214)  (xlv).  Laurence  lance  à  l'abbé  un    regard  éloquent, 

2i5)  (vin).  Une  route  sous  bois  au  bord  d'une  rivière. 
Michu,  monté  sur  un  cheval  fourbu,  surgit  d'un  taillis,  arrête 
du  geste  quelques  cavaliers  qui  se  rangent  autour  de  lui, 
dont  les  Simeuse.  Il  leur  montre  l'anneau  de  Laurence  ;  ils 
délibèrent,  puis  se  dispersent  ;  Michu  part  avec  les  Simeuse 
et  les  d'Hauteserre. 

216)  (vni  e).  Une  clairière  où  sont  attachés  cinq  chevaux 
frais,  Michu  et  les  gentilshommes  rajustent  leurs  selles  sur 
leurs  nouvelles  montures. 

217)  (xlv).  Corentin,  s'adossant  à  la  cheminée  et  regar- 
dant Laurence. 

218).   «  Nierez-vous  avoir  vu  vos  cousins  ?  » 

219).    Laurence. 

220).  «  Xon.  Mes  cousins  et  MM.  d'Hauteserre,  dans  leur 
parfaite  innocence,  comptaient  demander  à  profiter  de  l'am- 
nistie et  â  revenir  à  Cinq-Cigne.  Mais  quand  j'ai  pu  croire 
que  le  sieur  Malin  voulait  les  envelopper  dans  quelque 
trahison,  je  suis  allée  les  prévenir... 

221)     Laurence,  imperturable. 

222  .    «...  de  retourner  en  Allemagne...  » 

223  (vin  e).  Michu  et  les  quatre  gentilshommes  partent  à 
grande  allure. 

224)  xlvii).  Peyrade  fouillant  divers  recoins  du  château. 

225)  (xlv  .  Au  salon.  Les  d'Hauteserre,  l'abbé,  Laurence, 
affalés  dans  des  attitudes  variées.  Corentin,  debout,  les  sur- 
veillant. 

226)  il.  Au  petit  jour.  Les  cinq  cavaliers  passant  sur  la 
lisière  de  la  forêt  de  Nodesme.  La  neige  commence  à  tomber. 
Leurs  chevaux  sont  épuisés. 

227)  (xxm  i.  Jour  plus  clair.  La  neige  tombe.  Corentin  et 
Peyrade  sortent  du  château. 

228)  (vu).  Une  allée  de  la  forêt,  cinq  chevaux  sur  le  flanc, 
sur  lesquels  tombe  la  neige.  Deux  gendarmes  en  tournée 
arrivent,  mettent  pied  â  terre. 

229  (vm  d).  Fourrés  donnant  sur  l'ouverture  d'une 
cachette  (neige)  Michu,  conduisant  les  quatre  gentilshommes, 
les  fait  passer  parle  trou. 


(A  suivre) 


Lionel  Landry 


cinea 


17 


LE     PEINTRE 
AU     CINÉMA 


Attention  aux  dessins  animés  T 
Il  y  a  un  abîme  au  delà  des  scènes 
humoristiques  à  la  Binjamen  Rabier, 
comique  superficiel  qui  trouve  son 
meilleur  emploi  dans  la  publicité 
parce  que  c'est  encore  neuf  de  voir 
ramoner  l'intestin. 


On  conçoit  difficilement  une  appli- 
cation de  ce  truquage  à  des  œuvres 
qui  visent  plus  haut  qu'une  floraison 
cinématique  équivalente  aux  pièces 
d'ombres  chat-noiresques. 

Imagine-t-on  ce  que  seraient  des 
paysages  animés,  peints  en  tons  pho- 
togéniques par  Signac  et  ce  que  de- 
viendraient, ainsi  transposées  les 
figures  asymétriques  de  Matisse  et 
les  femmes  perverses  de  Van  Dongen? 


Seul,  le  Cubisme  semble  posséder 
la  discipline  de  soi-même  par  qui 
pourraient  être  réalisées  des  images 
vivantes,  progression  de  plans,  déve- 
loppement de  volumes  synthétiques 
et  sensibles. 

Ces  images  interviendraient  dans 
le  film,  résumant,  en  temps  voulu, 
l'essentiel  qui  risque  d'être  submergé 
sous  le  vérisme  mécanique. 

Ainsi  disparaîtrait  l'énervement 
des  symboles,  colombes-roses-poi- 
gnards, analogies  poétiques  et  pri- 
maires. 


Certains  écranistesse  vantentd'une 
technique  impressionniste. 

Le  Cinéma  est  un  art  trop  jeune 
pour  se  permettre  une  telle  décadence 
et  se  précipiter  dans  le  marais  où  la 
Peinture  a  failli  périr. 


Attention  aux  décors  I 

L'économie,  qui  est  en  art  le  garde 
fou  de  toute  réalisation,  oppose  à  la 
perfection  minutieuse  d'un  réalisme 
trompe-l'ϕl  l'intention  de  plans 
simples  aux  combinaisons  infinies, 
conjugués  parfois  avec  la  réalité  du 
plein  air. 


Le  Cinéma,  comme  la  Sculpture, 
trouve  la  stabilité  dans  l'unité  mono- 
chrome de  la  lumière  qui  en  déter- 
mine la  matière. 

Ne  désirons  pas  trop  vite  pour 
l'écran  la  généralisation  de  la  photo- 
graphie autochrome. 

Il  n'y  a  qu'un  pas  de  la  statuaire 
peinte  de  Tanagra  aux  cires  du  Mu- 
sée Grévin. 

Qui  veut  trop  prouver  ne  prouve 
rien. 


Assez  d'adaptations  de  chefs-d'œu- 
vre à  moins  d'en  justifier  le  choix  en 
les  projetant  brutalement  à  travers 
le  prisme  de  votre  vie  moderne. 


Assez  de  reconstitutions  histo- 
riques, ruineuses,  inexactes,  illogi- 
ques, comme  une  cage  d'ascenseur 
Louis  XVI  î 

Le  fait  même  d'apparaître  sur 
l'écran  exclut  de  l'anecdote  périmée 
toute  vraisemblance  et  toute  valeur 
émotive. 


Il  faut  aimer  le  Cinéma  pour  lui- 
même,  comme  on  aime  la  Peinture  et 
la  Musique  et   parce  qu'on  les  aime. 


Jean  Francis  Laglenn. 


■••■«■■■■■■■■■■■■■•••••■•■■•■■■■■••■■i 


Nous  demandons  à 


VOIR 


encore   une    fois 


La  Voix  des  A  ne  êtres 

avec  HARRIET  BOSSE      ooo 


0    Les   Proscrits    0 

avec  VICTOR  SJOSTROM  oo 


0     Madame  Qui    ? 

avec  BESSIE  BARRISCALE  o 


Richesse    maudite 

avec   CHARLES    RAY      ooo 


00    La  'Bombe    0  0 

avec  HARRIETT  BOSSE   oo 


00    Un    Ours    0J 

avec    M  O  D  O  T  ooo      ooo 

Le  Retour  aux  Champs 

de  J.  DE  BARONCELLI     ooo 

Carmen  du  Klondyke 


0     Intolérance     0 

avec  MAE  MARSH,  LILIAN 
GISH,  BESSIE  LOVE, 
SEENA  OWEN,  ROBERT 
HARRON         ooo     ooo     ooo 


&■■■*■■•■•■■■■■■•••••••••■•••••■■■■■■■■■■■••■•■■■■■ 


a      DERRIÈRE      L'ÉCRAN 


cinea 


Cœur  sensible 

Le  succès  îles  Deux  Gamines,  ou  le 
Dieu  des  larmes  faciles  a-t-il  touché 
M.  Feuillade  d'une  grâce  définitive? 
Son  coeur,  en  tous  cas,  s'avère  tout 
attendrissement  et  toute  sentimenta- 
lité, car  le  voilà  travaillant  à  Nice  à 
une  nouvelle  série  qu'interprète  sa 
fidèle  troupe  au  grand  complet,  San- 
dra  Milowanoff  et  Biscot  en  tète... 

Le  titre  du  3e  épisode,  déjà  atteint, 
promet  la  bienfaisante  terreur  :  «  Le 
complot...  » 

Le  titre  du  ciné-roman  promet,  lui, 
tout  un  avenir  de  délices  lar- 
moyantes -.Jeannette  l'orpheline!... 

Après  Le  Rêve  et  en  apprenant  la 
mise  en  scène  du  Père  Goriot,  cer- 
tains cinégraphistes  reprochèrent  à 
M.  de  Baroncelli  de  ne  pas  vouloir 
écrire  de  scénarii  et  de  se  borner 
seulement  à  l'adaptation  des  romans. 
Le  metteur  en  scène  veut-il  démon- 
trer que  rien  n'est  moins  justifié? 
Toute  porte  à  le  croire  puisqu'il  tour- 
nerait, Le  Père  Goriot  terminé,  un 
scénario  écrit  par  lui,  intitulé  Le 
Fleuve. 

Ce  personnage  principal  serait  le 
Rhône  et  c'est  tout  au  long  de  ses 
rives  que  se  déroulerait  l'action. 

• 
Qui? 

Qui  faut-il  croire?  Les  uns  disent 
qu'il  partirait  bientôt  en  Italie  pour 
tourner  un  grand  scénario  avec  sa 
fidèle  interprète.  Les  autres  an- 
noncent qu'une  grande  firme  se 
presse  de  signer  un  contrat... 

La  vérité  est  que  la  première  chose 
n'est  qu'un  projet,  la  seconde  aussi, 
mais  il  pourrait  se  faire  également 
que  M.  Le  Somptier  signe  avec  la 
puissante  firme  et  qu'il  aille  en  Italie 
tourner  son  grand  scénario... 

Le  metteur  en  scène  de  La  montée 
vers  l'Acropole,  lui...  demeure  muet. 


Lorsque  se  répandit  le  bruit  qu'on 
allait  «  le  »  tourner,  cela  fit  sensa- 
tion, on  en  parla  beaucoup.  Tous  les 
jeunes  premiers,  les  bruns,  les  blonds 
furent  en  émoi. 

Elle    —    toujours    accueillante    — 
reçut  d'innombrables  visites.  On  dit 


même  qu'elle  fixa  son  choix  sur  un 
jeune  Roumain. 

On  parla  d'un  metteur  en  scène 
connu. 

Puis  on  ne  parla  plus  de  rien  du 
tout... 

Que  s'est-il  passé?... 

Colette  a-t-elle  changé  d'avis? 

Ce  n'est  pas  aujourd'hui  encore  que 
nous  verrons  Chéri  à  l'écran. 

Projets 

La  firme  «  Lucifer  »,  dont  le  der- 
nier film  l'Epingle  rouge  fut  un  réel 
succès,  tournerait  prochainement. 
M.  Violet  a  l'intention  de  partir  très 
loin  réaliser  deux  ou  même  trois 
films. 

Nous  n'en  pouvons  aujourd'hui  rien 
dire  de  plus  précis  mais  ces  jours- 
ci... 

La  vérité 

On  avait  annoncé  que  M.  Pierre 
Magnier  allait  tourner  Cyrano.  On 
avait  même  dit  qu'il  serait  le  met- 
teur en  scène  de  l'œuvre  de  Ros- 
tand. 

Aussi  chaque  matin  chez  l'excellent 
artiste  était-ce  un  défilé  de  régisseurs 
venant  lui  demander  du  travail,  de 
figurants  le  priant  de  les  engager... 

Pierre  Magnier  n'en  dormait  plus... 
Aussi  a-t-il  annoncé  bien  haut  qu'il 
devait  en  effet  tourner  Cyrano,  mais 
engagé  seulement  comme  interprète 
par  une  grande  maison  italienne  .. 
• 
Croquis 

Les  «  réclamiers  » 

Dans  l'obscurité  des  salles,  on 
trouve  plusieurs  espèces  redoutables. 
La  dame  nerveuse  d'abord  qui,  se- 
couant fortement  les  fauteuils  voi- 
sins, trépigne  pendant  la  bataille, 
maudit  le  traître,  à  voix  haute,  ou 
pleure  bruyamment  sur  le  sort  des 
infortunés;  celle  aussi  qui,  balancée 
au  rythme  d'une  poursuite  Mack 
Sennet,  cache  alternativement  de  son 
chapeau  naturellement  vaste  la 
droite  ou  la  gauche  de  l'écran .  Le 
Monsieur  qui  change  souvent  de 
place  et  vous  écrase  les  pieds  en 
laissant  basculer  son  fauteuil  ou  celui 
qui  ôte,  remet  et  retire  constamment 


son  pardessus.  Et  encore  le  couple 
acharné  interminablement  enlacé, 
que  les  regards  exaspérés  ne  peuvent 
éviter,  le  couple  amoureux,  inévi- 
table, critique  inconsciente  des  dé- 
nouements de  drames. 

Je  passe  sur  le  monsieur  ou  la 
dame  toujours  bien  renseignée  qui 
explique  tout  haut  l'intrigue  du  ro- 
man à  épisodes  ou  vous  renseigne 
sur  Sessue  Hayakawa. 

Mais,  ces  catastrophes,  elles  nous 
épargnent  si  nous  sommes  assis 
devant  elles.  Tandis  que  les  Récla- 
miers, eux,  on  les  entend  de  dix 
rangs  de  fauteuils  à  la  ronde. 

Quand  ils  arrivent,  les  sièges  vides 
sont  trop  près  ou  trop  loin,  ou  trop 
sur  la  gauche,  ou  sur  la  droite, 
qu'est-ce  qu'ils  risquent?...  Puis, 
pour  se  débarrasser  plus  vite  de 
l'ouvreuse,  ils  la  laissent  attendre, 
muette  et  méprisante,  les  dix  sous 
qui  ne  viendront  pas. 

Mais  voici  les  actualités.  Pourquoi 
fait-on  marcher  les  enterrements 
comme  des  courses  à  pied?  Le  ciné- 
roman,  clandestinement  espéré  de- 
puis huit  jours,  les  rendra  muets 
d'angoisse  jusqu'à  la  lumière  reve- 
nue où  il  sera  complètement  idiot. 
Bien  entendu,  Chariot  est  banal  et 
Mary  Pickford  porte  fichtrement  ses 
cinquante  ans.  Un  premier  plan  de 
Nazimova  ou  de  Norma  Talmadge 
vient-il  enfin,  par  un  crispement  des 
sourcils,  d'énoncer  l'âme  sublime  et 
ravagée  d'une  artiste  admirable  : 
auprès  de  vous,  l'obscurité  insolente 
et  sévère  décrétera  (que  c'est  invrai- 
semblable de  grimacer  comme  celai) 

Ce  sont  ceux-là  qui  savent  que  le 
cinéma  est  méprisable,  qu'il  fait  du 
mal  aux  foules  et  que  la  censure  ne 
sera  jamais  assez  impitoyable, 

Au  besoin,  pour  mieux  sévir,  ils 
reverront  une  seconde  fois  l'un  des 
films  et  partiront,  maugréant,  très 
amers,  et  très  philosophes,  mais  dé- 
plorant la  semaine  entière  qui  les 
sépare  du  prochain  programme,  mais 
conscients  de  leur  contrôle,  avec  la 
satisfaction  du  devoir  accompli. 

Cette  espèce  est  le  plus  souvent 
composée  par  le  sexe  faible  :  c'est 
Madame  Réclamier. 

A    Davkn. 


cinen 


19 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


^  : 


Quand  même,  durant  l'absence  de 
mes  parents  je  réussissais  à  démon- 
ter le  châssis  de  la  fenêtre  et  tous  les 
trois  nous  commençâmes  à  errer  à 
travers  les  rues  de  la  ville,  sans 
oublier  de  rentrer  à  l'heure  voulue, 
au  logis.  Alors  le  châssis  de  la  fenêtre 
était  replacé  au  même  endroit  et 
tout  se  passait  très  bien. 

Le  soir  lorsque  les  feux  étaient 
éteints  cette  chambre  close  me  fai- 
sait peur  énormément.  Les  sombres 
histoires  de  Kyrillowna,  la  meunière 
me  revenaient  à  la  mémoire  et  je 
Iremblais  littéralement  d'angoisse. 
Malgré  la  chaleur  étouffante  qui  ré- 
gnait à  l'intérieur,  nous  nous  enfon- 
çâmes sous  la  couverture  et  ainsi, 
silencieux,  sans  bouger,  tremblants 
de  peur,  nous  restions  immobiles 
pendant  des  heures  entières. 

S'il  arrivait  à  quelqu'un  parmi 
nous  de  tousser  ou  de  respirer  forte- 
ment, il  était  immédiatement  rap- 
pelé à  l'ordre  par  les  autres. 

—  Chut!...  Ne  bouge  pas!...  Si- 
lence!... 

Et  c'était  pour  nous  une  joie  sans 
pareille  d'entendre  enfin  les  pas  de 
maman  et  sentir  ses  mains  ouvrir  la 
poi  te  d'un  geste  calme  et  précis. 

Cette  porte  donnait  dans  un  couloir 
mi-obscur  qui  faisait  partie  de  l'es- 
calier de  service  de  l'appartement 
d'une  générale.  Un  jour,  m'ayant 
rencontré  dans  le  couloir,  la  géné- 
rale m'arrêta  et  se  mit  à  me  parler 
avec  beaucoup  de  bienveillance.  En- 
suite elle  me  demanda  si  je  savais 
lire. 

—  Non. 

—  Eh  bien,  viens  me  voir.  Mon  fds 
t'apprendra  à  lire. 

Je  me  présentai  chez  elle  et  son  fils. 


un  collégien  de  seize  ans,  immédia- 
tement, comme  s'il  eut  attendu  cette 
occasion  depuis  longtemps,  se  mit  à 
m'apprendre  à  lire. 

J'appris  à  lire  assez  rapidement, 
ce  qui  causa  un  grand  plaisir  à  la 
générale,  et  bientôt  elle  prit  l'habi- 
tude de  me  garder  chez  elle  et  de  me 
faire  lire  à  haute  voix  pour  elle. 

Mais  c'est  alors  que  quelque  chose 
d'inexplicable  se  produisit  :  après 
avoir  achevé  la  lecture  d'une  page  il 
fallait  aborder  la  suivante  et  je  n'ar- 
rivais pas  à  comprendre  si  c'était  en 
avant  ou  en  arrière  qu'il  fallait  la 
retourner.  Je  ne  sais  comment  cela 
se  faisait,  mais  toujours  après  avoir 
feuilleté  les  quelques  pages  en  des 
directions  opposées  je  tombais  juste 
sur  la  page  que  je  venais  de  lire. 

La  générale  m'expliqua  longue- 
ment et  d'une  façon  très  compliquée 
comment  il  fallait  retourner  les 
pages.  Je  répondis  que  j'avais  parfai- 
tement compris  tout,  mais  je  ne  sais 
comment  il  m'arriva  encore  cette 
fois-ci  de  me  tromper  et  d'avoir  de- 
vant moi  de  nouveau  la  page  lue 
précédemment. 

Alors  la  générale  se  fâcha  et  me 
traita  d'imbécile.  Mais  même  ce 
moyen  énergique  ne  put  aider,  et 
arrivé  à  la  dernière  ligne  de  la  page 
j'hésitai  quand  même  ne  sachant  au 
juste  comment  la  retourner.  Je  finis 
par  fondre  en  larmes  et  je  crois 
n'avoir  jamais  pleuré  aussi  sincère- 
ment. 

Ces  larmes  ont  probablement  ému 
la  générale  car  elle  me  dit  : 

—  Cela  suffit.  Assez  de  lecture  !... 

Dès  ce  jour  je  cessai  mes  visites 
chez  elle. 

Peu   de   temps    après    je   trouvais 


quelque  part  le  livre  des  aventures 
du  prince  Bora  et  j'y  appris  avec  une 
grande  stupéfaction  que  Bora  réussit 
à  mettre  en  fuite  toute  une  armée  de 
cent  mille  hommes  rien  qu'avec  un 
simple  balai. 

—  Ça,  c'est  un  vrai  héros!  pensai- 
je,  si  j'avais  pu  faire  la  même  chose 
aussi!... 

Tout  plein  d'ardeur  et  animé  par  le 
désir  de  réaliser  des  exploits  inouis, 
je  sortais  dans  la  cour  et  commençais 
à  poursuivre  les  poules  de  nos  voi- 
sins qui  me  battaient  copieusement 
en  récompense. 

Je  prenais  beaucoup  de  plaisir  à  la 
lecture;  je  lisais  chaque  bout  de  pa- 
pier qui  tombait  sous  mes  yeux.  Une 
fois  je  trouvais  un  billet  rédigé  ainsi  : 

«  ...  Prière  pour  la  bonne  santé  de 
Jeraxa,  Ivan,  Eudoxie,  Fédor,  Nico- 
las, Eudoxie...  » 

Ivan  et  Eudoxie,  c'étaient  mon  père 
et  ma  mère,  Fédor,  c'est  moi,  Nicolas 
et  Eudoxie,  mon  frère  et  ma  sœur. 
Mais  qu'est-ce  que  c'est  que  ça, 
Jeraxa? 

Ce  nom  inconnu  me  paraissait 
mystérieux  et  celui  qui  le  portait 
devait  être  ou  un  sorcier  ou  un  ban- 
dit légendaire. 

A  la  fin  je  me  décidai  de  demander 
à  mon  père  : 

—  Papa,  qu'est-ce  qu'est  Jeraxa? 
Mon  père  me  répondit  brièvement: 

Je  travaillais  au  village  jusqu'à 
l'âge  de  18  ans.  Puis  je  partis  en  ville. 
Là  je  fis  tout  :  porteur  d'eau,  ba- 
layeur, dwornik  jusqu'à  ce  que  le 
pristane  (1)  Tehirikoff  m'embaucha 
comme  ouvrier. 


(A  .suivre) 


L.  Vai.tkk,  trad. 


(  1 1  Officier  de  police  dans,  la  Russie  de  l'ancien  ré 


20 


cinea 


!   LE     FILM   ! 


«  L'Art   du    Film  est    indépendant 

«  des  autres  branches  de  l'industrie 
«  cinématographique,  aussi  îndépen- 
«  dant  que  l'Art  Littéraire  l'est  de 
«  l'Industrie  du  Livre,  c'est-à-dire  de 
«  l'Imprimerie  et  de  la  Librairie.  » 

Il  me  semble  aussi  qu'on  oublie 
dans  la  crise  actuelle  ceci  : 

C'est  qu'on  ne  fait  du  film  parce 
qu'il  y  a  de  par  le  monde  lîO.000 sal- 
les de  cinéma,  mais  que  00.000  salles 
ont  été  construites  parce  qu'il  y  a 
vingt  ans  un  art  nouveau  est  né, 
plus  complet,  plus  vaste,  plus  scien- 
tifique, plus  expressif,  plus  populaire 
que  tous  les  autres. 

Et  cet  Art  nouveau  est  en  train  de 
bouleverser  le  Monde. 

Les  frères  Gutenberg  ont  découvert 
l'Imprimerie,  ils  avaient  devant  eux, 
le  trésor  accumulé  depuis  des  centai- 
nes de  siècles,  de  toutes  les  recherches 
de  l'esprit  humain. 

Leur  merveilleuse  invention  a  pré- 
cipité le  progrès  de  l'humanité  et, 
cependant,  elle  n'eut  à  ses  débuts 
pour  la  soutenir,  la  développer,  l'en- 
courager que  les  quelques  milliers 
de  savants,  d'intellectuels,  de  poètes, 
d'écrivains. 

.  .  .Mais  pensez  à  ceci  : 

L'enseignement  par  le  livre  n'a 
gagné  en  cinq  siècles  que  le  quart 
à  peine  de  l'humanité  en  laissant 
subsister  la  barrière  des  langues. 

En  vingt  ans,  sous  une  forme  d'ex- 
pression universelle  capable  d'expri- 
mer, de  suggérer,  d'enseigner,  d'in- 
terpréter la  presque  totalité  de  la 
chose  acquise  par  toutes  les  civilisa- 
tions qui  se  sont  succédées  sur  cette 
terre,  l'Art  du  Film  a  rallié  à  lui  la 
presque  totalité  des  hommes  de  toutes 
les  races,  de  toutes  les  religions,  de 
toutes  les  langues,  de  tous  les  âges. 

J'ai  dit  :  la  presque  totalité  des 
hommes. 

Qui  donc  se  détourne  de  lui  ?  Est-ce 
le  sauvage  ?  Non  pas  T  L'ignorant  ? 
Encore  moins I  -  L'ouvrier?  C'est  son 
seul  plaisir.  —  Le  bourgeois  ?  11  y 
prend  de  plus  en  plus  goût  I 

Seuls,  l'Artiste,  l'Intellectuel, 
l'Homme  Politique,  le  Financier, 
ceux-là  même  qui  auraient  du  exer- 
cer leur  influence  féconde  sur  ce 
nouveau-né  dont  la  destinée  s'an- 
nonce si  complète,  si  puissante,  si 
formidable,  ceux-là  l'ignorent,  s'en 
méfient  ou  la  méprisent. 

Nous  avons  l'ambition  de  faire 
connaître  notre  Art  et  ses  Artisans, 
et  nous  réclamons  pour  nos  Ecra- 
nistes  la  place  à  laquelle  ils  ont  droit 


dans  la  grande  famille  Intellectuelle 

et  Artistique. 

Venez  voir  ce  que  nous  faisons. 
Vous  êtes  Poète  ?  Peintre  ?  Musicien  V 
Auteur  Dramatique?  Ecrivain?  L'Art 
du  Film  a  besoin  de  vous. 

C'est  un  enfant  si  merveilleusement 
doué  que  toutes  les  Muses  l'adoptè- 
rent. Allez-vous  renier  l'héritage  de 
vos  déesses  ? 

Vous,  Poète,  qui  chantez  la  Nature 
et  la  beauté,  ne  sentez-vous  pas  cette 
irradiation  mystérieuse  des  formes 
qui  se  dégage  de  l'écran?  Aidez-nous 
à  en  découvrir  le  mystère,  à  la  per- 
fectionner, à  la  développer. 

Vous,  Peintre,  dont  la  mission  con- 
siste à  manier  les  lignes,  les  lumières 
et  les  couleurs  et  à  fixer  les  êtres  et 
les  choses  dans  une  expression  syn- 
thétique ;  venez  voir,  il  ne  nous  man- 
que que  la  couleur — et  nous  l'aurons 
demain  — pour  animer  vos  synthèses. 
Apprenez-nous  l'esthétique  picturale, 
la  valeur  des  éclairages,  les  rapports 
des  couleurs. . . 

Vous,  Musicien,  étudiez  le  rythme 
de  nos  images  ;  voyez  comme  nos 
expressions  visuelles  ressemblent  au 
développement  de  vos  phrases  musi- 
cales que  nous  essayons,  maladroite- 
ment hélas,  d'adapter  à  notre  langage 
muet. 

Songez  à  la  communion  de  ces  deux 
sens  :  la  Vue  et  l'Ouïe  —  à  la  Musique 
qui  suggère,  à  l'Image  qui  réalise. 

Vous  êtes  le  vieil  ancêtre  qui, depuis 
des  centaines  de  milliers  d'années, 
fait  résonner,  avec  quelques  notes, 
toutes  les  fibres  de  la  sensibilité 
humaine.  Nous  avons  besoin  de  vous 
pour  nous  éduquer,  nous  soutenir, 
nous  compléter.  .  . 

Vous,  Auteur  Dramatique,  Ecrivain, 
Romancier,  qui  passez  dans  la  vie 
l'œil  et  l'oreille  ouverts  à  toute  la 
misère  et  à  toute  la  beauté  humaines, 
qui  analysez  les  événements,  les 
caractères,  les  situations,  qu'atten- 
dez-vous pour  venir  à  nous  ? 

Nous  avons  puisé  dans  vos  œuvres, 
nous  avons  essayé  de  faire  revivre 
pour  l'écran,  les  héros  nés  de  votre 
imagination. 

Ce  que  vous  avez  écrit  avec  des 
mots  pour  le  Livre  ou  pour  la  Scène, 
nous  l'avons  exprimé  en  Images. 
Notre  tâche  est  rude  et  quelquefois 
décevante  I  Penchez-vous  sur  nos  tra- 
vaux, regardez  vos  œuvres  animées 
par  la  vie,  considérez  la  puissance 
dramatique  qui  se  dégage  de  ces 
tableaux  encore  imparfaits  I 

Songez  que,  par  la  magie  de 
l'écran,  les  choses  elles-mêmes  par- 
lent, agissent,  suggèrent.  Vous  avez 
ri  de  nos  revolvers  et  de  nos  télépho- 
nes. Vous  avez  eu  tort  I  La  vision 
rapide,  violente,  isolée  d'un  browning 


sur  le  coin  d'une  table  où  un  homme 
s'affaisse,  produit  une  impression 
que  vous  ne  pourrez  jamais  rendre 
avec  les  mots. 

Parce  qu'elle  n'est  qu'un  éclair 
dans  le  mouvement  de  notre  film,  il 
semble  que  cette  chose  inerte  em- 
prunte de  la  vie  et  de  la  sensibilité 
au  tableau  qui  précède  et  à  celui  qui 
suit 

Avez  vous  pensé,  vous  les  spécia- 
listes de  l'émotivité  et  de  la  sensibi- 
lité, à  tout  ce  qui  reste  à  découvrir 
dans  ce  domaine  nouveau? 

Vous,  Homme  Politique,  avez-vous 
pensé  que  10  millions  de  Français 
défilent  chaque  semaine  devant  nos 
2.500  écrans,  que  chaque  jour  il  s'en 
construit  de  nouveaux,  qu'aucun 
journal  n'a  plus  de  deux  millions 
d'abonnés  ? 

Avez-vous  pensé  à  la  proportion  de 
ceux  qui  lisent  vos  articles  ? 

Avez-vous  pensé  qu'on  ne  peut 
guère,  en  face  de  l'écran  tourner  les 
pages  pour  aller  aux  faits-divers  et 
que,  consentant  ou  réfractaire,  l'idée 
traduite  en  images  s'impose  à  l'enten- 
dement de  tous  et  s'imprime  dans  le 
cerveau  ? 

Avez-vous  pensé  à  l'influence  au 
dehors  ?  aux  00.000  écrans  du  monde 
entier  ?  aux  300  millions  de  lecteurs 
assidus  ?  à  tout  ce  rayonnement  de  la 
Pensée  Française  que  vous  devez 
aider,  encourager,  développer? 

Vous  voulez  faire  connaître  la 
France  aux  Marocains,  aux  Malga- 
ches, aux  Tonkinois,  aux  Turcs,  aux 
Chinois  .  .  Ils  ne  savent  ni  lire  ni 
écrire,  et  ils  ne  comprennent  pas 
votre  langage. 

Qu'attendez-vous  pour  employer  la 
langue  universelle  ? 

. .  Vous,  Financiers,  que  l'argent  et 
les  chiffres  seuls  intéressent,  vous 
avez  assisté  méfiants  et  souvent 
hostiles,  à  la  naissance  et  aux  pre- 
miers pas  d'un  Art  Industriel  qui, 
en  10  ans,  oui  en  10  ans,  s'est  classé 
le  troisième  de  toutes  les  Industries 
du  Monde  entier. 

Et  vous  en  êtes  encore  à  en  recher- 
cher les  tares,  et  vous  ne  voulez  pas, 
à  l'exemple  de  vos  confrères  Améri- 
cains, Anglais.  Italiens  ou  Allemands, 
en  étudier  le  mécanisme  et  les  ressour- 
ces  .  . 

Et  cependant,  c'est  pour  exposer 
nos  produits  que  00.000  immeubles 
nouveaux  ont  été  transformés  ou  ont 
surgi  de  terre  pendant  ces  derniers 
20  ans,  que  des  palaces  s'édifient  cha- 
que jour  qui  immobilisent  des  cen- 
taines de  millions  de  francs,  que  des 
studios  s'érigent  dans  les  pays  de 
soleil,  que  d'autres  s'ouvrent  au  fond 
des  caves.  .  . 

Loris  Nai.pas. 


cinea 


: 


V     A      L      L 


M     A      L      L 


Scénarios 

Beetram  Braekrn  qui  a  tourné  les 
Kazan  et  The  Mask,  deux  films 
qu'Export  et  Import  de  New-York 
offrent  à  l'étranger,  dit  que  le  publie 
aime  mieux  un  bon  scénario,  plutôt 
qu'une  pièce  dont  l'intérêt  est  la  ve- 
dette. Et  les  étoiles  qui  gagnaient 
autrefois  des  appointements  fabu- 
leux, en  ont  de  plus  modestes  et  que 
l'un  consacre  plus  d'argent  à  se  pro- 
curer des  scénarios  plus  intéressants. 
• 
La  commission  principale  du 
Reichstag,  a  discuté  ces  jours-ci  le 
budget  du  Ministère  des  Affaires 
Etrangères;  à  cette  occasion,  le  doc- 
teur Simons  s'est  prononcé  également 
pour  le  film-département  du  Minis- 
tère et  soulignait  l'importance  du 
film  pour  le  rétablissement  plus  pro- 
pice des  relations  internationale. 

Le  Syndicat  Allemand  du  film,  la 
plus  grande  organisation  des  tra- 
vailleurs de  cinéma,  lors  de  la  der- 
nière réunion  s'est  prononcé  contre 
la  communalisation  des  entreprises 
cinématographiques. 
• 

L'Union  des  Fabricants  Allemands 
de  Films  a  sollicité  le  gouvernement 
de  supprimer  le  contrôle  sur  l'expor- 
tation de  films. 

Le  28  mai,  à  9  heures  du  soir,  salle 
Gaveau,  Récital  de  violon  par  Adila 
Fachiri. 

Au  programme  :  Sonate  pour  violon 
et  piano.  César  Franck;  Adagio  et 
Fugue  en  sol  mineur,  pour  violon 
seul,  Bach  ;  Le  Trille  du  Diable, 
Tartini  ;  a)  Romance  en  fa  majeur, 
Beethoven,  b)  Rit  mi  et  capitain 
Fracasse,  Castelnuovo,  c)  Varia- 
tions, Tartini-Kreisler;  a)  En  bateau, 
Debussy,  b)  Danse  Hongroise, 
Brahms-Joachim,  c)  Z  a  pâte  ado, 
Sarasate. 

• 
Fantasio-Films  : 

Notre  aimable  confrère  dont  le  pari- 
sianisme est  connu,  goûté,  va  créer 
une  série  de  films  qui  portera  son 
nom.  Le  scénario,  très  court,  devra 
faire  revivre  un  des  côtés  amusants, 
élégants,  pittoresques  de  la  vie  de  la 
Capitale, 


Envoyer  les  sujets  sous  forme  de 
nouvelle  ou  de  fantaisie  (2  pages  de 
Fantasio)  avant  le  11  juin.  Chaque 
auteur  primé  recevra  500  francs.  En 
outre,  parmi  les  dix  nouvelles  rete- 
nues, une  somme  supplémentaire  de 
2.000  francs  sera  répartie  entre  les 
quatre  nouvelles  les  plus  aptes  à  être 
mises  à  l'écran. 

Pour  les  autres  conditions  du  con- 
cours s'adresser  à  Fantasio,  1,  rue 
de  Choiseul. 

• 

Voici  un  livre  émouvant  :  il  est 
vrai  comme  la  douleur  :  La  Prière 
sur  l'Enfant  Mort,  par  Mme  Jane 
Catulle-Mendès.  C'est  le  livre  d'une 
mère,  c'est  aussi  celui  de  toutes  les 
mères  qui  ont  cessé  de  recevoir  les 
lettres  tant  attendues,  qui  se  sont 
retenues  à  un  espoir,  et  qui,  un  jour, 
ont  dû  se  rendre  à  la  tragique  évi- 
dence. 11  commence  comme  un  jour- 
nal intime  :  un  doute  d'abord,  puis 
l'inquiétude  qui  se  glisse  entre  les 
lignes,  grandit,  devient  cauchemar, 
et  enfin  vérité  T  Reliquaire  où  sont 
rassemblées  toutes  les  lettres  de  l'en- 
fant —  et  celui-ci  s'appelait  Jean- 
Primice  Mendès,  et  nous  l'avons 
connu, — il  offre  aussi  à  la  charmante 
mémoire  du  héros  un  bouquet  de 
regrets,  de  ferveur  et  d'adoration  T 
(Librairie  A.  Lemerre.) 
• 

Et  c'est  ici  le  livre  des  amants  : 
Une  d me  en  peine,  pages  de  guerre, 
pages  d'amour, par  J.-M.  Fontanges. 
I  ne  grande  douleur  s'y  exprime  dans 
de  courts  poèmes  en  prose  ;  des 
phrases  simples  jalonnent  les  étapes 
de  ce  nouveau  calvaire.  Comme  dans 
le  livre  de  Mme  Jane  Catulle-Mendès, 
nous  suivons  ici  pas  à  pas  l'inquié- 
tude dans  son  avance  sournoise. 
L'ami  qui  n'écrit  plus,  mais  dont  nul 
ne  connaît  le  sort,  est  toujours  pré- 
sent dans  ce  livre  où  quelques  nota- 
tions du  plus  troublant  et  du  plus 
intime  réalisme  se  mêlent  à  des  envo- 
lées pleines  d'émotion  et  de  lyrisme. 
Ces  livres,  il  faut  en  parler  avec 
discrétion  ;  et  on  doit  les  lire  avec 
recueillement  :  car  en  tournant  cha- 
que page  on  peut  y  reconnaître  le 
visage  de  sa  propre  douleur.  (Editions 
Fast.) 


L'Atlantide. 

Parmi  les  efforts  que  fait  actuelle- 
ment le  cinéma  français  pour  s'affir- 
mer le  premier  à  la  face  du  monde, 
l'une  des  tentatives  les  plus  considé- 
rables a  été  entreprise  en  faveur  du 
beau  roman  de  Pierre  Benoît  : 
L'Atlantide  qui  a  été  tournée  au  prix 
de  quelles  difficultés  et  de  quels 
dangers,  en  plein  désert,  par  l'habile 
et  talentueux  metteur  en  scène  Jac- 
ques Feyder,  entouré  d'une  troupe 
admirablement  choisie  et  à  la  tête  de 
laquelle  se  trouvait  Stacia  Napier- 
kowska,  interprète  idéale  d'Antinéa. 

Le  4  Juin  à  deux  heures  et  demie 
précises,  la  Société  pour  le  dévelop- 
pement de  la  cinématographie  fran- 
çaise présentera  tout  spécialement 
—  et  sur  invitation  —  ce  film  sensa- 
tionnel au  Gaumont-Palace. 

Tous  les  lettrés,  tous  les  artistes 
voudront  applaudir  les  premiers 
l'une  des  plus  pures  merveilles  de 
cet  art  si  français  :  le  cinématogra- 
phe. 


[BONSOIR 

■ 

■ 
■ 

■ 

j  Vo us    dira    quels 

m 
m 

\sont   les  bons   soirs 

m 

\  du  cinéma .. 

■ 

■ 
■ 

■ 
■ 
■ 
■ 
■ 
■ 

\Si    Vous   aimez   le 

m 
m 
m 

\  cinéma,  Vous  aimez 

m 
m 
m 
m 
m 
m 
m 
m 

Ibonsoir 


Envoyez  nous  un  scénario  ciné- 
graphique.  Desjournauxcomme 
Le  Film,  Ciné  pour  tous.  Bon- 
soir, en  ont  publiés  d'excellents 
qui  vous  ont  appris  le  décou- 
page, le  style  et  le  mouvement 
de  ces  ouvrages  spéciaux. 
Essayez  de  composer  un  thème 
d'écran,  drame  ou  comédie, 
découpez-le  et  bornez  vous  à 
des  moyens  simples  :  peu  de 
décors,  peu  de  personnages 
mais  beaucoup  de  sincérité,  un 
peu  de  goût,  et  du  talent  si 
vous  pouvez 

Jury  :  Dans  ce  Jury  seront 
représentés  les  metteurs  en 
scène  (J.  de  Baioncelli,  Mar- 
cel L'Herbier,  Léon  'Poirier, 
T^ene  Le  Somptier,  etc.)  les 
interprêtes  (Signoret,  Van 
Daële,  André  Nox,  Séverin- 
Mars,  etc.)  et  les  spectateurs 
Boisyvon,  René  Bizet,  Canudo, 
J.-L.  Croze,  Fréjaville,  Lio- 
nel Landry,  P.  de  la  ïBorie, 
Pierre  Henry,  Pierre  Seize, 
Urviller,  Marcel  Yonnet,  etc.) 

Clôture  :  La  date  extrême 
pour  1  envoi  des  manuscrits  est 
fixée    au     I  "    Août   prochain. 

Prix  :  Le  meilleur  scénaiio 
choisi  par  le  Jury  recevra  un 
prix  de  Mille  francs  et  sera 
publié  dans  Cinéa,  si  l'auteur 
le  désire.  Et  bien  entendu 
Cinéa  s'emploiera  à  le  faire 
connaître  des  maisons  d'édi- 
tions françaises 


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graphique  en  plein  air, 
en  studio,  etc.,  tout  ce 
qui  se  rapporte  à  l'écran 
et  pourra  résumer  en 
quelque  sorte  les  coulis- 
ses du  Cinéma.  Le  Jury 
sera  composé  de  six 
opérateurs  français  : 
MM.  Bousquet,  Chaix, 
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NeW'York  et  Terrible  Adversaire,  reparait  avec  l'éblouissant  Douglas  for  ever  et,  dans  quelques  jours.  Le  métis 

où  nous  retrouverons  sa  charmante  partenaire  Jewel  Carmen. 

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représentés  les  metteurs  en 
scène  (].  de  Baroncelli,  Mar- 
cel L'Herbier,  Léon  "Poirier, 
T^ené  Le  Somptier,  etc.)  les 
interprêtes  (Signoret,  Van 
Daële,  André  Nox,  Séverin- 
Mars,  etc.)  et  les  spectateurs 
Boisyvon,  René  Bizet,  Canudo, 
J.-L.  Croze,  Fréjaville,  Lio- 
nel Landry,  P.  de  la  {Roric, 
Pierre  Henry,  Pierre  Seize, 
Uroiller,  Marcel  Yonnet,  etc.) 

Clôture  :  La  date  extrême 
pour  1  envoi  des  manuscrits  est 
fixée    au     Ie'    Août   prochain. 

Prix  :  Le  meilleur  scénario 
choisi  par  le  Jury  recevra  un 
prix  de  Mille  francs  et  sera 
publié  dans  Cinéa,  si  l'auteur 
le  désire.  Et  bien  entendu 
Cinéa  s'emploiera  à  le  faire 
connaître  des  maisons  d'édi- 
tions françaises 


cinea 

10,   RUE  DE  L'ELYSÉE 
PAR  IS  


LES   STARS 

D'AMÉRIQUE 

SONT  EN  PHOTO  CHEZ 

J.  THIOLAT.  37,  rue  Ampère 

Paris  117e! 

=  Elsie   Janis  - 


N  Talmadge  =  O  Thomas 
C  Talmadge  ■  O-  Moore 
M-  Davies  =  E  O'Brien 
O.  Brady  =  E  Hammerstein 
=====  C.  Kimball  Young  == 

10  PHOTOS 
pour  2.50  (franco) 


./\lbum  officiel  du  Concours 
de  Beauté  des  Provinces  de 
France  (publié  par  le  Journal, 
édité  par  Comœdia  illustré). 
Dans  ce  magnifique  album 
seront  reproduits  les  portraits 
de  toutes  les  lauréates  du 
concours,  dans  leurs  costumes 
régionaux.  Prix  de  souscrip- 
tion :  i5  francs.  Ce  prix  sera 
porté  à  20  fr.  dès  l'apparition. 
Adresser  demandes  et  man- 
dats au  Journal,  100,  rue  de 
=====    Richelieu    - 


BONSOIR 

Vous  dira  quels 
sont  les  bons  soirs 
du  cinéma .. 

Si  Vous  aimez  le 
cinéma,  Vous  aimez 

BONSOIR 


CONCOURS 


DE 


PHOTOGRAPHIES 
D' AMATEURS 


Envoyez  à  Cinéa  des 
photos  de  n'importe 
quel  format,  représentant 
des  acteurs  de  ciné  dans 
la  vie  privée,  ou  des 
aperçus  du  travail  ciné- 
graphique  en  plein  air, 
en  studio,  etc.,  tout  ce 
qui  se  rapporte  à  1  écran 
et  pourra  résumer  en 
quelque  soite  les  coulis- 
ses du  Cinéma.  Le  Jury 
sera  composé  de  six 
opérateurs  français  : 
MM.  Bousquet,  Chaix, 
Gibory,  Irvin,  Forster  et 
Lucas 


Au    prochain    numéro, 
la    liste    de    nos    prix. 

cinéa 

10,   RUE  DE  L'ELYSÉE 
PA  RIS   : 


cinea 


M         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi    3    au   Jeudi    9   Juin 


2e    ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des 
Italiens. —  De  Gérardmer  éi  fVildenstein. — 

Les  actualités  de  la  semaine.  —  La  rose  de 
Grenade,  scène  de  mœurs  espagnoles  avec 
Suzanne  Talba  —  Potiron  homme  invisible, 
dessins  animés.  —  Le  sens  de  la  mort,  de 
Paul  Bourget,  interprété  par  André  Nox. 

—  Attraction  :  Vaseç,  Ramseç  et  Green,  the 
popular  Comedians  presenting  soin  new 
ideas  in  comédy. 

Cinéma  de  la  Presse.  12s.  rue  Mont- 
martre. —  La  célèbre  fontaine  d'Arangueç. 

—  jaek  cherche  un  emploi,  avec  William 
Russell.  —  Voleurs  de  femmes,  6<*  épi- 
sode. —  Marias,  comédie  dramatique.  — 
Zigoto  et  les  carrières,  comique. 

Parisiana.  27.  boulevard  Poissonnière. 
Gutenberg  56-70.  —  Rome,  2e  promenade, 
plein  air.  —  Paul  à  frire,  comique.  —  Les 
aventures  de  Pépita,  comédie  sentimentale. 
— Parisiana-jourual,  actualités.  —  La  Honte, 
drame    interprété  par  Louise  Glaum.  — 

—  Chariot  mitron,  comique.  —  En  supplé- 
ment de  7  h  1/2  à  8  h.  1/2.  excepté  diman- 
ches et  fêtes  :  Flipotle,  interprété  par 
Signoret  et  André  Brabant. 

Omnia-Pathe  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Pathè- Journal,  actualités.  — 
Le  cachet  de  cire,  comédie  dramatique.  — 
Beaucitron  et  le  sous-marin,  comique.  — 
Supplément  facultatif:  La Pocbarde,  1e1'  épi- 
sode :  les  flammes  mortelles. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Journal.  —  La  roue  infer- 
nale, comique.  —  Au  pays  des  loups,  comé- 
die dramatique.  —  Picratt  jockey,  comique. 

—  En  supplément  facultatif  :  Le  Roi  de 
l'audace,  ciné-roman  en  10  épisodes. 4°  épi- 
sode :  Le  mauvais  destin. 

3<=    ARRONDISSEMENT 

Pathé-Temple.  —  Pathe-Journal.  — 
Beaucitron  et  le  sous  marin,  comique.  — 
Le  cachet  de  cire,  comédie  dramatique.  — 
La  Pocbarde,  cinéroman  en  12  chapitres. 
d'après  le  roman  de  Jules  Mary,  Mise  en 
scène  de  M.  Etiévant,  interprété  par  Jacque- 
line Forsane.  ier  chapitre:  Les  Flammes 
mortelles.  —  L'Homme  aux  trois  masque. 
7e épisode  :  Le  marquis  de  Santa-Fiore. 

Théâtre  du  Kinérama,  37,  boulevard 
Saint-Martin.  Archives  4J-16,  directeur 
M  Imbert  —  L'irascible  épouse  d'Ugéne, 
comique. —  Les  Trésors  du  cœur,  comédie 
sentimentale. —  Fatty  aux  bains,  comique. 

—  Lharley  à  l'école,  comédie. 


Palais    des    Fêtes,  8,  rue  aux  Ours.  — 
Salle  du  rez-de-chaussée 
Picratt  Jockey,  comique  à  trucs  en  2  parties. 

—  Le  sens  de  la  mort,  drame  philosophique 
en  4  actes  de  Paul  Bourget,  de  l'Académie 
Française  ;  interprété  par  André  Nox.  — 
La  pocbarde.  ic  chapitre  :  Les  flammes 
mortelles  —  Beaucitron  et  le  sous-marin, 
comique. 

Grande  salle  des  fêtes  du  ier  étage 
Le  sous-marin  du  capitaine  Heaucitron, 
comique.  —  Au  pays  des  loups,  comédie 
dramatique  en  4  parties,  interprétée  par 
Charles  Ray.  —  L'Epingle  rouge,  ^rand 
drame  en  s  actes.  Pathe-  ournal.  — 
L'Homme  aux  trois  Masques.  7  épisode  : 
Le  marquis  de  Santa-Fiore. 

4*   ARRONDISSEMENT 

Saint-Paul.  73,  rue  Saint-Antoine. 
--  La  Grande  Kabylie,  plein  air.  —  Saint- 
Paul-Journal.  —  L'Homme  aux  trois  mas- 
ques. 7'  épisode  :  Le  marquis  de  Santa- 
Fiore.  —  Beaucitron  et  le  sous-marin,  comi- 
que. —  La  Pocbarde,  cinéroman  en  12 
chapitres,  d'après  le  célèbre  roman  de  Jules 
Mary  1"  chapitre  :  Les  flammes  mor- 
telles. —  L'épingle  rouge,  d'après  la  nou- 
velle de  M.  Bienaime,  drame. 

5'    ARRONDISSEMENT 

Chez  Nous,  26,  rue  Mouffetard.  —  Fleur 
des  Indes,  somptueuse  vision  orientale.  — 
Bigorno  voyage,  fou-rire. —  Un  contre  tous. 
2 -  épisode  :  Le  ravin  maudit. 

Saint-Michel-Cinéma.  7.  place  Saint- 
Michel. —  Attraction  :  Les  Tbrem-nate.  — 
Actualités.  —  Les  3  masques,  de  M.  Henry 
Krauss.  —  Ce  doux  Fatty . 

Mésange.  t,.  rue  d'Arras,  Pathé-Journal. 

—  Patbc-Rcvuc  n"  22. —  L'homme  aux  trois 
masques.  6e  épisode  :  La  Fille  du  Forçat. — 
Gigolette,  4e  époque  :  Rédemption.  -  Une 
Poule  cbe{  les  coqs,  interprété  par   Prince. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Gaumont-actualitcs.  —  L'Américain. 
comédie  dramatique  avec  Douglas  Fair- 
banks  et  Aima  Rubens.  —  Attraction  :  Les 
Portellv. —  Gigolette,  4e  époque  :  Rédemp- 
tion. —  Le  Salut  de  Fatty,  comique. 

6e  ARRONDISSEMENT 

Danton-Cinéma-Palace,  99-101,  boule- 
vard Saint-Germain.  —  Une  Foule  ebe;  les 
coqs,  comédie.  —  L'homme  aux  trois  mas- 
ques, 6e  épisode.  —  Lès  naufrages  du  sort, 
comédie  dramatique-  Gigolette,  4e  époque. 

—  Gaumont-actuaiités. 


THÉÂTRE 


DU 


COLISEE 

CINÉMA 

38,  Av.  des  Champs  Élysées,  38 


Direction  : 

P.MALLEVILLE 


Téléphone  : 

ELYSÉE  29-46 


Programme  du  3  au  9  Juin 

Potiron,  homme  invisible,  dessins 

animés. 
Picratt  jockey. 

Au  pays  des  Loups,  avec  Char- 
les Ray. 

Gaumont-  Actualités . 

Le  Sens  de  la  Mort. 


cinea 


André  Nox  au  Cinéma 


Je  crois  que  l'on  a  tort  de  dire  que  le  Cinéma  est  «  un 
art  muet  ».  On  devruit  plutôt  accorder  cette  désignation 
a  la  peinture  et  à  la  sculpture. 

Le  Cinéma  est  un  «  art  vivant  »  qui  «  parle  »  aux  yeux 
au  lieu  de  parler  aux  oreilles.  C'est  de  la  sculpture  et  de 
la  peinture  animées.  Il  dispose  de  moyens  plus  complets 
d'expliquer  et  de  faire  «  éprouver  »  que  le  tableau  d'un 
maître  ou  le  chef-d'œuvre  d'un  statuaire  qui  ne  valent 
que  par  les  sensations  différentes  qu'il  suggère  en  chacun 
de  nous,  selon  nos  mentalités  particulières. 

Plus  je  travaille,  plus  je  me  rends  compte  que  le  cinéma 
est  un  art  spécial  qui  diffère  de  tous  les  autres  et  surtout 
de  ses  proches  parents,  la  mimique  et  le  théâtre. 

Ce  qu'il  faut,  par  dessus  tout,  à  un  interprète  cinéma- 
tographique, c'est  une  grande  conscience  artistique  :  le 
feu  sacré.  Si  «  tourner  »  pour  lui,  n'est  qu'un  métier,  il 
devrait  s'abstenir. 

Il  doit  vivre  réellement  son  rôle,  incarner  exactement 
son  personnage,  non  pas  seulement  au  studio,  pendant 
les  séances  photographiques,  mais,  chez  lui,  partout, 
durant  toute  la  réalisation  du  scénario. 

Si  un  artiste,  possédant  le  masque  nécessaire,  est  con- 
vaincu et  sincère,  s'il  souffre,  il  est  bon.  Il  saura  imposer 
au  spectateur  les  sentiments  intimes  de  son  personnage, 
il  l'obligera  à  comprendre,  il  forcera  le  succès  par  con- 
séquent. 

Parmi  tous  mes  films,  deux  rôles,  surtout,  m'ont  parti- 
culièrement fait  souffrir  :  Le  Penseur  et  Michel  Ortègue 
du  Sens  de  la  Mort.  Ce  sont  mes  deux  drames  préférés. 

Je  ne  peux  revoir  ces  productions  à  l'écran  sans  ressen- 
tir à  chaque  fois  les  douleurs  morales  et,  même,  phy- 
siques de  ces  deux  grandes  figures. 

J'ai  beaucoup  aimé,  aussi,  Plus  loin  que  l'Amour  — 
Johannès  /ils  de  Johannès  —  Ames  d'Orient  —  La  Mon- 
tée vers  l'Acropole  —  L'ami  des  Montagnes. 

Tous  ces  rôles  m'ont  beaucoup  plu  . .. 

Je  tourne,  en  ce  moment,  pour  la  marque  André  Le- 
grand,  avec  Mme  Germaine  Dullac,  un  très  beau  film, 
intitulé  :  La  Mort  du  Soleil.  Je  crois  que  sa  haute  portée 
morale,  l'excellente  propagande  qu'il  contient  devront 
intéresser  les  spectateurs  de  tous  les  pays. 


Hervil  m'attend  à  Londres  où  je  dois  interpréter  Le 
Crime  d'Arthur  Saville  d'Oscar  Wilde.  J'éprouve  une 
très  vive  satisfaction  à  l'idée  de  collaborer  avec  les  plus 
grandes  vedettes  anglaises. 

Après...  je  ne  sais  pas.  Peut-être,  j'aiderai  un  ami  delà 
première  heure  à  faire  triompher  le  film  Français,  sur  le 
Marché  Mondial.ee  à  quoi  il  travaille  sans  relâche  depuis 
plusieurs  années.  Le  moment  est  peut-être  venu... 

J'ai  tant  de  propositions,  tant  de  projets  T.. 

Et  voilà... 

Voulez-vous  me  permettre  d'écrire  ici  une  véhémente 
protestation  î 

C'est  un  crime  d'obliger  les  artistes  à  travailler  dans 
des  studios  dont  les  appareils  lumineux  ne  sont  pas  pour- 
vus de  verres  plombagines.  Pourquoi  infliger  à  nos  yeux 
une  souffrance  inutile  ! 

Les  metteurs  en  scène  devraient  mettre  à  l'index  le» 
établissements  qui  s'entêtent  dans  leur  routine,  pour 
nous,  si  préjudiciable. 

André  Nox. 


cinea 


Programmes    des    Cinémas   de    Paris 


Régina-Aubert-Palace.  155,  rue  de 
Rennes.  —  Aubert-Journal,  les  actualités 
du  monde  entier.  —  Eddie  Polo  dans  Le 
roi  de  l'audace,  ciné-roman  en  10  épisodes 
publié  par  La  Presse.  3e  épisode  :  Une 
attaque  audacieuse.—  Une  Etoile,  comédie 
comique.  —  Patbc-Revue.  —  Jack  médecin 
malgré  lui,  comédie  dramatique,  avec  Wil- 
liam Russell.  --  Chariot  joue  Carmen  fan- 
taisie comique  en  2  épisodes  avec  Charlie 
Chaplin  ier  épisode  :  Le  coup  de  foudre. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma-Sèvres,  80  bis.  rue  de  Sèvres, 
(angle  du  boulevard  de  Montparnasse, 
boulevard  des  Invalides).  Fleurus  28-09.  ~~ 
Jack,  médecin  maigre  lui,  comédie  gaie 
interprété  par  William  Russell.—  Gigolette, 
4e  époque  :  Rédemption.  —  Patbè-Joumal. 

—  Patbé-Revue,  —    Attraction    sensation- 
nelle. 

Cinéma  Bosquet,  83.  avenue  Bosquet. 
Direction  G.  Movse.  —  Chariot  marquis. 
comique.  —  L'Homme  aux  trois  masques. 
6e  épisode  :  La  Fille  du  Forçat.  —  Le  fin 
diseur  Salvator.  de  l'Eldorado,  dans  ses 
créations.  —  La  légende  du  saule,  avec 
Viola  Dana. 

8e   ARRONDISSEMENT 

Théâtre  du  Colisée.  38,  avenue  des 
Champs-Elysées.  Direction  Malleville.  — 
Potiron,  homme  invisible,  dessins    animes. 

—  J  ieralt  Jockey.  —  Au   Pays  des  Loups. 
avec  Charles  Ray.  —  Gaumout-actualités. 

—  Sens  de  la  mort.  —  Elysées  29-46. 
Pépinière-Cinéma,  9,  rue  de  la  Pépi- 
nière. —  La  chasse  aux  requins.  —  La  fuite 
de  Jackson  Bill,  comédie  d'aventures.  — 
Dandy  gabier,  comique.  —  L'Homme  aux 
trois  masques,  7e  épisode.  —  Pépinière- 
Journal.  —  Les  naufragés  du  sort,  comédie 
dramatique.  —  Intermède  :  Mars  Moncey, 
diseuse  gaie. 

Alcazar  d'été,  Champs-Elysées.  — 
Scènes  de  la  Vie  de  Bohême,  avec  Alice  Bra- 
dy.  —  Le  voyage  de  noces  de  Sii{y. 

9e  ARRONDISSEMENT 
Aubert-Palace,  28,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  La  Grande  Kahylic,  plein  air.  — 
Nouveautés  journal.  —  Picratt  Jockey. 
comique.  —  L'homme  aux  trois  masques. 
7e  épisode:  Le  marquis  de  Santa-Fiore  — 
Un  drame  sous  Napoléon,  2e  époque. 


Delta-Palace-Cinéma. 


boulevard 


Rochechouart.  —  Delta-Journal.  —  Was- 
hington il  vol  d'oiseau,  voyage.  —  Fatty  et 
Mabel  en  ménage,  comique.  —  Betsy  Love 
comédie  sentimentale  en  3  parties.  — 
Le  Tourbillon. 6e épisode:  La  passerelle  tragi- 
que. —  Fleur  des  Neiges, drame  en  5  parties. 
Intermède  :  Jane  Hilton,  l'exquise  diseuse 
à  voix  dans  ses  créations. 

Cinéma-Rochechouart,  66,  rue  de  Ro- 
chechouart. Gutenberg  60-11).  Directeur  : 


M.  A.  Jallon.  —  Eclair-Journal.  —  Le 
Sa/ vie  du  grand  magasin,  comique  en  2  par- 
ties. —  La  Petite  Sirène,  comédie  en  3  ac- 
tes. —  L'Homme  aux  trois  masques.  70  épi- 
sode :  Le  marquis  de  Santa-Fiore.  — 
L'ingénieux  ingénieur,  comédie  dramatique 
en  4  parties.  —  Intermède  :  Les  Franlix. 
chutes  mortelles  acrobatiques. 


DESSIN  DE  klNAlt  M-.lt.MANN 

NIKITA  BALIEFF 

l'ironique  et  l'impérieux  producer  de 
la  Chauve-Souris  qui  a  présente,  sur 
la  scène  du  Théâtre  Femina,  des 
«  numéros  «  remarquables  comme 
Katinka.  Chanson  teigane.  Le  Restau- 
rant Yard.  Parade  des  Soldais  de 
bois.  Les  Frères  Zait{cff .  etc. 


10e    ARRONDISSEMENT 

Folies-Dramatiques,  boulevard  Saint- 
Martin.  —  La  Reine  Margot.  —  Zidore  ou 
les  métamorphoses,  joué  par  Biscot.  — 
L'Homme  aux  trois  masques.  7e  épisode. 
Le  Pierrot  rouge.  —  Bertou. 

Cinépax,  30.  boulevard  Bonne-Nou- 
velle.   —   Patbe-Jounial.      -    La  Pochaide. 


le  grand  ciné-roman  de  Jules  Mary. — 
Beaucitron  et  le  sous-marin,  comique.  — 
Le  cachet  de  cire. —  Nuage  et  rayon  de  soleil, 
jnué  par  la  petite  Mary  Osborne. 

Cinéma-Palace,  42,  boulevard  Bonne- 
Nouvelle.  —  Jack  médecin  malgré  lui.  — 
Pathe-Joiirual .  --  A;i{  bav  anarchiste.  — 
m  minutes  an  Music-Hall. —  L'Homme  aux 
trois  masques,"]*  épisode. grand  ciné-roman. 

—  Les  chansons  filmées  de  Lordier.  — 
Attractions  :  Fortini,  Jillard. 

Crystal  Palace-Cinéma,  9,  rue  de  la 
Fidélité,  96.  faubourg  Saint-Denis.  — 
Nord  07-59.  —  Jack  médecin  maigre  lui, 
comédie  dramatique  avec  William  Russell 
L'Indomptable,  avec  Frank  Mayo.  —  Les 
Glaces  fumantes,  documentaire.  — Palace- 
Journal  .actualités de  la  semaine.—  Attrac- 
tion :  Danvers,  dans  son  répertoire. 

Paris-Ciné,  i7,  boulevard  de  Stras- 
bourg.—  Le  cachet  de  cire,  drame.—  Pathe- 
Joumal.  —  La  '  ocharde,  le  grand  ciné- 
roman  de  Jules  Mary.  —  Nuage  et  rayon 
de  soleil,  joue  par  la  petite  Mary  Osborne. 

—  Beaucitron  et  le  sous-marin,  comique. 
Cinématographe    Porte    Saint-Denis. 

8,  boulevard  Bonne-Nouvelle  —  Tourneur 
sur  bois,  documentaire. —  Le  Mentor, comé- 
die dramatique.  — L'étreinte  de  la  pieuvre. 
5e  épisode. —  La  culotte  de  Fatty, comique. 
Tivoli,  ic).  faubourg  du  Temple.  — 
Les  coulisses  du  Cinéma  11"  ô.  —  Tivoli- 
Journal.  —  L'homme  aux  trois  masques. 
7e  épisode  :  Le  marquis  de  Santa-Fiore.  — 
Lui...  chc{  les  Cow-boys,  comique.  —  La 
rose  de  Grenade,  comédie  dramatique,  inter- 
prétée par  Suzanne  Talba.  —  Un  drame 
sous  Napoléon.  1"'  époque. 

11e    ARRONDISSEMENT 
Voltaire- Aubert-Palace,  95,  rue  de  la 

Roquette.  —  Le  salut  de  Fatty,  comique 
avec  Fatty  Arbuckle.  —  Eddie  Polo  dans 
Le  roi  de  l'audace,  ciné-roman  en  10  épiso- 
des publié  par  La  Presse,  4e  épisode  :  Le 
mauvais  destin.  —  L'Epingle  rouge,  grand 
drame.  —  Chariot  joue  Carmen,  fantaisie 
en  deux  épisodes.  2e  épisode  :  Souvent 
femme  varie.  —  La  Pochante,  drame  en 
12  chapitres.  Ier  chapitre  :  Les  flammes 
mortelles. 

i2<=  ARRONDISSEMENT 

Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Gaumont- 
Actualités.  —    Le  salut  de  Fatty.  comique. 

—  L'Indomptable, drame  avec  Frank  Mayo. 
L'Epingle  rouge,  nouvelle  dramatique.  — 
Attraction  :  Le  trio  Charley  météore.  — 
La  Pocharde,  drame  en  12  chapitres. 
ier  chapitre  :  Les  flammes  mortelles, 

i3c  ARRONDISSEMENT 

Gobelins,  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 

Pathé-Jourual.  —  Patbé-revue  n°  22.  — 
L'homme  aux  trois  masques.  0e  épisode  :  La 


cinea 


Programmes   des    Cinémas   de    Paris 


Fille  du  Forçat.  —  Gigolette,  ^  époque: 
Rédemption.  —  Une  Poule  cheç  les  Coq. 
avec  Prince. 

14e    ARRONDISSEMENT 

(iaitè  rue  de  la  Gaieté. —  Pathè-Journal. 
Patbè-Revue.  —  L'Homme  aux  trois  mas- 
qués, y1'  épisode  :  Le  marquis  de  Santa 
Fiore.  —  Gigolette,  V  époque  :  Rédemp- 
tion.—  Une  Poule  cbeç  les  Coq.  avec  Prince. 

Splendide-Cinéma,  5,  rue  Larochelle. 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  Un  Plein  air. 
—  Les  actualités  de  Splendide-Cinéma.—  La 
lutte  au  sein  des  flots.  —  :ack  médecin 
maigre  lui,  grande  scène  d'aventures  en 
5  actes  avec  William  Russell.  —  Le  Destin 
ronge,  drame  avec  Van  Daéle. 

15e  ARRONDISSEMENT 
Grenelle,  122.  rue  du  théâtre  Pathé- 
journal.  —  Pathé-Rcvuc  11022.  —  L'homme 
aux  trois  masques.  7e  épisode:  Le  marquis 
de  Santa-Fiore.  —  Gigolette.  4e  époque  : 
Rédemption.  —  Une  Poule  chef  les  Coq. 
avec  Prince. 

Splendide-Cinéma-Ralace.  6o,  avenue 
de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-03.  M.  Messie, 
directeur. —  Pathè-Journal.  —  Patbè-Revue, 

—  L'homme  aux  trois  masques.  70  épisode  : 
Le  marquis  de  Santa-Fiore.  —  Un  drame 
sous  Napoléon,  ire  partie.  —  Gigolette, 
4e  époque:  Rédemption. —  Agénor  le  bieu- 
<;/»/<',  comique. —  Intermède  :  Mlle  Fer- 
nande Desnoyers,  chanteuse  à  voix.  — 
Tousles  jeudis  à  2  h.  1/2:  Matinée  spéciale 
pour  la  jeunesse. 

Grand  Cinéma  Lecourbe.  115,  rue  Le- 
courbe.  Saxe  56--I3.  —  Un  drame  sous 
Napoléon,  film  historique.  —  Voleurs  de 
femmes.  8e  épisode:  Volée  dans  les  nuages. 
Une  Salome  moderne,  comédie  dramatique 
avec  Miss  Hope  Hampton.  —  Gaumout- 
aelualites.  —  Attraction  :  Freed  and  M  M' s. 
les  célèbres  cyclistes  comiques  de  l'Alham- 
bra. 

i6<=     ARRONDISSEMENT 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy. —  Le  Raton. 
documentaire.  —  Tsoin-Tsoin  en  Chine. 
dessins  animés.  —  Trois  maris  pour  une 
femme,  comédie  dramatique.  —  Gaumont- 
actualitès,  —  Les  Vautours,  grande  scène 
dramatique  — Fat tv  joue  Douglas, comique. 

Mozart-Palace,  49,  51,  rue  d'Auteuil. 
16e.  —  Programme  du  3  au  6  juin.  —  Cine- 
Magasine.  —  L'homme  aux  trois  masques. 
Ie  épisode  :  Le  marquis  de  Santa-Fiore. — 
Dandy  tient  la  bonne  place,  comique.  — 
Un  drame  sous  Napoléon,  2«  époque.  — 
Eclair  Journal.  —  Programme  du  7  au 
juin  192 1.  —  Aarhus,  cité  danoise.  —  La 
vie.  l'amour  et  la  mort,  de  Marie  Corelli, 
adapte  par  Maurice  Elvey. —  La  Pocharde, 
en  12  chapitres,  d'après  le  roman  de  Jules 
Mary,  ^'chapitre  :  Les  Flammes  mortelles. 

—  Le  salut  de  Fatty,  comique.  —  Patbè- 
Jourual. 


Maillot-Palace-Cinéma.  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée. —  Programme  du  3  au 
(1   juin    192   .    —    Aarhus,    cite     danoise. 

—  La  pocharde,  en  12  chapitres  d'après  le 
roman  de  Jules  Mary,  icr  chapitre  :  Les 
I  lammes  mortelles.  —  Le  salut  de  Fatty. 
comique.  —  La  Vie.  l'Amour  et  la  Mort. 
de  Mary  Corelli,  adapté  par  Maurice  Elvey. 
Pathè-Journal.  —  Programme  du  7  au  m 
juin  1921. —  Ciné-magaçine.—  L'hommeaux 
trois  masques,  7e  épisode  :  Le  marquis  de 
Santa-Fiore.  —  Dandv  tient  la  bonne  place, 
comique.  —  Un  drame  sous  Napoléon. 
2''  époque. —  Eclair-Journal,  actualités. 

Théâtre  des  Etats-Unis.  56  bis,  avenue 
Malakoff. —  Les  Deux  Gamines.  12e  épisode  : 
Le  Retour  —  Constance  Talmadge  dans 
Les  Prétendants  de  Lucie.  —  Le  célèbre 
film  d'Henry  Roussell  :  Visages  voilés... 
Ames  closes .  .  . ,  interprété  par  Emmy  Lynn 
et  Marcel  Vibert.  —  Bill  hockey  concierge. 
comique, 

17e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Demours.  7,  rue  Demours. 
Directeur  :  M.  F.  Destannes.  —  Sur  le 
Glummer  Glass.  voyage.  —  L'Homme  aux 
trois  masques,  grand  cinéroman  en  12  épi- 
sodes, d'Arthur  Bernède,  publié  par  Le 
Petit  Parisien  :  7e  épisode  :  Le  Marquis  de 
Santa  Fiore.  —  Potiron  invisible,  dessins 
animés.  —  Un  drame  sous  Napoléon,  grand 
film  historique  :  deuxième  et  dernière  épo- 
que. 

Ternes-Cinéma,  avenue  des  Ternes,  s. 
Wagram  02-10. —  Naissance  du  poulet.  — 
Le  Tourbillon,  7e'  épisode  :  La  passerelle 
tragique.  —  Constance  Talmadge  dans 
A  la  recherche  du  Bonheur.  —  Pathè-Journal, 
actualités.  —  Gigolette,  4e  époque  et  fin  : 
Rédemption. 

Villiers-Cinéma.  21.  rue  Legendre.  — 
Direction  :  Paul  de  Hermua.  —  Mœurs 
hrahmamiques.  documentaire.  —  Les  Threm 
Nais,  acrobaties.  —  Eclair-Journal,  actua- 
lités. —  Le  roi  de  l'audace.  4«  épisode  : 
Le  mauvais  destin.  —  Les  trésors  du  cœur, 
comédie  interprétée  par  Marv  Miles. — 
Intermède  :  Frèjaville. 

Cinéma  Legendre.    128,  rue  Legendre. 

—  Directeur  :  A.  Jallon.  —  Ce  doux  Fatty, 
comique.  —  La  fuite  de  Jackson  Bill,  drame 
policier  en  3  parties.  —  L'homme  aux  trois 
masques.  7''  épisode  :  Le  Marquis  de  Santa 
Fiore.  —Legendre- Actualités. —  Pour  l'hon- 
neur de  sa  race,  drame  en  4  parties  inter- 
prété par  Sessue  Hayakavva. —  Intermède: 
Jane  Rite ,  diseuse  a  voix. 

Le  Select,  8,  avenue  de  Clichv.  — 
Voleurs  de  femmes.  8e  épisode  :  Volée  dans 
les  nuages, —  Le  Vengeur,  comédie  drama- 
tique. —  Gaumont-actuatites.  —  Le  sens  de 
la  mort,  avec  André  Nox. —  Picratt Jockey, 
comique. 


Nous  demandons  à 

VOI  R 

encore     une     fois 


Une    Vie    de    Chien 

avec  CHARL1E    CHAPLIN 


DaVid    Garrick 

avec    DUSTIN     FARNUM 


Le    Trésor    d'Ame 

avec    MARY     JOHNSON 


La  Conquête  de  l'Or 

000     avec    BESSIE     LOVE 


Les    Frères     Corses 

avec    KRAUSS     et     ROUSSEL 


L'auberge  du  signe  du  loup 


00     00     oo     00 


de    Th.    H.    INCE 


Une  Aventure  à  New- York 

avec   DOUGLAS  FAIRBANKS 


M    i    c    k    e    y       m 

avec    MABEL     NORMAND 


Olivier        Ttoist 

00  00    avec    MARIE     DORO 


La      Dette      0 

avec  DOROTHY  PHILIPPS 


Les    Corsaires 

avec      L  I  L  I  A  N       G  I  S  H 


iiiiiiiiii iiiniiimii iiiiiuiiiii 


cinea 


MAE  MARSH 
La  tragique  et  profonde  «douloureuse  «  à! Intolérance 
va  reparaître  à  Paris  dans  la  partie  moderne  de  ce 
grand  film,  transformée  en  un  film  nouveau  :  Charité. 
D.-W.  Griffith  lui-même  a  autorisé  le  morcelage  des 
quatre  époques  A' Intolérance  —  Babvlone,  le  Christ. 
la  Saint-Barthélémy,  la  Grève  —  en  quatre  films 
séparés  qui  ont  obtenu  chacun  le  plus  gros  succès. 


FRANCESCA   BERTIN1 
L'étoile  italienne,  célèbre  par  ses  robes  sans  nombre, 
par  ses  chapeaux,  par  ses  belles  attitudes  de  Fedora, 
La  Dame  aux   Camélias,   L'Affaire  Clemenceau.    La 
Tosca,  reparait  dans  Mariai  la  Courtisane. 


cinea 


Programmes    des   Cinémas    de    Paris 


Royal -Wagram.  avenue  Wagram.  — 
Au  Pays  des  loups,  comédie  dramatique  en 
4  parties,  avec  Charles  Ray.  -  Fierait 
Jockey,  comique.  —  La  Pocharde,  drame 
en  i2chapitres.  i cr chapitre  :  Les  flammes 
mortelles.-  Le  sens  de  la  mort,  avec  André 
Nox. —  Patbê-Journal. 

Lutetia-Wagram.  avenue  Wagram.  — 
Beaucitron  et  le  sous-marin,  comique.  — 
L'épingle  rouge,  nouvelle  dramatique. —  Le 
Vengeur, comédie  dramatique.  —  Gaumont- 
actualités. —  Voleurs  de  femmes,  8e épisode  : 
Volée  dans  les  nuages. 

Batignolles-Cinéma.  s*-),  rue  de  la  Con- 
damine. —  La  Cors,-,  plein  air.  —  Blanc  et 
noir,  comique. —  La  Pocharde,  i01' épisode  : 
Les  flammes  mortelles.  —  Le  sens  de  la 
mort,  avec  André  Nox.  —  Pathé-Jourual. 
actualités.  Programme  du  3  au  s  juin. 

Programme  du  6  au  9  juin.  —  Pathé- 
Jourual,  actualités.  —  La  Chine  et  les  Chi- 
nois, documentaire.  —  Le  Cachet  de  Cire. 
comédie  dramatique.  —  Cri-Cri,  fantaisie- 
opérette.  —  Zidore  ou  les  métamorphoses. 
comique  avec  Biscot. 

18e  ARRONDISSEMEMT 

Palais-Rochechouart.  56,  boulevard  Ro- 
chechouart. —  Aubert-Journal,\es  actualités 
du  monde  entier.  —  Eddie  Polo  dans  Le  roi 
de  l'audace,  ciné-roman  en  10  épisodes 
publié  par  La  Presse. 4e épisode  :  Le  mau- 
vais destin.  —  Tsin-Hou  et  Donatien  dans 
L'Epingle  Rouge,  grand  drame.  -  Beauci- 
tron ei  le  sous-marin,  comique.  —  La 
Pocharde,  grande  série  française  en  épiso- 
des, d'après  le  célèbre  roman  de  Jules 
Mary.  Ier épisode  :  Les  flammes  mortelles. 

Grand  Cinéma  Ornano,  43.  boulevard 
Ornano.  Directeur  M.  Viguier.  -  Tunniciers 

et  Mollusques,  documentaire. —  L'or  de  la 
forêt.  Y  épisode.  —  Sauvée  des  cannibales. 
Comique.  —  La  Ceinture  des  Amadoues 
(les  2  épisodes). —  Le  Béguin  d'Atlanta, 
comique. 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt  et  rue  d'Orsel.  43. 
—  Maurice  Robert,  directeur.  —  Les 
Actualités  Mondiales.  —  Reprise  de  Bou- 
clette, avec  l'admirable  interprétation  de 
Gaby  Deslys,  Signoret,  Harry  Pilcer.  - 
Le  Galant  Travesti,  comique.  —  L'Homme 
aux  trois  masques,  7e épisode:  Le  Marquis 
de  Santa  Fiore.  -  Attractions  :  le  cho.iteur 
populaire  Hoiries  ;  Jaurice.  danseur. 

Grand  Cinéma  Concert  Ramey,  49,  rue 

Ramey  (impasse  Pers).  —  Gaumont-Actua- 
lites.  —  La  Pocharde.  en  12  chapitres.  — 
Les  Mutines  de  l'F.lsiuore,  drame. 

Petit  Cinéma.  124.  avenue  de  Saint- 
Ouen. —  L'Hiver  au  Niagara,  plein  air.  — 
Une  cure  involontaire,  comique.  —  Chalu- 
meau a  peur  des   femmes,  comique.  —    La 


Cite  du  Desespoir,  drame  en  4  parties  joué 
par  William  Hart. 

Montcalm-Cinéma.  134,  rue  Ordener. — 
Actualités   Gaumont.   —   Les  Mystères   du 

Ciné.  —  Voleur  de  femmes.  7'  épisode. — 
Gigoletle.  2''  époque  :  La  bataille  de  la  vie. 

—  La  Pocharde.  1"'  époque  :  La  flamme 
mortelle.  —  Sur  scène  :  Courtade,  le  repute 
chanteur. 

Barbes  Palace.   34.   boulevard   Barbes. 

—  Direction  :  L.  Garnier. —  Nord  :$-68. 

—  Un  drame  sous  Napoléon.  D'après  le 
roman  de  Conan  Doyle  ;  2e  et  dernière 
époque.  —  Une  Salome  moderne,  comédie 
sentimentale  en  actes.  —  L'homme  aux  trois 
masques,  7e  épisode  :  Le  Marquis  de  Santa 
Fiore. 

Grand  Cinéma  Qrnano.  43.  boulevard 
Ornano.  —  Direction  :  Viguier—  L'Or  de 
la  Fout,  y  épisode.  —  La  ceinture  des 
Ama{oues,  fantaisie  à  grand  spectacle  avec 
l'athlète  Ausognia.  —  Sauvée  des  Canni- 
bales, comédie  comique. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  110,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81.  —  La  Pocharde,  Ier  chapitre  : 
Les  flammes  mortelles.  —  Le  sens  de  la 
mort,  avec  André  Nox.  —  Beaucitron  et  le 
sous-marin  comique.  —  La  Chine  et  les  Chi- 
nois, documentaire. —  Pathé-Jourual  actua- 
lités.—  Attraction  :  Vergés,  de  l'Opéra  de 
Marseille. 

19e     ARRONDISSEMENT 

Secrétan,  7.  Avenue  Secretan.  Pathé- 
Journal.  —  Beaucitron  et  le  sous-marin, 
comique.  —  Le  cachet  de  cire,  comédie 
dramatique.  —  La  Pocharde.  drame  en 
12  chapitres,  i'1'  chapitre  :  les  flammes 
mortelles.  --  L'Homme  aux  trois  masques. 
7«  épisode  :  Le  marquis  de  Santa  Fiore. 

Alhambra-Cinéma.  22.  boulevard  de  la 
Villette. —  Directeur-propriétaire.  M.  Vic- 
tor Deunier.  —  La  blessure  de  l'enfant. 
comédie. —  Zigoto  dans  les  carrières,  comi- 
que. —  L'Homme  aux  trois  masques,  5e  épi- 
sode :  )e  me  vengerai  —  Actualitcs-Pathc. 
Gigolette.  2-  époque  :  La  Bataille  de  la  vie. 
Les  chansons  filmées  de  G.  Lordier. 

20^    ARRONDISSEMENT 
Cinéma  l'Epatant.  4  Boulevard  de  Bel- 

leville.  —  Amour.  —  Fiancé  de   sa  femme. 

—  Glissement  de  ruchers.  —  Kelh  fait  du 
Cinéma.  —  Le  ranch  de  la  mort. 

Paradis-Aubert-Palace.  42.  rue  de  Bel- 
leville.  —  Le  tombeau  des  cœurs,  comique. 

—  Les  Herinnyes  vaincues,  grand  drame 
interprété  par  Pina  Menichelli.  —  Le  roi 
de  l'audace,  ciné-roman  en  10  épisodes, 
interprète  par  Eddie  Polo,  publie  par  La 
Presse.  4''  épisode  :  Le  mauvais  destin.  - 
Le  Loup,  drame  d  aventures  en  4  parties, 
interprété  par  Earle  Williams. 


Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont-actualités. —  Pieralt 
Jockey,  comique.  —  Trois  maris  pour  une 
femme,  comédie  en  4  parties.  — Attraction  : 
Léon  Roger,  imitateur.  —  La  pocharde, 
1  "'  chapitre  :  Les  flammes  mortelles.. 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville. —  Pathé-Jourual. —  Fridolin  chef  de 
rayon,  comique. —  La  Pocharde.  \--r  épi- 
sode :  Les  flammes  mortelles.  —  Attrac- 
tion :  Les  Red  Stars,  gymnastes. —  Les  le  - 
sors  du  cœur,  comédie  sentimentale  en 
5  actes. 

BANLIEUE 

Fontenay-Cinéma,  8,  rue  Boucicaut 
(Fontenay-aux-Roses).  —  Programme  du 
4  et  s  Juin.  —  Vues  d'Islande.  —  Papillon 
de  nuit,  comédie  en  5  parties,  interprétée 
par  Ethel  Clayton.  —  Les  Deux  Gamines, 
8e  épisode.  —  Pulchèrie,  conducteur  de 
train  comique. 

Montrouge. —  La  Provence  pittoresque. 

—  Montrouge-actualitès.  —  L'homme  aux 
trois  masques.  7r  épisode  :  Le  Marquis  de 
Santa  Fiore.  —  La  Rose  de  Grenade,  comé- 
die dramatique  interprétée  par  Suzanne 
Talba.  —  Un  drame  sous  Napoléon,  drame 
de  l'époque  napoléonienne.   ire  époque.  — 

—  Le  Salut  de  Fa/fv.  comique. 

Levallois.  —  Pathé-Jourual. —  La  el 
aux  faucons.  —  L'homme  aux  trois  masques. 
6e  épisode  :  La  fille  du  forçat. — Attraction. 

—  Gigolette.  y  époque  :  Les  dessous  de 
Paris.  —  Lui.  .  .  chec  les  Cozc-Boys.  comi- 
que, interprété  par  Harold  Lloyd. 

Vanves.  —  Pathè-Journal.  —  l'athe- 
Revue  n"22.  —  L'homme  aux  trois  masques. 
7«  épisode  :  Le  Marquis  de  Santa  Fiore.  — 
Gigolette.  4e  époque  :  Rédemption.  —  Une 
poule  ehec  les  coqs,  d'après  le  vaudeville  de 
MM.  Orsoni  et  Delrue.  interprété  par 
Prince. 

Magic-Ciné.  2  bis,  rue  du  Marché  (Le- 
vallois). Wagram  04-91 .  —  Gigolette.  y  épo- 
que :  Les  dessous  de  Paris.  —  Jack  méde- 
cin maigre  lui.  comédie  sportive  en  s  actes. 

—  L'homme  aux  trois  masques.  6°  épisode  : 
La  Fille  du  Forçat.  —  Attraction  :  Les 
deux  peaux  rouges  dans  leurs  danses  exo- 
tiques. 

Bagnolet.  —  Pathé-Jourual.  —  Beauci- 
tron et  le  sous-marin,  comique.  —  Le  cachet 
de  cire,  comédie  dramatique.  —  fa  Po- 
charde. en  12  chapitres.  Ier  chapitre  :  Les 
flammes  mortelles.  —  L'homme  aux  trois 
masques.  7e  épisode  :  Le  Marquis  de  Santa 
Fiore. 

Clichy.  —  Palhe-.'ourual.  — Beaucitron 
el  le  sons-marin,  comique.  —  Le  cachet  de 
cire,  comédie  dramatique.  —  fa  Pocharde 
en  12  chapitres.  Ier  chapitre:  Les  flammes 
mortelles.  —  L'Homme  aux  trois  masqu,  r, 
7e  épisode  :  Le  Marquis  de  Santa  Fiore. 


cinea 


Les   Films   d'aujourd'hui 


La  Pocharde,  d'après  le  roman 
de  Jules  Mary,  mis  en  scène  par 
M.  Estiévant. 

La  Pocharde  pourrait  avoir  cbînme 

sous-titre  «  ou  les  méfaits  d'un  four  à 
plâtre  ».  On  ne  raeonte  pas  un  tel 
sujet.  Je  n'en  veux  pas  savoir  d'ail- 
leurs le  nombre  d'épisodes.  Mais  je 
retiendrai  seulement  qu'après  les 
tmpêria,  les  Tue-la-Mort  et  autres 
inepties  à  l'usage  du  populaire  qui. 
d'ailleurs,  les  vomit.  La  Pocharde 
apporte  au  moins  une  réalisation  soi- 
gnée, intéressante,  plus  dignes,  ma 
foi,  de  notre  attention,  que  tant  de 
drames  et  de  comédies  dramatiques 
des  fournisseurs  en  faveur. 

La  mise  en  scène  témoigne,  en  effet, 
de  goût,  de  sincérité  et  d'intelligence. 
Combien  de  films  nous  ont-ils  offerts 
avec  une  scène  aussi  bien  établie, 
jouée  et  rythmée,  que  celle  des  as- 
sises de  Rouen,  par  exemple? 

L'histoire  émouvante  de  La  Po- 
charde retiendra  la  foule,  sa  mise  à 
l'écran  nous  empêchera  cette  fois  de 
dire  tout  le  mal  que  nous  pensons 
des  ciné-romans. 


Le  gentilhomme  pauvre,  co- 
médie en  5  parties,  d'après  le  roman 
d'Henri  Conscience. 

Voici  une  excellente  romance  sen- 
timentale qui  satisfera  tous  les  pu- 
blics. Elle  nous  vient  de  Belgique  et 
ceci  nous  prouve  que  nos  amis  tra- 
vaillent et  s'appliquent  à  l'écran  avec 
un  goût  et  une  conscience  qui  — 
pour  être  sans  puissante  originalité 
—  n'en  sont  pas  moins  dignes  de 
notre  attention.  Les  scènes  sont  trai- 
tées ici,  sans  emphase,  avec  une  so- 
briété exacte,  la  poésie  parfois,  une 
poésie  un  peu  trop  à  la  Coppée  en- 
core, n'en  est  pas  absente.  Les  éclai- 
rages sont  excellents  et  le  rythme 
est  fort  bon  et  bien  interprété, 
i  Le  gentilhomme  pauvre  constitue 
un  excellent  spectacle  pour  familles, 
où  les  amis  de  l'écran  trouveront 
aussi  diverses  satisfactions. 


Une  famille  de  toqués,  scène 
comique    jouée     par    Harold     Lloyd 

(Lui). 

Harold  Lloyd  est  parfait  dans  ce 
film  où  les  idées  comiques  abondent 
et  qui  est  réalisé  dans  un  mouve- 
ment remarquable,  avec  un  sens  de 
la  parodie  qui  nous  console  heureu- 
sement de  tous  les  Rigadins  de 
France,  d'Amérique  et  d'ailleurs. 

Ce  film   vient  tout  de   suite   après 
ceux  de  Chariot.  Il  faut  le  voir. 
• 

L'Epingle  rouge,  scénario  de 
P.  Bienaimé,  mis  en  scène  par  E.  E. 
Violet. 

M.  E.  Violet  qui  nous  avait  vive- 
ment séduits  avec  Papillons,  nous 
avait  vivement  déçus  avec  Li-Hançj 
le  Cruel  qui  connut  bien  des  dé- 
boires... Il  prend  sa  revanche,  une 
revanche  que  je  voudrais  moins  ba- 
nale avec  l'Epingle  rouge.  On  y  re- 
trouve son  goût,  sa  sensibilité,  sa 
science  de  composition,  sans  que  ce- 
pendant tant  de  qualités  s'unissent 
assez  fortement  pour  s'imposer  d'un 
coup  à  notre  admiration.  Si,  une 
seule  fois,  dans  les  toutes  dernières 
scènes  de  son  film,  grâce  aussi  à  la 
force  dont  témoigne  soudain  son 
principal  interprète  M.  Tsin-Hou,  on 
touche  à  un  instant  de  pathétique 
extrême  et  d'une  réelle  grandeur. 
Rien  que  pour  cet  instant,  ce  film 
vaudrait  d'être  vu.  Il  nous  fait  ou- 
blier certaines  longueurs,  cette  scène 
d'un  sadisme  aussi  odieux  qu'inutile 
que  M.  E.  Violet  lui-même,  je  pense, 
auracoupeé,  cet  abus  permis  à  M.  Do- 
natien de  décorer  les  intérieurs  des 
différents  héros  du  drame  avec  une 
trop  uniforme  fantaisie. 

Beaucoup  d'habileté,  trop  d'habi- 
leté peut-être,  trop  sensible,  et  une 
minute  de  tragique  beauté.  Ceci  fait 
mieux  que  compenser  cela,  et  je  le  dis 
sans  aucune  arrière  pensée. 

Le     Cachet     de     cire,    comédie 

dramatique  en  4  parties. 

Où  grâce  à  un  cachet  de  cire  qui 
lui  brûla  le  bras,  enfant,  une  char- 
mante jeune  fille  qu'on  croyait  per- 
due dans  un  naufrage  sera  retrouvée 
par  son  père  et  épousera,  après  di- 
verses péripéties,  le  jeune  homme  de 
ses  rêves.  Banalité  du  scénario,  cela 


n'est  rien  ;  banalité  de  la  mise  en 
scène,  cela  est  tout.  L'interprétation 
cependant  n'est  pas,  parfois,  sans 
intérêt.  L'héroïne  est  jolie  et  joue 
dans  un  vif  mouvement. 

Cela  doit  faire  1.500  mètres  au 
moins  et  nous  vient  inutilement 
d'Amérique.  Nous  avons,  chez  nous, 
hélas  !  tant  de  ce  métrage  et  de  cette 
qualité! 

• 

Beaucitron  et  le  sous-marin, 

avec  Harry  Pollard. 

C'est  une  scène  assez  comique  où 
Charlie  eût  été  admirable  et  où 
Harry  Pollard  est  seulement  amu- 
sant. On  y  observe  avec  plaisir  un 
groupe  charmant  de  jeunes  bai- 
gneuses que  Beaucitron,  marin  d'oc- 
casion, délivre  des  mains  des  pirates 
grâce  à  son  ingénieuse  balourdise  et 
qui  opposent  leurs  jolies  silhouettes 
aux  clownerie  de  Beaucitron. 

Un  film  où  chaque  âge  trouvera 
son  compte. 

Léon  Moussinac. 


Cœur  de  mannequin 

L'histoire  de  la  vendeuse,  épousée 
par  un  honnête  homme,  veuf,  déjà 
âgé,  pourvu  d'une  grande  fille,  qui 
retrouve  le  complice  d'une  faute  an- 
cienne, essaie  de  démasquer  ses  pro- 
jets sur  la  jeune  fille  et  recule  devant 
les  menaces  de  chantage  du  misé- 
rable, est  tirée  d'une  nouvelle  de 
Fannie  Hurst,  qui  a  écrit  l'épopée  du 
magasin  de  nouveautés  américain. 
La  nouvelle  finit  mal,  mais  il  faut 
bien  ménager  les  sentiments  des 
spectateurs  de  Keokuk  (Iowa)  et, 
grâce  au  postulat  selon  lequel,  lors- 
qu'on en  vient  aux  coups,  l'honnête 
homme  flanque  une  raclée  au  coquin, 
le  film  finit  bien.  En  outre,  et  pour 
des  motifs  facile  â  concevoir,  le 
cadre  —  grande  coutures,  manne- 
quins, clientes  —  vient  en  avant;  il 
en  résulte  un  ensemble  fort  agréable, 
dont    se   détachent    plaisamment    la 


8 


cinea 


silhouette  élégante,  La  jolie  figure  et 
le  jeu  satisfaisant  île  Francelia  Bil- 
lington. 

• 
Le  Vengeur 

L'exposition,  belle  et  puissante,  la 
poursuite  à  travers  le  désert,  l'ago- 
nie des  misérables  qui  meurent  de 
soif,  l'âpre  geste  de  l'amant  qui  ar- 
rache à  la  femme  la  bouteille  d'eau, 
la  vipère  levée  sur  la  piste  du  che- 
val, le  rat  acculé,  tout  cela  l'ait  pâlir, 
paraître  plus  banal  le  reste  du 
drame,  la  vengeance  détaillée  que 
tire  le  mari  de  chacun  de  ses  enne- 
mis. De  savantes  amputations,  qui 
ont  retardé  la  sortie  du  film,  ont 
fait  disparaître  les  longueurs  dont 
se  plaignait  M.  P.  S.  mais  sans 
arriver  à  rétablir  l'équilibre  entre 
les  deux  parties  du  drame.  Dans 
l'ensemble,  un  beau  film,  bien  tourné 
et  bien  joué  par  Henri  B.  Walthall. 

• 
Au  pays  des  loups 

Il  semble  qu'une  des  raisons  de  la 
supériorité  manifestée  par  les  films 
Scandinaves  et  par  certains  films 
américains  soit  le  rôle  actif  qu'y 
joue  la  nature.  Le  fjord  de  Quand 
l'amour  commande,  la  rivière  de 
Dans  les  remous,  les  cascades  des 
Proscrits,  la  mer  gelée  du  Trésor 
d'Arne  ne  sont  pas  des  fonds  pitto- 
resques auxquels  se  juxtapose  un 
drame;  ce  sont  des  éléments,  des 
personnages  du  drame  lui-même. 
Ainsi  le  désert  du  Vengeur  dont 
nous  venons  de  parler,  et  la  neige 
du  Pays  des  loups,  acteur  aussi  effi- 
cace que  les  loups,  les  indiens,  les 
trappeurs,  et  même  que  le  jeune, 
sain  et  vaillant  Charles  Ray,  dans  ce 
film  savoureux  et  fort. 

La  contre-partie  nous  serait  four- 
nie par  le  très  médiocre  parti  que 
tirent  les  italiens  de  leurs  beaux 
paysages;  ou  encore,  pour  prendre 
deux  œuvres  françaises,  par  une 
comparaison  entre  l'Appel  du  sang, 
où  le  paysage  est  un  acteur,  et  Vi- 
sages voilés,  où  il  est  un  décor. 

• 
Jim  de  Piccadilly 

Ou  l'Américain  à  Londres.  La 
donnée  a  plus  de  sel  pour  le  public 
anglais  que  pour  nous;  mais  grâce  à 
une  bonne  interprétation,  à  Owen 
Moore  notamment,  le  film  reste 
agréable  et  amusant. 

• 
Chariot  et  le  mannequin 

Un  Scherzo  de  la  première  manière 
qui  n'est  point  la  meilleure,  mais  qui 


retient  son  charme.  Pourquoi  repro- 
cher à  Charlie  Chaplin  ses  pieds  en 
dehors,  son  pantalon  à  derrière  d'oie 
et  sa  petite  moustache?  Ce  sont  les 
limites  aussi  strictes  que  celles  d'un 
sonnet  ou  d'un  rondeau,  d'une  fugue 
ou  d'un  menuet,  dans  lesquelles 
s'exerce  son  génie  propre,  sans  en 
être  plus  gêné  que  ne  l'étaient  les 
poètes  du  xvi1  siècle,  ou  bien  les  mu- 
siciens du  xvme  siècle,  avant  que 
Charles  Philippe  Emmanuel  Bach 
eût  décidé  que  son  père  avait  tort. 


Le  Sens  de  la  Mort. 

«  Si  la  mort  n'est  qu'une  fin,  elle  n'a 
pas  de  sens.  »  Dans  cette  assertion  se 
traduit  la  volonté  de  l'être  qui  fait 
instinctivement  de  sa  personnalité  le 
centre  du  monde  et  qui  ne  conçoit 
pas  comment,  lui  disparu,  l'univers 
pourrait  subsister.  Mais  la  mort  sans 
être  une  fin, peut  être  une  transforma- 
tion, une  condition  nécessaire  de  la 
vie,  qui,  tel  le  flambeau  antique,  fait 
passer  d'une  génération  à  l'autre,  à 
travers  les  chutes  successives  des  en- 
veloppes qui  le  protègent  et  le  propa- 
gent, un  germe  immortel.  Pourquoi 
n'envisager  que  l'immortalité  du  sa- 
vant ou  de  l'artiste?  La  vraie  immor- 
talité, c'est  de  revivre  en  ses  en- 
fants :  Ortègue  souffrirait  moins  de 
quitter  la  femme  qu'il  adore  s'il  lais- 
sait derrière  lui  un  autre  lui-même 
qui  deviendrait,  sans  qu'il  eût  le  droit 
d'en  être  jaloux,  le  nouveau  pôle 
d'affection  de  la  survivante. 

D'ailleurs  Ortègue  est  un  phéno- 
mène attardé,  un  fossile.  Le  métaphy- 
sicien matérialiste  de  l'Ecole  de  Bùch- 
ner  n'existe  plus  aujourd'hui  ;  seul 
M.  le  Dantec  peut  en  donner  une 
image  affaiblie.  Le  plus  incroyant  des 
penseurs  contemporains  n'ignore  pas 
le  problème  religieux  et  ne  prétend 
plus  déduire  la  morale  de  la  méca- 
nique rationnelle. 

L'antagoniste  d'Ortègue  ne  repré- 
sente pas  non  plus  très  brillamment 


le  point  de  vue  catholique.  Nous  avons 
peine  â  admettre  ce  jeune  fanatique, 
torturé  de  scrupules  maladifs  pour 
un  amour  qu'il  a  su  toujours  garder 
secret,  mais  qui  ne  craint  pas  de  re- 
procher à  un  homme,  en  proie  aux 
plus  atroces  tortures  matérielles  et 
morales,  d'user  de  la  morphine,  qui 
ose  adresser  ce  reproche  alors  qu'il 
voit,  â  côté  4e  son  lit,  l'image  du 
Christ,  qui,  cloué  sur  la  croix,  a  de- 
mandé à  boire... 

Mais  nous  ne  sommes  pas  ici  pour 
philosopher  sur  la  vie  |ou  la  mort  ; 
n'oublions  pas  qu'il  s'agit  d'un  film... 

...  D'un  trèy  beau  film,  très  humain, 
très  impressionnant,  l'un  des  plus 
marquants  que  nous  ayons  vu  depuis 
longtemps,  solidement  composé  et 
admirablement  interprété.  Et  ceci  fa- 
cilite la  critique,  car  autant  il  est 
futile  d'écraser  le  néant,  autant  il  est 
intéressant  de  chercher  les  défauts 
d'une  œuvre  qui  existe. 

On  doit  en  signaler  quelques-uns. 
Tout  le  passage  de  la  mine,  du  coup 
de  grison,  est  un  hors  d'œuvre,  rompt 
l'action,  nous  fait  passer  du  psycho- 
logique dans  le  documentaire.  Il  y  a 
dans  l'exhibition  des  scènes  chirurgi- 
cales une  cruauté  inutile  ;  l'impres- 
sion pathétique  que  nous  donne  une 
souffrance  intérieure  et  silencieuse 
est  incompatible  avec  l'émotion  bru- 
tale qu'entraîne  la  vue  du  sang.  Où 
donc  enfin  l'auteur  a-t-il  pris  qu'avant 
la  guerre  on  sortait  du  bal  à  minuit? 
C'est  l'heure  où  l'on  arrivait... 

M.  André  Nox  est  un  artiste  puis- 
sant dont  les  moyens  sont  peut-être 
limités  et  qui  reste  encore  sous  l'im- 
pression de  ses  créations  antérieures. 
Ortègue  n'est  pas  un  fou,  un  hallu- 
ciné, un  satanique  ;  dans  son  labora- 
toire, c'est  un  prêtre  sûr  de  son 
dogme  ;  chez  lui  c'est  un  homme  qui 
supporte  en  silence  une  double  tor- 
ture, de  corps  et  d'âme. 

Mlle  Yanova  est  une  grande  artiste  ; 
elle  sait  donner  â  tout  son  corps  une 
expression  plastique  admirable,  et 
son  visage,  qui  correspond  mal, 
lorsque  nous  le  voyons  pour  la  pre- 
mière fois,  à  l'image  que  nous  nous 
faisons  de  Catherine  jeune,  rejoint  le 
personnage  à  mesure  que  celui-ci  se 
trouve  mûri  et  ravagé  par  le  temps 
et  l'angoisse.  Peut-être  ces  deux  excel 
lents  acteurs  abusent-ils,  à  la  fin,  du 
jeu  facile  des  yeux  exorbités  ;  à  ce 
point  de  vue,  la  leçon  d'Hayakawa 
ne  devrait  jamais  être  oubliée.  Les 
autres  acteurs  ne  méritent  point  de 


cinéa 


reproche  et  tiennent  avec  une  justesse 
parfaite  des  rôles  de  second  plan. 
Lionel  Landry. 


Le  Sens  de  la  Mort. 

Sommes  nous  assez  savants  en  l'art 
cinématographique,  pour  nous  per- 
mettre de  porter  à  l'écran  des  drames 
psychologiques  'cmme  ceux  qu'ima- 
gine M.  Paul  Boirget  ?  Non.  Nous 
avons  déjà  bien  des  difficultés  à  réali- 
ser une  intrigue  simple,  à  trouverdes 
artistes  qui  puissent  exprimer  des 
pensées  également  simples.  Comment 
peut-on  prétendre  traduire  des. senti- 
ments amoureux,  religieux,  qui  se 
confondent  par  instant  en  une  bande 
de  dix  huit  cents  mètres. 

Le  Lys  brisé,  Le  Pauvre  Amour 
étaient  deux  leçons  pour  nos  metteurs 
en  scène.  Ils  n'ont  sans  doute  pas  eu 
le  temps  encore  de   les  comprendre. 

Le  Sens  de  la  Mort  est  très  habile- 
ment interprété.  L'actrice  russe  Ya- 
nova  n'est  peut-être  pas  physique- 
ment la  femme  qu'on  voudrait  pour 
le  chirurgien  Ortègue,  et  qui  hésite 
entre  l'amour  qu'elle  lui  doit  et  la 
tendresse  qu'elle  a  pour  son  cousin. 
Elle  a  l'air  trop  étrange,  et  trop  félin. 
Mais  elle  a  un  regard  qu'on  n'oublie 
pas  et  de  la  mesure  dans  la  douleur. 
Le  jeune  cousin  M.  Henri  Clair,  a  les 
meilleures  qualités  du  jeune  premier 
de  l'élégance  et  de  la  simplicité  dans 
le  jeu.  Mais  il  faut  mettre  à  part 
M.  Nox  qui  s'affirme  là,  comme  le  pre- 
mier acteur  de  cinéma  que  nous  ayons. 
Les  expressions  de  son  visage,  sont 
d'une  intensité  et  d'une  intelligence 
rare  chez  nos  interprètes. 

Mais,  tant  d'efforts  dépensés  font 
regretter  qu'on  ne  choisisse  pas  mieux 
les  scénario,  et  surtout  qu'on  témoi- 
gne dans  ce  choix  d'une  méconnais- 
sance quasi  total  de  ce  que  doit  être 
le  cinéma.  La  mise  en  scène  qui  est 
soignée,  d'un  réalisme  souvent  exa- 
géré, eut  gagné  a  être  sacrifiée  davan- 
tage au  souci  de  faire  «  émouvant  ». 
Et  puisqu'on  voulait  exposer  des 
états  d'âme,  il  fallait  qu'ils  fussent 
compréhensibles,  et  qu'on  ne  vit  pas, 
par  exemple,  Mme  Ortègue,  désespé- 
rée de  la  mort  de  son  mari,  et  toute 
en  larmes  encore,  courir  brusquement 
vers  le  lit  où  agonise  son  tendre  cou- 
sin, près  duquel  elle  verse  d'autres 
pleurs.  On  a  beau  ne  pas  toujours 
croire  à  la  sincérité  féminine.  Il  y  a 
plus  de  subtilité  dans  ses  faiblesses. 
René  Bizet. 


^  j/^ét* 


TSIN-HOU 
dans  «  L'BpingJc  vougc 


On  n'a  pas  assez  vu  Anieka  Yan  à 
Grâce  à  «  Idéal  et  Realité  «  elle  va  y 
du  Colisée  —  ses  plus  caractéristic  s 
recherche  presque  classie 
d'une  séc  I 


2  K  A     YA  N 

n  premier  concert  de  danses  l'hiver  dernier, 
senter  aux  parisiens  —  le  1 1  juin  sur  la  scène 
s  expressions  rythmées  où  elle  affirme  une 

i  e  du  style  et  un  modernisme  aigu 

i!  tion  peu  commune. 


'lll 


12 


cinea 


I   MAMMAMOUCHI    ! 


Faut-il  regretter  l'impatience  et 
l'acuité  de  notre  libre  esprit,  ce  grin- 
cement perpétuel  de  la  critique  qui 
mord  sur  l'imagination  qui  crée,  et 
envier  un  état  statique  et  rédactif  ? 
Non,  certes.  Dans  le  domaine  esthé- 
tique comme  dans  bien  d'autres  sans 
doute,  tout  conflit  de  théories  et 
d'idées  constitue  un  divertissement, 
et  qui  peut  être  de  quelque  profit. 
Ceci,  toutefois,  ne  doit  être  compté 
que  comme  bénéfice  de  hasard.  L'ar- 
tiste, communément. ne  discute  guère: 
il  fait  son  œuvre,  suit  sa  loi.  Les  créa- 
teurs de  tout  ordre,  et  jusqu'au  plus 
modeste,  doivent  peu  aujourd'hui  à 
leurs  censeurs,  si  ce  n'est,  d'aven- 
ture, une  douce  et  salutaire  gaieté. 
C'est  dans  cet  esprit  de  bonne  hu- 
meur que  l'écran,  pour  une  fois,  re- 
gardera la  salle. 

Il  n'est  pas  question,  sans  doute, 
de  chicaner  un  public  attentif  sur 
son  adhésion,  son  silence  passionné, 
et  de  débattre  avec  lui  si  le  mélo- 
drame où  Margot  a  pleuré,  vaut  ou 
ne  vaut  point  au  jugement  de  l'Art 
pur  ;  mais  nous  aviserons  volontiers 
le  coin  des  raisonneurs.  Grands  clers 
en  toute  chose,  ils  décident  sans  appel 
de  la  beauté  d'une  œuvre  ou  d'une 
femme,  du  mérite  d'un  écrit  ou  d'un 
film.  Ce  sont,  pour  le  surplus,  de 
redoutables  donneurs  de  conseils. 

Mais  rentrons  dans  le  champ.  Voici 
un  art  nouveau,  le  Cinéma,  que  beau- 
coup aiment  et  servent.  C'est  une  très 
récente  invention,  une  merveille  toute 
jeune  encore  et  en  plein  «devenir». 
Dans  son  destin,  qui  est  lumière, 
mouvement,  vie,  se  concentrent,  vir- 
tuels ou  présents,  les  prestiges  et  les 
magies,  les  sortilèges  et  les  vérités. 
Le  cinéma  doit  être  suivi  de  cet  œil 
aigu  et  affectueux  à  la  fois  qui  seul 
est  capable  de  comprendre  et  de  con- 
naître. Qui  voit  cet  art  se  définir  sans 
se  limiter,  s'enrichir  dans  sa  techni- 
que et  son  esprit  sans  rester  accablé 
par  ses  acquêts  ou  par  ses  prises  ne 
le  considère  et  ne  l'interroge  plus 
qu'avec  respect.  Il  a  ses  imperfec- 
tions, ses  gaucheries,  ses  gènes,  ses 
taches.  Il  s'efforce.  Peut-être  n'en 
est-il  encore,  dans  sa  voie,  qu'aux 
peintures  du  Cros-Magnon,  peut-être 
nos  plus  brillants  opérateurs  sont-ils 
semblables  à  cet  homme  de  la  préhis- 
toire qui,  sous  les  arbres  du  Luxem- 
bourg, rit  de  surprise  et  d'orgueil 
devant  la  maladroite  image  qu'il 
vient  de  tailler.  Peut-être...  Mais  le 
point  d'aboutissement  de  cette  forme 
primitive  et  gros.sière,  de  ce  «  por- 
trait »  de  renne  ou  de  mammouth  au 
minium,  c'est  la  chapelle  Sixtine  et 


la  Vénus  de  Milo.  Avant  de  gravir, 
mesurez  les  étapes,  comptez  les  civi- 
lisations, méditez  l'écart  du  départ 
au  terme.  Nous  en  sommes  au  mam- 
mouth, trop  souvent  aussi  —  je  l'ac- 
corde et  le  déplore  —  au  mamma- 
mouchi. 

Cependant  cette  erreur  qui  est  le 
jeu  d'un  art  encore  enfant,  ne  justifie 
point  l'abondance  des  conseils  qui 
tombent  si  dru  sur  le  cinéma.  Nous 
avons  lu  en  quatre  ou  cinq  endroits, 
par  exemple,  la  condamnation  à  mort 
du  ciné-roman,  et  c'est  à  vous  que  je 


ôeûfty] 


JACQUES    DE    BARONCELLI 

le  metteur  en  scène  français  de 
Siège  des  Trois,  Le  Roi  de  la  Mer, 
Le  Retour  aux  Champs,  La  Rafale, 
Le  Secret  du  Loue  Star,  La  Rose, 
Cbainpi-Tortit,  Flipotte,  Le  Rêve, 
Le  Père  Goriot,  efe. 


pense,  mon  cher  Canudo.en  écrivant 
ces  lignes,  à  vous  dont  j'admire  le 
talent,  et  dont  la  vie  privée  durant 
ces  dernières  années,  est  l'une  des 
plus  belles  pages  de  patriotisme 
ardent  et  désintéressé. 

Plus  de  ciné-roman,  justes  cieux! 
et  pourquoi,  s'il  vous  plaît?  Parce 
que  c'est  du  roman  feuilleton  ?  Sans 
doute,  il  y  a  M.  Ponson  du  Terrail  et 
M.  X.  de  Montépin,  pour  ne  citer  que 
des  maréchaux,  mais  n'y  a-t-il  pas 
aussi  Balzac?  Vautrin,  dit  Trompe- 
la-Mort,  traîne  après  soi  le  plus  fan- 
tastique attirail  de  mélo,  et  tout  ce 
mélo  —  avec  quelques  œuvres  plus 
classiques  et  plus  sûres,  il  est  vrai  — 
est  encore  l'honneur  des  lettres  fran- 
çaises. N'écrivez  donc  point  qu'il  faut 
bannir    le    ciné-roman    de   nos   pro- 


grammes, «  conseillez  »  simplement 
qu'on  l'améliore.  Ne  contestez  pas  le 
genre:  il  a  ses  titres;  mais  tout  de 
même  que  pour  le  café  —  celui  de 
Balzac,  par  exemple  —  exigez  la  qua- 
lité. 

Pas  d'adaptation  T  s'écrient  en  outre 
nos  censeurs.  Sur  ce  chapitre,  nous 
avons  vingt  fois  déclaré  notre  senti- 
ment. Pas  d'adaptation  ?  Fort  bien, 
mais  quoi,  de  grâce  ?  Plus  de  cinéma, 
sans  doute  I  Souffrez  que  nous  soyons 
d'un  avis  différent  et  tenez  pour  as- 
suré que  l'adaptation  aura  vécu  le 
jour  où  de  véritables  auteurs  de 
film,  où  les  écrivains  pour  cinéma 
seront  nés.  Je  ne  doute  point,  d'ail- 
leurs, qu'ils  le  soient  déjà  et  que  leur 
éducation  se  fasse,  sans  qu'ils  s'en 
doutent,  avec  celle  de  notre  art.  Nous 
les  «  espérons  ». 

En  attendant,  nous  ne  saurions, 
comme  on  nous  le  propose  un  peu 
tard, imiterservilement  les  films  amé- 
ricains Cette  imitation  qui  n'était 
pas  un  esclavage,  non  plus  que  nos 
adaptations  ,  le  cinéma  français  l'a 
pratiquée  à  son  heure.  Il  s'est  mis, 
quand  il  l'a  fallu,  à  l'école  des  maî- 
tres, mais,  la  classe  quittée,  il  pré- 
tend agir  par  lui-même  et  à  sa  guise  ; 
c'est  la  règle,  la  bonne,  l'éternelle, 
honnête,  digne,  et  seule  féconde.  L'art 
français  aujourd'hui  n'a  pas  à  se 
plaindre  de  cette  recherche  person- 
nelle et  indépendante  de  la  beauté. 
Et  ses  services,  ses  succès,  ses  erreurs 
même,  lui  donnent  droit  à  plus  de 
crédit  encore,  il  a  droit  à  être  affran- 
chi de  tous  les  poseurs  de  borne,  de 
tous  les  metteurs  d'entraves  et  d'œil- 
lères,  il  a  droit  à  la  liberté.  C'est, 
pour  lui,  sous  la  sauvegarde  des  hau- 
tes, des  éternelles  disciplines,  le  loisir 
de  la  recherche,  la  joie  du  risque, 
l'attrait  de  l'inconnu,  l'occasion  de 
développer  toutes  ses  puissances, 
c'est  le  droit  à  l'échec,  c'est  aussi  le 
droit  au  chef-d'œuvre. 

Patience.  Nous  en  sommes,  disiez- 
vous.au  temps  du  Gros-Magnon.  Que 
l'on  épargne  donc  au  cinéma  la  plate, 
étroite  et  hargneuse  querelle,  qu'on 
lui  fasse,  sous  réserve  d'une  critique 
ouverte,  le  don  cordial  d'une  confiance 
dont  il  a  besoin  et  qui  est  la  plus 
précieuse  des  subventions  morales. 
Que  les  esprits  chagrins  se  mettent 
(chacun  son  tour)  à  l'école  du  public. 
Celui-ci,  loin  de  chicaner  les  plaisirs, 
les  savoure  dans  leur  réalité  immé- 
diate, et  par  ses  exigences  courtoises, 
son  désir  plus  impérieux,  son  goût 
chaque  jour  plus  exercé,  sollicite  et 
encourage,  dans  son  ordre  et  dans  sa 
voie,  les  progrès  d'un  art  qu'il  aime. 
Car  le  cinéma,  comme  tous  les  arts, 
a  besoin  de  ces  divins  bienfaits  qui 
sont  à  l'origine  de  toute  pure  beauté 
humaine:  la  sympathie  et  la  liberté. 
Jacques  de  Baroncelli. 


cinea 


13 


0     STUDIO     0 


Un  studio  est  un  théâtre  de  prises 
de  vues.  Un  théâtre  de  prise  de  vue 
est  une  cage  vitrée  où  l'on  s'enferme 
pour  tourner.  La  location  de  ces 
pièges  à  drame  atteint  à  Paris  le 
taux  de  mille  francs  par  jour.  L'élec- 
tricité se  compte  à  part. 

• 

L'électricité  est  tout  dans  un  studio. 
C'est  pourquoi  on  y  dispose  tout  pour 
que  le  soleil  y  tienne  la  première 
place. 

• 

Il  y  a  d'ailleurs  trop  d'électricité 
dans  un  studio  français  ou  du  moins 
trop  d'appareils  électriques.  On  se 
sert  de  tous.  Il  vaudrait  mieux  sa- 
voir se  servir  d'un  seul. 
• 

Peu  de  gens  ont  des  idées  à  eux 
sur  toute  cette  mécaniques.  Ils  ont 
des  modes.  Autant  de  modes  que  de 
modèles  de  lampes.  Ainsi  se  suc- 
cèdent la  vague  de  lampes  à  mer- 
cure, la  vague  de  sunlight-arc,  la 
vague  baby-spot-light,  la  vague  des 
projecteurs  et  cela  continue.  Alors 
qu'une  seule  vague  suffirait  à  noyer 
un  fdm. 

• 

Il  y  a  aussi  deux  autres  vagues  : 
la  vague  de  froid  et  la  vague  de 
chaleur.  On  trouve  dans  un  studio 
des  poêles  pour  l'hiver  et,  paraît-il 
des  ventilateurs  pour  l'été.  Bien  en- 
tendu ils  n'ont  qu'une  valeur  décora- 
tive. C'est  de  la  mise  en  scène.  L'hi- 
ver, un  studio  est  une  source  de 
congestion  pulmonaire,  l'été  de  con- 
gestion cérébrale.  De  toute  façon,  le 
cinéma  mourra  de  congestion. 
• 

Il  n'y  a  qu'une  pièce  bien  faite 
dans  un  studio.  Pas  trop  petite,  pas 
trop  grande.  Bons  fauteuils.  Télé- 
phone. Journaux.  Excellents  abat- 
jour  pour  ne  pas  blesser  la  vue.  Calo- 
rifère ou  feu  de  bois.  Au  besoin,  une 
bouteille  de  porto  dans  le  coffre-fort. 

Une  seule  personne  vit  dans  cette 
pièce  :  le  directeur.  Seulement  il  n'y 
est  jamais. 

• 

Les  lampes  électriques  des  studios 
français   sont  habilement   disposées 


pour  brûler  les  yeux  des  interprètes. 
C'est  sans  doute  pour  les  maintenir 
dans  un  état  de  sensibilité  intense. 
Ils  tournent  toute  la  journée.  Ils 
hurlent  toute  la  nuit  de  douleur, 
d'insomnie,  de  colère,  etc.  C'est  fort 
dramatique. 

Il  est  vrai  que  le  même  traitement 
est  appliqué  aux  acteurs  comiques. 
• 

Il  n'y  a  pas  de  loges  pour  les  ar- 
tistes dans  un  studio.  Il  n'y  a  que  des 
water-closets.  On  les  balaie  peu.  On 
les  éclaire  mal.  On  les  chauffe  en 
principe.  Il  y  a  une  chaise,  un  porte- 
manteau, une  cuvette  quelquefois,  il 
n'y  a  jamais  d'eau,  mais  il  y  a  de  la 
poussière,  et  on  l'arrose  quelquefois 
pour  qu'elle  colle  bien  aux  robes  du 
soir.  Quand  les  carreaux  ne  sont  pas 
brisés,  on  n'a  pas  d'air.  C'est  plus  in- 
time. Des  loges?  Des  water-elosets. 
• 

Mais  il  n'y  a  pas  de  water-closets. 
Il  y  a  une  soute  gluante,  quelque 
part,  sans  lumière  et  sans  strapon- 
tin. Particulièrement  avantageux 
pour  les  robes  du  soir  et  les  «  cos- 
tumes d'époque  ».  Vous  trouvez  ces 
détails  dégoûtants?  Vons  trouveriez 
ces  territoires  encore  plus  dégoû- 
tants. Rappelez-vous  la  caserne,  et 
comme  les  sous-officiers  corses  nous 
faisaient  astiquer  les  water-closets . 
Les  acteurs  de  cinéma  n'ont  pas  en- 
core compris  qu'ils  doivent  nettoyer 
ça  eux-mêmes. 

• 

Il  doivent  tout  faire  eux-mêmes. 

Ils  n'ont  pas  d'habilleuses. 

lis  n'ont  pas  de  coiffeur. 

Ils  n'ont  rien. 

• 

Ils  ne  sont  rien. 

Il  n'y  a  pas  d'abri  pour  les  acteurs 
pendant  les  pauses.  Ils  ont  le  droit 
de  s'asseoir  sur  un  tas  de  paille,  ils 
ont  le  droit  de  lire  un  journal  prêté 
par  l'accessoiriste,  ils  ont  le  droit  de 
dire  du  mal  de  leurs  camarades  et 
vous  pensez  bien  qu'il  serait  criminel 
de  leur  réserver  une  salle  calme, 
claire,  paisible,  munie  de  livres  et  de 


magazines,  avec  «  de  quoi  écrire  »  et 
«de  quoi  s'asseoir...  » 

• 

Les  figurants  ne  sont  pas  plus  favo- 
risés. Si,  après  une  scène  de  foule  — 
trois  cents  figurants!  —  le  metteur 
en  scène  veut  se  consacrer  à  trois 
personnages,  il  ne  peut  éloigner  ses 
trois  cents  collaborateurs.  Cela  est 
ainsi  fait  pour  lui  faire  connaître  le 
vrai  public  qui  parle,  fume,  crache, 
fredonne,  écoute  peu  et  regarde  mal. 
• 

Le  metteur  en  scène... 

C'est  quelqu'un  si  l'on  en  croit  la 
presse  du  cinéma  et  quelques  spec- 
tateurs. 

Mais  dans  le  studio... 

«  Metteur  en  scène,  me  dit  un  ami 
qui  justement  fait  ce  métier-là,  met- 
teur en  scène,  c'est  un  mot,  comme 
direction,  régie,  réalisation,  comme 
écraniste,  cinéaste,  tourneur,  fou, 
etc.  etc.,  mais  moi  je  suis  le  secré- 
taire adjoint  des  machinistes. 
• 

L'auteur  dans  le  studio. 

Non,  non,  nous  ne  parlons  plus  que 
de  choses  possibles,  ou  ce  ne  serait 
pas  la  peine  d'être  civilisés. 
• 

L'opérateur  est  une  sorte  de  tarte. 
Je  veux  dire  qu'il  se  coupe  en  quatre  : 
une  part  pour  le  metteur  en  scène, 
une  part  pour  l'électricien,  une  part 
pour  le  directeur  du  studio,  une  part 
pour  l'appareil.  Ce  n'est  pas  un  mé- 
tier pour  lui.  Pour  son  appareil  non 
plus.  Certes  l'opérateur  ne  compte 
pas,  et  son  appareil  est  sacré.  Par 
conséquent  on  prend  toutes  sortes  de 
précautions  pour  l'appareil.  Que 
craint-il?  Le  soleil.  Mettons  le  à 
l'ombre.  L'appareil  est  donc  garé 
dans  un  placard.  S'il  n'y  a  pas  de 
placard  on  le  fourre  à  la  cave,  une 
cave  humide  de  préférence  comme  il 
convient  au  vin  d'Anjou,  aux  cham- 
pignons et  aux  ratons. 

A  ce  régime  on  s'étonne  de  ne  pas 
voir  sortir  des  cancrelas  ou  des 
mille  pattes  de  l'appareil  béni. 

Enfin,  il  en  sort  bien  quelque  chose 
de  ce  genre. 

Louis  Deli.uc. 


14 


cinea 


Moving    Picture    Land 

par   HENRY    ROUSSELL 


M 


New-York,  8  mai  1921. 
Que  de  choses  a  dire  sur  le  «  Moving 
Picture  »  d'ici  étudié  au  triple  point 
de  vue  : 

1'  Industriel.  —  (Transactions  entre 
producteurs.  —  (Intermédiaires.  — 
Négociants.  —  Distributeurs). 
2     Artistique.    —    Etablissement    du 
négatif,  —  sa  conception,  —  sa  réa- 
lisation). 
3°  Exhibition.  —  (Théâtres  d'exploi- 
tation, —  différentes  formes  d'exhi- 
bition, —  goûts  du  public). 
D'une     étude     complète,    détaillée, 
poursuivie  au  cours  d'un  séjour  de 
deux  mois  en  Amérique,  je  ne  déta- 
cherai    aujourd'hui      que     quelques 
notes    concernant    le    point    de    vue 
n"3. 

Non  pas  que  je  veuille  garder  pour 
moi  seul  les  résultats  de  mes  obser- 
vations sur  les  deux  points  de  vue 
précédents. 

J'ai  fait  ce  long  voyage  dans  un  but 
qui  ne  demeurera  pas  étroitement 
égoïste.  Oh  î  je  ne  voudrais  certes 
pas  prétendre  que  j'ai  consacré  tant 
de  temps,  d'efforts  et  d'argent,  ayant 
pour  seul  objectif  le  sauvetage  du 
cinématographe  français,  qui  d'ail- 
leurs ne  me  priait  nullement  de  le 
sauver  !  Je  suis  venu  ici  pour  y  puiser 
des  enseignements  qui  me  permet- 
tront de  faire  fructifier  au  maximum 
les  capitaux  qui  m'accordent  leur 
concours  et  leur  confiance. 

Mais  si  l'ensemble  de  notre  indus- 
trie cinématographique  est  intéressé 
par  la  documentation  fournie  que  je 
rapporterai  des  Etats-Unis,  on  me 
verra  très  heureux  d'avoir  pu,  dans 
la  mesure  de  mes  faibles  moyens, 
l'aider  à  compredre,  à  connaître  un 
marché  sans  l'appui  duquel  elle  ne 
peut  que  végéter,  hélas  !  peut-être 
disparaître. 

Je  dirai  donc  dans  d'autres  circons- 
tances ce  que  je  sais,  ce  que  j'ai  vu, 


vécu,  dans  les  «  offices»  les  «stu- 
dios »  les  milieux  «  production  »  et 
«  vente  ». 

Aujourd'hui  parlons  d'autre  chose. 

Constatant  le  peu  d'entraînement 
véritable  du  public  français  pour  le 
ciné  j'ai  vu  souvent  des  observateurs 
s'étonner  de  cette  froideur  condes- 
cendante des  foules  françaises  com- 
parée à  l'ardeur  passionnée  des  foules 
étrangères  pour  l'Art  muet. 

C'est  que,  en  plus  de  cette  raison 
que  chez  nous,  premiers  expérimen- 
tateurs du  ciné,  des  années  et  des 
années  de  productions  cinématogra- 
phique tâtonnante  et  d'essais  parfai- 
tement indigents,  ont  habitué  le 
public  à  une  résignation  un  peu 
méprisante,  on  ne  fait  pas  des  efforts 
suffisants  pour  organiser  les  spec- 
tacles avec  le  maximum  d'attrait. 

A  part  quelques  exceptions  extrê- 
mement rares  et  localisées  en  tous 
cas  dans  les  très  grandes  villes, 
l'organisation  des  spectacles  demeure 
lamentablement  «  foraine  »,  incon- 
fortable, sans  goût,  sans  soins  même, 
sans  égard  pour  le  public,  sans  com- 
préhension du  cinématographe. 

Il  y  a  encore  en  France  à  l'heure 
actuelle  une  grosse  partie  de  la  popu- 
lation qui  est  nettement  hostille  au 
spectacle  de  l'Ecran.  Eh  bien  î  je  suis 
convaincu  que  si,  choisissant  parmi 
le  plus  irréductible  de  ces  réfractaires 
à  l'art  muet,  nous  pouvions  faire 
assister  les  iconoclastes  à  une  séance 
du  «  Capitol  »"  de  New-York,  nous  les 
verrions  sortir  de  là  transformés  en 
«  initiés  »  désormais  conquis. 

Mais  ne  croyez  pas  qu'un  seid  éta- 
blissement en  Amérique  peut  être 
cité  pour  le  «soigné  »  et  l'art  detoutes 
ses  représentations. 

La  plupart  des  théâtres  de  quartier 
laissent  bien  loin  derrière  eux,  à  ce 
point  de  vue,  nos  établissements 
parisiens  les  plus  cotés. 


Dès  l'entrée  la  supériorité  se  fait 
sentir  en  ceci  que  vous  n'avez  plus  — 
une  fois  votre  place  payée  â  la  porte 
—  un  cent  à  donner  à  qui  que  ce  soit 
au  cours  de  la  soirée.  On  vous  déli- 
vre «  poliment  »  et  «  gratuitement  » 
un  programme,  on  vous  conduit 
«  gratuitement  »  à  votre  place.  (Il 
vous  est  loisible  d'ailleurs  d'en  choi- 
sir une  vous-même  â  votre  gré). 
Sièges  confortables,  public  toujours 
silencieux,  attentif  et  correct. 

Dans  certains  établissements,  or- 
chestre de  60  â  80  musiciens  composé 
de  virtuoses  et  grand  orgue. 

Quant  au  spectacle,  un  maximun 
voulu,  visiblement  recherché  d'agré- 
ments. 

Copie  toujours  irréprochable  au 
point  de  vue  photographique  Jamais 
usée  (on  les  renouvelle  fréquemment). 

Projection  dirigée  avec  soin  —  ja- 
mais de  saut  de  lumière  —  vitesses 
repérées  par  les  projecteurs  et  intel- 
ligemment variées.  On  ignore  ici  les 
«  décadrements  »,  les  défauts  de 
«  mise  au  point  »  à  la  projection,  le 
«  filage  »,  etc. 

Et  alors,  arrivons  au  point  princi- 
pal, l'adaptation  musicale  qui  accom- 
pagne le  film. 

Cette  adaptation  est  toujours  intel- 
ligente et  soignée  même  dans  les 
établissements  qui  renouvellent  leur 
affiche  tous  les  jours  mais  dire  qu'elle 
est  soignée  ne  serait  pas  suffisant 
pour  la  plupart  des  établissements. 
Elle  est  â  proprement  parler,  magnifi- 
que de  compréhension,  d'ingéniosité 
de  goût. 

On  peut  dire  même  que  dans  cer- 
tains grands  «  cinémas  »  la  représen- 
tation d'un  film  s'accompagne  d'un 
concert  symphonique  de  haute  va- 
leur. 

On  voit  ce  qu'un  accompagnement 
de  cette  qualité  peut  ajouter  d'émo- 
tion, de  plaisir  délicat  disons  d' «  ex- 


cinea 


15 


tériori.sation  sentimentale  »  à  un  beau 
film. 

L'adaptateur  ne  se  borne  pas  à  une 
sélection  ingénieuse  et  artistique,  il 
relie  entre  eux  les  motifs, les  combine. 
Il  varie  et  joue  en  virtuose  des  rémi- 
niscences, des  leit-motiv,  les  super- 
posant dans  des  sonorités  diverses 
s'adaptant  aux  circonstances  de 
l'histoire. 

L'adaptation  musicale  serre  de  si 
prés  le  sujet,  les  personnages,  qu'elle 
fait  corps  avec  l'action.  Les  person- 
nages, qui  dans  le  scénario,  ont  un 
caractère  spécial,  caractéristique  et 
de  qui  les  agissements  impriment  à 
l'intrigue  des  mouvements  divers, 
ont  chacun  «  leur  motif  »  musical 
particulier  (Il  ne  s'agit  pas  toujours 
des  protagonistes  de  1  histoire). 

Naturellement  les  lois  de  la  pro- 
gression et  du  mouvement  sont  admi- 
rablement observées. 

J'assiste  en  ce  moment  à  la  prépa- 
ration par  un  virtuose  spécialiste 
d'une  adaptation  musicale  spéciale 
pour  le  film  par  lequel  j'ai  débuté 
dans  le  cinématographe  :  L'Ame  du 
bronze,  maintenant  oublié  en  France 
et  qui  va  commencer  sa  carrière  aux 
Etats-Unis  par  une  «  présentation  » 
à  «  Carnegie  hall  »  (salle  de  4.500 
places),  je  suis  émerveillé  des  res- 
sources d'art,  d'imagination  que 
déploie  —  et  avec  quelle  aisance  - 
dans  cette  besogne  qui  m'enchante  le 
très  savant,  très  grand  musicien 
qu'est  M.  Rosenfeld,  chef  d'orchestre 
du  «  Capitol  ». 

Ce  n'est  pas  ici  que  l'auteur  ou  le 
directeur  d'un  film  doit  —  s'il  tient  à 
sa  tranquilité  —  ne  pas  commettre 
l'imprudence  fatale  d'assister  à  une 
représentation  de  son  œuvre. 

C'est  une  tradition  chez  nous  parmi 
les  directeurs  (metteurs  en  scène)  de 
fuir  les  salles  de  spectacle  où 
«  passent  »  un  film  dont  on  s'est 
rendu  coupable. 

On  sait  bien  qu'on  courre  de  trop 
grands  risques  de  souffrir  mille 
morts  à  la  vue  d'un  massacre  soit 
par  une  copie  effroyable,  soit  par  des 
coupures  abracadabrantes,  et  le  plus 
souvent  par  une  adaptation  musicale 
parfaitement  inexistante  quelquefois 
par  le  tout  à  la  fois,  sans  parler  d'une 
projection  bousculée,  essoufflée,  tré- 
pidante, voulue  ainsi  par  le  projec- 
teur omnipotent.  Affolée  à  l'idée  de 
rater  son  métro  T. .. 

Chez  nous  les  protestations  de  l'au- 
teur   seraient     accueillies     avec     un 


silencieux  et  méprisant  sourire  par 
les  auteurs  du  désastre.  Quand  aux 
protestations  du  public  elles  ne  se 
produisent  jamais.  Le  public  du  ciné 
semble  en  France,  résigné  à  tout. 

Si  par  extraordinaire  on  traitait  le 
public  du  Moving  Picture  américain 
avec  cette  désinvolture,  on  en  verrait 
de  belles  ce  soir-là  dans  la  salle  T 
Quel  boucan  I  II  faut  voir  les  protes- 
tations si  par  grand  hasard  un  acci- 
dent insignifiant  se  produit  à  la  pro- 
jection. 

On  voit  sans  qu'il  soit  nécessaire 
d'y  insister  davantage  combien  une 
«  présentation  »  de  cette  qualité  at- 
tache au  cinématographe  d'innom 
brables  adeptes  dont  la  foule  grossit 
tous  les  jours. 

Il  faut  que  chez  nous  tous  les  chefs 
d'établissement  veillent  à  obtenir 
des  résultats  semblables.  Quelques- 
uns  y  parviennent,  car  disons-le,  cer- 
tains établissements  français  appro- 
chent de  la  perfection  des  établisse- 
ments américains,  pourquoi  tous  n'y 
parviendraient-ils  pas? 

Que  ces  Messieurs  renoncent  à  cet 
état  d'esprit  fâcheux  qui  leur  fait 
croire  que  le  public  n'est  pas  sensible 
au  «  fini  »  des  représentations.  Leurs 
recettes  ne  diminuent  pas  malgré  la 
pauvreté  du  spectacle  qu'ils  offrent, 
soit,  mais  qu'ils  soient  bien  persua- 
dés qu'elles  augmenteraient  dans  de 
grandes  proportions  si  on  assistait 
chez  eux  aux  représentations  at- 
trayantes offertes  au  public  améri- 
cain. 

Qu'ils  refusent  impitoyoblement 
les  copies  non  conformes  à  la  copie- 
type  sur  le  vu  de  laquelles  ils  ont 
loué  le  film.  Qu'ils  choisissent  leur 
chef  d'orchestre,  leur  projeteur,  leur 
appareil  de  projection,  et  surtout 
qu'ils  aiment  le  ciné  qui  les  enrichit, 

qu'ils  l'aiment  et  le  comprennent 

Mais  non,  mais  non,  cher  Monsieur, 
je  ne  pars  pas  dans  le  rêve! 

Ces  exploitants  là  existent  innom- 
brables en  Amérique,  vous  convien- 
drez bien  qu'ils  peuvent  exister  ou 
plutôt  se  multiplier  chez  nous. 

Henry  Roussell. 


c  i  n  e  a 


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c    i    n    e    a 


Sommaire     du     N  °     1 

Les    films    d'aujourd'hui.  Léon 

Moussinac.  Henriette  |anne. 

De  "Rose-France"  à  "El  Dorado"  — 

Louis  Delluc. 

En  Amérique. —  Lionel  Landry. 
Films   cubistes   allemands.   —   Ivan 
Goll. 

Spectacles.  —  Eve  Francis. 
Derrière  l'écran.  —  Daven. 
Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 
Echos,  Réponses,  Concours. 
Photos   et   Portraits   de    Norma  Tal- 
madge,  Cappellani,  Mado  Minty,  Jaque 
Cateïain.    Lili   Samuel.    Hallys    Feeld. 
Boldireff,  Louise  Glaum.  Eve  Francis. 
Mae  Murray,  Sessue  Hayakawa,  Mar- 
celle   Pradot,    Elena  Sagrarv.   Charlie 
Chaplin.    Footitt,    Suzanne    Despres, 
Signoret.  Chaliapine.  etc. 


Sommaire     du     N  °     2 

Les    films    d'aujourd'hui.   —    Pierre 
Seize.     Léon     Moussinac.      Henriette 
Janne.  L  L. 
Louise  Fazenda  et  quelques  autres. 

—  Lionel  Landry. 

Les  films  suédois.  —  Louis  Delluc. 

L'art  pour  le  septième  art.  —  Canudo. 

Notes. 

Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 

Derrière  l'écran.  —  Daven. 

Photos  et  Portraits   de  Pearl  White, 

Irène    Castle,    Barthelmess.    Antoine. 

Sacha  Guitrv.   Van  Daële.  Modot.   Ida 

Kubenstein.  Chaliapine.  Yonne  Aurel. 

etc. 

Dessins  de  Capniello.   Sacha   Guitry, 

Einar  Nermann,  Bécan,  A. -F   Martv. 


Sommaire     du     N  °     3 

Les    films    d'aujourd'hui.    —    Pierre 
Seize.  Léon  Moussinac.  L.L.,  Henriette 
|anne,  |.-H.  Lévesque: 
Notes.  —  Louis  Delluc. 
Variations.  —  Lionel  Landry. 
Interprétation.  —  Roger  Karl. 
Le      synchronisme      cinémato- 
graphique. —  Vuillermoz. 
Spectacles.  —  Eve  Francis. 
Derrière  l'écran.  —  Daven. 
Pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 
Echos,  Réponses,  Concours 
Photos  et  Portraits  deCharlieChaplin. 
Nazimova.   Betty   Blythe.  Jane    Myro, 
Roger    Karl.    Eve    Francis.     Pavlowa. 
Diaghilew,  Bakst,  Stravinskv,  etc. 


16 


cinea 


0      DERRIÈRE      L'ÉCRAN      a 


Un  loup 

M.  Jean  Durand,  le  metteur  en 
«cène  de  Marie-la-Gatté,  tourne  en 
ce  moment  sur  les  studios  Gaumont 
les  intérieurs  d'un  scénario  d'aven- 
tures; avec  le  concours  pour  l'inter- 
prétation de  Mmes  Berthe  Dagmar  et 
Françoise  Maïa  et  M.  Camille  Bardon. 
Nous  y  verrons  Mme  Dagmar  aux 
prises  avec  des  loups  et  dans  un  corps 
a  corps  avec  un  ours,  en  compagnie 
d'un  acrobate  remarquable  M.  Mar- 
ceau dont  M.  Jean  Durand  guide  les 
débuts  au  cinématographe. 

Le  film  a  pour  titre  :  Un  loup. 

• 
Concours 

Ce  metteur  en  scène,  tout  récem- 
ment rattaché  à  la  maison  Gaumont 
ne  manque  pourtant  point  d'imagi- 
nation... cependant  il  est  sur  les 
dents...  Il  cherche  un  titre  pour  son 
film...  tous  ceux  qu'il  présenta... 
L'homme  et  la  Poupée...  Pierrot 
meurtri...  etc..  furent  refusés  et  on 
ne  lui  en  donna  point  en  échange. 

M.  Mariaud  est  sur  les  dents...  il 
veut  organiser  un  concours  de  films 
selon  le  genre  histoires  sentimen- 
tales... 

• 

En   Provence 

A  Aix-en-Provence,  le  metteur  en 
scène  de  l'Ami  des  Montagnes, 
M.  Guy  du  Fresnay,  a  terminé  les  ex- 
térieurs de  son  film  Les  ailes  qui 
s'ouvrent. 

The  Kid 

On  dit  que  —  enfin  I  —  une  maison 
française  a  acheté  les  droits  d'exploi- 
tation pour  la  France  de  The  Kid,  le 
grand  film  de  Charlie  Chaplin,  où 
s'est  révélé  le  petit  prodige  Jackie 
Coogan,  à  côté  du  célèbre  humou- 
riste 

• 
Ceux  qui  tournent  et  ce  qu'ils 

tournent 
Sur  les  studios  Gaumont 

M.  Marcel  L'Herbier  termine  El  Do- 
rado,  mélodrame,  avec  Eve  Francis, 
Marcelle  Pradot  et  Jacque  Catelain. 

M.  Léon  Poirier  réalise  Le  Coffret 
de  Jade,  avec  Mlle  Myrga,  Mme  La- 
croix, MM.  Roger  Karl  et   Mendaille 

M.  Henri  Desfontaines  termine  Les 


Trois  Lys,  avec  Mmes  Grumbach, 
Yvonne  Desvignes,  Gine  Avril, 
MM.  Baissae  et  Kscande. 

M.  Maurice  Mariaud  achève  L'Hom- 
me et  la  Poupée,  avec  Mme  Suzanne 
Delvé  et  M.  Tallier. 

M.  Guy  du  Fresnay  finit  les  inté- 
rieurs des  Ailes  déployées,  avec- 
Miles  Iribe  et  Madys,  MM.  André 
Roanne  et  Genika  Messirio. 

M.  d'Auchy  vient  de  terminer  et 
fait  le  montage  de  L'Ecran  brisé, 
qu'il  a  tourné  avec  MM.  Mauloy,  War- 
riley,  André  Luguet  et  Mlles  Liondel 
et  Vasseur. 

M.  Jean  Durand  finit  de  mettre  en 
scène  Un  Loup,  avec  Mme  Berthe 
Dagmar  et  Françoise  Maïa. 

M.  Louis  Feuillade  va  s'occuper  des 
intérieurs  de  Jeannette  l'Orpheline, 
qu'il  réalise  avec  toute  sa  troupe. 

• 
l'n  peu  partout 

M  Luitz  Morat  fait  les  intérieurs 
de  La  Terre  du  Diable,  avec  Pierre 
Régnier,  Modot,  Yvonne  Aurel  et 
Chapuis. 

Mme  Germaine  Dulac  s'occupe  du 
montage  de  La  Mort  du  Soleil,  qu'elle 
vient  de  terminer,  avec  Denise  Lorys, 
Régine  Dumien  et  André  Nox. 

M.  Gilles  Veber  termine  les  inté- 
rieurs de  Jettatura  avec  Elena  Sa- 
grary,  Jean  Dehelly  et  Nino  Veber. 

M.  René  Hervil  tourne  les  inté- 
rieurs du  Crime  de  Lord  Arthur 
Saville,  avec  Cecil  Mannering,  Olive 
Sloane  et  André  Nox. 

M.  Jean  Legrand  réalise  avec  Séve- 
rin  Mars,  Le  Cœur  magnifique,  inter- 
prètes :  Séverin  Mars,  Léon  Bernard, 
Tanya  Daleyme,  Maxudian  et  France 
Dhelia. 

M.  Champavert  adapte  à  l'écran 
Le  Porion,  de  M.  Gerbidon. 

M.  Henry  Houry  met  en  scène  L'In- 
fante à  la  Rose,  avec  Gabrielle  Dor- 
ziat  dans  le  rôle  principal. 

La  Société  d'Editions  Cinématogra- 
phiques a  chargé  M.  André  Antoine 
de  mettre  en  scène  L'Artésienne,  que 
devait  réaliser  M.  Léon  Poirier  em- 
pêché. On  y  reverra  Gabriel  de  Gra- 
vone. 

M.  de  Baroncclli  termine  l'adapta- 
tion du  Père  Goriot  avec  Signoret, 
Cheirel,  Grétillat  et  Sylvio  de  IV- 
drelli. 


Quand   nous  serons  à  cent... 

M.  d'Auchy  se  vouerait-il  à  l'adap- 
tation cinégraphique  des  œuvres  de 
M.  Henry  Bordeaux?  Le  metteur  en 
scène  d'Ames  Siciliennes  vient  en 
effet  de  terminer  l'Ecran  brisé  et 
commence  sous  peu  la  réalisation 
de  La  neige  sous  les  pas,  du  même 
auteur.  Voilà  qui  va  réjouir  les  fer- 
vents de  l'œuvre  du  maître  et  ravir 
d'aise  les  amateurs  de  films  tout  rem- 
plis de  sentimentalité.  L'interpréta- 
tion sera  sans  doute  celle  de  l'Ecran 
brisé,  avec  peut-être  un  ou  deux 
autres  personnages,  Mlle  Andrée 
Lionnel,  MM.  Warriley  et  André 
Luguet. 

• 
Un  autre... 

M.  Jacques  Robert,  que  l'on  vit  dans 
l'Essor,  le  Fils  de  la  Nuit,  que  l'on 
verra  dans  l'Ombre  déchirée,  de 
M.  Léon  Poirier,  délaisserait  sans 
doute  l'interprétation  pour  la  mise 
en  scène. 

Le  jeune  artiste  va  tourner,  en  effet, 
un  scénario  de  Jean-Joseph  Renaud. 
L'interprétation  ne  nous  en  est  point 
connue  encore,  non  plus  que  le  titre. 
Nous  aurons  sans  doute  le  plaisir  d'y 
retrouver  Jean  Toulout. 

C'est  la  maison  Gaumont  qui  édi- 
tera sa  production. 
• 
Fantasio 

Nous  aurons  bientôt  des  films  pleins 
d'odeurs  légères,  de  petites  comédies 
délicieusement  parisiennes... 

M.  Félix  Juven,  le  directeur  du  spi- 
rituel Fantasio,  vient  en  effet  de  s'en- 
tendre avec  M.  Léon  Gaumont,  et 
c'est  sur  les  studios  de  celui-ci  que 
va  se  tourner  une  série  de  petits  sce- 
narii  de  (500  mètres  qu'éditera  la  Mai- 
son Gaumont. 

Le  metteur  en  scène  de  ces  œuvres 
sera  Pierre  Colombier,  le  dessinateur 
bien  connu.  Il  va  commencer  bientôt 
le  premier  de  ces  petits  films  :  Le 
Paradis  Perdu. 

L'interprétation  comprend  déjà 
M.  Boucher,  l'excellent  comédien  du 
Retour,  et  M.  Lefaur,  son  partenaire 
à  l'Athénée.  .  . 

L'écran  français  manque  de  petites 
comédies  gaies  et  spirituelles...  Sou- 
haitons de  tout  cœur  la  bienvenue  à 
celles-ci. . . 

Daven. 


cmea 


17 


Spectacles 


Lopokowa  danse. 

Je  n'avais  jamais  vu  Pêtrouchka. 
Je  me  souviens  pourtant  de  Xijinsky. 
de  Karsavina,  de  Bolm.  Feux  d'arti- 
fice I  Lopokowa  reparaît  comme  un 
frisson,  comme  je  ne  sais  pas  quoi  î 
Est-ce  autre  chose  que  Pêtrouchka  ? 
Est-ce  le  vrai  Pêtrouchka?  Vraiment 
on  ne  peut  pas  savoir. 

Lopokowa  danse. 
• 
Marie  Dalbaïcin  danse. 

Dans  les  âpres  et  doux  faubourgs 
de  Séville  on  voit  beaucoup  de  dan- 
seuses. Il  n'y  a  pas  si  longtemps  que 
Dora  la  Cordobesita,  la  Condesa  Zoé, 
Trinidad  Ruiz  se  livraient,  fièrement 
audacieuses,  à  nos  yeux  de  passage. 
Beauté  sévère  en  sa  facilité,  tradi- 
tion, style,  humanité,  que  ne  peut-on 
dire  de  ces  thèmes  plastiques  ?  Le 
plus  médiocre  anéantit  de  grands 
talents  d'ici. 

Mais  le  programme  de  Serge  de 
Diaghilew,  mais  le  décor  de  Picasso, 
mais  la  scène  exagérée  de  la  Gaité 
Lyrique  —  ne  savent  pas  ce  que  c'est 
que  le  flamenco  et  son  étonnante 
architecture.  Le  «cuadro  »  qu'on  nous 
offre  réunit  tous  les  charmes  d'une 
nuit  de  Barcelone  ou  de  Valence, 
mais  en  égare  la  grandeur.  La  dan- 
seuse bouffe,  le  guitariste,  l'homme 
sans  pieds,  la  chanteuse  à  cascades 
tragiques,  que  peuvent-ils  ?  Marie 
Dalbaïcin  est  acclamée  de  confiance, 
comme  un  numéro  de  Barnum  ou  une 
production  de  café-concert. 

Rendez-vous  en  Andalousie. 

Du  moins  elle  est  exquise  dans  Le 
Tricorne  de  Falla,  On  y  vit  naguère 
Léonide  Massine  et  Catherine  Devil- 
liers.  Voici  Woidzikowsky  aux  sa- 
voureuses désarticulations  et  Marie 
Dalbaïcin,  inquiète  comme  une  pay- 
sanne dans  un  musée,  mais  fraîche, 
franche,  juste,  émouvante  de  froi- 
deur, chaude  d'indifférence  et  de 
spontanéité. 

• 
Elsie  Janis  danse. 

Je  songe  à  Pavlowa. 

Elsie  Janis  est  une  grande  enfant 
délicieuse. 

Elle    est   tellement   fine,    tellement 

gracieuse,  tellement  distinguée  qu'on 

se   demande   pourquoi    les    gens   du 

Paris  d'après  guerre  ne  sifflent  pas. 

Eve  Francis. 


•     CRMAN 


MARIA   DALBAÏCIN 

la  savoureuse  ballerine 
andalouse  présentée 
par  Serge  de  Diagilew 
dans  le  dernier  specta- 
cle des  Ballets  russes. 


ESSIN    II  KIWIl    M  UM1N\. 


18 


cinea 


UNE    TÊNÊ'BREUSE   AFFAIRE 


Composition  cinégraphique 
d'après  le  roman  de  Balzac 

{Suite  et  fin) 


2.'io  (xxxvin.  Ils  se  trouvent  tous  cinq  clans  une  vaste 
salle  voûtée,  fermée  par  une  grille.  Michu  allume  une  torche, 
leur  montre  comment  s'installer. 

•2',U).  «  Pendant  sept  mois,  les  quatre  jeunes  gens  vécu- 
rent dans  cette  cachette.  » 

2.'$2)  (iv  .  Laurence  à  cheval  à  travers  hois. 

2.'5.'5)  (v).  Laurence  attache  son  cheval  à  un  arbre  et  pénètre 
dans  les  fourrés. 

2.54)  (xxxvn).  Laurence  dans  le  caveau  au  milieu  des 
quatre  jeunes  gens. 

2.5Ô  (v).  Un  policier,  observe  le  cheval  de  Laurence,  se 
cache.  Laurence  revient,  monte  à  cheval,  part.  L'homme 
apparaît,  suit  la  piste  de  Laurence   a  travers  les  feuillages. 

236).  «  Mais  lorsque  Bonaparte  se  fût  couronné  Empe- 
reur... » 

237)   (xxxn).  Le  tableau  du  Sacre. 

a38).  «...  les  Simeuse  et  les  d'Hauteserre,  compris  dans 
l'amnistie,  reparurent  au  château  de  Cinq  Cygne.  » 

2;}y)  (xlv).  Le  retour  des  quatre  jeunes  gens,  M.  et 
Mme  d'Hauteserre  embrassent  leurs  enfants  ;  les  deux 
Simeuse  tiennent  chacun  une  main  de  Laurence  ravie. 

240)  (xlv).  Laurence  entre  les  deux  frères,  habillés  de  la 
même  façon. 

241)-  «  Comment  voulez-vous  que  je  choisisse  entre  vous? 
Je  ne  puis  même  pas  vous  distinguer  ?  » 

242)  (xi. vi.  Elle  revient,  apportant  une  cravate  blanche 
qu'elle  fait  mettre  à  Paul. 

24'5)  (xxiii  a).  Laureuce  se  promenant  dans  le  parc  entre 
ses  deux  cousins. 

244)  ( vin  a).  Laurence,  les  Simeuse,  les  d'Hauteserre, 
chassant. 

245)  (xxiii).  Une  calèche  désuète  s'arrête  devant  la  porte 
de  Cinq-Cygne. 

24<>).  «  Le  marquis  de  Chargebœuf,  chef  de  la  branche 
ainée,  vient  rendre  visite  à  ses  parents.  » 

247)  (xxiii).  Les  Simeuse  aident  le  marquis  à  descendre 
de  calèche,  le  font  entrer. 

24B)   (xi.v).  Au  salon,  entretien    qui  devient    vite  sérieux. 

249  (xlv).  Le  marquis  (premier  plan). 

2.">o).  »  On  sait  que  votre  garde-chasse  a  voulu  tuer  Malin... 
J'aimerais  mieux  que  vous  fussiez  autre  part  qu'ici...  » 

a5l)  xlv).  Suite  de  l'entretien.  Le  marquis,  se  levant,  à 
Laurence  et  aux  Simeuse  : 

252).  «  Malin  a  acheté  vos  biens,  il  veut  prendre  le  titre 
de  Comte  de  Gondreville  ;  vous  le  gênez,  prenez  garde  ! 
Transigez  si  vous  pouvez  :  sinon  observez  toutes  vos  actions 
même  les  plus  légères.    » 

a53    1  xxiii).    Le  départ  du  marquis. 


254)  xlv).  Au  salon,  après  son  départ.  Indignation  un  peu 
méprisante  des  jeunes  gens.  Paul  de  Simeuse  : 

255).  «  Et  c'est  le  chef  de  la  famille  qui  parle  ainsi  !  » 

2.")(J)  (xlv).  Son  frère  : 

25").  «  Gondreville  devenir  le  nom  d'un  Malin!  » 

2,")S)  (xlv).    Laurence. 

25g).   «  J'aimerais  mieux  le  voir  brûlé!  » 

260  (xixa).  Le  perron  de  Gondreville.  Une  berline  s'ar- 
rête, d'où  descend... 

261)  (xix  a),    premier  plan...   Malin. 

262).  «  Et  cependant  Malin,  futur  comte  de  Gondreville, 
arrivait  dans  son  domaine...  » 

263)  (xxvm).  Le  cabinet  de  Eouché  au  Ministère  de  la 
Police  générale-  Le  Ministre  se  lève,  va  au  fond  de  la  pièce  ; 
arrive  près  d'une  table... 

264)  (xxvm).  (premier  plan  ...  il  presse  un  ressort,  ouvre 
un  tiroir  secret.. . 

265).  «  ...  Non  sans  que  Fouché  s'inquiétât  de  ce  dépla- 
cement. » 

266)  (xxvm).  On  frappe  ;  Fouché  repousse  le  tiroir,  dit 
d'entrer  ;  un  huissier  annonce,  un  visiteur,  signe  affirmatif 
de  Fouché  ;  l'huissier  sort,  Fouché  prend  un  papier  dans  le 
tiroir,  le  referme,  revient  à  sa  table.  Corentin  entre,  salue  ; 
Fouché  lui  tend  la  main,  lui  dit  quelques  mots,  lui  montre 
l'affiche.". 

267).  L'affiche  (n°  42). 

2G8    (xxvm).  Fouché  (premier  plan). 

2(iq).  u  Quel  jeu  joue  Malin  en  ce  moment  ?  Il  conserve 
des  ballots  de  vos  affiches  que  la  prudence  lui  ordonnait  de 
détruire.. . 

270)  ixxviii).  Fouché  froisse  l'affiche,  la  jette  au  feu,  la 
regarde  brûler  un  moment,  puis  reprend  : 

271).  «  ...  Mais  pas  à  Paris  en  tout  cas.  J'ai  fait  fouiller 
sou  hôtel  ;  tout  doit  être  à  Gondreville.  » 

272)  xxvm).  (Premier  plan]  Corentin,  ses  yeux  s'illumi- 
nent, il  regarde  dans  le  feu. 

27 .">i.  Dans  le  feu  il  voit  l'affiche  qui  achève  de  brûler, 
les  noms  disparaissent  l'un  après  l'autre,  rongés  par  la 
flamme.  Mais  à  la  place  du  papier  il  voit  la  cassette  jetée 
par  Laureuce,  puis,  au  milieu  des  flammes,  le  coup  de  cra- 
vache qu'il  a  reçu  sur  les  mains. 

274)  [xxvm).  Corentin  détourne  ses  regards  et  regarde 
de  nouveau  Fouché  :  celui-ci  continue. 

275).   «  Il  faudrait  s'en  assurer.    » 

276)  xxvm  .  (Premier  plan  Corentin,  de  nouveau  maître 
de  lui-même. 

277  .  «  On  dit  que  Malin  a  subi  des  revers  de  fortune,  on 
prétend  qu'il  veut  vendre  Gondreville.  » 


cinea 


278)  (ma).  Le  sillon  de  Cinq  Cygne.  Le  soir.  Tous  les 
hôtes  habituels  réunis.  Entre  Miehu  qui  annonce  une  nou- 
velle. Impression  ;  on  se  lève. 

279)  (xi.v).  Au  premier  plan,  Michu,  Laurence  elles  deux 
Simcusc  parlent  avec  animation. 

2801  (xxiii).  Grand  jour.  Les  quatre  gentilshommes  ; 
Laurence,  Michu,  montent  à  cheval  et  partent. 

28 r)  (xx).  Sur  la  route,  ils  croisent  au  paysan.  Celui-ci  les 
salue. 

282)  «  Salut,  messieurs  !  Vous  allez  donc  à  la  chasse, 
malgré  les  arrêtés  de  la  préfecture  ?  Prenez  garde,  vous  avez 
des  ennemis.  » 

288    (xx).  Paul  de  Simeuse,  souriant  (premier  plan). 

284).  «  On  !  Dieu  veuille  que  notre  chasse  réussisse  et  tu 
retrouveras  tes  maîtres.  » 

285).  (vl.  Dans  la  forêt,  Laurence  reste  en  voiture,  à  che- 
val, les  cinq  autres  s'enfoncent  sous  bois. 

286)  (1,1).  Salon  de  Gondreville.  Malin  et  Grévin  jouent 
aux  échecs  au  coin  du  feu  ;  deux  dames  causent  dans  un  coin. 

2871  (m).  Premier  plan.  La  table  d'échecs.  Malin  (vu  de 
face)  et  Grévin,  Malin  tressaille,  se  lève. 

288)  (1.1).  Entrée  brusque  de  cinq  hommes  masqués  dont 
un,  court  et  trapu,  porte  une  large  barbe  rousse  en  éventail. 
Chacun  maitrîse  un  des  occupants  du  salon,  le  cinquième 
commence  à  attacher  Grévin  sur  sa  chaise. 

289)  (li).  Les  deux  femmes,  Grévin,  sont  attachés  sur 
leurs  chaises  ;  les  hommes  partent,  emportant  Malin  gar- 
rotté. 

290)  (xix  a).  L'homme  barbu  et  l'un  de  ses  compagnons 
sont  à  cheval  ;  on  hisse  Malin  sur  le  cheval  de  l'homme 
barbu,  et  les  deux  cavaliers  partent. 

291)  (vmi  d).  Les  deux  hommes  font  passer  Malin,  tou- 
jours garrotté,  par  le  trou,  puis  reparaissent  et  commencent 
a  murer  le  trou  avec  des  pierres  et  du  plâtre  préparé  d'avance. 

292)  (xxxvin).  Dans  la  salle  voûtée.  Malin  adossé  contre 
la  grille.  Un  homme  paraissant  de  l'autre  côté,  coupe  les 
liens  de  ses  mains,  puis  s'en  va.  Malin  achève  de  se  dégager, 
se  lève  regardant  autour  de  lui. 

2g3)  (li).  Des  domestiques  entrent,  délivrent  les  deux 
femmes.  Grévin  qui  part  en  hâte. 

294)  (xxxi).  Grévin  entre  brusquement  chez  le  sous  préfet 
d'Arcis.  Un  instant  plus  tard,  entrée  du  lieutenant  de  gen- 
darmerie. 

295).  Le  télégraphe  jouant. 

296)  (lu).  Michu  rentre  chez  lui,  les  vêtements  sales  de 
plâtre.  Sa  femme  ;  sa  belle-mère,  l'accueillent.  Soudaine  arri- 
vée des  gendarmes.  Le  brigadier  de  gendarmerie. 

29;)-  «  Vous  êtes  accusé  d'avoir  enlevé  M.  le  Sénateur 
Malin.  Qu'en  avez-vous  fait  ?  Il  y  va  de  votre  tête...  » 

298)  (xliv).  Vestibule  de  Cinq-Cygne.  Laurence  et  les 
quatre  jeunes  gens  rentrent,  très  gais,  en  costume  de  cheval. 
Elle  s'arrête,  regardant  ses  deux  cousins. 

299)  «  Aujourd'hui  le  sort  décidera  entre  vous  deux  !  Le 
premier  à  qui  ma  tante  d'IIauteserre  adressera  la  parole,  ce 
soir,  à  table,  après  le  benedicite,  sera  mon  mari.  » 

300)  (xlviI.  A  table.  Le  benedicite.  Expression  d'anxiété 
générale.  Mme  d'Hauteserre  la  remarque. 


3oi).  «  Mais  il  s'est  passé  quelque  chose  d'extraordi- 
naire... » 

3o2)  (xlvi).  Laurence. 

3o3).    «  A  qui  parlez- vous  ?  » 

3o4)  xlvi).  Mme  d'Hauteserre,  servant  la  soupe  dans  les 
assiettes. 

3o5).    «  A  vous  tous.  » 

(3o6  (xlvi).  Mme  d'Hauteserre  tend  une  assiette  à  l'aîné 
des  Simeuse  qui  est  déjà  servi.  Celui  ci  lui  signale  son  erreur 
d'un  geste.  Mme  d'Hauteserre,  lui  parlant. 

307).  ii  Je  me  trompe  toujours,  malgré  vos  cravates.  Je 
croyais  servir  votre  frère.  » 

3o8)  (xlvi).  L'autre  Simeuse,  devenant  pâle,  regarde  Lau- 
rence avec  un  sourire  triste. 

309).  «  Vous  le  servez  mieux  que  vous  ne  pensez.  Le  voici 
l'époux  de  Laurence.  » 

3ïo)  (xlvi).  Emotion  générale.  Explications.  Tout  à  coup 
la  porte  s'ouvre  ;  entre  l'abbé  Gigue  t. 

3n).   L'abbé  (premier  plan). 

.3 12).    «  Fuyez  !  on  vient  vous' arrêter  !  » 

3i3)  (xlvi).  Les  deux  Simeuse  étonnés  (premier  plan). 

3i4).  «  Pourquoi  ?  » 

3i5)  (xlvi).  L'abbé  Giguet  insiste  :  discussion.  Entrée  du 
juge  de  paix,  suivi  des  gendarmes  qui  procèdent  à  l'arresta- 
tion. 

3i6)  (xxvin).  Corentin  est  introduit  dans  le  cabinet  de 
Fouché. 

317).    «  Monseigneur,  la  mission  est  accomplie.  » 

318)  (xxvin).  Corentin,  continuant  à  parler. 

319)  (xix).  Une  pelouse  du  parc  de  Gondreville.  Trois 
hommes  transportent  des  ballots  de  papier,  les  entassent, 
les  brûlent.  Une  grande  flamme  monte. 

3io)  (xxvin).  Corentin  continuant  à  parler.  Fouché  le 
félicite  d'un  signe  de  lête  ;  il  sort. 

32i)  (xxvni).  Chez  le  marquis  de  Chargebceuf,  à  Noyés. 
Laurence,  le  marquis,  M.  et  Mme  d'Hauteserre,  consternés. 
Entre   Bordin. 

322).  «  Le  célèbre  juriste  Bordin,  qui  vient  diriger  la 
défense.  » 

323)   (xxvin).  Bordin,  après  un  moment  d'entretien. 

324).  «  Mais  enfin  qu'avez-vous  fait  ce  jour-là  ?  » 

325)   (xxvin).   Laurence. 

32(5).  «Le  bruit  courait  que  Malin  voulait  vendre  Gon- 
dreville. Nous  somn  es  allés  chercher  dans  la  forêt. . 

327)   (xxmj.  La  troupe,  comme  au  n°  280. 

328).  «  Un  million  en  or,  appartenant  à  mes  cousins  de 
Simeuse,  et  caché  par  les  soins  de  Michu  ». 

329)  (iv).  Les  quatregentishommes  et  Michu  transportant 
des  sacs. 

33o).  Et  nous  l'avons  ramené  à  Cinq-Cygne  pour  avoir 
l'argent  sous  la  main  ». 

33l)  (xLix).Les  mêmes  dans  une  cave  du  château,  cachant 
les  sacs  sous  une  voûte  qu'ils  murent  ensuite. 

337)   (xxvm).   Bordin  découragé  : 

333).  «  Personne  ne  vous  croira,  ou  bien  l'on  pensera  que 
vous  avez  pris  cet  or  à  Gondreville,  et  l'on  ajoutera  à  l'in- 
culpation d'enlèvement  celle  de  vol...  » 


20 


cinea 


334).    (x.win).  Consternation  des  auditeurs. 

335)  (xxxm).  Devant  le  jury  criminel.  Commencement  du 
procès. 

336)  (in).  Chez  Michu.  Marthe,  acablée,  et  son  fils.  Entre 
la  mère  de  Marthe. 

337).  «  Un  homme  de  Troyes  veut  te  parler  de  la  part  de 
Michu.    Il  t'attend  dehors.  » 

.'{'58      xxn).   Unhomme.de  l'autre  côté  de  la  grille  (demi 
jour)   échange    quelques  mots  avec  Marthe,    lui  remet  un 
billet. 

33;j)  (mi).  Marthe  rentre,  lit  le  billet,  puis,  l'ayant  lu,  le 
brûle  à  la  chandelle.  Elle  prend  un  panier,  y  met  du  pain, 
du  saucisson,  du  vin  et  part,  tenant  à  la  main  une  lanterne. 

340)  (xxxvii).  Malin,  debout,  regarde  par  la  grille. 

341)  xxxvii).  Il  voit  uue  petite  lueur  au  loin.  Elle  dispa- 
raît, reparaît,  zigzague,  s'approche.  Marthe  arrive  de  l'autre 
côté  de  la  grille,  passe  des  vivres  à  Malin  ;  il  lui  saisit  la 
main,  elle  se  débat. 

342)  (v).  Le  chien  aboie. 

343)  (xxviii).  Deux  hommes  arrivant  de  l'autre  côté  de  la 
grille,  arrêtent  Marthe.  L'un,  armé  d'un  levier,  écarte  les 
barreaux,  délivre  le  sénateur. 

344)  (xxxiii).  Suite  du  procès.  On  amène  Malin  et  Marthe. 
Marthe  pleure,  raconte  ce  qui  s'est  passé. 

345    (xxxiv  .  Michu  bondit  : 

34')).  «  Ce  n'est  pas  vrai,  je  ne  t'ai  jamais  écrit  !  montre 
cette  lettre  !  » 

347)  (xxxiii).    Marthe  Michu,  consternée. 

348).    «  Tu  me  recommandais  de  la  brûler.    » 

349)  (xxxiii).   Michu  retombe  accablé. 

'i')o)  (xxxiii).  La  lecture  du  verdict. 

35 1).    «  ...  en  conséquence  sont  condamnés. 

«  Michu  à  la  peine  de  mort...  » 

352)  (xxxiii  ).  Michu  (premier  plan). 

353).  «  Paul  de  Simeuse  a  vingt- quatre  ans  de  travaux 
forcés.  » 

354!   (xxxiii).  Paul  de  Simeuse  (d°). 

355).  «  Marie  de  Simeuse  à  vingt-quatre  ans  de  travaux 
forcés.  » 

350    (xxxiii).  Marie  de  Simeuse  d°). 

357).  «  Robert  d'Hauteserre  à  dix  ans  de  travaux  forcés.  » 

358)  (xxxiii).  Robert  d'Hauteserre  (d°). 

359)  «  Adrien  d'Hauteserre  à  dix  ans  de  travaux  forcés  ». 
3(>o    (xxxm).  Adrien  d'Hauteserre  (d°). 

36i)  xxxiii).  La  salle  pendant  la  lecture  du  verdict.  On 
emmène  les  condamnés.  Leur  geste  d'adieu  à  Laurence. 

362)  (xxxvin).  Le  marquis  de  Chargebœuf,  M.  et 
Mme  d'Hauteserre,  Laurence,  Bordin.  Celui-ci. 

363).  «  Nous  n'avons  plus  maintenant  qu'un  espoir,  la 
clémence  de  l' Empereur.  » 

304)  •    (xxxvili).  Laurence  indignée  : 

365).   «  Demander  leur  grâce  et  à  un  Bonaparte!  » 

366)  (xxxvm).  Bordin,  au  marquis. 

3li7).  «  Monsieur  le  marquis,  courons  à  Paris  les  sauver 
sans  elle.    » 

368)  (xxxvm).  Le  marquis. 

3G9).  «  Je  connais  Talleyrand  ;  il  fera  quelque  chose  pour 
nous.  » 


'>7d)  (xxix  1.  Le  cabinet  du  prince  de  Bénévent.  Celui-ci 
fait  quelques  pas  et  va  s'asseoir  au  coin  du  feu  pour  lire  un 
journal. 

371).  (Le  journal.)  «  Le  pourvoi  présenté  par  les  condam- 
nés du  procès  de  Troves  vient  d'être  rejeté  par  la  Cour  de 
Cassation.  » 

372)  (xxix  .  Le  prince  regarde  rêveusement  dans  le  feu. 

37.3).  Dans  le  feu,  un  tas  de  cendres  qui  peu  à  peu  rede- 
vient une  affiche  (n°  ^2).  Les  lettres,  les  signatures  s'effacent 
alors  peu  à  peu,  la  dernière  demeurant  seule  en  vue. 

374)  (xxvn).  Evocation  ;  le  n"  28. 

Î75)  (xxix).  Un  huissier  annonce  une  visite.  Le  prince 
fait  un  signe  de  tête.  Entrent  le  marquis  de  Chargebœuf  et 
Bordin.  Le  prince  se  lève  pour  les  accueillir,  fait  asseoir  le 
marquis,  puis  après  un  entretien  d'un  moment,  fait  signe  à 
Bordin  de  s'asseoir  à  une  table,  et  dicte  : 

376  .  La  plume  d'oie,  écrivant  : 
«  Sire, 

«  Quatre  gentilshommes  innocents,  déclarés  coupable  par 
le  jury,  viennent  de  voir  leur  condamnation  confirmée  par 
Votre  Cour  de  Cassation. 

«  Votre  Majesté  Impériale  ne  peut  plus  que  leur  faire 
grâce.  Ces  gentilhommes  ne  réclament  cette  grâce  de  Votre 
auguste  clémence  que  pour  avoir  l'occasion  d'utiliser  leur 
mort  en  combattant  sous  vos  jeux... 

377)  (xxix).   Talleyrand,  adossé  à  son  bureau  et  dictant. 

378).  «  Talleyrand  en  dictant  ces  mots  ne  savait  pas  être 
prophète.  » 

379).  Les  flammes  de  la  cheminée.  Elles  prennent  corps. 
La  fumée  devient  celle  d'un  combat  (x).  Mêlée  de  cavalerie. 
Les  deux  frères  de  Simeuse  tombent  l'un  après  l'autre. 

38o  .  «  Les  deux  frères  de  Simeuse  devaient  tomber  à 
Sommosierra,  trois  ans  plus  tard... 

38i)  (xi).   Un  champ  de  bataille.  Un  cadavre  étendu. 

382).    «    ...  et  Robert  d'Hauteserre  à  la  Moskowa.  » 

383)  (xxix).   Bordin  finit  d'écrire  et  se  lève. 

384)  <(  Et  Michu,  Monseigneur  ?  On  ne  peut  pas  les  sau- 
ver sans  lui  !  » 

385)  (xxix).  Talleyrand. 

386).  «  N'allez  pas  vous  embarrasser  de  votre  drôle  de 
garde-chasse  !  » 

387)  (xxix).  Bordin,  avec  éi an. 

388).  «  Un  homme  sublime  !  » 

389)    xxix).   Talleyrand,  à  Bordin. 

390).   «  U  faut  une  victime  !  N'en  demandez  pas  trop  !  » 

3<)i)  (xxix).   Talleyrand  au  marquis. 

392).  «  Et  n'oubliez  pas  que  la  grâce  de  vos  parents  ne 
peut  être  obtenue  que  par  une  seule  personne...  par  Mlle  de 
Cinq  Cygne.  » 

3g3)  (xi.m).  Dans  la  prison  de  Troyes,  Marthe  Michu  ago- 
nise sur  un  grabat,  soignée  par  Laurence.  Entre  Michu, 
enchaîné  et  gardé  par  un  gendarme. 

3g4)  (xi.iii).  Ses  derniers  adieux  â  sa  femme.  Elle  meurt. 

795  xi.iii  .  On  emmène  Michu.  Laurence  lui  serre  la  main 
en  lui  disant  : 

39G  .  «  Je  vous  sauverai.  » 

3(»7)  (xxxm).  Laurence  etle  marquis  montent  en  calèche. 

3<)8    (xxxn  i.   La  calèche  franchit  la  grille. 


cinea 


21 


I99).   «  Après  de  longue  journées  de  voyage.  » 

400  xn).  La  calèche  roule  le  long  d'une  rivière.  Passent 
îles  soldats  qui  la  regardent  avec  curiosité. 

401)  (xn).  (Premier  plan) .  Laurence  interroge  un  soldat. 

402).  «  Quelle  est  cette  rivière     » 

|o3)  (xu).  Le  soldat. 

4<>4)-   «  C'est  la  Saale.  » 

4o3)  (xn  ).  Laurence. 

4<>(i  .    «  Où  sommes  nous  ?  » 

407)   (xn).  Le  soldat  : 

4<>x).  «  Près  d'iéna.  » 

4°9)  (xi.v  .  Un  gendarme  arrive.   11  interroge  le  marquis. 

410)   (xn).  Le  marquis  (premier  plan). 

4>  1).  «  Je  veux  voir  l'Empereur,  j'ai  une  dépêche  du  prince 
de  Bénévent  pour  le  Grand-Maréchal  Duroc.  » 

4iH)  (xn).  Le  gendarme  part.  Arrivent  deux  officiers  à 
pheval,  couverts  de  grands  manteaux,  l'un  grand,  l'autre 
petit.  Ils  s'arrêtent  en  voyant  la  calèche.  Laurence  s'adresse 
au  plus  grand,  qui  lui  répond. 

I    41^)-  l(  Vous  ne  pouvez  pas  rester  ici  ;  vous  êtes  entre  les 
ieux  armées  :  Si  l'ennemi  faisait  un  mouvement  et  que  l'ar- 
tillerie jouât,  vous  seriez  entre  deux  feu.  » 
;    4T4)  (XI1)-  (Premier  plan).  Laurence  répond  d'un  air  indif- 
férent. —  Ali?  — 

I    4'^)  (XI0-    ^es    deux    officiers   (premier   plan).   Le    plus 
petit  au  plus  grand. 
,    41*')-  (<  Comment  cette  femme  se  trouve-t-elle  là  ?  » 

417)  (xn).  Laurence  (premier  plan). 
•    4'8)-  |(  Nous  attendons  un  gendarme  qui  est  allé  prévenir 
Ile  Grand  Maréchal  Duroc,  en  qui  nous  trouverons  nn  protec- 
teur pour  pouvoir  parler  à  l'Empereur.  » 

419)  (xn).   Le  premier  officier   : 

421)).  «  Parle!- à  l'Empereur  ?  Y  peusez-vous  !  A  la  veille 
l'une  bataille  décisive  !  » 

4^i    (xn).  Laurence. 

422).  «  Oh  !  vous  avez  raison,  je  ne  dois  lui  parler 
qu'après  demain  :  la  victoire  le  rendra  clément,  n 

423.)  (xn).  Un  nombreux  cortège  d'officiers  arrive,  se 
range  autour  du  plus  petit  des  deux  officiers  :  C'est  l'Empe- 
reur. H  donne  des  ordres. 

424)  (xui).  Dans  la  prison  de  Troyes,  Michu,  enchaîné 
issis  sur  son  lit. 

42"))  (xui).  (Premier  plan).  Il  ferme  les  yeux  et  revoit... 

42'»    (xui).  Evocation  :  le  n°  36. 

427)  (xlu).  Le  procureur  entre,  suivi  de  l'abbé  Gignct,  qui 
exhorte  le  condamné  :  puis  deux  gardiens  viennent  l'emme- 
ner, l'abbé  l'accompagnant. 

428).  (xxvj.  La  calèche  est  garée  derrière  une  chaumière. 
Duroc  s'avance,  échange  quelques  mots  avec  le   marquis  de 


Chargebœuf,  puis  le  fait  entrer  avec  Laurence  dans  la  chau- 
mière. 

429)  xxx).  Devant  une  table  desservie,  Napoléon,  en 
culotte  blanche  et  en  habit  vert,  prend  la  tasse  de  café  (4ue 
lui  présente  Constant  sur  un  plateau.  Feu  de  bois  vert  dans 
la  cheminée.  Berthier,  debout,  est  derrière  l'Empereur. 
Entrent  Laurence,  le  marquis,  Duroc. 

430)  (xxx).  (Premier  plan)  Napoléon,  regardant  brusque- 
ment Laurence. 

43 1.  «  Que  voulez- vous?  Vous  ne  craignez  donc  plus  de 
me  parler  avant  la  bataille  ?  » 

432)  (xxx).  Laurence,  regardant  fixement  l'Empereur. 
433).  «  Sire,  je  suis  Mlle  de  Cinq-Cygne. 

434)  (xxx).  Napoléon,  premier  plan,  d'un  air  colère  :  -— 
Eh  bien  ? 

435)  (xxx).  Laurence,  tombant  à  genoux  et  lui  tendant  le 
placet. 

43(>)  (xxx).  Laurence   (premier  plan). 

43").  «  Ne  comprenez-vous  donc  pas,  sire  ?  Je  suis  Mlle  de 
Cinq  Cygne  et  je  vous  demande  grâce.  » 

438)  (xxx).  L'Empereur  la  relève  gracieusement. 

43<))  «  Serez  vous  sage  enfin  ?  Comprenez-vous  ce  que  doit 
être  l'Empire  français  ?  » 

44°)  (xxx).  Laurence,  vaincue. 

44')*  (<  ^u  ■  ^e  ne  comprends  en  ce  moment  que  l'Empe- 
reur. » 

442)  (xxx).  Napoléon,  regardant  le  placet. 

443).  «  Sont-ils  innocents  ?  » 

444)    xxx).  Laurence,  avec  feu  : 

44"»)-   «  Tous  !  » 

44'»)  (xxx  .  Napoléon. 

447)«  «  Tous?  Non.  Le  garde  chasse  est  un  homme  dan 
gereux  qui  tuerait  mon  sénateur   sans  prendre  votre  avis.  » 

44^)  (xxx).  Le  dialogue  continue.  —  Sire,  si  vous  aviez 
un  ami  qui  se  fut  dévoué  pour  vous,  l'abandonneriez  vous  ? 
Vous  êtes  une  femme.  —  Et  vous  un  homme  de  fer  !  —  lia 
été  condamné  par  la  justice  de  son  pays.  —  Il  est  innocent  ! 

449)  (xxx).  Napoléon,  se  levant  : 

4")o).   «  Enfant  !  » 

4")i)  (xxx).  11  prend  Mlle  de  Cinq  Cygne  par  la  main  et 
la  l'ail  sortir  de  la  chaumière. 

4.")2)  (xiv).  Napoléon,  sur  le  plateau,  montrant  l'horizon 
éclairé  de  feux.  11  parle  avec  animation.  Laurence  reprend, 
suppliante.  Napoléon  reprend. 

453).  «  Sachez,  Mademoiselle,  qu'on  doit  mourir  pour  les 
lois  de  son  pays,  comme  on  meurt  ici  pour  sa  gloire.  Retour- 
nez en  France,  vos  cousins  seront  libres  sous  caution  en 
attendant  mes  ordres.  » 

454)  (xxv).  Laurence  et  le  marquis  remontent  dans  la 
calèche.  La  nuit  tombe. 

Lionel  Landry. 


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cinégraphique. 

Le  Crapouillot  a  publié  sur  le  cinéma  des 
articles  de  Victor  PERROT,  Harry  BAUR, 
Alexandre  ARXOUX,  Loi  is  DELLUC , 
Claude  BLANCHARD,  P.xri.  REBOUX, 
Henri  EALK,  Dominique  BRAGA.G.  MOUS- 
SINNAC,  René  KERDYCK,  Marcel  GRO- 
MAIRE,  René  BIZET;  et  l'analyse  de 
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( EX=GRE VIN) 
10,  Boulevard  Montmartre      ■-  Tel    :  Gut     55=33 

j     (L.  la  pi.)  25  fr.  (O.)  20,  15,  10  fr.  (Baie.)  20,  15.  (5  fr. 

■  21  heures.  —  TOUT  DOUX,  image  en  1  acte  de  M,  E.  Goyard. 

•  Coquillon(Lui);  Djem-Dax(Elle);  Jacques  Ferréol(L'Autre). 

LE    SOLEIL    DE    MINUIT,    un    acte    de    M.   Jacques   Deval. 

■  Mines    Germaine    Fontanes    (Simone)    ;     Suzanne     Connel 

•  (Mme  Darne);  La  Petite  Mad  Lopes  (La  Petite  Fille); 
;      M.  Harry  Krùmer  (René). 

î  TROIS  TYPES,  comédie  en  deux  actes  de  M.  Paul  Giafféri. 
i  MM.  René  Bussy(Gronin);  Coquillon  (Philipénette)  ;  Saulieu 
;     (Lapreux)  ;  Roger  Bernard  (Le  Sergent). 


cinea 


PHOTO   (  1STEBA 

Robe  de  satin  blanc  et  de  satin  noir,  rehaussée  à  la  ceinture  d'un  double  rang'  de  perles  blanches  et  de  perles  noires,  portée 
par  Suzanne  TALBA  que  l'on  vient  de  voir  cette  semaine  dans  «  Rose  de  Grenade  ». 

Cette  robe  a  été  conçue  et  exécutée  en  Vue  du  cinématographe  par 

GHISLAINE,     12,     Rue    de    la    Paix 


cinea 


M         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi    10    au   Jeudi    16   Juin 


2?    ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des 
Italiens.  —  Le  renard  et  le  corbeau,  dessins 
animés  de  Louis  Forest. —  Les  actualités  de- 
là semaine.  —  Patbè-Revue.  —  Le  Gardien. 
scène  dramatique  interprétée  parjoë  Ham- 
man. —  Lily  Vertu,  comédie  avec  Huguette 
Duflos.  —  Attraction  :  Cartel  .  dans  son 
répertoire. 

Cinéma  de  la  Presse.  12s.  rue  Mont- 
martre.—  Le  Due  de  Reiebstadt.  -  Voleurs 
de  femmes,  7e  épisode. —  Le  retour  du  cœur, 
comédie  sentimentale  —  J'icra/t  danseuse, 
comique. 

Parisiana.  27.  boulevard  Poissonnière. 

—  Nous  et  les  animaux,  documentaire.  — 
La  maison  du  fantoche,  dessins  animés.  — 
Seule  dans  la  Jungle,  drame.  —  Le  collier 
de  sa  reine,  comique. —  Parisiaua-Jourual . 
actualités.  —  Ambition,  grande  scène  dra- 
matique avec  Francelia  Billington.  —  Le 
Salut  de  Fatty,  comique.  —  En  supplément 
de  7  h.  1/2  à  8  h.  1/2,  excepté  dimanches  et 
fêtes  :  Tom  Moore  dans  Un  brillant  Poli- 
ceiiian,  comédie.  —  Gutenberg  56-70. 

3e  ARRONDISSEMENT 
Pathé-Temple.  —  Pa/be-Journal.  — 
Patbc-revue  n°  24.  —  L'Homme  aux  trois 
masques,  8e  épisode  :  Le  mendiant  mysté- 
rieux. —  La  Poebarde,  2e'  chapitre  :  L'en- 
fant du  crime.  —  Le  roman  de  la  vallée  heu- 
reuse, mise  en  scène  de  D.  W.Griffith.joué 
par  Lilian  Gish.  l'interprète  inoubliable  du 
Lys  brisé,  drame. 

4e   ARRONDISSEMENT 
Saint-Paul.      73.     rue     Saint-Antoine. 

—  Les  Three  Mi/x.Jacrobaties.—  Saiut-Paul- 
Journal. —  Le  Renard  et  le  Corbeau,  des- 
sins animés  —  L'Homme  aux  trois  mas- 
ques. <S<-  épisode  :  Le  mendiant  mystérieux. 

Patbé-Revue.  n°  24.  —  La  Poebarde. 
2e  chapitre  :  L'enfant  du  crime. —  Chariot 
dans  le  parc,  comique.  —  Le  roman  de  la 
vallée  heureuse,  drame  joué  par  Lilian 
Gish.  Mise  en  scène  de  D.  W.  Griffith. 

5f   ARRONDISSEMENT 
Saint-Michel-Cinéma.    7,  place   Saint- 
Michel.  —  Actualités.  —  Le  flottage  du  bois 
au  Tyrol.  —   Mai/re   Evora,    avec   Régina 
Badet.  —  Attraction. 
Mésange, 3,  rued'Arras. —  Patbé-Jourual. 

—  Beaucitron  et  le  sous-marin,  comique.  — 
Le  Cachet  de  cire,  comédie  dramatique.  — 
La  poebarde,  en  12  chapitres.  rr  chapitre  : 
Les  flammes  mortelles. —  L 'homme  aux  trois 
masques,  7e  épisode  :  Le  Marquis  de  Santa- 
Fiore. 


Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Gaumont-aelualiles.  —  L'Indomptable . 
avec  Frank  Mavo,  drame  d'aventures. — 
Attraction  :  Les  Headons.  sauteurs.  — 
Palbe-Revue.  -  La  Poebarde.  drame  en  12 
chapitres,  n'  chapitre  :  Les  Flammes  mor- 
telles. —  y  icra/l  Jockey,  comique. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Bosquet.  83.  avenue  Bosquet. 
Direction  G.  Movse.  —  Ambroise  satyre 
mondain,  comique.  —  L'Homme  aux  trois 
masques.  6e épisode  :  Le  marquis  de  Santa- 
ls iore.  —  Le  comique  parodiste  Mylos,  ses 
créations  comiques  et  burlesques.  —  Dan- 
dy gabier,  comique.  —  Le  Sphinx,  d'Oc- 
tave Feuillet,  avec  Francesca  Bertini. 

8e  ARRONDISSEMENT 
Théâtre  du  Cotisée.  38,  avenue  des 
Champs-Eh  sées.  Direction  Malleville. — 
Elysées  29-46.  —  Chariot  et  le  mannequin. 
comique.  —  Plantes  sensibles,  documen- 
taire. —  Les  bas  de  soie,  comédie  avec 
Constance  Talmadge.  —  Gaumont-aclualités 
La  revanche  du  Destin,  comédie  dramatique 
interprétée  par  Wallace  Reid. 

Pépinière-Cinéma.  9,  rue  de  la  Pépi- 
nière. —  Vues  du  Vieux  Prague.  —  Char- 
lot  patine.  —  L'Homme  aux  trois  masques, 
8e  épisode.  —  La  Parure,  comédie  dra- 
matique.—  Pépini'ere-Joumal.  —  Intermède: 
Cloerec  Maupas,  chanteur-compositeur. 

Alcazar  d'été,  Champs-Elysées.  — 
La  Proie,  comédie  dramatique.  —  Les  tri- 
bulations de  Nicodeme. 

9e  ARRONDISSEMENT 
Aubett-Palace,  28,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Images  de  printemps,  plein  air.  — 
Nouveautés  journal.  —  Le  Renard  et  le  Cor- 
beau, dessins  animés. —  L'homme  aux  trois 
masques,  8»  épisode  :  Le  mendiant  mvsté- 
rie;;x. —  L'Epingle  rouge,  drame. —  Zigoto 
garçon  de  théâtre,  comique. 

Delta-Palace-Cinéma.  17.  boulevard 
Rochechouart.  —  Delta-Journal.  —  Les 
Etoiles  du  Cinéma,  documentaire.  —  Dandv 
lient  la  bonne  place,  comique.  —  Le  Tour- 
billon, 8e  épisode  :  Le  cercueil  flottant.  — 
Intermède  :  La  belle  Eva,  assistée  par  le 
professeur  Stelly,  l'incomparable  voyante 
dans  ses  expériences  extra-lucides. —  Pa- 
tbé-Revue. —  Lu  Fille  du  Fauve,  drame  en 
4  parties,  interprété  par  Miss  Pearl  White. 

Cinéma-Rochechouart,  66,  rue  de  Ro- 
chechouart. Gutenberg  66-19.  Directeur  : 
M.  A.  Jallon.  —  Eclair-Journal.  —  Une 
Savonnerie  danoise,  documentaire.  —  Fui- 


THÉÂTRE 


DU 


COLISEE 

CINÉMA 

38,  Av.  des  Champs  Élysées,  38 

Téléphone  : 


Direction  : 

P.  MALLEVILLE 


ELYSÉE  29-46 


Programme  du  10  au  16  Juin 

Chariot  et  le  Mannequin. 

Plantes  Sensibles,  documentaire. 

Les  Bas  de  Soie,  comédie   avec 
Constance  Talmadge. 

Gaumont-  Actualités. 

La  Revanche  du  Destin,  comédie 

dramatique,    interprétée     par 

Wallace  Reid. 

■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■•■■■■■■■■■■•■■■•■■■■■•■•a 


cinea 


Programmes    des   Cinémas    de    Paris 


chérie,  capitaine  des  pompiers ,  comique.  — 
L'Homme  aux  /rois  masques,  8e  épisode:  Le 
mendiant  mystérieux.  —  Intermède  :  Les 
Harry  Von's,  imitateurs  virtuoses  sur  pis- 
tons. 

ioe    ARRONDISSEMENT 

Cinéma-Palace.  42,  boulevard  Bonne- 
Nouvelle.  —  Maison  en  ruines.  —  Stras- 
bourg. —  Patbé-Journal .  -  -  Mangeons  des 
œufs.  —  L'Homme  aux  trois  masques,  8e  épi- 
sode, grand  ciné-roman.  —  Les  chansons 
filmées  de  Lordier.  —  Attraction  :  M.  Lan- 
dais, chanteur. 

Crystal  Palace-Cinéma,  9,  rue  de  la 
Fidélité,  96,  faubourg  Saint-Denis.  — 
Nord  O7-59. —  Les  naufragésdu  sort,  drame. 
Palace- Journal,  actualités  de  la  semaine.  — 
betsy  Love,  scène  dramatique  et  sentimen- 
tale. —  Les  Carabes,  documentaire.  — 
Attraction  :  Anna  Pascal,  virtuose  musical 
de  lAlhambra. 

Cinématographe  Porte  Saint-Denis, 
8,  boulevard  Bonne-Nouvelle  —  Le  Raton. 
documentaire. —  Sur  la  roule,  comédie. — 
L'étreinte  de  la  pieuvre,  be  épisode.  —  Une 
Etoile,  comique. 

Tivoli,  ii).  faubourg  du  Temple.  — 
Images  de  Printemps,  plein  air.  —  Tivoli- 
Journal. —  Le  Renard  et  le  Corbeau,  dessins 
animés. —  Patbè-Revue  no  24. —  L'homme 
aux  trois  masques.  8e  épisode  :  Le  mendiant 
mystérieux.  —  Zigoto  garçon  de  théâtre, 
comique.  —  Un  drame  sons  Napoléon, 
2''  époque. 

I2«  ARRONDISSEMENT 

Lyon-Palace,  rue  de  L)on.  —  Gaumont- 
Actualitès.  —  Lierait  Jockey,  comique.  — 
La  Pocharde,  2e  chapitre  :  L'enfant  du 
crime.  —  Le  Roman  de  la  vallée  heureuse. 
drame,  avec  Lilian  Gish.  —  Attraction  : 
Les  Portelly,  duettistes.  —  Jack  médecin 
maigre  lui,  grande  scène  d'aventures  avec 
William  Russell. 

i3e  ARRONDISSEMENT 

Qobelins,  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 
Patbé-Journal.  —  Beaucitron  et  le  sons- 
marin,  comique.  —  Le  Cachet  de  cire. 
comédie  dramatique.  —  La  Pocharde. 
premier  chapitre:  Les  Flammes  mortelles. 
—  L'homme  aux  trois  masques.  7e  épisode  : 
Le  marquis  de  Santa-Fiore. 

14e    ARRONDISSEMENT 

(iaité  rue  de  la  Gaieté. —  Patbé-Journal. 
Beaucitron  cl  le  sous-marin .  comique. —  Le 
Cachet  de  cire,  comédie  dramatique.  —  La 
Pocharde.  en  12  chapitres.  ier  chapitre  : 
Les  flammes  mortelles.  —  L'Homme  aux 
trois  masques.  8e  épisode  :, Le  mendiant 
mystérieux. 

Orléans-Palace,  100  et  102,  boulevard 
Jourdan.     —     Les     actualités     Patbé.     — 


L'Exilé 

-,  drame.  —  Le    Tourbillon,  y' 

épi- 

sodé.  - 

-   Chariot  patine,  comique.  — 

Sur 

scène  : 

Ducar. 

i5e  ARRONDISSEMENT 
Splendide-Cinéma-Palace,  60.  avenue 
de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-03.  M.  Messie, 
directeur.  —  Palhe-Journal.  —  Les  Three 
Nais,  acrobates  à  l'écran.  —  Les  Iles  d'Ha- 
waï,  documentaire.  —  Le  Corbeau  cl  le 
Renard,  dessins  animés. —  L'homme  aux 
trois  masques.  8e  épisode  :  Le  mendiant 
mystérieux. —  Un  drame  sous  Napoléon, 
2'  partie. —  Le  Sens  delà  mort,  avec  André 
Nox.  —  Beaucitron  et  le  sous-marin,  comi- 
que. — Intermède  :  La  Sevillia  et  Le  Bras- 
seur, duettistes  à  voix.  —  Tous  les  jeudis  à 
2  h.  1/2  :  Matinée  spéciale  pour  la  jeunesse. 

Grenelle,  122.  rue  du  Théâtre.  —  Patbé- 
Journal.  —  Beaucitron  et  le  sous-marin. 
comique.  —  Le  Cachet  de  cire,  comique. — 
La  Pocharde,  en  12  chapitres.  Ier  chapitre  : 
Les  Flammes  mortelles  — .  L'homme  aux 
trois  masques,  8e  épisode  :  Le  mendiant 
mystérieux. 

Vaugirard-Cinéma,  rue  de  Vaugirard, 
273.  — Ouverture  le  iojuin.  —Programme 
du  10  au  12  juin.  —  Patbé-Journal,  actuali- 
tés. —  Robert  Bnrat ,  de  Jules  Claretie.  — 
Pickratt  Jockey.  —  IVollv's  and  Dolli's.  — 
An  gel  frères.  —  Le  sens  de  la  Mort  drame. 
avec  André  Nox.  —  Programme  du  13  au 
16  juin.  —  Pathé-Joumal.  actualités.  — 
L'Homme  fort,  comédie  dramatique.  —  At- 
tractions :  Hamel,  —  Ange!  frères,  —  Gar- 
dey  and  partner .  —  La  Pocharde.  if''  épiso- 
de :  Les  flammes  mortelles.  —  Blanc  cl 
noir,  comique. 

16e     ARRONDISSEMENT 

Mozart-Palace,  49,  51,  rue  d'Auteuil. 
i6«.  —  Programme  du  10  au  13  |uin. —  Les 
Etoiles  du  Cinéma.  12e  série.  —  L'homme 
aux  trois  masques,  8e  épisode  :  Le  mendiant 
mystérieux.  —  La  Fuite  de  Jackson  Bill. 
aventure  policière. —  L'indomptable,  inter- 
prété par  Frank  Mayo.  —  Eclair   Journal. 

—  Programme  du  14  au  iôjUin  192 i.  — 
De  Biskra  a  Touggourt.  plein  air.  —  La 
Pocharde,  2e chapitre  :  L'enfant  du  crime. 

—  Picratt  Jockey,  comique.  —  L'Epingle 
rouge.  —  Patbé-Journal. 

17e   ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Legendre.    128.  rue  Legendre. 

—  Directeur  :  A.  Jallon.  —  Legendre-Actua- 
lités.  —  Chariot  récidiviste,  comique.  — 
L'homme  aux  trois  masques.  S''  épisode  : 
Le  mendiant  mystérieux.  —  Dans  les  pro- 
fondeurs de  la  mer.  —  La  Comtesse  Chi- 
mère, comédie  dramatique.  —  Attraction: 
Gauv.  original  imitateur. 

Le  Select,  8,  avenue  de  Clichv.  — 
Orchestre.  —  Voleurs  de  femmes,  —  ©/'épi- 
sode :  La  Machine  infernale.  —  Rose  Mes- 
sagère, comédie  dramatique.  —  Orchestre. 

—  Zigoto.  garçon  de  théâtre,  comique.  — 
Lily-Vertu,  avec  Huguette  Duflos. 


■   Il IIIIIIIM 


Nous  demandons  à 

VOI  R 

encore     une     fois 


Une    Vie    de    Chien 

avec  CHARL1E     CHAPLIN 


DaVid    Garrick 

avec    DUST1N     FARNUM 


Le    Trésor    d'Arne 

avec    MARY     JOHNSON 


La  Conquête  de  l'Or 

000     avec    BESS1E     LOVE 


Les    Frères     Corses 

avec    KRAUSS     et     ROUSSEL 


L'auberge  du  signe  du  loup 


00    00    00    00 


de    Th.    H.    INCE 


Une  Aventure  à  New- York 

avec   DOUGLAS  FAIRBANKS 


M    i    c    k    e    y       0 

avec    MABEL     NORMAND 


Olivier        Twist 

oc  oo    avec    MARIE     DORO 


La      Dette      a 

avec  DOROTHY  PHILIPPS 


Les    Corsaires 

avec      LILIAN       GISH 


19 Illllllllll 


cinea 


Programmes    des    Cinémas   de    Paris 


Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Orchestre.  —  Pathé-Revue.  —  Le  Roman 
de  la  Vallée  heureuse,  avec  Lilian  Gish.  — 
Orchestre.  Lilv-Vertu,  avec  Huguette  Du- 
flos,  —  Pathè-Journal.  —  La  Pocharde, 
2e chapitre  :  L'Enfant  du  Crime. 

Lutetia-Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Orchestre.  —  Courses  de  Taureaux,  docu- 
mentaire. —  La  Revanche  du  Destin,  avec 
Wallace  Reid.  —  Orchestre.  —  Rose  Mes- 
sagère, scène  dramatique.  —  Zi goto,  garçon 
de  théâtre,  comique. —  Gaumont-adualitès. 
—  Voleurs  de  femmes,  qe  épisode  :  La  Ma- 
chine infernale. 

Batignolles-Cinéma,  59,  rue  de  la  Con- 
damine.  —  Programme  du  10  au  12  juin. 

—  Pathè-Journal.  —  La  petite  châtelaine, 
comédie  sentimentale.  —  La  Pocharde, 
2e  épisode  :  L'Enfant  du  crime.  —  Attrac- 
tion :  Gardney  and  partner.  —  L'Appel  du 
sang,  avec  Le  Bargv.  —  Programme  du  13 
au  16  juin.  —  Pathe-Journal  —  Robert 
Burat,  de  Jules  Claretie. —  Pickratt  jockey, 
comique.  —  Attraction  :  Wolly's  and  Dol- 
U's,  —  Le  Roman  de  la  Vallée  heureuse. 
avec  Lilian  Gish. 

18e   ARRONDISSEMENT 

Oaumont-Palace,  1.  rue  Caulaincourt. 
Quo  Vadis,  de  Sienkievicz.  Première  partie 
Le  Festin  de  Néron.  Partition  d'opéra  de 
Jean  Nouguès.  Intermède  vocal  et  choré- 
graphique réglé  par  Jeanne  Ronsay  et 
André  Richard.  —  Le  défilé  des  dieux 
capitolins.  —  Combats  de  gladiateurs.  — 
Orgie  et  Bacchanale.  Les  chanteurs  M.Oger 
J.  Peiner,  Mlle  S.  Logier.  soli,  chœurs, 
grand  orchestre  symphonique,  180  exécu- 
tants, sous  la  direction  de  P.  Fosse.  Mati- 
née exceptionnelle  le  Jeudi  iôjuin  à2h.i5. 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt   et   rue  d'Orsel,  43. 

—  Maurice     Robert,    directeur.    —     Les 

Actualités  Mondiales. —  Le  chéri  de  la  dan- 


c    1    n   e    a 

■  ■ 

i  demande  à  MM.  les  ! 

■  ■ 

■  ■ 

■  ■ 

Directeurs  de  Cinéma  i 

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■  ■ 

■  ■ 

j  d'envoyer  leur  programme  I 

■  ■ 

■  ■ 

i  dix  jours  d'avance   à  i 

:  : 

:  £  : 

i  c   1    n    e    a  j 


seuse.  —  L'aveugle  de  Twin-Fortb,  drame 
d'aventures. —  Fatty  aux  bains. — L'Homme 
aux  trois  masques.  <S=  épisode  :  Le  mendiant 
mystérieux.  —  Attractions  :  Tsin-Tsin.  le 
cycliste  vagabond.  —  Duflcuvc,  dans  son 
répertoire. 

Montcalm-Cinéma.  134,  rue  Ordener. — 
Actualités  Gaumont.  —  Chariot  s'évade. 
comique. —  Voleur  de  femmes.  He  épisode. 

—  Gigolette,  3e  époque  :  Les  dessous  de 
Paris.  —  La  Pocharde.  2''  époque  :  L'En- 
fant du  crime. — Sur  scène  :  René  Marchais. 
le  roi  des  tyroliens. 

Barbes- Palace,  34,  boulevard  Barbes, 
Direction  :  L.  Garnier.  —  Nord  35-68.  — 
Lily  Vertu, comédie  avec  Huguette  Duflos. 
—  Rose  messagère,  comédie  dramatique.  — 
L'homme  aux  trois  masques,  8e  épisode  :  Le 
mendiant  mystérieux. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  110,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81.  —  Le  roman  de  la  vallée  beu- 
reuce,  drame  avec  Lilian  Gish.  —  Picratt 
Jockey,  comique.  —  Pathé-Revue.  —  La 
Pocharde.  2''  chapitre  :  L'enfant  du  crime. 
Pathe-Journal.  actualités.  —  Attraction  : 
Max  Kidd,  et  son  chat  mécanique,  dans 
l'hommequi  monteà  la  corde  lisse  en  lisant 
son  journal. 

19e     ARRONDISSEMENT 

Secrétan,  7,  Avenue  Secrétan,  Pathè- 
Journal.  —  Pathé-Revue  n"  24.  —  L'Homme 
aux  trois  masques.  8«  épisode  :  Le  mendiant 
mystériuex.  —  La  Pocharde.  2e  chapitre  : 
L'enfant  du  crime.  —  Le  roman  de  la  vallée 
heureuse,  avec  Lilian  Gish. 

20=    ARRONDISSEMENT 

Cinéma  l'Epatant.  4  Boulevard  de  Bel- 
leville.  —  Rose  May.  —  Déménagement 
magnétique. —  Divorçons. —  Les  lacs  suisses 

—  Le  ranch  de  la  mort.  12e  épisode. 
Gambetta  Palace,    cinéma-théâtre,    6 

rue  Belgrand  (place  Gambetta).   Roquette 
-31-74.  —   Gambetta  Journal,  actualités.  - 
La  Parure,  comédie  dramatique.  —  Le  Roi 
de  l'audace,  5e  épisode:  Le  globe  magique. 

—  L'Epingle  rouge,  drame.  —  Chariot  et  le 
mannequin,  comique. Jeudi  16  :  La  Rafale. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont-aclualités.  —  Le 
Romande  la  vallée  heureuse,  drame.  —  La 
pocharde.  2e  chapitre  :  L'enfant  du  crime 
Attraction  :  Tommy,  chanteur  à  voix.  — 
Sur  la  roule,  comédie  dramatique.  —  Le 
Salut  de  Fatty.  comique. 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  Pathe-Journal. —  Les  Naufrages  du 
sort,  drame. —  Attraction  :  Léon  Roger,  imi- 
tateur.—  L'épingle  rouge,  nouvelle  drama- 
tique.—  La  Pocharde.  i*T  épisode  :  L'en- 
fant du  crime. 


BANLIEUE 

Fontenay-Cinéma,  S,  rue  Boucicaut 
(Fontenay-aux-Roses).  —  Programma  du 
11  et  12  Juin.  —  Arc,  le  Davos  de  la  Suède 
panorama. —  L'Ami  des  Montagnes.  —  Les 
Deux  Gamines.  qe  épisode.  —  Restaurant  de 
luxe,  comique. 

Montrouge.  —  Courses  de  taureaux  a 
Lune/,  plein  air. —  Moutrougc-actualilès. — 
Le  Renard  et  le  corbeau,  dessins  animés. — 
L'homme  aux  trois  masques,  «S1'  épisode  ;  Le 
Mendiant  mystérieux.  —  Un  drame  sous 
Napoléon.  2e  époque.  —  Zigolo  garçon  de 
théâtre,  comique. 

Clichy.  —  Pathe-Journal.  —  Pathé- 
Revue.  —  La  Pocharde,  2''  chapitre  :  L'en- 
fant du  crime.  —  L'Homme  aux  trois  mas- 
ques. (Se  épisode  :  Le  mendiant  mystérieux. 
—  Le  Roman  de  la  vallée  heureuse,  drame. 

Levallois.  —  Pathè-Journal.  --  Pathé- 
Revue. —  L'homme  aux  trois  masques,  7e épi- 
sode :Le  marquis  de  Santa-Fiore. — Attrac- 
tion :  Marjel.  diseur  de  genre. — Gigolette, 
4e  époque  :  Rédemption. —  Une  poule  chér- 
ies Coq,  vaudeville. 

Vanves. —  Pathè-Journal.  —  Beaucilrou 
cl  le  sous-marin,  comique.  —  Le  Cachet  de 
Cire,  comédie  dramatique. —  La  pocharde. 
d'aprèsjules  Mary. en  12  chapitres,  ^'cha- 
pitre :  Les  Flammes  mortelles. —  L'homme 
aux  trois  masques.  H*  épisode  :  Le  mendiant 
mystérieux. 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (Le- 
vallois).Wagram  04-91 .  —  Gigolette,  4e  épo- 
que :  Rédemption. —  Les  naufragés  du  sort. 
drame. —  L'homme  aux  trois  masques, 7e épi- 
sode :  Le  marquis  de  Santa-Fiore.  — 
Attraction  :    Les  Red  Stars,  trapézistes. 

Bagnolet.  —  Pathè-Journal.  —  Pathé- 
Revue.  —  La  Pocharde.  2e  chapitre  :  L'en- 
fant du  crime. —  Le  roman  de  la  vallée  heu- 
reuse, drame.  —  L'homme  aux  trois  mas- 
ques, 8e  épisode:  Le  mendiant  mystérieux. 

■ 

■  Sommaire     du  N  °     1  \ 

■  —  • 

■  ~  .  ï  •  ■ 
i  Les    films    D'aujourd'hui.  —     Léon  i 

■  Moussinac.  Henriette  Janne. 

•  De  "Rose-France"  à  "El  Dorado"  —  ■ 

•  Louis  Delluc. 

•  En  Amérique. —  Lionel  Landry. 

!  Films   cubistes   allemands.    —    Ivan  ; 

:  Goll. 

m  ■ 

S  Spectacles.  —  Eve  Francis. 

S  Derrière  l'écran.  —  Daven. 

S  Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 

S  Echos,  Réponses,  Concours. 

{  Photos   et   Portraits    de    Norma  Tal-  j 

ï  madge.  Caiipellani.  Mado  Mintv. Jaque  : 

•  Catelain,  Lili  Samuel.  Ilallvs  Feeld.  ; 
j  Boldireff,  Louise  Glaum,  Eve  Francis.  ! 
;  Maë  Murray.  Sessue  Hayakawa.  Mar-  : 
;  celle    Pradot,    Elena   Sagrary,    Charlie  ■ 

■  Chaplin.  Footitt,  Suzanne  Després.  | 
!  Signoret.  Chaliapine.  etc. 


cinea 


Les   Films   d'aujourd'hui 


Ames  d'avare. 

Sujet  tout  psychologique,  peu  pro- 
pice au  film  :  l'histoire  du  ravage 
qu'apportent  en  une  âme  le  désir,  la 
perspective  d'un  héritage.  On  peut, 
exceptionnellement  le  Sens  de  la 
Mort  en  est  un  exemple  —  tirer  parti 
au  cinéma  de  sujets  de  cette  nature  ; 
mais  le  plus  souvent,  et  c'est  ici  le 
cas,  ils  forment  poids  mort. 


Le  Cœur  ne  se  vend  pas. 

On  nous  apprend  que  ce  film  est 
tiré  du  «  célèbre  roman  »  d'Edith 
Wharton.  Aucun  livre  d'Edith Whar- 
thon  ne  porte  ce  titre  :  les  person- 
nages, la  plupart  des  incidents  sont 
ceux  de  The  house  ofNirth,  traduit 
en  français  sous  le  nom  de  chez  les 
heureux  du  Monde.  Naturellement  le 
dévouement  est  différent  :  Lily  Bart 
et  Selden  se  marient. 

L'interprétation,  la  mise  en  scène, 
le  découpage  sont  louables  ;  c'est  une 
excellente  fabrication  en  série,  dont 
le  nom  de  Capellani  suffit  à  garantir 
la  qualité. 

Le  Gardian. 

Avant  même  que  le  cinéma  en  eût 
visualisé  le  type, tous  les  français,  ne 
fût-ce  que  par  Buffalo-Bill,  connais- 
saient le  cow-boy  américain  ;  Com- 
bien de  lettres  pourraient  dire  le  nom 
du  bouvier  de  Mireille,  seul  type  ana- 
logue existant  dans  notre  littérature? 
Le  gardian  de  Camargue  nous  semble 
donc,  si  réel  soit-il,  une  copie  de  son 
homologue  d'outre  Atlantique,  et  telle 
est  la  première  difficulté  à  laquelle  se 
heurte,  l'intéressante  entreprise  de 
M.  Joe  Hamman.  Encore  faut-il  ajou- 
ter qu'il  n'a  pas  mis  tous  les  atouts 
de  son  côté.  L'excellent  acteur  Gaston 
Jacquet  n'apparaît  à  son  avantage,  ni 
dans  le  rôle,  ni  comme  auteur  d'un 
assez  pale  scénario.  Mesdemoiselles 
llellen  Darly  et  Lucie  Berny  nous 
olfrent  des  silhouettes  agréables,  mais 
connues.  De  beaux  paysages  d'eau, 
tic  buissons,  de  pins  maritimes  nous 
auraient  charmés  si,  lors  de  la  pré- 
sentation, l'imperfection  des  pelli- 
cules n'avait  pas  zébré  d'une  pluie 
continuelle  jusqu'aux  intérieurs  du 
pays  du  soleil. 


L'avalanche. 

Beaucoup  moins  original  que  le 
film  suédois,  le  film  danois,  lorsqu'il 
ne  s'égare  pas  en  de  pitoyables  exo- 
tismes, plaît  par  sa  conscience,  sa 
méthode,  par  des  qualités  germa- 
niques qui  en  font  un  bon  article  d'ex- 
portation. Le  sujet  est  assez  vigou- 
reusement marqué,  la  scène  où  Sabine 
se  prostitue  pour  faire  vivre  son 
amant  à  la  netteté  d'un  passage  de 
Knut  Hanson.  Il  est  regrettable  que 
la  banale  mise  en  scène  d'une  cour 
d'assises  vienne  affaiblir  l'effet  de  la 
fin. 

• 

L'Ahurissant  concierge  (Suns- 

hine). 

Les  forces  domestiquées  par 
l'homme  se  révoltent,  l'eau  se  répand 


"  Le  Sens  de  la 

Mort  " 

est 

u  n  excellent 

film     fran 

çais. 

II 

a     été 

fait 

par 

des    R 

usses 

dans  les  tuyaux  à  gaz  et  réciproque- 
ment, la  flamme  du  chalumeau  va 
mordre  les  fesses  de  l'amoureux  à 
travers  la  cloison,  les  peintres  mar- 
chent verticalement  sur  les  murs  qu'ils 
tapissent,  l'atelier  de  photographie 
s'envole,  les  cigognes  y  cueillent  les 
passagers...  et  tout  cela  serait  extrê- 
mement drôle  si  l'homme  a  grosses 
moustaches,  les  girls,  leurs  épaules  et 
leurs  jambes,  la  convention  archi 
connue  des  gestes  et  des  expressions 
ne  nous  rappelaient  pas  à  chaque  ins- 
tant que  nous  nous  trouvons  en  pré- 
sence d'une  fabrication  industrielle 
en  série  dont  on  ne  saurait  modifier 
la  moindre  caractéristique  sans  ris- 
quer de  nuire  au  placement. 

• 
Au  dessus  de  la  haine. 

Drame   italien,  pas   plus    mauvais 
que  beaucoup  d'autres   et   avec    une 


protagoniste    fort  réussie   dans    son 
genre. 

La  Revanche  du  Destin. 

Comédie  gaie, fantaisiste, bien  jouée 
par  Wallie  Reid  et  une  charmante 
partenaire  dont  il  est  regrettable 
qu'on  ne  nous  donne  point  le  nom. 


Expiation. 

Quand  la  femme  fatale  —  le  vamp, 
comme  on  dit  là-bas  —  s'est  mariée,  a 
trouvé  le  bonheur,  a-t-eile  le  droit  de 
se  plaindre  si  une  autre  vamp  vient 
le  Lui  souffler,  comme  elle  a  souillé 
naguère  celui    d'une  autre    femme  V 

La  symétrie  forcée  d'un  tel  sujet,  la 
répétition  mécanique  des  situations 
refroidit  l'intérêt  et  peut-être  la  ri- 
chesse extérieure  du  décor,  la  manière 
dont  les  scènes  de  music  hall,  de  danses 
viennent  en  avant,  détournent-elles 
l'attention  d'un  drame  intérieur  par 
trop  sobrement  esquissé  et  qui  ne 
comporte  guère  de  nuances. 

Louise  Glaum  est  belle  ;  son  type 
d'Egyptienne  alourdie  évoque  les 
grandes  courtisanes  sacrées  de  Syrie 
et  de  Chaldée.  Qu'elle  était  émouvante 
lorsque,  esclave  affaissée,  elle  se  traî- 
nait suppliante  aux  pieds  de  illiam 
Hart  I  Peut-être  les  gestes  tradition- 
nels auquels  se  reconnaît  le  vampire, 
les  afféteries,  les  minauderies,  les 
jeux  d'éventail,  les  allumages  de  ci- 
garettes, les  échanges  de  verre  de 
Champagne,  ne  conviennent-ils  pas 
toujours  à  son  charme  un  peu  brutal. 
Mais  elle  est  beaucoup  plus  belle  que 
si  elle  était  la  femme  adaptée  à  ces 
petits  côtés  du  rôle. 

On  ne  nous  nomme  point  l'actrice 
qui  joue  la  Biche  et  c'est  dommage, 
car  elle  a  bien  composé  son  person 
nage. 


Le  porte  veine. 

Mélange  singulier  de  brutalité  et  de 
facteur  ;  on  dirait  une  statue  taillée 
à  coup  de  hache  dans  un  bloc  de  crème 
au  lichen  parfumé  avec  quelques 
sous-produit  de  la  distillation  de  la 
houille 

Lionel  Landry. 


cinea 


LE  TRESOR  DARNE 

Vous  reconnaissez  la  finale  émouvante  de  ce  beau  film  qui  apporta  en  France  la  révélation  de  l'art  des  Suédois, 

leur  goût  et  leur  sens  de  la  poésie  visuelle,  et  une  interprétation  disciplinée,  précise,  délicate,  d'où  se  détache  Mary 

Johnson,  la  Bessie  Love  Scandinave.  Donnez-nous  des  films  suédois. 


8 


cinea 


ANDRE  NOX 


Un  des  plus  intéressants  interprètes  du  cinéma  français,  un  de 
ceux  qui  ont  eu  la  chance  de  rencontrer  des  rùles  et  des  films 
aussi  émouvants  que  leur  propre  talent,  comme  Le  Penseur  de 
de  Léon  Poirier.  La  Montre  vers  l'Acropole  de  René  Le  Somp- 
tier.  Le  Sens  de  la  Mort  de  Protazonoff  et  La  Mort  du  Soleil  de 
A.  Legrand  et  Germaine  Dulac. 


cinea 


NOTES 


Pourquoi  vous  étonner  que  le  ci- 
néma suive  sa  mode  et  non  la  mode? 
Une  robe  quelconque  n'a  pas  la 
même  valeur  suivant  qu'elle  est  des- 
tinée à  Auteuil,  au  Ritz,  au  Music- 
Hall  ou  à  l'écran.  Synthèse  avide,  le 
cinéma  exige  une  synthèse  délicate 
et  forte  en  chacun  de  ses  éléments. 
Le  vêtement  importe  presque  autant 
que  le  masque,  et  davantage  que  le 
bibelot,  le  meuble,  le  décor  La  robe 
de  l'interprète  est,  ou  devrait  être, 
l'expression  plastique  stylisée  de  son 
personnage. 

Voulez-vous  que  nous  parlions  de 
la  mode  masculine?  Songez  que  des 
acteurs  français  vont  lire  ceci  et 
qu'ils  sont,  si  je  le  comprends  bien, 
les  mâles  les  plus  élégants  de  la  map- 
pemonde. Allez  donc  discuter  le  frac 
de  Brûlé,  de  Maurice  Chevalier,  de 
Pierre  Magnier?  Allez  donc  tiquer 
sur  ces  pyjamas  pour  fillettes  dont 
nos  jeunes  premiers  sont  bien  ten- 
drement friands?  Patience,  patience. 
Il  n'y  a  pas  si  longtemps  les  inter- 
prètes-hommes de  notre  ciné  ne  pen- 
saient à  rien.  Voici  qu'ils  pensent  à 
avoir  un  visage  intelligent  ou  humain. 
Bientôt  ils  penseront  à  la  photogénie 
de  leur  vèture,  et  nous  verrons. 

Pour  le  moment,  amusons-nous 
aux  excessivismes  hors  de  mode  des 
complets  de  Charles  Ray,  de  Jack 
Pickford,  de  Douglas  Fairbanks,  qui 
tirent  le  meilleur  parti  de  l'outrance 
sud-américaines,  vestons  amples  et 
juponnés,  pantalons  parodiques, 
vastes  manchettes  de  soie  molle  et 
cols  souples  non  moins  considé- 
rables. 

Mais  puisque  parodie  il  y  a  on  peut 
savourer  Harold  Lloyd  et  déguster 
le  style  vestimentaire  de  Charlie 
Chaplin. 

Et  puis  Victor  Siostrom  réalise  en 
profondeur  la  mascarade  des  vieux 
temps 

Et  puis  William  Hart  recrée  en  Rio 
Jim  la  forte  élégance  conquérante 
des  pionniers  et  prospecteurs  de 
1840. 

Parlons  des  femmes.  Ne  redoutez 
pas  un  discours  sur  ce  qu'il  ne  faut 


pas  faire  en  mode  cinégraphique. 
Feuilletez  le  répertoire  des  coutu- 
riers de  Mlle  Robinne  et  déplorez 
que  cette  charmante  dame  ait  été  si 
copieusement  imitée  naguère  en  Ita- 
lie, en  Allemagne,  en  Amérique 
même,  (car  dans  Forfaiture  il  y  a 
Fannie  Ward,  mais  il  y  a  les  robes 
de  Fannie  Ward)  et  en  France,  seul 
paj's  où  l'on  n'ait  pas  encore  aban- 
donné ce  système  d'habiller  les  cabo- 
tins de  l'écran  à  la  dernière  mode 
(qui  change  toutes  les  trois  se- 
maines!) 

* 
*  * 

On  peut  d'ailleurs  se  servir  de  la 
mode  du  jour,  en  la  déformant  ironi- 


II 

y    a 

dans 

(  ( 

VAtlan 

tide  " 

u 

n      g  r 

and 

acteur, 

c'est 

1 

e       Sa 

ible 

quement  ou  bien  en  y  choisissant  les 
éléments  d'un  amalgame  nouveau. 

Par  exemple  :  Pearl  White  dans 
La  Maison  de  la  Haine  et  surtout 
Par  amour;  Mabel  Normand  dans 
ses  farces  et  surtout  dans  Mickey  où 
s'affirma  Mack  Sennet,  maître  visuel; 
Mary  Pickford  quand  elle  joue  à  la 
Dame;  Irène  Castle  plus  que  toutes 
et  particulièrement  dans  ce  mélo- 
drame :  Cœur  d'héroïne  en  quoi 
Georges     Fitzmaurice     réalisa     tant 

d'art  visuel. 

* 
*  * 

Il  est  plus  facile  et  en  somme  plus 
large  de  chercher  ces  déformations 
dans  les  modes  du  passé.  Vous  êtes 
choqués,  spectateurs,  quand  Maria 
Quiroga  entre  en  scène  avec  le  luxe 
ballonné  oublié  depuis  l'Exposition? 
Vous  êtes  choqués  par  ces  bals  sei- 


gneuriaux de   l'Italie  cinégraphique 

moderne  où  toutes  les  figurantes  ont 

docilement  endossé  une  robe  du  soir 

d'il  y  a  sept  ans?  Et  vous  n'êtes  pas 

choqués  par  les  modes  plus  désuètes 

de  la   Duse,  de   Sarah  Bernhardt,  de 

Loïe  Fùller.  C'est  que  le  génie  de  ces 

créatrices  a  pourvu  à  un  recul  utile 

et  à  une  sûre  mise  au  point  de  leurs 

robes,  qui  ne  sont  pas  plus  antidatés 

que   postdatés,   qui   sont   non    datés, 

bref  qui  ne  datent  pas. 

* 
*  * 

La  robe  en  vogue  est,  au  théâtre, 
un  crime.  Que  de  pièces  elle  a  tuées! 
Au  cinéma,  c'est  plus  grave.  La  plu- 
part des  films  n'ayant  pas  un  auteur 
capable  de  réaliser  le  style,  il  faut 
craindre  d'évoquer  la  pure  documen- 
tation quotidienne.  En  attendant  les 
Manet,  Renoir,  Van  Dongen,  Matisse 
ou  Picasso  du  portrait  cinégraphique, 
évitez  les  accessoires  de  tous  les 
jours.  Sachez  que  ces  détails  — 
robes,  parures,  coiffures  —  ne  doi- 
vent pas  donner  .sa  valeur  au  film. 
C'est  le  film  qui  doit  leur  donner  leur 
valeur. 

Ainsi  le  drame  mondain  perd  tout 
son  arôme  de  par  un  smoking  der- 
nier cri  ou  une  sortie  de  bal  ultra- 
courue. Et  nous  ne  nous  détachons 
pas  de  Carmen  du  Klondyke,  de  La 
Conquête  de  l'or,  de  L'homme  aux 
yeux  clairs  où  le  muscle  du  Far- 
West  s'habille  â  la  vieille  France  ou 
dans  ce  ton  espagnol  si  bien  filtré 
par  les  Mexicains.  Là,  mieux  que 
partout  ailleurs,  s'est  formée  une 
ligne  étonnante  où  je  ne  doute  pas  de 
voir  quelque  jour  les  couturiers  pui- 
ser avec  frénésie. 

Et  c'est  là  que  j'ai  vu  la  robe  la 
mieux  comprise  pour  les  nécessités 
—  et  les  générosités  —  de  la  photo- 
génie. Rappelez  vous  Louise  Glaum 
dans  Pour  sauver  sa  race  et  ce  pei- 
gnoir agressif,  net  et  souple,  qu'elle 
a  dans  la  scène  du  chantage  au  dan- 
cing et  dans  l'enlèvement.  Il  n'y  a 
point  à  épiloguer.  Ceux  —  celles!  — 
qui  ont  compris  la  richesse  de  cette 
invention  d'un  jour  continueront  le 
principe. 

Louis  Dklluc. 


0 


cinea 


■ 

I  Paroles  d'acteur  muet 

■ 
■ 

par  Jaque  Catelain 


Le  cinématographe î  Qu'est-ce  que 
c'est?  c'est  du  mouvement...  c'est  un 
mécanisme  déconcertant...  c'est  de 
la  vie,  qui  n'en  est  pas...  c'est  une 
activité  qui  se  rattache  à  tout  et  à 
rien  !...  Le  cinématographe  n'est  ni 
la  science,  ni  l'art  (  pourtant  il  est  les 
deux,  il  est  leur  descendant,  leur  fils 
et  il  ne  ressemble  ni  à  l'un  ni  à  l'au- 
tre... c'est  assez  gênant  !...  est-ce  un 
enfant  naturel?  un  bâtard?  on  se 
demande  avec  inquiétude  où  il  est 
nél  on  l'aime,  ou  on  ne  l'aime  pas.  11 
déconcerte...  Il  lasse...  malgré  tout 
on  revient  à  lui  :  il  a  tant  de  jeunes 
attraits,  d'inquiétantes  promesses! 
c'est  encore  «  la  meilleure  et  la  pire 
des  choses  »...  !  J'ai  eu  le  loisir  de  le 
constater  au  cours  de  six  films  que 
j'ai  interprétés  : 

1"  Le  Torrent  :  je  m'y  suis  jeté  avec 
une  inexpérience  totale...  j'en  suis 
ressorti  avec  une  «  mention  hono- 
rable ». 

2  Rose-France  :  réaction  contre 
cette  inexpérience;  croyance  injusti- 
fiée en  mes  possibilités,  en  la  connais- 
sance de  moi-même.  —  Trop  grande 
volonté  d'harmonie  extérieure  —  état 
intérieur,  artificiel  et  froid! 

3°  Le  Bereail  :  première  tentative 
vers  la  vérité  psychologique  dont 
doit  témoigner  l'expression...  tenta- 
tive vaine!.  .  Eternel  triangle  de 
l'adultère  .  .  thème  ingrat!.  .  .  rôle  à 
chute  ..  chute  de  cheveux...  et  en 
plus  :  «  une  redingote  excessive  » 
a-t-on  dit   .  . 

Pourtant  tout  cela  me  valut  un  bril- 
lant contrat! 

4°  Le  Carnaval  des  Vérités  :  le  geste 
s'efforce  d'être  plus  naturel...  l'ex- 
pression plus  appropriée...  mais  l'in- 
quiétude me  saisit,  la  grande  inquié- 
tude qui  s'empare  de  l'interprète 
cinématographique  quand  il  com- 
mence à  se  connaître,  et  quand,  sans 
se  voir  (devant  l'objectif,  critique 
sévère  et  souvent  injuste),  il  doit  vain- 
cre ses  maladresses,  ses  hésitations, 
ses  défauts,  sans  savoir  aucunement 
quelles  armes  il  faut  employer  contre 
eux,  —  et  quand,  hanté  par  l'idée 
d'atteindre  cette  perfection ,  qui  serait 
d'unir  à  ses  avantages  physiques, 
photogéniques,  tous  les  dons  d'exté- 
riorisation   indispensables  pour  ani- 


mer un  personnage  auquel  il  lui  faut 
prêter  ses  qualités  d'intelligence,  de 
sensibilité  les  plus  profondes,  les  plus 
cachées  —  il  doit  s'appliquer  à  mettre 
en  valeur,  à  rendre  visibles  tous  les 
états  d'âme  d'un  être  qui  lui  ressem- 
ble plus  souvent  de  loin  que  de  près  ! 
Cette  inquiétude-là,  ce  souci  de 
composition  m'ont  privé  dans  ce  film 
d'un  collaborateur  précieux  :  l'ins- 
tinct; l'instinct  qui  dans  l'interpréta- 
tion cinématographique  apporte  cet 
éclair  de  vie  qui  nous  émeut  ou  nous 
charme  .  .  trop  d'application  nuit  !... 
h" L'Homme  cl u  large  :  dans  l'Homme 
du  Large,  cette  application  est  peut- 


phutii  r.iuHu.vr. 
Jaque  Catelain. 

être  surmontée...  le  mécanisme  est 
dépassé ...  l'inquiétude  vaincue.  — 
Pour  la  première  fois,  je  ne  pense 
plus  que  j'ai  un  corps,  que  j'ai  un 
visage;  l'objectif  ne  me  terrorise  plus; 
je  vis  le  drame  simplement  .  .  j'y 
crois!  Ma  personnalité  s'efface,  sans 
que  je  sache  comment,  devant  celle 
que  l'auteur  a  tracée.  —  C'est  un  tra- 
vail serré,  un  effort  continu,  mais 
aussi  un  jeu  passionnant,  puisque 
je  ne  suis  plus  désarmé  par  les  terri- 
bles difficultés  d'expression  rencon- 
trées jusqu'alors! 

Dans  El  Dorado,  le  nouveau  film 
de  Marcel  L'Herbier  que  nous  réali- 
sons actuellement,  j'incarne  un  per- 


sonnage très  difficile,  un  homme  du 
Nord,  calme,  doux,  tout  en  vie  inté- 
rieure. —  Plus  il  exprime,  moins  il 
est  vrai...  moins  il  exprime,  plus  il 
est  froid.  —  C'est  extrêmement  in- 
quiétant ! 

En  effet,  la  matière  plastique  d'un 
visage  face  à  l'objectif  apparaît  à 
chaque  heure  d'une  qualité  différente, 
sa  valeur  photogénique  varie  sui- 
vant le  temps,  la  lumière,  l'air,  le 
silence,  le  maquillage,  le  développe- 
ment!. .  .  Un  jour  l'appareil  de  prise 
de  vues  vous  enregistre  à  votre  avan- 
tage, le  lendemain  il  vous  démollit 
pièce  à  pièce,  un  jour  on  paraît  vrai, 
un  autre  jour,  complètement  artifi- 
ciel. .  sans  que  l'on  sache  pourquoi! 
L'interprète  au  cinématographe  n'est 
jamais  profondément  satisfait;  il  n'est 
jamais  sûr  de  lui;  c'est  l'inconnu  sans 
cesse;  il  n'y  a  pas  de  lois,  pas  de 
bases  sur  lesquelles  on  puisse  ap- 
puyer des  certitudes. . .  on  ne  se  voit 
pas...  Ou  alors  quand  on  se  voit... 

il  est  trop  tard! 

* 
*  * 

Décidément,  il  manque  encore  quel- 
que chose  au  cinématographe.  Est-ce 
un  visage?  Non,  il  a  celui  des  inter- 
prètes. Nous  n'oublierons  pas  Sjios- 
trom,  Mary  Johnson,  tous  les  Sué- 
dois; nous  nous  souviendrons  d'Eve 
Francis,  de  Signoret,  de  Marcel  Pra- 
dot  et  d'Emmy  Lyon, de  Lyda  Borelli, 
de  Maë  Marsh,  de  Charles  Ray  .  de 
quelques  autres  encore.  Est-ce  une 
âme?  Non,  certains  visualisateurs, 
et  nous  savons  lesquels  (ils  ne  sont 
pas  si  nombreux)  lui  ont  prêté  la 
leur. 

Est-ce  un  corps?  Oui.  .  .  peut-être! 
Le  sien  est  difforme,  contrefait  ou 
pas  encore  formé,  un  peu  de  culture 
physique  lui  serait  nécessaire  afin 
que  sa  structure  s'établisse,  que  ses 
contours  s'élargissent,  afin  que  sa 
forme  actuelle  se  modifie,  cette  forme 
qui  ressemble  encore  trop  à  ces  corps 
acrobatiques  des  films  d'aventures.  Il 
faudrait  au  cinématographe  l'entraî- 
nement intelligent,  calculé,  qu'avait 
à  subir  le  Penthalte.il  faudrait  encore 
voler  à  ce  dernier  ses  belles  propor- 
tions, sa  force,  sa  souplesse,  et  aussi... 
son  système  nerveux...  car  il  faut 
que  le  système  nerveux  du  cinéma- 
tographe soit  bien  mal  équilibré, 
pour  que  tous  ceux  qui  l'approchent 
(et  même  les  plus  patients)  y  eompro- 
mettentplusou  moins  le  leur,  je  n'ose 
pas  insister...  ceux  qui  en  ont  fait 
me  comprendront! 

Jaque  Catelain. 


cinea 


11 


L'Homme  du  Large  « 


CLirill    GAI  MUNI 


«  L'Homme  du 
Lar^e  « 


**-  ;    -       **% 


«  L'Homme  du 
Large  » 


«  Le  Carnaval  des  Vérités  «       cl.  galmont 


Quelques  images  de  Jaque  Catelain     4  4 


12 


cinéa 


Le    Cinéma    Mystique 


par   Jean    EPSTEIN 


Jf 


C'était  au  temps  où  les  William 
Hart  dans  toute  leur  nouveauté  nous 
secouaient  ingénuement.  Salle  de  di- 
manche en  matinée.  Une  jeune  fille, 
ma  voisine,  confiante  dans  la  pénom- 
bre, les  mains  jointes  sous  le  menton, 
participait  bien  au  drame  de  l'écran. 
Des  exclamations  lui  échappaient  et 
des  gestes.  Elle-même  n'était  plus 
guère,  mais  la  prairie,  les  bars,  les 
cavalcades  et  une  romance  naïve  en 
elle.  Excès  d'émotion,  elle  enleva 
brusquement  son  chapeau  et  le  remit. 

La  puissance  du  cinéma  est  extraor- 
dinaire, d'une  qualité  unique  et  qu'il 
ne  me  paraît  pas  qu'on  ait  générale- 
ment saisi.  Pourtant  de  la  connaître 
on  éviterait  ces  tâtonnements  où  le 
cinéma  souvent,  même  aujourd'hui, 
se  traîne  parce  qu'à  ce  prodigieux  art 
tout  neuf  nousn'avonsdesi  longtemps 
compris  que  l'accessoire. 

L'action,  l'intrigue,  l'esprit  sont  du 
théâtre.  Alors,  vraiment,  vous  tenez 
tant  que  cela  â  savoir  s'ils  se  marient 
au  bout  ?  Mais  il  n'y  a  pas  de  films 
qui  finissent  mal  et  on  entre  dans  le 
bonheur  â  l'heure  prévue  par  l'ho- 
raire. Les  gestes  réfléchissent  le 
drame,  mais  ne  l'avancent,  ni  ne  le 
retardent.  Il  n'y  a  pas  d'histoire.  Il 
n'y  a  jamais  eu  d'histoire.  Il  n'y  a  que 
des  situations  sans  queue,  ni  tête  ; 
sans  commencement,  sans  milieu  et 
sans  fin  ;  sans  endroit  et  sans  envers  ; 
on  peut  les  regarder  dans  tous  les 
sens  ;  la  droite  devient  la  gauche. 
Sans  limites  de  passé  ni  d'avenir, 
elles  sontle  présent.  Quand  il  se  passe, 
non  rien,  mais  pas  grand  chose,  n'ayez 
crainte,  on  ne  s'y  trompe  pas  :  Le  plus 
humble  détail  rend  le  son  du  drame 
sous-entendu.  Le  cinéma  assimile  mal 
l'armature  raisonnable  du  feuilleton 
et  toutes  ses  tares  :  présentation  des 
personnages,  nœud,  éloquence,  dé- 
nouement ;  indifférent  à  cela,  â  peine 
soutenu  par  l'atmosphère  des  circons- 


tances, il  étale  des  secondes  d'un  goût 
particulier.  Soupçon  trag ii/ue  est  une 
histoire  incroyable  :  adultère  et  chi- 
rurgie. Hayakawa,  tragédien  stupéfié, 
balaye  le  scénario.  Quelques  demi- 
minutes  offrent  le  magnifique  spec- 
tacle de  sa  démarche  équilibrée.  11 
traverse  naturellement  une  pièce,  et 
porte  le  buste  un  peu  oblique, comme 
penché  d'avance  sur  l'événement 
malheureux.  Il  tend  ses  gants  â  un 
domestique,  ouvre  une  porte,  puis, 
étant  sorti,  la  ferme.  Cinéma,  cinéma 
pur,  mobilité  scandée. 

Essentiellement  l'écran  généralise 
et  détermine.  Il  n'y  s'agit  jamais  d'un 
soir,  mais  du  soir  et  le  vôtre  en  fait 
partie.  Le  visage,  et  j'y  retrouve  tous 
ceux  que  j'ai  vus.  fantôme  de  souve- 
nirs. Au  lieu  (/'«ncbouche.la  bouche, 
larve  de  baisers.  Chaque  image  de- 
vient une  abstraction,  quelque  chose 
de  complet.de  définitif  et  d'universel. 
Le  cinéma  lui-même  est  mouvement, 
et  si  bien  que  ses  natures  mortes  — 
téléphones,  usines,  revolvers  —  res- 
suscitent et  trépident.  Il  n'y  a  pas  â 
se  préoccuper  de  le  faire  vivre  ;  lais- 
sez le  faire  et  il  donne  sa  vie. 

Mais  c'est  une  vie  particulière,  vie 
d'idées, vie  de  sentiments.  Remarquez: 
tout  ce  qui  est  le  témoignage  d'une 
pensée  exclusive  :  habitude,  fatigue» 
animalité,  distraction,  jouit  d'une 
photogénie  merveilleuse.  Le  cinéma 
est  mystique.  Il  attache  une  valeur 
tout  importante  à  ce  qui  représente 
extérieurement  les  signes  de  l'intel- 
ligence. Mauvais  peintre,  mauvais 
sculpteur,  mauvais  romancier,  il  se 
pourrait  qu'il  ne  soit  pas  un  art,  mais 
autre  chose,  mais  mieux.  Ceci  le  dis- 
tingue qu'à  travers  les  corps,  sour- 
noisement radiographe,  il  enregistre 
la  pensée.  Il  l'amplifie  et  parfois  la 
crée  où  elle  n'était  pas.  Un  visage 
n'est  jamais  photogénique,  mais  son 
émotion  quelquefois.  La  plastique  est 


faible  â  l'écran.  Encore  une  fois, 
jouer  n'est  pas  vivre.  Il  faut  penser, 
se  donner,  s'adonner,  croire,  désirer; 
sans  prétention,  ni  retenue  ;  ni  spécu- 
lations, ni  métaphysique  ;  mais,  ac- 
teurs, sincérité,  soumission,  bonne 
volonté. 

Une  idée  simple,  niaise,  ridicule,  si 
elle  parvient  dans  un  acteur  élu  à  le 
remplacer,  à  vivre  au  lieu  de  lui  et 
par  lui,  le  drame  tout  entier  et  pour 
toujours  est  noué.  Le  reste  est  acces- 
soire. La  sottise  du  scénario  sera  su- 
blime. Le  fait  divers  sera  immuable, 
et  les  gros  plans  universels,  nourris- 
sants, mystérieux,  classiques  :  l'amour 
ou  la  douleur  ou  le  désir  faits  hommes. 
Transparent  comme  un  aquarium, 
l'acteur  est  parfait  s'il  se  supprime 
pour  laisser  voir  l'incarnation. 

Au  cinéma,  le  vieux  monsieur  ré- 
pète â  sa  femme:  Que  c'est  bête,  cette 
histoire,  ma  bonne  amie.  Eh  oui,  vieux 
Monsieur,  toutes  les  histoires  sont 
bêtes  à  l'écran.  Croyez-moi,  c'est  ce 
qui  est  admirable.  Il  reste  le  sentiment. 
Mais  les  sentiments  ne  vous  intéres- 
sent plus. 

Le  cinéma  est  surnaturel.  Le  surna- 
turel n'a  pas  besoin  d'y  être  introduit, 
s'y  trouvant  déjà  et  partout,  Tout  se 
transforme  selon  les  quatre  photogé- 
nies humaine, de  mouvement, d'objets 
et  de  circonstances.  Raymond  Lulle 
n'a  point  connu  de  si  belle  poudre  de 
projection  et  de  sympathie.  L'uni- 
versest  nerveux  et  l'air  gonflé  d'a- 
mour. 

Et  qu'à  un  ait  foncièrement  mys- 
tique, automatiquement  philosophi- 
que, philosophai,  la  foule  prenne  un 
si  vif  plaisir  à  notre  époque  préten- 
tieuse de  réalités  concrètes, de  science, 
d'utilité  et  de  gagne-pain,  c'est  plus 
qu'un  paradoxe. 

C'est  un  signe  sur  lequel  j'appelle 
l'attention. 

Jkan  Epstein. 


cinea 


13 


'" •■•■•■«■•■■■•■■■•■•"•■■■■••■•■••■•••••••ï  8ur   ia    i0giqUe   tie   l'absurde,  c'est 

A  ^^        JT*1  -ê  jmi  .-*.  g  tt    ■  ^e    Senre    d'humour    de    votre   Cha- 

/l  U      M.     U  vflvl  r       :  plin;    mais   nuancé    chez    lui    d'une 

■                      -,            ,    r  y,,                        ;  mélancolie     presque     Scandinave, 

par  Marcel  LeVesque        :  ,.              t-        .  ,V.                   - 

:                                                       m                S  a  une     sentimentalité    presque    Ger- 

*" * " ■■■■■» manique,    d'une    sensibilité   presque 

La   fumée    des    cigares    flottait  Latine... 

au-dessus  des  fauteuils  profonds  —  Ah  ça,  par  exemple!  du  senti- 
dont  les  lianes  semblaient  engloutir,  ment,  de  la  sensibilité  où  en  trouvez- 
peu  à  peu,  les  dîneurs  satisfaits.  vous  chez  ce  pitre? 

Seuls,  assis  en  «  brochette  »  sur  le  Ce  fut  une  protestation  vers  l'Aca- 

dossier    du    grand    divan    de    cuir,  démicien  qui  venait  de  lancer  cette 

Maurice  et  Propelse  discutaient  avec  exclamation. 

Chanteroy  (de  l'Odéon)  que  Vigneux-  —  Mais,  cher  Maître,  dit  Forestier, 

Labrousse  avait  présenté  ce  soir  là  je  croyais  que  vous  n'alliez  jamais 

dans  la  maison.  au  cinéma... 

Forestier,  selon  son  habitude,  atti-  Rossif  poursuivit  : 

sait  la  discussion  :  —  J'y  éuis  allé.  J'ai  voulu  le  voir 

—  Vous  avez  beau  dire,  le  genre  ce  Chariot  dont  on  me  rebattait  les 
comique  n'est  pas  «  noble  »!  oreilles...  Eh  bien,  je  l'ai  vu...  il  ne 

—  Toujours  le  même  préjugé  contre  m'a  pas  fait  rire  une  fois! 

le  genre  gai...   L'homme  est-il  noble  Un   murmure  d'incrédulité  s'éleva 

lui?...  de  tous  les  fauteuils  vers  Rossif  de 

Ce  fut  une  protestation  générale  et  la  Norande... 

joyeuse  «  Certes!  »  — Pas  une  fois!  confirma  l'acadé- 

—  Fh    bien,    l'homme    est    le   seul  micien. 

animal  qui  rit...  donc  :   Le   rire  est  —  Dites-moi,    lui    demanda    Billy, 

noble.  vous  n'avez  pas  pleuré?  Comme  la 

—  Ah  pardon!  réclama  Forestier,  grosse  dame  de  Chicago  qui  trouvait 
Benjamin  Rabier  m'a  montré  des  très  triste  tout  ce  qui  arrivait  à  ce 
chiens  et  des  lapins  qui  rient...  pauvre  garçon!  » 

Le    comédien   eut   un   grand   geste  Un  petit  rire  étouffé  courut  dans  le 

découragé  :  cercle. 

—  Vous  n'êtes  pas  sérieux,  mon  —  Je  comprends  Rossif,  déclara 
cher  Forestier!  Forestier. 

—  Je  me  place  sur  votre  terrain,  et  Les  «  jeunes  »  firent  entendre  un 
d'ailleurs,     comment    voulez-vous  grondement... 

qu'on  prenne  au  sérieux  le  Vaude-  —  Non,    rattrapa   Forestier,  je   ne 

ville,  voyons!...  vous  aimez  ce  genre-  l'approuve     pas. . .     pardonnez-moi, 

là,  vous?...  et  vous,  Billy,  vous  aimez  maître,  si  je   ne   suis   pas  de    votre 

le  Vaudeville?  dit  Forestier  se  tour-  avis,  mais   je   vous  comprends.    En 

nant   W.    K.  Thornton  qui  achevait  effet,  le  comique  s'apparente,  si  j'ose 

de    préparer    son     second    grog    au  dire  à  notre  éducation   première   et 

whisky...  «  Ah  bien!  je  comprends  «   nationale    »...   telle    histoire    nous 

pourquoi  vous  ne  retournez  plus  en  fera  rire,  nous  autres  Latins,  du  fait 

Amérique,  Billy.  constata  le  journa-  qu'elle  évoque  un  souvenir  d'enfance 

liste.  classé  «  comique  »  dans  notre  tradi- 

—  Oh  oui!  fit  Billy  avec  un  large  tion,  qu'elle  ne  fera  pas  même  sou- 
sourire  et  un  fort  accent,  la  diseuse  rire  un  Anglo-Saxon  qui  n'aura  pas 
de  Bonne  Fortune  m'a  commandé  de  été  bercé  avec  cette  même  anecdote, 
me  méfier  de  l'eau...  et  pour  qui  cette  histoire  n'évoquera 

—  Enlevez-lui  son  soda!  cria  Fores-  aucun  souvenir  du  même  ordre, 
tier...  —  La  vérité,  murmura  Propelse  au 

Billy  eut  un  rire  clair  :  petit  groupe  dont  il  était  la  «  tête  » 

—  Oh  non!...  dans  l'Océan...  alors  la  vérité  est  que  je  crois  Rossif  at- 
je  ne  traverse  plus...  mais,  en  vérité,  teint  d'«  old  fogyisme...  » 

le  Vaudeville  m'amuse;  moi,  j'aime  —  Quès  aco?  demanda  Paroi, 

le  comique  c'est  reposant;  aux  Etats,  —  L'old     fogy,      d'après     William 

ils   ne    comprennent    pas    complète-  James,  est  l'homme  qui  a  perdu  la 

ment  le  Vaudeville...  ce  n'est  pas  le  faculté  d'établir  en  son  intelligence 

«  goût  Américain  »  comme  vous  dites  une  communication  entre  la  conser- 

1C1,  vation    et   le    progrès;    en    un   mot, 

—  En  effet,  intervint  Paroi,  le  l'homme  qui  ne  sait  plus  adapter 
comique  Américain  est  plutôt   basé  ses  impressions  nouvelles  aux  idées 


raccornies  qui  meublent  sa  cervelle. 

—  Oh!  dit  Paroi  désappointé,  c'est 
ça? 

—  ...En  Français  notre  qualificatif 
est  plus  net  souffla  Maurice. 

—  Cet  âge  est  sans  pitié!  remarqua 
Patchkine. 

William  K.  Thornton  continuait  la 
conversation  avec  Rossif  et  Forestier 
en  son  français  trébuchant  : 

—  Je  vois,  disait-il,  vous  ne  com- 
prenez pas  comme  nous  faisons;  ici, 
dans  le  cinéma,  c'est  la  littérature 
qui  va  en  avant;  chez  nous  ce  n'est 
pas  de  même  :  nous  faisons  le  cinéma 
pour  la  vue.  Aux  Etats  nous  jouons 
le  base-bal...  vous,  Français,  vous 
jouez  les  échecs. 

—  ...les  Dames!  rectifia  Forestier 
clignant  de  l'œil. 

W.  K.  Thornton  fit  sonner  son  rire 
clair  : 

—  Oh,  nous  jouons  les  Dames  aussi, 
mais  sur  ce  côté,  vous  détaillez  un 
conte  longuement  avec  beaucoup  de 
littérature  et  toute  l'émotion  de 
l'histoire  est  dans  les  sous-titres  ;  de 
l'autre  côté,  nous  mettons  l'émotion 
dans  la  photo. 

—  Bravo!  s'exclama  Vigneux-La- 
brousse,  d'un  mot,  vous  venez  d'indi- 
quer l'abîme  entre  les  deux  écoles  : 
Les  Latins  traitent  «  l'histoire  »  qui 
souvent  n'est  pas  picturale  et  tou- 
jours est  trop  compliquée,  alors  que 
les  Américains  ne  traitent  que  «  le 
détail  »  qui,  par  essence,  est  exclusi- 
vement pictural! 

—  Ah  rapin!  voilà  bien  une  opinion 
de  peintre!  lui  jeta  Paroi. 

—  J'ai  bien  peur  que  l'infériorité 
du  film  européen  ne  tienne  surtout  à 
la  qualité  de  ses  interprètes,  déclara 
Patchkine. 

—  N'en  croyez  rien  !  se  récria  Vi- 
gneux-Labrousse...  et  d'ailleurs  il  y 
a-t-il  infériorité?  Mais  la  méthode 
Latine  a  le  désavantage  de  transfor- 
mer les  interprètes  en  simples  pions 
animés,  reliant  entre  elles  les  diffé- 
rentes parties  littéraires. 

—  C'est  très  juste  ce  que  tu  dis  là! 
intervint  Chanteroy  (de  l'Odéon),  j'ai 
paru  dans  un  ou  deux  films;  eh  bien, 
je  n'avais  rien  à  y  exprimer,  je  ser- 
vais de  trait-d'union  entre  deux  sous- 
titres!  et  l'on  s'étonne  de  la  supério- 
rité des  interprètes  américains...  on 
leur  demande  du  moins  du  mouve- 
ment, de  l'action...  ils  ont  des  senti- 
ments à  exprimer,  des  exploits  à 
accomplir.... 

—  ...des  coups  de  poing  à  rece- 
voir... enchaîna  Forestier. 


14 


cinea 


—  ...mais  les  coups  de  poings  ne 
nous  l'ont  pas  peur,  déclara  le  comé- 
dien en  se  redressant. 

—  Té,  di  go  li  que  vingué,  délia 
Paroi  avec  le  geste  classique. 

—  A  nous  autres,  comédiens  Fran- 
çais, continua  Chanteroy,  on  ne  nous 
demande,  au  cinéma,  qu'a  ouvrir  des 
fenêtres,  fermer  des  portes,  serrer 
des  mains,  monter  des  escaliers,  et 
prendre  parfois  un  air  profond  pour 
exprimer  une  pensée  qui  apparaîtra 
tout  au  long  dans  un  sous-titre... 
qu'est-ce  que  vous  voulez  prouver 
avec  ça? 

—  C'est  très  juste!  affirma  Perlier. 

—  Ah,  ah!  jeune  Maurice,  constata 
Rossif,  vous  voilà  à  votre  affaire,  le 
cinéma!  mais  je  serais  curieux  de 
savoir  comment  vous  entendez  expri- 
mer à  l'écran  votre  art  moderne  si 
volontaire,  et  comment  vous  arri- 
verez à  l'extérioriser,  à  le  «  visuali- 
ser »  comme  vous  dites.  En  littéra- 
ture, il  ne  peut  déjà  pas  se  réaliser 
sans  une  tension  exaspérée  de  l'ex- 
pression! 

—  Croyez-moi,  cher  Maître,  inter- 
vint Vigneux,  le  cinéma  est  un  art 
pictural  qui  devrait  être  régi  par  des 
peintres;  or,  il  est  désormais  jugé 
par  des  littérateurs,  c'est  ce  qui  pou- 
vait lui  arriver  de  pis  car,  malgré 
leur  sincérité  et  leur  talent  ils  le 
détestent,  ils  font  plus  :  ils  l'assas- 
sinent quand  ils  prétendent  «  en 
faire  »  en  voulant  lui  appliquer  les 
règles  de  leur  art... 

—  Oh,  ces  peintres!  soupira  Fores- 
tier. 

—  Mon  cher  artiste,  vous  me  pa- 
raissez bien  injuste,  protesta  l'aca- 
démicien. Que  vous  pensiez  cela  de 
vos  auteurs  Néo-Modernes  (je  ne  dis 
pas  cela  pour  vous,  mon  cher  Pro- 
pelse)  passe  encore,  car  leur  mysti- 
cisme ou  leur  philosophie  volontaire 
et  gourmée  me  parait  intraduisible 
à  l'écran;  mais  nous  autres,  voyons, 
nous  autres  de  la  «  vieille  généra- 
tion »  qui  étions  des  conteurs  natu- 
ralistes ou  impressionnistes,  nos 
œuvres  me  paraissent,  au  contraire, 
un  réservoir  ouvert  et  séduisant  dans 
lequel  nos  metteurs  en  scène  n'ont 
qu'à  puiser. 

—  Plus  souvent!  ricana  Forestier... 
Pensez-vous  que  les  metteurs  en 
scènes  actuels  vont  s'astreindre  à 
réaliser  les  chefs-d'œuvre  de  la  litté- 
rature contemporaine?  pas  si  bête! 
ils  préfèrent  employer  leurs  facultés 
et  leur  expérience  à  adapter  les  élu- 
cubrations  saugrenues  de  leur  propre 
vulgarité. 

—  Sans  doute,  mais  les  metteurs 
en  scène  de  l'ancienne  école  ont  un 
avantage  sur  les  nouveaux  venus, 
pensez-y,  remarqua  Paroi,  c'est  qu'ils 


ont  pu  réaliser  vingt  films  par  an 
pendant  dix  ans...  où  les  jeunes  es- 
poirs de  la  mise  en  scène  auront-ils 
désormais  le  loisir  d'apprendre  ainsi 
leur  métier;  les  autres  ont  mis  dix 
rns,  mais  ils  l'ont  appris...  ils  ont  eu 
tout  à  découvrir  dans  un  pays  in- 
connu... 

—  Eh  bien,  conclut  Patchkine,  les 
littérateurs  vont  arriver  maintenant, 
en  terrain  défriché;  ils  pourront 
choisir  en  connaissance  de  cause... 

-  C'est  qu'il  ne  s'agit  pas  de  «  choi- 
sir »  corrigea  Vigneux,  il  faut 
«  créer»  sans  cesse... 

-  Eh  bien,  ils  créeront  en  bénéfi- 
ciant des  progrès  acquis  avant  eux; 
ils  en  profiteront  pour  s'exprimer  en 
formules  neuves  et,  de  par  leur  cul- 
ture, ils  seront  mieux  aptes  à  conce- 
voir et  à  réaliser. 

—  Que  de  balivernes!  soupira  Fo- 
restier... 

—  Faites  comme  Billy,  lui  glissa 
Propelse  à  bouche  fermée  do  take  a 
Nap!  dormez  je  le  veux! 

Forestier  passa  outre  : 

—  Ils  ont  appris  leur  métier?  Le 
métier!  qu'est-ce  que  c'est  que  ça,  au 
cinéma? 

—  C'est  une  chose  nécessaire  si  l'on 
veut  atteindre  le  public,  répliqua 
Vigneux-Labrousse. 

Patchkine  s'indigna  : 

-  Comment  Vigneux,  c'est  vous, 
un  peintre!  qui  dites  cela? 

—  Oui,  moi,  un  peintre!  Il  faut 
connaître  la  technique  de  son  art. 

—  Enfin,  moi,  je  ne  crois  pas  à  toutes 
ces  vaines  formules,  déclara  l'acadé- 
micien ;  j'ai  vu  dernièrement  à  l'écran 
un  film  tiré  d'une  œuvre  de  Maeter- 
linck... 

—  Ah  ça,  mon  cher  Rossif,  vous 
passez  donc  toutes  vos  soirées  au 
cinéma,  maintenant?  demanda  Fo- 
restier, jouant  la  stupéfaction. 

—  Non,  mais  je  ne  suis  pas  aussi 
périmé  que  vous  semblez  le  croire, 
jeta  l'académicien  avec  un  sourire 
malicieux  vers  Propelse,  je  tiens  à 
garder  le  contact  avec  la  jeune  géné- 
ration —  c'est  si  amusant  la  jeunesse  ! 
eh  bien  ce  film,  fort  adroitement 
tourné,  était  la  négation  même  de  la 
possibilité  de  la  transcription  litté- 
rale du  symbole  au  cinéma...  et,  je  le 
répète,  c'est  une  merveilleuse  adap- 
tation, qui  fait  le  plus  grand  honneur 
à  l'intelligente  compréhension  et  à 
l'adresse  du  metteur  en  scène. 

—  J'ai  vu  ce  film,  dit  Perlier,  mais 
je  pense,  cher  Maître  que  c'est  un 
chef-d'œuvre  de  réalisation  ;  le  cinéma 
trouvait  là  l'application  de  l'une  de 
ses  formules  liminaires,  si  j'ose 
dire  :  l'évocation  de  l'idée  par  des 
symboles   qui    éveillent    dans    l'âme 


du     spectateur     des    prolongements 
infinis... 

—  Oh  «  infinis  »  chez  les  specta- 
teurs de  cinéma!  cet  infini-là  doit 
s'arrêter  pour  eux,  au  bout  du  nerf 
optique,  déclara  Paroi  en  secouant 
la  tête. 

Nous  voilà  bien  loin  de  Chariot, 
mon  cher  Rossif,  fit  remarquer  Fores- 
tier à  l'académicien  qui  se  levait  pour 
prendre  congé. 

C'est  vrai,  acquiesça  celui-ci, 
mais  je  vais  retourner  le  voir  cette 
semaine. 

—  Encore!  se  récria  Forestier! 

--  Oui,  certes,  et  la  prochaine  lois, 
je  vous  donnerai  un  aperçu  plus  com- 
plet et  précis  dt-s  raisons  qui  moti- 
vent mon  opinion. 

—  Mon  cher  Maître,  déclara  Yand. 
je  vous  préviens  que,  d'office,  je  m'ins- 
cris pour  sa  défense  et  que  vous  trou- 
verez en  moi  un  adversaire  irréduc- 
tible si  vous  l'attaquez. 

—  Mais,  mon  jeune  ami,  ce  m'est 
une  joie!  repartit  de  La  Norandc 
aimablement,  en  lui  serrant  la  main. 
Et  c'est  l'agrément  de  la  discussion 
d'avoir  contre  soi  des  adversaires 
aussi  mesurés  que  courtois...  des 
avocats  tels  que  vous,  enfin.  —  Je  ne 
puis  que  regretter  d'être  d'une  géné- 
ration trop  ancienne  déjà  pour  susci- 
ter l'approbation  intégrale  d'un  con- 
naisseur éclairé,  aussi  sympathique 
que  convaincu. .. 

.  .  .  Propelse  s'inclina  un  peu  gêné. 

—  Hein,  c'est  tourné,  ça?  glissa 
Parlier  dans  l'oreille  de  Yand. 

—  Malgré  son  air  «  dur  d'oreille  », 
il  a  sûrement  intercepté  votre  défini- 
tion de  l'old  l'oqijl  suggéra  Paroi. 

—  J'ai  vu  un  portrait  de  Rossif 
quand  il  avait  votre  âge,  dit  Vigneux- 
Labrousse  à  Propelse  en  se  levant! 
eh  bien,  il  a  toujours  eu  un  peu  cet 
air-là...  et  pourtant,  le  visage  de 
l'homme  subit  les  altérations  de  son 
caractère,  et  tel  dont  la  sensibilité 
naïve  s'exprimait  à  vingt  ans  par  des 
lèvres  inconsciemment  entr'ouvertei 
et  l'air  un  peu  sourd  se  retrouve 
généralement  à  soixante  les  lèvres 
pincées  de  biais  et  rair  île  ne  plus 
vouloir  entendre. 

—  Vous  serez  comme  ça,  Propelse, 
un  peu  de  patience!  dit  Forestier  au 
jeune  homme,  en  se  dressant  à  son 
tour. 

—  Je  ne  suis  pas  pressé,  répondit 
Yand  avec  un  sourire. 

—  Pas  pressé  ?  Alors  venez  tout  au 
long  avec  moi!  dit  W.  K.  Thornton 
avec  plus  de  cordialité  que  d'à-pro- 
pos  en  passant  son  bras  sous  celui 
de  Propelse... 

...  Et  les  poignées  de  main  échan- 
gées, chacun  s'en  fut  chez  soi. 

Marcel  Lévesque. 


cinéa 


15 


ELENA    SAGRARY 


Nous  avions  prévu  le  succès  de  cette  brillante  débutante  qu'on 

vient  de  remarquer  dans  Fi'cvre  et  qui  paraîtra  bientôt  dans 

une  nouvelle  création  :  Jettatura  de  Gilles  Veber. 


16 


cinea 


et      DERRIÈRE      L'ÉCRAN      a 


Rectification 

Nous  avions  annoncé  que  les  dé- 
cors de  Jet  ta  tara,  le  film  que  tourne 
en  ce  moment  à  Epinay,  M.  Gilles 
Veber,  avaient  été  établis  d'après  les 
maquettes  du  décorateur  Fabre.  Ce- 
lui-ci nous  demande  de  rectifier.  Les 
maquettes,  en  effet,  ne  sont  pas  de 
lui,  mais  du  peintre  Robert  Mallet 
Stevens,  dont  on  se  rappelle  encore 
la  remarquable  composition  moderne 
du  Secret  de  Rosette  Lambert,  de 
Tristan  Bernard. 

M.  Fabre,  lui,  a  meublé  différentes 
pièces  du  film  et  composé  certains 
tissus  marbrés  qui  sont  sa  spécialité. 

Rendons  à  Mallet  Stevens... 

Croquis 

L'Animateur...  en  scène. 

Au  soir,  il  mourrait...  mais  il  fau- 
drait ressusciter  le  lendemain. 

Assisté  tant  bien  que  mal  de  son 
opérateur,  de  son  régisseur  et  de  son 
accessoiriste,  il  est,  parmi  les  flots 
en  tourmente  des  figurants,  comme 
un  nouveau  radeau  de  la  Méduse  : 
assailli,  débordé,  écartelé. 

Le  maquillage  de  celle-ci  est  une 
catastrophe,  la  robe  de  celle-là  une 
indécence;  l'un,  fume  auprès  des 
boîtes  à  pellicules;  l'autre,  en  dan- 
sant sur  le  praticable,  fera  tressauter 
dans  l'appareil,  décors  et  acteurs. 

Au  moindre  changement  de  rou- 
leau, la  trombe  s'élance.  On  veut  un 
rôle,  on  veut  revenir  dans  les  autres 
décors.  «  Madame,  l'autre  décor,  je 
»  vous  l'ai  déjà  dit,  c'est  un  cabaret, 
»  on  ne  peut  vous  y  revoir,  on  vous 
»  a  vue  «  en  soirée  »,  ce  serait  invrai- 
»  semblable...  »  Mais  plusieurs  voix 
impérieuses:  «  Et  l'autre?  —  quel 
»  autre  ?  —  l'autre  décor  :  vous  en 
»  avez  un  autre;  nous  le  savons! 
»  —  C'est  une  crèche,  Madame,  vous 
»  n'avez  tout  de  même  plus  l'âge!...  » 
Ft  cependant,  il  pense  le  contraire. 

Mais  il  faut  reprendre,  pour  la  sep- 
tième fois,  la  scène.  Et  il  faut  ras- 
sembler le  troupeau  égaillé,  se  mul- 
tiplier, tel  un  dieu  de  l'Olympe  : 
alanguir  à  la  fois  les  danseurs  du 
hall  au  fond,  exciter  les  rieuses  du 
salon,  oppresser  la  mère  inquiète 
derrière  la  tenture,  énamourer  le 
couple  flirteur  du  premier  plan. 

Pour  mieux  «  y  être  »,  chacun  parle 
aussi,   piaille   et  crie  son   rôle.  Et  le 


tumulte  énorme  monte,  s'étale  sous 
la  verrière  surchauffée,  circule  entre 
les  nappes  aveuglantes  et  les  fais- 
ceaux cruels  des  projecteurs,  accro- 
che au  passage  les  électriciens  éner- 
vés, les  machinistes  qui  clouent  avec 
furie,  les  musiciens  qui  s'exaspèrent 
sur  leur  orchestre,  —  s'enfle  encore 
et  gronde,  —  résistent  sauvagement 
contre  la  voix  héroïque  et  désespérée 
du  metteur  en  scène,  animateur  de 
tout  cela! 

«  Monsieur!  vous  partez  trop  tôt... 

«  Madame,  vous  faites  de  l'ombre 
à  Monsieur,  voyons  !.  . 


Dans 

Au  pays 

des  Loups  "  il  y 

a   une 

actrice 

admirable    ; 

1  a      N 

e  i  g  e  . 

Ceci  n'est  pas 

de  la  publicité 

«  Mademoiselle,  dansez  plus  loin, 
je  vous  en  supplie...  ne  regardez  pas 
l'appareil,  sapristi!...  » 

Puis...  morne.  .  la  voix  retombe: 
«  arrêtez...  c'est  raté...  on  recommen- 
ce... » 

Au  soir,  il  mourrait...  Mais  il  fau- 
drait ressusciter  le  lendemain. 


La  Dame  du  Mystère 

Elle  en  fit  d'abord  la  substance 
même  de  son  film,  estompant  les  sym- 
boles, amortissant  le  drame. 

On  assista  une  seule  fois  au  résul- 
tat qui,  suivant  les  avis,  est  une  mer- 
veille ou  une  tentative.  Et  ce  mystère 
qui  avait  présidé  à  l'élaboration  re- 
tomba sur  l'œuvre... 

Quand  verrons-nous  Le  Lys  de  la 
Vie? 

Des  chuchotements  courent  sur  des 
combinaisons  .  .  des  consultations 
royales...  des  interventions  de  grands 
personnages.  .  . 

Questionnée,  Miss  Loïc  Fuller  de- 
meure sibylline,  mais  parait  satis- 
faite. 


Et  nous  voilà  contraints  de  rester 
l'un  et  l'autre.        9 

Conséquence  ? 

Avec  une  parfaite  élégance  de  ton, 
mais  non  sans  une  certaine  mélan- 
colie,ce  maître  de  la  page  et  de  l'écran 
revendiqua,  dans  un  récent  article, 
un  lien  plus  efficace  entre  le  théâtre 
et  le  cinéma  :  puisqu'aussi  bien,  disait- 
il,  des  acteurs  vinrent  de  la  scène  au 
studio  et  inversement. 

Or,  voici  qu'on  parle,  à  la  Gaité- 
Rochechouart,  d'une  revue  interpré- 
tée par  MM.  Cresté,  Biscot  et  Mme  Rol- 
lette  .  Mais  ce  n'est  peut-être  pas  la 
conséquence  qu'avait  rêvée  M.  Marcel 
l'Herbier. 

• 
Et  voilà.    . 

Entendu  avant  la  présentation  de 
l'Atlantide: 

—  Comment?  —  l'Atlantide?  con- 
naissez pas,  de  Pierre  Benoît? 

—  Mais  non... 

—  Oh!  voyons!  vous  savez  bien: 
ce  roman  qui  a  eu  tant  de  succès, 
qu'un  auteur  anglais  l'a  plagié.  . . 

Un  autre.  . 

M.  de  Marsan,  producer  infatiga- 
ble, qui  nous  donna  Le  Lys  Rouge, 
Le  Traquenard,  Près  des  Cimes,  et 
combien  d'autres  .  .  met  en  scène 
avec  M.  Ch.  Maudru,  un  scénario  tiré 
d'un  roman  anglais  de  Tom  Gallow, 
émule  de  Jules  Mary  et  de  Pierre 
Decourcelle  de  l'autre  côté  du  dé- 
troit. L'Amour  du  mort,  tel  en  est  le 
titre. 

Ce  film  est  tourné  par  une  troupe 
anglaise  et  française,  de  façon  à  fa- 
ciliter ainsi  sa  vente  en  Angleterre. 
Les  principaux  rôles  seront  tenus 
par  M.  Bertram  Burleigh  «  star  an- 
glais »,  M.  Hepworth,  Miss  Amy 
Vérin,  M.  Gaston  Jacquet,  M.  Man- 
gin,  Mlle  Feriel  et  M.  Vitry. 

M.  Bertram  Burleigh  joue  un  rôle 
de  forçat  évadé  et  pour  figurer  ee 
personnage  il  lui  faut  avoir  le  crâne 
entièrement  rasé.  Or,  M.  Burleigh  a 
poussé  la  conscience  artistique  jus- 
qu'à faire  le  sacrifice  de  sa  chevelure 
qui  tombera  sous  la  tondeuse...  à  la 
fin  du  film.  On  tournera  ainsi  en  der- 
nier lieu,  la  scène  du  début  où  on  le 
voit  s'évader  du  bagne. 

Et  M.  de  Marsan  a  encore  beaucoup 
de  projets.  A    Daven. 


cinea 


17 


M 


SPECTACLES 


M 


Chérubin 

La  pièce  est  petite,  toute  petite. 
Aussi  est-elle  meublée  avec  goût  et 
gracieusement  décorée.  Les  costumes 
sont  d'une  interprétation  moderniste 
agréable;  la  mise  en  scène  est  plai- 
sante. Mais  les  acteurs  ne  créent  pas 
d'ensemble.  On  remarque  Jotï're  et 
Jeanne  Provost,  frémissante  de  fémi- 
nité. Quant  à  Paul  Bernard,  il  aura 
peut-être  une  sorte  de  génie;  déjà  il 
sait,  par  une  science  désarmante  de 
la  scène,  placer  des  soupirs  et  des 
silences,  des  modulations  et  des  cris 
où  toute  l'inconscience  et  la  passion 
humaines  s'expriment  avec  une  lim- 
pidité qui  bouleverse. 


Phi-Phi  ne  s'en  allait  guère  loin. 
Il  est  allé  aux  Nouveautés.  La  voilà 
bien,  l'ironie  des  mots! 

Mais  le  plus  ironique,  c'est  que  la 
salle  était  pleine  chaque  soir! 

Et  maintenant  il  réintègre  les 
Bouffes. 


Le  Pêcheur  d'ombres  est  une 
belle  œuvre.  Tragédie  poétique  et 
tragédie  bourgeoise,  on  y  trouve  de 
quoi  satisfaire  aux  besoins  de  pensée 
qu'on  ne  peut  pas  toujours  abandon- 
ner en  passant  la  porte  d'un  théâtre. 
Depuis  La  Couronne  de  carton,  les 
facultés  dramatiques  de  Jean  Sar- 
ment ont  heureusement  évolué  ;  et 
voici  une  personnalité  plus  précise, 
un  métier  plus  souple.  Sûr  de  soi, 
l'auteur  s'est  permis,  il  est  vrai,  d'ai- 
mables concessions  au  public,  en 
improvisant  avec  aisance  sur  des 
thèmes  fragiles  et  séduisants  :  le 
manque  de  mémoire,  l'association 
d'idées  sans  lien  sensible,  l'absence 
de  contrôle  sur  soi. 

Les  qualités  le.s  plus  nobles  de  la 
pièce  sont  hors  des  scènes  de  fantai- 
sie et  de  sentiment,  en  des  médita- 


tions animées  où  l'on  cède  à  la  puis- 
sance cérébrale  que  l'auteur  à  présent 
possède.  Si  son  goût  le  porte  ici  à 
traiter  un  cas  exceptionnel,  ce  n'est 
qu'une  façon  à  lui  de  nous  faire  at- 
teindre des  vérités  générales  où 
chacun  se  trouve. 

Nous  avons   foi  en  Jean   Sarment 
qui    n'a    probablement    pas    fini    de 


ANIEKA   YAN 

La  danseuse  anglaise  à  qui  Nijinskv  confia 
^e^  belles  traditions  reparait  le  samedi  1 1  en 
matinée ,  au  Colisée ,  présentée  par  Marie 
Cavadia,  avec  Eve  Francis.  Paillette  Pax, 
Marie  Marquet,  Eva  Raynal  et  Roger  Gaillard, 
pour  «  Idral  et  Réalité  ». 

s'acheminer  vers  des  expressions  de 
lui-même  plus  dépouillées  encore 
d'un  désir  de  plaire  qui  est  en  tous 
cas  efficace. 

Jean  Sarment  joue  sa  pièce  avec 
prestige  et  pathétique;  et  puis,  ses 
moyens  d'acteur  sont  si  judicieuse- 
ment ordonnés  dans  le  mépris  du 
conventionnel!    Marthe   Mellot  inté- 


resse, mais  son  intelligence  a  trop 
d'intentions,  sa  voix  une  mélodie 
trop  consciente.  Et  Marguerite  Val- 
mont  est,  avec  adresse,  naturelle  et 
captivante  dans  un  rôle  un  peu  on- 
doyant 

Paris  qui  filme  n'a  rien  de  ciné- 
matographique, pas  plus  d'ailleurs 
que  les  «  films  »  quotidiens  de  l'au- 
teur ,  Monsieur  Clément  Vautel.  Mais 
il  paraît  que  c'est  un  terme  très  «  pu- 
blic »...  La  revue  a  de  bonnes  scènes 
de  brio  et  de  comédie.  Mais  il  y  a  des 
interventions,  en  forme  de  sketches 
ou  de  monologues,  d'un  patriota- 
risme  par  trop  facile  :  un  mélo-dra- 
matique Napoléon  harangue  le  Sol- 
dat inconnu,  de  misérables  habitants 
des  pays  envahis  déplorent  la  frivo- 
lité parisienne...  Comment  ne  pas 
sentir  que  la  piété  patrotique,  ce  ne 
peut-être,  sur  une  scène  de  music- 
hall,  que  de  ne  point  parler  de  la 
patrie?  Pour  moi,  la  profanation  et 
l'indignité,  c'est  plutôt  de  distribuer 
ces  personnages  émouvants  entre 
une  petite  femme  et  un  danseur. 

Ceux-ci  sont  charmants  au  Moulin- 
Bleu.  Et,  auprès  d'eux,  Yvonne  Har- 
nold  sait  être  une  fantaisiste  aux 
jambes  parfaites,  à  l'enjouement  en- 
diablé, une  comédienne  au  jeu  com- 
préhensif,  littéraire,  distingnê. 


A l' Al  hambr  a  programme  moins 
bon  qu'à  l'ordinaire.  Heureusement 
il  y  a  l'enchantement  des  patineurs 
Reynolds,  Doneggan  et  Company. 
Sur  une  piste  carrée  limitée  d'im- 
menses velours  bleus  verticaux,  évo- 
luent de  bizarres  et  délicieux  petits 
personnages,  aux  gestes  contournés, 
aux  équilibres  impossibles,  des  êtres 
magiques  et  déconcertants,  dont  on 
se  demande  presque  l'origine... 

Raymond  Payellk. 


cinea 


jEn  Amérique! 

M.  Herbert  Brenon,  qui  a  joué  un 
rôle  marquant  dans  le  développe- 
ment du  cinéma  en  Amérique  et  qui 
vient  de  faire  un  tour  en  Europe,  a 
donné  «on  opinion  quant  à  la  situa- 
tion du  septième  art  sur  le  vieux 
continent. 

«  J'ai  trouvé,  dit-il.  les  anglais  ter- 
riblement handicapés,  à  la  fois  par 
leur  tempérament  flegmatique  et  non 
dramatique,  et  par  un  climat  défa- 
vorable à  la  photographie.  Les  Fran- 
çais n'ont  aucune  ambition  et  ne 
cherchent  qu'a  refaire  exactement  la 
même  chose  qu'ils  font  depuis  dix 
ans.  Les  Italiens  bénéficient  d'un 
cadre  idéal  et  sont,  d'autre  part,  des 
mimes  de  naissance;  mais  il  leur 
manque  un  public  latin  assez  vaste 
pour  qu'ils  puissent  se  lancer  dans 
des  productions  coûteuses  et.de  plus, 
leur  pays  est  la  proie  de  mouvements 
politiques  graves  qui  peuvent  durer 
une  génération.  Les  Allemands,  sem- 
ble-t-il,  sont  nos  seuls  concurrents 
sérieux.  Ils  ont  toutes  les  raisons 
pour  chercher  à  se  développer.  Ce 
sont  naturellement  des  maîtres  tech- 
niciens, et  ils  sont  assez  sages  pour 
voir  au-delà  de  leurs  propres  fron- 
tières. Ils  vont  faire  et  font  déjà  des 
films  destinés  au  monde  entier...  » 

Il  est  peu  rassurant,  pour  qui  veut 
parler  de  ce  qui  se  passe  à  l'étranger, 
de  voir  combien  un  homme  compé- 
tent, lancé  sur  cette  matière,  peut 
accumuler  de  sottises  en  peu  de  mots. 
Si  l'on  considère  que  M.  Brenon  igno- 
re le  film  Scandinave,  ignore  le  film 
russe,  ne  se  rend  aucun  compte  des 
efforts  réalisés  par  le  film  français, 
admire  chez  les  italiens  les  paysages 
de  leur  pays,  dont  ils  ne  tirent  qu'un 
parti  médiocre,  et  le  jeu  grimaçant 
de  leurs  acteurs,  admire  chez  les 
allemands  la  banalité  d'une  produc- 
tion industrielle  visant  la  conquête 
des  marchés  plus  que  la  réalisation 
d'un  objectif  artistique,  on  se  de- 
mande si  M.  Brenon  se  place  au  point 
de  vue  de  l'art  ou  du  commerce,  et 
tout  en  rendant  justice  à  sa  valeur 
technique,  on  demeure  inquiet  quant 
à  la  qualité  de  ses  futures  produc- 
tions 

La  dernière,  Acacia,  /leur  de  pas- 
sion, bénéficie  d'une  distribution 
remarquable  à  la  tète  de  laquelle 
vient  Norma  Talmadge,  secondée  par 
Courtenay  Foote  et  par  Natalie,  la 
plus  jeune  des  Talmadge,  qui,  entre 


parenthèses,  vient  de  se  fiancer  par 
télégraphe  avec  Buster  Keaton.  Sur 
le  fond  du  drame,  il  y  a  peu  à  dire; 
l'inceste  et  le  sadisme  s'y  mêlent  à 
des  doses  que  la  censure  considère 
comme  acceptables  quand  il  s'agit 
d'un  produit  venant  d'Amérique  et 
l'ensemble  paraît  plus  pathétique  que 
visuel. 


Autrement  intéressante  au  point 
de  vue  artistique  est  la  dernière  pro- 
duction de  Joseph  de  Grasse.  The  old 
Swimming  hole,  basée  sur  un  poème 
de  James  Whitcomb  Riley.  C'est  la 
simple  histoire  d'un  jeune  campa- 
gnard qui  joue  au  hookey,  pèche, 
vole  des  pastèques,  achète  des  sucre- 
ries, livre  son  cœur  à  la  coquette  de 
village  aux  cheveux  bouclés,  jus- 
qu'au moment  où  un  événement  sen- 
sationnel —  un  pique-nique  —  lui  per- 
met de  se  rendre  compte  qu'il  aime 
la  simple  fillette  aux  tresses  plates. 
Le  cadre  —  un  tranquille  village  de 
la  Nouvelle-Angleterre  —  vit  et  pal- 
pite autour  des  personnages,  et  il  n'y 
a  pas  un  sous-titre,  pas  une  ligne 
imprimée  qui  vienne  souligner  ou 
gâter  les  images.  Hélas  T  Si  jamais 
cette  œuvre  si  particulière  vient  chez 
nous,  nos  tradittori  lui  laisseront- 
ils  cette  virginité? 

A  côté  de  cette  savoureuse  produc- 
tion, les  autres  œuvres  paraissent 
pâles  et  banales.  Par  la  masse,  par 
l'étendue  du  roman  de  Vicente  Blasco 
Ibanez  dont  le  film  est  tiré,  les  Qua- 
tre chevaux  de  l'Apocalypse  sortent 
cependant  du  peloton.  L'œuvre  fait 
honneur  à  M.  Rex  Ingram,  sans  ajou- 
ter cependant  à  la  réputation  que 
lui  ont  value  ses  productions  anté- 
rieures. L'interprétation  est  bonne  : 
Wallace  Beery,  que  l'on  a  vu  à  Paris 
jouer  avec  Nazimova  dans  la  Lan- 
terne Rouge,  rend  avec  vigueur  un 
rôle  épisodique  d'officier  allemand. 
Quant  à  la  Noix  Creuse,  qui  a  coûté 
à  Douglas  Fairbanks  un  poignet  brisé, 
tout  ce  que  l'on  peut  dire  est  que  cela 
n'en  valait  vraiment  pas  la  peine. 

On  travaille  beaucoup  en  Califor- 
nie, où  Gloria  Swanson  tourne  un 
film  d'après  un  des  romans  d'Elenor 
Glyn  qui  ont  en  Angleterre  et  en 
Amérique  une  saveur  de  fruit  défendu 
et  où  Randolph  Lewis,  avec  la  colla- 
boration et  les  conseils  personnels 
du  grand  romancier,  va  tourner  un 
âpre  conte  de  Rudyard  Kipling.  A 
New-York  on  parle  surtout  du  Faust 
de  Griffith,  où,  comme  dans  celui  de 
Gounod,  il  y  aura  une  Marguerite  et 


pas  d'Hélène;  l'engagement  que  les 
«  Famous  Players  Lasky  »  ont  con- 
senti à  la  jolie  Betty  Compson  prend 
les  proportions  d'un  événement. 

Maurice  Tourneur  va  filmer  en 
Ecosse  le  célèbre  roman  de  Black- 
more.  .  orna  Donne.  Et  il  montrera 
sans  peine  à  M.  Brenon  qu'il  n'y  a 
pas  de  climat  pour  qui  sait  se  servir 
de  la  lumière. 

Fidèles  à  nos  principes,  et  aussi 
parce  que  Cinêa  n'existait  pas  en- 
core, noue  n'avions  pas  annoncé  le 
mariage  de  Ruth  Stonehouse  avec- 
Joseph  A.  Roach.  Nous  avions  aussi 
bien  fait,  puisqu'il  nous  faudrait 
maintenant  annoncer  leur  divorce. 
Lionel  Landry. 

■ 

:  Apres  Louise  Fazznda 

■  ■ 

!  Définitions  ! 

■  ■ 

■  « 

Van  Daele.  —  Un  mouton  ou  un 
tigre  surpris.  Un  martyr  sans  la  foi. 
Un  point  virgule.  Pensée  violette. 

Huguette  Du/los.  —  Petit  chat 
blanc.  Jeune  fille  à  la  douche.  Une 
fleur  qui  s'étiole.  Un  point  d'excla- 
mation. Chrysanthème  blanc.  Le  Lys 
Brisé. 

Jaque  Catelain. —  Le  jeune  homme 
à  la  rose.  Un  sapin  pour  Noël.  Heed- 
wick.  Le  petit  bonheur.  Quel  grand 
gosse  tout  de  même  ! 

Marcelle  Pradnt.  —  La  seule  vraie 
jeune  fille.  Amour,  délice  et  orgue. 
Source  froide.  Belle  et  bonne  volonté. 
Vous  m'aimez  donc,  Monsieur?  C'est 
inconvenant. 

Mathot.  —  Le  Bourgeoisaux  champs 
et  la  Province  à  Paris.  Le  Bon  Mar- 
ché. Un  tire-bouchon. 

Musidora.  —  Un  Dubonnet-citron. 
Un  jeu  de  loto.  Bain  turc.  Petit  chat 
noir. 

Xapierkoivska.  —  Forfaiture.  La 
Montée  aux  enfers.  Le  Kremlin.  La 
marquise  de  Sade.  Si  vous  saviez. 
L'épée  de  Damoclès. 

Andrée  Brabant.  —  Bâton  de  gui- 
mauve. Aimez-vous  le  miel?  Petit 
chat  gris. 

Yvette  Andreyor.  —  Un  papillon 
multicolore.  La  chauve-souris. 

Eve  Francis.  —  Du  sang,  de  la  vo- 
lupté, de  la  mort.  —  L'avez-vous  vue 
dans  Barcelone?  Panthère.  La  seule 
Antinéa. 

André  Xox.  --  Bocal  de  serpents. 
L'Eternelle  Douleur.  Un  point  d'in- 
terrogation. Un  masque  tragique  â 
la  manière  grecque.  Un  rire  sata- 
nique. 

Beaucoup    d'autres.  —   Pourquoi 
m  avez-vous  fait  faire  du  cinéma? 
Charles  Démery. 


cinea 


19 


M 


LITTÊRA TU  RE 


M 


Permettez-moi  d'inaugurer  ces 
annales  —  petites,  légères  comme  les 
feuilles  naissantes  au  premier  vent 
d'un  jeune  matin  —  par  un  hommage 
à  la  mémoire  d'une  femme  presqu' 
illustre  morte  mercredi  dernier  à 
Madrid  après  70 ans  de  vie  pittoresque 
et  mouvementée. 

Elle  portait  un  beau  nom  fier,  arro- 
gant, sonore  comme  ces  noms  des 
hidalgos  castillans  qui  paraissent 
être  forgé  de  fer  impérissable 

Elle  s'appelait  don  a  Emilia-Anto- 
nia-Socovio  Pardo-Bazan  y  de  la 
Rua-Figueroa,  comtesse  de  Pardo- 
Bazan  I... 

Elle  écrivait  des  livres.. .beaucoup... 
peut-être  un  peu  trop...  elle  présidait 
trop  de  cercles  littéraires.  .  elle  pre- 
nait part  à  trop  de  manifestations 
artistiques...  elle  connaissait  trop  de 
de  belles  choses...  elle  était  née  peut- 
être  un  peu  trop  tard,  c'est  pour  cela 
que  la  postérité  ne  l'admirera  pas 
trop. 

C'était  une  belle  vie  pourtant,  cin- 
quante ans  d'activité  incessante,  in- 
lassable... des  regards  avides  et 
curieux  partout  autour  de  soi. 

Saint  Français  d'Assise...  le  natura- 
lisme de  Zola...  la  révolution  russe... 
l'œuvre  d'un  vieux  prédicateur  triste- 
ment célèbre...  une  tendre  idylle 
galycienne...  un  roman  de  passion 
sauvage  et  implacable...  vous  trou- 
verez de  tout  dans  les  volumes  qu'elle 
laisse  après. 

J'ai  dit  qu'elle  était  née  trop  tard  : 
c'est  cela.  Il  y  avait  trop  de  choses 
faites  déjà,  réalisées  avant  elle. 

Elle  aurait  pu  être  au  xvie  siècle, 
une  autre  Sainte  Thérèse  parcourant 
les  routes  de  Castille,  fondant  des 
monastères,  exhortant  les  riches  à  la 
pénitence,  gifflant  les  nonnes  légères 
et  volages  et  languissant  de  passion 
pour  le  céleste  Epoux  au  fond  d'une 
cellule  austère,  les  lèvres  enfoncées 
dans  le  froid  ivoire  du  corps  divin 
immaculé. 


A  l'âge  de  30  ans  elle  s'éprend  de  ce 
fameux  Don  Carlos  pour  la  gloire 
duquel  Mlle  Musidora  lutta  si  gra- 
cieusement il  y  a  quelque  temps  dans 
les  montagnes  du  pays  basque  avec 
le  concours  de  M.  Pierre  Benoît. 

Seulement  la  belle  dame  espagnole 
d'autrefois  avait  raté  son  effet... 
Lorsqu'elle  s'agenouilla  devant... 
l'illustre  prétendant  et  lui  demanda 


SABAH  8ERNIIAJIDT,  vut.  fa  Vàzquei  Diai 

IihSSIN  DE  VASQUEZ  DIAZ 

SARAH  BERNHARDT 

qui  après  ses  représentations  de  Daniel 
et  d'Athalie  à  Paris,  a  été  acclamée  à 
Londres,  rentre  de  Madrid  et  de  Barce- 
lone ou  on  l'a  fêtée  avec  un  enthou- 
siasme extraordinaire. 


la  permission  de  baiser  cette  main 
royale  (pour  cela  elle  avait  entrepris 
le  voyage  à  Venise)  l'irrésistible  Don 
Carlos  lui  répondit  que  tout  va  bien, 
qu'il  est  très  content  de  son  sort  et 
qu'à  la  splendeur  du  trône  de  ses 
ancêtres  il  préfère  une  vie  agréable 
et  facile  aux  environs  de  Monte- 
Carlo...  question  de  goût  naturelle- 
ment et  grosse  déception  pour  la 
romanesque  voyageuse. 

Avec  l'âge  elle  devint  plus  sage... 
elle  trouva  autre  chose...  le  fémi- 
nisme... le  professorat...  et  tout  der- 


nièrement l'irrésistible  envie  d'entrer 
à  l'Académie.  Ce  dernier  désir  ne  se 
réalisa  pas  malgré  une  campagne 
énergique  des  milieux  littéraires 
espagnols. 

Maintenant  on  lui  prépare  des  funé- 
railles solenelles  quasi  princièreson 
prononcera  beaucoup  de  discours... 
On  voit  partout  ses  portraits. 

Je  regarde  cette  grosse  dame  aux 
cheveux  blancs  et  au  sourire  un  peu 
étudié  et  je  pense  qu'elle  était  peut- 
être  très  belle  lorsqu'elle  baisait  sur 
une  terre  étrangère  les  mains  d'un 
homme  qui  n'a  pas  voulu  être  roya- 
lement aimé  de  femmes. 

L.  Valter. 


Sara  h  Bernhardt  à  Madrid 


Durant  son  dernier  séjour  à  Madrid, 
Sarah  Bernhardt  a  été  l'objet  d'une 
manifestation  grandiose  et  touchante. 
L'Ateneo  de  Madrid,  ce  centre  intel- 
lectuel de  l'Espagne  entière,  avait 
organisé  une  magnifique  réception 
en  son  honneur.  Des  personnages 
illustres  tels  que  le  comte  Roma- 
nonés,  président  du  Conseil  des  Mi- 
nistres; M.  Maura,  le  grand  homme 
d'Etat  espagnol,  le  célèbre  écrivain 
Azorin,  etc.,  ont  prononcé  tour  à  tour 
des  discours  éloquents;  ils  ont  rendu 
tous  un  hommage  respectueux  et 
ému  à  la  grande  artiste  qui  réappa- 
raissait à  Madrid  après  trente-huit 
ans  d'absence.  Ensuite  la  célèbre 
comédienne  espagnole  Catalina  Bar- 
cena,  au  nom  de  tous  les  comédiens 
espagnols,  est  venue  s'agenouiller 
devant  son  illustre  camarade,  et  avec 
une  grâce  exquise  baisa  les  mains 
de  Sarah,  qui ,  émue  j  usqu'aux  larmes, 
la  releva  et  l'embrassa  tendrement. 

La  réception  se  termina  par  une 
ovation  formidable  qui  dura  même 
après  le  départ  de  l'illustre  tragé- 
dienne. 


20 


cinea 


Réponses  à  quelques  lettres   |  1 U  PRESSE  FRANÇAISE  DU  CINÉMA 


Lucien  Arnould.  —  Mais  non,  5  francs 
pour  une  photo  de  Tom-Mix,  ce  n'est  pas 
cher  puisque  vous  l'avez  acheté  dans  une 
«  Agence  Américaine  ».  Il  faut  bien  payer 
la  raison  sociale  de  la  maison. 

Ranchman.  -  Pearl  IVbite  :  care  of 
Fox  Studios.  Fort  Lee.  New-Jersey  U.S. A. 
Mary  Pickford:  Robert  Brunton  Studio 
5  3 1 1  Mebrose  Avenue,  Los  Angeles, 
Californiâ  U.S.  A.,  Bessie  Love  :  Vitagraph 
Studios:  Fiospect  and  Talmadge  Streets, 
Los  Angeles.  Jewel  Carmen  :  Fox  Studios, 
1401  Wersten  Avenue,  Los  Angeles. 

Blue  Jeans.  —  Le  scénario  de  Prumlla 
a  été  découpé  par  Charles  Maigne  et 
réalisé  par  Maurice  Tourneur,  11  était  tiré 
du  roman  de  Granville  Barker.  Les  prin- 
cipaux interprètes  étaient  :  Marguerite 
Clark,  Jules  Raueourt,  Harry  Léoni, 
Isabel  Berwin,  Marcia  Harris,  Nora  Cecil, 
W.  J.  Gross,  A.  V.  Wood,  Ch.  Hartley, 
A.  Kennedy.  L'opérateur  à  qui  l'on  doit 
ces  jolis  tableaux  est  John  Vanderbroeck. 
Autant  que  possible  non.  Si  je  me  permets 
la  moindre  appréciation  sur  Maurice 
Tourneur,  je  vais  faire  aboyer  tous  les 
cabots  de  France  et  de  Navarre. 

[ean  de  la  Chesnaie.  —  Oui,  c'est 
entendu.  Tom-Mix,  Buck  Jones,  Fred  Stone 
sont  des  cavaliers,  des  acrobates,  des 
athlètes  incomparables,  mais  leur  science 
de  comédiens  ne  vient  pas  à  la  cheville 
du  grand  W.  Hart.  Son  second  prénom 
est  Shakespeare.  Ce  pseudonyme  de  Rio- 
Jim  lui  a  été  donné  par  l'éditeur  français, 
tout  simplement. 

Litti.e  Star.  —  Ces  deux  réalisateurs 
sont  en  procès.  Nous  ne  verrons  peut-être 
jamais  Villa  Destin.  —  Moi  aussi,  j'ai 
perdu  l'espoir  de  revoir  Rose  -  France 
ailleurs  que  chez  Baudon  St-Lo.  Stock  de 
vieux  films  à  prix  réduits  pour  forains. 
Quant  à  Gigolette  aujourd'hui  à  Paris 
dans  so  salles,  demain  dans  toute  la 
province. 

Louise  Darcel.  —  Ce  film  de  Bessie 
Barriscale  intitulé  ici  Une  femme  de  Tète 
se  nomme  (Ail  of  a  Sudden  Norma).  lia 
été  mis  en  scène  par  Howard  Hickmann, 
le  mari  de  Bessie.  Le  scénario  avait  été 
tiré  d'un  roman  de  Thomas  Edgelou  par 
[ack  Cunningham.  Les  autres  interprètes 
étaient  Melbourne  Mac  Dowell,  Joseph 
Dowling,  A.  Colby,  R.  H.  Grey,  F.  Leigh, 

Mickey.  —  Ce  partenaire  habituel  de 
Mary  Miles  Minter  se  nomme  Allan  Forrest. 
Il  n'est  pas  permis  d'ignorer  que  Suzanne 
Grandais  n'est  plus. 

Lucy.  —  Le  Courrier  de  Monsieur  Pic 
avait  en  effet  consacré  son  numéro  de 
Janvier  auCinéma.N'allezjamais  demander 
à  un  homme  de  théâtre  son  opinion  sur  le 
Cinéma. 


ZlGOTTO  Lover.  —  Prince-Rigadin  vous 
amuse  follement,  ma  foi  tant  mieux... 
Je  n'en  puis  dire  autant.  Oui,  si  la  finesse 
se  mesurait  au  nez. 

Lecteur  assidu.  —  Il  m'est  très  difficile 
de  vous  donner  autant  de  renseignements 
sur  les  vedettes  françaises,  que  sur  celles 
d'Outre-Atlantique  ;  les  premières  étant 
fort  modestes  sur  leur  personnalité  et 
principalement  sur  leur  âge. 

Strong  Man.  —  Non,  la  Fiancée  du 
Maharadjah  n'est  pas  un  film  suédois. 
C'est  le  chef-d'œuvre  de  la  production 
danoise.  Je  ne  peux  établir  de  parallèle 
entre  ces  deux  films,  car  ils  sont  loin  de 
se  ressembler.  Le  Monastère  de  Sendomir 
est  un  film  de  la  Svenska,  un  vrai  celui- 
là,  mis  en  scène  par  Sjostrom  et  interprété 
par  Tove  Svennberg,  Richard  Lund,  Tora 
Teje,  Renée  Bjorling.  Le  scénario  est  tiré 
d'une  nouvelle  de  Grillparzer. 

Pyjama  Bleu  (Lecteur  passionné.  — 
Bessie  Love.  De  son  vrai  nom  Juanita 
Horton.  naquit  à  Los  Angeles  (Californie), 
le  10  septembre  1900.  Elle  n'a  donc  pas 
21  ans,  Ivor  Novello  doit  avoir  dans  les 
25  ans,  de  nationalité  anglaise. 

Robert  Périscope.  —  La  Vierge  de  Stam- 
boul n'a  pas  été  tourné  en  Syrie  mais  bien 
en  Californie.  La  grande  mise  en  scène  et 
la  reconstitution  de  cette  ville  éphémère  a 
emité  des  sommes  considérables.  Heureu- 
sement qu'il  était  déjà  amorti  avant  son 
entrée  en  France.  D'ailleurs,  s'ils  ne  comp- 
taient que  sur  les  200 ou  300  salles  d'ici. . . 

Germaine  Laribaut.  —  Vous  trouverez 
la  collection  des  photos  de  Le  Trésor,  avec 
M.  Pickford.  Le  Gardien  de  nuit,  avec 
W.  Hart  et  Y  Aventure  de  P.  Strong.  avec 
W.  Reid,  chez  J.  Tholat,  ^7,  rue  Ampère. 

Mary  and  Doug,  —  Je  ne  crois  pas  qu'il 
paraisse  une  traduction  française  de  Pinto 
Ben.  le  dernier  livre  de  W.  Hart. 

Paulette  Besnard.  —  Vous  aimez  beau- 
coup E.  F.  Et  bien  il  faut  lui  écrire 
pour  lui  faire  part  de  votre  grand  admira- 
tion. —  Peut-être.  —  Ma  foi,  je  n'ai  jamais 
rempli  les  fonctions  d'écrivain  public. . . 

Admiratrice  Nazimova.  —  Nazimova 
naquit  à  Yalta,  en  Crimée,  le  4  juin  187g. 
Elle  est  mariée  à  Charles  Bryant,  son  par- 
tenaire dans  la  plupart  de  ses  films.  —  Si 
Fatty  fait    «  le  grand   soleil  «  à  la  barre 

fixe en    tout    cas    il    est    excellent 

nageur  et  cavalier.  Oui.  il  est  marié  à  Miss 
Minta  Durfee. 

Gribouille.  —  Les  artistes  françaises 
n'aiment  pas  la  publicité.  —  Mais  certai- 
nement, nous  parlerons  des  vedettes  sué- 
doises     patience.      -   Renée    Bjorling 

fait  aussi  du  théâtre.  —  David  Garricl;  est, 
en  effet,  un  film  très  remarquable.  Wini- 
fred  Kingston  était  sa  partenaire. 

l'Œil-de-Chat. 


:    Périodiques  consacrés  à  l'Art  Muet 

■ 

Le  Cinéma 

!  Hebdomadaire 

:  D1  :  G.  Lordier  -  R'  en  chef:  E.  Fouquet 
j  28,   Boulevard  Bonne-Nouvelle,  PARIS 

:         Cinénoa=Spectacles 

[  17,    Rue    Magenta,     /7,     MARSFILLF 

j         Cinématographie  Française 

;  Revue  Hebdomadaire 

j  D'  :  E.  Louchet  -  R'  en  chef  :  P.  Simonot 

■  Administrateur  :   Jean  Weidner 
:  50.    Rue    de    Bondy,    PARIS 

Ciné-Journal 

!  Hebdomadaire 

j  D1  :  G.  Dureau  -  îo.  Rue  Bergère.  PARIS 

Ciné-Magazine 

:  Hebdomadaire  Illustré 

■  D"  :  Jean  Pascal  et  Adrien  Maître 
:  ?.    Rue  Ross i ni.    PARIS 

j  Cinéopse 

j  Revue  Mensuelle  —  D'  :  J.-M.  Coissac 
■7?,  Boulevard  de  Grenelle.   PARIS 

j  Ciné  pour  Tous 

:  Revue   Bi-Mensuelle  -    Dr  :    P.  Henry 

•  26  bis,  Rue  Traversiez,  PARIS 

Ciné    Pratique 

■  Directeur  :    Henri  de  Villemandy 
:  4'-,,    Rue  de  Belleville.   PARIS 

Courrier  Cinématographique 

:  Directeur   Fondateur  :    Ch.   le  Fraper 

■  28.  Boulevard  Saint-Denis,  PARIS 

m 

:  Hebdo=Ftlm 

■ 

j  Directeur    Fondateur  :    A.  de   Reusse 

•  28,   Boulevard  Bonne-Nouvelle.   PARIS 

m 

:  L'Ecran 

Journal  Dfiicicl   du  Syndicat  Français 

des    Directeurs  de    1  inémato^raphes 

iqq,   Rue  Saint-Martin,    PARIS 

Le    Film 

■  Mensuel  Illustré  -  D'  :  G.  Ouellien 
:  144,  Rue  Montmartre,  PARIS 

Filma 

:  Revue  Bi-Mensuelle    —    Dir.  :    Millo 

■  ?.  Boulevard  des  Capucines.  PARIS 

Scénario 

;  Revue  Bi-Mensuelle  -  D'  :  R.  de  Simone 
q.  Rue  de  Clichy,  PARIS 

m 

m 

■ 

|  Quotidiens  et  Revues  ayant  une  Rubrique 

régulière  du  Cinéma 

■ 

ï      BONSOIR  (Pierre   Sri/e.  Auguste  Nardy,  Marcel 

•  Achard).  —  COMCEDIA  L.  Croze).  —  C0MCEU1A 
■ILLUSTRÉ  (Louis  Deiluc).  --  LE  CRAPOL'ILLOT 
!  Jean  Galtier,  Buissière,  Heur  Bizet.  J.-L.  Duran- 
!  deau).  —LA  DÉMOCRATIE  NOUVELLE.  —  L'ÈRE 

•  NOUVELLE  Pierre  Costar).  — L'ESPRIT  NOUVEAU. 
:  -  EXCELSIOR  (André  Heu/e  .  —  L'INFORMATION 
;  Lucien  Vahl  .  -  L'INTRANSIGEANT  (Boisvvonl.  — 
;  LE  JOURNAL.  -  LE  JOURNAL  DES  DÉBATS  (Gus- 
:  lave  Fréjaville).  —  LA  LIBERTÉ   P.  de  la  Bnrie).— 

■  LA  LANTERNE.  -  LE  MATIN.  —  LE  MERCI  RE 
I  DE    FRANCE     Léon    Moussinac  .    —     PARIS-MIDI 

•  (Louis  Dellur).  —  LE  POPULAIRE  (François  Crucy). 

■  —  LA  RAMPE. 


cinea 


21 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


C'est  chez  lui  que  je  connus  le 
sacristain  Jeraxa  qui  m'apprit  à  lire. 
Je  n'oublierai  jamais  sa  bonne  action. 
Agis   de    même,  toi  aussi    :   n'oublie 

;  pas  les  gens  qui  te  feront  du  bien, 
ils   ne    seront    pas    nombreux   et   il 

'  te  sera  facile  de  te  souvenir  d'eux.  » 
Parfois  en  hiver  venaient  nous 
voir  des  hommes  d'un  aspect  sau- 
vage, énormes,  hirsutes,  emmitouf- 
flés  dans  de  lourdes  pelisses  puantes 
et  chaussés  de  «  laptys  ».  C'étaient  : 
le  frère  de  mon  père,  Dorimédont  et 
ses  fils.  On  m'envoyait  chercher  de 
l'eau-de-vie,  on  buvait  du  thé  pen- 
dant des  heures  interminables,  on 
parlait  de  la  vie  difficile,  des  tra- 
vaux de  village,  on  racontait  que 
chez  un  tel  par  suite  du  non-paie- 
ment des  impôts  l'administration 
avait  enlevé  le  bétail  et  avait  pris  le 
samovar. 

—  C'est  durî... 

Cette   expression    se    répétait    fré- 
quemment et  d'une  façon  variée. 
Je  pensais  : 

Comme  c'est  bien  que  mon  père 
habite  la  ville  et  que  nous  n'avons 
ni  chevaux,  ni  vaches  et  que  per- 
sonne par  conséquent,  ne  pourrait 
enlever  notre  samovar! 

Je    remarquai    un    jour    que    mon 

père  et  ma  mère  étaient  très  agités. 

j  Le  nom  du    «  procureur  »  revenait 

souvent  dans  leurs  propos  et  ce  nom 

1  me   parut  aussi    terrible    que   jadis 

celui  de  Jéraxa. 

—  Dis,  maman,  qu'est-ce  que  c'est 
que  va,  le  procureur?  demandai-je  à 
ma  mère. 

Et  elle  m'expliqua  : 

—  C'est  plus  que  le  gouverneur  de 
province  en  personne. 

Ce  qu'était  un  gouverneur  de  pro- 


vince, je  le  savais  déjà.  J'avais  en- 
tendu autrefois  mon  père  conter  un 
jour  à  nos  voisins  une  histoire  dans 
laquelle  une  phrase  m'impressionna 
beaucoup  : 

...  Le  gouverneur  Skariatine  arriva 
au  village,  ordonna  que  tous  les 
habitants  fussent  étendus  demi-nus 
le  long  de  la  rue  principale  et  se  mit 
à  les  fouetter  avec  sa  nagaïka...  » 

Comme  on  m'avait  annoncé  que  le 
procureur  était  un  personnage  en- 
core plus  important,  j'étais  persuadé 
qu'il  allait  étendre  sur  le  pavé  la 
ville  toute  entière  pour  lui  infliger 
une  punition  encore  plus  exemplaire. 
Et  alors  moi  aussi  j'aurais  ma  por- 
tion parmi  les  autres. 

Mais  il  arriva  que  l'affaire  fut 
beaucoup  plus  simple  :  la  sœur  ca- 
dette de  ma  mère  était  enlevée  par 
quelqu'un  et  vendue  ensuite  dans  une 
maison  de  tolérance;  mon  père,  ayant 
appris  cela,  avait  adressé  une  re- 
quête au  procureur  pour  obtenir  sa 
libération. 

Quelque  temps  après  apparut  chez 
nous  la  tante  Anna,  jolie,  gaie,  tou- 
jours chantant  des  chansons.  Je 
compris  que  dans  la  vie  il  y  a  des 
choses  qui  ne  paraissent  pas  si  ter- 
ribles lorsqu'on  les  connaît  de  près. 

Une  des  fdles  de  notre  propriétaire, 
le  commerçant  Lysitzine,  jouait  du 
piano,  cette  musique  me  paraissait 
être  une  mélodie  céleste.  D'abord  je 
croyais  que  la  jeune  fdle  jouait  d'un 
simple  accordéon  et  ne  faisait  que 
tourner  la  manivelle  et  que  la  mu- 
sique se  faisait  d'elle-même  au  fond 
de  la  boîte;  mais  bientôt  j'appris  que 
la  fille  du  propriétaire  produisait 
cette  musique  en  tapant  avec  ses 
doigts  sur  le  clavier. 


—  C'est  épatant  ça!  Si  j'avais  pu 
apprendre  à  jouer  ainsi!,.. 

Et  voilà  que  —  coïncidence  bizarre 
—  il  arrive  que  quelqu'un  parmi  nos 
voisins  organise  une  tombola  avec 
un  vieux  clavecin  comme  prix  ga- 
gnant; mes  parents  m'achetèrent  un 
billet  pour  23  kopeks  et...  je  ga- 
gnai le  clavecin. 

J'étais  fou  de  joie,  étant  persuadé 
que  maintenant  j'apprendrai  facile- 
ment à  jouer,  mais  quelle  fut  ma 
déception  lorsque  je  vis  qu'on  en- 
ferma le  clavecin  à  clef  et,  malgré 
mes  larmes  et  mes  prières  répétées 
on  ne  me  permis  même  pas  de  le 
toucher. 

Je  ne  pouvais  même  pas  m'apprô- 
cher  de  lui  sans  qu'on  me  cria  : 

—  Attention!  Tu  vas  le  casser!,.. 

Mais  en  revanche,  lorsque  je  tom- 
bai malade  on  m'installa  sur  ce 
meuble  pour  tout  le  temps  de  ma  ma- 
ladie, et  c'était  pour  moi  une  chose 
tout  à  fait  incompréhensible  :  donc, 
je  pouvais  coucher  sur  cet  instru- 
ment, mais  il  m'était  sévèrement  dé- 
fendu de  le  toucher. 

Il  est  vrai  que  bientôt  cet  instru- 
ment encombrant  fut  vendu  pour 
25  ou  30  roubles  et  tout  était  fini. 

J'avais  à  peu  prés  8  ans  lorsque  je 
vis  pour  la  première  fois  le  «  pail- 
lasse »  Yachka.  C'était  dans  un 
cirque  forain  pendant  les  fêtes  de 
Pâques . 

Iakow  Mamonow  était  connu  à 
cette  époque  dans  toute  la  région  de 
la  Volga  comme  un  «  paillasse  »  in- 
comparable. C'était  un  homme  fort, 
déjà  âgé,  aux  yeux  narquois,  mous- 
tache noire,  dure  et  épaisse. 


(A  suivre) 


L.  Vai  tkk  trad. 


cinea 


Envoyez  nous  un  scénario  ciné- 
graphique.  Desjoumauxcomme 
Le  Film,  Ciné  pour  tous,  Bon- 
soir, en  ont  publiés  d'excellents 
qui  vous  ont  appiis  le  décou- 
page, le  style  et  le  mouvement 
de  ces  ouvrages  spéciaux. 
Essayez  de  composer  un  thème 
d'écran,  drame  ou  comédie, 
découpez-le  et  bernez  vous  à 
des  moyens  simples  :  peu  de 
décors,  peu  de  personnages 
mais  beaucoup  de  sincérité,  un 
peu  de  goût,  et  du  talent  si 
vous  pouvez 

Jury  :  Dans  ce  Jury  seront 
représentés  les  metteurs  en 
scène  (J.  de  Baroncelli,  Mar- 
cel L'Herbier,  Léon  'Poirier, 
T^ené  Le  Sompiier,  etc.)  les 
interprêtes  (Signoret,  Van 
Daële,  André  Nox,  Séverin- 
Mars,  etc.)  et  les  spectateurs 
Boisyvon,  René  Bizet,  Canudo, 
J.-L.  Croze,  Fréjaoille,  Lio- 
nel Landry,  P.  de  la  {Rorie, 
Pierre  Henry,  Pierre  Seize, 
Urviller,  Marcel  Yonnet,  etc.) 

Clôture  :  La  date  extrême 
pour  lenvoi  des  manuscrits  est 
fixée    au     Ier    Août   prochain. 

Prix  :  Le  meilleur  scénario 
choisi  par  le  Jury  recevra  un 
prix  de  Mille  francs  et  sera 
publié  dans  Cinéa,  si  l'auteur 
le  désire.  Et  bien  entendu 
Cinéa  s'emploiera  à  le  faire 
connaître  des  maisons  d'édi- 
tions françaises 


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10,   RUE  DE  L'ELYSÉE 
PAR  IS  


LES   STARS 

D'AMÉRIQUE 

SONT  EN  PHOTO  CHEZ 

J.   THIOLAT,  37,  rue  Ampère 
Paris  117e) 


Elsie   Janis 


N  Talmadge  =  O-  Thomas 
C  Talmadge  ■  O-  Moore 
M-  Davies  =  E  O'Brien 
O.  Brady  =  E  Hammerstein 
=  C.  Kimball  Young  == 

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yVlbum  officiel  du  Concours 
de  Beauté  des  Provinces  de 
France  (publié  par  le  Journal, 
édité  par  Comœdia  illustré). 
Dans  ce  magnifique  album 
seront  reproduits  les  portraits 
de  toutes  les  lauréates  du 
concours,  dans  leurs  costumes 
régionaux.  Prix  de  souscrip- 
tion :  i5  francs.  Ce  prix  sera 
porté  à  20  fr.  dès  l'apparition. 
Adresser  demandes  et  man- 
dats au  Journal,  1 00,  rue  de 
:^=^=     Richelieu    ====== 


BONSOIR 

Vous  dira  quels 
sont  les  bons  soirs 
du  cinéma 

Si  Vous  aimez  le 
cinéma,  Vous  aimez 

BONSOIR 


CONCOURS 


DE 


PHOTOGRAPHIES 
D'AMATEURS 


Envoyez  à  Cinéa  des 
photos  de  n'importe 
quel  format,  représentant 
des  acteurs  de  ciné  dans 
la  vie  privée,  ou  des 
aperçus  du  travail  ciné- 
graphique  en  plein  air, 
en  studio,  etc.,  tout  ce 
qui  se  rapporte  à  l'écran 
et  pourra  résumer  en 
quelque  sorte  les  coulis- 
ses du  Cinéma.  Le  Jury 
sera  composé  de  six 
opérateurs  français  : 
MM.  Bousquet,  Chaix, 
Gibory,  Irvin,  Forster  et 
Lucas 

Prix  :  Le  premier  prix 
recevra  deux  cents  francs 
et  sera  reproduit  sur  la 
couverture  de  Cinéa,  il 
y  aura  quatre  seconds 
prix.de  cinquante  francs, 
qui  seront  reproduits 
dans  Cinéa. 


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10,   RUE  DE  L'ELYSEE 
PARIS  


Imprimerie  spéciale  de  cinéa,  84,  rue  Rochechouart,  Paris. 


Le  gérant  :  A.  Paty. 


17  Juin  1921 


Numéro  7 


■^  ^  $  Hebdomadaire  Illustré  4  -Ç  % 
Louis  DELLUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
io.  Rue  de  l'Elysée,  Paris  -  Tél.  :  Élys.  58-84 


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■  21  heures.  —  TOUT  DOUX,  image  en  1  acte  de  M.  E.  Goyard. 

■  Coquillon  (  Lui  )  ;  Dj«m-Dax<  Elle);  Jacques  Ferréol  i  L'Autre  ). 

LE    SOLEIL    DE    MINUIT,    un    acte    de    M.  Jacques  Deval. 

■  Mmes    Germaine    Fontanes    (Simone)   ;    Suzanne    Connel 

■  (Mme    Darne);    La    Petite    Mad    Lopes   (La    Petite    Fille); 
E      M.  Harry  Krumer  (René). 

ï  TROIS  TYPES,  comédie  en  deux  actes  de  M.  Paul  Giafferi 
;  MM.  René  Bussy(Gronin);  Coquillon  (Philipénette)  ;  Saulieu 
;     (Lapreux);  Roger  Bernard  (Le  Sergent). 


cmea 


Réponses  à  quelques  lettres 


Picture  Mad.  -  -    Constance  Talmadge 

naquil  àBrookrynn(N.-Y.),le  içavril  1900. 

Je   ne   crois   pas   que   Mary    Osborne 

tourne  encore.      Gosta  Ekman  est  suédois. 

Ranchman.  —  Clara  Kimball  Young 
naquit  en  [891.  Non.  son  vrai  nom  est 
Clara  Whipple;  Young  étant  celui  de  son 
mari.  —  Billy  West,  a  mon  avis  n'est 
digne  d'aucun  intérêt.  —  Maë  Marsh  est 
mariée  a  M.  Louis  Lee  Arms.  un  banquier 
new-yorkais.  —  Fn  effet,  une  sœur  :  Mar- 
guerite. —  Madame  Huguette  Duflos  n'est 
pas  la  fille,  mais  bien  l'épouse  de  M.  Ra- 
phaël Duflos. 

Roger  Beudin,  —  La  distribution  de 
Douglas,  for  ever  comprenait  :  Cap  au  sud... 
(  Douglas  Kairbanks)  José  l'Espagnol 
(Frank  Campeau)  Lolita  (Catherine  Mac 
Donald)  Le  lieutenant  de  José  (James 
Mason).  Le  scénario  était  d'Allan  Dwan  et 
la  réalisation  de  Arthur  Rosson.  Les  meil- 
leurs films  de  Douglas  sont,  à  mon  avis. 
Une  aventure  à  New-York  et  L'Ile  du  Salut. 

Viguier-Chalumeau.  —  Du  fait  que  cette 
école  vous  a  délivré  une  carte  «  avec 
Mitre  photo  dessus  »,  vous  vous  croyez 
opérateur  —  Monsieur  Gaumont  en  cher- 
che justement  un.  allez  donc  vous  présen- 
ter... avec  votre  carte,  bien  entendu. 

Lower  Film.  —Jack  Mulhall  était  le  par- 
tenaire de  Viola  Dana  dans  Flirteuse. 
Irving  Cummings  dans  le  rôle  du  mari 
complaisant. 

Strong  Mam.  —  Cette  salle  ne  possède 
qu'un  seul  appareil  de  projection,  c'est 
pourquoi  vous  avez  un  arrêt  chaque  fois 
que  l'on  change  de  bobine.  —  Cela  est 
assez  rare  aujourd'hui. 

Gynette  Palmyr.  —  Madame  Renée  Cari 
ne  tourne  plus,  mais  dirige  une  académie 
de  cinéma. 

Lover  Film.  —  jewel  Carmen,  de  son 
vrai  nom  Evelvn  Quick,  naqui  à  Danville 
[Kentucky)  en  1898,  Marjorie  Daw  se 
nomme  en  réalité  Margaret  House,  elle 
naquit  à  Colorado  Springs  (Col)  en  1903. 
C'est  depuis  son  mariage  avec  G.  Burton 
Hawley  qu'elle  joue  sous  le  nom  de  Wanda 
Hawley,  autrefois  elle  paraissait  sous  le 
nom  de  Wanda  Petit  ;  alors  que  son  véri- 
table patronyme  est  Selma  Pittack. 

Point  d'interro.  —  Tin'  Squazc  Mau  a 
été  tourné  deux  fois,  la  première  avec 
Dustin  Farnum  (ce  fut  le  premier  film  de 
la  Paramount),  la  seconde  avec  Elliott 
Dexter  Ann  Little,  Katherine  Mac  Donald 
et  Jack  Holt.  —  Le  réalisateur  était  C.  B. 
de  Mille. 

Rose  sans  fin.  —  Je  partage  votre  avis 
Van  Daële  est  le  premier  de  nos  artistes 
d'écran,  mais  la  règle  établie  ici  veut  que 
les  producteurs  soient  les  derniers  à  s'en 
apercevoir. 


AzYADÉ. —  Depuis  son  mariage  W.  Hart 
ne  doit  plus  envoyer  sa  photo  aux  jeunes 
fille.    —    Les    lettres    pour    la  Californie 

mettent  ^  à  40  jours  aller  et  retour. 

The  Kid.  —  Ce  film  Jeanne  d'Arc  (Joan 

the  Woman),  dont  vous  parlez  est  l'œuvre 
de  C.  B.  de  Mille.  —  Les  interprètes  sont: 
Géraldine  Farrar,  Wallace  Reid,  Raymond 
Hatton,  Hobart  Bosworth.  Tully  Marshall. 
Théodore  Roberts.  Charles  Gary,  etc.  La 
distribution  de  :  Le  Talisman  (The  Devil 
Stone)  comprenait  :  G.  Farrar.  Wall-Reid. 
Tully  Marshall,  Hob.  Bosworth,  James 
Weil.  Ernest  Jov.  Mabel  Van  Buren. 

Pilier  ou  Colisée. — J'ignore  l'âge  d'An- 
dré Himmel. 

Ranchmann.  —Non  ce  n'est  pas  un  parti 
pris,  je  n'aime  pas  William  Farnum. 
parce  qu'il  est  trop  théâtre  et  qu'il  n'a  pas 
le  physique  des  rôles  qu'il  interprète. 

Little  Douglas.  —  Vous  estimez  que 
Douglas  manque  de  goût  dans  le  choix  de 
ses  partenaires,  peut-être  voudriez-vous 
le  voir  engager  Sandra  Milowanoff.  Je 
vous  engage  à  aller  voir  Katherine  Mac 
Donald  dans  Douglas  for  Ever,  et  Pauline 
Curlev  dans  Douglas  au  pays  des  mos- 
quées. 

Carmen  White.  —  Le  titre  américain  de 
La  Course  an  Bonheur,  av.  B.  Washburn 
est  The  IVay  of  a  Mau  with  a  Maid.  — 
Celui  de  Le  Voyage  de  noces  de  Suçy  avec 
C.  Talmadge  est  The  Honeynwon.  —  Celui 
de  Le  Rêve  de  la  Vie,  av.  June  Caprice  :  A 
Sniall  Town  Girl.  —  Nous  vous  parlerons 
bientôt  de  S.  Hayakawa. 

Futur  opérateur.  —  Voici  en  quoi  con- 
siste l'apprentissage  de  la  prise  de  vues 
tel  que  l'enseigne  cette  école.  Un  jour  de 
beau  temps  vous  prenez  le  «  moulin  «  et 
vous  partez  à  l'assaut  de  la  place  de  la 
République,  vous  tournez  1  m.  so  du 
Madeleine-Bastille,  1  m.  so  du  tram  de 
Charenton  ;  vous  rentrez  dans  les  vastes, 
modernes  et  outillés  laboratoires  afin  de 
tirer  un  positif  de  votre  «  documentaire  ». 
Le  lendemain  vous  recommencez  machi- 
nalement et  ainsi  de  suite  jusqu'à  concur- 
rence de  3S0  francs  de  pellicule.  —  De 
professeur  il  n'y  en  a  pas,  d'ailleurs  pour 
quoi  faire,  l'appareil  est  du  dernier  mo- 
dèle de  1905,  le  travail  et  la  lumière  du 
studio  ;  pas  la  peine.  Monsieur  le  Direc- 
teur est  partisan  de  la  méthode  Mercanton 
—  Au  bout  d'un  mois  ou  d'un  an  on  vous 
délivre  généreusement  une  carte  avec 
photographie,  cachets,  signatures,  para- 
graphes, etc..  et  roulez  vous  êtes  sacré 
opérateur. 

Maintenant  si  le  cœur  vous  en  dit  apre- 
nez  la  prise  de  vues. 

l'Œil-df.-Chat. 


U  PRESSE  FRANÇAISE  OU  CINÉMA 


Périodiques  consacrés  à  l'Art  Muet 
Le  Cinéma 

Hebdomadaire 

1)'  :  G.  LoRDiER  -  R'  en  chef  :  E.  Fouquet 
28,   Boulevard  Bonne-Nouvelle,  PARIS 

Cinéma=Spectacles 

17,    Rue    Magenta,    i7.    MARSEILLE 

Cinématographie  Française 

Revue  Hebdomadaire 

D'  :  F.  Louchkt  -  R'  en  chef  :  P.  Simonot 

Administrateur  :  Jean  Weidnkr 

50,     Rue    de    Bondy,    PARIS 

Ciné-Journal 

Hebdomadaire 

D'  :  G.  Dureau  -  ?o.  Rue  Bergère.  PARIS 

Ciné=Magazine 

Hebdomadaire  Illustré 

D,s  :  Jean    Pascal   et   Adrien    Maître 
?.    Rue  Rossini,    PARIS 

Cinéopse 

Revue  Mensuelle    -   Dr  :  J.-M.  Coissac 
7?.  Boulevard  de  Grenelle.   PARIS 

Ciné  pour  Tous 

Revue   Bi-Mensuelle  -    D1'  :    P.  Henry 
26  bis,  Rue  Traversiere,  PARIS 

Ciné    Pratique 

Directeur  :   Henri  de  Villemandy 
45,    Rue  de  Belleville.   PARIS 

Courrier  Cinématographique 

Directeur   Fondateur  :    Ch.  le  Fraper 
28,  Boulevard  Saint-Denis,  PARIS 

Hebdo-Film 

Directeur  Fondateur  :  A.  de  Relsse 
28.   Boulevard  Bonne-Nouvelle.   PARIS 

L'Ecran 

Journal  Ofûciel  du  Syndical  Fiançais 

des    Direelenrs  de   Cinématographe' 

iqc).    Rue  Saint-Martin.    PARIS 

Le   Film 

Mensuel    Illustré    -    Dr  :  G.    Quellien 
144.  Rue  Montmartre,  PARIS 

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Revue  Bi-Mensuelle    —    Dir.  :    Millo 
;.  Boulevard  des  Capucines,  PARIS 

Scénario 

Revue  Bi-Mensuelle  -  Dr  :  R.  de  Simone 
9.  Rue  de  Clichy,  PARIS 

Quotidiens  et  Revues  ayant  une  Rubrique 
régulière  du  Cinéma 

BO\SOIR  iPierre  Seize.  Auguste  Nardy,  Marcel 
Achard).  -  CONGEDIA  L.  Croze).  —  COMCEUlA 
ILLUSTRÉ  (Loois  Dellucl.  -  LE  CRAPOUILLOT 
Jean  Rallier,  Roissière,  René  Bizel.  J.-L.  Durau- 
deau).  —  LA  DÉMOCRATIE  NOUVELLE.  —  LKRE 
NOUVELLE  Pierre Costar).  -  LESPRITNOUVï  \u 

—  EXCELSIOR  (André  Heuzé  .  —  L'INFORMATION 
(Lucien  Vahl).  -  L'INTRANSIGEANT  (Boisyvon  .  - 
LE  JOURNAL.  —  LE  JOURNAL  DES  DÉBATSfGuS- 
tave  Fréjaville).  -  LA  LIBERTÉ   P.  de  la  Borie 

LA  LANTERNE.  -  LB  MATIN.  —  LE  MERCURE 
DE  FRANCE  Léon  Moussinac).  —  PARIS-MIDI 
.Louis  Dellue).  —  LE  POPULAIRE   François  Crue?  ■ 

-  LA  RAMPE. 


cinea 


M         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi    17    au   Jeudi   23    Juin 


3=    ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux,  is.  boulevard  des 
Italiens.  —  Les  actualités  de  la  semaine.  — 
Trisulti.  plein  air.  —  Le  Champion,  comé- 
die sportive,  avec  Charles  Ray.  —  La  nuit 
du  i  ?,  scénario  et  mise  en  scène  de  Henri 
Fescourt,  avec  Yvettte  Andréyof,  Jean 
Toulout.  André  Dubosc,  Vermoval.  — 
Intermède  musical  (en  .soirée).  Yvonne 
Curti.  —  Attraction  :  Cornélius  et  Cons- 
tance, in  their  original  artistic  dancing. 

Parisiana.  27,  boulevard  Poissonnière. 

—  Les  Carabes,  documentaire.  —  Don 
Quichotte,  de  Miguel  Cervantes,  interprété 
par  M.  Claude  Garry,  de  la  Comédie- 
Française.  —  Parisiana-Journal,  actualités. 

—  La  Fille  du  Fauve,  grand  drame  avec 
Pearl  White. —  Picratt  Jockey,  comique. — 
En  supplément  de  7  h.  1/2  à8  h.  1/2,  excepté 
dimanches  et  fêtes  :  L'Ame  de  Pierre,  dr. 

Cinéma  de  la  Presse.  12s.  rue  Mont- 
martre. —  Voleurs  de  femmes. 8e  épisode. — 
Le  chanceux,  comédie  sportive  avec  G. 
Walch  —  L'Homme  aux  trois  masques, 
2e  épisode.  —  Le  Barbare,  comédie  dra- 
matique interprétée  par  M. Traverse. 

Omnia-Pathe  s.  boulevard  Mont- 
martre. —  Pathé- Journal,  actualités.  — 
Le  gentilhomme  pauvre,  comédie.  —  Cœur 
de  mannequin,  comédie  dramatique.  — 
Supplément  facultatif:  La  Pocharde.  3e  épi- 
sode :  La  mère  aux  sept  douleurs. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Jourual.  —  Courses  de 
taureaux  à  Luuel.  documentaire.  —  A  tra- 
vers la  France  :  Cannes.  —  La  revanche  du 
destin,  comédie  dramatique.  —  La  chasse 
aux  mille  lions,  comique.  —  En  supplément 
facultatif:  Le  Roi  de  l'audace,  6e  épisode  : 
Ruse  de  femme. 

3e    ARRONDISSEMENT 

Palais  des  Fêtes,  8.  rue  aux  Ours.  — 
Salle  du  rez-de-chaussée 
t'albe-joiirnal.  —  L'oiseau  s'envole,  comé- 
die dramatique  avec  Dorothy  Philips.  — 
La  Nuit  du  /?.  drame  de  Henri  Fescourt. 
La  pocharde.  2*  chapitre  :  La  mère  aux 
sept  douleurs. 

Grande  salle  des  fêtes  du  ier  étage 
La  chasse  aux  mille  lions,  comique.  —  Le 
Gentilhomme  pauvre,  comédie  dramatique. 
Le  Renard  et  le  Corbeau,  dessins  animes. 

—  La  Proie,  drame.  —  Pathé-Journal.  — 
/.  Homme  aux  trois  Masques,  ty-  épisode  : 
La  lutte  à  mort. 


Pathé-Temple.  —  Pa/he-Jourual.  — 
Une  famille  de  toques,  comique  joué  par 
LUI...  -  -  L'Homme  aux  trois  masques. 
9e  épisode  :  La  lutte  à  mort.  -  La  Pocharde. 
3e'  chapitre  :  La  mère  aux  sept  douleurs. — 
Le  Gentilhomme  pauvre,  comédie  d'après  le 
roman  de  M.  Henri  Conscience. 

4*   ARRONDISSEMENT 


Saint-Paul. 


rue     Saint-Antoine. 


—  /mages de  Printemps,  plein  air. —  Saint- 
Paul-Jourual.  —  Potiron  homme  invisible. 
dessins  animés.  —  L'Homme  aux  trois  mas- 
ques, g"  épisode  :  La  lutte  à  mort.  -  La 
rose  de  Grenade,  comédie  dramatique  avec 
Suzanne  Talba.  -  La  Pocharde.  Y  cha- 
pitre :  La  mère  aux  sept  douleurs.  —  Le 
(  gentilhomme  pauvre,  drame.  -  Une  famille 
de  toqués,  comique  joué  par  LUI... 

5e  ARRONDISSEMENT 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 
-  Rose  messagère,  scène  dramatique.  — 
Gaumont-aclualitcs.  —  Attraction  :  les 
Willaert-Glorian, duettistes  — La  Pocharde. 
drame  en  12  chapitres.  2<--  chapitre  :  L'En- 
fant du  crime. —  Les  Naufragés  du  sort.  dr. 

Mésange, 3,  rued'Arras. —  Pathé-Journal. 
Patbé-Rcvitc.  u"  24.  — L'homme  aux  trois 
masques,  8e  épisode  :  Le  mendiant  mysté- 
rieux. —  La  pocharde,  en  12  chapitres. 
2e  chapitre  :  l'enfant  du  crime. —  Le  roman 
delà  vallée  heureuse,  drame  interprété  par 
Lilian  Gish. 

6e  ARRONDISSEMENT 

Régina-Aubert-Palace.  155,  rue  de 
Rennes.  —  Aubert-Jourual,  les  actualités 
du  monde  entier.  —  Eddie  Polo  dans  Le 
roi  de  l'audace,  ciné-roman  en  10  épisodes 
publié  par  La  Presse.  5e  épisode  :  Le 
globe  magique.. —  Sur  la  route,  comédie 
dramatique.  —  Patbe-Rcvuc.  —  Le  roman 
de  la  Vallée  heureuse,  grand  drame  en 
cinq  parties. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Récamier,  3.  rue  Récamiei .  — 
La  Pocharde,  2«époque  :  L'Enfant  du  crime. 

Le  Roman  de  la  Vallée  heureuse,  comédie 
sentimentale.  —  Le  sens  de  la  Mort,  comé- 
die dramatique.  —  Pathé-Journal. 

Cinéma  Bosquet,  83.  avenue  Bosquet. 
Direction  G.  Moyse.  —  Fattv  pipelet. 
comique.  —  L'Homme  aux  trois  masques. 
7e  épisode  :  Le  mendiant  mystérieux.  — 
La  falaise,  œuvre  imaginée  et  mise  à 
l'écran  par  M.  Paul  Barlatier. 


THEATRE 

DU 

COLISÉE 

CINÉMA 

38,  Av.  des  Champs  Élysécs,  38 


Direction  : 

P.MALLEVILLE 


Téléphone  : 

ELYSÉE  29-46 


Programme  du  17  au  23  Juin 

La     Chasse    aux     Mille     Lions, 
comique. 

Le    Champion, 

avec  Charles  Ray. 

Gaumonl-  Actualités . 

La  Nuit  du  13,  drame  interprété 
par  Yvetîe  Andkevor. 


cinea 


Programmes   des    Cinémas   de    Paris 


Cinéma-Sèvres.  80  bis.  rue  de  Sevrés, 
(angle   du    boulevard    de    Montparnasse, 

boulevard  des  Invalides).  Fleurus  28-01).  — 
Les  bas  de  soie,  comédie  interprétée  par 
Constance  Talmadge. —  Le  Gai  dieu,  scène 
dramatique.  —  La  chasse  aux  mille  lions. 
comique. —  La  Chine  et  les  Chinois.  —  Le 
Renard  et  le  corbeau.    —  Pathé-Journal.  — 

—  Pathc-Rcvuc.  —  Attraction  sensation- 
nelle. 

8e   ARRONDISSEMENT 

Théâtre  du  Cotisée.  38.  avenue  des 
Champs-Elysées.  Direction  Malleville.  — 
F.lvsées  29-45. —  La  chasse  aux  mille  lions. 
comique.  —  Le  Champion,  avec  Charles 
Rav.  -  Gaumont-actualiiès.  -  -  La  nuit 
du  1  ï.  drame. 

9e  ARRONDISSEMENT 
Aubert-Palace.  28,   boulevard  des  Ita- 
liens.   —   A    travers    la    France  :    Cannes. 
plein  air.—  Nouveautés  journal.— L'homme 

aux  trois  masques,  9e  épisode  :  La  lutte  à 
mort.  —  La  Chasse  aux  mille  lions,  comiq. 

—  L'oiseau  s'envole,  drame  avec  Dorothv 
Phillips. 

Cinéma-Rochechouart.  66,  rue  de  Ro- 
chechouart.  Gutenberg  66-19.  Directeur  : 
M.  A.  Jallon. —  Eclair-  tournai.  —  Courses 
de  taureaux  à  Lunel  (Hérault).  —  L'homme 
aux  trois  masques.  i)e  épisode  :  La  lutte  à 
mort.  —  La  pluie  d'or,  comédie  sentimen- 
tale.— L'enlèvement  de  Miss  Maud, comédie 
d'aventures.  —  Intermède  :  Marcillac, 
chanteur  de  genre  dans  ses  créations. 

Delta-Palace-Cinéma.  17.  boulevard 
Rochechouart.  —  Delta-Journal.  —  La 
chasse  a  l'Hippopotame,  documentaire.  — 
Rihadouille  oncle  d'Amérique,  comique.  — 
La  fuite  de  Jackson  Bill,  drame  policier.  — 
Le  Tourbillon,  (/épisode  :  Dans  les  huniers. 

—  L'Indomptable,  drame.  —  Intermède  : 
Léonce,  chanteur  fantaisiste. 

10e    ARRONDISSEMENT 

Cinéma-Palace,  42,  boulevard  Bonne- 
Nouvelle. —  Le  Vengeur.  —  Pathé-Journal . 

—  Fally  et  son  chien.  —  10  minutes  au 
Music-Hall. —  L'Homme  aux  trois  masques, 
9e  épisode,  grand  ciné-roman. —  Les  chan- 
sons filmées  de  Lordier.  —  Attraction  : 
M.  Lvrval.  chanteur. 

Cinépax.  30,  boulevard  Bonne-Nou- 
velle. —  Patbé- Journal.  —  Tout  se  paie. 
d'après  l'œuvre  de  Paul  Bourget.  —  Une 
famille  de  toques,  fou-rire.  —  La  Pocbarde, 
y  chapitre.  —  Anatole  gagne  le  gros  lot, 
comique. 

Paris-Ciné,  il,  boulevard  de  Stras- 
bourg. —  Anatole  gagne  le  gros  lot.  comi- 
que. —  La  pocbarde,  y  chapitre.  —  Une 
famille  de  loques,  fou-rire.  —  Tout  se  paie. 
tiré  de  l'œuvre  de  Paul  Bourget.  —  Patbe- 
Journal. 


Crystal  Palace-Cinéma,   cj.    rue  de    la 

Fidélité,  96,  faubourg  Saint-Denis.  — 
Nord  O7-59.  —  La  parure,  comédie  drama- 
tique en  s  parties.  —  Le  Vengeur,  drame 
d'aventures  en  =;  parties.  —  Fabrication  du 
fromage  de gruvere,  documentaire. — Palace- 
Journal,  actualités  de  la  semaine.  —  Attrac- 
tion :  Gr, nival. 

Tivoli,  [9,  faubourg  du  Temple.  — 
Provins,  plein  air. —  Tivoli-Journal.  —  Poti- 
ron homme  iuuisible.  dessins  animés.  — 
L'homme  aux  trois  masques,  tf  épisode  : 
La  lutte  à  mort.  —  La  Represaille.  drame 
avec  Clara  Wieth. —  La  nuit  du  1  ?.  drame 
avec  Yvette  Andreyor.  —  La  chasse  aux 
lions,  comique. 

Folies-Dramatiques,  boulevard  Saint- 
Martin.  —  Le  Salut  de  Fattv.  comique.  — 
Miarka  la  plie  a  l'ourse,  drame  de  Jean 
Richepin.  —  L'Homme  aux  trois  masques. 
8e  épisode.  —  La  Pocbarde.  y  chapitre  : 
La  mère  aux  sept  douleurs.  —  Picadora, 
danseuse  à  transformations.  —  Le  ténor 
Barthel. 

11e    ARRONDISSEMENT 

Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la 
Roquette.  —  Aubert-Journal.  —  Eddie  Polo 
dans  Le  roi  de  l'audace,  ciné-roman  en 
10  épisodes  publié  par  La  Presse,  6e  épi- 
sode :  Ruse  de  femme.  —  Zigoto  garçon 
de  théâtre,  comique. —  La  Pocbarde,  drame 
en  12  épisodes,  y  épisode  :  la  mère  aux 
sept  douleurs.  —  L'Oiseau  s'envole,  comé- 
die dramatique.  —  Les  deux  bambocheurs. 
comique. 

12*  ARRONDISSEMENT 

Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Gaunionl- 
Actualités.  —  La  Pocbarde,  y  chapitre  : 
La  mère  aux  sept  douleurs.  —  Le  Gentil- 
homme pauvre,  comédie.  —  Attraction  : 
Cri-Cri. sketch. —  Lilv  ^/«.avecHuguette 
Duflos. 

i3c  ARRONDISSEMENT 

Qobelins,  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 

—  Pathé-Journal.  —  Patbé-revue  11"  24.  — 
L'homme  aux  trois  masques.  8e  épisode  :  Le 
mendiant  mystérieux.  —  La  Pocbarde. 
2e  chapitre  :  L'enfant  du  crime. —  Le  roman 
de  la  vallée  heureuse,  drame  avec  Lilian 
Gish. 

14e    ARRONDISSEMENT 

Gaîté.  rue  de  la  Gaité. —  Pathé-Journal. 

—  Pathe-Revue  110  24. —  L'Homme  aux  trois 
masques.  <cf  épisode  :  La  lutte  à  mort.  — 
La  Pocbarde.  en  12  chapitres.  2e  chapitre  : 
L'enfant  du  crime. —  Le  romande  la  vallée 
heureuse,  drame  avec  Lilian  Gish. 

Splendide-Cinéma,  3,  rue  Larochelle. 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  Au  pays  des 
glaces  fumantes,  plein  air.  —  Les  actualités 
de  Splendide-Cinéma,  —  Le  cercueil  flottant. 
aventures.  —  Fleur  des  neiges,  histoire  en 


Nous  demandons  à 

VOIR 

encore    une     fois 


Chariot      Soldat 

avec  CHARLIE  CHAPLIN 
SYDNEY  CHAPLIN 
et    EDNA     PURVIANCE 


Terrible  Adversaire 

avec    DOUGLAS   FAIRBANKS 
et     JEWEL     CARMEN 


Pour  sauVer  sa  Race 

avec     WILLIAM      HART 
Louise  GLAUM  et  Bessie  LOVE 


0     Le    "Penseur     0 

ANDRÉ      NOX 


avec 


L'Homme  aux  Yeux  Clairs 

avec     WILLIAM      HART 


Le   Lys   et    la   Rose 

avec     LILIAN     GISH 
et      FRANK       MILLS 


0      Le    Silence      0 

avec      EVE      FRANCIS 
:-:     et     S  I  G  N  O  R  E  T     :-: 


0    Œil  pour  Œil   0 

avec    SESSUE     HAYAKAWA 


0    Le    Faune    0 

:-:     avec     FEBO    MARI     :-: 


■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■a 


cinea 


Programmes    des   Cinémas    de    Paris 


images. —  Attraction  :  Les  Threm-Nats.— 
Quand  l'amour  commande,  comédie  drama- 
tique-en  4  parties. 

Orléans-Palace,  100  et  102.  boulevard 
Jourdan.  —  Les  actualités  Patbê.  —  Bobby 
manque  de  courage,  comédie.  —  Le  Tour- 
billon. 8e  épisode.  —  L'Aventure  de  Bijou. 
comédie.  —  Sur  scène  :  Maurice  Dharlay 
et  Cécile  Gilbert. 

15e  ARRONDISSEMENT 

Splendide-Cinéma-Palace,  60,  avenue 
de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-03.  M.  Messie, 
directeur. —  Patbé-Journal. —  Patbé-Revne. 

—  Les  Rivières  Grey  et  Green.  documen- 
taire.— L'homme  aux  trois  masques,  f  épi- 
sode :  La  Lutte  à  mort.  —  La  Rose  de  Gre- 
nade, drame  de  mœurs  espagnoles,  avec 
Suzanne  Talba. — LU  r  Vertu, avec  Huguette 
Duflos.  —  La  chasse  aux  mille  lions,  comi- 
que. —  Intermède  :  Mlle  Anna  Pascal,  la 
célèbre  virtuose  musicale.  Tous  les  jeudis 
2  h.  1/2:  Matinée  spéciale  pour  la  jeunesse. 

Grenelle,  122,  rue  du  Théâtre.  —  Patbé- 
Journal.  —  Pa/bc-Rcvitc  n"  24.  —  L'homme 
aux  trois  masques.  9e  épisode  :  La  Lutte  à 
mort. —  La  Pocharde,  en  12  chapitres. 
2° chapitre  :  L'enfant  du  crime. —  Le  roman 
de  la  vallée  heureuse,  drame  avec  Lilian 
Gish. 

Vaugirard-Cinéma,  rue  de  Vaugirard, 
273, —  Programme  du  17  au  19  juin.  — 
Patbé-Journal,  actualités.  —  Le  cœur  et  la 
petite  main,  comédie  gaie.  —  Mikasa  Cho- 
liichi,  jongleurs  japonais.  —  Le  fantaisiste 
Montcl's  dans  son  répertoire.  —  La  nuit 
du  /?.  comédie  dramatique.  —  Bécasson 
est  étourdi,  comédie  comique.  —  Pro- 
gramme du  20  au  23  juin.  —  Patbé-Journal, 
actualités. —  La  Corse,  superbe  voyage.— 
La  Pocharde,  2e  épisode  :  L'enfant  du  crime. 

—  L'affaire  Champignon,  pièce  en  1  acte 
de).  Moineaux.  —  Le  Roman  de  la  Vallée 
heureuse,  interprète  par  Lilian  Gish.  — 
Coquin  de  printemps,  comique. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  115,  rue  Le- 
courbe.  Saxe  56-45.  —  Lily  Vertu,  comé- 
die sentimentale  interprétée  par  Huguette 
Duflos,  de  la  Comédie-Française. —  Voleurs 
de  femmes,  10e  épisode:  Le  cercueil  d'acier. 

—  Gatiuiont-actiia/i/cs.  —  La  Revanche  du 
Destin,  comédie  gaie.  —  Attraction  :  M. 
Maurice  Dharlay  et  Mme  Cécile  Gilbert. 
dans  leurs  fantaisies  d'actualités. 

16e     ARRONDISSEMENT 

Maillot-Palace-Cinéma,  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi 17  au  lundi  20  juin.  —  Dans  les  pro- 
fondeurs de  la  mer,  documentaire.  —  La 
pocharde,  y  chapitre  :  La  mère  aux  sept 
douleurs. —  Le  renard  et  le  corbeau,  dessins 
animés.  —  Le  voleur  volé,  comique.  — 
Patbé-Journal,  actualités.  —  Lily  Vertu. 
comédie  dramatique.  —  Chariot  et  le  man- 


nequin, comique.  —  Programme  du  mardi 
21    au  jeudi  23  JUIN.  —  L'Homme  aux  trois 
masques,  (f  épisode  :  La   lutte   à   mort.  - 
Les  bas  de  soie,   comédie  dramatique.  - 
Le   sens  de    la    mort,    d'après   l'œuvre  de 
Paul  Bourget.   —  Eclair-  oiirnal. 

Théâtre  des  Etats-Unis.  56  bis,  avenue 

MalakofF. —  Les  deux  orphelines,  re  époque. 

—  La  Revanche  d'un  timide,  avec  Charles 
Ray.  — Joe  chc-c  les  Cow-boys,  scène  comi- 
que jouée  par  un  singe. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.—  Gaumont- 
actualitès.  —  Les  Châteaux  de  Blois.  docu- 
mentaire —  La  musique  adoucit  les  mœurs, 
dessins.  —  Rose  messagère,  drame.  — 
Darwin  arait  raison,  comiqne.  —  La  Fille 
du  Fauve,  drame. 

Mozart-Palace,  49.  51,  rue  d'Auteuil. 
[6e.  —  Programme  du  17  au  20  juin.  — 
L'homme  aux  trois  masques,  qe  épisode  :  La 
lutte  à  mort. —  Les  bas  de  soie,  comédie 
dramatique.  —  Le  sens  de  la  mort,  d'après 
l'œuvre  de  Paul  Bourget.  —  Eclair-Journal. 

—  Programme  du  21  au  23  juin.  —  Dans 
les  profondeurs  de  la  mer.  documentaire. — 
La  Pocharde,  y  épisode  :  La  mère  aux 
sept  douleurs.  —  Le  renard  et  le  corbeau. 
dessins  animes. —  Le  voleur  volé,  comique. 

—  Patbé-Journal. —  Lily  Vertu,  comédie 
dramatique.  —  Chariot  et  le  mannequin. 
comique. 

17e  ARRONDISSEMENT 

Ternes-Cinéma,  avenue  des  Ternes,  5. 

—  Un  hiver  chee  les  Indiens.  —  Le  Tourbil- 
lon, f  épisode  :  Dans  les  Huniers.  - 
Patbé-Journal.  actualités.  —  //  ne  faut 
jamais  dire  fou/aine,  comédie  gaie.  — 
Ames  d'Avare,  comédie  dramatique.  —  La 
chasse  aux  mille  lions,  scène  comique. 

Villiers-Cinéma,  21.  rue  Legendre.  — 
Direction  :  M.  Hermua.  —  Le  raton,  docu- 
mentaire. —  Le  Music-Hall.  fantaisie.  — 
Eclair-Journal,  actualités.  —  Bill  Bockev 
sculpteur,  scène  comique.  —  Le  Roi  de 
l'audace.  6e  épisode  :  Ruse  de  femme.  — 
Une  Salomé  moderne,  scène  dramatique.  — 
Intermède  :  Gauv. 

Cinéma  Legendre.    12S,  rue  Legendre. 

—  Directeur:  A.  Jallon.  —  Les  landes  du 
Ju/laud.  plein  air.  —  Dandv  tient  la  bonne 
place,  comique. —  L'homme  aux  trois  mas- 
ques. 9e  épisode  :  La  lutte  à  mort.  - 
Legendre  -  Actualités.  —  Le  traquenard. 
drame  en  4  parties.  —  Intermède  :  Les 
New  and  Margareth,  fantaisistes  musicaux. 

Royal -Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Promenade  dans  Rome,  plein  air.  —  Le 
gentilhomme  pauvre,  comédie  en  4  parties. 

—  L'Oiseau  s'envole,  grande  nouvelle  dra- 
matique en  5  parties.  —  Patbé-j  ournal.  — 
La  Pocharde.  y  chapitre  :  La  mère  aux 
sept  douleurs. 


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Nous  demandons  à 


VOIR 


encore   une    fois 


La  Voix  des  A  ne  être  s 

avec  HARRIET  BOSSE 


000 


0    Les  Proscrits    0 

avec  VICTOR  SJOSTROM  oo 


0     Madame  Qui    ? 

avec  BESS1E  BARRISCALE  o 


Richesse    maudite 

avec  CHARLES   RAY     ooo 


00    La  'Bombe    00 

avec  HARRIETT  BOSSE   00 


00    Un   Ours    0^ 

avec    M  O  D  O  T  000     000 


Le  Retour  aux  Champs 

de  J.  DE  BARONCELLI     000 


Carmen  du  Klondyke 


0     Intolérance     0 

avec  MAE  MARSH,  LILIAN 
GISH,  BESSIE  LOVE, 
SEENA  OWEN,  ROBERT 
HARRON         000     000     000 


■■■■■■■■■■■■•■■■■••■••■■•■■••aaaaaaat 


cinéa 


Programmes    des    Cinémas   de    Paris 


Le  Select.  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Voleurs  de  femmes,  10e  épisode  :  Lecerçueil 
d'acier.  —  L'épingle  rouge,  nouvelle  dra- 
matique. —  Gaumont- Actualités.  —  l.a 
chasse  ,///\  mille  lions,  film  comique.  — 
Cct'//r  de  mannequin,  comédie  dramatique. 

Lutetia-Wagram.  avenue  Wagram.  — 
Magasine  de  l'ébran,  documentaire.  —  Le 
Champion,  comédie  en  4  parties.  —  La 
proie,  grande  comédie  dramatique.  —  l.a 
ebasse  aux  mille  lions,  comique.  -  Gaumont- 
âctualitès.  —  Voleurs  de  femmes,  m-  épi- 
sode :   Le  cercueil  d'acier. 

(irand  Cinéma,  147.  avenue  de  Saint- 
Oueri  (près  la  porte  Saint-Ouen).  Direc- 
teurs-propriétaires :  M.  Moisset  et  Cie.  - 
/.,-  Talion,  grand  drame.  —  /..'  Tourbillon. 
8e  épisode  :  Le  cercueil  flottant.  —  Fatty 
aux  bains,  comique.  —  Pathè- Journal.  — 
Attraction  :  MIL-  Claudy-Fleury,  chanteuse 
réaliste.  —  Bonheur,  illusionniste  prestidi- 
gitateur. 

Batignolles-Cinéma,  59,  rue  de  la  Con- 
damine.  —  Programme  du  17  au  19  juin. 

—  Patbè-Journal.  —  La  Pacharde,  y  épi- 
sode: La  mère  aux  sept  douleurs. —  L'Af- 
faire Champignon. —  L'Homme  fort,  comé- 
die dramatique.  —  Coquin  de  printemps. 
comique.  —  Programme  du  20  au  23  juin. 

—  Patbè-Journal  -  Et...  débrouille-toi! 
comédie  gaie.  —  Attraction  :  Mikasa 
Chokiehi.  jongleurs  japonais  :  Le  fantaisiste 
Moutel's.  -  La  nui/  du  1  ?,  drame.  — 
Bècasson  est  étourdi,  comédie  comique. 

Cinéma  Demours.  7.  rue  Demours. 
Directeur:  M.  F.  Destannes. —  Wag.77-00. 
Deux  amis  de  la  nature,  documentaire.  — 
L'Homme  aux  trois  masqués,  9e  épisode.  - 
Le  renard  et  le  corbeau,  dessins  animes.  — 
Eclair-Journal,  actualités. —  La  unit  du  1  ? 
scénario  et  mise  en  scène  de  Henri  Fes- 
court. 

18     ARRONDISSEMENT 

Barbes-Palace,  34,  boulevard  Barbes, 
Direction  :  L.  damier.  —  Nord  3^-68.  — 
La    Proie,    comédie    dramatique.      -     La 

course  aux  mille  lions,  comédie  burlesque. 
-  Courses  de  taureaux  a  l.uuel. —  L'homme 
aux  trois  masques.  0''  épisode  :  La  lutte  a 
mort.  -  Attraction  :  Les  Red-Slars.  voltige 
au  trapèze. 

Gaumont  -Palace,    1.    rue  Caulaincourt. 

—  La  nuit  du  1  j,  drame.—  Le  Remplaçant. 
avec  Fred  Stone.  —  Coins  de  France,  film 
Gaumont  en  couleurs  naturelles. —  Actua- 
lités. —   Attractions. 

Petit  Cinéma.  124.  avenue  de  Saint- 
Ouen.  —  Métamorphoses,  comique. —  Le 
magot  de  Marmot,  comique.  —  Son  Fils. 
drame  en  4  parties  avec  Madeleine  Tra- 
verse. 


Palais-Rochechouart.  56,  boulevard  Ro- 
chechouart. —  Le  tombeau  des  cœurs,  comi- 
que. —  Fddie  Polo  dans  Le  roi  de  l'audace, 
ciné-roman  en  10  épisodes  publié  par  La 
Presse.  5e  épisode  :  Ruse  de  femme.  — 
L'Oiseau  s'envole,  comédie  dramatique.  - 
Auberl-jourual.  les  actualités  du  monde 
entier.  -  La  Pocbarde,  grande  série  fran- 
çaise en  épisodes,  d'après  le  célèbre  roman 
de  Jules  Mary.  3''  épisode  :  La  mère  aux 
sept  douleurs.  --  Les  deux  bambocheurs, 
comique. 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43. 

—  Maurice  Robert,  directeur.  —  Les 
Actualités  Mondiales.  —  Les  Enfants 
d'Edouard,  drame  historique.  —  Fridolin 
chef  de  rayon,  comique.  —  L'Homme  aux 
trois  masques,  cf  épisode  :   La  lutte  à  mort. 

—  Attraction  :  Les  Kins,  excentriques  vir- 
tuoses. —  Nord  49-24. 

Montcalm-Cinéma,  134,  rue  Ordener. — 
Actualités  Gaumont. —  Le  singe  d'Atbalie, 
comique. —  La  Pocbarde,  3e  époque  :  L'En- 
fant du  crime. —  Voleurs  de  femmes,  9e  épi- 
sode.—  Gigoletlc.  4e  époque:  Rédemption. 

—  Sur  scène  :  Douai,  du  Petit  Casino. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  no,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81. —  L'Appel  du  sang,  avec  Le 
Bargy. —  Coquin  de  printemps,  comique. — 
Blanc  cl  noir.  —  La  Pocbarde.  v  chapitre  : 
La  mère  aux  sept  douleurs. —  Attraction  : 
Lee  Sam.   danseur  et  chanteur  fantaisiste. 

-  Palhc-Journal.    actualités. 

19=     ARRONDISSEMENT 

Secrétan,  7.  Avenue  Secrétan.  Patbè- 
Journal. —  Une  Famille  de  toques,  comique 
joué  par  LUI.  —  L'Homme  aux  trois  mas- 
ques. 9e  épisode  :  La  lutte  à  mort.  —  La  Po- 
cbarde. y  chapitre  :  La  mère  aux  sept 
douleurs.  —  Le  Gentilhomme  pauvre,  comed. 

Alhambra-Cinéma.  22.  boulevard  de  la 
Villette. —  Directeur-propriétaire.  M.  Vic- 
tor Deunier.  —  Un  début  dans  le  monde. 
comique.   —    L'Homme  aux  trois  masques. 

—  Bigorna  et  le  modèle,  comique.  —  La 
Pocbarde.  2e  épisode  :  L'enfant  du   crime. 

—  Actualités- Pathé.  —  Gigoletlc.^  épisode. 

-  Les  chansons  filmées  de  G.  Lordier. 

20e    ARRONDISSEMENT 

Paradis-Aubert-Palace.  42,  rue  de  Bel- 
leville.  —  Charlie  Chaplin  dans  Chariot 
joue  Carmen,  fantaisie  comique  en  2  épi- 
sodes. 2e  épisode  :  Souvent  femme  varie. 

—  La  lutte  pour  la  vie,  comédie  dramati- 
que. —  Le  roi  de  l'audace,  ciné-roman  en 
10  épisodes.  de  épisode  :  Ruse  de   femme. 

—  L'Oiseau  s'envole,  comédie  dramatique. 

Féerique-Cinéma.  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  Patbè-Journal.— Au  Pays  des  loups. 


comédie  dramatique.  —  Attraction:  The 
Las-Bas  duo.  jongleurs  arabes.  —  Jack 
médecin  malgré  lui.  grande  scène  d'aven- 
tures.—  l-a  Pocbarde.  3-  épisode  :  La  mère 
aux  sept  douleurs. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont-actualitcs.  —  Li 
Gentilhomme  pauvre.  Comédie  en  4  parties. 
La  pocbarde,  y  chapitre  :  La  mère  aux 
sept  douleurs.  —  Attraction  :  les  Portelly, 
duettistes  Louis  XV. — Le  Vengeur,  comédie. 

BANLIEUE 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (Le- 
vallois).  Wagram  04-91.  —  La  pocbarde. 
grande  série  française  en  12  chapitres. 
icr  chapitre  :  Les  flammes  mortelles.  — 
La  parure,  de  Guy  de  Maupassant.  —  Le 
salut  de  Fait  y.  comique.  —  L'homme  aux 
trois  masques.  9-  épisode  :  La  lutte  à  mort. 
—  Attraction  :  Les  Tricos,  gymnastes  sur 
piédestal. 

Fontenay-Cinéma.  8,  rue  Boucicaut 
(Fontenay-aux-Roses).  —  Programme  du 
18  et  19  Juin.  —  La  Parfumerie,  documen- 
taire. —  Dans  le  Désert,  comédie  dramati- 
que. —  Les  Deux  Gamines,  10e  épisode.  — 
Pulcbérie  au  dancing,  comique. 

Montrouge.  —  Lusambo  (Congo Belge), 
plein  air.  —  Montrouge-actualitès,  faits 
divers  mondiaux.  —  L'homme  aux  trois 
masques.  0''  épisode  :  La  lutte  a  mort.  - 
La  represaille.  drame.  —  Potiron  homme 
invisible,  dessins  animés.  —  La  fiancée  du 
cow-boys,  comédie  dramatique.  Lily 

Vertu,  comédie  sentimentale. 

Clichy. —  Pathc-Journal.  —  Une  famille 
de  toques,  comique.  —  L'Homme  aux  trois 
masques.  9'  épisode  :  La  lutte  a  mort.  — 
La  Pocbarde.  3e  chapitre  :  La  mère  aux 
sept  douleurs. —  Le  gentilhomme  pauvre. 
comédie. 

Levallois.  —  Pathc-Journal.  —  Bcauci- 
trou  et  le  sous-marin,  comique.—  /..  Cachet 
de  Cire,  comédie  dramatique.  —  La 
Pocbarde.  Ier  chapitre  :  Les  Flammes  mor- 
telles.—  L'homme  aux  trois  masques.  8e  épi- 
sode :  Le  mendiant  mystérieux. —  Attrac- 
tion :  Reine  Chantcix.  diseuse  à  voix. 

Vanves.  -  Pathc-Journal.  —  Pathc- 
Revuc. —  L'homme  aux  trois  masques.  ()«  épi- 
sode :  La  lutte  à  mort.  —  La  pocbarde. 
2e  chapitre  :  L'enfant  du  crime.  —  Le 
roman  de  la  vallée  heureuse,  drame. 

Bagnolet.  —  Pathc-Journal.  —  Une 
famille  de  loques,  comique.  —  L  homme 
aux  trois  masques.  9e  épisode  :  La  lutte  a 
mort.  —  /.■(  pocbarde.  Y'  chapitre  :  La 
mère  aux  sept  douleurs.  /..•  gentilhomme 
pauvre,  comédie. 


cinea 


Les    Films   d'aujourd'hui 


Dans  la  nuit  du  13    (A     G.  G.) 

C'est  un  film  très  dramatique.  L'his- 
toire de  ce  collaborateur  d'un  grand 
savant  qui  par  ambition  tue  son  maî- 
tre, et  est  conduit  à  se  tuer  par  sug- 
gestion est  habilement  composée  bien 
mise  en  scène  et  bien  interprétée. 

Les  Italiens,  il  y  a  quelques  années 
se  spécialisèrent  dans  ce  genre  de 
drame.  Il  offre  de  grandes  facilités  à 
qui  veut  donner  des  impressions  de 
terreur  et  de  mystère.  Encore  faut-il 
savoir  les  employer.  M.  Henri  Fes- 
court  n'ignore  rien  des  ressources  du 
cinéma,  et  qualité  plus  rare,  manie  le 
sous-titre  avec  intelligence.  Il  parle 
au  public  en  phrases  brèves,  bien 
laites.  On  comprend  les  nuances  de 
sa  pensée. 

Ceci  dit,  je  ne  crois  pas  que  le  sujet 
du  scénario  s'élève  bien  au-dessus  de 
ceux  que  nous  voyons  chaque  jour,  ni 
que  l'exécution  témoigne  d'efforts 
très  nouveaux.  Mais  ce  n'était  point, 
certes  dans  les  intentions  du  metteur 
en  scène  qui  a  bien  fait  le  travail  qu'il 
avait  entrepris.  N'est-ce  pas  déjà  un 
grand  mérite  ? 

M.Toulout  a  droit  â  tous  les  éloges. 
Il  est  expressif  et  sobre.  MM.  Dubosc 
et  Vermoyal  sont  émouvants.  Peut- 
être  Mme  Andreyor  n'a-t-elle  pas 
donné  toute  sa  mesure,  parce  qu'on 
ne  le  lui  a  'pas  permis.  Il  y  a  plus  de 
métier  qued'humanité  dansles  scènes 
qu'elle  interprète. 

René  Bizet. 


Coquin    de     printemps     (Suns- 
hine.) 

Les  démêlés  conjugaux  de  M.  Coq 
et  de  Mme  Poule  sont  chose  extrême- 
ment joyeuse.  L'application  aux  hu- 
mains retombe  dans  la  banalité,  tou- 
tefois on  est  tout  surpris  de  voir  qu'à 
l'occasion  les  bathing  airls  vont  à 
à  1  eau.  Mais  il  est  curieux  de  consta- 
ter comme  l'exhibition,  très  chaste 
et  artistique  de  ces  jolis  corps  serrés 
dans  des  maillots,  prend  un  carac- 
tère obscène  aussitôt  que  des  om- 
brelles viennent  montrer  qu'il  y  a 
quelque  chose  à  cacher. 


Le  Métis. 

En  voyant  ce  film  j'avais  eus  l'im- 
pression qu'il  était  tiré  d'un   roman 


—  certains  détails, évidemment  trans- 
posés d'une  autre  version,  le  parti  du 
costume  1860  l'indiquaient  —  et  le  nom 
de  Bret  llart  m'était  immédiatement 
venu  à  l'esprit.  J'ai  vérifié  depuis  que 
le  Métis  était  en  effet  inspiré  d'une 
nouvelle  du  grand  conteur  Califor- 
nien, qui  vient  d'être  traduite  en  fran- 
çais sous  le  titre  de  Dans  les  bois  tic 
Cavquinez. 

Hélas  I  Le  cinéma  perd  à  la  compa- 
raison, alors  que  seuls  sont  coupa- 
bles les  adaptateurs  assez  audacieux 
pour  châtrer  et  mutiler  des  chefs- 
d'œuvre.  En  lui-même  le  film  est  bon, 


YVETTE  ANDREYOR 

dans   La  Nuit  du    i  ?.  le   film  d'Henri 

Fescourt    où   elle  a   pour   partenaires 

Jean  Toulout  et  Vermoyal. 


mais  comme  il  s'efface  devant  le  texte 
et  quel  parti  aurait-on  pu  tirer,  avec 
des  interprètes  comme  Douglas,  Je- 
wel  Carmen,  Aima  Rubens,  d'un  récit 
aussi  vigoureux,  de  tableaux  aussi 
puissants  î  Mais  l'adaptateur  a  cru 
faire  merveille  en  révélant  ce  drame, 
humain  et  éternel,  de  robes  à  falba- 
las, et  n'a  pas  vu  plus  loin... 

Il  faut  donc  choisir,  lire  la  nouvelle 
ou  voir  le  film  :  je  n'aurais  pas  men- 
tionné la  nouvelle  si  le  metteur  en 
scène  n'avait  pas  fait  tout  ce  qu'il  a 
pu  pour  m'en  signaler  l'existence  : 
ne  parlons  donc  que  de  ce  qui  se 
passe  sur  l'écran.    . 

Douglas  Fairbanks  apparaît  tout 
d'abord  en  splendide  statue  de  bronze 
nue  sur  un  rocher.  Jewel  Carmen 
n'imite  point  cet  exemple,  mais  reste, 
sous  les  robes  d'il  y  a  soixante  ans, 
l'exquise  mutine  et  gracieuse  créature 


qu'on  ne  voit  pas  assez  souvent  à 
l'écran.  Aima  Aubens  lui  donne  une 
bonne  réplique  ;  elle  est  belle  et  dra- 
matique ;  on  goûtera  l'expression 
puissante  et  contenue  du  geste  par 
lequel  elle  s'apprête  à  se  dévêtir  de- 
vant l'homme  dont  elle  n'a  pas  com- 
pris la  délicatesse. 

Douglas  Fairbanks  souffre  un  peu 
d'être  obligé  de  restreindre  ses  habi- 
tuelles acrobaties.  11  a  tort,  car  il  se 
montre  bon  acteur, capable  de  rendre 
des  sentiments  plus  variés  et  com- 
plexes qu'à  son  habitude. 

Quelques  jolies  paysages,  et  un  in- 
cendie de  forêt  un  peu  trop  visible- 
ment réalisé  à  l'aide  de  pièces  d'arti- 
fice... 


La  nuit  du  13. 

Film  caractéristique  des  tendances 
actuelles  du  cinéma  français,  y  com- 
pris l'imitation  regrettable  des  pro- 
cédés chers  à  l'écran  américain.  Une 
mère  va  voir  son  enfant  malade  à  la 
campagne  :  on  nous  montre  le  taxi,  le 
sifflet  de  la  locomotive,  le  piston,  le 
marchepied  du  wagon,  le  couloir,  le 
postillon  de  la  gare  d'arrivée,  etc. 
D'ailleurs  cet  enfant,  vivant  ou  mort 
ne  joue  aucun  rôle  dans  le  drame  : 
il  trouble  même  nos  notions  sur 
Yvonne  Mùller,  car  enfin  les  jeunes 
filles  qui  préparent  leur  licence  es 
science  ou  leur  doctorat  en  droit  ne 
se  font  pas  faire  d'enfant  avec  la  fa- 
cilité que  leur  prêtent  nos  auteurs  du 
cinéma.  (Voir  Maître  Evora). 

Il  est  un  peu  regrettable  que  ce 
film  rappelle  par  certains  côtés  (sans 
qu'il  y  ait  évidemment  aucune  imita- 
tation)  le  Sens  de  la  Mort,  qui  reste 
très  supérieur  comme  structure  et 
comme  interprétation.  Là  aussi  il  y 
a  un  vieux  savant,  et  son  collabora- 
teur un  jeune  amoureux,  une  jeune 
amoureuse  ;  Ce  milieu  où  évoluent 
les  personnages  est  le  même  ;  des 
problèmes  philosophiques  s'y  mêlent 
au  drame  des  passions.  De  la  liste  des 
acteurs  je  ne  tirerai  que  M.  Jean  Tou- 
lout, qui  a  su  être  bon  dans  un  rôle 
peu  fait  pour  lui.  Le  talent  et  les  créa- 
tions de  Mlle  Andreyor  lui  donnent  le 
droit  d'être  jugée  autrement  que  sur 
ce  film. 

Lionel  Landry. 


8 


cinea 


PORTRAIT     EXPRESS 


DAVID  WARK  GRIFFITH 


Fils  du  Brigadier  général  Jacob  W.  Griffith,  David 
naquit  en  1880  à  la  Grange  (Kentucky).  Ses  débuts 
dans  l'art  cinématographique  remontent  a  1901.  Il 
débute  en  qualité  d'acteur  dans  la  troupe  d'Ed.  Porter, 
qui  tournait  The 
Great  Train  Ro- 
blery. 

En  1908  il  est 
engagé  par  la 
Biograph  d'a- 
bord comme  ac- 
teur, ensuite, 
comme  «  scéna- 
rio-continu ity- 
writer  ». 

Enfin  sa  grande 
ambition  finit  par 
se  réaliser,  la  Bio- 
graph lui  ayant 
confié  la  mise  en 
scène  de  The  Ad- 
ventures  ofDolly 
et  With  the  Ene- 
nuj's  Help  avec 
Mary  Piekt'ord. 

Ensuite  il  fit  le 
premier  film  en 
5  parties  The 
Escape  puis  Ju- 
dith of  Bethulia, 
OU  and  Water, 
Home  sireet  ho- 
me, ces  deux  der- 
niers avec  Lillian 
Gish,  The  Aven- 
ging  Conscience. 
Et  il  s'attaque  a 
la  réalisation  des 
fameux  Birth  of 
a  Nation,  Intolé- 
rance avec  L. 
Gish,  Marsh, 
R.  [larron,  S. 
Owen.M.Cooper. 
et  des  milliers  de 

figurants.  Ensuite  c'est  Hearts  of  the  World  tourné 
en  partie  sur  le  iront  français  avec  Lillian  et  Dorothy 
Gish,  et  Robert   Harron. 

Fin  1017,  il  signe  un  contrat  avec  la  Paramound-Art- 
craf't  «'engageant  à  produire  •">  films,  c'est:  The  Great 
Love  avec    !..  Gish,  R.    Harron,   The   Greatest    Tliingin 


Life  avec  L.  Gish.  R.  Harron,  Ed.  Lincoln,  I).  Butler, 
A  Romance  of  Happij  Valley,  avec  L.  Gish  et  R.  Har- 
ron, The  Girl  who  Stayed  at  Home  avec  Clarine  Sey- 
mour  et  R.  Harron  et  enfin  True  Heart  Suzie  (Le  Pauvre 

Amour)  avec 
L.  Gish,  R.  Har- 
ron, C.  Seymour. 
Dans  les  ple- 
in i  e  r  s  mois  de 
1919  il  produit 
BroLen  Blos- 
souis(Le  Lys  bri- 
sé,) avec  L.  Gish, 
R.  Barthelmess, 
Donald  C  r  i  s  p , 
qu'il  exploite 
pour  le  compte 
des  «  Big  4  ». 

De  juin  a  dé- 
cembre 1919  il 
produit  pour  le 
F.  N.  C.  :  The 
Gréa  test  Ques- 
tion avec  L.  Gish 
et  R.  Harron,  The 
Idol  Dancer  avec 
Richard  Barthel- 
mess, Clarine 
Se\  mour,  Creigh- 
ton  Haie,  Scar- 
let  Days  avec 
R.  Barthelmess. 

En  1920  il  tour- 
n  e  à  n  o  u  v  e  a  u 
pour  les  «  Big  4  » 
1  The  Love  Fla- 
irer avec  Carol 
Dempster  et 
R.  Barthelmess. 
2°  Way  Doivn 
East  avec  L. Gish, 
Mary  Hay.R. Bar- 
thelmess, Creigh- 
ton  Haie  et  Burr 
M  a  c  I  n  t  o  s  h  , 
3"  Hank  Bottlcs  avec  Carol  Dempster,  ïora  Douglas. 
Ralph  Graves.  4°  Dream  Street. 

A  l'heure  actuelle  la  réalisation  de  Faust  d'après 
Goethe  et  Marlowe  serait  commencée.  Lillian  Gish 
devait  interpréter  le  rôle  de  Marguerite. 


cinea 


CAROI.  DEMPSTER 


Voici  un  des  plus  harmonieux  «  instruments  >}  de 
D.-W.  Gritïith.  qui  obtint  de  Mae  Marsh  et  de  Lilian 
(iish  des  «  accents  »  étonnants.  Carol  Dempter  a  ete 
révélée  par  deux  récents  films  de  l'auteur  d'Intolc- 
rance  :  The  love  flower  et  Hauk  bottles. 


0 


cinea 


PORTRAIT     EXPRESS 

!    LILLIAN  GISH 


Lillian  Gish  naquit  a  Springfield 
(Ohio)  le  14  octobre  189(5. 

A  (5  ans  elle  débute  sur  les  planches 
dans  un  mélodrame  de  Blaney  et 
Woods.  Elle  paraît  dans  cette  troupe 
jusqu'à  l'âge  de  13  ans.  A  ce  moment 
elle  abandonne  la  rampe  pendant 
quelques  temps  pour  parfaire  ses 
études  fort  négligés  jusque  là.  En 
1912  lors  d'une  visite  au  studio  Bio- 
graph.  D.  W.  Griffith  la  remarque  et 
l'engage  sur  le  champs. 

Elle  tourne  donc  pour  la  Biograph 
et  sous  sa  direction  de  1912  à  1915  : 

OU  and  Water;  Home  siveet  Home; 
The  Birth  of  a  Nation  (La  Naissance 
d'une  Nation). 

Puis,  elle  suit  Griffith  à  la  Triangle 
ou  elle  tourne  de  1915  à  1917  : 

Le  Lys  et  la  Rose;  La  chimère  de 
Suzan;  Les  Corsaires;  Diane  l'Etoile 
des  folies;  Les  Parents  fautent,  les 
enfants  paient;  Intolérance.  Cœurs 
du  Monde  (Hearts  of  the  World  avec 


^AnruiJ 


LILLIAN  GISH 
dans   Le  Pauvre  Amour 


sa  sœur  Dorothy  et  Robert  Harron). 

En  1917  Griffith  quitte  la  Triangle 
pour  la  Paramount  et  naturellement 
emmène  Lillian.  Ils  tournent  pour 
cette  compagnie  : 

The  Great  Love;  The  Greatest 
Thing  in  Life;  A  Romance  of  happij 
valley  (Le  Roman  de  la  Vallée  Heu- 
reuse); True  Heart  Snzy  (Le  Pauvre 
Amour)  avec  R.  Harron  et  Clarine 
Sevmour. 

En  1919  pour  l'United  Artists  que 
Griffith  vient  de  fonder  : 

Brohen  Blossoms  (Le  Lys  Brisé) 
avec  D.  Crisp  et  R.  Barthelmess.  The 
Greatest  Question. 

Enfin  le  fameux  Way  Doivn  Easl 
dont  la  réalisation  a  demandé  8  mois 
de  travail  acharné. 

Elle  a  encore  tourné  2  films  pour  la 
Frohman  Art  Corp, mais  vientde  reve- 
nir à  Griffith  pour  lequel  elle  inter 
prête  le  rôle  de  Marguerite  dans  sa 
version  cinégraphique  de  Faust. 

Terminons  en  vous  dévoilant  la 
couleur  de  ses  yeux  et  de  ses  cheveux 
qui  sont  respectivement  bleus  et 
blonds  et  qu'elle  pratique  tous  les 
sports. 


DONALD  CRISP 
dans    Le    I,  y's    bri 


LILLIAN  GISH 
dans  Le  Roiihin  de  lu  l'ulle,-  beureust 


RICHARD  BARTHFJ.MF.SS 
dans  Le  Lys  brisé 


cinea 


CHEZ 


».       W.      GRI FFITH 

Par      GERMAINE      VULAC 


Au  moment  où  le  succès  du  Lys 
brisé  du  Pauvre  amour  et  rfu  Roman 
de  la  Vallée  Heureuse  montre  la 
maîtrise  d'exécution  du  cinéma  amé- 
ricain,on  lira  avec  intérêt  cespages 
écrites  par  Mme  Germaine  Dulac, 
le  metteur  en  scène  de  La  Cigarette, 
Malencontre,  etc.,  revenue  récem- 
ment de  New-York  où  elle  visita  le 
studio  de  D.  W.  Grif/ith,  créateur 
d'Intolérance  et  du  Lys  brisé.    L.  D. 

A  New- York,  au  cœur  même  de  la 
ville,  à  quelques  mètres  de  Broad- 
way, dans  le  centre  actif  des  grandes 
aflaires,  à  New-Jersay,de  l'autre  côté 
de  l'Hudson,  à  Long-Island,  par  delà 
la  rivière  de  l'Est  où  s'alignent  les 
usines,  dans  les  coins  les  plus  vivants, 
les  plus  remuants  de  la  cité  géante, 
sont  les  studios  où  s'élabore  et  se 
réalise  la  pensée  cinégraphique  amé- 
ricaine. De  vrais  usines  aussi  ces  stu- 
dios, avec  leur  règlement  de  travail, 
leurs  procédés  de  fabrication,  leur 
outillage  parfait  de  production  in- 
tense, leur  grouillement  de  travail- 
leurs bien  répartis.  Une  impression 
d'impersonnalité  pour  l'individu  et 
de  réussite  pour  l'œuvre.  Un  machi- 
nisme de  la  pensée  merveilleux  et 
moderne. 

Les  images  mouvantes,  afin  d'at- 
teindre leur  grande  perfection.deman- 
dent-elles  donc  le  concours  de  plu- 
sieurs cerveaux  réunis  et  divisés  en 
rouages  selon  une  discipline  indus- 
trielle, et  ne  peuvent-elles  servir, 
comme  la  sculpture,  la  peinture,  la 
littérature  et  la  musique,  la  pensée 
d'un  unique  artiste  ? 

Si  New-York  s'allonge,  s'étend  à 
l'infini,  il  est  un  point  où  les  rues  et 
les  usines  s'égrènent,  où  les  maisons 
s'espacent  au  lieu  de  se  serrer  les 
unes  contre  les  autres,  où  les  rumeurs 
8  apaisent,  et  où  les  grandes  routes 
blanches  bordées  d'arbres  conduisent 
vers  d'autres  lieux...  Un  mille,  deux 
milles,  trois  milles,  New-York  dispa- 
raît. C'est  la  nature  calme,  médita- 
tive, avec  de  petits  cottages  dispersés 
qui  invitent  au  repos.  Pourtant,  il 
existe  un  studio  si  l'on  suit  l'une  de 
ces  grandes  routes  blanches...  Dix 
milles,  vingt  milles,  trente  milles 
sont  franchis, longs  espaces  dénudés, 
parcs  ombreux... 

-  «  Le  studio  de  M.  Griffith,  s'il  vous 
plait.  » 

11  faut  quitter  la  route,  prendre  un 


chemin  qui  s'enfonce  dans  la  solitude, 
plus  loin  encore  des  passants.  De 
l'eau...  L'Hudson  semble  un  lac  im- 
mense. On  ne  voit  plus  l'autre  rive. 
Une  petite  presqu'île.  Le  fleuve  élargi 
en  baie  entoure  la  terre.  Une  grille. 
«  Propriété  privée.  »  —  Une  maison 
de  campagne  près  de  laquelle  un  han- 
gar s'élève  entouré  de  servitudes.  Au 
bas  du  jardin,  une  jetée. 

—  Le  studio  de  M.  Griffith  ? 

—  C'est  ici. 

En  vain  vous  chercheriez  la  grande 
usine  industrielle.  Vous  êtes  dans  la 
maison  d'un  artiste  qui ,  dans  le  calme, 
échafaude  son  œuvre.  —  On  entre  — 


CONSTANCE  TALMADGE 

dans  le  rôle  de  la  Fille  de 
la   Montagne  d'Intolérance 

(Episode  de  Bahvlone) 


le  silence.  —  Pourtant  des  gens  sont 
là.  —  Ils  parlent  à  voix  basse  dans  le 
recueillement  de  la  pensée.  —  Les  pla- 
fonds sont  hauts.  Une  grande  chemi- 
née de  bois  évoque  les  heures  où  l'on 
se  chauffe  après  la  chasse,  après  la 
pêche.  Et  l'on  est  pris  par  une  émo- 
tion semblable  à  celle  qui  devait  au- 
trefois étreindre  les  fidèles  admis  à 
pénétrer  dans  le  home  du  grand 
homme  de  Bayreuth.  Le  génie  de 
Griffith  ne  rayonne-t-il  pas  sur  le  ci- 
nématographe moderne,  comme  celui 
de  Wagner,  il  y  a  peu  de  temps  en- 
core, sur  la  musique  ? 

—  M.  Griffith,  s'il  vous  plait  ? 

—  M.  Griffith  a  dû  partir  pour  Phi- 
ladelphie î 

Le  maître  de  la  maison  est  absent, 
mais  sa  présence  occulte  règne  dans 
cette  demeure  qu'il  vient  de  quitter. 

—  Voulez-vous  voir  le  studio  ? 

Un  petit  couloir  sombre.  Etle  grand 


atelier. —  Aucun  bruit. —  L'opérateur 
est  auprès  de  son  appareil.  Dans  un 
décor,  solide  comme  les  murs  d'une 
salle  habitable,  qu'éclairent  des 
lampes  à  arc  réparties  suivant  une 
méthode  personnelle,  évolue  une 
toute  jeune  femme.  —  Une  ardeur 
surhumaine  fait  briller  ses  yeux.  — 
On  dirait  qu'elle  répète  sous  le  regard 
du  maître...  Le  maître,  pourtant,  est 
loin.  — «  Miss  Carol  Dempster,  ex- 
plique-t-on.  C'est  pour  une  étude  de 
maquillage  et  de  costume.  »  La  re- 
cherche personnelle  et  constante.  On 
s'attendait  à  l'atmosphère  d'un  stu- 
dio, on  trouve  celle  d'un  atelier  d'ar- 
tiste. 

Ici  une  maquette  :  le  village  en  mi- 
niature de  ll'ai/  Doivn  East...  Mais 
avec  quel  art  une  branche  d'arbre  en 
relève  le  factice,  avec  quelle  étude  les 
appareils  électriques  sont  distribués 
pour  atténuer  ou  rehausser  le  relief 
de  carton.  Ce  n'est  pas  là  un  décor  en 
réduction,  c'est  un  effet  travaillé, 
mûri,  dont  on  reçoit  une  impression. 

Miss  Dempster  a  fini.  Un  jeune 
homme,  un  tout  jeune  homme  aux 
grand  yeux  noirs  a  pris  sa  place.  Sa 
bouche,  son  corps  essaient  d'interpré- 
ter par  des  traits  aigus  un  caractère. 
Richard  Barthelmess.en  même  temps 
que  le  maquillage,  étudie  une  expres- 
sion. Richard  Barthelmess...  le  Chi- 
nois du  Lys  brisé,  quelle  foi  est  en 
lui  I  II  ne  parle  pas,  mais  dans  ses 
yeux  qui  vous  fixent  passe  la  flamme 
d'une  activité  morale  intense.  Il  a  tou- 
jours l'air  de  réfléchir. 

Un  regard  alentour.  Comme  les 
masses  de  lumière  sont  ici  tamisées, 
choisies . 

Voici  Ralph  Graves  qui  se  met  à 
parler  de  Griffith  avec  admiration.  — 
Qui  donc  disait  que  Griffith  était  ab- 
sent. Griffith  est  présent.  Ses  artistes 
sont  animés  de  sa  pensée  même.  Ils 
en  sont  le  prolongement  vivant. 

11  est  tard.  Les  lampes  du  studio 
s'éteignent.  On  revient  dans  le  hall  à 
la  grande  cheminée. 

«  —  Voulez-vous  voir  la  salle  où 
M.  Griffith  réunit  ses  artistes  ?  » 

Une  grande  pièce  carrée  aux  larges 
fenêtres.  Au  fond  une  table  de  bois, 
deux  sièges.  En  face  une  rangée  de 
chaises.  C'est  le  temple  du  travail 
médité  où  Griffith,  plusieurs  semaines 
avant  de  descendre  au  studio  pour 
réaliser  son  film,  inculque  sa  volonté 


12 


à  ceux  qui  en  .seront  les  interprètes. 
Volonté  faite  de  l'orée  et  de  persua- 
sion, qui  prend  l'âme  de  l'acteur,  la 
pétrit,  la  l'orme  avant  de  la  jeter  vi- 
brante dans  l'œuvre.  Ah  î  dans  cette 
salle  carrée,  que  nous  sommes  loin  de 
l'usine  I  Le  cinéma  serait  donc  comme 
les  autres  arts,  l'expression  d'un  ar- 
tiste î 

Une  volonté,  une  réflexion,  l'œuvre 
à  l'aire,  non  pas,' le  film  à  sortir  coûte 
que  coûte...  L'œuvre  qui  doit  mûrir... 
La  préparation  à  longue  échéance 
non  pas  la  réalisation  hâtive. 

Griffith  n'était  pas  là...  On  croyait 
l'avoir  rencontré.  Quand  on  le  voit  on 
le  connaît  déjà. 

Une  poignée  demain  cordiale.  Des 
yeux  qui  semblent  par  habitude,  en 
vous  saluant,  chercher  ce  que  vous 
avez  en  vous  de  capacités  ignorées 
et  mystérieuses.  Un  grand  homme, 
très  grand,  très  mince,  aux  traits  vio- 
lemment accusés.  Il  va  justement  re- 
trouver ses  artistes  dans  la  grande 
salle  carrée.  Carol  Dempster,  vive  et 
nerveuse,  Richard  Barthelmess  tou- 
jours renfermé  dans  son  silence  ar- 
dent, Ralph  Graves,  fort  sportif  et 
sain,  s'apprêtent  déjà  vibrants  à  re- 
cevoir la  parole  qui  va  galvaniser  ce 
qu'ils  portent  en  eux  d'énergie  sen- 
sible, pourles  conduire  palpitants  au- 
delà  même  de  leur  force    expressive. 

Et  commence   l'échange  des  mots. 

Il  y  a  douze  ans  que  Griffith  débuta 
dans  le  cinéma.  11  était  auteur  dra- 
matique. Un  des  premiers  il  comprit 
que  l'art  muet  pouvait  matérialiser 
certaines  formes  de  sensations  dé- 
crites mais  non  senties  de  la  pensée, 
inaccessibles  au  théâtre,  au  roman, 
à  la  peinture,  et  il  s'y  consacra. 

Dégager  le  cinéma  des  autres 
formes  de  l'art,  lui  révéler  sa  propre 
voie,  sa  propre  grandeur,  sa  propre 
personnalité,  tels  furent  l'effort  et  la 
réalisation  de  Griffith  qui  fut  toujours 
un  novateur  et  non  un  disciple.  A  lui 
nous  devons  la  découverte  des  pre- 
miers plans  qui  isolent  1  expression. 
de  ce  jeu  intérieur  qui  visualise  par 
l'attitude,  par  l'opposition,  letréfond 
de  l'âme,  si  différent  du  jeu  drama- 
tique ;  cette  étude  des  images  floues 
qui  fondent, estompehteertainstraits; 
ces  projections  irisées  ou  dégradées 
en  une  même  teinte  qui  encadrent 
l'écran  ;  les  tentatives  de  taches  colo- 
rées sur  le  noir  de  la  photographie. 
Griffith  est  celui  qui  crée  et  que  l'on 
suit.  Le  cinéma  lui  doit  toute  la  force 
de  la  technique  actuelle. 

«  —  Estimez-vous  que  le   directeur 


de   films  doit    être    le   seul    auteur  de 

l'œuvre  ?  » 

Griffith  sourit  :  «  —  J'achète  une 
idée,  mais  je  la  transforme,  je  la  dé- 
coupe moi-même.  » 

Et  Griffith  n'ajoute  pas  que  d'une 
pâle  nouvelle, que  d'une  pièce  stricte 
dans  ses  mots  et  son  armature  dra- 
matique, il  amplifie  l'idée,  pour  la  re- 
créer en  une  vie  nouvelle  riche  de 
réalisme  de  prolongements  et  de  sym- 
boles.Oui  toute  œuvre qnivâudra  au 


fa 


v^ir? 


ALFRED  PAGET  (Balthazar) 

et   SEENA   OWEN   (La  Princesse) 

dans  Intolérance. 


cinéma  par  la  sensibilité  et  la  force 
doitémaner  d'une  seule  volonté. L'évi- 
dence en  est  claire.  A  un  peintre  on 
n'imposera  pas  un  sujet  dont  un  arti- 
san esquissera  préalablement  les 
traits,  pour  ne  lui  laisser  que  la  co- 
loration des  formes  dessinées.  Son 
tableau  entier  doit  résulter  d'un  choc 
de  sa  sensibilité.  En  industrie  un 
procédé  de  division  est  applicable 
même  nécessaire,  mais  non  en  art  ! 
Il  était  naturel  que  Griffith  qui  est  un 
grand  artiste,  doué  d'une  émotivité 
profonde,  s'évada  des  coutumes  gé- 
nérales et  prouva  que  la  grande  œu- 
vre cinématographique  est  indivi- 
duelle comme  toutes  le»  œuvres  belles. 
Et  Griffith  parle  de  ses  films.  Né  en 


cinea 

1880  à  La  Grange  (Lentucky),  il  dé- 
buta en  lî)08  par  Les  Aventures  de 
Dolly.  En  douze  ans  il  fit  plus  de  quatre 
cents  films  («Les  uns  mauvais  »  ajout  e- 
t-il  avec  bonhomie)  et  dont  les  plus 
beaux  furent  La  Naissance  d'une  Xa- 
tion.  Intolérance.  Le  Lys  brisé  et 
Way  doivn  east. 

Une  même  idée  philosophique  sem- 
ble le  dominer:  celle  du  progrès  de 
l'évolution  humaine,  toujours  retar- 
dée par  les  forces  brutales  de  la  réac- 
tion. C'est  le  thème  d'Intolérance  et 
sur  une  variante  celui  du  Li/s  brisé. 
Le  Chinois  et  la  pauvre  petite  girl 
des  bas-fonds  de  Londres  sont  frères, 
bien  que  de  races  différentes,  par 
l'égalité  de  leur  évolution  spirituelle. 
Mais  toutes  les  puissances  de  l'obscu- 
rantisme fort  de  leurs  droits  de  tradi- 
tion représentés  par  le  Boxeur  se 
dressent  contre  leur  union  pour 
l'anéantir,  comme  Cyrus  le  Barbare 
détruit  Babylone  la  Civilisée,  dans 
Intolérance. 

...  Et  Griffith  parle  de  la  musique, 
de  la  musique  qui  guide  la  mesure  des 
images  à  l'écran.  Il  sait  toujours  en 
mettant  en  scène  le  chant  des  instru- 
ments qui  correspondra  à  l'action  qu'il 
règle.  Aussi  n'est-on  pas  étonné, 
quelques  instants  plus  tard,  quand 
on  visite  les  grandes  salles  de  projec- 
tion de  travail,  de  trouver  la  place  de 
l'orchestre,  et  devoir  un  piano  et  des 
pupitres  de  musiciens.  Musique  de 
l'esprit,  musique  de  l'œil  ;  le  cinéma 
doit  être  un  rythme,  sans  dissonance. 
Aussi  Griffith  veut-il  imposer  aux  ci- 
némas du  monde  entier  qui  prendront 
ses  films  les  compositions  harmo- 
niques qui  doivent  les  accompagner. 

Miss  Carol  Dempster,  Richard  Bar- 
thelmess, Ralph  Graves  s'impatien- 
tent dans  la  grande  salle  carrée .  C'est 
l'heure  du  travail.  Et  Griffith  va  vers 
eux. 

Tandis  que,  dans  la  brume,  s'estom- 
pent la  grande  maison  de  campagne 
solitaire,  le  hangar  élevé,  les  labora- 
toires perfectionnés,  alignés  le  long 
de  la  baie  et  prêts  à  lancer  les  pro- 
ductions du  Maître  aux  quatre  coins 
du  monde,  les  arbres  qui  cachent  les 
constructions  en  plein  air  faites  pour 
Way  doivn  East,  les  immenses  usines 
ou  se  fabrique  le  «  film  »  paraissent 
une  hérésie,  une  offense  au  septième 
art  que  l'industrie  tuerait,  si  des 
hommes,  de  grands  artistes  comme 
Griffith  n'apportaient  pour  le  défendre 
l'air  pur  du  travail  solitaire,  la  gran- 
deur et  le  culte  de  la  pensée. 

Germaine  Dulac. 


13 


LILLIAN  GISH  et  ROBERT  HARRON 

dans   Le  Pauvre  Amour 


14 


cinéa 


0    a 


NOTES 


a    a 


Mathot.  —  Quand  on  ne  voyait  en 
lui  qu'un  bon  Belge  bien  nourri 
—  mais  il  jouait  les  jeunes  premiers 
«  mondains  »  —  la  France  l'adorait. 
Et  en  somme  ce  n'était  pas  réelle- 
ment Monte-Cristo,  mais  il  avait 
l'air  d'un  très  convenable  Monte- 
Cristo.  Peut-être  reçoit-il  moins  de 
lettres  d'admiratrices 
maintenant  (et  encore  je 
n'en  sais  rien),  seule- 
ment il  est  cent  fois 
mieux,  et  même,  dans 
un  joli  drame  à  paysa- 
ges qui  s'appelait  Papil- 
lons, il  était  tout  à  fait 
émouvant,  l'Ami  Fritz 
est  plus  facile.  Blan- 
chette  est  difficile.  La 
silhouette  du  paysan  de 
Blanchette  existe.  Donc 
Mathot,  interprète  de 
cinéma,  existe. 


Huguette  Duflos.  —  Jolie. 


France  Dhélia.  —  Un  peu 
midinette  en  Sultane  de 
l'Amour.  Mais  dés  qu'il 
faut  sortir  ses  griffes 
pour  défendre  sa  bouche 
ou  son  cœur,  c'est  bouil- 
lant comme  chatte  en 
colère.  Et  s'il  faut  ai- 
mer,chair  et  appel  total 
bien  entendu,  voyez  son 
élan..  Préservez-nous, 
préservez-la  des  petites 
jeunes  filles  en  sucre, 
de  Meilhac  et  des  films 
à  costumes  du  Chàtelet. 


Débain.  —  S'il  arrive  dans  une  pen- 
sion de  famille,  en  Suisse,  par  exem- 
ple, on  dit  (je  crois)  :  «  C'est  un 
Anglais  en  vacances.  »  S'il  arrive 
dans  un  film,  on  s'écrie  :  «  Enfin!  un 
Français  qui  est  drôle.  »  Et  s'il 
n'avait  pas  réussi,  on  le  traiterait 
de  fumiste.  Il  travaille. 


Fvremond.  —  Tout  à  fait  exception- 
nelle, cette  vérité  d'homme  qui  se 


révéla  en  l'honneur  de  l'Homme 
qui  vendit  son  âme  au  Diable.  Fin, 
moqueur,  pas  trop,  distingué,  pas 
insolent,  pas  familier,  juste,  vivant, 
attachant,  sincère,  quoi  encore? 
Tout  ce  qu'il  fallait  pour  que  per- 
sonne ne  le  fasse  tourner.  On  n'y  a 
pas  manqué. 


M.  SHVERIN-MARS  dans«L<î  Roue» 
le  prochain  film  d'Abel  Gance. 

Séverin-Mars.  —  Mais  c'est  un  mon- 
tagnard T  Pourquoi  ?  Je  n'en  sais 
rien.  L'acteur  de  l'Oiseau  bleu  et 
de  Terres  chaudes  et  de  la  Marque 
de  la  Bête  —  qui  heurtait  son  mus- 
culeux  énervement  aux  gênes  du 
théâtre  presque  d'art  —  s'installe 
dans  le  blanc  et  noir  comme  un 
laboureur  né  dans  la  terre.  Les 
beaux  sillons  T  Cela  est  âpre  et  doux. 
C'est  du  soleil  sur  le  sol  retourné. 
La  Dixième  Symphonie  T  J'accuse! 


Ah!  si  on  avait  su  ce  que  J'accuse 
accusait!  Séverin-Mars  a  bondi 
dans  les  tranchées  de  J'accuse,  et 
le  voilà  dans  la  Roue,  l'Agonie  des 
Aigles,  et  cela  va,  va  toujours.  Le 
laboureur  conquiert  des  domaines. 
Son  terrain  est  un  territoire  Terre 
de  France,  cet  homme  naturel  et 
fort  est  toujours,  dans 
des  films  assez  euro- 
péens, un  front  assez 
français. 

• 

Ma  g  Murray.  —  Est-ce 
elle  qui  est  paresseuse 
ou  ses  éditeurs  qui  sont 
bêtes?  Le  fait  est  qu'on 
ne  la  voit  plus.  Tant  pis 
pour  nous.  Cette  vie  di- 
recte, cette  sobre  vio- 
lence et  ce  don  de  l'em- 
portement et  de  la  il 
maîtrise  nous  enchan- 
tèrent même  dans  ce 
drame  â  l'encre  de 
Chine,  où  on  la  faisait 
violer  par  un  Chinois 
et  où  elle  jouait  à  cache- 
cache  avec  un  boa  cons- 
trictor  neurasthénique. 


Yvette  Andreyor.  —  Elle 
semble  brûlée  par  un 
tourment  qu'elle  ne  con- 
fessera jamais.  Peut- 
être  le  spectre  de  Judex 
se  traîne-t-il  sur  ses 
talons  avec  un  bruit  de 
chaînes.  J'aime  bien  son 
air  de  fleur  brisée  qu'un 
coup  de  fouet  —  je  veux 
dire  un  coup  de  nerfs  — 
suffit    à    galvaniser,    à 

déchaîner,  à  multiplier  toute.  Nous 

l'entendons  crier. 


Tsin-Hou.  —  Que  je  vous  dise  ?  On 
nous  annonça  qu'il  était  sublime 
On  devait  dire  —  comme  on  avait 
dit  :  «  Le  Japonais  de  Forfaiture  » 
—  on  devait  dire  :  «  Le  Chinois  de 
Li-IIang  le  Cruel».  Très  juste  pré- 
vision !  Et  l'on  n'a  pas  autre  chose 

à  dire . . . 

Louis  Deli.uc. 


15 


IN    DE    Ml  SlllIIIU  . 


MUSIDORA 

De  Jndcx  à  La  Vagabonde  et  Pour  Don  Carlos  que  d'efforts, 
que  d'enthousiasme,  et  quelle  autorité  de  rythme  et  de 
plastique. 


SIGNORET 

On  renonce  à  citer  tous  ses  films.  Il  a 
été  des  premiers  jours  de  l'écran  et  le 
voici  en  tète  de  l'interprétation  cinégra- 
phique  française  avec  Le  Rêve,  Le 
Silence    Le  Père  Goriot. 


DESSIN  DE  l'<i\  . 


LYDA   BORELLI 

Nous  ne  reverrons  plus  a  l'écran,  dit- 
on.  la  brillante  comédienne  tragique  de 
la  Marche  Nuptiale  et  du  Phalène. 


16 


cinea 


DERRIÈRE      L'ÉCRAN 


Deux  films.  . 

La  Société  d'Editions  Cinématogra- 
phiques, à  laquelle  nous  devons 
Quand  on  aime  et  Gigolette,  com- 
mence deux  nouveaux  films. 

Nous  avons  eu  l'occasion  déjà  de 
parler  du  premier  :  L'Àrïêsienne,  que 
devait  tourner  M.  Léon  Poirier  et  que 
va  réaliser  M.  André  Antoine. 

Le  second  est  un  scénario  de  M. 
Pierre  Decourcelle,  La  Bâillonnée. 
Il  sera  mis  en  scène  par  le  réalisa- 
teur de  l'Essor,  M.  Charles  Burguet, 
qui  faillit  trouver  la  mort  dans  l'ac- 
cident où  périt  Suzanne  Grandais. 


A  Joinville. 

La  Société  Russe  Paul  Thiemann, 
dont  la  première  production  Le  Sens 
de  la  Mort  avec  André  Nox  et  Ya- 
nova,  a  été  un  grand  succès,  réalise 
en  ce  moment  l'adaptation  cinégra- 
pbique  de  Pour  une  Nuit  d'Amour 
d'après  la  curieuse  nouvelle  d'Emile 
Zola.  M.  Protazonoff  en  est  le  metteur 
en  scène. 

Les  deux  principaux  protagonistes: 
Van  Daële  interprète  de  Narayana, 
de  Fièvre,  etc.,  et  Blanche  Ross,  jeune 
étoile  américaine. 

• 
Un  Titre. 

Après  l'Epingle  Rouge,  voici  La 
Vivante  Epingle.  C'est  un  scénario 
de  Jean  Joseph  Renaud  que  tourne  en 
ce  moment  sur  les  studios  Gaumont 
M.  Jacques  Robert,  dont  ce  sera  le 
premier  film,  en  tant  que  metteur  en 
Scène. 

L'interprétation  comprend  MM.  Jean 
Hervé   et   Jean    Toulout   et    Mlle  Le- 

grand. 

• 
Petit  jeu. 

Quel  est  donc  ce  metteur  en  scène, 
aussi  connu  par  la  pauvreté  de  ses 
conceptions  que  le  peu  d'excuses  de 
ses  réalisations  —  et  auquel  il  ne  fau- 
drait pas  le  dire  —  que  de  bienveil- 
lants confrères  ont  surnommé  :  L'cn- 
filmeur  de  perles?... 


Départ. 

M.  Hervé  (pas  le  même)  qui  colla- 
bora avec  M.  Chimot  à  la  mise  en 
scène  de  Colomba  est  parti  sur  la 
côte  d'Azur,  tourner  Un  Témoin  dans 
la  Nuit . 


ASTA  NIELShN 
la  fameuse  actrice  des  écrans  d  Alle- 
magne continue  par  de  nouveaux 
succès  une  carrière  exceptionnelle.  Sa 
récente  interprétation  cinégraphique 
du  rôle  d'Hamlet  a  produit  grand  effet. 


Du  Sable  .. 

Après  Visages  voilés.  Ames  closes, 
après  l'Atlantide, voici  qu'on  annonce 
un  autre  film  tourné  dans  le  désert, 
ou  tout  au  moins  aux  confins  du 
Sahara.  M.  Pierre  Marodon  vient  en 
effet  de   terminer   Le  Diamant    Vert 


ciné-roman  en  douze  épisodes,  com- 
mencé en  octobre  dernier,  et  dont 
l'action  se  déroule  aux  environs  de 
Biskra  et  de  Touggourt.  Les  inter- 
prètes principaux  :  Claude  France, 
Magguy  Delhiac,  qui  tourne  en  ce 
moment  V Artésienne,  Marthe  LenJ 
clud,  Manuel  Caméré,  qui  interpréta 
vers  l'argent  de  René  Plaissettij, 
Jack  de  Trévières  et  Rosti. 

On  raconte  qu'en  plus  de  nombreux 
accident  s  survenus  durant  l'exécution 
du  film,  quelques  incidents  aussi  se 
produisirent...  entre  cette  artiste  très 
belle  et  le  metteur  en  scène...  de  pro- 
pos aigres  doux,  on  faillit  en  arriver 
un  jour  à  un  véritable  pugilat...  Au 
Sahara  où  les  soirées  doivent  être 
mornes,  on  doit  rechercher  le  plus  de 
distractions  possibles  .. 


Crise. 

M.  Henry  Bordeaux  est  à  la  mode  : 
après  l'Ecran  Brisé,  après  la  neige 
sous  les  pas,  voici  qu'on  annonce  la 
prochaine  réalisation  des  Rocquevil- 
lard.  Le  metteur  en  scène  ne  serait 
pas  M.  d'Auchy  dont  on  s'imaginait 
qu'il  avait  seul  le  droit  de  visualiser 
les  œuvres  du  maître,  mais  M.  Duvi- 
vier  nouveau  «  cinéaste»... 

On  parle  de  Van  Daële,  Melehior, 
Jeanne  Desclos  et  de  Desjardins  dans 
la  distribution... 

Nos  soirées  d'hiver  au  cinéma... 


Le  premier. 

Fantasio  est  en  train  de  terminer 
son  premier  film.  Comédie  de  600  mè- 
tres, qui  sera  éditée  par  la  maison 
Gaumont 

Nous  avions  déjà  annoncé  son  titre 
Le  paradis  perdu.  M.  Pierre  Colom- 
bier en  est  le  metteur  en  scène. 

M .  Victor  Boucher  devait  en  être 
le  principal  interprète,  mais  l'artiste 
empêché  n'a  pu  tourner.  Les  prota- 
gonistes du  film  sont  donc  :  MM.  Le- 
faur  et  André  Luguet  et  Mme  Diamant. 

Nous  en  aurons  bientôt  la  première 
présentation .  André  Daven 


cinea 


17 


JEAN  BORLIN  et  Mlle  JOHANSEN 
dans  L'Homme  et  son  Désir 


M 


SPECTACLES 


M 


L'homme  et  son  désir 

Quand  on  présente  au  public  d'une 
répétition  générale  quelque  chose 
d'un  peu  nouveau,  il  se  met  à  hurler. 

î Et  si  ce  quelque  chose  est  simple, 
juste,  intelligent,  tout  le  monde  a 
peur.  On  peut  s'amuser  en  lisant  ce 
que  le  poème  plastique  de  Paul  Clau- 
del a  suggéré  aux  journaux  de  Paris. 
En  voilà  des  furieux.  L'histoire  des 
deux  lunes,  l'histoire  des  heures  du 

ijour    et     de     la     nuit,     l'histoire    de 

Téeharpe  déroulée,  ce  sont  là  de 
beaux  prétextes  à  invoquer  la  sa- 
gesse latine,  l'équilibre  français,  la 
pureté  d'Ile-de-France.  Ainsi  soit-ilî 
Il  reste  pour  nous  et  pour  beau- 
coup d'autres  qui  n'écrivent  pas 
dans  les  journaux  que  le  thème  de 

'L'homme  et  son  désir  est  une  admi- 
rable idée  de  poésie  visuelle.  La  réa- 
lisation décorative  est  d'un  intérêt 
surprenant.  Les  plans  superposés  où 


agissent  les  commentaires  mimiques 
du  poème  central  sont  une  trouvaille, 
avec   la   sécheresse   d'une  trouvaille 


PAUL    CLAUDEL 

l'auteur  du  poème 

de  L'Homme  et  son  Désir 


qu'il  faudra  préciser,  resserrer, 
mettre  au  point  bien  vite.  La  défor- 
mation du  décor  et  de  la  couleur 
exige  de  longues  recherches.  Et  nous 
y  arrivons.  J'avoue  d'ailleurs  que 
l'effort  de  Mme  Parr  est  remar- 
quable, et  que  les  costumes  sont  par- 
ticulièrement réussis. 

Jean  Borlin,  harmonieux  et  sobre, 
dépasse  de  beaucoup  tout  ce  qu'il  a 
fait  jusqu'ici.  Son  intelligence  touche 
par  moments  à  la  force.  Il  nous  a 
touché  par  telle  note  d'âpreté  et  de 
trouble  que  nous  n'osions  espérer. 
Parmi  ses  partenaires,  Mlle  Johansen 
l'a  heureusement  aidé  avec  des  gestes 
délicieux,  dans  ce  finale  de  sensua- 
lité remarquable  qui  clôt  le  poème  à 
la  façon  d'un  fondu  cinégraphique. 

De  la  musique  de  Darius  Milhaud. 
je  n'ai  rien  à  dire.  Elle  m'enthou- 
siasme. C'est  de  la  musique. 

Eve  Francis. 


18 


cinea 


Le  soleil  de  minuit,  un  acte 
en  vers  d'intentions  candide»,  con- 
tient l'honnêteté  cherchée,  la  mala- 
dresse et  la  prétention  petite,  propres 
aux  «  copies  »  d'élèves  doués.  Et 
aussi,  la  volonté  de  commettre  du 
vers  classique;  mais  celui  qui  en  ré- 
sulte n'est  que  fautes  prosodiques  et 
rimes  convenues.  Au  reste,  cette 
petite  composition  était  destinée  à  la 
Comédie-Française. 

Harry  Krimer  a  raison  de  chanter 
son  rôle,  c'est  une  belle  harmonie 
qu'il  y  met . 

Et  dire  que  la  critique  sut  démêler, 
dans  cet  acte, comme  dans  lî&e  faible 
femme,  naguère,  la  marqué  précoce 
du  talent  le  plus  brillent  I 

Mais  Irénée  Mauget  a  repris  cette 
sincère,  gracieuse,  souriante  Ma- 
dame Beudet  à  qui  tout  de  même  on 
peut  reprocher  :  le  manque  de  nou- 
veauté (n'avez-vous  pas  lu  cela 
quelque  part  dans  Maupassant?)  une 
vulgarité  de  ton  et  de  pensée  trop 
générale,  le  jeu  trop  accentué  vers 
le  ridicule  de  Jacques  Baumer. 

Le  conflit  perd  ainsi  de  sa  gran- 
deur. Il  en  garde,  avec  un  air  salubre 
qui  se  dégage  pleinement  dans  ce 
noble  Nouveau-Théâtre  ou  rien  n'in- 
tervient, on  le  sent,  que  de  sincère 
et  de  désintéressé. 


Le  Caducée,  avec  les  mérites 
dune  éclatante  distribution,  a  ceux 
d'être  exactement  approprié  à  l'at- 
tente du  grand  public  actuel.  Ce  qui 
est  surprenant,  quand  on  songe  qui 
est  l'auteur.  Mélodrame,  donc,  com- 
portant dans  le  sujet  juste  la  part 
d'exceptionnel  qui  permettra  les  dé- 
tails pittoresques;  mélodrame  moins 
nerveux,  certes,  que  ceux  de  Berns- 
tein,  mais  moins  nu  aussi,  moins 
écorehé .  Si  maintes  rencontres  y 
sont  prévues,  —  et  l'aventure  elle- 
même,  qui  s'accomplit  réellement 
voici  quelques  années...  —  si  les  ca- 
ractères sont  sans  profonde  person- 
nalité, la  marche  des  scènes  est 
menée  sûrement  et,  dans  les  deux 
derniers  actes,  avec  une  force  gron- 
dante. On  écoute  tout  le  temps. 

Harry-Baur  apporte  là  son  origi- 
nalité, sa  mimique  aiguë  qui  con- 
vient si  bien  à  ces  personnages  un 
peu  anormaux,  son  lyrisme,  si  je 
puis  dire,  dans  le  réalisme  qui,  par 
l'excès  même  du  jeu,  violente  le 
jugement  :  la  perfection  ne  deviendra 
point  pour  cet  acteur,  comme  pour 
tel  autre,  le  reposoir  où  les  publics 


l'admireraient  désormais  de  con- 
fiance et  sans  enthousiasme  nouveau. 
Nelly  Cormon  a  de  l'allure,  Alcover 
et  Janvier  de  la  sincérité,  Marie  Laure 
une  émotion  contenue  très  remar- 
quable. Mais  Simone  Frévalles  m'a 
paru  dépourvue  de  sensibilité, 


La     revue     de    l'Apollo     met 

d'autant   mieux   en   valeur   la    char- 
mante   Elsie    Janis    qu'elle    l'aceom- 


DARIUS     M  I  L  H  A  U  D 

le  compositeur 
de  L'Homme  et  son  Désir. 


pagne  peu  adroitement,  pauvrement 
surtout  en  dépit  de  ses  richesses  vo- 
lontaires. Le  mauvais  goût  des  évo- 
cations historico-érotiques  et  un 
manque  total  de  bonne  humeur  dans 
les  scènes  de...  fantaisie  (?)  causent 
des  moments  pénibles.  Mais  la  déli- 
cieuse créature  qui  chante,  joue, 
mime  ou  danse,  en  frac,  robe  de 
voyage  ou  de  soirée,  possède  l'art  de 
parler  au  public  avec  modestie,  et 
les  plus  savantes  roueries  par  où 
l'artiste  parvient  au  naturel.  Elle 
danse  surtout,  d'incomparable  façon, 
avec  une  fougue  aisée  d'animal 
svelte.  Et  enfin,  Miss  Elsie  Janis, 
vous  nous  faites  si  doucement  com- 
prendre que  vous  êtes  très  intelli- 
gente et  de  très  bonne  compagnie! 
Seuls  d'une  copieuse  distribution, 


Fagan     et     Dalio     sont     personnels, 
l'une  agréable  et  l'autre  adroit. 


A  l'Alhambra.  Vingt  minutes 
de  plaisir  délicat,  grâce  â  Billy  Wells 
et  ses  deux  partenaires.  Ils  chantent 
et  dansent  auec  cette  facilité  et  cette 
cocasserie  mesurée  que  semblent 
seuls  connaître  les  acteurs  du  music- 
hall  anglais.  Les  «  numéros  »  de 
chez  nous  évoquent  le  plus  souvent 
les  fards  ordinaires,  la  valise  en 
osier,  le  cervelas  mangé  dans  la 
loge.  Il  n'y  a  que  ceux  de  là-bai 
qu'on  puisse  imaginer  endossant,  au 
sortir  de  scène  et  pour  rentrer  chez 
soi,  des  vêtements  de  soirée... 

Raymond  Paykli.k. 


c  i  n  e  a 


Sommaire     du     N  °     2 

Les   films    d'aujourd'hui.   —    Pierre 

Seize,     Léon     Moussinac,     Henriette 

Janne,  L.L. 

Louise  Fazenda  et  quelques  autres. 

—  Lionel  Landry. 

Les  films  suédois.  —  Louis  Delluc. 

L'art  pour  le  septième  art.  —  Canudo. 

Notes. 

Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 

Derrière  l'écran.  —  Daven. 

Photos  et  Portraits  de  Pearl  White, 

Irène    Castle.    Barthelmess.    Antoine. 

Sacha  Guitry.  Van  Daële.  Modot.  Ida 

Ruhenstein,  Chaliapine.  Yonne  Aurel, 

etc. 

Dessins  de  Cappiello.  Sacha   Guitry. 

Einar  Nermann.  Bécan.  A. -F.  Martv. 


Sommaire     du     N  °     3 

Les    films    d'aujourd'hui.    —    Pierre 
Seize,  Léon  Moussinac,  L.L.,  Henriette 
Janne,  j.-H.  Lévesque. 
Notes.  —  Louis  Delluc. 
Variations.  —  Lionel  Landry. 
Interprétation.  —  Roger  Karl. 
Le      synchronisme      cinémato- 
graphique. —  Vuiîlermoz. 
Spectacles.  —  Eve  Francis. 
Derrière  l'écran.  —  Daven. 
Pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 
Echos,  Réponses,  Concours. 
Photos  et  Portraits  deCharlieChaplin. 
Nazimova,   Betty   Blythe,  Jane    Myro, 
Roger    Karl,    Eve    Francis".    PavlowaJ 
Diaghilew,  Bakst,  Stravinsky.  etc. 


cinea 


19 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


Yachka  avait  à  profusion  de  cet  es- 
prit des  rues  qui  plait  tellement  aux 
foules. 

Ses  quolibets,  ses  boutades  éner- 
giques, sa  voix  forte  et  enrouée 
m 'éblouissaient  et  m'impression- 
naient infiniment. 

J'étais  persuadé  que  tout  le  monde 
le  craignait,  même  le  procureur  en 
personne. 

Je  le  regardais  bouche  bée,  pen- 
dant qu'il  lançait  ses  boniments  pit- 
toresques et,  m'efforçant  de  les  gra- 
ver à  jamais  dans  ma  mémoire,  je 
me  disais  : 

—  Le  voilà  le  vrai  bonheur  !  Etre 
un  homme  dans  le  genre  de  Yachka  T 

Tous  ses  collaborateurs  me  parais- 
saient aussi  des  créatures  extraor- 
dinaires, remplies  de  joie  inépui- 
sable. Ils  avaient  tous  l'air  d'être 
très  heureux  de  pouvoir  rire  et  plai- 
santer sans  fin. 

Pendant  des  heures  entières  je  res- 
tais près  de  la  porte  du  cirque  forain 
en  regardant  le  défilé  interminable 
des  «  artistes  »  Plus  d'une  fois  je 
remarquais  qu'une  sorte  de  vapeur 
émanait  d'eux  comme  d'un  samovar... 
Naturellement,  je  ne  me  rendais  pas 
compte  que  c'était  la  transpiration  la 
plus  vulgaire,  qui  était  le  résultat  de 
leur  travail  infernal,  acharné. 

Je  ne  saurai  pas  dire  si  c'est  Jakow 
Mamonoff  qui,  le  premier,  m'attira 
vers  la  vie  de  théâtre,  mais  il  se 
peut  que  ce  soit  grâce  à  cet  homme 
qui  se  consacra  tout  entier  â  la  tâche 
difficile  d'amuser  les  foules  que  la 
passion  du  spectacle,  l'amour  du 
théâtre  si  différent  de  la  réalité, 
naquit  dans  mon  âme. 

J'appris  bientôt  que  Mamonoff  était 
un   simple  cordonnier  et  qu'il  com- 


mença ses  «  représentations  »  avec 
le  concours  de  sa  femme,  ses  fils  et 
ses  apprentis  seulement.  Tels  furent 
les  cadres  de  sa  première  compagnie 
théâtrale. 

C'était  pour  moi  une  raison  de  plus 
pour  l'admirer.  Il  fallait  être  quel- 
qu'un pour  pouvoir  sortir  ainsi  de 
son  sous-sol  et  s'élever  jusqu'au  rang 
d'un  clown î 

Les  jours  de  fête  passés,  la  place 
devenait  complètement  déserte,  on 
enlevait  les  toiles  des  baraques,  tout 
était  fini. 

Finie  la  fête  passée  comme  un 
rêve!  La  place  prenait  l'aspect  lu- 
gubre d'un  cimetière  sans  tombes  et 
sans  croix. 

Longtemps  encore  je  faisais  des 
rêves  étranges,  magnifiques. 

C'étaient  comme  des  couloirs  très 
longs,  aux  fenêtres  rondes,  d'où  je 
voyais  des  villes  d'une  beauté  mer- 
veilleuse, des  montagnes,  des  tem- 
ples étonnants  comme  il  n'y  en  a  pas 
à  Kazan  et  beaucoup  de  belles  choses 
qu'on  ne  pouvait  voir  que  dans  un 
songe... 


Nous  nous  installâmes  au  faubourg 
Tartare  dans  une  petite  pièce  qui  se 
trouvait  au-dessus  d'une  entreprise 
de  forge. 

A  travers  le  plancher  on  entendait 
tout  le  temps  des  coups  de  marteaux 
joyeux  et  rythmiques.  Toute  la  cour 
était  pleine  de  vieux  carosses,  de 
roues,  etc.. 

Je  me  souviens  d'un  forgeron,  un 
jeune  gars  qui  bavardait  souvent 
avec  moi  pendant  le  travail.  Je  lui 
aidais  dans  la  mesure  de  mes  moyens. 
Il  ne  buvait  pas  d'eau-de-vie  et  chan- 


tait très  bien.  C'est  dommage,  j'ai 
oublié  son  nom;  il  m'aimait  beau- 
coup... moi  aussi  je  l'aimais  bien. 
Généralement,  lorsqu'il  se  mettait  à 
chanter,  ma  mère,  qui  restait  tout  le 
temps  assise  près  de  la  fenêtre,  un 
travail  à  la  main,  commençait  à 
chanter  à  son  tour  et  c'était  pour 
moi  un  plaisir  extrême  d'entendre 
ces  deux  voix  qui  s'accordaient  si 
bien  ensemble. 

J'essayai  de  me  joindre  à  eux  bien 
timidement  d'ailleurs,  ayant  peur  de 
brouiller  la  chanson,  mais  le  forge- 
ron m'encouragait  : 

—  Vas-y,  Fédia,  vas-yT  Chante 
plus  fort,  tu  auras  le  cœur  plus  gai. 
Une  chanson,  c'est  comme  un  oiseau 
lâche-la  et  elle  s'envole  joyeuse  vers 
le  ciel! 

Quoique  j'étais  très  gai,  même  sans 
avoir  recours  aux  chanson,  je  re- 
marquais en  effet,  que  lorsque  je 
m'étendais  sur  l'herbe  des  champs  et 
que  je  commençais  à  chanter,  long- 
temps après,  lorsque  la  chanson 
était  achevée  depuis  un  bon  moment 
j'avais  la  sensation  de  la  voir  encore 
vivante  qui  s'envole,  s'envole  plus 
haut  vers  l'infini. 

D'habitude,  je  fréquentais  assez 
peu  les  églises.  Pourtant  un  soir  que 
je  jouais  aux  alentours  de  l'église  de 
Saint-Varlaam  j'y  pénétrai  dedans. 

Déjà  sur  le  seuil  j'entendis  un  chant 
solennel  et  harmonieux.  Je  m'appro- 
chai des  chœurs  et  je  vis  qu'ils  étaient 
composés  d'hommes  âgés  et  de  tous 
jeunes  garçons.  Je  remarquai  qu'ils 
tenaient  dans  leurs  mains  des  feuilles 
de  papier  réglé.  J'avais  déjà  entendu 
dire  que  pour  le  chant  on  employait 
des  notes. 

(A  suivre)  L.  Valtkr  trad. 


20 


cmea 


V     A      h     L 


M     A      h      h 


Divers 

—  Dans  le  monde  il  y  a  environ 
47.000  salles  de  cinéma. 

—  George  K.  Spoov.  (amer.)  a  fait 
une  nouvelle  invention  concernant 
le  ciné  stéréoseopique. 

—  En  Amérique  a  eu  lieu  le  pre- 
mier congrès  de  musique  cinégra- 
phique. 

—  En  1920  l'Amérique  a  exporté 
52.500.000  mètres  de  film  et  importé 
31.800.000. 

—  En  Angleterre,  Y  Armée  du  salut 
utilise  le  ciné  pour  la  propagation 
de  leur  idéal. 

—  A  Copenhague  on  fait  un  film 
pour  la  circulation  des  autos  et  des 
gens  en  rue. 

—  A  Rome  le  Lilliput-film,  filme 
des  jeux  de  marionnettes. 

—  Il  existe  un  Badecherfilm  pour 
les  bains  d'Aix-la-Chapelle.  Ce  film 
de  propagande  donne  des  vues  des 
bains  et  des  vues  de  la  ville  et  des 
environs. 

-  En  Hollande  on  a  donné  avec- 
succès  un  film  traitant  du  blocage 
alimentaire  d'un  peuple  et  de  sa 
répercussion  sur  la  santé  du  peuple. 

-  Il  existe  en  Allemagne  de  nom- 
breux films  pour  l'éducation  popu- 
laire :  Animaux  sur  terre  et  mer. 
Sports.  Aviation.  Sciences  natu- 
relles. Géographie  et  ethnologie.  Le 
Rhin  aux  points  de  vue  géogra- 
phique, historique  et  industriel. 

—  Les  films  techniques  aussi  sont 
nombreux.  Il  y  a  aussi  des  films  po- 
litiques. Pour  l'éducation  du  peuple 
il  existe  également  des  films  médi- 
caux. 


Ciné  pour  écoles 

Le  premier  ciné  pour  écoliers  est 
entré  en  activité  le  15  janvier  1921,  à 
Berlin.  Ce  ciné  groupe  autour  de  lui 
les  15  écoles  d'un  arrondissement  (8  à 
10.000  enfants). 

Le  capital  de  10  à  12.000  marks  né- 
cessaire aux  représentations  a  été 
réuni  par  souscription  à  des  actions. 

L'entrée  est  fixée  à  un  demi  mark 
et  10  0/0  des  places  sont  gratuites  afin 
de  favoriser  les  enfants  nécessiteux. 
Pour  l'organisation  il  y  a  un  direc- 
teur, un  caissier  et  un  secrétaire. 
Chaque  école  a  son  mot  à  dire.   Les 


parents  sont  admis  aux  représenta- 
tions. On  réunit  les  même  classes 
pour  un  même  spectacle  instructif, 
ou  bien  la  moitié  supérieure  de  la 
classe  et  la  moitié  inférieure  à  qui  on 
donnera  des  contes.  Les  anciens 
élèves  auront  une  soirée  spéciale  qui 


ELEONORA  DUSE 

L'admirable  «  créatrice  »  de 
La  Gioconda,  des  Bas-Fonds,  de 
Locandicra,  de  La  Femme  de 
Claude,  reparait  sur  la  scène 
après  un  silence  de  dix  ans.  C'est 
à  Turin  qu'elle  vient  de  jouer, 
avec  Zacconi,  La  Dame  de  la  Mer. 
d'Ibsen.  On  nous  fait  espérer 
sa     prochaine    visite    à     Paris. 


comportera  matière  à  éducation  su- 
périeure. Il  y  aura  aussi  des  repré- 
sentations pour  adultes. 

Le  ciné  pour  écoles  aura  ses  ar- 
chives. 

L'âge  du  film 

Au  point  de  vue  de  sa  valeur  popu- 
laire, la  cinégraphie  allemande  est 
un  produit  de  la  guerre.  En  ce  mo- 
ment le  marché  mondial  lui  est  en- 
core fermé,  mais  bientôt,  avec  la 
paix  politique  commencera  une  pé- 
riode d'expansion  mondiale.  Mais  il 


faudra  que  l'Allemagne  permette 
l'import  du  film  étranger,  encore 
limité  pour  le  moment,  si  elle  veut 
que  le  film  allemand  puisse  être 
exporté. 

Lorsque  l'industrie  mondiale  du 
film  établira  ses  droits  par  des  or- 
ganisations nationales  ;  lorsque  les 
pouvoirs  publics  lui  donneront  le 
soutien  dont  elle  a  besoin;  lors- 
qu'elle sera  libérée  des  impôts  et  de 
la  censure  irraisonnable,  elle  se  dé- 
ploiera de  plus  en  plus. 

Avec  sa  croissance,  elle  affinera 
les  moyens  par  lesquels  la  cinégra- 
phie est  devenue  la  Puissance  la 
plus  forte  qui  puisse  influencer  la 
vie  spirituelle  des  peuples. 

L'état  qui  n'entretient  pas  la  vie 
de  cet  organe  vital,  mutile  le  corps 
du  peuple  et  détruit  au  lieu  de  cons- 
truire. Un  jour  il  devra  constater 
qu'il  a  laissé  échapper  une  chance 
d'avenir,  parce  qu'au  bon  moment, 
il  n'y  a  pas  eu  la  vision  exacte  de  ce 
qui  était  nécessaire  à  son  développe- 
ment. 


Films  historiques 

Le  domaine  du  film  comprend  des 
pages  de  la  vie  réelle,  des  visions 
de  vie  idéale,  des  présentations  de 
vie  artistique  et  aussi  des  films  his- 
toriques. 

Il  n'y  a  pas  de  différence  fonda- 
mentale entre  tous  ces  domaines.  La 
différence  se  trouvera  là  où  on  essaie 
de  délimiter  les  qualités  propres  du 
film. 

Ce  qui  manque  au  ciné  est  la  pa- 
role. On  essaie  d'y  remédier  par  des 
sous  titres.  C'est  un  compromis  qui 
ne  peut  être  suffisant  même  lors- 
qu'on le  complète  avec  une  présen- 
tation artistique.  Il  faudrait  donc  ne 
donner  dans  tout  film  et  en  particu- 
lier dans  le  film  historique  que  des 
scènes  qui  comportent  une  image 
complète,  suffisante  par   elle-même. 

Le  film  historique,  comme  tout 
autre  film,  comporte  nécessairement 
une  partie  subjective,  une  tendance 
déterminée.  Le  choix  des  scènes,  des 
personnages  doit  se  faire  de  façon  à 
servir  une  direction  déterminée. 

C'est  cette  tendance  qui  captive  le 
public.   De   là  découle   que    l'auteur 


cmea 


21 


d'un  film  historique  doit  avoir  une 
conception  solide  des  événements.  Il 
doit  aussi  pouvoir  situer  les  actions 
dans  un  milieu  exact  qui  puisse 
créer  l'atmosphère.  Cela  demande 
beaucoup  de  qualités  qui  rarement 
se  rencontrent  en  un  seul  être.  Le 
film  historique  en  dehors  du  metteur 
en  scène  demanderait  une  collabora- 
tion avec  l'auteur,  d'un  historien  et 
d'un  critique  d'art. 


France-Amérique. 

L'avis  de  William  Fox,  est  que  la 
France  doit  tenir,  en  Europe,  la  place 
occupée  en  Amérique  par  la  Califor- 
nie, c'est-à-dire  devenir  un  centre  de 
production  cinématographique.  De 
plus  en  plus,  l'Amérique  réclame  du 
film  français  et  notre  production  na- 
tionale ne  peut  tarder  à  trouver,  aux 
Etats-Unis,  les  mêmes  débouchés  que 
la  production  cinématographique 
américaine  trouve  chez  nous.  Notre 
prépondérance  du  début  doit  s'affir- 
mer à  nouveau. 

Notre  beau  pays,  favorisé  par  la 
Nature,  tant  au  point  de  vue  climaté- 
rique  que  par  la  magnificence  de  ses 
paysages,  offre  assez  de  sites  merveil- 
leux pour  servir  de  cadre  aux  meil- 
leures œuvres.  Il  n'y  a  donc  aucune 
raison  pour  que  la  France  voie  l'in- 
dustrie cinématographique  se  déve- 
lopper partout  ailleurs,  et  surtout 
chez  ses  plus  proches  voisins,  au  dé- 
triment de  ses  intérêts. 

Si  les  trop  timides  capitalistes  fran- 
çais restent  indifférents  devant  l'essor 
fécond  de  ce  nouvel  art,  soyons  re- 
connaissants aux  riches  étrangers 
qui  ont  le  geste  amical  de  nous  tendre 
la  main, —  une  main  dorée  de  dollars, 
car  il  en  faut  beaucoup  I  —  pour  aider 
cette  industrie  si  française  à  repren- 
dre sa  place  dans  le  monde. 

Ayons  donc  pleine  confiance  en 
l'amitié  et  en  l'aide  commerciale  d'un 
William  Fox  qui  n'a  pas  hésité  à  faire 
l'acquisition  des  œuvres  populaires 
de  nos  plus  illustres  auteurs,  ni  a  or- 
ganiser la  réalisation  des  ouvrages. 
Ce  fameux  manager  qui  est,  sans 
contredit,  le  plus  grand  spécialiste  en 
la  matière,  a  fait  le  vœu  de  patronner 
dans  sou  généreux  pays  la  produc- 
tion française.  Aussi  vient-il  de  déci- 
der de  filmer  en  France  une  série  de 
grandes  scènes  pour  lesquelles  il  est 
tout  prêt  à  engager  des  sommes  for- 
midables. 

Félicitons  M    William   Fox,  un  des 


princes  de  l'industrie  d'outre-Atlan- 
tique d'avoir  choisi  la  France  comme 
terrain  d'action  et  comme  levier  de  la 
Cinématographie  Mondiale.  Et  cela, 
quand  tant  d'autres  de  ses  confrères 
ont  préféré  porter  ailleurs  leur  sym- 
pathie ou  leurs  intérêts.  Puisqu'il  est 
aujourd'hui  un  fait  avéré  que  trop  de 
grandes  firmes  américaines  ont  passé 
d'importants  traités  commerciaux  ou 
ont  même  fait  fusionner  leur  marque 

■  ■ 

■  ■ 

Les  Yeux  Brûlés 

■  ■ 

■  ■ 

Le  spectateur  ne  sait  peut-être  ■ 
|  pas  que  les  interprètes  souffrent  : 
|  beaucoup  pour  le  distraire. 

Il  y  a  dans  les  studios  des  \ 
I  lampes  puissantes.  Si  on  ne  les  \ 
S  isole  pas  au  moyen  de  verres  \ 
;  plombagines  elles  brûlent  les  \ 
;  yeux  qui  les  regardent.  Et  dans  la  i 

■  plupart    des   studios   ces    verres  ! 

■  protecteurs  n'existent  qu'en  es- [ 
;  pèrance.  • 

Et  les  accidents  se  multiplient,  ' 

m  1  m 

■  s'aggravent,  il  y  a  là  un  danger  ■ 
|  sérieux.  Nous  n'avons  pas  tant  \ 
|  ile  bons  interprètes  que  nous  puis-  \ 
l  sions  les  rendre  aveiuiles.  i 

\'oulez-vous  quelques  noms  de  \ 
;  martiirs  ? 

m  " 

:      M.     Aimé     Simon-Girard     qui  : 

■  tourne     d'Artaqnan     îles     Trois  ! 

•  ■ 
:  Mousquetaires  et  qui  souffre  de-  \ 

•  puis  cinq  mois.  \ 

M.  de  Max  (Le  Cardinal  de   Ri-  j 

:  chelieu). 

"  ! 

M.  André  Xox  (La  Mort  du  So-  : 

j  leil). 

Mlle  Denise  Lorys  (La  Mort  du  : 

•  Soleil)  très  gravement  atteinte.  ! 
;  Mlle  Madeleine  Lurisse.un  mois  \ 
!  de  chambre  noire  et  de  souffrance  : 
;  et  incapacité  de  tourner  en  stu-  ï 
!  dio  désormais. 

\ .. .: 

avec  et  lie  de  grosses  maisons  ciné, 
matographiques  étrangères. 

Four  tourner  les  films  en  question, 
la  Fox  Film  Corporation  a  l'intention 
de  ne  s'adresser  exclusivement  qu'à 
des  interprètes  français.  Actuelle- 
ment, dans  le  but  d'organiser  ce  vaste 
programme  de  prises  de  vues,  M.  Win- 
field  R.  Sheehan,  Directeur  Général  et 
M.  A.  Carlos,  Administrateur,  sont 
dans  nos  murs  avec  M.  Gordon  Ed- 
wards, un  des  «  as  »  de  la  mise  en 
scène  dont  nous  avons  déjà  pu  applau- 
dir maints  films  sur  nos  écrans.  Ces 
pionniers  de  la  Cinématographie  sé- 
journeront parmi    nous    aussi    long- 


temps qu'il  le  faudra  pour  terminer 
d'abord,  dans  un  de  nos  plus  confor- 
tables studios  la  mise  en  scène  inté- 
rieure de  leur  Home  sous  Néron  et  de 
leur  Vie  de  Marie  Stuart  avant  d'en- 
treprendre d'autres  travaux  aussi 
intéressants  dans  un  genre  plus  mo- 
derne. 

C'est  naturellement  M.  Gordon  Ed- 
wards, qui  sera  chargé  de  la  délicate 
mission  dégrouper  les  artistes  Fran- 
çais les  plus  réputés.  Nous  pouvons 
dire  dès  maintenant  que  de  sérieux 
pourparlers  sont  déjà  engagés  avec 
quelques-unes  de  nos  meilleures  ve- 
dettes de  l'écran.  M.  Gordon  Edwards, 
comme  nous  l'avons  dit  tout  àl'heure, 
a  fait  depuis  longtemps,  ses  preuves 
au  Cinéma.  Il  est  l'auteur  et  surtout 
le  réalisateur  d'oeuvres  fameuses, 
entre  lesquelles  nous  avons  pu  remar- 
quer et  admirer  :  Salomé,  La  Reine 
des  Césars,  Lassiter  le  Vengeur,  La 
Femme  fardée,  etc..  Dernièrement 
encore,  il  vient  d'obtenir  à  New-York 
un  retentissant  succès  avec  La  Reine 
de  Saba.  Ce  merveilleux  film  a  rem- 
porté un  triomphe  méritéparla  somp- 
tuosité de  la  mise  en  scène  et  le  souci 
de  l'exactitude  historique.  Le  faste  de 
ces  scènes  de  Gala,  les  courses  de 
Chars  conduits  par  des  femmes  de 
pure  esthétique,  la  chevauchée  gigan- 
tesque de  4.000  cavaliers  et  la  témé- 
rité de  la  plupart  des  interprètes 
dont  plusieurs  hélas  !  rencontrèrent 
la  mort  en  chemin,  ont  vite  établi  la 
réputation  extraordinaire  d'une  telle 
œuvré  que  nous  espérons  bientôt 
contempler  ici. 

Il  ne  nous  reste  plus  qu'à  souhaiter 
bonne  chance  à  la  si  belle  initiative 
de  William  Fox  et  qu'à  recommander 
à  nos  meilleurs  artistes  nationaux  de 
s'empresser  d'y  collaborer  en  faisant 
dès  maintenant  leurs  offres  écrites,  à 
la  Fox  Film,  17,  rue  Pigalle,  en  joi- 
gnant leur  photo  à  leurs  références. 
• 

Nouveau  Confrère. 

Prochainement  va  paraître  un  nou- 
vel organe  de  Cinéma,  exclusivement 
corpoi  atif,  journal  officiel  des  régis- 
seurs, intitulé  :  Ciné-coulisses. 

Nos  excellents  confrères  Boisyvon 
et  Vareddes  en  prendraient  la  direc- 
tion. 

Cinéa  souhaite  la  bienvenue  à  Ciné- 
coulisses. 

m 

M.  Gabriel  Timory  va  publier  très 
prochainement,  chez  Flammarion,  un 
volume  intitulé:  Les  Points  île  Chute. 


cinea 


Envoyez  nous  un  scénario  ciné- 
graphique.  Des  journaux  comme 
Le  Film,  Ciné  pour  tous,  Bon- 
soir, en  ont  publiés  d'excellents 
qui  vous  ont  appris  le  décou- 
page, le  style  et  le  mouvement 
de  ces  ouvrages  spéciaux. 
Essayez  de  composer  un  thème 
d'écran,  drame  ou  comédie, 
découpez-le  et  bornez  vous  à 
des  moyens  simples  :  peu  de 
décors,  peu  de  personnages 
mais  beaucoup  de  sincérité,  un 
peu  de  goût,  et  du  talent  si 
vous  pouvez 

Jury  :  Dans  ce  Jury  seront 
représentés  les  metteurs  en 
scène  (J.  de  Batoncelli,  Mar- 
cel L'Herbier,  Léon  'Poirier, 
Tfené  Le  Somptier,  etc.)  les 
interprêtes  (Signoret,  Van 
Daële,  André  Nox,  Séverin- 
Mars,  etc.)  et  les  spectateurs 
Boisyoon,  René  Bizet,  Canudo, 
J.-L.  Croze,  Fréjaville,  Lio- 
nel Landry,  P.  de  la  ^Borie, 
Pierre  Henry,  Pierre  Seize, 
Ur ciller,  Marcel  Yonnet,  etc.) 

Clôture  :  La  date  extrême 
pour  1  envoi  des  manuscrits  est 
fixée    au     1er    Août   prochain. 

Prix  :  Le  meilleur  scénario 
choisi  par  le  Jury  recevra  un 
prix  de  Mille  francs  et  sera 
publié  dans  Cinéa,  si  l'auteur 
le  désire.  Et  bien  entendu 
Cinéa  s'emploiera  à  le  faire 
connaître  des  maisons  d'édi- 
tions françaises 


cinea 

10,  RUE  DE  L'ELYSÉE 
PAR  IS  


LES   STARS 

D'AMÉRIQUE 

SONT  EN  PHOTO  CHEZ 

J    THIOLAT.  37,   rue  Ampère 
Paris  117e! 


Elsie   Janis 


N  Talmadge  =  O-  Thomas 
C-  Talmadge  ■  O-  Moore 
M  Davies  =  E  O'Brien 
O.  Brady  ■  E  Hammerstein 
=  C.  Kimball  Young  = 

10  PHOTOS 
pour  2.50  (franco) 


./"Vlbum  officiel  du  Concours 
de  Beauté  des  Provinces  de 
France  (publié  par  le  Journal, 
édité  par  Comœdia  illustré). 
Dans  ce  magnifique  album 
seront  reproduits  les  portraits 
de  toutes  les  lauréates  du 
concours,  dans  leurs  costumes 
régionaux.  Prix  de  souscrip- 
tion :  i5  francs.  Ce  prix  sera 
porté  à  20  fr.  dès  l'apparition. 
Adresser  demandes  et  man- 
dats au  Journal,  1  00,  rue  de 
===     Richelieu     =^=^= 


BONSOIR 

Vous  dira  quels 
sont  les  bons  soirs 
du  cinéma .. 

Si  Vous  aimez  le 
cinéma,  Vous  aimez 

BONSOIR 


CONCOURS 


DE 


PHOTOGRAPHIES 
D'AMATEURS 


Envoyez  à  Cinéa  des 
photos  de  n'importe 
quel  format,  représentant 
des  acteurs  de  ciné  dans 
la  vie  privée,  ou  des 
aperçus  du  travail  ciné- 
graphique  en  plein  air, 
en  studio,  etc.,  tout  ce 
qui  se  rapporte  à  l'écran 
et  pourra  résumer  en 
quelque  sorte  les  coulis- 
ses du  Cinéma.  Le  Jury 
sera  composé  de  six 
opérateurs  français  : 
MM.  Bousquet,  Chaix, 
Gibory,  Irvin,  Forster  et 
Lucas 

Prix  :  Le  premier  prix 
recevra  deux  cents  francs 
et  sera  reproduit  sur  la 
couverture  de  Cinéa,  il 
y  aura  quatre  seconds 
prix  de  cinquante  francs, 
qui  seront  reproduits 
dans  Cinéa. 


cinea 


10,   RUE   DE  L'ELYSEE 
PARIS   


Imprimerie  spéciale  de  cinéa,  84,  rue  Rochechouart,  Paris. 


Le  gérant  :  A.  Paty. 


24Juinl921 


Numéro  8 


■^  ^  ^  Hebdomadaire  Illustré  4  4  4: 
Louis  DELLUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
10.  Rue  de  l'Elysée,  Paris  -  Tél.  :  Élys.  58-84 


Abonn1.  75  fr. 


Le  Nu     ..  2fr. 


LOIE  FULLER 

Nous  dirons  peut  être  un  jour  tout  ce  que  le  cinéma  doit  à  Miss  Loïe  Fuller  et  aux  inventions  visuelles  de  cette  illustre  danseuse.   I  a 
première  elle  sut  asservir  et  dompter  l'électricité,  sans  quoi  le  cinéma  n'est  rien.  Et  son  talent  de  mime,  son  art  de  l'attitude, 
science  des  étoiles  légères  et  des  draperies  lumineuses  qui  triomphèrent  naguère  à  Paris  —  et  partout  —  sont  une  mine  incroyable 
pour  les  créateurs  d  images  animées.  Ses  dernières  manifestations  (Le  Songe  d'une  Nuit  d'été,  L'Ombre,  etc.)  ont  encore  grandi  no1 
admiration.  Ht  son  film  /.,■  Lys  </<•  In  Vie  contient  des  pages  magnifiques  en  blanc  et   noir.   Espérons  qu'il  n'est  que  le  premier 
d  une  longue  série  inspire  d'un  talent   créateur  qu'on   admire   beaucoup  et  qu'on    pille  davantage. 

Tous  les  Programmes  des  Cinémas  de  Paris 


Ch 


ez 


GHISLAINE 


12,  Rue  de  la  Paix 


XJous  verrez,  ^Madame, 


des  T^pbes   <5KCodernes. 


PHOTOGENIE 

DE  BRUNOFF,   Editeur 
32,     Rue     Louis-le-Grand 


ROBES 


LINGERIE 


0  Les  robes  de 


PAUL 
POIRET 


sont  photogéniques 


MARIO    FRANCIS 


BONNETIER 


LAMBRECHTS 

GASTON,    Directeur 
TAJLOJi 


i5,  Rue  Washington  (Champs-Elysées,  Paris 


Tél.  :    Elysces   17-36 


Métro  :    Georges  V 


Téléphone 
Central:   1  8-36 


14,  Rue  Duphot 
PARIS  (l"arr.) 


cinea 


Réponses  à  quelques  lettres 


Ince  admirer.  —  Lisez  le  dernier  nu- 
méro (67)  de  Ci  ne  pour  Tous,  qui  a  consa- 
cré un  article  très  documenté  à  Thqmas 

H.  Ince. 

Topinei.li.  —  William  Russell  de  son 
vrai  nom  W.  Leach,  est  originaire  de 
New-York.  néeni886,  divorcé  de  Charlotte 
Burton,  il  vient  d'épouser  Hélène  Fer- 
srusson. 

Cow-Boy.  —  Cet  artiste  admirable  que 
vous  avez  remarque  dans  plusieurs  films 
de  W.  S.  Hart  se  nomme  Robert  Mac  Kim. 
Il  est  ne  a  San-Jacinto  (Californie),  et  est 
l'époux  de  Dorcas  Matthews.  — 11  a  ^4  ans. 
les  cheveux  très  noirs,  les  yeux  marron  et 
mesure  1  m.  <S8. 

???.  —  Les  décors  de  V Atlantide  sont 
signés  de  Manuel  Orazi  et  non  pas  de 
Bib. 

Fleur  de  Lotus.  —  Peggy  Hyland  est 
anglaise  et  se  nomme  en  réalité  P.  Hut- 
chinson.  --  Shirley  Mason,  de  son  vrai 
nom  Leonie  Flugrath  est  la  sœur  de  Viola 
Dana.  —  Contrairement  à  tout  ce  qui  a 
été  dit  je  puis  vous  affirmer  que  Margue- 
rite de  la  Motte  n'est  pas  française,  puis- 
qu  originaire  de  Duluth  (Minnesata). 

Arts  et  Métiers.  —  Les  dimensions  de 
l'image  sur  le  film  cimàtographique  sont 
18  •  24  millimètres,  mais  ceci  n'a  aucun 
rapport  avec  le  découpage  du  scénario  ou 
le  maquillage  du  jeune  premier. 

Assidu  du  «  Régent  ».  —  Le  titre  amé- 
ricain de  La  Proie  pour  l'Ombre  est  The 
Goat.  La  distribution  comprend  :  Fred 
Stone.  Fannie  Midgley.  Charles  Mac  Hugh, 
Rhea  Mitchell.  Svlvia  Ashton,  P.  Mac 
Collough,  W.  Greenwood.  —  Le  scénario 
est  de  Mise  Frances  Marion.  la  mise  en 
scène  de  Donald  Crisp.  —  Le  titre  améri- 
cain de  Un  pauvre  riche  est  The  Poor  Rieh 
Mau.  La  distribution  :  Francis  X  Bush- 
man,  Beverley  Bayne,  Stuart  Holmes, 
Sallv  Crute.  William  Frederick.  C.  J. 
Williams,  J.  Cowles,  -  Scénario  tiré 
par  A.  S.  Le  Vino  d'une  nouvelle  de  E. 
Sterne.  —  Réalisation  de  Charles  Brabin. 
—  Supervision  de  Maxwell  Karger.  Opé- 
rateur :  Frank  Williams. 


Marcel Viguier.  —  Vous  avez  appris  de 
source  sure  que  Pathé  vient  d'engager  le 
prince  Hiro-Hito  pour  tourner  un  film  à 
épisodes.  Je  vous  laisse  la  responsabilité 
de  cette  information. 

PlCTURË  mad.  —  Héritière  d'un  jour  est 
un  film  d'Olive  Thomas  intitulé  Heiress 
for  a  Day.  Ses  partenaires  dans  ce  film 
étaient  Joe  King,  Eugène  Burr.  Graham 
Pette,  Lillian  Langdon,  Marv  Warren.  et 
Anna  Dodge.  Le  metteur  en  scène:  Jack 
Dillon. —  Le  pardon  du  forçat,  est  un  film 
de  Jewel  Carmen  intitulé  The  Girl  with  the 
Champagne  Eres.  Ses  partenaires  étaient 
L.  C.  Shumwav.  Charles  Edler.  G.  Ray- 
mond Nye,  Charles  Gorman.  —  Le  scéna- 
rio est  de  Bernard  Mac  Conville  et  la  mise 
en  scène  de  C.  M.  Franklvn. 

Rolls  Royce.  —  Tom  Mix  a  tourné 
en  ic)2o:  The  Fend  av.  Eva  Novah.  The 
Cyclone  av.  Coleen  Moore  The  Dure  Devil, 
Three  Gold  Coins,  Désert  Love  av.  E.  No- 
vak  et  Francelia  Billington.  The  Terror. — 
En  192 1  :  Prairie  Traits.  —  The  Texan  av. 
Gloria  Hope,  Hands  Off  avec  Pauline  Cur- 
ley.  —  C'est  en  effet,  un  automobiliste 
endurci.  — Charles  Ray  naquit  le  15  mars 
1891  ajacksonville  (Illinois).  Il  est  l'époux 
de  Clara  Grant. 

Footit.  —  Voici  la  distribution  com- 
plète du  Trésor  d'Ame  [Mer  Ames  Peuniii- 
gar)  Sir  Archie...  Richard  Lund.  Sir  Fi- 
lip...  Bror  Berger.  Sir  Reginald...  Eric 
Strockassa.  Torarin...  Axel  Wilson.  Le 
père  Arne...  Ejalmar  Selander.  La  mère 
Arne...  Concordià  Selander.  Elsolil... 
Mary  Johnson.  Berghild.  sa  sœur... 
Wanda  Rothgardt.  —  Scénario  de  Selma 
Lagerloff.   Réalisation  de   Mauritz  Stiller. 

Lecteur  passionne.  —  Votre  scénario 
«  Laudru  »  révèle  votre  admirable  tempé- 
rament cinégraphique.  C'est  éblouissant. 
—  Quelle  atmosphère  pour  la  scène  de  la 
rôtissoire.  Enfin,  voila  l'unité  de  décor 
tant  préconisée,  puisque  toutes  les  scènes 
se  passent  devant  le  fourneau. 

Germaine  Namur.  —  Voici  l'adresse  de 
M.  Modot  :  Nice.  26,  rue  Verdi. 

l'Œu.-de-Chat. 


H  PRESSE  FRANÇAISE  DU  CINÉMA 

Périodiques  consacrés  à  l'Art  Muet 
Le  Cinéma 

Hebdomadaire 
1>  :  G.  Lordier  -  R1  en  chef:  E.  Fouquet 
28,   Boufvard  Bonne-Nouvelle,  PARIS 

Cinéma=Spectacles 


Rue    Maçcuta, 


MARSEILLE 


Cinématographie  Française 

Revue  Hebdomadaire 

D1'  :  F.  Louchet  -  R'  en  chef  :  P.  Simonot 

Administrateur  :    Jean   Weidner 

ço.     Rue     de    Boudv,     PARIS 

Ciné=Journal 

Hebdomadaire 
D'  :  G.  DUREAU  -  ?o,  Rue  Bergère.  PARIS 

Ciné=Magazine 

Hebdomadaire  Illustré 

Drs  :    Jean    Pascal   et   Adrien    Maître 
?.    Rue  Rossini,   PARIS 

Cinéopse 

Revue  Mensuelle  —  D'  :  J.-M.  Coissac 
7?,  Boulevard  de  Grenelle.   PARIS 

Ciné  pour  Tous 

Revue   Bi-Mensuelle  -    D''  :    P.  Henry 
26  bis.  Rue  Traversiez,  PARIS 

Ciné    Pratique 

Directeur  :    Henri  de  Villemandy 
45,    Rue  de  Belleville.   PARIS 

Courrier  Cinématographique 

Directeur   Fondateur  :    Ch.  le  Fraper 
28,  Boulevard  Saint-Denis,  PARIS 

Hebdo=Film 

Directeur    Fondateur  :    A.  de   Reusse 

2?,   Boulevard  Bonne-Nouvelle,   PARIS 

L'Ecran 

Journal  < >f ticicl  du  Syndical  Français 

des    Directeurs  de      inématographes 

iQç,    Rue   Saint-Martin.    PARIS 

Le   Film 

Mensuel   Illustré    -    Dr  :  G.   Quellien 
144.  Rue  Montmartre,  PARIS 

Filma 

Revue  Bi-Mensuelle    —    Dir.  :    Mu.1.0 
9,  Boulevard  des  Capucines.  PARIS 

Scénario 

Revue  Bi-Mensuelle  -  D''  :  R.  de  Simone 
9,  Rue  de  Clichy.  PARIS 


Quotidiens  et  Revues  ayant  une  Rubrique 
régulière  du  Cinéma 

BONSOIR  Pierre  Seize,  Auguste  Nardy,  Marcel 
Achard).  -  UOMCEDIA  L.  Croze).  -  COMŒDIA 
ILLUSTRÉ  (Louis  Delluc).  -  LE  CRAPOUILLOT 
Jean  Gai  lier,  Boissière,  René  B./el.  J.-L.  Diuan- 
deaiii.  —LA  DÉMOCRATIE  NOUVELLE.  —  L'ÈRE 
NOUVELLE  Pierre  Costar).  —  L  ESPRIT  NOUVEAU. 

—  EXCELSIOR  (André  Hcuzé  .  —  L'INFORMATION 
(Lucien  Vahl).  -  L'INTRANSIGEANT  Boisyvoni. — 
LE  JOURN  KL.  —  LE  JOURNAL  DES  DÉBATS(Gus- 
tave  Fréjaville).  -  LA  LIBERTE  P.  de  la  Borie  . 
LA  LANTERNE.  -  LE  MATIN.  —  LE  MERCURE 
DE  FRANCE  Léon  Moussinac  .  —  PARIS-MIDI 
(Louis  Delluc).  -  LE  POPULAIRE   François  Crucy). 

-  LA  RAMPE. 

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cinea 


M         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi    24    au    Jeudi    30    Juin 


v   ARRONDISSEMENT 

Omnia-Pathé.  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Patbè-Journal,  actualités.  — 
Quatre-vingt-treize,  d'après  l'œuvre  de 
Victor-Hugo.  ir0  partie.  —  Patbé-Revne, 
documentaire.  —  Fatty  bolchevick,  comi- 
que.—  Supplément  facultatif:  La  Pocharde, 
4e  épisode  :  Un  crime  dans  les  ruines. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Joumal.  —  Chariot  opère 
liii-iueme.  comique.  —  Pathé-Revue.  — 
Le  fi  h  de  son  père,  comédie.  —  Les  deux 
bamboebenrs,  comique.  —  En  supplément 
facultatif:  Le  Roi  de  l'audace,  7''  épisode  : 
L'écluse  de  la  mort.  —  En  supplément  au 
programme  (en  une  seule  semaine)  :  Quel 
es/  le  plus  bel  enfant  de  France,  grand 
concours  organisé  par  le  journal  Le  Matin. 

Sjlle  Marivaux.  1^,  boulevard  des 
Italiens.  —  Les  actualités  de  la  semaine.  — 
La  lumière  du  monde,  comédie  avec  May 
Allison. —  l'athc-Rcvuc .  —  Fatty  bolchevik. 

—  Les  yeux  morts,  scène  dramatique  jouée 
par  Elsie  Ferguson.  —  Attraction  :  Kanui 
cl  Lnla.  danseurs  hawaïens. 

Parisiana.  27,  boulevard  Poissonnière. 

—  Magasine  n"  4,  documentaire.  —  Pro- 
incthcc  banquier,  instantané  dramatique 
avec  Signoret  et  Eve  Francis. —  Courses  de 
taureaux  à  Luncl.  —  Concours  du  plus  beau 
Bébé  de  t  rance  —  Parisiana-Journal.  actua- 
lités. —  Le  Sens  de  la  Mort,  drame  avec 
M.  André  Nox.  —  Coquin  de  Printemps, 
comique. —  En  supplément  de  7  h.  1/2  à 
8  h.  1/2,  excepté  dimanches  et  fêtes  :  Rose 
du  Nord,  comédie  dramatique  avec  Viviane 
Martin. 

Cinéma  de  la  Presse.  12=;.  rue  Mont- 
martre. —  Ascension  de  la  Jungfrau.  — 
Voleurs  de  femmes.  9e  épisode. —  Un  ange  a 
passé,  comédie  sentimentale.  —  Le  tra- 
quenard, comédie  sentimentale.  —  Chalu- 
meau a  peur  des  femmes. 

3<=    ARRONDISSEMENT 
Paihé- Temple.    —    Patbè-Journal.     — 

Pa/he-Revue,  n°  26.  —  L'Homme  aux  trois 
masques,  10e  épisode:  Méprise  tragique.  — 
La  Pocharde,  4e  chapitre  :  Un  crime  dans 
les  ruines.  —  Quatre-vingt-treize,  ir'-  épo- 
que. 

Palais    des   Fêtes,  8.  rue  aux  Ours.  — 
Salle  du  rez-de-chaussée 
Patbè- journal.  —  Pathe-Rcvue.—  Les  Yeux 
morts,  comédie  dramatique.—  Les  merveilles 

du  Mexique,  documentaire.  —  La  Lumière 


du  monde,  drame  d'aventures.  —  La 
pocharde.  y  chapitre  :  Un  crime  dans  les 
ruines. 

Grande  salle  des  eétes  du  ier  étage 
Les  deux  bamboebenrs,  comique. —  Douglas 
for  ever,  comédie  avec  Douglas  Fairbanks. 
Le  lièvre  cl  la  Tortue,  dessins  animes.  — 
Quatre-vingt-treize,  reconstitution  histori- 
que adaptée  et  mise  en  scène  par  Capellani. 
L'Homme  aux  trois  Masques,  îcv-  épisode  : 
Tragique  méprise.  —  Patbè-Journal. 

4*   ARRONDISSEMENT 

Saint-Paul.      73.     rue     Saint-Antoine. 

—  Une  Biscuiterie  moderne,  documentaire. 

—  Saint-Paul-Journal. —  L'Homme  aux  trois 
masques,   10'   épisode  :  Tragique  méprise. 

—  Zigoto garçon  de  théâtre,  comique.  —  La 
Pocharde,  4e  chapitre  :  Un  crime  dans  les 
ruines.  —  Le  lièvre  et  la  tortue,  dessins 
animés. —  Quatre-vingt-treize,  drame,  pre- 
mière époque. 

5e  ARRONDISSEMENT 

Mésange, 3,  rued'Arras. —  Pathé-Jourual. 

—  Une  famille  de  loques,  comique  joué  par 
LUI... —  L'homme  aux  trois  masques,  9e  épi- 
sode :  La  Lutte  à  mort.  —  La  pocharde. 
3e  chapitre  :  La  mère  aux  sept  douleurs.  — 
Le  Gentilhomme  pauvre. comédie  d'après  le 
roman  de  M.  Henri  Conscience. 

6e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Récamier,  3,  rue  Récamier.  — 
La  Pocharde, y  époque:  La  mère  aux  sept 
douleurs. —  Fille  de  rien,  drame  de  mœurs 
espagnoles.  —  Le  Jeu  féminin,  comédie 
dramatique.  —  Pathé-Jourual. 

Régina-Aubert-Palace,     1  s  S  -     rue    de 

Rennes.  —  Aubert-Joumal,  les  actualités 
du  monde  entier.  —  Les  deux  bamboebenrs, 
comique.  —  Eddie  Polo  dans  Le  roi  de 
l'audace,  ciné-roman  en  10  épisodes  publié 
par  La  Presse.  6e  épisode  :  Ruse  de 
Femme.  —  Zigoto  garçon  de  théâtre,  comi- 
que. —  A  travers  la  France,  par  Ardouin 
Dumazet.  auteur  du  Voyage  eu  France  : 
Cannes.  —  L'oiseau  s'envole,  comédie  dra- 
matique.—  En  supplément  au  programme  : 
Quel  est  le  plus  bel  enfant  de  France  ? 
grand  concours  organise  par  le  journal 
Le  Matin  (en  une  seule  semaine). 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Sèvres.  80  bis.  rue  de  Sèvres, 

(angle    du    boulevard    de    Montparnasse. 

boulevard  des  Invalides).  Fleurus  28-09.— 

Patbè-Journal. —  L'oiseau  s'envole,  comédie 


THEATRE 

DU 

COLISÉE 

CINÉMA 

38,  Av.  des  Champs  Élysées,  38 


Direction  : 

P.MALLEVILLE 


Téléphone  : 

ELYSÉE  29-46 


Programme  du  24  au  30  Juin 

Fatty  Bolchewick- 

Un  Homme  en  Loterie,   comédie 
interprétée  par  Owen  Mookk. 

Gaumonl-Adualite's. 

La  Lumière  du  Monde,  film  d'a- 
ventures avec  May  Allison. 


cinea 


Programmes    des    Cinémas   de    Paris 


dramatique,  interprétée  par  Dorothy  Phi- 
lips. —  Reportage  tragique.  —  Concours  du 
plus  bel  enfant  de  France.  --  Attraction: 
Luxor,  chanteur  a  voix  multiples  et  imita- 
tion d'instruments. 

Cinéma  Bosquet,  83,  avenue  Bosquet. 
Direction  G.  Movse.  —  Zigoto  machi- 
niste, comique.  —  L'Homme  aux  trois  mas- 
ques, (f  épisode:  La  lutte  à  mort.  —  Le 
Çbért  de  la  danseuse,  ciné-bouffe.  —  La 
Soeur  du  Saltimbanque,  grand  drame 
d'aventures  avec  Cavallini. 

8e   ARRONDISSEMENT 

Théâtre    du    Cotisée.    38,   avenue    des 

Champs-Elysées.  Direction  Malleville.  — 
Elysées  29-46. — Fatty  bolchevik. comique. — 
La  Lumière  du  monde,  film  d'aventures 
avec  May  Allison. —  Gaumont-actualités. — 
Un  homme  en  loterie,  comédie  interprétée 
par  Ovven  Moore. 

9e  ARRONDISSEWENT 
Cinéma-Rochechouart,  66.  rue  de  Ro- 

chechouart.  Gutenberg  66-19.  Directeur  : 
M.  A.  Jallon. —  Eclair-Journal. —  L'homme 
aux  trois  masques.  10e  épisode  :  Tragique 
méprise.  —  Le  Fleuve  Congo.  Congo  belge 
pittoresque.  —  Une  gentille  belle-mère, 
comique.  —  Concours  du  plus  beau  bébé  de 
France. —  La  Falaise,  comédie  dramatique 
en  5  parties.  —  Intermède  :  Mme  Sarah 
Duhamel  et  M.  Darmaine  dans  leur  sketch 
fantaisiste. 

Delta-Palace-Cinéma,  17,  boulevard 
Rochechouart.  —  Delta-Journal.  —  Pul- 
cherie  tourne,  comique  en  deux  parties.  — 
Le  Tourbillon.  10e  épisode  :  Face  à  face 
avec  le  fauve.  —  Dans  les  profondeurs  de  la 
mer.  instructif.  —  Concours  du  plus  beau 
bébé  de  France. —  Un  drame  sous  Napoléon, 
grand  film  historique  tiré  du  célèbre  roman 
de  sir  Arthur  Conan  Doyle.  Adaptation  et 
mise  en  scène  de  Gérard  Bourgeois.  iPe  épo- 
que. —  Gimm  et  sa  chienne  Ginette. 

io*   ARRONDISSEMENT 

Cinéma-Palace,  42,  boulevard  Bonne- 
Nouvelle. —  Héritière  d'un  jour.  —  Le  plus 
bel  enfant  de  France.  —  Pathé-Journal.  — 
Le  Renard  et  le  Corbeau.  —  L'Homme  aux 
trois  masques,  10e  épisode,  grand  ciné-ro- 
man.—  Les  chansons  filmées  de  Lordier. 
—  Attraction  :  M.  Corliu.  baryton. 

Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple.  — 
Tivoli-Journal.  —  Le  lièvre  cl  la  tortue,  des- 
sins animés.  —  l'athe-revue  n"  2ô.  — 
L'homme  aux  trois  masques.  10e  épisode  : 
[Yagique  méprise. —  La  lumèredu  Monde. 
comédie.  —  Quatre-vingt-treize,  drame, 
1"  époque. 

Crystal  Palace-Cinéma.   9.    rue  de    la 

Fidélité,  96,  faubourg  Saint-Denis.  — 
Nord  07-59.  —  Le  sens  de  la  mort,  drame 
philosophique  en   =;  parties.  Héritière 


d Un  jour,  comédie  en  4  parties.  —  Grand 
concours  de  bébés.  —  La  recolle  du  liège  eu 
Algérie,  instructif.  —  Palace-Journal,  actua- 
lités de  la  semaine. —  Attraction  :  Poulette 
de  Faix,  excentrique  moderne.  —  Lily 
Vertu,  avec  Huguette  Duflos. 

11e   ARRONDISSEMENT 

Vollaire-Aubert-Palace.  95.   rue  de  la 

Roquette.  —  Auberl-Journal.  —  Eddie  Polo 
dans  Le  roi  de  l'audace,  ciné-roman  en 
10  épisodes  publié  par  La  Presse,  7e  épi- 
sode :  L'écluse  de  la  mort.  —  Un  locataire 
indélicat,  comique.  —  La  Pocharde,  drame 
en  12  épisodes.  4e  épisode  :  Un  crime  dans 
les  ruines.  —  Pathé-Revue.  —  Charlie 
Chaplin  dans  Chariot  et  le  mannequin. 
comique.  —  Quatre-vingt-treize,  d'après 
l'œuvre  de  Victor-Hugo.—  En  supplément 
au  programme  :  Quel  est  le  plus  bel  enfant 
de  France,  grand  concours  organise  par  le 
journal  Le  Matin  (en  une  seule  semaine). 

Splendide-Cinéma.  3,  rue  Larochelle. 
Directeur    :   M.   Ch.    Roux.       -    Provence 

pittoresque,  plein  air.  —  Les  actualités  de 
Splendide-Cinéma.  —  Dans  les  Huniers. 
aventures. —  La  revanche  du  destin,  comé- 
die dramatique. —  L'Fpingle  rouge,  nou- 
velle dramatique. 

i3e  ARRONDISSEMENT 

Gobelins.  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 

—  Patbè-Journal.  —  Une  famille  de  toqués, 
scène  comique  jouée  par  LUI... —  L'homme 
aux  trois  masques,  cf  épisode  :  La  lutte  à 
mort.  —  La  Pocharde,  3e  chapitre:  La  mère 
aux  sept  douleurs.  —  Le  Gentilhomme 
pauvre,  drame. 

14e    ARRONDISSEMENT 

Gaîté.  rue  de  la  Gaité.  —  Pathé-Journal. 

—  Une  famille  de  toques,  comique  joué  par 
LUI...  L'Homme  aux  trois  masques,  10e  épi- 
sode :  Tragique  méprise.  —  La  Pocharde. 
Y  chapitre  :  La  mère  aux  sept  douleurs. — 
Le  Gentilhomme  pauvre,  comédie. 

15e  ARRONDISSEMENT 

Orenelle,  122.  rue  du  Théâtre.  —  Pathé- 
Journal. —  Une  Famille  de  toqués,  comique 
joue  par  LUI... —  L'homme  aux  trois  mas- 
ques. 10e  épisode  :  Tragique  méprise.  — 
La  Pocharde.  y*  chapitre  :  La  mère  aux 
sept  douleurs. —  Le  Gentilhomme  pauvre. 
comédie. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  115,  rue  Le- 
courbe.  Saxe  56-45.  —  Gaumont-actualités. 

—  /,.'  Champion,  comédie  sentimentale  et 
sportive  interprétée  par  Charles  Ray.  — 
La  chasse  aux  mille  lions,  comique.  —  Le 
plus  bel  enfant  de  France.  — Jeu  féminin. 
comédie  dramatique  avecElaineHammers- 
tein.  —  Voleurs  de  femmes,  lieépisode  : 
Dans  la  bourrasque.  —  Attraction  :  Strit, 
le  joyeux  imitateur  fantaisiste. 


Nous  demandons  à 

VOIR 

encore    une     fois 


Chariot      Soldat 

avec  CHARLIE  CHAPLIN 
SYDNEY  CHAPLIN 
et     EDNA     PURV1ANCE 


Terrible  Adversaire 

avec   DOUGLAS   FAIRBaNKS 
et      IEWEL     CARMEN 


Pour  sauVer  sa  Race 

avec     WILLIAM      HART 
Louise  GLAUM  et  Bessie  LOVE 


0     Le    Penseur     /& 

avec      ANDRE      NOX 


L'Homme  aux  Yeux  Clairs 

avec     WILLIAM      HART 


Le   Lys    et    la   Rose 

avec     L  I  L  I  A  N     G  I  S  H 
et       FRANK       MILLS 


d      Le     Silence      0 

avec     EVE      FRANCIS 
:-:     et     SIGNORET    :-: 


0    Œil  pour  Œil   0 

avec    SESSUE     HAYAKAWA 

0    Le     Faune    0 

:-:     avec     FEBO    MARI     :-: 


cinea 


Programmes    des   Cinémas    de    Paris 


Splendid-Cinéma-Palace,  60,  avenue 
de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-03.  M.  Messie, 
directeur.  —  Patbé-Journal.  --  Naples  et 
Sorrente,  documentaire.  —  Le  plus  beau 
bébé  de  France.  —  L'homme  aux  trois  mas- 
ques. 10e  épisode  :  Tragique  méprise. —  La 

1  roie.  grande  comédie  dramatique.  — 
L'oiseau  s 'envole,  comédie. —  Fridolin  démé- 
nageur, comique. —  Intermède  :  Due  Paul. 
chanteur  comique.  -■   Tous    les  jeudis  à 

2  h.  1/2  :  Matinée  spéciale  pour  la  jeunesse. 

Vaugirard-Cinéma.  rue  de  Vaugirard, 
273,  —  Programme  du  24  au  26  juin.  — 
Patbé-Journal,  actualités.  —  Le  mystère 
d'une  nuit  tragihue.  film  d'aventures.  — 
Fatty  bolchevik,  comique.  —  Attractions  : 
Le  délicieux  ténor  Vorelli,  dans  ses  der- 
nières créations.  Captai»  Brevdson  and 
Partner,  sensationnels  équilibristes  au  tra- 
pèze. —  La  Lutte  pour  la  vie.  d'après  le 
roman  d'Alphonse  Daudet.  —  Concours  du 
plus  bel  enfant  de  France. —  Programme  du 
27  au  30  juin.  —  Patbé-Journal,  actualités. 

—  Chariot  s'évade,  comique. —  La  Pocbarde. 
3e  épisode  :  La  mère  aux  sept  douleurs.  — 
Attractions  :  Trio  Anton,  marin'  act  acro- 
batie. Bemy's,  chanteur,  siffleur.  imitateur 
A  ton  bonheur,  comédie  dramatique  avec 
Gladys  Brockwell.  —  Concours  du  plus  bel 
enfant  de  France. 

i6<=     ARRONDISSEMENT 

Maillot-Palace-Cinéma,  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi 24  au  lundi  "27  juin.  —  Lusambo. 
plein  air.  —  La  pocbarde,  4e  chapitre  :  Un 
crime  dans  les  ruines.  —  La  chasse  aux 
mille  lions,  scène  comique. — Patbé-Journal. 
actualités.  —  Quatre-vingt-treize.  r<=  épo- 
que. —  Le  plus  beau  Bébé  de  France.  — 
Programme  du  mardi  28  au  jeudi  30  juin. — 
L'Homme  aux  trois  masques,  10e  épisode  : 
Tragique  méprise.  —  La  petite  châtelaine, 
comédie. — La  nuit  du  /?. drame. —  Eclair- 
Journal. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  —  Visite  éi 
Stockholm,  voyage. —  Tsoin-Tsoiu  et  la 
Torpille,  dessins  animés.  —  <  œur  en  exil. 
comédie  dramatique. —  Gaumout-aetualités. 

—  Les  Bas  de  Soie,  comédie.  —  Dandv 
danseuse,  comique. 

Mozart-Palace,  49,  51,  rue  d'Auteuil, 
16e.  —  Programme  du  24  au  27  juin.  — 
L'homme  aux  trois  masques,  10e  épisode  : 
«  Tragique  Méprise  ».  —  La  petite  Châte- 
laine, interprété  par  Bessie  Lowe.  —  La 
Nuit  du  1  ?.  scénario  et  mise  en  scène  de 
Henri  Fescourt.  —  Eclair  -  Journal.  — 
Programme  du  28  au  30  juin.  —  Lusambo, 
plein  air.  —  La  chasse  aux  mille  millons 
comique.  —  La  Pocbarde,  4e  épisode  : 
\<  Un  crime  dans  les  Ruines  ».  —  Patbé- 
Journal. — Quatre-vingt-treize,  en  2  époques, 
d'après  Victor  Hugo,  ire  époque.  —  Le 
blus  beau  Bébé  de  France,  concours. 


Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue 
Malakoff.  —  Les  deux  orphelines.  2e  époque. 

—  La  Petite  Châtelaine,  comédie.  —  Le 
Dieu  captif,avec  William  Hart. —  Le  salut 
de  Fatty,  comique. 

17e   ARRONDISSEMENT 

Ternes-Cinéma,   avenue  des  Ternes,  5. 

—  Les  animaux  fripons  —  Le  Tourbillon. 
10e  épisode  :  «  Face  à  face  avec  le  Fauve». 
Patbé-Journal,  actualités.  —  Stair  le  félon. 
drame.  —  Quel  est  le  plus  beau  Bébé  de 
France,  concours  du  Matin.  — Maggie,  la 
demoiselle,  de  magasin,  comédie.  —  Fatty 
bolchevick,  comique. 

Villiers-Cinéma,  21.  rue  Legendre.  - 
Direction  :  M.  Hermua.  —  Cannes,  plein 
air.  —  Eclair-Journal,  actualités.  —  Frido- 
lin chef  de  rayon,  scène  comique.  —  Le 
Roi  de  l'audace,  7e  épisode  :  «  L'Ecluse  de 
la  mort  ».  ' —  Jack,  médecin  malgré  lui. 
avec  William  Russell.  —  Intermède  : 
Danvers. 


Que  les  Lecteurs  de  \ 

c  i  n  é  a! 

■ 

nous  écrivent  fran=  \ 
chement  leurs  im=  I 
pressions  sur  les  \ 

m 

films  qu'ils  ont  Vus.  \ 


Cinéma    Demours,    7.     rue   Demours, 

Directeur:  M.  F.  Destannes. —  Wag. 77-66. 
Les  merveilles  du  nouveau  Mexique,  voyage. 

—  La  Lumière  du  monde,  comédie  d'aven- 
tures. —    Concours  du  plus  bébé  de  France. 

—  L'Homme  aux  trois  masques,  10e  épisode. 
Eclair-Journal,  actualités.  —  La  Vieille. 
comédie  dramatique. 

Batignolles-Cinéma,  59,  rue  de  la  Con- 
damine.  —  Programme  du  24  au  26  juin. 

—  Patbé-Journal.  —  La  Pocbarde,  4e  épi- 
sode: Un  crime  dans  les  ruines.  — Le  plus 
bel 'en faut  de  France. —  Quatre-vingt-treize. 
Ier  épisode.  —  Chariot  s'évade,  comique. — 
Programme  du  27  au  30  juin. —  Patbé- 
Journal. —  Le  mystère  d'une  nuit  tragique. 
film  d'aventures. —  Le  plus  bel  enfant  de 
France. —  Captain  Brevdson.  sensationnels 
équilibristes  au  trapèze.  —  Au  pays  des 
loups,  comédie  dramatique  avec  Charles 
Ray.  —  Fatty  bolchevik,  comique. 

Cinéma  Legendre,    12N.   rue  Legendre. 

—  Directeur:  A.  Jallon.  —  L'homme  aux 
trois  masques.  io°  épisode  :   Tragique  mé- 


■•■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■•■■■■■■■■■■■■■■•■•■■■■■■■■a 


Nous  demandons  à 


VOIR 


encore   une    fois 


La  Voix  des  A  ncêtres 

avec  HARRIET  BOSSE      ooo 


0    Les   Proscrits    0 

avec  VICTOR  SJOSTROM  oo 


0     Madame  Qui    ? 

avec  BESSIE  BARRISCALE  o 


Richesse    maudite 

avec  CHARLES   RAY     ooo 


00    La  'Bombe    00 

avec  HARRIETT  BOSSE   00 


00    Un    Ours    0  & 

avec    M  O  D  O  T  000      000 


Le  Retour  aux  Champs 

de  J.  DE  BARONCELLI     000 


Carmen  du  Klondyke 


0     Intolérance     0 

avec  MAE  MARSH,  LILIAN 
GISH,  BESSIE  LOVE, 
SEENA  OWEN,  ROBERT 
HARRON         000    000    000 


■■■■«■•■■•■■•■■■■■•■••■•■■■■■■■aiiiiiiiiiiiiiiiiiiB 


cinea 


■ 

Programmes   des    Cinémas   de    Paris 

; 

Nous   demandons  à 


prise.  —  Coucours  du  plus  bel  enfant  de 
France.  Joe  Je  marin,  comique  en  2  par- 
ties joué  par  le  chimpanzé  Joe  Martin.  — 
La  légende  du  saule,  drame  avec  Viola 
Dana.  —  Intermède  :  Gaston  Pary,  comé- 
dien chanteur  fantaisiste.  —  Legendre-Ac- 
tualités. 

18e  ARRONDISSEMENT 

Barbes-Palace,  34.  boulevard  Barbes, 
Direction  :  L.  damier.  —  Nord  3^-68.  — 
Quatre-vingt-treize,  1"'  époque.  —  Cœur  de 
inannequin,  comédie  sentimentale. 
Concours  du  plus  bel  enfant  dé  France. — 
L'homme  aux  trois  masques,  10e  épisode  : 
Tragique  méprise.  —  Attraction  :  Les  Pol- 
liardis,  patineurs. 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43, 
—  Maurice  Robert,  directeur.  —  Les 
Actualités  Mondiales.  —  Chariot  sauveteur, 
comique.  —  Le  drame  des  Eaux-mortes, 
d'après  le  roman  de  Charles  Foley.  — 
L'Homme  aux  trois  masques,  10e  épisode  : 
Tragique  méprise.  —  Attraction  :  Gabriel 
I.ordv.  le  roi  de  la  mandoline.  Nord  49-24. 

Montcalm-Cinéma.  134,  rue  Ordener. — 
Actualités  Gaumont.  —  Dandv  tient  ta 
bonne  place,  comique  — La  lutte  pour  la  vie 
drame.  —  La  Pocharde,  4e  époque.  —  Vo- 
leurs de  femmes.  10e  épisode. —  Sur  scène  : 
Dalcourl.  le  fin  diseur. 

Petit  Cinéma,  124.  avenue  de  Saint- 
Ouen.  —  Une  visite  àSéville,  plein  air.  — 
Simple  histoire,  comédie  comique.  —  La 
culotte  de Fatty,  comique.  —  Cœur  de  Titi. 
drame  en  cinq  parties, joué  par  Montéhus. 

Palais-Rochechouart,  56,  boulevard  Ro- 
chechouart. —  Pathé-Revue.  —  Eddie  Polo 
dans  Le  roi  de  l'audace,  ciné-roman  en 
10  épisodes  publié  par  La  Presse.  7e  épi- 
sode :  L'écluse  de  la  mort.  —  Un  locataire 
indélicat,  comique. —  La  Pocharde,  grande 
série  française.  10  épisodes,  d'après  le  célè- 
bre roman  de  Jules  Marv.  4e  épisode  :  Un 
crime  dans  les  ruines.  —  Anbert-Journal. 
les  actualités  du  monde  entier.  —Quatre- 
vingt-treize,  d'après  l'œuvre  de  Victor- 
Hugo.  —  En  supplément  au  programme  : 
Quel  est  le  plus  bel  enfant  de  France  ? 
grand  concours  organise  par  le  journal 
Le  Malin  (en  une  seule  semaine). 

Marcadet-Cinéma-Palace,       110,      rue 

Marcadet.  Angle  rue  du  Mt>nt-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81.  —  Quatre-vingt-treize,  avec 
Henry  Krauss.  d'après  l'œuvre  immortelle 
de  Victor  Hugo.  —  Chariot  s'évade,  comi- 
que.— /.,/  Pocharde.  4"  chapitre  :  Un  crime 
dans  les  ruines.  —  Coucours  du  plus  beau 
h<  h,  de  France,  organisé  par  Le  Malin.  — 
Pathé-Revue.  —  Pathè-Journal,  actualités. 
Attraction  :  Paras,  imitateur  de  grands 
compositeurs  de  musique  et  de  types 
comiques. 


Jeudi  30  juin  a  8  h.  45.  Grande  soirée  de 
Gala  :  Les  Cloches  de  Corueville.  opérette  en 
3  actes  de  R.Planquette. Orchestre  et  chœur 
de  50  exécutants  sous  la  direction  de 
M.  Monteux-Brisac.La  location  est  ouverte. 
Retenez  vos  places  au  plus  tôt, 

19e     ARRONDISSEMENT 

Secrétan,  7.  Avenue  Secrétan,  Pathè- 
Journal. —  Pathé-Revue  n°i6.  —  L'Homme 
aux  trois  masques,  10''  épisode:  Tragique 
méprise.  —  La  Pocharde.  4e  chapitre  :  Un 
crime  dans  les  ruines.  —  Quatre-vingt- 
treize,  i'1'  époque. 

Alhambra-Cinéma.  22,  boulevard  de  la 
Villette. —  Directeur-propriétaire,  M.  Vic- 
tor Deunier.  —  Potiron  homme  invisible. 
comique.  —    L'Homme  aux  trois  masques. 

—  Actualités- Pathê.—  La  Pocharde.  y  épi- 
sode. -  -    Les   Naufragés   du    sort,  drame. 

—  Les  chansons  filmées  de  G.  Lordier. 

20e    ARRONDISSEMENT 

Paradis-Aubert-Palace,  42.  rue  de  Bel- 

leville.   —  Les  deux  bambochenrs.  comique. 

—  Fille  de  rien,  drame.  —  Attraction  : 
Hamel  dans  son  répertoire.  —  Le  roi  de 
l'audace,  ciné-roman  en  10  épisodes,  70  épi- 
sode :  L'écluse  de  la  mort.  —  L'impossible 
aven,  comédie  dramatique.  —  En  supplé- 
ment au  programme  :  Quel  est  le  plus  bel 
enfant  de  France  ?  grand  concours  orga- 
nisé par  le  journal  Le  Matin,  en  une  seule 
semaine. 

BANLIEUE 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (Le 
vallois).  Wagram  04-91.  —  Un  drame 
sous  Napoléon,  en  2  époques. — La  pocharde. 
grande  série  française  en  12  chapitres. 
2e  chapitre.  —  L'homme  aux  trois  masques, 
10e  épisode.—  Courses  de  taureaux  à  Lunel. 

—  Attraction  :    Les  Prady's,  duettistes. 

Fontenay-Cinéma,  8,  rue  Boucicaut. 
(Fontenay-aux-Roses).  —  Programme  du 
23  et  26  Juin.  —  Le  Spitzberg.  panorama. 

—  Némésis,  l'œuvre  de  Paul  Bourget.  — 
Les  Deux  Gamines,  11e  épisode.  —  Un 
grand  couturier,  comique. 

Montrouge.  —  Une  biscuiterie  moderne, 
documentaire. — Montrouge-actualités.  faits 
divers  mondiaux.  --  L'homme  aux  trois 
masques,  io°  épisode  :   Tragique  méprise. 

-  Un  homme  en  loterie,  comédie  gaie.  — 
Le  lièvre  et  la  tortue,  d'après  la  fable, 
dessins  animés.  —  Le  sens  de  la  mon'. 
drame.  —  La  chasse  aux  mille  lions,  comi- 
que. 

Clichy.  —  Pathe- Journal.  —  Pa/he  Revue 
11"  2Ô.  —  L'Homme  aux  trois  masques. 
10-  épisode  :  Tragique  méprise.  —  La 
Pocharde.  4''  chapitre:  Un  crime  dans  les 
ruines.  Quatre-vingt-treize,     d'après 

1  œuvre  de  Victor-Hugo. 


V01  R 


encore     une     fois 


Une    Vie    de    Chien 

avec  CHARLIE    CHAPLIN 


DaVid    Garrick 

avec    DUSTIN     FARNUM 


Le   Trésor    d'Arne 

avec    MARY     JOHNSON 


La  Conquête  de  l'Or 

000     avec    BESSIE     LOVE 


Les    Frères     Corses 

avec    KRAUSS     et     ROUSSEL 


L'auberge  du  signe  du  loup 


00    00    00    00 


de    Th.    H.    INCE 


Une  Aventure  à  New- York 

avec   DOUGLAS  FAIRBANKS 


M    i    c    k    e    y       6) 

avec    MABEL     NORMAND 


Olivier        Twist 

oo  o.    avec    MARIE     DORO 


La      Dette     a 

avec  DOROTHY  PHILIPPS 


Les    Corsaires 

avec      L  I  L  I  A  N       G  I  S  H 


cinea 


HUGUETTE DUFLOS 

La  jolie  interprète  de  tant 
de  films  français  ne  cesse 
pas    de    travailler    et    de 

développer  à  chaque  créa- 
tion   ses   dons    peu   com- 
muns de  grâce,  de  finesse 
et  de  sensibilité. 


cinea 


Les    Films   d'aujourd'hui 


Feu  des  Quatre  Fers. 

Joyeux  ou  triste,  éclairé  par  le  sou- 
rire de  Douglas  Fairbanks  ou  enno- 
bli par  la  gravité  désintéressée  de 
William  Hart.le  roman  de  chevalerie, 
doublement  chevaleresque  par  les 
grands  sentiments  qui  l'inspirent  et 
par  le  rôle  important  qu'y  joue  la 
pins  noble  conquête  de  l'homme,  con- 
tinue à  charmer  les  foules,  «nonobs- 
tant les  railleries  de  Miguel  Cervantes 

Sans  atteindre  à  la  hauteur  des 
Amadisjet  des  Galaor,  William  Rus- 
sell  est  un  notoire  et  méritant  cheva- 
lier. Il  monte  un  cheval  pie  éminem- 
ment photogénique,  si  beau  sous  les 
rayons  de  la  lune  I  Les  montagnes 
arides  et  les  plaines  parsemées  de 
palmiers  nains  forment  le  cadre  le 
plus  adéquat  à  des  exploits  ;  deux 
jolies  partenaires,  l'une  brune  et 
l'autre  blonde,  chez  qui  la  passion 
n'exclut  pas  la  noblesse  des  senti- 
ments, le  secondent  fort  agréable- 
ment. 


Aube  Rouge. 

Drame  émouvant  qui  le  serait  da- 
vantage s'il  était  plus  concentré  et 
débarrassé  d'épisodes  parasites. 

Pourquoi,  lorsqu'on  présente  une 
actrice  qui  brille  surtout  par  l'expres- 
sion dramatique,  insister,  à  chaque 
sous  titre  sur  sa  grâce  et  sa  beauté  ? 


L'oiseau  s'envole. 

Dans  le  cadre  désormais  classique 
de  représentations  théâtrales,  cos- 
tumes, danses,  public  avec  un  sujet 
assez  quelconque  et  le  joli  talent  de 
Dorothy  Philipps. 


En  terre  Sarde. 

Alors  que  les  littératures  améri- 
caines et  Scandinaves  surgissaient 
du  peuple  (Bret  Harte,  Bjornson)  les 
littératures  françaises  et  italiennes 
restaient  œuvres  de  cour,  faites  pour 
une  élite,  pour  un  public  restreint  de 
blasés,  de  délicats,  de  snobs. 

Comment  peut-on  s'étonner,  dans 
ces  conditions,  de  voir  produire  en 
Amérique  et  en  Suède  des  films  vrai- 
ment populaires,  propres  à  atteindre 


partout  l'esprit  et  le  cœur  des  masses, 
alors  que  la  France  et  l'Italie  piéti- 
nent dans  le  roman  mondain? 

Le  film  italien  peut  et  doit  reprendre 
racine  dans  le  sol  natal.  En  terre 
Sarde,  sans  réaliser  absolument  un 
programme,  indique  une  voie. 


La  chemise  de  Teddy. 
La  fiancée  du  Cowboy. 

11  paraît  que  ce  sont  deux  films  dif- 
férents. Je  ne  l'aurais  pas  supposé. 
Mais  comme  les  cowboys  m'amusent 
autant  que  m'ennuie  la  psychologie 
conventionnelle  desdrames  mondains 
d'Outre-Atlantique,  je  l'ai,  —  ou  les 
ai  —  vus  avec  plaisir  sans  être  ca- 
pable de  les  distinguer. 


Aziz-Bey  anarchiste,  le  Vo- 
yage de  Danrit,  etc. 
Lorsqu'on  a  un  peu  trop  ri  au  spec- 
tacle d'un  film  tragique,  il  est  bon 
qu'un  peu  d'ennui  viennent  vous  re- 
poser et  détendre  vos  nerfs.  Toutefois 
certains  abusent... 


Le  champion. 

Il  est  curieux  de  voir  arriver  d'Amé- 
rique une  satire  contre  l'excès  des 
sports.  Charles  Ray  est  excellent 
comme  d'habitude  dans  un  film  qui 
ne  sort  pas  de  la  bonne  moyenne. 


La  Rep  résaille. 

Il  y  aurait  trop  de  mal  a  dire  de  la 
conception,  de  l'exécution,  de  l'inter- 
prétation, et  Clara  Wieth  a  assez  de 
talent  pour  qu'une  erreur  aussi  com- 
plète dont  à  vrai  dire  l'auteur  du  film 
est  principalement  responsable  ne 
compte  pas  dans  sa  carrière. 


La  lumière  du  monde 

Pour  May  Allison,  l'univers  est 
planté  de  saules,  vers  lesquels  elle 
fuit  sans  cesse,  ne  négligeant  point 
toutefois  de  se  laisser  voir,  mais 
jamais  assez  au  gré  de  nos  désirs. 
Car  il  s'exhale,  de  ses  bonds,  de  son 


sourire,  de  son  corps  dont  chaque 
geste  révèle  la  grave  et  saine  beauté, 
un  parfum  de  sensualité  franche, 
chaste,  presque  animale.  Ce  sont  les 
fleurs  savoureuses,  mieux  que  des 
fleurs,  presque  des  fruits,  que  porte 
la  vieille  et  robuste  plante  anglaise, 
bouturée  dans  le  sol  luxurieux  et  en- 
soleillé de  Dixie. 

Il  faut  le  sadisme  d'un  metteur  en 
scène  américain  pour  nous  montrer 
cette  créature,  faite  pour  l'amour,  en 
train  de  boxer  avec  son  frère  ou  de 
se  déguiser  en  apache  mâle,  avec 
des  moustaches,  de  faire  passer  mon- 
sieur son  papa  par-dessus  son  épaule 
dans  un  mouvement  savant  de  lutte, 
de  terrasser  des  cambrioleurs  — 
après  s'être  mise  en  robe  de  bal  —  et 
de  recouvrer  des  diamants  volés.  Tou- 
tefois ses  armes  de  femme  ne  sont 
point  émoussées,  et  entre  temps  elle 
rafle  sans  scrupule  aucun  le  fiancé 
de  sa  sœur,  qui  est  vieille,  laide,  et 
par  conséquent  ne  mérite  pas  de 
pitié 

On  voudrait  voir  May  Allison  dans 
un  film  encore  plus  bête,  si  possible, 
que  La  Fille  des  Dieux,  où  il  n'y 
aurait  point  d'histoire,  mais  simple- 
ment un  beau  corps,  aussi  remuant, 
aussi  bondissant,  aussi  frémissant  et 
aussi  révélé  que  possible. 


Marouf 

Aller  tourner  en  Tunisie  un  conte 
des  Mille  et  une  nuits,  c'était  une  ten- 
tative intéressante;  j'en  attendais  le 
résultat  avec  sympathie.  Pourquoi 
ai-je  été  déçu?  Je  vois  deux  raisons 
principales.  Tout  d'abord  c'est  une 
erreur  de  croire  que  l'atmosphère 
des  Mille  et  une  nuits  coïncide  avec 
l'atmosphère  réaliste  de  l'Orient  con- 
temporain. Pour  nous,  comme  pour 
l'arabe  qui  les  écoutait  au  moyen- 
âge,  ces  contes  se  passent  dans  un 
pays  de  rêve.  Les  palais  y  sont  neufs, 
les  hommes  jeunes  et  beaux,  les 
femmes  divinement  jolies.  Que  nous 
offre  Marouf?  Ne  parlons  pas  de  la 
plastique  des  interprètes,  mais  voit- 
on  la  fille  des  sultans  entourée  de 
ses  trois  figurantes?  11  faudrait  une 
foule  d'esclaves  toutes  jeunes  et 
jolies.  Nous  rêvons  de  voir  danser 
devant  nous  les  plus  beaux  et  les 
plus  dévoilés  des  corps  d'hommes  ou 


cinéa 


de  femmes,  parmi  des  palais  de 
marbre,  et  non  point  une  Ouled  Nayl 
quelconque  dans  un  café  maure...  A 
cet  égard  une  comparaison  s'impose 
avec  deux  autres  contes  :  La  Sultane 
de  l'amour  et  La  Fille  des  dieux. 
Nul  doute  que  celui  qui  ait  eu  l'idée 
la  plus  juste  de  l'atmosphère  à  créer 
ne  soit  M.  Frantz  Toussaint;  et  s'il 
avait  disposé  des  ressources  finan- 
cières, pittoresques  et  plastiques  qui 
ont  permis  d'encadrer  avec  plus  de 
splendeur  que  de  goût,  l'admirable 
corps  d'Annette  Kellermann,  il  aurait 
fait  de  grandes  choses. 

En  second  lieu,  je  reprocherai  aux 
auteurs  deAfaroH/'d'avoirvu  l'Orient 
du  dehors;  d'avoir  fait  du  placage, 
réalisé  une  enfilade  de  documen- 
taires, non  point  une  œuvre  vivante. 
Revenons  toujours  à  la  leçon  du 
Nord  :  les  personnages  des  Sagas 
nordiques  ne  cherchent  pas  à  nous 
montrer  combien  pittoresquement 
ils  sont  Scandinaves  ;  ils  vivent  natu- 
rellement dans  leur  cadre  familier, 
et  le  détail  topique  ressort  spontané- 
ment. C'est  exactement  le  contraire 
lorsque  nous  mettons  en  scène 
l'Orient  (ou  l'Extrême...)  on  sent  que 
l'auteur  passe  son  temps  à  se  deman- 
der comment  on  peut  être  Persan, 
Arabe  ou  Chinois.  Ainsi  se  com- 
mettent des  fautes  de  goût  telles  que 
l'introduction,  dans  la  symphonie 
joyeuse  qui  célèbre  un  mariage, 
d'exercices  d'Aïssaouas. 

De  beaux  paysages,  de  belles  pho- 
tographies... mais  c'est  de  la  photo- 
graphie; les  cascades  fumantes  des 
Proscrits,  c'était  de  la  vie... 


Les  yeux  morts 

Qui  ne  serait  touché  de  voir  cette 
belle  jeune  femme  abandonner  son 
riche  et  vieux  soupirant  pour  se 
consacrer  à  un  aveugle  de  guerre; 
et  par  quel  joli  geste  elle  lui  avoue 
son  amour  en  l'embrassant  sur  les 
lèvres!  Il  doute;  n'est-ce  pas  de  l'ad- 
miration, de  la  pitié?  Pour  l'ôter  de 
ce  doute,  elle  l'embrasse  de  nouveau 
sur  les  lèvres.  Cela  nous  suffirait; 
l'auteur  tient  à  nous  montrer  le  ma- 
riage à  l'issue  duquel,  sous  l'œil 
paterne  du  clergyman,  ils  s'em- 
brassent sur  les  lèvres.  Mais  ces  ma 
riages  tournent  souvent  mal;  elle 
est  danseuse,  il  est  pauvre  ;  nous 
sommes  inquiets.  Rassurez-vous  :  on 
nous  les  montre  deux  ans  après;  ils 


ont  un  enfant  et  s'embrassent  sur  les 
lèvres... 

Eh  bien,  malgré  tout,  Elsie  Fergus- 
son  est  si  vivante,  si  pathétique,  si 
jolie,  qu'il  faut  aller  la  voir.  Et  il  y 
a  des  passages  parfaits  :  le  repas  en 
tète  à  tête,  la  promenade  dans  le 
parc,  la  déclaration  sur  le  banc  si 
délicatement  jouée  par  les  deux 
acteurs. 

Ce  film  soulève  également  une 
question  intéressante  :  celle  de  l'éclai- 
rage des  intérieurs.  En  cette  matière 
il  y  a  deux  objectifs  à  atteindre  et  il 
est  impossible  de  les  atteindre  simul- 
tanément. 

Si  l'on  veut  montrer  des  scènes 
vivantes,  réelles,  plausibles,  on  s'ef- 

■  • 
j  Le  cinéma   est   une  langue  j 

\  internationale  mais  qui  doit  \ 

■  ■ 

:  justement  servir  à  répandre  \ 

■  ■ 

|  et  à  communiquer  la  person=  \ 

•  nalité  de  chacun.  Les  Amé=  \ 
i  ricains  y  sont  Américains,  : 

■  ■ 

:  les  Suédois  y  restent  Suê=  : 

•  dois,   les   Allemands  s'y] 

■  ■ 

:  affirment  Allemands  —  nous  : 

■  ■ 

[demandons  aux  cinégra=\ 
j  phistes  russes  d'être  Russes,  j 

■  ■ 

■  aux  anglais  d'être  Anglais,  \ 

m  m 

\et   aux    français    d'être] 

[français] 

■  ■ 

forcera  de  faire  partir  l'éclairage  de 
la  fenêtre,  des  lampes,  des  torchères, 
des  lustres.  Si  l'on  veut  mettre  en 
valeur  des  jeux  de  physionomie,  on 
entrecroisera  des  projecteurs  in- 
tenses venant  de  tous  les  côtés  ;  mais 
alors  les  lumières  qui  sont  censées 
éclairer  la  pièce  paraîtront  absurde- 
ment  pâles,  et  les  ombres  seront 
invraisemblables. 

Pour  ne  parler  que  des  films  qui 
sortent  cette  semaine,  certains  pas- 
sages de  la  Lumière  du  monde,  le 
salon,  très  réussi,  qu'on  montre  au 
début  de  la  Trentième  Perle  pro- 
cèdent de  la  première  esthétique.  Au 
contraire  les  éclairages  des  Yeux 
morts  sont  délibérément  destinés  à 
souligner  les  jeux  de  physionomie, 
aux  dépens  de  toute  vraisemblance 
architecturale  ou  scénique. 

Dans  une  antichambre,  située  au 
milieu  de  la  maison  et  dont  on  ne 
voit  pas  les  ouvertures,  il  semble  que 


deux  ou  trois  soleils  venant  de  direc- 
tions différentes,  s'entrecroisent... 

On  goûtera  toutefois,  lors  de  la 
scène  du  repas,  le  fond  chatoyant, 
frémissant,  imitant  un  feuillage,  sur 
lequel  se  détachent  les  visages 
expressifs  et  bien  éclairés  d'Elsie 
Eergusson  et  de  sa  partenaire  autre- 
ment mieux  que  sur  le  hideux  velours 
noir... 


La  femme  sauvage 

C'est  La  Fille  sauvage  de  M.  de  Cu- 
rel  transposée,  mais  au  point  amélio- 
rée. On  a  toujours  plaisir  à  voir  Clara 
Kimball  Young,  mais  pas  toujours 
autant  de  plaisir. 


Le  fils  de  son  père. 

Que  de  joailliers  en  une  seule  se- 
maine !  On  aurait  dû  évidemment 
marier  le  fils  de  ce  joaillier  là  avec 
la  fille  de  joaillier  que  personnifie 
May  Allison.  Il  se  seraient  apporté 
réciproquement  en  dot  «  L'œil  de  la 
Mer  »  et  «  La  Lumière  du  monde  »  et 
en  y  joignant  la  «  trentième  perle  » 
plus  les  vingt  neuf  autres  cela  leur 
aurait  fait  un  fonds  de  commerce. 


La  trentième  perle. 

Encore  des  bijoux  T  On  remarquera 
un  début  charmant  comme  éclairage, 
comme  groupement,  comme  compo- 
sition. Ensuite  on  ne  remarquera 
plus  grand  chose. 


Caprice  du  Destin. 

.. .  So]e  mio...  la  sérénade  de  Caval- 
leria  Rustieana...  la  Tosca...  le  brin- 
disi  de  la  Traviata...  et  Fabienne  Fa- 
brèges. 

La  Lutte  pour  la  vie. 

Il  parait  que  ce  titre  appartient  aux 
ayants  droit  d'Alphonse  Daudet. 
J'aurais  plutôt  cru  que  c'était  à  ceux 
de  Charles  Darwin;  mais  la  propriété 
littéraire  ne  eommence  à  exister  que 
lorsque  ce  sont  les  autres  qui  vous 
volent.  L'histoire  qu'il  précède  est 
assez  pénible,  sauvée  dans  une  cer- 
taine mesure  par  le  talent  d'Alice 
Brady,etde  son  excellent  partenaire. 
D'ailleurs  si  c'était  un  film  allemand, 
on  nous  raconterait  qu'il  a  été  fait 
afin  de  déconsidérer  l'Amérique. 

Lionel  Landry. 


0 


cinea 


M      NOTES 


M 


Impressions 
0  d'Écran  £> 


Quelques  jours  en  Allemagne. 
Quelques  films. 

• 

Monika  Vogélsang.  -  La  pièce  de 
Félix  Philippi  aboutit  à  un  film 
romantique  dont  le  ton  fait  penser 
aux  drames  russes  mondains  <>u 
aux  tragédies  historiques  italien- 
nes. Il  n'y  a  d'Allemand  qu'une 
insistance  bien  sadique  à  montrer 
sous  toutes  ses  faces  la  pendaison 
du  héros.  Et  un  détail  digne  du 
théâtre  de  Victor  Hugo  :  quand  on 
passe  la  eorde  au  cou  d'Hernani  (je 
l'appelle  Hernani  parce  que  j'ai 
oublié  son  vrai  nom),  Monika,  la 
blonde  Monika  s'écroule  au  pied 
de  la  potence  en  ramenant  sur  son 
visage  un  voile  de  deuil.  Quand  on 
la  relève,  quand  on  écarte  le  voile, 
les  cheveux  blonds  sont  devenus 
tout  blancs.  Et  c'est  fini. 

Ilenny  Porten,  idole  de  toute  la  Ger- 
manie, est  belle.  Elle  serait  fade  et 
froide  comme  une  statue  premier 
empire,  si  quelque  chose  de  dur  ne 
marquait  son  visage  placide.  Elle 
évoque  souvent  Lyda  Borelli  par 
sa  tenue,  son  équilibre  d'attitudes, 
sa  dignité  toujours  sereine  et  mai- 
tresse  de  soi.  Mais  l'orgueil  de 
Lyda  Borelli  n'était  qu'une  virtuo- 
sité sensuelle.  L'orgueil  d'Henny 
Porten  est  de  l'orgueil. 

Et  parfois  elle  a  de  la  puissance. 


Der  gang  in  die  nacht  (le  chemin 
dans  la  nuit). 

Tout  ce  long  film  est  intelligent.  Les 
levons  américaines  y  ont  été  em- 
ployées et  assimilées.  Il  est  agréable 
de  voir  un  film  où  l'on  s'est  plus 
soucié  de  la  ligne  générale  et  du 
rhytme  que  du  détail  inutile  et  joli. 
J'ai  été  frappé  notamment  par  le 
sens  du  gros  plan  :  il  n'est  jamais 
utilisé  en  vain,  il  vient  toujours  à 
son  heure  et  dans  un  mouvement 
juste. 

Olaf  Fons  et  Conrad  Feidt  sont  inté- 
ressants mais  «  théâtre  ».  Et  Erna 
Morena  est  remarquable  dans  une 
partie  du  film  qui  est  d'ailleurs  l'at- 
traction de  l'œuvre  :  dans  la  cam- 
pagne et  sur  la  mer  se  déchaîne 
une  tempête  terrible,  et  pendant 
que  l'ouragan  se  déchaîne  sur  la 
maison,  la  femme,  seule  et  trem- 
blante, sent  tout  une  autre  tempête 
non  moins  violente  monter  en  elle. 
C'est   une  espèce   de  monologue  de 


trois  cents  mètres  qui  a  une  vi- 
gueur admirable.  Les  accessoires 
(décors,  meubles,  robes,  etc.)  y 
sont  précis  et  vivants.  Et  Erna 
.Morena  a  l'élan  inquiétant  qu'il 
faut  pour  nous  entraîner  dans  ce 
quart  d'heure  de  trouble,  d'ivresse 
nerveuse,  de  demi-folie. 


La  plupart  des  films  allemands  qu'on 
voit  en  Allemagne  sont  profondé- 
ment allemands. 

Je  voudrais  que  de  la  plupart  des 
films  français  qu'on  voit  en  France 
on  puisse  dire  :  Comme  c'eut  Fran- 


Lotte  Neumann  est  affichée  à  tous 
les  coins  de  rues.  Voici  Arme  Thea. 

Voici  Der  Klafperstorchverband. 
Voici  des  douzaines  de  films  ge- 
miïtlich  avec  Lotte  Neumann.  Elle 
est  au  delà  du  Rhin  ce  que  Mary 
Pickford  est  au  delà  de  l'Atlan- 
tique. On  l'adore. 

Je  crois  que  nous  ne  l'adorerons 
jamais. 

• 

Des  films  de  publicité  charmants.  Ils 
sont  aussi  bètes  que  dans  d'autres 
pays  mais  d'une  exécution  telle- 
ment soigneuse,  intelligente,  ha- 
bile, qu'on  ne  peut  pas  les  suivre. 


Des  films  de  propagande  aussi 
Quand  les  services  de  propagande 
du  Reich  lancent  quelque  chose,  ils 
ne  croient  pas  devoir  y  épingler  l'éti- 
quette :  Propagande  allemande. 
Dont  acte. 

• 

Dans  la  plupart  des  salles  on  est 
très  bien  assis  pour  un  ou  deux 
marks,  le  personnel  ne  vous  en- 
gueule pas,  les  ouvreuses  ne  de- 
mandent rien,  le  gérant  vient  (avec 
le  sourire)  vous  faire  cadeau  du 
programme,  il  y  a  de  l'air  dans  la 
salle,  et  l'orchestre  ne  joue  pas 
toutes  les  semaines  la  même  chose. 


Tout  cela  n'est  rien.  Une  seule  chose 
est  admirable  :  l'Allemagne  est  le 
pays  où  un  cinégraphiste  peut  es- 
sayer ee  qu'il  veut  sans  être  écar- 
telé  par  les  banquiers,  par  les 
loueurs,  par  la  censure  et  par  ses 
camarades. 

Louis  Dei.i.ic. 


Dorothy  Philipps 

Vieil  or  et  topaze.  Héroïnes  d'Ibsen. 
Teagowns.  Pénélope. 


Anna  Q    Nillson 

Mélisande.  Dames  enveloppées  de 
fourrures  dans  des  droskys.  Iris. 
Lueur  de  feu  sur  la  neige. 


Juanita  Hansen 

Kimonos  noir  et  or.  Tulle  perlé. 
Lis  jaunes.  Vase  d'ambre  et  de  jade 
sur  un  meuble  de  bois  de  teck. 


Pola  Negri 

La  belle  dame  .sans  merci.  Kreis- 
ler  jouant  le  Caprice  viennois.  Les 
Superfemmes,  des  romans  de  Ter- 
hune.  Un  jupon  de  dentelle  jeté  sur 
un  prie-dieu. 


Helen  Jérôme  Eddy 

Lueurs  vacillantes  sur  une  eau 
calme.  La  sœur  aînée.  Fleurs  d'her- 
bier. Conduis-nous,  Sainte  Lumière 
joué  sur  un  harmonium  de  salon. 


Elsie  Janis 

L'orchestre  Hickman.  Un  lutin  qui 
a  grandi.  Lucioles.  Yvette  Guilbert, 
édition  1921. 


Louise  Huff 

Kentucky.  Joues  rougissantes.  Ro- 
ses-thé jaunes  et  fougères. 


Pauline  Starke 

Montagne  du  Tennessee.  Homes-, 
pun.  Jours  de  pluie.  La  lumière  de  la 
lampe. 

Lolisk  Fazknda. 


cinea 


11 


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LE  LYS  DE  LA  VIE 

Voici  de  brefs  aperçus  du  film  que  Miss  Loïe  Fuller  réalisa 

d'après  le  conte  de  S. M.  la  Reine  de  Roumanie  et  qui  apporte 

à  l'art  muet  des  notations  d'un  goût,   d'un   esprit,  d'un 

style   qui    nous    enchantent    —    et    vous    enchanteront. 

12 


cinea 


TANIA     DALEYME 
dans  La  BclL-  Dame  sans  merci  de  Germaine  Dulac 


POUR    LE    NU    PHOTOGÉNIQUE 


A  Mademoiselle  N...,  du  théâtre  X... 

Vous  avez  refusé  le  rôle,  chère 
amie;  vous  n'avez  pas  voulu  tourner 
la  scène  du  bain... 

...  D'un  geste  simple  vous  deviez 
rejeter  le  peignoir  épais  qui  tombait 

—  en  ralenti  —  découvrant  successi- 
vement la  courbure  symétrique  des 
épaules  —  le  galbe  du  dos  qui  s'effile 

—  l'épanouissement  des  hanches, 
flancs  de  l'éternelle  amphore  de  vo- 
lupté, la  ligne  fuselée  des  cuisses, 
l'imperceptible  renflement  du  genou... 


Vous  descendiez  les  marches  de 
marbre,  et  l'arête  de  la  plus  haute 
masquait  peu  à  peu  votre  corps  dont 
l'harmonieux  et  flexible  balancement 
accusait  le  rythme  de  la  descente. 
Lorsque  l'eau  vous  enveloppait 
jusqu'à  la  ceinture,  vous  vous  retour- 
niez ;  mais  comme  il  était  là,  vous 
regardant,  un  geste  instinctif  croi- 
sait vos  bras  sur  votre  poitrine.  Puis 
le  sourire  timide  devenait  triom- 
phant, vos  bras  s'ouvraient  en  un 
mouvement  d'offrande  et  tout  votre 
être  disait  que  vous  étiez   heureuse 


et  fière  d'être  belle  et  de  l'être  pour 
lui... 

Vous  avez  refusé  le  rôle,  et  vous 
avez  proféré  des  paroles  amères. 
Vous  ne  m'avez  point  caché  qu'il  y  a 
une  hiérarchie  des  genres,  qu'on  ne 
demande  pas  à  un  second  prix  du 
Conservatoire  de  doubler  Mlle  Dher- 
lys;  vous  avez  pris  acte  de  ce  que 
nous  n'avons  pas  toujours  été 
qu'amis  pour  m'accuser  de  jouer  un 
vilain  personnage,  pour  déclarer 
que,  si  je  voulais  vous  faire  des- 
cendre dans  une  piscine,   aux  acela- 


cmea 


13 


mations  d'un  peuple  immense,  vous 
pouviez  bien,  moi,  dans  l'intimité, 
me  renvoyer  à  l'aquarium  qui  cons- 
tituait mon  habitat  normal. 

J'ai  courbé  la  tête,  j'ai  baisé  la 
main  qui  me  frappait.  Vos  raisons, 
chère  amie,  sont  excellentes.  Mais 
comment  voulez-vous  que  je  les 
comprenne? 

Notre  métier,  à  nous  autres  au- 
teurs, acteurs,  est  de  vendre  en  dé- 
tail, à  la  foule  qui  s'en  amuse  (ou 
qui  ne  s'en  amuse  pas,  et  c'est  encore 
plus  dur)  notre  corps  et  notre  âme, 
nos  gestes  et  nos  sentiments,  notre 
cœur  et  notre  peau. 

...  Qu'il  est  loin,  ce  matin  un  peu 
brumeux  de  septembre  où,  devant 
moi,  elle  est  entrée  dans  l'eau.  Ce 
n'était  pas  en  descendant  des  mar- 
ches de  marbre;  les  piscines  monu- 
mentales ne  servent  au  poète  que 
pour  y  dévêtir  d'idéales  amantes.  A 
cette  époque  là  —  vous  doutiez-vous 
quej'étais  si  vieux?  —  ily  avait  encore 
sur  la  côte  Bretonne,  mille  petites 
plages  solitaires  où  une  Parisienne, 
au  lieu  d'aller  au  bourg  acheter  du 
fil  vert,  pouvait  baigner  son  jeune 
corps  sous  les  yeux  extasiés  d'un 
amant.  Elle  a  eu  ce  geste  instinctif 
de  croiser  les  bras...  Maintenant  elle 
est  veuve,  elle  a  des  cheveux  gris, 
elle  vient  de  marier  sa  fille,  et  si  elle 
va  au  cinéma,  se  souviendra-t-elle? 
Cela  n'empêche  pas  que  je  la  vends, 
pour  huit  centimes  le  mètre  de  né- 
gatif? 

Suis-je  seul  coupable?  Vous  avez, 
naguère,  joué  mon  Erigone.  J'y  ai 
placé  des  paroles  que  m'a  dites 
quelqu'un  dont  je  ne  prononcerai 
jamais  le  nom.  Mais  la  phrase  que 
profère  l'amante  jalouse,  vous  vous 
souvenez  de  quelle  phrase  elle  s'ins- 
pire; le  geste  par  lequel  elle  ressai- 
sit son  amant,  ce  n'est  pas  au  Con- 
servatoire que  vous  l'avez  appris.  Je 
pouvais  supposer  que  j'en  étais  pos- 
sesseur —  du  droit  du  destinataire  — 
il  avait  fait  naître  en  moi,  ce  geste, 
assez  de  trouble,  assez  de  bonheur, 
assez  de  souffrance...  (vous  savez 
que  je  ne  vous  en  veux  point)  vous 
ai-je  reproché  de  l'avoir  utilisé  —  ce 
mot  est  affreux  —  pour  votre  rôle? 
C'est  le  métier  qui  veut  cela. 

Triste  métier.  J'ai  vu  sur  les 
planches,  plus  que  décolletée,  une 
femme  exquise  et  qui  écrit.  J'ai 
trouvé  qu'elle  livrait  beaucoup  plus 
d'elle-même  dans  ses  livres.  Le  grand 
poète  dont  le  Feu  nous  a  raconté  les 


amours  offense  davantage  notre  pu- 
deur que  Georges  Carpentier,  ceint 
du  modeste  pagne  que  lui  accordent 
les  affiches...  Vous  hésitez  encore? 

Il  faut  vous  résigner,  mon  amie; 
nous  ne  nous  appartenons  plus,  nous 
appartenons  à  ceux  que  nous  char- 
mons ou  que  nous  émouvons.  Pour- 
quoi nous  y  refuser.  Pourquoi 
vouloir  que  cette  émotion  soit 
forcément  impure?  Pourquoi  suppo- 
ser que,  de  l'image  projetée  de  votre 
corps,  seul  le  désir  sauvage  peut 
naître?  Je  sais,  hélas,  que  ce  corps 
est  désirable,  mais  il  est  beau  aussi, 
beau  comme  un  jeune  palmier,  beau 
comme  une  gazelle  bondissante,  et 
moi  qui  ai  fait  mieux  que  le  voir,  je 
puis,  à  certaines  heures,  ne  me  sou- 


venir que  de  sa  pure  beauté.  Créez 
du  rêve,  créez  de  l'extase,  créez  de 
l'admiration  ;  meublez  les  yeux  et 
les  souvenirs  d'images  harmonieuses 
qui  allégeront  un  instant,  pourtant 
de  fronts  courbés  et  d'épaules  voû- 
tées, le  lourd  fardeau  des  soucis  et 
des  épreuves,  qui  enlèveront  un  peu 
de  l;impôt  exorbitant  prélevé  sur 
nous  par  la  vie.  Et  peut-être  après 
tout  la  légende  de  Lady  Godiva,  de  la 
belle  et  pure  dame  qui  parcourait 
les  rues  de  Coventry,  montée  sur  son 
palefroi  et  vêtue  de  ses  seuls  che- 
veux blonds  n'a-t-elle  pas  une  autre 
signification. 

Pour  copie  conforme 
Lionel  Landry. 


MARCELLE    SOUTY 
dans  Narayana  de  Léon  Poirier 


14 


cinea 


DERRIÈRE      L'ÉCRAN 


0 


Conscience  artistique. 

Elle  est  blonde  et  jolie  et  plus  éner- 
vante que  le  bourdonnement  d'une 
mouche  pendant  la  nuit. 

Lui    est  un  jeune  metteur  en  scène. 

Elle  et  lui  sont  inséparables. 

Lui  tourne  en  ce  moment  les  exté- 
rieurs de  son  film. 

Elle  a  le  principal  rôle. 

Ces  jours  derniers,  l'hôtel  du  petit 
village  où  ils  sont  descendus  dormait 
paisiblement. 

Puis,  d'une  chambre,  des  cris,  des 
bruits  de  verres  brisés,  de  coups... 
un  véritable  sabbat. 

Les  artistes  sortis  dans  le  couloir 
eurent  tôt  situé  le  lieu  du  drame. 

L'un  d'eux  frappe  à  la  porte.  On 
ne  répond  pas,  il  ouvre. 

Lui  en  pyjama,  légèrement  dépei- 
gné, assis  en  tailleur  sur  le  lit  fumait 
flegmatiquement  une  cigarette,  pen- 
dant que  son  épouse  en  costume  d'Eve 
le  prenant  pour  cible,  lui  jetait  à  la 
tête  tout  ce  qu'elle  avait  à  portée  de 
sa  main... 

La  porte  ouverte,  la  blonde  enfant 
se  précipite  dans  le  cabinet  de  toi- 
lette tandis  que  lui  :  «  Voyez...  cette 
conscience  artistique...  Elle  répète  sa 
scène  de  demain  matin.  » 

Sibilla 

Une  femme  danse. 

Savante  et  spontanée,  raffinée  et 
inculte,  complexe  et  nombreuse 
comme  la  Danse  elle-même,  Sibilla 
vire  ou  se  cambre  ou  trépigne,  inspi- 
ratrice de  désir  ou  de  recueillement. 

Une  femme  danse. 

Dans  l'atmosphère  sèche  et  vi- 
brante, en  face  de  la  cour  pavée  où 
des  enfants  jouent,  près  des  voûtes 
basses  d'où  pendent  raisins  et  pas- 
tèques, sur  la  scène  nue  au  rideau 
grossier,  elle  agite  sa  robe  bigarrée, 
son  buste  flexible,  ses  bras  onduleux. 

Une  femme  danse. 

Elle  a  grand  succès.  UEl  Dorado 
est  plein  de  gens,  de  cris,  de  fumée 
lourde,  mais  bientôt  le  vacarme  fera 
place  au  silence,  tous  les  spectateurs 
élégants  de  la  loge  et  brutes  des  ta- 
bles grasses,  arrêteront  de  parler, 
de  boire  et,  après  l'attention  muette, 
ils  crieront.  Et  Joaô,  le  pitre,  son  si- 
nistre partenaire  —  auquel  Philippe 
Hériat,   donne  une  forme    bizarre  et 


grotesque  de  long  lézard  —  la  désire 
brutalement;  il  voudra  quitter  la 
scène  derrière  elle...  Michel  Duran, 
son  sombrero  jeté  dans  la  fureur  des 
«  Ole  T  »  n'osera  l'aller  reprendre... 
Lili  Samuel,  petite  gueuse  perverse, 
pieds  nus,  en  haillons,  lui  lancera  les 
fleurs  qu'elle  vend... 

Mais  elle,  dont  l'âme  se  déchire  et 
saigne,  soulevée  d'une  détresse  in- 
soupçonnable et  immense,  secouée 
d'un  désespoir  plus  grand  qu'elle, 
loin  du  Désir  et  prés  de  la  Mort... 
Elle . ..  Eve  Francis  —  Sibilla  —  danse. 

Croquis. 

Un  sympathique 

S'il  ne  vous  parlait  pas,  vous  ne 
le  reconnaîtriez  pas,  tant  il  s'est  trans- 
formé. 

Rasé  de  près,  maintenant,  les  che- 
veux courts,  il  a  quitté  le  feutre  aux 
larges  bords,  abandonné  le  grand 
col  mou  et  sous  le  menton  ne  pend 
plus  désormais  la  Lavallière  qui  ca- 
chait si  bien  la  chemise. 

En  émigrant  de  la  scène  au  studio 
Brk'hanteau  a  changé  de  tailleur. 

Sa  mise  est  transformée.  Sa  men- 
talité, pas. 

Et  vraiment? 

Est-ce  Brichanteau  ? 

Est-ce  «  m'as-tu  vu  »  ? 

Ni  l'un,  je  crois,  ni  l'autre.  C'est  un 
personnage  spécial  qui  est  né  avec  le 
cinématographe...  Seulement,  voilà  : 
il  est  né  à  quarante  ans. 

Au  début,  il  a  maudit  le  cinéma, 
lui  opposant  le  «  théâtre  »,  sans  sa- 
voir au  juste  pourquoi,  comme  ça, 
par  principe. 

Puis  des  camarades  lui  ont  parlé 
de  «  cachets»  insoupçonnés  derrière 
le  rideau  de  fer. 

Plusieurs  fois  le  soir,  après  l'obli- 
gatoire apéritif  au  «  Namur»,  la  faim 
se  riant  de  lui  aux  terrasses  des  bras- 
series, lui  avait  serré  l'estomac  de 
ses  doigts  noueux  et  secs.  Il  avait 
souffert. 

Et  maudissant  ce  nouveau  rival, 
tout  en  l'espérant,  il  est  allé  à  lui. 
11  a  tourné.  Oh  !  consciencieusement, 
car  c'est  un  bon  ouvrier,  mais  il  n'a 
pas  compris. 

Il  s'est  enhardi,  cependant,  il  a 
demandé  un  rôle,  et  comme  on  le  lui 
a  refusé,  il  s'en  est  étonné,  invoquant 


ses  créations  au  «  théâtre  ».  Il  a  mau- 
dit encore  le  cinéma,  comme  il  aurait 
médit  de  son  directeur. 

Il  a  définitivement  quitté  la  scène 
et  a  commencé  la  lamentable  démar- 
che d'un  studio  à  l'autre. 

Le  hasard,  sa  façon  trop  correcte 
de  s'habiller,  propre  aux  huissiers 
en  civil,  l'ont  classé  un  jour  dans  un 
emploi  :  il  joue  les  médecins. 

Il  les  joue  convenablement,  les 
efforts  même  qu'il  fait  pour  établir 
son  jeu  à  chaque  scène  confondent 
en  regard  de  sa  propre  personnalité. 

Il  joue  les  médecins,  il  les  jouera 
jusqu'au  moment  où  on  l'aura  trop 
revu  dans  son  immuable  incarnation. 

Alors  il  fera  partie  de  toutes  les 
soirées...  Il  attendra  ainsi  toute  sa 
vie  le  «  rôle  qu'on  lui  prépare  et  qui 
est  tout  à  fait  pour  lui  ». 

Tous  les  metteurs  en  scène  le  con- 
naissent, c'est  un  personnage  curieux 
qui  dégage  la  mélancolie,  la  sympa- 
thie et  l'ennui. 

Un  jour  il  disparaîtra... 

Il  mourra  obscurément  et  on  ap- 
prendra sa  mort  par  cette  chose 
inconcevable  :  le  pneumatique  de  con- 
vocation resté  sans  réponse. 

• 
Dépat  ts. 

Mme  Renée  Cari,  part  tourner  un 
film  dans  le  Midi. 

Ainsi  que  M.  Liabel,  l'auteur  du 
Sanfj  des  immortelles. 


Marcelle  Pradot, qu'une  indisposi- 
tion de  quinze  jours  avait  immobi- 
sée,  s'est  heureusement  remise  et  a 
pu  terminer  ses  scènes  d'El  Dorado 
aux  studios  Gaumont. 
• 

On  dit  que... 

...  Marcel  L'Herbier  entreprendrait 
bientôt  la  réalisation  d'un  grand  film 
d'époque  en  épisodes,  tiré  d'un  roman 

historique. 

9 

Synchronisme. 

Le  premier  essai  de  l'appareil  dont 
noire  confrère  M.  Yuillermoz  parlait 
dans  un  récent  numéro  de  Cinèa, 
vient  d'être  fait  à  l'exposition  d'Art 
Français,  de  Wiesbaden-Biebrich  - 
et  ce  fut  un  succès. 

André  D.vvkn. 


cinea 


15 


ANNA    PAVLOWA 

La  grande  danseuse  qui  créa 
aux  Ballets  russes  de  Paris 
Schéhéraçade,  Cléopâtre,  Les 
Sylphides,  etc..  qui  a  réalisé 
des  minutes  aussi  parfaites 
que  Le  Cygne,  La  Libellule. 
Gisèle .  La  Danse  syrienne . 
reparait  parmi  nous  avec  le 
chef-d'œuvre  de  Paul  Dukas 
La  Péri  où  le  génie  de  l'inter- 
prète trouve  le  rythme  ma- 
gistral qu'il  mérite. 


16 


cinéa 


M 


SPECTACLES 


M 


Le  Théâtre  de  verdure  de 
M.  Paul  Poiret  est  parfaitement 
l'Oasis  qu'il  veut  être.  Des  critiques 
aigus,  amoureux  d'épithètes  rares, 
ont  dit  que  c'était  là  un  spectacle 
très  parisien.  Heureusement,  c'est 
bien  mieux  que  cela .  Tout  ce  que  ce 
mot  vulgaire  signifie  d'inconscient 
et  d'extrême  est  étranger  à  l'asile 
incomparable  de  la  mesure,  qu'un 
grand  artiste  ménagea  dans  un 
jardin. 

Des  fauteuils  spacieux  et  dociles, 
heureusement  bigarrés;  un  gravier 
souple;  de  l'air,  en  guise  de  toiture, 
emprisonné  dans  de  la  soie  ;  une  sta- 
tue parmi  des  feuilles;  des  marron- 
niers pleins  de  lumières;  de  grands 
salons  nobles  ouverts  auprès:  tout 
se  combine  selon  des  manières  ou- 
bliées, en  vue  de  plaisirs  honnêtes 
et  polis  qui  ne  viendraient  pas  tout 
à  fait  du  dernier  bateau. 

C'est  pourquoi  le  succès  n'a  pas  été 
absolu. 

Peut-être  d'ailleurs  la  faute  revient- 
elle  un  peu  au  choix  du  premier  pro- 
gramme. On  dut  en  retrancher  la 
Triche,  mal  goûtée.  Le  spectacle 
commence  à  présent  par  des  numé- 
ros dont  le  meilleur  est  fait  des  chan- 
sons tziganes  de  Mme  Efrémova,dont 
la  première  a  une  mise  en  scène  bi- 
zarre et  émouvante. 

Idrofile  et  Filigrane  gagne  à  la 
«  fausse  musique  de  Debussy  ».  Ainsi, 
c'est  un  divertissement  unique,  de 
la  qualité  la  plus  fine.  Admirable- 
ment mise  en  valeur,  surtout  par 
Clara  Tambour,  Jean  d'Yd  et  Pizani, 
par  des  décors  et  des  costumes  très 
ironiques,  la  parodie  est  savoureuse. 

Naturellement,  elle  plaît  beaucoup 
moins  aux  spectateurs,  mauvais  fa- 
miliers de  Maeterlinck,  qu'une  farce 
mélodramatique  qu'on  joue  ensuite, 
le  Secret  clen  Mortigny,  et  qui,  com- 
parée à  la  première,  a  la  qualité  et 
le  défaut  d  être  comique  par  soi- 
même.  Cette  petite  pièce  est  loin  pour- 
tant de  la  vulgarité,  et  permet  à 
Charlotte  Lysès  de  montrer  une  fan- 
taisie délectable. 

Si  les  prochains  spectacles  de  l'Oasis 
conservent    une    ordonnance   distin- 


guée cpie  risque  de  compromettre, 
par  exemple,  un  système  d'annonce 
un  peu  montmartrois,  et  s'ils  se  com- 
posent d'une  façon  moins  disson- 
nante, ce  théâtre  peut  avoir  une 
destinée  unique. 


//  faut  Voir  au  Théâtre 
des  Champs-Elysées 
-«<  Les  Mariés  de  la  Tour 
Eiffel^  présentés  pa  r  les 
'Ballets  suédois  Qui  ont 
réalisé  un  ENSEMBLE. 
Le  thème  et  l'esprit  de 
cette  fantaisie  artiste 
sont  de  Jean  Cocteau, 
le  décor  d'Irène  Lagut, 
les  costumes  de  Jean 
Hugo,  la  chorégraphie 
de  Jean  Borlin,  et  la 
musique  des  Six,  c'est- 
à  =  dire  de  Germaine 
Taille  fer,  Georges  Au= 
rie,  Darius  Milhaud, 
Arthur  Honegger , 
Francis  Poulenc , 
qui  ont  du  talent  et 
des  ennemis  comme 
trente=six.  M.  Rolf  de 
Mare,  animateur  des 
"Ballets  suédois,  a  bien 
mérité  de  notre  plaisir 

Ceci  n'est  pas  de  la 
publicité.    £     £     £     £ 


Les  Mystères  de  Paris,  les 
Deux  Gosses,  Gosseline,  repré- 
sentés actuellement  en  divers  arron- 
dissements, affirment  par  leur  succès 
combien  le  public  populaire  et  petit- 
bourgeois  reste  amateur  d'émois  pri- 
mitifs. Ces  mélodrames  ressuscitent 
ou  prolongent  une  époque  point  du 
tout  méprisable  dans  ce  genre  de 
manifestations,  et  qui  n'est  plus,  je 
crois. 

Assurément, quand  Fanfan  et  Clau- 
dinet  se  disent  adieu  et  quand  ils  se 
retrouvent,  ceux  qui  ne  pleurent  pas 
ont  quelque  envie  de  rire.  Mais  c'est 
cette  naïveté  sans  feinte  et  sans  pré- 
tention qui  fait  tout  admettre,  en 
prévenant  la  critique.  Et  surtout,  le 
public  n'a  que  des  motifs  de  s'atten- 
drir ou  de  s'indigner  honnêtement. 

Puisque  c'est  là  que  Margot  est 
allée  ce  soir,  elle  a  bien  raison  d'y 
pleurer.  Elle  pourrait  le  faire  plus 
mal  à  propos.  Les  types  créés  par  le 
mélodrame  :  la  douce  ingénue  ou  la 
grande  dame  injustement  persécutée, 
le  traître  sournois  ou  l'ivrogne  cyni- 
que seront,  au  derniertableau,  récom- 
pensés ou  punis  selon  leurs  vertus 
ou  leurs  vices.  Ces  personnages 
d'imagerie  ont  des  destins  accommo- 
dés logiquement  au  goût  de  la  meil- 
leure morale,  sans  rien  de  paradoxal 
ou  de  discutable. 

Aujourd'hui  (car  les  mélodrames 
actuels,  presque  tous  repris,  d'ail- 
leurs, ne  semblent  que  les  vestiges 
des  anciens)  le  gros  public,  celui  des 
bureaux,  des  ateliers,  des  chantiers, 
désoriente  tristement  son  amour  du 
romanesque  vers  cette  façon  de  ciné- 
roman  où  grouillent  les  personnages 
faux  et  ignobles,  depuis  le  sympa- 
thique évadé  du  bagne  jusqu'au  châ- 
telain-satyre, —  cette  espèce  de  spec- 
tacle qui  excite  chez  le  spectateur 
les  plus  bas  instincts  de  sadisme 
hypocrite  et  de  sensiblerie  viciée,  — 
et  qui  sera  peut-être  la  honte  du 
cinématographe  français . 

A  Ba-ta-Clan,  Mansuelle  est  adroit 
et  jovial;  à  l'Ambigu,  Parisys  est 
pittoresque;  chez  Sarah,  Germaine 
Dermoz  est  très  belle,  très  généreuse. 

Raymond  Paykllk. 


cinea 


17 


F.  RICJ  [BARCLAY 

Ce  jeune  premier,  mâle  et  distingué,  a  été  très  justement  admire  dans  Le  Rêve,  de  J.  de  Baron- 

celli.  C'était  son  début  a  Paris  après  d'intéressants  essais  a  Londres.  Il  est  vraisemblable  que 

nous  le  garderons  parmi  nous  et  qu'il  reparaîtra  bientôt  dans  un  film  de  valeur. 


18 


cinea 


LA   CRITIQUE  EST  AISÉE 


Il  y  avait  sur  les  toits,  de  l'autre 
côté  de  la  rue,  une  cheminée  bizarre, 
noire  sur  le  ciel  foncé  d'avant-mi  nuit, 
Derrière  cet  accessoire  biscornu, 
la  lune  aiguisait  paisiblement  la 
pointe  nickelée  de  sa  faucille. 

Ce   petit  spectacle   inoffensif,  émi- 
nemment tranquille,  me  reposa. 
Ma  foi,  oui  ! 

Je  n'étalerai  pas  de  fausse  pudeur 
sur  cet  aveu. 

Je  sortais  d'une  salle  de  cinéma. 
Et  trois  heures  de  film,  déroulé  par 
kilomètres,   me   rendait  â  la  rue,  les 
yeux  quelque  peu  éberlués  et  le  cer- 
veau un  tantinet  â  la  dérive. 

L'air  frais  du  soir,  «'ajoutant  à  la 
vision  lénitive  ci-dessus  précisée,  me 
rétablit  dans  cet  aplomb,  dans  cet 
équilibre,  dans  cette  assiette,  dont 
l'insuffisance,  d'abord,  me  fit  voisiner 
avec  un  état  d'âme  mal  défini. 

Or  donc,  je  quittais  un  ciné,  et 
—  faut-il  le  dire?  —je  ne  me  jugeai 
point  satisfait  sans  réserve  du  spec- 
tacle qu'il  m'avait  offert. 

En  effet,  me  disais-je  (et  je  ne  son- 
geais point  à  toutes  les  œuvres  du 
film,  mais  à  la  masse  de  la  produc- 
tion cinégraphique  en  général),  com- 
bien fatigante  pour  la  rétine  et  com- 
bien rebutante  pour  le  cerveau,  cette 
succession  achromatique  de  tableaux 
trop  raccourcis  et  souvent  marqués 
au  coin  du  disparate,  cette  multipli- 
cité de  scènes  brèves,  hachées,  dé- 
cousues, juxtaposées  sans  soudures 
ou  rattachées  entre  elles  par  du  fil 
trop  lâche. 

Du  découpage  ?  Non  pas  :  du  déchi- 
quetage  T 

On  me  fait  sauter  brusquement  de 
tel  point  de  l'épisode  â  tel  autre,  tout 
différent,  très  inattendu,  et  cela  non 
pas  une  fois,  mais  dix  fois,  mais 
vingt  fois,  mais  constamment 

Sans  pause  et  sans  transition,  me 
voici,  à  tout  moment,  transporté  d'un 
endroit  à  tel  autre,  —  imprévu  ;  — 
d'une  époque,  en  plein  milieu  de  lus- 
tres fort  distants. 

A  ne  point  concéder  aux  estomacs, 
même  parcimonieusement,  le  loisir 
que  souhaite  un  bon  travail  d'assi- 
milation, on  risque  l'indigestion. 

D'ailleurs,  ne  s'accommode  point 
qui  veut  de  l'olla-podrida I 

En  serais-je  à  prononcer,  de  parti- 
pris,  le  grief  décisif  et  l'irrécusable 


condamnation  des  compositions  ciné- 
graphiques? 
Xont  point  ! 

Je  compte  bien  m'expliquer  dans 
un  instant  et  dissiper  le  nuage  amon- 
celé peut-être  par  ma  rudesse  ou  ma 
franchise. 

(Je  n'ai,  —  acceptez-en  l'aveu  comme 
une  excuse  et  pardonnez-moi  —  ni 
jabot  de  valenciennes,  ni  talon  rouge, 
pour  draper  d'euphémismes  ce  qui 
me  semble  être  la  vérité  ou,  tout  au 
moins,  un  fragment  de  vérité). 
Seulement,  voyons  I 
Cette  accumulation  de  tranches 
animées,  tassées,  côte  à  côte,  â  l'hé- 
téroclite, rend-elle  l'aspect  vrai  de 
la  vie? 

Non,  car  la  vie  toujours  se  déroule 
en  lignes  amples  et  liées,  sans  hiatus 
dur,  même  dans  ses  moments  en 
«  coup  de  théâtre  ». 

Fragmenter  une  scène  ample,  large 
et  soutenue,  en  la  détaillant,  en  la 
décomposant  par  phases  successives, 
qui  s'interpénétrent,  cela  bien  certai- 
nement est  juste,  naturel.de  bon  effet 
et  requis  par  les  nécessités  de  l'adap- 
tation â  l'écran. 

Au  total,  ces  subdivisions  ne  cons- 
titueront qu'une  action  unique,  sui- 
vie, déroulée  sans  fissure,  traversée 
d'une  eurythmie  saisissable. 

Non  !  ce  n'est  point  â  cela  que  va  ma 
critique,  trop  peu  bridée,  sans  doute. 
Mais,  —  comprenez  bien!  —  c'est  â 
ce  sautillement  de  découpures  trop 
exiguës,  sans  suture  harmonique 
avec  leurs  voisines,  bien  que  leur 
défilé,  dans  son  ensemble,  achemine, 
de  coup  de  ciseau  en  coup  de  ciseau, 
l'épisode  joué  vers  un  dénouement 
intelligible. 

Enfin,  quoi?    Ma  conclusion,    mon 
vœu  ? 
Je  l'ai  dit  : 

Des  scènes  plus  amples,  plus  éten- 
dues, plus  développées,  où  l'œil  et 
l'esprit  se  reposent  davantage. 

Un  souci  plus  attentif  et  plus  sa- 
gace,  de  l'harmonie  et  de  la  logique 
dans  le  travail  d'élaboration  et  de 
mise  en  place  des  scènes. 

Plus  de  cohésion,   plus  d'homogé- 
nité,  plus  de  fondu. 
Ce  n'est  que  cela  ! 
C'est  peu  et  c'est  beaucoup  ! 
Mais    ai-je    raison  de   le  réclamer? 
G.  Debacker. 


c  i  n  e  a 


:  Sommaire     du     N  °     4  \ 

m  .  -  - 

■  Couverture.  —  Raque!  Meller. 

■  Les  Films.  —  L.  L,   Henriette    lanne. 

■  -' 

|  Léon  Moussinac.  etc. 
j  W.  S.  Hart. 

■  Notes.  —  Louis  Delluc. 

:  Une  ténébreuse  affaire.  —  Composi- 
•  tion  cinégraphique,  d'après  le  roman 

■  de  Balzac,  par  Lionel  Landry. 

;  Le  peintre  au  cinéma. —  ].  F.  Laglen. 

■ 

!  Derrière  l'écran.  —  Daven. 

■ 

■  Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 

■  Le  Film.  —  Louis  Nalpas. 

:  Photos,  Dessins,  Portraits  de  Signo- 
j  ret,  Max  Linder,  W.  Hart.  Lillian  Gish, 

■  Marcel  Lévesque,  Prince,  etc. 


Sommaire     du     N  °     5 

Couverture.  —  Douglas  Fairbanks. 
Les  Films. —  Léon  Moussinac.   Lionel 
Landry.  René  Bizet. 
Mamamouchi,  par  |.  de  Baroncelli. 
Studio.  —  Louis  Delluc. 
Moving  Picture  Laud.  —  Henry  Rous- 
sel. 

Derrière  l'écran.  —  Daven. 
Spectacles.  —  Eve  Francis. 
Une  ténébreuse  affaire.—  Suite  et  tin. 
Photos  et  portraits  de  Yanova.  André 
Nox.  Nikita  Balieff.  Maë  Marsh.  1  ran- 
cesca  Bertini.  Tsin-Hou.  Anieka-Yan. 
de  Baroncelli.  Maria  Dalbaïcin,  etc. 


'.Sommaire     du     N  °     6 

m   , — 

;  Couverture.  —  Jewel  Carmen. 
:  Les  Films.--  Lionel  Landry. 

■  Notes.  —  Louis  Delluc. 

;  Paroles  d'acteur  muet.  —  JaqueCate- 
:  lain. 

■ 

|  Le  cinéma  mystique.  —  Jean  Epstein. 
;  Au  fumoir.  —  Marcel  Lévesque. 
S  Derrière  l'écran.  —  A.  Daven. 
j  Spectacles   —  Raymond  Payelle. 
•  En  Amérique.  —  L.  Landry. 
:  Définitions.  —  Charles  Démery. 
:  Littérature.  —  L.  Valtei . 

■ 

■  Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 

î  Photos  et  portraits  de  Suzanne  Talba. 
:  André  Nox.  |aque  Catelain,  Elena 
!  Sagrary.  Sarah  Bernhardt,  etc. 


cinea 


19 


V     A      L      L 


M     A      L      L 


Les  dernières  Lectures  Ciné- 
matiques  du  C.  A.  S.  A. 

Le  C.  A.  S.  A.  continue  son  action 
qui  «  compte  »  désormais  dans  le 
monde  cinématique.  La  presse  quoti- 
dienne et  corporative,  a  accueilli  dès 
la  première  heure  avec  force  sympa- 
thie ce  groupement  d'intellectuels, 
de  cinégraphistes,  (cinéastes,  selon 
M.  Delluc,  ou  êcranistes  selon  M.  Ca- 
nudo),et  de  gens  de  goût  choisis  dans 
le  monde  élégant  et  dans  le  monde 
politique.  Et  M.  Canudo  pouvait  der- 
nièrement se  plaindre,  dans  une  spi- 
rituelle causerie,  que  le  C.  A.  S.  A. 
«  n'est  attaqué  que  par  des  gens  plus 
ou  moins  qualifiés,  et  qu'il  attend  en- 
core un  adversaire  vraiment  digne 
d'être  pris  en  considération  »... 

Les  dernières  Lectures  Cinéma- 
tiques  de  la  saison  ont  été  consacrées 
à  l'audition  de  la  très  curieuse  Fin 
du  Monde  du  poète  Biaise  Cendrars, 
ainsi  qu'à  un  scénario  de  «  film  mu- 
sical »  inédit  de  Henri  Fescourt  et 
Carol  Bérard.  Il  entre  dans  les  buts 
du  C.  A.  S.  A.  de  connaître  le  rayon- 
nement et  les  influences  du  Cinéma 
sur  les  talents  des  artistes  créateurs, 
écrivains,  peintres,  musiciens.  La  Fin 
du  Monde  de  Cendrars  est  un  ou- 
vrage littéraire  inspiré  justement 
par  le  Cinéma,  et  son  succès  à  la  lec- 
ture, faite  avec  une  grande  intelli- 
gence par  Mme  Yvette  Andréyor  et 
M.Georges  Melchior  fut  des  plus  vifs. 
Le  scénario  d'un  autre  film,  imaginé 
par  Henri  Fescourt  est  une  vision 
poétique  très  émouvante.  Des  grands 
amours  inassouvis  de  tous  les  temps, 
enveloppés  dans  une  large  atmos- 
phère musicale  du  compositeur  Ca- 
rol Bérard. 

M.  Canudo  et  M.  Louis  Nalpas,  ont 
entretenu,  tour  à  tour,  l'auditoire  des 
nouvelles  organisations  du  C.  A.  S.  A. 
On  a  lu  une  dépèche  de  M.  AbelGance, 
qui  triomphe  en  ce  moment  à  New- 
York, où  il  a  attiré  l'attention  des  Amé- 
ricains sur  cette  organisation  unique 
en  faveur  du  Cinéma  artistique,  dont 
il  est  nécessaire  de  relever  partout  le 
niveau  intellectuel.  Dans  une  fort  in- 
téressante allocution,  notre  confrère 
M.  René-Jeanne,  a  annoncé  l'entrée 
du  Septième  Art  à  la  Fédération  fran- 
çaise des  Artistes,  où  le  C.  A.  S.  A. 
sera  représenté  par  ses  meilleurs  élé- 


ments. Les  deux  fêtes  einématiques 
que  le  C.  A.  S.  A.  donne  pour  clôturer 
ses  travaux  avant  les  vacances  :  l'une 
mondaine  et  artistique,  a  eu  lieu  à  la 
Société  des  Amis  des  Lettres  Fran- 
çaises, et  l'autre  sera  offerte  au  peuple 
de  Paris,  à  la  Bourse  du  Travail. 

Parmi  les  invités  des  derniers  lun- 
dis,particulièrement  choisis,  et  qui  se 
pressaient  dans  le  «  home  »  moderne, 
noir  et  vert,  de  M.  Canudo,  et  ensuite 
au  dîner  amical  hebdomadaire  chez 
Pocardi  :  Mines  Germaine  A.  Dulac, 
Yvette  Andréyor,  Elmire  Vautier, 
Gina  Relli,  Comtesse  de  Salverte.Japy 
de  Beaucourt,  France  Dhélia,  Jeanne 
Janin,  Thérèse  Leps,  Charlotte  Gar- 
delle.  Comtesse  de  Breuil,  Baronne 
Foach,  Thumen,  Terpsé,  MM.  René 
Blum.M.  Bokanowski,  Jean  Carrère, 
J.  L.  Croze,  Louis  Delluc,  Roland  Dor- 
gelès,  Henri  Duvernois,  Dyl,  Fayard, 
Henri  Fescourt,  Fraticelli,  Kaplan, 
Léo  Coren,  René  Le  Somptier,  Louis 
Nalpas,  Pouctal,  Georges  Quellien, 
Prince  Rospiglioti,  Sayama,  le  cri- 
tique japonais  Takéo  Terasaki,  Jean 
Toulout,  Valter,  Waroquet,  Vuanat, 
Marcel  Yonnet,  Lubinoff,  Bruno  de 
Geeten,  André  Foy,  de  Francisco, 
Scouffos,  Mme  Marie  Laparcerie, 
Emmy  Lynn,  France  Marqués,  Elisa- 
beth L.  Cleveland,  Bordenave.MM.Lu- 
beski,  Gustave  Fréjaville,  Charles 
Léger,  Daniel  Riche,  Marcel  Sauvage, 
Henri  Calmbascher,  Tsin-Hou,  D'  Vir- 
gile Serdan,  Raoul  de  Week,  Duluc, 
Raoul  Leven,  Amiante  de  Sicile,  J.  F. 
Laglenne,  Jean  Pruvost,  André  Del- 
horbe,  Milone,  M.  L.  Bordenave,  etc. 


De    la    valeur    éducative     du 
film 

Le  D1  Stapel,  directeur  du  Foyer 
du  peuple  Hambourgeois  dit  que  le 
film  cause  un  grave  préjudice  à  l'édu- 
cation spirituelle  et  morale  de 
l'homme. 

Il  dit  : 

1"  Par  le  film  on  s'habitue  à  passer 
rapidement  et  brusquement  d'une 
représentation  (vision)  à  une  autre 
sans  prendre  le  temps  de  faire  un 
jugement  approfondi. 

Réponse.  —  Une  mauvaise  lecture 
produit  le  même  résultat. 


Le  bon  film  sera  bien  conçu  et  bien 
construit  au  point  de  vue  pédago- 
gique; chaque  représentation  sera  la 
suite  logique  de  la  vision  précédente, 
permettant  ainsi  de  développer  la 
vision  synthétique. 

2°  On  s'habitue  à  suivre  involon- 
tairement un  assemblage  superficiel 
d'images;  on  se  borne  aux  jouis- 
sances de  l'effet  et  la  volonté  n'y 
prend  aucune  part. 

Réponse.  —  Les  livres  aussi  ne 
donnent  souvent  qu'un  assemblage 
de  faits  que  nous  suivons  sans  par- 
ticipation de  la  volonté. 

2°  On  s'habitue  à  des  impressions 
à  peu  près  sans  avoir  conscience  ni 
des  détails,  ni  du  fond;  de  là  affai- 
blissement spirituel. 

Réponse.  —  La  lecture  peut  don- 
ner la  même  chose. 

Le  ciné  peut-être,  s'il  est  bien 
conçu,  un  stimulant  puissant  de  l'ac- 
tivité spirituelle. 


Producteur     et     consomma- 
teur du  film. 

Il  est  difficile  dans  la  cinégraphie 
de  délimiter  exactement  les  domaines 
du  producteur  et  du  consommateur. 

Faut-il  mettre  le  fabricant,  le 
loueur,  le  propriétaire  du  ciné  dans 
la  première  catégorie  et  le  public 
dans  la  seconde;  ou  bien  le  proprié- 
taire d'une  salle  de  cinégraphie  est-il 
le  dernier  consommateur? 

Ou  faut-il  dire  que  le  fabricant  pro- 
duit, que  le  loueur  distribue  et  que 
le  propriétaire  du  ciné  consomme? 

Ou  encore  le  fabricant  d'une  part 
est-il  seul  producteur  et  d'autre  part 
le  loueur  et  le  propriétaire  du  ciné 
des  consommateurs.  Cette  dernière 
solution  est  la  plus  logique. 


Vœux  concernant  l'industrie 
cinématographique 

Les  soussignés  : 

Considérant  que  de  tous  les  instru- 
ments d'éducation  populaire,  le  ciné- 
matographe est  celui  qui  peut  à 
l'heure  actuelle  exercer  parmi  les 
masses  les  influences  les  plus  démo- 
ralisantes, mais  aussi  répandre  les 
notions  les  plus  utiles. 


20 


cinea 


Que  l'industrie  cinématographique 
d'invention  purement  française,  est 
aujourd'hui  en  décadence  dans  notre 
pays,  ce  qui  livre,  en  fait,  l'exploita- 
tion de  ce  puissant  facteur  de  l'opi- 
nion publique  à  des  sociétés  étran- 
gères, qui  peuvent  s'en  servir  pour 
de  dangereuses  propagandes. 

Que  d'autre  part,  l'instruction  gé- 
nérale et  technique  en  France  est 
très  insuffisamment  pourvue  d'outil- 
lage cinématographique  alors  que 
dans  la  plupart  des  grandes  nations 
civilisées,  le  cinématographe  est  de- 
venu l'auxiliaire  régulier  de  tous  les 
ordres  de  l'enseignement  public  et 
privé, 

Emettent  le  vœu  . 

Que  le  Gouvernement,  coordon- 
nant diverses  propositions  en  ins- 
tance, soumettent,  dans  le  plus  bref 
délai  possible  au  Parlement,  un  pro- 
jet d'ensemble  tendant  à  relever  le 
niveau  moral  et  artistique,  ainsi 
qu'à  développer  le  rôle  éducateur  du 
cinématographe  en  France,  et  cela 
notamment  : 

En  favorisant  par  des  mesures  fis- 
cales et  autres  appropriées  les  pro- 
ducteurs français  de  films  ayant  un 
caractère  scientifique,  historique, 
artistique  et  généralement  éduca- 
teur. 

En  compensant  les  sacrifices  né- 
cessaires de  ce  chef  par  une  taxe 
spéciale  frappant  à  tout  le  moins  les 
films  de  fabrication  étrangère. 

Enfin,  en  prenant  toutes  mesures 
utiles  pour  répandre  dans  les  éta- 
blissements d'enseignement  l'usage 
du  cinématographe  comme  instru- 
ment régulier  d'éducation  et  de 
documentation. 

Présenté  par  M.  de  Dampière, 
au  Conseil  général  de  Maine- 
et-Loire  et  voté  à  l'unanimité. 


Les  points  de   chute 

Il  n'est  pas  de  points  de  chute  que 
pour  les  obus  :  il  y  en  a  pour  les 
femmes,  pour  les  financiers,  pour 
les  hommes  politiques,  pour  les 
directeurs  de  théâtre  ,  pour  les 
gens  d'affaires...  Ce  sont  les  diffé- 
rentes façons  de  tomber  que  nous 
montre  plaisamment  Gabriel  Tim- 
morv,  en  ces  dialogues  d'une  verve 
mordante,  où  il  excelle.  Que  de 
dessous  piquants  de  la  vie  pari- 
sienne nous  révèlent  ces  alertes  co- 
médies, pleines  de  malice  et  de 
gaieté!  Cet  ouvrage  qui  contentera 
aussi  bien  les  délicats  que  le  grand 


public,  obtiendra  certainement  le 
plus  vif  succès.  L'excellent  artiste 
Hautot  a  dessiné,  pour  Les  points  de 
chute,  une  couverture  finement  spi- 
rituelle. 


Le  projet  Bokanowsky  et  la 
petite  et  moyenne  exploita- 
tion 

Un  nombre  important  de  petits  et 
moyens  exploitants  de  Paris  et  de  la 
région  parisienne  réunis  le  (>  juin  au 
Cinéma  de  la  Presse,  rue  Montmar- 
tre, pour  l'examen  du  projet  Boka- 
nowsky, ont  adopté  à  l'unanimité 
après  avoir  entendu  les  observations 
présentées  par  divers  assistants,  un 
ordre  du  jour  dont  nous  donnons  ci- 
dessous  les  extraits  principaux  : 

Les  représentants  de  la  petite  et 
moyenne  exploitation  cinématogra- 
phique protestent  de  la  manière  la 
plus  énergique  contre  la  proposition 
de  loi  émanant  de  M.  le  député  Boka- 
nowsky : 

1°  Ils  la  considèrent  comme  préju- 
diciable aux  intérêts  et  à  la  liberté 
commerciale  de  la  petite  et  moyenne 
exploitation,  ainsi  qu'à  ceux  du  Tré- 
sor, sans  apporter  en  échange  au 
film  français  l'appui  qu'elle  prétend 
lui  donner. 

2°  Ils  protestent  contre  la  décision 
du  Conseil  d'administration  du  Syn- 
dicat Français  des  Directeurs  de  Ci- 
nématographe, qui  accepte,  insuffi- 
samment amendé,  le  dit  projet  Boka- 
nowski,  contrairement  à  l'opinion 
bien  marquée  de  la  majorité  de  la 
dernière  assemblée  générale. 

:>■  Ils  décident  de  poursuivre  pat- 
tous  les  moyens  en  leurs  pouvoirs, 
l'avortement  du  projet  Bokanowsky 
et  de  lui  substituer  un  projet  tendant 
à  la  modification  de  la  loi  du  26  juin 
1920,  établi  sur  des  bases  moins  op- 
pressives et  plus  équitables. 

Pour  le  groupement  et  par  ordre 
G.  Detay 
33,  rue  Notre-Dame-de-Nazareth. 


Chronique  du  ciné  allemand 

Le  film  allemand  aime  le  grand 
spectacle  et  les  reconstitutions  his- 
toriques. Une  des  choses  les  plus  re- 
marquables est  le  Comte  de  Caalios- 
tro,  entièrement  pris  au  palais  de 
Schonbrunn  :  on  y  voit  des  photo- 
graphies du  plus  haut  intérêt.  La 
principale  protagoniste  HildeWœrner 
raconte    dans    un    article,    qu'elle    a 


joué  son  rôle  dans  le  lit  de  Marie- 
Thérèse,  qu'elle  s'est  déplacée  dans 
les  carrosses  impériaux  authen- 
tiques. Toutes  les  curiosités  de  cette 
belle  histoire  etde  Schonbrunn  même, 
anciens  uniformes,  architecture,  jar- 
dins, fontaines,  œuvres  d'art  et  même 
une  soirée  au  théâtre  du  château 
éternisent  l'histoire  d'une  façon  irré- 
prochable. Dans  ce  domaine,  le  film 
allemand  a  atteint  une  belle  maîtrise. 


Le  Richard-Oswald-Film  lance  deux 

nouveaux  films  d'aventures,  atten- 
dus avec  impatience  en  Allemagne. 
L'un  s'appellera  Lad  y  llamilton 
l'autre  le  Problème  de  la  mort,  dont 
le  texte  est  écrit  par  Erwin  Gepard. 


Le  Deulia-l'ilm  vient  de  donner  Le 
Grand  et  le  Petit  Monde,  film  à 
grand  spectacle,  où  sont  engagés  de 
premiers  artistes  de  Rheinardt  :  Al- 
fred Abel,  llka  Gruning.  Max  Mack 
est  un  célèbre  régisseur. 


On  apprend  que  Pola  Negri,  la 
grande  étoile  allemande,  très  appré- 
ciée en  Amérique,  vient  d'être  en- 
gagée par  une  grande  société  polo- 
naise. 

L'événement  le  plus  curieux  des 
derniers  temps  est  le  film  Hamlet, 
dont  le  principal  rôle  est  tenu  par 
une  femme,  la  grande  Asta  Xielsen, 
la  plus  brillante  étoile  du  Nord,  da- 
noise d'origine. 

Ce  film,  très  adroitement  tiré  d'une 
forme  primitive  de  la  légende;  par  le 
poète  Erwin  Gepard,  a  été  réalisé  au 
Danemark  même,  aux  endroits  his- 
toriques. 

Ce  film  est  déjà  vendu  en  Amé- 
rique, en  Italie  et  dans  tons  les  pays 
neutres. 

I.  G 


ABONNEZ-VOUS      : 


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cinéma 
et 

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"BERNARD  GRASSET 
JS  éditeur,  61,  rue  M 
JS  des  SaintS'Vères  J£ 
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pour  le  cinématographe 
des  meubles 
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j   copie,    14,  Rue     Henner  [ 


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(  EX  =  GRE VIN  ) 

10,  Boulevard  Montmartre .     —  Tel    :  Gut     55=33 

(L.  la  pi.)  25  fr.  (O.)  20,  15,  10  fr.  (Baie.)  20,  15.  6  fr. 

21  heures.  —  TOUT  DOUX,  image  en  1  acte  de  M.  E.  Govard. 
Coquillon  (Lui);  Djam-DaxfLlle);  Jacques  Fer  réol(  L'Autre). 

LE  SOLEIL  DE  MINUIT,  un  acte  de  M.  Jacques  Deval. 
Mines  Germaine  Fontanes  (Simone)  ;  Suzanne  Connel 
(Mme  Darne);  La  fetite  Mad  Lopes  (La  Petite  Fille); 
M.  Harry  Krumer  (René). 

TROIS  TYPES,  comédie  en  deux  actes  de  M.  Paul  Giafféri. 
MM.  René  Bussy(Gronin);  Coquillon  (Philipénette)  ;  Sa u lieu 
(Lapreux)  ;  Roger  Bernard  (Le  Sergent). 


cinea 


Envoyez  nous  un  scénario  ciné- 
graphique.  Des  journaux  comme 
Le  Film,  Ciné  pour  tous,  Bon- 
soir, en  ont  publiés  d'excellents 
qui  vous  ont  appris  le  décou- 
page, le  style  et  le  mouvement 
de  ces  ouvrages  spéciaux. 
Essayez  de  composer  un  thème 
d'écran,  drame  ou  comédie, 
découpez-le  et  bornez  vous  à 
des  moyens  simples  :  peu  de 
décors,  peu  de  personnages 
mais  beaucoup  de  sincérité,  un 
peu  de  goût,  et  du  talent  si 
vous  pouvez 

Jury  :  Dans  ce  Jury  seront 
représentés  les  metteurs  en 
scène  (J.  de  Baroncelli,  Mar- 
cel L'Herbier,  Léon  'Poirier, 
T^ené  Le  Somptier,  etc.)  les 
interprêtes  (Signoret,  Van 
Daële,  André  Nox,  Séverin- 
Mars,  etc.)  et  les  spectateurs 
Boisyvon,  René  Bizet,  Canudo, 
J.-L.  Croze,  Fréjaville,  Lio- 
nel Landry,  P.  de  la  {Rorie, 
Pierre  Henry,  Pierre  Seize, 
Ur  ci  lier,  Marcel  Yonnet,  etc.) 

Clôture  :  La  date  extrême 
pour  1  envoi  des  manuscrits  est 
fixée    au    1 er    Août   prochain. 

Prix  :  Le  meilleur  scénaiio 
choisi  par  le  Jury  recevra  un 
prix  de  Mille  francs  et  sera 
publié  dans  Cinéa,  si  l'auteur 
le  désire.  Et  bien  entendu 
Cinéa  s'emploiera  à  le  faire 
connaître  des  maisons  d'édi- 
tions françaises 


cinea 

10,   RUE  DE  L'ELYSÉE 
PAR  IS  


LES   STARS 

D'AMÉRIQUE 

SONT  EN  PHOTO  CHEZ 

J    THIOLAT.   i,  rue  Darcet 
Paris  H7el 


Elsie   Janis 


N  Talmadge  ■  O-  Thomas 
C-  Talmadge  »  O.  Moore 
M  Davies  ■  E  O'Brien 
O.  Brady  =  E  Hammerstein 
=====  C.  Kimball  Yovmg  ===== 

10  PHOTOS 
pour  2.50  (franco) 


yVlbum  officiel  du  Concours 
de  Beauté  des  Provinces  de 
France  (publié  par  le  Journal, 
édité  par  Comcedia  illustré). 
Dans  ce  magnifique  album 
seront  reproduits  les  portraits 
de  toutes  les  lauréates  du 
concours,  dans  leurscostumes 
régionaux.  Prix  de  souscrip- 
tion :  i5  francs.  Ce  prix  sera 
porté  à  20  fr.  dès  l'apparition. 
Adresser  demandes  et  man- 
dats au  Journal,  100,  rue  de 
=====    Richelieu    ■ 


BONSOIR 

Vo us  dira  quels 
sont  les  bons  soirs 
du  cinéma .. 

Si  Vous  aimez  le 
cinéma,  Vous  aimez 

BONSOIR 


CONCOURS 


DE 


PHOTOGRAPHIES 
D'AMATEURS 


Envoyez  à  Cinéa  des 
photos  de  n'importe 
quel  format,  représentant 
des  acteurs  de  ciné  dans 
la  vie  privée,  ou  des 
aperçus  du  travail  ciné- 
graphique  en  plein  air, 
en  studio,  etc.,  tout  ce 
qui  se  rapporte  à  l'écran 
et  pourra  résumer  en 
quelque  sorte  les  coulis- 
ses du  Cinéma.  Le  Jury 
sera  composé  de  six 
opérateurs  français  : 
MM.  Bousquet,  Chaix, 
Gibory,  Irvin,  Forster  et 
Lucas 

Prix  :  Le  premier  prix 
recevra  deux  cents  francs 
et  sera  reproduit  sur  la 
couverture  de  Cinéa,  il 
y  aura  quatre  seconds 
prix  de  cinquante  francs, 
qui  seront  reproduits 
dans  Cinéa. 


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10,   RUE   DE  L'ELYSÉE 
PARIS   


Imprimerie  spéciale  de  cinéa,  84,  rue  Rochechouart,  Paris. 


Le  tarant  :  A.  Paty 


1  '-'  Juillet  1921 


Numéro     9 


•^  ^  •£*  Hebdomadaire  Illustré  •£•£-£ 
Louis  DELLUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
io.  Rue  de  l'Elysée,  Paris  -  Tél.  :  Élys.  58-84 


Les  Ballets  Suédois  au  Théâtre  des  Champs-Elysées 
JOLANDA  FIGONI    dans  La  Boîte  à  Joujoux 


Le  N°.   ..  2fr. 


Tous  les  Programmes  des  Cinémas  de  Paris 


LA     SOCIÉTÉ     FRANÇAISE     DES     FILMS     ARTISTIQUES 
17,      RUE      DE     CHOISEUL,      A     PARIS,      PRÉSENTE 


EMMY  LYNN  et  MARCEL  VIBERT 

dans  "VISAGES  VOILÉS,  AMES  CLOSES" 


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VAN  DAELE  dans  "LE  DESTIN  ROUGE" 


Ces   deux  grands   films  ont   été  édités   par    la   Cie   française   des   Films   Jupiter 

et  sont  exploités  par   la   Société  française  des  Films  artistiques, 

17,  rue  de  Choiseul  (Tél.   Louvre  39=45) 


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et 

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J&  éditeur.  61,  rue  JS 
jff  des  SaintS'Pères  J$ 
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10,  Boulevard  Montmartre.     —  Tel    :  Gut     55=33 


RÉOUVERTURE 
EN  SEPTEMBRE 


[    Photographie      d'Art 

j  Henry    Castera 

|   5  1  ,      Rue      de      Clichy 


PHOTOGÉNIE 

DE  BRUNOFF,  Editeur 
32,     Rue     Louis- le-Grand 


j    ROBES 


LINGERIE 


MARIO    FRANCIS 

BONNETIER 


i5,  Rue  Washington  (Champs-Elysées),  Paris 

Tél.   :    Elysées   17-36  Métro  :   Georges  V 


LAMBRECHTS 

GASTON,    Directeur 
TAJLOJi 


Téléphone 
Central:   1  8-36 


14,  Rue  Duphot 
PARIS  (l"arr.) 


NOTRE    CONCOURS     DE     SCÉNARIOS! 

■ 
■ 

MM         sera   clos   le    1er    Août    prochain         MM\ 

m 
m 

NOTRE  CONCOURS  DE  PHOTOGRAPHIES! 

■ 
■ 

MM     sera  clos  le   1er  Septembre  prochain     MM\ 


cinea 


REPONSES 

A  QUELQUES  LETTRES 


Annie  M.  —  Pour  |ack  Holt  et  Emory 
Johnson  adressez  vos  lettres  :  «  Care  of 
Malx'l  Condon  Exchange  ».  6035  Holly- 
wood Boulevard,  Los  Angeles  (Californie) 

qui  les  fera  parvenir  rapidement  à  leurs 
destinataires. 

Admirateur  W.  Reid.  —  Tbe  Man  From 
Funeral  Range,  sera  édite  en  juillet  par 
les  Etablissements  Gaumont  sous  le  titre 
Le  Revenant.  Vous  y  reverrez  Wallace 
Reid,  Ann  Little  et  Lottie  Pickford,  la 
jeune  sœur  de  Mary. 

Suzan.  —  Dustin  Farnum  est  né  le 
27  mai  1874.  —  Mae  Marsh  naquit  a  Ma- 
drid (New-Mexico)  le  o.  novembre  189s. 
Elle  est  mariée  à  Louis  Lee  Arms.  —  Billie 
Rhodes,  de  son  vrai  nom  Billie  Lynn. 
naquit  à  San  Francisco  le  iç  août  1897. 
Veuve  de  Smilling  Bill  Parsons. 

Calcutta.  —  Vous  trouverez,  à  bon 
compte,  les  photographies  des  vedettes 
suédoises,  américaines  et  françaises  chez 
|.  Thiolat.  1,  rue  Darcel,  en  tous  formats 
et  tous  prix. 

Rose  Rouge.  —  M.  André  Nox  est,  en 
effet,  le  petit  neveu  de  Georges  de  Porto- 
Riche.  Andrée  Marlv  n'a  pas  fait  de  ciné- 
ma. Décédée  l'année  dernière. 

Teddy.  —  Charlie  a  tourné  pour  le 
F.N.E.C.  :  A  dog's  life  (Une  vie  de  chien); 
Sboulder  Anus  (Chariot  soldat);  Sunny- 
side  (Une  idylle  aux  champs);  A  day's  plea- 
sure;  '  aradise  Allcy;  Vànity  Fair  (ces 
3  derniers  ne  sont  pas  édités  en  France.  — 
Gluant  à  Tbe  KiA  il  reste  la  propriété  de 
Charlie  et  sera  édité  par  les  Big  Four. 

Sans  Nom.  —  Fatty  se  nomme  en  réalité 
Roscoë  Arbuckle,  il  est  ne  le  4  mars  1887 
à  Smith  Center  (Kansas).  Il  est  marié  à 
Miss  Minta  Durfee.  —  Picratt  de  son  vrai 
nom  Al.  Saint-John  naquit  à  Santa-Anna 
(Californie)  en  1894.  —  Malec  se  nomme 
réellement  Buster  Keaton. 

Mater  Dolorosa.  —  C'est  exact  Emmy 
Lynn  est  Mme  Henry  Roussell,  écrivez-lui 
53,  rue  Cardinet  (Paris  17'');  André  Nox. 
25,  rue  Desbordes-Val  more  (16e);  Van 
Daéle.  14.  rue  Pestalozzi  (c>e)  :  Signoret, 
84,  rue  de  Monceau:  Eve  Francis,  a  la 
Parisia-Film,  10.  rue  de  l'Elysée. 

Bob  Bright.  —  Marv  Mac  Laren,  se 
nomme  en  réalité  M.  Mac  Donald,  elle  est 
née  le  19  juillet  1901.  Tom  Mix  est  marié 
à  Victoria  Forde.  Maurice  Tourneur  est 
bien  Français. 

Doi.ly  Pearly.  — Les  autres  interprètes 
de  La  Fille  des  Dieux,  outre  Annette  Kel- 
lerman.  sont  Mildred  Keats  Hugh  Thomp- 
son, Walter  Lanwet...  la  mer.  Scénariode 
G.  B.  Howard.  Réalisation  |.  Adolphi. 
l'Œil-de-Chat. 


Cliché  Fox -Film 


SHIRLEY    MASSON 

la  charmante  fantaisiste 
américaine  que  vous 
pouvez  voir  dans 
«   SON     CORNAC  « 


cinea 


M         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi    1er    au   Jeudi    7   Juillet 


ae    ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux.  15.  boulevard  des 
Italiens.  —  Les  actualités  de  la  semaine  — 
Sous  le  joug  de  la  morte,  réédition.  —  Les 
magasines  de  l'écran.  —  L'Histoire  de 
Marouf,  tirée  des  Mille  et  une  nuits.  — 
Attraction  :  The  la  bas  duo,  jongleurs. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière. 

—  La  Récolte  du  liège  en  Algérie,  documen- 
taire.    —     Parisiana-Journal ,     actualités. 

—  Darwin  avait  raison,  comique.  — 
Feu  des  Quatre  fers,  avec  William  Russell. 

—  Fatty  bolchevik,  comique.  —  En  supplé- 
ment de  7  h.  1/2  à  8  h.  1/2,  excepté  diman- 
ches et  fêtes  :  Esclave  du  Passé,  drame 
avec  Louise  Glaum. 

Omnia-Pathé.  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Pathé- Journal,  actualités.  — 
Quatre-vingt-treize,  d'après  l'œuvre  de 
Victor-Hugo,  2e  partie. —  Deux  bons  maris. 
comique  joué  par  Harry  Pollard. —  Supplé- 
ment facultatif  :  La  Pocharde,  5e  épisode  : 
Une  lueur  dans  les  ténèbres. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Jourual.  —  Bigorno  chi- 
miste, comique. —  A  travers  la  France,  par 
Ardouin  Dumazet,  auteur  du  Voyage  en 
France  :  Antibes. —  Loin  du  Cœur,  comédie 
dramatique  avec  William  Hart. —  Lajalou- 
sie  d'Hercule  Bradfer,  comique.  —  En  sup- 
plément facultatif  :  Le  Roi  de  l'audace, 
8e  épisode  :  Une  lutte  de  géants. 
3=    ARRONDISSEMENT 

Pathé-Temple.  —  Pathé-Jourual.  — 
Le  lièvre  et  la  tortue,  dessins  animés. — ' 
L'Homme  aux  trois  masques,  11e  épisode  : 
Jean-Claude.  —  La  Pocharde,  ,e  chapitre  : 
Une  lueur  dans  les  ténèbres.  —  Quatre- 
vingt-treize,  2«  époque  (fin),  drame.  —  Deux 
bous  maris,  comique  joué  par  Harry  Pollard 
et  L'Afrique,  comique. 

Palais    des    Fêtes,  8.  rue  aux  Ours.  — 
Salle  du  rez-de-chaussée 
Du  Japon aux  liés  de  Polynésie  documentaire. 

—  Ames  brisées,  comédie  dramatique 
interprétée  par  la  plus  jeune  étoile  d'Amé- 
rique Gladys  Welton.  —  Sous  le  Joug  de  la 
moi  /.-.drame  émouvant  avec  Clara  Kimball 
Young. —  La  pocharde,  4«  chapitre  :  Claire 
et  Louise.  —  Pathe-journal. 

Grande  salle  des  fêtes  du  ier  étage 
Pathé- Journal. —  Le  Gardian,  scènes  dra- 
matiques de  Camargue  interprétées  par  Joë 
Hammann. —  Concours  de  bébés,  nombreux 
prix  en  espèces.  —  Billy  dieu  d'amour, 
comédie  comique  jouée  par  Billy  West.  — 
Quatre-vingt-treize,  réconstitution  histori- 
que adaptée  et  mise  en  scène  parCapellani. 


L'Homme  aux  trois  Masques,  1 1«  épisode  : 
Jean-Claude  et Jeannine. 

4=  ARRONDISSEMENT 
Saint-Paul.  73,  rue  Saint-Antoine. 
Constant i ne,  plein  air.  —  Saint-Paul-Jour- 
nal.—  L'Homme  aux  trois  masques,  11e  épi- 
sode: Jean-Claude. —  La  lumière  du  monde, 
comédie  avec  May  Allison. —  La  Pocharde, 
çe  chapitre  :  Une  lueur  dans  les  ténèbres. 
—  Deux  bons  maris,  comique  joué  par 
Harry  Pollard.  —  Quatre-vingt-treize, 
drame,  2e  époque  (fin). 

5e  ARRONDISSEMENT 
Mésange. 3,  rued'Arras. —  Pathé-Joumal. 
Pathé-Revue,  n°  26.  —  L'homme  aux  trois 
masques,  10e  épisode  :  Tragique  méprise. — 
La  pocharde,  y  chapitre  :  Un  crime  dans  les 
ruines.  —  Quatre-vingt-treize,  d'après 
l'œuvre  immortelle  de  Victor  Hugo.  Mise 
en  scène  de  Capellani.  drame.  \'«  époque. 
Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 
La  récolte  du  liège  en  Algérie,  documen- 
taire. —  L'épingle  rouge,  nouvelle  drama- 
tique.—  Gaumont-actnalités.—  La  Pocharde, 
drame  en  12  chapitres,  y  chapitre  :  Un 
crime  dans  les  ruines. —  Attraction  :  René 
de  Buxeuil,  chanteur.  —  Georges  Carpentier 
et  Jack  Dempsey  à  l'entraînement. —  Quatre- 
vingt-treize,  drame.  i'e  époque. 

6e  ARRONDISSEMENT 
Régina-Aubert-Palace,     1  s  S  •     rue    de 

Rennes.  —  Aubert-Jourual.  les  actualités 
du  monde  entier.  —  Eddie  Polo  dans  Le  roi 
di  l'audace,  ciné-roman  en  ioépisodespublié 
par  La  Presse.  7e  épisode  :  L'écluse  de  la 
mort.  —  Le  Champion,  comédie  drama- 
tique interprétée  par  Charles  Ray.  — 
Pathé-Revue.  —  Qiiatre-vingt-trei{e ,  grand 
drame.  —  Charlie  Chaplin  dans  Chariot 
el  le    mannequin,  comique. 

7e  ARRONDISSE  VIENT 

Cinéma  Sèvres,  80  bis,  rue  de  Sèvres, 
(angle  du  boulevard  de  Montparnasse, 
boulevard  des  Invalides).  Fleurus  28-09. — 
Pathé-Joumal. —  Marouf,  histoire  tirée  des 
Mille  et  une  Nuits,  interprétée  par  Jean 
Signoret.  —  Quatre-vtngt-treize,  grand 
drame  en  2  époques  d'après  l'œuvre  de 
Victor  Hugo. —  Pathé-Revue. —  Attraction. 

Cinéma  Récamier,  3,  rue  Récamier.  — 
La  Pocharde, 4e  époque  :  Un  Crime  dans  les 
ruines.  —  Quatre-vingt-treize.  —  Sous  le 
joug  de  la  morte,  comédie  — Pathé-Joumal. 

Cinéma  Bosquet,  83,  avenue  Bosquet. 
Direction  G.  Moyse. —  Chariot  sabote  le 
circuit,  comique.  —  Aventures  estivales, 
cine-bouffe. —  L'Homme  aux  trois  masques. 


■■■■•■■■■■■■■■■■■•••■■■■■■■■•■■■■■■■■■■■■«■■■■■■■a 

THÉÂTRE 

DU 

COLISÉE 

CINÉMA 

38,  Av.  des  Champs  Élysées,  38 

Direction  .*  Téléphone  : 

P.MALLEVILLE  ELYSÉE  29-46 


Programme  du  1er  au  7  Juillet 

Joë,  détective,  comique. 

L'Impérieux  Souvenir,  comédie 
dramatique  interprétée  par 
Clara  Kimrall-Young. 

Gaumont-  Actualités. 

Loin  du  Cœur,  drame  avec 
William    Hart. 

'tf ■ ■■■■■■ •■■■t*M«IR«*«l 


cinea 


me  épisode  :  Le  complot  infâme.  -  La 
Belle  dame  sans  merci,  adaptation  et  mise 
en  scène  de  Mme  Germaine  Dulac. 
8e  ARRONDISSEMENT 
Théâtre  du  Colisée.  3<S.  avenue  des 
Champs-Elysées.  Direction  Malleville.  — 
Elvsées  29-46.  — Joe  détective,  comique.  — 
L'impérieux  souvenir,  comédie  dramatique, 
interprétée  par  Clara  Kimball  Young.  — 
Gaumont-actualitês.—Loin  du  Cœur,  drame 
avec  William  Hart. 

9e  ARRONDISSEMENT 
Cinéma-Rochechouart.  66,  rue  de  Ro- 
chechouart.  Gutenberg  66-19.  Directeur  : 
M.  A.Jallon. —  Eclair-  ournal. —  L'homme 
aux  trois  masques,  11e  épisode  :  |ean- 
Claude.  —  L'Héroïsme  de  Billy,  comique. 
—  Intermède  :  Precac.  comique  èxcen- 
tique.  — Sur  les  sommets  de  Larcb  Mountain. 
plein  air.  —  La  Rafale,  drame. 

Delta-Palace-Cinéma.     17,     boulevard 
Rochechoùart.     —     Del/a-Joiii  nal.    —    Le 
Tourbillon.    11e   épisode  :    Chute   dans   le 
vide. —  L'Ame  de  Pierre,  drame  en  4  par- 
ties.   -     Un  drame   sous  Napoléon,    grand 
film  historique  tiré  du  célèbre  roman  de  sir 
Arthur  Conan  Doyle.  Adaptation   et  mise 
en  scène  de  Gérard  Bourgeois.  2''  époque. — 
Intermède  :  Liane  d' A  stier,  diseuse  à  voix. 
10^    ARRONDISSEMENT 
Cinéma-Palace,    42,    boulevard  Bonne- 
Nouvelle.  —  Le    Sac   de   Rome.  —  Pathé- 
Jourual.  —  Quand  Dagobert  vint  à  Paris 
-  L'Homtncaux  trois  masques,  1  Ie  épisode: 
Jean-Claude.  —  Les  chansons   filmées  de 
Lordier.  —  Attraction:  M.  Robe  11,  chanteur. 
Tivoli,    19,    faubourg   du    Temple.    — 
Tivoli-Journal.  Une  biscuiterie  moderne,  do- 
cumentaire.— Ribadouille  au  dancing. c<  »rn-i- 
que.  L'homme  aux  trois  masques,  1  >e  épisode: 
Jean-Claude.  —  La  Vieille,  comédie  senti- 
mentale. —  Qiid/rc-ving/-trci{c.  2°  époque. 
Crystal  Palace-Cinéma,   9.    rue   de    la 
Fidélité,    96,    faubourg    Saint-Denis.     — 
Nord  67-59.  —  Lily  Vertu,  comédie  senti- 
mentale   interprétée  par   Mme    Huguette 
Duflos,  de  la   Comédie-Française.   -  -    Les 
Bas  de  soie,  comédie  interprétée  par  Cons- 
tance Talmadge.    —    La  chasse  aux   mille 
lions,  comique.  —  Excursion  au  Medoc.  — 
Palace-Journal,  actualités  de  la  semaine.  — 
Attraction  :   Camille    Stépbani.  dans  son 
répertoire. 

11e  ARRONDISSEMENT 
Voltaire- Aubert-Palace,  95,  rue  de  la 
Roquette.  —  Aubert-Journal.  —  Eddie  Polo 
dans  Le  roi  de  l'audace,  ciné-roman  en 
10  épisodes  publié  par  La  Presse,  8e  épi- 
sode :  Une  lutte  de  géants.  —  La  jalousie 
d'Hercule  Bradfer,  comique. —  La  Pochai  de. 
drameen  12 épisodes, 5e épisode:  Une  lueur 
dans  les  ténèbres.  —  Qua/re-viugt-litiçe. 
d'après  l'œuvre  de  Victor-Hugo.  —  Ames 
brisées,  comédie  dramatique  interprétée 
par  Gladys  Walton . 

12e  ARRONDISSEMENT 
Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Gaumont- 
Ac/nalités.  —  La   t'ocharde,    ^   chapitre   : 
Une  lueur  dans  les  ténèbres.  —  La  Proie. 


grande  comédie  dramatique.  —  Attraction  : 
Cornélius  et  Constance, danses  excentriques. 

—  Zigoto  garçon  de  théâtre,  comique. — 
Quatre-vingt-treize,  drame,  2e  époque. 

i3    ARRONDISSEMENT 
Gobelins.  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 

—  Pdtbé-loiu  nal.  —  Palhc-Rcvuc  //"  20. 
documentaire.  —  L'homme  aux  trois  mas- 
ques. 10e  épisode  :  Tragique  méprise.  — 
La  Pocbarde.  4e  chapitre  :  Un  crime  dans 
les  ruines.  —  Quatre-vingt-treize,  drame, 
irr  époque. 

14e   ARRONDISSEMENT 

(jaité    rue  de  la  Gaîté. —  Pathé-Jourual. 

—  Fathê-Revue  n°  2(1.  documentaire.  — 
L'Homme  aux  trois  masques.  1  .''  épisode  : 
Jean-Claude.  —  La  Pocbarde,  V"  chapitre  : 
Un  crime  dans  les  ruines.  —  Quatre-vingt- 
treize,  drame,  ire  époque. 

Splendide  Cinéma  3.  rue  Larochelle. 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  -  Dans  les 
Vosges,  plein  air.  —  Lés  actualités  de 
Spleiidide-Ciiiéma.  —  Face  a  face,  aven- 
tures. —  Au  Pars  des  loups,  comédie  d'aven- 
tures avec  Charles  Ray.  —  Ealtv  joue  Dou- 
glas, comjque.  —  Rose  Messagère,  grande 
scène  dramatique  interprétée  par  Alice 
Lake. 

Ile  champion  ses Bushc^  = 

•  Tiré  d 'une  nouvelle  de  Earle  Snell  par  l 
■  R.    Cecd  Smith   et  réalisé  par  Jérôme   Storm .   I 

:     Production  Ince  Paramount  1919 

■ 

!  Edition  Gaumont 


Ben  Harding  ... 
Mazie  Palmer ... 

Jim  Blair 

Deacon  Nasbv.. 


...     Charles  Ray 

...Colleen  Moore 

|ack  Gilbert 

..Otto  Hoffmann 


15e  ARRONDISSEMENT 

Grenelle,  122.  rue  du  Théâtre.  —  Pathe- 
Journal.  —  Palbe-Reviie  11"  26.  documen- 
taire.—  L'homme  aux  trois  masques,  1  Ie  épi- 
sode :  Jean-Claude. —  Là  Pocbarde,  4e  cha- 
pitre :  Un  crime  dans  les  ruines.  — 
Quatre-vingt-treize,  drame.  i'e  époque. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  115,  rue  Le- 
coùrbe.  Saxe  56-45.  —  Gàumont-actualitès. 

—  La  Proie  pour  l'ombre,  comédie  gaie  jouée 
par  Fred  Stone.  —  Voleurs  de  femmes, 
12e  épisode  :  Châtiment. —  Zigoto  garçon 
de  théâtre,  comique.  —  L'Enlèvement  de 
Sabine,  comédie  sentimentale.  —  Attrac- 
tion :  le  merveilleux  magicien  humoriste 
De  Gev.  présentant  ses  trucs  sensationnels. 

—  Spectacle  eu  plein  air. 
Splendid-Cinéma-Palace,  60,  avenue 

de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-03.  M.  Messie, 
directeur.  —  Pathe-Jouriial.  —  Palhc-Rcvuc. 

—  Cannes,  plein  air.  —  L'homme  aux  trois 
masques.  11e  épisode  :  fean-Claude  et  Jean- 
nine.  —  Quatre-vingt-treize,  drame.  — 
L'Epingle  rouge,  nouvelle  dramatique.  — 
Les  deux  baiiibocbeurs.  comique.  —  Inter- 
mède :  Les  Telloi  s.  -  Tous  les  jeudis  a 
2  h.  1/2:  Matinée  spéciale  pour  la  jeunesse. 


Vaugirard-Cinéma,  rue  de  Vaugirard, 
273, —  Programme  du  rr  au  3  juillet.  — 
La  Récolte  du  liège  en  Algérie,  documen- 
taire.—  Le  Fils  de  son  père,  comédie  humo- 
ristique. —  Attractions  :  Mlle  Dorsav. 
chanteuse  a  voix.Les  tVortson  s  .vquïïïbrhtes 
sur  piédestal.  —  Marouf.  conte  tiré  des 
Mille  et  une  nuits,  avec  Jean  Signoret — 
Pathé-Jourual.  actualités. —  Programme  du 
4  au  7 juillet.—  Patbé-Joumal.  actualités. 

—  Le  lièvre  et  la  tortue,  dessins  animés. — 
Joe  détective,  comique.  —  La  Pocbarde. 
4e épisode:  Un  crime  dans  les  ruines.  — 
Attractions  :  Lee  Sam,  l'amusant  chanteur 
danseur.  Les  Point,  gladiateurs  romains. 
Quatre-vingt-treize,  \Te  époque. 

16=     ARRONDISSEMENT 
Maillot-Palace-Cinéma.  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi ier  au  lundi 4  juillet.  —  La  pocbarde, 
sc  épisode  :    Une  lueur  dans  les  ténèbres. 

—  Rose  de  Grenade,  drame  de  mœurs 
espagnoles.  —  Quatre-vingt-treize.  2«  et 
dernière  époque.  —  Pathé-Jourual.  actuali- 
tés. —  Programme  du  mardi  ;  au  jeudi 
7  juillet.  —  L'Homme  aux  trois  masques. 
11e  épisode:  Jean-Claude.  —  Eclair-Jour- 
ual.  actualités.  —  Zigoto  garçon  de  théâtre. 
comique.  —  L'Oiseau  s'envole,  comédie 
dramatique.  —  Les  deux  bambochent  ±. 
comique. 

Mozart-Palace.  49.  51.  rue  d'Auteuil. 
16e.  —  Programme  du  vendredi  i&  au 
lundi  4  juillet.  —  L'homme  aux  trois  mas- 
ques, 11e  épisode  :  Jean  Claude.  — 
Eclair-Journal.  —  Zigoto  garçon  de  théâtre. 
comique.  —  L'Oiseau  s'envole,  comédie 
dramatique.  —  Les  deux  hambocheiirs. 
comique.  — .  Programme  du  mardi  5  au 
jeudi  7  Juillet. —  La  l'ocbarde,  y  épisode  : 
>»  Une  lueur  dans  les  ténèbres  ».  —  Rose  de 
Grenade,  .drame  de  mœurs  espagnoles.  — 
Quatre-vingt-treize,  2e  et  dernière   époque. 

—  Pathé-Jourual. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue 
Malakoff.  —  Un  drame  au  temps  de  Crom- 
Well  :  Le  Chevalier  de  la  taverne,  grand 
roman  de  cape  et  d  epée.  —  Le  coup  d'eu- 
censoir, comédie-vaudeville  avec  Constance 
Talmadge. —  Charlie passe  une  nuit  agitée. 
dessins  animés.  —  Flottage  des  bois  an 
Tyrol,  documentaire.  —  Zigoto  garçon  de 
théâtre,  fou-rire. 

Le  Régent. 22,  rue  de  Passy. —  La  Végè- 
taline,  documentaire.—  A  la  dérive,  comé- 
die avec  D.  Dalton.  —  Le  château  maudit. 
comédie  dramatique. —  Gaumont-actualites. 

—  Pulchcric  et  l'agent  Bajul,   comique. 

17e  ARRONDISSEMENT 
Villiers-Cinéma.  21.  rue    Legendre.  - 
Direction  :  M.  Hermua.  —    Bruges   et   \,  s 
monuments,    plein    air.    —    Eclair-Journal. 
actualités. —  Le  Roi  de  l'audace.  !Se  épisode  : 
Une     lutte    de     géants.    —     Pluie    d'or. 
comédie  dramatique.  —   Les   bas  de  soie. 
vaudeville  —  Intermède  :  Régine  Odry. 
Ternes-Cinéma,   avenue  des  Ternes,  5. 

—  L'air  liquide,  documentaire.  — 
Le    Tourbillon,     ue    épisode    :    La     chute 


cinéa 


GABY     MORLAY 


La  délicate  comédienne 
parisienne  si  aimablement 
photogénique  dans  Un 
Ours  et  Le  Chevalier  de 
Giibv  va  reparaître  dans 
L'Agonie  des  Aigles. 


cinea 


dans  le  vide.  —  Paibé-Journal,  actualités. 

—  Une  enfant  terrible,  comédie.  —  Fleur 
êes  neiges,  drame. 

Cinéma  Demours.  7,  rue  Demours, 
Directeur  :  M.  F.  Destannes. —  Wag. 77-66. 

—  Du  Japon  aux  îles  de  Polynésie,  voyage. 

—  L'Homme  aux  trois  masques,  1  ie  épisode  : 
«  |ean  Claude  ».  —  Le  Uevre  et  la  tortue, 
dessins  animés.  —  Eclair-Journal,  actua- 
lités. —  Marouf.  conte  arabe  tiré  des 
«  Mille  et  une  nuits  ». 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Le  singe  Joe  Martin  dans  Joe  détective. 
comédie  comique.  —  William  Hart  dans 
Loin  du  cœur,  comédie  dramatique.  — 
Gladys.  Walton.  la  plus  jeune  «  star  » 
d'Amérique,  dans  Ames  brisées,  comédie 
dramatique.  —  Pathe-  ournal.  —  La  l'o- 
chards,  5e  chapitre  :  «  Une  lueur  dans  les 
ténèbres  ». 

Le  Select.  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Voleurs  de  femmes,  12e  et  dernier  épisode  : 
«  Châtiment  ».  —  Course  de  taureaux,  film 
documentaire.  —  Sons  le  joug  de  la  morte. 
comédie  dramatique.  — Billy  dieu  d'amour. 
comédie  comique.  —  Gaumont-Aclualites. 

—  La  lumière  du  monde,  comédie.  —  Le 
singe  joë  Martin  dans  Joe  détective,  comé- 
die comique. 

LutetJa-Wagram.  avenue  Wagram.  — 
Billv  West  dans  Billy  dieu  d'amour. 
comédie  comique.  —  Quatre-vingt-treize, 
d'après  l'œuvre  de  Victor-Hugo,  deuxième 
époque.  —  Irène  Castle  dans  Le  Diamant 
de  la  couronne,  grand  film  d'aventures 
policières.  —  Gaumont-actualitès. —  Voleurs 
de  femmes,  12=  épisode  :  «  Châtiment  ». 

Batignolles-Clnéma,  59,  rue  de  la  Con- 
damine.  —  Programme  du  i«r  au  juillet. 

—  Le  lièvre  et  la  tortue,  dessins  animés. — 
La  Pocharde,  se  épisode  :  «  Une  lueur 
dans  les  ténèbres  ».  —  Joë  détective,  comi- 
que. —  Omit  re-vi  ngt-t  rei  ze .  2e  époque.  — 
Patbé-Jonrnal.  —  Ribadouille  il  la  berlue. 
comique.  —  Programme  du  4  au  7  juillet. 

—  La  récolte  du  liège  en  Algérie,  documen- 
taire.—  Le  fis  de  son  père,  comédie  humo- 
ristique. —  Attraction  :  Les  Woortsons. 
équilibristes  sur  piédestal.—  Jean  Signoret 
dans  Marouf.  conte  tiré  des  »  Mille  et  une 
Nuits».  —  Pathè-Journal . 

Cinéma  Legendre.    128,   rue  Legendre. 

—  Directeur  :  A.  Jallon.  —  Lcgcndrc-Aclua- 
lités. —  L'homme  aux  trois  masques.  1  Ie  épi- 
sode :  «  Jean  Claude  ».  —  Madge  et  son 
bandit,  comédie  en  4  actes.  —  Fattv  shé- 
rif comique.  —  L'Indomptable,  drame  en 
2  parties  interprète  par  Frank  Mavo.  - 
Intermède  ;  Raviva,  son  comique  et  son 
groom,    skeetch    acrobatique    til     de  fer. 

18°   ARRONDISSEMENT 

Barbés -Palace,  34,  boulevard  Barbes, 
Direction  :  L.  Garnier.  —  Nord  35-68.  — 
Quatre-vingt-treize,  suite  et  fin.  —  La 
lumière  du  monde,  comédie  gaie  avec  Marv 
Allison.  —  Quel  voyage  de  noces,  comédie 
burlesque.  —  L'homme  aux  trois  masques, 
1  Ie  épisode  :  «  Jean  Claude  ». —  Attraction  : 
Les  Prady's.  duettistes  à  voix. 


Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43. 
—  Maurice  Robert,  directeur.  — A  travers 
l'étroit  Schuru.  —  Tsoin-Tsoin  en  Cbim  . 
dessins  animés.  —  Les  Actualités  de  la 
semaine.  —  Biscot  dans  Zidore  ou  les  mé- 
tamorphoses.—  Le  Mentor,  comédie  d'aven- 
tures. —  L'Homme  aux  trois  masques. 
11e  épisode  :  Jean  Claude.  —  Intermèdes  : 
Celmas.  fantaisiste  :  Marthe  Tremont  dans 
son  répertoire. 

Montcalm-Cinéma,  134,  rue  Ordener. — 
Actualités  Gaumont.—  Une  étoile,  comique* 
-  Le  Vengeur,  avec  H.  B  Walthall.  —  La 
Pocharde.  5e  chapitre.  —  Voleurs  de  fem- 
mes. 1 1''  épisode.  —  Sur  scène  :  l'cnséa,  de 
l'Européen. 


|  QUATRE-VINGT-TREIZE 

;   Tiré   du    Tloman    de    Victor    Hugo   et   réalisé 
;         par  Albert  Capellani  et  André  Antoine. 

Production  S.C.A.G.L.  1914 
:  Edition  Pathé 


:  Marquis  de  Lantenac.  Philippe  Garnier  j 
!  Cimourdain Henri  Krauss  : 

■  ■ 

!  Gauvain     Paul  Capellani  j 

!  Sergent  Radoub Dorival  ! 

ï  L  Imanus Charlier  i 

m  m 

!  La  Flécharde    ...   Mme  Barbier-Krauss  ! 

■  ■ 

Marcadet-Cinéma-Palace,  110,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81.  —  La  Vieille,  comédie  senti- 
mentale. —  Quatre-vingt-treize,  deuxième 
et  dernière  partie.  —  La  Pocharde,  ,e  épi- 
sode :  «  Une  lueur  dans  les  ténèbres  ».  — 
Attraction  :  Strit,  dans  ses  chansons  et 
imitations. 

Gaumont-Palace,   1.   rue  Caulaincourt. 

—  Un  grand  film  d'art  suédois  :  La  petite 
fée  de  Solbakken. —  Force  èi  la  Loi,  dernier 
chapitre  de  Quatre-vingt-treize .  —  Joë  dé- 
tective, par  le  Singe  Joë  Martin.  —  Actua- 
lités mondiales,  attractions   inédites,  etc. 

Palais-Rochechouart.  76,  boulevard  Ro- 
chechouart.  —  A  travers  la  France,  par  Ar- 
douin  Dumazet.auteurdu  Voyageai  France  : 
Cannes.  —  Le  roi  de  l'audace,  ciné-roman 
en  10  épisodes  publié  par  La  Presse.  8e  épi- 
sode :  «  Une  lutte  de  géants  ».  —  Henri 
Krauss  et  Capellani  dans  Quatre-vingt- 
treize,  d'après  l'œuvre  de  Victor-Hugo. 
deuxième  et  dernière   partie.  Aubert- 

Journal,  les  actualités  du  monde  entier.  — 

—  La  Pocharde,  grande  série  française 
en  12  épisodes,  d'après  le  célèbre  roman  de 
|ules  Marv.  5e épisode  :  «  Une  lueur  dans 
les  ténèbres  ».  —  Gladys  Walton  dans 
Ames  brisées,  comédie  dramatique. 

io<*     ARRONDISSEMENT 
Secrétan,  7,   Avenue  Secrétan,    Pathe- 
/oitrual. —  Le  lièvre  et  la  tortue,  d'après  la 
fable  de  La  Fontaine,  dessins  animés. 
L'Homme  aux  trois  masques,   11e  épisode  : 
Jean    Claude.   —   La  Pocharde,   5e   chapi- 


tre :  Une  lueur  dans  les  ténèbres.  — 
Quatre-vingt-treize,  drame,  2e  époque,  fin. 

—  Deux  bons  maris,  comique,  joué  par 
Harrv  Pollard  et  lAfrique. 

Alhambra-Cinéma  22,  boulevard  de  la 
Villette. —  Directeur-propriétaire,  M.  Vic- 
tor Deunier.  —  L'Homme  aux  trois  masques. 
a*  épisode.  —  Concours  du  plus  beau  bébé 
de  France.  —  La  Pocharde,  4e  épisode.  — 
Actualites-l'atbe.—  Lilv  Vertu,  drame.— 
Les  chansons  filmées  de  G.  Lordier. 

20e    ARRONDISSEMENT 

Paradis-Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 
leville.  —  Bigorno  chimiste,  comique.  — 
La  maison  en  ruines,  comédie  dramatique. 
-  Eddie  Polo  dans  Le  roi  de  l'audace,  ciné- 
roman  en  10  épisodes,  8e  épisode  :  Une 
lutte  de  géants.  —  Mme  Huguette 
Duflos  dans  Lilv  Vertu,  comédie  drama- 
tique 

Féeriqu. -Cinéma,  146.  rue  de  Belle- 
ville.  —  Pathe-Joumal.  —  Alice  Lake  dans 
Rose  messagère,  scène  dramatique.  — 
Attraction  :  Miss  Athea.  contorsionniste. — 
Mme  Huguette  Duflos  dans  Lilv  Vertu. 
comédie  dramatique.  —  La  Pocharde. 
S**  épisode  :  Une  lueur  dans  les  ténèbres. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont-actualitès.  —  Le 
Champion,  comédie  en  4  parties  avec 
Charles  Ray.  —  La  pocharde,  y  chapitre  .: 
Une  lueur  dans  les  ténèbres.  —  Attrac- 
tion :  Monray.  chanteur  troupier.  — 
Quatre  vingt-treize,  d'après  l'œuvre  de 
Victor-Hugo.  2<*  époque. 

BANLIEUE 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (Le 
vallois).  Wagram  04-91.  —  Un  drame 
sous  Napoléon.  2e  et  dernière  époque.  — 
La  pocharde,  3e  chapitre  :  La  mère  aux 
sept  douleurs.  —  L'homme  aux  trois  mas- 
ques,   10e    épisode   :     Tragique    méprise. 

—  Attraction  :  Les  Poliardis,  patineurs. 
Fontenay-Cinéma.    8,   rue    Boucicaut. 

(Fontenav-aux-Roses).  —  Programme  du 
2  et  3  Juillet  —  Le  vieux  Basiia.  pano- 
rama. —  Le  roman  d'un  jeune  homme  pau- 
vre. d'Octave  Feuillet,  interprété  par  Pina 
Menichelli.  —  Les  Deux  Gamines.  12=  épi- 
sode. —  Visages  noirs,  comique. 

Montrouge.  —  Les  grandes  villes  du 
Congo  Belge,  plein  air. — Montrouge-actua- 
lités.  faits  divers  mondiaux.  —  Mystérieuse 
tragédie,  drame.  —  L'homme  aux  trois 
masques.  11e  épisode  :  Jean  Claude.  — 
La  nuit  du  1  ;.  drame  joue  par  Yvette 
André) or,  André  Dubosc,  Jean  Toulout. 
Mise  en  scène  de  Fescourt.  —  Les  deux 
bamboebeurs,  comique. 

Bagnolet.  —  Pathe-Joumal.  —  Le  lièvre 
et  la  tortue,  d'après  la  fable  de  La  Fontaine, 
dessins  animés.  —  L'homme  aux  trois  mas- 
ques. 11e  épisode  :  Jean  Claude.  —  La 
pocharde.  5e  chapitre  :  Une  lueur  dans 
les  ténèbres.  —  Quatre-vingt-treize . 
drame.  2e  époque,  fin.  —  Deux  bons  mans. 
comique,  interprète  par  Harrv  Pollard  et 
l'Afrique. 


cinea 


MM      LES    FILMS    D'AUJOURD'HUI      MM 


Loin  du  cœur 

Eternel  poème  des  retours!  Retour 
des  vainqueurs  de  Troie,  d'Agamem- 
non  qui  reçoit  la  mort  à  son  foyer, 
d'Odysséus  qui  la  donne.  Retour  gro- 
tesque des  guerriers  d'Aristophane. 
Retour  du  marin  oublié,  d'Enoch 
Arden  qui  s'en  va  sans  rien  dire,  de 
xMilitis  —  vous  verrez  Van  Daële  dans 
la  Fièvre  qui  tue.  Retour  du  soldat, 
sujet  que  n'ont  épuisé  ni  MM.  de  Fiers 
et  Francis  de  Croisset,  ni  M.  Jean- 
Jacques  Bernard  (et  à  ce  propos  no- 
tez combien  le  rond  de  serviette,  par 
lequel  se  noue  l'action  du  Feu  qui  se 
rallume  mal,  est  un  moyen  cinèma- 
tique,  un  premier  plan  d'écran). 

La  donnée  qu'interprète  William 
Hart  est  celle  du  forçat  qui  revient, 
trouve  son  foyer  dévasté.  La  psycho- 
logie n'en  est  point  minutieusement 
analysée;  il  s'agit  d'êtres  simples, 
que  l'auteur  n'a  pas  la  prétention  de 
connaître  mieux  qu'ils  ne  se  connais- 
sent eux-mêmes,  et  dont  les  senti- 
ments ne  se  révèlent  que  par  le  geste. 

Or,  le  geste  de  William  Hart  est 
toujours  très  beau.  Quand  on  ne  le 
voit  pas,  on  est  tenté  de  l'assimiler  à 
ces  admirables  instrumentistes  qui, 
de  parti  pris,  ne  veulent  que  jouer 
parfaitement  cinq  ou  six  morceaux 
toujours  les  mêmes;  quand  on  le  voit, 
on  ne  voit  que  lui  et  on  applaudit 
sans  réserve. 


Son  Cornac 

Dans  la  catégorie  des  bons  filma 
américains  de  valeur  moyenne,  celui- 
ci  est  un  des  plus  amusants  que  l'on 
ait  vus  depuis  longtemps.  Le  cadre 
en  est  original,  la  donnée  sentimen- 
tale est  assez  délicatement  traitée, 
les  éléphants  sont  éminemment  sym- 
pathiques; Miss  Shirley  Nason  est 
excellente;  elle  est  d'ailleurs,  si  je  ne 
me  trompe,  la  sœur  de  Viola  Dana 

î  (à  moins  que  cela  n'ait  changé,  les 
liens  de  famille  étant  si  sujet  à  varia- 
tion en  Amérique).  L'artiste  qui  joue 
le  clown  amoureux  et  perfide  est  très 
bon  ;  il  meurt  admirablement,  et  son 
expression    pendant   qu'il  cherche  à 

,    rassurer  la  foule  tout  en  suivant  de 
l'œil  la  poutre  qui  va  tomber  sur  lui, 
reste  dans  la  mémoire. 
C'est   un   lien    commun    classique 


que  l'art  doit  chercher  à  peindre 
l'impression  que  les  choses  font  sur 
l'homme  plutôt  que  les  choses  elles- 
mêmes.  Dans  ce  cas,  l'écroulement 
du  cirque  sous  la  tempête  ne  prend 
sa  valeur,  ne  nous  émeut  pleinement 
que  par  le  regard  d'effroi  que  jette 
celui  qui  va  en  être  la  victime.  On 
verra  bientôt,  dans  Fièvre,  la  terreur 
de    la    lutte     concentrée,    condensée 


LOUIS  FOREST 
plaidant  la  cause  du  Cinéma  français  devant 
les    parlementaires    a   la   Salle    Marivaux. 


dans  le  geste  apeuré  d'un  animal  qui 
en  est  témoin.  Devons-nous  conclure 
de  là  à  une  infériorité  du  cinéma  par 
rapport  au  théâtre,  de  l'expression 
visuelle  par  rapport  à  l'expression 
psychologique  ?  Nullement.  D'abord, 
même  au  point  de  vue  purement 
psychologique,  l'écran  peut  mettre 
en  valeur,  beaucoup  mieux  que  la 
scène,  un  jeu  de  physionomie.  Puis 
on  peut  retourner  la  thèse  et  dire 
que  l'émotion  humaine  ne  nous  saisit 
que  lorsque  nous  en  avons  vu  et 
compris  le  motif:  or,  allez  montrer 
au  théâtre  une  éruption  volcanique, 


l'embrasement  du  Walhalla,  ou  sim- 
plement l'effondrement  d'un  cirque! 


Le  diamant  de  la  Couronne. 

Vous  souvenez-vous,  dans  C<eur 
d'Héroïne,  de  ce  corps  charmant  qui 
émergeait  tout  ruisselant  de  la  mer? 
Dans  un  homme,  une  femme,  de  la 
poursuite  à  travers  la  forêt,  des  vête- 
ments si  pittoresquement  déchirés 
qu'on  voyait  à  regret  remplacer  par 
le  comique  pantalon  de  cuir?  Il  ne 
faut  plus  chercher  cela  dans  les  nou- 
veaux films  d'Irène  Castle;  elle  a 
épousé  un  citoyen  proéminent  d'Il- 
haca  (N.-Y.)  et  elle  ne  tourne  plus 
que  des  sujets  respectables.  Celui-ci 
vient  d'ailleurs  en  retard,  après  les 
innombrables  diamants  volés  et  re- 
pris la  semaine  dernière. 


Suzy  Flocon  de  neige 

Le  mot  leg  en  anglais  n'est  guère 
poétique;  celui  de  shanh  encore 
moins,  non  plus  celui  de  jambe  en 
français;  et  pourtant  il  n'en  existe 
pas  d'autres  pour  désigner  ce  com- 
posé de  chair,  de  muscles,  d'os  et  de 
nerfs  qui  sert  à  Anna  Pennington 
pour  marcher  quelquefois,  pour  dan- 
ser souvent,  et  plus  encore  pour 
exprimer  ses  sentiments  de  la  ma- 
nière la  plus  vive,  la  plus  mutine,  la 
plus  spirituelle. 

Nous  n'aurions  point  le  temps  —  il 
y  faudrait  des  volumes,  et  combien 
illustrés  —  d'instituer  une  comparai- 
son entre  les  jambes  les  plus  célèbres 
d'outre-Atlantique.  Celles  de  Mac 
Murray  auraient  plutôt  un  caractère 
plastique;  celles  d'Irène  Castle  —  of 
yorel  —  personnifieraient  la  danse, 
celles  de  Nazimova  la  tragédie,  celles 
d'Annie  Pennington  la  comédie.  Au 
surplus,  allez  les  voir... 


Sous  le  joug  de  la  Morte 

On  essaie  de  placer,  cet  été,  beau- 
coup de  films  de  Clara  Kimball  Young. 
Peut-être  les  hommes  du  métier  fe- 
raient-ils une  meilleure  affaire  en  en 
achetant  un  bon,  qu'ils  placeraient, 
plutôt  que  dix  ordinaires  qui  restent 
pour  compte. 


8 


cinea 


L'Amour  et  la  Haine 

Si  belle  et  émouvante  que  «oit  Pau- 
line Frederick,  elle  imprime  à  tous 
les  films  où  elle  joue  une  impercep- 
tible nuance  de  banalité  (ou  plu.s 
exactement  elle  n'arrive  pa.s  à  dé- 
truire le»  flots  de  banalité  qu'y  ont 
déversés  auteurs  et  metteur»  en  scène) 
mais  on  ne  regrette  jamais  de  la  voir. 


Le  Mystère  des  Ruines 

Un  amusant  prétexte  pour  nous 
montrer  de  belles  ruines  antiques 
qui  ne  font  point  partiede  l'action, 
mais  qui  lui  fournissent  un  cadre 
agréable. 

Le  navire  abandonné 

Aucune  mer  n'a  englouti  plus  de 
vaisseaux  que  la  Méditerranée,  et  ses 
courtes  lames  sont  responsables  de 
beaucoup  plus  de  nausées  que  la  lon- 
gue houle  océane  ou  les  «  queues  de 
typhon  »  dont  se  distraient  les  re- 
tours de  Chine.  Et  les  ports  latins 
ont  vu  naître  de  glorieux  pilotes, 
semblables  au  vieux  Lucio  Polo  que 
chanta  d'Annunzio... 

Pourtant  rien  n'égalera  jamais  le 
prestige  redoutable  de  l'Atlantique 
Nord,  avec  ses  tempêtes  furieuses 
qui  viennent  se  briser  contre  les  fa- 
laises désolées  de  l'Irlande,  de  l'Ecosse 
et  de  la  Norvège,  avec  ses  abîmes, 
ses  courants  et  ses  icebergs,  et  tou- 
jours seront  rois  parmi  les  marins 
les  hommes  qui  ont  labouré  cette 
mer,  les  vikings  de  jadis  et  leurs  des- 
cendants. 

Félicitons  donc  la  Nordisk  d'avoir 
délaissé  les  absurdes  Martiniques  et 
les  Indes  improbables,  et  de  nous 
avoir  montré,  sur  l'Atlantique  — tout 
au  moins  sur  la  Mer  du  Nord  —  un 
vrai  bateau  qui  Hotte,  avec  ses  mâts, 
son  gréement,  ses  voiles,  et  des  ma- 
rins aux  cheveux  filasse,  aux  yeux 
bleus,  aux  noms  en  en. 

• 
Louisiana 

Une  de  ces  jolies  comédies  où  les 
auteurs  américains  se  plaisent  à  mar- 
quer le  contraste  entre  la  vie  des 
champs  et  la  vie  mondaine,  la  pre- 
mière affirmant  naturellement  sa 
supériorité.  Et  ce  n'est  pas  le  moindre 
triomphe  de  Vivian  Martin,  qu'après 
avoir  assisté  avec  plaisir  à  l'épanouis- 
sement du  joli  papillon,  on  n'est  pas 
moins  satisfait  de  le  voir  redevenir 
chrysalide. 


L'héritage    du    père  Bussard 

De  cet  héritage,  le  principal  élément 
d'actif  —  sinon  le  seul  —  est  la  jolie 
Marion  Daviès 

La  Vieille 

...  Et  quand  on  a  vu  ces  actrices, 
si  belles,  si  belles,  si  jolies,  si  jolies, 
on  eht  tout  heureux  de  se  trouver 
devant  un  drame  sobre  de  la  vie  fa- 
milière, offrant  cette  minutie  de  dé- 
tails qui  fait  un  des  charmes  de 
Dickens  et  joué,  ô  bonheur!  par  une 
femme  âgée  et  pleine  de  talent. 


Le  Mois  de  Juillet 
à  Wiesbaden 

OPÉRA  COMIQUE.  —  Au  Orand 
Théâtre,  vendredi  i  :  Werther. 

GRANDE  FÊTE  DE  L'ART  DU 
VÊTEMENT.  -  Paulinenschloss.  — 
Samedi  2  :  Fête  de  l'Eté. 

CORTOT.  —  Au  Petit  Kurhaus. 
dimanche  3. 

VIEUX  COLOMBIER  AU  RÉSI- 
DENZ-THÉA.TRE.  -  Lundi  4  et  ven- 
dredi 8  :  La  Nuit  des  Rois.  Mardi  s 
et  samedi  o  :  Le  Carosse  du  St-Sacre- 
ment  ;  Le  Paquebot  Tenacity.  Mer- 
credi o  et  dimanche  10:  La  Folle 
Journée  ;  La  Coupe  Enchantée  ;  La 
Jalousie  de  Barbouillé.  Jeudi  7  et 
lundi  1 1  :  Les  Fourberies  de  Scapin  : 
La  Surprise  de  l'Amour. 

Sté  MODERNE  D'INSTRUMENTS 
A  VENT.  —  Au  Petit  Kurhaus.  mer- 
credi 13. 

Sté  DES  CONCERTS  D'AUTRE- 
FOIS. —  Au  Petit  Kurhaus.  mer.  13. 

OPÉRA.  —  Au  Grand  Théâtre, 
jeudi  14  :  Ballets,  vendredi  is  : 
Samson  et  Dalila.  samedi  10  :  Ballets. 

GÉMIER.  --  Au  Residenz-Théàtre. 
mercredi  28  :  Monsieur  Codomat, 
vendredi  2i  :  La  Rabouilleuse. 

OUATUOR  POULET.  —  Au  Petit 
Kurhaus.  samedi  23.  dimanche  24. 
lundi  2s  :  Quatuor  Poulet  et  Yves  Nat. 

Mme  MARIE  ANGE  HENRY.  Mme 
LÉON  et  M.  CROIZAT.  —  Au  Petit 
Kurhaus.  jeudi  28  et  vendredi  29. 

EXPOSITION  D'ART  FRANÇAIS. 
—  Au  Château  de  Biebrich. 

TOURNOIS  DE  TENNIS.  —  Du  s 
au  12  juillet. 

Ceci    n'est   pas   de    la    publicité 


Ave  Maria 

...  Même  pas  Diana  Karenne,  qui 
pourtant  est  bien  belle  lorsque,  déeue 
dans  son  amour  pour  M.  Albert  Tho- 
mas (à  moins  que  ce  ne  soit  M.  Rap- 
poport,  sans  barbe,  on  les  distingue 
mal),  elle  se  jette  dans  les  bras  de  la 
religion  :  d'où  le  titre. 


Ame  sauvage 

Peut-être  inspiré  du  Secret,  ce 
drame  nous  émouvrait  davantage 
s'il  était  débarrassé  de  certaines  atti- 
tudes conventionnelles  ..  Mais  ceci 
est  un  avis  tout  personnel,  et  ces  atti- 
tudes-là, nul  ne  les  prend  mieux  que 
Francesca  Bertini. 

Paternité 

Comme  son  titre  l'indique,  ce  film 
tourne,  si  l'on  peut  dire,  autour  d'un 
enfant  dont  le  rôle  est  joué  par  la 
petite  Madge  Evans.  Naguère  les 
enfants  et  les  animaux  figuraient 
dans  les  films  avec  autant  de  naturel 
et  de  simplicité  que  les  vagues,  les 
arbres,  la  neige  et  les  cascades.  Main- 
tenant ils  jouent.  Le  tour  des  arbres 
viendra.  Et  ceci  n'empêche  pas  le 
film  d'être  bon,  et  même  émouvant. 
Pourtant,  ne  trouvez-vous  pas  qu'on 
abuse  des  opérations  chirurgicales? 


Après  l'abandon 

Où  l'on  apprend  que  lorsqu'une 
jeune  fille  américaine  veut  avoir  un 
enfant,  elle  épargne  cette  honte  à  sa 
pudique  patrie,  et  vient  à  Paris,  cette 
ville  immorale.  Pourtant  ce  n'est  pas 
à  Paris  qu'un  éditeur  demanderait  à 
une  femme  de  lettres,  désireuse  de 
placer  sa  prose,  le  sacrifice  de  sa 
vertu.  Inutile  de  dire  qu'Emily  Ste- 
vens  lui  résiste.  Elle  joue,  d'ailleurs, 
bien,  fait  preuve  d'expression  juste 
et  sobre,  et  elle  est  certainement  trop 
intelligente  pour  être  complètement 
mécontente  de  cet  éloge,  nous  repose 
des  prix  de  beauté. 


Tout  s'arrange 

Rassurez-vous,  ce  n'était  pas  très 
dérangé.  Et  d'ailleurs,  avec  Haie 
Hamilton... 

Un  homme  en  loterie. 

Amusante  fantaisie  bien  jouée  par 

Aven  Moore. 

L.  L. 


cmea 


■ 


N 
O 
T 
E 
S 


La  vie  de  Charlie  Chaplin  est  an 
film  gai.  Autrefois  on  appelait  les 
films-farces  des«  courses-poursuites». 
Il  fallait  que  ces  productions  fussent 
très  courtes,  mais  plus  bourrées  de 
faits  et  d'actes  que  le  plus  riche  feuil- 
leton romanesque. 

La  vie  de  Chaplin  est  courte  et 
abondante  comme  trente-six  mélo- 
drames bien  construits. Elle  comporte 
beaucoup  d'amertume. 

Dans  la  banlieue  de  Londres,  na- 
quit, au  printemps  1889,  Charles  Spen- 
cer Chaplin,  fils  d'un  chanteur  et 
d'une  danseuse.  Le  père  mourut.  La 
mère  dansait.  Il  y  eut  de  la  maladie, 
de  la  misère  et  des  jours  de  faim  dans 
cette  paradoxale  famille  semblable 
à  beaucoup  de  familles  de  Witecha- 
pel,  de  Lime-house  —  et  de  Charles 
Dickens  en  particulier. 

La  danseuse  avait,  dit-on,  un  beau 
talent  de  mime.  C'est  pourquoi  elle 
était  obligée  de  gagner  sa  vie  comme 
couturière  en  chambre,  et  c'est  pour- 
quoi elle  enseignait,  à  Charlie  et  à 
son  aîné  Sydney,  l'art  nourricier  de 
la  couture  à  l'âge  de  six  ou  sept  ans. 
Il  est  probable  qu'elle  leur  enseigna 
aussi,  par  ses  confidences,  ou  par  son 
exemple, ce  qu'elle  savait  de  la  science 
du  silence. 

Les  gosses  tâtèrent  bientôt  de  la 
scène.   Charlie    n'avait   pas    dix    ans 


qu'il  s'essayait  au  music-hall  comme 
«  boy  ».  Un  de  ses  meilleurs  films, 
Sunngside,  le  montre  dansant  et  vol- 
tant  avec  une  grâce  exquise  de,  di- 
sons-le, «  excentric  girl  ».  Ses  débuts 
dans  la  troupe  des  Lancashire  Lads 
consistaient  en  gigues  naïves  armées 
de  sabots.  On  a  la  chance  avec  soi  ou 
on  ne  l'a  pas.  Et  que  pensez-vous  du 
début  pénible  d'un  boy  de  huit  ans 
qui  doit  compliquer  d'une  paire  de 
sabots  son  labeur  difficile  ?  Mais  les 
plus  petits  commencent  par  le  sport 
aux  collèges  d'Eton,  Oxford,  Cam- 
bridge et  ailleurs. 

Charlie  connut  un  jour  les  rôles  de 
.grande  envergure.  On  lui  confia,  par 
un  de  ces  hasards  qui  servent  à  éta- 
blir la  réputation  de  flair  d'un  direc- 
teur de  théâtre,  le  personnage  de 
Billy,  le  groom  de  Sherlock  Holmes, 
vous  savez,  le  gamin  mystérieux  et 
fùté  qui  comprend  si  bien  les  talents 
de  son  maître  et  qui  l'aime  avec  une 
sentimentalité  critique  du  meilleur 
goût. 

Le  meilleur  de  son  métier  —  et  de 
soi-même  —  Charlie  l'apprit,  toujours 
à  Londres,  dans  la  fameuse  et  quasi 
classique  troupe  de  pantomine  de 
Karno.  Toutes  les  traditions  de  la 
comédie  humoristique  sont  conser- 
vées chez  Karno.  Acrobatie,  parodie, 
rire  funèbre,  mélancolie  désopilante, 


sketches,  danses,  jongleries,  tout  cela 
uni  et  fondu  sur  un  thème  sobre, 
c'est  la  source  de  ce  comique  anglais, 
actuellement  sans  rival.  Le  réper- 
toire en  est  aussi  limité  que  ceux  de 
la  tragédie.  Les  poètes  dramatiques 
brodent  sur  Agamemnon.sur  Electre, 
sur  Phèdre  et  leurs  cousins  depuis 
trois  mille  ans.  La  pantomine  anglaise 
—  et  la  troupe  Karno  surtout  —  bro- 
dait et  brode  perpétuellement  sur  des 
thèmes  d'imagerie,  comme  le  Voleur 
d'une  bicyclette, le  Joueur  de  billard, 
la  Rentrée  de  l'Ivrogne,  la  Leçon  de 
boxe,  l'Envers  du  Music-Hall,  l'En- 
vers d'un  drame  romantique,  sans 
oublier  le  Gentleman  êméché  qui  es- 
calade les  réverbères,  le  Pianiste,  le 
Chanteur  qui  prépare  sa  chanson 
et  qui  ne  chante  jamais,  le  Prestidi- 
gitateur maladroit,  etc,  etc..  Ces 
contes  farces  ne  sont  pas  drôles, 
comme  on  le  croit  ingénument,  rien 
que  par  le  flegme  des  interprètes, ou 
par  les  gifles,  les  coups  de  pied  au 
derrière  et  les  tartes  à  la  crème.  Il  y 
a  sur  toute  la  terre  des  clowns  qui  en 
font  autant.  Voir  les  cirques  espa- 
gnols et  italiens.  La  farce  anglaise  a 
d'abord  un  rythme  incroyable  et 
surtout  elle  s'impose  par  la  synthèse. 
Tout  est  dosé,  ramassé,  concentré. 
Tout  frappe  avec  une  sûreté  de  poing 
derrière  lequel  il  y  a  un  boxeur   de 


0 


cinea 


grand  .style.  Tout  éclate  comme  un 
coup  de  canon  inattendu.  Vous  ave/, 
parfois  une  impression  de  désordre? 
Vous  avez  la  même  impression  devant 
une  multiplication  OÙ  sont  beaucoup 
de  ch if l're s.  Aucune  des  bavures  du 
guignol  lyonnais.  Pas  de  ce  «  tapons- 
nous-sur-le-ventre  »  qui  est  l'atmos- 
phère du  cale-concert  français.  Rien 
de  la  ligne  nette  et  tendre  des  ara- 
besques latines  ou  des  fioritures  dont 
la  pantomine  méditerranéenne  ne  se 
débarrassa  pas  avec  Deburau.Roulfe, 
Thaïes,  Séverin.  La  comédie  mimée 
des  Anglais  est  une  rude  synthèse. On 
ne  lui  résiste  pas. 

Une  personnalité  aussi  marquée 
cpie  celle  de  Chaplin  —  et  compliquée 
d'atavismes  français  et  espagnol 
ne  pouvait  rencontrer  meilleur 
terrain  d'apprentissage.  Il  avait  dix- 
sept  ans  quand  il  entra  chez  Karno. 
Il  accepta  des  rôles  modestes.  Il  tra- 
vailla durement.  Il  suivit  la  troupe 
en  Amérique,  revint  à  Londres  avec 
elle,  l'accompagna  de  nouveau  à 
New-York',  regagna  l'Angleterre,  et 
pendant  quatre  ou  cinq  ans  mania 
ce  répertoire  précis  et  suggestif.  11 
devait  s'en  souvenir  plus  tard  au  ci- 
néma. Par  exemple,  le  film:  Chariot 
au  music-hall  rappelle  absolument 
la  pantomine  :  Une  Soirée  dans  un 
music-hall  anglais  où  il  avait  eu  du 
succès.  Et  son  fameux  monologue  ci- 
négraphique  Chariot  rentre  tard 
(One  A.  M.)  est  la  réplique  d'une  co- 
médie mimée  sur  le  même  thème  où 
Fred  Karno  tenait,  je  crois,  le  per- 
sonnage du  gentleman  pochard.et  où 
les  meubles,  tapis,  accessoires.étaient 
«  interprétés  »  par  des  acteurs:  ainsi 
la  peau  d'ours,  dont  l'importance 
bouffe  est  si  grande,  étaient  «  inter- 
prétés »  deux  ans  avant  Chaplin,  par 
Max  Dearly  qui  entraînait  chez  Karno 
ses  qualités  de  fantaisiste. 


Grâce  à  Chaplin, la  comédie  anglaise 
i-onquit  le  cinéma  américain.  Les 
films  bouffes  américains  consistaient 
—  il  y  en  a  encore  beaucoup  de  ce 
genre  —  en  coups  et  trépidations 
d'une  grossièreté  extrême,  mais  dé- 
clanchaient  le  rire  cependant. 

Quand  la  Keystone  C"  engagea  ,1e 
jeune  mime  anglais,  il  y  a  sept  ou 
huit  ans  au  plus, son  début  consterna 
la  direction.  Il  n'avait  pu  se  plier 
exactement  aux  mœurs 'scéniques  de 
la  maison.  Déjà  attaché  à  l'expres- 
sion, il  avait  appris  chez  Fred  Karno 
que  la  plus  joyeuscépilepsie  du  corps 


est  vaine  sans  les  mouvements  —  ou 
les  défauts  de  mouvements  —  du 
masque. 

La  défroque  qu'il  s'était  composée 
parut  banale.  Ses  camarades  recher- 
chaient soigneusement  des  excentri- 
cités de  costume, de  perruque,  de  ma- 
quillage. Chaplin  s'en  tint  à  une  tenue 
déjà  vue,  un  peu  simplifiée,  stylisée 
en  somme  et  exprima.  Après  lui  avoir 
proposé  de  lui  résilier  son  contrat, 
les  directeurs  de  la  Keystone  C«  com- 
prirent que  Chaplin  n'était  pas  une 
marionnette  ordinaire,  mais  un  comé- 
dien, un  interprète,  un  artiste.  Ils  le 
comprirent  .si  bien  qu'ils  s'évertuè- 
rent à  transformer  en  «  artiste  »  les 


pitres  agités  de  leur  compagnie  et  à 
parer  ces  partenaires  de  Chaplin 
d'une  grâce  parodique  toute  sem- 
blable. 

De  là  cette  évolution  heureuse  du 
film  comique  américain.  La  Keystone 
y  gagna  une  fortune.  Les  camarades 
de  Chaplin  y  gagnèrent  la  conscience 
de  leur  personnalité  :  nous  les  avons 
retrouvés  depuis  lors  sous  un  jour 
nouveau.  Ruscoë  Arbuckle  (Fatty) 
est  devenu  le  prestigieux  meneur  de 
jeu  de  bandes  irrésistiblement  alam- 
biquées  ;  Mabel,  ex-petite  poule  insi- 
gnifiante, est  la  Mabel  Normand  de 
Miekey  et  de  Jean  of  Plattsburg  ; 
Mack  Swain  (Ambroise)  a  élargi  sa 
gaieté  trop  directe  dans  les  films  ré- 
cents de  Chaplin. 

Quand  au  metteur  en  scène  qui 
avait  reçue  Charlie  aux  studios  de 
Los  Angeles,  c'est  Mack  Sennett.  Fa- 
cile à  contenter  jadis  comme  le  pre- 
mier régisseur  venu,  c'est  aujour- 
d'hui un  vrai  compositeur  de  films. 
Miekey  a  établi  son  talent  et  aussi  les 
folles  comédies  à  baigneuses  dont  le 
rythme  nous  fait  songera  Offenbaeh 
et  quelquefois  à  Stravinsky.  De  plus. 


il  a,  consciemment  ou  non, donné  des 
indications  remarquables  pour  ce 
chapitre  ds  la  photogénie  qui  sera 
considérable  un  jour  :  le  nu  au  ci- 
néma. 


En  1915,  les  petits  films  insensés  de 
la  Keystone  étaient  célèbres  de  par 
Charlie  Chaplin.  Cette  production  se 
répandit  sur  toute  la  terre.  Elle  entra 
même  en  France  bien  que  certains 
pensaient  :  Ce  n'est  pas  drôle.  Par- 
lez-moi de  Rigadin...  î  Quelques 
mois  avaient  fait  de  Chaplin, 
sous  le  pseudonyme  de  Charlie,  Car- 
litto  ou  Chariot,  ce  qu'il  est  encore  : 
l'homme  le  plus  célèbre  du  monde. 
Jusqu'à  nouvel  ordre,  il  éclipse  en 
renommée  Jeanne-d'Arc,  Louis  XIV 
et  Clemenceau.  Je  ne  vois  que  Jésus 
et  Napoléon  qui  puissent  rivaliser 
en  notoriété.  Sans  doute  cette  gloire 
est-elle  provisoire. 'N'est-il  pas  étrange 
qu'elle  se  soit  créée  si  vite  et  si  fort? 

Les  propositions  dorées  abondent. 
Chaplin  traite  avec  la  Essanay  C"  et 
débute  dans  ses  studios  de  Chicago 
avec  Chariot  apprenti  (Charlie  at 
work)  aux  appointements  de  6250  par 
semaine.  De  là  il  retourne,  toujours 
pour  Essanay  C°,  à  San  Francisco, 
où  il  tourne  Chariot  fait  la  noce 
(Charlie' s night ont),  Chariot  boxeur 
(Champion  Charlie),  Chariot  cam- 
brioleur (Police),  etc.  Tout  le  monde 
a  vu  cette  délicieuse  série  d'Essanay 
où  Chaplin  a  pu  donner  des  notes 
aussi  diverses  que  Chariot  vagabond 
(Charlie  the  tramp)  ou  Mam'zcllc 
Chariot  (Charlie  the  perfect  ladu), 
et  surtout  Chariot  marin  (Shan- 
gaïed).  Chariot  veut  se  marier 
(Charlic's  elopement),  Chariot  au 
music-hall  (Charlie  at  the  show). 

Il  y  adopte  un  partenaire  supérieu- 
rement photogénique  :  Edna  Pur- 
viance,  qui  fut  depuis  sa  parte- 
naire dans  tous  les  films.  La  jolie 
blonde,  d'abord  une  camarade,  fut 
ensuite  la  plus  intéressante  expé- 
rience de  Chaplin  qui  façonna  ce 
masque,  lui  donna  de  la  force  et  dll 
style  et  n'en  rompit  jamais  le  charme 
naturel. 

On  voit  aussi  auprès  d'eux  Ben  fur- 
pin,  l'agité,  bon  acrobate  qui  se  trans- 
forme en  bon  comédien. 


Entre  temps,  Chaplin  essayait  de 
réaliser  un  film  dramatique.  C'est 
tout  naturel.  Il  y  a  en  lui  cette  sorte 
de  grâce  française, méridionale  même, 


cinea 


II 


qui  l'approche  du  drame  sentimental. 
Il  est  cousin  de  d'Artagnan. 

La  tragédie  cinégraphique  ne  sem- 
ble pas  avoir  de  parenté  avec  Alexan- 
dre Dumas  père  cependant.  Mais  nous 
ne  la  verrons  sans  doute  jamais,  car 
après  plusieurs  semaines  de  travail 
il  dût  s'interrompre,  forcé  par  con- 
trat avec  Essanay  d'achever  sa  série 
comique. 

Cela  vaut  mieux  ainsi.  Il  n'était 
pas  mûr  pour  s'abandonner  aux 
larmes.  Dans  les  films  qu'il  composa 
ensuite,  il  mêle  à  la  farce  de  brèves 
minutes  d'émotion  qui  valent  tout  un 
drame.  Dans  sa  Citrmen,  il  termine 
la  parodie  par  une  expression  angois- 
sante et  désespérée  que  nous  n'avons 
malheureusement  jamais  vue  aux 
interprètes  de  Don  José. 

Quand  l'engagement  de  l'Essanay 
prit  fin,  Chaplin,  en  plein  triomphe, 
s'amusa  quelques  semaines  à  se  lais- 
ser fêter,  écouta  les  éloges  intéressés 
et  brusquement  signa  avec  la  Mutual 
Film  Corporation  le  contrat  sensa- 
tonnel  qui  lui  valut  la  réputation 
d'un  homme  gagnant  un  million 
par  an. 

A  vrai  dire,  le  contrat  n'envisageait 
qu'un  an  et  dépassait  à  peine  le  demi- 
million,  moyennant  quoi  Chaplin  de- 
vait fournir  douze  films.  Si  peu  qu'on 
soit  informé  des  nécessités  du  cinéma 
et  des  goûts  minutieux  de  Chaplin, 
on  conviendra  que  la  livraison  de 
douze  bon  films  en  douze  mois  est  un 
paradoxe.  Chaplin  y  parvint  presque 
et  ne  se  consacra  guère  plus  d'un  an 
à  la  réalisation  de  cette  suite  éblouis- 
sante —  satirique,  attendrie,  cin- 
glante, ardente  —  où  l'on  doit  tout 
citer  et  retenir  et  admirer. 

Chariot  chef  de  rayon  (The  /loor- 
walker),  Chariot  pompier  (The  fire- 
man).  Chariot  musicien  (The  vaga- 
hond),  Chariot  rentre  tard  (One 
'A.  M.),  Chariot  chez  l'usurier  (The 
pawnshop).  Chariot  fait  du  ciné 
(Behind  the  screen),  Chariot  patine 
(The  rinli).  Chariot  ne  s'en  fait  pas 
(Easy  street).  Chariot  fait  une  cure 
(The  cure),  Chariot  voyage  (The  im- 
migrant). Chariot  s'évade  (The  ad- 
venturer),  tel  est  le  tableau.  La  diffé- 
rence qu'il  y  a  entre  le  titre  anglais 
et  la  traduction  française  peut  sur- 
prendre. Il  semble  que  le  préposé 
n'ait  jamais  connu  l'anglais,  —  ni  le 
cinéma.  Mais,  comme,  en  France,  on 
donne  un  titre  nouveau  à  ces  œuvres, 
le  hasard  n'est  pas  incapable  d'obte- 
nir un  jour  la  traduction  vraie. 

En  même  temps  que  ces  fils   mar- 


quent un  épanouissement  du  talent 
de  Chaplin  et  un  progrès  technique 
de  la  mise  en  scène,  ils  obtiennent  ce 
que  Chaplin,  mime  anglais,  a  si  obs- 
tinément demandé  :  la  suppression 
des  tartes  à  la  crème  abusives,  des 
coups  pour  les  coups,  des  chutes  inu- 
tiles au  rythme  bouffe  du  récit.  Enfin 
les  personnages  sont  des  types  non 
seulement  pour  tel  ou  tel  film,  mais 
forment  un  ensemble  spécial,  avec 
des  caractères,  comme  la  comédie  ita- 
lienne du  XVIIe  et  comme  la  panto- 
mine britannique  du  XIX«.ll  est  pro- 
bable que  si,  au  contraire  du  théâtre, 
le  cinéma  ne  reniait  pas  chaque  jour 
ce  qu'il  avait  fait  la  veille.il  se  serait 


constitué  un  répertoire  de  types 
bouffes  et  de  parodies  visuelles  tout 
à  fait  curieux.  Mais  ces  essais  suivent 
le  tourbillon  dévorateur  de  Chaplin 
—  qui  ne  serait  pas  Chaplin  s'il  était 
capable  de  piétiner  au  même  endroit. 


La  fortune  de  Chaplin  grandit  après 
la  série  Mutual.  En  1918,  il  signe  avec 
la  First  National  Exhibitors  Associa- 
tion pour  une  série  de  huit  films  aux 
taux  global  de  un  million  de  dollars. 

Chaplin  profite  de  ces  conditions 
confortables  qui  lui  assurent  l'indé- 
pendance morale  et  matérielle,  et  il 
se  livre  tout  entier,  plus  libre  d'in- 
vention, plus  sévère  pour  soi  en 
même  temps,  plus  lui   enfin. 

Une  17e  île  chien  (A  dog's  life). 
Chariot  soldat  (Shoulder  Arms),Une 
Idylle  aux  Champs  (Sunngside)  et  A 
dag's  pleasure  ont  déjà  prouvé  par- 
tout (même  à  Paris  avec  deux  ans  de 
retard)  l'éclat  de  ce  talent  puissant 
et  tourmenté. 

Lue  autre  production,  The  h'id, 
exécutée  en  marge  de  la  combinaison 
First    National,  témoignera   de    plus 


d'ampleur  encore.  The  Kid,  c'est  le 
gosse.  Et  je  ne  sais  pourquoi  j'asso- 
cie parfois  ce  titre  à  Kim.  Le  nervo- 
sissime  Charlie  est-il  si  loin  des  jeunes 
hindous  britannisés  dont  parle  Ki- 
pling, père  de  Kim  le  délicat  ? 


L'histoire  de  ce  petit  homme  brun, 
souriant,  frisé,  est  simple  comme  ses 
braves  yeux  clairs. 

Beaucoup  d'actions  venues,  semble- 
t-il,d'un  seul  jet,  mais  un  souci  moral 
ininterrompu  lesenveloppe.  Cela  nous 
regarde  à  peine. 

L'interviewer  ne  vous  en  dirait  pas 
beaucoup  plus.  Chaplin,  ajouterait-il, 
est  un  milliardaire  sauvage  et  pai- 
sible. Il  habite  une  gentille  villa  cali- 
fornienne ;  il  écrit  du  matin  au  soir 
quand  il  ne  tourne  pas.  Il  tourne  du 
matin  au  soir  quand  il  n'écrit  pas. 
C'est  un  petit  bonhomme  bien  sage 
dont  la  tête  bout. 

Avec  ses  amis.il  est  gai.  Gai  comme 
un  acteur.  Douglas  Fairbanks  etMary 
Pickford  sont  ses  meilleurs  copains. 
Il  lit  toute  espèce  de  livres.  Il  joue 
du  violon.  Il  triture  le  piano.  Il  pra- 
tique le  dictaphone.  Le  moulin  à  pel- 
licules est  tout  de  même  son  meilleur 
instrument.  Et  sa  meilleure  passion. 

Il  a  d'autres  passions.  Celle  des  en- 
fants, par  exemple.  On  voit  peu  de 
mômes  dans  ses  films.  Il  les  étudie 
beaucoup  cependant.  Peut-être  les 
aime-t-il  trop  pour  les  disséquer  sous 
forme  de  photographies  Les  enfants 
l'adorent.  Je  ne  parle  pas  seulement 
du  public  de  toute  la  terre.  Je  parle 
des  galopins  de  Holywood  et  de  Los 
Angeles  avec  qui  il  a  fait  de  bonnes 
parties. 

Les  passions  de  Charlie  ne  lui  va- 
lent que  mécomptes,  comme  à  tout 
vrai  poète. Charlie,  le  comique  déses- 
péré, a  eu  un  baby  —  qui  est  mort  au 
bout  de  peu  de  mois.  Charlie  a  beau- 
coup pleuré.  Cela  ne  nous  regarde 
pas. 

Charlie  a  aimé  Mildred  Harris,  la 
jolie  têtue.  11  l'a  épousée.  Du  jour  au 
lendemain,  la  petite  Mildred  Harris 
est  devenue  Mildred  Harris  Chaplin, 
une  star.  C'est  toujours  ça  de  gagné. 
Les  voilà  divorcés  maintenant  I  La 
bien-aimèe  a  dit  que  le  chéri  la  pri- 
vait de  pain,  se  saoulait  et  tapait  dur. 
Charlie  n'a  rien  dit.  Il  a  un  peu  mai- 
gri. Le  voilà  de  nouveau  tout  seul.  11 
ne  serait  pas  lui  s'il  n'était  pas  seul. 
Poor  man  ! 

Et  il  se  remarie  pour  voir... 

Louis  Dei.luc. 


12 


cinea 


MM3& 


EN      A  M Ê RI  5 U E 


MJ&M 


La  question  à  l'ordre  du  jour  est 
celle  de  la  moralité.  Elle  vient  de  faire 
un  pas  redoutable  dn  fait  que  l'Asso- 
ciation Nationale  de  l'Industrie  du 
Cinéma  a  adopté  en  principe  le  texte 
d'un  projet  de  bill  instituant  une  cen- 
sure qui  aura  tout  pouvoir  pour  in- 
terdire :  les  scènes  comportant  un 
appel  exagéré  à  l'instinct  sexuel  — 
les  scènes  faisant  allusion  à  la  pros- 
titution ou  à  la  traite  des  blanches 
—  celles  relatives  à  l'amour  illicite, 
ou  tendant  à  rendre  le  vice  aimable 
et  la  vertu  odieuse, celles  où  l'on  exhibe 
du  nu,  des  personnes  insuffisamment 
vêtues,  des  scènes  de  bains,  des 
danses  excitantes  —  celles  où  l'on 
tue,  où  l'on  vole,  où  l'on  prend  des 
stupéfiants,  où  l'on  raille  la  police, 
la  religion,  la  propriété,  la  famille, 
etc.,  etc. 

Lorsque  ce  bill  sera  en  vigueur, 
nous  vous  aurons  vus  pour  la  der- 
nière fois,  o  jambes  d'Irène  Castle, 
genoux  de  Nazimova,  cuisses  de  Maë 
Murray,  reins  de  Mabel  Normand, 
hanches d'Annette  Kellermann, flancs 
de  Theda  Bara,  seins  de  Betty  Blythe, 
dos  d'Harriett  Hammond,  épaules  de 
May  Allison  î 

L'auteur  de  cette  admirable  guillo- 
tine, le  Dr  Wilbur  F.  Craft,  a  eu  l'occa- 
sion d'exposer  des  idées  dans  Sha- 
dowland  —  cet  exquis  magazine  où 
l'on  voit  tant  de  beaux  paysages  et 
tant  de  jolis  corps.  Avec  un  libéra- 
lisme, un  fair  plaij  parfaits,  notre 
confrère  à  ouvert  ses  colonnes  au 
Lamarzelle  américain,  qui,  parmi 
quelques  sottises  historiques  (il  dé- 
clare par  exemple  que  la  décadence 
d'Athènes  et  de  Babylone  date  du  jour 
où  la  femme  nue  y  a  pris,  dans  l'art, 
une  place  prépondérante  T)  laisse 
comprendre,  mieux  qu'il  ne  l'explique 
quel  est  le  danger  qu'il  redoute. 

Le  maniement  de  toutes  les  formes 
d'art  en  relation  avec  l'instinct  sexuel 
(en  admettant  qu'il  en  existe  qui  ne 
le  soient  pas)  exige  en  effet  un  tact, 
une  mesure  dont  on  manque  essen- 
tiellement en  Amérique.  A  ce  point 
de  vue  le  problème  se  pose  delà  même 
manière  que  pour  l'alusol.  Nous  au- 
tres français,  habitués  à  ne  demander 
au  vin,  à  la  liqueur,  qu'une  gaieté 
aimable,  une  lévitation  factice  et 
momentanée  de  l'esprit,  nous  n'arri- 
vons pas  à  concevoir  que    pour   un 


Yankee,  même  cultivé  et  policé,  il 
n'existe  pas  de  milieu  entre  l'eau 
claire  et  l'ivresse  bestiale.  En  ce  qui 
touche  les  rapports  des  sexes,  la 
guerre,  en  démolissant  nombre  de 
barrières  conventionnelles,  a  dé- 
chaîné une  tempête  dont  nous  ne 
pouvons  nous  faire  une  idée,  et  dont 
la  production  cinématique  subit  les 
remous. 

La  très  discutée  Reine  de  Saha 
fournit  un  premier  exemple,  et  nos 
lecteurs  ont  pu  mesurer  de  visu  les 
costumes  de  Betty  Blythe.  Le  dernier 
film  d'Allen  Hollubar,  l'Homme,  la 
Femme,  le  Mariage,  sous  prétexte 
de  montrer  l'historique  du  problème 
sexuel,  exhibe  une  série  comparative 
d'orgies  depuis  l'âge  depierrejusqu'à 
nos  jours.  C'est  la  méthode  allemande, 
l'impudeur  pédante  :  on  croit  voir 
paraître  sur  la  scène  une  femme  nue 
qui  chausse  un  pince  nez  et  vous  lit 
de  l'Havelock  Ellis. 

Bien  que  le  Lys  Doré  comporte  éga- 
lement des  scènes  risquées  et  devète 
agréablement  le  corps  délicieux  de 
xMaë  Murray,  il  y  a  autre  chose,  et 
notamment  un  parti  imprévu,  origi- 
nal, tiré  d'une  donnée  plutôt  banale. 


Mais  les  deux  productions  les  plus 
remarquées  de  ces  dernières  semaines 
sont  dues  à  John  S.  Robertson  et  à 
Cécil  B.  de  Mille. 

Le  premier  a  tourné,  d'après  deux 
nouvelles  de  Sir  James  Barrie  (l'au- 
teur de  l'Admirable  Çriehton  que 
l'on  a  joué  à  Paris)  un  film  intitulé 
Tommi]  le  Sentimental.  L'esprit  sin- 
gulier, charmant,  poétique,  de  l'écri- 
vain écossais  y  est  précieusement 
conservé.  L'auteur  du  scénario  —  Jo- 
séphine Levett  —  et  le  metteur  en 
scène  ont  travaillé  en  absolue  colla- 
boration d'interprétation  estparfaite, 
homogène  :  la  manière  dont  Gareth 
Hugues  a  composé  le  rôle  de  Tommy 
évoque  certaines  des  meilleures  créa- 
tions de  Henry  Walthalletde  Richard 
Barthelmess.  Quel  effet  un  tel  film,  où 
le  génie  écossais  apparaît  sous  son 
aspect  peut  être  le  pi  us  caractéristique 
et  le  plus  difficile  â  saisir,  produirait- 
il  sur  le  public  français  ?  Il  n'est  pas 
aisé  de  l'imaginer. 

Le  film  de  Cécil  B.  de  Mille  est  basé 
sur  une  pièce  d'Arthur  Schnitzler,  le 


dramaturge  autrichien,  qui  a  eu  le 
plus  grand  succès  en  Amérique,  et 
dont  le  titre  pourrait,  semble-t-il,  se 
traduire  :  Les  expériences  d'Ana- 
tole. Ces  expériences  étaient  initiale- 
ment, au  nombre  de  cinq,  et  se  locali- 
saient en  Autriche  ;  depuis  lors  elles 
ont  été  transportées  en  Amérique  et 
ne  sont  plus  que  quatre,  nommées 
respectivement  Gloria  Swanson.Bébé 
Daniels,  Wanda  Hawley  et  Agnès 
Ayres,  Anatole  lui-même  étant  Wal- 
lace  Reid. Malheureusement  le  charme 
morbide,  délicat  et  sceptique  de  la 
pièce  viennoise  s'estquelque  peuéva- 
poré  lors  de  la  transcription,  ce  qui 
n'empêche  pas  YVallie  Reid  d'être  un 
excellent  acteur,  Gloria  Swanson  de 
se  déshabiller  le  plus  exquisement  du 
monde  pour  traverser  le  ruisseau  que 
le  magnétiseur  hindou  lui  fait  voir 
dans  son  salon,  et  Bébé  Daniels  de 
gagner,  d'une  manière  tout  aussi 
plastique,  l'argent  qui  permettra  de 
faire  opérer  son  père  malade  (ou  son 
mari.ee  point  n'est  pas  encore  défi- 
nitivement arrêté). 


On  notera  la  pudeur  qui  a  fait  na- 
turaliser Yankees  les  personnages 
autrichiens.  Elle  s'exerce  sur  les  filins 
allemands  —  sur  Carmen  dont  les 
revues  spéciales  n'indiquent  pas  la 
provenance,  ne  nomment  pas  les  ac- 
teurs, sauf  naturellement  Pola  Negri, 
que  l'on  est  convenu  de  dire  polonaise 
—  sur Déeeption,  donton  parlesimple- 
ment  comme  d'un  film  importé;  étant 
donné  qu'ily  estquestion d'Henri  VIII, 
tout  le  monde  peut  croire  que  c'est 
d'Angleterre,  sauf  â  changer  d'avis 
en  voyant  la  mâchoire  un  peu  trop 
teutonne  d'Henny  Porten.  Mais  cela 
n'empêche  pas  que  ces  films  passent, 
se  vendent,  font  de  l'argent,  et  que 
les  revues  en  parlent,  alors  qu'elles 
n'ont  jamais  dit  un  mot  d'aucun  film 
français,  anglais  ou  suédois.  A  quoi 
l'on  nous  répondra  que  nos  éditeurs 
n'ont  jamais  eu  réellement  envie  d'ex- 
porter des  films  en  Amérique  ;  qu'ils 
considéreraient  comme  un  résultat 
très  satisfaisant  de  faire  interdire 
l'importation  des  films  étrangers,  et 
d'obliger  tous  les  français  à  ne  plus 
voir  â  l'écran  que  Giffolette.  Que  faire 
à  cela  ? 

Lion  kl  Landry. 


cinea 


CHARLES    ALSTRUP 
Le  créateur  de  Deux  Ennemis  du  Mariage,  Un  Milliard 
de  Dot,   Un  Loup  dam  la  Bergerie.  L'Epreuve  du  Feu. 


Les  Comiques 
DANOIS 


LAURITZ   OLSEN 

,e   créateur  d'Aventure  estivale,  Deux  coqs,  une  poule 

Une  Partie  de  Campagne. 


FREDERIC  BUCH 

Le  créateur  de  Pamphyle,  Tailleur 

mondain.  Amour  et  Loterie. 


Clichés  Union-Eclair 


14 


cinea 


r ■ * " * " :  .sable  au  Cinéma  dont  le  dynamisme  on  trouve,  si  j'en  crois  eet  éblouis- 

■       ■-                fry          •            j  a  besoin  de  soutiens  statiques.  sant  Cabinet  du  docteur  Caligari, 

iv  C       ET  C    l   #1    l    T  €?     ■  Le    film    doit    donner   l'impression  qu'il  faudra  pourtant  bien  montrer 

:                          .^    .                                    |  d'une   vision    à  la  l'ois    permanente,  quelque  jour  à  nos  faiseurs  de  su- 

d  tt         C*    t    IX   G   fit   Cl  successive  et  continue.  creries.  L'intelligence,  la  réflexion, 

■  ^  l'art   mathématique    se    sont  jetés 

Il  ne   s'agit  pas  de   faire  un  album  *»r  le  cinéma  et  le   fécondent.  Mais 

L'Art,    considéré   jusqu'ici   comme  de  cartes-postales,  mais  une  fresque.  ou  est  cette  humanité  des  premiers 

un  jeu,  apparaît  aujourd'hui  comme  «  a£e8  ?  OÙ  est  le  8t>'le  direct  et  nai? 

une  forme  supérieure  et  cérébrale  du  Je  8ais  ce  que  je  vais  chercher  sur  de  ce"  ,film8  f11  ?   a.citU<?  a"8'  ** 

sport,   expression    nécessaire  du   ly-  pécran>  aU88i  je  „e  m'effraie  pas  des  s°nt  fumais   aussi   loin  du  ton 

■  „m  ,  „it.,i  .       .                        ..                     i            ,  actuel  que  la  Chanson  de  Roland 

risme  vital.  simulacres  grossièrement  enlumines  ,      „                ,     ,                   ,,.   .,, 

t  „  n,.Ani„   „„:  ,,.»  r-irt  1,.  ni  n  «  ré-  •  a-            Zi-      ,    -      i     t         i  ou  le  Roman  de  la  Rose  ?  \  îeilles. 

Le  Cinéma  qui  est  i  art  le   plus  re-  qui  décorent  1  entrée  du  Temple.  .    ...                         ....     .. 

Mnto<itaiia(ii    ,.<dni   m'i   «',»vr.rimp   \p  t                      .-i      -           i  •                   i-  vieilles   choses   déjà,  dites-vous,  et 

cent  est  aussi   celui  ou  s  exprime   le  ye    8ai8  au  jj    nv  a    ja     agrandies  ....               .,       .....       .     ,.   . 

«i,i«    ,iirB,.tompnt  wt   P«r>rit   «r>nrtîf  1              i.-      «•       •           i  vieilles  aussi  la  sincérité,  la  vitalité 

plus    directement  cet   esprit   sportit  sans  scrupule,  que  d  înoflensivespho-  ,_,      ,      ,      _           „     A  , 

jnn+  nn«Qt.ott.A«vnna1'aptna1îtâ  ^an«  «.-■         ,,   •                                 i    •  rvthmee,  la  force   fraîche  et   fran- 

dont  nous  retrouvons  l  actualité  dans  tographies.    Mais  pourquoi   vouloir,  :        , 

înutAiiPoHp  Wii'iiifl  l  p(rpr1p*fnpii»  •  T     +    c            i                  e                     '  <■  cne    de    ces    premiers    romans   de 

les toilesde  reinanci  Léger, ie«v_octi  »  a  toute  force,  les  transformer  en  ai-  ,    ,,,                .          „.     T.       „  . 

de   Crommelynck  et  la  musique  des  fiche8  ?  Se8te  tle  l  ecran-  °"  aa  Rl°  Jim  falt 

c-  ,  „  „,,        ,                  .            ,  ,,   .  aussi  classique  et  aussi  puissante 

«  bix  ».  Elle  n  ont  pas  du  tout  1  air  de  trou-  ..                     ,?           .    ,     .,            , 

•  ,       ,    A,  figure  que    Renaud   de  Montauban 
ver  cela  drôle.  ,.          ,                        ,*, 

Les   rythmes   de  l'accéléré,  du  ra-  #  ou    1  un    des    quatre    fils    Aymon. 

lenti  et  de  la  vision  normale  réalisent  Comme  aux  premiers  temps  poéti- 

pour  notre  joie   mentale  les  théories  Vous  êtes  peintre,  dites-vous  et  vous  queg>  le  cjnéma  a  8U8cité  dan8  8Qn 

fabuleuses  d'Einstein.  Le  prisme  de  n'aimez  pas  le  Cinéma.  C  est  idiot  et  premier  temps  de  réalisation   des 

l'écran  nous  révèle  sans  cesse  de  nou-  c'e8t  une  fatiSue  P°ur  l*»  >'eux'         „  thèmes  et  des  expressions  dépouil- 

ii             i               i     4.-             xt  Vous  êtes  eleve  des  Beaux-Arts.  Il  i  >   „   Qt  „„j.nt„„    /,„*^n    no  n-tmt. 

velles   valeurs    plastiques    Nous    ne  tees  et  ardentes    qu  on    ne  retiou- 

concevons  plus  séparément  les  caté-  ny  a  pa8  de  honU>  a  cela  vera  jamais.  C'est  là  pourtant,  c'est 

gories  face,  profil  et  trois-quarts  qui  Jean-Francis  Lagi.enne.  ia  seulement  que  les  amis  de  l'art 

furent  hier  la  loi  du  photographe  et  neuf  ont  puisé   les  éléments  d'une 

du   peintre. esthétique  solide,  saine,  humaine, 

•  ■  ■  durable. 

La  peinture  nouvelle  doit  beaucoup  ■    l)/\f|(5|5|£    f'AV   P\TQY    \  La  route  continue,  évidemment.  Mais 

au    Cinéma.   Le    travail   du   peintre,  j    -1/V/lf  J^lllO    1UI     vVvl     j  n'oubliez  pas  le  premier  style  —  le 

comme  celui   du   metteur  en    scène,       j m _ n mmmm :  seul  grand  jusqu'ici  —  ne  négligez 

consiste  à  projeter  sur   une  toile  le  pas  de   revoir  la  douzaine  de  dra- 

film  d'une  même  réalité  recréée  dans  Je  crois  que  je  suis  encore  un  peu  ivre  me8  cinégraphiques,  source  de  tout 

la  lumière.  Mais  l'un  et  l'autre  doivent  et  j'ai  peur  de  ne  pas  m'exprimer  ie  reste,  et,  si  vous   n'avez  pas  vu 

éviter  laconfusion  des  techniques.  très  a-ca-dé-mi-que-ment.  C'est  que  Douglas  for  ever,  courez  vite  vous 

i  je  sors  d'une  salle   où  l'on  passait  jeter  dans  cette  lumière,  dans  cet 

'  j     c  Douglas    for   ever.   Je    ne    l'avais  air  violent  et  vivant,  dans  ce  mou- 
Certaines  œuvres   de  Survage,   de          .          .               T ,  „.  .   A          ..     , *  .         ,  ,            ,  ,  . 

„„,,,,,              ,             ,..          .  jamais    vu.    L  effet  de   cette  bande  vementquisemblesvnthétisertoute 

Dufv,  nées  de  1  écran,  8  en  améliorent  ,,     ,        .    .    ,,         ,  ,              ,H,               ,     - 

•r'             ..     .+  ,        .    ,            ,        ,,  est  comparable  a  celui  d  une  bou-  la  santé  du  monde, 

parce   que  limitées   a   la  seule  allu-  .   .,,      ,               ,     „,  .             ,       .      ,  .  ...          ,. 

F.         .  ^                       ,       „    .      .   .  teille  de   vin  du  Rhin  ou  de  vin  du  Nous  ne  sommes  pas   au  théâtre.  Il 

sion.  Au  contraire,  les  rutunstes,  en  ,3,  ,                        ,      ,                             ..  .       ..       .                       ^, 

...  Rhône  sur  quelqu  un  qui  n  aurait  n-v  a  pas  de  pièce  à  raconter.  C  est 

voulant    superposer    naïvement    les  ,                ,     ,,         .       .             .     D  ,■■.,  "          ., 

\     *    •  bu  que  de  1  eau  toute  sa  vie.  Réelle-  une   toile,  ou  un  poème,  ou  un  ca- 

sensations  picturales,  comme  des  eu-  .    .              ,             ,       .  .,   .  .      .           ,     ,            ,      L    ,       ■     . 

r.„              ',    ;  „      .J.,  ment,  je  me  demande  si  j  ai  w;  ou  pnccio  turbulent,  cest  du  cinéma. 

ches  successifs,  ramenés  a  1  unité  par  t          A              *            •     .     +         «i.  il         ,           ,  ,,  .           ^,.      ,.,-   . 

....              f.  ou  cette  aventure,  .si  c  est  un  film  Doublas, athlétique  et  fin, délicieux, 

a  vitesse,  n  ont  abouti  qu  a  parodier  qu  un  yin  sec   Ne  m<en  veuiUez  pa8  .^^  èmou^nt  _  (Ecoutez  n-im. 

le  rythme  de  leci  an.  Je  8&is  que  ce   petit  ton   d'enthou-  porte  quel  petit  cabot,  il  vous  dira  : 

•  siasme  est  tout  à  fait  hors  de  mode,  «Tout    ce   que    Fairbanks    fait,  je 
Au  Cinéma,  rien  n'est  plus   inutile  mais  comprenez  que  c'est  un  film,  8aj8  \e  faire I  »  —  voltige  dans  un 

que  ces  prétentieux  «  tableaux  »  à  la  un  vrai,  et  que  je  n'ai  pas  rencontré  décor  impalpable,  dans  une  lumière 

manière    de...   orgueil    de    quelques  de  vrai  film  depuis  bien  longtemps.  palpable  qui  s'accroche  comme  une 

metteurs  en  scène,   qui  croient  tour-  Voilà  l'ancienne  manière  qu'illustra  brume  d'or  aux  cactus   géants  de 

ner  un  chef-d'œuvre   et  ne  dévelop-  Th.  Ince  avant  le   règne  des  alam-  Californie.   Des  horizons,  des  che- 

pent  que  de  vagues  illustrations  pour  bics  et  des  machineries  chimiques  vaux,    des     murs     éloquents,     des 

magazines  à  treize  sous.  de  D.  ^Y.  Griffith.  Cela  nous  reporte  hommes  types,  des   femmes  dessi- 

Trop  de   metteurs    en  scène,  consi-  à  l'époque  inégalée  de  Pour  sauver  nées,    de   l'art,  ce    degré    d'art  qui 

dèrent  le  film  comme  une  suite  d'ima-  sa  race  et  de  La  Conquête  de  l'or.  fait  crier:  «  C'est  de   la  vie!  »>  un 

ges  alors  qu'ils  devraient  le  considé-  Depuis,    il   y    a    eu    beaucoup     de  coup  d'inspiration,  enfin,  un  film, 

rer  comme  une  unique  image.  science.  Les  films  des  Suédois  Stil-  un  vrai  film.  Bravo!... 

Les   conventions  du  découpage  et  1er,  Hedquist.Siostrom  sont  magni-  Lescinématographistesfrançaistrou- 

des  sous-titres  nedoivent  pasdétruire  tiques.  En  Allemagne,  on   cherche  vent  ça  insignifiant, 

cette  unité  architectonique,  indispen-  aussi  hardiment  que  possible  —  et  Louis  Delluc. 


cinéa 


15 


Nous  avions  annoncé  qu'une  mai- 
son française  d'éditions  cinémato- 
graphiques avait  l'intention  de  réali- 
ser :  Mademoiselle  Julie,  d'après  le 
drame  d'Auguste  Strindberg  —  que 
venaient  de  jouer  récemment  à  Paris 
Pitoeff  et  sa  femme.  Or,  nous  rece- 
vons de  M.  Fred  Wingardh,  de  Ber- 
lin, une  lettre  où  en  réponse  à  notre 
information,  il  nous  prie  de  noter 
qu'il  s'est  rendu  acquéreur  pour  le 
monde  entier,  des  droits  exclusifs 
d'adaptation  cinégraphique  de  ce 
drame. 

D'ailleurs,  cette  réalisation  com- 
mencera le  mois  prochain  à  Berlin 
dans  les  studios  de  l'Art-Film  O,  et 
le  rôle  de  Mademoiselle  Julie  sera 
interprété  par  la  grande  actrice  da- 
noise: Asta  Nielsen. 

Le  film  s'intitulera  :  Comtesse  Julie. 


On  parle  très  sérieusement  de  la 
déconfiture  totale  de  cette  grande  et 
récente  entreprise  d'éditions  de  films 
français  qui  devait  donner  à  notre 
industrie  une  impulsion  magnifique 
et  dont  la  production  —  entre  autres 

—  était  d'avance  achetée  par  l'Angle- 
terre. Un  jeune  metteur  en  scène  était 
de  cette  firme  le  grand  directeur... 

Il  paraît  que  c'est  déjà  fini...  Le 
premier  film  édité  par  cette  associa- 
tion n'aurait  pu  être  payé  par  cette 
fameuse  firme  anglaise. 

Et  de  là... 

On  dit  que  cette  firme  française 
réputée  pour  le  caractère  d'art  de 
ses  films  —  et  hier  encore  très  impor- 
tante —  aurait,  malgré  le  succès  de 
sa  dernière  production,  fermé  son 
studio. 

M.  J.  de  Baroncelli,  très  sollicité, 
irait  maintenant  cueillir  de  nouveaux 
lauriers   dans  un   pays  ensoleillé  — 

—  pays  de  rêve  —  voisin  de  l'Ilissos... 


Un  de  nos  confrères  annonçait  ces 
jours-ci  que  M.  Manoussi,  metteur 
en  scène  d'Illusion  et  de  Fanny  Lear, 
collaborateur  de  M.  J.  de  Baroncelli, 
après  avoir  fondé  une  Société,  serait 
parti  dans  le  Midi  tourner  un  film... 
M.  Manoussi  n'a  pas  fondé  de  Société, 
il  est  parti...  à  quelques  kilomètres 


de  Paris  seulement,  travailler  à  une 
comédie  en  collaboration  avec  M.  Ar- 
mond  qui  signa  avec  M.  Gerbidon, 
l'Ecole  des  Cocottes. 


Ce  metteur  en  scène  a  été  sèche- 
ment prié  d'offrir  ses  talents  à  d'au- 
tres commanditaires.  La  liste  des 
frais  de  son  film  menaçant  de  mener 
à  une  agonie  certaine  les  fonds  à  lui 
confiés... 


Les  Epiciers  —  quand 
ils  lancent  un  film  — 
ont  de  belles  affiches 
Pourquoi  ces  Editeurs  — 
quand  ils  lancent  un  film 
—  n'en  n'ont  ils  pas?  Nous 
avons  pourtant  en  France 
des  artistes  de  talent... 
Mais  voilà:  ils  sont  moder- 
nes et  nos  Editeurs,  pas. 
On  attend  sans  doute  que 
nos  artistes  partent  en 
Amérique     ...     ... 


Ce  très  gros  éditeur  n'aurait  acheté 
ce  très  grand  film  qu'en  vue  de  la 
promotion  ordinaire  du  14  juillet. 


S.  M.  la  reine  Marie  de  Roumanie 
viendrait  prochainement  à  Paris  et 
assisterait  à  la  présentation  de  son 
œuvre  :  Lily  of  Life  réalisée  cinégra- 
phiquement  par  Miss  Loïe  Fuller. 
Des  artistes  anglais  ont  composé  spé- 
cialement les  sous-titres  de  ce  film 
qui  passerait  en  octobre,  au  Gau- 
mont-Palace,  avec  l'école  de  danses 
de  Miss  Fuller. 

• 

Les  Trois  Lys  terminé,  M.  Henri 
Desfontaines  va  sans  doute  réaliser 
Chichinette  et  Cie  d'après  le  roman 
de  Pierre  Custot. 


Van  Daële,  interprète  de Narayana, 
du  Destin  Rouge,  ayant  terminé 
Pour  une  Nuit  d'Amour,  tourne  les 
Rocquevillard  et  partira  prochaine- 
ment avec  Mme  Renée  Cari,  qui  lui 
a  confié  le  rôle  principal  du  film 
qu'elle  va  réaliser  dans  le  Midi. 


La  production  française  que  nous 
verrons  la  saison  prochaine  : 

Villa  Destin,  de  Marcel  L'Herbier 
avec  Saint-Granier,  Alice  Feeld  et 
Paulais. 

El  Dorado,  de  Marcel  L'Herbier 
avec  Eve  Francis,  Jaque  Catelain  et 
Marcelle  Pradot. 

L'Ombre  déchirée,  de  M.  L.  Poirier 
avec  Suzanne  Desprès,  Roger  Karl, 
Jacques  Robert. 

Le  coffret  de  Jade,  de  M.  L.  Poirier 
avec  Myrga,  Roger  Karl  et  Mendaille. 
Les  Trois  Lys,  de  M.  H.  Desfontaines, 
avec  Mlles  Devignes.  Gine  Avril, 
Mme  Grumbaeh  et  MM.  Baissac  et 
Escande. 

L'Orpheline,  de  M.  Louis  Feuillade, 
—  douze  épisodes  —  et  sa  troupe. 

L'Homme  et  la  Poupée,  de  M.  Mau- 
rice Mariaud,  avec  Suz.  Delvé  et 
M.  Tallier. 

Les  Ailes  qui  s'ouvrent,  de  M.  Guy 
du  Fresnay,  avec  Mlles  Iribe  etMadys, 
MM.  André  Roanne  et  Genika  Mes- 
serio. 

Le  Paradis  Perdu,  de  M.  Pierre 
Colombier,  avec  MM.  Lefaur,  Luguet 
et  Mme  Diamant. 

La  Vivante  Epingle,  de  M.  Jacques 
Robert  avec  MM.  Jean  Toulout,  Hervé 
et  Mlle  Legrand. 

La  Mort  du  Soleil,  de  Mme  G.  Du- 
lac  avec  André  Nox. 

L'Ecran  Brisé,  de  M.  d'Auchy  avec 
MM.  Mauloy,  Warriley,  Luguet  et 
Mlles  Lionel  et  Vasseur. 

L'Américain,  de  Louis  Delluc,  avec 
Mme  Eve  Francis. 

Pour  une  nuit  d'Amour,  de  M.  Pro- 
tazonofï  avec  Van  Daële  et  Blanche 
Ross. 

L'Empereur  des  Pauvres,  de  M. 
René  Leprince,  —  12  épisodes.  —  Léon 
Mathot. 

Fièvre,  de  M.  Louis  Delluc,  avec 
Mme  Eve  Francis,  Van  Daële  et  Elena 
Sagrary. 


(à  suivre) 


André  Daven 


16 


cinea 


LES    BALLETS    SUEDOIS 

Les  Maries  de  la  Tour  Eiffel  (Décor  d'Irène  Lagut,  Costumes  de  |ean  Hugo) 


Spectacles 


Les  Mariés   de  la  Tour  Eiffel. 

Jean  Cocteau  s'est  amusé.  Ces 
choses  là  sont  très  mal  vues.  Beau- 
coup de  personnes  sérieuses  sont  lâ- 
chées. 

La  hanalité  tragique  de  son  mélo- 
drame-farce est  une  trouvaille.  La 
noce  chez  le  photographe!  Et  ce  pho- 
tographe est  celui  de  la  Tour  Eiffel  ! 
Exposition  de  if)00  avec  tout  son  ridi- 
cule presque  nostalgique...  C'est  char- 
mant comme  idée. 

Et  c'est  charmant  d'avoir  réuni  des 
concours  si  neufs,  si  prestes,  si  intel- 
ligents. Cette  jeunesse  lucide  qui 
•s'abandonne  et  ne  se  livre  pas,  qui 
ignore  la  grossièreté  qui  se  joue  d'elle- 
même,  cela  me  plaît. 

Je  regrette  autant  que  vous  que  cet 
original  essai  d'ensemble  ne  soit 
qu'un  essai.  Faut-il  incriminer  l'alter- 
nance   de    la    voix-parlée    avec    l'or- 


chestre ?  Faut-il  déplorer  un  peu  de 
lenteur, voire  quelque  solennité,  dans 
ce  pall-mall  d'humour  ?  Et  le  soin  de 
l'exécution  est-il  préférable  à  un  peu 
de  spontanéité  ?  Le  fait  est  que  nous 
avons  cru  trouver  quelque  longueur. 
C'est  qu'il  ne  suffit  pas  de  crier  dans 
un  pavillon  de  phonographe  pour; sty- 
liser la  voix  des  acteurs. 

L'important  est  que  les  détails  de 
cette  production  soient  spirituels.  Le 
décor  d'Irène  Lagut  est  plaisant 
comme  une  toile  d'Irène  Lagut.  Les 
costumes  démodés  avec  art  sont  déli- 
cieux et  les  masque  de  Jean  Hugo, 
douloureux  de  bouffonnerie,  me  font 
rêver.  Le  marié,  le  marin,  le  photo- 
graphe, la  baigneuse,  le  garçon  d'hon- 
neur ont  des  grâces  cocasses  et  trou- 
blantes. 

La  musique  avec  le  M  juillet  d'Au- 
ric,  la  marche  nuptiale  de  Michaud, 
la  marche  funèbre  d'Honegger,  le 
discours  du  général  surtout  (de  Pou- 
lenc je  crois)  et  le  ballet  des  dépê- 
ches et  le  quadrille  de  la  noce  de 
Germaine  Tailleferr  a  fourni  un  pré- 


texte parfait  à  la  chorégraphie  hardie 
de  Jean  Borlin, dont  nous  ne  pouvons 
plus  ignorer  le  talent  depuis  L'homme 
et  son  désir.  Les  danseurs  Suédois, 
disciplinés  et  attentifs,  lui  ont  obéi 
à  merveille. 

Il  faut  nommer  à  part  Carina  Ari, 
étoile  des  vierges  folles  et  d'Ibéria, 
en  baigneuse  de  carte  postale  colo- 
riée, inouïe  de  grotesque,  de  défor- 
tion  absurde,  d'observation  délicate, 
et  ma  foi,  de  charme. 

Il  y  a  beaucoup  d'art  dans  toutes 
ces  folies  réfléchies.  Jean  Cocteau  a 
donc  bien  fait  de  s'amuser. 

Eve  Francis. 
• 

Après  les  Mariés   de  la  Tour 
Eiffel. 

A  Jean  Borlin. 

Toute  œuvre  d'ordre  poétique  ren- 
ferme ce  que  Gide  appelle  si  justement, 
dans  sa  préface  de  Paludes  :  La  part 
de  Dieu.  Cette  part  qui  échappe  à 
l'auteur  même,  lui  réserve  des  sur- 
prises, comme  au  public.  Telle  phrase, 
tel  geste  qui  n'avaient  pourlui  qu'une 


cmea 


CARINA  AR1.  dans  les  Vierges  Jolies,  aux  Ballets  suédois. 


RER.MAN 


8 


cinea 


place  comparable  â  celle  du  volume 
chez  les  peintres,  contiennent  un  sens 
secret  que  chacun  interprétera  en- 
suite. Le  véritable  symbole  n'est  ja- 
mais prévu  par  l'auteur.  Il  se  dégage 
tout  seul,  pour  peu  que  le  bizarre  ou 
l'irréel  n'entrent  pas  en  ligne  de 
compte.  Le  plancher  des  vaches,  un 
certain  plancher  des  vaches,  est  donc 
de  première  importance.  Dans  un  lieu 
féerique,  les  fées  n'apparaissent  pas. 
Elles  s'y  promènent  sans  être  vues. 
Elles  ne  peuvent  apparaître  aux  mor- 
tels que  dans  un  endroit  où  leur  pré- 
sence semblait  impossible  :  une  cui- 
sine, un  vestibule,  une  chambre  à 
coucher. 

Les  esprits  simples  voient  les  fées 
beaucoup  plus  facilement  que  les 
autres,  car  ils  n'opposent  pas  au  pro- 
dige  la  résistance  des  esprits  forts. 

11  y  a  dans  Les  Mariés  de  la  Tour 
Eiffel  un  enfant  plus  gros  que  les 
autres  personnages.  Je  l'ai  toujours 
vu  plus  gros.  Le  public,  qui  prend  les 
choses  au  pied  de  la  lettre,  se  demande 
peut-être  pour  quelle  raison.  Je  me  le 
serais  sans  doute  demandé  aussi, 
sans  un  machiniste  qui  le  montrait  à 
un  de  ses  camarades  en  disant  :  «  Re- 
garde le  môme  !  Il  n'est  pas  un  peu 
encombrant  I  C'est  bien  les  mômes.  » 
Je  me  contente  de  cet  admirable  com- 
mentaire. Plus  d'une  fois  l'expérience 
s'est  reproduite,  et  je  pourrais  dire 
que  le  chef  électricien,  entre  autres, 
m'a  souvent  éclairé  la  pièce  mieux 
qu'avec  des  lampes. 

Une  phrase  du  photographe  bossu 
pourrait  me  servir  d'épigraphe  : 
«  Puisque  ces  mystères  me  dépassent, 
feignons  d'en   être   l'organisateur  ». 

Dans  «  Lès  Mariés  »,  la  part  de 
Dieu  est,  grande.  Les  phonographes 
humains,  â  droite  et  à  gauche  de  la 
scène,  comme  le  cœur  antique,  comme 
le  compère  et  la  commère,  soulignent 
sans  la  moindre  littérature,  l'action 
ridicule  qui  se  déroule,  se  mime  et  se 
danse  au  milieu.  Je  dis  ridicule  parce 
qu'au  lieu  de  chercher  â  me  tenir  en 
dessous  du  ridicule  de  la  vie,  de  l'at- 
ténuer de  l'arranger,  comme  nous 
arrangeons,  en  la  racontant,  une 
aventure  où  nous  jouons  un  rôle  dé- 
favorable, je  l'accentue  au  contraire 
et  le  cherche  à  peindre  plus  vrai  que 
le  vrai.  N'est-ce  pas  une  bonne  défi- 
nition de  la  poésie,  malgré  ce  que  pen- 
sent les  amateurs  de  voiles  et  de 
brumes  ?  Le  poète  doit  sortir  objets 
et  sentiments  de  leurs  voiles  et  de 
leurs  brumes,  les  montrer  soudain, 
si  nus  et  si  vite  que  l'homme  a  peine 


à  les  reconnaître.  Ils  le  frappent  alors 
avec  leur  jeunesse,  comme  s'ils 
n'étaient  jamais  devenus  des  vieil- 
lards officiels. 

C'est  le  cas  des  lieux  communs, 
vieux,  puissants  et  universellement 
admis  â  la  façon  des  chefs-d'œuvre, 
mais  dont  la  beauté,  l'originalité  ne 
nous  surprennent  plus  àforced'usage. 

Dans  notre  spectacle,  je  réhabilite 
le  lieu  commun.  A  moi  de  le  placer, 
de  le  présenter  de  telle  sorte  qu'il 
retrouve  ses  vingt  ans. 

Une  génération  d'obscurité,  de 
mystère,  ne  se  rejette  pas  d'un  coup 


Au  Théâtre  de  l'Oasis 
Paul  Voir  et  présente 
des  danses  barmonieu= 
ses,  des  costumes  har= 
dis,  des  interprètes  de 
Valeur  comme  Clara 
Tambour,  Rachel  Lau= 
nay,  Nyota  Nyoka  et  la 
danseuse  Caryathis  q.ui 
a  de  V humour ,  du 
rythme,  de  l'intelligence 
sur  des  musiques  de 
Cranados  et  Erik  Satie 


d'épaule.  Je  sais  que  mon  texte  semble 
bien  trop  simple,  bien  trop  lisible- 
ment écrit  comme  des  alphabets 
d'école.  La  musique  qui  l'accompagne 
provoque  un  malentendu  analogue. 
Il  se  crée  de  toute  pièces  une  clarté, 
une  franchise,  une  bonne  humeur 
nouvelles.  Un  naïf  s'y  trompe. 

Il  croit  entendre  un  orchestre  de 
café-concert.  Son  oreille  commet  l'er- 
reur d'un  œil  qui  ne  ferait  aucune 
différence  entre  une  étoffe  laide  et  la 
même  étoffe  copiée  par  Ingres. 

Dans  les  mariés  de  la  Tour  Eiffel, 
nous  employons  toutes  les  ressources 
populaires  parisiennes  que  la  France 
méprise  mais  trouve  légitimes  si  elles 
sont  étrangères  et  qu'un  musicien 
étranger  ou  de  chez  nous  les  emploie. 

Je  n'ai  jamais  été  à  la  «  Chauve- 
Souris  »,  mais  croyez  bien,  par  exem- 
ble,  qu'un  Russe  ne  saurait  entendre 
Pétrouchka delà  même  manière  que 
nous.  Outre  les  merveilles  de  ce  chef- 
d'œuvre  musical.    Il  y  retrouve  son 


enfance,  les  dimanches  dePétrograd, 
les  chansons  de  nourrices. 

Pourquoi  n'aurions-nous  pas  droit 
au  même  double  plaisir  ?  Je  vous  af- 
firme que  le  quadrille  de  Germaine 
Tailleferr,  le  «  chromo  »  de  Poulenc, 
l'ouverture  d'Auric,  la  marche  nup- 
tiale de  Milhaud,  la  marche  funèbre 
d'Honegger,  m'émeuvent  davantage 
que  bien  des  évocations  russes  ou  ' 
espagnoles.  Il  n'est  pas  question  ici 
de  valeur  musicale,  ni  d'établir  de 
préséances.  Je  crois  avoir  assez  exalté 
les  musiciens  russes,  allemands,  es- 
pagnols, les  orchestres  nègres,  pour 
me  permettre  une  opinion  qui  n'a 
rien  à  voir  avec  le  chauvinisme. 

Il  est  curieux  d'entendre  les  pa- 
triotes, d'une  part,  et  les  internatio- 
nalistes, de  l'autre,  repousser  avec 
colère  tout  ce  qui  est  propre  à  la 
France  et  accueillir  l'esprit  local 
étranger  sans  le  moindre  contrôle.  Il 
est  curieux  aussi  que  dans  Les  Ma- 
riés de  la  Tour  Eiffel  un  public  averti 
se  soit  scandalisé  d'un  type  de  gana- 
che classique,  placé  dans  le  cortège 
de  la  noce,  au  même  titre  que  les 
lieux  communs  dans  le  texte. 

Du  reste, â  Paris,  bonne  et  mauvaise 
humeur  d'une  salle  composent  l'at- 
mosphère la  plus  riche,  la  plus  exci- 
tante, la  plus  vivante  du  monde. 
Serge  de  Diaghilew  me  disait  un  jour 
qu'on  ne  la  trouve  dans  aucune  autre 
capitale. 

Sifflets  et  ovations  — Presse  terrible. 
Quelques  articles  surprise.  Trois  ans 
après,  les  détracteurs  applaudissent 
et  ne  se  souviennent  plus  d'avoir  sif- 
flé. C'est  l'histoire  de  Parade  et  de 
toutes  les  pièces  qui,  changeant  les 
règles  du  jeu,  dérangent  les  vieux 
joueurs  du  cercle. 

Lorsque  l'ouverture  d'Auric  :  régi- 
ments qui  se  croisent  le  14  juillet, 
troupes  en  marche  dont  la  musique 
éclate  au  coin  d'une  rue  et  s'éloigne, 
s'achève  dans  un  roulement  de  tam- 
bour et  découvre  le  décor  d'Irène  La- 
gut,  joli  comme  le  myosotis  et  le 
papier-dentelle  des  cartes  postales  ; 
lorsque  les  costumes  sculptés,  bâtis, 
peints  par  Jean  Hugo  avec  un  ata- 
visme du  réel  et  du  monstrueux,  ap- 
paraissent ;  lorsque  les  phonographes 
parlent  avec  des  voix  plus  grosses 
que  nature  ;  ne  vous  cabrez  pas,  spec- 
tateurs î  ne  cherchez  pas  de  double 
sens.  Ne  croyez  pas  qu'on  vous  in- 
sulte. On  a,  depuis  des  semaines  et 
des  semaines,  travaillé  jour  et  nuit 
pour  votre  plaisir. 

Jean  Cocteau. 


cinea 


19 


GASTON    J A COU ET 

C'est  un  véritabl 
cinéma  et  si  sescr 
inégales  c'est  que 
cinégraphique 
sont  plutôt  inég 
au   moins   :    Le 
Gardian,  Le  Talio 
d'Ernoa,   Les   Tro 
tains,  i 

e  acteur   de 
éationssont 
■  les  œuvres 
s  françaises 
îles.   Citons 
Gouffre.     Le 
u.  Le  Chemin 
is   Mousque- 

tc                             i 

20 


cinea 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


J'ai  même  vu  quelque  part  un  pa- 
pier semblable  couvert  de  petits  cro- 
chets noirs  tout  à  fait  incompré- 
hensibles pour  moi. 

Cette  fois-ci  je  vis  une  chose  tout  à 
fait  incompréhensible  pour  moi. 
Tout  le  monde  avait  entre  les  mains 
des  feuilles  de  papier  blanc  mais  on 
n'y  voyait  aucun  de  ces  crochets 
noirs  qui  m'étaient  connus. 

Après  beaucoup  de  réflexions  j'ai 
réussi  à  comprendre  que  les  crochets 
noirs  se  trouvaient  de  l'autre  côté  de 
la  page  tournée  vers  le  chanteur. 

Peu  de  temps  après  nous  déména- 
geâmes à  nouveau.  Nous  revînmes 
une  autre  fois  au  Faubourg  des  Dra- 
piers pour  nous  installer  dans  un  petit 
sous-sol  composé  de  deux  pièces  mi- 
nuscules. 

Je  crois  que  c'est  le  jour  même  de 
notre  déménagement  que  j'ai  entendu 
à  l'étage  supérieur  un  chant  qui  res- 
semblait beaucoup  aux  mélodies  re- 
ligieuses; j'appris  qu'au-dessus  de 
nous  habitait  un  maître  de  chapelle 
et  qu'il  y  avait  une  répétition  d'en- 
semble à  ce  moment. 

Lorsque  la  répétition  fut  terminée 
et  les  choristes  partis  je  sortis  réso- 
lument et  montai  en  haut.  Arrivé 
devant  la  porte  je  frappai  et  j'entrai. 
Je  n'ai  même  pas  eu  le  temps  d'exa- 
miner plus  ou  moins  attentivement 
l'homme  qui  se  trouvait  dans  la 
chambre.  Les  yeux  baissés  je  lui  de- 
mandai sans  hésiter  une  seconde  s'il 
ne  pourrait  pas  m'accueillir  en  qua- 
lité de  choriste  dans  sa  compagnie. 

L'homme  prit  le  violon  qui  était 
accroché  au  mur  et  me  dit  : 

—  Suis-moi! 

Je  m'efforçai  de  suivre  la  mélodie 
en   essayant  d'adapter  ma    voix   au 


rythme  de  cette  musique.  Cela  dura 
quelques  instants  après  quoi  le 
maître  de  chapelle  posa  le  violon  sur 
la  table  et  déclara  ; 

—  Ça  va.  Tu  as  de  la  voix.  Je  t'écri- 
rai les  notes.  Apprends  les  par 
cœur. 

Il  prit  une  feuille  de  papier  de 
musique  et  se  mit  à  m'expliquer  la 
signification  des  différents  termes 
(signes)  musicaux. 

Je  compris  rapidement  toute  cette 
science  et  au  bout  de  quelques  jours 
j'étais  déjà  capable  de  distribuer  les 
petites  feuilles  aux  choristes  au 
début  de  la  cérémonie. 

Ma  mère  éprouva  une  très  grande 
joie  en  apprenant  les  progrès  faits 
par  moi  ;  mon  père,  au  contraire, 
resta  tout  à  fait  indifférent.  Toute- 
fois, il  émit  l'espoir  que  si  je  chan- 
tais d'une  manière  convenable,  je 
pourrais  peut-être  ajouter  au  moins 
un  rouble  par  mois  à  ses  appointe- 
ments modestes. 

C'est  ce  qui  arriva. 

Durant  trois  mois  je  chantai  gra- 
tuitement; puis  le  maître  de  chapelle 
m'accorda  un  traitement  :  un  rouble 
cinquante  kopeks  par  mois. 

Le  maître  de  chapelle  s'appellait 
Chterbinine.  C'était  un  homme  sin- 
gulier :  il  portait  de  longs  cheveux 
peignés  en  arrière  et  des  lunettes 
bleues  qui  lui  donnaient  un  air  sé- 
vère et  important,  malgré  sa  figure 
ravagée  et  difforme.  Il  était  toujours 
vêtu  d'un  long  manteau  noir  sans 
manches  et  portait  un  chapeau  à 
larges  bords  genre  «  bandit  ». 

Mais  malgré  toute  sa  distinction  il 
buvait  autant  que  tous  les  autres 
habitants  du  Faubourg  des  Drapiers 
et  comme  il  était  employé  en  même 


temps  en  qualité  de  commis-greffier 
au  Tribunal  du  district,  pour  lui 
aussi  le  «  vingt  du  mois  »  était  une 
date  fatale. 

Cela  me  faisait  pitié  de  le  voir 
ivre-mort. 

Une  fois  les  employés  du  com- 
merçant Tchernoiaroff  eurent  l'idée 
d'organiser  une  fête  dans  la  maison 
de  leur  patron,  je  ne  me  rappelle  plus 
sous  quel  prétexte.  Ils  s'adressèrent 
à  Chterbinine  en  lui  demandant  de 
leur  procurer  des  chanteurs.  Celui-ci 
me  désigna  et  deux  de  mes  cama- 
rades. Tous  les  trois  nous  com- 
mençâmes à  fréquenter  les  employés 
du  commerçant  Tchernoiaroff  pour 
prendre  part  aux  répétitions.  Ce 
furent  des  heures  délicieuses  :  on 
nous  comblait  de  douceurs,  on  pou- 
vait —  chose  inouïe  —  mettre  plu- 
sieurs morceaux  de  sucre  dans  son 
verre  de  thé. 

C'étaient  de  braves  garçons'  ces 
employés. 

Enfin,  le  jour  de  la  fête  arriva.  Ce 
fut  une  soirée  mémorable.  Il  y  avait 
dans  l'assistance  quelques  dames 
très  solennelles,  des  commerçants 
respectables,  des  messieurs  très 
bien,  enfin.  Moi,  j'éprouvais  la  sensa- 
tion de  ne  voir  autour  de  moi  que  des 
choses  radieuses,  gaies,  étincelantes 
de  lumière...  Une  sensation  inou- 
bliable! Nous  chantâmes  un  trio  qui 
commence  par  ces  mots  : 
Oh,  sombre  nuit! 
Œil  des  mortels! 

Je  ne  sais  pour  quelle  raison  le 
Chœur  de  Tcherbine  avait  cessé  d'exis- 
ter. Je  voyais  seulement  que  cela 
l'affligeait  beaucoup  et  il  se  mit  à  boire 
d'une  manière  encore  plus  atroce. 
(A  suivre)  L.  Valter  trad. 


cinea 


21 


00     PORTRAIT     EXPRESS     00 \ 

sessue! 
hayakawa! 


Naquit  à  Tokio  le  10  juin  1N89.  Pré- 
para la  carrière  navale,  qu'il  aban- 
donna bientôt  pour  le  théâtre,  où  il 
parut  dans  le  répertoire  d'Ibsen  et 
Shakespeare.  Vint  en  Amérique  ou 
Thomas  H  Inee  l'engagea  pour  tour- 
ner «  The  Wrath  of  the  Gods  »  et 
«  The    Typhoon  ». 

Ses  Films  : 
Triangle  lu  ce  1914-1915. 
The    Wrath  of  the  Gods  (La  colère 

des  Dieux). 
The  Typhoon  (L'honneur   japonais). 

Paramount-Artcra  ft(septembre 
1915  à  juin  1018). 

The  bottle  imp. 

Alien  Souls  (Ames  d'étrangers). 

The  Cheat  (Forfaiture,  sous  la  direc- 
tion de  Cecil  B.  de  Mille,  avec  Fan- 
nie Ward). 

Honorable  Friend. 

Each  to  his  kind. 

The  soûl  of  Koura-San  (L'âme  de 
Koura-San). 

The  Jaguar  clairs  |E1  Jaguar). 

Forbidden  Paths. 

Hashimura  Togo  (Hara-Kiri). 

The  eall  of  the  East  (Œil  pour  œil). 

The  whiteman's  /air  (Drame  au  pays 
de  l'ivoire). 

The  Secret  game. 

The  bravent  ivag  (Le  sacrifice  de  Ta- 
mura). 

llidden  Pearls  (La  blessure  qui 
sauve). 

TheHonor  ofhis  house  (Soupçon  tra- 
gique) 

The  Citg  of  d'un  face»  (La  voix  du 
sang). 

Haworth-Mutual  (de  juillet  1918 
à  août  1920). 

His  Birth  right  (Fils  d'Amiral). 

The  Temple  of  Dus/,-  (Le  Temple  du 
Crépuscule). 

A  Heart  in  Paivn  (Amours  de  Geisha). 

Bonds  of  honor  (Pour  l'honneur  de 
sa  race). 

The  courageous  coirard. 

His  debt. 

The  man  beneath. 

The  grai)  horizon. 

The  dragon  painter. 

The  Tong  man  (Le  Lotus  d'Or) 

The  Illustrions  Prince  (Le  Prince 
Mystérieux) 


m 


Dessin  de   Don. 


SESSUE     HAYAKAWA 


The  Brand  ofLopez. 
The  Devil's  daim. 

Robertson-Cole   (depuis  septem- 
bre  1920;  quatre  films  par  an). 
Li-Ting-Lang . 
An  Arabian  knight 
The  First  Born. 
Sessue  écrit,  dessine,  et  peint. 
Il  pratique  tous  les  sports:  la  lutte, 
l'équitation  et  la  natation  n'ont  pas  de 
secrets  pour  lui.  Ses  cachets  princiers 
lui  ont  permis  d'amasser  une  rapide 
fortune  et  sa  maison  est  un  véritable 


palace  oriental  orné  d'une  rare  col- 
lection d'objets  d'art. 

Ajoutons  qu'il  est  marié  à  Tsuru 
Aoki,  charmante  actrice  japonaise, 
qu'il  a  les  yeux  noirs,  les  cheveux 
bruns,  mesure  1  m.  (}(>  et  pèse  71  ki- 
logs. 

Adresse  : 

Sessue  Hayakawa 
Robertson  Cole  Studios 
Melrose   Avenue    and    Gower  Street 
Hollywood  (Californîa  O.  S.  A.) 


22 


cinea 


V      A      L      L 


M      A      L      L 


ChezMnie  Alexandrine  Emile 
Zola. 

Emile  Zola  est  mort  en  1!)02,  préci- 
pité à  l'éternel  .sommeil  par  un  de 
ces  accidents  tragiques,  une  de  ces 
sombres  tortures  comme  il  en  avait 
décrits  si  souvent.  L'horreur  d'une 
de  ces  agonies  dont  on  pense  qu'elles 
ne  devraient  frapper  que  les  forbans 
obscurs,  au  sein  de  la  bassesse  et  du 
crime,  et  qui  ne  semblent  pouvoir  se 
justifier  que  comme  un  châtiment 
ultime,  cette  horreur  hélas  est  venue 
arracher  à  la  gloire  des  lettres 
françaises  un  des  écrivains  les  plus 
solidement  doués,  dans  la  force  lumi- 
neuse de  son  talent,  dans  tout  l'éclat 
de  son  immense  labeur.  La  nouvelle 
se  répandit  au  milieu  de  l'étonne- 
ment  et  de  la  consternation  géné- 
rales. 

Et  quand,  ces  jours-ci,  en  allant 
rendre  visite  à  Mme  Veuve  Zola,  je 
montai  la  rue  de  Rome,  calme  sous 
le  foudroiement  d'un  gai  soleil,  à 
peine  troublée  par  les  sifflets  de  la 
gare  voi.sine,  je  songeai  au  temps 
écoulé,  je  demeurai  stupéfait  de  la 
précipitation  tumultueuse  des  événe- 
ments. Vingt  ans  nous  séparent  de 
la  mort  de  l'auteur  du  Rêve.  Comme 
les  heures  sonnent  vite  au  cadran 
de  l'éternité  î  Emile  Zola  aurait 
aujourd'hui  quatre-vingts  ans...  Cet 
homme  qui  s'était  jeté  si  avidement 
dans  la  lutte  et  que  la  mort  enlevait 
en  pleine  force,  cet  homme  serait 
maintenant  un  vieillard,  tout  blanc, 
apaisé  et  recueilli,  chargé  d'honneur 
sans  doute,  un  de  ces  bons  vieillards 
que  la  jeunesse  ambitieuse  et  émue 
regarde  passer  en  se  disant  que  la 
gloire  est  une  belle  chose,  que  la  vie 
est  douce  et  que  les  hommes  sont 
heureux  ï 

Emile  Zola  ne  connut  pas  cette  joie 
ineffable  d'être  respecté  pour  la  neige 
qu'on  porte  au  front.  Et  cette  Madame 
Alexandrine  Emile  Zola,  sa  veuve  si 
grande  et  si  bonne,  qui  a  recueilli 
l'offrande  de  cette  vénération.  C'est 
en  elle  qu'on  revoit  le  géant  doux  des 
Kougon-Macquart,  c'est  dans  sa  sim- 
plicité solitaire  que  revit  l'effort  de 
ces  ileux  existences  conjuguées,  . — 
aux  joies  et  aux  douleurs  pal  cilles.  La 


bonté  rayonne  et  demeure  dans  ses 
yeux  ;  on  croit  y  retrouver  un  rellet 
attardé  de  la  bonté  du  disparu. 
Mme  Zola  a  quatre-vingt  deux  ans. 
Et  il  faudrait  être  insensible  à  tout 
ce  qui  fait  vibrer  le  cœur  et  l'intelli- 
gence pour  ne  pas  se  sentir  pénétré 
de  respect  en  approchant  le  témoin 
de  cette  grande  vie,  la  compagne  si 
éprouvée  de  cet  homme  admirable. 
Elle  est  le  passé  et  l'histoire  —  vi- 
vants. Elle  est  le  drame  aussi  ;  elle 
est  le  souvenir  d'un  drame  dont  elle 
est  sortie  endeuillée  à  jamais,  déchi- 
rée dans  son  amour,  dans  son  atta- 
chement conjugal  —  car  il  ne  faut 
pas  oublier  que  Mme  Zola  fut  la  res- 
capée de  cette  asphyxie  où  elle  faillit 
mourir  à  côté  de  son  mari. 

Et  voici  qu'au  sommet  de  sa  vie, 
dans  un  rayon  suprême,  l'œuvre  la 
plus  émue,  la  plus  tendre  de  son 
mari  lui  apparaît  vivante,  objective, 
palpitante  de  lumière  et  de  vérité.  Le 
Rêve  se  lève  devant  elle.  Elle  est 
comme  inondée,  enveloppée  par  la 
douceur  de  cette  inspiration  qui  de- 
vient presque  tangible. 

Cette  apparition  à  l'écran  de  l'œuvre 
du  mari  disparu  n'est-ce  pas  un  peu, 
pour  la  femme  du  romancier,  ce  que 
serait,  pour  la  femme  du  chanteur, 
la  voix  morte  se  réveillant,  n'exha- 
lant du  mystère  phonographique? 
Mme  Zola  ne  me  cache  d'ailleurs  pas 
son  enchantement  pour  le  film  réalisé 
par  M  Jacques  de  Baroncelli.  Elle 
me  confie  qu'elle  va  peu  au  cinéma  à 
cause  de  son  grand  âge,  mais  qu'elle 
s'est  précipitée  pour  voir  Le  Rêve, 
comme  naguère  elle  le  fit  pour  Tra- 
vail, mis  en  scène  d'une  façon  si 
magistrale  par  M.  Pouctal.  Avec 
quelle  âme,  quel  attendrissement 
Mme  Zola  médit  son  admiration  pour 
l'œuvre  vivante,  pour  l'œuvre  dont 
la  poésie,  l'humanité,  la  pensé  s'ex- 
tériorisent de  façon  si  émouvante  par 
la  magie  photogénique  et  le  génie  du 
metteur  en  .scène.  Avec  quel  .sourire  à 
la  fois  rayonnant  et  navré  elle  évoque 
pour  moi,  dans  son  .salon  tout  chaud 
encore  du  labeur  génial,  dans  ce 
salon  plein  de  lui,  les  heures  d'autre- 
fois, l'honnête  et  la  bonté  du  grand 
écrivain.    Autour    de    nous,    chaque 


objet  est  un  reflet  exact  du  passé, 
une  pensée  qui  parle.  Des  bronzes, 
des  portraits  à  l'huile,  des  gravures, 
le  portrait  de  Zola  par  Manet  où  le 
grand  romancier  tout  jeune,  mince, 
avec  cet  air  effacé  et  timide  qu'il  eut 
toute  sa  vie,  ne  fait  en  rien  pressen- 
tir le  lutteur  qu'il  devint,  à  une 
époque  troublée. 

Il  faudrait  des  pages  pour  dire  tout 
ce  que  contient  la  mémoire  nette  et 
la  noble  intelligence  de  Mme  Zola.  A 
quatre-vingt-deux  ans,  cette  femme 
que  le  chagrin  n'a  pas  flétrie,  que  les 
batailles  n'ont  atteinte  qu'intérieure- 
ment, cite  des  noms  et  des  dates  a 
l'infini,  avec  une  promptitude  prodi- 
gieuse, et  des  faits,  avec  une  sûreté 
déconcertante. 

La  sévérité  de  sa  mise  est  atténuée 
par  la  grâce  de  son  sourire,  la  no- 
blesse de  son  attitude  par  la  bien- 
veillance de  sa  parole. 

Mais  on  sent  qu'une  blessure  est 
en  elle,  et  que,  si  elle  vit  dans  une 
admiration  constante,  elle  vit  aussi 
dans  un  deuil  éternel. 

Et  elle  peut  renouveler,  pour  le 
propre  exemple  qu'elle  donne,  le 
mot  que  réponditLa  Malibran  quinze 
ans  après  la  mort  de  sa  mère  : 

—  J'en  porte  encore  le  deuil...  parce 
qu'hélas  elle  est  toujours  morte! 

Maurice  Hamel. 


Sommaire     d  n     N°     7 

Couverture.  —  Jean  Horlin. 

Les  fiims.  —  René  Bizet.  L.  Landrv. 

D.  W.  Griffuh.  —  (Portrait  express). 

Lillian  (jish.  —  (Portrait  expre.^s). 

chef    D.    W.    Griffith.    —    Germaine 

Dulac. 

Notes.  —  Louis  Delluc. 

Derrière  l'écran.  —  Daven. 

Spectacles.—   Eve  Francis.  Raymond 

Payelle. 

Les  pages  de  ma  vie   —  Chaliapine. 

Photos    et     portraits    de    S'vette 

Andrevor.   Griffith,    Carol    Dempster. 

Lillian    Gish,    Richard     Barthelmess, 

Donald    Crisp.    Constance    Talmadge. 

Alfred    Paget,    Seena    Owen,     Robert 

Harron,  SéverinMars,  Musidora.  l.vda 

Borelli.  Sionoret.  Asta  Nielsen.  Johan- 


sen,    Paul    Claudel.    Darius    Milhaud. 
Eleonora  Duse.  etc. 


Imprimerie  spéciale  de  cinéa,  84,  rue  Rochechouart,  Paris. 


Le  gérant  :  A.  Paty 


8  Juillet   1921 


Numéro   10 


£■£"£•  Hebdomadaire  Illustré  4  ^  4: 
Louis  DELLUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
io.  Rue  de  l'Elysée,  Paris  -  Tél.  :  Élys.  58-84 


Abonn1.  75  fr. 


Le  N°.   ..  2fr. 


M 


R 


K 


O 


R       D 


Mollv.  Marie-les-Haillons,  Papa  Longues-Jambes,  Une  pauvre  petite  riche.  Dans  les  bas-fonds.  Le  Roman  de  Mary, 
l'ollvanna.  et  il  y  a  encore  beaucoup  de  titres  à  citer  de  cette  idole  d'Amérique,  que  Louise  Fazenda  portaicture 
ainsi  :  «  La  Princesse  du  contede  fées,  L'Arbre  de  Mai.  La  Poupée  au  sommet  du  sapin  de  Noël,  Petits  chats  blancs  ». 

Les  plus  belles  photos  des  "Trois  Mousquetaires"  (Série  Pathé  et  Série  Douglas  Fairbanks) 


La  Société  Française  des  Films  Artistiques  présente 
la  production  nouvelle  de  "  stars  "  comme  Emmy  Lynn, 
Eve  Francis,  Gina  Palerme,  Elena  Sagrary,  Van 
Daële,    Modot,    Footitt,    Marcel    Vibert,  etc.,    etc. 


GINA    PALERME 


La  charmante  vedette  franco-américaine,  aussi  applau- 
die à  Londres  qu'à  New- York,  entreprend  une  série 
de  comédies  cinégraphiques  dont  la  première  :  L'Eter- 
nel Féminin,  actuellement   terminée,  paraîtra   bientôt. 


cinea 


: 


: 


D 


PROGRAMMES         M 
CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi    8    au   Jeudi    14    Juillet 


a*    ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des 
Italiens.  —  Les  actualités  de  la  semaine.  — 
Patbé-Revue.—  L'Aventurier,  comédie  dra- 
matique de  Maurice  de  Marsan  avec  Chris- 
tiane  Vernon  et  Georges  Lannes. —  Reprise 
de  La  Rafale,  d'après  la  pièce  d'Henri 
Bernstein.  Mise  en  scène  de  J.  de  Baron- 
celli  avec  Fannie  Ward.  —  Attraction  :  Le 
trio  Bel-air. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière. 

—  Amsterdam,  plein  air. —  Le  Champ  de  la 
mort,  drame.  —  Quel  voyage  de  noces, 
comique.  —  Parisiana-Journal,    actualités. 

—  Le  h  ils  de  son  père,  comédie  humoris- 
tique interprétée  par  Lionel  Ba  rymore.  — 
Billv  dieu  d'amour,  comique.  —  En  sup- 
plément de  7  h.  1/2  à  8  h.  1/2,  excepté 
dimanches  et  fêtes  :  La  Fie.  l'Amour,  la 
Mort,  drame  de  Marie  Corel] i. 

Omnia-Pathé,  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Patbé- Journal,  actualités.  — 
L'amour  et  la  haine,  comédie  dramatique 
avee  Pauline  Frederick.  —  Pathé-Revue. 
documentaire.  —  Supplément  facultatif  : 
La  Pocharde,  6e  épisode  :  Le  plus  grand  des 
crimes. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Journal.  —  Le  Magnétiseur 
comique. —  Pathé-Revue. —  Tout  s'arrange, 
comédie  dramatique  interprétée  par  Haie 
Hamilton.  — Charlie  Chaplindans  Chariot 
et  le.  garde-malade,  comique.  —  En  supplé- 
ment facultatif  :  Le  Roi  de  l'audace, 
oe  épisode  :  Les  deux  supplices.—  Le  mer- 
credi 13  juillet,  en  supplément  au  pro- 
gramme :  La  Marseillaise,  grande  recons- 
titution historique. 

3<=  ARRONDISSEMENT 
Pallié-Temple.  —  Palhé-Jourual.  — 
Pathé-Revue  11°  28.  documentaire.  — 
L'Homme  aux  trois  masques,  12e  épisode  : 
Le  Justicier. —  La  Pocharde,  6e  chapitre  : 
Le  plus  grand  des  crimes.  — L'amour  et  la 
haine,  drame. 

Palais  des  Fêtes,  8,  rue  aux  Ours.  — 
Salle  du  rez-de-chaussée 
Pathé-Revue,  documentaire.  —  Louisiana. 
comédie  dramatique.  —  Paternité,  corné- 
dramatique  interprétée  par  Lionel  Belmore 
et  la  petite  Madge  Evans.  —  La  Pocharde. 
6e  chapitre  :  Le  plus  grand  des  crimes.  — 
Patbé- journal. 

Grande  salle  des  fêtes  du  1er  étage 
Patbé-. tournai.  —   L'Amour   et   la    Haine. 
drame  émouvant  avec  Pauline  Frederick. 
Un  Aventurier,  comédie  sentimentale  avec 


Christiane  Vernon  et  Georges  Lannes.  — 
L'Homme  aux  trois  Masques.  12-  épisode  : 
Le  Justicier. 

4=   ARRONDISSEMENT 
Saint-Paul,      73.     rue     Saint-Antoine. 
Lusambo.  plein  air.  —  Saint-Paul-Journal. 

—  L'Homme  aux  trois  masques,  12e épisode: 
Le  Justicier.  —  Ribadouille  a  la  berlue. 
comique.  —  La  Pocharde,  6e  chapitre  :  Le 
plus  grand  des  crimes.  —  Par  les  cornes, 
dessins  animés.  —  La  Vieille,  comédie 
sentimentale. 

Mésange, 3,  rued'Arras. —  Pathé-Journal. 
L'homme  aux  trois  masques,  11e  épisode  : 
Jean-Claude.  —  La  pocharde,  ^e  chapitre  : 
Une  lueur  dans  les  ténèbres.  —  Quatre 
vingt-treize,  d'après  l'œuvre  immortelle  de 
Victor  Hugo.  Mise  en  scène  de  Capellani. 
drame.   2*=  époque  (fin). 

5e  ARRONDISSEMENT 

Chez  Nous,  26,  rue  Mouftetard.  —  La 
Petite  du  Sixième,  comédie.  —  La    Tisane. 

—  La  Fortune  de  Polycarpe. —  Du  15  juillet 
au  16  septembre  :  Clôture  annuelle. 

Saint-Michel-Cinéma.  7,  place  Saint- 
Michel.  —  Actualités. —  Les  Bas  de  soie. 
comédie  avec  Constance  Talmadge.  — 
L'ascension  du  Mont-Blanc.  —  <  bilomene 
fille  de  salle,  comique. —  Attraction. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Pathé-Revue  n°  26,  documentaire.  — 
Zigoto  garçon  de  théâtre,  comique.  —  La 
Proie,  comédie  dramatique.  —  Gaumont- 
actualités.—  La  Pocharde,  drame  en  ^cha- 
pitres. ,e  chapitre  :  Une  lueur  dans  les 
ténèbres.  — Attraction  :  Cornélius  et  Cons- 
tance, danses  excentriques. —  Quatre-vingt- 
treize,  drame,  2e  époque. 

6e  ARRONDISSEMENT 
Régina-Aubert-Palace.     155,     rue    de 

Rennes.  —  Aubert-Journal,  les  actualités 
du  monde  entier.  —  Eddie  Polo  dans  Le  roi 
de l'audace,ciné-roma.n en  ioépisodes publié 
par  La  Presse.  8e  épisode  :  Une  lutte  de 
géants.  —  Quatre-vingt-treize,  drame.  — 
La  Jalousie  d'Hercule  Bradfer,  comique. — 
Ames  brisées,  comédie  dramatique  inter- 
prétée par  Gladys  Walton.  — Le  mercredi 
13  Juillet,  en  supplément  au  programme  : 
La  Marseillaise,  grande  reconstitution 
historique. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Sèvres,  80  bis,  rue  de  Sèvres. 

(angle    du    boulevard    de    Montparnasse. 

boulevard  des  Invalides).  Fleurus  28-09.  — 

Pathé-Journal.  —    Un  Aventurier,  comédie 


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THEATRE 

DU 

COLISÉE 

CINÉMA 

38,  Av.  des  Champs  Élysées,  38 

Directi'  n  :  Téléphone  : 

P.MALLEVILLE  ELYSÉE  29-46 


THEATRE 

DU 

COLISÉE 

CINÉMA 

38,  Av.  des  Champs  Élysées,  38 

Direction   :  Té'éphone  : 

P.MALLEVILLE  ELYSÉE    29-46 

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cinea 


RÉPONSES   A    QUELQUES    LETTRES 


Swedish  Biograph.  —  Les  filnis  suédois 
que  Gaùmont  éditera  la  saison  prochaine 
sont  :  La  Cbarctte  fantôme  (Korcarlen) 
avec  Sjostrora.  —  La  4-  alliance  de  Dame 
Marguerite ,  avec  Einar  Rod  et  Hildur  Carl- 
berg.  —  Maître  Samuel,  avec  Sjostrom.  — 
Le  Moulin  en  feu,  avec  Anders  de  Wahl. 
—  Vers  te  bonheur,  avec  Tora  Teje  et  Lars 
Hanspn.  —  A  travers  les  rapides,  avec 
[enny  Hasselquist  et  Mathias  Taube.  — 
La  veuve  du  pasteur.  —  Le  Chevalier  du 
bonheur.  —  Sacrifice  sublime.  —  La  fille 
des  étudiants,  avec  Renée  Bjorling  et  Ri- 
chard Lund. 

Roméo.  —  Aucun  lien  de  parente  entre 
le  mime  Severin  et  l'acteur  Séverin-Mars. 
L'adresse  de  Karine  Molander  est  :  care  of 
Sxensk-fïlm  Industri,  iq,  Kungs  Gatan 
Stockholm  (Suède). 

Eusèbe.  —  Les  films  Jewel  (Carmen  édi- 
tés ici  sont  :  Une  volonté.  La  femme  fardée, 
Un  drame  d'amour  sous  la  Révolution.  Con- 
quéror,  L'éùouse  de  la  peur.  Le  royaume  de 
l'amour.  Le  pardon  du  forçat.  L'ineffaçable 
tare,  Eu  scène  pour  la  gloire.  Torture.  Cette 
artiste  est  originaire  de  Danville  (Keu- 
tuckv)  en  [898.  Son  vrai  nom  est  :  Evelyn 
Quick. 

Strong  Man.  —  Le  dernier  film  de 
Bessie  BarriscaL  se  nomme  La  Doctoresse. 
Ses  partenaires  dans  ce  film  sont  :  Jack 
Jack  Holt.  Mildred  Manning,  James  Bar- 
row.  Wedgewood  Nowell.  L'action  est 
située  au  Far-West.  A  mon  avis  le  seul 
film  italien  qui  soit  supportable  est  Le 
Faune  avec  Feho  Mari  et  Héléna  Ma- 
kowska. 

Ginette  Palmyr.  —  Enid  Markey  dans 
Le  roman  de  Tartan,  également  dans  Châ- 
timent, Les  Parias.  Captain  Harkley.  Jus- 
ticier 

Ranchman.  —  Mais  pourquoi  me  de- 
mander toutes  les  semaines  si  W.  Farnum 
me  plait  ? 

Marcel Justinien.  —  M.  Dromàz,  1.  rue 
Franklyn  (10e)  vous  donnera  à  bon  compte 
des  notions  pratiques  et  techniques  de 
projection  et  prise  de  vues. 

Studio  Girl.  —  Vous  n'avez  pas  vu 
cette  scène  dans  le  film,  malgré  qu'elle 
figurait  sur  les  photos  exposées  à  la 
porte?  Tout  simplement  parce  que  sui- 
vant leur  bonnes  habitudes,  messieurs  les 
loueurs  et  exploitants  ont  t'ait  leur  petite 
Anastasie  (censure). 

YoungGirl. —  La  nuise  de  Montmartre. 
Mlle  Geneviève  Félix  a  paru  dans  le  Bal- 
lon Rouge.  La  Phalène  Bleue.  Les  deux  jar- 
retières, L'ail  de  Si-Yves.  Le  Passe  renaît, 
La  chimère  avec  Van  Daèle.  Miss  Rovel . 
Micheline.  La  Ferme  du  Choquai/,  etc. 


Gabriel  H. — Votre  lettre  est  bien  sym- 
pathique. —  Morizot  aimait  vraiment  le 
cinéma.  11  en  est  mort. Cela  a  fait  plaisir  à 
qui  vous  savez.  — Nous  n'aimons  pas  que 
les  films  américains.  Nous  aimons  les  sué- 
dois. Nous  aimerions  les  italiens  st.,.  nous 
aimons  les  français  quand...  Mais  nous 
sommes  assez  mal  accueillis  quand  nous 
préférons  Marayana  kjudex  ou  Villa  Des- 
tin à  (jigolette.  D'ailleurs  lisez  le  prochain 
Cinea.  —  Quant  à  Intolérance...  Que  nous 
dire  ?  i°  Un  français  très  français  ne  peut 
se  sentir  en  compatibilité  avec  ce  film  là. 
2"  Certes  Griffith  est  parfois  irritant  :  a)  par 
ses  prédications  b).  par  ses  effets  forcés,  c) 
par  son  exploitation  des  nerfs  publics  etc. 
—  Mais...  mais...  —  y  avoir  osé  tenter 
ces  r\thmes  parallèles  (c'est  plus  fort  que 
l 'Atlantide ,  vous  savez)  c'est  bien.  4"  Le 
Christ.  Pourquoi  renoncer  à  Cana  à  cause 
de  Véronèse  ?  On  renoncerait  à  tout,  5°  Ba- 
bvlone.Les  murs  sont  en  carton,  mais  pas 
la  princesse,  ni  le  prince,  ni  l'armée,  ni  la 
fougue,  ni  la  vigueur. La  vérité  historique? 
Vous  ne  savez  pas  que  Dumas  père  est  un 
grand  homme.  ..6"  Lillian  Gish.  Vous  avez 
tort  7"  Le  drame  moderne.  Aucune  valeur 
d'idées.  Mais  nousavons  M.  Brieuxqui  ne 
vous  indigne  pas  8"  Mac  Marsh  a  par  ins- 
tants atteint  le  pathétique.  Mon  Dieu,  oui! 
90  Eh  bien,  êtes  vous  sûr  que  ce  soit  uni- 
quement un  film  de  10  millions.  Alors  par- 
lons un  peu  des  films  français,  par  exemple, 
qui  ont  coûté  plusieurs  millions.  io°  Au 
plaisir  de  vous  lire. 

Daniel.  —  Vous  confondez  :  Darwin 
avait  raison  n'est  pas  interprété  par  M.  de 
Lamarzelle.  mais  par  un  chimpanzé  très 
bien  dressé. 

Who.  Knows.  —  Antonio  Moreno  est 
né  a  Madrid  en  1888  ;  Norma  Talmadge  a 
23  ans  :  Alla  Nazimova  a  40  ans  :  William 
Russel  33  et  Robert  Warwick  59. 

Barrabas.  —  Vous  n'aimez  pas  René 
(j'este  ?...  Pas  possible  ! 

M.  Collkt.  —  Vous  préférez  les  films 
français  aux  films  américains  et  suédois. 
Quel  courage  ! 

Mater  Dolorosa. —  Vous  aurez  certai- 
nement rectifié,  de  vous  même,  l'erreur 
qui  s'est  glissée  dans  la  rédaction  de  notre 
dernier  numéro.  —  Mme  Emmy  Lynn 
n'est  que    l'interprète   d'Henry   Roussell. 

Lectrice.  —  Suzanne  Talba,  oui  la  même 
que  dans  Rose  de  Grenade.  Vous  la  rever- 
rez prochainement. 

M.  Cassagnes. —  Faites  nous  parvenir 
vos  scénarios  :  nous  les  examinerons  et 
vous  dirons  ce  qu'ils  valent. 

Poppy.  —  L'adresse  de  Richard  Lund  est 
Schlelegatan,  15,  Stockholm  (Suéde). 


Curieuse.  —  Lou  Tellegen  est  le  mari  de 
Géraldine  Farrar,  il  est  ne  en  Grèce.  - 
L'adresse  de  Costa  Ekman  est  :  47.  B.  Ny- 
brogatan,  Stockholm  (Suéde).  —  Mary 
Johnson  ne  donnant  pas  son  adresse  parti- 
culière, écrivez  lui  :  AB.  Svensk  Film  In- 
dustri K).  Kungsgatan.  Stockholm (Suèdei. 

Famé  and  Fortune.  —  Le  titre  améri- 
cain de  L'Ile  du  Saint  est  Down  to  Earth. 
celui  de  Douglas  au  pays  des  mosquées  est 
Bound  In  Morocco.  celui  du  lieutenant 
Douglas  est  Arizona. 

Système  D.  —  L'Homme  invisible  est  in- 
terprété par  Potiron  et  non  pas  par  M.  de 
Valéra. 

Admirateur.  —  Vous  reverrez  Gine 
Avril  dans  Les  Trois  Lvs  de  H.  Desfontaines. 
Edition  Septembre.  Oui.  Speranza  dans 
Les  Trois  Masques  de  H.  Krauss. 

Strong  Man.  —  Les  Associated  I  rod  11- 
cers  sont  au  nombre  de  7:  Thomas  H.Ince. 
Maurice  Tourneur.  Allan  Dwan.  Marshall 
Neilan, George  Loane  Tucker,  John  Parker 
Read  J.  Mack  Sennett.  Rien  de  commun 
avec  les  Big  Four  (  United  Artists)  compo- 
ses de  David  W. Griffith.  Charles  Chaplin. 
Douglas  Fairbanks.  Mary  Pikford. 

???  —  Non.  ne  pas  confondre  Les  Trois 
Masques  et  L'Homme  aux    Trois   Masques. 

Méphisto.  —  Ce  rédacteur  qui  vous  a 
répondu  que  Lillian  Gish  est  mariée  à  Da- 
vid W.  Griffith  est  bien  mal  informé.  Ce 
dernier  est  l'époux  de  Linda  Griffith  une 
ancienne  artiste  de  cinéma.  Le  nom  de 
l'interprète  du  Majordome  dans  le  Monas- 
tère de  Sendomir,  m'est  complètement 
inconnu.  Je  n'ai  jamais  vu  Jean  Périer.  par 
conséquent... 

Carmen  Whithe. —  Gustave Téry  et  Clé- 
ment Vautel  feraient  mieux  de  parler 
politique  que  cinéma.  Quant  à  ce  dernier. 
c'est  très  probablement  en  raison  des  suc- 
cès ramassés  lors  de  l'édition  des  Petits 
Tyrans. 

Rose  Rouge.  —  Maurice  Tourneur  a 
tourne  de  juin  1919  a  1020  :  The  Life  Line 
avec  Lew  Cody,  jack  Holt.  Pauline  Starke 
et  Seena  Owen.  Victory  de  Joseph  Conrad, 
avec  jack  Holt.  Seena  Owen  et  Lon  Cha- 
ney.  Treasure  Island  de  R.  Stevenson,  avec; 
Shirley  Mason.  Lon  Chanev  et  Charles 
Ogle.  Deeps  IVaters  avec  jack  Gilbert  et 
Barbara  Bedford.  The  H  hi/e  Circle  deR.L, 
Stevenson  avec  Spottiswood  Aitken.  Jack 
Gilbert  etWesley  Bârry. 

Champion.  —  Le  rôle  du  vieux  cordon- 
nier dans  Cupidité  est  tenu  par  Howard 
Hickmann,  mari  et  metteur  en  scène  de 
Bessie  Barriscalé. 

LŒ11    de  Chat. 


cinea 


sentimentale  de  Maurice  de  Marsan,  inter- 
prétée par  Christiane  Vernon  et  Georges 
Lannes. —  Quatre-vingt-treize,  grand  drame 
en  2  époques  d'après  l'œuvre  de  Victor 
Hugo. —  Mme  Martinelli,  de  l'Opéra-Com. 
Cinéma  Recamier,  3,  rue  Récamier.  — 
La  Pocharde,  ce  époque:  Une  lueur  dans  les 
ténèbres. —  Quatre-vingt-treize,  2«  époque. 

—  Loin  du  Cœur,  comédie  dramatique.  — 
Pathé-Journal. 

Cinéma   Bosiuet,  83,  avenue  Bosquet. 

Direction  G.  Moyse.  —  L'Héritage  de  Ger- 

trude,  comédie  comique. —  L'Homme  aux 

trois  masques,  <  ie  épisode  :  Jean-Claude. 

—  Le  Duc  de  Reicbstadt,  merveilleuse 
reconstitution  historique  de  l'épopée  napo- 
léonnienne. 

9e  ARRONDISSEMENT 
Cinéma-Rochechouart,  66,  rue  de  Ro- 
chechouart.  Gutenberg  66-19.  Directeur  : 
M.  A.  Jallon. —  Eclair-  ournal. —  L'homme 
aux  trois  masques,  i2<=  épisode  :  Le  Jus- 
Deux  amis  de  la  nature,  documentaire.  — 
Chariot  mitron,  comique.  -  Les  Naufragés 
pusort.  drame.  Intermède:  Les  Chabas. 
musicaux. 

DHta-Palace-Cinéma,  17,  boulevard 
Rochechouart.  —  Delta-Journal.  —  Le 
Tourbillon,  12e  épisode  :  Le  Châtiment. — 
Les  bas  de  soie,  comédie. —  Fatty  bolchevik. 
comique.  —  La  Grande  Kabvlie,  plein  air. 

—  La  Représaille,  comédie  dramatique  en 
3  parties  avec  Clara  Wieth.  —  Intermède  : 
Vylna,  le  fin  diseur  dans  son   répertoire. 

10e  ARRONDISSEMENT 
Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple.  — 
Tivoli-Journal.  —  Pathé-Revue,  n°  28.  — 
L'homme  aux  trois  masques,  12e épisode:  Le 
Justicier.  —  Ribadouille  a  la  berlue,  comi- 
que. —  Le  navire  abandonné,  drame  marin. 

—  L'Amour  et  la  Haine,  drame. 
Crystal  Palace-Cinéma.   9,    rue  de    la 

Fidélité,  96,  faubourg  Saint-Denis.  — 
Nord  (07-59. —  La  Nuit  du  1  ?,  drame  inter- 
prété par  Yvette  Andréyor.  —  Cœur  de 
mannequin,  comédie  dramatique  interpré- 
tée par  Francelia  Billington.  —  Palace- 
Joumal,  actualités  de  la  semaine.  —Attrac- 
tion :  Harford.  dessinateur  express. 

ue    ARRONDISSEMENT 
Voltaire-Aubert-Palace.  95,   rue  de  la 

Roquette.  —  Aubert-Joumal.  —  Eddie  Polo 
dans  Le  roi  de  l'audace,  ciné-roman  en 
10  épisodes  publié  par  La  Presse,  9e  épi- 
sode :  Les  deux  supplices.  —  Pauline 
Frederick  dans  L'Amour  et  la  Haine,  comé- 
die dramatique.  —  La  Pocharde,  drame  en 
12  épisodes,  6e  épisode:  Le  plus  grand  des 
crimes.  —  L'impossible  aveu,  comédie. 

12^  ARRONDISSEMENT 

Lyon-Palace,  rue  de  Lvon.  —  Gaumont- 
Actualites.  — La  Pocharde.  h-  chapitre  : 
Le  plus  grand  des  crimes.  —  Patbé-Revue, 
documentaire.  —  Les  deux  bambocheuis. 
comique.  —  Ame  sauvage,  drame  avec 
Francesca  Bertini.— Attraction  :  Miss  Athea 
conlorsouuis/e.  —  Henry  B.  Walthall  dans 
Le  Vengeur,  Comédie  dramatique. 


13e    ARRONDISSEMENT 
Gobelins,  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 

—  liécasson  est  étourdi,  comique.  — 
L'homme  aux  trois  masques.  10e  épisode  : 
Jean-Claude.  —  La  Pocharde,  5e  chapitre  : 
Une  lueur  dans  les  ténèbres.  —  Quatre- 
vingt-treize,  drame.  2e  époque.  —  Deux 
bons  maris,  comique.  —  Pathé-foumal. 

14e    ARRONDISSEMENT 
Gaité,  rue  de  la  Gaité.  —  Pathé-Journal. 

—  Le  lièvre  et  la  tortue,  dessins  animés.  — 
L'Homme  aux  trois  masques.  12e  épisode  : 
Le  Justicier.  —  La  Pocharde,  5e  chapitre: 
Une  lueur  dans  les  ténèbres.  —  Quatre-vingt- 
treize,  drame,  2p  époque.  —  Deux  bons 
maris,  comique. 

Sr>lenJide  Cinéma  3.  rue  Larochelle. 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  Tulle  et 
Brives,  plein  air. —  Les  actualités  de  Splen- 
dide-Ciuéma.  —  La  Chute  dans  le  vide. 
aventures.  —  La  Revanche  d'un  timide. 
comédie  avec  Charles  Rav. — La  légende  du 
Saule,  fantaisie  dramatique  interprétée  par 
Viola  Dana. 

i5e  ARRONDISSEMENT 
Grenelle,  122,  rue  du  Théâtre.  —  Pathé- 
Journal.  —  Le  lièvre  et  la  tortue,  dessins 
animés.  —  L'homme  aux  trois  masques, 
12e  épisode  :  Le  Justicier.  —  La  Pocharde, 
5e  chapitre  :    Une  lueur  dans  les  ténèbres. 

—  Quatre-vingt-treize,  drame.  2e  époque. 

—  Deux  bons  maris,  comique. 

Splendid-Cinéma-Palace,  60,  avenue 
de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-03.  M.  Messie, 
directeur.  —  Pathé-Journal.  —  Du  Japon  aux 
îles  de  Polynésie , documentaire. —  L'homme 
aux  trois  masques.  12e  épisode  :  Lejusticier. 

—  La  Nuit  du  1  ?,  drame  avec  Yvette 
Andréyor.  —  Quatre-vingt-treize,   drame. 

—  Fridolin  déménageur,  comique.  —  Inter- 
mède :  Georges  Régis,  de  l'Opéra.  —  Tous 
les  jeudis  à  2  h.  1/2  :  Matinée  spéciale  pour 
la  jeunesse. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,   115-119,  rue 

Lecourbe.  Saxe  56-45. —Gaumout-actualités. 

—  Loin  du  cœur,  comédie  dramatique 
interprétée  par  William  Hart.  —  La  chute 
de  Rome  sous  nez  rond,  comique.  —  Le 
diamant  de  la  couronne,  comédie  d'aven- 
tures jouée  par  Irène  Castle. —  Attraction  : 
The  Labat  Duo.  jongleurs  et  sauteurs 
arabes. 

Vaugirard-Cinéma,  rue  de  Vaugirard, 
273,  —  Programme  du  8  au  10  juillet.  - 
Deux  femmes  pour  trois  maris,  comique. — 
Apres  l'Abandon,  comédie  dramatique  et 
sentimentale.  —  Attractions  :  Little  Joe. 
acrobates  de  précision  :  Dunand.  ténor 
bouffe  dans  son  répertoire.  —  La  vieille. 
charmante  comédie. — Pathé-Journal,  actua- 
lités. —  Programme  du  i  i  au  14  juillet. 

—  Comme  papa,  comique.  —  La  Pocharde. 
5°  épisode  :  «  Une  lueur  dans  les  ténèbres  »>. 

—  Le  navire  abandonné,  comédie  dramati- 
que. —  Attractions  :  Georges  de  Gey,  magi- 
cien humoriste  ;  Coignac,  chanteur  à  voix 
dans  son  répertoire.  —  Quatre-vingt-treize, 
2-  époque.  —  Pathé-Journal.  actualités. 


i6<=     ARRONDISSEMENT 
Maillot-Palace-Cinéma,  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi 8  AU  I      LUNDI  JUILLET.—   La  pOclhlldc, 

(■>*  épisode  :   Le  plus  grand  des  crimes.  - 
Côte  Scandinave,  plein  air.  — L'ahurissant 
concierge,  comique. —  Pathé-Journal,  actua- 
lités. —  La  lutte  pour   la  vie.  comédie.  - 
Fatty  bolcbewik,  comique.  —  Programme 

DU     MARDI    12    AU  JEUDI   14  JUILLET.  —  ClUC- 

Maga{ine,  documentaire.  —  Sons  la  mer, 
instructif.  —  L'Homme  aux  trois  masques-, 
12e  épisode  :  Le  Justicier.  —  Le  lièvre  et  la 
Tortue,  dessins  animés.  —  Eclair-  ournal. 
actualités.  —  Ames  brisées,  comédie.  — 
La  Vengeance  d'Hercule  Bradfer.  comique. 
Mozart-Palace, 49,  5  i,rue  d'Auteuil.iôe. 

—  Programme  du  vendredi  8  au  lundi  i  i 
juillet.  —  Ciue-Maga{ine,  documentaire. 
Sous  la  mer,  instructif.  —  L'homme  aux 
trois  masques,  12e  épisode  :  Le  Justicier.  — 
Le  lièvre  et  la  tortue,  dessins  animés.  — 
Eclair-Journal. —  Ames  brisées,  comédie. — 
La  Vengeance  d'Hercule  Bradfer.  comique. 
Programme  du  mardi  I2aujeudi  14  Juillet. 

—  Cote  Scandinave,  plein  air.  —  L'ahuris- 
sant concierge,  comique.  —  /  atbc-Jourual. 
La  lutte  pour  la  vie.  comédie.  —  Fattv  bol- 
cbewick,  comique. 

Le  Régent, 22,  rue  de  Pa'ssy.  —  Les  envi- 
rons de  Strasbourg,  documentaire.  —  Lou- 
lou, comédie  dramatique.  —  Le  Trésor. 
comédie  avec  Mary  Pickford.  —  Le  Magné- 
lis,  ur.  comique. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue 

Malakoff. —  Sur  le  Gemmier  Glass.  plein 
air.  —  Rose  Marv.  la  fée  aux  poupées. 
comédie  sentimentale  interprétée  par  Marv 
Miles.  —  Les  aventures  d'un  Cbimpauee, 
avec  le  chimpanzé  Jack. 

17e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Demours.  7,  rue  Demours, 
Directeur:  M.  F.  Destannes. —  Wag. 77-66. 

—  La  vie  dans  l'Idaho.  voyage.  —  L'Homme 
aux  trois  masques.  12e  épisode:  «  Le  Justi- 
cier ».  —  Eclair-Journal,  actualités.  — 
Les  découragés,  grand  film  dramatique  en 
0  parties. 

Villiers-Cinéma,  21.  rue  Legendre.  — 
Direction  :  M.  Hermua.  —  A  travers  la 
France  :  La  Provence  pittoresque. —  Eclair- 
Journal,  actualités.  —  Zigoto  garçon  de 
théâtre,  comique.  —  Le  roi  de  l'audace, 
9e  épisode  :  «  Les  deux  supplices  ».  —  La 
Proie,  comédie  dramatique. —  Intermède  : 
Riquin. 

Royal  Wagram.  avenue  Wagram.  — 
Récolte  du  liège  en  Algérie,  film  documen- 
taire. —  Un  aventurier,  comédie  senti- 
mentale.—  L'amour  et  la  haine,  cinédrame 
en  4  parties.  —  Pa/hé-  ournal.  —  La  Po- 
charde. (v  chapitre  :  «  Le  plus  grand  des 
crimes  ». 

Lutetia-Wagram.  avenue  Wagram.  — 
Patbe  Revue.  —  Francesca  Bertini  dans 
Ame  sauvage,  drame  en  4  parties.  —  Un 
scandale  a  l'école,  comique.  —  Haie  Hamil- 
ton  dans  Tout  s'arrange,  comédie.  —  Ré- 


cinea 


naissance  d'une  nation  :  Le  plus  bel  enfant 
de  Belgique.  —  Gaumont-actualités. 

Ternes-Cinéma,  avenue  des  Ternes,  5. 

—  Au  pars  des  glaces  fumantes.  —  Le 
Tourbillon,  12''  épisode  :  «Châtiment  ». — 
Patbé-Journal,  actualités.  —  Faute  de  Jeu- 
nesse, comédie.  —  Fabienne  Fàbrèges  dans 
Les  caprices  du  destin. 

Le  Select,  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Les  lieux  bamboebeurs,  comique  en  2  par- 
ties. —  Un  aventurier,  comédie  sentimen- 
tale. —  Gaumont- Actualités..  —  f'athé- 
Revue.  —  Owen  Moore  dans  Un  homme 
en  loterie,  comédie.  —  Renaissance  d'une 
nation  :  Le  plus  enfant  de  Belgique. 

Batignolles-Cinéma,  59,  rue  de  la  Con- 
damine. —  Programme  du  8  au  10 juillet. 

—  Comme  papa,  comique.  —  La  I  oebarde, 
Se  épisode  :  «  Le  plus  grand  des  crimes  ». 

—  Le  navire  abandonné,  comédie  dramati- 
que. —  Attraction  :  l.eorgesde  Gey,  magi- 
cien humoriste.  —  L'amour  et  la  haine. 
drame  avec  Pauline  Frederick.  —  Patbé- 
Journal.  —  Programme  du  i  i  au  14  juillet. 

—  Deux  femmes  pour  trois  maris,  comique. 

—  Réjane  dans  Miarka  la  fille  a  l'ourse.  — 
Attraction  :  Lille  Joe.  équilibriste  de  pré- 
cision.—  La  vieille,  comédie  sentimentale. 

—  Patbé-Journal 

Cinéma  Legendre,    128,   rue  Legendre. 

—  Directeur  :  A.  Jallon.  —  Legendre- Actua- 
lités.—  L'Héroïsme  de  Billv,  comique  en 
2  parties.  —  Courses  de  taureaux  éi  Lnuel 
(Hérault),  actualité.  —  L'bomme  aux  trois 
masques,  12e  et  dernier  épisode  :  <»  Le  Jus- 
ticier ».  —  L'instinct  qui  veille,  grand 
drame  des  mers  arctiques  en  5  parties.  — 
Sur  scène  :  Nossam  et  sa  chienne  Caroline. 
numéro  de  chant  et  dressage,  comique. 

18e  ARRONDISSEMENT 

Barbes- Palace,  34,  boulevard  Barbes, 
Direction  :  L.  Garnier.  —  Nord  35-68.  — 
Un  aventurier,  comédie  dramatique.  — 
Le  Champion,  comédie  sportive  avec 
Charles  Ray. —  L'homme  aux  trois  masques. 
12e  épisode  :  «  Le  Justicier  ». —  Attraction  : 
Les  Hoxis,  cyclistes  comiques. 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt   et   rue  d'Orsel,  43. 

—  Maurice  Robert,  directeur.  —  Les  Actua- 
lités de  la  semaine.  —  Le  Renard  et  le  Cor- 
beau, fable  de  La  Fontaine,  animée  par 
O'Galop,  —  Le  singe  d'Afhalie,  scène  ultra- 
comique. Ames  d'avares,  interprété  par 
Joyce  Dearsley  et  Henri  Victor.  —  L'Homme 
aux  trois  masques,  12e  épisode  :  «  Le  Justi- 
cier ».  —  Intermède  de  Music-Hall  :  Les 
Sherry'  Girls,  chanteurs  et  danseurs  à 
transformations. 

Montcalm-Cinéma.  134,  rue  Ordener. — 
Actualités  Gaumont. —  Au  pays  des  loups. 
comédie  dramatique.  —  La  Pocbarde. 
6e  chapitre.  —  Voleurs  de  fouines,  11e  épi- 
sode. —  Sur  scène  :  Novil,  de  Concordia. 


Marcadet-Cinéma-Palace, 


110,     rue 


«  Le  plus  grand  des  crimes  ».  —  Fridolin 
déménageur,  comique.  —  Miarka  la  filL  à 
l'ourse,  interprétée  par  l'artiste  regrettée 
Réjane.  —  Attraction  :  le  célèbre  chanteur 
de  l'Eldorado  Vorelly. 

Palais-Rochechouart.  56,  boulevard  Ro- 
chechouart.  — Aubert-Journal,  les  actuali- 
tés du  monde  entier.  —  Le  roi  de  l'audace, 
ciné-roman  en  10  épisodes  publié  par  La 
Presse,  9e  épisode  :  «  Les  deux  supplices  ». 

—  Pauline  Frederick  dans  L'Amour  et  la 
Haine,  drame.  —  La  Pocbarde,  grande 
série  française  en  12  épisodes,  d'après  le 
célèbre  roman  de  Jules  Mary.  (>"  épisode  : 
»  Le  plus  grand  des  crimes  ».  —  Le  dia- 
mant de  la  couronne,  drame  d'aventures 
interprété  par  Irène  Castle. 

19e     ARRONDISSEMENT 

Alhambra-Cinéma,  22,  boulevard  de  la 
Villette  —  Directeur-propriétaire,  M.  Vic- 
tor Meunier.  —  La  chasse  aux  mille  lions. 
comique.  — -  L'Homme  aux  trois  masques, 
10e  épisode.  —  Actualités- Pathé.  —  La 
Pocbarde,  se  épisode.  —  La  nuit  du  1  3.  — 
A  chaque  séance  Les  chansons  filmées  de  G. 
Lordier. 

Secrétan.  7,  Avenue  Secrétan  .  —  Patbé- 
Journal. —  Patbé-Revue  11"  28,  —  L'Homme 
aux  trois  masques,  12e  épisode  :«LeJusti- 
cier  ».  —  —  La  Pocbarde,  b?  chapitre  : 
«  Le  plus  grand  des  crimes  ».  —  L'Amour 
et  la  Haine,  drame  d'après  Clyde  Fitch. 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  Renaissance  d'une  nation  :  Le  plus 
bel  enfant  de  Belgique.  —  Patbé-Journal.  — 

La  chasse  aux  mille  lions,  comique.  — 
Jacqueline  Forzane  dans  La  Pocbarde, 
6«  épisode  :  »  Le  plus  grand  des  crimes  ». 

—  Attraction  :  Les  Rasy  Stars.  —  André 
Nox  dans  Le  sens  de  la  mort,  drame  philo- 
sophique de  Paul  Bourget. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont-actualités.  —  Elsie 
Ferguson  dans  Les  yeux  morts,  comédie 
dramatique  en  4  parties.  Renaissance 
d'une  nation  :  Le  plus  bel  enfant  de  Belgi- 
que. —  Attraction  :  René  de  Buxeuil,  chan- 
teur  au  piano   dans    ses   oeuvres.   —   La 


j  c  1    n    e    a  j 

■  ■ 

■  ■ 

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!  demande  à  MM.  les  i 

■  ■ 

■  ■ 

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Directeurs  de  Cinéma  i 

■  ■ 

■  ■ 

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|  d'envoyer  leur  programme  j 

■  ■ 

■  ■ 

j  dix  jours  d'avance    à  j 

■  ■ 

■  ■ 

■  ■ 

■  ■ 

c  i    n    é    a  I 


Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81.  —    La    Pocbarde,  6e  épisode: 


pocbarde,  0=  chapitre  :  «  Le  plus  grand  des 
crimes  ». 

20^    ARRONDISSEMENT 

Paradis-Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 
leville. —  Charlie  Chaplin  dans  Chariot  et 
le  mannequin,  comique.  —  La  nuit  du  1  ;. 
grand  drame  interprété  par  Yvette  An- 
dreyor,  André  Dubosc  et  Jean  Toulout.  — 
Attraction  :  Brown  dans    son    répertoire. 

Eddie  Polo  dans  Le  roi  de  l'audace. 

ciné-roman  en  10  épisodes.  9e  épisode  : 
«  Les  deux  supplices  ».  —  Gladys  Walton 
dans    Ames  brisées,   comédie  dramatique. 

—  La  chasse  aux  mille  lions,  comique. 

BANLIEUE 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (Le 
vallois).  Wagram  04-91. —  Quatre-vingt- 
treize,  d'après  l'œuvre  de  Victor-Hugo, 
première  époque.  —  La  pocbarde,  4e  cha- 
pitre :  «.  Un  crime  dans  les  ruines  ».  — 
L'homme  aux  trois  masques,  u«  épisode: 
A  Jean  Claude  ».  —  Huguette  Duflos  dans 
Lily  Vertu,  comédie  sentimentale. 

Levai  lois.  —  Patbé-Journal.  —  Patbé- 
Revue  11°  26.  —  L'homme  aux  trois  masques. 
11e  épisode  :  «Jean  Claude  ». —  Attraction: 
Marthe  Ilda,  diseuse  à  voix.  —  La  Pocbarde. 
4e  chapitre  :  «  Un  crime  dans  les  ruines  ». 

—  Quatre-vingt-treize,  drame  d  après-1  œu- 
vre immortelle  de  Victor-Hugo,  première 
époque. 

Clichy. —  Pathé-  tournai. —  Patbé-Revue 
n°28. —  L'Homme  aux  trois  masques,  12  épi- 
sode :  «  Le  justicier  »,  tin. —  La  Pocbarde, 
6e  chapitre  :  «  Le  plus  grand  des  crimes  ». 

—  L'Amour  et  la  Haine,  drame. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  —  Owen 
Moore  dans  Un  homme  en  loterie,  comédie. 

—  Eddie  Polo  dans  Le  Roi  de  l'audace. 
4«  épisode  :  «  Le  mauvais  destin  ».  —  Les 
deux  bamboebeurs.  comique  en  2  parties. — 
Attraction  :  Les  Dionnes,  barrîtes  serio- 
comiques. —  May  Allison  dans  La  Lumière 
du  Monde,  comédie.  —  Gaumont-Actualifés. 

Mont  rouge.  —  Une  biscuiterie  moderne. 
documentaire. — Montrouge-actualiiés,  faits 
divers  mondiaux.  —  L'homme  aux  trois 
masques,  12e  épisode  :  «  Le  justicier  ».  fin. 

—  Coquin  de  printemps,  comique.  —  Le 
lièvre  et  la  tortue,  d'après  la  fable  de 
La  Fontaine,  dessins  animés.  —  L'Oiseau 
s'envole,  drame  joué  par  Dorothy  Phillips. 

Bagnolet.  —  Patbé-Journal.  —  Patbé- 
Revue  n°  28. —  L'homme  aux  trois  masques, 
12e  épisode  :«  Le  justicier  ».  —  La  pocbarde. 
6e  chapitre  :  «  Le  plus  grand  des  crimes  ». 

—  L'amour  et  la  haine,  drame. 

Vanves.  Patbé-Journal,  faits  divers 
mondiaux.  —  Le  renard  et  le  corbeau. 
d'après  la  fable  de  La  Fontaine,  dessins 
animés.  —  L'homme  aux  trois  masques. 
i2«  épisode  :  «  Le  justicier  ».  fin.  —  La 
Pocbarde,  5e  chapitre  :  «  Une  lueur  dans 
les  ténèbres  ».  —  Quatre-vingt-treize, 
drame,  deuxième  époque,  fin.  —  Deux  bons  j 
maris,  comique,  joué  par  Harrv  Pollard, 


cinea 


MAX       LINDER 

Max  Linder,  venu  de  Californie  à  New-York 
pour  l'édition  de  sa  deuxième  comédie  en  cinq 
parties,  a  réuni  en  un  dîner  quelques  autres 
Français  de  marque,  également  de  passage  à 
New-York.  Il  v  avait  la  :  Abel  Grance  et  son 
administrateur  M.  de  Bersaucourt,  Mme  Lé- 
once Perret.  Albert  Capellani.  Carperitier  et 
son  manager   Descamps,  et  Henri  Roussell. 


cinea 


MM      LES    FILMS    D'AUJOURD'HUI      MM 


Les  portes  de  l'enfer 

Des  hommes  aux  larges  épaules, 
aux  yeux  bleus,  parfois  rêveurs 
comme  de  grands  enfants,  parfois 
ivres  de  sang,  comme  des  Herserkrs, 
ont  sillonné  l'Atlantique,  bravé  les 
tempêtes  et  les  icebergs,  colonisé 
L'Amérique,  poussé  à  travers  les 
plaines  plus  stériles  que  l'océan  pour 
aller  chercher  les  deux  richesses 
blondes,  le  blé  et  l'or. 

Et  cependant  des  femmes  aux  traits 
lourds  d'idoles  syriaques,  aux  yeux 
sombres,  aux  lèvres  fardées,  aux 
danses  lascives,  quittaient  la  loin- 
taine Judée,  esclaves  chassées  sous 
le  fouet,  ou  vaincues  fuyant  la  patrie 
dévastée  et,  après  avoir  fait  escale 
dans  les  ghettos  d'Europe  poursui- 
vaient leur  quête,  habiles,  elles  et 
leurs  frères,  à  gagner  l'or  et  le  blé 
par  tous  les  moyens  autres  que  de 
les  arracher  des  entrailles  de  la 
terre. 

Dans  un  saloon  du  Far- West  s'at- 
tablent les  enfants  d'Odin  et  les  des- 
cendants de  Mylitta,  représentés. 
mieux  que  par  quiconque,  par  Wil- 
liam Hart  et  Louise  Glaum. 

L'enfant  d'Odin  aime  la  lutte,  mais 
il  aime  aussi  qu'il  y  ait  franc  jeu, 
fair  plcty.  Et  quand  un  de  ces 
pauvres  prédicants  de  l'ouest,  que 
M.  Pierre  Benoît,  du  fond  de  son 
confortable  cabinet,  trouve  si  ridi- 
cule, tombent  lâchement  assassiné 
devant  sa  chapelle  en  flammes,  il  le 
venge.  Un  tiscin  de  l'incendie  embrase 
à  son  tour  le  Walhall  sauvage  Et  le 
vengeur,    contemple   la    cité   en   cen- 


Faut=il  admettre  que  le 

m 
m 

[       génie  français  s'expri= 

m 

me  particulièrement 

m 

par  le   théâtre,   comme 

m 

j       le  génie  anglais  par  le 
roman  ou  le  génie  amé= 

m 
m 

•       ricain  par  le  film.     4  4 


dres,  debout  entre  une  croix  de  bois 
et  une  enfant  qui  pleure. 


Le  voile  du  bonheur 

La  différence  entre  les  esthétiques 
française  et  américaine  se  révèle 
dans  la  transformation  qu'a  subie, 
en  traversant  l'Atlantique,  la  pièce 
de  Georges  Clemenceau.  Au  vieux 
mandarin  s'est  substituée  une  jeune 
fille  aveugle;  et  la  conclusion  n'est 
plus  la  rentrée  volontaire  dans  la 
nuit  du  guéri  récalcitrant,  mais  la 
disparition  de  l'ami  qui  n'a  pu  four- 
nir de  prétextes  aux  rêves  que  tant 
que  la  réalité  demeurait  ignorée. 

Ce  passage  alternatif,  incessant  de 
la  réalité  au  rêve,  c'est  le  domaine 
propre  du  cinéma,  et  Thomas  Ince 
y  est  maître.  La  charmante  Enid 
Bennett  est  un  instrument  intelligent 
et  sûr  aux  mains  d'un  bon  meneur 
du  jeu. 


Charité 

J'ai  été  de  ceux  qui  refusaient  de 
voir  le  lien  entre  la  prise  de  Baby- 
lone,  le  procès  de  Jésus-Christ,  l'hy- 
pocrisie des  organisations  chari- 
tables, et  le  récit  mélodramatique 
d'une  erreur  judiciaire.  Mais  telle  est 
la  puissance  d'une  œuvre  achevée 
qu'à  contempler  les  pièces  recousues 
de  ce  récit  j'avais  une  impression  de 
lacune,  de  morcellement  II  aurait 
fallu  arriver  là  sans  avoir  vu  et  revu 
Intolérance.  Ceux  à  qui  leur  jeu- 
nesse donne  cet  avantage  pourront 
admirer  sans  souvenir  et  sans  ar- 
riére-pensée, le  rythme  presqueexces- 
sif  de  l'oeuvre,  les  broderies  si  riches 
et  si  variées  que  le  génie  de  Griffith 
a  jetées  sur  un  canevas  au  fond  mé- 
diocre, le  jeu  sobre  et  pathétique  de 
Mac  Marsh,  la  jeunesse  de  Robert 
Harron  et  son  angoisse  étonnée  de- 
vant la  mort. 


L'arrêt  du  destin 

Ce  n'est  vraiment  pas  la  peine  que 
les  cinéastes  américains  aient  sous  la 
main  les  climats  les  plus  variés,  les 
paysages    les     plus     splendidcs,     les 


marais  de  la  Floride,  les  lacs  et  les 
bois  des  Adirondacks,  les  cascades 
du  Yosemite,  les  bayous  de  la  Loui- 
siane, les  méandres  du  Mississipi, 
les  forêts  ondoyantes  du  Shasta,  les 
geysers  du  Yellowstone,  pour  venir 
nous  conter  d'aussi  vilaines  histoires 
d'assassinat  et  d'empoisonnements, 
que  tout  le  talent  de  John  Barrvmore 
rend  à  peine  acceptables. 


Chacun  sa  race 

Nul  n'admire  plus  que  moi  Sessue 
Hayakawa.  mais  en  vérité  la  fabri- 
cation en  série  lui  fait  parfois  dépas- 
ser les  limites  permises.  Que  signifie 
cette  Inde  invraisemblable,  ou  contre 
des  Bouddhistes  révoltés  intervien- 
nent des  troupes  américaines  I  Qu'on 
nous  rende  The  call  o  the  east  si 
pauvrement  dénommé  Œil  pour  <vil. 


L'immigrante 

Le  danger  du  cinéma,  c'est  la  pour- 
suite simultanée  de  plusieurs  lièvres. 
Il  est  tentant  d'utiliser  le  visage 
expressif,  le  talent  dramatique  de 
Valeska  Suratt;  il  est  tentant  de 
montrer  une  digue  qui  saute,  un  ré- 
servoir qui  se  vide.  Mais  ces  deux 
objectifs  se  nuisent  réciproquement, 
la  mise  en  scène  étouffe  la  psycho- 
logie et  une  œuvre  commencée  tic 
manière  originale  et  intéressante 
tourne  au  mélodrame. 

Lionel  Landry  . 


Vous    n ignorer    pas, 

m 

:       Madame,  quil  n  est  de 
■  ! 

:       bonne  toile  que  de  Cho= 

;  ; 

let,  ni  de   bon   riz   que 
des    Carolines.  Mais 

m 
m 

j      pour    un  film...    allons 

m 

au  cinéma  du  coin.    4  4       i 


cinea 


LES       TROIS       MOUSQUETAIRES 

(ÉDITION     FRANÇAISE) 


Henri  Rollan 
(Athos) 


Martinelli 
(Porthos) 


Aimé  Simon-Girard 
(d  Artagnan) 


DE    GUINGAND 

(Aramis) 


LES  TROIS  MOUSQUETAIRES 

d'après  l'œuvre  célèbre  d' Alexandre  Dumas  père  et  Auguste 

Maquet.    ^ilise  en  scène  par  M.    H-    Diamant-Berger 

en  collaboration  avec  M-  Jindreani-   Décors  de 

Rob  ,Mallet-Slevens 


l.e  Cardinal  de  Richelieu MM.  de  Max 

M.  de  Tréville     ..  ..      ..         Desjardins 

D'Artagnan    ..  ..     ■.     ..      Aimé  Simon-Girard 

Athos.  ..       Henri  Rollan 

Porthot    .•      Martinelli 

Aramis -.         De  Guingand 

Bonacieux       ..  Joffre 

Louis  XIII •.      ..       Rieffler 

De  Rochefott Baudin 

Planchet    ..      ..       ■ •■     ..     A-  Bernard 

Mousqueton ..       Vallée 

Bazin..       .,      .  ,-      Stacquet 

Grimaud Pré  fils 

Lord  de  Wmter  Jacquet 

Felton..      ..       . ..    Paul  Hubeit 


Duc  de  Buckingham  .. 
D'Artagnan  père    . 
Milady  de  Winter 
Madame  Bonacieux 
La  Reine  Anne  d'Autriche 
Duchesse  de  Chevreuse    .. 
Dona  Stéphana 


Biunelle 

Charlier 

Mmes  Claude  Mérelle 

.      ..         Pierrette  M»d 

•  .       Jeanne  Desclos 

Larbaudière 

.      ..  Altem 


Mme  d'Artagnan,  mère ....      Vaudry 

La  Supérieure  du  Couvent  de   Béthune    ..  Mme  Joffre 


8 


cmea 


LES       TROIS       MOUSQUETAIRES 

ÉDITION     FRANÇAISE 


LA    PAIX    ET    L'AMOUR 

Pour  une  femme  absente 
—  ce  n'est  pas  l'Artésienne  — 
les  3  Mousquetaires,  qui  sont 
quatre,  se  sont  pris  de  que- 
relle avec  leurs  adversaires 
politiques  (parti  du  Cardinal) 
avec  toute  la  flamme  qu'il 
faut  pour  organiser  une 
grande  bataille  en  miniature. 


cinea 


LES       TROIS       MOUSQUETAIRES 

ÉDITION     FRANÇAISE 


LA  GUERRE  ET  LA  GLOIRE 

Le   Comte   de    la    Eère,    dit 

Athos.  présente  l'étendard 
des  Mousquetaires  au  Cardi- 
nal de  Richelieu  dans  son 
camp     de     La     Rochelle. 


n 


cinea 


M  M 


PORTRAIT       EXPRESS 


M  M 


DOUGLAS 


FAIRBANKS 


Naquit  le  23  mai  1883  à  Denver 
Colorado). 

Son  père  voulait  qu'il  embrasse  la 
carrière  des  mines;  mais  il  l'aban- 
donna rapidement  pour  le  théâtre  où 
il  connut  le  succès  dans  Richelieu, 
Her  Lord  and  Maxtor  ail  for  a  girl, 
The  Pit,  A  Gentleman  from  Missis- 
sipi,  The  Cub,  Two  Little  Soldier 
Boys,  A  Gentleman  at  leisure,  Fren- 
zied,  Finance,  Clothes,  Officer  666, 
The  Light  of  London,  Haivthorne 
U.  S.  A.,  The  Neiv  Henrietta,  He 
Cornes  Up  Smiling,  Regular  Busi- 
ness Mari. 

Il  vint  au  cinéma  en  1915. 

Ses  Films  : 

Triangle  Fine  Arts  1915-1917. 

The  Lamb  (Le  Timide)   avec    Seena 

Owen  et  Monroë  Salisbury. 
The  good  bad  Mail  (Paria  de  la  vie) 

avec  Bessie  Love. 
Manhattan  Madness  (Lne  aventure 

à  New-York)  avec  Jewel  Carmen. 
American     Aristocraty     (Parvenus 

Américains)  avec  Jewel  Carmen. 
His  Pictures  in  the  Papers  (Sa  photo 
dans  les  journaux). 
The  Habit  of  Happiness  (inédit  ici). 
The    Half   Breed    (Le    Métis)    avec 

Aima  Rubens  et  Jewel  Carmen. 
The  America  no  (L'Américain)  avec 

Aima  Rubens. 
The   Matrimaniac  (inédit   ici)    avec 

Constance  Talmadge. 
Double  trouble  (édition  prochaine). 

Paramount-Artcraft . 

In  again  ont  again  (inédit  ici)  avec 
Arline  Pretty  et  Bull  Montana. 

Scénario  d'Anita  Loos.  Réalisation 
de  John  Emerson. 

Wild  and  Woollg  (Sa  revanche)  avec 
Eileen  Percy  et  Joë  Singleton. 

Scénario  par  H.  B.  Carpenter.  Réali- 
sation de  J    Emerson. 


Doivn  to  Earth  (L'Ile  du  Salut)  avec 
Eileen  Percy  et  G.  V.  Seyfertitz. 

Scénario  d'Anita  Loos.  Réalisation 
de  J.  Emerson. 

The  Man  from  «  Painted  Post  »  (Le 
Sauveur  du  ranch)  avec  Eileen 
Percy  et  Frank  Campeau. 

Scénario  par  Jackson  Gregory.  Réa- 
lisation de  Joseph  Henaberry. 

Reaching  for  the  Mo  on  (Douglas 
dans  la  lune)  avec  Eileen  Percy  et 
Frank  Campeau. 

Scénario  et  réalisation  de  John  Emer- 
son. 

A   Modem   Muskeleer   (Douglas,    le 

nouveau  d'Artagnan)  avec  Marjorie 
Daw  et  Frank  Campeau. 

Scénario  et  réalisation  d'Allan  Dwan. 

Headin'  South  (Douglas  for  ever) 
avec  Katherine  Mac  Donald  et 
Frank  Campeau. 

Scénario  d'Allan  Dwan.  Réalisation 
d'Arthur  Rosson. 

Mr.  Fix-It  (inédit  ici)  avec  Wanda 
Hawley,  Margery  Daw  et  Kathe- 
rine Mac  Donald. 

Scénario  etréalisation  d'Allan  Dwan. 

Say  Young  Felloiv  (Douglas  repor- 
ter avec  Margery  Daw  et  Frank 
Campeau. 

Scénario  et  réalisation  de  Joseph 
Henaberry. 

Bound  in  Morocco  (Douglas  au  pays 
des  mosquées)avec  Pauline  Curley  . 

He  Cornes  Up  Smiling  (Douglas  a  le 
sourire)  avec  Margery  Daw  et 
Frank  Campeau. 

Scénario  de  Charles  Sherman.  Réali- 
sation d'Allan  Dwan. 

Arizona  (le  lieutenant  Douglas)  avec 
Margery  Daw  et  Franc  Campeau. 

Scénario  d'Augustus  Thomas.  Réali- 
sation de  Douglas  Fairbanks. 

A  Kniekerbocker  Buckaroo  (Dou- 
glas brigand  par  amour)  avec  Mar- 
gery Daw  et  Frank  Campeau. 

Scénario  de  D.  Fairbanks.  Réalisa- 
tion Albert  Parker. 


United  Artist's  (Big  Four). 

His    Majestij    the    American     avec 

Kathleen  Clifï'ord. 
When     the     clouds     roll     by     avec 

Kathleen  Clilï'ord. 
The  Mollycoddle  avec   Ruth  Renick 

et  Wallace  Beery. 
The    Mark  of  Zorro    (dans   ce   film 

Douglas  joue  un  [double  rôle)  avec 

Margueritte  de  la  Motte  et  Robert 

Mac  Kim. 
Scénario    de  Johnston    Mac   Culley. 

Réalisation  de  Fred  Niblo. 
The  Three  Musl.etcers  avec  Margue- 
ritte    de     la    Motte,     Léon     Bary, 

Georges  Siegman   et   Eugène   Pal- 

lette. 
Scénario   de  Fred    Niblo  et   Edward 

Knoblock    d'après    le    roman    d'A. 

Dumas.  Réalisation  Fred  Niblo. 
• 

Douglas  a  les  yeux  marron,  les 
cheveux  noir  d'ébène,  le  teint  très 
hâlé,  mesure  1  m.  75  et  pèse  73  kgs. 
C'est  un  fanatique  de  tous  les  sports 
de  la  vie  au  grand  air. 

Voici  son  adresse  : 

Douglas  Fairbanks 
Fairbanks   Pictures, 
(5284,  Selma   Avenue, 

Hollywood  (California). 


Lorsque  Vous  trouvez 
qu'une  reVue  Vous  inté= 
resse,  Vous  fournit  des 
renseignements,  des 
gravures,  des  articles 
que  Vous  ne  trouvez  pas 
ailleurs,  la  conclusion 
logique  doit  être  de 
Vous  abonner.  ££     ££ 


cinea 


LES       TROIS       MOUSQUETAIRES 

ÉDITION     AMÉRICAINE 


DOUGLAS    FAIRBANKS    F.T    EDWARD    KNAUBLOCK 


Douglas  répète  un  jeu  de  scène 
pour  Les  Trois  Mousquetaires 
devant  Edward  Knaublock,  le 
célèbre  dramaturge  américain, 
qui  a  tiré  le  scénario  du  roman 
d'Alexandre  Dumas  père.  Au 
tond,  la  villa  des  Fairbanks- 
Pickford,  à  Beverlev  Hill^ 
(Californie!. 


12 


cinea 


LES       TROIS       MOUSQUETAIRES 

ÉDITION     AMÉRICAINE 


LA  PREMIÈRE  CHEVAUCHÉE  DK  D'ARTAGNAN  (DOUGLAS  FAIRBANKS)  SUR  LA  ROUTE  DE  MEUNG, 


LES  TROIS  MOUSQUETAIRES 

Adaptes  du  roman  d  Alexandre  Dumas  par  Edward  Kno- 

btock-     'Découpage     de    Fred    Niblo  ,    directeur    de 

réalisation.  Décors  par  Edward  M    Langley. 

Studio    Robert   fBrunton   et 

Studio   l'airbank* 


D  Aitagnan       Douglas  r"airbanks 

Athos Léon  Bary 

Porthos -  ■  ■  -      Georges  Sieamann 

Aramis      Eugène  Pallette 

Buckingham Thomas  Holding 

de  Tréville Willis  Robards 

Louis  XIII Adolphe  Meujon 

Cardinal  de  Richelieu  ■  .  Nigel  de  Brulier 

de  Rochefort Boyd  Irwin 

Frère  JosepU Lon  Poff 

Planchct •  .  Charles   Stevens 

Boniface S-  Franklin 

Milady Barbara  la  Marr 

Constance  Bonacieux      Marguerite  de  la  Motte 

La  Reine Mary  Mac  Laren 


cinea 


13 


LES       TROIS       MOUSQUETAIRES 

ÉDITION     AMÉRICAINE 


IA    VOCATION    DE    1)  ARÏAl'.NAN 


Dans  la  vieille  gentilhommière 
de  Gascogne,  le  futur  mousque- 
taire évoque  sur  la  garde  d'une 

epée  de  grandes  choses  comme 
l'honneur,  la  gloire,  l'amour,  et 
des  choses  moins  grandes  mais 
bien  amusantes  comme  la 
guerre,  les  duels,  les  querelles 
de  tavernes  et  les  plaisanteries 
qui  font  rougir  les  filles. 


M 


cinea 


LES       TROIS       MOUSQUETAIRES 

ÉDITION     AMÉRICAINE 


DOUGLAS   FA1RBANKS 


Les  mousquetaires  de  M.  de 
Tréville  aux  prises  avec  un  bon 
diner.  c'est  déjà  un  tableau  de 
liaulte  graisse.  Un  mousquetaire 
gascon  devant  une  pièce  montée. 
voilà  mieux  encore.  Nous  allons 
en  découdre.  Attention  !  c'est  le 
chat  et  la  souris.  Quel  chat  ! 
Quelle  souris  ! 


cinea 


15 


PORTRAIT 
EXPRESS 


MARY     PICKFORD 


De  son  vrai  nom  Gladys  Smith 
naquit  le  8  avril  189:5  à  Toronto  (Ca- 
nada) de  père  anglais  et  de  mère 
irlandaise 

A  5  ans  elle  débute  sur  les  planches 
dans  Le  bébé  de  Bootle  et  La  cane 
de  l'oncle  Tom. 

Elle  parait  ensuite  dans  The  Silver 
King,  The  Little  red  schooUiou.se, 
The  fatal  Wedding,  Edmund Burke, 
The  Warrens  of  Virginia. 

En  1909,  elle  délaisse  momentané- 
ment la  rampe  p.nir  l'écran,  ensuite 
elle  tourne  plusieurs  films  pour 
l'I.  M    P.  C   et  Griffith  à  la  Biograph. 

En  1912  elle  reparait  au  Republic- 
ïheatre  de  New- York  où  elle  joue  A 
good  Little  Devil  pendant  un  an. 

En  1913,  abandonnant  définitive- 
ment le  théâtre  pour  le  cinéma,  elle 
signe  un  contrat  de  longue  durée 
avec  la  Paramount  (pour  laquelle 
elle  a  produit  36  films). 

En  1918  elle  tourne  3  filins  pour  le 
F.  N.  E.  C. 

Maintenant  elle  produit  pour  les 
Big  Four. 

Mary  Pickford  a  divorcé  le  2  mars 
1920  à  Minden  (Nevada)  d'Owen 
Moore;  20  jours  plus  tard  elle  deve- 
nait l'épouse  de  Douglas  Fairbanks. 

Son  adresse  : 

Mary  Pickford 

Robert  Brunton  Studio 

5311     Melrose    Avenue    Los    Angeles 

iCal). 

Sks  Films  : 

Paramount-  Artgraft  (mars  1913 
à  juin  1918). 

A  good   little  Devil. 

The  Bishop's  Carriage .  Réalisation 
J.  Searle  Dawley. 

Caprice  avec  Owen  Moore. 

Réalisation,].  Searle  Dawley. 

Heart's  Adrift  avec  Harold  Lock- 
wojcI. 

The  River  of  Romance  avec  Harold 
Loekwood. 

Tessibel  of  the  Storni  Country  avec 
Harold  Loekwood. 

The  Eagle's  Mate. 

Suc  h  a  little  Qaeen. 

Belind  the  Scènes. 

Cindcrella  avec  Owen  Moore.  Réali- 
sation de  Daniel  Frohman. 

Mistress  Nell. 

Scénario  de  G.  C.  Hazeton.  Réalisa- 
tion de  James  Kirkwood. 


Fanchon  the  Cricket. 

Réalisation  de  .James  Kirkwood. 

The  Daivn  of  to-morrow. 

Réalisation  de  .James  Kirkwood. 

Little  Pol. 

Réalisation  de  J.  Kirkwood. 

Rags  (Marie  les  haillons)  avec 
Marshall  Neilan. 

Scénario  d'E.  B.  Delano.  Réalisation 
de  Marshall  Neilan. 

Ksmeralda  avec  John  Barrymore. 

Scénario  de  F.  O.  Burnett.  Réalisa- 
tion James  Kirkwood. 

Tivisted  Paths. 

Réalisation  J.  Kirkwood. 

The  Foodling  (Molly). 

Réalisation  John  B.  O'Brien 

Ma  dam  Butterfly  (Madame  Butter- 
fly) avec  Marshall  Neilan. 

Réalisation  J.  Kirkwood. 

Poor  little  Pcppina  avec  Eugène 
O'Brien  Réalisation  de  Sydney 
Olcott. 

A  girl  of  yesterday.  Réalisation  de 
Marshall  Neilan. 

7>.s.s  Than  Dust  avec  David  Powell 
Réalisation  Marshall  Neilan. 

The  little  Princess  (dans  ce  film  Ma- 
ry Pickford  avait  un  double  rôle). 

Scénario  de  F.  O.  Burnett.  Réalisa- 
tion Marshall  Neilan. 

The  Eternal  Grind. 

Réalisation  de  John  B.  O'Brien. 

A  poor  little  rich  girl  (ici  :  une 
pauvre  petite  riche). 

Réalisation  de  Maurice  Tourneur. 

The  Pride  ofthe  Clan  (Fille  d'Ecosse) 
avec  Mattew  Moore. 

Réalisation  de  Maurice  Tourneur. 

Stella   Maris    (Le    roman    de    Mary) 

Dans  ce  film  Mary  Pickford  avait  un 
double  rôle,  avec  Conway  Tearle 
et  Marcia  Manon. 

Réalisation  de  Marshall  Neilan. 

Hulda  from  \Holland  (Bout  de  ma- 
man) avec  Eugène  O'Brien. 

Réalisation  John  B    O'Brien. 

Rebecca  of  Sunnybrook  Farm  (Petit 
démon)  avec  Eugène  O'Brien. 

Scénario  de  K.  D.  Wiggin.  Réalisa- 
tion Marshall  Neilan. 

M'Liss  (L'enfant  de  la  forêt)  avec 
Thomas  Meighan,  Monte  Blue, 
T.  Marshall. 

Scénario  tiré  d'un  conte  de  Bret 
Hart.    Réalisation  Marshall  Neilan. 

The  Romance  of  the  Red-ivoods  (La 
bête  enchaînée)  avec  Elliott  Dexter. 


Réalisation  Cecil  B.  de  Mille. 

The  Little  American  avec  Jack  Holt, 
H.  Bosworth,  R.  Hatton,  J.  Neil. 

Scénario  Jeannie  M.  Pherson.  Réali- 
sation Cecil  B.  de  Mille. 

Amarilly  of  Clothes-line  Alley  (A 
chacun  sa  vie)  avec  William  Scott 
et  Norman  Kerry. 

Scénario  de  B.  K.  Maniâtes.  Réalisa- 
tion M.  Neilan. 

Captain  Kidd,  Junior  (Le  Trésor) 
avec  Douglas  Mac  Lean  et  Marcia 
Manon. 

Scénario  de  R.  J.  Young.  Réalisation 
William  D.   Taylor. 

Johanna  Fnlists  (La  petite  Vivan- 
dière) avec  Douglas  Mac  Lean, 
Monte  Blue  et  Wesley  Barry. 

Scénario  de  Rupert  Hughes.  Réalisa- 
tion de  William  D.  Taylor. 

Hoir  Could  you  ;  Jean  (L'école  du 
bonheur)     avec    Casson   Ferguson 

Scénario  d'E.  D.  Braynard.  Réalisa- 
tion William  D.  Taylor. 

First  National  Exhibitor's 
Circuit  (11  novembre  1918  à 
mars  1919). 

Daddy    Long    Legs    (Papa    longues 

jambes)  avec  Wesley  Barry,  Mah- 

lon  Hamilton  et  Marshall  Neilan. 
Scénario    J.     Webster.     Réalisation 

M.  Neilan. 
The  Hoodlum   (Dans    les    bas-fonds) 

avec    Ralph   Lewis,    K.    Harlan    et 

A.  Arbuckle. 
Scénario  de  J.  Lippman.  Réalisation 

M.  Neilan. 
Heart  o'the  Hills  avec  Sam  de  Grasse, 

Cl.  Me.  Dowell  et  H.  Goodwin. 
Scénario  de  John  Fox  J.  Réalisation 

Sydney  A    Franklyn. 

United  Artist's  (Big  Four)  1919. 

Pollyanna avec  H.  Ralston,  W.James 
et  K.  Griffith. 

Scénario  d'E.  Porter  Réalisation  de 
Paul  Powell. 

Suds. 

Scénario  de  Sir  John  Barrie. 

The  Flame  in  the  Dark. 

Scénario  et  réalisation  de  Miss 
France*  Marion. 

Trough  the  back  door. 

Scénario  de  F.  Marion.  Réalisation 
de  A.  Green  et  Jack  Pickford. 

Little  Lord  Fauntleroy .  Mary  Pick- 
ford joue  un  double  rôle. 

Réalisation  de  Jack  Pickford. 


DERRIÈRE      L'ÉCRAN 


cinea 


La  production  française  que  nous 
verrou*  la  saison  prochaine  (suite)  : 

Jettatura,  de  Gilles  Veber  avec 
Elena  Sagrary. 

La  Maison  vide,  de  M.  Raymond 
Bernard  avec  H.  Debain,  Jacques 
Roussel  et  Alcover. 

Le  Diamant  vert,  de  M.  Pierre 
Marodon,  —  douze  épisodes,  —  Claude 
France. 

L'Atlantide,  de  M.  Jacques  Feyder, 
avec  Napierkowska,  Melchior,  An- 
gelo,  Iribe  et  Roanne. 

Les  Roquevillard,  de  M.  Duvivier 
avec  Van  Daële,  Melchior,  Desjar- 
dins. 

Un  Loup,  de  M.  Jean  Durand  avec 
Berthe   Dagmar   et   Françoise   Maïa. 

La  Terre  du  Diable,  de  M.  Luitz 
Morat  avec  MM.  Modot.  Pierre  Ré- 
gnier, Mmes  Yvonne  Aurel  et  Cha- 
puis. 

La  Maison  des  Pendus,  de  M.  Houry 
avec  Agnès  Souret. 

L'Infante  à  la  Rose,  de  M.  Houry 
avec  Gabrielle  Dorziat. 

Le  crime  de  Lord  Arthur  Savile, 
de  M.  Hervil  avec  Cecil  Mannering 
et  Olive  Sloane. 

L'Amour  du  Mort,  de  M.  de  Mar- 
san avec  Thomas  Burleigh,  A  m  y 
Verity  Gaston  Jacquet. 

Les  Trois  Mousquetaires,  deM.  Dia- 
mant-Berger. 

Le  Père  Goriot,  de  M.  J.  de  Baron- 
celli  avec  Sylvio  de  Pedrelli,  Signo- 
ret,  Grêtillat  et  Claude  France. 

Le  cœur  magnifique,  avec  Séverin 
Mars,  acteur  et  metteur  en  scène. 

L'Eternel  Féminin,  de  M.  Lion  avec 
Gina  Palerme. 

Phroso,  de  M.  Mercanton,  avec 
Paoli. 

D'autres  films  encore  sont  commen- 
cés et  paraîtront  cette  saison  égale- 
ment. Nous  en  reparlerons. 


Les  films  dont  le  cadre 
n'est  qu'un  décer  rap- 
pellent ces  femmes  dont 
on  peut  dire  qu'elles  ne 
sont  point  habillées, 
mais  costumées.     ££f 


Mme  Germaine  Dulac,  metteur  en 
scène  de  Malencontre,  la  Belle  Dame 
sans  merci,  ayant  terminé  le  mon- 
tage de  sa  dernière  bande  la  Mort 
du  Soleil  avec  André  Nox,  qui  nous 
sera  sous  peu  présentée,  songe  déjà 
à  sa  nouvelle  production. 

Mme  Dulac  réaliserait  une  adapta- 
tion qu'elle  a  tirée  de  la  pièce  danoise 
Rêve  et  Réalité.  Les  interprètes  de 
l'œuvre  seraient  Denyse  Lorys,  que 
nous  venons  de  voir  dans  la  Belle 
Dame  sans  merci,  et  David  Evre- 
mond,  protagoniste  de  l'Homme  qui 
vendit  son  àme  au  diable. 

Ces  deux  artistes  seraient  sans 
doute  aussi  les  interprètes  d'un  pro- 
chain scénario  qu'à  écrit  Mme  Ger- 
maine Dulac  :  L'Invitation  au  voyage. 

Ce  film,  s'il  est  réalisé  dons  l'inté- 
gralité de  son  inspiration,  sera 
l'aboutissement  des  études  cinégra- 
phiques  et  l'idéal  de  mise  en  scène 
de  son  auteur. 

• 

Nous  avions  dit  que  ce  studio  fran- 
çais, d'où  sont  sortis  tant  de  films, 
venait  de  clore  ses  portes.  Nous 
avions  tort,  il  paraît,  et  nous  en  voilà 
ravis.  Le  studio  de  Neuilly  a  seule- 
ment été  loué  à  M.  Hervil  pour  les 
intérieurs  du  Crime  de  Lord  Arthur 
Savile.  M.  J.  de  Baroncelli  y  revien- 
drait en  septembre  tourner  un  grand 
film. 

Cette  dame  pour  qui  le  cinéma 
était  une  affaire  de  leçons...  parti- 
culières ,  réalise  son  rêve.  Il  s'est 
trouvé  chez  Elle  —  tout  arrive  —  Une 
jeune  étrangère  assez  généreuse  pour 
être  et  la  jeune  ingénue  et  le  ban- 
quier d'un  film  que  cette  dame  est 
partie  tourner  sur  la  Côte  d'Azur... 

Gageons  que  le  Rêve  sera  une  triste 
réalité. 

Dans  le  scénario  de  ce  metteur  en 
scène,  habitué  de  la  censure,  et  dont 
les  films  firent  frémir  —  ignorants 
du  Grand-Guignol,  les  habitués  des 
salles  obscures  —  il  était  question 
d'un  jeune  homme  qui  écrivait  ainsi 
à  sa  maîtresse  :  «  ...  Ne  t'inquiète  pas... 
c'est  toi  que  j'aime,  j'épouse  la  jeune 
fille,  je  divorce  dans  deux  mois.  A 
nous  l'argent,  alors,  à  nous  la  vie 
facile...  Ton  André  »>. 


La  lettre  adressée  à  Mme  X.  .,  223, 
rue  de  Monceau,  avait  été  filmée.  Or, 
ce  metteur  en  scène  —  oublieux  — 
laissa  dans  un  taxi  sa  serviette  conte- 
nant scénario,  papiers...  et  la  lettre. 

Affolé,  il  envoie  son  secrétaire  à  la 
Préfecture  de  Police — objets  perdus — 
La  serviette  y  était.  Le  secrétaire  la 
réclame.  Mais  un  bureaucrate  à  l'œil 
inquisiteur  : 

—  Vous  savez  sans  doute  ce  qu'elle 
contient? 

—  Oui,  oui,  telle  chose,  telle  autre. 

—  C'est  tout  ? 

—  Je  crois  bien. 

—  Ah!  bien  sûr!  Et  bien  nous  ne 
pouvons  pas  vous  les  rendre  ces  pa- 
piers... On  va  faire  une  enquête  î 

—  Une  enquête  ? 

—  Oui,  ne  faites  pas  l'innocent... 
une  enquête...  Tenez  cette  lettre... 
l'avez-vous  lue  cette  lettre?  Ah! 
mais!...  Vous  allez  voir! 

—  Mais,  monsieur,  voyons...  le  ci- 
néma... 

Le  pauvre  secrétaire  ébahi  perdit 
son  temps  à  expliquer  que... 

Rien  à  faire  !  une  enquête  s'impo- 
sait... Vigilante,  la  Préfecture  sau- 
verait la  jeune  fille...  Ah!...  on  allait 
bien  voir  ! 

Le  lendemain,  le  metteur  en  scène 
y  alla  soi-même  et  proposa  à  ces  Mes- 
sieurs de  venir  jusqu'au  studio...  il 
leur  montrerait  le  bout  du  film  où 
passait  la  lettre  incriminée. 

Au  bout  de  deux  heures  de  démar- 
ches, enfin,  on  lui  a  rendu  ses  pa- 
piers. Ces  Messieurs  ont  simplement 
gardé  copie  de  la  lettre. 

La  censure  a  quelquefois  cherché 
de  sombres  chicanes  à  nos  cinégra- 
phistes.  Elle  était  seule;  mais  si  la 
préfecture  de  police  s'en  mêle... 

André  Davkn. 


Ce  qui  ne  Vaut  pas  la 
peine  d'être  écrit,  on 
te  tourne...  Est=ce  la 
faute  du  cinéma  ou  de 
ses  exploiteurs  ?       ££ 


cmea 


04  {c^r   zJ^u     ''fJu^^^J^ 


cinea 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


^  ■ 


Lorsqu'il  était  saoul  il  m'amenait 
chez  lui,  il  prenait  son  violon  et  tous 
les  trois  :  lui,  le  violon  et  moi,  — 
nous  chantions  ensemble.  C'était  si 
bon  que  souvent  des  larmes  me 
venaient  aux  yeux. 

Et  ensuite  Tcherbinine  retournait 
de  nouveau  au  cabaret. 

En  rentrant  tard  dans  la  nuit,  il 
m'appellait  encore  une  fois  pour 
chanter.  Je  ne  me  rappelle  pas  de 
l'avoir  entendu  émettre  des  propos 
intéressants,  ni  quoi  que  ce  soit  d'ins- 
tructif ou  d'important  —  mais  il  était 
évident  que  je  lui  plaisais  beaucoup. 
Je  le  trouvais  aussi  très  sympathi- 
que :  c'était  un  homme  silencieux, 
triste,  un  de  ces  rares  russes  qui 
souffrent  en  silence,  étant  trop  fiers 
pour  se  plaindre  des  injustices  du 
sort. 

Un  soir  il  me  dit  : 

—  Allons?... 

—  Où  donc  ? 

—  Chanter  dans  les  églises. 

—  Et  avec  qui  ? 

—  Nous  deux... 

Et  nous  nous  mimes  en  route  à  tra- 
vers les  champs,  se  dirigeant  vers 
l'église  de  Sainte-Barbe  la  Martyre. 
Nous  chantâmes  là-bas  durant  toute 
la  messe  et  le  lendemain  matin  nous 
y  revînmes  encore  une  fois 

Ainsi  tous  les  deux  nous  avons 
fait  le  tour  de  plusieurs  églises  pen- 
dant un  temps  assez  long,  jusqu'à 
l'époque  ou  Tcherbinine  entra  en 
qualité  de  maître  de  chapelle  au  mo- 
nastère Spassky. 

Il  m'avait  trouvé  aussi  un  emploi 
auprès  de  lui  et  je  gagnerais  ainsi 
déjà  six  roubles  au  lieu  d'un  et  demi 
par  mois.   C'était   énorme  et  en  plus 


j'étais  encore  rétribué  d'une  manière  qui  naturellement    fût  pour  moi  un 

spéciale  à  l'occasion   des  mariages,  nouveau    prétexte    pour    voir,    mon 

enterrements,  messes,  etc.  favori  «  Yachka  ». 

J'étais  obligé  de  remettre  tout  cet  Je  gardai  soigneusement  mon  pre- 

argent    à    mes    parents    mais,    bien  mier  essai  de  composition   pendant 

entendu,  je  laissais  de  côté  une  partie  assez  longtemps, 

pour  moi.  Puis  je  le  perdis  en   même   temps 

C'est  ainsi   qu'ayant  touché   après  que  la  correspondance  de  mon  père 

des  funérailles   un  rouble  ying  kop-  et  mon  livre  préféré  :   Les   chansons 

seks,  je  gardai  la  moitié  de  la  somme  de  Béranger  traduites  en  russe. C'était 

pourmepayeruneplacechez>Jachka»  un    vieux    bouquin     tout-à-fait    usé 

et    pour   pouvoir   m'oftrir    quelques  presque  en  lambeaux  que  je  trouvai 

douceurs.  un  jour  dans  un  watercloset. 

Ah,  c'était  délicieux  !  Chose   curieuse,  il    m'accompagna 

Quelle    chose    magnifique    que    le  partout  dans  mes  pèlerinages  durant 

chant  I  Cela  vous  fait  tant  de  plaisir  de  très  longues  années, 

et  en  plus  on  reçoit  encore  de  l'argent  (A  suivre)                L.  Valter,  trad. 
pour  cela. 

Durant   les    fêtes   de    Noël,    j'allai  """""""""""""""""""""""'lllll 
avec  les  autres  garçons  de  chœur, 

chez  les  bourgeois  de  la  ville   pour  •                              ^ 

leur  chanter  les  «  Noëls  »  f             |          11         W^        4*\ 

Cela  leur  plaisait  beaucoup  et  on  ^^        "        ^^        ^^        ^*^ 

nous  donnait  tantôt  cinquante,  tantôt 

■ 

soixante  kopeks.  En  somme  la  jour-  '•    c                      ■              j           >>n      ^! 

v            ,    ,               ', ,  :Sornmairp     du     N°     7  • 

née  nous  apporta  près  de  six  roubles.  :  ^=^=====^=^==  . 

C'était  largement  suffisant  pour  nous  :  Couverture.  —  Jean  Borlin. 

bien  amuser  pendant  les  fêtes.  :  Les  fi,ms-  -  René  Bizet-  L-  Landry. 

K  ,,               . A      n>            •                 .  :  D.  W.  Griffith.  —  i Portrait  express).      : 

A  1  approche  des  Pâques  je  me  suis  :  Lil)ian  ujsh         (Portrait  express).        \ 

décidé    d'écrire    moi-même    un   trio  :^hef    D     VV.    Griffith     —    Germaine: 

d'après  les  paroles  du  «Christ  ressus-  \  Dulac. 

cité  ».   La  théorie  de  la  composition  j  Notes.  —  Louis  Delluc. 

,     ,.    ..                           ,  •  Derrière  l'écran.  —  Daven. 

musicale  était  pour  moi  chose  tout-  :  s,ectacles.__   Eve  Francis,  Raymond  5 

à-fait  étrangère  mais  je  me  mis   au  !  Payelle. 

travail  avec  une  sorte  d'acharnement  •  Les  pages  de  ma  vie   —  Chaliapine. 

et  après  beaucoup  de  vains  efforts  je  •  Photos    et     portraits    de    Yvette: 

.     ,        _                       ...  :  Andreyor,   Grirhth.    Larol    Dempster.  • 

réussis  de  composer  un  petit  morceau  .  ,  mian     ^      Richard     Barthelmess;  I 

assez    convenable.    Je    montrai    ma  ;  Donald    Crisp,    Constance    Talmadge,  j 

production  à  mes  camarades  qui  la  :  Alfred    Paget.    Seena   Owen,     Robert  ; 

trouvèrent    intéressante.   Le  «  trio  »  :  Harron.  Séverin  Mars.  Musidora   Lyda  : 

,.   .                     .                           .  :  Borelh.  Signoret,  Asta  Nielsen.    ohan-  : 

fut  vite  appris  par  cœur  et  eut  assez  ;  sen     p^f  Claudel,    Darius    Milhaud,  [ 

de  succès  auprès  des  auditeurs.  Nous  :  Eleonora  Duse,  etc. 

gagnâmes  pas  mal  d'argent,  avec  ce       \ ..........: 


cinea 


FIÈVRE 

Drame     cinégraphique     de     Louis     Delluc,    réalisé     par     l'auteur 


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UNE    SCENE    DE    «   FIEVRE  »  Ph.  Henii  Castéra 

Au  milieu,  a  terre  :  Eve  Francis  et  Van  Daële:  a  droite,  premier  plan  :  Elena  Sagrary  et  Yvonne 
Aurel;    au   fond,   sur    l'escalier    :    Modot;   sur    la    balustrade    :    A. -F.    Brunelle  et  Gastao   Roxo  : 

a  gauche  :  I..-V.  de  Malte. 


Dans  un  bar  interlope  du  vieux 
port  à  Toulon,  trois  paisibles  manil- 
leurs  très  quelconques  jouent.  L'un 
d'eux  est  un  petit  fonctionnaire  dont 
le  coup  d  œil  oblique  nous  apprend 
qu'il  se  sent  fort  attiré  vers  «  la  pa- 
tronne »  qui  rêve  au  comptoir  à  un 
ancien  amour.  Survient  tout  un  équi- 
page en  bordée  de  débarquement  au 
retour  d'une  croisière  aux  mers 
d'Orient.  Le  patron,  une  brute  sinis- 
tre, siffle  aussitôt  la  meute  des  filles 
galantes  habituées  du  bouge.  Et  l'al- 
cool commence  de  couler  dans  les 
verres. 

Chacun  des  matelots  montre  ce 
qu'il  a  rapporté  de  là-bas,  mais  nul 
d'entre  eux  n'a  fait  une  acquisition 
plus  singulière  que  celui  qui  ramène 
une  petite  Asiatique  accroupie  à  ses 
pieds  dans  le  bouge  toulonnais.  L'al- 
cool, peu  à  peu.  dispense  à  tous  sa 
mauvaise  fièvre.    Filles    et  matelots 


dansent  aux  sons  du  piano  méca- 
nique, les  manilleurs  eux-mêmes  sont 
gagnés  parce  vertige.  Mais,  dans  son 
ivresse,  le  petit  fonctionnaire  ne  perd 
pas  toute  clairvoyance  et  une  jalou- 
sie féroce  le  surexcite  lorsqu'il  s'aper- 
çoit que  la  «  patronne  »  a  retrouvé 
dans  le  matelot  qui  ramène  une  Asia- 
tique l'ami  inoublié  II  avertit  «le  pa- 
tron »  qui  provoque  le  matelot.  Et 
c'est,  avec  l'ivresse  de  l'alcool,  celle 
du  sang.  Le  petit  fonctionnaire,  ve- 
nant au  secours  du  «  patron  »  poi- 
gnarde le  matelot.  Celui-ci  est  aussi- 
tôt vengé  par  ses  camarades  qui 
éventrent  le  petit  fonctionnaire,  et 
assomment  «  le  patron  »  qu'ils  pour- 
suivent jusque  dans  la  cave.  Affolées 
à  leur  tour  par  toute  cette  bestialité 
déchaînée,  les  filles  se  jettent  comme 
des  furies  sur  la  pauvre  petite  Asia- 
tique et  la  dépècerait  à  coups  d'ongles 
si  la  police,  enfin,  n'intervenait. 


Et  alors,  après  tant  d'horreurs, 
voici  une  chose  charmante  :  la  petite 
Asiatique,  dequis  son  arrivée  dans 
le  bouge,  était  visiblement  hantée  par 
l'idée  fixe  de  s'emparer  d'une  rose 
qui  plonge  dans  un  vase,  sur  le  comp- 
toir :  indifférente  à  l'ignominie  am- 
biante, elle  ne  voit  que  la  rose  et  s'en 
saisit  enfin  quand  il  n'y  a  plus  autour 
d'elle  que  des  cadavres.  Et  aussitôt, 
avidement,  elle  en  veut  respirer  le 
pafum.  Hélas  T  c'est  une  rose  artifi- 
cielle, une  rose  en  papier... 

Le  symbolisme  de  ce  dernier  trait 
est  trop  clair  pour  qu'il  ait  besoin 
d'être  expliqué.  Mais  il  doit  être  mis 
en  valeur  pour  justifier  M  Louis  Del- 
luc du  soupçon  de  s'être  complu  par 
pur  plaisir  d'artiste  réaliste,  à  l'éta- 
lage et  au  détail  de  tant  de  turpitudes 
écœurantes.  Son  réalisme  est  très 
nettement  à  tendances  sentimentales 
et  idéalistes.  Tout  ce  que  fait  cet  intel- 


20 


cinea 


EVE    FRANCIS 

lectuel  et  raffiné  est  d'ailleurs,  qu'il 
le  veuille  ou  non,  imprégné  d'intel- 
lectualités.  Derrière  chaque  geste, 
chaque  regard,  chaque  nuance  de 
pensée  ou  d'action  des  héros  du  film, 
il  y  a  l'intelligence  de  l'auteur  qui 
poursuit  son  but  et  vise  à  l'effet  mé- 
dité. Et  c'est  pourquoi, sans  nul  doute, 
jamais  nous  n'avons  vu  un  drame  ci- 
négraphique  s'élever  à  cette  intensité 
d'expression.  Mis  en  scène  avec  une 
telle  recherche  d'art — interprété  par 
des  artistes  comme  Eve  Francis,  Elena 
Sagrary,  Van  Daële,  Modot  qui  sont 
dotés  de  la  flamme  intérieure,  ce  film 
cinématographiquement  parlant 
est  admirable.  Il  est,  en  tout  cas, 
inoubliable. 

L.a  Liberté  (P.  dk  la  Borib). 

• 

Ne    pouvant     aujourd'hui     parler 

comme  son  importance  le  demande, 

comme  son  succès  l'exige,  de  Fièvre, 

l'œuvre  nouvelle  du  plus  moderne. 


v  w    DAELÎ 


du  plus  hardi,  et  peut-être  demain,  le 
plus  heureux  de  nos  cinégraphistes, 
Louis  Delluc.je  tiens  à  noter  la  grande 
impression  produite  au  Colisée  par 
son  film.  Le  jeu  des  interprètes,  d'Eve 
Francis  tout  particulièrement  à  con- 
tribué ausuccès  decetteprésentation. 
La  censure  aurait  occupé  ses  ciseaux 
sur  la  bande. On  verra  bien  si  ce  qu'elle 
aura  laissé,  au  moment  de  l'arrivée 
devant  le  public,  ne  vaut  pas  plus 
que  telle  ineptie  autorisée,  encom- 
brante et  banale.  On  pourrait  parier. 

Comœdia. 

• 

C'est  dans  un  bar  de  matelots, 
quelque  part  dans  un  port  de  France, 
l'ennui  des  jours  mornes...,  les  habi- 
tués de  la  manille...,  le  poivrot  ro- 
mantique, et  dans  la  rue  louche, 
étroite,  tortue,  le  lent  cheminement 
des  filles... 

C'est,  dans  ce  milieu  rance  et  as- 
soupi, la  soudaine  arrivée  de  matelots 
qui  viennent  de  débarquer.  Ils  arri- 
vent de  Chine,  de  l'Inde,  d'une  Oré- 
noque  fabuleuse.de  pays  dont  le  nom 
seul  est  une  fanfare  nostalgique. 
Toute  l'immense  terre  s'est  reflétée 
dans  leurs  yeux  pâles.  Les  souffles 
du  large  ont  tanné  les  peaux.  Le 
grand  geste  de  la  mer  a  balancé  leurs 
corps.  Ils  viennent  là  comme  à  un 
port  plus  sûr. 

Et  voici,  au  milieu  des  filles,  le  dé- 
ballage de  leurs  sacs  :  singe,  perro- 
quets, armes  sauvages,  étoffes  bigar- 
rées. Voici,  accroupi  sur  le  parquet, 
plus  passive  et  inanimée  que  les 
choses  sorties  des  sacs,  une  petite 
Annamite,  une  «  congaïe  »  douce,  en- 
fantine et  résignée. 

Et  les  passions  jouent.  La  maîtresse 
du  bar  a  reconnu  dans  l'un  des  marins 
l'amour  de  toute  sa  jeunesse  La  dé- 
voyée, proie  d'une  brute,  pense  aux 
jours  d'innocence  et  de  paix.  Un  inci- 
dent déchaîne  la  rixe.  Un  vieil  ivrogne 
veut  lutiner  l'Annamite.  On  se  bat. 
Coups,  cris  de  filles,  affolement  des 
bêtes,  bouteilles  brisées,  grappes 
d'hommes  dégringolant  les  escaliers, 
femelles  ivres  poursuivant  la  petite 
exotique,  femme  prostrée  sur  le  corps 
de  son  amant,  fuite  éperdue,  silence, 
silence.  . 

Et  voici  dans  la  rue  les  pas  lourds 
de  la  police  sur  le  pavé.  11  n'y  a  plus 
rien  qu'une  femme  qu'on  arrache  à 
un  cadavre  qu'elleétreint, qu'un  ivro- 
gne silencieux,  qu'une  petite  congaïe 
les  mains  désespérément  crispées  sur 
une  rose  d'argent,  sur  une  rose  arti- 
ficielle...       Bonsoir  (Pierre  Scize). 


/?<fcan 


ELENA   SAGRARY 

11  y  a,  dans  ce  film,  une  succession 
d'images  d'un  relief  étonnant.  Elles 
animent  cette  vision  rapide  de  la  vie 
des  bars  ;  le  port  est  tout  entier  dans 
ces  filles  aux  joues  truquées  et  aux 
yeux  salis  ;  l'Orient  vient  avec  les 
matelots  las  des  traversées  intermi- 
nables. Ils  nous  ont  été  présentés 
avec  une  vérité  et  une  force  saisis- 
santes ;  ils  sont  là,  rudes,  éloquents, 
simples,  naïfs  ;  ils  vont  à  l'alcool  et  à 
l'amour,  ils  vont  à  l'illusion,  ils  vont 
endormir  leurs  nostalgies  sur  les 
seins  offerts  ;  ils  vont  pleurer  sur 
leurs  vies. 

Il  est  rare  de  rencontrer  dans  une 
œuvre  une  interprétation  d'une  pa- 
reille homogénéité.  Est-il  besoin  de 
faire  l'éloge  de  Mme  Eve  Francis  et 
de  M.  Van  Daële  ?  Les  mots  seraient 


uw\ 


cinea 


21 


inutiles  et  ne  feraient  que  s'ajouter  à 
ceux  écrits  sur  ces  deux  artistes. 

A  leurs  côtés  Mlle  Elena  Sagrary 
ligure  douloureuse  de  déracinée  ; 
M.  Modot,  au  masque  dur  et  expres- 
sif ;  M.  Footitt,  à  l'œil  désabusé  ; 
M.  A. -F.  Brunelle,  fonctionnaire  sour- 
nois, et  M.  de  Malte  ont  composé  des 
silhouettes  d'une  vérité  et  d'un  pitto- 
resque remarquables. 

Et  toutes  les  Fleurs  du  Mal,  Yvonne 
Aurel,  noyée  d'ennui  ;  Noémi  Seize, 
fdle  aux  yeux  pervers,  au  visage  in- 
génu ;  Lili  Samuel,  que  nous  vîmes 
dans  Villa  Destin  :  SolangesRugiens, 
âme  candide  et  égarée,  toules  don- 
naient à  Fièvre  sa  puissance  et  sa  vie. 

On  tourne  avec  elles, comme  balan- 
cés par  la  vague,  et  le  rythme  des 
mers  se  prolonge  dans  un  tournoie- 
ment maître  de  l'oubli. 

Bonsoir  (Auguste  Nardy). 

• 

L'œuvre  de  Delluc  fait  penser  à 
la  Fête  Espagnole  qui  est  au  cinéma 
ce  que  l'Enigme  d'Hervieu  fut  au 
théâtre.  Film  curieux,  rempli  de  no- 
tations originales,  exactes;  quelque 
chose  qui  nous  fait  songer  à  Carco. 
Passions  violentes,  matelots,  filles, 
bouge,  et  parmi  toute  cette  boue,  la 
petite  fleur.  Eve  Francis  est  parfaite, 
je  dis  bien  parfaite,  dans  le  rôle  de 
Sarah.  Du  côté  hommes,  Van  Daële, 
un  masque,  des  attitudes,  des  silen- 
ces expressifs  ;  Modot  remarquable 
de  composition,  et  puis,  tous,  tous... 

La  photographie  est  bonne,  la  mise 
en  scène  expressive.  Ah!  pourquoi 
n'avons-nous  pas  un  cinéma  libre 
comme  il  y  a  un  Théâtre-Libre,  et 
qui  donc  sera  l'Antoine  du  cinéma! 
Voyez-vous  l'attrait  d'œuvres  puis- 
santes, vivantes,  vraies,  autres  que 
les  éternelles  histoires  des  dames  du 
grand  monde?...  Voyez-vous  quel 
succès  et  surtout  quels  horizons  le 
cinéma  ouvrirait  à  ceux  qui  vou- 
draient faire  quelque  chose  qui  ne 
soit  pas  «  ce  qui  se  fait  »? 

La  Lanterne  (C.  F.  Tavano). 
• 

C'est  lièvre  qui  devait  d'abord 
s'intituler  La  Boue.  Mais  la  censure 
a  passé  par  là  ;  elle  n'empêchera  pas 
ce  drame  cinégraphique  d'accomplir 
une  belle  carrière.  La  présentation  a 
eu  lieu  au  théâtre  du  Colisée,  devant 
un  public  difficile  dont  les  applaudis- 
sements furent  unanimes. 

Et  c'est  un  beau  succès  a  l'adresse 
de  Louis  Delluc  et  de  tous  ses  inter- 
prètes. Cinè-Journal. 


Les  échappées  nostalgiques  sur  le 
port,  entravées  par  les  portes  du 
bouge,  les  marines  bleues,  le  débal- 
lage des  objets  multiples  rapportés 
par  les  marins,  la  figure  symbolique 
de  la  petite  Chinoise  qu'une  fleur  hyp- 
notise, les  esquisses  d'expressions 
burinées  comme  à  l'eau-forte,  jettent 
des  notes  d'art  indiscutablement  so- 
nores. 


Sarah EVE   FRANCIS 

L'Orientale     .  .       .  .       ELENA    SAGRARY 

Milnis VAN  DAELE 

Topinelli MODOT 

L'homme  au  chapeau  gris.  .FOOTITT 

La  femme  à  la  pipe.  .       .  .      Yvonne  AUREL 
Le  petit  fonctionnaire.      .A. -F.    BRUNELLE 

Patience Solange  RUGI  ENS 

L'ivrogne. .  .  .       .  .  L.  -V.  de  MALTE 

La  Naine. ...  ....  Lili  SAMUEL 

La    Rafigue Noémi  SC1ZE 

Colibri Gastao  ROXO 

Pompon Marcelle   DELV1LLE 

Le  joueur  de  manille         .  .  .       .  BARRAL 

Grimail WAROQUET 

Piquignon BAYLE 

Pêche  verte       .       .  Jacqueline  CHAUMONT 

Prunelle S1SKA 

Flora       ....  .         .   Jeanne  CADIX 

Javotte V1NTIANE 

César       Léon   MOUSS1N AC 

Tonneau BOLE 

Alvar      W.  de  BOUCHGARD 

Opérateurs        .  .       .  .      G1BORY   et  LUCAS 


L'exclusivité  de  ce  film  appartient  pour  le 
monde  entier  à  la  Société  Française  des  Films 
Jlrtistiques,     17,    rue    de    Choiseul ,     'Paris. 


MM.  Van  Daële  et  Footit,  Mmes  Eve 
Francis  et  Elena  Sagrary  ont  servi 
avec  leur  talent  habituel,  cette  con- 
ception curieuse. 

Courrier  Cinématogra- 
phique (M.  Y). 

• 

Ici,  comme  dans  la  Fête  Espagnole, 
Delluc  part  d'une  idée  uniquement 
visuelle.  Il  pense  directement  en 
images.  Il  s'agit  d'un  bar,  dans  un 
port,  la  nuit  C'est  tout.  De  cette 
image  initiale  et  dominante  procède 
la  succession  des  autres  images  qui 
constituent  le  développement  du  film. 
Ainsi  Delluc  est  dans  la  vérité  ciné- 
graphique. L'anecdote  n'intervient 
que  pour  servir  en  quelque  sorte 
d'armature  au  tableau,  l'animer  et 
en  porter  ainsi  au  maximum  l'inten- 
sité expressive.  L'image  se  suffit 
absolument  â  elle-même,  le  texte  n'in- 
tervient que  dans  la  mesure  stricte- 


ment indispensable.  Demain,  Delluc 
l'éliminera  complètement  de  ses  réali- 
sations visuelles.  Tout  l'intérêt  se 
concentre,  de  la  sorte,  dans  la  répar- 
tition des  valeurs.  Peu  d'œuvres 
cinégraphiques  sont  aussi  caracté- 
ristiques et  plus  riches  d'indications. 
Le  Crapouillot  (Léon  Moussinac). 
• 
Il  ne  semble  pas  que  Fièvre  com- 
porte un  compte-rendu  dans  la  forme 
ordinaire,  car  il  s'agit  moins  d'un 
film  que  d'une  manifestation.  Fièvre, 
au  surplus,  n'est  autre  que  La  Boue 
qui  avait  déjà  suscité  tant  de  curio- 
sité... et  de  discussions  avant  d'obte- 
nir de  la  censure,  moyennant  un  chan- 
gement de  titre  et,  sans  doute,  quel- 
ques coupures,  le  droit  de  paraître 
devant  le  public. 

Ce  public  —  je  le  constate  avec  un 
réel  plaisir,  car  il  y  a  là  un  symp- 
tôme de  bon  augure  pour  l'avenir 
du  cinéma  —  ce  public,  dis-je,  a  té- 
moigné, par  son  attention  passionnée 
et  comme  respectueuse,  et  finalement 
par  ses  applaudissements  chaleureux 
qu'il  sentait,  qu'il  comprenait  qu'une 
œuvre  d'un  caractère  tout  particulier 
et  rare,  d'une  signification  et  d'une 
porte  considérables  était  offerte  à 
son  jugement.  Si  j'osais  faire  un  rap- 
prochement assez  hardi,  mais  non 
pas  si  extravagant  qu'on  le  pourrait 
croire,  je  dirais  que  —  toute  propor- 
tion gardée  la  présentation  de 
Fièvre  correspond,  quelque  peu,  dans 
l'ordre  cinématographique,  à  ce  que 
fut  dans  l'ordre  dramatique,  la  pre- 
mière d'JIernani... 

...  Nous  voilà  loin,  n'est-ce  pas  et  â 
cent  coudées  au  dessus  de  l'histoire 
du  eow-boy  chevaleresque  et  redres- 
seur de  tort  ou  du  charmant  petit 
espiègle  qui  réussit  à  réconcilier  son 
papa  et  sa  maman  sur  le  point  de 
divorcer,  ou  de  l'odyssée  du  testa- 
ment volé,  ou  des  méfaits  de  la 
«  femme  fatale  »,  etc.,  etc..  Nous 
voilà  loin  du  déjà  fait,  du  déjà  vu, 
du  «  chiqué  »  conventionnel.  Voilà 
de  la  vie  intérieure.  Et  si  j'ajoute  que 
chaque  détail  du  film  correspond 
à  une  réalité  et  à  une  pensée,  que 
chaque  geste,  chaque  regard  des  in- 
terprètes est  réglé  pour  ajouter  une 
touche,  une  note,  un  accent  utile  à  la 
vibration  des  couleurs  et  à  l'harmo- 
nie totale  de  l'œuvre,  j'aurai,  sans 
doute,  justifié  que  Fièvre  m'appa- 
raisse  comme  une  sorte  de  chef-d'œu- 
vre d'art  cinématographique. 

La  Ciuématographie 
Française  (P.  de  la  Borie). 


cinea 


Envoyez-nous  un  scénario  ciné- 
graphique.  Des  journaux  comme 
Le  Film,  Ciné  pour  tous,  Bon- 
soir, en  ont  publiés  d'excellents 
qui  vous  ont  appris  le  décou- 
page, le  style  et  le  mouvement 
de  ces  ouvrages  spéciaux. 
Essayez  de  composer  un  thème 
d'écran,  drame  ou  comédie, 
découpez-le  et  bornez  vous  à 
des  moyens  simples  :  peu  de 
décors,  peu  de  personnages 
mais  beaucoup  de  sincérité,  un 
peu  de  goût,  et  du  talent  si 
vous  pouvez 

Jury  :  Dans  ce  Jury  seront 
représentés  les  metteurs  en 
scène  (J.  de  Baroncelli,  Mar- 
cel L'Herbier,  Léon  'Poirier, 
T^ené  Le  Somptier,  etc.)  les 
interprêtes  (Signoret,  Van 
Daële,  André  Nox,  Séverin- 
Mars,  etc.)  et  les  spectateurs 
Boisyvon,  René  Bizet,  Canudo, 
J.-L.  Croze,  Fréjaville,  Lio- 
nel Landry,  P.  de  la  ZBorie, 
Pierre  Henry,  Pierre  Seize, 
Urviller,  Marcel  Yonnet,  etc.) 

Clôture  :  La  date  extrême 
pour  1  envoi  des  manuscrits  est 
fixée    au     I er    Août   prochain. 

Prix  :  Le  meilleur  scénario 
choisi  par  le  Jury  recevra  un 
prix  de  Mille  francs  et  sera 
publié  dans  Cinéa,  si  l'auteur 
le  désire.  Et  bien  entendu 
Cinéa  s'emploiera  à  le  faire 
connaître  des  maisons  d'édi- 
tions françaises 


cinea 

10,  RUE  DE  L'ELYSÉE 
PAR  IS  


LES   STARS 

DAM  ÉRIQUE 
SONT  EN  PHOTO  CHEZ 

J.  THIOLAT.  i,  rue  Darcet 
Karis  117*1 

Portraits  de  : 


MARY  PIKCFORD 
DOUGLAS  FAIRBANKS 
KO RM A  TALMADGE 
'WILLIAM     S.      HART 

Tirage  de  luxe.  Franco  6  fr.  ;  les  4 :  20  fr. 

(Mandats  au  ncm  de  J.  THIOLAT) 


&  N'ACHETEZ  PLUS   w 
DE    CARTES -POSTALES 

Envoyez    à   Vos    Amis 
les  Vedettes  de  l'écran 


,e  Série,  io  cartes.  franc< 


2  fr   50 


N      Talmadge    =    O.    Thomas 

C-    Talmadge   »    O'Brien 

M.  Davies  =  E    Janis  -  O-  Moore 

C.  Kimball  Young  =  A.  Brady 

E       Hammerstein 

2e  Série,   io  cartes  autographiées 
(Yancci  :   3  fr.   25 

A.  Nox  =    M.  Pradot  =   J   Catelain 

Madys    ■    E.   Mathé    =     Hermann 

V.    Jyl   ■    Biscot    =    S.  Milowanoff 

G-    Michel 

Ecrivez    à 

J.  THIOLAT,  I,  rue  Darcet  Paris  (17e) 


BONSOIR 

Vo us  dira  quels 
sont  les  bons  soirs 
du  cinéma .. 

Si  Vous  aimez  le 
cinéma,  Vous  aimez 

BONSOIR 


CONCOURS 


DE 


PHOTOGRAPHIES 
D' AMATEURS 


Envoyez  à  Cinéa  des 
photos  de  n'importe 
quel  format,  représentant 
des  acteurs  de  ciné  dans 
la  vie  privée,  ou  des 
aperçus  du  travail  ciné- 
graphique  en  plein  air, 
en  studio,  etc.,  tout  ce 
qui  se  rapporte  à  l'écran 
et  pourra  résumer  en 
quelque  sorte  les  coulis- 
ses du  Cinéma.  Le  Jury 
sera  composé  de  six 
opérateurs  français  : 
MM.  Bousquet,  Chaix, 
Gibory,  Irvin,  Forster  et 
Lucas 

Prix  :  Le  premier  prix 
recevra  deux  cents  francs 
et  sera  reproduit  sur  la 
couverture  de  Cinéa,  il 
y  aura  quatre  seconds 
prix  de  cinquante  francs, 
qui  seront  reproduits 
dans  Cinéa. 


cinea 

10,  RUE  DE  L'ELYSÉE 
PARIS   


Imprimerie  spéciale  de  cinéa,  84,  rue  Rochechouart,  Paris. 


Le  gérant  :  A.  Paty. 


Nnméro  XI 
exceptionnel 


15  Juillet 


Le  Cinéma  Suédois  :  VICTOR  SJOSTROM,  dans  «  Les  Proscrits  >> 
Il  y  a  un  pays  où  l'on  fait  de  beaux  films,  où  l'on  n'aime  pas  les  mauvais  films,  où  l'on  n'imite  pas  les  films  américains  :  c'est 
Suéde.  Vous  avez  vu  Les  Proscrits,   Le  Trésor  d'Ame,    IVolo,  La  Petite  Fée  de  Solbakken,    Le  Mariage  de  Joujou,  Le  Monas 
Sendomir.  Vous  en  verrez  cent  autres  aussi  beaux  encore.  En  attendant  «  Cinéa  »  vous  renseigne  aujourd'hui  sur 


LES       MERVEILLES       DU       CINEMA      SUEDOIS 


p 


Succès  d'aujourd'hui  : 


Emmy  IT7V7V 
Marcel  V1BET{T 


DANS 


VISAGES  VOILÉS...  AMES  CLOSES 


de  Henry   ROUSSEL. 

(Jupiter-Film) 


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VAW  DAELE 


DANS 

LE  DESTIN  ROUGE 

Drame   de    Frantz   TOUSSAINT 

(Jupiter-Film) 


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Ceux  de  demain  : 


E.  WCRWOOD 


DANS 


Les  Aventures  de  Sherlock  Holmes 

15   Episodes  d'après  CONAN  DOYLE. 

(Stoll-Film) 


Gina  PALEKME  ?ANS 

A  L'ETERNEL  FEMININ 

Histoire  romanesque   de  Roger   LION. 

Eve  FRANCIS 

Elena  SAGRART         DANS 

VAJV  DAE1E         F  T  F  V  R  E 

Urame   de    Louis   ULLLUL-. 

(Alhambra-Film") 


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Eve  FRANCIS 


DANS 


LE  CHEMIN   D'ERNOA 

Drame   de   Louis   DELLUC. 

(Parisia-Film) 


Edités  par  la 


S"  F"  DES  FILMS  ARTISTIQUES 

17,  RUE  DE  CHOISEUL,  PARIS 


cinea 


■  JiB    * 

£jA 

" 


LES  PROSCRITS 
Voilà  sans  doute  le  plus 
beau  film  du  monde. 
Victor  Sjostrom  l'a  réalisé 
avec  une  ampleur  qui 
dépasse  tout  commen- 
taire. Il  s'y  est  montré 
acteur  magistral  et 
humain  ainsi  que  sa  parte- 
naire Edith  Erastoff  et  un 
troisième  interprète  sin- 
gulièrement éloquent  : 
le  paysage. 


cinea 


J&         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi    15  au   Jeudi   21    Juillet 


a?    ARRONDISSEMENT 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Journal. —  La  Marseillaise, 
reconstitution.  —  Su{\  flocon  de  neige, 
comédie.  —  Le  tombeau  des  cœurs,  comi- 
que. —  En  supplément  facultatif  :  Le  Roi 
de  l'audace,  10e  épisode. 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des 
Italiens.  —  Les  actualités  de  la  semaine.  — 
Catane.  —  L'ours  et  les  deux  compagnons. 
dessins  animés.  —  Mathias  Sandorf,  drame. 

—  Charité. 

Parisiana.  27,  boulevard  Poissonnière. 
La  Cité  des  Doges.  —  Joe  détective,  comique. 
La  Dette,  drame. —  Parisiana-Journal.  —  La 
Revue  du  1 4  juillet .  —  Sous  le  joug  de  la 
morte,  comédie.  —  En  supplément  excepté 
dimanches  et  fêtes  :  Un  l'ouvre  riche, 
comédie. 

Omnia-Pathé,  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Pathé-Jourual,  actualités.  — 
La  Pocbarde, 7e chapitres —  Chacun  sa  race. 
comédie.  —  Beaucitron  cbc{  les  sauvages. 
comique.  —  Mathias  Sandorf,  aventures. 
3*    ARRONDISSEMENT 

Pathé- temple.  —  Pathé-Journal.  — 
Beaucitron  chef  les  sauvages,  comique.  — 
La  Pocbarde,  7e  chapitre.  —  Mathias  San- 
dorf, aventures.  —  Chacun  sa  race,  drame. 

4e   ARRONDISSEMENT 

Saint-Paul.  73.  rue  Saint-Antoine. 
Saint-Paul-Journal.  —  Une  bonneterie  mo- 
derne, documentaire.—  La  Pocbarde,']*  épi- 
sode.—  Beaucitron  cbe{  les  sauvages  comi- 
que. —  Les  Mystères  d'une  nuit  tragique. — 
Un  Aventurier,  drame. 

5e  ARRONDISSEMENT 

Mésange, 3,  rued'Arras. —  Pathé-Journal. 

—  Patbé-Revue  n"  28,  documentaire.  — 
L'homme  aux  trois  masques,  12e  épisode  : 
Le  Justicier.  —  La  Pocbarde,  6-  épisode.  — 
L'amour  et  la  haine,  drame. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Zigoto  dans  les  carrières,  comique.  — 
L'Amour  et  la  Haine,  drame.  —  Gaumont- 
actualités.  —  Défile  de  ta  Revue  du  14  juillet. 

—  Attraction  :  Miss  Atbea.  —  Le  Sens  de  la 
mort,  drame.  —  La  Pocbarde,  6e   chapitre. 

Saint-Michel-Cinéma.  7,  place  Saint- 
Michel.  —  Actualités.  —  Sous  le  Joug  de  la 
morte,  drame.  —  Zigoto  garçon  de  théâtre. 
comique. 

6e  ARRONDISSEMENT 

Régina-Aubert-Palace,  155,  rue  de 
Rennes.  —  Aubert-Journal.  —  Le  roi  de 
l'audace, 9e épisode. —  La  lumière  du  monde, 
comédie.  —  Patbé-Revue.  —  Le  Fils  de  son 


père,  comédie.  —  La  Marseillaise,  recons- 
titution. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Sèvres,  80  bis,  rue  de  Sèvres, 
(angle  du  boulevard  de  Montparnasse, 
boulevard  des  Invalides).  Fleurus  28-09.  — 
Pathé-Journal.  —  Mathias  Sandorf,  ier  épi- 
sode.—  Attraction  :  Bal  car,  manipulateur 
de  cartes. 

Cinéma  Récamier,  3,  rue  Récamier.  — 
La  Pocbarde,  6?  époque. —  L'Amour  et  la 
Haine,  comédie.  —  La  lumière  du  monde, 
comédie.  —  l'alhé- Journal. 

Cinéma  Bosquet. 83.  avenue  Bosquet. — 
Direction  G.  Moyse.  —  Fat/v  rival  de 
Picralt.  comique.  —  L'Homme  aux  trois 
masques.  12e  épisode  :  Le  Justicier. — 
Maître  Hvora,  comédie. 

8e  ARRONDISSEMENT 
Théâtre  du  Colisée,  38.  avenue  des 
Champs-El\  sées.  Direction  Malleville.  — 
Elysées  29-46.  —  Catane  et  ses  environs, 
plein  air.  —  L'Etrange  complot,  aventures. 
Gaumont-actualités. —  La  Revue  du  14  Juil- 
let. —  Charité,  drame. 

9e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma-Rochechouart,  66,  rue  de  Ro- 
chechouart.  Gutenberg  66-19.  Directeur  : 
M.  A.Jallon.  —  Eclair-Journal.  — Le  mys- 
tère d'une  nuit  tragique,  drame  policier.  — 
Zidore  et  les  métamorphoses,  comique.  — 
Images  de  Printemps,  plein  air.  —  Jack 
médecin  malgré  lui, comédie.  -  Intermède: 
l.inalda,  la  vivandière  dans  ses  créations. 
—  La  Revue  du  14  Juillet. 

Delta-Palace-Cinéma,  17.  boulevard 
Rochechouart.  —  10  minutes  au  Music- 
Hall.  —  Pulcbérie  à  l'école,  comique.  — 
Mathias  Sandorf  i^  épisode.  —  Delta- 
Journal. —  L'Aveugle  de  Twin-Fortb, drame. 
Intermède  :  La  Phyllia,  cantatrice  à  la 
harpe.  —  Revue  du   14  Juillet. 

10*    ARRONDISSEMENT 

Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple.  — 
Tivoli-Journal.  —  Une  Bonneterie  moderne, 
documentaire.  —   L'Ours  et  les  deux  com- 


Les  Artistes  Suédois 
sont  en  photo  à  la 
û  Natura-Film  0 
38.  rue  des  Mathurins, 
au     prix     de     5    francs 


pagnons,  dessins  animés. —  Mathias  Sandorf 
Ier  épisode.  —  L'Etoile  filante,  comique.  - 
Chacun  sa  race,  drame. 

11e    ARRONDISSEMENT 
Voltaire-Aubert-Palace,  95,   rue  de  la 
Roquette.  —  Aubert-Journal.  —  Le    roi   de 
l'audace,    10e  épisode.    —    La     Pocbarde,  . 
7e  épisode.  —    L'Aventurier,  comédie.    — 
Chacun  sa  race,  drame. 

12*  ARRONDISSEMENT 
Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Gaumont- 
Actualités  —  La  Pocbarde,  7e  chapitre.  — 
Billy  dieu  d'amour,  comique.  —  Chacun  sa 
race,  comédie. —  Attraction  :  Les  Dionnes. 
Barristes  sério-comiques.  —  L'Aventurier. 
comédie. 

i3e    ARRONDISSEMENT 

(iobelins   66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 

—  Patbé-Revue,  n°  28.  —  L'homme  aux  trois 
masques,  12e  épisode. —  La  Pocbarde.  ^cha- 
pitre.—  L'Amour  et  la  Haine,  drame.  — 
Palhé-lournal. 

14e    ARRONDISSEMENT 

Qaité,  rue  de  la  Gaîté.  —  Pathé-Journal. 
Patbé-Revue  w>  28.  —  Le  mystère  d'une  nuit 
tragique,  drame.  —  La  Pocbarde,  6e  chapi- 
tre. —  L'Amour  et  la  Haine,  drame. 

Splendide-Cinéma.  3,  rue  Larochelle. 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  Sisteron,  plein 
air.  —  Les  actualités  de  Splendide-Cinéma. — 
Châtiment,  aventures.  —  La  Jalousie  d  Her- 
cule Bradfer.  comique.  —  L'Oiseau  s'en- 
vole, comédie. —  Fatfy  bolchevik,  comique. 
15e  ARRONDISSEMENT 

Grenelle,  122.  rue  du  Théâtre.  —  Patbc- 
Journal.  —  Patbé-Revue  n"  28,  documen- 
taire.— La  Pocbarde, 6e  chapitre.  —  Mathias 
Sandorf.  ier  épisode.  —  L'Amour  et  la 
Haine,  drame. 

Vaugirard-Cinéma,  rue  de  Vaugirard, 
273.  —  Programme  du  15  au  17  juillet.— 
Charlev  blanchisseur,  comique.  —  Pater- 
nité, comédie  dramatique.  —  Attractions  : 
Les  Karatcaiefl,  Bill  and  Bell.  —  Mathias 
Sandorf  1er  épisode.  —  Pathé-Journal.  — 
Programme  du  18  au  21  juillet.  —  Patbé- 
Revue.  —  La  Pocbarde,  6e  épisode  :  «  Le 
plus  grand  des  crimes  »>.  —  Joe  le  marin, 
comique.  —  Attractions  :  Galliardin. 
O'Briss  et  Miss  Brisett.  —  L'amour  et  la 
haine,  comédie  dramatique.  —  Patbe-Jour- 
nal. 

Splendid-Cinéma-Palace,  60,  avenue 
de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-03.  M.  Messie, 
directeur.  —  Palbé-Jouriial.  —  Patbé-Revue, 

—  La    Vie  dans  lldaho,  documentaire.  — 


cinea 


Kaiserberg  et  ses  environs,  plein  air.  — 
L'Ours  et  les  deux  compagnons,  dessin 
animés.  —  Mathias  Sandorf,  icr  épisode. 

—  L'Aventurier,  drame.  —  L'Amour  et  la 
Haine,  drame.  --  Chariot  opère  lui-même. 
Intermède  :  Mme  fuaniue,  chanteuse  bohé- 
mienne. —  Tous  les  jeudis  à  2  h.  1/2: 
Matinée  spéciale  pour  la  jeunesse. 

16=     ARRONDISSEMENT 

Maillot-Palace-Cinéma,  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi   15  AU  LUNDI    l8  JUILLET.  —   Les  AlpCS 

Dolomites,  plein  air. —  La poc barde,-]'  épi- 
sode :  «  Les  cendres  du  bonheur  ».  — 
Coquin  de  printemps,  comique. —  Un  aven- 
turier. —  Pathé-Journal.  —  Programme  du 

MARDI    U)    AU  JEUDI  21  JUILLET.  —    Cillé-Ma- 

ga:ine,  —  Mathias  Sandorf,  icr  épisode.  — 
Billy  dieu  d'amour,  comique.  —  La  vieille, 
comédie.  —  Eclair-  journal. 

Mozart-Palace,  49,  5  t.rue  d'Auteuil.iôe. 

I  —  Programme  du  vendredi  15  au  lundi  18 
juillet.—  Ci  né-Magazine.  —  Mathias  San- 

I  dorf,  ier  épisode.  —  Billy  dieu  d'amour, 
comique.  —  Eclair-Journal.  —  Programme 

;   DU    MARDI    19  AU    JEUDI    2  1    JUILLET.  —   Les 

Alpes  Dolomites,  plein  air.  —  La  Pocharde, 
7e  épisode   :  «  Les  cendres  du  bonheur  ». 

—  Coquin  de  printemps,  comique.  —  Un 
aventurier.  —  Pathé-Journal. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  —  Genève. 
documentaire.  —  Le  Hallebardier.  comédie. 

—  Le   verdict,    comédie    dramatique.   — 
;  l'ulcbérie  à  l'école,  comique. 

Théâtre  des  Etats-Unis.  56  bis,  avenue 

Malakoff.   —    Une  femme    subtile.  —    Les 

rivières  Gray  et  Green,  plein   air.  —    Une 

femme  d'attaque.  — Bill  manque  de  courage, 

t  comique. 

17e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Demours, 
Directeur:  M.  F.  Destannes. —  Wag. 77-66. 

—  Mathias  Sandorf,  Ier  épisode.  —  Eclair- 
journal.  —  Charité,  de  D.  W  Griffith. 

Ternes-Cinéma,   avenue  des  Ternes,  5. 

—  Exploitation  des  ardoises.  —  La  lutte 
pour  la  vie.  —  Patbé-Joumal.  —  Mathias 
Sandorf.  L'1'  épisode. 

Cinéma  Legendre.   128,  rue  Legendre. 

*  —  Directeur  :  A.  Jallon.  —  Legendre-Actua- 
lités. —  Ribadouille  a  la  berlue,  comique. 

—  Mathias  Sandorf.  ier  épisode.  —  10  mi- 
nutes au  Music-Hall,   attractions  filmées. 

-  Un  drame  sous  Napoléon.  i'e  époque.  — 
Intermède  :  La  Sevilla  et  Le  Brasseur. 

Villiers-Cinéma.  21,  rue  Legendre.  — 
Direction  :  M.    Hermua.   —   A  travers  la 

■  France  :  Antibes.  —  Eclair-Journal.  —  Les 
deux  bamboeheurs.  comique.  —  Le  roi  de 
l'audace.    10e  épisode  :  «  Dans  la  jungle  ». 

—  L'épingle  rouge,  drame.  —  Intermède: 

■  Valdonne. 

Le  Select.  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Nouméa,  plein  air.  —  Ames  brisées,  comé- 
die dramatique.  — L'étoile  filante,  fantaisie 
•burlesque.  —  Gaumont-actualités.  —  Suçy, 
flocon  de  neige,  comédie  sentimentale. 


Royal -Wagram,  avenue  Wagram.  — 
L'étoile  filante,  fantaisie  burlesque.  —  La 
geôle,  drame.  —  Le  petit  sans  nom.  comé- 
die dramatique. —  La  Pocharde,  je  chapi- 
tre :  «  Les  cendres  du  bonheur».  —  Pa/hé- 
Jourual. 

Lutetia-Wagram.  avenue  Wagram.   - 
Chacun  sa  race,  comédie   dramatique.  — 
L'arrêt  du  destin,  comédie  dramatique.  — 
Su{j-,  flocon  de  neige,  comédie  sentimen- 
tale. —  Gaumont- Actualités. 

Batignolles-Cinéma,  59,  rue  de  la  Con- 
damine.  —  Programme  du  15  au  17JUILLET. 
Pathê  Revue.  —  La  Pocharde,  7e  épisode  : 
«  Les  cendres  du  bonheur  ». — Joe  le  marin, 
comique.  —  Chacun  sa  race,  comédie  dra- 
matique. —  Pathé-Journal.  —  Programme 
du  18  au  21  juillet.  —  Pathé-Journal  — 
Paternité,  comédie  dramatique.  —  Attrac- 
tion :  Les  Karawaieff. —  Mathias  Sandorf. 
ieP  épisode.  —  Cbarlev  blanchisseur,  comi- 
que. 

18e  ARRONDISSEMENT 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43, 

—  Maurice  Robert,  directeur.  —  Excursion 
en  Laponie.  —  Sur  le  ring,  dessins  animés. 

—  Actualités.  —  Pulchérie  boxe.  —  La 
Comtesse  Chimère.  —  Mathias  Sandorf. 
i"r  épisode.  —  Attraction  :  Jane  Eel. 

Barbés  Palace,  34,  boulevard  Barbes, 
Direction  :  L.  Garnier.  —  Nord  35-68.  — 
Mathias  Sandorf.  i&  épisode. —  Le  fils  de 
son  p'ere.  comédie.  —  Le  navire  abandonné. 
drame.  —  Ribadouille  a  la  berlue,  drame. 

—  Attraction  :  Clément  et  Miss  IValter. 
Palais-Rochechouart,  56,  boulevard  Ro- 

chechouart.  —  Patbé-Rcvue.  —  Le  roi  de 
l'audace,  10e  et  dernier  épisode  :  «  Dans  la 
jungle  ».  —  La  jalousie  d'Hercule  Bradfer, 
comique.  —  La  Pocharde,  7e épisode  :  «  Les 
cendres  du  bonheur.  —  Aubert-lournal.— 
La  geôle,  drame.  —  La  roue  infernale. 

Marcadet-Cinéma-Palace ,  110,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81.  —  Pathé-Journal  et  Patbé-Rc- 
vue. —  MarouJ.  —  Attraction  :  Ned  and 
Miss  Margarett. 

19e     ARRONDISSEMENT 

Alhambra-Cinéma,  22,  boulevard  de  la 
Villette. —  Directeur-propriétaire,  M.  Vic- 
tor Meunier.  —  L'Homme  aux  trois  mas- 
ques, 11e  épisode.  —  Actualités- Pathê.  — 
La  Pocharde.  6-  épisode.  —  L'homme   fort. 

Secrétan,  7,  Avenue  Secrétan.  —  Pathé- 
Journal. —  Beaucitron  che{  les  sauvages. 
comique.  —  Catastrophe  prés  du  phare, 
drame.  —  La  Pocharde,  7e  chapitre  :  «  Les 
cendres  du  bonheur  ».  —  Chacun  sa  race. 
drame. 


Jusqu'au  Ie1'  Septembre 
Cinéa  paraîtra  tous  les 
quinze  jours  avec  un 
numéro     double     d      0 


20c    ARRONDISSEMENT 

Paradis-Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 
leville.  —  La  jalousie  d'Hercule  Bradfer, 
comique.  —  L'abîme,  comédie  dramati- 
que. —  Le  roi  de  l'audace.  10e  et  dernier 
épisode  :  «  Dans  la  jungle  ».  —  La  lumière 
du  monde  comédie  dramatique.  —  Zigolo 
garçon  de  théâtre,  comique. —  Attraction  : 
Naiol. 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  Pathé-Journal.  —  Défilé  de  la  revue 
du  14  Juillet,  actualité.  —  Zigoto  garçon  de 
théâtre,  comique.  —  La  Pocharde,  7e  épi- 
sode :  «  Les  cendres  du  bonheur  ».  - 
Attraction  :  Le  trio  Cairoli.  —  La  proie. 
comédie  dramatique. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont-actualités.  —  Cha- 
cun sa  race,  comédie  dramntique. —  Défile 
de  la  revue  du  14  Juillet.  —  Attraction  : 
The  Las  Bas.  —  Loin  du  cœur,  comédie 
dramatique.  —  La  Pocharde.  7e  épisode  : 
«Les  cendres  du  bonheur  ». 

BANLIEUE 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (Le 
vallois).  Wagram  04-91. —  Quatre-vingt- 
treize,  2e  époque.  —  La  pocharde,  5e  cha- 
pitre :  «  Une  lueur  dans  les  ténèbres  ». — 
L'homme  aux  trois  masques,  12e  épisode  : 
«  Le  justicier  ».  —  La  chasse  aux  mille 
lions,  comique. 

Levai  lois.  —  Pathé-Journal.  -  Pam- 
phile  tailleur  mondain,  comique.  —  L'homme 
aux  trois  masques.  11e  épisode  :«  Le  Justi- 
cier ».  —  Attraction  :  Marcefs.  —  La  Po- 
charde. s1"  chapitre  :  «  Une  lueur  dans  les 
ténèbres  ».  —  Qjiatre-vingt-trei-e.  drame. 
2e  et  dernière  époque.  -  Deux  bons  maris. 
comique. 

Clichy.  —  Pathé-Journal. —  Beaucitron 
che{  les  sauvages,  comique.  —  La  Pocharde, 
7e  chapitre  :  «  Les  cendres  du  bonheur  ». 

—  Mathias  Sandorf.  ier  épisode.  — Chacun 
sa  race,  drame. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  —  Défile 
de  la  revue  du  14  juillet. —  Suçy,  flocon  de 
neige,  comédie  sentimentale.  —  Le  Roi  de 
l'audace,  4e  épisode  :  <»  Le  globe  magique  ». 

—  Attraction  :  Mary  and  Daugt.  —  Le 
diamant  de  la  couronne. —  Gaumout-Actua- 
lites. 

Montrouge. —  Constantin e,  plein  air. — 
Montrouge-actualités.  —  L'ours  et  les  deux 
compagnons,  dessins  animés.  —  Mathias 
Sandorf,  i«-r  épisode.  —  Une  partie  de  cam- 
pagne, comique. —  Un  aventurier,  comédie 
sentimentale. 

Bagnolet.  —  Pathé-Journal.  —  Beauci- 
tron chef  les  sauvages,  comique.  —  La 
cathédrale,  drame.  —  La  pocharde,  7e  cha- 
pitre :  »  Les  cendres  du  bonheur  ». —  Cha- 
cun sa  race,  drame. 

Vanves.  -  Pathé-Journal.  —  Pathe- 
Rcvuc  n° 28.  —  Catastrophe  pies  du  phare. 
drame.  —  —  La  Pocharde.  b*  chapitre  : 
«  Le  plus  grand  des  crimes  ».  —  L'Amoui 
et  la  Haine,  drame. 


cinea 


,E  MOULIN  EN  FEU 
(KVARNEN) 


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IVAN  HEDQ.UIST 
réalisateur  et  protago- 
niste du  Mariage  de 
Joujou  et  de  La  Fille  des 
Etudiants. 


cinea 


LES 

MM       A 


FILMS      SUÉDOIS 

REVOIR     ET     A      VOIR       MM 


Tei je  Vigen  (Terje  Vigen).  Réalisa- 
tion de  Victor  Sjostrom  avec-  Vic- 
tor  Sjostrom  et  Edith  Erastoff. 

Les  Ailes  (Vingarne).  Réalisation  de 
Mauritz  Stiller  avec   Lars  Ilan.son. 

/,c  meilleur  film  île  Thomas  Graal 
(Thomas  Graals  basta  film).  Réali- 
sation de  Victor  Sjostrom  avec 
Victor  Sjostrom  et  KarineMolander. 

Wolo  (Wolo).  Réalisation  de  .Mauritz 
Stiller  avec  Jenny  Hasselquist  et 
Lars  Hanson. 

Leur  premier  Xé  (Thomas  Graals 
basta  barnj.  Réalisation  de  Victor 
Sjostrom  avec  Victor  Sjostrom  et 
Karine  Molandcr. 

La  bombe  (Bomben).  Réalisé  par 
Rune  Carlsten  avec  Gosta  Ekman, 
Karine  Molander  et  Lillian  Kossel. 

L'étrange  aventure  de  l'Ingénieur 
Lebel  (Dodskyssen).  Réalisation  et 
interprétation  de  Victor  Sjostrom. 

Le  Chat  botté  (Masterkatten  i  stors- 
tollar)  avec  Gosta  Ekman,  Gustaf 
Erédrikson,  Mary  Johnson  et  Carlo 
Keil-Moller. 

Dans  les  Remous  (Sangen  om  den 
eldroda  blomman).  Réalisation  de 
Mauritz  Stiller  avec  Lars  Hanson, 
Edith  Erastoff,  Greta  Almroth,  et 
Lillebil  Christenson. 

Les  Proscrits  (Berg  Ejvind).  Scénario 
tiré  de  l'œuvre  de  Sigur  Jonson. 
Réalisation  de  Victor  Sjostrom  avec 
Victor  Sjostrom  et  Edith  Erastoff. 

La  fille  de  la  Tourbière  (Tosen  Iran 
Stormyrtorpet).  Scénario  de  Selma 
Lagerlof  réalisé  par  Victor  Sjos- 
trom avec  Lars  Hanson,  Greta 
Almroth,  Karine  Molander. 

LE  TRÉSOR  DARNE  (Herr  Arnes 
Pengar).  Scénario  tiré  de  l'œuvre  de 
Selma  Lagerloff.  Réalisation  de 
Mauritz  Stiller  avec  Richard  Lund, 
Mary  Johnson,  Axel  Nilsson. 

Le  Monastère  de  Sendomir  (Klostret 
i  Sendomir)  Scénario  tiré  de  la 
nouvelle  de  Grillparzer.  Réalisation 
de  Victor  Sjostrom  avec  Tore 
Svennberg,  Tora  Teje,  Renée  Bjor- 
ling  et  Richard  Lund. 

La  vengeance  de  Jacob  Vindas 
(Fiskebyn).  Scénario  de  Bertil  Malm- 
berg    réalisé    par    Mauritz    Stiller 


avec  Lars  Hanson, Karine  Molander, 
Eigil  Eide,  Hildur  Carlberg,  Nils 
Arhen. 

La  montre  brisée  (Karine  Ingemars- 
dotter)  Scénario  de  Selma  Lagerlof 
réalisé  par  Victor  Sjostrom  avec 
Victor  Sjostrom.  Tora  Teje,  Bertil 
Malmberg 

Le  mariage  de  Joujou  (Dunungen). 
Scénario  de  Selma  Lagerlof.  réalisé 


SIGNH   KOLTHOFF 


par  Ivan  Hedquist  avec  Ivan  Hed- 
quist.  Renée  Bjorling,  Ragnar  Wi- 
derstedt. 

La  voix  des  Ancêtres  (Ingmarso- 
nerna).  Scénario  de  Selma  Lagerlof 
réalisé  par  Victor  Sjostrom,  avec 
Victor  Sjostrom,  Tore  Svennberg, 
Hildur  Carlberg,  Harriette  Bosse, 
Hjalmar  Peters  et  Svéa  Peters. 

La  petite  Fée  deSolbahl.cn  (Synnove 
Solbakken)  Scénario  de  Bjornestj- 
erne  Bjornson  réalisé  par  John 
Brunius  avec  Lars  Hanson.  Karine 
Molander,  Hjalmar  Peters,  Eigil 
Eide,  Ellen  Dali,  Einar  Rod. 


Quand  l'amour  commande  (Ett  Ear- 
ligt  Frieri).  Scénario  de  Bjornestj- 
erne  Bjornson  réalisé  par  Rune 
Carlsten  avec  Lars  Hanson  et  Gull 
Croniwall. 

La  fille  des  Etudiants  (Studenternas 
Dotter).  Scénario  d'Esther  Julin 
réalisé  par  Ivan  Hedquist  avec  Ivan 
Hedquist.  Richard  Lund,  Renée 
Bjorling  et  llilda  Borgstrom. 

Maître  Samuel  (Musterman).  Scéna- 
rio de  Hjalmar  Bergman  réalisé  par 
Victor  Sjostrom,  Greta  Almroth. 
Concordia  Selander,  Harald  Sven- 
zen . 

Vers  le  bonheur  (Erotiken).  Scénario 
et  réalisation  de  Mauritz  Stiller 
avec  Lars  Hanson,  Karine  Molan- 
der, Tora  Teje  et  Anders  de  Wahl. 

Le  Chevalier  du  bonheur  (Lyck.orïd- 
daren).  Réalisation  de  John  Bru- 
nius avec  Mary  Johnson,  Gosta 
Ekman,  Bryde. 

/.c  Moulin  en  feu  [Kvarnen).  Scénario 
de  Karl  Gjellerup  réalisé  par  John 
Brunius  avec  Anders  de  Wahl. 
Clara  Kjellblad. 

Le  pèlerinage  ci  Kevlaar (Vallfarten 
till  Kevlaar).  Scénario  d'Henri 
Heine  réalisé  par  Ivan  Hedquist, 
avec  Renée  Bjorling,  Forsten 
Bergstrom. 

A  travers  les  Rapides  ijohan).  Scé- 
nario tiré  du  roman  dejuano  Aho. 
Réalisation  de  Maurice  Stiller  avec 
Jenny  Hasselquist  et  Mathias 
Taube. 

La  4  Alliance  de  Dame  Marguerite 
(Prastankan).  Scénario  tiré  du  ro- 
man de  Kristoffer  Janson  avec 
Einard  Rod  ^Hildur,  Carlberg  et 
Greta  Almrotte. 

Sacrifice  sublime  (Hogre  andamal). 
Scénario  tiré  du  conte  de  Aug. 
Strindberg  avec  Ivar  N'ilson  et 
Fxlith  Erastoff. 

LA  CHARETTE  FANTOME  (Korkar- 
len).  Scénario  tiré  de  l'œuvre  de- 
Selma  Lagerlof  réalisé  par  Victor 
Sjostrom  avec  Victor  Sjostrom, 
Tore  Svennberg,  Astrid  Holm,  Hil- 
da  Borgstrom. 

(Ce  film  sera  édité  en  FYance  le  18  no- 
vembre prochain). 


cinea 


a     a 


NOTES 


a    a 


Victor  Sjo8trom. 

Quand  on  voit  ce  grand  corps  et  ce 
large  masque,  on  dit  :  «Ah  qu'il  joue 
Hamlet  î  »  C'est  ce  que  l'on  appelle 
un  grand  premier  rôle.  Zaeeoni,  Cha- 
liapine,  Mareoux,  Lucien  Guitry,  sont 
des  «  grands  premiers  rôles.  Je  suis 
sûr  que  Frédérick-Lemaître  était  LE 
grand  pemier  rôle.  Et  j'ai  envie  d'en 
(.lire  autant  de  Victor  Sjostrom. 

Son  talent  est  dans  son  front,  dans 
ses  -poings,  dans  ses  épaules.  Il  est 
puissant. 

Avec  des  yeux  clairs  pour  les 
nuances  de  l'amour  et  de  la  douleur. 

Acteur,  grand  acteur,  véritable 
acteur,  il  semble  créer  une  ligne  sym- 
pbonique  de  grand  style  —  ah  I  le 
souille  au  cinéma...  —  quand  il  aime. 
Montrez  nous  Les  Proscrits  sans 
orchestre.  Je  vous  jure  que  j'entends 
quand  même  la  houle  passionnée  des 
thèmes  déchaînés  sur  le  poème  et  la 
voix  de  l'interprète  qui  fut  aussi 
compositeur  de  grand  duo  visuel. 
Son  geste  est  chaud  comme  la  voix 
de  Titta  Ruffo  ou  d'Amato.  Son 
rythme   rebondit,   s'épuise,    s'élance. 


dure,  dure,  comme  le  deuxième  acte 
de  Tristan. 

Sjostrom  en  réalisant  LesProscrits 
a  créé  UN  FILM.  En  les  interprétant 
il  a  VÉCU. 

(.'est  du  cinéma. 
• 

Edith  Erastoff.  C'est  la  partenaire 
de  Sjostrom  dans  Les  Proscrits. 

Vous  me  dites  que  c'est  une  comé- 
dienne. Je  n'en  sais  rien.  Je  n'ai  vu 
qu'une  femme. 

lora  Teje. 

Une  chatte. 

Il  n'existe  rien  de  plus  délicieux 
qu'une  chatte. 

• 
Renée  Bjornling. 

C'est  ennuyeux  :  elle  n'a  pas  de 
défauts. 

Elle  est  parfaite  dans  Sendomir, 
parfaite  dans  le  Mariage  de  Joujou, 
parfaite  dans  La  Lille  des  Etudiants. 

C'est  rare.  C'est  pourquoi  on  est 
étonné  —  presque  choqué  île  cette 
perfection. 

• 

Vous  souvenez-vous  de  Wolo? 

C'est  le  premier  film  suédois  vu  en 
France. Il  est  de  Mauritz  Stiller.  Jenny 
Ilasselquist  y  dansait  le  principal 
rôle.  Nous  l'avons  revue  dans  Ibcria 
aux  ballets  suédois.  Je  préfère  Wolo. 
Car  Jenny  Ilasselquist  est  légère  et 
stylisée  comme  Anna  Pavlowa  avec 
cette  même  grâce  romantique  qui  fait 
croire  que  Fanny  Elssler  vit  toujours 
et  qu'elle  a  pris  un  pseudonyme. 

• 

Mauritz  Stiller  est  le  poète-metteur 
en  scène  de  Trésor  d'Ame,  de  Wolo, 
et  d' Lroti/.cn.  Il  joue  du  blanc  et  du 
gris,  avec  une  attention  subtile  de 
troubadour.  Il  est  un  peu  à  l'art  muet 
ce  que  furent  Charles  d'Orléans  et 
Louise  Collet  à  l'art  rimé.  Et  par  ins- 
tants, on  se  l'imagine,  avec  ses  mains 
artistes,  harpégeant  des  lumières, 
doucement  sonores  sur  je  ne  sais 
quelles  cordes  chantantes. 

Rickard  Lund. 

Qu'il  est  beau  en  costume  d'époque  ! 

Je  crois    qu'il  n'a   jamais  joué  à  la 
Comédie-Française.  Je  crois  qu'il  n'a 
jamais    chanté    l'opérette   viennoise 
Je    crois    qu'il    n'a   jamais  tourné  en 
Italie. 

Il  est  déjà  très  rare  qu'un  acteur  en 
habit  ait  déjà  l'air  d'un  homme  du 
monde.  Que  dire  de  lui  si,  dans  ses 
nippes  d'il  y  a  trois,  quatre  ou  cinq 
cents  ans,  il  a  l'air  d'un   gentleman. 


Mary  Johson. 

Le  jour  se  lève. 

L'air  du  matin  cuivre  les  bois. 

Elle  a  seize  ans  —   et   nous  avons 

aussitôt  dix-huit  ans. 

C'est  le  trésor   du    Trésor  d'Ame. 

• 
Ivan    Hedquist. 

Le  marchand  de  charme. 

Il  est  tellement  amoureux  de  ce  qu'il 

fait    qu'on   se    demande    comment  il 

peut  se  séparer  de  ses  films. 

• 
Tore  Svennberg. 

La  dignité  dans  le  pathétique  —  ou 
la  douleur  d'un  homme  bien  élevé. 

J'admire  es  phénomène. 
• 
La  Charrette  fantôme. 

Voilà  le  grand  clavier. 

Et  voilà  l'art  de  Selma  Lagerlolf  et 
l'art  de  Victor  Sjostrom  réunis  en 
un  seul  chant  qui  semble  ne  pas  pou- 
voir finir. 

• 

La  Montre  brisée  est  un  film  dont 
le  principal  interprète  est  un  fleuve. 

Le  fleuve  est  si  fort  qu'il  inonde  le 
pays  et   il   a  tant  de  talent  qu  il 


déborde  le  film. 


Loris  Df.li.i'c 


IiI-.n|\  1       VKKMAXN 

.EBII.   CHRISTENSEN 


cinea 


j     NOTRE    PLUS    COURAGEUSE    ACTRICE    DE    CINÉMA 

m 

Quelques    aventures    étranges    des    films    tournés 


Le  journal  du  soir  a  l'ait  une  en- 
quête auprès  de  nos  acteurs  Suédois 
en  leur  demandant  de  raconter 
quelques  souvernirs  du  travail  des 
tournées  cinématographiques  de  cet 
été. 

Parmi  les  réponses  données,  nous 
reproduisons  ici  le  conte  de  M.  Mau- 
ritz  Stiller  sur  quelques  aventures  et 
événements. 

Jamais  une  saison  de  tournées  dont 
je  puisse  me  souvenir  n'a  été  pour 
moi  tellement  remplie  de  vrais  acci- 
dents évités  que  celle  de  cet  été,  dit 
M.  Stiller,  surtout  en  tournant  des 
scènes  aviatiques  de  «  Erotikon  «  qui 
faillirent  me  causer  du  mal. 

Un  jour.j 'avais  à  dé  montrer  quelque 
chose  avant  le  tour  et  je  ne  pensais 
pas  que  l'hélice  de  la  machine  était 
en  marche  ;  elle  est,  comme  on  le  sait, 
invisible  en  tournant  en  grande  vi- 
tesse. 

Tandis  que  la  machine  était  encore 
fixée  à  terre,  j'aperçus  un  détail  dans 
les  habits  des  acteurs  qu'il  me  fallut 
corriger  et  je  courr  us  tout  droit  contre 
l'hélice.  Un  cri  commun  de  tous  ceux 
qui  étaient  autour  de  moi  me  fit  m'ar- 
rèter.  A  ce  moment-là,  l'hélice  me 
frôlait  le  visage.  Si  je  m'étais  appro- 
ché de  quelques  centimètres,  j'aurais 
été  transporté  comme  un  atome  dans 
la  poussière  atmosphérique. 

Quand  je  suivis  la  machine  en  l'air 
pour  diriger  la  tournée  cinématogra- 
phique, il  y  eut  une  anicroche  fâ- 
cheuse. L'aviateur  me  fit  signe  de 
pomper  et  je  pompais  en  effet  à  la 
sueur  de  mon  front  parce  que  j'étais 
habillé  très  confortablement  ;  c'était 
I  un  hydroplane  et  il  me  fallut  voler 
loin  au-dessus  des  toits  et  des  arbres 
jusqu'à  l'aube  pour  pou  voir  descendre 
sans  périr. 

Mes  bras  étaient  tout  à  fait  épui- 
sés, les  habits  et  épées  me  gênaient 
aussi,  mais  j'essayai  de  persévérer 
jusqu'au  bout. 

Quand  nous  fûmes  enfin  sauvés  de 
cette  aventure,j'étais  tellement  épuisé 
que  je  reçus  un  choc  nerveux,  mais 
ce  n'est  pas  cette  histoire  que  j'aurais 
à  raconter. 

Je  voudrais  saisir  l'occasion  d'ex- 
primer mon  admiration  et  mon  res- 
■,  pect  pour  Mme  Jenny  Hasselquist  que 
j  je  voudrais  sans  hésitation  distin- 
guer comme  notre  plus  courageuse 
actrice  de  cinéma. 


Je  doute  que  personne  autre  n'au- 
rait voulu  faire  la  même  chose  qu'elle 
a  fait  en  tournant  mon  deuxième 
film  cet  été  quand  il  s'agit  de  des- 
cendre en  bateau  le  sauvage  et  long 
courant  rapide  de  Kamlungeau  fleuve 
de  Kalix. 

Ajoutez  qu'il  fallait  que  cette  scène 
fut  jouée  à  bord  d'un  bateau  et  que 
celui-ci  devait  être   conduit   par  l'ac- 


teur qui  fit  son  rôle  avec  elle  et  par 
conséquent  non  par  un  conducteur 
habitué.  La  fraude  ou  changement  de 
rôle  était  impossible  et  il  était  néces- 
saire de  prendre  tout  son  courage  en 
aide  et  une  confiance  absolue  en  M.  So- 
mersalmi,  un  grand  et  robuste  ac- 
teur Finlandais. 

Mme  Hasselquist  fut  par  conséquent 
la  première  femme  qui  ait  osé  des- 
cendre le  Kamlunge  oui,  simplement 
de  descendre  le  rapide  long  de  plus 
d'un  kilomètre  avec  seulemeut  deux 
hommes  à  bord  acte  presque  surhu- 
main, les  équipages  en  général,  étant 
composés  de  7  hommes. 

Le  rapide  n'est  pas  sans  danger, 
comme  on  va  le  voir  :  Tandis  que  le 
bateau  dansait  comme  une  feuille 
dans  le    courant    furieux.   M.  Somer- 


salmi  fut  jeté  à  l'eau.  Cela  fut  peut- 
être  le  plus  horrible  moment  de  ma 
vie. 

L'eau  montait  par-dessus  le  bateau 
désemparé  qui  avait  perdu  son  con- 
ducteur; il  était  jeté,  de  ci  de  là,  et 
au  travers  du  courant  écumeux  et 
sauvage.  C'était  un  moment  terrible. 
Mais  celle  qui  ne  perdit  pas  son  sang- 
froid  pour  une  seconde  fut  Mme  Has- 
selquist. Elle  se  traîna,  rapide  comme 
l'éclair  jusqu'à  l'arrière  et  attrapa 
dans  l'eau  la  main  de  M.  Somersalmi, 
et  l'aida  à  s'accrocher  au  bord  du  ba- 
teau et  de  cette  manière  lui  permit  de 
gagner  le  bateau. 

Nous-mêmes  étions  sur  un  radeau 
géant  qui  était  à  l'avant  du  bateau 
pour  pouvoir  photographier  le  jeu 
pendant  le  tour. 

Trois  appareils  travaillaient  par 
là  et  deux  des  photographes  furent 
prisdelamcme  terreurque  moiquand 
arriva  l'accident,  et  perdirent  les  ap- 
pareils, mais  le  troisième,  M.  Boge 
vit  de  suite  que  tout  allait  s'arranger 
et  continua  froidement  à  tourner  de 
sorte  que  le  document  subsite  encore. 

Outre  le  courage  personnel  qui  est 
nécessaire  pour  jouer  un  rôle  comme 
celui  de  Mme  Hasselquist,  la  disci- 
pline qu'elle  a  acquise  à  l'école  des 
ballets  doit  être  attribuée  à  la  faire 
avancer  où  toute  autre  personne  au- 
rait reculé  et  à  juste  raison. 

Encore  une  fois, le  Kamlunge  devint 
dangereux.  Le  dernier  jour  que  nous 
étions  là,  nous  allions  tourner 
quelques  films  et  nous  étions  <>00  à 
monter  un  fleuve.  Parmi  nous  étaient 
A  photographes  qui  avaient  apporté 
leurs  appareils  sensibles  avec  leurs 
films  exposés  au  même  endroit  où 
était  arrivé  l'accident. 

Nous  faillîmes  tous  être  jetés  à  l'eau 
et  moulus  en  morceaux. 

Le  bateau  fut  rempli  par  l'eau  mais 
les  photographes  eurent  toutefois 
assez  de  sang-froid  pour  lever  les  ap- 
pareils avec  leurs  gaines  de  cuir  au- 
dessus  des  têtes  de  sorte  qu'ils  ne 
furent  pas  détruits  et  le  conducteur 
put  arrêter  le  bateau  coulant  contre 
une  pierre.de  sorte  que  l'on  eut  assez 
de  courage  pour  sauter  à  bord,  tout 
prés  d'un  tournant  d'eau  sauvage  et 
patauger  dans  l'eau  tranquille. 

Un  petit  moment  encore  et  nous 
étions  tous  perdus  sans  retour. 

Mauritz  Si  i i  r.ER. 


8 


cinea 


MAURITZ  STILLER 
un  des  tout  premiers 
metteurs  en  scène  de  ce 
temps,  avec  IVolo,  Dans 
tes  Remous  et  ce  poème 
lumineux  et  vivant  :  Le 
Tri-sor  d'Ame,  qu'il  aurait 
éclipse  avec  ses  deux  nou- 
veaux films  :  Erotiken 
et  j.an. 


MARY  JOHNSON 
Quand  apparut  /.<■  Trésor 
d'Ame,  on  s  écria  que 
Mary  Johnson  était  la 
Bessie  Love  suédoise.  11 
est  vrai  que  Le  Trésor 
d'Ame  est  une  date  du 
cinéma  comme  Pour  sau- 
ver sa  race  et  il  ne  faut  pas 
plus  oublier  Mary  |ohn- 
son  que  Bessie  Love  —  et 
il  faut  admirer  Maurice 
Stiller  comme  Th.  H.  [nce. 


cinea 


LA     FILLE    DES     ETUDIANTS 
Ces  Ivan  Edquist,  réalisateur  du  Mariage  de  Joujou,  qui  a  exécuté  cette 
comédie  cinégraphique  où  nous  reverrons  Renée  Bjorling  et  Rickard  Lund. 


10 


cinea 


MM      FILMS    ET    SAGAS      MM 


Les  films  Scandinaves  ne  sont  pas 
des  comédies  ou  des  tragédies,  comme 
les  films  français,  ni  des  chansons  de 
geste,  comme  les  films  américains  : 
ce  sont  des  Sagas  ;  ils  ont  le  sens  et 
le  goût  du  détail  ;  de  la  vie  réelle,  de 
l'atmosphère  pratique,  concrète,  quo- 
tidienne qui  rendent  tellement  vivants 
au  bout  de  mille  ans  et  malgré  la  dif- 
férence des  civilisations,  les  récits 
des  conteurs  norses.  L'un  des  plus 
célèbres,  la  Laxdœla  Saga,  histoire 
d'une  vendetta  prolongée  entre  deux 
familles  islandaises,  est  un  grand 
film  en  soixante-dix-huit  épisodes, 
tout  fait,  comme  nos  lecteurs  pourront 
en  juger  d'après  le  passage  ci-après, 
qu'il  faut  essayer  de  replacer  dans 
l'atmosphère  à  la  fois  très  réaliste  et 
très  dramatique  que  crée  l'évocation 
de  sentiments  intenses,  de  haines  et 
d'amours  tragiques, sur  un  fond  serré 
et  presque  monotone  de  faits  de  la  vie 
quotidienne.  C'est  déjà  l'art  de  Jane 
Eyre,  de  Vanity  Fair,  de  Midelle- 
niarch  et  celui  des  artistes  de  la 
Svenska  : 

Rappelons  qu'«  au  cours  des  chapi- 
tres précédents  »  Gudreen,  qui  aimait 
Kjartan,  a  sur  la  fausse  nouvelle  de 
son  mariage  avec  une  princesse  nor- 
végienne, épousé  Bolli,  le  cousin  et 
le  frère  d'armes  de  Kjartan.  A  son  re- 
tour Kjartan,  un  peu  par  dépit,  a 
épousé  Hrefna  Gudreen  a  fait  naitre 
la  haine  entre  les  deux  amis,  jusqu'au 
jour  où  Kjartan  et  son  compagnon 
An  étant  tombés  dans  une  embuscade, 
Bolli  s'est  avancé  vers  son  ami  épuisé 
par  le  combat,  qui  a  laissé  tomber 
ses  armes  et  a  reçu  le  coup  de  la 
mort  sans  essayer  de  se  défendre. 
Bolli  reste  sous  l'impression  de  ce 
meurtre  qu'il  n'arrive  pas  à  pardon- 
ner à  la  femme  qui  l'y  a  poussé,  bien 
qu'il  continue  à  vivre  avec  elle.  An 
est  laissé  pour  mort  avec  une  affreuse 
blessure  au  ventre,  dont  il  guérit 
dans  des  circonstances  bizarres  qui 
lui  valent  le  surnom  de  tripes  de 
bruyère.  Après  une  paix  boiteuse 
qui  dure  quelques  années,  Thorgerd, 
mère  de  Kjartan,  saisit  l'occasion  fa- 
vorable pour  exciter  à  la  vengeance 
ses  autres  enfants  et  ses  amis  qui, 
conduits  par  son  fils  Ilalldor,  partent 


pour  surprendre  Bolli.  Ici  nous  lais- 
sons la  parole  au  conteur. 

«  ...  Après  cela  ils  partirent  à  che- 
val de  Herdholt,  les  neuf  ensemble, 
Thorgerd  les  suivant  dixième.  Ils 
passèrent  le  long  du  rivage  jusqu'à 
Lea  Shaws,  pendant  la  première 
partie  de  la  nuit.  Ils  ne  s'arrêtèrent 
pas  avant  d'être  arrivés  à  Sa-lingsdale 
pour  la  première  marée  du  matin.  A 
cette  époque  la  vallée  était  couverte 
de  bois  épais.  Bolli  se  trouvait  là, 
«  serve  dans  l'âme  un  souvenir  plus 


DESSIN    DE  E.    NERMAN 


COSTA  EKMANN 


«  durable  des  événements  qui  ont 
«  coûté  la  vie  à  Kjartan. Quand  on  m'a 
«  rapporté  mourant  à  Tongue,  et  que 
«  Kjartan  gisait  mort,  ma  seule  pen- 
«  sée  était  que  je  paierais  ma  dette  à 
«  Bolli  aussitôt  que  j'en  trouverais 
dans  un  chalet,  ainsi  qu'Halldor  en 
avait  été  informé...  Or,  le  chalet  était 
divisé  en  deux  parties  le  dortoir  et  la 
laiterie  Bolli  s'était  levé  de  bonne 
heure  pour  distribuer  aux  hommes 
leurs  tâches,  et  il  s'était  recouché 
pour  dormir  après  leur  départ.  Dans 
le  chalet  ils  restaient  donc  seuls  tous 
deux.Gudreen et  Bolli. Ils  s'éveillèrent 
au  bruit  que  firent  les  neuf  en  descen- 
dant de  cheval,  et  ils  les  entendirent 
parler  entre  eux,  se  demandant  qui 
entrerait  le  premier  dans  le  chalet 
pour  attaquer  Bolli.  Bolli  reconnut 
la  voix  de  Halldor,  ainsi  que  de  plu- 
sieurs autres  de  sa  troupe.  Bolli  parla 
à  Gudreen  et  lui  dit  de  quitter  le  cha- 
let, de  s'en  aller,  ajoutant  que  la  ren- 
contre qui  allait  avoir  lieu  ne  lui 
serait  sans  doute  pas  très  agréable. 
Gudreen  répondit  qu'elle  pensait  qu'il 
se  passerait  là  des  choses  qui  vau- 
draient la  peine  d'être  vues  et  racon- 
tées, et  demanda  la  permission  d'en 
être  témoin,  étant  donné  qu'elle  ne 
pouvait  faire  aucun  tort  à  Bolli  en 
demeurant  à  ses  côtés.  Bolli  dit  qu'en 
cette  matière  il  voulait  qu'elle  lui 
obéit,  et  ainsi  Gudreen  sortit  du  cha- 
let ;  elle  descendit  jusqu'au  bord  d'un 
ruisseau  qui  coulait  là  et  commença 
à  laver  du  linge.  Bolli  était  mainte- 
nant seul  dans  la  laiterie  ;  il  s'arma, 
mit  son  casque  sur  sa  tête,  tint  son 
bouclier  devant  lui  et  son  épée,  Mor- 
dante, à  la  main  ;  il  n'avait  pas  de 
cotte  de  maille.  Halldor  et  ses  com- 
pagnons discutaient  ensemble  com- 
ment ils  exécuteraient  l'entreprise, 
car  aucun  n'était  très  pressé  de  péné- 
trer dans  la  laiterie.  Alors  An,  tripes- 
de-bruyère  dit  :  «  11  y  a  dans  cette 
«  troupe  des  hommes  qui  étaient  plus 
«  proches  parents  de  Kjartan  que  moi  ; 
«  mais  il  n'y  en  a  aucun  qui  ait  con- 
«  l'occasion.  Aussi  c'est  moi  qui  entre- 
«  rai  le  premier  dans  le  chalet  »... 
Alors  An  entra  dans  le  chalet  d'un 
bond  rapide,  tenant  son  bouclier  au 
dessus  de  sa  tête,  la  partie  la  plus 
étroite  en  avant.  Bolli  lui  assène  un 


cinea 


TORA  TEJE 
La  brillante  et  harmonieuse  étoile  du  Monas- 
tère de  Sendom ir.de  La  Montre  brisée, d'Erotiken 


VICTOR  SJOSTROM 
Le  réalisateur  puissant  de  Les  Proscrits,  Terge  Vigen,  La 
FilU  de  la  Tourbière,  Le  Monastère  de  Sendomir,  Korkarlen, 

est  aussi,  dans   les  mêmes  œuvres,  un  interprète  ciné- 
graphique  d'une  rare  intensité. 


RENEE  BJORNLING 
Elle  enchanta  Paris  avec  le 
Mariage  de  Joujou,  pu's 
avec  le  Monastère  de  Sen- 
domir, en  attendant  La 
Fille  des  Etudiants. 


12 


cinea 


coup  de  Montante  qui  lit  sauter  l'ex- 
trémité du  bouclier  et  fendit  la  tète 
d'An  jusqu'à  l'épaule,  et  il  tomba 
mort.  Alors  Lawbi  s'avança;  il  tenait 
son  bouclier  devant  lui  et  son  épée  à 
la  main.  En  un  clin  d'œil  Bolli  avait 
retiré  Nordante  de  la  blessure  ;  mais 
son  bouclier  s'était  déplacé  de  ma- 
nière à  le  découvrir,  de  sorte  que 
Lambi  lui  porta  un  coups  à  la  cuisse, 
et  le  blessa  grièvement.  Bolli  répon- 
dit par  un  coup  de  taille  qui  frappa 
L'épaule  de  Lambi,  etl'épée  lui  laboura 
le  bras  d'une  telle  manière  qu'il  de- 
meura incapable  de  combattre  ni  de 
se  servir  de  son  bras  pendant  tout  le 
reste  de  sa  vie.  A  ce  moment  Helgi, 
fils  de  llarabien,  s'avança,  armé  d'un 
épieu  dont  le  fer  était  long  d'une 
aune,  et  le  manche  garni  de  fer. 
Quand  Bolli  le  vit,  il  laissa  tomber 
son  épée,  prit  son  bouclier  à  deux 
mains  et  s'avança  vers  la  porte  au 
devant  de  Helgi.  L'épieu  de  Helgi 
passa  à  travers  le  bouclier  et  à  tra- 
vers le  corps  de  Bolli.  Alors  Bolli 
s'adossa  au  mur  de  la  laiterie  et  les 
hommes  entrèrent  tous,  à  savoir 
Halldor  et  ses  frères,  et  Thorgerd  les 
suivit  dans  la  laiterie.  Et  Bolli  leur 
dit:  «  Maintenant  frères,  vous  ne  cou- 
«  rez  plus  de  risques  à  vous  appro- 
«  cher  davantage  »  et  il  ajouta  que  sa 
défense  ne  serait  plus  très  longue. 
Thorgerd  lui  répondit,  disant  qu'il 
n'y  avait  aucune  raison  de  ne  pas 
traiter  Bolli  impitoyablement  et 
qu'elle  voulait  les  voir  marcher  entre 
sa  tète  et  son  corps.  Bolli  était  immo- 
bile contre  le  mur  de  la  laiterie,  ser- 
rant son  vêtement  contre  son  corps 
pour  empêcher  les  entrailles  de 
s'échapper.  Alors  Steinthor  Olafsen 
s'avança  vers  Bolli,  et  d'un  coup  de 
hache  à  la  nuque,  juste  au-dessus  des 
épaules,  il  fit  tomber  sa  tête...  Ils  sor- 
tirent ensuite  de  la  laiterie.  Gudreen 
s'avança  du  bord  du  ruisseau,  et 
parla  à  Halldor  et  lui  demanda  ce  qui 
s'était  passé  avec  Bolli.  Ils  lui  dirent 
ce  qui  était  arrivé. Gudreen  était  vêtue 
d'un  jupon  de  drap  et  d'un  corsage 
ajusté  de  tricot,  avec  une  grande 
coilfe  surlatèteet  autour  d'elle  une 
écharpe  à  raies  bleu  foncé  terminée 
par  des  franges.  Helgi  Hardbiensen 
alla  vers  Gudreen,  saisit  l'extrémité 
del'écharpeet  s'en  servitpouressuyer 
le  sang  de  la  lame  de  son  épieu  le 
même  épieu  avec  lequel  il  avait  trans- 
percé Bolli,  Gudreen  le  regarda  et 
sourit  légèrement.  Halldor  dit:«  Voilà 
qui  est  lâche  et  sauvage  ».  Helgi  lui 
demanda  de   ne    pas   s'irriter  contre 


lui  «  car,  dit-il,  je  ne  puis  m'empê- 
«  cher  de  penser  que  celle  qui  est  sous 
«  cette  écharpe  aura  un  jour  ma  vie.» 
Alors  ils  remontèrent  à  cheval  et  par- 
tirent ;  Gudreen  les  accompagna  un 
moment,  échangeant  quelques  pa- 
roles avec  eux,  puis  elle  revint: 

Les  compagnons  de  Halldor  com- 
mencèrent à  dire  entre  eux  que  Gu- 
dreen ne  paraissait  pas  attacher 
grande  importance  à  la  mort  de  Bolli, 
puisqu'elles  les  avait  accompagnés, 
causant  avec  eu xcommes'ils  n'avaient 
rien  fait  qu'elle  dût  prendre  à  cœur. 
Halldor  leur  répondit  :  «  Je  ne  pense 
«  pas  que  Gudreen  ne  prenne  pas  à 
«  cœur  la  mort  de  Bolli  ;  je  pense  que, 
«  si  elle  nous  a  accompagnés  en  cau- 
«sant,  c'est  plutôt  parce  qu'elle  von- 
«  lait  bien  savoir  quels  étaient  les 
«  hommes  qui  avaient  pris  part  à  l'ex- 
«  pédition.  » 

Lire  la  suite  dans  la  Saga,  dont  il 
existe,  à  défaut  de  traduction  Iran 
çaise,  de   nombreuses    versions    an- 
glaises et  allemandes.  L.  L. 


!    LE  FILM 

SANS    TEXTE 


Dernièrement  un  critique  cinéma- 
tographique posait  cette  question  : 
quand  aurons  nous  un  film  dont  l'idée 
fondamentale  s'impose  suffisamment 
pour  rendre  le  texte  plus  ou  moins 
inutile  ? 

Cette  demande  est  curieuse  mais 
très  explicable,  venant  au  moment  de 
la  première  de  Vers  le  bonheur(Erto- 
tiken),  le  film  suédois  qui,  jusqu'à 
présent,  est  celui  qui  présente  le  moins 
de  texte. 

Cela  a  sans  doute  suscité,  même 
inconsciemment,  la  réflexion  :  Xe 
pourrait-on  pas  se  passer  tout  à  fait 
de  texte  ? 

La  question  étantd'un  certain  inté- 
rêt, nous  l'avons  soumise  au  metteur 
en  scène  M.  Stiller,  qui  dit  que,  natu- 
rellement, tout  metteur  en  scène  cons- 
ciencieux tiendra  de  plus  en  plus  à 
se  libérer  du  texte  Un  film,  dans  ces 
conditions,  serait  certainement  un 
idéal,  pour  l'avenir,  c'est-à-dire  quand 
le  film  aura  des  formes  nouvelles  que 
nous  ne  connaissons  pas  encore. 

«  Dans  les  conditions  actuelles,  dit 
«  M.  Stiller,  je   crois  qu'un  film  sans 


«  texte  serait  plus  ou  moins  une  ex- 
ce  périence  qui.  sans  doute,  ne  sem- 
«  blerait  pas  trop  bonne.  Là  où  11  est 
«  nécessaire  le  texte,  à  mon  avis,  jus- 
«  tifie encore  sa  place, si  au  contraire, 
«  il  est  mis  pour  remplacer  une  lacune 
«  dans  l'action,  causée,  par  exemple, 
«  par  la  coupure  du  film,  ou  pour  ca- 
«  cher  un  défaut  quelconque  du  ma- 
«  nuscrit, il  est  exclusivement  indiqué. 
«  Il  ne  faut  pas  oublier  que  le  texte 
«  ne  compose  que  la  partie  la  moins 
«  essentielle  du  film,  quoique,  natu- 
«  rellement.les  plus  grands  soins  doi- 
«  vent  y  être  appprtés.  Ce  serait  une 
«  grande  faute  pour  un  metteur  en 
«  scène  de  construire  un  film  d'après 
«  des  textes  beaux  ou  amusants, quel 
«  que  soit  leur  intérêt  littéraire,  et 
«  aucun,  ayant  le  sentiment  de  sa  res- 
«  ponsabilité  artistique,  ne  s'en  ren- 
«  drait  coupable  Mais,  ainsi  que  je 
«  l'ai  dit,  je  considère  que  le  film 
«  n'est  pas  encore  prêt  à  se  passer  en- 
«  fièrement  de  texte,  D'ailleurs,  un 
«  cas  analogue  se  manifeste  dans  le 
«  besoin  d'éviter  le  réalisme  à  la 
«  scène  Les  essais  qui  ont  été  faits 
«  danscesens  — seulement  des  lignes 
«  avec  le  concours  des  couleurs  et  des 
«  effets  de  lumière  convenant  au  mi- 
«  lieu  —  comme  j'en  ai  vus  sur  des 
«  écrans  étrangers,  n'ont  pas  été  très 
«  heureux.  Cela  est  différent  quand  il 
«  s'agit  de  ballets  ou  de  pantomines 
«  où  le  réalisme  se  supprime  facile- 
«  ment.  Au  théâtre,  au  contraire, cela 
«  devient  une  affectation  devant  la- 
«  quelle  le  public  reste  froid.  Et  de 
«  même,  je  crains  qu'un  film  sans 
«  texte  soit  une  sorte  de  ballet,  à 
«  l'écran.  Mais  je  suis  partisan  de  la 
«  réduction  des  textes,  dans  une  cer- 
«  taine  mesure.  » 

Le  metteur  en  scène,  M.  Benjamin 
Christensen,  a  peut-être  été  le  premier 
à  appeler  l'attention  sur  le  film  sans 
texte,  comme  l'idéal  à  ambitionner. 
Ce  but  ne  pourra  être  atteint  que  par 
une  littérature  spéciale  pour  le  film. 
Il  a  comparé  le  film  à  un  enfant  qui 
ne  peut  pas  marcher,  il  cherche  trop 
son  appui  dans  la  littérature.  Et, 
ainsi  qu'une  scène  muette  peut  expri- 
mer bien  plus  que  de  nombreuses  pa- 
roles, il  considère  que  le  film  doit 
être  construit  d'images,  qui  ne  créent 
que  des  images,  et  pas  autre  chose, 
dans  le  cerveau  de  l'homme.  C'est 
un  auteur  d'images  qu'il  réclame.  Lui 
seul  rendra  le  film  parfait  et  indé- 
pendant des  mots.  Aussi  M.  Chris- 
tensen voit-il  cet  événement  dans 
l'avenir.  V.  G. 


cinea 


13 


LA  CHARRETTE  FANTOME 
(K.ORKARLEN) 
filmé  par  Victor  Sjostrom 
d'après    Selma   Lagerloff   et 

interprète  par  Astrid  Holm 
avec  V.  Sjostrom.  Nous 
demandons  a   voir   ce    film. 


14 


cinea 


LA  CHARRETTE  FANTOME 
(KORKARLEN  ) 
n'a  pas  encore  paru  en  France. 
bien  que  ce  film  soit  très 
attendu  et  très  désire  de  tous 
ceux  qui  aiment  l'admirable 
ell'i  rt  c  i  nèmatogra  pli  i  que 
suédois. 


cinea 


15 


^^ME^ç   ïïl 

LA  CHARRETTE  FANTOME 
est  un  iirand  film  tiré  des 
contes  de  Selma  Sagerloff 
par  Victor  Sjostrom.  metteur 
en  scène  et  interprète 
d'envergure. 


cinea 


O 


DIALOGUE 


£) 


Elle.  —  Oh!  je  voudrais  danser; 
—  je  voudrais  parler  au  monde  avec 
ce  langage  muselé  qu'un  corps  bon- 
dissant invente  dans  l'espace!  — 
L'éloquence  du  geste  me  paraît  plus 
féconde,  elle  raconterait  mieux  mon 
âme  illimitée  que  ce  verbe  immobile 
dont  Hermès  est  le  dieu. 

Les  mots  m'apparaissent  mesurés, 
conventionnels,  ils  demeurent  enfer- 
més dans  les  limites  étroites  de  la 
syntaxe,  où,  esclaves,  ils  n'ont  plus 
qu'un  recours  :  tomber  dans  le  do- 
maine public.  Je  vois  au  contraire 
dans  la  Danse  toute  une  infinité  de 
modes  d'expression,  —  ses  possibi- 
lités sont  innombrables. 

Les  gestes,  propriété  exclusive  de 
la  pensée  qui  les  conçoit,  s'esquissent 
dans  l'air...  ils  s'y  évanouissent  invi- 
siblement  et  aussitôt  d'autres  les 
perpétuent...  les  remplacent...  leur 
Voix  ne  s'éteint  pas...  leur  immaté- 
rialité leur  prête  une  manière  d'éter- 
nité... 

Lui.  —  Mais  puisque  vous  appré- 
ciez l'expression  silencieuse  de  la 
Danse,  n'avez-vous  donc  jamais  songé 
au  Cinématographe  qui  est  une  autre 
expression  silencieuse  de  la  Pensée? 

Elle.  —  Non;  pour  moi  le  cinéma- 
tographe représente  essentiellement 
la  Vie,  la  vie  dans  tout  ce  qu'elle  a 
de  mélodramatique,  de  brutal,  d'ins- 
tantané, de  démocratique,  tandis  que 
la  Danse  réunit  en  elle  toutes  les 
qualités  aristocratiques  de  l'Art; 
elle  est  surnaturelle,  elle  est  de  la 
vie  transposée,  dépouillée  de  son  réa- 
lisme, et,  elle  s'élève,  aérienne,  avec 
magnificence,  vers  la  plus  parfaite 
expression  de  la  Beauté  muette. 

Lui.  —  Si  les  mots  ont  aujourd'hui 
pour  vous  si  peu  de  prix,  si  vous 
appréciez  le  mutisme  —  il  me  semble 
que  le  cinématographe  devrait  déci- 
dément vous  contenter  I —  Qu'y  a-t-il 
de  plus  sourd  qu'un  spectateur  de 
l'écran?  Par  déduction,  qu'y  a-t-il  de 
pins  muet  qu'un  interprète  de  ciné- 
matographe ? 

Ki. le.  —  Le  champ  est  trop  petit.  . 
Un  interprète  de  cinématographe  qui 
parlerait  le  mutisme  que  j'aime  en 
sortirait  à  chaque  instant! 

Notre  Ame,  c'est  à  la  fois  un  bond, 
un    agenouillement,    une   cambrure, 


c'est  un  saut  vers  l'Impossible,  c'est 
une  course  éperdue,  c'est  un  arrêt 
brusque,  c'est  une  succession  de  mou- 
vements irréguliers  que  l'appareil 
de  prises  de  vues  ne  peut  enregistrer 
sans  vingt  fois  se  déplacer,  sans  cou- 
per tour  à  tour  bras,  jambes  ou  nez! 
Il  ne  peut  saisir,  et  souvent  en  la 
déformant,  qu'une  fraction  de  cet 
infernal  mouvement  de  l'être  humain. 


M  S    III.    K.   \KKM  IS 


MAURIÏ7  STILLER 


Considérez,  je  vous  prie,  la  Dou- 
leur, l'Amour  ou  la  Joie  comme  des 
sentiments  primordiaux,  comme  des 
Thèmes,  et  voyez  sur  ces  thèmes 
quelle  vaste  symphonie  un  corps  qui 
danse  est  capable  d'orchestrer;  c'est 
incommensurable. 

...  Nos  mouvements  et  nos  pauses 
transposent  les  plus  simples  harmo- 
nies de  l'âme,  les  airs  les  plus  popu- 
laires, les  plus  primitifs  du  cœur  en 
une  multiforme  et  multipliable  vie 
musicale  !  Ne  croyez-vous  pas  qu'avec 
nos  lignes  mobiles  et  nos  membres 


flexibles  notre  transformation  est 
prodigieusement  incessante...  de 
même  qu'avec  les  traits  de  notre  vi- 
sage et  ses  expressions,  notre  trans- 
figuration est  miraculeusement  per- 
pétuelle. 

Lui.  —  Vous  parlez  de  visage?  d'ex- 
pression? Je  vous  arrête,  car  il  est 
certain  qu'un  bon  objectif  est  plus 
apte  à  enregistrer  la  vie  extérieure 
et  même...  intérieure  d'un  visage  que 
n'importe  quel  œil...  fut-il  le  vôtre, 
qui  a  su  pourtant  voir  dans  la  danse 
une  indemnité  et  une  variété  d'expres- 
sions qu'il  m'a  été  rarement  permis 
de  percevoir,  même  avec  de  bonnes 
jumelles  !. .. 

Elle.  —  Avec  ou  sans  jumelles 
alors  vous  n'avez  pas  vu  les  Suédois 
danser. 

J'ai  admiré  parfois  la  somptuosité, 
la  vaillance,  la  grâce  naïve  des  Russes. 
—  Je  me  suis  inclinée  devant  l'Art 
sévère,  religieux  d'Isadora  Duncan. 
J'ai  aimé  les  féeriques  danses  de  cou- 
leurs et  de  lignes  que  nous  ollre  la 
grande  magicienne  Loïe  Fuller.  — 
J'ai  pensé  devant  les  Ballets  Suédois! 
Ils  nous  ont  apporté  leur  âme  neuve, 
leur  jeunesse  audacieuse,  quelque 
chose  de  serein, de  fort,  d'intelligent; 
Leur  esprit  s'est  révélé  sain,  clair, 
net,  très  franc,  très  limpide.  Tout  de 
suite  ils  ont  su  nous  être  infiniment 
sympathiques.  Dans  chacune  de  leurs 
créations,  ils  ont  fait  preuve  d'un 
goût  très  subtil,  très  sûr.  L'Homme 
et  son  désir,  entre  autres,  est  une  des 
œuvres  les  plus  parfaites  que  nous 
ayons  eu  la  joie  d'admirer  et  je  dé- 
plore de  rencontrer  encore  des  êtres 
qui,  par  snobisme  ou  parti-pris,  ne 
louent  pas  l'atmosphère  exception- 
nellement heureuse  que  M.  Rolph  de 
Mare  a  su  répandre  autour  de  cette 
œuvre  et  qui  ne  veulent  pas  recon- 
naître en  Jean  Borlin  un  très  surpre- 
nant modeleur  de  beauté   plastique. 

—  Lui.  —  Je  suis  satisfait  de  vous 
avoir  amenée  à  parler  delà  Suéde, 
car  pour  vous  convaincre  de  la  va- 
leur esthétique  du  cinématographe 
je  comptais  justement  vous  emmener 
voir  certains  films  suédois. 

Nous  sommes  tous  las  du  film  amé- 
ricain ou   la  fortune   roule   sur   une 


cinea 


17 


roue  de  motocyclette,  ou  l'amour  nait 
d'un  coup  de  revolver  bien  envoyé... 
ou  de  la  vie  qui  devrait  devenir  : 
mort,  reste  vie  même  en  passant  sous 
un  express,  en  tombant  d'un  vingt- 
cinquième  étage  I... 

La  puérile  idylle  qui  se  déroule  à 
Jacksonville,  la  sombre  aventure  de 
Broadway  ou  la  joyeuse  escapade  sur 
les  «  planches  »  de  Palm-lîeaeh  n'of- 
frent aucune  particularité  ;  elles  se 
ressemblent  et  nous  n'essayons  même 
plus  de  les  identifier. 

Dans  les  ateliers  de  peintre,  chez 
les  grands  industriels,  au  milieu  des 
jardins  fastueux  de  nobles  dames 
d'Italie,  nous  nous  sommes  promenés 
suffisamment,  trop  peut-être  T 

Donc  à  part  la  France  où  nous 
avons  admiré  quelques  œuvres  ex- 
ceptionnellement belles  mais  où  nous 
n'osons  pas  toujours  rester  par  pru- 
dence, l'Allemagne  où  nous  n'osons 
pas  trop  aller  par  décadence,  nous 
devons  nous  orienter  vers  la  Suède 
où  il  faut  bien  l'avouer  cela  nous  est 
une  joie  bien  raffinée  de  villégiaturer. 
Des  côtes  tumultueuses  de  «  Terje 
Vigen  »  aux  pâturages  ensoleillés  de 
«  Solbakken  »,  des  rapides  de  Dans 
les  remous  au  monastère  neigeux  de 
M.  Arne,  vraiment  nous  goûtons  des 
satisfactions  immenses.  En  effet  il  se 
dégage  des  films  suédois  une  sérénité, 
une  puissance  que  nous  rencontrons 
rarement  ailleurs.  Ils  atteignent  à  un 
très  haut  degré  de  charme,  d'émo- 
tion, de  beauté,  avec  des  moyens 
simples,  dépouillés  d'artifices  qui 
nous  stupéfient  d'abord  et  nous  plai- 
sent ensuite  absolument. 

Retenez  les  noms  de  Victor  Sjos- 
trom  et  de  Mauritz  Stiller.  Ce  sont 
eux, et  un  ou  deux  français  de  grande 
valeur  que  je  n'ose  pas  nommer,  qui 
vous  convertiront,  j'en  suis  certain  T 
Voici  enfin  de  vrais  écrivains  del'Art 
Muet  ;  ils  savent  choisir  des  scéna- 
rios et  ils  savent  les  visualiser  ;  ils 
connaissent  les  secrets  des  intérieurs 
intimes  où  la  vie  se  glisse,  se  répand 
dans  les  moindres  détails  ;  ils  com- 
prennent quels  costumes,  quels  pay- 
sages seront  appropriés  à  leur  sujet, 
quelle  importance  ils  doivent  donner 
au  développement  psychologique  des 
personnages,  à  l'action  ou  à  l'élément 
naturel  qui  intervient  (comme  la 
neige  intervient  dans  Le  Trésor 
d'Ame  pour  spiritualiser  le  drame 
et  renforcer  sa  poésie)... 

Vous  vous  passionnerez  pour  les 
particularités  frappantes  de  leurs  in- 
terprètes ;  la  féminité  hypertrophiée 


de  Tora  Teje,  la  beauté  tragique  de 
Sjostrom.la  fougue  de  Rickard  Lund, 
la  grâce  délicate  de  Karin  Molander, 
le  charme  juvénile  de  Gosta  Ëkman, 
la  distinction  fantaisiste  de  Renée 
Bjorling,  la  bonhomie  de  Hedquist, 
la  virile  ardeur  de  Lars  Hanson,.. 
Vous  pleurerez  de  joie  devant  l'émou- 
vante aieule  du  Trésor  d'Ame,  le 
troublant  enfant  de  La  petite  fée  de 
Solbaeken  dont  le  visage  est  â  la  fois 
un  paradis  et  un  enfer...  et  surtout 
devant  la  pathétique  Mary  Johnson, 
«   Elsalil    »  inoubliable,    miraculeux 


JAQUE  CATELAIN    eu  gacmom 
l'harmonieux  acteur  français  d'ascen- 
dances suédi lises  qui  vient  de  créer  le 
suédois    Heedwick    dans  El    Dorado. 


visage,  jeune  fille  des  légendes  au 
front  pur,  aux  yeux  transparents  qui 
hantent  notre  imagination,  fabuleuse 
incarnation  des  adolescentes  de  nos 
songes, en  face  de  laquelle,  attendris, 
nous  évoquons  les  Mélisandes...  les 
Violaines...  les  Béatrix...  toutes  les 
grâces  flexibles  du  frêle  «  escalier 
d'or  »  !... 

—  Elle.  —  Mais  selon  vous,  à  quoi 
tient  cette  suprématie  dont  il  semble 
que  les  suédois  font  preuve...  et  qui 
va  me  décider  ?... 

—  Lui.  —  Pour  arriver  â  une  telle 
perfection  je  pense  simplement  qu'ils 
sont  infiniment  doués  pour  cet  art 
froid,  concentré  qu'est  le  cinémato- 
graphe, qu 'aussi  n'ayant  pas  fait  la 
guerre  ils  ont  eu  le  loisir  d'étudier 
cet  art  neuf  et  que  de  plus,  ils  sont 
les  seuls  â  l'aimer  d'amour  T 

C'est  un  fait  établi  queSjostrom  et 


Stiller  qui  sont  â  l'heure  actuelle  les 
plus  hauts  représentants  de  l'art  ci- 
nématographique suédois  sont  véné- 
rés, adorés,  respectés  au  plus  haut 
point  par  les  directeurs  de  firmes  qui 
les  ont  pour  collaborateurs.  D'autre 
part  cesdeux  grands  hommes  aiment 
les  poètes  qui  leur  confient  leurs  œu- 
vres, ils  affectionnent  le  visage  de 
leurs  interprètes,  qui  â  leur  tour  sont 
passionnément  épris  de  leur  Art  T 
C'est  là  sans  nul  doute  toute  leur 
force,  c'est  par  cela  qu'ils  atteignent 
cette  sincérité  émouvante,  cette  vé- 
rité. 

—  Elle.  —  Mais  croyez-vous  qu'en 
France  on  soit  incapable  de  cultiver 
ce  magnifique  amour  ? 

—  Lui.  —  Dans  l'avenir,  non  ;  ac- 
tuellement, oui.  Hélas  T  tant  que  les 
hommes  de  valeurs  qui  pourraient 
faire  évoluer  le  cinématographe  fran- 
çais seront  considérés  par  les  entre- 
preneurs d'affaires  cinématographi- 
ques â  l'égal  de  ceux  qui  ne  valent 
rien, (car  les  milieux  compétents  sont 
aussi  ignorants  que  le  public,  qui  ne 
sait  que  bien  rarement  reconnaître 
un  bon  film  d'un  mauvais  !)  Tant  que 
l'on  ne  fournira  pas  à  l'Esprit  fran- 
çais les  possibilités  de  se  manifester 
librement  surles  écransd'ici, d'abord, 
puis  sur  les  écrans  mondiaux  ensuite, 
taet  que  l'on  travaillera  dans  l'atmos- 
phère amère,  désagréable,  mauvaise 
ou  l'on  se  meut,  nous  ne  ferons 
malheureusement  rien  d'aussi  par- 
fait que  ce  que  nous  serions  capables 
de  faire  et  c'est  dommage,  car  ainsi 
il  manquera  certainement  â  l'art 
cinématographique  quelque  chose 
d'inestimable...  Mais,  du  moins,  en 
attendant  adorons  le  visage  si  grave, 
si  noble,  si  merveilleux  que  la  Suède 
nous  offre  dans  ses  films  T 

—  Ei.i.k.  —  Votreenthousiasmedanse 
si  éperdument  dans  ma  pensée  que 
pour  quelques  heures  je  délaisse 
Therpsichore...  je  me  consacre  à  vo- 
tre religion. 

Je  vous  en  prie...  de  suite...  télé- 
phonez ..  retenez  une  baignoire  au 
Colisée...  on  y  donne  enfin  un  film 
suédois...  voilà  des  années  que  j'y 
subis  contre  mon  gré  les  films  amé- 
ricains... joyeusement  nous  irons  ce 
soir. ..  vite...  vite... 

—  Lui.  —  Victoire  !...  Allô...  Allô 
Mademoiselle.. .  Elysée  29-46... 


Jaque  CateI  vin. 


8 


cmea 


Le  nouveau  studio  de 
la  SVenska  (Biograftea= 
tern,  à  Stockolm  f£££ 


Le  laboratoire  a  été  commencé  au 
mois  de  mai  de  cette  année  et  doit 
être  prêt  le  f'  janvier  1922  Le  temps 
a  été  très  favorable  et  on  a  activé  au- 
tant que  possible  le  travail.  On  peut 
dire  sans  exagération  que  c'est  un 
record. 

L'Etablissement  est  situé  tout  prés 
de  Stockholm  dans  la  commune  de 
Rasenda.  Le  terrain  a  une  superficie 
entre  (iBO,  <>58  et  794,  101  pieds  carrés, 
et  englobe  du  terrain  accidenté,  de  la 
plaine,  des  forêts  et  des  montagnes 
Userait  intéressant  d'avoir  un  aperçu 
des  bâtiments  qu'on  est  en  train  de 
construire, d'autant  plus  que  l'établis- 
sement doit  être  considéré  comme  un 
studio  de  modèle  dans  son  genre,  au 
moins  unique  en  Europe. 

L'intérêt  principal  s'attache  évi- 
demment aux  studios.  Ceux-là  sont 
deux,  un  grand  et  un  petit.  Le  plus 
grand  comprend  une  très  grande 
surface  :  340  X  204  pieds  carrés.  La 
hauteur  de  tous  les  deux  est  de  8  mè- 
tres. Ils  sont  construits  en  béton 
armé  et  fer.  Ce  sont  là  les  nouveaux 


principes  de  construction  et  sont  évi- 
demment munis  de  tous  les  arrange- 
ments modernes,  tels  que  scènes  de 
rotation, plateformes  tournantes, glis- 
sières horizontales  et  verticales  poul- 
ie matériel  d'éclairage.  Le  plus  petit 
studio  contient  des  loges  pour  les 
figurants  et  le  magasin  de  décors. 

Les  deux  ateliers  sont  reliés  par  un 
gros  bâtiment  dans  lequel  se  trouvent 
les  loges  des  figurants.  Au  premier, 
celles  des  dames,  et  au  second, celles 


des  hommes,  toutes  munies  de  tout 
le  confort  possible.  Au  rez-de-chaus- 
sée, se  trouvent  les  bureaux  des  met- 
teurs en  scène  et  des  régisseurs,  et 
plus  haut,  les  ateliers  des  tailleurs. 
Des  loges  d'artistes,  on  passe  direc- 
tement dans  les  ateliers,  par  des 
foyers  appelés  studios.  C'est  le  labo- 
ratoire qui  captive  l'intérêt.  C'est  une 
construction  séparée ,  comprenant 
trois  étages,  et  faite  de  briques.  Ce 
bâtiment  a  d'ailleurs  été  construit 
d'après  les  derniers  principes  amé- 
ricains. Il  y  a  plusieurs  ascenseurs 
qui  communiquent  entre  les  diffé- 
rents étages. 

Le  laboratoire  a  été  construit  pour 
permettre  un  tirage  d'environ 
50.000  mètres  par  jour.  A  l'entrée  de 
cet  établissement  (la  première  ville 
cinématographique  suédoise)  on  a 
construit  un  bâtiment  :  l'administra- 
tion englobe  des  bureaux  de  diffé- 
rentes sortes.  On  y  trouve  également 
d'autres  ateliers  et  des  étables  pour 
les  animaux  qui  serviront  à  la  mise 
en  scène  ;  très  coquettement, dans  un 
petit  bois  à  côté,  on  a  construit  un 
petit   restaurant. 

Les  dessins  et  les  plans  de 
cette  nouvelle  ville  cinématogra- 
phique ont  été  dressés  par  l'ar- 
chitecte M.  Chrone  qui  est  spé- 
cialement attaché  à  la  Svenska 
Biografteatern 


cinea 


19 


M 


LITTÊ  RA TU  RE 


M 


Selma  Lagerlof  qui  s'était  vouée  au 
professorat  en  province  d'abord  et 
risqua  seulement  à  l'âge  de  32  ans, 
de  lancer  le  fruit  de  ses  inspira- 
tions littéraires. 

Parce  que  cette  «  Légende  gosta 
Norling  »  était  écrite  très  cor- 
rectement, parce  que  les  compa- 
triotes de  Mme  Lagerlof  purent  en- 
trevoir dans  cette  œuvre  une  imita- 
tation  délicate  de  la  plus  glorieuse 
époque  de  leur  littérature  celle  du 
romantisme  du  début  du  xixe  siècle 
(M.  Sverden  l'érudit  historien  de  la 
littérature  suédoise  n'accorde  qu'à 
cette  époque  1780-1850  le  titre  de 
«  Grande  période  »),  ce  roman  devint 
très  vite  populaire.  Soyons  sincères, 
un  lecteur  étranger  ne  sera  pas 
ébloui  par  ces  nuances  mauves,  peu 
éloquentes  de  ce  livre  qui  fut  vite 
proclamé  un  chef-d'œuvre.  Lorsque 
nous  abordons  un  auteur  nordique 
nous  cherchons  chez  lui  toujours 
des  sensations  fortes,  violentes,  une 
senteur  primitive  et  presque  sauvage 
qui  pourrait  nous  servir  de  rafl'rai- 
chissement  après  les  consomma- 
tions démesurément  quotidiennes  de 
nos  productions  littéraires.  Or,  si 
dans  ce  cas  nous  nous  trouvons  en 
présence  d'une  chose  simple,  nor- 
male honnête  (au  point  de  vue  de 
réalisation  artistique)  nous  sommes, 
avouons-le, presque  déçus. Les  suédois 
eux-mêmes  ont  contribué  à  la  créa- 
tion de  ce  courant  d'opinions  dans  la 
société  de  l'Europe  occidentale.  Il  y 
avait  chez  ce  peuple  au  cours  de  son 
histoire  des  apparitions  brusques  et 
formidables  qui  éclataient  au  milieu 
d'une  humanité  moyenne  telles  des 
fusées  étincelantes,  porte-voix,  clai- 
ronnantes, sonores  ;  ces  Gustaf- 
Adolph,  ces  Charles  XII,  descendants 
des  Césars  et  Annibal,  qui  embra- 
saient la  moitié  de  l'univers  dans  la 


lueur  de  leur  passion  rouge-sang, 
cette  reine  Christine  mystique,  per- 
verse, ce  formidable  Swedenborg, 
l'homme  qui  vivait  dans  l'après- 
demain  des  rêves,  tout  récemment 
cette  tourmente  infernale,  person- 
nifiée dans  les  cauchemars  de  Strind- 
berg,  dernier  martyr  de  l'humanité, 
tout  ceci  était  trop  violent,  trop 
aveuglant  pour  qu'on   puisse   après 


aamHKHHBc                                 tv  T'^'tf  IfflSB 

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SELMA  LAGERLOFF 

ces  formidables  secousses  être  cap- 
tivé par  le  classicisme  paisible  d'un 
Isaïa  Tegner,  les  strophes  vertueuse- 
ment académique  d'un  Cari  Smoïlsky , 
les  romans  limpides  et  doux  de 
Selma  Lagerlof. 

Donc,  c'est  une  autre  raison  pour 
admirer  l'œuvre  et  la  persévérance 
de  cette  femme  qui  a  su  s'imposer 
dans  le  monde  des  lettres  et  qui,  au 
bout  de  trente  ans  de  labeur  inlas- 
sable, jouit  d'une  gloire  presque  uni- 
verselle, dont  la  consécration  par  le 


prix  Nobel  eut  lieu  il  y  a  quelque 
temps. 

C'est  surtout  l'homogénéité  de  son 
œuvre  considérable  qui  mérite  l'at- 
tention du  lecteur.  Non  pas  qu'elle 
eut  choisi  un  coin  nettement  déter- 
miné dans  l'ensemble  de  la  nature 
humaine  en  se  plaisant  de  persévérer 
dans  la  plus  scrupuleuse  analyse 
des  voies  obscures  d'un  cœur  flétri. 
Au  contraire,  on  trouve  dans  son 
œuvre  des  ouvrages  empreints  du 
plus  pur  mysticisme,  telles  ces  fa- 
meuses légendes  d'Antéchrist  à  côté 
des  romans  merveilleusement  clairs 
qui  auraient  dû  être  écrits  par  une 
journée  de  soleil,  la  fenêtre  grande 
ouverte,  sous  un  ciel  limpide, 
d'une  écriture  calme  et  mesurée 
sans  la  moindre  rature,  toutes  les 
virgules  et  tous  les  accents  stricte- 
ment observés. 

Personnellement,  je  trouve  un 
charme  particulier  aux  deux  livres 
de  sa  «  Jérusalem  »  ou  dans  des 
pages  admirablement  construites, 
s'entrechoque  la  mentalité  simple  et 
naïve  des  rudes  paysans  de  sa  terre, 
sévère  et  grave  avec  la  plus  haute 
conception  d'un  idéal  hautement 
religieux  qui  sut  traverser  les  siècles 
toujours  jeune  et  séduisant. 

La  Terre  Sainte  frémissante  sous 
les  pas  lourds  des  lents  pèlerins  sep- 
tentrionaux, les  vikings  en  veston  et 
gilet  brodé  devant  le  mur  des  Larmes 
—  c'est  peut-être  une  des  plus  belles 
images  de  ce  peuple  séculairement 
énigmatique. 

Selma  Lagerlof,  c'est  un  regard 
clair  et  toujours  jeune  dans  les  brouil- 
lards d'une  vieille  vie  fatiguée,  un 
vent  lointain  et  frais  qui  garde  tou- 
jours la  douceur  d'une  belle  main 
tendrement  maternelle. 


(A  suivre) 


L.  Valter,  trad. 


20 


cinea 


Expéditions 
Cinématographiques 
de  la  Svenska 


Pas  un  pays,  sauf  peut-être  les 
Etats-Unis,  n'a  équipé,  ces  dernières 
années,  autant  d'expéditions  de  prise 
de  vues  cinématographiques  que  la 
Suède. 

La  plus  importante  est  celle  de  la 
Svenska  en  Afrique  Anglaise.  Celle- 
ci  fut  entièrement  équipée  en  expédi- 
tion d'exploration  ;  elle  a  été  derniè- 
rement soutenue  par  ladite  Société 
de  films  qui  ne  travaille  qu'avec  un 
seul  appareil  et  pendant  un  plus 
grand  nombre  d'heures  qu'aucune 
autre. 

On  peut  se  rappeler  que  l'opérateur, 
l'Ingénieur  Oscar  Olsson,  avec  des 
conservateurs  et  des  chasseurs  par- 
tirent de  Stockholm,  il  y  a  deux  ans 
et  demi, et  qu'au  moment  où  l'expédi- 
tion prit  le  départ,  à  Nairobi,  dans 
les  régions  sauvages,  elle  comptait 
environ  90  à  100  membres.  Des  per- 
sonnes de  haute  situation  ont  fait 
l'éloge  de  la  grande  valeur  d'une  telle 
expédition. 

L'Ingénieur  Olsson  fut  interrompu 
dans  la  tâche  qu'il  avait  entreprise 
jusqu'ici,  car  il  dût  se  rendre  en  com- 
pagnie du  prince  Guillaume  de  Suède 
(un  fils  de  Roi  de  Suède,  Gustave  V) 
en  expédition  dont  le  point  de  départ 
était  Nairobi,  au  cœur  de  l'Afrique, 
par  le  lac  Victori,  dans  le  Congo 
Belge,  qui  sera  la  ligne  de  retraite  de 
l'expédition  vers  le  Caire.  Beaucoup 
de  choses  attendent  l'appareil  de 
M.  Olsson  :  animaux  sauvages  en 
masse,  lions,  buffles,  gorilles,  rhino- 
céros, qu'il  photographiera  à  son 
aise,  ainsi  que  la  vie  des  noirs,  leur 
mœurs.  L'expédition  continuera  vers 
le  volcan  Kirunga,  dont  la  hauteur 
est  de  5.000  mètres,  qui  sera  filmé.  On 
fonde  de  très  grands  espoirs  sur  ce 
voyage 

Il  y  a  aussi  deux  voyages  d'explo- 
ration scientifique  qui  sont  munis 
d'appareils  cinématographiques  sué- 
dois, et  qui  ont  pour  but  de  voyage  ; 
Le  Kamschatka  et  la  Chine. 

Le  premier  est  conduit  par  MM.  Berg- 
mann  et  Malaise.  Ce  dernier  a  fait  son 
apprentissage  dans  le  laboratoire  de 
la  Svenska  Biografteatern,  et  est  de- 


venu un  excellent  photographe.  Cette 
dernière  expédition  a  déjà  eu  des 
aventures,  entre  autres,  a  participé  à 
un  naufrage  en  mer. 

Il  y  a  des  raisons  pour  fonder  de 
grandes  espérances  dans  le  film  du 
Kamslhatka,  d'autant  plus  que  l'ap- 
pareil de  M.  Malaise  est  sans  doute 
le  premier  qui  a  tourné  dans  cette 
contrée  de  l'Afrique,  relativement 
peu  connue. 


Le  voyage  entrepris  dans  la  mer 
de  Glace  du  Nord,  à  bord  d'un  bateau 
pécheur  Norvégien,  et  qui  fut  un 
voyage   de  caractère  journalistique, 


DESSIN    DE   I.      M  KM  IN 

ARS    HANSON 


ne  fut  pas  une  expédition  de  plaisir 
pour  les  opérateurs  de  la  Svenska 
Biografteatern,  car  l'opérateur  dut 
prendre  engagement  sur  ce  bateau, 
comme  homme  d'équipe,  et  prenait 
part  aux  travaux  de  bord  ;  les  aven- 
tures qui  leur  arrivèrent  mirent  plus 
d'une  fois  leur  vie  en  danger. 

Une  tournée  de  reportage  autour 
du  monde  a  été  commencée  ces  jours- 
ci  à  la  tète  de  laquelle  se  trouve  le 
rédacteur  A.  Essen.  Cette  expédition 
est  aussi  entreprise  par  la  Svenska 
Biografteatern.  M.  Essen  est  un  jour- 


naliste entraîné  :  un  appareil  de  prise 
de  vues  dans  les  mains  d'un  tel 
homme  doit  être  un  instrument  qui 
peut  reproduire  avec  autant  d'ex- 
pression que  la  plume  et  le  pinceau 
les  milieux  et  décors  divers  qu'il  ren- 
contre durant  son  voyage. 

Peut-être  l'initiative  de  M.  Essen 
sera-t-elle  le  vrai  chemin  à  suivre, 
l'appareil  enregistreur  étant  dans  les 
mains  d'un  journaliste  opérateur 
bien  entraîné. 

Il  est  intéressant  de  rappeler  que  la 
Svenska  Biografteatern  a  fait  une  ex- 
pédition cinématographique  durant 
l'été  1010,  en  Islande  et  au  Spitzberg. 


On  tourne 


En  ce  qui  concerne  la  mise  en  scène 
de  cette  année,  les  metteurs  en  scène 
sont  : 

MM.  Victor  Sjostrom,  Maurice  Stil- 
ler,  Brunius. 

On  croit  pouvoir  mettre  en  scène 
huit  films. 

M.  Sjostrom  est  en  train  de  diriger 
un  film  dont  l'action  se  déroule  en 
Italie,  Pendant  la  Renaissance.  Dans 
ce  film,  on  verra  le  bel  artiste  Ivan 
Hedquist;  les  autres  interprètes  sont: 
Jenny  Hasselquist  et  Josta  Ekman. 

M.  Stiller  mettra  en  scène  deux 
films  qui  auront  pour  interprètes  : 
Lars  Hanson,  Karin  Molander,  et 
sans  doute  aussi  Mar}-  Johnson.  Il 
est  probable  que  M.  Hedquist  jouera 
dans  un  des  films  de  M.  Stiller.  Un 
de  ces  deux  films  sera  joué  dans  un 
milieu  russe,  et  sera  tiré  d'une  nou- 
velle de  Selma  Lagerlof.  Nous  verrons 
probablement,  dans  un  des  rôles  : 
RickardLund,  que  personne  n'aoublié 
depuis  sa  création  du  Trésor  d'Ame- 

M.  Brunius  mettra  en  scène  égale- 
ment deux  films  avec  les  principaux 
interprètes  :  Pauline  Brunius,  et  la 
délicieuse  Renée  Bjorling. 

Enfin,  la  Svenska  a  engagé  depuis 
deux  ans  déjà,  M.  Christensen,  un 
danois,  qui  possède  de  grandes  qua- 
lités de  metteur  en  scène,  et  qui  met- 
tra en  scène  deux  films  qui,  paraît-il, 
seront  une  révélation  de  l'industrie 
cinématographique.  M.  Christensen  a 
intitulé  un  de  ces  deux  films  Un  essai 
historique  en  images  virantes. 

A.  R. 


cmea 


21 


Ce  fut  sans  cloute  un  moment  his- 
torique pour  l'art  cinématographique 
suédois  quand  Victor  Sjostrom  fut. 
ovationne  parle  public  enthousiasmé 
d'une  grande  capitale  ;  après  la  pre- 
mière représentation  de  «  Korkalen  » 
au  Théâtre  de  l'Alhambra,  à  Londres. 
De  ce  fait,  on  peut  considérer  que 
la  victoire  complète  a  eu  lieu  qui 
était  désirée  depuis  longtemps  mais 
n'était  pas  encore  tout  à  fait  gagnée 
malgré  des  succès  mérités,  mais  plus 
rares. 

Quand  il  sera  après  cela,  question 
à  l'étranger  du  «film  suédois  »,  il  y 
aura  enfin  l'attention  du  public. 
L'honneur  de  ce  triomphe  appartient 
a  «  l'industrie'suédoise  cinématogra- 
phique »  ;  mais  il  est  aussi  [question 
de  l'honneur  personnel,  un  grand  nom 
suédois  passe  dans  le  monde  et  dé- 
fend avec  bravoure  sa  place  à  côté 
de  ceux  qui  sont  au  monde  du  film 
comparé  à  des  phénomènes  astrolo- 
giques «  Victor  Sjostrom  ». 

En  été  1912  ;  Victor  Sjostrom  venait 
pour  la  première  fois  au  film  mais 
seulement  comme  acteur. 

A  la  hâte,  nous  voulons  rappeler 
comment  Sjostrom  est  devenu  une 
figure  de  premier  plan  maintenant 
dans  l'art  cinématographique. 

Sa  première  œuvre  fut  Ingerberg 
Holm  un  film  social  qui  a  très  forte- 
ment et  non  sans  résultat  critiqué 
nos  institutions  pour  les  pauvres. 

Son  deuxième  et  plus  célèbre  film 
fut  à  notre  avis  Terge  Yigen,  le  pre- 
mier film  suédois  ayant  une  valeur 
littéraire  dont  nous  puissions  garder 
le  souvenir. 

Il  passa  également  en  Allemagne  et 
en  Angleterre  et  fut  un  grand  succès. 

Le  film  suivant  fut  Berçj  Eyvind  et 
sa  femme  la  magnifique  épopée  ro- 
mantique de  l'Islandais  Johann  Sigur- 
Jonsson  adaptée  pour  l'écran  par 
Sjostromavec  une  si  grande  maîtrise 
que  l'on  peut  donner  à  ce  film  aujour- 
d'hui encore  la  plus  grande  estime  : 
non  seulement  comme  metteur  en 
scène,  mais  aussi  comme  acteur,  Sjos- 
trom a  montré  une  force  intellectuelle 
très  rare. 

Le  premier  film  de  Selma  Lagerlof 
parut  en  1917  La  jeune  fille  de  Stor- 
murtorpet  non  seulement  il  eut  un 
grand  succès  dans  son  pays  d'origine 
mais  il  en  franchit  les  limites  comme 
une  première  documentation  vivante 
de  la  culture  des  paysans  suédois 
L'année  suivante,  Lcy  fils  de  Ingimar 
un  film  historique  d'une  mise  en  scène 
remarquable. 


Nous  sommes  après  cela  tellement 
près  de  la  dernière  production  qu'une 
émunération  nouvelle  est  superflue. 
Nous  nous  souvenons  seulement  de 
La  tille  de  Karin  Inamar  et  —  après 
avoir  réfléchi, et  pour  montrer  l'éten- 
due de  la  souple  nature  de  Sjostrom 
—  le  film  Thomas  Graal  mise  en 
scène  par  Stilleravec  Sjostrom  comme 
acteur. 

ractère  suédois    et  qui    ne  sont  pas 
dépassées  en  leur  genre. 

La  finesse  du  regard  et  le  sens  ly- 
rique, voilà  les  qualités  que  possède 
à  un  degré  très  rare  Victor  Sjostrom 
et  si  nous  regardons  les  films  de 
Selma  Lagerlof,  il  a  réussi  surtout  à 
interpréter  la  poésie  de  cet  acteur 
d'une  manière  parfaite. 

Rien  ne  devient  laid  sous  sa  direc- 


M\    lil     I  .    \I.KM  \\ 


VICTOR  SIOSTROM 


tion  et  rien  n'est  petit  :  le  soleil. illu- 
mine la  plus  humble  chaumière  de 
son  plus  bel  éclat  et  le  plus  petit  coin 
peut  donner  de  belles  visions  à  un 
œil  qui  comprend  et  qui  veut  com- 
prendre. 

De  cette  manière,  il  a  su  donner 
au  film  suédois  une  vie  spéciale  où 
n'atteignent  pas  les  autres. 

Dans  un  propos  sur  Korkarlen  on 
a  dit  qu'il  est  jusqu'ici  le  film  qui  ait 
le  mieux  compris  la  question  delà  vie 
et  du  cœur  humains  :«  C'est  un  film 
que  l'on  vit  plus  qu'on  ne  le  voit  » 

La  valeur  de  ce  film  ne  peut  être 
mieux  dépeinte  ;  il  n'est  pas  ici  ques- 
tion grâce  aux  qualités  de  metteur  en 
scène  de  Sjostrom  d'un  produit  ciné- 
matographique ayant  une  valeur  lit- 
téraire. 

Le  réalisateur  et  l'acteur  ont  ici 
produit  quelque  chose  de  plus  :  une 
vue  de  perspective  de  l'avenir  ciné- 
matographique plus  pleine  d'effets 
que  les  mots  imprimés  du  livre,  plus 
persuasive  qu'une  pièce  ordinaire. 

Cet  homme,  est  un  poète  national 
suédois  avec  une  plus  grande  in- 
fluence et  déplus  grandes  possibilités 
de  victoire  que  n'importe  quel  autre, 
il  prêche  dans  le  nouveau  temple 
du  peuple  :  le  cinéma  ;  il  est  écouté 
par  des  milliers  de  personnes  et  il 
fait  appel  à  l'organe  le  plus  simple 
intermédiaire  du  cœur  et  de  l'esprit 
humains,  l'œil.  Un  discours  ?  Oui, 
ainsi  s'est  exprimé  un  curé  dernière- 
ment qui  a  dit  de  Korkarlen  que  ce 
film  a  été  le  meilleur  discours  contre 
l'alcoolisme, discours  visuel  d'autant 
plus  puissant  qu'il  était  en  même 
temps  écouté  par  des  milliers  de  per- 
sonnes sous  des  latitudes  différentes. 

Il  y  a  des  signes  qu'on  ne  saurait 
méconnaître  qui  présagent  une  re- 
naissance après  le  matérialiste  pro- 
fond caractéristique  de  cette  dernière 
décade.  C'est  après  le  chaos  après  sa 
chute  que  les  gens  commencent  à 
demander  autre  chose  il  est  naturel 
que  la  force  créatrice  qu'est  l'art  ci- 
nématographique soit  arrivée  à  une 
réorganisation  de  ses  directives.  On 
discutera  de  la  valeur  des  méthodes, 
on  ne  niera  pas  sa  puissance. 

En  ce  qui  concerne  la  renaissance 
dans  notre  pays,  la  responsabilité  en 
incombe  totalement  à  une  personne, 
Victor  Sjostrom.  Il  en  est  digne. 

Homme  de  réalisation,  Homme  de 
pensée  Sjostrom  connaîtra  de  grandes 
victoires  dans  la  bataille  livrée  pour 
l'Art  cinégraphique. 

R.  L.  C. 


22 


cinea 


TQRA 
TEJE 


<3TZ 


\<ru*~,  'g^-- 


Dessin  d*E    Nerman- 


cmea 


23 


LE  MONASTERE  DE  ShNDOMIR 
Une  œuvre  de  Victor  Sfostrom  qui 
a  fortement  saisi  le  spectateur  de 
1  écran  par  sa  concision  tragique,  son 
atmosphère,  son  intimité  doulou- 
reuse et  son  mouvement  pathétique. 


24 


cinea 


LE  MONASTERE  DE  SENDOMIR 
Dans  une  parfaite  pénombre  de 
style,  Sjostrom  a  prodigieusement 
animé  le  parfait  quator  de  Tora 
Teje.  Richard  Lund.  Renée  Bjorn- 
line.  Tore  Svennbere. 


cinea 


25 


La  nouvelle  série  de  films  de 
plein  air,  de   voyages  de   la 

Svenska. 

La  Société  Svenska,  de  Stockholm, 
va  .sortir  cette  année  sur  le  marché 
mondial  une  série  spéciale  de  films 
de  plein  air.de  voyages  et  de  docu- 
mentaires, pris  en  Scandinavie  et 
dans  les  régions  arctiques. 

Les  films  de  plein  air  de  la  Svenska 
sont  déjà  réputés  par  la  variation 
des  sujets,  la  très  belle  photographie, 
et  surtout  l'intérêt  qu'ils  présentent. 
Pendant  l'été  dernier,  la  Svenska  a 
fait  une  collection  de  films  sembla- 
bles, représentant  les  contrées  Scan- 
dinaves et  nordiques.  Les  arrange- 
ments qui  ont  été  pris  pour  la 
photographiede  ces  films  ont  été  faits 
de  façon  à  ce  que  les  vues  représentent 
les  plus  belles  contrées  de  ces  pays. 

Cette  série  de  films  comprend  des 
tableaux  de  Suède,  du  Danemark,  et 
de  Norvège,  et  également  de  deux 
îles  où  jamais  un  appareil  de  prise  de 
vues  a  été  vu,  c'est-à-dire  en  Islande 
etdans  les  «  spitzbergs  »  (dans l'océan 
glacial  arctique). 

Le  Spitzberg  est  actuellement  d'un 
grand  intérêt.  Cette  contrée  est  «  no 
man's  land  »  presque  depuis  qu'elle  a 
été  découverte.  Autrefois,  elle  était 
importante  par  la  pêche  des  baleines 
qui  se  faisait  sur  le  côtes.  Aujour- 
d'hui, sa  possession  a  été  recherchée 
à  cause  des  mines  de  charbon  qui  y 
ont  été  découvertes.  La  Norvège  et 
la  Suède  exploitent  en  ce  moment  les 
mines  qui  n'ont  pas  été  touchées  jus- 
qu'ici et  on  y  travaille  même  pendant 
l'hiver.  L'Islande  a  été,  il  y  a  des 
siècles,  le  pays  natal  de  la  poésie  et 
des  légendes  du  Nord,  mais  aujour- 
d'hui, elle  est  devenue  aussi  celui  de 
son  travail  et  de  son  industrie. 

Jusqu'à  présent,  ces  deux  contrées 
avaient  échappé  à  l'œil  investigateur 
du  film  :  c'est  pendant  l'été  de  1918 
qu'elles  furent  photographiées  pour 
la  première  fois  parla  Svenska  Bio- 
grafteatern.  Ces  séries  comprennent 
aussi  des  vues  magnifiques  de  trois 
grandes  villes  Scandinaves  :  Copen- 
hague, Christiania  et  Stockholm, 
,  ainsi  que  de  fort  belles  et  inléres- 
i  santés  vues  documentaires  sur  les 
:  Régions  du  Nord  de  la  Suède  et  de  la 
Norvège. 


Une  attention  toute  particulière  a 
été  apportée  pour  rendre  la  vieille  et 
si  particulière  culture  existant  tou- 
jours parmi  les  Lapons.  Les  films 
ainsi  obtenus  sont  merveilleusement 
beaux  et  d'un  grand  intérêt.  En  pré- 
sentant ces  vues  au  public, laSvenska 
Biografteatern  espère  qu'elles  seront 
accueillies  avec  le  même  intérêt  que 
les  autres  films  donnés  parla  Société, 
et  qu'elles  éveilleront  l'admiration 
pour  ces  contrées  si  riches  en  beautés 
naturelles.  Le  public  appréciera  cer- 
tainement l'opportunité  de  ces  films 
et  goûtera  le  charme  de  ces  splen- 
dides  contrées. 

Films    scientifiques   du  Nord 
et  du  Sud. 

Les  deux  Sociétés  cinématogra- 
phiques qui  travaillent  ensemble  fe- 
ront   paraître     prochainement    plu- 


1  ■  I-.  —  I  >■     lil.    fi.    MIDI  \.N 


KAKIN  MOLANDER 


sieurs  films  scientifiques  qui,  certai- 
nement, confirmeront  le  plus  grand 
apport  qu'est  le  cinéma  au  service  de 
l'étude. 

C'est  ainsi  que  le  spécialiste  d'étude 
sur  les  animaux,  le  conservateur, 
David  Sjolander,  vient  de  prendre 
plusieurs  films  intéressants  sur  la 
gent  ailée  du  Nord,  donnant  une  im- 
pression singulièrement  riche  et  va- 
riée de  la  vie  des  oiseaux  et  de  leurs 
particularités. 

Le  meilleur  écrivain  ou  le  cliché  le 
plus  parfait  ne  pourraient  montrer 
de  façon  aussi  exacte  que  le  film,  les 
milles  petits  mouvements  des  oiseaux 
et  leur  vie  intime.  11  est  vrai  que 
M.  Sjolander  est  maître  dans  l'art  de 
surprendre  toutes  les  bêtes  et  de  les 
«  saisir  »  au  moment  propice. 

Parmi  ces  films  se  remarque  une 
série  prise  dernièrement  dans  de  pe- 
tites îles  habitées  de  préférence  par 
des  oiseaux  :  Store  et  Lilla  Karlso, 
près  de  la  côte  de  Gotland  dans  la 
mer  Baltique.  La  vie  des  oiseaux  de 
mer  a  été  saisie  là,  sur  le  vif,  entre 
autre,  celle  des  goélands  à  pieds 
jaunes,  des  hirondelles  de  mer,  des 
pingoins  et  des  macreuses. 

Différentes  autres  séries  ont  été 
prises  autour  du  petit  lac  deTakern, 
au  centre  de  la  Suède,  bien  connu 
pour  l'extraordinaire  quantité  d'oi- 
seaux vivant  sur  ses  bords,  puis  de 
l'île  de  Maklappen  près  de  la  côte  la 
plus  méridionale  de  Suède,  et  enfin 
du  lac  de  Hjartared,  dans  la  province 
de  Halland,  où  on  trouve  les  seules 
colonies  de  hérons  du  pays. 

11  faut  surtout  citer  le  voyage  si 
riche  en  résultats  que  M.  Sjolander 
fit  dernièrement  dans  la  Laponie  sué- 
doise, où  il  vécut  tout  un  été,  et  dont 
une  série  de  six  films  peut  donner  un 
aperçu  complet  des  oiseaux  de  mon- 
tagne, comme  desperdrix,  desmerles, 
des  si/.erons,  et  de  toute  la  faune  de 
ces  régions  arctiques. 

En  ce  moment,  M.  Sjolander  est 
loin  de  son  pays  natal:  il  a  été  envoyé 
en  Chine  comme  membre  d'une  expé- 
dition organisée  par  le  Musée  Natio- 
nal d'histoire  naturelle,  et  il  prend 
une  série  de  films  sur  les  animaux  et 
les  particularités  de  ce  pays  que  la 
Skandia  a  l'intention  de  lancer  sur  le 
marché. 


26 


cinea 


VERS  LE  BONHEUR  (HROTIkON) 
Erotikon  est,  dit-on.  l'œuvre  maîtresse  de  Maurice  Stiller  dont   nous 
avons  admiré  la  virtuosité  en  nuances  dans  JVolo  et   /..'  Trésor  d'Ame 


cinea 


27 


VERS  LE  BONHEUR  (KROTIKON) 
ToraTeje,  Andersde  Wahl,  LarsHanson,  Karin  Molander,  applaudis  déjà  dans  de  beaux  films 
sont  les  protagonistes  de  cette  grande  fresque  où  nous  verrons  autant  de  luxe  que  d'art. 


28 


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LA  QUATRIEME  ALLIANCE 
DE  DAME  MARGUERITE 


Iinea 


LA  QUATRIEME  A LL1ANCE 
DE  DAME  MARGUERITE 


c  i  n  e  a 


Sommaire     du     N  °     1 

Les    films    d'aujourd'hui.    —     Léon 

Moussinac,  Henriette  Janne. 

De  "Rose-France"  à  "El  Dorado"  — 

Louis  Delluc. 

En  Amérique.  —  Lionel  Landry. 
Films   cubistes  allemands.   —   Ivan 
Goll. 

Spectacles.  —  Eve  Francis. 
Derrière  l'écran.  —  Daven. 
Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 
Echos,  Réponses,  Concours. 
Photos   et   Portraits    de   Norma  Tal- 
madge,  Cappellani,  Mado  Minty, Jaque 
Catelain,    Lili   Samuel,    Hallys    Feeld, 
Boldirerï,  Louise  Glaum.  Eve  Francis. 
Maë  Murray,  Sessue  Hayakawa.  Mar- 
celle   Pradot,    Elena  Sagrary,    Charlie 
Chaplin,    Footitt,    Suzanne    Després, 
Signoret,  Chaliapine,  etc. 


Sommaire     du     N  °     2 

Les  films  d'aujourd'hui.  —  Pierre 
Seize,  Léon  Moussinac.  Henriette 
Janne,  L  L. 

Louise  Fazenda  et  quelques  autres. 

—  Lionel  Landry. 

Les  films  suédois.  —  Louis  Delluc. 

L'art  pour  le  septième  art.  —  Canudo. 

Notes. 

Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 

Derrière  l'écran.  —  Daven. 

Photos  et  Portraits   de  Pearl  White, 

Irène    Castle,    Barthelmess.    Antoine, 

Sacha  Guitry,  Van  Daële,  Modot,  Ida 

Rubenstein,  Chaliapine,  Yonne  Aurel, 

etc. 

Dessins  de  Cappiello,  Sacha   Guitry, 

Einar  Nermann,  Bécan,  A. -F   Marty. 


Sommaire     du     N  °     3 

Les    films    d'aujourd'hui.    —    Pierre 

Seize,  Léon  Moussinac,  L.  L.,  Henriette 
Janne, J. -H.  Lévesque. 

Notes,  —  Louis  Delluc. 

Variations.  —  Lionel  Landry. 

Interprétation.  —  Roger  Karl. 

Le  synchronisme  cinémato- 
graphique. —  Vuillermoz. 

Spectacles.  —  Eve  Francis. 

Derrière  l'écran.  —  Daven. 

Pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 

Echos,  Réponses,  Concours 

Photos  et  Portraits  deCliarlieChaplin. 
Nazimova,  Betty  Blythe.  Jane  Mvro, 
Roger  Karl,  Eve  Francis".  Pavlowa, 
Diaghilev*-,  Bakst,  Stravinskv.  etc 


Sommaire     du     N°     4 

Couverture.  —  Raquel  Meller. 
Les  Films.  —  L.  L.  Henriette  Janne, 
Léon  Moussinac,  etc. 
W.  S.  Hart. 
Notes.  —  Louis  Delluc. 
Une  ténébreuse  affaire.  —  Composi- 
tion cinégraphique.  d'après  le  roman 
de  Balzac,  par  Lionel  Landry. 
Le  peintre  au  cinéma.  —  J.  F.  Laglen. 
Derrière  l'écran.  —  Daven. 
Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 
Le  Film.  —  Louis  Nalpas. 
Photos,  Dessins,  Portraits  de  Signo- 
ret. Max  Linder.  W.  Hart.  Lillian  Gish. 
Marcel  Lévesque,  Prince,  etc. 

Sommaire     du     N  °    5 
Couverture.  —  Douglas  Fairbanks. 
Les  Films. —  Léon  Moussinac.   Lionel 
Landry,  René  Bizet. 
Mamamouchi,  par  J.  de  Baroncelli. 
Studio.  —  Louis  Delluc. 
Moving  Picture  Laud.  —  Henry  Rous- 
sel. 

Derrière  l'écran.  —  Daven. 
Spectacles.  —  Eve  Francis. 
Une  ténébreuse  affaire. —  Suite  et  fin. 
Photos  et  portraits  de  Yanova.  André 
Nox.  Nikita  Balieff.  Maë  Marsh,  Fran- 
cesca  Bertini.  Tsin-Hou.  Anieka-Yan. 
de  Baroncelli.  Maria  Dalbaicin.  etc. 


Sommaire     du     N°     6 

Couverture.  —  Jewel  Carmen. 

Les  Films. —  Lionel  Landry. 

Notes.  —  Louis  Delluc. 

Paroles  d'acteur  muet.  —  Jaque  Cate- 

lian. 

Le  cinéma  mystique. —  Jean  Epstein. 

Au  fumoir.  —  Marcel  Lévesque. 

Derrière  l'écran.  —  A.  Daven. 

Spectacles.  —  Raymond  Pavelle. 

En  Amérique.  —  L.  Landry. 

Définitions.  —  Charles  Démery. 

Littérature.  —  L.  Valter. 

Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 

Photos  et  portraits  de  Suzanne  Talba. 

André    Nox,    Jaque     Catelain.     Elena 

Sagrary,  Sarah  Bernhardt.  etc. 

Sommaire     du     N°     7 

Couverture.  —  Jean  Borlin. 

Les  films.  —  René  Bizet,  L.  Landry. 

D.  W.  Griffith.  —  (Portrait  express"). 

Lillian  Gish.  —  (Portrait  express). 

Chef    D.    W.    Griffith.    —    Germaine 

Du  lac. 

Notes.  —  Louis  Delluc. 

Derrière  l'écran.  —  Daven. 

Spectacles. —   Eve  Francis.  Raymond 

Pavelle. 


Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 
Photos  et  portraits  de  Yvette 
Andreyor,  Griffith.  Carol  Dempster, 
Lillian  Gish,  Richard  Barthelmess, 
Donald  Crisp,  Constance  Talmadge, 
Alfred  Paget,  Seena  Owen,  Robert 
Harron,  SéverinMars.  Musidora,  Lvda 
Borelli,  Signoret,  Asta  Nielsen,  johan- 
sen,  Paul  Claudel.  Darius  Milhaud, 
Eleonora  Du  se,  etc. 


Sommaire     du     N  °    8 

Couverture.  —  Loïe  Fuller. 
Les  Films.  —  Lionel  Landrv. 
Notes.  —  Louis  Delluc. 
Impressions  d'écran.- Louise  Fazenda. 
Pour  le  nu  photogénique.  —  L.  L. 
Derrière  l'écran.  —  Daven. 
Spectacles.  —  R.  Pavelle. 
La  critique  est  aisée.  —  Debacker. 
Illustrations.  —  Huguette  Duflos,  Le 
Lys  de  la  Vie.  Tania  Daleyme.  Marcelle 
Souty,  Anna  Pavlowa,  Eric  Barclay. 


Sommaire     du     N°     9 

Couverture. — Jolanda  Figoni. 

Les  Films.  —  Lionel  Landry. 

Notes.  —  Louis  Delluc. 

En  Amérique.  —  L.  L. 

Le    peintre    au     Cinéma.    —     J.     F. 

Laglenne. 

Douglas  for  ever. —  Louis  Delluc. 

Derrière  l'écran.  —  A.  Daven. 

Spectacles.    -  -    Eve   Francis   et    Jean 

Cocteau. 

Les  pages  de  ma  vie.  —   Chaliapine. 

Sessue    Hayakawa.    —    (Portrait 

express). 

Illustrations.   —    Emmv    Lynn,    Van 

Daële,  Shirley     Mason.  Gahv  Morlav. 

Louis  Forest.  Charlie  Chaplin.  Charles 

Alstrup.  Lauritz  Olsen,  Frederik  Buch, 

Carina  Ari.  Gaston  Jacquet.  Hayakawa. 


Sommaire    du     n°     10 

Couverture.  —  Mary  Pickford. 
Les  Films.  —  Lionel  Landrv. 
Les  Trois  Mousquetaires  (Pathé  . 
Les    Trois    Mousquetaires  (Douglas 

Fairbanks). 

Douglas  Fairbanks.  —  (Portrait 
express). 

Mary  Pickford.  —  (Portrait  express). 
Derrière  l'écran.  —  André  Daven. 
Le  nu  photogénique. —  Musidora. 
Les  pages  de  ma  vie.  —  Chaliapine. 
Fièvre.  —  P.  de  La  Borie,  Pierre  Seize. 
Auguste  Nardy.  Tavano.  Léon  Moussi- 
nac, etc. 

Illustrations.  —  Gina  Païenne.  Max 
Linder.  Aimé  Simon  Girard.  Henri 
Rollan.  Martinelli.  de  Guingand,  de 
Max,  Fairbanks,  Edward  Knaublock, 
Musidora,  Eve  Francis.  Elena  Sagrary, 
Van  Daële.  Modot.  etc. 


Imprimerie  spéciale  de  cinéa,  84,  rue  Rochechouart.  Paris. 


Le  gérant  :  A.  Paty, 


22  Juillet  1921 


Numéros  12-  13 


■^  ^  -^  Hebdomadaire  Illustré  ^  ^  4 
Louis  DELLUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
io.  Rue  de  l'Elysée,  Paris  -  Tél.  :  Élys.  58-84 


ABONNEMENTS    : 

I  an  75  fr.  -  6  mois  40 fr. 
Le  Numéro  ...  2  fr. 


LEON     MATHOT 
Un  des  plus  surs  interprêtes  du  cinéma  français,  un  de  ceux  qui  ont  le  mieux  progressé  et  le  plus  mérité  avec  une  série  de 
créations  considérable    d'où    se    détachent   Monte-Cbristo ,    Travail,    L'Ami  Fritç ,    Papillons,    Blanchetie,    étapes   brillantes 

d'un  travail  acharné. 

LE  ROMAN  D'UN  AGENT  DE  CHANGE  AFFAIRE 

Histoire  américaine  de  O.  Henry. 

LES       MEMOIRES       DE       CH  ALI  AVINE 


Succès  d'aujourd'hui  : 


<  >- 

LU_j 


Emmy  LTTVJTV 
Marcel  VJBET{T 


DANS 


VISAGES  VOILÉS...  AMES  CLOSES 

de  Heray   ROUSSEL 

(Jupiter-Film) 


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VAJS  DAELE 


DANS 

LE  DESTIN   ROUGE 

Drame  de   Frantz   TOUSSAINT 

(Jupiter-Film) 


Û 
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Ceux  de  demain  : 


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Les  Aventures  de  Sherlock  Holmes 

15   Episodes  d'après  CONAN   DOYLfL. 

(Stoll-Film) 


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v  L'ETERNEL  FEMININ 

Histoire   romanesque   de   Roger   LION. 

Eve  ET^JIMCJS 

Elena  SAG^MX         DANS 

VAIS  DJIELE  F  T  F  V  R  F 

MODOT  n  i    i         hfi  i  i  \r 

Drame   de    Louis   DtLLUC 

(Alhambra-Film} 


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ce 

LU  U. 


m 


Eve  FRANCIS  dans 

LE  CHEMIN   DERNOA 


(Parisia-Film) 


Edités  par  la 


S"  F3'  DES  FILMS  ARTISTIQUES 

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Notre  Livre  d'Adresses 

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2.   rue  de  Sèze 

H.    Compère,    copie    de    manuscrits, 

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Madeleine     Panizon,    chapeaux,   8, 

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Photographie  d  Art  :  Henry  Castéra, 
51,  rue  de  Clichy 

L'Edition,  4,  rue  de  Furstenbert; 

Les  éditions  de   la   Sirène,  7,    rue 

Pasquier 

Comœdia  illustré,  32.  rue  Louis-le- 
Grand 

Ciné  pour  Tous,  26'''\  rue  Traver- 
siez 

L'Esprit   nouveau,    revue  d'Estbcti- 
que,  29,  rue  d'Aï  torg 

Footitt    et    ses    cocktails,    6,     rue 

Montaigne 

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avenue  Victor  Emmanuel  III 

Le  Cotisée   est  le    cinéma  entre   les 
ci  uc  mas 

Montagne,  traiteur,  est  le  roi  de  la 
cuisine  française,  rue  de  l'Echelle 


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LA     JUNGLE 
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: 

\M3£         sera   clos   le    1er   Août    prochain         J£M\ 

:  : 

!  NOTRE  CONCOURS  DE  PHOTOGRAPHIES  I 

: 

\JgJg     sera  clos  le  1er  Septembre  prochain     J£M\ 


cinea 


|  RÉPONSES  A  QUELQUES  LETTRES  I 


! 


Marie-Louise  T.  —  Les  extérieurs  du 
Carnaval  des  Vérités  furent  tournés  à  Biar- 
ritz ceux  d'El  Dorado  à  Séville  et  Grenade, 
ceux  de  l'Homme  du  Large,  à  Quiberon  et 
Vannes. 

Tullamors.  —  Les  meilleurs  incarna- 
tions de  Van  Daële  sont  à  mon  avis  : 
Jacques  Hébert  de  Narayana  et  Militis  de 
la  Boue.  Vous  le  reverrez  dans  Pour  mu- 
nuit  d'Autour  d'après  E.  Zola  et  Les  Roc- 
quevillard,  d'après  H.  Bordeaux. 

Le  Penseur.  —  Annette  Kellermann  est 
née  à  Sydney  (Australie)  en  1887.  Helen 
Fergusson  à  Decater  (Illinois).  Margarita 
Fisher  en  1894  dans  l'Iowa  et  Max  Linder 
à  Bordeaux. 

Admiratrice  A.  Nox.  —  Cet  artiste  est 
actuellement  à  Londres,  ou  il  tourne  Le 
Crime  de  Lord  Arthur  Saville.  Avant  ce 
film  vous  verrez  encore  La  Mort  du  Soleil. 

Admirer  NT. —  Voici  tous  les  renseigne- 
ments concernante  Cité  Défendue  (The 
Forbidden  City)  scénario  tiré  de  l'œuvre 
de  George  Scaborough  par  Mary  Murillo. 
Réalisation  de  Sidney  à  Franklyn  avec 
Thomas  Meighan  (|ohn  Worden),  Michael 
Rayle  (Mandarin),  A.  E.  Warren  (Wong 
Ling),  Roggers  Lytton  (L'Empereur),  Reid 
Hamilton  (Lieutenant  Halbert)  et  Norma 
Talmadge  dans  le  double  rôle  de  Toy  et  de 
San-San. 

???.  —  Dans  les  Trois  Lys  de  Lucie  Dela- 
rue-Mardrus  vous  reverrez  Gine  Avril. 

Vivianne.  —  Viviette  est  un  film  de  Vi- 
vian Martin  intitulé  également  Viviette  en 
Amérique.  Le  Scénario  a  été  découpé  par 
J.  Crawford  Ivers  d'après  le  roman  de 
William  J.  Locke.  La  distribution  com- 
prend :  Vivian  Martin  (Viviette),  Harrison 
Ford  (Austin  Ware),  Eugène  Pallette,  Kate 
Toncray,  Clare  .Whipple,  Donald  Blake- 
more. 

Robert  Périscope.  —  Vous  faites  erreur 
Deux  Coqs...  Une  t  ouïe  n'est  pas  une  réé- 
dition de  la  Montée  vers  V Acropole  mais 
un  film  de  la  Nordisk  interprété  par  Lau- 
ritz  Olsen. 

Cora.  —  Voici  les  adresses  demandées: 
Elsie  Fergusson  ;  Famous  Players  Studio 
127  west  56  th.  Street,  New-York  City.  — 
Mary  Miles  Minier  ;  Morosco,  Los  Ange- 
les (Cal).  —  Enid  Bennett  ;  Ince  Studio. 
Culver  City  (Cal).  —  Bessie  Love  ;  Vitagraph 
Studios,  Prospect  and  Talmadge  Streets. 
Los  Angeles  (Cal).  —  George  IValsb  ;  P.  O. 
Box  24,  Station  H,  care  of  Fox  Film  Cor- 
poration,   130   West,   46  th.  Street.  New 


York  City.  —  Tom-Mix,  Fox  Studio.  1.401 
Western  Avenue.  Los  Angeles  (Cal). 

Domino  bleu.  —  Ces  renseignements 
sont  absolument  gratuits.  Il  nous  est  im- 
possible vu  le  nombre  considérable  de 
lettres  que  nous  recevons  journellement, 
de  vous  répondre   par  lettre  particulière. 

Allah  Garh.  —  Cette  artiste,  prenant 
son  metteur  en  scène  pour  un  «  punching 
bail  »,  son  directeur  l'a  congédiée. 

Kismet.  — Tome  Moore  s'est  marié  der- 
nièrement avec  Renée  Adorée  une  jeune 
Française,  originairede  Lille.  — Zigoto  se 
nomme  en  réalité  Larry  Semon.  —  Gloria 
Swanson  est  née  à  Chicago  (Illinois)  en 
1899.  —  André  Nox  est  Parisien,  Van 
Daële  aussi. 

Behind  the  Screen.  —  L'adresse  de  Je- 
wel  Carmen  est  260  West  42  nd.  Street. 
New- York  City.  —  Celle  de  Betty  Comp- 
son  :  care  of  Goldwyn  Pictures  Film  C°, 
Culver  City,  California  U.  S.  A. 

L'Agonie  des  Aigles.  —  Renoncez  y  car 
M.  Séverin  Mars  est  marié.  Aucun  lien  de 
parenté  avec  le  mime  Séverin. 

Charlotton.  —  C'est  le  14  juillet  1908 
que  Grifïïth  édita  son  premier  film  The 
Adventures  of  Dollie  il  y  a  donc  13  ans. 

Tom.  —  La  mère  de  Charlie  Chaplin  se 
nomme  Mrs  Hannah  Chaplin.  Aucune  nou- 
velle au  sujet  de  son  nouveau  mariage.  — 
Harry  Houdini  naquit  à  Appleton  (Wis- 
consin). 

Princesse  Ivoirine  (fervente  lectrice). — 
Je  ne  connait  pas  le  nom  de  ces  deux  fiau- 


Vous  aVez  le  droit 
d'exiger  d'un  film  les 
mêmes  qualités  de  style, 
de  composition,  de  Vie, 
de  rythme,  Que  Vous 
entendez  trouver  dans 
roman.  £  Et  quand 
Vous  ne  les  trouvez  pas 
dans  un  roman,  décla- 
rez=Vous  que  la  littéra* 
ture  est  un  art  inférieur. 


ces.  Achetez  plutôt  te  journal  des  jeunes 
gens  à  marier,  en  vente  dans  tous  les  Kios- 
ques. 

Yvonne  St-Raymonu  (Toulouse).  — 
Voici  quelques  adresses  :  Louis  Feuillade, 
53.  rue  de  la  Villette  Paris.  —  René  Na- 
varre, 23,  rue  de  la  Buffa,  Nice.  —  Etié- 
vant.  Ermolieff-Film,  106.  rue  de  Riche- 
lieu. —  André  Hugon,  20,  Chaussée 
d'Antin.  —  Pierre  Marodon,  19,  rue  Mar-. 
beau.  —  Pagliéri.  21.  rue  Saulnier.  —  Vi- 
sio-Film, m,  faubourg  St-Honoré.  —  Mau-; 
rice  de  Marsan,  Charles  Maudru,  8,  rue 
de  Douai.  Bonne  chance  ! 

Jacqueline  F.  —  Le  premier  film  de  Si- 
gnoret  fut  Rival  de  son  Père.  —  Le  premier^ 
film  d'André  Nox  :  Sous  les  Phares  —  Lrf 
premier  film  de  Van  Daële:  Le  Secret  du 
Vieux  Moulin.  Mais  vous  allez  voir  le  Père 
Goriot.  Le  Crime  de  Lord  Arthur  Saville, 
Les  Rocquevillard. 

Peter  Pan  —  L'adresse  de  Marion  Da- 
vies  est  care  of  Cosmopolitan.  72c)  Seventh 
Avenue  N.  Y.  C.  —  Celle  de  Lew  Cody  n 
care  of  Talmadge  Film  Corporation.  318, 
East,  48  th.  Street  New-York  Citv. 

Water  Lily.  —  June  Caprice  se  nomme 
en  réalité  Betty  Lawson,  elle  est  née  à  Dan- 
ville  (Kentucky)  en   1898. 

H.  H.  —  5.000  dollars  à  l'heure  est  le  ti- 
tre français  de  Five  Thousand  an  Hour.  — 
Haie  Hamilton... JohnnyGamble —  Lucille 
Lee  Stewart...  Constance  Joy  —  Gilbert 
Douglas...  Paul  Gresham  —  Robert  Whit- 
tier...Jim  Collaton —  Robert  Middlemass... 
Loring.  .  Hardec  Kirkland...  Mortimer 
Washer.  Réalisation  de  Maxwell  Karger} 

Le  Baiser  Camouflé  [A  Camouflage  Kiss) 
Scénario  tiré  par  Ralph  Spence  de  l'œuvre 
de  Stephen  Fox.  Réalisation  :  Harry  Mil- 
larde  —  avec  June  Caprice  (Martha  Tornei, 
Bernard   Thornton  (Rudolph    King).    Pell 

Trenton  (Pell  Kingston),  George  Bunny 
(John  Chandler).  Lola  Mav  (Irène  Chand- 
ler). 

Cœur  de  Poète  [The  Heari  of  Romance). 
Scénario  tiré  par  Adeline  Leitzbach  de 
l'œuvre  de  Frances  Cowley.  Réalisation 
d'Harry  Millarde  avec  June  Caprice  (June 
(ackson).  Bernard  Thornton  (Harvey 
Greyson),  George  Bunny  (Judge  StalTord), 
Joseph  Kilgour(JerryGrady),  Lillian  Page 
"(Mrs  Kibbfe).Jack  Martin  (Joë  Bernheim), 
Jack  Raymond  (Jack  Qearborn). 

|e  n'ai  pas  la  distribution  de  Ur.know 
2-J4,  ni  de  Patsy  mais  je  vous  les  cher- 
cherai. 


cinéa 


PORTRAIT 
EXPRESS 


LÉON     MA T HO T 


Naquit  le  5  mars  1886  à  Roubaix. 
Reçu  au  Conservatoire  il  débute,  à 

Lyon,  au   Théâtre    des   Célestins,  au 

Théâtre  du  Pavé  et  aux  Galeries  St- 

Hubert  de  Bruxelles. 
Ensuite  il  joue  au  Gymnase  et  au 

Théâtre  Antoine. 

Ses  Films 

Le  Pont  fatal  (Pathé).  Réalisation 
d'Andréani. 

La  légende  des  Chevaliers  d'Algal- 
bert  (Pathé).  Réalisation  d'An- 
dréani. 

Le  Seeret  de  l'acier  (Pathé).  Réalisa- 
tion d'Andréani. 

Les  Rivaux  d'Harlem  (Pathé).  Réali- 
sation d'Andréani. 

Barberousse  (Le  Film  d'Art).  Réali- 
sation d'Abel  Gance. 

Les  Gaz  mortels  (Le  Film  d'Art). 
Réalisation  d'Abel  Gance. 

Le  Lord  ouvrier  (Film  d'Art).  Réali- 
sation de  Max  André. 

Les  Ecrits  restent  (Film  d'Art)  Réa- 
lisation de  Georges  Lacroix. 

Les  Dames  de  Croix-Mort  (Film 
d'Art).  Scénario  tiré  de  l'œuvre  de 
Georges  Ohnet  et  réalisé  par  Ma- 
riaud. 

Le  Droit  à  la  Vie  (Film  d'Art).  Scé- 
nario et  réalisation  d'Abel  Gance 
avec  Andrée  Brabant  et  Vermoyal 
pour  partenaires. 

La  Zone  de  la  Mort  (Film  d'Art).  Scé- 
nario et  Réalisation  d'Abel  Gance 

I  avec  Andrée  Brabant,  André  Lyo- 
nel,  Vermoyal. 

Son  Héros.  Réalisation  de  Charles 
Burguet  avec  Huguette  Duflos  et 
Paul  Amiot. 

Volonté.  Tiré  de  l'œuvre  de  Georges 
Ohnet.  Réalisation  de  Pouctal  avec 
Huguette  Duflos  et  Paul  Amiot. 

Le  Comte  de  Monte-Cristo  (Film 
d'Art).  Tiré  de  l'œuvre  d'Alexandre 
Dumas  père.  Réalisation  de  Pouctal 
avec  Nelly  Cormon,  Madeleine 
Lyrisse,  Modot,  Jacques  Robert.etc. 

La  Course  du  Flambeau  (Optima- 
Pathé).  Scénario  tiré  de  l'œuvre  de 
Paul  Hervieu,  par  Louis  Nalpas  et 
réalisé  par  Ch.  Burguet  avec  Yvette 
Andreyor  et  Suzanne  Delvé. 

La  Maison  d'Argile, (Optima-Pathé). 
Réalisation  de  Gaston  Ravel. 

Travail  (Film  d'Art).  Tiré  de  l'œuvre 
d'Emile  Zola,  réalisé  par  Pouctal 


avec  Raphaël  Duflos,  Huguette 
Duflos,  Marc  Gérard.  A.Lyonel.etc. 

L'Ami  Fritz.  Tiré  de  l'œuvre  d'Erck- 
mann-Chatrian  par  Suzanne  De- 
voyod.  Réalisation  de  René  Hervil 
avec  Edouard  de  Max,  Huguette 
Duflos,  Thérèse  Kolb. 

Papillons.  Scénario  de  H.  Clerc  filmé 
par  E.  E.  Violet  avec  Mag.  Murray, 
ChristianeVernon.GeorgesLannes. 


Blanchette  (André-Legrand-Pathé). 
Adapté  de  la  pièce  d'Eugène  Brieux 
et  réalisé  par  René  Hervil  avec 
Pauline  Johnson,  de  Féraudy  et 
Thérèse  Kolb. 

L'Empereur  des  Pauvres.  Adapté 
du  roman  de  Félicien  Champsaur 
«  Le  Pauvre  »  et  réalisé  par  René 
Le  Prince  avec  Henry  Krauss  et 
Gina  Relly. 


cinea 


MM      LES    FILMS    D'AUJOURD'HUI      MM 


Deux  mains  dans  l'ombre. 

Chacun. sait  que,  lorsqu'on  débarque 
pour  la  première  foi»  en  un  pays 
exotique,  on  est  d'abord  frappé  du 
type  général  de  la  race  qui  l'habite. 
Par  la  suite  le  caractère  individuel 
de»  physionomies  ressort  et  l'on 
s'aperçoit  que  ces  chinois,  ces  nègres, 
ces  arabes  qui  naguère  semblaient 
tous  pareils  diffèrent  autant  l'un  de 
l'autre,  que  les  habitants  d'un  village 
français  et  souvent  par  des  caracté- 
ristique» analogue»  à  celles  qui  dis- 
tinguent ces  derniers  entre  eux. 

Des  livres  comme  ceux  de  Lafcadio 
Hearn,  par  exemple,  qui  nous  font 
sentir  si  vivement,  si  nettement  les 
divergence»  profonde»  existant  entre 
l'Occident  et  l'Orient,  ne  sont  peut- 
être  pas  ceux  où  l'on  peut  trouver 
l'image  la  plus  exacte  de  l'âme  orien- 
tale. En  effet,  ces  différence»  une  fois 
données,  et  dans  beaucoup  de  cas 
elles  portent  sur  le  langage  de  l'âme 
plutôt  que  surson  contenu,  il  reste  à 
fouiller  le»  caractères  des  individus, 
aussi  variés  au  Japon  qu'en  France, 
à  faire  ressortirl'élément  proprement 
humain  de  chacun  d'entre  eux. 

Il  y  a  là  deux  objectifs  artistiques 
difficilement  compatibles.  Plus  on 
insistera  sur  le  côté  ethnique  des 
personnes,  plus  le  côté  humain, 
particulier,  individuel  sera  rejeté 
dans  l'ombre.  Etc'est  pourquoi  Sessue 
Hayakawa  incarne  à  nos  yeux  un 
type  racial,  plutôt  que  des  person- 
nages, l'Orient  dressé  contre  l'Occi- 
dent plutôt  que  tel  ou  tel  oriental. 

La  notion  de  caractère  individuel 
des  personnages,  l'idée  que  le  rôle, 
même  s'il  concrétise  des  qualités  ou 
des  défauts  d'ordre  universel,  —  l'a- 
vare, l'indiscret,  le  jaloux  —  doit 
montrer  en  même  temps  des  traits 
qui  lui  soient  absolument  propres  et 
qui  nous  obligent  à  voir  en  lui  non 
seulement  l'image  générale  de  l'ava- 
rice ou  de  la  jalousie  mais  aussi 
l'image  particulière  d'Harpagon  ou 
d'Othello  sont  d'ailleurs  des  acquisi- 
tions de  date  récente.  Qui  peut,  sauf 
dans  un  ou  deux  cas,  individualiser 
les  valets  de  Plaute,  les  confidents  de 


Racine,  le»  amoureux  de  Molière,  ou 
même  le»  brigands  romantique»  de 
Victor  Hugo  ? 

La  ressemblance  individuelle  a  dû 
au  début,  être  le  premier  objectif  des 
arts  plastiques,  et  ce  en  raison  du 
caractère  eschatologique  primitif  de 
ces  arts  :  il  fallait,  pour  l'agrément 
et  la  commodité  de  l'autre  vie,  que 
la  statue  ou  l'image  du  défunt  repré- 
sentât bien  lui-même  et  non  un  autre. 
Mai»  cet  idéal  avait  déjà  disparu 
devant  les  exigeancesdes  esthétiques, 
les  canon»  imposés,  la  loi  du  moindre 
effort,  qui  engage  à  travailler  «  de 
chic  »,  lorsque  l'art  dramatique  a 
pris  naissance.  11  ne  reparaît  guère 
qu'avec  le  réalisme  quasi-romantique 
de  Boccace,  où  des  scalde»  islandais  ; 
il  s'épanouit,  arrive  peut  être  à  son 
maximum,  dans  Shakespeare  ;  mais 
il  n'a  pas  forcé  la  porte  des  studios, 
où  régnent  les  types,  où  des  nuances 
telles  que  celles  qui  font  que  le» 
divers  matelot»  de  La  Fièvre 
marquent  des  variantes  individuelles 
du  type  matelot  sont  chose  inconnue 
ou  rare.  Et  après  tout,  ce»  observa- 
tions, formulées  à  l'occasion  d'Hayà- 
kawa,  l'appliquent  encore  plus  à 
beaucoup  de  grands  artistes  de 
cinéma,  à  William  Hart  par  exemple. 
Le  cas  d'un  Sjostrom,  qui  dans 
chaque  rôle  et  sous  le  vêtement  eth- 
nique exotique  sait  nous  montrer  une 
âme  humaine  nouvelle,  est  vérita- 
blement exceptionnel. 

Cœur  de  femme 

«  Je  dispose,  dit  le  directeur  à  son 
scénariste  habituel,  d'un  certain 
nombre  de  bandes,  provenant  d'ori- 
gines diverses,  et  dont  il  s'agirait  de 
faire  un  film.  Les  unes  représentent 
des  scènes  de  la  vie  des  mineurs,  une 
explosion  de  grisou,  une  émeute  ; 
les  autres,  Ethel  Clayton  sous  des 
aspects  variés,  par  exemple  tenant 
une  carabine  avec  une  inquiétude  si 
manifeste  qu'on  en  vient  à  croire 
qu'elle  est  réellement  chargée  ; 
d'autres  enfin  des  scènes  de  restau- 
rant de  nuit,  un  accident  d'automo- 
bile,  le  boudoir  d'une    courtisane... 


(Rassurez-vous  :  j'ai  choisi  l'interprète 
du  rôle  conformément  aux  idées  du 
bureau  réformiste,  qui  interdit  de 
rendre  le  vice  aimable).  Pouvez-vous 
m'arranger  un  scénario  qui  permette 
d'utiliser  tout  cela  ? 

Héroïque,  le  scénariste  a  entrepris 
la  tâche...  11  faudrait  n'être  pas  moins 
héroïque  pour  analyser  son  œuvre. 
Le  rédacteur  habituel  des  résumés 
communiqués  au  public  a,  lui-même 
déclaré  forfait  ;  il  conclut  décou- 
ragé : 

«  Blanche  constatant  avec  tris- 
tesse que  son  mari  devient  de  plus 
en  plus  froid  avec  elle  parvient  à  la 
suite  de  plusieurs  événements  («plu- 
sieurs »  est  très  au  dessous  de  la 
réalité)  à  ramener  son  mari  qu'elle 
adore,  dans  le  droit  chemin,  après 
lui  avoir  pardonné  ses  folies  pas- 
sées. » 

En  elle-même  plusieurs  des  photos 
comprises  dans  cette  rhapsoçjraphie 
sont  bonnes.  Et  même  il  faut  avouer 
qu'Ethel  Clayton  donne  au  person- 
nage un  cachet  d'unité  susceptible  de 
démentir  l'hypothèse  toute  gratuite 
que  nous  venons  de  formuler. 


L'autre  parfum 

Encore  un  triangle,  mais  cette  foi» 
Wilbur  Craft  et  le  bureau  de  réforme 
ne  sont  pas  passés  par  là,  et  le  vam- 
pire n'est  pas  handicapé  par  un  phy- 
sique ingrat.  Cela  devrait  finir  mal, 
mais  finit  bien.  Et  Mar>'  Mac  Laren  a 
de  très  beaux  bras,  et  du  talent. 


Le  Roi  des  Chemins 

La  donnée  rappelle  à  la  fois  une 
nouvelle  assez  longue  et  amusante 
de  Bret  Harte  et  une  plus  courte  et 
saisissante,  de  O.  Henry.  Elle  est 
heureusement  réalisée  et  interpré- 
tée. 

L'Enfant  du  Carnaval 

Que  M.  Mosjoukine,  qui  a  le  droit 
de  croire  les  éloges  adressés  au  met- 
meur  en  scène  et  à  l'acteur,  n'écoute 


cinea 


5 


pas  ceux  qu'on  décerne  au  scénariste. 
Cette  histoire  d'enfant  trouvé  re- 
cueilli par  un  riche  viveur,  qui,  tout 
a  fait  par  hasard,  prend  la  mère 
comme  gouvernante,  ne  vaut  que 
comme  prétexte  est  fort  bien  habillé 
et  fort  bien  photographié,  et  c'est 
déjà  quelque  chose. 

• 
Micheline 

Il  y  a  dans  l'œuvre  d'André  Theu- 
riet  un  côté  frais,  naturel,  sylvestre, 
qui  lui  confère,  malgré  la  banalité  de 
certaines  données  et  la  médiocrité 
de  l'exécution,  une  durable  jeunesse 
plus  qu'aucun  de  ses  contemporains, 
de  valeur  comparable  il  a  su  placer, 
l'homme  au  sein  de  la  nature,  faire 
participer  celle-ci  à  l'action,  le  trans- 
former en  un  personnage  agissant. 

Quand  on  voudra  faire  en  France 
du  film  suédois,  Theuriet  est  un  des 
auteurs  vers  lesquelsl'on  se  tournera. 
M.  Jean  Kemm  a  donc  été  bien  inspiré 
en  choisissant  Micheline  comme  sujet 
;  de  son  film,  et  il  en  a  tiré  une  œuvre 
qui,  par  ailleurs  bien  jouée,  est 
agréable  à  voir. 


Les  Cavaliers  de  la  Nuit 

Je  n'ai  pas  lu  le  roman  de  Zaïre 
Grey  dont  ce  fdm  est  tiré  ;  mais  le 
titre  (Le  Désert  de  Blé)  laisse  suppo- 
ser que  la  mer  onduleuse  des  épis 
doit  en  constituer  non  seulement  le 
décor,  mais  encore  le  protagoniste. 

11  subsiste  quelque  chose  de  ce 
parti  dans  l'adaptation  cinématique, 
et  l'on  frissonne  avec  admiration  au 
passage  des  gigantesques  machines 
qui  moissonnent  et  battent  le  blé 
tout  à  la  fois.  Malheureusement  il  y 
a  une  histoire,  aussi  banale  qu'obs- 
cure, où  il  est  question  d'agents  à  la 
soldede  l'Allemagne  qui,  un  an  après 
la  paix,  s'amusent  à  jeter  dans  les 
champs  des  boules  incendiaires,  les- 
quelles d'ailleurs  n'incendient  rien. 
Ces  bandits  de  pacotille  vont  même 
jusqu'à  assassiner, pour  se  débarras- 
ser d'un  témoin,  une  infortunée 
fdlette. 

—  Louons  à  ce  propos  le  metteur  en 
scène  de  nous  avoir  épargné  la  vue 
du  meurtre,  du  cadavre,  du  sang,  et 
de  n'avoir  voulu  exciter  notre  hor- 
reur et  notre  pitié  qu'en  nous  mon- 
trant l'horreur  et  la  pitié  des  témoins 
La  loi  de  l'économie  d'expression 
s'applique  sur  l'écran  comme  sur  la 
scène,  et   il  est  piquant  de  voir  les 


autodidactes  qui  découpent  les  films 
au  trente-huitième  étage  du  buil- 
ding  s  retrouver  les  règles  qu'ex  posait 
Aristote. 

La  Gangue 

Frank  Keenan  trouve  son  meilleur 
champs  d'expression  dans  les  drames 
de  la  vie  industrielle  et  financière  ;  il 
fait  admirablement  vivre  ces  carac- 
tères complexes  où  le  bien  et  le  mal 
se  mêlent  indissolublement.  11  ne 
semble  pas  que,  jusqu'à  présent,  le 
public  français  ait  apprécié  à  leur 
véritable  valeur  l'homme  et  les 
œuvres  auxquelles  il  donne  la  vie. 
Peut-être  les  spectateurs,  peu  sen- 
sibles au  mérite  de  l'interprétation, 
cherchent-ils  avant  tout  au  Cinéma 
un  alibi  et  préfèrent-ils  que  l'écran 
magique  les  transporte  à  l'ombre  des 
forêts,  au  bord  des  eaux  courantes, 
plutôt  que  dans  une  usine  en  période 
de  grève. 

Jeune  fille  à  louer 

Pendant  longtemps  le  régime  péni- 
tentiaire aux  Etats-Unis,  surtout  dans 
les  Etats  du  Sud,  le  doux  pays  de 
Dixie,  a  été  d'une  effroyable  rigueur. 
Les  prisonniers  travaillaient  sans 
répit,  sous  le  fouet  ;  ils  étaient  loués 
ainsi  que  du  bétail  à  des  fermiers  ou 
à  des  entrepreneurs  qui  les  traitaient 


exactement  comme  des  esclaves. 
Jack  London  a  décrit,  dans  une  nou- 
velle(The  Hobo and  the  Fairy)  l'exis- 
tence d'un  condamné  qui,  évadé,  puis 
repris,  descend  tous  les  degrés  de 
l'enfer,  depuis  le  cachot  et  la  cami- 
sole de  force  jusqu'au  fouet  aux 
nœuds  garnis  de  pointes,  pour  être 
finalement  loué  à  un  bûcheron  qui 
l'oblige  à  couper  chaque  jour  pour 
une  corde  et  demie  de  bois.  Et  ceci 
n'est  pas  simple  invention  de  roman- 
cier :  Georges  Rennan,  qui  avait  vu 
de  prés  les  déportés  en  Sibérie  et  les 
convicts  dans  les  Etats  du  Sud,  n'hé- 
sitait pas  à  décerner  la  palme  de  la 
cruauté  à  ses  compatriotes. 

Pour  qui  se  rappelle  tout  cela, 
l'idée  de  mettre  en  film  la  location 
des  prisonniers,  de  faire  offrir  en 
location  une  jeune  fille  du  monde 
condamnée  pour  excès  de  vitesse,  et 
de  traiter  la  donnée  dans  le  mode 
comique  a  quelque  chose  d'effarant. 
Le  sadisme  y  est  à  chaque  instant 
frôlé  ;  finalement  l'absurdité  même 
de  la  réalisation  amène  le  rire.  En 
vérité  May  Allison  vaut  mieux  que 
de  telles  excentricités,  couronnées 
dignement  par  la  publicité  de  mau- 
vais goût  que  le  titre  a  inspirée  aux 
éditeurs  français  du  film. 

Lionel  Landry. 


cinea 


IL    Y   AVAIT...    IL    Y    AVAIT... 
MAIS  IL   Y  A    "EL  DORADO" 


I.  Le  film  psychologique. 

Le  véritable  film  français  est  jus- 
qu'à présent  le  film  psychologique. 
Marcel  L'Herbier  a  fait  le  premier 
film  psychologique  avec  Rose-France 
date  eapitale  dans  l'histoire  du  film 
français. 

Pour  la  première  fois,  en  effet,  nous 
avons  vu  un  film  profondément,  essen- 
tiellement français,  un  film  original. 
Original  dans  sa  eoneeption,  origi- 
nal dans  son  exéeution. 

On  a  reproché  à  Roue-France  le 
manque  d'action,  c'est  qu'on  ne  l'a 
pas  compris.  A  ce  compte-là  on  pour- 
rait reprocher  un  pareil  manque 
d'action  à  la  Bérénice  de  Racine,  et 
à  Sagesse,  de  Verlaine. 

Il  y  avait  de  l'action  dans  Rose- 
France,  non  une  action  extérieure, 
mais  une  action  intérieure,  infini- 
ment intéressante,  poignante  et  dou- 
loureuse. Rose-France  exprimait  de 
la  vie,  non  de  la  vie  superficielle,  fan- 
tastique, rapide,  mais  de  la  vie  pro- 
fonde, nuancée,  véritable.  Le  but  de 
l'art  est  l'expression  de  la  vie,  les 
beaux  films  américains  valent  parce 
que  leurs  interprètes  expriment  par 
leur  talent  la  vie  de  l'âme.  Rose- 
France  aussi  exprimait  la  vie  de 
l'âme.  C'est  pourquoi  c'était  une 
œuvre  d'art,  et  elle  l'exprimait  par 
des  moyens  nouveaux,  c'est  pour- 
quoi c'était  une  œuvre  originale. 
Je  demande  à  revoir  Rose-France. 

* 
*  * 

Louis  Delluc  lui  aussi  a  vu,  ou  a 
senti  que  le  film  qui  convenait  le 
mieux  à  la  France  était  le  film  psycho- 
logique, et  il  nous  a  donné  Le  Silence. 

Vive  les  artistes  qui  cherchent,  qui 
nous  donnent  du  nouveau,  et  ne  re- 
font pas  sans  cesse  les  choses  déjà 
faites. 

Le  Silence  est  un  film  parfaitement 
original.  Cette  extériorisation  de  la 
pensée  du  personnage  principal,  pen- 
sée complexe  ou  le  passé  se  compé- 
nètre  avec  le  présent,  m'apparaît 
comme  une  des  choses  les  plus  auda- 
cieuses et  les  plus  difficiles  à  réali- 
ser que  l'on  ait  encore  tentée  au 
cinéma.    En   effet,    ce   n'est  pas   une 


simple  évocation  de  souvenirs  qui 
nous  est  présentée,  mais  l'auteur  s'est 
efforcé  de  traduire  dans  quelle  me- 
sure les  souvenirs  et  les  sentiments 
actuels  s'influencent  les  uns  les  autres 
dans  la  conscience  de  son  héros. 

Le  Silence  nous  montre  que  le  ci- 
néma peut  rendre  les  plus  fines  com- 
plications psychologiques  et  il  ouvre 
ainsi  aux  auteurs  un  champ  d'études 
aussi   immense  et  aussi  profond  que 

l'âme  humaine. 

* 

*  * 

Promêthée  banquier,  de  Marcel 
L'Herbier,  m'apparaît  aussi,  quelque 
contradictoire  que  cela  puisse  sem- 
bler, comme  un  film  psychologique. 

De  cet  instantané  dramatique  se 
dégage  une  psychologie  aiguë,  les 
caractères  des  personnages  se  dres- 
sent devant  nous  avec  une  telle  net- 
teté que  la  suite  rapide  d'événements 
qui  se  succèdent  nous  apparaît  d'une 
logique  fatale,  et  n'a  besoin  d'aucune 
explication.  Elle  trouve  sa  raison 
suffisante  dans  le  libre  jeu  des  diffé- 
rents tempéraments. 

Jean  Cocteau  dans  le  Coq  et  l'Arle- 
quin, écrit  :  «  Les  musiciens  impres- 
sionnistes ont  cru  que  l'orchestre  de 
Parade  était  pauvre  parce  qu'il  était 
sans  sauce  ».  Je  pense  qu'il  en  est  de 
même  de  beaucoup  de  critiques  et 
de  spectateurs.  Ils  ont  cru  que  Pro- 
mêthée banquier  était  pauvre,  parce 
qu'il  n'y  avait  pas  de  sauce. 

II.  Le  film  philosophique. 

Certains  pensent  que  c'est  aussi 
une  manière  française.  En  tous  cas 
voilà  une  manière  que  je  n'aime 
guère.  A  mon  sens  elle  n'a  pas  encore 
produit  une  seule  belle  œuvre.  Que 
le  cinéma  puisse  faire  penser  profon- 
dément cela  est  évident,  mais  la  pen- 
sée doit  se  dégager  logiquement  de 
l'expression  de  la  vie,  ce  n'est  pas  la 
vie  qui  doit,  avec  effort,  se  plier  à 
l'expression  de  la  pensée. 

Et  puis,  que  sont  au  juste  ces  films 
profonds  ? 

Le  plus  souvent  ils  consistent  en 
une  idée  toute  simple,  banale,  pri- 
maire, traitée  d'une  manière  compli- 
quée, obscure,  sans  raisons. 


Se  laissant  tromper  par  les  appa- 
rences, le  public  admirera  peut-être,  j 
il  prendra  pour  une  œuvre  profonde  | 
ce  qui  n'est  qu'une  élucubration  pré- 
tentieuse et  boursouflée.  Au  résumé, 
aura-t-il  appris  quelque  chose?  — 
Rien  du  tout.  —  Et  qu'aura-t-il  vu  ? 
Le  plus  souvent  une  œuvre  de  mau- 
vais goût  ou  la  forme  cherchant  à 
remplacer  le  fond,  fera  du  film  une 
longue  suite  d'images  forcées,  lour- 
dement symboliques,  reliées  entre 
elles  par  d'interminables  sous-titres 
grandiloquents. 

Est-ce  à  dire  qu'il  ne  puisse  pas  y 
avoir  de  bons  films  philosophiques? 
Certes  non.  Il  peut  y  en  avoir.  Mais 
le  véritable  film  philosophique  sera 
juste  le  contraire  de  ce  que  nous 
avons  vu  jusqu'ici.  Il  consistera  en 
une  idée  profonde  traitée  de  la  ma- 
nière la  plus  simple  L'idée  aura  l'im- 
portance, la  forme  ne  fera  que  tra- 
duire l'idée. 

III.   El  Dorado 

Je  viens  de  voir  £7  Dorado.  Enthou- 
siasme, enthousiasme,  enthousiasme. 

Marcel  L'Herbier  a  fait  le  plus  beau 
film  que  j'ai  jamais  vu. 

Toute  l'âme  latine  est  dans  ce  film. 
Mais  il  n'y  a  pas  que  l'âme  latine. 
El  Dorado,  c'est  l'aboutissement  de 
toute  la  culture  européenne.  C'est  le 
point  de  jonction  de  toutes  les  vertus 
artistiques  du  passé  et  des  plus  extrê- 
mes audaces  d'aujourd'hui. 

Le  passé  est  vivant  dans  une  œuvre 
vierge  et  de  sa  combinaison  avec  le 
présent  naît  l'œuvre  la  plus  magni- 
fique que  le  cinéma  ait  produite. 

Eve  Francis,  que  j'ai  toujours  tenu 
pour  une  très  grande  artiste,  dépasse 
là  toutes  ses  créations  antérieures. 
Elle  vient  de  porter  l'expression  ciné- 
graphique  à  un  point  qu'aucune 
femme  n'avait  encore  atteint. 

Je  reparlerai  de  ce  film  plus  lon- 
guement, ainsi  que  de  tous  ses  autres 
interprètes  tous  parfaits,  mais  je 
tenais  à  crier  au  plus  tê)t  mon  admi- 
ration aux  deux  triomphateurs  du 
jour,  Marcel  L'Herbier  et  Eve  Francis. 


Jacques-Henry  Lévesquk. 


cinea 


MM    EL  DORADO    MM 


Lorsque  la  langue  du  Cinéma  se 
sera  stabilisée  et  que  l'on  cherchera 
rétrospectivement  à  qui  en  est  dû  le 
mérite,  nul  ne  pourra  contester  la 
part  éclatante  que  M.  Marcel  L'Her- 
bier aura  prise  à  la  formulation  du 
vocabulaire. 

La  tache  d'un  inventeur  de  langage 
est  double.  Il  doit  tout  d'abord  recher- 
cher les  signes,  les  faire  naître  au 
besoin,  les  nuancer,  les  distinguer 
entre  eux  ;  il  doit  ensuite  affecter 
chacun  d'eux  à  la  description  précise 
et  exclusive  d'une  idée,  d'un  senti- 
ment, d'une  situation. 

Pour  la  première  partie  de  cette 
tâche  M.  L'Herbier  s'est  montré  — 
dans  El  Dorado  plus  encore  que  dans 
ses  premières  œuvres  —  sans  égal. 
Il  sait  voir  et  faire  voir  l'homme  et 
la  nature  sous  les  aspects  les  plus 
variés,  les  plus  imprévus,  les  plus 
appropriés  à  ce  qu'il  veut  leur  faire 
dire.  Lorque,  pour  indiquer  que 
Hedwick  est  peintre,  il  nous  montre 
l'Alhambra  qui  se  déforme  sous  son 
regard,  les  colonnes  qui  se  tirebou- 
chonnent,  les  terrasses  qui  se  gon- 
dolent, les  portiques  qui  s'aplatis- 
sent —  lorsque  les  habitués  de  la 
maison  de  danses,  ivres  de  vin  et  de 
rut,  apparaissent  défigurés,  bestia- 
lisés  —  lorsque  le  paysage  ardent  de 
lumière  blanche  chancelle  autour  de 
Sibilla,  qui  court  en  titubant  vers  sa 
vengeance  —  la  signification  de 
chaque  image  est  directe,  immédia- 
tement perceptible. 

Le  second  degré  de  l'effort  exige 
quelque  abnégation.  En  attachant  à 
tel  signe  un  sens  exclusif,  on  l'enri- 
chit de  toutes  les  associations  d'idées 
que  comporte  ce  sens  ;  mais  on  s'in- 
terdit en  même  temps  de  l'employer 
dans  un  autre  sens.  Par  exemple, 
supposons  que  le  cinéaste,  parmi  des 
personnages  placés  sur  un  même 
plan,  nous  montre  les  uns  flous,  les 
(autres  nets.  M.  Marcel  L'Herbier 
emploie  cet  effet,  à  un  moment  donné, 
pour  nous  indiquer  que  la  pensée  de 


Sibilla  est  absente  ;  son  image  de- 
vient nette  quand  elle  est  rappelée  à 
la  réalité.  Mais  tel  autre  Cinéaste, 
M.  L'Herbier  lui-même,  pourra  don- 
ner à  ce  symbole  une  autre  significa- 
tion :  par  exemple  un  acteur  du 
drame,  n'aura  pas  remarqué  le  per- 
sonnage indiqué  en  flou,  puis  viendra 
à  l'apercevoir.  S'il  y  a  doute,  s'il  faut 
expliquer  l'image  par  le  texte,  l'effet 
en  est  gâté  ;  si  la  signification  est 
exclusive  de  toute  autre,  il  faut  pou- 
voir l'imposer,  s'y  tenir  soi-même  ; 
et  par  la  suite  elle  devient  chose 
banale.  Le  premier  qui  a  eu  l'idée  de 
dénommer  un  muscle  gonflé  «  le  petit 
rat» par  analogie  avec  un  animal  qui 
courrait  sous  la  peau,  a  créé  une 
image  originale;  puis  musculus  est 
devenu  du  langage  courant  et  qui 
songe  aujourd'hui  au  sens  primitif 
du  mot?  C'estUa  rançon  de  toutes  les 


JCRMAN 


MARŒLLE    PRADOT 
reparaît  dans  El  Dorado. 


inventions  d'art  qui  consistent  en 
procédés  d'expression  :  la  musique 
me  fournirait  des  exemples  innom- 
brables. Le  fait  que  les  neuvièmes 
Debussystes  sont  devenues  monnaie 
courante  nedoitpas  nous  faire  oublier 
la  profonde  et  charmante  impression 
qu'elles  nous  ont  données  tout 
d'abord. 


Qu'importe,  d'ailleurs,  ce  qui  se 
passera  dans  cinq,  dix  ou  vingt  ans  ? 
Cette  sensation  de  nouveauté,  d'ori- 
ginalité, si  rafraîchissante  au  milieu 
de  la  banalité  hebdomadaire  du  Ci- 
néma actuel,  goùtons-là  sans  arrière 
pensée.  Regardons  les  beaux  pay- 
sages : 

Jardins  de  l'Alhambra  et  du  Gene- 
ralife,  vasques  de  marbre  de  la  Cour 
des  Lions,  eau  vive  dans  les  por- 
phyres roux,  feuillages  frémissants; 
grisons-nous  aux  danses  sauvages 
de  Y  El  Dorado,  mêlons-nous  à  la 
foule  grouillante  d'une  procession  ; 
admirons  une  photographie  presti- 
gieuse, d'une  virtuosité  sans  égale, 
qui  ne  fait  pas  moins  d'honneur  à 
l'opérateur  -  M.  Lucas  —  qu'au 
Cinéaste.  J'ai  cité  tout  à  l'heure  cer- 
tains effets  ;  il  y  en  a  d'autres,  par 
dizaines,  par  centaines  :  la  course 
d'Iliana  dans  l'avenue  qui  mène  à 
l'Alhambra  —  les  silhouettes  des 
jeunes  gens  dans  le  jardin  fleuri  — 
la  porte  qui  se  ferme  sous  la  main 
vengeresse  de  Sibilla  —  enfin  l'ombre 
du  pitre  qui  danse  et  grimace  ironi- 
quement sur  la  toile  de  fond  pendant 
qu'agonise  la  danseuse... 

Si  l'on  admet  maintenant  qu'un 
film  doit  répondre  aux  mêmes  exi- 
gences de  logique  et  de  vraisem- 
blance qu'une  pièce,  on  peut  élever 
de  timides  critiques.  En  vérité,  Estir- 
ria  menacé  par  une  femme  qu'il  sait 
aux  abois,  et  lui  envoyant  une 
réponse  inutile  et  brutale,  fait  tout 
ce  qu'il  peut  pour  provoquer  le  scan- 
dale qu'il  redoute  par  dessus   tout. 


8 


cinea 


Inutile  et  brutale  aussi  la  phrase  de 
Hedwick  d'où  résulte  le  dénouement: 

«  D'ailleurs  ma  mère  va  s'absenter». 
S'il  en  est  ainsi,  le  moment  est  mal 
ehoisi  pour  amener  Iliana  chez  elle  î 
A  qui  fera-t-on  croire  qu'une  femme 
assez  large  d'esprit  pour  recueillir 
l'enfant  malade  de  la  danseuse  n'au- 
torisera pas  sa  mère  à  venir  le  voir? 
Et  enfin  si  ce  fils  respectueux  rougit 
d'introduire  Sibitla  sous  le  toit  de  sa 
mère,  il  ne  peut  lui  échapper  qu'il  est 
beaucoup  plus  incorrect  de  l'y  ame- 
ner en  son  absence! 

Cette  parole  d'une  cruauté  gratuite 
et  choquante  sert  à  amener  un  dé- 
nouement qui  n'est  peut-être  pas  con- 
forme à  la  vérité  et  à  la  vie.  En  fait 
Sibilla  ne  mourrait  pas  ;  elle  remon- 
terait sur  ses  tréteaux  ;  elle  recom- 
mencerait à  vendre  sa  salade  —  ou 
à  tourner  sa  meule  —  sans  avoir 
l'affreuse  angoisse  de  sentir  que  son 
enfant  meurt  faute  de  soins  —  sans 
avoir  le  soutien  moral  que  lui  donnait 
sa  présence.  Et  ainsi  le  cercle  se 
fermerait,  le  drame  aboutirait  à 
l'éternel  recommencement.  Mais  si 
M.  Marcel  L'Herbier  avait  adopté  ce 
parti,  nous  n'aurions  pas  eu  l'atroce 
et  torturant  plaisir  de  voir  mourir 
Sibilla.  C'est  donc  l'occasion  d'appli- 
quer l'adage  qu'entre  deux  solutions 
la  meilleure  est  celle  qui  a  réussi, 
et  de  constater  que  celle-ci  a  réussi. 


Alors  que  M.  Marcel  L'Herbier 
nous  donne  la  sensation  un  peu  eni- 
vrante et  troublante  d'un  voyage  de 
découverte  et  de  conquête  tout  à  la 
fois,  d'une  lutte  renouvelée  et  heu- 
reuse pour  asservir  la  lumière, 
annexer  et  utiliser  les  symboles, 
Mme  Eve  Francis,  au  contraire,  nous 
montre  ce  que  peut  une  artiste  qui, 
sans  chercher  à  créer  un  langage 
nouveau,  s'assure  d'une  absolue  maî- 
trise sur  celui  dont  elle  dispose.  Pas 
une  de  ses  attitudes  qui  ne  soit  juste 
et  harmonieuse,  pas  un  de  ses  gestes 
qui  ne  porte,  pas  une  de  ses  expres- 
sions qui  n'émeuve.  Pour  elle,  la  vie 
n'apparaît  point  selon  l'enchaîne- 
ment apparent  de  ses  aspects  exté- 
rieurs, mais  selon  la  logique  intense 
de  son  évolution  profonde.  Elle  s'est 
identifiée  à  Sibilla,  amante  aban- 
donnée, mère,  danseuse  ;  elle  a  créé 
véritablement  un  être  humain  dont 
la  silhouette  seule  lui  était  donnée. 
Qu'elle  danse, qu'elle  se  venge, qu'elle 
étreigne  désespérément  son   enfant, 


elle  n'est  pas  une  danseuse,  une 
amante,  une  mère  quelconque,  elle 
est  Sibilla.  Et  il  faut  aller  voir  com- 
ment elle  meurt. 

On  pouvait  craindre  que  le  relief, 
même  donné  à  ce  personnage  —  et  a 
celui  muet,  mais  non  point  immobile, 
de  l'Alhambra  —  fit  de  l'œuvre  une 
sorte  de  double  concerto,  restreignit 
les  possibilités  d'expression  des 
autres  interprètes.  Il  n'en  est  rien. 
Le  personnage  d'Hedvsick  permet  à 
M.  Jaque  Catelain  de  se  montrer 
plein  de  jeunesse,  de  tendresse  chaste 
et  réservée,  et  pourtant  assez  viril 
pour  échapper  au  risque  d'afféterie 
auquel  l'avaient  exposé  certains  rôles 
antérieurs.  Quant  à  Mlle  Marcelle 
Pradot,  elle  a  su  créer  un  type  de 
jeune  fille  très  personnel  —  aussi 
virginal  et  beaucoup  moins  conven- 
tionnel que  celui  dont  nous  recevons 
d'Amérique  des  exemplaires  sans 
cesse  renouvelés  ;  et  l'ayant  créé,  elle 
sait  le  faire  vivre,  le  renouveler,  le 
développer  à  chaque  nouvelle  créa- 
tion. —  Qu'on  le  voie  lui-même,  ou 
son  ombre,  la  silhouette  de  M.  Hériat 
est  hallucinante.  M.  Paulais  est  un 
échantillon  réussi  de  nouveau  riche, 
Mlle  Rhéal  une  duègne  amusante, 
encore  que  son  rôle  soit  un  peu 
chargé,  et  Mlle  Claire  Prelia  à  l'air 
assez  Scandinave  pour  pouvoir  être 
la  mère  de  M.  Jaque  Catelain. 


Ainsi  le  film  français  s'affirme,  à 
la  fin  de  cette  saison,  par  trois  œuvres 
notoires.  Nous  parlerons  prochaine- 
ment de  l'Atlantide,  qui  vaut  plus 
par  la  matière  que  par  l'interpréta- 
tion ;  si  l'on  rapproche  les  deux 
autres  œuvres,  La  Fièvre,  et  El  Do- 
rado,  on  est  surpris  que  deux  œuvres 
conçues  dans  le  même  milieu  artis- 
tique, placées  dans  des  atmosphères 
analogues,  jouées  par  la  même  inter- 
prète, révèlent  des  tendances  aussi 
divergentes.  Et  ceci  est  excellent,  et 
le  dieu  du  Cinéma  doit  être  satisfait 
de  constater  qu'il  y  a  plusieurs 
demeures  dans  sa  maison. 

Lionel  Landry. 


ISart  consiste  à  choisir, 
l'éducation  artistique  à 
oublier   ££■£££ 


[CHRONIQUE    DU] 
iCINÉ  ALLEMAND] 


Le  film  allemand  aime  le  grand 
spectacle  et  les  reconstitutions  histo- 
riques. 

Une  des  choses  les  plus  remar- 
quables est  Le  Comte  de  Caçjlio-<lro, 
entièrement  pris  au  palais  de  Schon- 
brunn  :  on  y  voit  des  photographies 
du  plus  haut  intérêt. 

La  principale  protagoniste  Hilde 
Woerner  raconte  dans  un  article, 
qu'elle  a  joué  son  rôle  dans  le  lit  de 
Marie-Thérèse,  qu'elle  s'est  déplacée 
dans  les  carrosses  impériaux  authen- 
tiques. Toutes  les  curiosités  de  cette 
belle  histoire  et  de  Schonbrunn  même, 
anciens  uniformes,  œuvres  d'art  et 
même  une  soirée  au  théâtre  du  châ- 
teau éternisent  l'histoire  d'une  façon 
irréprochable.  Dans  ce  domaine,  le 
film  allemand  a  atteint  une  belle  mal 
trise. 

Le  Richard-Os wald-Film  lance  deux 
nouveaux  films  d'aventure,  attendus 
avec  impatience  en  Allemagne.  L'un 
s'appellera  Lady  Hamilton  l'autre 
Le  Problème  de  la  Mort,  dont  le 
texte  est  écrit  par  Erwin  Gepard. 


Le  Deulig-Film  vient  de  donner  Le 
Grand  et  le  Petit  Monde,  film  à 
grand  spectacle,  où  sont  engagés  de 
premiers  artistes  de  Rheinhardt  : 
Alfred  Abel,  Ilka  Gruning.  Max  Xack 
est  un  célèbre  régisseur. 

On  apprend  que  Pola  Negri,  la 
grande  étoile  allemande,  très  appré- 
ciée en  Amérique,  vient  d'être  enga- 
gée par  une  grande  société  polo- 
naise. 

L'événement  le  plus  curieux  des! 
derniers  temps  est  le  film  Hamlet, 
dont  le  principal  rôle  est  tenu  par 
une  femme,  la  grande  Asta  Nielsen, 
la  plus  brillante  Etoile  du  Nord,  da- 
noise d'origine. 

Ce  film,  très  adroitement  tiré  d'une 
forme  primitive  de  la  légende  par  le 
poète  Erwin  Gepard,  a  été  réalisé  au 
Danemark  même,  aux  endroits  histo- 
riques. 

Ce  film  est  déjà  vendu  en  Amé- 
rique, en  Italie  et  dans  tous  les  pays 

neutres. 

I.  G. 


D     O      R     A      D     O 

a  permis  a  Eve  Francis  une  nouvelle  création  de 
passion,  d'humanité,  d'intensité,  de  vie  enfin. 
digne  de  son  incomparable  interprétation  de  Fièvre. 


0 


Beaucoup    de   gens    se 

m 

figurent  pouvoir    tra= 

m 

|       duire  ou  adapter  parce 

a 

!       qu'ils  croient  connaître 
l'anglais  ou  l'italien.  .  . 

m 

\      Ils    oublient    qu  ils    ne 

n 
m 

saVent  pas  le  français. 


La  censure  ?  Demandez 
là-dessus  l'opinion  des 
censeurs  eux=mêmes.  é 


:  Que  diriez  =Vous  de  quel- 
\  qu'un  qui  Vous  annon= 
:       cerait   qu'il   Va   ce  soir 

m 

|       au    théâtre,   mais  qu'il 

|       ne  sait  pas  si  l'on  donne 

Phi=Phi  ou    Edda=Ga= 

bler  ?     a     C'est  pour- 

j       tant    comme    cela    que 

j       la  plupart  des  Parisiens 

Vont  au  Cinéma     a     0 


Ce  que  l'image  peut 
montrer,  le  titre  ne  doit 
pas   le  dire.     M     M     M 


j  o  Un  nouveau  film  expressionniste  o  j 

■    ■■  ■  -■  ■ 

ILE  CABINET  DU I 
!Dr  CALIGARIi 


Voici  un  second  film  allemand  qui 
vient  de  conquérir  le  marché  et  le 
public  américains.  Et  c'est  un  film 
nettement  expressionniste.  Il  vient 
d'éclater  comme  une  bombe  au  milieu 
de  New-York,  au  «  Capitol-Theatre», 
et  a  jeté  le  désarroi  dans  les  rangs 
de  tous  les  cinégraphistes  de  là-bas. 
Pourquoi  ?Ce  succès  inouï,  inattendu, 
inespéré  d'un  film  très  en  dehors  de 
ceux,  que  les  Américains  aimaient 
jusqu'à  présent,  prouve  que  leur 
ancienne  manière  a  vécu.  Eux-mêmes 
reconnaissent  que  pour  faire  un  bon 
film,  il  ne  suffit  pas  de  jeter  de  l'ar- 
gent par  la  fenêtre,  que  le  «  bluff» 
ne  suffit  plus  dans  un  art  qui  tend  à 
devenir  le  premier  art,  l'art  essentiel 
de  notre  époque! 

Les  journaux  américains  ont  voué 
des  éloges  dithyrambiques  à  cette 
nouvelle  réalisation.  Ils  se  sont  sans 
doute  laissé  charmer  par  le  caractère 
exotique  du  film,  par  tout  ce  qu'il  y 
a  de  fantastique  et  d'exentrique.  Car 
le  texte  pouvait  être  une  invention 
de  Edgar  lllan  Poë  ou  de  Stevenson. 
En  voici  les  grandes  lignes. 

Le  docteur  Sonnow,  directeur  d'un 
asile  d'aliénés  réussit  à  imiter  le 
célèbre  docteur  Caligari,  qui  vécut 
au  xie  siècle  et  dont  on  raconte  qu'il 
savait  hypnotiser  les  somnambules 
à  tel  point,  qu'il  pouvait  leur  com- 
mander des  meurtres.  Il  a  trouvé 
une  créature,  Cesare,  qui  se  charge 
d'aller  tuer  quelques  individus  et 
d'enlever  une  jeune  fille.  Mais  à  son 
retour  Cesare  tombe  dans  un  ravin 
et  se  tue.  La  jeune  fille  le  dénonce. 
Or,  on  trouve  chez  le  docteur  Cali- 
gari une  poupée  qui  ressemblait  à 
Cesare,  et  c'est  lui  qu'on  enferme.  Il 
devient  fou  à  son  tour.  Et  la  chose  se 


J  K 

0 

• 

y 

• 

J  K 

y 

• 

J  K 

y 

y 

• 

ifi 

• 

y 

• 

J  K 

y 

Le  Cinéma  nous  offre 
des  spectacles  obcènes, 
criminels ..  .il  oblige  no- 
tre attention  à  changer 
fréquemment  d'objet... 
Eh  bien  ?   Et    la   Vie  ! 


Tout  est  relatif  :  le 
critique  indulgent  pour 
l'œuVre  médiocre  dé= 
prêcie  par  cela  même 
l'œuVre  de  Valeur  £   f 


Quand  le  spectateur 
français  ne  comprend 
pas  il  n'a  pas  un  seul 
instant  l'idée  que  ce 
puisse    être    sa    faute 

■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■i ■■■■■■■■■■•■■■> 


cinea 


y 

A 

y 

• 

y 

• 

y 

• 

y 

y 

• 

y 

termine  dans  un  chaos  général  :  chaos 
que  les  auteurs  ont  voulu,  en  laissant 
le  public  en  désarroi.  Qui  est  devenu 
fou  :  l'auteur,  le  docteur  ou  le  public? 
C'est  ce  qu'on  ne  sait  plus. 

Ce  côté  excentrique  à  précisément 
été  souligné  par  les  artistes  qui  ont 
exécuté  le  film.  Les  journaux  améri- 
cains nomment  cette  façon  de  faire 
cubiste,  futuriste,  dadaïste,  ne  com- 
prenant aucun  de  ces  issues  à  fond, 
n'y  voyant  que  la  bizarrerie  des  pay- 
sages, l'irréalisme  des  personnages. 
En  réalité, c'est  de  l'expressionnisme 
et  la  même  manière  que  la  peinture, 
la  poésie,  la  musique  allemande 
d'aujourd'hui  :  grossir  les  choses, 
couper  l'inutile,  fausser  la  perspec- 
tive, la  rendre  anguleuse  et  sans 
équilibre  ;  somme  toute  :  déformation 
des  choses,  pour  leur  donner  un 
aspect  plus  artistique  et  plus  con 
forme  au  sujet  qu'elles  représentent. 

Ce  film  n'a  pas  eu  autant  de  succès 
à  Berlin  même  qu'à  New- York.  Car 
en  Amérique  il  n'y  a  pas  de  succès: 
il  n'y  a  que  des  triomphes  monstres, 
ou  des  «  fours  »  complets.  Une 
énorme  réclame  s'est  échaffaudée  et 
le  directeur  M.  L.  L.  Rothafel,  qui  a 
eu  le  courage  d'aller  contre  l'adage  : 
«  Pas  de  films  étrangers  »,  fait  un 
petit  bénéfice  de  quelques  millions. 

Signe  des  temps.  Il  faut  un  renou- 
vellement de  la  cinégraphie.  Il  faut 
chercher  la  réalisation  sur  un  tout 
autre  planque  la  scène  habituelle  du 
théâtre.  Voici  ce  que  de  jeunes  théo- 
riciens, auxquels  manquent  les 
moyens  de  réalisation,  ne  cessent  de 
crier  dans  les  oreilles  de  ceux  qui 
détiennent  le  monopole  du  million  et 
de  la  camelote. 

Je  ne  veux  pas  dire,  que  le  cabinet 
du  docteur  Caligari  soit  un  chef- 
d'  «  œuvre  du  septième  art  »  :  loin  de 
là.  Mais  c'est  un  commencement  de 
recherche  et  de  réalisation  ;  c'est  une 
nouvelle  volonté  qui  se  dégage  de  la 
masse  inerte  des  industriels  sans 
scrupules,  et  comme  tel,  ce  film  aura 
sa  place  dans  l'histoire. 

Ivan  Goll. 


Il  y  a  des  gens  qui  ont 
admiré  Ibsen  parce 
qu'ils  ont  cru  qu'il  ne 
saVait   pas   son    métier 


L'éducation  artistique 
sert  à  écarter  les  modes 
d'expression  banalisés 
qui  paraissent  à  V in- 
culte la  Voix  même  de 
la  nature     £     £     f     £ 


Pris  d'après  nature 
ne  signifie  pas  néces= 
sairement   vrai     ^     ^ 


Au  Cinéma,  comme 
partout,  le  style  est 
l'homme    même   £    £ 


Aller  au  Cinéma  sans 
connaître  le  programme , 
c'est  dîner  aurestaurant 
sans  connaître  le  menu. 


La  belle  scène  est  celle 
qui  résulte  du  mouVe= 
ment  même  du  drame 
et  non  celle  que  l'on  y 
introduit  sous  prétexte 
quelle    «  fera   bien   ». 


Qui  connaît  le  public  ? 
Pourquoi  a  ffi rm  er 
qu'une  œuVre  de  Valeur 
lui  déplaira  nêcessai* 
rement     M     M     M      M 


Aucune  des  qualités 
que  doit  posséder  un 
bon  acteur  de  cinéma 
n'est  inutile  à  un  bon 
acteur  de  théâtre   £    £ 


IIRHIiailllllMIBSRt 


12 


cinea 


ft  » 


MATHIAS    SANDORFF 

Le  film  que  M.  Fescourt  a  soigneusement  tiré 
du  roman  de  Jules  Verne,  nous  permet  de  voir 
l'émouvante  Yvette  Andreyor.  et  Joubé.  Tou- 
lout  et  deux  remarquables  acteurs  d'écran  : 
Modot  et  Vermoyal. 


cinea 


13 


MATH1AS 
SANDORFF 


M  LE  SENS  1  BIS  M 


La  fureur  des  adaptateurs  u'a  pas 
épargné  l'inolTensif  Jules  Verne.  On 
semble  croire  que  son  œuvre  est  une 
carrière  féconde,  ouverte  aux  pros- 
pecteurs du  cinéma. 

Selon  moi  c'est  une  erreur. 

Jules  Verne  T  Ses  aventures  impro- 
bables, ses  points  de  départ  futiles, 
ses  situations  hors  de  vraisemblance, 
et  avec  cela  des  précisions  enfantines 
que  la  première  Géographie  géné- 
rale ou  le  premier  Manuel  de  méca- 
nique trouvent  en  faute. 

Pour  goûter  ce  conteur  ingénu,  il 
faut  être  un  enfant,  poète  comme  ils 
le  sont  tous,  et  ignorant.  La  réalité 
fait  s'envoler  les  phantasmes  du 
songe.  La  connaissance  de  la  carte 
en  révèle  les  dessous. 

C'est  pourquoi  Mathias  Sandorff, 
conspirateur  du  Danube,  Monte- 
Christo  des  Balkans  nous  a  paru  un 
peu  puéril.  Bien  traité  certes.  Les 
gens  -  ils  sont  nombreux  —  que 
l'aventure  charme  en  elle-même  trou- 
veront là  de  quoi  se  satisfaire.  Un 
marché  d'esclaves  à  la  fin,  où  le  petit 
nain  de  la  Sultane  de  l'Amour,  se 
livre  a  des  facéties  divertissantes  ne 
manque  pas  d'une  certaine  beauté 
plastique. 

Le  grandiloquent  Joubé  s'y  montre 
on  ne  peut  plus.  Toulout  est  un  bon 
acteur  muet.  Vermoyal  aussi. 

Quant  à  M.  Modot,  il  faut  haute- 
ment regretter  de  l'avoir  ainsi  sa- 
crifié. C'est  un  bel  artiste  d'une 
classe  supérieure.  Il  convient  que 
ceux  qui  l'emploient  ne  l'oublient 
point. 

Pierre  Scize. 


Tous  les  auteurs  sont 
sincères  quand  ils 
affirment  qu'ils  substi- 
tuent la  logique  Vêri= 
table  de  la  Vie  aux 
procédés  artificiels  de 
composition  employés 
par    leurs    devanciers. 


Septième  art?  Dixième  muse?  Pre- 
nez garde  à  le  sous-estimer.  Bien 
mieux  que  cela,  il  est  un  sens,  le  pre- 
mier sens  mécanique.  Et  à  l'œil  ce 
que  le  gramophone  n'a  pas  su  être  à 
l'oreille.  Vous  lui  jouez  des  drames, 
et  par  dessus  la  banalité  de  ton  sou- 
rire professionnel,  petite  actrice,  cet 
œil  te  joue  le  sien,  de  drame. 

Comme  l'autre  cette  vue  a  son 
optique. 

Les  sens,  il  est  entendu,  ne  nous 
donnent  de  la  réalité  que  des  sym- 
boles, métaphores  constantes,  pro- 
portionnées et  électives  Et  sym- 
boles non  de  matière  qui  donc  n'existe 
pas,  mais  d'énergie  c'est-à-dire  de 
quelque  chose  qui,  en  soi-même  est 
comme  s'il  n'était  pas  sauf  en  ses 
effets  quand  ils  nous  touchent.  Nous 
disons  :  rouge  soprano,  sucré, chypre, 
quand  il  n'y  a  que  vitesses,  mouve- 
ments, vibrations.  Mais  aussi  nous 
disons  :  rien,  quand  le  diapason  et  la 
plaque  et  le  réactif,  eux,  recueillent 
des  témoignages  d'existence. 

Le  machinisme  qui  modifie  la  mu- 
sique en  y  introduisant  des  modula- 
tions de  complaisance,  la  peinture 
en  y  introduisant  la  géométrie  des- 
criptive, et  tous  les  arts,  et  toute  la 
vie  en  y  introduisant  la  vitesse,  une 
autre  lumière,  d'autres  cerveaux,  ici 
crée  son  chef-d'œuvre.  On  parlait  de 
nature  vue  à  travers  un  tempéra- 
ment et  de  tempérament  vu  à  tra- 
vers la  nature.  Maintenant  il  y  a  une 
lentille,  un  diaphragme,  une  chambre 
noire,  des  plans  focaux.  Voilà  le  tem- 
pérament. Et  la  nature  aussi  est 
autre.  Cet  œil  voit,  songez-y,  des 
ondes  pour  nous  imperceptibles,  et 
l'amour  d'écran  contient  ce  qu'aucun 
amour  n'avait  jusqu'ici  contenu,  sa 
juste  part  d'ultra-violet.  Et  ce  n'est 
qu'un  exemple. 

Voir,  c'est  idéaliser,  abstraire  et 
extraire,  lire  et  choisir,  transformer. 
A  l'écran  nous  revo3'ons  ce  que  le 
ciné  a  déjà  une  fois  vu  :  transforma- 
tion double,  ou  plutôt,  parce  qu'ainsi 
se  multipliant,  élevée  au  carré.  Un 
choix  dans  un  choix,  un  reflet  de 
reflet.  La  beauté  est  ici  polarisée 
comme  une  lumière,  beauté  de  se- 
conde génération,  fille,  mais  fille  née 


avant  terme,  de  sa  mère  que  nous 
aimions  de  nos  yeux  nus,  et  fille  un 
peu  monstre. 

C'est  pourquoi  le  ciné  est  psy- 
chique. Il  nous  présente  une  quintes- 
sence, un  produit  deux  fois  distillé. 
Mon  œil  me  procure  l'idée  d'une 
forme  ;  la  pellicule  contient  aussi 
l'idée  d'une  forme;  idée  inscrite  en 
dehors  de  ma  conscience,  idée  sans 
conscience,  idée  latente,  secrète,  mais 
spécifique  et  merveilleuse;  et  de 
l'écran  j'obtiens  une  idée  d'idée, 
l'idée  de  mon  œil  tirée  de  l'idée  de 
l'objectif,  (idée)-,  c'est-à-dire  telle- 
ment cette  algèbre  est  souple,  une 
idée  racine  carrée  d'idée.  Le  cinéma 
est  un  multiplicateur  d'abstraction. 

C'est  pourquoi  le  ciné  commande 
si  facilement  à  la  pensée  et  l'en- 
traine  où  il  veut,  malgré  elle.  Occu- 
pée non  à  des  objets  qui  lui  sont 
étrangers  et  où  elle  n'a  pas  toujours 
prise  facile,  mais  à  sa  sœur  de 
l'écran,  qui  se  déroule  jumelle,  tant 
de  consanguinité  la  sollicite  puis- 
samment. Ayant  entendu  des  confé- 
rences, je  n'en  ai  écouté  vraiment 
aucune.  Mais  au  ciné  la  distraction 
n'est  guère  possible;  et  si  les  mau- 
vais films  agacent  tant  c'est  qu'il 
est,  tandis  qu'on  les  projette,  très 
difficile  de  s'en  distraire. 

C'est  pourquoi,  puisque  les  sens 
enregistrent  uniquement  l'énergie, 
le  ciné,  étant  un  sens,  rend  lui  aussi 
surtout  l'énergie.  Energie  mentale  et 
énergie  physique,  car,  comme  la 
nôtre,  sa  philosophie  est  moniste. 
L'unanimisme,  volonté,  désir  et  pas- 
sion d'une  foule,  s'inscrit  à  l'écran. 
Mille  bras,  mille  jambes  se  lient  et 
se  délient.  Et  ces  gens  qui  vulgaire- 
ment courent  au  spectacle  de  quelque 
pauvre  diable  chamarré  de  décora- 
tions, détiennent  et  dégagent  une 
cadence  prodigieuse.  Le  geste  peut 
être  beau,  mais  le  bourgeon  de  pen- 
sée d'où  il  s'échappe  importe  davan- 
tage. Le  ciné  sournoisement  radio- 
graphe  vous  pèle  jusqu'au  noyau, 
jusqu'à  votre  sincère  idée  qu'il  étale. 
Les  intentions  se  lisent  et  pour  la 
première  fois,  évangile I  les  inten- 
tions suffisent  dans  ce  sens  de  la 
bonne    volonté.    La    pensée    s'enre- 


14 


gistre  et  si  bien  qu'elle  .supplante  le 
reste  et  compte  seule.  Comme  une 
machine  inactive  un  acteur  au  repos 
peut  paraître  lourd,  maladroit  et 
morne,  ou  malingre,  ou  enfantin,  ou 
petit,  ou  ridé.  Quand  l'étincelle  du 
sentiment  crépite  entre  deux  épi- 
démies, tout  change.  Un  retour  d'ado- 
lescence flambe  comme  un  retour  de 
flamme.  L'enfant  mûrit  comme  un 
prodige.  Une  femme  s'étire  à  la 
taille  immense  de  l'amour.  La  beauté 
est  une  beauté  de  caractère,  e'est-â- 
dire  d'énergie.  Il  n'y  a  plus  de  con- 
ventions parce  qu'elles  y  .sont  toutes 
spontanément . 

L'habitude  prépare  les  gestes  pour 
l'écran  en  les  chargeant  de  pensée, 
cette  pensée  qui  «  photographie 
bien  «.  Un  effort  truqué  est  ridicule, 
mais  l'ouvrier  qui  vraiment  s'ap- 
plique et  trime  à  boulonner  son  joint, 
émeut  par  conviction,  désir,  utilité. 
Un  but  comme  équilibre  le  dévelop- 
pement. Il  y  a,  en  France,  très  peu 
de  bons  acteurs  de  ciné.  Les  films  de 
documentation  et  de  propagande 
sportives  me  paraissent  présenter 
une  proportion  très  forte  d'individus 
photographiant  bien.  Ces  athlètes, 
coureurs,  boxeurs,  nageurs,  sau- 
teurs, cyclistes  sont  façonnés  pour 
l'écran  par  une  longue  habitude  de 
gestes  pensés,  calculés  et  voulus. 

La  fatigue  —  c'est  tout  à  propos  — 
photographie  bien.  Déjà  en  elle- 
même  tragique,  pimentée  et  perverse, 
d'expérience  et  donc  de  sympathie 
universelles,  chacun  la  juge  en  con- 
naisseur, en  érudit  et  en  profession- 
nel. Sous  l'homme  arable  reparaît 
grâce  à  elle  un  sous-sol  animal.  Re- 
devenu organisme  et  organique,  jon- 
gleur, acrobate,  jockey  ou   bête   de 


//  faut  tout  de  même 
saVoir  si  nos  produc= 
teurs  tiennent  à  ce  que 
nos  films  puissent  se 
Vendre  en  Amérique  ou 
à  ce  que  les  films  amé= 
ricains  ne  puissent  plus 
se    Vendre    chez    nous. 


luxe,  dénué  de  maladresse  cérébrale, 
chaque  mouvement  des  mains  entre 
les  bouteilles  volantes  ou  thoracique 
pour  inspirer  attache  comme  une 
idylle.  Ce  n'est  pas  qu'à  ce  moment 
l'homme  n'y  pense  pas.  11  ne  pense 
pas  à  autre  chose.  Et  c'est  une  actua- 
lité catégorique  comme  dans  ce 
contraire  de  la  distraction  également 
photogénique. 

Si  on  veut,  oui,  le  cinéma  est  un 
art.  Mais  alors  le  premier,  incompa- 
rablement premier  en  qualité  et  puis- 
sance esthétiques,  premier  parce  que 
le  seul  art  mécanique,  automobile.  Il 
absorbe  femmes,  autos,  la  douleur, 
baisers  et  cavalcades;  ayant  mâché 
tout  cela  d'engrenages,  et  digéré  de 
sucs  chimiques,  il  délivre,  comme  le 
pin  son  ambre,  la  photogénie,  beauté 
à  lui  exclusivement  propre.  Pour  la 
première  fois,  l'appareil  de  prise  de 
vue  présente  un  subjectivisme,  une 
subjectivation  mécaniques,  automa- 
tiques, inorganiques,  ni  vivants,  ni 
morts,  obéissants  à  une  manivelle,  en 
dehors  de  l'homme. 

Le  Bell-Howell  est  un  cerveau 
en  métal,  standardisé,  fabriqué, 
répandu  à  quelques  milliers  d'exem- 
plaires, qui  transforme  le  monde 
extérieur  à  lui  en  art.  Le  Bell-Howell 
est  un  artiste  et  ce  n'est  que  derrière 
lui  qu'il  y  a  d'autres  artistes  :  met- 
teur en  scène  et  opérateur.  Une  sen- 
sibilité enfin  est  achetable  et  se 
trouve  dans  le  commerce  et  pa}re  des 
droits  de  douane  comme  le  café  ou 
les  tapis  d'Orient.  Le  gramophone 
est,  de  ce  point  de  vue,  raté  ou  sim- 
plement à  découvrir  II  faudrait 
chercher  ce  qu'il  déforme  et  où  il 
choisit.  A-t-on  enregistré  sur  disque 
le  bruit  des  rues,  des  moteurs,  des 
halls  de  gare.  On  pourrait  bien  s'aper- 
cevoir un  jour  que  le  gramophone 
est  fait  pour  la  musique  comme  le 
ciné  pour  le  théâtre,  c'est-à-dire  pas 
du  tout,  et  qu'il  a  sa  voie  propre. 
Car  il  faut  utiliser  cette  découverte 
inespérée  d'un  sujet  qui  est  objet, 
sans  conscience  c'est-à-dire  sans  hési- 
tations ni  scrupules,  sans  vénalité 
ni  complaisance,  ni  erreur  possibles, 
artiste  entièrement  honnête,  exclu- 
sivement artiste,  artiste-type. 

Pour  qu'on  ne  croie  pas  que  j'exa- 
gère la  merveille  particulière  du  ciné, 
je  donne  un  exemple  encore.  Des 
observations  minutieuses  de  M.  \Yal- 
ter  Moore  Coleman  (1)  montrent  qu'à 


cinea 

certains  moments  tous  les  mouve- 
ments (locomoteurs,  respiratoires, 
masticateurs  etc.)  d'une  réunion  d'in- 
dividus les  plus  divers  pouvant  com- 
prendre des  hommes  et  des  ani- 
maux, sans  être  le  moins  du  monde 
synchrones,  admettent  un  certain 
rythme,  une  certaine  fréquence  soit 
uniformes  soit  dans  un  rapport  mu- 
sical simple.  Ainsi,  un  jour,  tandis 
que  les  lions,  les  tigres,  les  ours,  les 
antilopes  au  200  de  Regent's  Park 
marchaient  ou  mâchaient  leur  nour- 
riture à  88  mouvements  par  minute, 
les  soldats  se  promenaient  sur  les 
pelouses  à  88  pas  par  minute,  les  léo- 
pards et  les  pumas  marchaient  à  132 
c'est-à-dire  dans  le  rapport  '  -,  do-sol, 
des  enfants  couraient  à  116,  c'est-à- 
dire  dans  le  rapport  ,  ,,  do-fa,  Il  y  a 
donc  là  une  sorte  d'euphonie,  d'or- 
chestration, de  consonnance,  dont  les 
causes  télergiques  (Sir  Oliver  Xodge) 
ou  télépathiques  ne  peuvent  être  expo- 
sées ici  et  sont  d'ailleurs  pour  le 
moins  obscures.  Chacun  sait  combien 
les  scènes  de  foule  au  ciné,  quand  il 
y  a  vraie  foule,  c'est-à-dire  foule  men- 
talement active,  produisent  un  effet 
rythmé,  poétique,  photogénique.  La 
cause  en  est  que  le  cinéma  mieux  et 
autrement  que  notre  œil  sait  dégager 
cette  cadence,  inscrire  ce  rjthme,  le 
fondamental  avec  ses  harmoniques. 
C'est  ici  que  le  ciné  trouvera  un  jour 
sa  prosodie  propre.  (Rappelez-vous 
comme  Griffith  fait  continuellement 
bourger  ses  personnages,  quitte 
même  à  les  faire  presque  osciller  en 
mesure  d'un  pied  sur  l'autre  dans 
beaucoup  de  scènes  du  Pauvre 
anioui-.) 

Jean  Epstein. 


Grâce  à  des  traditions, 
à  une  sorte  de  Vitesse 
acquise,  la  littérature 
résiste  un  peu  au  mer= 
cantilisme  général.  .  . 
Mais  le  Cinéma  a  été 
contaminé  dès  le  ber= 
ceau.En  réchapera-t  il? 


(il  Mental  Biology,  Second  Part,  Woo- 
>ridge  and  C°,  London. 


cinea 


15 


SIGNORET 

Le  plus  actif  et  le  plus 
souple  des  comédiens 
français  a  eu  une  saison 
particulièrement  vivante 
puisque  sur  les  écrans  il  a 
donné  Le  Silence,  Flipotte, 
Le  Rêve  en  attendant  Le 
Père  Goriot  tandis  que  sur 
la  scène  il  jouait  LaRafale, 
Les  Amants  de  Snçv.  L'E- 
cole des  Cocottes ,  Protné- 
thée,  Oiiand  le  Diable  y 
serait 


NEAiM  AN 


16 


cinea 


MM     FIÈVRE     MM 


Conspué  des  uns  qui  lui  dénient 
toute  espèce  de  talent,  mésestimé  des 
autres  (car  j'appelle  mésestime  un 
enthousiasme  sans  mesure  hurlant 
au  génie),  Louis  Delluc  tient,  dès 
maintenant,  une  place  exceptionnelle 
dans  le  meilleur  lot  des  metteurs  en 
scène  français. 

Dans  un  art  aux  ressources  inépui- 
sables, que  toujours  trop  tard  et 
chaque  fois  incomplètement  on 
essaiera  d'utiliser,  l'auteur  de  Fièvre 
et  de  la  Fête  Espagnole  s'est  créé 
une  manière,  une  personnalité.  Le 
développement  de  celle-ci  vous  offus- 
que, vous  révolte,  peut-être  bien; 
mais  d'autres  l'approuvent  ou  curieu- 
sement la  suivent,  désireux  de  se 
rendre  compte  jusqu'où  elle  attein- 
dra :  à  l'à-peu-près,  à  l'originalité,  à 
l'inédit. 

Pour  moi,  Louis  Delluc  ne  tient  pas 
sa  vraie  formule,  ou  du  moins  il  ne 
tire  pas  de  celle  qu'il  emploie  la  so- 
lution capable  de  lui  amener  à  la 
fois  la  foule  et  les  artistes.  Mais  je 
suis  tranquille:  il  touche  au  but; 
quand  il  cessera  de  vouloir  nous  don- 
ner une  impression,  de  vouloir  créer 
une  atmosphère,  simplement,  à  tra- 
vers un  heurt  de  mauvaises  passions 
exaspérées,  ou  de  mauvais  instincts 
déchaînés  dans  une  note  vériste,  se 
prêtant  à  de  faciles  oppositions, Louis 
Delluc  en  arrivera  au  film  devant 
lequel  chacun  s'inclinera  dompté, 
ravi,  car  la  tinesse,  la  demi-teinte  à 
la  force  se  joindra,  non  plus  seulement 
dans  l'arrangement  technique  d'une 
maîtrise  déjà  presque  sans  égale, 
mais  dans  le  thème  de  l'action  enfin 
complète,  harmonisée,  magnifique. 

Je  ne  souhaite  point  à  cet  ardent 
cinégraphiste  de  s'assagir,  de  se  ran- 
ger; je  ne  demande  nullement  que 
se  jetant  à  l'eau...  de  rose,  il  tente 
d'aborder  le  drame  larmoyant  où  il 
rencontrerait  un  succès  facile.  Il 
nous  doit,  au  contraire,  d'autres 
essais  méritoires,  glorieux  même 
avant  d'atteindre  la  maîtrise  incon- 
testable et  définitive. 

En  attendant,  examinons  ce  qu'il 
nous  donne,  production  à  laquelle 
de  plus  experts  et  de  plus  renommés 
ne  se  hausseront  sans  doute  jamais. 


Fièvre  s'appelait  La  Boue.  La  cen- 
sure exigea  ce  changement  de  titre  : 
il  faut  le  regretter. 

Un  seul  décor,  celui  d'un  café  à 
matelots,  près  du  port,  à  Marseille. 
Deux  ou  trois  scènes,  brèves,  d'ail- 
leurs, nous  transportent  hors  de  l'éta- 
blissement, mais  elles  sont  si  brèves, 
si  peu  importantes...  En  ce  cadre  où 
tous  les  viees  trouvent  asile, on  boit, 
on  aime,  on  se  jalouse,  on  se  bat. 
Tout  est  douteux,  ou  plutôt  non,  tout 
est  net  :  les  personnages,  les  senti- 
ments, les  mobiles,  les  gestes,  les 
réflexes. 

On  joue  du  couteau.  Qui  amena  la 
bataille?  Une  femme,  et  plusieurs. 
Pourtant  la  patronne,  une  belle  fille 
qui  retrouve  dans  un  des  matelots 
l'ancien  amant  qui  l'abandonna,  sem- 
ble responsable  de  l'agitation  ;  une 
petite  concave,  ramenée  par  le  mate- 
lot, excite  la  jalousie  de  la  patronne 
pour  qui  prennent  fait  et  cause  les 
autres  clientes  de  l'établissement. 


EVE  FRANCIS 

la   créatrice  de 

Fièvre,  La  Fête 

espagnole  et 

El  Dorado. 


NtRMAN 


Dessin  de  Einar  Nerman 


Le  sang  coule,  il  y  a  des  blessés 
Un  mort  reste  sur  le  carreau,  tandis 
que  la  petite  Orientale,  à  l'âme  jaune, 
aux  sentiments  naïfs,  se  dirige  vers 
une  rose  oubliée  sur  le  comptoir  et 
veut  au-dessus  de  cette  boue  se  griser 
du  parfum  de  la  fleur. 

Voilà  tout.  Un  fait  divers,  mais 
exposé,  présenté  sobrement,  chaque 
personnage  à  sa  place,  chaque  péri- 
pétie avant  et  après  la  bagarre  exac- 
tement décrite,  les  sourires  précé- 
dant les  coups  ou  les  suivant. 

Je  ne  crois  pas  que  le  cinéma  ait 
jamais  retracé  avec  une  intensité, 
une  couleur  pareilles,  telle  tranche 
de  vie.  Le  spectateur  demeure  hale- 
tant d'un  bout  à  l'autre  de  cette  tra- 
gédie dont  les  héros,  sauf  la  petite 
Orientale,  n'ont  rien  de  sympathi- 
que, et  pourtant  une  sorte  de  pitié 
vous  gagne,  que  l'on  reporte  sur 
chacun  des  personnages,  victimes 
de  la  fatalité  autant  que  de  leurs 
pires  instincts. 

On  a  crié  à  l'immoralité.  La  belle 
trouvaille!  Delluc  n'entendait  pas 
nous  offrir  une  page  de  la  Vie  des 
Saints.  Je  ne  dis  pas  qu'il  faille  dé- 
laisser les  films  d'imagination  et  de 
sentimentalité  courantes  pour  adop- 
ter le  genre  essayé  par  Louis  Delluc 
dans  Fièvre.  Le  cinéma  moral  a  se» 
adeptes,  j'en  suis,  mais  n'entends 
point  être  condamné  à  n'aimer  que 
lui,  à  ne  voir  que  lui.  L'art  peut  exis- 
ter en  dehors  de  l'ordinaire  morale... 
mais  voilà  que  je  sors  du  sujet  de 
cet  article  :  dire  mon  impression  sur 
un  film  d'impression. 

11  m'a  plu  :  son  exécution  est  remar- 
quable, ses  interprètes  ont  unifor- 
mément du  talent.  Eve  Francis  a 
mieux  que  du  talent. 

Fièvre,  que  le  public  pourra  juger 
la  saison  prochaine,  non  dans  l'inté- 
gralité de  sa  réalisation,  car  la  cen- 
sure a  fait  baisser  cette  fièvre  de  plu- 
sieurs degrés.  On  discutera  l'ou- 
vrage, on  discutera  ses  tendances 
ou  sa  portée,  mais  on  ne  devra  pas, 
on  ne  pourra  pas  contester  le  grand 
talent  de  cinégraphiste  montré  par 
son  auteur,  ardent,  chercheur,  dont 
je  dis  la  trouvaille,  donc  le  succès 
prochain.  J.-L.  C. 

(Comœdia) 


cinea 


17 


Voici  un  film  qui  nous  donne  enfin 
une  très  grande  impression.  Plus  que 
partout  ailleurs,  nous  y  apprenons 
que  le  cinéma  ne  consiste  pas  dans 
le  déplacement  continuel  de  l'appa- 
reil dans  une  grande  variété  de  dé- 
cors, qu'ils  soient  beaux  ou  insigni- 
fiants. Fièvre,  qui  fut  La  Boue  et  que 
la  censure  mutila,  en  prétextant  que 
le  cinéma  n'était  qu'un  spectacle 
pour  les  enfants,  se  passe  entière- 
ment dans  un  café  à  matelots  de  Mar- 
seille. Il  n'y  a  pas  de  scénario,  pas 
du  moins  ce  qu'on  appelle  commu- 
nément un  scénario,  c'est-à-dire  une 
histoire  plus  ou  moins  compliquée 
par  un  cerveau  qui  veut  trouver  du 
nouveau  et  qui  le  cherche  à  côté. 

Le  cinéma,  qui  est  surtout  un  art 
visuel  et  vivant,  peut  gagner  bien 
davantage  à  puiser  dans  les  diffé- 
rents aspects  que  présente  une  même 
scène  dans  ses  multiples  physiono- 
mies que  de  changer  continuellement 
de  lieu.  C'est  l'art  de  Grifhth,  et  aussi 
de  quelques  metteurs  en  scène  fran- 
çais. René  Le  Somptier  nous  en  a 
donné  de  beaux  exemples  dans  La 
Montée  vers  l'Acropole. 

Dans  Fièvre,  Louis  Delluca  poussé 
cette  étude  à  l'absolu.  Dans  le  bouge, 
décor  unique,  coupé  de  rapides  et 
admirables  visions  du  port,  il  y  a  dix 
ou  quinze  sujets  de  drame  :  l'alcoo- 
lique insensible  à  tout  ce  qui  se  passe 
autour  de  lui  et  qui  boit,  la  femme  à 
la  pipe,  la  fleur  de  la  jeune  Orien- 
tale, les  joueurs  de  manille.  Il  y  a 
aussi  ce  très  grand  tableau,  si  nette- 
ment réalisé,  de  la  bataille  finale,  car 
tout  de  même  il  y  a  un  sujet  qui 
commence  et  finit.  La  patronne  du 
bar  a  épousé  le  tenancier,  parce  que 
son  fiancé,  le  marin,  ne  revenait  pas, 
et  celui-ci  revient  un  jour,  débar- 
quant d'un  transatlantique. 

Beuverie,  bal,  luttes,  coups  de  cou- 
teau. 

Il  faut  que  ce  film  soit  vu  à  Paris 
bientôt.  Il  donnera  des  idées,  on  en 
discutera,  on  dira  que  cela  ne  vaut 
rien,  ou  que  c'est  admirable,  ou  que 
c'est  curieux,  mais  cela  ouvrira  cer- 
tainement l'esprit  aux  spectateurs, 
peut-être  même  aux  professionnels. 
(L' Intransigeant)  Bois  y  von. 


L'Etat  moraliste?  Mais 
cela  Vaut  l'Etat  com  = 
merçant     f     £      £      f 


VORTRAIT 
EXPRESS 


SÉVERIN-MARS 


De  son  vrai  nom  Malafayde,  naquit 
à  Bordeaux,  d'une  ascendance  bas- 
que 

Ecrivain  d'un  rare  talent  il  donna, 
encore  jeune,  au  Théâtre-Libre:  Mi- 
neur et  Soldat. 

Peu  après  il  publia  un  roman  :  Le 
Marchand  de  désespoirs. 

Ensuite  au  Vaudeville  :  Rois  Amé- 
ricains. 

Abandonnant    la    plume    pour    la 
rampe  il  paraît  dans  : 
Ames  Sauvages  (Th.  Réjane).  Drame 

de    Séverin-Mars    et   Mme   Camille 

Clermont. 
Jacques  l'Honneur. 
Elen  de  Villiers  de  l'Isle-Adam. 
Marie  Tudor(à  Moncey). 
L'Homme  aux  Poupées. 
Eugénie  Grandet  (Th.  des  Arts). 
Hommes  de  Proie,  de  Charles  Méré 

(Champigny-la-Bataille). 
Possédés,    de    Lenormand    (Th.    des 

Arts). 
Agence  Legris  (Ambigu). 
La  Rafale,  d'Henri  Bernstein. 
L'Oiseau  Bleu,  de  Maeterlinck  (Th. 

Réjane). 
Les  Pierrots  |à  l'Ambigu). 
La  Marque   de    la    Béte,  adapté  de 

Kipling  par  Laumann  (au  Grand- 
Guignol). 


Taïaut,  de  Maurice  Level  (au  Grand- 
Guignol. 

Le  Viol,  de  d'Astorg  (au  Grand-Gui- 
gnol). 

Ses  Films 

La  Dixième  Symphonie.  Scénario  et 
réalisation  d'Abel  Gance  avec 
Emmy  Lynn  et  Jean  Toulout. 

J'Accuse.  Scénario  et  réalisation 
d'Abel  Gance  avec  Romuald  Joubé 
et  Marise  Dauvray. 

Haceldama.  Scénario  et  réalisation 
de  Julien  Duvivier  avec  Camille 
Bert,  Jean  Lorette  et  Suzy  Lilé. 

Jacques  Landauze.  Réalisation  d'An- 
dré Hugon  avec  Jean  Toulout  et 
Maud  Richard. 

La  Roue.  Scénario  et  réalisation 
d'Abel  Gance  avec  Pierre  Magnier, 
Gabriel  de  Gravonne,  Miss  Ivy 
Close. 

L'Agonie  des  Aigles.  Tiré  du  roman 
de  Georges  d'Esparbès  et  réalisé 
par  D.  B.  Deschamps  avec  Gaby 
Morlay,  Desjardins,  Dalleu,  Mo- 
re no. 

Le  Cœur  magnifique.  Scénario  de 
Séverin  Mars  réalisé  par  l'auteur 
et  Jean  Legrand  avec  Tania  Da- 
leyme,  Erance  Dhélia,  Léon  Ber- 
nard, Maxudian. 

Séverin-Mars  est  mort  le  17juillet  1921. 


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NOTES 


Les  actrices  françaises  disent  beau- 
coup de  mal  de  Lillian  Gish. 

Alors  pourquoi  l'imitent-elle  ? 
• 

Il  y  a  plusieurs  Lillian  Gish. 

Du  moins,  il  y  a  une  Lillian  Gish 
—  et  un  certain  nombre  de  déforma- 
tions de  Lillian  Gish. 

C'est  D.  W.  Griffith  qui  est  l'auteur 
de  toutes  les  Lillian  Gish. 

Si  la  première  Lillian  n'avait  que 
des  dons  cinégraphiques,  Griffith  est 
un  grand  artiste.  Si  elle  avait  du  ta- 
lent, Griffith  est  un  grand  coupable. 

On  peut  d'ailleurs  être  à  la  fois  un 
grand  coupable  et  un  grand  artiste. 
• 

Quand  Le  Lys  brisé  a  paru  en 
France,  ces  messieurs  du  bas  de 
l'écran  ont  dit  :  «  Chef-d'œuvre... 
Sublime...  Génie...  etc.  » 

Puis  quand  ils  ont   vu   que  ce  film 

ne  faisait  pas  d'argent,  ils  ont  dit  : 

«Chiqué...  Grossièreté...  Lourdeur... 

Boche.  Ah7  la  finesse  française,  etc." 

• 

Pendant  six  mois,  les  gros  éditeurs 
de  Paris  ont  commandé  à  leurs  em- 
ployés —  metteurs  en  scène  —  des 
imitations  («  en  mieux!  »)  du  Lys 
Brisé . 

Ensuite,  ils  sont  revenus  à  Forfai- 
ture. 

• 

Griffith  est  sadique.  Il  triture  ses 
idées  —  et  ses  collaborateurs  —comme 
Ewers  et  autres  Allemands  d'enver- 
gure triturent  leurs  personnages. 
D'où  cette  allure  chimiquement 
hoffmannesque  de  Maë  Marsh,  Seena 
Owen,  Richard  Barthelmess,  Donald 
Crisp,  Robert  Harron  et  Lillian  Gish. 

Ce  ne  sont  pas  ses  interprètes.  Ce 
sont  ses  œuvres. 

• 
Griffith  a  un  sens,  non,  une  science 
étrange  du  rythme.  Je  suis  entré  dans 
une  salle  de  cinéma  sans  regarder  le 
programme.  J'ai  revu  un  coup  de 
poing  ou  un  coup  de  soleil,  enfin 
quelque  chose  contre  quoi  il  n'y  a 
pas  de  défense.  C'était  sur  l'écran  ce 
passage  de  Charité  (4e  partie  (Vlnto- 


lèrance),  où  Maë  Marsh  assiste  à  un 
bal  populaire.  La  salle,  composée  de 
gens  bien  élevés,  sifflait.  Dans  les 
faubourgs,  on  acclame. 

Je  pense  au  rythme  de  la  mort  de 
Robert  Harron  dans  le  même  film. 
Et  le  rythme  de  Babylone.  Et  le 
rythme  du  Pauvre  amour.  Et  le 
rythme  des  Cœurs  du  monde. 
• 

Et  lerjthme  de  Le  Lys  et  la  Rose... 

C'est  le  meilleur  film  de  Griffith.  Il 
a  cinq  ans  ou  six  ans  d'âge.  Il  parut 
à  Paris  avec  les  tout  premiers  Trian- 
gle et  les  Chaplin  en  1916.  Ce  jour-là 
quelques  français  commencèrent 
d'oublier  les  films  de  Mlle  Robinne 
et  s'éprirent  du  cinéma. 
• 

Il  faut  avoir  vu  Lillian  Gish  dans 
Le  lys  et  la  rose.  Sinon,  il  est  inutile 
de  parler  de  Lillian  Gish,  la  vraie, 
même,  non,  surtout  si  vous  l'avez 
vue  dans  les  Corsaires,  le  Roman 
de  la  Vallée  heureuse,  le  Lys  brisé, 
ou  le  Pauvre  amour. 

Lillian  Gish,  simple,  souffre.  Voilà 
un  rôle.  Voilà  un  masque.  Voilà  du 
cinéma. 


Depuis  Quatre  ans  nous 
réclamons  une  réédition 
de  Le  Lys  et  la  Rose. 
On  nous  répond  toujours 
que  c'est  impossible  et 
que  le  négatif  est  aux 
cinq,  cents  diables  main- 
tenant. Mais  —  enfin  ! — 
on  nous  rend  ce  beau 
film  et  nous  aVons  pu 

le  goûter    de    nouveau. 

• 
Nous  Venons  d'en    Voir 
une  excellente  copie 
dans  le  meilleur   ciné= 
ma  de  "Bruxelles.   £ff 


Pas  de  cuisine  d'alambic  pour 
lui  tirer  des  larmes  et  pour  forcer 
les  nôtres.  Elle  aime  comme  une  en- 
fant. Elle  vit  comme  une  femme.  On 
la  trompe  comme  une  enfant.  On  la 
salue  comme  une  femme.  Il  y  a  un 
roman  et  je  viens  de  vous  en  citer 
les  quatre  thèmes. 
• 

Lillian  dans  son  jardin.  Gaminerie. 
Fraîcheur  de  province.  Douceur  styli- 
sée par  des  détails  anciens,  comme 
un  portrait  qui  s'efface  un  peu,  avec 
des  ondes  claires  dont  la  lumière  de 
l'art  silencieux  fait  tout  le  rythme. 

Les  vieilles  cousines.  La  bonne  en 
boule.  Le  petit  chien.  L'oiseau.  Les 
fleurs.  La  haie.  Le  petit  voisin  frisé, 
qui  attend  derrière  la  haie. 

Et  puis  un  homme  passe.  Haut  de 
forme.  Jaquette.  Œillet  de  luxe.  Et 
—  et  un  baiser  pour  jouer.  On  oublie 
que  c'est  un  jeu.  Le  mariage  finit. 
Jeu  de  vilains. 

Après  quoi,  les  larmes.  L'homme 
s'amuse.  Pas  un  bellâtre  de  cinéma. 
Un  croquis  de  Maupassant.  Une  mol- 
lesse crayonnée  à  traits  durs.  Il 
trompe.  Non.  Il  se  trompe.  Il  oublie 
le  lys  pour  la  rose  —  qui  est  une 
belle  danseuse  libre.  A  lui  de  souffrir. 

Le  lys  se  libère.  Il  y  aura  un  bébé. 
Il  y  a  beaucoup  de  douleur  avant. 
Ainsi,  voir  derrière  un  rideau  le 
baiser  de  la  rose,  sentir  que  les  murs 
tremblent,  que  le  plancher  s'enfuit, 
que  l'on  s'anéantit  dans  une  chute, 
dans  l'infini  —  par  terre... 

Et  tout  finira. 

On  retrouve  la  haie,  les  cousines 
et  le  voisin.  Il  n'y  a  plus  qu'à  prépa- 
rer le  berceau. 

La  rose  dansera  ailleurs. 

L'homme  déçu  qui  a  perdu  les  deux 
fleurs  de  sa  vie  n'a  plus  qu'à  se  per. 
dre,  un  soir,  dans  le  parc,  avec  un 
peu  de  calme,  un  peu  de  sang,  un  peu 
de  silence. 

Lillian  s'apercevra  tout  doucement 
qu'elle  n'est  pas  morte. 
• 

Lillian  Gish  est  magnifique  dans 
Le  Lys  et  la  Rose. 

Louis  Delluc. 


cmea 


19 


DERRIÈRE       L'ÉCRAN 


Suzanne  Talba,  que  nous  vîmes 
dernièrement  dans  Rose  de  Grenade 
est  partie  en  Italie  où  l'appelle  un 
engagement  avec  la  Fox-Film. 

M.  Gordon  Edwards,  réalisateur 
de  la  Reine  des  Césars  et  de  La 
Reine  île  Saba,  metteur  en  scène  de 
cette  firme,  va  tourner  près  de  Rome 
un  grand  film  historique  intitulé  : 
Nèrone.  Suzanne  Talba  et  Jacques 
Grétillat  —  Néron  —  seront  les  prin- 
cipaux protagonistes  de  ce  film  sen- 
sationnel. 


M.  André  Hugon  annonce  qu'il 
tourne  Don  Quichotte,  d'après 
l'œuvre  de  Cervantes,  et  qu'il  pré- 
pare la  mise  en  scène  d'un  autre  très 
grand  film  qui  retracera  la  vie  ga- 
lante et  les  exploits  du  célèbre  pirate 
méditerranéen  Avondj-Barberousse. 


M.  Garbani,  chez  Pathé  —  va 
commencer  la  réalisation  d'un  film 
en  12  épisodes  dont  le  titre  seul  nous 
promet  des  soirées  d'hiver  pas  mo- 
roses :  Les  Parias  de  l'amour].. . 

Nardy,  à  Bonsoir,  nous  prédisait 
ces  temps  derniers  la  mort  prochaine 
du  ciné-roman...  mais  celui-ci,  nou- 
veau Phénix,  sans  doute,  renaît  de 
ses  propres  cendres...  puisque  le  pro- 
gramme de  la  saison  cinégraphique 
prochaine  ne  comporte  pas  moins  de 
17  films  d'aventures  en  10  ou  12  épi- 
sodes... 


Luitz-Morat,  retour  de  Sicile  avec 
Modot,  Pierre  Régnier  et  Yv.  Aurel, 
repart  ces  jours-ci  à  Naples,  termi- 
ner La  Terre  du  Diable 


M.  Louis  Feuillade,  retour  d'Algé- 
rie, avec  sa  troupe,  tourne  les  inté- 
rieurs de  L'Orpheline  —  12  épisodes. 


Ce  monsieur,  qui  s'intitule  jeune 
premier,  et  dont  le  «  matuvuisme  » 
n'est  plus  à  redire,  ne  se  sent  plus 
d'aise  depuis  la  présentation  de  ce 
très  grand  fdm  où  il  interprétait  un 
des  rôles  principaux. 

Il  ne  néglige  rien  pour  soigner  sa 
publicité,  visites  incessantes  à  des 
directeurs  de  journaux  cinégra- 
phiques,  récits  faits  par  soi-même  de 
ses  grands  succès...  tout  y  est..,  mais 
il  a  trouvé  mieux,  mais  ne  se  pro- 
mène-t-il  pas  en  tenant  très  ostensi- 
blement à  la  main  le  programme  du 
très  grand  film...  où  sa  photo  est 
reproduite?...  Le  plus  drôle  c'est 
qu'immédiatement  le  désert  se  fait 
autour  de  lui. 

L'ambiance  du  film  sans  doute!... 


La  Ermolieff-film  ferait  très  pro- 
chainement une  adaptation  nouvelle 
des  Misérables. 


Sur  la  Riviera,  M.  Boudrioz  ter- 
mine en  ce  moment  les  intérieurs 
de  Tempête,  avec  Mosjouskine  et 
Mme  Lissenko,  tous  deux  très  re- 
marqués dans  L'enfant  du  Car- 
naval. 


M.  Henri  Desfontaines  ayant  ter- 
miné Les  trois  lys,  s'apprête  à  réali- 
ser Chichinette  et  Cie,  d'après  le 
roman  de  Pierre  Custot. 

Jean  Devalde  que  l'on  vît  dans 
L'Ami  des  montagnes  et  Mme  Le- 
grand.qui  vient  de  tourner  la  vivante 
épingle,  en  seraient  les"  interprètes 
principaux. 

• 

Ce  jeune  et  bouillant  critique  cillé- 
graphique  du  plus  vivant  de  nos 
journaux  du  soir,  commence  à  trou- 
ver très  dur  son  métier  qui  l'oblige 
à  assister  à  de  nombreuses  présen- 
tations. 

Aussi  lui  prête-t-on  l'intention  de 
se  venger  de  façon  cruelle  des  met- 


teurs en  scène  auxquels  il  doit  de  si 
vilains  quarts  d'heure. 

Et  nous  aurons  prochainement 
dans  son  journal  une  série  de  Tètes 
de  Turcs  où  certains  «  cinéastes  » 
n'auront  nulle  peine  à  se  recon- 
naître. 

• 

M.  Monca  part  le  1er  août  à  Nice 
tourner  une  bande  dont  les  princi- 
paux interprètes  masculins  seraient 
Marcel  Vibert  et  le  jeune  comédien 
Charles  Boyer,  deuxième  prix  du 
Conservatoire,  dont  les  créations  au 
théâtre  Antoine  furent  très  appré- 
ciées. Charles  Boyer,  au  cinémato- 
graphe, a  débuté  dans  L'Homme  du 
Large,  de  Marcel  L'Herbier. 

Yvonne  Devignes  ayant  terminé 
son  rôle  des  Trois  Lys  va  interpréter 
le  principal  personnage  féminin  d'un 
film  d'Henry  Houry. 

On  tournait  ces  jours  derniers  au 
Croisic  les  dernières  scènes  des  Trois 
Mousquetaires,  et  l'on  attendait  l'ar- 
rivée du  cardinal  de  Richelieu,  de 
Max. 

On  l'attendit  longtemps...  comme 
il  ne  venait  pas,  un  figurant  de  la 
stature  du  grand  tragédien  fut 
habillé  de  ses  effets,  et  dans  toutes 
les  scènes  où  le  cardinal  devait  pa- 
raître, le  figurant  fut  filmé...  de  dos 
seulement. 

André  Daven 

M  ■ 

■  ■ 

I  Hue  les  Lecteurs  de  I 

■  ■ 

le  i  n  é  al 

■  ■ 

■ 

j  nous  écrivent  fran=  \ 
\  chement   leurs   im=  \ 

m  m 

!  pressions  sur   les  I 

■  ■ 

!  films  qu'ils  ont  Vus.  \ 


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cinea 


M 


SPECTACLES 


M 


Ça  va  est  la  grande  revue, 
pour  cette  année,  de  «  Ripégi- 
gnoux  »,  comme  dit  Colette,  Miousic 
l'était  pour  l'an  passé.  Une  autre  le 
sera  pour  l'an  prochain.  Ça  va  inau- 
gure la  période  de  fabrication.  Le 
procédé  y  est  déjà  aussi  manifeste 
que  dans  telle  revue  à  grand  spec- 
tacle de  music-hall.  Et,  s'il  est  un  peu 
plus  littéraire,  il  est  moins  divertis- 
sant. 

L'esprit  dépensé  là  en  deux  heures, 
pourquoi  donc  est-il  si  facile,  telle- 
ment moins  fin  que  celui  de  la  moin- 
dre causerie  parisienne?  Est-ce  pour 
en  atteindre  mieux  tout  le  public  ? 
Mais  le  gros  public  ne  comprend 
même  pas  celui-là,  si  insistant  qu'il 
se  fasse  ;  il  ne  rit  que  par  confiance 
et  parade.  Le  grossissement  est  inu- 
tile. Quand  les  auteurs  tiennent  une 
agréable  idée,  au  lieu  de  la  mettre 
dans  une  bonne  répartie,  ils  l'étaient 
sur  une  scène  entière.  Celles  d'Him- 
mel  et  Galmot,  du  danseur-taxi,  plai- 
santes au  début,  découragent  vite  la 
bonne  volonté  du  spectateur.  Et  nous 
avons  trop  entendu  Marianne  parler 
de  ses  amants,  Cécile  Sorel  et  Mau- 
rice Rostand  parler  d'eux-mêmes 
pour  ne  pas  exiger  d'auteurs  aussi 
réputés  que  Rip  et  Gignoux  qu'ils 
leur  prêtent  au  moins  des  mots  nou- 
veaux. Ceux-ci  mêmes  m'ont  paru 
inférieurs  aux  idées  scèniques. 

Aussi  tout  le  divertissement  doit-il 
venir,  et  vient-il  —  indépendamment 
de  la  mise  en  scène  et  des  costumes 
qui  sont  d'un  art  incertain  —  des 
acteurs. 

Tous  sont  excellents,  deux  sont 
incomparables. 

Parmi  les  premiers,  une  nouvelle 
venue,  Berthe  Plantade,  possède  une 
voix  distincte,  un  maintien  paisible 
et  aisé  qui  plairont.  Pauley  est  d'une 
réjouissante  jovialité.  Mais  Miss 
Campton  ne  dépense  point  là  cette 
fantaisie  et  cet  entrain  qui  lui  firent 
une  carrière  si  brillante  au  music- 
hall;  dans  sa  scène  de  l'Atlantide, 
son  invention  m'a  paru  courte. 

Mais  il  y  a  Raimu  et  Thérèse  Dorny  I 
Du  premier,  chacun  connaît  cet 
extraordinaire  naturel,  cette  manière 
d'accommoder  le  texte  en  improvisa- 
tion, cette  voix  cocassement  timbrée, 
ces  veux  ébahis,  cette  autorité  dans 


une  inimitable  gaucherie.  Que  de 
malice,  de  sagacité  et  de  tact  souve- 
rain dans  sa  composition  de  Ma- 
rianne ! 

Quant  à  Thérèse  Dorny,  j'avoue 
que  c'est  une  très  belle  surprise.  La 
charmante  drôlerie  qui  était  déjà  la 
sienne  n'annonçait  pas  une  fantai- 
sie de  si  haute  classe.  Son  art  est 
consommé  ;  il  est  direct  et  sûr,  animé 
d'une  personnalité  riche,  retenu  par 
un  sens  clairvoyant  de  la  mesure. 
Le  physique  de  la  comédienne  est  de 
premier  ordre,  sa  voix  très  souple. 
Sauf  dans  la  scène  de  Maurice  Ros- 
tand, qui  n'est  peut-être  pas  très  bien 
écrite, Thérèse  Dorny  affirme,  je  crois, 
les  moyens  et  le  tempérament  comi- 
ques les  plus  caractérisés  et  les  plus 
variés  d'à  présent. 
• 

Le  Casino  de  Paris  présente 
une  revue  moins  fastueuse  qu'à  l'or- 
dinaire, parce  que  c'est  l'été,  plus 
spirituelle,  parce  que  Saint-Granier 
y  mit  la  main.  Le  résultat  fait  un 
spectacle  beaucoup  plus  satisfaisant. 

Si  la  galerie  n'apprécie  point  les 
couplets  en  pot-pourri  sur  les  dan- 
cings, elle  peut  s'extasier  au  défilé 
des  chemises  transparentes.  Et  c'est 
très  bien.  Des  sketches  sont  drôles, 
comme  celui  où  «  les  enfants  s'amu- 
sent »,  des  ensembles  jolis,  comme 
celui  de  la  tasse  de  thé. 

La  distribution,  enfin,  n'est  pas 
moins  heureusement  disparate.  Si 
Milton  est  un  acteur  bouffe,  Saint- 
Granier  par  son  parisianisme  con- 
fine sa  bonne  humeur  charmante 
dans  des  limites  distinguées. 

Si  Dutard  épaissit  ses  effets,  Ma- 
gnard  anémie  presque  les  siens.  Si 
l'une  des  belles  créatures  qui  sont  là 
pour  être  nues  est  un  peu  frêle, 
l'autre  est  plantureuse.  Si  Nina  My- 
ral  est  gouailleuse  et  clownesque 
(d'une  manière,  il  est  vrai,  que  nous 
lui  connaissions  déjà),  Nina  Myral 
est  élégante  et  chaste  (d'une  manière, 
assurément,  qui  ne  nous  était  guère 
plus  inconnue).  Voilà  du  divers, 
sinon  du  nouveau. 

Henriette  Quinault  apporte  parmi 
tout  ce  désordre  un  style,  une  allure 
et  même  une  noblesse  qui  sont  de  la 
plus  haute  façon,  de  l'art  le  plus 
certain. 


Mary  Dubas  affirme  des  qualités 
de  fantaisie  très  personnelles,  une 
aisance  complète  de  danseuse  et  de 
comédienne. 

Enfin  Maurice  Chevalier,  ayant  fait 
à  sa  gloire  la  concession  de  quelque 
chanson  traditionnellement  pleurni- 
chante et  bien  «  gosse  »,  consent  à 
rappeler  le  comédien  peu  banal  qu'il 
fut —  s'en  souvient-on?  —  dans  Go\ 
bette  of  Paris.  Naturel,  adresse, 
vrai  comique  :  que  de  dons!  Sa  Cé- 
cile Sorel  sera  peut-être  bien  la  seule 
dont,  l'an  prochain,  l'on  reparlera. 
La  seule...  des  reconstitutions! 

• 
A  l'Olympia,  trois  bons  numéros 
se  rencontrent  le  même  soir  :  c'est 
une  nouveauté  qu'on  peut  dire.  La 
Terpsichore  a  choisi  ses  danses  avec 
la  même  audace  désinvolte  dont  elle 
a  choisi  son  nom:  elle  danse  le  Cygne! 
Nous  ne  penserons  plus  au  Cygne, 
sans  penser  à  vous,  inoubliable  Pav- 
lovaî  Mais  cette  petite  rivale  que 
vous  ne  vous  étiez  point  prévue,  Ma- 
dame, sur  le  boulevard  des  Capu- 
cines, n'a  qu'une  vertu  et  qui  ras- 
sure :  elle  sait  adapter  la  danse  de 
genre  au  music-hall,  par  les  moyens 
honorables  d'une  technique  suffisante 
et  d'une  fougueuse  acrobatie  ;  au 
moins,  c'est  personnel.  Les  Titos  ont 
un  esprit  charmant  dans  leurs  se- 
melles sonores,  leur  élégance  admis- 
sible, leurs  gestes  bien  placés.  Enfin 
les  deux  frères  Angel  montrent  une 
pureté  de  lignes,  un  bonheur  de  pro- 
portions, une  beauté  absolus;  on  est 
bien  un  peu  gêné  par  d'incompréhen- 
sibles échelles  de  métal  sur  lesquelles 
ils  évoluent,  un  moment,  mais  quand 
ils  sont  sans  ces  appareils  barbares, 
l'aisance  de  leurs  corps  et  la  douceur 
de  leurs  visages  évoquent  les  éphèbes 
de  la  palestre  antique  et  non  pas  ces 
horribles  gymnastes  habituels  aux 
pectoraux  en  consoles  et  aux  biceps 
en  boules  de  jardin. 

• 
A  l'Alhambra,  médiocre  pro- 
gramme, avec  trop  de  contorsion- 
nistes  et  une  abomination  de  pseudo 
ballet  russe  (î)  que  j'ai  cru  dansé  par 
des  petites   filles  pas  nubiles,  et  un 

boucher  fat. 

Raymond  Payelle. 


cmea 


21 


LE    ROMAN    D'UN    AGENT    DE    CHANGE    AFFAIRE 

Histoire  américaine  de  O.  Henry 


Pitcher,  premier  clerc  de  Harvey 
Maxwell,  agent  de  change,  laissa 
paraître  sur  sa  physionomie  généra- 
lement terne,  une  expression  de  sur- 
prise et  d'intérêt  sympathique  lors- 
que son  patron, à  neuf  heures  et  demie, 
entra  d'un  pas  vif  dans  le  bureau, 
accompagné  de  sa  jeune  sténogra- 
phe. Avec  un  brusque  «  bonjour  Pit- 
cher »,  Maxwell  bondit  à  son  bureau 
comme  s'il  avait  l'intention  de  sauter 
par  dessus,  et  se  plongea  aussitôt 
dans  le  monceau  de  lettres  et  de  télé- 
grammes qui  l'attendait. 

La  jeune  femme  était  la  sténogra- 
phe de  Maxwell  depuis  un  an.  Elle 
était  belle  dans  un  genre  qui,  déci- 
dément, n'était  pas  sténographique. 
Elle  n'arborait  pas  de  vastes  et  pom- 
peux chapeaux.  Elle  ne  portait  ni 
chaînes,  ni  bracelets,  ni  boucles.  Elle 
n'avait  pas  l'air  disposée  à  accepter 
une  invitation  à  déjeuner.  Elle  était 
vêtue  d'un  costume  gris,  simple,  qui 
s'adaptait  à  sa  silhouette  avec  fidélité 
et  discrétion.  Sur  sa  toque  noire  était 
nettement  piquée  une  aile  de  macaw 
vert  doré.  Ce  matin,  elle  était  douce- 
ment et  timidement  radieuse;  ses 
yeux  brillaient  rêveusement,  ses 
joues  avaient  l'éclat  authentique  des 
pêches,  et  des  souvenirs  heureux 
flottaient  sur  sa  physionomie. 

Pitcher,toujourssympathiquement 
curieux,  remarqua  ce  matin-là  une 
différence  dans  sa  façon  de  faire.  Au 
lieu  d'aller  tout  droit  dans  la  pièce 
voisine,  où  se  trouvait  son  bureau, 
elle  s'attardait  d'un  air  irrésolu  dans 
la  première  salle.  Un  moment,  elle 
s'approcha  du  bureau  de  Maxwell, 
assez  près  pour  qu'il  eut  conscience 
de  sa  présence. 

Mais  l'être  assis  à  ce  bureau  avait 
cessé  d'être  un  homme;  c'était  une 
machine,  un  agent  de  change  de  New- 
York,  affairé,  mu  par  des  roues  bour- 
donnantes et  dès  ressorts  jamais 
détendus. 

—  Eh  bien?  Qu'est-ce  que  c'est? 
Qu'est-ce  qu'il  y  a?  demanda  brus- 
quement Maxwell.  Son  courrier  ou- 
vert s'entassait  comme  un  amas  de 
neige  de  théâtre  sur  le  bureau  encom- 
bré, son  œil  gris,  vif,  impersonnel  et 


brusque,   lança    sur    elle    un  éclair 
presque  impatient. 

—  Rien,  répondit  la  sténographe, 
s'éloignant  avec  un  léger  sourire. 

—  Monsieur  Pitcher,  dit-elle  au  pre- 
mier clerc,  est-ce  que  M.  Maxwell  a 
dit  quelque  chose  hier  au  sujet  de 
l'engagement  d'une  autre  dactylo- 
graphe ? 

—  Oui,  répondit  Pitcher.  Il  m'a  dit 
d'en  convoquer  une  nouvelle.  J'ai  fait 
prévenir  l'agence,  hier  après-midi, 
d'envoyer  quelques  échantillons  ce 
matin.  Il  est  neuf  heures  trois  quarts 
et  je  n'ai  pas  encore  vu  un  seul  cha- 
peau de  théâtre,  ni  un  seul  morceau 
de  chewing  guni  à  l'ananas. 

«  —  Je  ferai  le  travail  comme  d'ha- 
bitude, alors,  dit  la  jeune  femme, 
jusqu'à  ce  que  quelqu'un  vienne  me 
remplacer.  »  Et  aussitôt  elle  se  diri- 
gea vers  sa  table  et  suspendit  la  toque 
noire  avec  l'aile  de  macaw  vert-doré 
à  la  place  habituelle. 

Celui  qui  n'a  pas  contemplé  un 
agent  de  change  de  Nanhattan  au 
milieu  du  tumulte  des  affaires  est 
handicapé  pour  les  études  anthropo- 
logiques. Le  poète  a  chanté  «  les 
heures  entassées  de  la  vie  glorieuse.  » 
Pour  l'agent  de  change,  non  seule- 
ment les  heures  sont  entassées,  mais 
les  minutes  et  les  secondes  se  pen- 
dent à  toutes  les  courroies  et  se  ser- 
rent sur  les  plates-formes  d'avant  et 
d'arrière. 

Et  ce  jour  était  un  jour  affairé  pour 
Harvey  Maxwell.  Le  récepteur  com- 
mençait à  dérouler,  en  saccades  brus- 
ques, des  serpentins  de  papier;  le 
téléphone  du  bureau  avait  des  accès 
chroniques  de  bourdonnement.  Des 
hommes  se  précipitaient  dans  la  pièce 
et  interpelaient  l'agent  de  change 
par  dessus  la  balustrade,  joviale- 
ment, vivement,  furieusement,  ner- 
veusement. Des  petits  messagers 
entraient  et  sortaient  avec  des  notes 
et  des  télégrammes.  Les  clercs,  dans 
la  pièce  voisine,  bondissaient  comme 
des  marins  pendant  la  tempête.  Même 
la  physionomie  de  Pitcher  marquait 
quelque  chose  qui  ressemblait  à  de 
l'animation. 

A  la  Bourse,   il  y  avait  des  oura- 


gans et  des  éboulements,  et  des  tem 
pêtes  de  neige,  et  des  glaciers,  et  des 
volcans;  et  ces  cataclymes  élémen- 
taires se  reproduisaient  en  petit  dans 
le  bureau  de  l'agent  de  change.  Max- 
well poussa  sa  chaise  contre  le  mur 
et  commença  à  traiter  les  affaires  à 
la  manière  d'un  danseur  qui  fait  des 
pointes.  Il  sautait  du  télégraphe  au 
téléphone,  de  la  table  à  la  porte,  avec 
l'agilité  experte  d'un  arlequin. 

Au  milieu  de  cette  tension  toujours 
croissante,  l'agent  de  change  perçut 
soudain  une  frange  de  cheveux  d'or, 
soutenant  une  sorte  de  ciel  de  lit  en 
velours  garni  de  plumes  d'autruche, 
un  sac  en  imitation  de  peau  de  pho- 
que et  un  collier  dont  les  grains 
étaient  aussi  gros  que  des  noix  de 
coco  et  qui  se  terminait,  tout  près  du 
sol,  par  un  cœur  en  argent.  Il  y  avait, 
en  relation  avec  ces  accessoires,  une 
jeune  personne  pleine  d'assurance 
dont  Pitcher  était  là  pour  expliquer 
la  présence. 

—  Mademoiselle  vient  de  l'agence 
des  sténographes  pour  la  situation 
offerte,  dit  Pitcher. 

—  Quelle  situation  ?  demanda-t-il 
en  fronçant  le  sourcil. 

—  Sténographe,  dit  Pitcher.  Vous 
m'avez  dit  hier  de  les  prévenir  et  de 
faire  envoyer  quelqu'un  ce  matin. 

—  Vous  perdez  la  tête,  Pitcher,  dit 
Maxwell.  Pourquoi  vous  aurais-je 
donné  de  pareilles  instructions? Miss 
Leslie  a  donné  complète  satisfaction 
pendant  l'année  qu'elle  a  passée  ici. 
La  place  est  à  elle  aussi  longtemps 
qu'elle  voudra  y  rester.  Il  n'y  a  pas 
d'emploi  vacantici,  Madame.  Envoyez 
un  contre-ordre  à  l'agence,  Pitcher, 
et  ne  m'amenez  plus  personnel 

Le  cœur  en  argent  quitta  le  bureau, 
se  balançant  et  se  heurtant  d'un 
air  indépendant  contre  les  murs, 
comme  pour  marquer  son  indigna- 
tion. Pitcher  saisit  l'occasion  pour 
faire  observer  au  comptable  que  le 
patron  paraissait  devenir  chaque 
jour  plus  distrait  et  plus  absorbé. 

Le  mouvement  des  affaires  était  de 
plus  en  plus  ardent  et  tumultueux. 
Au  Parquet,  on  était  en  train  d'apla- 
tir une  douzaine  de  valeurs  sur  les- 


22 


cinea 


quelles  le»  clients  de  Maxwell  avaient 
fait  de  gros  placements.  Des  ordres 
dr  vente  et  d'achat  allaient  et  ve- 
naient, aussi  vifs  que  des  vols  d'hi- 
rondelles. Quelques-uns  de  ses  pla- 
cements personnels  étaient  menacés 
et  l'homme  fonctionnait  comme  quel- 
que machine  perfectionnée,  compli- 
quée, délicate,  puissante,  marchant 
à  haute  tension,  allant  à  toute  vi- 
tesse, précise,  n'hésitant  pas,  avec  le 
mot  et  ladécision  justes,  l'acte  prompt 
et  prêt  comme  un  mouvement  d'hor- 
logerie. Actions  et  obligations,  em- 
prunts et  hypothèques,  marges  et 
sécurités,  c'était  ici  le  monde  de  la 
finance,  et  il  n'y  avait  pas  de  place 
pour  le  monde  de  l'homme  ou  de  la 
nature. 

Quand  l'heure  du  déjeuner  appro- 
cha, il  y  eut  une  légère  accalmie  au 
milieu  de  la  tempête. 

Maxwell  était  debout  devant  son 
bureau,  les  mains  pleines  de  télé- 
grammes et  de  notes,  un  stylographe 
sur  l'oreille  droite,  les  cheveux  pen- 
dant en  mèches  désordonnées  sur  le 
front.  La  fenêtre  était  ouverte,  car  le 
printemps,  gardien  bien-aimé,  avait 
laissé  sortir  un  peu  de  chaleur  des 
réserves  de  la  terre. 

Et  par  la  fenêtre  vint  une  odeur 
—  errante,  peut-être  égarée  —  une 
odeur  de  lilas,  douce  et  délicate,  qui, 
pour  un  moment,  immobilisa  sur 
place  l'agent  de  change.  Car  cette 
odeur  appartenait  à  Miss  Leslie;  elle 
était  à  elle,  et  rien  qu'à  elle. 

L'odeur  la  fit  paraître  vivante,  pres- 
que tangible,  devant  lui.  Le  monde 
de  la  finance  se  rétrécit  soudain, 
devint  une  petite  tache.  Et  elle  était 
dans  la  pièce  voisine,  à  vingt  pas 
de  lui. 

—  Par  George,  je  veux  le  faire 
maintenant,  dit  Maxwell,  presque  à 
haute  voix.  Je  vais  lui  parler  tout  de 
suite.  Je  me  demande  pourquoi  je  ne 
l'ai  pas  fait  depuis  longtemps. 

11  se  précipita  dans  la  seconde  pièce 
avec  la  hâte  d'un  vendeur  qui  cons- 
titue une  couverture.  Il  se  rua  vers 
le  bureau  de  la  sténographe. 

Elle  le  regarda  en  souriant.  Une 
légère  rougeur  couvrit  ses  joues;  ses 
yeux  avaient  un  bon  regard  franc. 
Maxwell  posa  un  coude  surle  bureau. 
Il  tenait  encore  entre  ses  mains  des 
papiers  en  désordre  et  la  plume  était 
sur  son  oreille. 

—  Miss  Leslie,  commença-t-il  hâti- 
vement, je  n'ai  qu'un  moment  à  moi 
et  il  faut  que,  dans  ce  moment,  je 
vous  dise  quelque  chose.  Voulez-vous 


être  ma  femme?  Je  n'ai  pas  eu  le 
temps  de  vous  faire  la  cour  suivant 
les  règles,  mais  réellement,  je  vous 
aime.  Répondez-moi  vite,  je  vous 
prie;  ces  gens  sont  en  train  d'abîmer 
mes  Union  Pacific. 

—  Mais...  que  voulez-vous  dire? 
s'écria  la  jeune  femme. 

Elle  se  leva  toute  droite  et  le  re- 
garda, ouvrant  de  grands  yeux. 

—  Ne  comprenez-vous  pas?  dit 
Maxwell  fébrilement.  Je  veux  que 
vous  m'épousiez.  Je  vous  aime,  Miss 
Leslie.  Je  voulais  vous  le  dire  et  j'ai 
profité  d'un  moment  où  les  choses  se 
calmaient  un  peu.  Voilà  maintenant 
qu'on  m'appelle  au  téléphone.  Dites- 
leur  d'attendre  une  minute,  Pitcher. 
Acceptez-vous,  Miss  Leslie? 

La  sténographe  agit  d'une  manière 
étrange.  D'abord  elle  parut  tout  éton- 
née; puis  ses  yeux  interrogateurs  se 
remplirent  de  larmes  ;  enfin,  son  sou- 
rire brilla  comme  un  rayon  de  soleil 
à  travers  ses  pleurs,  et  son  bras  s'en- 
laça tendrement  autour  du  cou  de 
l'agent  de  change. 

—  Je  comprends  maintenant,  dit- 
elle  doucement.  Ce  sont  ces  maudites 
affaires  qui  ont  tout  fait  sortir  de 
votre  tête  pour  un  temps.  J'ai  eu  peur 
tout  d'abord.  Ne  vous  rappelez-vous 
pas,  Harvey  ?  Nous  nous  sommes 
mariés  hier  soir  à  huit  heures,  dans 
la  petite  église  du  coin. 

O.  Henry. 
(Trad.  C.  Landry.) 


I    LE   TITRE  ET 


\    LES  TITRE  URS 


Le  métier  de  titreur  est  essentielle- 
ment ingrat.  L'esthétique  en  est  celle 
que  Brummel  assignait  à  l'homme 
bien  habillé  :  ne  point  se  faire  re- 
marquer. Les  mérites  restent  igno- 
rés; seules  les  erreurs  ressortent 
soulignées  par  les  critiques  qui  y 
trouvent  une  proie  facile.  Et  comme 
les  éditeurs  jugent  superflu  de  faire 
relire  titres  et  sous-titres,  personne 
n'arrêtera  la  faute  d'ortographe, 
d'accord,  de  syntaxe,  qui  échappe  au 
rédacteur  ou  que  lui  attribue  la 
composition. 

A    cet    égard,     j'ai     un     remords. 


J'avais  noté  dans  un  film,  une  ré- 
plique vive,  spirituelle,  bien  en  si- 
tuation :  je  voulais  la  mentionner, 
impossible  en  sortant  de  la  présen- 
tation de  me  rappeler  dans  lequel 
des  dix-sept  films  que  j'avais  vus  ce 
jour  là,  elle  se  trouvait.  J'opte  pour 
La  lumière  du  inonde;  tant  pis  si  le 
compliment  fait  fausse  route. 

Généralisons.  Quelle  place  faut-il, 
dans  un  film,  attribuer  à  la  lettre 
imprimée?  Constitue-t-elle  un  dis- 
cord,  un  mal  provisoirement  néces- 
saire? Doit-on  tendre  vers  le  film 
muet,  la  pure  pantomime? 

C'est  ce  qu'a  fait  Joseph  de  Grasse 
dans  son  dernier  film,  et  maintenant 
il  déclare  que  ce  n'était  qu'un  essai, 
qu'il  n'a  pas  l'intention  de  continuer. 
Ou  bien,  au  contraire,  doit-on  con- 
server la  lettre,  le  discours,  lui  faire 
jouer  le  rôle  du  texte  explicatif  dans 
un  livre  illustré  (et  le  cinéma  est-il 
autre  chose  qu'un  beau  livre  illustré 
dont  les  pages  se  succèdent  sans  dis- 
continuité?) 

Dans  cette  doctrine,  la  lettre  est 
aussi  essentielle  que  l'image;  elle 
engage,  au  même  degré  qu'elle,  la 
responsabilité  de  l'auteur.  Le  scé- 
nario doit  donc  se  présenter  comme 
une  alternance  rythmée ,  mesurée, 
de  choses  destinées  à  être  vues  et  de 
choses  destinées  à  être  lues. 

Il  découle  de  là  que  le  texte  ne  doit 
présenter  aucun  élément  descriptif 
Au  photographe  de  nous  dire  qu'une 
robe  est  claire,  qu'une  forêt  est 
épaisse,  qu'une  femme  est  jolie;  nous 
nous  rebifferons  si  le  titreur  nous 
l'affirme,  parfois  contre  l'évidence. 
Mais  nous  lui  saurons  gré  de  nous 
dire  ce  que  l'écran  ne  peut  révéler, 
un  nom,  une  date,  une  parole  déci- 
sive, une  pensée  secrète. 

La  solution  du  «  film  sans  pa- 
roles »  offre  des  dangers.  Elle  peut 
s'appliquer  à  des  drames  d'une  psy- 
chologie très  simple,  même  pauvre, 
et  dans  ce  cas,  la  portée  en  est  li- 
mitée; ou  bien  elle  entraîne  l'auteur 
vers  un  symbolisme  excessif  et  fati- 
gant, elle  l'amène  à  visualiser  lon- 
guement, parfois  lourdement  des 
mots,  des  phrases  qui,  dans  le  dis- 
cours, donnent  tout  leur  contenu  en 
un  éclair,  à  transformer  l'image  en 
rébus,  à  susciter  la  curiosité  aux 
dépens  de  l'émotion.  Au  fond,  en 
cette  matière,  comme  en  tout  art,  on 
peut  faire  comme  on  veut,  à  condi- 
tion de  savoir  ce  qu'on  veut,  de  le 
réaliser  et  de  le  faire  comprendre.    , 

L.  L. 


cinéa 


23 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


Tout  en  poursuivant  mes  études  de 
chant,  je  fréquentais  en  même  temps 
une  école  privée  ou  j'apprenais  à 
lire  et  à  écrire.  Dans  cette  école  les 
garçons  et  les  filles  étaient  réunis 
ensemble  dans  une  même  classe  et 
bientôt  j'ai  eu  une  aventure  amou- 
reuse avec  une  des  élèves. 

J'étais  assez  intelligent  et  j'appris 
très  vite  à  lire,  c'est  pourquoi  je  tra- 
vaillais d'une  façon  indifférente,  pré- 
férant de  patiner  dans  les  rues.  Je 
perdais  fréquemment  mes  livres  de 
classe,  parfois  je  les  vendais  tout 
simplement  pour  acheter  des  gâteaux, 
c'est  pourquoi  je  ne  savais  presque 
jamais  ma  leçon. 

En  classe  j'étais  assis  à  côté  d'une 
fillette  âgée  de  2  ans  de  plus  que  moi. 
Elle  s'appelait  Tania  ;  pendant  les 
interrogations  elle  me  venait  en  aide 
aux  moments  critiques.  C'est  pour- 
quoi elle  provoqua  en  moi  un  senti- 
ment de  sympathie  profonde  et  une 
fois  pendant  la  récréation  je  l'em- 
brassai dans  le  couloir,  tout  pénétré 
de  l'irréssistible  désir  de  lui  témoi- 
gner ma  reconnaissance.  Elle  recula 
un  peu  intimidée  et  murmura  : 

—  Voyons,  voyons!  Que  fais-tu  là? 
Est-ce  que  c'est  permis  ?  Et  si  la  maî- 
tresse s'apercevait?  Il  vaut  mieux 
attendre  le  moment  ou  nous  jouerons 
ensemble  dans  la  cour  —  nous  nous 
cacherons  tous  les  deux  quelque  part 
et  alors  tu  pourras  m'embrasser 
tant  que  tu  voudras. 

Je  ne  savais  pas  qu'il  n'était  pas 
convenable  à  mon  âge  d'embrasser 
les  petites  filles  et  de  tout  ceci  je  n'ai 
saisi  qu'une  chose  :  il  est  défendu  de 
s'embrasser  en  présence  de  la  maî- 
tresse —  probablement  parce  que  cela 
ne    faisait   pas   partie    des   matières 


professées  par  elle.  Une  vague  con- 
ception de  l'immoralité  des  baisers 
clandestins  se  forma  chez  moi  après 
avoir  embrassé  Tania  plusieurs  fois 
dans  les  coins  cachés  —  je  compris 
alors  que  cela  vous  fasse  plus  de 
plaisir  que  de  s'embrasser  devant 
tout  le  monde. 

Je  me  mis  à  rechercher  les  occa- 
sions de  rester  seul  avec  Tania  et 
nous  nous  embrassâmes  à  volonté. 

Je  ne  crois  pas  que  ces  embrasse- 
ments  avaient  un  caractère  autre 
qu'une  caresse  enfantine  et  pure,  une 
caresse  dont  est  avide  chaque  cœur 
humain  grand  ou  petit.  Naturelle- 
ment la  maîtresse  nous  découvrit  à 
la  longue,  tous  les  deux  ma  petite 
amie  et  moi,  nous  fûmes  chassés  de 
l'école. 

Je  ne  sais  pas  si  mes  parents  étaient 
au  courant  de  la  raison  de  mon  exclu- 
sion. Probablement  que  non  car 
autrement  j'aurais  été  exécuté  copieu- 
sement. 

Mais  cet  événement  laissa  une 
trace  profonde  dans  mon  âme.  Je 
compris  que  les  baisers  en  cachette 
sont  beaucoup  plus  doux  et  que  c'est 
une  chose  honteuse  puisque  la  maî- 
tresse m'avait  puni  pour  cela.  Etpuis, 
ceci  a  provoqué  chez  moi  une  sorte 
de  curiosité  envers  la  femme.  Je 
commençai  à  éprouver  des  sensa- 
tions neuves  pour  moi,  j'allais  sou- 
vent aux  bains  avec  ma  mère,  main- 
tenant je  refusais  de  l'accompagner 
craignant  d'avoir  honte  d'assister 
aux  bains  des  femmes. 

Bientôt  j'entrai  dans  une  autre 
école  primaire  mais  je  la  quittai  très 
vite.  Aussi  à  cause  d'un  événement 
assez  singulier. 

Un  jour,  lorsque  je  me  rendais  à 


l'école  je  rencontrai  au  coin  d'une 
rue  un  gros  gas  armé  d'un  bâton  et 
qui  sans  aucune  raison  plausible  me 
gratifia  d'un  coup  monstrueux  sur 
la  nuque  qui  fût  au  même  instant 
toute  inondée  de  sang. 

Après  avoir  frappé  il  disparut  en  un 
clin  d'œil  sans  rien  dire. 

Ma  blessure  me  faisait  beaucoup 
souffrir.  Surtout  je  ne  comprenais 
pas  qu'elle  était  la  raison  de  cette 
agression  tout  à  fait  inattendue;  je 
n'avais  jamais  eu  de  rapport  quel- 
conque avec  cet  individu.  Mais  à  la 
longue  je  me  consolai  :  j'arrêtai  le 
sang,  en  frottant  ma  nuque  avec  de 
la  neige  et  continuai  mon  chemin. 

A  l'école  je  ne  fis  part  à  personne 
de  l'accident,  à  mes  parents  non  plus 
—  je  savais  que  mon  père  en  appre- 
nant cela  me  battrait  une  fois  de  plus 
car  c'est  moi  qui  serais  toujours  le 
coupable. 

La  blessure  ne  guérissait  pas  avec 
le  temps,  mais  comme  je  portais  des 
cheveux  relativement  longs,  elle  ne 
se  voyait  pas. 

Il  arriva  un  jour  que  j'eus  mal 
répondu  à  une  question  de  l'institu- 
teur lequel  avait  une  manière  spé- 
ciale de  «  pincer  le  petit  oiseau  ». 

Savez-vous  en  quoi  consiste  cette 
opération  ?  On  attrape  une  poignée 
de  cheveux  sur  votre  nuque  et  puis 
en  les  serrant  fortement  on  les  tire 
d'un  coup  du  bas  en  haut.  La  sensa- 
tion est  la  même  comme  si  on  vous 
déchirait  en  deux  le  cou  tout  entier. 

L'instituteur  «pinça  le  petit  oiseau  » 
juste  à  l'endroit  de  la  blessure.  Je 
hurlai  de    douleur. 


(A  suivre) 


L.  Valter,  trad. 


24 


cinea 


M         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi  29   Juillet  au   Jeudi  11  Août 


V    ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des 
Italiens.  —  Les  actualités  de  la  semaine.  — 
La  bonne  a  le  sac,  comédie  burlesque.  — 
Sur  le  ///.dessins  animés.  —  Malbias  San- 
dorf, y  épisode.  —  Reprise  de  Mon  Village, 
d'après  Hansi.  —  Attraction  :  The  tbree 
ways,  excentric's. 

Programme  du  5  au  1 1  août.  —  Patbé- 
Revue.  —  La  fabrication  des  paves  de  bois. 

—  Le  capitaine  Grog,  dessins  animés.  — 
Matbias  Sandorf,  4?  épisode.  —  Le  secret 
de  Ladv  Audley,  scène  dramatique.  — 
Attraction;  Greenand  Nello,  cyclistes. 

Omnia-Pathé,  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Patbè-Journal,  —  La  Pocbarde, 
9e  épisode.  —  L'enfant  du  carnaval,  scène 
dramatique.  —  La  lampe  d'Aladin,  scène 
comique.  —  Matbias  Sandorf. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Journal. —  Muguette  et  ses 
as,  comique.  —  A  travers  la  France  :  Dans 
les  vallées  Alpines.  —  Deux  mains  dans 
l'ombre,  drame,  —  L'excitant  élixir,  fan- 
taisie comique.  —  En  supplément  faculta- 
tif :  Dans  le  pétrin,  comique. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière. 

—  Nouméa,  plein  air.  —  Le  bal  des  Pou- 
lettes, dessins  animés.  —  Mago-Maga  en 
Chine,  comique.  —  Seule,  comédie.  — 
Parisiana-Joumal.  —  Le  Diamant  de  la 
Couronne,  aventures  policières.  —  Billy 
acteur  malgré  lui,  comique.  —  En  supplé- 
ment excepté  dimanches  et  fêtes  :  Les  Bas 
de  soie, comédie  avec  Constance  Talmadge. 

3*    ARRONDISSEMENT 
Pathé-Temple.     —     Patbé-Joitmal.    — 
Lalampe d'Aladin,  comique. —  La  Pocbarde, 
9e  épisode.  —  Matbias  Sandorf,  3e  épisode. 

—  L'enfant  du  Carnaval,  comédie  drama- 
tique. 

Palais  des  Fêtes. —  8.  rue  aux  Ours. — 
Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Billy  acteur 
malgré  lui,  comédie.  —  Deux  mains  dans 
l'ombre,  drame  en  3  actes. —  La  doctoresse. 
comédie  dramatique.  —  La  Pocbarde. 
9e  épisode.  —  Pathé- Journal. 

Salle  du  1e1' étage.  —  Actualités,  édition 
Pathé.  —  Dans  le  pétrin,  comique.  — 
Madge  l'ècervelêe,  comédie.  —  L'enfant  du 
carnaval,  comédie  dramatique.  —  Matbias 
Sandorf. 

4<=   ARRONDISSEMENT 

Saint-Paul,  73,  rue  Saint-Antoine. 
Saint-Paul-Journal.  —  La  Pocbarde,  cf  épi- 
sode.   —     L'excitant    élixir,    comique.  — 


Matbias  Sandorf,  2e  époque.  —  L'Enfant 
du  Carnaval,  comédie  dramatique. 

5e  ARRONDISSEMENT 
Mésange, 3,  rued'Arras. —  Pathé-Joumal. 

—  Patbé-Revue  n"  jo,  documentaire.  — 
La  Pocbarde,  8e  épisode.  —  Matbias  San- 
dorf, ze  épisode.  —  Crépuscule  d'épouvante , 
drame. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Les  pigeons  voyageurs,  documentaire. — 
Crépuscule  d'épouvante,  drame  en  4  parties. 

—  Gaumont-actualités.  —  Attraction  :  The 
IVald  and  Martees,  excentriques  comé- 
diens. —  Un  Aventurier,  comédie  senti- 
mentale. —  La  Pocbarde,  8e  épisode. 

6e   ARRONDISSEMENT 
Régina-Aubert-Palace,     155,     rue    de 
Rennes. —  Aubert-Journal. —  Patbé-Revue. 

—  Loin  du  cœur,  comédie  dramatique.  — 
Le  diamant  de  la  couronne ,  comédie  d'aven- 
tures. —  Billy  dieu  d'amour,  comique. 

Palace-Cinéma  Danton.  -  99.  boule- 
vard Saint-Germain.  —  Fleurus  27-5Q.  — 
Patbé-Revue.  —  Matbias  Sandorf,  3c  épi- 
sode. —  Zigoto  et  les  apaches,  comique.  — 
Crépuscule  d'épouvante,  drame.  —  Madge 
l'écervelée,  comique.  —  Gaumont-Ac/ua- 
lités. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Bosquet, 83,  avenue  Bosquet. — 
Direction  G.  Moyse.  —  Le  renard  et  le 
corbeau,  dessins  animés.  —  Magasine  de 
l'écran  n°  1 . —  Anatole  au  sérail,  comique. 

—  Matbias  Sandorf,  2e  épisode.  —  Rêves 
dorés,  scène  dramatique. 

Cinéma  Sèvres,  80  bis,  rue  de  Sèvres, 
(angle  des  boulevards  de  Montparnasse 
et  des  Invalides).  —  Fleurus  28-09.  — 
Pathé-Joumal.  —  Matbias  Sandorf,  3e  épi- 
sode. —  Charité,  drame   —  Patbé-Revue, 

—  Sosthene  s'obstine,  comique.  —  Attrac- 
tion :  Miss  Athea,  contorsionniste. 

Programme  du  5  au  11  août.  —  Pathé- 
Joumal.  —  L'enfant  du  carnaval,  scène 
dramatique  en  4  parties.  —  Matbias  San- 
dorf, 4e  épisode.  —  Re'i-Gliss  aux  bains  de 
mer,  comique. —  Attraction  sensationnelle. 

■ 
:     Les     Artistes     Suédois 

■  ■ 

:    sont     en     photo     à     la 
Svenska  Biografteatern 
38,  rue  des  Mathurins,    j 
au     prix     de     5    francs 


Cinéma  Récamier,  3.  rue  Récamier.  — 
Actualités,  —  La    Pocbarde,  9e  épisode.  — - 
Tentation,  comédie  dramatique.  —  Crépus- 
cule d'épouvante,  drame. 

Programme  du  5  au  1 1  août 
Actualités.  —  La  l  ocharde,  10e  épisode. — 
Fleur   de  Jade,    comédie.    —   L'Enfant  du 
Carnaval,  drame. 

Splendid-Cinéma-Palace,  60,  avenue 
de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-ov  M.  Messie.' 
directeur.  —  Pathé-Joumal.  —  Patbé-Revue. 

—  Le  Mexique,  documentaire.  —  Coursa 
de  taureaux  a  Lunel.  —Matbias  Sandorf, 
3e  épisode.  —  La  Sultane  de  l'amour,  drame. 

—  Crépuscule  d'épouvante,  drame.  —  Quel 
voyage   de   noces,  comique.  —  Intermède  : 
But!  et  Janett. —  Tous  les  jeudis  à  2  h.  1/2:* 
Matinée  spéciale  pour  la  jeunesse. 

La  semaine  prochaine  :  L'enfant  du  car- 
naval et  Cœur  de  Mannequin. 

io<=    ARRONDISSEMENT 

Tivoli,    19,    faubourg   du    Temple.    — 
Paysages  d'Eté   au  Danemark,  plein  air.  — I 
Tivoli-Journal.  — La  lampe  d'Aladin.  comi- 
que.   —  Matbias    Sandorf,  3e   épisode.  — <• 
Zigoto  et  les  apaches,  comique.  —  L'Enfant 
dn  Carnaval,  drame. 

11e    ARRONDISSEMENT 
Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la 

Roquette.  —  Aubert-Journal.  —  Une  eléve 
modèle,  comédie.  —  La  geôle,  drame.  — 
La  Pocbarde,  9e  épisode. 

12e  ARRONDISSEMENT 

Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Gaumont- 
Actualités.  —  La  Pocbarde,  9e  épisode.  — 
La  geôle,  drame.  —  Attraction  :  Cooke. 
équilibriste. —  L'enfant  du  carnaval,  comé- 
die dramatique. 

i3e  ARRONDISSEMENT 
Gobelins,  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 
Pathè-lournal.  —  Patbé-Revue,  n°  ?o.  — 
La  Pocbarde.  8e  épisode.  —  Matbias  San- 
dorf, 2e  épisode. —  Crépuscule  d  Epouvante, 
drame. 

14e    ARRONDISSEMENT 
Gaîté,  rue  de  la  Gaité.  —  Pathé-Joumal. 
— Patbé-Revue  /;«  50.  —  La  Fuite  de  Jackson 
Bill,  comique.  —  La  Pocbarde,  8e  épisode. 

—  Crépuscule  d'Epouvante,  drame. 
Splendide-Cinéma,  3,    rue  Larochelle. 

Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  Les  actualités 
de  Splendide-Cinéma.  —  Deux  femmes  pour 
trois  maris,  comique.  —  La  lumière  dit 
monde,  comédie  gaie.  —  Un  drame  sous 
Napoléon,  film  historique.  —  Oncle  Bemac. 


cinea 


25 


15e  ARRONDISSEMENT 
Grenelle,  122,  rue  du  Théâtre.  —  Pathé- 
Journal.  —  Pathè-Revue  //"    ?o,  documen- 
taire. —  L'Ours  et  les  deux  compagnons,  des- 
sinsanimés.  —  Matbias  Sandorf,  Y  épisode. 

—  Crépuscule  d'Epouvante,  drame.  —  La 
Pocbarde,  8e  épisode. 

Vaugirard-Cinéma,  rue  de  Vaugirard, 
273.  —  Programme  du  29  au  31  juillet.— 

La  renaissance  d'une  liai  ion.  sélection  du 
plus  bel  enfant  de  Belgique.  —  Les  deux 
gosses,  Ier  et  2e  épisodes.  —  Attraction  : 
Les  Hany  IVest,  cyclistes  comiques.  — 
Matbias  Sandorf,  y  épisode.  —  Patbé- 
Journal.  —  Programme  du  1er  au  4  Août. 
Pathè-Revue.—  Chariot  est  bien  reçu,  comi- 
que. —  La  Pocbarde,  8e  épisode.  —  Attrac- 
tions :  Les  deux  Renellvs.  travail  à  la 
mâchoire,  et  Med  and  Miss  Margarcll.  mu- 
sicaux excentriques.  —  Crépuscule  d'épou- 
vante, drame.  —  Pathé-Journal. 

i6«     ARRONDISSEMENT 
Maillot-Palace-Cinéma,  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi   2C)  JUILLET    AU    LUNDI    4  AOUT.  —  La 

pocbarde,  9e  épisode.  —  Etrange  complot, 
comédie. —  Amour  brise,  comédie. —  Pathé- 
Journal. —  Programme  du  mardi  2  au  jeudi 
4  août.  —  Le  mystère  d'une  nuit  tragique, 
aventures.  —  Matbias  Sandorf,  y  épisode. 

—  Charité,  drame.  —  Eclair-  ■  ournal. 

Programme  du  5  au  8  août 
Paysages  d'Eté  au  Danemark,  plein  air.  - 
La  Pocbarde,  o«  épisode. —  Chariot  garde- 
malade,  comique.  —  Pathé- journal.  — 
Programme  du  q  au  11  août.  —  Une  bis- 
cuiterie moderne,  documentaire.  -  Matbias 
Sandorf.  4e  épisode  —  Reconstitution  d'une 
nation,  concours  —  Ribadouille  a  la  berlue. 
comique.  —  Eclair-journal.  —  Sosth'ene 
s'obstine,  comique. 

Le  Régent.  22,  rue  de  Passy.  —  Le  plâ- 
tre, documentaire,  —  La  petite  sirène.  — 
Dans  le  désert.  —  Un  grand  couturier. 
comique. 

Mozart- Palace,  49,  51,  rue  d'Auteuil.i6«. 

—  Programme  du  vendredi  29  juillet  au 
lundi  ier  août. —  Le  Mystère  d'une  nuit 
tragique,  roman  d'aventures.  -  Matbias 
Sandorf,  y  épisode.—  Chanté,  drame.  — 
Eclair-Journal.  —  Programme  du  mardi  2 
au  jeudi  4  août.  —  La  Pocbarde,  9e  épi- 
sode. —  Etrange  complot.  —  Amour  brise. 

—  Pathé-Journal. 

Programme  du  5  au  8  août 
Une  biscuiterie   moderne,  documentaire. 

—  Matbias  Sandorf,  4e  épisode.  —  La  re- 
constitution d'une  nation,  sélection  finale 
du  concours  de  bébés  belges  nés  pendant 
l'occupation.  —  Ribadouille  a  la  berlue. 
comique.  —  Eclair-Journal.  —  Le  navire 
abandonne,  drame  marin.  —  Sost  eue 
s'obstine,  comique.  —  Programme  du  8  au 
11  août.—  Paysages  d'été  au  Danemark. 
plein  air.  —  La  Pocbarde.  io«  épisode.  - 
Chariot  garde-malade,  comique.  —   I  atbe- 

Joiirnal.  —  Crépuscule  d'épouvante.  — 
Excitant  élixir,  comique. 


17e   ARRONDISSEMENT 

Ternes-Cinéma,   avenue  des  Ternes,  5. 

—  Pathè-Journal.  —  L'Héritage  du  père 
Bussard,  comédie.  —  Matbias  Sandorf. 
y  épisode.  —  Les  veux  morts,  comédie 
dramatique.  —  10  minutes  au  Music-Hall. 

Le  Select.  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Billy  acteur  maigre  lui.  comique.  — 
L'arrêt  du  destin,  comédie  dramatique.  — 
Gauiiiout-aclualités.  —  Chc{  les  anthropo- 
phgaes,  2"  étape.  —   La  doctoresse,  drame. 

—  Zigolo  et  les  apaches,  comique. 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Vie  et  mœurs  à  Tanger,  documentaire. — 
Madge  l'ecervelee.  comédie  gaie.  —  Deux 
mai  us  dans  l'ombre,  cinédrame  en  4  parties. 
Pathé-Journal.  —  La  Pocbarde,  9e  épisode. 

Lutetia-Wagram.  avenue  Wagram.  — 
Cbeç  les  anthropophages,  2e  étape.  —  Le 
roi  du  volant,  comédie  dramatique.  — 
Zigoto  et  les  apaches.  comique.  —  L'enfant 
du  carnaval,  comédie  dramatique.  — 
Gaumont- Actualités. 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Demours, 
Directeur:  M.  F.  Destannes. —  Wag.77-66. 

—  Cheç  les  anthropophages.  2e  étape.  — 
Zigolo  elles  apaches,  comique.  —  Matbias 
Sandorf,  y  épisode.  —  Eclair-Journal.  — 
Grande  vedette ,  comédie  sentimentale. 

Batignolles-Cinéma,  159,  rue  de  la  Con- 
damine.  —  Programme  du  29  au  3 1  juillet. 
Patbe  Revue.  —   La  Pocbarde ,  9e  épisode  : 

—  Chariot  est  bien  reçu,  comique.  — 
Attractions  :  Les  deux  Renellys,  travail  a 
la  mâchoire,  et  Ned  ami  Miss  Margarelt. 
musicaux  excentriques.  —  L'enfant  du 
carnaval,  comédie  dramatique.  —  Pathé- 
Journal.  —  Programme  du  ier  au  4  Août. 

—  La  renaissance  d'une  nation,  sélection 
du  plus  bel  enfant  de  Belgique.  —  Les  deux 
gosses.  ier  et  2e  épisodes.  —  Attraction  : 
Les  Harry  West,  cyclistes  comiques.  — 
Matbias  Sandorf.  y  épisode.  —  Pathé- 
Journal 

18e   ARRONDISSEMENT 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt   et   rue  d'Orsel,  43, 

—  Maurice  Robert,  directeur.  —  Le  Mont- 
Don'.  —  Les  forces  inconnues.  —  Les  actua- 
lités de  la  semaine.  —  La  dentellière. —  Une 
étoile,  parodie  comique.  Trois  maris  pour 
une  femme,  comédie.  —  Matbias  Sandorf, 
y  épisode.  —  Attraction  :  Nossam  et  sa 
chienne  Caroline. 

Programme  du  5  au  1 1  août 

Le  Gardian.  —  Dandv  tient  la  bonne 
place,  comique.  —  Une  Brute.  —  Muguette 
et  son  as.  —  Matbias  Sandorf,  4e  épisode. 

—  Les  actualités.  —  Attraction:  Yvonnett 
et  Marco's.  travail  aux  anneaux. 

Barbes- Palace,  34,  boulevard  Barbés, 
Direction  :  L.  Garnier.  —  Nord  .<>-68.  — 
Le  roi  du  volant,  comédie  sportive.  — 
Matbias  Sandorf.  y  épisode.  -  L'excitant 
élixir,  comique.  —  Bel  amant,  comédie 
dramatique. 


Palais-Rochechouart.s6.  boulevard  Ro- 
chechouart.  —  Dans  le  pétrin,  comique. — 
La  Pocbarde,  9'-  épisode.  —  Deux  mains 
dans  l'ombre,  drame.  -  Aubert- tournai.  - 
L'enfant  du  Carnaval,  comédie  dramati- 
que. 

Marcadet-Cinéma-Palace  ,  110,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81.  —  Parmi  les  fauves,  drame 
de  la  jungle.  —   La    Pocbarde.  q-   épisode. 

—  Attraction  :  Lodia  Chatel,  diseuse  à 
voix.  —  Jeudi  4  août,  à  (S  h.  4s.  soirée  de 
gala  Les  Dragons  de  V'illars,  opéra-comique 
en  3  actes. 

19e     ARRONDISSEMENT 

Secrétan,  7.  Avenue  Secrétan  —  Pathé- 
Journal. —  La  lampe  d'Aladin,  comique. — 
La  Pocbarde,  9e  épisode.  —  Matbias  San- 
dorf. 2e  épisode.  —  L'Enfant  du  Carnaval. 
comédie  dramatique. 

20=    ARRONDISSEMENT 

Paradis-Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 

leville.  —  A  travers  la  France  :  La  Pro- 
vence pittoresque.  —  Dans  le  pétrin,  comi- 
que. —  Du  sang  dans   la    prairie,   drame. 

—  La  geôle,  drame.  —  La  roue  infernale. 
comique  1 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  Pathé-Journal.  —  L'arrêt  du  destin. 
comédie  dramatique.  —  Attraction  :  Les 
Dioniies,  barristes.  —  La  geôle,  drame.  — 
La  Pocbarde,  9e  épisode. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville. —  Gaumont-aclualités.  —  Madge 
l'ecervelee,  comédie  gaie.  —  La  Pocbarde. 
9e  épisode.  —  Attraction  :  Jack  Frog. 
l'homme  tortue. —  L'enfant  du  carnaval. 
comédie  dramatique. 

BANLIEUE 

Clichy.  —  Pathé-Journal.  --  La  lampe 
d'Aladin,  comique.  —  La  Pocbarde,  9e  épi- 
sode. —  Matbias  Sandorf,  3e  épisode.  — 
L'Enfant  du  Carnaval,  comédie  dramatique. 

Levallois.  —  Pathé-Journal.  —  /■eauci- 
tron  cbeç  les  sauvages,  comique.  —  La 
Pocbarde,  7e  épisode. —  Attraction  :  Zibral. 
comique  du  Cirque  de  Paris.  —  Matbias 
Sandorf,   2e 'épisode.  Chacun    sa  race, 

drame. 

Montrouge. —  De  Leopoldville  èi  Mabadi. 
plein  zXr.—Montrouge-actualitès.—  Matbias 
Sandorf,  y  épisode  — Zigoto  et  les  apaches, 
comique.  —  L'Epingle  rouge,  drame. 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (Le 
vallois).  Wagram  04-91. —  Attraction  : 
Hermann  dans  L'aventure  de  Pierre  Mauiu. 
sketch  inédit  avec  Mlle  Renée  Martelle  et 
Marcel  Collard.—  La  pocbarde,  7e  chapitre. 

—  Matbias  Sandorf.  2''  épisode.  —  Le 
retour  d-  Tarcan. 

Olympia  Cinéma   de  Clichy.  —  Le  roi 

de  l'audace,  f'  épisode.  —  La  Doctoresse. 
drame.  —  Attraction  :  Le  trio  Larty's, 
virtuoses  sur  xylophone. —  Billv  acteur 
maigre  lui.  comique.  -  -  Un  Aventurier, 
comédie  sentimentale.  —  Gaumont- Actua- 
lités. 


cinea 


Envoyez-nous  un  scénario  ciné- 
graphique.  Des]ournauxcomme 
Le  Film,  Ciné  pour  lotis,  Bon- 
soir, en  ont  publiés  d'excellents 
qui  vous  ont  appris  le  décou- 
page, le  style  et  le  mouvement 
de  ces  ouvrages  spéciaux. 
Essayez  de  composer  un  thème 
d'écran,  drame  eu  comédie, 
découpez-le  et  bornez  vous  à 
des  moyens  simples  :  peu  de 
décors,  peu  de  personnages 
mais  beaucoup  de  sincérité,  un 
peu  de  goût,  et  du  talent  si 
vous  pouvez 

Jury  :  Dans  ce  Jury  seront 
représentés  les  metteurs  en 
scène  (J.  de  Baroncelli,  Mar- 
cel L'Herbier,  Léon  "Poirier, 
T^ené  Le  Somptier,  etc.)  les 
interprêtes  (Signoret,  Van 
Daële,  André  Nox,  Séverin- 
Mars,  etc.)  et  les  spectateurs 
Boisyvon,  René  Bizet,  Canudo, 
J.-L.  Croze,  Fréjaville,  Lio- 
nel Landry,  P.  de  la  {Borie, 
Pierre  Henry,  Pierre  Seize, 
Ur ciller,  Marcel  Yonnet,  etc.) 

Clôture  :  La  date  extrême 
pour  1  envoi  des  manuscrits  est 
fixée    au     1C1    Août   prochain. 

Prix  :  Le  meilleur  scénario 
choisi  par  le  Jury  recevra  un 
prix  de  Mille  francs  et  sera 
publié  dans  Cinéa,  si  l'auteur 
le  désire.  Et  bien  entendu 
Cinéa  s'emploiera  à  le  faire 
connaître  des  maisons  d'édi- 
tions françaises 


cinea 

10,   RUE  DE  L'ELYSÉE 
PAR  IS  


LES   STARS 

DE   FRANCE    ET 

DAM  ÉRIQUE 
SONT  EN  PHOTO  CHEZ 

J    THIOLAT.   i,   rue  Darcet 
Paris  (i7e| 

Portraits  de  : 


Mary  PicKford  =  Norma  Ta  Imadge 
Charles  Chaplin  =  Douglas 
FairbanKs  =  Nazimova  =  Mary 
Miles  Minter  =  William  S- 
Ilart  •  Ralph  Graves  =  Pearl 
White  =  Lilian  Gish  =  Richard 
Barthelmess  -  William  Farnum 
Pauline  Frederick  =  Constance 
Talmadge  ■=  Thomas  Meighan 
Jackie  Coogan      

Les  16  photos  (  18/24)  •'  10  lr- 
franco  :  ÎO  fr.  50 

Portraits  de  : 


EDMOND  VAN  DAELE 
EVE  FRANCIS 
ANDRÉ  NOX 
E  M  m  Y  LiYNN 
GABRIEL      SIGNORET 

3  fr.  la  photo    —    3  fr.  50  franc» 

(Mandats  au  ncm  de  J.  THlûl.AT) 


BONSOIR 

Vo us  dira  quels 
sont  les  bons  soirs 
du  cinéma .. 


Si    Vous   aimez   le 
cinéma,  Vous  aimez 

BONSOIR 


CONCOURS 


DE 


PHOTOGRAPHIES 
D'AMATEURS 


Envoyez  à  Cinéa  des 
photos  de  n'importe 
quel  format,  représentant 
des  acteurs  de  ciné  dans 
la  vie  privée,  ou  des 
aperçus  du  travail  ciné- 
graphique  en  plein  air, 
en  studio,  etc.,  tout  ce 
qui  se  rapporte  à  l'écran 
et  pourra  résumer  en 
quelque  sorte  les  coulis- 
ses du  Cinéma.  Le  Jury 
sera  composé  de  six 
opérateurs  français  : 
MM.  Bousquet,  Chaix, 
Gibory,  Irvin,  Forster  et 
Lucas 

Prix  :  Le  premier  prix 
recevra  deux  cents  francs 
et  sera  reproduit  sur  la 
couverture  de  Cinéa,  il 
y  aura  quatre  seconds 
prix  de  cinquante  francs, 
qui  seront  reproduits 
dans  Cinéa. 


cinea 


10,  RUE   DE   L'ELYSEE 
PARIS   


Imprimerie  spéciale  de  cinéa,  84.  rue  Rochechouart.  Paris. 


Le  o-érant  :  A.  Paty. 


Numéros  14- 15 


•^  ^  -^  Hebdomadaire  Illustré  '■$  4;  4: 
Louis  DELLUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
io.  Rue  de  l'ÈIysée,  Paris  -  Tél.  :  Élys.  58-84 


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\MM       sera  clos  le  1er  Octobre  prochain        MJff\ 


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!  ON  TOURNE  I 


Miss  Edith  Blake,  jeune  star  an- 
glaise. Mlle  Paule  Fanzy,  la  femme 
acariâtre  de  la  Rose  de  Rondin,  aux 
Champs-Elysées,  M.  Marcel  Bonneau 
qui  vient  de  terminer  Le  Porion 
avec  M.  Champavert,  et  M.  André 
Gobin,  chargé  d'un  rôle  important 
dans  le  film  et  régisseur  général;  tels 
sont  les  interprètes  choisis  par  Jean 
Hervé  pour  Le  pauvre  village,  le 
scénario  de  M.  Amiguet,  qu'il  va 
tourner  en  Suisse. 
• 

En  Allemagne,  l'Ernst  Lubitsch 
Film  tournera  prochainement  une 
adaptation  des  Joyeuses  commères 
de    Windsor. 

• 

Le  parquet  de  Liège  a  fait  saisir  un 
film  projeté  au  cinéma  de  la  Maison 
du  Peuple  de  Saint-Nicolas-les-Liége 
intitulé  :  La  Sacrifiée. 

La  censure  l'avait  autorisé. 
• 

Aux  confrères  qui  avaient  annoncé 
que  Marcel  L'Herbier  allait  tourner 
un  «  ciné-roman  »  (sic),  l'auteur  d'£7 
Dorado  répond  : 

Voulez-vous  rassurer  les  56  mil- 
lions d'admirateurs  que  M.  Feuillade 
compte  en  France  et  rassurer  du 
même  coup  les  trois  ou  quatre  per- 
sonnes qui  s'intéressent  à  mes  ou- 
vrages. Si  flatteuse  qu'elle  soit  pour 
ma  témérité ,  votre  information 
d'hier  est  tout  à  fait  erronée.  Non. 
Je  ne  songe  pas  à  m'attaquer  au 
«  redoutable  »  Judex...  et  les  lauriers 
de  Barrabas  ne  me  sont  pas  somni- 
fuges . 

Au  reste,  pour  les  quelques  ama- 
teurs, curieux  de  mes  intentions, 
voudrc/.-vous  simplement  rappeler 
(et  nous  nous  comprendrons  certai- 
nement) qu'il  peut  y  avoir  d'autres 
films  que  des  ciné-feuilletons,  pour 
être  contraints,  par  leur  métrage,  à 
durer  plusieurs  soirs  et,  qu'en  tout 
cas,  la  tétralogie  n'est  pas  un  «  film 
à  épisodes.  » 

• 

Le  prochain  film  de  Gina  Païenne 
sera  exécuté  par  Guy  du  Fresnay, 
metteur  en  scène  de  L'ami  des  man- 
iaques. 

• 

Gaston  Modot  et  Paul  Vermojal 
sont  aussi  les  interprètes  de  Mathias 
Sandorf. 


L'Agence    Générale    Cinématogra- 
phique réunirait  sous  le  titre  de  Les 
avatars  de  Chariot,  les  principaux 
succès  de  Charlie  Chaplin. 
• 

lue  /leur  dans  les  ruines,  film  de 
Griffith,  interprété  par  Lilian  Gish, 
a  été  présenté  le  28  juillet,  à  la  salle 
Marivaux. 

• 

Nous     reverrons     bientôt     Lucien 
Callamand  dans  Le  mariage  d'Agé- 
nor,  entouré  de  baigneuses  qui  rap- 
pelleront les  girlsde  la  Sunshine. 
• 

Aux  studios  Gaumont,  Louis  Del- 
luc  a  terminé  la  réalisation  d'un  film 
bouffe  ;  Le  Tonnerre,  d'après  un 
conte  de  Mark  Twain.  Les  inter- 
prètes sont  Marcel  Vallée  et  Lili 
Samuel.  L'opérateur  :  Gibory. 
• 

Jean  Pellerin,  artiste  sincère,  écri- 
vain ironique  et  subtil,  romancier 
de  talent,  aimé  de  tous,  est  mort. 

Il  avait  publié  La  Jeune  fille  aux 
pinceaux,  Le  Copiste  indiscret,  La 
chanson  du  retour.  Il  appartenait 
au  groupe  des  Treize  de  l'Intransi- 
geant. 

Il  aimait  le  cinéma,  le  défendait,  le 

faisait  aimer. 

• 

Ciné-Coulisses,  organe  bi-mensuel 
des  régisseurs  et  des  opérateurs  de 
prise  de  vue  paraît  avec  un  pro- 
gramme net,  actif,  pratique  et  vi- 
vant. 

• 

La  prochaine  production  de  M. 
Pierre  Colombier  (films  Fantasio)  a 
pour  titre  Le  Pendentif. 

m 

M.  Poirier  a  terminé  Le  Coffret  de 
jade,  dont  les  décors  sont  particuliè- 
rement bien  venus. 
• 

M.  Violet,  metteur  en  scène  de  Li- 
Hang  le  Cruel  et  de  l'Epingle  rouge, 
est  en  ce  moment  à  Louviers  où  il 
travaille  à  une  nouvelle  œuvre  inti- 
tulée La  ruse.  Principal  interprète, 
M.  Alfonso  Mesa,  un  jeune  premier 
qui  avait  été  très  remarqué  dans  La 
double  épouvante. 
• 

Ils  tournent!  Ils  tournent!  Tout 
tourne! 

Lisez  tous  les  jours  L'Or  du  temps 
de  Pierre  Seize  dans  Bonsoir. 

Nous  ne  sommes  pas  payés  pour 
dire  tout  ça, 

Pierre  Seize  non  plus. 


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Périodiques  consacrés  à  l'Art  Muet 
Le  Cinéma 

Hebdomadaire 
1.)  :  (>.  Lordier  -  R'  en  chef:  F.  Fouuuet 
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Hebdomadaire  Illustré 

D'"  :  Jean   Pascal   et  Adrien    Maître 
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Revue  Mensuelle  —   D'  :  J.-M.  CoiSSA'G 

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Revue   Bi-Mensuelle  -    Dr  :    P.  Henry 
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Louis   Delluc  et  A.  Roumanoff,  F.dit. 
ro,  Rue  del'Elysêe,  PARIS 

Courrier  Cinématographique 

Directeur   Fondateur  :    Ch.   le  Fraper 
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Hebdo»Film 

Directeur    Fondateur   :    A.   de    Reussî 

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L'Ecran 

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des    Directeurs  île    unématojîraplies 

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Revue  Bi-Mensuelle  -  D'  :  R.  de  Simone 
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régulière  du  Cinéma 

liussoii;  [Pierre  Seize.  Auguste  Nardv.  Marcel 
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II.I.IVIIU-:    (Louis  Ueilue.  LE  CKAPOU1LL0T 

Jean  bailler.  Ri'issièl'C,  Kene  ISizt'I.  J.-L.  Ulirao- 
de.uii.  —LA  DÉMUCKXTIK  NOUVHl.l  \i.  —  L'ÈKB 
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[l  ucien  Vahl).  L'INTRANSPUiANT  Boisvvon\  -=. 
LE  JOURNAL  -  LE  JOURNAL  DES  DÉBATS  (Gus 
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MM      LES    FILMS    D'AUJOURD'HUI      MM 


La  Faute   d'Odette   Maréchal 

Avant  qu'eussent  été  inventées  les 
Sociétés  de  Gens  de  Lettres  et  d'Au- 
teurs dramatiques,  les  écrivains 
étaient,  comme  chacun  sait,  indigne- 
ment exploités  et  le  métier  ne  nour- 
rissait pas  son  homme.  Il  y  avait  une 
solution  toute  simple  qui  était  d'en 
faire  un  autre,  et  de  ne  prendre  la 
plume  que  lorsque  l'on  avait  quelque 
chose  à  dire. 

Maintenant  qu'écrire  est  devenu 
une  profession,  que  les  traités  sont 
passés,  le  problème  est  renversé  et 
l'on  entend  des  écrivains  se  poser  tout 
naturellement  cette  question,  qui,  si 
l'on  y  songe,  est  monstrueuse  :  Etant 
donné  que  j'ai  un  livre  à  fournir,  que 
vais-je  y  mettre  ? 

Le  Cinéma  a  hérité  de  cette  situa- 
tion et  en  a  porté  les  inconvénients 
au  maximum.  D'une  part,  le  coût 
élevé  des  réalisations  rend  très  diffi- 
ciles les  expériences,  interdit  l'orga- 
nisation de  débouchés  analogues  à 
ceux  (petites  revues,  journaux  de 
province,  théâtres  à  côté)  grâce  aux- 
quels les  jeunes  littérateurs  ou  dra- 
maturges arrivent  tant  bien  que  mal 
à  se  faire  connaître.  D'autre  part,  la 
machine  étant  montée  et  fonctionnant 
il  faut  bien  l'alimenter  avec  ce  qu'on 
trouve  ;  d'où  disparate  entre  la  qua- 
lité et  la  matière  première  et  celle 
de  l'exécution  ;  d'où  réalisation  sou- 
vent excellente  d'œuvres  dont  le  fond 
reste  inférieur.  C'est  pour  cela  qu'un 
film  qui  fait  honneur  â  l'écran  fran- 
çais —  La  Faute  d'Odette  Maréchal 
—  qu'on  revoit  toujours  avec  plaisir, 
avec  intérêt,  avec  émotion,  ne  repré- 
sente point,  comme  achèvement  artis- 
tique, ce  qu'on  peut  légitimement 
attendre  du  beau  talent  de  M.  Henry 
Roussell  et  de  ses  interprètes.  Mais 
tout  de  même,  comme  il  tranche 
parmi  les  productions  en  série  qui 
nous  accablent  ! 

• 

Mascotte  court  le  Derby. 

Il  y  a  dans  ce  film  deux  séries  de 
vues  et  d'acteurs;  le  problème  consis- 
tait en  ce  qu'elles  ne  fussent  pas  sim- 
plement juxtaposées.  Au  début,  des 
«cènes  amusantes,  bien  prises,  du 
monde  des  courses;  â  la  fin,  un  Derby 


avec  une  arrivée  réellement  impres- 
sionnante ;  dans  l'intervalle,  une  his- 
toire longue,  ennuyeuse  et  banale, 
destinée  â  expliquer  les  scènes  spor- 
tives. Parallèlement,  des  acteurs  ama- 
teurs d'un  côté,  tous  excellents;  un 
jockey,  un  entraîneur  qui  possède  au 
plus  haut  point  le  physique  de  l'em- 
ploi (si  je  me  suis  trompé  et  si  le 
rôle  est  joué  par  un  homme  de  métier 
celui-ci  est  de  premier  ordre)  et  enfin 
Mascotte  elle-même  interprétée  par 
un  équidé  dont  on  ne  nous  dit  point 
le  nom.  Et  de  l'autre  côté, des  acteurs 
professionnels,  que  la  comparaison 
fait    paraître    banals,    malgré  leur 


Le  pur  rêve  nous  mon= 
tre  des  exotismes  plus 
Vrais  qu'une  enfilade 
de  documentaires.     ££ 


talent,  malgré  le  jeu  sympathique  et 
le  charme  un  peu  matronal  de  Miss 
Violet  Iiopson. 

Et  pourtant,  il  faut  s'en  rendre 
compte,  si  ennuyeux  que  soit  le 
drame  proprement  dit,  c'est  pourtant 
ce  qui  donne  un  intérêt  particulier  à 
des  scènes  qui,  autrement,  ne  seraient 
que  des  documentaires.  Nous  voyons 
chaque  jour  à  l'écran,  des  arrivées 
de  courses  ;  si  celle  ci  nous  passionne 
c'est  que  nous  attachons  un  intérêt 
particulier  à  la  victoire  de  Mascotte; 
c'est  parce  que  de  cette  victoire, 
dépend  l'issue  d'une  action  où  des 
sentiments  humains  sont  en  jeu. 

Au  fond,  le  problème  le  plus  diffi- 
cile du  Cinéma  est  peut-être  d'assurer 
l'harmonie,  l'unité  de  ton  entre  l'élé- 
ment documentaire,  naturel,  imposé, 
—  l'arbre  qui  frissonne,  l'eau  qui 
coule,  l'homme  qui  passe  dans  la  rue, 
le  cheval  qui  court  --  et  l'élément 
fictif,  dramatique,  inventé.  On  com- 
prend que  de  bons  artistes  aient  pris 
peur,  aient  cru  résoudre  le  problème 
en  se  réfugiant  dans  un  studio  pour 
rester  maîtres  de  leurs  décors  ;  et 
ainsi  naissent  des  œuvres  telles  que 
Le  Cabinet  du  Docteur  Caligari. 
Mais    la    difficulté    renaît    sous     une 


autre  forme:  le  corps  humain,  par  le 
caractère  naturel  de  ses  mouvements, 
se  sépare  du  décor  factice.  Si  l'on 
veut  aller  jusqu'au  bout  du  parti,  il 
faut  déformer  les  gestes,  faire  des 
hommes  des  pantins,  cacher  les  visa- 
ges sou»!  un  masque  de  fard, ou  même, 
on  l'a  proposé,  sous  un  masque  véri- 
table. Dans  ce  sens,  on  arrivera  â 
réaliser  des  œuvres  peut-être  char- 
mantes ou  fortes,  mais  qui  ne  plai- 
ront qu'à  une  coterie  :  exactement  le 
contraire  de  ce  qu'il  faut  chercher  au 
Cinéma. 

C'est  encore  une  des  antinomies 
éternelles  île  l'Art,  grâce  auxquelles 
aucune  solution  n'est  entièrement 
satisfaisante,  et  il  demeure  toujours 
nécessaire  —  heureusement  —  de 
chercher  autre  chose. 

• 
Le  Mariage  d'Agénor. 

La  note  tendre,  sentimentale,  est 
plus  spontanée  que  la  note  comique. 
Lorsque  quelqu'un  s'assied  au  piano 
pour  improviser,  il  reste  souvent 
dans  les  modes  mineurs  et  mélanco- 
liques. Sur  dix  pièces  écrites  en 
dehors  de  toute  idée  d'utilisation,  il  y 
a  neuf  tragédies  ou  drames.  Dans  un 
drame,  même  médiocre,  on  sent,  par 
instants,  que  l'auteur  est  sincère, 
qu'il  sympathise  avec  ses  personna- 
ges; lorsque  l'on  écoute  une  comédie 
comique  (comme  disent  les  program- 
mes)il  est  impossible  de  ne  pas  avoir 
l'impression  que  celui  qui  l'a  fabri- 
quée était  torturé  par  la  pensée  de 
la  fin  du  mois,  des  notes  du  médecin 
de  la  couturière,  par  l'absolue  néces- 
sité de  faire  drôle,  pour  que  cela 
rapporte  autant  que  La  petite  grue 
du  troisième  (mes  excuses  à  l'auteur 
s'il  existe  réellement  une  pièce  por- 
tant ce  titre.) 

Les  comédies  que  met  en  scène 
M.  Callamand  sont  précisément  parmi 
celles  qui  donnent  le  moins  cette 
pénible  impression.  Elles  ne  sont  pas 
extrêmement  comiques,  mais  il  y 
règne  un  ton  de  bonne  compagnie  et, 
dans  l'ensemble,  elles  sont  plus  agréa- 
bles à  voir  que  d'autres  œuvres  dont 
la  drôlerie  intense.de  caractère  pure- 
ment mécanique,  est  physiologique- 
ment  fatigante.        LlONEL  Landr1 


cmea 


Le  Cinéma  en  Amérique  et  en  France 


Par    Henri    ROUSSEL 


Il  y  aà  Paris,  cela  va  de  soi,  comme 
dans  toutes  Les  capitales,  *  un  mar- 
ché »  cinématographique.  MaiseXiste- 

t-il  réellement  en  France  une  «  indus- 
trie »  cinématographique  avec  la- 
quelle celles  des  autres  pays  doivent 
compter? 

Faut-il  croire  que  l'industrie  née 
de  la  miraculeuse  et  diabolique  inven- 
tion demeure  empreinte  d'un  moder- 
nisme trop  aigu  pour  être  adoptée, 
comprise,  assimilée  par  notre  vieux 
monde  latin  caduque  et  perclus? 

La  peur  d'innover 

En  France,  //i/2orerépouvantenotre 
capital.  C'est  un  fait.  Mais,  songeons-y 
cela  attire  les  esprits  hardis,  avides 
de  meilleurs  lendemains,  dont  tout 
autour  de  nous  l'univers  est  peuplé... 

Presque  toutes  les  grandes  idées 
modernes  furent  les  œuvres  de  sa- 
vants et  d'artistes  français.  Hélas! 
pourquoi  faut-il  que  presque  toutes 
les  hérésies  politiques,  financières, 
industrielles  aient  été  commises  par 
notre  vieille  et  radoteuse  bourgeoisie 
dirigeante  et  possédante? 

Pourquoi  avons-nous  permis  que 
des  œuvres  de  cerveaux  français 
servent  à  la  gloire  et  à  la  fortune  de 
nos  rivaux,  voire  de  nos  ennemis? 
Le  cinématographe,  découverte 
française, a  servi  en  Amérique  à  l'édi- 
fication d'une  formidable  industrie. 
Puisque  nous  n'avons  pas  su  devan- 
cer nos  rivaux,  tirerons-nous  au 
moins  quelques  profits  de  leur  expé- 
rience ?  Peut-être  I 

Non  pas, entendons-nous  bien,  qu'il 
s'agisse  de  copier  nos  directives  sur 
un  voisin  aux  mœurs  commerciales, 
au  tempérament  différent  des  nôtres 
et  que  nous  ne  saurions  imiter  sans 
mécompte;  ce  qu'il  faut  bien,  plutôt, 
c'est  noter  ses  erreurs,  afin  de  n'y 
pas  tomber  nous-mêmes. 

J'essaierai  de  jeter  ici,  dans  un  tra- 
vail forcément  très  abrégé,  quelques 
notes  sur  les  observations  que  peut 
recueillir  aux  Etats-Unis  un  témoin 
impartial. 

Tout  d'abord,  occupons-nous  du 
côté  purement  industriel  et  faisons 
le  bilan  de  «  the  american  moving 
picture  »  à  ce  jour. 


L'industrie  du  cinématographe  est- 
elle,  à  l'heure  actuelle,  aux  Etats- 
Unis,  dans  un  état  florissant? 

//  h  a  crise  ! 

Non.  Il  y  a  crise,  crise  terrible. 

Voilà  un  point  acquis,  irréfutable, 
il  est  d'importance,  j'imagine! 

Dans  le  développement  de  l'indus- 
trie cinématographique,  nos  rivaux 
américains  ont  trop  laissé  «jouer» 
les  défauts  de  leurs  qualités. 

Voyons  d'abord  les  qualités. 

L'énorme  mérite  de  l'Amérique  est 
d'avoir  compris,  des  années  avant 
les  producteurs  français,  l'avenir 
prodigieux  du  cinématographe  au 
triple  point  de  vue  :  industrie,  art, 
véhicule  de  la  pensée. 

La  notion  de  la  puissance  de  l'in- 
vention nouvelle  une  fois  acquise, 
les  capitaux,  courageusement,  auda- 
cieusement,  affluèrent. 

On  put  donc  s'adresser,  pour  déve- 
lopper d'abord,  perfectionner  ensuite, 
la  source  de  richesses  qui  venait  de 
jaillir,  à  des  hommes  de  valeur,  à 
des  intelligences  réelles,  ayant  déjà 
prouvé  leur  maîtrise  dans  d'autres 
branches  d'activité,  et  qui  vinrent 
au  cinéma  attiré  par  les  brillantes 
conditions  offertes.  Leur  initiation 
fut  rapide,  leur  progrès  vertigineux. 

Des  réalisateurs  de  grands  talents 
.se  révélèrent.  Des  œuvres  d'art  véri- 
tables conquirent  ses  lettres  de  no- 
blesse au  cinématographe  d'imagi- 
nation et,  aidée  par  l'absence  de 
toute  concurrence,  puisque  l'Europe 
toute  entière  était  en  guerre,  l'indus- 
trie nouvelle  se  classa  en  cinq  années 
au  troisième  rang  des  industries  des 
Etats-Unis. 

Résultat  saisissant  de  puissance 
créatrice,  œuvre  de  l'esprit  industriel 
américain. 

Examinons  maintenant  le  revers 
de  l'étineelante  médaille. 

Le  départ  de  l'industrie  nouvelle 
exigeait,  de  la  part  du  capital,  de 
l'audace,  beaucoup  d'audace.  Il  en 
eut  Mais  on  transforma  vite  cette 
qualité  commerciale  en  un  grave 
défaut  :  l'imprudence. 

On  vit  «  grand  »  tout  de  suite,  ce 
qui    était   parfait.    Mais    on    méprisa 


tout  souci  d'économie!  On  gaspilla! 
On  pouvait  faire  aussi  bien  à  prix 
de  revient  moindre.  On  n'y  songea 
même  pas. 

Les  beaux  films  coûtaient  trop  cher! 
Puis  on  produisit  des  films  moyens 
«en  série  ».  Méthode  chère  aux  «  ame- 
rican businessmen  ».  On  produisit 
dans  des  proportions  exagérées.  Donc, 
surproduction  d'articles  moyens,  mé- 
vente, bref,  le  capital  ne  fut  pas 
rémunéré.. 

Les  parasites  du  capital 

Et  puis,  là-bas,  comme  ici  d'ail- 
leurs, l'industrie  nouvelle  n'attira 
pas  seulement  des  concours  précieux. 
Des  parasites  innombrables  envahi- 
rent la  splendide  proie.  Les  «  offices  « 
se  remplirent  de  hauts  fonctionnaires 
dont  les  services  ne  paraissaient  pas 
nettement  déterminés,  mais  dont  les 
exigences  d'argent  étaient,  en  revan- 
che, impressionnantes.  Si  bien  que 
l'industrie  du  film  de  là-bas  enrichis- 
sait déjà  beaucoup  de  gens  (dont 
quelques-uns  seulement  «  produi- 
saient »  utilement),  alors  qu'elle  n'en- 
richissait pas  encore  les  actionnaires. 

l'nearine  à  deux  tranchants 

Nous  allons  à  notre  tour  demander 
à  notre  Parlement,  assurent  les  ré- 
voltés, de  voter  lui  aussi  une  loi  pro- 
tectionniste fermant  nos  frontières  à 
toute  importation  de  films  étrangers. 

Prenons  garde:  Arme  à  deux  tran- 
chants ! 

Si  cette  loi  est  votée,  les  films  amé- 
ricains n'entreront  plus  chez  nous, 
soit.  (N'entreront-ils  plus  ?...  Hum! 
c'est  à  voir,  car  n'oublions  pas  que 
pour  ces  films,  complètement  amortis 
dans  leur  pays  d'origine,  les  ven- 
deurs peuvent  demander  un  prix 
extrêmement  réduit,  puisque  ce  prix 
constituera  un  bénéfice  net).  Mais 
les  films  suédois,  anglais,  allemands, 
italiens,  seront,  comme  de  juste,  frap- 
pés du  même  coup  et  n'entreront 
plus  chez  nous. 

Nous  verrons  alors  ces  pays  pren- 
dre à  leur  tour,  par  représailles  à 
notre  égard,  des  mesures  protection- 
nistes radicales. 

Or,   notre  production  peut   pariai- 


cinea 


Sèment  se  passer  de  la  clientèle  de 
l'Amérique —  elle  s'en  est  passée  jus- 
qu'ici, certains  films  ont  constitué  de 
brillantes  opérations  commerciales 
en  ne  se  souciant  pas  du  marché  amé- 
ricain, —  mais  elle  ne  peut  pas  se 
passer  de  la  clientèle  des  autres 
pays. 

On  objectera  que  ces  pays  ne  pro- 
duisent pas  assez  en  général  pour 
alimenter  leurs  protectionnistes  les 
plus  sévères,  acheter  des  films  à  leurs 
concurrents.    Admettons  l'objection. 

Alors  voye/.-vous,  là  encore,  les 
Etats-Unis  triompher?  car  eux  seuls, 
en  offrant  de  la  marchandise  déjà 
amortie  dans  leur  pays,  pourront 
demander  à  leurs  clients  étrangers 
des  prix  tellement  bas  que,  malgré 
les  droits  protectionnistes,  le  film 
américain  demeurera  encore  le  meil- 
leur marché  de  tous,  le  seul  impor- 
table ! 

Nous  serons  encore  battus  par  le 
poids  lourd...  par  le  grand  pays  aux 
35.000  établissements... 

Le  vrai  protectionnisme 

La  seule  mesure  protectionniste 
que  nous  puissions  prendre  sans 
danger  consiste,  à  mon  avis,  à  appli- 
quer, en  le  développant  encore,  le 
principe  fiscal  que  nous  trouvons 
dans  une  loi  proposée  en  ce  moment 
au  vote  de  la  Chambre,  loi  concer- 
nant le  dégrèvement  des  exploitants. 
Savoir  : 

Dégrèvement  proportionné  à  la 
place  faite  par  les  exploitants  dans 
la  composition  de  leur  programme 
à  la  production  nationale. 

Par  l'application  de  ce  principe,  on 
favorise  le  film  français  sans  avoir 
recours  à  des  taxations  douanières 
prohibitives,  taxations  qui  ne  man- 
queraient pas  de  nous  attirer  de  nos 
clients  étrangers  des  représailles  aux 
conséquences  dangereuses. 

Qu'on  me  permette  de  signaler  un 
autre  danger,  conséquence  de  la  fer- 
meture de  notre  frontière  à  toute 
importation. 

En  contraignant  l'exploitant  à  ne 
plus  passer  d'autres  films  que  des 
films  nationaux,  nous  donnerions 
trop  de  sécurité  de  vente  à  nos  pro- 
ducteurs. Ceux-ci,  sûrs  désormais 
d'écouler  leurs  produits,  quelle  qu'en 
«oit  la  qualité  —  puisque  débarrassés 
de  toute  concurrence  —  feraient 
preuve  de  moins  d'émulation  dans 
le  soin  à  apporter  à  leur  fabrication, 
tendraient  à  une  économie  mal  com- 
prise dans  le  prix  de  revient,  et  la 


valeur  artistique  du  film  baisserait 
rapidement.  On  verrait  le  public  dé- 
laisser peu  à  peu  le  cinématographe. 
On  aurait  tué  la  poule  aux  œufs  d'or. 

N'oublions  jamais  le  principe  vital  : 
la  concurrence  est  l'âme  de  tous  pro- 
grès industriel  et  artistique. 

Ce  sujet  brûlant  d'actualité,  et  qui 
passionne  à  juste  titre  tous  les  esprits, 
m'a  entraîné  un  peu  loin  de  mes 
notes  de  voyageur;  j'y  reviens. 

Je  ne  voudrais  pas  ramasser  tou- 
jours les  mêmes  phrases  sur  l'écou- 
lement de  nos  produits  là-bas.  Dans 
une  lettre  écrite  de  New-York  et  qui 
fut  publiée  ici  même,  il  y  a  quelques 
semaines,  je  faisais  entendre  un  appel 
que  je  ne  craignais  pas  d'appeler,  à 
juste  titre,  je  crois,  un  véritable  cri 
d'alarme!  J'exprimais  l'amertume 
que  peut  éprouver  un  Erançais  vi- 
vant à  l'étranger  lorsqu'il  constate 
que  chaque  jour,  à  chaque  heure, 
nos  gouvernants  et  nos  commerçants 
préparent  le  triomphe  de  nos  ennemis 
sur  le  terrain  économique. 

Et  cela  parleur  veulerie,  leur  esprit 
rétrograde,  leur  ignorance  des  né- 
cessités industrielles  modernes. 

Je  n'ai  pas  grand'chose  à  ajouter 
à  ce  que  j'écrivais  alors. 

Un  dangereux  état  d'esprit 

Je  résume  ainsi  mon  avis  sur  la 
question  écoulement  de  nos  films  en 
Amérique  : 

Ne  dites  plus  :  «  J'ai  dépensé  deux 
millions  pour  faire  mon  film;  donc, 
il  faut  que  les  Américains  crachent 
la  forte  somme  pour  l'avoir!  » 

Ne  dites  plus  :  «  Mon  film  a  eu  un 
succès  prodigieux  devant  la  presse 
corporative  et  quotidienne,  qui  a 
déclaré  que  c'était  la  plus  belle  œuvre 
cinématographique  éclose  à  cette 
heure;  donc,  si  les  Américains  veu- 
lent tàter  de  cette  merveille,  il  faut 
qu'ils  préparent  copieusement  leurs 
dollars  !  » 

(Notons  que  ce  ne  sont  jamais  les 
directeurs  (metteurs  en  scène)  qui 
émettent  ces  prétentieuses  théories, 
mais  les  services  commerciaux  pour 
lesquels  ils  travaillent). 

L'Américain...  ou  le  Chinois,  ou 
n'importe  quelle  sorte  de  client... 
vous  répondra  :  «  Je  vous  paierai 
votre  film,  si  chargé  de  millions  et 
de  gloire  qu'il  puisse  être  dans  votre 
pays,  le  même  prix  que  le  film  de 
même  valeur  commerciale  que  vient 
m'offrir  votre  concurrent  allemand, 
suédois,  anglais  ou  italien,  car  vous 
n'êtes  pas  seul,  monsieur,  à  m'offrir 
de  la  marchandise.  » 


Or,  on  l'a  dit  et  redit  :  le  Suédois, 
l'Allemand,  l'Anglais  et  l'Italien,  im- 
patients de  faire  connaître  leurs  pro- 
duits au  fort  client  américain,  font 
intelligemment  d'énormes  sacrifices 
pour  se  faufiler  en  plus  grand  nom- 
bre possible  par  l'entrebâillement  de 
la  porte  laissée  entr'ouverte  à  la  pro- 
duction étrangère  par  l'Américain  à 
court  de  films. 

Eaites  donc  comme  les  autres,  fau- 
filez-vous avec  de  meilleurs  films  que 
vos  concurrents,  consentez  des  sa- 
crifices analogues  aux  leurs  et  mon- 
trez vos  échantillons  au  public  de 
là-bas. 

«  Mais,  miséricorde,  vous  n'y  son- 
gez pas.  J'ai  dépensé  deux  millions, 
vous  dis-je,  parce  que  je  comptais 
sur  l'Amérique  pour  m'amortir  mon 
négatif.  » 

Qui  diable  vous  a  dit  que  l'Amé- 
rique vous  amortirait  votre  négatif? 
Vous  êtes  bien  mal  renseigné...  mais 
à  qui  la  faute  ?  Vous  avez  dépensé 
deux  millions,  dites-vous  ;  vous  êtes 
un  hardi  champion  de  l'industrie 
nouvelle.  Vous  n'avez  pas  craint  de 
commettre  une  héroïque  impru- 
dence... Mais  alors,  vous  n'avez  pas 
fait  une  affaire,  monsieur,  vous  avez 
tenté  un  coup  de  bourse  !  Ça  ne  réus- 
sit qu'une  fois  par  hasard,  ces  coups- 
là...  Au  fait,  faut-il  vraiment  vous 
féliciter  de  votre  audace?...  Ça  n'est 
pas  sûr!  Des  esprits  aussi...  aventu- 
reux risquent  de  faire,  j'en  ai  peur, 
plus  de  mal  que  de  bien  à  l'industrie 
cinématographique  de  votre  pays! 

Sur  quels  principes  techniques  de- 
vons-nous nous  appuyer  pour  établir 
nos  films  au  goût  du  public  améri- 
cain ? 

Voilà  bien  la  question  type,  qui  ne 
comporte  la  possibilité  d'aucune 
réponse. 

Envoyez  vos  directeurs  s'impré- 
gner des  conceptions  de  toutes  les 
races  où  s'élaborent  des  films  suffi- 
samment cérébraux  et  surtout  amu- 
sants. Inutile  pour  cela  de  les  faire 
voyager  en  Suède  ou  en  Amérique. 
Recommandez-leur  seulement  de  ne 
pas  trop  aimer  leur  coin  du  feu  et 
leurs  pantoufles,  et  de  ne  pas  crain- 
dre de  se  rendre  le  plus  souvent  pos- 
sible au  «  ciné  »  de  leur  quartier  pour 
y  voir  des  films  suédois, américains... 
et  même  français.  Qu'ils  tirent  des 
conclusions,  si  faire  ils  peuvent,  du 
bâillement  de  leur  voisin  de  gauche 
et  des  réflexions  de  leur  voisine  de 
droite. 

Je    suis    convaincu    d'ailleurs    que 


cinea 


tous  les  conseil»  qu'on  a  donnés  ou 
qu'on  donnera  sur  cette  matière 
n'augmenteront  pas  d'une  unité  la 
proportion  de  nos  films  achetés  en 
Amérique. 

Epargnons  donc  les  conseils  techni- 
ques à  nos  directeurs.  Les  «  doués  » 
n'en  ont  que  faire.  Les  autres  les 
méprisent... 

Comme  dans  tous  les  pays  du 
monde,  on  aime,  en  Amérique,  tous 
les  «  genres  »  de  films,  hors  le  genre 
ennuyeux. 

Naturellement,  nos  amis  yankees 
se  montrent  un  peu  plus  difficiles 
pour  la  production  étrangère  que 
pour  la  leur,  qu'ils  admirent  sans 
restrictions  comme  tout  ce  qui  est 
américain...  Pouvons-nous  leur  en 
vouloir?... 

Les  trois  raisons  de  la  mévente 
du  film  français. 

Qu'on  soit  bien  persuadé  que  si 
quelque  film  français  de  haute  et 
réelle  valeur  n'a  pas  été  vendu  aux 
Etats-Unis,  cela  provient  d'une  des 
trois  causes  suivantes...  ou  des  trois 
à  la  fois  : 

1°  Le  sujet  heurtait  trop  catégori- 
quement leurs  mœurs,  leurs  concep- 
tions de  la  société  ou  de  la  famille 
(encore  leur  arrive-t-il  parfois,  si  le 
film  leur  plaît  vraiment,  d'acheter 
des  sujets  qui  leur  paraissent  scan- 
daleux, quitte  à  remanier  complète- 
ment le  scénario). 

2U  On  a  demandé  un  prix  qui  leur 
a  paru  ridiculement  exagéré;  ils  en 
ont  été  assurément  blessés  et  rebutés. 
Car  tout  Américain,  sans  exception, 
est  hanté  par  la  crainte  d'être,  pour 
les  Européens,  une  proie  perpétuelle 
qu'on  rançonne  sans  mesure...  et  il 
a  horreur  de  ça.  Etre  pris  pour  une 
«  poire  »  le  mortifie  tout  autant... 
qu'un  Français. 

3»  On  a  opéré  maladroitement  dans 
la  présentation  du  film  sur  le  mar- 
ché. Par  exemple,  un  film  présenté 
dans  une  maison  qui,  finalement,  le 
refuse,  subit  de  ce  fait  une  déprécia- 
tion énorme  sur  la  place.  Il  faut  donc 
ne  présenter  un  film  que  là  où  il 
existe  une  quasi  certitude  de  réus- 
site. 

Seul  un  négociant  américain  très 
averti  des  choses  du  moving  pîcture 
peut  agir  avec  à-propos  sur  ce  mar- 
ché délicat  aux  dessous  très  com- 
pliqués. 

J'ai  pu  aussi  noter  là-bas,  dans  la 
présentation  tic  nos  films,  une  négli- 
gence typique  qui  traduit  bien,  hélas î 


le  «  je  m'enfichisme  »  de  nos  services 
commerciaux. 

Croirait-on  que  toutes  les  copies, 
ou  presque  toutes,  qus  des  vendeurs 
ont  présentées  à  New-York  en  ma 
présence,  étaient  des  copies  mal 
tirées  et  qui  trahissaient  de  ce  fait 
la  valeur  photographique  du  positif 
(ceci  est  vrai,  même  pour  des  films 
glorieux  de  notre  répertoire  natio- 
nal). 

N'est-ce  pas  un  comble! 

Avouons  que  nous  sommes  bien  la 
seule  corporation  de  l'univers  qui 
fournisse  à  ses  clients  éventuels  des 
échantillons  nettement  inférieurs  en 
qualité  à  la  marchandise  qu'elle  pro- 
pose. 

Les  techniciens  du  cinématographe 
attendent  sans  doute  impatiemment 
que  j'aborde  la  description  de  ces 
fameux  studios  américains  pourvus 
de  tous  les  perfectionnements,  de 
tout  le  confortable  imaginable,  sur 
lesquels,  n'est-ce  pas,  le  travail  de- 
vient une  sensation  d'art  ininter- 
rompue, etc.,  etc. 

D'abord,  il  parait  que  les  studios 
du  plus  récent  modèle  se  trouvent  à 
Los  Angeles  et  je  n'y  suis  pas  allé 
(d'autre part,  force  gens  m'ont  affirmé 
que  je  voyais  à  New-York,  du  moins 
pour  certaines  installations  récentes, 
le  dernier  cri  du  progrès).  Soyons  en 
tous  cas  bien  persuadés  que  nous 
avons,  à  Paris  et  dans  ses  environs, 
une  demi-douzaine  de  studios  sur 
lesquels  les  directeurs  américains  ne 
se  trouveraient  nullement  dépaysés. 

En  supposant  qu'ils  puissent  3-  ins- 
taller un  personnel  égal  en  nombre 
et  en  capacité  à  celui  qu'ils  emploient 
habituellement  et  qu'ils  aient  à  leur 
disposition  les  mêmes  capitaux  que 
dans  leur  pays,  on  peut  affirmer 
qu'ils  exécuteraient  sur  ces  studios 
français  de  la  Villette,  d'Epinay-sur- 
Seine,  de  Joinville,  de  Neuilly  ou  de 
Vincennes,  des  films  de  même  valeur 
que  ceux  qu'ils  exécutent  sur  ceux 
de  Long-Island,  de  Fort-Lee  ou  de 
New-York. 

La  supériorité  des  «  moyens  » 
des  studios  américains. 

Si  le  studio  dont  dispose  le  direc- 
teur américain  ne  diffère  pas  toujours 
très  sensiblement  du  studio  mis  à  la 
disposition  de  quelques  directeurs 
privilégiés  de  notre  pays,  il  n'en  est 
pas  moins  vrai  qu'on  ne  peut  conti- 
nuer la  comparaison  en  ce  qui  con- 
cerne l'aide  apportée  à  ce  directeur 
par    les    méthodes   de   travail  et   le 


concours     du    personnel,    sans    être 
amené  à  constater  notre  infériorité 

Carie  décorde  construction  rapide, 
de  goût  très  sûr  et  «  d'atmosphère  » 
exacte  et  évocatrice,  c'est  œuvre  d'un 
chef  décorateur  de  grande  valeur, 
aidé  par  un  personnel  nombreux  et 
instruit  (charpentiers,  maçons,  me- 
nuisiers, serruriers,  machinistes, 
peintres,  tapissiers,  etc.). 

C'est  œuvre  d'un  matériel  ingé- 
nieux, souple,  aidant  à  reproduire 
de  façon  saisissante  des  manifesta- 
tions de  la  nature  :  tempête,  orage, 
pluie,  inondation,  etc.,  etc. 

Car  l'inimitable  «  photo  »  améri- 
caine : 

C'est  œuvre  d'opérateur  bien  payé, 
encouragé  à  perfectionner  son  talent, 
ayant  à  sa  disposition  un  laboratoire 
de  recherches,  atelier  de  mécani- 
que, etc.. 

C'est  œuvre  d'appareils  de  prise  de 
vue  perfectionnés,  munis  d'objectifs 
sélectionnés  méticuleusement,  com- 
plétés par  des  jeux  d'écrans  de  toutes 
sortes. . . 

C'est  œuvre  d'électriciens  habiles, 
rapides,  ingénieux,  chercheurs. 

C'est  œuvre  d'appareillage  de  lu- 
mière artificielle  surveillé,  renforcé 
sans  cesse,  modernisé  ; 

Œuvre  de  groupes  électrogènes  au- 
tomobiles; 

Œuvre  surtout  d'un  usinage  trai- 
tant le  développement  du  négatif  et 
le  tirage  du  positif  par  des  méthodes 
inconnues  chez  nous  et  qui  donnent 
des  résultats  de  premier  ordre  (mé- 
thodes créées,  d'ailleurs,  par  des 
Français,  dont  on  n'a  jamais  su  utili- 
ser ici  les  capacités  à  plein  rende- 
ment). 

Par   cette   énumération    rapide    et . 
qui  se  limite  au  personnel  et  à  l'ou- 
tillage employés  à  la  réalisation  ma- 
térielle, on  se  rend  compte  déjà   des 
facilités  apportées  au  directeur. 

Il  faut  y  ajouter  la  collaboration, 
en  ce  qui  concerne  le  côté  intellectuel, 
d'un  personnel  composé  d'un  mana- 
ger, d'un  assistant-directeur,  d'un 
rédacteur  travaillant  à  la  «  conti- 
nuity  «  (découpage),  quelquefois  d'un 
secrétaire,  d'une  sténo-daetylo  et  de 
deux  ou  trois  régisseurs. 

C'est  grâce  à  ces  méthodes  exemp- 
tes de  lésinerie,  et  qui  permettent  au 
directeur  un  travail  ultra-rapide  et 
ultra-soigné,  que,  dans  certaines 
affaires  d'organisation  parfaite,  le 
rendement  financier  a  été  et  sera  tou- 
jours d'un  grand  intérêt. 


cmea 


Des  acteurs  américains 

J'ai  gardé   pour  la   fin  les   acteurs. 

Nous  connaissons  en  France  les 
actrices  et  les  acteurs  américains, 
nous  les  voyons  à  l'écran.  Nous  leur 
reconnaissons  des  qualités  qui  bien 
souvent  provoquent  notre  admira- 
tion, nous  les  aimons  avec  peut-être 
un  peu  trop  d'enthousiasme  béat. 

Donnez  aux  nôtres  des  directeurs 
égaux  en  talents  aux  quelques  direc- 
teurs américains  en  renom,  décidez 
l'esprit  bourgeois  français  à  donner 
aux  artistes  dramatiques  une  classi- 
fication sociale  qui  ne  soit  plus  «  en 
marge  »,  assurez-leur  des  avantages 
financiers  raisonnablement  propor- 
tionnés à  ceux  qu'on  assure  à  leurs 
confrères  de  l'autre  côté  de  l'eau 
(avantages  leur  permettant,  à  eux 
aussi,  de  passer  une  partie  de  leur 
existence  dans  des  clubs  corporatifs 
extrêmement  élégants,  de  voyager, 
de  fréquenter  les  milieux  intellec- 
tuels et  sportifs,  de  s'habiller  chez 
les  couturiers  ou  les  tailleurs  — 
d'une  certaine  classe,  d'être  enfin  des 
ladies  et  des  gentlemen),  et  vous  ver- 
rez que  ce  ne  sera  plus,  comme  au- 
jourd'hui, exceptionnellement  que 
nos  acteurs  égaleront  leurs  confrères 
d'outre-Atlantique. On  les  verra  même 
les  dépasser  souvent...  C'est  déjà 
arrivé! 

Quant  au  travail  artistique  de  l'ar- 
tiste américain,  il  l'accomplit  sur  le 
studio  de  Long-Island,  au  milieu  des 
mêmes  difficultés  que  celles  rencon- 
trées par  l'artiste  français  sur  le  stu- 
dio de   Vincennes  ou  de  la  Villette... 

Il  y  a  pas  mal  de  légendes  à  démo- 
lir sur  ce  chapitre  ! 

Un  exemple  entre  beaucoup. 

Il  est  certain  que,  en  principe,  une 
scène  doit  toujours,  là-bas,  se  tourner 
dans  le  silence  absolu.  Il  est  d'usage, 
lorsque  la  lumière  est  réglée,  les  dé- 
tails précisés  ,  le  jeu  répété  (très 
hâtivement  toujours...  quelquefois 
pas  du  tout...  notez  celai)  lorsque  le 
directeur  est  sur  le  point  de  dire  le 
«  Go  »  traditionnel,  il  est  d'usage, 
dis-je,  qu'un  régisseur  frappe  sur  un 
timbre  très  sonore  pour  demander 
que  tout  bruit  cesse  sur  le  studio.  Le 
régisseur  se  conforme  toujours  scru- 
puleusement à  cet  usage...  mais  son 
geste  est  bien  platonique,  car  le  tin- 
tamare  des  coups  de  marteau,  des 
vociférations,  des  grincements  de 
scie  continue  imperturbablement,  et 
c'est  au  milieu  de  ce  charivari  que 
va  se  tourner  quelque  «  close-up  » 
reflétant,  sur  une  jolie  frimousse  de 


girl,  le  calme  et  la  sérénité  d'un  beau 
soir...  où  le  nostalgique  souvenir 
d'un  bonheur  enfui,  sur  lequel,  soli- 
taire, elle  pleure  amèrement... 

Les  artistes  sont  entraînés  à  ce 
«  sport  »  et  à  bien  d'autres... 

A  prendre  leurs  repas  à  des  heures 
fantaisistes  par  exemple,  mangeant 
n'importe  quoi,  dans  des  cantines 
qui  ne  valent  pas,  je  vous  l'assure 
bien,  notre  classique  «  Ciné-bistro  » 
de  Vincennes,  de  Neuilly  ou  d'ail- 
leurs. 

Au  reste,  le  lunch  n'a  lieu  qu'au- 
tant qu'il  ne  gène  pas  le  travail  et 
jamais,  quoi  qu'il  arrive,  on  n'y  con- 
sacre plus  de  trois  quarts  d'heure. 
Cette  règle  s'applique  aux  artistes 
aussi  bien  qu'à  tout  le  personnel. 

Ce  qui  ne  veut  pas  dire  que  les 
artistes  soient  traités  là-bas  avec 
moins  d'égards  que  chez  nous.  C'est, 
vous  le  pensez  bien,  tout  justement 
le  contraire.  Mais  ils  comprennent 
et  se  plient  d'eux-mêmes  aux  néces- 
sités, à  l'imprévu  du  travail  de  réali- 
sation cinématographique  avec  un 
zèle,  une  discipline  et  une  conscience 
que  ne  régente  aucun  règlement  syn- 
dical tracassier  et    ineompréhensif. 

II  faut  ajouter  qu'un  artiste  qui, 
par  sa  faute,  mettrait  son  directeur 
dans  l'embarras,  subirait  un  châti- 
ment sévère  :  le  boycottage  absolu. 

La  solidarité  des  milieux  corpora- 
tifs permet,  là-bas,  ce  moyen  de  dé- 
fense si  efficace  contre  le  collabora- 
teur sans  conscience. 

Si,  malgré  le  perfectionnement  des 
méthodes  de  production,  le  «  ameri- 
can  moving  picture  »  traverse  en  ce 
moment  une  crise,  il  n'en  est  pas 
moins  vrai  qu'il  demeure  armé  de 
pied  en  cap  pour  rebondir  plus  vigou- 
reux que  jamais  dès  que  cette  crise 
sera  terminée. 

Il  demeurera,  soyez-en  sûr,  un  ri- 
val redoutable  sur  le  marché  mon- 
dial. 

11  manque  de  scénarios,  dit-on.  . 
Mais,  croyez  bien  qu'il  saura  faire 
les  sacrifices  nécessaires  pour  y 
pourvoir. 

Agissant  comme  un  autre  rival, 
cent  fois  plus  dangereux  encore  pour 
notre  cinématographe  national  et 
peut-être  déjà  aussi  puissant,  il  pui- 
sera dans  notre  histoire.  Il  conti- 
nuera à  s'attacher  nos  directeurs  les 
plus  imaginatifs,  les  plus  artistes. 
Fions-nous  à  lui  pour  savoir  utiliser 
à  son  profit  toutes  les  forces  que 
nous  aurons  laissées  improductives 
dans  notre  pars. 


Protégeons   le  Cinéma 

Je  le  crie  encore,  et  des  voix  plus 
autorisées  que  la  mienne  le  crient  en 
même  temps  que  moi  en  s'adressant 
aux  pouvoirs  publics  du  haut  de  la 
tribune  du  Parlement,  si  nos  diri- 
geants et  nos  grands  financiers 
laissent  distancer  plus  longtemps 
notre  industrie  cinématographique 
par  l'Allemagne,  l'Amérique,  la 
Suède,  l'Angleterre,  c'en  est  fait  de 
note  influence  politique,  morale,  in- 
tellectuelle dans  le  monde. 

Non  seulement  notre  pays  ne  sera 
représenté  sur  les  écrans  de  l'univers 
par  aucune  œuvre  nationale,  mais 
encore  il  sera  attaqué,  bafoué,  ridi- 
culisé par  les  œuvres  de  nos  concur- 
rents et  celles  de  nos  ennemis.  (De- 
mandez aux  voyageurs  comment, dès 
maintenant,  on  représente  le  Fran- 
çais dans  les  films  américains  et  alle- 
mands? Il  y  en  aurait  long  à  dire  là- 
dessus  !) 

Que  nos  dirigeants,  notre  haute 
bourgeoisie,  nos  grands  financiers, 
ignorants  du  cinématographe, aillent 
s'initier  à  la  puissance  du  septième 
«  Art  »  en  regardant  du  beau  film 
d'imagination. Car  le  cinématographe 
d'imagination  est  à  la  base  de  tout 
résultat  de  propagande,  de  vulgari- 
sation scientifique  de  prospérité  in- 
dustrielle. 

...  Mais  pour  cela  l'Amérique  nous 
donne  encore  des  leçons. 

Dans  Cinéa,  j'ai  dit,  dernièrement, 
l'attrait  des  spectacles  cinématogra- 
phiques en  Amérique. 

C'est  à  des  soirées  organisées  avec 
ce  soin,  ce  souci  d'art  et  cette  préoc- 
cupation du  confortable,  qu'il  fau- 
drait faire  assister  un  public  qui, 
chez  nous,  ne  trouve  pour  ainsi  dire 
aucun  spectacle(à  l'exception  de  ceux 
d'un  nombre  ridicule  d'établisse- 
ments; organisés  pour  retenir  l'atten- 
tion des  gens  de  goût. 

Depuis  mon  retour  en  France,  je 
suis  allé  souvent  au  cinématographe. 
Hélas  I  combien  la  comparaison  avive 
mes  regrets  de  notre  navrante  infé- 
riorité. Projections  sans  luminosité, 
uniformément  bousculées  en  vitesse 
vertigineuse  par  un  projecteur  inat- 
tentif, copies  mal  tirées,  adaptation 
musicale  pitoyable  ou  révoltante, 
«  attractions  »  vulgaires  et  sans  rap- 
port avec  le  genre  de  spectacle  pré- 
senté. La  stupidité  s'étale  là,  incon- 
venante. 

Si  c'est  ainsi  qu'on  prétend  gagner 
au  plaisir  délicat  du  cinématographi 
les  réfractaires  et  les  indifférents,  on 


8 


cinea 


se  trompe.  Quelle  étrange  école  du 
goût  eteomment  s'étonner  que  le  pu- 
blic qui  fréquente  ces  spectacles,  de- 
meure si  ignorant,  si  incômpréhensif 
de  l'art  cinématographique  véritable? 

Le  publie  américain  ne  tolérerait 
pas  cela.  Une  représentation  dans  un 
faubourg  éloigné  de  New-York  laisse 
loin  derrière  elle  les  représentations 
de  certains  établissements  des  Grands 
Boulevards. 

Si  la  crise  économique  que  nous 
traversons  ne  permet  pas  de  modifier 
nos  salles  d'exploitation  et  de  les  ren- 
dre plus  confortables,  nous  pouvons 
tout  au  moins,  perfectionner  nos  ap- 
reils  de  projection,  nous  pouvons 
exiger  de  nos  maisons  de  tirage  un 
travail  régulier,  propre  et  soigné, 
nous  pouvons  demander  à  nos  proje- 
teurs de  régler  la  vitesse  de  leurs  pro- 
jections, non  pas  d'après  l'heure  à 
laquelle  ils  souhaitent  terminer  leur 
travail  et  prendre  leur  métro,  mais 
d'après  les  «  mouvements  »  variés  des 
scènes  qui  sont  projetées  sur  l'écran. 

Présentation* 

Et,  à  ce  propos  : 

On  s'est  élevé  bruyamment  tous  ces 
temps  derniers  dans  la  presse  corpo- 
rative, contre  l'abus  des  «  présenta- 
tions »  de  films  organisées  en  présen- 
tations de  gala.  Il  est  bien  certain  que 
le  «  navet  »  aussi  bien  que  l'œuvre 
d'intelligence,  sert  maintenant  de  pré- 
texte à  ce  genre  de  solennité.  Les 
a}ants-droits  professionnels  n'y  sont 
pas  toujours  admis,  mais  par  contre 
une  légion  de  gens  étrangers  au  ciné- 
matographe s'y  prélassent. 

Il  est  regrettable,  certes,  que  tous 
les  qualifiés  n'y  trouvent  pas  place, 
mais  si  nous  considérons  que  ces 
«  présentations  »  constituent  des  oc- 
casions à  peu  près  uniques  de  voir 
un  film  projeté  avec  quelque  soin, 
nous  devons  nous  réjouir  que  les 
spectateurs,  qui  appartiennent  assez 
souvent  au  monde  des  intellectuels, 
assistent  à  des  projections  soignées 
qui  font  d'eux  des  fervents  du  ciné- 
matographe tout  prêts  à  faire  du  pro- 
sélytisme pour  l'Art  nouveau. 

Deux  événements  agréables  m'at- 
tendaient à  mon  retour  d'Amérique 
(passons  philosophiquement  sous  si- 
lence les  indésirables  T) 

fout  d'abord,  j'ai  eu  la  bonne  for- 
tune d'assister  à  la  vision  d'un  film 
français  qui  va  enrichir  le  patrimoine 
artistique  de  notre  pays  d'un  de  ses 
plus  précieux  joyaux., Je  veux  parler 
tle  /*.'/  Dora  do. 


Ensuite,  on  m'a  raconté,  et  j'ai  cons- 
taté que  quelques  cénacles  de  lettrés, 
de  délicats...  et  de  snobs...  parfaite- 
ment I  étaient  éelos  à  l'entour  de  no- 
tre cinématographe  national... 

Ce  n'est  pas  si  mal,  savez-vous? 

Certes,  la  constitution  d'un  syndi- 
cat de  banquiers  serait  encore  plus 
efficace  pour  donner  à  notre  industrie 
cinématographique,  l'impulsion  qui 
doit  la  sauver  —  disons  la  créer  î 

Henri  Rousskl. 


I  SPECTACLES  I 


Lai  Gaîté  Rochechouart. 

Quand  tant  de  films  nous  pré- 
sentent de  ces  personnalités  théâ- 
trales qui,  n'ayant  rien  à  faire  à 
l'écran,  qui  n'y  font  rien  —  aime  à 
séduire  son  public  par  1'  «  en-chair- 
et-en-os  »  des  célébrités  du  ciné- 
roman. 

Dans  une  revue  où  les  scènes  re- 
prises et  réparées  abondent,  mais 
aussi  la  gaîté  et  l'ingéniosité,  oserai- 
je  avouer  que  certains  des  acteurs 
parlants  et  chantants  m'ont  paru 
plus  artistes  que  dans  les  rôles 
muets  qui  les  firent  connaître? 

Certains  y  sont  aussi  médiocres. 

Mais  l'accent  fragile  et  las,  le  ton 
naturel  et  quasi  sincère  de  René 
Cresté  sont  préférables,  je  crois,  aux 
excès  vestimentaires,  aux  autorités 
fatales  et  souvent  défaillantes  de 
Judex.  Biscot  ne  gagne  pas  moins  à 
se  trouver  en  scène  :  sa  voix  gogue- 
narde et  caillouteuse  n'est  faite  que 
pour  elle;  et  c'est  sur  elle,  mieux  que 
sur  l'écran  qui  amplifie  si  fort,  que 
sont  divertissants  cette  grimacerie 
violente,  ce  jeu  accentué,  ce  comique, 
pour  tout  dire,  matériel;  d'ailleurs, 
Biscot  est  fort  adroit  et  —  science 
du  concert  —  connaît  avec  précision 
ce  qu'il  faut  donner  au  public,  et  en 
attendre. 

Parmi  la  distribution  étrangère 
au  cinéma  :  Richard  Harnold  prouve 
d'heureux  moyens  vocaux  et  de  la 
jeunesse.  Lina  Tyber  esquisse  des 
dialogues  et  des  danses  avec  finesse; 
puis,  lorsque  cette  jeune  femme  gra- 
cieuse, simple,  aimable  se  met  à 
chanter,  l'agrément  est  presque  par- 


fait et  du  plus  clair  aloi  :  la  voix  est 
fluide  et  brillante,  avec  une  douceur 
d'inflexion,  une  docilité  au  rythme, 

une  compréhension  du  texte  extrê- 
mement flatteuses  pour  l'artiste. 


A  l' Alhamhr  a. 

Presque  tout  le  temps  est  consacré 
à  The  great  Raymond,  dont  la  pu- 
blicité et  les  annonces  faisaient  pré- 
voir un  numéro  d'hypnotisme  que 
chacun  souhaitait  et  qui  ne  vint  pas. 
Ce  n'est  qu'un  illusionniste  qui  renou- 
velle en  des  décors  variés,  avec  des 
personnages  multipliés  et  des  usten- 
siles divers,  le  même  tour  de  passe- 
passe,  et  qu'on  nous  a  fait  un  peu 
partout.  On  s'ennuie. 

L'homme  a  seulement  quelque  dé- 
sinvolture, et  sait  se  moquer  de  la 
salle  de  façon  que  ce  soit  elle  qui 
s'amuse. 

Elle  le  fait  surtout  dès  que  parait 
Trè-Ki. 

Voilà  bien  ce  type  du  music-hall 
qui  ne  sait  absolument  rien  faire, 
qui  n'a  qu'une  voix  passable,  un  es- 
prit discutable,  une  vulgarité  qui  ne 
l'est  pas;  il  a  —  ne  riez  pas!  «  créé  a 
son  genre  et  contracté,  lui  aussi, 
dans  toute  sorte  d'établissements,  ce 
secret  du  music-hall  français  :  la 
possession  du  publie.  11  entre  en 
scène  :  son  pyjama,  sa  tignasse,  sa 
matgriote  trogne  encarminée  amu- 
sent; la  première  chanson  est  drôle, 
il  s'est  appliqué  à  la  chanter  :  à  la 
galerie  on  applaudit;  il  jette  sa  pre- 
mière plaisanterie,  elle  est  navrante; 
à  la  galerie  on  se  tord  de  rire.  Le 
personnage  en  pyjama  est  désormais 
sûr  de  pouvoir  se  lancer  aux  inep- 
ties les  plus  improbables  :  l'audi- 
toire l'y  rejoindra.  Et  l'un  ni  l'autre, 
au  long  de  trois  quarts  d'heure  de 
temps,  ne  s'en  fait  faute  à  la  vérité. 
Quel  ironiste  un  jour  fixera  les  prin- 
cipes de  cette  psychologie  bâtarde  et 
attristante? 

Il  y  a  pourtant  un  moment  d'agré- 
ment parmi  tout  cela  :  Giblo  et  Do  ris 
viennent  chanter  et  danser  :  l'un, 
nègre  naïf  et  désarticulé,  l'autre, 
petite  personne  point  laide  et  bien 
faite,  et  agitée  de  cette  trépidation 
burlesque  et  violente  où,  aux  beaux 
soirs  passés  de  Folies-Bergère  angli- 
cisées, Daphné  Pollard  montra,  ma 
foi,  du  génie. 

Raymond  P  vyrllr. 


cinea 


#~"2 


>-* 


»  * 

j 

; 

-    te. 

LA  FAUTE  D'ODETTE  MARECHAL 
le  bon  film  d'Henry  Roussel,  à  qui 
nous  devons  aussi  L'Ame  du  Bronze  et 
Visages  voilés,  Ames  closes.  EmmyLynn, 
Jean  Toulout  et  Joubé  sont  les  inter- 
prètes de  La  Faute  d'Odette  Maréchal. 


0 


cinea 


MM     LES    AGES     HEROÏQUES     MM 


PROPOS  POUR  NOUS  CONSOLER  D'ÊTRE  AU  MONDE 


Ah  !  comme  nous  vivons  ! 

Quelle  chance  est  la  notre,  de  vivre 
à  cette  époque  ! 

Pourquoi  riez-vous  ? 

l'n  humoriste  moi  ?  Non  !  Je  m'en 
défends.  Mes  amis  •vous  diront  tous 
que  je  suis  justement  le  contraire  de 
cet  animal-là.  Je  passe  volontiers 
pour  un  être  grandiloque  et  encom- 
brant. 

—  Il  fait  de  la  littérature  à  propos 
de  tout  î 

Oui...  Ça  repose  de  ceux  qui  font 
de  tout  à  propos  de  littérature. 

Et  si  je  vous  dis  que  je  suis  content 
d'être  au  monde  en  l'an  de  grâce  1!I21 
c'est  que  je  le  pense  tout  uniment, 
tout  simplement. 

Tout  de  même,  en  y  réfléchissant, 
ça  n'est  pas  si  simple  que  cela.  Il 
faut  donc  que  je  m'explique  à  vous, 
Madame,  qui  ne  pouvez  reconquérir 
votre  sérieux,  à  vous.  Monsieur,  qui 
hausse/,  les  épaules  .  .  Expliquons- 
nous.  On  n'a  rien  trouvé  de  mieux 
pour  compliquer  les  choses. 

Tout  d'abord  il  est  bien  convenu 
que  je  me  place  au  point  de  vue  du 
Cinéma.  Peut-on  dans  Cinca  en  envi- 
sager un  autre?  Donc,  à  ce  point  de 
vue,  je  m'estime  bien  content  de  vivre 
à  notre  époque. 

On  y  fait  beaucoup  de  mauvais 
films. 

On  en  fait  quelques-uns  qui  ne  sont 
pas  mauvais. 

On  y  censure  à  tort  et  à  travers. 
On  travaille  dans  des  studios  ridi- 
cules, ou  exigus,  ou  sales,  ou  froids, 
ou  chauds.  On  ne  trouve  des  capi- 
taux que  pour  les  mauvaises  beso- 
gnes. Mille  marchands  répandus  dans 
le  temple  y  font  un  bruit  de  cacatoès 
dans  une  rotonde.  On  y  débite  la 
sottise  au  mètre.  Plus  c'est  bête,  plus 
c'est  cher. 

Parfois  un  éclair  de  vraie  beauté 
passe  et  alors  tout  le  monde  se  bou- 
che les  yeux  ou  le  ne/..  Tout  le  monde 
crie  : 

-  C'est  honteux  ! 

Et  c'est  bien  honteux  en  effet,  et 
cruel,  de  mettre  tant  de  cloportes 
face  à  face  avec  Minerve. 


Les  tourneurs  s'agitent  sans  qu'au- 
cun dieu  les  mène.  M.  Aubert  a  îles 
digestions  difficiles.  Des  esthètes 
transalpins  font  se  pâmer  les  foules 
devant  Gigolette.  Le  ciné-roman 
achève  de  rendre  gâteux  ceux  que 
les  superproductions  Chose  avaient 
abrutis.  Toutes  les  midinettes  rêvent 
de  Mlle  Huguette  Duflos.  On  brime, 
on  étouffe,  on  bouillonne  ou  l'on  mo- 
que tous  ceux  qui  osent  faire  quelque 
chose. 

Ah  î  comme  nous  vivons  ! 

Quelle  chance  est  la  nôtre,  de  vivre 
à  cette  époque  ! 


Lien.  Maintenant  essayez  un  peu 
d'une  anticipation.  Prenez,  métapho- 
riquement, «  de  la  bouteille  ».  Nous 
voici  en  1960.  Nous  sommes  moins 
nombreux.  .  .  Oui,  il  y  a  toujours  du 
déchet  dans  ces  sortes  d'aventures. 

Quelle  belle  époque  ! 

Il  n'y  a  plus  que  des  films  parfaits, 
fous  les  metteurs  en  scène  ont  com- 
pris le  cinéma,  ce  qui  est  presque 
miraculeux.  On  a  aboli  toute  censure. 
Et  ça  n'empêche  pas  les  films  d'être 
beaux.  Les  studios  sont  des  palais  où 
l'air, la  lumière  et  la  chaleur  régnent 
en  maîtres  pacifiques.  Tous  les  capi- 
taux du  monde  sont  à  la  disposition 
des  artistes.  Mille  directeurs  intelli- 
gents célèbrent  le  culte  nouveau  et 
leur  assemblée  est  plus  harmonieuse 
que  la  musique  des  sphères.  On  y 
agite  de  sublimes  concepts. 

Lorsque  un  film  plus  beau  qu'un 
autre  se  présente,  on  voit  des  océans 
de  foules  clamer  leur  amiration.  Les 
tourneurs  ont  du  génie.  M.  Aubert 
est  mort. 

Par  extraordinaire  on  ne  l'a  pas 
remplacé. 

Et  Mlle  Huguette.  Duflos  joue  Céli- 
mène,  écrit  aux  journaux  et  casse 
des  portraits  aux  Humoristes  loin 
de  l'appareil  monoculaire  et  peu  flat- 
teur. .  . 

Non  !  mais.  .  sentez-vous  bien  à 
quel  point  on  peut  s'embêter? 


Je  vis. 

Vivre  c'est  lutter,  c'est  batailler 
joyeusement  pour  une  idée,  pour  un 
homme.  C'est  désespérer  parce  que  la 
bêtise  est  immense  et  puis  soudain 
c'est  reprendre  espoir  parce  que  l'on 
est  jeune  et  que  l'avenir  nous  est  pro- 
mis. C'est  s'indigner  et  c'est  sourire. 
C'est  se  lamenter  et  s'enthousiasmer 
tour  à  tour,  agiter  des  idées,  alimen- 
ter des  controverses,  se  faire  des 
amis  et  des  ennemis. 

Vivre  c'est  faire  partie  de  cette 
génération  batailleuse  qui  monte  et 
cherche  à  renverser  les  idoles.  C'est 
être  de  ceux  qui,  lassés  un  jour  de  cet 
air  «  trop  poli  pour  être  honnête  », 
qui  fut  le  plus  clair  savoir  de  nos 
aînés,  ont  désiré  qu'on  les  dise  trop 
honnêtes  pour  être  polis. 

Ne  vous  y  trompez  pas,  Monsieur, 
et  vous  Madame,  nous  vivons  les 
temps  héroïques  du  cinéma.  Nous 
luttons  pour  fonder  quelque  chose  de 
grand. 

Ils  nous  envieront  nos  fils,  comme 
nous  envions  les  compagnons  d'An- 
toine qui  viennent  nous  dire  : 

—  J'étais  du  Théâtre-Libre  I 

Et  comme  les  compagnons  d'Antoine 
enviaient  ceux  qui  leur  disaient  : 

—  Si  vous  aviez  vu  Frederick... 
Taillade.  .  .  Mélingue. .  . 

Oui.  .  on  rira  de  nous.  On  nous 
traitera  de  vieilles  barbes.  Tout  le 
même,  nous  aurons  vécu  ! 

Alors  pourquoi  attendre,  pour  nous 
réjouir  de  ce  que  nous  voyons,  le 
temps  où  nous  dirons  : 

—  Moi  qui  vous  parle...  J'ai  vu 
censurer  La  Bouc...  vous  savez 
bien...  cette  petite  bande  si  conve- 
nable qu'on  montre  aux  visiteurs  du 
Musée  Cinématique  î  Ah  I  c'était  le 
bon  temps  ! 

C'était  ?  Non,  non  !  C'est  T 
Ah  î  comme  nous  vivons  ! 
Quelle  chance  est  la  nôtre,  de  vivre 
à  cette  époque  î 


Pierre  Scize. 


cinea 


LE  TRÉSOR  DARNE 
dont  Cinca  publia  déjà  une 
des  plus  magnifiques  scènes, 
est  le  film  qui  affirma  et 
développa  le  juste  succès  de 
l'admirable  cinégraphie  sué- 
doise que  nous  avons  tâché 
de  vous  faire  aimer  dans 
notre  récent  albun.  ,.» 


12 


cinéa 


M  M       EN     AMÉRIQUE      MM 


Au  moment  où  paraissait  ma  der- 
nière chronique,  je  n'avais  pas  eu 
connaissance  du  discours,  habile  et 
éloquent,  qu'avait  prononcé  David 
W.  Griffith  contre  l'institution  de  la 
censure,  en  présence  d'un  certain 
nombre  de  parlementaires  réunis  à 
New-Fork. 

La  position  prise  par  l'auteur  d'//i- 
tolèraiice  est  excellente.  Sans  s'attar- 
der à  justifier  l'écran  des  torts  qu'on 
lui  impute,  il  a  hardiment  pris  l'of- 
fensive, a  dénoncé  le  principe  même 
de  la  censure  comme  contraire  à 
l'idéal  démocratique    de    la    Liberté, 


comme  dangereux  en  ce  qu'il  peut 
s'appliquer,  suivant  les  caprices  et 
les  exigences  des  soi-disant  réforma- 
teurs, à  n'importe  quelle  forme  de 
l'Art  ou  de  la  Pensée. 

«  La  censure,  a-t-il  dit,  signifie  que 
moi,  censeur,  avec  ma  pauvre  intelli- 
gence, j'entends  interdire  à  tout  hom- 
me de  penser  et  d'agir  autrement  que 
moi.  Lorsque  Rubla  Khan  détruisait 
les  villes  comme  représentant  des 
foyers  d'immoralité,  il  réalisait  d'un 
coup  le  rêve  extrême  du  censeur. 
Qu'il  y  ait  des  films  choquants,  im- 
moraux, nul  ne  le  conteste  :  mais  le 
principe  même  d'une  censure  est  un 
danger  beaucoup  plus  grave.  Les 
censeurs  effaceraient  les  trois  quarts 
de  Shakespeare,  la  moitié  de  Dickens; 
ils  condamneraient  Jésus-Christ  sans 
hésiter,  s'il  revenait  sur  Terre.  On 
succombe  actuellement  sous  le  poids 
et  sous  le  nombre  de  lois  tellement 
serrées  et  compliquées  que  personne 
ne  les  observe  plus,  et  que  le  prin- 
cipe même  de  la  Loi  finit  par  devenir 
ridicule.  N'ajoutons  pas  une  entrave 
nouvelle  à  toutes  ces  entraves...  » 

Le   mouvement  faut-il    dire    de 


pharisaïsme  ou  de  puritanisme? 
est  malheureusement  trop  fortement 
lancé  pour  que  de  bonnes  raisons 
suffisent  à  l'arrêter.  Il  y  a  cependant 
quelques  atténuations  pratiques. San  s 
doute  Griffith  renonce  à  tourner 
Fallut  ;  mais  il  n'est  point  certain 
qu'on  ne  nous  annoncera  pas,  le 
mois  prochain,  qu'il  s'y  est  remis,  et 
ainsi  de  suite  tant  qu'il  y  aura  lieu 
de  faire  haleter  l'opinion  publique. 
En  tout  cas,  la  Reine  de  Saba  a  paru 
sur  l'écran.  William  Fox  a  fait  grand 
bruit  d'une  course  de  chars  qui  s'y 
trouvait;  mais  le  public,  et  même 
les  critiques,  ont  surtout  remarqué 
les  toilettes  de  Betty  Blythe,  notam- 
ment un  certain  costume  de  voyage 
composé  «  d'une  ou  deux  perles  » 
dont  la  contemplation  est  angois- 
sante quand  on  songe  avec  quelle 
facilité  les  colliers  se  défilent    .  . 


A  l'heure  présente,  la  principale 
question  à  l'ordre  du  jour  est  celle 
des  films  allemands.  Le  succès  de 
Passion,  de  Déception,  du  Cabinet 
du  docteur  Caliaari,  désoriente  les 
augures.  Notre  confrère  Classic  plai- 
sante agréablement  les  connaisseurs 
pour  qui  l'opinion  publique  n'a  pas 
de  mystère.  «  On  se  demande,  dit  il, 
comment  pourront  expliquer  ce  suc- 
cès les  soi-disant  autorités  de  l'écran 
qui  déclarent  : 

«  1"  Que  les  Américains  n'aiment 
pas  les  films  étrangers  ; 

«  2°  Que  les  films  à  costumes  n'au- 
ront jamais  de  succès  ; 

«  3e  Que  les  habitués  des  cinémas 
ne  supporteront  jamais  de  produits 
futuristes  ; 

«  4°  Que  le  succès  d'un  film  qui  finit 
mal  est  d'avance  compromis  ; 


«  5°  Que  les  amateurs  de  Cinéma 
tiennent  avant  tout  à  voir  lies  ta- 
bleaux de  la  vie  de  New-York,  avec 
beaucoup  de  scènes  de  restaurants 
de  nuit.  » 

Notre  confrère  critique  ceux  qui 
déclaraient  ce  succès  impossible  ; 
mais  il  n'essaie  point  d'en  détermi- 
ner les  raisons  :  où  faut-il  les  cher- 
cher ? 

Invoquer  le  mérite  propre  des  œu- 
vres dont  il  s'agit  n'est  pas  une  expli- 
cation. Doit-on  croire  à  une  campa- 
gne de  propagande  commerciale,  et 
peut-être  politique,  méthodiquement 


conduite  ?  Faut-il  se  souvenir  qu'il 
existe  aux  Etats-Unis  une  masse  con- 
sidérable d'origine  ou  de  culture 
germaniques  à  laquelle  la  pensée  et 
l'art  allemands  seront  toujours  sym- 
pathiques? Faut-il  incriminer  la  per- 
sistante monotonie  de  la  production 
américaine,  la  lassitude  de  voir  sans 
cesse  éditeurs,  étoiles,  tourner.  .  en 
rond  ?  L'abus  des  scènes  de  eowboys 
d'une  part,  des  restaurants  de  nuit 
d'autre  part  V 

Ce  qui  donnerait  quelque  poids  à 
celte  dernière  hypothèse,  c'est  que  la 
faveur  du  public  ne  va  pas  qu'aux 
films  allemands.  Des  films  italiens, 
et  très  caractéristiques,  tels  que  La 
Xave  s'apprêtent  à  paraître  sur 
l'écran  ;  les  films  suédois  s'avancent 
en  bon  ordre,  et  il  est  même  question 
d'un  film  français  :  J'accuse.  11  y  a 
là  une  porte  ouverte  ;  mais  pour  pro- 
fiter de  l'ouverture,  pour  l'élargir, 
pour  y  passer  en  masse,  il  faudrait 
plus  de  hardiesse  artistique,  plus  de 
moyens  d'action  et  plus  d'esprit  d'en- 
treprise commerciale  que  n'en  réu- 
nissent nos  producteurs. 

Lionel  Landry. 


cinea 


13 


Cliché  Parisia-Film 


MISTINGUET 

la  Rose  bien  dansante  du 
Casino  de  Paris,  la  Sans-Gène 
de  la  Porte  Saint-Martin  va, 
dit-on.  passer  les  mers  pour 
trouver  aux  Etats-Unis  des 
succès  de  music-hall  et  aussi 
d'écranquj  lui  rappelleront  les 
anciennes  productions  Pathé. 


D   U   R   E   C 

Le  metteur  en  scène  actif  qui 
collabora  avec  Robert  d'Hu- 
mières  et  Rouché,  au  Théâtre 
des  Arts,  qui  dirigea  la  Comé- 
die Montaigne,  monta  récem- 
ment L'Atlantide  à  Marigny 
et  Arlequin  à  l'Appolo.  c'est 
essayé  avec  bonheur  au  ciné- 
ma dans  Le  Chemin  d'Ernoa.  Il 
réalise  actuellement  un  grand 
film    de    tradition    française. 


Dessin  de  Gesmar 


14 


cinea 


!  M    LE  CHASSEUR  DE  TÊTES    M 


Lorsque  les  hostilités  cessèrent  en- 
tre l'Espagne  et  l'amiral  Dewey,  je 
partis  pour  les  Philippines.  Je  restai 
là  a  battre  le  buisson  comme  corres- 
pondant de  mon  journal  jusqu'au 
jour  où  le  rédacteur  en  chef  me  si- 
gnifia qu'un  télégramme  de  huit  cents 
mots  décrivant  la  douleur  d'un  cara- 
bao  familier  à  la  mort  d'un  enfant  in- 
digène ne  pouvait  pas  être  considéré 
comme  nouvelle  de  guerre.  Sur  ce 
j'envoyai  ma  démission  et  revins. 

A  bord  du  cargo  qui  me  ramenait, 
je  méditai  beaucoup  sur  les  choses 
singulières  que  j'avais  remarquées 
dans  cet  étrange  archipel  qu'habite  la 
race  à  la  peau  bistrée.  Les  manœuvres 
et  les  escarmouches  de  la  petite  guerre 
ne  m'intéressaient  pas,  mais  j'étais 
subjugué  par  l'attitude  lointaine  et 
indéchiffrable  de  ce  peuple  qui,  du 
fond  d'un  passé  inconnu,  dirige  vers 
nous  son  regard  sans  expression 

Particulièrement,  durant  mon  sé- 
jour à  Mindanao  j'avais  été  fasciné  et 
attiré  par  ces  tribus  païennes  d'une 
délicieuse  originalité  qu'on  nomme 
les  chasseurs  de  tètes.  Ces  petits 
hommes  sombres.durs,  impitoyables, 
que  l'on  ne  voit  jamais,  mais  qui  gla- 
cent l'heure  de  midi  la  plus  chaude 
par  la  subtile  terreur  de  leur  présence 
dissimulée,  marchant  parallèlement 
à  leur  proie  à  travers  des  forêts  in- 
connues, des  sommets  périlleux,  au 
fond  de  gouffres  insondables,  au  mi- 
lieu de  jungles  inhabitables,  toujours 
proches  et  gardant  toujours  levée  la 
main  invisible  de  la  mort,  décelant 
leur  poursuite  seulement  par  les  si- 
gnes qui  pourraient  trahir  une  bête, 
un  oiseau  ou  un  serpent  qui  rampe 
—  une  branche  craquant  dans  la  nuit 
terrible  toute  mouillée  de  sueur, 
quelques  gouttes  de  rosée  tombant  du 
feuillage  de  l'arbre  géant  où  ils  se  dis- 
simulent, un  murmure  à  voix  basse 
entre  les  roseaux  d'un  étang  —  la 
suggestion  de  la  mort  à  chaque  heure 
ils  m'amusaient  beaucoup,  ces  petits 
hommes  avec  leur  idée  fixe. 

Quand  on  y  pense,  leur  méthode  est 
magnifiquement  et  presque  comique- 
ment  efficace  et  simple.  Voici  la  hutte 
où  vous  vive/.,  où  vous  accomplisse/ 
la  destinée  qui  vous  a  été  assignée. 
Accrochée  aux  jambages  de  la  porte 


de  bambou,  est  une  corbeille  faite 
d'osier  vert  tressé.  De  tempsen  temps, 
suivant  cpte  la  vanité,  l'en  nui, l'amour, 
la  jalousie  ou  l'ambition  vous  pousse, 
vous  partez  avec  votre  coupe-coupe 
et  vous  prenez  la  piste  silencieuse. 
Vous  en  revenez  triomphant,  portant 
la  tête  coupée  et  sanglante  de  votre 
victime,  que  vous  dépose/,  avec  un 
orgueil  bien  excusable  dans  la  cor- 
beille accrochée  à  votre  porte.  Ce 
peut-être  celle  de  votre  ennemi,  de 
votre  ami  ou  d'un  étranger  suivant 
que  c'est  la  rivalité,  la  jalousie  ou  le 
simple  amour  du  sport  qui  vous  a 
poussé  au  travail. 

En  tout  cas,  votre  récompense  est 
certaine  :  les  hommes  du  village 
s'arrêtent  en  passant  pour  vous  féli- 
citer, de  même  que,  dans  les  civilisa- 
tions plus  calmes,  nos  voisins  s'arrê- 
tent pour  admirer  et  louer  les  bégo- 
nias de  votre  plate-bande.  La  jeune 
fille  à  peau  brune  qui  vous  intéresse 
particulièrement  s'attarde,  le  sein 
palpitant  et  jette  de  doux,  regards  de 
tigre  sur  ce  témoignage  de  votre 
amour.  Vous,  vous  chiquez  votre  noix 
de  bétel,  vous  écoutez,  satisfait  le 
sang  qui  goutte  par  intermittence 
des  artères  sectionnées.  Et  vous  mon- 
trez les  dents  en  grognant  comme  un 
buflle  dans  l'eau  —  c'est  ce  que  vous 
pouvez  faire  qui  ressemble  le  plus  à 
un  rêve  —  à  la  pensée  que  le  corps 
froid  et  décapité  qui  complète  votre 
ornement  de  porte  est  repéré  par  les 
vautours  qui  tournoient  au-dessus 
des  solitudes  de  Mindanao. 

Envérité,la  vie  du  joyeux  chasseur 
de  tête  me  captivait  II  avait  réduit 
l'art  et  la  philosophie  au  Code  le  plus 
simple.  Prendre  la  tête  de  votre  ad- 
versaire, la  mettre  en  panier  à  la 
porte  de  votre  château,  la  voir  gisant 
là,  morte,  ses  ruses  ses  stratagèmes, 
sa  puissance  abolie  à  jamais —  est-il 
une  meilleure  manière  de  déjouer  ses 
complots,  de  réfuter  ses  arguments, 
d'établir  votre  supériorité  en  habi- 
leté et  en  sagesse  ? 

Le  bateau  qui  me  ramenait  dans 
mon  pays  était  commandé  parun  sué- 
dois vagabond  qui  changea  d'itiné- 
raire et  me  déposa,  avec  une  com- 
passion sincère,  dans  une  petite  ville 
d'une   république  de  l'Amérique  cen- 


trale située  sur  la  cote  du  Pacifique 
à  quelques  centaines  de  milles  du 
port  où  il  s'était  engagé  à  me  con- 
duire. Mais  j'étais  las  du  mouvement 
et  des  fantaisies  exotiques,  de  sorte 
que  je  sautai  avec  joie  sur  le  sable  de 
Xojada,  me  disant  que  j'étais  sûr  d'y 
trouver  le  repos  convoité.  Après  tout, 
pensais-je,  mieux  valait  flâner  là. 
bercé  par  le  ressac  monotone  des  va- 
gues et  les  frissons  des  palmiers, 
qu'aller  m'asseoir  sur  le  sofa  de  crin 
de  la  maison  paternelle  dans  l'Est, 
me  gorger  de  sirop  de  groseilles  et  de 
petits  beurres,  recevoir  les  reproches 
de  parents  stupides  et  verser  dans 
l'oreille  des  voisins  ébahis  des  his- 
toires mélancoliques  sur  la  mort  des 
gouverneurs  coloniaux. 

Lorsque  je  vis  pour  la  première 
fois  Chloe  Greene,  elle  était  debout, 
tout  en  blanc,  sur  le  seuil  de  la  mai- 
son, aux  murs  de  pisé,  au  toit  de 
tuiles,  qu'habitait  son  père.  Elle  était 
en  train  de  polir  une  coupe  d'argent 
avec  un  linge  et  avait  l'air  d'une  perle 
placée  contre  un  fond  de  velours  noir. 
Elle  jeta  sur  moi  un  regard  qui  était 
flatteur  par  sa  prolongation,  mais  qui 
avait  l'intention  d'être  réprobateur  ; 
puis  elle  rentra,  fredonnant  un  petit 
air  pour  indiquer  la  valeur  qu'elle 
attachait  à  mon  existence. 

A  cela  rien  d'étonnant,  car  le  doc- 
teur Stamford  (le  praticien  le  plus  dé- 
considéré entre  Juneau  et  Valparaiso) 
et  moi,  nous  zigzaguions  le  long  de 
la  rue  gazonzée,  chantant  peu  har- 
monieusement Auld  Lang  Syne  sur 
l'air  du  Petit  cochon  noir.  Nous  ve- 
nions de  la  fabrique  de  glace,  qui 
constituait  à  Xojada  le  palais  de  la 
débauche,  nous  avions  joué  au  bil- 
lard et  ouvert  des  bouteilles  noires, 
givrées  de  blanc,  que  l'on  sortait, 
avec  des  ficelles,  des  glacières  du 
vieux  Sandoval. 

Pris  d'un  soudain  accès  de  rage  je 
me  retournai  vers  le  1)'  Stamford  et 
nie  trouvai  aussi  sobre  qu'un  bedeau 
de  cathédrale.  En  un  instant  j'avais 
pris  conscience  que  nous  étions  des 
pourceaux  jetés  devant  une  perle. 

—  Espèce  de  brute,  dis-je.  c'est  à 
moitié  votre  faute.  Et  pour  l'autre 
moitié,  c'est  la  faute  de  ce  maudit 
pays. J'aurais  mieux  aiméêtre  revenu 


cinéa 


15 


à  Somniferville,  et  être  mort  d'une 
orgie  de  sirop  de  groseilles  et  de  pe- 
tits beurres,  quede  voir  arriver  cela  î 
Stamford  emplit  la  rue  de  son  rire 
retentissant. 

—  Vous  aussi  !  s'écria-t  il.  Et  aussi 
vite  qu'un  bouchon  qui  saute  !  Eh 
oui.il  semble  en  effet  qu'elle  produise 
surla  rétine  uneimpression  agréable. 
Mais  n'allez  pas  vous  brûler  les  doigts. 
Tout  Mojada  vous  dira  que  c'est 
Louis  Devoe  qui  est  l'heureux  homme. 

—  C'est  ce  que  nous  verrons,  dis- 
je.  Et  nous  saurons  peut-être  s'il  est 
un  homme  aussi  bien  que  l'heureux 
homme. 

Sans  perdre  de  temps,  je  fis  la  con- 
naissance de  Louis  Devoe.  Ce  fut  ai- 
sément réalisé,  car  la  colonie  étran- 
gère de  Mojada  ne  comptait  pas  plus 
d'une  douzaine  de  membres,  et  ils  se 
rencontraient  tous  les  jours  dans  un 
hôtel  à  demi  convenable  tenu  par  un 
turc,  où  ils  s'évertuaient  à  rafistoler 
les  haillons  flottants  de  patrie  et  de 
civilisation  qu'ils  conservaient  en- 
core. Je  tenais  à  connaître  Devoe 
avant  la  Perle  au  velours  noir,  parce 
que  j'avais  un  peu  étudié  le  jeu  de  la 
guerre  et  que  j'étais  trop  prudent 
pour  vouloir  atteindre  mon  objectif 
avant  d'avoir  éprouvé  la  force  de 
l'ennemi. 

Une  sorte;de  découragement  glacial 
ressemblant  un  peu  à  de  la  peur,  me 
saisit  lorsque  je  l'eus  apprécié.  Je 
trouvai  un  homme  si  parfaitement 
équilibré,  si  charmant,  si  profondé- 
ment instruit  dans  la  science  mon- 
daine, si  plein  de  tact,  de  courtoisie 
et  d'hospitalité,  si  bien  doué  de  grâce, 
d'aisance,  d'une  sorte  d'autorité  hau- 
taine et  négligente,  que  je  faillis  dé 
passer  les  limites  en  essayant  de 
l'éprouver,  en  le  retournant  sur  le 
gril  pour  trouver  le  point  faible  ar- 
demment désiré.  Mais  je  dus  l'aban- 
donner ;  il  me  fallut  m'avouer  avec 
amertume  que  Louis  Devoe  était  un 
gentleman  digne  de  mes  coups  les 
plus  durs,  et  je  me  jurai  bien  de  les 
lui  porter.  C'était  un  commerçant 
important  du  pays,  un  riche  exporta- 
teur et  importateur.  Il  passait  toute 
la  journée  dans  un  bureau  meublé 
avec  goût,  entouré  d'oeuvres  d'art  qui 
témoignaient  de  sa  haute  culture  et 
dirigeant  à  travers  les  portes  vitrées 
et  les  fenêtres,  les  affaires  de  sa  mai- 
son. 

Physiquement,  il  était  mince  et  de 
taille  moyenne.  Il  avait  une  petite  tête 
bien  modelée  couverte  de  cheveux 
bruns  épais,  coupés  courts,  et  portait 


une  barbe  brune,  touffue  également 
coupée  de  près  et  en  pointe.  Ses  ma- 
nières étaient  la  perfection  même. 

Avant  qu'il  fût  longtemps,  j'étais 
devenu  un  hôte  régulier  et  bienvenu 
chez  les  Greene.  Je  dépouillai  mes 
habitudes  dissipées  comme  un  man- 
teau usé.  Je  m'entraînai  pour  le  con- 
flit avec  l'assiduité  d'un  champion  de 
boxe  et  l'abnégation  d'un  brahmane. 

Quant  à  Chloé  Greene,  je  ne  vous 
fatiguerai  pas  de  sonnets  à  la  louange 
de  ses  sourcils.  C'était  une  jeune  fille 
splendidement  féminine,  aussi  saine 
qu'une  reinette  de  novembre  et  pas 
plus  mystérieuse  qu'un  carreau  de 
vitre.  Elle  avait  de  singulières  petites 
théories,  déduites  de  son  expérence 
de  la  vie,  et  qui  s'adaptaient  aux 
maximes  d'Epictète  comme  des  ro- 
bes princesses.  Je  me  demande  après 
tout  si  le  vieux  raseur  n'était  pas  plus 
sage  qu'on  ne  pense. 

Chloé  avait  un  père,  le  révérend 
Homer  Greene,  et  une  mère  intermit- 
tentequi  parfoispresidait.de  manière 
pâle,  un  thé  crépusculaire.  Le  révé- 
rend Homer  ressemblait  à  un  ris  de 
veau  et  avait  une  tâche  à  laquelle  il 
consacrait  sa  vie  :  il  établissait  une 
concordance  des  Ecritures,  et  il  était 
arrivé  au  temps  des  Rois.  En  tant  que 
prétendant  plausible  à  la  main  de  sa 
fille,  j'étais  un  objet  désigné  pour  ses 
épanchementslittéraires.  Bientôt  j'eus 
l'arbre  généalogique  d'Israël  planté 
dans  la  tête  au  point  de  crier  tout  haut 
pendant  mon  sommeil  «...et  Amina- 
bab  engendra  Baobab...  »  et  ainsi  de 
suite,  en  attendant  qu'il  ait  attaqué 
un  autre  livre.  Je  calculai  un  jour  que 
les  concordances  du  révérend  Homer 
atteindraient  l'époque  des  sept  fioles 
mentionnées  par  l'Apocalypse  vers  le 
troisième  jour  après  celui  où  les  dites 
fioles  devaient  être  ouvertes. 

Louis  Devoé,tout  comme  moi,  était 
un  ami  assidu  et  intime  des  Greene  ; 
c'est  là  que  je  le  rencontrai  le  plus 
souvent,  et  je  n'ai  jamais  trouvé  dans 
ma  vie  un  homme  plus  agréable  et 
plus  accompli  à  détester  cordiale- 
ment. 

Par  chance  ou  malchance,  j'arrivai 
à  être  connu  comme  le  «  gosse  ». 
J'avais  une  apparence  juvénile  et  cet 
air  implorant  d'enfantabandonné  qui 
éveille  l'instinct  materneldes femmes, 
ainsi  que  les  maudites  théories  et  les 
marottes  des  pères  de  famille. 

Chloé  m'appelait  Tommy  et  plai- 
santait en  camarade  lorsque  j'essayai 
de  lui  faire  la  cour.  Avec  Devoe,  elle 
était  beaucoup  plus  réservée  ;  c'était 


un  héros  de  roman  qui  aurait  pu  ex- 
citer son  imagination  et  même  ses 
sentiments  plus  profonds  si  sa  fan- 
taisie avait  été  portée  vers  lui.  J'étais 
plus  voisin  d'elle  :  mais  je  manquais 
de  brillant,  et,  je  sentais  que  je  serais 
obligé  de  la  gagner  peu  a  peu,  en  sui- 
vant ce  qui  me  paraît  être  la  méthode 
américaine  —  avec  de  la  netteté,  de 
la  persévérance,  un  dévouement  quo- 
tidien pour  briser  les  barrières  d'ami- 
tié qui  nous  séparaient  —  pour  la 
conquérir,  si  je  pouvais,  en  plein 
jour,  à  ciel  couvert,  sans  mettre  en 
jeu  le  clair  de  lune,  ni  la  musique,  ni 
les  raffinements  exotiques. 

Chloé  ne  marquait  par  aucun  signe 
qu'elle  accordât  particulièrement  sa 
gaie  affection  à  l'un  de  nous  deux  ; 
mais  un  jour  elle  laissa  échapper  une 
suggestion  sur  ce  qu'elle  préférait 
chez  un  homme.  C'était  terriblement 
intéressant  pour  moi,  mais  pas  très 
clair  comme  application  pratique  Je 
l'avais  tourmentée  pour  la  douzième 
fois  avec  la  déclaration  et  la  descrip- 
tion de  mes  sentiments. 

—  Tommy,  dit-elle,  je  ne  tiens  pas 
à  ce  qu'un  homme  me  prouve  son 
amour  en  conduisant  une  armée 
contre  un  autre  pays,  et  en  faisant 
disparaître  un  peuple  de  la  terre  à 
coups  de  canon. 

—  Si  vous  voulez  dire  le  contraire 
de  ce  que  vous  dites,  comme  on  pré- 
tend que  font  généralementles femmes 
je  verrai  ce  que  j'ai  à  faire.  Les  jour- 
naux sont  pleins  de  ce  conflit  diplo- 
matique avec  la  Russie.  Ma  famille 
connaît  à  Washington  quelques  gros 
personnages  qui  ont  des  relations  au 
Ministère  de  la  guerre  et  je  pourrai 
obtenir  une  commission  dans  l'artil- 
lerie, et... 

—  Ce  n'est  pas  ce  que  je  veux  dire, 
interrompit  Chloé,  je  veux  dire  ce 
que  j'ai  dit.  Ce  qui  compte  pour  une 
femme,  Tommy,  ce  ne  sont  pas  les 
grandes  choses  que  l'on  fait  dans  le 
monde.  Quand  les  chevaliers,  s'en  al- 
laient cavalcader  au  loin,  de  fer  vê- 
tus, pour  tuer  des  dragons,  plus  d'un 
page  demeuré  au  logis  a  gagné  le 
cœur  d'une  dame  solitaire,  simple- 
ment parce  qu'il  était  là  pour  lui  ra- 
masser son  gant,  ou  pour  se  dépê- 
cher de  lui  donner  un  manteau  lorsque 
le  vent  soufflait.  L'homme  que  j'ai- 
merai, quel  qu'il  soit,  doit  me  mon- 
trer son  amour  dans  les  détails.  Il 
faut  qu'il  ne  m'oublie  jamais,  lorsque 
je  le  lui  aurai  dit  une  fois,  que  je 
n'aime  pas  que  quelqu'un  prenne  ma 
gauche  pour  se  promener,  que  je  dé- 


16 


cinea 


teste  les  cravates  voyantes,  que  je 
préfère  être  assise  le  dos  à  la  lumière 
que  j'aime  les  violettes  confites,  qu'il 
ne  faut  pas  me  parler  lorsque  je  re- 
garde le  clair  de  lune  rellêté  sur  l'eau 
et  que  souvent,  très  souvent,  j'ai  en- 
vie de  datte  farcies  aux  noix. 

-  Frivolités,  dis-je  en  fronçant  le 
sourcil.  N'importe  quel  domestique 
bien  stylé  serait  à  la  hauteur  de  ces 
petits  détails. 

—  Et  il  faut  qu'il  sache,  continua 
Chloé,  me  rappeler  ce  dont  j'ai  envie 
quand  je  ne  sais  pas  moi-même  de 
quoi  j'ai  envie. 

—  Vous  devenez  exigeante,  dis-je; 
il  semble  que  ce  qu'il  vous  faut,  c'est 
un  liseur  de  pensées. 

—  Et  si  je  dis, en  frappant  du  pied, 
que  je  donnerais  tout  au  monde  pour 
entendre  une  sonate  de  Beethoven,  il 
doit  comprendre  par  là  que  ce  pour- 
quoi mon  âme  soupire,  c'est  des 
amandes  salées,  et  il  faut  qu'il  en  ait 
de  toutes  prêtes  dans  sa  poche. 

—  Maintenant,  dis-je,  je  n'y  suis 
plus  ;  je  ne  sais  pas  si  votre  âme- 
sœur  doit-être  un  imprésario  ou  un 
confiseur. 

Chloé  tourna  vers  moi  son  sourire 
de  Perle. 

—  Soyez  sûr  que  ce  que  j'ai  dit  n'est 
pas  tout  à  fait  une  plaisanterie,  pour- 
suivit-elle et  ne  dédaignez  pas  trop 
les  petites  choses,  ô  gosse  !  Soyez  un 
paladin  si  vous  voulez,  mais  que  cela 
ne  paraisse  pas  trop.  Beaucoup  de 
femmes  ne  sont  que  de  très  grands 
enfants  et  beaucoup  d'hommes  en 
sont  de  tout  petits.  Cherchez  à  nous 
plaire,  ne  cherchez  pas  à  nous  domi- 
ner. Quand  nous  avons  absolument 
besoin  d'un  héros,  nous  pouvons  en 
réaliser  un  avec  le  premier  é  picier 
venu,  la  troisième  fois  qu'il  rattrape 
notre  mouchoir  avant  qu'il  soit  tombé 
à  terre. 

Ce  soir  là  je  fus  pris  d'un  accès  de 
fièvre  pernicieuse.  C'est  une  espèce 
de  fièvre  paludéenne  avec  des  per- 
fectionnements et  des  accessoires 
compliqués.  Votre  température  s'ins- 
talle autour  de  40°  et  reste  là,  se  mo- 
quant dédaigneusement  et  fiévreuse- 
ment du  quinquina  et  des  dérivés  du 
goudron. La  lièvre  pernicieuse  relève 
du  mathématicien  plutôt  que  du  doc- 
teur. La  formule  est  simple  :  prenez 
votre  santé,  ajoutez  le  désir  de  vivre, 
soustrayez  la  durée  de  la  fièvre,  vous 
avez  le  résultat. 

J'allai  me  coucher  dans  la  paillotte 
à  deux  pièces  où  je  m'étais  conforta- 
blement   installé    et   j'envoyai    cher- 


cher un  gallon  de  rhum.  Ce  n'était 
pas  pour  moi  :  une  fois  ivre,  Stam- 
ford  était  le  meilleur  médecin  entre 
les  Andes  et  le  Pacifique.  Il  vint  s'as- 
seoir au  pied  démon  lit  et  but  jusqu'à 
se  mettre  au  point. 

—  Mon  garçon,  dit-il,  mon  cher  Ro- 
méo blanc  comme  un  lys  et  plein  de 
vertus,  la  médecine  ne  peut  rien  pour 
vous.  Mais  je  vous  donnerai  de  la 
quinine,  laquelle,  par  l'effet  de  son 
amertume,  éveillera  en  vous  la  haine 
et  la  colère  —  deux  stimulants  qui 
ajouterontdix  pour  cent  à  vos  chances 
de  vivre.  Vous  êtes  fort  comme  un 
buffle,  et  vous  vous  en  tirerez  si  la 
fièvre  ne  vous  assomme  pas,  par  un 
coup  de  traîtrise, quand  vous  ne  serez 
point  sur  vos  gardes. 

Pendant  quinze  jours  je  restai  cou- 
ché sur  le  dos,  éprouvant  les  sensa- 
tions de  la  veuve  hindoue  sur  son 
bûcher  brûlant.  La  vieille  Atasca, 
une  garde  indienne  non  diplômée, 
était  assise  près  de  la  porte,  telle  une 
statue  symbolique  :  «  A  quoi  bon  I  » 
attentive  à  son  service  qui  consistait 
principalement  à  laisser  passer  le 
temps  sans  en  perdre  une  seconde. 
Quelquefois  je  me  figurais  que  j'étais 
retourné  aux  Philippines,  ou,  pis  en- 
core, que  je  glissais  à  bas  du  divan 
de  crin  dans  la  maison  paternelle  à 
Somniferville. 

Un  après  midi  j'ordonnai  à  Atasca 
de  disparaître,  je  me  levai  et  m'habil- 
lai soigneusement  ;  je  pris  ma  tem- 
pérature et  je  constatai  avec  plaisir 
qu'elle  atteignait  40 ".  J'apportai  une 
attention  presque  minutieuse  à  ma 
toilette,  choisissant  particulièrement 
une  cravate  déteinte  sobre  et  discrète. 
Le  miroir  me  montra  que  la  maladie 
ne  m'avait  pas  beaucoup  altéré.  La 
fièvre  donnait  de  l'éclat  à  mes  yeux 
et  des  couleurs  à  mon  visage.  Et  ce- 
pendant que  je  regardais  mon  reflet, 
les  couleurs  venaient  et  repartaient 
comme  je  pensais  à  Chloé  Greene  et 
aux  miliers  d'ères  qui  s'étaient  écou- 
lées depuis  que  je  ne  l'avais  vue, et  à 
Louis  Devoe,  et  au  temps  qu'il  avait 
gagné  sur  moi. 

J'allai  droit  chez  elle  ;  je  flottais 
plutôt  que  je  ne  marchais  ;  je  sentais 
à  peine  le  sol  sous  mes  pieds.  Je  son- 
geais que  la  fièvre  pernicieuse  doit- 
être  une  grande  chose  pour  nous  don- 
ner une    telle   sensation  de  vigueur, 

Je  trouvai  Chloé  et  Louis  Devoe 
assis  sousla  vérandah  devant  la  mai- 
son. Elle  bondit  vers  moi,  les  deux 
mains  tendues  : 

—  Je  suis  heureuse,  heureuse,  heu- 


reuse de  vous  voir,  s'écria-t-elle, 
chaque  mot  étant  comme  une  perle 
passée  sur  le  fil  de  sa  phrase.  Nous 
êtes  guéri,  Tommy,  ou  vous  allez 
mieux,  naturellement.  Je  voulais  al- 
ler vous  voir,  mais  on  ne  m'a  pas 
permis. 

—  Oh  oui,  dis-je  négligemment,  ce 
n'était  rien,  rien  qu'un  peu  de  fièvre. 
Me  voici  sur  pied  comme  vous  voyez. 

Nous  nous  assîmes  tous  trois  et 
nous  causâmes  pendant  une  demi- 
heure  à  peu  près.  A  ce  moment  Chloé 
regarda  l'Océan  avec  une  expression 
suppliante  et  presque  lamentable;  Je 
pouvais  lire  dans  ses  yeux  bleus  un 
désir  intense  et  profond.  Devoe  —  le 
diable  l'emporte  —  le  vit  aussi. 

—  Qu'est-ce  que  c'est? demandâmes 
nous  en  chœur. 

—  Du  pudding  à  la  noix  de  coco,  dit 
Chloé  pathétiquement.  J'en  ai  envie, 
oh  I  tellement  envie  depuis  deux 
jours.  Ce  n'est  plus  du  désir,  c'est  de 
l'obsession. 

—  La  saison  des  noix  de  coco  est 
passée,  dit  Devoe,  de  cette  voix  qui 
donnait  un  intérêt  palpitant  aux  as- 
sertions les  plus  simples.  Je  ne  pense 
pas  qu'on  en  trouverait  une  seule  à 
Mojada.Les  indigènes  ne  les  consom- 
ment que  lorsqu'elles  sont  vertes  et 
que  le  lait  est  frais.  Toutes  les  mûres, 
ils  les  vendent  aux  marchands  de 
fruits. 

—  Est-ce  qu'une  salade  de  langouste 
ou  des  rôties  au  fromages  ne  feraient 
pas  le  même  effet?  demandai- je  avec 
l'aimable  idiotie  de  quelqu'un  qui  re- 
lève delà  fièvre  pernicieuse. 

Chloé  fit  la  moue,  dans  la  mesure 
où  le  lui  permettait  son  expression 
aimable  et  son  profil  parfait. 

Le  révérend  Homer  passa  son  vi- 
sage doublé  d'hermine  à  travers  la 
porte  et  ajouta  une  concordance  à 
l'entretien. 

—  Quelquefois,  dit-il, le  vieux  Cam- 
pos  conserve  des  noix  sèches  dans 
son  petit  magasin  sur  la  colline;  mais 
il  vaudrait  beaucoup  mieux,  mon  en- 
fant, réfréner  tes  désirs  inopportuns 
et  recevoir  avec  reconnaissance  la 
nourriture  quotidienne  que  le  sei- 
gneur place  devant  nous. 

—  Bonne  blague  I  dis-je. 

—  Comment  dites-vous  ?  demanda 
vivement  le  révérend  Homer. 

—  Je  dis,  repris-je,  si  l'on  veut  me 
permettre  ce  langage,  que  c'est  un 
peuraideque  Miss  Greene  soit  privée 
dumets  qu'elle  désire, quandc'est  une 
chose  aussi  simple  que  du  pudding  à 
la   kalsamine.  Peut-être  continuai-je, 


cinea 


17 


quelques  noix  aux  pickles,  ou  bien 
une  fricassée  de  noisettes  de  Hongrie 
feraient  l'affaire. 

Tous  trois  me  regardèrent  en  ma- 
nifestant une  légère  surprise. 

Louis  Devoe se  leva  etfit  ses  adieux. 
Je  le  suivis  des  yeux  jusqu'à  ce  que  sa 
démarche  aisée  et  majestueuse  l'eût 
conduit  jusqu'au  coin  de  la  maison, 
où  il  disparut,  se  dirigeant  vers  ses 
magasins.  Chloé  s'excusa  et  rentra 
pour  quelques  minutes  afin  de  s'oc- 
cuper du  dîner.  Elle  était  une  maî- 
tresse de  maison  de  premier  ordre, 
et  j'avais  goûté  avec  béatitude  ses 
puddings  et  son  pain. 

Resté  seul,  je  me  retournai  par  ha- 
sard et  je  vis,  accrochée  à  un  clou 
près  du  jambage  de  la  porte,  une  cor- 
beille faite  d'osier  vert  tressé.  Avec- 
un  élan  qui  fit  palpiter  mes  tempes 
brûlantes,  mon  esprit  me  représenta, 
intensément,  des  souvenirs  de  chas- 
seurs de  têtes,  de  ces  petits  hommes 
sombres,  durs,  impitoyables,  que 
l'on  ne  voit  jamais, mais  qui  glacent 
l'heure  de  midi  la  plus  chaude  par 
la  subtile  terreur  de  leur  présence 
dissimulée ...  de  temps  en  temps, 
suivant  que  la  vanité,  l'ennui,  l'a- 
mour ou  l'ambition  le  pousse,  l'un 
d'eux  part  avec  son  coupe-coupe  et 
prend  la  piste  silencieuse...  Il  revient 
triomphant,  portant  la  tête  coupée 
et  sanglante  de  sa  victime...  la 
jeune  fille  à  peau  brune  ou  blanche 
qui  l'intéresse  particulière  ment  s'at- 
tarde, le  sein  palpitant,  et  jette  de 
doux  regards  de  tigre  sur  ce  témoi- 
gnage d'amour. .. 

Doucement  je  sortis  de  la  maison  et 
rentrai  dans  ma  paillotte.  Des  clous 
auxquels  il  pendait  je  décrochai  un 
machetê  aussi  lourd  qu'une  masse  de 
boucher  et  aussi  affilé  qu'un  rasoir 
de  sûreté.  Puis,  riant  doucement  en 
moi-même  je  me  dirigeai  vers  le  bu- 
reau, meublé  avec  goût,  de  M.  Louis 
Devoe,  qui  se  permettait  d'usurper  la 
main  de  la  Perle  du  Pacifique. 

Il  n'était  jamais  lent  à  comprendre 
les  choses  :  un  regard  sur  mon  vi- 
sage, un  autre  sur  l'arme  que  je  te- 
nais à  la  main  en  franchissant  sa 
porte,  et  soudain  il  disparut  de  ma 
vue.  Je  courus  à  la  porte  de  derrière, 
la  défonçai,  et  je  le  vis  courir  comme 
un  daim  le  long  de  la  route  qui  re- 
monte pour  atteindre  le  bois  deux 
cents  mètres  plus  loin.  Je  courus 
après  lui  en  poussant  un  hurlement. 
Je  me  rappelle  avoir  entendu  des 
femmes  et  des  enfants  qui  criaient  et 
les  avoir  vus  fuir  à  mon  passage. 


Il  filait,  mais  j'allais  plus  vite  que 
lui.  Au  bout  d'un  mille  j'étais  presque 
à  sa  hauteur.  Habilement  il  fit  un 
crochet  de  côté  et  se  précipita  dans 
un  pli  de  terrain  qui  s'accentuait,  de- 
venait un  petit  ravin.  Je  courus  après 
lui,  et  au  bout  de  cinq  minutes  je  l'a- 
vais acculé  contre  une  falaise  infran- 
chissable. L'instinct  de  conservation 
lui  donna  du  courage,  comme  il  en 
donne  aux  animaux  traqués.  Il  se 
tourna  vers  moi,  tout  à  fait  calme, 
avec  un  sourire  livide. 

—  Oh  I  Rayburn,  dit-il  avec  un  ef- 
fort si  terrible  pour  prendre  un  ton 
dégagé  que  j'eus  l'impolitesse  de  lui 
rire  grossièrement  à  la  face, oh,  Ray- 
burn, voyons,  finissons-en  avec  cette 
sottise.  Naturellement  je  sais  bien 
que  c'est  la  fièvre  et  que  vous  n'êtes 
pas  dans  votre  état  normal.  Remet- 
tez-vous, mon  cher,  donnez-moi  cette 
arme  ridicule  et  revenons  en  parlant 
tranquillement  de  tout  cela. 

—  Je  reviendrai,  dis-je,  votre  tête  à 
la  main.  Nous  verrons  si  elle  conti- 
nuera à  tenir  de  charmants  discours 
une  fois  dans  la  corbeille  accrochée  à 
sa  porte. 

—  Voyons,  dit-il  d'un  ton  persuasif, 
j'ai  trop  bonne  opinion  de  vous  pour 
supposer  que  vous  veuillez  vous  li- 
vrer à  une  plaisanterie.  Mais  même 
les  divagations  d'un  fou  doivent  s'ar- 
rêter à  un  moment  quelconque. Qu'est- 
ce  que  veut  dire  cette  histoire  de  tête 
et  de  corbeille  ?  Remettez-vous  et 
laissez  cet  absurde  coupe -coupe. 
Qu'est-ce  que  Miss  Greene  penserait 
de  vous  ?  conclut-il  avec  le  ton  de  ca- 
jolerie qu'on  prendrait  vis-à-vis  d'un 
enfant  gâté. 

—  Ecoutez-dis-je,  vous  avez  enfin 
trouvé  la  note  juste.  Ce  qu'elle  pen- 
serait de  moi?  Il  y  a  des  femmes  qui 
ont  le  plus  profond  mépris  pour  les 
sofas  de  crin  et  le  sirop  de  groseille. 
Pour  elles,  les  modulations  savantes 
de  votre  conversation  élégante  ne  fe- 
raient pas  plus  d'effet  que  le  bruit  de 
prunes  pourries  tombant  de  l'arbre 
pendant  la  nuit.  Ce  sont  les  jeunes 
filles  qui  vont  et  viennent  dans  les 
villages,  raillant  les  jeunes  hommes 
qui  les  courtisent  quand  les  corbeilles 
à  leurs  portes  sont  vides.  Une  jeune 
fille,  semblable  à  celles-là,  attend. 
Seul  un  imbécile  essaierait  de  con- 
quérir une  femme  en  geignant  à  sa 
porte  comme  un  mendiant,  ou  en  se 
pliant  à  ses  caprices  comme  un  do- 
mestique. Ce  sont  toutes  des  filles 
d'Hérodiade,  et  pour  gagner  leur 
cœur,  un  homme   doit  leur  offrir,  de 


ses  propres  mains,  la  tète  de  ses  en- 
nemis. Maintenant  courbez  la  nuque, 
Louis  Devoe  ;  ne  soyez  pas  un  lâche 
comme  vous  êtes  un  bavard  autour 
d'une  table  à  thé. 

—  Allons,  allons,  dit  Devoe,  faiblis- 
sant, vous  me  connaissez, n'est-ce  pas 
Rayburn  ? 

—  Oh  oui,  dis-je,  je  vous  connais, 
je  vous  connais,  je  vous  connais  : 
mais  la  corbeille  est  vide  ;  les  vieil- 
lards du  village, et  les  jeunes  hommes, 
et  les  jeunes  filles  brunes  et  celles 
qui  sont  blanches  comme  des  perles 
vont  et  viennent,  et  voient  qu'elle  est 
vide.  Voulez-vous  vous  agenouiller 
maintenant  ou  faut-il  que  nous  nous 
colletions  ?  Ce  ne  serait  pas  digne  de 
vous  que  les  choses  se  passent  gros- 
siérementet  brutalement. La  corbeille 
attend  votre  tête. 

La-dessus  il  se  laissa  aller.  Il  me 
fallut  le  rattraper  tandis  qu'il  es- 
sayait de  passer  à  côté  de  moi  comme 
un  lapin  effrayé.  Je  l'étendis  à  terre 
et  je  posai  un  pied  sur  sa  poitrine; 
mais  il  se  tordait  comme  un  ver  mal- 
gré les  appels  répétés  à  son  sentiment 
des  convenances  et  à  son  devoir,  en 
tant  que  gentleman,  de  ne  pas  faire 
de  manières. 

A  la  fin,  saisissant  l'occasion  d'une 
position  favorable,  j'abattis  le  ma- 
chetê. Ce  ne  fut  pas  très  dur  ;  il  se 
débattit  comme  un  poulet  qu'on  sai- 
gne pendant  les  cinq  ou  six  coups 
qu'il  me  fallut  donner  pour  lui  couper 
la  tête.  Finalement  il  resta  immobile 
et  j'attachai  la  tête  dans  un  mouchoir. 
Les  yeux  s'ouvrirent  et  se  fermèrent 
trois  fois  pendant  les  cent  premiers 
mètres.  J'étais  rouge  jusqu'aux  pieds 
du  sang  qui  coulait,  mais  qu'est-ce 
que  cela  pouvait  faire  ?  Avec  joie  je 
sentais  sous  ma  main  le  contact  rude 
de  ses  cheveux  courts, drus  et  bruns, 
et  de  sa  barbe  taillée  de  près.  J'arri- 
vai chez  les  Greene  et  je  jetai  la  tête 
de  Louis  Devoe  dans  la  corbeille  qui 
était  encore  pendue  à  un  clou  près  du 
jambage  de  la  porte.  Je  m'assis  sous 
la  vérandah  et  j'attendis.  Le  soleil 
était  à  deux  heures  de  son  coucher. 
Chloé  parut  et  sembla  surprise. 

—  Où  ètes-vous  allé,  Tommy  ?  de- 
manda-t-elle.  Vous  étiez  parti  lorsque 
je  suis  revenue. 

—  Regardez  dans  la  corbeille,  dis- 
jeenmelevant.  Elle  regarda  et  poussa 
un  petit  cri  de  joie  :  j'eus  la  satisfac- 
tion de  le  remarquer. 

—  O  Tommy,  dit-elle,  c'est  juste- 
ment ce  que  je  voulais  vous  deman- 
der.   Elle  coule  un  peu,  mais  ça  n'a 


18 


cinea, 


pas  d'importance.  N'est-ce  pas  comme 

je  VOUS  disais  ?  Ce  sont  les  petites 
choses  qui  comptent,  et  nous  vous 
l'êtes  rappelé. 

Les  petites  choses  !  Klle  serrait  la 
tête  sanglante  de  Louis  Devoe  dans 
son  tablier  blanc,  De  minées  filets' 
rouges  s'élargissaient  sur  le  tablier 
et  gouttaient  à  terre.  Sa  figure  était 
radieuse  et  tendre. 

Une  petite  chose,  en  vérité  !  pen- 
Bais-je  encore.  Les  chasseurs  de  têtes 
ont  raison.  Voilà  ce  que  les  femmes 
aiment  que  l'on  fasse   pour  elles. 

Chloé  vint  vers  moi.  Personne  ne 
nous  ohservait.  Elle  me  regarda  de 
ses  yeux  bleu  de  mer  qui  disaient 
des  choses  qu'ils  n'avaient  jamais  di- 
tes auparavant. 

—  Vous  pensez  à  moi,  dit-elle,  vous 
êtes  l'homme  que  j'ai  décrit,  vous 
pensez  aux  petites  choses,  et  ce  sont 
celles-là  qui  font  que  le  monde  vaut 
la  peine  qu'on  y  vive.  L'homme  qui 
veut  que  je  l'aime  doit  tenir  compte 
de  mes  petits  caprices  et  me  rendre 
heureuse  par  de  menues  attentions. 
Il  m'apportera  de  petits  péchés  rou- 
ges en  décembre  si  j'en  ai  envie,  et 
pour  cela  je  l'aimerai  jusqu'en  juin. 
Je  ne  tiens  pas,  pour  moi  aux  cheva- 
liers en  armure  qui  tuent  leur  rival 
ou  qui  pourfendent  des  dragons. 
Vous  me  plaisez,  Tommy 

Je  me  penchai  et  l'embrassai.  Puis 
une  moiteur  vint  à  mon  front,  et  je 
commençai  à  me  sentir  faible.  Les 
taches  rouges  disparurent  du  tablier 
de  Chloé  et  la  tête  de  Louis  Devoe  se 
transforma  en  une  noix  de  coco 
brune  desséchée. 

—  11  y  aura  du  pudding  à  la  noix  de 
coco  pour  le  dîner,  Tommy,  dit  Chloé, 
gaiement,  et  vous  viendrez.  11  faut 
que  je  rentre  un  moment 

Elle  s'enfuit  avec  une  délicieuse  vi- 
vacité. 

Le  D  Stamford  arriva  précipitam- 
ment. 11  saisit  mon  pouls  comme  si 
c'était  avec  sa  propre  fortune  que 
j'eusse  essayé  de  m'échapper. 

—  Vous  êtes  le  plus  grand  fou  qui 
ne  soit  pas  encore  dans  un  asile,  dit- 
il  furieux.  Pourquoi  ave/.-vous  quitté 
votre  lit  ?  Et  ces  choses  idiotes  que 
vous  avez  faites  !  Ce  n'est  pas  éton- 
nant avec  votre  pouls  qui  bat  comme 
une  forge  ! 

Décrivez-m'en    quelques    unes, 
dis-je. 

Devoe  m'a  envoyé  chercher,  ré- 
pondit Stamford  De  sa  fenêtre  il  vous 
a  vu  nous  diriger  vers  h'  magasin  du 
vieux  Campos,  le  chasser  vers  la  col- 


line avec  sa  propre  toise;  et  puis  re- 
venir en  vous  emparant  de  sa  plus 
grosse  noix  de  coco. 

—  Ce  sont  les  petites  choses  qui 
comptent,  après  tout,  dis-je. 

—  C'est  votre  lit  qui  compte  pour 
vous,  à  cette  heure.  Suivez-moi  tout 
de  suite  ou  bien  je  vous  abandonne. 
Vous  êtes  mou  comme  une  chiffe  î 

Aussi  je  n'eus  pas  de  pudding  à  la 
noix  de  coco  ce  soir  là  ;  mais  je  con- 
çus quelque  doute  quant  à  la  valeur 
des  méthodes  suivies  par  les  chas- 
seurs de  têtes.  Peut-être  après  tout 
que,  depuis  des  siècles,  les  jeunes 
filles  des  villages  regardent  mélanco- 
liquement les  têtes  dans  les  corbeilles 
accrochées  aux  jambages  des  portes 
et  souhaitent  d'y  voir  d'autres  et  de 
moins  glorieux  trophées. 

O.  Henry.    (Trad.  L.  Landry.) 

■  ■ 

[un  jardin  public  \ 

•  m 

Tout  récemment,  la  Compagnie  Ci- 
nêtude  qui,  sous  la  direction  de  mé- 
decins légistes,  s'occupe  de  filmer 
des  documentaires  intéressant  l'édu- 
cation physique,  voulut  filmer  dans 
un  joli  cadre  de  verdure  une  dizaine 
d'enfants  faisant  des  mouvements 
respiratoires.  Elle  pensa  au  Parc 
Montsouris  et  délégua  son  opérateur, 
M.  André  Raymond,  auprès  du  con- 
servateur des  parcs  et  promenades 
pour  obtenir  une  autorisation.  Il  y 
alla  et  fit  sa  demande  avec  l'assu- 
rance que  donne  l'espoir  du  succès. 
Il  ne  savait  pas  à  qui  il  avait  affaire. 
Le  conservateur  était  un  adjoint 
—  période  de  vacances  —  et,  lorsqu'il 
sut  ce  qu'on  attendait  de  lui,  il  pensa 
en  avoir  une  congestion. 

—  Tourner  dans  le  parc  !  s'écria-t-il, 
ma  parole...  ma  parole...  (il  suffo- 
quait), on  ne  doute  plus  de  rien...  Et 
quand  pensez-vous  tourner  dans  le 
parc  ? 

—  Mais...  demain. 

—  Demain.  .  demain...  Mais  une 
autorisation  demande  au  moins  8  à 
10  jours   pour  arriver  à  destination. 

—  Fort  bien.  Mais  a-t-elle  au  moins 
des  chances  d'être  agréée? 

—  Agréée?  Naturellement  non.  Pen- 
sez qu'il  y  a  des  gens  qui  se  respec- 
tent qui  vont  au  Parc  Montsouris. 

L'opérateur  commença  d'être  assez 
sérieusement  inquiet.  Personne  jus- 
qu'alors n'avait  mis  en  doute  sa  res- 
pectabilité. 11  se  considère  comme 
bien  considéré,  ainsi  que  les  person- 
nages parmi  lesquels  le  docteur 
Socquet  —  au  nom  de  qui  il  faisait 
la  demande.  Il  se  demanda  ce  que  le 


cinéma   pouvait  bien  avoir  de  réprêt 
hensible 

—  Et  qu'est-ce  que  vous  voulez  y 
faire,  dans  ce  parc  ?  continua  le 
conservateur. 

M.  Raymond  expliqua  de  quoi  il 
s'agissait.  Film  d'éducation  physique, 
dix  enfants  faisant  des  mouvements 
respiratoires  sur  un  fond  harmo- 
nieux. 

—  Qu'est-ce  que  c'est  que  cette  plai- 
santerie, fit  le  conservateur  pour  qui, 
sans  doute,  les  mots  «  fond  harmo- 
nieux »  n'avaient  pas  de  sens.  Alors, 
les  fortifs,  ce  n'est  pas  assez  bon  pour 
vous  ? 

Le  demandeur  crut  qu'il  s'était  fait 
mal  comprendre.  11  recommença  et 
fut  tout  étonné  de  voir  le  conserva- 
teur s'adoucir  et  répliquer  avec  une 
certaine  bienveillance. 

Eh  bien!  je  consentirai  à  trans- 
mettre votre  demande  si  vous  m'in- 
diquez l'heure  exacte,  à  laquelle  vous  . 
tournerez,  l'emplacement  exact  que 
vous  voulez  et  que  d'ailleurs  on  vous 
choisira,  le  nombre  de  mètres  carrés 
qui  vous  seront  nécessaires,  le  lieu 
où  vous  placerez  votre  appareil  et 
dont  vous  ne  pourrez  bouger  sous  . 
aucun  prétexte,  le  nombre  exact  des 
personnes  que  vous  amènerez. 

Mais  c'est  impossible,  le  lieu 
peut  être  fixé,  mais  à  cause  du  soleil, 
du  temps,  de  la  lumière,  on  ne  peut 
être  obligé  de  tourner  autour,  et  s'il 
pleut... 

-  Arrangez-vous,  vous  ferez  une 
nouvelle  demande  pour  dix  jours 
plus  tard. 

—  Et  s'il  y  a  un  enfant  de  moins? 

-  Vous  ne  rentrerez  pas. 

—  Et  s'il  y  en  a  un  de  plus. 

—  On  l'excluera 

M.  Raymond  commençait  à  avoir 
très  chaud,  il  ne  trouva  rien  à  répon- 
dre. Mais  le  conservateur  n'avait  pas 
fini.   Tout   à   coup  une   méfiance  lui 

vint. 

—  Et comment,  questionna-t-il, soup- 
çonneux. Et  comment  seront-ils  ha- 
billés, ces  enfants? 

—  Mais...  nus  jusqu'à  la  ceinture, 
naturellement. 

Vraiment,  cela dépassaitles  bornes. 
Le  conservateur  leva  les  bras  au  ciel 
et  s'écria,  tremblant  d'indignation: 

—  Mais  alors,  ce  sont  des  obscé- 
nités que  vous  voulez  filmer. 

L'opérateur  délégué  ne  se  sentit 
pas  la  force  d'insister  davantage,  il 
bredouilla  un  vague  adieu,  sortit 
rapidement  et  alla  boire  quelque 
chose  de  frais. 

C'est  ainsi  que,  de  nos  jours,  on 
aide  en  France  une  Compagnie  ciné- 
matographique qui  voulait  «  faire 
du  documentaire  »  pour  rehausser 
le  prestige  du  cinéma  français  et  de 
l'éducation  physique. 

Boisyvon, 


cmea 


19 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


De  la  déchirure  qui  se  format  sur 
ma  nuque  le  sang  coula  à  flots,  je 
m'enfuis  précipitamment.  A  la  mai- 
son on  m'a  battu  de  nouveau  «  parce 
que  je  ne  voulais  rien  f...»  mais  je 
déclarai  carrément  «  Faites  de  moi  ce 
que  vous  voudrez  mais  jamais  je  ne 
retournerai  plus  à  cette  école  ». 

On  me  répondit  que  j'étais  un 
«  sale  animal  »,  «  un  trou  »  et  autre 
chose,  puis  mon  père  décida  que  je 
n'arriverais  jamais  à  quoi  que  ce  soit 
et  me  plaça  comme  apprenti  chez  le 
cordonnier  Tonkov  mon  parrain. 

J'avais  été  déjà  quelquefois  chez 
lui  en  visite  avec  mon  père  et  ma 
mère  et  je  m'y  plaisais  beaucoup.  Il 
y  avait  dans  l'atelier  une  grande 
armoire  vitrée  et  on  y  voyait  dispo- 
sés sur  des  rayons  en  un  ordre  par- 
fait les  différents  ustensiles  et  des 
morceaux  de  cuirs  de  formes  diffé- 
rentes. 

Le  cuir  sentait  bon,  et  les  jolis 
ustensiles  proprets  donnaient  envie 
de  jouer  avec.  Tout  en  général  était 
très  amusant.  C'est  surtout  la  femme 
de  Tonkov  qui  me  plaisait  le  plus. 

En  m'envoyant  chez  le  cordonnier 
Fonkor,  mon  père  me  fit  cette  der- 
nière recommandation  : 

—  Apprend  à  bien  faire  les  chaus 
sures.   C'est  un  métier  très   avanta- 
geux. Tu  pourras  y  gagner  beaucoup 
d'argent  ;  nous  en  avons  bien  besoin. 

Je  me  mis  au  travail  avec  beaucoup 
de  zèle.  En  somme,  cela  me  plaisait 
beaucoup  mieux  que  les  règles  de  la 
grammaire  et  les  tables  de  multipli- 
cation dont  on  encombrait  ma  tète  à 
l'école. 

Fonkor  avait  l'air  très  respectable: 
grand,  large  en  épaules,  la  tète  ornée 
de  cheveux  crépus, il  portait  toujours 


une  chemise  blanche  et  un  vaste  pan- 
talon de  satin. 

Il  me  reçut  d'une  manière  très  ai- 
mable. 

—  Repose-toi  aujourd'hui.  Regarde 
ce  que  nous  faisons.  Tu  commenceras 
ton  travail  dès  demain. 

Je  dormis  mal  toute  la  nuit.  Un  dé- 
sir irrésistible  de  travailler  me  domi- 
nait et  à  l'aube,  vers  six  heures  du 
matin  j'étais  debout,  attendant  avec  . 
les  autres  les  ordres  de  mon  nouveau 
maître. 

On  me  donna  d'abord  un  verre  de 
thé  avec  un  morceau  de  pain  et  en- 
suite le  patron  me  donna  quelques 
premières  indications  au  sujet  des 
cuirs,  des  semelles  etc. 

J'étais  plein  de  bonne  volonté,  mais 
à  mon  grand  étonnement  cela  n'allait 
pas  du  tout.  Et  puis  j'avais  sommeil 
n'ayant  presque  pas  dormi  presque 
toute  la  nuit.  A  la  longue  on  s'aper- 
çut autour  de  moi  que  je  ne  réussis- 
sais pas  à  exécuter  ma  tache  convena- 
blement et  mes  nouveaux  camarades 
se  mirent  à  m'encourager  par  des 
coups  assez  énergiques  dans  le  dos  et 
ailleurs. 

Heureusement  le  patron  était  mon 
parrain  et  les  ouvriers  étaient  au  cou- 
rant de  ma  situation  dans  la  maison 
mais  quand  même  ils  avaient  la  main 
dure. 

Malgré  tout,  le  sort  n'a  pas  voulu 
que  je  devienne  cordonnier.  Bientôt 
je  tombai  malade,  c'était  assez  grave, 
je  me  rappelle  les  heures  de  délire, 
les  visions  fantastiques  qui  assié- 
geaient mon  cerveau  malade,  mon 
séjour  à  l'hôpital  et,  enfin,  la  conva- 
lescence. 

Lorsque  je  fus  complètement  réta- 
bli   mon    père    me    mit    de   nouveau 


chez  un  cordonnier,  mais  cette  fois- 
ci  chez  un  autre.  11  trouvait  que  mon 
parrain  était  trop  gentil  pour  moi  et 
qu'il  ne  m'apprendrait  rien  de  sé- 
rieux. 

Chez  le  cordonnier  Andreev  c'était 
tout  à  fait  différent.  Malgré  que  je 
connaissais  déjà  un  peu  mon  métier 
je  fus  désigné  pour  laver  le  plancher 
de  la  boutique,  aller  au  marché  avec 
la  patronne,  porter  l'énorme  panier 
tout  chargé  de  victuailles... 

Bref—  c'était  une  vie  de  chien.  On 
me  battait  impitoyablement.  Ce  que 
je  ne  peux  pas  comprendre  encore 
c'est  comment  j'ai  pu  survivre  à  tout 
ce  régime.  Mais  au  moins  j'appris  as- 
sez convenablement  mon  métier  et  au 
bout  d'un  certain  temps  j'étais  déjà 
capable  de  faire  moi-même  de  petites 
réparations. 

J'aimais  surtout  être  envoyé  chez 
les  clients  pour  leur  porter  les  com- 
mandes. Des  fois  je  recevais  5-10  ko- 
peks  de  pourboire.  Alors  je  m'ache- 
tai un  morceau  de  pain  blanc  et  je  le 
mangeai  avec  mon  thé.  J'avais  tou- 
jours faim.  Le  patron  nous  nourris- 
sait bien.  Seulement  comme  j'étais  le 
plus  jeune,  je  touchais  au  plat  le  der- 
nier, lorsqu'il  n'y  restaitpresque  rien. 

Ce  {qui  était  dur  c'est  surtout  la 
veille  des  Fêtes  de  Noël  :  on  travail- 
lait alors  20  heures  par  jour  :  de  ô  h. 
du  matin  jusqu'à  minuit.  Je  ressem- 
blais à  un  squelette  à  cette  époque.  Je 
n'en  pouvais  plus  et  aux  approches 
du  printemps  je  déclarai  à  mon  père 
que  j'avais  mal  aux  jambes,  que  je  ne 
pouvais  plus  travailler  et  je  profitai 
de  quelques  égratignures  sur  mes 
pieds  pour  prouver  à  mon  père  ce 
bien  fondé  de  mes  prétentions. 
(A  suivre)  L.  Valter  trad. 


20 


cinea 


D 


PROGRAMMES         M 
CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi    12  au   Jeudi   18    Août 


*e    ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux,  15.  boulevard  des 
Italiens.  —  Mathias  Sandorf, 5c épisode.  — 
Les  actualités.  —  Ambitieuse,  scène  dra- 
matique.—  Attraction  :  Les  Salvador  s, 
acrobates  comiques.  —  Reprise  de  La 
faute  d'Odette  Maréchal,  drame. 

.?     ARRONDISSEMENT 

Pathé-Temple.  —  Pathè-Journal.  — 
Beaucitron  et  le  chapeau  gris,  comique.'  — 
La  Pochardc,  1  Ie  épisode.  —  Mathias  San- 
dorf, 5e  épisode.  —  Le  souffle  des  Dieux. 

Palais  des  Fêtes. —  8.  rue  aux  Ours. — 
Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Coccinel  ouvre 

la  pêche,,  comique.  —  L'autre  parfum. 
comédie. —  La  Gangue,  scène  dramatique. 

—  La  Pocharde,  ne  épisode.  —  Pathè- 
Journal. 

Salle  du  1"  étage,  —  Actualités,  édition 
Pathé.  —  La  pêche  au  mari,  comédie  gaie 

-  Le  soufle  des  Dieux,  comédie  dramati- 
que. —  Fille  d'indienne,  drame.  — Maihias 
Sandorf,  ^c  épisode. 

Programmes  du  19  au  25  août. 

Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Pathè-Revue. 

-  La  fugue  de  Moune,  comédie  comique. 

—  Ambitieuse,    comédie    dramatique.   - 
Mascotte  courtle  Derby,  comédie  sportive. 

—  La  Pocharde,  1  1''  épisode.  —  Pathè- 
Journal. 

Salle  du  Ier  étage.—  Actualilès-Pathè.— 
Luieehe;  les  Indiens,  comédie  comique. — 
La  revanche  d'un  timide,  comédie  dramati- 
que. —  Son  crime,  drame.  —  Maihias 
Sandorf.  6e  épisode. 

4<   ARRONDISSEMENT 

Saint-Paul.      73.     rue     Saint-Antoine. 

—  Paysages  d'été  au  Danemark,  plein  air. 
Saint-Paul-Journal. —  La  Pocharde,  1  r  épi- 
sode. —  beaucitron  et  le  chapeau  gris. 
comique.  —  Mathias  Sandorf,  4''  épisode. 

f  s  découragés,  drame  social. 

5'    ARRONDISSEMENT 

Mésange. 3,  rued'Arras. —  Pathè-Journal. 

—  Pathè-Revue  n"  ?2.  documentaire.  — 
La  Pocharde.  10  ■  épisode. —  Mathias  San- 
dorf, 4'-  épisode. —  Micheline. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Billv  acteur   malgré  lui,    comique.  — 

Micheline,  comédie  dramatique.  —  Gau- 
nwnt-actualitès.  —  Attraction  :  l'erehieol. 
chanteur. —  La  geôle, drame. — La  Pocharde, 

10''  épisode. 


6     ARRONDISSEMENT 

Palace-Cinéma  Danton.  —  99,  boule- 
vard Saint-Germain,  —  Fleurus  2~j-^().  — 
Pathè-Revue.  -^  Mathias  Sandorf.  50  épi- 
sode. —  Micheline.  —  La  faute  d'Odette 
Maréchal,  drame.  —   Gaumont- Actualités. 

Programme  du  19  au  25  août., —  La 
revanche  d'un  timide.  —  Mathias  Sandorf. 
6e  épisode.  —  La  fugue  de  Moune.  comédie 
gaie.  —  Le  souffle  des  Dieux,  drame.  — 
Gaumont- Actualités, 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Sèvres,  cSo  bis.  rue  de  Sèvres, 
(angle    des  boulevards  de    Montparnasse 


Voici  Venir  l'été ',  rés= 
susciteur  de  Vieux 
films  ....  Allons,  Mes= 
sieurs  les  Loueurs,  un 
bon  mouvement  :  rap= 
pelez  Les  Proscrits. 


et    des    Invalides).    —    Fleurus    28-oy.  — 
Micheline.  — Jeune  fille   a  louer,  comédie. 

—  Mathias  Sandorf.  5e  épisode.  —  Pathè- 
Journal.  —    Pathè-Revue .  —   Intermède  : 

Valdonnc.  chanteur  à  voix. 

Cinéma  Récamier,  3.  rue  Recamier.  — 
Actualités.  —  La  Pocharde,  1  ie  épisode.  — 
Les  millions  des  sœurs  Jumelles,  comédie 
gaie.  —  Micheline,  comédie  dramatique. 

9e  ARRONDISSEMENT 

Delta-Palace-Cinéma.  17.  boulevard 
Rochechouart.Trudaine67-89 — Direction  : 
M.  A.  Jallon.  —  Delta-Journal.  —  Mathias 
Sandorf.  y  épisode.  —  Le  navire  aban- 
donne, drame  maritime.  —  Comme  Papa  .' 
comique.  —  Une  bonneterie  moderne,  docu- 
mentaire. —  Renoncement .  comédie  dra- 
matique. —  Sur  scène  :  Germaine  Ri  eux, 
chants  et  danses  a  transformations. 

Cinéma-Rochechouart.  66,  rue  de  Ro- 

chechouart.    Trudaine  67-89.    Directeur  : 
M.  A. Jallon.—  Ca-ur  de  mannequin,  drame. 

—  jo'é  détective ,   comique.    —    Une   salome 


moderne,  comédie  dramatique.  —  Eclair- 
Journal.  Sur  scène  :  The  Tico  Brigthorir. 
comédiens  danseurs. 

icK    ARRONDISSEMENT 

Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple.  — 
Effets  de  neige  au  Danemark,  plein  air.  — 
Tivoli-Journal.  —  Beaucitron  ehe;  les  sau- 
vages, comique.  —  Mathias  Sandorf,^  épi- 
sode. —  La  pèche  au  mari,  comique.  — 
/..'  souffle  des  Dieux. 

I2<=  ARRONDISSEMENT 

Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Ganmonl- 
Actualitès.  —  Deux  mains  dans  l'ombre. 
drame.  —  La  Pocharde.  1 1«  épisode.  — 
Billy  acteur  malgré  lui.  film  comique.  — 1 
Attraction  :  Perehieot.  chanteur.  —  Le 
souffle  des  Dieux,  comédie  dramatique. 

i3e    ARRONDISSEMENT 

Gobeiins.  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 
Patbé-fournal.  —  Pathè-Revue.  n°  52.  — 
L'ours  et  les  deux  compagnons,  dessins  ani- 
més. —  La  Pocharde.  10e  épisode.  —  Ma-. 
thias  Sandorf.  4e  épisode.  —  Micheline. 
comédie  dramatique.  —  Ribadouille  a  la 
berlue,  comique. 

14e    ARRONDISSEMENT 

Gaîté,  rue  de  la  Gaité.  —  Patbe-Journal. 
— Pathè-Revue  no  7.2.  —  Oh  !  la  paix,  comi- 
que. —  La  Pocharde,  10e  épisode.  — 
Mie  eline.  comédie  dramatique. 

Splendid-Cinéma-Palace.  60.  avenue 
de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-03.  M.  Messie, 
directeur.  —  Pathè-Journal.  —  Pathè-Revue. 

—  Effets  de  neige  au  Danemark,  documen- 
taire. —  Au  pays  des  Célestes,  plein  air.  — 
Mathias  Sandorf,  5e  épisode.  —  Le  pauvre 
amour.  —  Micheline,  comédie  dramatique. 

—  Joe  au  studio,  comique. —  Intermède: 
Mme  Liane  d'Astier.  diseuse  à  voix. 

La  semaine  prochaine:  La  proie  et  Le 
souffle  des  Dieux. 

Splendide-Cinéma,  3.  rue  Larochelle. 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  Les  actualités 
de  Splendide-Cinéma.  —  La  pèche  au  mari. 
comique.  —  La  pierre  de  touche,  comédie 
dramatique.  —  Suer  Flocon  de  Neige. 
comédie  sentimentale. 

i5e  ARRONDISSEMENT 

Grenelle.  122.  rue  du  Théâtre.  —  Palhe- 
Journal.  —  Pathè-Revue  n°  72.  documen- 
taire. —  Le  renard  et  le  corbeau,  dessins 
animés.  —  La  Pocharde,  io°  épisode.  — 
Mathias  Sandorf,  5e  épisode.  —  Micheline. 
comédie  dramatique. 


cinea 


21 


Programmes    des   Cinémas    de    Paris 


La  semaine   prochaine   :    Le  souffle  des 

Dieux,  comédie  dramatique. 

i6e     ARRONDISSEMENT 
Mozart-Palace,  40,  51,  rue  d'Auteuil.  16e. 

—  Programme  du  vendredi  12  au  lundi 
15  août.  —  Une  bonneterie  moderne,  docu- 
mentaire. —  Matbias  Sandorf,  se  épisode. 

—  Charley  blanchisseur,  comique. —  L'ava- 
îanebe,  drame.  —  Eclair-Journal.  —  Pro- 
gramme du  mardi  16  au  jeudi  18  août  — 
La  Poeharde.  1  Ie  épisode. — Joe  détective. 
comique.  —  Patbe-Journal.  —  Fleur  de 
Jade.  —  Une  partie  de  campagne,  comique. 

Programme  du    iq  au    22  août.  —   Du 

sang  dans  la  prairie,  drame.  —  Matbias 
Sandorf,  6e  épisode.  —  Patbé-Journal.  — 
Le  diamant  de  la  couronne.  —  L'ours  et  les 
deux  compagnons,  dessins  animés.  — 
Programme  du  23  au  25  août.  —  Chef 
les  anthropophages,  première  étape.  —  La 
Poeharde.  \2<-  et  dernier  épisode.  —  La 
pêche  aux  maris, comique.  —  Pathè-Journal. 

—  Micheline.  —  Chariot  grande  coque/te. 
comique. 

17e  ARRONDISSEMENT 

Le,  Select.  8,  avenue  de  Clichv.  — 
Chef  les  anthropophages.  4e  étape.  —  Deux 
mains  dans  l'ombre,  drame.  —  Gauinont- 
acliialitcs.  —  Madge  l'ecervelée.  comédie. 

Royal- Wagram,  avenue  Wagram.  — 
10  minutes  au  Music-Hall  u"  21  —  Ambi- 
tieuse, comédie.  —  Briile-la-Route.  comé- 
die sportive.  —  Patbè-  ournal.  —  La  Po- 
eharde, 1  ie  épisode. 

Lutetia- Wagram,  avenue  Wagram.   — 

Chef   les  Anthropophages,  4e  étape-   -  -    Le 

Souffle  des  Dieux,  comédie  dramatique   — 

La   Gangue,    scène   dramatique.  —   Gau- 

mont- Actualités. 

/ 

Ternes-Cinéma,   avenue  des  Ter.nes,  5. 

—  Patbe-Journal.  —  Master  Beverly  Dandy, 
roman  d'aventures.  --  Matbias  Sandorf, 
SL'  épisode.  —  Apres  l'abandon,  drame. 

Maillot-Palace-Cinéma.  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi 12  au  lundi  is  août.  —  La  poeharde, 
11e  épisode.  — Joe  détective,  comique.  — 
Palhe-Journal.  —  Programme  du  mardi  16 
au  jeudi  i8aoùt.  -  Une  bonneterie  moderne. 

—  Matbias  Sandorf.  y  épisode.  —  Charley 
blanchisseur,  comique.  —  L'Avalanche. 
drame.  —  Eclair-  ournal. 

Cinéma  Legendrc.    128,   rue  Legendre. 

—  Directeur  :  A.  Jallon.  —  Legendre- Actua- 
lités. —  Cœur  de  mannequin,  comédie  dra- 
matique. —  Le  plus  bel  enfant  de  Belgique. 

—  Trois  mai  is  pour  une  femme,  comédie. — 
Intermède  :  M7/v  Borello,   diseuse  à  voix. 

18e   ARRONDISSEMENT 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  muMC- 
haii,  place  Dancourt   et   rue  d'Orsel,  43, 

—  Maurice  Robert,  directeur.  —  Program- 


me du  12  au  18  août.  —  Les  caprices  du 
destin.  —  Picratt  jockey.  —  Cotes  Scandi- 
naves. —  Les  actualités  de  la  semaine.  — 
Matbias  Sandorf.  y  épisode.  —  Attraction  : 
Douai  dans  ses  créations. 

Programme  du  19  au  25  août 
Profanation.  — Joe  détective.  —  Matbias 
Sandorf.  be  épisode.  —  Les  actualités  de  la 
semaine.  —  Attraction  :  Jules    Combe,   le 
chansonnier  Montmartrois. 

19e     ARRONDISSEMENT 

Secrétan,  7.  Avenue  Secrétan  —  Pro- 
gramme du  12  au  iSaoùt. —  Patbé-Journal. 

—  Beaucitron  et  le  chapeau  gris,  comique. — 
La  Poeharde,  11e  épisode.  —  Matbias  San- 
dorf, 4e  épisode.  —  Le  souffle  des  dieux. 

20=    ARRONDISSEMENT 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  Patbé-Journal.  —  La  pierre  de 
touche,  comédie  dramatique.  -  Attraction: 
Marv  and  Dauft,  équilihristes.  —  Le  roi 
du  volant,  comédie  dramatique.  —  La 
Poeharde,  11  «épisode. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumout-actualités.  —  Les 
cavaliers  de    la    nuit,    scène    d'aventures. 

—  La  Poeharde.  1  ie  épisode  —  Attraction  : 
Kanui  aud  Lula.  danses.  —  Le  souffle  des 
Dieux,  comédie  dramatique. 

BANLIEUE 

CUchy.  —  Patbé-Journal.  —  Beaucitron 
et  le  chapeau  gris,  comique. —  La  Poeharde, 
1  Ie  épisode. —  Matbias  Sandorf,  5e  épisode. 

—  Le  souffle  des  dieux. 

Levallois.  —  Patbé-Journal. —  La  lampe 
d'Aladiu,  comique.  —  La  Poeharde.  o>"  épi- 
sode. —  Geo  Dax,  comique  du  Cirque  de 
Paris.  —  Matbias  Sandorf,  4e  épisode. 
L'enfant  du   Carnaval,  çom.  dramatique. 

Montrouge.  —  L'automne  an  Jutland, 
plein  air. —  Montrouge-actualitès.—  Matbias 
Sandorf,  Y  épisode  —  La  pèche  au  mari, 
comique.  —  Mascotte  court  le  Derby,  comé- 
die sportive. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  —  Cocci- 
uell  ouvre  la  pèche,  fantaisie  burlesque.  — 
La  Gangue,  scène  dramatique.  —  Le  roi 
de  l'audace.  9e  épisode.  —  Attraction  : 
Guivel.  chanteur-  —  Deux  mains  dans 
l'ombre,  drame.  —  Gaumont- Actualités. 

Bagnolet.  —  Pathe-  'ournal.  —  Beauci- 
tron et  le  chapeau  gris,  comique.  —  La 
poeharde,  ne  épisode.  -  Matbias  Sandorf. 
2e  épisode.  —  Le  souffle  des  Dieux,  comé- 
die dramatique. 

Vanves,  —  Patbe-Journal.  —  Patbè- 
Revue  u"  J2. —  Le  cercueil  infernal,  drame. 

—  La  Poeharde.  ioe  chapitre.—  Micheline. 
comédie  dramatique. 


••■■•■■■■■■■■■■■■■•■•■■■•■■••••■••••«•■••■■•■■■■a 


Nous   demandons  à 


VOIR 


encore   une    fois 


La  Voix  des  Ancêtres 

avec  HARRIET  BOSSE      ooo 


û    Les   Proscrits    0 

avec  VICTOR  SJOSTROM  oo 


0     Madame  Qui    ? 

avec  BESS1E  BARRISCALE  o 


Richesse    maudite 

avec  CHARLES    RAY     ooo 


0  û    La  'Bombe    û  û 

avec  HARRIETT  BOSSE   oo 


ûû    Un   Ours    00 

avec    M  O  D  O  T  000     000 


Le  Retour  aux  Champs 

de  J.  DE  BARONCELLI     000 


Carmen  du  Klondyke 


0     Intolérance     0 

avec  MAE  MARSH,  L1L1AN 
G1SH,  BESSIE  LOVE, 
SEENA  OWEN,  ROBERT 
HARRON         000     oco     000 


cinea 


Envoyez-nous  un  scénario  ciné- 
graphique.  Des]ournauxcomme 
Le  Film,  Ciné  pour  loua,  Bon- 
soir, en  ont  publiés  d'excellents 
qui  vous  ont  appiis  le  décou- 
page, le  style  et  le  mouvement 
de  ces  ouvrages  spéciaux. 
Essayez  de  composer  un  thème 
d'écran,  drame  ou  comédie, 
découpez-le  et  bornez-vous  à 
des  moyens  simples  :  peu  de 
décors,  peu  de  personnages 
mais  beaucoup  de  sincérité,  un 
peu  de  goût,  et  du  talent  si 
vous  pouvez 

Jury  :  Dans  ce  Jury  seront 
représentés  les  metteurs  en 
scène  (J.  de  Baioncelli,  Mar- 
cel L'Herbier,  Léon  'Poirier, 
T^ené  Le  Somplier,  etc.)  les 
interprêtes  (Signoret,  Van 
Daële,  André  Nox,  Séverin- 
Mars,  etc.)  et  les  spectateurs 
Boisyvon,  René  Bizet,  Canudo, 
J.-L.  Croze,  Fré] avilie,  Lio- 
nel Landry,  P.  de  la  {Rorie, 
Pierre  Henry,  Pierre  Seize, 
Ur vil  1er,  Marcel  Yonne t,  etc.) 

Clôture  :  La  date  extrême 
pour  1  envoi  des  manuscrits  est 
fixée    au     1 er    Août   prochain. 

Prix  :  Le  meilleur  scénaiio 
choisi  par  le  Jury  recevra  un 
prix  de  Mille  francs  et  sera 
publié  dans  Cinéa,  si  l'auteur 
le  désire.  Et  bien  entendu 
Cinéa  s'emploiera  à  le  faire 
connaître  des  maisons  d'édi- 
tions françaises 


cinea 

10,   RUE   DE  L'ELYSÉE 
PAR  IS  


LES   STARS 

DE   FRANCE    ET 

D'AMÉRIQUE 
SONT  EN  PHOTO  CHEZ 

J    THIOLAT.  i.  rue  Darcet 
Paris  117e] 

Portraits  de  : 

Mary  Pickford  =  NormaTa  lmadge 
Charles  Chaplin  =  Douglas 
Fairhanks  °  Nazimova  =  Mary 
Miles  Minter  =  William  S- 
iïart  -  Ralph  Graves  =  Pearl 
White  =  Lilian  Gish  -  Richard 
Barthelmess  =  Wil.iam  Farnum 
Pauline  Frederick  =  Constance 
Talmadge  -  Thomas  Meighan 
Jackie  Coogan      

Les  16  photos  (18  24)  :  ÎO  fr. 
franco  :  ÎO  fr.  50 


Portraits  de  : 


EDMOND  VAN  DAELE 
EVE  FRANCIS 
ANDRÉ        NOX 

E  M  m  Y  L.YNN 
GABRIEL      SIGNORET 

fr.  la  photo    —    3  fr.  50  franco 

(Mandats  au  ncm  de  J.  THIOLAT) 


BONSOIR 

Vo us  dira  quels 
sont  les  bons  soirs 
du  cinéma .. 

Si  Vous  aimez  le 
cinéma,  Vous  aimez 

BONSOIR 


CONCOURS 


DE 


PHOTOGRAPHIES 
D'AMATEURS 


Envoyez  à  Cinéa  des 
photos  de  n'importe 
quel  format,  représentant 
des  acteurs  de  ciné  dans 
la  vie  privée,  ou  des 
aperçus  du  travail  ciné- 
graphique  en  plein  air, 
en  studio,  etc.,  tout  ce 
qui  se  rapporte  à  l'écran 
et  pourra  résumer  en 
quelque  sorte  les  coulis- 
ses du  Cinéma.  Le  Jury 
sera  composé  de  six 
opérateurs  français  : 
MM.  Bousquet,  Chaix, 
Gibory,  Irvin,  Forster  et 
Lucas 

Prix  :  Le  premier  prix 
recevra  deux  cents  francs 
et  sera  reproduit  sur  la 
couverture  de  Cinéa,  il 
y  aura  quatre  seconds 
prix  de  cinquante  francs, 
qui  seront  reproduits 
dans  Cinéa. 


cinea 

10,  RUE   DE  L'ELYSÉE 
PARIS  


Imprimerie  spéciale  de  cinéa.  84,  rue  Rocheshouart,  Paris. 


Le  o'erant  :  A.  Paty. 


26   Août   1921 


Numéros  16- 17 


•^  ^  ^  Hebdomadaire  Illustré  4;  4:  -§■ 
Louis  DELLUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
io,  Rue  de  l'Elysée,  Paris  -  Tél.  :  Élys.  58-84 


ABONNEMENTS    : 

I  an  75 fr.  -  6  mois  40fr. 
Le  Numéro  ...  2  fr. 


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ELLIE    NORWOOD 


lans 


STOLL  VICTURE  PRODUCTIONS 


^jfe?      <3=^it^ 


Ce  film  est  édité  par  la 


SOCIÉTÉ  FRANÇAISE  DES  FILMS  ARTISTIQUES 


17,  RUE  DE  CHOISEUL,  PARIS  >^Tj|^ 


:      : 

Notre  Livre  d'Adresses   ■    I  Aux  éditions  dc  la  Sirène»  7-  Ruc  Pas<iuier»  et  chcz  tous  lcs  libraires 


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Les  Meubles  de  Francis  Jourdain, 

2.   rue  de   Sèze 

M.    Compère,    copie    de    manuscrits. 
14.    rue  Henner 

Qéo,  robes,  29,  rue  d'Astorg. 

Photographie  d'Art  :  Henry  Castéra, 
51 .  rue  de  Clichy 

L'Edition,  4,  rue  de  Furstenberg 

Les  éditions  de   la   Sirène 

Pasquier 

Comœdia  illustré,  32,  rue  Louis-le- 
Grand 

Ciné  pour  Tous,   26'''",  rue  Traver- 
sière 

L'Esprit   nouveau,    revue  d'Esthéti- 
que, 29,  rue  d'Aï torg 

Footitt    et    ses    cocktails,    6,     rue 

Montaigne, 

Au    Cabaret,    la    meilleurd    cuisine, 

avenue  Victor  Emmanuel  III 

Le  Colisée   est  le    cinéma   entre    les 
cinémas 


LA     JUNGLE 
DU     CINÉMA 


par 


LOUIS       DELLUC 


Montagne,  traiteur,   est  le  roi  de  la    ;       ; 
cuisine  française,  rue  de-VEchelle      j  Jg       c'est     le     IWfe    qtl'U     faut     aVOÎT    lu 


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DE  BRUNOFF,   Editeur 
32,     Rue     Louis-le-Grand 


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MARIO    FRANCIS 

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i5,  Rue  Washington  (Champs-Elysées),  Paris 

Tél.   :    Elysées    17-36  Métro  :   Georges  V 


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GASTON,    Directeur 
TAJLOJi 


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Central:   1  8-36 


14,  Rue  Duphot 
PARIS  (l«arr.) 


NOTRE    CONCOURS     DE     SCÉNARIOS! 

■ 

MM     sera  clos  le  1er  Septembre  prochain     MM\ 

m 

NOTRE  CONCOURS  DE  PHOTOGRAPHIES! 

■ 

MM       sera  clos  le  1er  Octobre  prochain       MM\ 


cinea 


RÉPONSES  A  QUELQUES  LETTRES 


Soi  in  LEVANT. —  i"  Impossible.  —  2"  Si 
très  exactement  i  m.  88.  —  "p  Oui.  — 
4u  Le  Dieu  captif  ayee  W.  Hart.  n'est  pas 
un  film  de  Griffith,  mais  de  Th.  Ince.  — 
A  qui  le  dites-vous  ? M.  Thiolat  a  tou- 
jours à  votre  disposition  les  séries  de  pho- 
tographies de  La  Caravane,  Le  Dieu  captif. 
Le  Mentor  que  vous  lui  avez  commandées 
il  va  quelques  mois. 

Rouletabille.  —  r  Frank  Clark  était 
Michel  Donavan  dans  La  Cite  Perdue.  — 
2"  Inconnu.  —  y  C'est  Maë  Murray  que 
VOUS  avez  remarquée  dans  l'A.  B.  C.  de 
l'Amour, (Tbe  A.  B.  C.  of  Love).  —  40  Mais 
certainement. 

Admirateur  de  Constance.  —  Les  Bas 
de  soie  {A  Pair  of  Silk  Slockings)  avec 
Constance  Talmadge,  Harrisson  Ford. 
Wanda  Hawley.  V.  Doria.  Florence  Car- 
penter.  Th.  Persee.  L.  Willoughbv.  H. 
Haskell,  L.  W.Sterrs.  Robert  Gordon.  Syl- 
via  Ashton.  Scénario  de  Cyril  Harcourt. 
découpé  par  Edith  Kennedy  et  réalisé  par 
Walter  Edwards. 

Cinka  Reader.  —  Les  9  derniers  films 
de  W.  S.  Hart  (Contrat  Hart-Artcrarï) 
sont  :  The  Toll  Gâte,  Sand.  The  Cradle  of 
courage.  The  Testing  Block,  O'  M  aller  of 
Ihe  moiiiited,  The  IVhistle,  Three  Word 
Brand,  WbiteOab,  Traveling  Ou. 

Admirateur  Van  Daele.  —  Nous  publie- 
rons dans  notre  numéro  du  9  septembre  la 
biographie  de  votre  grand  favori. 

Daniel.  —  M.deLamarzelle  n'écrit  pas  de 
scénarios  pour  Mack-Sennett. 

G.  Codart.  —  En  effet.  l'Expédition  Sha- 
kleloii  quitte  l'affiche.  En  octobre,  le  Cirque 
d'Hiver  donnera  Londres-Melbourne  en 
avion,  avec  les  frères  Smith. 

Isa  Bell  and  Misterious.  —  De  ces  deux 
loustics  qui  se  disent  operateurs,  l'un  est 
garçon  coiffeur  et  l'autre  pharmacien. 
Comme  vous  pouvez  le  penser,  ils  ont  des 
idées  très  personnelles  sur  le  cinéma. 
D'ailleurs,  ils  ne  ratent  jamais  les  séances 
duC.  A.  S.  A. 

W110  Knows.  —  Ivor  Novello  est  né  a 
CardilT.--  Paul  Capellani  dans  I  hroso. 
Tous  lesdeuxaux  films  Mercanton.23.  rue 
de  la  Michodiere. 

Cassacnes.  —  Les  trois  1rs.  Scénario  de 
Lucie  Delarue-Mardrus  réalisé  par  Henri 
Desfontaines  avec  André  L.Daven,  Fscande, 
Baissac,  Gine  Avril,  Yvonne  Desvignes. 
Grumbach.  Gau  mont  éditeur.  «  Série  Pax  ". 

MalLET.  —  Dans  Expiation  et  La  Houle. 
c'est  Louise  Glaum.  Adresse  :  Care  of  Ince 
studios.  Culver  City  California  U.  S.  A. 


Mary.—  Tranquillisez-vous,  a  partir  dv. 
prochain  numéro  nous  reprendrons  notre 
parution  hebdomadaire,  il  faut  bien  des 
vacances  à  tout  le  monde. 

Patricia  P.  —  Dorothv  Dalton  est  née 
à  Chicago  (Illinois)  le  22  septembre  1893. 
Elle  est  divorcée  de  Lewis  Cody.  Voici 
quelques-uns  de  ses  films:  Green  Eres,  The 
Maling  of  Marcello.  Triant  Fear.  Love  Me. 
Flare  upSal,  Love  Letters,  The  Price  Mark. 
The  Kaisers  Shadoic.  The  Triple  Cross,  etc. 
—  Captain  Corirtesr.  The  Virginian,  The 
Gentleman  from  Indiana,  The  Parson  of 
Pauamiut,  Davv  Crockett,  David  Garrick, 
sont  bien  des  films  de  Dustin  Farnum. 

Marcel  Justinien.  — Ce  film  que  vous 
avez  vu  à  Londres  sous  le  titre  Bonds  That 
Chape  n'est  autre  que  le  fameux  Erotikon 
(Vers  le  bonheur)de  MauritzStiller  et  dont 
l'édition  en  France  est  prochaine. 

Ranchman. — Je  suis  tout  à  fait  de  votre 
avis,  Andrew-F.  Brunelle  est  un  excellent 
artiste  mais  qui  tourne  trop  peu  et  dans 
des  productions  généralement  médiocres. 

Bi.ock  Systein.  —  Nous  consacrerons 
prochainement  un  article  aux  dessins  ani- 
més. 

Charles  Boisson.  --  Lisez  Le  Cinéma. 
paî"  M.  Henri  Diamant-Berger. 

Strong  Man.  —  Jack  Pickford  est  né  à 
Toronto  en  1896.  11  a  paru  au  théâtre  dans 
Peg  Robin,  The  three  of  Us.  etc..  Ses  prin- 
cipaux films  sont  :  IVildflower,  The  Pre/lr 
Sisler  of  José.  The  Love  Route.  The  Gnl  of 
Yesterdar  avec  sa  sœur  Mary,  Poor  lit  Ile 
Peppiua.  avec  la  même,  Seveuteen.  Gréai 
Expectations,  Jack  and  Jill.  avec  Louise 
Huff.  The  Gost  Hou  se  avec  la  même.  T0111 
Sawyer,  Tbe  Spirit  of  tj ,  The  Dunimr.  The 
Girl  at  Home  avec  Vivian  Martin,  Sister 
Mary,  The  Varmint.  His  Majesty  Bunker 
Beau.  Sandy,  Huckand  Tom.Mile  a  Minute. 
Kendall,  Freckles.  IVhat  Moner  Can't  Buy. 

Henry  Worms.  —  C'est  bien  Jaque  Cate- 
lain  que  vous  avez  vu  dans  Rose-France. 

Guy  Lécuyer.  —  Enrico  Caruso  était  ne 
à  Naples  le  2=;  février  1873-  C'est  exact,  il 
a  paru  dans  plusieurs  films,  notamment 
Mv  Cousin. 


m 
m 

I  A  partir  du  9  Septembre 

Ici  n  é  a 

■ 

reparaîtra  hebdomadairement  0 


Lecteur  assidu.  —  Marcel  L  Herbier 
habite,  =,3.  rue  de  la  Villette. 

André  Brodeur.  —  Pour  recevoir  la 
photo  de  William  Hart,  écrivez-lui  tout 
simplement  en  la  lui  demandant  ou  adres- 
sez-vous àj.  Thiolat,  1.  rue  Darcet.  qui 
vous  la  procurera  à  bon  compte. 

Mack-Sennett.  Girls  Admirer.  —  Mack  , 
Sennett    est   né   a   Danville    (Canada),    le 
17  janvier    1S80.  —   Fred   Andrew   StonJ 
est  né  le  19  août  1873  à  Den  ver  (Colorado).  ' 
C'est  plutôt   un  acteur  de  théâtre  que  de 
cinéma. 

Marie-Louise  Th.  — Gastonjacquet  habite 
68,  rue  Laugier. —  Marcel  Lévesque.  7.  rue 
de  Berne. 

Mademoiselle  Gendre. —  Voici  l'adresse 
demandée  :  A.  B.  Svensk-Film  Industrie 
19.  Kungsgatan.  Stockholm  iSuède). 

Claude  Fayard. —  Vovez  le  scénario  de 
La  Fête  espagnole  de  L.  I).  dans  Ciné  pour 
tous  ou  Le  Film. 

Fomberteaux.—  La  Course  du  Flambeau.  ' 
est  tirée  de  l'œuvre  de  Paul  Hervieu  et  réa-t 
lise  par  M.  Charles    Burguet  pour   Louis 
Nalpas.  avec    Mathot.    S.   Dclvé  et  Marise 
Dauvray.  L'Ame  de  Pierre,  du  même  met- 
teur en  scène  est  tirée  de  l'œuvre  de  Geor-1 
ges  Ohnet,  avec  M.  Mariaud.   H.  Brabant.' 
G.  Modot,  S.  Delvé. 

Filmosophe.  —  Voici  quelques  adresses  : 
Norma  Talmadge  et  Constance  Talmadge 
318  East,  48  th.  Street,  New-York  City 
U.  S.  A.  —  Pearl  White.  care  of  Fox  Stu- 
dios at  10  th.  avenue  and  ,5  Strett.  New- 
York  City  U.  S.  A. —  Nazimova  (3. 124. 
Carlos  avenue,  Los  Angeles  (California). 
—  Monroë  Salisbury.  S956.  Hollywood 
boulevard,  Los  Angeles  (California).  — 
W.  S.  Hart,  5544  y2,  Hollywood  boulevard! 
Hollywood  (California1. 

??? —  André  Nox  habite  2ï.  rue  Des! 
bordes-Valmore.  Paris-ioe.  —  Van  Daëlej 
14.  rue  Pcstalozzi.  V'.  —  Eric  Barclay. 
34. rue  Marbeuf. —  |.  de  Baroncellh  .47.  rue 

des  Mathurins. 

C.  K.  C—  Les  principaux  films  de  Mar- 
san-Maudru  sont:  Le  Lys  Rouge,  Le  Gouffre . 
L'Holocauste.  Le  Droit  de  tuer.  Près  des 
Cimes.  Un  Aventurier.  Celle  qui  n'a  pas  dit 
son  nom.  Le  Talion.  La  Double  Epouvante, 
L'Amour  du  Mort...  Et  jen  oublie. 

El  Dorado.  —  En  effet.  M.  Decœur  était 
tellement  bien  dans  La  Faute  d'Odette 
Marécbalque personne  ne  l'a  plus  fait  tour- 
ner. Dommage^  très  dommage. 

L'Œil  de  Chat. 


cinea 


NERMAN 


M  AYO  L 


cinea 


J&M      LES    FILMS    D'AUJOURD'HUI      M& 


Raspoutine. 

J'ai  oublié  —  les  études  grecques 
sont  .sûrement  en  décadence  —  le 
nom  du  dramaturge  que  les  Athé- 
niens condamnèrent  à  une  amende 
parée  que,  en  prenant  pour  sujet  la 
prise  récente  de  Milet,  il  avait  pro- 
voqué l'émotion  par  un  procédé  trop 
facile.  Un  film*  où  sont  décrits  les  tra- 
giques événements  qui  précédèrent 
l'écroulement  de  l'Empire  russe  nous 
parait,  aujourd'hui  encore,  manquer 
de  recul,  et  l'on  peut  éprouver  cette 
impression  même  si  l'on  ne  possède 
point  au  fond  d'un  portefeuille  quel- 
ques titres  russes  dont  les  coupons 
s'obstinent  à  ne  point  se  détacher. 

Le  manque  de  recul  présente  un 
inconvénient  à  un  autre  point  de  vue  ; 
plus  l'époque  est  éloignée,  plus  la 
reconstitution  en  est  facile,  moins  le 
public  et  la  critique  sont  exigeants 
quant  aux  détails.  Il  est  plus  aisé  de 
susciter  un  romain  qui  ait  l'air  ro- 
main, qu'un  russe  ou  un  chinois  plau- 
sible, de  reconstituer  le  Forum  ou 
l'Agora  (nous  n'y  étions  pas,  n'est-ce 
pas  ?)  que  la  perspective  Newsky  ou 
Ha-Ta-Men. 

Qu'il  y  ait  dans  certains  des  ta- 
bleaux de  ce  film  une  accumulation 
de  détails  isolément  exacts;  ce  n'est 
point  suffisant.  Il  manque  ce  souffle 
qui  permet  aux  Suédois,  quelquefois 
aux  Italiens,  de  nous  transporter  aux 
époques  passées. 

Au  premier  abord,  Montagu  Love 
semble  physiquement  désigné  pour 
le  rôle  de  Raspoutine.  Il  n'y  apparaît 
point  excellent  et  le  reste  de  l'inter- 
prétation ne  sort  point  de  l'ordinaire. 

Le  film  tout  entier,  d'ailleurs,  ne 
susciterait  guère  d'attention  sans  la 
réclame  spéciale  que  lui  a  faite  la 
censure. 

• 

L'échéance  fatale. 

Une  action  peut  être  passionnante, 
mouvementée,  intrigante  tout  en  res- 
tant dans  les  limites  de  la  vie  et  de 
la  vraisemblance  ;  la  donnée  de  ce 
drame  en  sort  à  chaque  instant  et 
c'est  dommage,  car  il  représente  un 
effort  intéressant  de  réalisation.  L'in- 
terprétation est  bonne,  encore  qu'il 
paraisse  invraisemblable  que  deux 
frères  soient  aussi  visiblement,  l'un 


français,  l'autre  russe.  Et  quand  on 
constate  combien  M.  Nicolas  Kimskv 
demeure  russe  en  jouant  un  rôle  fran- 
çais, on  s'étonne  moins  que  Montagu 
Love  arrive  si  difficilement  à  paraître 
russe. 

L'affaire  du  train  24. 

Que  nul  des  auteur,  metteur  en 
scène,  acteurs,  machinistes,  opéra- 
teurs, accessoiristes  qui  ont  pris  part 
à  la  fabrication  de  ce  film  en  huit 
épisodes  ne  soit  mort  d'ennui,  cela 
prouve  jusqu'où  va  l'endurance  hu- 
maine. Mais  l'épreuve  paraît  suffi- 
samment concluante  et  il  serait  cruel 
—  surtout  par  ce  temps  d'assassinats 
en  chemins  de  fer  —  de  la  renouveler 
sur  le  public. 

Les  deux  routes. 

Je  dois  faire  amende  honorable  à 
Bert  Lyttel,  pour  avoir  dit  naguère 
qu'il  était  joli  garçon;  il  est  mieux 
que  cela  et  fait  preuve,  dans  ce  film, 
d'un  talent  vivant  et  sincère.  Du  film 
même  il  n'y  a  pas  grand'chose  à  dire. 
Un  policier  (dont  le  rôle  est  fort  bien 
joué)  se  trouve  en  face  du  même  pro- 
blème que  Javert  à  la  fin  des  Misé- 
rables; mais  il  ne  le  résoud  point, 
comme  ce  Brutus  de  la  Rousse,  en  se 
suicidant;  il  se  contente  de  ne  point 
faire  son  métier  et  de  laisser  tran- 
quillement partir  pour  Honolulu  l'an- 
cien convict  dont  il  estime  la  conver- 
sion suffisamment  acquise.  Après 
tout,  la  solution  n'est  peut-être  pas 
pire  qu'une  autre. 

Les  avatars  de  Chariot. 

J'éprouve  quelque  scrupule  à  parler 
de  Charlie  Chaplin,  dont  quelqu'un, 
prochainement,  va  parler  très  bien. 
Mais  peut-être  faut-il,  au  contraire, 
se  hâter  d'en  parler  avant  que  des 
choses  définitives  aient  été  dites  sur 
le  mime  génial. 

J'ai  indiqué  naguère  qu'au  cinéma 
l'une  des  principales  difficultés  était 
d'établir  1  harmonie  entre  le  naturel 
et  le  factice,  que  l'une  des  solutions 
les  plus  tentantes  consistait,  si  l'on 
peut  ainsi  dire,  à  s'aligner  sur  le 
factice,  à  imposer  aux  objets  natu- 
rels le  devoir  de  se  conformer  à  une 
convention    générale.    Cela,    Charlie 


Chaplin  partant  de  l'esthétique  de  la 
pantomime,  l'a  nettement  vu;  il  a, 
cherché  à  1  appliquer  dès  ses  pre- 
miers films,  que  déparent  cependant 
des  éléments  de  comique  déjà  connus 
(les  hommes  à  moustaches,  etc.).  Plus 
tard  il  a  réalisé  des  œuvres  telles 
que  Chariot  noctambule,  qui,  sans 
avoir  une  portée  très  forte,  ne  com- 
portent pas  une  fausse  note,  cepen- 
dant que,  sûr  de  sa  technique  il  ten- 
dait vers  les  œuvres  riches,  com- 
plexes, humaines,  de  sa  dernière 
manière,  dont  nous  ne  connaissons 
que  quelques-unes  (Une  vie  de  chien, 
Chariot  soldat,  etc.). 

D'autre  part  il  est  certain  que  Char- 
lie Chaplin  fait  rire,  et  sans  qu'on 
conserve,  après  avoir  ri,  cet  arrière 
goût  d'ineptie  que  laisse  trop  souvent 
le  rire  obtenu  par  des  procédés  pure- 
ment mécaniques. 

Mais  tout  ceci  s'applique  à  des  œtH 
vres  de  Charlie.  Or  que  nous  présente- 
t-on  aujourd'hui  ?Un  pot  pourri,  une 
rhapsographie  destinée  à  utiliser 
les  restes,  à  faire  repasser  en  troi- 
sième décoction  les  films  qu'on  nous 
a  montrés  d'abord  à  leur  apparition, 
qu'on  a  fait  repasser  ensuite  dans 
tous  les  sens  au  point  d'en  lasser  les 
yeux,  et  qu'on  essaie  de  refiler  sous 
cette  nouvelle  forme.  Que,  Rossini 
devenu  silencieux,  des  Castil  Blaze 
aient  continué,  pour  plaire  au  pu- 
blic à  fabriquer  des  Iouna  delLago, 
et  autres  Rhapsodies,  cela  se  conçoit: 
encore  Rossini  lui-même  les  sifflait-il. 
Mais  le  procédé  qui  consiste  à  con- 
currencer les  œuvres  d'un  auteur  en 
pleine  production  avec  ses  œuvres 
antérieure  est  inqualifiable,  et  il  faut 
espérer  que  le  public  fera  justice  de 
ce  déplorable  sabotage. 

• 
Chimères. 

En  situant  pièces,  romans  ou  films 
dans  des  milieux  mondains,  les  au- 
teurs n'obéissent  pas  seulement  à  des 
considérations  de  snobisme.  La  ma- 
jorité du  public  se  plaît  sincèrement 
au  spectacle  d'hommes  bien  habillés, 
de  femmes  élégantes.  L'aspect  d'amu- 
sement extérieur  que  revêtent  ces 
existences  fournit  des  oppositions 
faciles  et  frappantes  avec  les  senti- 
ments qui  torturent  les  personnages; 


cinea 


5 


enfin  les  .sentiments  qui  agitent  les 
âmes  de  gens  cultivés,  habitués  par 
la  lecture  des  romans  à  reconnaître, 
à  définir  et  a  diriger  dans  des  sens 
déterminés  les  mouvements  de  leur 
vie  passionnelle  sont  plus  aisés  à 
décrire  que  ceux  d'êtres  moins  cons- 
cients et  plus  spontanés. 

L'inconvénient  est  qu'on  a  abusé 
de  ces  facilités  et  qu'aujourd'hui, 
lorsqu'on  voitl'èlèij  a  nt  issi  mehèroïne 
qui  s'avance  sur  l'écran,  tandis  que 
son  mari  ou  son  amant  allume  une 
cigarette  avec  cet  air  dégagé  qui  ne 
se  voit  qu'au  cinéma,  on  regrette 
trois  tables  sales,  sous  un  toit  pou- 
dreux, au  fond  d'un  Saloon,  plein  de 
eowboys. 

Il  faut  avouer  que  l'héroïne  de 
Chimères  est  à  plaindre,  entre  un 
mari  qui  pousse  l'aveuglement  à  un 
point  tel  qu'il  ressemble  à  de  la  com- 
plaisance, et  deux  amoureux  dont 
l'un  ne  sait  que  se  suicider  et  l'autre 
l'accule  elle-même  au  suicide.  Mlle 
Hespéria  se  tire  bien  du  rôle,  avec 
une  louable  sobriété  de  gestes  et  une 
beauté  un  peu  trop  sculpturale  qui 
donne  l'impression  d'un  modèle  plu- 
tôt que  d'une  femme  du  monde. 


Ambitieuse. 

Mrs.  Glynn  s'est  fait  une  spécialité 
de  romans  dépeignant  les  mœurs  de 
la  haute  société  anglaise,  a  peu  près 
de  la  manière  dont  pourrait  les  dé- 
peindre une  dame  de  compagnie  in- 
telligente et  envieuse,  ou,  plus  sim- 
plement, une  authoress  qui  voudrait 
corser  ses  produits  en  leur  donnant 
le  goût  français.  Un  de  ses  derniers 
romans  assez  amusant  d'ailleurs,  la 
carrière  de  Catherine  Bush,  a  tenté 
un  metteur  en  scène  qui  a  changé  le 
nom  de  l'héroïne, adouci  ou  supprimé 
les  incidents  scabreux,  et  réalisé 
ainsi  un  film  assez  banal,  que  Cathe- 
rine Calvert  défend  bien  avec  son  ta- 
lent, intelligent  et  sec,  assez  appa- 
renté au  type  de  l'héroïne. 


Ce  qui  condamne  le 
principe  même  de  la 
Censure  cest  qu'elle  ne 
commet  pas  une  sottise 
de  moins  quand  elle  est 
exercée  par  des  gens 
intelligents  et  lettrés. 


L'Enigme  du  diable. 

On  songe  à  tel  concerts  de  Mendels- 
sohn  ou  de  Saint-Saens,  où  une  idée, 
de  valeur  secondaire,  développée 
avec  un  art  et  une  expérience  ache- 
vés fournit  à  un  excellent  artiste  un 
prétexte  plausible  pour  montrer  sa 
virtuosité.  Gladys  Brockwell  trouve 
là  un  de  ses  meilleurs  rôles, le  cadre 
est  riche  et  varié,  et  après  tout  il  y  a 
des  jours  où  l'on  ne  tient  pas  essen- 
tiellement à  entendre  des  œuvres  de 
premier  ordre. 

• 

La  Sierra  Nevada 

Las  des  épisodes  incessants  et  mo- 
notones d'un  ciné-roman  dont  la  bê- 
tise écrasante  a  découragé  jusqu'aux 
directeurs  de  salles,  les  yeux  se  repo- 
saient avec  joie  chaque  semaine  sur 
ces  beaux  paysages  de  montagnes, 
sur  cette  eau  vivante  ;  qu'elle  soit 
neige  ou  nuage,  glacier  torrent  ou 
lac,  chose  curieuse  et  déjà  signalée, 
le  cinéma,  instinctivement,  trouve 
les  règles  classiques  :  les  opérateurs 
qui  ont  pris  ces  vues,  et  qui  n'ont 
sans  doute  jamais  regardé  un  tableau 
de  Poussin,  de  Corot,  ou,  par  exem- 
ple, parmi  les  modernes,  de  Rouxel, 
savent  que  le  paysage  doit  être  animé, 
mis  à  l'échelle  par  des  êtres  vivants, 
des  voyageurs,  des  chevaux,  des 
chiens... 

• 

Le  Roman  d'un  Spahi. 

On  a  souvent  remarqué  qu'à  cer- 
tainesépoques  un  art,  sous  l'influence 
de  ce  que  demande  le  goût  du  public 
ou  de  ce  qu'offrent  les  moyens  d'exé- 
cution, semble  subir  par  avance 
l'influence  d'un  autre  art  non  encore 
existant.  C'est  ainsi  que,  dans  les 
structures  gothiques,  se  préforme  la 
construction  métallique,  dans  les 
dessins  au  phijsionotrace  du  xvme 
.siècle,  la  photographie. 

De  même,  nombre  d'écrivains  ont 
fait  du  Cinéma  avant  le  Cinéma.  En 
Amérique,  les  noms  de  Bret  Harte  et 
de  O.  Henry  viennent  immédiatement 
à  l'esprit;  en  Angleterre,  celui  de 
Conrad,  en  France,  et,  dans  un  genre 
différent,  celui  de  Pierre  Loti. 

Essentiellement  romantique  par 
l'importance  qu'il  donne  au  cadre,  au 
paysage,  par  son  goût  pour  les 
milieux  exotiques  qui  laissent  appa- 
raître, sous  son  aspect  le  plus  immé- 
diatement perceptible, la  diversité  de 
l'univers,  l'auteur  de  Pêcheurs  d'Is- 
lande aime  présenter  des  personna- 
ges aux  âmes  non  point  simples  — 
aucune  âme  n'est  aussi  simple  qu'on 


le  croit  —  mais  inconscientes  de  leur 
complexité  relative,  qui  s'expriment 
non  point  par  des  mots,  par  des  ana- 
lyses explicites,  mais  par  un  geste, 
un  acte  synthétique.  Et  c'est  là,  au 
fond,  l'esthétique  de  l'écran. 

Est-ce  à  dire  qu'il  soit  facile  de  tour- 
ner du  Loti  ?  Non,  et  justement  parce 
que  c'est  déjà  du  Cinéma  ;  et  l'aver- 
tissement vaut  pour  qui  voudrait 
s'attaquer  à  O.  Henry,  à  Conrad,  ou 
à  Bret  Harte.  Et  puis,  ce  marin  hau- 
tain, timide  et  mélancolique  a  pro- 
mené dans  les  cinq  parties  du  monde 
un  œil  qui  sait  voir  ;  à  cet  égard,  on 
ne  peut  guère  citer  après  lui  que  les 
frères  Tharaud. Or,  pour  qu'un  objec- 
tif voit  ce  qu'a  vu  Loti,  pour  qu'une 
pellicule  montre  ce  qu'il  nous  montre, 
il  faudrait  beaucoup  de  conditions 
—  artistiques  ou  économiques  qui 
sont  difficiles  à  remplir.  Je  n'ose  point 
dire  qu'elles  soient  remplies  en  ce 
qui  touche  Le  Kojnan  d'un  Spahi. 


Les  Bohèmes  de  Paris. 

Quel  intérêt  présente  une  image  de 
la  vie  des  paysans  normands  ou  des 
artistes  montmartrois,  exécutée 
d'après  les  idées  que  s'en  fait  le  met- 
teur en  scène  de  Manhattan  ou  de 
Los  Angeles  ?  11  est  possible  qu'un 
habitant  de  Des  Moines  ou  de  Peoria 
la  trouve  ressemblante,  de  même 
qu'on  admire  peut-être  à  Copenhague 
le  caractère  hindou  ou  martiniquais 
de  certains  films  de  la  Nordisk.  Mais 
il  y  a  quelque  audace  à  exhiber  de  tels 
tableaux  au  public  français,  d'autant 
que  l'auteur  ne  s'est  pas  mis  en  frais 
d'imagination  et  n'est  pas  allé  cher- 
cher  ses   données  extrêmement  loin. 

Montagu  Love  a  du  tempérament 
eteonnaît  son  métier, maison  éprouve 
quelque  regret  à  le  voir  gaspiller  son 
talent  à  jouer  des  personnages  tou- 
jours creux  et  inexistants  auxquels 
il  n'arrive  pas  à  donner  la  vie. 

Lionel  Landry. 


//  parait  que  le  specta= 
cle  du  crime  et  de  la 
passion  provoque  le 
crime  et  la  passion.  M 
Et  le  spectacle  de  la 
Vertu  à  haute  dose,  quel 
effet  produirait=il  ?   M 


cinea 


Jack  London  et  les  Animaux 


Dans  l'avant-propos  de  Michaël 
frère  dejerry,  Jack  London  a  écrit  : 
«Je  ne  suis  pas  une  femmelette.  Je  suis 
considéré,  an  contraire,  par  tons  les 
critiques  littéraires  les  plus  sen- 
sibles, comme  une  sorte  de  bête  pri- 
mitive prenant  plaisir  à  la  violence. 
Sans  discuter  cette  réputation  d'ordre 
général  qui  m'a  été  faite,  et  l'accep- 
tant comme  monnaie  courante,  je 
dirai  simplement  que  la  vie  s'est 
chargée  en  effet  de  m'instruire  à  une 
très  rude  école  et  m'a  donné  à  con- 
templer plus  d'inhumanité  et  de 
cruauté  qu'à  la  moyenne  des  hommes, 
depuis  le  gaillard  d'avant,  les  pri- 
sons, les  bouges,  le  désert,  les 
chambres  d'exécution  et  les  lazarets 
jusqu'aux  champs  de  bataille  et  aux 
hôpitaux  militaires...  Cependant, 
laissez-moi  vous  le  certifier,  je  n'ai 
jamais  été  aussi  écrasé  et  aussi  scan- 
dalisé de  la  cruauté  du  monde  qu'au 
milieu  des  applaudissements  et  des 
rires  d'une  foule  heureuse  regardant 
des  animaux  exécuter  des  tours  sur 
une  scène.  L'art  de  la  cruauté  a  at- 
teint sa  complète  floraison  dans  le 
domaine  des  animaux  savants.  » 

Et  la  Ligue  pour  la  défense  des  ani- 
maux s'est  inspirée  de  la  préface 
dont  les  lignes  qui  précèdent  sont 
extraites,  elle  a  fondé  le  «  Club  Jack 
London  »  dont  les  membres  s'en- 
gagent à  ne  jamais  encourager  les 
exhibitions  d'animaux  dressés  en  as- 
sistant volontairement  à  ces  spec- 
tacles, que  cela  soit  cinéma,  music- 
hall  ou  autre  endroit  où  ces  spec- 
tacles ont  lieu,  et  à  quitter  leur  place 
en  signe  de  protestation  si  un  nu- 
méro d'exhibition  d'animaux  est  an- 
noncé en  n'importe  quel  lieu.  C'est 
d'ailleurs  un  genre  de  protestation 
que  Jack  London  a  lui-même  con- 
seillé. 

Eh!  bien,  approuvons  que  la  souf- 
france d'une  bète  soit  vitupérée  et, 
quand  on  le  peut,  empêchée.  Même, 
pour  un  film  destiné  à  du  retentisse- 
ment par  ses  propres  mérites  et  parce 
qu'il  traduit  en  images  un  roman 
fameux,  un  animal  a  été  sacrifié. 
Nous  avons  déploré  un  tel  acte  com- 
mis pour  l'amour  de  l'art,  par  exa- 
gération de  la  volonté  de  l'exact. 
Dans  un  autre  film,  nous  avons  vu 
M.  André  Nox  jouer  un   personnage 


qui  battait  des  chiens;  cet  acteur  de 
premier  ordre,  on  le  voyait,  simulait 
ses  coups,  il  ne  frappait  pas  réelle- 
ment, c'est  lui  qui  avait  raison. 

Elevons-nous  contre  le  désir  d'ab- 
solue vérité...  mais  acceptons  les 
animaux  au  cinéma,  tels  que  les  em- 
ploient bien  des  metteurs  en  scène. 
Les  bêtes  ne  souffrent  pas,  qui  font 
le  beau  quelques  minutes  comme  le 
chien  de  Papa  Longues  Jambes.  Le 
bouledogue  des  Quatre  Diables  qui, 
la  langue  pendue  regarde  idiotement 
un  travail  d'acrobates  est  peut-être 
dorloté  comme  les  éléphants  de  plus 
d'un  film. 

Abhorrons  la  ménagerie,  la  prison 
des  fauves, sans  air  ni  lumière,  mais, 
si  des  lions  ont  été  capturés,  qu'ils 
soient  photographiés  et  vivent  à  l'air 
plutôt  que  d'être  enfermés  dans  de 
sales  locaux. 

Le  dressage  —  s'il  y  a  dressage  — 
peut,  pour  le  cinéma,  être  amical, 
alors  quelle  leçon  nous  donnent  les 
animaux,  leçon  de  naturel!  Mais 
qu'ils  soient  traités  avec  la  plus  ai- 
mable douceur  et,  surtout,  que  ja- 
mais, sous  n'importe  quel  prétexte, 
on  ne  les  blesse,  on  ne  les  tue,  les 
chiens,  les  chats,  les  chevaux,  les 
autres.  Bien  sûr,  ils  ne  savent  pas 
toujours  simuler  la  mort  comme  des 
femmes  et  comme  des  hommes,  mais 
les  bébés  non  plus,  ne  jouent  pas  le 
drame,  les  empoisonnerez-vous  pour 
que,  sur  l'écran,  ils  interprètent  à 
merveille,  des  rôles  de  nourrissons 
sans  lait?  Que  si  la  comparaison  est 
injuste,  pardonnez-là. 

Alors,  protection,  justice  pour  les 
bétes,  nous  le  demandons  avec  fer- 
veur aux  metteurs  en  scène  qui  en 
utilisent,  mais  nous  savons  que  gé- 
néralement elles  ne  sont  point  tor- 
turées, on  les  gâte. 

Reconnaissons  les  excellentes  in  ten- 
tions du  club  dédié  à  la  mémoire  de 
Jack  London  et  souhaitons  que  l'on 
continue  de  porter  à  l'écran  ses 
œuvres,  nous  y  verrons  des  ani- 
maux que  l'on  n'aura  pas  fait  souf- 
frir; même  on  devrait  pouvoir  nous 
montrer,  sans  aucune  douleur,  sans 
aucun  souci  pour  eux,  les  chiens  de 
Y  Appel  de  la  forêi. 

Lucien  Wahl. 


Nous  demandons  à 

VOIR 

encore    une     fois 


Chariot      Soldat 

avec  CHARLIF  CHAPLIN 
SYDNEY  CHAPLIN 
et     EDNA     PURVIANCE 


Terrible  Adversaire 

avec    DOUGLAS   FAIRBANKS 
et      IEWLL     CARMEN 


Pour  sauVer  sa  Race 

avec     WILLIAM      HART 
Louise  GLAUM  et  Bessie  LOVE 


0     Le    Penseur     0 

avec      ANDRÉ      NOX 


L'Homme  aux  Yeux  Clairs 

avec     WILLIAM      HART 


Le   Lys   et   la   Rose 

avec     LILIAN     GISH 
et       FRANK       MILLS 


0      Le    Silence      0 

avec      EVE      FRANCIS 
:-:     et     S  I  G  N  O  R  E  T    :-: 


0    Œil  pour  Œil   0 

avec    SESSUE     HAYAKAWA 


0    Le    Faune    0 

:-:     avec     FEBO    MARI     :-: 


cinea 


LA     DANSEUSE     J ASMINE 


Chaud...  d'habits  et  de  beaux  soirs  à 
l'Olympia  nous  ont  révélé  ses  dons. 
Les  Dames  de  l'Amour  et  de  la  Mort  et 
Une  Nuit  à  Thebes  au  Gaumont-Palace. 
l'ont  épanouie,  exaltée.  Bien  mieux 
encore  sera,  le  résultat  de  ses  derniers 
mois  de  réflexion,  de  patience,  d'effort. 


H 


cinea 


LES   COULISSES   D'UN   FILM 


Vous  voua  plaignez  du  mépris  où 
les  écrivains  français  tiennent  le 
cinéma  en  général  ?  Songez  an  beau 
chu  lira  i-i  que  /tous  vaudrait  leur 
intervention  avec  toutes  les  manies 
et  les  tics  dont  ils  sont  encombrés. 
Le  tout  petit  et  si  lent  progrès  de 
notre  art  deviendrait  aussitôt  une 
reculade  désordonnée.  Ne  vaut-il 
pas  mieux  ne  fraterniser  avec  la 
littérature  que  par  une  demi-dou- 
zaine de  talents  clairvoyants?  Ainsi 
le  goût  moderne  et  la  subtilité 
extraordinaire  de  Mme  Colette  ont 
abordé  le  cinéma  avec  une  compré- 
hension intense.  Spectateur  d'elle- 
même  et  de  la  vie,  comme  ses  vo- 
lume* l'ont  admirablement  noté, 
elle  est  venue,  à  l'écran,  à  ses  réa- 
lités et  à  ses  mystères,  par  une  loi 
quasi  naturelle.  Elle  est  une  preuve 
complète  de  l'attirance  et  du  but 
artistique  du  ciné.  Sa  curiosité  l'a 
poussée  moins  que  son  intelligence 
sensible.  Elle  a  écrit  dans  Le  Film 
des  paget  qui  resteront  pour  leur 
expérience  et  leur  divination  pres- 
que cruelle.  Et  elle  fit  un  film  d'après 
sa  Vagabonde  célèbre.  Citons  quel- 
ques impressions  —  trop  brèves  — 
de  ses  heures  de  travail  en  Italie. 

Dehors,  c'est  le  printemps  romain  : 
azur  sans  vigueur  où  fauche  l'aile 
des  martinets,  nuages  émus  à  peine 
par  un  sirocco  faible,  et  des  roses 
parmi  les  jardins,  des  lilas,  des  aca- 
cias, des  épines  blanches,  des  glyci- 
nes qu'une  seule  journée  de  chaleur 
décolore,  et  qui  échangent  par-dessus 
la  via  Nomentana  leur  parfum  de 
beignets  vanillés  et  de  fleur  d'orange. 

Dedans, sous  les  vitres  du  hall  sans 
murailles,  c'est  déjà,  et  jusqu'aux 
vents  frais  de  septembre,  la  four- 
naise. L'air  séché  offense  la  gorge  et 
les  bronches,  «  mais  »,  comme  l'af- 
firme un  pensionnaire  de  la  Société 
cinématographique  en  montrant  le 
thermomètre,  «  il  est  bien  rare  que 
ça   dépasse  cinquante-cinq  degrés  » 

Le  canon  de  midi  a  tonné  sur  Rome. 
L'odeur  de  l'huile  chaude  et  du  pois- 
son frit,  venue  de  la  maisonnette  des 
concierges,  a  traversé  le  théâtre  de 
verre,  avec  le  grésillement  des  oi- 
gnons. Quelques  minutes  après,  l'air 
fleura  le  café  et  les  oranges  écorcées. 


Midi  et  demi,  -  une  heure,  —  deux 
heures,  — et  nul  souple  acteur  italien, 
nulle  figurante  aux  vastes  yeux,  ne 
s'est  élancé  vers  le  vestiaire  d'abord, 
vers  la  trattoria  ensuite  :  ce  monde, 
borné  par  des  parois  transparentes, 
régi  par  la  course  de  l'astre  et  celle 
du  nuage,  a  rompu  avec  les  coutumes 
millénaires. 

La  vedette  déjeunera  vers  quatre 
heures;  plus  heureux,  le  petit  rôle 
dépêche  à  la  dérobée  une  f'rittata 
entre  deux  tranches  de  pain  natio- 
nal, bis  et  compact.  J'ai  faim.  A  cinq 
cents  mètres  d'ici  je  trouverais  un 
fiacre,  cheval  sans  âge,  cocher  ver- 
moulu et  plein  de  ténébreux  mauvais 
vouloir...  Ce  n'est  pas  mon  travail 
qui  me  retient  ici,  c'est  celui  des 
autres.  Moi,  je  suis  seulement  ce 
témoin,  cet  indiscret,  cet  oisif:  l'au- 
teur du  scénario  qu'on  est  en  train 
de  «  tourner  ».  N'importe,  je  reste. 
J'assiste  au  spectacle  cent  fois  vu  et 
cent  fois  nouveau.  Le  programme  de 
la  journée  comportait  plus  d'une 
attraction  :  pugilat  entre  deux  ri- 
vaux, dans  un  décor  de  music-hall 
miséreux,  scène  des  lettres  surprises, 
décordes  adieux  ..  Pour  l'instant,  la 
pause  se  prolonge  et  les  meilleurs 
courages  chavirent.  Une  matrone 
blanche  et  blonde,  énorme,  engagée 
à  tant  le  kilo  pour  jouer  le  rôle  de 
la  Femme-Canon,  halète  dans  son 
justeaucorps  de  paillettes  et  l'on  pense 
à  l'agonie  étincelante  de  quelque 
poisson  des  mers  lointaines. 

Stoïque,  pantalonné  de  gris  perle, 
le  jeune  premier  reste  debout.  11  a 
insinué  entre  son  col  et  son  menton 
un  mouchoir  plié,  et  s'évente  avec 
un  journal.  Il  ne  parle  pas,  il  ne  se 
plaint  pas,  tout  son  visage  taurin  de 
beau  garçon  du  peuple  n'exprime 
qu'une  pensée:  «  Que  je  succombe 
debout  et  suffoqué,  mais  que  demeure, 
jusqu'après  moi,  le  pli  du  pantalon 
gris-perle  I  pli  rigide  qui  tout  à  l'heure 
fléchira,  une  seule  fois,  pour  l'age- 
nouillement devant  cette  éblouis- 
sante jeune  femme...  » 

Eblouissante,  en  effet.  Il  n'y  a  rien 
de  plus  blanc  que  son  blanc  visage 
poudré,  sinon  ses  bras  nus,  son  cou 
sans  colliers,  sinon  le  blanc  de  ses 
yeux    Chaque  fois  que  je  regarde  ses 


yeux,  ma  mémoire  me  souffle  cette 
phrase  de  Charles-Louis-Philippe  : 
«  Elle  avait  des  yeux  d'une  grande 
étendue...  »  Noirs  ses  cheveux  et  noirs 
ses  cils,  sa  sombre  bouche  entr 'ou- 
verte sur  des  dents  blanches  —  elle 
est  toute  pareille  déjà  à  son  image 
cinématographique,  et  les  proies 
sionnels  d'Italie  et  de  France  vous 
feront  d'elle  ce  compliment  sans  ré- 
plique :  «  Lue  plus  photogénique 
qu'elle,  il  n'y  en  a  pas  I  » 

Cette  jeune  beauté  aguerrie  défie 
la  lumière  écrasante.  Elle  s'est  fait 
—  à  quel  dur  entraînement!  —  des 
paupières  qui  ne  clignent  point,  un 
front  insensible,  et  je  larmoie  rien 
qu'à  la  voir  lever,  contre  les  rayons 
de  midi,  son  regard  de  statue...  Elle 
n'a  qu'un  peu  de  sueur  au  bord  de 
ses  cheveux  ondes,  et  parfois,  sans 
qu'un  trait  de  son  visage  vacille,  une 
larme  ronde,  fruit  douloureux  de 
l'œil  blessé  et  de  la  paupière  tendue, 
quitte  ses  cils  et  roule  sur  sa  joue. 

Cette  jeune  femme,  la  vedette,  cuit 
sous  le  toit  de  verre  depuis  neuf  heu- 
res du  matin.  Hier,  elle  a  changé 
onze  fois  de  toilette,  de  bas,  de  sou- 
liers, de  chapeau,  de  coiffure.  Le  jour 
d'avant,  elle  grelottait,  demie-nue 
dans  des  jardins,  sous  des  lilas  dé- 
gouttants de  pluie.  Demain,  une  auto- 
mobile l'emportera,  à  sept  heures, 
vers  les  montagnes  encore  neigeuses, 
quarante  kilomètres  pour  aller,  qua- 
rante pour  revenir,  pas  d'auberge. 
En  décembre  dernier,  elle  est  entrée, 
par  trois  degrés  au-dessous  de  zéro, 
dans  la  mer  et  y  a  nagé.  Un  film  po- 
licier l'a  jetée  sous  un  train,  d'où  elle 
sortit  noire,  un  peu  brûlée  d'escar- 
billes, l'a  assise  sur  l'aile  d'une  auto- 
mobile en  marche... 

Etrange  destin,  qui  donne  à  rêver. 
Labeur  grevé  d'austérité,  privé  de 
la  récompense  qui  galvanise  chaque 
soir  la  fatigue  au  théâtre:  l'applau- 
dissement, le  chaud  contact  du  public, 
le  réconfort  des  regards  et  des  con- 
voitises... N'est-ce  donc  que  l'appât 
du  gain  qui  soutient  le  grand  pre- 
mier rôle,  homme  ou  femme,  du 
cinéma  et  le  conduit  à  des  risques 
quotidiens?  Je  ne  puis  le  croire... 

«  Rrrrrrrrrrrrr. . .  »  Le  ronronne- 
ment connu  de  l'appareil  enregistreur 


cinea 


■ 


DO  ROT  H  Y      D ALT ON 


La  star  de  la  Th.  Ince  Production. 
héroïne  de  tant  de  drames  mon- 
dains ou  pittoresques  —  n'a-t-elle 
pas  tourné  Aphrodite  —  se  montre 
ici  «  derrière  lecran  »,  vérifiant  au 
miroir  le  maquillage  que  sa  superbe 
«  valise  a  grime  «  lui  a  permis. 
avant  de  se  confier  a  l'opérateur. 


0 


cinea 


m'avertit  qu'on  reprend  le  travail. 
Trente  huit  degrés  an  thermomètre, 

—  mais  je  .sais,  au  balancement  des 
grappes  de  glycines  contre  un  mur 
incendié,  au  vol  brusque  des  pétales 
de  roses,  que  le  «  ponentino  »,  le  vent 
du  ponant,  s'est  levé,  ouvrant  son 
aile  fraîche  sur  la  ville,  présageant 
la  chute  du  jour  et  la  clémente  nuit 
romaine. 

—  Andianwl  crie  le  metteur  en 
scène,  et  il  ajoute  un:  «  Allons-y!» 
compris  de  tous,  car  —  rougissons- 
en  T —  les  directeurs  de  la  X...  par- 
lent un  français  rapide  et  aisé,  et  son 
metteur  en  scène,  et  ses  artistes;  — 
la  Femme-Canon  roucoule  en  fran- 
çais comme  une  grosse  pigeonne,  et 
le  petit  figurant  en  frac,  que  je  prie. 

-  dans  quel  baragouin!  —  d'animer 
un  peu  sa  chanson  mimée,  me  ré- 
pond : 

—  Je  pé  pa  faire  plous  de  yestes, 
ye  souis  romancier. 

...  y 

—  Je  chante  que  la  romance,  au 
café-concert.  Un  romancier  il  fé  pas 
de  yestes. 

On  tourne.  On  tourne  des  «  petits 
bouts  »,  des  «  passages  »,  ces  allées 
et  venues,  ces  vues  de  portes  ouvertes 
et  refermées,  de  couloirs,  qui,  posés 
comme  des  points  de  suture  ingé- 
nieux entre  les  scènes  d'importance, 
donneront  au  spectateur  l'illusion  de 
la  vérité,  de  la  vie,  de  l'ubiquité... 

La  belle  jeune  femme  noire  et  blan- 
che évolue  dans  la  lumière  magni- 
fique de  trois  heures,  selon  les  indi- 
cations du  metteur  en  scène  : 

—  Vous  entrez  ici,  vous  sortez  là, 
après  vous  être  arrêtée  un  moment 
avec  inquiétude  pour  écouter  si  votre 
mari  vous  suit. 

Elle  l'écoute,  réfléchit,  et  pose  cette 
question  sibylline  : 

—  Combien  ? 

—  Trois  mètres,  trois  mètres  cin- 
quante. 

Dialogue  hermétique,  où  les  initiés 
peuvent  apprendre  que  ce  «  passage  » 
doit  être  joué  sans  lenteur,  pour  être 
enregistré  sur  une  longueur  maxi- 
mum de  trois  mètres  cinquante  de 
pellicule.  Cet  argot  du  cinématogra- 
phe, on  le  parle  à  Paris  comme  ici, 
et  j'oublierais  souvent  le  lieu  où  nous 
sommes,  les  frontières  lointaines,  si 
la  langueur  de  l'air  ne  me  les  rappe- 
lait, et  aussi  la  tranquillité  singu- 
lière d'un  travail  qui,  chez  nous, 
n'évite  pas  la  nervosité,  la  petite  crise 
de  pleurs.  «  Ici  »,  écrivait  Renan,  le 
«  rythme  tle  la  vie  est  plus  lent  d'un 


degré.  .  »  Un  peu  trop  de  sérénité 
assoupit  la  passion  du  grand  amou- 
reux, et  je  renonce  à  comprendre 
pourquoi  nous  reprochionsleur  excès 
de  mouvement  et  d'expression  aux 
interprètes  italiens!  Qu'ils  sont  doux, 
tous,  même  celui-là,  titulaire  d'un 
rôle  de  comique  acerbe,  oui,  celui-là, 
qui  livre  à  l'opérateur  en  ce  moment 
sa  figure  rusée,  froncée  d'un  rire  inté- 
rieur, et  son  regard  étouffé  sous  une 
paupière  en  abat-son... 

—  Presto,  presto,  Ecce-IIomo! 
Ecce-Homo?    Mais    oui,    c'est    lui. 

C'est  l'homme,  —  l'homme  qui  a  joué 
Christ  us,  et  qui  n'en  garde  pas  plus 
d'orgueil  qu'il  ne  faut.  Mais  sa  femme, 
auprès  de  qui  je  loue  ce  dieu  bon 
enfant,  rayonne  de  fierté  : 

—  Croyez-vous  qu'il  était  beau 
dans  le  Christ?  Croyez-vous  cpi'il 
faisait  bien  en  croix?  Cette  chance 
qu'ils  ont  eue  de  le  trouver,  lui  qui 
ajustement  le  diaphragme  abaissé! 
Pas  vrai,  Sa  Sainteté? 

L'irrévérencieuse  blonde  qui  parle 
ainsi  —  sans  aucun  accent  —  inter- 
pelle au  passage  un  somptueux  valet 
de  pied,  chargé  d'ans  et  de  dorure, 
qui  porte  un  plat  où  les  fenouils,  ha- 
bilement ciselés,  figurent  les  côtes 
d'agneau  et  les  pommes  soufflées.  11 
détourne  vers  nous  une  admirable 
figure  italienne,  longue,  embellie  de 
rides  nobles,  couronnée  d'argent. 

—  Sa  Sainteté,  venez  que  je  vous 
présente...  C'est  lui  qui  faisait  le  Pape 
dans  le  film,  vous  savez,  le  film  qui 
était  si  bien  truqué  que  tout  le  monde 
a  cru  qu'on  avait  filmé  le  vrai  pape... 
Il  a  78  ans. 

Sa  Sainteté  sourit,  équilibre  son 
plateau  sur  la  main  gauche  trem- 
blante, et,  la  dextre  levée,  nous  octroie 
sans  s'arrêter  la  bénédiction  ponti- 
ficale... 

Quittons  ces  jeux  profanes:  la  jeune 
femme  si  photogénique  va  «  tourner  » 
une  scène  capitale  de  mon  scénario, 
pour  laquelle  on  n'a  requis  d'ailleurs 
ni  mon  avis,  ni  mes  conseils,  sans 
quoi  j'aurais  donné  à  entendre,  à 
grand  renfort  de  périphrases  diplo- 
matiques, que  le  pyjama  pour  dame, 
fût-il  accompagné  par  un  diadème 
hindou,  sied  mieux  au  vaudeville 
qu'au  drame. 

La  série  des  rites  se  déroule  parmi 
la  transpiration  générale.  On  recule, 
dans  un  décor  de  loge  d'artiste,  le 
miroir  à  trois  faces,  puis  on  l'avance, 
puis  on  le  supprime,  puis  on  le  rap- 
porte ;  —  la  table  coiffeuse  valse  d'une 
paroi  à   l'autre,  lue  vieille  malle  de 


tournée  mérite  le  premier  plan,  jus- 
qu'au moment  où  le  metteur  en  scène 
s'avise  qu'elle  porte,  bien  lisibles, 
sur  une  vingtaine  d'étiquettes  d'hô- 
tels, les  noms  :  «  Dresden,  Mûnchen», 
etc.,  etc.  .  Exil,  à  coups  de  pied.de 
la  malle.  Cavalier  seul  de  cet  animal 
étrange,  caparaçonné  de  noir  et  mar- 
chant sur  six  pieds,  que  forment 
l'appareil  et  l'opérateur  Geigne- 
ments d'une  partie  de  l'animal.  Ré- 
partition, en  groupe  immobile,  de  la 
jeune  femme  photogénique,  d'un  gent- 
leman robuste,  de  la  Femme-Canon 
on  l'entend  respirer  du  bout  du 
hall!  —  d'un  pierrot  blanc,  d'une 
gommeuse  excentrique  —  seize  ans, 
la  plus  suave  figure  virginale  —  et 
d'un  paysan  calabrais.  Cris  : 

—  Gira  I 

Et  ronron  de  l'appareil  :  tout  le 
groupe  s'anime  sans  bruit;  —  le  gent- 
leman frêle  tient  par  les  poignets  la 
jeune  femme  en  pyjama,  et  mâchonne 
de  sourdes  injures.  Elle  se  débat, 
tord  ses  poignets  minces,  ouvre  la 
bouche  pour  un  grand  gémissement 
qu'on  n'entend  presque  pas,  se  dé- 
gage d'an  effort  et  chuchote  dans  le 
visage  de  son  tourmenteur,  avec  le 
masque  dune  femme  hurlante  :«  Je 
vous  défends  ..  je  vous  défends  de 
me  traiter  ainsi...  Lâche...  miséra- 
ble... » 

Le  gentleman  robuste  ne  dit  rien, 
—  il  se  contient  et  étreint  sa  canne. 
Toute  sa  jambe  gauche  songe  au  pli 
du  pantalon  gris-perle...  Les  autres 
acteurs,  au  fond,  murmurent  et 
s'émeuvent  sur  place  comme  un  ri- 
deau d'arbres  atteint  par  un  coup 
de  vent...  Cri  : 

—  Bastal 

—  Et  l'expression  collective  du 
groupe  tombe;  —  les  épaules  s'aveu- 
lissent, les  regards  perdent  leur 
flamme  passagère,  les  jarrets  plient. 

—  Basta  per  oggil  K  finitoï 

—  E  finitoï  Pourtant,  parmi  les 
cris  d'enfantine  joie  des  libérés,  le 
metteur  en  scène  retient  encore  la 
jeune  femme  photogénique, qui  écoute 
le  programme  du  lendemain  : 

-  Demain,  mon  petit,  on  tourne  à 
Nemi,  départ  à  huit  heures  en  auto. 
Emportez  le  costume  de  la  fuite,  la 
robe  du  jardin,  la  toilette  du  soir 
avec  manteau,  tous  les  accessoires, 
n'oubliez  rien,  hé  ?  ce  n'est  pas  à  côté, 
Nemi... 

Elle  l'écoute  avec  une  soumission 
sans  espoir,  fait  «  oui,  oui  »,  de  la 
tète,  et  récite  tout  bas  une  litanie  de 
ses  bagages  : 


cinea 


11 


—  La  robe  rose,  les  bas  gris,  les 
souliers  de  daim,  la  robe  de  tulle  noir, 
le  manteau  violet,  les  gants  blancs, 
le  diadème,  le  kimono,  les  mules 
fourrées,  le  tailleur  bleu... 

Et  comme  si  elle  eût,  jusqu'à  cette 
minute,  par  un  effort  nerveux,  com- 
mandé à  la  nature,  elle  se  met  tout 
soudain  à  transpirer  sans  contrainte 
et  s'en  va  vers  sa  loge  en  psalmo- 
diant : 

—  Le  manteau  violet,  le  tailleur 
bleu,  les  mules  fourrées,  le  diadème, 
les  bas  gris... 

En  suivant  de  l'oeil  cette  mince  sil- 
houette, ce  corps  tout  à  l'heure  cabré, 
à  présent  mou  et  ballant  dans  le 
pyjama  de  soie,  je  me  demande  une 
fois  de  plus  : 

«  L'appât  du  gain,  du  succès  sur 
toile,  la  coquetterie  du  risque  quoti- 
dien, peuvent-ils  suffire  à  enchaîner 
une  jeune  femme,  des  années  durant, 
à  cette  existence?  Il  y  a  l'amour  du 
métier,  je  sais  bien,  et  aussi  l'esprit 
de  rivalité,  oui.  Mais  quoi  encore?» 

Un  bout  de  dialogue,  entre  deux 
jeunes  actrices  de  cinéma,  me  re- 
vient : 

—  Ça  ne  vaut  pas  le  théâtre,  et  on 
s'éreinte,  disait  l'une. 

—  Ça  se  peut,  répondait  l'autre. 
Seulement,  au  ciné  on  se  voit... 

Peut-être  faut-il  chercher  un  peu 
de  ce  narcissisme  délicat  dans  la 
manière  de  penser,  de  dire  familière 
à  certaines  étoiles  du  cinématogra- 
phe. L'une  des  plus  notoires  vedettes 
italiennes,  et  des  plus  belles,  se  cri- 
tique, se  maudit  ou  s'admire  sur 
l'écran,  comme  s'il  s'agissait  d'une 
autre  personne,  avec  une  sorte  de 
candeur  hallucinée  : 

—  Vous  avez  vu  la  Piccola  fonte  '? 
me  disait-elle.  Vous  trouvez  que  c'est 
bien?  Dans  le  jardin,  quand  elle  se 
traîne  contre  le  mur  et  la  porte,  elle 
a  des  attitudes,  des  gestes  de  bras 
qui  sont  beaux... 

N'y  aurait-il  pas,  chez  celles  qui 
consacrent  à  1  écran  leurs  jeunes 
forces,  la  fleur  périssable  de  leur 
visage,  une  sorte  de  fanal isme  amou- 
reux, qu'elles  vouent  à  ces  «  doubles  » 
mystérieux,  noirs  et  blancs,  détachés 
d  elles-mêmes  par  le  miracle  ciné- 
matographique, libres  à  jamais,  com- 
plets, surprenants,  plus  pleins  de  vie 
qu  elles-mêmes,  et  qu  elles  contem- 
plent en  créatrices  humbles,  parfois 
ravies,  souvent  étonnées,  toujours 
un  peu  irresponsables? 

Colette. 


Les    Films    Allemands 
en  Suisse  Romande  £ 


Petit  à  petit,  lentement  mais  sûre- 
ment ils  ont  envahi  tous  les  écrans, 
enfoncé  les  portes  les  plus  solides  et 
pénétré  partout. 

Ils  sont  généralement  bien  pensés, 
bien  montés  et  bien  joués;  tous  ceux 
que  nous  avons  vus  sont  des  maniè- 
res de  petits  chefs-d'œuvre  de  mise 
en  scène  et  d'interprétation. 

Le  premier  film  allemand  projeté 
à  Genève  après  l'armistice  était  cette 
fameuse  Duharrg,  qu'interprétaient 
avec  éclat  le  célèbre  Emile  Jannings, 
le  meilleur  tragédien  allemand  et 
cette  étrange  artiste,  mi-polonaise, 
mi-allemande,  Pola  Negri. 

Dans  ce  film,  d'un  goût  douteux, 
en  dépit  d'une  mise  en  scène  fas- 
tueuse,la  France  du  xvme  siècle  était 
odieusement  bafouée.  Louis  XV  appa- 
raissait, monumental,  impotent,  le 
visage  couvert  de  pustules.  Cepen- 
dant, d'une  façon  générale,  les  mou- 
vements de  masses  parfaitement  ré 
glés  ne  laissaient  rien  à  désirer, et 
de  nombreuses  scènes,  telles  celles 
du  Tribunal  Révolutionnaire  et  des 
exécutions  en  masse,  avaient  vrai- 
ment de  l'allure. 

Ce  film  fut  une  révélation  pour 
beaucoup,  et  il  obtint  un  grand  suc- 
cès de  curiosité  dans  toute  la  Suisse. 
Dommage,  au  fond,  qu'il  ne  fût  qu'un 
instrument  de  propagande  dirigée 
contre  la  France  des  philosophes, 
paraissant  gouvernée,  d'après  ce 
film,  par  une  courtisane  illettrée  et 
capricieuse.  En  a-t-il  été  réellement 
ainsi? 

Nous  eûmes,  peu  après,  l'occasion 
de  voir  de  nombreuses  adaptations 
d'oeuvres  françaises,  puis  vinrent  des 
films  de  composition  nettement  ger- 
maniques et  joués  parles  meilleurs 
artistes  d'Outre-Rhin.  Savez-vous  que 
pendant  six  semaines  la  foule  envahit 
littéralement  l'heureux  établissement 
qui  avait  pu  s'assurer  l'exclusivité 
de  l'un  d'eux  :  la  Maîtresse  du  monde, 
œuvre  moderne  impressionnante 
jouée  â  la  perfection  par  Mia  May, 
véritable  type  de  la  femme  alle- 
mande, blonde  et  grasse. 

Peu  après,  les  cinés  genevois  que 
ce  prodigieux  succès  avait  «  émous- 
tillés  »  voulurent  tous  à  tour  de  rôle 
offrir  des  films  allemands  en  pâture 
â  leurs  spectateurs.  Quelques  titres 


sur  cent:  les  Paradis  artificiels,  le 
Pogrom,  le  Poignard  du  Malaisien, 
le  Golem,  la  Statue  en  marche, 
l'Amour  d'un  grand  homme,  le  Bé- 
néfice tles  (/uatre  diahles,  etc.  Les 
scènes  macabres  abondent,  les  cri- 
mes fleurissent  à  chaque  tableau  et 
vous  pensez  que  les  sujets  ne  sont 
pas  à  l'eau  de  rose.  Tout  cela  fait 
vibrer,  le  cœur  tressaille  et  l'imagi- 
nation est  frappée  à  coups  redoublés. 

En  avril  dernier,  nouvel  émoi  dans 
le  landerneau  cinématographiste,  on 
annonce  un  film  allemand  d'une  somp- 
tuosité inégalée:  Anne  Bolei/n.  Il 
retrace  la  vie  de  la  malheureuse 
épouse  d'Henry  VIII  d'Angleterre.  La 
mise  en  scène,  comme  toujours,  est 
un  régal  pour  les  yeux.  Mais  le 
héros,  Henry  VIII,  est  représenté 
sous  les  traits  d'un  homme  sensuel, 
sournois,  irritable  et  sanguinaire, 
commettant  les  crimes  les  plus  épou- 
vantables avec  le  sourire  au  coin 
des  lèvres,  à  la  grande  joie  des  fa- 
voris. On  devine  l'œuvre  sournoise  I 

Après  la  projection  de  la  Dubarrij, 
le  bon  public  qui  ne  connaît  pas  beau- 
coup son  histoire  générale  s'est  fait 
une  singulière  opinion  de  la  France 
de  Louis  le  bien-aimé.  Après  Anne 
Boleun,  il  a  dû  penser  que  l'Angle- 
terre d'Henry  VIII  ne  valait  pas  beau- 
coup mieux. 

Dernièrement  encore,  un  autre  éta- 
blissement projetait  des  scènes  de 
l'Invasion  Française  en  Espagne. 
Vous  devinez  quel  parti  le  metteur 
en  scène  a  su  tirer  d'un  tel  sujet.  Et 
une  foisde  plus  le  pauvre  spectateur 
aurait  pu  murmurer  :  Tiens,  tiens, 
mais  les  Français  ne  valent  donc  pas 
mieux  que  les  Boches. 

—  Et  le  fait  est  que  les  scènes  d'hor- 
reur abondaient  dans  ce  film,  d'ail- 
leurs joué  avec  fougue  per  le  même 
Emile  Jannings  qui  a  brossé  une 
effrayante  silhouette  d'un  général  de 
la  grande  armée. 

Aujourd'hui  l'on  nous  promet  un 
nouveau  film  allemand  sur...  Danton. 

Ainsi,  après  la  France  royale,  ce 
sera  au  tour  de  la  France  de  1789 
d'être  traînée  dans  la  boue  par  le 
germain  effronté  qui  oublie  sans 
doute  un  peu  trop  l'histoire  de  son 
pays. 

Elle  fournirait  assez  d'anecdotes 
piquantes  pour  qu'un  Français  tente 
d'en  visualiser  quelques-unes  â  l'usa- 
ge du  public  neutre  qui  vient  d'en- 
caisser, involontairement,  tant  d'in- 
solences contre  la  France. 

F.  Marcii.i.v. 


12 


cinea 


COMMENT  JE  SUIS  DEVENU  COW-BOY 


EXTRAIT    DE    MÉMOIRES 


Saint-Joseph-les-Maraie,  mai  1910. 
A  Georges  Delaw. 

Mon  vieux. 

Toi  qui  m'entendais  la  semaine  der- 
nière parler  cubisme  au  eafê,  sans 
autres  projets  en  tête  que  de  révolu- 
tionner le  monde  avec  mes  pinceaux, 
tu  vas  t'êtonner  sans  doute  du  pays 
lointain  dont  ma  lettre  est  datée. 
Qu'a-t-il  été  faire  là-bas?  vas-tu  dire. 
Mon  vieux,  c'est  simple,  parce  qu'ex- 
travagant :  je  suis  eow-boy.  Je  fais 
du  ciné. 

Je  te  vois,  si  ce  récit  était  fait  de 
vive  voix,  me  sourire,  te  caler  dans 
ta  chaise,  bourrer  ta  pipe,  en  me  di- 
sant :  raconte?...  Eh  bien!  allume-la 
et  écoute. 

Passons  sur  les  relations  qui  me 
tirent  parvenir  jusqu'à  l'antre  de  Bor- 
land, le  célèbre  metteur  en  scène  des 
Etablissements  Z...  Ayant  gratté 
l'huis,  un  sonore  «  Entrez  »  me  fait 
ouvrir  une  porte  au  montant  de  la- 
quelle je  lis,  sur  écriteau  plagiaire  : 
«  Ne  dites  pas  bonjour  le  Blount  s'en 
chargera  ».  J'avance,  un  peu  intimi- 
dé, vers  un  homme  jeune,  frisé,  bien 
taillé,  genre  Américain.  Présenta- 
tions, mes  recommandations  font  bon 
poids,  et  l'interrogatoire  commence 
aimablement. 

-  Avez-vous  déjà  tourné  ? 

Je  mens,  en  citant  le  nom  de  plu- 
sieurs maisons  concurrentes. 

—  Etes-vous  acrobate  ? 

—  Mon  DieuT  pas  de  métier,  mais 
j'ai  fait  beaucoup  de  sports,  et  cela, 
joint  à  quelques  aptitudes  phvsi 
ques... 

—  Bien.  Savez-vous  nager? 

—  Mon  livret  militaire  en  fait  foi. 

—  Savez-vous  tomber   de   cheval? 
Mes  tu  vauteurs  m'avaient  bien  dit  : 

«  On  te  demanderas  si  tu  sais  «  mon- 
ter achevai»,  mais  tomber...  Diable! 
voilà  une  question  à  laquelle  j'étais 
loin  de  m'attendre.. .  et  comme  ma 
réponse  tardait,  il  réitéra,  croyant 
sans  doute  que  je  n'avais  pas  com- 
pris : 

—  Savez-vous  tomber  de  cheval? 


-  ...  Oui,répondis-je,  de  l'air  assuré 
du  Monsieur  qui  n'a  fait  que  cela 
toute  sa  vie,  cependant  que  la  sueur 
du  mensonge  se  faisait  une  rigole 
du  bas  de  mes  reins. 

—  Parfait,  monsieur!  nous  partons 

ces  jours-ci  faire  une  série  de  films 
de  l'Ouest  Américain,  voulez-vous 
être  des  nôtres  ?  Nous  discutâmes 
les  conditions,  je  signai  l'engage- 
ment, et  Borland  prit  congé  de  moi 
sur  ces  mots  : 

—  A  bientôt,   tenez-vous   prêt,    on 
vous  écrira. 


Huit  jours  après,  cependant  que  le 
P.-L.-M.  roule  et  que  j'écoute  son 
«  tunk  tunk  »  rythmé  d'allegro,  sur 
lequel  chante  en  moi  une  vague  sym- 
phonie, je  fume  des  cigarettes  accoudé 
à  la  barre  d'appui  du  couloir,  en  re- 
gardant la  nuit  au  dehors.  Sous  ce 
beau  ciel  étoile  de  mai,  il  m'emporte 
avec  des  compagnons  inconnus,  vers 
la  Camargue,  notre  Ear-West,  où  je 
dois  vivre,  tu  le  verras,  une  vie  mer- 
veilleuse. 

Minuit.  Depuis  quelque  temps  déjà 
les  conversations  ont  pris  fin,  je  suis 
le  seul  vojageur  attardé  dans  le  cou- 
loir, les  autres  ayant  regagné  leurs 
coins  respectifs,  j'éprouve  le  besoin 
de  me  reposer  aussi  et  je  rentre  dans 
mon  compartiment.  Quelle  vision 
d'horreur!  Tous  mes  compagnons 
ont  l'air  d'avoir  péri  d'une  mort  vio- 
lente. Ils  sont  là,  vautrés,  accotés 
l'un  à  l'autre,  celui-ci  a  son  faux-col 
défait,  sa  tête  dépeignée,  sa  bouche 
est  ouverte,  la  veilleuse  du  plafond 
lui  marque  en  noir  les  cavités  des 
yeux  et  met  des  creux  dans  ses  joues, 
il  est  livide,  on  a  dû  l'égorger!  Celui- 
là,  la  tète  renversée  sur  l'épaule  du 
voisin  est  plus  hideux  encore,  le  peu 
de  langue  que  montre  sa  bouche 
entr'ouverte  indique  bien  qu'il  a  suc- 
combé à  la  strangulation;  et  tous 
autour  de  moi  ont  des  faces  sans 
yeux,  creusées,  noires  et  blafardes, 
au  hasard  des  poses,  tordues,  recro- 
quevillées, ballantes  ou  crispées,  ce 


sont  tous  un  peu  des  cadavres,  seul 
un  bruit  de  respiration,  un  ronfle- 
ment, m'avertit  qu'ils  n'ont  succombé 
qu'au  sommeil.  Je  ne  puis  reprendre 
ma  place,  un  cadavre  a  mis  sa  tète 
où  je  devrais  m'asseoir.  Je  n'ose  le 
réveiller  et  je  vais  m'installer  au 
bout  du  couloir,  sur  le  strapontin 
que  je  sais  libre. 


A  quelqu'un  cpii  vous  a  affirmé  sa- 
voir «  tomber  de  cheval  »,  il  est  su- 
perflu de  demander  s'il  sait  y  «  mon- 
ter ». 

Un  matin  donc,  quand  costumé  et 
grimé  en  guerrier  Pawnie.je  sors  de 
l'hôtel,  je  trouve  devant  sur  la  place, 
des  chevaux  qui  m'attendent,  quel- 
ques frères  de  ma  tribu  les  montent 
déjà,  d'autres  arrangent  les  brides. 
Le  régisseur  me  désigne  un  grand 
bidet  gris  : 

—  A  vous,  montez  vite,  on  part  ! 

Je  considère  la  plus  belle  conquête 
de  l'homme,  et  m'aperçois  qu'elle  n'a 
ni  selle  ni  harnais,  une  simple  bride 
lui  passe  dans  la  mâchoire,  et  son 
dos  est  nu  comme  celui  d'un  cheval 
au  vert.  Je  vais  réclamer,  mais  m'en 
retiens  à  temps  :  tous  les  autres  sont 
ainsi.  Naturellement,  voyons!  les  fils 
de  la  Prairie,  les  Indiens  du  Ear- 
West,  montent  leurs  mustangs  à  poil. 
Le  cheval  est  haut,  son  épine  dorsale 
m'arrive  à  la  hauteur  de  l'œil,  pas 
d'étrier, comment  faire  pour  m'y  ins- 
taller. Je  pense  aux  petits  escaliers 
de  l'avenue  du  Bois,  le  long  desquels 
les  amazones  parisiennes  font  ran- 
ger leurs  demi-sang  pour  se  mettre 
en  selle,  et  je  cherche  quelque  chose 
de  semblable  autour  de  moi.  Rien. 
Seulement  :  je  vois  le  régisseur  em- 
poigner la  crinière  de  son 'cheval,  de 
la  main  gauche,  lui  mettre  la  droite 
sur  le  dos,  puis  d'une  flexion  vigou- 
reuse des  jarrets  s'élever  en  l'air,  il 
passe  vivement  la  jambe  droite,  et  le 
voilà  à  califourchon.  Je  soupire  en 
hochant  la  tète  :  «  Ben,  mon  vieux  !  » 
Je  sens  que  l'on  m'observe,  et  tous 
ces  veux  fixés  sur  moi  réveillent  mon 


cinea 


13 


NCRMAN 


CARPENTIER 

Vous  avez  vu  le  film  de  son  match  avec 
Dempsev  ?  Vous  allez  voir  le  film  The 
Monder  Man  dont  il  est  le  héros.  Qu'im- 
porte que  le  champion  français  ne  soit  pas 
champion  du  monde.  Réconfortez-vous  en 
pensant  que  c'est  le  boxeur  le  plus 
photogénique. 


cinea 


énergie,  je  n'hésite  plus,  j'exécute 
tant  bien  que  mal  les  mômes  mouve- 
ments et  me  trouve,  bien  étonné,  à 
cheval  à  mon  tour. 

Nous  partons.  Hue!  je  tape  de  mes 
talons  vierges  d'éperons  les  flancs  de 
ma  monture  qui  prend  son  rang  dans 
le  groupe  et  suit  le  mouvement.  Une 
carriole  nous  suit  avec  l'opérateur, 
les  appareils,  les  accessoires. 

Et  la  route  plate,  où  le  soleil  méri- 
dional commence  à  chauffer,  se 
change  en  sentier  de  la  guerre  où 
chemine  l'armée  des  Indiens.  Ils  ont 
des  ebemises  rouges  et  des  pantalons 
bariolés,  ils  ont  des  ares,  des  flèches, 
et  aussi  des  revolvers,  des  plumes 
d'aigle  auréolent  leurs  têtes,  des 
scalps  pendent  à  leurs  ceintures,  et 
ils  sout  tous  d'un  beau  rouge  brique 
cpii  sent  bon. 

Tant  que  nous  marchons  au  pas,  ça 
va  bien,  et  je  commence  à  croire  que 
je  suis,  après  tout,  un  cavalier  accom- 
pli, mais  la  colonne  prend  le  jpetit 
trot  et  je  déchante,  a  chaque  pas  du 
cheval  je  saute  un  peu  en  l'air  et  re- 
tombe violemment  assis,  cela  sans 
arrêt,  interminablement.  C'est  ce  que 
mon  voisin  désigne  pittoresquement  : 
«  bouffer  des  haricots  ».  J'en  mange 
ma  part,  de  bon  cœur  pourtant,  en 
pensant  :  c'est  le  métier  qui   entre  î 

Et,  mascarade  ou  anachronisme, 
tandis  que  nous  avançons  dans  la  Ca- 
margue, je  pense  que  tout  à  l'heure 
je  ferai  mes  débuts  devant  l'appareil, 
que  mes  moindres  gestesseront  enre- 
gistrés fidèlement,  impitoyablement, 
et  qu'un  jour  avec  l'émotion  du  jeune 
écrivain  qui  se  voit  imprimé  pour  la 
première  fois,  je  me  verrai  vivant 
sur  l'écran.  Suis-je  ému,  ai-je  le  fa- 
meux «  trac  ?  »  Non,  véritablement, 
je  me  fie  à  mon  adresse  et  à  une  fa- 
cilité d'adaptation  que  je  me  connais. 

Nous  arrivons  à  l'endroit  choisi, un 
petit  cours  d'eau  peu  profond  serpente 
dans  la  lande,  interminable,  l'opéra- 
teur braque  son  appareil  et  prépare 
son  travail  minutieux,  et  Borland 
nous  explique  : 

-  Allez  vous  placer  là-bas,  à  50  mè- 
tres et  hors  du  champ.  A  mon  pre- 
mier coup  de  sifflet,  Jackson  partira 
seul,  se  dirigera  sur  l'appareil  et  fran- 
chira le  ruisseau.  Au  second  coup, 
vous  partirez  tous  et  suivrez  le  même 
chemin.  Allez,  et  au  triple  galop, 
hein  î 

Jackson,  c'est  le  premier  rôle,  le 
seul  de  nous  qui  soit  aujourd'hui  cos- 
tumé en  co\\-boy,il  a  chemise  et  fou- 
lard éclatants,   énorme   pantalon  de 


peau  île  mouton  et  le  large  feutre 
traditionnel,  il  monte  un  joli  petit 
cheval  sellé  a  la  mexicaine,  c'est  lui 
que  nous  devons  poursuivre.  Dans 
notre  groupe,  attendant  le  signal 
couvenu,  les  chevaux  arrêtés  encen- 
sent de  la  tête  et  de  leurs  queues, 
chassent  les  mouches.  Je  regarde  là- 
bas,  le  petit  groupe  formé  par  le 
metteur  en  scène, l'opérateur,  l'appa- 
reil c'est  là  qu'il  va  falloir  passer. 

Le  premier  sifflet  stride,  Jackson 
éperonne  son  cheval  et  part  au  ga- 
lop, le  corps  un  peu  penché  en  arrière 
un  revolver  scintille  à  son  poing,  et 
quand  il  arrive  au  ruisseau  le  second 
coup  de  sifflet  retentit. 

A  nous  I  Notre  groupe  démarre  as- 
sez vite,  mon  cheval  a  pris  place 
dans  la  ligne  de  tète,  il  galope,  mon- 
trant plus  de  vigueur  que  je  n'aurais 
cru,  c'est  lui  qui  me  mène  et  non  moi 
qui  le  conduis,  et  à  chaque  foulée,  je 
saute  comme  tout  à  l'heure  au  trot, 
mais  beaucoup  plus  haut,  et  de  tout 
mon  poids  je  reprends  brutalement 
avec  cette  colonne  vertébrale,  vierge 
de  selle  et  de  tout  point  d'appui  :  les 
haricots  sont  devenus  des  noix  T  Je 
serre  les  genoux  tant  que  je  puis, 
car  je  vacille  de  droite  et  de  gauche, 
sûrement  un  miracle  me  fait  tenir 
l'équilibre.  Mais  le  galop  s'accélère, 
mon  voisin  passe  devant  moi,  et  je 
reçois  violemment  dans  les  yeux  des 
mottes  de  terre,  projetées  par  les 
pattes  de  derrière  de  sa  monture,  je 
ne  tiens  plus,  je  souffre  des  jambes, 
des  reins,  et  de  plus  bas.  Une  cour- 
bature me  gagne  qui  me  donne  envie 
de  tout  lâcher.  Le  vent  siffle  à  mes 
oreilles,  il  me  semble  filer  à  une  al- 
lure vertigineuse...  et  petit  à  petit, 
toute  énergie  fond  en  moi,  une  foulée 
plus  brutale  m'élance  haut  en  l'air... 
et  c'est  fini...  je  ne  retombe  cette  fois 
que  dans  le  vide,  des  coups  de  feu 
crépitent,  je  me  mets  en  boule,  un 
choc  violent  avec  la  terre  :  une  ava- 
lanche de  cliquetis,  de  sabots  ferrés 
passe  au-dessus  de  moi  accompagnés 


Ceux  qui  inventent  un 
nouveau  langage  artis= 
tique  travaillent  pour 
l'homme  de  génie  qui 
Viendra  après  eux  et 
seul  saura  lui  faire  dire 
tout  ce  qu'il  peut  dire. 


de  souilles  chauds  et  fait  trembler  le 
sol.  Puis  plus  rien.,  un  peu  étourdi 
je  ne  bouge  plus,  je  ne  sais  si  je  suis 
encore  vivant  ou  entier,  un  grand 
désir  d'immobilité  et  de  ne  rien  sa- 
voir coule  en  moi.  Brutal,  un  coup 
de  sifflet  me  ramène  ici-bas.  Un  peu 
titubant,  je  me  relève  et  les  pensées 
me  reviennent  :  j'ai  la  sensation  bien 
nette  de  ma  déchéance,  tout  le  monde 
a  vu  quel  piètre  cavalier  je  suis.  Œil 
d'Aigle,  le  Centaure  de  l'Arizona,  va 
se  faire  engueuler  par  son  metteur 
en  scène,  et  penaud,  j'arrive  près  de 
Dorland. 

—  Très  bien  I  s'écrie-t-il  en  riant, 
vous  ne  vous  êtes  pas  fait  mal  I 

11  raille,  j'aurais  préféré  des  repro- 
ches à  cette  ironie  qui  me  vexe.  Je  le 
regarde  :  il  a  l'air  sincère  pourtant, 
et  une  main  sur  mon  épaule,  il  ajoute: 

—  Mon  vieux,  vous  m'avez  fait  une 
chute  épatante! 

Je  le  regarde  encore,  il  ne  raille 
pas,  je  regarde  autour  de  moi,  mes 
camarades,  l'opérateur,  l'accessoi- 
riste... personne  ne  se  moque...  Alors 
seulement  je  comprends  et  je  retrouve 
la  voix  de  Dorland  quand  il  me  de- 
mandait : 

—  Savez-vous  tomber  de  cheval  ? 

Parbleu  î  ils  ont  cru  que  c'était  ex- 
près, je  pense  aux  coups  de  revolver 
que  Jackson  a  tirés  sur  nous  :  c'est 
ce  qu'on  peut  appeler  «tomber  au  bon 
moment  I  »  Alors  je  me  rengorge  et, 
tout  en  allumant  nerveusement  une 
cigarette  : 

—  Peuh  I  c'est  rien  que  ça  T  dis-je. 

Héros  modeste  je  m'éloigne,  je  re- 
trouve mon  cheval  dans  le  peloton 
qui  souffle  et  s'ébroue,  je  remonte 
dessus  :  noblesse  oblige,  et  nous  re- 
partons vers  d'autres  exploits. 

Je  passe  ma  journée  à  ramper,  à 
écouter  l'oreille  au  sol  le  pas  des  Vi- 
sages Pâles,  je  mets  le  feu  à  la  prai- 
rie, j'exécute  une  danse  de  guerre,  je 
m'assieds  au  conseil  des  Anciens  et 
le  calumet  de  la  paix  vient  de  ses  vo- 
lutes bleues  me  faire  oublier  mes 
déboires. 

Somme  toute,  bonne  journée,  je 
commence  à  savoir  ce  que  c'est,  le 
métier  entre,  il  me  rappelle  même 
par  quel  endroit,  car  ent'écrivant  ces 
lignes,  certaines  écorchures  (ô  mai- 
greur dorsale  des  chevaux  camar- 
guaisî)  me  font  trouver  ma  chaise 
dure.  Mais,  comme  me  dit  Jackson, 
cavalier  consommé. 

-  Ça  n'est  rien,  c'est  ça  qui  donne 
de  l'assiette. 

Gaston  Modot. 


cinea 


15 


0      DERRIÈRE       L'ÉCRAN 


Nous  annoncions  dans  notre  der- 
nier numéro  que  le  prochain  film  de 
Gina  Païenne  aurait  M.  Guy  du  Fres- 
nay  comme  metteur  en  scène.  Ce 
bruit  qui  a  couru  ne  semble  reposer 
sur  aucun  fondement,  rien  encore 
n'ayant  été  décidé  au  sujet  de  la  pro- 
chaine réalisation  cinégraphique 
avec  cette  artiste. 


Quand  verrons-nous  le  film  de  Ca- 
ruso? 

Le  grand  chanteur,  l'homme  à  la 
voix  incomparable,  vint  au  cinéma 
ces  dernières  années.  Sans  doute,  le 
manager  américain  de  ces  deux  ou 
trois  bandes  utilisa-t-il  médiocrement 
l'illustre  ténor,  car,  même  en  Amé- 
rique, il  ne  suffit  pas  d'une  vedette 
et  de  (500.000  dollars  pour  faire  un 
beau  film.  Le  principal  est  que  tous 
les  phonographes  du  monde  possè- 
dent le  splendide  écho  du  cctntove 
incantatore. 

Quand  donc  l'écran  enregistrera-t- 
il  les  beaux  gestes  ? 


On  nous  fait  remarquer  que  notre 
page  consacrée  à  Séverin-Mars  ne 
cite  pas  La  nuit  du  11  Septembre, 
tiré  du  conte  de  Daudet  :  Le  crime 
de  Jean  Malory  et  édité  par  Ermo- 
lieff.  Cet  oubli  est  dû  â  la  discrétion 
trop  grande  de  la  sortie  de  ce  film, 
discrétion  aussi  injuste  pour  le  talent 
de  Séverin-Mars  que  pour  les  efforts 
d'Ermolieif. 

• 

La  pauvre  Berthe  Bady,  morte  mé- 
lancoliquement après  une  carrière 
éclatante  et  intelligente,  s'éprit  de 
l'art  muet  après  Amen  de  fous.  Elle 
tourna  une  grande  bande  en  Italie. 
Elle  devait  créer  une  figure  tragique 
dans  cet  Ecee  Homo  7  qu'Abel  Gance 
entreprit  et  dut  abandonner.  Récem- 
ment encore,  au  temps  des  Amants 
Puérils,  elle  songeait  à  un  nouveau 
projet  cinégraphique. 


Ce  fut,  entre  deux  producteurs  no- 
toires, un  malentendu  qui  eut  en- 
gendré la  plus  cocasse  calomnie  ou 
le  moins  élégant  pugilat,  sans  le  bon 
esprit  de  celui  des  deux  qui  est  un 
einégraphiste.    Car    celui   des    deux 


qui  est  un  commerçant  avait  un  peu 
trop  mal  pris  la  réponse  publique  et 
mordante  de  son  confrère  à  la  note, 
d'ailleur  inexacte,  parue  la  veille  dans 
un  quotidien,  pour  qu'on  dût  le  croire 
innocent  de  la  petite  perfidie  qu'elle 
contenait.  Il  y  a  façon  d'accueillir  les 
gens  et  de  leur  parler  :  le  vitrage  du 
studio  tremblait  trop  fort  pour  qu'on 


| 

( 

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V 

V     \ 

HELENA    SAGRARY 
dans  Jettatura 

put  hésiter  sur  les  intentions  du  Mon- 
sieur congestionné. 

Tout  de  même,  la  naïveté  était  jo- 
lie :  A  peu  près  Monsieur  Zévaco  ap- 
prenant qu'un  jour  paraîtraient  les 
dixJean-Cristophe  et  disant  :  «Voyez- 
vous  ça,  ce  petit  Romain  Rolland,  il 
y  vient  tout  de  même  au  feuilleton  I» 

«Il  faut  cultiver  son  jardin»,  dit 
Candide,  mais  chacun  le  sien.  Il  est 
de  plus  très  imprudent  et  singulière- 
ment sot  pour  un  maraîcher  de  vou- 
loir persuader  qu'il  n'est  point  de 
différence  entre  les  raves  qu'il  cul- 
tive et  les  roses  qu'invente  le  fleu- 
riste son  voisin. 

Il  pourrait  advenir  du  maraîcher 
qu'il  arrive  trop  tard  au  marché... 


Diversité  de  sujets,  souplesse  de 
talent  :  E  E.  Violet  vient  d'entre- 
prendre rien  moins  que  de  l'Orien- 
tal. Le  voici  revenu  de  Louviers,  où 
il  fut  tourner  les  extérieurs  d'un  film 
dont  le  titre  et  l'histoire  sont  nor- 
mands :  La  Ruse,  histoire  paysanne. 

Les  interprètes  en  sont  :  Mag  Mur- 
ray,  dont  on  se  souvient  de  Papil- 
lons et  de  Li-Hang  le  Cruel;  Dona- 
tien, qui  fut  de  L'Épingle  Rouge; 
AlphonsoMesa  ;  Marcel  Audion.dont 
L'Accusateur  révéla  le  talent,  et  Mar- 
cel Boccage,  duquel  son  metteur  en 
scène  espère  beaucoup. 
9 

Chez  Gaumont,  Bière  Colombier  a 
commencé  le  second  de  la  série  Fan- 
tasio-Films.  Il  est  intitulé  :  Le  Pen- 
dentif, et  joué  par  Bressol,  Hardoux 
et  la  délicieuse  Madys 
9 

M.  Jean  Kemm  est  rentré  cette 
semaine  d'Orléans  où  il  exécutait  les 
extérieurs  de  son  film  :  La  Hantise, 
dont  l'interprétation  comprend  la 
blonde  Geneviève  Félix,  avec  laquelle 
il  tourna  Micheline,  Miss  Rovel,  Fé- 
lix Ford,  qui  se  distingua  dans  L'E- 
pingle Rouge,  Dolly  Davis,  dont  ce 
sont  les  débuts,  et  l'excellent  artiste 
Gaston  Jacquet,  dont  les  créations 
sont  maintenant  la  preuve  d'un  véri- 
table talent  cinégraphique. 
• 

Paillette  Duval,  dont  le  visage  nous 
fut  un  charme  en  certain  music-hall 
parisien,  va  rejoindre  a  Rome,  pour 
la  Fox-Film,  Gordon  Edwards  qui, 
nous  l'avons  dit,  y  tourne  un  très 
grand  film  :  Nerone.  Elle  y  incar- 
nera un  personnage  doux  et  touchant 
auprès  de  celui  violent  et  passionné 
de  Suzanne  Talba. 
• 

On  sait  que  El  Dorado  doit  pas- 
ser, le  11  Septembre,  en  deux  grandes 
présentations  au  Gaumont-Palace, 
accompagné  d'une  partition  spéciale 
et  complète  d'orchestre. 

C'est  Marius-François  Gaillard  qui 
a  entrepris  cet  important  travail.  On 
peut  mesurer  les  beautés  certai- 
nes de  l'œuvre  à  la  compétence  du 
jeune  virtuose,  prix  d'excellence  du 
Conservatoire  pour  le  piano,  et  à 
la  personnalité  du  compositeur  de  la 


16 


cinea 


«L          2) 

^^vr         £BBBH 

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L-'        ^ 

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'  .^**~  •*•*- 

partition  pour  Vitrail,  de  René  Fau-  l'aède  se  dresse  et  dans  sa  voix  vi- 

chois,    et    île    nombreuses     mélodies,  brent  les  frémissements  tles  Cassan- 

parmî   lesquelles  ces  Chansons  Ras-  dres  convaincues:   «  Voilà:  mainte- 

ses  si   vivement  applaudies  dans  les  nant    j'y    suis...    emportez    ma    viole 

concerts.  d'amour ï  » 

0  On  tourne.  . 


Doublas  l'airbanks  dans  Le  Siaae 
de  Zorro,  premier  film  exploité  en 
Europe  continentale,  île  la  célèbre 
production  îles  «  United  Arlists  » 
(marque  comprenant  les  derniers 
tilms  de  Mary  Pickford, Charlie  Cha- 
plin, Douglas  Fairbanks  et  1).  W. 
Griftith),  a  été  présenté  à  la  Salle 
Marivaux,  ce  jeudi  18  août,  à  i)  h.  45. 
Ce  film  est  considéré  comme  étant  le 
meilleur  que  le  grand  Douglas  ait 
jamais  l'ait. 

La  date  de  sortie  de  ce  film  est 
fixée  au  30  septembre  prochain. 


Vous  le  connaissez  tous,  à  coup 
sur.  Vous  le  connaissez  autant  pour 
l'indiscutable  et  très  haute  valeur  de 
ses  films,  que  pour  le  temps  considé- 
rable accordé  à  leur  préparation, 
tandis  que  tourne...  la  roue...  de  la 
fortune  des  commanditaires. 

Peut-être,  ne  connaissez-vous  pus 
ses  méthodes  de  travail... 

Il  en  a  sans  doute  plusieurs,  mais 
j'en  sais  une  bien  jolie  : 

Studio,  décors,  lumière,  acteurs. 
Tout  est  prêt.  Lui  aussi.  On  va  tour- 
ner. 

Pourtant,  la  scène  se  répète  mal. 
Le  cinéaste  ne  la  visualise  pas  nette- 
ment; des  points  lui  échappent;  des 
détails  sont  rebelles  à  la  précision. 
Les  efforts  se  multiplient  —  en  vain. 
L'imagination,  déjà  faible,  soudain 
s'arrête. 

La  nécessité  d'une  vivifiante  inter- 
vention s'impose.  Il  va  la  demander. 
Dans  le  silence  religieux  des  acteurs 
intéressés...  par  la  situation,  il  s'as- 
sied lentement,  prend  une  pose  pro- 
pice.et  sur  un  tonde  femme  en  peines: 
«  Apportez-moi  ma  «  viole  d'amour». 

(Ce  n'est  pas  une  plaisanterie),  car 
un  secrétaire  empressé  et  rapide 
court  chercher  le  vieil  instrument. 
Lui...  prend  la  viole,  l'admire,  la  ca- 
resse, émeut  au  hasard  ces  cordes  où 
murmura  peut-être  quelque  dixième 
symphonie.  .. 

Longuement, cette  âme  douloureuse 
exprime  avec  harmonie  sa  gésine. 

Puis,  quand  l'inspiration,  sur  l'aile 
mauve  ou  d'or  d'un  faisceau  électri- 
que   est    enfin   descendue   à    l'appel, 


Gaston  JACQUET,  Eve  FRANCIS.  DUREC 
dans  Le  Chemin  d'Ertwa 

Le  plus  grand  de  nos  studios  pari- 
siens, possède  un  homme  d'esprit. 

C'est  un  tout  jeune  machiniste  qui 
sait  fort  bien  ce  qu'il  faut  penser  des 
metteurs  en  scène  avec  qui  il  tra- 
vaille. 

On  parlait,  l'autre  jour,  devant  lui 
d'un  petit  garçon  qui  voulut  prouver 
dernièrement  que  lui  aussi  saurait 
«  jouer  au  cinéma  »  et  qui  le  montra 
en  commettant  un  produit  assez  in- 
forme pour  qu'on  ne  sut  démêler  le 
commencement  d'avec  la  fin. 

Aussi  s'étonnait-on  de  le  voir  re- 
commencer un  autre  film.  Sur  quoi 
le  machiniste  avec  philosophie  :  «  Un- 
tel...  oh!  laissez  donc!  il  travaille 
pour  les  archives!... 

Comment  trouvez-vous  l'expres- 
sion ? 

André  Daven 


MM  Du  26  Août  au 
1er  Septembre  ne 
manquez  pas  d'aller 
à  la  Salle  Marivaux, 
voir     

Les  Proscrits 

avec  Victor  Sjostrom 
et  Edith    Erastoff 

Ceci  n'est  pas  de  la 
MMM    publicité    M  &  M 


Nous   demandons  à 


VOIR 


encore     une     fois 


Une    Vie    de    Chien 

avec  CHARLIE    CHAPLIN 


DaVid    Garrick 

avec    DUST1N      FARNUM 


Le    Trésor    d'Arne 

avec    MARY     JOHNSON 


La  Conquête  de  l'Or 

ooo     avec     B  E  S  S  1  E     LOVE 


Les    Frères     Corses 

avec     KRAUSS     et     ROUSSEL 


L'auberge  du  signe  du  loup 


oo     oo     oo     oo 


de    Th.    H.    INCE 


Une  Aventure  à  New-York 

avec   DOUGLAS  FAIRBANKS 


M    i    c    k    e    y       0 

avec    MABEL     NORMAND 


Olivier        Twist 

oo  o,    avec    MARIE     DORO 


La      Dette      a 

avec  DOROTHY  PHILIPPS 


Les    Corsaires 

avec      L  I  L   I  A  N       G  I  S  H 


cinea 


17 


M 


SPECTACLES 


M 


Le  match  Carpentier-Demp- 
sey. 

Ah!  c'en  est,  un  «  spectacle  »T  et 
pas  à  négliger,  je  vous  l'assure  : 
puisque,  disent,  sans  trembler,  le 
sous-titre  et,  sans  rire,  l'aboyeur  du 
Théâtre  de  Paris,  il  nous  dispense  la 
haute  grâce  d'assister  au  plus  grand 
combat  du  temps  moderne . 

J'avoue  que  les  chocs  qui  sont  de- 
venus â  travers  les  récits,  ou  même 
sans  leur  grossissement,  les  plus  lé- 
gendaires, ne  sauraient  être  compa- 
rés à  cette  rencontre.  J'avoue  que, 
parmi  ceux-ci,  le  plus  effroyable  et 
le  plus  récent,  et  duquel  il  me  fut 
donné  de  prendre  ma  part,  m'a  rare- 
ment laissé  aussi  troublé  que  je  le 
demeurai  de  cette  vision  einégra- 
phique, 

Bestialité  pour  bestialité,  j'aime 
encore  mieux  que  son  prétexte  soit 
élevé  ou  pompeux,  et  que  ses  cham- 
pions la  vêtent  d'autre  chose  que 
d'un  caleçon. 

Pour  doucereuse  et  bien  peu  de 
son  temps  que  soit  cette  opinion,  elle 
n'en  est  pas  moins  celle  de  quelques 
gens  polis  qui  n'en  sont  point  pour 
cela  du  siècle  dernier. 

En  face  d'eux,  la  populace  s'affir- 
mait en  vérité  pacifique  qui,  place 
de  l'Opéra,  â  certaines  neuf  heures 
du  soir  qu'elle  n'oubliera  jamais,  ni 
moi  non  plus,  attendait,  endiman- 
chée, par  familles  entières  et  fé- 
brile, la  Bonne  Nouvelle  de  1  Age 
Présent!  Je  jure  que  j'ai  vu  dans 
cette  foule  que  je  traversais,  comme 
on  placarda  la  défaite  de  Carpentier, 
une  femme  sangloter.  Une  autre 
femme,  le  soir  que  j'étais  au  Théâtre 
de  Paris,  poussait  derrière  moi  des 
ohl  d'angoisse  dégoûtée  qui  mirent 
la  salle  en  joie.  Et  j'ai  fait  une  com- 
paraison . 

Je  ne  nie  point  qu'on  doive  se  sou- 
cier par  principe  de  ceux  qui  sont 
premiers  en  quelque  chose.  L'enthou- 
siasme doit  peut-être  se  mesurer  à 
ce  qu'elle  est.  Cette  suprématie-lâ,  si 
elle  intéresse  moins  le  progrès  que 
la  supériorité  d'une  marque  d'auto- 
mobile sur  une  autre,  ne  le  sert  pas 
de  plus  loin  que  le  triomphe  d'un 
poulain  rare.  Disons  cela  simplement 


et  qu'il  y  eut  bien   du  tintamarre  et 
de  la  gesticulation. 

En  voyant,  sur  l'écran,  quelque 
cent  mille  personnes  converger,  par- 
quées comme  des  troupeaux,  et  s'ag- 
glomérer autour  du  ring,  je  me  suis 
brusquement  souvenu  de  cette  tru- 
culente histoire  d'Alphonse  Allais  où 
toute  une  faune  innombrable  sur- 
prise par  l'incendie  de  la  forêt  qui 
l'abrite  se  rue  vers  un  grand  cirque 
dénudé  où  elle  s'entasse,  se  super- 
pose et  meurt,  tandis  que  sous  les 
actions  du  feu  et  de  la  pesanteur  les 
graisses  s'élèvent,  les  chairs  diverses 
se  mêlent,  les  os  isolés  descendent 
aux  bas-fonds  :  galantine  géante, 
vaste  mine  de  charcuterie...  Là-bas,  à 
la  vérité,  on  eût  dit  de  deux  microbes 
restés  vivants  au  centre  d'un  tita- 
nesque  pudding  bien  américain. 

Ce  n'est  pas,  au  reste,  que  Georges 
Carpentier  n'ait  pas  droit  à  toutes 
les  sympathies .  Son  admirable 
beauté  corporelle,  sa  réputation  pa- 
risienne, son  charme  et  son  kimono 
de  combat  plaisent  autant  â  notre 
race  que  son  courage  de  boxeur.  On 
doit  lui  savoir  gré  d  avoir  apporté 
au  «  noble  sport  »  de  la  noblesse. 

Du  point  de  vue  du  cinéma,  la 
bande  initiale  apparaît  excellement 
constituée.  Les  détails  de  présenta- 
tion, les  exemples  d'entraînement  et 
de  préparatifs  sont  adroitement 
choisis  et  ordonnés  pour  éveiller  l'in- 
térêt et  nourrir  lattente. 

La  photo  est  bonne,  sauf  durant  le 
match  lui-même  où  les  deux  silhouet- 
tes blanches  n'en  évoluent  que  d'une 
façon  plus  durement  impression- 
nante, et  où  certains  mouvements 
de  foule  passionnée  sont  bien  de  la 
luise  en  scène  la  plus  prodigieuse 
qu'on  ait  réalisée  dans  le  genre. 
Quand  ce  ne  serait  que  ça?... 
• 

Berthe  Bady  est  morte.  C'est 
une  passion  moderne  qui  se  rompt. 
Elle  fut  moins  l'actrice  applaudie 
que  l'animatrice  d'une  œuvre,  l'inno- 
vatrice d'un  état  d'âme  collectif. 

Car,  d'autre  part,  chacun  n'aura 
pas  eu  cet  aveuglement  ingrat  de  la 
supposer  séparable  d'un  certain 
théâtre,  et  de  l'imaginer  importune 


aux  reprises  des  pièces  qu'elle  créa. 

Du  moins,  si  le  dramaturge  voulut 
cruellement  lui  faire  jouer  dans  la 
vie  le  rôle  entier  de  La  Femme  nue, 
se  vit-il  infliger  une  rapetissante 
humiliation  par  cet  être  dont  on  sut 
bien  qu'il  était  dans  ses  propres  pas- 
sions plus  humain  et  plus  emporté 
que  les  petits  personnages  inventés 
du  poète.  Malgré  la  miraculeuse 
Réjane  et  la  sensible  Yvonne  de  Bray 
la  dramaturgie  d'Henry  Bataille  res- 
tera Berthe  Bady.  Glorieux  avan- 
tage! Jadis  la  Champmeslé  auprès 
de  Racine,  aujourd'hui  Lucien  Gui- 
try auprès  de  Bernstein,  Eve  Francis 
de  Paul  Claudel,  Berthe  Bady  de  Ba- 
taille, ces  diverses  mais  nobles  pa- 
rentés font,  aux  regards  de  généra- 
tions, l'une  des  plus  certaines  beautés 
d'un  art  brillant  et  incomplet. 

Et  l'on  peut,  d'autre  part,  se  de- 
mander si  de  tels  comédiens  ne  pro- 
longent pas  leur  influence  dans  l'es- 
prit d'auditoires  auxquels  ils  en- 
seignent des  sentiments  modifiés  ou 
nouveaux.  Peut-être,  â  force  d'être, 
sur  les  trétaux,  des  hommes  et  des 
femmes  dont  la  psychologie  étonne 
et  séduit,  l'inculquent-ils  peu  â  peu  à 
leurs  assistants  d'un  soir  par  un  lent 
travail  de  persuasion. 

Je  ne  crois  point  gratuit  ni  naïf  de 
penser  que  nous  souffrons  depuis 
quelque  temps  avec  un  peu  du  cœur 
de  Bady.  Elle  sut  le  donner.  J'entends 
qu'elle  le  donnait  et  savamment  ; 
par  l'entier  dévouement  d'une  nature 
artistique  déchaînée  dans  des  limites 
respectées.  Je  ne  vois  guère,  chez  nos 
plus  frémissantes  comédiennes,  des 
dons  passionnels  comparables  à  ceux 
qu'elle  eut. 

Ce  désordre  surtout,  si  puissant,  si 
magistral,  que  tout  le  monde  vient 
de  célébrer,  cette  façon  inoubliable 
et  si  manifeste  de 

Sentir  dans  son  cœur  vif  l'air,  le  feu  et  le 

[sang- 
Tourbillonner  ainsi  que  le  vent  sur  la  terre... 

Notre  littérature  et  notre  tempéra- 
ment doivent  à  coup  sûr  â  cette 
grande  femme  des  courages  nou- 
veaux dans  la  passion,  une  manière 
de  sentir  avec  violence  qui  n'appar- 
tient qu'au  cœur  moderne. 

Raymond  Payelle. 


cinea 


P     A      L     L 


M     A      L      L 


La  mission  mondiale  du  film 
(de  Ch,  Pathé). 

Le  ciné  est  le  théâtre,  le  journal  et 
l'école  de  demain.  Le  sens  du  ciné  est 
de  servir  comme  moyen  d'expression 
universelle.  Son  influence  éducative 
extraordinaire  a  pu  être  constatée 
sur  les  enfants.  Les  films  américains 
ont  changé  leur  mentalité,  en  bien  ou 
en  mal.  L'enfant  moderne,  par  le 
moyen  du  ciné,  a  une  éducation  beau- 
coup plus  rapide  que  nous  lorsque 
nous  étions  enfants.  Le  monde  entier 
leur  est  familier  :  Tokio,  New-York, 
Singapoor  leur  sont  connus.  Le  tra- 
vail du  ciné  est  dix  ou  cent  fois  plus 
rapide  que  celui  du  livre,  à  cause  de 
la  facilité  avec  laquelle  il  meuble  le 
cerveau,  Au  point  de  vue  social  et 
artistique  le  film  agit  de  même  sur 
les  peuples.  En  un  an  le  ciné  pour- 
rait, le  cas  échéant,  répandre  dans 
tous  les  pays,  une  nouvelle  théorie 
idéaliste  capable  de  régénérer  l'hu- 
manité entière. 

Les  temps  sont  proches  où  les  idéa- 
listes, apôtres  et  réformateurs  de 
tous  pays  se  rendront  compte  que  le 
ciné  est  le  seul  moyen  de  propager 
rapidement  et  pratiquement  leurs 
idées  dans  le  monde  entier. 

• 
Films  d'éducation  profession- 
nelle. 

Les  films  d'éducation  profession- 
nelle répondent-ils  à  une  nécessité  ? 
A  cette  question  il  y  a  eu  plusieurs 
réponses  affirmatives.  Pour  satis- 
faire à  cette  nécessité  il  faudrait  que 
l'écoulement  du  film  soit  assuré. 

Il  peut  l'être  si  des  écoles  profes- 
sionnelles s'engagent  à  acquérir  un 
nombre  déterminé  d'exemplaires  et 
que  les  cinémas  d'école  puissent  aussi 
utiliser  ces  films. 

Dans  bien  des  cas  il  est  très  diffi- 
cile de  donner  au  film  professionnel 
le  caractère  d'utilité  pratique  qu'il 
devrait  avoir  et  parfois  il  faudrait 
plusieurs  kilomètres  de  film.  Le 
succès  n'est  donc  pas  assuré. 

I,i'  département  d'éducation  de 
«  L'Ufa  »  fera  un  essai.  Elle  éditera 
ileux  films  :  Ce  que  l'élève  serrurier 
apprend  le  premier  semestre  et  Le 
forgeron  du  village.  Ces  films  se- 
ront présentés  aux  cours  profession- 
nels  et  aux   écoles   de    perfectionne- 


ment afin  qu'il  se  rendent  compte  de 
leur  valeur  pédagogique. 


A  la«  Sun  Pictures  ». 

Cette  firme  d'édition  qui  termine 
actuellement  les  scènes  intérieures 
de  son  film  Miss  Sportina,  sous  la 
direction  du  metteur  en  scène  Henry 
A.  Parys,  nous  promet  pour  sa  pro- 
chaine production  une  réalisation 
d'art  non  encore  égalée  jusqu'ici  en 
Belgique. 

Pour  le  mois  de  septembre  pro- 
chain, la  «  Sun  Pictures  »  fera  à  Paris, 
avant  tout  autre  pays,  une  présenta- 
tion spéciale  de  sa  première  produc- 
tion. 

Progrès  effectués  par  Rober 
tson-Cole. 

Il  est  intéressant  que  le  grand  pu- 
blic sache  que  dans  le  court  espace 
de  trois  années,  la  division  des  films, 
de  l'organisation  Robertson-Cole , 
était  composée  à  l'époque  de  deux 
personnes  qui  sous-louaient  une  par- 
tie de  bureau  dans  le  Times  Building 
à  New-York  City,  tandis  qu'à  l'heure 
actuelle  elle  emploie  mille  em- 
ployés, qui  occupent  un  bâtiment 
de  treize  étages,  situé  dans  la  même 
ville,  dans  lequel  les  rouages  admi- 
nistratifs de  la  maison  mère  se  trou- 
vent logés  et  d'où  rayonne  le  contrôle 
qu'elle  exerce  sur  vingt-six  villes  et 
sur  deux  continents. 

On  doit  attribuer  sa  croissance 
rapide  à  la  compréhension  lucide 
d'une  maison  qui  a  envisagé  l'avenir 
intelligemment  et  dont  le  fonction- 
nement a  marché  à  souhait  dès  le 
début.  Son  importance  a  doublé  et 
triplé  progressivement,  au  cours  de 
ces  trois  années  de  sa  courte  exis- 
tence, surtout  en  raison  de  son  hon- 
nêteté, de  son  énergie,  de  sa  clair- 
voyance; bref,  en  un  mot,  de  l'intel- 
ligent emploi  des  forces  latentes  dont 
son  administration  a  fait  preuve  dès 
la  première  heure. 

En  1917,  au  mois  de  novembre,  la 
grande  maison  d'exportation  Rober- 
tson-Cole,qui  avait  ses  bureaux  dans 
le  bas  de  la  ville,  à  New-York,  conçut 
l'idée  d'entrer  dans  le  commerce  des 
films  cinématographiques.  Elle  sous- 
loua  à  une  maison   engagée   dans  le 


commerce  des  films,  à  New  York,  un 
coin  de  son  bureau,  et  y  débuta  en 
très  petit.  Au  mois  de  mars  1919,1a 
firme  de  films  cinématographiques 
juvénile  avait  déjà  grandi  au  point 
qu'elle  fut  forcée  d'avoir  un  chez  soi 
en  propre,  et  c'est  alors  qu'elle  ouvrit 
ses  bureaux  n°  1600  Broadway. 

C'est  le  15  décembre  1918,  que  la  Ro- 
bertson-Cole débuta  aux  Etats-Unis. 
Elle  fut  bientôt  en  possession  de  ses 
propres  succursales  d'échange,  sises 
dans  vingt-cinq  villes  américaines, 
qui  distribuèrent  des  attractions  cap- 
tivantes lesquelles  se  vendirent  rapi- 
dement dans  toutes  les  parties  des 
Etats-Unis. 

C'est  aussi  au  début  de  l'année  1920, 
se  rendant  compte  que  des  attrac- 
tions super-captivantes  étaient  à  l'or- 
dre du  jour  et  répondaient  à  la  de- 
mande générale  que  la  Maison  Ro- 
bertson-Cole commença  à  produire 
des  films  hors  ligne,  à  titre  d'essai. 
La  réception  enthousiaste  que  fit  le 
public  américain  aux  productions 
spéciales  mentionnées  ci-après,  telles 
que  »  The  Beloved  Cheater  »,  «  The 
Fortune  Teller  »  et  «  The  'SYonder 
Man  »,  décidèrent  Robertson-Cole  de 
se  prononcer,  au  commencement  de 
l'été  de  l'année  1920,  exclusivement 
à  la  production  et  en  faveur  des  films 
absolument  hors  ligne. 

Le  succès  encore  plus  phénoménal 
que  des  films  splendides  tels  que 
«  Kismet  »,  «  The  Stealer  «,«  So  Long 
Letty  »,  «  The  First  Boni  »,  «  Seven 
Years  Bad  Luck  »,  «  One  Man  In  A 
Million  »  obtinrent  justifièrent  d'une 
manière  éclatante  l'idée  géniale  qui 
avait  présidé  à  la  création  de  ces 
œuvres  hors  ligne. 

Il  y  a  quelques  mois,  Robertson- 
Cole  a  inauguré  à  Los  Angeles,  ses 
nouveaux  ateliers  où  elle  tourne 
maintenant  toutes  les  scènes  d'inté- 
rieur de  ses  films,  puis  elle  est  main- 
tenant chez  elle,  dans  le  magnifique 
édifice  qui  abrite  ses  bureaux.  Ins- 
pirée par  une  activité  si  débordante, 
et  tant  de  progrés  réalisés  en  un  laps 
de  temps  si  restreint,  elle  marche 
triomphante  à  la  conquête  de  nou- 
veaux mondes  et  à  la  recherche  de 
nouveaux  records. 

L.   G. 


cinea 


19 


LILLIAN     GIS  H 


L'émouvante  héroïne  du  Lys  brisé,  d'Intolé- 
rance, du  Roman  de  la  Vallée  heureuse,  des 
Corsaires,  de  la  meilleure  suite  de  composi- 
tions dues  à  Griffith  reparait  dans  Une  Fleur 
dans  les  Ruines.  Mais  quand  nous  rendra-t-on 
Le  Lys  et  la  Rose,  son  meilleur  film,  son 
meilleur  rôle. 


:o 


cinea 


ANDREW  F.  BRUNELLK 


Un  élégant  jeune  'premier  dramatique, 
excellemment  utilise  à  Londres,  puisa 
Paris  où  il  se  lit  remarquer  dans  La 
Force  de  Iti  Vie,  Chignole,  La  Nouvelle 
Aurore,  Le  Silence.  Fièvre.  Stella 
Lucente    et    Les    Trois    Mousquetaires. 


CHARLIE   CHAPLIN 

est  un  grand  artiste,  vous  le  savez 
tous,  mais  vous  devez  savoir  aussi 
que  l'on  vous  donne  maintenant 
de  très  vieux  films  de  lui,  sans  vous 
dire  qu'ils  sont  antérieurs  aux  douze 
ou  quinze  délicieuses  créations  que 
vous  avez  acclamées.  Donc  ne  dites 
pas  que  Charlie  Chaplin,  dit  Chariot, 
est  en  décadence,  au  contraire  !  Et 
reclamez,  comme  nous,  ses  trois 
derniers  films,  qui  ont  enchanté 
New- York,  Londres,  et  la  moitié  de 
la   terre    —    et   que   nous  attendons. 


22 


cinea 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


—  Je  vois  que  tu  n'arriveras  jamais 
à  rien,  déclara  mon  père.  Fini  I  Je  ne 
veux  plus  que  tu  te  balades  ainsi 
sans  rien  faire.  Des  demain  tu  te  met- 
tras à  recopiertrois  feuilles  de  regis- 
tre municipal  par  jour.  Et  bientôt  tu 
viendras  avec  moi  au  bureau. 

Je  me  mis  au  travail  de  nouveau. 
Quel  ennui  de  tracer  lentement,  lettre 
par  lettre,  tous  ces  mots  incompré- 
hensibles quand  le  temps  est  si  beau 
et  qu'on  pourrait  être  dehors  avec 
lés  camarades  qui  courent  à  travers 
les  champs  en  jouant  aux  bandits  et 
aux  aventuriers  I. .. 

A  cette  époque,  j'avais  onze  ans  et 
j'avais  déjà  quelques  bons  amis.  C'est 
curieux  T  Tous,  ils  moururent  très 
jeunes.  Le  chef  de  la  bande,  Birilev, 
devenu  officier,  [mourut  d'une  mala- 
die honteuse,  Mikaïlev,  fils  d'un  gar- 
dien municipal  était  devenu  un  alcoo- 
lique désespéré,  l'étudiant  Orninsky 
fut  tué  par  quelqu'un  dans  une  ba- 
garre publique,  Dobrov,  sacristain 
dans  une  petite  église  rurale,  mourut 
congestionné  par  le  froid  un  jour 
d'hiver  lorsqu'il  se  rendait  au  village, 
complètement  saoul,  pour  recueillir 
quelques  dons  supplémentaires  parmi 
les  fidèles  :  durant  le  trajet  il  tomba 
du  traîneau  dans  la  neige  et  étant 
ivre-mort,  il  ne  s'aperçut  pas  du  chan- 
gement de  la  situation.  Ce  n'est  que 
longtemps  après  qu'on  retrouva  son 
cadavre. 

Ce  Dobrov  habitait  dans  la  même 
maison  que  moi.  Il  était  alors  au  sé- 
minaire et  un  jour  il  m'apprit  une 
chose  tout  à  fait  extraordinaire  :  dans 
l'alphabet  latin  règne  un  désordre 
complet.  Ce  n'est  pas  comme  chez 
nous  :  a,  b,  \v,g  etc  ..  niais  a,  b.c.  d.  (1). 
J'étais    extrêmement     surpris.     Mais 


c'est  la  sonorité  de  la  langue  qui  me 
frappa  surtout,  lorsque  j'entendis  un 
jour  Dobrov  lire  à  haute  voix  le  dis- 
cours  de  Ciceron  contre  Catilina. 

Je  ne  pouvais  pas  comprendre  : 
l'alphabet  est  en  désordre  complet 
et  'la  langue  est  si  belle  quand 
même.  Et  puis,  pourquoi  donc  les  la- 
tins prononcent-ils  :  Catilina  quand 
il  est  beaucoup  plus  simple  de  dire  : 
Catherine  T 

A  douze  ans  que  de  choses  compli- 
quées et  énigmatiques  rencontre-t-on 
dans  la  vie  I... 

J'avais  encore  un  ami,  le  plus  âgé 
de  nous  tous,  Pétrov,  qui  travaillait 
chez  un  notaire.  C'était  un  homme 
de  lettres.  Il  était  en  bons  termes 
avec  le  bibliothécaire  du  Cercle  de  la 
noblesse  qui  lui  prêtait  chaque  fois 
des  livres  à  domicile.  Mes  amis  lisaient 
ces  volumes  avec  avidité  et  je  les  en- 
tendais souvent  prononcer  les  noms 
de  Pouchkine,  Gogol  et  Lermontov. 
Leurs  propos  m'étaient  totalement 
incompréhensibles  mais  j'avais  honte 
de  leur  demander  des  explications, 
c'est  pourquoi  je  m'abandonnais  aussi 
dans  un  cabinet  de  lecture  et  je  me 
mis  à  lire  les  classiques.  Je  ne  com- 
prenais pas  grand  chose  mais  cela 
me  paraissait  assez  amusant. 

Comme  je  l'ai  déjà  dit,  mon  ami  Do- 
brov habitait  l'appartement  en  face 
du  nôtre.  Nous  passions  toutes  les 
soirées  d'hiver  étendus  sur  le  poêle 
en  lisant  les  œuvres  de  Ma3rne-Read. 
Ainsi  nous  avons  lu  tous  ses  romans 
et  j'avoue  que  ce  genre  de  littérature 
me  plaisait  beaucoup  plus  que  les 
œuvres  d'un  Gogol.  Je  recherchais  . 
avec  avidité  les  romans  de  ce  genre. 
A  la  bibliothèque,  je  cherchais  dans 
le  catalogue  les  titres    les  plus    im- 


pressionnants ..  Félix  Gold,  le  radi- 
cal... Fiacre  n°  14,  etc. 

Si  le  livre  ne  m'emballait  pas  dès 
la  première  page  je  le  laissai  de  côté 
et  j'en  prenais  un  autre.  Ainsi  j'ai 
lu  toute  une  foule  de  romans,  où  il 
était  question  de  malfaiteurs  et  de 
bandits  en  capes  et  aux  chapeaux  à 
larges  bords,  qui  guettaient  leur  vic- 
time au  coin  d'une  rue  sombre  et 
étroite,  les  duellistes  qui  tuaient  au 
moins  sept  adversaires  chaque  soir, 
les  omnibus,  les  fiacres,  les  douze 
coups  de  minuit  sur  le  clocher  de 
St-Germain  l'Auxerrois,  etc.  J'avais 
lu  tant  de  choses  sur  Paris  où  tout 
cela  se  passait  que  lorsque  j'y  suis 
venu  la  première  fois,  j'eus  l'impres- 
sion d'avoir  habité  cette  ville  durant 
plusieurs  années. 

J'avais  douze  ans  lorsque  j'entrai 
pour  la  première  fois  dans  un 
théâtre.  Voici  comment  cela  est  ar- 
rivé. Parmi  mes  camarades  du 
chœur  de  Chterbinine  il  y  avait  un 
garçon  charmant,  un  nommé  Pan- 
kratiefï'.  Un  jour  pendant  la  messe  il 
me  demanda  si  je  voulais  aller  au 
théâtre.  Il  avait  un  billet  de  plus  qui 
coûtait  20  kopeks.  Je  savais  déjà  que 
le  théâtre  est  un  édifice  énorme,  tout 
en  pierre  avec  des  fenêtres  rondes, 
toujours  pleines  de  poussière. 

Je  doutais  fortement  que  dans  un 
endroit  pareil  il  aurait  pu  se  passer 
quelque  chose  qui  pourrait  m 'inté- 
resser. 

—  Et  qu'est-ce  qu'il  y  aura  là-bas? 

—  Le  mariage  russe,  une  matinée. 
Un   mariage?   J'en   avais   vu   tant 

grâce  à  mon  emploi  de  choriste  que 
vraiment  cela  ne  me  disait  pas 
grand'chose. 

Encore  si  c'était  un  mariage  fran- 


cinea 


23 


vais,  ce  sérail  toujours  plus  intéres- 
sant. 

Mais,  quand  même,  je  pris  chez 
Pankratieff  son  billet,  après  pas  mal 
d'hésitations. 

Me  voilà  au  théâtre.  Tout  en  haut 
au  poulailler.  C'était  un  jour  de 
fête.  La  salle  était  pleine.  J'étais 
forcé  de  rester  tout  le  temps  debout 
en  m'appuyant  des  mains  au  plafond. 

Tout  stupéfait  je  regardais  en  bas. 
Je  voyais  ce  gouffre  noir  rempli  de 
fauteuils  qu'occupaient  successive- 
ment les  spectateurs. 

Le  théâtre  était  éclairé  au  gaz  et 
cette  odeur  resta  pour  moi  durant 
toute  ma  vie  le  souvenir  le  plus 
agréable. 

L'orchestre  jouait  des  airs  de  cir- 
constance. Tout  à  coup  le  rideau  se 
lève,  et  au  même  moment  j'eus 
comme  un  éblouissement.  Un  conte 
lointain,  que  je  connaissais  déjà  va- 
guement revit  devant  moi.  Dans  une 
pièce  somptueuse,  des  gens  magnifi- 
quement habillés  se  promenaient  en 
causant  entre  eux.  Leur  langage 
était  d'une  beauté  extrême,  impos- 
sible à  décrire.  Je  ne  comprenais  pas 
,  un  seul  mot,  mais  j'étais  tout  à  fait 
bouleversé  par  ce  spectacle  et  sans 
bouger,  sans  penser  à  rien,  je  regar- 
dais ce  miracle. 

Le  rideau  se  baissait  et  se  rele- 
vait, moi  je  restais  immobile  à  ma 
place,  ébloui  par  ce  rêve  magique 
que  je  n'avais  jamais  vu,  que  j'atten- 
dais toute  ma  vie,  que  j'attends  en- 
core. On  me  bousculait  de  tous  côtés, 
des  gens  criaient  autour  de  moi  et  je 
continuais  de  rester  cloué  à  ma  place 
sans  bouger. 

Lorsque  la  représentation  fut  ter- 
minée, on  se  mit  à  éteindre  la  lu- 
mière et  j'éprouvai  une  grande  tris- 
tesse. Je  ne  voulais  pas  croire  que 
toute  cette  vie  brillante  avait  pris 
tin.  Je  me  rappelle  avoir  chancelé 
lorsque  je  sortis  dans  la  rue. 

Je  compris  que  le  théâtre  est  beau-' 
coup  plus  intéressant  que  le  cirque 
forain  de  Jachka  Mamonov.  Et  ce 
qui  était  le  plus  drôle,  c'est  qu'il  fai- 
sait jour  encore  dehors  et  le  Derza- 
vine  en  bronze  sur  la  place  publique 
était  tout*  doré  par  les  rayons  du 
soleil  couchant. 

Brusquement,  je  fis  demi-tour  et  je 
rentrai  au  théâtre  pour  me  louer  une 
place  pour  la  représentation  du  soir. 

Le  soir  on  jouait  Médée.  J'étais  très 
bien  placé,  ayant  une  place  assise. 
ye  nouveau,  la  bouche  bée,  je  regar- 
dais la  scène,  éclairée  par  une  lune 


probablement  empruntée  au  ciel 
pour  ce  soir;  la  noble  Médée  se  la- 
mentait en  essayant  de  s'enfuir  avec 
ses  enfants,  le  beau  Jason  hurlait  de 
désespoir.  Il  m'était  impossible  de 
détacher  mon  regard  de  la  scène, 
même  pour  une  seconde. 

Le  théâtre  me  rendit  fou.  En  ren- 
trant à  domicile,  je  m'arrêtai  au  mi- 
lieu des  rues  désertes  et  en  essayant 
d'imiter  l'accent  et  la  démarche  des 
comédiens  je  déclamai  : 

—  Je  suis  une  reine,  mais  une 
femme  et  une  mère  aussi! 

Alors  les  rares  passants  se  retour- 
naient tout  ahuris,  sans  rien  com- 
prendre. Quelques-uns  s'arrêtaient 
même  en  me  demandant  ; 

—  Qu'est-ce  qui  est  arrivé? 

Je  me  sauvais  à  toute  vitesse,  sans 
rien  dire;  on  devait  me  prendre  pour 
un  ivrogne. 

A  la  maison  je  racontai  à  ma  mère 
ce  que  j'avais  vu.  Je  voulais  telle- 
ment lui  transmettre  ne  fut-ce  qu'une 
toute  petite  partie  de  l'immense  joie 
qui  emplissait  mon  cœur.  Je  lui  par- 
lais de  Médée,  de  Jason,  de  toute  cette 
beauté  extraordinaire  qui  illumine 
les  gens  de  théâtre,  je  lui  citais  leurs 
propos,  mais  je  sentais  bien  que  cela 
ne  l'intéressait  pas,  qu'elle  n'y  com- 
prenait rien. 

—  Oui...  oui...  disait-elle  douce- 
ment, sans  sortir  du  domaine  de  ses 
pensées. 

C'est  surtout  de  l'amour  que  j'au- 
rais voulu  lui  parler,  de  cette  chose 
dont  l'importance  est  capitale  au 
théâtre.  Mais,  je  ne  sais  pourquoi,  je 
ressentais  un  certain  malaise  en 
abordant  ce  thème  ;  d'ailleurs,  il 
m'eut  été  peut-être  impossible  de  ra- 
conter tout  ceci  d'une  manière  claire 
et  précise. 

Je  ne  pouvais  pas  comprendre 
moi-même  pourquoi  au  théâtre  on 
parle  de  l'amour  en  ternies  choisis 
et  distingués,  avec  une  noblesse  et  une 
pureté  exquises  et  pourquoi  au  Fau- 
bourg des  Drapiers,  c'est  une  chose 
ignoble,  sale,  dégoûtante,  ne  provo- 
quant que  des  risées  générales.  Au 
théâtre,  l'amour  conduit  aux  plus 
nobles  exploits  et,  dans  notre  quar- 


"Deux  conditions  détes= 
tables  pour  réaliser  une 
œuVre  Viable  :  être  trop 
riche    ou    trop    pauVre. 


(ici-,  aux  coups  de  poings.  Pourquoi? 
Est-ce  qu'il  existe  deux  sortes 
d'amour?  Un,  qui  est  le  plus  grand 
bonheur  dans  la  vie  et  l'autre  qui 
n'est  que  débauche  et  vice? 

Naturellement,  à  cette  époque,  je 
ne  pouvais  pas  trouver  une  réponse 
satisfaisante  à  cette  question,  mai.s 
ce  contraste  m'impressionnait  beau- 
coup, il  était  vraiment  trop  frap- 
pant. 

Je  ne  pus  arriver  avec  la  meilleure 
volonté  à  ouvrir  à  ma  mère  ce 
monde  enchanté.  D'ailleurs,  moi- 
même  je  n'y  voyais  pas  assez  clair  : 
pourquoi  Jason  et  non  pas  Jakov, 
pourquoi  Médée  au  lieu  de  Marie,  ce 
qui  serait  beaucoup  plus  simple, 
qu'est-ce  que  c'est  que  ça  «  la  toison 
d'or?  » 

—  Eh  oui,  disait  ma  mère,  et  pour- 
tant tu  aurais  dû  ne  pas  aller  si  sou- 
vent au  théâtre.  Tu  vas  encore  né- 
gliger ton  travail.  Ton  père  dit  tout 
le  temps  que  tu  ne  veux  rien  faire. 
J'essaye  de  te  défendre,  bien  en- 
tendu, mais  c'est  la  vérité  :  tu  es  un 
fainéant. 

En  effet,  je  ne  faisais  rien,  je 
n'avais  aucune  envie' de  travailler. 
Lorsque  je  demandais  à  mon  père  la 
permission  d'aller  au  théâtre,  il  me 
la  refusait  toujours. 

Chaque  fois  il  me  disait  : 

—  Ce  n'est  pas  la  peine  d'aller  au 
théâtre.  Je  vais  faire  de  toi  un 
dwornik  (2).  Si,  si,  un  dwornik!  11 
faut  être  dwornik  et  alors  tu  auras 
un  morceau  de  pain,  sale  bête! 
Qu'est-ce  qu'il  y  a  de  bon  au  théâtre  ? 
T'as  pas  voulu  devenir  ouvrier,  tu 
pourriras  un  jour  dans  une  prison. 
Vois  comment  vivent  les  ouvriers  : 
toujours  contents,  bien  habillés,  bien 
nourris... 

Moi  je  ne  rencontrais  dans  la  rue 
que  des  ouvriers  affamés,  nu-pieds, 
ivres  et  je  n'ajoutais  pas  beaucoup 
de  confiance  aux  propos  de  mon 
père. 

—  Mais  je  travaille,  moi.  Je  copie 
les  registres,  disais-je,  j'en  ai  déjà 
fait  tant... 


(A  suivre) 


L.  Yalter,  trad. 


(i)  L'alphabet  russe  n'a  pas  le  même 
ordre  que  celui  des  langues  romanes. 
D'ailleurs  ce  petit  passage  est  tout  à 
fait  charmant  dans  son  ingénuité.  J'es- 
père que  les  lecteurs  en  goûteront  toute 
la  saveur. 

(■2)  Vu  portier  de  bas  ordre. 


24 


cmea 


M         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi   26    Août   au   Jeudi  8    Septembre 


V   ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des 
Italiens.  —  Matbias  Sandorf, 7e épisode.  — 
Les  actualités. —  Abisko  cœur  de  la  Laponie, 
plein  air.  —  Rigouillard  s'en  va-t-en  guerre, 
comique. —  Reprise  de  Les  Proscrits,  scène 
dramatique.  —  Attraction  :  Les  Savoirs, 
acrobates. 

Programme  du  2  au  cS  septembre 
Matbias  Sandorf,  8e  épisode.  —  Pathè- 
Revue.  — ■  Le  Silence,  comédie  dramatique 
de  Louis  Delluc,  avec  Eve  Francis,  Signo- 
ret.  —  Lrs  actualités,  —  Coutumes  maro- 
caines, plein. oir.  —  Solidarité,  scène  dra- 
matique. —  Reprise  du  Match  Carpentier- 
Dempscy. 

Omnia-Pathé,  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Patbé-'Journal.  —  L'Echéance 
fatale,  comédie  dramatique. —  Calouchard 
et  Bocalas,  comique.  —  Matbias  Sandorf. 
7"  épisode. 

Electric-Palace,  5.  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Journal.  —  Un  mauvais 
coucheur,  comique.  —  A  travers  la  France  : 
Rouen.  —  Paraître,  drame.  —  Les  lions 
déchaînés,  comique.  —  En  supplément 
facultatif  :  Nick  IVinter  et  ses  aventures, 
2e  épisode. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière. 

—  An  pays  des  cocotiers,  documentaire.  — 
Chariot  garde-malade,  comique. —  Illusions 
comédie. —  Parisiana-Journal.  —  La  Vériié 
sans  voiles,  comédie.  —  Fatlv  portier. 
comique.  —  En  supplément  excepté  diman- 
ches et  fêtes  :  Le  Secret  d'une  mère,  drame. 

3<=    ARRONDISSEMENT 
Pathé-Temple.     —     Pathé-Journal.    — 
Calouchard  et  Bocalas.  comique. —  Matbias 
Sandorf.  7"  épisode.—  L'Affaire  du  train 24, 
1er  épisode. —  L'écbérnce  fatale,  drame. 

4=   ARRONDISSEMENT 
Saint-Paul.      73,     rue     Saint-Antoine. 

—  Industries  Indigènes  au  Congo  belge. 
plein  air. — Saint-Paul-Journal. —  La  Pèche 
au  mari,  comique.  —  Matbias  Sandorf, 
6°  épisode.  —  Caloiicbord  et  bocalas,  comi- 
que. —  Son  crime,  drame. 

5'    ARRONDISSEMENT 

Mésange, 3.  rue d'Arras. —  Patbe-Joiunal . 

—  Patbé-Revue  n°  34,  documentaire.  — 
Lui...  ebe;  les  Indiens,  comique.  —  La 
Pochai  de.  12  ■  épisode.  —  Matbias  Sandorf, 
(•>>■  épisode.  —  Félonie,  drame. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Patbé-Revue. —  Félonie,  drame.  —  Gau- 
nionl-aelnaliles.  —   Attraction:  Kanui  and 


Lula,  danses.  —  Brùle-la-Route,  comédie 
sportive.  —  La  Pêche  au  mari,  comique.  — 
La  Pocbarde,  12e  épisode. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Récamier,  3,  rue  Récamier.  — 
Actualités,  —  La  Pocbarde,  12e  épisode.  — 
Fraternité, comédre. —  Le  roman  d'un  spahi, 
drame. 

Du  2  au  8  septembre 

Actualités.  —  L'Affaire  du  train  24, 
Ier  épisode.  —  Oiiandon  a  faim,  drame.  — 
La  Vérité  sans  voile,  comédie. 

Régina-Aubert-Palace.  15s.  rue  de 
Rennes. —  Aubert-Journal. —  Patbé-Revue. 

Nick  IVinter  et  ses  aventures.  2e  épisode. — 
A  travers  la  France  :  Ajaccio.  —  Madge 
iéeervelée.  comédie  dramatique.  — Jeune 
fille  à  louer,  comédie  sentimentale. 

9e  ARRONDISSEMENT 

Delta-Palace-Cinéma.  17,  boulevard 
Rochechouart.  Trudaine 67-89. — Direction  : 
M.  A.Jallon.  —  Delta-Journal.  —  Matbias 
Sandorf.  7e  épisode.  —  Sostbène  s'obstine. 
comique.  —  Apres  l'abandon,  drame.  — 
Billy  limier  de  la  P.  P..  comique.  — 
Sur  scène  :  Mme  Rainvil,  diseuse. 

Cinéma-Rochechouart,  66,  rue  de  Ro- 
chechouart. Trudaine  67-89.  Directeur  : 
M.  A.Jallon. —  Les  petits  chats,  documen- 


J&M  Du  26  Août  au 
1er  Septembre  ne 
manquez  pas  d'aller 
au  Demours  Palace 
voir     

LE  TRÉSOR 
o  DARNE  o 

avec  Richard  Lund 
et   Mary  Jonhson 

Ceci  n'est  pas  de  la 
J&MM    publicité    M£M 


taire.  —    La  Pèche   au  mari,  comique.    — I 
L'Héritage  du  Père  Bussard,  comédie   dra- 
matique.  —   Eclair-Journal.  —   Paternité, 
comédie  dramatique.  —    Sur  scène  :   Les 
Berner,  excentriques  musicaux. 

10e    ARRONDISSEMENT 

Tivoli,    19,    faubourg   du    Temple. 
Tivoli-Journal.  —  Matbias  Sandorf,  7''  épi- 
sode.—  Fat/y  portier,  comique. —  L'èchéanc 
fatale,  drame. 

IIe    ARRONDISSEMENT 

Voltaire-Aubert-Palace.  95.   rue  de 

Roquette.  —  Aubert-Journal.  —  Parailr 
drame.  —    Nick    IVinter  et  ses  aventures 
2''  épisode.  —  L'Echéance,  drame. 

i2<=  ARRONDISSEMENT 

Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Gaumonl- 
Actualités.  —  Pathé-Revue.  —  La  Pèche 
au  mari,  film  comique. — Madge  l'ccerveléa 
comédie  gaie.  —  Attraction  :  Max  Kidd  et 
son  chien  mécanique.  —  Illusions  de  jeunesse. 
comédie  sentimentale. 


i3e    ARRONDISSEMENT 

Gobelins,  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 

Paibc  Journal.  —   Patbé-Revue,   n°    34.  . — 

Lui...   cheç    les   Indiens,    comique.     —    La 

Pocbarde,  12e  épisode.  —  Matbias  Sandorf. 

6e  épisode.  —  Félonie,  drame. 

14e   ARRONDISSEMENT 

Qaité    rue  de  la  Gaité.  —  Patbé-Journal. 

—  Patbé-Revue  no  ^4.  —  Lui...  ebe:  les 
Indiens,  comique.  —  La  Pocbarde.  12°  épi- 
sode.—  Train  de  nuit,  comique.  —  Félonie, 
drame. —  Une  partie  de  campagne,  comique. 

i5e  ARRONDISSEMENT 

Grenelle,  122.  rue  du  Théâtre. —  Palhé- 
fournal.  —  Pathé-Revue  n°    ^4,  documen- 
taire.—  Lui...  che:  les  indiens,  comique.— «■ 
La  Pocbarde,  12e  épisode.  —  Matbias  San- 
dorf. 7e  épisode.  —  Félonie,  drame. 

Splendide-Cinéma,  3,  rue  Larochelle] 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  Les  actualités 
de  Splendide-Cinéma.  —  Vue  du  vieux 
Prague,  plein  air.  ' —  Fraternité,  coméda 
dramatique. —  Les  Bohèmes  de  Pans,  scène 
dramatique. 

i6«     ARRONDISSEMENT 

Mozart-Palace.  49.  51, rue  d'Auteuil.iôl 

—  Programme  du  vendredi  20  au  lundi 
20  août.  —  Le  Fils  de  son  père.  —  Matbias 

Sandorf.  7e  épisode.  —  La  Poupée  brisée. 
comédie, —  Eclair-Journal.  —  Programnfl 


cmea 


23 


du  mardi  30  août  au  jeudi  i«r  septembre. 
■  Clicf  les  anthropophages,  2e  étape.  — 
Le  Guardian,  drame.  —  Fatty  à  la  plage, 
comique.  —  f'albé-Journal.  —  L'Enfant 
du  Carnaval,  drame.  — Joe  au  studio. 

17e  ARRONDISSEMENT 

Maillot-Palace-Cinéma,  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi  26   au    lundi  2c>  août.  —   Cheç  les 

anthropophages,  2e  étape.  —  Le  Guardian, 
drame.  —  Fatty  à  la  Plage,  comique.  — 
L'Enfant  du  Carnaval,  drame.  —  Joe  au 
studio.  —  Pathè-Journal. —  Programme  du 
mardi  30  août  au  jeudi  i<"'  septembre.  — 
Le  Fils  de  son  Père,  comédie.  —  Mafhias 
Saudorf,  7e  épisode.  —  La  Poupée  brisée, 
comédie.  —  Eclair-Journal. 

Ternes-Cinéma,   avenue  des  Ternes,  5. 

-  Pathè-Journal.  —  Laminoirs  et  filières. — 
Amour  brisé,  comédie  dramatique.  —  Ma- 
thias  Saudorf,  7e  épisode.  —  Amour  et 
Folie,  comédie  eaie. 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Demours, 
Directeur:  M.  F.  Destannes. —  Wag.77-66. 
Chef  les  anthropophages,  6e  étape.  — 
Watty  portier,  comique.  —  Mathias  Saudorf, 
7e  épisode.  —  Eclair-Journal.  —  Le  Trésor 
d'Ame,  drame. 

Cinéma  Legendre,   128,   rue  Legendre. 

-  Directeur  :  A.  Jallon.  —  Legendre-Actua- 
lites.  —  Une  biscuiterie  danoise,  documen- 
taire. —  Le  Guardian  drame.  —  Mathias 
Saudorf.  7e  épisode.  —  Apres  l'abandon, 
drame.  —  Intermède  :  Drabat,  le  célèbre 
imitateur  fantaisiste. 

Le,  Select,  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Chef  les  anthropophages,  be  étape. —  Jeune 
plie  a  louer,  comédie.  —  Gaumont-actuali- 
tés.  —  Une  grande  âme.  drame.  —  Fatty 
portier,  comique. 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  — 
10  minutes  au  Music-Hall  n"  22.  —  Calou- 
chard  et  Bocalas,  comique.  —  L'échéance 
fatale,  comédie.  —  Les  deux  Routes,  comé- 
die dramatique.   —  Pathé-  Journal. 


On  signale  qu'un  entrer- 
preneur  de  cinéma 
forain  a  disparu  en 
emportant,  après  les 
aVoir  pris  en  location, 
les  films  intitulés  Tir- 
ha,  Polidor  trouve  un 
sosie,  Le  Truc  de 
Suzette  et  Le  Postil= 
Ion...  £  Entre  =  nous 
c'est  lui  qui  parait  être 
Volé.    4*    4  4    4  4    4* 


Lutetia-Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Chef  les  Anthropophages,  6e  étape.  —  Le 
Modèle  de  Cire,  comédie  dramatique.  — 
Fat/y  portier,  comique.  —  Pathé-Revue.  — 
Les  Hommes  marqués,  comédie  dramatique. 

—  Gaumoiit- Actualités . 

18e   ARRONDISSEMENT 

Barbes-Palace,  34,  boulevard  Barbes- 
Direction  :  L.  Garnier.  —  Nord  35-68.  — 
Amour  et  Folie,  comédie  gaie.  —  Les"  deux 
Routes,  comédie  dramatique.  —  Mathias 
Saudorf,  7e  épisode.  —  Le  diseur  Montv. 

Palais-Rochechouart,  56,  boulevard  Ro- 
chechouart. —  Les  folies  du  ciné,  comique. 

—  Nick  IVinter  et  ses  aventures.  2eépisode. 
Paraître,   drame.     —    Aubert- Journal.   — 

L'Echéance  fatale,  comédie  dramatique. 

Marcadet-Cinéma-Palace ,  110,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81. —  Madame  et  son  filleul,  comé- 
die gaie.  —  Zigoto  et  les  apaches,  comique. 
Petit  Patron,  comédie  sentimentale.  — Pa- 
thé-Joumal.  —  Pathé-Revue. —  Attraction  : 
Les  Kanui  and  Partner,  chanteurs  et  dan- 
seurs des  Iles  Hawaï. 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt  et   rue  d'Orsel,  43, 

—  Maurice  Robert,  directeur.  —  Program- 
medu26aoùt  au  1e1'  septemqre.  —  L'Etrange 
complot.  —  Fatty  bolchevick,  comique.  — 
Les  actualités  de  la  semaine.  —  Sosthene 
s'obstine,  comique. —  La  Havane.— Mathias 
Saudorf,  7?  épisode. —  Attraction  :  Charlav, 
dans  son  répertoire. 

Programme  du  2  au  8  septembre 
Le  Voile  du  Bonheur. —  Régliss  aux  bains 
de  mer,  comique.  —  Le  Lièvre  et  la  tortue, 
dessins  animés.  —  Les  actualités  de  la 
semaine.  —  Les  Habitants  des  mers,  docu- 
mentaire. —  MathiasSandorf,  8e  épisode. 

—  Attraction  :  Mlle  Régine  Odry,  de 
1  Opéra-Comique 

19e     ARRONDISSEMENT 

Secrétan,  7,  Avenue  Secrétan. —  Pathè- 
Journal. —  Calouchard  et  Bocalas,  comique. 
— Mathias  Saudorf, 6e  épisode. —  Le  Train 
24,  Ier  épisode.  —  L'Echéance  fatale,  drame. 

20<=    ARRONDISSEMENT 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  Pathè-Journal.  —  Ambitieuse, 
comédie  dramatique.  —  Attraction  :  Yama- 
moto  et  Koyoshi,  équilibristes  japonais.  — 
Pathé-Revue.  —  Fattv  bistro,  comique.  — 
La  Gangue,  scène  dramatique. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumout-actitalités.  — Jeune 
fille  à  louer,  comédie,  —  Attraction  :  Les 
Morisoss,  barristes. —  Illusions  de  jeunesse, 
comédie  sentimentale.  —  Joè  au  studio, 
comique. 

Paradis-Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 
leville. —  A  travers  la  France  :  Ajaccio. 
Bigorno    contre    Dago-Red,    comique.     — 


L'autre  parfum,  comédie  sentimentale.  — 
Attraction  :  Le  ténor  Dégremont.  —  Nick 
IVinter  et  ses  aventures.  2"-  épisode.  — 
Paraître,  drame.  --  Fatty  fiancé  de  Mabel, 
comique 

BANLIEUE 

Clichy.  —  Pathè-Journal. —  Calouchard 
et  Bocalas,  comique.  —  Mathias  Saudorf, 
7e  épisode.  —  L'Affaire  du  train  24,  Ier  épi- 
sode. —  L'Echéance  fatale,  comédie  drama- 
tique. 

Levallois.  —  Pathè-Journal. —  Beauei- 
trou  et  le  chapeau  gris,  comique.  —  La 
pocharde,  1 1<-*  épisode.  —  Mathias  Saudorf, 
6e  épisode.  —  Delval,  chanteur  à  voix.  — 
Le  souffle  des  Dieux,  comédie  dramatique. 

Montrouge.  —  Industries  indigènes  du 
Congo  belge,  plein  air. —  Montrouge-actua- 
lités.  —  Part  èi  deux,  comédie.  —  Mathias 
Saudorf,  7e  épisode.  —  La  Momie,  comi- 
que. —  Le  Roi  des  Chemins,  drame. 

Bagnolet.  —  Pathè-Journal.  —  Calou- 
chard et  Bocalas,  comique. —  Mathias  Sau- 
dorf, 4e  épisode.  —  L'Affaire  du  train  24, 
Ie'' épisode. —  L'Echéance  fatale,  comédie 
dramatique. 

Vanves.  —  Pathè-Journal.  —  Pathé- 
Revue  n°  14. —  Lui...  chef  les  Indiens, comi- 
que. —  La  Pocharde,  12e  chapitre.  — 
Train  de  nuit,  comique.  —  Félonie,  drame. 
—  Deux  Coqs  une  poule,  comique. 

Olympia    Cinéma     de    Clichy.  —  Dix 

Minutes  au  Music-Hall.  —  Fatty  portier. 
comique.  —  Une  grande  âme,  drame.  — 
Attraction  :  Dancre-Musty.  —  Les  deux 
Routes,  comédie  dramatique.  —  Gaumont- 
Actualitès. 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (Le 
vallois).  Wagram  04-91.  —  Le  Roi  du 
volant,  comédie  sportive.  —  Mathias  Sau- 
dorf. 6e  épisode.  —  La  pocharde,  11e  cha- 
pitre.—  Fridolin  chef  de  rayon,  comique . 
— Attraction  :  The  Renelly's. 


IL     FAUT    VOIR 


Les  Proscrits 

avec  Victor  Sjostrcm 


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cinea 


Envoyez  nous  un  scénario  ciné- 
graphique.  Des)Ournauxcomme 
Le  Film,  Ciné  pour  tous,  Bon- 
soir, en  ont  publiés  d'excellents 
qui  vous  ont  appris  le  décou- 
page, le  style  et  le  mouvement 
de  ces  ouvrages  spéciaux. 
Essayez  décomposer  un  thème 
d'écran,  drame  ou  comédie, 
découpez-le  et  bornez  vous  à 
des  moyens  simples  :  peu  de 
décors,  peu  de  personnages 
mais  beaucoup  de  sincérité,  un 
peu  de  goût,  et  du  talent  si 
vous  pouvez 

Jury  :  Dans  ce  Jury  seront 
représentés  les  metteurs  en 
scène  (J.  de  Baroncelli,  Mar- 
cel L'Herbier,  Léon  'Poirier, 
T^ené  Le  Somplier.  etc.)  les 
interprêtes  (Signoret,  Van 
Daële,  André  Nox,  Séverin- 
Mars,  etc.)  et  les  spectateurs 
Boisyvon,  René  Bizef,  Canudo, 
J.-L.  Croze,  Fréjaville,  Lio- 
nel Landry,  P.  de  la  {P>orie, 
Pierre  Henry,  Pierre  Seize, 
Urviller,  Marcel  Yonnet,  etc.) 

Clôture  :  La  date  extrême 
pour  1  envoi  des  manuscrits  est 
fixée    au     Ie'    Août   prochain. 

Prix  :  Le  meilleur  scénario 
choisi  par  le  Jury  recevra  un 
prix  de  Mille  francs  et  sera 
publié  dans  Cinéa,  si  l'auteur 
le  désire.  Et  bien  entendu 
Cinéa  s'emploiera  à  le  faire 
connaître  des  maisons  d'édi- 
tions françaises 


cinea 

10,   RUE  DE  L'ELYSÉE 
PAR  IS  


LES   STARS 

DE   FRANCE    ET 
D'AMÉRIQUE 

SONT  EN  PHOTO  CHEZ 

J.  THIOLAT,  i,  rue  Darcet 
Paris  (  17e) 

Portraits  de  : 


Mary  PicKford  =  Norma  Talmadge 
Charles  Chaplin  =  Douglas 
Fairbanks  =  Nazimova  =  Mary 
Miles  Minier  =  William  S- 
Iïart  ■  Ralph  Graves  =  Pearl 
White  =  Lilian  Gish  =  Richard 
Barthelmess  -  William  Farnum 
Pauline  Frederick  =  Conslance 
Talmadge  -  Thomas  Meighan 
Jackie  Coogan      

Les  16  photos  (i!S  24)  :  ÎO  fr. 
franco  :  ÎO  fr.  50 

Portraits  de  : 


EDMOND  VAN  DAELE 
EVE  FRANCIS 
ANDRÉ        NOX 

E  M  M  Y  L  Y  N  N 
GABRIEL      SIGNORET 

3  fr!  la  photo    —    3  fr.  50  franc» 

(Mandats  au  ncm  de  J.  THIOLAT) 


BONSOIR 

Vous  dira  quels 
sont  les  bons  soirs 
du  cinéma .. 

Si  Vous  aimez  le 
cinéma,  Vous  aimez 

BONSOIR 


CONCOURS 


DE 


PHOTOGRAPHIES 
D'AMATEURS 


Envoyez  à  Cinéa  des 
photos  de  n'importe 
quel  format,  représentant 
des  acteurs  de  ciné  dans 
la  vie  privée,  ou  des 
aperçus  du  travail  ciné- 
graphique  en  plein  air, 
en  studio,  etc.,  tout  ce 
qui  se  rapporte  à  l'écran 
et  pourra  résumer  en 
quelque  sorte  les  coulis- 
ses du  Cinéma.  Le  Jury 
sera  composé  de  six 
opérateurs  français  : 
MM.  Bousquet,  Chaix, 
Gibory,  Irvin,  Forster  et 
Lucas 

Prix  :  Le  premier  prix 
recevra  deux  cents  francs 
et  sera  reproduit  sur  la 
couverture  de  Cinéa,  il 
y  aura  quatre  seconds 
prix  de  cinquante  francs, 
qui  seront  reproduits 
dans  Cinéa. 


cinea 

10,   RUE   DE   L"ÉLYSÉE 
PARIS   


Imprimerie  spéciale  de  cinéa.  84,  rue  Rochechouart,  Paris. 


Le  gérant  :  A.  Paty. 


un  FRANC  |  Numéro  des  Interprètes  français  fuFFRANcl 


9  Septembre  1921 


Numéro  ..  ..  18 


•^  ^  -^  hebdomadaire  Illustré  4-^4 
Louis  DELLUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
io.  Rue  de  l'Elysée,  Paris  -  Tél.  :  Élys.  58-84 


ABONNEMENTS    : 

I  an  45 fr.  -  6  mois  25  fr. 
Le  Numéro  ...  1  fr. 


VAN 


D    A     Ë     L     E 


Il  sera  un  grand  premier  rôle  de  nos  écrans.  Il  s'est  révélé  avec  La  Croisade,  Narayana,  Ames  siciliennes,  La  Montée  vers 
l'Acropole .  Il  s'impose  avec  ses  créations  nouvelles  de  Fièvre,  Pour  une  Nuit  d'Amour,  Les  Roquevillard.  Il  est  l'homme 
fort,   lucide,  ardent,   bien  vivant,  avec  une  âme  nette  et  des  yeux  clairs,  l'homme  dont  notre  cinéma  avait   besoin. 


UN  .FRANC  |  Numéro  des  Interprètes  français  !  UN  franc  j 


Ce     manteau     en      velours    de     laine     beige     avec    col      et     grands     parements 

de    taupe    recouvre   une    robe    en    tissu   lamé    noir    et    or    ornée    de 

motifs  et    rehaussée    d'une     longue    ceinture    noire    en    jais. 

La     robe     et     le      manteau      sortent      de      la 


MAISON 


CLÉ 


392-394-396,     Rue     Saint-Honoré 


i 


: 


! 


GINA   PALERME  et   ROLLA  NORMAN 

dans  une  des  plus  jolies  scènes  de  L'Eternel 
Féminin,  le  grand  film  de  Roger  Lion  que 
nous  aurons    bientôt  le    plaisir  de  voir  a  1  écran. 


GASTON    MODOT,   dans   Fièvre 


Cliché  Alhambra. 


C'est  un  interprète  de  cinéma  dans  toute 
la  force  que  cette  expression  devrait  avoir. 
Ailleurs  il  serait  illustre,  accable  de  dollars, 
harcelle'  de  rôles.  Ici  du  moins  il  a  été  un 
collaborateur  vigoureux  pour  plus  d'un 
réalisateur  ambitieux  et  nous  admirons  ce 
qu'il  a  t'ait  dans  Monte-Cristo,  La  Sultane 
de  V Autour,  Un  Ours.  Le  Chevalier  de 
Gaby,  La  Fête  Espagnole.  Matbias  Sandorf, 
Fièvre,  etc. 


cinéa 


M         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi   9   au   Jeudi  15   Septembre 


ae    ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des 
Italiens.  —  Matbias  Sandorf, <p épisode.  — 
les  actualités.  —  Le  méchant  homme,  comé- 
die. —  Le  Lvs  de  la  vie,  d'après  le  conte  de 
S.  M.  la  Reine  de  Roumanie. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière. 
Çbeç  les  sauvages  de  l'Océanie  documen- 
taire. —  Select-Revue  ttn  ?.  —  La  Chemise 
de  Teddy,  drame.  —  La  fugue,  de  Moune, 
comique.  —  Parisiana-Journal.  —  Une 
grande  âme,  drame.  —  Chariot  grande 
coquette,  comique. — En  supplément  excepté 
dimanches  et  fêtes  :  Le  mystère  de  W>all- 
Street,  comédie  dramatique. 

Omnia-Pathé,  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Pathé- Journal.  —  Beaucitron 
bon  juge,  comique.  —  Fronton t  jeune  et 
Risler  aine,  ire  époque. —  Matbias  Sandorf. 
ge  et  dernier  épisode. 

Klec  trie-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Journal.  —  A  travers  la 
France  :  Environs  d'Ajaccio.  —  L'étoile 
ignorée,  drame.  —  Un  malentendu,  comé- 
die, r—  Deux  bons  petits  diables,  comique. 

—  En  supplément  facultatif  :  Nick  Winter 
et  ses  aventures,  4e  épisode. 

3<=  ARRONDISSEMENT 
Pathé-Temple.  —  Patbé-Journal.  — 
Beaucitron  boit  juge,  comique.  —  Matbias 
Sandorf,  9e épisode. —  L'Affaire  du  train  24, 
y  épisode.  —  Fromont  jeune  et  Risler  aine. 
in  époque. 

4e   ARRONDISSEMENT 
Saint-Paul       73,     rue     Saint-Antoine. 
Sur   le   Fiord  de  Christiania,  plein  air.  — 
Saint-Paul-Journal.  —  Le  Crampon,  comé- 
die. —  Lui...    che{  les  Indiens,    comique. 

—  Matbias  Sandorf,  8,:  épisode.  — La  vie 
de  Raspoutine,  le.  moine  scélérat,  drame  his- 
torique. 


S     Une  reprise  de 

m 
m 

La  Xe  Symphonie" 


a 


serait  un  bel  hom= 
mage  au  souvenir 

de  SEVERIN-MARS 


Dessin  de  Bécan 

ED.  BENOIT-LÉVY 

la  personnalité  la  plus  active  et  la  plus 

considérable  des   entreprises  —  salles, 

studios,    location,    édition,    etc.    —  du 

film  français. 


5e  ARRONDISSEMENT 

Mésange, 3,  rue  d'Arras. —  Patbé-Journal. 

—  Pathé-Revue  n°  ?6,  documentaire.  — 
Jeunes  filles  et  marier,  comique.  —  Matbias 
Sandorf,  8e  épisode.  —  L'Affaire  du 
train  24,  2e  épisode.  —  Argent  et  honneur. 
comédie  dramatique. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  La  fugue  de  Moune,  comique. —  L'argent 
et  l'honneur,  comédie  dramatique.  —  Gau- 
mont-actualités.  —  Attraction  :  Yamamoto 
et  Koyoshi, équilibristes  japonais. —  Maga- 


sine, documentaire.  —  Raspoutine,  grande 
série  dramatique. 

7e  ARRONDISSEMENT 
Cinéma  Récamier,  3,  rue  Récamier.  — 

Actualités,  —  L'Affaire  du  train  24,  2e  épi- 
sode. —  A  l'Assaut  dit  bonheur,  drame. — 
La  Belle  de  A^tD-Yo/V^comédiedramatique. 
Cinéma  Bosquet, 83,  avenue  Bosquet. — 
Direction  G.  Moyse.  —  Cbe{  les  Anthro- 
pophages, 3e  étape.  —  Ribadouille  a  la 
berlue,  scène  comique.  —  Matbias  Sandorf , 
8=  épisode. — Attraction  :  FJorus,  chanteur. 

—  L  Amour,  la  Vie,  la  Mort,  drame  senti- 
mental. 

Régina-Aubert-Palace  155,  rue  de 
Rennes.  —  Aubert-Journal.  —  Nick  Winter 
et  ses  aventures,  4e  épisode.  —  Brûle  la 
roule,  comédie    sportive.  —  Pathé-Revue. 

—  Le  cirque  de  la  mort,  drame. 

8e  ARRONDISSEMENT 

Théâtre   du   Cotisée,    38,   avenue    des 

Champs-Elysées.  Direction    Malleville.  — 

Elysées  29-46.  —  San-Remo  et  ses  environs, 

plein  air.  —   Le  Méchant  homme,  comédie. 

—  Gaumont-actualités. —  Le  Lvs  de  la  Vie, 
film  d'après  le  conte  de  S.  M.  la  Reine  de 
Roumanie. 

10e  ARRONDISSEMENT 
Tivoli,  19,  faubourg"  du  Temple.  — 
Tivoli-Journal.  —  Matbias  Sandorf,  9e  épi- 
sode. —  Sur  le  Fiord  de  Christiania,  plein 
air.  —  Beaucitron  bon  juge,  comique.  — 
Fromont  jeune  et  Risler  aine,  drame. 

ne  ARRONDISSEMENT 
Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la 
Roquette.  —  Aubert-Journal.  —  Nick 
Winter  et  ses  aventures,  4e  épisode.  — 
Les  deux  routes,  comédie  dramatique.  — 
Fromont  jeune  et  Risler  aine. 

I2«  ARRONDISSEMENT 
Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Gaumont- 
Actualités.    — Magasine.  —  La  Course  au 


THEATRE 

DU 

COLISÉE 

CINÉMA 

38,  Av.  des  Champs  Élysées,  38 

Direction   :  Téléphone  : 


P.  MALLEVILLE 


ELYSEE    29-46 


cinca 


tac,  film  comique.  Les  deux  Roules,  comé- 
die dramatique.  Attraction  :  Dufieuve, 
chanteur  comique.  —  Fromotit  jeune  et 
Risleraînè,  d'après  le  roman  d'A.  Daudet. 

i3<    ARRONDISSEMENT 
Gobelins.  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 
Patbé-Journal.  —   Patbè-Revue,  n°    ?6.   — 

jeunes  filles  à  marier,  comique.  —  Mathias 
Sandorf,  8»  épisode. —  L'Affairedu  train  24, 
2°  épisode.  —  Argent  et  honneur,  comédie. 

14e    ARRONDISSEMENT 

(iaité  rue  de  la  Gaîté.  —  Patbé-Journal, 

—  Patbè-Revue  m  ?o.  —  La  Momie, comique. 

—  L'Affaire  du  train  24,  2e  épisode. —  Ar- 
gent e  I  honneur,  comédie  dramatique.  — 
Jeunes  filles  éi  marier,    comique. 

15e  ARRONDISSEMENT 

Grenelle,  122.  rue  du  Théâtre.  —  Pathé- 
Journal.  — ■  Patbè-Revue  n°  36,  documen- 
taire.—  Jeunes  filles  à  marier,  comique.  — 
Mathias  Sandorf,  9e  épisode. —  L'Affairedu 
train  24,  2e  épisode.  —  Argent  et  bonheur, 
comédie  dramatique. 

Splendid-Cinéma-Palace,  60.  avenue 
de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-03.  M.  Messie, 
directeur.  —  Patbé-Journal.  —  Patbè-Revue. 
La  pente  des  Vosges,  plein  air.  —  La  Sierra 
Nevada,  documentaire. — Mathias  Sandorf. 
if  épisode.  —  Le  Rêve.  —  Raspoutine,  le 
l'ope  noir,  scène  dramatique.  —  La  Course 
en  Sacs,  comique.  —  Intermède  :  IVolff, 
baryton. 

Splendide-Cinéma,  3,  rue  Larochelle. 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  Les  actualités 
de  Splendide-Cinéma.  —  Cher  les  Indiens 
Taos,  documentaire. —  Fatly  fait  ses  débuts , 
comique.  —  Les  Cavaliers  de  la  nuit, 
comédie  dramatique.  —  La  Faute  d'Odette 
Maréchal,  comédie. 

i6«     ARRONDISSEMENT 
Mozart-Palace,  49,  5 1  ,rue  d'Auteuil,  16e. 

—  Programme  du  vendredi  g  au  lundi 
12  septembre.  —   Train  de  nuit,  comique. 

—  Mathias  Sandorf,  cf  épisode.  —  La 
Course  en  Sacs,  comique. —  Les  découragés. 
étude  sociale.  —  Eclair-Journal.  —  Pro- 
grammedu  mardi  13  au  jeudi  15  septembre. 

—  Cher  les  anthropophages.  5e  étape.  — 
Amour  et  Folie,  comédie.  —  l'athé-Journal. 

—  L'autre  parfum,  comédie.  —  Fattv  por- 
tier, comique. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue 
Malakoff. —  La  Main  invisible.  i*T  épisode. 

—  Le  roman  de  la  vallée  heureuse,  drame. 

—  Le  Rêve,  avec  Signoret.  —  Zigolo  et  les 
apaches.  comique. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  —  Sur  le 
Rhin,  documentaire.  —  Du  sang  dans  la 
prairie,  drame.  —  Fascination,  comédie. — 
L'Excitant  elixir.  comique. 

17e  ARRONDISSEMENT 
Ternes-Cinéma,   avenue  des  Ternes.  5. 

—  Ajaccio.  —  Patbé-Journal.  —  Le  père 
Lebonnard.  —  Mathias  Sandorf,  9e  et  der- 
nier épisode.  —  Le  mari  à  la  campagne. 
comédie  gaie. 


Maillot-Palace-Cinéma,  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi o.  au  lundi  12  septembre.  —  Cbe{  les 
anthropophages,  4e  étape. —  Amour  et  foli  , 
comédie.  — Patbé-Journal.  —  L'autre  par- 
fum, drame.  —  Fattv  portier,  comique.  — 
Programme  du  mardi  13  au  jeudi  i,  sep- 
tembre. —  Train  de  nuit,  comique.  — 
Mathias  Sandorf.  ur  épisode.  —  La  Course 
eu  Sacs,  comique. —  Les  Découragés,  étude 
sociale.  —   Eclair-Journal. 

Cinéma  Legendre.   128,   rue  Legendre. 

—  Directeur  :  A.  Jallon.  —  Legendre- A  dua- 
lités. • —  Reï-Gliss  aux  bains  de  mer.  comi- 
que. —  Mathias  Sandorf,  if  et  dernier 
épisode.  — Stockholm,  plein  air.  —  Le  roi 
des  chemins,  comédie  dramatique.  —  Inter- 
mède :  LesSeguy,  comiques  militaires. 

Lutetia-Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Chez  les  Anthropophages,  8e  étape.  —  La 
Faim,  drame.  —  Deux  bons  petits  diables. 
comique.  —  Fromont  jeune  et  Risler  aine. 
reépopue.  —  Gaumont- Actualités. 

Le,  Select,  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Chez  les  anthropophages,  8e  étape.  —  Deux 
bons  petits  diables,  comique.  —  Ménage  de 
chien,  folie  caniculaire. —  Gaumont-actuali- 

tés. — Le  méchant  homme,  comédie. —  Match 
Carpentier-Dempser. 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Mnéage  de  chien,  comique.  —  Un  Malen- 
tendu, comédie  dramatique.  —  Le  méchant 
homme,  comédie  dramatique.  —  Patbé- 
Journal.  —  Match  Carpcuticr-DempscY. 

18e  ARRONDISSEMENT 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt   et   rue  d'Orsel.  43, 

—  Maurice  Robert,  directeur.  —  La  Petite 
Châtelaine,  comédie.  —  Le  Collier  de 
l'Impératrice,  aventures.  —  Mathias  Sandorf 
oe  épisode.  —  Les  actualités  de  la  semaine. 

—  Attraction:  Thipp 's, excentrique. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  110,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81. —  Fromont  Jeune  et  Risler  aine. 
— -  Le  duel  de  Bill,  comédie  gaie.  —  Beau- 
cilron  bon  juge,  comique.  —  Attraction  : 
Maria  Karsakowa  et  Mario  Lorenri.  pre- 
miers danseurs  d'opéra. 

Gau mont-Palace,    r,   rue  Caulaincourt. 

—  Le  Lys  de  la  Vie.  —  Un  malentendu . 
comédie  moderne. —  Le  voile  fantasque. 

Palais-Rochechouart.  56,  boulevard  Ro- 
chechouart.  —  A  travers  la  France  :  Envi- 
rons d' Ajaccio.  —  Nick  IV i nier  et  ses  aven- 
tures, 4e  épisode.  —  La  Faim,  drame.  — 
Aubert- Journal.  —  Fromont  jeune  et  Risler 
aine. 


Au  prochain  numéro 
suite  des  biographies 
d'interprètes     français 


Le  Capitole.  boulevard  de  la  Chapelle? 

—  La  Faim,  drame.  —  Deux  bons  petits 
diables, comique. —  Attraction  :  Francardâ 
dans  son  numéro  universel.  —  Fromont 
jeune  et  Risler  aîné,  1  époque.  —  Pathé- 
Jonrnal. 

10*     ARRONDISSEMENT 

Secrétan,  7,  Avenue  Secrétan. —  l'athe- 
Journal.  —  Beaucilron  bon  juge,   comique. 

—  Mathias  Sandorf,  8e  épisode.  —  L' A 

du  Train  24.  Y  épisode. —  Fromont  jeune  et 
Risler  aine.  1"'  époque. 

20e    ARRONDISSEMENT 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —   Patbé-Journal.  —  Dans  le  pïege\ 

comédie  dramatique.  -  Attraction  :  Niotna. 
Quand  ou  a  faim,  drame. — Ménagede  chien. 
comique. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont-actualités .  —  La 
deux  routes,  comédie  dramatique.  —  Fattv 
portier, comique. — Attraction  :  Les  Dionues. 
barristes.  —  Fromont  jeune  et  Rislei  aine, 
ir0  époque. 

Paradis-AubertrPalace.  42.  rue  île  bel- 
leville. —  La  pèche  au  mari,  comique.  - 
Le  courage  de  Madge,  drame.—  Attraction  : 
Floret  dans  son  répertoire.  —  Nick  IVinler 
et  ses  aventures,  4e  épisode.  —  Les  hommes 
marqués,  comédie  dramatique. 

BANLIEUE 

Clichy.  —  Patbé-Journal.  —  Beaneitron 
bon  juge,  comique.  —  Mathias  Sandorf, 
9e  épisode.  —  L'Affaire  dit  train  24.  Y  épi- 
sode. —  Fromont  jeune  et  Risler  aine. 
Ire  époque. 

Levallois.   —    Patbé-Journal.  —  Calou- 
chardet  Bocalas  comique.  —  Mathias  San* 
dorf,8<>  épisode.  —  Cabiria,  chanteuse   à' 
voix.  —  L'Affaire  du  train  24.  i*1- épisode» 

—  L'Echéance  fatale,  comédie  dramaiquef 

Montrouge.  —  San-Remo et  ses  environs. 
plein  air.  —  Montrouge-actualitès.  —  Le 
Crampon, comédie  dramatique.  —  Mathias 
Sandorf.  q'  épisode.  —  Deux  coqs,  une 
poule,  comique.  —  Le  Lourdaud,  comédie. 

Bagnolet.  —  Patbé-Journal.  —  Beanei- 
tron bon  juge,  comique. —  Mathias  Sandorf. 
()e  épisode.  L'Affaire  du  train  24.  y  épi- 
sode. —  Fromont  jeune  et  Risler  amé. 
i'e  époque. 

Vanves.  -  Palhé-Jounial.  —  Pa/hé- 
Rt  vue  ii°  56.  —  Part  éi  deux,  comique.  — 
L'Affairedu  tram  24.2-  chapitre.  —  Argent 
et  honneur,  comédie  dramatique.  —Jeunes 
filles  à  marier,  comique. 

Olympia    Cinéma     de    Clichy.  —     La 

Noce  de  Fattv  comique.  —  Les  deux 
Sœurs,  comédie  dramatique.  —  Deux  bons 
petits  diables,  comique  —  Attraction  : 
Max  Rogé,  chanteur.  —  Le  méchant  homme. 
comédie  dramatique.  —  Gaumonl-Aetr.a- 
litcs. 


cinea 


MM    QUELQUES   FILMS    FRANÇAIS    MM 


Ames  Siciliennes. 

Du  rythme,  du  soin  et  souvent  le 
sens  du  cinéma.  Un  effet  de  terreur 
qui,  plus  au  point,  eu  réalisé  une  de 
ces  atmosphères  de  mystères  chère  à 
Conan  Doyle, voire  à  Gaston  Leroux. 

Van  Daële  a  de  la  puissance.  Made- 
leine Lyrisse,  dans  un  rôle  ingrat,  a 
du  tact  et  du  style. 


Le   secret    de  Rosette    Lam- 
bert 

Une  des  plus  magnifiques  manifes- 
tations de  la  «  matière  photogénique  ». 
C'est  vraiment  du  cinéma.  Si  Tristan 
Bernard  n'avait  pas  fait  exprès  un 
scénario  banal  ce  serait  un  film  ex- 
traordinaire. C'est  tout  de  même  ce 
qu'on  peut  appeler  un  film. 

Lois  Meredith  est  tantôt  elle-même 
tantôt  Fanny  Ward,  mais  c'est  tou- 
jours joli.  Camille  Bert,  Dullin,  Jac- 
ques Roussel  sont  excellents.  Henri 
Debain  triomphe. 

Les  décors  de  R.  Mallet-Stevens 
sont  trop  photogéniques. 


L'homme  du  large. 

Le  premier  grand  succès  de  Marcel 
l'Herbier  sont  de  belles  images,  mais 
le  cinéma  veut  des  images  animées. 
En  tout  cas,  c'est  le  passage  de  la  pho- 
tographie d'art  à  la  photographie  ci- 
nématographique. Et  ce  succès  nous 
réjouit  tous. 

Catelain  s'y  impose  en  torturant 
un  peu  sa  nature,  à  la  manière  des 
derniers  filins  de  Lillian  Gish.  Roger 
Karl  débute  de  son  mieux,  qui  sera 
très  bien  avant  peu, car  il  peut  beau- 
coup en  ligne  et  en  expression. 

9 
Colomba. 

D'un  petit  conte  sec,  faire  un  opéra 
cinégraphique  n'est-ce  pas  une  er- 
reur ?  Mlle  Marco-Vici  serait  mieux 
Antinéa  que  Colomba.  Il  est  visible 
pourtant  que  tout  le  monde  a  voulu 
faire  très  bien. 


Le  lys  rouge. 

Anatole  France  à  l'écran  ?  Non. 
Les  photos  de  Florence   sont  jolies 
mais  faciles. 


On  nous  répondra  :  C'est  un  film 
commercial  mais  nous  répondrons 
naïvement  :  Ce  n'est  pas  vrai. 


Fumée  noire. 

Pour  un  film  raté,  c'est  un  film  raté. 
L'idée  méritait  de  réussir.  La  forme 
du  scénario  déraille  au  deuxième 
tiers.  L'exécution  due  à  deux  com- 
plices prouve  que  l'un  des  deux  met- 
teurs en  scène  ne  connaît  rien  au  ci- 
néma. 

Le  négatif  poussé  au  gris  escamote 
l'intérêt  de  certains'intérieurs délicats 
dûs  à  la  collaboration  inattendue  de 
Francis  Jourdain  et  Van  Dongen. 

Ce  film  a  obtenu  les  sympathies  et 
l'indulgence  des  gens  dégoût  et  a  mis 
en  colère  quelques  autres.  Un  tel  ré- 
sultat récompense  l'effort.,. 

Le  Remous. 

Joseph  Boulle  est  très  bien. 

Petit  ange. 

Ne  nous  disputons  pas  au  sujet  de 
ce  film.  Il  a  gagné  de  l'argent.  Que 
voulait-on  de  plus  ? 

M.  Luitz-Morat  est  d'ailleurs  abso- 
lument capable  de  faire  un  film. 


La  Montée  vers  l'Acropole. 

C'est  là  que  Le  Somptier  a  réuni  le 
plus  d'idées  cinématographiques, 
mais  une  réalisation  inconfortable  les 
dessert  terriblement. 

Le  rôle  de  France  Dhélia  ne  lui  con- 
vient pas. 

André  Nox  et  Van  Daële  défendent 
leurs  personnages. 

Le  Silence. 

Une  heure  dans  la  tète  d'un  homme 
seul. 

Signoretfait  l'effort  leplus  difficile 
de  sa  carrière,  et, [en  somme,  réussit. 

Eclairages  inégaux. 

Les  images  du  passé  ne  sont  pas 
encore  assez  loin 


Narayana. 

Un  beau  rêve.  Tout  y  est  plus  indi- 
qué que  fini.  Mais  il  s'en  dégage  une 
impression     d'harmonie     intérieure 


très  artiste  et  très  française  qui  l'ait 
de  ce  film  un  enseignement  délicat. 
Grand  succès  personnel  pour  Van 
Daële,  cariatide  de  rêve  et  de  pensée. 
Myrga,  énigmatique  ,  et  Marcelle 
Souty,  sensuelle,  l'encadrent  exacte- 
ment. 

Fabienne. 

Une  honnête  comédie. 

Yvonne  Aurel  a  un  masque  émou- 
vant, un  peu  dur,  très  passionné,  at- 
tachant. Rien  d'une  ingénue.  Louise 
Glaum  T 

O 
Miarko. 

Visuellement,  Mercanton  n'a  pas 
réussi  Miarka  comme  l'Appel  du 
sang. 

Desdemon  a  Mazza  est  une  délicieuse 
sauvageonne.  Réjane  nous  électrise 
pendant  cinq  minutes.  M.  Jean  Riche- 
pin  n'arrange  pas  les  choses. 

Li-Hang-Le-Cruel. 

Zut  pour  Forfaiture  î 

Un  serpent  mélancolique  ne  suffit 
pas  à  galvaniser  le  chef-d'œuvre  an- 
noncé. 

Du  moins,  May  Murray,  Mary  Ha- 
rold  et  Félix  Ford  sont-ils  de  justes 
interprètes. 

Flipotte. 

Il  s'en  faut  de  peu  que  ce  soit  un 
bijou.  Mais  il  y  a  un  malentendu 
entre  l'humour  anglais  et  le  cirque 
français,  et  Signoret  sentimental  n'a 
jamais  valu  Signoret  parodique.  Mais 
l'ensemble  abonde  en  grâce  ironique 
et  quelques  coups  de  ciseaux  lui  eus- 
sent assuré  le  succès  voulu. 


La  Paix  chez  soi. 

Variation  sur  Courteline  par  Robert 
Saidreau.  Bien  dangereux,  en  prin- 
cipe. Mais,  en  fait,  Saidreau  a  eu  rai- 
son. C'est  un  petit  feu  d'artifice  réussi. 

e 

Tartarin  sur  les  Alpes. 

Avec  l'accent  de  Vilbert,  je  ne  dis 
pas  non.  Mais  Vilbert  muet  T  Ah  que 
c'est  muet... 

• 

Tristan  et  Yseut. 

C'est  à  peine  du  Massenet, 


cinea 


Champi-Tortu. 

Un  thème  anti-cinéma  exécute  avec 
de  vraie  moyens  de  cinéma.  L'atmos- 
phère du  collège  est  exquise.  L'inté- 
rieur meublé  des  amants  est  moins 
bien. 

Janvier  et  Alcover  :  remarquables. 
Maria  Kouznezofï,  une  petite  provin- 
ciale gauche  ?  Ah  non! 


L'homme  qui  vendit  son  âme 
au  diable. 

Une  adaptation  de  la  manière  amé- 
ricaine corsée  d'une  bonne  humeur  et 
d'une  vivacité  qui  forcent  la  sympa- 
thie. C'est  du  cinéma,  ma  foi,  et  Da- 
vid Evremond  se  révèle  acteur  d'écran 
tout  à  fait  remarquable. 


Les  deux  Gamines. 

M.  Louis  Feuillade  soigne  techni- 
quement ses  feuilletons.  Il  ne  lui 
reste  plus  qu'à  s'attacher  à  des  sujets 
et  à  des  personnages  plus  intéres- 
sants. Cela  fera  plaisir  à  tout  le 
monde.  Mais  le  diable  m'emporte  s'il 
en  croit  un  mot  !.. . 

• 
Villa  Destin. 

Le  meilleur  l'Herbier  est  là.  Quel 
tonl  Finssorefrançaise,on  te  retrouve 
enfin.  Jonglons  avec  l'impossible  et 
moquons-nous  de  nos  émois.  Une 
querelle  absurde  empêche  ce  film  de 
paraître?  C'est  trop  juste  et  c'est,  en 
France  d'écrans,  la  tradition  qu'une 
œuvre  intéressante  ait  tous  les  mal- 
heurs. 

Brillante  interprétation  farce  de 
Saint-Granier,  Paulais,  Alice  Feeld, 
Lili  Samuel,  etc. 

• 

Le  Lys  du  Mont  Saint-Michel. 
Le  Mont  Saint-Michel  est  la  plus 
belle  colline  de  France  et  Agnès  Sou- 
ret  est  là  plus  belle  femme  de  France. 
Marier  deux  vedettes  fut  toujours 
scabreux.  Ces  unions  sont  des  déjeu- 
ners de  soleil.  Le  cinéma  peut  pour- 
tant se  nourrir  de  soleil, quelquefois. 


L'Ami  des  Montagnes. 

Romanesque  et  assez  paisible.   Du 
goût.  Et  André  Nox. 


Visages  voilés,  âmes  closes 

Henri  Rousel  est  un  sûr  chef  d'or- 
chestre cinégraphique.  Je  le  préfère 
dans  le  maniement  de  la  vie  des  ci- 


tés, mais  je   goûte  la    saveur  de  son 
Afrique  passionnée. 

Emmy  Lynn,   occidentale  ardente, 
s'orientalise  intelligemment. 


Mademoiselle  de  la  Seigllère 

Après  Les  Frères  Corses,  c'est  ce 
qu'Antoine  a  fait  de  mieux.  Intérieurs 
charmants,]  ardinsamenuisés, rythme 
bien  allant,  on  se  plaît  dans  ce  style 
Ile-de-France.  Interprétation  un  peu 
théâtre. 

• 
La  Hurle. 

Un  certain  cran.  Un  peu  plus  de 
nerf  et  ce  serait  beau.  Juliette  Mal- 
herbe et  Joseph  Boulle  ont  leur  suc- 
cès. 

Les  Trois  Masques. 

La  belle  maîtrise  de  Henri  Krauss. 
Le  plein  air  éparpille  un  peu  l'intérêt 
de  ce  thème  brutal  comme  un  coup  de 
stylet.  Henri  Krauss,  acteur,  a  de  l'en- 
vergure. Henri  Nollan,  Georges  Da- 
gne  et  Gine  Avril  sont   émouvants. 

Le  Talion. 

Bon  scénario.  Mise  en  scène  super- 
ficielle. Gaston  Jacquet  a  des  quali- 
tés supérieures  pour  le  cinéma.  Geor- 
ges Lannestravaille.Exiane  s'efforce. 


Le  Destin  Rouge. 

Bref,  sobre,  vivant.  Pas  assez  de 
force.  Du  sentiment  et  1  intelligence 
des  situations.  Van  Daële  de  premier 
ordre. 

• 
Le  Rêve. 

Ce  ne  pouvait  être  du  cinéma,  sur- 
tout pas  du  cinéma  de  Baroncelli.qui 
est  direct  et  pas  du  tout  intérieur, 
mais  c'est  un  beau  livre  d'images  lu- 
mineuses, soulignées  de  quelques 
fortes  notations  photogéniques. 

Signoret  et  Andrée  Brabant  ont  fait 
un  bel  effort.  Bravo  !  Et  Eric  Barclay, 
dans  le  rôle  de  Félicien,  est  parfait. 

• 
Blanchette. 

Hervilades  dons  étonnants.  Il  pour- 
rait en  user  mieux.  Qu'y  peut-il  ?  Il 
tire  de  Blanchette  mieux  que  Blan- 
chette. Donc  tout  va  bien.  Mathot  et 
Féraudy  ont  de  l'autorité.  Pauline 
Johnson  nous  a  plu. 


Prométhée  banquier. 

Fantaisie  d'un  jour,  cet  instantané 
cinégraphique  manque  du  liant  voulu 


pour  assurer  son  rythme.  Mais  c'est 
du  cinéma.  C'est  du  cinéma  de  haut 
goût.  Et  je  souhaite  que  la  mode 
vienne  chez  nous  de  ces  raccourcis 
dramatiques  en  quoi  les  Français(trop 
de  fois  vaincus  par  le  délayage)  excel- 
leraient. 

La  Belle  Dame  Sans  Merci. 

Au  temps  où  la  presse  injuriait 
Germaine  Dulac,  nous  avons  loué 
violemment  A  mes  de  fous  et  le  Bon- 
heur desautres.  Le  goût, l'esthétisme 
le  relief  en  virtuosité  de  cette  «  met- 
teur en  scène  »  ont  encore  gagné  de- 
puis La  fête  espagnole  et  La  Ciga- 
rette. Elle  a  parfois  sacrifié  aux 
enjouements  américains  ou  latins, 
Dans  La  Belle  dame  sans  merci  elle 
elle  est  bien  elle,  et  cela  fait  une  heure 
brillante. 

Toulout,  Tania  Daeyme,  Denise  Lo- 
rys  sont  intelligents. 

Lili-Vertu. 

Huguette  Duflos  est  jolie. 


L'Epingle  rouge. 

Le  Jardin  des  supplices  pour  jeu- 
nes filles. 

• 

Le  sens  de  la  mort. 

«  C'est  assez  costaud  »,  dirait  Gi- 
golette. 

Yanowa  est  racée  comme  un  Sloughi 
et  hardi  comme  un  chat.  Nox  a  de 
l'intensité. 

La  nuit  du  13. 

Les  amis  de  Fescourt  ont  eu  bien 
tort  de  lui  dire  que  ce  film  était  ad- 
mirable. Il  est  plein  de  bon  sens,  mais 
de  Forfaiture  aussi,  et  ceci  gâte  cela. 

Yvette  Andreyor  est  diverse,  vi- 
vante, saisissante,  remarquable.  Tou- 
lout est  bien.  Dubosc  est  très  bien. 
Vermoval  est  tout  à  l'ait  bien. 


La  fleur  des  Indes. 

Huguette  Duflos  est  jolie. 


Matbias  Sandorf. 

Voilà  du  bon  Fescourt.  Des  moyens 
d'infortune  ont  compromis  certaines 
parties  de  ce  roman  difficile.  L'en- 
semble se  tient  avec  de  la  couleur, 
du  goût,  du  soin  et  s  enrichit  d'inter- 
prètes comme  Joubé,  Toulout,  Ver- 
moval, Yvette  Andreyor  très  artiste 
et  surtout  Modot  admirablement  ci- 
néma. 


cinea 


SIC.NORKT  dans  Le  Pire  Goriot 


Le  film  :  Le  Père  Goriot,  c'est  seulement  la  douloureuse  histoire  du  Père  Goriot.  Il  ne  faut  point  y 
chercher  les  j^o  pages  du  livre  de  Bal{ac,  on  serait  déçu. 

Le  sujet  m'a  lente  parce  que  :  Dans  Champi-Tortu.  il  v  avait  /canne  Chevalier  (amour  ma/cruel). 
Dans  le  Rêve,  il  v  avait  Angélique  (amour  mystique).  Dans  le  Père  Goriot  /'/  y  a  Goriot  (amour 
paternel)...   Trvptiqne. 

Enfin  la  réalisation  de  ce  film  présentait  certaines  difficultés  de  reconstitution.  Et  ne  devons-nous  pas 
travailler  .?...  Mon  film  est  en  noir  et  blanc,  sans  demies-teintes.  Je  nie  suis  efforcé  d'être  simple,  direct  cl 
facile.  Je  ne  veux  pas  dire  que  j'y  sois  arrive,  ces  trois  mots  résumant  éi  mon  sens,  tout  l'art 
ciné  graphique. 

Ne  pense; -vous  pas  que  le  plus  bel  éloge  que  l'on  puisse  faire  d'un  film  est  dédire  :  «Comme  tout  cela  adi'i 
être  facile  a  faire.  «  Certaines  pages  de  nos  plus  grands  écrivains  donnent  cette  impression  de  facilité... 
El  les  films  de  luce  aussi. 

I.  DE  BARONCELLI. 


8 


cinea 


Gigolette. 

C'est  un  feuilleton.  Positivement, 
c'est  un  feuilleton. 

Séphora  Mossé  est  très  bien.  Colin 
aussi. 

El  Dotado. 

Ça,  c'est  du  cinéma. 

Je  ne  crois  pas  qu'il  y  ait  d'éloge 
plus  pur  à  présenter  à  un  metteur 
en  scène  français.  Et  Marcel  L'Her- 
bier, au  premier  rang  de  la  trop  pe- 
tite phalange  des  vrais  cinéastes  de 
Paris.,  a  trop  bien  témoigné  de  son 
effort  d'art  et  de  son  indépendance 
créatrice  pour  qu'il  faille  s'étonner 
d'un  succès  aussi  énorme  que  juste. 

Rose-France  était  une  belle  pré- 
face. L'Homme  du  large,  un  album 
de  belles  images  dramatiques.  Et 
Villa  Destin,  un  beau  jeu  de  films  et 
de  nuances  de  films  :  Kl  Dorado,c'est 
du  cinéma.  Et  c'est  du  cinéma  fran- 
çais. Un  tel  film  ira  dans  le  monde 
entier  parce  que  c'est  un  vrai  film  et 
parce  que  l'auteur,  français,  a  fait 
une  œitvre  française.  Je  n'ose  pas  de- 
mander à  ses  mille  petits  confrères, 
de  l'acclamer, car  je  pense  qu'ils  sont 
pleins  de  haine,  comme  un  tas  de  pe- 
tits fauves  âpres  et  cravachés  par  un 
maître. 

Eve  Erancis,  au  cinéma  et  au  théâ- 
tre, s'est  vouée  aux  nobles  batailles. 
Ses  derniers  succès  l'ont  couronnée. 
Et  El  Dorado  est  son  triomphe. 

Jaque  Catelain  est  remarquable. 
Depuis  la  trop  subtile  intensité  de 
l'Homme  du  Large,  il  a  resserré  et 
ressaisi  ses  moyens  de  sincérité.  Le 
naturel  et  la  tenue  de  son  personnage 
nous  ont  enchantés. 

Marcelle  Pradot  a  l'harmonie  pen- 
sive et  le  style  d'une  infante  moderne. 
Claire  Prélia  s'est  particulièrement 
fait  remarquer  par  sa  composition 
de  dignité  nordique.  Philippe  llériat 
me  semble  doué  de  cette  puissante 
simplicité  active  cpii  est  nécessaire 
en  cinégraphie. 

Une  belle  fresque.  Un  grand  chœur. 

Et  —  un  cœur. 


L'Atlantide. 

Au  sortir  de  la  présentation  de 
l'Atlantide,  on  n'a  pas  envie  d'en 
dire  beaucoup  de  bien.  Seulement  on 
n'a  pas  envie  d'en  dire  de  mal  du 
tout.  Il  faudrait  donc  en  dire  beau- 
coup de  bien.  Ce  n'est  pas  l'effort, 
les  millions  et  le  temps  passé  que 
j'estime  là-dedans.  C'est  l'ampleur, 
une     espèce     d'aisance     directe     que 


l'on    trouve   rarement    dans    un  film 
français. 


Le  titre  est  un  atout  pour  le  ciné- 
graphiste.  Le  roman  lui-même  est  un 
boulet  Pierre  Benoît  fut  léger,  bril- 
lant, attachant  avec  Kœnigsihark. 
Pierre  Benoît,  avec  l'Atlantide,  est 
confus,  pédant,  lassant.  Il  a  trop 
d'idées  et  surtout  trop  d'adresse.  C'est 
de  l'hyperesthésie  d'habileté. 


Un  de  mes  amis,  jaloux  (c'est  un 
écrivain)  du  succès  de  V Atlantide, 
répète  àcpii  veutl'entendre:«  L'Atlan- 
iide,  c'est  le  Phi-Phi  du  roman!»  Il 
suffit  aujourd'hui  de  dire  :«  L'Atlan- 
tide ce  n'est  pas  du  cinéma  !  » 


Avez-vousltt  Siie  de  Sir  Ridder  Ilag- 
gar?Ce  n'est  pas  un  très  bon  roman. 
C'est  un  très  bon  film. 


L'Atlantide,  de  M.  Feyder,  est 
presque  un  bon  film.  Il  commence 
par  cette  chaleur  et  ce  rythme  d'at- 
mosphère cpii  manquait  à  la  Sultane 
de  l'Amour  et  que  nous  aurions  bien 
voulu  trouver  dans  la  Vierge  de 
Stamboul.  Il  y  fait  chaud.  Le  désert 
parle  avec  cette  éloquence  nue  qu'on 
entend  sur  les  dunes  de  Flandre,  en 
Camargue,  sur  les  plateaux  de  Cas- 
tille  —  et  dans  la  campagne  d'Alger. 
Ces  visions  ont  delà  gueule. 


Nous  entrons  à  regret  dans  le  palais 
d'Antinéa.  Ah  î  que  de  regrets  T  Ce 
palais  est  triste.  On  y  a  mis  trop  de 
luxe,  de  fioritures  naïves,  de  pompe 
inutile  etsans  relief. Sommes-nous  au 
foyer  de  l'Opéra  ?  C'est  dommage.  La 
simplicité  des  plans  pouvait  seule 
donner  de  la  grandeur  à  un  conte  et 
à  des  personnages  qui  n'en  ont  pas. 
Beaucoup  de  Français  aiment  le  style 
Chauve-Souris  et  n'aiment  plus  le 
style  Châtelet,  et  hors  de  France  c'est 
fait  depuis  longtemps.  Aussi  la  salle 
du  trône  d'Antinéa  nous  a-t-elle  en- 
nuyés. 

*  * 

La  prise  de  vues  a,  si  j'ose  dire, 
fait  de  son  mieux. 

Le  sable  des  premières  parties  est 
somptueux  et  rutilant. 

Pourquoi  les  visages  sont-ils  si 
noirs  ?    Pourquoi   les    chambres  de 


l'Antinéa-IIousc  sont-elles  grises  ? 
Pourquoi  Napierkowska  n'est  pas 
elle-même, avec  les  proportions  char- 
mantes de  son  corps  menu,  de  son 
cou  d'oiseau,  de  sa  tète  vive,  pré- 
cise, volontaire,  et  non  cette  majesté 
de  sociétaire  qui  lui  vient  d'ornements 
ingénus  et  d'une  dangereuse  inconti- 
nence de  gros  «  'plans  américains  »? 

Napierkowska  est-elle  la  vraie  An- 
tinéa? Je  vais  vois  étonner.  Je  dis  : 
oui.  On  a  prononcé  d'autres  noms, 
on  pourrait  en  prononcer  mille,  et  on 
n'aurait  jamais  tort.  Antinéa  n'existe 
pas.  Elle  n'a  pas  plus  de  style  qu'une 
commère  de  revue  ou  un  modèle  pour 
chromos.  Personne  n'a  donc  a  la  réa- 
liser. Napierkowska  a  été  Napier- 
kowska, voilà  tout.  Et  cela  vaut  bien 
Antinéa. 

*  * 

L'interprétation  est  bonne.  Il  est 
curieux  que  les  acteurs  soient  géné- 
ralement naturels  dans  des  rôles  de 
convention 

Angelo  est  un  bon  Morhange,  avec 
quelque  talent  et  surtout  un  magni- 
fique sourire  qui  éclaire  tout.  Mel- 
chior  a  du  soin,  de  la  sécheresse,  une 
vérité  un  peu  photographique.  Iribe 
rend  aiguë  et  charmante  la  para- 
doxale Tanit-Zerga. 


La  mort  de  Morhange  est  le  point 
le  mieux  équilibré  du  film.  Là,  nous 
avons  réellement  une  impression  de 
cinéma,  c'est  -  à  -  dire  de  ce  degré 
étrange  où  l'algèbre  du  blanc  et  du 
noir  entre  dans  l'âme  et  la  bouleverse. 


Gance  eût  fait  de  l'Atlantide  une 
œuvre  sans  défauts  et  sans  facilité. 
Je  préfère  les  gaucheries  nombreuses 
et  les  fautes  de  M.  Feyder  dont  le  film 
n'a  pas  d'ailes  mais  qui  est  tout  de 
même  un  film. 

* 

Il  est  probable  que  l'Atlantide 
sera  un  succès  moral  et  une  décep- 
tion financière.  Mais  on  a  assez  gâ- 
ché de  capitaux  sur  des  ordures  pour 
en  consacrer  un  peu,  voir  un  peu 
trop  à  d'intéressants  essais. 

L'Atlantide  est  donc  un  beau  film. 
Et  pourtant  M.   Aubcrt   l'a    acheté. 

Loris  Dei.i.uc 


cinea 


H' 

1                                         -^ 

SE* 

4     # 

-     -Vf.' 

Cliché  Caumont 


EVE  FRANCIS  dans  £/  Dorarfo 


La  créatrice  d'El  Dorado  a 
remporté  devant  la  presse 
et  les  professionnels  de 
l'écran  un  succès  dune 
qualité  rare  et  d'un  éclat 
exceptionnel,  digne  du 
talent  passionné  qu'elle  a 
si  dépense  dans  La  Fête 
espagnole.  Le  Silence,  Le 
Chemin  d'Ertioa,  Fièvre,  etc. 


0 


cinea 


Dans  le  dépôt  du 
P.L.M.,  a  Nice,  se 
tourne  une  scène  de 
La  Rou<-,  De  gauche 
a  droite  :  Séverin- 
Mars  riant1.  Miss 
Iv  v  Close,  Gance 
(debout),  (j.  de  Gra- 
v  o  n  e  ;  a  droite  : 
H.  Burel,  l'opéra- 
teur d'Abel  Gance. 


I.A     ROUF 


coo 


Un  aperçu  du  travail  minutieux 
et  puissant  d'Abel  (iance.  le 
créateur  de  Mater  Dolorosa.  de 
La  X"'°  Symphonie  et  de  J'accuse, 
que  D.-W.  Griffith  se  plaît  a 
lancer  aux  Etats-Unis,  l'accuse 
dont  nous  reverrons  bientôt  a 
Paris  une  réédition  remaniée  et 
présentée  d'une  façon  tout  à  fait 
différente.  ooo 


MISS  IVY  CLOSE 
délicate  et  admirable  protago- 
niste    féminine    de    /.,;    Roue. 


££ 


LES    FILMS    A-BEL     GANCE 


4* 


cinea 


II 


A  coté  de  Séverin-Mars, 
Pierre  Magnier  a  composé 
dans  La  Roue  une  figure 
dont  la  noblesse  et  l'am- 
pleur émouvante  porte- 
ront fortement.  ooo 


LA    ROUE    ooo 


Séverin-Mars  dans  La  Roue.  —  A  ce  bel  acteur,  il  fallait 
un  beau  film.  Apres  J'accuse,  La  Roue.  Séverin-Mars  est 
mort,  hélas,  et  vous  le  regretterez  encore  plus  a  voir  la 
puissante  réalisation  qu'il  a  campée  dans  ce  drame  d'écran. 


**        LES    FILMS    A-BEL    GANCE 


£4 


cinea 


LA     ROUE 

Sur  le  réseau  du 
P.L.M.  Gance,  en- 
touré de  Séverin- 
Mars,  I  v  v  (11  use. 
Ci.  de  Gravone  et 
H.  Burel,  son  opé- 
rateur, mettent  au 
point  une  grande 
scène  de   La   Roue. 


MISS  IV Y  CLOSE 
dont  le  talent  photogéni- 
que éclaire  la  grandeur 
tragique    de    La    Roue. 


**        LES    FILMS    ABEL     GANCE        ** 


cinea 


13 


LA     ROUE 

Le  nocturne  de  la 
locomotive.  Cet  épi- 
s<  cîe  de  la  prise  de 
vue  évoque  déjà  la 
poésiedigne  de  Ver- 
liaeren  ou  de  Walt 
W li itm a n  que  l'é- 
cran nous  ré\  élera. 


LA     ROUE 

Séverin-Mars  et 
Gabriel  deGravone, 
l'un  si  ad  m  i  rahle 
d&nsj'accuse,  l'autre 
si  j  u  v  é  n  i  1  e  m  e  n  t 
doué  et  compréhen- 
sif,  composent  dans 
La  Roue  un  duo 
vigoureusement  hu- 
main, ooo 


**        LES    FILMS    A*BEL     G  AN  CE        4* 


14 


cinea 


a      DERRIÈRE       L'ÉCRAN 


Footitt  est  mort. 

Je  trois  que  c'est  Toulouse-Lau- 
trec, Le  premier,  qui  s'enthousiasma 
pour  le  talent  de  cet  observateur 
parodique.  Et  une  carrière  éclatante 
prolongea  ce  triomphe  d'artiste. 

Car  Footitt  fut  un  grand  artiste  es 
mime,  ironie,  satire.  Au  temps  qu'il 
v  avait  encore  des  clowns,  il  fut  LE 
CLOWN,  mais  sait-on  ce  que  c'est 
maintenant  ?  Footitt  est  mort.  La 
piste  du  Nouveau-Cirque  est  vide. 

Nous  espérions  sa  venue  au  ci- 
néma Sans  le  mal  soudain  qui  l'em- 
porta, il  eût  affirmé  et  continué  dans 
une  série  de  productions  muettes  ce 
sens  de  l'image  qu'il  prouva  récem- 
ment dans  Fièvre.  La  silhouette  de 
«  L'Homme  au  chapeau  gris  »  qu'il 
y  composa  reste  une  manière  de  chef- 
d'œuvre. 

Nous  apprenons  avec  plaisir  que 
la  direction  générale,  pour  la  France, 
de  la  location  des  célèbres  films  de 
l'United  Artists  :  Mary  Pickford,  Dou- 
glas Fairbanks,  Charlie  Chaplin,  D. 
W.  Grifflth,  a  été  confiée  à  M.  Fer- 
nand  Weill. 

La  maison  d'importation  et  expor- 
tation Transocean  Film  CO  G.m.b.II.. 
Berlin  SYV.  (i8,  Zimmerstrasse  72/74, 
vient  d'ouvrir  une  succursale  à 
Vienne  (Autriche)  Zollergasse  8,  sous 
le  même  nom.  La  succursale  s'occu- 
pera avec  l'exploitation  des  films 
allemands  et  étrangers  et  en  même 
temps  avec  l'acquisition  des  produc- 
tions autrichiennes  pour  l'Allemagne, 
l'étranger  et  outremer. 


Il  nous  semble  que  les  directeurs 
de  cinéma  aient  mis  une  certaine 
coquetterie  à  renouveler  leurs  pro- 
grammes. La  dernière  saison  n'avait 
pas  toujours  été  bien  heureuse  à  cet 
égard.  Septembre  est  bien  meilleur. 
Que  cela  continue  et  le  public  sera 
content. 

Nous  félicitons  MM.  Eysseric.  direc- 
teurs du  Majestic  Cinéma,  de  Nîmes, 
pour  la  remarquable  composition  de 
leurs  semaines  cinématographiques. 
La  partie  musicale  est  de  tout  pre- 
mier ordre 


M.  Coppens,  directeur  du  grand 
cinéma  de  la  Monnaie,  à  Bruxelles, 
aime  et  défend  les  beaux  films  fran- 
çais. Il  les  accompagne  de  ces  belles 
mises  en  scène  dramatiques  ou  cho- 
régraphiques qui  ont  eu  tant  de  suc- 
cès en  Amérique,  ces  derniers  mois. 
• 

Presque  en  même  temps  que  Cinéa 
se  présentait  aux  lecteurs  français, 
une  salle  du  boulevard  s'ouvrait  et 
se  baptisait  Cinéa. 

Pour  une  fois,  le  cinéma  ne  l'a  pas 
emporté  :  la  salle  Cinéa  devient  un 
cabaret  et  se  rebaptise  Le  Coucou. 


/^tVn 


Desm  de  Bécan 


1.11.1  SAMUEL 
dans  Le  Tonnerre 


Anna  Widfors,  la  chanteuse  sué- 
doise que  certains  français  appellent 
la  Damia  de  Stockholm  —  a  débuté 
au  cinéma,  en  France,  dans  Le  Ton- 
ne i-rc,  de  Mark  Twain. 

• 

Le    cinéma    Demours    a    repris    Le 

Trésor  d' Ame.  La  salle   Marivaux  a 

repris  Les  Proscrits.  Parisiana  et  la 

salle  Marivaux  ont  repris  Le  Silence. 


Les  «  dessins  animés  »  vont  prendre 
une  importance pouvelle.  Un  anglais 
et  un  français  préparent  à  Paris  une 
ingénieuse  adaptation  cinégraphique 
des  Voyages  île  Gulliver. 


Marcel  l'Herbier  écrit  en  ce  moment 
un  scénario  d'après  le  Don  Juan  île 
Manara.  La  réalisation  de  ce  film 
commencera  en  septembre.  Ce  sera 
une  version  fantaisiste  et  féerique 
en  deux  époques. 

On  dit  que  Christiane  Vernon  serait 
éloignée  de  l'Ecran  pour  une  assez 
longue  période.  L'interprète  du  Tra- 
quenard. d'Un  Aventurier,  de  La 
Double  Epouvante  se  repose. 


Une  Société  Italienne  vient  de  se 
fonder  dans  le  but  de  porter  à  l'Ecran 
la  vie  du  Dante.  La  divine  comédie 
sera  jointe  et  adaptée  au  film.  Cette 
œuvre  considérable  coûtera  environ 
huit  millions  de  lires. 


M.  Pouctal  a  commencé  chez  Pathé 
la  mise  en  scène  du  Crime  ilu  Boui 
d'après  le  roman  humoristique  de  G. 
de  Lafouchardière . 


M.  Rafaël  Adam  met  en  scène  La 
Petite  Fadette,  d'après  la  nouvelle 
de  Georges  Saml.  Le  film  sera  tourné 
sur  les  lieux  mêmes  où  habitait  le 
poète 

© 

Pierre  Magnicr  a  commencé  cette 
semaine  de  tourner  dans  le  Curano 
de  Bergerac  que  réalisent  les  Ita- 
liens. 


cinéa 


15 


LES  INTERPRÈTES  BU  CINÉMA  FRANÇAIS 


GASTON  MODOT 

est  venu  de  la  peinture  au  cinéma,  il  a  tourné 
pour   : 

Gaumont 

sous  la  direction  de  Jean  Durand  : 

Cent  Dollars,  Mort  ou  Vif,  La  Mort  qui  Frôle, 
Le  Collier  Vivant. 

Eclair 
'  Les  Poilus  de  la  9e  (rôle  de  la  Vclige). 

Film  d'Art 
'    La  Danseuse   Voilée,  réalisation  de   M.  Ma- 
riaud. 

L'Epave,  réalisation  de  Mariaud. 

Nemrod  et  Cie,  réalisation  de  Manaud. 

L'Ame  de  Pierre,  réalisation  de  Ch.  Burguet. 

Monte-Cristo  (rôle  de  Bertuccio),  réalisation 
de  Pouctal.  k$ 

Phocéa 

Elle. 

Nalpas 

La  Sultane  de  l'Amour  (rôle  de  Kadjar),  scé- 
nario de  Frantz  Toussaint,  découpé  par  Louis 
Nalpas  et  réalisé  par  René  Le  Somptier  et  Ch. 
Burguet. 

Un  Ours,  scénario  de  Gaston  Modot,  réalisé 
par  Charles  Burguet,  avec  Gaby  Morlay. 

Le  Chevalier  de  Gaby,  comédie  sentimentale 
de  Gaston  Modot,  réalisée  par  Ch.  Burguet, 
avec  Gaby  Morlay,  Bras,  Dewillez.   f*  **   *'p 

La  Fête  Espagnole,  scénario  de  Louis  Delluc, 
réalisé  par  Germaine  Dulac,  avec  Eve  Francis  et 
Jean  Toulout.  ••*'**' 

Mathias  Sandorf,  adapté  de  Jules  Verne  et 
réalisé  par  Henri  Fescourt,  avec  Toulout,  Yvette 
Andréyor  et  Joubé. 

Fièvre  (Alhambra-Film),  scénario  dramatique 
de  Louis  Delluc,  réalisé  par  l'auteur,  avec  Eve 
Francis,  van  Daële  et  Sagrary. 

La  Terre  du  Diable  (Films  Luitz  Morat),  réali- 
sation de  Luitz  Morat,  avec  Pierre  Régnier  et 
Yvonne   Aurel .     I*  *»  *  S  «  % 

Adresse  :  26,  rue  Verdi,  Nice. 


JAQUE  CATELAIN 

D'ascendances  suédoises,  Jaque  Catelain  (de 
son  vrai  nom  Jacques  Guérin-Catelain),  est  né 
à  Saint-Germain-en-Laye,  le  9  février   1897   . 

1912  :  Jaque  Catelain  paraît  pour  la  première 
fois  sur  la  scène  dans  des  matinées  au  profit 
d'oeuvres  de  bienfaisance  ;  il  s'adonne  par  la 

suite  exclusivement  au  dessin 1913  :  Entre  à 

l'Académie  Julian 1914  :  Travaille  à  l'Aca- 
démie de  Passy 1915  :  Entre  au  Conserva- 
toire, classe  Paul  Mounet.  Au  bout  de  quelques 
mois,  donne  sa  démission,  part  dans  l'artillerie 
lourde . 

1917  :  Réformé  temporaire.  A  ce  moment 
Marcel  L'Herbier  lui  propose  de  débuter  au 
cinématographe,  —  il  accepte  et  c  est  : 

Le  Torrent,  aventure  imaginée  par  Marcel 
L'Herbier,  mise  en  scène  *  par  Mercanton  et 
Hervil,  interprétée  par  Signoret,  Henry  Roussel, 
Louise  Lagrange  et  Jaque  Catelain  dans  le  rôle 
du  jeune  montagnard  Jnio  (Eclipse). 

Ensuite  :  1918  *  Rose-France,  cantilène  en 
noir  et  blanc,  composée  et  visualisée  par  Marcel 
L'Herbier  que  Jaque  Catelain  interprète  aux 
côtés  de  Mlle  Aïssé  et  de  F.  B.  Kuhn  Qtys- 
Film). 


1919  :  Le  Bercail,  d'après  Henry  Bernstein, 
aux  côtés  de  Capellani  et  de  Marcelle  Pradot 
dont  ce  sont  les  débuts  à  l'écran  (Gaumont). 

1920  :  Le  Carnaval  des  Vérités,  de  Marcel 
L'Herbier,  aux  côtés  de  Suzanne  Desprès,  Ca- 
pellani, Marcelle  Pradot,  Eugénie  Nau  (Gau- 
mont). 

1920  :  L'Homme  du  Large,  marine,  par  Marcel 
L'Herbier,  aux  côtés  de  Marcelle  Pradot,  Roger 
Karl,  Claire  Prélia,  Philippe  Hériat  (Gaumont). 

1921  :  Prométhée  Banquier,  instantané  dra- 
matique de  Marcel  L'Herbier,  avec  Eve  Francis, 
Marcelle  Pradot  et  Signoret  (d'après  Prométhée 
Déchaîné,  sketch  tragique,  représenté  au  Théâtre 
du  Colisée  et  joué  par  Signoret  :  Prométhée  ; 
Eve  Francis  :  Hélène  de  Sparte  ;  Marcelle 
Pradot  :  Panthea  ;  Jaque  Catelain  :  le  dactyle. 

1921  :  El  D  or  ado,  mélodrame,  par  Marcel 
L'Herbier,  avec  Eve  Francis  et  Marcelle  Pradot, 
Claire  Prélia,  Philippe  Hériat ,  Paulais  (Gaumont) . 


Dessin  de  £.  Nermann 


JAQUE   CATELAIN 


EMMY  LYNN 
Théâtre 

L'Aigrette,  de  Dario  Nicomedi,  avec  Réjane. 

L'Eventail  de  Lady  Windermere,  d'Oscar 
Wilde  (Théâtre  des  Arts). 

Kit,  avec  Max  Dearly. 

La  Marquesita,  de  Robert  d'Humières  (Théâ- 
tre des  Arts),  avec  Durée. 

Mon  Bébé  (aux  Variétés),  avec  Max  Dearly. 

Ses  Films 

Le  Camée,  avec  Henry  Roussell. 

Le  Calvaire,  réalisation  de  Liabel. 

Celles  qui  Restent. 

Le  Bonheur  qui  Revient,  scénario  de  Francis 
Mair,  réalisé  par  André  Hugon,  avec  Henri 
Bosc  et  Duquesne. 

Une  Vengeance  Diabolique,  réalisation  de 
Charles  Maudru,  avec  Henri  Roussell  et  Du- 
quesne.  »'* 

Mater  Dolorosa,  réalisation  d'Abel  Gance, 
avec  Firmin  Gémier,  Tallier,  Gildès. 

Un  Homme  passa,  réalisation  d'Henri  Roussell. 

La  Dixième  Symphonie,  réalisation  d'Abel 
Gance,  avec  Sevenn-Mars,  Toulout. 

Le  Destin  est  Maître  (S.  C.  A  G.  L.),  scénario 
tiré  de  l'œuvre  de  Paul  Hervieu  et  réalisé  par 
Jean  Kemm.  Opérateur  :  Mérobian,  avec  Henry 
Krauss,  André  Dubosc,  Peyrière,  Charlier. 

La  Faute  d'Odette  Maréchal,  scénario  et  réali- 
sation d'Henry  Roussell,  avec  Romuald  Joubé, 
J.  Toulout,  J.  Brindeau,  Decœur  et  A.  Dubosc. 
Opérateur  :  Oliver. 

Visages  Voilés...  Ames  Closes  (Jupiter-Film), 
scénario  et  réalisation  d'Henri  Roussell,  avec 
Marcel  Vibert,  Bcgaert,  Bras,  Alice  Fille,  P. 
Daltour.  % 

Adresse  :  53,  rue  Cardinet  (XVIIe). 


VAN  DAELE 

Edmond  Van  Daële  est  né  à  Paris  (nationalité 
française). 

Théâtre 

Théâtre  Populaire 

Denise,  Le  Repas  du  Lion,  Le  Député  Leveau, 
Les  Idées  de  Mme  Aubray,  Une  Page  d'Amour, 
L'Assommoir,  Le  Monde  où  l'on  s'ennuie,  Fran- 
cillon,  Marion  Delorme,  Sherlock.  Holmes,  Le 
Grand  Soir,  Le  Fils  naturel,  La  Clairière,  Le 
Demi-Monde,  Champignol  malgré  lui,  Thérèse 
Raquin,  La  Soutane,  La  Loi  du  Pardon,  L'Af- 
faire des  Poisons,  Nana,  La  Sacrifiée,  La  Vie  de 
Bohême,  Parmi  les  Pierres,  Les  Grands,  Les 
Ames  ennemies,  Fedora,  La  Nouvelle  Idole,  Les 
Oberlé,  Henri  III  et  sa  cour,  Hernani,  Ruy- 
Blas,  Adrienne  Lecouvreur,  Charles  VII  chez  ses 
grands  vassaux,  Résurection,  Les  Gaietés  de  l'Es- 
cadron, Sous  l'Epauleite,  Les  Pierrots,  Master 
Bob. 

Th être- Antoine  (direction  Gémier) 

La  Danse  des  Fous,  Le  Procureur  Hallers,  Le 
Secret  des  Mortigny,  Poussière,  Pendant  la  Ba- 
taille, Antoine  et  Cléopâtre  (rôle  de  Marc  An- 
toine). 

Théâtre-Impérial 

Son  Poilu,  La  Bonne  Amie. 
Albert  Ier 

Plus  haut  que  l'Amour. 


16 


cmea 


Sur  d'autres  Scènes 
L  Age  d'aimer.  Maman  Colibri,  Les  Vierges 
Folles,  Saplw,  Patachon,  L'Aventurier,  Amou- 
reuse, Gardiens  de  Phare,  Mon  ami  Teddu,  Les 
Marionnettes,  J'en  ai  plein  le  dos  de  Margot, 
Chez  les  Zoacques,  La  Dame  aux  Camélias,  La 
Bonne  Espérance,  Les  Avariés,  Les  Plumes  du 
Jais,  La  Race,  La  Rafale,  L' Artésienne,  Gaby, 
Hamlet,  Les  Misérables,  Le  Bossu,  Napoléonnette, 
Le  Flibustier,  Cœur  de  Française,  Le  Refuge,  Le 
Secret  de  Polichinelle,  Les  Romanesques,  La  Jeu- 
nesse des  Mousquetaires,  Don  Cézar  de  Bazan, 
Le  Chemineau,  Les  Trépidants,  L'Auberge  rouge, 
La  Paix  chez  soi,  Le  Baiser,  Mariage  d'argent, 
La  Retraite,  Samson,  La  Goualeuse,  La  Closerie 
des  Genêts,  Le  Maître  de  Forges,  Théodore  et  Ci'e, 
Les  Affaires  sont  les  Affaires,  Pour  la  Couronne 

A  l'Eldorado  de  Lyon 
F  an  t  ornas. 

Dans  les  manifestations  du 
Nouveau  Théâtre- Libre 
La  Faux,  de  Birabeau  et  Vellone. 

Ses  Films 

La  Lumière  du  Cœur,  scénario  et  réalisation 
de   Van   Daële. 

Pendant  la  Bataille,  scénario  d'Armand  Bour 
réalisé  par  Henry  Krauss,  avec  Armand  Bour. 

Le  Fils  de  Monsieur  Ledoux,  réalisation  d'Henry 
Krauss,  avec  Henry  Krauss. 

La  Chimère  (Messidor-Film),  scénario  et  réa- 
lisation de  Lucien  Lehman,  avec  Geneviève 
Félix. 

La  Croisade  (Films  Nalpas),  scénario  et  réali- 
sation de  René  Le  Somptier,  avec  France  Dhélia. 

Ames  Siciliennes  (Aigle-Film),  scénario  de 
J.-J.  Renaud  réalisé  par  René  d'Auchy,  avec 
Madeleine  Lyrisse  et  Gilbert  Dalleu. 

Narayana  (Pax-Gaumont),  rêverie  pathé- 
thique  imaginée  et  réalisée  par  Léon  Poirier, 
avec  Marcelle  Souty  et  Madys. 

La  Montée  Vers  l'Acropole  (Cinégraphie 
d'Art),  scénario  et  réalisation  de  René  Le  Somp- 
ier,  avec  André  Nox  et  France  Dhélia. 

Le  Destin  Rouge  (Jupiter-Film),  scénario  et 
réalisation  de  Frantz  Toussaint,  avec  Madeleine 
Lyrisse  et  S.  de  Pedrelli. 

Fièvre  (Alhambra-Film),  drame  cinégraphique 
de  Louis  Delluc,  réalisé  par  l'auteur,  avec  Eve 
Francis  et  Elena  Sagrary. 

Pour  une  nuit  d'amour  (Films  Thiemann), 
scénario  tiré  du  roman  de  Zola  et  réalisé  par 
Jacques  Protozanoff,  avec  Blanche  Ross. 

Les  Roquevillard,  scénario  tiré  de  l'œuvre 
d'Henry  Bordeaux  et  réalisé  par  Julien  Duvivier, 
avec  Jeanne  Desclos  et  Desjardins. 

Adresse  :  14,  rue  Pestalozzi  (Ve). 


FRANCE  DHELIA 

France  Dhélia  a  débuté  à  quinze  ans  au  théâtre. 
Elle  a  joué  au  Châtelet,  à  la  Porte  Saint-Martin,  au 
Théâtre  Michel. 

Elle  est  venue  au  cinématographe  un  peu  avant  la 
guerre  dans  le  rôle  de  Benjamine  de  Joséphine  ven- 
due par  ses  sœurs. 

Elle  a  tourné  avec  MM.  Maudru,  Bourgeois, 
Monca,  Robert  dans  la  'Petite  Mie\e,  V  jlmbilieuse, 
Cœur  de  Gaoroehe  etc. 

En  1916,  elle  fut  pour  |les  Etablissements  Gau- 
mont  l'héroïne  des  (épaves  de  l'jlmour  et  de  Qi- 
nelle. 

En  1918,  elle  a  tourné  le  rôle  de  Daoulah  dans  la 
Sultane  de  l'Amour,  en  1919  elle  fut  l'héroïne  de 
La  Croisade,  puis  de  Malenconlre. 

En  1920,  elle  fut  l'interprète  du  rôle  de  France 
James  dans  La  Montée  vers  l'Acropole. 


Dessin  de  Bécan 

FRANCE  DHÉLIA 

Elle  vient  de  terminer  Le  Cœur  Magnifique  avec 
Séverin-Mars. 

France  Dhélia  est  née  en  1 898  à  Tours. 


HUGUETTE  DUFLOS 

est  née  à  Tunis,  en  1892. 

Ses  Films 

L'Instinct,  scénario  de  Kistemaeckers,  réalisé 
par  Pouctal. 

La  Femme  Inconnue,  réalisation  de  Gaston 
Ravel,  avec  Roger  Gaillard  et  Jeanne  Diris. 

Son  Héros,  réalisation  de  Charles  Burguet, 
avec  Léon  Mathot  et  Paul  Amiot. 

Volonté,  de  Georges  Ohnet,  réalisation  de 
Pouctal,  avec  Léon  Mathot,  Paul  Amiot. 

Les  Bleus  de  l'Amour,  tiré  de  l'œuvre  de  Ro- 
main Coolus,  réalisé  par  H.  Desfontaines,  avec 
Jacques  Vitry. 

Travail,  d'après  Zola,  réalisé  par  Pouctal,  avec 
Raphaël  Duflos  et  Mathot. 

Mademoiselle  de  La  Seiglière,  d'après  J.  San- 
deau,  réalisé  par  Antoine,  avec  Huguenet  et 
Joubé. 

L'Ami  Fritz,  d'après  Erckmann-Chatrian,  réa- 
lisé par  René  Hervil,  avec  de  Max  et  Mathot. 

Le  Piège  de  L'Amour. 

La  Fleur  des  Indes. 

Lily-Vertu. 

Adresse  :  12,  rue  Cambacérès  (VIIIe). 


ANDRÉ  NOX 

de  son  vrai  nom  André  Nonnez,  naquit  à  Pans' 
le  14  novembre  1875. 

Doué  d'un  penchant  très  prononcé  pour  le 
théâtre,  il  crée,  en  1901,  un  théâtre  libre  «  Le 
Masque  »,  où  il  paraît  dans  : 

L' Arlésienne . 

Amoureuse,  de  Georges  de  Porto-Riche. 

Jacques  Damour,  d'après  E.  Zola,  avec  Marcel 
Bourdel . 

L'Anglais  tel  qu'on  le  parle,  de  Tristan  Ber- 
nard, avec  Marcel  Bourdel. 

Le  Juif  Polonais.  d'Erckmann-Chatrian,  avec 
Marcel  Bourdel. 

Gardiens  de  Phare,  de  Paul  Autier  et  Paul  Clo- 
quemin,  avec  Gaston  Brou. 


La  Gangrène,  de  Jean  de  Mayerhoffen,  avec 
Mme  Marcelle  Frappa  et  Daniel  Bompard. 

L'Etoile,  d'André  Gill  et  Jean  Richepm,  avec 
Mme  Neith  Blanc. 

La  Chance  de  Françoise,  de  Georges  de  Porto- 
Riche,  avec  Mlle  Valpreux. 

Psyché,  de  Gabriel  Mourey,  avec  Mlle  Louise 
Colliney  et  Roger  Gaillard. 

La  Main  de  Singe,  adaptation  de  Robert 
Nu  nés,  avec  Daniel  Bompard. 

Le  Choc,  de  Jean  Bernac,  avec  Mlles  Fal" 
conetti  et  Rolande  Laffon. 

Ses  Films 

Sous  les  Phares,  scénario  et  réalisation  d'André 
Hugon,  avec  Marie-Louise  Derval. 

Chacals,  scénario  et  réalisation  d'André  Hu- 
gon, avec  Musidora. 

Requins,  avec  Marie-Louise  Derval. 

Johannès,  fils  de  Johannès,  scénario  et  réalisa- 
tion d'André  Hugon,  avec  Musidora. 

La  Fugitive,  réalisation  de  Jean  Manoussi,  avec 
Marie-Louise  Derval  et  Jane  Renouardt. 

Plus  loin  que  l'Amour,  scénario  de  Louis 
d'Hée  réalisé  par  Charles  Maudru,  avec  René 
Le  Fiers. 

Ames  d'Orient,  scénario  et  réalisation  de  Léon 
Poirier,  avec  Madeleine  Sevé,  Renée  Ludger, 
Dullin,  Tallier. 

Le  Penseur,  scénario  fantastique  d'Edmond 
FIeg,  réalisé  par  Léon  Poirier,  avec  Madys,  Tal- 
lier, Jane  Even,  Finaly. 

Une  Brute,  scénario  de  Maurice  Level  réalisé 
par  Daniel  Bompard,  avec  Jean  Signoret. 

La  Montée  vers  l'Acropole,  scénario  et  réalisa- 
tion de  René  Le  Somptier,  avec  Van  Daele, 
France  Dhélia. 

L'Ami  des  Montagnes,  scénario  de  Jean  Ra- 
meau, réalisé  par  Guy  du  Fresnay,  avec  Madys, 
Jean  Devalde,  Mmes  Brindeau  et  Ninove. 

Le  Sens  de  la  Mort,  scénario  tiré  du  roman  de 
Paul  Bourget  et  réalisé  par  Protazonoff,  avec 
René  Claire,  Baudin  et  Mme    Yanova. 

La  Mort  du  Soleil,  réalisation  de  Germaine 
Dulac,  avec  Denyse  Lorys  et  Régine  Dumien. 

Le  Crime  de  Lord  Arthur  Savile,  scénario  tiré 
du  roman  d'Oscar  Wilde  et  réalisé  par  René 
Hervil,  avec  Cecil  Mannering  et  Olive  Sloane. 

Adresse  :  25,  rue  Desbordes- Valmore  (XVIe). 


MARCEL  VALLÉE 

naquit  à  Paris,  le  15  janvier  1885. 

Théâtre 

A  Déjazet 
Tire  au  Flanc,  L'Enfant  de  ma  Sœur,  L'Enfant 
de  la  Bonne,  Les  Camelots  du  201e,  Les  Pigeon- 
nettes. 

A  Antoine 

Bonheur,  Le  Sous-Marin  "  L'Hirondelle  ",  Au 
Soleil,  Une  Affaire  d'Or,  La  Tontine,  Le  Cheva- 
lier au  Masque,  L'Eternel  Mari,  Pour  l'Honneur 
et  Vers  la  Gloire,  Le  Marchand  de  Venise,  La 
Mégère  Apprivoisée,  Le  Bourgeois  Gentilhomme, 
Les  Jardins  de  Murcie,  L'Admirable  Crighton,  Le 
Héros  et  le  Soldat. 

A  Albert  Ier 

Boudu  sauvé  des  Eaux. 

Aux  Variétés 

Le  Marché  d'Amour. 

Ses  Films 

1919  : 

La  Faute  d'Orthographe,  réalisation  de  Jac- 
ques Feyder. 

Les  Trois  Mousquetaires,  réalisation  d  An- 
dréani  (rôle  de  Mousqueton). 


cinea 

Le  Tonnerre,  d'après  Mark  Twain,  réalisé  par 
Louis  Delluc,  avec  Lili  Samuel. 

Adresse  :  Marcel  Vallée,  22,  rue  Laugler 
(XVIIe). 

• 

CHARLES  DULLIN 

Né  en  Savoie  en  1885.  Vient  à  Paris  à  18  ans. 
Débuts  des  plus  difficiles.  Jeunesse  mouve- 
mentée. La  guerre  a  commencé  pour  lui  en 
1903  et  se  terminera...  quand  ?...  À  joué  long- 
temps le  mélodrame  dans  les  théâtres  de  quar- 
tier et  en  province.  Petites  tournées.  Cachets 
qu  on  récolte  entre  six  et  sept  à  certaines  ter- 
rasses de  café.  Engagé  à  l'Odéon  (dir.  Antoine), 
mais  sans  que  cela  apporte  un  grand  changement 
dans  sa  vie.  Dégoûté,  part  sur  les  routes  de 
France  en  chemineau  Travaillant  de  ses  mains 
comme  manœuvre,  faisant  tous  les  métiers... 
échoue  dans  une   ménagerie   qui   le   ramène  à 


Dessin  de  Bécan 


MARCEL  VALLEE 


Pans.  D'Humiers  le  remarque  un  soir  qu'il 
disait  du  Villon  au  Lapin  Agile  et  l'emmène  au 
Théâtre  des  Arts  où  il  crée  grâce  au  regretté 
Séverin-Mars  et  sous  sa  direction  un  drame  bien 
oublié.  Duru  l'engage  au  Petit-Théâtre  (Le 
Drame  de  Three  Corners  Bar,  Intérieur).  Retour 
au  Théâtre  des  Arts  (direction  Rouché),  crée 
Masurel  dans  Le  Carnaval  des  Enfants  et,  enfin, 
Shardranoff  des  Frères  Maramozoff.  Rouché 
abandonne  les  Arts...  Le  Vieux-Colombier  est  à 
l'état  de  projet.  Dullin  devient  un  des  collabo- 
rateurs de  la  première  heure  de  Copeau.  Mo- 
ments difficiles.  Le  Vieux-Colombier  est  aussi 
mal  accueilli  par  la  presse  qu'il  est  fêté  mainte- 
|  nant.  Dullin  crée  la  première  année  Nicolas 
dans  Une  Femme  tuée  par  la  Douceur,  Jean  des 
Fils  Louverni,  le  Père  Fossard  dans  L'Eau-de- 
Vie,  Louis  Laine,  de  L'Echange,  Le  Testament 
du  Père  Leleu.  Il  joue  Harpagon  de  L'Avare. 

L'autre  guerre  !  Les  tranchées.  Réformé  en 
1918,  il  rejoint  le  Vieux-Colombier  en  Amé- 
rique où  il  joue  L Avare,  Le  Testament,  Rosmer 


dans  Rosmeracholm,  Cringoire,  Le  Père  Poirier, 
Le  Voile  du  Bonheur,  Le  Quaker  de  Chatterton  et 
se  convertit  au  cinéma. 

Revient  en  France,  tourne  un  premier  film 
avec  Poirier  (Ames  d'Orient).  Désillusion.  Décide 
de  ne  plus  tourner.  Va  créer  le  Marchand  d'Om- 
bres dans  La  Gronde  Pastorale  au  Nouveau- 
Cirque  et  en  même  temps  commence  à  professer 
au  Conservatoire  Syndical.  Va  créer  au  Théâtre 
des  Arts,  Les  Esclaves  et  Les  Ratés.  Se  laisse  de 
nouveau  tenter  par  le  ciné  et  tourne  successive- 
ment Le  Secret  de  Rosette  Lambert  et  L'Homme 
qui  vendit  son  Ame  au  Diable. 

Signe  à  la  Comédie-Montaigne  avec  Gémier. 
Arrive  à  mettre  sur  pied  l'organisation  de  l'école 
à  laquelle  il  pensait  depuis  longtemps.  Crée  le 
Prophète  dans  Le  Simoun,  reprend  le  rôle  de 
Lanseney,  joue  L'Avare  et  crée  Jacques  Hury 
de  L' Annonce  faite  à  Marie.  En  fin  de  saison  se 
sépare  amicalement  de  Gémier  pour  continuer 
son  école  sous  le  nom  de  L'Atelier. 


MUSIDORA 

est  née  à  Paris. 
Théâtre 

Tournées  avec  Polin,  avec  Max  Dearly. 
Ba-Ta  Clan,  Chatelet,  Folies-Berceres, 
Moulin  de  la  Chanson,  Perchoir,  Pie-Qui- 
Chante. 

Arlequin,  L'Ecole  des  Cocottes. 

Ses  Films 

Chacals,  scénario  de  A.  Day,  réalisé  par  Ma- 
riaud,  avec  André  Nox. 

Johannès,  Fils  de  Johannès,  scénario  et  réalisa- 
tion d'André  Hugon  et  Paglièri,  avec  André 
Nox. 

La  Vagabonde,  tiré  du  roman  de  Colette,  réa- 
lisé par  Eugène  Pérégo. 

Mademoiselle  Chiffon,  scénario  et  réalisation 
d'André  Hugon. 

Vicenta,  scénario  et  réalisation  de  Musidora. 

La  Geôle,  réalisation  de  Gaston  Ravel,  avec 
René  Navarre  et  André  Nox. 

Les  Vampires,  réalisation  de  Louis  Feuillade, 
avec  Levesque,  Jean  Aymé  et  Mathé. 

Judex,  scénario  d'Arthur  Bernède,  réalisé  par 
Lcuis  Feuillade,  avec  René  Cresté,  Mathé,  An- 
dreyor,  Levesque,  etc. 

Pour  Don  Carlos,  tiré  du  roman  de  Pierre 
Benoît,  réalisé  par  Jean  Lasseyne  sous  la  direc- 
tion de  Musidora,  avec  Abel  Tarride,  Janvier, 
Cynthia,  Jean  Signoret. 

Maman,  tiré  de  l'œuvre  de  Pierre  Benoît,  avec 
Abel  Tarride. 

Adresse  :  4  bis,  rue  Gounod,  Paris  (XVII0). 


SIGNORET 

Gabriel  Signoret  est  né  à  Marseille,  le  15  no- 
vembre 1878. 

Théâtre 

1er  Prix  du  Conservatoire  en  1899. 
Théatre-Antoin  e 

Main  Gauche,  Article  330,  Les  Remplaçantes, 
Petite  Paroisse,  La  Paix  chez  soi,  La  Terre,  La 
Fille  Sauvage,  L'Honneur,  Discipline,  Asile  de 
Nuit,  Le  Meilleu:  Parti,  Babouche,  Le  Roi  Lear, 
Comme  au  Village,  Le  Perroquet  Vert,  Vieil 
Heidelberg,  Canard  Sauvage,  Les  Revenants,  La 
Puissance  des  Ténèbres,  Le  Tablier  blanc,  La 
Bonne  Espérance. 

Théâtre  Réjane 
Paris-New-York,  Raffles,  La  Flamme,   Jean- 
Gabriel   Bôrkmann,   Madame   Sans-Gêne,   Qui- 
Perd  Gagne,  Le  Risque,  Maison  de  Poupée. 


17 


Théâtre  de  la  Porte-Saint-Martin 

L'Aventurier,  Ces  Messieurs,  Le  Voile  du 
Bonheur,  Madame. 

Femina 
Les  Revues  de  Rip  et  Bousquet. 
L'Accord  Parfait,  Mais  ne  te  promène  donc  pas 
toute  nue,  Les  Travaux  d'Hercule,  Paraphe  /'  ' . 

Apollo 
Les  Cloches  de  Corneville. 

Marigny 
Les  Eclai reuses. 

Gymnase 
Le  Détour,  L'Assaut,  La  Rafale,  Femme  Seule, 
La  Volonté  de  l'Homme,  Petite  Reine. 

Vaudeville 

Miousic. 

Théâtre-Michel 

Les  Amants   de   Sazy,  L'Ecole   des   Cocottes, 

uand  le  Diable  y  serait. 
Ses  Films 

Rival  de  son  Père  (Film  d'Art),  réalisation  de 
Calmette  . 

L'Usurpateur  (Film  d'Art). 

Le  Roi  du  Bagne  (Pathé),  avec  Robinne, 
A'exandre  et  Jean  Dax,  réalisation  de  René 
Leprince. 

La  Comtesse  Noire  (Pathé),  réalisation  de 
René  Leprince,  avec  Robinne,  Alexandre  et 
Jean  Dax. 

Plus  fort  que  la  Haine  (Pathé),  réalisation  de 
René    Leprince,   avec    Robinne    et    Alexandre. 

La  Lutte  pour  la  Vie  (Pathé),  réalisation  de 
René  Leprince,  avec  Robinne  et  Alexandre. 

Le  Vieux  Cabotin  (Pathé),  réalisation  de  René 
Leprince,  avec  Robinne  et  Alexandre. 

Le  Ncël  du  Vagabond,  réalisation  de  René 
Leprince. 

Ambitieuse,  réalisation  de  de  Morlhon. 

L'Usurier,  réalisation  de  de  Morlhon. 

LOrage,  réalisation  de  de  Morlhon. 

Miséricorde,  réalisation  de  de  Morlhon. 

Manuella,  avec   Regina  Badet. 

Le  Tournant,  avec  Suzanne  Grandais. 


Dessin  de  Bécan 

SIGNORET  dans  Flipotte 


8 


cinea 


Mères  Françaises,  scénario  <!<•  Jean  Kicliepm, 
avec  Sarah  Bernhardt. 

Le  Torrent,  scénario  de  Marcel  L'Herbier, 
réalisé  par  Hervil  et  Mercanton,  avec  Louise 
Lagrange,  Jaque  Catelain,  Henry  Roussel, 
Worms. 

Bouclette,  scénario  de  Marcel  L'Herbier,  réa- 
lisé par  Hervil  et  Mercanton,  avec  Gaby  Deslys 
et  Harry  Pilcer. 

Le  Roi  de  la  Mer  (Film  d'Art),  scénario  de  J. 
de  Baroncelli,  réalisé  par  l'auteur. 

Le  Délai  (Film  d'Art),  scénario  de  Baroncelli, 
réalisé  par  l'auteur,  avec  Henri  Bosc,  Denise 
Lorys,  A.  Cocéa. 

L'Homme  Bleu  (Film  d'Art),  scénario  de 
Georges  Le  Faure,  réalisé  par  Jean  Manoussi, 
avec  Pierre  Magnier,  Tréville. 

Fanny  Lear  (Film  d'Art),  scénario  tiré  de  la 
pièce  de  Meilhac  et  Halévy  et  réalisé  par  Ma- 
noussi, avec  Germaine  Dermoz  et  Baron  Fils. 

La  Cigarette  (Film  d'Art),  scénario  de  J.  de 
Javon,  réalisé  par  Germaine  Dulac,  avec  Andrée 
Brabant. 

Le  Secret  du  Lone  Star  (Film  d'Art),  scénario 
tiré  de  l'œuvre  de  H.  Kistemaekers  et  réalisé 
par  Baroncelli,  avec  Fanny  Ward,  Janvier,  Rex 
Mac  Dougall. 

Le  Silence  (Film  d'Art),  scénario  et  réalisa- 
tion de  Louis  Delluc,  avec  Eve  Francis,  A.-F. 
Brunelle,  G.  Darnys. 

La  Rose  (Film  d'Art),  conte  visuel  de  Baron- 
celli réalisé  par  l'auteur,  avec  Jean  Signoret, 
Andrée  Brabant. 

Flipotte  (Film  d'Art),  scénario  de  H.  Kiste- 
maekers, réalisé  par  Baroncelli,  avec  Andrée 
Brabant. 

Prome'the'e  Banquier,  instantané  dramatique 
de  Marcel  L'Herbier  et  réalisé  par  l'auteur, 
avec  Eve  Francis,  Jaque  Catelain,  Marcelle 
Pradot. 

Le  Rêve  (Film  d'Art),  scénario  tiré  de  l'œuvre 
d'E.  Zola  et  réalisé  par  Baroncelli,  avec  Andrée 
Brabant,  Eric  Barclay. 

Le  Père  Goriot  (Film  d'Art),  scénario  de 
l'œuvre  de  Balzac  et  réalisé  par  Baroncelli,  avec 
Gretillat  et  Claude  France. 

Adresse  :  84,  rue  de  Monceau  (XVIIe). 


RENÉ  CRESTÉ 
Théâtre 

Le  Domaine,  Alléluia,  Par  une  Belle  Nuit,  Les 
Rozeno,  Lucifer,  Sainte  Roulette,  La  Soutane, 
Nos  Salariés,  Hamlet,  Ruy-Blas,  Hernani. 

Ses  Films 

Gaumont 

Sous  la  direction  de  Léonce  Perret  :  Par 
l  Amour,  La  Fiancée  du  Diable,  Le  Roi  de  la  Mon- 
tagne, Les  Mystères  de  l'Ombre,  Le  Dernier 
Amour. 

Sous  la  direction  de  Louis  Feuillade  :  Déser- 
leuse,  Le  Passé  de  Monique,  Petites  Marionnettes, 
L'Autre,  Le  Bandeau  sur  les  yeux,  Vendémiaire, 
Enigme,  Judex,  La  Nouvelle  Mission  de  Judex, 
Tih-Minh. 

Eclipse 

Le  Château  du  Silence,  Le  Remords  Imaginé, 
L'Aventure  de  René. 

Adresse,  4,  rue   Emma,  Nice. 


RENÉ  NAVARRE 

Le  Secret  du  Forçai,  La  Mort  ou  la  Vie,  Le 
Pont  sur  l'Abîme,  Le  Mort  Vivant,  La  Gardienne 
du  Feu,  S'Affranchir,  L'Angoisse,  Erreur  Tra- 
gique, Le  Proscrit,  Préméditation,  Le  Grand 
Souffle,  Le  Destin  des  Mères,  avec  Suzanne 
Grandais  ;  Fantomas,  Document  Secret,  L'Homme 


qui  revient  de  loin.  Un  Père  à  marier.  Miss,  Du 
Rire  aux  Larmes,  Ce  Bon  de  La  Fontaine,  La 
Nouvelle  Aurore,  Tue-la-Morl,  Le  7  de  Trèfle, 
réalisé  par  Navarre. 

Adresse  :  23,  rue  de  la  Buffa,  Nice. 


GABY  MORLAY 

est  née  à  Bi^kra,  le  Ier  février  1897. 
Théâtre 

L'Homme  Riche,  Aphrodite,  Le  Zèbre,  Fred, 
Les  Exploits  d'une  Petite  Française,  Le  Scandale 
de  Monte-Carlo,  Le  Poulailler,  Un  Soir  quand  on 
est  seul,  La  Petite  Bonne  d'Abraham,  Petite 
Reine,  Le  Traité  d'Auteuil.  Mademoiselle  ma 
Mère. 

Ses  Filins 

La  Sandale  Rouge,  scénario  et  réalisation  de 
Henry  Houry. 

Le  2  Août  1914,  avec  Max  Linder. 

Pour  Epouser  Gaby  (S.  C.  A.  G.  L.),  réalisa- 
tion de  Monca. 

Prête-Moi  ton  Habit  (S.  C.  A.  G.  L.),  réalisa- 
tion de  Monca. 

Le  Serment  d'Anatole  (S.  C.  A.  G.  L.),  réali- 
sation de  Monca. 

Les  Epaves  de  l'Amour  (Gaumont),  scénario  et 
réalisation  de  René  Le  Somptier,  avec  Keppens, 
Riessler  et  France  Dhélia. 

Le  Paradis  des  Enfants  (Louis  Nalpas),  adapté 


Dessin  de  Don 


MARCEL  LEVESQUE 


d'André  'Iheunet  et  réalisé  par  Charles  Burguet] 
avec  Fabris  et  EHitertre. 

Un  Ours  (Louis  Nalpas),  réalisation  Charles 
Burguet,  avec  Modot  et  Gil  Clary. 

Le  Chevalier  de  Gaby,  scénario  de  Gaston 
Modot,  réalisé  par  Ch.  Burguet,  avec  Modot. 

L'Agonie  des  Aigles,  tiré  de  l'œuvre  de  G.  d'Es- 
parbès  et  réalisé  par  D.-B..  Deschamps,  avec 
Séverin-Mars,  Desjardins,  etc. 

Adresse  :  2,  avenue  Octave -Greard,  Paris 
(VIF). 


Théâtre 


MARCEL  LEVESQUE 


Salomé,  Riquet  à  la  Houpe,  La  Belle  au  Bois 
Dormant,  La  Sentinelle  Vigilante,  Le  Coup  de 
Cyrano,  L'Ami  de  la  Maison,  Les  Tribunaux  Co- 
miques, Dent  pour  Dent,  Galimard  Interpellé,  La 
Blessure,  Pour  être  Aimée,  Le  Vertige,  Madame 
Flirt,  Le  Cadre,  Le  Prince  Consort,  Chiffon, 
Triplepatte,  La  Maison  des  Juges,  L'Otage,  Pa- 
tachon, La  Maison  en  Ordre,  Le  Poussin,  Une 
Grosse  Affaire,  Suzette,  La  Barricade,  Le  Cos- 
taud des  Epinettes,  Le  Million,  L' Amour  en  Ma- 
nœuvre, Aimé  des  Femmes,  Le  Petit  Café,  La  Pré- 
sidente, L'Ingénu,  Le  Mannequin,  Je  7  'aime, 
L'Anglais  tel  qu'on  le  parle,  Le  Billet  de  Loge- 
ment, Tête  de  Linotte,  La  Recommandation,  Le 
Barbier  de  Séville,  Les  Remplaçantes,  Education 
de  Prince,  La  Veine,  La  Cagnotte,  La  Marraine 
de  Charley,  La  Dame  du  Commissaire,  Le  Mys- 
térieux Jimmy,  Un  Fil  à  la  Patte,  Faisons  un 
Rêve,  etc.,  etc. 

Ses  Films 

Gaumont 
sous  la  direction  de  Léonce  Perret  : 

Léonce  et  Poupe tte,  La  Belle-Mère. 

Sous  la  direction  de   Louis  Feuillade   : 

L'Illustre  Mâchefer,  L'Hôtel  de  la  Gare,  Le 
Jocond,  Le  Gendarme  est  sans  culotte,  Tu  n'épou- 
seras jamais  un  Avocat,  Le  Furoncle,  L'Escapade 
de  Filoche,  Le  Sosie,  Le  Coup  du  Fakir,  Le  Fer  à 
Cheval,  Le  Collier,  L'Angoisse  au  Foyer. 

Mise  en  scène  de  Marcel  Levesque  :  La  Pin- 
tade et  le  Dindon. 

De  nouveau  sous  la  direction  de  Louis  Feuil- 
lade   : 

Les  Vampires,  L'Oncle  de  Bout  de  Zan,  Les 
Mariés  d'un  Jour,  Les  Fiançailles  d'Agénor,  Les 
Fourberies  de  Pingouin,  C'est  le  Printemps,  Le 
Retour  de  Manivel,  Le  Poète  et  la  Folle  Amante, 
Si  vous  ne  m'aimez  pas.  La  Reine  du  Talion, 
Lagourdette  gentleman  cambrioleur,  Judex,  Mon 
Oncle,  La  Femme  Fatale,  Débrouille-Toi,  La 
Fugue  de  Lili,  La  Nouvelle  Mission  de  Judex. 
Path  é-Nalpas 

Serpentin  à  tort  de  suivre  les  Femmes,  réalisa- 
tion de  Violet. 

Serpentin  Janissaire,  réalisation  de  René  Plai- 
setty. 

La  Sultane  de  l'Amour,  scénario  de   Frantz 
Toussaint,  adapté  par  Louis  Nalpas  et  réalisé 
par  René  Le  Somptier  et  Charles  Burguet. 
Eclair-Nalpas 

Sous  la  direction  de  Jean  Durand  : 

Serpentin  au  Harem,  Serpentin  cœur  de  lion, 
Serpentin  le  Bonheur  est  chez  toi.  Serpentin  et 
les  Contrebandiers,  Serpentin  manœuvre.  Ser- 
pentin reporter. 

Pathé 

Serpentin  a  dressé  Bouboule,  réalisation  d  Al- 
fred Machin. 

Serpentin  fait  de  la  Peinture,  réalisation  d'Al- 
fred Machin. 

Adresse  :  7,  rue  de  Berne. 

(Jl  suivre.) 


MUSIDORA  dans  Pour  don  Carlos 


:o 


cinea 


Les  Nouveaux  Films  ! 

1921     FRANÇAIS     1922    : 


El  Dorado,  composé  et  réalisé  par  Marcel 
L  Herbier.  Interprètes  :  Eve  Francis,  Jaque 
Catelain  et  Marcelle  Pradot.  (Films  Gaumont- 
Pax.) 

Villa  Destin,  humoresque  de  Marcel  L'Her- 
bier. Interprètes  :  Saint-Granier,  Hallys  Feeld, 
Lih  Samuel,  Paulais. 

L  Ombre  déchirée,  réalisé  par  Léon  Poirier. 
Interprètes  :  Suzanne  Desprès,  Roger  Karl, 
Madys,     Jacques-Robert,     Tallier     et     Myrga. 

Le  Coffret  de  Jade,  composé  et  réalisé  par 
Léon  Poirier,  avec  l'interprétation  de  Roger 
Karl  et  Myrga.  (Film  Pax-Gaumont). 

L'Homme  et  la  Poupée,  de  Maurice  Manaud. 
Interprètts  :  H.Wells,  Suzanne  Delvé  et  Talîier 

La  Vivante  Epingle,  de  Jacques  Robert, 
d'après  J.-J.  Renaud,  avec  Jean  Toulout,  Jean 
Hervé  et  Mlle  Legrand. 

Les  Trois  Lys,  adapté  du  roman  de  Lucie- 
Deîarue-Mardrus  et  réalisé  par  Desfontaincs 
avec  l'interprétation  de  Gine  Avril,  Baissac 
Yvonne  Desvigne  et  Mme  Grumbach.  (Film 
Pax-Gaumont.) 

Chichinette  et  Cie,  adapté  du  roman  de  Pierre 
Custot,  par  H.  Desfontaines. 

L  Orpheline,  ciné-feuilleton  en  douze  épisodes, 
composé  et  réalisé  par  Louis  Feuillade  avec 
l'interprétation  de  Sandra  Milowanoff,  E.  Mathé 
J.  Herrrran,  Biscot,  Olinda  Mano,  etc.  (Film 
Gaumont-Pax.) 

Le  Paradis  perdu  et  Le  Pendentif,  de  Pierre 
Colombier,  avec  Lefaur,  Lugnet,  Mlle  Diamant. 

Mimi-Trottin,  adapté  du  roman  de  Marcel 
Nadaud  et  réalisé  par  Andréani.  Interprètes  ; 
Louise  Lsgrange,  Lagrenée,  etc.  (  S.  C.  A.  G.  L. 
—  Pathé.) 

L'Hirondelle  et  la  Mésange,  scénario  de  Gus- 
tave Grillet,  réalisé  par  André  Antoine.  Inter- 
prètes :  Ravet,  Alcover,  Miles  Maylianes  et 
Maguy  Deliac.  (S.  C.  A.  G.  L.  —  Pathé.) 

Le  Cœur  magnifique,  composé  par  Séverin- 
Ma:  s  et  réalisé  par  1  auteur  et  Jean  Legrand. 
Interprètes  :  Severin-Mars,  Tania  Daleyme, 
Léon  Bernard,  France  Dhéîia  et  Maxudian 
(Films  André  Legrand.  Edition  Pathé.) 

La  Mort  du  Soleil,  composé  par  André  Le- 
grand et  réalisé  par  Mme  Germaine  Dulac, 
avec  l'interprétation  d'André  Nox,  Denise 
Lorys  et  Régine  Dumien.  (Films  André  Le- 
grand ;   édition   Pathé.) 

La  Roue,  composé  et  réalisé  par  Abel  Gance. 
Opérateurs  :  Burel  et  Bujard.  Interprètes  : 
Séverin  Mars,  Ivy  Close,  Pierre  Magnier, 
Gabriel  de  Gravone,  Georges  Térof.  (Films 
Abel    Gance  ;   Pathé   éditeur.) 

Fromont  jeune  et  Risler  aîné,  adapté  du  roman 
d'Alphonse  Daudet  et  réalisé  par  Henri  Krauss. 
Interprètes  :  Henri  Krauss,  Andrée  Pascal, 
Escande,  Philippe  Garnier,  Angelo,  Suzanne 
Paris's,  Joffre,  Schutz.  (Film  S.  C.  A.  G.  L.  ; 
Pathé  éditeur.) 

La  Terre,  adapté  du  roman  d'Emile  Zola  et 
réalisé  par  André  Antoine.  Interprètes  :  A'exan- 
dre,  Jean  Hervé,  Berthe  Bovy,  Armand  Bour, 
Jane  Br.ey,  Lerner,  Mme  Grumbach.  (Film 
S.  C.  A.  G.  L.  ;  Pathé  éditeur.) 

L'Empereur  des  pauvres,  adapté  du  roman 
de  Félicien  Champsaur  et  réalisé  par  René 
Leprince.  In'erprètes  :     Léon     Mathot,    Henri 


Krauss,    Gina    Relly,   etc.   (Production   Pathé.) 

Les  Trois  Mousquetaires,  adapté  du  roman 
d'A'exandre  Dumas  et  réalisé  par  Henri  Dia- 
mant-Berger et  Andréani. 

Le  Crime  de  Lord  Arthur  Savile,  tiré  du  roman 
d'Oscar  Wilde  par  André  Legrand.  Interprète 
principal  :  Cecil  Mannering,  Olive  Sloane  et 
André  Nox.  (Films  André  Legrand;  édition 
Pathé.) 

Miss  Rovel,  adapté  du  rcman  de  V.  Cher- 
buliez,  réalisé  par  Jean  Kemm.  Interprètes  : 
Geneviève  Fé'ix,  Jean  Worms  et  Jane  Faber. 
(S.  C.  A.  G.  L.  — Pathé.) 

La  Ferme  du  Choquart,  adapté  du  rcman 
de  V.  Cherbuhez  et  réalisé  et  Jean  Kemm. 
Interprètes  :  Mary  Marquet,  Geneviève  Fé,ix, 
Jane  Even.  Mevisto,  Varennes.  (S.  C.  A.  G.  L. 
—  Pathé.) 

Romain  Kalbris,  adapté  du  roman  d'Hector 
Malot  et  réalisé  par  Georges  Monca,  avec  le 
jeune  Fabien  Haziza  dans  le  rôîe  principal 
(S.  C.  A.  G.  L.  —  Pathé.) 

Le  Doute,  composé  et  réalisé  par  René  Le- 
prince. Interprètes  :  Jean  Dax,  Jean  Aymé, 
Arquillière,  Christiane  Delval  et  Mme  Delau- 
nay.  (Production  Pathé.) 

Au  creux  des  sillons,  adapté  d'un  roman 
d'  Alexandre  Arnoux  et  réalisé  par  M.  Bou- 
drioz.  Interprètes  :  Jacques  de  Féraudy  et 
Henri  Roussel.  (Films  Abel  Gance  ;  Pathé 
éditeur.) 

L  Artésienne,  adapté  de  l'œuvre  d'Alphonse 
Daudet  et  réalisé  par  André  Antoine.  (S.  C. 
A.  G.   L.  —  Pathé.) 

Fièvre,  composé  et  réalisé  par  Louis  Delluc. 
Interprètes:  Eve  Francis,  Van  Daëe,  Elena 
Sagrary,  Modot,  A.  Brunelle,  L.-V.  de  Malte, 
Footit,  Yvonne  Aurel,  opérateurs  :  Gibory  el 
Lucas  (A'hambra-Film  ;  édition  Films  artis- 
tiques.) 

Le  Tonnerre,  d'après  un  conte  de  Mark  Twain, 
réalisation  de  Louis  Delluc,  interprétation  de 
Marcel  Vallée  et  Lili  Samuel.  Opérateur  : 
Gibory. 

Les  Ailes  s'ouvrent,  composé  et  réalisé  par 
Guy  du  Fresnay.  Interprètes  :  MM.  Genica 
Missino  et  Roanne,  M.ics  Marie-Louise  Iribe 
et  Madys.  (Films  Jupiter  ;  édition  Films  Artis- 
tiques.) 

L  Eternel  féminin,  composé  et  réalisé  par  Roger 
Lion.  Interprètes  :  Gina  Palerme,  Marthe 
Lenclud,  Ml.'e  Raymonde,  Eugénie  Nau  et 
Mina  Lecceuvre,  Rolla  -Norman,  Maxudian, 
Jacques    Volnys.   (Edition    Films    Artistiques.) 

Le  chemin  d  Ernoa,  drame  basque,  avec  :  Eve 
Francis,  Durée,  Gaston  Jacquet,  Mlle  Doudjam 
Valter,  J.-B.  Maricha'ar.  (Parisia-Films.)  (Edi- 
tion Films  Artistiques.) 

Les  Roquevillard,  d'après  le  roman  de  Henri 
Bordeaux,  par  Julien  Duvivier,  avec  Desjardins, 
Van   Daële,  Melchior,  et   Jeanne  Desclos. 

La  Maison  vide,  composé  et  réalisée  par  Ray- 
mond Bernard.  Interprètes  :  A'cover,  Andrée 
Brabant,  Jacques  Roussel,  Mme  Montbuzon  et 
Henri   Debain. 

Fils  du  vent,  composj  et  réalisé  par  M.  de 
Carbonnat.  Interprètes  :  Francine  Mussey, 
Suzanne  Talba,  Mlle  Nautzy,  Dehelly  fils  et 
Duvelleroy. 

Jettatura  composé  et  réalisé  par  G.  Véber, 
avec  l'interprétation  d'Elena  Sagrarv,  Jean 
Dehelly  et   Nino   Véber. 

Un  Loup,  de  Jean  Durand  avec  Berthe  Dag- 
mar  et  Françoise  Maïa. 

Phroso,  adapté   du   roman   d'Anthony   Hope 


et  réalisé  par  Louis  Mercanton.  Interprètes: 
Malvina  Longfellow,  Jeanne  Desclos,  Paul 
Capellani  et  Maxudian.  (Films  Louis  Mercan- 
ton,   édition    Royal-Film.) 

Le  Père  Goriot,  adapté  du  roman  de  Balzac 
et  réalisé  par  J.  de  Baroncelli.  Interprète1 
Signoret.  Opérateur  :  Gibory  (Le  Film  d'Art  : 
édition  A.  G.  C.) 

L'Atlantide,  adapté  du  roman  de  Pierre  Be- 
noit et  réalisé  par  Georges  Feyder.  Interprètes  : 
Stacia  Napierkcwska,  Georges  Melchior,  Àrgelc, 
Marie-Lcuise  Iribe.  Opérateurs  :  Sprekt  et 
Morin. 

L'Agonie  des  Aigles,  tiré  du.  roman  de  Paul 
d  Esparbès  Les  Demi-Soldes  et  réalisé  par  Do- 
minique-Bernard Deschamps.  Interprètes  :  Sé- 
verin-Mars,  Desjardins,  Gilbert  Dalleu,  Moré- 
no,  Mailly,  le  petit  Rozenat  et  Gaby  Morlay. 

L'Ecran  Brisé,  adapté  du  roman  d'Henri 
Bordeaux  et  réalisé  par  M.  D'Auchy.  Interprè- 
tes :  Andrée  Lyonel,  Mauloy,  André  Luguet, 
Mlle   Vasseur  et   John   Warriley. 

Kxnigsmarh,  adapté  du  roman  de  Pierre 
Benoît  et  réalisé  par  Léonce  Perret  avec  Doris 
Keane  et  Le  Bargy. 

Pour  don  Carlos,  adapté  du  roman  de  Pierre 
Benoît  et  réalisé  par  Pierre  Lasseyne.  Inter- 
prètes :  Musidora  et  Abel  Tarride. 

La  Douloureuse  comédie,  scénario  et  réali- 
sation de  Théodore  Bergerat.  Interprètes  : 
Stacia  NaP:erkowska,  Dalsace,  Marcelle  Schmitt 
et    Eugénie    Nau.   (Eclipse). 

Lucente  Stella,  composé  et  réalisé  par  M.  d'Au- 
chy,  avec  Madeleine  Lyrisse,  Andrew  F.  Bru- 
nelle et  Claude  Mérelle. 

La  Lumière  sur  la  neige,  composé  et  réalisé 
par  André  Hugon,  avec  l'interprétation  de 
Suzanne  Talba  (Monat-Film). 

L  Œil  de  Montmartre,  composé  et  réalisé 
par  André  Hugon.  (Monat-Film.) 

Le  Porion,  adapté  du  drame  de  M.  G  rbidon 
et  réalisé  par  G.  Champavert,  avec  i'.nterpré- 
tation  de  Boulle,  Marthe  Lepers  et  Juliette 
Malherbe     (Film     Prismos,     édition     Phocéa.) 

La  Terre  du  Diable,  de  M.  Luitz  Morat  avec 
Modat,  Pierre  Régnier,  et  Mmes  Yvonne  Aurel 
et   Chapuis. 

La  Maison  des  pendus,  de  Henry  Houry, 
avec  Agnès  Souret    (Dal-Film). 

L  Infante  à  la  Rose,  d  après  le  iom:n  de 
Gabrielle  Réval,  par  Henry  Houry  avec  Ga- 
brielle   Dorziat. 

Pour  une  Nuit  d  amour,  adapté  du  roman  d3 
Zola  et  réalisé  par  M.  Protozanoff  avec  l'inter- 
prétation de  Van  Daëe  et  Mlle  Rosîe  (Fims 
Thiemann  ;    édition    Fox- Film.) 

L'Ile  sans  amour,  scène  préh.stonque  d'Andié 
Legrand,  réalisée  par  Liabel.  Interprètes  : 
Elmire  Vautier,  Renée  Sylvaire,  etc.  (Films 
André   Legrand.) 

Christmas,  composé  et  réalisé  par  E.  Violet, 
avec  John  Warriley,  Mag.  Murray  et  Félix 
Ford  pour  interprètes.  (Films  Lucifer  ;  édition 
Aubert.) 

Les  Fleurs  sur  la  mer,  scénario  d'André 
Legrand,  réalisé  par  Liabel.  Interprètes  : 
Renée  Sylvaire,  Pierre  Delmonde,  etc.  (Films 
André  Legrand.) 

L'Amour  du  Mort,  de  Maurice  de  Marsan, 
avec  Th.  Burleigh,  Amy  Vérity  et  Gaston 
Jacquet. 

Rose  de  Nice,  composé  par  G.  Durmstre  et 
réalisé  par  MM.  Ryder  et  Chaillot,  avec  l'inter- 
prétation d'Ivan  Hedquist,  Suzanne  Delvé, 
Jean  Dax.  Paulette  Ray,  Renée  Cari,  Thérèse 
Ko!b  et  Rieffler  (Natura-Film). 


cinea 


GEN1CA    MËSS1R10 

Un  jeune  roumain  venu  au  ciné- 
matographe avec  succès  et  dont 
le  jeu  si  ibre  et  la  parfaite  élégance 
attirèrent  l'attention  de  quel- 
ques cinéastes.  O  Son  film  La 
Neige  sous  1rs  pas  avec  Suzanne 
Talba  sera  édite  par  Pathé. 
O  Nous  le  verrons  aussi  dans 
L'Atlantide  où  il  interprète  le 
rôle  du  Capitaine  Ayinard.  O  II 
vient  de  tourner  avec  Guy  du 
Fresnav  dans  Lrs  Ailes  qui  s'ou- 
vrent un  rôle  où  il  a  pu  donner 
libre  cours  a  sa  fantaisie  éques- 
tre, celui  d'entre  les  sports  qu'il 
pratique  avec  le  plusde  virtuosité 


0  Le  Film  pour  Tous  0 


On  a  beaucoup  parlé  des  Ecoles  de  Cinéma,  on  les  a  critiquées 
tour  à  tour.  Il  nous  a  semblé  utile  d'avoir  là-dessus  l'opinion 
d'un  directeur  de  cours  cinégraphique  aujourd'hui  en  renom. 

MM.  Négrier  et  Pitiot  dirigent  Le  Film  pour  tous  qui  n'est  pas 
une  Ecole  :  nous  les  laissons  d'ailleurs  parler  : 

«  Il  y  a  école  de  cinéma  et  cours  de  cinématographe.  C'est  ce 
qu'il  fallait  prouver.  Nous  n'avons  pas  la  prétention  de  créer  de 
toutes  pièces  des  vedettes  de  l'Ecran,  mais  nous  recherchons 
parmi  nos  élèves  ceux  dont  les  aptitudes  révèlent  un  tempéra- 
ment cinégraphique.  Nous  étudions  ces  aptitudes,  les  développons 
et  les  perfectionnons. 

«  Nos  cours  commencent  par  quatre  leçons  par  mois  au  bout 
desquelles  nous  pouvons  juger  nos  élèves.  Ceux  dont  nous 
pouvons  bien  augurer  sont  sélectionnés  et  deviennent  l'objet  de 
tous  nos  soins.  Les  autres,  sans  distinction,  sont  dissuadés  par 
nous  de  continuer.  La  modicité  de  nos  prix  n'est  pas  pour  eux 
une  grande  perte. 

«  Notre  studio  est  éclairé  de  façon  moderne  et  nouvelle,  la 
lumière  nous  est  fournie  par  les  Lampes  Jupitei  dont  vous  savez 
qu'elles  représentent  la  perfection  au  point  de  vue  photogénique. 

«  Nos  élèves  ont  ainsi  des  garanties  d'essai  absolument 
identiques  au  perfectionnement  des  studios  les  mieux  conçus. 

«  Le  nombre  de  nos  élèves  va  toujours  croissant  et  déjà 
quelques  metteurs  en  scène  ont  trouvé  dans  nos  cours  des 
tempéraments  dont  ils  n'eurent  qu'à  se  louer. 

«  Ainsi  nous  espérons  arriver  à  obtenir  plus  que  leur  attention 
et  a  leur  présenter  des  débutants  qui  n'auront  rien  à  envier 
à  certains  artistes. 

«  De  plus,  nous  avons  ici  un  operateur  choisi  parmi  les 
meilleurs  qui  filme  des  scènes  d'extérieurs  et  se  déplace  aussi, 
suivant  qu'on  nous  le  demande.  » 

Une  prochaine  visite  faite  pendant  un  cours  nous  fixera  sur 
ces  tempéraments.  Mais  nous  avons  cru  bon  de  signaler  aux 
personnes  qui  nous  écrivent  pour  faire  dti  cinéma  un  cours  où 
elles  auront  toutes  chances  de  savoir  m  oui  ou  non  elles  se 
peuvent  consacrer  a  1'  «  Art  Muet  ». 


Vous  êtes  tous 
photogéniques 

Le  "Film  pour  Tous" 

Vous 
en  donne  la  preuve 


Venez 

4,   rue  Puteaux 
il  vous  filmera 
et 

vous  donnera   son 


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Imprimerie  spéciale  decinéa,  84,  rue  Rochechouart,  Paris. 


Le  erérant  :  A.  Paty. 


Ïïri  franc  ]  2e  numéro  des  Interprètes  français  j  "un "fÏÂnc 


16  Septembre  1921 


Numéro  ..  ..  19 


■^  ^  ■£-  Hebdomadaire  Illustré  -£  <Ç  4; 
Louis  DELLUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
10,  Rue  de  l'Elysée,  Paris  -  Tél.  :  Élys.  58-84 


ABONNEMENTS    : 

I  an  45 fr.  -  6  mois  25  fr. 
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GABRIELLK  DORZIAT  dans  l'Infante  a  la  Rose  Piioto  D.1-F.U 

L'aristocratique  artiste,  gloire  de  la  scène  parisienne,  va  connaître  le  succès  de  l'écran  avec  le  personnage  émouvant, 
passionne  et  si  fin  qu'elle  a  compose  dans  L'Infante  à  la  Rose,  de  Gabrielle  Réval,  filmée  par  Henrv-Hourv  pour  la  Dal-Film. 


I  UN  fbanc  j  2e  numéro  des  Interprètes  français  !  UN  franc  j 


L'ESPRIT 
NOUVEAU 

Revue  Internationale  Illustrée  de  l'Activité  Contemporaine 

Société  anonyme  des  Editions  de  l'Esprit  Nouveau 
Dircctionel  Administration     9,  Hue  dAstorg,  PARIS  S* 

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ARTS  -  LETTRES  -  SCIENCES  -  SOCIOLOGIE 

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plus  luxueuse,  la  plus  illustrée. 

II  La  Revu;  de  littérature  la  plus  avertie  et  la  plus  complète 
'(littérature,  romau,  poésie,  théâtre,  peinture,  s  ulpUre, 
architecture,  cinéma  . 

III.  La  Revue  d'esthétique,  première  et  seule  revue  d'esthé- 
tique paraissant  en  France. 

IV.—  La  Revue  des  recherches  esthétiques  île  l'Ingénieur. 

V.— la  Revue  musicale  vraiment  moderne,  abondamment 
illustrée  d'exemples. 

VI.  -  La  Revue  scientifique  (sciences  pur.  s  ci  appliquées^,  la 
seule  qui  mette  à  la  portée  de  tons  les  intellectuels,  les 
conclusions  île  l'activité  scientiliqne  et  industrielle  du  mois. 
SOU<  une  tonne  élevée  et  accessible. 

VII.—  La  Revue  de  sociologique  el  d'économique,  libre  de 
toul  parti. 

Viii     La  Revue  du  mouvement  philosophique  du  monde  entier. 

IX.  -  La  Revue  de  l'activité  de  la  vie  moderne  sous  forme  de 
chroniques  illustrées,  résumé  concis  de  toul  ce  qui  >e  fait 
de  valable  en  noire  temps. 

L'ESPRIT  Nul  VEAU  pacall  chaque  mois  suc  un  minimum 

île  1 3 i  paix  s  avec  5o  on  un  illustrations  en  noir  el  en  couleur 
dont  m  hors-texte  el  une  trichromie. 

~-es  rubriques  sont  tenues  par  les  écrivains  spécialisés  les 
plus  qualifiés  : 

Littérature,  Architecture,  Peinture,  Sculpture,  Musique, 
Cinkma,  Sciences  pures  et  appliquées.  Esihéi  que  expérimen- 
tale,  Esthétique  dis  l'Ingénieur,    Urbanisme,    Philosophie, 

s logique,  Economique,   Sciences  morales  et  politiques, 

Vie  moderne,  Théâtre,  Spectacles,  Les  Sports,  Les  Faits. 


France  :    ABONNEMENT:  70  fr. 
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accompagnée  de  3  francs  en  timbres-poste. 


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NOTRE  CONCOURS  DE  PHOTOGRAPHIES] 

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CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi  16  au   Jeudi  22  Septembre 


3<=   ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des 
Italiens.  —  La  vallée  de  IVesserling,  plein 
air.  —  Poliron  garçon  de  café,  dessins  ani- 
més. —  Les  actualités.  —  Patbé-Revue.  — 
La  Belle  de  New-York,  comédie.  —  La 
chanson  éternelle,  drame. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière. 

—  Parmi  les  sauvages  des  iles  Saloinon, 
documentaire.  —  Select-Revue  n°  4.  —  Le 
Gardian,  drame.  —  Parisiana-Journal.  — 
Quand  on  a  faim,  drame.  —  Billy  limier  de 
la  P.  P .  comique. —  En  supplément,  de 
7  h.  3o  à  8  h.  30,  excepté  dimanches  et 
l'êtes  :   La  Parure,  comédie  dramatique. 

Omnia-Pathé.  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Pathé- Journal.  —  Potiron  garçon 
de  café,  dessins  animés.  —  Pathé-Revue, 
documentaire.  —  Lui...  et  la  casquette 
compromettante,  comique.  —  Non  passé  le 
dimanche  en  matinée.  —  Froment  jeune  cl 
Risler aîné,  2e  époque,  fin. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Journal.  —  San  Reino  et 
ses  environs,  plein  air.  —  Patbé-Revue.  — 
Le  Feu,  grand  drame.  —  Sibémol  l'auda- 
cieux, comique.  —  En  supplément  faculta- 
tif :  Nick  Winter  et  ses  aventures,  5e  épisode. 

3<=    ARRONDISSEMENT 

Pathé-Temple.  —  Patbé-Joumal.  — 
Patbé-Revue  11°  38.  —  L'Affaire  du  traim^. 
4e  épisode.  —  Lui. ..  et  la  casquette  compro- 
mettante, comique.  —  Fronwnt  jeune  et 
Risler  aine,  2e  époque,  fin. 

Théâtre  du  Kinerama  37,  boulevard 
Saint-Martin.  Archives  43-16,  directeur 
M.  Imbert. —  Cher  les  Indiens  Taos,  docu- 
mentaire.— Jack  l'audacieux,  scène  d'aven- 
tures. —  Une  idylle  aux  champs,  comédie 
gaie.  —  Fait  y  fait  ses  débuts,  comique. 

Palais  des  Fêtes. —  8.  rue  aux  Ours. — 
Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Pathé-Revue. 

—  La  course  à  l'héritage,  étude  de  mœurs 
sociales.  —  Fromont  jeune  et  Risler  aîné, 
2e  et  dernière  époque.  —  Pathé- Journal. 

Salle  du  ier  étage.  —  Actualités,  édition 
Pathé.  — Jeune  fille  à  louer,  comédie  gaie. 

—  La  loi  commune,  scène  dramatique. 

4<=   ARRONDISSEA1ENT 

Saint-Paul,     73,     rue     Saint-Antoine. 

—  Comment  or.  fabrique  un  piano,  docu- 
mentaire. —  Saint-Paul-Jouriial.  — Mathias 
Saudorf.  ()''  épisode,  lin.  —  Bécassou  capi- 
taine an  long  cours,  comique.  —  Le  sept  de 
trèfle,  i"1'  épisode.  -  La  chanson  éternelle. 
drame. 


v      5e  ARRONDISSEMENT 

Mésange, 3,  rue  dArras. — Patbé-Joumal . 
Beaucitron  bon  juge,  comique.  —  Mathias 
Saudorf,  9e  épisode,  fin.  —  L'Affaire  du 
train  24,  3e  épisode.  —  Fromont  jeune  et 
Risler  aine,  re  époque. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 
Ménage  de  chien,  folie  canic.ulaire  !  — 
Fromont  jeune  et  Risler  aîné,  2e  et  dernière 
époque.  —  Gaumont-act  ualités.  —  Attrac- 
tion :  Francardi,  dans  son  numéro.  — 
La  Faim,  drame.  —  La  course  an  sac, 
comique. 


[       Ne  manquez  pas  de  Voir  ; 

:  : 

:      Charlie    Chaplin    dans  : 

I    UNE  IDYLLE  AUX  CHAMPS  ! 

!    ! 

:       Gladys  "BrockWell  dans 

L  EH  I G  M  E  DU  DIABLE 

: 

Henry  Krauss  dans 

FROMONT  jeune  et  BISLEH  aîné  I 


6e  ARRONDISSEMENT 

Palace-Cinéma-Danton.  —  99,  boule- 
vard Saint-Germain.  —  Fleurus  27-50,.  — 
La  plus  belle  route  des  Etats-Unis,  docu- 
mentaire. —  Fromont  jeune  et  Risler  aine. 
première  époque. —  La  course  éi  l'héritage. 
étude  de  mœurs  sociales.  —  Gaumont- 
AJ  ualités. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Récamier,  3,  rue  Récamier.  — 
Actualités,  —  L'Affaire  dit  train  24,  y  épi- 
sode. —  Fromont  jeune  et  Risler  aîné.  — 
Les  gorges  de  Dunians,  plein  air.  —  Gigolo 
douanier,  comique. 

Splendid-Cinéma-Palace,  60,  avenue 
de  la  Motte-Picquet,  Saxe  65-03.  M.  Messie, 
directeur.  —  Pathé-Jourual.  —  Parmi  les 
Peaux-Rouges,  documentaire.  —  Le  sept  de 
trèfle,  ciné-roman.  —  Fromont  jeune  el 
Risler  aine,  d'après  le  roman  d'A.  Daudet. 
—  Le  drame  des  Faux-Mortes,  d'après  le 
romande  Charles  Folev.  — Joe  détective. 
comique.  —  Intermède  :  Cécile  Gilbert  et 
Maurice  Dbarlav.  fantaisistes. 


Cinéma  Bosquet, 83,  avenue  Bosquet. — 
Direction  G.  Movse.  —  Che{  les  Anthro- 
pophages, 4e  étape.  —  Chariot  vagabond. 
comique. —  Mathias  Saudorf ,  9-  et  dernier 
épisode. —  Sous  le  joug  de  la  morte,  comé- 
die dramatique. 

8e  ARRONDISSEMENT 
Théâtre  du  Colisée,  38,  avenue  des 
Champs-Elysées.  Direction  Malleville.  — 
Elysées  29-46.  —  Potiron,  garçon  de  café, 
dessins  animés.  —  Pathé-Revue. —  Subtilité 
féminine,  comédie  gaie.  —  Gaùmont-actua- 
li/és.  —  La  chanson  éternelle,  drame. 

9e  ARRONDISSEMENT 
Delta-Palace-Cinéma.     17,     boulevard 

Rochechouart.Trudaine67-89  — Direction  : 
M.  A.  Jallon.  —  Delta-Journal.  —  La  course 
au  sac,  comique.  —  Stockholm,  plein  air.  — 
Le  sept  de  trèfle,  premier  épisode.  —  Les 
découragés,  étude  sociale  dramatique.  — 
Intermède  :  Jane  Rits.  diseuse  à  voix. 

Cinéma-Rochechouart,  66,  rue  de  Ro- 
chechouart.  Trudaine  67-89.  Directeur  : 
M. A. Jallon. —  Eclair-Journal.  —  La  Chine 
et  les  Chinois,  documentaire. —  La  fugue 
de  Moune,  comique.  —  L'autre  parfum, 
comédie  dramatique.  —  Le  million  des 
sœurs  jumelles,  comédie.  —  Intermède  : 
Marcel  Saget.  chanteur  de  genre. 

10e  ARRONDISSEMENT 

Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple.  — 
Pathé-Revue  n"  j8,  documentaire. —  Tivoli- 
Journal.  —  Lui...  et  la  casquette  compro- 
mettante, comique.  —  Fromont  jeune  el 
Risler  aiué.  drame.  2<'  époque.  —  Zigoto 
douanier,  comique. 

IIe  ARRONDISSEMENT 
Voltaire- Aubert-Palace,  95,  rue  de  la 
Roquette.  —  Aubert-Journal.  —  La  course 
au  sac,  comique.  —  Nick  IVinter  el  ses 
aventures,  5e  épisode.  —  Deux  bons  petits 
diables,  comique.  —  Pathé-Revue.  —  Fro- 
mont jeune  et  Risler  aine.  2e  et  dernière 
partie. 

12e  ARRONDISSEMENT 
Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Gaumont- 
Actualités.  —  Deux  bons  petits  diables. 
Comique.  —  Fromont  jeune  et  Risler  aine. 
2e  et  dernière  époque.  —  Attraction  : 
Duflewve,  chanteur  comique.  —  La  Faim. 
drame. 

i3e  ARRONDISSEMENT 

Oobelins,  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 
Pathé  four  nal. —  Beaucitron  bon  juge,  comi- 
que. —  Mathias  Saudorf,  9e  épisode,  lin. — 


cinea 


L'Affaire  du  train  24,  3e  épisode. —  Fro- 
mont  jeune  et  Risler aine,  drame,  première 
époque. 

M"    ARRONDISSEMENT 

Gaité,  rue  de  la  Gaîté.  —  Patbé-Journal. 
Beaucitron  bon  juge,  comique.  —  L'Affaire 
du  train  24,  3e  épisode.  —  Fromont  jeune 
et  Risler  aîné,  drame,  première  époque.  — 
Zigoto  garçon  de  théâtre,  comique. 

Réglna-Aubert-Palace.  155,  rue  de 
Rennes. —  Aubert-Journal.  —  Nick  IVinter 
et  ses  aventures,  5e  épisode.  —  Le:  bouuues 
indiqués,  comédie  dramatique.  —  La  faim, 
drame.  —  Deux  bons  petits  diables,  comi- 
oue. 

Splendide-Cinéma,  3,  rue  Larochelle. 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  Les  gorges  de 
Tunvater. —  A  l'assaut  du  bonheur,  drame. 

—  Zigoto  et  les  apacbes,  comique.  —  Dans 
la  nuit  du  ij.  drame  policier. 

15e  ARRONDISSEMENT 
Grenelle,  122,  rue  du  Théâtre.  —  Patbé- 
Journal.  —  Beaucitron  bon  juge,  comique. 

—  L'Affaire  du  train  24,  3e  épisode.  — 
Fromont  jeune  et  Risler  aine,  drame,  pre- 
mière époque. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  115-119.  rue 
Lecourbe.  Saxe  56-45.  —  Pathé-Revue.  — 
Deux  bons  petits  diables,  comique.  — 
Subtilité  féminine,  comédie  gaie.  —  Attrac- 
tion :  Yamainoto  et  Konwshi.  équilibristes 
japonais.  —    Le  méchant  homme,  comédie. 

—  Gaumont-actualitcs. 

16e    ARRONDISSEMENT 
Mozart-Palace, 49,  5 1  ,rue  d'Auteuil.  16e. 

—  Programme  du  vendredi  16  au  lundi 
19  septembre.  —  Effets  de  neige,  au  Dane- 
mark, plein  air.  —  Le  7  de  trèfle,  premier 
épisode.  —  La  carie  fatale,  ciné-roman. — 
Fal/y  et  Mabel,  comique.  —  Le  roman  d'un 
saphir,  d'après  Pierre  Loti.  —  Eclair-Jour- 
nal. —  Programme  du  mardi  20  au  jeudi 
22  septembre.  —  Cheç  les  anthropophages, 
5e  étape.  —  Le  Mystère  de  Wall-Street. 
drame  d'aventures.  —  lathé-Journal.  — 
Les  hommes  marqués,  drame.  —  Muguette 
et  son  as,  comique. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  —  Le 
faucon  pèlerin,  documentaire.  —  Dollv. 
comédie.  —  La  Gangue,  comédie  dramati- 
que. —  Pélagie  et  son  chien,  comique. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue 

MalakofT.  —  La  course  au  sac,  comique. — 

Prafaimtion,  drame.  —  La  Main  invisible. 

2e  épisode.  —  Les  portes  de  l'enfer,  drame. 

-  Picratt  jockey,  comique. 

17e  ARRONDISSEMENT 
Ternes-Cinéma,  avenue  des  Ternes,  5. 

—  Patbé-Journal.  —  Bouclette,  comédie 
dramatique.  —  Le  Rêve,  de  Zola. 

Villiers-Cinéma.  21,  rue  Legendre.  — 
Direction  :  M.  Hermua.  —  Dans  la  vallée 
alpine,  voyage.  —  Eclair-Journal.  —  Les 
lions  déchaînes,  scène  comique.  —  Les 
cavaliers  de  la  nuit,  drame.  —  Yvonne. 
comédie.  —  intermède  :  Robert  Jugain. 

Cinéma  Demours.  7,  rue  Demours, 
Directeur:  M.  F.  Destannes. —  Wag. 77-00. 


—  Voyage  cbe{  les  cannibales,  y  et  dernière 
étape.  —  Le  sept  de  trèfle,  ciné-roman,  pre- 
mier épisode.  —  La  Chanson  éternelle, 
comédie  dramatique.  —  Le.  lys  de  la  vie. 
d'après  le  conte  de  S.  M.  la  Reine  de  Rou- 
manie. 

Lutetia-Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Cbe{  les  Anthropophages,  if  et  dernière 
étape.  —  Subtilité  féminine ,  comédie  gaie. 

—  Pathé-Revue.  —  Fromont  jeune  et  Risler 
aiué,  2e  et  dernière  épopue  —  Gaumonl- 
Ac/ualiiés. 

Royal -Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Le  Music-Hall  n°  22,  comique.  —  Le  Rêve . 
d'après  l'œuvre  d'Emile  Zola. —  Le  chapeau 
de  Mitou,  comédie. —  La  course  à  l'héritage. 
étude  de  mœurs  sociales. —  Patbé-Journal. 

Cinéma  Legendre,   128,   rue  Legendre. 

—  Directeur  :  A.  Jallon.  —  Lcgendre-Acl lia- 
ntes. —  La  pêche  au  mari,  comique.  —  Du 
sang  dans  la  prairie,  drame.  —  Le  sept  de 
trèfle,  premier  épisode.  —  La  veuve  de 
New-York,  comédie  vaudeville.  —  Inter- 
mède :  Elwell,  diseur. 

18e  ARRONDISSEMENT 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt  et   rue  d'Orsel,  43, 

—  Maurice  Robert,  directeur.  —  Le  millon 
des  sœurs  Jumelles,  de  Léonce  Perret.  — 
Le  chapeau  de  Billy.  —  Dix  minutes  au 
Music-Hall.  —  Un  drame  sur  la  planche  à 
chaussures.  —  Le  collier  de  l'impératrice. 
2-  épisode.  —    Les  actualités  de  la  semaine. 

—  Attraction  :  Les  Minstrels  Parisiens. 

Palais-Rochechouart,  56,  boulevard  Ro- 
chechouart.  —  Pathé-Revue. —  Nick  IVinter 
et  ses  aventures,  5e  épisode.  —  L'ultime 
roman,  drame  —  Aubert-Journal.  —  Fro- 
mont jeune  et  Risler  aine,  2=  et  dernière 
partie. 

Marcadet-Cinéma-Palace ,  no,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81. —  L'Enigme  du  Diable,  drame. 

—  Fromont  Jeune  et  Risler  aine,  2e  époque, 
lin. —  Lui...  et  la  casquette  compromettante, 
comique.  —  Attraction  :  Les  Arna.  chan- 
teurs. 

Barbés-Palace,  34,  boulevard  Barbes- 
Direction  :  L.  Garnier.  —  Nord  35-68.  — 
La  Belle  de  Neiv-York.  comédie.  —  La 
course  à  l'héritage,  comédie  de  mœurs.  — 
2  attractions  :  Les  Sascboff,  de  PAlhambra, 
et  Le  Pierrot  Rouge,  chanteur  à  voix. 

Le,  Select,  8,  avenue  de  Clichv.  — 
Pathé-Revue.  —  Cher  les  anthropophages. 
9*  et  dernière  étape.  —  Le  Rêve,  d'après 
l'œuvre  d'Emile  Zola.  —  Patbé-Journal.  — 
La  Faim,  drame 

Le  Capitole,  boulevard  de  la  Chapelle. 

—  Pathé-  Journal.  —  Fromont  jeune  et  Risler 
aine.  2e  et  dernière  époque.  —  Attraction  : 
Dancré  et  Mus/y,  modeleurs  comiques.  — 
La  course  èi  l'héritage,  étude  de  mœurs 
sociales.  —  Ménage  de  chien,  folie  canic... 
u la  ire. 

Gaumont-Palace,   1.   rue  Caulaincourt. 

—  Le  Lys  brise,  avec  prologue  dramrtique 
et  lyrique.  — Subtilité  féminine,  comédie. 


19e     ARRONDISSEMENT 

Secrétan.  7.  Avenue  Sccrétan.--  Patbé- 
Journal.  —  Pathé-Revue  n»  j8,  documen- 
taire. —  Lui...  el  la  casquette  compromet- 
tante, comique. —  Mathias  SandorJ.  qe  épi- 
sode,  lin.  —  L'Affaire  du  Train  24,4e  épi- 
sode. —  Fromont  jeune  el  Risler  aine, 
2e  époque,  lin. 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  Pathé-Joumal.  —  L'Homme  et  la 
Poupée,  comédie  dramatique. — Attraction  : 
Helyn  aud  Frank,  jongleurs  comiques.  — 
Cbe{  les  anthropophages,  tf  et  dernière 
étape.  —  La  Faim,  drame. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont-actualitês.  —  La 
vieille  ferme,  drame.  —  Pathé-Revue.  — 
Attraction  :  Fories,  chanteur  comique.  — 
Fromont  jeune  et  Rislei  aîné,  2e  et  dernière 
époque. 

20e    ARRONDISSEMENT 

Paradis-Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 
leville. —  Deux  bons  petits  diables,  comique. 
—  Aubert-Journal.  —  Mirages,  comédie 
dramatique.  —  Nick  IVinter  et  ses  aventu- 
res, 5e  épisode.  —  La  Faim,  drame.  — 
Attraction  :  Selmar.  dans  son   répertoire. 


BANLIEUE 

Clichy.  — Pathé- Journal.  —  Pathé-Revue 
n°  78.  documentaire.  —   Lui...   et  la  ca 
quelle  compromettante,  comique. — L '  Affai. 
du  train  24,  4e  épisode.   —    Fromont  jeun 
et  Risler  aine,  2*  époque,  fin. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  —  Ménage 
de  chien,  folie  canic. ..ulaire. —  Le  Rêve. 
d'après  l'œuvre  d'Emile  Zola. —  Attraction  : 
Max  Kid  et  son  chat  mécanique.  —  Subti- 
lité féminine,  comédie  gaie.  —  Patbé-Jour- 
nal, 

Vanves.  —  Patbé-Journal.  —  Beaucitron 
bon  juge,  comique.  —  L'Affaire  du  train  24, 
3e  épisode.  —  Fromont  jeune  et  Risler  aine, 
première  époque.  —  Zigoto  et  la  Main 
Noire,  comique. 

Bagnolet.  —  Patbé-Journal.  —  Pathe- 
Revue  n°  38.  —  Lui...  et  la  casquette  com- 
promettante, comique.  —  L'Affaire  du 
train  24,  4e  épisode.  —  Maibias  SandorJ, 
7e  épisode.  —  Fromont  jeune  et  Risler  aine . 
2e  époque,  fin. 

Levallois.  —  Palhé-Joumal.  —  Pathé- 
Revue  n"  ?6. — Jeunes  files  éi  Inarier,  comi 
que.  —  Mathias  Sandorf  9*  épisode,  fin. — 
Intermède  :  Deschamp,  diseur.—  L'Affain 
du  train  24.  2«  épisode. —  Argent  et  honneur 
comédie  dramatique. 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (Le 
vallois).  Wagram  04-91.  —  L'Argent  et 
l'Honneur,  comédie  dramatique.  —  Yvonne, 
comédie  sentimentale.  —  Mathias  Sandorf. 
cf  et  dernier  épisode.  —  Attraction  de 
premier  ordre. 

Montrouge.  —  Comment  on  fabrique  un 
piano,  documentaire.  —  Mont  rouge-actua- 
lités.—  Bécasson  capitaine  au  long  cours, 
comique.  —  Le  sept  de  trèfle,  ciné-roman, 
premier  épisode.  —  La  vie  de  Raspoutine, 
drame  historique. 


! 


cinea 


Aux  studios  GaUmont  M.  Léon 
Poirier  va  bientôt  réaliser  une  œuvre 
de  très  grande  envergure  et  dont  la 
réalisation  demanderait  peut-être 
une  année  entière.  Paris  tel  est  le 
titre  de  ce  grand  film.  Paris  se  divi- 
sera en  trois  époques.  La  première 
s'intitule  Le  Vase  Brisé.  Le  Démon 
serait  le  titre  de  la  deuxième  et  la 
troisième  aurait  nom  Moloch,  l'ac- 
tion se  passerait  dans  des  milieu^ 
différents  dont  quelques-uns  très 
réalistes.  L'interprétation  compren- 
drait jusqu'ici  Mlle  Myrgu  et  M.  Tal- 
lier. 

• 

Une  présentation  spéciale  sera  faite 
à  la  Presse  la  première  semaine  d'oc- 
tobre au  Gaumont  Théâtre  de  l'Om- 
bre déchirée  et  du  Coffret  de  Jade, 
de  M.  Léon  Poirier.  La  Présentation 
officielle  de  ces  deux  films  sera  faite 
au  Gaumont-Palace  le  8  octobre. 

Une  partition  musicale  spéciale  a 
été  écrite  pour  l'Ombre  déchirée  par 
le  compositeur  Charles  Quef. 


Il  y  a  très  peu  d'acteurs  à  l'écran 
qui  ne  veuillent  tirer  au  fleuret  avec 
Sessuè  Hayakawa.  Au  cercle  de  la 
Cote  du  Pacifique,  où  il  passe  trois 
soirées  par  semaine,  on  le  considère 
comme  une  lame  des  plus  brillantes, 
et  son  jeu  à  l'escrime  peut  être  aisé- 
ment comparé  avec  celui  des  cham- 
pions du  monde  les  plus  renommés. 


Pauline  Frederick,  a  réservé  un 
coin  délicieux  de  sa  magnifique  pro- 
priété de  Beverly  Hills,  en  Californie, 
à  un  parc  de  roses.  Bien  qu'elle  ait  la 
réputation  d'être  une  des  femmes  les 
mieux  habillées  des  Etats-Unis,  il  ne 
faut  pas  croire  qu'elle  dédaigne  les 
effets  charmants  produits  par  ces 
étoffes  simples,  les  tissus  de  toile, 
unies  et  imprimées,  qui  l'habillent  à 
ravir,  et  c'est  vêtue  de  ces  toilettes 
si  seyantes  dans  ce  milieu  gai  et 
ensoleillé  qu'elle  aime  se  promener, 
ou  s'asseoir  avec  ses  travaux  d'ai- 
guille dans  le  solarium  de  sa  de- 
meure. 

• 

Deux  favorites  de  l'écran  qui  bril- 
lèrent dans  les  comédies  à  baigneuses 


de  Mack  Sennett,  au  costume  de  bain 
collant  d'une  pièce,  voient  briller 
leur  nom  au  premier  rang  des  ar- 
tistes en  vedette  depuis  quelques 
mois.  Gloria  Swanson  est  la  première 
à  qui  cet  honneur  revient.  Puis,  voici 
Harriet  Hammond  dans  «  Live  and 
let  live  »  (Vivre  et  laisser  vivre)  qui 
a  été  mis  en  scène  par  Christy  Ca- 
banne  pour  la  R-C  Pictures  Corpo- 
ration. 

«  Mumsie  »,  est  le  membre  le  plus 
important,  et  le  plus  cher,  de  la  mai- 
sonnée de  Pauline  Frederick  à  Be- 
verly Hills,  Los  Angeles.  «Mumsie» 
est  la  mère  de  Miss  Frederick.  Son 
oncle,  George  Bettingill,  est  le  direc- 
teur d'affaires  de  l'étoile  de  la  R-C 
Pictures,  c'est  donc  dire  que  lui  aussi 
fait  partie  de  la  maisonnée  réputée 
pour  sa  bonne  humeur. 


Les  Editions  Filma  mettent  sous 
presse  Le  Tout  Cinéma  nouvel  an- 
nuaire illustré  delaCinématographie 
mondiale  pour  1922. 

Rédigé  avec  le  plus  grand  soin,  cet 
important  ouvrage  luxueusement 
présenté  contiendra  toutes  les  adres- 
ses utiles  du  monde  cinématogra- 
phique dans  l'Univers  entier. 

L'inscription  dans  le  Tout  Cinéma 
est  gratuite  pour  les  professionnels, 
artistes,  producteurs,  loueurs,  édi- 
teurs, fournisseurs,  etc.. 

Envoyez  d'urgence  noms,  adresse 
et  titres  aux  Editions  Filma,  3,  bou- 
levard des  Capucines,  Paris. 


The  OUI  Nest,  présenté  a  l'Alham- 
bra  de  Londres  par  la  Goldwyn  Co. 
(Produit  par  :  Réginald  Barker). 

Simple  histoire  — ou  l'histoire  n'est 
rien,  rien  autre  que  le  commentaire 
qu'on  en  fait. 

...  Vie  profonde  qui  bat  en  nous,  in- 
cessante et  rebelle...  joies  et  peines 
puériles...  éveil...  désirs  fous...  et 
puis,  toujours,  les  bras  tendus  des 
mères...  toujours  ï.  .  . 

Voici  un  film.  Et  c'est  nous-mêmes. 

J'ai  suivi  The  Old  Nest  avec  le  dé- 
sir apeuré  d'entendre  un  cri  —  un  cri 
de   maman   en  peine.  Toutes  les  ma 
mans,  je  crois,  ont  pleuré. 


■■••■■■■•■■■■■■■■■■■■■■■■■«■■•■■•■■■■■■•■■■■■■■■■t 


Marcel  Levesque 

dans  ...  "La  Sultane  d'Amour" 


•£  Jaque  Catelain 

dans  .  .  "L'Homme  du  Large" 


£  S  s     Musidora 

dans      ...      "Pour  don  Carlos" 


f   Henry  Krauss 

dans    ...    "Les  Trois  Masques" 

^t  £  £  £      Mathot 

dans    ...     "Papillons" 

£    Mary  Harald 

dans "Tih-Minh" 

£    Marcel  Vallée 

dans    "Le  Tonnerre" 

£  Pierre  Magnier 

dans  "Le  Retour  aux  Champs" 

S  £    Lili  Samuel 

dans      "Villa  Destin" 


f   Elena  Sagrary 

dans      "Fièvre" 


■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■•■ï 


cinea 


■■■■■■■■•■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■ 

ÂVËFVôïïs'Vïï 


£  £       Van  Daële 

dans "Narayana" 


•£  £   Eve  Francis 


dans  ... 


"El  Dorado" 


•£     Séverin=Mars 

dans     "J'accuse" 


Stacia  de  Napierkowska 

dans. "L'Atlantide" 


£  £  £  £    Decœur 

dansnLaFauted'Odette  Maréchal" 


S  £      Roger  Karl 

dans  ...  "L'Homme  du  Large" 

Gaston  Jacquet 

dans  ...  "Le  Chemin  d'Ernoa" 


£  S   Mag  Murray 


ians    ... 


'Papill 


ons 


£  •£    Harry  Baur 

dans    ...     "L'Ame  du  Bronze" 

Suzanne  Després 

dans  "Le  Carnaval  des  Vérités" 


^      Gaby  Morlay 

dans    "Un  Ours" 


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LES    FILMS   D'AUJOURD'HUI 


Les  Proscrits. 

Les  Proscrits,  dont  nous  avions  .si 
ardemment  réclamé  le  retour,  sont 
enfin  revenus  —  ils  sont  hélas  repar- 
tis, nous  laissant  sous  l'impression 
d'une  œuvre  admirable  et  complète. 
Tout  ce  par  quoi  l'art  du  cinéma  peut 
s'affirmer,  charmer,  émouvoir,  s'y 
trouve.  Le  cadre  d'abord,  l'admira- 
ble décor  naturel,  avec  cette  lumière 
étrange,  qui,  maintenant,  pour  nous, 
éclaire  inoubliablement  toute  la  poé- 
sie de  la  Suède  ;  puis  ce  milieu  si  vi- 
vant, si  topique,  (peut-être  plus  Sué- 
dois qu'Islandais,  mais  pour  nous  la 
nuance  est  difficile  à  percevoir)  les 
personnages  dont  aucun  n'a  l'air  d'un 
acteur,  qui  tous  semblent  aussi 
naturellement  faire  partie  du  cadre 
et  de  l'action  que  l'ombre,  le  lac  ou  la 
cascade  ;  et  enfin  le  grand  drame 
humain,  tendre,  passionné,  déchirant, 
à  l'issue  duquel  les  boulevardiers  qui 
étaient  aller  voir  cela —  comme  autre 
chose  — s'en  allaient  silencieusement, 
un  peu  honteux  de  leurs  yeux  humi- 
des. Et  tous  ces  éléments  ordonnés 
avec  un  art  accompli,  selon  une  com- 
position presq  ue  musicale,  où  le  chant 
d'amour,  annoncé  parmi  les  scherzi 
des  jeux  populaires,  se  développe, 
pour  dépeindre  leur  solitude  heureuse 
en  un  bel  allegro  vivant  et  joyeux, 
puis  meurt  en  un  adagio  poignant 
sous  la  neige    qui  tombe  monotone. 

En  vérité  je  ne  voudrais  nommer 
ni  Victor  Sjostrom  ni  Edith  ErastofF ; 
ils  n'existent  plus  comme  interprètes  ; 
il  est  impossible  de  détacher  tel  ou 
tel  passage  ;  ils  sont  d'un  bout  à  l'au- 
tre, Eyvind  et  Halla  vivant  leur  Saga 
dans  la  neige,  les  lacs  et  les  monta- 
gnes. 

• 

Le  Lys  de  la  vie. 

11  y  a  deux  choses  dans  ce  film. 

Tout  d'abord,  un  conte  charmant, 
un  peu  puéril  ;  dont  l'inspiration,  la 
grâce  chaste,  la  fantaisie  mesurée, 
l'archaïsme  de  vitrail,  les  longueurs 
même  rappellent  les  idylles  de  Ten- 
nyson,  dénotent  les  influences  victo- 
rieuses qu'ont  subies  l'inventrice  et 
la  réalisatrice  du  film.  Lisez  la  Prin- 
cesse et  vous  saisirez  le  rapport. 

Puis  toute  une  partie  qui  est  du  pur 
cinéma,    et  du   meilleur   et   du   plus 


nouveau  que  nous  ayons  vu  depuis 
longtemps  avec  des  contributions 
l'enrichissement  du  langage  de  l'écre 
telles  qu'un  Marcel  L'Herbier  mêi 
pourrait  en  être  jaloux.  Tout  le  rêve 
de  la  princesse  (qu'enveloppait,  ai 
Cotisée,  une  jolie  adaptation  musi 
cale)  est  un  délice,  pour  ceux  qui  sa- 
vent que  ce  sont  des  négatifs  au  ra- 
lenti, teintés  ou  non,  ou  pour  ceux  à 
qui  il  est  indifférent  de  le  savoir. 
Pour  les  autres,  l'amusement,  la  cu- 
riosité priment  l'émotion,  et  je  son- 
geais en  entendant  mes  voisins,  à  une 
dame  à  côté  de  qui  j'ai  eu  le  malheur 
d'entendre  Daphnis  et  Chloê  de  Ra- 
vel et  qui,  chaque  fois  qu'il  partait  de 
l'orchestre  un  son  inattendu  fouillait 
d'un  œil  angoissé  les  rangs  des  ins-. 
truments,  en  demandant  à  son  mari  : 
«  Avec  quoi  est-ce  qu'il  fait  [ça  ?  » 

C'est  l'un  des  inconvénients  des  in- 
novations techniques;  l'autre  —  je  l'ai 
déjà  signalé  à  propos  d'El  Dorado  — 
c'est  que  l'inventeur  ne  se  résigne 
pas  à  attacher  à  sa  trouvaille  le  sens 
exclusif  qui  doit  conditionner  le  ro- 
mantique d'un  symbole  :  cela  fait  si 
bien  qu'il  le  met  à  toutes  les  sauces 
et  qu'il  en  dilue,  en   banalise  l'effet. 

• 
Les  Quatre  Diables. 

Il  n'est  peut-être  pas  d'artistes  dont 
l'existence  soit  plus  étroitement  con- 
ditionnée par  leur  art  que  ceux  du 
cirque,  et  c'est  peut-être  une  des  rai- 
sons qui  leur  donnent  un  prestige 
particulier.  Peut-être  aussi  ce  pres- 
tige tenait-il,  avant  l'âge  du  Cinéma, 
à  ce  que  le  Cirque  constituait  la  pre- 
mière distraction  offerte  aux  enfants 
et  laissait  par  là  des  impressions 
profondes  (Alas,  poor  Footit  T...)  Et, 
dès  avant  le  Cinéma,  le  Cirque  avait 
également  créé  des  modes  d'expres- 
sion éminemment  universels. 

Les  Quatre  diables  sont  quatre 
acrobates  dont  l'art  est  traversé  par 
l'amour  et  la  mort.  Le  sujet  est  traité 
avec  moins  de  truculence,  mais  au- 
tant de  force  que  par  un  Léon  Cladel, 
et  dans  la  note  particulière  aux  films 
danois  qui,  malgré  les  affinités  qu'ils 
ont  avec  l'école  suédoise,  se  rappro- 
chent plutôt  de  l'école  allemande, 
dont  ils  ont  la  conscience,  la  méthode, 
le  serré,  dans  les  hardiesses  ou  les 
recherches  souvent  outrées.       L.  L. 


cinea 


L'INFANTE  A  LA  ROSE  M 


L'Andalousie  est  le  sol  doré  de 
l'hospitalité.  Du  dernier  berger  au 
plus  absolu  des  aristocrates,  tous  ont 
le  même  tact,  j'allais  dire  le  même 
faste  dans  l'accueil  au  visiteur.  Et 
voilà  pourquoi, une  fois  de  plus,  l'hôte 
revient  enchanté,  enthousiasmé,  de 
ce  pays  de  lumière  et  de  tradition. 
Cet  hôte  était  le  cinéma  français.       *. 

L'Infante  à  la  rose  ne  pouvait 
se  réaliser  sans  un  concours  local 
considérable.  La  mise  en  film  du 
brillant  roman  que  nous  devons  à 
Mme  Gabrielle  Réval,  l'auteur  de 
Sévriennes,La  Cruche  cassée,  Notre- 
Dame  des  Ardents,  La  Bachelière, 
Bas  bleus,  etc.,  évoque  la  grande 
Espagne  de  style,  que  le  cinéma  n'a 
pas  encore  scrutée  attentivement.  La 
pal-Film  qui  entreprit  la  réalisation 
cinégraphique  de  cette  œuvre  a  donc 
obtenu  à  Séville  et  à  Grenade  des  ap- 
puis compréhensifs,  sympathiques, 
actifs.  Mais  un  véritable  Espagnol 
peut-il  rester  indifférent  devant  un 
essai  de  glorification  de  sa  patrie  ? 
Et  puis  les  collaborateurs  réunis  à 
cette  occasion  offraient  un  éclat  non 
pareil. 

Gabrielle  Dorziat,  cette  comédienne 
puissante  et  racée  que  nous  admi- 
rons entre  toutes  pour  sa  tenue,  son 
allure,  sa  distinction,  est  plus  près 
de  Velasquez  que  de  Boldini.  On  ne 
la  voit  pas  assez  au  théâtre  où  le 
goût  «  nouveau  riche  »  perpétue  de 
quelconques  demoiselles  vulgaires. 
Si  le  mot  «  chic  »  avait  encore  un 
sens,  Gabrielle  Dorziat,  sur  la  scène 
française,  synthétiserait  tout  le  chic, 
tous  les  chics  du  Paris  que  nous 
aimons.  L'écran  lui  permettra  sans 
doute  de  créer  davantage  et  avec 
plus  de  brio  cette  haute  grâce  qui 
représente  la  France  aux  yeux  du 
monde. 

A  côté  de  Gabrielle  Dorziat,  Denise 
Legeay  débute  dans  L'Infante  à  la 
rose.  Ce  début  aura  une  valeur  de 
victoire,  croyons-nous,  car  un  tel 
talent,  une  telle  autorité,  s'étalent 
dans  ce  premier  effort  où  l'on  voit 
plus  que  la  promesse  mais  déjà  la 
réalisation. 

Citons  encore  Georges  Lannes, 
Mme  Jalabert,  Emilio  Portés,  et  enfin 


signalons  que  la  plupart  des  «  petits 
rôles  »  furent  tenus  par  des  gens  du 
monde  andalous.  On  ne  se  plaindra 
plus  de  la  figuration  des  films  fran- 
çais, j'espère,  si  on  la  confie  à  des 
grands  d'Espagne... 


Les  scènes  eurent  pour  cadre 
l'Alhambra  de  Grenade,  les  jardins 
de  l'Alcazar,  le  palais  des  Duègnes, 
celui  de  Don  Miguel  Sanchez-Dalp, 
celui  des  comtes  d'Osborne.  C'est  là, 
notamment,  que  la  fête  de  la  Croix 


Photo  Dal-Film 

Gabrielle  Dorziat.  le  metteur  en  scène  Henry  Houry  et  Georges  Lannes.  répètent  une 
scène   de   L'Infante   à   la   Rose  —  filmée   d'après    le   roman    de    Gabrielle    Réval  - 
dans  la  somptueuse  demeure  des  comtes  d'Osborne  à  Séville. 


cinea 


A  la  Ganaderia  où  l'on 
«  travaille  »  les  tau- 
reaux pour  les  grandes 
«corridas  de  f e r  i a  » 
Georges  Lan  nés  eut 
pour  partenaires  les 
gardians  authentiques 
do  meilleures  tabla- 
dillas. 


Photo  Dal-F.lrr.a. 


de  Mai  permit  une  réunion  incom- 
parablement harmonieuse  dont  le 
film  a  fixé  le  .souvenir.  Cortèges, 
danses,  nobles  cérémonies,  parades 
artistes,  bal  mondain  se  succédèrent 
dans  le  parc  princier  des  Osborne. 
Les  attractions  eurent  pour  specta- 
teurs —  spectateurs,  figurants  et  in- 
terprètes —  des  peronnnalités  comme 
Maria  Luisa,  Carmen  et  Isabel  de 
Seras;  Carmen,  Puar,  Mercedes  Ta- 
vira,  Maria  de  los  Reyes  Laffitte, 
Diana  Garcia  Pesquera,  Pépita  Vaz- 


quez  Zafra,  Elena  et  Elisa  Vazquez 
Henito,  Mimi  et  Lola  Roy,  Pépita  Ar- 
jona,  Pépita  Ternero,  Conchita  Soto 
Ibarra  ;  Teresa,  Luchy,  Salud  et  Ma- 
nuela  Gonzalez  Ibarra  et  Fernande/. 
Palacios  ;  Angelita  Davila,  Nené  et 
Manola  Llosent  Maranon,  Lolita  Ben- 
jumea  et  Vazquez,  Salud  Escobar, 
Maria  Pepa  et  Asuncion  Villagran, 
Luisa  Leguina,  Elena  et  Maria  Ruiz 
de  C  a  s  t  a  n  e  d  a ,  Maria  et  Maria 
Teresa  Casso,  Rosario  Llo rente, 
Maria  Ibarra,    Candelaria,    Vazquez 


Torres  et  Candelaria  Ternero,  etc. 
El  Sol,  Kl  Covreo  de  Andalueia, 
ont  conté  longuement  les  plaisirs  et 
les  beautés  de  ces  réceptions.  Les 
Parisiens  en  auront  bientôt  le  reflet 
en  voyant  cette  Infante  à  la  Rose, 
qui  s'ajoute  aux  deux  succès  de  la 
jeune  firme  Dal-Film  :  Le  Lys  du 
Mont  Saint-Michel  et  La  Maison  des 
Pendus,  où  s'épanouit  le  charme 
d'Agnès  Souret. 

Rico. 


Dans  l'Alcazar  des  mis 
Maures,  à  Séville,  les 
artistes  modernes  — 
Henry  Hourv  et  ses 
interprètes .  Gabrielle 
Dorziat,  Denise  Legeay, 
|alabert.  Georges  1. au- 
nes, etc. —  évoquent  le 
faste  ancien  de  l'Espa- 
de  Boabdil  et  de 
Velasquez.  IO„ 


Photo  Dal-Filma 


cinea 


Georges  Lannes  au 
milieu  des  andalous 
qui  gardent  les  tau- 
reaux dans  les 
grandes  plaines 
d'Andalousie.  Cette 
scène  tournée  dans 
une  i^anaderia  de  la 
campagne  sévillane 
f ai  1 1  i't  devenir 
tragique  de  par  un 
taureau  furieux  qui 
s'en  prit  à  l'opéra- 
teur de  la  Dal-Film. 


Phot3  Dal-Film 


Photo  Dal-Film 


A  Séville,  les  inter- 
prètes de  L'Infante 
à  la  Rose,  Gabrielle 
Dorziat,  Denise  Le- 
geay,  Georges  Lan- 
nes et  leur  metteur 
en  scène  Henry 
Houry  reçurent  un 
accueil  admirable 
des  comtes  d'Osbor- 
ne  et  de  la  haute 
aristocratie  qui  se 
firent  un  plaisir  de 
figurer  dans  le  film. 


cinéa 


Mlle  Gâbrielle  Dorziat  et  M.  Gargour  dans  une  scène  puissamment  dramatique  de  L'Infante  a  la  Rose. 

Photos  Dal  Film. 


Mlle  Denize  Legeay  que  son   début  cinégra- 

graphique  classe  parmi  les  plus  émouvantes 

interprètes  françaises  de  demain. 


00  L'INFANTE  A  LA  ROSE  0  0 


cinea 


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ANDRhF.  BRABANT 


La  charmante  vedette  du 
Film  d'Art  a  témoigné  de 
beaucoup  de  charme  et  de 
tendresse  dans  La  Ciga- 
rette, La  Rose,  Flipollc.  Le 
Rêve,  sous  la  direction 
artistique  de  Jacques  de 
Baroncelli. 


0 


cinea 


l 

À 


l 


FIL/A  GAUHONT 


MAKCEL1.K  PRADOT  dans  El  Dorado 


Cliché  Gaumont 


Une  jeune  fille,  une  jeune  tille  française  dans  un 
film  français  !  Quelle  originalité  !  Car  nous  n'appe- 
lons pas  «  jeunes  filles  françaises  »  toutes  ces  paro- 
dies de  Mary  Miles  qui  promènent  dans  nos  films 
leurs  sensationnelles  perruques...  Marcelle Pradot  ne 
cherche  à  nous  frapper  que  par  sa  grâce  simple,  sa  dis- 
tinction, sa  sincérité.  Et  voilà  pourquoi  vousl'avez  ai- 
mée dans  Le  Carnaval  des  Vérités  et  L'Homme  du  Large 


EL  DORADO 


Sibilla  (Eve  Francis)  danse 
un  flamenco  hardi  sur  la 
scène  pittoresque  dont  elle 
est  la  vedette  acclamée. 


Hedwick  et  Iliana,  un  suédois  et 
une  andalouse.  s'abandonnent  à 
leur  amour  sous  la  chanson  magi- 
que des  jets  d'eau  de  l'Alhambra. 


Vision  déformée  des  colonnes  mauresques  de 
l'Alhambra  de  Grenade  Ces  notations  pictu- 
rales de  Marcel  L'Herbier  ont  d'autant  plus 
de  saveur  que  la  vieille  architecture  des 
Maures  sert  de  prétexte  à   leur  modernisme. 


Phctos  Gaumont 


EL  DORADO 


L'idylle  est  sauvée  de  toutes 
les  embûches  et  de  la  mort. 
Sibilla  (Eve  Francis)  reste 
douloureusement  sur  le  seuil 
tandis  que  Hedwick  (Jaque 
Catelaini  et  Iliana  (Marcelle 
Pradot)  s'éloignent  vers  les 
neiges  apaisantes  de  la  Sierra. 


Une  gitane  d'Andalousie 
vue  par  Marcel  L'Herbier 
dans  l'ivresse  visuelle,  si 
précise,  de  son  El  DoiiiJo. 


Sibilla  (Eve  Francis)  est  restée 
seule,  sans  amour  et  sans  enfant 
et  la  mort  seule  l'attend.  Mais 
auparavant  elle  subira  la  der- 
nière insulte  d'un  essai  de  viol 
par  le  pitre  Joao(  Philippe  Hériat). 


Pholos  Gaumunt 


cinea 


13 


LES  INTERPRÈTES  DU  CINÉMA  FRANÇAIS 


S.  DE  NAPIERKOWSKA 
Ses  principaux  Films 

Notre-Dame  de  Paris,  d'après  Victor  Hugo, 
rôle  de  La  Esmeralda  (Edition  Pathé). 

L'Empreinte,  avec  Max  Dearly  et  Mistinguett. 

Dans  l'Ouragan  de  la  Vie,  de  Germaine  Dulac, 
avec  Yvonne  Villerey. 

L'Atlandide,  de  Feyder,  d'après  Pierre  Benoît. 
Rô'e  d'Antinéa. 

La  Douloureuse  Comédie,  de  Théo  Bergerat. 


ANDRÉE  BRABANT 

est  née  à  Paris. 
Ses  Films 

Le  Droit  à  la  Vie,  scénario  et  réalisation 
d'Abei  Gance,  avec  Mathot. 

La  Zone  de  la  Mort,  scénario  et  réalisation 
d'Abei  Gance,  avec  Mathot. 

L'Ame  de  Pierre,  réalisé  par  Ch.  Burguet. 

Les  yeux  qui  Accusent,  réalisé  par  Ch.  Burguet. 

La  Calomnie,  réalisé  par  M.  Mariaud. 

Hier  et  Aujourd'hui,  réalisé  par  D.  B.  Djs- 
champs. 

Les  Travailleurs  de  la  Mer,  réalisé  par  A.  An- 
toine, avec  Joubé. 

Travail,  réalisé  par  Pouctal,  avec  Mathot. 

La  Cigarette,  scénario  de  J.  de  Javon,  réalisé 
par  G.-A.  Dulac,  avec  G.  Signoret. 

La  Rose,  conte  visuel  de  Baroncelli,  avec  G. 
Signoret. 

Flipotte,  conte  de  Kistemaekers,  réalisé  par 
Baroncelli,  avec  G.  Signoret. 

Le  Rêve,  réalisé  par  Signoret,  avec  G.  Signoret 
et  E.  Barclay. 

La  Maison  Vide,  scénario  de  R.  Tristan  Ber- 
nard, réalisé  par  Raymond-Bernard,  avec  H. 
Debain,  A'cover,  Jacques  Roussell. 


ANDREW  F.  BRUNELLE 

naquit  à  Cambrai,  le    13  juillet   1891,  de  père 
Français  et  mère  Anglaise. 

Après  avoir  fait  des  études  très  complètes  sur 
la  médecine,  il  abandonna  celle-ci  pour  l'écran. 

Ses  Films 

En  1912,  il  tourne  plusieurs  comédies  à  la 
Stee!wîel. 

En    1917   : 

La  Nouvelle  Mission  de  Judex  (Gaumont), 
scénario  d'Arthur  Bernède,  réalisation  de  Louis 
Feuillade,  avec  R.  Cresté,  Levesque,  Yvette 
Andreyor. 

Chignole  (S.  C.  A.  G.  L.),  scénario  tiré  du 
roman  de  Marcel  Nadaud,  réalisation  de  René 
Plaisetty,  avec  Urban,  Raulin,  Kitty-Hott. 

La  Maison  d'Argile  (Pathé),  scénario  tiré  de 
l'œuvre  d'Emile  Fabre,  réalisation  de  Gaston 
Ravel. 

En   1919  : 

The  Price  of  a  Crime. 

Dont  Forget  (Films  de  propagande). 

La  Force  de  la  Vie  (Pathé),  scénario  et  réalisa- 
tion de  René  Lepnnce,  avec  Mlle  Erikcson, 
Maupain,  Jacques  Robert,  J.  Brindeau,  Colomb. 

Le  Silence  (Film  d'Art),  scénario  et  réalisation 
de  Louis  Delluc,  avec  Eve  Francis,  Signon  t  et 
Gynette  Darnys. 

Luccnte  Stella  (Films  d'Auchy),  scénario  et 


réalisation  de  René  d'Auchy,  avec  Madeleine 
Lyrisse  et  Claude  Merelle. 

Le  Son  de  la  Cloche,  scénario  de  Maurice  de 
1  Espinglet,  réalisation  de  René  Coiffard,  avec  de 
Max,  Suzanne  Lille,  Dolly  Spring. 

Fièvre,  scénario  et  réalisation  de  Louis  Delluc, 
avec  van  Daele,  Eve  Francis,  Elena  Sagrary, 
Modot,  etc. 

Les  Trois  Mousquetaires  (Pathé),  réalisation 
d'Andréani  (distribution  dans  le  n°  10). 

L  Empereur  des  Pauvres  (Pathé),  réalisation  de 
nRené  Lepnnce  d'après  Félicien  Champsaur, 
avec  Mathot,  Krauss,  Gina  Relly. 

L'Aiglonette,  réalisation  de  Keppens. 

Adresse    :    120   bis,   avenue    Mozart   (XVIe). 


Dessin  de  Bécan 


ANDREE    BRABANT 
dans  Le  Rêve 


ROMUALD  JOUBÉ 

est  né  dans  les  Pyrénées  Gasconnes. 

Théâtre 

Odéon 

Parmi  les  Pierres,  Antar,  Coriolan,  Le  Roi 
Lear,  Roméo,  L'Honneur  Japonais,  Saint  Genest, 
Faust,  L  Arrmée  dans  la  Ville,  Les  Mages  sans 
Etoile,  D'Artagnan,  Le  Bossu,  Hamlet,  Polyeucte, 
Cinna,  Le  Cid,  Oreste,  etc.,  etc. 

Comédie- Française 

Polyeucte,  Le  Cid,  Hernani,  Ruy-Blas. 
Ses  Films 

Philémon  et  Beaucis,  Le  Dernier  Rêve,  La  Cara- 
bine de  la  Mort,  Marie  Tudor,  La  Reine  Margot, 
Sublime  Amour,  Amour  Sacré,  La  Mégère  Appri- 
voisée (Desfontaines). 

Les  Frères  Corses,  tiré  de  l'œuvre  de  V.  Hugo 
et  réalisé  par  Antoine,  avec  Henri  Roussel, 
Grétillat,  Mme   Rose  Dione  et  Henri  Krauss. 

Le  Coupable,  tiré  de  l'œuvre  de  François 
Coppée  et  réalisé  par   Antoine. 

Les  Travailleurs  de  la  Mer,  tiré  de  l'œuvre  de 
V.  Hugo  et  réalisé  par  A.  Antoine,  avec  Andrée 
Brabant. 


Simone,  tiré  de  l'œuvre  de  Bneux,  avec  Lillian 
Greuze   et    Duquesne. 

J'Accuse,  scénario  et  réalisation  d'Abei  Gance 
avec  Séverin-Mars,  Marise  Dauvray,  Des-, 
jardins. 

Sublime  Offrande,  scénario  de  Maurice  Lan- 
day,  réalisé  par  l'auteur,  avec  Olga  Demidoff. 

La  Faute  d'Odette  Maréchal,  s3enario  et  réa- 
lisation d'Henry  Roussel,  avec  Emmy  Lynn, 
Toulout,  Decœur,  Dubosc. 

Mademoiselle  de  La  Seiglière,  tiré  de  l'œuvre 
de  J.  Sandeau  et  réalisé  par  Antoine,  avec  Hu- 
guette  Duflos. 

Fleur  des  Neiges,  scénario  et  réalisation  de 
P.  Barlatier,  avec  Marthe  Vinot,  Max  Claudel, 
Sylviane  Dumont. 

Mathias  Sandorf,  tiré  de  J  •  es  Verne  et  réa- 
lisé par  Henri  Fescourt,  avec  Modot,  Vermoyal, 
Toulout  et     vette  Andreyor. 

Adresse  :  18,  rue  de  la  Grande  -  Chau  - 
mière  (VIe). 


JEAN  DAX 

est  né  à  Paris,  le  17  septembre  1879. 
Théâtre 

Chand  d'Habits,  La  Bascule,  Manoune,  L'Ar- 
chiduc Paul,  Le  Détour,  Le  Retour  de  Jérusalem, 
Madame  Flirt,  L'Eventail,  L'Ane  de  Buridan, 
Mademoiselle  Josette  ma  Femme,  La  Chance"  du 
Mari,  Le  Convive,  Le  Bonheur  de  Jacqueline,  Les 
Messieurs,  Suzette,  La  Famille  Benoîton,  Educa- 
tion de  Prince,  Maison  de  Danses,  Bel-Ami,  Les 
Cadets  de  Coutras,  On  naît  Esclave,  Les  Saute- 
relles, Montmartre,  Le  Marchand  de  Bonheur,  Le 
Costaud  des  Epinettes,  Rue  de  la  Paix,  Sa  Fille, 
Le  Tribun,  L'Institut  de  Beauté,  Le  Diable  Ermite, 
Le  Mannequin,  Les  Sentiers  de  la  Vertu,  La  Chasse 
à  l'Homme,  L'Atlandide. 
Ses  Films 

La  Grotte  des  Supplices,  réalisé  par  Machin. 

L'Epi,  scénario  de   H.   Lavedan,  réalisé  par 
Calmettes,  avec  Henry  Krauss,  Suzanne  Demay. 

Le  Luthier  de  Crémone,  réalisé  par  Calmettes. 

Ferragus,  réalisé  par  Calmettes,  avec  Claudes 
Jarry. 

L'Abîme,  réalisé  par  Denola,  avec  Mistinguett 

La  Folle  de  Penmarch,  avec  Mistinguett,  réa- 
lisé par  Denola. 

Le  Nabab,  réalisé  par  Capellani,  avec  Bernard 
et  Mme  J.-J.  Frappa. 

Le  Roi  du  Bagne,  avec  Robinne,  A'exandre  et 
Signoret,  réalisé  par  Leprince. 

La  Princesse  Noire,  avec  Robinne,  A'exandre 
et  Signoret,  réalisé  par  Leprince. 

La  Jolie  Bretonne,  avec  Robinne,  Alexandre, 
réalisé  par  Leprince. 

L'Infamie  d'un  Autre,  avec  Léontine  Massart, 
J.  Kemm  et  Mosnier,  réalisé  par  de  Morlhon. 

L' Escarpolette  Tragique,  avec  L.  Massart,  réa- 
lisation de  de  Morlhon. 

Sacrifice  Surhumain,  avec  L.  Massart  et  Su- 
zanne Delvé,  réalisé  par  de  Morlhon. 

La  Fleuriste  de  Toncso,  avec  C.  Guyon,  Guidé, 
réalisé  par  C.  de  Morlhon. 

Une  Brute  Humaine,  avec  L.  Massart,  réalisé 
par  C.  de  Morlhon. 

Le  Pont  Fatal,  avec   Mathot,  réalisation   de 
Vanyll. 

Le  Lion  qui  Tue,  réalisé  par  Vanyll. 


14 


cinea 


Sacrifice  Fraternel,  avec  Mary  Marquet,  Rolla 
Norman,  réalisé  par  René  Leprince. 

La  Folie  du  Doute,  avec  Arquillère  et  la  petite 
Christiane  Delval,  réalisé  par  R.  Leprince. 

La  Rafale,  avec  Fanny  Ward,  Joffre,  Croué, 
réalisé  par  Baroncelli. 

Le  Lys  Rouge,  avec  S.  Delvé,  G.  Lannes,  réa- 
lisé par  Ch.  Maudru. 

Près  des  Cimes,  avec  G.  Lannes,  réalisé  par 
Ch.  Maudru. 

La  Nuit  de  la  Saint  Jean,  avec  Maria  Russlana, 
Baptiste  et  Mme  Mirabelle 

Le  Lys  du  Mont  Saint-Michel,  avec  Camille 
Hert,  Agnès  Souret,  réalisé  par  J.  Sheffer. 

Humanité',  avec  Clément  et  Numès,  réalisé 
par  Albert  Dieudonné. 

Adresse  :  36,  rue  de  Penthièvre 


EVE  FRANCIS 

Eve  Francis  est  née  à  Bruxelles 
Théâtre 

Le  Cœur  Dispose,  Le  Roi  Bombance  de  Mari- 
netti,  Hedda  Gabier  de  lbsen,Briseïs,Kleis,Hylaos, 
Marthe  et  Marie,  L'Otage  de  Paul  Claudel, 
Berghot  de  Bjornson,  La  Princesse  qui  ne  Sourit 
plus  de  Louis  Delluc,  Le  Pain  Dur,  Tête  d'Or, 
Rosmersholm  d'Ibsen,  Ma  Femme  Danseuse  de 
Louis  Delluc,  Lazare  le  Ressuscité  de  Louis 
Delluc,  L'Enfantement  du  Mort  de  Marcel  L'Her- 
bier, L'Homme  à  la  Rose,  L'Annonce  faite  à 
Marie  de  Paul  Claudel. 

Ses  Filins 

La    Dame    Blonde,    réalisation    de 
Maudru. 

Un    Homme    Passa,    réalisation    de 
Roussell,  avec  Emmy  Lynn. 

Ames  de  Fous,  réalisation  de  Germaine 
Dulac,  avec  Volnys,  Parisis,  de  Pedrelli. 

Le  Bonheur  des  Autres,  réalisation  de  Ger- 


Charles 
Henry 


maine  A.  Dulac. 

Le  Bonheur  des  Autres,  réalisation  de  Ger- 
maine A.  Dulac. 

La  Fête  Espagnole,  scénario  de  Louis  Delluc 
réalisé  par  Germaine  Dulac,  avec  G.  Modot  et 
J.  Toulout. 

Fumée  Noire,  scénario  et  réalisation  de  Louis 
Delluc,  avec  Jean  Hervé,  P.  Strozzi. 

Le  Silence,  scénario  et  réalisation  de  Louis 
Delluc,  avec  G.  Signoret,  A.  F.  Brunelle  et  Gi- 
nette Darnys. 

Le  Chemin  d'Ernoa,  drame  basque,  avec  G. 
Jacquet  et  Durée. 

Prométhée  Banquier,  scénario  et  réalisation  de 
Marcel  L'Herbier,  avec  G.  Signoret,  J.  Cate- 
lain,  M.  Pradot. 

Fièvre,  drame  cinégraphique  de  Louis  Delluc, 
réalisé  par  l'auteur,  avec  van  Daële,  Modot,  Sa- 
grary. 

El  Dorado,  mélodrame  de'Marcel  L'Herbier, 
réalisé  par  l'auteur,  avec  J.  Catelain,  M.  Pradot. 

Adresse  :  Alhambra-Film,  10,  rue  de  l'Elysée. 


.     GASTON  JACQUET 

naquit  en  Provence,  le  14  août  1883. 
Ses  Films 

Qui   a   Tué,  réalisation  de  Pierre   Marodon, 
avec  Elmire  Vautier. 

Les  Femmes  des  Autres,  réalisation  de  Pierre 
Marodon. 

Le    Château    des    Fantômes,    réalisation    de 
Pierre  Marodon,  avec  Lady  Nobody. 

Le  Sang  des  Immortelles,  réalisation  de  Liabel, 
avec  Renée  Sylvaire. 


Celle  qui  n  a  pas  dit  son  nom,  scénario  de 
Maurice  de  Marsan,  réalisation  par  Charles 
Maudru. 

Le  Gouffre,  scénario  de  M.  de  Marsan,  réalisé 
par  Charles  Maudru,  avec  Suzanne  Delvé. 

Le  Droit  de  Tuer,  scénario  de  M.  de  Marsan, 
réalisé  par  Ch.  Maudru,  avec  Christiane  Vernon. 

Le  Lys  Rouge,  scénario  de  M.  de  Marsan,  réa- 
lisé par  Ch.  Maudru,  avec  Suzanne  Delvé. 

Le  Guardian,  réalisation  de  Joë  Hamman,  avec 
Joë  Hamman. 

Le  Chemin  d'Ernoa,  drame  basque,  avec  Eve 
Francis. 

La  Double  Epouvante,  scénario  de  M.  de  Mar- 
san, réalisé  par  Ch.  Maudru,  avec  Christiane 
Vernon. 


Dessin  de  Bécan 

EVE  FRANCIS 

Le  Talion,  scénario  de  M.  de  Marsan,  réalisé 
par  Ch.  Maudru. 

Crime  ou  Folie,  scénario  et  réalisation  de  L.-V 
de  Malte. 

Les   Trois  Mousquetaires,  tiré  de   Dumas   et 
réalisé  par  Andréani  et  Diamant-Berger. 

L'Amour  du  Mort,  scénario  tiré  de  l'œuvre  de 
Tom  Gallon,  réalisé  par  de  Marsan  et  Charles 
Maudru,  avec  Miss  Verity. 
£  Hantise,  réalisation  de  Jean  Kemm,  d'après 
un  scénario  de  Jean  Dupont,  avec  Geneviève 
Félix. 

Adresse  :  68,  rue  Laugier  (XVIIe). 


GABRIEL  DE  GRAVONE 

est  né  à  Ajaccio  (Corse). 

Théâtre 

Le  Vieil  Homme,  L'Infidèle,  Un  Drame  sous 
Philippe  II,  Sœur  Béatrice,  Le  Cloître,  Les  Anges 
Gardiens,  Les  Grands,  Connais-Toi,  Le  Marquis 
de  Priola,  Les  Etapes,  Les  Liens,  Koatji,  Etu- 
diants Russes. 

Ses  Films 

Les  Misérables,  réalisation  Capellani. 
Les  Etapes  de  l'Amour,  réalisation  de  Capel- 
lani. 


Le  Rêve  Interdit,  réalisation  de  Capehani. 

Le  Roman  d'un  Jeune  Homme  pauvre,  réalisa- 
tion de  Denola. 

La  Maison  du  Baigneur,  réalisation  de  Gaillard. 

Trente  Ans  ou  la  Vie  d'un  Joueur,  réalisation 
de  Caillard. 

Le  Mariage  de  l'Amour,  réalisation  de  Daniel 
Riche. 

Le  Charme  de  Maud,  réalisé  par  Hervil. 

L'Effigie,  réalisé  par  Hervil. 

Le  Gant  de  Maud,  réalisé  par  Hervil. 

Le  Mot  du  Coffre,  réalisé  par  Roudès 

Sous  le  Beau  Ciel  de  Monte-Carlo,  réalisé  par 
G.  Roudès. 

La  Rose  du  Radjah,  réalisé  par  G.  Roudès. 

Papillon  et  le  Roi  Nègre,  réalisé  par  G.  Roudès. 

Les  Gaz,  réalisé  par  G.  Roudès. 

Le  Scarabée  Rouge,  réalisé  par  G.  Roudès. 

L'Appel  du  Sang,  scénario  tiré  de  The  Call 
of  the  Blood,  de  Robert  Hichens,  réalisé  par  Mer- 
canton,  avec  Le  Bargy,  Phylis  Nelson-Terry, 
Desdemonna  Mazza,  Ivor  Novello  et  Salvatore 
Lo  Turco. 

La  Roue,  scénario  et  réalisation  d'Abel  Gance, 
avec  Séverin-Mars,  Pierre  Magnier  îvy    Close. 

Ecce  Homo,  composé  et  réalisé  par  Abel 
Gance,  avec  Berthe  Bady,  S  de  Pedrelli,  Dourga 

Adresse  :  5,  rue  Lallier. 


JACQUES  GRÉTILLAT 

est  né  aux  environs  de  Paris,  le  26  août  1 885 " 

Théâtre 

Roule-Ta-Bosse,  La  Marne  aux  Beaux  yeux, 
L'Apprentie,  Ramuntcho,  Un  Soir,  Esther  Prin- 
cesse d'Israël,  L'Honneur  Japonais,  Antar,  Ra- 
chel,  Le  Roi  Lear,  Jules  César,  Roméo  et  Juliette, 
Coriolan,  La  Puissance  des  Ténèbres,  Le  Canard 
Sauvage,  La  Lumière,  La  Vie  d'une  Femme,  Le 
Crime  de  Potru,  L'Ame  en  Folie,  Faire  Fortune, 
La  Rafale,  Le  Divan  Noir,  La  Gloire,  L'Aiglon, 
Les  Aigles  dans  la  Tempête. 

Ses  Films 

L'Homme  aux  Gants  blancs,  réalisation  d'Al- 
bert Capellani,  avec  Desfontaines  et  M.  Brésil  et 
Grétillat. 

Les  Frères  Corses,  réalisation  d'André  Antoine' 
avec  Henry  Krauss,  Joubé,  Roussell  et  Gré- 
tillat. 

La  Marâtre,  scénario  tiré  de  Balzac  et  réalisé 
par  Jacques  Grétillat,  avec  Jean  Worms,  Mmes 
G.  Dermoz,  Colliney. 

Géo  Le  Mystérieux,  réalisation  de  Germaine 
Dulac,  avec  Marken. 

La  Dernière  Charrette,  réalisation  d'Albert 
Capellani,  avec  Ventura. 

Déchéance,  scénario  de  Michel  Zevaco,  réa- 
lisé par  Léon  Bernard,  avec  Pierre  Magnier, 
Lagrenée  et  Mme  Briey. 

Un  Client  Sérieux,  adapté  de  Courteline  et 
réalisé  par  J.  Grétillat,  avec  Léon  Bernard. 

L'Effroyable  Doute,  tiré  de  l'œuvre  d'André 
de  Lorde  et  réalisé  par  J.  Grétillat,  avec  Mlle  Col- 
liney, petite  Genevois. 

Maman  Catherine,  tiré  de  l'œuvre  d'André  de 
Lorde  et  réalisé  par  J.  Grétillat,  avec  Mme  Dux 
et'René  Rocher. 

Quarante  HP,  tiré  de  l'œuvre  d'André  de 
Lorde  et  réalisé  par  J.  Grétillat,  avec  Roger 
Vincent' 

Papa  Bon-Cœur,  d'après  Maxime  Latour,  réa- 
lisé par  J.  Grétillat,  avec  Léon  Bernard,  Pierre 
Magnier  et  Mlle  Briey. 

La  Double  Existence  du  Docteur  Morart,  d'après 
André  de  Lorde  et  le  Docteur  Toulouse,  adopté 
et  réalisé  par  J;  Grétillat,  avec  Grétillat,  Ger- 
maine Sablon,  Delvair. 


cmea 


Le  Père  Goriot,  tiré  de  Balzac  et  réalisé  par  J. 
de  Baroncelli,  avec  Signoret,  Grétillat,  S.  de 
Pedrelli,  Chrysès. 

Néron,  scénario  de  Mistress  Gordon  Edwards, 
réalisé  par  Gordon  Edwards,  avec  Grétillat, 
Salvini,  Paulette  Duval. 


YVETTE  ANDREYOR 

Théâtre 

Le  Répertoire  Classique  avec  la  Troupe  de 
la  Comédie- Française  (à  Bruxelles),  Hélène 
Ardoin  (Théâtre  du  Parc),  L'Homme  qui  Assas- 
sina (Théâtre-Antoine),  Le  Retour. 

Ses  Films 

La  Perle  (Gaumont),  scénario  et  réalisation 
de  Léonce  Perret,  avec  André  Lugnet,  Keppens. 

L  Ame  du  Violon,  scénario  et  réalisation  de 
Léonce  Perret,  avec  Léonce  Perret  et  Jane 
Faber. 

Nanine,  Femme  d'Artiste,  scénario  et  réalisa- 
tion de  Léonce  Perret,  avec  Léonce  Perret,  André 
Luguet,  Suzanne  Grandais,  Jeanne  Marie  Lau- 
rent. 

Les  Cloches  de  Pâques,  scénario  et  réalisation 
de  Louis  Feuillade,  avec  René  Cari,  André 
Luguet. 

Mariage  de  Raison,  scénario  et  réalisation  de 
Louis  Feuillade,  avec  Leubas  et  Plateau. 

Le  Bandeau  sur  les  yeux,  scénario  et  réalisation 
de  Louis  Feuillade,  avec  René  Cresté  et  Mathé. 

Remember,  scénario  et  réalisation  de  Ch. 
Burguet,  avec  Flateau. 

Le  Double  Jeu,  scénario  et  réalisation  de  Ch. 
Burguet,  avec  Harry  Crimer  et  Rieffler. 

Judex,  scénario  d'Arthur  Bernède,  réalisé  par 
Louis  Feuillade,  avec  René  Cresté,  Leubas, 
Mathé,  Michel  et  Musidora. 

La  Maison  d'Argile,  scénario  d'Emile  Fabre, 
réalisé  par  Gaston  Ravel,  avec  Suzanne  Munte, 
Mauloy,  Mathot,  Louise  Lagrange. 

La  Muraille  qui  Pleure,  scénario  de  Toullet, 
réalisé  par  G.  Leprieur,  avec  Keppens. 

Le  Calice,  scénario  de  M.  de  Marsan,  réalisé 
par  M.  Mariaud,  avec  Escoffier  et  Max  Claudet. 

La  Flamme,  scénario  de  Maurice  de  Marsan, 
réalisé  par  Maurice  Mariaud,  avec  Gabriel  Si- 
gnoret. 

La  Nuit  du  Treize,  scénario  et  réalisation  de 
Henri  Fescourt,  avec  Jean  Toulout,  A.  Dubosc 
et  Vermoyal. 

Mathias  Sandorf,  scénario  tiré  de  l'œuvre  de 
Jules  Verne  par  Henri  Fescourt,  avec  Romuald 
Joubé,  Jean  Toulout,  Vermoyal  et  Djemil- 
Anik. 

Chantelouve,  réalisation  de  Monca,  avec  Jean 
Toulout. 

Adresse  :  2,  rue  de  Bruxelles. 


MARCELLE  PRADOT 

Marcelle  Pradot  est  née  au  Cinématographe 
le  18  juin  1919. 

Elle  interprétait  le  rô!e  d'Evelyne  dans  l'adap- 
tation cinégraphique  du  Bercail  de  Bernstein, 
dont  la  Maison  Gaumont  entreprenait  la  réali- 
sation avec  Paul  Capellani   et   Jaque    Catelain. 

Débuts  :  Ils  valent  à  Marcelle  Pradot  un  con- 
trat la  liant  aux  Etablissements  Gaumont  pour  y 
interpréter  les  personnages  de  premier  plan. 
dans  les  films  à  venir. 

1920.  Elle  incarne  dans  Le  Carnaval  des  Vé- 
rités de  Marcel  L'Herbier  le  rôle  d'une  jeune 
fille  de  grande  tenue. 

1920.  Dans  L'Homme  du  Large  elle  devient 
a  paysanne  Djenna,  sœur  d'un  mauvais  garne- 
ment (Michel),  Jaque  Catelain. 

1921     Marcelle  Pradot  au   cours  d'une   ma- 


tinée cinégraphique,  incarne  dans  Promélhéc 
déchaîné,  qui  est  à  la  fois  un  sketch  tragique  et 
sa  transposition  à  l'écran,  le  double  rôle  de 
Panthéa  et  de  la  Dactylo. 
Toujours  en  1921,  Marcelle  Pradot  reparaît 
dans  El  Dorado,  tenant  un  des  rôles  de  jeune 
fille  simple  et  touchante  où  elle  excelle. 


GENEVIÈVE  FÉLIX 

est  née  à  Paris  en  1903. 
Ses  Films 

Le  Ballon  Rouge. 

La  Phalène  Bleue,  scénario  et  réalisation  de 
Georges  Champavert,  avec  Beauvol,  Bailtet, 
Marthe  Lepers  et  J.  Malherbe. 

Le  Passé  Renaît,  scénario  et  réalisation  de 
Georgf  s  Champavert,  avec  Martel  et  Mme  Du- 
riez. 

Les  Deux  Jarretières,  scénario  et  réalisation  de 
Georges  Champavert,  avec  Hasti. 

L'Œil  de  Saint-Yves,  scénario  et  réalisation  de 
Georges  Champavert,  avec  Norbert,  Martel, 
Julian,  Mmes  Duriez  et  Malherbe. 

La  Chimère  (Messidor-Films),  scénario  et  réa- 
lisation de  Lucien  Lehman,  avec  van  Daë'e  et 
Gina  Relly. 

Miss  Revel  (S.  C.  A.  G.  L.),  scénario  tiré  de 
l'œuvre  de  V.  Cherbuliez,  réalisé  par  Jean  Kemm 
avec  Jean  Worms,  Lerner,  Devalde,  Jane  Faber 
et  Mme  Barbier  Krauss. 

Micheline,  scénario  tiré  de  l'œuvre  d'André 
Theuriet  et  réalisé  par  J.  Kemm,  avec  Polak, 
César,  Mme  Lemercier. 

La  Ferme  du  Choquart,  scénario  tiré  de  l'œuvre 
de  V.  Cherbuliez  et  réalisé  par  Jean  Kemm, 
avec  Varenne,  Escande,  Mevisto,  Mmes  Even, 
Mary  Marquet  et  Lemercier. 

Hantise,  scénario  de  Jean  Dupont,  réalisé  par 
Jean  Kemm,  avec  Gaston  Jacquet,  Fo^d,  Àr- 
noux,  Dolly  Davis. 

Adresse  :  35,  rue  du  Simplon  (XVIIIe). 


PIERRE  MAGNŒR 

est  né  à  Paris,  le  22  février  1869 
1er  Prix  Conservatoire  en  1894 

Théâtre 

Oeéon 
Pour  la  Couronne,  Barquin,  Crise  Conjugale' 
etc.,  etc. 

Vaudeville 
Paméla,  Sapho,  Saza,  Phalène,  etc. 

Gymnase 
L'Age  d'Aimer,  etc. 

Porte  Saint-Martin 
La  Griffe,  La  Flambée,  Appasionaia,  Femme 
Nue,  Chantecler,  Cyrano,  etc. 
Ambigu 
Ces  Messieurs. 

Théâtre  Sarah-Bernhardt 
La  Tosca,  Théodora,  Varennes,  L'Aiglon,  etc. 

Théatre-Rfjane 
Tout  le  Répertoire. 
Ses  Films 
Le  Duel  d'Hamlet,  avec  Sarah  Bernhardt. 
André  Cornélis,  avec  Krauss,  Joubé  et  Mary 
Dorska. 
L'Argent  qui  Tue,  réalisation  de  G.  Denola. 
L'Amour  qui  Protège,  réalisé  par  Pierre  Ma- 
gnier. 

La  Revanche  de  la  Cigale,  réalisé  par  Pierre 
Magnier. 

Le  Poteau  de  la  Mort,  réalisé  par  Pierre  Ma- 
gnier. 


15 


Calomnie,  réalisé  par  C.  de  Morlhon. 

L'Ibis  Bleu,  réalisé  par  de  Morlhon,  avec  Jean 
Worms  et  Maxa. 

L'Ambitieuse,  réalisation  de  de  Morlhon,  avec 
Signoret. 

Déchéance,  de  M.  Zévaco. 

Le  Retour  aux  Champs,  réalisation  de  J.  de 
Baroncelli. 

Le  Maître  de  Forges,  réalisé  par  Calmettes. 

Le  Moujik.  Jaloux,  réalisé  par  Calmettes. 

Marthe,  de  Gaston  Roudès. 

La  Dette,  de  Gaston  Roudès. 

La  Reine  Margot,  réalisé  par  Desfontaines. 

La  Dette,  de  Daniel  Jourda  et  Gaston  Roudès. 

Papa  Bon  Cœur,  réalisé  par  Jacques  Grétillat, 
avec  Léon  Bernard,  Sergyl. 

La  Roue,  scénario  et  réalisation  d'Abel-Gance, 
avec  Severin-Mars,  G.  de  Gravone. 

Cyrano  de  Bergerac  (Cinès).  Ce  film  est  en 
cours  d'exécution  en  Italie. 


JEAN  TOULOUT 

est  né  à  Paris,  le  28  septembre  1887. 
Théâtre 

Théâtre- Antoine 

Théâtre   National  Ambulant  Gémier 

L'Homme  qui  assassina. 

Le  Sous-Mar-'n  "  L'Hirondelle  ". 

La  Femme  et   le   Pantin. 

Un  Grand  Bourgeois. 

Les  Petits. 

Poussière. 

Gymnase 

Les  Cinq  Messieurs  de.  Franckjort. 
Porte  Saint-Martin 

Montmartre. 

Renaissance 

La  Peur  de  l'Amour. 

ThÉatre-RÉjane 

Mister  Nobody. 

Nouveautés 

La  Journée  des  Surprises. 
Ses  Films 

L'Arriviste,  scénario  tiré  de  l'œuvre  de  Félicien 
Champsaur,  réalisé  par  Leprieur,  avec  Jacques 
Guilhene. 

La  Mission  du  Docteur  Klivers,  de  Georges  de 
Buysieulx,  avec  Olga  Demidof  et  Pierre  Bressol. 

La  Dixième  Symphonie,  scénario  et  réalisation 
d'Abel  Gance,  avec  Emmy  Lynn  et  Séverin- 
Mars. 

La  Faute  d'Odette  Maréchal,  scénario  et  réali- 
sation de  Henri  Roussel,  avec  Emmy  Lynn, 
Romuald  Jubé  et  Decœur. 

La  Fête  Espagnole,  scénario  de  Louis  Delluc, 
réalisé  par  Germaine  A.  Dulac. 

La  Belle  Dame  sans  Merci,  scénario  d'Irène 
H.  Erlanger,  réalisé  par  Germaine  A.  Dulac, 
avec  Tania  Deleyme  et  Denise  Lorys,  Jean  Tar- 
ride. 

La  Nuit  du  Treize,  scénario  et  réalisation  de 
Henri  Fescourt,  avec  Yvette  Andreyor,  A.  Du- 
bosc et  Vermoyal. 

Mathias  Sandorf,  scénario  tiré  de  Jules 
Verne  et  réalisé  par  Henri  Fescourt,  avec  Yvette 
Andreyor,  Romuald  Joubé,  Vermoyal  et  G. 
Modot. 

La  Vivante  Epingle,  scénario  de  J.-J.  Renaud, 
réalisé  par  Jacques  Robert,  avec  Jean  Hervé  et 
Mlle  L.  Legrand. 

Adresse  :  2,  rue  de  Bruxelles. 


LEON  MATHOT 

(Voir  Cinia  du  22  juillet,  no  I  2). 


16 


cinea 


MAO  MURRAY 

Née  à  Paris  le  22  janvier   1891. 

1912.  —  Débuis  au  Théâtre  Antoine,  direction 
Gémier. 

1915.  —  Engagement  à  l'Odéon. 

1918.  —  Engagement  cinématographique  à  la 
Société  Lucifer  (Direction  Ollendorff  :  Violet,  met- 
teur en   scène)  pour  ces  films  : 

Papillons,  de  Henri  Clerc,  avec  Mathot. 

Li-Hang-le-Cruel,  d'André  de  Lorde,  avec 
Mary  Harald  et  Tsin-Hou. 

La  Ruse,  d'André  de  Lorde. 


MARISE  DAUVRAY 

Naquit  à  Béziers,  vint  à  Paris  à  1 6  ans,  débuta 
bientôt  à  l'Eclair  en  compagnie  de  sa  bonne  amie 
Suzanne  Grandais,  dans  de  petites  comédies  de 
300  mètres  —  que  V.  Jasset  mettait  en  scène  — 
fut  de  toutes  les  œuvres  que  cette  firme  édita,  passa 
ensuite  avec  de  Morlhon,  puis  avec  Abel  Gance, 
tourna  J'accuse,  puis  son  mari,  au  retour  des  armées, 
l'emmena  en  Italie  à  la  Lombardo  film  ou  un  contrat 
la  lie  jusqu'à  la  fin  de  1921. 

Ses  films  : 

A  l'Eclair  :  1°  La  bouquetière  de  Montmartre. — 
Mise  en  scène  de  V.  Jasset.  Principaux  interprètes, 
Ch.  Krauss,  Paul  Guidé,  Gouget,  Liabel. 

Le  cœur  d'un:  gosse.  -  Mise  en  scène  de 
V.  Jasset.  Acteurs  :  Liabel,  Ch.  Krauss,  Cordier, 
Renée  Sylvaire. 

L'Apprentie,  de  G.  Geoffroy.  Mise  en  scène  de 
Chautard.  Acteurs:  Madeleine Grandjean,  Duquesne, 
Gouget. 

La  série  des  '  Zigomars'.  —  Jasset  metteur  en 
scène.  Acteurs  :  Arquillière,  Liabel,  Ch.  Krauss, 
Cécile  Guyon,  Josette  Andriot. 

La  série  Nick  Carier.  —  Jasset  metteur  en  scène. 
Acteurs  :  Ch.  Krauss,  Liabel,  Bahier,  Madeleine 
Grandjean,  Cécile  Guyon. 

Un  cri  dans  la  nuit.  —  Jasset  auteur  et  metteur 
en  scène.  Acteurs  :  Cécile  Guyon,  Ch.  Krauss,  Lia- 
bel, Paul  Guidé. 

Le  Testament.  —  Jasset  metteur  en  scène.  Acteurs  : 
Ch.  Krauss,  d'Auchy,  Liabel, Cordier,  Cécile  Guyon, 
Grandjean, 

La  Drogue  maudite,  scénario  de  de  Brisay,  mise 
en  scène   de  Gh.  Krauss.  Acteurs  :  Vibert,   Dubosc. 

Le  Corso  Rouge,  auteur  Pierre  Sales.  —  Met- 
teur en  scène  :  Ch.  Krauss.  Acteurs  :  Keppens,  Pau- 
lais,  Grandjean. 

Chéri-Bibi,  auteur  Gaston  Leroux.  —  Metteur 
en  scène:  Ch.  Krauss.  Acteurs:  Keppens,  Paulais, 
Laurent. 

Trompe-la-Mort,  de  Balzac.  —  Mise  en  scène 
de  Ch.  Krauss.  Acteurs  :  Arquillière,  Guidé,  Béran- 
gère,  Gouget,  Madeleine  Grandjean. 

L'Invisible,  de  de  Brisay.  —  Mise  en  scène  de 
Ch.  Krauss.  Acteurs  :   Paulais,    Grandjean,    Bahier. 

La  Dame  de    Montsoreau,  de  A.    Dumas,  scé- 


j  Le  prochain 

numéro  de   j 

c   i   n 

é    a  j 

sera  consacré  aux 

metteurs  < 

en  scène 

|  français 

4   4 

nario  et  mise  en  scène  de  Ch.  Krauss.  Acteurs  : 
Derval,  Bosc,  Perny,  Dulac,  etc. 

2°  Avec  M.  de  Morlhon  comme  metteur  en 
scène.  I"  Fille  d'art  sles  ;  2"  L'orage;  3°  Le  secret 
de  Geneviève;  4°  Marise;  5"  Miséricorde  avec 
Arquillière  Signoret,  Guidé,  etc.,  avec  Abel  Gance, 
J'accuse  avec  Séverin-Mars  et  Joubé. 

3°  Italie.  — L'Ultime  roman,  scénario  de  Amleto 
Palermi .  Mise  en  scène  de  Ch.  Krauss.  Acteurs: 
Ch.  Krauss,  Luppi  et  d'Andreo. 

Le  Forgeron  d'amour,  scénario  de  Palermi.  — 
Mise  en  scène  de  Ch.  Krauss.  Acteurs  :  Ch.  Krauss, 
Del  Torre. 

Bulle  de  savon.  —  Film  d'aventures,  scénario  et 
mise  en  scène  de  Ch.  Krauss.  Artistes  :  Marguerite 
Dahl,  Carlo  Reiter,  Chialastri. 

La  Révolution  des  Nouveaux-  R iches  .  —  Scé- 
nario et  mise  en  scène  de  Ch.  Krauss.  Artistes  : 
Ch.  Krauss,  Carlo  Reiter,  Chialastri. 

Li-Pao  Mandarin.  —  Scénario  et  mise  en  scène 
de  Ch.  Krauss.  Acteurs  :  Ch.  Krauss,  Carlo  Reiter, 
Orsini. 

Cendres  Rouges.  —  Scénario  et  mise  en  scène 
de  Ch.  Krauss.  Acteurs  :  Ch.  Krauss,  Paolo  Ros- 
mino. 

Ces  films  n'ont  pas  encore  été  édités  en  France, 
ils  le  seront  cet  hiver. 


Les  Films  Français 

PARUS     EN     1920=21 


Ames  siciliennes,  légende  dramatique  de  M.  J.- 
J.  Renaud  filmée  par  M.  René  d'Auchy.  Aigle- 
Film.  Edition  Pathé.  M.  Van  Daële,  Géo 
Leclercq,  Gilbert  Dallen,  Ch.  Norville,  Mlle 
Mad.  Lyrisse,  Jane  Smile. 

Fumée  Noire,  incident  dramatique  de  Louis 
Deliuc,  réalisé  par  l'auteur,  avec  Eve  Francis, 
Jean  Hervé,  P.  Strozzi,  D.  Spring,  Tsan-Xuan- 
Ho     (Parisia-Film.     Edition     Louis     Aubert.) 

Le  Silence,  scène  dramatique  de  Louis  Deliuc, 
réalisée  par  l'auteur  avec  le  concours  de  G.  Signo 
ret,  Eve  Francis,  Andrew  Brunelle  et  Ginette 
Darnys  pour  l'interprétation.  (Film  d'art. 
Edition  A.  G.  C.) 

Narayana,  rêverie  pathétique,  imaginée  et 
réalisée  par  Léon  Poirier,  avec  Van  Daële 
(rôle  de  Jacques  Hébert),  Myrga,  Madys,  Ch. 
Norville. 

Fabienne,  mélodrame  visuel  imaginé  et  réa- 
lisé par  M.  de  Morlhon  (Film  Valetta.  Edition 
A.  G.  C.)  avec  Yvonne  Aurel,  Jean  Lord. 

Les  Femmes  collantes,  vaudeville  de  Gandillot, 
adapté  pour  l'écran  par  Georges  Monca  (S.  C. 
A.  G.  L.  Edition  Pathé)  avec  Prince,  Baron 
fils,  Gorby,  René  Worms,  Simone  Joubert, 
Lucy  Mareil,  Gaby  Gladys,  Gina  Relly. 

Miarka  la  fille  à  l'Ourse,  nouvelle  version 
du  roman  de  J.  Richepin,  filmée  par  Louis 
Mercanton,  avec  Réjane,  Desdemona  Mazza, 
Mme  Montbazon,  Ivor  Novello,  Charles  Vanel. 

Face  à  l'Océan,  roman  pathétique  composé  et 
réalisé  par  René  Leprince,  avec  M.  Maupain 
Mlle  Mad.  Erikson,  la  petite  Christiane,  M.  Lau- 
rette,  Mlle  Duriez  et  les  petites  Leone  Balme 
et  Cosette  Dacier. 

Li-Hang  Le  Cruel,  Scénario  de  Henri  Bauche 
et  A.  de  Lorde,  filmé  par  E.  E.  Violet.  (Film 
Lucifer.  Edition  Aubert),  avec  Tsin-Hou, 
John  Warriley,  Marguerite  Murray,  de  Morero 
Mary  Harald,  Félix  Ford. 

Flipotte,     nouvelle     de     H.     Kistemaeckers, 


découpée    pour    l'écran    et    réalisée   par    J.   de 
Baroncelli  ;    avec    Gabriel    Signcret,    Andrée  < 
Brabant,  Jeanne  Cheirel. 

La  Paix  chez  Soi,  adapte  de  la  comédie  de 
G.  de  Courteline,  par  Jacques  de  Féraudy. 
Réalisé  par  Robert  Saidreau,  avec  Jacques  dé 
Féraudy  et  Andrée  Féranne. 

Tartarin  sur  les  Alpes  (Lauréa  Film  ;  édition 
Phocéa),  adapté  du  roman  d'Alphonse  Daudet 
et  réalisé  par  Henri  Vorins,  avec  Vilbert,  Pau- 
lette  Landais. 

Tristan  et  Yseut,  composé  d'après  Berould  et 
Thomas,  par  Frantz  Toussaint  et  réalisé  par 
M.  Marriaud  (Film  Louis  Nalpas  ;  édition 
Union-Eclair),  avec  Andrée  Lyonel,  Tania 
Daleyme,  Sylvio  de  Pedrelli,  Bras,  Dutertre, 
Frank-Heur,    etc. 

Champi-Tortu,  adapté  du  roman  de  Gaston 
Chereau  et  réalisé  par  Jacques  de  Baroncelli 
(Film  d'Art;  édition  A.  G.  C),  avec  Maria 
Kousnezoff,  Alexandre,  Janvier,  Alcover,  Paul 
Duc  et  André  René. 

Le  Secret  de  Rosette  Lambert,  scénario  de 
Tristan  Bernard,  réalisé  par  Raymond  Bernard 

et  Huguenet  fils,  sous  la  direction  de  H.  Dia- 
mant-Berger, avec  Lois  Meredith,  Henri 
Debain,  Silvia  Grey,  Camille  Bert,  Charles 
Dullin,  Jacques  Roussell.  Décoration  de  Robert 
Mallet-Stevens. 

Fille  du  Peuple,  composition  mélodramatiqun 
de  M.  de  Morlhon  (Film  Valetta  ;  éditioe 
A.  G.  C),  avec  Hélène  Darly,  Ch.  de  Roche- 
fort,  Suzanne  Herval,  Jean  Peyrière. 

L'Homme  du  Large,  marine,  composée  et 
réalisée  par  Marcel  L'Herbier  (Film  Gaumont- 
Pax  ;  édition  Gaumont),  avec  Roger  Karl, 
Jaque-Catelain,  Marcelle  Pradot,  Claire  Prélia, 
Suzanne  Dons,  Charles  Boyer. 

Colomba,  roman  de  P.  Mérimée  adapté  pour 
l'écran,  par  Edmond  Chimot  et  réalisé  par 
J.  Hervé,  avec  Mirella  Marco-Vici,  M.  Vina, 
Marthe  Laverne. 

Le  Lys  rouge,  roman  d'Anatole  France  adapté 
pour  l'écran  et  découpé  par  Maurice  de  Marsan. 
Directeur  de  réalisation  :  Ch.  Maudru.  (Film 
"Lys  Rouge"  ;  édition  Aubert,  avec  Suzanne 
Delvé,  Jean  Dax,  Gaston  Jacquet,  Georges 
Lannes,  Mangin,  Christiane  Vernon,  Yane 
Exiane,  Cueille. 

Le  Remous,  composition  mélodramatique,  de 
de  M.  Georges  Champavert.  (Film  Prismos  ; 
édition  Phocéa),  avec  Mme  de  Champclos, 
Marthe  Lepers,  Juliette  Malherbe,  Joseph 
Boulle,    Max    Claudet. 

Petit  Ange,  conte  vaudevillesque  de  M.  Ver- 
court,  adapté  pour  l'écran  et  réalisé  par  M.  Luitz 
Morat,  avec  Régine  Dumien,  Guyon  fils,  Lucy 
Mareil,  Luitz-Morat,  Germaine  Dermoz,  Jeanne 
Doly. 


Ne  manquez  pas  de  Voir 

Pauline  Frederick 

dans  ses  prochains 
films.  On  se  demande 
pourquoi  cette  grande 
actrice  américaine  ne 
paraît  jamais  sur  les 
écrans  de  Paris.     000 


cinea 


17 


La  Montée  vers  l'Acropole,  composé  et  réalisé 
par  René  Le  Somptier,  avec  Van  Daë  e,  André 
Nox,  France  Dhélia  et  de  nombreux  figurants. 
Près  des  Cimes,  scénario  de  Maurice  de  Mar- 
san, réalisé  par  Charles  Maudru  (Film  "Lys 
Rouge"  ;  édition  Ec'ipse),  avfc  Jean  Dax, 
Georges     Lannes.    Chnstiane     Veinon 

William  Baluchet  roi  des  Détectives,  ciné- 
roman  policier  en  cinq  épisodes  composé  par 
André  Bencey  et  réalisé  par  G.  Leprieur,  avec 
Mlle  D;svigne,  Suzanne  Talba,  Maria  Fromet, 
Mauloy,  Numès,  Volnys,  John   Warriley. 

L'Homme  qui  vendit  son  âme  au  Diable,  adapté 
du  roman  de  Pierre  Véber  et  réalisé  par  Pierre 
Caron  (Palladium-Film  ;  édition  Pathé),  avec 
J.  David  Evremond,  Ch.  Dulhn,  Halma,  G'adys 
Rolland. 

L'Accusateur,  adapté  du  roman  de  Jules- 
C  «retie  et  réalisé  par  E.  E.  Vio'et  (Films  Luci- 
fer ;  édition  Aubert),  avec  Fé.ix  Ford,  de  Romé- 
ro. 

Les  Deux  Gamines,  ciné-feuilleton  en  douze 
éoisodes,  filmé  par  Louis  Feuillade  popr  le 
Et.  Giumont  et  narré  dans  l'Intransigeant  par 
Paul  Cartoux,  avec  Vio!ette  Jyl,  Jacques  Her- 
mann,  Sandra  M:lovanoff,  Olinda  Mano, 
Georges  Biscot,  G  ston  Michel,  Blanche  Mon- 
tai, Bout-de-Zan,   Edouard    Mathé. 

Une  Fleur  dans  les  Ronces,  composition  drama- 
tique de  C.  de  Morlhon,  révisée  par  fauteur. 
(Film  Va!etta  ;  édition  Pathé  ;  avec  Candé, 
Sabine  Landray,  Rol'a-Norman,  André  Lefaur, 
Eugénie   Nau,  Paul  Amiot. 

Le  Doute,  tiré  du  mélodrame  de  Daniel 
Jourda  et  réalisé  par  Gaston  Roudès  (Gllo-- 
Film  ;  édition  Harry)  ,  avec  Jacques  de  Feraau 
dy,  Francen,  Louise  Colliney,  Jean  Daragon, 
Rachel  Devirys. 

Villa  Destin,  humoresque,  composée  et  réah- 
ée  par  Marcel  L'Herbier  (Film  Gîumont-Pax, 
édition  Giumont),  avec  Saint-G'anier,  Alice 
Feeld,  Paulais,  Lij  Samuel,  Bob  Scalon. 
Le  L'js  du  Mont  Saint-Michel,  tiré  du  roman  de 
rilby  :  Rêve  d'amour  et  réalisé  par  Jean  Sché- 
fer  (Dal-Film  ;  édition  Soleil),  avec  Agnès 
Souret,  Jean  Dax,  Garni. le  Bert,  Charlier. 

La  Double   Epouvante,  scénario   de   Maurice 
de  Marsan,  réalisé  par  Charles  Maudru  (Films 
'Lys  Rouge"  ;  édition  éclipse),  avec  Georges 
Lannes,    Chnstiane    Vernon,    Gaston    Jacquet. 
Tout  se  paie,  tiré  du  roman  de  Paul  Bourget  : 
{'Echéance  par  Pierre  Decourcslle  et  réalisé  par 
llHenn    Houry   (Société    d'Edit.    Cin.  ;    édition 
■  Pathé),    avec    Peggy    Kurton,    Rolla-Norman, 
I  Paul  Guidé,  Saillard,  Mme  Jalabert,  Charpen- 
tier. 

|  Mademoiselle  de  La  Seiglière,  adapté  du  roman 
I  de  Jules  Sandeau,  par  André  Antoine  et  réa- 
I  lise  par  André  Antoine,  assisté  de  G.  Denola. 
1  Production  S.  C.  A.  G.  L.  ;  édition  Pathé), 
l^vec  Félix  Huguenet,  Huguette  Duflos,  Charles 


Ne  manquez  pas  de  Voir 

LE     FEU 


aVec  Febo  Mari  et 
Vina  Menichelli.  C'est 
le  plus  intéressant  des 
films  italiens.    e> a    0û 


G'anval,  Romuald  Joubé,  Catherine  Fontency, 
Maurice    Escande,    Charles    Lamy. 

Les  deux  Mousquetaires  et  demi,  bouffonnerie 
historique  de  Cami  (Films  Comiques  ;  Aubert) 

Visages  voilés,  Ames  closes,  composé  et  réalisé 
par  Henri  Roussell  (Film  Jupiter  ;  édition 
Select),  avec  Emmy  Lynn,  Marcel  Vibert, 
Bogaë  t,    Médori,    A'ice    Feeld,    Albert    Bras. 

L'Ami  des  Montagnes,  adapté  du  roman  de 
Jean  Rameau  et  réalisé  par  Guy  du  Fresnay 
(Film  Pax-Gaumont  ;  édition  Gaumont), 
avec  André   Nox,   Madyx,   Jean   Devalde. 

La  Hurle,  scène  dramatique  de  la  vie  foraine 
composée  et  réalisée  par  Champavert.  (Film 
Pnsmos-Phocéa  ;  é  lition  Pathé),  avec  Juliette 
Malherbe,  Joseph  Boulle,  Marthe  Lepers, 
Jacques  Volnys,  Mounet,  Bourgoin,  Chevalier. 

La  Fleur  des  Indes,  de  Théo  Bergerat,  avec 
Huguette   Duflos  et   Haroutanian. 

Le  Drame  des  Eaux  Mortes,  adapté  du  roman 
de  Char'es  Foley  et  réalisé  par  Joseph  Faivre. 
(Production  du  Film  tl'Art.  ;  A.  G.  C),  avec 
A'cover,  Maria  Russ'ana,  Rfx  Stocken,  Mlle 
Vahdah,    Jean    Hervé. 

Les  Trois  Masques,  adapté  du  drame  de 
Charles  Méré  et  réalisé  par  Henri  Kraus»  (Pro- 
duction S.  C.  A.  G.  L.  ;  édition  Pathé),  avec 
Henri  Krauss,  Henri  Rollan,  Mme  Barbier- 
Kreuss,  Gme  Avril,  Georges  Wague. 

Le  Talion,  scénario  de  Pierre  Maudru,  réalisé 
par  Charles  Maudru  (Films  "Lys-Rouge"  ; 
édition  Eclipse),  avec  Georges  Lannes,  Gaston 
Jacquet,  André  Luguet,  Jane  Exiane,  Mme 
Marcilly. 

Le  Destin  Rouge,  composé  et  réalisé  par 
Frantz  Toussaint,  avec  le  concours  de  Van 
Daë  e,  Silvio  de  Pedrelli  et  Madeleine  Sévé 
pour  l'interprétation  (Film  Jupiter  ;  édition 
Select). 

La  Falaise,  composé  et  réalisé  par  Paul  Barla- 
tier,  avec  la  concours  de  Max  Claudet,  Volnys 
et  Marthe  Vinot  pour  l'interprétation  (Produc- 
tion  Lauréa  ;  édition  Phocéa). 

Le  Rêve,  adapté  du  roman  d'Emile  Zola  et 
réalisé  par  Jacques  de  Baroncelli.  Production 
"Film  d'Art"  ;  édition  A.  G.  C),  avec  Gabriel 
Signoret,  Andrée  Brabant,  Eric  Barc  ay,  Cham- 
breuii,  Jeanne  Delvair.  Opérateur  de  prises  de 
vues  :  Gibory. 

Les  Morts  parlent,  avec  Lady  Nobody 

Blanchette,  adapté  de  la  pièce  de  Bneux  et 
réalisé  par  René  Hervil  (Films  André  Legrand  ; 
édition  Pathé),  avec  Léon  Mathot,  Pauline 
Johnson,  M.  de  Féraudy,  Thérèse  Kolb,  Bap- 
tiste, de  Roméro,  Bernard,  Jean  Legrand. 

Fleur  des  Neiges,  scénario  de  Paul  Barlatier 
réalisé  par  l'auteur  (Lauréa-Film  ;  édition 
Phocéa).  Principaux  interprètes  :  Sylviane 
Dumont,    Romuald    Joubé    et    Max    Claudet. 

Prométhée  Banquier,  instantané  cinégraphi- 
que,  transposition  moderne  de  la  légende  mytho- 
logique, par  Marcel  L'Herbier  avec  le  concours 
de  Eve  Francis,  Gabriel  Signoret,  Jaque-Cate- 
lain  et  Marelle  Pradot  pour  l'interprétation. 
(Edition  A.  G.  C). 

Le  Château  des  Fantômes,  composé  et  réalisé 
par  P.  Marodon,  avec  Gaston  Jacquels,  Renée 
Sylvaire,   Lady  Nobody. 

La  Belle  Dame  Sans  Merci,  scénario  d'Irène 
Hillel-Merlanger,  réalisé  par  Germaine  Albert 
Dulac  (Films  D.  H.  ;  édition  A.  G.  C),  et  inter- 
prété par  Jean  Toulout,  Tania  Daleyme  est 
Denise    Lorys. 

Gigolette,  mélodrame  parisien  de  Pierre 
Decourcelle  adapté  et  réalisé  en  quatre  époques 


par  H.  Pouctal.  (Sté  d'Edit.  Cin.  ;  édition  Pathé 
avec  Louise  Dauville,  Fabien  Haziza,  Ch.  de 
Rochefort,  Georges  Co'in,  Séphora  Mossé, 
E'aine  Vernon,  Paul  Guidé,  Maud  Gipoy, 
Camille  Bert,  Andrée  Lyonel,  P.  Garnier, 
C.  Delval,  etc. 

Les  Naufragés  du  Sort,  composé  et  réalisé  par 
R.  de  Châtelenx.  Interprètes  :  Germaine  Der- 
moz,  Minia  Grey,  Thérèse  Vasseur,  Janvier. 
Jean  Lord,  Fouché  et  Barardi. 

Un  Drame  sous  Napoléon,  tiré  du  roman  de 
Conan  Doy'e  :  Oncle  Bernac  et  réalisé  par  Gé- 
rard Bourgeois  (Film  Eclair  ;  édition  Eclair), 
avec  Rex  Davis,  Chaumont,  Jeanne  Roi'er, 
Zanie  Miens,  Drain,  Francine  Mussey 

Lili-Vertu,  composé  p?r  Félix  Léonnec  et 
réalisé  par  Daniel  Bompard,  avec  Huguette 
Duflos,  Numès,   Jean  Devalde,  Schutz. 

La  Parure,  d'après  la  nouvelle  de  G.  de 
Maupassant  (Idéal  Film  ;  édition  A.  G.  C). 

L'Epingle  rouge,  scénario  dramatique  de  P. 
Bienaimé,  réalisé  par  E.  E.  Violet  (Films  Luci- 
fer ;  édition  Aubeit),  avec  Tsin-Hou,  Donatien, 
Simone    Vaudry,    Félix    Ford. 

Le  Sens  de  la  Mort,  tiré  du  roman  de  Paul 
Bourget  et  réalisé  par  la  Société  russe  P.Thie- 
mann  (Edition  Fox- Film),  avec  André  Nox 
et   Yanova. 

La  Proie,  mélodrame  de  G.  Roudès,  réalisé 
par  M.  Dumont,  avec  C.  Rémy,  M.  Vinot, 
Rolla     Norman. 

La  Nuit  du  13,  composé  et  réalisé  par  H.  Fes- 
court  (Edition  A.  G.  C  ),  avec  A.  Dubosc, 
J.  Toulout,  Y.  Andreyor,   Vermoyal. 

Quatre-Vingt-Treize,  tiré  du  roman  de  Victor- 
Hugo,  réalisé  par  A.  Capellani  et  A.  Antoine 
(Production  S.  C.  A.  G.  L.  ;  édition  Pathé), 
avec  Henri  Krauss,  Philippe  Garnier,  Paul 
Capellani,  Mme  Barbier-Krauss,  Dorival  et 
Charlier. 

Marouf,  réalisation  de  Roger  Dessort,  avec 
Jean   Signoret,    Mlle    Larose. 

L'Aventurier,  scénario  de  M.  de  Marsan, 
réalisé  par  Ch.  Maudru,  avec  Georges,  Lannes, 
Mangin  et   C.   Vernon. 

Mathias  Sandorf,  tiré  du  roman  de  Jules 
Verne,  réalisé  par  Henri  Ftscourt,  en  12  épi- 
sodes (Film  Nalpas  ;  édition  Eclair),  avec 
Romuald  Joubé,  Jean  Toulout,  Gaston  Modot, 
Vermoyal,  Yvette  Andreyor,  etc. 

La  Tentation  (A.  G.  C),  composé  et  réalisé 
par  Henri  de  Golen,  avec  Mme  Vahdah,  Geor- 
ges Wague,  P.  Daltour  et  S.  Landray. 

Crépuscule  d'Epouvante,  scénario  de  Julien 
Duvivier  réalisé  par  Etiévant  (Aigle-Film  ; 
édition  Pathé),  avec  Jeanne  Desclos,  Francen, 
Ch.  Vanel  et  Maguenat. 

Micheline,  adapté  du  roman  d'André  Theu- 
riet,  réalisé  par  Jean  Kemm,  avec  Geneviève 
Félix,  César,  Lemercier,  Polak. 


Ne  manquez  pas  de  Voir 

Le  Lys  de  la  Vie 

de  Miss  Loïe  Fuller  et 
Gabp  Sorrère.  d'après 
le  conte  de  S.  M.  la 
Reine  de  Roumanie.    0 


8 


cinea 


■■■•■■■■■■■■■■■■■■•■■■■■■■■■■••■■■■■■■■■■■■a 


•£  •£  •£       Signoret 

dans "Le  Silence" 


•#       Emmy  Lynn 

dans "Mater  Dolorosa" 


£   A.=F.  Brunelle 


ians 


"Chignole" 


•£    Yvonne  Aurel 


Ians 


"Fièvre" 


•£     Jean  Toulout 

dans    ...    "La  Xme  Symphonie" 

•£  £  £  £       Modot 


ians. 


"Mathias  Sandoif,, 


Yvette  Andreyor 

dans..      ...   "Mathias  Sandorf" 


Jacques  Grétillat 

dans       "Déchéance" 


Marcelle  Pradot 

dans  "Le  Carnaval  des  Vérités" 


•£  •£       Desjardins 

dans     "J'accuse" 


LES    PAGES    DE    MA     VIE 

Par    Fédor     CH ALI AVINE 


Le  théâtre  m'attirait  de  plus  en 
plus  et  je  m'efforçais  par  tous  les 
moyens  possibles  de  soustraire  au 
contrôle  paternel  l'argent  que  je  ga 
gnais  avec  mon  travail.  Je  savais 
que  c'était  malhonnête,  mais  vrai- 
ment c'était  plus  fort  que  moi  :  il 
m'était  devenu  impossible  d'aller  au 
théâtre  tout  seul.  Il  me  fallait  avoir 
quelqu'un  à  côté  de  moi,  afin  que  je 
puisse  donner  libre  cours  à  toutes 
les  extases  qui  se  traduisaient  chez 
moi  par  une  verbosité  excessive. 
Donc,  je  me  mis  à  inviter  au  théâtre 
mes  amis,  le  plus  souvent  Mikaïloff 
qui,  lui  aussi,  se  passionnait  pour  le 
théâtre  et  pendant  les  entr'aetes 
nous  avions  toujours  de  longues  dis- 
cussions en  appréciant  le  jeu  des  co- 
médiens, les  qualités  de  la  pièce 
représentée. 

Un  jour  s'amena  une  troupe  d'opéra 
et  on  augmenta  le  prix  des  places 
jusqu'à  50  kopeks.  L'opéra  m'avait 
complètement  ébloui.  Ayant  déjà 
travaillé  le  chant,  je  n'étais  pas  très 
étonné,  naturellement,  d'entendre  les 
gens  chanter  et  chanter  des  choses 
presque  inintelligibles.  Moi-même  je 
ne  comprenais  guère  ce  que  je  chan- 
tais tant  de  fois  pendant  les  cérémo- 
nies de  mariage.  Ce  qui  me  frappa 
surtout,  c'est  le  fait  qu'il  existe  une 
vie  ou  les  gens  au  lieu  de  parler 
comme  cela  se  pratique  chez  nous  â 
Kazan,  dans  notre  quartier,  ont  re- 
cours au  chant.  Cette  vie  chantante 
produisit  sur  moi  une  impression 
énorme.  Des  êtres  extraordinaires, 
vêtus  d'une  manière  fantastique,  in- 
terrogeaient en  chantant,  répon- 
daient en  chantant  également;  des 
gens  qui  chantaient  debout,  assis, 
en  buvant,  en  réfléchissant,  pour 
lancer  des  injures,  pour  adresser  des 
compliments,  même  étant  en  train 
de  mourir —  ça,  c'était  inouï!  Et  ce 
genre  de  vie  me  plaisait  infiniment! 
Mon  Dieu,  songeais-je,  si  on  pouvait 
agir  de  la  sorte  partout,  si  tout  le 
monde  chantait  dans  la  vie,  â  1  ate- 
lier, an  bain,  dans  la  rue! 

Par  exemple,  le  patron  chante  : 

-  Fedka-a-a-a,  apporte-moi  le  cuir 
pour  les  seme-e-e-lles!  Et  moi,  je 
réponds  : 


—  Le  voici-i-i-i,  Nicolas  Evtro-o-o- 
pitch  ï 

Ou  bien  un  agent  qui  traîne  quel- 
qu'un au  poste  de  police  : 

—  Viens  avec  moi  au  poste  de  po- 
lice-e-e-e  I 

Et  la  victime,  ténor  léger  : 

—  M'sieu  l'agent,  excusez-moi,  ex- 
cusez-moi î 

En  songeant  â  cette  belle  existence 
je  me  mis  à  transformer  naturelle- 
ment notre  vie  quotidienne  en  opéra. 

Lorsque  mon  père  me  disait  : 

—  Eedka,  du  kwas,  viteî 

Je  lui  répondais,  en  lançant  les 
notes  les  plus  aiguës  : 

—  Voilà,  voilà  î 

—  Qu'est-ce  que  tu  as  à  gueuler 
ainsi?  me  demandait-il. 

Ou  bien  je  le  réveillais  en  chan- 
tant: 

—  Mon  père,  lève-toi,  viens  prendre 
le  thé! 

Il  me  regardait  tout  ahuri  et  disait 
à  ma  mère  : 

—  Tu  vois!  C'est  cela  le  résultat 
des  théâtres. 

Pour  moi  le  théâtre  était  devenu 
une  nécessité  vitale.  Ma  place  au 
poulailler  ne  me  suffisait  plus,  j'avais 
une  envie  folle  de  pénétrer  dans  les 
coulisses,  voir  où  est  prise  la  lune, 
comment  disparaissent  d'un  coup  les 
gens,  de  quoi  sont  bâties  avec  cette 
rapidité  merveilleuse  des  villes  en- 
tières et  vers  quel  endroit  s'en  va 
après  la  fin  de  la  représentation  toute 
cette  vie  somptueuse  et  éclatante. 

Quelquefois  j'essayais  de  pénéirer 
dans  ce  royaume  merveilleux,  des 
hommes  féroces  se  ruaient  alors  sur 
moi,  me  criblaient  de  coups  et  me 
chassaient  dehors. 

Mais  une  fois,  je  réussis  à  tromper 
leur  vigilance  et  je  vis  devant  moi  un 
long  escalier,  sombre,  étroit,  tout 
encombré  de  vieux  châssis  cassés, 
des  toiles  de  décor  trouées  et  pous- 
siéreuses. Le  voici  le  chemin  des  mi- 
racles ; 

En  avançant  lentement,  avec  pré- 
caution entre  ces  décombres,  je  me 
trouvai  enfin  sous  la  scène  au  milieu 
d'un  amas  de  cordes,  appareils  mé- 
caniques,   machines   de   toute   sorte. 


(A  suivre) 


L.  Vai.tku,  trad. 


Imprimerie  spéciale  de  cinéa.  CS4.  rue  Rochechouart,  Paris. 


Le  o-trant  :  A.  Pai  v. 


ON  franc  ]     Les  Metteurs  en  scène  français    j  lui  franc :  I 


23  Septembre  1921 


Numéro  ..  ..  20 


$-£-£•  Hebdomadaire  Illustré  -£-£•€ 
Louis  DELLUC  et  A.  ROUMANOFF,  Éditeurs 
io,  Rue  de  l'Elysée,  Paris  -  Tél.  :  Élys.  58-84 


ABONNEMENTS    : 

I  an  45  fr.  -  6  mois  25  fr. 
Le  Numéro  ...  1  fr. 


SUZANNE  DESPRES  dans  l'Ombre  déchirée  Photo  Gaumont 

La  grande  artiste  française  qui  se  dévoua  toujours  aux  grandes  choses  du  théâtre  —  rappelez-vous  Maison  de  Poupée, 
Gioconda,  La  Fille  de  Jorio,  Hamlet,  Elektra,  Les  Flambeaux,  etc.,  —  est  enfin  venue  au  cinéma  pour  créer  d'abord 
Le  Carnaval  des  Vérités,  de  Marcel  L'Herbier,  puis  L'Ombre  déchirée,  de  Léon  Poirier,  que  vous  verrez  bientôt. 


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4,  Rue  Puteaux     M     PARIS    XVII 


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Studio -Ecole    Moderne    de    Cinéma 


La  seule  Maison  donnant  des  cours 
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Vous  qui  voulez  faire  du  cinéma 
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On  ne  vous  "  apprendra  pas  le  cinéma  " 
mais,  si  vous  avez  des  aptitudes, 
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dans  %)isages  voilés...  âmes  closes... 


M     M      Modot 

dans  Fièvre 


MME.     Norwood 

dans    Sherlock    Holmes 


M     Gina    Palerme 

dans  L' Eternel  Féminin 


M     M      Van  Daële 

dans    Le    Destin    Rouge    et    Fièvre 


M    M    Eve  Francis 

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Diamant-Berger  (Renais- 
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Cinéma  &  Cie,  par  Louis 
Delluc  (Bernard  Grasse/) 

Photogénie,  par  Louis 
Delluc  (M.  de  Bruiwff). 


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CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi  23  au   Jeudi  29  Septembre 


a»    ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux.  15,  boulevard  des 
Italiens.  —  Les  actualités..  —  Norcia,  plein 
air.  —  A  travers  les  rapides,  film  dramati- 
que suédois.  —  Les  quatre  diables,  scène 
dramatique.  —  Attraction  :  Les  Dyonnes. 
barristes  comiques. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière. 

—  Missions  chrétiennes  au  pavs  des  Canni- 
bales, documentaire.  —  Cbarlie  dans  le  Lie, 
dessins  animés.  —  A  Cœur  vaillant, 
drame.  —  Ménage  de  chien,  comique.  — 
Parisiana-Journal.  —  Subtilité  féminine, 
comédie  gaie. —  Chariot  journaliste,  comi- 
que. —  En  supplément,  de  10  h.  3o  à 
20  h.  30,  excepté  dimanches  et  fêtes  :  La 
Doctoresse,  drame. 

Omnia-Pathé,  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Patbé- Journal. —  Le  voile  du 
mensonge,  comédie  dramatique.  —  Alcin- 
dor  est  jaloux,  comique.  —  En  supplément 
facultatif,  ne  passant  pas  en  soirée  ni  le 
dimanche  en  matinée  :  Le  sept  de  trèfle. 
2e  épisode. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Aubert-Jourual.  —  Niek  (Vinter 
et  ses  aventures.  6e  épisode.  —  L'homme, 
merveilleux,  comédie  dramatique  et  senti- 
mentale. —  Séraphin  ou  les  jambes  nues. 
comique. 

3<=   ARRONDISSEMENT 
Pathé-Temple.     —     Pathé-Jounial.    — 
Les   deux  sons  de   Fritcigli,    comique.  — 
L'aventure  de  David  Strong,  comédie  dra- 
matique. —  Alciudor  est  jaloux,  comique. 

—  L'Affaire  du  train  24,  5e  épisode.  —  Le 
voile  du  mensonge,  comédie  dramatique. 

Palais  des  Fêtes. —  8.  rue  aux  Ours. — 
Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Pathê-Revue. 

—  La  course  en  sacs,  comique.  —  Marie  la 
Gaîtè,  comédie  gaie.  —  A  travers  les 
rapides,- drame.  —  Patbé- Journal. 


MM.  les  Exploitants 
qui  n'ont  pas  encore 
envoyé  le  montant  de 
leur  abonnement  à 
Cinéa,  Voudront  bien 
s'acquitter  aVant  le 
premier  octobre  et  nous 
les  en  remercions.     JSM 


Salle  du  1e1"  étage.  —  Actualités,  édition 
Pathé.  —  Le  voile  du  mensonge,  comédie 
dramatique.  —  Séraphin  ou  les  jambes  nues. 
comique. —  L'homme  merveilleux,  comédie 
sportive. 

4<=   ARRONDISSEMENT 

Saint-Paul,      73,     rue     Saint-Antoine. 

—  La   presqu'île   de    Portofino.    plein    air. 

—  Saint-Paul-Journal.  —  Le  tour  de  Nell. 
comique.  —  Alciudor  est  jaloux,  comique. 

—  Le  sept  de  trèfle,  2e  épisode.  —  Un  repor- 
tage sensationnel,  drame. 

5e  ARRONDISSEMENT 
Mésange,  3,  rued'Arras. —  Patbé-Journal. 

—  Paihé-Rcvue  n°  38,  documentaire.  — 
Lui...  et  la  casquette  compromettante,  comi- 
que. —  L'Affaire  du   train   24,  4e  épisode. 

—  Fromont  jeune  et  Risler  aine,  2e  époque, 
lin.  —  Zigoto  et  les  apaches,  comique. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Les  jeunes  chiens,  documentaire.  —  La 
course  à  l'héritage,  étude  de  mœurs. —  Gau- 
nwnt-aclualités.  —  Attraction  :  Dufleuve, 
chanteur  comique.  —  Fromont  jeune  et 
Risler  aîné,  2e  et  dernière  époque. 

6e  ARRONDISSEMENT 
Palace-Cinéma  Danton.  —  99.  boule- 
vard Saint-Germain.  —  Fleurus  27-50.  — 
Pathê-Revue.  —  A  travers  les  rapides. 
drame. —  Fromont  jeune  et  Risler  aîné, 
2e  époque.  —  Gaumont-Actualites. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Récamier,  3,  rue  Récamier.  — 

Actualités,  —  L'Affaire  du  train  24.  4e  épi- 
sode. —  Fromont  jeune  et  Risler  aine. 
2e  époque,  fin.  —  L'homme  merveilleux. 
drame. 

Cinéma  Bosquet. 83,  avenue  Bosquet. — 
Direction  G.  Moyse.  —  Cbe%  les  Anthro- 
pophages. sc'  étape.  —  Part éi  deux,  comique. 
-  Attraction  :  le  ténor  Rouch,  dans  son 
répertoire  (opéra,  opéra-comiquei.  —  Le 
sept  de  trèfle,  premier  épisode. —  Un  drame 
sous  Napoléon,  film  historique  en  2  chapi- 
tres. 

8e  ARRONDISSEMENT 

Théâtre  du  Cotisée,  38,  avenue  des 
Champs-Elysées.  Direction  Malleville.  — 
Elvsées  29-46.  — Fatty  fiancé,  comique. — 
Quand  l'amour  vent,  comédie. —  Gaumont- 
aclualitès. —  Les  quatre  diables,  film  danois 
sensationnel. 

9e  ARRONDISSEMENT 


Delta-Palace-Cinéma. 


boulevard 


mentaire. —  Fatty  fiancé  de  Mabel,  comique. 

—  Le  sept  de  trèfle.  2e  épisode.  —  Delta- 
Journal.  —  La  faute  d'Odette  Maréchal. 
drame.  —  Intermède  :  Salvator,  diseur. 

Cinéma-Rochechouart,  66,  rue  de  Ro 
chechouart.  Trudaine  67-89.  Directeur  : 
M.  A.Jallon.  —  Eclair-Journal.  —  Bécasson 
capitaine  au  long  cours,  comique.  —  La 
Veuve  de  New-York,   comédie- vaudeville. 

—  De  Léopoldville  èi  Matadi,  voyage.  — 
Fraternité,  comédie  dramatique.  —  Inter- 
mède :  Mme  Anthelmiue  et  M.  Berthani's, 
dans  leurs  fantaisies   et  transformations. 

10e  ARRONDISSEMENT 

Tivoli,    19.    faubourg    du    Temple.  — 
Tivoli-Journal.    —     Un    ménage    de    chien. 
comique.  —  La   voix  qui  lue,  drame.  - 
Le  voile  du  mensonge,  comédie  dramatiquJ 

11e    ARRONDISSEMENT 
Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la 

Roquette.  —  Les  lions  déchaînés,  comique. 

—  Nick  IViuter  et  ses  aventures.  6°  épisode. 

—  Le  voile  du  mensonge,  comédie  dramati- 
que  Aubert-Jourual.  —  La  Faim,  comédie 
dramatique. 

12e  ARRONDISSEMENT 
Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  GaumonU 
Actualités.  —  Le  chapeau  de  Mi/ou,  com4 
die.  —  Le  voile  du  mensonge,  comédie  dra- 
matique. —  Attraction  :  Daucré  et  Mu:l\. 
modeleurs  comiques. —  Le  méchant  homme, 
comédie  dramatique. — Alciudor  est  jaloux, 
comique. 

i3e  ARRONDISSEMENT 

Gobelins,  66,  bis  Avenue  des  Gobelins 
Patbé-Journal.  —  Pathê-Revue  n"  ?S,  docu- 
mentaire. —  Lui,.,  et  la  casquette  compro- 
mettante, comique.  —  L'affaire  du  train  24 
4«  épisode.  —  Fromont  jeune  et  Risler  aine. 
2e  époque,  fin. 


THÉÂTRE 


DU 


COLISEE 

CINÉMA 

38,  Av.  des  Champs  Élysées,  38 

Direction   :  Téléphone  : 


Rochechouart.  Trudaine 67-89. — Direction  : 
M.  A.Jallon. —  Coutumes  marocaines,  docu- 


P.  MALLEVILLE 


ELYSEE    29-46     • 


cinea 


M"   ARRONDISSEMENT 

Gaité,  rue  de  la  Gaîté.  —  Patbê-Journal.— 

Patbé-Revue  n°  j8,  documentaire. —  Dans 

ta  peau  d'un  autre,  comédie  dramatique. — 

1  Lui...  et  la  casquette  récalcitrante, comique. 

—  L'Affaire  du   train  24,   4e  épisode.  — 
Wromont  jeune  et  Risler aîné, 2e époque,  fin. 

Régina-Aubert-Palace,  15.5,  rue  de 
Rennes.  —  Aubert-Journal.  —  Nick  Winter 
cl  ses  aventures,  6e  épisode.  —  La  fiancée 
de  minuit,  comédie  dramatique.  —  Patbé- 
Revue.  —  Un  malentendu,  comédie  senti- 
mentale. —  La  course  au  sac.  comique. 

Splendide-Cinéma,  3,  rue  Larochelle. 
Directeur  :  M.  Ch.  Roux.  —  La  vie  dans  les 
montagnes,  plein  air.  —  Fattv  trouve  un 
emploi,  comique.  —  Quand  on  a  faim. 
drame. —  La  nouvelle  adepte,  comédie  gaie. 
15e  ARRONDISSEMENT 

Grenelle,  122,  rue  du  Théâtre.  —  Patbé- 
Journal.  —  Patbé-Revue  n°  ;5.  documen- 
taire. —  Lui...  et  la  casquette  compromet- 
tante, comique.  —  L'Affaire  du  train  24, 
4e  épisode.  —  Frouiont  jeune  et  Risler  aine, 
2e  époque. —  Narcisse  shérif,  comique. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  115-119,  rue 
Lecourbe.  Saxe  56-45.  —  Le  chapeau  de 
Mitou,  comédie.  —  La  Faim,  drame.  — 
Attraction  :  Yainainoto  et  Koyoshi,  équili- 
bristes  japonais.  —  La  course  à  l'héritage, 
étude  de  mœurs.  —  Gaumont-actualités . 
i6<=     ARRONDISSEMENT 

Mozart-Palace,  49,  51, rue  d'Auteuil.iôe. 

—  Programme  du  vendredi  23  au   lundi 

26  septembre.  —  Le  7  de  trèfle.  2*  épisode. 

—  La  villa  du  Crabe  vert,  comique.  — 
La  vérité  sans  voile,  comédie  dramatique. 

—  Zigoto  et  les  apaches,  comique.  —  Eclair- 
Journal.  —  Programme  du  mardi  27  au 
jeudi  29  septembre.  —  Cl:c<  les  anthropo- 
phages, 6e  étape.  —  Paternité,  drame.  — 
La  faim,  comédie  dramatique.  —  Pathé- 
Joumal. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  — 
Direction  :  Flach. —  Tél.:  Auteuil  15-40. — 
Excursion  en  Laponie,  documentaire.  — 
Apres  l'abandon,  comédie  dramatique.  — 
Le  trésor  d'Ame. 

Théâtre  des  Etats-Unis.  56  bis,  avenue 
MalakofT. —  La  Main  invisible,  3e  épisode. 

—  Les  deux  sœurs,  drame.  —  Zigoto  cbeç 
les  douaniers,  comique.  —  Le  sens  de  la 
mort,  d'après  l'œuvre  de  Paul  Bourget. 

Maillot-Palace-Cinéma  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi 23  au  lundi  26  Septembre.  Che; 
les  anthropophages.  6e  étape.  —  Paternité. 
drame.  —  La  faim,   comédie  dramatique. 

—  Pathé-Journal.  ~  Programme  du  mardi 

27  au  jeudi  29  Septembre.  —  Le  sept  de 
trèfle,  2e  épisode.  —  La  villa  du  Crabe  vert, 
comique.  —  La  vérité  sans  voile,  comédie 
dramatique. —  Zigoto  et  les  apaches.  corn. 

17e  ARRONDISSEMENT 
Ternes-Cinéma,  avenue  des  Ternes,  5. 
Tolède.  —  Pathé-Journal.  —  A  l'assaut  du 
bonheur,  drame  mondain.  —  Ame  sauvage. 
drame.  —  Beaucitron  et  le  chapeau  gris, 
comique. 


Villiers-Cinéma.  21.  rue  Legendre.  — 
Direction  :  M.  Hermua.  —  Ajaccio,  voyage. 

—  Deux  bons  petits  diables,  comique.  — 
Éclair-Journal.  —  Subtilité  féminine,  comé- 
die gaie.  —  Là  faim,  drame. —  Intermède  : 
D'ErioPal. 

Cinéma  Demours.  7,  rue  Demours, 
Directeur:  M.  F.  Destannes. —  Wag. 77-66. 

—  Le  sept  de  trèfle.  2e  épisode.  —  Le 
journalisme  mené  à  tout,  comédie.  — 
Eclair-Journal.  —  Les  quatre  diables,  drame. 

Lutetia-Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Chantilly, plein  air. —  A  travers  les  rapides, 
comédie  dramatique.  —  L'Homme  merveil- 
leux, comédie  dramatique.  —  Gaumont- 
Ac  I  ual 1 lés. 

Royal -Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Les  monuments  de  Scvillc,  plein  air.  — 
Alcindoi  est  jaloux,  scène  comique.  —  Le 
voile  du  mensonge,  comédie  dramatique. — 
Les  quatre  diables,  drame. —  Pathé-  ournal. 

Cinéma  Legendre,    128,   rue  Legendre. 

—  Directeur  :  A.  Jallon.  —  Legendre- Actua- 
lités. —  La  course  au  sac,  comique.  —  Le 
roman  d'un  spahi,  d'après  Pierre  Loti.  — 
Le  sept  de  trèfle,  2e  épisode.—  L'autre  par- 
fum, comédie  sentimentale. —  Intermède  : 
Les  W aller  and  Baillv,  équilibristes. 

18e  ARRONDISSEMENT 
Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt  et   rue  d'Orsel,  43, 

—  Maurice  Robert,  directeur.  —  Le  courage 
de  Madge,  drame  d'aventures. —  Dancing. 
scène  comique.  —  Les  actualités  de  la 
semaine.  —  Oh  !  la  paix  !  comédie.  —  Le 
collier  de  l'impératrice,  3e  épisode.  — 
Attraction  :  Mlle  Mvrelda,  dans  son  réper- 
toire. 

Palais-Rochechouart,  56,  boulevard  Ro- 
chechouart.  —  Aubert-Journal.  —  Nick 
Winter  et  ses  aventures,  6e  épisode.  — 
Le  voile  du  mensonge,  drame.  —  L'homme 
merveilleux,  comédie  dramatique.  —  Séra- 
phin ou  les  jambes  nues,  comique. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  no,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81. —  Le  voile  du  mensonge,  comé- 
die dramatique.  -  Profanation,  drame.  — 
Alcindor  est  jaloux,  comique.  —  Attrac- 
tion :  Arayama,  équilibriste  japonais. 

Barbes- Palace,  34,  boulevard  Barbes- 
Direction  :  L.  Garnier.  —  Nord  35-68.  — 
L'homme  merveilleux,  comédie  dramatique. 

—  Les  quatre  diables,  drame.  —  Séraphin 
ou  les  jambes  unes,  comique. 

Le,  Select,  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Chantilly,  plein  air.  —  Le  chapeau  de  Mifou, 
comédie  —  L'homme  merveilleux,  comédie 
dramatique.  —  Pathé-Journal.  —  Les  quatre 
diables,  drame. 

Le   Capitole,    place    de    la    Chapelle. 

—  Pathé-Journal.  —  Le  chapeau  de  Miton. 
comédie.  —  Le  voile  du  mensonge,  comédie 
dramatique.  —  Attraction  :  Les  Saschoff's, 
danseurs  et  chanteurs  russes.  —  Les  quatre 
diables,  drame. 

Gaumont-Palace,    1,   rue  Caulaincourt. 

—  L'homme  merveilleux,   avec  Carpenticr. 

—  A  travers  les  rapides,  drame. 


19=    ARRONDISSEMENT 
Secrétan,  7,  Avenue  Secrétan. —  Pathé- 
Journal.  —  Alcindor  est  jaloux,  comique. 

—  L'A  [faire  du    Train   24.   y  épisode.   - 
Les   deux    sous  de   Frite igli.    comique.  — 
Le  voile  du  mensonge,  comédie  dramatique. 

—  Le  crampon,  comédie. 

20=    ARRONDISSEMENT 
Paradis-Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 

leville.  —  Sibémol   l'audacieux,   comique. 

—  Aubert-Journal.  —  Message  aérien,  comé- 
die sentimentale.  —  Attraction  :  Tburin, 
dans  son  répertoire.  —  Nick  IV i nier  et  ses 
aventures,  (y  épisode.  —  L'ultime  roman, 
comédie  dramatique.  —  Zigoto  douanier. 
comique. 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  Pathé-Journal.  —  Deux  bons  petits 
diables,  comique. —  Le  serment  du  proscrit, 
drame.  —  Attraction  :  Les  Nicolelto's,  tra- 
vail sur  aéroplane.  —  Un  malentendu. 
comédie  dramatique.  —  Le  chapeau  de 
Mitou,  comédie. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Gaumont-actualités.  —  Ras- 
poutine,  scène  dramatique.  —  Alcindor  est 
jaloux, comique.  —Attraction  :  Francardi. 

—  Che{  les  anthropophages,  cf  et  dernière 
étape.  —  Le  voile  du  mensonge,  comédie 
dramatique. 

BANLIEUE 

Clichy. — Pathe- Journal. —  Alcindor  est 
jaloux,  comique.  —  L'Affaire  du  train  24, 
5e  épisode.  —  Les  deux  sons  de  Frit: igli. 
comique.  —  Le  voile  du  mensonge,  comédie 
dramatique.  —  Le  crampon,  comédie. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy. —  Fabiica- 
tion  du  fromage  de  Gruyère,  documentaire. 

—  Les  deux  sœurs,  comédie  dramatique. — 
Le  chapeau  de  Mitou,  comédie.  —  Attrac- 
tion :  Ridel's. —  L'homme  merveilleux, avec 
Carpentier.  —  Pathé-Journal . 

Vanves .  —  Pathé-Journal.  —  Patbé-Revue 
n°  j8.  —  Lui...  et  la  casquette  compro- 
mettante, comique.  —  L'Affaire  du  train  24, 
4e  épisode.  —  Fromont  jeune  et  Risler  aine, 
2e  époque,  fin.  —  Narcisse  Shèriff.  comique. 

Bagnolet.  —  Pathé-Journal.  —  Alcindoi 
est  jaloux,  comique.  —  Malhias  Sandorf. 
8e  épisode. —  Les  deux  sous  de  Frit{igli, 
comique.  —  L'Affaire  du  train  24,  4e  épi- 
sode. —  Le  voile  du  mensonge,  comédie 
dramatique. 

Levai  lois. —  Pathé-Journal. —  Beaucifron 
bon  juge,  comique.  —  Douglas  nouveau 
d'Artagnan.  aventures.  —  Attraction  : 
Renée  Bob,  le  gavroche  parisien.  —  L'Affaire 
du  train  24,  3e  épisode.  —  Fromont  jeune  et 
Risler  aîné,  première  époque. 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (Le 
vallois).  Wagram  04-91. —  Fromont  jeune 
et  Risler  aine,  comédie  dramatique.  — 
Le  méchant  homme,  drame.  —  Attraction  : 
Torvel's and  Torvel's. 

Montrouge.  —  D'Albertville  éi  Kabalo. 
plein  air.  —  Montrouge-actualités.  —  Le 
sept  de  trèfle.  2-  épisode.  —  Un  ménage  de 
chiens,  comique.  —  Un  reportage  sensation- 
nel, drame. 


cinea 


MM   FILMS  D'AUJOURD'HUI  MM 


Yvonne 

Pansons  sur  l'invraisemblance  du 
sujet,  sur  la  danseuse  dont  la  tante 
appartient  au  plus  pur  faubourg,  sur 
le  directeur  de  théâtre  qui  engage  un 
sujet  sans  en  avoir  même  vu,  appa- 
remment, le  portrait  dans  les  jour- 
naux, au  point  qu'il  est  fort  embar- 
rassé lorsqu'il  se  présente  pour 
l'emploi  deux  titulaires  qui  se  res- 
semblent à  peu  prés  autant  que  Mme 
Segond-Weber  et  Mlle  Parisys...Ceci 
dit, aimez-vous  la  crème  à  la  vanille? 
C'est  une  chose  agréable,  un  peu  fade 
peut-être  et  écœurante  à  la  longue  ; 
mais  j'avoue  que  si  j'avais  à  faire  sur 
Mary  Miles  un  haiki  à  la  manière  de 
Louise  Fazenda,  c'est  le  premier 
terme  de  comparaison  que  je  choisi- 
rais. Il  faut  d'ailleurs  beaucoup  de  ta- 
lent pour  faire  supporter  trois  quarts 
d'heure  d'un  charme  aussi  suave- 
ment délicieux.  Autour  de  l'étoile, 
une  de  ces  bonnes  troupes  homogènes 
qui  rendent  acceptables  beaucoup  de 
pauvretés  :  je  citerai  spécialement 
l'acteur  qui  joue  le  rôle  du  jeune  Bar- 
tlett,  et  sait  si  bien  doser,  si  natu- 
rellement, le  charme,  le  comique  et 
la  tendresse. 

• 

La  Course  à  l'héritage. 

Lorsqu'un  acteur  joue  un  de  ces 
rôles  doubles,  tels  que  celui  où  Pau- 
lin Menier  s'illustra  jadis  dans  le 
Courrier  de  Lyon,  et  que  le  Cinéma 
a  multipliés,  peut  être  outre  mesure, 
sa  principale  préoccupation  et  de  se 
camoufler  de  telle  manière  que  per- 
sonne ne  soupçonne,  au  premier 
abord,  l'identité  d'interprète  ;  ainsi 
les  personnages  se  ressemblent  moins 
que  s'ils  étaient  joués  par  deux  ac- 
teurs différents  cherchant  à  se  res- 
sembler. Dans  ce  film,  dénommé  un 
peu  prétentieusement  Etudes  de 
mœurs  sociales  et  qui  est  un  assez 
banal  mélodrame, il  s'agit,  non  point 
d'une  confusion,  mais  d'une  ressem- 
blance entre  un  frère  et  une  sœur  que 
leurs  vêtements  distinguent  ;  aussi 
Violet  Mercereau  n'a  pas  besoin  d'ou- 
trer son  grimage.  Elle  est  d'ailleurs 
jolie,  agréable  à  regarder,  et  évoque, 
par  son  charme  et  son  nom,  quelque 
Viola  Shakespearienne  dans  une  co- 
médie   d'erreurs    ou    une    douzième 


Nuit  que  l'on  préférerait  infiniment 
au    pauvre  canevas   qui  lui    est   ici 

fourni. 

• 

Les  hommes  marqués. 

Autant  le  cinéma  américain  est 
gauche,  emprunté,  sommaire,  dans 
la  peinture  des  mœurs  mondaines, 
autant  i!  réussit  à  montrer  dans  leurs 
luttes  entre  eux  ou  avec  la  nature, 
des  êtres  qui  parlent  peu,  dont  la 
psychologie  ne  se  traduit  générale- 
ment que  par  des  gestes. 

L'évasion  des  bandits,  la  fuite  dans 
le  désert,  la  rencontre  de  la  jeune 
mère,  sa  mort,  celle  de  deux  des  éva- 
dés, forment  autant  de  tableaux  ra- 
massés, sobres,  émouvants,  que  ne 
gâte  pas  trop  l'optimisme  conven- 
tionnel de  la  fin. 

Harry  Carey  est  excellent  dans  un 
rôle  à  effet,  et  l'ensemble  de  l'inter- 
prétation révèle  cette  perfection  tech- 
nique qui  permet  aux  Cinéastes  d'Ou- 
tre-Atlantique déconsidérer  les  nôtres 
un  peu  comme  des  improvisateurs. 

• 
Un  reportage  sensationnel. 

Nous  disions  une?  Disons  deux. 
Avez-vous  lu  Trent's  last  case  (La 
dernière  affaire  de  Trent)  un  des 
bons  romans  policiers  parus  ces  der- 
nières années  en  Angleterre.  Il  plaît 
d'abord  par  le  titre,  qui  laisse  espé- 
rer qu'il  n'y  aura  pas  de  suite,  que 
Trent  ne  nous  excédera  pas  comme 
Sherlock  Holmes  ou  Rafflcs.  Une 
fois  sur  le  théâtre  du  meurtre,  on 
épuise  comme  d'habitude  les  hypo- 
thèses banales  pour  en  former  une 
plus  subtile  et  plus  originale  :  d'ordi- 
naire le  romancier  estime  en  avoir 
assez  fait,  point  du  tour;  dans  ce 
livre,  lorsqu'on  est  bien  pris,  bien 
persuadé  de  cette  seconde  hypothèse, 
une  troisième  se  révèle  tout  à  fait 
inattendue  et  qui  est  la  bonne. 

Cela  a  paru  au-dessus  de  l'intelli- 
gence des  spectateurs  de  cinéma;  le 
metteur  en  scène  en  adaptant  ce  ro- 
man, s'en  est  donc  tenu  à  la  seconde 
hypothèse  ;  puis  on  a  supprimé  Trent, 
ce  qui  est  un  peu  fort,  c'est  Sherlock 
Holmes  réduit  au  D'  Watson,  Les 
Trois  Mousquetaires  sans  d'Arta- 
gnan.  Evidemment,  je  ne  me  serais 
aperçu  de  rien  si  je  n'avais  pas  lu  le 


livre;  mais  on  devait  supposer  tout 
de  même,  puisqu'on  l'a  choisi  pour 
sa  célébrité,  qu'il  y  a  des  gens  qui 
l'ont  lu;  et  il  est  vexant,  pour  les  ci- 
néastes d'entendre  répéter  :  «  Toutes 
les  fois  qu'une  œuvre  passe  â  l'écran 
elle  est  diminuée,  appauvrie,  rac- 
courcie... » 

Si  vous  n'avez  pas  lu  le  livre,  ou- 
bliez tout  ce  que  je  viens  de  dire,  et 
allez  voir  le  film,  qui  en  lui-même  est 
bon,  avec  de  jolies  notations.  Vous  y 
retrouverez  l'acteur  qui  jouait  l'en- 
traîneur dans  Mascotte,  et  qui  avait 
tellement  le  physique  de  l'emploi  que 
je  n'avais  pu  admettre  que  ce  fût  un 
acteur.  Je  soutiens  d'ailleurs  que, 
comme  directeur  de  journal,  il  res- 
semble à  un  entraîneur  qui,  sur  ses 
vieux  jours  serait  entré  dans  le  jour- 
nalisme. 

• 

Hans  la  Brute. 

Pour  la  plus  grande  joie  des  cinéas- 
tes américains,  il  subsiste  aux  Etats- 
Unis,  dans  les  montagnes  du  Ten- 
nessee, une  sorte  de  Corse  où  la  ven- 
detta sévit  comme  sur  les  rives  du 
Liamone,  sans  que  ces  Yankees  puis- 
sent invoquer,  ainsi  que  les  compa- 
triotes de  Colomba,  l'excuse  d'une 
tradition  séculaire,  puisque  les  blancs 
n'y  sont  pas  installés  depuis  si  long- 
temps. 

L'inconvénient  de  ces  drames  —  on 
en  fabrique  en  série  depuis  quelque 
temps,  et  George  Walsh  était  le  pro- 
tagoniste dune  action  tout  à  fait 
analogue  —  c'est  qu  ils  se  ressemblent 
terriblement.  C'est  toujours  le  rejeton 
mâle  d'une  des  familles  en  lutte  qui 
s'éprend  du  rejeton  femelle  de  l'autre, 
—  sauf  lorsque  c'est  le  contraire  — 
et  la  paix  se  scelle,  non  sur  leurs 
cadavres,  comme  dans  Roméo  et 
Juliette  —  le  public  de  Milledgeville 
tient  à  ce  que  cela  finisse  bien  —  mai» 
par  leur  mariage.  Lionel  Landry. 
• 

Dans  notre  numéro  du  9  septembre, 
sous  la  photo  de  Genica  Missirio 
s'est  glissée  une  erreur  typographi- 
que. Il  fallait  lire  Missirio  au  lieu 
de  Messirio  et  La  lumière  sur  la 
neige  en  place  de  La  lumière  sous 
les  pas. 


cinea 


00      L'IRRÉEL      00 


Lorsque  Narayana  fut  projeté  à 
Nice,  le  critique  cinématographique 
d'un  journal  imprimé  sur  du  papier 
rose  et  dont  le  titre  m'échappe  écri- 
vit à  peu  prés  cette  phrase  : 

«  Lorsque  M.  Léon  Poirier  se  déci- 
»  dera  à  supprimer  de  ses  films  la 
»  nébuleuse  dans  laquelle  ses  per- 
»  sonnagessont  plongés,  il  fera  sans 
»  doute  de  bons  films  ». 

Hélas!  je  ne  ferai  donc  jamais  de 
bons  films,  car  l'irréel  dans  le  scéna- 
rio me  paraît  aussi  indispensable 
que  la  lumière  dans  l'appareil  de  pro- 
jection. 

Mais,  d'abord,  entendons-nous  sur 
le  mot  irréel.  Ce  n'est  pas  chose  fa- 
cile, étant  donné  que  l'irréel  ne  se 
définit  pas  —  ou,  du  moins,  ne  peut 
se  définir  que  par  une  négation  : 
L'Irréel,  c'est  tout  ce  qui  n'est  pas 
réel  —  on  n'en  peut  dire  davantage. 
L'intangible,  l'impondérable,  l'invi- 
sible sont  dans  le  même  cas,  ce  qui 
ne  les  empêche  pas  de  faire  partie 
de  chaque  minute  de  la  vie,  c'est-à- 
dire  d'exister,  au  sens  le  plus  précis 
du  mot. 

Sous  le  prétexte  que  le  ciel  est 
incommensurable,  les  esprits  «■  posi- 
tifs »  peuvent-ils  le  séparer  de  la 
terre  où  tout  est  mesure  ?  Suppri- 
mera-t-on  de  la  Nature  le  Beau,  sous 
prétexte  que  jamais  personne  n'en  a 
pu  l'extraire  sous  forme  d'élixir? 
L\Art  procédant  de  la  vie  naturelle, 
même  lorsque  la  férule  du  «  réalisme  » 
il  est  condamné  à  la  copier  servile- 
ment, nourquoi  vouloir  en  bannir 
l'irréel  ? 

ROGER  KARL 
Rôle  d'Arnaut  dans  L'ombre  déchirée. 


La  Poésie,  chanson  de  l'Irréel  a 
travers  les  âges,  a  été  de  tout  temps 
agréable  aux  oreilles  humaines.  Elle 
a  changé  de  forme,  mais  on  la  re- 
trouve toujours  et  partout.  Musique, 
danse, peint ure, littérature  ne  seraient 
sans  la  poésie  que  des  lanternes  étein- 
tes; chaque  art,  dés  sa  naissance, 
s'est  toujours  nourri  du  lait  de  l'Irréel. 

Or,  la  cinégraphie  est  un  art  qui 
vient  de  naître,  plus  qu'un  autre,  il  a 
besoin  d'irréel  et  c'est  précisément 
en  raison  de  son  jeune  âge  qu'il  faut 
lui  donner  en  abondance  cet  aliment 
nécessaire  à  sa  formation.  Si  vous  vou- 
lez qu'il  grandisse,  qu'il  embellisse, 


CI.  Gaumont 

SUZANNE  DESPRÉS 
Rôle  de  la  Mère  dans  L'Ombre  déchirée 


qu'il  plaise,  élevez-le  donc  dans  la 
poésie  —  faute  de  quoi  il  risquera 
fort  de  rester  mesquin  comme  un 
procédé  sans  cpie  jamais  lui  pousse 
des  ailes. 

Et  qu'on  n'aille  pas  dire  la  cinégra- 
phie est  l'art  des  foules,  il  faut  donc 
la  maintenir  dans  le  domaine  du  vul- 
gaire où  la  poésie  n'a  pas  cours.  Cette 
parole  que  j'ai  entendue  souvent, 
hélas  I  est  un  non-sens. 

Oui,  le  cinéma  est  le  spectacle  de 
la  masse;  oui,  il  faut  qu'il  touche  le 
plus  grand  nombre  :  c'est  là  sa  raison 
d  être,  c  est  à  cause  de  cela  qu'il  est 
un  grand  moyen  d'échange  de  pen- 
sées, un  facteur  puissant  de  progrès 
moral,  par-dessusles  frontiéressocia- 
les,  économiques  ,  intellectuelles, 
ethnographiques  —  et  pour  cela  jus- 
tement, il  ne  peut  s'éclairer  que  d'une 
seule  Lumière  :  la  Poésie I.  . 


Mlle    MYRGA  CI.  Gaumont 

Rôle  de  Muriel  dans  L'Ombre  déchirée 

Que  MM.  les  commerçants  se  rassu- 
rent :  ils  n'ont  pas  de  meilleurs  alliés 
que  les  poètes... 

Ici,  comme  en  toutes  choses,  il  faut, 
bien  entendu,  faire  intervenir  le  con- 
trôle de  la  raison.  Mais,  cette  réserve 
faite,  je  soutiens  que  le  film  poétique 

—  je  n'ai  pas  écrit  esthétique  —  est 
celui  qui  «  se  vendra  le  mieux  ».  La 
foule  lève  toujours  la  tête  avec  plai- 
sir :  qu'un  avion  traverse  le  ciel,  les 
badauds  avec  ensemble  le  regardent 
passer;  qu'une  émotion  tendre  s'ins- 
crive sur  lécran,  qu'une  image  vrai- 
ment belle  l'illumine,  tous  les  cœurs 
battront,  même  si  tous  les  cerveaux 
n  ont  pas  compris  et  vous  sentirez 
tous  les  spectateurs,  communiant 
dans  le  profond  silence  de  la  salle 
obscure,  ne  plus  former  qu'un  seul 
public. 

Messieurs  les  commerçants  et  les 
directeurs  de  salle  qui  entendez  vous 
cantonner  dans  le  «  sens  pratique», 
cette  minute  de  silence,  c'est  le  succès 

—  recherchez-vous  autre  chose?... 
Enfin,  nul  art  mieux  que  la  ciné- 
graphie   ne   peut    par   sa   technique 

—  non  pas  exprimer  l'irréel,  ce  qui 
est  impossible  —  mais  en  faire  pres- 
sentir 1  existence.  La  «  surimpres- 
sion »,  le  «  fondu  »,  le  diaphragme, 
les  jeux  de  la  lumière  et  de  l'objectif 
sont  d  incomparables  moyens  pour 
supprimer  le  temps,  la  distance,  la 
limite,  la  forme,  tous  ces  lourds  voiles 
de  réalité  que  les  mots  soulèvent 
avec  peine... 

.,.  Non,  Monsieur  le  critique  du 
journal  rose,  je  ne  renoncerai  pas  à 
l'Irréel  parce  que  —  comme  je  viens 
d  essayer  de  m'en  expliquer  en  quel- 
ques lignes  je  le  crois  indispensable, 
mais  encore,  aussi  et  surtout  —  ce 
qui  ne  s'explique  pas  —  parce  qu'il 
est  Beau.  Léon  Poirier. 


cinea 


IAQ.UE    CATKLAIN 


Photo  Gaurror.t 

Le  jeune  homme  de  Rose-France  a  pris  de 
l'éclat  et  presque  de  la  puissance.  Après  Le 
Ctirinivtil  des  Vérités,  après  L'Homme  au 
Large,  voici  Hedwick  dans  El  Dorade  et 
bientôt  un  autre  grand  rôle  digne  de  ce 
jeune  talent  qui  va  de  l'humour  à  la  pas- 
sion sans  abandonner  le  tact. 


cinea 


Cliché  Caurr.ont 


MARCEL  L'HERBIER 
Le  metteur  en  scène  de  Rose-France ,  Le  Car- 
naval des  Vérités,   L'Homme  du  Large.  Villa 
Destin,   El  Dorado.  entreprend   de  filmer   la 
légendaire  histoire  de  Don  Juan  de  Manara. 


Blanco  y  Ncgro 

JSJS      (INSTANTANÉS)      A  J6 


A  Madame  Eve  Francis 
qui  fit   El  Dorado. 

PRADO 

Aux  environs  du  Prado. 

La  nuit. 

Une  nuit  froide  de  Madrid  (Madrid: 
trois  mois  d'hiver,  neuf  mois  d'enfer). 

Aux  environs  du  Pradooû  dorment 
les  ehefs-d  œuvres  encadrés  de  doru- 
res, des  gens  frileux  stationnent  en 
de  longues  files  encadrés  de  munici- 
paux. 

Vont-ils  au  Prado,  en  viennent-ils? 

Non.  Leurs  rangées  noires  se  pro- 
longent bien  au  delà  du  musée.  Elles 
traversent  la  place,  plongent  dans 
une  ruelle  obscure  et  s'engouffrent, 
au  bout,  par  fractions,  (imo  sola- 
menteJiombrel)  à  travers  une  petite 
porte  ruorisque  ruisselante  de  lu- 
mière. 

C'est  une  chapelle  miraculeuse, 
lieu  de  pèlerinage  où  il  faut  avoir 
fait  ses  dévotions  dans  le  temps  de 
carême  si  l'on  veut  la  rémission  to- 
tale. 

Avant  d'arriver,  hélas,  l'attente  est 
longue.,  on  doit  s'efforcer  pour  en- 
trer par  cette  porte  étroite. 

Mais  la  piété  espagnole  n'est  pas 
un  chef-d'œuvre  selon  Saint-Luc  : 
c'est  un  chef-d'œuvre  selon  Goya. 
Elle  est  figurée  en  contrastes  et  en 
traits  sévères. 

11  fait  froid. Tu  admires  l'obstination 
pieuse  de  ces  pèlerins  ..  Mais  appro- 
che-toi Tu  verras  qu'ils  sont  pour  la 
plupart  entre  femmes  et  hommes  si 
étroitement  enlacés  que  l'intempérie 
ne  saurait  se  glisser  entre  eux.  Et  tu 
en  verras  d'autres  qui  mangent  si 
vite,  d'autre  qui  boivent  si  fort,  d'au- 
tres qui.  . 

Cette  sorte  de  piété  aux  environs 
des  chefs-d'oeuvres,  c'est  encore  eux 
qui  se  prolongent  C'est  eux  qui  vont, 
brutaux  et  extasiés,  des  murs  du 
Prado  vers  la  chapelle  de  Mirage, 
vers  la  Porte  étroite  de  la  foi,  mou- 
lin à  vent  du  Chevalier,  Eldorado 
de  celui  qui  voyage,  de  celle  qui 
danse. 

SEMANA  SANTA 

Pendant  la  Semaine  Sainte,  il  n'y 
a  pas  de  typique   à    Séville  que    les 


8 


cinea 


«  Novedades  »  où  Strawinskv  pro- 
mène un  regard  d'écaillé  et  de  ver- 
res, fumeux  comme  la  salle  :  —  il  y 
a  aussi  les   processions   religieuses. 

Longue  course  à  travers  la  ville  de 
madones  fabuleusement  parées,  qui, 
même  eette  année,  n'ont  point  versé 
dans  le  siècle  au  point  d'égarer  leurs 
colliers. 

Pourtant  c'est  trois  millions  de  bi- 
joux que  la  Vierge  «  Macarena  »  pro- 
mène avec  elle  sur  ses  épaules  et  ses 
doigts  île  cire  pendant  la  «  Grande 
Procession  ». 

Partie  de  son  collège  vers  10  heures 
de  la  nuit,  cette  procession,  après 
12  heures  de  course  aux  étoiles,  d'er- 
rance, de  dévergondage,  doit  rentrer 
à  la  paroisse  le  lendemain,  à  10  heu- 
res juste. 

Si  elle  ne  parvient  pas  à  l'heure 
exacte,  une  pénalité  sévère  est  impo- 
sée par  l'évèque  président  à  la  con- 
frérie pécheresse  qui  la  compose . 

Monjoie  î  Le  cortège,  cette  année, 
est  rentré  à  l'église  Saint-Denis  quel- 
ques secondes  avant  l'heure  tixée. 

Et  ce  fut  alors,  sous  le  porche,  une 
sorte  de  danse  fougueuse,  irrésistible, 
qui  agitant  les  épaules  des  porteurs 
de  la  Macarena,  imprime  à  la  madone 
elle-même  un  vacillement  peu  rituel. 

Et  tout  en  s'en  fonçant  dans  le  pé- 
nombre de  l'autel,  la  Vierge  Marie 
dansait  encore  le  tango. 

SAETA 

Au  tournant  de  la  fameuse  Calle 
Sierpes.  Devant  la  tribune  officielle. 
Arrêt  d'une  des  processions. 

Les  portefaix  qui  ont  la  charge  de 
promener  l'énorme  statue  divinne, 
les  «  Costalleros  »  (les  «  costauds  ») 
déposent  doucement  leur  fardeau  sa- 
cré. 

Et  puis  un  grand  silence  se  fait. 

Parce  que  de  la  foule  une  voix 
monte,  —  voix  éraillée,  voix  impure 
qui  chante  la  «  Saeta  », —  la  «Saeta» 
qui  est  le  cantique  de  la  piété  popu- 
laire. 

Chacun  écoute  et  la  voix  entonne  : 

San  Juan  y  la  Madalena 
jugabanà  l'eseondé,  etc.. 

ce  qui  signifie  à  peu  près  : 

Saint-Jean  et  la  Madeleine 
jouaient  à  cache-cache, 
Saint-Jean  lui  marche  sur  son  soulier 
parce  qu'il  jouait  mal. 

Cependant,  en  face  de  l'estrade  où 
l'évèque  président  somnole,  les  por- 
tefaix de  la   madone   et  les  pénitents 


encagoulés  vident  des  coupes  de  man- 
zanilla. 

Piété  fanatique,  sacrilège,  discor- 
dante. En  voyant  cela,  Eve  Francis, 
qui  joue  son  rôle  dans  cette  foule,  ne 
peut  retenir  un  sourire  indigné. 

Eve  Francis,  elle,  faisait  maigre 
depuis  deux  jours. 

JETS   ALTERNÉS 

—  Dix  heures  d'un  soir  de  Semana 
Santa. 

—  La  cathédrale  de  Séville,  aux 
voûtes  hautes  comme  la  foi,  illumi- 
nées comme  le  Métropolitain. 

Dans  les  larges  allées  latérales, 
bordées  des  19  chapelles  saintes  aux 
grottes  d'or,  la  foule,  toute  la  foule 
(y  compris  les  touristes)...  les  chiens, 
tous  les  chiens  (y  compris  leurs...  in- 
convénients). 

L'heure  descend...  la  foule  entre 
dans  la  nef...  Dieu  entre  dans  la 
mort  :  Vendredi  Saint...  et  c'est  la 
grande  veillée  funèbre  qui  com- 
mence... 

Devant  un  fabuleux  reposoir  où 
explosent  mille  et  une  lueurs  élec- 
triques chargées  de  figurer  des  cier- 
ges, les  officiants,  lourds  de  chasu- 
bles flamboyantes,  se  chargent  de 
figurer  la  Foi  par  des  courbettes  de 
courtisans  devant  de  galantes  ma- 
dones, aux  bustes  de  dentelle,  aux 
gorges  de  perles,  aux  doigts  de  dia- 
mants. 

Soudain  un  timbre  vibre  par  3  fois... 
(3  appels  à  la  Trinité,  ou  3  coups  de 
théâtre  ?) 

La  cérémonie  se  déroule. 

Et  elle  se  déroulera  sans  que  le 
fleuve  humain  s'arrête  de  circuler, 
sans  que  les  parfums  songent  à  se 
taire,  sans  que  les  gens  pieux  son- 
gent à  s'offusquer  des  bavards...  sans 
qu'on  chasse  les  petits  chiens  qui  se 
poursuivent...  sans  que,  démoniaque 
et  sacrée,  la  cathédrale,  au  vaste  ac- 
cueil, cesse  de  contenir  toute  la  vie 
vivante  T... 

Mais  voici  qu'un  chant  monte.  Le 
chant  déchirant  et  sombre.  C'est 
l'agonie,  la  supplication,  ténèbres. 
La  palette  cadavérique  de  Gréco... 
Les  Goya  tourmentés  d'horreur... 
Oui,  tout  cela  est  dans  ce  «  Miserere  » 
que  commencent  à  chanter  deux 
cents  novices  aux  timbres  rayon- 
nants d'une  cohésion  d'amour,  et 
dont  on  apprend  sans  surprise  qu'ils 
forment  la  «  Confrérie  de  la  Passion  ». 

...Cependant  que  dans  l'angle  som- 
bre   d'une    chapelle  où   traîne  toute 


une  vermine  mendiante  de  femmes 
infirmes,  d'hommes  infects,  derrière 
un  pilier  une  sorte  de  matador  courbe 
une  femme  sous  un  long  baiser,  — 
qui  recrucifie  Dieu 

Miserere  mei...  Ainsi  de  tout. 

Espagne  —  «  Jets  alternés.  »  —  per- 
pétuel antagonisme  du  noir  et  du 
blanc.  Paradis  pressé  contre  tous  les 
Enfers.  .  . 


Au  retour,  Jacinta  qui  fait  chanter 
la  nuit  avec  son  regard  simple,  Ja- 
cinta parle  de  la  mort.  Et  Jacinta 
parle  de  ce  qui  vient  après  la  mort. 
Et  naïvement,  profondément,  elle 
dit  : 

«  Après  la  mort,  n'est-ce  pas,  il  n'y 
aura  pas  de  ciel...  pas  d'enfer.  .  .  Il  y 
aura,  comme  l'Espagne...  comme  la 
cathédrale  de  Séville...  Il  y  aura  les 
bons  mêlés  avec  les  mauvais  ;  mais 
ce  sera  comme  c'est  déjà  :  Les  mau- 
vais, on  ne  les  fréquentera  pas...  » 

ALIIAMBRA 

Alhambra,  la  rouge,  où  traînent 
encore  les  taches  du  sang  versé  par 
les  rois  maures. 

Alhambra,  fantaisie  légère,  cons- 
truite dans  de  la  fraîcheur  et  de  la 
volupté. 

Alhambra,  dont  toute  humanité  est 
exclue,  poésie  du  Nombre  et  de  l'abs- 
traction. .  .  Alhambra, géométrie  sen- 
timentale, si  bien  faite  pour  la  ma- 
thémathique  visuelle  de  l'écran. . . 

ESCALIER 
DE   VRAI    MARBRE  FAUX 

L'escalier  de  magnifique  marbre 
blanc,  de  marbre  de  la  Sierra-Ne- 
vada, l'escalier  d'un  riche  palais  où 
Eve  Francis  doit  jouer,  au  cœur  de 
Grenade,  une  scène  de  douleur,  de 
désespoir. 

Massée  derrière  les  grilles,  conte- 
nue par  la  police,  la  foule  suit,  scep- 
tique d'abord,  la  mimique  précise  de 
l'interprète.  Mais  bientôt  le  rythme 
intense  de  la  Grande  Tragédienne 
surprend  et  convainc  les  spectateurs. 
Un  vaste  silence  tombe  sur  eux,  une 
émotion  instinctive  les  attache  au 
lignes  brisée  du  drame,  au  visage 
délirant  de  l'héroïne. 

Or,  une  chose  étonnante  se  produit 
ici  :  à  la  photographie,  la  douleur  de 
l'artiste  reste  véritable,  -  -  mais  le 
marbre  blanc  à  l'air  faux 

Marcel  L'Herbier. 


cinea 


HUIT  JOURS 
DE  FIÈVRE 


SOLANGE  RUGIENS  (ROLE  DE  PATIENCE) 


YVONNE    AUREL   (ROLE   DE    LA   FEMME    A 
LA   PIPE). 


Nous  avons  passé  huit  jours  dans  un 
cabaret  a  matelots.  Les  personnes  qui  ont 
vu  le  film  né  de  cet  étrange  semaine  ont 
compris  que  le  cabaret  se  situait  dans  un 
port  et  ce  port  dans  le  midi.  Barcelone? 
Cadix?  Gènes?  Marseille?  Va  pour  Mar- 
seille. Par  conséquent,  vous  vous  doutez 
que  ce  drame  dit  «  d'atmosphère  «  fut 
tourné  à  Paris,  dans  le  studio  de  M.  Léon 
Gaumont.  avec  un  nombre  sérieux  de 
degré  au-dessous  de  zéro. 

Février  aux  Buttes-Chaumont.  Et  c'est 
de  quoi  évoquer  Marseille  au  printemps. 


Vu  de  dehors  le  studio  Gaumont  est 
une  usine.  L'intérieur  a  tout  de  là  cathé- 
drale. Il  ne  manque  que  les  bénitiers. 
Mais  l'eau  bénite  ne  manque  pas.  Les 
diacres,  sous-diacres,  frères  lais,  sont 
toute  douceur.  Il  y  a  un  sacristain  notam- 
ment qui  est  bien  gentil.  Petit,  confor- 
table, souriant,  doué  d'un  œil  aigu  et 
d'un  ventre  benoît,  il  veille  à  tout  et 
trouve  encore  le  moyen  d'écrire  de 
pieuses  pages  dans  le  bulletin  de  la  con- 
grégation. Et  il  voit  tout.  Ou  presque.  Et 
on  le  voit  partout. 

Il  n'y  a  que  l'archevêque  dont  on  ne 
voit  jamais  le  nez. 


Le  thermomètre  descend  avec  la  viva- 
cité d'un  avion  en  pleine  chute. 

C'est  dur  pour  la  cathédrale. 

Et  dans  mon  enfance,  on  m'apprenait 
que  les  églises  servent  principalement  — 
comme  les  musées  —  à  réchauffer  les 
pauvres  bougres!!!  Ne  sommes-nous 
donc  pas  les  pauvres  bougres? 


Il  n'a  fallu  que  quatre  jours  pour  plan- 
ter le  décor  sommaire  du  Bar-bar.  C'est 
«  un  rien  ».  Maurice,  chef  de  la  machi- 
nerie, travaille  comme  les  maréchaux  de 
l'Empire  ou  comme  Antoine  à  l'Odéon.  11 
laisse  faire,  puis  quand  il  est  bien  sûr 
que  «  tous  ces  gars-là  ne  foutent  rien  ».  il 
redresse  les  erreurs  en  cinq  minutes  et 
voilà,  votre  décor  est  bâti,  servez  chaud. 

Quand  je  dis  :  chaud... 
• 

Le  studio  Gaumont  contient  facilement 
quatre  metteurs  en  scène  au  travail,  ['en 
vois  six  ou  sept. 

Dans  une  cage  immense.  Berthe  Dag- 
mar  fait  bondir  des  lions  qui  gueulent 
superbement.  En  mari  égoïste.  Jean  Du- 
rand n'entre  pas  dans  la  cage  et  regarde. 
C'est  du  sadisme. 

A  côté,  un  corridor  de  maison  de  santé. 
Et  une  chambre  de  malade.  René  Chau- 
mette.  avec  des  veux  genre  Eve  Laval- 
, lière,  agonise  dans  un  petit  lit,  sous  les 
yeux  de  Protazonoff.  Ce  maigre,  long, 
bizarre,  nerveux  metteur  en  scène,  brandit 
perpétuellement  une  canne  de  roulier.  On 
a  limpression  qu'il  va  achever  le  mou- 
rant. Heureusement.  Mme  Yanowa  en 
femme-du-monde-infirmière  circule  au- 
tour du  patient  et  du  curé.  Cette  Rubins- 
tein  du  cinéma  a  des  pieds  distingués  et 
un  bon  chausseur.  Tout  çà.  c'est  le  Srns 
(ft-  la  Mort. 

Le  sens  de  la  vie  s'agite  partout.  Plus 
loin.  Léon  Poirier  croit  devoir  rafraîchir 
encore  la  température  bérésinesque  avec 
des  ventilateurs  et  des  hélices  d'avions, 
destinées  à  secouer  1  s  ajoncs  d'une  lande 
romanesque  ou  Suzanne  Després  promène 
la    tragédie    de    son     front    têtu.    Jeanne 


Léon-Poirier  déploie  une  verve  d'autorité 
digne  de  Mlle  de  Montpensier  et  la  svelte 
Myrga.  taciturne  et  fugace  —  semble  ne 
jamais  rien  remarquer  —  voit  ce  qu'elle 
\'eut.  fait  ce  qu'elle  veut. 

La  vie  du  Bar-bar  commence. 

Eve  Francis  silhouette  sa  robe  photo- 
génique sur  la  toile  de  Bécan  ou  dorment 
les  bateaux  du  Vieux-Port.  Elle  attend 
quoi?  Que  les  bateaux  aient  des  pattes, 
que  la  rose  d'argent  érigée  sur  le  comp- 
toir fleure  l'héliotrope  ou  que  Modot  res- 
semble àJoubé?On  verra  bien.- 

Ce  Modot  est  épatant.  Et  voilà  son  seul 
défaut.  Dès  qu'il  entre  dans  un  rôle,  tout 
y  est,  et  l'on  s'apprête  à  ne  rien  lui  dire 
tant  il  est  peu  acteur,  mais  homme  Ses 
godillots  de  faux  luxe,  sa  chemise  à  car- 
reaux, sa  coiffure  savante,  sa  gueule  pré- 
cise et  bien  musclée,  quelle  allure!  Et 
quelque  chose  en  plus,  à  l'intérieur  :  />■ 
sens  du  cinéma. 

Il  considère  une  manille  attentive  et 
calme  qui  réunit  A.  F.  Brunelle.  petit 
fonctionnaire  à  la  Dickens,  le  fils  Barrai, 
barbu  comme  Ruv  Blas.  un  tiers  dont  j'ai 
oublié  le  nom  mais  qui  se  tenait  bien,  et 
Footitt. 

• 

Footitt  ne  boit  pas  le  vin  blanc  cassis 
dont  il  a  rempli  son  verre.  Footitt  est 
malade.  L'ancien  roi  du  cirque  était  de- 
venu roi  du  cocktail  dans  le  bar  de  la 
rue  Montaigne.  Va-t-il  devenir  roi  de 
l'écran.  Hélas,  voilà  la  soixantaine.  Trente 
ans  de  sauts  périlleux,  de  nerfs  et  de  Gor- 
don gin  finissent  par  effleurer  un  homme. 
Et  depuis  huit  jours  les  orgies  de  Footitt 


Ed 

^ — — _ 

"s^'p  ""^^■i 

VAN    DAEI.E  (RÔLE  DE  MILITIS) 


EVE  FRANCIS  (RÔLE  DE  SARAH) 


MODOT  (ROLE  DE  T0PINELL1) 


0 


cinea 


i  II  I    iAKUEL  (RÔLE  DE  LA  NAINE) 

CENSURÉ 


se  résument  à  du  lait  coupé  d'eau  de 
Vichy  qu'il  boit  avec  une  paille. 

Cela  ne  l'empêche  pas  de  réaliser  le 
type  du  «  Monsieur  «  pour  bars  du 
dixième,  ordre.  Petite  moustache,  bague 
au  doigt,  complet  sportif,  feutre  gris  de 
perle,  cet  homme  n'a  pas  de  métier,  c'est 
le  gentleman  des  demoiselles  ou  le  pala- 
din de  l'aventure  en  eau  trouble.  Encore 
un  Lautrec  ! 

Quand  je  reverrai  l'homme  au  chapeau 
gris  sur  l'écran,  je  crierai  :  Vive  Footitt, 
même  s  il  est  mort. 

Le  coin  de  studio  où  nous  travaillons 
est  gracieusement  surnomme  la  Sibérie. 
Cela  me  dispense  de  bien  des  artifices 
de  style. 

Pour  avoir  chaud,  nous  laissons  allu- 
mes plus  qu'il  ne  convient  les  espaliers 
de  lampes  a  arc.  les  plafonniers  rutilants 
et  les  projecteurs  avides.  Le  chef  électri- 
cien grogne  un  peu  dans  sa  moustache 
de  colonel,  ['aime  mieux  les  électriciens 
que  les  colonels.  Mais  je  parie  que  la  pro- 
chaine guerre  mobilisera  les  studios  et 
les  remplira  de  colonels...  Pour  le  mo- 
ment, ce  n'est  qu'une  parenthèse. 

l'ajoute  ceci  :  j'ai  cru  remarquer  que 
les  électriciens  de  cinéma  n'aiment  pas 
voir  l'électricité  allumée. 

Il  v  a  un  autre  électricien.  Blond  comme 
Eliacin,  l'œil  bleu,  le  sourire  cuit  a  point, 
il  est  agréable  a  voir  évoluer  comme  un 
danseur  russe.  Il  deviendra  bon  opéra- 
teur sûrement.  j'allais  dire  :  Quel  dom- 
mage! Car  l'opérateur  reste  toujours  en 
l'action  auprès  de  son  appareil  et  ne  peut 
évoquer  Kokine,  Bolm  et  Ni jinsk y  . 

Le  drame  trotte.  Le  metteur  en  scène 
n'a  plus  froid.  Chic  métier  pour  l'hiver! 
Pas  une  minute  de  repos. 

Au  comptoir.  Francis  (tenancière  si- 
gnée  van  Dortgen),  torche  les  verres  a 
Mazagran.  Nous  voila  loin  de  Claudel  et 
de  Rimbaud!  Mais  Villon  serait  ravi. 

Dans  un  dialogue  voué  aux  «  premiers 
plans  ».  elle  conseille  et  desabuse  une 
pauvre  folle.  Solange  Rugiens  qui,  le 
soir,  nonne  possédée,  cueille  au  confes- 
sionnal  le   baiser   de  L'Homme  à  la    rose, 


qui  le  jour  promène  dans  des  atours  a  la 
Poiret  un  masque  slave,  plein  de  fai- 
blesse, de  hardiesse,  de  curiosité... 


I.ili  Samuel,  sortie  d'Hoffmann  ou 
d'Ewers  en  falbalas  de  cirque,  jette  un 
œil  dans  le  bar.  C'est  trop  calme!  Bon- 
soir. Ht  elle  remporte  dans  les  ruelles  son 
type  et  son  style  de  portrait  comme  vous 
en  vîtes  dans  la  collection  Mirbeau. 

Nous  la  nommons  ici  La  Naine,  et  elle 
représente  quelque  chose  comme  L'Ennui. 

(lest  pourquoi  MM.  les  censeurs  diront 
plus  tard  :  «  Oui.  oui.  elle  raccroche...  » 


Albert,  accessoiriste. 

Accessoiriste?  Tzigane  presque.  Vir- 
tuose. Il  a  l'inspiration  de  la  dernière  mi- 
nute. Il  trouve  toujours.  Parfois,  on  croit 
qu'il  se  moque  de  tout  le  monde,  comme 
s  il  était  l'auteur. 

• 

La  tenancière  va  tirer  du  vin  a  la  cave. 
Le  sournois  petit  fonctionnaire  se  faufile 
à  sa  suite.   Brunelle  étire  ses  bas  blancs 


Il  ÉNA  SAGRARY(RÔLE  DE  LORIENTALE) 


dans  de  tristes  godasses  et  l'œil  pleure  — 
ou  pas  trop  —  sous  le  binocle  miteux. 
C'est  un  bon  entraînement  pour  jouer 
Buckingham  des  Trois  Mousquetaires. 


Les  opérateurs  alternent. 

Lucas  qui  sort,  si  je  puis  dire,  des  bras 
de  Marcel  L'Herbier  {L'Homme  du 
Large  et  El  D,  rade)  excelle  dans  les  en- 
sembles, [uché  sur  Lin  praticable  il  enve- 
loppe la  composition  d'un  œil  d'archi- 
tecte. Si  on  lui  parle,  il  a  un  petit  rire  en 
trois  notes  qui  vous  desarme.  11  ne 
s'énerve  pas.  Trois  notes  de  rire. 

Gibory,  échappé  (pour  huit  jours)  à  la 
passion  accaparante  de  J.  de  Baroncelli 
(voir  Lr  Rêve)  a  l'air  d'un  poète  qui  serait 
dans  l'administration.  Attention  :  ce  n'est 
pas  quand  il  rit  ou  sourit  qu  il  est  iro- 
nique, et  ce  n'est  pas  quand  il  se  plaint 
qu'il  est  fâche!  Et  si  on  lui  dit  :  «  Ce  que 
vous  ave{  fait  est  admirable!  »  11  repond  : 
«  Est-ce  que  ça  vous  donne  satisfaction?  » 

Note  :  l'opérateur  est  la  seule  personne 
du  studio  qui  note  jamais  s"n  chapeau 
pour  travailler. 


Dans  un  coin.  1  ivrogne.  Lest  L.  V.  de 
Malte.  Il  v  a  beaucoup  de  bouteilles  sur 
sa  table,  beaucoup  de  liquide  dans  son 
gobelet  géant  et.  je  crois,  beaucoup  dé- 
colère dans  son  cœur.  Ah!  comme  il  doit 
maudire  l'amitié  qui  lui  a  fait  accepter  un 
rôle  ou  il  n'y  a  rien  autre  a  faire  qu,  si 
saouler.  Ronge  de  détresse,  vêtu  de  noir, 
les  cheveux  longs,  la  bouche  amère,  in- 
différent  aux  événements,  il  est  rivé  à  la 
table  des  alcools  quotidiens.  Un  Wilde 
exaspéré.  Ah!  si  le  public  savait  qu'il  esl 
poète!  Ah  s  il  avait  seulement  un  beau 
crime  a  commettre!  Mais  l'auteur,  mécham- 
ment, na  memepas  voulu  qu'il  soit  en  habit 
et  il  l'oblige  a  repeter  d  innombrables 
hoquets,  que  Leonid  Valter  ne  pardon- 
nera jamais  a  L.  V.  de  Malte,  mais  dont 
nous  le  féliciterons. 

• 

Autre  épave.  La  femme  a  la  pipe. 

Encore  un  rôle  qui  ne  fait  rien.  Du 
tabac,  une  |  ipe,  du  gin.  un  tailleur  dé- 
modé, une  rose  fanée,  un  sourire  vaincu 
sous  le  chapeau  ridiculement  panachard. 

Yvonne  Aurel  fait  vibrer  a  plein  son 
humain  cette  detresse-type.  Pas  une  indi- 
cation n'est  mal  comprise?  Ht  elle  se 
place  exactement  dans  une  composition 
tellement  sentie  que  l'interprète  vient, 
pendant  quelques  heures,  de  vivre  une 
autre  vie.  sans  le  savoir. 
• 

Un  paquebot  est  arrivé  a  la  Juliette. 
Voici  un  stock  dematelots,  retour  d'Orient, 
Allons,  les  enfants,  un  verre  avant  de  se 
séparer,  lis  se  casent  tant  bien  que  mal 
avec  leurs  bibelots  d'outre-Asie  et  leur 
saint-frusquin  serre  dans  de  grands  sacs 

Waroquet.  en  chandail  bleu,  porte  un 
amour  de  singe  sur  l'épaule.  Bole.  brun  et 
rond,  râblé,  roule  des  veux  francs.  Léon 
Moussinac.  charge  d'une  vaste  épine  d  es- 
padon, tangue  encore  sur  ses  pieds.  Bayle 
est  triste  et  comme  il  est  pâle!  De  Bouch- 
gard  pense  à  autre  chose.  Gastao  Roxo. 
qui  est.  à  d'autres  heures,  négociant  por- 
tugais épaule  Van  Daèle.  l'homme  aux 
yeux  clairs. 

Van  Daèle  entre  et  il  semble  qu'une 
force  soit  là.  Dépouillez-le  des  petits  afi- 
quets  de  bourgeois  engoncé  dans  de  mé- 
lancoliques complets  et  vous  aurez,  une 
stature  de  grand  premier  rôle.  «  Qu'esi-ct 


A  GAUCHE,  VINTIANE  (ROLE  DE'JAVOTTE) 

CENSURÉ 


cinea 


qu'un  grand  premier  râle?  me  disait  un  tout 
petit  acteur.  C'est  le  type  qui  peut  jouer 
Bcarpia  et  Çavaradossi.  »  Ce  petit  acteur 
avait  trop  d'esprit  pour  réussir. 


A  boire!  Modot,  barman  ingénieux. 
fait  flamber  l'électricité,  met  le  piano  en 
mouvement,  giffle  sa  chienne  de  femme, 
jongle  avec  l'arc-en-ciel  papillotant  des 
bouteilles  d'apéro. 

• 

Et  pendant  ce  temps,  le  studio  grouille. 
C'est  une  cathédrale  à  Pâques.  Dans  la 
cage  aux  lions,  Berthe  Dagmar  fouaille 
Sultan.  Roger  Karl  rêve  et  souffre  dans  la 
Bretagne  des  légendes.  André  Nox  crève 
sur  un  canapé.  S.  M.  Aufan  rallie  les  figu- 
rantes. Charles  Gaumont  trottine  comme 
une  souris  dans  le  labyrinthe  des  décors 
voisins  et  contradictoires.  Fils  de  la  direc- 
tion, il  représente  la  direction.  Il  est  sé- 
vère mais  blond. 

Marcel  L'Herbier  regarde  toutes  choses 
et  quand  il  a  bien  vu,  prend  son  monocle. 
Raymond  Payelle.  un  peu  incliné,  fait  la 
cariatide.  Que  porte-t-il  donc?  Jaque  Cate- 
lain  est  l'homme  le  plus  aimable  du 
monde,  et  sincère  en  général,  car  tout  le 
bien  qu'il  vous  dit  il  le  pense,  au  moins 
un  jour  sur  deux.  Je  l'aime  bien. 

Madame  K.  essaie  devant  l'objectif  ses 
veux  clairs.  Que  d'yeux  clairs!  Arkady 
Roumanoff  ne  savait  pas  que  l'on  peut  (en 
France)  parler  gentiment  a  des  inter- 
prètes et  Sp.  (encore  un  blond,  encore 
des  yeux  clairs)  semble  un  homme  de 
mer  et  d'aventures  débarqué  par  le  même 
paquebot.  H.  H.  semble  regretter  le 
knout  pour  la  figuration.  Bérard.  régis- 
seur lyrique,  entend  tout. 

Damia  vient  de  la  salle  de  projection  où 
Gahy  Sorère  lui  a  montré  Le  Lys  de  la  Vie. 
En  passant,  elle  regarde  le  Bar-bar.  Il  n'y 
a  pas  de  cocktails,  mais  les  matelots 
guinchent  avec  les  filles  et  le  piano  méca- 
nique glapit  un  Hindoustan  passionné. 
Damia  est  prête  a  danser. 

• 

Au  bar.  les  hommes  timides  hésitent  à 
livre  sans  tangage. 

L'arrivée  du  gibier  féminin  les  rappelle 
aux  realités  de  la  terre  ferme.  Le  gentil 


troupeau!    Et    vite    apprivoisé..,   Noémi 

Seize  à  qui  le  maquillage,  en  attendant 
l'écran,  donne  un  masque  d'une  saveur 
étonnante  ne  s  engourdit  pas.  et  —  ron- 
deur; esprit,  tenue,  mouvement  —  vit 
son  petit  personnage  avec  Lin  grand  élan. 
Si  celle-là  ne  s'installe  pas  brillamment 
dans  le  cinéma,  qu'on  me  pende! 

.Elle  adopte  un  marin  russe.  Jacqueline 
Chaumont,  que  l'on  croyait  vouée  a  Beu- 
lemans  et  à  la  rythmique  Dalcroze,  vit 
aussi,  et  à  pleine  aisance.  Son  costume  est 
parfait.  Elle  s'en  prend  à  Roxo  avec  moins 
de  violence  qu'a  son  travail. 

Marcelle  Delville  en  grand  apparat, 
style  Jane  Hading.  figure  la  poule  qui  a  de 
l'expérience.  Et  le  mot  vif  par-dessus  le 
marché  !  Jeanne  Cadix  semble  une  jeune 
fille,  mais  elle  rit  bien  et  pour  défendre 
Moussinac  des  familiarités  de  |ane  Hading 
elle  se  dépense  vertement.  Vintiane  aux 
cheveux  courts,  aux  jambes  de  garçonnet. 
quitte  a  regret  Siska,  sensuelle,  impé- 
tueuse, gaillarde. 

Hommes  et  femmes  se  mélangent,  se 
cajolent,  se  comprennent.  Le  vin  coule. 
Le  singe  a  peur.  Van  Daële  a  le  cafard. 


LIL1  SAMUEL,   EI.ENA   SAGRARV,  JEANNE 
CADIX.   NOÉMI  SCIZE  ET  SISKA. 


A. -F.   BRUNF.U.E  (ROLE  DU  PETIT  FONC- 
TIONNAIRE). 


Roxo  parle  comme  un  moulin.  Siska 
l'imite  sans  perdre  sa  personnalité.  Footitt 
et  Brunelle  n'ont  pas  lâché  le  manillon. 
Les  matelots  étalent  naïvement  les  reliques 
de  bazars  qu'ils  ramènent  de  Yokohama 
ou  de  Hong-Kong.  Et  Vintiane  montre  ses 
seins.  La  censure  se  chargera  de  les 
mettre  à  l'ombre.  Ce  sont  des  seins  d'en- 
fant, les  censeurs  pensent  que  le  cinéma 
est  fait  pour  les  enfants,  oui,  mais  pas 
pour  les  seins  d'enfants. 
• 

Van  Daële  présente  Elena  Sagrary. 

Comme  Noémi  Seize,  comme  Siska. 
comme  Cadix,  comme  Chaumont,  comme 
Vintiane,  comme  Footitt.  comme  Bole. 
comme  Moussinac,  Elena  Sagrary  n'a 
encore  jamais  fait  de  cinéma.  Et  comme 
les  autres,  elle  commence  par  un  rôle  dif- 
ficile mais  simple  d'apparence 

Le  masque,  la  ligne,  le  geste  sont  bien. 
Hier  c'était  encore  une  nonchalante  russe. 
un  peu  effacée,  distraite  et  artiste.  Et  la 
volonté,  l'ambition,  l'intelligence  l'ont 
aidée  a  comprendre  tout  de  suite.  Voilà 
une  miniature  orientale  précise  et  docile. 


S       ELENA  SAGRARY.  FOOT1T  ET  VAN  DAEI.E 


Voila  en  somme  un  tour  de  force.  Elle 
paraîtra  sans  doute  un  jour  avec  plus 
d'éclat  et  plus  de  facilite  dans  des  person- 
nages dramatiques,  actifs,  réactifs.  N'est- 
il  pas  joli  qu'elle  commence  par  ce  qu'il  y 
a  de  plus  ardu  :  regarder  agir  les  autres? 


Le  peuple  du  studio  se  retrouve  chaque 
jour  a  midi  dans  un  restaurant  des  Buttes- 
Chaumont.  On  ne  se  démaquille  pas.  On 
jette  vivement  un  manteau  sur  ses 
épaules  et.  vite,  aux  hors-d'œuvres  de 
Weber.  Il  y  a  la  table  des  dompteurs,  la 
table  du  Sens  de  la  Mort,  la  table  de 
L'Ombre  déchirée.  Yvonne  Aurel,  épave 
du  gin.  est  enveloppée  de  fourrures 
chères.  Roxo  vend  du  p<  rto  au  restaura- 
teur. De  Malte  et  Karl  font  semblant  de 
parler  littérature.  André  Nox  garde  de- 
vant l'entrecôte  un  profil  aussi  bouleversé 
que  s'il  faisait  Hara-Kiri.  Chaumette  a 
l'air  en  sucre.  Footitt  lit  le  Dailv  Mail  et 
boit  de  l'eau  d'Evian.  Francis  travaille, 
pense  à  la  prise  de  vues,  au  scénario,  aux 
lumières,  au  montage,  au  maquillage,  etc. 
Pierre  Seize  adore  le  cinéma,  mais  il 
adore  le  théâtre.  Van  Daële  est  doux 
comme  un  grand  sauvage.  Modot  a  un 
répertoire  incroyable  d'histoires  qui  font 
rire.  Elena  Sagrary  fume  dès  l'omelette. 
Guy  du  Fresnay  semble  étonne  de  décou- 
vrir que  les  milieux  du  cinéma  sont  un 
peu  désaxes  ou  pas  axés  du  tout  Siska 
est  toujours  gaie.  Brunelle  est  toujours 
froid.  On  se  salue,  on  se  présente,  on  se 
commente.  Ces  voyous,  ces  rombières, 
ces  bandits,  ces  magistrats,  ces  gens  du 
monde,  ces  masques  sont  d'assez  bonne 
compagnie.  Rien  de  tel  pour  se  déchirer 
l'un  l'autre.  Un  habitué  critiquait  un 
jeune  premier  dandy  :  «  //  a  tort,  me  dit- 
il.  Pourquoi  s'nabille-t-il  si  bien  pour  venir 
ici  ?  On  en  sort  /ou /ours  en  loques.  » 

m 

Trois  jours  dans  le  Bar-bar.  et  il  n'v  a 
plus  d'acteurs.  Professionnels  ou  ama- 
teurs tous  sont  entraînés  dans  un  mouve- 
ment qui  les  anime  et  les  humanise.  Est- 
ce  la  brutalité  de  leurs  personnages?  Est- 
ce  l'atmosphère  amusante  du  drame?  Est- 
ce  la  rapidité,  est-ce  l'intensité  que  nous 
apportons  tous  à  la  réalisation  de  ce 
drame  de  huit  jours  qui  demandait  nor- 
malement trois  ou  quatre  semaines?  [e  ne 


12 


cinea 


le  sais  pas  encore.  Je  ne  le  saurai  jamais. 

La   fièvre    court.    Le    bal  se    démène. 

L'alcool    enveloppe    les   dix    ou    quinze 

petites  tragédies  qui  composent  cet  essai 
d'ensemble  tragique.  Après  seulement, 
nous  comprendrons  que  c'était  folie  d'en- 
treprendre ce  film.  Il  est  raisonnablement 
impossible  d'indiquer  le  détail  de  chaque 
minute  à  trente  individus  qui  doivent 
rester  au  même  plan,  c'est-à-dire  demeu- 
rer aussi  importants  les  uns  que  les 
autres  aux  yeux  du  spectateur.  Mais  il 
est  arrive  que  trente  jeunes  gens  ont  com- 
pris ou  ont  senti  la  qualité  de  collabora- 
tion qu'on  leur  demandait.  Intelligents, 
prudents,  mais  passionnés,  désintéressés. 
artistes,  spontanés,  électrises  par  leur 
propre  sincérité,  ils  composent  avec  soin 
et  avec  simplicité  une  espèce  d'enthou- 
siasme symphonique  dont  leur  Kappelmeis- 
ter  d'un  jour  garde  une  impression  de 
joie  inoubliable. 

• 

La  volupté,  l'ivresse,  l'amour,  le  sang, 
précipitent  les  péripéties  de  cette  heure 
ardente.  Le  bar  est  trouble  et  désordre. 
La  discipline  de  l'action  dramatique  se 
développe  par  l'improvisation  de  chacun. 

Van  Daële  a  l'air  de  saisir  les  sentiments 
avec  ses  poings.  Son  front  fonce  sur  la 
triple  tourmente  qu'il  amène  dans  ce  bar 
où  le  passé  l'accueille  et  l'enlace. 

L'ivresse  de  Footitt  s'isole  au  milieu  de 
l'univers  et  ses  partenaires  s'estompent 
dans  quel  mirage?  Sagrary  se  traîne  sur 
le  sol  souillé,  son  visage  s'illumine  du 
désir  de  la  fleur  inconnue.  Brunelle  éclate 
de  haine,  de  haine  aiguë  et  nuancée,  il  a 
beau  chercher  dans  son  verre,  il  ne 
trouve  que  la  haine  et  l'horreur.  Barrai 
est  prêt  à  pleurer  sur  soi. 

Les  couples  sont  dépouillés  comme  des 
fantômes.  Waroquet  trouve  à  chaque  pas 
de  son  chemin  incertain  des  notations 
inattendues  de  joie,  de  désir,  de  tristesse, 
de  dégoût.  Je  vois  la  trépidation  de  Samuel, 
l'excitation  de  Castao  Roxo,  la  nervosité 
de  Siska,  l'effarement  hallucinant  de  Noémi 
Seize,  et  le  duo  lassé  de  Moussinac  et  de 
Delville,  et  voilà  Jacqueline  CHaumont 
qui  cherche,  qui  cherche... 

De  Malte  laisse  faire,  il  vide  les  flacons. 
Yvonne  Aurel  ne  veut  rien  entendre  mais 
quels  remous  l'agitent.  Elle  bouge  à 
peine.  Elle  ne  boit  plus,  ne  fume  plus,  elle 
souffre  on  ne  sait  de  quoi.  Son  accable- 
ment muet  est  déchirant  comme  la  sirène 
du  bateau  en  partance. 

On  a  tué  le  matelot.  Eve  Francis 
s'écroule  sur  le  cadavre  et  l'appelle  au- 
delà  de  tout.  Trois  minutes,  quelques 
images,  et  l'interprète  douloureuse  a  fixé 
des  premiers  plans  de  désespoir  complets 
comme  une  vie. 

Modot,  le  geste  romain,  l'œil  japonais, 
calme  et  terrible,  parachevé  les  malheurs 
de  cet  enfer. 

Et  c'est  fini.  Il  n'y  a  plus  qu'à  tout  cas- 
ser. Brisons  les  lampes.  Voici  la  police. 
Le  drame  est  mort. 

Les  opérateurs  sont  fatigués. 


Pour  une  fois  qu'un  film  se  tournait 
dans  l'ordre  il  fallait  tout  de  même  sacri- 
fier aux  traditions  :  le  dernier  jour  on 
passe  au  prologue. 

Dans  un  Orient  a  peine  ébauche.  Van 
Daële  épouse  Sagrary.  Un  bonze  opère. 
C'est  Brunelle.  en  veine  de  camouflage, 
qui  a  composé  un  bonze  somptueux. 
Nous,  nous  avons  eu  tort  de  lui  laisser 
une  chevelure  absalonienne...  Une  idole 
de  Narayama  s'aventure  dans  la  pé- 
nombre. Les  robes  d'Hélène  Berthelot 
étalent  leurs  taches  multicolores.  Le  ciel 
est  tout  noir.  Le  thermomètre  est  au-des- 
sous de  tout. 

• 

Etait-ce  un  film?  Un  rêve?  Un  conte? 
La  fièvre  vient  et  puis  s'en  va.  On  ne 
peut  en  faire  un  métier. 

Amen. 

Louis  Delluc, 


Pholo  Castéra 

LILI  SAMUEL 

la  pensive  et  pittoresque  interprète 

de  Villa  Destin ,  L'Homme  du  Large, 

Le  Tonnere .  etc. 


I  QUELQUES  TICS...  j 


Antoine.  —  A  le  tort  de  croire  qu'en 
devenant  subitement  poli,  il  paraî- 
trait cabotin.  Aux  temps  que  sa 
mise  en  scène  se  bornait  au  théâtre, 
il  s'écria  violemment  —  on  répétait 
La  Passion  -  «  Nom  de  Dieu  !  fou- 
tez-moi donc  un  rayon  sur  la  gueule 
de  la  vierge  T. ..  »  Dans  ses  films, 
s'occupe  moins  des  rayons.  Il  y  a 
pourtant  des  gueules  au  cinéma. 
N'y  aurait-il  pas  de  vierges? 


Baroncelli.  —  A  l'air  d'une  nostalgie, 
des  yeux  navrés,  une  voix  blessée, 
une  lèvre  supérieure  mal  rasée, 
non, sa  moustache.  Ses  mains  soyeu- 
ses caressent  ses  ondulations  fau- 
ves. Vous  accueille  en  déplorant 
qu'il  n'ait  pas  plus  à  faire.  Est 
d'une  civilitérare,  un  peu  onctueuse 
un  peu  prélat.  S'habille  avec  re- 
cherche, et  se  montre  juste  assez 
pour  n'être  point  oublié. 


Delluc.  -  Ses  paroles  nonchalantes 
semblent  des  chats  qui  s'étirent. 

Secret,  doux,  jamais  étonné,  il  contre- 
dit rarement  ses  interlocuteurs, 
mais  sourit  et  pense  peut-être  à 
autre  chose. 

Son  indifférence  déguise  la  modestie 
et  la  timidité. 

Exécute  avec  lassitude  un  labeur 
rapide. 

N'attache  pas  plus  d'importance  à 
ses  ennemis  c[u'à  ses  amis. 

En  résumé  :  sa  caricature  par  Bécaa 

Corridas.  Trente  et  quarante.  Wisky- 

soda. 

• 

Diamant-Berger.  —  C'était  naguère  un 
jeune  homme  gentil.  Puis  on  le  vit 
précipitamment  grossir,  s'aggra- 
ver sous  des  pelisses  considéra- 
bles. Et  adopter  les  gros  cigares. 
Et  encore  bâtir  des  films  consé- 
quents et  expliquer  :  «  Moi,  mon 
vieux,  vous  comprenez  je  suis  un 
businessman  I  » 


Desfontaines.  —  Vous  offre  toujours 
avec  sa  main  un  sourire  de  dan- 
seuse. Fume.  Adore  ses  films.  Parle 
beaucoup  de  l'Odéon,  d'Antoine. 
Sait  beaucoup.  Fume.  Energique. 
Laborieux.  Au  travail  pose  la  veste 
et  même  le  col;  parfois  s'agace, 
gesticule,  éclate...  fume.  La  scène 
terminée,  se  redresse,  constate, 
évalue,  consent  :  «  Mon  p'tit,  vous 
verrez  ça...  vous  verrez  ce  que  je 
vous  dis  ..  C'estbien.. .  Oui...  oui...  » 
Fume. 

Germaine  Dulac.  —  A  des  doigts  com- 
posés de  bagues,  des  poignets  sculp- 
tés de  breloques,  une  cheville  cein- 
turée d'or.  Une  canne.  Fume,  fume. 

Sa  dextre  torturant  une  cigarette,  sa 
sinistre  ancrée  dans  la  poche  de 
son  tailleur  sont  très  convaincues 
de  ce  qu'elle  fait. 

Au  studio  omet  gens,  heures,  repas. 
Fume.  Fume. 


cinea 


13 


Véhémentement  .s'active,  se  fouette, 
et  cinglée,  commande.  Est  d'une 
urbanité  parfaite...  et  fume,  fume. 
Wagner,  Van  Dongen,  Vacaresco, 
Canudo. 

• 

Hervil.  —  La  guerre  l'a  marqué  dure- 
ment à  la  tempe. 

Travaille  comme  un  fauve  échappé. 
N'a  que  des  intentions  charmantes. 
Très  simple.  Le  voir  au  Napolitain. 

• 

Abel  Gance.  —    Un  visage    de  lycéen 
(rhétorique)  qui  fait  des  vers  et  tâ- 
che qu'ils  soient  «  libres  ». 
Le  philosophe  du  blanc  et  noir. 
Il  n'a  pas  changé  depuis  quinze  ans, 
et   pourtant  on  croit  qu'il  rajeunit 
d'un  an  tous  les  six  mois. 
Un  révolutionnaire  qui  sera  général 
tout  d'un  coup.  Je  ne  dis  pas  :  Bo- 
naparte. 

Feuillade.  —  Ses  foulées  lourdes 
s'augmentent  d'une  canne.  L'allure 
d'un  dompteur  de  fauves, a  dit  quel- 
qu'un et  le  dehors  d'un  professeur 
de  lycée  avec  ses  binocles. 
En  riant  très  haut,  dit  des  blagues 
très  grosses,  tutoie  sa  vedette  et 
son  sous-électricien.  Au  travail,  8e 
sied,  commande  une  table,  la  mar- 
tèle de  ses  poings,  plaquant  les  ac- 
cords en  basse  de  sa  voix  majeure. 
Lorsqu'il  est  aimable,  on  croirait 
qu'il  se  force.  On  se  trompe. 
• 

Du  Fresnay.  —  Toujours  appuyé  sur 
un  jonc,  indolent  promeneur,  le 
souris  d'un  qui  va  faire  une  farce. 
Mauvais  caractère,  assure-t-on.  A 
pourtant  l'air  fort  amène  Ne  vous 
y  fiez  pas.  Délicat,  raffiné,  les  on- 
gles faits.  Parle  discrètement  à  pe- 
tits mots,  à  petits  gestes. 
• 

Henry  Krauss.  —  Un  taureau.  Semble 
déterminé  à  foncer  sur  quelque 
chose.  (Sur  les  premiers  plans  des 
autres,  sans  doute).  Sévère,  parle 
sec,  aimable  pourtant  Ses  mains 
ne  désertent  ses  poches  que  pour 
s'installer  sur  son  ventre.  Cambré, 
campé,  léonin  fume  la  pipe.  Fre- 
derick Lemaître  ? 
• 

René  Leprince.  —  Un  de  mes  amis  le 
compare  à  Pierre  Benoît.  C'est  qu'il 
a  des  élans  de  grande  imagination 
mais  s'y  applique  avec  les  soins 
menus  du  romancier  qui  a  beau- 
coup de  notes. 

Porte  avec  distinction  une  calvitie 
bon  enfant.  Ignore  ou  presque  le 
smoking. 


Fume  sans  relâche.  Surpris  sur  le 
studio  glisse  sa  cigarette  allumée 
dans  sa  poche  et  l'y  oublie, 
• 
Marcel  L'Herbier.  —  Se  retranche  der- 
rière un  monocle.  Accueille,  voit, 
juge,  voudrait  intimider.  Moins 
jeune  que  son  âge.  Avec  des  airs 
de  Lord  romanesque,  visualise, 
œuvre,  fait  le  champ,  soi-même. 
Pince,  ganté,  le  cache  minuscule, 
en  matière  inconnue  :  geste  d'or- 
fèvre. Dit  :  «  madame  »  à  la  figu- 
rante. Ne  se  fâche  jamais.  Souffre 
souvent.  S'habille   .  .  mieux    Se  vêt. 


fiecm 


Dessin  de  Bécan 


J.  DE  BARONCELLI 


Luitz  Morat.  — Ne  fume  pas  ou  guère. 
Toujours  exactement  rasé.  S'ha- 
bille bien.  Se  gante  de  clair.  Sur- 
veille quelquefois,  en  marchant,  la 
pointe  luisante  de  ses  souliers.  Gai 
et  mélancolique .  Fort  bien  élevé. 
Parle  posément  dans  une  gamme 
grave.  L'air  très  sérieux.  Une  en- 
trée en  scène. 

a 

De  Marsan.  —  Sa  moustache  imper- 
ceptible, dut-être  ciselée  par  un 
myope.  Tapote  ses  doigts  de  ses  lu- 
nettes d'écaillé  repliées. Sa  rondeur, 
avenante,  reçoit  gentiment.  Les 
yeux  mi-clos,  semble  se  lever  d'une 
sieste...  Pour  lui  un  genre,  pour 
ses  films  une  excuse. Confie  des  cho- 
ses très  sensées,  à  voix  profonde. 
Parle  mieux  qu'il  ne  travaille. 
Offre  des  cigarettes. 
• 

Louis  Nalpas.  — Jailli   d'un  conte  des 


Mille  et  une  Nuits,  fumant  dans 
une  cigarette  les  narghilés  du  scep- 
ticisme, paraissant  ne  pas  travail- 
ler,mais  faisant  travailler.  Ne  s'ha- 
billant  bien  qu'en  blanc,  plus  sé- 
duisant qu'un  calife.  Doux  comme 
un  tapis  turc. 

• 

Léon  Poirier.  —  Vous  regarde  appro- 
cher avec  dans  sa  barbe  un  sourire 
blanc  de  dents  découvertes.  Faune 
ou  chérubin?  Au  travail  on  dit  qu'il 
s'emporte,  invective  les  machinis- 
tes, flagelle,  de  son  scénario  plié, 
les  petits  rôles  indociles.  Mais  cela 
se  consomme  dans  le  mystère  d'un 
décor,  royaume  fermé. 
Monarque  qui  serait  homme,  s'ap- 
paise  pour  discuter  le  microsco- 
pique détail  avec  Mme  Léon  Poirier. 
Sitôt  qu'on  lui  parle  d'un  de  ses 
films,  s'empresse,  écoute,  inter- 
roge :  «  Oui...  vous  aimez  ça?... 
Et  sourit... 

• 

Pierre  Decourcelle.  —  Etait  la  veille 
au  Club  des  Cent,  on  le  voit  le  len- 
demain aux  corridas  de  San  Sebas- 
tien ou  à  Biarritz.  Ecrit  quelque- 
fois.llest  charmant.  Physiquement: 
séduisant,  cheveux  blancs,  mono- 
cle, gilet  clair,  guêtres,  vestons  du 
bon  faiseur. 

Il  fait  aussi  de  la  mise  en  scène. 
• 

Henry  Roussel.  —  Est  impeccable- 
ment «  l'Homme  du  Monde  »,  son 
emploi  au  théâtre.  Parle  avec  des 
gants.  Souvent  dans  les  nuées,  au- 
tomatique répond:  «  Oui...  oui... 
oui...  Parfaitement.  »  Il  n'a  rien 
entendu.  Cultive:  le  monocle,  la 
froideur,  le  baise-main,  la  mous- 
tache, la  publicité,  le  cinéma. 
• 

Le  Somptier.  —  En  éveil,  combatif, 
polémiste.l  homme  de  la  barricade; 
quartier  général  :  le  Namur.  Pro- 
jette des  meetings,  fait  des  mots 
cruels  que  d'autres  exploitent.  Pas 
diplomate.  Tient  ce  qu'il  promet. 
Méprise  sa  toilette  et  le  tabac  blond. 
• 

Violet.  —  Gentleman-farmer  égaré. 
Chérit  sa  maison  de  campagne  plus 
que  le  meilleur  film. 
Préfère  aux  animaux  de  Mack 
Sennetses  chiens  incomparables  et 
sa  basse-cour,  s'habille  bien,  fume 
mieux. 

La  main  droite  à  sa  moustache. 
Invariablement  s'écrie  après  toute 
grande  scène  :  Ah  mon  vieux!.  .  on 
vient  d'en  foutre  un  bon  coup  !... 
André  Daven. 


14 


cinea 


METTEURS  EN  SCÈNE  FRANÇAIS 


André  ANTOINE 

Sa  carrière  théâtrale,  (Théâtre-Libre,  Théâtre 
Antoine,  Odéon)  est  considérable.  Lisez  ses  Mé- 
moires qui  vous  en  donneront  une  idée. 

Venu  au  cinéma  en  191  3- 191  4,  il  a  produit  une 
série  de  grands  films  (S.  C.  A.  G.  L.  Edition  Pa- 
thé)  dont  voici  les  principaux  : 

Les  Frères  Corses,  d'après  A.  Dumas,  père,  In- 
terprètes :  Henry  Krauss,  H.  Roussel,  Grétillat,  etc. 

Les  Travailleurs  de  la  Mer,  d'après  V.  Hugo. 
Interprètes  :  Romuald  Joubé,  Andrée  Brabant,  Clé- 
ment, Marc  Gérard. 

Le  Coupable,  d'après  François  Coppée.  Interprè- 
tes :  Romuald  Joubé,  René  Rocher,  Jeanne  Delvair. 

Mademoiselle  de  la  Seiglière,  d'après  Jules  San- 
deau.  Interprètes  :  Huguette  Duflos,  Huguenet, 
R.  Joubé,  Escande,  Ch.  Lamy. 

La  Terre,  d'après  Emile  Zola.  Interprètes  : 
Alexandre,  Hervé,  Armand  Bour. 


JACQUES   DE   BARONCELLI 

Jacques  de  Baroncelli  dejavon  est  né  à  Avignon, 
journaliste  (V Opinion,  Lt  Monde  Illustré,  l'Eclair) 
et  conteur  il  fut  vite  attiré  et  conquis  par  la  photo 
animée  comme  moyen  d'exprimer  et  de  réaliser  sa 
pensée. 

Ses  Films  : 

La  maison  de  l'Es  ion,  scénario  de  Jacques  de 
Baroncelli. 

Un  signal   dans  la  nuit,  scénario   de   Baroncelli. 

Lequel  ?...  Scénario  de  Baroncelli. 

Trois  filles  en  'Portefeuilles,  scénario  de  Baron- 
celli. 

La  faute  de  Pierre  Vaisy.  scénario  de  Baron- 
celli. 

Soupçon  tragique,  scénario  de  Baroncelli. 

Le  Jugement  de  Salomon,  scénario  de  Baroncelli. 

La  Main  qui  éteint,  scénario  de  Baroncelli. 

Une  Mascotte,  scénario  de  Baroncelli. 

Le  suicide  de  Sir  Letson.  scénario  de   Baroncelli. 

Le  Scandale,  scénario  tiré  de  l'oeuvre  d'Henri 
Bataille,  avec  Denise  Lorys,  Escoffier  et  Raulin. 

La  Nouvelle    Jlntigone,  scénario  de    Baroncelli. 

L'Hallalil  scénario  de  Baroncelli. 

L'Inconnue,  scénario  de  Baroncelli. 

Une  Vengancz,  scénario  de  Baroncelli. 

Le  Procureur  Lesnin,  scénario  de  Baroncelli. 

Pile  ou  Face  ?  scénario  de  Baroncelli. 

Le  Roi  de  la  Mer,  scénario  de  Baroncelli  avec 
Gabriel  Signoret. 

Ramuntcho,  scénario  tiré  de  l'œuvre  de  Pierre 
Loti  avec  René  Lorsay  et  Yvonne  Annie. 

Le  Délai,  scénario  de  Baroncelli,  avec  Gabriel 
Signoret,  H.  Bosc,  D.  Lorys,  A.  Cocéa. 

Les  3  K.  K.,  scénario  de  Baroncelli. 

Le  Siège  des  Trois,  avec  Suzanne  Grandais  et 
Henri  Bosc. 

L'Héritage,  scénario  de  Baroncelli  avec  Louise 
Lagrange,  H.  Bosc  et  Duquesne. 

Le  Retour  aux    champs,  scénario   de   Baroncelli, 


avec  Pierre  Magnier,  Baron  fils,  Guyon  fils  et  Mlle 
Netmo. 

La  Rafale,  scénario  tiré  de  l'oeuvre  d'Henri 
Bernstein  avec  Fanny  Ward,  Jean  Dax,  Janvier 
Joffre. 

Le  Secret  du  Lone  Star,  scénario  d'Henri  Kiste- 
maeckers,  avec  Gabriel  Signoret,  Fanny  Ward,  Jan- 
vier. 

La  Rose,  Conte  visuel  de  Jacques  de  Baroncelli 
avec  Gabriel  Signoret, Jean  Signoret,  Andrée  Brabant. 

Flipott:,  scénario  de  Henri  Kistemaeckers,  avec 
G.  Signoret,  Andrée  Brabant,  J.  Cheirel. 

Champi-Tortu,  scénario  tiré  du  roman  de  Gas- 
ton Chérau,  avec  Paul  Duc,  Maria  Kousnezoff, 
Janvier,  Alexandre. 

Le  Rêve,  scénario  tiré  de  l'œuvre  de  Emile  Zola 
avec  Gabriel  Signoret,  Andrée  Brabant,  Eric  Bar- 
clay, Janvier. 

Le  Père  Goriot,  scénario  tiré  de  l'œuvre  de  Bal- 
zac avec  Gabriel  Signoret,  Gritillat,  S.  de  Pedrelli, 
Claude  France,  Monique  Chrysès. 


RAYMOND    BERNARD 
Ses  films. 

Le  Secret  de  Rosette  Lambert,  d'après  Tristan 
Bernard, avec  Dullin,  Debain,  Dalltu,  LoïsMeredith, 
etc.,  etc. 

Le  'Petit  Café,  d'après  Tristan  Bernard  (direc- 
tion Diamant-Berger),  avec  Max  Linder. 

La  £%Caison  vide,  avec  Henri  Debain,  Andrée 
Brabant  et  Jacques  Roussel. 


Henri    DIAMANT-BERQER 

11  vint  au  ciné  en  1913,  moitié  en  spectateur 
amusé  de  la  prise  de  vue,  moitié  en  professionnel. 
Tout  de  suite  après  sa  réforme,  il  fait  un  peu  de 
mise  en  scène,  puis  sans  cesser  de  s'occuper  d'édi- 
tion de  films  il  reprit  «  Le  Film  »  pour  1916-1917- 
1918. 

Donne  sa  revue  Paris  pzndant  la  Guerre,  au 
Vaudeville,  collabore    à  divers  films    commerciaux. 

En  1919,  a  son  retour  d'Amérique,  produit  en 
collabora! ion  avec  Tristan  et  Raymond  Bernard  Le 
Petit  Caf-,  puis  avec  les  mêmes  en  1920  Le  Secret 
de  Rosette  Lçmbert.  Enfin  cette  ann'e,  s'attaque, 
seul  auteur  et  metteur  en  scène,  aux  Trois  Mous- 
quetaires. . 

Pour  mémoire,  publie  Le  Cinéma  en  juillet  1919. 
A  été  entre  temps  loueur  et  exploitant. 

A  eu  le  plaisir  de  faire  débuter  au  ciné  :  Su- 
zanne Després,  Lugné  Poë,  Marguerite  Moreno, 
Charles  Fallot,  Henri  Debain,  Pierre  de  Guingand 
et   Saint  Granier. 

A  dirigé  en  outre  :  Léon  Mathot,  Max  Linder, 
de  Max,  Charles  Lamy,  Jane  Marnac,  Desjardins, 
Jean  Daragon,  Joffre,  Dorville,  Galipaux,  Charles 
Dullin. 


Germaine   DULAC 

Débute  au  Cinéma  en  1916.  Le  premier  film 
mis  en  scène  fut  Les  sœuri  ennemies,  d'après  un 
scénario  de  Mme  Hillel-Erlanger.  Opérateur  : 
Forster,  interprètes  :  Suzanne  Després,  Grétillat. 

Vinrent  ensuite  : 

Géo  le  mystérieux,  d'après  un  argument  de  Mme 
Hillel-Erlanger.  Opérateur  :  Forster,  interprètes  : 
Marken,  Grétillat. 

Venus  Viclrix,  d'après  l'argument  de  Mme  Hillel- 
Erlanger.  Opérateur  :  Forster,  interprète  :  Napier- 
kowska. 

Ames  de  fous,  roman  à  épisodes,  scénario  de 
Mme  Germaine  Dulac.  Opérateur  :  Forster,  inter- 
prètes: Eve  Francis,  Sylvio  de  Pedrelli. 

Pour  le  bonheur  des  autres,  interprètes:  Mme  Eve 
Francis  et  Ginette  Darnys. 

La  Cigarette,,  argument  de  M.  de  Baroncelli. 
Opérateur  :  M.  Chaix,  interprètes  :  Signoret,  An- 
drée Brabant. 

La  Fête  espagnole,  scénario  de  Louis  Delluc. 
Opérateur  :  Paul  Parguel,  interprètes:  Eve  Francis, 
Jean  Toulout,  Modot. 

Malencontre,  d'après  le  roman  de  Guy  de  Chan- 
tepleure.  Opérateur  :  Asselin,  interprètes  :  Brindeau, 
Djemil  Anik,   J.  Roussel. 

La  belle  dame  sans  merci,  d'après  l'argument  de 
Mme  Hillel-Erlanger.  Opérateur  :  Oliver,  interprè- 
tes :  Tania  Daleyme,  Denise    Lorys,   Jean  Toulout. 

La  Mort  du  Soleil,  d'après  le  scénario  de  André 
Legrand.  Opérateurs:  Parguel  et  Belval,  interprètes: 
André  Nox,  Denise  Lorys  et  la  petite  Régine  Du- 
mien. 

En  préparation  : 

Le  Sortilège,  adapté  par  Mme  Germaine  Dulac, 
d'après  le  roman  de  Hélène  Vacaresco.  Interprètes  : 
Denise  Lorys  et  des  artistes  roumains. 

L'Invitation  au  voyage,  scénario  de  Mme  Ger- 
maine Dulac.  Interprètes  :  Denise  Lorys  et  David 
Evremond. 

Rêve  et  ;éalité,  d'après  la  pièce  danoise  de  Mol- 
bech.  Interprètes  :  Denise  Lorys,  David  Evremond 
et  des  artistes  anglais. 


DU   FRESNAY 

Api  es  avoir  composé  des  scenarii  pour  le  Film 
d'Art  vint  de  la  littérature  à  l'Ecran.  Exécuta  pour 
Gaunont  La  Cathédrale  merveilleuse.  Ensuite  écrivit 
le  scénario  de  La  Coupe  aux  lèvres,  qu'il  réalisa  avec 
pour  interprètes  Capellani,Madys  et  Tallier.  11  monta 
après  L'jimi  des  JXTcntagnes,  qu'il  tourna  avec 
André  Nox,  Devalde  et  Madys.  Ayant  quitté  la 
Maison  Gaumont  pour  la  firme  Jupiter  vient  de  ter- 
miner la  réalisation  d'un  scénario  de  lui  intitulé  Les 
Jliles  qui  s'ouvrent,  avec  Madys,  Marie-Louise 
Iribe,  André  Roanne,  Mauloy  et  Genica  Missirio. 
Prépare  en  ce  moment  :  éXCargoi,  d'après  la  nou- 
velle de  Musset. 


cinéa 


aBEL  qance 


Naquit  à  Paris  en  I  890,  fit  ses  études  au  collège 
Chaptal,  ressentit  très  jeune  un  amour  passionné 
pour  la  littérature  dramatique,  fut  pendant  deux 
années  un  interprète  remarqué,  écrivit  la  Dame  du 
Lac,  mystère  médiéval,  et  La  Victoire  Je  Samo- 
throce. 

Ses  films  : 

La  Fleur  des  Ruines,  Slrass  et  Cie,  L  Héroïsme 
de  Paddy,   Les  Gaz  Mortels,  Barberousse, 

Le  droit  à  la  Vie,  avec  Mathot,  Vermoyal, 
Paulais,  Andrée  Brabant;  opérateur  :  L.  H.    Burel. 

La  Zone  de  la  mort,  avec  Mathot,  Vermoyal, 
Clément,  Mlles  Brabant  et  Lyonel,  opérateur  : 
L.  H.  Burel. 

Mater  Dolorosa,  avec  Emmy  Lynn  et  Gémier  ; 
opérateur  :  L.  H.  Burel. 

La  dixième  symphonie,  avec  Emmy  Lynn,  Sé- 
verin-Mars  et  Toulout  ;  Opérateur  :  L.    H.   Burel. 

J'Accuse,  avec  Séverin-Mars,  R.  Joubé,  Desjar- 
dins, Marise  Dauvray  ;  opérateurs  :  L.  H.  Burel, 
Buyard  et  Forster. 

La  Roue,  avec  Séverin-Mars,  Pierre  Magnier, 
G.  de  Gravone,  Ivy  Close  ;  opérateurs  :  L.  H.  Bu- 
rel, Bujard  et  Duverger. 


René  HERVIL 

Maud,  avec  Miss  Campton. 

Vendetta,  en  collaboration  avec  Mercanton. 

Manuela,  en  collaboration  avec  Mercanton,  avec 
Régina   Badet. 

La  Remplaçante  en  collaboration  avec  Mercan- 
ton, avec  Gaby  Deslys. 

Mères  Françaises,  en  collaboration  avec  Mercan- 
ton, avec  Sarah  Bernhardt  et  Signoret. 

Jane  Doré,  en  collaboration  avec  Mercanton, 
avec  Sarah  Bernhardt. 

Un  T^oman  d' Amour  et  d' Aventures,  en  colla- 
boration avec  Mercanton,  avec  Yvonne  Printemps 
et  Sacha  Guitry . 

Suzanne,  en  collaboration  avec  Mercanton,  avec 
Suzanne  Grandais,  J.  Signoret,  Tréville  et  Marie- 
Louise   Derval . 

Le  Tournant,  en  collaboration,  avec  Mercanton, 
avec  G.  Signoret,  Suzanne  Grandais. 

Midinettes,  en  collaboration  avec  Mercanton, 
avec  Suzanne  Grandais,  Jane  Danjou,  Sarah  Ra- 
fale, Peyrière. 

Oh  !  That  Kiss  (oh  ce  baiser),  scénario  et  réa- 
lisation de  René  Hervil,  avec  René  Hervil,  Man- 
suelle  et  Suzanne  Grandais. 

La  P'tite  du  Sixième,  en  collaboration  avec 
Mercanton,  avec  Henry  Roussel,  Mary  Marque! 
et  Suzanne  Grandais. 

Le  Tablier  Blanc,  en  collaboration  avec  Mercan- 
ton, avec  J.  Signoret,  Tréville,  Sarah  Rafale  et  Su- 
zanne Grandais. 

Son  Jlventure,  scénario  et  réalisation  de  René 
Hervil  avec  Henry  Roussel,  J.  de  Féraudy  et  Su- 
zanne Grandais. 

Le  Torrent,  scénario  de  Marcel  L'Herbier,  réa- 
lisé en  collaboration  avec  Mercanton,  avec  Gabriel 
Signoret,  H.  Roussel,  L.  Lagrange. 

Bouclette,  scénario  de  Marcel  L'Herbier  en  col- 
laboration avec  Mercanton,  avec  Gabriel  Signoret, 
Gaby  Deslys. 

Simplette,  scénario  et  réalisation  de  René  Hervil, 
avec  Suzanne  Grandais,  G.  Dalleu.Tania  Daleyme. 


L  Jlmi  Fritz,  scénario  tiré  de  l'œuvre  d'Erk- 
mann-Chatnan  adapté  par  Suzanne  Devoyod;avec 
Léon  Mathot,  de  Max  . 


HENRY  KRAUSS 

Naquit  à  Paris,  le  26  avril  1866. 
Théâtre  : 

Elève  de  Talbot,  sociétaire  de  la  Comédie-Fran- 
çaise, qui  l'emmène  en  tournée  à  travers  la  France, 
la  Belgique,  la  Hollande  et  l'Algérie,  lui  faisant 
interpréter  tous  les  amoureux  et  jeunes  comiques  du 
répertoire  classique. 

Entre  au  Conservatoire  (classe  Maubant)  après 
avoir,  sur  audition,  failli  devenir  pensionnaire  de  la 
Comédie-Française  (administrateur  J.  Claretie)  .Quitte 
le  Conservatoire  (fruit  sec)  pour  débuter  à  l'Odéon 
(direction  Porel),  et  y  rejouer  les  amoureux  du  réper- 
toire. 

Fait  une  incursion  dans  la  pantomime  :  Scara- 
mouche,  l'Hôte,  Coeurs  de  Majors,  Pierrot  rouge,  etc. 
Crée  (Porte-Saint-Marlin,  Théâtre  Sarah  Bernhardt, 
Odéon,  Ambigu,  Bouffes,  Athénée,  Théâtre  des 
Arts,  etc.)  : 

La  Vierge  d' Avila  (Catulle  Mendèsl,  rôle  de 
Philippe  II. 

Les  Bouffons  (Zamacoïs),  rôle  de  Vulcano. 

Arlequin-Roi  [R.  de  Machiels),  rôle  d'Arlequin. 

Rabelais   (comte  du  Bois),  rôle  d'Angelo  Pignon. 

Falstaff  (].  Richepin),  rôle  du  prince  Harry. 

Kosalfs  (Armand  Silvestre  et  E.  Morand),  rôle 
de  Tarrass  Boulba. 


15 


Les  Frères  Karamazov)  (F.  Copeau,  d'après  Dos- 
towesky),  le  vieux  Karamazow. 

L'Infidèle  de  Porto-Riche,  Page  Blanche  de 
Gaston  Dévore,  Les  joyeuses  Commères,  de  Catulle 
Mendès  et  Courtelme,  La  peur  des  coups,  de  Cour- 
teline,  et  quantités  de  drames  : 

L' Autre  France,  Pour  la  Cocarde,  Les  Révoltés, 
La  Chanson  du  pays,  etc.. 

Reprend  à  la  Porte-Saint-Martin  et  à  l'Ambigu, 
la  plupart  des  grands  premiers  rôles  de  drame  : 
Kean,  Paillasse,  le  Bossu,  La  Tour  de  Nesle, 
Louis  XI,  La  Closerie  des  Genêts,  les  deux  Orphe- 
lines. 

Ses  films  : 

Un  duel  sous  Richelieu  (Film  d'Art),  réalisation 
de  Calmettes. 

Le  Lépreux  delà  cité  d'Aostt  (Film  d'Art),  scé- 
nario de   Xavier   de  Maistre,  réalisé  par    Calmettes. 

L'Epi  (Film  d'Art),  scénario  de  Henri  Lavedan, 
réalisé  par  Calmettes,  avec  Suzanne  Delvé. 

Bal  Noir  (S.  C.  A.  G.  L.),  scénario  et  réalisation 
de  Michel  Carré. 

La  Tour  de  Nesles  (S.  C.  A.  G.  L-|,  réalisation 
de  Albert  Capellani. 

Notre-Dame  de  Paris  (S.  C.  A.  G.  L,|,  réali- 
sation de  Albert  Capellani,  avec  Napierkowska. 

Les  Misérables  \S.  G.  A.  G.  L.),  réalisation 
d'Albert    Capellani,   avec   Mistinguett    et    Ventura. 

Patrie  (S.  C.  A.  G.  L.),  réalisation  d'Albert 
Capellani,  avec  Paul  Capellani. 

Germinal  (S.  C.  A.  G.  L.),  réalisation  d'Albert 
Capellani. 

Qualre-Vingl-Treize  (S.  C.  G.  A.  L.).  réalisation 


Dessin  de  J.   Krauss 


HENRY  KRAUSS 


16 


cinea 


cTAndré  Antoine   et   Albert   Capellani,   avec    Paul 
Capellani    P.  Garnier,  Mme  Barbier  Krauss. 

Les  Frères  Corses  (S.  C.  A.  G.  L.),  réalisation 
d'André  Antoine,  avec  Henry  Roussel,  R.  Joubé, 
Grétillat  et  Mme  Rose  Dione. 

Le  Coupable,  avec  R.  Joubé. 

André  Cornélis,  d'après  Paul  Bourget,  réalisé  par 
Jean  Kemm,  avec  R.  Joubé,  Mme  Marydorska. 

Le  Destin  es!  Maître,  scénario  d'après  Paul 
Hervieu  réalisé  par  Jean  Kemm,  avec  Emmy  Lynn, 
A.  Dubosc. 

En   1915,  il  devient  metteur  en  scène. 

Un  pauvre  homme  de  Génie,  d'après  «  Michel 
Pauper  »,  d'Henry  Becque,  réalisation  et  interpré- 
tation d'Henry  Krauss. 

Papa  Hulin,  réalisation  et  interprétation  d'Henry 
Krauss. 

Marion  Delorme,  réalisation  et  interprétation 
d'Henry  Krauss,  avec  Nelly  Cormon. 

Le  Chemin. aj,  tiré  de  l'œuvre  de  Jean  Riche- 
pin,  réalisation  et  interprétation  d'Henry  Krauss. 

Honneur  d'Artiste,  réalisation  et  interprétation 
d'Henry  Krauss. 

Le  Fils  de  M.  Ledoux,  d'après  Pierre  Wolf, 
réalisation  et  interprétation  d'Henry  Krauss,  avec 
Van  Daële. 

Fromont  Jeune  et  Risler  Aîné,  adapté  d'Alphonse 
Daudet,  réalisé  par  H.  Krauss,  avec  H.  Krauss, 
P.  Garnier,  Escande,  Angelo,  et  Mlle  Parysis. 

Les  Trois  Masques,  adapté  de  Charles  Méré, 
réalisé  par  H.  Krauss,  avec  H.  Krauss,  G.  Wague, 
H.    Rollan,  Mme  Barbier-Krauss. 

L'Empereur  des  Pauvret,  adapté  de  F.  Champ- 
saur  et  réalisé  par  Leprince,  avec  H.  Krauss,  Mathot 
et  Gina  Relly. 


René  LE  SOMPTIER 

Né  à  Caen  en  1  884.  Rédacteur  à  l'Action  et  au 
Siècle  de  1908  à  1912.  Auteur  dramatique.  Poète. 
Cinégraphiste  (auteur  et  metteur  en  scène  de  tous 
ses  films). 

Ses  films  : 

Etablissements  Gaumont 

La  Gloire  posthume,  avec    Mme    Marie  Laurent. 

Le  temps  des  cerises,  avec  Mme  Marie-Louise 
Iribe. 

L'Intègre,  avec  M.  Duval . 

La  Poudre  X,  avec  Mlle  Suzanne  Privât. 

Le  Raid  aérien,  avec  Mme   Ramey,    M.   Duval. 

Un  drame  de  l'air,  avec  Mme  Marie  Laurent, 
Mlle  Suzanne  Privât,  MM.  Melchior,  Dutertre. 

Célibataire ,  avec  M.  Maurice  Vinot. 

Prix  de  Rome,   avec  MM.  M.  Vinot,  Duval. 

La  Fille  du  caissier,  avec  Mlle  Fillacier,  M.  Mau- 
son. 

Les  Masques,  avec  Mlle  Fillacier,  MM.  Billard 
et  Mauson. 

Le  Pressen  iment,  avec  Mlle  Alice  Tissot . 

Le  monde  renversé,  avec  M    Melchior. 

Grand  Maman,  avec  Mme  Jalabert. 

Le  bon  tuyau,  avec  M.  Kessler. 

Chef  d'école,  avec  M.  Melchior. 

Au  fond  du  cœur,  avec  Mlle  Fabrège.  MM.  Du- 
tertre et  Dhartigny. 

L  opérateur  de  tous  ces  films  est  M.  Daumain. 
191  5- 1 916-191  7     (pendant     des     convalescences) 
(Etablissements  Gaumont) 

Le  pont  des  Enfers,  avec  Mlle  Marie-Louise 
Iribe  et  la  petite  Juliette  Malherbe.  Opérateur  : 
M.  Lucien  Lesaint. 


L'aubade  à  Sylvie,  avec  Mme  Ramey,  M.  Mel- 
chior et  la  petite  Juliette  Malherbe. 

Les  épaves  de  l'amour,  avec  Mlle  France  Dhélia. 
Opérateur  :  M.  Scheffer. 

Ginette,  avec    Mlle    France  Dhélia .  Opérateur  : 
M.  Scheffer. 

1919 
(Films  Louis  Nalpas) 
La  Sultane  de  l'Amour,  avec  Mlle  France  Dhélia, 
MM.   de  Pedrelli,  Modot,  Vermoyal.  Opérateurs  : 
MM.  Raulet  et  Duverger. 

La  Croisade,  avec  Mlle  France  Dhélia,  MM.  Bo- 
gaert,  Van  Daële  et  Billard.  Opérateur  :  M.  Asselin. 
1920 
(Cinégraphie  d'art) 
La  Montée  Vers   l'Acropole,    avec   Mlle    France 
Dhélia,  MM.  Auche,    Nox  et    Van  Daële.  Opéra- 
teur :  M.  A.  Morrin. 


Marcel    L'HERBIER 

Né  à  Paris. 

Poèmes  :  Au  jardin  des  jeux  secrets. 

Théâtre  :  L'Enfantenent  du  mort,  (Th.  Edouard 
VII,  Comédie  des  Champs  Elysées,  Pitoëff)  inter- 
prété par  Jean  Hervé,  Mmes  Eve  Francis   et  Lara. 

Etudes  cinégraphiques  :  Hermès  et  le  Silence,  La 
France  et  l'art  muet,  Les  souvenirs  de  l'idée  de 
force. 

Scénario  :  Le  Torrent,  filmé  par  Mercanton  et 
Hervil,  et  interprété  par  Signoret,  Henri  Roussel, 
Jaque  Catelain,  Louise  Lagrange  (Eclipse)  ;  Bou- 
clette   L'Ange  de    minut,  filmé    par  Mercanton  et 


Dessin  de  Pière  Colombier 


LKON  POIRIER 


Hervil,  interprété  par  Gaby  Deslys,  Signoret,  1  larry 
Pilcer,  Maxudian. 

Films  (Scénario  et  mise  en  scène)  : 

Tiose-France,  interprété  par  Jaque  Catelain  et 
Mlle  Aïssé  (Itys-Film,  Edition  Gaumont). 

Le  Carnaval  des  vérités,  interprété  par  Suzanne 
Després,  Paul  Capellani,  Jaque  Catelain,  Marcelle 
Pradot  (Gaumont). 

L'Homme  du  Large,  interprété  par  Roger  Karl, 
Jaque  Catelain,  Marcelle  Pradot,  Claire  Prélia  (Gau- 
mont). 

Villa  Destin,  interprété  par  Saint-Granier,  Hal- 
lys  Feeld,  Lili  Samuel,  Paulais  et  Bob  Scalon. 

El  Dorado,  interprété  par  Eve  Francis,  Jaque  Ca- 
telain, Marcelle  Pradot. 


Louis  MERCANTON 

La  Reine  Elisabeth,  avec  Sarah  Bernhardt. 

Adrienne  Lecouvreur,  avec  Sarah  Bernhardt. 

y  endetta,  en  collaboration  avec  Hervil. 

Sadouna,  avec  Régina  Badet . 

Le  Lotus  d'Or,  avec  Régina  Badet. 

Manuela,  en  collaboration  avec  Hervil,  avec 
Régina  Badet  et  Signoret. 

La  Remplaçante,  en  collaboration  avec  Hervil, 
avec  Gaby  Deslys. 

Mères  Françaises,  en  collaboration  avec  Hervil, 
avec  Sarah  Bernhardt  et  Signoret. 

Jane  Doré,  en  collaboration  avec  Hervil,  avec 
Sarah  Bernhardt. 

Un  Roman  d'Amour  et  d'Aventures,  en  colla- 
boration avec  Hervil,  avec  Sacha  Guitry,  Yvonne 
Printemps. 

Suzanne,  en  collaboration  avec  Hervil,  avec 
Suzanne  Grandais,  Jean  Signoret,  Tréville,  M.-L. 
Derval. 

Le  Tournant,  en  collaboration  avec  Hervil,  avec 
Suzanne  Grandais,  Gabriel  Signoret. 

Midinettes,  en  collaboration  avec  Hervil,  avec 
Suzanne  Grandais,  Jane  Danjou,  Sarah  Rafale. 

La  P'tile  du  6e,  en  collaboration  avec  Hervil, 
avec  Suzanne  Grandais,  Henry  Roussel  ,  Mary 
Marquet. 

Le  Tablier  blanc,  en  collaboration  avec  Hervil, 
avec  Suzanne  Grandais,  Sarah  Rafale,  J.  Signoret. 
Tréville. 

Le  Torrent,  scénario  de  Marcel  L'Herbier,  réalisé 
en  collaboration  avec  Hervil,  avec  Gabriel  Signoret, 
H.  Roussel,  L.  Lagrange. 

Bouclette,  scénario  de  Marcel  L'Herbier,  réalisé 
en  collaboration  avec  Hervil,  avec  Gabriel  Signoret, 
Gaby  Deslys,  Harry  Pilcer. 

L'Appel  du  sang,  scénario  tiré  de  l'œuvre  de 
Robert  Hichens,  avec  Desdemona  Mazza,  I.  Novcllo, 
G.  de  Gravone,  Le  Bargy,  Phylis  Nelson-Terry  et 
Salvatoreho  Turco. 

Miart\a,  la  Fille  à  l'Ourse,  scénario  tiré  de 
l'œuvre  de  Jean  Richepin,  avec  Réjane,  I.  Novello, 
D.  Mazza,  Ch.  Vanel  et  J.  Richepin. 

Phroso,  scénario  tiré  de  l'œuvre  d'Anthony  Hope, 
avec  Paul  Capellani,  Jeanne  Desclos,  Paoli. 

Louis    NALPAS 

La  Sultane  de  l'amour  ;  metteurs  en  scène  :  R.Le 
Somptier  et  Burguet  ;  Opérateurs  :  Raulet  et  Du- 
verger ;  interprètes  :  Mlle  France  Dhélia,  Dourga, 
MM.  Pedrelli,  Vermoyal,  Modot,  Marcel  Levesque. 

Un  Ours  ;  metteur  en  scène  :  Burguet  ;  Opéra- 
teur :  Raulet;  interprèles:  Gaby  Morlay,  G.  Modo't. 


cinea 

Le  Cheva'ier  de  Gaby  :  metteur  en  scène  :  Bur- 
^uet  ;  Opérateur  :  Raulet  ;  interprètes  :  Gaby  Mor- 
lay,  G.  Modot. 

La  Fête  espagnole  de  Louis  Delluc  ;  metteur  en 
scène  :  Germaine  Dulac  ;  Opérateur  :  P.  Parguel  ; 
interprètes:  Eve  Francis,  Jean  Toulout,  Gaston  Mo- 
dot, Robert  Delsol. 

La  Croisade  :  metteur  en  scène  :  R.  Le  Somp- 
tier  ;  Opérateur  :  Aslain  ;  interprètes  :  Mlle  France 
Dhélia,  Lise  Laurent,  MM.  S.  de  Pedrelli,  Van 
Daële,  Bogaert. 

7  rislan  et  Yseult  :  metteur  en  scène  :  M.  Ma- 
riaud  ;  Opérateurs  :  Raulet  et  Wientzel  ;  interprètes  : 
Mlles  A.  Lionel,  Tania  Daleyme,  MM.  S.  de  Pe- 
drelli, Bras,  Dutertre. 

Xlathias  Sandorf  :  metteur  en  scène  :  H.  Fes- 
court  :  Opérateurs  :  Pargu;!,  Liront,  Wientzel  ; 
interprètes  :  Mlle  Yvette  Andréyor,  Djemil  Anik, 
Romuald  Joubé,  Vermoyal,  Modot,   Tallier. 


Léon   POIRIER 

Né  en  1 884,  dans  une  famille  où  les  arts  furent 
toujours  en  honneur  et  qu'illustra  Berthe  Morisot, 
une  des  gloires  de  l'école  impressionniste,  Léon  Poi- 
rier, fut  après  de  brillantes  études,  jeté  subitement 
au  milieu  de  la  lutte  pour  la  vie  ;  il  devint  successi- 
vement marchant  d'objets  d'art,  directeur  d'une  re- 
vue :  La  Moisson,  souffleur,  admin:strateur,  habil- 
leur au  Théâtre  de  la  7  our  Eiffel,  secrétaire  au 
Théâtre  Grévin,  caissier  au  Théâtre  Moderne, 
puis  enfin,  en  1904,  secrétaire  général  au  Théâtre 
du  Gymnase  dirigé  à  ce  moment  par  M.  Alphonse 
Franck  qui  fut  le  premier  à  reconnaître  cette  jeune 
ardeur. 

C'est  lui  qui  supprima  la  morte  saison  des  scènes 
parisiennes  en  instaurant  les  fameuses  saisons  d'été 
lui  qui,  confiant  dans  la  force  naissante  du  cinéma- 
tographe, fit  louer  le  Théâtre  du  Gymnase  à  M.Léon 
Gaumont  pour  y  réaliser  une  exploitation  dont  le 
résultat  ouvrit  bien  des  horizons  ;  lui  qui,  en  1910, 
connut  I  un  des  plus  grands  succès  de  direction  théâ- 
trale en  faisant  jouer  sur  trois  théâtres  à  Paris  (la 
Renaissance,  le  Théâtre  Réjane,  les  Bouffes-Pari- 
siens) le  célèbre  Mariage  de  Mlle  Biulemans.  En 
191  I,  il  organise  au  Vaudeville  une  étonnante  sai- 
son d'opérette.  En  1913,  il  inaugurait  le  Théâtre 
Léon-Poirier  (Comédie  des  Champs-Elysées)  situé 
dans  le  mSme  immeuble  qu:  le  Théâtre  des  Champs- 
Elysées  de  Gabriel  Astruc,  et  à  la  construction  du- 
quel il  avait  collaboré  de  tout  son  effort  pendant 
des  années. 

L'échec  de  cette  vaste  entreprise,  puis   la  guerre, 

—  pendant    laquelle    Léon    Poirier,    engagé  volon- 
taire, gaçjna   devant    l'ennemi  ses   galons  et  sa  croix 

—  mirent  un   point  d'orgue  dans  cette  carrière  fer- 
tile et  agitée. 

En  1919,  Léon  Poirier  revient  à  la  vie  civile 
avec  la  même  activité,  mais  d'autres  intentions.  Le 
cinématographe,  est  devenu  un  art,  mas  un  art 
jeune,  encore  inculte  où  il  faut  défricher,  bâtir,  in- 
nover. Le  théâtre,  au  contraire,  s'est  assoupi  dans 
des  reprises  perpétuelles  de  l'ancien  répertoire.  Léon 
Poirier,  résolument,  se  tourne  vers  la  cinématogra- 
phie  et  présente  ses  projets  à  M.  Léon  Gaumont, 
dont  1  esprit  ouvert  à  toutes  les  idées  neuves  l'ac- 
cueille. 

Donnant  l'exemple,  M.  Léon  Poirier  réalise  lui- 
m5me  avec  un  sens  artistique  étonnant  et  une  tech- 
nique qui  eit  une  révélation,  des  films  comme  Ames 


d'Oiient,  Le   Tenseur, 
ment  considérable. 


Narayana,   d'un  retentisse- 


Ses  Films. 

1913-1914 

Ces  demoiselles  'Peno'.in,  Cadette,  Monsieur 
Charlemagne,  de  Léon  Poirier,  avec  Gabrielle 
Fleur>',  Alice  Tissot,  Gaston  Michel,  opérateur  : 
Victor  Monn. 

1919 

Ames  d'Orient,  de  et  par  Léon  Poirier,  avec  Ma- 
deleine Sévé,  André  Nox,  Tallier,  opérateur  : 
Specht. 

Le  Penseur,  d'Edmond  Fleg  avec  Mlle  Madys, 
Nox,  Tallier,  opérateur  :  Specht. 

1920 

Narayana,  de  et  par  Léon  Poirier,  avec  Mlle  Ma- 
dys, Myrga,  Van  Daële,  opérateur  :  Le  Curieux. 
1921 

L'Ombre  déehirée,  de  Jeanne-Léon  Poirier,  avec 
Mlle  Suzanne  Després,  Myrga,  Madys,  M.  Roger 
Karl,  opérateur  :  Letort. 

Le  Coffret  de  Jade,  de  Pierre  Victor,  avec  Mlles 
Myrga,  MM.  Roger  Karl,  Mendaille,  opérateur  : 
Letort. 


HENRY  ROUSSEL 

Un  Homme  passa,  avec  Emmy  Lynn,  Eve 
Francis  et  Mauloy. 

L'Ame  du  Bronze,  scénario  tiré  de  l'œuvre  de 
Georges  Le  Faure  par  Henry  Roussel,  avec  Harry 
Baur  et  Lillian  Greuze. 

La  Faute  d'Odette  Maréchal,  scénario  de  Henry 
Roussel,  avec  Emmy  Lynn,  Toulout,  Decoeur, 
Dubosc. 

Visages  voilés. . .  Ames  c  oses,  scénario  de  Henry 
Roussel,  avec  Emmy  Lynn,  Marcel  Vibert,  Bras 
et  Marthe  Sarbel. 


EUGENIE  NAU 
l'émouvante  comédienne  du  Théâ- 
tre  libre    et   du   Théâtre    Antoine 
parait   a  l'écran    dans   La  Doulou- 
reuse Comédie  et  L'Eternel  Féminin. 


E.  E.  VIOLET 

Après  deux  années  à  la  Comédie-Française,  sept 
années  à  l'Odéon,  cinq  ans  de  direction  au  Théâtre 
des  Célestins  de  Lyon,  Violet  revenu  à  Paris  joue 
La  Belle  Aventure,  remplace  Sacha  Guitry  dans 
la  Pèlerine  écossaise  et  crée  l'Ecole  dis  Cocottes 
au  Théâtre  Michel. 

Ses  films 

Fantaisie  de  milliardaire  (interprété  par  E.  E. 
Violet).  Aliie.  Les  s'x  petits  cœurs  des  six  petites 
filUs,  Rila,  La  grande  Vedette,  Le  Songe  d'ui 
mois  d  été,  La  Nouvelle  Jlurore. 

Papillons,  scénario  de  H.  Clerc.  Interprètes  : 
Mathot  et  Mag  Murray. 

La  Main,  scénario  d'après  l'œuvre  de  Maupas- 
sant.  Interprète  :  C.  Wariley. 

Li-Hang  le  Cruel,  scénario  d'André  de  Lorde 
et  Henri  Bauche.  Interprètes  :  Mag  Murray,  Mary 
Harald,  Tsin-Hou. 

L'Accusateur,  scénario  d'après  l'œuvre  de  Cla- 
retie. 

Les  mains  flétries,  scénario  tiré  d'une  nouvelle 
de  Claude  Farrère.  Interprète  :   Mary  Harald. 

L'Epingle  rouge,  tiré  de  l'œuvre  de  P.  Bienaimé. 
Interprètes  :  Simone  Vaudry  et  Tsin-Hou. 

La  Ruse,  de  Cl.  Roland. 

Tous  ces  films  ont  été  pris  par  M.  Louis  Dubois, 
opérateur  et  Marcel  Audion,  photographe. 


Louis     DELLUC 

Né  en  Gascogne,   1  890. 

Théâtre:  Francisa,  (Pré  Catelan,  1911).  La 
princesse  qui  ne  sourit  plus  (Opéra  1918)  Edith 
Cavell  (Florence.  Lyda  Borelli  1916).  Ma  femme 
danseuse  (Genève-Pitoëff  1920).  Lazare  le  Ressus- 
cité (Comédie  Montaigne.  Escholiers,  1 920). 

Romans  :  Monsieur  de  Berlin,  La  Guerre  est 
morte,  Chez  de  Max,  Le  train  sans  yeux.  La  danse 
du  scalp,  La  jungle  du  cinéma. 

Cinégraphie  :  Cinéma  et  Cie,  Phoiogénie  et 
Chadot. 

Presse  :  Comœdii  illustré  (Rédaction  en  chef, 
191  I  à  1914)  Le  Film  (Rédaction  en  chef.  1917 
à  1919)  Ciné-Cluh  (1919)  Cinéa(l921). 

Cinéma  :  La  Fêle  Espagnol',  Fumée  Noire,  Le 
Sihnce,  Fièvre,  Le  tonnerre. 


Mme  Eugénie  Nau,  qui  est  une  de 
nos  comédiennes  les  plus  originales 
est  aussi  une  des  premières  fil- 
meuses. 

En  1911,  elle  tourna  Gervaise,  de 
l'Assommoir  avec  Albert  Capellani 
(pour  la  G.  C.  A.  G.  L.) 

Mme  de  Lavalette,  Les  Mystères 
île  Paris,  et  beaucoup  de  films  ou- 
bliés. 

Elle  vient  de  remporter  un  grand 
succès  à  la  présentation  de  La  Dou- 
loureuse Comédie,  de  Théo  Bergerat, 
rôle  de  Mme  Poutry  mère,  et  après 
cela  l'Eternel  Féminin,  où  elle  est  la 
marâtre  de  Gine  Palerme. 


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La  Cinématographie  suédoise  et  la  Svenska-Film ,  qui  ont  déjà  révélé  des  œuvres  aussi  pittoresques  et  aussi  émotionnantes  que 
Le  Trésor  d'Ame,  Les  Proscrits,  Le  Monastère  de  Sendomir,  Jacob  Vindas,  etc.,  présentent  aujourd'hui  à  Paris,  avec  l'aide  de  la  Maison 
Gaumont,  un  de  leurs  films  les  plus  étonnants  :  La  Cbarette  fantôme ,  où  Victor  Sjostrom,  interprète  et  metteur  en  scène,  s'est  montré 

créateur  particulièrement  hardi  et  puissant. 


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3e    ARRONDISSEMENT 

Omnia-Pathé,  5,  boulevard  Mont- 
martre. —  Cœurs  de  vingt  tins.  —  Beauci- 
tron  divorce.  —  Supplément  facultatif,  non 
passé  en  soirée  ni  le  dimanche  en  matinée  : 
Le  sept  de  trèfle,  y  épisode. 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des 
Italiens.  —  Une  fleur  dans  les  ruines.  —  Le 
Signe  de  Zorro. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière. 
Chef  les  Cannibales.  7e  étape.  —  La  Tour 
de  Neli.  —  Le  mari  à  la  campagne.  — 
La  Belle  de  New-York  —  N'écrive  f  jamais. 
—  L'héritage  du  père  Bussard. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  Le  Journalisme  mené  à  tout.  — 
Chariot  fait  une  cure.  —  F.n  supplément 
facultatif  :  Nick  Winter  et  ses  aventures. 
7e  épisode. 


Allez  Voir 

LA  PERLE  DE 
BROADWAY 


3e    ARRONDISSEMENT 
Pathé-Temple.  —  La  chanson  éternelle. 

—  Beaucitron    divorce.    —    L'Affaire   du 
train  24,  6e  épisode. —  Cœurs  de  vingt  ans. 

Palais  des  Fêtes. —  8,  rue  aux  Ours. — 
Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Le  lys  de  la 
vie.  —  Les  nuits  de  New-York. 

Salle  du  Ier  étage.  —  Dudule  apprenti 
guerrier.  —  Les  quatre  diables.  —  La  perle 
de  Broadway. 

5e  ARRONDISSEMENT 
Mésange,  3,  rue  d'Arras.  —  Alcindor  est 
jaloux.  —  La  chanson  étemelle.  —  Les  deux 
sous  de  Fritfigli.  —  L'Affaire  du  train  24, 
5  e  épisode.  —  Le  voile  du  mensonge. 

Chez  Nous.  —  76,  rue  Mouffetard.  — 
La  canne  à  sucre.  —  Quand   l'amour   com- 
mande. —  Un  drôle  de  monde.  —  Le  masque 
rouge,  3e  épisode. 
Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Le  voile    du    mensonge.  —    Le    méchant 
homme.  —   L'homme  merveilleux. 

6e  ARRONDISSEMENT 
Palac-Cinéma  Danton.  —  99,    boule- 
vard Saint-Germain.  —  Fleurus  27-59.  — 
Les  quatre  diables.  —    Le  1rs  de  la  vie.  — 
Dudule  apprenti  gitenier. 


Allez  Voir 


L'Atlantide 


Cinéma  Récamier,  3,  rue  Récamier.  — 
L'Affaire  du  train  24,  5e  épisode.  —   Le  lys 

de  la  vie.  —  Le  journalisme  mené  a  tout. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Bosquet. 83,  avenue  Bosquet. — 
Chef  les  A nthropophages,  6e  étape. —  Zigoto 
douanier.  —  Le  sept  de  trèfle,  2e  épisode. — 
Un  drame  sous  Napoléon,  2e  chapitre,  fin. 

8e  ARRONDISSEMENT 
Théâtre   du   Cotisée,    38,   avenue    des 
Champs-Elysées.  —  Elysées  29-46.  —  Les 

aventures  de  Sherlock-Holmes.  —  Le  chemin 
d'Ernoa.  —  Le  signe  de  Zorro. 

9e  ARRONDISSEMENT 
Cinéma-Rochechouart,  66,  rue  de  Ro- 

chechouart.  Trudaine  67-89.  —  Chef  les 
Indiens  Taos.  —  La  villa  du  crabe  vert.  — 
La  loi  commune. 

Delta-Palace-Cinéma,  17,  boulevard 
Rochechouart.  Trudaine  67-89.  —  L'exci- 
tant élixir.  —  Le  sept  de  trèfle,  y  épisode. 
—  Le  méchant  homme. 

10e  ARRONDISSEMENT 

Tivoli,  19.  faubourg  du  Temple.  — 
Bécasson  capitaine  au  long  cours.  —  Les 
merveilles  de  la  sidérurgie  moderne.  — 
Chariot  fait  une  cure.  —  Le  signe  de  Zorro. 

11e    ARRONDISSEMENT 
Voltaire-Aubert-Palace,  95,   rue  de  la 
Roquette.  —  Nick  Winter  et  ses  aventures, 
7e   épisode.    —    Cœurs    de    vingt  ans.  — 
/,  'homme  merveilleux. 


Le  Colisée 

a     Eve     FRANCIS     dans     0 

LE  CHEMIN  D'ERNOA 

Douglas    FAIRBANKS    dans 

LE  SIGNE  DE  ZORRO 


12e  ARRONDISSEMENT 
Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —    Dandy 

livreur.  —  Cœurs  de  vingt  ans.  —  Les 
quatre  diables. 

i3e  ARRONDISSEMENT 
(iobelins    66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 

—  L'affaire  du  train  24,  =;<-'  épisode.  —  Les 
deux  sous  de  Fritfigli.  —  Le  voile  du  men- 
songe. —  Le  crampon. 

14e    ARRONDISSEMENT 
Régina-Aubert-Palace,     155,     rue    de 

Rennes.  —    Nick   IVinteret   ses  aventures. 

7e  épisode.  —   L'ultime  roman.   —  Zigoto 

douanier. 

Gaîté,    rue  de  la  Gaîté.  —  Alcindor  est 

jaloux. —  L'affaire  du  train  24,  y  épisode. 

—  Les  deux  sous  de  Fritfigli.  —  Le  voile 
du  mensonge.  —  Le  crampon. 


Allez  Voir 

UNE  FLEUR  DANS 
LES  RUINES 


Splendide-Cinéma,  3,  rue  Larochelle. 
Les  monuments  de  Sêville.  —  La  chanson, 
éternelle.  —  La  belle  de  New-York.  -M 
Dandy  livreur  consciencieux. 

i5e  ARRONDISSEMENT 
Splendid-Cinéma-Palace,  60,  avenue 
delà  Motte-Picquet,    Saxe  65-03.  —    La 
usines  du  Creusot .  —  Gènes  et  ses  environs. 

—  Chantilly  et  Reims  en  aéronef.  —  Le  sept 
de  trèfle,  3e  épisode.  —  Les  quatre  diables. 

—  Le  voile  du  mensonge. —  Ménage  de  chiens. 
Grenelle,  122.  rue  du  Théâtre.  —  Alcin- 
dor est  jaloux. —  La  chanson  éternelle.  — 
Les  deux  sous  de  Fritcigli.  —  L'Affaire  du 
tram  24,  y  épisode.  —  Le  voile  du  men- 
songe. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  1 15-1 19,  rue 
Lecourbe.   Saxe  56-45.  —  Daudv  livreur. 

—  Marie  et  C'e.  —  Les  quatre  diables. 

16e    ARRONDISSEMENT 

Mozart-Palace, 49,  5  i.rue  d'Auteuil.ibe. 

—  Programme  du  vendredi  30  septembre 
au  lundi  3  octobre. —  Comment  on  fabrique 
un  piano.  —  Le  7  de  trèfle,  y  épisode.  — 
La  princesse  Irène.  —  Les  lions  déchaînés. — 
L'homme  merveilleux.  —  Programme  du 
mardi  4  au  jeudi  6  octobre.  —  Chef  les 
anthropophages,  7e  étape.  —  Le  mari  à  la 
campagne.  —  Les  avatars  de  Chariot,  pre- 
mière partie.  —  Qiiand  on  a  faim. 


cinea 


Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue 
Malakoff. —  La  Main  invisible,  4e  épisode. 
Champi-Tortu.  — Joe  au  studio.  —  L'homme 
cl  la  poupe,- . 

17e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Demours,  7.  rue  Demours, 
Wagram  77-66.  —  La  vallée  du  Wesserling. 

-Le  sept  de  trèfle,  y  épisode.  —  La  revan- 
che de  Suzanne. —  Une  fleur  dans  les  ruines. 

Villiers-Cinéma.  21,  rue  Legendre.  — 
Rouen.  —  Fridolin  à  Trou-la-Mer.  —  La 
geôle.  —  La  vente  sans  voile. 

Ternes-Cinéma,  avenue  des  Ternes.  5. 
Wagram  02-10.  —  La  Bruyère  blanche.  — 
Le  signe  de  Zorro. 

Lutetia-Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Miss  hat/r  au  bain.  —  L'enfant  du  cirque. 

—  Le  signe  de  Zorro.  —  Dudule   apprenti 
guerrier. 

Royal -Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Ca'urs  de  vingt  ans. —  Le  roman  de  Babette. 

—  Marie  et  C'e. 

Cinéma  Legendre.  128,  rue  Legendre. 
Central  14-44.  —  La  fugue  de  Moune.  — 
Le  sept  de  trèfle,  3e  épisode.  —  Coutumes 
marocaines.  — Jeune  fille  à  louer. 

18e  ARRONDISSEMENT 
Marcadet-Cinéma-Palace,  110,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81. —  Une  fleur  dans  les  ruines.  — 
Cnr-urs  de  vingt  ans.  —  Dudule  apprenti 
guerrier. 


Barbés-Palace,  34,  boulevard  Barbés- 
Nord  3 5-68. —  Le  signe  de  Zorro.  —  Quand 
amour  veut.  —  Chariot  dans  une  de  ses 
grandes  scènes. 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43, 
Nord  49-24.  —  Cal  a  ne  et  ses  environs.  — 
Bigorna  contre  Dago-Rcd.  —  Le  méchant 
homme.  —    Le  collier  de  l'impératrice,  4e  ép. 


Allez  Voir 

le  Signe  de  Zorro 


Palais-Rochechouart,  56,  boulevard  Ro- 

chechouart. —  Nick  IVinter  et  ses  aventures, 
7e  épisode.  —  Cœurs  de  vingt  ans.  —  Le 
signe  de  Zorro. 

Le,    Select,    8,    avenue    de    Clichy.  — 
Marie  et  C'e.  —   Dudule   apprenti  guerrier. 

—  Miss  Fatty  au  bain.  —  Le  signe  de  Zorro. 
Le   Capitole,     place    de     la     Chapelle. 

—  Le  tour  de  Nell. —  L'homme  merveilleux. 

—  Le  signe  de  Zorro. 

19e     ARRONDISSEMENT 
Secrétan,     7,     Avenue     Secrétan .     — 
L'aventure  de  David  Strong.  —  Bcaucitron 
divorce. —  L'Affaire  du  Train  24.  6e  épisode. 

—  Cœurs  de  vingt  ans. 


Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Cœurs  de  vingt  ans.  —  La 
course  a  l'héritage.  —  Le  tour  de  Nell. 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  La  course  an  sac. —  Qjiand  l'amour 
vent.  —  Le  tour  de  Nell.  —  Le  méchant 
homme. 

20=    ARRONDISSEMENT 

Paradis-Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 
leville. —  La  course  au  sac.  —  La  fiancée 
de  minuit.  —  Nick  IVinter  et  ses  aventures, 
7e  épisode.  —  La  nouvelle  adepte. 

BANLIEUE 
Olympia   Cinéma   de   Clichy.  —  Chan- 
tilly. —  Dudule  apprenti  guerrier.   —   Le 

roman  de  Babette.  —  Marie  et  C"\ 

Vanves.  —  Alcindor  est  jaloux.  —  Le 
roi  des  chemins.  —  Les  deux  sous  de 
Frit{igli.  —  L'Affaire  du  train  24,  s"  épi- 
sode. —  Le  voile  du  mensonge. 

Bagnolet.  —  Mathias  SandorJ.if  épisode, 
fin.  —  Bcaucitron  divorce.  —  L'Affaire  du 
train  24,  5e  épisode. —  Cœurs  de  vingt  ans. 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (Le 
vallois).  Wagram  04-91.* —  L'homme  mer- 
veilleux. —  Fromont  jeune  et  Ris/er  aine, 
2e  époque,  fin.  —  Séraphin  ou  les  jambes 
nues. 

Montrouge.  —  Le  Tour  de  Nell.  —  Le 
sept  de  trèfle.  3e  épisode.  —  Les  nuits  de 
Nezv-York. 


LE   SIGNF   DF.    ZORRO  Cliché  United  Ar.i.ts. 

L'énigmatique  Zorro  (Doublas  Fairbanks)  défend  Lolita  (Mary,  de  la  Motte)  contre 
les  audaces  de  don  Ramon  dont  il  délivrera  le  Mexique  pour  la  cause  de  la  liberté. 


cmea 


MM   FILMS  D'AUJOURD'HUI  MM 


L'Atlantide. 

Il  y  a  dans  l'Atlantide  de  M.  Pierre 
Benoît  deux  sujets,  je  dirais  presque 
deux  livres 

Le  premier  sujet  c  est  la  hantise  de 
la  terre  inconnue,  qui  s'exerce  à  tout 
âge  et  sur  tous.  Lorsque  j'étais  en- 
fant, je  regardais  toujours  avec  une 
sorte  d'angoisse  certaine  crête  qui 
marquait  la  limite  de  l'horizon  vi- 
sible dans  mes  promenades  habi- 
tuelles. Tout  ce  qui  était  au  delà  de 
cette  crête  me  paraissait  mystérieux; 
les  noms  mêmes  des  villages  sem- 
blaient étranges.  Depuis  lors,  je  suis 
allé  beaucoup  plus  loin,  mais  jamais 
aussi  loin  que  j'aurais  voulu,  et 
lorsque,  par  exemple,  du  haut  de  la 
Grande  muraille,  je  regardais  les 
caravanes  ondulant  vers  Kalgan, 
Djehol  ou  Tsitsikhar,  ces  villes  ne  me 
paraissaient  pas  plus  inaccessibles 
et  singulières  que  les  villages  dont  je 
rêvais  dans  mon  enfance. 

Ce  sentiment  là,  M.  Pierre  Benoît 
l'a  éprouvé  et  —  récompense  de  la 
sincérité  —  l'a  fait  éprouver.  Et  c'est 
ce  qu'il  y  a  de  bon  dans  l'Atlantide. 

Malheureusement  il  a  cru  utile  d'y 
joindre  une  histoire  de  femme.  Et 
cette  histoire  il  n'est  même  pas  allé 
la  chercher  dans  la  vie.  Chacun  con- 
naît, d'après  Jules  Janin,  la  recette 
pour  composer  un  vaudeville  en  par- 
tant d'Andromaque,  Andromaque 
étant  remplacée  par  un  pompier,  la 
jalousie  par  le  désir  d  obtenir  un 
bureau  de  tabac,  etc.  M.  Pierre  Be- 
noît a  supprimé  Andromaque;  il  a 
substitué  à  Hermione  une  Cléopàtre 
de  Bal  de  l'Internat,  à  Pyrrhus  le 
père  de  Foucault;  à  Oreste  un  explo- 
rateur notoire  par  son  imagination 
Cette  histoire  faite  de  pièces  et  de 
morceaux,  il  l'a  située  dans  un  décor 
de  rêve  qui  n'est  point  le  résultat 
d'un  rêve,  mais  de  patients  démar- 
quages. J'écarte  d'emblée  l'hypothèse 
d'imitation  de  She;  dans  un  cas 
comme  dans  l'autre  il  }r  a  utilisation 
d'un  fantastique  de  pacotille;  mais 
Rider  Haggard  a  cru  à  son  histoire; 
son  roman,  gâté  par  l'emphase,  la 
lourdeur,  l'invraisemblance,  émeut 
par   une   sincérité   naïve;   il   a   vrai- 


ment rêvé  de  son  Ayesha;  on  sent 
qu'il  en  a  été  épris,  au  point  que 
Mrs  Haggard  en  a  été  jalouse  et  que 
l'auteur  a  dû  l'apaiser  par  le  poème 
palinodique  qui  clôt  le  livre.  M.  Pierre 
Benoît  lui,  s'est  amusé  de  son  récit,  a 
pris  soin  de  marquer,  à  diverses  re- 
prises, qu'il  n'en  était  pas  dupe.  De 
sorte  que  son  Antinéa  est  une  créa- 
ture beaucoup  moins  réelle  que  la 
mangouste,  le  guépard  ou  le  méhari. 
Ainsi  enlacés  les  deux  sujets  se 
nuisent  l'un  à  l'autre.  Ce  qu'il  y  a  de 
beau  dans  l'appel  du  désert  ou  du 
pôle,  c'est  qu'il  n'y  est  point  de  but 
final;  le  sable  succède  au  sable,  la 
glace  à  la  glace.  Qu'un  désir  sexuel 
est  donc  chose  mesquine  à  côté  d'un 
tel  attrait!  Ou  bien  alors  il  faudrait 
qu'Antinéa  fût  la  personnification  de 
cet  inconnu,  une  figure  semblable  à 
celle  qui  se  dresse  aux  seuil  du  pôle, 
devant  les  yeux  hallucinés  d  Arthur 
Gordon  Pym,  un  être  aussi  intermé- 
diaire entre  le  rêve  et  la  réalité  que 
le  Merlin  de  Gérard  d'Houville. 

* 
*  * 

De  par  la  dualité  même  de  la  ma- 
tière, M.  Feyder,  trop  consciencieux 
interprète  du  livre,  s'est  trouvé  en- 
traîné à  réaliser  une  œuvre  riche, 
variée,  mais  hétérogène,  sans  com- 
position et  sans  rythme.  Et  tout  ce 
qui  s'inspire  du  désert,  de  la  soif 
d'aventure,  est  de  premier  ordre; 
tout  ce  qui  s'inspire  de  l'anecdote 
factice  par  laquelle  l'auteur  du  ro- 
man a  cru  le  corser  n'a  pas  plus  de 
vie  que  cette  anecdote  même. 

Avec  quelle  joie  on  applaudit  les 
magnifiques  vues  du  désert,  les  pal- 
meraies, le  sable,  les  oueds,  les  fa- 
laises, les  chameaux  au  col  souple, 
aux  jambes  maladroites,  les  beaux 
arabes  au  grand  manteau,  les  ber- 
bers  au  visage  voilé  T  Et  il  ne  s'agit 
pas  ici  d'un  plaquage  :  tout  cela  vit, 
fait  partie  de  l'action  ;  à  ce  point  de 
vue  l'Atlantide  est  certainement  très 
supérieure  à  tous  les  films  où  l'on  a 
cherché  à  utiliser  les  beaux  paysages 
de  l'Afrique  du  Nord. 

Pour  le  principe  faut-il  faire 
quelques  critiques  de  détail?  On  est 
un  peu  étonné  de  voir  un  convales- 


cent, venant  de  Tombouctou,  s'em" 
barquer  pour  la  France...  à  Algerl  II 
aurait  été  intéressant  de  varier  les 
paysages  et  les  types,  de  mieux  mar- 
quer la  nuance  entre  ce  qui  est  Algé- 
rien, Saharien,  Soudanais.  Il  semble 
que  M.  Feyder  ait  attaqué  le  Sahara 
par  Biskra-Touggourt,  et  certes,  il  a 
pu  trouver  par  là  de  très  beaux  pay- 
sages de  sable  et  de  falaises;  mais 
du  côté  de  Bechar,  et  pas  très  loin  du 
chemin  de  fer,  il  aurait  rencontré 
des  Tanezroufts  plausibles,  de  ces 
déserts  de  pierre,  si  différents  du 
désert  de  sable  et  dont  il  ne  nous  a 
pas  montré  le  type  saisissant.  Autres 
détails  :  Y  avait-il  des  jazz-bands  à 
Paris  en  1913?  Pourquoi  avoir  re- 
noncé à  la  mission  Flatter»,  avoir 
mené  au  Bir  el  Gharama,  fait  tomber 
sous  le  sabre  de  Gegheir  non  plus 
l'authentique  capitaine  Masson,  mais 
un  explorateur  imaginaire?  Tout 
cela,  au  fond,  n'a  pas  grande  impor- 
tance et,  dans  l'ensemble,  le  premier 
sujet  —  le  désert  —  est  parfaitement 
rendu. 

Malheureusement  il  y  a  Antinéa. 
On  s'en  passerait  très  bien,  mais, 
comme  on  sait  qu'elle  est  là,  on  veut 
l'attendre.  Et  on  l'attend  d'abord  une 
heure,  sans  impatience,  dans  le  dé- 
sert, au  bord  des  Oueds,  à  l'ombre 
des  palmiers,  et  l'attente  est  douce. 
Puis,  une  fois  franchi  le  seuil  de  son 
palais,  encore  une  demi-heure  et  qui 
paraît  terriblement  longue  et  froide... 
Enfin  paraît  Mlle  Napierkowska,  et 
il  n'y  a  pas  de  doute;  elle  est  bien 
Antinéa  elle-même,  celle  «  pour 
laquelle  Oxyrrhinchus  abandonna  le 
trône  d'Antonomase  etc.,  etc.  «  (je  ne 
garantis  pas  la  citation),  la  Cléopàtre 
extérieure  dont  les  romantiques 
n'ont  pu  pénétrer,  évoquer  l'âme  in-, 
time  et  profonde.  Elle  a  toutefois  né- 
gligé, et  l'on  ne  saurait  l'en  blâmer, 
les  ingrédients  montmartrois  par 
lesquels  M.  Pierre  Benoit  a  cru 
rendre  original  un  personnage  dont 
le  modèle  était  par  trop  obsédant.  Sa 
plastique  est  expressive,  encore 
qu'elle  cherche  un  peu  trop  à  accen- 
tuer l'aspect    serpentin   de  la   reine 


cinea 


L'ATLANTIDE  Cliché  Auber. 

Antinéa  reçoit  le  lieutenant  de  Saint-Avit  dans  les  splendeurs  de  son  palais  du  désert   africain.  Saint-'-Avit  (Georges 
Melchior).  Antinéa  (Napierkowska*.  adroite  d'Antinéa,  Tanit-Zerga  (Marie-Louise  Irihel. 


courtisane  en  jouant,  la  plupart  du 
temps,  couchée  sur  le  ventre. 

M.  Melchior  joue  avec  feu  le  rôle 
du  lieutenant  de  Saint-Avit;  M.  An- 
gelo  avec  beaucoup  de  mesure,  de 
composition  et  d'autorité  celui  — 
complexe  et  vivant  —  du  capitaine 
Morhange  ;  M.  Roanne  avec  jeunesse 
et  passion  celui  du  lieutenant  Mas- 
isard;  on  aimerait  que  Tanit-Zerga 
fut  moins  sautillante  et  minaudière; 
le  personnage  ainsi  conçu  se  rac- 
corde mal  à  ceux  des  beaux  indigènes 
graves  et  sobres  de  gestes  dont  il  est 
censé  être  la  fille  et  la  sœur.  Hiram 
Roi  est  souple  et  félin  à  souhait;  le 
méhari,  dont  j'ai  oublié  le  nom,  ac- 
complit admirablement  un  acte  im- 
portant dans  la  vie  des  chameaux  et 
qui  est  le  seul,  nous  disent  les  voya- 
geurs, par  lequel  ils  expriment  leur 
mécontentement  :  c'est-à-dire,  la 
mort. 


En  résumé,  si  le  film  de  M.  Feyder 
ne  donne  pas  —  du  moins  au  premier 
contact  --  l'impression  d'une  unité, 
d'un  rythme,  d'une  composition  qui 
en  fassent  une  œuvre  achevée,  il 
contient  assez  de  belles  choses  pour 
être  très  désirable  à  la  vue.  Et  il  est 
juste  de  signaler  que  tous  les  défauts 
procèdent  de  ceux  du  roman,  tandis 
que  les  belles  pages  font  honneur  à 
l'effort  de  recherche  du  cinéaste,  à 
la  manière  dont  il  a  su  choisir  et 
rendre  les  paysages  pour  lesquels  le 
livre  lui  fournissait  tout  au  plus  des 
suggestions. 

• 
Le  signe  de  Zorro. 

L  idée  de  ce  Brutus  californien,  bel- 
lâtre veule  et  méprisable  sous  un  as- 
pect, hardi  redresseur  de  torts  sous 
l'autre,  travaillant  sous  le  masque 
jusqu'à  ce  que  sonne  l'heure  de  lutter 
au  grand  jour  pour  la  Liberté,  sort 


de  la  banalité  des  thèmes  ordinaires, 
est  éminemment  favorable  aux  déve- 
loppements de  l'écran.  Douglas  Fair- 
banks  était-il  1  interprète  désigné 
pour  traiter  un  tel  sujet?  Oui  et  non  ; 
il  campe  merveilleusement  la  sil- 
houette du  bandit,  virtuose  du  re- 
dressement des  torts  ;  il  étonne,  il 
fascine.  Mais  d'autre  part  sa  person- 
nalité s  affirme  trop  extérieurement 
pour  qu'il  puisse  y  avoir,  dans  l'es- 
prit du  lecteur,  le  moindre  doute 
quant  a  l'identité  de  Zorro  et  de  Don 
Diego  Vega,  et  ainsi  l'élément  sur- 
prise disparaît.  On  reste  ravi,  char- 
mé, amusé  et  mieux  qu'amusé,  car 
jamais  Doug  n'a  joué  avec  une  verve 
plus  éblouissante,  jamais  il  n'a  mieux 
su  se  montrer  tour  à  tour  hardi,  ten- 
dre, plaisant,  persuasif...  Il  est  fort 
bien  secondé  par  la  jolie  Marguerite 
de  La  Mothe,  dont  le  charme,  volon- 
tairement   un   peu  discret,   convient 


cinea 


L"  ATLANTIDE 
La  mort  du  capitaine 
Morhange  (Angelo).  Anti- 
né  a  (Napierkowska) 
entraine  Saint-Avit  (Mel- 
chior)  épouvanté  du  dra- 
me qui  s'est  déroulé,  mais 
incapable  de  résister 
aux    charmes    d'Antinéa. 


L'ATLANTIDE 
Idylle  émouvante  et 

fatale  de  la  li  n e 
Tanit-Zerga  (Iribe) 
et  du  lieutenant  de 
St-Avit  (Melchior). 


cinéa 


L'ATLANTIDE  cliché  Auben 

La  caravane  s'égare  dans  les  rochers  du  désert  saharien,  pièges  mystérieux, 
antichambre  de  la  souveraine  inconnue. 


L  ATLANTIDE  Cliché  Aubé.t 

L'alcôve  d'Antinéa.  Tanit-Zerga  (Marie-Louise  Iribe)  à  gauche,  accueille  le 
capitaine  Morhange  (Angelol  sur  le  seuil  du  retrait  voluptueux  ou  Antinéa 
(Statia  Napierkowska)  à  droite,  attend  son  nouvel  amant. 


bien  à  la  partenaire  de  Douglas  Fair- 
banks.  La  mise  en  scène  est  parfaite, 
remplie  de  détails  amusants  et  justes, 
et  le  film,  dans  l'ensemble,  est  de 
premier  ordre. 

J'avais    écrit  ce    qui    précède, 

avant  d'avoir  revu  Les  Proscrits. 
Est-ce  que  l'on  songe  un  instant,  en 
voyant  Les  Proscrits,  qu'il  y  a  un 
acteur  plein  de  talent,  nommé  Victor 
Sjostrom  ?  Est-ce  qu'il  est  besoin  que 
les  autres  interprètes  se  maintien- 
nent au  second  plan,  atténuent  leur 
jeu,  se  résolvent  au  rôle  modeste 
d'instruments  d'accompagnement  ? 
Et  par  contre,  quand  on  voit  Dou- 
glas croit-on  un  instant  à  l'histoire 
qui  se  déroule?  S'imagine-t-on  une 
seconde  qu'il  existe  un  homme  ap- 
pelé Don  Diego  Vega,  susceptible 
d'amour,  de  passion,  de  souffrance? 

—  Que  nous  racontez-vous  là  ?,  s'é- 
crie un  sage  ami.  D'abord,  tout  ceci 
n'est  plus  à  la  mode,  il  est  peuple  de 
croire  que  «  c'est  arrivé  »;  l'auteur 
estime  aujourd'hui  affirmer  sa  supé- 
riorité en  se  tenant  dans  un  coin  de 
l'œuvre,  souriant  et  prêt  à  vous  rap- 
peler, si  vous  vous  laissez  aller,  que 
«tout  cela  c'est  de  la  blague».  Et 
puis,  vraiment,  vous  êtes  exigeant. 
Etant  donné  le  «genre  Douglas», 
Zorro  est  un  des  meilleurs  films  de 
ce  genre.  Quant  à  la  valeur  même  du 
genre,  elle  est  connue,  chacun  sait 
anjourdhui  s'il  l'aime  ou  non,  et  ce 
que  vous  écrirez  n'y  changera  rien. 
Avouez,  d'ailleurs,  que  vous  vous 
êtes  amusé,  beaucoup  amusé,  et  re- 
connaissez que  1  amusement  porté  au 
degré  génial  qu'atteint  Douglas,  est 
à  cent  coudées  au-dessus  de  l'émotion 
factice  et  fade,  de  la  sentimentalité  à 
bon  marché,  des  films  que  produi- 
sent.... 

—  Ne  nommez  personne:  vous  vous 
feriez  insulter.  Vous  avez  mille  fois 
raison  :  je  retournerai  voir  Zorro. 

• 
Une  fleur  dans  les  ruines. 

Une  jeune  française  élevée  en  Amé- 
rique, revenue  en  France  à  la  veille 
de  la  guerre,  est  aimée  par  deux 
hommes,  un  étudiant  américain,  raf- 
finé et  délicat,  un  paysan  français, 
simple  et  bon.  La  guerre  éclate, 
s'abat  sur  la  petite  ville,  où  elle  est 
restée;  le  français  meurt  sous  ses 
yeux  en  faisant  son  devoir;  l'améri- 
cain la  sauve,  mais  elle  veut  rester 
fidèle  au  souvenir  du  mort,  et  ils  se 
séparent. 

Le  thème  est  large,  riche,  prête  à 


8 


cinéa 


oppositions  pittoresques  ou  psycho- 
logiques. 11  a  été  traité,  au  lende- 
main de  l'armistice,  sous  l'empire 
d'une  émotion  véhémente,  dont  le 
film  porte  témoignage  par  un  des 
maîtres  de  l'écran.  Il  en  résulte  une 
œuvre  nettement  supérieure  à  la 
moyenne,  mais  qui  ne  tient  pourtant 
pas  tout  ce  qu'elle  paraissait  pro- 
mettre. 

Il  y  a  quelque  chose  de  décevant, 
d'êlusif,  dans  l'art  de  Griffith.  Il  sait 
voir  et  choisir  :  les  quelques  sites 
pris  aux  environs  de  Château-Thierry 
évoquent  en  un  coup  d'œil  la  cam- 
pagne française;  la  photographie, 
techniquement,  atteint  la  perfection. 
Ici  ce  serait  plutôt  l'interprétation 
qui  ne  serait  pas  à  la  hauteur  de  la 
donnée;  mais  de  toute  manière  l'au- 
teur doit  en  être  rendu  responsable, 
car  c'est  un  meneur  du  jeu  pour  qui 
les  acteurs  ne  comptent  pas,  qui  les 
jette  dans  la  fournaise  et  les  remo- 
dèle suivant  son  désir. 

Oserai-je  dire  que  Lilian  Gish,  si 
parfaite  dans  le  Lys  brisé,  m'a  déçu? 
Suffit-il  donc  pour  marquer  le  double 
côté  du  caractère  de  l'héroïne,  de  la 
montrer,  en  tant  que  française  lisant 
d'un  air  rêveur  un  livre  sentimental 
et,  en  tant  qu'américaine,  marchant 
sur  les  mains  et  faisant  la  cabriole 
sur  son  lit?  Sans  doute  l'excellente 
actrice  a  d'autres  moments  émou- 
vants, amusants,  tendres,  piquants; 
mais  ce  sont  ceux  qu  elle  aurait  dans 
n'importe  quel  autre  drame,  et  qui 
sont  les  moins  caractéristiques  du 
sujet. 

Robert  Harron  incarnait  un  jeune 
américain  cultivé,  raffiné,  un  peu 
égoïste  et  retiré  en  lui-même,  que 
son  amour  fait  sortir  de  ce  retire- 
ment. 

Nous  ne  voyons  pas  tout  cela  — 
tout  ce  que  pourrait  montrer  un  ac- 
teur comme  Gaston  Jacquet,  par 
exemple,  nous  voyons  un  bon  petit 
jeune  homme,  un  bashful  boy  sans 
arrière-pensée. 

Chose  singulière,  le  passage  qui 
porte  le  plus,  qui  fait  venir  les 
larmes  aux  yeux,  est  purement  épi- 
sodique  :  c'est  la  mort  du  soldat 
nègre.  Voici  une  des  trois  ou  quatre 
morts  les  plus  émouvantes  que  j'aie 
vues  au  cinéma;  elle  supporte  la 
comparaison  avec  la  mort  d'Eyvind 
et  d'Halla  (Les  Proscrits)  avec  la 
mort  de  Sibilla  (El  Dorado).  Et  en- 
core s'agit-il,  non  point  d'un  prota- 
goniste   connu,    attirant    l'attention 


C^â3 

f?^S2i 

Cliché  Cosmograph. 

LILIAN    G  I  S  1 1 

Tous  les  cinémas  de  France  ont  montre  en  quelques  semaines 
Lilian  Gish  dans  les  meilleures  productions  de  D.-W,  Griffith  : 
Pauvre  Amour.  Le  Lys  brisé,  Le  Roman  àe  la  ValUe  heureuse  et  la 
revoici  brillante,  spirituelle,  passionnée,  douloureuse,  dans  Une 
Fleur  dans  les  Ruines  ou  le  génie  de  D.-W.  Griffith  donne  ses  plus 

vives  notes. 


cinea 


depuis  le  début,  mais  d'un  être  ano- 
nyme, qu'on  ne  nous  montre  que 
pour  le  taire  disparaître.  C'est  un 
pauvre  nègre  parti,  comme  beaucoup 
d'autres,  d'un  cottage  de  la  Géorgie 
ou  de  1  Alabama,  en  laissant  derrière 
lui  une  grosse  vieille  mère  tendre  et 
ridicule.  Peut-être  flottait-il  en  son 
esprit  une  idée  vague  que  la  cause 


pour  laquelle  il  allait  se  battre  était 
celle  de  la  liberté,  de  cette  entité 
quasi  mythologique  dont  le  nom  fait 
ricaner  les  jeunes  gens  avertis,  mais 
pour  laquelle  vingt  mille  étrangers 
sont  venus  volontairement  mourrir 
sous  le  drapeau  français. 

Lui  aussi,  ce  nègre,  est  mort  en  lut- 
tant pour  la  même   cause;   et  parce 


qu'il  avait  donné  à  un  soldat  blanc 
sa  dernière  goutte  d'eau,  le  soldat 
blanc  lui  a  serré  la  main,  mais  les 
enfants  du  soldat  blanc  ne  serreront 
pas  la  main  de  ses  enfants. 

A  côté  de  ce  nègre,  le  paysan  fran- 
çais qui  devrait  ressortir  n'existe 
pas.  Cela  se  conçoit;  l'écran  rendra 
aisément    les    côtés    balourds,    ridi- 


0 


cmea 


La  révélation  de  la  jolie  danseuse  [acide  Flower  (Margarita  Fisher)  au  cours  d'un  grand  ballet 

a  l'Alhambra  de  Broadway. 


LA  VER  LE  DE 
'BROADWAY 


|ackie  rendue  ingénieuse  par 
l'amour,  emploie  les  moyens 
les  plus  romanesques  pour  aller 

jusqu'au  bout  de  son   roman. 


Clichés  Harry 


cinea 


cules,  d'un  croquant  champenois  : 
quant  aux  qualités  du  cœur,  il  faut  y 
croire  sur  parole,  elles  n'appa- 
raissent que  dans  les  sous-titres.  En 
toute  sincérité,  le  choix  de  la  jeune 
fille  demeure  inexplicable.  Peut-être 
aurait-il  fallu  placer  sa  décision  au 
cours  de  la  guerre;  entre  le  début  et 
.l'arrivée  des  américains,  Jean  Fran- 
çois avait  quatre  ans  pour  montrer 
par  des  gestes  sa  noblesse  d'âme.  Tel 
qu'il  est,  le  personnage  est  manqué, 
et  sa  mort  émeut  beaucoup  moins 
que  celle  d'un  inconnu. 

• 
La  Perle  de  Broadway. 

Margarita  Fisher  est  jolie,  peut- 
être  pastrès  extrêmement  distinguée, 
peut-être  plus  tout  à  fait  jeune  :  mais 
ne  lui  dites  point  cela,  car  elle  se 
croirait  tenue  de  faire  encore  plus  la 
petite  fille,  et  ses  mouvements,  de 
frénétiques,  deviendraient  .  (je  ne 
trouve   plus   d'épithète)   mais    il  lui 


sera  beaucoup  pardonné  en  souvenir 
de  ce  film  charmant  où,  déjà  perle 
(comme  son  nom  l'indique)  elle  l'était 
des  Caraïbe*. 

Le  film  est  agréable,  avec  des  scè- 
nes de  music-hall  pas  trop  usées  : 
vous  le  trouverez  parfait,  si  vous  ai- 
mez Margarita  Fisher  dans  les  res- 
trictions que  je  viens  d'indiquer. 

• 
Le  courage  d'un  lâche. 

Ruskin  prétendait  que  l'art  avait 
subi  une  déchéance  irrémédiable  du 
jour  où  les  artistes,  renonçant  à  su- 
bordonner leur  œuvre  a  une  œuvre 
d  ensemble,  à  recevoir  les  directives 
d'un  inspirateur  étranger  à  leur  art, 
avaient  voulu  être  leurs  propres  maî- 
tres, considérer  leurs  œuvres  comme 
des  fins  en  soi. 

Evidemment  il  est  tentant,  pour  un 
grand  artiste,  de  se  faire  son  propre 
scénariste,  de  composer  des  rôles  as- 
sortis à  ce  qu  il  croît    être  sa  vérita- 


ble personnalité.  Mais  qu'advient-il  à 
ceux  qui  succombent  à  cette  tenta- 
tion ?  Ce  qui  adviendrait  à  un  jockey 
qui,  sous  prétexte  qu'une  certaine  al- 
lure est  entre  toutes  admirable,  ne 
voudrait  plus  monter  qu'un  cheval 
automatique  donnant  cette  allure... 
Rien  n'existe  que  ce  qui  résiste.  Pour 
qu'un  acteur  soit  vivant,  il  faut  qu'il 
lutte  contre  la  vie,  intérieurement  et 
extérieurement;  il  est  mauvais  que 
le  rôle,  d'emblée,  s'adapte  à  lui;  il 
affirmera  bien  mieux  sa  personnalité, 
il  l'affirmera  avec  plus  de  richesse  et 
de  variété  en  s  adaptant  au  rôle. 

Et  voilà  pourquoi  les  derniers  films 
de  Hayakawa,  malgré  la  belle  glorifi- 
cation de  l'esprit  de  sacrifice,  sont 
monotones,  et  peut-être  d'ailleurs  y 
a-t-il  un  ensemble  de  raisons  pour 
que  Le  courage  d'un  lâche  le  soit 
davantage  encore  que  les  précé- 
dents. 

Lionel   Laxdky. 


MARGARITA  FISHER  ci.ché  Hany 

L'interprète  si  brillamment  fantasque  et  sentimentale  de  tant  de  comédies  cinégraphiques  américaines  reparait 
dans  La  Pair  </.■  Broadway  avec  tout  l'éclat  de  son  charme  humoristique. 


cinea 


: 


LE  COFFRET  DE  JADE 

l  'ne  des  plus  jolies  scènes  du  nouveau  film  de  Léon  Poirier  :  adroite,  Mlle  Myrga 


a      DERRIÈRE      L'ECRAN      a 


FRANCE  M 

M.  Henry  Roussel  va  sans  doute 
commencer  un  film  qui  s'intitulera 
Vérité.  Les  interprêtes  n'en  sont  pas 
encore  officiellement  connus.  Mais 
nous  pouvons  annoncer  qu'Emmy 
Lynn  sera  l'étoile  de  cette  produc- 
tion 

• 

Chez  Pathê,  M.  (1.  Monca  termine 
le  montage  de  Chantelouve,  le  film 
qu'il  est  allé  tourner  à  Nice  avec  Jean 
Toulout,  Charles  Boyer  et  Marcel 
Vibert. 

• 

M.  Guy  du  Fresnav  termine  en  ce 
moment  le  découpage  d'un  scénario 
qu'il  a  tiré  de  Margot,  la  délicieuse 
nouvelle  d'Alfred  de  Musset.  Guy  du 
Fresnay  réalisera  ce  film  pour  le 
compte  de  la  firme  Jupiter  et  s'atta- 
chera particulièrement  à  parfaire  la 
reconstitution   des  costumes,  situant 


exactement  l'action  dans  les  endroits 
où  Musset   fait  évoluer  son   héroïne. 

• 

M.  Victor  Marcel  vient  d'acheter 
l'exclusivité  pour  l'Europe  d'un  docu- 
mentaire qui  fera  sensation  et  éga- 
lera en  intérêt  des  films  tels  que  l'Ex- 
pédition Slialdeton.  C'est  le  Raid 
aérien  Loiiflres-Australie  en  vingt- 
huit  jours. 

• 

Jacques  Rivev  achève  une  grande 
comédie  cinégraphique  :  La  singu- 
lière aventure  de  Mil  Hogan, jockey, 
dont  la  protagoniste  est  Mlle Colliney . 
André  Daven  . 
• 
SUÈDE  jâ 

Romain  Rolland  a  écrit  à  la  Svenska 
Film,  la  lettre  suivante  que  nous 
avons  lue  et  que  nous  reproduisons 
ci-dessous  : 

«  Je  viens  Justement  de  parcourir 


un  numéro  du  journal  Cinéa.  Je  suis 
frappé  de  la  haute  valeur  intellec- 
tuelle et  artistique  de  ces  films.  Il 
serait  peut-être  intéressant  pour  vous 
d'apprendre  que  je  suis  entièrement 
persuadé  sur  les  possibilités  d'appor- 
ter aux  films  une  nouvelle  interpré- 
tation fantaisiste. 

«  Moi-même,  avec  mon  ami,  le  des- 
sinateur flamand  connu,  Franz  Mas- 
serel,  nous  avons  fait  un  scénario 
pour  un  film  qui,  à  la  fois,  est  dra- 
matique, burlesque  et  fantaisiste. 
Nous  ne  l'avons  écrit  que  pour  notre 
plaisir  et  avons  l'intention  de  l'éditer 
en  volume  illustré  dans  deux  ou  trois 
mois.  Peut-être  que  nous  ne  nous 
arrêterons  pas  encore  là, et  ferons 
encore  d'autres  films,  tous  différents, 
pour  montrer  d'autres  genres  d'art. 
Cela  dépendra  de  notre  fantaisie,  car 
c'est  uniquement  pour  notre  plaisir 
que  nous  travaillons. 

«  Romain  Rolland.  » 


cmea 


13 


ANGLETERRE  M 

The  Old  Xest  nous  dit  la  vie  telle 
quelle,  simple,  douloureuse,  inévi- 
table. 

Certains  ont  dénoncé  son  thème:  le 
sacrifice  maternel,  comme  trop  ap- 
puyé, trop  voulu  On  a  ergoté  sur  le 
«  moyen  »  T 

Le  sacrifice  maternel.  Non.  C'est 
mieux,  et  autre  chose,  la  mère.  Et 
c'est  bien  cela. 

Mary  Alden  est  admirable  (je  suis 
obligé  de  mettre  le  mot.  C'est  tout  ce 
que  je  dirai  d'elle.  La  douleur  phy- 
sique que  nous  avons  eue  à  la  voir, 
nous  la  t'ait  inoubliable. 


Le  fdm.  Il  pourrait  s'intituler  :  L'ou- 
bli —  ou  encore  :  L'égoïsme,  —  ou 
simplement  La  vie. 

Des  enfants  quittent  leur  maman. 
C'est  tout. 

La  technique  est  de  celles  qu'on 
n'analyse  pas.  On  suit  le  mouvement 
—  on  est  emporté  —  on  ne  se  débat 
pas.  Seule,  une  crispation  trahit  la 
vérité  qui  vous  travaille. 

«  Faire  pleurer,  »  a-t-on  dit.  Allons 
donc,  «  faire  vivre  »  et  nous  avons 
vécu  des  minutes  intenses,  où  nous 
nous  sommes  connus  humbles,  repen- 
tants, malheureux. 

Des  trouvailles.  Je  ne  les  explique- 
rais pas. 

Un  «  effet  »  Il  est  reprochable,  bien 
qu'il  soit  visualisé  avec  une  maîtrise 
incontestable  :  lorsque  la  mère  rêve 
que  son  enfant  revient,  et  qu'elle  part, 
dans  la  nuit,  à  la  rencontre  du  train 
maudit  qui  la  renverse. 

Une  faute  :  le  dénouement.  Tous 
les  enfants  se  retrouvent  cependant, 
au  logis  familial.  Ceci  fausse  le  film, 
et  le  décadre.  11  ne  fallait  pas  tenir 
compte  de  la  digestion  des  specta- 
teurs , 

~  The  Old  Nest  méritait  comme  épi- 
graphe : 

.  . .  mourez    les    mères,    mourez   du    cœur 
A.  F.   Rose. 


AMÉRIQUE  JS 

Parmi  les  films  présentés  récem- 
ment en  Amérique,  le  succès  le  plus 
marqué  est  allé  encore  une  fois  à  un 
film  allemand,  Carmen  (le  titre  an- 
glais est  Gypsy  Blood,  Sang  de 
Bohémienne)  tourné  d'après  la  nou- 
velle de  Mérimée,  et  s'en  rapprochant 
davantage  que  des  pièces.  Les  éloges 


ne  s'adressent  point  tant  au  cinéaste 
Lubitsch,  dont  la  réputation  est  déjà 
faite  par  Déception,  qu'à  l'étoile, 
Pola  Negri,  dont  le  jeu  réaliste  et 
sauvage  (notre  confrère  P.  I.  Smith 
prétend  qu'elle  fait  l'amour  au  jiu- 
jitsu)  éclipse  de  beaucoup  toutes  les 
Carmen  antérieures,  y  compris  Géral- 
dine Farrar. 

Through  the  back  Door  {La  Petite 
Porte)  le  dernier  film  de  Mary  Pick- 
ford,  a  paru  décidément  inférieur  et, 
malgré  le  charme  de  Carol  Demps- 
ter,  on  a  été  sévère  pour  le  dernier 
fdm  de  Griffith,  Dream  Street  (La 
Rue  du  Rêve).  Par  contre,  et  parmi 
les  films  purement  américains,  Boys 
ivill  be  boys  (Il  faut  que  jeunesse  se 
passe)  admirablement  joué  par  Wil- 
liam Rogers  et  mis  en  scène  par  Cla- 
rence  Badger  a  obtenu  le  plus  franc 
et  le  plus  légitime  succès.   Le  héros, 


devenu  riche  sur  le  tard,  décide  de 
regagner  le  bon  temps  qu'il  aurait 
dû  avoir  quand  il  était  jeune,  et  cette 
prétention  lui  coûte  cher. 

• 

Herb  Howe  et  F.  I.  Smith  ont  établi 
sans  ordre  de  préférence,  des  listes 
rivales  de  prix  de  beauté.  Tous  deux 
désignent  Betty  Blythe,  Betty  Comp- 
son,  Corinne  Griffith,  Harriett  Ham- 
mond  et  Katherine  Mac  Donald.  Herb 
Howe  y  ajoute  Mary  Pickford,  Anita 
Stewart  et  Florence  Vidor;  F.  I.  Smith 
y  ajoute  Elsie  Fergusson,  Rubye  de 
Renier  et  Anna  Q.  Nilsson;  il  indique 
d'autre  part  qu'à  son  avis  les  cinq 
hommes  les  plus  laids  sont  Bull  Mon- 
tana, Ben  Turpin,  Wallace  Beery, 
Lon  Chaney  et  Will  Rogers. 
• 

Dans  Classic  Magazine,  Frederick 
James  Smith  (Double  Exposures) 
pose  quelques  subtiles  questions  à 
ses  lecteurs  : 

Par  lequel  des  trois  employés  ci- 
aprés  les  sous-titres  sont-ils  rédigés  : 
le  groom,  le  concierge,  ou  le  veilleur 
de  nuit? 


Pourquoi  les  directeurs  jugent-ils 
utile  de  construire  des  salles  de  bal 
plus  grandes  que  le  Grand  Central 
Terminus? 

Combien  de  fois  William  H  art 
s'est-il  retiré  de  l'écran? 

Depuis  combien  de  temps  Charlie 
Chaplin  a-t-il  renoncé  au  mariage? 

Désigner  trois  actrices  connues 
qui  n'aient  pas  porté  le  maillot  dans 
les  films  de  Mack  Sennett?  En  dési- 
gner deux.  En  désigner  une? 

Quel  âge  a  Mary  Miles  Minter? 
Quel  âge  avait-elle  en  1918?  En  1916? 
En  1914? 

Indiquer  les  éléments  subtils  de 
propagande  germanique  qui  se 
cachent  dans  Carmen  ?  Dans  Le  ca- 
binet du  Docteur  Caligari? 

m 

A  Los  Angelos,  George  Melford 
prépare,  d'après  une  nouvelle  de 
Ph  Oppenheim,  un  film  intitulé  La 
grande  personnification,  où  Alan 
Haie  joue  admirablement  un  rôle  de 
boche  odieux,  et  où  Ruth  Miller,  na- 
guère simple  figurante,  danse  dans 
une  scène  de  restaurant  de  nuit,  un 
pas  sensationnel,  vêtue  d'un  costume 
qui  tiendrait  dans  un  porte-carte. 
• 

Griffith  est  en  train  de  tourner  Les 
Deux  Orphelines,  avec  Lilian  et  Do- 
rothy  Gish. 

Surpassant  la  dernière  production 
de  Joseph  de  Grasse,  Hugo  Ballin 
vient  de  tourner  un  film,  intitulé  Ave 
Maria,  où,  sur  une  longueur  de  plus 
de  2.000  mètres,  il  n'y  a  pas  un  seul 
sous-titre. 

• 

Marie  Prévost,  naguère  la  plus  jolie 
des  Cathing-girls  de  Mack  Sennett, 
s'adonne  définitivement  au  grand 
art.  Elle  s'est  rendue  en  grande 
pompe  à  Coney  Island,  a  construit 
un  bûcher  sur  le  sable  et,  sous  les 
yeux  d'une  foule  consternée,  a  brûlé 
son  costume  de  bain. 
• 

Le  jeu  de  Pauvre  Minet  se  joue 
beaucoup  dans  les  studios,  pendant 
les  intervalles  de  repos.  On  s'assied 
en  rond  autour  d'un  chapeau  repré- 
sentant un  chat  mort  que  l'on  est 
censé  veiller,  et  celui  qui  rit  le  pre- 
mier paie  un  gage.  Mary  Miles  Min- 
ter y  jouait  l'autre  soir,  avec  Avery 
Hopwood,  qui  avait  fourni  le  cha- 
peau, Jack  Mulhall,  qui  est  son  fiancé 
—  dans  le  film  --  et  son  directeur, 
Tom  Heffron.  C'est  elle  qui  a  perdu. 


14 


cinea 


A  l'instigation  de  Viola  Dana,  des- 
cendue au  grand  hôtel  de  Coronado 
pour  tourner  un  film,  un  concouru 
de  costumes  de  bain  a  été  organisé 
Les  gagnantes  non  seulement  ont 
reçu  un  prix  de  sa  main,  mais  encore 
ont  été  prises  dans  le  film. 

Un  film  à  épisodes  que  tournait 
Ruth  Rolland  a  dû  être  interrompu 
du  fait  d'un  cheval  blanc,  qui  y 
jouait  un  rôle  important,  a  été  volé. 
Si  le  cheval  n'est  point  retrouvé,  il 
faudra  recommencer  le  film  (nous 
serons  toujours  tranquilles  pendant 
ce  temps-là). 

• 

En  1911,  les  parents  d'une  fillette  de 
neuf  ans,  nommée  Juliet  Shelby,  qui 
jouait  dans  La  petite  rebelle,  avec 
William  et  Dustin  Farnum,  imagi- 
nèrent pour  se  mettre  en  règle  avec 
la  loi  qui  proscrivait  l'exhibition 
d'enfants  aussi  jeunes,  de  faire  passer 
leur  fille  sous  le  nom  et  avec  les  pa- 
piers d'une  cousine  morte  jeune  et 
qui  se  nommait  Mary  Miles  Minter. 

Sous  ce  nom,  la  jeune  actrice  a  fait 

une  jolie  carrière,  mais   son   âge  — 

officiel  ou   véritable    —   demeure   le 

thème   d'inépuisables  plaisanteries. 

• 

Betty  Blythe  est  grande  liseuse; 
adepte  de  la  Christian  Scienee  elle 
est  également  influencée  par  la  phi- 
losophie de  Rabindranath  Tagore. 

Comme  on  la  félicitait  sur  les  cos- 
tumes de  la  reine  de  Saba,  elle  a  mo- 
destement attribué  le  succès  aux  fils 
invisibles  grâce  auxquels,  sans  au- 
cune aide  apparente,  les  perles  con- 
servent des  postes  que  M.  Pierre  Be- 
noit qualifierait  d'hermétiques. 
• 

Les  films  allemands  ont  été  inter- 
dits en  Californie  à  cause  de  l'état 
d'esprit  des  chômeurs  du  cinéma  qui 
attribuent  à  l'importation  des  films 
étrangers  la  crise  dont  souffre  ac- 
tuellement  l'industrie    du    film   aux 

Etats-Unis.  L.  L. 

• 

On  annonce  que  la  nouvelle  pro- 
duction de  William  Christy  sera 
The  Barricade  —  dont  le  livret  a  été 
écrit  par  Daniel  Carson  Goodman, 
l'auteur  de  pièces  de  ciné  bien  connu. 
L'idée  est  profondément  humaine,  la 
trame  est  dramatique  et  l'on  choisit 
les  acteurs  qui  interpréteront  La 
Barricade  et  qui  contribueront  à  en 
faire  une  œuvre  digne  de  M.  Cabanne, 
créateur  de  The  Stealers,  What's  a 
Wife  Worth  ?  et  Lire  and  Let  Lire, 
qui   ont  également  été  tournées  par 


la  R-C  Pictures.  Comme  M.  Cabanne 
se  trouvait  de  passage  à  New-York 
quand  il  choisit  l'histoire  de  Good- 
man, et  que  le  film  devait  repré- 
senter maintes  scènes  se  passant 
dans  la  métropole,  il  a  décidé  de 
tourner  The  Barrieade  à  New-York, 
au  lieu  qu'elle  le  soit  aux  studios  de 
la  Californie.  C'est  pourquoi  il  a 
établi  son  quartier  général  dans  un 
studio  fameux  de  New-York,  où 
l'œuvre  va  être  mise  en  train  sans 
retard. 


ITALIE  M 

Parmi  les  causes  principales  de  la 
crise  cinégraphique  italienne  il  y  a 
l'énormité  des  cachets  qui  ont  été 
payés  aux  divi.  Vous  savez  bien  que 
le  divo  et  la  diva  sont  des  aimables 
personnes  qui,  pour  avoir  obtenu 
quelques  grands  succès  auprès  du 
public,  ont  cru  posséder  une  excep- 
tionnelle valeur  artistique  et  ont 
majoré  leurs  honoraires  jusqu'à  l'ex- 
cès. Monsieur  le  Capital  n'a  pas 
trouvé  des  raisons  pour  modérer 
cette  course  au  supercachet,  et  le 
divisme  a  fini  pour  réduire  aux  abois 
la  plus  florissante  de  nos  industries. 
On  a  payé  souvent  cinquante  mille 
francs  ce  qui  ne  devait  rapporter  que 
dix  mille  :  simple  erreur  de  calcul, 
comme  vous  voyez.  Notre  souverain 
Pontife  est  infaillible,  mais  la  Haute 
Finance  Cinégraphique  ne  l'est  pas. 
Tout  le  monde  a  bien  le  droit  de  se 
tromper  et  même  de  se  laisser  trom- 
per. D'ailleurs,  cela  n'intéresse  que 
les  actionnaires. 


La  société  anonyme  Ambrosio  Film 
de  Turin  nous  annonce  qu'elle  n'a 
jamais  fait  partie  de  TUnione  Cine- 
matogra/ica  Italiana.  File  a  seule- 
ment vendu  à  la  dite  l'tiione  quel- 
ques beaux  films. 

Cette  mise  au  point  nuit  au  pres- 
tige artistique  et  industriel  de  VU. CI. 
car  des  trois  films  que  la  même  U.  C. 


1.  a    pu    vendre  en   Amérique,   deux 
étaient  sortis  des  ateliers  Ambrosio.    . 

• 
Une  nouvelle  maison  éditrice  de  ' 
films  est  née  ici  à  Rome.  File  tourne 
actuellement  son  premier  chef-d'œu- 
vre, qui  a  pour  titre  Aube  Xuptiale. 
Nous  avons  dit  chef-d'œuvre,  car  une 
autre  appellation  serait  déplacée, 
attendu  que  la  dite  maison  a  choisi 
pour  son  nom  celui  de  Genialissimd 
Film,  ce  qui  veut  dire  le  (Uni  le  plus 
çjénial. 

La  Cita  Cinéma  vient  d'ouvrir  une 
souscription  en  vue  d'augmenter  son 
capital  de  <i  à  20  millions. 

Notre  industrie  cinégraphique  est 
en  crise.  Ayant  tourné  tumultueuse- 
ment, à  la  hâte,  sans  respecter  tou- 
jours les  exigences  de  l'art  et  celles 
du  commerce,  nous  nous  trouvons  à 
présent  avec  des  centaines  de  films 
sur  les  bras,  —  des  films  que  le  mar- 
ché italien  n'amortit  pas  et  que 
l'étranger  refuse  d  acquérir. 
.  On  a  fabriqué  trop  et  mal  :  on  com- 
mence, un  peu  tard,  à  s'en  aperce- 
voir. En  outre,  les  énormes  cachets 
donnés  aux  artistes  et  aux  réalisa- 
teurs ont  rendu  la  production  du  film 
italien  extrêmement  coûteuse.  On 
-essaye  à  présent  de  réduire  les  frais, 
on  remercie  beaucoup  de  personnel 
et  on  ferme  des  studios.  Peut-être  la 
fabrication  reprendra-t-elle  sous  peu, 
et  avec  des  vues  plus  éclairées  et  plus 
industrielles.  Le  film  italien  resur- 
gira. 

Le  directeur  général  de  l'Uniona 
Cinematografica  Italiana  revient  de 
son  voyage  en  Amérique.  Il  a  vendu 
sur  ce  marché  trois  films  de  grande 
importance  (Thëodora.Le  Navire,  Le 
Fils  de  Madame  Sans-(iène). 


Francesca  Hertini  est  devenue 
Mme  Paul  Cartier.  Son  mariage  a 
été  célébré  le  B  août.  La  dire  quitte 
le  cinéma 

La  Fox  Film  Corporation  de  New- 
York  a  ouvert  un  studio  à  la  Farnej 
sina.tout  près  de  Rome. En  ce  moment, 
on  y  travaille  à  la  réalisation  d'un 
grand  film  historique,  Néron. 

Il  y  a  ici  beaucoup  de  gens  qui  se 
moquent  de  cette  entreprise,  sans 
avoir  l'obligeance  d'en  attendre  les 
résultats. 


cmea 


15 


Notre  gouvernement  a  l'air  de  s'in- 
téresser au  cinéma.  Il  a  créé  jadis,  et 
vient  d'élargir  par  un  récent  décret, 
un  Consiglio  Nazionale  de!  l'Indus- 
tria  Cinematog raflca,  où  les  indus- 
triels, les  commerçants  et  les  travail- 
leurs du  film  sont  représentés. 


Voici  les  titres  de  quelques  films 
qu'on  vient  de  tourner  dans  nos 
studios. 

Lucio  d'Ambra  Film,  U.C.I.  Une 
tragédie  sur  trois  cartes. 

Médusa  Film,  U.C.I.  Jeanne  la 
Pâle,  d'après  Balzac. 

Ambrosio  Film  Turin.  Gamine,  Le 
Roman  de  Mina,  La  Lettre  fatale. 
Le  Château  des  ténèbres. 

Photo-Drama,  U.C.I.  Le  Mystère 
de  Bernard  Brown,  d'après  Oppen- 
heim. 

Chez  la  Cinès  (U.C.I.),  MM.  Au- 
guste Genina  et  Diego  Angeli  tour- 
nent un  Cyrano  de  Bergerac. 

M.  Gaston  Ravel  monte  à  la  Médusa 
(U.C.I.),  Une  Idylle  tragique,  d'après 
Paul  Bourget,  protagoniste  Mme  Hé- 
lène Makowska. 

Chez  la  Lombardo  Film,  à  Naples, 
Marise  Dauvray  et  Charles  Krauss 
interprètent  Un  cœur,  un  cerveau, 
un  poignard. 

Chez  la  Triumphalis,  à  Rome,  on 
tourne  un  autre  Néron  :  l'Impérator 
Xero,  de  Fausto  Salvatori. 

Chez  la  Kinascimento  (U.C.I.),  la 
célèbre  danseuse  Dourga  pose  dans 
Cage  Dorée,  sous  la  direction  de 
M.  Amleto  Palermi. 

I .  ni  Falco 
• 

ALLEMAGNE  M 

L'éducation  au  moyen  du  film 
prend  à  Hambourg  de  plus  en  plus 
d'importance.  Le  matin  les  élèves 
vont  à  des  représentations  ou  pro- 
jections ;  films  et  conférences  se  com- 
plètent. Malgré  une  taxe  à  payer  le 
nombre  des  élèves  assistants  est  con- 
sidérable. 10  0/0  des  élèves  sont  admis 
gratuitement  aux  représentations. 
De  nombreux  films  sont  présentés 
aux  corps  professoral  et  à  un  consei 
de  parents. 

Par  des  représentations  et  conver- 
sations cinégraphiques,  les  élèves 
sont  amenés  à  participer  activement 
aux  questions  d'éducation  par  le 
ciné. 

A  des  représentations  spéciales 
furent  invités  les  milieux  de   sport, 


gymnastique,  industrie,  les  den- 
tistes, etc.  Le  dimanche  matin  il  y 
a  régulièrement  des  représentations 
éducatives. 

• 

Le  dollar  s'introduit  en  Allemagne 
et  sa  présence  se  fait  sentir  dans 
l'industrie  du  film.  Il  est  exagéré 
d'en  conclure  à  la  faillite  du  fdm  al- 
lemand ou  de  le  considérer  comme 
l'esclave  du  capital  américain. 

Les  capitaux  américains  per- 
mettent aux  allemands  de  gagner  de 
l'argent  et  aident  le  film  allemand  à 
vivre.  C'est  une  aide  qu'il  ne  faut  pas 
repousser.  Cette  situation  regrettable 
n'est  pas  à  changer,  il  faut  la  prendre 
telle  qu'elle  se  présente  et  regarder 
l'avenir  avec  optimisme. 

Plus  tard,  lorsque  le  marché  mon- 
dial aura  la  physionomie  d'antan, 
l'Allemagne  pourra  reprendre  la 
concurrence,  mais  en  attendant  l'Al- 
lemagne ne  doit  pas  rester  déserte,  il 
faut  bâtir  des  studios  et  des  cinés  et 
faire  tout  pour  entretenir  la  vie  du 
film.  Le  nombre  des  artistes  et  indus- 
triels du  film  s'accroît  sans  cesse,  il 
ne  faut  pas  perdre  courage.  Bientôt 
l'Allemagne  pourra  de  nouveau  se 
suffire  à  elle-même  et  l'industrie  du 
film  pourra  se  libérer  de  la  tutelle 
américaine  qui  pendant  quelque 
temps  lui  fut  utile. 


Blancs  et  Noirs 


Qui  donc  disait  de  la  galanterie 
française  qu'elle  était  morte? 

Certes  la  guerre  et  ses  promiscuités 
lui  furent  un  mal  bien  dangereux, 
mais  il  en  est  de  cette  maladie  comme 
de  certains  breuvages  :  on  les  croit 
mortels,  ils  vous  endorment  seule- 
ment... 

La  galanterie  française  était  en 
léthargie. 

Elle  s'est  réveillée  vivace. 

Le  wagon  du  métro  —  à  la  Con- 
corde—  était  plein,  tandis  que  monta 
ce  très  brun  jeune  premier  du  théâ- 
tre et  du  cinéma,  dont  le  talent  est 
aussi  terne  que  sont  ses  mœurs  écla- 
tantes. 

Avec  des  grâces  de  danseuse  qui 
achève  une  pirouette,  il  se  vint  né- 
gligemment accouder  à  l'un  des  sup- 
ports. Ses  yeux  étaient  d'une  demi- 
mondaine  ainsi  que  sa  bouche,  et  son 
allure  générale  ne  mentait  guère  plus 
que  ce  fin  mouchoir  de  soie  dont  l'ex- 
trémité mauve  apparaissait  à  sa 
manchette  gauche... 


Les  «  Trois  Grâces  »  l'eussent  pris 
pour  une  sœur  travestie... 

D'un  coin  où  il  était  assis  —  un 
monsieur  d'aspect  sévère  et  correct  — 
se  lève,  qui  de  la  meilleure  grâce  du 
monde  s'adressant  â  l'éphèbe  et  lui 
indiquant  sa  place  :  «  Monsieur,  vou- 
lez-vous  vous   asseoir,  je  vous  prie. 

—  «  Mais,  monsieur,  vous  êtes  vrai- 
ment trop  aimable. 

—  «  Mais  non,  voyons. . . 

—  «  Monsieur  je  vous  assure. 

—  «  Monsieur,  asseyez-vous  donc, 
je  vous  en  prie,  on  m'a  toujours 
appris  à  céder  ma  place  aux  dames  I  » 

Le  train  s'arrêtait.  L'extrémité 
mauve  du  mouchoir  s'agita,  le  jeune 
premier  rougit  légèrement,  et  tou- 
jours avec  grâce  descendit  aux 
Champs-Elysées. 

—  De  certaines  d'entre  les  réunions 
cinégraphiques.  On  y  applaudit  tou- 
jours celui  qui  parle,  sans  jamais  le 
contredire. 

On  y  disserte  des  heures  durant 
sur  l'avenir  du  cinématographe. 

On  propose  des  tas  de  remèdes  aux 
maladies  dont  il  souffre. 

On  n'en  fera  jamais  rienï 

Fort  heureusement. 

Une  fiche,  un  numéro  :  on  le  cata- 
logue. On  le  classe. 

Et  voilà  Ile  cinéma  est  sauvé.  Bravo  î 
Merci  I 

Et  avec  ça,  Messieurs,  semble-t-on 
y  dire,  comme  au  cirque. 

Dans  ces  réunions  : 

Les  Snobs,  don  d'ubiquité. 

Des  artistes  en  quête  d'engagements 
(illusion!)  payés  à  prix  de  bravos. 

Des  metteurs  en  scène,  en  mal  de 
publicité.  Puis  des  figurants,  des 
artistes,  des...  on  ne  sait  plus. 

Et  des  parasites.  . 

Tout  ce  monde  s'agite,  se  regarde, 
s  envie,  se  recherche,  se  hait  la  plu- 
part du  temps...  mais  se  félicite... 
quelle  pauvreté!... 

La  réunion  finie,  on  émigré  dans 
un  café  proche,  on  recommence.  On 
veut  absolument  sauver  le  cinéma  !... 

Et  là  je  pense  â  cette  définition 
parfaite  que  donnait  de  ces  réunions 
un  des  plus  jeunes  et  des  plus  auda- 
cieux cinéastes  :  «  On  dirait  d'une 
brasserie  de  province  où  les  «  Intel- 
lectuels »  se  rencontrent,  se  serrent 
la  main,  se  congratulent  chaleureu- 
sement, s'assoient,  boivent  un  bock... 
puis  s'en  vont  et  n'en  pensent  pas  un 
mot ...» 

André  Daven. 


16 


cinea 


i  ::  SPECTACLES::  S 


Auréa,     Isabeliia      Ruiz.     — 

Deux  noms  dont  l'un  a  tenu  et  dont 
l'autre  conserve  la  vedette  sur  les 
affiches  de  l'Olympia,  deux  artistes 
diversement  admirables,  deux  dan- 
seuses espagnoles  qui  ne  sont  pas 
que  de  music-hall. 

Voici  peu  de  temps,  Auréa  était 
inconnue  au  public  parisien.  Paul 
Franck  la  découvrit  et  la  révéla  avec 
la  science  de  l'art.  Elle  n'est  peut-être 
pas  beaucoup  plus  célèbre  à  présent, 
par  la  sottise  d'une  galerie,  voire 
d'un  parterre  qui  la  laissa  saluer 
quotidiennement  dans  le  silence  et 
qui,  un  soir,  avec  unanimité,  con- 
templa, comme  on  fait  d'un  pauvre 
fol,  un  spectateur  qui  criait  :  bravo T 

L'art  d'Auréa  m'a  ému  violemment. 
Il  faut  bien  dire  qu'il  est  artificiel. 
La  beauté  de  la  femme,  beauté  riche 
et  musclée,  l'harmonie  un  peu  bar- 
bare d'un  costume  «  de  l'Espagne 
ancienne  »  aux  violets  et  aux  argents 
rudes,  se  civilisent  par  les  complica- 
tions d'une  chorégraphie  qui  est  de 
la  mimique  dansée.  C'est  très  beau. 
C  est  très  troublant,  parce  qu'à  une 
technique  rigoureuse  se  juxtapose 
une  telle  multiplicité  d'intentions 
personnelles  que  l'on  doit  bien  y 
admirer  l'initiative  d'un  esprit  qui, 
un  peu  partout,  prit  les  éléments  de 
son  invention .  Heureusement,  Auréa 
possède  encore  un  don  qui  complète 
et  marie  tout  ce  mélange  :  une  su- 
perbe puissance  pathétique. 

Isabelita  Ruiz  nous  apporte,  elle, 
des  danses  plus  authentiques,  à  peine 
déformées  -à  l'espagnole  —  pour 
les  besoins  des  spectacles  de  là-bas. 
Je  l'ai  vu  danser  à  Madrid,  sur  une 
scène  où  sa  sœur,  chanteuse,  lui  suc- 
cédait, où...  un  film  américain  précé- 
dait son  numéro,  et  où  elle  rempor- 
tait de  grands  succès,  mais  à  peine 
supérieurs  à  ceux  que,  sans  doute 
charmé  par  une  grâce  si  menue,  le 
public  d  ici  veut  bien  lui  faire. 

Ce  qui  est  particulier  en  elle,  une 
l'ois  qu'on  sait  quelle' est  une  des 
bonnes  ballerines  d'Espagne,  c'est  sa 
jeunesse  mignonne  et  sa  diversité. 
Son  profil  singulier  est  d'une  extrême 
finesse,  ses  bras,  son  buste,  ses 
jambes  sont  à  la  fois  beaux  et  déli- 
cats. Mais  ses  robes,  toutes  réussies, 
sont  aussi  variées  que  ses  danses, 
depuis   la    presque    crinoline    sévil- 


lane  jusqu'à  la  longue  et  simple 
robe  de  pauvresse  gitane,  et  à...  la 
toilette  de  soirée  très  1921! 

Et  ainsi  Isabelita  Ruiz  danse,  tan- 
tôt maîtresse  brûlante,  tantôt  vierge 
sauvage,  noble  fille  surannée,  ou  jo- 
viale villageoise.  Il  n'3'  a  qu'un  carac- 
tère qu'elle  ne  quitte  point  :  c'est  sa 
délicieuse  jeunesse. 

R.  Payelle. 

Raquel  Meller. 

Elle  est  revenue  avec  son  Relicario 
et  le  Gitanillo,  et  cette  maîtrise  de 
ton  et  d'attitude  que  son  visage  dou- 
cement romantique  fait  si  discrète. 
Toujours  forte  et  charmante  à  la  fois, 
elle  réalise  la  sobriété  par  les  pro- 
cédés de  Réjane  et  de  la  Duse,  mais 
avec  cette  netteté  schématique  à  quoi 
l'aide  un  répertoire  de  chanson  aussi 
brèves  que  dramatiques. 

Catalane  qui  ne  néglige  pas  la 
science  profonde  de  l'écoleandalouse, 
Raquel,  magistrale,  précise,  savante, 
oublie  tout  d'un  coup  tout  ce  qu'elle 
sait  pour  ne  plus  exprimer  qu'avec 
son  cœur.  Quelle  leçon  pour  beau- 
coup d'artistes! 

Combien  de  centaines  de  fois  a-t-elle 
chanté  El  Relicario  et  Gitanillo.  Bar- 
celone, Madrid,  Buenos-Ayres,  Rio 
de  Janeiro  ne  s'en  lassent  point  Qui 
s'en  lasserait  ?  Ce  sont  deux  chefs- 
d'œuvre.  Et  pourtant  pas  une  fois 
l'on  ne  sent  la  négligence  autoritaire 
de  la  vedette  satisfaite  !  La  fraîcheur, 
la  sincérité,  l'amourdominent  la  tech- 
nique. Comme  fut  Malibran,  comme 
est  Pavlowa,  Raquel  Meller  est  un 
instrument  lyrique  d'une  sensibilité 
infinie. 

Spirituelle,  bien  entendu,  elle  sait 
l'être,  et  ironique  surtout.  Savourez 
son  Ay  Cypriano,en  attendant  qu'elle 
nous  rende  son  Ay  Ramon  célèbre 
de  Castille  aux  Amériques.  Et  comme 
sa  délicatesse  en  affirme  le  relief!... 

La  Vierge  rouge  —  tragédie  to- 
tale —  n'est  pas  plus  grandiloquente 
que  ces  amusettes.  Le  drame  de  la 
barricade,  fouetté  à  coup  de  Marseil- 
laise, entre  dans  les  âmes  et  brûle 
la  peau.  Criet-elle?  Un  mezzo-voce 
modeste  qui  soupire  sa  colère,  et 
cela  suffit.  O  cantatrices  qui  hurlez 
les  couplets  de  Rouget  de  l'Isle,  écou- 
tez le  jour  de  gloire  que  lamente 
Raquel  sur  un  pavé,  sur  la  paume  de 
sa  main,  sur  le  cœur  d'unerose  rouge. 
Avais-je  donc  déjà  entendu  chanter 
la  Marseillaise?  Tiens,  maintenant 
je  ne  m'en  souviens  plus. 

Louis  Delluc 


RÉPONSES  »EQsUEJ 


Mimosa.  —  Les  enfants  de  Fanny  Ward 
ne  font  pas  de  cinéma,  leurs  noms  me 
sont  inconnus. 

Mademoiselle  Cassette.  —  Socitil  Hypo- 
crites est   un  film   de  May  Allison   alors 
que  Uncle  Tom's  Cabin  est  de  Marguerite    | 
Clark. 

René  Labeight.  —  William  Farnum  esl 
né  à  Boston  (Massassuchets)  le  i 2  août 
Ses  principaux  films  sont  :  Une  Volonta 
La  Femme  Fardée.  L  Homme  le  plus,  fort, 
Sang  bleu.  Un  drame  d'amour  sous  la  Ré- 
volution. Un  ours  de  l'Alaska.  Conquéror, 
L'Or  maudit.  Le  Secret  de  Gypsy,  Apres  le 
Tvphon.  Dans  la  Jungle,  Le  dernier  des 
duans,  Seul  contre  tous,  Les  loups  de  la 
nuit.  Lassiter  le  Vengeur,  Eastward  Ho, 
The  Seuttlers.  Tbe  Loue  Star  Ranger.  Les 
Misérables,  Tbe  Raimbotv  Trail,  Tbe 
Joyous  Troitblemaker,  Heartstrings.  Tbe 
Orpban.  The  Adveniurer.  If  I  IVere  King, 
William  Farnum  est  marié  à  Olive  White. 

Roger  Beudin.  —  Pauline  Frederick  se 
nomme  en  réalité  Béatrice  Lybby.  Alla 
Nazimova  de  son  vrai  nom  Nazimorï  est 
née  à  Yolta  (Crimée)  le  4  juin  1879.  An- 
tonio Moréno  se  nomme  en  réalité  Gar- 
rido  Montéagudo. 

Cinégraphiste.  —  C'est  un  monsieur 
qui  cherche  un  commanditaire...  mais  ce 
n'est  pas  dans  les  réunions  qu'il  organise 
qu'il  le  trouvera. 

Paulette  Thomas.  —  Nous  pouvons 
vous  procurer  tous  ces  anciens  numéros 
au  prix  de  2  francs  l'exemplaire.  Voici  la 
liste  demandée  des  films  de  Bessie  Barris- 
cale  :  L'Outrage,  Le  prix  de  l'Ambition.  La 
beauté  fugitive,  Comtesse,  Les  Parvenus, 
Jalouse,  Sœurs  Jumelles,  Les  quatre  irlan- 
daises, L'Or,  La  Petite  Servante,  Rédemp- 
tion, Les  Six  Orphelines,  Peinture  d'Ame, 
Celle  qui  paie,  Madame  Qjii,  Au  fond  de  la 
coupe.  Fille  de  la  Tempête,  Une  comé- 
dienne... une  femme.  Noble  Mensonge.  Jouet 
du  destin.  Une  femme  de  tête,  Cupidité,  Le 
pari  de  Betty,  Celle  qui  souffre.  Une  aine 
saine,  La  Doctoresse,  etc.  etc. 

Proscrits.  —  Merci,  nous  pensions  la 
même  chose.  Les  Proscrits  ont  été  applau- 
dis à  Marivaux,  tant  mieux. 

Emeraude.  —  Léon  Mathot.  Pathé-Conj 
sortiurm  57,  faubourg  Saint-Martin,  Paris. 

Félix  M.  —  Non.  Philippe  Hériat  dans 
«  le  Gêneur  »  de  L  Homme  du  Large,  pro- 
chainement «Jonô  «dans  El  Dorado. 

S trong  Man.  —  L'adresse  de  Van  Daële 
est  14.  rue  Pestalozzi  (Paris-5e), 

Isa  Bell  and  Miss  Férious.  —  Lou  lel- 
legen  se  nomme  en  réalité  Edmond  v 
Dammler.  —  Olga  Petrova  de  son  vrai 
nom  Minnie  Collins  est  né  à  Warsaw.  — 
Gladys  Brockwell  se  nomme  en  realité 
Gladys  Broadwell. 

L'Œil  de  Chat. 


:inea 


17 


Mlle    MADYS 

que  nous  applaudirons  prochainement  dans  Lrs  Ailes  qui  s'ouvrent  le  dernier  film 

de  Guv  du  Fresnav  qui  sera  présenté  par  la  Société  des  Films  artistiques. 


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Louis  DELLUC  et  A.  ROUMAIVOFF,  Editeurs 
10,   Rue  de   l'Elysée,    Paris  -  Tél.   :    Elysée  58-84 


Cinéa  à  Londres 

CINEA    in 
LONDON 


MISS    BETTY     BALFOUR 
La  délicieuse  étoile  anglaise,  dont  Max  Dearlv  a  dit  en  1914  :  «  qu'elle  était  une  des  rares  artistes  étrangères  que  la  France  voudrait, 
un  jour,  revendiquer  ».  Les  spectateurs  français  ont  déjà  pu  l'applaudir  et  l'aimer  dans  le  Pantin  meurtri  (production  de  la  Cie  Welsh 
Pearson).    ou  ses   dons  remarquables  ont  pu  s'employer  de  façon  si  heureuse.    On    pourra   bientôt   l'admirer   dans   deux   nouvelles 

productions  de  la  Welsh  Pearson  Co  :  Mary  Find  tbe  Gold  et  Squibs. 


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PROGRAMMES         M 
CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi  7    au   Jeudi    13   Octobre 


»«    ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux,  is,  boulevard  des 
Italiens.  —  Louvre  06-99.  —  La  danse  de 
la  mort. —  A  14  millions  de  lieues  de  la 
terre. 

Omnia-Pathé,  5,  boulevard  Mont- 
martre.—  I.rs  trois  mousquetaires. —  Lui... 
sur  1rs  roulettes.  —  Supplément  facultatif. 
non  passé  le  dimanche  en  matinée  :  La 
Terre.  —  Le  sept  de  trèfle,  4e  épisode. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens.—  Nick  IVinler  et  ses  aventures  8e  épi- 
sode (facultatif).  —  Peppiiia.  —  Saturnin 
ou  le  bon  allumeur. 

3<=    ARRONDISSEMENT 

Pathé-Temple.  —  Lui...  sur  des  roulet- 
tes. —  L'Affaire  du  train  24.  71'  épisode. — 
Les  trois  mousquetaires,  prologue.  —  La 
ferre. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  Cœurs  de  vingt  ans.  —  Miss  Falty  au 
bain.  —  Dudule  apprenti  guerrier.  —  Les 
quatre  diables. 

4«   ARRONDISSEMENT 
Saint-Paul,      73,     rue     Saint-Antoine. 

—  La  fabrication  de  la  faïence. —  Le  sept 
,le  trèfle.  4e  épisode.  —  Chariot  fait  une 
Cure.  —  Le  signe  de  Zorro. 

5e  ARRONDISSEMENT 
Mésange,  3,  rue  d'Arras.  —  Les  décou- 
ragés. —  Beoueilrou  divorce.  —  L'Affaire  du 
train  24.  6e  épisode. — Cœursde  vingt  ans. 
Chez  Nous.  —  76,  rue  Mouffetard.  — 
Le  ver  et  le  crapeau.  —  Un  drame  sous 
Napoléon.  Ire  époque.  —  Le  voleur  volé. — 
Le  masque  rouge,  4e  épisode. 

6e   ARRONDISSEMENT 
Cinéma  Récamier,  3.  rue  Récamier.  — 
L'Affaire  du  Ira  in  24,  6"  épisode.  —  A  tra- 
ies rapides.  —  Coeurs  de  vingt  ans. 
7e  ARRONDISSEMENT 
Cinéma  Bosquet, 83,  avenue  Bosquet. — 
(éhee  les  Anthropophages,  7e  étape.  —  Le  mari 
à  la  campagne.  —   Le  sept  de  trèfle,   ae  épi- 
sode. —  La  Vieille. 


L' Entente  Cordiale 
franco=anglaise  parle 
tantôt  anglais  tantôt 
français.  Elle  pourrait 
peut  'être  se  servir 
aussi  du  cinéma.       0  a 


8e   ARRONDISSEMENT 
Théâtre   du   Cotisée,    38,   avenue    des 
Champs-Elysées.  —  Elysées  29-46.  —  Betty 
est  revenue.  —  A  14  millions  de  lieues  de  la 
/erre. —  La  danse  de  la  mort. 

9e  ARRONDISSEMENT 
Cinéma-Rochechouart,  66,  rue  de  Ro- 
chechouart.  Trudaine  67-89.  —  Les  Bohè- 
mes de  Paris.  —  Dans  les  régions  glacées 
du  Lakcviezv.  —  Coccinel  ouvre  la  pêche.  — 
Le  lys  de  la  vie. 


:         DOUGLAS    FAIRBANKS 

■ 

dans  Le  Signe  de  Zoro 
\ m * j 

Delta-Palace-Cinéma,  17,  boulevard 
Rochechouart.  Trudaine  67-89.  —  Le  sept 
de  trèfle.  4e  épisode.  —  Le  match  officiel 
Carpentier-Dempsev. — Fridolin  a  bon  cœur. 

—  Ursus. 

io<>  ARRONDISSEMENT 

Tivoli,    19,    faubourg    du    Temple.  — 

Fridolin  a  bon  cœur.    —    Idole   brisée.   — 

Les  trois  mousquetaires,   prologue.   —    La 

Terre. 

Folies  Dramatiques. 40.  rue  de  Bondy. 

—  De    Païenne    a    Sorrente.    —    Dudule 
apprenti  guerrier.  -  Les.  nuits  de  Neiv-York. 


Charles  Chaplin 

EST  A  PARIS 


11e    ARRONDISSEMENT 
Voltaire-Aubert-Palace,  95.   rue  de  la 
Roquette.  —  Nick  IVinter  et  ses  aveniurem 

8e  épisode. —  L'ultime  roman.  —  Les  tram 
mousquetaires,  prologue.  —  La  Terre. 

12«  ARRONDISSEMENT 
Lyon-Palace,   rue   de   L\on. —  Dudule 
apprenti  guerrier.  —  La  Terre.  —  Les  trois 
mousquetaires.  —  L'homme  merveilleux. 

i3e  ARRONDISSEMENT 

(iobelins,  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 

—  La  chanson  éternelle.  —  Beauctlron 
divorce.—  L'affaire  du  train  24.  (">•-■  épisode. 

—  Coeurs  de  vingt  ans. 

14e    ARRONDISSEMENT 

Gaîté,  rue  de  la  Gaité.  —  Le  roi  des 
chemins.  — Beaucitron  divorce.  —  L'ait  aire 
du  train  24.  6*  épisode.  —  Cours  de  vin  M 
ans. 

Si>Iendide-Cinéma.  3.    rue   Larochellej 

—  /..-s  jeunes  chiens.  —  Un  pari  original. -4 
Fridolin  a  Trou-lc-Mcr.  —  La  loi  commune. 

Régina-Aubert-Palace,  155,  rue  de 
Rennes.  —  Nick  IVinler  et  ses  aventures, 
Se  épisode.  —  Peppiiia.  —  A  travers  les 
rapides. 

Grenelle  Aubert-Palace.  141.  avenue 
Emile  Zola  (36  et  42  rue  du  Commerce)  — 
Miss  Fait  y  au  bain.  —  Cœurs  de  vingt  ans. 

—  L'homme  merveilleux. 

i5e  ARRONDISSEMENT 
Grenelle,   122,   rue  du  Théâtre.  —  Les 

décourages.  — Beaucitron  divorce.  —  L'Af- 
faire du  train  24.  6e  épisode.  —  Cœurs  de 
vingt  ans. 

Grand  Cinéma  Leiourbe,  1 15-1 1  c>.  rue 
Lecourbe.  Saxe  ^6-4^.  —  Chantilly.  — 
Cœurs  de  vingt  ans. —  L'homme  merveilleux. 

16?     ARRONDISSEMENT 
Mozart-Palace, 49,  5  r,rue  d'Auteuil.  16e. 

—  Programme  du  vendredi  7  au  lundi 
10  octobre.  —  Sur  le  Fjord  de  Christ iaua. 

—  Le  7  de  trèfle.  ^  épisode.  —  Le  crampon. 

—  Les  quatre  diables.  —  Programme  du 
mardi    11   au   jeudi    13  octobre.    —    C' e- 


ALLEZ    VOIR- 


La  Danse  de  la  Mort 

avec     NAZIMOVA 
au  Théâtre  du  Colisée 


cinea 


Douglas  Pairbanks 

EST  A  PARIS 


Us  anthropophages,  8e  étape.  —  Le  sang  du 
coupable.  —  Les  trois  mousquetaires,  pro- 
logue. —  Bécasson  capitaine  au  long  cours. 

—  La  chanson  éternelle.  —  Les  avatars  de 
Chariot,  2e  et  dernière  partie. 

Maillot-Palace-Cinéma,  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi 7  au  lundi  10  octobre.  —  Cbc{  les 
anthropophages,  8e  étape.'  —  Le  sang  du 
coupable.  —  Les  trois  mousquetaires,  pro- 
logue. —  Bécasson  capitaine  au  long  cours. 

—  La  chanson  éternelle.  —  Les  avatars  de 
Chariot,  2e  et  dernière  partie.  —  Pro- 
gramme du  mardi  11  au  jeudi  13  octobre. 

—  Sur  le  Fjord  de  Christiania.  —  Le  sept 
de  trèfle.  4e  épisode.  —  Le  crampon.  —  Les 
quatre  diables. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue 
Malakoff. —  La  Main  invisible,  5e  épisode. 

—  Les  hommes  marqués  —  Chariot  ministre. 

—  Le  lys  brisé. 

17e  ARRONDISSEMENT 
Cinéma    Demours,    7,    rue  Demours, 
Wagram    77-66.  —  Dans   le    royaume    du 
Printemps.  —  Le  sept  de  trèfle,  4e  épisode. 

—  A  1 4  millions  de  lieues  de  la  terre.  — 
Le  courage  d'un  lâche. 

Villiers-Cinéma,  21,  rue  Legendre.  — 
Un  pari  original.  —  Au  pars  de  l'olivier. — 
Mirages.  —  Une  grande  âme. 

Ternes-Cinéma,  avenue  des  Ternes,  5. 
Wagram  02-10.  —  Mœurs  marocaines.  — . 
Quand  l'amour  veut. —  La  danse  de  la  mort. 

Cinéma  Legendre,  r28,  rue  Legendre. 
Central  14-44.  —  Le  rachat  du  bandit.  — 
Le  sept  de  trèfle,  4e  épisode.  —  L'hiver  au 
Danemark.  — Billy  victime  du  mariage.  — 
Le  1rs  de  la  vie. 

Lutetia-Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Le  Delta  du  Nil.  —  Cvclone. —  Le  capitaine 
Grogg parmi  les  Centaures.  — La  danse  de 
\la  mort.  —  Les  trois  mousquetaires,  prolo- 
gue. 

Royal -Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Amour  tenace.  —  Après  la  débâcle.  — 
L'idole  brisée. 

18e  ARRONDISSEMENT 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43, 
Nord  49-24.  —  Marie  la  gaieté.  —  Zigoto 
çàrçon  de  théâtre.  —  L'ours  et  les  deux 
zdmpagnons.  —  .tournée  d'hiver  au  Dane- 
mark.  —  Le  collier  de  l'impératrice,  5e  épi- 
iode. 

Le,  Select,  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Le  capitaine  Grogg  parmi  les  Centaures.  — 
Amour  tenace.  —  La  danse  de  la  mort. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  110,  rue 
Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
:adet  22-81.—  La  Terre.  —  Séraphin  ou  les 
ïambes  nues.  —  Les  trois  mousquetaires. 
prologue. 


Palais-Rochechouart,  56,  boulevard  Ro- 

chechouart. —  Nick  IVinter  et  ses  aventures, 
8e  épisode.  —  Peppina.  —  Les  trois  mous- 
quetaires, prologue,  —  La  Terre. 

Gaumont-Palace,  1,  rue  Caulaincourt. 
—  L'Atlantide. 

Barbés- Palace,  34,  boulevard  Barbès- 
Nord  35-68.  —  La  danse  de  la  mort.  — 
L'idole  brisée.  —  Saturnin  ou  le  bon  allu- 
meur. 


RAQUEL  MELLER 
l'émouvante  et  spirituelle  chanteuse 
hispano-catalane  qui  nous  est  reve- 
nue avec  ses  succès  de  El  Relicario, 
Los  besos  falsos,  Gifanillo,  Ay .'  <  y- 
priano,  La  Vierge  rouge,  etc.,  sur  la 

scène  de  l'Olympia. 


19e    ARRONDISSEMENT 

Secrétan,  7,  Avenue  Secrétan .  — 
Lui...  sur  des  roulettes.  —  L'Affaire  du 
Train  24,  7e  épisode.  —  Les  trois  mousqmk" 
taires,  prologue.  —  La  terre. 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  A  travers  les  rapides'.  —  L'Homme 
merveilleux.  —    Les    Trois   Mousquetaires, 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Le  Capitaine  Grogg  parmi  les 
Centaures.  —  Amour  tenace.  —  Les  trois 
Mousquetaires,  —  La  Terre. 

Le  Capitole,  place  de  la  Chapelle. 
—  La  terre.  —  Le  capitaine  Grogg  parmi  les 
Centaures.  —  La  danse  de  la  mort.  —  Les 
trois  mousquetaires,  prologue. 


ALLEZ   VOIR- 


Les  Trois  Mousquetaires 


. 


Mary  Pickford 
EST  A   PARIS 


20e    ARRONDISSEMENT 
Paradis-Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 
leville.  —    Miss  Fatly  au  bain.  —    Le  Jeu. 
— Nick  IVinter  et  ses  aventures ,8*  épisode. 

—  L'homme  merveilleux. 

BANLIEUE 

Clichy.  —  Lui...  sur  des  roulettes  — 
L'Affaire  du  train  24,  7e  épisode.  —  Les 
trois  mousquetaires,  prologue.  —  La  Terre. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  —  L'idole 
brisée.  —  Le  signe  de  Zorro. —  Le  capitaine 
Grogg  parmi  les  Centaures. 

Magic-Ciné,  2  bis,  rue  du  Marché  (l.c- 
vallois).  Wagram  04-91.  —  Les  quatre 
diables.  —  La  course  à  l'héritage. 

Levallois.  —  Alcindor  est  jaloux.  — 
L'Affaire  du  train  24,  se  épisode.  —  Les 
deux  sous  de  Frit^igli.  —  Le  voile  du  men- 
songe. —  Le  crampon. 


Le   Cinéma   Anglais 
à  travers  les  Ages  !... 


Que  les  nombreux  lecteurs  de  Cinea 
se  rassurent.  Je  ne  remonterai  pas  au 
déluge,  c'est-à-dire  à  ces  temps  loin- 
taine pour  moi,  où  les  recherches  de- 
divers  inventeurs  :  Heyl,  Marey,  Du- 
meny,  Edison,  etc.,  aboutirent  à  cette 
huitième  merveille   :  le  Cinéma. 

A  l'époque  où  débute  cette  histoire, 
que  je  ne  veux  faire  qu'attrayante,  - 
ce  pourquoi  on  excusera  sa  concision  et 
ses  oublis  —  le  cinématographe  était 
créé.  Cinématographe  en  France,  Kiue- 
toscope  eu  Amérique,  Animatographe 
e^r'r Angleterre,  rudimentaire  et  cepen- 
dant complet,  il   était  déjà  conquérant. 

Les  frères  Lumière  projetaient  à  Pa- 
ris leurs  premières  vues.  Ils  les  présen- 
tèrent bientôt  à  New- York  où  Edison 
avait  fait  naître  la  curiosité  avec  des 
scènes  du  même  genre,  montrant  des 
personnes,  des  animaux  et  des  choses 
en  mouvement  ;  la  vie  des  vagues,  etc. 
Ils  se  firent  connaître,  également,  en 
Angleterre,  par  un  coup  de  maître. 

Le  12  février  1895,  ils  ouvrirent  l'Em- 
pire de  Londres,  avec  un  spectacle  ci- 
nématographique de  leur  composition. 
Quinze  jours  après,  Mr.  R.-W.  Paul, 
un  des  premiers  confectionneurs  d'ima- 
ges animées  (moviug  pictures)  pour  le 
kinetoscope,  suivit  ce  bon  exemple  à 
l'Alhambra. 

La  Compagie  Maguire  et  Borcas  ex- 
ploitant certains  brevets  d 'Edison,  fut 
1111e  des  premières  maisons  anglaises 
oui  se  chargèrent  de  suppléer  au  plai- 
sir de  ces  gens  bonhonimes  qui  ne  peu- 


cinea 


veut  se  regarder  sans  rire.  Elle  se  trans- 
forma bientôt,  et  devint  la  Warwick 
Trading  C",  dont  le  managing-Director 

fut  Mr.  Chas  Urban. 

Parmi  ses  autres  membres,  aujour- 
d'hui encore  renommés  dans  l'industrie, 
furent  Mr.  Ceci]  Ilepworth,  actuelle- 
ment à  la  tête  d'une  des  plus  importan- 
tes Compagnies  de  production  du  pays; 
Mr.  Will  Parker  qui  dirigea  par  la 
suite  l'agence  de  la  Vitagraph,  à  Lon- 
dres, et  Mr.  K.-W.  Paul. 

En  1S96,  Mr.  Hayden  et  Hurry  d'Is- 
lington,  prirent  un  brevet  pour  un  ap- 
pareil de  leur  invention,  et  s'inscrivi- 
rent parmi  les  premiers  producers  an- 
glais. 

En  1897,  la  Biograph.  exploitant  en 
Amérique  l'appareil  qui  porta  son  nom, 
vint  à  son  tour,  en  Angleterre.  Son 
agence,  dans  ce  pavs,  fut  d'abord  di- 
rigée par  Mr.  C.  Urban  qui  devait  fon- 
der l'Urban  Trading  C°.  Mr.  C.  Urban 
édite  à  présent,  entre  autres  produc- 
tions, un  journal  cinématographique, 
Kineo  Rcview,  présenté  par  une  Com- 
nagnie  américaine  de  fondation  récente, 
l'iiiterest  Film   C°. 

Temps  bénis  où  s'amnsèrent  bien  des 
narents.  On  assistait,  bouche  béante,  à 
l'arivée  d'une  locomotive  fumante  et  fu- 
meuse, dont  un  jazz-band  anachronique 
dévoillait  suffisamment  la  nationalité. 
Puis  encore,  à  quelque  meting  qui,  tout 
naeifique  qu'il  devait  être  vous  donnait 
li  chair  de  poule. 

Vous  souvenez- vons  de  ce  monsieur 
corpulent  et  opiniâtre  qui  se  détachait 
'le  la  foule  selon  des  raisons  plutôt  dou- 
teuses, et  s'avançait  sur  vous  avec  une 
telle  insistance,  que  sa  grosseur  aug- 
mentant à  chaque  pas,  vous  louchiez 
horriblement  vers  la  porte!...  On  fP 
mieux  depuis.   Nous  avons  1e  fondu. 

Le  cinéma  fait  pour  la  foule,  selon 
la  iuste  parole  de  Mr.  Louis  Delluc. 
"'eût  pas  toujours  la  faveur  de  celle-ci. 
Peu  s'en  faut.  Il  fallut  s'ingénier  pour 
humaniser  les  gens.  La  tâche  ne  fut  pas 
mince.  Le  public  se  faisait  t,-rer  l'œil, 
si  l'on  peut  dire  pour  paver  deniers 
comptant  des  images  fugitives  et  son 
veut  vagues. 

On  dût  user  de  stratagèmes.  Certains, 
utilisèrent,  au  préalable,  les  talents  de 
consciencieux  xvlophonistes  ;.  d'autres, 
agrémentèrent  leur  spectacle'/ cfe^iJume^ 
ros  dansants,  Léon  Yindt.  pqlif.yVi''  crùn' 
lonnet  de  magicien,  intrigua  d'abord 
d'innocentes  populations.  Le  «  vous 
•liez  voir  ce  que  vous  allez  voir  »  n'est- 
il  pas  encore  la  règle  du  jeu.  dans 
maints  établissements  célèbres  d'auiour- 
d'hui.  En  vérité,  le  cinéma  à  ses  débuts 
fut  une  chose  drôle.  Oublions  les  pre- 
miers comiques  de  l'écran,  qui  le  furent 
moins  !... 

Jusqu'en  1909,  année  qui  vit  l'éta- 
blissement du  «  einématosrraph  act  », 
p->s-é  devant  le  Parlement,  par  monts 
<*t  mr  vaux,  le  ciné  déambula.  Tl  fallait 
le  faire  connaître.  Ce  fut  le  temps  de<= 
randonnées  épiques,  Mssrs.  Albany. 
Gilpin.  Jury,  Ward,  Plake,  P.ros,  Bnr- 
ber.  etc.,  furent  de  ces  intrépides  qui 
le  firent,  dirai-je.  apprécier,  à  leur 
corp;  défendant.  Toutes  les  merveille^ 
du  monde  annoncèrent-ils.  pour  dix  cen- 
times, la  parade  préliminaire  par-des- 
sus  le  marché! 


1898,  vit  l'apparition  du  cinéma 
gazette  en  Angleterre  ;  Mr.  W.-C.  Jea- 
pes  en  fut  le  promoteur.  Producer-exhi- 
bitor,  il  organisa  le  premier  topical  bu- 
siness du  pays.  A  lui,  revient  l'honneur 
d'avoir  présenté  au  public  anglais,  pour 
la  première  fois,  le  Grand  National  (ce 
qu'est  le  Grand  Prix  en  France).  Cette 
mémorable  projection  fut  faite  en  1903, 
au  Palace  Cinéma  de  Londres. 

Durant  cette  même  année.  Mr.  R.-YV. 
Griffith  inaugura,  au  Peckham  Palace, 
les  «  continous  performance  »  où  spec- 
tacle continu,  système  de  représentation 
qui  sévit  encore  aujourd'hui,  au  grand 
dam  de  nos  yeux  et  de  nos  oreilles. 
Puisse-t-il  ne  plus  continuer  longtemps, 
nous  délivrant  ainsi  de  ces  scènes  chao- 
tiques qu'un  opérateur  trop  zélé  meule  à 
plaisir. 

En  1898,  également,  la  Compagnie 
Gaumont  ouvrit  une  agence  à  Londres, 
dont  le  premier  Directeur  fut  Mr.  A.-C. 
Bromhead.  Mr.  Bromhead  occupe  encore 
ce  poste  aujourd'hui. 

Les  transactions,  jusqu'à  cette  épo- 
que, étaient  simples  :  le  producer  cédait 
directement  ses  films  en  marché  libre 
aux  exhibiteurs,  lesquels  les  utilisaient 
jusqu'à  ce  qu'ils  mourussent  d'épuise- 
ment. 

En  1899,  la  Walturdaw  C°,  fondée  en 
1896,  sous  la  raison  sociale  Walkcr  Tur- 
ner  et  Dawson,  se  chargea  de  diffuser 
un  film  dans  des  conditions  plus  appro- 
priées à  la  demande.  Elle  fut  la  première 
maison  de  louage,  établie  en  Angleterre. 

Les  industriels  débarassés,  grâce  à 
elle,  de  tout  souci  administratif,  s'en 
remirent  à  ses  bons  soins,  quant  à 
l'écoulement  de  leurs  films.  Aussi,  four- 
nit-elle pendant  longtemps,  aux  exhibi- 
teurs, dès  programmes  complets.  Gau- 
mont suivit  bientôt  son  exemple. 

Toutes  deux  furent,  d'ailleurs.  «  boy- 
cottées »,  durant  quelques  années,  par 
les  Directeurs  de  cinéma,  qui  acceptè- 
rent, difficilement,  de  passer  sous  leurs 
fourches  caudines.  La  Walturdaw,  à  ses 
débuts,  fut  également  une  Compagnie 
productrice. 

En  1901,  elle  ouvrit  un  des  premier-; 
studios  à  Saint-Alban.  cependant  que 
Oaumont  en  organisait  un  autre  à 
Lunghborough  Junction. 

En  1904,  elle  produisit  une  gazette  ci- 
nématographique hebdomadaire  pour  le 
Palace-Théâtre,  déjà  cité. 

En  1902,  la  Comnagnie  Hepworth, 
fondée  par  Mr.  C.  Hepworth,  un  des 
pionners  de  l'industrie  cinématographi- 
que, en  Grande-Bretagne,  s'organisa  sé- 
rieusement pour  une  production  natio- 
nale. Les  films  avaient  alors  une  lon- 
gueur de  600  à  1.000  pieds  et  racon- 
taient déjà  une  histoire  à  la  façon  dont 
les  images  d'Epinal  donnaient  une  mo- 
ralité. En  somme,  le  cinéma  était  via- 
ble. Tl  ne  marchait  déjà  pas  mal  pour 
son  âge. 

Tl  v  eut.  ensuite,  la  Williamson  C° 
qui  manufactura  l'anpareil  du  même 
nom.  Elle  vient  de  céder  sou  entreprise 
à  la  Butcher  C°,  nour  se  consacrer  ex- 
clusivement aux  travaux  d 'impression. 
T.a  Cie  Cricks  et  Martin,  fondée  vers 
In  même  époque  n'existe  plus  auionr- 
d'hui.  Tl  est  possible  qu'elle  ait  fait  For- 
tune. Puis  encore  les  Compagnies  T"r 
uer,    Kiuemacolor,    Windsor,    etc. 


Et)  1905,  Pathé  s'implantait,  eu  tant 
que  fournisseur  de  film.  Il  exploita  le 
.Marble  Arch  cinéma,  sans  grand  succès 
d'ailleurs,  car  l'affaire  périclita.  Le  cinl 
fut  transformé  en  magasin  d'approvi- 
sionnement. Depuis  1916,  il  est  revenu 
à  sa  destination  primitive,  sous  le  nom 
de  l 'Electric. 

En  1906,  la  Vitagraph  C°,  fondée  en 
1900,  à  New- York,  par  un  anglais,  Mr. 
1.  Stuart  Blackton.  eut  son  agence  à 
Londres  et  mit  ses  films  sur  le  mar- 
ché. Le  public,  familiarisé,  goûtait  le 
cinéma  comme  un  spectacle  tranquille 
et  amusant.  Celui-ci  n'avait  plus  seule- 
ment un  succès  relatif  de  curiosité.  Son 
attrait  particulier  lui  valait,  chaque 
jour,  de  nouveaux  fidèles  et  même  des 
dévots. 

La  concurrence  entre  les  divers  pro- 
ducteurs devint  âpre.  Pathé  réduisit  le 
prix  de  ses  bandes  de  1  shelling  à  6 
pence,  et,  soutenu  par  de  gros  capitaux, 
s'assura  la   domination   du  marché. 

Eu  1908,  la  première  revue  cinéma- 
tographique anglaise,  le  Kinematograph 
Weekly,  était  fondée  par  Mr.  L.  Héron. 
Elle  est,  aujourd'hui,  dirigée  par  Mr.  A. 
Tillev',  un  de  ses  premiers  collabora- 
teurs. 

En  iqio,  la  Williamson  inaugura  le 
premier  studio,  modèle  britannique. 
Les  appareils  dont  on  se  servait  alors, 
étaient  de  marques  Lumière,  Moy. 
Edison,   Biograph,  Williamson,  etc. 

En  1910,  la  Cie  Cricks  et  Martin  inno- 
va en  donnant  des  «  release  date  »,  e'est- 
à-dire  en  indiquant  à  l'avance  les  date* 
de  présentation  des  films  . 

En  1911.  Mr.  Bromhead  présenta  le 
"  Chronophone  ».  machine  parlante  et 
chantante,  inventée  par  M.  L.  Gaumont 

En  1913,  il  présenta  le  «  Chrono- 
cfirome  ». 

En  1912,  la  Compagnie  Oaumont 
s'installa  à  Shepherds  Bush  où  elle  de- 
vait faire  construire  le  studio  qu'elle  oc- 
cupe actuellement. 

Ce  fut,  dès  lors,  le  développement 
ininterrompu  d'une  industrie  neuve, 
anpelant  à  elle  toutes  les  jeunes 
gies,  toutes  les  bonnes  volontés.  Cha- 
que mois  vit  naître  de  nouvelles  Com- 
pagnies :  Clarendon  Film,  Eeko.  Foss. 
London,  etc.  Toutes  tentèrent  l'aven- 
ture. 

Nombre  d'entre  elles  la  menèrent  » 
bien.  Le  public  était  enthousiaste,  la  vie 
était  facile,  le  film  ne  coûtait  pas  cher 
et  plaisait,  les  exhibiteurs  étaient  heu- 
reux, les  producers  étaient  contents.  Ce 
fut  l'âge  d'or  du  cinéma. 

La  guerre  n'interrompit  pas  un  IpI 
essor.  Durant  les  hosti1;tés,  le  public 
anglais  s'est  attaché,  au  contraire,  an 
cinéma  comme  à  un  spectacle  préféré. 
Ce  fut  un  eneouement  général  qui, 
manquant  de  réflexion  comme  tout  en- 
gouement, finit  par  aveugler  le  produ- 
cer sur  ses  intérêts  véritables.  Le  nu- 
blic  acceptant  tout,  il  lui  donna  n'im- 
porte quoi.  L'un  et  l'autre  en  sont  re- 
venus, l'un  devint  exigeant.  Celui-là  à 
présent  est  raisonnable. 

Le  producer  anglais  s'est  remis  à  In 
tâche  avec  1a  ferme  volonté  de  satisfaire 
même  les  plus  difficiles  de  ses  contemp- 
teurs. Fit-il  pas  mieux  que  de  ?"  plain- 
dre. 

A. -F.  Rose. 


cinea 


L'INDUSTRIE  CINÉMATOGRAPHIQUE  ANGLAISE 


PRODUCTION 

46  Compagnies  sont  actuellement  en- 
registrées en  Angleterre,  disposant  de 
27  studios.  Certaines  de  ces  Compagnies 
ont  été  formées  pour  la  production  d'un 
seul  film.  Leur  vitalité  dépend  alors  de 
leur  premier  succès.  Telles  sont  les 
Compagnies  :  Cleii,  Direct,  Seal.  D'au- 
tres ont  pour  objet  la  production  d'une 
série  de  films  :  Minerva  Screen  Playr., 
Zodiac,  etc.  11  n'est  pas  rare,  dans  tu  £ 
Compagnie  anglaise,  de  voir  le  «  star  » 
homme  occuper  également  les  fonctions 
de  metteur  eu  scène,  le  poste  de  direc- 
teur (Famous  Players  Lasky,  viz.  Mr. 
Douai  Crisp),  quelquefois,  il  est  en  ou- 
tre auteur...  et...  l'époux  de  sa  princi- 
pale interprète  (Georges  Clarck  Prod. 
viz.  Mir.  Guy  Newall).  Ceci  n'est  pas, 
d'ailleurs,  pour  les  en  blâmer.  Qu'im- 
porte, pourvu  que  nous  ayons  l'ivresse. 

Les  plus  importantes  Compagnies 
britanniques,  les  plus  solides  sont  : 
Broaduuest,  G.  Clarck,  Hepwort,  Idéal, 
Gaumont,  Stoll,  Welsh  Pearson. 

On  trouvera,  plus  loin,  un  aperçu 
aussi  complet  que  possible  sur  leui 
activité.  On  peut  ajouter,  à  la 
rigueur,  à  cette  liste  la  Famous  Players 
Lasky,  bien  qu'elle  soit  une  affaire  plu- 
tôt américaine. 

Parmi  les  autres  bonnes  maisons 
d'une  importance  moindre,  il  faut  si- 
gnaler : 

ALLIANCE     FILM      CORPORATION 
Directeur  général  de  production  :  Mr. 
Harley  Knoles. 

Metteurs  en  scène  :  Mrs.  Harley  Kno- 
les,  Franck  Crâne. 
Cette   Compagnie,    formée   en   novem- 


MAURICE  ELVEY 
Un  des  meilleurs  producteurs  et 
metteurs  en  scène  (Stoll  Picture  Prod.) 


MISS  MADGE  STUART 
que  Paris  a  admiré  dans  Le  Cheva- 
lier de  la  Taverne  (un  drame  au 
temps  de  Cromwell)  vient  de  tour- 
ner Gievnetb  0/  the  welsh  bills 
(Stoll  Pictures  Prod.) 

bre  1919,  au  capital  de  £  1. 000. 000,  a 
produit  «  Carnival  »,  mis  en  scène  par 
Mr.  H.  Knoles.  Ce  film  fut,  eu  quelque 
sorte  l'événement  de  l'année.  En  fait,  il 
est  une  super-production  britannique, 
digne  de  tous  éloges. 

Parmi  les  excellents  artistes  qui  l'in- 
terprétèrent, il  faut  signaler  particuliè- 
rement Mr.  Matheson  Lang,  le  célèbre 
acteur  du  «  Jui-Errant  »;  Miss  Heyda 
Rayley,  etc. 

Autres  production:  «  The  door  that 
lias  no  key  »,  mis  en  sène  par  M.  Frank 
Crâne,    avec    Betty    Faure    et    Georges 


Relph;  «La  Menace»,  qui  sera  présentée 
prochainement.  Mentionnons,  enfin,  la 
dernière  œuvre  en  voie  de  réalisation  : 
«The  Bohemiau  Girl»,  adaptée  de  l'Opéra 
célèbre  eu  Angleterre,  pour  laquelle  Mr. 
Harley  Knoles  a  engagé  un  des  acteurs 
les  plus  en  vue  du  Théâtre  contempo- 
rain, Mr.  Aubrey  Smith. 

IiRITISH  &  COLONIAL  CINEM.  Cl 
Directeur  :  M.  E.  Godall.  Films  déjà 
tournés  :  Twelve  Ten,  avec  Maria  Doro; 
The  Magie  Skiu  «  la  peau  de  chagrin  », 
avec  I vomie  Arnaut;S\vord  of  Damocles, 
avec  José  Collins.  etc..  Le  plus  récent 
est  Le  Puppet  Man,  metteur  en  scène  . 
Mr.  Frank  Crâne. 

I.  B.  DAVIDSON 

Metteur  en  scène  et  scénariste  :  M. 
A.-E.  Colleby. 

Cette  Compagnie  a  déjà  produit  :  The 
way  of  the  World,  sportmg  drama,  avec 
le  champion  de  boxe  d'Australie,  Gor- 
don Coghill;  puis,  récemment,  The  call 
of  the  road,  avec  Phyllis  Channaw  et 
Victor  Mac  Laglen,  un  des  meilleurs 
films  de  l'année   1920   . 

ASTRA 

Les  productions  distribuées  par  cette 
Compagnie  sont  mises  eu  scène  par  M. 
Kenelm  Foss.  Je  citerais  :  The  bride  of 
the  Treshams,  avec  Sir  Martin  Harvey; 
«  a  bachelor  Husband»;  «  Cherry  Ripe  »; 
«  The  street  of  adventure  »  (film  sur  la 
vie  des  journalistes).  Ces  deux  dei  niè- 
res  productions,  malgré  une  bonne  mise 
en  scène,  furent  de  moyenne  valeur.  Il 
eût  été  difficile,  sinon  impossible,  à  la 
grâce    de    Mlle    Mary    Odette,    de    faire 


DONALD  CRISP 
l'admirable  boxeur  du   Lys  brise,  et 
remarquable  metteur  en   scène. 


cinea 


Le  grand  comédien  cinégraphique  Stewart  Rome  et  Gertrude  Mac  Cov 
dans  Christine  Johnstone  (Broadwest  Filmi 


BROAWEST  COMPANY 

Cette  Compagnie,  fondée  en  août  1914, 
par  Messrs  \\  aller  \\  est  et  Broadbriugeï 
commença  par  produire  de  courtes  co- 
médies, puis  entrepris  de  plus  longues 
œuvres  qui  lurent  favorablement  ac- 
cueillie.^. 

Elle  acheta,  en  1915,  une  superte  pro- 
priété à  Walthamstow  où  elle  fit  éri- 
ger un  studio  modèle.  Parmi  ses  près 
tniers  films,  il  y  a  lieu  de  signaler  «  Le 
.Marchand  de  \enise»,  dans  lequel  Ma? 
theson  Lang,  le  célèbre  acteur,  tint  le 
principal  rôle. 

Lu  1910,  Miss  Violet  Hopson,  déjà 
réputée  eu  Amérique,  comme  vedette  d| 
cinéma,  fut  engagée  et  débuta  dans 
«  1  he  Ware  Case  »,  avec  Matheson 
Lang,  comme  partenaire.  Vinrent,  en- 
suite, «  A  munitions  girl  romance  », 
où  Miss  Hopson,  tint  le  rôle  d'une  ou- 
vrière d'usine  ;  puis,  trois  films  où  elle 
eût  celui  de  «  Sportiug  héroïne  »;  «  A 
gamble  for  love  »  ;  «  A  turf  conspj 
racy  2  »;  «  A  fortune  of  stake  ».  Les 
trois  films  eurent,  pour  attrait,  la  repré- 
sentation d'une  course  de  chevaux. 

Productions  suivantes  :  «  A  daughter 
of  Eve  »,  avec  Stewart  Rome  ;  «  A 
great  coup  »;  «  Suow  in  the  Uesert  »; 
ce  dernier  fut  présenté  en  France,  sous 
le  titre  «  Le  Lion  »;  «  A  dead  Cer- 
tainty  »,  avec  Poppy  Wyndham,  Gre- 
gorie  Scott  et  Cameron  Carr,  et  tout 
dernièrement,  «  The  romance  of  a  movie 
Star  »,  avec  Miss  Violet  Hopson,  dans 
le  rôle  de  la  «  movie  star  »  f vedette  de 
cinéma). 

Production  à  venir  :  «  lu  full  cry  »; 
«  A  sportman  wife  »;  «  Vi  of  Smith's 
Alley  »  et  «  The  imperfect  lover  ».  dans 
lesquelles  Violet  Hopson,  interprétera  le 
principal  rôle,  avec  ses  partenaires  ha- 
bituels :  Steward  Rome,  Cameron  Carr, 
Clive  Brook,  Pauline  Peters. 

GEORGES  CLARK  PRODUCTIONS 
Directeurs  :  Messrs.  ('. .  Glarke  et  Ouy 

Xewall.    Metteur    en    scène    :    M.    Ouy 

Newall.  Stars:  Ivy  Duke  et  Guy  Xewall. 
Productions:  «   Lure  of  Crooning  Wa- 

ter    »,    qui    fut    présenté    en    Amérique, 


complètemenl    oublier    l'insuffisance    de 
leur  scénario. 

MINKRVA 

Directeur  :  Mr.  Adrien  Brunel.  Cette 
Compagnie  fût  formée  en  avril  1920, 
dans  le  but  de  démontrer  qu'il  était  pos- 
sible de  faire  rire  sans  pour  cela  être 
vulgaire,  et  qu'une  bonne  comédie  ne 
nécessitait  pas,  forcément,  l'appoint  de 
farces  grossières  pour  amuser  et  distraire 
les   gens. 

Les  quatres  premières  production  de 
la  Miverva  ont  été  des  comédies  de  deux 
réels  ;  écrites  spécialement  par  Mr. 
Miliie,  l'humoriste  bien  connu  du 
«  Punch  »,  elles  furent  tontes  quatre  des 
succès. 

Conjointement  avec  de  telles  autres 
comédies,  Mr.  A.  Brunel  a  l'intention  de 
produire  des  films  d'une  portée  plus 
grande.  Il  s'est  déjà  assuré,  pour  cela, 
la  collaboration  d'auteurs  en  vogues,  ré- 
putés. 


PROGRESS 

Directeur  de  production  :  Mr.  Sydney 
Morgan.  Mr.  Morgan  est  un  excellent 
metteur  en  scène,  à  qui  l'on  doit  :  Lady 
Xoggs;  «  Little  Dorit  »;  «  Two  little 
.vooden  shoes  ».  La  principale  interprète 
de  ces  filins  fut  Miss  Joan  Morgan,  dé- 
licieuse artiste  de  seize  ans,  qui  fut  choi- 
sie par  Bryant  Wasburn,  comme  lea- 
diug  lady  lorsqu'il  vinl  en  Angleterre, 
pour  tourner  spécialement  «  The  road 
to  London  ». 


SCREEX  PLAVS  Ltd 

Cette  Compagnie  a  pour  objet  de  met- 
tre à  l'écran  des  pièces  de  Grand-Gui- 
gnol. Le  metteur  en  scène,  M.  Fred 
Paul,  a  déjà  produit  Infelice,  The  second 
Mrs  Tanqueray,  Her  greatest  Perfor- 
mance, The  money  Moon,  tous,  drames 
en  un  acte;  films  de  deux  réels. 


Bettv  Balfour  et  Hugh  F.  Wright  dans 

Squibs   la  dernière  production    de    la 

Welsh  Pearson. 


cinéa 


ALMA    TAYLOR 
qui  vient  de  créer  Jausy  (Hepworth  Prod. 


■s 


MATHESON    LANG 

le   grand   interprète  dramatique   des   scènes 

londoniennes,  dans  sa  création  sensationnelle 

de  Carnival  (Alliance  Film  Corp.). 

ainsi  que  «  Testimony  »;  «  Garden  of 
Résurrection  »,  qui  fut  remarquable,  à 
l'époque,  pour  la  qualité  de  sa  photogra- 
phie. «  Duke's  son  »,  d'après  la  nouvelle 
de  Cosmo  Hamilton,  un  des  meilleurs 
films  île  l'année  1920,  mis  eu  scène,  ce- 
lui-ci, par  Francklin  Dyall. 

La  Compagnie  partit  à  Nice,  cette - 
même  année  ,pour  terminer  «  The  per- 
sistai! lover  ».  Mr.  Guy  Newall  en  pro- 
fita pour  se  rendre  coupable  du  «  Biga- 
mist  »,  qui  inaugura,  très  peu  brillam- 
ment, la  saison  cinématographique  de 
l'Alhambra   de   Londres. 

Selon  un  propspectus  qui  fut  délivré 
gracieusement  dans  la  salle.  «  The  Bi- 
gamisl  »  coûta  à  la  G.  Glarck  Prod. 
£  51.542,  ce  qui  causa  une  surprise. 
Cette  somme  aurait  pu  être  dépensée 
avec    plus    d 'à-propos.    Il    est    vrai    que 


cinéa 

porte  le  mieux  la  toilette.  Aussi,  ne 
nous  priva-t-elle  pas  du  plaisir  de  la 
démonstration. 

Nous  avons  pu  l'admirer  dans  de  1 
nombreux  costumes,  plus  parfaits  l'un 
que  l'autre,  si  j'ose  dire.  Miss  Ivy  Duke 
étant  l'une  des  artistes  les  plus  belles 
et  les  plus  photogéniques  que  je  con- 
naisse, je  ne  m'en  plaindrais  pas.  Au 
contraire,  car  elle  nous  consola  alors 
de  bien  des  choses,  et  surtout  de  la  pau- 
vreté du  scénario.  Par  contre,  la  photo- 
graphie du  «  Bigamist  »  est,  dans  main- 
tes scènes,  une  merveille. 

Honneur,  donc,  au  courage  malheu- 
reux de  Mr.  G.  Newall,  qui  voulut  nous 
donner  une  histoire  morale  dont  je  ti- 
rerais cette  moralité  :  «  Evitez-noufi 
la  vertu  ennuyeuse.   » 

HEPWORTH    PICTURES    l'LAYS    d 

Directeurs  :  Messrs.  Cecil-M.  Hep- 
wort.  Manager  :  M.  Paul  Kimberley. 
Stars  :  Aima  Taylor,  Chrissie  Whitej 
Henry  Edwards,  Gerald  Ames,  Eillen 
Demies. 

La  Compagnie  Hepworth  est  la  plus 
ancienne  des  Compagnies  anglaise* 
ayant  été  fondée  en  1900.  Elle  est  actuel- 
lement une  des  plus  importantes. 

Elle  possède,  de  même  que  la  Broad- 
west,  deux  studios;  l'un  sis  à  Walton 
on  Thamis,  l'autre  à  Oatland  Parck, 
acheté  récemment.  A  l'instar  des  Com- 
pagnies américaines,  elle  est  une 
«  stock  eompany  ».  Ses  metteurs  en 
scène  sont  :  Messrs.  C.-M.  Hepwort, 
Henry  Edwards  et  Gerald  Ames. 

Productions  :  «  Anna  the  Adventu- 
ress  »;  «  Alf'Button  »,  avec  Leslie  Hen- 
son,  le  comédien  anglais  réputé.  Ce 
dernier  film  fut  présenté,  avec  succès, 
aux  Etats-Inis.  Il  peut  être  considéré 
comme  l'une  des  meilleures  comédies  de 
l'écran. 

Autres  films  mis  en  scène  par  Mr. 
C.-M.  Hepworth  :  «  Helen  of  four  gâ- 
tes »  , d'après  la  comédie  de  M.  Darling- 
ton;  «  Mrs  Errieker's  réputation  »;  «  The 
tinted  Venus  »,  qui  plut  par  l'étrangeté 
Mi^s  Ivy  Dukesest  l'artiste  anglaise  qui 
de  son  scénario;  «  The  narrow  valley  », 

AUX  STUDIOS  GAUMONT 
(Prise  de  vue  d'une  scène  de  tribunal) 


cinea 

écrit  spécialement  par  M.  G.  Dewhurst. 

Films  mis  en  scène  par  H.  Edwards: 
«  Alwiu  »,  présenté  en  France,  sous  le 
titre  «  Profanation  »;  «  John  Forrest 
tinds  himself  »;  «  Ama  zing  quest  of  M. 
Ernest  Bliss  »,  un  des  succès  de  la  Com- 
pagnie. 

Mis  en  scène  par  Gerald  Ames:  «  Once 
aboard  the  lugger.  » 

M.  Hepworth  vient  de  s'assurer  la 
collaboration  de  M.  Dewhurst,  en  tant 
que  metteur  en  scène.  M.  Dewhurst  pré- 
sentera bientôt  «  Dollars  in  Surrey  », 
après  un  scénario  original  de  sa  compo- 
sit'on. 

La  Compagnie  Hepworth  loue  elle- 
même  ses  films,  sous  le  nom  de  l'Impé- 
rial Film  C°,  dirigée  par  Mr.  P.  Kim- 
jberley.  Elle  a  son  agence  en  Amérique, 
ainsi  qu'en  France  ;  celle-ci.  dirigée  par 
Mr.  P. -A.  Lambert,  bien  connu  dans  les 
cercles  français. 

IDEAL   FILM   COMPANY 

Metteurs    en    scène   actuels    :   Messrs. 

A. -Y.  Bramble,  Denison  Clift  et  M.  Tre- 

ville,  l'acteur  français.  Je  dis  —  actuels 

-  car  les  metteurs  en  scène  de  l'Idéal, 

changent  souvent. 

La  politique  de  l'Idéal  est  essentiel- 
lement d'adapter  tous  romans  ou  nou- 
velles célèbres.  Cela  lui  réussit  souvent. 

Citons,  poduits  par  Mr.  Bramble  . 
i  Mr.  Gilfil's  love  story  »;  «  Wuthering 
Heights  »,  qui  fut  un  film  marquant  ; 
«  The  Will  »;  «  The  Rotters  »,  ce  dei- 
nier  film  sera  loin  d'avoir  la  popularité 
de  la  pièce  du  même  nom. 

Produits  par  M.-D.  Clift  :  «  The  dia- 
moud  necklace  »,  d'après  la  nouvelle  de 
Guy  de  Maupassant  ;  «  Demos  »,  qui  fut 
une  excellente  production  ;  «  Sonia  ». 
etc.,  etc. 

M.-G.  Txeville  tourne,  actuellement, 
«  Ail  sorts  and  conditions  of  men  »,  avec 
deux  artistes  anglais  très  connus,  Rex 
Davis  et  Renée  Kelly. 

La  Compagnie  a  également  produit  : 
«  Beyond  the  dreams  of  avarice  »,  mis 
eu  scène  par  Thomas  Bentley.  Ce  film  a 
été  présenté  en  France  sous  le  titre  «  Rê- 
ves d'avare  »,  Mrs.  Henry  Victor  et 
Joyce  Dearceley  y  furent  remarqués  par 
leur  jeu  sobre  et  émouvant. 

THE  CALL  OF  THE  ROAD 

Grande  scène  historique  des  vieilles  mœurs 

anglaises  (B.  Davidson  Prod.). 


'»  •  ijC^B        KPw^*''^  «B^^S."rrB 

^m         a/fi      ■OflHk 

NORA  SWINBURNE 
dans  The  Autmiin  of  Pride  (Gaumont  Prod.) 

Autre  films  :  «  Chinose  pazzle  build 
thy  house  »,  avec  Henry  Aiuley,  pro- 
duits par  Fred  Goodwyns;  «  The  bache- 
lors  club  ».  d'après  le  roman  d'Israël 
Zaugwill,  etc. 

La  Compagnie  Idéal  loue  elle-même 
ses  films.  Elle  s'est  adonnée  depuis 
quelque  temps  au  lancement  de  films 
français.  Parmi  ceux-ci,  mentionnons  : 
«  La  faute  d'Odette  Maréchal  »;  «  Le 
Rêve  »,  etc. 

GAUMONT   COMPANY   LIMITED 
Directeurs   :  Mssrs  Bromhead  Frères. 
Les  studios  de  la  Compagnie  Gaumont 
ont  été  ouverts  en  1914.  Ils  furent  tou- 
jours à  la  peine  —  on  travaille  toujours 


10 


cinéa 


beaucoup  chez  Gaumont-Liniited  — 
mais  rarement  à  l'honneur.  Elle  n'est 
encore  responsable  d'aucune  super-pro- 
duction. Voici  pour  mémoire  quelques 
titres  de  sis  films  :  «  Edge  of  Youth  »; 
«  Fall  of  a  saint  »;  «  The  fordington 
twins  ».  Espérons  que  la  dernière  pro- 
duction :  «  Roses  in  the  Dust  »,  avec 
Iris  Rc-we  et  Gladys  Mason,  nous  don- 
nera le  plaisir  de  la  nouveauté. 

Remercions  Messieurs  Bromhead 
d'avoir  importé  ici  de  beaux  films  fran- 
çais :  «  I.e  Penseur  »;  «  Le  Carnaval  des 
Vérités  »,  etc.  Dût  un  changement  in- 
tervenir bientôt  dans  la  Compagnie,  à 
leur  avantage,  espérons  qu'ils  continue- 
ront   cette    politique    d'entente    cordiale. 

STOLL     PICTUREvS     PRODUCTIONS 

Cette  puissante  Compagnie  possède 
à  Crickelewood  le  studio  le  plus  impor- 
tant d'Angleterre.  Cinq  metteurs  en 
scène  y  travaillent  régulièrement  ; 
trente  œuvres  y  turent  tournées  depuis 
son   ouverture,  il   y  a  douze  mois. 

Productions  .Maurice  Klvey  :  «  At  the 
villa  Rose  ».  avec  Manora  Thew,  d'après 
le  roman  de  Robert  Hiehens,  «  Sherlock 
Holmes  »,  avec  l'excellent  Ellie  Nor- 
wood . 

Produits      par      M.      Ilarold      Shaw    : 


VIOLET   HOPSON 
la  charmante  star  de  la  Broadway  Film. 


«  Wheels  of  Chance  »;  «  A  dear  fool  », 
«  Kipps  »  ;  «  tous  trois  avec  G.-K. 
Arthur,  que  Mr.  Shaw  eût  la  bonne  for- 
lune  de  découvrir  ;  «  The  vvoman  of  bis 
dream    »,  etc. 

Produits  par  René  Plaissatty  :  «  The 
yellow  claw  »;  «  The  broken  road  »; 
«  The  four  fealhers  »;  «  The  woman 
with  the  fan  »;  «  The  knave  of  dia- 
monds  »;  .Mme  Mary  Massait  fut  l'étoile 
appréciée  de  ces  films. 

Nous  ne  pouvons  <pic  regretter  le 
départ  récent  de  Messrs  II.  Shaw  et  R. 
Plaisetty,  de  la  Stoll  C°.  Ces  deux  ex- 
cellents metteurs  en  scène  seront,  cer- 
tainement, regrettés. 

Produits  par  .M.  G.  Ridgwèll  :  <«  The 
amazing  partership  »,  avec  Milton  Ros- 
nier,  l'un  des  meilleurs  comédiens  an- 
glais ;  «  Greatheart  »,  avec  Madge 
Slnart,    déjà    connue   eu    France,    etc. 

Produits  par  .M.  Martin  Thornton  : 
a  l'he  iron  star  »;  «  Frailty  ».  avec 
Magde  Stuart  ;  «  The  prey  of  the  dra- 
gon ».  Il  tourne  actuellement  2,  «  Gwy- 
neth  of  the  welsh  hills  »,  dont  Madge 
Stuart   sera    la    principale    interprète. 

FAMOUS  PLAYERS  LASKY  BRI  SU 
PRODUCERS  I.td 

Depuis  sa  fondation,  cette  Compagnie 
a   produit    : 

Mis  eu  scène  par  Hugh  Ford  :  «  The 
great  day  »  ,avee  Marjorie  Hume;  «  The 
call  of  youth  »,  avec  David  Powell  et 
Mary  Glyne. 

Produits  par  Paul  Powell  :  «  The 
mystery  road  »  et  «  Dangerous  lies  », 
avec    David    Powell   et   Mary   Glynne. 

Produits  par  Donald  Crisp  :  «  Ap- 
pearances  »  et  «  The  princess  of  New- 
York  »,  avec  Mary  Glynne.  Mr.  Do- 
nald Crisp  est  reparti  en  Amérique, 
après  avoir  tourné  «  Résides  the  Bon- 
nie  Rriar  Bush  »,  dans  lequel  il  eut  1111 
rôle. 

Deux  metteurs  en  scène,  travaillant 
actuellement  dans  les  imposants  stu- 
dios de  la  F.P.L.,  à  Islington,  Mr.  Fitz- 
maurice,  qui  tourne  «  Three  live 
ghosts  »,  adaptation  d'une  comédie  de 
M.  Ouida  Bergère  (alias  Mrs  Fitzmau- 
riee),  Mrs.  Anna  Q.  Nilsson  en  est  la 
principale  interprète,  et  Mr.  J.  Ro- 
bertson  qui  travaille  sur  une  adaptation 
d'un  roman  de  D.  Clary  ton  Calthrop. 
«  Perpétua  ».  Interprètes  :  David  Powel 
et  Anne  Forrest. 

Ce  dernier  film  a  ceci  de  singulier, 
(pi 'il  est  à  la  fois  français,  selon  la  So- 
ciété Française  des  Films  Paramount, 
anglais  par  la  grâce  de  la  Fanions 
Players  Lasky,  américain  d'après  la 
presse  d 'outre-atlantique.  Puisse-t-il 
être  vraiment   universel. 


WELSH    PEARSON    COMPANY 

Cette  Compagnie,  fondée  pendant  la 
guerre,  a  produit  une  des  œuvres  les 
plus  remarquables  du  cinéma  anglais  : 
«  Nothing  esst  matters  »,  qui  fut  pré- 
senté, avec  succès,  en  France,  sous  le 
tire  du  «  Pantin  meurtri  ». 

On  lui  doit  aussi   «   The  better'ocle  » 


IVY  DUKE  et   GUY  NF.WALL 

(Ce  ngcs  Clark  Prod.l 


qui    fut    un   succès   non    moins   égal   en 
Amérique,    au   Canada,   etc. 

Parmi  ses  autres  réalisations,  toutes 
mises  en  scène  par  Mr.  G.  Pearson,  qui 
n'a  plus  besoin  d'éloges,  il  faut  signa- 
ler :  «  Les  gosses  dans  les  ruines  », 
d'après  le  roman  délicieux  de  Poulbot  ; 
«  Garryowen  »,  avec  Moyna.  Mac  Gill  ; 
«  Mary  find  the  gold  »,  Mr.  Th< 
Bentley,  produisit,  entre  temps,  «  The 
old  curiosity  shop  »,  avec  Lilian  Mabel 
Poulton. 

Le  dernier  film  de  la  Welsh  Pearson 
Compagny  :  «  Squibs  »,  qui  vient  d'être 
présenté  à  la  presse  sera,  pour  les  ama- 
teurs de  cinéma,  un  vrai  régal.  Le  rôle 
principal  est  tenu  par  Miss"  Betty  Bal- 
four,  dont  on  a  déjà  apprécié  les  dons 
tourent,  signalons  Mr.  Hugh,  E. 
Wright,  artiste  hors  de  pair  d'ans  des 
peu  communs  de  finesse  et  de  sensi- 
bilité dans  le  «  Pantin  meurtri  »; 
«   Mary  find  the  gold  »,  etc. 

Parmi  les  acteurs  excellents  qui  l'en- 
rôles faits  spécialement  pour  lui;  Frcd- 
E.   Graves,  etc. 

La  photographie  est  de  Mr.  Eugène 
Lauste.  Elle  n'est  pas  le  moindre  at- 
trait des  films  de  la  Welsh  Pearson  C", 
(pii  s'est  classée  à  part  dans  l'industrie 
cinématographique  anglaise,  eu  égard 
à  son  souci  constant  d'art  et  de  vérité, 

A. -F.   Rosi:. 


cinea 


11 


J.  STUART  BLACKTON 
producteur  de    La   Glorieuse  Aven- 
ture, événement  cinématographique 

de  la  saison  londonienne. 


Un  Pionnier  de  l'Industrie  Cinématographique  : 

M.  J.  STOART   BLACKTON 


C'est  une  histoire  bien  curieuse  que 
celle  de  Mr.  Stuart  Blacktcm,  et  qui 
mérité  d'être  contée.  Actuellement,  à  la 
tête  d'une  Compagnie  anglaise  qui  enri- 
chira bientôt  le  patrimoine  de  ce  pays, 
d'un  nouveau  chef-d'œuvre  -  -  si  l'on 
peut,  dès  à  présent,  dénommer  ainsi  sa 
dernière  production,  film  original  eu 
couleurs  naturelles,  que  seuls  quelques 
privilégiés  ont  pu  voir  jusqu'ici,  et 
qu'ils  s'accordent  à  trouver  admirable. 
—  Mr.  J.  Stuart  Blackton  est  une  des 
rares  personnes,  peut-être  même  la 
seule  personne  dont  la  vie  soit  intime- 
ment liée  au  développement  et  à  l'ex- 
pansion de  cet  art  merveilleux  qui,  déjà, 
nous  a  valu  des  merveilles. 
Mr.  J.  Stuart  Blackton  est  anglais  de 
naissance,  né  à  Sheffield.  Il  émiefra  très 


jeune  en  Amérique.  Il  vit,  à  New- York, 
les  premières  vues  d'Edison  et  alla  in- 
terviewer celui-ci  sur  son  invention.  Le 
résultat  de  Sa  visite  fut  un  article  où 
il  prédit  le  plus  bel  avenir  au  cinéma. 
Qui  eût  dit,  (pie  cet  avenir,  il  le  bâti- 
rait ! 

Vivement  intéressé  par  ce  qu'il  avait 
vu,  Mr.  Blackton  acheta  un  des  pre- 
miers appareils  et  s'associa  avec  un  ami, 
Mr.  Smith,  pour  en  tirer  le  meilleur 
parti  possible. 

En  1897,  alors  que  les  films  ordinai- 
res ne  représentaient  que  des  personnes 
ou  {les  choses  en  mouvement,  Messrs. 
Blackton  et  Smith  firent  le  premier  film, 
décrivant  une  histoire.  Ce  film,  long  de 
5> ».  pieds,  fut  bientôt  suivi  d'un  autre 
d'une  longueur  double. 


J.   LUFF  et  LADY  DIANA  MANNERS 
dans  la  Glorieuse  Aventure  (J.  S.  Blackton  Prod.) 


12 


cinea 


LA  GLORIEUSE    AVENTURE 

C'est  un  grand  succès  d'émotion,  de  pittoresque,  de  mise  en  scène,  qui  réunit  les  noms  de  Lulï 

et.  Lady  Diana  Manners  avec  celui  de  leur  animateur  J.  Stuart  Blackton. 


En  1898,  Mr.  Blackton  prit  au  Cuba 
les  premières  vues  de  guerres  et  les 
présenta,  avec  succès,  dans  les  princi 
paux  théâtres  de  New-York.  La  même 
année,  ils  construisirent,  dans  cette 
ville,  sur  les  toits  d'une  maison,  le  pre- 
mier studio. 

En  1899,  ils  commencèrent  à  faire  des 
films  établis  d'après  des  scènes  de  la 
vie  familière.  Ils  quittèrent  bientôt  leur 
studio  où  ils  étaient  incommodés  par  la 
mauvaise  température,  la  fumée  des 
maisons  a  voisinantes,  etc.,  pour  un  au- 
tre emplacement  dans  la  même  rue,  plus 
aproprié  à  leurs  desseius. 

Ils  produisirent  là,  «  L'Hôtel  Hanté  », 
qui  fut  le  premier  film  à  «  trucs  »;  ce 
film  fut  un  tel  succès  que  600  copies 
durent  être  fournies  pour  répondre  à  la 
demande  d'un  public  avide  et  curieux. 

En  1900,  Messrs.  Blackton  et  Smith 
fondèrent  avec  Mr.  W.-T.  Rock,  la  Vi- 
tagraph  Compagnie,  dont  la  première 
production  fut  un  film  de  t. 000  pieds, 
intitulé  «  Raffles  »,  adapté  de  la  pièce 
célèbre  du  même  nom. 

Puis,  vinrent  des  mélodrames,  «  The 
Automobile  thieves  ».  «  The  escape  of 
Sing-Sing  »,  qui  excitèrent  partout  l'in- 
térêt. 


Le  succès  de  l'entreprise,  nécessitant 
de  plus  grandes  facilités  de  travail,  la 
Vitagraph  C°,  fit  construire  un  impor- 
tant studio  hors  de  la  ville.  C'est  dans 


LADY  DIANA  MANNERS 

la  délicate  et  brillante  créatrice  de 

La  Glorieuse  Aventure. 


ce  studio  que  fut  produit  «  Gentleman 
of  France  »,  où,  pour  la  première  fois, 
apparu  un  «  star  »  de  la  scène,  Mr. 
Kyrie  Bellew. 

En  1902,  après  un  recrutement  judi- 
cieux d'artistes,  la  Vitagraph  Stock  C" 
était  organisée  ;  la  première,  en  date  du 
genre. 

Mr.  Blackton  produisit  alors  le  pre- 
mier film  historique,  la  «  Vie  de 
Washington  »,  avec  Joseph  Kileour, 
autre  acteur  en  renom.  Ce  fut  là  le 
premier  film  de  «  2  réels  ».  Mr.  Black- 
ton produisit  ensuite  le  premier  film 
de  «  3  réels  »;  «  Taie  of  Two  Citi  es  », 
d'après  la  nouvelle  de  Dickens,  dans 
lequel  Norma  Talmage  joua  pour  la 
première  fois. 

Parmi  les  autres  productions  de  Mr. 
Blackton,  qui  marquèrent  chacune  un 
progrès  dans  la  production  et  la  mise 
en  scène,  on  peut  citer  :  «  La  case  de 
l'Oncle  'foin  »,  «  Les  Misérables  », 
d'après  le  roman  de  Victor  Hugo;  «  Oli- 
vier Twist  »,  etc.. 

En  1915,  Mr.  Blackton  présenta  «  The 
Battle  Cry  of  Peaee  »,  œuvre  de  pitié 
forte  et  sincère,  qui  montra,  pour  la 
première  fois,  le  pouvoir  de  propagande 
du  cinéma. 


cinéa 


13 


On  doit  à  Mr.  Blacktou,  entre  autres 
jaovations,  l'utilisation  des  panneaux 
peints,  des  tableaux,  et  des  photogra- 
phies, ainsi  que  les  éclairages  de  fond 
qui,  depuis,  nous  valurent  maints  effets 
admirables.  Il  comprit,  un  des  premiers, 
l'intérêt  d'une  présentation  soignée, 
dans    un   cadre    impeccable. 

Aussi,  ouvrit-il,  en  1915,  le  premier 
palace  du  Cinéma,  dans  Broadway.  11 
fonda,  également,  le  premier  magazine 
traitant  exclusivement  de  l'art  cinéma- 
tographique. 

Eu  1917.  Mr.  Blacktou,  tout  en  gar- 
dant ses  intréêts  dans  la  Vitagraph 
Stock  C°,  prit  la  direction  personnelle 
d'un  autre  studio.  Il  produisit  alors 
«  A  world  for  sale  »,  «  Wild  youth  », 
«    l'assers  by   »,   etc. 

On  pourrait  croire  que  ce  fut  là  tout. 

En  vérité,  ce  pouvait  être  «  assez  ». 
Mais,  Mr.  Blacktou  voulut  et  fit  mieux 
encore.  Cet  homme  inlassable  est  re- 
venu, en  1920,  dans  sa  patrie  d'origine 
pour  réaliser  une  grande  ambition  : 
faire  des  films  essentiellement  anglais 
qui  puissent  rivaliser  avec  ceux  de  ses 
amis  d'Amérique. 

Quel  homme,  mieux  que  lui,  pouvait 
tenter  une   telle   expérience. 

M.  Blackton  présentera,  bientôt,  sa 
dernière  œuvre  «  The  Glorious  Adven- 
ture  »,  mise  à  l'écran  d'après  un  scéna- 
rio de  sa  composition.  Les  principaux 
interprètes  en  sont  :  Lady  Diana  Man- 
ners.   Victor  Nac  Langlen,  etc. 

Les  quelques  photos  que  M.  Blackton 
a  bien  voulu  réserver  pour  Cinéa,  don- 
neront au  publie  français  une  idée  de 
l'ait  avec  lequel  le  film  fut  produit.  Nul 
doute  qu'il  ait  le  succès  qu'il  mérite. 

Pour  moi  qui  l'ai  vu,  «  The  Glorious 
Adveuture  »,  première  super-production 
eu  couleurs  où  se  résument  tous  les  ef- 
forts d'un  homme  de  volonté  et  de  cons- 
cience, sera  un  autre  et  digue  achève- 
vement  dans  l'histoire  de  cet  art,  entre 
tous,  difficile. 

Rendons-en  grâce  à  M.  Blackton, 
pionnier  et  conquérant,  à  qui  nous  se- 
ront encore  redevables  de  minutes  pro- 
fondes. A. -F.  Rose. 


L'Entente  Cordiale 
Cinématographique 


L'année  1920  a  marqué  l'expansion  du 
film    français,   en   Angleterre    : 

Exportations     françaises     en     Angle- 
terre : 

Année    1919 9.843.009  pieds 

Année     1920 18.044.437     — 

Cette   expansion  n'a   fait   que   croître 
d'une  façon  parfois  très  sensible  : 

Exportations  françaises  en   1921    : 

Janviers    3-35°-759  pi«ts 

Février    3.636.512    — 

Mars    4.634.057    — 


Avril    5.105.299    — 

Mai    4.450.165 

,T"in     3.031.503 

Juillet    3.000.657 

Chaque  mois  de  nouveaux  filins  fran- 
çais sont  présentés,  ici,  à  un  public 
avide  et  curieux,  tout  disposé  à  rendre 
au  don  et  au  goût  français  l'hommage 
qu'ils  méritent.  Je  dirais  tout  de  suite 
qu'ils  le  méritent  souvent. 

En  dépit  de  campagnes  plus  ou  moins 
tendancieuses  menées,  dernièrement, 
par  delà  le  «  Channel  »,  sur  lesquelles 
je  n'ai  pas  à  m'appesantir,  l'anglais 
aime  le  «  gay  Paris  »,  la  «  doulce 
France  ». 

Il  conserve  pour  elle  comme  un  fonds 
de  tendresse,-  comme  on  en  a  pour  un 
ami,  parfois  exhubérant,  mais  si  sin- 
cère, si  peu  gênant,  toujours  disposé 
à  plaire.  Je  crains  fort  de  passer  pour 
poétique,   c'est-à-dire   ridicule. 

N'est-il  pas  dangereux,  d'ailleurs, 
d'avouer  un  faible,  ou  une  faiblesse, 
mais  ma  foi,  tant  pis  :  j'ai  celui-ci! 

Ou  ne  s'imagine  pas,  en  France, 
comme  le  peuple  anlgais  s'intéresse  aux 
mille  et  une  choses  du  continent, 
au'elles  soient  conséquentes  ou  futiles. 
On  ne  peut  que  regretter  qu'il  s'agisse 
trop  souvent  des  mille  et  un  faits  di- 
vers parisiens,  et  puis  qu'importe!... 
C'est  pour  lui,  comme  un  peu  de  lu- 
mière, un  soupçon  de  parfum,  quelque 
chose  de  délicat,  de  raffiné.  Cela  plaît. 
Mieux,  cela  enchante...  C'est  français. 
Voici  presque  un  mot  magique,  en  vé- 
rité. 

Nous  voici  loin  du  cinéma,  direz-vous. 
Quelle  erreur.  Ne  pensez-vous  point 
qu'une  amitié  réfléchie  soit  préférable 
à  un  penchant,  mon  Dieu,  plutôt  fri- 
vole, en  cela  qu'on  ne  le  discute  pas.  On 
ne  le  discute  pas,  justement,  parce  qu'il 
est  un  penchant. 

Pourquoi  est-il  cela?  Parce  que...  Je 
sais  des  gens  qui  vont  sourire. 

Hélas  !  Faudrait-il  que  le  Français  se 
résignât  à  n'être  qu'une  espèce  de  feux- 
follet,  oaré  d'une  grâce  désuète  1830.  ou 
d'un  laisser-aller  1921,  auréolé  de  suc- 
cès , laissez-moi  dire,  antique.  Séducteur 
sans  cloire.  car  sans  conquête,  lui  suf- 
fira-t-il  d'être  dans  les  cœurs  et  non 
d^ns  les  esprits,  irrémédiablement. 

Le  chic  français?  Oui...  La  grâce  pa- 
risienne? Oui...  Le  plaisir  de  la  Butte. 
des  moulins  et  des  cafés  chantants  ? 
Oui...  Des  fleurs,  des  danses,  des  sou- 
ners  fins,  des  rires.  Ouoi  encore? 
l'apéritif  à  la  terrasse  du  Cardinal.  C'est 
ioli.  délicieux,  agréable. 

TTn  noint.  C'est  tout. 

T  a  France  est  ditrne  d'être  appréciée 
par  d'autres  moveus.  sur  d'autres  œu- 
vres oins  durables,  bâties  selon  cette 
lutunnïté  profonde  qui  l'anima  tou- 
iouvs.  Chaque  manifestation  de  son  ac- 
tivité,  chacune  de  ses  initiatives,  fut  le 
point  de  départ  d'un  nouvel  achemine- 
ment. Chacune  de  ses  réalisations  fut 
comme  une  éclaircie  sur  'un  monde 
hanté,  surtout  de  mauvais  rêves. 

Cependant,  nous  qui  l'airnons.  la 
connaissons-nous?  A  peine.  Les  jour- 
naux français  ne  cont  pas  lus  en  A11- 
flet°rre.  Les  livres  n'ont  ou'uuc  clien- 
tèle restreinte.  Des  magazines,  Vie 
Parisienne,  ou  autre  du  même  genre  - 
je  n'en  parlerai  pas. 


Et   voici    le  cinéma,    truchement    vé- 

ridique, porte-parole  aux  mille  voix  d'ai- 
rain. Il  s'adresse  à  tous,  et  tous  le  com- 
prennent... Il  vient...  Nous  lui  sommes 
soumis. 

Le  cinéma  est  là  pour  apprendre  au 
peuple  anglais  le  véritable  cœur  de  la 
France  —  pour  le  familiariser  avec  les 
nuances  d'une  pensée,  entre  toutes  fer- 
tile -  -  pour  lui  montrer,  enfin,  son 
vrai  visage,  avide  et  tourmenté... 

Ici,  un  mot,  un  nom  surgissant  «  Le 
Penseur  »,  André  Nox.  Evocation  qui 
contient  tout  ce  qu'on  ne  peut  dire.  Le 
public  anglais  a  chaleureusement  ac- 
cueilli cette  œuvre  forte,  avec  raison. 
Cette  raison  n'excluât  pas  le  sentiment. 
Au  contraire. 

S'agit-il,  avec  «  Le  Penseur  »,  d'un 
fait  isolé?  Non.  «»■  J'accuse  »  fut  un  plai- 
dover  remarquable,  discuté,  mais  d'une 
valeur  non  discutable.  «  Le  Carnaval 
des  Vérités  »,  «  Miarka  ».  L'Appel  du 
Sang  »,  «  L'Ami  Fritz  »,  etc.,  furent 
autant  d'oeuvres  qui  défendirent  et  il- 
lustrèrent dignement  la  cause  du  peu- 
ple français. 

Louons-en  les  Compagnies  Gaumont, 
Pathé,  Stoll,  Butcher,  etc.,  qui  les  pré- 
sentèrent. 

Le  cinéma  est  le  véhicule  (véhicule 
comme  on  dit  en  anglais)  le  plus  sûr 
oui   soit  pour  le  génie  français. 

Pui-se-t-il  garder  toujours  ce  je  ne 
sais  quoi  qui  le  distingue  d'une  autre 
œuvre  étrangère,  ce  composé  d'imagi- 
nation, d'heureuse  originalité,  d'audace, 
où  l'on  reconnaît  sa  marque  «  made  in 
France  ».  Alors  disparaîtra,  bientôt, 
cette  fausse  idée  qu'on  se  fait  générale- 
ment d'un  peuple,  charmant  entre  tous, 
qu'on  dit  léger,  parce  qu'il  admire 
toute  œuvre  sincère  de  confiance,  qu'on 
dénomme  inconstant,  parce  qu'il  aime 
t-^iite  beauté. 

Des  réalisateurs  tels  que  MM.  Marcel 
L'Herbier,  Abel  Gance,  Léon  Poirier, 
T.éou  Mercanton,  etc.,  sont  là  pour  nous 
donner  confiance,  quant  à  la  bonne  pro- 
pagande des  dernières  productions  fran- 
çaises de  l'écran. 

Qu'ils  sachent  —  et  tous  les  produ- 
eers  français  avec  eux  —  qu'ils  ont  ici 
de  nombreux  enthousiastes.  Il  n'appar- 
tient qu'à  eux  de  s'en  faire  des  amis, 
clairvoyants,    et    d'autant    plus    fidèles. 

A  ce  sujet,  qu'on  me  permette  d'ex- 
primer le  vœu  de  voir  projeter  égale- 
ment en  Angleterre,  un  jour  prochain, 
les  dernières  œuvres  de  Mssrs.  Henrv 
■Roussell.  Louis  Delluc,  René  Henni. 
Henri  Diamaut-Benrer,  etc.,  dont  quel- 
ques échos  chaleureux  me  sont  déjà  par- 
venus. Elles  trouveront,  ici.  un  public 
attentif,  et  sans  nul  doute,  un  succès 
mérité.  Chacun  des  deux  pays  en  reti- 
rera quelque  avantage. 

L'entente  cordiale  est  d'abord  une  en- 
tente, c'est-à-dire  une  reconnaissance 
mutuelle  de  droits  et  de  devoirs.  En  ce 
oui  concerne  particulièrement  les  arti- 
sans de  cet  «  art  »  unanime,  de  devoirs, 
il  en  est  surtout  un  :  être  sincère,  être 
humain.   Oser,  ensuite,  et  vaincre. 

L'homme  est  partout  le  même  être 
anxieux,  aux  bras  tendus,  souvent, 
hélas  !  nu  lèvres  closes.  La  parole  peut- 
elle  jaunis  tout  dire.  Peut-elle  tout 
montrer.  La  foule  qui  le  contient  —  en 
qui  tous,  si  divers,  se  rassemblent  pour 


14 


cinea 


écouter,  et  poui  frémii  îv'est-elle  pas 
la  même  sous  tous  les  cieux.  soumise 
,'i  qui  sait  la  prendre?  Ne  subit-elle  pas 
partout  le  même  ascendant?  I, 'émou- 
voir. 

Le  mot.  dit  tout  :  être  impressionné 
par  ce  qui  meut,  par  ce  qui  vit  ;  le  voir. 

Le  peuple  anglais  verra  que  là-bas, 
un  autre  peuple  lui  ressemble,  qu'ils 
ont  les  mêmes  joies,  les  mêmes  souf- 
frances, qu'ils  poursuivent  tous  deux 
les  mêmes  idéaux.  Ainsi  sera  réalisé  la 
parole  du  sage  :  «  Ils  ont  vu,  ils  ont 
compris  ». 

LVutente  cordiale  nécessite-t-elle  au 
tre  chose   ? 

A. -F.  Rose. 


•#      Réflexions 
d'un  Optimiste 


11  serait  vain  de  nier  la  dépression 
actuelle,  le  «  Slump  »  de  l'industrie  ci- 
nématographique  anglaise. 

Des  chiffres  sont  là,  hélas!  probants: 

Exportation  durant  les  sept  premiers 
mois  de  1920: Longueur.  14.414.034  pieds; 
valeur,  £  165. 704. 

Importation  durant  les  sept  premiers 
mois  de  1921:  Longueur,  S. 250. 535  pieds; 
valeur,  £  96.125. 

Des  faits:  telle  Compagie  qui  a  in- 
terrompu toute  nouvelle  production 
jusqu'au  début  de  l'année,  telle  autre 
qui  s'adonne  au  leneemeut  de  films 
étrangers;  des  constatations,  les  recet- 
tes n'ont  pas  cessé  de  décroître. 

Ci-dessous,  les  chiffres  relevés  pour 
les   trois   derniers   mois    : 

Mars     £        1.057.000 

Avril    £        1. 017. 600 

Mai    £  775-Ioo 

Tirer,  de  tout  ceci,  que  le  cinéma  an- 
glais est  près  de  rendre  l'âme,  serait 
faire  montre  d'un  esprit  aussi  faible 
qu'étroit,  n'en  déplaise  à  ces  charita- 
bles personnes  qui  's'apprêtent  à  le 
mettre  en  terre; cette  dépression  n'a  rien 
dont  on  doive  s'alarmer.  Elle  n'est  pas 
une  exception  dont  on  puisse,  impar- 
tialement, tirer  parti  envers  et  contre 
tous  ceux  qui  se  sont  dévoués  à  la 
cause  de  cet  art  —  septième  de  nom  — 
qui  peut-être  un  jour  rayonnera  plus 
que  tout  autre.  Elle  n'est  qu'une  con- 
séquence, d'un  état  de  choses  créé  par 
la  guerre,  dont  n'importe  quelle  indus- 
trie du  Royaume-Unis  se  ressent  éga- 
lement. 

Il  n'est  que  trop  vrai  que  divers  fac- 
teurs ont  nui  particulièrement  au  dé- 
veloppement et  à  l'expansion  de  l'in- 
dustrie cinématorgaphique  anglaise  — 
pystème  de  louage  des  films  par  série  et 
d'avance  (block  and  Advance-booking), 
interdiction  de  construire  de  nou- 
veaux cinémas  (l.nilding  ban),  l'échec 
du  cinéma  anglais  en  Amérique  et, 
d'autre  part,  l'envahissement  du  mar- 
ché britannique  par  les  films  améri- 
cains; une  production  nationale,  orga- 
nisé, sur  des  bases  douteuses  :  films 
bon  marché,  faits  à  la  hâte,  sans  souci 
de  vérité,  sans  pouvoir  d'émotion;  crige 


d'argent  qui  ne  permet  pas  aux  produc- 
teurs de  faire  mieux,  sinon  bien. 

Considérons  ces  diverses  causes  d'in- 
succès, du  film  britannique,  avec  rai- 
son et  surtout  avec  bon  sens.  Nous  ver- 
rons que  la  situation  présente  du  ci- 
néma anglais  trouble  et  mauvaise  en 
apparence,  permet  encore,  plus  que  ja- 
mais, tous  les  espoirs. 

Block  and  Acwance-Booking.  —  Ce 
système  de  louage  des  films  fut  dû  aux 
conditions  incertaines  d'exhibitions  du- 
rant la  guerre.  Il  s'est  maintenu,  jus- 
qu'à ces  derniers  temps,  un  peu  par 
la  force  des  choses;  les  exhibiteurs  ne 
voulant  pas  subir  une  perte  sèche  en 
interrompant  leurs  achats;  ce  qui  favo- 
riserait leurs  nouveaux  concurrent,  et 
aussi  parce  que  certaines  Compagnies 
de  louage  se  refusèrent,  pour  leur  part, 
à    annuler    les  anciens  marchés. 

Le  Bloc  and  Advance-booking  est,  ce- 
pendant appelé  à  disparaître  prochaine- 
ment; la  majorité  des  Directeurs  de  ci- 
némas s'étant  rendu  compte  qu'un  statu 
quo  signifierait  la  perte  de  leur  clien- 
tèle. 

Aussi,  se  sont-ils  prononcés  contre 
lui  dans  une  réunion,  qui  se  tint  en  fé- 
vrier dernier,  où  furent  représentés  les 
principales  branches  de  la  K.E.A. 

La  Compagnie  Hepwort,  une  des  plus 
importantes  Compagnies  anglaises,  a 
déjà  mis  en  vigueur,  depuis  1920,  un 
système  plus  rationnel  et  combien  plus 
apprécié.  Ses  films  sont  présentés  au 
public  trois  mois  après  leur  présenta- 
tion  privée    (trade-show). 

Après  maints  tiraillements,  entre 
loueurs,  exhibiteurs  et  producteurs, 
après  d'âpres  discussions  sur  la  ques- 
tion de  savoir  lesquels  d'entre  eux  per- 
draient le  moins  de  plumes,  un  agré- 
ment est  enfin  intervenu,  qui  se  résume 
comme  suit    : 

i°  Les  marchés,  déjà  passes,  seront 
valables,  qui  concernent  des  filins  de- 
vant être  livrés  aux  exhibiteurs  avant 
le   ier  janvier   1923. 

20  Aucun  louage  de  films  à  livrer 
après  le  31  décembre  1922,  à  moins  que 
ces  films  n'aient  fait  ou  ne  fassent  l'ob- 
jet d'une  présentation  privée,  antérieu- 
rement  au    icr  janvier   1922. 

3°  Présentation  privée  de  toute  nou- 
velle production,  dans  les  trois  mois  qui 
suivront   sa   registratiou. 

40  Aucune  nouvelle  production  ne 
pourra  être  louée  avant  qu'elle  n'ait 
fait  l'objet  d'une  présentation  privée. 

50  Obligation  de  livrer  toute  nouvelle 
production  dans  les  six  mois  qui  sui- 
vront sa  présentation  privée. 

6°  Les  marchés  qui  seront  passés  à 
des  films  devant  être  livrés,  après  1923, 
non  encore  produits  ou  présentés,  se- 
ront sujets  à   annulation. 

On  voit  que  c'est  là,  en  quelque  sorte, 
le  dernier  coup  porté  à  un  système  né- 
faste, car  bon  gré  mal  gré,  tous  les 
exhibiteurs  devront  se  rallier  à  cet 
agrément.  Nul  doute  que  dès  la  pro- 
chaine saison  les  amateurs  de  cinéma 
pourront  apprécier  les  dernières  produc- 
tions britanniques  de  valeur,  au  lieu 
d'être  contraints  par  un  Directeur  qui 
n'en  peut,  mais  de  suivre  les  péripé- 
ties harassantes  —  harassantes  pour 
eux  —  de  drames,  de  mélodntmmes  et 
de  comédies   périmées. 


Les  productiu)is  anglaises  sur  Us 
marchés  étrangers.  —  Les  producers 
anglais  ont  fait  un  sérieux  effort  en  vue 
de  reprendre  pied  sur  le  Continent  et 
en   Amérique. 

En  France,  la  majorité  des  films  ex- 
portés ont  été  présentés  avec  succès; 
aussi,  les  transactions  entre  les  deux 
pays    n'ont-elles    fait   que   croître. 

Exportations  anglaises,  en  France  : 
positives      négatives 

Année     1916 270.300  ii.t 

Année    1917....  515-827 

Année     1918. ...        1 .  81 .877 

Année    1919-  •  ■ .       2-087. 089        944  .  75 1 

L'année  1920  marque  encore  un  sen- 
sible  progrès. 

Eu   Italie,  le   film   anglais   s'est  égale- 
ment    implanté     (exportation    eu     1 
2-837.434);     en     Hollande     (exportation, 
1.772.325);  au  Brézil,  en  Argentine,  etc. 

En  Amérique,  l'introduction  du  film 
anglais  fut  un  fait  d'une  certaine  va- 
leur, s'il  faut  en  croire  la  mesure  de 
prohibition  demandée  par  quelques 
stocks,  Compagnies  américaines.  Le  pro- 
ducteur anglais  sait  maintenant  où  il 
va  et  ce  qu'il  veut.  Les  Compagnies 
Hepwort  et  Stoll  (cette  dernière,  pal 
l'entremise  de  Pathé),ont  chez  eux  un 
débouché  certain;  leurs  nouvelles  pro- 
ductions seront  la  meilleure  des  propa- 
gandes. Dans  les  Dominions,  Cansda, 
Australie,  aux  Indes,  également,  le 
film  anglais  a  obtenu  un  tarif  de  fa- 
veur. Son  succès  est  donc  certain, 
pourvu  que  sa  valeur  soit  sans  conteste. 

En  ce  qui  concerne  tout  particulière- 
ment les  Indes,  une  Compagnie  anglo- 
indienne,  The  British  and  Orienta! 
Films  Ltd,  est  actuellement  en  voie  de 
formation.  Son  capital  prévu  est  de 
£  600.0  o.  Ses  buts  :  produire  et  dis- 
tribuer des  super-productions  anglaises 
et  indiennes,  respectivement  dans  cha- 
cun de  ces  pays. 

Quant  à  la  distribution  des  produc- 
tions anglaises,  la  formation  d'une  as- 
sociation indienne,  dépendante,  est  en- 
visagée, cpii  aura  pour  objet  la  cons- 
truction et  le  contrôle  de  nombreux  et 
nouveau  palaces  du  cinéma,  aux  Indes. 

Le  Directeur  de  The  British  a)id 
Oriental  Films  Ltd,  est  M.  Bertrand 
Phillips,  manager  bien  connu  de  la 
firme  B.  P.  Ltd,  de  Londres. 

Pour  peu  que  la  situation  le  permette, 
les  producers  anglais  augmenteront 
leurs  débouchés  en  Autriche,  dans  les 
Balkan  -,  en  Russie,  etc. 

Nous  pouvons  donc  leur  faire  con- 
fiance. Ils  sauront  continuer  ce  qu'ils 
ont   si    bien    entrepris. 

Le  Cinéma  anglais  au  point  de  vue 
financier.  —  En  1019,  l'entrée  de  gros 
capitalistes  dans  l'industrie,  Lord  Bea- 
verbrook  entre  autres,  eut  un  énorme 
retentissement.  Le  cinéma  anglais  mar- 
qua alors  un  sensible  avantage.  Diver- 
ses importantes  Compagnies  de  produc- 
tion ou  de  louage  :  Stoll,  Idéal,  Pâmons 
Players  Lasky,  General,  etc.,  augmen- 
tèrent  leur  capital. 

Malheureusement,  des  œuvres  faibles, 
hors  de  date  (Voir  Block  et  Advance- 
booking),  éloignèrent  le  public  mal  à 
propos.  La  crise  économique  et  les  dif- 
férentes grèves  qui  eu  furent  la  consé- 
quence, la  menace  d'un  impôt  sur  le  ca- 


cinea 


15 


pital;  d'autre  part,  la  faillite  de  diver- 
ses entreprises  :  la  London  Film  C°,  le 
Palace,  etc.,  arrêtèrent  un  nouvel  afflux 
ft'argent. 

Cependant,  tout,  c'est-à-dire  nombre 
de  faits,  laissent  prévoir  une  orienta- 
it n  diliérente  des  banquiers  à  l'égard 
du  cinéma  :  l'introduction  du  film  an- 
glais sur  les  marchés  étrangers,  le  goût 
marqué  du  public  pour  des  films  d'une 
réelle  valeur  artistique  et  documentaire: 
à  valeur  égale,  la  production  anglaise 
sera  préférée  à  l'américaine;  l'agrément 
intervenu  entre  les  membres  des  trois 
associations  cinénnatograpihques'  du 
pays  (industriels,  loueurs,  exhibiteurs), 
relatif  à  la  suppression  de  l'Advanee- 
bookiug;  enfin,  pour  terminer,  l'appro- 
che de  la  nouvelle  saison  qui  marquera, 
espérons-le,  le  début  d'une  ère  de  pros- 
périté. 

Building  ban.,  —  L'interdiction  de 
construire  des  nouveaux  cinémas  fut 
néfaste  à  l'industrie  anglaise.  Interrup- 
tion du  louage  pendant  quelques  mois, 
ou  création  de  nouveaux  débouchés,  là, 
était  le  remède  à  son  état  de  cougestiou- 
aenient. 

Les  3.5c >  cinémas  actuels  ne  suffisent 
pas  pour  rémunérer  ou  pour  amortir  la 
mise  de  fonds,  de  plus  en  plus  impor- 
tante, que  nécessite  la  fabrication  d'un 
bon  film.  Leur  capacité  moyenne  est 
d'ailleurs   minime:   1.200  à   1.500  places. 

La  défense,  justifiée,  des  County  Cou- 
cil,  de  construire  des  établissements, 
dénommés  à  tort  «  de  luxe  »,  a  donc 
mis  les  Compagnies  anglaises  dans 
l'obligation  de  sauver  (to  save),par  tous 
les  moyens  possibles,  le  capital  engagé. 
Le  principal  ed  ces  moyens  fut  —  La 
Palisse  l'eût  pensé  -  -  la  réduction  du 
coût  du  film.  Comme  si  un  mauvais  film 
pouvait  être  autre  chose  qu'une  mau- 
vaise affaire. 

Ou  a  essayé  de  remédier  à  la  situa- 
tion, en  transformant  les  salles  de  théâ- 
tre en  cinémas.  Tel  fut  le  cas  des  théâ- 
tres les  plus  célèbres  de  Londres  :  l'Em- 
pire et  l'Alhambra,  à  Leicester  Square, 
le  Palace,  dans  Shafstertury  avenue. 
Quelques  autres  ont  leur  saison  consa- 
crée au  cinéma;  London  Pavillon,  Win- 
ter  Gardeu.  On  agit  de  même  en  pro- 
vince. 

Ceci  est  tout  à  fait  insuffisant,  il  va 
sans  dire.  Que  sont  200  cinémas  de  plus 
sur  un  territoire  qui  en  nécessite  2.000! 

Quoi  qu'il  en  soit,  il  est  bon  de  sou- 
ligner ici  cpie  cette  transformation  aura 
prouvé  aux  capitalistes  qu'un  bon  film 
pouvait  être,  à  l'instar  d'une  bonne 
pièce,  une  mine  d'or.  L'Alhambra  qui 
ouvrit,  le  8  août,  avec  un  spectacle 
cinématographique  ne  réussit  pas  avec 
«  Le  Bigamiste  ».  Il  ne  faut  en  accuser 
que  le  film.  Par  contre,  ce  théâtre  fait 
salle  comble  avec  «  The  Old  Nest  » 
(production  Goldwyn).  Lu  seul  film  - 
un  bon —  et  c'est  assez;  tel  est  l'avis  du 
publie.  Les  capitalistes  se  rendront  à 
l'évidence. 

On  ne  peut,  on  ne  doit  pas  désespé- 
rer. D'ailleurs,  le  building  ban,  tout 
{récemment,  ne  fut  pas  si  strict  qu'on 
put  le  croire.  Dans  les  faubourgs  de 
Londres,  principalement,  en  province, 
des  nouveaux  cinés  ont  pu  ouvrir  (aug- 
Imentation  totale  en  IQ20:  i6n).  Dans 
certains   cas,    les    intéressés   en    ont   ap- 


CHARLIE  CHAPLIN 

est  venu  en  Europe,  acclamé, 
mais  discret  et  calme.  Il  a  séjour- 
né à  Londres,  à  Berlin,  à  Paris,  a 
Lympne  chez  sir  Philip  Sassoon. 
Il  a  vu  le  moins  de  journalistes 
possible,  il  a  évité  les  banquets 
et  les  manifestations  grandioses. 
Il  s'est  promené  dans  les  bars 
intimes,  les  cafés  littéraires,  les 
cirques,  les  music-halls  avec  ses 
amis  Georges  Carpentier,  Harry 
Pilcer,  Jacques  Copeau,  les  frères 
Fratelb'ni.  etc.  Il  ne  consent  à  se 
montrer  que  dans  des  galas  de 
bienfaisance.  Nous  l'aimons  de 
plus  en  plus.  ::  :: 


pelé  devant   les   tribunaux.    Ils  ont  ob- 
tenu gain  de  cause. 

De  nombreuses  Compagnies  se  sont 
formées  pour  acheter  des  blocs  de  mai- 
sons... et  attendent  des  jours  meilleurs. 
La  Stoll  C°  est  ainsi  prête  «  faire  cons- 
truire le  plus  grand  cinéma  de  Londres, 
le  Stoll  picture  palace  qui  contiendra 
5.000  places.  Ce  cinéma  aura  cette  heu- 
reuse originalité  qu'il  communiquera 
directement,  d'une  part,  avec  le  métre 
(Baker  street  station);  d'autre  part,  avec 
le    chemin    de    fer    (Bakerloo    station). 

Voilà  bien  le  progrès  !  Quand  verrons- 
nous  la   plateforme   pour  l'aéro  de   Ma 
dame  ? 

Croira-t-on  qu'en  dépit  de  ce  palace 
monstre,  un  confrère  a  acheté  —  exac- 
tement en  face,  dans  la  même  rue  — 
un  édifice  qui  subira  une  semblable 
transformation.  Que  nous  disait-on  de 
l'incompréhension  des  capitalistes  ! 
Puissent  les  Services  Administratifs 
être  aussi   intelligents   qu'eux. 

Pourquoi  ne  le  seraient-ils  pas  ?  Pour- 
quoi refuseraient-ils  plus  longtempsdroit 
de  cité  au  cinéma.  Son  poiuo.r  formidable 
de  propagande  ne  fait-il  pas  de  lui  le 
meilleur  et  le  plus  sûr  agent  de  la 
suprématie  britannique,  sur  tous  les 
points  du  monde. 

Faisons  confiance  au  Gouvernement, 
comme  nous  faisons  cou  fiance,  à  pré- 
sent, aux  producers.  Ceux-ci  se  sont 
rendus  compte  que  l'enthousiasme  du 
publie  était  à  toute  œuvre  de  mérite, 
d'où  qu'elle  vint.  Aussi,  peuvent-ils 
faire  crédit  pour  leur  part,  à  l'intelli- 
gence capitaliste  .Ces  derniers,  sans 
doute,  le  leur  rendront  bien. 

A. -F.  ROSE. 


Propos  séVères  /... 
Mais  /... 


Diable;  me  suis-je  dit,  en  y  pensant, 
et  je  fus  bien  près  de  résigner  ma  tâ- 
che. Considérez  que  mon  préambule 
était  ceci  : 

Le  cinéma  anglais  en  dépit  de  la 
grosse  publicité  qui  l'accompagne,  poui 
ne  pas  dire  de  prime  abord  qu'elle  le 
soutient,  —  traverse,  actuellement,  une 
crise  très  sérieuse.  Il  étouffe  et  s'atro- 
phie, serré  dans  des  formules  comme 
dans  un  carcan,  alors  que  là,  tout  près, 
devant  des  yeux  qui  ne  savent  voir,  ni 
comprendre,  ou  simplement  qui  ne  veu- 
lent pas  voir  —  il  y  a  l'air  libre  et  la 
lumière,  les  nuances,  les  rêves,  toute 
la  bonne  chanson...  la  vie  sincère,  en- 
fin... la  vie  ! 

La  concurrence^  trop  exclusivement 
commerciale,  qui  sévit  entre  la  plupart 
des  Compagnies  londonnienues,  —  cha- 
cune visant  surtout  à  surprendre  les  se- 
crets de  polichinelle  du  voisin  —  les 
entraîne  parfois,  trop  souvent,  vers  des 
réalisations  —  qu'elles  disent  —  où  l'art 
n'est  plus  qu'un  artifice  maladroit. 
Aussi  le  public,  qui  n'est  pas  ce  qu'un 
vain  advertiser-specialist  pense,  est-il 
excusable  de  ne  pas  leur  être  irrémé- 
diablement dévoué. 


16 


cinea 


A  voir  la  généralité  des  productions 
présentées   durant    ces    deux    dernières 

années  visées,  super-visées,  master- 
pièces,  ou  all-cast  starring  —  on  pour- 
rait croire  toute  véritable  humanité, 
bannie  de  cet  art,  maître  du  temps, 
pour  la  plus  grande  gloire  d'une  mé- 
diocrité latente.  Direction  jusqu'ici  im- 
puissante à  déterminer,  et  à  suivre  des 
conditions  saines  de  production  —  man- 
que de  capitaux  suffisants  pour  l'exé- 
cution de  «  beaux  films  »  —  étant  en- 
tendu que  ces  beaux  filins  existent;  tel- 
les sont  les  deux  causes  principales  du 
malaise  profond  qui  affaiblit  l'industrie 
britannique,  auxquelles  tous  les  pala- 
bres et  tous  les  dythirambes  ne  peuvent 
pallier. 

L'art  exclu  du  temple,  ou  tout  au 
moins  singulièrement  mitigé,  voit  ^on 
prestige  diminuer  chaque  jour,  d'autant 
plus  que  la  situation  économique  du 
pays  laissant  à  désirer,  le  publie  res- 
treint ses  dépenses,  délaissant  l'agréa- 
ble !  pour  l'utile. 

Quoi  faire  ?  Question  angoissante  que 
se  pose  chaque  «  manager  »  soucieux 
des  intérêts  de  sa  Compagnie,  et  des 
siens  propres. 

Quoi  ne  pas  faire  ?  pourrait-il  se  de- 
mander plutôt,  et  ceci  serait  déjà  une 
bonne  solution  du  problème. 

«  The  end  of  boom  »  annonça  un  jour- 
nal du  métier,  et  ce  titre  était  bien  si- 
gnificatif. La  fin  d'un  engouement,  oui, 
cela  est  exact.  Mais  ne  devait-on  pas 
prévoir  cette  réaction  inévitable,  natu- 
relle même,  qui  suit  régulièrement  la 
fin  d'une  vogue,  d'une  mode  ou  d'une 
célébrité,  et  qui  atteint  aujourd'hui  le 
cinéma   anglais   de  façon   si  fâcheuse. 

Depuis  bientôt  un  an  que  des  indi- 
ces formels  l'annoncèrent,  n'aurait-on 
pas  dû  s'organiser  afin  d'en  atténuer 
autant  que  possible  les  >déplorables  ef- 
fets. Il  eut  suffi  de  vouloir  «  bien  faire  » 
en  dehors  de  considérations  d'ordre  sur- 
tout monnayables. 

Du  point  de  vue  technique,  le  cinéma 
anglais,  dans  maintes  œuvres,  s'est 
montré  à  la  hauteur  de  ses  rivaux.  Il 
possède  aussi  nombre  d'artistes  de  ta- 
lent. Que  fallait-il  de  plus  pour  réaliser 
des  œuvres  de  valeur,  caractéristiques 
d'un  génie  national  universellement 
estimé  et  reconnu,  lesquelles  eussent 
affermi  les  crédules,  entraîné  les  hési- 
tants !  Des  capitaux.  Cela  n'est  que 
trop  vrai;  mais  aussi  et  surtout  des  ca- 
histoires  neuves,  fortes,  remplies  de 
sève,  où  la  beauté  eut  été  autre  chose 
qu'une  élégance,  où  l'amour  eut  été  au- 
tre chose  que  tout  ce  que  vous  en  avez 
vu...  et  le  reste  !...  histoires  où  la  vie 
eut  été  puissante,  litre  et  sincère,  his- 
toires de  tendresse  et  de  pitié.  Qu'a- 
t-on  fait  pour  les  trouver  ?  Rien  ou 
l'eu  de  chose.  A  part  d'heureuses  et 
trop  rares  exceptions,  le  cinéma  anglais 
vit  presque  exclusivement  sur  sa  litté- 
rature choisie  avec  plus  ou  moins  de 
discernement,  alors  que  son  essence 
exige  qu'il  soit  un  art  absolument  dis- 
tinct, ayant  ses  lois  —  celles  de  la  na- 
ture, ses  caractères  —  ceux  que  vous 
préférez,  ses   raisons   d'être...   et  son 

destin  !  Conséquence  d'une  telle  façon 
de  produire,  il  est  peu  de  cas  où  la 
maîtrise  du  metteur  en  scène  puisse 
vraiment  s'employer.  Sur  environ    2.500 


films  enregistrés  durant  ces  trois  der- 
nières années,  seules  une  douzaine 
d'œuvres  méritent  d'être  signalées  et 
revues.  Je  citerai  entre  autres  :  Nothing 
else  matters  et  Garryowcn  (Welsh  Pear- 
son  C°J.  —  Alf  Button  et  Amazing  quest 
of  Mr.  Ernest  Bliss  (Hepworth).  Demos 
et  Wuthering  Heights  (Idéal).  —  Car- 
nival  (Alliance  Film  Corporation).  — 
Call  of  the  Road  (L.  B.  Davidson).  - 
Duke's  sou  (G.  Clark  Prod).  —  Kipp, 
At  the  Villa  Rose  (Stoll).  —  Snow  111 
the  Désert  (Broadwestj. 

Qu'on  s 'étonne  après  cela  que  le  film 
anglais  soit  si  peu  apprécié  dans  son 
pays  d'origine,  où  il  ne  figure  sur  les 
programmes  que  dans  une  proportion 
maximum  de  30 

Actuellement,  plus  que  jamais,  la  si- 
tuation eu  Angleterre  est  critique.  Il 
s'agit  de  reprendre  sinon  de  maintenir 
la  confiance  d'un  public  déjà  plus  clair- 
voyant, eu  ne  lui  présentant  que  des 
films  impeccables  qui  puissent  l'émou- 
voir, et  même  l'empoigner.  A  quoi  bon 
continuer  ces  bandes  «  machine  made  » 
cpii  sont  comme  un  défi  à  son  bon  sens 
et  à  sa  raison.  A  quoi  bon  ces  comédies 
puériles,  ces  mélodrames  cent  fois  res- 
sassés où  la  longueur  le  dispute  à  l'en- 
nui, l'ennui  restant  dernier  gagnant  et 
pour  cause  !  .Selon  l'heureuse  formule 
de  Mr.  Hepworth,  le  moment  est  venu 
de  ne  mettre  sur  le  marché  que  des 
films  bel  et  bien  «  produced  »  et  non 
plus  «  manufactured  ».  A  cette  condi- 
tion, la  vitalité  dit  cinéma  anglais  sera 
sauvegardée.  A.  F.  Rose. 


AU  STUDIO 


La  Stoll  Compagnie  possède,  actuelle- 
ment, le  studio  le  plus  important  et  le 
mieux  équipé  d'Angleterre.  Sis  à  Crick- 
lewood,  dans  le  faubourg  nord-ouest  de 
Londres,  tranquille  et  verdoyant,  pro- 
che de  tous  moyens  de  communication, 
ce  studio  est  un  modèle  du  genre. 

J'y  fus,  il  y  a  quelques  temps,  ayant 
à  quérir  certains  tuyaux  sur  le  film 
en  couleurs,  sensationnel,  que  Mr.  J.-S. 
Blackton  y  prépare  pour  sou  propre 
compte,  qui  s'intitule  «  The  Clorions 
Adventure  ». 

Le  bâtiment,  vu  du  dehors  est  im- 
posant. Limité  par  trois  rues,  il  couvre 
une  superficie  de  9.000  mètres  carrés. 
Erigé  originalement  en  tant  qu'usine 
d'aéroplanes,  il  convenait  ou  ne  peut 
mieux  pour  sa  destination  présente.  Ma 
première  visite  datait  d'il  y  a  huit  mois. 
A  ce  moment,  les  travaux  nécessaires 
d'installation  n'étaient  pas  encore  ache- 
vés. —  Aussi,  fus-je  médusé  du  change- 
ment. 

Dès  l'entrée,  une  impression  de 
grandeur,  de  force,  vous  parvient,  de 
discipline  aussi.  Des  gens  liassent  af- 
fairés, des  coups  de  sifflets  vibrent,  au- 
toritaires. Dans  le  vestibule,  sur  une 
pancarte,  je  lis  :  Mr.  Maurice  Hclvcv  — ■ 
in  —M.  G.  Rigwell  —  in  M.  Martin 
Thortou  —  in —  M.  .Sinclair  Hill  —  ont 
Mr.  Maurice  Elvev,  travaille. 

Je  tombe  bien,  ma  fo;. 

M.    Joe    GrosSinan,     studio    manager. 


me  reçoit  avec  ce  sourire  affable,  qui  le 
fait  paraître  encore  plus  jeune,  ■  on 
lui  donnerait  25  ans  —  et,  après  les  pre- 
miers mots  de  bienvenue,  me  remet  aux 
bons  soins  d'un  assistant. 

—  Vous  vous  perdriez,  me  dit-il   ? 

Lt  moi  qui  ne  suis  pas  Prince  Char- 
mant !  Qui  sait,  j'eus  pet-êtic  trouvé, 
dans  la  Glorieuse  Aventure,  gente  Cen- 
drillon. 

D'abord,  les  lieux  réservés  pour  la 
production.  11  y  en  a  trois,  couvrant  res- 
pectivement 800,  600  et  400  mètres  car- 
rés. Ils  occupent  la  partie  centrale  de 
l'édiffice,  le  plus  petit  étant  superposé 
au  plus  grand.  Celui-ci  affecte  la  forme 
d'un  L,  étant  entaillé  par  le  magasin 
des  décors  et  accessoires,  —  ou  rien  nu 
manque,  sauf  un  beau  désordre  —  et 
la  pièce  qui  renferme  les  dynamos.  Le 
second,  principal  emplacement,  est  nu 
peu  en  surélévation. 

Il  est  équipé  de  telle  façon  que  le  pie- 
ducer  qui  l'occupe  (Mr.  J.  Stuart  Black- 
ton), eu  dispose,  peut  y  travailler  en 
toute  indépendance,  sauf,  naturelle- 
ment, en  ce  qui  concerne  l'énergie  élec- 
trique et  les  décors,  lin  large  ateliei 
de  menuiserie  fait  suite  à  ces  deux  em- 
placements, contenant  huit  établis  de 
taille,  et  tout  l'outillage  voulu. 

Toutes  les  pièces  de  menuiserie,  né- 
cessaires aux  divers  producers,  sont 
faites  ici.  Est-il  besoin  d'ajouter  qu'on 
n'y  chôme   pas. 

Un  peu  plus  loin,  agencé  de  façon 
à  ce  qu'on  n'y  perçoive  pas  le  choc  des 
marteaux,  le  sifflement  des  scies,  se 
trouve  le  bureau  des  dactylo-.  Cinq  île 
ces  charmantes  pensionnaires,  quatre 
blondes  une  brune,  s'emploient  à  faci- 
liter le  travail  des  artistes.  Chaque 
scène  d'un  scénario  est  tapée  séparé- 
ment sur  une  feuille,  le  verso  de  la- 
quelle est  une  fiche  qui  donnera  toutes 
les  indications  nécessaires  pour  l'éla- 
boration du  rôle,  du  jeu,  et  du  costume, 
maquillage    compris. 

Revenons  sur  nos  pas.  Voici  le  res- 
taurant, qui  comporte  trois  salles  par- 
faitement installées  :  l'une  (réservée 
aux  étoiles  et  aux  Directeurs,  la  se- 
conde pour  les  artistes,  la  troisième 
pour  le  personnel.  Puis  la  cuisine  qui 
doit  être  échappée  de  la  Maison  Elec- 
trique, visitée  à   Paris,  naguère. 

Un  peu  plus  loin,  les  deux  magasins 
d'habillement  ou  quiconque,  homme  ou 
femme,  peut  trouver  chaussure  à  son 
pied,   déguisement  à  sa  mesure. 

Viennent  ensuite  les  offices  (3  pièces), 
réservées  à  chacun  des  six  producers  de- 
là Stoll  C°.  Bureau  Standard,  fauteuils, 
bibliothèque,  des  photos,  le  téléphone; 
c'est  confortable. 

En    face,    dans    la    galerie    du    rez-de- 
ehaussée,   sont    les    bureaux   des    Direc- 
teurs,  une  belle  salle  de  projection,  le 
bureau  où  se   fait  le   recrutement  et  1; 
répartition  des  artistes. 

Je  mentionnerais,  enfin,  les  différen- 
tes salles  où  se  font  les  divises  mani- 
pulations du  film  :  celle  pour  le  déve- 
loppement du  négatif  (7  m.  50  x  4  m.), 
pour  l'impression  (6  m.  x  3  m.  50), 
pour  l'impression  positive  (7  m.x6  m.), 
pour  le  lavage  (15  m.  x  S  m.),  la  pièce 
pour  l'ensemblage  {\.:  m.  •■  =;  m.),  pour 
le  séchage  (15  m.  y  fi  m.  50),  et  le  per- 
forage  (3  m.   x   3  m.). 


cinea 


Au  premier,  tout  au  long  d'une  ga- 
lerie se  trouvant  sur  le  pourtour  de 
l'édifice,  sont  les  loges  des  artistes,  spa- 
cieuses, bien  aérées  et  bien  meublées;  la 
pièce  où  l'on  fait  les  sons-titres  et  celle 
où  L'on  prend  les  clichés.  Le  studio  pos- 
sède 20  lampes  à  mercure  Cooper 
Hewitt,  trois  Sunlight  20  Wohl  broad- 
sides,  16  Wohl  projecteurs  ;  ceci,  sans 
compter  le  menu  fretin,  10  lampes 
Kleigl  de  70  ampères  et  trois  de  100 
ampères,  entre  autre  : 

Mr.  Grossman  m'affirme  cpie  c'est  là 
l'équipement  le  plus  formidable  qui  soit 
en  Europe.  C'est  bien  possible.  L'or- 
ganisation complète  à  coûté  £  400.000. 
Son  personnel   comprend  300  personnes. 

Mais,  je  voulais  voir  Mr.  Helvey.  Je 
reprends  ma  marche  —  Dieu  !  qu'il  fe- 
rait bon  s'assoir  à  l'ombre  d'un  vrai 
chêne!  --et  monte  enfin  sur  le  deck- 
floor.  Des  ouvriers,  non  loin,  érigent 
quelques  échaffaudages. 

Dans  un  décor,  donnant  l'impression 
d'une  salle  à  manger  rustique,  Miltoii 
Kosmer  joue  une  scène  de  «  The  ro- 
mance of  Wastdale,  d'après  la  nouvelle 
de  A.-E.-W.  Mason.  Les  lampes  à  mer- 
cure mettent  sur  son  visage  une  teinte 
livide  et  lui  donnent  l'aspect  d'un  res- 
capé. 

Mr.  Llvey  se  lève...  Un  coup  de  sif- 
flet... I,e  silence...  On  tourne... 

—  «  Que  faites- vous  de  neuf,  Mr. 
Llvey  ?    » 

—  «  Des  silhouettes.  Tenez,  voici 
quelques  spécimen,  celuici  vous  plaît. 
l 'renez. 

-  «  Mon  opinion  sur  le  cinéma  an- 
glais !  11  manque  de  capital  et  d'imagi- 
nation. Nous  pourrions  cependant  faire 
de  belles  choses.  En  France,  il  y  a  de 
l'imagination.  Aussi  je  suis  pour  une 
échange  de  bons  procédés,  je  veux  dire 
de  bons  films. 

—  «  J'aime  beaucoup  la  France.  J'y 
fis,  d'ailleurs,  de  nombreux  et  longs 
séjours.  J'ai  tourné  un  peu  dans  tous 
ses  coins,  si  l'on  peut  dire.  A  Nice, 
naturellement,  —  voici  des  souvenirs  --- 
en  Auvergne,  ailleurs.  Je  repartirais 
pour  Bordeaux  avant  la  fin  de  l'innée. 

—  «  .Sherlock  Homes  a  eu  du  succès. 
m'a-t-011  dit. 

—  «  Oui,  le  film  plaît.  Ellie  Norwood 
ist   excellent... 

Et    quels    sont    vos  projets? 

—  «  ...Prendre  une  tasse  de  thé.  Vou- 
lez-vous? c'est  l'heure.   » 

Mr.  Maurice  Elvey  est  un  homme 
Inarmant. 


iLe    BoardofCensors"  ! 


Pu  égard  à  la  décision  adoptée  par 
lis  membres  de  la  K.E.A.,  de  ne  présen- 
ter dans  leurs  salles  que  des  films  ayant 
eu  l'approbation  du  Board  of  Censors, 
li  presque  totalité  de  la  production  an- 
glaise est  soumise  à  ce  dernier.  Celui- 
ci  édite,  mensuellement  une  liste  des 
films  ayant  eu  son  visa,  et  l'envoie  au\ 
autorités  qualifiées  dans  chaque  pro- 
vince, lesquelles  en  donnent  connais- 
sance aux  Directeurs  de  cinéma  de  leur 
ressort. 

Le  Board  of  Censors  n'est  pas  une  ins- 
titution    gouvernementale,    «c'est-à-dire 


GUY  NEWAL 
Vedette  de  la  Georges  Clark  Prod. 

qu'il  ne  dépend  pas  d'un  quelconque 
ministère.  11  a  été  fondé  en  mars  1913, 
ur  les  suggestions  du  .Secrétaire  d'État 
à  l'Intérieur,  eu  tant  qu'organisation 
du  métier  (trade  organisation).  11  fonc- 
tionne sur  des  bases  absolument  indé- 
pendantes. 

Sou  seul  objet  est  de  considérer  si  les 
films  produits  sont  «  suitable  »,  c'est- 
à-dire  (la  traduetipn  ne  rend  pas  exac- 
tement le  sens  du  mot),  s'ils  convien- 
nent ou  non  pour  la  projection  dans 
un  cinéma  usuel.  .Son  indépendance 
étant  garante  de  son  impartialité,  sa 
décision,  à  ce  sujet,  est  sans  appel. 
Il  y  a  lieu  de  souligner  qu'elle  est  par- 
tout et  toujours  respectée. 

Il  intéressera  peut-être  les  Compa- 
gnies françaises,  le  public  français  éga- 
lement, de  savoir  que  le  Board  of  Cen- 
sors est  la  seule  organisation  autorisée 
-  reconnue,  —  d'autre  part,  par  le  gou- 
vernement anglais. 

Les  County  Concil  n'ont  pas  le  droit 
d'interdire  un  film  qu'il  a  accepté,  ils 
s'en  remettent  entièrement  à  ses  juge- 
ments. Aussi,  ceux-ci  ont-ils  force  de  loi 
sur  toute    l'étendue    du    Royaume.-TTnis. 

Les  certificats  délivrés  par  le  Tîoard 
of  Censors  sont  de  deux  sortes  :  dénom- 
mée U  et  A  ;  le  certificat  V  indiquant 
que  !•  film  peut  passer  dans  n'importe 
ouel  programme  ;  le  certificat  A  spéci- 
fiant que  le  film  en  question  ne  convient 
nlutôt  nue  nour  exhibition  devant  un 
milieu  d 'adultes. 

Poir-    tout    film    soumis    au    Bonn!   of 


Censors,  les  industriels  et  loueurs 
payant  à  celui-ci  une  redevance",  calcu- 
lée à  raison  de  1  shilling  par  cent  pieds 
ou  partie  moindre.  J.e  droit  minimum 
est  de  5  sh.  Une  copie  du  certificat  doit 
être  fournie  ainsi  à  l'exhibileur. 

Quoique  des  journalistes,  en  mal  de 
copie,  aient  pu  en  dire,  le  Board  of  Cen- 
sors, sous  l'intelligente  direction  de 
Mesrrs.  O'Counor  Présidence  ;  Booke 
Wilkinson  .Secrétaire,  a  prouvé  son  uti- 
lité, n'étant  pas  un  organisme  admi- 
nistratif, contraire,  par  principe,  à  toute 
initiative,  retelle  à  toute  heureuse  ori- 
ginalité. 

D'ailleurs,  nous  ne  sommes  pas  en- 
core, hélas  !  arrivés  à  cette  période  de- 
perfection  où,  sans  vice  et  sans  bassesse, 
nous  pourrons  contempler  le  monde  et 
la  vie  recréée  à  notre  image,  avec  un 
bonheur  naïf  de  grands  enfants... 

Durant  l'année  .1919,  3.421  films  ont 
été  soumis  au  Board  of  Censors,  repré- 
sentant une  longueur  de  6.233.155  pieds 
(longueur  totale  depuis  sa  constitution: 
87. 719.479).  Sur  ce  nombre,  2. 311  filins 
ont  reçu  le  certificat  U;  829  ont  eu  le 
certificat  restrictif  A;  28  ont  été  refu- 
sés formellement.  Le  reliquat,  soit  253 
filins,  ont  été  retenus  pour  une  plus 
ample  considération. 

Parmi  les  diverses  raisons  qui  ont  mo- 
tivé le  refus  définitif  ou  provisoire  du 
Board  of  Censors,  je  soulignerais  les 
suivantes  : 

Mise  en  relief  de  l'infériorité  des  ra- 
ces de  couleurs  ; 

Scènes  tendancieuses  ayant  pour  but 
de  faire  naître  ou  d'accentuer  les  haines 
de  race  ; 

Scènes  relatives  à  l'usage  des  dro- 
gues ; 

Cruautés   envers   les  animaux    ; 

Film  où  le  crime,  où  le  meurtre  est 
l'attrait  dominant. 

On  peut  se  rendre  compte,  par  ces 
quelques  exemples  que  la  tâche  du 
Board  of  Censors  n'est  pas  vaine,  et 
qu'il  serait  sot  de  la  plaisanter,  à  l'ins- 
tar du  plus  commun  des  pamphlétaires. 

La  censure  ne  peut  jamais  être  qu'un 
pis-aller.  D'accord.  Mais  tant  que  le  ci- 
né lia  ne  sera  pas  entré  dans  les  mœurs 
comme  dans  un  spectacle  régulier,  sain, 
agréable,  intéressant,  e'est-à-dire  tant 
que  les  producers  n'auront  pas  le  cou- 
rage de  faire  des  films  avec  l'idée  de 
réaliser  une  (ouvre  d'art  et  non  pas 
une  affaire,  ce  pis-aller  vaudra  encore 
mieux  qu'une  licence  où  tous  les  désor- 
dres et  tous  les  dérèglements  sont  per- 
monstre. 
mis    avec    aggravation    d'une    publicité 

Ne  disons  pas  que  la  censure  est  illé- 
gale, absurde,  néfaste,  qu'elle  est  un 
empêcheur  de  tourner  en  grand.  Ne  la 
rendons  pas  responsable  des  mauvais 
filins,  dont  un  public  averti,  heureuse- 
ment, se  rédime. 

Il  me  suffit  de  savoir,  qu'eu  dépit  des 
mauvais  marchands,  le  cinéma  —  mer- 
veilleux instrument  de  propagande  et 
de  civilisation  —  est  un  art,  et  rien  que 
cela.  Son  but  est  l'idéal  que  nous  pour- 
suivons. «  Honni  soit  qui  ne  veut  pas 
le  reconnaître.  » 

Il  m'importe  peu,  quant  à  moi,  que  le 
Board  of  Censors  fasse  ou  non  œuvre 
saine. 

Que  Messieurs  les  Producers  com- 
mencent. A. -F.    RosiC. 


•     <» 

•/$&• 


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MARY     PICKFORD 

icieuse  interprète  de  tant  de  comédies  d  écran  est  arrivée  à  Paris  avec  son  mari,  Douglas  Fairkanks,  et  s'apprête   à  tourner  en 
un    nouveau  grand    film.    En   attendant,    nous    allons    applaudir    l'incomparable    Mary    dans    Pollyanna,    sa    plus    récente   et 

sa  plus  émouvante  création. 

LES    GRANDS   FILMS   AMÉRICAINS         44 


* 


Çpawmoiuib 


M  AH  MURRAY  dans  Liliane 


Une  moue  délicieuse,  les  yeux 
spirituels,  une  sorte  de  i;ràce 
ironique  et  le  corps  le  plus  libre- 
ment photogénique  présente  par 
l'écran,  c'est  Maë  Murray,  la 
charmante  girl  devenue  star, 
particulièrement  brillante  dans 
Liliane  où  une  mise  en  scène 
exquise  souligne  de  son  éclat  et 
de  son  imprévu  les  séductions 
de  la  jolie  interprète. 


Le  Succès 

par  la  Sélection 


PI 


des  Films 

LES   PUISSANTS 

SOMPTUEUX 
US   RÉCENTS 


L'HOMME  INCONNU 

Drame  d'angoisse 

LA  CHANTERELLE 

Drame  d'amour  et  d'aventures 

LE  COLONEL  DU  KENTIICKY 

Comédie  dramatique 

avec 

BESS1E  BARR1SCALE 

LES  COMPAGNONS  DE  LA  MER 

Grandes    aventures    maritimes 


Pour    la    Vente    à     l'Etranger 

de  la  Production  TRIOMPHE 

et  la  Location  : 

-  FILM  TRIOMPHE  - 
33,   rue  de   Surène,    Paris  (8e) 

—  Télégramme  :    Eorcomser  — 
Télép.  Elysée  .-  2j-3o  ey  2^-So 


(THE  KID) 
de  CHARLES  CHAPLIN 


cmea 


M         PROGRAMMES         M 
DES     CINÉMAS     DE     PARIS 

du    Vendredi  14    au   Jeudi   20   Octobre 


ae    ARRONDISSEMENT 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des 
Italiens.  —  Louvre  06-99. —  L'éternel  fémi- 
nin. —  Pour  l'humanité. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière. 
Cbi'{  les  Cannibales,  9e  étape.  —  Onésime 
mousquetaire.  —  La  fiancée  du  Cozv-Boy. — 
Le  méchant  homme.  —  Dudule  apprenti 
guerrier.  —  En  supplément  de  19  h.  3o  à 
20  h.  30  :  Le  loup  dans  la  bergerie. 

Omnia-Pathé,  5,  boulevard  Mont- 
martre.—  Les  trois  mousquetaires,  premier 
épisode.  —  Le  scandale  de  Fattv  et  de 
Pieratt.  —  Supplément  facultatif  :  Le  sept 
de  trèfle,  ce  épisode. 

Electric-Palace,  5,  boulevard  des  Ita- 
liens. —  L'idole  brisée.  —  La  Russie  rouge. 
—  Miss  Fattv  au  bain. — Supplément  facul- 
tatif :  Nick  Winter  et  ses  aventures.  9e  épi- 
sode. 


A  partir  du  4  Novembre,  le 

:    film     de     Charles     CHAPLIN,  l 
\    "LE  GOSSE"  (The  Kid) 

passera    en    excluvioité    dans    les  ■ 
:     établissements  suivants  : 

m  m 

:         Ciné  Max  Linder,  24.  Boulevard  j 

:     Poissonnière.  : 

■  ■ 

Tivoli-Palace,   17,  Faubourg  du  : 
:     Temple. 

Palais-Rochechouart,  56,  Boule-  • 

:     vard  Rocllechouart.  : 

■  ■ 

•         Demours-Palace,7,  rueDemours.  ■ 

■  Montrouge  Palace,   73,    Avenue  ; 
:    d'Orléans. 

Voltaire-Palace,      Rue      de      la  ■ 

!     Roquette. 

■  1  ■ 

Grenelle-Aubert-Palace,       122.  ■ 

:     Rue  du  Théâtre. 


3e    ARRONDISSEMENT 
Pathé-Temple. —  L'Affaire  du  train  24, 
8e  épisode.  —  Chariot  a  débauche  Fattv.  — 
Ultime  roman.  —  Les  trois   mousquetaires. 
premier  épisode. 

Palais  des  Fêtes. —  8.  rue  aux  Ours. — 
Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Saturnin  bon 
allumeur. —  La  Russie  rouge.  —  A  quatorze 
millions  de  lieues  de  la  terre.  —  Les  /rois 
mousquetaires,  premier  épisode. 

Salle  du  Ier  étage.  —  BU ïy  victime  du 
mariage.  —  L'homme  à  la  lèvre  tordue.  — 
/.<■  journalisme  mené  à  tout,  —  L'Orpheline, 
premier  épisode. 


4e   ARRONDISSEMENT 
Saint-Paul,      73,     rue     Saint-Antoine. 

—  Le  sept  de  trèfle,  5e  épisode. —  Peppina. 

—  La  Russie  ronge.  —  A  14  millions  de 
lieues  de  la  Terre. 

5e  ARRONDISSEMENT 
Mésange,  3,  rue  d'Arras. —    Lui...  sur 
des   roulettes.    —    L'Affaire  du   train    24, 
7e  épisode.  —  Les  trois  mousquetaires,  pro- 
logue. —  La  Terre. 

Chez  Nous.  —  76,  rue  Mouffetard.  — 
L'envol.  —  5.000  dollars.  —  Le  renard  et 
le  corbeau.  —  Oh  !  la  paix.  —  Le  masque 
rouge,  5e  épisode. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel. 

—  La  Terre.  —  Les  trois  mousquetaires, 
prologue.  —  La  Russie  rouge.  —  L'Orphe- 
line, premier  épisode. 

6e  ARRONDISSEMENT 
Cinéma  Récamier,  3,  rue  Récamier.  — 
L'Affaire  du  train   24,  7e  épisode.  —   La 
danse  de  la  mort.  —  La  Terre.  —   Les  trois 
mousquetaires,  prologue. 

7e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Bosquet, 83,  avenue  Bosquet. — 
Che{  les  Anthropophages,  8e  étape.  —  La 
momie.  —  Les  déboires  du  vicomte.  —  Le 
sept  de  trèfle,  4e  épisode.  —  Bill  Bockey  veut 
gagner  cent  sous.  —  La  belle  inconnue. 

8e  ARRONDISSEMENT 

Théâtre  du  Colisée,  38,  avenue  des 
Champs-Elysées.  —  Elysées  29-46.  — 
L'éternel  féminin.  —  Pour  l'humanité.  — 
En  soirée  seulement  :  La  Russie  rouge. 

9e  ARRONDISSEMENT 
Cinéma-Rochechouart,  66,  rue  de  Ro- 
chechouart.  Trudaine  67-89.  —  Sport  nau- 
tique. —  Le  mari  à  la  campagne.  —  Billy 
dans  le  pétrin.  —  L'Orpheline,  premier 
épisode. 

Delta-Palace-Cinéma.  17,  boulevard 
Rochechouart.  Trudaine  67-89.  —  Miss 
Fattv  au  bain.  —    Zigotto  et  les  apaches. 

—  Parmi  les  Peaux-Rouges.  —  Le  sept  de 
trèfle,  se  épisode.  —  Une  loi  humaine. 

10»  ARRONDISSEMENT 
Tivoli,    u).    faubourg    du    Temple.  — 
Le  scandale  de  Fattv.  —  Peppina.    —   La 
Russie   rouge.  —    Les  trois  mousquetaires. 
premier  épisode. 

11e    ARRONDISSEMENT 
Voltaire- Aubert-Palace,  9s,   rue  de  la 
Roquette. — Sibémol  l'audacieux.— Peppina. 

—  Nick  Winter  et  ses  aventures,  vf  épisode. 

—  Les  trois  mousquetaires,  premier  épisode. 


12e  ARRONDISSEMENT 
Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  La  Russie 
rouge. —  L'Orpheline,  premier  épisode. — 
La  danse  de  la  mort.  —  Les  trois  mousque- 
taires, premier  épisode. 

i3e  ARRONDISSEMENT 
Gobellns,  66,  bis  Avenue  des  Gobelins. 

—  Lui...  sur  des  roulettes. —  L'affaire  du 
train  24.  7e  épisode.  —  Les  trois  mousque- 
taires, prologue. —  La  Terre. 

14e    ARRONDISSEMENT 
Qaité,   rue  de  la  Gaîté.  —  Lui...  sur  des 

roule/tes.  —  L'affaire  du  train  24,  7e  épi- 
sode. —  Les  trois  mousquetaires,  prologue. 

—  La  Terre. 


The 

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■         qui     concerne    l'industrie 

m 

cinématographique 
en  Angleterre 


Splendide-Cinéma,  3,  rue  Larochelle. 
—  La  grande  montagne.  —  Mascotte  court 
le  Derbv.  —  Le  journalisme  mène  éi  tout.  — 
Zigoto  douanier. 

Régina-Aubert-Palace.  155,  rue  de 
Rennes.  —  Nick  Winter  et  ses  aventures. 
9e  épisode.  —  La  nouvelle  adepte.  —  Les 
trois  mousquetaires,  prologue.  —  La  Terre. 

Grenelle  Aubert-Palace.  141.  avenue 
Emile  Zola  (36  et  42  rue  du  Commerce).  — 
Peppina.  —  Les  trois  mousquetaires,  prolo- 
gue. —  La  Terre. 


cinea 


ALLA  NAZIMOVA 
dans  La  Danse  de  la  Mort 

15e  ARRONDISSEMENT 
Grenelle,  122,  rue  du  Théâtre. —  Lui... 
sur  des  roulettes.  —  L'Affaire  du  train  24, 
7e  épisode.  —  Les  trois  mousquetaires,  pro- 
logue. —  La  Terre. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  115-119,  rue 
Lecourbe.  Saxe  56-45.  —  La  Russie  rouge. 

—  La  Terre.  —  Les  trois  mousquetaires. 
prologue.  —  L'Orpheline,  premier  épisode. 

16e     ARRONDISSEMENT 

Maillot-Palace-Cinéma,  74,  avenue  de 
la  Grande-Armée.  —  Programme  du  ven- 
dredi 14  au  lundi  17  octobre.  —  Cbc{  les 
anthropophages.  ç«  étape.  —  Les  trois  mous- 
quetaires, premier  épisode.  —  A  14  mil- 
lions de  lieues  de  la  terre.  —  Programme 
du  mardi  18  au  jeudi  20  octobre. —  Le  sept 
de  trèfle,  5e  épisode.  —  Dégradation.  — 
La  voix  qui  tue. 

Mozart-Palace, 49,  51, rue  d'Auteuil,i6e. 

—  Programme  du  vendredi  14  au   lundi 

17  octobre.  —  L'automme  au  Jutland.  — 
Le  7  de  trèfle,  5e  épisode.  —  Dégradation. — 
La  voix  qui  tue.  —  Programme  du  mardi 

18  au  jeudi  20  octobre.  —  Cheç  les  anthro- 
pophages, 9e  étape.  -  Les  trois  mousquetaires. 
premier  épisode.  —  Fattv  au  bain.  — 
A  14  millions  de  lieues  de  la  terre. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue 
Malakoff. —  La  Main  invisible,  6e  épisode. 

—  A  travers  les  rapides.  —  Le  roman  d'un 
spahi.  —  L'adorable  folie. 

17e  ARRONDISSEMENT 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Demours, 
Wagram  77-66.  —  Chasse  aux  ours  blancs 
dans  l'Océan  Glacial.  —  Le  sept  de  trèfle, 
6e  épisode.  —  La  maison  vide.  —  Liliane. 

Ternes-Cinéma,  avenue  des  Ternes,  5. 
Wagram  02-10.  —  La  belle  inconnue.  — 
L'Orpheline,  premier  épisode.  —  Le  scan- 
dale de  Fatty  et  Picratt. 

Cinéma  Legendre,  128,  rue  Legendre. 
Central   14-44.  —  Fabrication  delà  faïence. 

—  Les  lions  déchaînés.  —  Le  sept  de  trèfle, 
5e  épisode.  —  Le  méchant  homme. 


Villiers-Cinéma,  21,  rue  Legendre.  — 
Onésime  gladiateur.  —  Le  domestique  fan- 
tôme. —  Un  pari  original.  —  La  fiancée  de 
minuit.  —  Deux  mois  dans  l'ombre. 

Lutetia-Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Reims.  —  Secrétaire  particulière.  —  La 
Russie  rouge.  —  Les  trois  mousquetaires. 
premier  épisode. 

Royal-Wagram,  avenue  Wagram.  — 
Pour  l'humanité.  —  L'Orpheline,  premier 
épisode. 

18e  ARRONDISSEMENT 

Barbés  Palace,  34,  boulevard  Barbès- 
Nord  35-68.  —  Pour  l'humanité.  —  Les 
trois  mousquetaires,  prologue.  —  L'Orphe- 
line, premier  épisode. 

Le,  Select,  8,  avenue  de  Clichy.  — 
Pour  l'humanité.  —  L'Orpheline,  premier 
épisode.  —  La  Russie  rouge. 


CHARLES  CHAPLIN 

et  son  ami  Georges  Carpentier  sortent  de 

l'Hôtel    Claridge,    attendus   par    la   foule 

parisienne. 

(Lauréat  de  notre  concours  de  photographies) 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music- 
hall,  place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43, 
Nord  49-24.  —  L'Orpheline,  premier  épi- 
sode. —  La  fête  espagnole  —  Fatty  portier. 

—  Le  collier  de  l'impératrice,  6e  épisode. 
Marcadet-Cinéma-Palace ,      110,     rue 

Marcadet.  Angle  rue  du  Mont-Cenis.  Mar- 
cadet  22-81. —  L'Orpheline.  —  Les  trois 
mousquetaires,  premier  épisode.  —  Une- 
bataille  diabolique. 

Palais-Rochechouart,  56,  boulevard  Ro- 
chechouart. —  Nick  Winter  et  ses  aventures, 
9e  épisode.  —  L'homme  inconnu.  —  Les 
trois  mousquetaires,  premier  épisode.  — 
La  Russie  rouge. 

Gaumont-Palace,    1.   rue  Caulaincourt. 

—  Le  Messager  de  la  victoire.  —  L'Orphe- 
line, premier  épisode. 


19=    ARRONDISSEMENT 

Secrétan,  7,  Avenue  Secrétan .  — 
Chariot  a  débauché  Fattv.  —  L'Affaire  du 
train  24,  8e  épisode,  fin.  —  Les  trois  mous- 
quetaires, premier  épisode.  —  Fridolin  a 
bon  cœur. 

Féerique-Cinéma.  146,  rue  de  Belle- 
ville.  —  Le  signe  de  Zorro.  —  L'Orpheline, 
premier  épisode.  —  Les  Trois  Mousquetai- 
res, premier  épisode. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de 
Belleville.  —  Dudule  apprenti  guerrier.  — 
Les  trois  mousquetaires,  premier  épisode. — 
La  Russie  rouge.  —  L'Orpheline,  premier 
épisode. 

Le   Capitole,    place    de    la     Chapelle. 

—  La  Russie  rouge.  —  L'Orpheline,  premier 
épisode.  —  Pour  l'humanité  —  Les  trois 
mousquetaires,  premier  épisode. 

20=    ARRONDISSEMENT 

Paradis-Aubert-Palace,  42,  rue  de  Bel- 
leville. —  Nick  Winter  et  ses  aventures. 
9e  épisode.  —  Le  journalisme  mené  à  tout. 

—  Les  trois  mousquetaires,  prologue.  —  Le 

signe  de  Zorro. 

BANLIEUE 

Clichy.  —  Les  trois  mousquetaires,  pre- 
mier épisode.  —  L'Affaire  du  train  24, 
8e  épisode,  fin.  —  Un  reportage  sensationnel. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  —  La 
Russie  rouge.  —  Après  la  débâcle.  — 
'.'Orpheline,  premier  épisode. 

Levallois.  —  La  chanson  éternelle.  — 
L'Affaire  du  train  24,  6e  épisode.  —  Cours 
de  vingt  ans   —  Beaucitron  divorce. 

Vanves.  —  Lui...  sur  des   roulettes.  — 

—  L'Affaire  du  train  24,  71-'  épisode.  —  Les 
trois  mousquetaires,  prologue.  — La  Terre. 

Bagnolet.  —  Bécassou  capitaine  au  long 
cours.  —  L'Affaire  du  train  24.  (Se  épisode, 
fin.  —  Chariot  a  débauché  Fattv.  —  Le 
crampon.  —  Les  trois  mousquetaires,  pre- 
mier épisode. 

Montrouge.  —  Les  sports  nautiques.  — 
Le  sept  de  trèfle.  5e  épisode.  —  L'idole 
brisée.  —  La  Russie  rouge.  —  Le  signe  de 
Zorro. 


ALLA  NAZIMOVA 
dans  La  Danse  de  la  Mort 


cinéa 


•■•■••■■■a 


•■■■»■■■■*• 


■■■••■■■i 


•■*•■••••• 


EL   DORADO 

Mélodrame  par  Marcel  L'HERBIER 


Film   (jaûnjoQt 


Série   Pax 


Ce  qu'en  a  dit  le  "  Mercure  de  France  " 

L  en  est  qui  auront  la  lâcheté  de  ne  pas  dire  leur  complet  enthousiasme  ou  d'avouer  leur  émotion. 
Ils  s'épuiseront  à  découvrir  des  critiques.  El  Doracio  est  un  très  beau  film  et  l'œuvre  la  plus 
complète  de  Marcel  L'Herbier.  Il  s'impose  comme  l'aboutissement  logique  et  puissant  de  ses 
efforts.  Après  Le  Carnaval  des  Vérités,  L1  Homme  du  Large  nous  apporta  un  large  espoir  de 
88  beauté,  la  confiance  en  une  "  forme  "  qui,  sachant  se  débarrasser  de  certains  maniérismes,  d'une 
trop  volontaire  et  apparente  virtuosité  technique,  deviendrait  un  "  style  ".  Voici  que  celui-ci  se  réalise 
maintenant  grâce  à  plus  de  simplicité  dans  le  développement  des  images,  à  une  sobriété  d'expression,  à  une 
force  de  rythme  étrangement  aiguë  (dans  la  seconde  partie  surtout)  où  nous  reconnaissons,  plusieurs  fois, 
l'affirmation  très  nette  d'une  vérité  cinégraphique  qui  nous  avait  enchantés  déjà  dans  certains  passages  de 
Villa  Destin. 

Ainsi,  dans  l'histoire  de  la  danseuse  Sibilla  qui  souffre  et  se  sacrifie  pour  sauver  son  enfant,  ne 
reconnaît-on  justement,  grâce  à  Marcel  L'Herbier,  que  l'exaltation  de  l'éternelle  vérité  humaine,  douloureuse 
et  magnifique,  qui  s'enchante  et  souffre  de  l'amour.  Et  si  l'on  estime  que  tel,  Y  El  Dorado  ne  réalise  pas 


Interprétation  :  Eve  FRANCIS.  Jaque  Catelain,  Marcelle  Pradot 
Paulais,  Claire  Prelia,  Edith   Real,   Ph     Heriat 


cinea  d 

néanmoins  la  formule  idéale  de  l'art  einégraphique,  on  n'a  pas  pour  cela  le  droit  d'en  altérer  par  des  criti- 
ques la  rayonnante  beauté.  Il  faut  dire  toute  l'originalité  et  l'audace  d'une  réalisation  qui  s'égale,  en  techni- 
que, aux  plus  parfaites  productions  de  l'écran.  Il  faut  dire  que  ce  film  réconciliera  avec  le  cinéma  la  plupart 
des  dégoûtés  et  lui  procurera  la  sympathie  des  sceptiques.  Il  faut  dire  que  la  foule  sera  secouée  par  la  force 
pathétique  du  drame.,  emportée  dans  son  rythme,  et  que  les  artistes  y  découvriront  l'expression  subtile 
d'une  composition  où  la  sensibilité  se  substitue  enfin  à  la  réalité  et  qui  suggère  avec  une  rare  perfection. 
Car  certaines  images  de  ce  film,  que  le  metteur  en  scène  a  pénétrées  de  son  émotion  et  animées  avec  une 
science  extrême  des  valeurs,  évoquent  justement,  dans  leurs  caractères  divers,  Goya,  Velasquez  et  Ribera. 
Il  faut  subir  l'émotion  extrême  que  provoque  l'apparition  du  grand  mur  oblique  et  flou  de  l'Alhambra,  par 
exemple,  du  long  duquel  Sibilla,  forme  somnambule,  va  au-devant  de  son  destin  ;  et  encore  la  beauté  pure 
et  grande  de  cette  scène  où  deux  amants  baignent  leur  front  toujours  plus  haut  dans  la  lumière,  si  haut 
même  qu'il  semble  un  moment  que  c'est  leur  front  qui  a  raison  contre  la  lumière  tant  il  rayonne  ;  et  encore 
cette  mort  tragique  de  Sibilla  qui  est  bien  un  des  plus  prodigieux  morceaux  de  photogénie  que  nous  ayons 
jamais  admiré. 

Et  je  ne  parle  pas  de  certains  détails  de  technique,  de  l'intérêt  qui  s'attache  aux  déformations  plasti- 
ques voulues  avec  une  belle  audace  par  Marcel  L'Herbier  et  qui,  réalisées  pour  la  première  fois  à  l'écran, 
nous  font  pénétrer  la  sensibilité  vraie  des  images,  et  qui  accusent  singulièrement  l'expression  de  l'image, 
en  substituant  l'émotion  intérieure  à  l'émotion  extérieure.  Et  je  ne  parle  pas  non  plus  de  la  photographie 
qui  est  prodigieuse  et  témoigne  d'une  virtuosité  remarquable. 

L'interprétation  est  d'une  homogénéité  parfaite.  On  a  vivement  acclamé  Eve  Francis.  Sa  création  du 
personnage  de  Sibilla  est  inoubliable.  C'est  d'un  art  qui  s'égale  en  perfection  et  en  puissance  à  celui  des 
plus  grands  interprètes  de  l'écran  qne  nous  connaissons.  Nous  n'avons  rien  vu  de  comparable  en  pathétique 
à  la  scène  de  sa  mort  où,  dépouillant  son  âme  et  son  cœur  avec  une  simplicité  tragique,  elle  nous  fait  parti- 
ciper à  ses  angoisses,  à  la  tourmente  de  ses  souvenirs,  à  l'afflux  de  sa  tendresse  et  nous  secoue  même  du 
raie  de  son  agonie.  On  n'est  pas  allé  plus  loin  dans  la  vérité  photogénique.  Eve  Francis  crée  l'atmosphère, 
instaure  le  règne  d'une  vie  douloureusement  vraie,  poignante,  intense  et  rayonnante  avec  une  richesse 
d'expression  inouïe.  C'est  une  très  grande  artiste. 

A  ses  côtés,  on  retrouve  toute  l'intelligente,  sensible  et  sobre  qualité  expressive  de  Jaque-Catelin, 
la  grâce  pure,  émue  et  simple  de  Marcelle  Pradot,  si  remarquables  tous  deux  déjà  dans  L'Homme  du  Large, 
et  on  ne  saurait  oublier  avec  quel  juste  sentiment  de  vérité  Mmes  Edith  Real,  Claire  Prélia,  MM.  Paulais  et 
Philippe  Heriat  ont  composé  leurs  personnages. 

Léon  Moussinac 


C'est    avec    des    Œuvres    de    la    valeur   d' 

EL    DORADO 

que  le  Cinéma  prouve  qu'il  est  vraiment  un 

ART  


ANGLETERRE  AUSTRALIE 

Le   Merveilleux  Raid   Aérien   accompli   en   28  jours 
oo       par   les   Frères   Ross  et   Keith  Smith       oo 

Un  film  documentaire  unique  au  monde 


L'Europe  à  vol  d'oiseau  -  Le 
champ  de  bataille  d'Annibal  -  Les 
caravanes  dans  le  désert  -  Où 
Moïse  allait  à  l'école  -  La  dernière 
des  sept  merveilles  du  monde  - 
Memphis,  "  La  mère  du  monde  " 

-  La  traversée  du  désert  de  Sinaï  - 
La  Palestine  -  La  ville  Sainte  -  Le 
jardin  de  Gethsemani  -  Le  Mont 
des  Oliviers  -  La  plus  ancienne 
ville  du  monde  -  La  Mésopotamie 
Où  l'Orient  et  l'Occident  se  ren- 
contrent -  Babylone  -  L  empla- 
cement du  paradis  terrestre  - 
Survolant  le  plus  beau  monument 
du  monde  -  Les  pèlerins  du  fleuve 
sacré   -  A  deux  doigts  de  la  mort 

-  Poulet,  le  fameux  pilote  français  - 
Les  exploits  de  Poulet  monté  sur 
un  avion  minuscule  -  Le  temple 
mystérieux  de  Boro  Boedor  - 
Volcans  en  action  -  Mille  kilomè- 
tres de  mers  inconnues  -  Une 
rencontre  inattendue  -  L'arrivée 
en  Australie  :  Les  Cannibales 
Australiens,     etc  .  .  .     etc.  .  . 

Ceci  n'est  qu  un  aperçu  des  remar- 
quables épisodes  que   contient  ce 
film   sensationnel. 

Victor  Marcel  Productions 


Louvre  35-49 


82,  Rue  d'Amsterdam 


cinea 


POLIR  L'HUMANITE 

nous  saisira  par  l'ampleur 

de  sa  mise  en  scène  et  par 

le  talent  de  sa  protagoniste, 

Dorothy  Philipps. 


MM   FILMS  D'AUJOURD'HUI  MM  I 


Pour  l'humanité. 

C'est  un  film  de  guerre,  une  œuvre 
créée  sous  l'impression  collective 
laissée  parla  guerre,  et  avec  le  désir 
de  profiter  de  cette  impression  pour 
émouvoir  plus  fortement  les  specta- 
teurs. C'est  une  œuvre  conçue  dans 
les  mêmes  conditions  à  peu  près  à  la 
même  époque  que  La  Fleur  dans  les 
ruines.  Et  à  ce  titre,  entre  le  film  de 
Griffith  et  celui  d'Allen  Hollubar,  la 
comparaison  s'impose. 

A  côté  de  la  composition  artis- 
tique, concentrée,  mesurée,  classique 
presque,  de  Griffith,  le  film  de  Hollu- 
bar fait  l'effet  d'une  énorme  machine, 
où  le  procédé  mécanique,  la  répéti- 
tion, fourmillent.  Quatre  enfants 
d'une  même  mère  tués  l'un  après 
l'autre  ;  deux  tentatives  de  viol, 
des  bombardements,  des  explosions 
d'obus,  des  boches  bochissimes.  Ins- 
tinctivement on  se  défend  contre  les 
moyens  presque  matériels,  et  finale- 
ment on  se  laisse  émouvoir,  car 
l'œuvre  est  sincère,  puissante,  vi- 
vante. 

Elle  est  admirablement  jouée  par 
Dorothy  Phillipps,  peut-être  un  peu 
femme   pour    le   rôle,   au   moins   au 


début;  mais,  en  compensation, 
qu'elle  a  acquis  de  talent  et  d'auto- 
rité! et  par  Erich  von  Stroheim  qui 
rend  parfaitement,  comme  à  son 
habitude  un  rôle  de  boche  odieux. 

Je  ne  puis  voir  Stroheim  dans  un 
de  ces  rôles  sans  me  rappeler  l'his- 
toire des  moutardiers,  représentant 
un  cochon  coiffé  d'un  casque  à  pointe, 
dont  un  faïencier  allemand  (ceci  se 
passait  avant  la  guerre)  avait  si  allè- 
grement accepté  la  commande.  On 
éprouve  une  sensation  presque  pé- 
nible à  voir  un  acteur  d'origine  alle- 
mande—  Autrichienne,  si  l'on  veut  — 
reproduire  avec  une  réalité  telle- 
ment saisissante  ce  qu'il  y  a  de  plus 
haïssable  chez  ses  compatriotes.  Et 
puis,  lorsqu'on  songe  à  toutes  les  ac- 
trices qui  ne  veulent  jouer  que  des 
ingénues,  à  tous  les  acteurs  qui  re- 
fusent de  figurer  les  traîtres,  à  la 
guimauve  vertueuse  à  laquelle  nous 
condamne  le  patriotisme  de  Haya- 
kawa,  on  se  sent  pris  d'une  estime 
pour  le  courage  artistique  de 
Stroheim. 

La  réalisation  des  épisodes  de 
guerre  est  excellente,  et  le  parti 
adopté  permet  de  faire  cadrer,  au  gré 


de  l'auteur,  et  selon  un  équilibre  sa- 
tisfaisant, l'élément  décor,  documen- 
taire, et  l'élément  dramatique. 

En  passant,  admirons  l'ingéniosité 
de  Hollubar  qui,  pour  mieux  assurer 
la  prise  de  son  film  dans  chacune 
des  grandes  nations  alliées,  l'a  placé 
au  Canada,  parmi  des  sujets  anglais 
vivant  en  Amérique,  de  langue  et  de 
civilisation  françaises... 


Liliane. 

Selon  une  convention  à  laquelle 
nul  n'oserait  se  soustraire,  il  est 
admis,  au  cinéma  américain,  que  la 
vertu,  la  candeur,  la  chasteté  ont 
trouvé  leur  dernier  refuge  dans  le 
cœur  des  girls  de  music-hall  (le 
théâtre  est  moins  optimiste  et  les 
pauvres  rats  d'outre- Atlantique  ont 
été  fort  malmenés  dans  plusieurs 
comédies  récentes).  La  jeune  per- 
sonne qu'incarne  Maë  Murray 
n'échappe  pas  à  cette  règle  : 

Lys,  et  l'un  de  vous  tous  pour  l'in- 
génuité... 

(En  Amérique,  elle  était  même  le 
Lys  d'Or,  le  Lys  entre  les  Lys;  il  y 
aurait  un  chapitre  à  faire  sur  le  Lys 


<s 


cinéa 


dans  l'onomastique  théâtrale  où, 
après   avoir   parlé   incidemment  de 

Jeanne  d'Arc  qui,  on  le  sait,  reçut  le 
nom  du  Lys,  on  mentionnerait 
Mlles  Deslys,  Dherlys.  l'armée  infinie 
de»  Liliane»,  Le  Lys  de  la  vie,  Le  Lys 
brisé,  etc.  etc.). 

Ceci  étant  donné,  le  sujet  est  à  peu 
prés  celui  du  Détour  —  la  jeune  fille 
aspirant  à  une  vie  pure  et  correcte 
qui,  s'évadant  des  milieux  douteux 
où  elle  a  vécu,  tombe  dans  la  pro- 
vince, la  vertu,  le  pharisaïsme  et 
s'évade  une  seconde  fois  —  au  profit 
de  l'adorateur  fidèle,  flegmatique  et 
silencieux  qui  savait  bien  que  son 
tour  viendrait.  Ainsi  que  l'on  s'en 
doute  l'adorateur  flegmatique  épouse; 
mais  étant  donnée  la  conception 
américaine  du  mariage,  cela  ne  pa- 
raît pas  constituer  une  différence 
très  importante  par  ropport  à  la 
pièce  française. 

Le  corps  de  Maë  Murray  est  un 
délicieux  poème;  les  danses  qui  nous 
le  révèlent  sont  gracieuses  et  cha- 
toyantes. D'aucuns  trouveront  même 
qu'elles  mangent  un  peu  la  comédie, 
et  que  c'est  celle-ci  qui  a  l'air  d'être 
le  hors-d'œuvre,  A  noter  spéciale- 
ment celle  où  la  jeune  femme  évolue 
parmi  des  ballons  colorés;  ceci  fait 
sous  réserve  de  l'emploi  de  la  cou- 


leur  à   l'écran,   grave   question    qui 
mérite  d'être  traitée  spécialement. 

Il  ne  faudrait  d'ailleurs  pas,  Mes- 
dames ou  Messieurs,  concevoir  de 
fausses  idées  du  fait  que  Miss  Murray 
apparaît  fort  décolletée  et  couverte 
de  perles.  Des  communiqués  officieux 
tout  en  admettant  que  ces  perles 
sont  authentiques,  déclarent  qu'elles 
ont  été  offertes  par  les  admirateurs 
du  beau  talent  de  l'actrice;  et  ils 
ajoutent  qu'elle  raccomode  des 
chaussettes,  non  seulement  dans  le 
film  mais  encore  dans  la  vie  réelle; 
chaque  matin  Maë  Murray  apportait 
au  studio  son  panier  à  ouvrage,  et 
elle  racommodait  les  bas  et  les 
chaussettes  des  enfants  pauvres, 
pendant  que  Robert  Z.  Léonard,  qui 
est  son  mari  et  metteur  en  scène,  fai- 
sait travailler  les  autres  artistes.  Si 
Fatty  avait  employé  de  manière  aussi 
édifiante  ses  heures  de  loisir,  nous 
n'aurions  pas  à  déplorer  de  regret- 
tables incidents. 


L'adorable  folie. 

Ce  film  ressemble  à  une  coupe  de 
Champagne  (la  comparaison  n'est 
pas  hors  de  saison  puisque  le  prin- 
cipal attrait  en  est  un  souper  dan- 
sant fort  réussi).  Il  laisse  quand  on 


le  voit  une  impression  vive,  char- 
mante, pétillante,  qu'on  est  tout  à 
faitétanné  de  trouver  dissipée  quinze 
jours  après.  Carmel  Nyers  est  fort 
jolie  mais  laisse  apparaître  parfois 
un  masque  hargneux  et  crochu  qui 
m'inquiéterait  si  j'étais  le  jeune 
Howard  (ceci  s'applique,  bien  en- 
tendu, au  personnage  et  non  pas  à 
l'actrice). 


Après  la  débâcle. 

En  vérité,  quel  intérêt  présente 
cette  histoire  sombre,  embrouillée,  et 
un  peu  sale?  Madeleine  Traverse  est 
dramatique;  pourtant  son  type  plu- 
tôt vulgaire  s'adaptait  mieux  à  des 
rôles  moins  mondains;  on  se  sou- 
vient sans  doute  d'un  film  remar- 
quable. —  M.  Pierre  Henry,  qui  sait 
tout  du  film  américain,  s'en  rappel- 
lera certainement  le  titre  —  qui  se 
passait  au  Canada,  sous  la  neige,  au 
bord  d'un  fleuve... 

La  lumière  est  une  belle  chose, 
mais  la  déverser  avec  une  telle  pro- 
digalité uniforme  sur  toutes  les 
scènes  —  intérieurs,  extérieurs  — 
montre  qu'on  n'en  connaît  pas  la  va- 
leur. Ni  plans,  ni  atmosphères;  les 
personnages  finissent  par  ressembler 
à  d'aveuglantes  silhonettes  de  carton 


MAE    MURRAY 

dans  une  scène  de 
Liliane  (The  Gildish 
Lily)  qui  fut  son 
plus  grand  succès 
a  New-York  et  que 
l'on  peut  voir  a 
Paris     maintenant. 

1 1 1.  m.  i'\ii  moi  m 


cinea 

découpé.  L'œuvre  est  ainsi  desservie 
par  la  puissance  même  des  moyens 
d'action... 

• 

A  quatorze  millions  de  lieues 
de  la  terre. 

Gunnar  Tolnaes  a  un  beau  nom  ;  il 
est  beau  comme  son  nom;  on  se  le 
représente  bien,  debout  à  l'arrière 
du  Long  Serpent  et  entrant,  à  la 
suite  de  Harald  aux  blonds  cheveux, 
dans  la  sanglante  mêlée  de  Hafrfirth, 
ou  encore,  découvreur  d'un  monde, 
débarquant  avec  Snorri  Thorbrand- 
son  sur  les  grèves  merveilleuses  de 
Furdhurstrandhir.  On  le  voit  aussi 
ramenant  dans  son  hall  enfumé 
quelque  blonde  princesse  du  Nord 
qui,  un  peu  lourde  et  grave,  tendre, 
Hère  et  timide,  s'appuie  à  son  bras, 
évoquant  les  beaux  couples  des  lé- 
gendes Nordiques,  Gunnlaug  et 
Helga,  Niai  et  Bergthora... 

Il  y  a  quelque  chose  de  tout  cela 
dans  ce  film,  sauf  que  le  draken  de- 
vient un  aéroplane  qui  traverse 
l'éther,  et  que  les  grèves  merveil- 
leuses sont  celles  de  la  Planète  Mars, 
où  habitent  des  peuples  doux  et  paci- 
fistes, végétariens  et  anti-alcooliques, 
et  de  blondes  Gretchen  dont  l'une 
retourna  avec  le  héros  à  son  foyer. 

La  photographie  est  bonne;  il  y  a 
notamment  un  orage  extrêmement 
réussi. 


f^f 


H^ 


?*  s 


Quand  l'Amour  veut. 

Impressionnés  et  entraînés  malgré 
eux  par  le  genre  de  vie  que  com- 
portent les  hôtels  du  faubourg  Saint- 
Germain,  où  l'emplacement  de  la 
piscine  n'est  point  marqué,  nos  nou- 
veaux riches  n'ont  pas  encore  intro- 
duit dans  nos  mœurs  le  bain-récep- 
tion; la  princesse  de  P.  elle-même, 
dont  l'imposant  hôtel  Louis  XVI 
comporte  cependant  une  installation 
hydraulique,  n'a  pas  eu  encore  l'idée 
de  demander  à  Erick  Satie  la  mu- 
sique d'une  réception  pour  laquelle 
le  maillot  serait  de  rigueur.  Ses  fêtes 


aquatiques  —  ce  film  en  fourmille  et 
nous  en  reverrons  dans  L'Homme 
merveilleux  —  ont  donc  pour  nous 
le  charme  de  la  nouveauté,  et  Bessie 
Barriscale  aura  toujours  celui  du 
talent. 


Hedda  Gabier. 

Quand  on  vient  de  voir  ce  film,  on 
se  précipite,  affolé,  pour  lire  la  pièce 
et  se  rendre  compte  de  la  mesure 
dans  laquelle  la  riche  imagination  du 
cinéaste  italien  a  complété  le  vieil 
Ibsen.  Et  l'étonnement  redouble 
lorsqu'on  constate  que  la  plupart  des 
incidents,  même  de  ceux  qui  étonnent 
le  plus,  ont  leur  source  dans  Ibsen. 
Toutefois  on  se  figure  que  l'auteur 
eût  assisté  avec  étonnement  à  la  pré- 
sentation, en  disant  :«  de  qui  est-ce?» 

William  Archer,  s'élevant  contre 
l'opinion  souvent  émise  par  les  criti- 
ques, que  Hedda  Gabier  est  une  pièce 
«  internationale  »  déclare  qu'à  son 
avis  le  personnage  de  Hedda  est  in- 
ternational (je  ne  suis  pas  de  cet  avis 
et  y  vois  une  descendante  directe  de 
la  Gudrun  de  Laxdala  Saga)  mais 
que  l'entourage  présente  un  caractère 
nettement  norvégien,  et  de  petite 
ville  norvégienne  ;  le  Christiania 
d'avant  l'électricité.  Or  supposez  tout 
cet  entourage  concervant  les  noms 
Scandinaves,  mais  transposé  en  Ita- 
lie (on  vous  annonce  un  fjord,  vous 
voyez  la  falaise  de  Sorrente)  ;  l'im- 
pression est  déconcertante.  Et  ceci 
est  accentué  par  le  jeu  des  acteurs 
qui  chargent,  poussent  au  tragique, 
au  grotesque  tout  ce  qui  est  indiqué 
par  Ibsen  en  trains  nets,  mais  mesu- 
rés. 

Almirante  Mancini  est  incontesta- 
blement belle  ;  elle  montre  des  qua- 
lités gymnastiques  remarquables 
(sans  parler  de  la  solidité  étonnante 
de  sa  robe)  dans  la  scène  du  viol  et 
la  crise  d'hystérie  qui  la  suit  ;  mais 
si  l'on  songe  que  l'héroïne  d'Ibsen  est 
peut-être  la  moins  gesticulante  qu  on 
ait  vue  au  théâtre  ;  que  même  sa  phy- 
sionomie dure  et  charmante  ne  bron- 
che pas,  son  âme  ne  se  trahissant  que 
par  l'arrière-sens  de  ses  paroles,  on 
renonce  à  comprendre  l'état  d'esprit 
des  cinéastes  italiens,  le  choix  du  su- 
jet et  des  interprètes .  . . 

La  nouvelle  adepte. 

May  Allison  est  la  faunesse  exquise 
des  grands  bois,  des  parcs  un  peu 
abandonnés,des  ruisseaux  abondants 


de  Dixie.  Son  sourire  est  charmant; 
son  corps,  quand  on  veut  bien  nous 
le  montrer,  reste  souple  et  désirable. 
Mais,  telle  les  princesses  des  contes, 
elle  est  tombée  esclave  d'un  mauvais 
génie  qui  a  d'ailleurs  des  idées,  sou- 
vent amusantes,  mais  conformes  seu- 
lement en  partie  au  génie  de  son  in- 
terprète . 

Ce  scénariste,  quel  qu'il  soit,  aime 
décidément  à  traiter  de  manière  lé- 
gère des  problèmes  graves  et  trou- 
blants. En  regardant  ce  film,  je  son- 
geais au  livre  poignant  et  ironique 
où  Hawthorne  évoque  ces  rêveurs  de 
Brook  Farm,  qui  cherchaient  à  fon- 
der une  Salente,  et  n'arrivaient  pas  à 
laisser  à  la  porte  de  leur  colonie  so- 
cialiste les  passions  et  les  désirs  .. 

Mais  après  tout  iln'est  pas  toujours 
indispensable  de  prendre  les  choses 
par  leur  côté  triste.  La  preuve  en  est 
d'ailleurs  que  le  titre  primitif  du  film 
était  :  Les  gaietés  du  Bolchevisme . 
La  censure  a  trouvé  sans  doute  que 
le  bolchevisme  manquait  de  gaieté  ou 
peut-être  a-t-elle  trouvé  le  titre.  .  .  je 
n'ose  dire  de  mauvais  goût.,. 

Quoi  qu'il  en  soit  le  film  est  assez 
amusant,  mais  sans  avoir  la  verve  et 
le  mouvement  des  précédents. 


Dans  le  numéro  du  16  septembre,  à 
propos  du  Lgs  de  la  vie,  on  me  fait 
parler  du  «  romantique  d'un  sym- 
bole ».  Mes  lecteurs  auront  deux- 
mêmes  rétabli  «  la  sémantique  d'un 
symbole.  » 

Un  peu  plus  loin,  â  la  fin  de  l'ar- 
ticle sur  les  Quatre  Diables,  j'ai 
revu,  au  Colisée,  ce  film  que  j'ai 
trouvé  encore  plus  beau  et  émouvant 
qu'à  la  présentation,  il  faut  lire  : 
sans  les  hardiesses  ou  les  recherches 
souvent  outrées...  » 

Le  début  de  l'article  sur  un  repor- 
tage sensationnel  dans  le  numéro  du 
23  septembre  a  pu  inquiéter  mes  lec- 
teurs. Ils  se  rassureront  en  appre- 
nant que  le  passage  auquel  se  rap- 
portait la  phrase  initiale  a  sauté  à  la 
composition. 

Lionel  Landry . 


0NÏTEÛ 
RRTISTS 


LE  SIGNE  DE  ZORRO 

Tous  les  films  de  Douglas  Fairbanks  comportent  un  soin  de  mise  en  scène,  de  lumière,  de  photogénie.  Depuis  Une 
aventure  à  New-York  jusqu'à  Douglas  for  ever,  quel  feu  d'artifice  de  poésie  visuelle  et  de  verve,  et  quelle  ingéniosité  sans 
pédantisme  dans  l'invention  du  détail!  Zorro  est  né  de  la  même  formule.  Le  stvle  hispano-mexicain  v  étale  ses  sympathies 
primitives  et  crée  une  atmosphère  d'art  dont  la  force  emplit  les  veux  pour  ne  pas  dire  lame. 

Et  cette  fois  il  y  a  quelque  chose  de  plus.  Douglas,  que  les  Français  regardent  uniquement —  et  niaisement  —  comme 
un  gentil  acrobate,  a  souvent  prouvé  qu'il  pouvait  sentir,  vivre,  exprimer.  Notamment  la  mélancolie  amoureuse,  si 
prodigieusement  schématisée  par  Chaplin,  est  un  des  meilleurs  thèmes  de  son  répertoire.  Zorro  est  une  composition  plus 
poussée.  La  partie  «  mousquetaire  »  est  éblouissante,  mais  la  partie  «  langueur  et  lassitude  »  est  admirable.  On  s'y  éprend 
malgré  soi  de  la  nonchalance  dans  l'observation^  de  la  précision  dans  l'abandon,  que  rarement  on  a  su  traduire  ainsi  en 
blanc  et  noir.  Douglas,  en  jeune  andalou  efféminé,  drogué,  amolli,  épuisé,  a  eu  des  idées  et  des  mouvements  de  grand 
comédien.  Louis  Delluc. 


cinéa 


il 


•  : 

I  Mary   Pickford  j 

et 
I   "POLLYANNA" 


Bonjour,  Mary! 

Vous  avez  une  âme  d'enfant.  Les 
journalistes  bêtes  —  oui,  oui,  il  y  en 
a  —  raconteront  que  vous  faites  un 
effort  inouï  pour  représenter  les  pe- 
tites filles,  et  ils  diront  que  vous 
étudiez  devant  votre  glace  la  repro- 
duction acharnée  de  tous  ces  gestes, 
de  ces  moues,  de  ces  regards  synthé- 
tiques, que  vous  avez  observés  dans 
les  jardins  pleins  de  babies  ou  sim- 
plement dans  les  jeux  de  Mary  Pick- 
ford II.  Eh  bien,  même  s'ils  n'ont  pas 


tout  à  fait  tort,  je  dirai,  moi,  que  ce 
n'est  pas  vrai.  Je  dis  que  vous  avez 
une  âme  d'enfant. 


Quand  Molly  a  paru,  beaucoup  de 
Français  ont  pleuré.  Because...  Ah! 
les  jolies  émotions  fraîches  et  saines, 
j'allais  dire  hygiéniques,  que  vos 
films  ont  apporté  du  pays  où  l'on  a  lu 
Dickens  et  où  l'on  sait  écrire  en  ci- 
néma. Après  Molly  c'était  Marie-les- 
Haillons  et  voilà  des  heures  char- 
mantes où  le  rire,  l'attendrissement, 
la  Pitié,  chantaient,  chantonnaient, 
murmuraient  leur  inégalable  ro- 
mance où  semblent  avoir  passé  De- 
bussy et  Myussorosky,  berceurs  ly- 
riques et  descriptifs  des  gosses  de 
tous  les  temps. 

• 

Et  depuis  ces  apparitions,  chaudes 
comme  un  jour  de  Noël  et  douces 
comme  un  amandier  au  printemps, 


M 


m 


vous  avez  créé,  petite  Mary,  beau- 
coup de  [visages  d'enfants  que  vous 
avez  essayé  de  situer  au  Japon,  à 
New-York,  à  Londres,  en  Californie, 
mais  qui  n'étaient  de  nulle  part,  qui 
étaient  l'enfant,  qui  étaient  la  franche 
petite  fille  délicate  et  vive. 

• 

Comme  nous  avons  couru  et  ri  avec 
vous  dans  Les  Bas-Fonds  avec  vos 


partenaires  miniatures.  Comme  nous 
avons  souffert  la  douce  douleur  de 
Slella  Maris I  Et  voici  Pollyanna. 


Pollyanna,  Mary,  ah!  je  ne  sais 
plus  votre  nom,  Mary  Pollyanna, 
vous  arrivez  à  Beldingsville,  orphe- 
line en  deuil,  et  il  pleut.  Et  la  vieille 
tante  ne  comprend  rien  à  rien.  Heu- 
reusement le  sens  de  l'amour  mater- 


nel s'éveille  dans  votre  cœur  et  vous 
aimez  la  vie  puisque  vous  protégez 
Jimmie  Bean.  Que  de  joies  vous  es- 
sayez de  créer,  mais  le  malheur  in- 
siste! Il  suffit  d'être  écrasée  par  une 
auto  pour  que  les  yeux  des  pauvres 
niais  s'ouvrent  tout  grands  !  Et  alors 
c'est  le  bonheur!  Non  pas  le  bonheur 
d'un  dénouement  aimable,  mais  le 
bonheur  radieux  que  vous  représen- 
tez, petite  Mary  Pollyanna,  qui  êtes 
l'incarnation  fragile  et  forte  du 
bonheur. 


Mary  Pickford,  vous  enseignerez 
aux  petites  artistes  françaises  qu  il 
ne  suffit  pas  d'avoir  les  cheveux 
(blonds)  bouclés  et  éclairés  par  un 
projecteur  pour  représenter  une 
jeune  fille  pure  et  sensible. 

L.  D. 


12 


cinea 


i^UUftH*\ 


M'.SSIN    DE   BECAN 


CHARLES  CHAPLIN 
Notre  collaborateur  Bëcan  a  pu  croquer  ce  profil  de  Charles  Chaplin  le  soir 
du  ç  _octobre,  au  Trocadéro,  au  moment  où  le  célèbre  comédien  —  après 
l'ovation  faite  au  Kid  par  6.000  spectateurs  d'élite  —  remercie  le  public  pari- 
sien de  son  accueil  cordial  et  de  l'aide  apportée  à  la  belle  oeuvre  du  Comité 
Américain  des  Régions  dévastées,  dirigée  par  Miss  Ann  Morgan. 


Chariot  à  Paris 


Chaplin,  très  acclamé  et  peu  com- 
pris, est  venu  et  parti. 

• 

Il  a  honoré  de  sa  présence  le  gala 
du  5  octobre  au  Trocadéro  et  a  pro- 
voqué ainsi  une  recette  de  250.000  fr. 
au  profit  des  régions  dévastées.  Il  a 
été  ce  soir  là  presque  invisible,  mais 
on  a  beancoup  vu  Mlle  Cécile  Sorel 
dans  son  costume  du  dernier  bal  de 
l'Opéra.  Elle  patronnait  Chaplin. 

Le  tact  français  est  aussi  une 
région  dévastée  par  la  guerre. 

• 
Heureusement  le  lendemain  Cha- 
plin est  allé  avec  son  ami  Carpentier 
à  la  Cigale.  Les  figurantes  et  dan- 
seuses ont  acclamé  le  charmant 
petit  spectateur  timide  et  poli.  Régine 
Flory  l'a  salué.  Vilbert  a  été  très 
bien.  La  salle,  beaucoup  moins  dis- 
tinguée que  celle  du  Trocadéro,  a  fait 
une  ovation. 

• 

La  plupart  des  interviews  de  Cha- 
plin parus  depuis  son  arrivée  sont 
apocryphes.  Il  n'a  voulu  voir  per- 
sonne. Son  secrétaire  s'est  à  peine 
montré.  Tout  au  plus  le  chasseur  de 
l'Hôtel  Claridge  a-t-il  consenti  quel- 
ques conversations  aux  grands  repor- 
ters parisiens.  Charles  Chaplin,  vous 
êtes  très  sympathique  et  Cinéa  est 
enchanté  de  vous. 


Charle  Chaplin  est  un  des  hommes 
les  plus  tristes  du  monde.  Cette  nou- 
velle va  faire  sourire  N'insistons 
pas  T 

• 

Il  y  a  deux  ou  trois  douzaines  de 
jeunes  interprètes  français  qui  au- 
raient du  voir  Chaplin.  Mais  le 
moyen?  La  Comédie  Française  s'en 
est  mêlée.  C'est  la  plus  solennelle 
sociétaire  de  ce  vieux  théâtre  en 
ruines  qui  a  chaperonné  le  plus  neuf 
acteur  du  monde.  Mais  ce  sont  les 
quelques  jeunes  interprètes  évincés 
qui  lui  ont  donné  leur  cœur. 

• 
Au  travail,  Charles  1er. 

Louis  Delluc 


cinea 


13 


I  Amour  de  Chariot   j 


Tous  les  critiques,  maintenant,  de 
tous  les  journaux  de  toute  la  terre 
admirent  Chariot.  Il  mérite  peut-être 
un  peu  mieux  que  cela. 

En  Angleterre  —  août  1914  —  je  vis 
un  premier  film  de  lui.  A  trop  rire 
tout  entier  j'essuyais  les  remarques 
désobligeantes  de  mes  voisins.  Alors 
j'eusse  été  stupéfait  qu'on  trouve  en 
Chariot  un  génie  triste.  Un  critique 
—  j'ai  bien  oublié  sa  signature  —  de 
L'Opinion  n'avait  pas  encore  reconnu 
l'essence  bergsonienne  de  ce  comique. 
Les  stocks  de  tartes  à  la  crème  pa- 
vaientles  rires  en  plein  visage. Vingt- 
huit coups  de  revolver  à  bout  portant 
déterminaient  à  peine  un  malaise 
qu'à  pieds  joints  un  saut  dissipait 
par  dessus  le  piano.  Alors  Chariot 
était  souvent  ivre  et  toujours  gros- 
sier. Il  n'était  pas  très  honnête,  non 
plus  courageux,  ni  bien  adroit.  Il 
était  rageur,  sournois  et  sensuel. 
Comme  dans  les  Evangiles  de  l'En- 
fance, les  compagnons  de  jeu  tom- 
baient morts  pour  punition  d'une 
légère  farce.  Le  hoquet  d'ivresse 
troublait  les  méditations  sentimen- 
tales. L'amour  au  cœur,  un  amour  de 
voyou  à  aussitôt  soulever  les  jupes, 
et  les  coups  de  maillet  à  la  tête  ré- 
glaient ces  suites  d'évanouissements, 
Il  y  avait  pas  mal  de  morts  d'hommes 
et  une  bouteille  de  whisky  brisée.  Il 
n'y  avait  pas  de  pitié,  ni  d'héroïsme 
Il  y  avait  des  noyades  et  des  trahisons, 
de  vilains  marchés  où  tout  le  monde 
était  dupe,  des  combines  manquées. 
la  raison  du  plus  fort,  des  proprié- 
taires de  belles  femmes  trop  costauds, 
des  baisers  où  Chariot  abordait 
knock-out.  Il  y  avait  le  malheur. 

Ce  malheur  était  entièrement  ridi- 
cule. Tout  ratait.  On  riait.  Ce  n'était 
même  pas  triste,  puisque  c'était  bien 
fait.  Et  Chariot  était  si  vulgaire  qu'il 
ne  portait  pas  à  l'admiration.  Les 
femmes,  je  me  rappelle,  l'avaient  en 
horreur.  Je  l'aimais  comme  un  vice. 
C'était  une  belle  époque. 

Chariot  s'est  résigné.  Il  est  moins 
malheureux  et  beaucoup  plus  triste. 
Comme  il  ne  boit  plus  guère,  il  ne 
peut  pas  oublier  les  chagrins  qu'on 
lui  a  fait.  Sans  alcool,  il  esta  la  merci 
des  pires  affaires  de  cœur.  Presque 
honnête,  dévoué  et  amoureux,  il  em- 
ploie maintenant  le  maillet  et  la  bri- 
que à  se  frayer  une  vie  sentimentale, 
et  ces  instruments  grossiers  servent 


mal  une  passion  presque  spéculative. 

Mais  il  a  appris  à  lever  des  regards 
si  douloureux  que  lescœurs  des  belles 
filles  chavirent  comme  des  barques 
trop  chargées.  Les  femmes  et  lui  se 


raille  dans  l'escalier.  Trois  fausses 
pistes  convergent  sous  une  table,  ce 
qui  fait  trois  syncopes  Sauf  lui,  tout 
le  monde  se  trompe  de  porte,  de  po- 
che et  d'adversaire.  Les  policemen  .se 


prennent  réciproquement  au  dé- 
pourvu .  Alors  il  est  naïf  et  même 
niais,  chaque  fois  un  peu  davantage. 
N'ayant  six  ans  fréquenté  que  les 
bars  mal  famés  et  les  pâtisseries  in- 
terlopes, sa  séduction  est  maintenant 
d'un  vierge.  Il  n'est  pas  même  cou- 
pable d'amour  inspiré.  Tout  se  passe 
par  hasard.  Mais  s'il  s'agit  de  tirerait 
flanc  ou  de  dîner  à  1  œil,  aussitôt  il 
retrouve  tous  ses  moyens,  devient 
transparent  et  invisible,  se  dédouble, 
se  montre  pile  sur  son  côté  face,  sou- 
rit  et   s'évanouit.   La  poursuite   dé- 


prennent en  écharpe  sur  le  palier. 
Sauvé  par  ruse,  le  visage  de  Chariot 
s'offre  une  somptueuse  mélancolie 
qui  estle  luxe  d'une  sécurité  conquise. 
La  trêve  après  les  batailles  sert  à 
souffrirait  cœur. Une  gravité  distraite 
et  désolée  tombe  comme  le  soir.  Iris. 
Fin. 

Votre  peuple,  beau  roi,  n'est  pas  de 
critiques  qui  vous  admirent.  Nous 
sommes,  prince  pitoyable  d'un  conte 
en  celluloïd,  trois  cents  millions  qui 
aimons  votre  cœur  en  nage  des  exi- 
gences de  la  passion. 

Jean  Epstein. 


14 


cinea 


Les  Présentations 


La  petite  Fadette. 

Un  ravissant  film  qui  pourrait  être 
dit  modeste  tant  il  y  manque  de  ces 
recherches  fréquentes  qui  ne  sont  pas 
toujours  des  trouvailles.  Pas  de  clous, 
ni  de  vedettes  ;  la  lumière  même  n'y 
èhlouit  point,  et  c'est  la  vie  même, 
dans  un  village  du  Berri,  de  Fadette, 
chez  une  pseudo-sorcière,  puis  seule 
et  toujours  aimée  des  deux  jumeaux 
voisins,  la  vie  d'espoir  ou  de  douleur 
de  ces  jeunes  gens  dans  une  rustique 
atmosphère.  Les  scènes  émouvantes 
abondent  et  l'on  ne  voit  pas  qu'elles 
furent  voulues  telles.  Et  les  interprè- 
tes—  hommes,  femmes,  enfants,  pay- 
sages, objets  —  forment  un  ensemble 
de  quoi  aucun  ni  rien  n'émerge  et 
voilà  pourquoi  le  film  inspiré  par  le 
roman  de  George  Sand  à  M.  Raphaël 
Adam  est  excellent. 

Lucien  Wahl. 
• 
Pour  une  nuit  d'amour, 

Le  vigoureux  metteur  en  scène 
russe  Protazonoff  qui  a  prouvé  sa 
maîtrise  dans  Le  sens  de  la  mort  de- 
vrait se  débarrasser  une  fois  pour 
toutes  du  style  «vieux  cinéma  russe  » 
qui  a  tous  les  désagréments  du  mau- 
vais cinéma  italien.  Il  éviterait  ainsi 
des  longueurs,  des  lourdeurs,  des 
naïvetés  qui  accablent  son  art  par 
ailleurs  direct  et  saisissant. 

C'est  un  bon  mélodrame  rapide  et 
net. La  préface  est  inutile, mais  qu'elle 
est  jolie!  interprétation  remarquable 
avec  Van  Daële,  halluciné,  gauche, 
vaincu,  ému  ;  avec  Blanche  Ross,  au 
front  lourd,  au  masque  désenchanté, 
aux  violences  lasses,  avec  Hiéroni- 
nuis  avantageux  et  mesuré,  avec 
Christiane  Delval,  fillette  déjà  femme, 
sûre  de  son  métier  et  forte  d'une  sorte 
de  maîtrise  qui  mérite  des  rôles. 

• 
La  Charrette  fantôme. 

Nous  serons  bientôt  très  sévères 
pour  les  films  suédois.  Ils  se  sont 
imposés  par  un  tel  mépris  de  la  mé- 
diocrité, par  une  telle  délicatesse  dans 
l'ampleur  et  dans  la  force  qu'ils  se 
sont  mis  hors  la  loi  du  cinéma  ordi- 
naire. Dès  les  premières  images  de 
chaque  film  on  se  sent  en  présence 
d'une  ambition  supérieure  de  travail 
et  d  intelligence.  Et  jamais  leur  pro- 
digieuse ingéniosité  de  moyens  ne 
semble  destinée  à  épater  le  voisin.  En 
cela  vraiment  les  cinéastes  français, 
américains  et  italiens  —  trop  épris 
d'attractions  —  ne  sont  que  des  en- 
fants auprès  de  ces  artistes. 

La  Charrette  fantôme  mêle  deux 


manières  représentées  jusqu'ici,  lune 
par  Mauritz  Stiller,  l'autre  par  Vic- 
tor Sjostrom,  c'est-à-dire  en  somme 
par  Le  Trésor  d'Ame  et  par  Les  Pros- 
crits ;  La  Charrette,  due  à  Sjostrom 
réunit  les  deux  tendances  en  un 
rythme  vigoureux  La  sombre  poésie 
de  la  mort  se  déploie  sur  un  thème 
hardi  et  saisissant.  Les  visions  du 
mystérieux  équipage,  impalpable, 
cahotant,  ombre  d'une  ombre,  sont 
admirables.  La  rue,  la  mer,  le  cime- 
tière nous  ont  particulièrement  frap- 
pés. Et  les  désincarnations  des  morts 
dépassent  le  reste.  Quelle  science  et 
cpiel  art  ! 

Sjostrom  a  tiré  de  lui-même  une 
intensité  rare  et  ses  partenaires  le 
suivent  strictement  dans  ce  poème 
d'envergure.  Voilà  une  œuvre.  Et 
voilà  que  quelques  personnes  com- 
mencent à  croire  que  le  cinéma  est  , 
un  art. 

• 
L'Infante  à  la  Rose. 

Le  joli  roman  deGabrielRevalapro- 
voqué  un  film  aimable  et  calme  qui 
plaira.  Le  dessin  du  scénario  manque 
un  peu  de  vigueur  eteertaines  scènes 
auraient  gagné  à  être  plus  poussées 
dramatiquement.  Du  moins  avons- 
nous  la  joie  de  voir  tout  à  notre  aise, 
les  lignes  pures  et  vives  des  villesan- 
dalouses  :  Grenade  et  surtout  Séville, 
dont  les  rues,  les  églises,  les  jardins, 
la  lumière  nous  ont  enchantés  comme 
si  nous  y  étions  La  plus  belle  page 
cinégraphique  est  celle  de  la  ganade- 
ria  avec  ses  chevauchées  brillantes 
sur  l'écran  d'une  plaine  sans  fin. 

Mlle  Dorziat  est  noble  et  fine.  Mlle 
Legeay  a  de  la  sensibilité.  M.  Georges 
Lannes  a  fait  de  grands  progrès. 

Et  il  y  a  un  petit  taureau  badin 
comme  une  ingénue  comique. 

• 
L'Ombre  déchirée. 

C'est  le  Léon  Poirier  de  Naraijana 
avec  un  sens  remarquable  de  la  ma- 
tière photogénique  et  pas  assez  de 
netteté  parfois  dans  le  développe- 
ment dramatique.  J'ai  trouvé  dans 
ce  film  de  grandes  joies  picturales. 
Il  y  a  des  paysages  artistes.  Il  y  a 
surtout  des  intérieurs  animés.  C'est 
rare.  La  première  partie  est  une  des 
plus  belles  choses  cinématographi- 
ques qu'on  ait  faites  en  France.  La 
suite  a  moins  d'ampleur,  et  nous  le 
regrettons. 

Suzanne  Desprès  et  magnifique. 
Mlle  Myrga  a  une  grâce  presque 
amère  et  une  harmonie  de  ton  dont 
nous  espérons  beaucoup.  Roger  Karl 
est  de  premier  ordre,  et  je  suppose 
que  cette  difficile  création  va  lui 
donner  le  rang  qu'il  mérite  depuis 
L'Homme  du  Large.  Il  est  tout  intel- 
ligence et  humanité. 

Louis  Dei.luc. 


DERRIÈRE 
L'ÉCRAN  4 


FRANCE  M 

Charlie    Chaplin  était  au    Claridge 
Hôtel,  Champs-Elysées.  Il  n'a  vu  que 
ses  amis    II  a  raison. 
• 

Douglas  Fairbanks,  Mary  Pickford 
et  leur  famille  sont  installés  à  l'hôtel 
Crillon, résidence  préférée  de  M.  Lloyd 
George  et  du  général  Pershing.  Ils 
comptent  demeurer  longtemps  en 
France  et  tourner  un  ou  plusieurs 
films.  Peut-être  La  Dame  de  Mont- 
soreau. 

• 

Nous    reverrons   au    Gaumont-Pa- 
lace  les  grandes  mises  en   scène   et 
ballets,   illustrant   les  grands  films, 
avec  musique  de  Jean  Nouguès. 
• 

André  Nox,  le  vigoureux  créateur 
du  Sens  de  la  Mort,  vient  de  signer 
avec  la  Société  Ermolieff,  pour  un 
nouveau  film  de  M.  Tourjansky  :  Le 
Prélude  de  Chopin,  dont  il  interpré- 
tera le  principal  rôle. 
• 

Notre  confrère  Paul  de  la  Borie  a 
terminé  un  drame  cinégraphique  qui 
sera  filmé  par  J.  de  Baroncelli. 
• 

René  Navarre  va  mettre  en  scène 
à  Nice  pour  le  compte  de  la  Société 
des  cinés-romans:  Il  était  deux  petits 
enfants,  de  Gaston  Leroux.  Les  inter- 
prètes seront  Madeleine  Aile,  Casella 
et  bien  d'autres  noms. 
• 

Vanni  Marcoux,  qui  fut  le  Me/isto- 
fele  de  Boïto,  serait  Faust  dans 
Don  Juan  de  Manara,  de  Marcel 
L'Herbier. 

• 

Léon  Poirier  est  à  Cherbourg  pour 
tourner  le  prologue  de  son  nouveau 
film  Paris. 

Jean  Kemtn  vient  de  terminer  La 
Hantise,  avec  Geneviève  Félix  et 
Gaston  Jacquet. 

• 

M  Feuillade  commence  un  nou- 
veau cinéroman  intitulé  Parisette. 
Les  extérieurs  de  ce  film  seront  tour- 
nés au  Portugal.  L'interprétation 
comprend  sa  troupe  habituelle,  Biscot 
en  tête. 


cinea 


5 


Pierre  Colombier  écrit  le  scénario 
de  son  troisième  film. 
• 

Robert  Saidreau  va  tourner  une  sé- 
rie de  comédies. 

• 

Le  monde  cinématographique  aura 
I  son  annuaire,  Le  Tout  Cinéma.  Ce 
sont  les  Publications  Filma,  3,  bou- 
levard des  Capucines,  Paris,  2e,  qui 
l'éditent  sous  la  direction  de  MM.  A. 
Millo  et  II.Rainaldy. 

Cinégraphistes,  artistes,  éditeurs, 
loueurs,  directeurs  de  salles,  indus- 
triels et  fournisseurs  en  tous  pays 
vous  n'avez  plus  que  jusqu'au  20  octo- 
bre pour  vous  y  faire  inscrire  gra- 
tuitement. Hâtez-vous  donc  d'en- 
voyer votre  nom  et  votre  adresse 
aux  éditeurs. 

• 

Jeudi  dernier,  (i  octobre,  a  eu  lieu 
l'ouverture  de  la  nouvelle  et  somp 
tueuse  salle  Louxor  que  M.  Henry 
Silberberg  a  fait  édifier  au  coin  du 
boulevard  Magenta  et  du  boulevard 
de  la  Chapelle. 

La  salle  Louxor  entièrement  cons- 
truite en  ciment  armé,  a  été  artisti- 
quement décorée,  dans  le  style  égyp- 
tien, par  M.  Amédée  Tiberti,  qui  s'est 
heureusement  inspiré  des  antiquités 
du  musée  du  Louvre. 

Fort  bien  choisi,  le  premier  pro- 
gramme a  été  applaudi  par  une  bril- 
lante assistance,  parmi  laquelle  nous 
avons  reconnu  les  principales  per- 
sonnalités de  l'art  et  de  l'industrie 
cinématographique  qui  avaient  tenu 
à  honorer  de  leur  présence  l'inaugu- 
ration de  cette  nouvelle  salle. 

Un  superbe  orgue  électrique  Abbey 
est  joint  au  bon  orchestre  de  M.  Ré- 
mond,  dont  les  adaptations  musicales 
méritent  d'être  applaudies. 

Pendant  l'entr'acte,  nous  avons  vi- 
sité la  cabine  de  projection  qui  est 
une  des  plus  belles  de  Paris  et  dont 
la  projection  est  impeccable. 

Les  1.300  places  de  Louxor  vont  être 
accessibles  au  public  parisien  tous 
les  jours,  matinée  et  soirée. 

Vu  le  luxe,  le  confort,  les  beaux 
programmes  et  la  bonne  musique, 
nous  ne  doutons  pas  qu'avant  peu  la 
salle  Louxor  ne  soit  une  des  salles 
préférées  de  tous  les  amateurs  de 
beaux  programmes  cinématographi- 
ques. 

• 

E.  E.  Violet  vient  de  terminer  son 
film  La  Ruse,  dont  les  intérieurs  sont 
dus  à  Donatien,  qui  interprète  égale- 
ment dans  ce  film   le  rôle  principal. 


Dans  notre  numéro  du  9  septembre, 
nous  signalions  déjà  la  reprise  du 
genre  «  dessins  animés  »,  par  la  pré- 
paration des  «  Voyages  de  Guliver  ». 
Cet  art  va  être  rehaussé  encore  par 
l'apparition  très  prochaine  d'un  nou- 
veau film  signé  :  Lortac. 


ômt\ 


VANNI   MARCOU 

l'admirable  tragédien  lyrique 
de    Lorençaccio,    de    relleas, 

des  Jovaux  de  la  Madone,  de 
la  Tosca  vient  au  cinéma 
après  beaucoup  d'hésitations 
et  créera  un  grand  rôle  dans 
le  Don  Juan  de  Manara  de 
Marcel  L'Herbier. 


MM.  Ehrenhold  et  Peyrot,  ce  der- 
nier, chef  de  tournée,  conférencier  du 
«  Cinéma  à  la  campagne  »  en  Alsace, 
viennent  d'avoir  l'excellente  idée  de 
s'adresser  à  cet  artiste  apprécié  et 
l'ont  chargé  d'adapter  pour  l'écran 
les  célèbres  albums  de  caricatures 
de  l'humoriste  bien  connu  R.  Toep- 
ffer. 

L'Histoire  de  M.  Vieux-Bois,  cette 
charge  savoureuse,  commencera  la 
série;  ce  film  tout  empreint  de  fine 
satire  et  de  gaieté,  sera  offert  au  pu- 
blic pour  les  fêtes  de  l'An. 

Ne  serait-ce  pas  là  l'aurore  d'une 
réforme  dans  notre  production  ciné- 
matographique si  décriée  ? 

Pour  tout  complément  d'informa- 
tion au  sujet  de  ce  film,  s'adressera 
M.  Peyrot  Schlumberger,  4,  rue  du 
Jura,  Mulhouse. 

• 

AMÉRIQUE  M 

Dans  le  numéro  de  septembre  du 
Classie,  notre  distingué  confrère 
F.  J.  Smith,  a,  suivant  une  tradition 
déjà  ancienne,  désigné  les  meilleurs 
films  de  l'année  écoulée. 

Avec  une  certaine  partialité  pour 
les  œuvres  allemandes,  il  compose 
ainsi  sa  première  liste  : 


1.  Passion  (le  film  allemand  sur  la 
Du  Barry,  interprété  par  Pola  N'egri). 

2.  Descendant  vers  l'Est  (un  très 
beau  film  de  Griffith,  que  nous  ver- 
rons bientôt  en  France,  il  faut  l'es- 
pérer). 

3.  I.c  gosse. 

4.  Le  Cabinet  ilu  docteur  Cagliari 
(F.  J.  Smith  se  demande  s'il  ne  devrait 
pas  donner  la  première  place  à  ce 
film  si  original). 

5.  Déception  (encore  un  film  alle- 
mand sur  Henry  VIII  et  Anne  Holeyn, 
interprété  par  Enil  Ianningset  Ilenny 
Porter). 

0.  Tommy  le  sentimental  (un  film 
charmant  de  J.  S.  Robertson,  d'après 
le  roman  de  Sir  James  Barrie,  dont 
nous  avons  déjà  parlé  à  nos  lecteurs). 

7.  /.('(/o/e;n(nouveau  film  allemand, 
étrange  et  impressionnant,  dont  il 
est  question  d'autre  part). 

8.  Carmen  (interprété  par  Pola 
Negri). 

9.  L'homme  au  canif  (un  film  déli- 
cat, un  peu  ténu  peut-être,  de  King 
Vidor,  qui  n'a  pas  eu  de  succès  en 
Amérique). 

10.  Les  quatre  chevaux  de  l'Apo- 
calypse (d'après  le  roman  de  Vicente 
Blasco  Ibanez),  par  Rex  Ingram. 

La  deuxième  liste  comprend  le  film 
sans  sous-titres  de  Joseph  de  Grasse 
(interprété  par  Charles  Ray)  dont 
nous  avons  déjà  parlé.  La  Marque 
de  Zorro.  La  Reine  de  Saba.  Le 
dernier  des  Mohicans  et  Sans  béné- 
fice de  Clergie. 

Au  cours  des  années  précédentes, 
notre  confrère  avait  inclus  dans  ses 
listes  plusieurs  films  qui  ont  été  pas- 
sés en  France,  soit  pour  les  saisons  : 

1917-1918.  Révélation.  La  Délaissée. 
Stella  Maris.  Une  vie  de  chien. 

1918-1919.    Le   Lys    brisé.    Chariot1 
soldat.  Pour  l'Humanité.  Papa  Lon- 
gues-Jambes. Les  yeux  morts. 

1919-1920.  Polyanna.  La  Danse  de 
la  mort. 

On  constate  ainsi  combien  des  films 
réellement  bons  qui  sont  produits 
aux  Etats-Unis  restent  en  route,  et, 
inversement,  de  quelle  pacotille  faite 
pour  l'exportation  nous  sommes  en- 
combrés. 

• 
Voici,  sommairement,  comment 
notre  confrère  F.  J.  Smith  apprécie 
l'œuvre  des  maisons  d  édition  améri- 
caine pendant  la  saison  écoulée.  11 
est  d'ailleurs  sévère  et  attribue  à  la 
médiocrité  d'une  production  où  la 
fadeur  conventionnelle  est  de  règle 
le  succès  des  films  allemands. 


16 


Famous-PJayers-Lasky 

Caractérisée  par  l'ascendance  des 
directeurs,  la  subordination  des  ac- 
teurs. Les  productions  les  plus  rému- 
nératrices ont  été  celles  de  Cecil  B. 
de  Mille,  les  plus  artistiques,  celles 
de  John  S.  Robertson. 
Fox. 

A  montré  Betty  Blythe  dans  la 
Reine  de  Saba.  Tom  Mix  et  "William 
Russell  poursuivent  des  succès  à  bon 
marché.  Pearl  White  n'a  pas  réussi 
en  dehors  des  films  à  épisodes. 
Pathé. 

Se  consacre  aux  films  à  épisodes, 
que  notre  confrère  déclare  «  au-des- 
sus de  ses  forces  ».  A  cependant  pro- 
duit Sans  bénê/iee  de  Clergie,  dont 
nous  parlons  d'autre  part. 

Robertson  Cole. 

Beaucoup  d'étoiles  pour  rien.  Pau- 
line Frederick  décline;  Hayakawa, 
gêné  par  des  œuvres  médiocres,  ne 
donne  point  ce  qu'il  devrait.  Le  Kis- 
niet,  de  Louis  Gasnier  est  manqué. 
Goldwyn. 

Du    bon    et   du  mauvais.    Rien   de 
bien  saillant. 
Realari. 

Justine  Johnstone,  Bébé  Daniels  et 
Wanda  Hawley  n'ont  pas  donné  ce 
qu'on  en  attendait  en  tant  qu'étoiles. 
May  Mac  Avoy,  dans  un  très  médio- 
cre film  intitulé  Scandale  privé,  n'a 
pas  retrouvé  le  succès  obtenu  dans 
Toinniy  le  sentimental. 

Universal. 

LetalentdePriscilla  Dean  est  gâché 
dans  des  films  médiocres.  Erich  von 
Stroheim  n'a  pas  encore  achevé  un 
grand  film  en  cours.  Frank  Mayo, 
Eva  Novak,  Harry  Carey,  Gladys 
Walton,  Edith  Roberts  sont  employés 
à  fabriquer  des  mélodrames  écono- 
miques. 
United. 

Mary  Pickford  et  Douglas:  inutile 
d'en  parler. 
Selznick. 

Productions  honorables  et  sans  in- 
térêt où  paraissent  Elaine  Hammers- 
tein,  Eugène  O'Brien,  Owen  Moore 
et  Conway  Tearle. 

Métro. 

Bert   Lyttel  est  l'acteur  le  plus  po- 
pulaire de  la  firme,  avec  Viola  Dana. 
Aucune  production  remarquable. 
First  national. 

Si  Norma  et  Constance  Talmadge 
n'étaient  pas  aussi  populaires,  les 
films  médiocres  où  on  les  produit 
auraient    ruiné   leurs   carrières.    Le 


film  sans  sous-titres  de  Joseph  de 
Grasse,  interprété  par  Charles  Ray, 
dont  nous  avons  déjà  parlé,  est  une 
œuvre  réussie.  Hope  Hampton,  la 
belle  et  froide  Katherine  Macdonald 
n'ont  pas  obtenu  de  succès  marqué. 
Vitagraph 

La  beauté  frappante,  la  chaleur  de 
Corinne  Griffith  sont  des  éléments 
de  succès  ;  mais  le  caractère  mélo- 
dramatique des  films  qu'on  lui  confie 
empêche  de  juger  de  son  talent.  Tony 
Moreno,  Alice  Joyce  et  Alice  Calham 
suivent  leur  chemin.  Il  y  a  des  gens 
que  Larrv  Seraon  amuse. 

L.  L. 


SPECTACLES 


Peg  de  mon  cœur  (Vaudeville). 

Avons-nous  vieilli  ou  bien  les  ac- 
teurs d'après-guerre  sont-ils  aussi 
ingénus  que  leur  public  de  nouveaux 
riches?  Le  fait  est  que  dans  Peg  on 
joue  à  l'anglomanie  —  ton,  robes, 
smokings,  accessoires  —  et  cela  n'ar- 
range pas  les  choses.  L'ensemble  est 
d'ailleurs  gentil.  Germaine  Risse  a 
moins  de  talent  que  Mary  Pickford 
(mais  elle  ne  le  sait  pas).  Stephen  est 
sympathique.  Puylagarde  s'ennuie. 
Marcelle  Lender  travaille  dans  le 
genre  Théâtre  Français,  et  la  mu- 
sique de  Christine  aurait  beaucoup 
plu. 

• 
Le  Cocu  magnifique  (L'Œuvre). 

Moins  cocu  que  magnifique.  Le 
premier  acte  est  presque  trop  bien. 
Le  troisième  nous  étrangle.  C'est  une 
œuvre. 

Nous  avons  revu  avec  joie  Regina 
Camier,  sa  robe,  son  sein,  son  sourire 
et  sa  mesure  charmante,  et  Lugné- 
Poë,  parodique  et  sentimental,  aigu 
dans  son  énormité. 


La  Revue  du  Bouif  (Moulin 
Bleu). 

De  bons  mots,  de  bons  couplets, 
mais  pourquoi  si  peu  de  bonnes 
scènes?  Jean  Devalde  est  beau  garçon. 
Il  pourrait  en  être  moins  sûr  et  ne 
pas  faire  d'imitations.  Geo  Flandre 
est  animé.  Lénars  a  tout  du  Bouif  et 
du  bon  Bouif.  La  menue  Yo  Maurel 
décidera  bien  des  gens  à  revenir  au 
Moulin  Bleu. 


Tu  peux  y  aller  (La  Cigale). 

La  Fouchardière  a  signé  la  revue. 
Il  eut  mieux  fait  de  l'écrire.  Nous 
avons  failli  avoir  une  bonne  revue. 
Ah    quel    dommage!    Régine    Flory, 


cinea 

sur  cette  même  scène,  connut  le 
triomphe  en  1913.  Vilbert  ample,  pré- 
cis, brillant,  étale  sa  verve  latine 
dans  quelques  scènes  trop  peu  déve- 
loppées. Il  y  a  des  girls  charmantes. 
Et  Chariot  était  dans  la  salle. 

L.  D, 


La  Dolorés,  si  elle  a  moins  de  ca-  1 
ractère  que  les  Jardins  de  Mureie, 
n'en  plaira  pas  moins  par  les  mêmes 
attraits  :  couleur,  violence,  simpli- 
cité, naïveté.  Mais  un  mélodrame  de 
cette  formule  ne  peut  charmer  que 
par  la  mise  en  scène,  émouvoir  que 
par  les  acteurs. 

Gabrio,  Charlotte  Clasissont  justes. 
Marcel  Vallée  dépense  un  comique 
qualifié,  une  bouffonnerie  choisie 
dont  la  malignité  contente  aussi  l'es- 
prit. 

A  Mary  Marquet,  on  reproche  une 
tentative,  où  je   vois   moins  de  pré    ' 
somption  que  de  joli  courage.  On  ne 
se  dérobe  point  à  l'incomparable  éclat 
que  sa  personne  pose  sur  la  scène  et 
au-delà  ;  et,  si  ses  moyens  trop  super- 
bes  ne   lui  ont  pas  permis  d'être  la 
Dolorés  du  3e  acte  :  faisceau  de  nerfs 
grinçants,  corps  qui  titube,  voix  qui 
bégaie  —  ô  RéjaneT  —  du  moins  a-t-| 
elle  toujours  été  pleine  d'adresse  et,  ; 
à  certaines  scènes  du  2,  de  qualités 
supérieures   dans   l'orgueil  et  la  co- 
quetterie autoritaire. 

Pierre  Blanchar  et  Charles  Boyer 
sont  exceptionnels.  Le  séminariste 
du  premier  conserve  tous  les  défauts 
du  Chatterton  de  son  concours  :  man- 
que de  naturel  et  «  accens  »  de  ténor. 
Mais  au  2e,  puis  au  3e  acte,  voici  que 
le  j  eune  homme  s'est  soudain  emporté, 
déchaîné  dans  une  véhémence  sin- 
cère, sans  une  recherche  d'effet,  où  f 
les  gestes  maladroits  de  la  douleur 
lui  sont  venus  au  corps  et  ses  cris 
dissonnants  à  la  voix,  une  violence 
qui  a  saisi  d'émoi  la  salle,  violence 
rare,  qui  est  le  beau  désordre  du 
théâtre  et  qui  sera  sans  doute  le  grand 
talent  de  Pierre  Blanchar. 

Oserai-je  dire  que  je  juge  Charles 
Boyer  comme  le  seul  jeune  comédien 
actuel.  Je  n'ai  pas  aimé  certaines  de 
ses  créations  applaudies,  trop  aisées. 
Mais,  hier,  dans  son  Hirata,  aujour- 
d'hui dans  son  Melchior.je  crois  dis- 
cerner les  éléments  d'une  manière 
qui  deviendra  illustre.  Il  parle  vrai, 
sans  un  répit,  son  jeu  émet,  par  l'in- 
tonation, le  regard,  le  geste,  l'atti- 
tude, une  multiplicité  d'intentions 
admirable.  Le  résultat,  loin  d  être 
schématique,  est  d'une  abondance 
qui  touche  aussi  le  cœur,  Et  louons- 
en  l'intelligence,  admirons-y  un  art. 
moderne,  à  la  fois  archaïque  et  con- 
tourné, un  art  qui  inspirera. 

Raymond  Payelle. 


CHAR  LOT 


Le  premier  volume  sur  Charles 
Chaplin.  Le  plus  varié,  le  plus 
amusant,  le  mieux  illustré,  le 
plus  complet,  toute  une  vie, 
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éditeur,   32,  rue  Louis   le  Grand. 


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Paris. 

Le  gérant  :  A.  Paty. 

Numéro  24 
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Octobre  1921 

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6  mois  :  35  fr. 
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Hebdomadaire  Illustré   —   Louis   DELLUC,  Directeur 

PARIS,  io,  Rue  de  l'Elysée  —  Téléph.  :  Elysée  58  84 

Londres:  A. -F.  Rose  Représentative,  2,  King's  place  Baker  Street 


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qui  fut  la  délicieuse  et  vivante  "  Tanit  Zeri;a  "  dans  L  Atlantide  et  que  nous  venons  de  voir  dans  Les  Ailes  qui  s'ouvrent  de  Guy  du  Fresnay 
où  son  talent  s'affirme  jeune  et  plein  d'avenir.  (Filins  Jupiter.  Editions  Filins  Artistiques) 


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Pont 

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d'après  l'œuvre  célèbre  de  'Michel  ZÉVACO 


Première  époque  . 
Deuxième  époque 
Troisième  époque 
Quatrième  époque 
Cinquième  époque 
Sixième  époque  . 
Septième  époque . 
Huitième  époque  . 


L'Ombre    du    Sacorphage. 

Le    Guet  =  Apens. 

La    Fuite    dans    la    Tempête. 

Le    Pacte    de    la    Grotte    noire. 

La   Fête    chez    Impéria. 

Ce   que    peut    la    Haine. 

Le    Calvaire    d'une    Mère. 

Expiation. 


Le  Premier  film  en  série  à  grande  figuration 
et  importante  mise  en  scène 

Publié  par  Cinéma  Bibliothèque  (  Edition  Tallandierj 

Édition  6  Janvier    1922 


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Les  Trois  Lys 

-  -  -    d'après  le  célèbre  roman  de 

Mme  Lucie  Delarue-Mardrus 


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créer  une  ambiance  qui  met  en  relief,  de  façon 
saisissante,    les    caractères    des  personnages. 


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Mme  GRUMBACH,  de  VOdéon 
M"-  Yvonne  DEVIGNE 
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M.       BAISSAC,    du    Théâtre    Sarah  -  Bernhardt 
M.       ESCANDE,    de    la    Comédie- Française 

Film 

Gaumorit 


Mise   en    scène   de 
M.  DESFONTAINES 


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Ce  Film  paraîtra  sur  les  écrans 
à    partir    du    4     NOVEMBRE 


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A  partir  du  4  Novembre,  le 

film     de     Charles     CHAPLIN, 

"LE  GOSSE"  (TheKid) 

passera    en    exclusivité    dans    les 
établissements  suivants  : 

Ciné  Max  Linder,  24,  Boulevard 
Poissonnière. 

Tivoli-Palace,  17.  Faubourg  du 
Temple. 

Palais-Rochechouart,  56,  Boule- 
vard Rochechouart. 

Demours-Palace.y.  rueDemours. 

Montrouge-Palace,  73,  Avenue 
d'Orléans. 

Voltaire-Palace,  Rue  de  la 
Roquette. 

Grenelle-Aubert-Palace  122. 
Rue  du  Théâtre. 


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Direction   :                                Téléphone  : 

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ques, ses  idées,  ses  projets,  ses 
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ses  confidences.  Un  beau  volume 
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32     Rue  Louis  le-GraiiH.  Paris 


Sur  la  table  de  Charlie  Chaplin,  au  Cla- 
ridge,  j'ai  vu  ce  livre  vert,  coupé  et  qui  est 
plus,  annoté  par  le  grand  artiste  si  magni- 
fiquement portraicturé,  si  heureusement 
décrit,  si  finement  analysé  par  l'auteur  de 
Fièvre  et  de  La  Fête  espagnole.  Louis  Delluc 
présente  dans  sa  biographie  de  Chariot  un 
Chariot  tel  qu'il  esCtel  qu'il  s'est  vu  et  tel 
qu'il  se  raconte. 

L'historien  suit  son  modèle  du  commen- 
cement de  sa  carrière  à  l'apogée  qu'il  vient 
d'atteindre  avec  The  Kià,  à  "moins  que  ce 
génie,  toujours  meilleur,  toujours  plus 
haut,  ne  nous  réserve  des  surprises. 

De  film  en  film,  derrière  Chariot.  Louis 
Delluc  nous  guide  en  critique,  en  admira- 
teur, en  remarquable  journaliste.  Je  ne  crois 
pas  qu'on  ait  avec  plus  de  compétence  et 
avec  plus  de  bonheur  parlé  de  la  célèbre 
vedette  de  l'écran  universel. 

].  L.  C.  (Comœdia) 


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Programmes  des  Cinémas  de  Paris 

M  du  Vendredi  21   au  Jeudi  27  Octobre  M 


2    Arrondissement 

Parisiana.  27,  boulevard  Poissonnière.  -Gutenberg 
j(i-70.  —  Kohby  esl  encombrant.  -  La  course  au  sac 
Parisiana-Journal.  —  Les  quatre  diables.  —  Les  avatars 
de  Chariot.  —  bn    supplément,  de  '  h.  1/2  à  8  h.  1/2, 
excepté  dimanches  et  fêtes  :  Le  roman  de  Babette. 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des  Italiens.  — 
Louvre  06-99.  -  Une  «liasse  aux  ouïs  blancs  dans 
l'Océan  Glacial.  —  La  maison  vide.  —  Liliane. 

Omnia  Pathé.    ■-    5,    boû'evard  Montmartre. 
Les  trois  mousquetaires,  2'  épisode.  —  Un  laineux  notaire. 

—  Suppléments    facultatifs,    non   passés  le  dimanche  en 
matinée  :  Le  sept  de  trèlle,  6e  épisode.  -     Les  passants. 

Electric-Palace,    5,    boulevaid  «les  Italiens. 
Secrétaire  particulière.  —  Les  as  de  l'écran.  —  En  supplé- 
ment au  programme. —  Nick  Winter  ei  ses  aven tui es, 
lu"  et  dernier  épisode. 

3"  Arrondissement 

Pathé-Temple.  —  Les  trois  mousquetaires.  2"  épi- 
sode. —  Les  passants.  —  Un  fameux  notaire. 

Palais  des  Fêtes,  8,  rue  aux  Ours,  — Arch.  37-38. 

—  salle  du  rez-de-chaussée.  —   Le  ptudu   dépendu. 
Liliane.  —  Les  trois  mousquetaires,  2e  épisode. 

Salle  du  premier  étage. —  La  lille  de  la  mer.  —  Un 
terrible  poltron.  —  L'Orpheline,  2e  épisode. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel.  —  Reims  — 
Les  trois  mousquetaires,  premier  épisode.  —  Le  signe  de 
Zorro.  —  Le  capitaine  grogg  parmi  les  Centaurts-  — 
L'Orpheline,  2-  épisode. 


THEATRE  du  COLISÉE 

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M   JS    M    CINÉMA    M    M    JS     \ 

38,   Av.    des    Champs-Elysées 


Direction  :   P.  MALLEVILLE 


Tél.  :  ELYSEE  29-46 


Le  Scandale  de  Fattv. 

La  Maison  vide,  conte  cinégraphique 

joué  par  Henri  Debain. 
Patbé-Revue,  documentaire. 
Gaumont- Actualités. 
Liliane,  comédie  dramatique   avec 

Mae  Murray. 


4*  Arrondissement 

Saint-Paul,  73,  rue  Saint-Antoine.  —  Un  fameux 
notaire.  -  Le  scandale  de  Fattv.  —  Le  sept  de  trèlle, 
G"  épisode.  —  La  maison  vide. 

5'  Arrondissement 

Mésange,  3,  rue  d'Airas.  —  Chariot  a  débauché 
Fatty.  —  L'Océan.  —  L'atfaire  du  train  24,  »■  épisode.— 
Les  trois  mousquetaires,  premier  épisode. 

Chez  Nous,  "6,  rue  Moutl'elard  —  Séville  pitto- 
resque. —  Mademoiselle  de  la  Seiglière  —  La  boxe,  il 
n'y  a  que  ça.  —  Le  masque  rouge,  6*  épisode. 

6e  Arrondissement 
Cinéma  Récamier,  3,  rue  Récamier.  —  L'affaire 

du  train  24,  8"  épisode.  —  Les  trois  mousquetaires,  pre- 
mier épisode.  —  La  lille  de  la  Mer.  —  Les  avalais  de 
Charlol. 

8e  Arrondissement 
Théâtre  du    Colisèe,    38,    avenue    des  Champs- 
Elysées.  —   Elysées  39-40.  —  Le  scandale  de  Falty.  — 
La  maison  vide.  —  Liliane. 

9'  Arrondissement 
Cinéma  Rochechouart,  66,  rue  de  Rochechouart. 

—  Bigorno  contre  Dago-Red.  —  L'orpheline,  2e  épisode. 

—  Images  d'automne.  —  Les  oranges  de  Maud.  —  A 
14  millions  de  lieues  de  la  terre 

Delta-Palace,  17  bis,  boulevard  Rochechouart. 
Le  sept  de  trèfle,  (>'  épisode.         Mœurs  et  coutumes  du 
Congo  Belge.  —  Narcisse  shériff.    -  (Juand  l'amour  veut. 


1O0  Arrondissement 

Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple.  —  Le  pendu  dépendu. 
Les  trois  mousquetaires,  "•  épisode.  —  Les  passants. 
Folies-Dramatiques,    40,    rue    de    Bondy. 
Cènes  et  ses  environs.        Fatty  trouve  un  emploi.        Le 
cirque  de  la  mort.    -  Le  testament  de  .Nadia. 
11"  Arrondissement 
Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la  Roquette. 

—  Nick  Winter  et  ses  aventures,  10"  et  dernier  épisode. 
Le  journalisme   mène  a  tout.       Un  fameux  notaire. 
Les  trois  mousquetaires,  i'  épisode. 

12"  Arrondissement 
Lyon  Palace,  rue  de  Lyon.  —  Le  rapit  ine  Croog 
parmi  les  Centaures.  —  L'Orpheline.  2-  épisode.  —   Pour 
l'humanité.  —  Les  huis  mousquetaires,  2-  épisode. 
13'  Arrondissement 
Gobelins,  60  bis,  avenue  des  Cobelins.  —  Chariot 
a    débauché   Fatty.    —     Un   reportage    sensationnel.    — 
L'affaire  ilu  train  24,  8*  épisode.  —   Les  trois  mousque- 
taires, premier  épisode. 

14e  Arrondissement 
Gaîté,  rue  de  la  Gaîté .  —  Chariot  a  débauché  Falty. 

—  Uu  reportage  sensationnel.  —  L'affaire  du  train  24. 
8"  épisode.  —  Les  trois  mousquetaires,  premier  épisode. 

Régina-Aubert-Palace,  155,  rue  de  Rennes.  — 
Nick  Winter  et  ses  aventures,  lu*  el  dernier  épisode.  — 
Le  l'eu.  —  Miss  Fatty  au  bain. —  Les  trois  mousquetaires, 
premier  chapitre.  —  En  supplément  facultatif  :  La  Russie 
rouge. 

Grenelle-Aubert-Palace,  141,  avenue  Emile- 
Zola  (36  et  H,  rue  du  Commerce).—  Environs  d'Ajarcio. 

—  L'homme  inconnu.  —  Les  trois  mousquetaires,  premier 
ehapihe.  —  Le  pendu  dépendu. 

Splendide-Cinéma,   3,    rue   Larochelle.  —    Les 
monuments  de  Séville.  —  Cyclone.  —  A  1+  millions  de 
lieues  de  la  Teire.  —  Miss  Fatty  au  bain. 
15    Arrondisaement 

Grenelle,  12:!.  rue  du  Théâtre.  —  Chariot  a  débau- 
ché Fatty.  —  Le  l'eu.  —  L'affaire  du  train  24,  8e  épisode. 

—  Les  trois  mousquetaires,  premier  épisode. 
Grand  Cinéma Lecourbe,  ti5-H9,rue  Lecourbe. 

—  Saxe  56-45.  —  Reims.  —  Liliane.  —  Les  trois  mous- 
quetaires, premier  épisode.  —  Le  pendu  dépendu.  — 
L'Orpheline,  2-  épisode. 

16"  Arrondissement 

Mozart-Palace.  49,  51,  lue  d'Auteuil.  —  Pro- 
gramme du  vendredi  21  au  hindi  24  octobre.  —  Sports 
nautiques.  —  N'écrivez  jamais.  —  Le  sept  île  trèlle, 
tie  épisode.  —  Betty  est  revenue.  —  Pour  l'humanité. — 
Programme  du  mardi  25  au  jeudi  27  octobre.  —  Fabri- 
cation de  la  faïence.  —  Les  trois  mousquetaires,  2e  cha- 
pitre. —  Un  drame  sur  une  planche  à  chaussures.  — 
l'eppina. 

Maillot-Palace,  74.  avenue  de  la  Crande-Armée. 

—  Programme  du  vendredi  21  au  lundi  24  octobre.  — 
Fabrication  de  la  faïence.  —  Les  trois  mousquetaires. 
2"  épisode.  —  Un  drame  sur  une   planche  à  chaussures. 

—  Programme  dn  mardi  25  au  jeuili  27  octobre.  — SpOltS 
nautiques.  —  N'écrivez  jamais.  —  Le  sept  de  hèlle. 
ii"  épisode.  —  Betty  est  revenue.  —   Pour  l'humanité. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  -  Auteuil  15-40.  — 
Les  aventures  de  Shetlok  Holmes,  premier  conte.  — 
L'idole  brisée.  —  Une  Heur  dans  les  ruines.  —  Saturnin 
ou  le  bon  allumeur. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue  Mala- 
koll'.  —  La  main  invisible.  7-  épisode.—  L'orpheline. 
premier  épisode.  —  Peppina.  —  Une  aventure  de  Pierre 
Manin. 

17'  Arrondilsement 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Demours.  —  'Wagram 
77-00.  —  Chasse  aux  ours  blancs  dans  l'Océan  Glacial.  — 
Le  sept  de  trèlle.  0*  épisode.  —  La  maison  vide.  — 
Liliane.  —  Le  gosse  de  Charles  Chaplin. 

Ternes-Cinéma,  .ï,  avenue  des  Ternes.  —  Wagram 
02-10.  —  Sports  d'hiver  en  Suède.  —  Le  Paradis  perdu. 
-  Le  pendu  dépendu.  —  L'Orpheline,  2'  épisode.  — 
Fanny  Lear. 

Cinéma  Legendre,  128,  rue  Legendre.—  Le  sept 
de  trèlle,  6-  épisode.—  Pour  l'humanité.  —  Le  capitaine 


Grogg    parmi    les   Centaures.         L'Orpheline,    premier 

épisode. 

Lutetia  Wagram,  avenue  Wagram.  —   Le   pendu 
dépendu.  —  Les  trois  mousquetaires,   2-  épisode. 
Liliane. 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Flandre  fran 
çaise  et  Flandre  belge.  —  La   fugitive.    —    Un   terrible 
poltron.  —  L'Orpheline,  i  épisode. 

Villiers  Cinéma,  21,  tue  Legendre.  —  Les  oranges 
de  Maud.  —  La  perle  de  Broadway.  —  Peppina. 
18"  Arrondissement 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music-hall, 
place   Dancourt  et    rue  d'Orsel,  43.  -    Nord   49-84. 
Une  Heur  dans   les  ruines.  —  Chariot  fait    une  cure.  — 
lii\  minutes  au  music-hall.  -  L'orpheline.  2"  épisode. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  MO,  me  Marcadel 
angle    me    du    Mont-Cenis).  Marcadel    29-81. 

A    14    millions    de  lieues  de   la    ferre.        L'Orpheline, 
i-  épisode.       Les  huis  mousquetaires,  t  épisode. 

Barbés-Palace, 31,  boulevard  Barbes.  Nord35-68. 
—  Liliane.  —  Le  lerrihle  poltron.  Les  trois  mousque- 
taires, 2'  épisode.        L'Orpheline,  2'  épisode. 

Palais  Rochechouart,  56,  houievard  Itoche- 
rhouarl.  —  Nick  Winter  et  ses  aventures,  in-  et  dernier 
épisode.  —  Les  passants.  —  Le  pendu  dépendu.  --  Les 
trois  mousquetaires,  2-  épisode. 


GAUMONT-PALACE 

a    0    \,  rue  Caulaincourt    O   0 
Une  réalisation  historique  à  grande  figuration 

L'INGÉNU 

d'après     le     célèbre      roman     de     Voltaire 
Le  grand  succès  du  jour  —  Film  GAUMONT 

L'ORPHELINE 

2^  épisode  :  Le  testament  de  Nadia 

Adapté  par  F.    BOUTET,  publié  par  Le  Journal 

LE     PARADIS     PERDU 

Comédie  Parisienne        —       Série  Fantasio 


Le  Select,  8,  avenue  de  Clichy. — Le  pendu  dépendu. 
—  Un  terrible  poltron.  —  Liliane.  —  L'Orpheline, 
2-  épisode. 

19e  Arrondissement 

Secrétan.  7  avenue  fecrétan  —  Ribadouille  a  la 
berlue.  —  Les  trois  mousquetaires.  ï'  épisode.  —  Les 
passants.  —  Un  fameux  notaire. 

Le  CapitOle,  place  de  la  Chapelle.  —  Le  pendu 
dépendu.  —  L'Orpheline,  2-  épisode.  —  Liliane.  —  Les 
irois  mousquetaires,  2-  épisode. 

Belleville-Palace,  130.  boulevard  de  Belleville.— 
La  danse  de  la  mort.  —  Les  trois  mousquetaires,  2-  épi- 
sode. —  L'idole  brisée.  —  L'Orpheline,  2-  épisode. 

Féerique-Cinéma,    ho,    me    de    Belleville.  — 

L'Orpheline.  2-  épisode.  —    Les   quatre    diables.  —    Les 
trois  mousquetaires,  >■  épisode. 

20"  Arrondissement 
Paradis  Aubert  Palace.   4.'.  rue  de  Belleville. 
Fridolin  a  bon  cœur.  -    Peppina-   —  Nick  Winter  et 
ses  aventures,  10'  et  dernier  épisode. —  Les  trois  mous- 
quetaires, premier  épisode. 

Banlieue 
Clichy.  —    Bécasson  capitaine  au  long  cours    —  Les 
trois  mousquetaires.  2e  épisode.  —   Les  passants.  —  Un 
fameux  notaire. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  —  Miss  Fatty  au 
bain.  —  La  danse  de  la  mort.  —  Les  quatre  diables.  — 
L'Orpheline,  2'  épisode. 


cinea 


û     De    l'Atelier     au     Studio     0 


le  mal  dont  souffre  Le  théâtre  mo- 
derne vient  beaucoup  moine  de  l'ab- 
sence de  talent  et  de  bonne  volonté  que 
de  cet  esprit  de  désordre,  de  mésesti- 
me systématique  et  de  surenchère  qui 
divise  notre  corporation.  Dès  qu'on 
se  laisse  entraîner  dans  cette  foule 
remuante,  papotante,  bigarrée  qu'est 
le  monde  du  théâtre,  on  est  perdu  ; 
la  plus  forte  volonté  s'émiette,  les 
meilleurs  principes  se  volatilisent. 
C'est  pourquoi  il  est  prudent,  dés 
qu'on  entreprend  quelque  chose  de  se 
tenir  à  l'écart  sur  une  réserve  toute 
cordiale  ;  mais  prêt  â  la  fermeté  et  â 
la  défensive. 

L'Atelier  fondé  depuis  quelques 
mois  n'est  donc  pas  â  proprement 
parler  une  affaire  théâtrale.  Né  de  la 
collaboration  étroite  de  quelques  ap- 
prentis comédiens  avec  un  camarade 
plus  expérimenté  qu'eux  qui  s'est 
chargé  de  leur  enseigner  les  premiers 
principes  de  l'art  du  théâtre,  l'Atelier 
doit  rester  avant  tout  une  école.  Nos 
spectacles  ne  seront  que  la  mise  en 
pratique  de  nos  études,  de  nos  recher- 
ches. On  nous  prête  déjà  les  inten- 
tions les  [plus  saugrenues  :  on  se 
trompe,  nous  ne  parlerons  que  lors- 
que nous  aurons  quelque  chose  â 
dire  et  alors  seulement  on  pourra 
nous  juger,  parler  de  notre  effort,  de 
nos  tendances. 

Pour  l'instant  nous  mettons  en  pra- 
tique une  de  nos  théories  :  tout  faire 
par  soi-même.  Je  laisse  un  instant  la 
scie  et  la  varlope  pour  prendre  la 
plume.  Mes  camarades  dans  la  pièce 
â  côté  travaillent  aux  costumes  du 
prochain  spectacle  ;  chacun  porte  sa 
part  de  responsabilité  et  de  souci. 

Il  y  a  deux  ans  quand  je  remis  au 
grand  comédien  Firmin  Gémier  mon 
premier  projet  d'école  j'y  notais  déjà 
ce  que  je  répète  aujourd'hui  :  Le  Co- 
médien est  le  premier  artisan  du 
théêtre;  de  sa  valeur  intellectuelle  et 
de  sa  probité  dépend  le  théâtre  de 
demain.  C'était  donc  â  l'esprit  autant 
qu'à  la  formation  professionnelle 
qu'il  fallait  s'attaquer.  Une  école  de 
ce  genre  nécessitait  une  longue  suite 
dans  l'effort  â  accomplir,  elle  exigeait 
une  unité  absolue  de  direction,  je  ne 
tardais  pas  â  me  rendre  compte  de 
la  nécessité  de  la  rendre  absolument 


indépendante  de  toute    organisation 
théâtrale  et  je  fondai  l'Atelier. 

Il  existe  tout  de  même  en  dehors 
du  théâtre  de  boulevard  une  esthé- 
tique moderne.  C'est  â  ce  théâtre  de 
demain  que  nous  devons  penser  sans 
cesse  en  éduquant  nos  acteurs  et 
c'est  vers  des  formes  nouvelles  d'ex- 
pressions dramatiques  que  nous  de- 
vons orienter  nos  essais.  Il  est  pro- 
bable que  ces  essais  auront  longtemps 


CHARLES  DULLIN 

le  comédien  du  Théâtre  des  Arts, 
du  Vieux-Colombier,  de  la  Comédie- 
Montaigne,  qui  prit  contact  avec 
le  cinéma  dans  Aines  d'Orient, 
L'Homme  qui  vendit  son  âme  an  diable 
et    Le   Secret    de     Rosette     Lambert. 


encore  1  imperfection  des  tentatives  ; 
mais  c'est  à  ce  titre  même  d'indica- 
tions qu'elles  pourront  être  signifi- 
catives et  fructueuses. 

La  réaction  contre  le  mouvement 
naturaliste  s'est  manifesté  jusqu â 
présent  surtout  dans  la  mise  en  scène, 
dans  la  présentation'seénique  et,  en 
effet,  ce  qui  doit  rester  de  ce  coup  de 
boutoir  qu'a  porté  André  Antoine  au 
vieux  théâtre,  c'est  le  rappel  de  l'ac- 
teur à  la  vérité,  â  la  simplicité.  Dé- 
pouillée du  fatras  réaliste  l'interpré- 
tation de  certaines  œuvres  montées 
par  le  grand  metteur  en  scène  reste- 
rait encore  à  l'heure  actuelle  un  mo- 
dèle de  vérité,  de  mesure.  Cependant 
le  souci  constant  de  l'imitation  de  la 
nature  a  trop  souvent  étriqué  le  jeu 
du  comédien  : 

Il  est  évident  qu'une  interprétation 
comme  celle  du  Roi  Lear  ou  de  Jules 


César  était  loin  de  Shakespeare  ; 
quelle  différence  avec  l'évocation  si 
prenante  de  La  nuit  des  Rois  au 
Vieux-Colombier.  Le  jeu  naturaliste 
coupait  les  ailes  au  poète  et  ne  pou- 
vant le  suivre  le  tirait  â  lui  de  sa 
poigne  solide  d'ouvrier.  11  a  fallu  l'ar- 
rivée des  Russes  pour  nous  rappeler 
l'importance  de  la  plastique  dans  le 
jeu.  Beaucoup  de  français  n'avaient 
rien  compris  â  Sada  Yakko  et  les 
Thomassin,  les  Deminique  et  tous  les 
Italiens  n'étaient  plus  que  des  fantô- 
mes gracieux  dans  l'imagination  de 
quelques  poètes  funanbulesques. 

Le  Vieux-Colombier  a  senti  cela 
dés  la  première  heure.  Les  consé- 
quences de  ce  premier  pas  sont  beau- 
coup plus  grandes  qu'elles  ne  le  pa- 
raissent au  premier  abord  ;  la  modi- 
fication de  la  mise  en  scène  â  entraîné 
la  modification  du  jeu  et  a  rétabli 
l'acteur  dans  sa  valeur  primitive. 

Evidemment,  si  l'on  examine  les 
choses  d'un  peu  près  l'acteur  est  tou- 
jours resté  au  premier  plan,  mais 
dans  son  rôle  le  plus  misérable, comme 
agent  commercial,  comme  vedette  ; 
on  va  voir  un  tel  dans  Racine  ou  dans 
Shakespeare. 

Dans  une  interprétation  idéale  tou- 
tes les  valeurs  doivent  se  fendre  dans 
un  ensemble  harmonieux,  plus  l'ac- 
teur se  tiendra  à  sa  place,  plus  il  sera 
près  de  la  perfection. 

Le  théâtre  n'est  pas  un  ensemble  de 
tous  les  autres  arts,  il  existe  en  soi.il 
a  sa  vie  intérieure,  ses  lois,  son 
rythme.  L'acteur  n'est  pas  une  tache 
mouvante  mais  une  réalité.  Dès  que 
nous  montons  sur  les  planches  nous 
devons  nous  dire  que  les  théories  les 
plus  séduisantes, ne  vaudront  quelque 
chose  que  si  elles  entrent  dans  le  do- 
maine des  réalités,  que  si  nous  leur 
prêtons  la  vie  pour  quelques  heures  ; 
cela  dépend  de  nous  par  conséquent, 
il  faut  nous  entraîner,  nous  éduquer 
suffisamment  pour  répondre  aux  exi- 
gences de  l'œuvre  â  représenter.  11 
est  absurde  de  demander  à  des  ac- 
teurs qui  ont  joué  toute  leur  vie  des 
pièces  réalistes  d'entrer  d'emblée 
dans  un  personnage  de  Shakespeare, 
de  Racine,  de  Musset  ou  de  Claudel. 
Il  faut  une  préparation,  un  entraîne- 
ment  aussi    bien  pour  l'acteur   que 


cinea 


pour  le  metteur  en  scène.  L'instinct 
le  plus  sûr,  le  génie  même, seront  im- 
puissants devant  une  tâche  relevant 
tout  simplement  de  la  compréhension 
littéraire  d'une  œuvre. 

Si  nous  demandons  à  nos  apprentis 
comédiens  de  nous  apporter  une  per- 
sonnalité, nous  nous  garderons  de  la 
déformer  en  essayant  de  la  reformer 
à  notre  image,  c'est  là  le  grand  re- 
proche que  l'on  peut  faire  à  l'ensei- 
gnement traditionnel  qui  pousse 
l'élève  à  l'imitation. 

L'Improvisation  que  je  mets  à  la 
base  de  ma  méthode  d'enseignement 
oblige  l'élève  à  se  développer  sans 
cesse,  en  profondeur.  En  éveillant 
chez  lui  le  sens  de  l'observation,  en 
lui  apprenant  à  regarder  les  choses 
et  les  gens,  on  lui  donne  le  secret  de 
tout  créateur;  s'il  ne  sait  pas  en  pro- 
fiter c'est  qu'il  lui  manque  un  don 
plus  précieux  qu'une  belle  voix  ou 
qu'un  beau  physique  et  qu'il  n'est  pas 
artiste 

L'Improvisation  force  l'élève  à  la 
réflexion  à  la  concentration  :  elle  lui 
donne  le  naturel  et  le  laisser  aller 
dans  l'expression  ;  elle  force  à  travail- 
ler sur  des  sentiments  et  non  pas  sur 
des  internations  ;  elle  oblige  à  s'en- 
fermer dans  un  caractère  ;  ses  res- 
sources comme  méthode  éducative 
sont  illimitées  ;  le  même  exercice  ré- 
pété en  le  plaçant  dans  des  milieux 
différents  à  des  époques  différentes, 
entraîne  la  modification  immédiate 
du  jeu  et  la  démonstration  suit  aus- 
sitôt la  théorie. 

Pour  l'instant  nous  n'envisageons 
l'Improvisation  que  comme  un  mo- 
yen d'entraînement  ;  mais  il  est  pos- 
sible que  nous  arrivions  un  jour  a 
former  de  véritables  improvisateurs 
et  ce  jour  là  on  se  rendra  compte 
combien  le  théâtre  gagnerait  à  ce  que 
l'acteur  et  l'interprète  se  fondent 
dans  un  même  personnage. 

Nos  expériences  nous  ont  permis  à 
certains  moments  d'envisager  ce  que 
pourraient  être  de  telles  réalisations 
mais  nous  en  sommes  loin  encore. 

Je  signale  en  passant  que  l'Impro- 
visation serait  la  véritable  école  du 
cinéma,  mais  il  faudrait  que  l'élève 
après  avoir  examiné  au  point  de  vue 
photogénique  consentit  à  travailler 
un  certain  temps  avant  de  tourner 
son  premier  film  Quelle  économie  de 
temps  pour  le  metteur  en  scène  et 
quelle  différence  dans  l'ensemble 
d'une  interprétation. 

Châles  Dullin. 


F.DOUARD  DE  MAX 
dans  Les  Trois  Mousquetaires  (Rôle  du  Cardinal 


LICBE    ['.M  III. 


Richelieu) 


Les  Films  d'aujourd'hui 


Les  Trois  Mousquetaires. 

Il  est  des  amateurs  qui  goûtent  ces 
copies  truculentes,  de  Titien  par  Ru- 
bens,  de  Rubens  par  Delacroix,  dont 
on  sent  que  l'auteur  a  cherché  non 
point  à  calquer  l'original,  mais  à  ob- 
tenir le  même  effet  en  employant  ses 
propres  modes  d'expression. Je  m'ima- 
gine que  Les  Trois  Monsquetairesde 
Douglas  Fairbanks  auront  quelque 
chose  de  ce  genre  de  copie.  Ceux  de 
M.  Diamant-Berger  suivent  trait-à- 
trait  le  modèle.  Et  ainsi,  avec  un  ef- 
fort louable  vers  la  mise  en  scène,  il 
a  réalisé  une  œuvre  qui  manque  un 
peu  de  rythme,  mais  non  d'intérêt  et 
de  pittoresque. 

L  interprétation  est  bonne  dans 
l'ensemble  :  on  peut  particulièrement 
citer  MM  Desjardins,  de  Guingand 
Baudin,  Jacquet,  Vallée  etc.,  ainsi  que 
Mme  Jeanne  Desclos.  M.  Aimé  Simon- 


Girard  se  tire  d'un  rôle  écrasant 
aussi  bien  que  peut  le  faire  quelqu'un 
qui  n'a  ni  le  type  physique,  ni  le 
charme,  ni  le  brio  de  d'Artagnan. 
M.  de  Max  a  interprété  le  rôle  de  Ma- 
zarin  au  lieu  de  celui  de  Richelieu  : 
ce  prélat  italien,  comique,  truculent 
et  gesticulant,  ressemble  beaucoup 
plus  au  second  mari  d'Anne  d'Autri- 
che qu'à  son  rival  politique. 


La  Terre. 

Il  y  a  un  rapport,  profond,  indiscu- 
table entre  l'évolution  des  philoso- 
phies  et  celle  des  esthétiques.  Aux 
théories  sensualistes  de  Taine  cor- 
respond exactement  l'art  de  Zola  ; 
l'un  et  l'autre  paraissent  étranges  et 
surannés  aux  yeux  des  jeunes  gens 
qui  ont  vu  passer  Bergson  (a  qui  cor- 
respond la  littérature  dite  de  la  vie) 


cinea 


LA  TERRE 
d'André  Antoine,  d'après  Emile  Zola. 


CLICHE    l'ATHi: 


et  Einstein  (ouïe  dadaïsme  philoso- 
phique). 

Découvrant  l'art  et  le  théâtre  au 
plus  fort  de  l'influence  de  Zola,  An- 
toine devait  suivre  ce  courant,  et  se 
trouver  ainsi  amené  à  ses  tentatives, 
si  intéressantes  et  décevantes,  de 
mise  en  scène  réaliste.  Puis  le  cinéma, 
survenant,  rendait  absurde  le  théâ- 
tre réaliste  :  aucun  décor,  si  ressem- 
blant qu'il  soit,  ne  vaudra  jamais  la 
nature  même. 

Aussitôt,  Antoine,  infatigable,  se 
consacrait  au  cinéma.  Et,  ainsi, 
apparaissaient  des  œuvres  d'une 
valeur  incontestable,  telle  que  Mlle 
de  la  Seiglière,  même  si  leur  genre 
de  mérite  n'était  pas  exactement  ce- 
lui que  le  Cinéaste  avait  cherché  à 
obtenir. 

Il  semble  qu'à  nul  autre  cette  esthé- 
tique ne  pouvait  mieux  s'appliquer 
qu'au  maître  du  naturalisme,  à  Zola 
lui-même.  Et  Ion  constate  avec  éton- 
nement  que  ce  n'est  pas  cela,  que 
Zola  n'a  pas  trouvé  ce  que  ses  œu- 
vres renferment  de  vérité  par  une 
accumulation  de  détails  photogra- 
phiés, mais  par  un  effort  d'imagina- 
tion poétique  —  aussi  conventionnel 
dans  son  genre  que  celui  de  Virgile 
ou  de  Victor  Hugo.  A  ce  point  de 
vue  le  dernier  film   d'Antoine  repré- 


sente une  remarquable  critique  litté- 
raire. 

Il  représente  aussi,  et  c'est  ce  qu'il 
faut  lui  demander  en  première  ligne, 
un  beau  film,  bien  vu,  bien  observé, 
bien  découpé,  avec  un  équilibre  et 
une  composition  excellents  et  ne  tra- 
hissant pas  —  s'il  la  transpose  - 
l'œuvre  dont  il  s'inspire. 


La  douloureuse  Comédie. 

—  Peuh,  le  Cinéma  T  fit  le  gros  mon- 
sieur en  allumant  son  cigare... 

—  Le  Cinéma  ?  Mais  il  ne  faut  pas 
vous  illusionner,  cher  Monsieur,  le 
niveau  moyen  en  est  très  supérieur  à 
celui  du  théâtre.  (J'entends  quelqu'un 
murmurer  :  «  Ce  n'est  pas  difficile  ». 
cela  ne  veut  rien  dire;  nul  n'a  l'idée 
d'envelopper  le  théâtre  dans  une  uni- 
forme expression  de  dédain).  Allez 
voir  à  l'écran  La  douloureuse  Comé- 
die, et  dites  moi  si,  sur  beaucoup  de 
scènes,  vous  voyez  l'équivalent  d'un 
tel  film.  Regardez  comme  est  évoqué 
ce  vieux  parc  où  évoluent  ces  pas 
gracieux  et  captivants  de  Napier- 
kowska  ;  combien  est  vivant  ce  mu- 
sic-hall marseillais .  Ne  faites  pas 
trop  attention  à  la  naïveté  d'un  ro- 
mancier maritime  qui  conserve  des 
illusions  sur  la  vertu  des  reines   de 


dancing,  et  demandez-vous,  finale- 
ment si  vous  trouveriez,  dans  beau- 
coup des  pièces  qu'on  joue  cette  se- 
maine, le  charme, la  poésie,  l'émotion 
de  ce  film  —  qui  après  tout,  à  1  écran 
n'est  qu'une  œuvre  de  second  ordre... 


L'homme  inconnu. 

Sans  réclame,  sans  que  l'on  sût 
même  les  noms  des  auteurs  ou  des 
interprètes,  ce  film,  que  pouvait 
écraser  le  redoutable  voisinage  du 
Gosse,  a  fait  sensation  d'abord  à 
cause  du  sujet —  le  dédoublement  de 
la  personnalité  —  qui,  tout  exception- 
nel qu'il  soit,  présente  pour  beau- 
coup d  esprits, un  attrait  mystérieux 
(c'est  sur  cette  donnée  que  Stevenson 
a  écrit  son  immortel  Dr.  Ickyll  and 
Mr.  Hyde,  sans  parler  du  volume  de 
nouvelles  The  Merry  Men  qu'il  a 
consacré  aux  altérations  de  la  per- 
sonnalité). Puis  à  cause  d'une  réali- 
sation presque  parfaite,  bien  équili- 
brée, bien  rythmée  (les  scènes  d'élec- 
tion sont  un  morceau  de  premier 
ordre)  et  d'une  interprétation  très 
sobre,  très  contenue,  très  émue,  par 
des  acteurs  très  peu  acteurs,  [qui 
parlent  directement  au  public.  Jérôme 
Patride  est  excellent  dans  le  rôle  de 
l'homme  double  et  l'on  comprend  son 


cinea 


hésitation,  entre  Hélène  Serome  Eddy 
dont  le  type  est  si  intéressant,  qui 
représente  si  bien  une  femme  vivante, 
aimante,  souffrante,  et  la  délicieuse 
Jane  Novak,  dont  le  geste,  lorsqu'elle 
tend  la  main  vers  son  mari  après 
l'accouchement,  ira  au  cœur  de  tous 
ceux  qui  ont  vu  souffrir  un  être  aimé 
et  naître  de  la  souffrance  une  nou- 
velle vie.  Et,  lorsque  Langdon  Rir- 
ven  s'éloigne  pour  toujours,  j'ai 
retrouvé  —  en  sens  inverse  —  l'an- 
goisse qu'on  éprouve  lorsque  dans 
le  silence,  Pierre  surgit  du  fond  de 
l'appartement. 


Chasse  aux  ours  blancs. 

C'est  un  drame  en  plusieurs  actes, 
poignant,  vivant,  inoubliable,  dans 
la  splendeur  photogénique  des  mers 
polaires  (c'eut  du  Nord  aujourd'hui 
que  nous  vient  la  lumière).  Nos  en- 
fants trouvent  cela  tout  naturel  ; 
j'avoue  qu  il  m'apparaît  admirable 
qu'assis  dans  un  fauteuil,  je  puisse 
contempler  l'agonie  d'une  ourse  sur 


un   glaçon   qui    mérite    doublement 
d  être  nommé  arctique. 

• 
La  Danse  de  la  Mort. 

Béni  soit  le  scénariste  qui,  en  fai- 
sant jouer  par  Nazimova  un  rôle  de 
jeune  malade  qui  se  traîne  à  pas 
lents,  l'a  empêchée  de  se  laisser  aller 
trop  vite  aux  gestes  excessifs,  là 
obligée  à  se  contenir,  à  situer  le 
drame  sur  son  visage  si  divers,  si 
prodigieusement  expressif,  et  à  réser- 
ver ainsi  tout  l'effet  du  mouvement 
pour  les  scènes  finales. 

L'idée,  le  postulat  du  drame  est 
qu'une  danseuse,  malade  et  condam- 
née sous  peine  de  mort  à  renoncer  à 
son  art,  se  trouve  amenée  à  danser 
au  clair  de  lune  devant  les  Indous 
étonnés  qu'elle  frappe  d'une  terreur 
superstitieuse,  arrêtant  ainsi  leur 
révolte.  Selon  la  logique  dramatique 
et  musicale,  elle  devrait  danser 
jusqu'à  en  mourir;  mais  sans  doute 
la  Lanterne  Rouge  avait  déjà  fait 
couler  trop  de  larmes,  et  il  faut  bien 
tenir  compte  des  sentiments  de  Madi- 


son  (Wisconsin).  Elle  survit  donc,  se 
marie   à   la    fin. 

A  cette  histoire  s'en  entrelact  nt 
deux  autre  —  celle  d'un  Eurasien 
qui,  las  d'être  honni  de  la  société 
anglaise,  fomente  une  révolte  —  celle 
d'un  colonel  qui  cravache  et  tue  le 
chien  de  son  fils,  puis  cravache  son 
fils,  lequel  l'abat  d'un  swing  vigou- 
reux. Tout  cela  est  du  remplissage 
destiné  à  faire  attendre  la  Danse  des 
danses... 

En  elle-même  cette  danse  est  belle, 
mais  encore  une  fois  les  cinéastes 
devraient  s'inspirer  davantage  de 
l'esthétique  musicale,  comprendre 
qu'il  est  un  temps  où  les  thèmes 
doivent  s'entrecroiser,  s'entrechasser 
un  autre  où  ils  doivent  se  dévelop- 
per, librement,  franchement.  La 
danse  de  Nazimova  donnerait  un 
maximum  d'effet  si  la  suppression 
des  parenthèses  inutiles  laissait  ap- 
paraître la  continuité  épuisante  de 
l'effort,  le  halètement  croissant  de 
celle  qui  danse  jusqu'à  en  mourir... 

Lionel  Landry. 


LES  TROIS  MOUSQUETAIRES 
Aramis  (De  Guingamp)  Athos  (Henri  Rollan)  D'Artagnan  (Aimé  Simon-Girard)  Porthos  (Martinelli) 


-.LICMl.    P'\THF. 


8 


cinéa 


Ml'RRAY  GOODWIN 
jeune    artiste   américain   que   les    Européens   ne 
connaissent   pas  encore,  mais  que  New-York  a 

déjà  applaudi. 
Guidé  par  son  oncle,  Natt  Goodwin,  le  grand  et 
regretté  comédien  américain,  il  a  créé  0(1  Boy  au 
Princess,  Clarence  au  Hudson,  et  Bob  au  Park. 
Murrav  Goodwin  se  consacre  dorénavant  à  l'art 
cinématographique  et  Guy  du  Fresnav  vient  de» 
l'engager  pour  tourner  un  des  principaux  rôles 
de  Margot,  d'Alfred  de  Musset. 


cinea 


LE    COMMERCE    DU    CINÉMA 


Le  cinéma  a  la  chance  d'être  à  la 
fois  un  art  et  une  industrie.  Le  théâ- 
tre est  d'ailleurs  dans  le  même  cas. 
Il  faut  que  le  commerce  d'une  chose 
aussi  complexe  satisfasse  à  la  fois  à 
l'art  et  à  l'industrie.  Par  exemple, 
avant  la  guerre,  le  théâtre  y  arrivait 
â  peu  prés.  Actuellement,  on  néglige 
le  côté  art  pour  ne  penser  qu'à  l'in- 
dustrie, et  le  résultat  obtenu  est  quel- 
que chose  comme  la  mort  du  théâtre 
français.  C'est  ce  qui  arrivera  au 
cinéma  français,  si  l'on  persiste  dans 
la  mauvaise  voie.  Et  pour  avoir  cru 
gagner  au  moins  de  l'argent,  on  fera 
faillite.  Mais  ne  nommons  personne. 


Il  y  a  évidemment  des  films  com- 
merciaux pour  employer  une  for- 
mule chère  aux  loueurs  et  exploi- 
tants, c'est-à-dire  des  films  aimable- 
ment insignifiants  qui  enchantent  la 
plupart  des  exploitants  ,  mais  qui 
commencent  à  lasser  le  public. 

Si  le  printemps  et  l'été  dernier  ont 
été  désastreux  pour  les  recettes  des 
directeurs  de  salles,  ce  n'est  pas  seu- 
lement à  cause  de  la  chaleur,  du 
mauvais  état  de  la  finance  ou  des 
difficultés  du  traité  dit  de  paix.  C'est 
que  leurs  programmes  sombraient 
dans  une  incroyable  et  monotone  gen- 
tillesse. Films  commerciaux,  peut- 
être,  mais  les  salles  se  remplissent 
de  nouveau,  et  cela  parce  que  les 
films  sont  plus  variés,  parce  que,  â 
côté  du  film  gracieusement  banal,  il 
y  a  le  film  inattendu  et  que  le  spec- 
tateur s'est  plu  à  voir  pêle-mêle,  Le 
Lys  de  la  vie,  Les  quatre  diables.  A 
travers  les  rapides,  Les  Proscrits, 
avec  Le  signe  de  Zorro,  L'Atlantide, 
Une  Fleur  dans  les  ruines,  Peppina, 
La  Vieille,  La  perle  de  Broadway . 
• 

Au  risque  d'être  une  fois  de  plus 
taxé  de  paradoxe,  j'affirme  que  les 
films  non  commerciaux  doivent  rap- 
porter plus  d'argent  que  les  autres. 

Le  docteur  Caligari,  film  expres- 


sionniste allemand  que  vous  croiriez 
réservé  à  une  élite  ultra-cultivée,  est 
en  train  de  faire  une  carrière  com- 
merciale formidable.  Pourquoi?  Par 
ceque,  au  lieu  de  le  montrer  comme 
à  regret,  on  le  pousse,  on  le  lance, 
on  souligne  sa  valeur  de  phénomène 
et  en  quelque  sorte  de  monstre. 

Prenons  un  exemple  en  France. 
Vous  êtes  persuadés  que  les  agréa- 
bles comédies  d'Huguette  Duflossont 
plus  commerciales  qu 'El  Dorado.  Eh 
bien,  les  comédies  d'Huguette  Duflos 
ne  dépassent  jamais  un  certain  ren- 
dement, tandis  que  vous  tirerez  le 
maximum  A' El  Dorado,  en  le  présen- 
tant comme  le  film  qui  ne  ressemble 
à  aucun  autre.  Tout  le  monde  ira  le 
voir.  Et  ce  que  je  dis  du  remarquable 
film  de  Marcel  L'Herbier  s'applique 
à  une  douzaine  d'autres  productions 
dont  il  semble  que  les  managers  aient 
eu  plus  de  honte  que  d'orgueil. 
• 

C'est  la  même  erreur  qui  mène  à 
tripatouiller  certains  films  étrangers 
d'un  caractère  très  original.  L'habi- 
tude a  été  prise  de  les  arranger  pour 
le  goût  français.  Folie!  Laissez-les 
intacts,  avertissez  le  public  qu'il  va 
assister  à  quelque  chose  de  curieux, 
voire  d'extravagant,  et  vous  consta- 
terez un  extraordinaire  mouvement 
d'intérêt.  Je  pense  â  La  Charrette 
fantôme  ou  au  Kid,  qui  perdraient 
beaucoup,  quoi  que  vous  en  pensiez, 
â  ne  pas  paraître  dans  leur  intégra- 
lité. Etudiez  donc  la  mentalité  du 
spectateur.  Il  est  avide  d'inédit.  Je 
me  souviens  que  jadis  les  films  de 
Gabrielle  Robinne  faisaient  beau- 
coup d'argent .  Cependant  quelques 
cinémas  donnèrent  deux  films  que 
vous  considérez  certainement  comme 
le  contraire  de  la  production  com- 
merciale :  Le  cycle  des  âmes  et  La 
mauvaise  étoile.  Eh  bien,  je  vous 
jure  que,  pendant  ces  deux  semaines, 
les  films  de  Gabrielle  Robinne  paru- 
rent bien  fades  et  passèrent  un  mau- 
vais quart  d'heure. 
• 

Il  suffit  d'avertir  avec  énergie  le 
spectateur  qu'il  y  a  quelque  chose 
de  nouveau  et  il  y  courra.  Croyez- 
vous  que  l'on  se  serait  précipité  aux 


Ballets  Russes  s'ils  nous  avaient 
apportés  les  tutus  de  Coppèlia  et 
aux  orchestres  négro-américains  s'ils 
avaient  réédité  la  sérénade  deToselli! 
Naturellement,  il  faut  que  cela  se 
sache  II  faut  attirer  l'attention  de  la 
foule.  Si  populaire  que  soit  le  sujet 
des  Trois  Mousquetaires,  il  faut  tout 
de  même  les  présenter  avec  un  bat- 
tage monstre.  Après  cela,  si  vous 
croyez  qu'on  peut  tirer  quelque  .suc- 
cès d'une  œuvre  plus  spéciale  sans 
faire  du  bruit,  ne  dites  pas  que  ce 
film  est  anti-commercial.  Dites  que 
c'est  vous  l'anti-commercial,  ce  sera 
plus  juste. 


C'est  l'éternelle  histoire  du  phéno- 
mène. Dans  un  village,  du  paysan 
qui  a  un  mouton  on  dira  :  «  77  a  un 
mouton  .  Il  a  donc  dépensé  tout  pour 
l'acheter.  »  Et  c'est  tout.  Mais  s'il  a 
un  mouton  à  cinq  pattes  on  s  écriera  : 
«  Ahl  çà,  c'est  prodigieux.  Il  a  un 
mouton  à  cinq  pattes.  Il  faut  aller 
le  voir.  »  Seulement,  s'il  a  un  mouton 
à  cinq  pattes  et  que  personne  ne  le 
sache,  personne  n'ira  le  voir.  Il  faut 
le  crier  sur  le  toit. 


Remarquez  que  je  n'entreprends 
pas  de  combattre  le  film  moyen  au 
profit  du  film  original.  Je  parle  à  des 
commerçants,  je  sais  les  difficultés 
de  l'exploitation  cinématographique 
dans  toutes  ses  branches  et  je  cher- 
che à  en  préciser  les  fautes.  Je  dis 
bien  vite  que  si  le  lancement  du  film- 
phénomène  (véritable  mine  d'or  à 
qui  saurait  s'y  prendre),  est  presque 
complètement  négligé,  le  commerce 
du  film  moyen  n'est  pas  beaucoup 
mieux  servi.  Les  productions  dites 
commerciales  sortent  comme  elles 
peuvent  moins  par  manque  d'argent 
que  par  paresse  ou  incompréhension 
et  vont  à  la  dérive  le  long  du  cou- 
rant, alors  qu'on  pourrait  faire  beau- 
coupplus  pour  accélérer  leur  marche. 


0 


cinéa 


Etes- voue  satisfait8  de  l'organisa- 
tion actuelle  de  la  publicité? 

On  croit  avoir  tout  fait  en  versant 
aux  journalistes  quelques  louis  pour 
qu'ils  prononcent  les  mots  :  «  Sen- 
sationnel...  magnifique*.,  enfoncée, 
l'Amérique...  triomphe  national, 
etc.,  etc.  »  Ces  blagues-là  ne  portent 
plus.  Les  exploitants  eux-mêmes  n'y 
croient  plus.  Les  journalistes  indé- 
pendants ont  l'ait  plus  pour  le  relève- 
ment de  la  cinématographie  fran- 
çaise avec  leurs  critiques  et  leurs 
sévérités  que  les  dociles  fabricants 
de  prospectus,  pleins  de  bonnes  in- 
tentions, mais  non  dépourvus  de  ma- 
ladresse. 

Ne  nous  plaignons  pas.  11  y  a  un 
grand  progrès.  Je  connais  des  hom- 
mes, pourtant  besogneux,  qui  pour 
beaucoup  d'argent  n'écrivaient  pas 
du  bien  d'un  film  qu'ils  ont  trouvé 
idiot  Et  l'ensemble  de  la  presse  fran- 
çaise du  cinéma  s'est  nettoyée,  assai- 
nie, a  pris  un  ton  correct  et  assez 
franc  qui  peut  avoir  sur  nos  travaux 
la  plus  heureuse  influence. 

Il  n'est  même  plus  besoin  de  parler 
des  derniers  spécimens  des  temps 
barbares  du  chantage  qui  s'attardent 
parmi  nous.  Envoyez-leur  quelques 
francs,  ils  vous  baiseront  les  pieds. 
Mais  à  quoi  bon  ?  Haïs,  vieillis,  écœu- 
rés d'eux-mème,  victime  de  la  pour- 
riture physique  qui  parachève  leur 
pourriture  morale,  ils  vacillent  déjà, 
c'est  la  fin,  ils  vont  s'abattre  dans  le 
ruisseau  nataloù  ilscrèveront.  Adios. 
• 

Quand  le  cinéma  a  commencé 
d'exister,  on  a  improvisé  toutes  ces 
choses,  comme  dans  les  campements 
de  l'Ouest  Américains  en  1820.  Mais 
à  la  place  de  la  ville  de  toile  s'est 
élevée  une  cité  de  pierre  et  de  fer, 
et  tous  les  détails  hâtivement  adop- 
tés ont  besoin,  sous  peine  de  dures 
catastrophes  pour  notre  industrie, 
d'être  mis  au  point  et  adaptés  aux 
nécessités  de  notre  art  commercial. 
• 

Méfiez-vous  de  la  vieille  formule 
classique  :  «  Satisfaire  le  public.  » 
J'entends  souvent  tel  ou  tel  exploi- 
tant dire  «  Mon  public  demande  ceci. 
Mon  public  veut  ceci.  »  Mais  trop 
souvent  vous  confondez  la  volonté 
du  public  avec  ses  habitudes.  Ce 
n'est  pas  parce  que  le  spectateur  est 
habitué  à  voir  une  chose  qu'il  est 
bon  de  la  lui  redonner  à  perpétuité. 
Et  s'il  ne  parle  pas,  s'il  ne  proteste 
pas,  s'il  n'exprime  pas  son  avis  avec 
autorité,  c'est  que  la  foule  française 


1 


n'aime  pas  le  scandale.  Leur  seule 
critique  est  la  retraite.  Plus  d'un 
directeur   a  pu  en  faire  l'expérience. 


. 


Croyez-vous  que  le  spectateur  est 
content  du  genre  d'affiche  que  vous 
ne  voulez  pas  abandonner?  Il  est 
indigné,  le  spectateur,  et  si  je  vous 
citais  toutes  les  affiches  qui  l'ont  mis 
en  colère,  la  page  n'y  suffirait  pas. 
Vous  ne  vous  rappelez  donc  pas  le 
succès  des  images  coloriées  de  Cabi- 
ria,  de  certains  placards  de  Barrére, 
de  Hecan,  de  Don,  de  Norman  ? 

La  belle  affiche  est  une  arme  de 
victoire,  et  vous  la  négliger.  Quoi 
de  plus  commercial?  Demandez  aux 
administrateurs  de  Thermogène,  de 
Dubonnet,  de  Cinzano,  ce  que  leur 
a  rapporte  laffiche  de  Cappiello, 
et  aux  directeurs  de  théâtre  ce  que 
vaut  une  composition  de  Sem,  de 
Roubille  ou  d'Iribe  ?  Attention  à  vos 
affiches. 

• 

Croyez-vous  que  le  spectateur  est 
content  de  vos  orchestres?  Le  nom- 
bre de  musiciens  n'importe  pas,  ni 
le  solo  de  violon  en  deuxième  partie. 
La  magnificence  des  partitions  choi- 
sies est  secondaire.  Ce  qu  il  faut, 
c'est  que  la  musique  s'adapte  au  film. 
Quelle  que  soit  la  qualité  de  votre 
public,  sachez  qu'il  est  venu  pour  le 
film  et  qu'il  ne  doit  pas  être  gêné  par 
une  musique  trop  absurde  ou  trop 
remarquable.  Qu'elle  soit  juste!  Mais 
il  faut  que  le  chef  et  aussi  les  exécu- 
tants voient  au  moins  deux  fois  les 
films,  une  fois  sans  répéter  ni  même 
prendre  des  notes,  une  autre  fois 
pour  répéter  le  premier  ensemble. 
Attention  à  vos  orchestres. 


Je  ne  dis  pas:  «  Attention  aux 
salles  ».  Elles  sont  ou  seront  très 
bien.  Il  s'est  élevé  depuis  un  an  des 
palais  luxueux,  mais  intelligemment 
équilibrés,  où  l'on  a  compris  qu'il 
fallait  de  grands  plans,  des  tons 
clairs,  des  lignes  amples  et  pas  trop 


de  dorures,  et  surtout  beaucoup  d'air. 

Il  faudrait  que  les  directeurs  de 
quelques  vieilles  salles  aient  le  cou- 
rage de  fermer  un  mois  ou  deux  pour 
remanier  la  forme,  l'aérage,  la  cou- 
leur, l'intelligence  de  leur  installa- 
tion. Xous  avons  trop  de  monde 
pour  interrompre,  disent-ils.  Oui, 
mais  si  le  spectateur  brusquement 
va  chez  le  voisin,  que  diront-ils? 

Ecoutez  toutes  les  remarques  du 
spectateur. 

• 

Méfiez-vous  aussi  de  cette  autre 
vieille  formule  :  «  Un  film  doit  plaire 
à  tout  le  monde.  »  Un  bon  film,  oui, 
mais  il  n'en  est  pas  que  de  bons,  et 
il  y  a  des  nuances  bien  marquées 
dans  les  diverses  classes  de  specta- 
teurs. Arrivez,  arrivez  vite  à  ne  pas 
imposer  n'importe  quel  programme 
à  n'importe  qui.  Si  vous  saviez  quelle 
quantité  d'habitués  peut  perdre  une 
salle  où  l'on  s'est  trompé  sur  les 
goûts  du  public.  Que  de  fois  nous 
l'avons  dit!  Et  comme  le  compren- 
dront cruellement  un  jour  ceux  qui 
ne  s'y  seront  pas  pris  à  temps  T 

Beaucoup  de  commerçants  du  ci- 
néma ne  tiennent  compte  que  du  pu- 
blic populaire.  C'est  injuste.  Il  est 
énorme  et  intéressant,  mais  il  n'est 
pas  le  seul.  Inquiétez-vous  plus  sou- 
vent de  l'opinion  de  l'élite  française 
et  ne  la  fâchez  pas.  Les  artistes,  les 
intellectuels,  les  savants  sont  venus 
difficilement  au  cinéma.  Est-ce  pour 
être  déçus?  Leur  concours  est  pré- 
cieux. Ils  dirigent  1  opinion,  guident 
les  capitaux,  portent  le  fanion  du 
pays.  Vous  ne  pouvez  trouver  de 
meilleur  soutien  que  ce  petit  public- 
là.  Je  sais  une  salle  où  nous  avions 
amené  une  douzaine  de  notabilités 
politiques,  littéraires,  financières,  ce 
qui  n'avait  d'ailleurs  pas  été  si  com- 
mode. Le  directeur  est  tout  surpris 
de  ne  pas  les  revoir.  Que  ce  directeur 
relise  la  liste  des  films  qu'il  a  donné 
depuis  six  mois  :  il  comprendra  peut- 
être. 

Ces  spectateurs-là  préfèrent  tel  ou 
tel  petit  cinéma  de  faubourg  où  un 
directeur  compose  ses  programmes 
avec  amour.  Les  salles  qui  ont  l'af- 
freux programme  «  en  série  »  connaî- 
tront plus  d'une  défection. 
• 
Comment?  Des  vérités  de  la  Palisse? 
Je  le  sais.  Mais  l'évidence  n'est  pas 
évidente  pour  tous,  et  il  faut  répéter 
longtemps  Deux  et  deux  font  quatre 
pour  que  cela  se  sache. 

Nous  le  répéterons. 

Louis  Delluc 


clnéa 


11 


DERRIÈRE       L'ÉCRAN 


0 


FRANCE  M 

Douglas  Fairbanks  est  allé  voir 
Le  Signe  de  Zorro  dans  un  grand 
cinéma  populaire.  Reconnu  et  ova- 
tionné, il  a,  avec  son  mouchoir  et 
quatre  gestes,  esquissé  devant  le 
public  du  boulevard  Barbés  la  sil- 
houette spirituelle  du  jeune  espagnol 
indolent,  applaudi  dans  le  film. 
• 

A  la  présentation  d'Une  Poule 
Mouillée,  Douglas  acclamé  pour  ses 
prouesses  et  sa  virtuosité  de  comé- 
dien-acrobate fut  invité  à  parler  du 
haut  de  sa  loge,  mais  indiquant 
l'écran,  où  l'on  venait  de  lui  voir 
accomplir  les  plus  paradoxales  folies, 
il  soupira  :  «  Non,  je  suis  un  peu 
fatigué  T  » 

• 

Ingénue  comique,  ce  qui  est  assez 
rare,  dont  le  talent  s  apparente  à 
celui  de  Marguerite  Fisher  et  de  Mary 
Pickford.  Marie-Thérèse  Décosse  va 
tourner  un  nouveau  grand  film  pour 
la  firme  Atlas  Film. 

• 

La  distribution  du  film  de  M  Guy 
du  Fresna\',  tiré  de  Margot  la  nou- 
velle d'Alfred  de  Musset,  comprend  : 
Gina  Palerme,  Genica  Missirio  et 
M.  Godwin,  un  jeune  américain  dont 
ce  seront  les  débuts  au  cinémato- 
graphe. 

• 

M.  Henry  Roussel  rentre  de  Rhéna- 
nie où  il  tourna  les  exérieurs  de  son 
film  dont  Fmmy  Lynn  est  la  princi- 
pale protagoniste. 


M.  Garbagni  achève  chez  Pathé  les 
intérieurs  des  Parias  de  l'Amour, 
ciné-roman  en  douze  épisodes. 

• 
Marcel  L'Herbier  s'occupe  du  dé- 
coupage de  Don  Juan  de  Manara. 
Il  va  prochainement  partir  en  Espa- 
gne  tourner  ses  extérieurs.  L'inter- 
prétation comprend  jusqu'ici  Van  ni 
Marcoux  dans  le  rôle  de  Faust,  Mar- 
celle Pradot  dans  celui  d'Anna. 
Philippe  Heriat  dansWagner-Mephis- 
to,  Jaque  Catelain  dans  Don  Juan. 
On  parle  d'autres  artistes  dans  divers 
rôles,  mais  rien  n'est  encore  décidé. 


F.  F.  Violet  termine  le  montage  île 
La  Ruse,  et  va  bientôt  nous  le  pré- 
senter. 

• 

Nous  verrons  prochainement  la 
Maison  du  Mystère  d'après  le  roman 
de  Jules  Mary  que  vient  de  terminer 
M.  Volkoffpour  le  compte  de  la  firme 
Frmolieff. 


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CLICHE  Jl'I'ITER   HLM 

MARIE-LOUISE  IRIBE 

et  GENICA    MISSIRIO 

dans    une   des    meilleures    scènes   de   Les 

Ailes  souvient.  (Films  Jupiter) 

Maurice  de  Marsan  tourne  à  Epi- 
nay  les  intérieurs  de  \  Assomoir 
d'après  le  roman  de  Zola. 

Louis  Feuillade  va  partir  avec  sa 
troupe  pour  tourner  au  Portugal  les 
extérieurs  de  Parisette  son  nouveau 
ciné-roman. 


Diamant      Berger     annonce      qu'il 

tournera  Vingt  ans  après  (suite  aux 
Trois  Mousquetaires). 

• 

IL  de  Golen  s'occupe  du  montage 
de  La  Veille  du  Bonheur  qu'il  vient 
de  réaliser  avec  Brabant.J.de  Ferau- 
dy,  et  Monteaux. 

• 

On  lavait  annoncé  partout.  M. 
Léon  Poirier  devait  réaliser  un  scé- 
nario de  lui  intitulé  Paris.  Les  artis- 
tes étaient  tous  engagés,  on  allait 
commencer. 

Mais  Paris  comportait  trois  épiso- 
des. Et  M.  Léon  Poirier  avait 
compté  sans  le  grand  maître  de 
1'  «  épisode  »,  qui  se  trouve  avec  lui 
dans  le  même  établissement,  le  grand 
maître  opposa  son  veto.  Paris  ne  se 
fera  pas . 

M.  Poirier  va  tourner  un  film  en 
deux  parties. 

• 

M.  Henri  Desfontaines  vient  de  pré- 
senter au  studio  Gaumont  Chichi- 
nette  et  Cie  qu'il  vient  de  terminer. 

• 

M.  Pière  Colombier  va  tourner  le 
troisième  de  la  série  «  Fantasio- 
Films  ».  Le  scénario  s'intitulera  sans 
doute  :  Le  Réveillon,  Mlle  Madys  en 
sera  probablement  la  principale 
interprète. 

• 

Vendredi  dernier  grand  remue- 
ménage  rue  de  la  Villette,  chez  Gau- 
mont. M.  Louis  Feuillade  tournait 
une  grande  scène  de  son  nouveau 
ciné-roman  Parisette  A  travers  la 
foule  des  figurants  habituels  nous  en 
avons  reconnu  de  nouveaux  et  non 
des  moindres  tels  que  :  M.  Léon  Gau- 
mont lui-même,  M.  Léon  Bailby  direc- 
teur de  1'  «  Intransigeant  »,  notre 
confrère  Boisyvon,  M.  Paul  Cartoux, 
auteur  des  Deux  Gamines,  etc.. 

Et  dire  que  ce  film  n'aura  pas 
besoin  de  toutes  ces  tètes  illustres 
pour  être  loué.  . 

• 

Le  Somptier,  Germaine  Dulac,  Fes- 
court,  se  sont  associés. —  Et  certains 
de  parler.  —  Bravo  î  ce  ne  sera  que  par 
une  véritable  entente  «  amicale  »  que 
le  cinéma  français  pourra  se  suffire 


12 


cinea 


à  lui-même.  De  tout  cœur  nous  leur 
souhaitons  bonne  chance. 

• 

Après  Vannî  Marco ux  qui  accepta 
un  des  rôles  principaux  du  Don  Juan 
que  Marcel  l'Herbier  va  tourner. 
Voici  Maurice  Renaud  qui  interprète 
un  des  personnages  de  Vérité  le  film 
d'Henri  Roussel. 

• 

Léonce  Perret,  le  metteur  en  scène 
de  l'Empire  du  Diamant.  que  nous 
verrons  bientôt,  vient  de  partir  en 
Angleterre  tourner  les  extérieurs  de 
son  film  l'Ecuyère  dont  l'interpréta- 
tion comprend  Mlle  Marcya  Capri, 
Miss  Gladys  Jennings,  MM.  Angelo, 
Maupain  et  le  metteur  en  scène  Henry 
Houry.  André  Daven 

• 

Parmi  les  récentes  promotions  de 
chevalier  de  la  légion  d'honneur 
nous  lisons  le  nom  de  M.  Louis  Au- 
bert,  administrateur  délégué  des  éta- 
blissements Louis  Aubert  et  actif 
manager  de  L'Atlantide. 
• 

L'Association  des  poètes  russes  à 
Paris  («  Chambre  des  Poètes  »  «  Pa- 
lata  Poétoff  »)  -  au  café  Caméléon, 
146,  boulevard  Montparnasse  —  a 
consacré  une  de  ses  soirées  à  Chariot 
Sous  la  présidence  de  Valentin  Par- 
nak,  les  poètes  russes  ont  fait  des 
conférences-bouff  sur  le  grand  mime 
et  lu  leurs  poèmes  en  son  honneur. 
Valentin  Parnak,  Serge  Charchoun, 
Georges  Evangouloff  ,  Alexandre 
Ginger,  Marc  Jaloff  —  poètes  russes, 
y  ont  pris  part.  Le  peintre  L.  Gon- 
drachvili  y  exposa  son  charmant  ta- 
bleau représentant  Chariot  parmi  les 
apaches  du  Caucase.  La  musique  de 
jazz-band  célébra  Chaplin  devant 
une  nombreuse  assistance. 
• 

AMÉRIQUE  M 

William  Hait  par  lui-même. 

«  Je  suis  né  le  6  décembre  1876  à 
New-Burgh  (Etat  de  New-York).  Mon 
père  était  d'origine  anglaise  et  ma 
mère  irlandaise. 

J'étais  en  bas-âge  lorsque  mes  pa- 
rents allèrent  s'installer  dans  le  Da- 
kota, en  plein  Far-West.  C'est  vous 
dire  qu'avant  d'avoir  lu  les  récits  de 
Gustave  Aimard  et  du  Capitaine 
Mayne  Reid,  je  les  avais  vécus  en 
partie. 

Mon  père  s'absentait  très  souvent 
pour  ses  affaires,  et  lorsqu'il  fut  de- 
venu veuf,  il  nous  confia,  mes  sœurs, 
mes  frères  et  moi,  à  des  femmes  in- 


diennes qui  nous  élevèrent  avec  leurs 
infants.  C'étaient  nos  petits  compa- 
gnons de  jeux.  Et  quels  jeux  !.    . 

J'avais  environ  quinze  ans  lorsque 
mon  père  revint  à  New-York  afin  de 
nous  faire  donner  une  instruction 
qui,  forcément,  avait  été  assez  négli- 
gée. 

J'avais  tellement  la  nostalgie  de 
cette  vie  de  l'Ouest  que  je  me  prépa- 
rais à  entrer  à  l'école  militaire  de 
West-Point,  où  à  dix-huit  ans  je  fus 
admis  après  un  brillant  examen. 
N'étant  pas  naturalisé  américain,  ma 
nationalité  d'anglais  nuisit  à  l'avenir 
de  ma  carrière  militaire,  que  je  fus 
obligé  d'abandonner. 

J'eus  un  moment  l'intention  de  par- 
tir en  Australie,  mais  mon  père  me 
conseilla  d'aller  en  Angleterre  où 
nous  avions  encore  de  la  famille. 
Après  un  court  séjour  à  Londres,  je 
voulus  connaître  la  France  et,  en 
1889,  je  débarquai  un  matin  à  Calais, 
et  le  soir  même  j'arrivais  à  Paris. 

J'y  fus  tour  à  tour  interprète, homme 
de  confiance  d'un  joailler  près  du 
coffre-fort  duquel  je  veillais  la  nuit, 
puis  ensuite  professeur  de  boxe  dans 
une  salle  d  armes  très  fréquentée  du 
quartier  de  l'Etoile. 

Presque  tous  les  soirs  j'allais  au 
théâtre,  et  mes  théâtres  préférés 
étaient,  avec  votre  admirable  Comé- 
die-Française, les  grands  théâtres  de 
drames  tels  que  celui  de  la  Porte 
Saint  Martin.  Je  me  souviens  qu'avec 
quelques  amis  très  admirateurs  du 
talent  de  Mme  Cécile  Sorel,  qui  fut  — 
mais  n'allez  pas  le  lui  dire  !  -  mon 
premier  «  Sweet  Heart  »,  nous  nous 
cotisâmes  pour  lui  envoyer  quelques 
fleurs  qu'elle  daigna  agréer. 

L'été  vint.  La  salle  d'escrime  n'était 
plus  guère  fréquentée.  Les  théâtres 
se  fermèrent  les  uns  après  les  autres, 
et,  très  seul  en  votre  immense  Paris, 
où  je  ne  connaissais  personne,  je  le 
quittai  un  soir  brusquement,  traver- 
sai Londres,  (m'embarquai  à  Liver- 
pool  et  débarquai  à  New-York  où  je 
ne  restai  pas  longtemps, car  je  venais 
d'être  touché  par  la  vocation  théâ- 
trale qui  me  ramena  en  Angleterre 
où  je  trouvai  le  moyen  de  me  faire 
engager  dans  des  emplois  extrême- 
ment modestes. 

Faisant  partie  en  1890  de  la  troupe 
D.  B.  Bandmann,  je  revins  en  Amé- 
rique. Je  ne  gagnais  que  douze  dollars 
par  semaine  et  je  jouais  des  rôles  un 
peu  plus  importants.  Ayant  été  re- 
marqué par  Mme  Modjeska,  la  célè- 
bre   comédienne   américaine,  je  fus 


l'interprète  de  quelques  rôles  assez 
importants,  tels  que  celui  de  Roméo. 
Le  succès  couronna  mes  elforts  et  je 
fus  considéré  comme  un  des  meilleurs 
comédiens  de  Broadway  où  j'inter- 
prétai, d'après  votre  légende  histo- 
rique du  Masque  de  Fer,  The  man 
with  the  iron  mask. 

C'est  au  théâtre  que  je  fis  la  con- 
naissance de  presque  toutes  les  ve- 
dettes cinématographiques  améri- 
caines telles  que  Dustin  Farnum  et 
Th.  Ince  qui,  devenu  metteur  en 
scène  de  la  New-York  Motion  Picture 
Co,  m'offrit  en  mai  1914,  de  faire  du 
Cinéma. 

Mon  premier  rôle  cinématogra- 
phique fut  celui  d'un  eow-boy,  ce  qui 
me  permit  de  revivre  imaginative- 
ment  cette  vie  du  Far  West  que  je 
regrettais  sans  cesse.  De  là  vient 
peut  être  le  succès  que  le  public  vou- 
lut bien  faire  à  tous  ces  petits  films 
dramatiques  où  je  faisais  plus  que 
jouer  la  comédie,  car  j'évoquais  des 
incidents  de  ma  jeunesse  aventu- 
reuse. 

Lorsqu'en  1915,  Th.  Ince  fonda  la 
Triangle  Keystone  avec  Griffith  et 
Mack  Sennet,  je  fus  engagé  pour  in- 
terprêter de  grandes  comédies  dra- 
matiques en  quatre  et  cinq  parties. 

En  1917,  je  suivis  à  la  Paramount 
Artcraft  Th  H.  Ince,  Griffith  et  Mack 
Sennett. 

En  1919,  ayant  cessé  de  travailler 
avec  Th.  IL  Ince,  je  fus  engagé  par 
la  Paramount,  afin  de  réaliser  une 
série  de  films  dont  je  fus  à  la  fois  le 
metteur  en  scène  et  l'interprète. 
William  Hart. 


ANGLETERRE  M 

La  Menace  est  une  production  de 
Ilarley  Knoles,  dans  laquelle  Tyrone 
Power  et  Dorothy  Bernard  jouent 
des  rôles  importants.  Le  sujet  touche 
au  bolchevisme. 

• 

Ce  même  auteur,  à  qui  l'on  doit 
Carnaval,  est  en  train  de  transfor- 
mer des  opéras  pour  l'adaptation  à 

l'écran. 

• 

L'Australie  a   frappé  les  films  bri- 
tanniques d'une  taxe   d'importation 
de  un   penny  par  mètre,  et  les  films 
étrangers  de  3  pences. 
• 

Alice  Crawford  ,  l'actrice  austra- 
lienne a  fait  sa  parution  â  l'écran 
dans  The  Gloriouse  Adventure  (La 
Glorieuse  Aventure). 


cinea 


13 


Les  Interprètes  du  Cinéma  Français 

£        J&         M        (Suite    aux    numéros    18    et    19    de    "  Cinéa  ")        M        Jâ        JS 


E.  DE  MAX 

Né  en  Roumanie. 

Venu  dès  son  enfance  à  Paris  faire  ses  études  et 
travailler  au  Conservatoire  d'où  il  sort  avec  un  pre- 
mier prix  de  comédie. 

Au  théâtre,  la  plus  magnifique  carrière  d'acteur 
français  à  l'Odéon,  à  l'Œuvre,  au  Théâtre  Antoine, 
au  Théâtre  Sarah-Bernhardt,  au  Châtelet,  à  la 
Renaissance,  à  la  Porte  Saint-Martin,  au  Théâtre 
Réjane,  à  la  Cigale,  à  l'AIhambra,  enfin  à  la  Comé- 
die Française. 

Citons  pour  mémoire  ses  principales  créations  : 
(Rritannicus,  Le  repas  du  lion.  Ton  sang,  La  prin- 
cesse lointaine,  Izéyl,  La  Sorcière,  Israël,  L'Impé- 
ratrice, La  guerre  en  dentelles.  Quo  Vadis,  La 
conquête  d' Jllhèms,  Jules  César,  L' Jinlulaire,  Le 
Vrai  mystère  de  la  (assion,  Tromélhé:,  Hélioga- 
bale,  L'JIn  mille,  Le  Typhon,  'Polyphème,  Ma- 
lazarte.  'Uimon  d' Jlthènes,  Le  procès  de  Jeanne 
d'jJrc,  Esope,  Le  roi  Lear,  Shylock-  La  mort 
enchaînée,  etc.  etc.  (Voir  dans  Chez  de  Max). 

Au  cinéma,  débute  vers  1 908  ou  1 909  au  Film 
d'Art  dans  La  Tjosca  avec  Sarah  Bernhardt. 

Récemment  a  créé  : 

Le  rôle  du  rebbe  dans  L'/3mi  Fritz,  mise  en 
scène  de  René  Hervil,  avec  Huguette  Duflos  et 
Mathot  ;  le  sonneur  dans  Le  son  de  cloche  ;  le  car- 
dinal dans  Les  Trois  Mousquetaires,  réalisation  de 
Henri  Diamant-Berger. 

• 
HENRI    ROLLAN 

Né  à  Paris  en  1  888. 
-  Etudes  au  lycée  Saint-Louis.  Quitte  brusquement 
la  classe  de  mathématiques  supérieures  pour  préparer 
le  conservatoire  ;  y  entre  en  octobre  1905:  3e  prix 
au  concours  de  1 906.  Entré  à  l'Odéon  avec  An- 
toine y  reste  trois  années,  ensuite  vagabondage  à 
travers  l'Europe. 

Une  saison  à  Saint-Pétersbourg,  puis  Paris  :  la 
Renaissance,  le  théâtre  Réjane. 

La  guerre  (3-  zouaves).  Réformé  en  1917,  entre 
à  la  Comédie  Française.  En  a  assez  au  bout  de 
1  7  mois... 

Va  avec  Gémier,  avec  qui  il  est  encore. 

Au  cours  de  tout  cela  créations  ou  reprises  : 

A  l'Odéon  ; 

Chatterton,  La  maison  des  juges  de  G,  Leroux, 
L' Artésienne,  La  mort  de  Pan,  d'Alex.  Arnoux, 
T^amurttcho,   L' Avare  chinois. 

A  l'Œuvre  : 

Les  deniers  masques,  de  Art.  Snitzler,  Ariane 
blessée  de  Maurice  Allon. 

A  Bruxelles  : 

Le  Pelléas  de  Pellias  et  Mélisande. 

Avec  Réjane  : 

Jllsace,  L'enfant  de  l'amour,  le  chat  dans 
l'Oiseau  bleu. 

A  la  Comédie  Française  : 

Le  répertoire  Molière,  Marivaux,  Beaumarchais 
et  les  modernes  : 

L 'Autre  danger  (Donnayl,  Les  affaires  sont  les 
affaires  (Mirbeau),  etc. 


Avec  Gémier  : 

Le  Bourgeois  gentilhomme,  Le  marchand  de 
Venise,  Les  jardins  de  Murcie,  La  Captive,  de 
Ch.  Méré,  Le  Simoun  de  Lenormand,  Le  héros  et  le 
soldat  de  B.  Schaffi,  L'Annonce  faite  à  Marie. 

Au  cinéma  : 

A  commencé  à  faire  du  cinéma  en  1910  (le 
cinéma  d'avant-guerre?) 

Tourne  au  Film  d'Art 

L'HêiiHire  (Pouctal),  à  la  S .  C.  A.  G  L. 
plusieurs  films,  entre  autres  :  Jeanne  la  Folle,  Le 
Chevalier  de  Ma'son-Rouge  (Alb.  Capellani). 


Depuis  la  guerre  : 

Mimi  Ijrottin  (Andréani),  Les  Trois  JXTasques 
(Henry  Kraussl,  enfin  Athos  dans  Les  Trois  Mous- 
quetaires. 

• 

LILI    SAMUEL 

Née  à  Paris  en   1883. 

Conservatoire.  Vieux-Colombier. 

A  débuté  au  cinéma   dans    L'Homme  du  Large 

Crée  le  rôle  de  Sarah  Pompon  dans  Villa  Destin 
de  Marcel  L'Herbier  et  celui  d'Evangeline  Mac 
Williams  dans  Le  Tonnerre,  de  Louis  Delluc. 


EDOUARD  DE  MAX 

le  grand  tragédien  revenu  au  cinéma  évoqué  ici 

par  Cappielloau  temps  où  il  interprétait  si  presti- 

gieusemerxt  les  jeunes  poètes. 


14 


cinéa 


JEANNE  DESCLOS-GUITRY 
la  belle  interprète  de  Les  Troi<  Mousquetaires,  et  de  l'broso  que  nous  reverrons 

dans  Les  Roquevillard. 


MARIE  LOUISE   IRIBE 

Née  à  Paris  le  29  novembre  1  897.  Sortie  du  Con- 
servatoire (classe  Georges  Berr)  en  1914  avec  un 
second  prix,  j'ai  joué  en  tournée  avec  le  Théâtre 
Français  :  L'Embuscade,  La  Marche  Nuptiale. 
Au  Vieux  Colombier  :  La  Nouvelle  idole,  La 
Qriffe,  les  Romanesques,  Petite  hliue;  crée  avec 
Sacha  Guitry,  Un  soir  quand  on  est  seul. 

A  débuté  au  cinéma  en  1913  avec  M.  Feuillade 
dans  La  Rencontre,  Les  'Piques  rouges. 

Pour  Aubert  : 

La  Vierge  folle,  de  Henry  Bataille  ; 

Pour  Gaston  Ravel  :  L  'Affaire  énigmatique  ; 

Pour  Lesomptier  : 

Le  'Uemps  des  cerises,  Le  Prix  de  f^ome,  Le 
'Pont  des  enfers; 

Pour  Plaissetty  : 

Le  masque  d'amour  ; 


Pour  Jean-Joseph  Renaud  : 

Asphodèle  ; 

Pour  Feyder  et  Tristan  Bernard  : 

La  pièce  de  dix  sous.   Le  mariage  de  {ftouchu  ; 

Pour  Feyder  : 

U  Atlantide  ; 

Pour  Guy  du  Fresnay  : 

Les  Jliles  qui  s'ouvrent. 

• 
G1NE  AVRIL 

Née  à  Paris 
A  débuté  dans  les  'Croîs  Masques  de  Charles 
Méré,  mise  en  scène  d'Henry  Krauss,  avec  Mme 
Barbier  Krauss.  Henri  Rollan  et  Georges  Wague. 
Interprète  ensuite  les  rôles  principaux  des  'Crois  Lys 
de  Mme  Lucie  Delarue  Mardrus,  mise  en  scène  de 
Desfontaines  pour  la  firme  Gaumont,  avec  Yvonne 
Devigne,  Baissac  et  Escande. 


JEANNE  DESCLOS-GUITRY 

Mme  Jeanne  Desclos,  qui  fit,  au  théâtre,  en 
quelques  années,  une  admirable  carrière,  vient  de 
triompher  à  l'écran  dans  plusieurs  films. 

C'est  en  1 908,  sur  la  scène  de  la  Renaissance 
qu'elle  débute  dans  La  Femme  Nue,  d'Henry  Ba- 
taille. Ensuite,  c'est  L'Oiseau  blessé  de  Capus,  La 
Cruche,  de  G.  Courteline,  Le  Scandale  de  Bataille, 
au  Théâtre  de  la  Renaissance  ;  La  Massière,  de 
Jules  Lemaître,  L' Jivcnlurier  de  Capus,  à  la  Porte 
Saint-Martin  ;  Kismel,  au  Théâtre  Sarah-Bernhardt, 
/.'  /Issaut  de  Bernstein,  au  Gymnase  ;  Les  'Pequins 
de  Nicodemi. 

\  edette  des  grandes  tournées  théâtrales  en  Amé- 
rique du  Sud  en  191  I,  en    1 91 2  et  en   1 91 6. 

lnterpiète  Les  Cinq  Meisieurs  de  Francfort  et 
Pétard  d'Henri  Lavedan,  au  Gymnase.  Remporte 
un  triomphe  dans  le  rôle  de  JKCiette  de  Dario  Nico- 
demi sur  la  scène  de  la  Gaîté.  Elle  joue,  en  1916, 
Qrand-'Père,  L' Archevêque  et  ses  Fils  de  Lucien 
Guitry. 

Son  premier  film  fut  :  Crépuscule  d'épouvante. 

Nous  voyons  enfin  Mme  Jeanne  Desclos  dans 
'Phroso,  d'après  l'oeuvre  d'Anthony  Hope,  mis  en 
scène  par  Mercanton,  dans  le  rôle  de  la  Reine 
d'Autriche  des  Trois  JUCousquelaires  et  dans  Les 
Roquevillard,  film  adapté  de  l'oeuvre  d'Henry 
Bordeaux. 


L- COLLINEY 

Est  née  à  Paris. 

Sortie  du  Conservatoire  avec    I el'   prix   de  comé- 
die, 2e  prix  de  tragédie.  Grand  prix  Osiris. 

Théâtre  : 

Odéon,  répertoire  classique  : 

Cabotins  ; 

Le  crime  de  Polru  ; 

Monsieur  d'Assoucy  ; 

T^oger  Bontemps  ; 
Ses  Films. 

Le  Scarabée  rouge  (Eclipse)   avec  de  Gravonne; 

Les  Requins  de  'Paris  (Léon  Sazie)  ; 

La  Fleur  des   ruines   (A.    Gance)    avec   Aurèle 
Sydney  ; 

L'Héroïsme  de  Paddy  (A.  Gance)    avec   Dieu- 
donné  ; 

Le  Secret  de  lacomtessefS.C.  A.  G.  L.)  avecLéa 
Piron  et  Escoffier; 

La  Délaissée  (S.  C.  A.  G.  L.)  ; 

La  Mer  (S.  C.  A.  G.  L,); 

La   sonnette    du  diable   (S.    C.  A.   G.  L.)  avec 
Emilienne  Dux  et  Jean  Kemm  ; 

Papa  Hul  n  (S.  C.  A.  G.  L.)  avec  Krauss  ; 

Sous     l'Epaulette     (de     Morlhon)    avec     Léon 
Mathot; 

La  petite  marchande  de  violettes  (de  Morlhon  |; 

La   Marâtre  (Grétillat)  avec   Germaine   Dermoz 
et  Grétillat; 

L'effroyable  doute  (Grétillat)  avec  Grétillat; 

La  terre  commande  (Bergerat)  ; 

Irène  (Harryl  avec  Emilienne  Dux  et  Vibert; 

Le  Doute  (Harry)  avec  Francen  et  de  Féraudy  ; 

'Paule   Evora    (Harry)    avec     Régina     Badet  et 
Pierre  Pradier; 

Les  deux  baisers  (Harry)  avec  Daltour  et  Pierre 
Stephen  ; 

La   singulière  aventure  de  Neil  Nogan,  Jockey 
(Jacques  Riven)  avec  Georges  Lannes; 


cinea 


15 


PAUL  VERMOYAL 

Né  en  1888. 
Théâtre  : 

Faust  de  Marlowe  ;  Eugénie  Çrandel  (aux 
Arts);  La  chute  de  la  Maison  Uscher,  le  Crime, 
Les  Monstres,  Hara-Kiri  (Grand-Guignol). 

Films  : 

Le  droit  à  la  vie,  réalisation  A.  Gance  avec 
A.  Brabant  et  Mathot  ; 

La  Zone  de  la  Mort,  réalisation  A.  Gance  avec 
A.  Brabant,  Lionel,  Mathot; 

Le  Itoi  de  l'étain,  réalisation  M.  Mariaud  ; 

L'Epave,  réalisation  Mariaud,  avec  Delvé  et 
G.  Modot. 

Les  eTKCouettes,  réalisation  M.  Mariaud  avec 
Lionel  Clément  ; 

La  Nuit  du  I  I  novembre,  réalisation  Deschamps 
avec  Séverin-Mars  ; 

La  Sultane  de  l  amour,  réalisation  Le  Somptier- 
Burguet  avec  Dhélia,  G.  Modot  de  Pedrelli, 
A.   Bras; 

Fanny  Lear,  réalisation  Manoussi  avec  Signoret, 
Dermoz  ; 

Mathias  Sandorf,  réalisation  Fescourt  avec  An- 
dreyor,  Joubé,  Toulout,  Modot; 

La  Nuit  du  13,  réalisation  Fescourt  avec  An- 
dreyor,  A.  Dubosc,  Toulout; 

La  Double  image,  réalisation  de  Chateloux  avec 
Elmire  Vautier  et  Angelo. 


MARY    HARALD 

Née  en  Extrême-Orient. 

Débute  au  cinéma  sans  avoir  fait  de  théâtre  et 
s  adonne  entièrement  à  cet  art  nouveau. 

René  Navarre  fit  son  premier  engagement.  Tourne 
sous  la  direction  de  Gaston  Ravel  trois  films  de  sa 
composition  :  Un  père  à  marier.  Du  rire  aux 
larmes,  Ce  bon  Lafontaine. 

Travaille  ensuite  pendant  9  mois  avec  Louis 
Feuillade. 

Tjhi-Minh,  film  en  12  épisodes.  Le  rôle  s'adap- 
tait à  sa  personnalité  mi-française,  mi-asiatique. 

Avec  Louis  Feuillade  fut  encore  la  Caraque  dans 
Vendémiaire. 

Puis  c'est  au  Maroc  avec  M.  Pinchon  interprète 
Saada  dans  C'était  écrit. 

Rentrée  en  France  E.  E.  Violet  lui  confie  les 
rôles  de  la  chinoise  dans  Li-Hang  le  Cruel,  et 
Mme  de  Romans  dans  Les  mains  flétries  de  Cl.  Far- 
rère. 


ANDRE  ROANNE 

Né  à  Pans  en  septembre  1 896. 

Commence  le  ciné  en  1915  avec  : 

En  JXCusique  Marie  Laurent,  Le  même  sang 
Navarre,  Autour  d'une  bague  J.  Signoret,  M.  Pin- 
son Policier  Suzanne  Dubost,  tMime  Fleur  de 
&Ceige,  Nelly  Palmer.  Caston  Ravel,  metteur  en 
scène. 

Ensuite  les  films  de  :  J.  Feyder  :  Tète  de  femmes, 
Femmes  de  tète  avec  Kitty  Ott.  Le  pied  qui  étreinl, 
avec  Suzanne  Delvé. 

Labruyère  :  La  mar. œuvre  amoureuse. 

Violet  :  Le  consentement  de  la  marqui  e  avec 
Alice  Clairville. 

Feyder,  l'Atlantide. 

Du  Fresnay,  Les  ailes  qui  s'ouvrent. 

Kemm,   Hantise. 


SUZANNE  TALBA 

D'origine  russe,  née  à  Paris  en  1900.  Débute  au 
cinématographe  dans  La  lumière  sur  la  neige, 
d'André  Hugon,  édité  par  Pathé. 

Tourne  ensuite  Rose  de  Grenade,  avec  le  même 
metteur  en  scène  pour  le  compte  de  la  Monat-Film. 
Principale  protagoniste  féminine  de  William  Ojalu- 
chet,  mise  en  scène  de  Leprieur. 

Actuellement  en  Italie  pour  tourner  un  des  rôles 
principaux  de  "Vérone  pour  le  compte  de  la  Fox- 
Film,  mis  en  scène  par  Gordon  Edwards. 


DESSIN  DE   BECAN 


HENRI  DEBAIN 
Le  spirituel  comédien   du  Secret  de 
Rosette  Lambert  et  de  La  Maison  Vide 


HENRI  DEBAIN 

Est  né  à  Paris  le  3  août  1 886,  de  parents  pari- 
siens. A  tourné  en  1919  au  retour  de  la  guerre 
dans  Le  Petit  Café  avec  Max  Linder,  sous  la  direc- 
tion de  Raymond  Bernard  et  pour  le  compte  de 
Diamant-Berger,  le  rôle  du  Plongeur. 

En  1920,  le  rôle  de  James  Jamier  dans  Le  Secret 
de  Li  -selle  Lambert  de  Tristan  Bernard,  avec  Dul- 
lin,  Amiot,  Camille  Bert,  Lois  Meredith,  Sylvia 
Grey  ;  enfin,  celte  année  Lebéchut  dans  La  maison 
vide. 

Ces  trois  films  avaient  Raymond  Bernard  comme 
metteur  en  scène. 


!    Les  Présentations    I 


Phroso. 

Eaux- fortes  et  fusains  que  M.  Louis 
Mercanton,  qui  a  de  la  science  et  de 
la    conscience,    a    mis    sur     l'écran 

d'après  le  roman  réputé  d'Anthony 
H  ope.  Valaient-elles  l'utilisation  de 
talent  et  du  travail  et  des  efforts? 
Sans  doute  puisqu'une  spectatrice 
disait  :  «  C'est  admirable  »  et  qu'un 
spectateur  a  déclaré  :  «  C'est  grec, 
c'est  turc,  et  c'est  quand  même  très 
américain  ».  L'opinion  d'autrui  vaut 
bien  la  mienne  qui  salue  l'île  de  Néo- 
polie représentée  avec  beaucoup  de 
pittoresque  et  de  sauvage  grâce  par 
l'île  de  Sainte-Marguerite. 

M,  Maxudian  est  parfaitement 
pacha,  flegmatique  et  cruel  ;  M.  Paoli 
est  beau,  agile,  fort. 

• 
Une  poule  mouillée. 

Le  sauveur  incarné  cette  fois  par 
Douglas  Fairbanks  n'est  d'abord 
qu'un  oisif  d'Europe,  originaire  de 
l'Arizona  qu'il  a  quittée  à  l'âge  de 
quatre  ans;  il  est  entraîné  dans  une 
croisière  qui  le  mène  au  pays  natal, 
parmi  des  aventures  que  le  brillant 
artiste  rénove  et  gratifie.  Harmonie 
d'images  :  la  fuite  du  héros,  son  ar- 
rivée dans  un  fdet  plein  de  poissons, 
sa  promenade  accompagnée  de  chats 
faméliques,  le  pourchas  d'un  riche  et 
criminel  contrebandier  après  une 
explosion  dans  les  rochers,  etc.  tout 
cela  se  rehausse  à  la  fois  d'un  peu 
de  beauté,  de  joie,  d'audace  et 
s'adorne  de  l'affirmation  moins  opti- 
miste et  très  exacte  d'une  similitude 
des  primitifs  et  des  civilisés.  Un 
excellent  film. 

• 
Le  Porion . 

La  lenteur  de  l'exposition  est  ra- 
chetée par  le  dernier  tiers  du  film, 
générateur  d'angoisse.  Un  ingénieur, 


16 


cinea 


autoritaire  et  lâche,  cause  la  noyade 
d'une  équipe  de  mineurs  et,  devant 
la  fillette  du  porion  qui  téléphone  à 
son  père  submergé  avec  ses  compa- 
gnons, a  une  attitude  immonde.  La 
conversation  téléphonique,  scènes 
progressivement  réconfortantes  à 
quoi  participent  les  parents  ont  été- 
fort  intelligemment  mis  en  scène  par 
M.  Champavert,  et  M.  Bénédict  est 
un  porion  réel. 

• 

Le  Miroir  de  l'âme. 

Artifice  et  convention.  Pauvre 
fiancée  que  les  apparences  accusent 
de  trahison!  Mais  elle  n'a  trompé  ni 
tué  personne,  on  le  saura  et  elle  sera 
heureuse  Film  danois  auquel  il  fal- 
lait laisser  sa  marque;  pourquoi  en 
appeler  les  personnages  MM.  de  Va- 
lory  et  de   la  Guérinière? 

Laska. 

Le  Texas,  un  ranch,  une  jeune 
fille  nerveuse,  cavalière  et  sensible, 
un  grand  éleveur  qui  l'aime  et  dont 
il  est  aimé,  un  couple  d'égoïstes  qui 
s'amusent  d'eux,  une  intrigue  lente 
agrémentée  de  coins  pittoresques  et 
soudain  un  tornade,  une  panique 
des  bestiaux  qui  piétinent  les  amou- 
reux. Lui,  tandis  que  la  paix  se  fait 
dans  le  ciel  enfin  lavé,  se  réveille 
meurtri  à  côté  d'elle,  morte,  qu'il  en- 
lève pieusement  dans  ses  bras.  Ceci 
est  bien,  Frank  Mayo  de  même,  Edith 
Roberts  aussi . 

• 
La  femme  qui  assassina. 

Parce  qu'il  y  a  William  Russel, 
nous  prévoyions  humour  et  gaité, 
mais  ce  n'est  qu'une  mystification  où 
ne  passent  ni  de  celle-ci  ni  de  celui- 
là.  Un  homme  décidé  au  suicide  en 
est  détourné  par  un  drame  fictif  réglé 
pour  faire  croire  à  la  vraisemblance 
d'un  sujet  de  pièce  de  théâtre,  voilà 
un  conte  possible,  mais  un  film  gris 
où  l'imprévu  semble  de  l'insensé.  Un 
titre  qui  déplaira  à  M.  Claude  Far- 
rère. 

• 

L'ineffable  tendresse. 

Un  industriel  ruiné  par  un  incendie 
allumé  dans  un  but  de  vengeance  à 
l'expiration  de  l'assurance,  se  guérit 
d'une  tuberculose  subite  grâce  à  son 
frère  qui  le  retrouve  par  hasard. 
Amoureux  de  sa  belle-sœur,  le  sau- 
veur, à  la  suite  de  hasards  rebondis- 
sants, retourne  à  des  occupations 
australiennes.  Misères,  maladies  et, 
pour  couronner  l'œuvre  débuts,   au 


théâtre,  de  la  dame,  dans  un  rôle 
pareil  à  celui  qu'elle  joue  dans  la 
vie.  L'imprésario  l'avait  sacrée  étoile 
parce  qu'il  l'avait  entendue  un  jour, 
réciter  des  vers  !  A  trois  reprises 
une  minute  jolie  grâce  à  des  pay- 
sages de  neige.  Une  scène  à  la  Berns- 
tein,  ce  qui  ne  peut  vivre  dans  le 
silence. 

• 
Lacs  suédois. 

La  beauté  de  ces  paysages,  photo- 
graphiés par  la  Svenska,  réjouissent. 
L'eau  plane  ou  savonneuse  dans  une 
lumière  qui  varie  les  tons,  le  mouve- 
ment du  bois  transporté,  voilà  des 
œuvres  d'art. 

• 
L'honneur  de  la  famille. 

Le  jeune  Paul  de  Thennevière  en- 
tend dire  que  sa  mère  fut,  jeune  fille 
maîtresse  de  Georges  de  Mabreuil. 
On.se  battra.  Malheureux!  Mabreuil 
est  son  père  clandestin,  mais  son 
père  légal,  Maurice  de  Thennevière, 
ne  veut  pas  d'un  duel  pareil.  C'est  lui 
qui  se  bat.  Blessure  légère,  mais 
l'honneur  est  satisfait.  L'êtes-vous 
moins?  Amleto  Novelli,  qui  joue 
Paul  ressemble  à  son  père,  le  célèbre 
acteur  italien. 

• 
La  Bonne  Espérance. 

Médiocre  adaptation  hollandaise 
du  drame  d'Heyermans  qui,  au 
théâtre  Antoine,  faisait  vibrer.  M.  Si- 
gnoret,  dans  le  rôle  de  l'adolescent 
que  l'on  force  à  prendre  la  mer  sur 
un  bateau  pourri,  n'a  pas  été  oublié. 
Le  film,  malgré  l'exactitude  des 
lieux,  ne  secoue  pas  comme  il  le 
devrait. 

• 

Le  coq  au  village. 

Mais  oui,  il  épouse  celle  qu'il  aime 
quoiqu'il  ait  promis  à  un  ami  de  se 
marier  avec  une  riche  héritière. 

• 
L'île  sans  nom- 
Aventures,  mariage  forcé,  amou- 
reux évadé  dans  une  île  déserte  où 
sombre  un  couple  de  touristes  aériens, 
dont  la  femme...  etc.  etc.  Marguerite 
de  Lamotte  est  bien. 

• 
Petite  Princesse. 

Du  meilleur  genre  «  Bibliothèque 
rose  »  américaine.  Tout  homme  a 
dans  son  cœur  un  enfant  qui  som- 
meille et  sera  touché,  charmé  par  la 
gracieuse  puérilité  de  ce  film  Mary 
Pickford  a  dix  ans,  vous  dis-je,  pas 
davantage.  Une   nuit,   elle  conte  Ali 


lia  ha  à  ses  compagnes  de  pension  ; 
évocation  jolie,  inutile  et  un  peu  fas- 
tidieuse. Dans  un  rôle  de  domestique 
martyre,  Zazu  Pitt  est  éberluée  à 
souhait. 

• 
Daisy  mariée. 

Pour  châtier  une  vantardise  de  son 
mari,  elle  imagine  «  une  amusante 
plaisanterie  »,  à  quoi  sont  mêlés  des 
bandits  et  qui  finit  par  ne  plus  l'amu- 
ser... ni  elle,  ni  d'autres! 

• 
Un  repartage  tragique. 

Un  reporter,  pour  faire  monter  le 
tirage  de  son  journal,  se  livre  à  une 
mystification  qui  tourne  mal;  comme 
le  rôle  est  joué  par  Houdini,  il  y  a 
des  acrobates,  puis  le  châtiment  d'un 
coupable.  Tant  mieux,  n'est-ce  pas? 

• 
Comiques  (?) 

Ribadouille  a  de  l'émotion  parce 
que,  revenant  d'une  longue  croisière, 
il  trouve  dans  sa  maison  un  enfant 
de  plus  qu'il  n'en  avait  laissé,  c'est 
celui  du  voisin.  Pas  bien  drôle. 

Farces  d'écolicres  est  un  Mack 
Sennett  sans  sel,  ça  remue,  ça  grince, 
ça  ne  fait  pas  rire. 

Chalumeau  serrurier  par  amour 
est  piqué  d'inventions  à  long  feu  que 
l'orchestre  heureusement  accompa- 
gnait des  refrains  de  Mam'zelle  Xi- 
touche. 

Fridolin  shériff  par  intérim...  a 
démissionné.  Il  a  bien  fait 

Lucien  Wahl. 

• 
Les  ailes  s'ouvrent. 

Guy  du  Fresnay  a  prouvé  une  fois 
de  plus  ses  qualités  de  goût,  d'élé- 
gance, de  grâce  française.  Peut-être 
peut-on  lui  reprocher  d'avoir  souvent 
sacrifié  l'intensité  dramatique  au 
charme  décoratif  des  paysages,  mais 
ils  sont  si  bien  photographiés... 

Les  deux  rôles  les  mieux  dessinés 
sont  les  mieux  joués,  l'un  par  Genica 
Missirio,  gentleman  énigmatique  et 
vrai  cavalier  (enfin!)  l'autre  par 
Marie-Louise  Iribe,  qui  a  des  mo- 
ments et  des  mouvements  tout  à  fait 
adorables.  Mlle  Madys,  MM  Roanne 
et  Mauloy,  en  des  personnages  moins 
nets,  ont  fait  tout  ce  qu'ils  ont  pu,  et 
nous  savons  ce  qu'ils  peuvent. 

Quelques  coups  de  ciseaux  dans  les 
images,  et  surtout  dans  lestexte»,  et 
nous  aurons  un  bien  joli  film  fran- 
çais. 

Louis  Delluc 


cinea 


17 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fcdor  Chaliapine 


Des  gens  extrêmement  affairée  se 
bousculaient  l'un,  l'autre,  en  s'inter- 
pellant  à  haute  voix,  lançant  fré- 
quemment des  jurons  assez  éner- 
giques. 

Me  faufilant  doucement  comme 
une  souris  j'arrivais  sur  la  scène  et 
alors  mon  rêve  se  transforma  en  réa- 
lité :  j'étais  entouré  des  peaux- 
rouges,  des  hidalgos  et  autres  per- 
sonnahes  chevelus. 

11  est  vrai  que  les  hidalgos  ainsi 
que  les  peaux-rouges  s'exprimaient 
avec  le  plus  pur  des  accents  mosco- 
vites, mais  cela  ne  leur  enlevait  pas 
leur  charme;  je  regardais  avec  la 
plus  grande  joie  ces  visages  fardés, 
ces  costumes  éclatants. 

Et  puis,  il  y  avait  à  côté  d'eux 
des  véritables  pompiers  avec  leurs 
casques  étincelants,  tandis  que  là 
haut,  aux  galeries  supérieures,  des 
individus  qui  semblaient  imiter  le 
«  paillasse  »  Mamonov  faisaient  des 
exercices  d  acrobatie  qui  me  parais- 
saient extrêmement  compliqués 

Tout  ceci  me  fit  une  impression 
inoubliable,  qui  ne  s'effacera  jamais 
de  mon  imagination. 

Parmi  les  chanteurs  de  ce  temps 
lointain  j'ai  gardé  surtout  le  souve- 
nir d'un  nommé  Ilyachevitch  dans  le 
rôle  de  Mephisto.  J'avais  entendu 
dire  trop  de  mal  du  diable  C'était 
d'après  la  conception  qui  était  éta- 
blie peu  à  peu  mais  d'une  façon  très 
solide,  dans  mon  esprit,  une  créature 
très  compliquée,  ayant  une  existence 
presque  réelle,  se  trouvant  tout  le 
temps  parmi  les  hommes,  pour  leur 
causer  des  ennuis,  des  difficultés  de 
toute  sortes.  Eh  bien,  chez  ce  chan- 
teur tous  ces  traits  diaboliques  rece- 


vaient une  expression  particulière- 
ment éloquente.  Lorsque  je  le  voyais 
tout  de  rouge  vêtu  arpenter  la  scène 
en  lançant  ses  fameuses  invectives 
contre  l'humanité  qui  se  prosterne 
devant  le  veau  d'or,  ou  bien  dans  les 
coulisses  lorsqu'il  s'entretenait  le 
plus  paisiblement  du  monde  avec  ses 
camarades,  j'éprouvais  une  sensation 
de  terreur  et  de  joie  en  même  temps  : 
j'avais  peur  de  lui  et  pourtant  je  l'ad- 
mirais comme  un  être  mystérieux 
surnaturel  mais  attaché  à  mon  âme 
par  des  liens  très  étroits. 

Une  fois  quand  je  passais  devant 
sa  loge  Ilyachewitch  me  dit  : 

—  Tiens,  petit,  voici  vingt  kopeks 
achète  moi  du  raisin  !  .. 

Je  me  précipitai  vers  la  sortie  et  en 
bas  sur  la  place  publique  devant  le 
théâtre  je  trouvai  chez  les  marchands 
tartares  le  raisin  pour  lui. 

A  titre  de  récompense  Ilyachewitch 
m'avait  offet  une  toute  petite  grappe. 
C'était  pour  moi  le  comble  du  bon- 
heur et  je  me  décidai  de  porter  ce  ca- 
deau à  ma  mère.  Durant  toute  la  re- 
présentation je  la  gardai  soigneuse- 
ment mais  chemin  faisant  ma  curiosité 
d'enfant  qui  n'avait  jamais  dans  sa 
vie  goûté  du  raisin, vainquit  mes  bon- 
nes intentions  et  je  le  mangeai  moi- 
même. 

La  jeunesse  —  les  étudiants  surtout 
—  avaient  leur  favori  :  c'était  le  té- 
nor Zacryewsky.  Ils  l'adoraient  lit- 
téralement. Après  la  représentation 
on  dételait  les  chevaux  de  son  carosse 
et  on  s'attelaient  à  leur  place  ;  alors 
un  défilé  triomphal  commençait  à 
travers  toutes  les  rues  de  la  ville. 

Je  me  rappelle  quelle  émotion  j'é- 
prouvais lorsque  je  sonnai  à  sa  porte 


ou  une  petite  plaque  en  cuivre  por 
tait  le  nom  et  les  prénoms  du  glorieux 
chanteur.  Je  n'ai  pas  encore  oublié 
combien  tremblait  mon  cœur  à  la 
seule  pensée  que  dans  un  instant  je 
serais  en  face  de  cet  homme  adoré  et 
admiré  partout  le  monde. 

Quelques  années  après  je  l'ai  ren- 
contré de  nouveau  :  pauvre,  affamé, 
malade,  entièrement  oublié.  J'eus  ce 
triste  honneur  de  lui  venir  en  aide 
un  peu  et  je  vis  les  larmes  de  dépit 
et  de  reconnaissance  briller  dans  ses 
yeux...  des  larmes  de  colère  impuis- 
sante... 


(A  suivre) 


L.  Valter,  trad. 


j     /^O  A  Fil  /\f   un  volume  illustre 
:     tnriKLUl    parLcuisDELLUC 


douzième 


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Les  Concours  de  "Cinéa" 

*  ■■■■■■•■■■■» 
■ 

Notre  Concours  de  scénarios  nous  a  valu  une  telle  abon- 
dance de  manuscrits  que  nous  demandons  encore  un  peu  de 
:    patience  aux    concurrents,    Les   membres   du   jury    nous   ont 

•  déjà   signalé  plusieurs  œuvres  intéressantes. 

Notre  Concours  de  photographies  d'amateurs  donnera 
aussi  ses  résultats  dans  un  délai  très  rapproché.  Nous  avons 
pris  sur  nous  de  publier  dans  le  numéro  23  de  Cinéa  un  des 

:    plus  sympathiques  envois  du  concours.  On  se  doute  qu'il  figure 

■    déjà  sur  la  liste  des  récompenses. 


ril  AHT  /\T  «nvolamc  illustré 
I/O  AK  LUI    parLcuisOELLUC 

douzième 


=  édition  = 


M.  DE  BRUNOFF,  éditeur,  32,  rue  Louis-le-Grand 


+ 

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M       A       R 
T    W    A     I 

au    Cinéma 

(Film    Artistique) 


LE    TONNERRE 

Filmé     par      Louis      DELLUC 

Mortimer Marcel  VALLÉE 

Evangéline      ....     Lili  SAMUEL 
La  chanteuse  ....     Anna  Widford 
Le  chat     ....     Victor,  dit  «Fifine» 


La  plus  humoristique 
histoire  de 

MARK 
TWAIN 


cinea 


Programmes  des  Cinémas  de  Taris 

M  du  Vendredi  28  Octobre   au  Jeudi  3   Novembre    M 


2  Arrondissement 
Parisiana.  27,  boulevard  Poissonnière.-  -Gutenberg 

56-70. —  Les  jeunes  chiens.  —  L'étoile  ignorée.  - 
Heureuse  réclame.  —  La  lillc  de  la  mer.  —  Les  avatars 
de  Chariot:  —  tn  supplément,  de  :  h.  1/2  à  »  h.  i  l, 
excepté  dimanches  el  fêtes  :  Entre  deux  rares. 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des  Italiens.  — 
Louvre  06-99.   —  El  Dorado.  —  Un  mari  pour  un  dollar. 

Omnia-Pathé.  5,    boulevard   Montmartre. 

Les  trois  mousquetaires,  V  épisode.  —  Lui...  frère  du 
Petit  Croissant.  —  Suppléments  facultatifs,  non  passés 
en  matinée  les  dimanches  et  jours  de  lotos  :  Le  sept  de 
trèfle,  7°  épisode.  -    Justice  d'abord. 

Electric-Palace     5,    boulevard   des   Italiens.  - 
La  douloureuse    comédie.    —  Chariot  patine     —    En 
supplément  facultatif  :  Une  affaire  de  chiens. 

3  Arrondissement 
Pathé-Temple.  —  Lui...  frère  du  Petit  Croissant. 

-  Les  trois  mousquetaires, 3e  épisode.  —  Justice  d'abord 

—  Bécasson  capitaine  au  Ions  cours. 

Palais  des  Fêtes,  ».  rue  aux  Ours,  —  Arch.  37-38 

—  Fallc  «l :i  rez-de-chaussée.  —  Lui...  lïè.e  du  Petil 
Croissant.—  La  douloureuse  comédie.  —  Les  trois  mous 
quetaires,  3"  épisode. 

Salle  du  premier  étage.  —  Lue  affaire  de  chiens.  — 
Vn  mari  pour  uu  dollar.  —  Dureté  d'Ame.  —  L'Orph  line, 
3"  épisode. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel.  —  La  Fugi- 
tive —  Le  pendu  dépendu.  —  L'Orpheline,  3-  épisode.— 
Les  trois  mousquetaires,  2-  épisode. 


THEATRE  du  COLISÉE  j 

M    M    M    CINÉMA    &    J&    M 
38,   Av.   des   Champs=Élysées 

Direction  :  P.  IYIALLEVILLE  Tél.  :  ELYSÉE  29-46      ■ 

■ 

■ 

■ 

Pathé-Revue,  documentaire. 

La   Fille  de    la    Mer,   drame    avec     i 

■ 

documents  océanographiques. 


Gaii  mont- Actualités. 


EL  DORADO 

Mélodrame  de  Marcel  l  Herbier. 
joué  par  Eve  Francis,  Jaque 
Catelain    et   Marcelle    Pradot. 


4'  Arrondissement 
Saint-Paul,   73,   rue    Saint-Antoine.  —    Les  côtes 
de  Suéde    —  Le  sept  de  trèfle,  7"  épisode.  —  Le  pendu 
dépendu.  —  Les  aventures  de  Sherlock  Holmes.    —   Le 
club  des  requins. 

5'  Arrondissement 
Mésange,  3,  rue  d'Arras.  —  Les  trois  mousque- 
taires, 2-  épisode.  —A  li  millions  île  lieues  de  la  terre. 
-  Un  fameux  notaire. 

Cinéma  Saint  Michel,  7.  p  ace  Saint-Michel. 
La  nuil  du  13.—  Pélagie  et  son  chien.  —   La  douloureuse 
comédie-  —  Lui...  sur  des  roulettes. 

Chez  NOUS,  Tfi,  rue  Mouffetard  -  Dans  I  inté- 
rieur de  Bornéo.  —  Midinettes.  —  Sosthènc  s'obstine  — 
Le  masque  rottg*,  7'  épisode. 

8    Arrondissement 
Théâtre  du   Colisée,    3s   avenue   des  Champs- 
Elysées.  —  Elysées  39-40.  —  La    Fille  de   la   Mer.  - 
El  Dorado. 

9'  Arrondissement 
Cinéma  Rochechouart,  66,  rue  de  Rochechouart. 
-Le  capitaine  Grogg  parmi  les  Centanr--s.— Fatty portier. 
L'Orpheline,  ■:*  épisode.  —  Une  grande  âme. 
Delta-Palace,  17  bis,  boulevard  Rochechouart. 

Dudule  apprenti  guerrier   —  Le  sept  de  trèfle,  "e  épisode. 
Sur  le  Fjor  de  Christiania.   -  Les  nuits  de  New- York. 


10°  Arrondissement 

TiVOll,  19,    faubourg    du    Temple.      -    I  ni'    linile.    — 

chariot  palme.      i.rs  trois  mousquetaires,  :'.'  é| le 

t  m  pour  un  dollar   —  i  larmen . 

Folies-Dramatiques,     M),    rue    de    L ly. 

Les  flirts  de  Dolly.  Le  club  des  requins.  L'Orphe- 
lin"; .">'  épisode. 

11'  Arrondissement 

Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la  Roquette. 
Fridolin  a  bon  cœur.  Dureté  dame.  —  Les  trois 
mousquetaires,  3e  épisode. 

12'  Arrondissement 

Lyon  Palace,  rue  de  Lyon.  —   Le  pendu  dépendu. 

—  L'Orpheline, 3'  épisode.  -  Lili  ne.—  Les  trois  mous- 
quetaires, :'•■  épisode. 

13    Arrondissement 

Gobelins,  fit>  lus,  avenue  des  Gobelins.  —  La 
momie.  —  Les  trois  mousquetaires,  2e  épisode.  —  Les 
passants.  -  Un  fameux  notaire. 

14'  Arrondissement 

Splendide-Cinema,  3,  rue  Larochclle.  —  Les 
Renards.  -  Peppiua.  —  L'idole  brisée.  —  Saturnin,  ou 
le  lion  allumeur. 

Régina-Aubert-Palace,  t  >  >.  rue  de  Rennes.  — 
Saturnin  ou  le  bon  allumeur.  —  Les  trois  mousquetaires, 
2-  épisode.  —  La  douloureuse  comédie. 

Grenelle-Aubert-Palace,    141,   avenue   Emile- 
Zola  [36  et  H,  me  du  Commerce).— A  travers  la  France: 
Une  journée   a    Rouen.  —   La   douloureuse   comédie.  - 
Les  trois  mousquetaires,  2-  épisode. —  Les  as  de  l'écran. 
15'  Arrondisaement 

Grenelle,  1 22.  rue  du  Théâtre.  --  Un  laineux 
notaire.  —  Les  trois  mousquetaires,  2'  épisode.  —  Les 
passants.        Chariot  l'ail  une  cure. 

GrandCinémaLecourbe,ii5-it9,rue  Lecourbel 

—  Saxe  56-45.  —  Flandre  Française  el  Flandre  Belge.— 
La  douloureuse  comédie.  —  Les  trois  mousquetaires, 
2-épi<ode.   —  L'Orpheline,  3-  épisode. 

16    Arrondissement 
Mozart  Palace.  49,   51,  me  d'Auteuil.   —  Pro- 
gramme  du    vendredi    28    au  lundi  31    octobre.    —    De 
Leopnldville  à  Matadi.  —  Le  sept   de    trèfle,  7'   épisode. 

—  Le  signe  de  Zorro.—  La  Russie  rouge.  —  Programme 
du   mardi   l"    au   jeudi    3   novembre.  —  D'Albertville  à 
Kabalo.   —    Les    trois    mousquetaires,    3e   épisode.   - 
Justice  d'abord. 

Maillot-Palace,  74,  avenue  de  la  Grande-Année. 

—  Programme  du  vendredi  28  au  lundi  31  octobre.  — 
D'Albertville   à    Kabalo.    —     Les    trois    mousquetaires. 

:ie  épisode.—  Justice  d'abord. Programme  du  mardi 

1"  au  jeudi  3  novembre.  —De  Léppoldville à  Matadi. 

Le  sept  de  trèfle.  7"  épisode.  —  Le  signe  de  Zorro.  — 
La  Itussie  rouge. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  -  Auleuil  15-40.— 
Les  aventures  de  Sherlok  Holmes.  2-  conte.  —   Peppina. 

—  El  Dorado. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  ..obis,  avenue  Mala- 
koll".  —    La  main  invisible.  8-  épisode—   Fatty  portier. 

—  L'Orpheline,  2-  épisode.  —  Le  signe  de  Zorro. 

17-  ArrondM  sèment 
Cinéma   Demours,  7.  rue  Demours.  —  Wagram 
77-66.  —  San  Renio.  —  Le   sept   de    trèfle.   7'  épisode. 

—  Un  mari  pour  un  dollar.  —  L'éternel  féminin. 
Ternes-Cinéma,  5,  avenue  des  Ternes  —  Wagram 

02-in.  —  Environs  d'Ajaccio.  —  2  Arts  et  l'artiste.  — 
Séraphin  ou  les  jambes  nues.  —  L'Orpheline.  ::   épisode. 

—  La  douloureuse  comédie. 

Villiers  Cinéma,  21.  rue  Legemlre.  —  sibémol 
1  audacieux.  —  Chariot  fait  une  cure.  —  L'Orpheline. 
2-  épisode.  —  Les^quatre  diables. 

Lutetia-Wagram,  avenue  Wagram.  —  Les  trois 
mousquetaires,  3-  épisode.  —  Music-Hall  n°  21.  —  Lu 
mari  pour  un  dollar.  —  Chai  lot  patine. 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Fatty,  Mabel 
el  son  chien.  —  El  Dorado.  —   La  doulouieuse  comédie 

—  L'Orpheline,  3'  épisode 

Cinéma  Legendre,  128,  me  Legemlre.  —  Le  sept 
de  trèfle,  7-  épisode.  —  Sporl  nautique.  —  L'Orpheline, 
2'  épisode.       Deux  mains  dans  l'ombre. 


18   Arrondissement 

Théâtre  Montmartre,  cinéma  music-hall, 
place    Danrourl  el    rue  d'Orsel,  43.        Nord   19-84. 

La  danse  de  la  rt.       Itigouillard  s'en  v.i  t-en  ville. — 

L'Orpheline,  3*  épisode. 

Marcadet-Cinèma-Palace,  MO,  nie    Uarcadel 
angle    rue    du    Mont  Cenis).  Uarcadel    29-81. 

Justice  d'abord       L'Orpheline,   :■  épisode.       Les  irois 
mousquetaires,  3-  épisode. 


j  GAUMONT-PALACE  j 

■  ■ 

■  û   0    1,  rue  Caulaincourt    0   0  \ 

m  m 

;  Une     grande    première    du    Film    Français 

■  Les    Théâtres    GAUMONT    présentent    :  ; 

I  EL  DORADO  I 

j  Pioduction    nouvelle   de   M  VRi  l  L   l.  HERBIER 

;  :-:  :-:  avec  la  remarquable  interprétation        :-:  ; 

;  d'Eve  FRANCIS   Jaque  CATELAIN. 

;  a       a       Marcelle    PRADOT       a       a  \ 

;  l'arlition  Sv  iiiphonii|iie  di  lïlarius  François  GAILLARD  ; 

■  3<^épisode  de  L  ORPHELINE  :  Le  complot  £ 
:  et    CHARLOT    PATINE  avec   Charlie  Chaplin  \ 

m  r  ■ 

■  Matinées  Dimanche  30  Oc/,    ef  Mardi   I"    Noo  m 


Barbés-Palace,:'.!,  boulevard  Barbés.  Nord35-68. 
La  douloureuse  comédie.         t'n    mari    pour   un   dollar   — 

Les  irois  mousquetaires,    3"    épisode.    -     L'Orpheline, 

'.:■  épisode. 

Palais    Rochechouart,    56,    boulevard    Roche 

chouart.  —  Une  affaire  de  chiens.        Dureté  d'âme. 

Les  trois  mousquetaires",  3'  épisode- 
La  Select,  S,  avenue  de  Clichy.—  Charlol  patine.  - 

La  douloureuse  conédie.  —  Un  mari   pour  un  dollar.  — 

L'Orpheline,  :t-  épisode. 

19'  Arrondissement 
Secrétan,  7  avenue    Secrétan.  —  Lui  ..    frère  du 

Petil  Croissant.  -  Les  trois  mousquetaires,  3"  épisode. 

—  Deux  bons  petits  diables.  —  Justice  d'abord. 

Le  Capitole,  place  de  la  Chapelle.  —  Chariot 
patine.  —  L'Orpheline,  3-  épisode.  —  La  douloureuse 
comédie.  —  Les  Irois  mousquetaires.  3-  épisode. 

Belleville-  Palace,  130,  boulevard  de  Belleville. — 
Les  trois  mousquetaires,  '.'.■  épisode.  —  Liliane.  — 
L'Orpheline,  3-  épisode 

Féerique-Cinéma,  HG,  me  de  Belleville.  — 
L'ingénu.  —  L'Orpheline.  3  épisode.  —  Les  Irois  mous- 
quetaires, 3'  épisode. 

20'  Arrondissement 

Paradis-Aubert-Palace.  42.  rue  de  Belleville. 

—  L'homme  inconnu.  —  Séraphin  ou  les  jambes  nues. — 
Les  Irois  mousquetaires,  2-  épisode. 

Banlieue 

Clichy,  —  Lui...  frère  du  Petil  Croissant.  —  Les 
Irois  mousquetaires.  3'  épisode.  —  Justice  d'abord.  — 
Une  bataille  diabolique. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  -  L'ingénu.  - 
L'Orpheline,  3-  épisode.  —  La  douloureuse  comédie.  — 
Chariot  patine. 

Levallois.  —  '  harlol  a  débauché  Fatty.  —  A  iraveis 
les  rapides.  —  L'affaire  du  train  21.  s  épisule,  lin.  — 
Les  trois  mousquetaires,  premier  épisode. 

Magic-Ciné,  2  bis.  rue  du  Marche  (Levallois-Perrel  >. 

Wagram  04-91.  =    Le  signe   de   Zorro.  —  Les  trois 

mousquetaires,  premier  épisode.  -  L'Orpheline,  2-  épisode. 

Vanves.  —  Ou  fameux  notaire.  -  Les  trois  mous- 
quetaires. 2-  épisode.  —  Lis  passants.         Séraphin  ou 

es jamlcs  nues. 

Bagnolet.       Un  sacre  pépin.       Los  trois usque 

laires,  3'  épisode.       Justice  d'abord.        Lui...  frère  du 
Petil  Croissant. 


ANGLETERRE-AUSTRALIE 

Le    Merveilleux   Raid   Aérien   accompli   en   28   jours 
oo       par   les    Frères    Ross  et    Keith   Smith       oo 

Un  film  documentaire  unique  au  monde 


L  Europe  à  vol  d'oiseau  -  Le 
champ  de  bataille  d'Annibal  -  Les 
caravanes  dans  le  désert  -  Où 
Moïse  allait  à  l'école  -  La  dernière 
des  sept  merveilles  du  monde  - 
Memphis,  "  La  mère  du  monde  " 

-  La  traversée  du  désert  de  Sinaï  - 
La  Palestine  -  La  ville  Sainte  -  Le 
jardin  de  Gethsemam  -  Le  Mont 
des  Oliviers  -  La  plus  ancienne 
ville  du  monde  -  La  Mésopotamie 
Où  l'Orient  et  l'Occident  se  ren- 
contrent -  Babylone  -  L'empla- 
cement du  paradis  terrestre  - 
Survolant  le  plus  beau  monument 
du  monde  -  Les  pèlerins  du  fleuve 
sacré   -  A  deux  doigts  de  la  mort 

-  Poulet,  le  fameux  pilote  français  - 
Les  exploits  de  Poulet  monté  sur 
un  avion  minuscule  -  Le  temple 
mystérieux  de  Boro  Boedor  - 
Volcans  en  action  -  Mille  kilomè- 
tres de  mers  inconnues  -  Une 
rencontre  inattendue  -  L'arrivée 
en  Australie  :  Les  Cannibales 
Australiens,     etc  .  .  .     etc  .  .  . 

Ceci  n'est  qu  un  aperçu  des  remar- 
quables épisodes  que   contient  ce 
film   sensationnel. 

Victor  Marcel  Productions 


Louvre  35-49 


82,  Rue  d'Amsterdam 


FIEVRE 

Les  pays  civilisés  ont  leurs  plaies  et 
leurs  difformités.  Dans  les  grands 
ports  d'Occident  certains  repaires  de 
trouble  et  de  désordre  créés  par 
l'alcool  entretiennent  une  espèce  de 

FIÈVRE 

malsaine,  parfois  mortelle.  Imaginez 
l'impression  produite  par  un  bouge 
mal  famé  sur  une  âme  neuve  — 
une  petite  orientale  —  brusquement 
jetée  au  milieu  de  violence  et  ne 
pouvant   s'en    évader.   A    travers    la 

FIÈVRE 

elle  ne  voit  que  son  rêve  et  oublie 
bientôt  de  tout  son  être  les  laideurs 
ou  les  tristes  qui  l'entourent.  Nous 
croyons  que  la  censure  n  a  pas 
compris  les  intentions  de  l'auteur. 
Nous  laissons  le  public  juger 

FIÈVRE 


.......      S 

■M 


/!     VARTIR 

du  18  Novembre 
IL    FAUDRA    ALLER    VOIR 

Le  Coffret  de  Jade 

Imagerie  persane  de  Léon  POIRIER  -  d'après  la  nouvelle  de  M.  Pierre  VICTOR 

Interprétée   par 

MUe  MYRGA,  MM.  Roger  KARL  et  MENDAILLE 


Film  (jaûnjorjt 


Jamais  film  ne  mérita 
mieux  Vépithète  de  chef= 
d'œuVre.  Scénario,  mise 
en  scène,  interprétation, 
photographie,  tous  les 
éléments  du  film  ont 
donné     leur     mesure    : 

LA    PERFECTION 


■■■••■■■ •■••■ 


w  A( 


d'après     Tœinj 


INTERPRETEE     PAR     LE      CI 

VICTOR 

ASTRID       HOLM 


ÉDITION         DU 


HÊflTIQUE   CHEF-D'ŒUVRE 


LA 


TTE 


FANTOME 


VISION      DRAMATIQUE 


émouvante      de      SELMA      LAGERLOF 


METTEUR       EN       SCENE 


JOSTROM 


RE     SVENNBERG 


; 


xclusivité  (a  d  0(1)01)  t 


NOVEMBRE 


&*$&.    ^y^s^z^^i^y^k  "^^ùT^àèi^^k  ^dlêiTjib^'dUC^UTdikT^ii''  é£"&C*  JlUTdk^Jt 


Pont 

des 

Soupirs 


Grand  ciné-roman   en  8  époques 
d'après  l'oeuvre  célèbre  de    T&lichel  ZEVACO 


Première  époque  . 
Deuxième  époque 
Troisième  époque 
Quatrième  époque 
Cinquième  époque 
Sixième  époque  . 
Septième  époque  . 
Huitième  époque  . 


L'Ombre    du    Sarcophage. 

Le    Guet=Apens. 

La    Fuite    dans    la    Tempête. 

Le    Pacte    de    la    Grotte    noire. 

La   Fête    chez    Impéria. 

Ce   que    peut    la    Haine. 

Le    Calvaire    d'une    Mère. 

Expiation. 


Le  Premier  film  en  série  à  grande  figuration 
et  importante  mise  en  scène 

Publié  par  Cinéma  Bibliothèque  (Edition  Tallandieri 

Édition   6  Janvier    1922 


PASQUALI  FILM 


Exclusivité 


U.  C.  I. 


(ÎAUMONT 


cinea 


MM   FILMS   D'AUJOURD'HUI   MM 


Biscot  dans  L'ORPHELINE  (i'r  épisode) 


La  maison  vide. 

Un  très  bon  film,  extrêmement 
français  de  conception  et  d'exécution, 
où  l'on  retrouve,  autour  d'une  don- 
née qui  existe,  toutes  les  qualités  de 
virtuosité  qui,  dans  le  Secret  de  Ro- 
sette Lambert  ,  avaient  quelque 
chose  d'agaçant  parce  qu'on  avait 
l'impression  que  l'œuvre  n'était  pas 
sincère.  Et  M.  Henri  Debain,  collabo- 
rant harmonieusement  avec  le  ci- 
néaste, déroule  devant  nous  une 
psychologie  minutieuse,  délicate,  en- 
veloppée d'une  discrète  atmosphère 
d'attendrissement  à  la  Dickens  —  ou 
peut  être   à  la  Theuriet. 

L'œuvre  est  réussie.  Mais  il  fau- 
drait aller  plus  loin  dans  le  même 
ordre  d'idées,  et  tourner  Les  choses 
voient.  Je  suis  étonné  que  ce  livre 
original  n'ait  pas  encore  été  trans- 
posé à  l'écran. 

Métempsychose. 

Le  cinéma,  qui  se  rit  du  temps  et 
de  l'espace,  triomphe  lorsqu'il  s'agit 
de  montrer,  d'entrelacer  des  actions 
situées    à    des    époques    différentes. 


Mais  il  faut  rattacher  ces  actions  par 
un  lien  qui  sera,  soit  une  idée  philo- 
sophique ou  soit  disant  telle  comme 
pour  Intolérance,  soit  le  postulat 
qu'un  seul   et  même  personnage  en 


est  le  héros,  et  nous  voici  conduits  à 
l'idée  à  la  survivance. 

En  général,  et  je  me  contenterai  de 
citer  Callirhoë  de  Maurice  Sand,  les 
romans  île  (1.  A  Thierry,  Phrathe 
Phœnician  d'E.  L.  Arnold  et  She  de 
R  Ilaggard,  les  auteurs  qui  prennent 
ce  parti  essayent  d'établir  un  rap- 
port général  de  situation  entre  les 
drames  successifs;  le  génie  désor- 
donné et  mouvant  île  Jack  London  a 
rejeté  cette  convention;  les  diverses 
vies  par  lesquelles  il  fait  passer  son 
héros  ne  présentent  aucune  analogie 
entre  elles;  il  en  introduit  six  ou 
sept,  il  pourrait  en  introduire  vingt, 
ou  les  réduire  à  lieux,  comme  dans  le 
film. 

Encore  sur  ces  deux,  l'une  qui  n'est 
point  tirée  du  roman  est  ratée  ;  peu 
île  chose  aussi  grotesques  à  l'écran 
que  les  jeunes  filles  qui  se  livrent  à 
des  exercices  respiratoires  sur  la 
grève,  à  la  vue  ilu  pirate.  L'autre  — 
où  il  est  amusant  de  reconnaître, 
après  des  déformations  successives, 
le  naïf  récit  que  Henri  Hamel,  île 
Gorcum,  nous  a  laissé  du  naufrage 
île  l'Epervier  sur  l'île  Quelpaert  en 
l(>:5ô  --  est  au  contraire  traité  avec 
vigueur,  et  exempt  de  certaines  exa- 
gérations qui  déparent  le  livre.  Le 
drame  moderne  qui  sert  de  prétexte 


Biscot  et  Sandra  Mitowanof  dans  L'ORPHELINE  'y  épisode) 


8 


cinéa 


et  de  cadre  à  ces  évocations  est  bien 
joué  et  impressionnant,  grâce  à  des 
procédés  peut-être  un  peu  matériels, 

dont  Jack  London  a  d'ailleurs  sa 
part  de  responsabilité. 


La  Faim. 

Lorsque  Lucas  Mallet,  dans  un  ro- 
man qui  fut  célèbre  (The  Wages  of 
Sin)  introduisit  —  et  avec  quelles 
précautions  —  l'épisode  où  une 
femme  se  prostitue  pour  gagner  de 
cpioi  nourrir  et  soigner  .son  amant 
malade,  il  y  eut  un  sursaut  en  Angle- 
terre. La  pudeur  a  évolué,  et  cetet 
donnée  toujours  émouvante  —  qui  a 
inspiré  à  Nelerassof,  je  crois,  un 
poème  poignant  —  est  traitée  libre- 
ment au  cinéma  Elle  formait  le 
point  de  départ  d'un  bon  film  danois 
qui  n'a  pas  été  remarqué.  Celui-ci  est 
meilleur,  grâce  à  une  excellente  in- 
terprétation d'ensemble  sur  laquelle 
se  détache  le  jeu  sobre  et  fort  de 
Frank  Mayo. 

Lionel   Landry. 


Le  Gosse  (The  Kid  i. 

De  la  meilleure  foi  du  monde,  les 
personnes  cpii  ne  voient  en  Chaplin 
qu'un  pitre,  vous  assureront  dans 
quelques  mois  que  c'est  le  plus  grand 
comédien  moderne,  et  qu'elles  l'ont 
toujours  dit. 

Je  ne  veux  pas  hurler  avec  les  loups 
et  crier  haro  sur  le  bouffon.  La  plèbe 
ingrate  fuit  les  tragédiens,  se  vautre 
dans  le  rire —  n'importe  lequel,  et  le 
pire  au  besoin  —  mais  après  quoi, 
dessaoulée,  elle  le  fouaille  d'un  mé- 
pris supérieur.  J'ai  bien  ri,  .sacré 
pitre!  mais  que  ta  es  idiot  !!!  Ah  ! 
pourquoi  tout  un  chacun  ne  déclame- 
t-il  pas  cela  devant  son  armoire  à 
glace  ?  La  lâcheté  de  l'homme  qui  a 
ri  est  basse,  voyez-vous,  Footitt,  in- 
venteur d'ironie,  meurt  presque  ou- 
blié, et  le  vieux  cabot  essouflé  qui 
gueule  La  fille  de  Roland  depuis 
quarante  ans  crèvera  dans  les  hon- 
neurs et  entouré  du  respect  de  tous 
ces  braves  gens  qui  lui  préféraient 
pourtant  la  farce  ardente  du  clown. 

Le  cas  de  Chaplin  est  autre.  Chez 
nous  le  cinéma   est,  —  le  gouverne- 


ment lui-même  vous  le  dira,  —  un 
jouet  d'enfant.  Ses  as  ne  sont  que  ba- 
ladins. Et  Chaplin  —  qui  ça,  Chaplin? 
On  dit  «  Chariot  »,  voyons  —  est  un 
pitre.  Certes,  l'esprit  simpliste  de  la 
foule  ramène  tout  à  la  première  im- 
pression, c'est-à-dire  ici  aux  tartes  à 
la  crème,  aux  coups  de  pied  au  cul, 
aux  cascades  ingénues.  Il  est  donc- 
bien  regrettable  que  les  loueurs  con- 
tinuent de  produire  les  anciennes 
bandes  de  Chaplin  pêle-mêle  avec 
Char  lie  soldat,  Sunnyside,Uneviede 
chien.  Ils  ne  comprennent  pas  quel 
tort  ils  se  font  commercialement  et 
moralement. 

La  force  du  talent  finira  bien  par 
arranger  les  choses.  Et  quand  toute 
la  France  aura  vu  Le  Gosse  pendant 
six  mois,  croyez  bien  qu'on  se  lais- 
sera moins  tromper  parles  affiches. 
Le  Gosse,  pall-mall  de  Dickens  et  de 
Rabelais,  aura  des  frères  sans  doute 
et  durera  comme  Panurge  et  Olivier 
Twist,  et  ne  plaira  pas  qu'aux  bébés 
et  aux  imbéciles.  Il  imposera  profon- 
dément Chaplin,  premier  comédien 
de  ce  temps.  Louis  Delluc 


L'Homme  Inconnu. 

C'est  un  des  plus  délicats  essais  de 
cinégraphie  psychologique.  Et  vous 
avez  peut-être  remarqué  qu'il  n'y  en 
a  pas  beaucoup. 

Le  thème  n'en  est  pas  parfait  La 
situation  de  l'homme  à  la  double 
existence  pouvait  fournir  des  déve- 
loppements à  la  fois  plus  justes  et 
plus  audacieux  Stevenson  et  Kipling 
l'ont  prouvé,  —  et  beaucoup  d'autres. 

Du  moins  la  forme,  le  rythme, 
l'équilibre,  la  matière  photogénique, 
tout  dans  L'Homme  Inconnu  a  une 
force  intérieure  de  grand  style.  Et 
il  y  a  une  humanité  extraordinaire 
dans  l'expression  des  sentiments. 
Les  spectateurs  de  la  présentation 
en  étaient  enthousiasmés 

Le  metteur  en  scène  de  L'Homme 
Inconnu  est  un  maître  Notezla  scène 
de  l'élection  du  maire.  Notez  l'admi- 
rable scène  du  retour  :  c'est  une  sorte 
de  chef-d'œuvre.  Enfin  le  final  —  le 
départ  de  l'homme  inutile  —  est,  dans 
sa  sobriété,  d'une  puissance  et  d'un 
éclat  rarement  rencontrés  au  cinéma, 
même  au  cinéma  américain. 

Une  interprétation  sans  reproche. 
Des  décors  sans  faute.  Des  lumières 
et  une  photographie  tout  à  fait  supé- 
rieures. 

C'est  un  film. 


JEAN    DEHELLY    dans  Le   Messager  de  la  Victoire 

composition  Lyrique  et  cinégraphique  de  Jean  Nouguès,  représentée  au  Gaumont-Palace 


cinea 


M    Nouveaux    Dessins    Animés    M 


II  est  assez  remarquable  que,  vu 
l'étendue  prise  par  l'industrie  ciné- 
matographique en  France,  si  peu  de 
personnes  aient  compris  l'importance 
du  dessin  comme  auxiliaire  du  film. 

En  ce  qui  concerne  les  dessins  ani- 
més, jusqu'ici  nous  avons  vu  le 
marché  français  se  laisser  monopo- 
liser par  les  productions  américaines. 
Depuis  longtemps  une  grande  mai- 
son américaine  s'est  occupée  de  des- 
sins animés,  mais  ces  dessins  étant 
faits  uniquement  au  goût  américain 
n'ont  eu  qu'un  succès  relatif  en 
France  et  dans  les  pays  latins.  La 
raison  provient  peut-être  de  ce  que  le 
côté  artistique  avait  été  trop  négligé 
pour  rehausser  ciavantage  les  effets 
comiques. 

Sans  doute  on  aime  le  film  comique 
en  France  du  moment  qu'il  ne  de- 
vient pas  illogique.  Partant  de  là,  il 
nous  a  semblé  nécessaire  d'essayer 
de  combler  cette  lacune  et  nous  de- 
vions tâcher  de  réaliser  par  le  moyen 
du  dessin  ce  que  l'on  peut  obtenir 
avec  une  comédie  ordinaire. 

Pour  arriver  à  ce  résultat,  il  a 
fallu  mettre  de  côté  le  système  de 
cartons  avec  lesquels  on  a  fabriqué 


les  dessins  animés  jusqu'ici  et  de 
trouver  un  procédé  qui  puisse  nous 
permettre  de  travailler  sur  ce  que 
nous  devons  appeler  les  décors.  Nos 
personnages  se  meuvent  exactement 
comme  un  comédien  sur  la  scène  qui 
joue  devant  un  paysage  en  bois  ou 
en  carton,  avec  la  seule  différence 
que  nos  acteurs  sont  en  papier  sur 
des  décors  en  papiers. 

Combien  y  a-t-il  de  personnes  qui 
savent  le  nombre  de  mouvements 
enregistrés  par  seconde  par  l'appa- 
reil de  prise  de  vues?  A-t-on  jamais 
supposé  que  pour  un  ensemble  de 
mouvements  tels  que  ceux  exécutés 
par  un  homme  qui  marche,  il  faut 
seize  dessins  pour  lui  permettre 
d'avancer  son  pied  gauche  devant 
son  pied  droit?  Il  suffira  d'un  simple 
petit  calcul  d'arithmétique  pour  con- 
naître le  nombre  de  dessins  néces- 
saires pour  faire  un  film  de  deux 
cents  mètres. 

Nous  arrivons  donc  à  la  réalisa- 
tion parfaite  des  mouvements,  mais 
comme  nous  retirons  par  cette  réali- 
sation même  le  côté  essentiellement 
comique  que  nous  donnaient  les 
mouvements  saccadés  des  films  amé- 


ricains, nous  avons  mis  à  la  place  la 
comédie  naturelle  que  nous  donne 
un  personnage  comique  vivant. 

I.e  succès  obtenu  par  nos  premières 
créations  de  dessins  animés  /.es 
Rêves  d'Onêaime  (1  )  nous  ont  montré 
qu'il  était  possible  de  développer  par 
le  moyen  du  dessin  n'importe  quel 
thème,  mais  qu'il  était  préférable  de 
traiter  des  sujets  qu'il  était  impos- 
sible d'obtenir  parle  film  C'est  ainsi 
que  nous  avons  imaginé  il  interpré- 
ter en  comédies  dessinées  /.es  voyages 
de  Gulliver. 

Gulliver  arrive  par  des  circons- 
tances que  tout  le  monde  connaît 
dans  un  pays  où  les  hommes  sont  des 
nains,  hauts  de  six  pouces.  Voici 
donc  un  sujet  admirable  pour  dé- 
montrer la  possibilité  du  dessin  dans 
le  cinéma.  C'est  au  public  de  juger  si 
cette  réalisation  a  été  réussie  ou  non, 
mais  quelle  que  soit  la  réception 
faite  aux  Voyages  de  Gulliver,  en 
comédies  dessinées,  il  est  indiscu- 
table qu'elles  représentent  un  pro- 
grés considérable  sur  les  dessins  ani- 
més connus  jusqu'à  ce  jour. 

Hayes. 

(i)  Victor  Marcel  Productions. 


£>     Le    Peintre     au     Cinéma     0 


Le  Peintre.  —  Il  faut  vous  louer  de 
nous  donner  sur  l'écran  le  style  de 
toutes  ces  choses  manufacturées  de 
la  vie  que  nous  n'osons  pas  encore 
peindre. 

Le  Koran  interdisait  la  reproduc- 
tion de  l'apparence  humaine.  Une  dé- 
fense plus  stricte  aujourd'hui  nous 
arrête  au  seuil  de  ces  valeurs  nou- 
velles :  machine  à  écrire,  pushing- 
ball,  radiateur,  ascenseur,  rasoir  mé- 
canique.. . 

Le  Cinéiste. —  Le  Cinéma  lui-même 
hésite,  en  s'empètrant  dans  des  his- 
toriés de  faits-divers  à  restituer  la 
beauté  vierge  des  trois  nécessités  de 
la  vie  moderne  :  les  usines,  les  gares 
et  les  grands  magasins  :  Nous  conti- 
nuons, comme  les  peintres,  à  dispo- 
ser trois  pommes  sur  une  assiette  et 
deux  fesses  sur  un  canapé. 


Le  Peintre  —  C'est  que,  plastique- 
ment,  le  sujet  lui-même  importe  peu 
au-delà  de  la  raison  du  symbole  :  pi- 
pes, litres,  espagnoles,  acrobates  au 
choix  le  plus  récent.  C'est  une  trame 
brute  de  volume  et  de  couleur  sur 
quoi  se  brode  toute  une  réalité  spiri- 
tuelle. La  moindre  toile  du  moindre 
peintre  concentre  à  fleur  de  pinceau 
un  inconscient  d'inexprimé  :  nostal- 
gies de  musée,  ambiance  du  café  du 
coin,  affiches-sourires  de  Bébé-Ca- 
dum,  étalages  de  modistes. 

Ce  totalisme  devient  odieux  s'il  est 
conscient  et  organisé.  Mais  comme 
source  pure  d'émotion  la  tragédie  de 
l'insignifiant  est  à  la  base  de  tout 
chef-d'œuvre. 

Le  Cinéiste.  —  Vous  n'arriverez  ja- 
mais à  démontrer  aux  aveugles  qu'on 
peut  auréoler  de  lyrisme  le  texte  le 


plus  commun.  Actualités  de  la  se 
maine.  Inauguration  du  Concours  Lé- 
pine  par  M.  Millerand. 

Le  Peintre  —  Le  hasard  qui  peut 
présider  aux  choix  du  symbole  n'éli- 
mine pas  la  nécessité  de  composer. 
Il  n'y  a  d'art  que  dans  la  composition. 
La  figuration  officielle  ne  peut  vous 
aider  en  ceci.  Le  Président  de  la  Ré- 
publique marche  comme  tout  le 
monde  car  il  n'a  pas  appris  à  mar- 
cher suivant  le  rythme  du  Président 
synthétique. 

Le  Cinéiste.  —  L'éducation  photo- 
génique, malheureusement,  n'est  pas 
encore  obligatoire.  Mais  il  est  une  au- 
tre formule  qui  peut  transmuer  en 
œuvre  d'art  ce  thème  imposé  :  Inau- 
guration du  Concours  Lépine. 

Il  n'est  pas  de  chose,  si  humble 
soit-elle,  qui  ne  renferme  en  elle  une 


10 


cinéa 


possibilité  de  beauté,  à  condition  del 
l'envisager  sous  un  certain  angle.] 
Angle  esthétique  de  la  vision  dont  le 
sommet  tombe  au  centre  de  gravité 
(même  s'il  s'agit  d'un  film  comique) 
delà  scène  à  recréer.  C'est  un  esprit 
géométrique  qui  doit  satisfaire  votre 
esthétique  cubiste. 

Le  Peintre.  —  Nous  arriverons  tou- 
jours, mon  cher,  à  nous  mettre  d'ac- 
cord par  un  simple  travail  de  trian- 
gulation. Tout  peintre  a  dans  le  cœur 
un  sculpteur  qui  sommeille.  Le  Ci- 
néiste,  en  ce  sens,  peut  aussi  être  dit 
cubiste.  L'adjectif  dépasse  d'ailleurs 
aujourd'hui  l'usage  mesquin  d'éti- 
quette-école. Injure  ou  compliment 
suivant  la  rive  droite  ou  gauche. 

LeCinéiste.  -  Compliment  d'orfè- 
vre. En  résumé, en  peinture  comme  à 
l'écran  le  sujet  est  un  prétexte  qui 
ne  vaut  que  par  le  mode  d'emploi. 
Le  Peintre.  -  Evidemment.  Georges 
Braque,  Juan  Griset  le  grand  Picasso 
avecles  mêmes  élémentssimples  réa- 
lisent des  valeurs  plastiques  totale- 
ment différentes.  Les  Cinéistes  de  de- 
main dégageront  peu  à  peu  les  régies 
du  scénario-modèle  sur  lequels'écha- 
fauderont  les  jeux  de  lumière. 

Je  ne  crois  pas  qu'il  faille  chercher 
très  loin  Le  mauvais  goût  a  créé 
pour  l'écran  des  types  utiles:  le  cow- 
boy,  la  femme-vampire,  le  japonais 
qui  nous  semblent  encore  odieux 
parce  qu'il  n'ont  pas  trouvé  le  rythme 
de  leur  transposition  comme  les  per- 
sonnages éternels  de  la  Comédie  ita- 
lienne. Ces  types  arriveront  à  réaliser 
une  beauté  que  nous  entrevoyons 
déjà.  Il  y  a  en  eux  une  fatalité  qui 
finira  par  dépasser  l'emploi  ridicule 
auquel  les  condamnent  ceux  qui  ont 
cru  les  inventer.  L'écran  a  ses  lois 
mystérieuses  comme  la  toile  du  pein- 
tre. Il  faut  les  subir  pour  mieux  les 
asservir  à  sa  fantaisie,  si  l'on  veut 
faire  une  œuvre  durable. 

Et  surtout  éviter  de  s'empoisonner 
de  littérature.  La  peinture  est  de  la 
peinture.  Le  cinéma  du  cinéma. 

Lk  Cinéistk.  —  C'est  qu'il  est  très 
difficile  de  se  convaincre  que  le  meil- 
leur moyen  de  se  faire  remarquer  est 
de  s'habiller  comme  tout  le  monde  et 
humiliant  de  prétendre  appliquer  en 
art  le  fameux  principe  politique  : 
n'importe  qui,  étant  bon  à  n'importe 
quoi... 

Lk  Peintre.  —  N'importe  quoi,  mais 
pas  n'importe  qui.  Le  jazz-band  ne 
vaut  rien  sans  un  bon  drummer. 

Jean-Francis  Laglenne. 


L'ART    VU    CINÉMA 

par  CHARLES  CHAPLIN 


Il  est  dans  la  vie  d'un  homme  dis 
épisodesdont  le  temps  nepeut  effacer 
le  souvenir.  Les  applaudissements 
qui  accueillirent  mon  dernier  film: 
le  Gosse, lorsqu'il  fut  présenté  récem- 
ment dans  la  salle  du  Trocadéro,  et 
surtout  la  cordialité  avec  laquelle  je 
fus  reçu  partout  depuis  mon  arrivée 
en  France,  constituent  une  des  plus 
belles  émotions  de  ma  vie.  Car  pour 
un  artiste  étranger,  quel  que  soit  son 
succès  au  cours  de  ses  randonnées  à 
travers  le  monde,  il  lui  reste  à  con- 
naître l'inoubliable  sensation  d  être 
apprécié  par  un  auditoire  composé  de 
Français  qui  savent  mettre  dans  leurs 
applaudissements  plus  que  de  la  sa- 
tisfaction, quelque  chose  qui  ressem- 
ble fort  à  de  l'affection. 

AhToui,  les  Français  ont  une  façon 
personnelle  de  manifester  leur  appré- 
ciation d'une  œuvre  qui  leur  semble 
bien  réalisée,  et  ils  le  font  d'une  ma- 
nière qui  touche  ceux  auxquels  elle 
s'adresse  à  leur  en  faire  venir  les  lar- 
mes aux  yeux  et  à  gonfler  leur  cœur 
de  bonheur  et  de  reconnaissance.  Et 
maintenant,  avant  mon  départ,  je  me 
demande  ce  que  je  pourrais  bien  faire 
ce  que  je  pourrais  laisser  derrière 
moi  pour  tout  ce  que  j'emporte  de 
souvenirs  qui,  toujours,  me  seront 
chers  au  cœur. 


Je  ne  saurais,  peuple  de  France, 
mieux  te  témoigner  ma  gratitude, 
m'assure-t-on,  qu'en  répondant  à  la 
question  que  m'a  posée  mon  ami 
(ami  :«  Pourquoi  les  progrès  de  l'art 
cinématographique     français     sem- 


blent-ils si  lents  en  comparaison  du 
cinématographe  américain?  » 

Et  d'abord,  vous  savez,  n'est-ce  pas, 
que  j'aime  votre  pays  et  tout  ce  qui 
le  constitue  ?  Alors,  je  veux  parler 
franchement,  sans  crainte  d'être  mal 
compris,  comme  le  ferait  tout  étran- 
ger qui  a  deux  patries,  «  la  sienne  et 
puis  la  France.  »  Eh  bien,  voici  : 

D'abord,  laissez-moi  vous  dire  que 
la  question  de  Cami  ne  regarde  pas 
seulement  la  France  et  l'Amérique, 
mais  bien  plutôt  l'Europe  tout  entière; 
car  s'il  y  a  lenteur  dans  le  progrés  de 
l'art  du  cinéma  du  vieux  monde,  ceci 
n'est  pas  imputable  aux  seuls  direc- 
teurs cinématographiques  français, 
mais  à  ceux  de  tous  les  pays  de  ce 
côté  de  l'Atlantique,  à  l'exception, 
peut-être,  des  Scandinaves  et  des  Ita- 
liens qui  semblent  avoir  apporté  un 
plus  grand  soin  à  la  composition  des 
scénarios,  à  leur  mise  en  scène  et, 
par-dessus  tout,  à  la  pratique  de  cet 
art  indispensable  en  la  matière  :  la 
photographie. 

Il  fut  un  temps  où,  en  France,  tout 
film  américain  était  considéré  comme 
très  supérieur  aux  films  européens. 
On  m'a  dit  que,  entre  autres,  un  film 
intitulé:  Forfaiture  eut  un  grand  re- 
tentissement ici  et  que  d'autres  films 
créés  par  mes  amis  Douglas  Fair- 
banks,  Mary  Pickford,  Lilian  Gish, 
William  Hart  et  d'autres  furent  très 
appréciés  partout  où  on  les  présenta. 
Mais  on  m'a  dit  aussi  que  maintenant, 
alors  même  que  leurs  qualités  pho- 
tographiques et  scéniques  sont  tou- 
jours hautement  appréciées,  les  films 
américains  sont  moins  en  faveur,  que 
la  puérilité  apparente  de  leurs  scéna- 
rios fait  sourire  et  que  si  ce  n'était  la 
personnalité  d'interprètes  auxquels 
vous  accordez  tant  de  bontés  avec 
tant  d'indulgence,  nos  films  ne  se- 
raient peut-être  plus  aussi  courus. 

Cela  tient  sans  doute  à  ce  qu'en 
France  on  semble  donner  une  préfé- 
rence très  marquée  aux  films  tirés 
d'œuvres  littéraires  connues,  et  cela 
même  est  probablement  dû  au  fait 
qu'en  Europe  on  n'a  pas  encore  uni- 
versellement compris  que  l'art  ciné- 
matographique est  indépendant  de 
l'art  dramatique  tel  qu'il  constitue  le 


cinéa 


II 


théâtre,  et  de  la  littérature  classique. 

Voila  pourquoi  peut-être  tant  d'au- 
teurs de  scénarios  se  bornent  à  couder 
dans  de  longs  romans  et  à  adapter 
ces  bribes  éparscs  à  l'écran,  plutôt 
que  de  créer  de  toutes  pièces  une  œu- 
vre adéquate  à  l'écran. 

J'ai  la  conviction  que  c'est  là  une 
des  raisons  principales  du  progrès  en 
apparence  lent  de  cet  art  en  Europe. 
Vos  metteurs  en  scènes  —  pas  tous, 
mais  beaucoup  —  s'appuient  un  peu 
trop  sur  une  vieille  littérature  qui, si 
elle  est  claire  et  délectable  à  la  lec- 
ture, devient  plus  ou  moins  abstraite 
et  fatigante  lorsqu'elle  se  manifeste 
par  l'écran.  Car  il  est  évident  que 
quel  que  soit  le  soin  apporlé  à  la  ré- 
daction des  légendes  accompagnant 
les  images  projetées  sur  la  toile, elles 
n'ont  pas  un  intérêt  descriptif  suffi- 
sant pour  rendre  la  valeur,  dans  tous 
ses  détails,  d'une  œuvre  de  Balzac, 
de  Victor  Hugo  ou  d'Alexandre  Dumas 
par  exemple. 


Si  je  veux  lire  un  livre,  je  préfère 
m'installer  dans  un  bon  fauteuil  au 
coin  de  mon  feu,  une  pipe  entre  les 
dents,  mon  chien  à  mes  pieds  et,  à  la 
portée  de  ma  main,  un  verre  de  ... 
quelque  chose,  plutôt  que  de  passer 
trois  heures  dans  une  salle,  inconfor- 
blement  assis,  pour  lire  des  bribes 
fugitives  d'un  livre  que  j'ai  probable- 
ment lu  dans  ma  jeunesse  dans  des 
circonstances  plus  propices  à  me  le 
faire  apprécier. 

Aux  Etats-Unis,  nous  pensons  que 
l'art  ci  nématographique  est  un  assem- 
blage de  manifestations  scientifiques 
des  temps  actuels.  Nous  croyons 
qu'il  doit  s'exprimer  avant  tout  par 
de  l'action,  du  mouvement  destiné  à 
remplacer  pour  les  yeux  ce  qu'est 
au  tbéàtre  la  parole  pour  l'oreille. 
Nous  le  voyons  plutôt  visuel  qu'intel- 
lectuel. Nous  essayons  de  faire  du  ci- 
néma une  récréation  pour  la  vue  et, 
par  elle,    pour  l'imagination    plutôt 


que  de  contraindre  le  Spectateur â  un 
effort  mental  qui  le  fatiguerait.  Dans 
ce  but  nous  essayons  de  faire  du  ci- 
nématographe une  spécialité  bien 
affirmée.  Nous  évitons  de  couper  et 
d'adapter  à  l'écran  d'importantes  œu- 
vres littéraires.  Nous  créons  tout 
simplement  des  scénarios  qui  expri- 
ment notre  vie  quotidienne  qui  se 
traduit  par  de  l'action.  Peut-être  en 
mettons-nous  quelquefois  trop,  mais 
qui  peut  le  plus  peut  le  moins, et  peut- 
être  que  graduellement  nous  arrive- 
rons à  une  juste  mesure. 

Et  puis  nous  ne  nous  contentons 
pas  de  placer  devant  l'appareil  du 
photographe  des  célébrités  de  l'art 
dramatique,  comme  cela  semble  être 
le  cas  en  Europe  et  plus  particulière- 
ment en  France.  Chez  nous  des  gens 
se  sont  spécialisés  pour  l'écran  et  on 
les  croit  mieux  adaptés  à  la  pratique 
de  cet  art  large,  aux  coudées  franches 
qu'est  le  cinéma,  que  les  plus  grandes 
étoiles  de  la  scène  théâtrale. 

Nous  concevons  fort  bien  que,  pour 
des  raisons  identiques,  ceux  de  nos 
artistes  de  l'écran  qui  vous  plaisent 
pour  l'habileté  avec  laquelle  ils  se 
servent  de  leurs  mains,  de  leurs  jam- 
bes et  de  leurs  traits  mobiles,  seraient, 
sans  doute,  moinsamusants  ou  moins 
gracieux,  si, devant  joindre  la  parole 
au  geste,  limités  par  l'exiguïté  d'une 
scène  sur  laquelle  sont  braqués 
des  milliers  d'yeux,  ils  paraissaient 
devant  vous  gauches  et  gênés  dans 
les  entournures.  A  chacun  son  métier, 
comme  vousdites.Chacunà  sa  place... 
les  films  seront  bien  tournés  T 

Pour  me  résumer,  je  crois  pouvoir 
dire  qu'en  Europe  le  cinéma  souffre 
de  trop  d'art  dans  le  sens  le  plus  in- 
tellectuel du  mot  et  de  pas  assez  d'art 
dans  son  sens  technique.  Je  inex- 
pliqué. 

On  prend  une  œuvre  classique  qui 
est  pavée  d'art  d'un  bout  à  l'autre.  On 
choisit  ensuite,  pour  la  rendre  vi- 
suelle, les  artistes  les  plus  renom- 
més de  l'Opéra,  des  grands  théâtres, 
des  artistes  dont  les  noms  encore 
sont  synonymes  d'art.  Or,  il  me 
semble  que  tout  cet  art  devrait  être 
scindé  et  que  seule  devrait  être  con- 
servée la  portion  nécessaire  pour 
donner  à  l'ensemble  du  film  ce  cachet 
artistique  qu'en  France,  mieux  que 
partout  ailleurs,  on  sait  donner  à 
toutes  choses.  Et  puis,  on  devrait 
faire  un  effort  plus  grand  vers  un 
choix  plus  rigoureux  des  sites  où  se 
déroule  l'action,  dans  la  pratique  des 
éclairages,  de  la  photographie  et  de 


la  mise  en  scène.  Il  faudrait  que  l'on 

s'efforce  d'atteindre  un  degré  plus 
haut  dans  l'application  de  la  techni- 
que, au  lieu  de  chercher  presque- 
avant  tout  à  grouper  sur  une  affiche 

des  noms  flamboyants  d'artistes  cé- 
lèbres... au  théâtre. 


Je  vous  supplie  de  me  pardonner 
si  j'ai  été  trop  franc  etpar  conséquent 
un  peu  brutal  dans  lexposé  de  mes 
opinions  qui,  d'ailleurs,  sont  celles 
de  beaucoup  de  Français  du  métier 
qui  s'intéressent  à  l'avenir  de  votre 
art  cinématographique.  Je  l'ai  fait  en 
service  commandé  T 

Et  maintenant,  je  tiens  à  réfuter 
une  opinion  souvent  émise  devant 
moi  depuis  que  je  suis  en  France. 
On  dit:  «  Il  n'est  pas  surprenant  que 
des  films  américains  montés  à  coup 
de  centaines  de  milliers  de  dollars 
soient  quelquefois  plus  beaux  que  les 
films  faits  en  Europe,  où  leurs  créa- 
teurs n'ont  pas  à  leur  disposition  les 
capitaux  leur  permettant  de  s'adon- 
ner à  une  telle  prodigalité.  »  Laissez- 
moi  répondre  que  ce  n'est  pas  seule- 
ment parce  qu'ils  font  donner  la  lé- 
gion des  dollars  que  les  spécialistes 
américains  atteignent  quelquefois 
leur  but.  C'est  aussi  parce  qu'ils  dé- 
pensent l'argent  à  bon  escient.  C'est 
surtout,  parce  qu'ils  ont  fait  de  leur 
art  une  grande  industrie  soigneuse- 
ment étudiée  et  développée  au  même 
titre  que  n'importe  quelle  autre  gran- 
de industrie  dont  le  progrès  dépend 
essentiellement  du  groupement  des 
meilleurs  ingénieurs,  des  meilleurs 
contremaîtres,  des  plus  habiles  ou- 
vriers et  du  plus  parfait  outillage 
que  l'argent  puisse  acheter. 

Et  maintenant,  chers  amis  de 
France,  merci  encore  pour  la  chaude 
hospitalité  dont  vous  m'avez  honoré 
et  dont  je  vous  promets  d'abuser  dans 
l'avenir.  Car  je  reviendrai,  je  revien- 
drai !  Charles  Chaplin 


12 


cinea 


0      DERRIÈRE       L'ÉCRAN 


FRANCE  M 

Le   baryton  Renaud  qui  a  fait  une 
belle   carrière    à    l'Opéra,    débute   à 
l'écran  dan»  le  prochain  film  d'Henry 
Roussel  :  Vérité  avec  Emmy  Lynn. 
• 

Trois  réalisateurs  cinégraphiques 
Germaine  Dulac,  René  Le  Somptier 
et  Henri  Fescourt  viennent  de  s'as- 
socier sous  la  raison  sociale  «  Union 
cinématographique  Française  ».  Leur 
commun  administrateur  sera  M.  Ra- 
tisbonne. 

• 

Nos  lecteurs  auront  rectifié  d'eux- 
méme  l'annonce  des  films  Triomphe 
dans  le  numéro  24  qui  se  rétablit 
ainsi  :  1°  Le  colonel  du  Kentucky, 
drame  d'amour  et  d'aventures;  2"  La 
Chanterelle,  comédie  dramatique 
avec  Bessie  Barriscale. 
• 

Réparons  l'erreur  commise  dans 
notre  dernier  numéro  au  sujet  de 
Lili  Samuel.  La  spirituelle  interprète 
du  Tonnerre  est  née  en  1894  et  non 
en  1883. 

• 

Les  matinées  de  Cinéa. 

Les  cinéastes  se  réjouiront  de  cet 
essai  de  spectacles  cinégraphiques 
dont  le  premier  —  fixé  au  lundi 
14  novembre,  à  2  h.  30,  au  Cinéma  du 
Colisée  —  comportera,  avec  d'origi- 
nales attractions,  le  fameux  film  Le 
cabinet  du  docteur  Caligari,  qui 
vient  de  faire  courir  tout  New- York 
et  qui  n'a  pas  encore  été  vu  en  France. 

Prix  des  places  :  loge,  20  fr.  ;  or- 
chestre, 10  fr.  ;  balcon,  5  francs. 

La  location  est  ouverte  au  Colisée, 
38,  Champs-Elysées. 
.     • 

SUÈDE  jâ 

Il  n'est  pas  nécessaire  d'indiquer 
le  nom  de  tous  les  films  de  Victor 
Sjostrom,  mais  il  faut  se  souvenir 
qu  il  a  élé  autant  acteur  que  créateur 
dans  Berg-Eyvind,  Terge  Vigen,  et 
plusieurs  autres;  il  a  incarné  l'unité 
idéale  du  film  comme  auteur,  direc- 
teur  et  acteur;  mais  par  exemple, 
dans  le  film  de  Selma  Lagerlof,  Le 
testament  du  Seigneur,  il  n'a  été  que 
régisseur,  et  dans  les  films  de  Graal, 
simplement  acteur,  et  dans  le  Monas- 
tère de  Sendormir,  il  a  été  organisa- 
teur et  metteur  en  scène. 


Comme  directeur,  il  a  une  qualité 
inestimable;  il  sait  tirerde  ses  colla- 
borateurs tout  ce  qu  ils  ont  de  mieux 
à  donner;  il  ne  se  laisse  pas  rebuter, 
il  ne  s'abat  pas,  il  le  leur  arrache 
prudemment. 

C'est  l'impression,  entre  autres,  de 
Harriet  Bosse,  quand  elle  a  raconté 
sa  première  incertitude  devant  l'ap- 
pareil. Cette  qualité  de  chef  doit  être 
une  des  plus  importantes  d'un  direc- 
teur, c'est-à-dire  de  les  faire  vivre  de 
leur  mieux  et  quand  il  a  bien  réussi 
avec  les  études  et  la  mise  en  scène, 


GEORGES  K.  ARTHUR 
dans  Ripps  (Stoll  Picture  Prod.) 

et  mille  autres  travaux  préparatoi- 
res, alors  il  jette  son  veston  et  entre 
lui- même  en  scène  au  dernier  moment, 
jouant  les  rôles  qui  lui  ont  donné  une 
renommée. 

Cette  saison,  Victor  Sjostrom  a 
deux  grandes  choses  a  son  actif, 
Korharlen,  La  charrette  fantôme, 
de  Selma  Lagerlof  et  Masterman,  de 
Hjalmar  Bergman. 

Il  ne  produit  pas  beaucoup,  mais 
avec  la  vitesse  de  travail  qu'il  pos- 
sède, il  a  obtenu  pour  lui  et  pour  ses 
deux  films  suédois  un  résultat  telle- 
ment bon   qu'on  peut  dire  que  c'est 


par  son  mérite  que  le  film  suédois  a, 
dès  le  commencement,  rempli  une 
place  de  premier  ordre  dansle  monde. 
Il  fut  le  premier  parmi  les  plus 
éminents  directeurs  de  films  suédois 
et  il  continue  toujours  son  chemin. 
• 

ANGLETERRE  M 

Gros  succès  pour  The  GodofLuck 
(le  Dieu  du  Hasard),  que  Gaumont 
Ltd  vient  de  distribuer  Le  film  passe 
dans  les  établissements  les  plus  sé- 
lects de  Londres:  le  Marble  Arch,  le 
New-Gallery,  etc.,  comme  attraction 
spéciale.  On  fait  d'ailleurs  queue  pour 
le  voir.  Gaby  Deslys  y  est  acclamée 
comme  l'une  des  plus  fascinantes 
actrices  françaises  de  l'écran.  Hélas  I 
• 

La  dernière  production  de  M.  M. 
Elvey  the  Romance  of  Westdale  est 
à  présent  achevée.  Mlle  Valya  et  Mil- 
ton  Rosmer,  les  deux  principaux  in- 
terprètes seront  également  de  com- 
pagnie les  protagonistes  de  la  pro- 
chaine réalisation  du  même  producer 
les  Amis  Passionnés,  adaptée  de  la 
nouvelle  de  H.  G.  Wells. 
• 

J'apprends  de  bonne  source  que 
l'International  Artists  Film  C°  irait 
tourner  prochainement  en  France. 
Sa  première  production  The  Xight 
Haivk,  mise  en  scène  par  M.  J.  Glid- 
don,  aura  probablement   un  «  run  » 

à  l'Alhambra. 

• 

Voici  une  innovation  à  laquelle  on 
ne  peut  qu'applaudir  :  Sir  Onwald 
Stoll  a  engagé  spécialement  Miss 
Kathleen  Mason  pour  juger  les  films 
de  sa  compagnie  et  ceux  présentés 
dans  ses  théâtres  du  point  de  vue 
strictement  «  spectateur  ».  Ceci,  afin 
de  pouvoir  modifier  et  améliorer  en 
conséquence  leur  présentation. 

Gageons  que  Miss  K  Mason  pour 
remplir  sa  mission,  n'ira  pas  se  ca- 
cher dans  l'ombre  d'une  baignoire, 
ou  s'épanouir  dans  une  avant-scène. 
Serait-ce  un  truisme  d'avancer  que 
c'est  bien  «d'en  haut  »  que  nous  vient 
la  lumière.  Oh!  oui,  qui  dira  les  pre- 
miers torts  de  la  foule  ? 
• 

La  dernière  réalisation  de  L.  Mer- 
canton,  Phroso,  est  présentée  par  la 
Gaumont  Ltd,  à  l'Alhambra, le  25  cou- 


cmea 


13 


rant.  Production  cosmopolite  s'il  en 
fut.  L.  Mereanton  a  bien  fait  la  part 
des  choses,  je  veux  dire  celle  des 
continents:  l'interprétation  comprend 
un  anglais ,  une  américaine ,  trois 
français,  deux  grecs,  etc.,  le  reste  à 
l'avenant.  L'opérateur  est  un  russe. 
Chaque  pays,  sans  doute,  reconnaî- 
tra les  siens.  Voici  un  film  auquel 
Mme  de  Thèbes  eut  prédit  sans  doute 
un  succès  universel. 
• 

A  propos,  l'intérêt  universel  d'un 
film  ne  résiderait-il  pas  surtout  dans 
son  essence,  et  non  seulement  dans 
son  extériorisation.  Je  viens,  par 
exemple,  d'assister  à  une  présenta- 
tion intime  du  Pupet  Alan,  mis  en 
scène  par  F.  Crâne.  Celui-ci  touchera 
à  peu  près  tous  les  milieux,  saut 
dans  les  contrées  sauvages.  Bien  qu  il 
tende  quelque  peu  vers  le  mélodrame, 
il  reste  cependant  attachant.  Et  puis 
le  cirque,  les  clowns,  la  grand'route, 
des  musiques.des  paillettes,  le  charme 
opère...  La  petite  Marie  Belocci  est, 
par  ailleurs,  un  gamin  charmant. 
• 

Pathé  Frères  Ltd,  a  présenté  au 
London  Pavillon  Peck's  Bad  Boy, 
film  dans  lequel  Jackie  Coogan,  le 
désormais  célèbre  partenaire  de 
Charlie  Chaplin  dans  le  Gos.se,  tient 
le  principal  rôle.  Bon  film.  Lire  :  film 
qui  plaira  à  toutes  les  familles,  dans 
tous  les  milieux.  Little  Coogan  sou- 
tient dignement  sa  réputation,  celle 
qu'il  a,  et  celle  qu'une  publicité  ha- 
bile lui  valut.  Celle-ci,  d'ailleurs,  n'a 
rien  dit  de  trop.  Bon  exemple,  qui 
mérite  d'être  signalé...  et  suivi. 

Avec  toute  l'inconsciente  ardeur  de 
la  jeunesse,  l'excellent  petit  acteur 
supporte  allègrement  le  fardeau  in- 
vraisemblable qui  lui  fut  dévolu  : 
animer  de  sa  minuscule  personnalité 
un  long  film  dédié  aux  grandes  per- 
sonnes. Il  y  réussit,  et  sans  efforts, 
car  ce  qu'il  a  de  plus  prodigieux  en 
lui,  c'est  son  aisance  inaltérable, 
ce  qu'il  a  de  moins  précoce,  c'est  le 
métier.  Six  années,  il  est  vrai,  sont 
une  circonstance  atténuante.  Pas  le 
moindre  soupçon  de  cabotinerie.  Son 
jeu  —  si  l'on  peut  dire  —  est  vivant, 
clair,  sans  malice  d'aucune  sorte.  Ses 
mines,  ses  expressions  nous  révèlent 
l'àme  qui  l'habite,  tour  à  tour  dou- 
loureuse, naïve,  maligne,  ravie,  tou- 
jours et  surtout  avide  d'une  offrande, 
avec  une  instantanéité  qui  nous 
émeut  sans  apprêt,  et  qui  confond. 
Aucun  truc.  Aucune  tricherie.  Jackie 


Coogan  se  donne  tout  entier,  sans 
arriére-pensée  dans  chacune  de  ses 
scènes.  Il  se  meut,  rit,  plaisante,  ga- 
mine, agit  avec  une  désinvolture 
ignorante  de  l'art  de  plaire.  Puisse-t- 
il  l'ignorer  longtemps.  Nous  sommes 
mieux  qu'amusés,  séduits  par  cette 
grâce  adorable  de  l'enfance  en  la- 
quelle tous  communieront  Qui  de 
nous  ne  fera  pas  alors  secrètement 
quelque  vœu  involontaire. 

L'histoire.  .  niais  est-il  besoin  de 
la  raconter?  11  nous  suffit  qu'elle  soit 
une  succession  de  tableaux  qu'un  en- 
fant emplit  d'une  subtile  et  prenante 
humanité.  Certaines  scènes  sont  peut- 


MARIE-THERESE  DECOSSE 
Une  des  plus  intéressantes  nouvelles 
venues  à  l'écran,  dont  nous  verrons 
les  souples  qualités  dans  les  prochains 
films  de  Pière  Colombier,  Léon  Poirier, 
René  Leprince. 

être  forcées.  D'autres  sont  peut-être 
inutiles.  Qu'importe,  après  tout.  Le 
charme  n'en  subsiste  pas  moins.  J'en 
ai  retenu  particulièrement  certain 
beau  rire  et  quelques  vers  délicieux 
de  Mme  A.  Daudet  ont  chanté  dans 
ma  mémoire  :  riez  les  blonds  enfan- 
telets  auxbouchettes  delinsauvage... 
Ce  fut  comme  une  vision  d'un  bon- 
heur, dont  je  ne  savais  plus  trop  s'il 
était  encore  de  ce  monde.  A  présent, 
je  sais  bien  que  sans  le  cinéma  quel- 
que chose  nous  eut  manqué.  Et  voici, 
bien  humblement,  mon  los. 

A.  F   Rose. 


AMERIQUE  j& 

La  réputation  de  Marguerite  Clark 
au  Cinéma  est  née  de  ses  succès  ré- 
pétés dans  les  genres  les  plus  variés. 
Depuis  quelques  temps,  Marguerite 
Clark  s'est  spécialisée  dans  la  comé- 
die légère,  ayant  en  même  temps  un 
côté  sentimental  et  romanesque. 
Marguerite  Clark  divertit  les  specta- 
teurs. Quand  un  film  avec  cette  gra- 
cieuse artiste  est  affiché,  le  public 
sait  qu'en  la  voyant  il  oubliera  ses 
soucis,  tant  la  personnalité  vive  et 
enjouée  de  la  petite   étoile  le  réjouit. 

Le  sujet  de  Daisy  mariée  est  bien 
fait  pour  mettre  en  valeur  le  talent 
de  Marguerite  Clark.  Il  est  original, 
plein  de  scènes  inattendues  qui  font 
fuser  les  rires. 

Dès  le  premier  film  tourné  par 
Marguerite  Clark,  les  qualités  physi- 
ques ainsi  que  le  talent  de  cette 
charmante  comédienne  ont  été  consa- 
crés. A  New-York, etparticulièrement 
à  Broadway,  on  cite  Marguerite 
Clark  comme  le  plus  agréable  remède 
contre  la  tristesse  et  la  neurasthénie. 


Harrison  Ford,  que  vous  avez  déjà 
applaudi  dans  Un  mari  pour  un  dol- 
lar, au  côtés  de  YVallaee  Reid,  joue 
le  principal  rôle  masculin  de  Daisy 
mariée .  11  personnifie  le  jeune  époux, 
beau  garçon,  content  de  lui-même  et 
qui  s'imagine  que  toutes  les  femmes 
sont  faciles  à  conquérir,  Au  coursdu 
film,  Marguerite  Clark  lui  démon- 
trera le  contraire  ce  qui  donnera 
lieu,  comme  on  peut  le  prévoir,  aux 
scènes  les  plus  amusantes  et  à  un 
dénouement  imprévu. 

Citons  parmi  les  autres  interprètes, 
Rodney  la  Rocque,  Helen  Greene.qui 
dans  des  rôles  importants,  bien  que 
de  second  plan,  sont  d'excellents  ar- 
tistes. N'oublions  pas  Kid  Broad,  le 
champion  de  boxe  bien  connu  qui  a 
définitivement  abandonné  le  ring 
pour  le  cinéma.  Dans  Daisy  mariée, 
Kid  Broad  en  est  à  son  dix-neuvième 
film 

• 

Toutes  les  jeunes  filles  voudront 
voir  Daisy  mariée  et  les  jeunes 
épouses  voudront  faire  voir  ce  film  à 
leurs  maris  auxquels  elles  montre- 
ront la  façon  plaisante  et  spirituelle 
dont  Marguerite  Clark  donne  une  le- 
çon à  son  jeune  époux  qui  croyait, 
maintenant  qu'il  l'avait  pour  femme 
après  une  conquête  si  facile,  qu'il 
n'avait    plus   rien    à    faire  pour  lui 


14 


cinea 


plaire.  Non  .seulement  il  verra  sa 
femme  lui  échapper,  mais  encore, 
après  bien  des  péripéties,  il  devra 
payer  5,000  dollars  pour  la  ravoir  ! 
Et  il  devra  s'estimer  bien  heureux  de 
la  retrouver  à  de  si  bonnes  condi- 
tions ! 

• 

Ann  Forrest  est  la  modestie  en  per- 
sonne. 

Elle  nous  disait  un  jour,  très  sérieu- 
sement :  «  Si  je  pouvais  me  permet- 
«  tre,  après  les  petits  succès  que  j'ai 
«  pu  remporter,  de  donner  un  conseil 
«  aux  débutants,  je  leur  dirai  qu'au 
«  Cinéma  les  protections  et  la  chance 
«  ne  comptent  pas.  Le  travail  seul 
«  est  nécessaire  pour  y  faire  fortune. 
«  Je  suis  arrivée  ici  sans  connaître 
«  personne. Je  parlais  à  peine  anglais! 
«  J'ai  toujours  vécu  aux  environs  de 
«  Los  Angeles  et  tous  mes  amisdau- 
«  jourd  hui  sont  des  professionnels 
«  du  cinéma.  Eh  bien,  je  puis  affirmer 


«  qu'aucun  d'eux  n'est  arrivé  au  suc- 
«  ces  autrement  que  par  beaucoup  de 
«  travail  et  île  persévérance. 

«  Il  a  pu  se  présenter  des  exemples 
«  isolés  d'artistes  qui  ont  été  favori- 
«  ses  pour  entrer  dans  la  carrière  ci- 
«  nématographique,  mais  une  fois 
«  qu'ils  y  ont  été,  ils  ont  du  s'y  don- 
«  ner  corps  et   âme  pour  y  rester. 

«  Les  neuf-dixièmes  des  artistes  ar- 
«  rivés  au  cinéma  ont  du  travailler 
«  bien  plus  pour  atteindre  la  position 
«  qu'ils  occupent  que  le  petit  garçon 
«  de  bureau,  dont  on  nous  raconte 
«  l'histoire  merveilleuse  dans  les  ma 
«  gazines  et  qui,  d'avancements  en 
«  avancements,  est  devenu  le  Direc- 
«  teur  de  la  Société  où  il  a  débuté  ». 

ITALIE  M 

Marcel  Léve.sque  est  à  Rome  où  il 
tourne  La  Dame  de  chez  Maxim's, 
avec  Pina  Menichelli. 


Mlle  MARY   HARALD 
l'interprète  de  Tih-Minb  et  des  Main*  Flétries 


m 

\    Les  Présentations    ! 


La  femme  et  le  Pantin. 

Conchita  la  cigariére,  danseuse  en- 
suite, prête  à  se  donner  a  l'officier 
qu'elle  aime, et  toujours  se  reprenant 
et  toujours  s'amusant  de  lui  comme 
d'un  pantin,  est  un  caractère  qui  ne 
se  connaît  pas.  Lefilmtiréde  la  pièce 
que  le  roman  de  M.  Pierre  Louvs  a 
inspiré,  précise  ce  tempérament  à 
travers  une  intrigue  simplement 
dramatique.  Séville  en  fête,  la  mai- 
son de  danse  de  Cadix,  le  Palacio  que 
Mateo  a  donné  à  Conchita,  la  grille 
derrière  laquelle  elle  se  joue  si  formi- 
dablement de  l'homme,  autant  de  dé- 
cors où  se  situent  des  scènes  juste- 
ment traduites...  mais  il  y  a  une 
minute  inoubliable  qui  élève  ce  film: 
celle  où  Mateo,  au  paroxysme  de  sa 
colère  et  bafoué,  brutalise  Conchita; 
aussitôt  il  est  stupéfié  :  «  Moi,  moi, 
j'ai  frappé  une  femme!  »  Et  elle,  heu- 
reuse, sourit  en  l'étreignant. 

Géraldine  Farrar,  jusque  là  mer- 
veilleuse de  brio,  de  souplesse,  d'as- 
surance, justifie  alors  une  pleine 
admirationet  LouTellegenso  prouve, 
dans  la  même  scène,  son  digne  par- 
tenaire. 

• 

La  Vierge  folle. 

La  pièce  de   M.   Bataille,    allongée, 

trop.    Rien     de    cinématographique. 

Relativement  sobre,  Maria  Jacobini. 

Le   monsieur    qui   joue  le   père  Cha- 

rance  a  une  belle  barbe,  un  front  qui 

marche.  Film  italien. 

• 
Carnaval. 

Venises,  fêtes  et  gondoles,  belles 
photographies.  Un  grand  tragédien, 
mari  d'une  grande  tragédienne,  finit 
par  jouer  sérieusement  le  rôle 
d'Othello.  Pourtant,  elle  l'aime,  mais 
pourquoi  le  ciel,  l'eau,  enfin  l'atmo- 
sphère ne  le  rendaient-ils  pas  plus  ro- 
manesque et  romantique  ?Simonetta 
ne  va  pas  jusqu'à  l'adultère  et  l'ac- 
teur enfin  comprend.  Qu'ils  s'embras- 
sent. 

Fauvette. 

Commence  (un  peu) comme  Champi- 

Tortu  et  finit  (tout  à  fait)  comme  du 
Capus.  Une  femme,  traitée  mal  par 
ses  beaux-parents  dont  l'influence 
grandit  sur  leur  lils.  subit  toutes 
avanies.  Son  mari,  malheureux,  part 
et  va  s'enivrer.  Elle  est  femme  de 
lettres,  a  des  succès,  lui,  avocat,  finit 
par  en  avoir  aussi.  Qu'ils  s'embras- 
sent. 


cinea 

Sa  Dette. 

L'homme  a  été  .soigné  par  une  belle 
jeune  fille.  Il  paie  sa  dette  en  lui  lais- 
sant le  fiance  qui  a  voulu  le  tuer,  lui, 
et  pourtant  il  aime  cette  femme  C'est 
trop  long.  Hayakawa  a  de  brèves  oc- 
casions là,  d'affirmer  son  tempéra- 
ment et  la  mobilité  de  sa  figure. 

• 
Le  Sorcier  jaune. 

Le  troisième  film  allemand  présenté 
comme  tel.  Comme  les  deux  autres, 
il  veut  être  américain,  —  ou  interna- 
tional. Alors  il  n'est  rien  qu'une  his- 
toire pauvre,  pâlotte,  falote... 

• 
L'Occasion. 

Un  riche  industriel  ne  veut  pas 
connaître  la  femme  de  son  fils  prodi- 
gue Le  jeune  couple  doit  travailler. 
Lui,  cherche  un  emploi,  elle,  trouve 
le  sien  chez  son  beau-père  dont  elle 
devient  sous  un  nom  d'emprunt  la 
dactylographe.  Dois-je  continuer  ? 
Comptez  sur  leur  bonheur  à  tous  et 
reconnaissons  le  métier  du  metteur 
en  scène,  car  il  a  su  inciter  à  la  pe- 
tite émotion  et  l'acteur  qui  joue  le 
violent  papa  est  excellent. 

• 
Les  Morts  ne  parlent  pas 
Roman     d  Hornung     (l'auteur     de 
■  Raffles),  dont    une  traduction    fran- 
;  çaise  est  annoncée.    Sur  l'écran,  un 
naufrage    ordonné    par    un   scélérat 
qui  veut   s'approprier   un   trésor,  ne 
se  souciant  pas  de  la  mort  de  l'équi- 
page. Un  roman  d'amour.  Les  morts 
ne  parlent  pas,  —  mais  ce  n'est  pas 
une  réponse  à  l'enquête  de  M.Heuzé: 
«  les  morts  vivent-ils  ?  » 

• 
Le  chien  des  Baskerville. 

Après  Hornung,  son  beau-frère,  Co- 
nan  Doyle  avec  l'un  des  mystères  le 
plus  habilement  éclairées  par  la  ca- 
pacité de  déduction  de  Sherlock  Hol- 
mes. Un  texte  copieux,  des  photogra- 
phies nettes.  Le  sujet  est  raisonnable 
et  raisonné,  comment  les  interprètes 
s'enflammeraient-ils  V 

• 
Le  sacrifice  de  Rio  Jim. 

Toujours  de  son  allure  unique, 
W.  Hart  est  Rio  Jim,  le  bandit  qui 
meurt  pour  sauver  une  enfant  qu'il 
protège  d'une  amitié  forte. 

• 
Le  Taureau  sauvage 

Un  cirque,  oui,  encore.  On  y  en- 
gage une  petite  balayeuse  qui  aurait 
voulu  danser  et, seule, un  jour,  ayant 
trouvé  un  tutu,  elle  se  livre  à  des 
pas  difficiles  ;  ses  maîtres  et  d'autres 


la  surprennent  et  s'extasient  :  situa- 
tion pareille  à  celle  que  décrit  M. Paul 
Reboux  dans  Maison  de  danses. 
Ensuite  ?  La  petite  élevée  durement 
par  une  vieille  qu'elle  a  abandonnée 
est  la  fille  d'un  lord  et  en  porte  la 
preuve  au  doigt  :  anneau.  Des  gens  le 
savent.  Pauvre  petite  !  Mais  un 
athlète  du  cirque  la  protège  :  Ursus. 
Inutile  de  résumer  ces  cinq  épisodes 
italiens.  La  danseuse  danse  très  clas- 
siquement, l'homme  fort  tombe  un 
taureau  et,  dans  sa  loge,  pour  se  dis- 
traire, joue  avec  des  souris  blanches: 
signe  de  délicatesse. 

• 
Pour  don  Carlos 

Le  film  commence  au  moment  où, 
dans  la  sous-préfecture  pyrénéenne, 
Allegria  montre  son  dévouement  à  la 
cause  carliste  Le  sous-préfet  est  vite 
converti,  de  même  sa  fiancée.  Un  sen- 
timent nouveau  naît  chez  Allegria 
qui,  au  prix  d'un  sacrifice,  sauve  de 


MUSIDORA  dans  Pour  Don  Carlos 

Preneste,  prisonnier  Les  tentatives 
d'arrestation  d'Allegria,  dont  la  tête 
a  été  mise  à  prix  ;  sa  mort  qu'elle 
s'est  attirée  en  se  défendant  contre 
les  soldats  chargés  de  s'emparer 
d'elle  ;  son  enterrement  immédiat  et 
sans  apprêt  par  un  berger  carliste 
offrent  heureusement  plus  d'intérêt 
que  le  reste.  Mme  Musidora  a  bien 
joué  la  dernière  scène,  —  difficile.  Il 
était  plus  difficile  encore  de  ne  pas 
outrer  l'expression  et  le  geste  dans 
le  rôle  du  général.  .  allumé,  le  talent 
de  M.  Tarride  y  est  parvenu. 

Lucien  Wahl. 


L'Irlandaise. 

Une  œuvre  charmante  dans  cette 
manière  anglaise  qui  insiste  parfois 


15 


un  peu  trop  sur  des  détails  qu'il  faut 
mettre  en  relief  rapidement  et  sché- 
matiquement.  Quelques  longueurs, 
beaucoup  de  brio,  de  la  race,  de  la 
vie  et  surtout  le  talent  de  Pauline 
Starke,  une  sorte  de  (iladys  Brock- 
well,  moins  puissante  et  plus  ingé- 
nue, charmante,  animée,  émouvante 

particulièrement  remarquable  dans 
les  dernières  scènes  du  film. 

• 
La      quatrième      alliance     de 

dame  Marguerite. 

Cette  comédie  suédoise  est,  visuel- 
lement surtout,  extraordinaire.  Le 
sens  des  gris,  des  blancs,  des  noirs, 
est  d'un  grand  peintre  du  cinéma. 
Les  tons  et  les  pleins  se  déplacent 
lumineusement  et  créent  un  rythme 
délicieux.  L'esprit  français  s  accom- 
mode mal  en  principe  de  ce  genre 
d'ironie  réfléchie  qu'on  trouve  dans 
les  farces  du  Nord  Mais  l'ampleur 
rabelaisienne  de  cette  histoire  drôle 
a  suivre  et  belle  à  voir  s'affirmera 
fortement.  Après  le  haut  style  lyrique 
de  la  Charrette  fantôme,  ces  pages 
de  nette  verdeur  n'ont  que  plus  de 
prix. 

El  Dorado. 

La  grande  présentation  A'El  Do- 
rado a  confirmé  le  succès  des  pre- 
mières visions.  Cette  œuvre,  riche 
de  tant  d'efforts,  d'idées  et  d'inten- 
tions, aura  la  chance  de  provoquer 
de  longues  discussions  entre  les  cher- 
cheurs d'images  animées.  Quant  au 
public,  il  n'aura  qu'à  céder  au  charme 
de  ce  fluide  poème  et  au  pathétique 
du  drame,  où  les  talents  d'Eve  Fran- 
cis et  de  Jaque  Catelain,  Marcelle 
Pradot,  Claire  Prélia,  Philippe  Hériat 
se  sont  épanouis. 

La   musique    de    Marius     François 

Gaillard  est  intéressante,  mais  devra 

être   mise   au   point   et   surtout  être 

exécutée  strictement.      Louis  Delluc. 

• 

Mlle  Suzanne  d'Astoria,  cantatrice 
de  l'Opéra  de  Monte-Carlo,  organise 
le  5  novembre  à  9  h.  du  soir,  salle 
Pleyel,  22,  rue  Rochechouart,  une 
grande  soirée  de  gala  à  la  mémoire 
de  César  Franck,  et  en  l'honneur  de 
Mlle  Marie  Prestat,  dernier  grand 
prix  d'orgue  et  d'improvisation  de  la 
classe  du  Maître. 

Mlle  d'Astoria  s  est  assuré  le  pré- 
cieux concours  de  Mlle  M.  Prestat, 
de  Mlle  A.  Guérin-Desjardins,  violo- 
niste et  de  Mlle  Lina  Chaumont,  qui 
réalisera  pour  la  première  fois  à  Paris 
ses  interprétations  plastiques  d'œu- 
vres  musicales. 


16 


cinea 


M 


SPECTACLES 


M 


L'Alhambra  se  néglige  et  ses 
spectacles.  Ce  furent  tour  à  tour  : 
Une  nuit  chez  les  tziganes,  passa- 
blement contrefaite,  avec  une  Efre- 
inova  indigne  d'elle-même;  Percy 
Athos  et  Cie  présentant  une  certaine 
«  poésie  du  mouvement  »  qui  avait 
très  peu  de  mouvement  et  pas  du 
tout  de  poésie  ;  le  numéro  à  demi 
cinématographique  et  entièrement 
ennuyeux  de  Christian  Christensen; 
Rose  Amy,  avec  une  jolie  robe,  sa 
voix  vrillante  et  son  manque  d  en- 
train; puis,  tout  de  même,  Georgel 
et  sa  facilité  sympathique,  et  l'ido- 
lâtrie qu'il  fait  éclore  aux  cœurs 
simples. 


Nouveau    Théâtre. 

Le  nouveau  spectacle  d'Irénée  Mail- 
get  se  signale  par  l'Exécution  et  Le 
Retour  d'Imray.  Le  premier  ou- 
vrage, dû  à  une  collaboration  inat- 
tendue :  Henri  Mon  nier  et  Isabelle 
Fusier,  est  d'un  comique  souvent 
âpre,  mais  qui  reste  livresque.  Il  y  a 
bien  le  bonhomme  Barencey  et  cette 
Jeanne  Fusier  si  plaisante  dans  les 
rôles  accentués,  mais  les  deux  petits 
tableaux  imposent  imparfaitement 
leur  caractère  et  leur  qualité.  Le 
charmant  «  On  guillottine  pas  en 
bonnet,  ça  c'est  jamais  vu  »  passe 
presque  inaperçu.  Mais  1  idée  est  ori- 
ginale 

Le  Retour  d'Imray  est,  d'après 
Kipling,  par  E.  M.  Laumann,  dont  la 


célèbre  adaptation  de  La  maison 
l'sher  avait  peut-être  plus  de  poésie, 
un  mystère  plus  élevé  que  ces  deux 
actes-ci. 

Pourtant  leur  atmosphère  suffo- 
cante prend  à  la  gorge,  leur  mouve- 
ment quasi-musclé  entraîne.  Et  le 
principe  est  fort  intéressant  de  ce 
drame  qui  a  à  sa  clé  un  crime  d'au- 
tant plus  troublant  que  l'étroitesse 
de  sa  psychologie  est  disproportion- 
née aux  conséquences  qu'il  élargit 
dans  la  pensée  II  en  résulte  une  cer- 
taine grandeur.  Auprès  de  Jacques 
Ferréol.  simple,  frémissant,  Cons- 
tant-Rémy  donne  une  belle  impres- 
sion de  sa  personnalité  :  voix,  sta- 
ture, autorité  mieux  que  solides  : 
métalliques.  R.  Payelle. 


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plus,  annoté  par  le  grand  artiste  si  magni- 
fiquement portraicturé,  si  heureusement 
décrit,  si  finement  analysé  par  l'auteur  de 
Fièvre  et  de  La  Fête  espagnole.  Louis  Delluc 
présente  dans  sa  biographie  de  Chariot  un 
Chariot  tel  qu'il  est.  tel  qu'il  s'est  vu  et  tel 
qu'il  se  raconte. 

L'historien  suit  son  modèle  du  commen- 
cement de  sa  carrière  à  l'apogée  qu'il  vient 
d'atteindre  avec  The  Kid.  à  moins  que  ce 
génie,  toujours  meilleur,  toujours  plus 
haut,  ne  nous  réserve  des  surprises. 

De  film  en  film,  derrière  Chariot.  Louis 
Delluc  nous  guide  en  critique,  en  admira- 
teur, en  remarquable  journaliste,  je  ne  crois 
pas  qu'on  ait  avec  plus  de  compétence  et 
avec  plus  de  bonheur  parle  de  la  célèbre 
vedette  de  l'écran  universel. 

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I   A  QUELQUES  LETTRES  I 


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Maurice.  —  André  Roanne  est  le  lieu- 
tenant Massard  dans  l'Atlantide  et  Genica 
Missirio  le  capitaine  Aymard. 

Madamk  X.  Il  y  a  les  «  gens  de 
théâtre  »  qui  viennent  au  cinéma.  Et  puis 
il  y  a  les  vrais  artistes  du  cinéma.  Deman- 
dez à  M.  Joubé  Romuald  ce  qu'il  en  pense. 

Rose.  —  Mae  Marsh,  Alla  Nazimova. 
Différentes  en  effet.  Mais  vous  préfère/ 
peut  être  Robinne. 

Three  Anxious  Girls.  —  Olive  Thomas 
se  nommait  en  réalité  Olivetta  Helen 
Dull'y.  Elle  était  née  à  Charleroi  (Pensyl- 
vanie)  le  20  octobre  1898.  Ce  film  d'elle  : 
Héritière  d'un  jour  s'appelait  en  Amérique 
Heiress  for  a  Day. 

Jacques  B.  —  Vous  verrez  Les  Ailes  qui 
s'ouvrent  dans  un  mois. 

Romanesque.  —  Vous  en  aurez  au 
moins  17  de  ciné-romans.  Quelle  joie 
hein  !... 

Kitty.  —  Le  mauvais  /ils  (The  World 
Apart)  est  un  film  de  Wallace  Reid  et 
Myrthe  Stedmann. 

MarcelJustinien.  —  Charles  Ray  est  né 
à  Jacksonville  (Illinois)  le  is  mars  1891.  Il 
est  marié  à  Clara  Grant.  Il  a  été  tourné 
pour  la  Triangle  :  Richesse  maudite.  Pein- 
ture d'Aine,  La  Beauté  Fugitive,  Un  Lâche, 
Le  Déserteur,  Tourmente  d'amour,  La  Petite 
Servante,  le  Sexe  Faible,  Le  Lourdaud. 
Pour  la  Paramount  :  Quand  l'agneau  se 
fâche,  Sur  la  pente  fatale.  Les  Dirigeants, 
Fleur  des  champs,  Volonté.  Pour  venger  son 
père.  Le  Champion,  Courage  petit,  la  Re- 
vanche d'un  timide.  Au  pays  des  loups.  Les 
caprices  de  la  fortune,  etc.  etc. 

Li-Lian.  —  Nettement  idiot.  Quand  un 
metteur  en  scène  part  pour  la  Normandie 
il  annonce  qu'il  va  à  Budapest  :  un  rien!  Et 
ce  monsieur  prétend  renseigner  sur  le 
cinéma,  comme  c'est  commode! 

René  L'Hoirh.  —  Ecrivez  à  Gaston  Jac- 
quet :  68,  rue  Laugier.  Paris-17' .  A  Gas- 
ion  Modot  :  26,  rue  Verdi.  Nice.  Andrew 
F.  Brunelle  :  120  bis  avenue  Mozart, 
Paris-i6c. 

Monte-Cristo.  —  Cette  vedette  pour- 
rait être  surnommé  «  L'Empereur  des 
Philatélistes  ».  Réclamez-lui   vos  timbres. 

Non.  —André  Roanne  et  Genica  Missirio. 

The  Man  WITH  THE  I  on  Mask.  —  Le 
Prisonnier  de  la  Forêt  (Prisonuers  oj  the 
Piues)  est  interprète  par  Jack  Warren 
Kerrigan,  Lois  Wilson.  Walter  Perry  et 
Claire  du  Brev.  Le  scénario  est  tiré  d'un 
roman  de  Kenneth  B.  Clarke. 

l'Œii.-de-Chat. 


■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■a 


FIÈVRE 

Les  pays  civiliséi  ont  leurs  plaies  et 
leurs  difformiiés.  Dans  les  grands 
porls  d'Occident  certains  repaires  de 
trouble  et  de  désordre  créés  par 
l'alcool  entretiennent  une  espèce  de 

FIÈVRE 


malsaine,  parfois  mortelle.  Imaginez 
l'impression  produite  par  un  bouge 
mal  famé  sur  une  âme  neuve  — 
une  petite  orientale  —  brusquement 
jetée  au  milieu  de  cette  violence  et  ne 
pouvant   s'en   évader.   A  travers   la 


FIEVRE 


elle  ne  voit  que  son  rêve  et 
oublie  bientôt  de  tout  son  être  les 
laideurs  ou  les  tristesses  qui  l'entourent. 
Nous  croyons  que  la  censure  n'a  pas 
compris  les  intentions  de  l'auteur. 
Nous  laissons  le  public  juger 


FIÈVRE 


.HP 


^NiL-v 


w 


■■■■■■■•■■••■■■■■■■■■■■■■••■••■■■■■■•a 


Le 

Pont 


Soupirs 


Grand   ciné-roman   en  8  époques 
d'après  l'œuvre  célèbre  de    'Michel  ZÉVACO 


Première  époque 
Deuxième  époque 
Troisième  époque 
Quatrième  époque 
Cinquième  époque 
Sixième  époque  . 
Septième  époque  . 
Huitième  époque  . 


L'Ombre    du   Sarcophage. 

Le    Guet=Apens. 

La    Fuite    dans    la    Tempête. 

Le    Pacte    de    la    Grotte    noire. 

La   Fête    chez    Impéria. 

Ce  que   peut    la    Haine. 

Le    Calvaire    d'une    Mère. 

Expiation. 


Le  Premier  film  en  série  à  grande  figuration 
et  importante  mise  en  scène 

Publié  par  Cinéma  Bibliothèque  (Edition  Tallandier) 

Édition   6  Janvier    1922 


PASQUALI  FILM 


Exclusivité 


U.  C.  I. 


••■■■■■■■■■■•■■««a 


CAUMONT 


TOUS  LES  AMATEURS  DE  BEAUX  FILMS 

VOUDRONT  VOIR 

A  PARTIR  DU  25  NOVEMBRE 


Comédie   dramatique  en  4  parties 

tournée  dans  le  merveilleux  cadre  de  Venise 

et  interprétée  par 

MATHESôN    LANG,  Hilda   0AYLEY,  Ivor  N^VELLô 

c 


flltltlAHCE    FlhM   CORPORATION 
Exclusivité       (jAUf^OHT 


cinea 


Programmes  des  Cinémas  de  Paris 

M  du  Vendredi  4  au  Jeudi    10   Novembre  M 


2    Arrondissement 

Salle  Marivaux,  1S,  boulevard  des  Italiens.  — 
Louvre  06-99,  Les  caprices  île  la  fortune.  -  La  chute 
de  Babylone. 

Parisiana.  27,  boulevard  Poissonnière.  —  Gutenberg 
50  70.  —    Les  me ments  de  séville.  —  Betty  et  ses 

Minier. mis.        Le  ménétrier   (Je    la    prairie.  —    Le  pendu 

dépendu.      Pa  fierté.      Le  scandale  de  Fatty  et  Picratt. 

-  Kn  supplément,  de  7  h.  1/2  à  8  b.  1/2,  excepté 
dimanches  el  fêles  :  Le  coup  d'encensoir. 

Omnia  Pathé.  —  .'>,  bouevard  Montmartre.  — 
Les  trois  mousquetaires,  4e  épisode.  —    Médor    chien 

sauveteur. Suppléments   facultatifs,  non  passés  le 

dimanche  :  Le  sept  de  irèlle,  8e  épisode.  -    La  Femme  X... 

Electric-Palace  5,  boulevard  des  Italiens.  — 
Cènes  et  ses  environs.  —  Peggy  l'enfant  terrible.  - 
La  tournée  Mirabelle,  London  et  C"-  —  En  supplément  : 
Le  sacrifice  de  Rio  Jim. 

3'  Arrondissement 

Pathé-Temple.  —  .Mednr  chien  sauveteur.  —  Les 
trois  mousquetaires,  4e  épisode.—  Bonheur  en  péril.  — 
Tailleur  pour  dûmes. 

Palais  des  Fêtes,  s,  rue  au\  Ours,  —  Arch.  37-38. 
—  Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Chàrlol  patine.  —  La 
Femme  X.  —  Les  trois  mousquetaires,  4''  épisode. 

S.i Ile  du  premier  étage.  —  Peppina.  —  Rose  de  Nice. — 
L'I  Irpheline,  4e  épisode. 

Saint -Marcel,  boulevard  Saint-Marcel.—  Pour  l'hu- 
manité- —  L'Orpheline,  !■■  épisode.—  Les  trois  mousque- 
taires, 3-  épisode. 

4'  Arrondissement 

Saint-Paul,  73,  rue  Saint-Antoioe.  —  A  travers 
les  glaces  de  l'Oerenund. —  Kntre  deux  races.  —  Le 
sept  de  Irèlle,  *•  épisode.  —  Chariot  paline.  —  Un 
mari  pour  un  dollar. 

5-  Arrondissement 

Mésange.  3,  rue  d'Arras.  —  Lui...  frère  du  Petit 
Croissant.  —  Les  trois  mousquetaires,  3-  épisode.  — 
Justice  d'abord.  —  Chariot  l'ait  u.ic  cure. 

Cinéma  Saint  Michel,  7,  p  ace  Saint-Michel.  - 
La  douloureuse  comédie.  —  Lui...  sur  des  roulettes. 
8e  Arrondissement 


[  THEATRE  du  COLÏSÉE  I 

■  m  ■ 

M    JS    JA    CINEMA    A    M    M 
38,  Av.   des   Champs=Élysées 

!       Direction  :  P.  MALLEVILLE  Tél.  :  ELYSÉE  29-46       ■ 

I    —     I 

De  Païenne  a  Sorrente,  plein  air. 

j  : 

Les  Caprices  de  la  bovlune,  comédie     S 
;  r 

avec  Charles  Rav. 

■  ■ 

: 

La  Femme  X... 

d'après  l'œuvre  d'Alexandre  Bisson 
interprétée  par  Pauline  Frederick. 


9e  Arrondissement 

Cinéma  Rochechouart,  00,  rue  de  Rochechouart. 
Fabrication  de  la  faïence.  —  chariot  fait  une  cure.  — 
L'Orpheline,  t"  épisode.  —  Les  quatre  diables. 

Delta-Palace,  17  bis,  boulevard  Rochechouart.  — 
lislty  est  revenue.  -  Le  sept  de  trèfle,  8e  épisode. 
-  Journée  d'hiver  au  Danemark.  —  Le  crampon.  — 
La  chanson  éternelle. 

10°  Arrondissement 

Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple.  —  L'homme 
inconnu.  —  Les  trois  mousquetaires,  l'épisode.  —  Le 
gosse. 


11e  Arrondissement 

Voltaire-Aubert-Palace,  o  i,  rue  de  la  Roquette. 

Le  paradis  perdu.       Les  l mis  mousquetaires,  i'  épisode. 

—  l'ue  affaire  de  chiens.  —  Le  Gosse. 

12'  Arrondissement 
Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Chariot   l'aime.  — 

—  L'Orpheline,  i-  épisode.  —  La  douloureuse  comédie.— 
Les  irois  mousquetaires,  4-  épisode. 

13'  Arrondissement 

Gobelins,  00  bis,  avenue  des  Gobelins.   —  Lui... 
frère  du  Petit  Croissant.  —    Les  trois    mousquetaires, 
3e  épisode.  —  Justice  d'abord.  —  Les  as  de  l'écran. 
14e  Arrondissement 

Gaîtè,  rue  de  la  Gaîlé. —  Lui...  frère  du  Petit 
Croissant.  —  Les  trois  mousquetaires,  3-  épisode.  — 
Justice  d'abord.  —  Les  as  de  l'écran. 

Splendide-Cinéma,  3,  rue  Larochelle.  —  L'enfant 
du  cirque.  —  La  douloureuse  comédie.  —  L'excitant 
élixir. 

Régina-Aubert-Palace,  15S,  rue  de  Rennes. — 
Le  pendu  dépendu.  -  Dureté  d'àme  —  Les  trois  mous- 
quetaires, 3"  épisode. 

Grenelle-Aubert-Palace,  I4t,  avenue  Emile- 
Zola  (30  et  42,  rue  du  Commerce).  —  Une  affaire  de 
chiens.  —  Les  trois  mousquetaires,  3"  épisode.  —  h". 
paradis  perdu.  —  Le  gosse. 

15'  Arrondisaement 

Grenelle,  12-,  rue  du  Théâtre.  —  Lui...  frère  du 
Petit  Croissant.  —  Les  trois  mousquetaires,  3e  épisode. 
Justice  d'abord.  —  Tailleur  pour  daines. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  1 15-U9,  rue  Lecourbe. 

—  Saxe  50-45.  —  Les  pertes  du  Rhône.  —  Les  trois 
mousquetaires,  3-  épisode.  —  Un  maii  pour  un  dollar.— 
L'Orpheline,  4-  épisode. 

16"  Arrondissement 

Mozart-Palace,  49,   51,  iue  d'Auteuil.   —  Pro 

gramme  du  vendredi  4  au  lundi  7  novembre.  —   Le  sept 

de   trèlle,  8e  épisode.  —  Chariot  patine.   —  La   maison 

vide.  —    Programme  du  mardi  8  au  jeudi  lu  novembre. 

—  La  fabrication  des  sabots.  —  Les  trois  mousquetaires, 
4e  épisode.  —  Le  pendu  dépendu. —  La  douloureuse 
comédie. 

Maillot-Palace,  74,  avenue  de  la  Grande-Armée. 

—  Programme  du  vendredi  4  au  lundi  7  novembre.  — 
La  fabrication  des  sabots.  —  Les  trois  mousquetaires. 
4°  épisode. —  Le  pendu  dépendu.  —  La  douloureuse 
comédie. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  -  Auteuil  15-40.— 
Les  aventures  de  Sherlok  Holmes,  3-  conte.  —  La 
Russie  Rouge.  —  Douglas  nouveau  d'Artagnan.  —  Le 
silence. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue  Mala- 
koll'.  —  La  main  invisible.  —  Le  scandale  de  Fally.  — 
L'orpheline,  3-  épisode.  —  Li  douloureuse  comédie. 
17'  Arrondissement 

Ternes-Cinéma,  :i,  avenue  des  Ternes.  —  Wagram 
02-lu.  —  Une  vieille  querelle.  —  L'Orpheline,  4-  épisode. 
La  femme  X... 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Demours.  —  Wagram 
77-66.  —  Le  sept  de  trèlle,  8"  épisode.  —  L'homme 
inconnu.  —  Le  gosse. 

Cinéma  Legendre,  12<j,  rue  Legendre.  —  Billy  se 
range  des  voitures.  —  L'Orpheline,  3'  épisode.  —  Le  sept 
de  Irèlle,  8-  épisode.  —  La  faim. 

Lutet.ia  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Les  trois 
mousquetaires,  i-  épisode.  —  La  femme  X... 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  —  San  Remo  et 
ses  environs.  —  Les  caprices  de  la  fortune.  —  La  cité  du 
silence.  —  L'Orpheline,  4-  épisode 

Villiers  Cinéma,  21,  rue  Legendre.  —  La  plus 
belle  route  des  Etats-Unis.  —  Un  mari  à  combinaisons. 

—  L'impossible  évasion.  —  L'Orpheline.  3-  épisode.—  Un 
teerrible  poltron. 

18e  Arrondissement 
Théâtre  Montmartre,  Cinéma  Music-Hall, 
place   Dancourt  el    rue   d'Orsel,  43.  —   Nord  49-24.  — 
Les    quatre    diables       -    Les    as    de    l'écran.    —   De 
Guebwiller  a  LautenbaCb.  —  L'Orpheline.  4"  épisode. 


Palais  Rochechouart,  50,  boulevard  Roche- 
chouart. -  Secrétaire  particulière.  —  Les  Dois  mousque- 
taires. 4-  épisode.  —  Le  Gosse. 

Le  Select,  s,  avenue  de  Clichy. —  Sa  nuit  de  noces. 

—  La  femme  X...  —  L'Orpheline,  i-  épisode. 
Marcadet-Cinéma-Palace,  no,  rue   Marcadet 

langle   me    du    Mont-Cenis  .  Marcadel    29-81.    — 

Peggy  l'enfant   terrible.   —   L'Orpheline,  4-  épisode.  — 
Les  trois  mousquetaires,  t"  épisode. 
Barbés-Palace,  3 l,  boulevard  Barbes.  Nord  35-68. 

—  La  femme  X  .. —  Les   Irois  mousquetaires,  i-  épisode. 

—  L'Orpheline,  i-  épisode. 


I   GAUMONT-PALACE 

■ 

l      a   0    \%  rue  Caulaincourt    0   0 

m 

m         

■  UN     SPECTACLE    SENSATIONNEL 

L'Œuvre  magistrale  du  célèbre  D.  W    GRIFF1TH 

I  LA  CHUTE  DE  BABYLONE 

Z      en  2  parties  et  120  tableaux-  5.000  figurants 

■  :    ■-     En  Première  Partie  :  i ..  . 

\  LE    MARCHÉ    D'ESCLAVES 

Z        Grand  intermède  vocal,  soli.  chœurs,  corps  de  ballet 
Paitition   nouvelle    de    Jean     NOUGUES 

j   M»*    NAPIERKOWSKA 

;     dans    la    Danse   de    l'Amour 

I       :-:      M.   Fernand  BAER,    de   l'Opéra      :-: 

Mlle  Marcelle   RAGON.de  l'Opéra-comiq. 

:-:  :-:    150  artistes  -   200  exécutants   :-:   :-: 

sous  la  direction  de  P.  FOSSE,  chef  d'orchestre 

j      En    première    partie  L' ORPHELINE 

;      0      p     4e  épisode   :   L'Intruse     0      0 


19e  Arrondissement 

Secrétan,  7  avenue  S errétan.  —  Médor  chien  sau- 
veteur. —  Les  trois  mousquetaires,  Ve  épisode.  — 
Bonheur  en  péril.  —  Tailleur  pour  dames. 

Le  Capitole,  place  de  la  Chapelle.  — L'Orpheline. 
4-  épisode. —  La  femme  X.  .  —  Les  trois  mousquetaires. 
4.  épisode. 

Belleville-Palace,  no.  boulevard  de  Belleville. — 
Les    trois   mousquetaires,    4-    épisode.   —   La  fugitive, 

—  L'Orpheline,  4-  épisode.— Chariot  patine. 
Féerique-Cinéma,    14G,    rue    de    Belleville.  — 

L'Orpheline,  i'  épisode.  —  four  l'humanité.  —  Les  trois 
mousquetaires,  v  épisode.  —  Le  pendu  dépendu. 
20e  Arrondissement 
Paradis  Aubert-Palace.   42,  tue  de  Belleville. 
Saturnin   ou    le  bon   allumeur.  —  Dureté  d'àme.  —  Les 
Irois  mousquetaires.  3'  épisode. 

Banlieue 

Clichy.  —    Médor   chien    sauveteur.    —    Les    trois 
mousquetaires.    4e   épisode.    --    Bonheur    en    péril.    - 
Le  pendu  dépendu. 

Levallois.  —  Un  fameux  notaire.  —  La  faim.  — 
Les  trois  mousquetaires,  2-  épisode.  —  Les  passants. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  —  Le  pendu  dé- 
pendu. —  La  fugitive.  —  L'Orpheline.  V  épisode.  — 
Liliane. 

Vanves.  —  Lui...  frère  du  Petit  Croissant.  —  Les 
trois  mousquetaires.  3-  épisode.  —  Justice  d'abord.  — 
Lharlol  l'ail  une  cure. 

Bagnolet.  —  Médor  chien  sauveteur.  Les  trois 
mousquetaires,  4«  épisude.  —  Bonheur  en  péril.  —  Le 
précieux  gibus. 

IVIontrouge.        A  travers  les  glaces  de  l'Oeresund. 

—  Le  sept  de  trèlle,  8'  épisode.  —  L'homme  inconnu.— 
Le  gosse. 


cinea 


UN       FILM       EXPRESSIONNISTE       : 

I  LE  CABINET  DU   ! 
DR   C  A  L  I  G  A  R  I   I 

■  * 

Les  journaux  américains  ont  voué 
des  éloges  dithyrambiques  à  cette 
nouvelle  réalisation.  Ils  se  sont  sans 
doute  laissé  charmé  par  le  caractère 
exotique  du  film,  par  tout  ce  qu'il  y 
a  de  fantastique  et  d'exentrique.  Car 
le  texte  pouvait  être  une  invention 
de  Edgar  Allan  Poë  ou  de  Stevenson. 
En  voici  les  grandes  lignes. 

Le  docteur  Sonnow,  directeur  d'un 
asile  d'aliénés  réussit  à  imiter  le 
célèbre  docteur  Caligari,  qui  vécut 
au  XIe  siècle  et  dont  on  raconte  qu'il 
savait  hypnotiser  les  somnambules 
à  tel  point;  qu'il  pouvait  leur  com- 
mander des  meurtres.  Il  a  trouvé 
une  créature,  Cesare,  qui  se  charge 
d'aller  tuer  quelques  individus  et 
d'enlever  une  jeune  fille.  Mais  à  son 
retour  Cesare  tombe  dans  un  ravin 
et  se  tue.  La  jeune  fille  le  dénonce. 
Or,  on  trouve  chez  le  docteur  Cali- 
gari une  poupée  qui  ressemblait  à 
Cesare,  et  c'est  lui  qu'on  enferme.  Il 
devient  fou  à  son  tour.  Et  la  chose  se 
termine  dans  un  chaos  général  :  chaos 
que  les  auteurs  ont  voulu,  en  laissant 
le  public  en  désarroi.  Qui  est  devenu 
fou:  l'auteur,  le  docteur  ou  le  public? 
C'est  ce  qu'on  ne  sait  plus. 


Les  MATINEES  de 

c    i   n    é   a 

LUNDI  14  NOVEMBRE  à  14  h.  30 

au  Théâtre   du  Colisée 

38,  Avenue  des  Champs-Elysées 

Téléphone    :      ELYSÉE    29-46 

MATINÉE     T>E     GALA 

au  profit  de  la 
Croix  =  Rouge    Espagnole 

* 

La  Vie  et  la  Mort 
d'EL  GALLITO 

le    plus  \grand   film    d'art 

tauromachique  avec  le  plus 

grand    torero    moderne. 

# 

El  CHIQUIIXO 

de  los  Quinteros 

Comédie  en  Un  acte 

interprétée  (en  espagnol)  par 

M"c  Jeanne  DESCLOS-GUITRY 

et  M.  ALCOVER 

* 

Le  CABINET  du 
Dr  CALIGARI 

le  fameux  essai  d'art  ciné- 
matographique donné  pour 
la    première    fois  à   Paris. 


PRIX     DES     PLACES  : 

Loges,  20  fr.  Orch.  10  fr.  Balcons  5fr. 


i* • ■■•■■ 


Ce  côté  exentrique  à  précisément 
été  souligné  par  les  artistes  qui  ont 
exécuté  le  film.  Les  journaux  améri- 
cains nomment  cette  façon  de  faire 
cubiste,  futuriste,  dadaïste,  ne  com- 
prenant aucune  de  ces  issues  à  fond, 
n'y  vo3rantquela  bizarrerie  des  pay- 
sages, l'irréalisme  des  personnages. 
En  réalité,  c'estdel'expressionnisme: 
grossir  les  choses  couper  l'inutile, 
fausser  la  perspective,  la  rendre  an- 
guleuse et  sans  équilibre;  somme 
toute  :  déformation  des  choses,  pour 
leur  donner  un  aspect  plus  artistique 
et  plus  conforme  au  sujet  qu'elles  re- 
présentent. 

Kf  Ce  film  n'a  pas  eu  autant  de  succès 
à  Berlin  même  qu'a  New-York.  Car 
en  Amérique  il  n'y  a  pas  de  succès  : 
il  n'y  a  que  des  triomphes  monstres, 
ou  des  «  fours»  complets.  Une  énorme 
réclame  s'est  'êchafaudée  et  le  direc- 
teur M.  L.  L.  Rothafel,  qui  a  eu  le 
courage  d'aller  contre  l'adage:  «  Pas 
de  films  étrangers  »,  fait  un  petit  bé- 
néfice de  quelques  millions. 

Je  ne  veux  pas  dire,  que  le  cabinet 
du  docteur  Caligari  soit  un  «  chef 
d'œuvre  du  septième  art»:  loin  de 
là.  Mais  c'est  un  commencement  de 
recherche  et  de  réalisation  ;  c'est  une 
nouvelle  volonté  qui  se  dégage  de  la 
niasse  inerte  des  industriels  sans 
scrupules,  et  comme  tel,  ce  film  aura 
sa  place  dans  l'histoire. 

Ivan  Goll 


cinea 


Eve  Francis  dans  El  DoraJo 


*±m 


ii 


!    Blancs  et   Noirs 

C'est  une  blonde  charmante  et  chère 
au  cœur  de  bien  des  habitués  de  l'écran 
par  .son  air  ingénu,  ses  yeux  mélan- 
coliques et  la  façon  parfaite  qu'elle 
a  de  porter  les  robes  des  grands 
couturiers. 

Dans  la  vie  la  blonde  enfant  a  un 
époux.  Il  est  blond  comme  elle,  avec 
comme  elle,  des  ondulations  dont  Jean 
Baptiste  soi-même  eut  été  jaloux. 

L'époux  ne  travaille  pas  —  lui  —  et 
la  fortune  imaginaire  qu'il  dépense 
pour  sa  femme  n'est  autre  que  celle 
des  habituels  «  commanditaires  »  de 
son  épouse.  Il  est  persuadé  d  ailleurs 
que  nul  ne  s'en  doute. 

Dernièrement  l'enfant  très  blonde 
tournait,  et  voyait  avec  angoisse 
l'horloge  du  studio  marquer  près  de 
<i  heures.  Elle  n'avait  point  caché  a 
ses  amies  qu'à  <>  heures  l'attendait  un 
des   principaux  «  commanditaires.  » 

Le  travail  ne  finissant  point.  Elle 
fut  demander  au  metteur  en  scène, 
sous  prétexte  d'indisposition,  l'auto- 
risation départir. 

Au  moment  de  quitter  le  théâtre, 
survint  le  mari  affolé  qui  :  «je  venais 
«  te  chercher,  ma  chérie,  j'ai  complè- 
«  tement  oublié  de  te  rappeler  qu'à 
«  6  heures  tu  as  une  affaire  impor- 
«  tante  ».  . 

Il  y  a  eu  des  sourires... 
• 

On  passait  —  la  semaine  dernière 
—  dans  un  cinéma  des  Champs-Ely- 
sées ce  documentaire  qui  fit  couler 
beaucoup  d'encre  et  même  un  peu  de 
sang:  La  Russie  Rouge  \ Rouge  pour- 
quoi mon  dieu  ?) 

La  direction  malgré  l'habituelle 
correction  de  ses  habitués  crut  de- 
voir faire  une  annonce  afin  d'éviter 
toute  manifestation.  Le  film  terminé 
quelques  personnes  crurent  bon  ce- 
pendant de  protester  contre  le  Bol- 
chevisme.  Lénine,  Trotsky,  etc.. 

Un  monsieur  surtout,  suant,  gras, 
et  congestionné,  y  mettait  une  belle 
ardeur...  comme  régnait  autour  de 
lui  un  calme  parfait,  il  s'en  prit  à  un 
jeune  homme  lequel  assis  devant  lui 
était  impassible  «  Monsieur,  c'est 
«  honteux  T  vous  devez  être  espa- 
«  gnol...  et  si  vous  aviez  fait  la 
«  guerre  »  ..  à  quoi  l'autre  placide  et 
souriant  :  «  Excusez-moi,  monsieur, 
c'est  applaudir  que  je  voudrais,  mais 
il  ne  me  reste  qu'un  bras,  le  second  je 
lai  laissé  au  «  Chemin  des  Dames  ». 

Du  danger  d'apostropher.  . 

André  L.  Daven. 


cinea 


a 


LE      GOSSE 


a 


Dans  l'art  de  Charlie  Chaplin,  ce 
que  l'on  saisit  tout  d'abord  ce  sont 
les  procédés  d'expression  qui  sont 
ceux  de  la  pantomime  anglaise,  por- 
tés à  leur  perfection  et  aidés  de 
toutes  les  facilités  supplémentaires 
que  donne  le  truquage  photographié. 
Dans    certains     tilms,     et     non     des 


moindres  (Chariot  patine.  Chariot 
noctambule)  il  n'y  a  guère  que  cela, 
et  c'est  déjà  fort  amusant. 

Peu  à  peu  on  s'aperçoit  que  ces 
procédés  servent  à  faire  vivre  pour 
nous  un  certain  personnage  très  réel, 
très  riche  en  sentiments  humains  où 
il  y  a  quelque  chose  de  Charlie  Cha- 
plin —  ou  plutôt  de  l'idée  que  Char- 
lie se  fait  de  lui-même  —  mais  où 
aussi,  comme  dans  toutes  les  grandes 
créations     artistiques,     chacun     re- 


trouve quelque  chose  de  soi  même  : 
ce  personnage,  si  vous  voulez  bien, 
nous  lui  réserverons  le  nom  de 
«  Chariot  ». 

A  qui  Chariot  s  apparente-t-il?  Son 
ancêtre  direct,  que  peut-être  lui- 
même  ignore,  serait  Panurge,  dont  il 
a  l'esprit  délié,  l'amoralisme  naïf,  la 
peur  naturelle   des   coups,    la   haine 


méprisante  envers  la  brutalité,  la 
souplesse  et  le  prompt  rétablisse- 
ment sous  les  atteintes  du  sort,  l'in- 
dustrie multiple  enfin  —  songeons  à 
tous  les  métiers  que  nous  l'avons  vu 
entreprendre!  Mais  c'est  un  Panurge 
qui  a  lu  Dickens  —  peut-être  même 
(frémissons:  Dostoïevski,  qui  a  com- 
pris ce  que  valent  la  bonté,  la  pitié, 
l'émotion.  Toutefois,  il  a  lu  aussi 
Bergson,  et  sait  que  les  sentiments 
véritables  ont  leur  siège  dans  la  vie 
subconsciente;  aussi  n'a-t-il  pas  la 
raideur  prédicante  des  personnages 
de  Griffith.  Sa  charité  n'est  pas  im- 
primée sur  un  écriteau;  elle  habite 
au  plus  profond  de  son  cœur,  y 
coexiste  avec  les  désirs,  les  égoïsmes, 
les  premiers  mouvements  plus  ou 
moins  douteux  (rappelez-vous  Char- 
lot  soulevant  la  grille  d  egout  pour  y 


/Si 


H^ 


%*S 


jeter  le  gosse  encombrant).  Enfin  il  a 
lu  Jules  de  Gaultier,  ou  tout  au  moins 
les  études  que  ce  grand  et  subtil  phi- 
losophe a  inspirées  à  Benjamin  de 
Cassères,  et  je  ne  connais  pas  meil- 
leure illustration  de  la  théorie  du 
Bovarysme,  meilleure  démonstra- 
tion de  l'écart  entre  ce  que  nous 
croyons  ou  voulons  être,  et  ce  que 
nous  sommes,  que  Chariot  soldat. 

Ainsi  conçu,  ce  personnage  —  ce 
Chariot  qu'il  est  absolument  essen- 
tuel  de  distinguer  de  Charlie  Cha- 
plin, son  père  spirituel  —  s'exprime 
par  une  langue  directe,  sans  figno- 
lages, sans  recherches  de  néolo- 
gismes,  simplement  en  employant  de 
manière  parfaite  les  instruments 
existants.  Les  gens  du  métier,  qui 
cherchent  ce  qu'ils  pourraient  imi- 
ter (il  n'y  a  rien  qui  s'imite  mieux 
que  les  néologisme»  expressifs  ; 
Claude  Debussy  hier,  Marcel  L'Her- 
bier   demain)    sont    presque    déçus; 


mais  le  public  rit,  comme  jamais  il 
n'avait  ri,  et  les  blasés  pour  qui  le 
spectacle  des  efforts  vers  le  plaisant 
est  en  général  une  souffrance,  rient 
aussi  de  ce  comique  à  la  fois  si  naïf 
et  si  savant,  si  préparé  et  si  naturel. 
Il  paraît  que   l'éditeur  français  de 


ce  film  l'a  payé  fort  cher,  et  Ion 
pourrait  supposer  que  c'est  parce 
qu'il  l'estime  beaucoup.  S'il  en  est 
ainsi,  comment  se  fait  il,  d'une  part 
qu'il  en  ait  coupé  un  cinquième  en- 
viron —  et  précisément  la  partie  qui 
a  eu  le  plus  de  succès   en  Amérique 


—  d  autre  part  qu'il  croyait  l'embellir 
en  y  introduisant  quelques-unes  des 
plaisanteries  les  plus  bêtes  qui  aient 
sali  un  écran?  Précisément  parce 
que  l'art  de  Charlie  Chaplin  procède 
de  la  pantomime,  il  comporte  un 
minimum  de  texte.  En  ajouter,  c  est 
imiter  cet  entrepreneur  de  spectacle 
qui  trouvait  que  Deburau  avait  bien 
du  talent,  mais  que  ce  serait  encore 
mieux  s'il  parlait. 

Lionel  Landry. 


Pauline  FREDERICK 
dans  La  Femme  X... 


Alexandre  Bisson,  qui  fut  célèbre 
comme  constructeur  de  vaudevilles, 
avait,  en  écrivant  un  drame,  La 
Femme  A'...,  développé  une  situation 
extrêmement  pathétique.  Les  éditions 
Erka  ont  présenté  un  film  inspiré  de 
cette  pièce,  qui  fera  couler  bien  des 
pleurs,  grâce, d'abord,  au  sujet  même, 
et  surtout  à  l'interprétation  de  Pau- 
line Frederick  dans  le  rôle  qui  fut 
joué  au  théâtre  par  Jane  Hading. 
Rappelons  que  la  jeune  femme  d'un 
substitut,  chassée  par  son  mari  pour 
une  faute  irraisonnée  se  laisse  emme- 
ner par  un  homme  qui  bientôt  meurt; 
la  misère  et  les  stupéfiants  l'entraî- 
nent très  bas;  enfin  elle  tue  un  nou- 
veau compagnon  pour  épargner  à 
son  propre  fils,  qu'elle  n'a  pas  revu, 
la  honte  de  se  connaître  une  telle 
mère.  Elle  veut,  pour  le  même  motif, 
ne  pas  dire  son  nom  et,  «  femme  X...  », 
ellepasseen  Cour  d'assises,  défendue 
par  son  enfant,  avocat,  qui  ne  se 
doute  pas  de  la  vérité  et  dont  elle 
apprend  l'identité  â  l'audience.  Tout 
cela,  vigoureux  et  vraisemblable  et, 
si  la  première  partie  du  film  permet 
â  l'attention  de  se  fixer  sur  d'insigni- 
fiants détails,  la  dernière  est  magis- 
tralement traitée.  Pauline  Frederick 
justifie  un  enthousiasme  pour  toute 
la  douleur  et  le  désespoir  qu'elle 
exprime  par  un  visage  d'une  élo- 
quente beauté.  Ses  partenaires  la 
secondent  avec  talent. 

La  mise  en  scène  a  du  pittoresque, 
surtout  aux  scènes  de  tribunal  avec 
le  jury,  le  public,  les  juges. 

Lucien  Wahl. 


cinea 


a      DERRIÈRE      L'ÉCRAN 


FRANCE  M 

Nos  confrères  annoncent  qu'Eve 
Francis  serait  la  protagoniste  fémi- 
nine de  Don  Juan.  Ajoutons  que,  des 
remaniements  ayant  sensiblement 
modifié  le  rôle,  la  créatrice  à.' El 
Dorado  a  crû  devoir  renoncer  à  col- 
laborer au  nouveau  film  de  Marcel 
L'Herbier. 

Nous  apprenons  que  M.  Robert  de 
Simone,  appelé  à  la  direction  de  l'In- 
ternational Film  Exchange,  impor- 
tante entreprise  d  exclusivités  de 
grands  films  internationaux  doit 
abandonner  la  direction  de  la  revue 
mensuelle  «Scénario »et  du  «Bulletin 
Hebdomadaire  ».  A  partir  du  mois  de 
novembre  prochain,  M.  Georges  Vel- 
loni,  le  jeune  journaliste  dont  les 
idées  en  matière  de  critique  sont  fort 
appréciées  dans  le  monde  cinémato- 
graphique, assumera  la  direction  des 
publications  «  Scénario  ». 

M.  de  Simone  ne  renonce  pas  pour 
cela  à  ses  qualités  d'auteur  et  d'écri- 
vain et  fera  toujours  paraître  de 
temps  en  temps  dans  la  presse  corpo- 
rative, ses  articles  si  documentés  et 
qui  suscitent  tant  de  polémiques  à 
l'étranger. 

• 

A  la  suite  de  la  note  de  M.  A.  F.  Rose, 
sur  Phroso  parue  dans  notre  dernier 
numéro, la  société  de  films  Mercanton 
nous  fait  remarquer  que  la  distribu- 
tion de  Phroso  comprend  :  une  Amé- 
ricaine, deux  Anglais,  un  Sicilien, 
une  Grecque  et  huit  Français  et  Fran- 
çaises. 

L'opérateur,  M.  Vladimir,  est  en 
effet  Russe  de  naissance.  Mais  il  habite 
la  France  depuis  plus  de  45  ans  ;  et 
son  seul  fils  a  été  tué  à  la  Guerre 
à  la  tète  de  sa  section  dans  le  régi- 
ment français  dont  il  faisait  partie, 
après  avoir  été  cité  plusieurs  fois  à 
l'ordre  de  sa  division. 

M.  Louis  Nalpas,  retour  d'Amé- 
rique avec  de  nombreux  projets 
d'expansion  française,  s'occupe  acti- 
vement des  éditions  de  La  lampe 
merveilleuse,  qui  vont  apporter  à 
l'art  du  cinéma  une  aide  précieuse 
et  ardente. 


Un  nouveau  quotidien  vient  de 
paraître  Le  Jour.  Il  est  dirigé  par 
M.  Deloncle,  avec  comme  secrétaires 
MM.  Paul  Langlois  et  Jean  Wisky. 

Sa  chronique  théâtrale  y  est  tenue 
par  notre  confrère  Pierre  Seize,  la 
chronique  littéraire  par  M.  Achille 
Richard  et  les  nouvelles  cinémato- 
graphiques seront  signées  William 
Cork  (ce  pseudonyme  cache  un  de 
nos  confrères  dont  la  franchise  pro- 
voqua bien  des  querelles). 
• 

La  distribution  de  Margot,  le  film 
de   Guy    du    Fresnay  est    complète. 
Mlle  Brown  ayant  été  engagée  pour 
y  tenir  un  des  principaux  rôles. 
• 

Quelques  jeunes  peintres  modernes 
vont  se  réunir  pour  s'occuper  d'affi- 
ches de  cinéma. 

Voilà  qui  est  bien,  nous  en  reparle- 
rons prochainement. 
• 

On  va  nous  donner  une  nouvelle 
édition  de  J'aeeuse,  de  M.  Abel 
Gance. 


AMERIQUE  M 

Quand  en  1919,  George  Fitzmaurice 
mit  en  scène  pour  Paramount  son 
premier  film  L'Avalanche,  interprété 
par  Elsie  Ferguson,  ce  fut,  dans  le 
monde  du  cinéma,  un  événement  sen- 
sationnel. Après  plusieurs  autres 
films  tout  aussi  sensationnels,  Fitz- 
maurice  mit  en  scène  plusieurs  pro- 
ductions avec  Maë  Murray  —  entre 
autres  Le  loup  de  dentelle  —  et  enfin 
Les  Egarés,  avec  la  danseuse  Doro- 
thy  Dickson. 

Le  succès  de  ces  productions  a  am- 
plement répondu  au  talent  de  l'ar- 
tiste qu'est  George  Fitzmaurice,  et  le 
public  sait  maintenant  qu'un  film 
dont  il  a  dirigé  la  production  est 
toujours  un  spectacle  d'une  rare 
qualité  tant  pour  les  yeux  que  pour 
le  cœur. 


Lorsque  George  Fitzmaurice  fut 
appelé  à  la  Paromount,  sa  femme 
Ouida  Bergère,  qui  s'était  déjà  fait 
un  nom  parmi  les  auteurs  de  scéna- 


0 


rios,    fut    également    sollicitée    par 

cotte  compagnie  pour  lui  apporter  sa 
collaboration.  Elle  a  écrit  la  plupart 
des  scénarios  des  films  mis  en  scène 
par  son  mari  et  dans  Les  Effarés 
elle  a  donné  toute  la  mesure  île  son 
talent. 

• 

D'après  l'opinion  de  Flo  Ziegfold, 
le  célèbre  Manager  américain,  Doro- 
thy  Dickson  est  une  des  danseuses 
les  plus  talentueuses  du  monde  en- 
tier. Elle  a  débuté  au  cinéma  pour 
Paramount  dans  Les  Egares,  et  bien 
qu'elle  eut  été  sollicitée  auparavant 
par  de  nombreuses  firmes  cinémato- 
graphiques, elle  avait  jusqu'ici  dé- 
cliné les  offres  qui  lui  avaient  été 
faites. 

Miss  Dickson  fit  ses  débuts  de  dan- 
seuse il  y  a  environ  cinq  années.  Elle 
interprétait  avec  son  mari,  Cari 
Hyson,  un  numéro  de  cabaret  qui 
eut  un  énorme  succès.  Le  directeur 
d'une  des  plus  grandes  scènes  de 
New- York  les  engagea  aussitôt  pour 
paraître  dans  Oh  Boij  !  Après  ce  dé- 
but au  théâtre,  Dorothy  Dickson  in- 
terpréta de  nombreux  et  brillants 
rôles.  Elle  remporta  un  véritable 
triomphe  dans  Lassie  où  elle  chan- 
tait et  jouait  pour  la  première  fois. 

• 

Paul  Iribe,  le  dessinateur  et  déco- 
rateur parisien  dont  la  réputation 
est  depuis  longtemps  établie  en 
France,  a  été  spécialement  attaché  à 
la  Paramount  pour  tout  ce  qui  con- 
cerne la  décoration  des  intérieurs,  le 
choix  des  toilettes,  le  dessin  des 
bijoux,  etc. 

Paul  Iribe  qui,  durant  ces  dernières 
années,  a  été  un  des  novateurs  du 
mouvement  qui  s'est  développé  en 
Fradce  pour  la  création  du  style 
moderne,  est  fort  apprécié  en  Amé- 
rique et  son  entrée  dans  le  monde 
cinématographique  dont  nous  de- 
vons nous  réjouir,  a  été  un  événe- 
ment des  plus  heureux  pour  l'Art 
Français  tout  particulièrement. 

Les  films  à  la  production  desquels 
Paul  Iribe  a  collaboré  sont  empreints 
du  plus  pur  chic  parisien,  que  l'on 
reconnaît  dans  la  décoration  des  in- 
térieurs et  dans  tous  les  plus  petits 
détails  d'élégance. 

Ainsi,  dans  Les  Egarés,  certaines 
scènes  sont  de  véritables  chefs- 
d'œuvre  de  décoration  et  charmeront 
les  spectateurs.  Le  boudoir  de  Bar- 
bara Wyndham  (Dorothy  Dickson), 
le  salon  intime,  le  grand  escalier  et 
le  décor  de   cabaret  sont    tous   em- 


preints   du    talent    bien    caractéris- 
tique de  Paul  Iribe. 
• 

Houdini,  un  des  hommes  les  plus 
populaires  du  monde,  débuta  dans  la 
vie  comme  serrurier.  Il  sut  bientôt 
forcer  toutes  les  serrures  !  Et  il  lui 
vint  à  l'idée  de  montrer  au  théâtre 
ces  qualités  extraordinaires.  Ses  dé- 
buts eurent  lieu  au  cours  d'une  tour- 
née, où,  dans  un  numéro  spécial,  il 
se  délivrait  des  menottes  qu'on  lui 
avait  mises.  Mais  ce  n'était  là  qu'un 
des  moindres  tours  de  force  qu'il 
était  capable  de  réaliser,  comme 
l'avenir  le  prouva. 

On  lui  mit  les  menottes,  on  l'atta- 
cha, on  le  jeta  du  haut  du  pont  de 
Brooklyn  enfermé  dans  un  coffre-fort 
et,  en  une  minute,  délivré  de  toute 
entrave.il  était  libéré  T 

Ensuite,  devant  un  public  innom- 
brable, il  se  délivra  d'une  camisole  de 
force,  alors  qu'il  était  suspendu  par 
les  pieds,  la  tète  en  bas,  à  une  des 
plus  hautes  constructions  de  New- 
York. 

Il  s'est  échappé  de  toutes  les  pri- 
sons célèbres  du  monde,  parmi  les- 
quelles la  Tour  de  Londres  et  la  Con- 
ciergerie, à  Paris.  Il  n'a  jamais  été 
vaincu.  11  accepte  tous  les  défis  et  il 
permet  à  quiconque  d'essayer  de  l'at- 
tacher, de  le  clouer  dans  une  caisse, 
etc.,  etc.  Il  s'échappe  toujours. 

Dans  Un  reportage  tragique,  Hou- 
dini exécute  à  peu  près  tous  les  tours 
qui  l'ont  rendu  célèbre.  Il  y  ajoute 
des  scènes  d'aéroplane  qui  passion- 
neront le  public,  car  elles  sont  mer- 
veilleuses. 

• 

La  Tulipe  Noire,  de  Dumas,  pro- 
duction Granger  des  Studios  de  Haar- 
lem,  a  été  présentée  au  Shaftesbury 
Pavilion. 

• 

Pauline  Johnson,  l'héroïne  de  Blan- 
chette,  de  Brieux,  paraît  actuelle- 
ment avec  Violet  Hopson,  dans  la 
version  cinématographique  de  The 
Imperfect  Lover  (L'Amant  Impar- 
fait). 

ANGLETERRE  M 

Comment  fut  trahi  Kitehener  est 
le  titre  d'un  nouveau  film  que  Percy 
Nash  termine  pour  Screen  Plays  et 
qui  sera  présenté  fin  septembre.  On 
dit  que  le  drame  est  du  plus  grand 
intérêt ,  suscité  par  certains  docu- 
ments communiqués  par  M.  Bottow- 
ley,  député,  et  directeur  du  journal 
John  Bull. 


cinéa 

La  Compagnie  Master  Film  est  à 
présent  engagée  dans  la  production 
d'une  série  de  films  originaux,  qui 
seront  une  mise  à  l'écran  des  plus 
populaires  chansons  anglaises  (en 
un  réel).  Tout  serait  mis  en  œuvre 
pour  donner  à  ces  réalisations  un 
attrait  artistique  bien  distinct.  La 
figuration  dans  le  Eorgeron  de  vil- 
lage comprendrait  250  personnes. 
Voici  qui  nous  remet  en  mémoire  les 
beaux  temps  du  chronophone.  Ceci 
nous  rajeunit,  n'est-ce  pas  ? 

• 
f  M.  Harold  Shaw,  le  metteur  en 
scène  anglais  réputé  qui  vient  de 
quitter  la  Stoll,  prendrait  sous  peu, 
dit-on,  figure  de  directeur.  Ce  qui  ne 
l'empêchera  pas,  bien  entendu,  de 
conserver  son  mégaphone.  Il  aurait 
traité  avec  une  importante  maison 
britannique,  pour  laquelle  il  réalise- 
rait auparavant  une  super-produc- 
tion. 

• 

M.  A.  C.    Berman  confirme  que  les 
United    Artists   viennent   de    traiter 
avec  Nazimova  pour  la  distribution 
des  films  de  cette  étoile. 
• 

J'apprends  de  bonne  source  que! 
Kilner's  Exclusives  s'est  assuré  les 
droits  du  Lgs  de  la  vie.  Ce  film 
viendra  on  ne  peut  plus  à  son  heure 
Christmas  prochain . 
• 

John  Barrymore,  qui  fut  le  prota- 
goniste remarqué  du  Docteur  Jekill 
and  Mr  Hgde  est  à  présent  à  Londres. 
Son  intention  est  de  s'adonner  à  la 
production  de  films,  dont  le  premier 
serait  une  nouvelle  version  des  Aven- 
tures de  Sherlock  Holmes. 
• 

Mr  C.  Hepworth  et  Miss  Aima  Tay- 
lor  d'une  part,  d'autre  part  Mr  G. 
Newall  ont  quitté  l'Angleterre  à  des- 
tination de  l'Amérique.  Leur  but  (ne 
lavez-vous  pas  déjà  deviné)  :  étudier 
les  conditions  du  marché  d  outre- 
atlantique, se  rendre  compte  du  goût 
et  de  la  demande  du  public  améri- 
cain, afin  de  le  satisfaire  à  coup  sûr. 

Homme  de  précaution,  Mr  G.  Ne- 
wall a  emporté  dans  sa  valise  «  Le 
Bigamiste  ».   Un  tiens  —  celui-ci   — 
vaudra-t-il  mieux  que  deux  tu  l'auras. 
• 

The  Idle  Class  (La  classe  oisive), 
le  dernier  film  de  Charles  Chaplin 
vient  d'être  présenté  par  le  F.  B.  O. 
à  l'Alhambra.  Grosse  affluenee.  Evi- 


cinéa 


dominent  j'ai  ri.  Nous  avons  tous  ri, 
chacun  avec  plus  ou  moins  d'à-pro- 
pos.  Chariot,  notre  Chariot,  reste 
inénarrable.  Irai-je  vous  le  raconter. 
Voici  le  thème  :  Chariot  vagabond, 
en  villégiature,  entre  dans  un  palace 
ou  Chariot  gentleman  et  sa  femme 
(Edna  Purviance)  résident.  Bal  mas- 
qué. Chariot  vagabond,  victime  du 
sort,  devient  par  obligation  le  flirt 
hélas,  momentané.  Idylle  brève,  de 
quoi  illuminer  toute  sa  vie  de  paria. 
Le  mari  légal,  cependant,  fait  recon- 
naître ses  droits.  La  fête  est  finie... 
Meurtri  —  les  hommes  compren- 
dront-ils jamais  son  cœur  naïf,  avide 
et  douloureux  —  il  repart  à  la  con- 
quête d'un  bonheur  inaccessible,  tou- 
jours fier,  glorieux  quand  même... 
Poor  CharlieT 

The  Idle  Class,  bien  que  Chariot  y 
soit  impayable,  par  moments,  vaut-il 
les  50.000  livres,  valeur  marchande 
en  Angleterre,  telle  que  les  direc- 
teurs de  F.  B  O.  l'ont  calculée.  Le 
public  anglais,  sans  doute,  ratifiera 
leur  estimation...  oui,  mais  50.000  li- 
vres. Le  film  est  court  (il  dure  une 
demi-heure).  Le  plus  court,  il  n  est 
pas,  à  mon  avis,  le  meilleur.  Après 
tout,  je  dois  être  encore  sous  l'im- 
pression d'un  désir  trop  exigeant. 
Je  ne  manquerai  pas  d'aller  le  revoir 
le  7  novembre.  C'est  là  une  grâce  que 
je  vous  souhaite  également. 

A.  F.  Rose. 


Il 


LES     PRÉSENTA  TIONS 


Cinéa 


Directeur  :  Louis  Delluc. 

Administrateur  :  René  Delluc. 

Secrétariat  Général  :  Jean  de  Rovera. 

Secrétaire  de  la  Rédaction  :  André  Daven . 

Critique  :  Lionel  Landry,  Lucien  Wahl . 

Spectacles  :  Eve  Francis  et  Raymond 
Payelle. 

Rédaction  :  Chahapine,  Charles  Chaplin, 
Louise  Fazenda,  Pierre  Seize,  Jean 
Cocteau,  Henri  Roussell,  Louis  Nalpas, 
J.  de  Baroncelli,  Léon  Poirier,  Marcel 
Levesque,  Jean  Epstein,  Léon  Mous- 
sinac,  Léonid  Valter,  Modot,  Colette, 
Marcel  L'Herbier,  René  Bizet,  Roger 
Karl,  Charles  Dulhn,  Barry,  Ivan 
Goll,  etc. 

Etranger  :  A.  F.  Rose  (Londres),  I.  di  Falco 
(Rome),  J.  A.  Kalmer  (Vienne). 

Desuns  de  Bécan,  Einar  Nerman,  Don, 
Musidora,   Hayes,  Cappiello,  etc. 

Publicité  :  Jean  de  Rovera  (  Publicité  ciné- 
matographique), André  Daven,  Del- 
puelch  (Publicité  commerciale). 


Le  moulin  en  feu. 

La  femme  du  meunier  sent  qu'elle 
va  mourir.  Elle  est  jeune  encore,  elle 
laisse  un  petit  garçon.  Elle  dit  à  son 
mari  :  «  Tu  pourras  épouser  la  sœur 
du  forestier  qui  aime  bien  l'enfant.  » 
Alors  elle  meurt.  Mitis  une  domes- 
tique du  moulin,  sœur  d'un  vilain 
braconnier,  espère  se  marier  avec 
lui.  Elle  parviendra  aux  fiançailles 
grâce  à  des  tactiques  savantes.  Heu- 
reuse alors,  elle  ira,  en  haut  du  mou- 
lin, embrasser  le  valet.  Il  y  a  d'autres 
choses  auparavant,  que  vous  verrez 
et  qui  sont  de  justes  et  prenants  dé- 
tails. Le  meunier  fait  tomber  une 
poutre  sur  le  couple,  ainsi  tué.  Et  le 
sang  coule  à  travers  le  plancher  et  le 
petit  chat  blanc  regarde  d'où  vient 
ce  sang.  Plus  tard,  le  meunier  se 
marie,  c'est  ce  jour-là  qu'il  court  au 
moulin  qui,  pendant  un  orage,  prend 
feu,  il  croit  voir  le  couple  ressuscité 
et  il  meurt  emportant  son  secret. 
Voilà  le  Moulin  en  feu,  joué  merveil- 
leusement par  la  troupe  de  laSvenska 
avec  Anders  de  Wahl  en  tête,  mis  en 
scène  avec  une  vraisemblance  d'ar- 
tiste par  John  W.  Brunius.  Cette 
œuvre  est  tirée  d'un  roman  de  Charles 
Gjellerup. 

• 
Vers  le  bonheur. 

Les  Suédois  jouent  et  mettent  en 
scène  la  comédie  bourgeoise  dite 
mondaine  — avec  autant  de  caractère 
que  le  fdm  rustique  ou  légendaire.  On 
reverra  Karin  Molander,  Lars  H  an- 
son,  Anders  de  Wahl  en  élégants  et 
l'on  admirera  le  jeu  varié,  personnel, 
extrêmement  intelligent  de  ToraTèje 
dans  le  rôle  d'une  jeune  femme  mariée 
avec  un  savant  à  qui  elle  déclare  un 
jour  —  pour  avoir  été  dénoncée:  «  Je 
vous  ai  trompé,  nous  allons  divorcer, 
je  ne  me  plais  pas  chez  vous,  je  m'en 
vais.  »  Le  mot  pouvait  être  d'une 
héroïne  ibsénienne,  ce  qui  le  précède 
et  le  suit  est  plus  léger.  La  réalisation 
due  à  M.  Stiller  est  parfaite.  Le  sujet 
est  un  peu  théâtral. 
• 
Perez  le  cruel. 

Dans  une  colonie  portugaise,  Perez, 
le  commerçant  et  juge,  exerce  un 
despotisme  et,  pour  truster  les  soies, 
condamne  un   indigène,  son   concur- 


rent, qui  pouvait  être  sauve  par  un 
Américain.  Perez  envoie  sa  femme 
chez  celui-ci  afin  de  se  faire  restituer 
un  papier  compromettant.  Cette 
femme  est  douce, belle, esclave  de  son 
mari  et  aime  l'Américain  qui  n'abuse 
point  d'elle.  Une  révolte  des  habi- 
tants punit  le  lâche,  et  de  la  joie 
vient  à  ceux  qui  s'aiment.  Olga  Pe- 
trova  joue  avec  talent  ce  film  artifi- 
ciel. 

• 

Vers  la  lumière. 

.Mise  en  scène  à  la  russe,  interpré- 
tation russe  ;  on  pourrait  comparer 
ce  film  à  un  livre  luxueusement  édité; 
mais  rédigé  par  un  écrivain  froid. 
Pourtant  c'est  une  jolie  histoire  que 
celle  d'une  jeune  fille  cloîtrée  à  la 
veille  de  prononcer  ses  vœux  et  qui, 
enlevée  par  un  peintre,  est  déçue  par 
la  vie  du  monde  et  la  fuit  pour  re- 
tourner au  couvent.  Même  lorsqu'elle 
est  mêlée  aux  choses  extérieures,  elle 
s'en  échappe  pour  prier  dans  son 
oratoire.  Ainsi  nous  assistons  à  un 
isolement  pieux,  qui  a  de  la  ligne. 

• 
Le  Loup  de  dentelle. 

C'est  celui  dont,  chaque  soir,  se 
masque  la  femme  d'un  architecte 
new-yorkais,  principal  attrait  d  un 
dancing,  propriété  d'un  viveur  qui  la 
courtise.  C'est  seulement  à  la  fin  de 
l'histoire  que  cette  petite  personne 
déconcertante  venue  de  Russie  et  qui 
s'appelle  Sonia  (actuellement)  se  ré- 
vèle professionnelle  chorégraphe. 
Une  intrigue  trop  longuement  déve- 
loppée, qui  se  termine  par  un  drame 
bien  amené,  a  été  mise  à  l'écran  avec 
du  goût  et  de  l'opulence;  un  départ 
dans  la  nuit  où  la  misère  s'étale  re- 
présentée par  trois  êtres  sur  un  banc 
est  de  la  meilleure  veine. 

Et  Maë  Murray.qui  danse  toujours 
avec  une  grâce  très  music-hall,  n'a 
peut-être  pas  ici  le  rôle  qui  nécessite 
sans  cesse  des  attitudes  et  des  expres- 
sions poussées. 

• 
Teddy  dans  le  monde 

Un  jeune  ménage  trop  expansif 
dans  leur  affection  mutuelle  pour 
ne  pas  faire  sourire  les  gens  du  monde 
qui  les  reçoivent  finissent,  sur  les 
conseils  d'autrui,  par  flirter  ailleurs, 


12 


mai»  d'assez  mauvaise  grâce,  —  d'où 
quelques  mésaventures  dont  plu- 
sieurs seraient  amusantes  ou  jolies 
si  le  film  était  sensiblement  plus 
court. 

• 
Satan 

Du  réalisme  fantastique  :  un  cul-de- 
jatte  doté  d'appareils  suffisants  pour 
qu'il  puisse  marcher,  mais  pénible- 
ment, n'oubliez  pas  que  son  amputa- 
tion est  due  à  une  erreur  de  chirur- 
gien. Il  prépare  une  vengeance, même 
une  révolution.  L'outrance  d'une  par- 
tie de  ce  film  est  mitigée  par  des 
scènes  curieusement  imaginées  et 
rehaussées  par  celle  où  le  héros, 
bandit  mégalomane,  pardonna  la 
trahison  de  la  policière  qui  l'épie, 
parce  que  celle-ci  est  amie  de  ses 
hymnes  improvisés  à  l'orgue.  On 
vous  dira  peut-être  que  ce  film  est 
abracadabrant,  il  est  intéressant  et 
attire  des  discussions.  C'est  énorme, 
cela. 

• 
Marie  chez  les  loups. 

Admettons  le  postulat  mélodrama- 
tique, prétexte  à  prouver  l'habileté, 
le  courage  aussi  de  Mme  Berthe  Dag 
mar.  Une  fuite  malaisée  devant  des 
loups,  un  corps  à  corps  avec  un  ours 
ne  manquent  pas  d'allure.  Et  la  neige 
est  un  interprète  magnifique.  Dans 
le  mot  «  neige  »  il  y  a  les  mêmes 
lettres  que  dans  «  génie  ».  Pardonnez 
cette  constatation. 

• 
Prise  a. 

Beau  sujet  de  poème  narratif  que 
l'exposition  des  conséquences  d'une 
coutume  observée  dans  un  village 
montagnard.  Si  l'on  s'imagine  dans 
un  coin  d'aujourd'hui,  on  s'étonne, 
mais  il  semble  plutôt  que  l'action  ait 
une  apparence  de  légende.  Il  y  a  une 
belle  photographie  de  chemin  mon- 
tant en  spirales,  une  tragédie  tumul- 
tueuse à  la  fin  et  une  interprétation 
bonne  avec  MM.  Georges  Lannes, 
Constant  Rémy,  Schutz  et  Mlle  Ra- 
chel  Devirys  qui  a  le  bon  goût  de 
s'épargner  des  ondulations  et  des 
teintures  reluisantes. 

• 
Le  Démon 

La  fille  d'un  banquier  qui,  par  phi- 
lanthropie, console  des  prisonniers  de 
droit  commun,  est  un  jour  blessée 
sur  un  terrain  de  jeux:  commotion, 
démence.  Elle  se  croit  un  bandit.  Soi- 
gnée chez  elle,  elle  s'évade  et  vole. 
Reprise,  elle  s'enfuit  vêtue  en  homme 
et,  laissée  libre  par  ordre  d'un  alié- 


niste  célèbre  qui  se  déguise  en  voyou 
pour  devenir  le  complice  apparent 
de  sa  malade,  elle  avoue  son  sexe,  a 
le  cerveau  ébranlé  en  voyant  le  faux 
cambrioleur  en  danger,  car  elle 
l'aime.  Guérison,  mariage  avec  le 
thérapeute.  Ce  cas  d'aliénation  men- 
tale est  observé  avec  détails  dignes 
d'une  thèse  de  psychiatre,  mais  non 
d'un  film,  d'ailleurs  trop  long.  Elsie 
Janis,  qui  joue  le  rôle  de  la  folle,  est 
aussi  l'auteur,  avec  Ed.  Joulding,  du 
roman  qui  a  inspiré  ce  film.  Elle  a 
mérité  du  succès  quand  elle  est  venue 
à  1  Apollo. 

• 

La  bague  tragique. 

Encore  un  film  qui  joue  avec  l'oc- 
culte et  de  façon  décousue.  Comme 
une  divette  est  endormie  pour  une 
opération  à  la  gorge,  elle  se  voit  en 
rêve  il  y  a  quelques  siècles  esclave 
d'un  grand-prêtre  et  mourant  empoi- 
sonnée Les  figures  de  ses  partenaires 
de  jadis  lui  ont  réapparu  dans  le 
moderne.  Encore  poison?  Non,  ma- 
riage, bonheur,  plaisir  (pour  eux). 

• 
L'Etrange  aventure  du  Doc- 
teur Works. 

Troisième  histoire  incohérente  pré- 
sentée lemême'jour. Le  sujet'cettefois 
est  dramatique, au  point  de  vue  théâ- 
tre. Au  cinéma,  l'aventure  de  ce  doc- 
teur qui,  pour  se  sauver  avec  celle 
qu'il  aime,  abandonne,  morte  ou  près 
de  mourir, sa  femme,  puis  qui  revient 
avec  son  amie  à  son  domicile  où  des 
scènes  de  terreur  lente  se  suivent,  où 
cette  amie  tombe  blessée  de  la  même 
façon  que  l'épouse  et  meurt,  ne  fait 
naître  nulle  angoisse.  Sachez  que 
Works  lui-même,  interné  dans  une 
maison  de  santé  et  se  portant  mieux 
qu'après  le  second  drame  dont  il  a 
été  le  témoin,  tombe  à  son  tour  et  sa 
blessure  est  la  même,  au  même  en- 
droit, que  celles  des  deux  femmes.  Et 
j'ai  oublié  de  noter  des  hallucina- 
tions...  Drame    noir   dans  plusieurs 

sens. 

• 

L'homme    qui    a     vendu    son 
cerveau. 

Et  le  même  jour  encore  nous 
voyions  un  épisode  de  ciné-roman 
dans  lequel  un  chirurgien  va  opérer 
de  force  un  homme  qu'il  a  fait  ren- 
fermer, pour  examiner  son  cerveau! 

• 
La  Flamme  du  pompier. 

Par  bonheur.ee  film  est  venu  nous 
égayer.  Il  n'y  a  pas  à  conter  une 
telle  folie  qui  force  au  rire  avec  des 


cinea 

inventions  comme  le  personnage  ver- 
sant des  larmes  en  cascade,  des  équi- 
libres grotesques,  une  utilisation  très 
drôle  du  ralentisseur  et  de  jolies  bai- 
gneuses. 

• 
La  Fournaise. 

La  fournaise,  c'est  le  monde,  le 
grand  celui  de  l'élégance  protocolaire 
et  de  l'uniforme  ci  vil  obligatoire  pour 
les  hommes  à  partir  de  vingt  heures. 
Nelly,  commère  de  revue,  y  entre  en 
épousant  un  riche  propriétaire  (ce 
n'est  pas  absolument  un  pléonasme). 
Malentendu  conjugal  qui  s'affirme  â 
travers  les  fêtes  luxueuses,  monte- 
carlistes  et  londoniennes.  Beaucoup 
de  talent,  d'argent,  de  travail  dépen- 
sés pour  cette  longue  histoire.  Cette 
trouvaille  :  une  jeune  fille  croyant  â 
tort,  à  la  trahison  de  son  fiancé,  lui 
signifie  son  congé  ;  il  part,  elle  san- 
glote tandis  que  son  chien  lui  lèche 
la  main,  elle  se  cache  la  tête,  le  fiancé 
revient  qui  lui  baise  la  main,  elle  lui 
caresse  la  nuque,  pensant  à  son  chien, 
elle  lève  la  tête,  s  étonne,  ravie,  et 
se  jette  dans  les  bras  du  monsieur. 

• 
Un  drame  d'amour. 

A  la  courd'assises.laparole  revient 
au  malade  atteint  d'aphaxie  qui  libère 
ainsi  son  frère  accusé  d'avoir  voulu 
le  tuer  et  permet  le  châtiment  du 
traître  qui  avait  machiné  une  intri- 
gue abominable  (trémolo).  La  dame, 
que  les  deux  frères  aimaient,  épouse 
celui  qui  avait  été  accusé  de  tentative 
d'assassinat  Suzy  Prim  a  une  coif- 
fure qui  lui  messied.  Le  film  est  doté 
de  longs  dialogues.  Il  a  tort. 

Le  Colonel  de  Kentuchy. 

Le  roman  de  l'amitié  qui  risque 
d'être  brisée  par  la  faute  d'un  vilain 
homme.  Deux  anciens  combattants 
de  la  guerre  de  Sécession  en  sont  les 
héros  sympathiques. 

• 
Le  Foyer  désert. 

Elle  veut  bien  se  marier  avec  son 
ami  d'enfance  à  condition  de  n'être 
que  sa  camarade  :  elle  a  peur  de  mou- 
rir en  a3-ant  un  enfant.  Triste  vie, 
séparation,  regrets,  dangers:  deux 
enfants  naîtront.  Film  de  propagande 
en  faveur   de   la  repopulation,   sans 

doute. 

• 
La  Fumée  de  la  mort. 

Vol  de  bijoux,  détective,  scélérate, 
assassinat  vengé,  mariage  de  char- 
mants jeunes  gens.  Pas  mal,  le  train 
qui  déraille  dans  la  nuit. 

Lucien  W.vhl. 


ciii1 


ptf 


cinea 


13 


Les  Interprêtes  du  Cinéma  Français 

(Suite    aux    numéros    18,    19    et    21    de    "  Cinéa  ") 


M         M 


M         M 


BISCOT 

D'abord  comique  des  cafés  concert  il  fait  la  con- 
quête des  faubourgs.  En  1904,  Bobino  music-hall  le 
voit  débuter  avec  ses  premières  chansons.  Puis  l'Eu- 
ropéen et  l'Etoile-Palace  l'applaudissent. 

Bientôt  c'est  le  boulevard  avec  :  L'Olympia,  les 
Ambassadeurs,  les  Folies-Bergères  où  il  joue  plusieurs 
revues;  La  revue  galante.  Jusqu'au  bout,  etc. 

La  tournée  Mathonnet  l'emmène  en  Belgique,  où 
1  a  de  grands  succès,   particulièrement  à  Liège. 

Il  tourne  son  premier  film  avec  Dranem,  s  essaie 
dans  quelques  chansons  filmées,  mais  c'est  aux  Eta- 
blissements Gaumont  que  Louis  Feuillade  devait  lui 
permettre  de  donner  sa  mesure  avec  le  rôle  de  Placide 
dans  Tih  Minh.  Ceux  de  Biscotin  dans  Qjarrobas, 
Chambertin  dans  les  Deux  Gamines  et  Némorin  dans 
L'Orpheline,  consacrent  ses  qualités  joyeuses. 
• 
GINA   RELLY 

Née  à  Paris  le  25  décembre  1897,  d'un  père 
peintre  et  d'une  mère  musicienne. 

A  l'âge  ou  l'on  peut  commencer  à  chanter  se 
destina  à  l'opérette .  Fut  demandée  un  jour  par  Tré- 
ville  pour  un  petit  rôle  dans  un  de  ses  films  et  comme 
elle  était  photogénique  réussit  quelques  beaux  pre- 
miers plans  qui  lui  valurent  un  autre  engagement. 
Elle  ne  s'arrêta  plus  de  tourner.  Tiocument  secret, 
avec  Navarre,  puis  La  Chimère  avec  Lehmann, 
LesFemmes  collantes  avec  Monca,  Nine,  pour  Osso, 
La  'Dette,  avec  J.  Roudès  pour  Harry,  Est  enga- 
e  par  la  Fox-Film  qui  l'emmène  en  Amérique 
tourner  cC7ie  face  at  \>our  windoï».  A  son  retour  est 
engagée  par  René  Lepnnce  pour  tourner  le  rôle  de 
Silvette  dans  L'En  pereur  des  'Pauvres,  et  tourne 
actuellement  Le  sang  des  Finoël,  de  Theunet  pour 
Pathé-Consortium. 


SILVIO  DE  PEDRELLI 

Venu  de  Constantinople  à  Paris  en  1 909  pour 
y  faire  des  études  de  droit,  ce  n  est  qu  en  décem- 
916  qu'il  se  décidait  à  aborder  le  théâtre  et 
presque  en  même  temps  le  cinématographe.  Débute 
au  théâtre  des  Arts.  Berthe  Bady  était  alors  direc- 
trice, dans  La  Frontière  de  Lucio  d'Ambra. 

En  1917,  joue  aux  Variétés  où  il  avait  traduit, 
Dolly  de  Lorenzo  Buggi  que  M.  Max  Dearly  voulut 
bien  recevoir.  A  cette  époque  là,  Mme  Dulac  lui 
offrit  alors  un  rôle  important  dans  son  plus  jLmes  de 
Fous,  auprès  d'Eve  Francis.  A  tourné  depuis,  le 
prince  Mourad  dans  La  Sultane  de  l'Amour  de 
Louis  Nalpas  et  Franz  Toussaint  avec  M.  Le  Somp- 
tier  comme  metteur  en  scène.  Puis,  le  rôle  de  Tris- 
tan dans  Tristan  et  Yseult  aux  côtés  d'Andrée 
Lionel. 

Ensuite  Ramoun  du  Destin  Rouge,  de  Franz 
Toussaint  pour  la  maison  Jupiter,  puis  Eugène  de 
Rastignac  du  Père  Goriot  au  Film  d'Artavec  M.  de 
Baroncelli  aux  côtés  de  Signoret.  Enfin  crée 
L'Etranger  des  Amants  'Puérils,  de  M.  F.  Crom- 
melynk  avec  Berthe  Bady,  à  la  Comédie  Montaigne. 

Adresse:  38,  rue  Juliette  Lambert. 


KMMY  LYNN 

qui  tourne  le  rôle  principal  de  Vérité,  le  nouveau  film  de  Henri  Roussell, 

réalisateur  de  Visages  voiles,  âmes  closes. 


SUZIE  PRIM 

Ses  principaux  films  : 
Haine,  de  Georges  Lacroix. 
Passionnément,  de  Georges  Lacroix. 
Reine-Lumière,   ciné-roman  filmé  par  René  Na- 
varre. 


GEORGES   LANNES 

Né  à  Paris  le  27  octobre  1894. 
Etudes  d'ingénieur  électricien  interrompues  par  la 
guerre    1914    1919. 

Ses  Films  : 

Papillons,  avec  Mathot. 
Le  droit  de  tuer,  avec  Christiane  Vernon. 
L'Holocauste,  avec  Christiane  Vernon  et  Delvé. 
Le  Lys  rouge,  avec  Suzanne  Delvé. 
'Près  des  Cimes,  avec  Christiane  Vernon. 
La  double  épouvante,  avec  Christiane  Vernon. 
Le  talion,  avec  Gaston  Jacquet. 
Le  Traquenard,  avec  Christiane  Vernon. 
Un  aventurier,  avec  Christiane  Vernon. 
Cendrillon,  avec  Simone  Sandre. 
L'Infante  à  la  T^ose,  avec  Gabriel  Dorziat. 
L'Assommoir,  (Lantier)    avec   ]ean  Dax  et  Mlle 
Sforza. 

Adresse  :  12,  rue  Simon-Dereure  XVIIIe. 


CHRISTIANE  DELVAL 
Théâtre  : 

Suzette  de  Bneux,  L'homme  à  la  Rose,  d'Henri 
Bataille  ;  Tendresse,  d'Henri  Bataille  ;  Ça  va,  de 
Rip  et  Gignoux. 

Ses  films  : 

Face  à  l'Océan,  de  René  Le  Prince  (Pathé). 

Fabienne,  de  de  Morlhon. 

Les  Canards  sauvages. 

Gigolette  (rôles  de  Pâlotte  et   de  Geneviève). 

Le  Rêve,  (rôle  d'Angélique  enfant). 

La  Tentation,  de  H.  de  Golen. 

'Pour  une  nuit  d'amour,  de  Protazonoff. 


GASTAO  ROXO 

Origine  Brésilienne. 

Débute  dans  Géo  le  mystérieux  de  Mme  Ger- 
maine Dulac,   rôle  de   Harry,  Grétillat  et   Margnier. 

Ensuite  Ames  de  fous,  de  Mme  Dulac,  dans  le 
rôle  juan  Filipini  avec  Mmes  Francis  Parisis  et  Pe- 
drelli. 

Après  en  Portugal.  Le  plus  fort,  scénario  portu- 
gais metteur  en  scène  (Pallu)  Invicta  Film,  Porto 
rôle  principal  Comte  de  Saint-Romain. 

Enfin  dans  Fièvre,  de  Louis  Delluc  rôle  de  Co- 
libri, Van  Daële,  Eve  Francis,  et  Modot. 


14 


cinea* 


MUSIDORA 

qui  présente  avec'succès^son  nouveau  film,  Pour  Don  Carlos,  d'après*le  roman; de^Pierre  Benoit. 


cinea 


15 


SUZIE  PRIM 
l'interprète  de  Passionnément,  que  nous  allons  revoir  dans  Reine-Lumïere. 


44* 


c    1    n    e    a 


44 


a  publié  les  biographies  de  Van  Daële,  Modot,  Signoret,  Emmy 
Lynn,  J.  Catelain,  Fiance  Dhélia.  André  Nox,  Hugutlte  Duflos, 
Marcel  Vallée,  Charles  Dullin,  Musidora,  René  Cresté,  Marcel 
Lévesque,  Gaby  Morlay,  René  Navarre,  S.  de  Napierkowska, 
Andrée  Brabant,  A. -F.  Brunelle,  Romuald  Joubé,  Jean  Dax, 
Eve  Francis,  Gaston  Jacquet,  G.  de  Gravonne,  J.  G  rétillat, 
Geneviève  Félix,  Pierre  Magnier,  Jean  Toulout,  Léon  Mathot, 
Séverin-Mars,  Maë  Murray,  Marise  Dauvray,  E.  de  Max, 
Henri  Rollan,  Lili  Samuel,  Marie-Louise  Iribe,  Louise  Colhney, 
Vermoyal,  Mary  Harald,  Andrée  Roanne,  Suzanne  Talba, 
Henri  Debain,  etc.;  et  de  Antoine,  J.  de  Baroncelli,  Raymond 
Bernard,  H.  Diamant-Berger,  Germaine  Dulac,  G.  du  Fresnay, 
Abel  Gance,  René  Hervil,  Henry  Krauss,  René  Le  Somptier, 
Marcel  L'Herbier,  Louis  Mercanton,  Louis  Nalpas,  Léon  Poirier, 
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(Numéros   18,    19,  20,  24.) 


:  V* 


<**& 
V 


I   SPECTACLES  I 

■  ■ 

■ 

La  danse  de  mort  (Théâtre  de 
l'Œuvre). 

La  pièce  de  Strindberg  est  d'une 
puissance  qui  fait  vaciller  le  specta- 
teur. Qui  a  parlé  d'obscurité  nor- 
dique? Il  n'y  a  rien  tle  plus  net.  C'est 
trop  net.  Vous  préférez  Amants? 
Soit.  Duo  pour  duo,  Strindberg  or- 
chestre dill'éremment,  voilà  tout. 
Etre  deux,  c'est  le  thème  du  drame, 
et  de  la  vie  si  je  ne  me  trompe.  La 
danse  de  mort  avec  ses  mille  petits 
détails  pressés,  glacés,  lâchés,  ra- 
geurs, terribles,  ordinaires,  crée  une 
impression  de  grandeur  comme 
lledda  Gabier  ou  Rosmerftliolm, 
avec  moins  de  style  peut-être,  mais 
plus  de  sauvage  emprise 

La  mise  en  scène  de  Lugné-Poë 
est  une  des  plus  remarquables  qu'on 
ait  vues  à  l'Œuvre.  L'interprétation 
intelligente  de  René  Fauchois  et  Mar- 
guerite Mayane  transpose  malheu- 
reusement les  personnages  dans  un 
ton  qui  n  est  sans  doute  pas  le  vrai. 
• 

Sin  (Théâtre  Fémina). 

Maurice  Magre  fait  toujours  de 
jolis  rêves.  Sa  philosophie  chinoi- 
sante  s'équilibre  sur  des  rythmes 
délicats.  L'amour  et  le  plaisir  al- 
ternent. Tout  finit  bien,  et  les  amants 
s  en  vont  au  ciel  pendant  que  l'homme 
mal  aimé  devient  empereur.  En 
somme,  de  l'ironie  fleurie. 

Gémier  s'amuse  en  baladin.  Lagre- 
née  mord  bien  ses  phrases.  Alcover 
frappe  Suzanne  Paris  est  tendre- 
ment lyrique  Germaine  Webb  a  un 
costume,  une  voix  et  des  jambes  de 
premier  ordre.  Fernande  Cabanel 
s'efface  avec  douceur  dans  un  rôle  et 
une  robe  de  divinité  impériale. 
• 

Le  dieu  d'Argile  (Théâtre  Antoine). 

Si  triste  qu'il  soit  de  voir  s'enfuir 
La  Dolorès,  c'est  tout  de  même  repo- 
sant de  trouver  enfin  des  pièces 
qu'on  ne  joue  pas  quinze  cents  fois. 
Celle  de  M.  Schneider  ne  durera  pas 
mille  soirs  non  plus.  Elle  plane  sur 
des  sommets  tout  livresques  où  l'on 
joue  à  cache-cache  avec  Nietsche. 

Harry  Baur  pousse  à  de  vains  éclats 
lyriques  un  personnage  dont  la  gran- 
deur serait  mieux  soulignée  par  de 
l'humanité.  Suzanne  Després  dépense 
tous  les  secrets  de  son  talent  dans 
un  rôle  qui  ne  la  sert  pas. 

La  meilleure  figure  de  la  pièce  est 
réalisée    par    Henri    Rollan    qui  en 
tire,  pour  notre  plaisir,  le  maximum. 
Eve  Francis. 


16 


La  Gloire  (Théâtre  Sarah-Ber- 
nhardt). 

Maurice  Rostand  est  un  jeune  la- 
tin bien  doué.  Mais  nous  le  savons 
depuis  longtemps  et  j'admire  Paris 
qui,  brusquement,  passe  de  l'insulte 
à  l'idolâtrie  et  trouve  du  génie  — 
froidement  —  à  celui  qu'il  taxait  la 
veille  de  gâtisme  spécial  ni  plus  ni 
moins.  Que  voulez-vous?  Paris  est 
Paris.  Le  héros  de  Maurice  Rostand 
est  assez  puéril  qui  veut  donner 
comme  amour  de  l'art  sa  faim  exas- 
pérée de  gloire.  Mais  il  y  a  de  la  vie 
dans  ce  texte  trépidant,  et  une  jolie 
audace  â  bâtir  un  conte  théâtral  sans 
amour. 

Yonnel,  Grétillat,  Decœur  l'ont  un 
digne  cortège  â  la  sublime,  à  la  mu- 
sicale Sarah. 

• 

La  belle  de  Paris  (Apollo). 

Les  robes,  les  plumes,  les  bijoux, 
les  épaules,  les  jambes  d'Exiane. 

Auge  et  George  sont  gais.  Jenny 
Golder,  sacrifiée,  a  une  danse  exquise 
et  beaucoup  d'esprit,  ce  qui  arrange 
bien  des  ehoses. 

La  musique  de  Ganne  est  honnête 

au  moins. 

O 

Ah  oui!  [Ba-Ta-Clan). 

Les  revues  de  Mme  Rasimi  font 
mon  bonheur.  On  y  trouve  ce  dé- 
sordre favorable  à  l'invention  des 
bonnes  minutes  de  son,  de  rire  ou  de 
couleur.  Par  exemple,  les  orchidées 
et  aussi  les  modes  blanc-noir  et 
l'armée  des  plumes,  quels  tableaux 
amusants  !  Et  le  public  de  Ba-Ta-Clan 
est  un  chef-d'œuvre. 

Cariel  grouille  bien.  Renée  Eagan 
se  trémousse  et  peut  mieux.  Van 
Duren  et  Moskowina  sont  trop  sé- 
rieux. Le  nu  est  traité  avec  goût, 
mais  le  paradis  terrestre  est  trop  - 
ou  trop  peu  —  artistique.  Edmonde 
Guy  est  belle. 

On  fait  un  grand  et  charmant  suc- 
cès au  Bœuf  sur  le  toit  de  Jean 
Cocteau,  où  le  poète  de  Paris  a  manié 
si  bien  la  collaboration  de  Eauconnet 
(ses  masques),  de  Dufy  (son  décor), 
de  Darius  Milhaud  (sa  musique). 
Bravo,  et,  voyez-vous,  Cocteau,  c'est 
au  music-hall  et  surtout  au  music- 
hall  populaire  qu'il  faut  se  livrer 
tout  de  suite  à  chaque  tentative. 
Vous  y  trouverez,  nous  y  trouverons 
des  enseignements  et  du  plaisir, 
nous  nous  y  trouverons  nous-mêmes. 
Il  en  est  temps. 

Louis  Dki.luc. 


j  Sous  toutes  réserves  ! 

■  ■ 

*  ■ 

Il  est  complètement  faux  que  Dide- 
rot, en  écrivant  l'histoire  de  Mme  de 
la  Pommeraye  et  du  marquis  des 
Arcis,  se  soit  inspiré  d'un  film  récent 
intitulé  L'Eternel  Féminin.  Il  est 
pénible  de  voir  jeter  sans  cesse  â  la 
face  de  tous  nos  grands  écrivains 
cette  ridicule  accusation  de  plagiat. 
• 

On  annonce  qu'avec  l'autorisation 
de  M.  Vincent  dTndy,  M.  Antoine 
s'apprêterait  â  tirer  un  film  d'Istar, 
le  poème  symphonique  bien  connu. 
Le  rôle  du  Gardien  de  la  Porte  serait 
confié  à  M.  de  Pedrelli  ;  pour  la  déesse, 
dont  le  déshabillage  constitue  le  prin- 
cipal attrait  de  l'œuvre,  on  hésiterait 
entre  Mlle  Dherlys  et  Mlle  Eabris. 
M.  Vincent  d'Indy  tiendrait  à  sur- 
veiller personnellement  les  prises  de 
vue. 

• 

Quelqu'un  racontait  récemment  â 
la  Mutualité  qu'un  jeune  auteur  avait 
reçu,  d'une  importante  maison  d'édi- 
tion, une  lettre  l'informant  que  le 
scénario  par  lui  remis  avait  été  lu, 
avait  provoqué  le  plus  vif  intérêt  et 
allait  être  tourné  sous  peu. 

Toutefois,  comme  le  propagateur 
de  ce  récit  ajoutait  que  l'auteur  en 
question  était  mort  de  saisissement, 
on  voit  la  créance  qu'il  convient  d'y 
attacher. 

• 

En  vue  de  permettre  une  meilleure 
répartition  des  présentations,  il  se- 
rait question  d'organiser,  à  la  Mutua- 
lité, des  séances  spéciales,  consacrées 
aux  œuvres  françaises  originales,  et 
qui  auraient  lieu  de  minuit  à  trois 
heures  du  matin.  Il  y  aurait  naturel- 
lement un  service  d'autobus  à  la 
sortie. 

• 

Par  contre,  dans  une  grande  capi- 
tale étrangère,  qu'il  ne  nous  est  pas 
permis  de  désigner,  on  serait  en  train 
d'édifier  une  salle  véritablement  co- 
lossale, réservée  aux  présentations, 
et  où  dix  appareils  et  cinq  écrans 
disposés  en  quinconce  permettraient 
de  projeter  simultanément  cinq  films. 
On  se  rend  compte  combien  une  telle 
disposition  faciliterait  la  besogne  des 
critiques. 

L'accompagnement  commun  des 
cinq  films  serait  naturellement  po- 
ly  tonal.  Le  groupe  des  six  a  été  pres- 
senti, mais  on  ne  sait  pas  encore  quel 
est  celui  qui  ne  sera  pas  admis  à 
collaborer. 


cinea 

On  a  beaucoup  commenté  l'inter- 
vention de  Mlle  Cécile  Sorel  lors  du 
gala  Chariot  En  réalité,  il  s'agit 
d'un  échange  réciproque  de  services, 
et  il  a  été  entendu  entre  les  deux 
étoiles  que,  lors  de  la  tournée  que 
notre  quasi-doyenne  se  dispose  â  faire 
en  Amérique,  il  sera  projeté,  aux 
entr'actes,  une  courte  bande  desti- 
née à  lui  assurer,  auprès  du  publie 
yankee,  la  recommandation  de  Char- 
lie  Chaplin. 

• 

Il  paraît  qu'un  directeur  de  Cinéma 
aurait  reçu  une  lettre  par  laquelle 
une  personne,  dont  on  ne  spécifie  ni 
le  sexe,  ni  l'âge,  l'informerait  qu'elle 
retournera  â  son  établissement,  vu 
qu'on  y  donne  de  meilleurs  films 
qu'ailleurs. 

Cet  état  d'esprit,  malheureusement 
rare,  méritait  d'être  encouragé  :  voilà 
qui  est  fait. 

• 

Il  est  absolument  inexact  que  Mme 
Huguette  Duflos  doive  jouer  le  prin- 
cipal rôle  dans  une  transcription  ci- 
nématique de  l'Enfer,  de  M.  Henri 
Barbusse. 

• 

Par  contre,  nous  croyons  pouvoir 
annoncer  de  bonne  source  que  M.  Mer- 
canton  prépare  un  Bajazet  qui  sera 
tourné  sur  place,  d'après  des  docu- 
ments nouveaux. 

• 

Des  rumeurs  contradictoires  circu- 
lent au  sujet  du  prochain  film  de 
M.  Léon  Poirier.  On  a  notamment 
parlé  d'une  collaboration  possible  de 
M.  Bergson  :  la  nouvelle  est  tout  au 
moins  prématurée,  l'éminent  acadé- 
micien étant  entièrement  absorbé,  à 
l'heure  actuelle,  par  des  travaux  sur 
les  théories  d  Einstein.  Mais  on  sait 
dès  maintenant  que  ce  film  aura  une 
haute  portée  philosophique,  et  que 
Mlle  Myrga  y  jouera  un  rôle  d'homme. 

• 
Démentons  de  la  manière  la  plus 
absolue  le  bruit  d'après  lequel  cer- 
taines des  visites  d'étoiles  transat- 
lantiques en  Erance  seraient  moti- 
vées, soit  par  la  crise  du  cinéma  aux 
Etats-Unis,  soit  par  le  désir  d'écha- 
fauder  des  combinaisons  financières, 
soit,  d'une  manière  générale,  par  la 
baisse  du  franc.  En  réalité,  ces  vi- 
sites doivent  être  uniquement  consi- 
dérées comme  des  paiements  de  la 
dette  de  reconnaissance  contractée 
envers  La  Fayette  et  M.  André  Tari 
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dance de  manuscrits  que  nous  demandons  encore  un  peu  de 
patience  aux  concurrents,  Les  membres  du  jury  nous  ont 
déjà  signalé  plusieurs  œuvres  intéressantes. 

Notre  Concours  de  photographies  d'amateurs  donnera 
aussi  ses  résultats  dans  un  délai  très  rapproché.  Nous  avons 
pris  sur  nous  de  publier  dans  le  numéro  23  de  Cinéa  un  des 
plus  sympathiques  envois  du  concours.  On  se  doute  qu'il  figure 
déjà  sur  la  liste  des  récompenses. 


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cement du  paradis  terrestre  - 
Survolant  le  plus  beau  monument 
du  monde  -  Les  pèlerins  du  fleuve 
sacré   -  A  deux  doigts  de  la  mort 

-  Poulet,  le  fameux  pilote  français  - 
Les  exploits  de  Poulet  monté  sur 
un  avion  minuscule  -  Le  temple 
mystérieux  de  Boro  Boedor  - 
Volcans  en  action  -  Mille  kilomè- 
tres de  mers  inconnues  -  Une 
rencontre  inattendue  -  L'arrivée 
en  Australie  :  Les  Cannibales 
Australiens,     etc  .  .  .     etc.  .  . 

Ceci  n'est  qu  un  aperçu  des  remar- 
quables épisodes  que   contient  ce 
film   sensationnel. 

Victor  Marcel  Productions 


Louvre  35-49 


82,  Rue  d'Amsterdam 


NERMAN 


EL   DORAVO 

££        paraît   en    Librairie        ££ 

0  C'est  un  luxueux  Volume  édité 
par  "  La  Lampe  merveilleuse  ", 
29,  'Boulevard  Matesherbes  et 
enrichi  de  nombreuses  photogra= 
phies  prises  dans  le  film.  0  0 
0  C'est  la  mise  en  roman  par 
Raymond  "Payelle,  du  "Mélodrame" 
de  Marcel  L'Herbier  qui  passe  dans 
les    salles    depuis    le    28    octobre. 

Prix  :  3  francs  75 
En  vente  partout 


clnéa 


Programmes  des  Cinémas  de  Paris 

M  du  Vendredi    1 1   au  Jeudi    1 7   Novembre  M 


2'  Arrondissement 
Salle    Marivaux,   lï,    boulevard   des    Italiens.  — 
Louvre  06-99.  —  La  dernière   missioo.  —   La  charrette 
fantôme. 

Parisiana.  27,  boulevard  Poissonnière.  —  Gutenberg 
■il -70.  —   Peuplades  nomades.  —  Capitaine  Grog. 
Betty  et  ses  soupirants.  —  Rose  de  Nice.  —  Le  Fou    - 

-  lin  supplément,  de  7  h.  1/2  à  >8  h.  1/2,  excepté 
dimanches  et  tètes  :  Le  docteur  Rameaux. 

Omnia-Pathé.  ;>,    bou'evard   Montmartre.    - 

l.i's  trois  mousquetaires,  5e  épisode.  —  J'ai  perdu  mon 
Biquet.  —  Suppléments  non  passés  le  dimanche  :  Le  sept 
de  irèlle,  9° épisode.  -    Miss  Rovel. 

Electric-Palace  5,  boulevaid  des  Italiens.  — 
A  travers  la  France  :  La  '  orse  pittoresque.  —  P.  M.  le 
chauffeur  de  taxi.  —  Pol'yanna.  —  En  supplément  facul- 
tatif :  Scientiiic  Kincto  cl  la  Corse  pittoresque. 

3    Arrondissement 

Pathé-Temple.  —  Les  trois  mousquetaires.  5°  épi- 
sode. —  Miss  Rovel.  —  J'ai  perdu  mon  Biquet. 

Palais  des  Fêtes,  s,  rue  aux  durs,  —  Arch.  37-38. 

—  Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Jackie  la  Petite  Foraine 

—  Le  Voleur.  —  Les  trois  mousquetaires,  5"  épisode. 
Salle  du    premier  étage.   —    Dudule   à    Dada.  —    Le 

Mexique.  —  Pollyanna.  —  L'Orpheline,  5"  épisode. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel.  —  Les  Irnis 
mousquetaires-,  4-  épisode.  —  Le  Canard  en  Ciné.  — 
L'Orpheline,  .i-  épisode.—  La  charrette  fantôme. 

4e  Arrondissement 
Saint-Paul,  73,   rue    Saint-Antoine.  —    La   rivière 
dite  Laganaa.  —    Le  sept   de    Irèlle,  9"  épisode.  —  Le 
miroir  de  l'âme.  —  La  femme  X... 

5"  Arrondissement 
Mésange,  3,  rue  d'Arras.  —  Médor  chien  sauveteur. 

—  Les  trois  mousquetaires,  4-  épisode.  —  Bonheur  en 
péril.  —  Le  précieux  gibus. 

Cinéma  Saint-MicheL  7,  p'ace  Saint-Michel.  - 
Marie  la  Gaite.  —  Le  paradis  perdu. 

6'  Arrondissement 
Cinéma  Danton  Palace,    99,    boulevard    Saint- 
Oermain.  —  Trud.  ?7-.'i9.  —  La  délivrance,  —  Les  trois 
mousquetaires.  —  Pollyanna. 

8e  Arrondissement 
Théâtre  du   Colisée,    3fc,   avenue    des  Champs- 
Elysées.  —  Elysées  39-4o.  —  Dudule    à    Dada.   —   La 
charrelte  fantôme.  —  Le  Canard  en  Ciné.  —  Pollyanna. 

—  Lundi  14  Novembre,  a  2  h.  1/2,  une  seule  représenta- 
tion de  :  «  Le  Cabinet  du  Dr  Caligari  ». 

9*  Arrondissement 
Cinéma  Rochechouart,  66,  rue  de  Rôchechonart. 

Les  meiveiltes  de  la  Chirurgie.  —  Billy  victime  du 
mariage.  —  L'Orpheline,  5"  épisode.  —  La  maison  vide. 

Delta-Palace,  17  bis,  boulevard  Rochechouart.  — 
Chantilly.  —Une  bataille  diabolique.  —  Le  sept  de  trèfle, 
9«  épisode.  —  De  l'amour  à  la  mort. 

1O0  Arrondissement 

Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple.—  Miss  Rovel.  — 
Les   trois  mousquetaires,  5"  épisode.  —  Le  sjosso. 

Folies-Dramatiques,    10,    rue    de    Bondy. 

Dudule  à  Dada.  —  Le  voleur.  —  L'Orpheline.  :i'  épisode. 

11e  Arrondissement 

Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la  Roquette. 

—  S.  M.  le  chauffeur  de  taxi.  —  Les  trois  mousquetaires, 
5'  épisode.  —  L'impossible  évasion.  —  Le  Gosse. 

12e  Arrondissement 

Lyon  Palace,  rue  de  Lyon.  —  Le  Canard  en  Ciné. 
L'Orpheline,  S*  épisode.  —    Les  trois  mousquetaires, 

—  S"  épisode. 


13'  Arrondissement 
Gobelins,  66  bis,  avenue  des  Gobelins.  —  Médor 

chien  sauveteur.  —  Les  trois  mousquetaires,  i*  épisode. 

—  Bonheur  eu  péril.  —  Le  précieux  gibus. 

14e  Arrondissement 
Gaîté.  rue   de  la    (laiié. —   Médor  chien  sanvetenr. 

—  Les  trois  mousquetaires,  i-  épisode.  Bonheur  en 
péril.  —  Le  précieux  gibus. 

Splendide-Cinéma,  3,  rue  Larochelle.  —  L'Ait 
Muet.  —  Le  Tour  de  Nell.  —  Les  Nuits  de  New-York.  — 
Dudule  dans  une  grande  scène  comique. 

Régina-Aubert-Palace,  155,  rue  de  Rennes.— 
Les  as  de  l'écran.  —  Bonheur  en  péril.  -  Une  affaire  de 
chien.  —  Les  trois  mousquetaires,  l"  épisode. 

Grenelle-Aubert-Palace,  141,  avenue  Emile- 
Zola  (36  et  42,  rue  du  Commerce'.  Secrétaire  parti- 
culière.   -  Les  trois    mousquetaires,   t-  épisode.  —  Le 

tinsse. 

15'  Arrondisaement 

Grenelle,  122.  rue  du  Théâtre.  Médor  chien 
sauveteur.  —  Les  trois  mousquetaires,  V*  épisode.  — 
Bonheur  eu  péril.  —  L'audacieux. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  115-119, rue  Lecourbe. 

—  Saxe  .ï<i-i.i.  —  Dudule  a  Dada.  —  Les  trois  mous- 
quetaires, !••  épi-ode.  —  La  femme  X...  —  L'Orpheline, 
5-  épisode. 


THEATRE  du  COLISEE 

JS  M  »  CINÉMA  JS  JS  M 
38,   Av.   des   Champs-Elysées 

Direction  :  P.  IÏIALLEVILLE  Tél.  :  ELYSÉE  29-46 

Dnditlc  à  Dada,  comique. 

La  Charrette  Fantôme,  vision  drama- 
matique  avec  Victor  Sjostrom. 

Le  Canard  en  Ciné,  revue  humoris- 
tique. 

POLLYANNA 

comédie  avec  Mary  Pickford. 

a  Lundi  14  Novembre,  à  3  h.  1  2  û 
:-:  :-:  une  sett'e  représentation  de  :-:  :-: 
Le     Cabinet     du      D      Caligari 


16'  Arrondissement 
Mozart-Palace.  49,  si,  tue  d'Auleuil.  —  Pro- 
gramme du  vendredi  11  au  lundi  li  novembre.  —  Les 
cotes  de  la  Suède.  —  Le  sept  de  trèlle.  9-  épisode.  —  I'ne 
traversée  mouvementée.—  La  femme  X...  —  Programme 
du  mardi  15  au  jeudi  17  novembre.  —  Mœurs  el  coutumes 
du  Congo  belge.  —    Le  scandale  de  Fally  el  de  Picratt. 

—  Les  trois  mousquetaires,  y  épisode.  -  -  La  lille  de  la 
Mer. 

P/laillot-Palace,  74.  avenue  de  la  Grande-Année. 

—  Programme  du  vendredi  11  au  lundi  14  novembre.  - 
Mœurs  el  coutumes  du  Congo  belge.  —  Le  scandale  de 
Fally  et  de  Picratt.— Les  trois  mousquetaires,  5"  épisode. 

—  La  lille  de  la  Mer.  —  Programme  du  mardi  15  au  jeudi 
17  novembre.—  Les  cotes  de  la  Suède.  —  Le  sept  de 
trèlle,  0e  épisode.  —  Une  traversée  mouvementée.  —  La 
femme  X... 

Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis,  avenue  Mala- 
ko IV.  —  L'Orpheline,  i-  épisode.  —  Liliane.—  Le  Lys  de 
la  Vie. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.    -  Auteuil  15-40.  — 
Les    aventures    de    Sherlok    Holmes,    4-    conte.  —   Le 
pied  du  Diable. —  L'Ingénu.  —  Le  calvaire  d'une  mère. 
Le  scandale  de  Fally  et  de  Picn  tt. 


17-  Arrondissement 
Ternes-Cinéma,  i,  avenue  des  Ternes.      Wagram 
02-10.   -      Fleurs   d  élé.         Et.,     débrouille  loi... 
L'Orpheline,  4-  épisode.  —  Cendrillon. 

Lutetia  Wagram,  avenue  Wagram.  —   Les    trois 

mousquetaires,  >•  épisode.        Le  Canard  en   < 

La  charrette  fantôme-  -    Dudule  à  Dada. 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Li  s  pertes  du 
Rhône. —  Cendrillon,  —  Miss  Rovel.  —  L'Orpheline, 
5-  épisode 

Villiers  Cinéma,  21,  me  Legendre.  —  Une  affaire 
de  chien.  —  Pour  sa  famille.  —  L'Orpheline,  i-  épisode. 

—  La  manière. 

Cinéma  Legendre,  12s,  rue  Legendre.       Chariot 

fait  une  cure.  —  L'Orpheline,  l'épisode.         Le    sept   de 
Irèlle,  ii-  épisode.  —  Quand  l'amour  veut. 

18    Arrondissement 

Théâtre  Montmartre,  Cinéma  Music-Hall, 

place   Dancourl  et    rue   d'Orsel,  43.        Nord   J9-Î4.  — 

La  Maison  vide.  —  Chasse  aux  ours  blancs  dans  l'Océan 

Glacial.-  -  Le  mauvais»  proprio  ». — L'Orpheline, 5e  épisode. 

Palais  Rochechouart,  50,  boulevard  Roche- 
chonart.  —  Le  pendentif.  —  Les  trois  mousquetaires, 
:>•  épisode.  -    Scientifique  Kin  In    -     Le  Gosse. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  no,  rue    Marcadel 
angle    rue    du    Mont-Cenis).      -    Marcadel    29-81.    - 
Miss  Rovel.   —   L'Orpheline,   ■  ■■  épisode.         Les  trois 
mousquetaires,  >•  épisode. 

Barbés-Palace,  34,  boulevard  Barbés.  .Nord  35-68. 
Pollyanna.  —  Cendrillon.  —  Les  trois  mousquetaires, 
5-  épisode.  —  L'Orpheline,  r  épisode. 

Le  Select,  8,  avenue  de  Clichy  Cendril  on.    — 

Sa  dernière  mission.  —   Dudule  à  Dada.  —   L'Orph  line, 
5'  épisode. 

Le  Capitule,  place  de  la  Chapelle.  —  L'Orpheline, 
5- épisode. —  Dudule  a  Dada.  —  Les  trois  mousquetaires. 
5-  épisode.  —  Cendrillon. 

19*  Arrondissement 

Secrétan,  7  avenue  Pecrélan.  —  Les  trois  mous- 
quetaires, 5"  épisode.  -  Miss  Rovel.  —  J'ai  perdu  mon 
Biquet. 

Belleville-Palace,  I3ïi.  boulevard  de  Belleville.— 
Les    trois    mousquetaires,    5-    épisode.   —   El    Dorado. 

—  L'Orpheline,  5-  épisode. 
Féerique-Cinéma,    U6,    me    de    Belleville.  — 

L'Orpheline,  5-  épisode.  —  La  douloureuse  comédie.  — 
Les  trois  mousquetaires,  ■>•  épisode. 

20'  Arrondissement 
Paradis  Aubert  Palace.  42,  tue  de  Belleville. 

—  Le    pendu    dépendu.  —    Les    trois    mousquetaires, 
i-  épisode.  —  Une  affaire  d-*  chien.  —   La  douloureuse 

comédie. 

Banlieue 

Clichy.  —  Les  trois  mousquetaires,  5'  épisode.  — 
Miss  Rovel.  —  J'ai  perdu  mon  Biquet. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  —  Le  Canard  en 
Ciné.  —  L'Orpheline.  5-  épisode.  —  El  Dorado. 

Levallois.  —  Lui...  lïèredu  Petit  Croissant  —  Les 
trois  mousquetaires,  3-  épisode.  —  Justice  d'abord.  — 
Les  as  de  l'écran. 

Magic-Ciné,  2  bis.  rue  du  Marché  (l.evallois-I'erreh. 

—  Wagram  04-91.    —  Pour  l'hunanilé.    —  L'Orpheline, 
i- épisode.  —   Les  trois  mousquetaires.  3-  épisode. 

Vanves.  —  Médor  chien  sauveteur.  —  Les  trois 
mousquetaires.  '<■•  épisode.  —  Bonheur  en  péril.  — 
L'audacieux. 

Bagnolet.  -     Les  trois  mousquetaires,  5'  épisode. 

—  Miss  Rovel.  —  J'ai  perdu  mon  Biquet. 
Montrouge.       La  rivière  dite  Laganaa   —  Le  sept 

de  Irèlle,  8'  épisode.  I.a   puissance  du     luoanl.  Le 

i;osse. 


cinea 


4    LES    FILMS 
D'AUJOURD'HUI 


Le  Calvaire  d'une  mère. 

Bon  film,  dont  le  «cul  défaut  est 
d'être  de  1).  W.  Griffith,  de  sorte 
qu'on  attend  toujours  quelque  chose 
de  nouveau,  d'imprévu,  de  troublant, 
et  qu'on  est  presque  déçu  de  voir  sim- 
plement une  œuvre  qui  ferait  hon- 
neur à  tout  autre  cinéaste.  L'atmos- 
phère surannée  en  est  amusante  et 
bien  rendue  ;  l'interprétation  excel- 
lente et  homogène.  Richard  Barthel- 
mess  fait  presque  oublier  qu'il  n'a 
guère  le  physique  du  rôle  ;  Carol 
Dempster  est  charmante,  fraîche  et 
chaste,  et  la  jeune  Chiquita  réalise  la 
parfaite  maîtresse  d'un  bandit  cali- 
fornien du  temps  de  Bret  Harte. 


Un  Colonel  du  Kentucky 

Le  Kentucky  est  un  Etat  singulier, 
où  l'herbe  se  vante  d'être  bleue,  où  la 
milice  compte  un  nombre  considéra- 
ble de  colonels  animés  de  l'esprit  le 
plus  martial  ;  où  la  soif  d'aventure 


IAMES  PAGET  (Baltha/ar) 
.lans  La  Chutede  Rabvtoue. 


-  - 


rjfo    il/!. 


BM 


SEENA  OWEN  (La  Princesse) 
dans  La    Chulc   de    Babylone. 


•ICIIK    \.  (.. 


de  l'Ouest,  les  vieilles  haines  de  clan 
du  centre  se  mêlent  à  la  langueur 
passionnée  du  Sud.  Tout  cela,  le  pu- 
blic américain  le  sait  :  il  goûte  ainsi 
des  nuances  qui  échappent  forcément 
à  un  public  étranger 

Il  y  a  dans  ce  film  beaucoup  de  ces 
nuances,  et  l'atmosphère  spéciale  du 
Bine  Grass  y  est  rendue  de  manière 
amusante  et  pittoresque.  Les  rôles 
des  deux  vieux  enfants  chevaleres- 
ques dont  l'amitié  est  un  instant  trou- 
blée font  valoir  J.  Dowling  et  sur- 
tout Frederick  Vroom,  dont  je  goûte 
la  physionomie  sensible  et  intelli- 
gente.Jim  Britsidesdonne  un  air  quasi 
Corse  à  un  personnage  digne  du  plus 
âpre  maquis,  et  Jack  Gap  incarne  en 
ses  rares  gestes  toutes  les  paresses 
méridionales. 

Le  côté  «  sujet  »  est  de  beaucoup  le 
plus  faible  il  nous  vaut  cependant  le 
joli  spectacle  d'Elenor  Field,  revêtant 
dans  un  vieux  grenier, une  robe  déli- 
cieusement démodée. 

Le  film  débute  par  un  prologue  qui 
se  passe  durant  la  guerre  civile  ; 
j'avais  aimé  le  parti  de  le  revêtir  de 
teintes  fanées,  analogues  à  celles  des 
daguerréotypes  anciens  ;  mais  je 
crois,  d'après  la  suite,  qu'il  s'agissait 
simplement  d'une  détérioration  de  la 
pellicule  Décidément  le  langage  ci- 
nématique n'est  pas  encore  établi,  et 
biendes  malentendus  sont  à  craindre! 

• 
Pollyana. 

11  semble  qu'aujourd'hui  les  philo- 
sophes, faille  de  pouvoir  définir 
préalablement  les  mots  bon  et  mau- 
vais, aient  abandonné  la  vieille  que- 


relle deroptimismeet  du  pessimisme, 
laissé  à  la  littérature  le  soin  de  choi- 
sir entre  ces  tendances,  non  comme 
systèmes  dogmatiques,  mais  comme 
modes  de  sensation  et  d'expression. 
Entre  les  deux  partis,  toutefois,  la 
balance    n'est  pas    égale.   La   foule, 


r+si. 


CONSTANCE  TALMADGE 
iLa  Pille  des  Montagnes) 
dans  La  Chute  de  Babvlone. 


affirme-t-on  est  optimiste  ;  elle  tient  à 
ce  que  les  œuvres  qui  lui  sont  offertes 
le  soient  également.  L'élite,  prompte 
à  contredire  pour  s'affirmer,  soutient 
que  tout  ce  qui  n'est  point  pessimiste, 
tout  ce  qui  ne  présente  pas  délibéré- 
ment la  vie  sous  un  aspect  triste  et 
mauvais,  est  faux  ou  conventionnel. 
11  y  aurait  beaucoup  à  dire  là-des- 
sus. Le  pessimisme  factice  de  certai- 
nes œuvres  est  un  procédé  aussi  ar- 
tificiel que  l'optimisme  de  beaucoup 
d'autres;  il  était  absolument  injuste 
et  faux,  parce  qu'un  sujet  comme 
celui  de  Pollyana  semble  fait  sur 
mesure  pour  charmer,  en  Amérique, 


cinea 


ASTRID  HOLM  et  VICTOR  S|OSTRC)M 
dans  La  Chavretlc  Fantônn  . 


I    SVIi.NSK  \ 


la  masse  des  esprits  moyens,  de  sou- 
tenir que  l'œuvre  n'est  pas  sincère. 
En  tout  cas,  le  film  est  excellent, 
traité  avec  un  sens  parfait  de  la  lu- 
mière, et,  je  ne  dirai  pas  admirable 
ment  interprété  par  Mary  Pickford; 
il  y  a  ici  renversement  des  rôles, 
puisque  c'est  Mary  elle-même  qui  est 
l'héroïne,  et  que  le  personnage  qu'elle 
incarne  devient  son  porte-parole  ;  il 
faut  dire  au  contraire,  interprétant 
de  manière  aussi  vivante  sensible  et 
tendre  que  possible  l'âme  charmante 
de  la  jeune  actrice. 
• 

La  Charrette  fantôme. 

Que  le  critique  serait  heureux  s'il 
pouvait,  conformément  à  l'adage  an- 
cien, ne  parler  que  de  ce  qu'il  aime  I 
Quelle  joie  d'avoir  à  rendre  compte 
d'un  film  aussi  parfait!  La  remarqua- 
ble technique  qu'il  révèle  n'est  encore 
pas  ce  qui  inspire  le  plus  d'admira- 
tion :  c'est  après  tout,  un  moyen  : 
mais  comme  l'inspiration  dramatique 
est  haute  et  soutenue,  comme  la  com- 
position est  ample  et  serrée  à  la  fois, 
avec  une  réalisation  telle  que  le  mot 
d  interprétation  ne  convient  plus, 
puisqu'il  évoquerait  l'idée  d'une  lan- 
gue étrangère,  d'une  traduction,  et 
qu'ici  c'est  la  vie  elle-même  qui  appa- 
raît sur  l'écran.  Comme  la  leçon  mo- 
rale est  forte,  se  dégageant  avec  la 
rigueur  d'une  loi  scientifique  :  La 
morale,  ainsi  conçue,  ainsi  enlacée  à 
la   vie,  prend  une  valeur  esthétique. 


une  beauté  sévère,  cesse  d'être  un 
boniment  sans  lien  avec  l'action;  à  ce 
point  de  vue  le  film  évoque  l'influencé 
de  Haw-Thorne  (j'ignore  dans  quelle 
mesure  elle  a  pu  s'exercer  sur  Selma 
Lagerlof) 

J  ignore  également  sous  quelle 
forme  se  présente  dans  le  folklore 
Scandinave,  la  légende  dont  s'inspire 


La  Charrette  fantôme  ;  mais  i  rrésis 
tiblement  on  se  rappelle  la  descrip- 
tion que  donne  Procope  d'une  légende 
bretonne,  de  la  barque  des  âmes, 
cette  première  irruption  d;ms  la  lit- 
térature classique  de  la  poésie  celti- 
que. L'on  sait  que  la  barque  s'enfon- 
çait à  mesure  qu'on  y  entassait  les 
âmes;  celles-ci  ont  donc  un  poids,  et 
il  n'est  pas  choquant  que  le  charre- 
tier fantôme  ait  à  faire  un  effort  pour 
les  soulever  (ceci  se  réfère  à  une  cri- 
tique subtile  que  présentait  un  de 
mes  voisins)  mais  lorsque  pareille  à 
une  brume  flottante,  le  corps  imma- 
tériel se  dégage  delà  dépouille  char- 
nelle, une  autre  évocation  s'est  faite 
dans  nos  esprits,  et  nous  avons  cru 
voir,  au  fond  d'un  hypogée,  quelque 
psychagogne  de  l'Egypte  ancienne 
exorciser  l'un  après  l'autre,  et  l'un 
hors  de  l'autre,  le  Ka,  le  Bai  et  le 
Khon  du  défunt. 

11  est  regrettable  que  de  larges  cou- 
pures, même  portant  sur  des  passa- 
ges dont  le  public  français  n'aurait 
peut-être  pas  très  bien  saisi  l'esprit, 
aient  laissé  vagues  et  obscures  les 
raisons  de  l'intérêt  particulier  que 
Sœur  Edith  porte  à  David.  On  com- 
prend qu'un  traducteur  hésite  à  ren- 
dre ce  qu'il  craint  ne  devoir  pas  être 
compris,  mais  on  voit  ce  qu'y  perd 
l'équilibre  de  l'œuvre. 

Lionel  Landry 


CLICHÉ   SVENSK.V 

VICTOR  SJOSTROM  dans  La  Charrette  Fantôme. 


8 


cinéa 


Le  Cabinet  du  Docteur  Caligari 


Le  Cabinet  du  D   Caligari 

Expressionniste,  allemand  et  ac- 
clamé, paraît-il,  en  Amérique,  l'aria 
va  le  juger,  ce  film.  Comment  l'ac- 
cueillera-t-il  ?  Ne  préjugeons  rien, 
mais  souhaitons  quatre  mots  de  pré- 
sentation e<  un  appel  au  silence,  — 
dans  certaines  maisons.  Monumen- 
tal V  Colossal  ?  Non,  ni  ceci,  ni  cela, 
mais  d'un  intérêt  capital  parce  que, 
dans  la  croissance  précipitée  mais 
qui  durera  du  cinématographique, 
le  docteur  Galigari  cherche,  trouve, 
indique. 

Des  fous,  c'est  entendu  ;  de  mysté- 
rieux assassinats,  une  Kermesse  aux 
lignes  franches,  aux  angles  aigus  ; 
une  porte  en  isocèle  ;  une  harmonie 
étrange  de  décors  plus  simples  que 
le  goût  moyen,  un  ensemble  qui  rap- 
pelle certains  tableaux  exposés  sur- 
tout chez  Sagot,  rue  Laffitte,  il  y  a 
douze  ans.  Mais  cette  déformation, 
que  vous  voyez  dans  chaque  objet 
est  plus  curieuse  encore  dans  les 
groupements  de  choses,  n'existe  plus 
chez  les  personnes  Ainsi  vous  avez 
devant  vous  des  personnages  d'appa- 
rence exacte  dans  des  décors  fantas- 
tiques, mais  mesurés,  des  meubles,  du 
paysage  un  peu  violenté,  mais  qui 
n'effarent  point. 

Spectateurs,  je  ne  subis  pas  une 
emprise  ;  mes  nerfs  ne  s'exacerbent 
pas  ;  en  vérité  je  ne  crois  pas  à  la  réa- 
lité de  ce  qui  m'est  exhibé,  conté,  co- 
loré, je  sais  que  j'assiste  à  un  specta- 
cle et  je  sens  qu'il  est  empreint  de 
raffinement  cérébral.  J'examine,  je 
scrute,  je  compare.  C'est  un  très  grand 
plaisir,  d'abord  parce  que  le  film  est 
neuf  intelligemment,  que,  parmi  de 
la  folie,  du  meurtre,  de  l'incohérence 
même,  il  nous  semble  découvrir  des 
possibilités  cinématographiques  im- 
prévues. Nous  savons  qu'elles  sont 
illimitées,  mais  nous  n'en  devinons 
pas  encore  tous  les  rythmes.  Celui  du 
docteur  Caligari  nous  étonne  et 
nous  intéresse  tout  à  la  fois. 

Maintenant,  avec  cette  histoire  ex- 
traordinaire, pourrait-on  nous  bai- 
gner dans  l'effroi  ?  Je  le  crois,  et  non 
par  la  vérité  même,  mais  par  l'assi- 
milation réciproque  des  11103  ens. 
C'est-à-dire  que  la  déformation  des 
individus  s'ajouterait  à  celle  des  cho- 
ses. Des  têtes  pointues,  en  trapèzes, 
avec  des  yeux  monstrueux,  des  nez 
larges  et  des  bouches  édentées  ou 
pourvues  de  dents  trop  longues. 
Pour  compléter  le  film,  une  musique 
de  cuivre  inégale  et  même  «  synco- 
ped   »   ou    cacophonique.   Mais  cette 


expérience,  je  ne  la  souhaite  pas,  le 
cinéma  n'a  pas  à  nous  «  sataniser  ». 
Tel  quel,  donc,  le  cabinet  du  doc- 
teur Caligari  vaut  que  Ion  s'y  ar- 
rête, comme  devant  une  tentative.  Et 
puis  rien  n'y  est  superfétatoire,  même 
les  phrases,  quelquefois  longues,  en 
blanc  sur  noir,  dont  le  macabre  sem- 
ble un  peu  se  moquer... 

Lucien  Wahl. 
:" ■ ■■■■■; 

(DEC  L  A-FI  LM) 

I  Le  Cabinet  du  Docteur  Caligari  j 

Drame  cinégraphigue  en  (>  actes 

de  Karl  MEYER  et  i>ans  JAN0W1TZ        j 

Mise  en  scène  de  Robert  WIENE 


INTERPRÉTATION   : 

•  Docteur  Caligari  .  .  .     Werner  KRAUSS  : 
:  Césare.  .  . Conrad  VEIDT 

■  Francis Fritz  F^HER 

•  ane Lil  DAGOVER       : 

Décors  d'Herman  WARM,  Waltcr 

RE1MANN,  Walter  ROHRIG  ■ 

:  : 

■  Photographie  de  Willy  HAMEISTER 

Le  docteur  Sonnow,  directeur  d'un 
asile  d'aliénés  réussit  à  imiter  le  cé- 
lèbre docteur  Caligari,  qui  vécut  au 
xie  siècle  et  dont  on  raconte  qu'il  sa- 
vait hypnotiser  les  somnambules  à 
tel  noint  ;  qu'il  pouvait  leur  comman- 
der des  meurtres.  Il  a  trouvé  une 
créature,  Cesare,  qui  se  charge  d'al- 
ler tuer  quelques  individus  et  d'enle- 
ver une  jeune  fille .  Mais  à  son  retour 
Cesare  tombe  dans  un  ravin  et  se  tue. 
La  jeune  fille  le  dénonce.  Or,  on 
trouve  chez  le  docteur  Caligari  une 
poupée  qui  ressemblait  à  Cesare,  et 
c'est  lui  qu'on  enferme.  Il  devient 
fou  à  son  tour.  Et  la  chose  se  ter- 
mine dans  un  chaos  général  :  chaos 
que  les  auteurs  ont  voulu,  en  laissant 
le  public  en  désarroi.  Qui  est  devenu 
fou  :  l'auteur,  le  docteur  ou  le  pu- 
blic ?  C'est  ce  qu'on  ne  sait  plus. 

Ivan  Goll. 
• 

Ce  film  a  été  salué  en  Amérique 
comme  un  échantillon  d'art  cubiste 
ou  expressionniste  et  c'est  a  ce  titre 
qu'il  a  obtenu  son  éclatant  succès. 
Maison  peut  y  voir  aussi  —  et  j'avoue 
préférer  cette  interprétation,  que  le 
public  français  adoptera  plus  facile- 
ment et  qui  est  en  contradiction  ab- 
solue avec  la  première  —  un  essai 
pour  créer  une  atmosphère  particu- 
lière, adaptée  à  un  sujet  tout  à  fait 
spécial. 

Si  l'on  admet  que  le  cadre  bizarre 
où   se  déroule    l'action  n'a   pas    une 


valeur  décorative  générale,  que  sa 
signification  est  liée  à  la  donnée  de 
la  pièce,  il  faut  attendre  que  cette 
donnée  se  précise,  et  elle  ne  se  pré- 
cise qu'à  la  fin,  par  un  coup  de  théâ- 
tre extrêmement  bien  amené  et  réussi. 
(Mon  article  serait  beaucoup  plus 
clair  si  je  disais  quel  est  ce  coup  de 
théâtre  ;  mais  je  m'en  voudrais  d'en 
diminuer  par  avance  l'effet).  Ceci 
crée  une  situation  délicate  vis-à-vis 
du  publie  français,  qui  est  nerveux, 
susceptible  impatient  et  prétend  tout 
comprendre  dés  l'abord  :  et  peut  être 
beaucoup  de  gens  aimeront-ils  mieux 
comprendre  faux  tout  de  suite  que 
faire  crédit  pendant  quarante  mi- 
nutes. 

En  tout  cas,  et  dans  quelque  mesure 
qu'on  estime  justifié  le  parti  décora- 
tif adopté  par  l'auteur,  la  réalisation 
en  est  parfaite.  Le  film  abonde  en 
images  pittoresques  puissantes  ou 
poétiques.  La  Kermesse,  l'escalier  de 
la  prison,  le  lit  voilé  'de  draperies 
blanches  où  repose  la  jeune  fille  etc. 

L'interprétation  pose  un  problème 
difficile,  celui  de  l'adaptation  des 
êtres  vivants  à  un  parti  décoratif, 
(j'ai  indiqué  naquère  comment,  seul 
de  tous  les  cinéastes.  Charlie  Chaplin 
me  paraissait  l'avoir  résolue  :  la  solu- 
tion des  miroirs  déformants.proposée 
par  M.  Marcel  L'Herbier  est  ingé- 
nieuse, mais  je  ne  lacroispas  féconde) 
dans  le  film  allemand  et  bien  que  tous 
les  acteurs  soient  bons,  s'efforcent, 
selon  la  mesure  de  leurs  moyens,  de 
donner  la  note  juste  l'accord  n'est 
pleinement  réalisé  que  par  deux  per- 
sonnages :  celui  de  Cesare,  et  celui 
du  docteur  Caligari  auquel  Werner 
Krauss  donne  un  relief  saisissant,  et 
tel,  que  la  physionomie  du  sinistre 
maniaque  hante  le  souvenir  d'une 
manière  presque  pénible. 

Lionel   Landry. 
• 

Le  docteur  Caligari  n'a  pas  seule- 
ment provoqué  ce  film  original  et 
une  grosse  impression.  Il  a  aussi 
inspiré  un  geste  heureux  à  deux  ma- 
nagers du  cinéma  français.  MM.  De- 
lac  et  Vandal  ont  en  effet  prêté  ce 
film  à  Cinéa  amicalement  et  intelli- 
gemment, je  veux  dire  en  confrères 
exquis  et  aussi  en  commerçants  com- 
préhensifs  qui  ont  bien  vu  qu'une 
telle  présentation  devant  l'élite  mon- 
daine et  artistique  de  Paris  ne  peut 
que  servir  les  destinées  du  film  dont 
ils  ont  acquis  l'exclusivité  pour  la 
France.  Je  les  en  félicite.  Je  les  en 
remercie.  Louis  Delluc. 


Les  matinées de    C  i  n  é  a 

LUNDI  14  NOVEMBRE,  à  2  heures  30 

au  Théâtre  du  Cotisée 

38,  Avenue  des  Champs-Elysées,  38 

MATINÉE  DE  GALA 

*    *    *      au  profit  de  la     *    *    * 

CROIX -ROUGE  ESPAGNOLE 


1     La  Vie  et  la  Mort  du  grand  Torero  EL  GALLITO 

La  plus  belle  transcription  cinégraphique  de  l'art  taurin 
qu'illustra  tout  particulièrement  le  jeune  et  brillant 
matador  El  Gallito  (Joselito)  mort  tragiquement  il  y  a 
quelques  mois  à  Talavera-de-la-Reina  


2°    LE   CABINET   DU   DOCTEUR   CALIGARI 

Le  film  expressionniste  allemand  dont  l'originalité  et 
l'effort  artistique  apportent  à  l'ait  muet  une  note  nouvelle. 
L'Amérique  a  fait  à  cette  œuvre  un  succès  prodigieux, 
La  France  s'y  intéressera  et,  sévère  où  enthousiaste, 
lui  réservera  un  accueil  critique,  sincère,  compréhensif. 


M  I      JU  ANITA 

Petite  farce  dramatique,  interprétée  (en  espagnol)  par 
Madame  JEANNE  DESCLOS  et  Monsieur  ALCOVER 


4°     LA     DANSEUSE     SIRIA 

:-:        :-:       dans   ses   Danses   Espagnoles       :-:        :-: 


PRIX  DES  PLACES  :  5,  10  et  20  Frs 

La  location  est  ouverte  au  COLISÉE 


10 


cinea 


M      La    Musique    et    le    Geste     M 


Parlons  d'abord  de  ce  qui  pourrait 
être.  Supposons  venu  un  âge  d'or  où, 
sur  de  beaux  films  composés  selon 
une  esthétique  conforme  aux  lois 
propres  du  développement  musical, 
des  musiciens,  sans  croire  qu'il  s'ac- 
quittent d'une  corvée  que  seule  la 
faim  peut  excuser,  écriraient  des  par- 
titions en  cherchant  à  les  adaptera 
l'action  qui  se  déroulesur  l'écran.  On 
a  toujours  le  droit  de  rêver... 

Puisqu'il  s'agit  d'esthétique  pure, 
nous  pouvons  proposer  deux  postu- 
lats: 

1°  Au  cinéma,  l'image  est  le  mode 
d'expression  principal,  le  son  le  mode 
accessoire. 

2"  L'orchestre  doit  souligner,  com- 
menter, ou  à  l'occasion,  contredire  ce 
que  montre  l'écran,  mais  jamais  le 
doubler  (application  de  la  loi  géné- 
rale de  Y  économie  d'e/J'ort  : 

Ceci  admis,  nous  en  tirons  diverses 
conséquences. 

Tout  d'abord,  le  principe  même  du 
visiophone,  de  l'appareil  intéressant 
et  ingénieux  qui  permet  de  régler  le 
déroulement  de  la  pellicule  sur  le 
mouvement  de  lorchestre,  devient 
vicieux.  Accessoriuin  sequitur  prin- 
cipale. C'est  la  musique  qui  doit  sui- 
vre l'image  :  d  ailleurs, elle  seule  a  la 
souplesse  nécessaire  ;  si  je  ralentis 
ou  j'accélère  un  geste,  j'en  altère 
réellement  la  signification  ;  si  je  mo- 
difie la  vitesse  de  la  musique,  je  n'al- 
tère qu'une  donnée  conventionnelle 
(je  vois  d'ici  la  grimace  du  musicien: 
que  voulez  vous,  cher  maître,  au  ci- 
néma vous  n'êtes  qu'un  invité  de 
marque  ;  si  vous  voulez  être  chez 
vous,  prendre  le  pas,  faites  des  sym- 
phonies). 

En  second  lieu,  l'idée  même  d'une 
connexion  étroite  entre  le  geste  et  la 
musique  devient  contestable  (je  n'in- 
siste pas  sur  ce  point  que  j-ai  déve" 
loppé  assez  longuement,  en  réponse 
à  une  interview  de  M.  Chevillard, 
dans  les  colonnes  du  Film)  on  se 
trouve  amené  à  considérer  comme 
suffisante  une  correspondance  géné- 
rale entre  la  musique  et  l'action  ;  à 
proscrire  comme  superfétatoire  et 
dangereux  tout  doublage,  (tel  que  : 
faire  souligner  par  des  gammes  des- 
cendantes la  dégringolade  du  héros, 
déchaîner  la  flûte  quand  le  rossignol 


ouvre  le  bec,  ou  le  piano  lorsque 
.Madge  pose  les  doigts  sur  le  clavier, 
dans  la  pratique  une  seconde  trop 
tôt  ou  une  seconde  trop  tard  ..)  Tou- 
tes ces  puérilités  n'ont  aucune  raison 
d'être. 

Mais  la  musique,  au  milieu  de  la 
fête,  révélera  le  trouble  qui  régne 
dans  un  cœur,  ou,  quand  ce  cœur 
troublé  cherche  la  solitude,  rappel- 
lera les  rumeurs  joyeuses  qu'il  vou- 
drait fuir;  en  un  mot,  elle  se  compor" 
tera  vis-à-vis  de  l'écran  comme  les 
accompagnements  de  Schumann  se 
comportent  vis-â-vis  du  chant. 

Une  conception  aussi  large  facilite 
les  réalisations,  se  prête  aux  exigen- 
ces propres  de  la  musique,  n'oblige 
point  le  compositeur  à  hacher  ses 
développements  pour  suivre  dans  ses 
détails  l'action  projetée  sur  l'écran. 

Mais,  réciproquement,  la  concep- 
tion de  l'accompagnement  musical 
ne  doit-elle  pas  influer  sur  celle  de 
l'action  lumineuse  ? 

En  général  —  et  pour  ne  parler  que 
de  la  coupe  classique  à  laquelle  tous 
les  novateurs  se  trouvent  plus  ou 
moins  vite  ramenés  —  le  développe- 
ment musical  comporte  tout  d'abord 
une  exposition  ample  des  thèmes, 
puis  une  période  ou  ceux-ci  se  cou- 
pent et  s'entrecroisent.  Une  seule  ex- 
ception, et  qui  est  une  sorte  de  jeu, 
Ylstar,  de  Vincent  d'Indy,  où,  sous 
prétexte  de  suivre  le  dépouillement  de 
la  déesse,  la  composition  musicale 
revient  du  composé  au  simple. 

Or,  beaucoup  de  films,  et  souvent 
des  plus  beaux,  évoluent  selon  cette 
dernière  formule,  débutent  par  des 
rythmes  coupés,  par  une  exposition 
prosaïque,  pour  passer  de  là  à  des 
touches  plus  larges,  ininterrompues, 
correspondant  à  une  sorte  de  mou- 
vement hrique.  (Le  Trésor  d'Ame 
fournirait  à  cet  égard  un  excellent 
exemple). 


Mais  tout  cela,  c'est  1  avenir  :  même 
pas  ;  c'est  le  rêve.  Passons  à  la  réa- 
lité. 

Le  français,  a-t-on  dit,  «  ne  déteste 
pas»  la  musique.  Nulle  part  cette  for- 
mule ironique  ne  se  vérifie  mieux 
qu'au  cinéma,  où  Ion  voit  le  public 
avaler      successivement,     avec     une 


même  indifférence  sereine,  La  Mort 
d'Yseult  et  Marionnett-Fox-Trot  ; 
remarquez  également  le  morne  acca- 
blement que  répand  l'intermède  mu- 
sical —  sauf  s  il  s'agit  d'un  solo  de 
violon  Certes,  le  rôle  des  chefs  d'or- 
chestre est  ingrat. 

La  plupart  s'y  résignent.  Ils  ont 
une  carte  d  échantillon  de  vingt  ou 
trente  morceaux,  toujours  les  mêmes, 
qu'ils  découpent  et  placent  au  petit 
bonheur.  L'entracte  de  la  Tosca,pour 
la  mort  du  traître  1  ouverture  de  Co- 
riolan  pourl'intervention  de  l'héroïne 
La  Princesse  Jaune,  et  Mrs  Butter  (h) 
lorsqu'il  s'agit  d'un  film  chinois  ou 
simplement  oriental.  Quelques  ou- 
vertures de  Weber, de  Schumann,  de 
Mendelsohn,  et  un  certain  nombre  de 
compositions  innommées  qu'on  n'en- 
tend que  là,  mais  qu'on  y  entend  sou- 
vent. 

11  est  aisé  de  critiquer,  mais  les 
remèdes  n'apparaissent  guère.  La 
partition  composée  spécialement  est 
une  solution  excellente,  qui  ne  pourra 
jamais  être  qu'exceptionnelle.  Et  ces 
partitions  ne  feront  qu'enrichir  le 
répertoire  général  des  cinémas  comme 
il  en  est  pour  celle  de  la  Dixième 
sijmphonie  ;  dont  certains  morceaux 
traînent  un  peu  partout,  au  point  que 
lorsqu'on  les  entendra  de  nouveau  à 
leur  véritable  place  ils  auront  l'air 
d'être  empruntés. 

Certes  les  orchestres  pourraient  — 
si  les  régies  syndicales  ne  s'y  oppo- 
sent pas  —  faire  un  effort,  élargir 
leur  répertoire  Ils  paraissent  igno- 
rer à  peu  près  complètement  les  mu- 
siciens russes, pourtant  si  plastiques; 
l'œuvre  de  Schubert,  celui  de  Schu- 
mann, orchestre,  musique  de  chambre 
mélodies,  leur  semblent  également 
inconnus.  Vraiment  les  grandes  salles 
pourraient  faire  quelque  chose  dans 
ce  sens  î 

Les  petites  salles  auraient  d'autres 
ressources,  auxquelles  il  est  singu- 
lier qu'on  n'ait  pas  eu  plus  souvent 
recours. 

Tout  d'abord  l'improvisation.  Ceux 
qui  ont  assisté  à  la  présentation  de 
la  Fièvre  se  rappellent  1  accompa- 
gnement chaud,  rythmé,  parfois  ten- 
dre, parfois  passionné,  dont  M.  Wie* 
ver  avait  enveloppé  ce  drame.  C'était 
une  improvisation,   ou   plus  exacte- 


clnéa 


II 


ment  un  impromptu,  une  improvisa- 
tion préparée,  quelque  chose  comme 
la  Comedia  dell'  arte  chère  aux  ita- 
liens d'avant  Risorgimento.  Le  mu- 
sicien, qui  avait  parfaitement  com- 
pris dans  quelle  mesure,  large  et 
souple,  la  musique  doit  s'adapter  à 
l'action  donnait  là  —  sans  peut-être 
s'en  rendre  compte  —  une  leçon  excel- 
lente et  pratique  d'esthétique  musi- 
cale. 

Naguère,  l'improvisation  était  de 
règle  à  l'Eglise,  et  sauf  à  deux  ou 
trois  moments  des  offices  où  le  temps 
n'était  pas  mesuré,  l'organiste  tenait 
à  honneur  de  conduire  son  accompa- 
gnement musical,  de  rester  maître 
de  son  développement.  Il  devrait  en 
être  de  même  au  cinéma.  L'accompa- 
gnement ne  comporterait  qu'un  nom- 
bre restreint  de  morceaux  propre- 
ment dits,  bien  choisis,  placés  de 
manière  à  pouvoir  être  joués  inté- 
gralement et  séparés  l'un  de  l'autre 
par  des  improvisations  d'orgue  ou 
de  piano  qui  ménageraient  la  transi- 
tion entre  des  œuvres  de  genre  dif- 
férent. 

Ilest  bienentendu  que  le  mot«piano» 
ne  s'applique  pas  au  chaudron  fêlé 
sur  lequel  —  dans  certains  cinémas 
du  boulevard  —  un  malheureux  ga- 
giste tape  à  tour  de  bras  pour  accom- 
pagner le  «  documentaire   »,  cepen- 


dant que  les  musiciens  s'en  vont 
prendre  un  bock. 

Dans  les  salles  nouvelles,  la  vue  de 
l'orgue,  toujours  silencieux,  fait  son- 
ger à  ces  appartements  de  nouveaux 
riches  où  les  deux  pianos  —il  en  faut 
deux  pour  la  symétrie  —  attendent, 
décoratifs  et  muets,  que  quelqu'un 
sache  en  jouer.  Quand  on  songe  à 
tout  le  parti  qu'on  peut  tirer  d'un 
orgue  —  ne  fût-ce,  ainsi  qu'on  l'a  fait 
quelquefois  à  la  Schola,  pour  rem- 
placer tel  ou  tel  instrument  â  vent  — 
on  s'étonne  de  cet  abandon. 

Une  solution  diamétralement  oppo- 
sée, mais  particulièrement  intéres- 
sante pour  les  petites  salles,  consis- 
terait à  confier  1  accompagnement  à 
un  instrument  mécanique  (pianola 
ou  orgue  automatique  Estey,  ^Eolian, 
Mustel). 

Avec  l'instrument  mécanique,  dont 
le  répertoire  est  infini,  la  composi- 
tion de  l'accompagnement  devient 
une  simple  affaire  de  découpage  de 
bande.  N'importe  quelle  petite  salle 
de  banlieue  ou  de  province  peut  rece- 
voir, en  même  temps  que  le  rouleau 
de  celluloïd,  le  rouleau  de  carton 
perforé  correspondant.  En  utilisant 
simultanément  le  pianola  et  l'orgue, 
on  peut  varier  les  combinaisons, 
éviter  les  arrêts. 

Nous  n'avons  pas  à  suggérer  d'en- 


treprises commerciales;  il  est  sim- 
plement permis  d'indiquer  que  les 
maisons  nommées  plus  haut  auraient 
le  plus  évident  intérêt  à  la  mise  sur 
pied  d'une  organisation  qui  consti- 
tuerait pour  elles  une  réclame  de 
premier  ordre.  C'est  peut-être  dans 
ce  sens  qu'on  pourrait  chercher  a 
la  salle,  consacrée  au  répertoire, dont 
tout  le  monde  réclame  l'ouverture  : 
le  problème  de  l'accompagnement 
musical  variant  quotidiennement  se- 
rait ainsi  résolu,  et  l'on  pourrait 
retrouver,  le  jour  où  l'on  en  aurait 
envie,  Pour  sauver  sa  race  ou  Les 
Proscrits,  aussi  aisément  que  Po- 
lijcucte  ou  Andromaque  à  la  Comé- 
die ou  à  l'Odéon. 

Et  maintenant  la  parole  est  aux 
directeurs  et  aux  chefs  d'orchestre 
de  cinémas.  Il  ne  faut  point  dire  que 
le  problème  ne  se  pose  pas.  L'An- 
glais, l'Allemand,  l'Américain  qui  va 
voir  un  film  à  Paris  éprouve,  quant 
â  l'accompagnement  musical, la  même 
impression  que  ressent  le  Parisien 
quand  il  va  voir  Forfaiture  au  grand 
Cinéma  de  Boussac.  Il  paraît  que  le 
septième  art  traverse  une  crise,  qu'il 
faut  chercher  des  moyens  propres 
â  attirer  le  public  dans  les  salles  ; 
celui  qui  consisterait  â  faire  voir  et 
entendre  de  belles  choses  n'est  peut- 
être  pas  à  repousser  d'emblée. 

Lionel  Landry. 


M     La    Finance    et    le    Cinéma     M 


Depuis  quelques  mois  l'organisa 
tion  financière  du  cinéma,  secouée  de 
spasmes  violents,  tremble  sur  ses 
bases,  semble  à  chaque  instant  près 
de  s'écrouler. 

Nous  voulons  bien  croire  que  ce 
n'est  là  qu'un  typhon  après  quoi  l'air, 
la  terre  nettoyés  de  beaucoupde  petits 
désordres  par  un  plus  formidable  dé- 
sordre (le  feu  par  le  feu)  reprendront 
leur  pureté,  leur  éclat. 

Mais  le  spectateur  de  ces  grands 
drames,  quasi  atmosphériques,  peut 
se  demander  quelles  raisons  ont  per- 
mis à  la  tempête  de  s'élever  et  decréer 
tant  de  ravages. 

Bien  entendu,  nous  ne  pensons  pas 
seulement  à  la  situation  bancaire  du 
cinéma  français  mais  bien  à  celle  de 
la  grande  industrie  internationale  de 
l'écran. 

Les  Etats-Unis  qui  à  tous  les  points 
de  vue,  ont  tenu  pendant  longtemps 


la  maîtrise  absolue  dans  l'industrie 
de  l'art  muet,  sont  en  proie  aux  plus 
grands  troubles  commerciaux  pour 
leur  spectacle  favori. 

De  même  l'Italie,  l'Angleterre  et 
aussi  l'Allemagne  qui  malgré  un 
commencement  de  mise  au  point  sé- 
rieux souffre  encore  des  mêmes  tour- 
ments qui  bouleversent  le  marché 
mondial. 

Que  voyons-nous  en  Erance  ? 

Nous  assistons  périodiquement  à 
d'étranges  secousses  dans  les  plus 
grandes  maisons  éditrices.  Les  grou- 
pes financiers  qui  leur  ont  donné  leur 
collaboration,  connaissent  des  sou- 
cis incroyables,  dont  ils  se  compren- 
nent pas  eux-mêmes  la  raison,  mais 
qui  commencent  à  les  détourner  d'en- 
treprises où  cependant  l'argent  doit 
être  l'aliment  capital,  confortable, 
indispensable. 

Quant  aux  groupes  plus  petits  qui 


gravitent  autour  de  ces  planètes  di- 
rectrices, leur  situation,  pour  être 
moins  lourde  n'en  est  pas  moins  dan- 
gereuse. Le  nombre  de  commanditai- 
res ruinés  totalement  ou  amplement 
saigné  pour  le  cinéma  est  considé- 
rable 

Il  est  bien  entendu  que  nous  n'en- 
visageons pas  dans  ce  chapitre  la 
malhonnêteté  des  personnes  à  qui 
ces  mécènes  d'un  jour  ont  fait  con- 
fiance pas  plus  que  nous  ne  voulons 
tenir  compte  des  innombrables  tares 
(Ristournes,  commissions,  combinai- 
sons, etc.  .)  qui  ne  pouvaient  pas 
épargner  davantage  le  cinéma,  que  la 
Bourse,  les  stocks  ou  les  industries 
de  guerre. 

Nous  ne  voulons  pas  non  plus  met- 
tre en  question  la  valeur  artistique 
des  productions  de  l'écran.  Nous  som- 
mes à  une  époque  où  une  marchan- 
dise vaut  beaucoup  plus  dans  l'habi- 


12 


cinea 


leté  de  ses  managers  que  par  «es 
qualités  intrinsèques.  D'ailleurs  il 
sciait  trop  commode  de  nous  citer 
immédiatement  les  cas  particulière- 
ment difficiles  où  se  trouvent  certains 
entrepreneurs  de  beauté  dans  tous 
les  pays,  comme  il  nous  serait  trop 
commode,  en  réponse,  de  vous  citer 
les  exemples  d'échecs  étonnants  en- 
courus par  des  productions  que  tous 
le»  bas  marchands  s'accordaient  à 
trouver  les  plus  commerciales  du 
momie 
Nous  ne  parlons  aujourd'hui   que 

d'argent  et  de  crise. 

* 

*  * 

Ce  n'est  pas  que  l'argent  manque. 
Nous  voyons  qu'il  suffit  tous  les  trois 
mois  d'un  peu  de  diplomatie  pour  apai- 
ser provisoirement  l'inquiétude  ou 
la  colère  des  groupes 'financiers  d'ail- 
leurs fort  solides,  qui  soutiennent  en 
France,  les  petits  et  surtout  les  gros 
fabricants  de  films. 

Mais,  si  puissants  que  soient  ces 
appuis,  ils  ne  peuvent  aboutir  qu'au 
néant  s  ils  ne  sont  pas  étayés  par  une 
administration  lucide,  précise  et  sûre 
de  soi. 

Une  des  plus  grandes  erreurs  qui 
gênent  ce  genre  d'affaires,  est  la  naïve 
imitation  de  l'organisation  améri- 
caine mal  comprise. 

En  effet,  on  n'a  pas  tenu  compte  des 
périodes  diverses,  pour  ne  pas  dire 
contradictoires,  qu'à  traversées  lin- 
dustrie  américaine  du  film  en  5  ou 
<i  ans. 

La  dernière  période  ne  semble 
pas  précisément  heureuse.  C'est  à 
croire  que  les  américains  ont  été, 
comme  nous-mêmes, victimes  des  ap- 
parences de  leur  propre  organisation 
et  qu  ils  se  sont  mis  tout  soudain  à 
en  oublier  le  point  de  départ,  si  admi- 
rablement conçu. 

Du  film  américain  plagié  depuis 
longtemps  avec  tant  d'ingénuité  par 
certains  de  nos  cinégraphes  nous 
avons  toujours  dit:  «  Qu'il  est  beau! 
mais  tachez  donc  de  le  comprendre 
avant  de  le  copier  » 

Et  de  la  finance  cinématographique 
américaine  nous  ne  pouvons  que 
dire  â  peu  près  la  même  chose  : 
«  Qu'elle  était  belle  !  mais  pourquoi 
ne  l'avez-vous  pan  comprise  avant 
de  la  copier.  » 

On  la  comprend  de  moins  en  moins 
et  on  cherche  à  la  copier  de  plus  en 
plus. 

J'entends  à  chaque  instant  des  ban- 
quiers éperdus ,  s'inquiétant  des 
moyens  de  remonter  le   courant  tor- 


rentiel qu'ils  n'ont  pas  su  endiguer, 
s'épuiser  en  débats  étonnants  qui  ne 
tendent  à  moins  qu'à  mettre  le  bloc 
de  notre  cinématographie  sous  la 
dépendance  des  banquiers  de  New- 
York.  Ils  continuent  a  dire  :  «  L'Amé- 
rique] comme  certains  politiciens 
disent  L'Allemagne,  sans  réfléchir 
que  ces  pays  ne  sont  pas  des  unités 
comme  l'est  à  peu  près  le  nôtre,  mais 
bien  des  conglomérats,  des  coopéra- 
tives d'unités.  C'est  évidemment  ce 
qui  fait  leur  force  et  ce  qui  ne  fait  pas 
la  nôtre. 

Si  nous  nous  laissons  aller  a  mêler 
notre  toute  petite  personnalité  à  ces 
associations  dévorantes,  que  voulez- 
vous  qu'il  reste  de  nous  ?  Il  vaut  cent 
fois  mieux  rester  dans  notre  isole- 
ment misérable  que  de  vouloir  pren- 
dre part  a  un  concert  où  il  n'y  a  pas 
de  place  pour  nous. 

Au  reste,  la  situation  américaine 
est  actuellement  telle  que  les  petits 
collaborateurs  comme  nous  sont  ap- 
pelés positivement  au  secours  pour 
cimenter  de  leur  neuve  énergie  ou  de 
leurs  modestes  cadavres  les  superbes 
fissures  du  grand  monument  tran- 
satlantique. 

Les  Américains  s'aperçoivent  trop 
tard  qu'ils  ont  eut  tort  d'oublier  leur 
origine  composite  et  de  s'isoler  un 
jour  dans  cet  ivresse  néfaste  des  len- 
demains de  victoires. 

11  est  donc  trop  tard  pour  que  ce 
soit  notre  rôle  d'aller  faire  corps  avec 
eux  dans  une  offensive  plus  prudente 
et  mieux  concertée  qui  les  mènerait, 
croient-ils,  à  une  victoire  définitive 
à  un  rétablissement  total,  mais  peut- 
être  aussi  â  une  faillite  coûteuse, 
dont  je  ne  vois  pas  la  nécessité  pour 
nous  de  payer  les  frais. 

C'est  tout  le  contraire  qui  doit   se 

produire. 

*  # 
* 

Laissons  l'Amérique  cinématogra- 
phique se  tirer  de  sa  crise  et  souhai- 
tons-lui un  de  ces  brusques  sursauts 
d'énergie  par  quoi  elle  a  tant  de  fois 
reconstruit  l'équilibre  de  plusieurs 
de  ces  colossales  industries.  Occu- 
pons-nous, â  notre  tour,  occupons- 
nous  enfin  de  constituer  en  face  de 
cet  énorme  syndicat  qui  fut  et  qui 
sera  peut-être  encore  une  des  plus 
grandes  forces  financières  du  monde, 
un  syndicat  européen  qui  pourra,  si 
on  le  veut,  atteindre  à  la  même  force 
et  même  la  dépasser. 

Je  le  répète,  il  ne  s'agit  pas  ici 
d'appréciations  artistiques  d'aucune 
sorte  que  l'on  ne  s'attende  pas  à  nous 


voir  citer  des  noms  pour  opposer 
l'une  à  l'autre  la  cinématographie 
de  tel  ou  tel  pays  et  celle  du   voisin. 

Cela  ne  convaincrait  personne  et 
ne  ferait  qu'alourdir  l'intérêt  éven- 
tuel de  ma  petite  suggestion.  Laissons 
les  artistes  causer  entre  eux,  se  rap- 
procher, négliger  quelques  frontiè- 
res, c'est  leur  intérêt,  c'est  un  intérêt 
pressant. 

Ce  que  nous  voulons  dire  aujour- 
d'hui, c'est  la  nécessité,  l'urgence  de 
trouver  un  mode,  non  seulement 
d'entente,  mais  daccord.  d'associa- 
tion. Je  ne  peux  pas  comprendre  que 
personne,  n'ait  encore  agi  utilement 
pour  réunir  les  divers  groupes  de  fi- 
nanciers, européens  qui  s'intéressent 
volontiers  au  cinéma  mais  qui  meu- 
rent d'envie  de  ne  pas  s'y  intéresser, 
chacun  de  son  côté. 

Ce  qu'il  nous  faut  c'est  une  sorte 
de  Mittel-Europa,  des  banques  ciné- 
graphiques.  Ce  n'est  pas  par  hasard 
que  j'emploie  cette  expression  alle- 
mande, qui  a  beaucoup  perdu  de  sa 
menaçante  autorité  mais  qui  n'a  rien 
perdu  de  sons  sens  et  qui  reste,  n'est- 
ce  pas,  le  mot  d'ordre  perpétuel  dans 
toutes  les  branches  du  commerce  et 
de  l'industrie  sur  l'autre  rive  du 
Rhin 

Il  est  probable  que  s'ils  n'étaient 
pas  dans  la  situation  un  peu  spéciale 
où  ils  sont  encore  pour  quelque 
temps,  les  Allemands  auraient  déjà 
mis  sur  pied  ce  projet  de  consortium 
européen  cinématographique.  Ils  ont 
d'ailleurs  prouvé  leur  habileté  à  cet 
égard  par  la  vigoureuse  participation 
qu'ils  ont  prise  durant  la  guerre  dans 
la  constitution  financière  de  l'indus- 
trie cinématographique  américaine. 

Ils  viennent  d'esquisser  un  mouve 
ment  du  même  ordre  dans  leurs  gran- 
des unions  germano-italiennes,  dans 
diverses  entreprises  viennoises,  hon- 
groises, hollandaises,  danoises  et 
même  dans  quelques  sérieux  prépa- 
ratifs dont  l'étiquette  officielle  sera 
Londres. 

Mais  cela  ne  suffitpas.  Les  millions 
des  industriels  de  la  Ruhr  ne  sont  pas 
plus  capables  de  bâtir  à  eux  seuls 
un  édifice  solide  que  les  fortunes  an- 
glaises, suédoises,  belges  et  les  ban- 
ques françaises  si  elles  ne  s'unissent 
pas.  Cette  union,  nous  le  savons  bien, 
est  assez  délicate  â  réaliser.  Nous  en 
avons  vu  un  exemple  curieux.  C'est 
la  tentative  d'un  nouveau  lancement 
du  cinéma  russe  ébauché  depuis  deux 
ans  sur  un  vaste  champ  d'action  qui 
aurait  compris  comme  points  de  re- 


cinea 


13 


pères.  Paris,  Londres,  Berlin,  et  que 
défendait  la  bonne  volonté  de  quel- 
ques gros  banquiers  parfois  russes 
mais  généralement  internationaux. 
11  est  évident  que  cet  essai  n'a  pas 
obtenu  le  succès  escompté.  11  était 
cependant  imaginé  et  organisé  pres- 
que très  bien,  mais  il  n'en  comportait 
pas  moins  cette  faute  iuitiale  d'isoler 
sur  un  groupe  ou  sur  un  parti  l'enjeu 
d'un  effort  que  l'on  voulait  pousser  au 
maximum. 

Je  crois  que  si  l'on  arrive,  comme 
il  le  faut,  à  mettre  debout  cette  so- 
ciété financière  du  cinéma  européen 
il  faut  en  fixer  le  siège  social  à 
Paris. 

Cette  •  proposition  ne  correspond 
pas,  comme  vous  pourriez  le  croire  à 
un  écho  de  ces  tendances  hyper-na- 
tionalistes qui  tant  de  fois  nous  font 
dire:  Paris  au-tlessus  de  tout! 


Non,  avant  de  dire  Paris  d'abord, 
nous  avons  causé  île  cette  question 
avec  des  personnalités  cinématogra- 
phiques et  financières  de  plusieurs 
capitales  ;  nous  sommes  persuadés 
que  pour  la  plupart  elles  verraient 
volontiers  Paris  représenter  la  puis- 
sance européenne  sur  le  marché  mon- 
dial du  film. 

Il  est  facile  de  s'en  convaincre  en 
discutant  avec  ces  maîtres  banquiers 
que  les  Français  rencontrent  souvent 
sur  le  boulevard,  car  si  les  Français 
continuent  de  ne  pas  beaucoup  voya- 
ger, les  étrangers  continuent  de  se 
montrer  aussi  fréquemment  à  Paris 
que  sur  leurs  territoires. 

Que  messieurs  les  financiers  du  ci- 
néma français  ne  laissent  pas  échap- 
per cette  occasion  inespérée.  Ce  n'est 
pas  dans  quelques  mois,  c'est  dans 
le  plus  bref  délai  qu'ils  doivent 
s'acharner  à  grouper  leurs  possibili- 


tés et  à  les  joindre  à  celles  de  leurs 
pairs  dis  nations  importantes  d'Eu- 
rope. 

L'Angleterre,  l'Allemagne,  la  Hol- 
lande, la  Suède,  l'Autriche,  l'Italie, 
la  France,  en  attendant  la  Russie, 
ont  tout  à  gagner  à  mettre  en  com- 
mun leurs  moyens  d'action 

Ainsi,  elles  échapperont  a  un  état 
absurde  où  elles  se  dépensent  pres- 
que toutes  en  efforts  artistiques  ou 
techniques  extraordinaires  et  s'épui- 
sent en  complications  budgétaires, 
d'autant  plus  regrettables  que  la 
quantité  de  millions  emportés  cha- 
que année  dans  le  tourbillon  cinéma- 
tographique fait  une  assez,  jolie  ad" 
dition. 

Je  suis  sûr  que  cette  coopérative 
monstre  satisferait  à  la  fois  aux  am- 
bitions des  artistes,  ingénieurs,  créa- 
teurs et  aux  appétits  des  banquiers. 

Et  cela  ne  se  sera  jamais  vu. 

Louis  Delluc. 


0      DERRIÈRE       L'ÉCRAN      0 


FRANCE  » 

Nous  apprenons  que  L'Infante  à 
la  Rose,  présenté  dernièrement  par 
la  «  Dal  Film  »  avec  le  succès  que 
l'on  sait,  vient  d'être  acquis  par  l'An- 
gleterre, et  sera  programmé  outre- 
Manche,  dès  janvier  1922 
• 

Voici  la  distribution  de  L'Aiglonne 
d'Arthur  Bernède,  qui  met  en  scène, 
pour  les  cinés  romans  «  Keppens  »  : 

MM.  Drain,  du  Françaias  (Napo- 
léon); Marnay  (Fouché)  ;  Bras-Poggi, 
Bourdel,  etc. 

Mmes  Clairnet  (1  Impératrice);  Cy- 
prian   Gilles    (Laurence);    Montalet, 
Keppens,    etc.    et    Andrew    F.    Bru- 
nelle,  Jacques  Ferrand. 
• 

Musidora  est  partie  à  Madrid  pour 
une  série  de  représentations  et,  dit- 
on,  pour  tourner  un  nouveau  film. 
• 

Au  studio  du  Film  d'Art,  Henry 
Roussel  continue  l'exécution  de  Vé- 
rité. Des  scènes  de  grande  figuration 
ont  été  tournées  à  l'intérieur  du 
théâtre  des  Champs-Elysées. 
• 

Charles  Dullin  a  commencé  ses 
cours  d'interprétation  improvisée  et 
de  mimique  à  L'Atelier  qu'il  a  fondé. 


Il  ne  négligera  pas  le  cinéma  dans 
ses  leçons. 

Diana  Karenne,  Van  Daële  et  G.  de 
Gravonne  seront  les  interprètes  prin- 
cipaux du  nouveau  film  que  M.Proto- 
zanoff  part  tourner  dans  le  midi  pour 
la  nouvelle  Société  "  Visions  d'Art". 
• 

D'après  un  écho  paru  dans  un  jour- 
nal du  matin,  certains  ont  cru  com- 
prendre que  M.  Fourel  quittait  défi- 
nitivement la  maison  Pathé. 

M.  Fourel  a  simplement  donné  sa 
démission  d  administrateur,  mais  il 
conserve  ses  fonctions  de  directeur 
général . 

Diana  Karenne,  la  célèbre  vedette 
italienne  de  Marie-Madeleine  et  de 
tant  dj  grands  films,  interprétera  un 
rôle  considérable  dans  le  nouveau 
film  de  M.  Protozanoff. 
• 

ANGLETERRE  J& 

La  proposition  faite  par  M.  R.  Pugh 
aux  exploitants  anglais  d'aller  étu- 
dier en  Amérique  les  conditions  dans 
lesquelles  fonctionne  le  First  Natio- 
nal qu'il  représente,  n'a  pas  eu  jus- 
qu'ici le  succès  attendu.  Le  Congrès 
général  des  exploitants  affiliés  amé- 
ricains  s'est  tenu  le    17  octobre.  Les 


exhibiteurs  anglais  n'en  purent  mais. 
Ce  qui  n'empêche  pas  M.  R.  Pugh  de 
redoubler  d'éloquence.  Le  First  Na- 
tional anglais  dont  il  suggéra  -  et 
pour  cause,  la  sienne  —la  formation, 
se  réalisera-t-il  avant  que  certaines 
compagnies  intéressées  par  la  for- 
mule —  producers  et  loueurs  —  en 
entreprennent  un  autre,  à  leur  profit? 
Les  membres  de  la  C.  E.  A.  —  la  cons- 
tatation n'est  pas  neuve  —  ne  parais- 
sent pas  autrement  pressés  de  s'en- 
tendre ;  et  ceci  n'est  pas  la  seule 
question  vitale  qu'il  leur  faudrait 
résoudre  ..  avant  que  le  loup  ne  les 
mange. 

M.  George  Tréville,  dernièrement 
metteur  en  scène  pour  l'Idéal,  pour 
le  compte  de  laquelle  il  tourna  AU 
sorts  and  conditions  ofnten  et  Mar- 
ried  Life  vient  de  fonder  sa  propre 
compagnie  :  Tréville  Pictures  Ltd., 
au  capital  de  50.000  liv.  st.  Il  utilisera 
les  studios  de  la  British  ActorsFilm  C° 
à  Bushey  La  production  du  nouveau 
concert  devant  commencer  en  jan- 
vier prochain,  souhaitons  dès  à  pré- 
sent à  M.  G.  Tréville  une  bonne  et 
heureuse  année. 

• 

Miss  Betty  Balfour.  que  sa  dernière 
création  dans  Sqnihs  (production  de 


14 


cinea 


la  Welsh  Pearson  C  ),  vient  de  con- 
sacrer comme  l'une  des  meilleures 
comédiennes    anglaises    de    l'écran, 

tourne    actuellement    pour  la  même 
compagnie,  le  premier  rôle  de  Maud 
lùnihj.  Rex  Davis  est  son  partenaire. 
• 
Matheson  Lang,  le  grand  interprète 
dramatique  des  scènes  londoniennes, 
qu'on  applaudit  en  France  dans  Car- 
naval, tiendra  le  principal  rôle  dans 
la  prochaine  production  de  M.  Kenelm 
Foss,  A  Romance  of  Los!  Bagdad. 
• 
M.     Gaston    Quiribet    est    engagé 
dans   la    production    d'une    série    de 
scénarios  pour   la   Hepworth  C'.  Le 
premier  d'entre   eux,   Up    the  River 
ivilli  Molli/,  fera  les  délices  des  gens 
de  goût.  Je  profite  de  l'occasion  pour 
signaler    que    G.    Quiribet    est    l'au- 
teur en  partie  des  films  Once  aboard 
the  Lugger  et  Mr.  Justice  Raffles 
qu'il  produisit  en  collaboration  avec 
M.  Gerald  Ames.  Rendons  à  César.. 
• 
Le   film  historico-dramatique  de  la 
Screen  Plays  Comment  Lord  Kitche- 
ner  fut   trahi,  produit  par  M.  Percy 
Nash,   est    actuellement    achevé      II 
sera  présenté  sous    peu,    simultané- 
ment à   Londres,  Paris  et  Bruxelles. 
• 
Stoll  a  présenté  General  John  Re- 
gan,  adapté  de   la  nouvelle  de  A.  G. 
Birmingham.  11  faut  admirer  et  louer 
l'effort  valeureux  de  M.  Harold  Shaw, 
qui  ne   craignit  pas    d'affronter   pa- 
reille entreprise,  l'œuvre   caustique 
dont  il   s'inspira  étant  une  de  celles 
auxquelles    on    eut   le   moins  songé 
pour  une   mise  à  l'écran.    Cette  his- 
toire  Henaurme  d'une   supercherie, 
qui    secoua   pour  quelque   temps  le 
petit  village  irlandais   de  Ballimoy, 
plaisante  au  possible  dans  le  texte, 
n'a  pu  ici  nous  persuader,  et  nous  le 
regrettons,  car  la  production  en  elle- 
même  est  minutieuse  et  impeccable 
et  contient  maintes  scènes  d'une  heu- 
reuse venue.  Madge   Stuart,  en  ser- 
vante    d'auberge     est     amusante     à 
souhait.    Le  cinéma  n'a   pas   encore 
trouvé   son  Shakespeare,   a-ton   dit. 
Quand  aura-t-il  son  Molière? 

• 
Y  aurait-il  quelque  chose  de  changé 
dans  la  mentalité  des  amateurs  de  ci- 
néma ?  «  l'Educational  film  »  semble 
devenir  en  faveur  en  Angleterre. 
Nous  avions  le  Gaumont  Graphie  — 
le  Pathé  Pictorial  —  le  Bray  Picto- 
graph  (Goldwyn)  —  le  British  Educa- 


tional  Film  (filiale  de  l'Educational 
Film  d'Amérique)  —  les  Movie  Chats 
édités  par  Butcher  —  les  Merveilles 
de  l'Univers  éditées  par  Granger. 
Voici  deux  nouveaux  venus  :  le  Ki- 
neto  Review  édité  par  M.  Chas  l'r- 
ban,  un  des  pionners  de  l'industrie 
cinématographique  en  Angleterre 
déjà  producteur  des  Movie  Chats  — 
et  le  Gréville  Travelm  film  qui  sera 
présenté  prochainement.  Ce  dernier 
est  édité  sous  le  titre  :  The  White 
man  Grave  (Le  calvaire  de  l'homme 
blanc)  et  promet  d'être  attachant.  Il 
sera  projeté  durant  quinze  jours  à 
l'Alhambra  de  Londres. 

L  Interest  Film  Co  qui  distribue  le 
Kineto  donne  aux  exhibiteurs  la  fa- 
culté de  résilierleurcontrats'ilss  esti- 
ment non  satisfais  après  le  quatrième 
film  de  C. Urbanproje té. Elle  a  pris  éga- 
lement une  initiative  intéressante  en 
acceptant  de  fournir  gracieusement 
un  appareil  spécial  et  un  opérateur 
pour  toute  séance  particulière  dans 
une  école. 

Espérons  que  ce  nouveau  dévelop- 
pement du  cinéma  instructif  aidera  à 
la  disparition  prochaine  du  pro- 
gramme composé  de  deux  impor- 
tantes productions  qui  gâte  fâcheu- 
sement le  goût  des  spectateurs. 

A.  F.  Rose. 


AMÉRIQUE  M 

George  Fitzmaurice,  le  metteur  en 
scène  renommé  est  un  artiste  dans 
toute  l'acception  du  mot.  Né  en 
France,  il  y  fit  presque  toute  son 
éducation.  Il  en  a  d'ailleurs  conservé 
l'inlluence  artistique  et  toutes  ses 
productions  pour  Paramount  s'en 
ressentent  très  agréablement 

Dès  son  jeune  âge,  Fitzmaurice 
voulut  être  artiste  et  il  fit  ses  pre- 
mières études  dans  les  principales 
écoles  artistiques  de  Paris.  Par  la 
suite,  il  se  laissa  tenter  par  le  cinéma 
et  la  merveilleuse  occasion  qu'il  y 
vit  d'employer  ses  rares  qualités 
artistiques. 

C'est  dans  la  maison  Pathé  qu'il  fit 
ses  débuts. 

Son  talent  original  et  le  soin  qu'il 
apporta  aux  moindres  détails  furent 
bientôt  remarqués  et  il  gagna  rapi- 
dement la  place  qu'il  occupe  aujour- 
d'hui dans  le  monde  cinématogra- 
phique parmi  les  premiers  metteurs 
en  scène  du  monde. 

Chez  Paramount,  il  s'occupa 
d  abord  exclusivement  de  la  mise  en 
scène  des    films    tournés    par   Elsie 


Ferguson.  L'heureuse  union  des  ta- 
lents de  ces  deux  artistes  donna  des 
résultats  merveilleux  et  toute  une 
série  de  productions  qui  étaient  vrai- 
ment exceptionnelles  se  succédèrent. 
C'est  alors  que  Paramount  signa 
avec  George  Fitzmaurice  un  nou- 
veau contrat  suivant  lequel  il  devait 
diriger  des  films  spéciaux  pour  Pa- 
ramount sous  le  nom  de  «  Produc- 
tions George  Fitzmaurice  ». 

Tous  ces  films  ont  remporté  un 
accueil  enthousiaste  auprès  du  public 
et  l'on  sait  maintenant  qu'un  film 
dirigé  par  George  Fitzmaurice  est 
toujours  aussi  somptueusement  qu'ar- 
tistiquement mis  en  scène,  et  que  le 
sujet  présente  toujours  un  puissant 
intérêt  psychologique  et  humain. 

Les  scénarios  de  ces  productions 
spéciales  sont  écrits  par  Ouida  Ber- 
gère, la  femme  de  George  Fitzmau- 
rice, dont  Paramount  s'est  réservé  la 
collaboration  en  même  temps  qu'il 
s'attachait  celle  de  M.  Fitzmaurice. 
• 
George  Fitzmaurice  est  un  fervent 
des  sports,  et  de  l'aviation  en  parti- 
culier. Chaque  matin,  quand  le 
temps  le  permet,  il  quitte  sa  petite 
maison  de  Long-Island  pour  aller 
faire  une  randonnée  dans  un  hydra- 
vion appartenant  à  un  de  ses  amis. 
Il  y  prend  d'ailleurs  un  tel  plaisir 
qu'il  a  récemment  commandé  un 
avion  pour  son  usage  personnel. 

D'ailleurs,  le  distingué  metteur  en 
scène  pense  s'en  servir  également 
pour  certaines  prises  de  vues  de  scé- 
narios qu'il  compte  tourner,  car  les 
scènes  prises  en  avion  sont  souvent 
d'un  grand  intérêt.  Dans  Le  loup  de 
dentelle,  on  voit  toute  l'île  de  Ma- 
nhattan. Cette  vue  a  été  prise  à  plus 
de  2.000  mètres  de  hauteur.  George 
Fitzmaurice  en  dirigea  la  prise  de 
vues  en  avion  où  il  était  monté  avec 
un  opérateur.  La  photographie  de  ce 
panorama  est  remarquablement 
claire  malgré  une  attitude  aussi 
élevée. 

• 
Ecossais  de  naissance,  David  Po- 
well  fit  ses  débuts  au  théâtre,  à 
Londres,  avec  le  grand  artiste  an- 
glais Sir  Herbert  Tree.  Ensuite,  il 
joua  avec  Ellen  Tcrry  et  Forbes-Ro- 
bertson.  Mais  le  cinéma  l'attirait  et, 
bientôt,  cet  art  l'occupa  exclusive- 
ment. 

Depuis  son  entrée  à  Paramount, 
David  Powell  a  tenu  des  rôles  im- 
portants dans  les  plus  grands  succès 


cinea 


15 


de  cette  firme.  Récemment,  George 
Fit/.maurice  lui  confia  les  premiers 
rôles  dans  ses  grandes  productions, 
notamment  Le  Loup  de  dentelle,  rôle 
puissant  où  il  donne  toute  la  mesure 
de  son  talent,  Le  droit  d'aimer  et 
d'autres  que  vous  applaudirez  au 
cours  de  cette  saison. 

Tout  récemment,  David  Powell  a 
été  attaché  à  la  compagnie  de  Londres, 
la  Fanions  Players  Film  Company. 
YA,  il  y  a  quelques  semaines,  il  tour- 
nait en  France,  sous  la  direction  de 
Robertson,  le  grand  film  Perpétua, 
dont  il  a  déjà  été  parlé  dans  la 
presse. 

• 

11  y  a  dans  le  studio  de  Thomas 
H.  Ince  un  coin  surnommé  «  le  coin 
des  enfants  ».  C'est  là  que  sont  tour- 
nés les  films  avec  Douglas  Maclean 
et  Doris  May.  La  raison  de  ce  sur- 
nom est  l'âge  des  deux  artistes  qui 
sont  très  probablement  les  plus 
jeunes  étoiles  du  cinéma.  Doris  a 
tout  juste  18  printemps,  tandis  que 
Doug  Mac  Lean  la  dépasse  d'à  peine 
trois  années. 

Ils  sont,  au  studio  Ince,  la  joie  de 
tous,  et  ils  semblent  imprégner  l'air 
environnant  de  leur  jeunesse  débor- 
dante et  de  leur  saine  gaieté.  Tous 
les  employés  et  le  personnel  les 
aiment  cordialement  et  se  jetteraient 
dans  le  feu  pour  eux...  Ils  sont  tou- 
jours en  mouvement,  soit  qu'ils  tour- 
nent une  scène,  soit  que,  pendant  un 
moment  de  repos,  ils  se  précipitent, 
dans  l'auto  de  Doug,  jusqu'au  ter- 
rain de  golf  dont  ils  sont  tous  deux 
d'enragés  joueurs. 


Aux      Etablissements 
CONTIN  S  OU  Z A 


Le  :{  novembre  M.  Continsouza 
priait  la  presse  cinématographique  à 
la  présentation  d'un  nouvel  appareil 
de  projection  qui  devait  marquer  un 
progrès  très  sensible  sur  tous  ceux 
fabriqués  jusqu'à  ce  jour. 

M.  Thévenin,  directeur  technique 
des  Etablissements  en  expliqua  lui- 
même  le  mécanisme,  de  façon  si 
claire  que  chacun  pût  se  rendre 
compte  de  la  disposition  et  de  la  mar- 
che de  l'appareil. 

Bien  équilibré,  stable,  le«Mundial» 
tient  peu  de  place.  Parmi  tous  les  per- 
fectionnements qu'on  a  apporté  dans 
sa  fabrication  il  en  est  quelques-uns 
particulièrement  remarquables.  Le 
film  est  protégé  de  telle  sorte  par  des 
carters  qu'il  est  à  l'abri  de  toute  dé- 
térioration et  de  tout  danger  d'incen- 
die. 

Le  «  Mundial  »  possède  un  ca- 
drage fixe  — on  en  sait  la  supériorité 
sur  le  cadrage  mobile —  et  ce  cadrage 
n'influence  pas  le  régime  de  l'obtu- 
rateur. Une  démonstration  fut  faite 
de  la  projection  sur  écran  blanc  sans 
aucun  scintillement.  Le  «  Mundial  »a 
aussi  un  dispositif  breveté  permet- 
tant d'arrêter  le  film  pendant  un 
temps     illimité    devant    un    arc    de 


100  ampères,  sans  aucun  danger  d'in- 
flammation. Ce  dispositif  est  telle- 
ment efficace  que  pour  l'utilisation 
du  «  Mundial  »  la  Préfecture  de  Police 
a  autorisé  la  suppression  de  la  cuve 
à  eau.  Ce  dispositif  permet  également 
le  passage  du  film  image  par  image. 
Enfin  l'appareil  a  un  mode  de  démon- 
tage et  de  montage  extrêmement 
simple.  Toutes  les  pièces  sont  rigou- 
reusement interchangeables. 

Cette  présentation  ainsi  que  celle 
d'un  nouvel  appareil  de  salon  qui 
sera  certainement  d'ici  quelques  mois 
l'appareil  en  vogue  obtint  un  très 
gros  succès. 

M.  Coissac  —  président  de  la  presse 
cinématographique  —  félicita  vive- 
ment M.  Continsouza. 

Le  Tout  cinéma  assistait  d'ailleurs 
à  cette  séance:  MM.  Blanc,  delà  mai- 
son Pathé,  Le  Fraper,  Dureau, 
Verhylle,  P.  de  la  Borie,  Colette,  Vel- 
loni,  Villemandy,  Jourdan,  Guilha- 
mou  etc. 

M.  Continsouza,  a\ec  une  bon- 
homie charmante  conta  ses  débuts 
qui  ne  manquent  pas  de  saveur  et 
offrit  du  Champagne  à  tous  ces  mes- 
sieurs qui  s'en  furent  ravis...  en  at- 
tendant un  nouvel  appareil. 

André  Daven. 


LA   FRANCE  QUI    UT 

REVUE  MENSUELLE   DE  LITTÉRATURE,    CRITIQUE  &  BIBLIOGRAPHIE 

,      v     9   r  RÉDACTION   &  ADMINISTRATION  :  i     w     9  r 

Le  No  L  Francs  D      ,,.  .      ^.,,  .         c  .,  Le  N©  L  Francs 

22,  Rue  d  Anjou.  I  elephone  :  E.LYSEES  63-29 


& 


SOMMAIRE   DU   NUMÉRO   DE  NOVEMBRE    1921 


ARTICLES    DE    MM 


Ch.  LAMGLOJS 

Je  l'Institut 


P.    LE  BRETON 

professeur   Je  littérature  française  a  la  Sorbonne 

T.  de  LiOMEJV-CRJSTO 


Secrétaire  Je  la   Société 
Jes   Aitns   Jes    "Lettres   "Françaises 


Henri    HAVJ^ETTE 

professeur  Je  littérature   italienne  a  la  Sorbonne 

Ternand  DlVOJTiE  Pierre  Mac  OT{LMJV 

Louis  DELLUC  André  BELLESSAT{T 

RUBRIQUES   : 

Chez  les  Editeurs  (projets  pour  vannée  prochaine)     —  Les  Nouveautés  Littéraires 
f.  Le  Livre  Trançais  à  l'Etranger  —    Chronique  des  J{evues 


* 


^ 


16 


cinea 


■ 

j    Les  Présentations    j 


Faute  de  s'entendre. 

Comme  c'est  traînard  et  comme  on 
comprend  mal  qu'une  femme  du 
monde,  même  Américaine,  ouvre  une 
pension  de  famille  à  l'insu  de  son 
mari,  malade  il  est  vrai,  mais  soigné 
dans  le  même  immeuble!  lia  voulu 
se  tuer  à  cause  d'une  banqueroute 
imminente  et,  plus  tard,  parla  médi- 
sance d'autrui,  il  est  prêt  au  divorce; 
mais  une  brave  dame  raccommode 
le  ménage.  Quelques  types  de  la  pen- 
sion de  famille  sont  drôles  l'espace 
de  quelques  secondes  Et  l'on  nous 
parle  de  «  prêter  temporairement  » 
de  l'argent  ;  d'une  femme  qui,  pour 
un  homme  «  nourrissait  le  plus  vio- 
lent des  amours  »;  d'un 'désir  qui  est 
un  problème  et  d'un  problème  à  solu- 
tionner; on  nous  dit  :  «  Vous  devez 
lui  aider  ».  En  évitant  les  sous-titres, 
on  nous  épargnerait  ces  expressions. 
Un  film  comique  précédait,  qui  rail- 
lait la  «  méthode  à  ouvrir  les  petits 
pois  î  » 

• 

Chasse  aux  phoques. 

Dans  l'océan  glacial.  Le  paysage 
blanc  et  l'homme  a  la  recherche  du 
phoque  placide,  la  tuerie  du  phoque 
à  trompe.  Et  nous  nous  rappelons 
les  milliers  de  ces  animaux  intelli- 
gents dans  L'Expédition  Scott. 

• 
0 
Pompon  cireur. 

Pompon,  c'est  le  chien  Brownie 
d'une  adresse  remarquable.  Il  est 
cette  fois  un  entraîneur  à  la  manière 
du  gosse  de  Charlie  Chaplin  :  il  va 
salir  les  chaussures  des  passants 
pour  que  son  maître,  cireur,  ait  de 
l'ouvrage.  Il  a  plus  d'esprit  que  son 
film. 

• 
Le  Prince  charmant. 

Un  quiproquo,  un  mariage,  et  dix 
rôles  de  jeunes  filles  interprétés  avec 
une  simplicité  louable  chez  des  débu- 
tantes, par  les  lauréates  du  concours 
de  photogénie  organisé  par  Cinê- 
vnagazine. 

m 

Les  Jeux  du  destin. 

Il  n'y  a  pas  un  film  qui  ne  pourrait 
porter  ce  titre  (ni  un  roman,  ni  une 
comédie).  Une  erreur,  à  la  suite  d'un 
accident  de  chemin  de  fer,  fait  qu'un 
blessé  s'imagine  le  mari  d'une  voya- 
geuse alors  que  sa  femme  est  morte. 


Lui,  a  commis  des  fautes  graves,  il 
les  rachète  sous  l'influence  de  celle 
qu'il  a  épousé  et,  à  la  suite  d'une 
intrigue  sans  grande  ingéniosité,  il 
obtient  le  pardon  de  son  père.  Une 
histoire  de  chantage  est  mêlée  à  cette 
aventure  qui  se  termine  bien  Mollie 
King  est  jolie,  sympathique  et  ses 
yeux  sont  doux, 

• 
Amour  posthume. 

Quand  elle  apprit  la  mort,  dans  un 
combat  contre  des  rebelles,  de  son 
mari  ,  officier  aux  Indes,  elle  com- 
mença de  l'aimer,  mais  cet  amour 
posthume,  à  la  vérité,  est  anthume, 
car  le  défunt  n'était  que  prisonnier 
et  réapparaît,  sous  un  déguisement, 
dans  l'intimité  de  sa  veuve  remariée. 

Comme  un  trop  grand  nombre  de 
films  récents,  celui-ci  effleure  la  pa- 
thologie mentale,  ce  qui  n'a  pas  em- 
pêché Maurice  Tourneur  de  réussir 
une  mise  en  scène,  ni  Elsie  Ferguson 
de  se  montrer  belle  sous  une  cheve- 
lure blanche,  et  magnifique  parce 
que  blanche. 

Chariot  ne  s'en  fait  pas. 

On  a  bien  fait  de  le  rééditer.  Re- 
voyez le  pauvre  garçon  aux  yeux 
tristes  devant  la  mission  qu'il  visite 
après,  où  il  va  prier  en  sachant  mal 
tenir  le  livre  d'heures  et  assistez 
encore  à  son  triomphe  de  policeman 
faible  devant  des  foules  rébarbatives 
et  un  colosse  méchant. 

• 
Chariot  coltineur. 

Moins  bien. 

• 
Les  Abeilles. 

En  trois  minutes,  des  chapitres  de 
J.-H.  Eabre  et  de  Maeterlinck  :  les 
abeilles  merveilleusement  naturelles 
qui  surveillent,  balaient,  récoltent 

Madame  Butterfly. 

Réédition  d'un  film  qui  reste  joli  et 
touchant.  Mary  Pickford,  par  sa  ma- 
gistrale simplicité,  émeut.  Le  bébé 
asiatique  est  délicieux  tant  on  a  pris 
de  soin  à  photographier  ses  oppor- 
tunes attitudes.  Une  mise  en  scène 
de  réalisme  sans  tache  :  les  rues  de 
Nagasaki,  le  repas  de  noces  selon  la 
coutume  japonaise,  le  mauvais  mari 
à  qui  le  consul  américain  refuse  la 
main,  la  mort  de  la  pauvre  petite 
chose  qu'est  Cho-Cho-San,  s'enfon- 
çant  dans  l'eau,  se  sacrifiant  avec 
l'espoir  que  l'homme  n'en  saura  ja- 
mais rien. 


Le  Système  D. 

«  Si  j'avais  ô.OOO  dollars,  j'en  ga- 
gnerais 100.000  ».  Son  père  le  prend 
au  mot  et  le  fils,  parti  au  hasard,  se 
lance  dans  des  aventures.  11  y  est 
amené  a  pouvoir  jouer  au  brigand 
et  à  voler  son  père  lui-même  qui  lui 
avait  dit  :  «  Peu  m'importent  les 
moyens,  si  tu  parviens  à  tes  fins.  » 
Charles  Ray  a  des  mines  de  bon  gar- 
çon, mais  ce  n'est  pas  suffisant  pour 
qu'un  film  tienne. 


Un  cœur  d'enfant. 

Un  financier,  sa  femme,  son  petit 
garçon,  l'associé  qui  est  un  sale  type, 
un  domestique  placé  par  l'associé 
chez  l'autre  afin  de  l'éprouver.  Le 
financier  part  pour  ses  mines  de  dia- 
mant avec  le  méchant  domestique. 
Il  rencontre  en  route  son  frère  qui 
avait  disparu  après  des  histoires  et 
le  décide  à  revenir  avec  lui,  à  «  re- 
tourner »,  dit  l'écran.  Sur  le  bateau, 
complot  contre  le  financier  que  l'on 
sait  avoir  caché  sur  lui  un  diamant 
nonpareil.  Le  bateau  saute,  tout  est 
couleur  lie  de  vin.  Les  deux  frères  se 
ressemblent  ,  c'est  le  même  acteur 
qui  joue  les  deux  rédes.  L  associé 
présente  le  frère  comme  étant  l'autre 
qui  soi-disant  a  perdu  la  mémoire, 
mais  le  vrai  revient  et  tout  s'arrange. 
Je  crois  que  c'est  ça,  a  peu  près... 

• 
La  Sierra  Nevada 

Un  dogue  vit  solitaire  dans  cette 
belle  contrée,  il  se  promène,  court, 
ralentit,  s'arrête,  cherche,  regarde, 
ses  oreilles  bougent,  il  se  roule  dans 
dans  la  neige,  repart  et,  un  jour, 
rencontre  un  griffon  blanc,  ils  s'exa- 
minent ;  les  belles  têtes  T  les  bons 
yeux  T  Bientôt  amis,  ils  jouent,  se 
lèchent  le  visage,  quêtent  du  nou- 
veau, grimpent  sur  les  rochers, 
contemplent,  des  hauteurs,  la  plaine, 
parcourent  de  vertes  vallées,  toujours 
ensemble,  boivent  aux  sources  co- 
pieuses, vont  aux  merveilleuses  cas- 
cades et  près  de  celle  qui  tombe  per- 
pendiculaire, marchent  dans  l'eau, 
puis  vient  mauvaise  saison,  ils  exa- 
minent sur  un  roc  les  alentours, 
s'abreuvent  et  retournent  à  la  mon- 
tagne. Assis  devant  la  neige,  ils 
s'embrassent,  on  dirait  qu'ils  dansent. 
Las,  ils  se  couchent,  le  petit  entre  les 
pattes  du  grand,  et,  la  nuit,  l'un 
veille,  tandis  que  l'autre  dort...  Un 
beau  film. 

Lucien  Wahl. 


cinea 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fedcr  Chaliapine 


C'était  une  douloureuse  rencon- 
tre. Mais  c'est  le  sort  d'un  artiste 
chanteur.  Il  est  le  jouet  du  public, 
pas  plus.  Une  fois  la  voix  perdue  — 
fini  ..  l'homme  n'existe  plus,  il  est 
oublié,  délaissé  par  tous  ses  amis 
comme  un  petit  soldat  en  bois  qui  a 
cessé  de  plaire  à  l'enfant.  Et  pour 
éviterceshumiliationsinjustes  il  faut 
travailler  de  toutes  ses  forces,  lors- 
qu'on en  est  encore  capable,  s'y  donner 
tout  entier,  sans  restrictions. 

J  achevai  mes  études  à  l'âge  de 
treize  ans  et,  ce  qui  étonna  extrême- 
ment mes  parents,  avec  un  diplôme 
d  honneur.  A  dire  franchement  c'était 
le  résultat  d'une  petite  supercherie. 
A  l'examen  on  proposa  à  chacun  des 
candidats  de  composer  un  petit  récit 
dont  le  sujet  serait  pris  dans  leur  vie 
personnelle.  J'étais  persuadé  qu'il  me 
serait  tout  à  fait  impossible  de  rédi- 
ger une  histoire  dans  ce  genre  et  je 
me  décidai  d'en  emprunter  une  dans 
un  livre  quelconque.  Je  ne  me  rap- 
pelle plus  ou  je  sus  dénicher  l'aven- 
ture d'un  petit  garçon  qui  était  parti 
avec  son  grand  père  à  la  recherche 
du  combustible  et  qui  ayant  rencon- 
tré en  route  un  serpent  le  tua  coura- 
geusement. J'en  fis  un  récit  vraiment 
pathétique  en  citant  mot  par  mot  la 
conversation  du  vieux  avec  son  pe- 
tit-fils ainsi  que  tous  les  détails  de 
l'ambiance  etc.. 

En  présentant  mon  travail  au  pro- 
fesseur je  tremblais  de  peur  car  j'étais 
sûr  et  certain  que  ma  fraude  serait 
découverte  immédiatement.  Rien  de 
semblable.  Je  fus  reçu  et  un  des  pre- 
miers. Vraiment  la  science  était  tou- 
jours gentille  pour  moi  ï  En  dehors 


de  cette  composition  si  réussie  je 
conquis  les  sympathies  du  jury  en 
leur  récitant  le  poème  de  Lermontow- 
Borodino  d'après  toutes  les  régies  et 
usages  de  la  vieille  école  déclama- 
toire en  rugissant  et  faisant  des  ges- 
tes éloquents.  Le  jury  trouva  cela 
très  bien,  mais  mes  camarades  se 
moquaient  de  moi  après,  quoique  je 
crus  apercevoir  qu'ils  écoutaient  ma 
déclamation  avec  beaucoup  d'intérêt. 
Mon  père  me  dit  après  les  examens  : 

—  Eh  bien  T  maintenant  que  tu  as 
terminé  tes  études,  il  faut  te  mettre 
au  travail.  Tu  ne  penses  qu'au  théâ- 
tre et  aux  romans...  Il  faut  en  finir 
avec  cela. 

Et  le  lendemain  lorsqu'il  était  de 
nouveau  saoul  il  m'attirait  près  de 
lui  et  en  me  tapant  plusieurs  fois  sur 
la  tête  avec  son  index  il  me  répéta 
lentement. 

—  C'est  un  dwornik  que  je  ferai  de 
toi.  Entends-tu  :  un  dwornik  î  Rien 
de  plus  !... 

Un  jour  il  m'annonça  : 

—  Je  t'ai  fait  entrer  au  Mont-de- 
piété  ÎAu  début  tu  ne  toucheras  rien... 
On  verra  après. 

Donc  me  voilà  derrière  un  guichet 
du  Mont-de-piété.  De  neuf  [à  quatre, 
des  gens  maussades  apportent  des 
bagues,  des  fourrures,  des  montres  ; 
l'emplojé  établit  un  prix  ;  on  entend 
des  jurons,  des  larmes,  quelqu'un 
supplie  d'augmenter  un  peu  la  somme 
en  invoquant  la  maladie  des  parents, 
la  mort  d'un  enfant...  et  moi  j'écris 
les  quittances  en  songeant  tout  le 
temps  au  théâtre.  Dans  mes  oreilles 
bourdonnent  sans  cesse  les  jolies 
mélodies  de  «  Faust...  »  Siebel,  Mar- 
guerite. . . 


Après  avoir  travaillé  deux  mois 
sans  aucune  rétribution  on  me  dési- 
gna comme  appointements  huit  rou- 
bles par  mois.  Je  détestais  mon  em- 
ploi mais  j'étais  fier  de  pou  voir  gagner 
de  l'argent  et  venir  ainsi  en  aide  à 
ma  mère. 

Durant  la  saison  d'été  il  y  avait 
une  troupe  d'opérette  dans  le  jardin 
public.  Naturellement,  j'étais  parmi 
les  spectateurs  les  plus  assidus.  Les 
comédiens  m'inspiraient  la  plus  vive 
curiosité.  Mais  je  ne  sais  pourquoi 
j'avais  peur  de  les  approcher  et  je  me 
contentais  de  les  observer  de  loin  en 
me  cachant  dans  des  coins  obscurs, 
parmi  les  arbres.  Je  les  regardais  et 
je  me  disais  : 

-  Quels  gens  extraordinaires  !  Il  y 
a  un  moment  c'étaient  des  dieux,  des 
grands  capitaines,  et  maintenant  les 
voici  vêtus  comme  tout  le  monde 
devant  leurs  bocks  I 

Tous  ces  Achilles,  calchas,  barons, 
tziganes  et  gouverneurs  de  provinces 
me  paraissaient  également  gais  et 
de  bonne  humeur  toujours,  en  scène 
ainsi  que  dans  leur  vie  privée.  On 
n  entendait  tout  le  temps  que  des 
rires  et  des  plaisanteries.  Quelle 
vie  amusante  et  facile  devait  être  la 
leur  T  Et  moi  qui  était  cloué  à  mon 
guichet  de  mont -de -piété  d'où  on 
n'entend  qu'imprécations,  jurons, 
sanglots,  malédictions  D'ailleurs,  au 
Faubourg  des  Draperies,  c'était  abso- 
lument la  même.  Je  quittai  bientôt  le 
Mont-de-piété.  Je  ne  me  rappelle  pas 
exactement  pour  quelle  raison  mais 
sûrement  cet  événement  avait  un 
rapport  étroit  avec  ma  passion  pour 
le  théâtre. 

(A  suivre)  L.  Valter,  trad. 


-c«é- 


DUCHESNE 


ucr 


Georges  PEROL  S 

$Ar7,  Boufcvarcl  des  Ftfles  du  GJWiire,Riris 


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Demander  le   Catalogue    C. 


Imprimerie  spéciale  de  ilnéa,  84,  rue  Kochechouart,  Pans. 


Le  gérant  :  A.  Paty. 


I  Numéro  28 

118  Novembre 

I.  1921  - 

lAbcnnements 

».  Étranger  - 
J  I  an  :  55  lr. 
6  mois  :  3&  fr. 
a  France  a 
I  an  :  45  fr- 
6  mois  -25    fr 


Cinéa  est  la  revue 
descinégraphistesfrançais 


Hebdomadaire  Illustré   —   Louis   DELLfcfC,  Directeur 
PARIS,  io.  Rue  de  l'Elysée  —  Téléph.  :  Elysée  58  84 

Lopdres  :  A.  F-  ROSE  Représentative,  1C2,  Cbaring  Cross  Road.  W.  C.  2 


Cinéa  est  le  magazine 

des  spectateurs  français 


PHOTO    l'ARAMOl'NT 


MAE     MURRAY 

La  jolie  petite  danseuse  des  "  Ziegfeld  Follies  de  New-York"  est  devenue  une  comédienne    variée  et  délicate,   parfois    émouvante. 
Nous  l'avions  admirée  dans    Un    Délicieux  Petit   Diable.    Elle   est  charmante  dans  Liliane.  Elle  sera  touchante  et  toujours  exquise 

de  grâce  plastique  dans  Loup  de  Dentelle 


4  4 


c    1    n    e    a 


4  4 


a  publié  les  biographies  de  Van  Daële,  Modot,  Signoret,  Emmy 
Lynn,  J.  Catelain,  France  Dhélia.  André  Nox,  Huguttte  Duflos, 
Marcel  Vallée,  Charles  Dullin,  Musidora,  René  Cresté,  Marcel 
Lévesque,  Gaby  Morlay,  René  Navarre,  S.  de  Napierkowska, 
Andrée  Brabant,  A. -F.  Biunelle,  Romuald  Joubé,  Jean  Dax, 
Eve  Francis,  Gaston  Jacquet,  G.  de  Gravtrme,  J.  Grétillat, 
Geneviève  Félix,  Pieire  Magnier,  Jean  Toulout,  Léon  Mathot, 
Séverin-Mais,  Maë  Murray,  Marise  Dauvray,  E.  de  Max, 
Henri  Rollan,  Lili  Samuel,  Marie-Louise  Iribe,  Louise  Colliney, 
Vermoyal,  Ma»y  Harald,  André  Roanne,  Suzanne  Talba, 
Henri  Debain,  Biscot,  Giiia  Relly,  S.  de  Pedrelli,  Suzie  Prim, 
Georges  Lannes,  Christiane  Delval,  Gastao  Roxo,  etc.;  et  de 
Antoine,  J.  de  Baroncelli,  RaymondBernard,  H.  Diamant-Berger, 
Germaine  Dulac,  G.  du  Fresnay,  Abel  Gance,  René  Hervil, 
Henry  Krauss,  René  Le  Somptier,  Marcel  L'Herbier,  Louis 
Mercanton,  Louis  Nalpas,  Léon  Poirier,  Henry   Roussell,  E.  -  E. 

Violet,     Louis     Delluc,     etc.,     etc 

(Numéros  18,  19,  20,  24,  26) 


4*  : 


4»     Neuvième  Edition     4 

LA  SIRÈNE 

A 
ÉDITÉ 

La  Jungle  du  Cinéma 

*J»     Neuvième  Edition     £ 


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LAMBRECHTS 

GASTON,    Directeur 
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Central  :    i  8-36 


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>NVE\Tf   PARTOUT: 

'.1  vie  et  le  roman  du  fameux  liuinorMj 

CHAR LOT 

>es  aventures-  ses  débuts  piltores- 
lues.  ses  idée»,  ses  projets,  ses 
■  i'ms,  ses  habitudes,  «es  ami«, 
sfs  confidences.  Un  beau  volume 
illustré    de    nombreuses    photos 

Pri'v    fi  (r     tnvoi      f™"'0    ('unlrf 

1  "*  "  "•  mandai  postal  adread 
i  M.  DE  BRUNOFF.  Éditeur 
}2,   Rue  Louisle-Crand,  Paris 


Sur  la  table  de  Charlie  Chaplin,  au  Cla- 
rine, j'ai  vu  ce  livre  vert,  coupé  et  qui  est 
plus,  annoté  par  le  grand  artiste  si  magni- 
fiquement portraicturé.  si  heureusement 
décrit,  si  finement  analvsé  par  l'auteur  de 
Fièvre  et  de  La  Fête  espagnoli.  Louis  Delluc 
présente  dans  sa  biographie  de  Chariot  un 
Chariot  tel  qu'il  est.  tel  qu'il  s'est  vu  et  tel 
qu'il  se  raconte. 

L'historien  suit  son  modèle  du  commen- 
cement de  sa  carrière  à  l'apogée  qu'il  vient 
d'atteindre  avec  The  Kid.  à  moins  que  ce 
génie,  toujours  meilleur,  toujours  plus 
haut,  ne  nous  réserve  des  surprises. 

De  film  en  film,  derrière  Chariot,  Louis 
Delluc  nous  guide  en  critique,  en  admira- 
teur, en  remarquable  journaliste,  je  ne  crois 
pas  qu'on  ait  avec  plus  de  compétence  et 
avec  plus  de  bonheur  parlé  de  la  célèbre 
vedette  de  l'écran  universel. 

[.  L.  C.  (Connrdiii) 


n 


H^ 


%*i 


«;;;:„;  loche:.:.!  ! 

■ 
Subventionné  du  Ministère  de  l'Instruction   Publique 


-     CINÉMA     ■    TRAGÉDIE    ■ 
.     COMEDIE    .     .    CHANT    . 


10,  Rue  Jacquemont 

(Nord-Sud  :   La  Fourche) 


Aux  Publications  Filma 

5,  Boulevard   des  Capucines   5 
Va    varaitre  bientôt 

LE    TOUT 
CINÉMA 

annuaire  général  illustré 
du  monde    cinématographique 


cinea 


j  REPONSES  I 

j  A  QUELQUES  LETTRES  I 

■ 

■  • 

Bouillani  Achille  —  i"  Voulez-vous 
ni 'indiquer  les  noms  de  ces  artistes? 

2°  J'ignore  son  âge  et  son  lieu  de  nais- 
sance :  «  Films  Jupiter»,  io,  rue  Rocham- 
beau. 

René  Henry.  —  53,  rue  de  la  Villette.  Il 
est  en  ce  moment  à  Paris.  Munissez-vous 
de  vos  photos,  c'est  plus  sur. 

|ane.  —  Elle  est  mariée.  Son  adresse  : 
Studios  Gaumont,  5!$,  rue  de  la  Villette. 

Sportsman.  —  Donald  Grisp  n'est  pas 

un  acteur.  Il   est  mieux.  Il  l'ait  de  la  mise- 
en  scène,  ['ignore  son  âge. 

El  Khi.icakio.  —  Raquel  Meller  a  déjà 
tourne  un  film  en  Argentine  pour  la  firme 
«  Cairo  ».  fe  ne  sais  quand  nous  verrons 
ce  film  et  si  même  nous  le  verrons  jamais. 

Trois  Mousquetaires.  —  Aimé  Simon- 
Girard  n'avait  encore,  je  crois,  jamais 
tourné.  Ecrivez  «  Studios  Pathé  »,  rue  du 
Bois.  Vincennes. 

j  ignore. 

Liliane.  —  Nous  aurons  cet  hiver  l'oc- 
casion de  voir  Mae  Murray  dans  divers 
films. 

La  Paramount.  63,  avenue  des  Champs- 
Elysées. 

Mae  Murray  est  mariée  à  R.  Léonard 
qui  est  aussi  son  metteur  en  scène. 

Ginette  B.  —  Creighton  Haie  d'abord, 
Charles  Rav  ensuite,  puis  Wallace  Reid  et 
Frank  Mayo.  Thomas  Meighan  dans  la 
CI  II'  du  Silence. 

Dans  quinze  jours  sans  doute. 

Remember.  —  Il  a  vingt-six  ans.  Céliba- 
taire, ce  qui  ne  prouve  évidemment  rien. 
Essayez  si  vous  voulez. 

Charité.  —  Oui.  c'était  Robert  Haron. 
il  s'est  tué  en  manipulant  un  browning. 
Sans  doute.  La  dernière  production  de 
GritTith  :  Way  down  East.  qu'on  va  présen- 
ter à  Londres  seulement. 

Mauricio  M.  —  On  a  tourné  de  Blasco 
Ibanez.  Les  quatre  cavaliers  de  l'Apocalypse. 
Je  crois  aussi  qu'on  réalise  en  Argentine 
Saiigue  y  Arenas. 

Lily.  —  C'était  en  effet  le  Lily  0/  Life 
de  la  reine  de  Roumanie. 

C'était  bien  elle,  parfaitement.  Un  jour 
peut  être 

Vienne.  —  Cette  artiste  est  très  inégale 
à  mon  sens,  ce  qui  n'empêche  qu'on  la 
puisse  comparer  aux  plus  grandes  ac- 
trices. 

D'origine  russe.  Elle  professa  la  sculp- 
ture. Mariée  à  M.  Bryant  qui  est  son  met- 
teur en  scène.  Elle  ne  répond  pas. 

Lecteur  du  Cinéma.  —  Ce  journaliste  se 
plaint  de  l'amateurisme,  quel  fou!  L'his- 
toire de  la  paille  et  de  la  poutre. 


Çinéa  Reader.  —  Napierkowska  a  paru 
dans  Vénus  Viclrix,  Dans  l'ouragan  de 
la  vit',  La  douloureuse  comédie.  I.  Atlan- 
tide, etc. 

Aventure.  —  Moi  je  lui  trouve  l'air 
d'une  carte  postale,  niais  vous  pouvez  ne 
pas  être  de  mon  avis  :  vous  me  l'avez 
demandé. 

Hei.i.oChari.ik!  —  Il  a  reçu  très  peu  de 
personnes.  Mais  il  a  vu  Cécile  Sorel. 
Vous  m'en  demande/  trop. 

L'Appei  du  sang;  Ivor  Novello  est 
actuellement    en    Angleterre.    Oui.    Non 

musicien. 

Admirateur.  —  Voyez  réponse  a  El 
Relicario.  Notre  idée  n'est  pas  réalisable. 
Mais  je  ne  suis  pas  chansonnier. 

Cinéas  11-.  —  Vovez  donc  le  Shadowland, 
leClassic.  le  Motion  Pictures.  The  Thea- 
ter.  et  même  le  Vanity-Fair. 

Le  Peintre.  —  Quand  vous  aurez  vu  le 
Docteur  Caligari  vous  serez  satisfait.  )e 
suis  ravi  de  lire  votre  lettre. 

Bravo!  j'aime  les  films  du  Far-West, 
mais  j'avoue  préférer  Les  Proscrits  ou  Le 
Trésor  d'Ame. 

C.  R.  — Nous  n'avons  pas  donné  toutes 
les  biographies  d'interprètes  français. 
parce  que  nous  n'avions  pas  assez  de 
place  et  aussi  parce  que  quelques-uns 
d'entre  eux  ne  nous  ont  pas  encore  donné 
les  renseignements  complémentaires.  In 
tout  prochain  numéro  vous  donnera  la 
suite. 

André  S.  —  Par  exemple  :  Le  Régent, 
rue  de  Passy,  essaie  de  donner  tout  ce  qui 
est  intéressant  comme  films.  Suivez  ses 
programmes. 

Josette  Allard.  —  1"  M.  Raucourt 
était  Maurice  Hébert  dans  La  Cigarette. 

2"  C'est  un  film  Belge  que  je  n'ai  jamais 
vu  et  je  ne  puis  vous  répondre  encore. 

Robert  Thomas.  —  1"  Nous  ferons  sans 
doute  un  numéro  spécial  sur  Chaplin. 

2"  Tout  a  fait  de  votre  avis  sur  la  façon 
honteuse  dont  sont  traités  ses  films.  Mais 
si  tous  les  spectateurs  comme  vous  pro- 
testaient auprès  des  directeurs  cela  ne  se 
passerait  sans  doute  pas  ainsi. 

y    Nous  arriverons  à  les  publier  tous. 

4"  Ils  aiment  sans  doute  mieux  le  sucre 
d'orge. 

i2bis  Avenue  de  l'Opéra.  —  J'ai  égaré 
votre  lettre  et  vous  prie  de  vouloir  bien 
m  écrire  de  nouveau. 

Zorro.  —  rCreighton-Haleestnéen  1892 
à  Cork,  (Irlande).  Ses  débuts  en  1914  : 
The  Tairit.  Ensuite  il  tourne  successive- 
ment :  Les  exploits  d'Elaine  et  Les  Mystères 
de  New-York  ;  puis  Le  Masque  aux  dents 
blanches  :  The  old  Homestead,  The  seven 
pearls,  Désillusion,  Oh  box  .'  avec  June 
Caprice,  Miss  Milliard.  The  Love  Cheat  et 
The  Idol  daucer. 

2"  Je  vous  donnerai  l'adresse  dans  le 
prochain  numéro. 

l'Œil-de-Chat. 


âModsVû 


Marcel  Levesque 

dans  ...  "La  Sultane  d'Amour" 

£  Jaque  Catelain 

dans   .  .  "L'Homme  du  Large" 

£  S  £     Musidora 


dans 


"Pour  don  Carlos" 


f    Henry  Krauss 


dans 


'Les  Trois  Masques" 


£  £  £  S      Mathot 


lans 


"Papillons" 


£    Mary  Harald 

dans "Tih-Minh" 

£    Marcel  Vallée 


lans 


'LeT 


onnerre 


£  Pierre  Magnier 

dans  "Le  Retour  aux  Champs" 

•£  •£    Lili  Samuel 

dans       "Villa  Destin" 

S  £       Van  Daële 


lans 


"Narayana" 


•#    Yvonne  Aurel 

dans "Fièvre" 

£     Séverin=Mars 


lans 


ni' 


J  accuse" 


Stacia  de  Napierkowska 


lans 


.."L'Atlantide" 


S  S  £  £    Decœur 

dans"La  Fauted'Odette  Maréchal" 

•#      Gaby  Morlay 

dans    "Un  Ours" 


■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■•■■■■■■■■■•■■ai 


_nj  <  ■  i" 


_____^ 


Ces/  à  partir  du  6  Janvier  prochain 
Qu'il    faudra   aller    voir 


LE 


grand  ciné-roman  en   8   époques 
d'après  l'œuvre  célèbre  de  Michel  ZEVACO 

LE  PREMIER  FILM  EN  SÉRIE  A  GRANDE  FIGURATION  ET  IMPORTANTE 

MISE   EN   SCÈNE 


(Publié  par  Cinéma-Bibliothèque  —  Edition  Tallandier) 


PASQUALI      FILM      (U.    C.    I.) 

Exclusivité     (ÎAU/10NT 


NE    REMETTEZ    PAS    A    DEMAIN 
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LE  COFFRET  DE  JADE 

Imagerie  persane   de   LÉON   POIRIER 

d'après    la    nouvelle    Je    Pierre     VICTOR 

interprétée    par 

Mlle  MYRGA,  MM.  ROGER  KARL  et  MENDAILLE 


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Programmes  des  Cinémas  de  Taris 


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du  Vendredi    11    au  Jeudi    17   Novembre 


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2  Arrondissement 

Salle   Marivaux,  1.5,    boulevard  des    Italiens.  — 
Louvre  no  99.      1rs  géants  de  Norwége.      I.e  lys  grisé. 
Le  coflïel  de  Jade, 

Parisiana.  jt.  boulevard  Poissonnière.  Gutenberg 
50-70.  -  Betl)  est  revenue.  —  Cendrillon.  Chariot 
fail  une  cuir.  Lu  supplément,  de  19  h.  30 à  .'»  11.  30, 
excepté  dimanches  et  rotes  :  Après  la  débâcle. 

Omnia  Pathé.  >,    bou'evard   Montmartre. 

Les   trois   mousquetaires,   0'   épisode.  —   Suppléments 
facultatifs  non   passés   le  dimanche  :  Le  sepl  de  trèfle, 

lo'-  épisode.  -    Pciile  Princesse! 

Electric-Palace,    5,    boulevard  îles   Italiens. 
L'Autre  Femme.       Zigoto  maître  d'hôtel.       En  supplé- 
ment facultatif  :  I.e  pendentif. 

3  Arrondissement 

Saint- Marcel,  boulevard  Saint-Marcel.        La  don 
loureuse  comédie.      Les  trois  mousquetaires,  .>■  épisode. 
L'Orpheline,  G-  épisode.      Duduleà  Dada. 

Palais  des  Fêtes,  *.  rue  aux  nuis.      Arch.  :::  38. 

—  Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Chariot  fait  une  cure.  — 
El  Dorade  —  Les  trois  mousquetaires,  0e  épisode. 

Salle  du  premier  étage.  —  1.0  l'on. in.  —  Sa  dernière 
mission.        L'Orpheline.  G' épisode. 

4*  Arrondissement 

Saint-Paul,  73.  rue  Saint-Antoine.  —  Cascade 
près  de  Kien.  —  Le  sept  de  trèlle,  in»  épisode.  — 
liudule   a    Dada.       Le    ballon   rouge.  —   La   dernière 

mission. 

5    Arrondissement 

Mésange.  3,  rue  d'Arras.  —  Les  trois  mousquetai- 
res, 5-  épisode.  --  Miss  Rovel.  —  J'ai  perdu  mon 
biquet. 

6'  Arrondissement 

Cinéma  Danton-Palace.    99,    boulevard    Saini- 
Germain.  —  Trud.  27-.'>9.  —  L'Orpheline.  G-  épisode. 
Les  trois  mousquetaires;  ■  >■  épisode.  —  Liliane. 

8-  Arrondissement 

Théâtre  du  Colisée,  ■'.*>,  avenue  des  Champs- 
Elysées.  —  Elysées  39-4u.  —  Asmodée  à  Pans. 

9'  Arrondissement 

Cinéma  Rochechouart,  iiG,  rue  de  Rochechouart. 

Brouillard  s'en  va-t-en  ville.  —    L'Orpheline,  6"  épi- 
sode. —  lie  Païenne  a  Sorreute.  —  Pour  l'humanité. 

Delta-Palace,  17  his,  boulevard  Rochechouart.  — 
La  Sierra  Nevada.  —  Tailleur  pour  daines.  —  Le  sept  de 
trèlle,  to'  épisode.  — -  La  lille  de  la  .Mer. 

10°  Arrondissement 

Tivoli,  I!»,  faubourg  du  Temple.  —  Zigoto  niailre 
d'hôtel.  -  Les  trois  mousquetaires,  g*  épisode.  —  Le 
Porion. 

Brunin         Les  trois  mousquetaires,  6-  épisode.  — 

Petite  Princesse.  -    Chalumeau  serrurier  par  amour. 

11'  Arrondissement 

Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la  Roquette. 

—  Petite  Princesse.  —   Les  trois  mousquetaires,  G'  épi- 
sode. -   La  douloureuse  comédie. 

12  Arrondissement 

Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Ondule  a  Dada.  — 
L'Orpheline,  6-  épisode.  —  La  charrette  fantôme.  —  Les 
trois  mousquetaires,  G-  épisode. 

13  Arrondissement 

Gobelins,  6G  lis.  avenue  des  Gobelins.  —  Les  trois 
mousquetaires,  5e  épisode.  —  Miss  Rovel.  —  J'ai  perdu 
mon  Biquet. 


14-  Arrondissement 

Gaîté.  rue  de  la  Gailé.  —  Les  trois  mousquetaires, 
>■  épisode.         Miss  Rovel.  —    J'ai  perdu  mou  biquet. 

Splendide-Cinéma,  ::.  rue  Larochelle.  t  es 
flirts  de  Polly.        Dureté  d'àme.       Germinal. 

Régina-Aubert-Palace,  155,  rue  de  Hennés.  — 
La    puissance  du   hasard.         Secrétaire   particulière. 
Les  trois  mousquetaires,  5-  épisode. 

Grenelle-Aubert-Palace,  tu.  avenue  Emile- 
Zola  (36  et  a.  rue  du  Commerce).  S.  M.  le  Chauffeur 
de  Taxi.        Dureté   d'àme.        Scientifique   Kineto.    — 

Les  trois  mousquetaires,  5'  épisode. 

15    Arrondissement 

Grenelle,  122,  rue  du  Théâtre.  Les  trois 
mousquetaires,  5'  épisode.  Miss  Rovel.  J  ai  perdu 
11  biquet. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  115119,  rue  Lecourbe. 

Saxe  50-45.  Le  httoial  bel«e.  Les  trois  mous- 
quetaires, ■  ■  épisode.  —  Cendrillon.  —  L'Orpheline 
G-  épisode. 


THEATRE  du  COLISÉE 

M    JS    M    CINÉMA    &    &    & 
38,   Av.   des   Champs-Elysées 

Direction  :  P.  MALLEVILLE  Tel.  :  ELYSÉE  29-46 

ASMODEE  A  PARIS 


0       de    RIP 


0 


Grande  féerie  ciné-lyrique  en  3   actes  et    I    prologue 

I      Partition    musicale  de    Daniel  LAZARUS 

■ 

réglée  par  le  Visiophone  "  Chaudy  " 
:-:  Chœurs,  chant,  récitant  et  orchestre  :-: 
sous  la  direction   de   A.   G.    MOIGNARD 


16*  Arrondissement 
Mozart- Palace.  i9,  51,  iue  d'Auleuil.  —  Pro- 
gramme du  vendredi  18  au  lundi  21  novembre.  —  Le 
sept  de  trèlle,  lu-  épisode.—  Sibémol  l'audacieux.  —  La 
Cité  du  Silence.  —  Programme  du  mardi  22  au  jeudi  21 
novembre. —  Chariot  l'ait  une  cure.—  Les  trois  mousque- 
taires, g*  épisode.  —  L'éternel  féminin. 

Maillot-Palace,  74,  avenue  de  la  Grande-Année. 

—  Programme  du  vendredi  18  au  lundi  21  novembre.  - 
Chariot  fait  une  cure.  —  Les  trois  mousquetaires,  6"  épi- 
sode. —  L'élernel  féminin.  —  Programme  du  mardi  22 
au  jeudi  24  novembre.  —  Le  sept  de  trèlle,  lu'  épisode. 

—  Sibémol  l'audacieux.  —  La  Cité  du  Silence. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  -  Auleuil  15-40.— 
Les  aventures  de  Sherlok  Holmes,  5-  conte.  —  Le 
réfugié  suspect.  —  Le  voleur.  —  La  charrette  fantôme. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  56  his,  avenue  Mala- 
kofl'.  —  L'Orpheline,  '■>■  épisode.  —    Un  terrible  poltron 
La  Femme  X...  —  Les  aventures  de  Sherlock  Holmes, 
premier  conte. 

17*  Arrondissement 

Lutetia-Wagram,  avenue  Wagram.  —  Les  trois 
mousquetaires,  g-  épisode.  —  L'Eve  éternelle.  —  Le 
chasseur  chasse. 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Dix  minutes 
au  Music-Hall.  —  Petite  Princesse.  -  Le  Porion  — 
L'Orpheline,  g-  épisode 


Ternes-Cinéma,  >.avei de»  Ternes.      Wagram 

02-tn.        Vues  du  Vieux    Prague,   premier  voyage. 
humée   d'opium.  I. enfant    terrible.   —    L'Orpheline. 

i.   épisode. 

Villiers  Cinéma,  21,  me  Legendre.  —  Les  chiens 

du    Mont  Saint-Michel.         l'.ellv   esl  revenue.    -    l.'Orplie 

line.  5'  épisode.  —   Peggj    l'enfant  teiriblc.  —   Sa  nuit 
de  noces. 

Cinéma    Demours,    7.    rue    Demours.   -      Les 

Géants  de  Norvège.         Le  sepl  de  trèfle,  1"'  épisode. 
ZiogtO  maître  d'hôtel.         Le  Porion. 

Cinéma    Legendre,    128,    rue   Legendre.         Le 

pendu  dépendu.         L'Orpheline,   a'    épisode.    —    Le    sepl 
de  irèlle,  lie  épisode.        La  douloureuse  comédie. 

18'  Arrondissement 

Théâtre  Montmartre,  Cinéma  Music-Hall, 

place    Danrourt   et    oie    d'Orsel,  4li.         .Nord    19-24.  — 
Me.i  Culpa.        Chariot  patine.        L'Orpheline,  G' épisode. 

Le  Select,  h, avenue  de  Clichy.        L'Eve  éternelle. 

—  Le   chasseur   chasse.  —   Le   Porion. —    L'Orph  Tine. 
le  épisode. 

Palais  Rochechouart,  >6,  huulevard  Loche, 
chuiiart.  La  puissance  du  hasard. —  Les  trois  mous- 
quetaires, G'  épisode.       l'élite  Princesse. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  MO,  rue  Marcadel 
(angle    rue    du    Mont-Cenis).  Marcadel    20-81.    - 

Petite  Princesse.  —  L'orpheline,  g-  épisode.  —  Les  trois 
mousquetaires,  6-  épisode. 

Barbés-Palace,  3t,  boulevard  Barbes.  .Nord  35-68. 

—  Le    Porion.  —   L'Orpheline,  <;•    épisode.  —   Les   trois 
mousquetaires,  t-  épisode.  —  En  bordée. 

19    Arrondissement 

Secrétan,  7  avenue  Secrétan.  —    Les  trois  mous 
quetaires,  G"  épisode.  -    Petite  Princesse.  —  Chalumeau 
serturier  par  amour. 

Le  Capitule,  place  de  la  Chapelle.  —  L'Orpheline, 
G- épisode. —  Les  trois  mousquetaires.  G- épisode.  —  Le 
Poiion. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de  Belleville.— 
Les  caprices  de  la  fortune.  —  L'Orpheline.  6-  épisode  — 
Les  trois  mousquetaires,  6-  épisode. 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belleville.  — 
Les  trois  mousquetaires,  G-  épisode.  —  L'Orpheline. 
i.-  épisode.  —  La  femme  X... 

20'  Arrondissement 

Paradis  Aubert  Palace.   42.   me  de   Belleville. 

—  La  Corse  pittoresque.  —  La  puissance  du  hasard.  — 
Peggy  l'enfant    terrible.    -    Les    trois    mousquetaires, 

.>•  épisode. 

Banlieue 

Clichy.  —  Les  Mois  mousquetaires.  G'  épisode  - 
Petite  princesse.  —  Chalumeau  serrurier  par  amour. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  -  Le  chasseur 
chasse.  —  Le  Porion.  L'Orpheline,  g-  épisode.  —  Les 
caprices  de  la  fortune. 

Levallois.  —  Medor  chien  sauveteur.  —  Les  trois 
mousquetaires,    4-    épisode.   —    Bonheur    en   péril.  — 

Liliane. 

Vanves.  —  Les  trois  mousquetaires,  5-   épisode. 
Miss  Rovel.  -   J'ai  perdu  mon  biquet- 

Fagnolet.       Les    trois  mousquetaires,  6'  épisode. 
Petite  Princesse.  —  Chalumeau   serrurier  par  amour. 

Montrouge.  —  Cascade  prés  de  Kien.  —  Le  sepl 
de  trèlle,  lo'  épisode.  La  douloureuse  comédie.  —  La 
femme  X  .. 


clnéa 


LA  MUSIQUE  OU  LE  BRUIT 

££      Deux    Inventions      ££ 


Un  jeune  ingénieur  parisien  de 
vingt-cinq  ans,  M.  Charles  Delacom- 
tnune,  vient  de  mettre  au  point  de 
curieux  appareils  de  synchronisme 
qui  semblent  ouvrir  au  cinéma,  au 
double  point  de  vue  artistique  et  édu- 
catif, des  horizons  inespérés. 

Jusqu'à  présent,  la  musique  n'a 
guère  servi,  dans  nos  salles  de  ciné- 
ma, qu'à  pallier  le  silence  obsédant 
au  milieu  duquel  gens  et  choses  se 
meuvent.  «  Ce  n'est,  dit  justement 
M.  Delacommune,  que  de  la  musique 
anesthésique.  »  Nul  lien  entre  l'action 
du  film  et  l'action  musicale.  La  ré- 
cente enquête  delà  revue  La  Renais- 
sance sur  l'avenir  du  cinéma  français 
a  montré  que  nos  meilleurs  cinégra- 
phistes  étaient  unanimes  à  réclamer 
une  musique  spécialement  écrite  pour 
accompagner  les  films  vrai  ment  artis- 
tiques Malheureusement,  composer 
cette  musique  ne  saurait  suffire.  En- 
core faut-il  que  l'exécution  en  soit, 
chaque  fois,  intimement  liée  à  la  suc- 
cession si  heurtée  et  si  rapide  des 
images. 

Pour  obtenir  cet  le  coïncidence  entre 
la  cadence  de  la  musique  et  des  ima- 
ges fugitives,  M.  Delacommune  a 
pensé  à  faire  dérouler  ligne  par  ligne, 
sous  les  yeux  du  chef  d'oschestre,  la 
partition  d'accompagnement  impri- 
mée sur  une  longue  bande  de  papier. 
Cette  avancée  est  commandée  auto- 
matiquement par  le  déroulement 
même  du  film.  Un  repère  lumineux 
indique  à  chaque  instant  les  mesures 
de  musique  qui  correspondent  exac- 
tement aux  images  projetées.  De  plus, 
deux  lampes  de  couleur,  «'allumant 
tour  à  tour,  marquent  la  cadence  mé- 
tronimique  indispensable  dans  le  cas 
de  danses,  défilés,  etc..  Si  cette  ca- 
dence est  trop  rapide  ou  trop  lente, 
un  simple  rhéostat,  placé  sous  la 
main  du  chef  d'oschestre,  lui  permet 
de  ramener  le  rythme  de  projection 
au  rythme  normal  de  l'exécution. 

Cet  appareil,  qui  s'appelle  le  ciné- 
pupitre, ne  permettra  pas  seulement 
à  la  musique  cinématographique  de 
préciser  et  d'épanouir  sa  formule.il 
aura  aussi  sa  place  marquée  dans 
tous  les  milieux  où  l'on  considère  le 
cinéma  comme  un  précieux  moyen 
d'enseignement  et  de  vulgarisation. 


La  bande-musique  dont  nous  venons 
de  parler  sera  alors  remplacée  par  une 
bande-texte.  Si  devant  le  pupitre  un 
lecteur-conférencier  prend  place, on  se 
rend  compte  qu'il  lui  sera  aisé  de  gui- 
der sa  lecture  sur  l'avancée  de  la  ban- 
de, donc  sur  le  déroulement  du  film. 

Nous  reprochions  tout  à  l'heure  au 
cinéma  d'être  un  témoin  muet,  et, 
certes,  combien  les  légendes  sont  in- 
suffisantes à  commenter  des  films 
scientifiques  ou  documentaires. Doré- 
navant, le  professeur,  le  conférencier, 
le  publicisteou  même  le  représentant 
de  commerce  pourront,  sans  docu- 
mentation ou  préparation  spéciale, 
souligner  l'apparition  des  images  du 
mot  juste  qui  viendra  leur  donner 
une  pleine  valeur. 

M.  Delacommune  vient  également 
de  présenter,  au  cours  d'une  série  de 
démonstrations  privées,  un  deuxième 
appareil  de  synchronisme.  Le  cinc- 
bruisseur  permet  de  reproduire  au- 
tomatiquement, en  parfaite  corres- 
pondance avec  le  film,  tous  les  bruits 
essentiels  auxquels  nos  oreilles  sont 
habituées:  vent,  pluie,  vagues,  ton- 
nerre, avions,  autos,  etc  .. 

11  est  certain  que  la  musique  ciné- 
matique, qui  doit  prendre  sa  couleur 
—  et  son  sens —  dans  la  vie  même  de 
l'écran,  pourrait  fort  bien  avoir  re- 
cours à  ces  sonorités  dont  nous  berce 
la  nature,  cette  maîtresse  incontestée 
de  tous  les  arts  et  de  tous  les  artistes. 
Ces  bruits,  liés  intimement  à  l'action 
filmée  et  harmonisés  dans  l'ensemble 
des  mouvements  musicaux,  seraient 
en  somme  le  lien  vivant, intime, entre 
le  rythme  des  images  et,  le  rythme 
de  l'orchestre,  —  ce  qui  n'empêchera 
pas  celui-ci,  l'instant  suivant,  de  se 
dégager  de  ces  attaches  terrestres 
pour  nous  emporter  dans  les  sphères 
lumineuses  du  rêve. 

Voilà  un  ensemble  d'innovations 
qui  se  complètent  heureusement,  - 
et  auxquelles  personne  ne  saurait  res- 
ter indifférent.  Souhaitons  seulement, 
que  ces  inventions  françaises,  après 
bien  d'autres,  et  qui  ouvrent  un  si 
beau  champ  d'activité  à  nos  ciné- 
graphistes,  à  nos  musiciens  et  à  nos 
pédagogues  ne  fassent  pas  le  tour  du 
monde  avant  que  nous  acceptions  de 
leur  conférer  droit  de  cité.  —  A.  S. 


âVez  Vous  Vï 


£  £  £       Signoret 


lans  .. 


"Le  Silence" 


£       Emmy  Lynn 

dans "Mater  Dolorosa" 

f   A.=F.  Brunelle 


lans 


'Chignole 


£  S   Eve  Francis 

dans "El  Dorado" 

£     Jean  Toulout 

dans    ...    "La  Xme  Symphonie" 

£  £  £  £       Modot 

dans "Mathias  Sandorf" 

Yvette  Andreyor 


lans.  . 


.    "Mathias  Sandorf" 


Jacques  Grétillat 


lans 


'Déch 


eance 


Marcelle  Pradot 

dans  "Le  Carnaval  des  Vérités" 

£  S      Desjardins 


lans 


ht' 
J  accuse 


£  £      Roger  Karl 

dans  ...  "L'Homme  du  Large" 


Gaston  Jacquet 

dans  ...  "Le  Chemin  d'Ernoa" 

S  S   Mag  Murray 

dans "Papillons" 

£  S    Harry  Baur 

dans    ...     "L'Ame  du  Bronze" 

Suzanne  Després 

dans  "Le  Carnaval  des  Vérités" 


cinéa 


4    LES    FILMS 
D'AUJOURD'HUI 


Le  Gosse. 

En  écrivant,  au  sortir  de  la  présen- 
tation, l'étude  sur  Le  Gosse,  qui  a 
paru  dans  Cinéa  du  4  novembre, 
j'avais  surtout  cherché  à  mettre  à  sa 
place  exactel'art  de  Charlie  Chaplin, 
ainsi  qu'à  marquer  la  filiation  du 
personnage  multiple  et  charmant 
dont  il  a  fait  son  héros.  Du  film 
j'avais  dit  peu  de  chose  :  il  parle  de 
lui-même  ;  aucune  des  intentions  de 
l'auteur  ne  manque  son  effet,  aucun 
des  détails  ne  dépasse  la  mesure  ou 
ne  porte  à  faux.  Peut-être  le  public 
français,  qui  n'aime  pas  les  mets 
complexes,  qui  reste  classique,  croit 
à  la  distinction  des  genres,  ne  saisit- 
il  pas  tout  ce  que  l'œuvre  comporte 
d'émotion  délicate  et  contenue  :  des 
gens  rient  au  moment  où  Chariot 
s'assied,  morne,  sur  le  seuil  de  la 
maison  vide. 

Très  heureusement  l'éditeur  du  film 
a  supprimé  les  plaisanteries  posti- 
ches qui  refroidissaient  l'action  et 
rétabli  les  passages  que  d'étranges 
scrupules  de  goût  avaient  fait  sup- 
primer. L'œuvre  a  ainsi  retrouvé  son 
équilibre  et  nous  avons  pu  voir  la 
délicieuse  scène  du  flirt  paradisiaque, 
où  la  jeune  Lillian  Parker  qui  joue 
le  rôle  du  «  Vampire  Céleste  »  s'est 
classée  du  premier  coup. 
• 

Le  Coffret  de  Jade. 

L'Orient  —  y  compris  le  Naghreb, 
dont  le  nom  signifie  l'Occident  —  en- 
globe beaucoup  de  données  diverses, 
éparses,  contradictoires.  Que  mettre 
en  un  conte  oriental?  Des  images 
plastiques,  sensuelles,  voire  eroti- 
ques, telles  qu'en  peignent  les  minia- 
turistes persans  ?  Des  récits  d'un  co- 
mique un  peu  cruel,  analogues  à  ceux 
qui,  sur  l'aile  des  fables,  se  sont  ré- 
pandus à  travers  le  monde  ?  Des 
visions  féeriques,  magiques, irréelles, 
des  djinns  et  des  Péris  ?  M.Léon  Poi- 
rier a  bien  vu  tout  cela,  il  n'a  pas  eu 
le  courage  de  choisir.  Son  film,  plein 
de  choses  charmantes,  amusantes, 
poétiques,  a  plu  aux  lettrés  qui  lui 
ont  su  gré  de  cette  hésitation,  de  ce 
dessin  point  trop  appuyé,  mais  trou- 
blera peut  être  le  public,  qu'il  est  si 
facile  d'entraîner,  à  condition  de  sa- 
voir ce  que  l'on  veut  de  lui,  et  de  le 
lui  faire  savoir.  L.  L. 


«  Chariot  et  te  Comte  ». 
Un  des  plus  populaires 
succès  de  Charlie  Chaplin. 


CHARLES  CHAPLIN 
(Le  Vagabond) 


Le  Vagabond  (CHARLES  CHAPLIN)  et  le 
Gosse  (JACKIE  COOGAN)  épient  le  poli- 
ceman  (TOM  WILSON)  avant  de  casser 
fructueusement    les    vitres   du    quartier. 


CHARLES  CHAPLIN  et  JACKIE  COOGAN  dans  Le  Gosse 


LE    GOSSE 

(THE   KID) 
a    été    acclamé  par 
£    les    Parisiens    £ 


8 


Sous  toutes  réserves 


Petit  drame  l'autre  jour  à  la  Mutua- 
lité, où  l'employé  de  M.  P.,  un  de  nos 
plus  sympathiques  directeurs  de  ci- 
némas, accouru  pour  annoncer  à  son 
patron  que  Mme  1'.  ressentait  les 
premières  douleurs  de  l'accouche- 
ment, le  cherchait  en  vain  dans  le 
vestibule  du  haut,  dans  le  vestibule 
du  bas,  au  bar,  dans  les  escaliers,  et 
jusque  dans  les  cabines  de  projection. 

En  désespoir  de  cause,  quelqu'un 
eut  l'idée  d'aller  voir  dans  la  salle, 
d'où  M.  P.,  au  troisième  appel  de  son 
nom,  émergea  un  peu  coufus.  Il  ex- 
pliqua le  lendemain  à  ses  collègues 
que,  depuis  longtemps.ee  grand  trou 
noir,  d'où  sortaient  des  boulï'ées  de 
musique,  parfois  des  rires  et  des  ap- 
plaudissements, l'intriguait  ;  qu'il 
éprouvait  une  envie  inavouée  d'aller 
voir  ce  qui  s'y  passait,  mais  qu'il 
n'avait  osé  y  céder  par  peur  du  ridi- 
cule. Toutefois  ce  jour  là,  poursuivi 
par  M. R. ,1e  jeune  premier  bienconnu, 
et  menacé  d'entendre  pour  la  n'  fois 
des  détails  sur  l'exécution  d'un  célè- 
bre film  à  épisodes,  il  avait  cherché 
un  refuge  dans  la  salle  où  d'ailleurs 
ce  qu'il  avait  vu  l'avait  fort  inté- 
ressé. 


Nos  lecteurs  se  rappellent  peut-être 
lesdéclarationsrécentes  et  sensation- 
nelles au  cours  desquelles  un  de  nos 
confrères,  placé  à  la  tête  d'une  nou- 
velle société  d'édition  cinématogra- 
phique, a  exposé  le  programme  de 
l'entreprise.  Celle-ci  ,  disait-il,  ne 
cherchait  pas  à  faire  réaliser  de  bé- 
néfices à  ses  actionnaires  ;  tout  au 
contraire  elle  s'apprêtait  à  passer  des 
contrats  onéreux  avec  d'autres  so- 
ciétés déjà  existantes,  dont  le  groupe 
fondateur  détenait  toutes  les  actions, 
et  qui  se  trouvaient  ainsi  assurées 
d'un  profit  certain.  La  confection  de 
films  n'était  envisagée  que  comme 
un  pis  aller,  l'entreprise  tendant  plu- 
tôt à  acquérir  des  bandes  à  prix  ré- 
duit, dans  les  faillites  ou  liquida- 
tions. Au  cas  cependant  où  l'on 
devrait  se  résigner  à  produire  des 
œuvres  «  originales  »  l'employé 
chargé  de  traduire  les  sous-titres  et 
de  retourner  les  enveloppes  avait  été 
invité,  entre  temps,  à  «  retourner  » 
également  quelques  scénarios  con- 
nus d'après    les    méthodes   usuelles 


(interversion  de  sexes,  changements 
d'époque  ou  de  pays,  etc.)  Quant  à 
l'interprétation  elle  serait  aisément 
assurée  par  le  seul  concours  des  maî- 
tresses de  MM.  les  administrateurs  et 
des  gigolos  de  ces  dames. 

Ces  déclarations  ont  produit  un 
émoi  compréhensible  et  d'aucuns  les 
ont,  ajuste  titre,  taxées  de  cynisme. 
Evidemment  un  galant  homme  peut 
se  trouver  amené,  une  fois  entré  dans 
les  affaires,  à  adopter  les  solutions 
généralement  admises  :  mais  c'est 
tout  autre  chose  de  les  ériger  dès 
l'abord  en  programme. 
• 

Chacun  sait  que  les  directeurs  de 
cinéma  ont  décidé  naguère  de  ne  plus 
afficher  les  titres  des  films  qu'ils  font 
passer.  On  avait  remarqué,  en  effet, 
que  certains  établissements  s'effor- 
çaient d  attirer  la  clientèle  en  annon- 
çant des  œuvres  intéressantes,  et  il 
importait  de  mettre  fin  à  cette  con- 
currence, sinon  déloyale,  tout  au 
moins  indélicate. 

On  a  constaté  récemment  que  les 
mêmes  établissements  essayaient  de 
tourner  la  prohibition  en  publiant 
leur  programme  d  avance.dans  Cinéa 
par  exemple.  Des  mesures  sont  pri- 
ses pour  empêcher  qu'ils  puissent 
ainsi  se  soustraire  à  l'exécution  d'une 
décision  syndicale. 

Certains  directeurs  sont  même  allés 
plus  loin  et  ont  demandé,  lors  d'une 
récente  réunion,  qu'on  fit  défense 
expresse  d'afficher  les  noms  des  films 
à  l'entrée  des  salles,  voire  même  de 
distribuer  des  programmes  ou  de 
mentionner  les  titres  sur  l'écran.  A 
l'appui  de  cette  thèse,  l'un  d'eux  s'est 
vanté  de  réunir  chaque  soir  dans  sa 
salle  quinze  cents  personnes  (enfants 
et  chiens  non  compris),  dont  pas  une 
ne  savait  ce  qu'étaient  les  films  ni 
de  qui  ils  étaient,  ni  ne  prêtait  d'ail- 
leurs à  ce  détail  la  moindre  impor- 
tance Il  a  conclu  que  c'était  là  le 
public  qu'il  fallait  rechercher,  et  non 
point  ces  gens  capricieux  qui  vien- 
nent ou  ne  viennent  pas  selon  que  le 
programme  leur  plaît  ou  non. 
• 

Désireux  de  voir,  enfin,  par  lui- 
même  comment  étaient  ces  films  dont 
il  rendait  toujours  compte  d'après 
les  analyses  communiquées  par  les 
maisons  d'édition,  un  de  nos  confrè- 
res s'est  rendu  l'autre  matin,  en 
personne,  à  Max  Linder,  et  a  rédigé 
une  appréciation  d'après  ses  propres 
lumières. 


cinéa 

Etait-ce  manque  d'expérience? 
Obscurité  du  scénario  ?  Toujours  est- 
il  qu'il  a  vu  dans  le  film  tout  autre 
chose  que  ce  que  l'auteur  avait  pré- 
tendu y  mettre.  Celui-ci  est  furieux, 
et  notre  confrère  a  été  obligé  de  dé- 
clarer —  il  pouvait  difficilement 
avouer  le  contraire  —  que  s'il  avait 
inexactement  apprécié  le  film  c'est 
parce  que,  ce  jour-là,  il  n'était  juste- 
ment pas  allé  à  la  présentation. 

Et  l'on  prétend  que  la  critique  est 
aisée  I 

FONDU-ENCHAINÉ. 


La  terreur 

au  Cinéma 


Presque  toute  la  gamme  des  senti- 
ments ,  même  avec  ses  demi-tons , 
peut  être  parcourue  au  cinéma.  Des 
films  nous  ont  égayé,  fait  sourire, 
rire,  nous  ont  ému  à  divers  degrés, 
nous  ont  fait  pleurer  par  de  la  beauté, 
de  la  tristesse,  ont  pu  nous  faire  vi- 
brer d'un  enthousiasme  passager,  ils 
ont  pu  nous  faire  un  instant  souffrir 
avec  des  gens  et  des  choses,  ils  nous 
ont  ennuyé,  voire  endormi,  ils  ont 
mis  en  nous  de  l'anxiété  et  même  de 
1  angoisse,  aucun  d'eux  ne  nous  a 
fait  encore  peur...  et  l'on  est  en  droit 
d'en  chercher  la  raison. 

La  pièce  terrifiante,  la  pièce  dite 
Grand-Guignol,  est-elle  possible  au 
cinéma  l  Evidemment,  comme  les 
autres,  mais,  même  bien  réalisée, 
peut-elle  semer  l'effroi  comme  au 
théâtre?  Sans  doute,  mais  on  n'en 
sait  pas  encore  d'exemple. 

Un  film  qui  s'appelle  la  Double 
Epouvante,  montre  des  hommes  qui 
s'efforcent  de  rendre  folle  une  femme, 
tandis  qu'un  prétendu  suicide  se 
mêle  à  une  action  dure  ;  il  ne  nous 
a  pas  fait  peur.  Il  y  a  du  mystère 
dans  Ames  Siciliennes,  et  M.  Jean- 
Joseph  Renaud  est  d'une  habileté 
non  pareille  dans  l'art  du  conte  à 
hantises;  nous  n'avons  pas  eu  peur. 
Les  chambres  hantées  de  l'écran  ne 
nous  font  pas  trembler  et  l'on  n'a 
pas  encore  cité  ou  mentionné  une 
femme  aux  nerfs  fragiles  qui ,  au 
cinéma,  se  soit  évanouie  ou  ait  trou- 
blé le  silence  par  un  claquement  de 
dents  révélateur.  La  /.'?e  chaise,  le 
Drame  des  Eaux-Mortes  ne  nous  ont 
pas  fait  peur.  Y  manquait-il  l'élé- 
ment principal  et  nécessaire? 

Toutefois,  voici  la  troisième  partie 


cinea 


d'une  trilogie  cinématographique  qui 
s'appelle  les  Nuits  de  New-York,  on 
a  présenté  ce  film  il  y  a  quelques 
jours,  le  public  le  verra  donc  bientôt. 
Ehl  bien,  tout  là-dedans,  concourt  à 
l'effroi,  et  le  mieux  est  qu'on  n'a  pas 
l'air  de  l'avoir  préparé,  le  sujet  et 
ses  incidents  comportent  de  la  ter- 
reur... et  nous  n'avons  pas  eu  peurl 
C'est  la  nuit;  des  bandits,  pour  un 
vol,  ligottent  un  gardien  qui,  grâce 
à  des  efforts  énormes,  parvient  à  té- 
léphoner à  la  police.  Plus  tard,  un 
des  brigands  arrive  —  toujours  la 
nuit  —  sous  une  maison,  et  par  eau, 
et  se  fait  ouvrir  le  plancher  :  il  est 
dans  la  maison  du  gardien  mis  à  mal 
tout  à  l'heure  et  absent,  bien  entendu, 
de  son  domicile.  Il  est  reçu  par  une 
jeune  femme,  effrayée,  et  par  un  vieil- 
lard paralytique  qui,  tout  le  temps 
du  drame,  essaiera  de  s'exprimer  (y 
réussira)  par  le  regard.  Tout  cela, 
qui  est  terrifiant  en  soi,  se  compli- 
que de  scènes  vraisemblables  et  qui, 
je  crois,  au  théâtre,  feraient  peur: 
elles  ne  font  pas  peur.  Alors  ?  Dira-t- 
on que  c'est  du  théâtre?  du  mauvais 
cinéma?  Ou  simplement  la  peur  ne 
peut-elle  nous  être  communiquée  que 
dans  une  opposition  du  bruit  au  si- 
lence :  des  paroles,  une  émission  de 
sons  variés,  puis  rien,  ou  devant  des 
gens  qui  parlent,  d'autres  qui  se  tai- 
sent par  force?  C'est  cela  qui  doit 
faire  peur.  Pourtant  nous  avons  des 
exemples  de  pantomimes  qui  font 
peur,  mais  cinématographiez  une 
de  ces  pantomimes,  il  n'est  pas  sûr 
qu'elle  produise  alors  le  même  effet. 
Quand  on  ne  peut  pas  définir  ce  qui 
manque  à  une  œuvre,  on  l'appelle  le 
«  je  ne  sais  quoi  »  et  sans  doute  est-ce 
là  ce  qui  a  manqué  jusqu'alors  aux 
films  dont  nous  avons  été  étonnés  de 
ne  pas  subir  une  emprise  de  terreur 
et  ce  «  je  ne  sais  quoi  »,  c'est  souvent 
le  talent  que  nous  voudrions  con- 
naître plus  fort  ou  le  génie  que  nous 
espérons,  et  qui  est  rare,  rare..  . 

Lucien  Waiil. 


Tel  procédé  qui  nous 
paraît  employé  aujour- 
d'hui pour  le  seul  amu= 
sèment  du  cinéaste  per= 
mettra  demain  à  un 
artiste  de  génie  de  nous 
faire  connaître  tout  ce 
Qu'il  sent.  M     M 


QUELQUES  TICS 


Van  Oaële. 

Un  front  têtu,  lourd   de   migraine 

Une  voix  chaude  avec  des  «  ah  »! 
glacés  ! 

Des  veux  bleus  —  noirs  de  pessi- 
misme. 

Une  démarche  lente  qui  semble 
traîner  la  vie  entière... 

Tantôt  très  bien  vêtu..  .  négligé  le 
lendemain... 

Fumant  peu,  riant  quelquefois. 

Douceur  et  tristesse  I 

Paysage  des  Flandres  après  la 
pluie. 


Roger  Karl. 

A  le  sourire  contraint  du  Monsieur 
pas  content. 

Il  est  comédien,  interprète  cinégra- 
phique,  poète,  philosophe. 

Trouve  lavie  sans  intérêt. 

Renonce  tous  les  jours  au  théâtre 
et  au  cinéma  et  parle  d'aller  aux  An- 
tipodes. .  . 

Mais  il  reste,.. 

De  la  prestance,  une  belle  allure, 
un  chapeau  de  cow-boy.  La  poignée 
de  main  solide. 


Mathot. 

Semble  très  convaincu  de  se  nom- 
mer ainsi.  . 

Habillé  avec  une  recherche  toute 
personnelle  ;  un  pardessus  sur  le 
bras  gauche, une  cannedans  la  main 
droite,  le  pied  fendant,  net,  Mathot 
marche,  digne. 

Accentue  son  air  dédaigneux,  il  pa- 
rait ainsi  plus  aimable  quand  il  sou- 
rit. 


Modot. 

Vous  ne  le  retrouveriez  pas... 

Il  s'exprime  avec  aisance  et  les  yeux 
vous  regardent  gentiment...  On  le 
cherche. 

Il  a  ^conservé  de  ses  habitudes  de 
peintre,  l'art  de  paraître  négligé. 

A  la  vérité  il  ne  néglige  rien. 


Jacquet . 

Est  par  dessus  tout  un  homme  ai- 
mable. 

Il  sourit,  il  rit,  pas  plus. 

Il  fume  le  cigare,  rien  que  des  ci- 
gares et  joue  au  bridge. 

Il  s'habille  avec  soin  et  sait  parfai- 
tement se  vêtir. 

Un  jour  vous  le  voyez  tel  un  Yankee 
rasé. 

Le  lendemain  il  apparaît  avec  une 
moustache. 

Mais  il  a  le  sourire  et  mâche  un  ci- 
gare, rien  que  des  cigares. 

• 
Jean  Toulout. 

Est  gai. 

En  scène  il  sait  faire  tordre  ses  par- 
tenaires. 

Au  studio,  il  dépense  une  verve  in- 
telligente qui  réchauffe  ceux  qui  ont 
froid  ;  aiguise  l'appétit  de  ceux  qui 
ont  faim;  détend  les  camarades  éner- 
vés par  ces  coquins  de  metteurs  en 
scène. 

Un  bel  homme,  des  épaules,  l'œil 
clair,  la  démarche  assurée.  Donne 
mine. 

S'habille  avec  ampleur. 

Apprécie  la  vie,  ne  s'ennuie  jamais. 

Le  «  Roi  »  des  camarades,  a  dit 
quelqu'un. 

Signoret 

Peut,  le  matin,  tourner  un  film  : 
apprendre  un  rôle  en  déjeunant  ; 
tourner  un  autre  film  l'après-midi  ; 
étudier  la  pantomime  et  le  chant  dans 
la  rue  en  allant  dîner,  donner  des  le- 
çons ;  jouer  le  soir  un  rôle  formidable. 
Tout  cela  avec  le  sourire,  car  Signo- 
ret  n'est  qu'un  sourire. 

Au  Studio,  est  prêt  avant  tout  le 
monde,  obéit  au  metteur  en  scène, 
fournit  un  travail  gigantesque  à  des 
conditions  annuelles  qu'une  vedette 
américaine  n'accepterait  pas  à  la  se- 
maine. 

De  la  douceur,  de  la  douceur. 


ES 


ïà    ;/ 


Georges  Lannes. 

Est  froid. 

Ses  yeux  sont  durs. 

Son  sourire  est  figé. 

Sa  poignée  de  mains,  glaciale. 

Rit-il  jamais? 

Son  veston  est  coupé  net,  le  pli  de 
son  pantalon  est  d'acier. 

Sa  cravate  est  droite,  son  col  cassé, 
le  tout  impeccable. 

Uneréception  à  la  Wilhelmstrasse 
André  L.  Davkn. 


0 


cinea 


DERRIÈRE       L'ÉCRAN 


FRANCE  JS 

Oh  ces  publics... 

La  Russie  Rouge,  à  Barbes  :  hur- 
lements, sifflets  et  coups  de  revol- 
vers. Au  Colisée  :  silence  de  mort  et 
frissons.  A  Passy  :  éclats  de  rire. 

Et  les  loueurs  affirment  connaître 
leurs  publics. 

• 

Mme  Maurice  Maeterlinck  a  confié 
au  directeur  de  l'Olympia  un  scéna- 
rio qui  sera  interprété  par  Raquel 
Meller  et  Mme  Maeterlinck  elle-même. 
C'est  Raymond  Bernard  qui  mettra 
en  scène  ce  film  du  dramaturge  de 
L'Oiseau  bleu. 

m 

La  Société  des  films  artistiques  an- 
nonce La  Jettatura,  scénario  de  MM. 
Gilles  Pierre  Veber  et  Nino,  mise  en 
scène  de  M.  Gilles  Pierre  Yeber. 

C'est  un  film  à  trois  personnages. 
Il  s'agit  d  envoûtement  dans  un  cadre 
moderne.  Les  extérieurs  ont  été 
tournés  en  Italie.  Les  protagonistes 
de  cette  œuvre  originale  sont  :  Mme 
Elena  Sagrary,  M.  Jean  Dehelly  et 
M.  Nino. 

Nous  avons  vu  M.  Robertson,  de 
passage  à  Paris,  et  qui  était  ravi  de 
la  matinée  qu'il  avait  passée  à  rece- 
voir de  nombreux  artistes  français 
pour  sa  prochaine  production. 

«  Ce  sera  un  réel  plaisir  de  travail- 
ler avec  eux  »,  nous  dit-il. 

«  L'avenir  du  cinéma  en  France 
me  paraît  devoir  être  des  plus  bril- 
lants. Il  n'y  a  rien  qui  ne  puisse  être 
fait  avec  l'atmosphère,  le  climat,  les 
paysages,  les  belles  nuances  du  ciel 
que  l'on  trouve  en  France. 

«  J'ai  constaté  que  les  laboratoires 
parisiens  étaient  supérieurement  or- 
ganisés. J'ai  eu  de  beaux  résultats 
dans  le  développement  de  mes  pre- 
miers négatifs  et,  je  ne  saurais  trop 
le  dire,  c'est  aussi  bien  qu'en  Amé- 
rique. 

«  Je  suis  très  heureux  d'avoir  pu 
saisir  la  véritable  atmosphère  fran- 
çaise dans  ces  curieuses  petites  villes 
de  la  Normandie,  telles  que  Caude- 
bec-en-Caux,  lorsque  j'ai  tourné  Per- 
pétua. » 

«  J'ai   pu  faire    paraître  le    cirque 


Pinder  dans  cette  production.  M.  Pin- 
der  m'a  été  très  courtoisement  utile 
et  nous  avons  voyagé  avec  le  cirque 
pendant  deux  semaines,  ce  qui  m'a 
donné  une  occasion  unique  de  voir 
votre  beau  pays. 

• 
M.  George  Fitzmauriee  est  parti 
pour  l'Italie  où  sa  troupe  doit  le  re- 
joindre à  Xaples.  Ensuite,  il  ira  en 
Egypte  tourner  un  grand  film  moitié 
moderne,  moitié  antique  et,  à  son 
retour  vers  le  mois  d'avril  ou  mai,  il 
tournera  en  France.  Quoi?  ce  sera 
fort  probablement  une  Mauou  Les- 
eaut.  Qui  sera  la  Manon? 

• 

SUÈDE  Jâ 

Les  Exiles,  de  Maurice  Stiller 
viennent  de  paraître  avec  grand  suc- 
cès à  Stockholm.  Lars  Hanson,  et 
Ivan  Hedquist,  y  sont  très  remar- 
quables. Jenny  Hasselquist  a  fait  là 
une  création  supérieure  que  Paris 
admirera  bientôt 

• 

La  dernière  œuvre  de  Victor  Sjos- 
trom  :  Qui  juge?  triomphe  par  so 
puissance  dramatique  et  la  profonde 
angoisse  qui  s'en  dégage. 

L'auteur  du  scénario  est  lljalmar 
Bergman.  Les  interprètes  sont  :  Ivan 
Hedquist,  Tore  Svennberg.  Gosta 
Hekman  et  Jenny  Hasselquist  qui, 
sous  la  direction  de  Victor  Sjostrom, 
ont  fait  merveille. 
• 

Klara  Kjellblad  qu'on  a  pu  appré- 
cier dans  Le  Moulin  en  feu  est  venue 
à  Paris  avec  les  ballets  suédois  de 
Jean  Borlin.  Elle  vient  de  partir  en 
Amérique. 

• 

Notre  confrère  suédois  le  Filmjour- 
nalem   signale  l'engagement  par  la 
Selznick    de    New-York    de   l'artiste 
suédoise  Holmquist  de  la  Svenska. 
• 

Au  cœur  de  la  Suède  est  le  Varm- 
land,  une  des  provinces  les  plus  jo- 
lies et  les  plus  riches  en  histoire  de 
la  Scandinavie.  Au  cœur  du  Varm- 
land  existe  un  village  nommé  Ran- 
sater.  Là  vivait  au  milieu  du  xixe siècle 
un  homme  qui  aimait  profondément 


son  petit  pays  et  qui  résolut  d'écrire 
l'épopée  de  ce  pays  et  de  ses  habitants. 
Et  en  12545,  F.  A.  Dahligren  écrivit  sa 
pièce  populaire  :  Varmlanningarna 
(Les  gens  de  Varmland)  qui  fut  re- 
présentée pour  la  première  fois  au 
théâtre  royal  de  Stockholm  l'année 
suivante.  L'action  en  est  très  simple. 
C'est  le  mélodrame-type  au  meilleur 
sens.  Le  jeune  Erik,  fils  d'un  riche 
paysan,  aime  une  jeune  fille  pauvre, 
Anna,  dont  les  parents  sont  mé- 
tayers. Mais  le  père  d'Erik  ne  veut 
rien  savoir  d'une  telle  mésalliance. 
Pendant  une  absence  d'Erik,  il  fait 
publier  les  premiers  bans  de  mariage 
avec  la  fille  du  plus  riche  proprié- 
taire du  village.  Anna,  non  avertie, 
vient  à  l'église,  et  en  entendant  la 
publication  devient  folle.  Grâce  au  ' 
retour  d'Erik,  elle  revient  à  la  raison 
et  le  père  récalcitrant  est  obligé  de 
consentir  à  leur  union.  La  pièce  finit 
par  le  mariage  en  grandes  réjouis- 
sances. 

Cette  œuvre  simple  est  devenue  la 
pièce  nationale  de  la  Suède  et  se 
donne  maintenant  tous  les  Noëls  à 
l'Opéra  royal  de  Stockholm.  Le  choix 
de  cette  scène  est  motivé  par  une 
ouverture  de  fête  et  de  nombreux 
chants  au  cours  de  cette  pièce,  qui  y 
a  déjà  été  jouée  plus  de  500  fois.  Les 
autres  théâtres  de  Suède  la  jouent 
également  de  temps  à  auti  e  et  sur  les 
diverses  scènes  de  Stockholm  seul  on 
l'a  représentée  environ  1.500  fois. 

Il  va  de  soi  qu'une  telle  œuvre, 
devenue  nationale,  ait  tenté  des  met- 
teurs en  scène  de  cinéma.  Les  pre- 
miers films  suédois  virent  le  jour  en 
1909.  Parmi  eux  se  trouvait  Varm- 
lanningarna, joué  notamment  par 
des  amateurs  et  mesurant  400  mètres, 
ce  qui  était  remarquable  à  l'époque. 
Le  succès  était  assuré  en  Suède, 
mais  ce  film  n'a  pas  dû  être  produit  à 
l'étranger. 

«  Svea  Film  »,  compagnie  fondée 
cette  année,  en  a  repris  le  sujet  pour 
son  premier  film,  qui  mesure  2.400 
mètres,  six  fois  la  longueur  du  pre- 
mier. 

Pour  assurer  au  scénario  un  carac- 
tère littéraire,  on  l'a  confié  à  un  de 
nos  premiers  jeunes  écrivain»  et  dra- 


cinea 


11 


Portrait  Express 

Nathalie  Kovanko 


Nathalie  Kovanko  est  née  en  Cri- 
mée, le  9  novembre  1899.  Après  avoir 
fini  ses  études  elle  .se  rend  à  Moscou 
en  1917,  etsa  beauté  attire  l'attention 
de.s  metteurs  en  scène  de  cinéma. 
C'est  dans  le  rôle  d'Yvette  de  Mau- 
passant  qu'elle  tourne  pour  la  pre- 
mière fois.  A  son  troisième  film  Un 
bal  chez  le  Die  h  elle  s'est  révélée  une 
artiste  de  talent. 

Quand  son  mari,  le  colonel  Ko- 
vanko de  la  garde  Impériale  de  l'ar- 
mée russe  fut  exécuté  par  les  bol- 
chevicks,  à  Moscou,  la  malheureuse 
artiste  dut  s'enfuir. 

On  la  revoit  plus  tard  tourner  pour 
la  Société  Ermolieff-Cinéma,  à  Ialta 
(Crimée). 

Actuellement  Mme  Kovanko  est,  à 
Paris,  la  vedette  de  la  Société  Ermo- 
lieff  Cinéma  où  tout  dernièrement, 
elle  tenait  le  rôle  de  Jeanne  dans  l'Or- 
donnance, roman  de  Maupassant. 

Le  13  décembre  prochain,  les  ama- 
teurs du  cinéma  pourront  l'admirer 
dans  les  Mille  et  une  Nuits. 

Dans  le  film  en  préparation  le  Pré- 
lude de  Chopin,  d'après  le  scénario 
du  metteur  en  scène  M.  Tonrjansky, 
Mme  Kovanko  tourne  avec  André 
Nox. 

En  l'espace  de  peu  de  temps,  Mme 
Kovanko  a  su  s'attirer  toutes  les 
sympathies  et  nous  espérons  que 
bientôt  elle  sera  aussi  populaire  en 
France  qu'elle  l'était  en  Russie. 

G.  L.  S.     . 


maturge8  :  Ejnar  •jiSmith.  Par  une 
heureuse  coïncidence,  l'étoile  du  ci- 
néma américain  :  Anna  Q.  Nilsson, 
rendait  cet  été  sa  première  visite  à 
son  pays  d'origine  :  la  Suède.  Le 
metteur  en  scène  Erik  Petschler, 
l'engagea  pour  le  rôle  d'Anna.  Le 
rôle  d'Erik  passa  à  un  jeune  acteur 
de  Stockholm,  type  idéal  du  suédois  : 
Tor  Weijden.  Plusieurs  autres  ac- 
teurs furent  des  amateurs.  Notons 
que  le  rôle  de  pasteur  dans  le  film 
fut  tenu  par  le  pasteur  de  la  paroisse 
lui-même.    Il   joua    complaisamment 


par  intérêt  pour  un  sujet  aussi  natio- 
nal. C'est  sans  doute  le  premier  ec- 
clésiastique qui  ait  jamais  joué  au 
cinéma. 

Pour  assurer  la  couleur  locale,  on 
filma  le  paysage  natal  de  1  auteur  de 
la  pièce  et  la  maison  du  paysan  riche 
est  le  véritable  manoir  de  Ransater. 

Ce  film  totalement  suédois  par  le 
sujet,  les  mœurs,  les  superbes  vues 
naturelles,  et  où  les  acteurs  carac- 
térisent éminemment  le  type  natio- 
nal, méritera  largement  d  être  donné 
hors  de  Suède.  Ture  Dahlix. 


AMÉRIQUE  M 

William  de  Mille,  vient  de  com- 
mencer à  mettre  en  scène  Miss  Luhi 
Bett,  d  après  la  nouvelle  de  Zona 
Gale.  Lois  Wilson  et  Milson  Sills  en 
interprètent  les  principaux  rôles. 
• 

George  Melford  vient  de  terminer 

The  Sheik. 

• 
Le  prochain  film  de  Roseoë  (Fatty) 
Arbuckle  sera  The  Melancholy  Spi- 
rit,  mis  en  scène  par  James  Cruze  et 
A.  B.  Baringer. 


12 


cinea 


Betty  Compsori  vient  de  commen- 
cer à  tourner  The  Utile  Minister, 
d'après  la  pièce  de  Sir  James  Barrie. 
Le  metteur  en  scène  Stanlans  se  ser- 
vira du  mogaphone  pour  eette  pro- 
duction. 

• 

Thomas  Meighan  vient  de  commen- 
cer à  touriur  A  Prince  there  iras,  de 
Waldemar  Young.  Sous  la  direction 
de  Frank  Woode,  Tom  Forman  le 
met  en  scène  C'est  Mildred  Harris 
qui  joue  le  principal  rôle  féminin. 
• 

Jack  Holt  et  sa  compagnie  sont 
toujours  à  Mommouth  Mountain  où 
ils  tournent  The  eall  ofthe  north  avec 
le  concours  de  Joseph  IIenab?rry 
pour  diriger  la  mise  en  scène. 
• 

Paul  Powell  vient  d'arriver  à  Lot 
Angeles.  Il  va  se  mettre  au  travail  et 
tournera  The  Cradle  avec  EthelClay- 
ton  comme  étoile. 
• 

Les  Trois  Mousquetaires,  inter- 
prétés par  Douglas  Fairbanks,  ont 
été  favorablement  accueillis,  en 
Amérique,  par  les  critiques  les  plus 
sévères  ou  les  plus  délicats.  Le  côté 
ferrailleur  du  rôle  est  merveilleuse- 
ment rendu  par  Doug.  Quand  il  n'est 
pas  sur  l'écran,  l'action  paraît  quel- 
quefois traînante.  La  mise  en  scène 
est  profuse  et,  s'il  se  décèle  quelques 
influences  allemandes  quant  aux 
poses,  aux  éclairages,  le  film  est 
«  emballé  »  avec  ce  rythme  prodi- 
gieux dont  l'Amérique  —  et  notam- 
ment Douglas  —  aie  secret.  Les  rôles 
secondaires  sont  plus  ou  moins  bien 
tenus;  Barbara  La  Marz  pourrait 
donner  du  caractère  à  celui  de  Mi- 
lady  si  la  censure  n'était  pas  inter- 
venue à  grands  coups  de  ciseaux. 
• 

Mark  Twain  a  très  heureusement 
inspiré  Emmett  J.  Flynn.  qui  a  porté 
à  l'écran  une  transcription  fort  co- 
mique de  la  nouvelle  intitulée  :  Un 
Yankee  du  Conneetieut  à  la  cour  du 
Roi  Arthur.  Le  vieux  Cléments  aurait 
certainement  apprécié  certaines  addi- 
tions faites  à  son  œuvre,  par  exemple 
le  moment  où  les  Chevaliers  de  la 
Table  Ronde  enfourchent  leurs  moto- 
cyclettes pour  aller  au  secours  de 
Sir  Bors,  et  celui  où  Lancelot,  au 
plus  fort  de  la  mêlée,  crie  :  «  Lâchez 
les  gaz  I  » 

• 

Peter  Ibbetson,  un  des  plus  cé- 
lèbres romans  de  Georges  du  Mau- 
rier,    a    été    mis   à    l'écran,    sous   un 


autre  titre,  par  Georges  Fitzmau- 
rice.  L'interprétation  est  de  premier 
ordre,  comprenant  Wallace  Reid, 
Montague  Love,  Elliott  Dexter,  Dolo- 
rès  Cassinelli  et  Klsie  Fergusson  qui, 
dans  le  rôle  de  la  duchesse,  surtout 
dans  la  scène  si  profondément  émou- 
vante de  la  dernière  visite,  peut  dé- 
ployer tout  le  charme  poétique  et 
tendre  de  son  talent. 


On  n'a  qu'à  prononcer  les  mots 
«  Tapis  Oriental  »  à  portée  d'oreille 
de  Sessue  Hayakawa,  le  Star  popu- 


ANNA  a.  NILSON  et  TOR  WEIDJEN 

dans   Les  Gens  de  iVannland 
(Svea  Film).  —  Film  d'F.rik  Pestchler. 

laire  des  films  de  la  R.  C.  et  vous 
n'aurez  alors  aucune  difficulté  pour 
obtenir  une  interview  qui  vous  en- 
traînera dans  les  méandres  du  laby- 
rinthe de  la  philosophie  de  tous  les 
peuples  et  des  nations,  telle  qu'elle 
est  exprimée  par  leurs  produits  ma- 
nufacturés. Il  y  a  peu  d'experts  qui 
aient  une  compréhension  plus  pro- 
fonde de  l'art  du  tissage  qu'Haya- 
kawa.  Les  étagères  de  sa  biblio- 
thèque sont  encombrées  de  livres 
rares  traitant  du  sujet  et  de  l'art  de 


tisser  les  tapis  et  les  tapisseries,  leur 
manufacture,  en  commençant  par  le 
montage  des  métiers  à  tisser  et 
jusqu'à  la  coloration  des  tissus.  La  : 
collection  qui  orne  sa  demeure  somp- 
tueuse, Castle  Glangarry,  à  Holly- 
wood, est  réputée  valoir  au  delà  de 
140  000  livres  et  si  sa  femme  qui  est 
connue  sur  l'écran  sous  le  nom  de 
Tsuri  Aoki  ne  l'en  empêchait  pas, 
Hayakawa  hypothéquerait  son  châ- 
teau, sans  nul  doute,  pour  augmentes 
sa  collection,  s'il  venait  à  rencontrer 
des  tapis  d'une  rareté  et  d'une  beauté 
suffisantes  pour  satisfaire  sa  passion. 
• 
Bessie  Love  aime  autant  le  labeur 
du  studio  que  les  travaux  de  son  in- 
térieur Rien  ne  lui  fait  plus  plaisir 
que  de  vaquer  aux  exigences  mul- 
tiples de  son  home  exquis  à  Holly- 
wood, (Californie)  cherchant  à  donner 
un  effet  plus  heureux  aux  tableaux 
qui  ornent  les  murs,  draper  les  plis 
d'une  tenture  plus  artistement,  ou 
même  préparer  un  dîner  pour  ses 
invités.  Apportez  une  échelle  à  cette 
toute  exquise  et  minuscule  star  du 
cinéma,  donnez-lui  un  marteau  et 
îles  clous,  et  alors  vous  n'aurez  pas 
besoin  du  tapissier  ou  du  décorateur. 
• 

Maë  Murray  danse  depuis  l'enfance. 
A  Portsmouth  (Virginie  U.  S.)  où  elle 
est  née,  elle  faisait  le  désespoir  de 
sa  grand'mère  qui,  après  l'avoir  long- 
temps cherchée,  la  trouvait  en  train 
de  danser  au  milieu  d'un  cercle  d'en- 
fants, aux  sons  lamentables  des 
orgues  de  Barbarie. 

Maë  Murray  qui  aimait  ses  aises, 
retirait  pour  danser  ses  grosses 
chaussures  à  clous  qui  blessaient  ses 
petits  pieds  mignons,  et,  en  quelque! 
heures,  ses  bas  étaient  troués. 

Non  seulement,  cette  charmante 
artiste  fut  une  petite  danseuse  pré- 
coce, mais  elle  se  fit  encore  remar- 
quer comme  ayant  des  rares  dons 
pour  la  comédie  ;  et  nul  ne  fut  étonné 
de  la  voir  débuter  au  théâtre,  dont, 
de  l'avis  de  tous,  elle  avait  la  voca- 
tion. 

C'est  en  levant  les  bras  au  ciel  que 
sa  bonne  vieille  grand'mère  la  re- 
garda partir  pour  New-York,  à  l'âge 
de  14  ans,  où  Maë  Murray  débuta 
dans  un  théâtre  de  Broadway.  Ce 
n'est  que  vers  1915  qu'elle  se  fit  re- 
marquer par  le  public. 

Son  premier  grand  succès  fut  Xell 
Brinkley  Girl,  aux  Folies-Ziegfeldj 
et  c'est  vers  cette  époque  qu'elle  ima- 


cinea 


13 


gina  un  sketch  original.  La  première 
partie  était  un  film  tourné  par  Maë 
Murray  dont  l'image  s'arrêtait  clans 
un  coin  en  gros  premier  plan.  On 
escamotait  rapidement  l'écran,  et, 
au  milieu  d'une  projection  éblouis- 
sante, Maë  Murray  apparaissait  en 
personne  aux  spectateurs  émerveillés 
de  voir  la  vision  cinématographique 
devenir  une  réalité. 

Les  principaux  éditeurs  de  films 
suivaient  assidûment  les  premières 
des  Folies-Ziegfeld,  où  tous  recher- 
chaient la  future  étoile  qu'ils  se  dis- 
putaient presque  aux  enchères. 

Nombreuses  furent  les  offres  faites 
à  Maë  Murray.  Elle  les  déclina  toutes, 
car,  très  artiste,  cette  jeune  et  jolie 
danseuse  avait  accepté  les  offres  de 
M.  Zukor  qui  lui  promit  formelle- 
ment de  ne  lui  faire  tourner  que  les 
films  dont  les  rôles  lui  convien- 
draient. 

Et  c'est  ainsi  que  Maë  Murray  dé- 
buta â  l'écran  par  Sweet  Kitty  Bel- 
Uiirs,  dont  elle  avait  toujours  beau- 
coup aimé  lire  l'histoire,  car  Maë 
Murray  est  une  liseuse  enragée,  et 
parmi  ses  livres  préférés,  citons  les 
célèbres  histoires  d'Elsie  Dinsmore 
qui  sont,  en  Amérique,  l'équivalent 
des  récits  de  notre  bibliothèque  rose, 
les  fables  d'Esope  et....  «  les  Trois 
Mousquetaires  ». 

Depuis  longtemps  la  réputation  de 
Maë  Murray  est  établie.  C'est  une  des 
plus  charmantes  et  talentueuses  étoi- 
les de  l'écran.  Mais,  il  faut  bien  le 
dire,  c'est  à  son  mari,  le  metteur  en 
scène  Robert  Z.  Léonarci,  que  nous 
devons  le  film  qui  la  présente  sous 
son  meilleur  jour. 

A  sa  vivacité,  à  son  charme  irré- 
sistible, à  sa  sincérité  bien  connue, 
Maë  Murray  semble  nous  avoir  révélé 
dans  Liliane  de  nouvelles  qualités 
sentimentales  et  imprévues. 

Cette  parfaite  artiste  a  tant  de  per- 
sonnalité, de  beauté  inquiétante,  de 
grâce  et  de  vie  qu'elle  a  créé  un  type 
qu'aucune  autre  étoile  de  l'écran  n'au- 
rait pu  évoquer. 

Le  sujet  profondément  dramatique 
de  Liliane  a  été  spécialement  écrit 
pour  Maë  Murray  par  Clara  Béran- 
ger.  Ce  rôle  d'ensorceleuse  et  blonde 
artiste  est  admirablement  interprété 
par  Maë  Murray,  et  la  réalisation 
tout  entière  de  cette  œuvre  est  pré- 
sentée avec  une  telle  science  de  l'art 
cinématographique  qu'elle  peut  être 
comparée  à  n'importe  quelle  super- 
production parmi  les   plus  célèbres. 

En   effet,  Robert  Z.   Léonard  a  ap- 


porté à  1  écran  des  idées  et  des  réali- 
sations nouvelles  qui  le  classent 
parmi  les  meilleurs  metteurs  en  scène 
de  la  «  Paramount  »  dont  Maë  Mur- 
ray, sa  femme,  est  une  îles  plus  bril- 
lantes étoiles. 

Les  effets  de  sa  mise  en  scène  sont 
extraordinaires,  et  on  ne  saurait  trop 
le  féliciter  de  ses  scènes  à  grand  spec- 
tacle qu'il  convient  île  classer,  non 
seulement  parmi  les  plus  belles, mais 
aussi  les  plus  originales. 

La  plus  curieuse  de  ces  scènes  re- 
présente un  cabaret  de  nuit  dont 
Liliane  est  la  grande  attraction.  Avec 
ses  tables  remplies  de  joyeux  convi- 
ves, la  salle  est  d'un  aspect  féerique 
et  élégant.  A  l'extrémité  du  parquet 
de  danse,  les  lourds  rideaux  de  ve- 
lours s'entr'ouvrent  doucement  et 
découvrent  à  nos  yeux  ravis  une 
immense  urne  d'argent  remplie  de 
ballons  de  toutes  grandeurs.  Douce- 
ment ces  ballons  s'envolent  et  entou- 
rent Maë  Murray  vêtue  du  plus  déli- 
cat et  du  plus  merveilleux  costume 
de  danse.  Ses  qualités  de  danseuse 
sont  déjà  bien  connues,  mais  lors- 
qu'elle tourne  gracieuse  et  légère,  les 
ballons  flottant  dans  l'air  autour 
d'elle,  l'effet  produit  est  si  beau  qu'il 
semble  irréel  et  qu'il  est  au-dessus 
de  toutes  descriptions. 

Pour  ajouter  à  l'impression  de  rêve, 
l'ëcharpe  de  mousseline  avec  laquelle 
Maë  Murray  commence  sa  danse  est 
bientôt  délaissée  par  elle  pour  les 
ballons  que,  dune  pichenette,  elle 
envoie  se  perdre  dans  les  airs. 

Au  point  de  vue  artistique,  tech- 
nique et  dramatique,  cette  scène  est 
une  des  plus  belles  qui  aient  été  pro- 
duites jusqu'à  ce  jour.  Même  si  le 
drame  n'avait  par  lui-même  aucune 
valeur,  il  suffirait  d'admirer  cette 
ravissante  petite  étoile,  qui  est  une 
véritable  artiste,  alors  qu'elle  se  meut 
gracieusement,  vêtue  des  étoffes  les 
plus  merveilleuses  et  encadrée  d'une 
mise  en  scène  des  plus  esthétiques. 

Mais  Liliane  est  un  sujet  aux  puis- 
santes situations  dramatiques  qui 
se  suffisent  â  elles-mêmes,  et  dont  ces 
deux  féeriques  danses  ne  sont  qu'un 
raffinement  d'art  qui  obtiendra  les 
suffrages  de  tous  les  publics. 


La  censure  inévitable  s'étant  ins- 
tallée depuis  quelque  temps  déjà  en 
Amérique  a  commencé  ses  fonctions 
«  moralisateurs  ».  La  chose  la  plus 
déplorable  est  le  fait  que  la  plupart 
des  membres  de  cette  censure,  éta- 


LE  CABINET  DU  DOCTEUR  GALIGARI. 
Ce  curieux  et  attachant  drame  d'art  ciné- 
graphique,  que  cinèa  a  eu  la  bonne  fortune 
de  pouvoir  présenter  lundi  dernier  aux 
amateurs  de  belle  jphotogénie,  a  produit 
une  forte  impression. 


14 


blie  dans  chacun  des  Etats-Unis  (troÎ8 

membres,  dont  une  femme,  dans 
chaque  département) ont  très  peu  ou 
même  point  d'expérience  OU  de 
connaissance  de  l'art  et  l'industrie 
cinématographique  et  de  tout  ce 
qui  s'y  rattache.  Ils  «  coupent  »  et 
«  coupent  »  comme  bon  leur  semble, 
n'envisageant  que  L'effet  moral  des 
films,  mais  rarement  leur  valeur  ar- 
tistique. Voilà  pourquoi  l'Universal 
Film  Manufacluring  Co  de  New- York 
s'était  décidé  à  inviter  un  membre 
de  chaque  censure  des  48  Etats-Unis 
et  de  toutes  les  différentes  censures 
canadiennes  à  visiter  l'Universal 
City,  surnommé  «  La  Capitale  Mon- 
diale du  Film  ».  Les  invités  se  sont 
réunis  à  Chicago  d'où  M.  Harry  Ber- 
man,  manager  général  des  Exchanges 
de  l'Universal,  les  a  accompagnés.  A 
Los  Angeles,  un  autre  groupe  de 
«  coupeurs  «  s'était  assemblé  et  ainsi 
la  grande  expédition  de  censeurs,  au 
nombre  d'environ  50,  est  arrivée  à 
l'Universal  City.  Comme  toujours,  la 
capitale  du  film  n'a  pas  manqué  de 
faire  un  effet  impressionnant  auprès 
des  visiteurs.  Ils  étaient  émerveillés  en 
voyant  une  véritable  ville,  où  tous 
les  habitants  travaillaient  exclusive- 
ment pour  la  cinématographie,  en 
voyant  le  travail  détaillé  de  chacun 
des  milliers  de  collaborateurs,  en 
voyant  les  immenses  studios,  ate- 
liers, constructions  et  reproductions 
que  nécessite  la  fabrication  de  films, 


en  se  rendant  compte  des  grosses 
sommes  d'argent  qu'avalait  cette  for- 
midable machine  avec  un  si  minu- 
tieux engrenage  de  travail  manuel 
et  intellectuel,  artistique  et  indus- 
triel. 

A  part  l'intérêt  que  provoquait 
auprès  des  censeurs  cette  visite  vrai- 
ment éducative,  ils  ont  tous  eu  ce 
que  l'Américain  appelle  «  a  darn 
good  time  »,  car  l'Universal  a  payé 
tous  les  frais,  y  compris  le  voyage 
aller  et  retour  ainsi  qu'un  merveil- 
leux séjour  d'une  huitaine  dans  la 
belle  Californie.  Sous  les  auspices 
de  M.  Harry  Berman  et  Irving 
G.  Thalberg,  directeur  général  de 
l'Universal  City,  l'expédition  passa 
une  journée  entière  dans  la  vallée  de 
San  Francisquito  au  «  ranch  »  de 
Harry  Carey,  le  célèbre  cow-boy  de 
l'écran,  qui  ne  l'est  pas  moins  dans 
la  vie  privée.  Il  montra  aux  membres 
de  cette  expédition  que  lorsque  sur 
l'écran  un  cheval  est  atteint  par  une 
balle  tombe,  et  se  roule  par  terre, 
il  a  été  dressé  de  manière  à  inter- 
préter le  rôle  d'un  cheval  blessé. 
L'homme,  c'est-à-dire  Harry  Carey 
exécuta  de  très  nombreuses  acroba- 
ties, et  fut  largement  applaudi  par 
la  foule  de  censeurs. 

Une  autre  journée  fut  consacrée  à 
la  visite  des  nombreuses  reconstruc- 
tions de  Monte  Carlo  pour  un  grand 
Universal-Jewel  «  Foolish  Wives  ». 
On  avait  aussi  profité  de  l'occasion 


cinea 

pour    présenter   aux   censeurs    cette 
grande  production  dont  les  prises  de 
vues  ont  été  terminées  il  va  quelque 
temps.     Les    157.000    pieds     exposés 
furent    transformés   en   un   merveil- 
leux film  en  12  parties,  dont  la  réali- 
sation   ne    saurait    tarder.    Aucune 
mutilation  de  la  part  des  censeurs 
fut  entreprise,  quoique  Eric  Stroheim 
auteur,  metteur  en  scène,  et  princi- 
pal protagoniste  masculin  de  «  Foo- 
lish Wives  »  est  très  libre  en  pensée 
et  expression,  et  ne  manque  pas  de 
nous    faire   connaître   son   Zolaïsme 
par  l'intermédiaire  de  ce  film.   Bref, 
au  bout  d'un  séjour  d'une  semaine  à 
l'Universal  City,   après  avoir  pu   se 
rendre  compte  de  ce  que  cela  signifie 
que  de  produire  un  film,  les  censeurs 
adressaient     une    lettre    de    remer- 
ciements à  M.  Cari  Laemmle,  prési- 
dent de  l'Universal   Film   Mfg  Co  et 
se    mirent    en    route     pour    rentrer 
chez  eux.  A  l'avenir,  ceux  qui  ont  eu 
l'occasion  d  observer  le  travail  de  la 
population  de  l'Universal  City,  «  cou- 
peront »  certainement  avec  un   peu 
plus  de   réflexion.   Toute    l'industrie 
cinématographique  américaine  était 
enchantée    de    l'idée   d'avoir    invité 
la    censure    des    Etats-Unis    et     du 
Canada    à  visiter  l'Universal  City,  et 
ce  fut  pour  le   bénéfice   de  l'entière 
industrie  cinématographique  améri- 
caine, que  l'Universal  Film  Manufac- 
turing  Co  a  entrepris  ce  geste  noble 
et  coûteux. 


• ■■■■■■■ ■■ ■■■■" ■••■ ■  toujours  parfaitement  équilibrés.  Le      qui    a  su    garder  son  atmosphère  à 

rPF*CT/4CLKif     '•  texte  en  est  toujours  lucide.                         cette  belle  pièce. 

S  Le  sujet  est  double  :  Le  sujet  dra- 

" * ■■■■■  ..                ,          ,.                .    ,      ...     .            Raquel  Meller  (Olympia). 

matique,  sobre,  bien  mené,  traite  ri-  w  v    ,  ,         ^   , 

T     ,T       ir,    .        ,iT                rj.,  ,  ..     .  u            4-^1                  i             4.1.                     Adieu,  Raquel  Mellerî  La  dona  Sol- 

hEY\\.LE\ÉQVK(Noiiveaii-Theatre).  chement    et  dans    un  bon  rythme,  a       ,     7     ,                                               « 

.,,.,,,    ™.         ,           ,    .,  .  .    T          .    .             ,    *   •           *     •    •        de   la  chanson  retourne  a  ses   Espa- 

La  pièce  d  Abel  Ruffenach,  traduite  porte.  Le  sujet  moral,  très  vaste,  ine-      u                           >                                      f 

T  ,        „,          .               ,                  ,       .  i                                 i           >*   a-    i                gnes.  Comme  elle  nous  a   charmes! 

par  Léon  Moussinac,    na   pas   plu   a  gaiement  mis  en  valeur,  étudie  le  pa-      °          «       ,    „ 

f,    „ ,                                           j          i  *                  i                 •    a      4-  ■  i       *                 Sa  grâce  de  femme-enfant  est  son  se- 

M.  See  :  c  est   une   œuvre   de  valeur.  tron,   surhomme   industriel,   et   sug-             °rT 

^,,              ...            ,                .„,, ,  ,                   .    j.»                 .            .           cret.  Une  étrange  finesse  —  aristocra- 

Elle  sera  discutée,  acclamée,  sifflee,  gère  de  vives  et  d  émouvantes  notes        .                 ,    .               , 

.    .       ,,                  _,                ,    .  ....     ,            .            „  »      ,,.            .   _j         tie    populaire    —   la   marque    toute, 

suivie, elle  vivra.  D  aucuns  lui  repro-  d  étude  moderne.  11  faut  bien  entendu               v  F           .                         ? 

,     ,                   ,  ,             .    .        _,     .1-                   .             Voyez  ses  mains,  ses  chevilles  et   ce 

chent  des  maladresses  :  c  est  ce  que  que  le  spectateur  n  oublie  pas  un  ins-            J                         ' 

„..,.,                  .,             .,  ,.f     .      ..     ,,                             ,            délicat     visage    aux    lignes   latines, 

faisaient  dire    les    premières    pièces  tant  qu  il  s  agit   d  une    œuvre    alsa-                                *>                   °, 

,     T,            .     ,     _       ,               ,  .,          .^  .          e  •    i     •       a       -a-           Son    seul    aspect    crée    1  atmosphère 

de  François  de  Curel.  quand  il  avait  cienne,  car  si  parfois  le  jeu  des  idées                                         .  ,,      .              u 

,         ,                 .                .  ,  .             ,     .,  .         •    ...   ,          .                       des  chansons   quelle   interprète   en- 
beaucoup    de  talent,   mais    on    s  est  dépasse  le  thème  initial,  sachons  que           .                        ^                       \          ,  ; 
,      .    ,               .    ,,          ,             ,     .  ,    .  ,.               ..  •■*.  .                        .   „   .   „    ,         suite  avec  tant  de   charmante  preci- 
calme  depuis  et   Ion    s  accorde  a  lui  1  auteur  tient  a   nous   garder  dans  le                                    .                             .  * 

.    ,                  ..  a      a    \t  i  i'v    *            •  i»                          sion  et    de    goût.  Elle    est  gaie.  Elle 

trouver  un  talent  inouï  maintenant  cadre  du  \  al  1  Eveque  ou  1  univers  se             .             _,&               ,         .    ** 

...       ,                      ,         ...        ».    »    f  i-     •»     •  j-     u    •*         *    •    a:    :  i                     est  leune.  Elle  a  de  1  esprit.  Elle  a  du 

quila  beaucoup  de  métier.  M.  Ruf-  limite  a  dix-huit  cents  individus.                    .'           .    _.                    f 

; ,     ,    ..  ,  T          .                .                         ...                   soin  aussi.  Bien  des  soirs  nous  som- 

fenach  doit  le  savoir.  La  mise  en  scène  manqued  aisance, 

,      ,r    ,  ,,r,    .              ...             -,,  ,       .    .           ..            A  c  -4.  a     i             mes  ailes  nous  rafraîchir  les  veux  a 

Le    val  l  kveque  a  ete  par  ailleurs,  mais   les  interprètes  ont  tait  de  leur                   ,.,.,.                 „ 

-,.•  a       l   c  a'                xi         i'  4.   \t     ^        4.      4.  t>  •  ^         *             cette  claire  délicatesse.  Et  nous  avons 

traite  de   chef-d  œuvre.  Non,  1  art  et      mieux  et  M.   Constant  Remy  a  tenu  .       ....       ,  ,, 

.     .    .               .  ,.         ,.                         ..  .  ,    .        .           .      ...   ,       »,         étudie  la  brillante   simplicité  qu  elle 

le  talent  qui  1  emplissent  appartien-  avec  une   séduisante  autorité  le  rôle                                                     \             n. 

.  .    ,                                        .    .       tt  •               ..  a    c-           ti  i        *    *  u  i  »    *■       a  su  composer  et   établir.  Merci,  Ra- 

nent  a  la  sagesse,  pas  au  génie.  Une  écrasant  de  Simon  Ihler  et  Abel  Rul-                         r 

sagesse  réfléchie,  assise  en    quelque  fenach  peut  être  heureux  d'avoir  eu       " 

sorte.  Les  idées  et   les  actes  y   sont  en  Léon  Moussinac  un  collaborateur                                                  Eve  Francis. 


clnéa 


15 


L'affaire...    Vuisqu9  affaire  il   y   a 


Il  semble  bien  qu'une  sorte  de  cy- 
clone s'abatte  sur  la  cinématographie 
française,  du  fait  de  celui  qui  aurait 
droit  à  être  appelé  son  fondateur. 
J'ai  nommé  M.  Charles  Pathè. 

Depuis  que  Pathé-Cinéma  s'est  uni 
à  Pathé-Consortium  pour  le  plus 
grand  bien  de  l'industrie  et  de  l'art, 
rien  ne  va  plus!  L'effort  que  le  ciné- 
ma est  en  droit  d'attendre  de  tous 
ceux  qui  se  consacrent  a  sa  prospé- 
rité, est  en  partie  dépensé  en  luttes 
stériles  de  personnes  et  en  conflits 
peu  édifiants  d'intérêts. 

Dieu  nous  garde  d'entrer  dans  la 
question,  de  prendre  parti  pour  l'une 
ou  pour  l'autre  Je  ne  prends  parti 
que  pour  le  cinéma.  Et  je  crie  casse- 
cou.  Le  spectacle  auquel  nous  assis- 
tons est  déplorable,  non  seulement 
pour  la  dignité  de  notre  art,  mais 
pour  son  développement  futur. 

Pathé-Consortium  n'est  pas  pour  le 
cinéma  et  il  serait  désirable  qu'il  ne 
l'oubliât  pas  11  ne  peut  avoir  le  seul 
souci  de  sa  propre  existence  et  de  ses 
propres  intérêts;  il  ne  peut  vouloir 
tout  accaparer.  Pour  fort  et  impor- 
tant qu'il  puisse  se  sentir,  il  aurait 
un  peu  le  devoir  de  songer  aux  au- 
tres, aux  plus  petits  qui  comptent 
par  leur  nombre  sinon  par  leur  puis- 
sance individuelle,  et  qui  mettent  en 
action  un  faisceau  d'activités,  d'in- 
telligences et  de  bonnes  volontés  qui, 
au  total,  dépasse  en  importance 
même  le  grand  organisme  constitué 
par  des  financiers  autour  de  l'œuvre 
scientifique  et  artistique  de  M.  Char- 
les Pathé. 

Or,  cette  phalange  de  bons  ouvriers, 
-les  metteurs  en  scène  et  les  artistes 
qui  font  tous  les  jours  des  efforts 
inouïs  pour  réaliser  de  belles  œuvres  - 
se  ressent  durement  du  discrédit  que 
les  misérables  compétitions  d'inté- 
rêts surgies  au  sein  de  Pathé-Consor- 
tium, jettent  sur  l'industrie  cinéma- 
tographique, sur  les  sympathies 
qu'elle  inspire  et  sur  les  assurances 
qu'elle  donne  d'un  brillant  avenir. 

Misérables  compétitions,  je  le  ré- 
pète, bien  qu  il  s'agisse  de  millions. 
Misérables  en  face  de  l'intérêt  géné- 
ral. 

Si,  une  entreprise  comme  celle  de 
Pathè-Corsortium  donne  le  triste  spec- 
tacle de  méfiances  et  d'exécutions, 
de  révocations  et  de  blâmes,  d'as- 
semblées  attaquées  en  nullité  et  de 


plaintes  déposées  en  justice,  quel 
crédit  voulez-vous  que  trouve  un 
pauvre  metteur  en  scène  de  génie,  en 
quête  d'un  commanditaire  pour  la 
production  d'un   film  important? 

Pour  moi,  toute  la  question  est  là. 
Ces  entreprises  privées  sont  la  gloire 
et  l'avenir  de  la  cinématographie 
française.  Qu'elles  se  groupent  au- 
tour d'un  organisme  puissant,  ho- 
norable, respecté  et  tout  ira  bien. 
C'est  dire  que  Pathé-Consortium  a,  à 
mon  sens, un  grand  rôle  à  jouer:  être 
l'Epatant  de  la  force  et  de  la  beauté 
de  notre  production  nationale  ;  affir- 
mer sa  raison  d'être  et  sa  supériorité; 
lancer  dans  le  monde  entier  un  cer- 
tain nombre  d'oeuvres  de  grande  en- 
vergure et  de  succès  éclatants  ;  con- 
quérir à  notre  pays  tous  les  marchés 
du  monde  ;  être  le  guide  et  le  soutien 
de  tous  ceux  qui  contribuent  à  la 
prospérité  de  notre  industrie. 

Mais  qu'il  ne  se  fasse  pas  l'illusion 
d'être  à  lui  tout  seul  la  cinématogra- 
phie française.  Ses  grandes  concep- 
tions et  ses  grandes  œuvres  pour 
nombreuses  qu'elles  puissent  être  ne 
suffiront  pas.  Il  a  lui-même  besoin 
que  dans  le  sillon  qu'il  trace,  les  ini- 
tiatives précises  suivent  sa  fortune 
et  sa  gloire  II  faut  donc  qu'il  s'en 
soucie  Et  c'est  au  nom  de  ces  initia- 
tives qui  partent  de  nos  meilleurs 
créateurs  et  de  nos  meilleurs  artistes 
que  nous  avons  tous  le  droit  de  lui 
crier  :  Vous  êtes  en  train  de  commettre 
une  mauvaise  action  ' 

Certes,  dans  la  déplorable  situa- 
tion, —  faut-il  dire  dans  le  déplorable 
scandale?  —  qui  s'est  créée  à  la  der- 
nière assemblée,  chacun  a,  aux  yeux 
d'un  profane, les  raisons  et  les  torts, 
ses  mérites  et  ses  fautes. 

Il  est  profondément  regrettable 
qu'un  homme  tel  que  M.  Charles  Pa- 
thé, à  qui  l'art  cinématographique 
doit  la  vie  et  le  progrès,  soit  brutale- 
ment exclue  de  toute  activité  et  de 
toute  responsabilité  dans  la  gestion 
d'un  Consortium  qui  s'est  formé 
autour  de  ses  trente  années  de  la- 
beur et  d'effort. 

Il  se  peut  parfaitement  que  certai- 
nes méthodes  et  certaines  idées  de 
ces  pionniers  du  cinéma  aient  fait 
leur  temps  ;  que  la  constitution  d'un 
organisme  plus  vaste  fut  nécessaire 
afin  de  poursuivre,  dans  des  idées 
plus  modernes  et  plus  larges, l'œuvre 


si  heureusement  commencée.  La 
marche  du  temps  produit  de  ces  né- 
cessités, et  des  conflits  sont  inévita- 
bles entre  l'âge  mûr  glorieux  et  la 
jeunesse  entreprenante.  De  là  à 
l'idée  de  «  révocation  »  il  y  a  loin  !  La 
jeunesse  paraît  plus  qu'entreprenante 
elle  fait  figure  d'imprudente. 

Il  est,  d'autre  part,  ineonstestable 
que  l'impulsion  donnée  à  Pathé-Con- 
sortium par  M.  Denis  Ricaud.son  ad- 
ministrateur délégué,  à  l'Edition  est 
considérable, aussi  bien  comme  inten- 
sité que  comme  effort  d'art  etd'autant 
plus  méritoire  qu'elle  a  été  produite 
à  un  moment  où  dans  un  rapport  cé- 
lèbre M.  Pathé  déclarait  abandonner 
à  jamais  cette  partie  de  l'industrie 
cinématographique. 

Ne  l'oublions  pas! 

Des  films  comme  Les  Trois  Mous- 
quetaires etl'Empereur  des  Pauvres 
font  honneur  à  ceux  qui  les  ont  con- 
çus et  qui  ont  trouvé  les  moyens 
pour  les  réaliser,  et  font  naître  le  lé- 
gitime espoir  d'un  avenir  de  plus  en 
plus  brillant,  de  plus  en  plus  rému- 
nérateur, de  plus  en  plus  glorieux 
pour  l'art  national. 

Notre  désirestde  ne  pas  nous  immis- 
cer dans  une  querelle  financière  dont 
les  chiffres  et  les  arguments  nous 
donnent  un  petit  vertige,  mais  nous 
souhaitons  simplement  que  de  cette 
querelle,  il  ne  reste  rien.  Même  pas 
le  souvenir  en  un  temps  prochain. 
Tous  ceux  qui  se  sont  intéressés  au 
cinéma  depuis  son  invention  .connais- 
sent les  grandes  qualités  et  l'honora- 
bilité parfaite  des  «  révoqués  ».  Ils 
n'ont  aucune  raison  de  douter  de 
l'entière  bonne  foi  et  de  l'absolue  pro- 
bité des  financiers  qui  sont  entrés 
dans  ce  projet  et  de  leur  habileté  ad- 
ministrative dont  les  preuves  ne  sont 
plus  à  faire.  Que  tout  cela  s'apaise 
pour  le  plus  grand  bien  de  notre 
art. 

Unissons  nos  efforts,  au  lieu  de  les 
disperser  par  de  vaines  querelles. 
Qu'un  peu  d'indulgence  surgisse  d'une 
part,  un  peu  de  discrétion  de  l'autre, 
que  les  révocations,  les  plaintes  et 
les  jongleries  de  chiffres  et  d'actions 
soient  à  jamais  balayées  I... 

Et  que,  mon  dieu,  s'il  est  absolu- 
ment nécessaire  qu'il  y  ait  du  linge 
sale,  que  chacun  le  lave  en  famille  T.. 

Jean  de  Rovera. 


16 


cinea 


*  • 

j    Les  Présentations    j 


Les  morts  nous  frôlent. 

Un  homme  prêt  à  l'abandon  de  sa 
famille  est  assassiné  par  le  mari  de 
celle  qui  devait  fuir  avec  lui.  Le  mort, 
par  son  corps  astral,  assiste  a  ses 
propres  funérailles,  au  jugement  de 
son  meurtrier;  il  est,  à  certain»  mo- 
ments, visible  pour  quelques-uns,  il 
indue  sur  eux.  Son  rôle  actif  et  pas- 
sif est  important  Une  morale  de 
croyant  se  dégage  de  ce  filni  dont  la 
partie  terre  à-terre  pourrait  être  ré- 
duite. L'ombre  du  mort,  ce  pêrisprit 
ambulant,  présente  une  originalité 
incontestable  et  le  dénouement,  tout 
spirituel  (dans  le  vrai  sens),  impose. 
En  Angleterre,  en  Amérique,  jamais 
le  spiritisme  ne  fut  plus  qu'aujour- 
d'hui l'objet  de  méditations,  d'expé- 
riences et  de  souci.  Kn  France  aussi, 
on  l'étudié  plus  qu'autrefois,  et  voilà 
un  film  qui  l'illustre. 


Par  l'entrée  de  service 

Un  scénario  touchant,  .sans  doute, 
mais  quelle  exécution,  en  outre!  Une 
harmonie  constante  et  rien  de  faux. 
Peut-être  le  couple  aux  mauvais  sen- 
timents qui  joue  un  rôle  dans  deux 
ou  trois  scènes  ne  vaut-il  pas  l'inté- 
rêt mérité  par  les  autres  personna- 
ges, mais  le  reste,  qui  est  presque 
tout,  est  magistralement  réalisé,  les 
trouvailles  y  sont  copieuses  en  sem- 
blant naturelles.  Quant  à  Mary  Pick- 
ford,  on  dirait  qu'elle  peut  vous  éton- 
ner encore  par  son  talent.  On  s'est 
tant  servi  de  termes  laudatifs  et  par- 
fois à  juste  raison  qu'on  ne  sait 
comment  dire  aujourd'hui.  Le  «  très 
excellent  »  serait  idiot  et  pourtant... 

La  grande  artiste,  qui  est  si  menue, 
menue,  est ,  dans  ce  film,  la  petite 
Jeanne,  presque  oubliée  par  sa  riche 
mère  chez  une  fermière,  en  Belgique, 
qu'elle  appelle  maman  Marie.  La 
vraie  mère,  un  jour,  vient  la  cher- 
cher, mais  la  paysanne  la  fait  passer 
pour  morte.  Départ  de  la  belle  dame 
pour  l'Amérique  où  elle  s'est  rema- 
riée (elle  était  veuve). 

Quand  l'invasion  des  Allemands 
commença  en  Belgique,  les  longs 
cortèges  d'émigrants  s'organisent  et 
maman  Marie  envoie  Jeanne  en  Amé- 
rique, afin  qu'elle  y  retrouve  sa  mère, 
en  apportant  une  lettre-confession, 
de  façon  à  prouver  le  mensonge  d'au- 


trefois. C'est  ensuite  que  Jeanne, 
accompagnée  de  deux  petits  orphe- 
lins qu'elle  a  pour  ainsi  dire  ramas- 
sés sur  une  route  de  Belgique,  arrive 
à  la  porte  du  château  de  sa  mère. 
['ne  belle  ceuvre  commence  alors, 
la  petite  ne  peut  être  reçue  là  que 
«  par  l'entrée  de  service  ».  Il  lui  est 
impossible  de  se  faire  reconnaître  et, 
domestique  préposée  aux  ouvrages 
pénibles,  elle  sera  enfin  placée  où  il 
faut  et  heureuse  après  des  péripéties 
multiples  et  fort  émouvantes.  Il  n'im- 
porte pas  qu'on  les  signale  ici,  il  sied 
seulement  de  noter  la  qualité  de  ce 
film  et  de  redire  que  Mary  Pickford... 
Mais  vous  l'irez  voir,  n'est-ce  pas? 


Miss  Futuriste. 

A  cause  de  son  excentricité,  on  l'a 
surnommée  ainsi,  et  de  son  goût,  en 
outre,  pour  le  futurisme.  A  vrai  dire 
on  ne  s'en  douterait  pas,  car  son  mo- 
bilier, fort  original,  est  charmant  et 
ses  canards-bibelots  ont  de  la  grâce. 
Quant  à  son  végétarisme,  il  ne  nous 
stupéfie  pas. 

Une  fiancée  et  une  épouse  de  ses 
amies  abandonnent  leur  futur  et 
mari  pour  devenir  ses  adeptes.  Un 
explorateur  se  promet  et  parie  de  la 
conquérir.  Il   y   parvient?  Bien  sûr. 


La  princesse  Alice. 

D'après  une  pièce  de  Peple.  Il  man- 
que au  début  l'émotion  de  haute  qua- 
lité. On  y  voit  mourir  une  sorte  de 
Mimi  qui  laisse  une  enfant  aux  soins 
d'un  sculpteur  dont  elle  fut  le  mo- 
dèle et  qui  est  fiancé.  Il  fait  partie 
d'un  quatuor  d'artistes  qui  ressem- 
ble au  groupe  de  la  Vie  de  Bohème. 
Il  élève  l'enfant.  Il  le  fait  savoir  à  la 
fiancée  qui  se  marie  avec  un  autre. 
La  petite  a  grandi.  Elle  épousera  son 
père  adoptif  après  bien  des  scènes 
tristes  et  gaies.  Thomas  Meighan 
joue  bien.  L'éclairage  est  d'une  belle 
opulence. 

Le  Chevalier  errant. 

En  1628,  le  lieutenant  Wiwalt  croit 
tué  son  chef  qui  se  bat  pour  la  France. 
Il  se  substitue  à  lui  et  revenu  en 
Suède  il  se  fait  aimer  d'une  jolie  et 
riche  héritière,  mais  l'autre  réappa- 
raît. L'amour,  pourtant,  subsiste 
entre  les  deux  jeunes  gens,  et  le  men- 
teur ne  serait  pas  châtié  de  ses  im- 
postures si  Ion  ne  1  obligeait  à  deve- 
nir un   chevalier  errant.  Il   y  a  là  de 


belles  reconstitutions.  Les  interprètes 
ont  une  allure  capable  de  nous  don- 
ner l'illusion  de  l'époque,  surtout  un 
bon  vivant  qui  demande  à  boire  tran- 
quille On  revoit  avec  plaisir  Marv 
Johnson.  La  ligure  de  Costa  Ekman 
est  belle  et  Axel  Ringvall  pourrait 
jouer  un  Gargantua. 


Un  magazine 

C'est  dans  le  «  Paramount-Maga- 
zine  »  que  je  les  ai  vus.  Ils  ont  de  la 
grâce  et  de  l'endurance.  Ils  travail- 
lent chez  les  Lapons  et  les  Esqui- 
maux dans  de  magnifiques  paysages 
blancs.  Bêtes  de  trait,  elles  servent 
longtemps.  Devenus  vieux,  ils  sont 
tués,  pour  être  mangés.  C'est  ainsi 
qu'on  les  récompense. 

Et  voici  les  quartiers  de  New-York 
où  se  reconstituent  comme  des  cités 
lointaines,  celui  des  Polonais  et  des 
Russes,  où  l'on  se  croirait  dans  les 
bas-fonds  de  Varsovie,  regardons  ce 
marchand  de  pétrole  qui  fut  chassé 
de  Pologne  et  dont  les  écriteaux 
annoncent  les  marchandises  en  ca- 
ractères hébraïques  ;  le  marchand 
de  tissus  envahi  par  les  chalands  ;  le 
centre  italien  (Mullery  Street),  c'est 
Venise  sans    le  soleil,  nous    dit-on  .. 


Scout  Girls 

Les  jeunes  Suédoises  ont  —  beau- 
coup d'entre  elles  —  l'habitude  de 
prendre  des  vacances  par  groupe,  à 
la  campagne.  Ce  film  nous  les  mon- 
tre à  la  ferme,  trayant  des  vaches, 
puis  à  la  gymnastique...  suédoise 
naturellement,  et  dans  les  champs. 
Une  bouffée  d'air  pur  semble  passer. 


Salomé 

C'est  une  parodie.  Imaginez  une 
salle  dans  laquelle  des  spectateurs 
assistent  à  une  représentation  théâ- 
trale. D'abord  un  épisode  de  la  guerre 
de  Sécession,  puis  Salomè.  Les  gaffes 
des  acteurs  et  les  erreurs  de  mise  en 
scène  autant  que  la  physionomie  du 
public  sont  des  prétextes  à  des  exa- 
gérations amusantes.  C  est  de  l'Hervé 
sans  la  musique  et  sans  les  paroles. 
Hérode  nous  a  rappelé  Brasseur  dans 
l'Œil  crevé.  La  parodie  au  cinéma 
peut  nous  amuser  beaucoup  plus 
encore.  Dans  ce  film-là,  il  y  a  de  jolies 
danseuses,  Mack  Sennett  sait  les  uti- 
liser. 

Lucien  ^VAHL. 


cinea 


17 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


Je  me  souviens  seulement  que  mon 
père  lança  tout  un  flot  d'injures,  se- 
lon son  habitude  et  m'envoya  immé- 
diatement à  Arsk,  une  toute  petite 
ville  de  province,  pour  y  suivre  les 
cours  d'une  école  professionnelle  des 
mitiers.  Je  crois  qu'il  avait  agi  ainsi 
non  pour  avoir  voulu  faire  de  moi  à 
n'importe  quel  prix  un  ouvrier  mais 
parce  que  à  Arsk  il  n'y  avait  pas  du 
tout  de  théâtre.  De  toutes  les  villes 
qui  existent  dans  le  monde  entier  - 
c'est  la  ville  la  plus  triste  et  la  plus 
inutile. 

C'était  la  première  fois  que  je  quit- 
tais mes  parents,  que  je  voyageais 
ainsi  tout  seul  en  carosse  de  poste.  La 
route  était  ravissante  le  temps  aussi: 
un  chaud  automne  avec  un  soleil 
doux  qui  caressait  les  arbres  à  tra- 
vers l'air  limpide.  J  étais  tout  joyeux. 
Il  me  semblait  que  je  m'en  allais  vers 
un  pays  de  songe  ou  règne  la  beauté 
loin  de  cette  vie  misérable  que  je  me- 
nais au  Faubourg  des  Drapiers. 

Je  choisis  le  métier  de  menuisier. 
J'avais  vu  que  les  élèves  de  la  classe 
supérieure  de  cette  section  fabri- 
quaient toutes  sortes  de  casiers  et  de 
petits  coffrets  pour  leur  usage  per- 
sonnel et  cela  m'avait  plu  beaucoup. 
Mais  bientôt  ce  métier  ne  m'inspira 
plus  que  du  dégoût  :  c'est  que  le  pro- 
fesseur en  avait  une  habitude  assez 
désagréable  :  il  se  servait  de  tous  les 
ustensiles  qui  se  trouvaient  dans  sa 
classe  pour  battre  les  élèves  avec  et 
comme  il  y  en  avait  qui  étaient  assez 
massifs,  ce  moyen  correction  ne 
m'inspirait  aucune  confiance.  Je  de- 
mandai donc  l'autorisation  de  passer 
à  l'atelier  de  reliure.  Là-bas,  les  ins- 
truments étaient  plus  légers  et  à  la 


rigueur  si  même  sur  votre  tête  un 
livre  venait  de  s'abattre  c'était  tout 
de  même  moins  dur  qu'une  planche 
de  quelques  centimètres  d'épaisseur. 
J'appris  ce  métier  très  vite  et  je  fis 
même  un  assez  bon  relieur  : 

Un  jour  (c'était  en  hiver)  assis  sur 
un  banc  près  de  l'entrée  de  l'école  et 
pensant  toujours  au  théâtre,  à  Kazan 
j'ai  eu  une  idée  subite  :  si  je  m'en  al- 
lais d'ici  pour  retourner  à  Kazan  I 
J'avais  quelques  kopeks  dans  ma  po- 
che et  en  un  instant  je  pris  cette  dé- 
cision :  entreprendre  le  voyage  Puis 
je  me  levai  et  me  mis  en  route  tout 
simplement.  Seulement  au  bout 
d'une  dizaine  de  verstes  deux  hom- 
mes à  cheval  merattrapérent:c'étaient 
un  gardien  de  l'école  et  un  de  mes  ca- 
marades de  classe  supérieure. 

Sans  rien  dire, ils  me  prirent  au  col- 
let et  me  ramenèrent  de  nouveau  à 
l'école  Là-bas  m'attendait  naturelle- 
ment une  exécution  copieuse  et  après 
avoir  subi  cette  punition  inévitable 
je  me  résignai  à  la  perspective  d'y 
rester  jusqu'au  printemps,  ne  voyant 
aucune  possibilité  de  sortir  plus  tôt. 

Mais  tout  à  coup  arriva  une  lettre 
de  mon  père  :  ma  mère  était  tombée 
malade  —  il  n'y  avait  personne  pour 
veiller  sur  elle  et  à  la  fin  un  ordre 
pour  moi:  revenir  immédiatement  à 
la  maison. 

Le  voyage  fut  assez  long  :  j'étais 
admis  dans  une  caravane  de  mar- 
chands qui  transportaient  leurs  mar- 
chandises pour  la  foire  prochaine. 
Ils  n'étaient  pas  pressés  du  tout  et 
s'arrêtaient  souvent  dans  des  auber- 
ges au  bord  de  la  route  pour  prendre 
des  interminables  tasses  de  thé  au 
pain  noir. Quelquefois  ils  m'invitaient 


aussi  et  c'ètaitdélicieux  ce  thé  chaud 
après  des  longues  heures  passées 
dans  un  chariot  découvert  par  un 
temps  glacial. 

Ma  mère,  en  effet,  était  gravement 
malade.  Elle  souffrait  d'une  manière 
atroce  et  ne  cessait  de  gémir  et  de 
pousser  des  cris  terribles.  Et  moi 
qui  ne  pouvait  lui  venir  en  aide  î 
C'était  affreux.  Peu  de  jours  après  on 
la  transporta  dans  une  clinique  et  là- 
bas  le  docteur  Winogradoff  avait 
fait  un  miracle  :  en  un  temps  très 
court  ma  mère  était  guérie.  Jusqu'à 
la  fin  de  ses  jours  elle  parlait  de  cet 
homme  avec  une  révérence  presque 
religieuse. 

Mon  père  me  fit  entrer  à  l'Ouprava 
de  district  et  maintenant  je  me  ren- 
dais au  bureau  tous  les  jours  avec 
lui.  On  nous  faisait  copier  d'énormes 
rapports  avec  un  tas  de  chiffres  et 
souvent  après  avoir  travaillé  tard 
dans  la  nuit  nous  restions  au  bureau 
jusqu'au  lendemain  matin  en  utili- 
sant les  tables  pour  nous  y  coucher 
dessus. 

Doudkine.le  secrétaire  de  l'Ouprava 
était  très  gentil  pour  nous.  Il  venait 
de  remplacer  l'ancien  secrétaire  Ti- 
fief,  qui,  d'après  ce  que  racontait  de 
lui  mon  père,  était  un  homme  un  peu 
spécial:  c'est  ainsi  que  par  exemple, 
il  gardait  chez  lui  un  knout  pour  en- 
seigner par  son  intermédiaire  à  sa 
femme  l'art  de  vivre  convenablement. 

11  paraît  que  Doudkine  tenait  mon 
père  pour  un  très  bon  travailleur 
car  lorsque  mon  père,  étant  saoul, 
lui  disait  des  grossièretés  inouïes,  il 
ne  faisait  que  sourire  en  clignant  ma- 
licieusement l'œil. 

(A  suivre)  L.  Valter,  trad. 


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Scénario    de 
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Mise   en  Scène   de   Gilles   P1ERRE-VEBER 


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Un  film  documentaire  unique  au  monde 


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champ  de  bataille  d'Annibal  -  Les 
caravanes  dans  le  désert  -  Où 
Moïse  allait  à  l'école  -  La  dernière 
des  sept  merveilles  du  monde  - 
Memphis,  "  La  mère  du  monde  " 

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La  Palestine  -  La  ville  Sainte  -  Le 
jardin  de  Gethsemani  -  Le  Mont 
des  Oliviers  -  La  plus  ancienne 
ville  du  monde  -  La  Mésopotamie 
Où  l'Orient  et  l'Occident  se  ren- 
contrent -  Babylone  -  L  empla- 
cement du  paradis  terrestre  - 
Survolant  le  plus  beau  monument 
du  monde  -  Les  pèlerins  du  fleuve 
sacré   -  A  deux  doigts  de  la  mort 

-  Poulet,  le  fameux  pilote  français  - 
Les  exploits  de  Poulet  monté  sur 
un  avion  minuscule  -  Le  temple 
mystérieux  de  Boro  Boedor  - 
Volcans  en  action  -  Mille  kilomè- 
tres de  mers  inconnues  -  Une 
rencontre  inattendue  -  L'arrivée 
en  Australie  :  Les  Cannibales 
Australiens,     etc  .  .  .     etc  .  .  . 

Ceci  n'est  qu'un  aperçu  des  remar- 
quables épisodes  que   contient  ce 
film   sensationnel. 

Victor  Marcel  Productions 


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Qu'il    faudra    aller    voir 


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(Publié  par  Cinéma-Bibliothèque  —  Edition  Tallandiei) 


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Comédie  dramatique  en  4  parties 

Splendide  mise  en  scène  de  M.  HARLEY  KNOLÈS 

PROTAGONISTES  : 

Matheson  LANG,   Hilda  BAYLEY 
et  Ivor  NOVELLO 


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Programmes  des  Cinémas  de  Paris 

du    Vendredi     25    Novembre    au    Jeudi     1er  Décembre 


2    Arrondissement 
Salle   Marivaux,  15.    boulevard  des   Italiens.  — 
Louvre    06-99.  -      ka/au    cliien-loup.   —    Une    poule 
mouillée. 

Parlslana.  27,  boulevard  Poissonnière.  —  Gutenberg 

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Dudnle  à  dada.  —  Sa  nuit  de  noces.  —  Le  mauvais 

proprio.  —  En  supplément,  de  19  h.  30  a  2o  h.  30,  excepté 

dimanches  et  têtes  :  La  manière. 

Omnia-Pathé.         5,    bou'evard  Montmartre. 
Les  trois  mousquetaires,  7'  épisode.  —  Lui...  au   liai 
masi|ué.  -  Suppléments  non  passés  le  dimanche  :  Le  sept 
de  trèlle,  11?  épisode.  -    Gismonda. 

ElectriC-Palace  S,  boulevard  des  Italiens.  - 
La  folle  gageure.  —  Sept  ans  de  malheur.  —  Chariot 
s  eva.ie.  —  Kn  supplément  facultatif  :  La  folle  gageure. 

3'  Arrondissement 

Pathé-Temple.  —  Lui.  .  au  bal  masqué.  —  Les 
trois  mousquetaires,  7'  épisode.  —  Gismonda.  —  Amour 
et  démence. 

Palais  des  Fêtes,  *,  rue  aux  Ours,  —  Arch.  37-38. 

—  Palle  du  rez-de-chaussée.  —   Fièvre.  —  Sept  ans  de 
malheur.  —  Les  trois  mousquetaires,  7e  épisode. 

Salle  du  premier  étage.  —  Lui...  au  bal  masqué.— 
Cismonda  —  Sous  les  ponts  de  Paris.  —  L'Orpheline, 
7'  épisode. 

Saint- Marcel,  boulevard  Saint-Marcel.  —  Les  trois 
mousquetaires,  6-  épisode.  —  L'Orpheline,  7-  épisode.  — 
La   femme  \... 

4*  Arrondissement 
Saint-Paul,    73,  rue   Saint-Antoine.  —  Le  sept  de 
I relie ,  1 1* épisode.  —  Gismonda.  —  Zigolo  maître  d'hôtel. 

—  Sepl  ans  de  malheur. 

5    Arrondissement 

Mésange.  '.!,  rue  d'Arras.  —  Les  trois  mousquetai- 
res, o-  épisode.  —  Petite  Princesse.  —  Chalumeau 
serrurier  par  amour. 

Cinéma  Saint  Michel,  7,  pare  Saint-Michel.  - 
La  faute  d'Odette  Maréchal. 

6e  Arrondissement 
Cinéma  Danton  Palace.    09.    boulevard    Saint- 
Germain.  —  Trud.  27-..9.  —   L'Orpheline.  7-  épisode.  - 
Le  Porion.        Les  trois  mousquetaires,  0-  épisode. 

7    Arrondissement 

Régina-Aubert-Palace,  155,  rue  de  Rennes.  — 
La  Corse  pittoresque.  —  S.  M.  le  Chauffeur  de  Taxi. 
l'otite    Princesse.    —    Kinelo    Scientifique.  —  Les   trois 
mousquetaires,  G-  épisode. 

8°  Arrondissement 

Théâtre  du  Cotisée,  38,  avenue  des  Champs- 
Elysées.  —  Elysées  39-4o.  —  Scientific  Kinéto.  —  Kazan, 
chien-loup.  —  Les  Kables  de  La  Fontaine.  —  Une  poule 
mouillée. 

10°  Arrondissement 
Tivoli,   19,  faubourg  du  Temple.  —  Chariot  s'évade. 
Les   trois  mousquetaires,    7"  épisode.  —  Sept  ans  de 
malheur. 

Folies-Dramatiques,    lu.    rue    de    Bondy. 
Fatty  à  la  plage.  —  Sous  les  punis  île  Paris  —  L'Orphe- 
line. 7'  épisode. 

11  •  Arrondissement 

Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la  Roquette. 

—  La  folle   gageure.  —    La  puissance  du  hasard.   —  Le 
voleur  détective.  —  Les  trois  mousquetaires,  7'  épisode. 


12'  Arrondissement 

Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Le  chasseur  chasse. 
—  L'Orpheline,  7-  épisode.  —  Les  tmis  mousquetaires, 
7-  épisode.   -  Le  Porion. 

13    Arrondissement 

Gobelins,  68  bis,  avenue  des  Gobelins.  —  Les  trois 
mousquetaires,  6*  épisode.  —  Petite  Princesse.  —  Cha- 
lumeau serrurier  par  amour. 

14e  Arrondissement 

Gaîté.  rue  de  la  Cailé.  —  Les  trois  mousquetaires. 
6-  épisode.  — -  Petite  Princesse.  Chalumeau  serrurier 
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15'  Arrondissement 
Grenelle-Aubert-Palace,    Ml,   avenue  Emile- 
Zola  (36  et  lî,  rue  du  Commerce).   —   La  puissance   du 
hasard.  —  Les  trois  mousquetaires,  6-  épisode.  —  Petite 
Princesse. 


THEATRE  du  C0LISÉE  j 

JS    J*    M    CINÉMA    »    A    Jf 

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38,   Av.   des    Champs-Elysées 

Direction  :  P.  IÏIALLEVILLE        Tél.  :  ELYSÉES  29-46 

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Scientific  Kinéto ,  documentaire 
:-:  Kazan,  chien-loup,  drame  :-: 
Les  Fables  de  La  Fontaine, 
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Grenelle,  I2^.  rue  du  Théâtre.  -  Les  trois 
mousquetaires,  6"  épisode.  —  Pelite  Princesse.  —  Cha- 
lumeau serrurier  par  amour. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  115-1 19.  rue  Lecourbe. 

Saxe  .'JG-4.1.   —  A  travers  la   France  :  dans  l'Ain. 
Les  trois  mousquetaires,  6'   épisode.  —  Le  Poiion.  — 
L'Orpheline,  7-  épisode. 

16"  Arrondissement 

Le  Régent,  il,  rue  de  Passy.  -  Auteuil  15-40.— 
Miracle  d'amour.  —  La  Cité  du  Silence.  —  Miss  Fattj  au 
bain 

Mozart- Palace.  49,  51,  lue  d'Auteuil.  —  Pro- 
gramme du  vendredi  ï:>  au  lundi  11  novembre.  —  Le 
sept  de  trèlle,  ir  épisode.  —  La  Charrette  Fantôme.  — 
Les  fables  de  La  Fontaine,  première  série.  —  Programme 
du  mardi  20  novembre  au  jeudi  1"  décembre.  —  Une 
affaire  de  chien.       Les  trois  mousquetaires,  7'  épisode. 

Le  miroir  de  l'âme. 

Maillot-Palace,  74,  avenue  de  la  Grande-Armée. 
Programme  du  vendredi  25  au  lundi  ss  novembre. 
Les  trois   mousquetaires,  7<  épisode.        Le    miroir  de 
l'âme.         Programme   du    mardi    20    novembre  au  jeudi 
1"  décembre.  La  Charrette  Fantôme.  —  Sa  nuil  île 

noces.        Les  tables  de  La  Fontaine,  première  série. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  56  bis.  avenue  Mala- 

koll.  —    Les  aventures  de  Sherlock  Holmes.  2'  conte.  — 
L'Orpheline,  6'  épisode.  —  Pollyanna.  —  Kl  Dorado. 


17'  Arrondissement 
Ternes-Cinéma,  i,  avenue  des  Ternes.  —  Wagram 
02- 1 u.  —  Vues  du  Vieux   Prague,  2- voyage.  —  L'ado 
rahle  folie.  —    L'Orpheline,  ','  épisode.  —  Sept  ans  de 

llialhelll  . 

Villiers  Cinéma,  il    me  Legendre.  —  Au  pays  des 
Célestes    —  Chariot  palme.  —    L'Orpheline.  6-  épisode. 
Sous  les  ponts  de  Paris. 
Cinéma   Demours,  7.  rue  Oemours.  —  Le  sept 

de  trèlle,  11*  épisode.  Une  poule  mouillée.  —  Sepl  ans 
de  malheur. 

Lutetia  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Lui...  an 
bal  masque.  —  Les  trois  mousquetaires,  7  épisode.  — 
Le  canard  en  ciné.—  Une  poule  mouillée. 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Les  éponges. 
Gismonda.  -    Carnaval.—  L'Orpheline,  7-  épisode 

18'  Arrondissement 
Théâtre  Montmartre,  Cinéma  Music-Hall, 

place  Uancourt  el  rue  d'Orsel,  43.  —  Nord  49-Î4.  — 
La  chute  de  Babylone.  —  Le  capitaine  Groog  sur  l'Océan. 

—  Vieux  cblteuus  de  la  Gironde.  —  L'Orpheline.  7*  épi- 
sode. 

Palais  Rochechouart,  16,  boulevard  Roclie- 
'  In  u:irt.  —  La  folle  gageure.  —  La  Provence  ignorée.  — 
Les  trois  mousquetaires.  7-  épisode.  —  Une  poule  mouillée. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  no,  rue   Marcadel 
(angle    rue    du    Mont-Cenis  .    -■     Marcadel    29-81.    - 
\p.  voleur.  —  L'Orpheline,  7-  épisode.  —  Les  trois  mous- 
quetaires, 7-  épisode. 

Barbes-Palace,    i    boulevard  Barbes.  Nord  35-68. 

—  l'ue  poule  mouillée.  —  Chariot  s'évade.  —  Les  irois 
mousquetaires    7-  épisode.  —   L'Orpheline,  7-  épisode. 

Le  Select,  s,  avenue  de  Clichy.   —   L'autre   femme. 

—  Une  poule  mouillée.       L'Orpheline,  7-  épisode. 

19    Arrondissement 

Secrétan,  7  avenue  fecrétan.  -■  Lui...  au  bal 
masqué.  —  Les  trois  mousquetaires.  7'  épisode.  — 
Une  chasse  à  l'homme.  —  Gismonda. 

Le  Capitule,  place  de  la  Chapelle.  —  L'Orpheline, 

7-épisode.  —  Les  I rois  mousquetaires,  7-  épisode.  —  Une 
poule  mouillée. 

Belleville-Palace,  i3o.  boulevard  de  Belleville. — 
Dadale  ;ï  Dada. —  Les  Mois  mousquetaires,  7-  épisode.— j 
Rose  de  .Nice.  —  L  Orpheline.  7-  épisode. 

Féerique-Cinéma,  146,  rue  de  Belleville.  — 
I.  Orpheline.  7-  épisode.  —  La  Charrette  Fantôme.—  Les 
trois  mousquetaires,  7-  épisode.  —  Dudnle  a  Dada. 

20'  Arrondissement 
Paradis-Aubert  Palace.   4_>.   rue  de  Belleville; 

—  L'impossible  évasion.  —  Les  trois  mousquetaires. 
<;•  épisode.  —  La  folle  gageure.  —  La  maison  des  pendus. 

Banlieue 

Clichy.  Amour  et  démence.  —  Les  trois  mous 
quetaires,  "'épisode.  —  Gismonda.  —Lui  au  bal  masqué. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  —  le  canard  en 
ciné.—  La  i  harreiie  Fantôme.  —  L'Orpheline,  7'  épisode. 
La  Cité  du  Silence. 

Levai  lois.  —   Les  trois  mousquetaires,    5*    épisode. 

—  Teddy  médecin.  —  Miss  Rovcl. 

Vanves.  —  Les  imis  mousquetaires,  6-   épisode. 
Petite  Princesse.      Chalumeau  serrurier  par  amour. 

Bagnolet.  Lui...    au    bal    masque.         Les    trois 

mousquetaires,  7°  épisode.  lue  chasse  a  l'homme,  -r 
Gismonda. 

Montrouge.  Le  port  de  Rouen.  Le  sept  de 
trèfle,  11' épisode.  -  Dudule  »  Dada.  -  La  Tisane.— 
Sa  dernière  mission. 


cinea 


MM   FILMS  D'AUJOURD'HUI  MM 


Une  poule  mouillée. 

J'avais  tort,  naguère,  de  vouloir 
opposer  des  conceptions  d'art  essen- 
tiellement différentes,  qu'il  est  sans 
intérêt  d'affronter  l'une  à  l'autre. 
Quelle  commune  mesure  avons-nous 
entre  le  Stabat,  de  Pergolèse.et  Sche- 
herazade,  entre  Les  Proscrits  et 
Zorro  ?  Le  nouveau  film  de  Douglas 
Fairbanks  a  l'éclat,  le  scherzo  de 
Zorro;  il  n'en  a  pas  les  côtés  amusants 
de  mélancolie  sentimentale,  d'alan- 
guissement  andalou,  encore  que  cer- 
taines touches  destinées  à  exprimer 
l'européanisation  du  jeune  Marshall 
soient  justes  et  précises;  par  contre, 
la  palette  est  plus  variée,  plus  char- 
gée d'effets  imprévus,  et  nulle  part 
on  n'est  tenté  de  voir  dans  le  sujet 
autre  chose  qu'un  canevas;  de  sorte 
qu'on  peut  se  laisser  aller,  sans  au- 
cune arrière-pensée,  à  la  joie  éblouis- 
sante qu'inspire  le  film. 

Heureusement  qu'il  n'y  a  point  de 


sujet!  Quel  sujet,  fut-il  aussi  tragi- 
que qu'une  légende  mycénienne,  ré- 
sisterait à  cette  avalanche  de  presti- 
gieux détails  ?  Allez  voir  Douglas, 
en  habit,  tournant  le  dos  à  la  porte 
du  foyer,  cependant  qu'il  enfourne 
du  charbon  entre  ses  jambes,  ou  bien, 
pris  dans  un  fdet  plein  de  poissons, 
dont  il  saisit  flegmatiquement  le 
plus  gros  pour  s'en  faire  un  oreiller 
—  ou  bien,  glissant  sur  la  planche 
avec  le  contenu  du  filet  et  offrant  sa 
tête  au  couteau  du  saleur  surpris  — 
ou  bien  déambulant  par  les  rues 
avec,  à  sa  suite,  tous  les  chats  du 
quartier  attirés  par  l'odeur  de  pois- 
son —  ou  bien  encore  sautant  d'une 
montagne  sur  un  arbre,  et  dégringo- 
lant de  là  dans  la  plus  vertigineuse 
des  descentes  en  cascades  T  Et  ne  vous 
demandez  point  :  «  Pourquoi  ?  Qu'est- 
ce  que  cela  signifie?»  Que  signifie, 
je  vous  prie,  le  scherzo  du  quatuor 
en  fa?  ou  celui  du  trio  de  Lalo? 


Voilà  deux  fois  que  le  mot  de 
scherzo  revient  sous  ma  plume  à 
propos  de  Douglas;  et  l'association 
d'idées  n'est  pas  fortuite,  puisque  ce 
mot  implique  la  notion  de  bondir. 
La  possibilité  de  créer  une  émotion 
artistique  par  le  seul  mouvement 
dans  des  œuvres  dont  la  signification 
interne  passe  au  second  plan,  n'ap- 
partient pas  qu'à  la  musique  ;  le  ci- 
néma —  si  apparenté  à  la  musique 
à  beaucoup  d'égards  —  y  peut  égale- 
ment prétendre,  et  Douglas  en  est  la 
preuve. 

La  poésie  d'ailleurs  y  tend  égale- 
ment; je  ne  parlerai  pas  de  Musset, 
qui,  à  vrai  dire,  y  est  parvenu  sur- 
tout dans  sa  prose  (Fantasio),  ni  de 
Rostand,  dont  le  Chantecler  n'a  pas 
un  autre  objectif;  je  remonterai  di- 
rectement à  leur  maître  commun  : 
Shakespeare.  Voulez-vous  me  dire, 
s'il  vous  plaît,  ce  que  signifie  nercu- 
tio,  et  si  le  personnage  n'est  pas  un 


UNE  POULE  MOUILLEE 
le  nouveau  film  de  Douglas  Fairbanks  qui  plaira  autant  que  le  triomphal  Signe  de  Zorro. 


cinéa 


Vn  muet  n'écrira  pas 
"  table  "  s'il  peut  mon  = 
trer  une  table.  L'art 
muet  devrait  faire 
comme    lui       ,&*         ^ 


scherzo  vivant,  lequel,  différence 
faite  des  modes  d'expression,  serait 
à  la  Renaissance  Italienne  ce  que 
Douglas  est  au  Far-West  des  temps 
héroïques? 


Ensorcelée. 

Il  y  a  dans  les  romans  de  Cynthia 
Stockley  une  indéniable  puissance 
tragique  et  mystérieuse;  mais,  à  ce 
point  de  vue,  Rosanne  Ozanne,  d'où 
est  tiré  ce  film,  n'est  pas  le  plus  sa- 
tisfaisant; le  dénouement  ne  se  tient 
guère;  il  est  trop  facile,  en  vérité, 
de  nous  montrer  la  charmante  jeune 
fille  qui  plaide  l'envoûtement,  se  ma- 
rie, épouse  l'homme  qu'elle  aime, 
tout  en  laissant  crever  comme  un 
chien  le  complice  de  ses  vols. 

La  visualisation  de  ce  récit  est 
excellente,  encore  qu'il  soit  difficile 
de  suppléer  aux  paysages  étranges 
et  topiques  de  l'Afrique  du  Sud.  Ethel 
Clayton  est  une  bonne  artiste,  qui 
travaille,  et  que  l'on  voit  toujours 
avec  intérêt. 


GENEVIEVE  FELIX  (cliché  pathé) 

la  charmante  comédienne  française  qui  vient  de  reparaître  dans  Miss  Ravel. 


Kazan  Chien-Loup. 

James  Oliver  Curwood, déclare  Karl 
Laemmle,  est  un  des  trois  écrivains 
américains  dont  le  nom  fait  recette 
à  l'écran,  non  point  tant  à  cause  de 
leur  talent  que  de  l'intense  et  com- 
merciale réclame  organisée  à  leur 
profit.  Cette  réclame  a  été  assez  effi- 
cace, naguère,  pour  me  faire  com- 
mencer un  roman  de  J.  O.  Curwood; 
mais  n'y  trouvant  rien  qui  ne  parût 


Le  public  ne  fait  pas 
crédit  ;  il  ne  s'intéresse 
aux  essais  Que  lorsqu'ils 
réussissent       sG°        ^ 


cinea 


CLICHE    PATHK 


M.  Aimé  SIMON-GIRARD  qui  avait  accepté 
la  tache  difficile  d'être  d'Artagnan,  v  a  prouvé 
du  talent,  bien  qu'il  ne  représente  pas  exacte- 
ment le  personnage  de  Dumas  Père,  et  nous  a 
fait  apprécier  des  dons  sportifs  et  pittoresques 
de  premier  ordre. 


cinéa 


LE  VOLEUR 
Pearl  White  et  Wallace  Mac  Cutcheon  ont  interprété  avec  éclat  ce  drame  fameux. 


sortir  de  Kipling  ou  de  Jack  London, 
je  n'ai  point  récidivé. 

Littérairement  quelconques,  ces 
récits  constituent  une  excellente  ma- 
tière de  films  d'action.  Kazan,  à  cet 
égard,  prête  particulièrement;  je 
regrette  seulement  que  des  tenta- 
tives de  viol  un  peu  trop  multipliées 

■ 
■ 

Un  bon  interprète  de  cinéma  fait  \ 

comprendre    et    sentir     ce    qu'il  \ 

S     éprouve   sans    qu  on    soit    obligé  Z 

\      d'imaginer     tes     paroles       qu'il  \ 

\      prononce  /&"  ^  /G*  • 


ne  les  désignent  point  pour  y  mener 
des  enfants,  que  passionnerait  le  per- 
sonnage du  formidable  chien-loup. 
(En  passant  et  pour  répondre  au 
reproche,  jeté  à  nos  romans,  pièces 
et  films,  par  les  gens  de  Somerville 
(Mass.),  de  ne  parler  que  d'adultère, 
notons  que  nos  adultères  sont  plus 
discrets  que  leurs  rapts!) 

L'interprétation  est  solide,  cons- 
ciencieuse, homogène;  il  est  presque 
dommage  de  ne  voir  la  jolie  Jane 
Novak  que  toujours  enfouie  sous 
d'épaisses  fourrures,  et  l'on  est  heu- 
reux lorsque  le   cinéaste  lui   donne 


enfin  un  prétexte  de  se  déshabiller, 
en  montrant  une  jambe  charmante, 
au  moment  d'ailleurs  où  la  prudence 
la  plus  élémentaire  lui  commanderait 
de  conserver  un  maximum  de  vête- 
ments. 

Lionel  Landry. 


Le  travail  du  critique.  En  deux 
jours,  trois  films,  cinq  opérations 
chirurgicales  :  «  Non,  merci  !  ce 
soir,  découper  le  rôti  est  au-dessus 
de  mes  forces  »•  *&  *& 


cinea 


JS     DOUGLAS,  Mousquetaire    du   Film     M 


Un  beau  jour,  Douglas  Fairbanks 
est  arrivé,  d'un  bond, dans  nos  habi- 
tudes, et,  depuis  cet  événement, 
beaucoup  de  personnes  se  portent 
mieux.  Les  premières  images  d'Une 
Aventure  à  New-York  apportaient 
un  air  nouveau.  Je  ne  sais  quelle  mer 
invisible  y  mettait  un  goût  d  iode, 
desel.un  bruit  de  fouet, une  lumièrede 
feu.  L'art  du  cinéma  s'y  épanouissait 
en  notes  sèches  et  vives.  Un  homme, 
jeune,  hardi, inlassablement  rythmé, 
paraissait  comme  sorti  de  1  imagina- 
tion d'un  poète,  tels  ces  personnages 
de  Shakespeare,  tels  ces  tout  neufs 
instruments  de  progrès  qui  nous  en- 
chantent par  leur  tenue,  leur  ligne  et 
leur  originalité.  Un  avion  ou  une  tor- 
pédo, voilà  les  individus  de  qui  Dou- 
glas est  parent  bien  mieux  que  de 
Sacha  Guitry  ou  de  Sarah  Bernhardt. 

Le  curieux  fut  que  Une  Aventure  à 
Xciv-York,  parodie  du  drame  pré- 
tentieux, du  roman  policier  et  du  hé- 
ros romantique,  nous  révéla  en  Fair- 
banks  une  sorte  de  Frederick  Lemaître 
de  l'action  moderne.  Le  panache  des 
vieux  mélos  disparaît,  mais  le  mus- 
cle paradoxal,  audacieux,  agressif, 
mène  le  jeu  avec  un  train  presque  ly- 
rique. Ruy  Blas,  l'Auberge  des 
Adrets,  le  Bossu  ne  sont  pas  si  morts 
qu'on  l'a  cru.  Voici  Une  Aventure  à 
New-York.  Le  mystère  échevelé  s'y 
retrouve,  mais,  bien  entendu,  aujour- 
d'hui il  ne  faut  pas  avoir  l'air  de  le 
prendre  au  sérieux.  Sourions  du 
grand  frisson  et  avouons  que  nous 
ne  lavons  jamais  tant  cherché.  Le 
jeunehommede  l'Ouest  qui  arrive  à 
New-York  en  chevauchant  des  toits 
de  wagons  et  s'ébroue  dans  l'enche- 
vêtrement arbitraire,  insensé,  déli- 
cieux d'un  roman  à  pièges,  nous  a 
conquis.  Qu'il  frôle  toutes  les  catas- 
trophes, qu'il  aguiche  de  la  cape  ou 
des  banderilles  le  traître,  le  monstre, 
la  crapule  d'Arizona  ou  de  Broad- 
way, il  triomphera,  il  régnera  par  sa 
maîtrise  de  sourire  et  son  amour  du 
beau  geste  T  Un  héros,  un  gamin, un 
homme. 


Ça,  c'est  un  mousquetaire. 

Il  a  ainsi  créé  de  la  vie,  nous  ren- 
dant cet  inattendu  brillant  que  le 
théâtre  néglige  et  que  le  roman  cul- 
tive un  peu  laborieusement.  Toujours 
franc,  généreux,  vaillant,  fantasque 
et  gai, il  rayonne  comme  ces  grandes 
fusées  qui  s'ouvrent  sur  le  ciel  en 
ombelles  triomphantes.  Qu'est-ce  que 
Terrible  Adversaire  ?  Une  chanson, 
un  poème,  un  sport  ?  C'est  de  l'hé- 
roïsme romanesque  avec  cette  négli- 
gence   apparente   qui    en    assure   le 


DOUGLAS  FAIRBANKS 

dans    Une    Poule    Mouillée. 

charme.  Quand  je  relis  Dumas  père, 
génie  des  conteurs,  je  vois  Douglas 
crever  chaque  page  et  se  camper 
dans  la  situation  sans  issue  qui  finit 
toujours  si  bien.  Chicot.  d'Artagnan, 
Salvator,  Balsamo,  créatures  si  dé- 
mesurées et  si  charmantes,  fleuries 
d'imprévu,  Douglas  est  votre  copain. 
American  Aristocracg,  le  Métis, 
l'Américain,  Sa  revanche,   le    Sau- 


Le  cinéma  est  preformé 
dans  les  œuVres  des  plus 
grands  écrivains  améri° 
coins,  Edgar  Poè",  Hato- 
thorne,  Walt  Whitman.  En 
France,  il  faut  le  créer 
contre  la  tendance  de  tou= 
te  une  littérature  ^     ^ 


veur  du  ranch,  l'Ile  du  salut,  Dou- 
glas dans  la  lune,  Douglas  au  paya 
des  mosc/uées,  Douglas  a  le  soin  ire, 
le  Lieutenant  Douglas,  Douglas 
brigand  par  amour,  et  vingt  autres 
vivent,  grouillent,  s'agitent  et  nous 
éveillent,  et  voilà  de  superbes  cou- 
rants d'air  frais  qui  ont  secoué  nom- 
bre de  petits  ronds-de-cuir  sur  la 
vaste  terre  ou  de  petites  demoiselles 
qui  lisent  en  cachette  Fantomas  ou 
Vierge  et  flétrie.  M.  Joseph  Rouleta- 
bille en  a  pâli. 

La  plus  rigoureuse  flamme  de  cette 
gerbe  fut  Douglas  for  ever  où  la  réa- 
lisation d'Allan  Dwan  encadra  la 
verve  de  Fairbanks  d'une  beauté  et 
d'une  vertuosité  photogénique  rare- 
ment vues  à  l'écran. 

Je  regrette  qu'on  'ne  voit  en  Fair- 
banks qu'un  acrobate.  Mon  admira- 
tion pour  les  acrobates  originaux  et 
harmonieux  ne  pourrait  que  s'accor- 
der avec  cette  opinion  si  elle  était 
juste.  Elle  est  fausse,  comme  les  per- 
sonnages romanesques  dont  nous 
parlions,  Douglas  vit  plus  de  gestes 
et  d'actes  que  de  pensées  et  met  en 
avant  l'attitude  au  détriment,  par- 
fois, de  la  sensibilité.  Mais  pourquoi 
oublier  certains  de  ses  premiers  films 
le  Timide,  par  exemple, ou  Paria  de 
la  vie  où  il  fut  surtout  humain,  déli- 
cat, intérieur  ?  Et  le  long  de  ses  films 
tourbillonnants,  que  de  fois  un  re- 
gard ou  un  mouvement  bref  révélè- 
rent un  sentiment,  un  don  de  l'expres- 
sion, un  sens  de  la  psychologie!  En- 
fin nous  -venons  de  voir  en  même 
temps  (et  nous  n'avons  pas  vu  toute 
sa  production)  le  Signe  de  Zorro  et 
Une  Poule  mouillée  où  Fairbanks  a 
composé  des  personnages  complexes 
avec  une  science,  une  prudence,  un 
goût  de  grand  comédien. 

Dans  Zorro  particulièrement,  il  a 
précisé  un  talent  très  fin  et  très 
poussé  qui  fera  peut-être  de  lui  bien- 
tôt un  des  acteurs  les  plus  complets 
de   l'époque. 

Louis  Delluc 


0 


cinea 


Un  interview  de  Charlie  Chaplin 


Pour  nos  âmes  troublées  par  L'ana- 
lyse, et  qui  ne  conçoivent  un  senti- 
ment que  conditionné  ou  assaisonné 
par  le  sentiment  contraire,  la  diffé- 
rence du  bien  et  du  mal,  du  triste  et 
du  gai,  du  tragique  et  du  comique 
apparaît  malaisée  Par  contre,  nous 
savons  distinguer,  quel  que  soit  le 
genre  où  ils  travaillent,  les  êtres  sa- 
tisfaitsd'eux-mêmes,  heureux  d'avoir 
trouvé,  et  les  inquiets  qui  cherchent 
et  chercheront  toujours  ;  et  c'est  avec 
ceux-là  seulement  que  nous  sympa- 
thisons. 

Charles  Chaplin  est  un  de  ces  in- 
quiets, et  cette  préoccupation,  ce 
souci    de   s'attaquer   aux    problèmes 


les  plus  graves,  les  plus  insolubles, 
les  plus  éternels,  c'est  le  succès  qui 
les  lui  a  donnés. 

Chaplin  —  nous  empruntons  ceci  à 
un  interview,  pris  par  notreconfrcre 
Frederick  .James  Smith  que  publie 
Shadowland,  de  novembre  et  où  se 
trouve  dévoilé  un  peu  de  la  vie  inté- 
rieure du  «  Comédien  tragique  »  — 
Chaplin  n'est  plus  l'acteur  content  de 
lui-même  «  se  chauffant  au  soleil  de 
son  succès».  La  gloire,  la  fortune 
lui  ont  donné  la  possibilité  de  penser, 
de  réfléchir,  d'avoir  des  idées  —  chose 
impraticable  ou  dangereuse  lorsqu'on 
est  pauvre.  Dans  cet  état  de  récepti- 
vité, la  révolution  russe  a  été  une 
révélation.  Toutes  les  capacités  d'en- 
thousiasme de  Charles  Chaplin  se 
sont  portées  sur  Lénine  et  ses  colla- 
borateurs ;  toutes  s.es  indignations 
se  sont  dirigées  contre  les  puissances 
qui  ne  se  sont  pas  prêtées  au  déve- 
loppement normal  de  l'expérience 
russe.  Et  ainsi  s'explique  que  l'auteur 
de  Siuinijsiiie  soit  devenu  commu- 
niste en  devenant  millionnaire. 

En  même  temps,  son  art  lui  appor- 


tait, avec  des  joies  profondes,  des 
déceptions  renouvelées.  «  Les  possi- 
bilités d'expression  de  l'écran,  dit-il, 
sont  limitées  :  mais  ce  n'est  qu'un  cas 
particulier  de  l'inaptitude  générale 
des  hommes  à  se  faire  comprendre 
les  uns  aux  autres.  Les  efforts  de  la 
Terre  pour  communiquer  avec  Mars 
ne  sont  rien  à  côté  des  efforts  d'un 
être  humain  pour  communiquer  avec 
un  de  ses  semblables.  Quels  sont  les 
mots,  quelle  est  la  pantomime  par 
lesquels  je  puis  vous  faire  sentir  une 
faible  portion  de  mon  être  intérieur 
réel  ?  Des  gens  vivent  ensemble  pen- 
dant des  années  et  ne  se  connaissent 
que  très  vaguement.  Considérez  la 
lourdeur  obtuse  de  l'homme  ignorant, 
les  efforts  futiles  de  l'homme  intelli- 
gent. C'est  la  chose  pitoyable  et  tra- 
gique de  la  vie,  ce  mutisme  de  l'hu- 
manité... » 

Et  il  ajoute  :  «  Cette  recherche  de 
communication  avec  des  amis,  et 
l'échec  auquel  elle  aboutit  générale- 
ment, amène  le  désir  de  la  solitude. 
Il  en  est  ainsi  pour  moi  :  j'aime  être 
seul.  Au  point  où  j'en  suis,  il  me  se- 
rait impossible  de  remonter  sur  la 
scène.  Apparaître  derrière  la  rampe, 
chercher  un  contact  personnel  avec 
les  gens  qui  me  regardent,  tout  ris- 
quer sur  ce  faible  moyen  de  commu- 
nication :  j'en  serais  désespérément 
effrayé.  » 

Charles  Chaplin  est  fort  ennuyé 
que  ses  cheveux  commencent  à  gri- 
sonner. Il  espérait  que  cela  passerait 


avec  l'amélioration  générale  de  sa 
santé  ;  mais  le  gris  persiste  et  s'étend. 
De  là,  la  conversation  a  passé  â  la 
mort.  Chaplin  déclare  qu'il  s'est  ha- 
bitué à  l'idée  de  la  mort  —  ce  qui  ne 
veut  pas  dire  qu'il  ne  lui  serait  pas 


désagréable  d'apprendre  qu'il  doit 
mourir  demain;  mais  la  pensée  d'une 
dissolution  finale  a  cessé  de  l'indigner. 
Il  se  refuse  à  considérer  la  vie  comme 
une  entité  ;  elle  n'existe  que  quoti- 
diennement, et  à  condition  de  pren- 
dre chaque  jour  ce  qu'elle  offre  de 
beauté,  de  charme  ou  déplaisir. 

(Jules  Laforgue,  on  se  le  rappelle, 
se  plaignait,  lui,  que  la  vie  fût  telle- 
ment quotidienne.     ) 

La  grande  joie  de  Chaplin  est  de 
trouver  une  idée.  L'effort  nécessaire 
pour  la  réaliser  lui  est  extrêmement 
pénible.  Il  déteste  le  travail  mental 
au  point  de  ne  presque  plus  pouvoir 
lire.  Cependant  il   a  lu    avec   intérêt 


l'Histoire  Universelle,  de  Wells.  (Cet 
ouvrage  de  vulgarisation,  écrit  par 
un  autodidacte  génial,  a  fourni  à  cen- 
taines de  milliers  d'autres  autodi- 
dactes de  ces  certitudes  dont  l'homme 
a  beaucoup  plus  besoin  que  de  la  vé- 
rité!. Il  subit  aussi  l'influence  de 
Frank  Harris  dont  l'ardent  patrio- 
tisme irlandais  s'harmonise  curieu- 
sement avec  le  mysticisme  révolu- 
tionnaire russe. 

Au  fond  Charlie  Chaplin  souffre, 
comme  beaucoup  d'hommes  illustres 
des  inconvénients  qu'entraîne  l'achè- 
vement trop  complet  de  sa  personna- 
lité. Certes,  c'est  une  grande  joie 
de  réaliser  sa  personnalité  ;  mais 
au  delà  d'un  certain  degré,  on  finit 
par  en  devenir  l'esclave,  et  c'est 
là  qu'en  est  l'auteur  du  Gosse. 
Quand  il  est  débarrassé  des  raseurs 
—  auteurs,  journalistes,  directeurs, 
spectacteurs,  quémandeurs  —  quand 
il  est  libre  dans  l'intimité  d'égaux 
comme  Douglas  Fairbanks  et  Mary 
Pickford.il  est  gai  et  même  bon  com- 
pagnon. 

Lionel  Landry. 


clnéa 


II 


0      DERRIÈRE      L'ÉCRAN 


FRANCE  M 

Musidora   prépare    un    grand   film 
de  mœurs  espagnoles   modernes  où 
elle  interprêtera  un  double  rôle. 
• 

Roger  Karl  va  tourner  Le  Grillon. 
• 

La  mort  du  protagoniste  M.  Michel, 
a  interrompu  le  film  de  M.  Feuillade  : 
Parisette . 

Michel  était  un  consciencieux  in- 
terprète. Sa  silhouette  curieuse  mé- 
ritait des  drames  plus  curieux.  La 
création  de  Bavrabas  lui  valut  une 
sorte  de  popularité. 

Van    Daële  et  Diana  Karenne   ont 
commencé  dans  les  Pyrénées-Orien- 
tales le  film  de  M.  Protazanoff. 
• 

Le  Cinéma,  de  Henri  Diamant-Ber- 
ger, paraît  dans  une  nouvelle  édition. 
• 

Tous  ceux  qui  ont  lu  dans  nos  co- 
lonnes les  articles  hardis  et  précis 
de  Jean  Epstein  voudront  lire  Cinéma 
qu'il  vient  de  publier.  L'amour  de 
l'art  muet  et  la  parodie  de  ses  fai- 
blesses y  sont  traités  avec  une  âpre 
saveur,  dans  une  forme  étrangement 
spirituelle. 

• 

Le  siège  social  de  la  Chambre  Syn- 
dicale de  la  Cinêmatographie  est 
transféré  au  Palais  de  la  Mutualité, 
325,  rue  Saint-Martin. 
• 

Douglas  Fairbanks.Mary  Pickford, 
leur  famille,  retour  d'Algérie,  sont 
partis  à  Londres  avec  M.  Guy  Gross- 
well  Smith. 

• 

Jacques  de  Baroncelli  a  écrit  une 
conférence  fervente  et  franche  sur 
le  cinéma.  Signoret  l'a  lue  au  Salon 
d'Automne. 

• 

Le  scénario  de  Jettatura  est  de 
M.  Michel  Nina  Gilles  et  Pierre 
Veber 

C'est  un  essai  cinêgraphique  d'en- 
voûtement que  l'on  a  essayé  de  situer 
dans  un  cadre  moderne  ,  très  mo- 
derne même,  avec  une  sorte  de  sor- 
cière,   femme   fatale    en    apparence, 


dont  les  amants  meurent  tous,  de 
suicide  ou  d'accident. 

En  réalité,  cette  femme,  liée  au 
démon  par  un  pacte,  envoûte  les 
hommes,  et  les  tue  par  le  sortilège 
de  la  Dagyde  ou  poupée  de  cire,  que 
la  magicienne  pique  d'aiguilles,  jus- 
qu'à gagner  le  cœur  ;  ce  dernier  coup 
devant  provoquer  la  mort. 

La  mise  en  scène  est  de  Gilles  Pierre 
Veber. 


GABRIELLE  DORZIAT 
■    protagoniste  du  film   L'Infante  à  la 
Rose,  revient  à  la  scène  avec 
Comédienne,  où   on    l'a 
:  acclamée. 


Le  film  est  interprété  par  Elena 
Sagrary  et  Jean  Dehelly. 

Les  décors  sont  de  R.  Mallet  Sevens, 
meublés  par  Fabre. 
• 

Modot,  qui  vient  de  tourner  La 
terre  du  Diable  avec  Luitz  Morat  et 

Pierre  Régnier  les  accompagnera 
sans  doute  au  Maroc  pour  leur  nou- 
velle production. 

ANGLETERRE  M 

La  constitution  dn  British  National 
Film  Leagu?  marquera  une  date  dans 
l'histoire  de  l'industrie  cinématogra- 
phique en  Grande-Bretagne.  Ainsi 
que  je  le  notai  ily  aun  mois, les  deux 


causes  principales  de  la  stagnation 
du  film  britannique  étaient  d  une  part 
un  manque  de  direction,  d'autre  part, 
une  crise  d  argent.  La  communauté 
d'intérêts  des  producers  et  loueurs 
anglais  qui  vient  ainsi  de  se  résoudre 
en  une  unité  d'action  remédiera  à 
leurs  déplorables  effets.  Nul  doute 
qu'elle  ne  porte  bientôt  ses  fruits, 
dont  tout  un  chacun  connaîtra  le  ou 
les  avantages.  Dès  à  présent,  n'envi- 
sageant la  question  que  dans  un  sens 
strictement  circonscrit  par  les  décla- 
rations officielles,  on  ne  peut  que 
louer  les  promoteurs  de  la  ligue  d'a- 
voir pris  à  temps  les  mesures  néces- 
saires pour  sauvegarder,  et  qui  plus 
est,  assurer  la  prospérité  de  cette  in- 
dustrie, réussissant  là  ou  les  exhibi- 
teurs,  par  pusillanimité  et  surtout 
manque  de  coordination,  avaient 
échoué.  L'abolition  du  blok  et  de 
l'advance  booking  qualifiée  générale- 
ment de  chimérique,  fera,  fait  déjà 
partie  du  domaine  des  réalités.  Un 
afflux  très  prochain  d  imposants  ca- 
pitaux en  sera  la  conséquence  immé- 
diate. Ce  système  pernicieux  de  loua- 
ge en  moins,  l'industrie  du  film  en 
Angleterre  devient  une  «  affaire  »  en 
cela  que  les  rentrées  d'argent,  sinon 
les  bénéfices,  seront  assurées  dans  de 
courts  délais.  Une  exploitation  ra- 
tionnelle de  bons  films  fera  le  reste, 
quant  à  la  popularité  d'une  produc- 
tion que  les  exploitants  pourront 
qualifier  sans  crainte:  nationale,  la 
valeur  intrinsèque  de  ces  films  étant 
garantie  par  la  concurrence  libre  et 
franche,  la  saine  émulation  que  le 
B.  N.  F.  L.  vient  d'instaurer. 

• 
Cecil  B.  de  Mille,  viendrait  à  Lon- 
dres avant  la  fin  de  l'année  avec,  à 
l'instar  de  nombreux  autres  compa- 
triotes, l'intention  de  produire.  S'agi- 
rait-il d'une  autre  reconstitution  his- 
torique anglaise  ? 

• 
The  Glorious  Adventure,  le  film 
en  couleurs  naturelles  réalisé  par 
J.  Stuart  Blackton,  sera  présenté  par 
Stoll  au  New-Oxford.  Afin  de  donner 
un  cachet  tout  spécial  à  cette  présen- 
tation, le  théâtre  sera  revêtu  d'une 
décoration  dans  le  style  de  l'époque. 
Les   lecteurs   de   Cinêa  savent  déjà 


12 


cinea 


que  l'action  prend  place  en  1030,  lors 
de  l'incendie  de  Londres. 
• 
Il  m'est  particulièrement  agréable 
d'apprendre  qu'à  la  suite  du  succès 
remporté  par  le  Pantin  Meurtri,  la 
Compagnie  des  cinématographes  Har- 
i\v,  exploitera  en  France  trois  autres 
productions  de  la  Welsh  Pearson  : 
The  OUI  Curiosity  Shop,  Mary  Fine! 
the  Goldet  Squibs.  Le  public  français 
■s'en  réjouira  bientôt  sans  doute  avec 
moi . 

• 

Robert  Fenemore,  metteur  en  scène 
pour  The  North  British  Productions, 
est  engagé  dans  la  réalisation  de 
films  qui  seront  une  mise  à  l'écran 
des  poèmes  les  plus  connus  d'auteurs 
britanniques  célèbres.  Le  premier 
poème  choisi,  dont  l'adaptation  est  à 
présent  terminée  est  Le  Portrait  de 
Lord  Lytton. 

• 

Disraeli,  adaptation  de  la  pièce  de 
L.  N.  Parker,  sera  distribué  par  les 
Allied  Artists  en  janvier  prochain. 
L'interprétation  de  ce  film,  national 
peut-on  dire,  est  presque  exclusive- 
ment britannique.  Elle  comprend 
entre  autres,  G.  Arliss  dans  le  rôle 
principal   qu'il   tint   également  à  la 


scène.  L'achat  du  canal  de  Suez  par 
l'Angleterre   en    1876,  forme  le  nœud 
historique  de  Faction . 
• 

A  l'encontre  de  la  crainte  exprimée 
dernièrement  par  les  exploitants  an- 
glais, les  récentes  réalisations  de 
Mary  Pickford  et  Douglas  Fairbanks, 
Les  Trois  Mousquetaires  et  Little 
Lord  Fauntleroy  seront  distribuées 
dans  les  cinémas  réguliers.  Ainsi 
vient  de  l'assurer  M.  H.  Abrams,  avec- 
opportunité  avouons-le.  Le  sort  de 
Dream  Street  (D.W.  Griffith  prod.) 
eut  été,  sans  quoi,  bien  aléatoire.  La 
décision  des  A.  A.  se  rapporterait 
aussi  à  Way  Down  East  qui, quittant 
l'Empire  après  deux  mois  de  succès, 
seraprésenté  dans  les  plus  importants 
cinémas  du  pays. 
• 

Gaumont  Ltd.  a  présenté  Bluff  réa- 
lisé par  M.  Geoffroy  Malins  pour  la 
Co.  Hardy.  Le  film  a  obtenu  un  franc 
succès.  L'honneur  en  revient  en  pre- 
mier lieu  à  l'auteur  qui  fut  en  même 
temps  scénariste  ;  M.  Rafaël  Sabatini. 
Son  adaptation  est  une  des  meilleu- 
res que  j'aie  jamais  vues,  par  meilleure 
j'entends  dire  qu'elle  est  excellente. 
La  coopération  étroite,  intime,  qui 
doit  exister  entre  l'auteur  et  l'adapta- 


VICTOR  SJOSTROM 

dans  La  Charrette  fantôme  où  son  talent  de  créateur  s'est  imposé. 

avec  la  collaboration  de  Tore  Svennbèrg  et  Astrid  Holm. 


teur  vient  d'être  une  fois  de  plus, 
clairement  démontrée.  Espérons  que 
maints  metteurs  en  scène,  jusqu'ici 
enclins  à  reléguer  celui-là  dans  une 
tour,  où,  selon  eux,  il  ne  doit  rien 
faire,  lui  permettront  désormais  de 
de  prendre  part  à  leur  travail  de  vivi- 
section. L'histoire  de  Bluffent  loin 
d'être  originale,  mais  développée  sui- 
vant des  lignes  neuves,  grâce  à  une 
technique  irréprochable,  elle  paraît 
telle.  D'autre  part,  un  soin  extrême 
apporté  à  sa  réalisation,  une  inter- 
prétation convaincante  font  que  1  in- 
térêt ne  faiblit  pas  un  instant.  Le  film 
sera  certainement  une  bonne  offre  à 
l'étranger. 

A.  F    Rosi;. 

AMÉRIQUE  JS 

Fatty  est  né  dans  l'état  de  Kansas, 
en  Amérique,  en  1887.  Il  a  donc 
34  ans. 

A  l'âge  de  15  ans,  il  s'engagea  dans 
une  Compagnie  théâtrale,  et,  bientôt 
dirigea  personnellement  la  troupe. 
Sa  carrière  cinématographique 
commence  en  1913.  L'ayant  rencontré, 
le  célèbre  metteur  en  scène  Mack 
Sennett    l'engagea    immédiatement. 

Par   la  suite,   la    Famous    Players 
Lasky  l'engagea  et  lui  signa  un  con 
trat  de  dix   années.  Selon  les  terme 
de  ce  contrat,  il  est  garanti  à  Fatt 
un   minimum  de   1.000.000  de  dollars 
par  an  (au  cours  actuel  plus  de  10  mil 
lions   de    francs),    ce   qui    en  fait   le 
comédien  le  plus  payé  du  monde. 

L'immense  popularité  de  Fatty 
dans  le  monde  entier  a  incité  la  Para 
mount  â  le  faire  paraître  dans  des 
films  plus  importants  et  de  plus  long 
métrage  que  le  sont  d'ordinaire  les 
films  comiques.  Fatty  eut  un  tel  suc- 
cès qu'il  décida  d'abandonner  com- 
plètemeut  les  petites  productions.  Il 
tourna  Les  millions  de  Fatty  et  bien 
d'autres  qui  seront  présentés  au  cours 
de  cette  saison. 

• 

Thomas  Meighan,  Tommy  dans 
l'intimité,  est  l'homme  le  moins  sé- 
dentaire du  monde  et  pourtant  il 
adore  la  vie  tranquille  du  foyer.  A 
peine  a  t-il  terminé  un  film  au  Studio 
Lasky,  à  Holtywood,  qu'il  saute  dans 
un  express  pour  arriver  à  temps  au 
Studio  de  Paramount  à  Long  Island, 
où  il  en  tourne  un  autre.  Six  se- 
maines plus  tard,  le  voilà  de  retour 
en  Californie  où  il  en  recommence 
un  troisième. 

Tommy   connaît   par   leur  prénom 


M     M     JS     A    Les   Matinées    de   Cinea    M     M     M     M 

ont  été  brillamment  inaugurées  au  théâtre  du  Colisee  parla  repnsede  La 
Vie  et  la  Mort  d'El  Gallito  donnée  dans  son  intégralité,  et  la  révélation  du 
CabineUu  Docteur  Cahgari,  ce  film  allemand  dont  il  a  été  tant  et  tant  parle. 
Les  Français  se  devaient  de  le  connaître.  On  nous  annonce  d  ailleurs  qu  il  sera 
bientôt  soumis  au  jugement  d'un  public  plus  étendu.  Cinéa  remercie  ses  lec- 
teurs et  amisiinonymes  d'avoir  approuve  par  leur  présence  cette  manifesta- 
tion que,  d'ailleurs,  quelques  professionnels  ne  dédaignèrent  point.  Ajoutons 
que  le  programme  s'acheva  brillamment  par  les  danses  de  la  savoureuse  bina 
et  par  Mijuanita,  drame  bref  et  hardi  de  M1-  Jeanne  Desclos  que  1  auteur  in- 
terpréta harmonieusement  avec  Alcover.  sûr  comédien  de  la  scène  et  de  1  écran. 


14 


cinea 


tous  le»  porteur»  de  toutes  les  gares 
de  chemin  de  fer...  Il  a  parcouru 
l'Amérique  d'un  Océan  à  l'autre  tant 
et  tant  de  fois  qu'il  est  un  véritable 
guide  humain... 

Kt  pourtant,  personne  plus  que  lui 
n'adore  sa  maison  et  son  foyer,  sa 
charmante  résidence  de  Hollywood 
est  un  des  endroits  les  plus  at- 
trayants de  la  contrée,  où  il  aime  à  se 
retirer  paisiblement  après  une  journée 
passée  dans  l'agitation  des  studios. 

Mme  Thomas  Meighan,  est  France» 
Ring,  l'artiste  de  théâtre  connue. 
C'est  une  femme  charmante...  et  l'on 
ne  peut  faire  l'éloge  de  Tommy  sans 
faire  le  sien. 

Ils  n'ont  pas  d'enfants,  ils  les 
aiment  cependant  tous  deux.  C'est 
pourquoi  leur  maison  retentit  tou- 
jours de  leurs  cris  joyeux.  Tom 
les  aime  d'une  façon  qui  touche 
presque  à  l'adoration,  les  petits  le 
lui  rendent  bien.  On  peut  facile- 
ment s'en  rendre  compte  dans  les 
émouvantes  scènes  de  tendresse  qu'il 
joue  dans  La  Princesse  Alice.  Tom 
n'avait  pas  besoin  de  «  jouer  »  ces 
scènes,  il  les  vivait  naturellement. 

Thomas  Meighan  est  la  régularité 
en  personne.  Quand  il  n'est  pas  au 
studio,  il  est  chez  lui.  Il  aime  la 
bonne  société,  est  un  fervent  des 
sports  et,  tout  particulièrement,  du 
golf  dont  il  est  un  des  plus  adroits 
joueurs  de  la  colonie  de  Hollywood. 

Si  vous  aimez  les  livres,  vos  yeux 
seraient  émerveillés  en  voyant  la 
bibliothèque  de  Thomas  Meighan 
qui  est  un  liseur  enragé.  Les  romans 
modernes  et  surtout  les  livres  qui 
concernent    la    profession     d'acteur 


ont  ses  préférence».  Tout  ce  qui  a 
rapport  au  théâtre  et  â  l'écran  le 
passionne. 

Récemment  il  disait  â  se»  amis  : 
«  Je  crois  personnellement  que  tout 
homme  d'affaires  doit  lire  chaque 
jour  quelque  chose  concernant  su 
profession.  Mon  travail  étant  le  ci- 
néma, je  me  conforme  â  cette  règle 
en  lisant  les  journaux  corporatifs, 
les  magazine»  cinématographiques 
et  les  livres  techniques.  J'ai  déjà 
constaté  qu'un  jour  ou  l'autre  tout 
cela  est  de  quelque  utilité.  » 

Comme  on  peut  facilement  le  voir 
â  son  physique,  Thomas  Meighan  est 
d'origine  irlandaise.  Son  tempéra- 
ment celtique  se  manifeste  bien  dan» 
toutes  ses  actions  et  ses  goûts. 

Son  sourire  est  cordial,  spontané 
et  communicatif.  Il  est  grand,  fort, 
athlétique  et  plein  d  énergie.  Il  est  le 
favori  des  jeunes  femmes  et  des 
jeunes  fdles  qui  trouvent  qu'il  est 
un  des  plus  beaux  types  d'hommes 
jouant  actuellement  à  l'écran,  c'est  le 
vrai  type  du  jeune  américain. 

Thomas  Meighan  a  une  adoration 
pour  les  enfants.  Pourtant  ses  cama- 
rades furent  surpris  de  le  voir  en- 
trer en  courant  au  studio  Para- 
mount,  une  ravissante  petite  fdle 
perchée  sur  ses  épaules.  Tout  es- 
soufflé, il  annonça  :  «  Je  vous  pré- 
sente Miss  Peaches  Jackson,  ma  nou- 
velle partenaire  ».  Et  Peaches  cacha 
sa  tète  contre  son  épaule  pour  cacher 
sa  confusion...  C'était  pourtant  la 
vérité,  Peaches  joua  dans  Princesse 
Alice,  le  rôle  de  l'héroïne  â  l'âge  de 
quatre  ans. 


William  de  Mille  est  arrivé  â  une 
telle  notoriété  par  son  talent  qu'il  est 
â  peine  nécessaire  d'ajouter  qu'il  est 
le  frère  du  fameux  Cecil  B.  de  Mille 
et  le  fil»  du  dramaturge  bien  connu 
Henry  C.   de  Mille. 

Il  fit  presque  toute  son  éducation  à 
New- York  et  suivit  les  cours  de  l'Uni- 
versité Columbia.  Ses  études  termi- 
nées, il  commença  â  écrire  des  pièces 
de  théâtre  et  y  réussit  avec  le  plus 
grand  succès.  Citons  Strongheart, 
The  Warrens  of  Virginia  et  The 
Woman,  justement  célèbres  en  Amé- 
rique. 

Ce  n'est  que  lorsque  le  cinéma  fut 
en  plein  progrès  que  les  frères  de 
Mille  commencèrent  à  s'y  intéresser. 
Dès  leur  entrée  à  la  Famous  Players 
Lasky  Corporation  ils  y  prirent  aus- 
sitôt la  place  prépondérante  qu'ils 
occupent  aujourd'hui. 

William,  dontl'esprit humoristique 
ne  demandait  qu'à  se  manifester,  se 
consacra  aux  comédies.  C'est  avec  un 
talent  incontestable  qu'il  mit  en 
scène  The  Ragmuffin,  The  Clown, 
The  widoiv's  Might  et  autres  ravis- 
santes productions. 

Par  la  suite,  il  consacra  ses  rares 
qnalités  artistiques  et  son  talent  â  la 
réalisation  d'œuvres  dramatiques. 
Mais,  avec  un  tact  parfait,  il  y  intro- 
duit toujours  une  note  amusante  et 
humoristique  afin  d'atténuer  le  côté 
tragique  de  ses  sujets. 

Une  de  ces  productions  les  mieux 
réussies  est  incontestablement  La 
Princesse  Alice.  D'autres  œuvres 
viendront  bientôt  et  nous  aurons 
souvent  l'occasion  de  reparler  de  ce 
metteur  en  scène  de  grand  talent. 


■  - 

M1 

t . 

4 

^â 

^^s** 

\ 

KAZAN,  chien-loup. 
(cliché  a.  g.  c.) 


cinea 


15 


La  Critique  aussi  est  difficile 


La  critique  n'est  pas  infaillible.  Si 
elle  s'efforce  à  la  sincérité  ou  la 
prouve  naturellement,  on  peut  déjà 
lui  trouver  une  valeur.  Elle  peut  se 
tromper,  de  bonne  foi.  Alors  il  ne 
faut  pas  la  haïr.  Il  ne  faut  pas  non 
plus  la  détester  de  prime  abord 
lorsque  l'on  croit  y  trouver  une  iro- 
nie mauvaise.  Le  lecteur  aussi  peut 
se  méprendre  :  dans  une  apprécia- 
tion brève  d'un  film  récent,  j'avais 
risqué  un  à-peu-prés  sur  un  phéno- 
mène de  la  nature  généralement  très 
beau  sur  l'écran.  Une  artiste  dont  j'ai 
reconnu  le  talent  a  cru  y  voir  un 
blâme  pour  le  film  dont  au  contraire 
je  ne  méconnaissais  pas  le  mérite  et 
a  déclaré  que  plus  jamais  je  ne  serai 
convié  au  spectacle  des  ouvrages  où 
elle  paraîtrait!  J'irai  voir  la  repré- 
sentation publique  de  ces  films-là, 
voilà  tout,  et  je  n'en  déplore  pas 
moins  d'avoir  involontairement  peiné 
une  artiste  consciencieuse  à  propos 
d'un  film  travaillé. 

Une  autre  fois,  j'avais  signalé 
quelques  légers  défauts  très  appa- 
rents d'un  film.  Son  scénariste  et 
metteur  en  scène  m'écrivit  une  lettre 


de  chaleureux  merci*  en  ajoutant 
que  j'aurais  pu  être  plus  sévère  en- 
icore  puisque  je  ne  connaissais  pas 
les  difficultés  auxquelles  il  s'était 
heurté.  Je  n'oublie  pas  cette  épître 
intelligente. 

Il  y  a  aussi  des  consolations  à  l'in- 
grat métier  de  qui  veut  dire  la  vérité. 
Ainsi,  pour  un  film  dû  à  un  metteur 
en  scène  dont  je  ne  savais  même  pas 
le  nom,  je  reçus  une  lettre  un  peu 
désabusée,  mais  de  chaude  recon- 
naissance. Non  point  que  j'estime 
naturel  un  remerciement  quelconque 
nous  n'y  avons  aucun  droit  pas  plus 
que  l'on  ne  nous  doit  une  injure  pour 
notre  sévérité  possible,  mais  j'aurais 


pu,  là,  blesser  un  homme,  ancien 
dans  la  carrière,  en  avouant  mon 
ignorance  ;  il  reconnaissait  qu'en 
effet,  malgré  son  labeur  il  n'avait  pas 
acquis  la  réputation  dévolue  plus 
vite  à  d'autres  pour  un  talent  égal  au 
sien  ou  même  inférieur. 

Quelques-uns  s'estiment  lésés  si 
leur  propre  estime  n'est  point  confir- 
mée absolument  et  des  compliments, 
parfois,  les  formalisent,  soit  qu'ils 
ne  soient  point  assez  vifs,  soit  qu'ils 
visent  une  particularité  méprisée 
par  eux. 

D'autres  encore  —  ou  les  mêmes  — 
affirment  que  le  monsieur  qui  ose 
critiquer  «  n'y  connaît  rien  »,  qu'il 
n'a  pas  approfondi  les  techniques,  ne 
sait  pas  les  efforts  nécessités  par  la 
réalisation  d'un  film.  Que  l'on  «  n'y 
connaisse  rien  »,  il  sied  de  n'en  pas 
toujours  disconvenir.  Pourtant,  il 
est  permis  de  juger  une  œuvre  sans 
être  capable  d'en  fabriquer  une  égale. 
Un  gourmet  n'est  pas  fatalement  cui- 
sinier. Un  gourmand  non  plus. 

Et  voici  une  autre  aventure  : 
quelqu'un  que  je  connais  bien  rédige 
des  notes  sur  les  présentations  pour 
une  revue  dont  le  directeur  est  lui- 
même  cinématographiste.  Le  rédac- 
teur allait  un  jour  voir  un  film  dû  à 
son  directeur,  un  film  qui,  à  son  avis, 
n'atteignait  pas  du  tout  le  but  pro- 
posé. Il  l'écrivit  très  clairement  dans 
son  compte  rendu  qu'il  remit  à  son 
directeur  qui  le  lut  et  déclara  : 
«  Alors  ça  ne  vous  a  pas  plu  ?  Je 
vous  remercie  de  l'avoir  écrit.  »  Et  il 
inséra  l'article  qui  le  critiquait. 

Je  ne  donne  pas  le  trait  comme 
héroïque,  mais  je  ne  le  crois  pas, 
d'une  fréquence  quotidienne! 

Les  sentiments,  les  opinions,  sont 
discutables.  Lorsque  leur  sincérité 
est  absolue,  on  a  tort  de  blâmer  celui 
qui  les  exprime  avec  courtoisie  et  la 
susceptibilité  n'est  pas  toujours  le 
propre  des  meilleurs. 

Lucien  Wahl. 


C'est   entendu,    ceux    qui 

cherchent  sont  fatigants. 

z 

•    Que   direz=Vous  de    ceux 

■  J 

:    qui  croient  aVoir  trouvé? 


•■■■■■•«■.■-*«■• ■■■«■■« 


âVez  Vous  Vu 


&•£'?* 


tans 


Signoret 

...  "Le  Silence" 


£       Emmy  Lynn 

dans "Mater  Dolorosa" 

£    A.=F.  Brunelle 

dans "Chignole" 

•£  £   Eve  Francis 

dans "El  Dorado" 

•£     Jean  Toulout 

dans    ...    "La  Xme  Symphonie" 

£  •*  £  £       Modot 

dans "Mathias  Sandoif" 

Yvette  Andreyor 

dans "Mathias  Sandorf" 

Jacques  Grétillat 

dans       "Déchéance" 

Marcelle  Pradot 

dans  "Le  Carnaval  des  Vérités" 

•£  £       Desjardins 


lans 


tir 


J  accuse' 


£  £      Roger  Karl 

dans  ...  "L'Homme  du  Large" 


Gaston  Jacquet 

dans     ..   "Le  Chemin  d  Ernoa" 


£  S   Mag  Murray 


lans 


'Papill 


ons 


•£  •£     Harry  Baur 

dans     ...     "L'Ame  du  Bronze" 

Suzanne  Després 

dans  "Le  Carnaval  des  Vérités" 


16 


cinea 


Les  Présentations 


Le  Cœur  magnifique. 

Le  dernier  film  de  Séverin-Mar.s, 
très  original  acteur,  qui  avait  la  scien- 
ce de  la  lenteur  mystérieuse  et  terri- 
fiante. Son  rôle  est  celui  d'un  fou  en 
liberté,  jouissant  d'une  autorité  abu- 
sive, avec  un  bel  instinct  de  droiture, 
mais  capable  de  crimes  soi-disant 
vengeurs  pour  des  faits  dont  il  ne 
sait  aucune  preuve.  Exemple  de  mi- 
sogyne forcené,  déséquilibré  mental. 
Quelques  très  bonnes  scènes.  Inter- 
prétes^tous  louables:  d'abord  l'auteur 
regretté,  puis  Mmes  France  Dhélia, 
Daleyme,  MM.  Granval,  Maxudian, 
Carpentier,  Mevisto. 

Les  Mille  et  une  nuits. 

Le  calife  Shariar  aussi  était  miso- 
gyne et  même  tant  que  chaque  matin 
il  faisait  trancher  la  tète  de  sa  com- 
pagne dernière.  Shéhérazade  a  pu 
échapper  à  cette  tradition  grâce  à 
l'intérêt  suscités  par  ses  contes.  Iné- 
puisable mine  pour  l'écran  et'  celui 
que  nous  venons  de  voir  est  très 
beau,  pittoresque  et  touchant.  Le 
chapitre  de  la  ville  pétrifiée  par  la 
volonté  d'Allah  est  remarquable  La 
décoration  arabe,  les  caravanes  et 
et  une  intrigue  qui  nous  tient  aussi 
éveillé  que  le  calife  nous  plaisent. 
Mme  Nathalie  Kovanko,  belle  et, 
tendre  ou  douloureuse,  est  la  digne 
interprète  de  cette  belle  histoire. 

• 
Le  Tonnerre. 

Comme  dans  Fièvre  dont  il  était  en 
même  temps  le  metteur  en  scène  et 
le  scénariste,  M.  Louis  Delluc  a  pu, 
ici,  respecter  (à  peu  près)  les  trois 
unités,  mais,  cette  fois,  pour  un  film 
tiré  d'une  nouvelle  de  Mark  Twain. 

Le  rire  intérieur  obtenu  à  la  lecture 
par  un  certain  nombre  d'œuvres  de 
cet  humoriste  illustre  peut-il  s'épa- 
nouir par  une  vision  à  l'écran?  La 
difficulté  m'en  paraît  invincible.  La 
prose  est  lente  et  détachée.  Heureu- 
sement le  film  est  prompt  avec  d'ex- 
cellents interprètes  :  M.  Marcel  Vallée 
habile  à  la  caricature,  et  Mlle  Lili  Sa- 
muel, expressive  et  dotée  d'un  phy- 
sique à  la  fois  charmant  et  moqueur. 
Nous  espérons  la  retrouver. 

Je  dois  une  mention  spéciale  au 
chat  du  Tonnerre  ;|il  est  beau,  souple, 


admirable,  comme  presque  tous  les 
chats  des  films  et  de  la  vie,  dont  on 
nechantera  jamais  assez  la  souplesse, 
l'indépendance,  le  vocabulaire,  l'in- 
telligence, etc.,  etc. 

• 

Le  Dictateur. 

Episode  d'un  pronunciamento  dans 
une  hypothétique  action  de  l'Amé- 
rique Centrale.  L'Américain,  avec 
Douglas  Fairbanks,  nous  présentait 
une  histoire  de  ce  genre,  mais  ironique 
et  grotesque,  comme  parodique.  Ici, 
cela  est  sérieux,  malheureusement, 
car  les  conversations  et  les  intrigues 
nous  y  apparaissent  un  peu  tristes. 
Vers  la  fin,  une  mise  en  scène  mou- 
vementée relève  le  film  ;  la  bataille, 
les  défilés,  les  emprisonnements  sont 
parfaitement  agencés.  Alors  l'aven- 
ture des  individus  n'importe  pas. 

• 
Son  orgueil. 

Jolis  coins  mis  en  valeur  par  Ince. 
Mais  vraiment  un  homme  sans  for- 
tune est-il  méprisé  par  le  «  monde  » 
quand  il  a  épousé  une  jeune  fdle  riche  ? 
Le  monsieur  en  question  qui  a  de 
l'orgueil  conquiert  à  la  fin  l'opu- 
lence. Le  texte  copieux  est  bour- 
ré d'apophtegmes  profonds.  Ainsi  : 
«Nous  ne  sommes  que  les  jouet  de  la 
nature.  »[Et  l'on  y  appelle  «fortunés» 
des  gens  qui  ont  de  la  fortune. 

• 
Les  Quatre  Plumes 

Un  officier  anglais  démissionne  au 
moment  d'une  révolte  en  Egypte  que 
son  régiment  est  chargé  de  réprimer. 
Il  voit  sa  fiancée  se  détourner  de  lui, 
ses  amis  lui  témoigner  du  mépris, 
son  père  le  congédier.  Il  a  reçu  qua- 
tre plumes  :  symboles  de  lâcheté  II 
part  pour  l'Egyte,  il  s'y  conduit  en 
héros, courant  bien  des  risques  et, au 
retour,  triomphe  aussi  d'ennemis 
plus  proches  et  retrouve  l'amour 
dont  il  était  soucieux.  C'est  joué  so- 
brement, mis  en  scène  avec  soin. 

• 
Une  femme  sans  importance. 

Un  titre  d'une  ironie  triste  comme 
Ce  n'est  que  Mary-Ami  d'Israël  Zang- 
will.  Le  film  Une  femme  .sans  impor- 
tance esttiré  aussi  d'un  roman  anglais 
(d'Oscar  Wilde).  On  y  voit  un  fils 
naturel  devenir  le  secrétaire  d'un 
lord.  C'est  son  père.  Ni  l'un,  ni  l'autre 
ne  le  sait.  Le  lord  avait  dit  de  l'aban- 
donnée, naguère.  «  C'est  une  femme 
sans   importance.  »  Trop    tard  pour 


réparer,  le  père,  après  une  alterca- 
tion, s'en  va.  On  demande  à  la  mère: 
«  Vous  avez  reçu  une  visite?»  Ré- 
ponse: «  Oh  !  un  homme  sans  impor- 
tanée.  »  Le  dialogue  du  film  est  nom- 
breux ;  parce  que  cela  est  du  théâtre, 
plutôt. 

• 

Marion  la  Courtisane. 

Bouchard  y,  Anieet-Bourgeois,  d'En- 
nery  renouvelés  par  le  cinéma  et,  à 
la  vérité,  rajeunis.  Marion,  enfant 
naturel;  mère  qui  meurt;  père  qui  les 
a  lâchement  abandonnées.  Marion,  ar- 
tiste de  music-hall,  est  sage, et  emme- 
née â  Naples  par  un  vieux  monsieur. 
En  tout  bien  tout  honneur,  comme 
on  dit.  Marion  est  aimée  d'un  jeune 
poète  qui  s'est  marié.  Elle  attire  dans 
son  théâtre  cet  homme  et  sa  femme. 
Elle  tue  cette  dame,  mais  le  père  de 
Marion  reconnaît,  à  un  détail,  sa  fille 
et  se  déclare  le  coupable.  Un  film 
mouvementé,  avec  scène  et  salle  de 
spectacle,  et  veglione.  Et  puis,  Fran- 
cesca  Bertini,  dans  un  personnage 
plus  jeune  que  ses  rôles  habituels, 
semble  s'être  renouvelée  aussi.  Elle 
a  au  début  une  telle  légèreté  adoles- 
cente qu'on  retrouve  difficilement  son 
allure. 

• 
Le  troisième  baiser. 

Un  mariage  soudain  consenti  par 
l'homme  et  la  femme  pour  sauver 
apparemment  la  tranquillité  d'un 
tiers.  Lui,  semblait  aimer  une  autre; 
elle,  un  autre,  et  des  circonstances 
inattendues  et  vraisemblables  mè- 
nent à  un  dénouement  heureux.  Moins 
rutilant  de  luxe  que  certains  films  de 
la  Paramount,  il  n'en  est  pas  moins 
intéressant,  au  contraire,  il  est  sin- 
cère, naturel,  agréable. 


Les  Millions  de  Fatty. 

Bien  amusante  l'idée  :  Fatty,  obli- 
gé par  contrat  et  pour  la  posses- 
sion future  d'une  fortune  considéra- 
ble, d'en  dépenser  une  moindre  et  de 
ne  pas  se  marier  durant  un  certain 
temps.  Il  gagne  toujours  en  voulant 
perdre,  ne  remplit  pas  la  seconde 
moitié  de  son  engagement  alors  qu'il 
a  pu,  malgré  les  difficultés,  s'appau- 
vrir. Au  début,  Fatty  a  quelques 
mois  d'âge,  puis  cinq  ans.  Le  cinéma 
réussit  â  merveille  la  diminution  de 
la  taille  relativement  à  celle  des  par- 
tenaires du  principal  interprète. 
Lucien  Wahl. 


cinea 


17 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


La  lecture  des  romans  passionnels, 
la  fréquentation  toujours  croissante 
des  théâtres  avaient  pour  résultat  le 
développement  excessif  de  mon  ima- 
gination. De  très  bonne  heure  je  me 
mis  à  rêver  d'amour  Pourtant  je 
n'étais  pas  une  exception.  Tous  mes 
camarades  faisaient  la  même  chose. 
Nous  étions  tous  follement  amou- 
reux d'une  jeune  fille,  Olia  Boris- 
senko,  qui  restait  toujours  froide  et 
insensible  et  paraissait  n'ajouter  au- 
cune attention  à  nos  amoureux  trans- 
ports. 

A  cause  d'elle  j'eus  même  un  duel. 

Je  me  suis  battu  à  l'épée  comme  il 
convient  à  un  vrai  chevalier  Ce  duel 
n'était  pas  du  tout  impossible  à  éviter 
mais  nous  étions  tellement  sous  l'in- 
fluence des  romans  de  Dumas  et  de 
Ponson-du-Terrail  que  la  perspective 
du  combat  nous  comblait  d'enthou- 
siasme. Voici  comment  cela  se  passa. 

Depuis  quelques  temps  à  notre  pe- 
tite bande  très  unie,  s'était  attaché  un 
lycéen,  qui  volait  toutes  sortes  d'ob- 
jets chez  son  père,  les  vendait  aux 
brocanteurs  et  avec  l'argent  gagné 
nous  payait  des  consommations  dans 
les  bars.  Au  fond,  c'était  un  brave 
type  et  il  nous  plaisait  non  seulement 
parce  qu'il  nous  offrait  à  boire. 

Eh  bien,  un  jour  ce  garçon  se  per- 
mit de  manquer  de  respect  à  l'égard 
de  la  dame  de  nos  pensées.  Kien  de 
grave,  à  proprement  parler,  mais, 
quand  on  aime...  Comme  j'étais  le 
plus  jeune  de  tous  et  le  moins  sédui- 
sant, Olia  accordait  à  moi  encore 
moins  d'attention  qu'aux  autres.  Et 
pourtant  c'était  moi  qui,  ayant  en- 
tendu les  propos  du  lycéen,  lui  ait 
engagé  immédiatement  «  de  s'en  aller 
à  tous  les  diables  ». 


•'->» 


Il  avait  l'intention  de  se  précipiter 
sur  moi  tout  de  suite,  mais  mes  amis 
l'empêchèrent  en  lui  déclarant  que  s'il 
désirait  obtenir  une  «  satisfaction  » 
il  n'avait  qu'à  choisir  n'importe  qui 
parmi  nous.  Tout  le  monde  était  prêt 
à  se  battre  avec  lui.  Il  fut  aussi  du 
même  avis  :  un  duel  était  absolument 
nécessaire. 

On  me  choisit  pour  cette  besogne 
car  je  possédais  en  perfection  la 
science  d'exécuter  avec  une  canne 
d'impressionnantes  pirouettes  théâ- 
trales en  imitant  le  duel  de  Faust  et 
Valentin. 

Il  fut  décidé  à  l'unanimité  que  c'était 
moi  qui  devais  punir  l'offenseur. 

Birilov  apporta  deux  rapières  qui 
ornèrent  durant  des  années  les  murs 
de  sa  chambre.  Leurs  pointes  ne  nous 
parurent  pas  assez  aiguisées.  Alors 
on  porta  les  armes  chez  un  serrurier 
pour  les  affiler.  Je  me  rappelle  elles 
devinrent  blanches  comme  si  elles 
étaient  en  argent.  On  choisit  le  Bois 
Ossokine  comme  endroit  pour  le 
combat.  Mes  amis  servaient  de  té- 
moins de  l'un  et  de  l'autre  côté  mais 
ils  se  conduisirent  d'une  façon  irré- 
prochable à  l'égard  des  deux  adver- 
saires. En  somme  tout  se  passait 
comme  dans  le  meilleur  des  romans. 

—  N'y  mettez  pas  trop  de  zèle,  nous 
dit  l'un  d'eux. 

—  Faites  attention  de  ne  pas  frap- 
per à  mort,  ajouta  l'autre. 

Le  duel  commença  et  prit  fin  en 
une  seconde,  pour  ainsi  dire.  Après 
un  ou  deux  chocs  des  épées,  nous  les 
enfonçâmes,  sans  trop  d'hésitation, 
d'après  notre  fantaisie  respective  : 
moi  dans  l'épaule  de  mon  adver- 
saire, lui  —  dans  mon  front.  Il  eut 
très  mal   probablement  car  il  lâcha 


tout  de  suite  la  rapière  et  elle  resta 
suspendue,  sa  pointe  toujours  en- 
foncée dans  ma  tête.  Je  l'arrachai 
immédiatement.  Un  flot  de  sang  se 
mit  à  couler  de  ma  blessure  en  inon- 
dant tout  mon  visage.  Lui,  mon  ad- 
versaire, aussi  avait  tout  le  bras  cou- 
vert de  sang.  Comme  il  était  convenu 
entre  nous  de  nous  battre  jusqu'au 
premier  sang  seulement,  nos  témoins 
déclarèrent  notre  combat  achevé  et 
se  mirent  à  examiner  nos  blessures. 

Mon  adversaire  et  moi,  nous  nous 
serrâmes  la  main  et  un  instant  après 
tout  le  monde  se  dirigea  vers  le  pota- 
ger voisin  pour  y  voler  des  pommes 
ce  qui  d'ailleurs  n'était  aucune- 
ment considéré  comme  un  vol  parmi 
nous. 

Le  soir  je  rentrais  tout  fier  de  mes 
exploits.  Hélas!  je  fus  battu  d'une 
manière  épouvantable. 

Quelle  horreur!  Voici  un  homme 
qui  revient  encore  tout  frémissant 
de  sentiments  héroïques  et  au  lieu 
de  s  incliner  devant  sa  bravoure  on 
lui  enlève  sa  chemise  et  son  pantalon 
et  des  grosses  cordes  commencent  à 
pleuvoir  sur  son  corps  nu,  c'était 
une  humiliation  insupportable.  Et 
Olia?  Lui  avait-on  parlé  au  sujet  de 
ce  duel  ?  Certainement,  oui.  Mais  cela 
ne  modifia  en  rien  ses  sentiments 
envers  moi. 


J'ai  vu  dans  mes  voyages  et  la 
belle  mer  Méditerranéenne  et  l'Océan 
Atlantique,  mais  même  jusqu'à  ce 
jour,  je  me  souviens  avec  une  ten- 
dresse particulière  du  Caban,  petit 
lac  sombre  et  tranquille. 


(A  suivre) 


L.  Valter,  trad. 


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LE    PLUS    GRAND    SUCCÈS    DE    L'ANNÉE 


L'ATLANTIDE 


cinea 


■  . 

j  Sous  toutes  réserves  = 


Un  distingué  critique  a  reçu  der- 
nièrement la  visite  d'un  metteur  en 
scène  —  nouveau  dans  la  partie  — 
qui,  après  lui  avoir  demandé  de  faire 
l'éloge  d'un  film  qu'il  allait  présen- 
ter, a  cru  bien  faire  en  tendant  silen- 
cieusement trois  billets  de  cinquante 
francs.  Inutile  de  dire  que  le  critique 
a  bondi  indigné,  et  d'un  geste  décisif 
a  congédié  son  visiteur. 

Notre  confrère  racontait  cette  his- 
toire l'autre  jour,  devant  Marivaux, 
et  ajoutait  philosophiquement  : 

—  Il  y  a  des  gens  qui  n'ont  aucune 
idée  des  prix  et  qui  entreraient  très 
bien  chez  Rolls  Royce  en  demandant 
qu'on  leur  montre  une  petite  voiture 
dans  les  vingt  mille... 
• 

Deux-cent-soixante-dix-sept  mille 
huit-ce nt-soixante-t rois  m.  (277.863)  : 
telle  est  la  longueur  de  pellicule  qui 
a  été  tournée  pour  réaliser  un  film 
déjà  célèbre  où  il  est  question  de 
chemins  de  fer. 

Nos  lecteurs  comprendront  peut- 
être  mieux  ce  que  signifie  ce  chiffre, 
si  on  leur  indique  que  la  bande,  éten- 
due à  terre,  en  ligne  droite,  couvri- 
rait une  distance  de  plus  de  deux- 
cent-soixante-dix-sept  kilomètres,  ou 
si  l'on  préfère,  qu'un  aéroplane  vo- 
lant à  trois  cents  kilomètres  à  l'heure 
mettrait  près  d'une  heure  à  couvrir 
la  distance. 

En  passant, sait-on  que  l'auteur  hési- 
tait, initialement  entredeuxtitres:  La 
Bielle  et  Le  Piston?  Une  réclama- 
tion formelle  de  M.  Henry  Bernstein, 
qui  estime  posséder  un  droit  de  pré- 
férence sur  tous  les  mots  de  six 
lettres,  a  décidé  l'auteur  à  raccourcir 
son  titre;  et,  évitant  les  mots  de  cinq 
lettres  qui  auraient  pu  provoquer 
l'intervention  d'un  célèbre  général, 
ou  tout  au  moins  de  ses  ayants-droit, 
il  a  choisi  le  titre  actuel. 
• 

Le  prochain  film  de  M.  de  Marsan 
sera  une  œuvre  âpre,  dure,  sévère, 
où,  une  fois  posés  les  trois  person- 
nages habituels,  la  jeune  fille,  le 
jeune  homme,  l'homme  mûr  —  on 
découvrira  peu  à  peu  que  tous  leurs 
actes  sont  inspirés  par  les  motifs  les 
plus  sordides  et  les  passions  les  plus 
bestiales. 

La  distribution  réserve,  parait-il, 
des    surprises  ;    mais   nous    sommes 


nous  tenus  au  secret   pour  quelques 
jours  encore. 

• 
On  annonce  de  source  presque  cer- 
taine que  M.  Abel  Gance  va,  pour  se 
délasser,  composer  un  film  très  court 
—  treize  ou  quatorze  mille  mètres 
tout  au  plus  —  sur  le  roman  de  Gyp 
intitulé  Le  Friquet.  Le  rôle  du  Fri- 
quet  serait  tenu  par  Mme  Tania  Da- 
leyme. 

• 

Les  critiques  et  directeurs  qui  fré- 
quentent la  Mutualité  ont  constaté 
avec  plaisir  que  le  bar  s'était  rou- 
vert pour  les  présentations.  Le  con- 
cessionnaire a  déclaré  qu'il  était 
absurde  de  faire  marcher  son  éta- 
blissement les  jours  où  tout  le  monde 
est  dans  la  salle  et  de  le  fermer  les 
jours  où  tout  le  monde  est  au  foyer. 

L'inconvénient  —  car  toute  mé- 
daille a  son  revers  —  c'est  que,  dès 
que  l'on  s'est  assis  à  une  table  pour 
faire  sa  correspondance,  un  garçon 
arrive  pour  vous  demander  ce  que 
vous  prenez.  Et  l'on  finit  par  être 
obligé  de  se  réfugier  dans  la  salle  où 
régnent  la  nuit  et  la  solitude  et  où  le 
bruit  de  l'orchestre  trouble  les  con- 
versations. 

• 

Un  auteur  et  critique  qu'il  m'est 
interdit  de  nommer  ici  s'est  demandé 
s  il  était  juste  de  donner  toujours  le 
rôle  actif  aux  êtres  humains  et  le 
rôle  passif  au  cadre,  au  milieu,  qui 
souvent,  au  contraire,  agit  les  per- 
sonnages. 

Son  prochain  film,  inspiré  par  cette 
idée  et  par  les  théories  récentes  sur 
la  relativité  du  mouvement,  mon- 
trera les  personnages  complètement 
immobiles  au  milieu  d'un  décor  mou- 
vant.    - 

Toutefois,  l'interprète  habituelle 
des  œuvres  du  distingué  cinéaste 
hésite,  dans  ses  conditions,  à  se  char- 
ger du  principal  rôle  de  femme.  Il 
est  donc  possible  que  tout  cela  reste 
à  l'état  de  projet  :  ce  serait  véritable- 
ment dommage. 

On  sait  qu'un  de  nos  confrères  a 
ouvert  un  concours  de  distribution 
idéale,  dont  le  thème  consiste  à  dé- 
signer les  interprètes  pour  un  film 
supposé  tiré  d'une  œuvre  connue. 

Une  indiscrétion  nous  a  permis 
d'avoir  connaissance  des  résultats 
pour  deux  des  œuvres  proposées  : 
nous  nous  empressons  de  les  commu- 
niquer à  nos  lecteurs  : 


Britannicus. 

Héron,  M.  Georges  Latines,  désigné 

par  38  votants 
Britannicus,  M.  Mathot,  désigné  par 

37  votants. 
Junie,  Mlle  Huguette  Dullos,  désignée 

par  39  votants. 

Agrippine,  Mlle   Madys,  désignée 
par  36  votants. 

La  faute  de  l'abbé  Mouret. 
L'abbé  Mouret,  M.  Georges  Lannes, 

désigné  par  38  votants. 
Le   frère    Archangias,    M.    Mathot, 

désigné  par  37  votants. 
Albine,  Mlle  Huguette  Duflos désignée 

par  39  votants. 
Désirée,   Mlle    Madys,    désignée    par 

36  votants. 

Cyrano  de  Bergerac. 

Cyrano,  M.  Georges  Lannes,  désigné 

par  38  votants. 
Christian,   M.    Mathot,   désigné  par 

37  votants. 

Le  duc  de  Guiche,  Mlle  Huguette 
Duflos,  désignée  par  39  votants. 

Roxane,  Mlle  Madys,  désignée  par 
36  votants. 

Le  général  Dourakine. 

Le  général  Dourakine,  M.  Georges 
Lannes,  désigné  par  38  votants. 

Le  prince  Romane,  M.  Mathot,  dési- 
gné par  37  votants. 

Nathalie,  Mlle  Huguette  Duflos,  dési- 
gnée par  39  votants. 

Mme  Papovska,   Mlle  Madys,   dési- 
gnée par  36  votants. 
La  cinquième  œuvre  proposée  était 

Faust,  mais  le  concours  a  été  faussé 

du  fait  que  les  participants  ont  tous 

confondu  le  /a/nii/ii.s  Wagner  avec  le 

musicien  du  même  nom. 

• 

Un  éditeur  bien  connu  qui  vient,  à 
peu  près  simultanément,  d'être  dé- 
coré etd  acheter  un  film  aussi  célèbre 
que  désertique,  est  un  causeur 
exquis,  dont  l'érudition  et  l'esprit, 
généralement  dissimulés,  ne  brillent 
que  mieux  par  des  éclats  imprévus. 

Lorsqu  on  lui  a  montré  le  film  pour 
la  première  fois,  il  a  paru  un  peu 
étonné  des  contorsions  faciales  d'une 
des  interprètes.  Puis  au  bout  d'un 
instant,  il  a  dit  —  de  cet  air  de  ne  pas 
y  toucher  que  chacun  connaît  : 

—  Je  comprends.  Elle  a  les  yeux 
hoggars. 

Fox  dl-Encii  aîné. 


V*xx\\\wv\\\\v 


\\\V\\\\V\V\\\\\\\\\\\\\V\X\V\\\\\\\\\\\\\\\XVVV 


C  est  à  partir 

du  6  Janvier  prochain 

qu'il  faudra  aller  voir 


Le  ront  des  Soupirs 


Grand  ciné  roman  en  8  époques 
d'après  l'œuvre  célèbre  de 
MICHEL      ZÉVACO 


Le  premier  film  en  série  à  grande  figuration  et  importante  mise  en  scène 


Publié  par   Cinéma   Bibliothèque 
ÉDITION  TALLAND1ER 


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Allez    ce    soir   dans    les    Cinémas 
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la     délicieuse     comédie 

VERS  le  BONHEUR 


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j&  du    Vendredi     2    au     Jeudi     8     Décembre  M 


THEATRE  du  COLISÉE  ; 

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38,    Av.    des    Champs-Elysées 

Direction  :  P.  MALLEVILLE        Tél.  :  ELYSÉES  29-46 

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TORA     TEJE   ! 

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dans        

VERS     LE  I 
BONHEUR ( 

de  Maurilz  Stiller   : 

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o      o      o  ; 

EVE    FRANCIS 

dans        

FIÈVRE! 

■ 

de  Louis  T)elluc    : 

■ 
O        O        O 

SIGNORET 

dans       

LE    PÈRE 
G  O  R  I  O  T  j 

de  J.  de  ^aroncelli  

■^=.     d'après    ^alzac     = 


Z'  Arrondissement 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des  Italiens.  — 
Louvre  06-99.  —  Un  bébé  s'il  vous  plaît.  —  Cbarlot 
s'évade.  —  Le  Père  Goriot. 

Parisiana,  27.  boulevard  Poissonnière.  —  Gutenberg 
50-70.  —  Le  voleur  détective.  -  Son  plus  grand  amour 
—  Le  chasseur  chasse.  —  En  supplément,  de  10  h.  30  à 
20  li.  30,  excepté  dimanches  et  fêtes  :  L'ineffable  ten- 
dresse. 

Omnia-Pathé.     -    5,    bou'evard   Montmartre. 
Les   trois   mousquetaires,    v   épisode.   —    L'alliance  en 
ballade.  —  Suppléments  non  pas>és  le  dimanche:  Le  sept 
de  trèfle,  12e  et  dernier  épisode.  -   Clianteloûve. 

Electric-Palace  5,  boulevard  des  Italiens.  — 
Voyage  en  France  :  La  Provence  ignorée.  —  La  Maison 
des  pendus.  —  L'enlèvement  de  Bob.  —  En  supplément 
facultatif  :  Rèï-GIiss  policeman. 

3°  Arrondissement 

Pathé-Temple.  —  L'alliance  en  ballade.  —  Les 
trois  mousquetaires,  s»  épisode.  —  Reine-Lumière,  pre- 
mier épisode.  —  Clianteloûve. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel.  —  Les  trois 
mousquetaires,  7-  épisode.  —  L'Orpheline,  s-  épisode.  — 
Le  Porion. 

4'  Arrondissement 

Saint-Paul,    73,   rue    Saint-Antoine.  —  Le  sept  de 
trèlle,  12*  épisode.  —  Heine-Lumière,  premier  épisode. 
Les  Fables  de  La  Fontaine.—  Clianteloûve.  —  Le  Porion. 
5    Arrondissement 

Chez  NOUS,  76,  rue  Moulletard.  —  La  vieille.  — 
Le  crampon.  —  Le  gibus.  —  Le  masque  rouge. 

Cinéma  Saint  Michel.  7,  place  Saint-Michel.  - 
A  14  millions  de  lieues  de  la  Terre.  —  Dudule  à  dada. 


Mésange,  3,  rue  d'Arras.  —  Lui.  .  au  bal  masqué. 

—  Les  trois  mousquetaires,  7-  épisode.  --  Reine-Lu- 
mière. —  Gismonda. 

7'  Arrondissement 

Régina-Aubert-Palace,  IS5,  rue  de  Rennes. 

Voyage  en  France  :  La  Provence  ignorée.  —  La  Maison 

des  pendus.  — Kinelo  scientilique  n°  -'.—  La  folle  gageure 

Les  trois  mousquetaires,  7-  épisode. 

9'  Arrondissement 
Cinéma  Rochechouart,  66,  rue  de  Rochechouart. 

—  Chasse  aux  oui>  blancs  dans  l'Océan  glacial  —  Charlol 
patine.  —  Les  Fables  de  La  Fontaine,  2-  série.  — 
L'Orpheline,  8"  épisode.  —  Comment  on  fabrique  un 
pneu.  —  Sous  la  i  oupole- 

Delta-Palace,  17  bis,  boulevard  Rochechouart.  — 
Tonrnée  Mirabelle,  Loiichon  et  Co.  —  Le  sept  de  trèfle, 
12'  el  dernier  épisode.  —  Les  Fables  de  La  Fontaine, 
2  siiiL  -  Reine-LuiiiK  r:  premier  spisode.  -  La  i  ils 
du  Silence. 

10°  Arrondissement 

Folies-Dramatiques,    40,    rue    de    Bondy. 
Reine-Lumière.    —    Le    Père    (loriot.    —    L'Orpheline, 

s'  épisode. 

Tivoli,    19,  faubourg  du  Temple.  —  Les    Fables  de 
La  Fontaine.  —  Les   trois  mousquetaires,  8*  épisode.  — 
Un  bébé  s'il  vous  plait    —  Sa  dernière  mission. 
11*  Arrondissement 

Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la  Roquette. 

—  Clianteloûve.  —  Les  trois  mousquetaires,  8"  épisode. 

—  Les  jeux  du  destin. 

12e  Arrondissement 
Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —A  travers  la  France  : 
Dan  l'Ain.  —  L'Orpheline,  8-    épisode.  —    Carnaval.   — 
Les  trois  mousquetaires,  81  épisode. 

14e  Arrondissement 

Gaîté.  rue  de  la  Gaîté.  —  Lui.  .  au  bal  masqué.  — 
Les  trois  mousquetaires,  7-  épisode.  —  Les  Fables  de 
La  Fontaine.  —  Gismonda.  —  Chasseur  ch;isse. 

15e  Arrondissement 

Grenelle-Aubert-Palace,  141,  avenue  Emile- 
Zola  (36  et  4.',  rue  du  Commerce).  —  Le  voleur  détec- 
tive. —  La  maison  des  pendus.  —  Les  trois  mousque- 
taires, 7-  épisode.  —  Fatty  portier. 

Grenelle,  122,  rue  du  Théâtre.  —  Lui...  au  bal 
masqué.  —  Les  trois  mousquetaires,  T  épisode.  — 
Les  Fables  de  La  Fontaine.  —  Reine-Lumière,  premier 
épisode.  —  Gismonda. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  115-119, rue  Lecourbe. 

—  Saxe  50-45.  —  A  travers  la  France  :  Dans  la  Bresse. 

—  Les  trois  mousquetaires,  7-  épisode.  —  Une  poule 
mouillée.  —  L'Orpheline,  8-  épisode. 

16"  Arrondissement 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  -  Auteuil  15-40.  — 
Aabisko.  cœnr  de  la  Laponie.  —  La  petite  fée  d'Irlande.— 
Le  coffret  de  Jade.  —  Les  avenlures  de  SherloK  Holmes. 

Mozart-Palace,  49,  5l,  lue  d'Auteuil.  —  Pro- 
gramme du  vendredi  2  au  lundi  5  décembre.  —  Le 
sept  de  trèlle,  12-  et  dernier  épisode.  —  Les  fables  de  La 
Fontaine.  2'  série.  —  Zigoto  douanier  —  Reportage  tra- 
gique. —  Reine-Lumière.  —  Programme  du  mardi  6  au 
jeudi  8  décembre.  —  Chariot  s'évade.—  Les  trois  mousque- 
taires, 8'  épisode.  -    Clianteloûve. 

Maillot-Palace,  74.  avenue  de  la  Grande-Armée. 

—  Programme  du  vendredi  2  au  lundi  S  décembre.  - 
Chariot  s'évade.  —  Les  trois  mousquetaires,  S"  épisode. 
Clianteloûve.  —  Programme  du  mardi  6  au  jeudi  s  ,|é 
cembre.  —  Le  sept  de  trèlle,  12-  et  dernier  épisode.  — 
Les  fables  de  La  Fontaine.  2-  série.    -  Zigoto  douanier. 

—  Reine-Lumière,  premier  épisode.    -  Kepoitage  tragique. 
Théâtre  des  Etats-Unis,  subis,  avenue  Mala- 

kolV.  —  Fridolin  a  bon  cœur.  —  L'Orpheline,  7-  épisode. 

—  L'éternel  féminin.  —  La  Charrette  Fantôme. 

17-  Arrondissement 
Ternes-Cinéma,  5,  avenue  des  Ternes.  —  Wagram 
02-10.   —  Le  Tatout.  —  Robert  Bural.  —  L'Orpheline, 
»■  épisode.  —  Le  Père  Goriot. 


!  GAUMONT-PALACE 

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Un  Grand  Film  Français 

Le  Chef -d 'Œuvre    de  Balzac 

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avec      la     remarquable     interprétation      de 

SIGNORET 

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L'ORPHELINE  :  La  conquête  d'un  héritage 
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Villiers  Cinéma,  21,  rue  Legendre.— Les  fables* 

La  Fontaine.    2-    série.  —   L'Orpheline,    7-    épisode.  — ] 
Son  plus  grand  amour. 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Demours.  —  IleinJ 
Lumière,  premier  épisode.  —  Chariot  s'évade.—  Le  sepU 
de  trèlle,  12*  épisode.  —  Le  Père  Goriot. 

Cinéma  Legendre,  12s,  rue  Legendre.  —  Cli  sse 
à  l'ours  blanc  dans  l'Océan  Glacial.  —  I.  Orpheline, 
7P  épisode.—   Le  sept   de  trèlle,  12-  et  dernier  épisode 

—  Les   fables  de    La   Fontaine,  2'  série.  —   L'adorah'i 
folie. 

Lutetia -Wagram,  avenue  Wagram.  —  Le  priure 
charmant-  —  Les  trois  mousquetaires,  8-  épisode.  - 
La  llamme  du  pompier.  —  L'occasion. 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Le  liitoral 
belge  en  aéronef.  —  Chantelouve.  —  Les  jeux  du  destiq 

—  L'Orpheline,  s-  épisode 

18!  Arrondissement 

Théâtre  Montmartre,  Cinéma  Music-Hall, 
place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43.  —  Nord  49-24.  — 
Jackie  la  petite  foraine.  —  Dudule  à  dada.  —  L 
Mexique.  -  L'Orpheline,  s»  épisode. 

Barbés-Palace,  34.  boulevard  Barbes.  Nord  35-68 

—  Rose  de  Nice.  —  Sept  ans  de  malheur.  —    Les  troii 
mousquetaires    8-  épisode.  —   L'Orpheline,  8-  épisode. 

Palais  Rochechouart,  56,  boulevard  Roche 
chouart.  —  La  maison  des  pendus.  —  Les  trois  mousque 
taires. 8- épisode.—  Sept  ans  de  malheur. 

Le  Select,  8,  avenue  de  Clichy.  —  Les  jeux  du 
destin.  —  L'occasion.  —  L'Orpheline,  8-  épisode. 

Gaumont  Palace,  l.  rue  Caulaincourl.  —  Le  Péri 
Goriot.       L'orpheline,  8-  épisode. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  lio,  rue  .M arcade 
angle  rue  du  Monl-Cenis  .  -  Marcadet  29-81.  I 
Clianteloûve.  —  L'Orpheline,  8-  épisode.  —  l.ts  tmi 
mousquetaires,  s-  épisode. 

19*  Arrondissement 

Secrétan,    7  avenue    Pecrétan.    —    L'alliance    ( 
ballade.  —   Les    trois    mousquetaires.  8*    épisode. 
Les  Fables   de  La  Fontaine.  —  Reine-Lumière,  prenne 
épisode.  —  Clianteloûve. 

Le   Capitule,  place  de  la  Chapelle.  —  L'Orpheline, 
s-épisode.—   Les  Irois  mousquetaires.  8-  épisode.  — 
Père  Goriot. 

Belleville-Palace,  I3n.  boulevard  de  Belleville.J 
Tout  arrive.  —  Les  trois  mousquetaires,  s-  épisode.  | 
Chantelouve.  —  L'Orpheline,  8-  épisode. 

Féerique-Cinéma,  i4C,  rue  de  Bellevillc.  - 
L'Orpheline,  -•  épisode.  —  Le  Porion.  Les  trois 
mousquetaires,  8-  épisode. 

20'  Arrondissement 

Paradis  Aubert  Palace.  42.  rue  de  BelleviUj 

—  Le  scandale  de  Fatty  el  Picratt.  —  Les  trois    mon 
quetaires,  7-  épisode.  -  Sous  les  ponts  de  Paris. 


clnéa 


MM   FILMS  D'AUJOURD'HUI  MM 


Le  Père  Goriot 

Tout  a  été  dit  pour  ou  contre  l'adap- 
tation à  la  scène  d'oeuvres  littéraires 
connues;  quelques  bonnes  raisons 
qu'on  puisse  alléguer  contre,  un  film 
:omme  Le  Père  Goriot  est  un  grand 
exemple  pour.  J'ajoute  d'ailleurs  que 
la  diffusion  de  notre  patrimoine  litté- 
raire par  la  voie  lumineuse  de  l'écran 
présente  un  intérêt  de  premier  ordre 
t  ceci  serait  une  nouvelle  raison 
d'offrir  nos  félicitations  à  M.  de  Ba- 
roncelli 

Il  les  mérite  de  toute  manière  par 
le  soin,  la  conscience  intelligente,  la 
fidélité,  l'érudition  artistique  avec 
lesquels  il  a  composé  son  œuvre.  Il  y 
a  diverses  manières  de  procéder  à 


une  telle  transcription;  celle  de  M.  de 
Baroncelli  est  par  enveloppement 
plutôt  que  par  pénétration,  statique 
plus  que  dynamique.  Les  noms  des 
acteurs  indiquent  par  avance  la  va- 
leur de  l'interprétation;  tous,  dans  la 
réalisation  de  l'œuvre  commune,  se 
montrent  dignes  d'eux-mêmes  et  du 
maître  du  jeu . 

• 
L'Aventure  du  D  Works. 

Un  chirurgien,  en  train  d'opérer  sa 
femme  grièvement  blessée,  la  quitte 
pour  répondre  a  l'appel  de  sa  mai- 
tresse,  la  laisse  mourir  faute  de 
soins.  Le  fantôme  de  l'assassinée  con- 
tinue à  hanter  la  chambre,  dont  il 
empêche  que   nul  ouvre  la  porte  et 


Une  aes  plus   savoureuses   images   persanes 
composées  par  Léon  Poirier  dans   Le  Coffret  de  Jade. 


l'iioid  (liimiinnl 


cette  Porte  close  forme  le  sujet  et  le 
titre  du  roman  dont  est  tiré  le  film  de 
M.  Saidreau.  Je  n'ai  pas  lu  ce  roman, 
mais  je  conçois  que,  d'une  telle  don- 
née, M.  Francheville  ait  pu  tirer  de 
langoisse,  de  l'émotion.  Cette  don- 
née était-elle  cinématique?  J'en  suis 
moins  sûr.  L'écran  peut  difficilement 
marquer  la  différence  entre  la  porte 
qui  ne  s'ouvre  pas  parce  qu'il  y  a  un 
fantôme  derrière,  et  celle  dont  la  ser- 
rure est  simplement  rouillée. 

L'effet  ne  résultera  donc  pas  direc- 
tement de  l'image  :  il  faudra  un  com- 
mentaire. Encore  convient-il,  si  l'on 
veut  que  cet  effet  atteigne  un  maxi- 
mum, de  le  préparer  longtemps  a 
l'avance,  de  faire  de  cette  porte  une 
obsession.  Il  semble  que  le  cinéaste 
y  ait  songé  :  au  début  du  film  lorsque 
les  époux  se  séparent  à  jamais,  une 
porte  se  ferme  :  est-ce  celle  de  la 
chambre?  Il  faudrait  que  ce  fût  celle- 
là,  et  si  c'est  bien  celle-là,  il  convien- 
drait de  le  souligner,  de  le  rappeler 
par  la  suite  (à  noter  que  c'est  un  des 
meilleurs  passages  du  film  et  des 
plus  émouvants). 

Plus  tard,  nous  voyons  la  porte 
de  la  chambre  où  l'épouse  est  morte 
se  rouvrir,  sans  incident,  pour  lais- 
ser passer  une  servante  :  nous  n'y 
songions  plus.  D'ailleurs  notre  atten- 
tion est  lancée  sur  une  autre  piste  : 
les  amants  coupables  vont  à  Saint- 
Moritz  (Luge,  ski,  neige)  le  fantôme 
se  matérialise  aux  yeux  de  l'époux 
assassin  (cet  épisode  qui  devrait  pro- 
duire quelque  effet,  laisse  assez 
froid  :  il  est  vrai  de  dire  que  la  Char- 
rette fantôme  nous  a  rendus  exi- 
geants en  matière  d'apparitions!)  A 
partir  de  ce  moment,  nous  nous  at- 
tendons, à  chaque  instant,  à  revoir 
ce  fantôme  :  va-t-il  s'asseoir  sur  le 
siège  du  traîneau  ?  Pas  du  tout.  Une 
conversation  de  cabaret  nous  fait 
connaître  enfin  l'histoire  de  la  porte 
close  (c'est  par  là  qu'il  aurait  fallu 
commencer,  bien  plutôt  que  par  la 
conversation  de  clinique,  qui  a  tort 
de  rappeler  Le  renseur)  et  la  catas- 
trophe finale  trouble,  émeut,  mais 
par  des  procédés  de  suspension  dra- 
matique et  non  par  la  vertu  de 
l'image. 


cinéa 


L'interprétation  du  film  est  intéres- 
sante, sans  être  parfaite.  M.  Hervé 
joue  8céniquement  et  romantique- 
ment  le  rôle  du  chirurgien  assassin; 
l'épouse  assassinée  est  personnifiée, 
dans  une  note  beaucoup  plus  ciné- 
matique, par  Mlle  Rouslana.  Il  y  a 
des  recherches  curieuses  de  lumière 
et  de  prises  de  vues,  mais  aussi 
quelques  trous,  et  cette  facilité  à  se 
contenter  d'à-peu-près  qui  gâte  beau- 
coup de  films  français,  originaux  de 
donnée  et  de  réalisation. 


La  bague  tragique. 

Le  parti  d'enlacer  deux  actions  qui 
présentent  quelque  rapport  entre 
elles,  bien  que  se  passant  à  des 
époques  différentes,  ne  constitue  pas 
plus  un  sujet  que  celui,  par  exemple, 
de  montrer  à  la  fois  un  personnage 
et  son  reflet  dans  une  glace  n'est  une 
image  :  ce  sont  là  simplement  des 
modes  de  présentation  qui  peuvent 
accroître,  faire  ressortir  l'intérêt 
propre  du  sujet  ou  de  l'image,  mais 
non  le  créer.  En  d'autres  termes,  si 
un  d ''a  me  contemporain  est  en- 
nuyeux,   faux,    invraisemblable,    ce 


J 

^^.:mmW     ' 

JEAN  HERVE 

Cliché  l'ari>ia-l 

ilin 

dans  L'EU 

ange  Aventure  du   Docti 

;//•    Works 

LE  PERE  GORIOT  cWhé  A.  G.  c 

Mme  de  Restaud  (Claude  France)  obtient  de   son  invraisemblable 
père  (Signoret)  la  promesse  de  lui  abandonner  ses  derniers  trésors. 


n'est  pas  en  le  doublant  d  un  drame 
antique  qui  en  sera  comme  l'ombre 
qu'on  l'améliorera. 

Cette  constatation  s'applique  exac- 
tement au  film  dont  Gladys  Brock- 
well  —  avec  le  talent  honorable  et 
sympathique  que  nous  lui  connais- 
sons tous  —  incarne  l'héroïne  ;  l'on 
peut  ajouter  que  le  procédé  employé 
pour  dénouer  l'imbroglio  mérite 
l'épithête  de  ficelle;  et  c'est  même 
une  ficelle  tellement  employée  qu'elle 
en  est  effilochée,  prête  à  casser  au 
premier  jour.  On  a  d'ailleurs  l'im- 
pression que  ce  film  ne  date  pas 
d  hier;  la  manie  de  ces  éclairages  in- 
tensifs qui  transforment  tout,  per- 
sonnages et  décors,  en  silhouettes  de 
carton  découpé,  commence  à  être 
terriblement  démodée. 

• 
Satan. 

Un  savant,  dont  j'ai  des  raisons 
particulières  de  me  rappeler  les  tra- 
vaux a  écrit,  voici  quelque  quarante 
ans,  une  étude  sur  la  prétendue  ir- 
responsabilité des  criminels  alcoo- 
liques ou  aliénés  :  sa  thèse  me  reve- 
nait à  l'esprit  en  suivant  l'intéres- 
sant film  extrait  du  roman  de  Gou- 
verneur Morris,  ainsi  d'ailleurs  que 
le  mot  du  personnage  de  Tristan 
Bernard  qui  déclarait  avoir,  à  l'âge 
de  seize  ans  et  par  suite  d'une  chute 


cinéa 


de    cheval,    perdu    toute    espèce    de 

i  sens  moral. 

Nous  n'avons  heureusement  pas  à 
nous  préoccuper  des  problèmes 
éthiques  ou  psychiatriques  posés  à 
l'occasion  de  ce  film,  mais  seulement 
du  film  lui-même.  Il  est  dominé,  de 
manière  peut-être  écrasante,  par  le 

i  personnage  du  redoutable  cul-de- 
jatte  qu'incarne  Lon  Chaney,  et  qui  a 
fait  la  réputation  de  cet  artiste.  En 
dehors  de  la  difficulté  matérielle  et 
du  courage  physique  que  représente 
la  réalisation  d'un  tel  rôle,  il  faut 
rendre  justice  à  ce  visage  dont  la 
laideur  puissante,  impressionnante, 
arrive  à  faire  naître  un  véritable  ma- 
laise. Et  jamais  le  personnage,  ainsi 
qu'il  arrive  trop  souvent  aux  traîtres 
de  film  ne  tourne  au  ridicule.  Notons 
à  cet  égard  la  scène  où  Blizzard, 
hissé  sur  la  table  de  travail,  terrorise 
les  jeunes  filles  rassemblées  dans  son 
harem-atelier. 

La  réalisation,  dans  une  mise  en 
scène  très  minutieuse  et  très  soignée 
est  fort  simple  et  directe;  l'absence 
de  recherches  d'éclairage  et  de  nota- 
tions originales  frappera  d'ailleurs 
les  spécialistes  plus  que  le  public. 
Les  mouvements  de  foule,  les  scènes 
d'ensemble  paraissentun  peumaigres 
et  produisent  à  coup  sûr  moins 
d'effet  que  les  jeux  de  physionomie 
du  protagoniste.  Ethel  Grey  Terry 
seconde  bien  Lon  Chaney,  dans  un 
rôle  dont  la  psychologie  n'est  guère 
qu'indiquée. 


La  première  et  la  dernière 
création    cinématographique 

du  célèbre  clown  FOOTITT. 
«  l'homme  au  chapeau  gris  » 
dans  Fièvre,  qui  eût  été  pour 
lui  le  commencement  d'une 
brillante  série  si  la  mort 
n'avait  interrompu  sacarrière 
de  grand  artiste. 

(CLICHÉ  C.  I.) 


EVE  FRANCIS  et  VAN  DAELE, 
deux  de  nos  meilleurs  interprètes 
dramatiques  de  l'écran  ont  trou- 
vé dans  hfevre  l'occasion  de 
prouver  leur  talent,  leur  goût, 
leur  puissance  d'émotion. 

(CLICHK  FILMS  ARTISTIQUES) 


cinéa 


Perez  le  Cruel 

Sbip  me spmcwberes  <-<m/  of  Sueç,  vxljere  tbc 
\bcst  islike  tbc  worsl, 

Wberc  tberc  arcn't  no  ten  c^mmanàmenh 
\an'a  d  m, m  cm  raise  a  ibirst... 

Sans  aller  très  loin  à  L'est  de  Sue/., 
on  trouve  Aden,  un  rocher  brûlé  par 
le  .soleil,  sans  eau  ni  végétation,  où 
le»  nécessités  du  commerce  et  de  la  po- 
litique impériale  retiennent  quelques 
centaines  d'anglais,  y  compris  les 
femmes  et  les  petits  enfants.  Suivant 
la  formule  de  Kipling,  les  dix  com- 
mandements y  sont  passablement 
négligés,  notamment  le  sixième  et  le 
huitième,  sur  lesquels  on  s'assied  — 
et  même  on  se  couche  —  assez  cou- 
ramment. Le  côté  ardent,  passionné 
delà  vie  coloniale  a  été  peint  de  ma- 
nière vivante  par  une  femme,  qui 
signe  du  nom  de  Dolfe  Wyllarde  des 
romans  situés  dans  les  colonies  an- 
glaises, et  qui   rappellent  un  peu   la 


couleur  des  premières  nouvelles  de 
Kipling.  L'un  d'entre  eux  se  passe 
précisément  à  Aden  qui,  renommé 
Exile,  fournit  le  titre  du  livre;  il 
brûle  de  toute  l'ardeur  du  ciel  impla- 
cable, tles  rochers  calcinés,  des  cœurs 
et  des  corps  affolés  de  désir,  et  1  on 
en  tirerait  un  film  splendide,  où  le 
grand  pic  dénudé  jouerait  le  rôle  de 
décor-acteur,  et  que  traverserait  une 
ligure  de  femme  digne  du  talent  de 
Norma  Talmadge  ou  d'Elsie  Kergus- 
son. 

(Le  geste  par  lequel  Claudia  Eve- 
rard,  en  posant  sur  une  table  la  clef 
de  sa  chambre,  annonce  qu'elle  se 
livre  à  l'homme  qu'elle  aime,  et  qui 
croit  qu'elle  le  hait,  est  un  des  effets 
les  plus  cinématiques  que  j'ai  lus). 

Hélas!  Le  film  a  été  fait,  virginibua 
puerisque;  tout  y  est  doux,  bénin  et 
gracieux;  la  clef  n'a  plus  besoin  de 
quitter  la  serrure;  Claudia  Everard 
a  changé  de  nom,   de  nationalité  et 


d'âme  :  encore  une  fois  les  ciseaux 
d'un  confectionneur  ont  mutilé,  châ- 
tré une  œuvre  forte  et  vivante. 

Après  tout,  c'est  mon  seul  grief  :  ce 
qu'on  aurait  pu  faire.  Ce  qu'on  a  fait 
se  tient;  le  film  est  bon  —dans  son 
genre  —  Olga  Petrova  est  fort  belle; 
et  comme  il  est  peu  probable  que 
vous  ayez  lu  Exile,  ou  que  vous 
soyez  obsédé  par  la  vision  du  pic  cal- 
ciné, des  rochers  rougeâtres,  de 
l'image  de  sécheresse,  de  fièvre,  d'in- 
cendie qu'est  Aden,  vous  aurez  toutes 
chances  de  passer  en  l'allant  voir  une 
agréable  soirée. 

• 
Fièvre. 

La  Méditerranée  est  la  première 
mer  qu'aient  sillonnée  les  barques 
des  commerçants,  des  guerriers  et 
des  pirates  (cette  division  du  travail 
étant  d'ailleurs  relativement  récente! 
et  c'est  sur  ses  bords  qu'est  né  tout 
d'abord   cet   organisme   étrange    qu 


SATAN 
Lon  Chaney  (Blizzard)  a  l'ail  une  composition  extraordinaire  de  pittoresque 
cl  de   rigueur  dans  ce   film   émotionnarit  qui  ne  ressemble  a  aucun  autre. 


i  lu-lie  Erka 


cinéa 


s'appelle  le  port  ou  l'escale.  Réduit  à 
ses  éléments  essentiels  —  allez  voir 
par  exemple  Santi  Quaranta  sur  la 
côte  d'Epire  —  il  comprend  le  comp- 
toir et  le  lupanar.  Grossi,  doublé 
d'une  ville,  c'est  Marseille  ou  Gènes. 
Mais  toujours  les  deux  fonctions  pri- 
mordiales sont  le  commerce  et  la 
prostitution  ;  sitôt  le  navire  à  quai,  le 
subrécargue  se  dirige  vers  les  comp- 
toirs des  négociants  et  l'équipage 
vers  les  bouges  des  bas  quartiers. 

C'est  qu'il  leur  faut  du  plaisir,  et 
tout  de  suite.  Ils  ont  risqué  leur  vie, 
mené  une  existence  dure,  claustrale, 
violente,  pendant  des  semaines  ou 
des  mois;  tout  cela  mérite  une  com- 
pensation. Et,  au  débarqué  de 
chaque  bateau,  des  femmes,  partout 
les  mêmes,  car  les  invasions,  la  pira- 
terie et  les  voyages  ont  unifié  les 
races  riveraines,  attendent  les  mate- 
lots, prêtes  à  inventorier  leurs  sacs. 

Ce  sont  là  des  joies  rapides,  som- 
maires, sans  raffinements  et  sans 
nuances.  Et  si  les  désirs  se  heurtent, 
le  conflit  sera  bref,  violent,  inarti- 
culé, tout  en  regards,  en  gestes,  com- 
mençant par  la  bourrade,  s'achevant 
vite  par  le  meurtre. 

Mais  le  port  n'est  pas  qu'une  escale, 
c'est  aussi  une  porte,  par  laquelle 
pénètrent,  a  travers  laquelle  s'aper- 
çoivent des  peuples  étranges  et  di- 
vers.   Et,  comme   dans   les   vers   de 


Henri  Heine,   les  énumérations    des 
géographies  se  matérialisent  : 

Au    bord  du   Gange,  à  l'ombre  des  arbres 

[géants, 
Drs  hommes  beaux  et  graves  adorent  la  fleur 

[du  Loi its. 

A  leur  tour,  ces  échantillons  hu- 
mains regardent  la  rive  pour  eux 
étrangère.  Tout  ne  leur  est  point  nou- 
veau, mais  presque  tout  leur  est  hos- 
tile. Ce  qu'ils  sentent,  nous  ne  pou- 
vons guère  nous  en  rendre  compte. 
Peut  être  leur  âme  dépaysée  rêve-t- 
elle de  la  Fleur  du  Lotus;  mais  elle 
garde  son  secret  aussi  fidèlement  que 
l'âme  rudimentaire  des  guenons  et 
des  cacatoès  que  les  matelots  rap- 
portent, perchés  sur  leur  épaule,  ce- 
pendant que  derrière  eux,  marche  la 
congaï  docile  et  mystérieuse. 

Telle  est  l'atmosphère  où  se  situe 
Fièvre  et  d'emblée,  on  voit  que  le 
drame  doit  être  simple,  rapide,  di- 
rect, mais  laisser  entrevoir  des  ar- 
rière-plans infinis  de  rêves  et  d'asso- 
ciations d'idées. 

L'interprétation  en  est  admirable, 
chacun  des  acteurs  apportant  quelque 
chose  de  personnel,  de  riche  et  de 
profond.  Mme  Eve  Francis  fait  vivre 
le  type  éternel  de  la  femme  vers  qui 
revient  le  matelot;  mais  elle  donne  à 
cet  être  d'une  vérité  générale  une 
âme  individuelle  forte,  passionnée, 
un  geste  sobre  et  émouvant.  Van  Daële 


semble  sortir  de  la  brume  d'Islande  ; 
avec  ses  yeux  rêveurs,  il  apparaît 
nostalgique,  presque  dépaysé  dans 
la  fumée  du  bouge;  mais  lorsqu  on 
en  viendra  aux  coups,  ce  sera  le  Her- 
serkr  ivre  de  sang.  Elena  Sagrary, 
puérile,  est  énigmatique  avec  ce  mé- 
lange émouvant  de  douceur  et  de  du- 
reté que  les  slaves  nous  apportent 
d'Asie.  Modot  est  un  inimitable  requin 
de  terre,  un  patron  de  bouge  au  re- 
lief saisissant,  terrible.  Je  voudrais 
nommer  tous  les  autres  interprètes, 
car  aucun  n'est  indigne  de  tels  chefs 
de  file;  je  les  louerai  tous  en  la  per- 
sonne du  meneur  du  jeu,  dont  ils  ont 
suivi  l'impulsion  ardente,  la  volonté 
île  réalisation.  Même  un  étranger  au 
métier  sent  que  ce  film  n'est  pas  la 
patiente  juxtaposition  de  bandes 
méthodiquement  tournées,  mais  une 
œuvre  vivante,  organique,  conçue 
d'un  seul  jet  et  exécutée  par  une 
troupe  dont  l'âme  collective  était  en- 
traînée d'un  même  élan. 

En  écrivant  ceci,  en  retrouvant 
dans  mon  souvenir  le  rythme  brû- 
lant de  la  présentation,  je  me  sens 
pris  moi-même  ;  les  cinq  ou  six  cri- 
tiques de  détail  que  j'avais  notées 
s'évaporent,  s'évanouissent.  La  fièvre 
se  mesure  au  battement  du  pouls  ; 
elle  ne  s'analyse  et  ne  se  dissèque 
pas. 

Lionel  Landry. 


L'O  PERATEUR 


ET  LUI   AUSSI,    IL    EST   PEINTRE   !. 


Je  ne  vous  apprendrai  rien  en  vous 
disant  que  l'on  commence  sur  toute 
la  terre,  et  même  en  France,  à  com- 
prendre que  le  cinéma  sera  un  art. 
La  photo  animée  devient  la  cinégra- 
phie.  La  cinégraphie  devient  un  art, 
encore  torturé  par  d'affreuses  diva- 
gations et  d'inévitables  spasmes  révo- 
lutionnaires, mais  enfin  un  art  qui, 
dans  peu  d'années,  s'imposera  à  côté 
des  autres  moyens  d'expression 
comme  la  peinture,  le  livre,  la  sculp- 
ture, la  musique,  et  continuera  sûre- 
ment à  les  supplanter  dans  la  faveur 
universelle,  puisqu'il  a  cette  force 
supérieure  d'être  la  seule  langue 
universelle,  la  seule  forme  d'expres- 
sion universelle,  la  seule  tribune 
universelle. 

Loin  de  nous  l'idée  de  condamner 
ceux  qui  trop  longtemps  n'ont  vu 
dans  le  cinéma  qu'un  moyen  original 


d'enregistrer  des  images.  C'est  à  eux 
que  nous  devons  de  savoir  que  la 
machine  à  pellicule  est  un  atelier 
d'art. 

On  est  volontiers  disposé  à  penser 
que  le  développement  de  cette  lumière 
nouvelle  a  suivi  la  courbe  normale. 
Et  quand  vous  assistez  à  un  film  d'in- 
trigue dramatique,  vous  le  considé- 
rez certainement  comme  le  perfec- 
tionnement des  temps  pas  très  anciens 
où  les  cinématographistes  brodaient 
de  hâtives  variations  sur  les  vieux 
mélodrames  ou  les  romans  de  cape 
et  d'épée. 

Permettez-moi  de  penser  qu'il  en 
va  autrement. 

Pendant  que  d'ingénieux  industriels 
démarquaient  le  répertoire  théâtral 
ou  romanesque,  ils  ne  savaient  pas 
ce  qu'ils  faisaient.  D'autres  n'avaient 
pas  plus  qu'eux  conscience  de   tra- 


vailler à  un  édifiée  nouveau,  mais 
faisaient  œuvre  plus  sûre.  Et  ces 
artisans-là,  c'étaient  ceux  qui  s'atta- 
chaient uniquement  aux  dons  d'en- 
registrement que  possède  le  cinéma. 
Les  opérateurs  obscurs  qui  continuè- 
rent leur  apprentissage  uniquement 
photographique  ont  fait  beaucoup 
plus  pour  la  synthèse  visuelle  de  cet 
art  de  demain  que  les  traducteurs 
turbulents  d'une  dramaturgie  élimée. 
Enregistrer  des  images,  mon  Dieu, 
vous  avez  tous  fait  ça,  et  les  millions 
d'instantanés  que  vous  cueillez  d'un 
kodak  ingénu  pendant  vos  vacances 
vous  ont  appris  l'aisance  et  le  charme 
du  rôle  d'enregistreur.  Et  quand  vous 
voyez  à  l'écran,  entre  deux  comédies 
sentimentales,  les  actualités  de  la 
semaine  vous  n'éprouvez  aucun  res- 
pect. Les  funérailles  marchent  d'un 
pas  saccadé,  les  coureurs  à  pied  vous 


0 


cinea 


font  de  la  peine  avec  leur  respiration 
épuisée.  Le  Président  de  la  Républi- 
que inaugure  trop  de  premières  pier- 
res, clame  trop  de  discours,  embrasse 
trop  d'honorables  fonctionnaires  pé- 
trifiés d'humilité.  Je  ne  peux  certes 
pas  vous  empêcher  d'assimiler  ces 
petits  faits-divers  à  la  parodique 
exagération  des  revues  de  café-con- 
cert. Vous  me  direz  qu'il  n'y  a  pas 
de  couplets  au  cinéma.  Il  y  a  La 
Marche  funèbre  de  Chopin  et  la  Ma- 
delon  de  la  Victoire,  et  c'est  très 
suffisant. 

Cependant  à  côté  de  cela.il  y  a  des 
merveilles. 

Il  y  a  ces  petits  films  de  quelques 
minutes  qu'on  appelle  des  documen- 
taires. Pensez,  par  exemple,  au  plai- 
sir d'art,  disons-le,  que  vous  ont 
causé  des  visions  de  fleurs,  d'ani- 
maux, d'usines  même  notées  par  le 
cinéma.  Des  essais  de  couleur  ont 
grandi  l'intérêt  de  certains  aperçus 
botaniques.  On  n'estpas  arrivé  encore 
à  des  résultats  précis,  mais  si  vous 
songez  que  les  peintres  triturent  la 
couleur  depuis  trois  ou  quatre  mille 
ans  et  cherchent  encore  les  secrets 
du  prisme,  vous  accorderez  quelque 
indulgence  aux  badigeonneurs  de 
plantes  photographiées,  vous  savez, 
ces  lys  géants  ou  ces  roses  masto- 
dontes qui  éclosent  devant  nous  en 
trente  secondes  comme  un  feu  d'arti- 
fice brutal  et  parfois  comme  le  vol 
des  jupes  multicolores  de  la  Loïe 
Fuller.  Ces  petites  folies  représen- 
tent tout  de  même  un  large  champ 
d'étude. 

Avouez  aussi  que  lorsqu'on  vous 
a  montré  la  vie,  les  mœurs,  la  mort 
d'insectes  extravagants,  de  pachy- 
dermes compacts,  d'animaux  de 
basse-cour,  vous  avez  été  souvent 
étonnés,  comme  si  vous  les  voyiez 
pour  la  première  fois.  Des  phéno- 
mènes de  muséum  ou  de  jardins  zoo- 
logiques vous  ont  stupéfié.  Les  créa- 
tures domestiques  vous  ont  boule- 
versé plus  d'une  fois.  L'écran  vous 
a  souligné  le  caractère,  le  style,  la 
ligne  de  bêtes  familières.  Un  chat, 
un  âne,  un  chien,  un  ours,  un  serpent 
se  révèlent  pour  ainsi  dire  synthé- 
tisés au  cinéma. 

Et  que  dire  de  ce  que  leur  ajoute 
cette  invention  extraordinaire  du 
ralentisseur  ?  Vous  avez  vu,  en  riant 
parfois,  et  parfois  aussi  avec  je  ne 
sais  quelle  émotion,  cette  décompo- 
sition du  rythme  musculaire  d'un 
cheval  qui  saute,  d'une  biche  qui 
fuit,  d'un  oiseau  qui  se  pose.  Les 
hommes  ont  dans  cette  analyse  d'ima- 


ges une  grâce  que  nous  ne  leur  soup- 
çonnions pas.  L'exemple  le  plus 
merveilleux  est  celui  du  plongeur 
dont  les  élans,  la  coupe,  le  mouve- 
ment, pris  au  ralenti,  réalisent  une 
suite  incomparable  d'attitudes  enve- 
loppées d'une  écume  légère  et  solen- 
nelle comme  une  neige  interminable. 

Les  essais  dont  le  seul  poète  est  un 
opérateur  photographe  ont  souvent 
une  étrange  valeur  picturale.  L'ar- 
tisan qui  les  compose  est  un  créateur 
dans  le  genre  des  sculpteurs  anony- 
mes qui  œuvraient  les  temples  an- 
ciens ou  les  cathédrales  du  moyen- 
âge.  Ils  ne  songent  qu'à  tirer  une 
forme  de  la  matière.  C'est  ainsi  que 
l'ouvrier  trouve  le  chemin  de  l'art. 

Le  domaine  documentaire  du  ciné- 
ma est  infini.  Je  regrette  qu'on  en 
use  aussi  mal.  Que  de  fois,  un  com- 
mencement de  programme  vous  pro- 
mène au  soleil  d  horizons  lointains, 
L'Egypte,  la  Chine,  la  Patagonie,  le 
Pôle,  il  n'est  pas  un  point  géogra- 
phique qui  n'ait  reçu  la  visite  de 
l'appareil  de  prise  de  vues.  Pourquoi 
ces  voyages  éblouissants  ne  durent- 
ils  jamais  plus  de  dix  minutes?  Je 
n'en  sais  rien  Je  l'ai  demandé  aux 
directeurs  de  cinéma,  ils  m'ont  assuré 
que  le  public  ne  pouvait  supporter 
qu'une  comédie  ou  un  drame  et  que 
si  on  vous  conviait  à  voyager  une 
heure  en  Espagne,  au  Japon  ou  au 
Pérou,  vous  vous  enfuiriez.  Le  succès 
que  l'on  a  fait  à  des  films  comme 
L'Expédition  Shackleton  ou  La  vie 
sons-marine  des  frères  Williainson 
m'empêche  de  croire  ces  affirma- 
tions, Je  persiste  à  penser  que  vous 
consentirez  â  voir  des  gens  et  des 
choses  que  vous  ne  connaissez  pas 
même  si  Judex  et  Monte-Cristo  ne 
sont  pas  du  voyage. 

L'appareil  cinématographique  a 
d  ailleurs  voyagé  partout.  Vous  sou- 
vient-il d'une  certaine  «  odyssée  d'un 
transport  convoyé  par  des  torpil- 
leurs »  qui  parut  il  y  a  quelque  trois 
ans.  On  y  voyait  une  tempête  désor- 
donnée, notée  avec  une  précision 
aussi  artiste  que  les  tempêtes  admi- 
rables des  livres  de  Joseph  Conrad  : 
Le  typhon  ou  Le  Nègre  du  Narcisse- 
Mais  la  littérature  n'y  était  pour 
rien  et  personne  même  n'eut  envie 
de  dire  que  c'était  presque  aussi  bien 
qu'au  Châtelet. 

Comme  j'aimerais  qu'un  apprenti 
metteur  en  scène  commençât  tou- 
jours par  ce  travail  en  marge!  Voir, 
disent-ils,  tout  est  là.  Oui,  mais 
apprendre  à  voir,  voilà  le  grand  se- 
cret.  Et  voilà  le   grand  appoint  des 


modestes  ouvriers  de  l'écran,  les  opé- 
rateurs. Certainement,  le  cinéma  part 
de  la  nature,  comme  tous  les  arts,  il 
doit  interpréter  la  nature  et  la  styli- 
ser et  la  recréer  sous  un  angle  visuel 
nouveau. 

La  grande  erreur  des  Italiens  et 
de  beaucoup  de  Français  fut  de  vou- 
loir faire  collaborer  à  leurs  œuvres 
la  nature  toute  entière  sous  forme 
de  paysages.  Vous  avez  vu  et,  je  le 
crains  bien,  vous  verrez  encore  les 
brunes  héroïnes  aux  yeux  pâmés  qui 
couchées  à  midi  et  en  robe  du  soir 
sur  une  terrasse  florentine  contem- 
plent avec  de  puissants  soupirs  l'ho- 
rizon lumineux  des  collines  italien- 
nes. Oh  T  ce  n'est  pas  tellement 
désagréable  à  regarder.  Et  il  arrive 
qu'on  applaudit.  Mais  quand  vous 
recevez  une  belle  carte  postale  de 
Naples  ou  de  Taormine,  vous  êtes 
enchantés  aussi,  et  vous  admirez, 
vous  savourez,  vous  dégustez  le 
paysage  si  tentant.  Avouez  cepen- 
dant que  la  carte  postale  en  question 
a  bien  des  chances  de  finir  au  panier. 
Un  pa\sage  de  Corot,  de  Courbet,  de 
Claude  Monet  ne  finira  pas  au  panier. 
Vous  me  direz  que  la  carte  postale 
vaut  quinze  centimes  et  que  la  toile 
est  négociable  à  cinquante  mille, 
voire  à  cent  mille  francs.  Mais  à  sup- 
poser que  votre  goût  personnel  n'es- 
time pas  à  cent  mille  francs  un 
tableau  dont  les  frais  de  toile,  cou- 
leur et  cadre  ne  dépassent  pas  posi- 
tivement trois  ou  quatre  louis,  c'est 
le  vœu  d'une  majorité,  ou  plutôt 
d'une  minorité  supérieure  qui  a  trans- 
formé ces  quatre  louis  de  toile  et  de 
couleurs  en  monument  de  cent  mille 
francs.  L'art  s'est  imposé.  Le  pa3rsage 
de  la  carte  postale  est  peut-être  le 
même  que  celui  du  peintre.  Mais 
celui  du  peintre  a  un  sens.  Ce  n'est 
pas  de  la  photographie.  Et  le  cinéma 
n'est  pas  de  la  photographie.  Le 
cinéma  est  de  la  peinture  animée. 

Il  est  curieux  que  cette  distinction 
ne  nous  vienne  pas,  à  proprement 
parler  des  artistes  du  cinéma,  mais 
de  ses  ouvriers,  et  que  ce  soit  vrai- 
ment les  photographes  qui  nous  ont 
appris  à  être  peintres.  C'est  curieux, 
mais  reconnaissez-le,  bien  simple. 
Avoir  commencé  par  de  grandes 
œuvres  est  la  preuve  d'une  incons- 
cience aimable.  Les  premiers  hommes 
qui  ont  soufflé  dans  une  corne  d'au- 
roch  ou  tapé  sur  une  casserole  pri- 
mitive ne  peuvent  passer  pour  de 
véritables  compositeurs.  La  sympho- 
nie est  née  plus  tard. 

Louis  Delluc. 


cinea 


PETITS 

PORTRAITS 


a   LE    TONNERRE    a 


Maë  Murray. 

Bruissement  de  soie  mordorée.  Pou- 
pée anglaise  très  savante.  Un  éeueil 
sous  un  lac  bleu  et  limpide.  Les  feux 
d'un  diamant.  Petit  chat  blanc  effa- 
rouché. 

• 
Pina  Menichelli. 

Amazone  noire  sur  escalier  de  mar- 
bre blanc.  Un  dahlia  rouge.  Un  paon. 
Statue  inachevée. 

• 
Lilian  Gish. 

Une  petite  oie  perdue  sur  la  route. 
Robe  du  dimanche  empesée.  Petite 
faveur  précieuse.  Sourire  de  poupée 
cassée.  Une  pâquerette. 

• 
William  Hart. 

L'Himalaya.  Un  jaguar  aux  aguets. 
Cigarettes  fortes.  Le  simoun  dans  le 
désert.  Œil  de  lynx. 

• 
Eve  Francis. 

Un  lys  noir.  Deux  yeux  dans  l'om- 
bre. Lionne  amoureuse.  Taches  de 
sang  sur  le  sable.  L'épée  de  Damo- 
clès. 

• 
Victor  Sjostrom. 

Un  chêne.  Une  tempête  en  mer. 
Océan  glacial.  Un  château  féodal 
surplombant  un  abîme. 

Mary  Miles. 

Sourires.  Un  rayon  de  soleil  jouant 
sur  des  saphirs  pâles  Tartine  au 
miel.  Blondeur  des  blés.  Sourires. 

• 
Frank  Keenan. 

Vieux  singe  très  affectueux.  La 
Tamise.  Odeur  de  pipe  à  la  veillée. 
Brouillard  de  Londres.  Une  forêt  en 

hiver. 

O 

Emmy  Lynn. 

Une  harpe  pleure  au  lointain.  Voile 
de  gaze  perlée.  Un  cri  dans  la  nuit. 
Cyclamen. 

Stacia  Napierkowska. 

Danse  lascive.  Un  cygne  noir.  Par- 
fum de  musc  et  d'ambre.  Coussins 
d'or  sur  divan  noir.  Cléopâtre.  Pan- 
thère aux  yeux  de  velours. 

• 
Douglas  Fairbanks. 

Un  bouchon  de  Champagne  qui 
saute.  D'Artagnan.  Cheval  d'ébène 
indompté.  Un  coup  rt'épée  ironique. 
Un  feu  d'artifices. 


Oui,  Monsieur,  continua  M.  Mac 
Williams  —  car  il  parlait  depuis  un 
moment  —  la  crainte  du  tonnerre  est 
une  desplus  désespérantes  infirmités 
dont  une  créature  humaine  puisse 
être  affligée.  Elle  est  en  général  limi- 
tée aux  femmes.  Mais  parfois  on  la 
trouve  chez  un  petit  chien,  ou  chez 
un  homme.  C'est  une  infirmité  spé- 
cialementdésespérante.par  la  raison 
qu'elle  bouleverse  les  gens  plus 
qu'aucune  autre  peur  ne  peut  le  faire, 
et  qu'il  ne  faut  pas  songer  â  raison- 
ner avec,  non  plus  qu'à  en  faire  honte 
â  celui  qui  l'éprouve.  Une  femme  qui 
serait  capable  de  regarder  en  face  le 
diable  —  ou  une  souris  —  perd  conte- 
nance et  tombe  en  morceaux  devant 
un  éclair.  Son  effroi  est  pitoyable  à 
voir 

Donc,  comme  j'étais  en  train  de 
vous  dire,  je  m'éveillai  avec,  â  mes 
oreilles,  un  gémissement  étouffé  ve- 
nant je  ne  savais  d'où:  Mortimerî 
Mortimer  î  Dès  que  je  pus  rassembler 
mes  esprits,  j'avançai  la  main  dans 
l'obscurité,  et  je  dis  : 

—  «  Evangéline,  est-ce  vous  qui 
appelez  ?  Qu'y  a-t-il  ?  Où  êtes-vous  ? 

—  «  Enfermée  dans  le  cabinet  des 
chaussures.  Vous  devriez  être  hon- 
teux de  rester  là  â  dormir  au  milieu 
d'un  tel  orage.  » 

—  Bon  î  comment  pourrait-on  être 
honteux,  si  on  dort  ?  C'est  peu  logique. 
Un  homme  ne  peut  pas  être  honteux 
quand  il  dort,  Evangéline    » 

—  «Vous  ne  voulez  pas  comprendre 
Mortimer,  vous  savez  bien  que  vous 
ne  voulez  pas.  » 

Je  perçus  un  sanglot  étouffé. 

Cela  coupa  net  le  discours  mordant 
que  j'allais  prononcer.  Et  je  dis  par 
contre  : 

—  «Je  suis  désolé,  ma  chérie,  je  suis 
tout  à  fait  désolé.  »  Je  n'avais  pas  la 
moindre  intention...  Revenez  donc 
et... 

—  «  Ciel!  Qu'y  a-t-il,  mon  amour? 

—  «  Mortimer  T 

—  «  Prétendez-vous  dire  que  vous 
êtes  encore  dans  ce  lit  ?  » 

—  «  Mais  évidemment.  » 

—  «  Sortez  du  lit  immédiatement. 
J'aurais  cru  que  vous  auriez  quelque 
souci  de  votre  vie,  pour  moi  et  les 
enfants,  si  ce  n'est  pour  vous.  » 

—  «  Mais  mon  amour! 


—  «Ne  me  parlez  pas,  Mortimer. 
Vous  savez  très  bien  qu'il  n'y  a  pas 
d'endroit  plus  dangereux  qu'un  lit, 
au  milieu  d'un  orage  C'est  dans  tous 
les  livres  Mais  vous  resteriez-là,  à 
risquer  volontairement  votre  vie 
pour  Dieu  sait  quoi,  à  moins  que  ce 
soit  pour  le  plaisir  de  discuter  et... 

—  «  Mais  que  diable,  Evangéline,  je 
ne  suis  pas  dans  le  lit  maintenant. 
Je...  » 

(Cette  phrase  fut  interrompue  par 
un  éclair  soudain,  suivi  d'un  petit  cri 
d'épouvante  de  Mme  Mac  Williams, 
et  d'un  terrible  coup  de  tonnerre). 
— «  Là  î  Vous  voyez  le  résultat!  O  Mor- 
timer,comment  pouvez-vous  être  as- 
sez impie  pour  j  urer  à  un  tel  moment  !  » 

—  «Je  n'ai  pas  juré.  Et  ce  n'est  pas 
ce  qui  a  causé  le  coup  de  tonnerre 
dans  tous  les  cas.  Il  serait  arrivé  pa- 
reil, si  je  n'avaispas  dit  un  mot.  Vous 
savez  très  bien  Evangéline,  du  moins, 
vous  devriez  savoir,  que  l'atmosphère 
se  trouvant  chargée  d'électricité...  » 

—  «  Oui,  raisonnez,  raisonnez,  rai- 
sonnez !  je  ne  comprends  pas  que 
vous  ayez  ce  courage,  quand  vous 
savez  qu'il  n'y  a  pas  sur  la  maison 
un  seul  paratonnerre,  et  que  votre 
pauvre  femme  et  vos  enfants  sont 
absolument  à  la  merci  de  la  Provi- 
dence. Qu'est-ce  que  vous  faites? 
Vous  allumez  une  allumette!  Mais 
vous  êtes  complètement  fou  ! 

—  «  Par  Dieu!  Madame  où  est  le 
mal  ?  La  chambre  est  aussi  noire  que 
le  cœur  d'un  mécréant  et... 

—  «  Soufflez  cette  allumette!  Souf- 
flez-là  de  suite.  Etes-vous  décidé  à 
nous  sacrifier  tous?  Vous  savez  qu'il 
n'y  a  rien  qui  attire  la  foudre  comme 
une  lumière.  (Fzt!  —  crash!  —  boum 
—  bolooumî!  boum!  —  boum!  — ) 
Oh!  entendez!  Vous  voyez  ce  que 
vous  faites  !  » 

—  «  Pas  du  tout.  Une  allumette  peut 
attirer  la  foudre.  C'est  après  tout  pos- 
sible. Mais  elle  ne  cause  pasla  foudre. 
Je  parierais  bien  n'importe  quoi. 
Et  encore,  pour  l'attirer,  elle  ne  l'at- 
tire pas  pour  deux  sous.  Si  cet  éclair 
étaitdirigé  vers  monallumette, c'était 
pauvre  comme  adresse.  Ce  serait 
touché  une  fois  sur  un  million.  — 
Vrai,  à  la  foire,  avec  une  adresse 
pareille...  » 

—  «  Par   pudeur,   Mortimer  !  C'est 


12 


cinea 


au  moment  où  nous  nous  trouvons 
juste  en  présence  de  la  mort,  à  ce  mo- 
ment si  solennel,  que  vous  osez  par- 
ler ainsi  î 

«  Si  vous  ne  songez  pas  à  ce  qu'il 
y  aura  après... 

—  «  Mortimer  T 

—  «  Eh  bien  !  » 

—  «  Ave/.-vous  dit  vos  prières,  ce 
soir  ?  » 

-  «  Je...  j'y  ai  pensé,  mais  je  me 
suis  mis  à  calculer  combien  font 
douze  fois  treize,  et... 

(Fzt  î...  Boum  —  Berroum-Boum  I 
Bumble-umble-bang-pan!) 

—  «Oh  !  nous  sommes  perdus I  plus 
d'espoir!  comment  avez-vous  pu 
commettre  une  telle  négligence,  en 
un  tel  moment  I  » 

-  «  Mais  quand  je  me  suis  couché, 
ce  n'était  pas  du  tout  un  tel  moment. 
11  n'.v  avait  pas  un  nuage  au  ciel. 
Comment  aurais-je  pu  penser  qu'il 
allait  y  avoir  tout  ce  tapage  et  ce 
tohu-bohu  pourunpetit  oubli  comme 
celui-là?  Et  je  ne  trouve  pas  que  ce 
soit  juste  à  vous  de  faire  tant  d'affai- 
res, car,  après  tout,  c'est  un  accident 
très  rare.  Je  n'avais  pas  oublié  mes 
prières  depuis  le  jour  que  j'ai  amené 
ce  tremblement  de  terre,  vous  vous 
rappelez,  il  y  a  quatre  ans.  » 

—  «Mortimer  î  Comme  vousparlez  ! 
Avez-vous  oublié  la  fièvre  jaune?..  . 

—  «  Ma  chère,  vous  êtes  sans  cesse 
à  me  jeter  à  la  tête  la  fièvre  jaune 
et  je  trouve  cela  tout  à  fait  déraison- 
nable. On  ne  peut  même  pas  envoyer 
directement  un  télégramme  d'ici  à 
Memphis, comment  voulez-vous  qu'un 
petit  oubli  religieux  de  ma  part  aille 
si  loin  î  J'admets  pour  le  tremble- 
ment de  terre,  parce  que  j  étais  dans 
le  voisinage.  Mais  que  je  sois  pendu 
si  je  dois  accepter  la  responsabilité 
de  chaque  damné.   .  » 

(Boum,  berooum,  booum,  pan!  ) 

—  «  O  mon  cher,  mon  cher!  Je  suis 
sûre  qu'il  est  tombé  quelque  part, 
Mortimer!  Nous  ne  verrons  pas  le 
jour  suivant.  Puissiez-vous  vous 
rappeler,  pour  votre  profit,  quand 
nous  serons  morts,  que  c'est  votre 
langage  impie.  .  Mortimer!  « 

—  «  Eh  bien  quoi? 

—  «  J'entends  votre  voix  qui  vient 
de...  Mortimer,  seriez-vous  par  ha- 
sard debout  devant  cette  cheminée 
ouverte  ?  » 

—  «  C'est  exactement  le  crime  que 
je  suis  en  train  de  commettre.  » 

—  «  Sortez  de  là  tout  de  suite  !  Vous 
paraissez  décidé  à  nous  faire  tous 
périr.  Ignorez-vous  qu'il  n'y  a  pas  de 


meilleur  conducteur  de  la  foudre 
qu'une  cheminée  ouverte?  Où  êtes- 
vous  maitenant? 

—  «  Je  suis  ici,  près  de  la  fenêtre. 
«    Je    vous    en    supplie,    Mortimer. 

Etes- vous  devenu  fou? Eloignez- vous 
vite.  I. 'enfant  à  la  mamelle  connaît 
le  danger  de  se  tenir  près  d'une  fe- 
nêtre, pendant  un  orage.  C'est  mon 
dernier  jour,  mon  pauvre  ami  Morti- 
mer !  » 

—  «  Oui.  » 

-  «    Qu'est-ce    qui    remue    comme 
cela  ? 

—  «  C'est  moi.  » 

—  «  Que  faites-vous  donc  ? 

—  «  Je  cherche  à  enfiler  mon  pan- 
talon. » 

—  «  Vite,  vite,  jetez-le.  Vous  allez 
tranquillement  vous  habiller  avec  un 
temps  pareil!  Et  cependant,  vous  le 
savez  fort  bien,  toutes  les  autorités 
s'accordent  pour  dire  que  les  étoffes 
de  laine  attirent  la  foudre.  O  mon 
cher  ami ,  n'est-ce  pas  assez  que  votre 
existence  soit  en  péril  par  des  causes 
naturelles,  que  vous  fassiez  tout  ce 
qu'il  est  humainement  possible  de 
faire  pour  augmenter  le  danger! 

—  «  Oh...  Ne  chantez  pas!  A  quoi 
donc  pensez-vous  ?  » 

—  «  Bon  encore!  Où  est  le  mal  ? 

«  Mortimer,  je  vous  ai  dit,  non 
pas  une  fois,  mais  cent,  que  le  chant 
cause  des  vibrations  dans  l'atmos- 
phère, et  que  ces  vibrations  détour- 
nent le  courant  électrique,  et  que..- 
Pourquoi  donc  ouvrez-vous  cette 
porte  ? 

—  «  Bonté  divine  !  Madame  !  Quel 
inconvénient  y  a-t-il  là.  » 

—  «  Quel  inconvénient!  La  mort; 
voilà  tout.  Il  suffit  d'avoir  étudié  la 
question  une  seconde  pour  savoir 
que,  faire  un  courant  d'air,  c'est 
adresser  une  invitation  à  la  foudre. 
Cette  porte  est  encore  aux  trois 
quarts  ouverte.  Fermez-là  exacte- 
ment. Et  hâtez-vous,  ou  nous  allons 
tous  mourir.  Oh!  Quelle  affreuse 
chose  d'être  enfermée  avec  un  fou 
dans  un  cas  semblable  !  Que  faites- 
vous,  Mortimer  ?  » 

—  «  Rien  du  tout.  J'ouvre  le  robinet 
d'eau.  On  étouffe.  Il  fait  chaud  et  tout 
est  fermé.  Je  vais  me  passer  un  peu 
d'eau  sur  la  figure  et  les  mains.  » 

—  Vous  avez  perdu  tout  à  fait  la 
tête.  Sur  cinquante  fois  que  frappe  la 
foudre,  elle  frappe  l'eau  quarante- 
neuf  fois.  Fermez  le  robinet.  Oh  ! 
mon  ami,  rien  ne  peut  plus  nous  sau- 
ver! 11  me  semble  que..  .  Mortimer  ! 
qu'est-ce  qu'il  a  ? 


—  «  C'est  ce  damné . . .  C'est  un  ta- 
bleau que  j'ai  fait  tomber.» 

—  «  Alors,  vous  êtes  près  du  mur  ! 
Je  n'ai  jamais  vu  pareille  impru- 
dence. Vous  ne  savez  pas  que  rien 
n'est  meilleur  conducteur  de  la  fou- 
dre qu'un  mur  !  Ecartez-vous  !  Et 
vous  alliez  encore  jurer. Oh  comment 
pouvez  vous  être  si  désespérément 
criminel,  quand  votre  famille  est 
dans  un  tel  péril  !  Mortimer  !  avez- 
vous  commandé  un  édredon,  comme 
je  vous  l'avais  dit  ? 

«  —  Je  l'ai  tout  à  fait  oublié.  » 

—  Oublié!  Il  peut  vous  en  coûter  la 
vie.  Si  vous  aviez  un  édredon,  main 
tenant,  vous  pourriez  l'étendre  au 
milieu  de  la  chambre  et  vous  cou- 
cher.vous  seriez  tout  à  fait  en  sûreté. 
Venez  vite  ici,  venez  vite  avant  que 
vous  ayez  l'occasion  de  commettre 
quelque  nouvelle  folie  imprudente.  » 

J'essayai  d'entrer  dans  le  réduit, 
mais  nous  ne  pouvions  pas  y  tenir 
tous  deux,  la  porte  refermée,  sans 
étouffer.  Je  fis  ce  que  je  pus  pour  res- 
pirer, mais  je  fus  bientôt  forcé  de 
sortir.  Ma  femme  me  rappela  : 

—  «  Mortimer,  il  faut  faire  quelque 
chose  pour  votre  salut  Donnez-moi 
ce  livre  allemand  qui  est  sur  le  bord 
de  la  cheminée,  et  une  bougie.  Ne 
1  allumez  pas. Donnez  moilallumette. 
Je  vais  l'allumer  ici  dedans.  Il  y  a 
quelques  instructions  dans  ce  livre.  » 

J'eus  le  livre,  au  prix  d'un  vase  et 
de  quelques  menus  objets  fragiles. 
La  dame  s'enferma  avec  la  bougie. 
Ce  fut  un  moment  de  calme.  Puis 
elle  appela  : 

—  «  Mortimer,  qu'est  cela?  » 

—  «  Rien  que  le  chat    » 

—  «  Le  chat!  Nous  sommes  perdus. 
Prenez-le,  et  enfermez-le  dans  le  la- 
vabo. Vite,  vite,  mon  amour  !  Les 
chats  sont  pleins  d'électricité. Je  suis 
sûre  que  mes  cheveux  seront  blancs 
quand  cette  nuit  effroyable  sera 
passée.  » 

J'entendis  de  nouveau  des  sanglots 
étouffés.  Sans  cela,  je  n'aurais  pas 
remué  pied  ou  main  pour  une  pareille 
entreprise  dans  l'obscurité. 

Cependant,  je  vins  à  bout  de  ma 
tâche,  par  dessus  chaises  et  toutes 
sortes  d'obstacles  divers,  tous  durs, 
la  plupart  à  rebords  aigus  ;  enfin  je 
saisisle  chat  acculé  sousla  commode, 
après  avoir  fait  pour  plus  de  quatre 
cents  dollars  de  frais  en  mobilier 
brisé,  et  aux  dépens  aussi  de  mes 
tibias.  Alors  me  parvinrent  du  cabi- 
net ces  mots  sanglotants  : 

—  «  Le  livre  dit  que  le  plus  sûr  est 


clnéa 


13 


PAU.INK  PO 


(PHOTO  G.  !..  MANUEL  FRÉRJ  S) 


Pauline  Pô,  élue  Reine  des  Provinces  de  France  au 
Concours  cinématographique  du  "Journal",  tournera 
dans  quelques  mois  son  premier  film  avec  une  compagnie 
américaine,  sur  un  scénario  de  Mme  Vanina-Casalonga, 
intitulé  Corsica. 

Lors  de  son  passage  à  Paris,  Charlie  Chaplin  distingua 
le  caractère  photogénique  de  la  jeune  beauté  corse  dont  le 
charme  ingénu  et  l'expression  concentrée  trouveront  leur 
meilleur  emploi  dans  ce  scénario,  d'une  psychologie  et 
d'une  documentation  fidèles  des  mœurs  et  de  l'atmosphère 
corses,  situé  dans  les  paysages  merveilleux  de  l'Ile  de 
Beauté. 


'  opyright  18  Nov.   'I 


14 


cinea 


de  se  tenir  debout  sur  une  chaise  au 
milieu  de  la  chambre,  Mortimer.  Les 
pieds  de  la  chaise  doivent  être  isoles 
par  des  corps  non  conducteurs. C'est- 
à-dire  que   vous    devez    mettre    les 
pieds  de  la  chaise  dans  des  verres.  » 
(Fztl  Hooiiiii  !  boum-pan  î) 
—  «  Oh  I  écoutez  î    Dépêchez-vous, 
Mortimer,  avant  d'être  foudroyé.    » 
Je  m'occupai  de  trouver  les  verres. 
J'eus  les  quatre  derniers,  après  avoir 
cassé  tout  le  reste.  J'isolai   les  pieds 
de  la  chaise,  et  m'enquis  de  nouvelles 
instructions. 

—  «  Mortimer,  voici  le  texte  alle- 
mand :  «  Pendant  l'orage,  il  faut  gar- 
der attaché  de  soi...  métaux.  .  c'est... 
bagues,  garder  montres,  clefs...  et 
on  ne  doit  jamais...  ne  pas...  se  tenir 
dans  les  endroits...  où  sont  placés  des 
métaux  nombreux  ou  des  corps...  re- 
liés ensemble,  comme...  des  poêles 
articulés,  des  foyers,  des  grilles. .  .  » 
Qu'est-ce  que  cela  signifie  Mortimer? 
Veut-il  dire  que  l'on  doit  garder  les 
métaux  sur  soi,  ou  se  garder  d'en 
avoir  ?  » 

—  «  Ma  foi,  je  ne  sais  trop.  C'est  un 
peu  confus.  Toutes  les  phrases  alle- 
mandes sont  plus  ou  moins  obscures. 
Pourtant,  je  crois  qu'il  faut  lire  «  at- 
taché à  ».  La  phrase  est  plutôt  au  da- 
tif, avec  un  petit  génitif  ou  un  accu- 
satif piqué, çà  et  là,  pour  l'ornement. 
D'après-moi,  cela  signifie  qu'on  doit 
garder  sur  soi  des  métaux.  » 

—  «  Ce  doit  être  cela.  Cela  saute 
aux  yeux.  C'est  le  même  principe 
que  pour  les  paratonnerres,  vous 
comprenez.  Mettez  votre  casque  de 
pompier. Mortimer!  C'est  presque  pur 
métal.  » 

Il  n'y  a  rien  de  plus  lourd,  de  plus 
embarrassant,  de  moins  confortable 
qu'un  casque  de  pompier  sur  la  tête, 
par  une  nuit  étouffante,  dans  une 
chambre  fermée.  Il  faisait  si  chaud 
que  mes  vêtements  de  nuit  déjà  me 
paraissaient  trop  pesants. 

—  «  Mortimer,  je  songe  qu'il  faut 
protéger  le  milieu  de  votre  corps. 
Auriez-vous  l'obligeance  de  mettre  à 
la  ceinture  votre  sabre  de  garde  na- 
tional ?  » 

J'obéis. 

—  «  Maintenant,  Mortimer,  il  faut 
s'occuper  de  garantir  vos  pieds.  S'il 
vous  plaît,  chaussez   vos  éperons.  » 

Je  chaussai  les  éperons  en  silence, 
et  fis  mon  possible  pour  rester  calme. 

—  «  Mortimer,  voici  la  suite...  «...  il 
est  très  dangereux...  il  ne  faut  pas... 
ne  pas  sonner  les  cloches...  pendant 
l'orage...  le  courant  d'air  ..la  hauteur 


du  clocher.  ..de  la  cloche  pouvant 
attirer  la  foudre  Mortimer!  Cela  veut- 
il  dire  qu'il  est  dangereux  de  ne  pas 
sonner  les  cloches  des  églisespendant 
l'orage  ?  » 

«  Il  me  semble  que  c'est  bien  le  sens, 
si  le  participe  passé  est  au  nomina- 
tif, comme  il  me  paraît.  Cela  veut 
dire,  je  pense,  que  la  hauteur  du  clo- 
cher et  l'absence  de  courant  d'air 
font  très  dangereux  de  ne  pas  son- 
ner les  cloches  pendant  un  orage. 
Ne  voyez-vous  pas,  d'ailleurs,  que 
lexpression...  » 

—  «  Peu  importe,  Mortimer.  Ne  per- 
dez pas  en  paroles  un  temps  précieux, 
Allez  chercher  la  grosse  cloche  du 
dîner.  Elle  est  dans  le  hall,  sûrement. 
Vite,  Mortimer,  mon  ami,  nous  som- 
mes presque  sauvés.  O  mon  cher, 
nous  allons  enfin  être  en  sûreté.  » 

Notre  petit  cottage  est  situé  au 
sommet  d'une  chaîne  de  collines  as- 
sez élevées,  dominant  une  vallée.  Il 
y  a  plusieurs  fermes  dans  le  voisi- 
nage. La  plus  proche  est  à  quelques 
trois  ou  quatre  cents  mètres. 

Il  y  avait  une  pièce  de  sept  ou  huit 
minutes  que,  monté  sur  une  chaise, 
je  faisais  sonner  cette  satanée  clo- 
che, quand  les  volets  de  notre  fenê- 
tre furent  soudain  tirés  du  dehors, 
la  clarté  d'une  lanterne  sourde  tra- 
versa la  fenêtre  ouverte,  suivie  d'une 
question  enrouée  : 

—  «  Que  diable  se  passe-t-il  ?  » 
L'embrasure  était    pleines  de  têtes 

de  gens,  les  tètes  étaient  pleines 
d'3'eux  qui  regardaient  avec  stupeur 
mon  accoutrement  belliqueux. 

Je  laissai  tomber  la  cloche,  sautai 
tout  honteux  en  bas  de  la  chaise  et 
dis  : 

—  «  Il  n'y  a  rien  du  tout, mes  amis; 
seulement  un  peu  de  trouble  causé 
par  l'orage.  J'essayais  d'écarter  la 
foudre.  » 

Un  orage  ?  La  foudre  ?  Quoi  donc, 
Monsieur  Mac  Williams  avez-vous 
perdu  lesprit  ?  Il  fait  une  superbe 
nuit  d'étoiles.  Pas  l'ombre  d'un  nuage 
dans  le  ciel.  » 

Je  regardai  au  dehors,  et  fus  si 
surpris  que  je  fus  un  moment  sans 
pouvoir  parler. 

Je  n'y  comprends  rien,  dis-je  enfin  ? 
Nous  avons  vu  distinctement  la  lueur 
des  éclairs  à  travers  les  volets  et  les 
rideaux,  et  entendu  le  tonnerre. 

Tous  les  assistants, successivement, 
tombèrent  de  rire  sur  le  sol.  Deux  en 
moururent.  Un  des  survivants  re- 
marqua : 

-   «   Il  est  malheureux   que    vous 


n'ayez  pas  songé  à  ouvrir  vos  jalou- 
sies et  à  regarder  là-bas  au  sommet 
de  cette  colline.  Ce  que  vous  avez  en- 
tendu c'est  le  canon.  Ce  que  vous 
avez  vu  ce  sont  les  feux  de  joie.  Il 
faut  vous  dire  que  le  télégraphe  a 
porté  quelques  nouvelles  ce  minuit. 
Garifels  est  élu.  Voilà  toute  l'his- 
toire. 

Enfin,  Monsieur  Twain,  comme  je 
le  disais  au  début,  ajouta  M.  Mac 
'Williams, les  moyens  de  se  préserver 
d'un  orage  sont  si  efficaces  et  si  nom- 
breux, que  l'on  ne  pourra  jamais  me 
faire  comprendre  comment  il  peut  y 
avoir  au  monde  des  gens  qui  s'arran- 
gent pour  être  foudroyés. 

Là-dessus,  il  ramassa  son  sac  et 
son  parapluie  et  prit  congé,  car  le 
train  était  à  sa  station. 

Mark  Twain. 
(Trad.  Gabriel  de  Lautrec). 


Les  Présentations 


L'Assommoir. 

Tous  les  «  Rougon-Macquart  »  y  pas- 
seront. Pour  mon  goût,  je  le  souhaite. 
Zola  ne  plaît  pas  à  tous.  Des  artistes, 
d'ailleurs  fins  et  délicats,  le  honnis- 
sent ou  l'estiment  gros  littérateur. 
Alors,  qu'ils  n'aillent  point  voir 
l'Assommoir. 

M.  de  Marsan  a  fidèlement  traduit 
cette  œuvre.  Il  a  voulu  un  anachro- 
nisme, explicable,  en  avançant  l'ac- 
tion du  drame  d'une  quarantaine 
d'années,  h' Assommoir,  roman,  n'en 
revit  pas  moins  au  cinéma,  contrai- 
rement au  théâtre  où  la  pièce  de  Bus- 
nach  n'est  qu'un  mélodrame  et  une 
réduction. 

«  J'ai  voulu  peindre  la  déchéance 
fatale  d'une  famille  ouvrière,  dans  le 
milieu  empesté  des  faubourgs  »,  a 
écrit  Zola.  Nous  avons  assisté  à  cette 
déchéance,  voilà  pourquoi  j'applau- 
dis. Et  il  n'y  a  point  là  de  généralisa- 
tion, de  haine,  on  n'y  rencontre  pas 
une  critique  de  l'ouvrier  français.  11 
y  a  du  malheur,  de  la  détresse, 
comme  en  d'autres  pays,  à  cause 
d'ignorances,  de  traditions  malen- 
contreuses et  de  mœurs   Voilà  tout. 

Et  nous  avons  retrouvé  tous  les 
illustres  personnages,  Coupeau,  Lan- 
tier,  Gervaise,  Adèle,  Virginie,  Co- 
lombe, Nana  petite  et  Nana  adoles- 
cente et  nous  avons  vu,  au  commen- 
cement, le  père  Macquart  maltraiter 
sa  femme  et  ses  enfants,  nous  avons 


cinea 


15 


assisté  à  la  naissance  des  amours  de 
sa  fdle,  reconnut  le  bon  ouvrier 
Coupeau  qui  devintl'ivrogne  invétéré 
et  l'exquis  Gueule  d'Or  et  Bazouge  et 
le  trio  Mes-Bottes  et  Cie. 

J'ai  entendu  dire  que  les  ouvrières 
de  la  blanchisserie  jouissaient  de 
bien  peu  d'espace  pour  leur  repus- 
sage,  on  en  voit  tous  les  jours,  dans 
des  boutiques,  aussi  mal  à  1  aise. 

Non, cela  est  bien.  Suffisant  comme 
moyens  d'exécution,  soigné  comme 
mise  en  scène.  Le  drame  et  ses  épi- 
sodes, les  misères  et  les  joies,  la  noce, 
la  fête  et  les  deuils  et  l'asile  Sainte- 
Anne,  rien  ne  manque.  L'interpréta- 
tion vaut  tous  les  éloges,  M.  Jean  Dax 
en  tête,  Coupeau  parfaitement  et 
peu  à  peu  transformé,  et  Mlle  Louise 
Sforza,  Gervaise  douce,  soumise, 
puis  fatalement  amenée  au  dernier 
échelon.  M.  Georges  Lannes  est  ex- 
cellent aussi  dans  Lantier,  tour  à 
tour  timide,  audacieux  et  cynique. 
Et  tous  les  autres,  nombreux,  ap- 
plaudissons-les. 

Et  applaudissons  le  nom  de  Zola 
qui  a  créé  ces  types  après  des  obser- 
vations, après  des  travaux  et  avec 
son  amour  de  vérité  et  son  espoir  de 
mieux. 

Si  le  film  n'atteint  pas  la  perfection 
absolue,  il  y  passe  du  moins  le  souf- 
fle qui  a  inspiré  le  roman,  et  c'est 
beaucoup. 

Gustave  est  médium. 

Gustave  (M.  Biscot),  petit  employé, 
rêve  que,  sans  emploi,  il  découvre 
ses  dons  de  médium.  Dés  lors,  devenu 
déménageur,  il  parvient  à  se  faire 
obéir  de  meubles  et  voitures,  chaises, 
piano,  lit,  tableaux  et  guéridons 
marchent  à  son  commandement. 

• 
Le  Canard  ea  Ciné 

M.  Lortac  publie  sur  l'écran  un 
bref  journal  satirique.  Quelques  dé- 
couvertes ou  prétendues  inventions 
y  sont  caricaturées,  ainsi  la  possibi- 
lité du  changement  de  sexe,  et  d'au- 
tres, parfois  amusantes. 

• 
Mariage  forcé. 

Un  Mack-Sennett  qui  débute  comme 
un  Rigadin,  le  mouvement  est  ensuite 
plus  original,  mais  la  fin  -  comme 
tant  de  fois  —  nous  apprend  que  nous 
avons  assisté  à  un  rêve. 

• 
La  voix  de  la  conscience. 

Ou  plutôt  Un  bienfait  n'est  jamais 
perdu.  Un  prospecteur,  conseillé  par 
un  pasteur,  ne  se  venge  pas  d'un 
voyou  qui  voulait  le  voler  et  le  tuer. 


Au  contraire  il  s'associe  avec  lui  et 
quand  il  est  misérable,  l'autre  lui 
tend  la  main  Le  prospecteur  a  été 
escroqué  par  des  gens  en  habit  noir, 
mais  il  épouse  quand  même  la  gen- 
tille enfant  que  représente  Agnès 
Avres. 

© 

Le  diable  au  corps. 

Un  mélange  de  drame  et  de  comé- 
die, assez  gai  au  moment  que  défi- 
lent des  voleurs  grotesques  et  un  peu 
sensibles.  On  lit  dans  le  texte:  «  inimi- 
tés rasades  »  ! 


/fe&v, 


Dessin  île  Bénin 

ÉLÉNA  SAGRARY 
qui  se  manifeste    dans  un  début 
doublement  heureux  dans   tùvre 

et  dans  Jctt  attira. 


Jubilo. 

Jubilo,  rôdeur  des  champs,  n'a  ja- 
mais su  travailler.  Un  hasard  le  mène 
dans  une  ferme  et  le  métamorphose 
assez  vite.  Laborieux,  il  est  mêlé  à 
une  aventure  où  il  triomphe  grâce  à 
un  naïf  héroïsme,  Will  Rogers  joue 
ce  rôle  avec  une  fantaisie  pittoresque 
d'ordre  supérieur.  On  ne  voit  en 
France  que  M.  Signoret  qui,  dans  un 
personnage  pareil,  pourrait  l'égaler. 

• 
Un  poing...  c'est  tout. 

Le  film  vaut  beaucoup  mieux  que 
ce  calembour.  C'est  presque  une 
étude  satirique  de  mœurs  politiques, 
et  le  comique,  même  aux  scènes  ou- 
trancières,  qui  s'y  révèle,  a  quelque 
chose  de  cruellement  amer. 

Canavan  y  est  un  pauvre  et  timide 
balayeur  qui,  blessé  par  une  voiture 
de  maître  aux  chevaux  fiers  et  aux 
voyageurs  guindés,  change  de  pro- 
fession et,  devenu  manœuvre  dans 
une  carrière,  se  voit  confier  un  poste 
où  il  devra  faire  preuve  d'une  minime 


autorité.  Dès  lors,  l'audace  lui  vient 
et,  qu'il  s'agisse  de  la  vie  familiale 
ou  des  affaires  publiques,  sa  sûreté 
de  soi  le  mène  vite  à  la  richesse. 
Même  il  épouse  la  dame  dont  l'équi- 
page l'avait  naguère  écrasé.  Elle  nen 
sait  rien,  mais,  quand  il  le  lui  crie, 
comme  son  attitude  est  drôle-  : 
«  Boueux  I  j'ai  épousé  un  boueux  !  » 
Sachez  au  surplus  que  là  encore  il 
vaincra  le  mépris  de  sa  compagne 
par  sa  poigne  et  lancera  aux  specta- 
teurs un  coup  d'oeil  île  fierté  satis- 
faite. Tom  Moore  est  mesuré,  sobre, 
extrêmement  amusant. 

Le  fruit  défendu. 

Scénario  un  peu  arbitraire,  mais 
fertile  en  coups  de  théâtre  et  qui  a 
permis  une  interprétation  parfaite 
dans  une  extraordinaire  mise  en 
scène.  Parce  qu'un  riche  industriel 
veut  retenir  chez  lui,  pour  affaires, 
un  jeune  financier,  la  maîtresse  de 
maison  use  d'un  subterfuge  dont  une 
couturière  pauvre  est  la  principale 
actrice.  Malheureuse  femme  d'un  fai- 
néant, elle  sera  la  victime  sentimen- 
tale d'aventures  qui  se  termineront 
enfin  à  son  avantage.  Agnès  Ayres, 
Théodore  Roberts  (toujours  excel- 
lent ),Kathly  a  Williams  et  leurs]cama- 
rades  jouent  bien.  Quant  à  la  mise 
en,  scène  de  Cécil  B  de  Mille,  elle  est 
d'une  magnificence  non  pareille.  Rien 
d'aussi  étincelant  n'a  sans  doute  été 
obtenu  que  l'évocation  de  Cen- 
drillon,  d'abord  parmi  les  glaces  et 
le  cristal  éblouissants,  puis,  dans  un 
clair-obscur. 

Rédemptrice . 

Rhoda  ne  rachète  pas,  elle  sauve  ; 
elle  convertit  à  la  probité  absolue 
trois  membres  éminents  de  la  plus 
basse  des  pègres  inconscientes  et 
organisées  Pearl  White  et  ses  parte- 
naires interprètent  comme  il  sied  ce 
ciné-roman  en  un  épisode.  Il  faut 
pourtant  reconnaître  qu'une  scène 
surpasse  les  autres  de  mille  coudées  : 
celle  où,  dans  une  église,  un  homme 
venu  pour  forcer  le  tronc  des  pau- 
vres et  cherchant  à  se  défendre  con- 
tre deux  personnes,  atteint  d'une 
balle  de  revolver  en  plein  cœur,  un 
Christ  en  croix.  Alors,  la  fille  de  cet 
homme  s'agenouille,  en  extase,  car 
elle  croit  voir  (et  nous  voyons)  la 
figure  du  Christ  s'animer,  regarder, 
sourire  comme  pour  un  pardon,  puis 
redevenir  impassible.  C'est  une  mi- 
nute très  belle,  mais  ce  n'est  qu'une 
minute.  Lucien  Wahl. 


<&*&: 
>|i^: 


£  £     cinéa     £  £ 

a  publié  les  biographies  de  Van  Daële,  Modot,  Signoret,  Emmy 
Lynn,  J.  Catelain,  France  Dhélia.  André  Nox,  Huguette  Dufios, 
Marcel  Vallée,  Charles  Duliin,  Musidora,  René  Cresté,  Marcel 
Lévesque,  Gaby  Morlay,  René  Navarre,  S.  de  Napierkowska, 
Andrée  Brabant,  A. -F.  Brunelle,  Romuald  Joubé,  Jean  Dax, 
Eve  Francis,  Gaston  Jacquet,  G.  de  Gravonne,  J.  Grétillat, 
Geneviève  Félix,  Pierre  Magnier,  Jean  Toulout,  Léon  Mathot, 
Séverin-Mars,  Maë  Murray,  Marise  Dauvray,  E.  de  Max, 
Henri  Rollan,  Lili  Samuel,  Marie-Louise  Iribe,  Louise  Colliney, 
Vermoyal,  Mary  Harald,  André  Roanne,  Suzanne  Talba, 
Henri  Debain,  Biscot,  Gina  Relly,  S.  de  Pedreili,  Suzie  Prim. 
Georges  Lannes,  Christiane  Delval,  Gastao  Roxo,  etc.;  et  de 
Antoine,  J.  de  Baroncelli,  Raymond  Bernard,  H.  Diamant-Berger, 
Germaine  Dulac,  G.  du  Fresnay,  Abel  Gance,  René  Hervil, 
Henry  Krauss,  René  Le  Somptier,  Marcel  L'Herbier,  Louis 
Mercanton,  Louis  Nalpas,  Léon  Poirier,  Henry  Roussell,  E.  -  E. 

Violet,     Louis     Delluc,     etc.,     etc 

(Numéros  18,  19,  20,  24,  26) 


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Les  Concours  de  "  Cinéa 


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Notre  Concours  de  scénarios  nous  a  valu  une  telle  abon- 

{  ilance  de  manuscrits  que  nous  demandons  encore  un  peu  de 

:  patience  aux    concurrents,    Les   membres   du   jury    nous   ont 

j  déjà   signale  plusieurs  œuvres  intéressantes. 

i  Notre    Concours   de  photographies   d'amateurs  donnera 

•  aussi  ses  résultats  dans  un  délai  très  rapproché.  Nous  avons 
\  pris  sur  nous  de  publier  dans  le  numéro  2,'i  de  Cinéa  un  des 
:  plus  sympathiques  envois  du  concours.  On  se  doute  qu'il  figure 

•  déjà  sur  la  liste  des  récompenses. 


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La  Palestine  -  La  ville  Sainte  -  Le 
jardin  de  Gethsemani  -  Le  Mont 
des  Oliviers  -  La  plus  ancienne 
ville  du  monde  -  La  Mésopotamie 
Où  l'Orient  et  l'Occident  se  ren- 
contrent -  Babylone  -  L'empla- 
cement du  paradis  terrestre  - 
Survolant  le  plus  beau  monument 
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sacré  -  A  deux  doigts  de  la  mort 

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Les  exploits  de  Poulet  monté  sur 
un  avion  minuscule  -  Le  temple 
mystérieux  de  Boro  Boedor  - 
Volcans  en  action  -  Mille  kilomè- 
tres de  mers  inconnues  -  Une 
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en  Australie  '.  Les  Cannibales 
Australiens,     etc  .  .  .     etc.  .  . 

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que  nous  venons  de  voir  dans  L'Homme  Invisible   et   dans   Ka^an  chien-loup,    et   dont  le  mariage  avec  William  S.  Hart 

vient  d'être  annoncé,  puis  démenti. 


RÉPONSES 

A  QUELQUES  LETTRES 


Korkar  un.  —  Vous  aurez  l'adresse  dans 
le  numéro  prochain. 

Vous  reverre/  la  nuit  du  1 1  septembre. 

Mais  pas  tout  de  suite  certainement, 
comme  Jacques  Landauçe. 

Mme  de  Renneviiie.  (Baden).  — Je  n'ai 
pu  avoir  les  renseignements  sur  Uhro 
Sommersami.  Sinon  qu'il  n'avait  aupara- 
vant tourné  qu'un  tout  petit  film.  Mais  écri- 
vez à.l&Swensk  Film  industrie  y  et  /<;  Kuns- 
gatan.  Stockholm  .  Suéde  ou  au  Filmjour- 
nalen  :  Dapid  Bagarctgat.  ?  Stockholm. 
Vous  aurez  là  les  photos  et  les  renseigne- 
ments. 

Ginette  B.  —  Vous  confondez:  Dans  le 
premier  film  c'est  Olga  Petrova  et  le 
deuxième,  c'est  Pauline  Frederick. 

Non.  Nazimova  n'est  pas  algérienne. 
Elle  est  Slave. 

Henri  Beau.  —  Les  plus  connues  sont  : 
Marion  Davies,  Marie  Prévost,  Philis  Ha- 
ver  et  Harriett  Hamond.  Du  tout,  au  con- 
traire, cela  nous  fera  plaisir. 

Very  Anxious.  —  L'adresse  de  B.essie 
Bariscale  est  :  Bessie  Bariscale  Pictures 
<5 141  .Metrose avenue. Los  Angeles  Californie. 

André  Menard. —  Envoyez-lui  quelques 
photos.  Fannie  Ward  était  à  Paris,  il  y  a 
dix  jours.  J'ignore  totalement,  mais  je  ne 
crois  pas.  Elle  est  mariée  à  Jack  Dean. 

Jimmy.  —  Lilian  Gish  a  joué  dans  Intolé- 
rance: la  femme  au  Berceau    Non. 

Yvonne  A.  —  Mme  Alla  Nazimova 
Métro  films  studios,  3  w.  61.  Street  New- 
York. 

Claire.  —  Jackie  Coogan  a  tourné  un 
autre  film  depuis  comme  étoile.  Il  est  inti- 
tulé: Peeks  bad  boy. 

Durei.i.i.  —  On  a  donné  plusieurs  fois 
la  distribution  de  Caligari,  on  va  bientôt 
le  voir. 

Maurice  Genol.  —  Adressez-vous  à 
M.René  Fernand,Ô3,  rue  de  Chabrol.  C'est 
un  des  seuls  qui  puissent  vous  donner 
d'utiles  renseignements. 

Ramuntcho.  —  Non,  le  film  de  Loïe 
Fuller  a  été  fait  sur  les  studios  Gaumont 
et  non  à  Los  Angeles.  Je  suis  étonné  que 
ce  metteur  en  scène  vous  ait  donné  de  tels 
renseignements. 

Levy  Bertin.  —  C'est  M.  de  Berseau- 
court  qui  administre  la  firme  Abel  Gance, 
écrivez-lui,  8,  rue  de  Richelieu. 

Léon  Saget.  —  Vous  êtes  très  gentil, 
mais  je  ne  puis  vous  conseiller  utilement; 
le  cinéma  à  l'heure  actuelle  n'est  pas  préci- 
sément l'El  Dorado.  Studios  Gaumont,  rue 
de  la  Villette,  5}. 

Doris.  —  Mlle  Myrga.  Même  adresse. 

Raucourt.  —  Lars  Hanson,  Ivan  Hed- 
quist,  Costa  Ekman,  Uhro  Sommersami, 
et  surtout  Sjostrom. 

Patriote.  —  Nous  parlons  aussi  des 
films  français:  vous  avez  pu  vous  en  ren- 
dre compte  si  vous  savez  lire. 


Miss  Love. —  Le  Voleur'»  été  tourné  à  la 
Fox-Film.  Pearl  White,  je  ne  saurais  vous 

dire. 

Henri  B.  —  Dans  la  Cité  perdue,  c'est 
|uanita  Hansen  qui  interprète  le  rôle  fémi- 
nin. 

Aventure.  —  Douglas  Mac  Lean  a,  je 
crois,  vingt-trois  ans.  Non,  c'est  Wallace 
Reid  et  non  Creightori  Haie.  Dans  Miss 
Milliard  :  June  Caprice. 

MystÉRIA.  —  Mystéria,  film  à  épisodes. 
n'est  pas  italien  mais  autrichien,  il  a  été 
tourne  a  la  Sacha-film,  si  je  ne  me  trompe 

Amoroso.  —  Gina  Païenne  aux  films 
Jupiter.  10.  rue  Rochambeau. 

Mae. —  Maë  Murrav  n'a  aucun  lien  de 
parenté  avec  Mae  Marsh.  Robert  Léonard 
est  son  mari  en  même  temps  que  son 
metteur  en  scène. 

Lucette.  —  Van  Daële  dans  le  rôle  de 
Militis. 

E.  F.  —  Catherine  Calvert  est  née  à  Bal- 
timore, elle  doit  avoir  vingt-cinq  ans. 

Je  n'ai  pas  les  renseignements  sur  tous  les 
autres  et  vous  répondrai  bientôt. 

Michel  Frémieux.  —  Votre  scénario  vous 
sera  renvoyé  dès  que  nous  aurons  publié 
les  résultats  du  Concours. 

Votre  lettre  est  très  intéressante  et  vous 
avez  raison. 

Reynaert.  —  Ces  films  étant  déjà  an- 
ciens je  vais  demander  qui  les  possède 
maintenant. 

A.  D.  —  La  Nouvelle  Aurore  comportait 
douze  épisodes.  La  mise  en  scène  est  de 
E.  Violet  et  R.  Navarre.  Chéri  Bibi  :  M.José 
Davert. 

Julien  B.  —  Nazimova  tourne  toujours. 
Nous  verronsd'elle  :  La  Danseuse  étoile,  La 
Dame  aux  Camélias  et  Aphrodite 

Je  ne  sais  en  ce  moment. 

Dartois.  —  Voici  l'interprétation  de  la 
Roue  :  Séverin-Mars,  Pierre  Maynier,  Ivy 
Close.  G.  de  Gravone.  Georges  Térof.  Je 
ne  sais  quand  sera  présenté  ce  film. 

A.  F.  —  Léon  Mathot  est  marié,  il  est 
né  à  Roubaix  en  1886. 

Vous  le  reverrez  dans  l'Empereur  des 
Pauvres  de  R.  Leprince. 

Vivienne.  —  /  our  l'Humanité  a  été  édité 
en  Amérique  sous  le  titre  :  The  Heart  of 
Humanity.  Eric  von  Stroheim  est  d'origine 
autrichienne,  mais,  établi  aux  Etats-Unis 
au  moment  de  la  guerre. 

Une  jeune  fille.  —  Le  Fantôme  de  Lord 
Barringtou  est  un  film  de  la  Select.  William 
Faversham  en  est  le  principal  interprète. 

Juanita  Hansen  ne  tourne  pas  seulement 
des  films  en  épisodes  elle  fut  la  partenaire 
de  Tom  Mix  dans  Le  Téméraire  et  de  Wil- 
liam Hart  Le  Dieu  captif. 

Caligari.  —  l'espère  autant  que  vous 
voir  des  films  allemands.  Voici  l'adresse 
d'Asta  Nielsen:  Art  film,  72-74.  Zimmers- 
trasse,  Berlin  S.  W.  68. 

J.  L.  —  Maciste,  de  son  vrai  nom:  Er- 
nesto  Pagani.  Adresse  U.  C.  I.  Via  Mace- 
rata  51,  Rome. 

L'Œil  de  Chat. 


ROBES 


LINGERIE 


MARIO  FRANCIS 


BONNETIER 


1 5,  Rue  Washington  (Champj-Hy«&s),  Paris 

'Ce'/.  ;  (Slyiées  17-36      3iCého  :  Çeorges  V 


\    Le  livre  qu'il  faut  avoir  lu 

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M.   de   Brunoff,   éditeur 

Aux   éditions  de    la    Sirène 

cinéma! 


par  Jean   Epstein 

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un  volume  illustré  6  francs 


Le  Succès 

par  la  Sélection 
des   Films 

les      PUISSANTS 
SOMPTUEUX 
US  RÉCENTS 


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SORTIE 

LE 

20  JANVIER  1922 


Renouveau...  oimour 


Comédie  gaie  (1.265  m.) 


!   SORTIE   I 

:                      LE 

|  27  JANVIER  1922  j 

Grand  film   d'aventures   maritimes  (1.500   m.) 


Services  de  Location  ". 


33,  Rue    de  Surène,  33 
PARIS  (8) 


Adresse  Télégraphique  : 
FORCOMSER 

Téléphona  : 
ÉLYSÉES  27-30,  28-50 


La  production  TRIOMPHE  est  distribuée  par  les  Agences  de  la  Société  ÉCLIPSE 


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C'est  à  partir 

du  6  Janvier  prochain 

qu'il  faudra  aller  voir 


Le  'Pont  des  Soupirs 


Grand  ciné-roman  en  8  époques 
d'après  l'œuvre  célèbre  de 
MICHEL      ZÉVACO 


Le  premier  film  en  série  à  grande  figuration  et  importante  mise  en  scène 


Publié  par   Cinéma    Bibliothèque 
ÉDITION  TALLANDIER 


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PASQUALI  =  FILM    (U.  C.  1.) 
Exclusivité  (jAUf^ONT 


Allez   voir   à   partir 
de   ce   soir 


VERS  LA  LUMIERE 


Superbe   comédie   dramatique   en   4   parties 
interprétée  par 

Mme     YANOVA 


cinea 


Programmes  des  Cinémas  de  Paris 

M         du    Vendredi    9    au     Jeudi     15     Décembre         M 


2  Arrondissement 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des  Italiens.  — 
Louvre   06-99.       Pour  une  nuit  d'amour.  —  i.e  loup  île 

dentelle.      Dudule.  l'âne  et  l'hennir. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière.     Gutenberg 
.'io-70.  —  Du  Japon  aux  iles  Polynésie.       Un  bain  cara 
biné.  —  Un  bébé  s'il  vous  platt.       Le  Rêve.       Un  mari 
;i  combinaison.      lin  supplément,  de  i9h.  30  à  i»  h.  3u, 
excepté  dimanches  et  fêtes  :  Sous  la  coupole. 

Omnia-Pathé.         s,    bou'evard  Montmartre.    - 
Les  trois  mousquetaires,  9*  épisode.—  Cbarlol  coltîiiear. 

—  Supplément  facultatif,  non  passés  le  dimanche  :  Amour 
posthume. 

Electric-Palace     S,    boulevaid  des   Italiens.  — 
La  vierge  folle.  —  Une  drôle  de  maison.  —   Fit  sup- 
plément facultatif  :  Le  mystère  du  donjon. 

3  Arrondissement 
Pathé-Temple.  —   chariot  coltineur.  —  Les  trois 

mousquetaires,  '.>•  épisode.  —  Les  tables  de  La  Fontaine. 

—  Reine-Lumière,  '■!•  épisode.   —  Amour  posthume. 
Saint- Marcel,  boulevard  Saint-Marcel.  —  Les  trois 

mousquetaires,  s-  épisode.  —  L'Orpheline,  9-  épisode.  — 
Cendrillon. 
Palais  des  Fêtes,-*,  rue  aux  ours.   -Arcb.  37-38. 

—  Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Dudule.  l'àne  et  l'hercule. 
Le  Père  Goriet.—  Les  trois  mousquetaires,  9''  épisode. 

Salle  du  premier  étage.  —  Tour  une  nuit  d'amour.  — 
La  Fournaise.  —  L'Orpheline,  9'  épisode. 
4'  Arrondissement 
Saint-Paul,  73,  rue  Saint-Antoine.  —  cascade  près 
de  Kien.  —  La  Tisane.  —  Les  fables  de  La  Fontaine.  — 
Reine-Lumière,  2-  épisode.  —  Un  bébé  s'il  vous  plaît.  — 
Le  Père  Goriot. 

5"  Arrondissement 
Mésange.  3,  rue  d'Arras.  —  L'alliance  en  ballade. 
Les  trois  mousquetaires,  8-  épisode.    —    Les  fables 
de    La   Fontaine.   —    Reine-Lumière,    2'    épisode. 
Chantelouve. 

Chez  Nous,  76,  rue  Moulletard  —  La  Montée  vers 
l'Acropole.  —  Une  affaire  de  chien.  —  Le  masque  rouge. 
13-  épisode. 

Cinéma  Saint-Michel,  7,  paie  Saint-Michel.  - 
four  l'humanité. 

6e  Arrondissement 
Cinéma  Danton-Palace.    99,    boulevard    sami- 
Germain.  —  Trud.  27-.i!».  —  L'Orpheline,  9-  épisode.  - 
Le  Père  Goriot   --  Les  trois  mousquelair» s,    8-  épisode. 
7r  Arrondissement 
Régina-Aubert-Palace,  155,  rue  de  Rennes.  — 
Zigoto  maître  d'hôtel.  —  Les  trois  mousquetaires,  s-  épi- 
sode. —  Sept  ans  de  ma  heur. 

Cinéma  Bosque  .  83.  avenue  Bosquet  -  Le  sept 
de  trèfle,  12-  et  dernier  épisode.  —  La  vierge  folle.  - 
I  ne  poule  mouillée. 

9'  Arrondissement 
Cinéma  Rochechouart,  no,  rue  de  Rochechouart. 
—  L'Orpheline,   9-   épisode.—    La   vie   dans    l'Idaho. 
Séraphin   ou   les   jambes   unes.  —    Les   Fables   de   La 
Fontaine,  31  série.  —  La  perle  de  Broadway. 


!   LE     RÉGENT  I 

■  ■ 
!      0     &     ZZ%   rue  de   Passy     0     0  \ 

a                                                                                                      *  a 

■                                                                                _  a 

■  '  ■ 

IfièvreI 

■  ■ 
Drame    cinégraphique  de   Louis  DELLUC 

avec  ÈYE  FRANCIS  et  VAN  DAELE  j 

CAR  NAVAL  ! 

■  a 

•       ComéJie  dramalique   avec   MATHESON  LANG  ■ 

!     Les  aventures  Je  Sherloh.  Holmes  : 

:-:    Chasseur  chassé,  comique    :-:  ! 


Delta-Palace,  17  bis,  boulevard  Rochechouart. 
Les  Fables  de  La  Fontaine,  :(■  série.  —  Reine-Lumière. 
ï-  épis. nie.       Le  Porion.  -  Le  scandale  de  Fatlj  el  de 
Picraii.  —  tes  géants  de  Norvège. 

1O0  Arrondissement 

Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple.—  Le  paradis  perdu. 
-    Les   fables  de  La   Fontaine.  —  Les    trois  mousque 
laires.  9'  épisode.  —  Dudule,  l'âne  el  l'Hercule.  —  Pour 
une  nuit  d'amour. 

Folies-Dramatiques,     10,    rue    de    Boudy. 
Reine-Lumière   —  Le  loup  de  dentelle.  —  L'Orpheiine, 
9"  épisode.  —  L'agneau  qui  hurle.  —    Intermèdo  ;  Jeun) 
Bernais,  chanteuse,  et  Gibert.  fantaisiste. 


j  THEATRE  du  COLISÉE 

\      JS    JS    JS    CINÉMA    JS    A    J& 

38,   Av.   des   Champs-Elysées 

Direction  :  P.  WALLEVILLE         Tél.  :  ELYSÉES  29-46 

■ 

Grandes     Chasses     en      jlfrique 

î  POUR  UNE  NUIT  D'AMOUR 

a 

■       Drame  d'après    le   roman    d'Emile  ZOLA 

joué  par    VA  N      DAELE 

j  CHARLOT  PATINE  .■v,],l„J„ 

a 

:     Les      Fables      Je     La     Fontaine 
==  G  aumont- Actualités  == 

I  LE  LOUP  DE  DENTELLE 

Comédie  dramatique   avec     , 

Imae     murray 


11*  Arrondissement 
Voltalre-Aubert-Palace,  9S,  rue  de  la  Roquette. 

—  Le  colonel  de  Kentucky.  —  Les  trois  mousquetaires, 
S'  épisode.  —  La  Maison  des  pmdus. 

12"  Arrondissement 
Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —   L'Orpheline.  9-  épi- 
sode. —  Cendrillon.  —  Les  trois  mousquetaires.  9-  épi- 
sode. —  Chariot  coltineur. 

13r  Arrondissement 
Gobelins,  60  bis,  avenue  des  Cobelins.  —  L'alliance 
en  ballade    —  Les   trois  mousquetaires,  8"  épisode.   — 
Les  fables  de  La  Fontaine.  —  Reine-Lumière,  2'épisode. 

—  Chantelouve. 

14e  Arrondissement 
Gaîtè,  rue   de  la  Gaité.  —  L'alliance  en  ballade.  — 
Les  trois  mousquetaires,  8"  épisode.    —    Les    fables  de 
La  Fontaine.  —  Chantelouve.  —  Chariot  rentre  lard. 
15e  Arrondissement 
Grenelle,  \ï-,    rue    du   Théâtre.  —   L'alliance  en 
ballade.    —    Les  trois    inousqnetaires,    S-  épisode.    — 
Les  fables  de  La  Fontaine.  —  Reine-Lumière,  2'  épisode 

—  Chantelouve. 
Grenelle-Aubert-Palace,   tu,   avenue  Emile 

Zola  (:sii  et  li,  rue  du  Commerce!.  —  La  folle  gageure 

—  Les  trois  mousquetaires,  8-  épisode.  —  Une  poule 
mouillée. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  U5-119,rue  Lecourbe 

—  Saxe  oG-45.  —  Les  grandes  chasses  de  la  fauni 
africaine.  —  Chantelouve.  —  Les  trois  mousquetaires 
s-   épisode.  —   L'Orpheline,  9-  épisode. 

16'  Arrondissement 
IVlozart- Palace.  49,  5t,  me  d'Auteuil.  —  Pro 
gramme  du  vendredi  9  au  lundi  12  décembre.  —  Reine 
Lumière,  i'  épisode.  —  Un  bébé  s'il  vous  plait.  —  L' 
Père  Goriot.  —  Les  fables  de  La  Fontaine,  :)■  série.  - 
Programme  du  mardi  t:i  au  jeudi  15  décembre-  —  Cascade 
près  de  Skien,  -  folle  gageure.  —  Les  trois  mousque- 
taires, 9'  épisode.  —  Son  plus  grand  amour. 


17-  Arrondissemenl 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Demours.—  Les  grandes 
chasses  de  la  Faune  africaine,  première  partie.  —  Reine- 
Lumière,  ï'  épisode.  —  Dudule,  l'âne  et  l'hercule.  — 
La  Fournaise. 

Ternes-Cinéma,  5,  avenue  des  Ternes  Wagram 
02-10.  Le  Pendentif.  —  L'Orpheline.  9-  épisode.  — 
Myrlha.        Dudule.  l'âne  et  l'hercule. 

Villiers  Cinéma,  21,  rue  Legendre.  -  Zigoto  maî- 
tre d'hôtel.  -  La  puissance  dn  hasard.  —  L'Orpheline, 
s-  épisode.  —  Les  labiés  de  La  Fontaine.  —  La  petite 
fée  d'Irlande. 

Lutetia  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Le  canard 
en  ciné.  -  Le  prince  charmant.  —  Les  trois  mousque- 
taires, 9'  épisode.  —  Les  grandes  chasses  de  la  faune 
africaine,  première  partie.  —  Le  loup  de  dentelle.  — 
Dudule.  l'âne  et  l'hercule. 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Dix  minutes 
au  Musir-ll.ill.  —  La  maison  de  jeu.  —  Chariot  coltineur- 

—  La  vierge  folle-  —  L'Orpheline,  9-  épisode. 
Cinéma  Legendre,  12»,  rue  Legendre.  —  Les  plus 

jolis  coins  de  la  forêt  de  Fontainebleau. —  Cbarlol  patine. 

—  L'Orpheline,  8'  épisode.  —  Les  fables  de  La  Fontaine, 
:    série.  —  Cendrillon. 

18e  Arrondissement 

Théâtre  Montmartre,  Cinéma  Music-Hall, 
place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43.  —  Nord  49-Î4.  — 
Le  Porion.  —  Le  Tour  de  Nell.  —  Dix  minutes  au 
Mnsic-Hall.  —  L'Orpheline,  9'  épisode. 

Barbes- Palace,  w    boulevard  Barbes.  Nord  35-68. 

—  La  vierge  folle.  —  Les  trois  mousquetaires.  9"  épisode. 
-  L'Orpheline,  '.*■  épisode.  —  Dudule.  làne  et  l'hercule. 

Palais  Rochechouart,  56,  boulevard  Roche- 
chouart.— Le  joui; .  —  Les  trois  mousquetaires.  9-  épisode. 

—  Les  jeux  du  destin. 

Le  Select,  8,  avenue  de  Clichy.  —  Les  grandes 
chasses  de  la  l'aune  africaine.  —  La  vierge  folle.  — 
Dudule,  là  ne  et  l'hercule.  —  Le  loup  de  dentelle.  — 
L'Orpheline.  9-  épisode. 

19e  Arrondissement 

Secrétan,  7  avenue  fecrétan.  —  Chariot   coltineur. 

—  Les  trois  mousquetaires, 9'  épisode.  —  Les  fables  de 
La  Fontaine.  —  Reine-Lumière.  J-  épisode.  —  Amour 
posthume. 

Le  Capitole,  place  de  la  Chapelle.  —  L'Orpheline, 
'.i-épisode. —  I  es  trois  mousquetaires,  »•  épisode.  —  Les 
grandes  chasses  de  la  faune  africaine,  première  partie.— 
Le  toup  de  dentelle.  —  Dudule.  l'âne  et  l'hercule. 

Belleville-Palace,  i30,  boulevard  de  Belleville  — 
Les  trois  mousquetaires,  9"  épisode.—  Chariot  coltineur. 

—  Cendrillon.    —  L'Orpheline,  9-  épisode 
Féerique-Cinéma,    14G,    rue    de    Belleville.  — 

L'Orpheline,  9-  épisode.  —  Carnaval.  —  Les  trois  mous- 
quetaires, 9-  épisode. 

20'  Arrondissement 
Paradis-Aubert-Palace.   42,  tue  de  Belleville. 

—  Une  drôle  de  maison.  —  Les  trois  inousquetaiies 
s-  épisode.  -  Zi^nlo  maître  d'hôtel.  —  Sept  ans  de 
malheur. 


GAUMONT-PALACE 

■ 
■ 

0   0    1,  rue  Caulaincourt    0   0 

. — _ ■ 

■ 
■ 

Un     Grand     Film     Français 

VERS   LA   LUMIÈRE  ! 

■ 
■ 

Comédie  dramatique  avec  Mme  YANOVA 

LE  TAPIS  PERSAN  iïïïT^é 

■ 

la  dinseuse  persane  flRMEN  OHflNIRN 

■ 

UN  NUAGE,  fantaisie  de  Léon  Poirier 
L'ORPHELINE,  9e  épis.  :  Scirs  de  Paris 


clnéa 


MM   FILMS  D'AUJOURD'HUI  MM 


Phroso 

Phroso  est  une  œuvre  charmante; 
il  aurait  fallu  en  parler  comme  d'un 
beau  livre  d'images,  ne  pas  aborder 
les  questions  qui  se  soulèvent  à  pro- 
pos du  film  ;  mais  c'est  M.  Mercanton 
lui-même  qui  nous  expose  ses  théo- 
ries, nous  convie  par  là,  à  les  discu- 
ter. A  dire  vrai,  il  y  a  toujours  un 
écart  entre  la  théorie  et  la  pratique  : 
le  programme  affirme  que  tout  est 
reproduit  d'après  nature,  que  chaque 
acteur  appartient  à  la  nationalité  du 
personnage  qu'il  représente  ;  or,  je 
ne  crois  pas  que  M.  Capellani  soit 
grec, ce  qui  ne  l'empêche  pas  d'incar- 
ner parfaitement  le  traître  Stefa- 
nopoulo,  non  plus  que  Miss  Malvina 
Longfellow,  ce  qui  ne  l'empêche  pas 
d'être  une  charmante  et  sympathique 
Phroso.  Par  contre,  M.  Maxudian, 
qui,  à  en  juger  par  son  nom,  doit 
être  originairede  quelque  part  par-là 
est  le  pacha  Turc  de  naissance  armé- 
nienne ;  il  ne  peut  pas  y  en  avoir  un 
un  autre.  Les  paysages  des  Cyclades 
sont  originaires,  eux,  des  îles  de  Lé- 
rins,et  ne  ressemblent  pas,  m'affirme 
un  ami  qui  voyagea  dans  l'Archipel, 
au  modèle  qu'ils  représentent.  Si 
nous  passons  à  l'éclairage,  nous 
constatons  que  les  plus  jolis  effets  — 
par  exemple  la  Grotte  des  stalactites, 


où  la  houle  lumineuse  qui  déferle, 
précédant  la  vague  sombre  —  ont 
été  pris  au  moyen  d'éclairages  arti- 
ficiels. Le  parti  de  tourner  dans  lies 
intérieurs  réels  donne  de  l'atmos- 
phère, delà  vraisemblance,  de  la  vie; 
mais  il  faudrait  savoir  rentrer  dans 
la  convention  quand  il  est  nécessaire 
—  notamment  pour  montrer  un  geste, 
un  peu  de  physionomie.  En  fait,  le 
film  de  M.  Mercanton  est,  comme  tra- 
vail de  prises  de  vue,  excellent; 
mais  pas  pour  des  raisons  très  dif- 
férentes de  celles  qui  feraient  louer 
un  film  établi  d'après  des  théories 
toutes  différentes. 

Une  seconde  question  se  pose,  c'est 
celle  de  la  composition.  M.  Mercan- 
ton, ou  plutôt  sa  scénariste,  ont  ou- 
blié que,  même  lorsqu'on  dispose 
d'un  camion  automobile  et  d'un  pro- 
jecteur, il  est  essentiel  de  choisir  un 
point  de  vue.  Dans  le  très  amusant 
roman  d'Anthon}'  Hope,  le  récit  se 
déroule  du  point  de  vue  de  l'acqué- 
reur anglais  et  de  son  cousin  :  l'en- 
trée en  scène  de  Phroso  qui  est  une 
pageextrêmementréussie  produit  un 
réel  effet  de  surprise.  Dans  le  film,  qui 
narre  chronologiquement  toutes  les 
actions  convergentes,  en  les  plaçant 
sur  le  même  plan,  l'effet  est  perdu. 
Lorsque  le  fait  saillant,  l'impression 


;'i  faire  ressortir,  est  la  convergence, 
c  est  ainsi  qu'il  faut  procéder  (voir  la 
lin  d'Intolérance)  mais  il  ne  faut  pas 
gâcher  ce  procédé  en  l'employant  à 
propos  de  tout. 

Maintenant  tout  cela  n'a  pas  une 
très  grande  importance.  Quelle  qu'en 
soit  la  valeur  absolue,  les  théories 
de  M.  Mercanton  le  porteront  à  choi- 
sir des  sujets  pittoresques  et  photo- 
géniques :  ses  capacités  techniques 
lui  permettront  de  les  réaliser  d'une 
manière  extrêmement  agréable  à 
l'œil  ;  et  c'est  l'essentiel. 


Le  loup  de  dentelles. 

Quand  vous  aurez-vu  ce  film  —  et 
il  faut  le  voir  —  n'aimeriez-vous  pas 
être  à  la  place  de  Van  Vechten,  pos- 
séder son  beau  tipe  nordique,  son 
calme,  sa  bonté,  sa  vue  supérieure 
de  la  vie,  des  êtres  et  des  choses, sans 
parler  d'une  fortune  illimitée  et  de  ce 
studio  I  Souhaitez-vous  plus  jolie  re- 
traite que  cette  pièce  circulaire,  avec 
ses  vues  diverses  sur  la  campagne 
et  la  ville,  ses  orgues  harmonieuses 
et  décoratives,  des  bibliothèques 
dans  l'épaisseur  des  murs,  des  livres 
faits  pour  être  lus,  des  sièges  desti- 
nés à  s'asseoir,  des  tables  auxquelles 
on  peut  travailler  ?... 


cinéa 


Cet  homme  si  heureux  recueille 
une  danseuse  russe,  délicieuse  et 
primesautière,  laquelle  épouse  un 
architecte  lequel  est  en  réalité  amou- 
reux d'une  anglaise,  belle,  froide  et 
intellectuelle,  laquelle  a  épousé  par 
dépit  un  noceur  de  Broadway.  Ce 
dernier  une  fois  éliminé,  tout  s'ar- 
range, mais  non  sans  drame  ;  sa 
veuve  et  l'architecte  vont  cacher 
très  loin  (ils  font  aussi  bien)  leur  bon- 
heur, et  Van  Vechten  qui  a  tout  re- 
gardé de  son  œil  indulgent,  recueille 
à  nouveau  —  mais  cette  fois  pour  en 
faire  sa  femme  —  la  petite  danseuse 
durement  assagie. 

La  danseuse,  c'est  Maë  Murray,  qui 
trouve  moyen  d'être  jolie,  presque 
sans  l'être,  d'être  petite  fdle,  poulain 
échappé,  sans  tomber  dans  la  mi- 
nauderie et  l'afféterie,  qui  est  la  plus 
mutine  petite  ballerine  de  la  terre, 
dont  le  corps  souple  et  gracieux, 
très  amplement  dénudé,  reste  chaste 
par  la  vertu  de  son  mouvement  et  de 
son  eurythmie. 

Ce  qui  prouve  que  la  personnalité 
de  Maë  Murray  existe,  c'est  la  ma- 
nière dont  elle  s'est  imposée  aux  deux 
cinéastes  successifs,  George  Fitzmau- 
rice  d'abord  qui  a  tourné  Le  Loup  de 
dentelles,  puis  Robert  Z.  Léonard  qui 
a  tourné  Liliane.  Pour  moi,  je  pré- 
fère Le  Loup  de  dentelles,  à  cause  du 
studio!  Sans  doute  il  n'y  a  pas  la  der- 
nière danse  de  Liliane,  la  danse  de 
la  honte  et  du  désespoir,  l'effondre- 
ment devant  la  table,  le  verre  ner- 
veusement broyé  entre  les  doigts  ; 
sans  doute  aussi  l'on  est  souvent 
fatigué  par  un  texte  abondant,  inu- 
tile ;  mais  le  drame  est  dans  l'en- 
semble plus  humain,  plus  émouvant, 
et  il  y  a  une  page  merveilleuse  :  celle 
où  Sonia  descend  les  marches  du  Pa- 
lais de  Justice  sous  les  regards  cu- 
rieux et  méprisants  de  la  foule  et 
sous  les  éclairs  de  magnésium  des 
photographes,  plus  pénibles  dans 
leur  indifférence  et  leur  indiscrétion 
insultante,  que  la  pourpre  et  le  ro- 
seau, les  soufflets  et  les  verges,  le 
fiel  et  le  vinaigre. 
• 
Fleur  sauvage. 

La  jolie  Maiken  Katia  porte  avec 
aisance  le  costume  de  rigueur  dans 
une  île  déserte,  et  qui  consiste  dans 
une  pièce  de  toile  roulée  autour  du 
corps  dans  un  désordre  savant.  (Les 
abonnés  de  Cinéa,  peuvent  se  référer 
au  n°  1  du  Magazine,  où  ils  trouve- 
ront un  charmant  portrait  de  Norma 


Talmadge  dans  ledit  costume.  Per- 
fectionné, stylisé,  il  aboutit  au  Sa- 
roag  malais,  que  l'exquise  Seena 
Owen  revêt  si  gracieusement  dans 
Victory.  Mais  verrons  nous  jamais 
Victory  ?)  Plus  tard,  elle  adopte, 
sans  trop  y  perdre,  le  costume  de 
jeune  fille  civilisée  —  sans  l'être. 

Le  film  est  maritime,  exotique, 
amusant  ;  du  Conrad  édulcoré  pour 
grands  enfants,  avec  quelques  tou- 
ches de  satire  familière  et  bourgeoise 
à  la  Frederica  Bremer  dans  les  des- 
criptions de  la  vie  de  château. 

• 
Vers  le  Bonheur. 

Evidemment  le  titre  Suédois  Ero- 
tiken  était  intraduisible  en  français; 
il  fournit  cependant  une  indication 
sur  l'esprit  de  la  pièce,  et,  malgré 
les  coupures  et  les  transformations, 
permet  aux  Anthony  delà  critique  de 
la  reconstituer  comme  s'il  s'agissait 
d'une  victime  d'un  plus  matériel  as- 
sassinat. En  fait  —  et  ceci  paraît 
avoir  échappé  à  de  perspicaces  ciné- 
graphes  —  il  ne  s'agit  nullement 
d'une  banale  comédie  d'amour  ;  le 
comique  de  ce  film  est  d'une  saveur 
particulière,  topique  ;  elle  parodie 
plus  ou  moins  consciemment  des 
œuvres  et  des  tendances  toutes  Scan- 
dinaves :  Irène  est  la  nièce  de  Nora 
et  d  Hedda,  et  l'arrière-petite-fille  de 
la  redoutable  Gudrun.Le  rôle  est  dé- 
licieusement joué  par  Tora  Teje,qui 
trouve  moyen  d'associer  l'élégance 
et  la  beauté  de  la  ligne  à  un  comique 
raffiné,   et    que    secondent   parfaite- 


ment des  partenaires  pleins  de  natu- 
rel et  de  mouvement. 


Amour  posthume. 

La  guerre,  en  rompant  des  milions 
de  liens,  a  rendu  une  redoutable  ac- 
tualité aux  problèmes  de  la  survi- 
vance :  ainsi  s'explique  le  flot  de 
films  psychiques,  spirites,  mystiques, 
dont  nous  sommes  inondés.  Dans  ce- 
lui-ci,la  donnée  psychique  n'est  qu'un 
moyen  de  constater,  par  un  coup  de 
théâtre  qui  est  le  moment  le  plus 
frappant,  mais  non  le  meilleur  de 
l'œuvre,  l'évolution  d'un  drame  inté- 
rieur très  humain  et  très  plausible. 

Le  Sunt  lacrimœ  reruni  —  au 
sens  faussé  où  on  l'entend  aujour- 
d'hui —  pourrait  servir  d'épigraphe 
aux  scènes  ingénieuses,  émouvantes, 
où  la  jeune  femme, revenue  au  pays 
natal  de  son  premier  mari,y  retrouve, 
matériels  et  tangibles,  les  souvenirs 
qui  lui  font  comprendre  le  disparu, 
lui  révèlent  combien  elle  a  été  aimée 
—  combien  elle  aimait  sans  le  savoir. 

Elsie  Fergusson  est  l'interprète 
rêvée  pour  un  tel  rôle ,  on  ne  saurait 
oublier  ses  adieux  affectueux  à  son 
mari  —  le  geste  par  lequel  elle  sou- 
lève le  rideau  du  dhoolie,  pour  voir 
s'il  n'est  point  parmi  les  blessés  —  ' 
ni  la  vision  exquise  qu'elle  offre, 
couchée  comme  morte  parmi  ses  che- 
veux épars  qu'a  blanchis  l'angoisse 
d'une  nuit.  La  génération  qui  vieillit 
voit  monter  avec  un  charme  mélangé 
d'effroi,  le  flot  des  jeunes  actrices, 
blondes  et  bondissantes,  pétulantes 


cinea 


et  piaffantes,  auxquelles  on  serait 
tenté,  comme  Peer  Gynt  à  Anitra, 
d'offrir  une  âme,  et  qui  préféreraient 
certainement  le  collier  de  perles.  El- 
sie  Fergusson  a  peut  être  quelques 
années  de  plus  que  ce  gracieux  trou- 
peau, mais  ce  n'est  pas  une  question 
d'âge.  C'est  une  question  presque  de 
civilisation... 

Les  autres  interprètes  sont  bons  ; 
j'ai  particulièrement  goûté,  pour  son 
type  physique,  celui  qui  joue  le  rôle 
du  major  Bethune.  L'ayah  qui,  telle 
le  chien  d'Ulysse,  reconnaît  la  pre- 
mière le  maître  disparu,  a  de  beaux 
gestes  d'une  humilité  presque  ani- 
male. 

Les  spécialistes  ont  admiré  certai- 
nes pages  de  guerre,  entre  autres 
une  nuit  sillonnée  d'explosions  qui, 
en  soi-même,  est  réussie,  mais  qui  a 
le  grand  tort  d'être  à  côté  de  la  réa- 
lité :  ce  n'est  plus  le  siège  de  Tchitral, 
c'est  la  prise  de  la  crête  de  Vhny. 
J'aime  mieux,  pour  ma  part,  l'hum- 
ble Bhisti  qui  meurt  sous  son  outre 
percée  par  la  balle  ;  Maurice  Tour- 
neur a  résumé  là  toute  l'émotion  de 
la  guerre,    comme    Griffith    dans  le 


nègre  expirant  de  la  Fleur  dans  les 
Ruines. 

Le  Père  Goriot. 

En  voyant  ce  beau  film  à  la  pré- 
sentation, j'avais  été  charmé,  et  peut- 
être  distrait,  par  la  succession  d'ima- 
ges vivantes,  exactes,  pittoresques, 
amusantes,  par  l'éclat  d'une  des 
reconstitutions  les  plus  ingénieuses 
qu'on  nous  ait  montrées  à  l'écran. 

J'ai  voulu  revoir  l'œuvre  de  M.  de 
Baroncelli,  juger  de  la  manière  dont 
elle  portait  sur  le  public.  Le  public- 
donne  tort  aux  critiques  —  et  a  rai- 
son :  il  voit  et  goûte  le  côté  illustra- 
tion du  fdm  ;  mais  il  pénètre  le  côté 
humain, profond,  émouvant,  et  quand 
Signoret  meurt,  abandonné  sur  son 
grabat,  il  pleure. 

Lionel   Landry. 
• 

P.  S.  —  Au  sortir  du  très  intéres- 
sant concert  que  vient  de  donner 
M.  Jean  Wiener,  je  constate,  en  me 
reportant  au  passage  où  j'avais  —  à 
propos  de  l'accompagnement  musi- 
cal du  Cinéma  en  général,  et  de  Fiè- 
vre en  particulier  —  parlé  de  ce  re- 


marquable musicien  ;  que  son  nom 
avait  été  estropié  à  la  compo- 
sition. 

Je  répare  l'erreur  en  signalant  que, 
dans  un  prochain  concert,  M.  Jean 
Wiener  compte  faire  entendre  sur  le 
pleyela,  des  fragments  du  Sacre  du 
Printemps,  de  Stravinsky.  L'expé- 
rience, en  dehors  de  son  intérêt  mu- 
sical, est  à  suivre  au  point  de  vue 
des  ressources  que  peut  offrir  cet 
instrument  pour  l'accompagnement 
des  films. 

*  • 

2e  P.  S. —  Les  lecteurs  de  Cinéa  qui 
penseraient  trouver  quelque  plaisir  à 
constater  une  fois  de  plus  que  les  criti- 
ques ne  s'en  tirent  pas  mieux  que  les 
autres  quand  ils  mettent  la  main  à 
la  pâte  sont  invités  à  assister  à  la  re- 
présentation que  donnera,  le  ven- 
dredi 10  décembre,  en  matinée,  au 
théâtre  Albert  1er,  rue  du  Rocher,  le 
groupement  La  Flamme  présidé 
avec  tant  d'autorité  par  M.  Fernand 
Gregh.  Ils  y  verront  deux  pièces  : 
Le  Justicier  et  Comme  on  s'ignore, 
dont  l'une  est  d'un  collaborateur  as- 
sidu de  Cinéa. 

L.  L. 


8 


cinéa 


VERRIÈRE       L'ÉCRAN 


m 


FRANCE  M 

Nous  avons  eu  la  bonne  fortune 
de  rencontrer  les  grands  représen- 
tants de  la  France  à  la  Conférence 
de  Washington  Nous  ne  leur  avons 
pas  demandé  de  dévoiler  tel  ou  tel 
secret  diplomatique.  Nous  leur  avons 
demandé  s  ils  avaient  été  au  cinéma 
en  Amérique. 

M.  Philippe  Berthelot,  un  des  plus 
ardents  cinéphiles  de  Paris,  rit  en- 
core aux  larmes  quand  il  évoque 
Chaplin  et  son  désopilant  Idle  clas. 
Il  l'a  vu  et  revu  en  compagnie  de 
iM.  Aristide  Briand.  On  sait  que  notre 
Premier  a  moins  de  chaleur  pour 
l'art  muet  que,  par  exemple,  M.  Paras. 
Mais  il  avoue  avoir  été  conquis  par 
l'humour  de  Chariot  dans  les  scènes 
du  golf,  du  bal  masqué,  de  l'armure 
qu'on  ouvre  avec  une  clef  de  boîte  à 
sardines,  des  sanglots  et  du  cocktail. 
La  plus  grande  impression  ciné- 
matographique de  ces  Messieurs  est 
due  aux  Trois  Mousquetaires,  de 
Douglas  Fairbanks.  Ils  proclament 
délicieuse  l'adaptation  sobre  et  vive 
des  deux  ou  trois  meilleurs  épisodes 
choisis  dans  le  roman  (M.  de  Trêville, 
les  Fer  rets  de  Diamants)  et  décla- 
rent à  qui  veut  les  entendre  que 
jamais  l'endiablé  Doug  ne  fut  si  bril- 
lant, si  charmant,  si  prestigieux,  que 
dans  cette  création  de  d'Artagnan 
où  les  français  le  verront  bientôt. 
• 
M.  Manoussi  filme  Le  Grillon  du 
Foyer,  dont  la  protagoniste  sera  Sa- 
bine Landray. 

• 
Le  Visiophone  Chaudy  que  nos  lec- 
teurs connurent  par  les  pages  d'Emile 
Vuillermoz  a  parfaitement  fonctionné 
à  la  reprise  d'Asmodée  à  Paris  par 
le  Théâtre  du  Colisée.  Ce  film  lyrico- 
boufïé,  présenté  en  juin  dernier  au 
théâtre  des  Champs-Elysées,  fut  ima- 
giné  par    Rip  qui   y  tient   plusieurs 


Un  film  est  un  mouvement 
de  pensées  et  de  sensations 
Visualisées,  et  non  une 
juxtaposition   d'images. 


rôles  humoristiques  avec  une  verve 
étonnante. 

Elena  Sagrary  qui  joue  avec  une 
immobilité  hiératique  et  pathétique 
le  rôle  de  l'Orientale,  dans  Fièvre, 
est  l'étoile  d'un  film  intitulé  Jetta- 
tura,  qui  passera  bientôt  sur  les 
écrans  et  qui  permettra  au  publie 
d'admirer  une  fois  de  plus  les  rares 
dons  plastiques  et  émotifs  de  cette 
jeune  artiste. 

• 

Douglas  Fairbanks  a  terminé  son 
tour  d'Europe.  Décidément  il  ne  sé- 
journera pas  en  France  comme  il  le 
souhaitait.  Londres  deviendra  peut- 
être  son  quartier  général, —  à  moins 
qu'il  ne  réintègre  tout  simplement 
sa  paisible  Californie  aux  studios 
confortables. 

Gina  Païenne  et  son  metteur  en 
scène,  Guy  du  Fresnay  sont  partis 
pour  la  Riviera  et  les  Maures  où  ils 
tournent  les  «  plein-airs  ». 

La  presse  de  Fièvre  fut  générale- 
ment remarquable.  Mais  une  certaine 
catégorie  d'exploitants  craignaient 
ce  film  pour  leur  public .  Fièvre  a 
paru,  on  l'a  applaudi  dans  les  salles 
les  plus  diverses,  la  cause  est  gagnée. 
L'auteur  ne  perd  pas  ses  paris. 
• 

On  dit  que  MM.  Delac  et  Vandal  re- 
prennent le  Film  d'Art,  et  vont  lui 
donner  une  véritable  activité.  Enfin!.. 

On  dit  que  le  premier  film  réalisé 
par  J.  de  Baroncelli,  cinéaste  du 
Rêve  et  du  Père  Goriot,  sera  Roger- 
la-Honte,  le  célèbre  drame  populaire 
de  Bouchardy. 

Signoret  sera  le  protagoniste  de 
Roger-la-llon  te. 

• 

Léonce  Perret  poursuit  l'exécution 
d'un  grand  film  dont  la  vedette  mas- 
culine est  Angelo,  le  brillant  créateur 
de  L'Atlantide . 

• 

Marcel  Vibert  tourne  le  principal 
rôle  du  Grillon  du  Foyer,  que  M.  Ma- 
noussi met  en  scène. 


M.  Durée  vient  de  terminer  aux 
studios  de  l'Eclipsé  la  réalisation  d'un 
grand  film  dramatique. 

• 
Nous  verrons  sans  doute  dans  un 
prochain  film  français  Eric  Barclay 
qui  fut  un  si  remarquable  Félicien 
dans  Le  Rêve  et  qui  vient  de  créer  un 
grand  rôle  d'écran  â  Londres. 

• 
M     Léon  Poirier  est  parti  dans  les 
Alpes  avec  ses  interprètes  pour  tour- 
ner les  extérieurs  de  l'adaptation  ci- 
négraphique  de  Joeehjn 

• 
C'est  la  Société  Cosmograph  qui  a 
acheté  Le  Cabinet  du  docteur  Cali- 
gari. 

• 
Après  L'Atlantide,  nous  verrons 
sans  doute  au  Madeleine-Cinéma 
Asmodée  à  Paris,  ce  film  de  Rip  qui, 
avec  le  visiophone  Chaudy,  obtint 
un  succès  inégal  et  apporta  de  cu- 
rieuses tentatives  dans  l'art  muet. 

• 

ANGLETERRE  M 

MathesonLang  serait  engagé  pour 
tourner  le  rôle  principal  dans  la 
prochaine  réalisation  de  Louis  Mer- 
canton  :  Les  Jardins  de  Murcie. 

m 

Stewart  Rome,  de  retour  d'Italie 
ou  il  tourna  The  Predicament  pour 
Henri  Fescourt,  tient  le  principal 
rôle  dans  :  Dicky  Monte it h  le  nou- 
veau film  que  M.  Kenelm  Foss  met  en 
scène  pour  la  compagnie  Astra. 
• 

Peggy  Hyland,  l'étoile  appréciée 
de  la  Yitagraph,  puis  de  la  Fox,  sera 
la  principale  interprète  d'une  nou- 
velle production  anglaise  de  M.  Le 
Roy  Granville,  sous  la  direction  du- 
quel elle  tourna  déjà  en  Angleterre 
l'année  dernière  The  Honegpot. 
• 

La  deuxième  production  de  A.  E. 
Coleby  pour  la  Stoll  sera  l'adapta-* 
tion  d'une  histoire  dont  il  est  l'auteur 
et  le  scénariste.  Le  titre,  non  défini- 
tivement arrêté,  m'a-t-on  dit,  serait 
The  Peacemaher. 
• 

Little  Lord  Fauntlerôy  sera  pré- 
senté en  Angleterre  le  12  décembre. 
Les    Trois   Mousquetaires    (version 


cinea 


Douglas  Fairbanks)  sera  présenté  le 
25  du  même  mois.  Ainsi  viennent  de 
me  l'apprendre  M.  et  Mme  Fairbanks. 
avec  qui  je  viens  d'avoir  un  charmant 
entretien  au  Ritz.  En  mars  prochain, 
Mary  Pickford  tournerait  en  Angle- 
terre un  film,  qui  serait  non  à  pro- 
prement parler  une  reconstitution 
historique,  mais  qui  en  posséderait 
les  caractéristiques  :  grande  mise  en 
scène,  déploiement  de  costumes.  Sur 
ma  demande,  si  son  époux  serait  son 
protagoniste  dans  ce  film, ainsi  qu'on 
l'avait  chuchoté,  Mrs  Fairbanks,  spi- 
rituelle et  gracieuse,  n'a  fait  qu'ai- 
guiser ma  curiosité,  sans  la  satis- 
faire. Petite  déception  d'amour- pro- 
pre, qu'un  sourire  consola... 
• 
Le  film  de  la  Screen  Plays  Comment 
Lord  Kitchenerfut  trahi  qui  fit  l'ob- 
jet de  maintes  controverses  lors  de 
sa  présentation  privée,  sera  présenté 
bientôt  au  public,  au  Philarmonic 
Hall  de  Londres.  Cette  décision  serait 
motivée  surtout  par  l'impossibilité  où 
se  trouvent  les  exploitants  anglais 
d'inscrire  pour  le  moment  un  film 
nouveau  à  leurs  programmes,  en  rai- 
son du  block  et  de  l'advance  boo- 
king. 

• 
A  propos  de  films  historiques,  il  y 
a  lieu  de  signaler,  dès  à  présent  celui 
dont  Denison  Clift  sera  le  réalisa- 
teur :  Mary,  Queen  of  Scott  s  (La 
reine  d'Ecosse)  sera  personnifiée  par 
Miss  Fay  Compton.  Ce  film  sera  le 
premier  d'une  nouvelle  série  que 
M.  Denison  Clift  produira  pour  son 
propre  compte;  deux  drames  moder- 
nes suivront. 

• 
Le  remplaçant  de  M.  Denison  Clift 
dans  les  studios  de  l'Idéal  et  M. 
George  Béranger,  qui  filme  en  ce 
moment  Sinister  Street  dont  il  est 
l'auteur  et  le  scénariste.  Principales 
interprètes  :  Maudie  Durham  et  Amy 
Verity. 

• 
La  Compagnie  Master  innove  tou- 
jours. Après  les  chansons  filmées  qui 
viennent  d'obtenir  un  franc  succès, 
MM.  Parkinson  et  W.  C.  Rowden  pro- 
duiront une  nouvelle  série  sous  le 
titre  général  :  Ten  se  moments  ivith 
great  Authors  (Quelques  moments 
attachants  avec  les  grands  auteurs). 
Le  premier  film  de  cette  série  sera 
Vanity  Fair  (la  foire  aux  vanités) 
d'après  Thackeray,  dont  les  protago- 
nistes seront  Miss  Kyrie  Bel  le  w  dans 
le  rôle  de  Becky  Sharp,  et  Clive 
Brook. 


The  African  Productions  Ltd.,  pré- 
sentera Swallow,  adaptation  du  livre 
de  Sir  Ridder  Haggard.  Le  film  a  été 
produit  par  Leander  de  Cordova, 
précédemment  metteur  en  scène  chez 
Métro.  Les  protagonistes  en  sont  : 
Joan  Morgan  et  Hayford  Hobbs.  Les 
films  suivants  seront:  Sam's  Kid, 
avec  Gertrude  Mac  Coy  et  Hayford 
Hobbs,  puis  ]Vnlchnre  Prey,  dont 
l'étoile  est  Miss  Phyllis.  La  Compa- 
gnie produira  prochainement  The 
Blue  Laggon,  d'après  le  roman  de 
H.  de  Vere  Stacpole.  Ce  roman  fut 
déjà  mis  à  la  scène  et  présenté  au 
Lyric,  de  Londres,  au  début  de  cette 
année. 

• 

Hayford  Hobbs  dont  le  contrat  avec 
«  The  African  Prod.  Ltd  »  est  ter- 
miné, a  quitté  Johannesburg  pour 
l'Australie.  Son  intention  est  d'ouvrir 
dans  ce  pays  une  agence  de  distribu- 
tion, qui  favorisera,  autant  que  pos- 
sible, l'introduction  des  films  bri- 
tanniques. On  sait  qu'en  dépit  du 
tarif  de  faveur,  obtenu  grâce  à  la 
ténacité  de  compagnies  indépen- 
dantes, la  diffusion  de  ces  films  fut 
jusqu  ici  très  aléatoire,  en  raison  du 
trust  tout  puissant  qui  contrôle  la 
majeure  partie  des  cinémas  du  pays. 
• 

Ils  y  viennent  tous!...  au  cinéma, 
il  va  sans  dire.  L'un  après  l'autre, 
les  plus  populaires  acteurs  et  actri- 
ces britanniques  se  décident  à  affron- 
ter les  feux  des  lampes  à  mercure. 
Après  Miss  Edna  Best  qui  tourna 
dans  Tilly  of  Bloomsbnry,  après 
Miss  Sybil  Thorndyke,  étoile  appré- 
ciée de  Mot  h  and  Rnst  (Progress 
Film  Co.),  voici  cette  fois  un  acteur 
qu'on  croArait  irréductible  amené, lui 
aussi,  à  composition.  J'apprends  de 
bonne  source  que  Robert  Loraine,  le 
comédien  réputé,  tiendra  le  princi- 
pal rôle  dans  une  nouvelle  produc- 
tion de  l'Idéal  Film  Co, intitulée  Bent- 
ley's  Conscience,  d'après  une  nou- 
velle de  Paul  Trent. 


Il  résulte  de  certaines  informations 
qu'une  compagnie  française  va  s'as- 
socier bientôt  à  une  maison  de  pro- 
duction britannique.  Des  metteurs 
en  scène  viendraient  travailler  très 
prochainement  dans  les  studios  de 
Beaconsfield.  Qui  disait  que  l'entente 
cordiale  serait  toujours  un  vain  mot! 
• 

Les  Aventures  de  M.  Pickwick, 
mis  en  scène  par  M.  Thomas  Bentley 


pour  l'Idéal  Film  Co,  est  un  succès 
d'art  cinégraphique,  mais  démontre 
les  limitations  du  film  en  tant  que 
moyen  reproducteur.  La  réalisation 
de  M.  Bentley,  pittoresque  au  pos- 
sible, révèle  un  soin  minutieux,  un 
souci  fouillé  des  détails,  qu'on  ne 
saurait  trop  louer.  Il  est  vrai  que 
M.  Bentley,  «  dickensien  »  averti  fit 
déjà  ses  preuves.  La  dernière  qu'il 
nous  a  donné  de  son  talent,  de  ses 
talents,  ne  nous  laisse  rien  à  désirer... 
rien,  si  ce  n'est  le  génie  essentiel, 
primesautier,  du  maître  dont  il  s'ins- 
pira. Fred  Volpe  fut  un  M.  Pickwick 
réjouissant.  Bransby  Williams, artiste 
fêté  des  music-halls  londoniens, 
campa  un  sergent  Busfuz  authen- 
tique. Le  film  n'ennuira  personne; 
c'est  là  un  point  qui,  en  l'occurrence, 
a  sa  valeur. 

• 
Le  directeur  et  metteur  en  scène 
américain,  A.  B.  Garrick,  qui  vient 
de  repartir  aux  Etats-Unis,  a  annoncé 
les  nouvelles  transactions  du  British- 
American  Film  Prodncers  Alliance 
actuellement  constituée.  Cette  orga- 
nisation fera  distribuer  l'année  pro- 
chaine, vingt-deux  productions,  dont 
douze  furent  tournées  en  Angleterre. 
A.  F.  Rosi:. 


ALLEMAGNE  M 

On  prévoit  la  fusion  des  deux 
grandes  sociétés:  Decla  Bioscop-A-G. 
avec  l'Universiim  Film  Ahtien  gesell- 
schaft.  Cette  dernière  ayant  fait  une 
proposition  à  la  Decla. 

m 

La  il  fa  qui  possède  70  des  meilleurs 
théâtres  allemands,  voit  s'ajouter  à 
celle  l'Universnm  film.  La  U fa  a  dans 
son  organisation  :  la  Decla,  la  Hansa 
film,  la  Frankfurter  Kompagnie  ce 
qui  en  fait  la  plus  puissante  société 
européenne. 

• 

Dans  les  projets  de  réforme  finan- 
cière du  Reich,  figure  une  élévation 
des  droits  de  douane  sur  les  films 
étrangers  de  200  à  400  marks  auxquels 
viendra  s'ajouter  encore  la  surtaxe 
d'or. 

• 

Sous  le  nom  de  Pigeard  -  Lœser 
Film.  G.  M.  B.  H.  vient  d'être  fondée 
à  Berlin  une  entreprise  de  commerce 
de  films  étrangers  qui  a  la  représen- 
tation de  films  français,  italiens  et 
suisses,  pour  les  pays  de  l'Europe 
centrale. 


10 


cinea 


On  proteste  aussi  dans  les  milieux 
cinématographiques  allemands  con- 
tre les  énormes  droits  des  pauvres 
imposés.  Les  cinémas  de  Francfort- 
su  r-le-Mein  ont  fermé  leurs  portes  pen- 
dant six  semaines  en  signe  de  protes- 
tation. 

• 

Entre  le  Gouvernement  italien  et 
le  Gouvernementallemand  un  accord 
a  été  conclu  d'après  lequel  les  deux 
pays  se  facilitent  réciproquement 
l'importation  de  certaines  marchan- 
dises. Le  film  appartient  à  cette  caté- 
gorie. 

• 

L'Artiste  Italien  Maciste  a  été  en- 
gagé   par   le    director    Jacob    Karol 
pour  une  certaine  quantité  de   films 
allemands  où  il  jouera. 
• 

D'après  une  statistique  de  Prague, 
l'Allemagne  livre  le  63  0  0  de  la  pro- 
duction cinématographique  en  Tché- 
co-Slovaquie. 


TCHÉCOSLOVAQUIE  J& 

Bien  qu'avant  la  guerre  on  ait 
tenté  à  Prague  la  création  d'entre- 
prises cinématographiques,  il  n'est 
pas  téméraire  de  dire  qu'en  Tchéco- 
slovaquie l'industrie  du  film  n'en  est 
cependant  qu'à  ses  débuts.  Plusieurs 
sociétés  se  disputent  la  gloire  d'avoir 
créé  l'art  cinématographique  tchéco- 
slovaque Voici  d'abord  la  maison 
A.  P.,  qui  vient  d'être  autorisée  par 
le  ministère  de  l'intérieur,  d'accord 
avec  celui  du  commerce,  à  se  trans- 
former en  société  anonyme.  Elle 
s'est  surtout  consacrée  aux  scènes  de 
la  vie  paysanne  du  pays.  A  côté, 
nous  trouvons  la  maison  Binovec 
et  Cie,  qui  tourne  principalement  des 
sujets  empruntés  aux  romans  tchè- 
ques et  qui,  grâce  à  la  brillante  in- 
terprète qu'est  Mme  Suzanne  Mar- 
ville,  se  taille  de  beaux  succès.  Avec 
le  Rival  Bohemian  Film,  le  film  tché- 
co-slovaque,  jusque-là  cantonné  dans 
les  scènes  nationales,  se  fait  plus  cu- 
rieux :  il  va   étudier  l'étranger.    Le 


Courage  !  Le  public  com= 
mence  à  discerner  les  bons 
films.  A  Lyon  il  a  sifflé 
El  Dorado  et  obligé  La 
Charrette  Fantôme  à 
quitter  l'écran       &       ^ 


Rival  Bohemian  Film,  en  effet,  se 
présente  au  public  par  un  drame,  La 
Vengeance  de  la  Mer,  emprunté  à 
une  nouvelle  Scandinave  mais  tourné 
au  milieu  de  beaux  paysages  yougo- 
slaves de  l'Adriatique,  admirable- 
ment choisis.  Quoi  qu'on  puisse  pen- 
ser du  sujet,  il  faut  constater  que 
l'art  de  la  mise  en  scène  et  l'habile  in- 
terprétation des  rôles  principaux  par 
MlleMaryJansovaetM.  Vladimir  Pos- 
pisil,  ont  assuré  à  cette  tentative  un 
succès  marqué.  C'est  un  exemple  en- 
courageant pour  l'industrie  cinéma- 
tographique tchéco-slo vaque  qui 
pourra  trouver,  dans  les  pays  slaves 
voisins,  un  admirable  champ  d'ac- 
tion. 


SUISSE  M 

La  Société  cinématographique  amé- 
ricaine «  John  Barrymore  Co  »,  à 
New-York,  a  fait  fdmer,  dans  la  ré- 
gion du  Montreux-Oberland  bernois, 
plusieurs  scènes  d'un  film  important 
intitulé  Sherlock  Holmes.  Ces  épi- 
sodes ont  été  tournés  en  partie  aux 
Avants,  à  Chàteau-d'Oex,  à  Gesse- 
nay,  à  Gstaad  et  à  l'Hôtel  des  Sports 
de  Saanenmœser  ainsi  que  sur  les 
sommités  environnant  Gstaad.  Les 
premiers  rôles  étaient  joués  par  les 
acteurs  Albert  Parker  et  Robert 
Schable,  de  New-York,  par  Miss 
Peggy  Bayfield,  de  Londres. 


AMERIQUE  M 

Les  films  importés  d'Amérique  en 
France  ne  sont  pas  nécessairement 
choisis  parmi  les  meilleurs  ;  un  grand 
nombre  d'œuvres  de  valeur  reste 
en  route.  Il  nous  a  paru  intéressant 
d'indiquer  ci-après  ceux  des  films, 
parus  depuis  le  début  de  1920,  qui, 
ayant  fait  plus  ou  moins  sensation 
aux  Etats-Unis,  sont  encore  inconnus 
du  public  français.  Cette  liste  est  na- 
turellement sujette  à  erreur,  étant 
donnés  les  changements  que  les  édi- 
teurs apportent  aux  titres  :  pour  la 
même  raison,  nous  avons  cru  devoir 
conserver  aux  œuvres  leurs  noms 
anglais.  Celles  qui  ont  été  particu- 
lièrement remarquées  sont  indiquées 
en  lettres  grasses. 

Gai]  Old  Dog,de  Mrs. Sydney  Drew, 
avec  John  Cumberland. 

Isle  of  Conquest,  avec  Norma  Tal- 
madge. 

Treasure  Isldnd,  (d'après  Steven- 
son) avec  Shirley  Mason. 


Victory  (d'après  Conrad),  de  Mau- 
rice Tourneur,  avec  Scena  Owen, 
Jack  Holt,  YVallace  Beery,  Lon  Cha- 
ney,  Bull  Montana,  etc. 

The  Miracle  Man,  par  G.  L.  Tucker, 
avec  Betty  Compson  et  Lon  Chaney. 

Whea  the  Cloud  rolls  bu,  avec- 
Douglas  Fairbanks. 

The  Idol  Dancer,  de  D.  W.  Griffith, 
avec  Clarine  Seymour. 

Dr.  Ielnjll  and  Mr.  llijde  (d'après 
Stevenson)  de  John  Barrymore. 

The  Prince  Chap.,  de  YVm.  B.  de 
Mille,  avec  Lila  Lee. 

Way  Down  East,de  D.W.  Griffith, 
avec  Lilian  Gish  et  Richard  Barthel- 
mess 

Idols  of  Claij,  de  G.  Fitzmaurice, 
avec  Mae  Murray. 

Over  the  Hill,  de  Harry  Millard, 
avec  Mary  Carr. 

Man  Woman,  Mariage,  d'Allen 
Holubar,  avec  Dorothy  Philipps. 

The  four  Horsemen  of  the  Apoca- 
lypse (d'après  Vicente  Blasco  Ibanez) 
par  Rex  Ingram,  avec  Rudolph  Va- 
lentino. 

Sentimental  Tommy,  (d'après  James 
Barrie)par  John  S.  Robertson,  avec 
Gareth  Hughes  et  May  Mac  Avoy. 

The  Last  of  the  Mohicans  (d  après 
Fenimore  Cooper),par  Maurice  Tour- 
neur. 

Queen  of  Sheba,  par  J.  Gordon  Ed- 
wards, avec  Betty  Blythe. 

Prisoners  of  Love,  avec  Betty 
Compson. 

Hold  ijour  Horses  par  Tom  Moore. 

The  Passion  Floiver,  par  H.  Bre- 
non,  avec  Norma  Talmadge. 

The  Old  Swimmin,  Hole,  par  J.  de 
Grasse,  avec  Charles  Ray. 

The  AfTairs  of  Anatol  (d'après 
Schnitzler)  par  Cécil  B.  de  Mille, 
avec  Gloria  Swanson,  Bebe  Daniels, 
Wanda  Hawley,  Agnès  Eyre,  YVal- 
lace  Reed.Elliott  Dexter. 

Wilhout  Benefit  of  Clergy  (d'après 
Kipling)  avec  Virginia  Faire  Brown. 


L'objet  de  l'art  est  de 
faire  parler  une  âme  à  une 
autre  âme.  Les  procédés 
d'expression  ne  sont  que 
des  moyens  pour  atteindre 
cette  fin       ^       ^\      /& 


clnéa 


JACKIE  COOGAN 
le  délicieux  interprète  du  Gosse. 
et  le  seul  enfant  qui  ait  pu  offrir 
à  sa  mère  une  automobile   sur 
son  salaire  de  la  semaine. 


12 


cmea 


Boys  Will  Be  Boys,  par  Irvin  S. 
Cobb,  avec  Will  Roger* 

Dream  Street,  par  I).  \V  Griffith, 
avec  Carol  Dempster. 

Dangevous  Curve  Ahéâd,  par  Ma- 
8on  Hopper,  avec  Helen  Chadwick. 

The  Jack  Knife  Mari,  par  King  Vi- 
dor 

• 

Nortna  Talmadge  rêve  de  tourner 
Le  Jardin  d'Allah,  mais  dans  un 
cadre  où  elle  puis.se  rendre  le  mys- 
tère spirituel  et  la  couleur  de  cette 
œuvre  puissante.  On  sait  que  le  beau 
roman  de  Robert  llichens  a  déjà  tenté 
les  cinéastes;  mais  généralement 
—  et  notamment  dans  le  cas  de  Sa- 
hara, avec  Louise  Glaum  —  les  scè- 
nes du  désert  ont  été  tournées  aux 
Etats-Unis. 

Théodore  Roberts,  le  cher  vieux 
père  à  moustache  blanche,  toujours 
bon  et  irrité,  et  qui  ressemble  tant 
à  un  vieux  compagnon  d'armes  de 
J.  E.  B.  Stuart  (on  le  reverra  avec 
plaisir  dans  Le  Fruit  défendu),  a  été 
gravement  malade  et  a  failli  mourir. 
Il  est  rétabli  aujourd'hui,  et  s'est 
remis  à  tourner. 


Ernest  Lubitsch  vient  de  produire 
en  Amérique  un  nouveau  film  inti- 
tulé :  One  Arabian  Night  (Une  Nuit 
d'Arabie),  inspiré  de  la  Sumurun, 
de  Reinhardt.  Edulcoré  pour  répon- 
dre aux  exigences  des  censures,  le 
film  n'évoque  que  faiblement  la  dan- 
seuse du  désert  qui  passe,  laissant 
derrière  elle  le  sang  et  la  mort.  Mais 
Pola  Negri  interprète  le  rôle  de  ma- 
nière ardente  et  passionnée,  Ernest 
Lubitsch  et  Paul  Wegener  sont  excel- 
lents dans  ceux  du  Bossu  et  du 
Sheileh. 

• 

Alla  Nazimova  vient  de  tourner, 
sous  le  titre  de  Camille,  La  Dame 
aux  Camélia*.  Elle  a  eu  l'idée  sin- 
gulière —  question  de  mode  —  de  si- 
tuer le  drame  dans  un  décor  «  expres- 
sionniste ». 

A  la  façon  de  Caligari... 

Deux   dénouements  ont  été  prévus, 


Le  cinéma  est  une  indus-  : 

•  s 

:    trie,   c'est  entendu,   mais  \ 

s  • 

industrie  n'est  pas  spno-  : 

s 

nyme  de  brocante     Jâ     M  : 


l'un  où  la  courtisane  meurt  seule, 
l'autre  où  elle  meurt  dans  les  bras 
d'Armand  Du  val.  Armand,  c'est  Ru- 
dolph  Valentino  (qui  vient  de  s'illus- 
trer dans  Les  Quatre  Cavaliers). 
.Mais  son  rôle  ne  ressort  guère,  Nazi- 
mova ayant  confisqué  à  son  profit 
toutes  les  «  grosses  têtes  »,  dont  le 
film  contient,  d'ailleurs,  une  propor- 
tion considérable. 

Mary  Piekford  a  trouvé  un  «  véhi- 
cule »,  comme  on  dit  là-bas,  adapté 
à  son  génie  puéril  et  charmant, dans 
le  joli  et  célèbre  roman  de  Frances 
Hodgson  Burnett,  Le  petit  Lord 
Fauntleroy.  (L'œuvre  a  déjà  été  mise 
au  théâtre,  et  je  crois  qu'une  adap- 
tation en  a  été  donnée  à  Paris).  Elle 
y  joue  un  double  rôle,  celui  du  petit 
lord  et  de  «  Chérie  »,  sa  mère;  les 
surimpressions  de  ce  double  rôle 
sont,  au  point  de  vue  technique,  des 
chefs-d'œuvre.  La  manière  dont  elle 
interprète  le  personnage  de  la  mère 
indique  ce  qu'elle  pourra  donner 
lorsque  son  talent  évoluera  avec 
l'âge.  A  côté  d'elle,  Claude  Gilling- 
water  joue  avec  une  vie  et  un  natu- 
rel parfaits  le  rôle  du  vieux  comte 
goutteux  et  grognon.  Et  le  nombre 
de  «  grosses  têtes  »  que  lui  a  accordé 
Mary  Pickford  fait  l'objet  des  com- 
mentaires du  Tout-Film  américain, 
où  l'on  n'est  pas  habitué  à  voir  les 
étoiles  mettre  aussi  libéralement  en 
valeur  leurs  partenaires. 

La  classe  oisive,  tel  est  le  titre  du 
dernier  film  de  Charlie  Chaplin.  La 
déclamation  démagogique  contre  la 
richesse  et  le  luxe  y  sévit  de  ma- 
nière plus  ou  moins  latente,  mais 
fatigante.  La  première  impression 
des  critiques  est  beaucoup  moins  fa- 
vorable que  pour  Sunnyside  et  The 
Kid. 

• 

La  Société  d'édition  qui  publie  ces 
charmants  magazines  —  Shadow- 
land,  Classic,  Notion  Pieture,  —  va 
lancer  un  périodique  intitulé  Beautg, 
qui  sera  consacré  à  l'art  d'être  belle. 
Dans  le  premier  numéro,  Elsie  Fer- 
gusson  expliquera  comment  la  beauté 
peut  être  obtenue  et  conservée  par 
une  pensée  droite  et  une  vie  droite, 
et  Norma  Talmadge  traitera  de  l'aide 
que  les  cosmétiques  apportent  à  la 
beauté. 

• 

Will  Rogers,  que  nous  allons  goû- 
ter dans  Jubila,  va  remplacer  Fattv 
Arbuckle   dans  un  film  en  prépara-  !À 


tion,  dont  le  titre  sera  The  Melan- 
choly  Spîrit  (Spirit  signifiant  à  la 
fois  esprit  et  spiritueux,  ce  titre  pa- 
raît d'une  actualité  presque  exces- 
sive). 

Le  mariage  de  William  Hart  avec 
Jane  Novak  est  remis  —  peut-être 
sine  die.  —  Il  y  a  un  premier  obsta- 
cle, c'est  que  Jane  Xovak  est  déjà 
mariée  avec  Frank  Newburg,  mais 
ceci  est  facile  à  arranger  et  le  divorce 
est  en  train.  Ce  qui  est  plus  grave, 
c'est  que  Miss  Novak  refuse  de  se 
séparer  de  sa  mère  et  William  Hart 
de  sa  sœur;  on  craint  que  ces  deux 
dames  ne  s'entendent  pas. 
• 

On  annonce  le  divorce  de  Gloria 
Swanson,  qui  désire  se  consacrer 
entièrement  à  son  travail  et  à  son 
enfant 

• 

Agnès   Ayres   a  divorcé   d'avec   le 
capitaine  Frank  Shucker. 
• 

La  mode  des  «  anneaux  de  divorce  » 
se  répand  de  plus  en  plus  parmi  les 
étoiles.  La  belle  Rubye  de  Renier  en 
porte  un  qui  a  fait  sensation  sur 
Hollywood  (le  quartier  général  du 
Cinéma  californien),  mais  dont  mal- 
heureusement on  ne  nous  donne  pas 
le  modèle  exact. 

• 

A  l'usage  des  figurants  qui  devaient 
représenter  les  invités  d'une  grande 
soirée  au  Ritz,  Allan  Holubar  avait 
fait  afficher  l'avis  suivant  : 

«  Ne  soulevez  pas  votre  danseuse 
par  les  oreilles. 

«  Ne  traînez  pas  la  jambe  droite  en 
saluant. 

«  Ne  donnez  pas  des  coups  de  poing 
dans  les  côtes  de  votre  hôtesse  afin 
d'attirer  son  attention. 

«  Si  vous  représentez  des  membres 
du  corps  diplomatique,  ne  vous  bat- 
tez pas  à  coups  de  poing  tant  que  vous 
êtes  dans  le  champ. 

«  Ne  mangez  tout  ce  qu'il  y  a  sur 
la  table  de  souper  qu'après  vous  être 
assurés  qu'il  ne  sera  pas  nécessaire 
de  prendre  une  seconde  bande.  « 


Un   établissement    qui 

m 

refuse  ou  néglige d'annon*    \ 
j    cer    ses    programmes 
■     témoigne  du  mépris  qu  il    • 

m  • 

:    a  pour  son  public     M     J&    j 


£ 


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la  plus  luxueuse  — 
la  moins  chère  — 


la  plus  magnifiquement  illustrée 

des  plus  beaux  films 


Le  plus  beau  répertoire 
de  films  français, 
américains    et    anglais 


Édes  Films    Artistiques  &$ 


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PRESENTE 

Willihm  S  HRRT 

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RiO-JiM 


14 


cinea 


M   M  WORESTE  A   RIO  JIM  M   M 


Le  vrai  film  dramatique  est  né  le 
jour  où  quelqu'un  a  compris  que  la 
transposition  à  l'écran  des  acteurs  de 
théâtre  et  de  leur  télégraphie  plas- 
tique devait  s'effacer  devant  la  na- 
ture. Quand  je  dis  la  nature,  je  veux 
dire  nature  morte.  Plantes  ou  objets, 
plein-airs  ou  intérieurs,  détails  maté- 
riels, toute  la  matière  enfin,  donne 
un  relief  nouveau  au  thème  drama- 
tique. Mise  en  relief  elle-même,  cette 
nature  morte  ou  muette  s'anime  selon 
la  place  où  l'utilise  le  compositeur  du 
film.  Cette  mise  en  avant  des  choses 
atténue  la  personnalité  de  l'homme, 
de  l'acteur.  Il  n'est  plus,  lui  aussi, 
qu'un  détail,  qu'un  fragment  de  la 
matière  du  monde.  Il  est  une  note 
dans  la  grande  composition  du  musi- 
cien visuel.  Les  choses  dont  le  rôle 
est  immense  dans  la  vie  et  dans  l'art 
retrouvent  leur  vrai  rôle  et  leur  élo- 
quence fatidique.  Lorsque  ce  premier 
pas  fut  fait  vers  la  synthèse  de  l'or- 
chestration cinématographique,  le  ci- 
néma, art  d'expression,  a  existé  réel- 
lement. Et  ce  jour-là  seulement  vous 
y  êtes  venus  tous,  profondément, 
avec  stupeur,  avec  joie. 

• 
C'est  aux  Américains  que  nous  de- 
vons ce  miracle.  Dans  leurs  premiers 
films  du  Far-West  —  que  depuis  lors 
ils  fabriquent  en  série  car  il  n'y  a  pas 
que  chez  nous  des  mercantis  du  ci- 
néma —  dans  ces  films  dont  le  plus 
typique  fut  certainement  Pour  sau- 
ver sa  race,  on  vous  a  intéressés 
autant  au  cheval  du  cow-boy  qu'à 
ce  cow-boy  lui-même.  Un  chien  est 
un  grand  personnage.  Le  caboti- 
nisme  reçoit  un  rude  coup,  l'atmos- 
phère change,  il  n'y  a  plus  une  ve- 
dette et  des  figurants,  il  y  a  des 
hommes,  des  choses,  pas  même,  une 
vaste  pâte  symphonique  triturée  par 
un  rythme  qui  n'est  encore  que  l'una- 
nimisme  mais  qui  présage  la  grande 
cadence  des  futures  symphonies  vi- 
suelles. 

• 

L'importance  de  ces  détails  expres- 
sifs est  étonnante.  Si  étonnante  qu'elle 
paraît  naturelle  maintenant  —  et  in- 
dispensable. C'est  l'harmonie  du  vrai 
style.  Etiez-vous  choqués  par  le  seau 
où  boit  Rio  Jim,  les  dés  qu'il  jette  sur 


le  comptoir  du  bar,  les  cartes  signi- 
ficatives des  buveurs?  Le  plan  de  ces 
images  dépassait  en  proportion  la 
tête  des  héros  et  condensait  tout  un 
drame  sur  un  objet  minuscule  grandi 
cent  fois.  Nous  sommes  familiarisés 
avec  ces  accessoires  du  film  d'aven- 
tures, nous  songeons  même  à  les 
abandonner  ou  à  les  employer  à  de 
plus  hardis  usages,  mais  ne  les  re- 
nions pas.  N'oublions  pas  Pour  sau- 
ver sa  race,  Grand  frère,  L'Au- 
berge du  signe  du  loup,  La  Con- 
quête de  l'or,  L'Homme  aux  yeux 
clairs,  Le  serment  de  Rio  Jim,  belles 


heures  pour  nos  yeux  et  pour  notre 
amour  de  la  vie.  La  ceinture  char- 
gée d'or,  la  table  du  croupier,  la 
cruche  de  grès  d'où  coule  un  fil-en- 
quatre  qui  fait  llamber  les  têtes  et 
ces  pistolets  incroyables  qu'on  sort 
brusquement  de  sa  ceinture  pour  im- 
mobiliser trois  douzaines  de  brutes, 
autant  de  personnages  qui  nous 
ont  conquis  et  troublé.  Pensez  à 
ces  deux  manchettes  de  gros  cuir, 
cloutées  de  cuivre  et  lacées  avec  une 
coquetterie  sauvage,  que  l'on  voit 
aux  poignets  de  William  Hart. 
Leurs  premiers  plans  résumaient  la 


/?#4f\ 


cmea 


15 


force,  la  colère  ou  la  douleur,  et  les 
poings  même  de  Rio  Jim,  .se*  poings 
de  bronze,  ont  valu  souvent  un  beau 
portrait. 

Il  y  a  quelque  chose  de  plus.  Je 
pense  que  Rio  Jim  est  la  première 
figure  campée  par  le  cinéma,  c'est  le 
premier  type  et  sa  vie  est  le  premier 
thème  réellement  cinégraphiqne. 
Déjà  classique,  l'aventure  de  l'aveu- 
i  turier  qui  cherche  fortune  au  Nevada 
ou  dans  les  Montagnes  Rocheuses, 
qui  arrête  la  diligence,  pille  la  poste, 
violente  le  dancing,  brûle  la  maison 
du  pasteur  et  épouse  la  fille  du  shé- 
rifF,  voilà  un  thème  établi,  si  établi 
que  vous  le  jugez  banal  désormais. 
(Mais  on  n'en  a  pas  trouvé  d'autre 
encore  aussi  net  et  aussi  attachant. 
[C'est  que  toute  la  photogénie  s'y 
trouve  rassasiée.  Plaines  grises  dé- 
nuées d'obstacles,  montagnes  ardues 
et  lumineuses,  comme  des  écrans, 
chevaux  et  gens  en  pleine  animalité, 
large  intensité  de  vie  simple  qui  per- 
met le  rythme,  le  relief,  la  beauté  et 
qui  donne  un  éclat  d'humanité  in- 
comparable nu  sentiment  toujours 
simple  —  amour,  devoir,  vengeance 
—  qui  y  surgit. 

• 

Vous  ne  me  trouverez  pas  trop  ri- 
dicule si  je  vous  dis  que  depuis  le 
théâtre  grec  nous  n'avions  pas  eu  un 
moyen  d  expression  aussi  fort  que  le 
cinéma.  Les  hémicycles  de  pierre 
contenaient  tout  un  peuple.  Les  spec- 
tacles qu'on  y  donnait  devaient  donc 
plaire  à  toutes  les  classes  de  la  so- 
ciété. Cela  n'a  pas  empêché  de  pro- 
duire des  chefs-d'œuvre  Mais  ces 
chefs-d'œuvre,  inégalés  n'est-ce  pas? 
vivaient  de  thèmes  simples,  de  per- 
sonnages directs  et  dépouillés  de 
complications  civilisées  La  guerre 
de  Troie,  la  vie  d'Œdipe,  l'apostolat 
de  Dyonisos,  poésie  et  religions  mê- 
lées dans  un  drame  aux  lignes 
franches,  fut-il  meilleur  répertoire? 
Oreste ,  Agamemnon,  Iphigénie , 
Electre  ont  traversé  vingt-cinq  siècles 
Lie  mœurs  diverses,  de  littératures 
diverses,  d'horreurs  diverses  et  de- 


Films  usagés  pour  amateurs  et 

particuliers,  depuis  OJOcentimes. 

BAUDON  =  SAINT  =  LO 

345,   rue  Saint-Martin,  PARIS 
Téléphone  :  ARCHIVES  49-17 


meurent  intacts.  Ils  ont  une  solidité 
de  statues, 

L'hémicycle  où  se  réunissent  les 
spectateurs  du  cinéma  c'est  le  monde 
entier.  Les  êtres  les  plus  divers  et 
les  plus  extrêmes  assistent  à  la  même 
heure  au  même  film  sur  toute  la 
mappemonde.  N'est-ce  pas  magni- 
fique? Un  héros  peut  émouvoir  tant 
de  millions  d'individus  qui  ne  se  con- 
naissent pas,  qui  ne  se  comprennent 
pas;  qui  s'entrevoient  et  s'entre- 
tuent.  Rio  Jim  est  le  premier  qui  ait 
soutenu  ce  paradoxe.  Où  ne  le  con- 
naît-on? Simple  comme  Oreste,  il  se 
meut  dans  une  tragédie  éternelle 
sans  bavures  psychologiques.  Je 
vous  parlais  de  Pour  sauver  sa  race 
tout  à  l'heure.  Est-ce  que  la  terrible 
femelle  qu'interprétait  Louise  Glaum 
n'a  pas  la  fatale  splendeur  de  Kly- 
temnestre?  Est-ce  que  Bessie  Love 
n'évoque  pas  la  pudique  et  sauvage 
énergie  d'Electre?  Ce  film  a  parlé  à 
tous  les  cœurs.  En  Erance,  j'ai  vu 
son  impression  sur  les  publics  les 
plus  divers;  à  Marseille,  devant  des 
pêcheurs  saisis;  dans  une  petite  ville 
de  province  devant  de  petites  gens 
timides  et  engourdis,  ravis;  à  Belle- 
ville,  et  l'on  pleurait;  dans  la  salle 
du  Colisée,  j'ai  vu  des  ironistes  ces- 
ser de  rire  et  des  intellectuels  com- 


plètement   réfractaires    au    cinéma, 
enthousiasmés  et  convertis. 

Certes  ce  que  sera  le  cinéma  dans 
quelques  années  effacera  violemment 
ces  heures  qui  nous  parurent  de  pre- 
mier ordre.  Mais  l'avenir  du  drame 
cinématographique  est  dans  ces  thè- 
mes d'humanité  simple.  Il  s'attarde 
souvent  à  d'ingénieux  vaudevilles 
mondains  comme  s'attarde  notre 
théâtre  affadi.  Cela  ne  durera  pas. 
La  poussée  irrésistible  des  esprits 
fait  à  l'art  muet  un  sang  difficile  à 
empoisonner.  Croyez  bien  qu'il  en 
sortira  de  grandes  figures  nouvelles, 
créées  par  des  créateurs  à  venir, 
comme  Eschyle  créa  Promêthêe, 
comme  Shakespeare  créa  Macbeth  et 
Hanilet,  comme  Wagner  créa  Parsi- 
fa).  C'est  tellement  simple  que  les 
cinégraphistes  n'y  pensent  pas.  Ehî 
bien,  qu'ils  n'y  pensent  pas.  Ce  n'est 
pas  exprès  qu'Eschyle  a  fait  Promê- 
thêe.  11  y  a  été  forcé  par  lui-même. 
Rio  Jim  est  lavant-garde  des  grandes 
figures  prochaines. 

Louis  Deixuc. 


Le  film,  comme  la 
musique,  émeut  en  se 
mouvant     /G°      ^     & 


16 


cinea 


Les  Présentations 


La  ferme  du  Choquait. 

Dans  Micheline  (d'après  Theuriet) 
M.  Jean  Kemm  avait  déjà  réalisé  des 
scènes  simples  dans  l'atmosphère 
qui  convenait,  mais  l'histoire  en  était 
mince  et  l'un  des  rôles  était  tenu 
avec  de  l'emphase.  Cette  fois,  il  a 
tiré  un  excellent  scénario  d'un  ro- 
man de  Cherbuliez.  Non  seulement 
le  drame  qui,  peu  à  peu  se  développe 
dans  un  village  veut  une  attention 
continue,  mais  encore  chacun  des 
personnages  olfre  un  caractère  net. 
11  faut  mettre  ce  film  sur  le  même 
rang  que  certaines  œuvres  suédoises 
à  cause  de  sa  sincérité  générale  et  des 
particularités  des  gens  qui  y  évo- 
luent dans  des  circonstances  pré- 
cises. A  tous  les  interprètes,  de  vives 
louanges,  à  Mlle  Geneviève  Félix, 
d'une  exemplaire  sobriété;  à  Mlle 
Marie  Marquet  (la  femme  ambitieuse 
et  mauvaise);  à  Mme  Jane  Even,  par- 
faite en  fermière  autoritaire  et  juste  ; 
à  MM.  Varennes,  Mevisto,  Aldebert. 
M.  Jean  Kemm  a  prêté  son  talent  à 
un  petit  rôle  de  médecin  de  cam- 
pagne. 

Carnaval  Tragique. 

A  Venise,  un  artiste  peintre  quitte 
son  amie,  pour  la  gloire  et  d'autres 
succès,  et  pour  Paris.  Un  peu  comme 
dans  Toute  une  vie,  mais  plus  artifi- 
ciellement. On  pense  un  peu  à  la 
Femme  Nue  et  l'interprète  principal 
rappelle  (un  peu  aussi)  M.  Henry  Ba- 
taille, par  son  physique  Le  peintre, 
relancé  par  son  ancienne  compagne, 
croit  la  tuer.  Erreur,  tragédie,  comé- 
die! Et  n'oublions  pas  de  copier  sur 
l'écran  :  «  les  canaux  semblent  rou- 
ler des  larmes  d'amour.  » 

• 
La  vivante  épingle. 

Encore  un  mystère  et,  comme, 
dans  une  de  ses  nouvelles,  c'est  M. 
Jean  Joseph-Renaud  qui  l'a  exposé, 
puis  éclairci,  on  se  doute  de  son  in 
térèt.  A  l'écran,  une  abondance  de 
texte  était  inévitable,  parce  que  une 
déduction  ne  peut  pas  souvent  figu- 
rer en  image.  Qui  a  tué  le  littérateur 
détestable  Hacquey,  célèbre  par  ses 
diffamations  et  reçu  quand  même 
dans  les  salons  honorés?  Ce  n'est 
plus  ici  un  reporter  et  un  détective 
qui  se  chargeront  de  l'enquête.  La 
police   se    déclare    incompétente,    et 


seul  un  oculiste  réputé  mène  à  bien 
la  tâche.  Il  fallait  un  tel  homme,  car 
une  puissance  de  suggestion  formi- 
dable a  joué  puisque,  par  exemple, 
plusieurs  personnes  ont  senti  du 
musc  et  vu  un  crocodile,  1  un  et  l'autre 
inexistants. 

M.  Jacques  Robert  a  mis  à  l'écran 
cette  histoire  étrange  avec  talent.  On 
a  pu  voir  M.  Jean  Joseph-Renaud,  cé- 
lèbre escrimeur,  dans  un  rôle  épiso- 
dique  et  comme  acteur  d'un  duel. 

• 
Le    Mystère    de    la    chambre 
jaune. 

Un  des  premiers  (et  des  plus  ha- 
biles) romans  de  M.  Gaston  Leroux. 
Quel  est  l'auteur  de  la  tentative  d'as- 
sassinat et  des  crimes  ou  vols  sui- 
vants? Jusqu'à  la  fin,  on  se  le  de- 
mande, pour  s'étonner  de  la  réponse. 
Dans  le  film  peut-être,  prévoit-on  ou 
suppose-t-on  le  véritable  meurtrier  à 
cause  de  certain  geste  vague,  mais 
on  ne  peut  pas  affirmer  que  c'est...  ce 
monsieur-là.  M.  Chautard  a  mis  en 
scène  avec  soin  cette  histoire,  un  peu 
touffue  à  deux  ou  trois  instants. 

• 
Toute  une  vie. 

Dix  minutes  avant  la  fin  de  ce  film 
qui  en  dure  une  quarantaine,  je  me 
disais  :  «  Voilà  une  jolie,  jolie  œuvre, 
elle  est  sincère,  sincère,  et  si  déli- 
cieusement et  fraîchement  jouée  et 
douce,  douce  et  cette  simplicité,  cette 
sincérité  émeuvent  »  Je  répète  ces 
mots,  puisqu'ils  sont  justes.  Le  jeune 
poète  que  sa  gentille  Musette  quitte 
pour  ne  point  entraver  des  succès 
littéraires,  toute  une  vie,  celle  île  cet 
académicien  heureux  dans  un  amour 
adultère  (ou  presque  heureux)  et 
puis  le  départ  de  1  amante,  l'évoca- 
tion de  la  Musette  d'autrefois,  la 
vieillesse  dans  le  célibat,  c'est  char- 
mant et  gracieux  et  la  bonne  larme 
perle  aux  yeux,  mais,  proche  le  dé- 
nouement, l'arrivée  d'une  admira- 
trice américaine  et  jeune  qui  res- 
semble à  Musette  comme  une  goutte 
d'eau  à  une  autre  goutte  d'eau 
«'explique  mal  ou  ne  s'explique  pas. 
Il  reste...  le  reste  qui  est  déjà  beau- 
coup et  une  interprétation  hors  pair 
avec  M.  Jacques  de  Féraudy,  un  des 
tous  premiers  acteurs  de  l'écran, 
ému  lui-même  de  son  rôle,  et  Mlle 
Andrée  Brabant  et  M.  Paul  Hubert. 

Ce  film,  de  M  Georges  de  Buy- 
sieulx,  est  mis  en  scène  de  la  meil- 
leure manière,  par  M.  Henry  de  Go- 
len.  Le  monument  élevé  au  peintre  y 
réapparaît  en  leit-motiv  harmonieux. 


Ghiquette. 

Un  mariage  étonnant  :  l'homme, 
ivre,  est  sacré  l'époux  de  son  amie 
autour  d'une  table  bien  garnie,  car 
leur  commensal,  magistrat,  a  le 
droit  de  sceller  cette  union  légale- 
ment. Le  mari  n'admet  pas  sa  situa- 
tion, mais  la  femme  s'efforce  de  mé- 
riter une  approbation  définitive  et  y 
parvient  après  quelques  immixtions 
de  ses  parents  sympathiques.  Rien 
autre  n'est  à  dire,  mais  reprodui- 
sons :«  une  jolie  Heur  fauchée  parla 
faulx  cruelle  du  malheur.  » 

• 
L'île  de  la  terreur. 

Objet  précieux,  homme  en  dan- 
ger, scélérats,  femme  charmante,  un 
héros  capable  des  plus  audacieuses 
prouesses  puisque  c'est  Houdini.  Et 
le  trésor,  sauvé,  fera  des  heureux 
grâce  à  ses  détenteurs,  couple  amou- 
reux et  philanthrope. 

• 
Marie,  les  fauves  et  les  hom- 
mes. 

Marie  Ancell  part  pour  l'Afrique 
où  vient  de  mourir  son  mari  dont 
l'associé,  tout  de  suite,  laisse  malgré 
lui  deviner  ses  desseins  criminels.  Il 
en  commence  la  réalisation.  Un  heu- 
reux dénouement  s'ensuivra  après 
maintes  aventures  dont  l'originalité 
se  prouve  dans  les  quelques  scènes 
où  Mme  Berthe  Dagmar  est  aux 
prises  avec  des  fauves.  Auparavant, 
Marie  se  désole  de  la  disparition  de 
son  enfant  lorsque  son  chimpanzé, 
expressif,  lui  entoure  le  cou  de  son 
long  bras  et  semble  aussi  triste. 

Quant  aux  fauves,  voici  :  une  pan- 
thère lutte  contre  Marie.  Un  autre 
moment, la  malheureuse  mère  cherche 
dans  la  plaine  désertique  son  petit 
garçon  et  rencontre  une  lionne  dont 
un  nègre  vient  de  voler  le  lionceau. 
Le  fauve  tourne  autour  de  la  femme 
comme  pour  l'étourdir  et  finit  par  la 
laisser  passer  parce  que,  nous  dit- 
on,  les  deux  mères  se  trouvent  dans 
une  identique  situation.  Quelques 
spectateurs  ont  ri.  Il  n'y  a  pas  de 
quoi.  Le  mystère  est  dans  les  senti- 
ments des  animaux  et  même  si  la 
lionne  ne  sait  pas,  elle  peut  éprouver 
une  sorte  de  pitié.  On  a  d'ailleurs 
souvent  cité  des  exemples  de  ce 
genre  et,  s'ils  sont  inexacts,  du  moins 
pouvons-nous  les  accepter  aussi  faci- 
lement et  mieux  que  certaines  aven- 
tures soi-disant  humaines  contées 
par  des  films. 

Lucien  Wahl. 


Cinéa.  Kowlateurs  ;  Louis  Dl.l.l.l'c  ul  A.  KOUMAMOh'I' 


Cinéa.  Imimuc/  lettres,  mandats,  ubonneincnts  ;i  Louis  iii  LLU(  ,  Directeur. 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


*^v 


C'est  surtout  durant  les  nuits  d'été 
qu'il  m'attirait.  Je  descendais  en 
bas,  grimpais  sur  un  arbre  qui  se 
trouvait  sur  ces  rives  et  ainsi  jusqu'à 
l'aube  je  restais  immobile,  perché 
sur  une  branche,  tel  un  oiseau  de 
nuit,  rêvant  de  je  ne  sais  quoi,  le  re- 
gard plongé  dans  le  lointain.  Le 
calme  et  le  recueillement  remettaient 
un  peu  d'ordre  dans  mes  idées  m'éloi- 
gnaient  de  toutes  les  misères  de  cette 
vie  quotidienne  qu'on  traînait  lente- 
ment et  paresseusement  au  Faubourg 
des  Drapiers.  Un  silence  profond 
régnait  autour  de  moi.  De  temps  en 
temps  seulement  le  faible  écho  d'une 
voix  plaintive  qui  chantait  une  ro- 
mance très  populaire  à  cette  époque  : 

Elle  jura  de  garder  jusqu'à  la  mort 
Sou  noble  et  pur  amour, 
c'étaient  des  nuits  inoubliables. 

Pendant  l'hiver,  le  lac  nous  offrait 
aussi  beaucoup  de  distractions.  On 
patinait  sur  la  glace  épaisse,  et  puis 
surtout  les  combats  en  masse  où  l'on 
se  battait  à  coups  de  poings  nous 
autres  russes  de  Kazan  avec  les  tar- 
tares  des  faubourgs.  C'était  un  sport 
très  en  vogue  dans  tous  les  milieux 
de  la  population. 

L'affaire  commençait  par  une  que- 
relle d'enfants.  Je  patine,  par  exemple; 
Tout  d'un  coup  se  faufile  entre  mes 
jambes  un  petit  tartare:  je  tombe  à 
plat  ventre  et  il  disparaît  en  riant. 
Je  me  relève  et  sans  trop  de  colère 
j'envoie  ces  quelques  paroles  à  sa 
suite  : 

—  Attends  un  peu,  espèce  de  gueule 
en  cuirî  Tu  auras  encore  de  mes  nou- 
velles ! 

Et  le  premier  gosse  tartare  tombé 


sous  ma  main  se  trouvait  sacrifié  à 
mon  esprit  de  vengeance.  Ses  cama- 
rades venaient  à  la  rescousse.  Les 
miens  aussi,  et  peu  à  peu,  la  foule 
des  combattants  grossissait  de  plus 
en  plus  des  deux  côtés. 

C'étaient  d'abord  les  gamins  de 
12  à  18  ans.  Puis  venait  le  tour  de 
jeunes  gens  approchant  de  leur  ving- 
tième année,  et  vers  la  fin,  apparais- 
saient des  vieux  bonshommes  bar- 
bus et  moustachus.  On  se  battait 
avec  acharnement,  sans  épargner  ni 
soi-même,  ni  l'adversaire.  Mais  même 
au  cours  des  batailles  les  plus  cruelles 
on  ne  violait  jamais  les  règles,  que 
1  usage  et  la  coutume  avaient  établi 
depuis  des  générations:  on  ne  frappe 
pas  celui  qui  est  par  terre,  ni  celui 
qui  s'est  accroupi, les  coups  de  pieds 
sont  défendus,  il  était  défendu  de  ca- 
cher dans  les  «  roukavitzy»(l)  aucun 
objet  massif;  au  cas  où  l'on  retrou- 
vait chez  quelqu'un  une  monnaie  mé- 
tallique, une  balle  ou  un  morceau  de 
fer  tout  simplement  — celui-ci  était 
battu  d'un  commun  accord  par  ses 
ennemis  aussi  bien  que  par  ses  pro- 
pres amis. 

Pour  nous,  les  enfants,  la  plus 
grande  attraction  de  ces  combats  — 
c'étaient  les  «  champions  ».  Du  côté 
russe  c'étaient  Mercoulow  et  Jou- 
kowsky,deux  garçons  de  bains,  tous 
les  deux  ayant  déjà  largement  dé- 
passé la  quarantaine  et  assez  paisi- 
bles et  rangés  dans  la  vie  ordinaire. 

J'éprouvais  envers  eux  la  même 
vénération  qu'à  l'égard  des  «  cham- 
pions »  tartares.    Tous  produisaient 

(i)  Gants  en  fourrure  portés  par  tout 
le  monde  en  Russie  pendant  l'hiver. 


sur  moi  l'impression  d'être  des 
géants  fabuleux  descendus  tout 
droit  de  la  légende  dans  notre  triste 
existence  si  ordinaire.  A  propos  de 
ces  «  champions  »,  on  racontait  de 
nombreuses  histoires  à  la  suite  des- 
quelles notre  admiration  ne  fai- 
sait que  croître  encore.  Ainsi,  on  di- 
sait au  sujet  de  Mercoulow  que  le 
gouverneur  de  province  en  personne 
lui  avait  défendu  de  prendre  part  à 
ces  combats  et  donna  l'ordre  de  tim- 
brer ses  deux  mains  avec  cette  ins- 
cription ineffaçable  : 

«  Il  est  rigoureusement  interdit  au 
porteur  de  ceci  de  participer  à  toute 
sorte  de  combats  ». 

Mais  il  arriva  une  fois  que  les  tar- 
tares forcèrent  les  russes  de  battre 
en  retraite.  Nos  rangs  fléchirent  et 
nous  reculâmes  jusqu'au  pont  de  Bou- 
lak.  Tous  les  «  champions  »  russes 
étaient  battus  et  tombaient  de  fati- 
gue. Alors,  on  se  décida  d'appeler 
Mercoulow  à  la  rescousse.  Comme 
il  était  surveillé  par  la  police,  on 
l'amena  vers  le  lac, caché  dans  un  ton- 
neau. C'était  comme  si  l'arroseur 
municipal  arrivait  pour  renouveler 
sa  provision  d'eau. 

Une  fois  arrivé  sur  les  bords  du 
lac  il  sortit  du  tonneau.  On  le  recon- 
nut immédiatement  :  les  russes  et  les 
tartares.  Chez  les  uns  ce  fut  une 
folle  joie,  chez  les  autres  une  panique 
terrible. 

Un  cri  résonna  : 

—  Mercoulow. 

Et  l'enthousiasme  revint  dans  les 
rangs  des  vaincus.  On  se  redressa  et 
on  se  jeta  en  masse  sur  ladversaire. 

(A  suivre)  L.  Valter,  trad. 


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Imprimerie  spéciale  de  cinéa.  84,  rue  Rochechouart,  Paris 


Le  gérant  :  A.  Paty 


Numéro  32 

16  Décembre 

.1921  - 

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QUAND  ON  AIME    * 


TOUT  SE  PAIE    *     * 


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MARIE  chez  les  Loups 


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L'ATLANTIDE 


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1 


I  Les  Concours  de  Cinéa  ! 

■  ■ 

■  •••■•••■■■••••■■■■..  * 

|  SCÉNARIOS    ! 

■                                                       ■■■•■■■•■■■■■■■■■■■a.  s 

;  ■ 

féT  Résultats   du    Concours  JfjT 


L'ensemble  des  œuvres  envoyées  à  Ci- 
néa est  plus  qu'intéressant  et  dénote  un 
goût  marqué  de  lu  recherche  visuelle  et 
en  et  lu  V intelligence,  assez  vive,  de  l'art 

muet. 

• 
Premier  prix. 

Aucune  œuvre  ne  nous  a  paru  assez 
«  au  point  »  pour  mériter  d'être  exécu- 
tée telle  quelle. 

Nous  regrettons  que  les  meilleures 
productions  de  ce  concours  soient  uni- 
quement remarquables  par  la  forme  et 
assez   médiocres  par  l'idée. 

La  somme  de   mille  francs  destinée  au 
meilleur   thème   cinégraphiqué  sera   ré- 
partie entre  les   auteurs   des  quatre  scé- 
narios suivants  : 
Semaine  anglaise. 
Les  métamorphoses. 
La  demoiselle  suppliciée. 
Le  poignard. 

• 
Mentions. 

/°  Scénarios  partiellement  réalisables 
et  doués  de  vraies  qualités  cinégraphi- 
ques. 

La  Prière  à  Pallas  (M.  V.). 
La  Naufragée  (A.  B.). 
Une  grande  épreuve  (V.) 
L'Intrus  (L.  B.). 
Amour  de  Zingaro  (E     B.). 
Un  cas  de  conscience  (H.  ,].). 
Le  Ramoneur, le  Peintre  et  la  Salomé 

(C.  F.). 

2°   Scénarios  difficilement    réalisables 

mais    témoignant  d'un   sens  juste   du  ci- 
néma , 

Le  Moulin  de  Grand  Vent  (A.  P.) 
Le  Bébé  Maudit  (L.  B.). 
Au  Carrefour  (X.  M.) 
Hérédité  (J.  C.  F.). 
Scénario  sans  titre  (G.  de  M.). 

■  ■ 

■  ■ 

:     Une  succession   de  sous=    \ 

m  m 

:    titres    commentés  par    : 
quelques  images   ne  font 

m 

:    pas  un  film.      £       £       £    \ 


Le  jeu  Cruel  (J.  G.). 

Le  Crime  inutile  (C.  A.  T.). 

Jeunesse  ardente  (M.  C). 

La  dernière  des  immortelles  (Cl.  F.). 

Un  homme  parmi  les  hommes  (M.  G.). 

Marion  la  meunière  (F.  M  ). 

Une  femme  passa. 

L'honneur  du  nom  (S.  Ch.). 

La  nuit  justicière  (G.  L.). 

Le  coffre  souterrain  (A.  P.). 

Dans  l'ombre  de  la  mort  (Ch.  1).). 

Jean  et  Jeanne  (L.  D.  C). 

• 
Enfin  citons  un  certain  nombre  d'œu- 

vres  dont  le  ion  et  le  style  nous  ont  paru 

d'une  qualité  cinégraphiqué  insuffisante 

mais  dont  l'effort  et  le  soin  exigent  notre 

sympathie . 

La  véridique   aventure  de  Beaumar- 
chais (A.  P.  B). 

Rosalie  n'y  est  pour  rien  (E.  D.). 

Le  lion  broute  (P.  R.). 

L'hirondelle  (G.  D.  A.). 

La  leçon  méritée  (J.). 

Une  fortune  dans  les  mains  d'un  singe 
(J-  L.  F.). 

Deux  frères  (G.  D.). 

L'homme  propose  (H.  B.). 

Flanoche  (P.  D). 

Le  Triomphe  du  cœur  (P.  P.). 

Ame  de  boxeur  (R.  D.). 

Cabotin  (A.  F.). 

Marie-Thérèse  (L.). 

Hubin  l'énigmatique  (E.  D.). 

Un  roman  au  village  (M.  Ph). 

Vers  l'abîme  (M.  F.). 

Jenny  (A.  V). 

L'amour  qui  tue  (F.  V.  N.). 

Un  sourire  (H.  G.). 

Le  Conte  (A.  F.). 

La  rançon  (J.  H.). 
• 
Xous  publierons  les  noms  des  auteurs 

qui  en  feront  la  demande  à  Cinéa. 

Xous  insérerons  des  fragments  d'œu- 

ores  classées  pour  le  premier  prix  si  les 

auteurs  l<'  désirent . 

Xous  retournerons  les  manuscrits  aux 

auteurs  qui  enverront   un  franc  de  tim- 
bres-poste à  Cinéa. 

J.  L.  S. 


REPONSES 

A  QUELQUES  LETTRES 


Lucienne.  —  Félonie  est  un  film  delà 
Paramount  (1916),  interprète  par  Sessue 
Hayakawa,  Lou  Tellegen,  Ralph  Lewis  et 
Cleo  Ridgeley. 

Non, c'est  Messie  Love. 

Curieuse.  —  |ack  Pickford  était  le  mari 
d'(  )live  Thomas. 

Une  Créole.  —Très  bien  Mademoiselle. 
Genica  Missirio  qui  tut  le  Capitaine 
Aymard  de  L'Atlantide  est  Roumain. 

11  doit  avoir  vingt-cinq  ans. 

Des  photos  de  lui  et  une  notice  ont  été 
publiés  dans  le  numéro  18,  île  Cinéa. 

lia  tourne  dans  un  film  de  M.  Guy  du 
Fresnay  Les  Ailes  s'ouvrent  que  vous  ver- 
rez bientôt.  Il  est  en  ce  moment  dans  le 
midi  avec  le  même  metteur  en  scène  et 
interprète  un  rôle  important  dans  un  nou- 
veau film.  Ecrivez-lui  aux  Films  |upiter. 
io,  rue  Rochambeau. 

Giovanna  Diard.  —  J'avais  éuare  votre 
lettre.  Envoyez  votre  photo  et  je  vous  ré- 
pondrai. 

J.  Belot.  —  On  enverra  très  prochaine- 
ment les  numéros  à  plat  dans  un  sac  de 
papier. 

Arly.  — Jack  Holt  est  né  à  Winchester 
(Virginie).  Il  doit  avoir  un  peu  plus  de 
trente  ans.  Marié.  Ce  film  doit  être  la 
Délaisse,'  avec  Katherine  Mac  Donald. 

Gloria  L.  —  Petite  Princesse  est  un  film 
tourné  par  Bessie  Love.  Son  adresse  :  7021 
Hollywood.  Los  Angeles.  (Californie). 

Zorro.  —  The  mark' of  Zorro.  [Le  signe 
de  Zorro)  a  été  tourné  en  décembre  1920, 
d'après  le  roman  dej.  Mac  Cullev  :  met- 
teur en  scène  Fred  Niblo:  interprétation  de 
Douglas  Fairbanks.  Robert  Mac  Kim. 
W.  Beerv  et  Marguerite  de  La  Motte. 

R.  R.  —  Même  réponse. 

Richard.  —  Raspoittine  est  interprété  par 
Montagu  Love.  Je  ne  l'ai  pas  vu.  C'est 
la  World  C°  qui  l'a  tourné  aux  environs 
de  New-York,  à  Fort-Lee. 

William.  —  Films  Triomphe.  3^,  rue  de 
Surène  8e.  Paramount.  (>}.  avenue  des 
Champs-Elysées.  Harrv.  i=;8ter.  rue  du 
Temple.  Erka.  38  bis,  avenue  de  la  Repu- 
blique. Essayez,  vous  verrez  bien. 

Lisette.  —  Wallace  Reid  appartient  à  la 
Paramount.  Vous  le  reverrez  prochaine- 
ment dans  Dancing  fool  avec  Bebe  Da- 
niels. 

Liliane.  -  Juanita  Hansen  dansA<iC/7<; 
Perdue.  Voici  :  Pathè  Studios  2,  Congress 
Street, jersey  City    New-Jersey)  U.  S.A. 

L'Œil  de  Chat. 


Q^iCOWiC^QiCO^irô^ 


LE  PONT   DES  SOUPIfiS 

Grand  ciné-roman  en  8  époques 
d'après  l'œuvre  célèbre  de   'Michel  ZÉVACO 


Première  époque  . 
Deuxième  époque 
Troisième  époque 
Quatrième  époque 
Cinquième  époque 
Sixième  époque  .  . 
Septième  époque  . 
Huitième  époque  . 


L'Ombre    du    Sarcophage. 

Le    Guet=Apens. 

La    Fuite    dans    la    Tempête. 

Le    Pacte    de    la    Grotte    noire. 

La   Fête    chez    Impéria. 

Ce   que    peut    la    Haine. 

Le    Calvaire    d'une    Mère. 

Expiation. 


Le  Premier  film  en  série  à  grande  figuration 
et  importante  mise  en  scène 

Publié    par    Cinéma    Bibliothèque    (Edition    Tallandier) 


Édition  6  Janvier    1922 


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MICHEL      ZÉVACO 


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ÉDITION  TALLAND1ER 


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2  Arrondissement 

Salle  Marivaux,  15,  boulevard  des  Italiens.  — 
Louvre    nG-99.       Sa  Dette.  —  Pour  Don  Carlos. 

Parisiana.  27,  boulevard  r*i>iss»>niiit'Tc.  G-utenberg 
.ii>-70.  —  Les  grandes  chasses.       L'Homme  a  la  lèvre 

tordue.    -   L'enlève u   de   Bob.    —  Pour  une  nuil 

d'amour.      Charlol  patine.      En  supplément,  de  19  h.  30 
à  jn  ii.  30,  excepté  dimanches  el  fêtes  :  Métempsycose. 

Omnia-Pathé.  S,    bou'evard   Montmartre. 

Les  trois  mousquetaires,  10e  épisode.  —  Beaucitron  artiste 
peintre.— Supplément  facultatif,  non  pusse  le  dimanche 
Pervenche. 

Electric-Palace     ■>,    boulevard  des   Maliens. 

—  La  Petite  Fadette.  —  Fatty  à  la  tète.—  En  supplément 
facultatif  :  Suprême  noblesse. 

3  Arrondissement 
Pathé-Temple.  —  Beaucitron,  artiste  peintre.  — 

Les   trois  mousquetaires,   IO*  épisode.  —  Les  fables  île 

La  Fontaine.—  Reine-Lumière,  ;t-  épisode.  -  Pervenche. 

Saint-Marcel,  boulevard  Saint-Marcel.  —  Dudule, 

l'une  et  l'hercule.  —  Les  trois  mousquetaires,  '.»•  épisode. 

-  Les  grandes  chasses  de  la  faune  africaine,  première 
partie.  -  L'Orpheline,  10*  épisode.  —  Une  poule  mouillée. 

5e  Arrondissement 

Mésange,  :',,  rue  d'Amis.  —  Chariot  coltineur.  — 
Les  trois  mousquetaires,  9"  épisode.  —  Les  tables  de 
La  Fontaine.  —  Reine-Lumière,  3'  épisode  —  Amour 
posthume. 

Chez  Nous,  76,  rue  Moullelard  —  Les  caprices  de 
la  fortune.  —  Fridolin  a  bon  cœur.  —  Le  masque  rouge, 
14*  épisode. 

Cinéma  Saint-Michel,  7,  p'ace  Saint-Michel.  - 
La  femme  \...  --  Medor  chien  sauveteur. 


!  THEATRE  du  COLISÉE 

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38,   Av.    des    Champs-Elysées 

!      Direction  :  P.  MALLEVILLE        Tél.  :  ELYSÉES  29-46 

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Les      Fables      de     La     Fontaine 

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[      D'après   le   roman  de   PIERRE   BENOIT 

|     joué     par    M  U  S  IDO  RA 

m 

\     ^=^=  Gaumonl-Actualités  = 

j   HELIOTROPE 

;       Drame    interprété    par       

!    FREDERICK    BURTON 


7'  Arrondissement 

Régina-Aubert-Palace,  155,  rue  de  Rennes.— 
Un  drame  d'amour.  —  Les  trois  mousquetaires,  9-  épi- 
sode. —  Fridolin  shérif  par  intérim. 

9'  Arrondissement 

Lafayette  Cinéma,  il,  rue  Cadet.  —  Teddy  mé- 
decin. —  Le  loup  de  dentelle. —  Les  trois  mousquetaires, 
i"-  épisode. 

Cinéma  Rochechouart,  ou,  rue  de  Rochechouart. 
—  Les  fables  de  La  Fontaine,  k-  et  dernière  série.  — 
Kidi  bouffetou.  —  L'Orpheline,  10'  épisode.—  Comment 
on  fabrique  des  crêpes. —  Ccndrillon. 

Delta-Palace,  17  bis.  boulevard  Rochechouart.  — 
Saturnin  ou  le  bon  allumeur.— Reine-Lumière,  3*  épisode. 

Les  Fables  de  La  Fontaine,  4"  el  dernière  série. — 
La  femme  X... 

10°  Arrondissement 

Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple.—  Mabel  et  Fallj  se 
marient.  —  Les  fables  de  La  Fontaine.       Pervenche. 
Les   trois  mousquetaires,  10"  épisode. 


Folies-Dramatiques,    io,    rue    de    Bondy. 
Reine  Lumière   —    Pour   Don  Carlos.   —   Les  chansons 
lilmées.      L'Orpheiine,  10'  épisode.—  Un  mari  a  combi- 
naison. 

Ciné   Pax,  30,  boulevard  lionne  Nouvelle.  —  Beauci 

t ion  artiste  peintre,  —  Les  trois  mousquetaires,  10*  épi- 
sode. —  Pervenche. 

Paris  Ciné,  17,  boulevard  de  Strasbourg,  —  Per- 
venche. Beaucitron  :  rtistc  peintre.  —  Les  trois  mon-. 
quetaires,  10-  épisode. 

11'  Arrondissement 

Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la  Roquette. 
Le  joug.  —  Les  trois  mousquetaires,  10e  épisode.  — 
Sept  ans  de  malheur. 

12'  Arrondissement 

Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Les  grandes  chasses 
de  la   faune  africaine,  première  partie.  —  L'Orpheline, 
I0-  épisode.  —  L'Ombre  déchirée.  —  Les  trois  mousque- 
taires, io*  épisode.—  Dudule,  l'âne  et  l'hercule. 
13    Arrondissement 

Gobelins,  60  bis,  avenue  des  Gobelins.  —  Chariot 
coltineur.  —  Les  trois  mousquetaires,  9'  épisode.  - 
Les  fables  de  La  Fontaine. —  Reine-Lumière,  3«épisode. 

—  Amour  posthume. 

14°  Arrondissement 
Gaîté.  rue  de  la  Gaîlé.  —  Chariot  coltineur.  —   Les 
trois   mousquetaires,  9-  épisode.   —    Les    fables  de  La 
Fontaine.  —  Amour  posthume.  —  En  bombe 
15°  Arrondissement 
Grenelle,  121,  rue  du  Théâtre.  —  Chariot  coltineur. 

—  Les  trois  mousquetaires,  v  épisode.  —    Les  l'aides  de 

La    Fontaine.  —    Reine-Lumière,  n-    épisode.  —  A ur 

posthume. 

Grenelle-Aubert-Palace,  lit.  avenue  limile- 
Zola  (30  et  il,  rue  du  Commerce).  —  Une  drôle  de 
maison.  —  Les  trois  mousquetaires,  °é  épisode.  - 
Un  drame  d'amour.  —  Chariot  patine. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  tis-iiû.rue  Lecourbe. 

—  Saxe  ;jG-i."i.  —  Les  grandes  chasses  de  la  faune  afri- 
caine, i-  partie. —  Chariot  coltineur.  —Les  trois  mous- 
quetaires, 9*  épisode.  —  Le  loup  de  dentelle.  —  L'Orphe- 
line, 10*  épisode. 

16"  Arrondissement 
Maillot-Palace,  74,  avenue  de  la  Grande-Armée. 

—  Programme  du  vendredi  16  au  lundi  19  décembre.— 
Les  grandes  chasses,  première  série  —  Un  beau  coup 
de  lilet.  —  Les  trois  mousquetaires,  10'"  épisode.  — 
La  .Maison  des  supplices.  —  Zigolo  maître  d'hôtel.  — 
Programme  du  mardi  2o  au  jeudi  21  décembre.  —  Reine- 
Lumière,  3"  épisode.  —  Les  fables  de  La  Fontaine.  —  Le 
sacrifice  de  Rio- Jim.  —  Les  ailes  s'ouvrent  —  Une  drôle 
de   maison. 

Mozart-Palace,  49,  51,  me  d'Auleuil.  —  Pro- 
gramme du  vendredi  16  au  lundi  19  décembre.  —  Reine- 
Reine-Lumière,  3'  épisode.—  Les  l'alites  de  La  Fontaine. 

—  Le  sacrifice  de  Rio- Jim.  —  Les  ailes  s'ouvrent.  — 
Programme  du  mardi  2o  au  jeudi  21  décembre.  —  Les 
grandes  chasses,  première  série.  —  Un  beau  coup  de 
lilet.  —  Les  trois  mousquetaires,  10*  épisode.  —  La 
conquête  du  sceptre.  —  Zigoto  maître  d'hôtel. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  50  bis,  avenue  Mala- 
koiï.  —  Les  aventures  de  Sherlock  Holmes.—  Rigouillard 
s'en  va  en  ville.  —  L'Orpheline,  9- épisode.  —  Entre  deux 
races.  —  Une  poule  mouillée. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  -  Auleuil  15-40.— 
Les  aventures  de  Sherlok  Holmes.  Le  diadème  vole.  - 
Daisy  mariée.  —  Vers  le  bonheur.  -  L'enlèvement  de  Bob. 
17-  Arrondissement 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Demours.—  Les  grandes 
chasses  de  la  Faune  africain*-,  2'  partie.  —  Reine- 
Lumière,  3*  épisode.  —  La  Petite  Fadette.  —  Pour 
Don  Carlos. 

Ternes-Cinéma,  5,  avenue  des  Ternes.  —  Wagram 
02-10.  —    La    Province   ignorée.  L'ultime  roman.  — 

L'Orpheline,  10"  épisode.     -  Ka/an. 

Cinéma  Legendre,  \is,  rue  Legendre.—  Tournée 
Mil abelle,  Louchon  et  Co.  —  Les  tables  de  La  Fontaine, 
;•  série.        L'Orpheline,  9'  épisode.  —  Liliane. 


Lutetia  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Les  trois 
mousquetaires,  I0-  épisode.  —  Les  glandes  chasses  de 
di  la  faone  africaine,  2'  partie.  —  Héliotrope. 

Royal  Wagram,  avenue  Wagram.  —  Excursion 
en  Norvège.  —  La  Petite  Fadette.  —  L'Ombre  déchirée. 
—  L'Orpheline.   10'  épisode 

Villiers  Cinéma,  21,  rue  Legendre.—  De  Sisteron 
a  Saint-Geniez.  —  Les  fables   de  La  Fontaine.  —   Le 

truc  du  professeur.    -  Une  drôle  de   maison.        L'Orphe- 
line. 9*  épisode.  —  L'occasion. 

18    Arrondissement 

Théâtre  Montmartre,  Cinéma  Music-Hall, 
place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43.  —  Nord  49-24.  — 
Le  Calvaire  d'une  Mère.-  Charlol  s'évade.  —  L'Orphe 
Une,  io"  épisode. 

Palais  Rochechouart,  50,  boulevard  Roche 
ebouart.  —  L'autre  femme.  —  Les  trois  mousquetaires. 
10*  épisode.  —  L'ombre  déchirée. 

Le  Select,  B,  avenue  de  Clichy.   —    Les   grandes 
chasses  de   la   faune   africaine,  2-   partie.  —  La  Petite 
Fadette.  —  Héliotrope.  —  L'Orpheline.  10*  épisode. 
19e  Arrondissement 

Secrétan,  7  avenue  Fecrétan.  —  Beaucitron  artiste 
peintre.  —  Les  trois  mousquetaires,  10'  épisode.  -  Les 
fables  de  La  Fontaine.  —  Reine-Lumière.  3-  épisode. 

Pervenche. 

Le  Capitule,  place  de  la  Chapelle.—  Les  grande! 
chasses  de  la  l'aune  africaine,  3-  partie.  —  L'Orpheline. 
10-épisode. —  les  trois  mousquetaires,  10*  épisode.  — 
Héliotrope.  —  Charlol  coltineur. 

Belleville-Palace,  130,  boulevard  de  t'elleville.— 
Le  loup  de  dentelle.  —  L'Orpheline,  10*  épisode  —  Les 
trois  mousquetaires,  10*  épisode.—  L'agneau  qui  hurle. 


j   GAUMONT-PALACE 

■ 

0   0    1,  rue  Caulaincourt    0   0 


La  nouvelle  œuvre  dramatique  de  Léon  POIRIER  : 

L'OMBRE    DÉCHIRÉE  j 

Production     artistique     GAUMONT  j 
interprétée     par     Suzanne     D  E  S  P  R  E  S 

Mlles  MYRGA.MADYS  et  Roger  KARL  i 

DOUGLAS  REPORTER  j 

par  le   célèbre  fantaisiste  D.  FAÎRBANKS  [ 

L'ORPHELINE,  10e  épis.  :  Chagrin  d'amour  : 

Pour  les  Fêtes  de  Noël  et  du  Jour  de  l'An  ; 

0       Spectacle     sensationnel      0  j 

Location    ouverte   dès   le   le   courant 
semaine  de  1  I  à  I  2  h.  Dim.  el  fêtes  9  à  1  1  et  1  5  à  I  7  h. 


Féerique-Cinéma,  140,  rue  de  Belleville.  — 
Les  trois  mousquetaires,  10*  épisode.  —  Une  poule 
mouillée.  —  L'Orpheline,  10"  épisode. 

20'  Arrondissement 

Paradis-Aubert-Palace.   M,  iue  de  Belleville] 

—  Reï   Gliss    l'olireman.    —   Les   trois   mousquetaires. 
9-  épisode.  —  Une  poule  mouillée. 

Banlieue 
Clichy.  —    Beaucitron  artiste   peintre.    —  Les  trois 
mousquetaires.  9'  épisode—  Les  Fables  de  La  Fontaine. 

—  Reine-Lumière,  !■  épisode.  —  Pervenche. 
Olympia   Cinéma  de  Clichy.  —   Les  épongea 

—  Le  loup  de  dentelle.  —   L'Orpheline,    10'  épisode.  — 

La  vierge  folle. 

Levallois.  —   Les  trois  mousquetaires,    s-    épisode] 

—  Les   Fables   de    La  Fontaine.       Chantelouve.  —    la 
femme  \... 

Vanves.  —  Charlol  coltineur.  —  Les  irois  mousquej 
taires,  9-  épisode.  —  Les  labiés  de  La  Fontaine.  — 
Amour  posthume.       E ii  bombe. 


cmea 


MM   FILMS  D'AUJOURD'HUI  MM 


Héliotrope. 

La  lignée  spirituelle  de  Victor  Hugo 
est  considérable;  s'il  n'avait  écrit, 
M.  Pierre  Benoit,  par  exemple,  n'au- 
rait qu'à  fermer  boutique.  Il  est  cu- 
rieux de  constater  le  prestige  que 
Les  Misérables  ont  conservé  en  Amé- 
rique, depuis  le  temps  où,  bivoua- 
quant dans  la  boue  du  Potomac.les 
soldats  de  Lee  et  de  Grant  attendaient 
avec  impatience  chaque  fascicule  de 
la  traduction  pour  savoir  ce  que 
devenaient  l'idylle  et  l'épopée. 

Le  héros  d'Héliotrope  descend  en 
ligne  droite  de  Jean  Valjean,  et  sa 
fille  de  Cosette.  Par  sa  senti  menta- 
lité immédiate,  ce  film  plaira  à  la 
masse;  il  intéressera  les  techniciens 
par  un  maniement  tout  à  fait  remar- 
quable de  la  lumière.  La  salle  de 
danse  où  les  groupes  des  dîneurs 
apparaissent  et  disparaissent  tour  à 
tour  sous  le  pinceau  lumineux  qui 
suit  les  mouvements  de  la  danseuse 
—  les  éclairages  des  intérieurs  —  le 
rythme  singulier  que  donne  aux 
scènes  d'hôtel  le  passage  de  l'ascen- 


seur éclairé,  montant  et  descendant 
dans  sa  gaine  sombre,  tout  cela  ra- 
vira ceux  qui  goûtent  dans  l'art  muet 
les  modes  d'expression  plus  que  l'ori- 
ginalité des  choses  exprimées. 

Frederick  Burton  joue  bien,  encore 
que  ses  gestes  soient  souvent  en  de- 
hors :  ma  préférence  irait  à  l'acteur 
qui  joue  de  manière  sobre  et  vivante, 
le  rôle  de  l'ancien  bandit  devenu 
honnête. 


Pour  Don  Carlos. 

Une  petite  gardeuse  de  chèvres, 
devenue  riche,  distinguée  par  un 
prétendant,  mettant  à  son  service 
toutes  les  armes  que  lui  donnent  sa 
fortune  et  sa  beauté,  aimant,  pour  le 
quitter  à  la  fin,  et  parce  qu'elle  l'ai- 
me, un  jeune  homme  qui,  pour  l'amour 
d'elle,  s'est  lancé  dans  l'aventure  Car- 
liste; autour  d'eux,  un  milieu  bizarre 
où  les  intrigants  qui  cherchent  leurs 
profits,  coudoient  les  audacieux  qui 
cherchent  l'aventure,  tel  est  —  avec 
des  différences  d'ailleurs  aussi  mar- 
quées que  les  ressemblances  —  la  don- 


née générale  de  deux  romans  parus 
à  peu  près  vers  la  même  époque:  The 
Arrow  of  Gold,  de  Joseph  Conrad, 
et  Pour  Don  Carlos,  de  M.  Pierre- 
Benoit. 

Le  roman  anglais, dont  Louis  Gillet 
a  excellemment  parlé,  voici  quelque 
temps, dans  la  Revue  des  Deux  Mon- 
des est  un  chef-d'œuvre;  celui  de  M. 
Pierre  Benoît  est  intéressant,  moins 
qael'Âtlantide,  beaucoup  plus  que  le 
Le  Lac  Salé,  et  prête  au  développe- 
ment cinégraphique,  qui  le  transfor- 
me, en  fait  disparaître  l'insincérité, 
mais  aussi  les  côtés  amusants  de  bla- 
gue et  de  charges.  De  plus,  les  limites 
imposées  au  cinéma  ont  rendu  néces- 
saire de  réduire  à  un  seul  épisode, 
renouvelé  de  l'histoire  de  Judith  et 
Holopherne,  le  récit  touffu  du  roman- 
cier; et  la  fin  mélancolique,  amère 
qui  est  un  des  meilleurs  passages  du 
livre,  disparaît  pour  faire  place  à  une 
conclusion  banale,  mélodramatique, 
et  dont  letableau  final  —  l'ensevelisse- 
ment —  rappelle,  par  trop,  les  derniè- 
resscénesde  L'Atlantide. (Consolons- 
nous  en    pensant    que   le  roman  de 


— 

h2k, 

i  mlr-*    k*    _^*'  ni»  *-  -kil 

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^^mc?—**    v*^b  ■'  * 

i^; 

N    ' 

"**»- 

^w, 

Deux  épisodes    de  combats   pathétiques   restitués 
par  M.  Jacques  LASSEYNE  dans  Pour  Don  Carlos. 


cinéa 


Conrad  n'échapperait  pas  à  de  telles 
améliorations,  et  que,  sur  l'écran, 
on  verrait  à  coup  sûr,  Rita  épouser 
M.  George.) 

Les  beaux  paysages  des  Provinces 
vivent  devant  nous  avec  une  inten- 
sité que  ne  leur  donne  pas  la  prose 
un  peu  sèche  du  romancier.  Tout  le 
côté  mise  en  scène  est  excellent,  reste 
dans  la  mesure  juste,  encadre  l'ac- 
tion sans  l'étouffer.  Le  découpage  est 
bon,  l'interprétation  satisfaisante.  La 
beauté  étrange  de  Mlle  Musidora  cor- 
respond bien  à  l'idée  que  nous  pou- 
vons nousfairedu  typesingulierd'Al- 
legria  Detchard;elle  sait  être  émou- 
vante .tragique  même;  ellele  sera  plus 
encore  quand  devenue  toutà  fait  sûre 
d'elle-même,  elle  pourra  se  laisser 
aller  au  mouvement  du  drame,  ne 
donnera  plus  l'impression  qu'elle  se 
regarde  jouer.  Les  autres  rôles  —  peut- 
être  un  peu  sacrifiés  au  sien  —  sont 
bien  tenus  et  la  figuration  est  excel- 
lente, en  bonne  harmonie  avec  le 
paysage 

• 

L'Ombre  déchirée. 

Voici  l'un  des  plus  beaux  thèmes 
d'exposition  que  j'aie  vus  depuis 
longtemps  au  cinéma  :  cette  mère  à 
qui  l'Ange  de  la  Mort  dit  :  «  Tu  veux 
mourir  pour  que  ton  enfant  vive; 
vois  la  destinée  qui  l'attend  si  tu  es 
exaucée.  »  Le  style  en  est  ample,  pro- 
fond, religieux,  rappelant, avec  moins 
de  perfection  technique,  mais  peut- 
être  avec  plus  d'humanité,  le  déve- 
loppement de  la  Charrette  fantôme. 

L'idée  de  mettre  en  scène  «  ce  qui 
aurait  pu  être  »,  est  féconde;  elle  est 
éminemment  cinématique,  difficile- 
ment réalisable  partout  ailleurs  qu'à 
l'écran  :  il  était  juste  qu'elle  tentât 
l'imagination,  riche  et  plastique,  de 
M.  Léon  Poirier. 

A  ce  magnifique  début,  je  ne  ferai 
qu'un  reproche  :  il  élève  l'œuvre  à 
un  niveau  si  haut  qu'il  lui  est  diffi- 
cile de  se  soutenir.  Et,  d  autre  part, 
je  chicane  la  conclusion  Quoi,  cette 
mère  renoncera  au  sacrifice  proposé, 
laissera    l'enfant    mourir    sous    ses 

: " : 

Si    l'on    méprise    l'écran 

parce  Qu'il  sert  à  expri' 
mer  des  pauvretés,  on  doit 
étendre  le  même  mépris 
au  HVre,  à  la  toile,  ou 
même  à  la  par  oie  humaine. 


MTSIDORA 
dans  le  mie  d'Allegria. 


POUR  DON  CARLOS. 


cinéa 


yeux,  parce  qu'il  lui  est  révélé  qu'à 
vingt  ans  la  jeune  fille  aura  un  cha- 
grin d'amour  et  s'écriera  :  «  Pourquoi 
suis-jenée?  »  Si  encore  ce  chagrin, 
cette  déception  venant  du  tempéra- 
ment même  de  l'enfant,  ou  s'il  s'agis- 
sait d'un  de  ces  êtres  foncièrement 
néfastes  ou  malfaisants  dont  la  mort 
est  une  délivrance  pour  ceux  qui  les 
entourent,  on  comprendrait  le  parti 
de  la  mère.  Mais  pas  du  tout:  Muriel 
est  une  âme  généreuse,  le  malheur 
qui  la  frappe  vient  d'abord  d'un  con- 
cours de  circonstances  comme  il  s'en 
rencontre  plus  au  théâtre  ou  au  ci- 
néma que  dans  la  vie  (un  carnet  de 
chèques  perdu,  des  propos  tenus  au 
bal  par  un  goujat),  puis  d'un  de  ces 
sacrifices  qui  font  souffrir,  mais  qui, 
vus  de  loin  et  lorsque  la  plaie  est 
cicatrisée,  laissent  l'impression  tou- 
jours consolante,  qu'on  a  été  meil- 
leur que  les  autres... 

Le  lien,  ou,  comme  dirait  un  mathé- 
maticien, le  lieu  du  drame,  c'est  le 
visage   pathétique  de  Mme   Suzanne 


Després,  qui,  tel  l'océan  profond  un 
ciel  orageux,  reflète  en  d'inoubliables 
expressions  toutes  les  péripéties  de 
cette  vie  hypothétique.  M.  Roger  Karl 
est  dramatique, humain,  douloureux, 
et  Mlle  Myrga,  dont  je  n'avais  pas 
aimé  la  raideur  un  peu  factice  dans 
Narayana,  prête  à  la  jeune  Muriel 
une  silhouette  souple,  gracieuse  et 
vivante. 

Pour  une  nuit  d'amour. 

Bon  film  qui  transporte  à  l'écran 
une  des  œuvres  romanesques  de  Zola, 
et  où  Van  Daële  déploie  son  talent 
profond,  ardent,  nonchalant  et  mélan- 
colique. 

■  ■ 

■  ■ 

■    Le  Cinéma  est  un  moyen    : 

■  • 

:     nouveau     de    faire     con=     i 

■  ■ 

naître    l'homme,   Qui,    en 
:    lui  =  même ,    n'a   guère    \ 

m 

:    changé.       ^        ^        /& 


IMPRESSIONS  \ 

M     D'ÉCRAN     M  \ 


Louise  Glaum  . 

Les  héroïnes  de  Robert  Hichens. 
Lotus  blanc.  Plumes  de  paon.  Encens 
et  myrrhe.  Fumée  d'opium  Futu- 
risme. Toiles  d'araignées  sur  une  rose 
blanche. 

• 

Bebe  Daniels. 

Pavots  de  Californie.  Les  cloches 
de  la  vieille  Mission  sonnent.  La  Pa- 
loma.  Parfum  des  fleurs  écrasées 
dans  les  allées  étroites. 


Doris  Keane. 

A  travers  les  vitraux,  les  rayons 
du  soleil  font  des  taches  sur  le  pavé 
de  marbre.  Miniatures.  Magniolas. 
Fleurs  d'herbier.  Menuet  joué  sur 
l'épinette. 


M.  ROGER  KARL  et  Mlle  MYRGA 

dans 

\' Ombre  déchirée. 


Ethel  Clayton. 

Jeunes  veuves  toutes  seules  en 
Egypte.  «  Divorçons  ».  Dîner  chez  le 
Recteur.  Palm  Beach.  Parasols  blancs 
sur  les  planches. 

• 

Dorothy  Dalton. 

Roses  trémières  et  pivoines.  Alexan- 
drie. Cléopâtre  sur  le  Yukon.  Les 
eaux  du  Lethé. 

• 

Shirley  Mason 

Gouttes  de  pluie  sur  les  violettes. 
l'n    écho.  Petites    filles   en    robes  de 
fête.  «  Madame  Butterfly  ». 
O 

Vivian  Martin. 

La  première  jupe  longue.  Jardins 
sous  le  soleil  du  matin.  Rose  rose  sur 
un  chapeau  gris.  Mauves. 


Roscoe  Arbuckle- 

Sucres    d'orge.    Bébé 
L'homme  dans  la  lune. 


a   été    fi 


Théodore  Roberts. 

Le  colonel  confédéré  raconte  ses 
souvenirs  parmi  les  plates-bandes  de 
menthe.  Le  roi  Lear  au  Cirque.  David 
rlarum.  Bouton  de  col  perdu. 

Louise  Fa/.knda. 


Nous  extrayons  ce  passage  du  livre 
de   M.  Jean   Epstcin   "  CINEMA  ". 


Agile 

comme  le  roseau   du  chef  d'orchestre   sur   l'océan   des 

Idièzes 
les  fenêtres  sont  les  seules  portes  et  les  gouttières 
de  tendres  sentiers  où  promener  ses  fiançailles 
les  toits  s'enjambent 
les  chevaux  tombent 
et  dans  la  frénésie  d'un  film 
où  l'on  gagne  $  200.000  à  rire 
et  à  se  fiche  des  bourrades 
le  traître  passe  un  bien  vilain  quart  d'heure 
Ressuscite 

la  lourde  poussière  des  pépites 
parmi  le  vent  des  beaux  mirages 
courbe  femelle  d'une  plage 


Nymphes!  la  barque  automobile 
emporte  vos  rires  civilisés 
Un  burnous 
Un  palmier 
du  sable 

La  motocyclette  crève  le  désert  comme  un   cerceau  île 

|  papier 
Les  chameaux  s'écartent  parce  qu'un  clackson  rote 
et  soudain 
un  sourire  se  fend 
baille  doucement 
cligne  et  scintille 
sous   la  lumière  de    15  lampes    à  arc  qui  violentent  un 


Douglas  Fairbanks 


|  visage 


0 


cinea 


a 


DERRIÈRE       L'ÉCRAN      0 


FRANCE  # 

On  nous  annonce,  qu'à  L'entrée  du 
Boulevard  Barbés,  «era  mis  prochai- 
nement en  construction  un  cinéma 
palace  pouvant  contenir  3.000  spec- 
tateurs. 


Doublas  Fairbanks,  Mary  Pickford 
et  leurs  familles  retournent  en  Amé- 
rique. La  France  les  a  charmés.  L'or- 
ganisation de  nos  mœurs  cinémato- 
graphiques ne  les  a  pas  enchantés.  Il 
y  a  des  gens  pour  dire  qu  ils  sont  bien 
difficiles... 


Eve  Francis  tourne  La  Femme  de 
nulle  part, où  nous  reverrons  Roger 
Karl  ainsi  que  Gine  Avril,  remarquée 
dans  les  Trois  Masques,  et  Noémi 
Seize,  André  Daven,  Michel  Duran, 
etc.  L'opérateur  est  A.  Gibory. 


ANGLETERRE  & 

Les  compagnies  Ilarma  et  Claren- 
don  viennent  de  fusionner,  sous  la 
raison  sociale:  «  Associated  Exhibi- 
tors  Co.  »  M.  Herbert  Wilcox,  Direc- 
teur del'Astra  Film  Co,  (qui  exploite 
les  productions  de  M.  Kenelm  Foss) 
est  managing-direetor  de  la  nouvelle 
organisation.  Celle-ci  est  une  stock 
Company  ;  parmi  les  principaux  ar- 
tistes, dès  à  présent  engagés,  je  si- 
gnalerais: Marjorie  Willis,  Constance 
Worth,  James  Knight,  Bernard  Dud- 
ley,  etc.  Deux  films  ont  été  déjà  tour- 
nés pour  la  Compagnie  :  Love  in  the 
Hills,  mis  en  scène  par  Bernard  Dud- 
ley,  avec  Marjorie  Willis  et  James 
Knight;  et  The  Corner  Man  dans  le- 
quel Hugh  E.  Wright  tient  le  princi- 
pal rôle,  celui  d'un  minstrel.  La  star 
est  Miss  Ida  Lambart.  Metteur  en 
scène:  M.  Einar  J.  Brunn. 


NAPIHRKOWSKA  dans  l'Atlantide. 


Henry  Edwards  vient  de  compléter 
pour  la  llepworth  Pictures  Ltd. 
Simple  Simon,  dans  lequel  il  tient  le 
principal  rôle.  Sa  protagoniste  dans 
ce  film  est  Miss  Chrissie  YVhite.qui 
obtint  récemment  un  grand  succès 
dans   Wild  Heather. 

M.  George  K  Arthur,  le  créateur 
de  Kipps,  un  des  meilleurs  films  de 
la  Stoll  Film  Co,  mis  en  scène  par 
M.  Harold  Shaw,  tourne  dans  la  der- 
nière production  de  M.  Martin  Thorn- 
ton  :  The  Lamp  in  the  Désert. 

La  dernière  production  deM.A.W. 
Bramble  pour  l'Idéal,  Shirley,  est  à 
présent  terminée.  L'interprétation 
comprend  Miss  Mabel  Terry  Lewis, 
nièce  de  Miss  Ellen  Terry,  Miss  Eli- 
sabeth Irving,  Clive  Brook,  etc. 
• 

Miss  Ellen  Terry  paraîtra  dans  un 
nouveau  film  de  M.  Granville  Taylor 
intitulé  Potter's  Clay  Scénariste  : 
M.  LangfordReed.  Potter's  Clay  sera 
exploité  par  une  association  nouvel- 
lement formée:  The  Big  Four  Produc- 
tions Ltd. 

• 

Dans  une  interview  donnée  récem- 
ment à  un  reporter  américain, 
M.  F.  E.  Adams,  Directeur  des  Pro- 
vincial Cinématograph  Théâtres,  le 
plus  important  circuit  anglais,  a  con- 
firmé son  intention  de  former  une 
compagnie  de  production.  Celle-ci 
serait  peut-être,  je  crois,  la  London 
Film  Co,  de  célèbre  mémoire,  qui  re- 
prendrait alors,  sous  un  nouveau 
nom,  son  activité.  On  sait  que  M.  F. 
E.  Adams  en  est  toujours  le  Directeur 
en  titre  tout  au  moins. 
• 

Miss  Mary  Glynne,  étoile  de  la  Fa- 
mous  Lasky,  parait  dans  une  pièce 
nouvelle  du  ]\'eleome  St ranger  pré- 
sentée au    Lyric  Théâtre. 
• 

The  London  Indépendant  Film  Tra- 
ding Co,  qui  s'était  plus  spécialement 
occupée  depuis  deux  ans  de  1  intro- 
duction des  films  italiens  en  Angle- 
terre, Aient  d'annoncer  qu'elle  a  ac- 
quis les  droits  de  toute  la  production 
des  Fert  Studios  de  Rome  et  Turin 
des  années  1921  et  P)22.  Le  premier 
film  delà  Fert  Co,  qu'elle  exploitera 


i  lut  a 


11 


est  The  Island  of  Happiness  (l'Ile 
tlu  bonheur) dont  l'étoile  est  Diomira 
Jacobini. 

• 

On  dit  que  D.  W.  Griffith  aurait 
l'intention  de  produire,  aussitôt  Les 
Deux  Orphelines  terminé,  un  film 
qui  n'aurait  pas  moins  de  55.000  mè- 
tres (72  réels)  Sa  réalisation  revien- 
drait à  environ  7.250.000  dollars. 
A.  F.  Rosi:. 


AMÉRIQUE  ^ 

Cari  Laemmle,  président  de  l'Uni- 
versal  Film  Manufaeturing  Company 
deNew-Yorkaenvoyéde  Deau  ville, où 
le  grand  producteur  américain  a  sé- 
journé pendant  quelque  temps  sur 
son  voyage  annuel  à  travers  l'Europe, 
une  énergique  lettre  d'avertissement 
et  de  protestation  au  sujet  de  la  taxe 
«  ad  valorem  »  qu'on  a  l'intention 
d'imposer  à  l'importation  aux  Etats- 
Unis  de  tout  fdm  exposé.  D'autres 
grands  producteurs  protestent  égale- 
ment contre  la  nouvelle  loi  et  l'on 
espère  bien  qu'ils  atteindront  leur 
but.  L'Universal  a  fait  suivre  la 
lettre  de  son  président  aux  autorités 
américaines  qui  s'occupent  du  projet. 
Cari  Laemmle  dit  entre  autres 
choses  : 

«  Généralement,  lorsqu  une  nou- 
velle loi  est  établie  par  un  certain 
gouvernement,  cetteloi  a,  comme  but, 
soit  de  renforcer  la  sûreté  publique, 
soit  d'augmenter  les  recettes  du  gou- 
vernement ou  du  peuple,  bref.une  telle 
démarche  envisage  toujours  une 
amélioration  quelconque  ou  un  avan- 
tage général  pour  le  propre  pays. 
Tout  au  contraire,  nous  avons  ici  un 
projet  de  loi,  dont  l'acceptation  signi- 
fierait très  probablement  un  dom- 
mage matériel  et  financier  pour  l'une 
des  plus  grandes  et  plus  prospères 
industries  de  notre  pays.  Et  si  la  taxe 
en  question  ne  faisait  qu'empêcher 
l'entrée  des  bonnes productionsétran- 


Letemp)Viendrapeut-être  : 

■ 

ouïes  sous-titres  des  Vieux  : 

films,     paraîtront     aussi  j 

démodés     que     les     noms  : 

qui,  placés  au=dessus  des  j 

personnages  des  Vieux  j 

dessins,    indiquent    ce  \ 

qu'ils  représentent.     £    £  : 


MARY  P1CKFORD 

que  nous  verrons  bientôt' dans 

Par  l'Entrée  de  Service. 


gères  .  .  ce  serait  déjà  assez  déplo- 
rable, et  indigne  de  notre  pays. 

«  Ce  n'est  pas  la  première  fois  que 
je  le  dis  :  Notre  industrie  cinémato- 
graphique a  les  moyens  de  laisser 
projeter  sur  nos  écrans  tous  les  bons 
films  d'Europe  ou  d'ailleurs,  nous 
pouvons  et  devons  même  leur 
souhaiter  la  bienvenue,  car  nous 
n'avons  rien  à  craindre  d'eux  en 
forme  d'une  invasion  ou  d'une  con- 
currence en  Amérique. 

«  Une  bonne  production  cinémato- 
graphique, sans  considération  quel- 
conque de  son  origine  présente  une 
amélioration  et  un  bénéfice  généraux 
pour  l'art  et  l'industrie  cinématogra- 
phique universelle.  Par  le  «  Fordney 
Bill  »  nous  perdrions  bien  plus  que 
nous  pourrions  y  gagner.  Les  quel- 
ques milliers  de  dollars  que  repré- 
sentent le  chiffre  d'affaires  fait  par 
les  productions  étrangères  en  Amé- 
rique, ou  les  quelques  milliers  de 
dollars  que  notre  gouvernement  ar- 
riverait à  la  rigueur  à  encaisser  par 
la  taxe  en  question,  que  signifient 
ces  sommes  en  comparaison  avec 
nos  florissantes  affaires  d'exporta- 
tion ?  Et  il  n'y  a  pas  le  moindre  doute 
que,  dans  le  cas  d'adoption  du  projet 
de  taxe,  nos  confrères  d'Europe  et  de 
partout  ailleurs,  nos  clients  agiraient 


en  conséquence.  Personne  ne  pour- 
rait leur  en  vouloir  si,  dans  ce  cas, 
ils  limitaient  au  plus  stricte  l'impor- 
tation de  nos  films  dans  leur  pays. 

J'ai  eu  l'occasion  de  parler  à  des 
intéressés  de  la  cinématographie  de 
tout  pays,  et  ne  puis  qu'apprécier 
leur  désir  de  placer  leurs  produc- 
tions sur  notre  marché.  Il  est  indis- 
cutable que  notre  production  natio- 
nale est  en  général  supérieure  à 
toutes  les  autres,  mais  il  ne  faut  point 
croire,  qu'il  n'y  a  que  nous  qui  sa- 
vons comment  faire  de  bons  films. 
Un  geste  indigne  de  notre  pays  serait 
celui  de  l'acceptation  du  «  Fordney 
Bill  »  qui  rendrait  plus  difficile  en- 
core le  placement  des  produits  étran- 
gers aux  Etats-Unis.  » 


Sessue  Hayakawa  était  sur  le  point 
de  terminer  un  film  intitulé  :  Jusque 
dans  l'éternité,  où  tourne  avec  lui  la 


Films  usagés  pour  amateurs  et 

particuliers,  depuis  0, 1 0  centimes. 

BAUDON  =  SAINT»LO 

345,   rue  Saint-Martin,  PARIS 
Téléphone  :  ARCHIVES  49-  i  7 


cinea 


13 


jolie  Bessie  Love.  Il  restait  environ 
une  semaine  de  travail  lorsqu'il  fut 
pris  d'une  crise  d'appendicite.  Les 
médecins  déclarèrent  qu'il  était  ur- 
gent d'opérer  —  ce  qui  signifiait 
qu'il  fallait  remettre  la  suite  du  film 
à  plus  tard,  perdre  une  grande  par- 
tie du  travail  déjà  l'ait.  Hayakawa 
refusa.  Courbé  en  deux  par  la  dou- 
leur, se  redressant  quand  venait  son 
tour,  il  travailla  pendant  trois  jour- 


nées. Chaque  soir,  il  se  faisait  entou- 
rer de  glace  jusqu'au  moment  de  re- 
prendre le  travail. 

Le  quatrième  jour,  l'appendice  se 
rompit  ;  et  Sessue  tint  encore  bon  pen- 
dant quatre  jours,  le  temps  de  finir 
le  film  jusqu'à  la  dernière  scène.  On 
l'emporta  alors  d'urgence  à  l'hôpital 
où  trois  des  meilleurs  chirurgiens 
de  Californie  se  précipitèrent  sur  lui. 

A  peine  opéré,  il  fut  pris  de  hoquets 


apparemment  incoercibles,  qui  em- 
pêchaient la  cicatrisation.  C'est  alors 
que  l'ancien  élève  de  1  Académie  Na- 
vale se  rappela  le  temps  où  il  étu- 
diait les  premiers  principes  du  Bu- 
shido,  le  code  d'honneur  chevale- 
resque du  Japon.  Par  une  concen- 
tration intense  de  sa  pensée  et  de  sa 
volonté,  il  parvint  à  faire  cesser  les 
hoquets,  et  à  les  arrêter  chaque  fois 
qu'ils  menaçaient  de  reprendre. 


M 


PO  U  RQ UOI     VA  S 


M 


Comme,  après  avoir  reçu  quelques 
visiteurs,  je  me  remettais  à  écrire, 
pour  la  vingtième  fois,  la  sonnerie 
du  téléphone  se  fit  entendre  auprès 
de  moi. 

—  Allô? 

—  Drrrrrr... 

—  Allô!  Qui  est  à  l'appareil?... 
Qui?...  A  qui  ai-je  l'honneur  de?... 
Comment  ?  .M.  le  Président  de  la 
Chambre  ?  M  Raoul  Péret  ?  Allô,  ne 
coupez  pas,  mademoiselle  T . ..  Allô  ?... 
oui,  ici  M.  Doublon,  parfaitement, 
Monsieur  le  Président. 

Et  j'entends  ceci  : 

—  Monsieur,  vous  n'ignorez  pas  que 
la  séance  de  demain  à  la  Chambre 
des  députés  s'annonce  comme  inté- 
ressante. L'honorable  M.  Marcel 
Cachin  y  développera  sa  nouvelle 
interpellation  sur  la  politique  exté- 
rieure du  gouvernement  en  ce  qui 
concerne  la  Russie,  et  vous  savez 
quel  déchaînement  de  répliques  ceci 
peut  amener.  L'honorable  M.  Léon 
Daudet  répondra  à  M.  Cachin,  et  l'on 
s'attend  à  des  discours  de  MM.  Man- 
del,  Lefèvre,  etc.  Bref,  séance  inté- 
ressante, je  le  répète,  très  intéres- 
sante. 

—  On  pourrait  peut-être  dire  mou- 
vementée, Monsieur  le  Président, 
voire  orageuse. 

—  Mouvementée,  sans  doute.  D'ail- 
leurs, la  tribune  diplomatique  sera 
tout  entière  occupée  —  je  suis  pré- 
venu —  et  l'on  n'arrête  pas  de  récla- 
mer des  cartes  à  la  Questure,  ce  qui 
me  fait  supposer  un  public  plutôt 
nombreux...  et  élégant. 

Et  M  Raoul  Péret  voulut  bien 
ajouter  : 

—  C'est  pourquoi  je  voudrais  faire 
cinématographier  cette  séance.  Vou- 
lez-vous, Monsieur,  vous  charger   de 


ceci?  Ayez  l'obligeance  de  vous  mettre 
en  rapport  avec  M.  Mercanton  en 
vue  de  faire  disposer  dans  la  salle 
des  séances  les  projecteurs  néces- 
saires et  les  appareils  de  prise  de 
vues;  prévenez  les  opérateurs;  bref, 
je  m'en  remets  complètement  à  vous 
afin  que  soit  «  tournée  »  du  début  à 
la  fin,  ou  du  moins  dans  ses  parties 
les  plus  essentielles,  la  séance  de 
demain.  D'ailleurs  nous  ferons  ainsi, 
dorénavant,  car  je  juge  puissamment 
utile  l'aide  que  le  cinématographe 
peut  nous  apporter  en  de  telles  occur- 
rences. Il  y  a  des  journées  qui  pour 
n'être  pas  absolument  «  historiques  » 
sont  néanmoins  tout  emplies  d'ensei- 
gnements et  pour  les  parlementaires 
et  pour  le  public.  Je  vous  remercie, 
monsieur,  à  demain! 

—  Monsieur  le  Président,  je... 

—  Brrrrrr. 

Je  raccrochai,  laissai  mon  courrier 
en  retard,  me  précipitai  sur  mon 
pardessus  et  me  disposai  à  me  ren- 
dre chez  Mercanton,  mais  au  dehors, 
le  froid  me  saisit.  . 

Et  je  me  réveillai. 

Ce  n'était  qu'un  rêve,  un  de  ces 
rêves  imbéciles  qui,  au  réveil,  vous 
laissent  dans  un  état  d'hébétude  tel 
qu'on  se  demande  :  ai-je  réellement 
rêvé?  Hélas  T  j  avais  rêvé;  l'éminent 
président  de  la  Chambre  ne  m'avait 
pas  téléphoné;  on  ne  «  tournera  » 
pas  la  fameuse  séance  ;  personne  n'y 
avait  jamais  songé  !  Bien  pis  encore  : 
si  j'émettais  seulement  le  désir  de 
pénétrer  au  Palais-Bourbon  accom- 
pagné d'un  opérateur  de  prise  de 
vues,  j'étais  certain  de  me  faire  écon- 
duire,  et  de  la  plus  belle  des  façons... 

Mais  alors,  l'emprise  du  métier  est- 
elle  à  ce  point  profonde  que  seule 
elle  permette  d'expliquer  mon  beau 


rêve?  Mon  imagination  est  elle  à  ce 
point  vagabonde? 


Non.  J'ai  trouvé  ce  matin  sur  mon 
bureau  l'explication,  ou  plutôt  le 
point  de  départ  de  mon  songe.  Et  le 
voici  : 

«  Washington,  novembre. 

«  M.  Balfour  pénètre  à  10  h.  35  dans 
la  salle  des  délibérations.  Il  est  suivi 
de  MM.  Hughes,  Briand  et  Viviani. 

«  Les  délégués  sont  debout  et  con- 
versent cordialement.  La  salle  est 
absolument  comble.  L'élément  fémi- 
nin domine  dans  l'assistance. 

«  Quand  tous  les  délégués  sont  ins- 
tallés, de  puissants  projecteurs  sont 
mis  en  action  pour  permettre  aux 
photographes  et  aux  opérateurs  de 
cinématographes  de  prendre  les  vues 
de  cette  conférence  historique. 

«M.  Hughes  rend  compte  des  tra- 
vaux de  la  conférence  et  de  leurs 
profits  depuis  la  dernière  séance...  » 

Une  dépêche,  une  simple  dépêche. 
Trois  lignes,  mais  à  combien  éloquen- 
tes !  «  Quand  tous  les  délégués  sont 
installés,  de  puissants  projecteurs  »  .. 
Ah!  quandse  décidera-t-on,en  France, 
à  comprendre  l'utilité  du  cinéma,  la 
valeur  de  son  aide,  la  force  de  son 
action  sur  le  public  ?  Et  ce  que  j'ap- 
pellerai «  sa  valeur  future  »,  je  veux 
dire  l'intérêt  documentaire  d'un  film, 
de  celui  qui  s'est  tourné  à  Washington 
pour  l'avenir,  pour  nos  enfants,  pour 
nos  petits-neveux?  Pensez  donc  à 
ce  que  serait  pour  nous  la  vision 
authentique  d'une  séance  de  la  Con- 
vention, par  exemple!  !! 

MM.  du  Gouvernement,  et  vous 
MM.  les  Parlementaires,  songez-y  ! 

LrciiN   Dorm  on. 


14 


cinea 


Sous  toutes  réserves 


Sous  toutes  Réserves. 

M.  Péhor,  le  sympathique  direc- 
teur de  cinéma  .s'est  cru  visé  par  une 
information  parue,  sous  la  présente 
rubrique,  dans  le  numéro  du  18  no- 
vembre, et  nous  requiert  d'insérer 
une  réponse  d'étendue  double  et  ré- 
digée dans  le  même  style,  ainsi  que 
le  prescrit  la  Loi. 

A  notre  grand  regret  nous  ne  pou- 
vons lui  donner  satisfaction  :  sa  let- 
tre, en  effet,  bien  que  fort  courtoise 
met  en  cause  des  tiers  ;  un  passage 
notamment  est  ainsi  conçu  :  «  Etant 
donné  que  les  directeurs  de  théâtre 
montent  des  pièces  sans  jamais  lire 
de  manuscrits,  je  ne  vois  pas  pour- 
quoi les  directeurs  de  cinéma  seraient 
obligés  d'aller  voir  les  films.  »  Il 
n'échappera  pas  à  nos  lecteurs  que, 
si  nous  publions  cette  phrase,  nous 
aurions  au  courrier,  le  lendemain, 
des  lettres  de  protestation  signées  de 
tous  les  directeurs  de  théâtre  de  Pa- 
ris et  de  la  banlieue. 

M.  Péhor  déclare  d  ailleurs  lui- 
même  qu'il  est  célibataire,  et  que 
pour  cette  raison,  sa  femme  n'a  pu 
avoir  d'enfant.  Dans  ces  conditions, 
il  est  évident  que  ce  n'est  pas  lui  qui 
était  visé  par  notre  entrefilet,  et  qu'il 
a  attaché  une  importance  excessive 
à  une  simple  similitude  d'initiale. 
• 
L'éditeur  d'un  film  intitulé  La 
Femme  et  le  Pantin,  d'après  la  pièce 
de  Pierre  Frondaie  est  très  sensible 
au  reproche  qu'on  lui  a  adressé 
d'avoir  omis  de  citer  l'auteur,  Pierre 
Louys,  et  l'interprète,  Géraldine  Far- 
rar. 

Il  nous  prie  de  faire  connaître  que, 
s'il  avait  su  que  ces  deux  noms  pos- 
sédassent quelque  notoriété,  il  n'au- 
rait pas  manqué  de  les  inscrire 
sur  le  programme. 
• 
On  sait  que,  lors  de  son  récent 
passage  à  Paris,  une  très  jeune,  très 
charmante  et  très  célèbre  étoile  de 
cinéma  américaine,  épouse  d'un  non 
moins  célèbre  artiste,  s'est  amusée  à 
se  camoufler  en  modeste  débutante, 
et  s'est  présentée  à  une  maison  d'édi- 
tion connue,  où,  du  premier  coup 
d'œil,  il  a  été  jugé  qu'elle  n'avait  au- 
cune disposition  pour  l'écran,  et 
qu'elle  ferait  mieux  de  prendre  un 
autre  métier. 


Nous  avons  reçu  de  dix-sept  direc- 
teurs des  lettres  par  lesquelles  cha- 
cun d'eux  nous  fait  savoir  que  ce 
n'est  pas  chez  lui  qu'une  telle  erreur 
a  été  commise,  et  qu'étant  donné 
d'ailleurs  le  soin  avec  lequel  il  re- 
crute son  personnel,  l'effort  qu'il  lait 
pour  découvrir  les  talents  naissants, 
un  tel  démenti  est  presque  superflu. 
Dont  acte. 

• 
Nos  lecteurs  auront  rectifié  d'eux- 
mêmes  l'information  concernant  un 
illustre  cinéaste, parue  dans  notre  nu- 
méro du  2  décembre.  Même  lorsqu'il 
s'agit  de  M.  Abel  Gance,  un  film  de 
treize  ou  quatorze  mille  mètres  ne 
saurait  être  considéré  comme  court  : 
il  faut  lire  treize  on  quatorze  cents. 
• 
Plusieurs  de  nos  confrères  onteon- 
lirmé  notre  renseignement  touchant 
le  Bajazet  actuellement  en  prépara- 
tion. Certains  ont  même  rappelé  - 
détail  qui  manquait  à  notre  docu- 
mentation —  que  la  pièce  dont  ce 
film  était  tiré  avait  pour  auteur  Jean 
Racine. 

En  réalité  l'œuvre  est  loin  d'être 
mûre.  La  nécessité  de  n'utiliser  que 
des  interprètes  turcs  ou  turques  rend 
assez  difficile  le  recrutement  et  le 
dressage  de  la  troupe.  Une  seule  ex- 
ception :  le  personnage  de  Roxane 
serait  confié  à  Mlle  Andrée  Brabant. 
Le  film  suit  assez  étroitement,  en 
la  transposant  visuellement,  la  pièce 
originale.  Par  exemple  le  vers  : 
Allez,  que  le  sérail  soit  désormais  fermé... 
est  remplacé  par  un  premier  plan, 
tout  à  fait  impressionnant  au  dire 
de  ceux  qui  l'ont  vu,  du  verrou  glis- 
sant dans  sa  gaîne. 
0 
L'autre  soir  notre  confrère,  M.  L..1 
L..y,  qui  fréquente  assidûment  un 
Cinéma  de  quartier  où  il  ne  manque 
pas  un  épisode  des  Trois  Mousque- 
taires, a  eu  la  surprise  de  voir  arri- 
ver, avec  l'allure  degensqui  viennent 
de  consacrer  par  un  bon  dîner  une 
amitié  récente,  M.  D.  t-B.  r,  le  ci- 
néaste illustre,  et  M.  P.  e  H.  y,  le  cri- 
tique bien  connu.  Celui-ci,  qui  n'avait 
pas  encore  vu  le  film,  goûta  fort  les 
exploits  de  d'Artagnan-Aimé  Simon- 
Girard,  et  lorsque  Milady-Claude  Mé- 
relle  parut  sur  l'écran,  s'écria,  dans 
un  élan  sincère  :  «  Ils  n'en  ont  pas 
comme  cela  en  Amérique  !  » 
• 
La  récente  publication  du  livre  de 
M .  Jean  Epstein  a  produit  un  résultat 
inattendu  pour  ceux-là  seulement  qui 


n'estiment  pas  à  leur  juste  valeur  la 
hardiesse  artistique  et  l'esprit  d'ini- 
tiative de  nos  grandes  maisons  d'édi- 
tion Moins  de  huit  jours  après  la 
mise  en  vente  des  premiers  exem- 
plaires l'auteur  avait  avait  déjà  reçu, 
de  quatre  grandes  firmes  françaises, 
des  lettres  lui  demandant  d'envoyer 
un  scénario,  conçu  selon  l'esthétique 
si  originale  que  développe  ce  livre, 
et  d'indiquer  ses  conditions,  qu'il 
pouvait  considérer  comme  acceptées 
d'avance.  Et  voilà  quatre  beaux 
films  en  perspective. 
• 
On  assure  qu'un  contrat  récent, 
passé  par  une  étoile  très  jolie  et  très 
brune,  stipule  qu'elle  doit  subir  dans 
chaque  film  au  moins  deux  tenta- 
tives de  viol.  Il  parait  que  la  jeune 
artiste  trouve  un  certain  plaisir  per- 
sonnel... Mais  ne  franchissons  pas 
le  mur  de  la  vie  privée. 

Toutefois,  l'acteur  engagé  pour 
jouer  le  rôle  du  satyre  refuse  absolu- 
ment, au  nom  de  l'hygiène  de  ses 
nerfs,  de  se  ruer  bi-mensuellement 
sur  sa  partenaire,  sans  résultat  au- 
cun. Et  le  metteur  en  scène  se  trouve 
dans  un  cruel  embarras. 

Inutile  d'ajouter  que  cette  histoire 
se  passe  en  Amérique. 
• 
Il  est  douteux  que  Le  Lac  Salé  soit 
jamais  mis  à  l'écran.  Tous  les  prépa- 
ratifs étaient  faits,  les  interprètes 
pressentis  ;  Mlle  Musidora  devait 
prendre  le  rôle  d'Annabel  Lee,  M.  An- 
gelo  celui  du  père  d'Exilés  et  M. 
Joubé  celui  du  pasteur.  Mais  au  der- 
nier moment,  l'auteur  s'est  aperçu, 
d'une  part  qu'il  avait  commis  une 
grave  erreur  historique  en  confon- 
dant les  généraux  Joseph  E.  Johns- 
ton  et  Sydney  A.  Johnston,  d'autre 
part,  qu'il  avait  inconsciemment 
emprunté  à  Edgar  Poe  le  nom  de  son 
héroïne.  Et  xM.  Pierre  Benoît  est  de- 
venu tellement  chatouilleux  sur  les 
questions  d'emprunt  qu'il  songerait, 
dit-on,  à  arrêter  le  film  projeté. 

FONDU-EXCHAÎNÉ. 

■  ■ 

■  ■ 

j  Pour  mesurer  la  place  que 

:  tient  le  cinéma  dans  Vart, 

j  il  suffit  de  songer  à  toutes    j 

:  les  belles   oeuvres,   artis= 

m  m 

tiques  ou   littéraires,   qui    j 
:    semblent    aujourd'hui    : 

J  m 

conçues  selon  V esthétique    j 
d'un  film.      M        M       M 


cinea 


15 


■  a 

I    Les  Présentations    i 


Parisette. 

Après  Sauvons  le  gosse,  dont  l'ac- 
tion mouvementée  est  renouvelée  par 
des  comédiens  à  quatre  pattes  et  à 
quatre  mains,  nous  avons  vu  au  Gau- 
mont-Palace  les  quatre  premiers  épi- 
sodes du  nouveau  ciné-roman  de 
M.  Louis  Feuillade.  D'autres  ont  dit 
que  le  feuilleton  d'écran  est  désiré 
par  un  certain  public,  et  applaudi. 
A  la  vérité,  la  règle  générale  veut 
des  exceptions  et  nous  devons  dé- 
plorer, même  pour  des  spectateurs 
indulgents,  les  séries  de  vols,  crimes 
et  joyeusetés  de  même  farine.  M.  Louis 
Feuillade  a  su,  lui,  moderniser  et 
même  enjoliver  les  sortes  d'aventures 
qu'aimait  raconter  un  Richebourg  et, 
s'il  y  a  dans  sa  Parisette,  un  assas- 
sinat, on  ne  nous  en  décrit  pas  à 
plaisir  les  détails,  il  n'est  point  une 
attraction, on  ne  s'y  attachepas.  L'er- 
reur judiciaire  fatale  apparaît,  nous 
la  supportons  parce  que  des  détails 
plus  intéressants  font  une  sauce  ad- 
missible et  souvent  aimable. 

Il  y  a  mieux,  et  cela,  il  le  faut  sou- 
ligner: d'abord  des  prises  de  vues  au 
Portugal,  contrée  presque  inédite  à 
l'écran,  de  l'abbaye  de  Belem,  entre 
autres,  et,  dans  le  premier  épisode, 
une  scène  d'un  dramatique  puissant: 
la  prise  de  voile,  chez  les  Carmélites, 
d'une  jeune  fille  qui  se  donne  à  Dieu 
pour  racheter  le  crime  supposé  de 
son  grand-père  et  la  mort  de  la  même 
jeune  fille,  immédiatement,  alors 
qu'elle  pressent  son  erreur.  Mais  des 
scènes  gaies  surgissent  ensuite  avec 
Biscot,  drôle  ou  ému  dans  le  rôle  d'un 
beau  garçon  de  recette.  Mme  Sandra 
Milovanoff  est  la  vedette  idéale  des 
fdms  de  M  Louis  Feuillade;  elle  nous 
a  cette  fois  révélé  son  talent  choré- 
graphique. Leurs  camarades  habi- 
tuels jouent  avec  l'ensemble  que  l'on 
sait,  sauf,  bien  entendu,  le  regretté 
Gaston  Michel,  remplacé  par  M.  De- 
rigal,  qui  est  correct. 

L.  W. 

L'admirable  Crichton. 

Admirable,  il  l'est,  ce  domestique 
dont  le  flegme  voile  une  âme  forte  et 
noble,  et,  par  hasard,  l'occasion 
s'offre  à  nous  d'ouvrir  l'armoire  aux 
hyperboles,  car  on  peut  qualifier 
aussi  d'admirable  ce  film  adapté  de 
la  célèbre  pièce  de  J.-M.  Barrie. 


Par  hasard  encore,  1  épithète  «  cé- 
lèbre »  est  parfaitement  équitable, 
ici.  Le  postulat  des  conditions  so- 
ciales renversées  demeure  bonne  ma- 
tière à  de  la  satire.  Dans  le  film, 
l'ingéniosité  jointe  à  l'imprévu  con- 
tribuent à  la  démonstration  du  théo- 
rème et  la  critique  de  l'oisiveté  ne 
s'est  peut-être  jamais  exercée  mieux. 
La  mise  en  scène  de  Cecil  de  Mille  (le 
réveil  des  inutiles  au  début  et  leur 
vie  dans  l'île  déserte)  n  est  pas  allée 
à  l'exagération.  Thomas  Meighan  est 
parfait.  Oui,  tout  cela  est  très,  très 
bien. 

• 

L'Ile  déserte. 

Parmi  de  nombreux  êtres  cupides 
et  de  rares  désintéressés,  une  jeune 
fille  sincère.  Elle  se  dévoue  pour  une 
mère  appauvrie,  en  épousant  un 
riche  débauché.  L'exposition  des 
faits  préalables  et  subséquents  donne 
lieu  à  des  scènes  qui  diffèrent  peu  de 
bien  d'autres,  connues .  Mais,  lorsque, 
après  un  naufrage  qui  s'est  déclaré 
pendant  un  bal  masqué  des  passa- 
gers, la  jeune  fdle  aborde  une  île  dé- 
serte avec  son  sauveur,  le  filin  se 
rehausse  infiniment.  Elle,  ayant  souf- 
fert par  son  mari,  abhorre  tous  les 
hommes  ;  lui,  chauffeur  dans  le  ba- 
teau, est  tombé  dans  la  misère  après 
des  chagrins  causés  par  une  femme, 
il  est  devenu  forcené  misogyne. 

Comment  vont-ils  vivre  en  tête-à- 
tête  obligatoire?  Comment  l'amour 
pourra-t-il  naître  dans  ces  cœurs 
désabusés?  L'auteur  a  résolu  le  pro- 
blème par  une  gradation  délicate  et 
nuancée.  Cette  partie  du  film,  excel- 
lente, vaut  de  vifs  éloges  et  permet 
d'oublier  la  banalité  des  quelques 
aventures  précédentes.  Le  mouve- 
ment est  bon  et  Norma  Talmadge  est 
entête  d'une  distribution  homogène. 
Son  portrait,  dans  ce  rôle,  a  été  pu- 
blié dans  le  premier  numéro  de 
Cinéa. 

• 

Le  crime  du  Bouif. 

M.  Pouctal  s'est  montré  là  fort 
habile.  D'un  drame  tiré  d'un  roman 
de  M.  de  la  Fouchardière,  dans  lequel 
l'esprit  se  révèle  à  peu  près  unique- 
ment par  des  mots,  il  a  pu  s'inspirer 
pour  un  film  où  le  dialogue  à  lire 
non  seulement  ne  fatigue  pas,  mais 
amuse  et  souvent  beaucoup.  M.  Tra- 
mel  est  un  épique  ivrogne  aussi 
ahurissant  qu'ahuri.  Il  vend  des 
tuyaux,  sur  le  champ  de  courses  du 
Tremblay,  avec  une  admirable  con- 


viction et  ses  attitudes  d'honnête 
homme  devant  la  justice  sont  d'un 
hilarant  effet,  mais  tous  ses  parte- 
naires devraient  être  cités  à  l'ordre 
du  jour  :  Mme  Kolh  en  marchande  de 
quatre-saisons;  M  Gerbault  en  doc- 
teur-assassin ;  les  clowns  Prieto  et 
Tom  Toche  en  policiers,  etc.  Quant  à 
M.  Charles  I.amy,  en  juge  d'instruc- 
tion, sûr  de  soi  dans  son  cabinet,  et 
chahutant  au  cabaret,  son  comique 
atteint  les  hauts  degrés,  il  garde  une 
mesure  délicieuse  dans  le  burlesque. 
• 

Le  Roi  de  Camargue. 

Pourquoi  n'avons-nous  pas  senti 
battre  notre  cœur  au  moment  que 
dans  l'eau  tombait  la  douce  Livette 
par  la  faute  d'une  belle  et  astucieuse 
bohémienne  et  d'un  «  guardian  » 
vindicatif  et  laid?  L'histoire  contée 
par  Jean  Aicard  en  vaut  bien  d'autres 
mais  il  manque  au  film  ce  fameux 
«je  ne  sais  quoi  »,  ce  souffle  de  sin- 
cérité, de  conviction,  qui  fait  les 
grandes  choses.  Tel  quel,  le  Roi  de 
Camargue  ne  manque  pas  de  qua- 
lités, car  les  à-côtés  ont  une  allure 
intéressante,  la  cérémonie  religieuse, 
la  fête,  les  allées  et  venues  des  trou- 
peaux de  taureaux,  Mlle  Elmire  Vau- 
tier  est  jolie  et  joue  avec  une  grâce 
discrète,  Mme  Claude  Mérelle  est 
belle  et  M.  Toulout  s'est  enlaidi  su- 
perbement. 

Il  y  a  un  combat  dans  les  marais 
entre  lui  et  M.  de  Rochefort  qui  se 
termine  à  souhait,  mais  nous  aurions 
voulu  éprouver  un  petit  frisson,  au 
spectacle  d'un  tel  drame. 

• 
Isobel. 

Que  cela  est  beau!  Un  drame  em- 
preint de  sensibilité.  Dans  les  ré- 
gions polaires,  un  négociant  en  four- 
rures et  sa  femme  Isobel.  Sur  le  ba- 
teau, une  nuit,  le  capitaine  qui  avait 
attaqué  celle-ci,  est  jeté  à  l'eau  par  le 
mari.  Des  esquimaux  et  des  soldats 
de  la  police  sont  mêlés  aux  re- 
cherches du  meurtrier.  Le  sergent 
Mac  Veigh  est,  dans  ces  magnifiques 
paysages,  un  sauveur  à  qui,  plus 
tard,  bien  plus  tard,  une  récompense 
idéale  viendra.  Il  y  a  une  enfant,  en 
outre,  et,  au-dessus  de  tout  cela,  des 
expressions  de  sentiments  qui  étrei- 
gnent  par  leur  justesse.  La  vie  de  la 
petite  fille  entre  deux  hommes  dans 
une  cabane  isolée  est  touchante. 

D'autres  détails  notables  méritent 
des  bravos.  Jane  Novak  et  House 
Peters  jouent  avec  une  sincérité  pre- 


16 


cinea 


liante.  Et,  en  passant,  voici  une  jolie 
réflexion  du  caporal  de  police,  pen- 
sant à  son  existence  rude  et  mon- 
trant une  fleur  bleue  :  «  Les  Esqui- 
maux l'appellent  :  «  la  plus  belle 
ebose  du  monde  »;  moi  je  l'appelle 
«  la  femme  ».  Cela  peint  une  situation 
et  un  caractère. 

O 

Le  Jockey  disparu. 

Jamais  je  ne  suis  allé  sur  un  champ 
de  courses.  Alors  j'ai  regardé  ce  film 
comme  une  nouveauté  :  on  nous  y 
montre  Maisons-Laffitte  et  peut-être 
Enghien  et  sans  doute  Longchamp, 
le  public  de  la  pelouse,  l'entraîne- 
ment, les  bars  d'hommes  de  chevaux, 
les  propriétaires,  les  palefreniers  et 
les  jockeys.  Quant  au  drame  qui 
fait  la  sauce  de  ce  plat,  il  consiste  en 
rivalités  d'amour  et  de  succès  spor- 
tifs, on  fait  des  piqûres  à  une  bête  et 
on  poursuit  un  jockey  pour  l'empê- 
cher de  vaincre.  Et  le  mariage 
souhaité  aura  lieu  tandis  que  le  bon 
cheval  du  bon  maître  triomphera. 
Le  Jockey  disparu  est  un  film  diver- 
tissant, on  voudrait  pouvoir  le  dire 
de  beaucoup  d'autres... 
• 

Les  parias   de  l'amour 

Je  viens  de  déchirer  les  feuillets  où 
j'avais  résumé  le  début  de  ce  film 
dont  trois  épisodes  sur  sept  ont  été 
présentés.  Oublions,  oublions  I... 

Gratte-moi  le  dos. 

Un  charmant  audacieux,  sur- 
nommé Char  d'assaut,  parvient  à 
sauver  d'un  maître-chanteur  une 
jeune  femme  qui  serait  navrée  de  la 
révélation,  à  son  mari,  d'un  passé 
fort  honorable,  mais  dans  une  pro- 
fession parfois  décriée.  Le  titre  se 
justifie  par  un  point  de  départ  et  un 
dénouement  humoristiques.  Situa- 
tions amusantes,  mais  fâcheusement 
coupées  par  un  texte  trop  copieux 
malgré  son  élégance.  Et  ne  chica- 
nons pas  ceci  :  «  ...tomber  sur  un  bec 
de  gaz,  comme  disent  les  parlemen- 
taires d'extrême  gauche  »,  bien  que 
l'on  imagine  malaisément  M.  J.  Paul- 
Boncour  ou  M.  Léon  Blum  employant 
une  telle  expression. 


L'Aiglonne. 

M.  Arthur  Bernède  met  à  l'écran 
(et  au  feuilleton)  l'enfant  de  la  mar- 
quise de  Novailles  et  du   lieutenant 


Bonaparte.  Nous  n'avons  pu  voir  que 
des  parcelles  de  ce  nouveau  ciné- 
roman. 

Du  moins  avons-nous  pu  recon- 
naître que  M.  André  Marnay  est  un 
Fouché  vraisemblable;  M.  Andrew 
Brunelle ,  un  enthousiaste  con- 
vaincu; Mlle  Su/.ie  Prim,  une  dolente 
Mme  de  Novailles,  et  retrouver  M. 
Drain  en  Napoléon.  Et  la  mise  en 
scène  de  M.  E.  Keppens  semble  fort 
intéressante,  si  nous  en  jugeons  par 
l'épisode  troisième. 

Le  stratagème  de  Fred  Law- 
ton. 

Lne  jeune  fille,  orpheline  en  même 
temps  que  ruinée,  voit  se  détourner 
d'elle  la  plupart  de  ses  amis  ou  pré- 
tendus tels.  Demeurent  fidèles  deux 
scélérats  et  un  honnête  homme  qui, 
par  un  subterfuge,  triomphe  de  la 
vilenie  et  de  la  naïveté  ambiantes. 
Des  scènes  qui  seraient  banales  si  le 
charme  distingué  d'Elsie  Fergusson 
ne  venait  les  éclairer. 


Voilà  le  plaisir,  Mesdames  ! 

Une  farce  brève  où  Harold  Lloyd 
est  suffisamment  vif,  de  jolies  bai- 
gneuses et  une  dame  qui  a  un  tic 
pouvant  faire  croire  à  des  œillades. 
Nous  avons  connu  ce  personnage 
dans  le  Contrôleur  des  wagons-lits 

• 
Rien  faire  et  la  séduire. 

Dicky,  c'est  William  Russell.  Donc  : 
sourires,  solidité,  amour.  Dicky  veut 
rester  oisif,  mais  Madge  n'épousera 
qu'un  laborieux.  Quand  même,  il 
vaincra  après  une  comédie-drame 
dont  il  a  tiré  les  ficelles.  11  y  eut 
mieux,  il  y  aura  pis. 

• 
Trucke,  Muche  et  Cie. 

On  nous  a  suffisamment  montré 
des  fous  de  drame  pour  enfin  nous 
gratifier  de  fous  destinés  à  nous  faire 
rire.  Ils  n'y  réussissent  pas  toujours, 
mais  quoi!  en  passant... 


La     journée      du     rôdeur     de 
quais. 

M.  Boisyvon  a  entrepris  des  «  do- 
cumentaires vivants  ».  Idée  excel- 
lente. La  première  série  (types  de 
Paris)  commence  par  La  journée 
du  rôdeur  de  quais.  Inauguration 
où  la  fantaisie  vient  illustrer  le  réel, 
la  misère  du  bougre  cpii  n'est  pas  au 


coin  du  quai  se  promène  avec  un  sou- 
rire, et  ce  fatalisme  plus  connu  au- 
jourd'hui sous  le  nom  du  «  ne-t'en- 
fais  pas  ».  L'interprète  principal  de 
ces  tableaux  prestes  a  merveilleuse- 
ment saisi  l'esprit  de  M.  Boisyvon,  il 
ne  l'aurait  pas  mieux  fait  lui-même, 
n'est-ce  pas? 

• 

L'Eveil  de  la  bête. 

Il  s'agit  des  passionnels  désirs  a 
quoi  certains  résistent  mal.  L'héroïne 
de  ce  film  en  est  la  victime,  mais  ira 
sans  doute  vers  un  bonheur  doux, 
grâce  â  la  délicatesse  d'un  homme 
qui  l'aime  plus  encore  pour  elle  que 
pour  soi.  Des  hasards  commandent 
une  intrigue  â  laquelle  deux  sœurs 
qui  ne  se  connaissent  plus  parti- 
cipent. Interprétation  remarquable- 
ment sobre  et  juste,  avec  Betty 
Compson  et  ses  dignes  partenaires. 
Lucien  YVahi.. 


Le  livre  qu'il  faut  avoir  lu 

■ 
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Chariot 

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Chariot    ! 

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Chariot 

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Chariot 

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M.   de   Brunoff,   éditeur    • 


Cinéa.  Konilateurs  :  Louis  DKI.LUC  cl  A.  ROUMANOH' 


Cinéa.  Envoyez  li  Un 


mand.its,  ubonnenicnta  ;i  I  unis  DEI.LU 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


W/».  \ 


Les  tartares  furent  forcés  de  se  re- 
plier jusqu'aux  abords  de  leur  vil- 
lage. Là, ils  reçurent  des  renforts  et 
résistèrent  assez  longtemps,  jusqu'à 
ce  que  les  pompiers  surviennent... 
et  «  l'eau  mit  fin  au  combat.  » 

C'était,  je  crois,  un  des  derniers 
dans  ce  genre.  Peu  de  temps  après, 
des  agents  étaient  postés  aux  bords 
du  lac  les  jours  de  fête  et  empêchaient 
les  attroupements. 

J'avais  encore  une  passion  :  poul- 
ies incendies.  Ils  créent  une  vie  tout 
à  fait  spéciale,  intense,  profondé- 
ment dramatique.  Je  me  rappelle  l'in- 
cendie des  moulins  de  Chamoff.  Tout 
était  rouge  autour,  même  les  fenê- 
tres du  palais  du  gouverneur.  Et  le 
petit  capitaine  des  pompiers  qui  se 
surmenait,  tout  noir  et  mouillé,  en 
injuriant  les  spectateurs  qui  ne  vou- 
laient pas  aider  les  pompiers.  On  en- 
tendait des  propos  : 

—  Cela  ne  me  regarde  pas  I 

—  C'est  assuré,  il  n'y  a  pas  de 
doute  ! 

—  Ils  ont  mis  le  feu  eux-mêmes. 

—  Sûrement  I.  . 

Et  tous  étaient  contents  que  l'in- 
cendie frappait  des  riches,  personne 
ne  regrettait  cette  énorme  quantité 
de  travail  réduite  en  cendres  au  bout 
d'une  demi-heure. 


De  cette  époque  j'ai  gardé  le  souve- 
nir de  deux  événements  importants  : 

Un  matin, au  moment  de  se  rendre 
au  marché,  quelqu'un  annonça  dans 
la  cour  que  dans  quelques  instants 
on  allait  voir  un  éclipse  de  soleil. 
On  parlait  de  cela  déjà  auparavant, 


mais  en  haussant  les  épaules  et  avec 
des  sourires  ironiques. 

—  Une  farce  d'étudiants!.,  disaient 
les  gens  du  quartier. 

Mais  lorsqu'on  aperçut  un  mince 
tilet  noir  sur  les  bords  du  soleil  une 
légère  inquiétude  commença  à  s'em- 
parer des  gens. 

—  Tiens,  en  effet,  il  se  passe  quelque 
chose  I 

Le  ciel  était  sans  nuages,  le  matin 
clair  et  lumineux  et  tout  à  coup  une 
ombre  grise  et  lourde  couvrit  tout 
autour.  Les  visages  des  gens  deve- 
naient effarés,  on  se  regardait  anxieu- 
sement, sans  rien  comprendre  et  le 
disque  noir  devenait  de  plus  en  plus 
grand  et  couvrait  presqu'entiérement 
le  soleil.  Tous  éprouvaient  un  certain 
malaise.  Le  travail  s'arrêta,  on  ne  sa- 
vait pas  si  c'était  la  peine  de  le  con- 
tinuer. Plus  de  jurons,  plus  d'impré- 
cations un  silence  impressionnant 
partout. 

Mais  cela  ne  dura  qu'un  moment. 
Le  soleil  reprit  sa  clarté  habituelle 
et  les  gens  se  ressaisirent.  Deux  mi- 
nutes après,  l'air  retentissait  de  nou- 
veau de  jurons  formidables,  de  pro- 
messes de  casser  la  figure,  etc.,  etc.. 
Plus  tard,  je  compris  que  dans  la  vie, 
c'est  toujours  comme  ça. 

Peu  de  temps  après  cet  événement, 
j'entendis  une  histoire  vraiment  ex- 
traordinaire. C'était  le  cas  d'un  jeune 
étudiant  qui,  ayant  déclaré  à  ses  ca- 
marades, n'avoir  pas  peur  des  morts, 
consentit  à  se  rendre  vers  minuit  au 
cimetière  et  à  descendre  dans  une 
tombe  nouvellement  ouverte.  Ses 
amis  voulant  lui  jouer  un  tour  se  ca- 
chèrent derrière  les  arbres  et  lorsque 


le  jeune  homme  apparut, ils  se  mirent 
à  gémir  et  à  murmurer  en  imitant 
les  voix  d'outre-tombe.  Mais  celui-ci 
ne  fut  pas  intimidé  du  tout  et  s  écria: 

—  Hé  1  là-bas,  les  morts  !...  Voulez- 
vous  vous  taire.  Ce  n'est  pas  la  peine 
de  faire  ce  chahut  —  je  n'ai  pas  peur! 

Il  resta  dans  le  tombeau  un  quart 
d'heure  :  lorsqu'il  sortit  pour  s'en 
aller  les  amis  lui  lancèrent  quelques 
petites  pierres  à  sa  suite.  Il  conti- 
nuait de  rire.  Mais  tout  à  coup,  il 
rencontra  un  rat  sur  son  chemin.  Il 
s'arrêta  et  tomba  raide  Lorsqu'on 
s'approcha  de  lui,  il  était  mort. 
Ayant  entendu  jusqu'à  la  fin  cette 
histoire,  je  m'aperçus  qu'il  était  déjà 
tard  et  qu'il  fallait  rentrer  vite.  Par 
malheur,  pour  arriver  à  notre  mai- 
son il  fallait  passer  devant  le  cime- 
tière et  cela  me  faisait  peur  terrible- 
ment. En  arrivant  à  cet  endroit  je 
me  mis  à  courirde  toutes  mes  forces. 
C'était  une  course  folle.  Il  me  parais- 
sait que  tous  les  morts  me  regar- 
daient sur  mon  passage  et  que  si  je 
tournais  ma  tète  ce  serait  fînidemoi. 
Et  dire  qu'en  général,  je  trouvais  les 
morts  beaucoup  plus  sympathiques 
que  les  vivants  ;  mieux  élevés,  ne  se 
disputant  pas,  ne  battant  pas  les  pe- 
tits. Quand  même,  j'évitais  toujours 
de  passer  devant  cet  endroit  depuis. 

(A  suivre)  L.  VALTER.trad. 


Un  mode  d'expression  ne 
prend  toute  sa  Valeur  que 
lorsqu'il  sert  à  exprimer 
quelque  chose.       ^       <£° 


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j    Le  livre  qu'il  faut  avoir  lu 

Chariot 

I    Chariot    \ 

j    Chariot    \ 

|    Chariot    \ 

|    Chariot    j 

|    Chariot    \ 

!    Chariot    | 

|    Chariot    | 

!    Chariot    j 

|    Chariot    j 

M.   de   Brunoff,   éditeur 

Hue  les  Lecteurs  de 

c  i  né  a 

nous  écrivent  fran= 
chement  leurs  im= 
pressions  sur  les 
films  qu'ils  ont  Vus. 


REPONSES 

A  QUELQUES  LETTRES 


Sibillia.  —  La  revue  Bcauty  est  éditée 

par  la  maison  qui  t'ait  le  Sbadou'land  et  le 
'  lassic.  La  librairie  Hrentano.  avenue  de 
l'Opéra  vous  donnera  tous  renseignements 
à  ce  sujet. 

La  Charrette  Fantôme.  —  Ecrivez  : 
Swensk-Film  Industrie.  7  et  [9,  Kunsga- 
tan,  Stockholm  (Suède). 

Lewimichlly.  —  (Choisissez  un  pseudo- 
nyme un  peu  moins  compliqué).  Ces  ren- 
seignements sont  très  longs  à  avoir.  Ayez 
quelques  jours  de  patience 

Gilbert  Grange.  —  Vous  repondrai  par 
lettre  cette  semaine. 

B.  R.  K.  —  Ecrivez  à  Mlle  Geneviève 
Félix,  y-,,  rue  du  Simplon.  18e  arrondisse- 
ment. 

Re\i;-Luc.  —  Les  Films  Erka  sont  instal- 
lés, 38  bis,  avenue  de  la  République,  M. 
Edelstein,  je  crois. 

Lionneli.e.  —  Maë  JV.urray  n'a  aucun 
rapport  avec  Maë  Marsh. 

Remembe».  —  Nazimova  dans  Occident 
et  la  Lanterne  Rouge. 

Lumière.  —  Voyez  le  n°  18  ou  a  été 
reproduite  sa  photographie. 

L.  M.  —  C'est  une  erreur  de  ma  part  en 
effet  :  Juanita  Hansen  n'était  pas  la  parte- 
naire de  William  Hart  dans  Le  Dieu  captif 
mais  dans  Loin  du  cœur. 

Vivienne.  —  Tora  Teje  est.  en  effet,  l'in- 
terprète du  Monastère  de  Sendomir.  Oui, 
Vers  le  bonheur  est  le  film  Erotikon. 

Futuriste.  —  Caligari  sortira  en  France 
malgré  les  détracteurs  de  l'Art  Moderne. 
Vous  en  verrez  certainement  d'autres. 

B.  I.  — Je  m'abstiens  totalement  de  cri- 
tiques et  regrette  de  ne  pouvoir  vous 
répondre. 

J.-L.  Marie.  — Constance  Talmadge  est 
la  sœur  de  Norma.  Elle  est  mariée  à  un 
riche  manufacturier  grec  John  Pialogron. 

L'Œil  de  Chat. 


Aux   éditions  de    la    Sirène  : 

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I  CINÉMA  i 

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j   par  Jean    Epstein 

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s'adresser  à 

FILMJOURNALEN 

Stockholm    (Suède) 


POUR  LACHAT  AU  NUMERO 
s'adresser  à 

M.  TURE  DAHLIN 

38,    rue  de  la    Jour  d'Auvergne 

PARIS  {IXe) 


GERALDINE    FARRAR 
que  nous  applaudirons  bientôt  dans  un  beau  film 
de  la   Société  Française  des  Films  Artistiques, 

"SOUS     LE     MASQUE     D'AMOUR" 


Cliché  Films  Artistique 


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AVant  de  réveillonner 

Allez  Voir 


Le  Chevalier  Errant 


Comédie  romantique  en  5  parties 
de  H.  MOLANDER 

Interprétée  par 
MARY  JOHNSON 


GOSTA  EKMAN 


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Svenska  Film 

(Stockholm 


Exclusivité 

6a0rr)or)t 


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A   PARTIR   DU   20  JANVIER   PROCHAIN 


LE  FILS  DE  MME  SANS-GÊNE 

Magnifique  évocation  de  l'épopée  napoléonienne 

d'après  le  célèbre  roman  d'Emile  MORE  AU 

interprétée  par 

HESPERIA 


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Tous  les  amateurs  de  beaux  films  voudront 
voir  cette  splendide  reconstitution  historique 


Programmes  des  Cinémas  de  Paris 

M        du    Vendredi    23    au     Jeudi     29     Décembre        M 


2    Arrondissement 

Salle  Marivaux,  15,    boulevard  des    Italiens.  — 

l vre  nti-99.       Cerveau  brûlé.  —  Chariot  ne  s'en   fail 

pas.  —  Par  l'entiée  de  service. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière.     Gutenberg 

56-70.  —  Les  grandes  chasses,  V  série.  —  La  Dan du 

l picr.    -  Visite  jaune.  —  Le  loup  île   dentelle. 

Fatty  s'émancipe.  —  En  supplément,  de  19  h.  30  à  2oh.no, 
excepté  dimanches  et  fêtes:  Un  terrible  poltron. 

Omnia  Pathé.         5,    bou'evard  Montmartre. 
Oui,  mais  Lui...  corselte  mieux.  —  Les  trois  mousquetai- 
res, 11e  épisode.  —    Charlol  ne  s'en  fait  pas.  —   Supplé 
ment   facultatif,  non  passé  le  dimanche  en  matinée  :  Les 
routes  des  mille  et  une  nuits. 

Electric-Palace    5,    boulevard  des  Italiens. 
Un  drame  d'amour.  —    Chariot  ne   s'en    lait   pas.  —  lui 
supplément  facultatif  :  Soirée  de  Réveillon. 
3e  Arrondissement 

Pathé-Temple.  —  oui,  mais  Lui...  coisettc  mieux. 

Les  trois  mousquetaires,  il"  épisode.  —  Les  fables 
de  La  Fontaine.—  Reine-Lumière,  v  épisode  -  Les 
contes  des  mille  et  une  nuits,  premier  chapitre. 

Saint-Marcel,   boulevard  Saint-Marcel.  —    Soirée 
de  réveillon.  —   Les  trois  mousquetaires,  lu-  épisode.  — 
Les  grandes  chasses  de  la  faune  africaine,  2-  partie.  — 
L'Orpheline,  H-  épisode.  —  L'ombre  déchirée. 
4*  Arrondissement 

Saint-Paul,     73,    rue   Saint-Antoine.  —   Lagbouat 
(Tunisie).  -  -  Reine-Lumière,  4-   épisode.        Les   contes 
des  mille  et  une  nuits,  premier  épisode.—  Mabel  et  Fatty 
se  marient.  —  Pour  une  nuit  d'amour. 
5e  Arrondissement 

Mésange,  ;!,  rue  d'Arras.  —  Beaucitron  artiste 
peintre.  —  Les  trois  mousquetaires,  lo-  épisode.  —Les 
fables  de  La  Fontaine.  —  Reine-Lumière,  V  épisode  — 
Pervenche. 

Chez  Nous,  76,  rue  Moull'etard   —  La  revanche  de 
Maciste    —   Le  salut    de    Fatty.  —  Le   masque  rouge, 
15-  épisode.  —  Mathias  Sandorf.  premier  épisode. 
7'  Arrondissement 

Régina-Aubert-Palace,  155,  rue  de  Rennes.  — 
Les  Jeux  du  Destin.  —  Les  trois  mousquetaires,  lo-  épi- 
sode. —  Reï-Gliss  marin  malgré  lui. 

9'  Arrondissement 

Delta-Palace,  17  bis,  boulevard  Rochechouart.  - 
Reine-Lumière,  4-  épisode.  —  Teddy  médecin.  —  Le 
sacrifice  de  Rio  Jim.  —  Iiudule  à  dada. 

10   Arrondissement 

Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple. —  Oui,  mais  Lui... 
corsetle  mieux.  —  Les  contes  des  mille  et  une  nuits.  — 
Chailot  ne  s'en  fait  pas.  —  Les  trois  mousquetaires, 
11"  épisode. 

Folies-Dramatiques.    40,    rue    de    Bondy.    - 
Reine-Lumière.  —  L'infernal.  —  Soirée   de  réveillon.  — 
L'Orpheline,  11"  épisode. 


THEATRE  du  COLISÉE 

JS    JS    JS    CINÉMA    M    M    JS 
38,   Av.   des    Champs-Elysées 

Direction  :  P.  IÏIALLEVILLE         Tél.  :  ELYSÉES  29-46 

Scout  girls  suédoises,  documentaiie 
Un  conte  des  mille  et  une  nuits  .' 

L'INFERNAL 

film  d'aventures,  avec  T0M  MIX 

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PAR  L'ENTRÉE  DE  SERVICE 

Comédie   jouée    par        

MARY     PICKFORD 


11*  Arrondissement 
Voltalre-Aubert-Palace,  B5,  rue  de  la  Roquette. 

—  Un  drame  d'amour.  -  t'ne  drôle  de  maison.  —  Les 
coules  des  mille  el  une  nuits.  —  Les  trois  mousquetaires, 
11*    épisode. 

12'  Arrondissement 
Lyon-Palace,  rue  de  Lyon.  —  Les  grandes  i  basses 
de  la  faune  africaine,  !■  partie.  -  L'Orpheline,  1  !■  épisode. 

—  Soirée  de  réveillon.—  L'infernal.  Les  trois  mousque- 
taires, 1 1"  épisode. 

13'  Arrondissement 

Gobelins,  go  bis,  avenue  des  Gubelins.  —  Beauci- 
tron artiste  peintre.  Les  trois  mousquetaires,  10*  épi- 
sode. —  Les  fables  de  La  Fontaine.  —  Reine-Lumière, 
4' épisode.  —  Pervenche. 

14*  Arrondissement 

Gaîté,  rue  de  la  Gaîlé.  —  Beaucitron  artiste  peintre. 

—  Les  trois  mousquetaires,  lo-  épisode.  —  Les  fables 
de  La  Fontaine.  —  Pervenche. 

15'   Arrondissement 

Grenelle,  lit,  rue  du  Théâtre.  —  Beaucitron  artiste 
peintre.  —  Les  trois  mousquetaires,  lu-  épisode.  —  Les 
tables  de    La    Fontaine.    —    Reine-Lumière,   V  épisode. 

—  Pervenche. 
Grenelle-Aubert-Palace,   I4t,   avenue  Emile- 
Zola   (:sii   et  42,   rue    du    Commerce).    —    En    dernière 
heure.  —  Les  trois  mousquetaires,   in-  épisode.  —  Sept 
ans  de  malheur. 

Grand  Cinéma  Lecourbe,  U5-H9,rue  Lerourbe. 

—  Saxe  50-43.  —  Cerveau  brûlé.  —  Les  grandes  chasses 
de  la  faune  africaine,  2-  partie.  —  L'Orpheline,  ir  épi- 
sode. —  Soirée  de  réveillon.  —  L'infernal.  —  Les  trois 
mousquetaires,  il-  épi'ode. 

16*  Arrondissement 
Maillot-Palace,  74,  avenue  de  la  Grande-Armée. 

—  Programme  du  vendredi  23  au  lundi  20  décembre.  — 
Les  grandes  chasses,  2-  série  —  Pompon  pompier.  — 
Les  trois  mousquetaires,  11*  épisode.—  Le  loup  de 
dentelle.  —  Programme  du  mardi  27  au  jeudi  l'.<  décem- 
bre. —  Reine-Lumière,  i-  épisode.  —  Les  contes  des 
mille  et  une  nuits,  premier  chapitre.  —  L'ombre  déchirée. 

Mozart -Palace,  49,  51,  me  d'Auteuil.  —  Pro- 
gramme du  vendredi  23  au  lundi  20  décembre.  —  Reine- 
Reine-Lumière,  4'  épisode.  —  Les  contes  des  mille  ei 
une  nuits,  premier  chapitre.  —  L'ombre  déchirée  — 
Programme  du  mardi  27  au  jeudi  2u  décembre.  —  Les 
grandes  chasses,  2  série.  —  Pompon  pompier.  —  Les 
trois  mousquetaires,  11'  épisode.  —  Le  loup  de  dentelle. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  -  Auteuil  15-40. — 
Scout  girls  suédoises.  --  Le  canard  en  ciné. —  Les  aven- 
tures de  Sherlock  Holmes.  —  Le  Revenant.  -  Ilouglas 
au  pays  des  mosquées.  —  Pour  une  nuit  d'amour,  avec 
Van  Daèle.  —  Dudule.  l'âne  el  l'hercule. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  50  bis,  avenue  Mala- 
koll.  —  L'Orpheline,  lo- épisode.  —  Myrtha.  —  Seule... — 
La  petite  Fadette. 

17*  Arrondissement 

Villiers  Cinéma,  21,  rue  Legendre.—  Betty  et  ses 
soupirants.  —  Les  grandes  chasses  de  la  l'aune  africaine. 

—  Chariot  s'évade.  —  L'Orpheline,  10-  épisode.  —  La 
Mlle  de  la  lier. 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Demours.  —  Reine- 
Lumière,  4-  épisode.  —  Les  grandes  chasses  de  la  Faune 
africaine,  3-  partie.  —  Chariot  ne  s'en  fait  pas.  —  Par 
entrée  de  service.  —  Pompon  pompier. 

Ternes-Cinéma,  5,  avenue  des  Ternes.  —  Wagram 
02-10.  —  Fils  de  peaux -rouges.  —  Le  signe  de  Zorro.— 
Saturnin  ou  le  bon  allumeur.  —  L'Orpheline,  ir épisode. 

—  Le  chevalier  errant. 

Lutetia  Wagram,  avenue  Wagram.  — Les  grandes 
chasses  de  la  faune  africaine.  3-  partie.  —  Pompon  pom- 
pier. —  Les  trois  mousquetaires,  11-  épisode.  —  Par 
rentrée  de  service.  —  Soirée  de  réveillon. 

Royal  Wagram,    avenue   Wagram.   —    Le  Canard 
en  Ciné.  —  L'infernal.  —    Les   contes  des   mille  et  une 
nuits.  —  La  Princesse  Alice.—  L'Orpheline,  il- épisode 
18*  Arrondissement 

Théâtre  Montmartre,  Cinéma  Muslc-Hall, 
place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43.  —  Nord  49-24.  — 
La  pelite  fée  d'Irlande.  —  Pour  une  nuit  d'amour.  — 
L'Orpheline,  11"  épisode. 


Palais    Rochechouart,    58,    boulevard    Roche- 

Chouart.         Les    contes    des    mille    et    une  nuits.  —  Les 

trois  mousquetaires,  tl- épisode.—  Par  l'entrée  de  service. 

Barbes-Palace,  34,  boulevard  Barbés.  Nord  35  68 

—  Par  l'entrée  de  service.  Chariot  ne  S'en  fail  pas.— 
Les  trois  mousquetaires  11'  épisode.  —  L'Orpheline, 
1 1"  épisode. 

Le  Select,  8,  avenue  de  Clichy.        L'infernal. 
Les  grandes  chasses  de  la  faune  africaine.   ::■    partie.   - 
La  Princesse  Alice.  —  L'Orpheline,  11.  épisode. 

Le  Métropole,  avenue  de  Saint-Ouen.        Pompon 

pompier.  —  Soirée  de  réveillon.  Les  contes  des  mille 

et  une  nuits,  premier  chapitre,  —   l'ai  l'entrée  de  service. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  no.  rue  Marcadel 
angle    rue    du     Mont-Cenis),  Marcadel    29-81.     - 

L'infernal.—  Soirée  de  réveillon.  —  L'Orpheline,  il-  épi- 
sode.       Les  trois  mousquetaires,  U"  épisode. 
19'  Arrondissement 

Secrétan,  7  avenue  Secrétan.  —  Oui,  mais  Lui... 
ciirsi  lie  mieux.  —   Les  trois  mousquetaires,  1 1*  épisode. 

—  Les  fables  de  La  Fontaine.  —  Reine-Lumière.  '»■  épi- 
sode. —  Les  contes  des  mille  f  t  une  nuits,  premier  cha- 
pitre. 

Le  Capitole,  place  de  la  Chapelle.  —  Les  grandes 
chasses  de  la  faune  africaine.  3-  partie.  —  L'Orpheline. 
Il- épisode. —  Les  Irois  mousquetaires,  11-  épisode.  — 
L'infernal  —  Soirée  de  réveillon.    -  Pompon  pompier. 

Bellevilie-Palace,  i3o,  boulevard  de  Belleville.— 
Soirée  de  réveillon.  —  Les  trois  mousquetaires,  il-  épi- 
sode. —  Sa  dette.  —  L'Orpheline,  11*  épisode 

Féerique-Cinéma,    14G,    rue    de    Belleville.  — 
L'Orpheline,  U-   épisode.  —    L'occasion.   —   Les   trois 
mousquetaires,  111  épisode.  —  Iiudule.  l'âne  el  l'hercule. 
20*  Arrondissement 

Paradis  Aubert  Palace.   42,  rue  de  Belleville. 
La  Corse  Ile  de  Beauté.  —  Le  joug.  —    Le  fantôme  du 
anch.  —  Les  trois  mousquetaires.  10-  épisode. 
Banlieue 

Clichy.  —  Oui,  mais  Lui...  corselte  mieux.  —  Les 
trois  mousquetaires,  l  l'épisode.  —  Les  Fables  de  La 
Fontaine  —  Reine-Lumière,  4-  épisode.  —  Les  contes 
des  mille  el  une  nuils.  premier  chapitre. 

Olympia  Cinéma  de  Clichy.  —  Les  grandes 
chasses  de  la  l'aune  africaine,  première  partie.  —  L'om- 
bre déchirée.  —  L'Orpheline,  ir  épisode.  —  Héliotrope. 

Levallois.  —  Chariot  coltineur.  —  Les  trois  mous- 
quetaires, '■'■  épisode.  —  Les  Fables  de  La  Fontaine.  — 
Amour  posthume.  —  Un  mari  pour  un  dollar. 

Vanves.  —  Beaucitron  artiste  peintre.  —  Les  trois 
mousquetaires,  10-  épisode.  —  Les  fables  de  La  Fontaine. 

—  Pervenche. 

Montrouge.—  Laghouat  Tunisie  .—  Reine-Lumière, 
4*  épisode.  —  Dudule,  l'âne  et  l'hercule.  —  Héliotrope. 


!   GAUMONT-PALACE 

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ï      a    ûJ    1 .   rue   Caulaincourt    0    0 

m         '   , 

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SOIRÉE  DE  RÉVEILLON,  comédie  punenae 

I  LE  CHEVALIER  ERRANT.  :,",:"- 

|  LE  NOËL  b'AIiSRCE 

:-:      Féerie   cinégraphique  et   scénique      :-: 

!      Chorégraphie  de  StilSOn,  musique  de  J.  Nouguès 

avec  le  concours  de  M.  BAER,  de  l'Opéra 

j   La  Danseuse  JASMINE 

;      :-:       dans  le  rôle   de   la  pelite  Suzel       :-: 

j    et  ROBERT  ROBERTY 

S       :-:     dans  le  rôle  du  7'ouei   merveilleux     :-: 

L'ORPHELINE,  1  le  épisode  :  Le  Revenant 


cinéa 


!  MM   FILMS  D'AUJOURD'HUI  MM 


Une  scène  de  Par  l'Entrée  de  Se, 


Par  l'entrée  de  service. 

Il  est,  en  vérité,  des  jours  où  l'on  est 
mal  disposé,  où  les  plats  les  plus  su- 
crés, les  femmes  les  plus  suaves  ne 
vous  disent  rien.  Et  pourtant  com- 
ment ne  pas  aimer  Mary  Pickford,  si 
charmante  avec  ses  jolies  petites 
boucles  blondes,  et  son  sourire,  et  ses 
gamineries  ?  Evidemment,  on  ne 
songe  pas  un  instant  à  ne  pas  l'ai- 
mer. C'est  le  sujet  qui  vous  agace, 
par  ses  côtés  conventionnels,  ses  in- 
vraisemblances ;  mais  il  faudrait 
l'oublier,  se  laisser  aller  à  son  plai- 
sir. Par  exemple  au  lieu  de  s'amuser, 
tout  simplement,  de  la  manière  dont 
les  gens  élégants  passent  leur  week's 
end,  de  goûter  le  flirt  «  direct  »  à  la 
mode  de  l'Ouest,  le  pied  nu  posé  sur 
le  pied  nu  (les  personnages  passent 
leur  existence  en  costume  de  bain) 
on  songe  maussadement  que  tout  ce 
tableau  a  été  introduit  pour  flatter  les 


passions  démagogiques,  les  aigreurs 
puritaines  des  fermiers  de  l'Arkansas 
et  des  boutiquiers  de  New-Hampshire, 
pour  donner  à  leurs  âmes  pharisaï- 
ques  Fimpressionagréable  qu'ils  sont 
lesélusdu  seigneur, et nullementsem- 
blables  à  ces  publicains... 

De  même,  lorsque  Mary  Pickford 
va  en  visite  chez  une  fermière  fla- 
mande maniaque  de  propreté,  où 
tout  reluit  sous  un  astiquage  conti- 
nuel, on  sait  d'avance  qu'elle  y  ira  en 
se  déchaussant,  en  marchant  pieds 
nus  dans  la  fange  du  ruisseau,  de 
manière  à  maculer  le  beau  parquet, 
à  le  recouvrir  ensuite  d'une  eau  sa- 
vonneuse sur  laquelle  elle  fera  des 
glissades,  genre  Chariot  Patine. 
Pourquoi  s'irriter  de  le  savoir 
d'avance  ?  S'irrite-t-on  de  voir  Zam- 
belli  entrer  en  dansant?  On  le  savait 
d'avance  aussi.  Ce  sont  là  conven- 
tions spéciales  à  tel  ou  tel  art.il  faut 


les  accepter  sans  protester;  accepter 
aussi  que  dans  toutes  les  scènes  pa- 
thétiques l'héroïne  tienne  à  bout  de 
bras  une  paire  de  chaussures  :  l'effet 
est  réussi,  la  note  de  grâce  mala- 
droite et  timide  est  donnée  :  qu'im- 
porte le  moyen  ?  Allez-vous  repro- 
cher à  un  violoniste  d'attaquer  tou- 
jours son  instrument  avec  le  même 
archet  ? 

Non;  quand  on  est  aussi  mal  disposé, 
quand  les  plus  jolis  numéros  du  ré- 
pertoire enfantin  de  la  grande  étoile 
vous  laissent  froid,  il  vaudrait  mieux 
ne  pas  en  parler.  Ou  tout  au  moins  ne 
parler  que  de  ce  qu'on  a  aimé;  des  ex- 
pressions charmantes,  craintives, in- 
décises; de  quelque  chose  de  vraiment, 
de  naturellement  frais  et  juvénile, 
chaque  fois  qu'un  procédé  quelconque 
destiné  à  produire  mécaniquement 
l'effet  de  jeunesse  n'est  pas  mis  en 
jeu  ;   et    aussi   de    toute  la    mise   en 


cinea 


MARY  PICKFORD 
Que  nous  allons  goûter  dans  Par  l'Entrée  de  service,  et  que  nous  admirerons  prochainement 
dans  Le  Petit  Lord  Fauntleroy. 


scène  soignée,  mesurée,  jamais  ex- 
cessive, toujours  exacte  et  en  rapport 
avec  l'action  :  notez  la  vieille  ferme 
flamande,  si  réussie  avec  ses  volail- 
les, son  chien  et  son  chat,  et  les  dé- 
tails amusant  du  week's  end,  les  in- 
vités, leurs  flirts.  Et  puis  il  vaut 
mieux,  au  fond,  se  résigner  aux  lé- 


gers inconvénients  que  comporte  le 
genre  Mary  Pickford  que  se  priver 
du  plaisir  de  la  voir.  Et,  d'après  ce 
qu'on  nous  annonce,  nous  aurons  ce 
plaisir  ,  sans  aucun  mélange  en 
voyant  ses  dernières  productions,  et 
notamment  Little  Lord  Fauntleroy . 


La  Princesse  Alice. 

Grâce  au  progrès  des  lumières,  et 
d'une  manière  générale  à  la  crainte 
de  paraître  dupes,  nos  enfants  ne 
croient  plus  aux  Contes  de  fées,  ni 
même  leurs  parents,  qui  pourraient 
être  devenus  plus  sages.  Tout  film 
basé  sur  une  conception  féerique  de 


cinea 


la  vie  risque  donc  de  provoquer  les  ri- 
canements des  gens  sérieux  et  des 
tempéraments  «  réalistes  ».  Si,  heu- 
reusement pour  vous,  vous  ne  vous 
rangez  pas  dans  ces  catégories,  allez 
voir  celui-ci,  qui  est  charmant,  conçu 
avec  moins  de  raffinement  dans  les 
détails  que  ne  l'aurait  fait,  par  exem- 
ple, Fitzmaurice,  mais  peut-être  d'un 
rythme  plus  simple  et  moins  encom- 
bré par  la  mise  en  scène.  11  est  vrai- 
semblablement inspiré  d'un  roman 
jadis  célèbre,  Tuteur  et  Papille,  et 
raconte  l'histoire  d'une  petite  fille 
qu'on  voit  d'abord  à  quatre  ans,  in- 
terprétée par  Penches  Jackson,  à  huit 
ans.parMay  Giraci  et  à  dix  huit  ans, 
par  Lila  Lee  (l'amusant  est  qu'on  a 
trouvé  moyen  de  donner  un  air  de  fa- 
mille aux  trois  artistes).  Elle  aime 
son  tuteur,  lequel  est  pour  elle  le 
«  Prince  »  que  sa  princesse,  la  belle 
et  lointaine  Alice  Travers  (Kathlyn 
Williams)  attend,  enfermée  dans  la 
Tour  de  la  Fidélité.  Alice  épouse  na- 


Dieu  dit  :  «  Que  la  lumière 
soit.  »  Et  presque  aussitôt, 
M.  Ricciuto  Canudo  lui 
indiqua  la  manière  de  s'en 
servir.       M       M       Jâ       M 


turellement  un  autre  homme,  puis 
devient  veuve,  et...  allez  voir  la 
suite. 

L'interprétation  de  Lila  Lee  est 
charmante  ;  elle  dépeint  de  manière 
exquise, émouvante,  la  jeune  fille  qui 
cesse  d'être  une  enfant  ;ses  premiers 
plans,  à  la  fin,  sont  tout  simplement 
délicieux.  Thomas  Meighan  joue  fort 
bien,  encore  qu'il  ne  soit  peut  être 
pas  l'homme  qu'il  faudrait  pour  re- 
présenter le  «  Prince  »  et  Charles 
Ogle  donne  sa  mesure  dans  le  rôle 
secondaire  du  domestique. 

• 
Les   Contes  des  Milles  et  Une 

Nuits. 

En  portant  à  l'écran  —  ou  à  la 
scène  —  une  histoire  orientale,  on 
peut  insister,  soit  sur  le  côté  humain, 
général  du  récit,  soit  sur  la  couleur 
locale.  C'est  ce  dernier  parti,  plus 
tentant  au  point  de  vue  pittoresque, 
qvi  'adoptent  généralement  les  Ci- 
néastes ;  il  présente  un  danger.  Plus 
le  caractère  oriental  est  accusé,  plus 
la  couleur  devient  semblable  d'un 
épisode  à  l'autre,  plus  les  personna- 
ges perdent  leurs  vertus  humaines 
pour  devenir  des  types  légendaires 
ou  topiques. 

Tel  est  le  défaut  commun  de  ces 
deux  œuvres  excellentes  et  colorées 
—   La  Sultane    de    l'Amour,    et  les 


Contes,  mis  en  scène,  à  plusieurs  an- 
nées d'intervalle,  par  M.  Nalpas  et 
M.  Tourjanski.  La  comparaison  est 
imposée,  tout  d'abord  par  le  rappro- 
chement inévitable  que  suscitent  les 
thèmes  communs  :  il  faudra  évidem- 
ment que  les  cinéastes  renoncent, 
quand  ils  voudront  évoquer  l'Orient, 
à  montrer  invariablement  des  Sul- 
tans grotesques  et  furibonds,  entou- 
rés de  ministres  barbus,  de  nains 
difformes  et  d'eunuques  pervers, 
gardés  par  des  nègres  porte-épieux 
et  occupés  à  martyriser  d'innocentes 
princesses  captives.  Nous  sommes 
un  peu  blasés  sur  ce  genre  d'effets  ; 
la  légende  en  comporte  d'autres,  et 
M.  Tourjanski  a  su  en  dégager  —  par 
exemple  l'épisode  de  la  ville  de  de  son 
peuple  pétrifiés,  qui  donne  une  sa- 
veur si  originale  au  second  épisode. 
Moins  hardi  au  point  de  vue  plas- 
tique, moins  riche  en  sensualité  fé- 
roce que  celui  de  MM.  Frantz  Tous- 
saint et  Nalpas,  celui-ci  lui  demeure 


Un  cinéaste  doit  tenter  de 
retenir,  d'organiser  et  de 
réaliser  ses  thèmes  Visuels 
comme  un  musicien  fait 
de  ses  thèmes  sonores.     # 


LES 

CONTES 

DES 

MILLE 

ET  UNE 

NUITS 


cinéa 


supérieur  en  ce  qu'il  met  en  «cène 
de  beaux  et  authentiques  paysage» 
africains,  bien  choisis,  qui  encadrent 
l'action  sans  l'écraser.  L'interpréta- 
tion est  excellente  :  M  Nicolas 
Rimsky  était  né  pour  être  fils  de  roi, 
et  Mlle  Nathalie  Kovanko.que  j'avais 
trouvée  simplement  jolie  et  amusante- 
dans  un  film  moderne,  est  une  déli- 
cieuse princesse  orientale,  tendre, 
langoureuse,  émouvante,  et  digne 
que  des  princes  tassent  des  miracles 
pour  la  sauver  et  la  conquérir.  Et 
lorsque,  dans  le  premier  épisode, 
seule  sur  la  terrasse,  elle  attend  la 
mort,  il  n'y  a  plus  de  légende  ni  de 
décor  ;  c'est  une   femme   qui  souffre. 

• 
La  Fée  du  Logis. 

Il  est  bon,  il  est  nécessaire  qu'il 
existe  des  films  qui  ne  s'efforcent  pas 
de  dévoiler  les  mystères  profonds  de 


l'âme  ou  du  geste  humain,  mais  sim- 
plement distraient  les  spectateurs  de 
leurs  soucis  quotidiens,  en  leur  mon- 
trant la  vie  sous  une  apparence  con- 
ventionnelle et  plaisante. 

Le  joli  film  où  figure  Mabel  Nor- 
mand possède  presque  toutes  les 
qualités  qu'on  peut  demander  à  ce 
genre  d'œuvre.  D'abord,  d'être  sans 
prétention,  de  ne  jamais  chercher  à 
se  faire  prendre  pour  plus  et  pour 
mieux  qu'il  n'est  ;  puis  d'être  bien 
composé.  Le  rythme  de  La  Fée  du 
Logis  est,  à  ce  point  de  vue  remar- 
quable ;  soutenu  jusqu'à  la  fin,  sans 
longueur,  ni  fausse  note,  il  vous 
conduit  agréablement  jusqu'à  la  fin 
L'interprétation  de  Mabel  Normand 
est  amusante,  fantaisiste,  réellement 
jeune  ;  celle  de  Cullen  Landis,  excel- 
lente. 

Je  regrette  que  l'éditeur    français 


ait  cru  devoir  adopter  un  parti  très 
à  la  mode  en  ce  moment  et  que  je 
trouve  détestable  ;  celui  de  souligner 
les  sous-titres  (ils  sont  d  ailleurs  bien 
traduits  et  correctement  rédigés) 
par  une  image  qui  reproduit,  en 
beaucoup  moins  bien,  ce  que  va 
montrer  la  projection.  Le  texte  est 
un  mal  nécessaire  :  l'essentiel  est 
qu  il  soit  rare  et  inoffensif.  Un  parti 
ornemental  peut  n'être  pas  déplai- 
sant, à  condition  d'être  excellent  et 
de  ne  rien  enlever  à  la  lisibilité  de 
l'écriture  ;  un  parti  ornemental  mé- 
diocre est  la  pire  chose  Disons  le 
franchement,  celui  adopté  pour  ce 
film,  et  pour  d'autres  titrés  de  la 
même  manière,  est  nettement  mau- 
vais et  gâte  un  peu  une  œuvre  en 
elle-même  charmante. 

Lionel   Landry. 


Depuis  qu'il  est  aVéré  que 
le  cinéma  est  une  indus= 
trie,  il  trouve  de  nombreux 
chevaliers.     *     £     £      £ 


••■■■•■•■■■■■■■■■■■•■■■■•••■■■■■••■■■■■■ti«i**iiiii*' 

■ 
■ 

j    L'esprit  souffle  où  il  Veut; 
d'aucuns  ont  eu  la  réVéla  = 

m 
m 

i    tion  du  cinéma  en  Voyant 

■  ■ 

"  Les  3  Mousquetaires  ".    : 


A  chaque  instant  la  Vie 
fait  du  cinéma.  Il  est 
temps  que  le  cinéma  fasse 
de  la  Vie.       &       &       & 


cinéa 


UNE     ESTHÉTIQUE    DU     CINÉMA 

A   propos   du   livre   de   M.    Jean    Epstein 


Il  est  facile  de  dire  :  «  toute  esthé- 
tique est  vaine  ;  ce  sont  les  œuvres 
qui  comptent  et  non  les  doctrines  ». 
Cette  position  se  conçoit,  dans  une 
certaine  mesure,  tant  qu'on  parle  de 
poésie,  de  musique,  de  peinture,  en 
un  mot  :  d'arts  qui  permettent  maté- 
riellement de  produire  une  œuvre  et 
même  de  la  faire  connaître  aussi  faci- 
lement qu'une  doctrine.  Le  cinéma, 
au  contraire,  se  rapproche  de  l'archi- 
tecture par  les  difficultés  matérielles 
de  réalisation  qu'il  comporte,  diffi- 
cultés qui  rendent  impossible  de  de- 
mander a  un  scénariste,  metteur  en 
scène,  un  échantillon  réalisé  de  son 
talent;  il  faut  juger  sur  plans  et 
d'avance,  ce  qui  suppose  des  règles 
de  construction,  une  esthétique  re- 
connue. 

Que  les  notions  les  plus  élémen- 
taires de  cette  esthétique  soient  géné- 
ralement ignorées,  on  n'en  saurait 
douter  lorsqu'on  constate  les  erreurs 
grossières  que  commettent,  quant  au 
choix  du  sujet,  à  la  composition,  au 
rythme,  au  montage,  des  cinéastes 
même  avertis.  Et  l'on  se  rend  compte 
que  l'expérience  individuelle  de  cha- 
cun, souvent  inutile  à  lui-même,  l'est 
toujours  aux  autres  :  ici,  les  archi- 
tectes apprennent  la  bâtisse  en  cons- 
truisant au  petit  bonheur,  et  il  ar- 
rive que  les  édifices  s'écroulent,  ou, 
pour  rester  dans  notre  domaine,  que 
les  films  rentrent  dans  le  néant;  ce, 
au  grand  dam  des  commanditaires, 
qu'on  n'y  reprendra  plus,  du  public 
qui  peu  à  peu  se  détourne  du  cinéma, 
et  des  véritables  artistes  qui  voient 
les  routes  se  fermer  devant  eux,  tout 
cela  parce  qu'il  n'existe  ni  tradition, 
ni  doctrine. 

Cette  esthétique  indispensable  de 
l'Art  du  Mouvement,  dirai-je  que 
M.  Jean  Epstein  a  essayé  de  la  for- 
muler? Je  n'ose  prêter  cette  inten- 
tion —  peut-être  même  faudrait-il 
dire,  cette  prétention  —  à  l'auteur 
d'un  livre  charmant,  amusant,  plein 
de  fantaisie  et  d'imprévu,  et  dont  la 
forme  est  tellement  liée  au  fond  qu'il 
semble  difficile  de  traduire  la  pensée 
de  l'auteur   dans   une    autre  langue 


que  la  langue  imagée  et  vibrante  par 
lui  adoptée. 

Les  lecteurs  de  Cinéa  ont  déjà  pu 
goûter,  en  deux  fragments  de  M.  Jean 
Epstein  —  Ciné  Mystique  et  Le  Sens 
1  bis  —  ses  dons  de  vision  aiguë,  pré- 
cise, complexe,  de  coordination  phi- 
losophique, d'expression  rare  et  pit- 
toresque. Il  ne  s'agit  pas  de  le  citer, 
mais  de  l'analyser.  Donnons  donc  la 
parole,  non  point  à  l'auteur,  mais  à 
un  disciple  supposé,  accoutumé  à 
penser  selon  les  formules  et  à  parler 
selon  le  langage  de  l'esthétique  clas- 
sique. Voici,  semble-t-il,  ce  qu'il  nous 
dirait  : 

«  Le  cinéma  est  mouvement.  Vous 
ne  devez  donc  jamais  considérer  une 


ELSIE  FERGUSSON 

image  en  elle-même,  mais  toujours 
dans  son  devenir.  L'immobilité  au  ci- 
néma est  aussi  antinomique  que  le 
silence  en  musique.  Une  telle  règle 
proscrit  le  paysage  rigide,  le  pitto- 
resque statique,  la  carte  postale  il- 
lustrée servie,  soit  isolément,  soit 
comme  décor  d'une  action. 

«  Elle  proscrit  également  toute  vue 
prolongée  d'un  état.  Notamment  lors- 
qu  il  s  agit  d'un  gros  plan.  Le  gros 
plan  est  un  élément  essentiel  à  l'écran 
mais  il  faut  qu  il  soit  bref  et  mobile, 
qu'il  n'arrête  pas  le  rythme. 

«  Le  cinéma  permet  de  voir  succes- 
sivement un  être  sous  tous  les  as- 
pects, à  toutes  les  échelles,  de  l'ana- 
lyser, de  le  décomposer  suivant  cha- 


cune de  ses  dimensions  matérielles. 
Et  c'est  une  fin  suffisante.  Cessons 
d'avoir  l'obsession  du  sujet,  de  la 
petite  histoire;  n'importe  quel  thème 
est  bon,  l'on  peut  même  s'en  passer, 
pourvu  qu'il  y  ait  prétexte  à  mouve- 
ment et  à  décomposition  de  gestes. 

«  Suivez  dans  la  rue  un  homme, 
une  femme  qui  marche,  attachez-vous 
à  un  bateau  qui  remonte  un  fleuve,  à 
une  barque  qui  danse  sur  les  vagues  ; 
rien  qu'à  voir  et  à  montrer  tous  les 
aspects  d'un  de  ces  mouvements, 
vous  susciterez  un  intérêt  tout  autre 
que  celui  qui  résulte  de  ces  intrigues 
psychologiques  banales,  vulgarisées 
par  le  roman  et  le  théâtre. 

«  Car  enfin,  qu'est-ce  que  le  ci- 
néma? Est-ce  un  art?  Oui  et  non. 
C'est  un  procédé  de  connaissance  et 
d'exposition,  à  la  fois  art,  science  et 
industrie. 

«  Que  signifie  en  matière  d'écran  la 
vieille  formule  :  la  nature  vue  à  tra- 
vers un  tempérament?  Ici  le  tempéra- 
ment se  fabrique  en  série  :  c'est  celui 
de  l'appareil  qui  prend  les  vues. 

«  En  résumé,  les  films  seront  sans 
sujet,  ou,  si  l'on  admet  qu'il  en  faut 
un,  comme  concession  au  public, 
construit  sur  n'importe  quelle  don" 
née  comportant  mouvement  et  ana- 
lyse de  gestes.  Cette  analyse  doit  for- 
mer l'objet  principal  du  cinéaste,  qui 
la  poussera  selon  toutes  les  dimen- 
sions (et  Dieu  sait  si  M.  Epstein  est 
disposé  à  n'en  voir  que  trois!)  sui- 
vant tous  les  aspects  du  modèle.  » 
* 
*  * 

Ai-je  rendu  exactement  les  idées 
de  M.  Epstein?  Il  est  relativement 
facile  d'expliquer  sa  propre  opinion, 
facile  encore  d'exprimer  l'opinion  di- 
rectement opposée.  Le  plus  embar- 
rassant est  d'exposer  des  théories 
que  l'on  trouve  justes,  mais  qu'on 
plaie  à  des  plans  différents,  qu'on 
obtient  par  d'autres  raisonnements, 
qu'on  subordonne  à  d'autres  prin- 
cipes, principes  que  M.  Epstein  ignore 
ou  dédaigne. 

Tout  d'abord,  je  m'écarte  nette- 
ment de  lui  en  ce  qui  concerne  la 
valeur  d'un  sujet.  La  plupart  des 
hommes,  il  ne  faut  pas  l'oublier,  ne 


0 


cinea 


conçoivent  pas  l'art  sans  un  sujet,  se 
préoccupent  plus  de  la  chose  expri- 
mée que  du  mode  d'expression;  ils 
ne  goûtent  la  musique  que  si  elle 
comporte  des  paroles  ou  un  titre 
propre»  à  diriger  leur  rêverie;  ils 
voient  avant  tout  dans  la  peinture  le 
modèle  représenté,  la  ressemblance 
physique  ou  psychologique  des  per- 
sonnages. Un  art  uniquement  tourné 
vers  la  recherche  de  modalités  d'ex- 
pression, comme  celui  d'un  Rodin, 
ou  des  maîtres  expressionnistes, 
les  laisse  froids.  Et  ce  qui  est  vrai  de 
la  plupart  des  individus  lest  de  (on.s 
les  publics.  Or,  le  cinéma  est  essen- 
tiellement un  art  collectif,  fait  pour 
un  public  :  11  y  faut  donc  un  sujet.  Le 
documentaire  le  plus  exact,  présenté 
comme  tel,  intéresse  et  n'émeut  pas. 
Lancez  un  canoë  à  travers  les  ra- 
pides, le  public  le  regarde  avec  inté- 
rêt; s'il  porte  le  message  qui  doit 
sauver  l'héroïne,  il  le  suivra  hale- 
tant. Un  film  récent  nous  montrait 
un  homme  tué  par  un  crocodile. 
C'était  un  inconnu,  un  anonyme; 
l'épisode  avait  pour  seul  objet  d'in- 
diquer que  les  crocodiles  sont  des 
animaux  dangereux.  Le  public  res- 
taitfroid;  si  on  lui  avait  donné  une 
raison  d'attacher  quelque  impor- 
tance à  la  vie  ou  à  la  mort  de  cet 
homme,  chaque  bond  aurait  fait  pal- 
piter la  salle. 

Puis  donc  qu'il  faut  un  sujet,  le 
choix  en  est-il  indifférent?  Je  le  nie. 
L'artiste  a  un  devoir  envers  le  pu- 
blic; il  est  responsable  de  la  qualité 
des  émotions  qu'il  provoque  (  «...  l'é- 
motion, même  religieuse,  dit  Rémy 
de  Gourmont,  est  humiliante  lors- 
qu'on la  demande  aux  littératures...  », 
disons  d'une  manière  générale  :  aux 
œuvres  «  ...  sans  art  et  sans  beauté.  ») 
Si  nous  jugeons  ainsi  ceux  qui 
éprouvent  une  émotion  de  qualité 
médiocre,  que  dirons-nous  donc  de 
ceux  qui  la  provoquent?  Entre  leurs 
mains,  l'art  se  prostitue. 

Quand  je  vois  La  Fleur  dans  les 


La  puissance  d'illusion  de 
l'homme  est  infinie.  Tous 
les  ans,  l'Académie  des 
Sciences  reçoit  Vingt=cinq 
démonstrations  du  Postu- 
lat um  d'Euclide,  et  les 
maisons  d'éditions  sept 
mille  scénarios  de  films. 


ruines,  Pour  l'humanité,  Les  Pros- 
crits, La  Charrette  Fantôme,  Fièvre, 
L'Homme  inconnu,  El  Doraclo  (j'en 
passe)  je  sens  une  âme  qui  parle  à 
mon  âme;  quand  se  déroule  devant 
moi  tel  film  de  confection  —  à  épi- 
sodes ou  autre  —  avec  ses  appels  ba- 
nals et  mécaniques  à  la  pitié,  à  la 
terreur,  à  la  sensualité,  à  la  ten- 
dresse, j'ai  l'impression  d'être  allé 
chercher  chez  une  fille  un  frisson  ar- 
tificiel. 


Que  le  cinéma  soit  l'art  du  mouve- 
ment, cela  encore  est  incontestable; 
faut-il  cependant  proscrire  absolu- 
ment l'immobilité,  exiger  que  tout, 
jusqu'au  décor,  danse  autour  des 
personnages?  Revenons  à  la  mu- 
sique, puisqu'il  y  a  tant  de  parenté 
entre  les  deux  esthétiques;  l'un  des 
moyens  d'expression  de  la  musique 
est  précisément  le  silence  (Cf.  Beetho- 
ven :  Scherzo  de  la  9e  symphonie, 
Variations  op.  126;  Wagner  :  marche 
funèbre  du  Crépuscule,  etc  ).  Le 
rôle  que  le  silence  joue  en  musique, 
l'immobilité  le  joue  à  l'écran.  Mais  il 
faut  qu'elle  soit  exceptionnelle  et 
voulue  (allez  voir,  la  semaine  pro- 
chaine La  Ville  pétrifiée).  Autre- 
ment dit,  le  cinéma  ne  doit  se  servir 
de  décor  inerte  que  pour  faire  mieux 
ressortir  le  mouvement  qui  est  son 
domaine  normal. 

A  ce  point  de  vue,  ce  que  dit  M. 
Epstein  des  gros  plans,  de  la  néces- 
sité d'en  limiter  la  durée,  est  tout  à 
fait  juste.  Reportons-nous  encore  à 
l'esthétique  de  la  musique  :  l'expres- 
sion ou  le  geste  en  gros  plan,  c'est  le 
thème  joué  «  en  dehors  »  confié  au 
trombone,  au  cor,  aux  violons  dou- 
blés. Le  procédé  est  d'un  effet  puissant, 
mais  rapidement  monotone. 

Je  n'estime  pas,  avec  M.  Epstein, 
que  la  décomposition  du  geste  cons- 
titue le  domaine  propre  de  l'écran.  Le 
cinéma  est  capable  de  le  faire,  y 
excelle  même,  tout  comme  la  littéra- 
ture peut  donner  des  œuvres  pous- 
sées, fouillées,  susceptibles  d'une 
minutie  d'analyse  que  ne  comporte 
ni  le  théâtre  ni  la  poésie  Personnel- 
lement j'éprouve  une  délectation 
morose  à  relire  Adolphe  ou  La  Lettre 
Rouge,  ou  certaines  œuvres  de  M. 
Marcel  Proust;  mais  n  admettre  que 
cette  voie  me  paraîtrait  terriblement 
exclusif.  Et  en  fin  de  compte,  je  crois 
qu'au  cinéma  je  préfère  encore 
l'œuvre  lancée  d'un  élan  :  Pour  sau- 
ver sa  race,   Une  aventure  à  New- 


York,  Fièvre.  En  un  mot,  je  crois 
qu'il  y  a  une  certaine  antinomie 
entre  les  deux  objectifs  que  M.  Eps- 
tein assigne  au  cinéma,  le  mouve- 
ment et  l'analyse 

J'ajoute  que  cette  antinomie  n'est 
peut  être  qu'apparente  et  je  serais 
heureux  qu'une  œuvre  réussie 
m'obligeât  à  reconnaître  mon  erreur. 

Enfin,  je  m  écarte  encore  du  subtil 
cinégraphe  quand  il  prétend  sous- 
traire l'écran  aux  lois  communes  de 
l'art.  Et  je  refuse  d'admettre  que  le 
tempérament  du  cinéaste,  ou  même 
de  l'opérateur  doive  s  effacer  devant 
celui  de  l'appareil.  Je  suis  persuadé 
que  deux  films  de  G  ri  f fit  h  tournés 
avec  des  appareils  différents  porte- 
ront une  marque  commune  bien  plu- 
tôt qu'un  film  de  Griffith  et  un  de 
M.  René  Navarre  tournés  avec  le 
même  appareil 

L'équation  personnelle  s'affirme 
même  en  science;  les  expériences 
d'un  Léon  Foucault,  d'un  William 
Crookes,  d'un  Fizeau,  d'un  Jean  Per- 
rin  —  je  cite  au  hasard  —  ou  encore 
les  explorations  d'un  Stanley,  d'un 
Brazza,  d'un  Nansen,  sont  choses  si- 
gnées aussi  bien  qu'un  tableau  de 
Delacroix  ou  d'Ingres,  qu'un  film  de 
L'Herbier,  de  Delluc,  de  Fitzmaurice, 
de  Tourneur.  En  science  comme  en 
art,  la  machine  est  un  serviteur,  et 
les  moyens  d'action  une  fois  assurés, 
c'est  l'homme  qui  compte. 

Mais,  j'ai  tort  de  discuter  ainsi  les 
solutions;  il  est  excellent  que  là  où 
M.  Epstein  en  voit  une,  j'en  voie  une 
autre;  il  serait  encore  meilleur  que 
notre  discussion  en  suggérât  au  lec- 
teur une  troisième.  Ce  qui  est  inté- 
ressant, c'est  de  poser  les  problèmes 
plus  que  de  chercher  â  les  résoudre  : 
Je  connais,  sur  le  cinéma,  peu  d'ou- 
vrages qui  en  posent  autant,  de  ma- 
nière aussi  pénétrante,  aussi  vivante 
aussi  philosophique  que  M.  Jean 
Epstein;  et  peut-être,  après  tout,  au- 
rait-il suffi  dédire  cela. 

Lionel  Landry. 


Le  snob  est  plus  utile  à  la 

m  a 

:    civilisation  quel' antisnob,    \ 

m  m 

j    que   le    critique    qui,  eau    \ 
froide  ou  eau  tiède,  lance 

m  ■ 

■    sur  les  enthousiasmes  la    \ 

m  ■ 

:    douche  de  sa  colère  ou  de 

m  m 

de  sa  blague.     M     M     M 

Rémy  de  GOURMONT. 


cinea 


II 


DERRIÈRE       L'ÉCRAN 


FRANCE  M 

La  Compagnie  Française  des  Films 
Jupiter  dont  M.  Manehez  est  le  direc- 
teur artistique  a  entrepris  un  très 
beau  film. 

A  Marseille,  M.  Guy  du  Fresnay, 
metteur  en  scène  de  cette  compagnie 
tourne  les  extérieurs  du  scénario 
qu'il  a  tiré  de  Margot,  la  nouvelle 
de  Musset.  La  reconstitution  histo- 
rique en  est  parfaite.  Mlle  Gina  Pa- 
lerme  sera  Margot.  Nous  y  verrons 
ausei  Mme  Jalabert  et  Miss  Brown. 

Les  interprètes  masculins  sont 
MM.  Murray  Goodwin,  dans  le  rôle 
de  Pierrot,  Martel  et  Genica  Missirio 
très  impressionnant  dans  son  rôle 
d'officier  de  hussards. 
* 

La  Société  Française  des  Films  Ar- 
tistiques, 17,  rue  de  Choiseul,  conti- 
nue avec  succès  le  placement  à  l'étran- 
ger des  principaux  films  de  sa 
production. 

Qu'on  en  juge  ;  elle  a  vendu  : 

Pour  la  Hollande  :  Le  Dogue  des 
Baskerville,  les  Aventures  de  Sher- 
lock Holmes,  l'Eternel  Féminin  et 
les  Ailes  s'ouvrent. 

Pour  l'Angleterre  :  Les  ailes  s'ou- 
vrent. 

Pour  l'Espagne:  Les  Aventures  de 
Sherlock  Holmes, L'Eternel  Féminin, 
Le  Destin  Rouge. 

Pour  la  Suéde  :  L'Eternel  Féminin. 

Pour  la  Suède, la  Norvège  et  le  Da- 
nemark :  Visages  voilés...  Ames  clo- 
ses. 

Pour  la  Pologne  :  Visages  voilés... 
Ames  closes.  Les  ailes  s'omirent, 
L'Eternel  Féminin. 

Pour  l'Amérique:  Visages  voilés... 
Ames  closes. 

Pour  le  Japon  :  Visages  voilés... 
Ames  closes. 

...  M.  Feyaubois,  41,  rue  de  Paris, 
à  Lille,  est  l'agent  général  pour  la 
région  de  Lille,  de  la  Société  Fran- 
çaise des  Films  Artistiques,  17,  rue 
de  Choiseul,  Paris. 

Aux  studios  Gaumont,  M.  Henry 
Desfontaines  ayant  terminé  Chichi- 
nette  et  Cie,  vient  de  commencer  les 
intérieurs  du  film  qu'il  a  tiré  de  Son 


Altesse,  le  roman  de  Delphi  Fabrice. 
Ce  sera  la  suite  de  Chichinette  et  Cie 
et  les  acteurs  en  sont  les  mêmes. 
• 
M.  André  Hugon  va  mettre  en  scène 
Le  Diamant  noir,  d'après  le  roman 
de  Jean  Aicard.  Les  interprètes  sont 
MM.  Armand  Bernard  et  Henry 
Krauss  et  Mme  Claude  Mérelle. 

Léonce  Perret  vient  de  terminer 
son  film  L'Ecugère. 

On  annonce  que  M.  de  Baroncelli 
avant  de  tourner  Le  Fleuve  va  met- 
tre en  scène  Roger-la-Honte. 

Les  Petits  portraits,  publiés  sans 
signature  dans  le  numéro  de  Cinéa 
du  2  décembre  sont  de  M  Jacques 
Christiany. 

Sir  Ross  Smith  et  Sir  Keith  Smith, 
les  héros  du  raid  en  avion,  de  Lon- 
dres en  Australie,  sont  arrivés  à  Ma- 
drid il  y  a  quelques  jours.  L'Ambas- 
sadeur d'Angleterre  et  les  notabilités 
de  la  ville  ont  donné  un  grand  ban- 
quet en  leur  honneur,  et  le  10  décem- 
bre, ils  furent  reçus  par  le  Roi  et  la 
Reine  d'Espagne  qui,  comme  tout  le 
monde  le  sait,  portent  un  grand  inté 
ret  à  1  aviation  et  à  la  cinématogra- 
phie.  Le  Roi  et  la  Reine  ont  assisté 
à  la  première  représentation  du  film 
du  Raid  Aérien  qui  a  obtenu  un  très 
gros  succès. 


i  c  i    n   e   a  j 

■  ■ 

■  ■ 

■  ■ 

:  demande  à  MM.  les  ! 

■  *  m 
m  m 
m  m 

!  Directeurs  de  Cinéma  i 

■  ■ 

■  ■ 

■  ■ 

!  d'envoyer  leur  programme  I 

■  ■ 

■  ■ 

i  dix  jours  d'avance   à  i 

■  ■ 

■  ■ 

■  ■ 

■  ■ 

I  c  i    n    é    a  I 


Pour  donner  une  idée  de  L'intérêt 
suscité  parce  film,  il  suffit  de  dire 
que  trois  jours  avant  la  première 
représentation  il  y  avait  plus  de  huit 
mille  pesetas  de  location,  c'est-à-dire 
environ  sei/.e  mille  francs. 

Nous  rappelons  que  c'est  la  Maison 
Victor  Marcel  Productions,  82,  rue 
d'Amsterdam,  qui  a  ajouté  ce  beau 
film  documentaire  à  sa  série  de  Scott, 
Armées  combattantes  et  Shackleton. 


ANGLETERRE  M 

Ainsi  que  je  l'avais  annoncé  il  y  a 
deux  mois,  MM.  Bromhead  Frères 
sont  devenus  propriétaires  de  la  Gau- 
mont Co.  Ltd.  de  Londres.  M.  A.  C. 
Bromhead  est  Directeur  de  la  compa- 
gnie depuis  sa  constitution  en  1898. 


La  fille  de  Lord  Birkenhead,  Lord 
Chancellor  d  Angleterre,  tiendra  un 
rôle  dans  une  nouvelle  production 
de  la  Hardy  Film  Co.  Le  dernier  film 
de  cette  compagnie  The  Scourge  (Le 
Châtiment)  est  à  présent  terminé. 
Le  suivant  The  Reaping  d'après  un 
livre  de  Rafaël Sabatini,  qui  donnera 
lieu  à  des  reconstitutions  de  scènes 
de  la  Révolution  Française. 

e 

Dans  la  série  «  Tense  moments  with 
greats  authors  »  (Master  Films  Co's 
productions)  paraîtront  des  adapta- 
tions de  scènes  tirées  de  Sapho, Les  Mi- 
sérables, Trilhg,  Olivier  Twist,  The 
Onlg  Way,  etc.  Miss  Sybil  Thordike 
tourne  actuellement  le  rôle  de  Nancy 
dans  Olivier  Twist. 
• 

La  Bird  Film  Co.,  a  présenté  The 
Woman  in  his  House  (la  Femme 
dans  sa  maison)  dont  la  vedette  est 
Mildred  Harris  Chaplin.  C'est  là  une 
excellente  production,  une  super-pro- 
duction même,  dirai-je.  On  ne  pourra 
lui  reprocher  qu'un  scénario  un  peu 
touftu,  qui  déroute  par  moment  le 
spectateur.  Jeune  fille,  jeune  femme, 
jeune  maman  heureuse,  puis  meur- 
trie, Mildred  Harris  conserve  une 
personnalité  d'un  charme  bien  dis- 
tinct. Gracieuse,  fine,  fragile;  visage 
aux  traits  délicats  exprimant,  tout 


12 


cinea 


en  nuance, lessentiments  et  émotions 
Les  plus  subtils;  nous  avons  devant 
nous  un  être  précieux,  auquel  les 
qualificatifs  de  joli,  adorable,  ne  con- 
viendraient pas;  je  dirai  tout  simple- 
ment, féminin.  Féminine,  Mildred 
Marris  l'est,  idéalement.  La  mise  en 
scène  de  John  M.  Stahl  est  luxueuse, 
artiste,  toujours  d'un  goût  sûr.  La 
photographie  est  irréprochable:  il  y 
a  des  effets  de  nuit,  une  tempête  en 
mer,  entre  autres  scènes,  qui  sont 
d'une  réalisation  parfaite.  Je  n'ou- 
blierai pas  de  signaler  un  acteur  de 
trois  ans,  Richard  Hedrick,  délicieux 
bambin  susceptible  d'éclipser,  dans 
un  autre  genre,  la  gloire  de  Jackie 
Coogan;  puis  Gareth  Hughes,  qui 
dans  un  rôle  difforme  nous  donna 
par  instant,  l'impression  tragique, 
horrible  du  Destin. 


Il  est  fort  probable  que  dès  le  dé- 
but de  la  nouvelle  année,  Pathé  Frè- 
res Ltd.,  prendra  rang  parmi  les  pro- 
dueers  britanniques.  Ce  ne  serait  pas 
là,  d'ailleurs,  la  seule  «  suprise  »  que 
nous  amènerait  Janvier  1922. 


Le  cinéma  continue  ses  conquêtes. 
Des  représentations  auront  lieu  régu- 
lièrement, trois  fois  par  semaine, 
dans  un  temple  anglican  du  Pays  de 
Galles.  Ainsi  viennent  de  le  décider 
ses  pasteurs,  en  vue  de  combattre, 
ont-ils  dit,  le  goût  pernicieux  de  leurs 
administrés  pour  les  films  «  sensa- 
tionnels »,  modèle  courant. 


L'assemblée  générale  annuelle  des 
actionnaires  de  la  Général  Film  Ren- 
tingCo.,  a  montré  un  déficit  important 
dans  les  affaires  de  cette  Société,  une 
des  plus  grosses  entreprises  de 
louage  britanniques.  Il  est  possible 
qu'elle  reprenne  son  activité  l'année 
prochaine,  sous  un  autre  nom,  avec 
une  nouvelle  direction. 


Direct  Film  Traders  Co.,  a  présenté 
Four  men  in  a  van  (Quatre  hommes 
dans  une  roulotte)  dont  le  producer 
est  M.  Hugh  Croise.  Principaux  inter- 
prètes .-Johnny  Butt.Manningrlaynes 
Donald  Farle,  Gordon  Hopkirk.  Le 
film  a  reçu  en  général  un  accueil 
chaleureux.  Je  doute  cependant  qu'il 
trouve  un  grand  succès  à  l'étranger 
à  moins  qu'il  ne  soit  revu  et  raccour- 
ci, surtout  en  ce  qui  concerne  les 
sous-titres.    Ceux-ci,   au    nombre  de 


164,  contiennent  un  humour. que  seuls, 
les  anglais  peuventpleinement  appré- 
cier: la  principale  difficulté  sera  de 
les  adapter  au  goût  des  spectateurs 
étrangers  éventuels.  Il  n'y  a  pas 
d'histoire,  simplement  une  succession 
d'épisodes,  dont  certains  sont  amu- 
sants, ayant  pour  but  de  nous  mon- 
trer les  tribulations  de  quatre  jeunes 
gens  partis  en  vacances  dans  une 
roulotte.  En  résumé,  un  bon  film  an- 
glais, pour  l'Angleterre. 
• 
The  old  Witoes  Taies  (Conte  de 
vieilles  Femmes)  est  une  adaptation 
un  peu  décousue  du  livre  de  Arnold 
Bennett.  Le  film  ayant  voulu  suivre 
de  très  près  cette  adaptation  contient 
trop  de  choses,  trop  d'événements, 
si  bien  que  le  sens  général  de  l'œuvre: 
la  fugacité  de  la  vie,  échappe.  L'inté- 
rêt s'éparpille  sur  des  scènes  secon- 
daires, qu'on  tourna,  d'ailleurs,  sur- 
tout à  cette  fin,  telle  celle  qui  nous 
montre  Mme  Tamara  Karsavina  dan- 
sant dans  un  restaurant  à  Paris. 
Nombre  d'invraisemblances  dans 
l'histoire  surchargent  par  surcroit  le 
scénario:  le  départ  d'un  ballon  cap- 
tif, dans  la  nuit,  de  Paris  assiégé  (en 
1870);  l'héroïne  échouant  dans  une 
maison  <<  privée  »  de  la  rue  Bréda, 
puis  devenant  propriétaired  une  pen- 
sion bourgeoise  delà  rue  Byron,  où 
parle  plus  grand  des  hasards,  elle 
est  reconnue  par  un  ami  de  son  ne- 
veu, etc.  L'esprit  reste  désorienté,  et 
c'est  dommage,  car  le  film  contient 
de  jolies  et  même  de  belles  choses. 
Des  scènes  prises  sur  le  parvis  de 
Notre-Dame;  au  pont  des  Arts,  ont 
une  valeur  artistique  et  documentaire 
indéniable.  Parmi  l'interprétation, 
Miss  Fay  Compton  est  adorable  de 
blondeur  et  de  grâce.  Même  sous  ses 
bandeaux  blancs  de  vieille  femme, 
son  visage  reste  émouvant.  D'autres 
rôles  sont  bien  tenus  par  Florence 
Turner,  Mary  Brough,  Henri  Victor, 
etc.  M.  Denison  Clift  n'a  pas  eu  tou- 
jours la  chance,  travaillant  pour 
l'Idéal  Co.,  d'avoir  des  scénarios  où 
il  eut  pu  donner  la  mesure  complète 
de  son  talent. 

A.  F.  Rose. 


AMÉRIQUE  ^ 

D'après  notre  confrère  américain 
F.  I.  S.  le  public  croit,  dur  comme 
fer  : 

Que  toute  étoile  de  Cinéma  divorce 
ou  va  divorcer. 


Que  les  «  vampires  »  font  toujours 
brûler  de  l'encens  autour  de  leur 
foyer. 

Que  les  traîtres  sont  toujours  d'ex- 
cellents maris. 

Que  les  jeunes  premiers  mènent 
des  existences  en  vue. 

Que  les  baisers  échangés  sur 
l'écran  ne  sont  jamais  véritables. 

Que  les  directeurs  déchirent  tou- 
jours le  scénario  avant  de  commen- 
cer à  tourner. 

Que  les  éditeurs  volent  tous  le» 
bons  sujets  de  scénarios  qui  leur 
sont  soumis. 

Que  les  directeurs  se  servent  tou- 
jours du  mégaphone,  et  que  les  opé- 
rateurs portent  toujours  leur  cas- 
quette la  visière  en  arrière. 

Que  les  doublures  accomplissent 
toujours  les  tours  difficiles,  tandis 
que  l'étoile  les  regarde,  confortable- 
ment installée  dans  sa  limousine. 

Que  les  interviewers  passent  tou- 
jours, en  compagnie  des  étoiles, 
d'agréables  moments  dont  ils  ne  par- 
lent pas  dans  leurs  articles. 

Que  les  photographies  représen- 
tant les  étoiles  à  domicile  sont  tru- 
quées et  qu'on  emprunte  la  maison 
d'une  autre  personne  pour  les  faire 
poser  devant  la  façade. 

Que  les  baigneuses  de  Mack  Sennett 
ne  savent  pas  nager. 

Que  les  auteurs  ne  lisent  jamais 
les  romans  d'où  ils  tirent  leurs  scé- 
narios. 

Que  les  actrices  se  couchent  a  neuf 
heures  parce  que  les  excès  laissent 
des  traces. 

Que  les  larmes  sont  toujours  obte- 
nues au  moyen  d'oignons  ou  de  gly- 
cérine. 

Qu'une  étoile  ne  peut  circuler  dans 
la  rue  sans  provoquer  un  rassemble- 
ment. 

Que  les  artistes  se  servent  réelle- 
ment des  produits  qu'elles  recomman- 
dent dans  les  annonces. 

Que  les  étoiles  n'ont  jamais  pro- 
noncé les  phrases  queleur  attribuent 
les  interviewers. 

Qu'une  étoile  fait  souvent  boule- 
verser tout  un  film  s'il  y  a  quelque 
chose  qui  ne  lui  va  pas  ou  une  oc- 
casion de  se  mettre  en  vue. 

Que  Griffith  tourne  ses  films  en 
consultant  des  notes  prises  sur  ses 
manchettes  et  sans  jamais  se  servir 
de  manuscrit. 


cinea 


13 


Les  Récentes  Productions  j 
I  ::    GAUMONT    ::  j 

■  ■ 

■  ■ 

Parisette. 

Nous  avons,  dans  notre  dernier  nu- 
méro, annoncé  le  nouveau  film  de 
M.  Louis  Feuillade  en  soulignant  ses 
qualités.  Ciné-roman,  il  garde  une 
tenue  dans  ses  imbroglios  ;  au  drame, 
s'ajoutent  des  notes  discrètement 
comiques.  Mais  ce  qui  donne  surtout 
à  Parisette  une  originalité  remar- 
quable, c'est  dans  le  premier  épisode, 
la  scène  de  la  prise  de  voile,  au  Car- 
mel.  Non  seulement  la  situation  de 
Manoëla,  la  jeune  fille  désespérée,  est 
une  des  plus  douloureuses  que  nous 
connaissions  à  la  scène  et  à  l'écran, 


mais  encore  la  réalisation  est,  avec 
la  conception,  de  celles  qui  font  hon- 
neur à  un  artiste.  Les  quatre  pre- 
miers épisodes  permettent  donc  de 
s'attendre  à  une  suite  aussi  intéres- 
sante. 

• 
Sauvons  le  gosse. 

La  plupart  des  interprètes  de  ce 
film  sont  des  animaux.  On  peut 
presque  dire  que  c'est  une  raison 
pour  qu'il  soit  parfaitement  joué. 
C'est  que  les  animateurs  de  ces  sortes 
de  pièces  savent  admirablement  uti- 
liser les  bêtes.  Le  sujet,  au  reste, 
n'est  qu'un  prétexte  à  des  scènes  in- 
terprétées par  un  singe,  un  chien,  un 
cheval,  etc.  Le  chimpanzé,  à  qui  un 


Le  Fils  dt-  Madame  Sans-Gêne 


bébé  donne  la  réplique,  est  d'une  ha- 
bileté surprenante  et  l'a  déjà  prouvé 
dans  quelques  comédies  du  même 
genre. 

• 
Le  Fils  de  Madame  Sans-Gène. 
M.  Emile  Moreau,  l'un  des  auteurs 
de  Madame  Sans-Gène  (on  sait  que 
l'autre  est  Victorien  Sardou),  a  écrit 
un  roman  dont  on  a  tiré  le  film  qui 
vient  de  nous  être  présenté.  Les  Ita- 
liens aiment  illustrer  à  l'écran  l'his- 
toire et  ce  qui  la  côtoie  plus  ou  moins 
agréablement.  Ils  remuent  des  foules 
avec  harmonie,  mais  trop  souvent  ils 
choisissent  des  scénarios  qui  néces- 
sitent  un  texte   copieux   et  leurs  lu- 


mières n'ont  pas  toujours  l'éclat  dé- 
sirable. Le  Fils  de  Madame  Sans- 
Gène  est  photographié  beaucoup 
mieux  que  certains  autres  de  leurs 
films  et  l'aventure  que  l'on  y  conte 
est  d'un  sûr  intérêt  dans  un  cadre 
mouvementé  à  souhait. 

A  la  vérité,  c'est  la  maréchale  Le- 
febvre  qui  joue  le  grand  rôle.  Nous 
assistons,  d'ailleurs,  à  sa  première 
entrevue  avec  le  futur  duc  de  Dant- 
zig  et  à  son  existence  de  vivandière. 
Un  enfant  lui  vient  et  c'est  Jean  qui, 
dès  son  adolescence,  s'éprend,  chez 
Isabey,  de  Marie  de  Bonneval,  fille 
d'émigré  fiancée  à  d'Abzac  un  cons- 
pirateur. Suivent  des  difficultés   di- 


14 


cinéa 


verses  Le  maréchal,  revenant  blessé 
de  la  guerre, voit  son  fils  le  voler.  Une 
scène  terrible  :  la  maréchale,  elle, 
protège  toujours  son  iils  ..  Le  père, 
irrité,  non  encore  guéri  de  sa  bles- 
sure, dit  :«  Je  nie  croyais  un  ancê- 
tre; il  est  beau,  mon  descendant  !  » 
Le  maréchal  repart  pour  la  guerre 
et  cette  fois  avec  son  tils. Jean, soldat, 
est  détourné  de  sa  mission  par  la 
rencontre  de  la  femme  qu'il  aime. 
Par  sa  faute,  deux  mille  combattants 
français  vont  mourir.  Le  père  livre  le 
fils  au  conseil  de  guerre.  Condamna- 
tion à  mort.  Fuite  du  condamné  grâce 
à  la  mère.  Enfin  Jean  accomplit  un 
acte  courageux  qui  assure  une  nou- 
velle victoire  et,  mourant,  il  est  dé- 
coré par  l'empereur. 

On  voit  que,  sans  stupéfiants  coups 
de  théâtre,  l'aventure  se  déroule  con- 
venablement et  l'on  peut  ajouter  que 
Hespéria,  belle,  joue  bien  le  rôle  de 
Madame  Sans-Gène.  Même,  un  peu 
trop  sobrement  peut-être  dans  les 
premières  scènes,  où  elle  pourrait  se 
livrer  à  des  gestes  plus  vulgaires.  11 
n'y  a  rien  à  critiquer  dans  la  mise  en 
scène  des  combats,  qui  est  importante 
et  bien  réglée. 

L.  W. 


l*e  chevalier  Errant. 

D'où  vient  la  supériorité  marquée 
que  possèdent  sur  nous,  pour  tout  ce 
qui  est  reconstitution  historique,  les 
cinéastes  Scandinaves  ?  Peut-être  y 
a-t-il  dans  cette  impression  une  part 
d'illusion  ;  l'éloignement  dans  l'es- 
pace facilite  l'éloignement  dans  le 
temps  ;  en  regardant  un  acteur  sué- 
dois qui  joue  un  rôle  du  xvne  siècle, 
nous  ne  remarquons  pas  tel  ou  tel 
détail  trahissant  l'homme  d'aujour- 
d'hui, qui  n'échapperait  pas  à  un  de 
ses  compatriotes  et  que  nous  note- 
rions chez  un  acteur  français.  Mais 
je  crois  aussi   qu'il  y   a  là-bas,  entre 


le  passé  et  le  présent, un  écart  moins 
marqué  que  dans  notre  pajs,  que  le 
recul  est  plus  facile,  plus  spontané- 
ment réalisable. 

Dans  un  genre  moins  grave,  moins 
profond,  moins  émouvant,  plus  lé- 
ger, ce  film  comporte  une  réalisation 
aussi  parfaite  que  le  Trésor  d'Ame. 
Le  souvenir  de  cette  œuvre  admira- 
ble vient  d'ailleurs  à  l'esprit  quand 
on  revoitla  délicieuse  Mary  Johnson, 
si  frêle,  si  juvénile,  si  fée,  qu'on  se 


demande  parfois  si  c'est  une  femme 
de  chair  et  d'os,  ou  quelque  soeur  de 
Saskia  qui  serait  descendue  de  son 
cadre. 

Axel  Ringvall,  lui,  est  bien  en 
chair,  et  la  manière  dont  il  absorbe 
les  chopes  de  bière  exclut  toute  hy- 
pothèse mystique  ou  poétique.  Quant 
à  Gosta  Ekman,  il  fera  battre  bien 
des  cœurs, et  les  hommes  même  com- 
prendront que  l'héroïne  fasse  des 
sottises  pour  lui,  car  il  est  impossi- 
ble de  se  figurer  aventurier  plus  ga- 
lant et  chevaleresque.  (A  ce  propos 
le  titre  et  le  programme  diffère  :  le 
soi-disant  comte  était-il,  en  réalité, 
un  laquais  ou  un  officier  subalterne? 
Il  y  a  une  nuance.) 

Naturellement  —  on  finit  par  trou- 
ver cela  tout  naturel  quand  il  s'agit 
d'un  film  suédois  —  les  paysages 
sont  remplis  d'une  exquise  et  bru- 
meuse poésie,  de  grands  champs  de 
blé  ondulent  au  soleil;  des  troupeaux 
de  bœufs  mugissants  et  de  porcs 
gras  attestent  la  richesse  du  seigneur 
Gripj.  Kt  ainsi  se  complète,  s'encadre 
un  de  ces  livres  d'images  délicieux, 
jeunes  et  naïfs,  que  les  grands  en- 
fants rêveurs  du  Nord  aiment  à  feuil- 
leter, au  coin  de  l'àtre  où  flambent 
les  grosses  bûches,  dans  la  nuit 
joyeuse  de  Yule. 


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cinea 


j   LA    SINCERITE 
j   DES    PUBLICS  \ 

m 

On  siffle  dans  des  salles...  A  la 
bonne  heure!  On  lutte,  on  s'enthou- 
siasme, on  s'invective  même  les  uns 
les  autres  pendant  ou  après  une  pro- 
jection. De  telles  manifestations  heu- 
reuses ne  sont  plus  de  mode  au  théâ- 
tre et  voilà  encore,  pour  l'écran, 
une  supériorité. 

Où  recommencerait-on  la  bataille 
d'IIernani,  sinon  à  Lutetia  ou  à  l'Ar- 
tistic,  ou  au  Colisée?  Même  les  belles 
audaces  qui  ravissent  des  specta- 
teurs de  théâtre  n'effarouchent  pas 
le  traditionnaliste  qui  s'endort  ou 
s'abstient,  ou  dit  :  «charmant  »,  quand 
il  pense  :  «  la  barbe  î  » 

A  remarquer,  en  outre,  que  cer- 
taines gens  n'osent  pas  manifester 
leur  opinion,  qui  se  le  permettent  au 
cinéma.  Tant  mieux!  Je  vais  citer 
M.  Henry  Bordeaux.  Vous  permet- 
tez ?  Voici  : 

«  Il  y  a  quelque  chose  de  changé, 
et  c'est  le  public.  Allez,  non  pas  aux 
répétitions  générales,  mais  aux  re- 
présentations ordinaires  et  vous  en 
ferez  aussitôt  la  remarque.  Tout  un 
lot  de  nouveaux  riches,  de  petits 
boutiquiers,  d'entrepreneurs, de  mar- 
chands de  légumes,  d'épiciers,  de 
confiseurs,  de  parfumeurs,  etc.,  etc., 
s'étale  à  l'orchestre  et  dans  les  loges. 
C'est  leur  tour,  pensent-ils.  Je  veux 
bien.  Mais  il  les  faut  éduquer.  Le 
goût  ne  se  gagne  pas  aussi  vite  que 
la  fortune?  » 

Boni  mais  qui  les  éduquera?  La 
critique? 

Or,  ces  mêmes  messieurs  et  dames 
qui  avalent  tout  au  théâtre  et  qui, 
au  cinéma,  se  croient  plus  capables 
de  discernement,  émettent  des  avis, 
en  entendent  d'autres,  et  voilà  l'édu- 
cation qui  se  forme.. 

On  a  donc  sifflé  dans  certaines 
salles,  la  Charrette  fantôme  qui  fut 
acclamée  ailleurs.  Un  ami  m'a  dit  : 
«Quelle  belle  œuvre!  »  Une  dame: 
«  Que  je  me  suis  ennuyée...  c'est 
idiot  I  »  Une  autre  :  «  On  m'a  dit  que 
c'était  ridicule.  »  Qui  ?  Des  gens  intel- 
ligents ?  Elle  m'a  répondu  :  «  Je  vous 
assure  que  ce  sont  des  gens  chic.  » 
Qu'est-ce  qu'elle  entendait  par  là? 

Au  reste,  aucun  mépris  ne  doit 
s'adresser  à  qui  ne  pense  pas  comme 
nous. 

J'ai  donc  répété  à  l'un  des  plus  im- 
portants directeurs  de  cinéma  que 
le  film  susdit  avait  été  hué  dans  tel 


établissement.  Il  m'a  répondu  :  «  Pas 
possible!  le  public  de  cette  maison 
est  cultivé  !  »  Qu'est-ce  que  ce  Mon- 
sieur aussi  entendait  par  cultivé? 
«chic  »  ou  pas  «  chic»?  Toutefois 
il  ajouta  :  «  Le  film  aura  sûrement 
du  succès  dans  des  salles  populaires.» 
Un  autre  directeur  (en  disponibi- 
lité provisoire)  que  je  crois,  lui,  cul- 
tivé ou  plutôt,  ce  qui  est  plus  clair, 
assoiffé  de  culture,  a  payé  sa  place 
dans  une  salle  pour  voir  La  Charrette 
Fantôme  qui.  une  fois  projetée,  sus- 
cita îles  ricanements  des  spectateurs. 
11  se  retourna  vers  eux  et  leur  cria  : 
«  Qu'est-ce  qu'il  vous  faut  ?  Toujours 
la  même  histoire?  Toujours  les 
mêmes  personnages?  » 

Il  y  a  longtemps,  au  théâtre  comme 
ailleurs,  qu'on  a  remarqué  la  sincé- 
rité du  public  modeste.  Il  peut  se 
tromper,  voire  se  laisser  influencer: 
il  est  sincère.  Et  qui  donc  peut  pré- 
voir ses  avis?  Les  directeurs  moins 
que  personne. 

Des  habitués  leur  expriment  leurs 
sentiments?  Sans  doute  Maisd'autres 
se  contentent,  mécontents,  de  se 
déshabituer...  de  ne  plus  revenir. 

Laissez-les  donc  siffler.  Offrez-leur 
de  l'audacieux  quand  il  s'en  présente 
(à  condition  que  la  fumisterie  ne  s'y 
étale  pas  en  dadaïsme  forcené,  —  et 
nous  avons  peu  à  craindre  cette  es- 
pèce à  l'écran,  car  elle  coûterait  cher 
inutilement). 

S'ils  sifflent,  croyez- vous,  ils  ne 
reviendront  pas.  Erreur!  Sils  s'en- 
nuient, ils  finiront  par  vous  être  infi- 
dèles; mais  s'ils  sont  choqués  par 
des  innovations,  ils  éprouveront 
comme  une  satisfaction  d'être  éton- 
nés, et  puis  ils  discuteront  chez  eux 
ou  ailleurs,  sur  le  film  scandaleux. 
D'où  :  propagande. 

On  disait  tout  à  l'heure  :  «  Il  se 
trompe,  le  public.  »  Son  erreur  sin- 
cère se  redressera  d'elle-même.  Dans 
le  Gosse,  Charlie  Chaplin  est  extrê- 
mement douloureux  à  plus  d'un  mo- 
ment :  des  spectateurs  rient,  ils  rient 
comme  sur  commande  parce  que, 
dans  leur  esprit,  cet  artiste  est  co- 
mique toujours.  Ils  comprendront  la 
prochaine  fois,  —  car  ils  re verront 
le  Gosse,  pour  la  plupart.  Un  bon 
film  revu  dévoile  des  beautés  nou- 
velles et  Ion  commence  à  le  savoir. 
Parmi  les  gens  qui  jugent  par  eux- 
mêmes,  j'en  noterai  un  :  l'autre  jour, 
à  Passy,  où  se  donnait  Amour  de 
Geisha,  un  des  bons  films  de  Sessue 
Hayakawa.  Un  couple  derrière  moi. 
L'homme,  ne  manquait  pas  de  pré- 
tentions dans  ses  trivialités  verbales, 


15 


ne  comprenait  rien  au  scénario  pour- 
tant simple;  sa  femme  était  obligée 
île  lui  fournir  des  explications!  La 
projection  terminée,  ce  Monsieur, 
cossu  d'accoutrement,  déclarait  en 
parlant  du  grand  interprète  japo- 
nais :  «  Il  fait  trop  de  mai] nés.  » 

Ce  vilain  argot  (il  y  eu  a  un  beau) 
dénotait  peut-être  déjà  un  manque 
de  goût  et  que  l'homme,  rehaussé 
par  une  position  sociale  peut-être 
soudaine,  avait,  par  outrecuidance, 
abandonné  sa  simplicité  native.  Les 
femmes,  en  s'élevant,  ont  générale- 
ment plus  île  modération,  d'indépen- 
dance et  de  sincérité 

En  Amérique,  la  richesse  subite 
est,  depuis  bien  plus  longtemps  qu'en 
Erance,  fréquente,  mais  précisément 
l'amour  de  la  sincérité  ne  doit  pas 
s'y  perdre  aussi  vite.  Pays  neuf? 
Sans  doute!  Et  qui... 

Mais    voilà    une    chronique    qui    a 

dépassé  déjà  les  limites  qu'elle  s'était 

d'abord  octroyées,  et  son  auteur  vous 

en  demande  pardon,  —  sincèrement. 

Lucien  Waiil. 


j   SPECTACLES 
?...  .. : 

Représentation    de  "La    Flamme" 
au  Théâtre  Albert  I" 

Un  Justieier,  pièce  en  trois  actes 
de  M.  Eaurè-Eremiet,  est  un  drame 
court,  ramassé,  saisissant,  inspiré 
par  la  guerre  et  montrant  la  réper- 
cussion qu'exerce  sur  la  vie  de  deux 
êtres  un  de  ces  drames  qui  paraissent 
normaux  dans  la  tranchée  II  a  été 
bien  joué  sous  l'énergique  et  habile 
impulsion  de  M.  Henry  Duval. 


De  l'au  tre  pièce,  Com  me  on  s  "ia  nore, 
l'auteur  m'interdit  de  parler.  Mais 
j'en  puis  louer  les  interprètes,  qui 
sont  excellents.  M.  Pierre  Bayle,  met- 
teur en  scène  plein  de  vie,  a  bien 
rendu  le  côté  jeune,  affectueux,  non- 
chalant, du  caractère  de  Jacques. 
M,  Le  Elon  est  un  parfait  gentil- 
homme campagnard,  plein  de  bonho- 
mie sans  vulgarité  et  de  lourdeur 
sympathique.  Mlle  de  Gerlor  a  joué 
avec  autorité  et  distinction  le  rôle 
complexe  de  Madeleine,  tour  à  tour 
décidée,  subtile,  émue;  enfin  Geor- 
gette  de  Kerivoual  a  incarné  le  per- 
sonnage d'Andrée,  avec  sa  coquette- 
rie naïve,  sa  charmante  inconscience, 
son  égoïsme  tendre  et  capricieux.  La 
musique  de  Robert  Mon  fort  enve- 
loppa d'une  jolie  atmosphère  cham- 
pêtre  la  lin  du  second  acte. 

Intérim. 


16 


cinea 


:    Les  Présentations    j 


La     Maison     sans    portes    et 
sans  fenêtres. 

Le  Cabinet  du  Docteur  Caligari 
semblait  une  réaction  contre  le  pom- 
piérisme.  La  Maison  sans  portes  et 
sans  fenêtres,  moins  esthétique, 
mêle  du  romantisme  facile  à  du  sym- 
bolisme hétéroclite  et  le  cubisme  n'y 
est  appliqué  que  pour  deux  ou  trois 
décors.  Je  crois  —  sait-on  jamais  ?  — 
que  le  postulat  traité  à  la  manière  di- 
recte apparaîtrait  puéril  et  ridicule. 
En  le  présentant  sur  le  mode  expres- 
sionniste, on  n'a  peut-être  pas  évité 
cet  êcueil  et,  de  telles  répliques,  on 
dirait  une  imitation,  parodique  un 
peu,  d'Aglavaine  et  Seh/sette  ou  des 
Aveugles.  Le  titre  provient  d'une 
maison  construite  par  un  vieil  être 
fantastique, pour  une  femme  vouée  à 
l'immobilité.  Son  mari  veut  un  jour 
l'empoisonner,  elle  s'en  aperçoit  à 
temps,  lui  dit  :«  Va  vers  ta  destinée»; 
il'part, revient, elle  meurt,  ellel'aimait 
il  retourne  à  sa  destinée  qui  s'appelle 
Yalena  et  l'adore. 

Au  cours  de  ces  péripéties,  nous 
avons  vu,  sur  un  toit  d'édifice  en  cons- 
truction, Yalena  évoquer  par  ses 
danses  la  fin  de  Byzance.  Le  plus 
étranga  des  personnages  s'appelle 
Gaudéamus.  Gandêamus  donc,  mais 
pas  trop.  Le  Cabinet  du  Doeteur  Ca- 
ligari se  tient,  dans  sa  bizarrerie. 
Ici,  un  peu  de  décousu  et  aussi  de  la 
lenteur  avec  des  vues  infiniment  cu- 
rieuses au  surplus.  Mais  il  ne  faudrait 
pas  abuser... 

La  Mort  du  Soleil. 

La  sincérité  de  ce  film  est  indubi- 
table, aussi  ne  nous  abandonnerons- 
nous  pas  à  une  comparaison  avec  le 
précédent,  mais,  si  la  mise  en  scène 
où  Mme  Germaine  Dulac  a  prodigué 
de  la  joliesse  avait  été  excentrique 
et  si  le  texte  avait  été  nimbé  de 
mystère,  nous  aurions  ressenti  une 
impression  de  la  même  espèce.  C'est 
que  les  personnages,  d'abord  pla- 
cés dans  une  situation  normale,  agis- 
sent en  anormaux.  On  voit  mal  un 
savant  arracher  et  cacher  un  enfant 
à  sa  mère  pour  le  guérir  de  la  tuber- 
culose, même  en  des  occurrences  par- 
ticulières. Toutefois,  la  fin  est  heu- 
reuse pour  ces  gens  naturels  aux 
actes  fantastiques.  Par  une  inadver- 
tance  à     quoi    l'on    peut    remédier. 


M.  André  Legrand  a  utilisé  trop  le 
mot  «  grand»  (grande  science, grande 
consolation,  grandes  choses,  grand' 
chose,  grande  fête,  grand  vieillard, 
etc.,  etc.) 

Quand  au  docteur  qui  donne  son 
nom  au  sérum  qu'il  a  inventé,  on  a 
oublié  qu'il  y  a  des  cachets  «  du  doc- 
teur Faivre  ».  Cela  dit,  soulignons  la 
grâce  ingénieuse  de  la  mise  en  scène, 
et  de  la  mise  en  images...  des  images 
verbales,  et  rendons  hommage  à 
M.  André  Nox,  car  nul  comme  lui  ne 
saurait  exprimer  ce  rôle  de  savant 
angoissé,  ou  désespéré,  ou  soucieux 
de  hauts  devoirs;  c'est  une  belle  figure 
de  notre  cinéma. 


L'Agonie  des  Aigles. 

Traduction,  en  film,  des  Demi-Sohle, 
de  M.  Georges  d  Esparbès,  par 
M.  Bernard  Deschamps.  Cette  sucecs- 
sion^de  tableaux  ne  fera  peut-être  pas 
surgir  le  frisson  des  enthousiasmes, 
elle  n'en  est  pas  moins  bien  ordonnée 
et  la  projection  s'y  continue  sans 
lasser.  Le  culte  de  l'empereur  y  est 
célébré  par  des  actions  d'adorateurs 
fanatiques.  Ainsi  plusieurs  de  ces 
demi-solde  provoquent  en  duel  des 
royalistes  afin  de  les  tuer.  Peu  après 
le  début,  nous  assistons  aux  adieux 
de  Fontainebleau,  puis  à  la  mort  de 
Napoléon.  Une  grande  scène  est  celle 
où  le  commandant  Montander,  un 
des  chefs  de  la  conspiration  pour  le 
rétablissement  de  l'empire,  pénètre 
une  nuit  dans  les  jardins  de  Schœn- 
brunn  où  il  rencontre  le  duc  de 
Reichstadt  ;  il  lui  conte  les  exploits 
de  la  grande  armée  et  les  espoirs  de 
ses  survivants.  Les  évocations  guer- 
rières sont  réalisées  fort  intelligem- 
ment. On  doit  encore  louer,  la  mise 
en  scène  des  coulisses  de  l'Opéra  et 
d'une  représentation  au  théâtre  Ita- 
lien. 

L'Agonie  des  Aigles  se  termine  par 
la  condamnation  et  l'exécution  des 
demi-solde,  courageux  et  gardant 
chacun  sa  personnalité  au  moment 
d'être  fusillés  par  la  garde  Suisse,  à 
défaut  des  soldats  français  qui  n'ont 
pas  voulu  se  servir  de  leurs  armes. 

De  l'allure,  surtout  dans  le  texte  de 
M.  Georges  d'Esparbès  étincelant  de 
panache  puisqu'on  y  lit,  par  exemple  : 
«  Ouvrez  toutes  grandes  les  fenêtres 
pour  que  puisse  y  entrer  l'âme  de  la 
France.  »  Séverin-Mars,  en  Napoléon 
et  en  demi-solde,  sera  revu  avec  plai- 
sir et  regret.  M,  Desjardins  est  excel- 
lent. 


Sous  le  masque  d'amour. 

Géraldine  Farrar  et  Montagu  Love 
dans  des  rôles  où  ils  ne  peuvent  se 
prouver  étonnants.  Il  s'agit  là  d'une 
femme,  victime  sentimentale  d'un 
aventurier,  qui  trouve  le  bonheur 
quand  même.  Un  enfant  égaie  ce  film 
ordinaire. 

• 
Le  Sacrifice  de  Sato. 

Sato,  c'est  Sessue  Hayakawa.  Il  a 
rencontré  de  meilleurs  rôles  et  des 
scénarios  moins  banaux,  mais  un  tel 
acteur  n'ennuie  jamais. 

• 
Les  Rapaces. 

11  s'agit  d  un  groupe  qui,  sous  un 
masque  dévot,  abrite  une  répugnante 
cupidité  et  précédé  par  un  financier 
digne  de  lui.  Parr  (tel  est  le  nom  de 
ce  monsieur)  brise  un  couple  honnête 
qui  lui  avait  donné  sa  confiance, 
laisse  partir  son  fils  qu'il  a  cruelle- 
ment séparé  de  sa  fiancée.  Il  est,  en 
affaires, pareil  aux  hommes  des  Ven- 
tres  dorés,  de  M  Emile  Fabre.il  res- 
semble, un  autre  moment,  au  père 
Duvalen  face  de  Marguerite  Gauthier 
et,  à  des  occasions  diverses,  rappelle 
les  mauvais  riches  de  Charité,  de 
Griffith.  Un  bon  pasteur,  qu'il  a  cir- 
convenu, connaît  un  jour  la  vérité  et 
crache  son  mépris  à  ses  paroissiens, 
les  hypocrites,  les  rapaces.  Le  vilain 
personnage  est  blessé  par  une  de  ses 
victimes  et  meurt,  entouré  des  bra- 
ves gens  retrouvés,  en  leur  deman- 
dant pardon  pour  lui  et  les  gens  de 
la  même  farine,  «  car  ils  ne  savent  ce 
qu'ils  font.  » 

• 
La  Jolie  Infirmière. 

Mary  Miles,  duchesse  cette  fois, 
devient  par  charité,  infirmière  et, 
soignant  un  député  travailliste,  se 
fait  passer  pour  la  fille  d'un  gargo- 
tier.  Ainsi  elle  va  éprouver  l'amour 
du  parlementaire.  Des  complications 
couleur  tendre  agrémentent  cette  his- 
toriette qui  est  à  la  fois  artificielle  et 
délicieuse.  La  vision  d'un  tel  film 
avant   le    sommeil   doit  inspirer   de 

jolis  rêves. 

Lucien  Wahl. 

: V : 

...  il  n'est  pas  mauvais,  et    ; 

m  ■ 

:    c'est,  après  tout,  un  signe    : 

; 

de  supériorité,  d'être  cré- 
i 

dule  au  génie,  au  talent, 

à  Y  effort  loyal  et  désinté- 

•  s 

ressé.  ^         ^         ^ 

:  • 

Rémy  de  GOURMONT.     ■ 


Cinéa.   Fmiilateors  :  Lonis  hl  l.l.i  i    cl  A.  Uni  \l\\ni  I 


Cinéa.  Envoyez  Irtiic- 


nianilats.  aljomieiiii'iits  ;i  I s  lil.l  l.li  .  I 


Les  Pages 
de  ma  Vie 

par 
Fédor  Chaliapine 


J'avais  un  ami  qui  jouait  des  petits 
rôles  dans  un  théâtre  d'été.  Il  avait 
à  peine  17  ans,  il  s'appelait  Kamensky. 

Un  jour  il  me  dit  : 

—  Tu  peux  avoir  chez  nous  une 
excellente  occasion  de  t'essayer  au 
théâtre.  Notre  directeur  est  très  sé- 
vère, mais  plein  de  bienveillance 
pour  les  jeunes.  Va  le  voir. 

—  Mais  je  ne  saurai  pas  jouer... 

—  Cela  ne  fait  rien  T  Essaie  tou- 
jours! On  te  donnera  peut-être  un 
petit  rôle  de  quelques  lignes. 

Je  me  présentai  chez  le  directeur 
et  il  me  donna  immédiatement  le 
rôle  du  gendarme  dans  une  pièce 
intitulée  :  Le  gendarme  Roger.  Dans 
cette  pièce  figurent  des  voleurs  et 
des  vagabonds  qui  inventent  chaque 
fois  de  nouveaux  tours  d'adresse, 
tandis  que  le  gendarme  Roger  essaye 
en  vain  de  les  capturer.  C'est  juste- 
ment ce  gendarme  maladroit  que  je 
devais  personnifier.  Lorsque  je  fus 
capable  de  comprendre  tout  le  degré 
de  responsabilité  qui  m'incombait 
ainsi,  une  sensation  de  joie  presque 
religieuse,  une  sorte  d'enthousiasme 
frénétique  m'envahit  entièrement. 
Les  répétitions  commençaient  à  onze 
heures  du  matin,  et  moi,  je  devais 
être  à  mon  bureau  à  cette  heure-ci. 
Comment  faire  ?  Naturellement,  je 
commençai  à  éprouver  les  migraines 
les  plus  atroces.  Je  prenais  l'air  d'un 
homme  qui  ne  peut  plus  lutter  contre 
la  douleur,  et  je  m'adressai  au  chef 
comptable  : 

—  Fedor  Michaïlovitch,  je  vous  en 
supplie,  permettez-moi  de  rentrer 
chez  moi,  j'ai  un  mal  de  tête  terrible 

Le  chef  comptable,  un  homme  sé- 
vère et  silencieux,  me  regardait  sans 


rien  dire  pendant  quelques  secondes, 
puis  comme  s'il  m'avait  écrasé  par 
son  regard,  me  disait  brièvement  : 

—  Va-t-en 

Je  me  dirigeais  vers  la  sortie,  com- 
prenant bien  qu'il  ne  me  croyait  pas, 
mais,  à  tout  hasard,  ne  cessant  pas 
de  me  frotter  le  front  et  ralentissant 
le  pas  afin  de  donner  l'impression  de 
quelqu'un  qui  ne  tient  plus  debout. 

Afin  qu'on  ne  puisse  pas  voir  des 
fenêtres  de  l'Ouprava  dans  quelle 
direction  je  m'en  allais,  je  me  faisais 
tout  petit,  en  me  pliant  presque  en 
deux  en  passant  devant  l'édifice  mu- 
nicipal. 

Dans  le  Jardin  d'Eté  régnait  la  joie 
et  la  gaieté.  Des  arbres  en  verdure, 
des  oiseaux  qui  sautillent.  Dans  les 
allées,  des  charmantes  comédiennes 
se  promenant  à  pas  lents  comme  des 
reines,  en  riant  et  en  plaisantant. 
Je  connaissais  déjà  personnellement 
quelques-unes  d'elles  et  même  je  leur 
copiais  des  rôles,  ce  qui  m'emplis- 
sait d'un  orgueil  indescriptible. 

J'étais  d'une  timidité  extrême,  pres- 
que maladive,  mais  pourtant  aux 
répétitions,  entouré  des  gens  que  je 
connaissais  derrière  le  rideau  baissé, 
j'arrivais  à  comprendre  ce  qu'on 
exigeait  de  moi,  et  je  n'étais  pas 
entièrement  incapable  de  suivre  les 
indications  du  metteur  en  scène. 

Enfin,  la  fameuse  soirée  si  longue- 
ment attendue,  arriva.  Je  vins  au 
théâtre  le  premier,  avant  tout  le 
monde.  Je  passai  dans  ma  loge,  un 
costume  de  gendarme  m'y  attendait: 
une  tunique  verte  et  rouge  et  un  pan- 
talon blanc.  Je  mis  très  peu  de  temps 
pour  m'habiller  et  je  passai  au  ma- 
quillage :   comme  je  ne  m'y  connais- 


sais pas  du  tout,  j'essayai  un  peu  de 
toutes  les  couleurs  afin  d'avoir  plus 
de  variété  dans  les  nuances.  Après 
tout,  je  n'étais  pas  content  de  moi- 
même.  Mon  cœur  battait  trop  fort. 
Les  jambes  ne  m'obéissaient  pas. 

La  représentation  commença.  Je 
ne  peux  pas  exprimer  ce  que  je  res- 
sentais durant  cette  soirée.  Je  me 
souviens  seulement  que  ce  ne  fut 
qu'une  longue  suite  de  sensations 
désagréables  et  douloureuses.  C'était 
comme  si  on  m'arrachait  le  cœur 
pour  le  piétiner  ensuite,  le  réduire 
en  poussière  Je  me  rappelle  qu'on 
ouvrit  une  porte  dans  les  coulisses 
et  qu'on  me  poussa  sur  la  scène.  Je 
comprenais  parfaitement  qu'il  fallait 
parler,  faire  des  gestes,  se  mouvoir. 
Mais  il  me  fut  absolument  impos- 
sible de  faire  le  moindre  mouvement, 
de  prononcer  une  seule  syllabe.  Mes 
pieds  s'enfoncèrent  comme  des  raci- 
nes dans  le  tapis,  les  bras  se  collè- 
rent au  corps,  la  langue  devenue 
brusquement  énorme  remplit  toute 
ma  bouche  et  ne  m'obéissait  plus. 
Je  restais-  immobile  comme  une  sta- 
tue de  marbre,  mais  j'entendais  les 
voix  furieuses  qui  venaient  des  cou- 
lisses : 

—  Mais  parle  donc...  parle  donc!... 

—  Veux-tu  bouger,  enfin... 

—  Flanquez-lui  un  bon  coup  dans 
la  g.  . .  ! 

Tout  se  mit  à  danser  devant  moi. 
Un  gouffre  immense  était  tout  rem- 
pli des  rires  multiples  et  sonores,  la 
scène  oscillait.  J'avais  la  sensation 
de  mourir  lentement,  de  disparaître 
dans  le  néant. 


(A  suivre) 


L.  Valter, trad. 


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Numéro  34 

30  Décembre 

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QUAND  ON  AIME  • 
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\  Sous  toutes  réserves  I 


L'enquête  à  laquelle  a  donné  lieu 
l'attaque  du  courrier  de  Medenine  a 
révélé  que,  depuis  quelque  temps, 
de.s  forains  circulent  dans  les  oasis 
sahariens,  projetant  des  films  qui 
représentent  des  attentats,  notam- 
ment des  vieux  films  de  Rio  Jim. 
Ainsi  s'explique  que  des  populations 
naturellement  laborieuses  et  paisi- 
bles se  soient  trouvées  amenées  à 
voler  sur  les  grands  chemins. 

Par  contre,  à  Dunkerque,  depuis 
que  M.  le  Maire  a  pris  des  mesures 
pour  éviter  la  «  provocation  aucrime 
par  l'affiche  de  cinéma  »  la  paix  rè- 
gne, et  il  se  passe  souvent  une  jour- 
née entière  sans  qu'aucun  tramway 
soit  assailli  et  dévalisé  par  des  ban- 
dits armés. 

Notre  spirituel  confrère  le  Cri  de 
Paris  vient  d'ouvrir  une  rubrique 
cinématique  où  sont  développés  des 
aperçus  ingénieux  et  nouveaux.  Dans 
un  précédent  numéro,  l'auteur  indi- 
quait comment,  en  voyant  Les  Trois 
Mousquetaires,  il  avait  été  très 
frappé  des  progrés  réalisés  par  l'art 
muet;  dans  le  dernier  paru,  il  cite, 
comme  caractéristique  de  l'état  d'es- 
prit des  auteurs  américains,  un  film 
de  Maurice  Tourneur,  mais  auquel  il 
attribue  le  titre  d'une  œuvre  de 
D.  W.  Griffith.  Ces  critiques,  déga- 
gées comme  on  voit  des  préjugés 
d'école,  ont  une  saveur  fraîche  et 
naïve  tout  à  fait  plaisante,  et  nous 
attendons  la  suite  avec  intérêt. 
• 

Les  amateurs  d'émotions  fortes  ont 
pu  ou  pourront  sous  peu  voir  enter- 
rer —  évidemment  vivantes,  puis- 
qu'aucun  communiqué  ne  nous  a  an- 
noncé leur  mort  —  Mlle  Iribe  dans 
l'Atlantide,  Mlle  Musidora  dans  Pour 
Don  Carlos,  et  Mlle  Kovanko  dans 
Les  Contes  des  Mille  et  Une  Nuits. 
Cette  dernière  sera  déterrée  ensuite 
sous  les  yeux  du  spectateur  ;  peut- 
être  eût-il  été  bon,  afin  de  rassurer 
les  âmes  tendres,  d'en  faire  autant 
pour  les  deux  autres  jeunes  artistes. 

On  nous  a  affirmé  que  la  Société 
pour  le  développement  de  la  Créma- 
tion comptait  utiliser  ces  films  pour 
sa  propagande.  Mais  certains  des  di- 
rigeants de  ce  groupement  estiment 
qu'un  procès  actuellement  en  cours 
lui  impose,  au  moins  pendant  quelque 
temps,  la  plus  grande  réserve. 


Mlle  Lili  Samuel  nous  prie  de  dé- 
mentir l'information  d'après  laquelle 
elle  tournerait  prochainement  le  rôle 
de  la  princesse  de  Cléves,  dans  un 
film  portant  ce  titre,  sous  la  direc- 
tion de  M.  Champavert. 

Voilà  qui  est  fait. 


On  assure  que  l'ameublement 
étrange,  éclairé  par  une  minuterie 
singulière, qui  figure,  au  Salon  d'Au- 
tomne, dans  le  stand  d'une  maison 
connue,  est  destiné  à  constituer  l'un 
des  décors  d'un  film  qui  sera  tourné 
prochainement  sur  le  Jardin  des 
Supplices,  d'Octave  Mirbeau.  Seules, 
des  difficultés  diplomatiques  soule- 
vées par  le  Céleste  Empire  en  retar- 
dent l'exécution.  La  question  serait 
une  de  celles  que  M.  Briand  est  allé 
traiter  à  Washington  en  connexion 
avec  le  statut  de  la  Chine. 


La  biographie  détaillée  de  Landru, 
que  se  dispose  à  publier  M.  René  Ba- 
zin et  dont  on  vient  de  nous  commu- 
niquer les  bonnes  feuilles,  nous  ap- 
prend que  le  sinistre  locataire  de 
Gambais  n'aimait  pas  le  cinéma.  Il 
paraît  toutefois  que,  pendant  son 
emprisonnement,  il  a  exprimé  le  re- 
gret de  ne  pouvoir  aller  contempler 
un  film  intitulé  Les  voleurs  de  fem- 
mes. Peut-être  comptait-il  y  trouver 
des  arguments  pour  sa  défense  ?  Ou 
bien  faut-il  supposer,  comme  on  avait 
l'air  de  le  dire  l'autre  jour  au  Gau- 
mont,  que  toute  cette  histoire  serait 
un  vaste  film  à  épisodes,  lancé  selon 
une  méthode  en  vérité  inédite  et  dont 
l'auteur  —  en  même  temps  que  l'in- 
terprète du  double  rôle  principal, 
serait  M.  Tristan  Bernard  ? 


Une  importante  maison  d'édition  a 
eu  une  idée  ingénieuse  et  touchante 
Dans  la  jolie  salle  consacrée  à  ses 
présentations,  elle  a  réservé  un  cer- 
tain nombre  de  sièges  et  de  tables 
sur  lesquels  sont  inscrits  les  noms 
des  directeurs  de  cinémas,  auteurs, 
journalistes  et  interprètes  morts  au 
champ  d'honneur  ou  simplement  à 
la  peine.  Ces  places  restent  toujours 
vides,  en  apparence,  du  moins, 
car  il  est  probable  qu'avec  un  bon 
éclairage  on  pourrait  y  voir  —  en 
surimpression  —  les  corps  astraux 
des  disparus,  hantant  le  théâtre  de 
leurs  anciennes  activités. 

Fondu-Enchaîné. 


■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■■a 


REPONSES 

A  QUELQUES  LETTRES 


Louis  B.  Ecrivez  :  Maria  |acobini, 
Itala-Film,  Ponte  Trombetta,  Torino 
(Italia). 

!..  Aimand.  I.a  distribution  de  Calv- 
gari  a  plusieurs  fuis  déjà  été  donnée 
Uni,  Werner  Krauss,  que  vous  reverrez 
dans  d'autres  films  le  jour  ou  Ion  pourra 
voir  librement  des  films  allemands. 

Un  Pilier  de  Ciné.  —  Le  jour  ou  nous 
aurons  tous  documents  nous  en  parlerons. 
Nous  pensons  d'ailleurs  écrire  là-dessus 
un    article   très    long  et   très    documente. 

Je  suis  de  votre  avis. 

Je  ne  pense  pas  qu'on  puisse  le  revoir 
en  France. 

Je  suis  certain  que  ce  rôle  n'était  pas 
tenu  parOwen  Moore  mais  bien  par  Albert 
Roscoë.  Ces  deux  artistes  sont  maries.  Lui 
a  environ  quarante  ans  et  son  épouse 
trente  ans. 

Il  y  a  cinéma  et  photographie  évidem- 
ment. 

Charles  O.  —  Je  n'ai  pas  vu  ce  film, 
mais  je  puis  vous  indiquer  Houdini  sans 
vous  apprendre  ses  procédés,  qui  sont 
d'ailleurs,  j'imagine,  son  secret.  Ecrivez  a 
cet  artiste,  7,  rue  de  Berne. 

Solbakken.  —  Lars  Hanson,  Care  of 
Svensk-Film  Industrie.  Stockholm.  Karin 
Molander  99,  Birgerjarlsgatan,  Stockholm. 
Tora  Teje  avait  interprété  un  rôle  dans  le 
Monastère  de  Sendomir. 

Son  adresse  :  Care  of  Svensk-Film 
Industri,  19,  Kun^'sgatan.  Stockholm. 

Reginalu.  —  Griffith  a  commencé  Les 
deux  Orphelines,  son  opérateur  s'appelle 
VV.  Bitzer. 

La  distribution  de  ce  film  comprend  : 
Lilian  Gish  (Henriette),  Dorothy  Gish 
(Louise),  Creighton  Haie  (Picard). 

Lucii.e  Pedro.  —  Marcel  l'Herbier  doit 
être  revenu  ou  va  incessamment  revenir 
d'Espagne.  Ecrivez-lui  aux  studios  Gau- 
mont,  ,3,  rue  de  la  Villette. 

Marcelle  Pradot  dans  ce  rôle. 

Hermann.  —  Asta  Nielsen  vient  de  ter- 
miner un  film  d'après  la  pièce  de  Strindberg 
Mademoiselle  Julie,  intitulé  Comtesse  Julie. 
Elle  tourne  pour  la  Transocean-Film.  Son 
adresse  :  Art-Film  72-74,  Zimmerstrasse, 
Berlin  S.  W.  68. 

Rigolo.  —  Fatty  de  son  nom  véritable 
Roscoë  Arbuckle.  dit  Fatty  a  cause  de  sa 
corpulence.  Fatty  cuisinier. 

K.  L.  —  Géraldine  Farrar  est  l'épouse 
de  Lou  Telle^en. 

L'Œil  de  Chat. 


A   PARTIR   DU  20  JANVIER   PROCHAIN 


i 

\ 

y. 


i 

A 

§ 

! 


LE  FILS  DE  MME  SANS-GÊNE 

Magnifique  évocation  de  l'épopée  napoléonienne 

d'après  le  célèbre  roman  d'Emile  MOREAU 

interprétée  par 

HESFER1A 


Tous  les  amateurs  de  beaux  films  voudront 
voir  cette  splendide  reconstitution  historique 


T1BER    FJLM 

(U.  C.  1 


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Allez   voir   pendant   les    Fêtes   du   Jour   de    l'An 


CHICHINETTE  &  C1E  î 


Délicieuse  comédie  en  4  parties 

d'après  le  roman  de  Pierre  CUSTOT 

Misejten  scène  de  Henri  DESFONTA1NES 

interprétée  par 

Mme  GRUMBACH,  de  l'Odéon 

Mlles  Blanche  MONTEL,    Eva  REYNAL 

MM.  Jean  DEVALDE, 

LORRAIN  et  MONDOS 


Film 


âaûn>oi)t 


Série 
PAX 


cinea 


Programmes  des  Cinémas  de  Taris 

du     Vendredi      30     Décembre     au     Jeudi      4    Janvier 


2'  Arrondissement 

Salle  Marivaux,  1"j,  boulevard  des  Italiens.  — 
Louvre  06-99.  -  Les  millions  de  Fatty.  —  Chichinette 
ri  Cie. 

Parisiana,  27,  boulevard  Poissonnière.-  Gutenberg 
:. tj-70.  —  Les  grandes  chasses  africaines.  —  Charlie  au 
pays  des  Coucou^  —  Pour  l'ainuur  il'une  blonde.  —  Le 
Palais  au\  feuélres  obscures.  —  Sacré  Cupidon.  —  En 
supplément!  de  19  b.  30  a  20  h.  30, excepté  dimanches  et 
l'êtes  :  Jarkie  la  petite  foraine. 

Omnia-Pathé.   —    5,    boulevard  Montmartre. 

Les  trois  mousquetaires,  12'  et  dernier  épisode.  —  Le 
ti -flls  à  sa  mémère.  —  Supplément  non  passé  le  dimanche 
en  matinée  :  Les  contes  des  mille  et  une  nuits. 

Electric-Palace,    s,    boulevard  des  Italiens. 
La  conquête  d'un  cœur,  —  Venire  affamé.  —  En  supplé- 
ment facultatif  :  l'n  homme. 

3e  Arrondissement 

Pathé-Temple.  —  Le  li-lils  a  sa  mémère.  -  Les 
trois  mousquetaires,  12e  épisode.—  Reine-Lumière, 5-  épi 

sede.  —   Les  contes  des  mille  et  une. nuits,  2-  chapitre. 

Palais  des  Fêtes,  8,  rue  aux  Ours,  — Arch.  37-38. 

—  Salle  du  rez-de-chaussée.  —  Les  contes  des  mille  et 
une  nuits,  2-  chapitre.  —  Chichinette  et  cie.  —  Les  Irois 
mousquetaires,  12e  épisode,  lin. 

Salle  du  premier  étage.  —  Salomé.  —  Chariot  ne  s'en 
lail    pas.    —     L'Assommoir.  Pompon    pompier.    - 

L'Orpheline,  12e  épisode,  lin. 

4*  Arrondissement 

Saint-Paul,  73,  rue  Saint-Antoine.  —  cènes  et  ses 
environs.  —  Reine-Lumière,  5-  épisode.  —  Mabel  et 
Fatty  se  marient.  —  Les  contes  îles  mille  et  une  nuits, 
2-  chapitre.  -     L'assommoir,  première  époque. 

5e  Arrondissement 

Mésange,  3,  rue  d'Arras.  —  Oui,  mais  Lui... 
coi sette  mieux.  —  Les  trois  mousquetaires,  H-  épisode. 

—  Reine-Lumière,  5'  épisode.  —  Les  contes  îles  mille  et 
une  nuits,  premier  chapitre. 

Chez  Nous,  76,  rue  M  ou  Ile  tard.  —  Scout  girls  sué- 
doises. —  El  Dorado.  —  Chariot  patine.  --  Mathias 
Sandorf,  2-  épisode 

Cinéma  Saint-Michel.  7,  place  Sainl-Michel.  - 

La  vallée  de  Wildenstein.  —  Miss  Ruvel.  —  J'ai  perdu 
mon  biquet. 


!  c    1    n    e    a  j 

j  ! 

i  demande  à  MM.  les  ! 

!  .  I 

Directeurs  de  Cinéma  i 

:  : 

i  d  envoyer  leur  programme  : 

:  : 

i  dix  jours  d'avance   à  j 

■  ■ 

:  : 

•  ■ 

I  c   i    n    é    a  j 


7    Arrondissement 

Cinéma  Sèvres.  80  lus,  me  de  Sèvres.  —  La 
Fournaise.  —  Les  trois  mousquetaiies,  il- épisode. — 
L'Orpheline,  12'  épisode. 

Régina-Aubert-Palace,  155,  rue  de  Kennes.  — 
Le  joii};.  —  Les  contes  des  mille  et  une  nuits,  premier 
chapitre.  —  Les  trois  mousquetaires,  11-  épisode. 

10°  Arrondissement 

Tivoli,  19,  faubourg  du  Temple.  —  Les  millions  de 
Fatty.  —  Les  contes  des  mille  et   une  nuits.  2-  chapitre. 

—  Les  trois  mousquetaires,  12"  épisode. 

Folies-Dramatiques,    40,    rue    de    Bondy. 
Reine-Lumière    —  Chichinette  el    Cie.  —   L'Orpbeiine, 

12'  Cl  dernier  épisode.  —  Chasseur  chassé. 

11*  Arrondissement 

Voltaire-Aubert-Palace,  95,  rue  de  la  Roquette. 

Les  contes  des  mille  el  une  niiils.  2-  chapitre.  —  Les 
imis  mousquetaires,  12*    épisode,    lin.  —L'Assommoir, 

première  époque.  —  Le  li-lils  a  sa  inémère. 

13'  Arrondissement 

Gobelins,  66  bis,  avenue  des  Gobelins.  —  Oui.  mais 
Lui...  corsette  mieux.-  Les  trois  mousquetaires,  1  l'épi- 
sode. —  Reine-Lumière,  5e  épisode.  —  Les  contes  des 
mille  el  une  nuits,  premier  chapitre. 

14"  Arrondissement 

Gaîté,  rue  de  la  Gaîté.  —  oui,  mais  Lui...  corsette 
mieux.  -  Les  trois  mousquetaires,  il*  épisode.  — 
Les  contes  des  mille  et  une  nuits.  —  Jeu  mortel. 

15'   Arrondissement 

Grenelle,  122,  rue  du  Théâtre.  —  Oui.  mais  Lui... 
corsette  mieux.  —    Les  trois  mousquetaires,  11-  épisode. 

—  Reine-Lumière,  :>•  épisode.  —  Les  contes  des  mille  et 
une  nuits,  premier  chapitre. 

Grenelle-Aubert-Palace,  141,  avenue  Emile- 
Zola  (36  et  42,  rue  du  Commerce).  —  Les  contes  des 
mille  et  une  nuits,  premier  chapitre.  —  Les  trois  mous- 
quetaires,  11-  épisode.  —  Par  l'entrée  de  service. 

16"  Arrondissement 

Mozart- Palace,  49,  51,  iue  d'Auteuil.  —  Pro- 
gramme du  vendredi  30  décembre  1921  au  lundi  2  janvier 
1922.  --  Reine-Lumière,  5-  épisode.  —  Les  contes 
des  mille  el  une  nuits,  2-  chapitre.  —  Héliotrope.  —  Pro- 
gramme du  mardi  :i  au  jeudi  5  janvier.  —  Les  grandes 
chasses,  3  partie.  —  Chariot  ne  s'en  fait  pas.  —  Les 
trois  mousquetaires,  12e  et  dernier  épisode.  —  La  Petite 
Fadelle. 

Le  Régent,  22,  rue  de  Passy.  -  Auteuil  13-40.  — 
Les  aventures  de  Sherlock  Holmes.—  Soirée  de  réveillon. 

—  Héliotrope.  —  Picratl  cerveau  brûlé. 

Théâtre  des  Etats-Unis,  >6  bis,  avenue  Mala- 
koif  —  Le  sacrifice  de  Rio- Jim.  L'Orpheline,  il-  épi- 
sode. —  Le  Père  Goriot.—  ZigotO  maître  d'hôtel.  —  Les 
aventures  de  Sheilok  Holmes. 

17-  Arrondissement 

Ternes-Cinéma,  5,  avenue  des  Ternes.  —  Wagram 
02-10.  —  L'Orpheline,  12-  épisode.    -  Chichinette  el  Cie. 

L'Assommoir,  première  époque. 

Cinéma  Demours,  7,  rue  Deinours.  —  Reine- 
Lumière,  >■  épisode.  —  Les  grandes  chasses  de  la  Faune 
africaine,  4-  partie.  —  Son  orgueil.  —  Impossible  rupture. 

Villiers  Cinéma,    21,    rue    Legendre.  —  Fridolin 

Shérif  par  intérim.  —  Les  grandes  chasses  de  la  faune 
africaine.  —  L'Orpheline,  II-  épisode.—  L'enlèvement 
de  liob.  —  L'Ile  sans  nom. 


18"  Arrondissement 

Théâtre  Montmartre,  Cinéma  Music-Hall, 

place  Dancourt  et  rue  d'Orsel,  43.  —  Nord  49-24.  — 
Le  ivre  Goriot.  —  Dudule,  l'âne  et  l'hercule.  —  La 
vallée  de  wildenstein.  —  L'Orpheline,  12'  épisode. 

Palais  Rochechouart,  56,  boulevard  Roche- 
chouart.  —  Une  drôle  de  maison.  —  Les  contes  des 
mille  et  nue  nuits.  2-  chapitre.  —  Les  Irois  mousquetai- 
ies, 12-  épisode,  lin  —  L'Assommoir,  première  époque. 

Barbes-Palace,  i  boulevard  Barbés.  Nord  35-68. 
L'Assommoir,  première  époque.  —  Les  trois  mousquetai- 
res. 12-  épisode,  lin.  —  L'Orpheline,  12'  épisode,  lin. 

Marcadet-Cinéma-Palace,  no,  rue  Marcadet 
(angle  rue  du  Mont-Cenis).  —  Marcadet  29-81.  — 
L'Assommoir,  première  époque.  —  L'Orpheline,  12-  épi- 
sode, lin.  —  Les  trois  mousquetaires,  12-  épisode,  lin. 

19e  Arrondissement 

Secretan,  7  avenue  Pecrétan  —  Le  li-lils  a  sa 
mémère.  —  Les  trois  mousquetaires,  12e  épisode.  — 
Reine-Lumière.  5"  épisode.  —  Les  contes  des  mille  fl 
une  nuits.  2.  chapitre. 

20°  Arrondissement 

Paradis  Aubert-Palace.  42,  tue  de  Belleville. 
Un  drame  d  amour.  —  Les  trois  mousquetaires.  Il-  épi- 
sode. —  L'Assommoir,  première  époque. 

Banlieue 

Clichy.  —  Le  li-lils  à  sa  mémère.  —  Les  trois  mous- 
quetaires. 12'  épisode.  —  Heine-Lumière.  J-  épisode.  — 
Les  coules  des  mille  el  une  nuits.  2-  chapitre. 

Levallots.  —  Beaucitron  artiste  peintre  —  Les  trois 
mousquetaires,  lo-  épisode.  —  Pervenche.  —  Sa  dernière 
mission. 

Bagnolet.  -  Le  li-lils  a  sa  mémère.  —  Les  trois 
mousquetaires,  12e  épisode,  lin.—  Reine-Lumière.  5- épi- 
sode.      Les  contes  des  mille  el  une  nuits,  ï-  chapitre. 

Vanves.  —  oui,  mais  Lui...  corsette  mieux.  —  Les 
Irois  mousquetaires,  il-  épisode.  —  Les  coules  des  mille 
el  une  nuits,  premier  chapitre.  —  Jeu  mortel. 

Montrouge.  —  L'Été  dans  le  Nord.  —  Reine-Lu- 
mière, 5* épisode.  —  L'infernal.—  .Mabel  el  PattJ  se 
marient.  —  L'occasion. 


Étude  de  M'    COROT.   Nctaire   à   Sens    Yonne 

ADJUDICATION    VOLONTAIRE 

par  Mille  de  dissolution  amiable  d'association  en 

l'Etude  el  parle  ministère  de  M-COHOT.  Notaire 

a  Sens,  le  Samedi  14  Janvier  1922.  à  14  heures 

D'UN       ÉTABLISSEMENT     DE 

SPECTACLEC1NÉMADANCINQ 

appelé  «  Eden-Casino  -.  exploité  a  Sens.  lid  de 

l'Esplanade   centre  de  la  ville  ,  comprenant  : 

BELLE     SALLE     DE     SPECTACLE 

&     CINÉMA 

S2S  fauteuils,  grand  hall,  pr enoir,  foyer,  bar. 

GRANDE     SALLE     DE     BAL 
appartement  meublé,  cabine  cinématographique, 

poste  complet,   de    100  A.   Kruomaiin.   chauffage 
central,  matériel  de  café-bar  et  tous  accessoires. 

décorations   luxueuses,  installations   iieuves£et 

ultra   mnilrnies.»*»»-.'**-  's 
Entrée  en  jouissance  le  1  "   Février   1922 
Mise  a  prix  :  350.000  trs  (Immeuble  et  terrain  compris) 
S  adresser  pour  visiter  sur  place  à  la  Direction. 

et  pour  tous  renseignements,  a  Me  Coiot.  Notaire. 


cinéa 


!  MM   FILMS  D'AUJOURD'HUI  MM 


Les  quatre  plumes. 

Vraiment,  ce  que  les  cinéastes  sa- 
vent le  mieux,  c'est  leur  commence- 
ment: que  de  beaux  débuts,  analogues 
à  ces  brillants  débuts  de  symphonies 
classiques  que  gâte  parfois  la  pau- 
vreté des  développements  subsé 
quents  !  J'avais  bien  auguré  de  l'expo- 
sition de  ce  film  dont  le  sujet  parais- 
sait original.  Suivre  la  naissance, 
les  progrès  de  la  sensation  de  peur 
dans  l'âme  d'un  enfant,  puis  d'un 
jeune  homme;  montrer  —  évidem- 
ment,nous  savions  qu'on  en  viendrait 
là  —  comment  il  arrive  à  surmonter 
cette  sensation,  c'était  là  une  idée 
intéressante  et  nouvelle. 

Malheureusement,  l'auteur  —  du 
roman  peut-être,  du  scénario  en  tout 
cas  --  n'a  pas  suffisamment  fouillé 
la  psychologie  de  son   œuvre;  il  n'a 


pas  nettement  distingué  ce  que  l'on 
peut  appeler  la  couardise  morale  et 
la  couardise  physique  ;  l'une  qui  fait 
que  l'on  se  tient  délibérément  à  l'écart 
du  danger,  l'autre  qui  fait  que  le 
danger  actuel  paralyse  et  terrifie. 

(Un  roman  de  Conrad  (Lord  Jim) 
contient  une  belle  étude  de  couardise 
physique;  un  homme  à  l'âme  fière, 
vaillante,  ambitieuse,  commet,  en 
un  moment  fatal,  sous  la  pression 
de  circonstances  très  dures,  une  lâ- 
cheté destinée  à  peser  sur  toute  sa 
vie). 

Le  personnage  de  Harry  Fevers- 
ham,  le  héros  du  film,  est  flottant. 
Enfant,  ses  terreurs  sont  d'ordre 
physique  ;  il  essaie  de  les  surmonter. 
Jeune  homme,  on  ne  voit  pas  qu'il 
ait  peur,  à  proprement  parler;  ce 
qui  l'engage  à  donner  sa  démission 


au  moment  où  son  régiment  va  par 
tir  en  campagne,  c'est  tout  autant 
l'amour  de  sa  fiancée,  de  son  confor- 
table, que  le  désir  d'éviter  le  péril. 
Et  lorsque  ses  amis  et  la  jeune  fille 
lui  ont  donné  les  plumes  blanches 
(qui  en  Angleterre  symbolisent  la 
lâcheté  et  en  France  l'héroïsme)  lors- 
que, honteux  de  sa  faiblesse,  il  décide 
de  partir,  s'expose  aux  pires  dan- 
gers, on  ne  voit  pas  que  ces  dangers 
le  troublent.  L'intérêt  psychologique 
disparaît  ;  le  film  devient  une  his- 
toire d'aventures,  supérieure  à  d'au- 
tres seulement  parce  qu'elle  est  amu- 
sante et  bien  présentée. 

Une  grande  partie  de  l'action  se 
passe  en  «  Orient  ».  L'  «  Orient  »  est 
quelque  chose  de  vague  :  c'est  le  pays 
où  habitent  les  «  Teurs  »,  un  vaste 
pays  qui  va  du  Maroc  au  Turkestan, 


cinea 


et  qui  est  peuplé  de  mokhazni  prêtés, 
pour  la  circonstance,  par  le  bureau 
arabe,  et  d'Ouled  Nayl  louées  à  la 
journée.  Un  jour  le  public  deviendra 
exigeant,  tiendra  à  ce  qu'on  marque 
un  peu  les  nuances  entre  l'Egypte  et 
l'Algérie,  entre  Tourfan  et  Agadir; 
pour  le  moment,  il  n'y  songe  guère; 
tout  au  plus  commence-t-il  à  trouver 
un  peu  monotone  ce  cadre  dont  on 
ne  se  préoccupe  pas  de  varier  les 
aspects.  (Cette  observation  ne  s'ap- 
plique pas  au  film  de  M.  Tourjanski, 
dont  on  donne,  cette  semaine,  le 
deuxième  épisode). 

Mlle  Mary  Massart  —  qui,  si  je  ne 
me  trompe,  est  française  —  est  belle 
et  joue  bien.  Ses  camarades  anglais 
sont  bons  également,  un  peu  froids 
peut-être;  Henry  Vibart possède  exac- 
tement le  physique  qu'on  se  plaît  à 
attribuer  aux  officiers  qui  ont  illustré 
ce  nom  dans  l'Inde,  et  se  trouve  par 
conséquent  tout  à  fait  qualifié  pour 
jouer  le  rôle  du  général  Feversham. 

• 
Une  femme  sans  importance. 

Tiré  d'une  œuvre  d'Oscar  Wilde, 
ce  film  se  passe  dans  cette  haute  so- 
ciété anglaise   dont   le  poète  du   De 


P  rofundis  aimait  à  montrer  les  tares; 
mais  il  ne  reste  plus  grand'chose  du 
ton  cynique  qu'il  affectionnait.  La 
mise  à  l'écran  fait  bien  ressortir  la 
maigreur  habituelle  des  données  de 
Wilde,  et  chose  curieuse,  la  satire  de 
mœurs  mondaines  disparait  pour 
faire  place  à  un  mélodrame  senti- 
mental. On  s'embrasse  beaucoup  dans 
ce  film:  mère,  fils,  fiancée,  échangent 
entre  les  sous-titres  des  baisers  atten- 
dris qui  eussent  étonné  l'auteur  de 
Salomê.  (Peut-être  est-ce  pour  cela 
que  1  importateur  français  a  négligé 
de  mentionner  son  nom).  Un  mot  de 
bon  sens,  repose  (je  n'ai  pas  vérifié 
de  qui  il  était)  :  lorsque  la  mère,  irri- 
tée de  voir  que  son  fils  se  dispose  à 
suivre  Lord  Illingworth,  lui  déclare 
que  cet  homme  est  un  misérable, 
qu'il  a  séduit  et  trompé  une  jeune 
fille  (c'est  elle),  il  répond  avec  calme  : 
«  Mais  il  y  a  peut-être  aussi  de  la 
faute  de  la  jeune  fille.  » 

La  photographie  est  bonne,  sans 
donner  le  choc  de  l'inattendu,  et  d'une 
interprétation  dans  1  ensemble  satis- 
faisante se  détache  la  figure  drama- 
tique, décorative,  émouvante,  de  Fay 
Compton. 


Envoûtée. 

Jolie  légende  écossaise,  dans  une 
atmosphère  assez  topique  et  où  on 
a  le  plaisir  de  retrouver  la  charmante 
Peggy  Hyland. 


Les   Contes  des  Mille  et  une 
Nuits  (suite). 

L'idée  de  la  Ville  Pétrifiée  est  ex- 
trêmement ingénieuse  et  cinéma- 
tique ;  elle  offre,  artistiquement,  un 
grave  inconvénient;  c'est  que  le  pu- 
blic est  tellement  préoccupé  de  sui- 
vre la  réalisation,  d'observer  tous  les 
personnages  pour  vérifier  si  aucun 
d'eux  ne  bouge,  si  aucun  sourcil  ne 
se  fronce,  si  aucune  poitrine  ne  se 
soulève,  qu'il  perd  de  vue  l'histoire 
elle-même  et  cesse  momentanément 
de  s'y  intéresser.  C'est  le  danger  qui 
menace  toutes  les  œuvres  de  tech- 
nicité difficile,  et  des  exemples  ana- 
logues pourraient  être  indiqués  en 
musique  (par  exemple  les  étonnants 
contrepoints  du  troisième  acte  de 
Tristan  et  Ysolde,  ou  les  effets  de  bat- 
terie de  Daphnie  et  Chloê. 

Lionel  Landry. 


cinea 


Pcitt-oii  imaginer  plus  gracieuse  mascotte  pour  placer 
sur  le  capot  d'une  automobile,  que  cette  SUNSHINE  GIRL  ? 


cinéa 


0 


"DERRIÈRE       L'ÉCRAN 


FRANCE  M 

Tout  Marseille  s'émeut  à  voir 
chaque  matin  l'auto  emporter  Guy 
du  Fresnayetles  interprètes  de  Mar- 
got en  costumes  rétrospectifs:  Gina 
Païenne,  pastel  charmant  aux  robes 
amples;  Murray  Godwyn,  amoureux 


romantique  et  distingué  ;  Genica  Mis- 
sirio,  hussard  aux  favoris  sensation- 
nels,  à   l'uniforme     ultra-collant    et 

suggestif. 

• 
Louis  Feuillade  est  arrivé  à  Nice  et 
s'active  aux  studios  Gaumont.  Pari- 
sette  est  en  bonne  santé. 


La  Société  Française  des  Films 
Artistiques,  17,  rue  de  Choiseul  a 
l'exclusivité  pour  le  monde  entier  du 
film  de  M.  Roger  de  Chateleux:  Les 
Naufragés  iln  Sort,  et  a  seule  qua- 
lité pour  la  répartition  des  droits 
d'exclusivité  pour  1  étranger. 


clnéa 


Les  Films  Jupiter  et  les  Films  Artis- 
tiques sont  définitivement  unis. Espé- 
rons beaucoup  de  jeune  vie  et  de 
mouvement  de  cette  liaison  sympa- 
thique. 

• 

Navarre  tourne  un  scénario  de  Va- 
lentin    Mandelstamm  qui    collabore, 
dit-on,  à  la  mise  en  scène. 
• 

On  a  remarqué  les  belles  affiches 
composées  par  Bécan  pour  Le  Lys 
de  la  vie,  Fièvre,  Rio  Jim,  Les  ailes 
s'ouvrent,  etc.  L  intérêt  de  ces  belles 
et  amples  images  a  frappé  le  public.  Il 
ne  reste  plus  qu'à  décider  la  majorité 
des  loueurs  et  éditeurs  à  suivre  cet 
exemple  et  à  nous  donner  plus  sou- 
vent des  affiches  dignes  de  nous. 


Le  Comptoir  Cinématographique 
de  l'Ouest,  6,  Petite  rue  Emile  Sou- 
vestre,  à  Nantes,  devient  l'agence  gé- 
nérale de  la  Société  Française  des 
Films  Artistiques,  17, rue  de  Choiseul 
pour  la  région  de  l'Ouest. 
• 

Léon  Poirier  continue  aux  studios 
Gaumont  son  Jocelyn  commencé  dans 
le  Midi.  La  fameuse  grotte  sera  un 
curieux  décor  où  s'abritera  le  couple 
légendaire  :  Jocelyn  (Tallier)  et  Lau- 
rence (Myrga). 

• 

M.  H.  Diamant-Berger  commence 
un  film  intitulé  le  Mauvais  Garçon. 
L'interprétation  de  ce  scénario  est 
particulièrement  brillante; 

Maurice  Chevalier,  dont  ce  sera  les 
débuts  au  cinéma,  Pierre  de  Guin- 
gand,  Joffre,  Martinelli,  Pré  fils  et 
Stacquetdu  côté  hommes, Mme  Marg. 
Moreno,  Denise  Legeay,  Mlle  Gué- 
reau  et,  dit-on,  Nina  Myral. 

On  annonce  —  pas  officiellement  — 
que  M.  Feyder,le  metteur  en  scène  de 
l'Atlantide,  entreprendrait  prochai- 
nement une  série  de  trois  grands 
films,  avec,  comme  vedette  un  des 
principaux  interprètes  de  L'Atlan- 
tide. 

• 

Mat hiasSandorf 'remporte  partout 
un  succès  qui  réhabilite  le  genre  dé- 
crié du  ciné-roman,  et  nous  nous  en 
réjouissons,  mais  nous  persistons  à 
nous  étonner  de  voir  sacrifier  com- 
plètement dans  la  publicité  des  ar- 
tistes delà  valeur  de  Modot  et  de  Ver- 
moyal,  dont  le  talent  égal,  n'est-ce 
pas  ?  celui  des  protagonistes. 


La  province  a  plus  d'un  directeur 
intelligent.  Signalons  et  félicitons 
celui  du  Novelty  de  Nice  qui  a  le  goût 
de  mettre  au  même  programme  Le 
Lys  de  la  vie,  le  splendide  film  lyri- 
que de  Loïc  Fuller  et  Gaby  Sorère,  et 
Une  Fleur  dans  les  ruines,  où  D.  W. 
Griffith  a  mis  de  si  belles  pages  d'émo- 
tion. 

• 

Le  Majestic-Cinéma  de  Nîmes,  où 
les  frères  Eywerie  imposent  à  un  pu- 
blic peu  à  peu  éduqué  les  spectacles 
décran  les  plus  originaux,  a  joué 
avec  succès  La  Princesse  des  huîtres, 
ce  curieux  film  allemand  dont  la  dé- 
coration et  le  rythme  sont  d'un  haut 
intérêt. 

• 

Notre  confrère,  Le  Courrier  Ciné- 
matographique, relève  que  l'auteur 
de  la  campagne  menée  à  Dunkerque 
contre  le  cinéma  est  un  mastroquet, 
furieux  sans  doute  de  voir  déserter 
son  assommoir. 


La  Mutuelle  du  Cinéma. 

Nous  apprenons  la  fondation  défi- 
nitive de  la  Société  de  Secours  Mu- 
tuels «  La  Mutuelle  du  Cinéma  »,  au- 
torisée par  décision  ministérielle  du 
18  juin  1921,  sous  le  numéro  2977. 

La  deuxième  réunion  constitutive 
a  eu  lieu  le  17  décembre  1921,  sous  la 
présidence  de  M.  Mirouel,  membre  du 
Conseil  Supérieur  de  la  Mutualité. 

Les  Statuts  ont  été  approuvés, avec 
quelques  modifications  de  détail. 

Au  cours  de  cette  réunion,  le  Bu- 
reau a  été  définitivement  constitué 
comme  suit  : 

Président:  E.  Boutillon,  directeur 
de  Cinéma; 

Vice-Présidents:  MM.  Zigler;  admi- 
nistrateur de  Cinéma,  Pouctal,  met- 
teur en  scène  ;C.  Démolie,  représen- 
tant; L.Conore, opérateur-projection- 
niste ; 

Secrétaire  général:  M.  G.'M.  Cois- 
sac,  Presse  Cinématographique: 

Secrétaire-adjoint:  M.  Baubault, 
opérateur; 

Trésorier:  M.  J.  Mariani  ; 

Trésorier  adjoint:  Mme  Marcelle 
Montrouge,  représentant. 

Administrateurs:  MM.  G.  Lion, 
J  Schmitdt,  Stein,  représentants; 
M.  Richmann,  opérateur  de  prise  de 
vues  :  F.  Lefebvre,  G.  Benoist,  régis- 
seurs; Mme  Pognard,  MM  L.  Brézil- 
lon,  Jallon,  Mazella,  Affre.G.  Parisot, 
directeurs  de  Cinémas. 


ANGLETERRE  M 

Il  semblerait  ,  d'après  certaines 
conversations  particulières,  que  la 
Stoll  Film  Co,  limiterait  son  activité 
productrice,  pour  une  période  encore 
indéterminée,  mais  qui  s'étendrait 
au  moins  jusqu'en  mars  ou  avril  pro- 
chain. Durant  l'hiver,  on  Détournera 
dans  les  studios  de  Criklewood  que 
les  Aventures  de  Sherlock  Holmes. 
Le  septième  épisode  de  la  série,  que 
met  en  scène  M.  G.  Ridgewell,  est  à 
présent  terminé.  Parmi  les  autres 
producers  de  la  compagnie,  M.  Mau- 
rice Elvey,  à  l'instar  de  M.  Denison 
Clift,  constituerait  sa  propre  firme. 
Madge  Stuart,  sa  femme,  serait,  il  va 
sans  dire,  l'étoile  de  ses  nouvelles 
productions. 

La  George  Clarck  Co,  inscrit  un 
succès  à  son  actif.  M.  Guy  Newall  a 
cédé  les  droits  de  son  dernier  film 
Le  Bigame  pour  l'Amérique,  à  la 
Robertson-Cole  Co.  Le  contrat  com- 
porte une  avance  en  garantie  de 
56.000  dollars.  Le  film  sera  présenté 
dans  le  courant  de  ce  mois  au  Central 
Théâtre  de  New-York. 


Walter  Forde,  vedette  des  films  de 
la  Zodiac  Films  Convient  de  prendre 
une  assurance  sur  la  vie  de  £  25.000 
(soit  au  cours  actuel  du  change  en- 
viron 1.200.000  francs).  La  Zodiac 
Films  Co,  qui  le  découvrit,  vise  à  l'éta- 
blir comme  le  Charlie  Chaplin  bri- 
tannique. Bien  que  dans  son  jeu,  il 
soit  parfois  hanté  par  ce  maître,  ses 
deux  premiers  films  sont  de  bonnes 
productions,  et  qui  plairont. 


Wydham  Standing,  qui  créa  de  fa- 
çon saisissante  le  rôle  de  Dick,  dans 
les  Morts  nous  frôlent,  est  de  pas- 
sage à  Londres.  11  aurait  l'intention 
de  tourner  en  Angleterre. 


J'apprends  de  bonne  source  que  la 
Lambart  Film  Co,  ira  tourner  d'ici 
quelques  mois  en  France.  Cette  com- 
pagnie, nouvellement  formée,  a  déjà 
produit  Romanee  et  Réalité,  metteur 
en  scène  :  Capt.  Lambart.  L'étoile  de 
ce  film  est  Miss  Cora  Griffin. 


Les  opérateurs  de  la  Gaumont  Ltd, 
ont  filmé  les  procédés  de  l'invention 
de  M.  Howard  Edmund,  appelée  photo- 


10 


cinea 


sculpture, d'après  des  photographies. 
Cette    bande     intéressante    paraîtra 
dans  le  documentaire  de  la  Gaumont, 
Around  the  Town. 
• 

Au  meeting  du  London  County 
Coucil  qui  s'est  tenu  cette  semaine,  le 
Comité  des  Théâtres  et  Music-llalls 
londoniens  a  soumis  une  motion, 
relative  à  l'exploitation  des  films 
passés  par  le  Boavd  of  Censors. 
Après  une  longue  discussion,  il  a  été 
décidé  que  l'entrée  des  cinémas  pro- 
grammant des  films  ayant  eu  le  cer- 
tificat «  A  »  (adultes),  ne  serait  pas 
autorisée  aux  enfants,  non  accompa- 
gnés, au-dessous  de  seize  ans.  Dans 
tous  les  cas,  les  certificats  donnés  par 
le  Hoard  of  Censors  devront  être 
montrés  aux  spectateurs. 
• 

Une  expédition  patronnée  par  les 
autorités  françaises  et  espagnoles 
quittera  Londres  le  28  décembre,  dans 
le  but  de  tourner  des  documentaires 
en  Algérie,  au  Maroc  et  en  Espagne. 
Elle  est  sous  la  direction  de  Sir  Percy 
Sykes,  explorateur  renommé,  connu 
plus  particulièrement  par  ses  recher- 
ches en  Asie  Centrale.  Sir  Percy 
Sykes  a  pour  assistant  M.  Adrian 
Brunel,  précédemment  directeur  et 
metteur  en  scène  de  la  Minerva 
Film  Co. 

• 

Comme  suite  à  mon  compte  rendu 
de  la  semaine  dernière,  relatif  à  la 
production  de  M  Denison  Clift  The 
OUI  Wives  Tais,  je  soulignerai  que 
celle-ci  a  pu  paraître  «  décousue  »,  et 
manquer  par  là  d'intérêt,  du  point  de 


CLir.HK  ciimoi  un 


La  danseuse  JASMINE  qui  vient  d'interpréter  avec  une  grâce  exquise, 

au  Gaumont-Palace.  Noël  d'Alsace,  de  MM.  H.  Costil  et  Jean  Nouguès, 

en  attendant  qu'elle  paraisse  à  l'écran. 


vue  exploitation,  en  raison  des  im- 
portantes coupures  que  l'Idéal  Film 
Co,  crut  indispensable  d'effectuer, 
sans  doute  à  tort.  Dans  sa  forme  ini- 
tiale, tel  que  M.  Denison  Clift  l'avait 


Une  scène  de   Une  femme  sans  importance. 


achevé,  le  film  avait  une  longueur  de 
(i.000  pieds.  L'Idéal  le  ramena  à 
5.200  pieds,  sans  consulter  au  préala- 
ble le  producer  sur  la  mutilation 
qu'elle  faisait  ainsi  subir  à  une  œu- 
vre, conçue  et  réalisée,  pouvait-il 
croire,  de  façon  définitive.  Certaines 
scènes  essentielles  furent  donc  arbi- 
trairement éliminées,  ce  qui  nuisit  à 
la  continuité  de  l'histoire  ;  la  valeur 
artistiquedu  film  en  fut, d'autre  part, 
grandement  diminuée.  Je  me  fais  un 
point  d'honneur  de  rendre  justice,  à 
ce  sujet,  à  M.  Denison  Clift  ;  d'autant 
plus  que  ceci  met  au  jour  un  point 
intéressant  à  discuter  ;  le  metteur  en 
scène  peut-il,  et  doit-il  avoir  un  re- 
cours contre  de  semblables  agisse- 
ments, que  la  seule  question  «com- 
merciale »  ne  peut  justifier  ?  Le  film 
est  en  soi  une  œuvre  d'art,  bâtie  se- 
lon des  lois  distinctes,  auxquelles  on 
ne  peut  impunément  toucher.  Le  cas 
de  The  Old  Wives  Taies  montre  la 
nécessité  pour  le  producer  d'avoir 
une  garantie  que  sou  travail  sera 
respecté. 


cinea 


11 


«  The  British  and  Transcontinental 
Film,  Ltd  »  est  une  nouvelle  compa- 
gnie anglaise  de  production  dont  tous 
les  films  seront  tournés  dans  des  lo- 
cationsétrangères.  Elle  a  pour  Direc- 
teurs MM.  J.  G.  Wainright.II.  C.  Sla- 
per  et  G  Me  Elwee.  Le  premier  film 
intitulé  The  Door  ofFate  (la  porte 
du  Destin)a  pour  vedette  Nora  Swin- 
burne.  11  a  été  pris  en  Allemagne, 
principalement  au  Jardin  Zoologique 
de  Dresde,  sons  la  direction  de  M. 
John  Hagenbeek.  M.  J.  C.  Wainright 
est  actuellement  en  Amérique,  en 
pourparlers  avec  M.  Selig,  directeur 
de  la  Selig  Polyscope  Co, qu'il  repré- 
sente en  Angleterre.  Il  est  propable 
qu'il  organisera  une  distribution  in- 
ternationale de  ses  films  ;  celle-ci 
sera  assurée  en  France  parla  société 
des  Films  Artistiques.  D'autre  part, 
la  compagnie  ouvrirait  prochaine- 
ment un  studio  en  Angleterre. 

A.  F.  Rose. 
• 

RUSSIE  M 

Des  représentants  de«  l'Union  ciné- 
matographique américaine»  viennent 
darriver  à  Pétrograd.  Ils  ont  com- 
mencé des  prises  de  vues  aux  envi- 
rons de  Pétrograd.  Ils  ont  pris  égale- 
ment tous  les  artistes  de  l'Opéra  et 
du  corps  de  ballet.  Leur  intention 
est  d'évoquer  les  aspects  caractéris- 
tiques du  Pétrograd  actuel.  Quand 
ils  auront  terminé,  ils  se  rendront  à 
Moscou  et  de  là,  dans  le  bassin  de  la 
Volga. 

On  vient  de  créer  à  Moscou  une  So- 
ciété de  Cinéma  :  «  Kino-Coopérative  » 
Les  premiers  fonds  sont  donnés  par 
un  groupe  d'américains.  La  plupart 
des  interprêtes  sont  russes,  artistes 
des  théâtres  de  Moscou . 
• 

La  plus  grande  organisation  ciné- 
matographique existant  en  Russie 
est  la  «  Vciérossiiski-Photo-Kino.  » 
Elle  groupe  tous  les  plus  remarqua- 
bles interprêtes  du  cinéma  russe: 
Barantzevitch,  Rébikoff,  Donnaïefï, 
Knorr,  Koulgans  La  «  V.  P.  K.  »  a 
commencé  des  prises  de  vues  desti- 
nées à  des  Chroniques  de  la  vie 
russe.  L'une  s'appelle:  Dans  le  tour- 
billon de  la  Révolution,  l'autre  La  vo- 
leuse Staritza. 

• 

Tchardénine,  le  célèbre  régisseur 
russe,  metteur  en  scène  des  films  de 
Véra  Holodnaïa,  —  la  géniale  artiste 
de  cinéma  morte  subitement  à  Odessa, 
en  février  1920,  à  l'âge  de  22  ans,  — 
se  trouve  maintenant  à  Riga,  où  il 
travaille  à  la  Latwijà  Film.  Nous  es- 
pérons en  obtenir  ses  impressions 
sur  le  cinéma  russe  contemporain. 
Arthur  Toupink. 
Riga,  décembre  1921 . 


PETITS 

PORTRAITS 


Alargarita  Fisher. 

Un  diable  en  jupons.  Une  anguille 
sous  roche.  Bonbon  au  sel.  Parade 
de  cirque. 

e 

Pearl  White. 

Moineau  querelleur.  Petit  revolver 
en  pendentif.  Une  gazelle  aux  abois. 
Un  gavroche.  Points  interrogatifs??? 

• 
Musidora. 

Une  chatte  caressante.  Vierge  folle. 
Maillot  noir.  Sirène  sur  la  grève. 

• 
André  Nox. 

Le  penseur.  Un  hibou  dans  la  nuit. 
Fin  d'orgie.  Une  lampe  qui  s'éteint 
peu  à  peu    Statue  de  bronze. 

• 
Harold  Lloyd. 

Une  pendule  folle.  Jazz  band.  Une 
puce  au  pied.  Eros  en  auto. 


Tsuru  Aoki. 

Pagode  d argent  au  clair  de  lune 
Papillon     d'Hawaii.     Chrysanthème. 

Kimono  bleu   ciel.    Rosée   de  larmes 

sur  une  petite  fleur  d  amandier. 

• 
Charles  Ray. 

Jeune  lionceau  timide.  Baisers  à 
la  crème.  Flirt.  Raie  sur  le  côté.  Hési- 
tation  ..  Décidément  flirt  î 

Jacques  Christiany. 


12 


cinea 


M     M 


A  U      FUMOIR 

par    Marcel    LéVesque 


M     M 


V  I  I 


Dans  la  fumée  lourde  la  discussion 
montait  : 

—  La  vérité,  c'est  que  vous  autres, 
Latins,  vous  êtes  pourris  de  littéra- 
ture! déclara  Patchkine,  le  composi- 
teur. Même  en  musique,  nos  cama- 
rades font  île  la  littérature  quand 
ils  ne  prétendent  pas  réaliser  du 
Rembrandt  ou  de  l'Angelico. 

—  La  vérité,  la  vérité...  c'est  que 
chaque  art  devrait  rester  à  sa  place  I 
trancha  Forestier. 

—  L'art  moderne,  renchérit  Paroi, 
prétend  aujourd'hui  exprimer  indif- 
féremment la  peinture  et  la  musique 
par  la  poésie,  et  inversement... 

—  A  la  rigueur,  déclara  Rossif,  le 
mouvement  moderne  je  le  comprends 
en  littérature.  Dans  les  arts  plas- 
tiques, je  le  comprends  déjà  moins: 
mais  au  ci  né  T.. .  le  cinéma  ou  plutôt 
la  projection  cinématographique  est 
rapide  et  vous  ne  pouvez  pas  obliger 
le  public  à  comprendre  instantané- 
ment des  choses  obscures...  l'effort 
est  seulement  possible  ?vec  le  livre 
dont  on  peut  relire  un  passage,  le 
méditer,  le  reprendre,  l'interpréter... 
comme  par  exemple  l'exige  Rimbaud 
et  les  modernes  qui  en  découlent. 

—  Quel  jargon  pour  un  académi- 
cien! souffla  Maurice  à  Propelse. 
Celui-ci  intervint  : 

—  Permettez-moi,  maître,  de  n'être 
pas  complètement  de  votre  avis  :  Les 
modernes,  en  un  raccourci  puissant, 
remplacent  par  des  heurts  d'images 
de  longues  phrases  inutiles  :  le  ci- 
néma peut  admettre  ce  procédé.  A 
dire  le  vrai,  les  mots  ne  sont  que  les 
grossiers  symboles  d'une  réalité  dont 
les  nuances  ne  sont  pas  entièrement 
exprimables  ;  or,  l'écran  est  peut  être 
l'interprète  le  plus  fidèle  de  la  pensée 
humaine,  car  il  peut  exprimer  de 
l'homme  autre  chose  que  ce  dont  il  a 
une  conscience  précise,  comme  dit 
Han  Ryner  (et  moi  je  l'applique  au 
cinéma)  1  écran  a  pour  lui  :  «  le  sou- 
rire, l'attitude,  le  geste,  le  serrement 
de  main,  le  baiser,  il  a  les  mouve- 
ments et  les  attouchements  qui 
disent  des  spontanéités  et  des  mys- 
tères, du  profond  et  du   non   analy- 


sable... »,  bref  tout  ce  qui  est  vrai- 
ment humain  et  n'appartient  pas  seu- 
lement à  un  seul  langage  phonético- 
analytique,  mais  pourrait  être  com- 
pris à  chaque  étage  de  la  Tour  de 
Babel. 

—  BravoT  cria  ingénument  Mau- 
rice. 

—  Bis!  ajouta  Forestier. 

—  C'est  une  conférence...  murmura 
Paroi. 

—  N'est-ce  pas  de  tout  cela  qu'est 
fait,  en  somme,  le  silence  si  éloquent 
des  amoureux?  acquiesça  Rossif. 

Yand  continua  : 
-  Le  mal  provient  évidemment  de 
ce  que  signalait  dernièrement  Billy. 

—  Hello?  demanda  W.  K.  Thornton 
en  prenant  son  verre. 

—  Nos  scénarios  ne  tiennent  pas 
suffisamment  compte  de  cette  pro- 
priété merveilleuse  de  l'écran  :  ils 
sont  conçus  peu  visuellement,  tou- 
jours trop  compliqués,  et  ne  laissent 
presque  rien  à  l'expression  de  la 
«  nature  »  des  comédiens;  or,  malgré 
tout,  c'est  encore  cela  qui  est  le  plus 
«  photogénique  ». 

—  Parbleu!  affirma  Chanteroy  (de 
l'Odéon),  mais  en  France,  on  ne  re- 
doute qu'une  chose  :  la  vedette! 
Enfin,  Thornton,  ajouta-t-il  en  se 
tournant  vers  l'Américain,  le  meil- 
leur du  succès  de  vos  compatriotes 
ne  provient-il  pas  de  l'exploitation 
intelligente  de  la  Star? 

—  L'Etoile  est  le  pivot!  confirma 
Billy. 

—  Ah!  triompha  le  comédien...  eh 
bien,  en  France,  sitôt  qu'un  artiste 
commence  à  être  aimé  du  public,  il 
devient  un  objet  de  la  méfiance  géné- 
rale des  professionnels  et  il  ne  trouve 
pas  un  éditeur  assez  commerçant 
pour  le  défendre  :  on  le  tient  à  l'écart 
ou  on  lui  jette  un  «  ersatz  »  dans  les 
jambes.,,  tel  un  cheval  de  course  que 
l'on  cesserait  d'entraîner  sous  pré- 
texte qu'il  rcr  trop  bien... 

—  Sans  doute,  mon  vieux,  ap- 
prouva Forestier;  mais  il  y  a  une 
nuance,  le  cheval  de  course  ne  coûte 
pas  plus  de  picotin  s'il  arrive  au  po- 
teau... tandis  que  l'artiste! 


—  Il  y  a  une  fortune  à  faire  en 
France,  pourla  compagnie  qui  saurait 
exploiter  un  consortium  de  vedettes, 
déclara  Billy. 

—  Eh  bien,  faites  là,  répliqua  Fo- 
restier. 

-  Je  ne  dis  pas...  déclara  W.  K- 
Thornton,  hochant  la  tête. 

—  Il  n'y  en  a  pas,  de  vedettes!  jeta 
Paroi. 

—  Chez  nous,  jamais  Chariot  ne 
serait  parvenu  à  s'exprimer,  renché- 
rit Chanteroy,  jamais  aucun  éditeur 
n'aurait  consenti  à  lui  fournir  les 
moyens  de  réaliser  une  seule  de  ses 
productions  sur  le  vu  du  scénario  ; 
car  il  ne  s'y  trouve  pas  «  d  intrigue  », 
selon  la  formule  française,  tout  est 
dans  le  détail... 

—  Et  le  détail  seul  est  pictural... 
c'est  ce  que  je  disais,  intervint  le 
peintre  Vigneux. 

—  Si  vous  étiez  à  la  tête  d'une 
grosse  industrie,  peut-être  hésiteriez- 
vous  avant  de  vous  lancer  dans  des 
aventures  et  penseriez-vous  aussi  à 
suivre,  malgré  tout,  le  goût  du  pu- 
blic, remarqua  Rossif. 

—  Mais  qui  le  connaît?  demanda 
Paroi. 

—  Et,  d  ailleurs  il  change  sans 
cesse,  remarqua  Forestier. 

—  Nous  a-t-on  assez  «  corné  les 
oreilles»  avec  l'amour  du  public  pour 
le  naturel  et  la  simplicité  au  cinéma. 

—  Il  n'y  a  pas  d'art  véritable,  au 
ciné,  sans  cela,  dit  Yigneux. 

—  Mais  croyez-vous  que  le  specta- 
teur soit  si  entiché  de  naturel  et  de 
simplicité?  L'expérience  nous  ap- 
prend que  le  public  aime  apercevoir 
la  difficulté  surmontée  par  l'artiste, 
il  aime  voir  l'effort...  c'est  pour  cela 
que  les  rôles  de  composition  font 
plus  particulièrement  se  récrier  d  ad- 
miration les  spectateurs  avertis.  Au 
théâtre,  les  plus  gros  succès  d'artiste 
sont  allés  aux  comédiens  qui,  dans 
une  même  soirée,  ont  pu  se  faire  ap- 
plaudir sous  deux  aspects  vraiment 
divers...  et  cela  sans  autre  effort  sou- 
vent qu'un  peu  d'ingéniosité  dans  le 
maquillage;  mais  là,  le  public  dis- 
cerne mieux  la  volonté  de  l'artiste, 


cmea 


13 


sent  l'effort  d'art  et  y  applaudit. 
C'est  cette  mentalité  que  flattent  les 
acrobates  et  les  jongleurs  lorsqu'ils 
soulignent  la  difficulté  de  leur  travail 
en  ratant  à  dessein  de  façon  répétée 
l'exercice  capital  qui,  finalement  réus- 
sit impressionne  plus  profondément 
les  spectateurs  et  déchaîne  d'autant 
mieux  leur  admiration. 

—  Eh  mais,  approuveriez-vous 
cette  sorte  de  cabotinage?  demanda 
Rossif. 

—  Certes  non,  répondit  le  comé- 
dien; mais  écoutez  ceci  : 

Robert-Houdin,  dans  ses  «  Mé- 
moires »,  raconte  qu'ayant  créé  un 
automate  il  le  présentait  aux  specta- 
teurs, émerveillés  du  mécanisme  qui 
fonctionnait  sous  leurs  yeux  avec 
un  bruit  compliqué  de  déclics  et 
d'engrenages.  Il  voulut  supprimer 
ce  bruit  inesthétique  qu'il  considérait 
comme  une  imperfection,  Il  travailla 
de  longs  mois  pour  parachever  sa 
mécanique  et  la  rendre  aussi  silen- 
cieuse qu'un  mouvement  d'horloge- 
rie; puis,  fier  du  résultat,  il  présenta 
de  nouveau  son  chef-d'œuvre  au  pu- 
blic... mais  il  eut  alors  la  surprise 
de  constater  que  celui-ci  ne  se  récriait 
plus  d'admiration  ;  car  ce  qui  l'éton- 
nait  était  bien  moins  le  travail  exé- 
cuté par  l'automate  lui-même,  que  le 
mécanisme  compliqué  qui  l'action- 
nait. L'illusion  créée  était  trop  par- 
faite, aussi...  l'illusionniste  crut-il 
devoir  remettre  les  rouages  inutiles 
et  bruyants,  pour  retrouver  son 
«  effet  »  antérieur. 

—  Evidemment,  dit  Vigneux. 

—  C'est  un  fait,  constata  Forestier. 

—  Mais  du  public  ou  de  l'artiste, 
lequel  doit  suivre  l'autre?  demanda 
Maurice. 

—  On  doit  faire  l'éducation  du  pu- 
blic, insista  Vigneux  ;  il  n'y  a  pas 
lieu  de  tenir  compte  de  ses  goûts 
puisqu'en  fait  il  n'a  pas  voix  au  cha- 
pitre. 

—  On  impose  ce  que  l'on  veut  im- 
poser, le  tout  est  de  vouloir,  continua 
Perlier.  Le  secret  du  succès  mondial 
de  Chaplin  est  d'avoir  su  ce  qu'il 
voulait  et  d'avoir  précisé  de  fois  en 
fois  sa  formule  :  sa  force  est  de  nous 
présenter  des  types  généraux.  Cha- 
cun de  ses  scénarios,  de  ses  gestes, 
de  ses  pensers  enfin,  tend  incons- 
ciemment, peut-être  et  de  par  son 
génie  propre  en  général.  Il  est  ar- 
rivé à  établir  la  synthèse  d'un  carac- 
tère, en  procédant  par  l'effet  inverse 
de  «  l'analyse  visuelle  »  de  menus 
faits,   qu'il  décomposait  de   plus  en 


plus,  de  même  qu'il  décomposait  de 
plus  en  plus  les  situations  de  la  vie. 
Il  se  garde  d'user  d'un  thème  de  vau- 
deville, comme  on  le  fait  chez  nous, 
car  c'est  se  limiter,  limiter  son 
expression  et  sa  puissance  comique. 
Il  faut  renoncer  à  ce  lieu  commun 
que  les  films  américains  ne  com- 
portent pas  «  d'histoire  »,  il  y  en  a 
toujours  une;  mais  très  simple,  ré- 
duite à  sa  plus  simple  expression  «  à 
l'état  de  support  strictement  néces 
saire  ». 

Chaplin  a  compris  que  le  comédien 
de  cinéma  devait  être  non  pas  un 
interprète,  mais  un  poète  se  créant 
une  vie  à  l'écran  et  y  traduisant  une 
conception  de  l'existence.  Comme  le 
disait  Paroi  citant  Gauthier,  Charlie 
pousse  jusqu'au  bout  la  logique  de 
l'absurde,  traitant  avec  une  fantaisie 
outranciére  une  donnée  vraie  et  psj- 
chologique.  Le  rire  n'a  pas  de  plus 
grand  ennemi  que  l'émotion,  et  c'est 
pour  cela  que  jamais  les  spectateurs 
ne  veulent  remarquer  la  double  si- 
gnification des  gestes  de  Chariot 
mais  il  est  humain  avec  des  côtés 
d'abandon  et  de  grâce  plaisante  ou 
de  plaisanterie  gracieuse...  Son  Idylle 
aux  champs  a  toute  la  grâce  d'une 
bucolique  et  c'est  une  rêverie  de 
poète  :  c'est  le  roman  du  rêveur 
éveillé,  de  l'éternel  coureur  d'idéal 
qui  trébuche  sur  les  réalités...  rêveur 
candide  que  guette  malicieusement 
la  vie  pour  le  remettre  dans  la  réalité 
avec  un  coup  de  pied  au  derrière... 

C'est  pourtant  ce  qui  déchaîne  le 
rire  du  public;  car,  comme  dit  Berg- 
son, le  rire  est  loin  de  s'inspirer 
d'une  pensée  bienveillante  ou  même 
d'équité... 

—  Est-il  bavard  le  petit  bougre  T 
remarqua  Forestier,  et  il  cite  ses 
auteurs! 

Maurice  continua  : 

—  Le  meilleur  scénario  peut  être 
saccagé  par  l'animateur,  ou  inverse- 
ment; et  dans  les  dernières  produc- 
tions de  Chaplin  on  reconnaît  le  cer- 
veau qui  a  monté  toute  la  machine, 
jusqu'à  ses  moindres  nuances.  Son 
grand  mérite  est  d'avoir  établi  du 
rire,  au  cinéma,  un  étalon  qui  peut 
nous  servir  de  critérium;  Chariot  y 
est  poète  et  le  plus  grand  des  poètes 
comiques  vivants,  et  comme  les  vrais 
poètes,  il  a  le  don  en  plus  de  l'intelli- 
gence... je  crois  qu'il  demeurera 
classique,  comme  Molière  ou  Shakes- 
peare... 

—  Simplement!  conclut  Forestier. 

—  Quel  enthousiasme!  mon  jeune 


ami,  constata  1  académicien  en  pre- 
nant congé;  il  faut  bien  qu'il  y  ait 
quelque  chose  de  vrai  dans  vos  ob- 
servations pour  vous  enflammer  à  ce 
point...  d'ailleurs,  je  suis  retourné  le 
voir,  et...  en  réfléchissant  bien...  il 
m  apparaît  en  effet  que  Chariot... 
nous  en  reparlerons,  ajouta-t-il  en 
tournant  sur  ses  talons... 

—  Merci  pour  lui,  murmura  Patch- 
kine. 

-  Il  est  plein  de  bonne  volonté,  cet 
homme,  lui  répondit  Yagneux-La- 
brousse... 

—  Maurice  le  fera,  pas  vrai?  de- 
manda le  chroniqueur  au  jeune  ba- 
chelier en  lui  tapant  familièrement 
sur  l'épaule. 

Les  groupes  se  formaient  autour 
des  pardessus.  Chanteroy  aillait 
l'académicien  à  mettre  sa  pelisse. 

—  En  somme,  lui  dit  celui  ci  avec- 
un  sourire  de  remerciement,  en 
somme,  par  l'exercice  de  son  art  si 
différent  de  celui  du  théâtre,  le  comé- 
dien de  cinéma,  ne  subirait  pas  cette 
sorte  de  déformation  professionnelle 
qu'on  reproche  avec  une  souriante 
indulgence  à  son  confrère  le  comé- 
dien de  théâtre... 

—  Le  comédien  est  souvent  le 
même...  mais  la  déformation  est  pire! 
mon  cher  maître  ;  songez  qu'en  sor- 
tant de  sa  loge,  le  comédien  de 
théâtre,  lui,  y  laissait  ses  oripeaux 
et  ses  accessoires  de  carton;  mais  le 
comédien  de  cinéma  accoutumé  de 
«  tourner  »  dans  des  milieux  authen- 
tiques, avec  de  luxueux  accessoires, 
se  trouve  désobligé  (son  travail  fini) 
d'abandonner  .sa  somptueuse  limou- 
sine; car  il  se  croit  encore  le  maître 
de  l'admirable  château  sur  le  perron 
duquel  il  vient  de  serrer  la  main  de 
son  cousin  le  roi  du  Mazout!...  à 
force  de  tourner  au  cinéma,  le  ci- 
néma lui  a  tourné  la  tête! 

—  Juste  retour,  conclut  l'académi- 
cien avec  un  sourire,.,  et,  comme  ils 
étaient  arrivés  sur  le  trottoir,  chacun 
après  un  dernier  adieu  s  en  fut  de 
son  côté. 

Marcel  Lévesqui  . 


Films  usages  pour  amateurs  et 
particuliers,  depuisOJOcentimes. 
BAUDON  =  SAINT"LO 

345,   rue  Saint-Martin,  PARIS 
Téléphone  :  ARCHIVES  49- 1 7 


cinéa 


Le    Cinéma, 
École  de  Crime 

zmmm  t : 

Cinéa  a  reçu  la  lettre  suivante, 
dont  aucun  indice  extevneou  interne 
ne  permet  d'affirmer  —  bien  que  la 
première  hypothèse  semble  plus 
vraisemblable  si  elle  est  sincère 
ou  si  elle  constitue  une  simple  fumis- 
terie. A  titre  documentaire, nous  ne 
croyons  pas  devoir  refuser  de  la  pu- 
blier. 

Monsieur  le  Directeur 

Je  suis,  je  n'ai  pas  honte  de  l'avouer, 
cambrioleur.  La  Société  m'a  donné 
une  instruction  qui  devait,  paraît-il, 
m'ouvrir  toutes  les  portes  et  j'ai  cons- 
taté qu'elles  ne  s  ouvraient  qu'à  con- 
dition de  les  aider,  et  n'ayant  ni  les 
relations,  ni  les  dons  physiques  né- 
cessaires pour  réussir  dans  la  poli- 
tique ou  la  haute  Banque,  j'ai  dû 
adopter  un  métier  analogue,  mais 
plus  dangereux  et  moins  rémunéra- 
teur. 

J'aime  beaucoup  le  cinéma,  surtout 
les  films  français,  quant  ils  sont  hon- 
nêtes et  sentimentaux  comme  ceux  de 
M.  de  Marsan.  Et  je  trouve  très  aga- 
çant d'entendre  des  gens,  qui  seraient 
absolument  incapables  d'ouvrir  le 
tiroir  de  leur  bureau  avec  un  tire- 
bouton,  ou  d'aller  de  Paris  à  Rouen 
sans  billet,  tomber  sur  le  cinéma,  dé- 
clarer que  c'est  une  école  de  crime, 
où  la  jeunesse  va  puiser  toutes  les 
notions  nécessaires  pour  escroquer, 
voler  ou  assassiner. 

Les  escroqueries,  je  n'en  parlerai 
pas;  ce  n'est  pas  ma  partie, et  tout 
ce  que  je  puis  dire  c'est  que  si  les 
honnêtes  gens  étaient  aussi  bêtes 
pour  se  laisser  ilouer  qu'on  les 
montre  dans  les  films,  ce  serait  trop 
tentant  de  se  mettre  filou.  Tenons 
nous-en  au  vol  :  ça  me  connaît.  Eh 
bien,  je  puis  vous  dire  que  nous  avons 
souvent  ri,  mes  collègues  et  moi,  en 
constatant  comment  étaient  repré- 
sentés, au  cinéma,  des  travaux  qui 
demandent  tout  un  apprentissage 
Vous  avez  peut-être  vu  le  film  qui  re- 
présente la  fabrication  des  pianos  à 
Springield  (Connecticut)?  Vous  n  avez 
pas  eu  l'idée,  en  rentrant  chez  vous, 
de  prendre  une  scie  et  des  planches, 
et  de  vous  mettre  à  construire  un 
quart-de-queue? Eh  bienl  vous  réussi- 
riez encore  mieux  que  si  vous  vou- 
liez forcer  une  serrure  ou  ouvrir  un 
coffre  d'après  les  renseignements  que 
donne  Jim,  le  Roi  des  Cambrioleurs, 


ou  tout  autre  film  de  ce  genre.  Ah!  il 
ne  s'embête  pas,  Jim,  quand  il  s'agit 
d'ouvrir  les  coffres  du  dernier  modèle! 
Il  arrive,  la  lampe  électrique  à  la 
main,  il  colle  l'oreille  contre  la  paroi 
métallique,  fait  tourner  le  bouton  fi- 
leté entre  ses  doigts,  et...  crac,  le 
coffre  s'ouvre  !  Essayez  sur  le  vôtre, 
en  rentrantchez  vous,  si  le  coeur  vous 
en  dit!  Savez-vous  le  temps  que  nous 
avons  mis  à  ouvrir  le  coffre,  chez  le 
bijoutier  de  la  rue  de  la  Paix?  Cinq 
heures,  Monsieur;  et  si  nous  n'avions 
su  que  ce  qu'on  peut  apprendre  de 
notre  métier  sur  l'écran,  nous  y  se- 
rions encore. 

Dans  le  film,  Jim  est  pincé  parce 
quele  vieux  gardiende  nuit  se  dégage 
de  ses  liens  et  va  prévenir  la  police. 
Je  l'avais  prévu  dès  que  j'ai  vu  la  fa- 
çon dont  ils  s'y  prenaient  pour  le 
ligoter.  Moi  qui  vous  parle,  je  connais 
très  bien  la  question,  ayant  servi  à 
Versailles,  dans  les  aérostiers:  je  sais 
faire  des  nœuds  qui  tiennent,  et  dans 
la  bande  de  Frédéric  Masson  (rien  de 
commun  avec  l'académicien  ;  c'est  le 
vrai  nom  de  mon  copain,  je  le  donne 
pour  qu'on  ne  le  reconaisse  pas,  car 
il  a  été  condamné  sous  un  faux  nom) 
c'est  moi  qui  était  chargé  d'amarrer 
les  gens.  Et  je  vous  assure  que  vous 
pourriez  me  confier  votre  Houdini 
sans  crainte  de  le  voir  sortir  des 
cordes. 

Je  ne  parle  pas  des  coups  de  revol- 
ver; je  n'en  ai  jamais  tiré  dans  le  mé- 
tier; Frédéric,  qui  n'avait  pas  beau- 
coup de  préjugés,  répétait  volontiers 
qu'on  s'évade  de  la  Guyane,  et  pas 
de  la  guillotine;  et  avant  chaque 
expédition, il  nous  fouillait  pour  être 
sûr  que  nous  n'avions  pas  d'armes. 
Tout  de  même  j'ai  eu  des  histoires 
avec  des  types,  comme  tout  le  monde, 
et  il  a  bien  fallu  que  je  sorte  mon 
browning.  Eh  bien,  je  puis  vous  assu- 
rer que, lorsque  je  tirais,  je  ne  faisais 
pas  de  grands  gestes  comme  au  ci- 
néma, je  n'avais  pas  l'air  d'envoyer 
des  coups  de  poing  dans  la  figure  des 
gens,  et  ça  portait  tout  de  même.  Le 
seul  acteur  de  cinéma  qui  ait  l'air  de 
savoir  ce  que  c'est  qu'un  revolver, 
c'est  Sessue.  L'avez-vous  vu  dans  El 
Jaguar,  quand  l'autre  type  le  prenait 
à  la  gorge  et  que  lui,  sans  bouger, 
lui  appuyait  son  arme  sur  le  creux 
de  l'estomac,  avec  le  sourire?  Celui- 
là  est  épatant,  j'aimerais  à  travailler 
avec  lui.  Pas  avec  Douglas,  je  ne 
pourrais  pas  le  prendre  au  sérieux, 
ni  avec  Rio  Jim,  il  a  l'air  trop  triste, 
il  doit  faire  de  la    morale   entre    les 


heures  du  travail  .spécialement  quand 

il  est  saoul. 

Il  faut  avouer  d'ailleurs  qu'au  ci- 
néma, la  police  n'est  pas  plus  forte 
que  les  voleurs.  Avez-vous  remarqué 
comment  ils  s'y  prennent  pour  courir 
après  l'assassin?  Ils  se  mettent  en 
paquet,  de  manière  à  passer  tous  en- 
semble sur  le  pont  miné; et  lorsqu'ils 
attaquent  la  maison  par  devant, c'est 
rare  s'il  y  en  a  deux  ou  trois  qui  vont 
guetter  la  porte  de  derrière.  Aussi  le 
lascar  s'esbigne  par  là,  quand  on  en 
est  au  six  cent  soixantième  mètre  : 
lire  la  suite  dans  Le  Petit  Journal. 
Je  sais  bien  que,  s'il  était  pris  tout  de 
suite  on  ne  pourrait  plus  passer  l'épi- 
sode suivant  ;  mais  moi  je  parle  seu- 
lement au  point  de  vue  instructif. 

C'est  comme  les  femmes.  Dans  les 
films  américains,  toutes  les  bonnes 
femmes  qui  gagnent  leur  vie  à  dan- 
ser dans  les  boîtes  (il  paraît  qu'on 
peut  y  arriver,  la-bas,  en  ne  faisant 
que  cette  partie-là  du  métier  :  moi 
j'aime  mieux  le  croire  que  d'y  aller 
voir)  sont  des  modèles  de  vertu,  et 
un  garçon  n'a  qu'à  se  confier  à 
elles  pour  éviter  tous  les  embête- 
ments. (Je  n'ai  vu  qu'un  film  où  il  y 
avait  une  poule  de  ce  genre-là  qui 
était  peinte  au  naturel,  et  je  vous 
assure  que  Rio  Jim  l'arrangeait 
comme  elle  le  méritait!)  Moi,  la  seule 
fois  où  j'ai  été  vendu,  c'est  par  une 
femme;  je  m'en  suis  tiré  et  elle  ne  l'a 
pas  emporté  en  paradis  ;  suffit,  res- 
pectons le  mur  de  la  vie  privée,  comme 
dit  Landru.  Mais  si  j'avais  un  fils,  je 
ne  lui  conseillerais  pas  de  se  fier  à  ce 
que  racontent  les  films. 

Je  vous  écris  tout  cela  parce  que 
cela  m'agace  d'entendre  dire  des  bê- 
tises. Vous  ferez  ce  que  vous  voudrez 
de  ma  lettre.  Vous  comprendrez  les 
raisons  pour  quoi  je  ne  signe  pas. 
Avec  tousmes  remercîmentsd  avance 
votre  distingué. 

Le  devoir  civique  aurait  peut-être 
commandé  de  tenir  à  la  disposition 
de  l'autorité  judiciaire  cette  lettre 
dont  l'écriture,  le  timbre  de  la  poste, 
lesempreintes  digitales  pourraient. 
si  elle  émanait  véritablement  d'un 
malfaiteur  professionnel.constituer 
des  indices  intéressants.  Il  a  paru 
toutefois  que  le  devoir  professionnel 
commandait  à  Cinéa  de  ne  pas  tra- 
hir la  confiance  ainsi  manifestée 
par  un  rédacteur,  même  occasion- 
nel. Aussi  la  lettre  a-t-elle  été  dé- 
truite après  composition  de  la  pre- 
mière épreuve 


cinea 


15 


Nous  avons  déjà  parle  dans  nos 
numéros  précédents  du  Cabinet  du 
Docteur  Caligari.  Nos  lecteurs  seront 
peut-être  curieux  desavoir  l'impres- 
sion que  ce  remarquable  film  a  pro- 
duit en  Amérique.  Il  nous  a  paru 
intéressant,  à  cet  égard,  de  citer 
intégralement  l'article  de  notre 
confrère  Robert  Florey  dans  /'Union 
(de  Los  Angeles)  du  26  novembre  : 

ha  Légion  des  anciens  combattants 
américains  s'était  vivement  opposée 
à  la  première  présentation  du  fameux 
film  allemand  Le  Cabinet  du  Doc- 
teur Caligari.  Un  accord  a  dû  cer- 
tainement intervenir  entre  la  direc- 


tion du  Miller's  Théâtre  et  l'hono- 
rable Légion,  car  le  film  a  été  pré- 
senté la  semaine  dernière  sans  inci- 
dents. 


Ce  film  est  incontestablement  un 
pas  en  avant  dans  l'art  cinémato- 
graphique et  je  vous  assure  que  j'ai 
goûté  infiniment  plus  de  plaisir  à  le 
«  visionner  »  qu'à  regarder  une  his- 
toire de  cow-boys  ou  de  bandits  mas- 
qués. 

La  bizarrerie  des  décors,  la  concep- 
tion spéciale  de  l'exécution  de  la 
mise  en  scène,  la  silhouette  et  le  jeu 
des  artistes  ont  été  des  révélations 
inattendues.  L  histoire  elle-même  du 
Docteur  Caligari  est  spéciale,  étran- 
ge, et  d'une  mentalité  maladive.  On 
dirait    un    récit   d'Edgar  Allan    Poe, 

Le  Docteur  Cali- 
gari dans  une  fête  foraine  (j'ai  beau- 
coup aimé  ce  décor  où  l'on  voyait 
des  carrousels  de  cauchemars  tour- 
ner à  une  effroyable  vitesse,  tandis 
qu'au  fond  de  l'image  se  découpait 
un  décor  de  maisons  construites 
d'une  façon  incohérente,  les  unes  sur 


les  autres)  présente  dans  sa  baraque 
un  jeune  homme  (c'est  plutôt  un  spec- 
tre) qui  depuis  2:?  ans  est  sujet  à  une 
crise  de  somnambulisme  ininterrom- 
pue. Ce  spectre  d'homme  commet 
tiprés  les  avoir  prédits,  une  série  île 
crimes  atroces  qui  ont  le  don  de  faire 
perdre  la  raison  aux  proches  des  vic- 
times, Les  rues,  les  maisons  (et  ce 
bureau  de  police  où  les  agents  sem- 
blables à  des  Martiens  sont  juchés  sui- 
des tabourets  de  trois  mètres  de 
haut...)  les  meubles,  les  chaises  avec 
leurs  dossiers  immenses,  les  portes 
qui  s'ouvrent  obliquement  dans  des 
murs  peints  d'une  manière  diabo- 
lique, la  maison  de  fous,  la  prison, 
tout  enfin  dans  ce  film  est  fait  pour 
impressionner  profondément.  Beau- 
coup n'ont  pas  compris  la  recherche 
du  nouveau  qu'il  y  a  dans  cette 
bande  et  ils  s'en  sont  moqués.  Ils  ont 
eu  tort.  Du  reste,  ce  film  allemand 
n'est  pas  le  seul  du  genre  et  nous  en 
verrons  d'autres,  je  connais  une 
grande  compagnie  américaine  qui 
tourne  actuellement  de  semblables 
productions.  Comme  de  tout  on  s'en 
lassera...  Mais  il  faut  avoir  vu  Le 
Cabinet  du  Docteur  Caligari.  C'est 
un  film  exceptionnel 


Un  épisode  du 

Cabinet 

du 

Docteur  Cal i "il ri. 


::     FILMS     :: 

COSIVIOGRAPH 

7,  Faubourg -Montmartre 

Tél.  :  BERGÈRE  49-82 


16 


■ 

î    Les  Présentations    j 


Les  Frontières  du  Cœur. 

Comme  dans  le  Dictateur,  voici  le 
pouvoir  central  d'un  État  hypothé- 
tique de  l'Amérique  (centrale  aussi). 
Une  jolie  citoyenne  de  l'Union  y  est 
arrêtée  comme  auxiliaire  de.s  rebelles 
et,  prisonnière  du  général  des  troupes 
régulières,  est  sauvée  par  lui  et  par... 
amour.  Avant  sa  fuite,  elle  avait  un 
jour  revêtu  le  costume  local.  Revenue 
chez  elle,  elle  en  arbore  un  pareil 
pour  un  bal  et  elle  pense  au  général. 
On  aurait  pu,  ici,  terminer  par  une 
scène  de  fierté  mitigée  par  du  regret. 
On  a  préféré  faire  réapparaître 
l'homme  expulsé  de  son  pays  pour 
avoir  sauvé  un  protégé  de  la  demoi- 
selle. Le  général  exilé,  alors,  épouse... 
Précisément,  des  coups  de  fusil  pen- 
dant une  émeute,  un  baiser,  etc.  Un 
tableau  fut  agréable,  celui  de  la  cam- 
pagne au  clair  de  lune,  quand  l'officier 
accompagne   sa  prisonnière  libérée. 

L'Homme    à    la    peau     d'écu- 
moire. 

Une  «  Sunshine  comedy  »  :  Un 
homme  qui  par  mégarde  a  son  visage 
imprégné  de  papier  tue-mouches, 
semble  malade.  Comme  sévit  une 
épidémie  de  variole  saunn>n-ver- 
dâtre,  chacun  s'enfuit  à  son  appro- 
che :  caricature  de  certaines  phobies. 
Plusieurs  personnages  éclatent  de 
rire  grâce  à  du  gaz  hilarant.  Si  le 
protoxyde  d'azote  n'offrait  aucun 
danger,  les  directeurs  de  cinéma 
pourraient  en  dispenser  à  leur  public 
pour  le  succès  des  films  prétendus 
comiques.  L'Homme  à  la  peau  d'êcu- 
moire  est,  d'ailleurs,  un  peu  drôle  et, 
à  la  fin,  charmant  à  cause  d'une 
guenon  et  de  son  petit. 

• 
Douglas    au     pays    des    mos- 
quées. 

Dans  un  précédent  numéro  de 
Cinêa,  on  a  dit  les  qualités  de  Marie 
chez  les  loups,  où  Mme  lierthe  Dag- 
mar  lutte  avec  intrépidité  contre  un 
ours,  parmi  des  neiges  magnifiques. 
Gaumont  a  présenté  de  nouveau  ce 
film,  en  même  temps  qu'une  réédition 
de  Douglas  au  pays  des  mosquées. 
Douglas  Fairbanks  y  affirme  sa  pres- 
tance, sa  prestesse,  son  prestige,  son 
allégresse  et  son  alacrité  en  enlevant 


d'un  harem  une  jeune  fille  menacée 
de  regrettable  union.  Le  comique  ne 
semble  point  abondant,  ici,  mais  une 
mise  en  scène  mouvementée  s'agré- 
mente d'une  perspective  très  critique 
et  les  femmes,  les  hommes,  les  che- 
vaux, flattent  la  vue. 


Le  Canard...  en  ciné. 

Dans  ses  charges  d'actualité, 
M.  Lortac  a  eu  la  main  assez  heureuse 
pour  ce  numéro,  il  a  imaginé  des 
jouets  satiriques.  L'un  d'eux  est  un 
jeu  de  massacre,  mais  les  fonction- 
naires que  l'on  y  abat  ressuscitent 
immédiatement.  Il  y  a  dans  le  dessin 
comique  animé,  une  source  de  drô- 
leries possibles. 

Le  français  tel  qu'ils  le  par- 
lent. 

Un  soldat  américain,  libéré, 
retourne  à  sa  petite  ville,  chez  ses 
parents,  passe  à  tort,  pour  connaître 
le  français,  retrouve  une  française, 
ils  se  comprennent  grâce  au  diction- 
naire et  aux  sentiments.  C'est  gentil 
et  la  photographie  est  quelquefois 
magnifique,  alors  que  l'on  croit  voir 
des  fusains. 


Les  conquérants. 

1860...  les  travaux  qui  doivent  abou- 
tir à  l'établissement  d'une  voix  ferrée 
entre  l'Atlantique  et  le  Pacifique,  un 
monde  laborieux  entouré  de  trap- 
peurs vaillants,  de  paresseux  aussi 
qui  jouent  dans  les  bars  installés 
là-bas.  Un  marchand  d'alcool  capable 
de  toutes  les  vilenies,  un  ingénieur 
brave,  une  jeune  fille  aimante  et  vic- 
time, une  femme  aussi  aimante  et, 
elle,  victime  définitive.  Du  tumulte, 
du  sentiment,  surtout  une  impression 
d'exactitude  dans  les  mouvements 
de  groupes,  au  bar  ou  dans  une  lutte 
de  caravane  contre  Indiens. 


L'Amour  du  Mort. 

Parfois  «  la  façon  de  traiter  vaut 
mieux  que  ce  qu'on  traite  ».  Qu'un 
forçat  évadé  puisse  sauver  une  jeune 
fille  des  griffes  d'un  médecin  sans 
scrupules  et  se  marie  à  la  fin  avec  la 
la  belle  demoiselle,  ce  n'est  pas  neuf, 
mais  un  certain  mystère,  puis  un 
personnage  demi-fou,  relevant  cette 
histoire  adaptée  d'un  roman  de  Tora 
Gallon  par  M.  de  Marsan  et  inter- 
prétée par  une  troupe  franco-britan- 


cinea 

nique  (ou  franco-américaine?)  Le 
titre  du  film  est  maintenant  :  La 
Fiancée  du  disparu. 


Un  Fantaisiste. 

Comédie  policière  sans  ingénio- 
sité. Rôle  principal  tenu  par  William 
Collier  qui  rappelle,  par  son  masque, 
le  mime  Paul  Legrand. 


Un  Charmeur. 

Un  américain,  à  Oxford,  est  rap- 
pelé par  sa  famille  après  quinze  ans 
d'absence.  Désolation,  car  il  aime 
une  anglaise  ;  son  oncle  et  sa  tante 
exigeront  un  mariage  avec  une  autre. 
Un  de  ses  camarades,  John  Pratt, 
prend  sa  place  et  se  présente,  de 
l'autre  côté  de  l'eau,  comme  le  neveu 
destroisdamesetdu  monsieur  graves 
et  sévères.  John  Pratt,  c'est  Douglas 
Fairbanks  qui  a  dit  et  redira  : 
«  J'arrangerai  cela.  »  Et  il  arrange 
tout,  en  effet,  après  avoir  beaucoup 
dérangé.  Il  rencontre  une  jolie  orphe- 
line pauvre  et  ses  cinq  petits  frères 
et  sœurs.  Il  les  installe  dans  sa 
pseudo-famille  malgré  le  méconten- 
tement avonculaire.  Peu  à  peu,  ces 
personnes  rébarbatives  s'humani- 
sent, sourient  et  rient,  car  le  petit 
monde,  inspiré  par  l'optimisme  de 
John  Pratt,  les  émeut  et  ravit.  Le 
début,  un  peu  lent,  est  bientôt  suivi 
de  scènes  charmantes.  Douglas  Fair- 
banks, agile  comme  toujours,  joue 
avec  un  rare  talent  de  comédien. 
Des  mouvements  de  foules,  une  nuit 
dans  la  rue  et  des  établissements  de 
nuit.  Un  film  agréable  et,  à  divers 
endroits,  gracieux  et  unpeutouchant. 


Pathé- Journal  et  Revue 

Le  beau  magazine  que  Pathc- 
RevueJ  Dans  le  dernier  numéro,  le 
lac  de  Garde  et  les  Châteaux  d'alen- 
tour, Sfax,  son  port,  ses  chameliers. 
Dans  le  Pathé-Journal,  le  maréchal 
Foch  en  Amérique,  dans  une  tribu 
de  Peaux-Rouges,  sautillant  par 
courtoisie  le  sobre  dandinement  de 
ces  amis,  fiers  d'une  telle  visite.  Voici 
le  monument  de  Flaubert, Saint-Saëns 
au  piano,  voici  l'opérateur  de  cinéma 
Ercole  entrant  en  Russie  soviétique 
sous  la  garde  de  soldats  rouges,  puis 
une  vue  de  malheureux  qui  ont  fui 
la  famine  de  villes  et  de  villages, 
à  Samara. 

Lucien  \Yaiil. 


Cinéa.  Fondateurs  :  Louis  DELLUC  et  A-  KOUM.wniT 


Cinéa.  Envoyez  lettres,  mandats,  abonnements  b  Lonis  DEI.LI  l<  .  D 


SPECTACLES  \ 

Le  sujet  de  Lorsqu'on  aime  (Gym- 
nase), condamnait  cette  pièce  à  n'être 
supportable  et,  pour  ainsi  dire,  réus- 
sie, qu'à  la  condition  d'être  manquée 
par  un  homme  de  grand  talent.  C'est 
André  Pascal  qui  l'a  manquée.  Et 
l'audace  de  cet  essai  devient,  sinon 
maladresse,  assurément  naïveté  Les 
péripéties  se  succèdent  sans  raison, 
sans  excuses.  Les  personnages  em- 
ploient cette  langue,  non:  ce  parler, 
qui  sonnait  juste  dans  le  Caducée; 
mais  ici  ce  n'est  plus  d'un  meuble  à 
vendre,  d'une  piqûre  à  administrer 
qu'il  s'agit;  et,  en  fait  de  mots  de 
l'âme,  nulle  vétusté  platitude  ne  nous 
est  épargnée.  Or,  comme  ça  se  passe 
dans  le  grand  monde  (?)  et  que  ce 
sont  des  duchesses  et  des  généraux 
qui  émettent  cette  littérature,  on  di- 
rait de  fols  qui  se  feraient  annoncer 
pour  monter  dans  le  métro. 

M  iraele.qu'Arquillière  émeuve,  que 
Jeanne  Provost  charme,  Germaine 
Gallois,  Rolla-Norman  ont  de  l'éclat, 
mais  point  de  naturel.  Et  Môssieu 
André  Calmettes,  avec  vingt  défauts 
de  plus  que  M.  Raphaël  Dutlos,  ensei- 
gne sans  une  défaillance  la  façon  de 
jouer  la  comédie  comme  on  n'a  pas 
le  droit  de  le  faire. 
• 

La  Couronne  de  carton,  en  s'ins- 
tallant  au  Nouveau-Théâtre  semble 
n'avoir  rien  voulu  conserver,  ou  le 
moins  possible,  de  la  mise  en  scène 
de  Lugné-Poe.  Je  crois  que  c'est  dom- 
mage. 

Je  crois  que  l'atmosphère,  à  l'Œu- 
vre, était  exceptionnellement  dépouil- 
lée, cristalline.  Mais  cette  pièce  pré- 
tentieuse reste  adorable.  Plus  neuve, 
plus  concise  et  plus  gonflée  que  le 
Pêcheur  d'Ombres,  plus  poétique, 
la  Couronne  reste  une  merveilleuse 
volupté  de  l'esprit,  quand  le  Pêcheur 
ne  l'est  que  du  sentiment  Quelle 
humanité  ici,  brillante,  frissonnante, 
trépidante  î 

• 

VéraSergine,  dans  L'Aiglon  (Sarah- 
Bernhardt)  est  délicieuse,  aux  mo- 
ments de  simplicitéet  de  gaminerie, 
admirable,  à  ceux  d'inquiétude  et  de 
douleur,  mais  dans  l'acte  de  Wagram 
elle  manque  peut-être  d'abondance; 
Jacques  Grétillat  habille  de  la  plus 
goguenarde  rondeur  cet  impardon- 
nable grognard  d'opérette;  et  tous 
les  autres  personnages  paraissent 
falots  et  sans  grandeur  dans  cette 
œuvre  où  presque  tout  n'est  qu'élo- 
quence. Et  puis,  n'est-ce  pas,  c'est 
trop  célèbre  :  on  attend  chaque  scène, 
et,  sitôt  jouée,  on  pense  d'elle  :  tiens  I 
c'était  un  sketch... 

Raymond  Payelle. 


LES   PAGES    DE   MA   VIE 

par    Fedor    Chaliapine 


On  baissa  le  rideau  et  moi  je  con- 
tinuais à  rester  immobile,  comme  si 
j'étais  en  pierre,  jusqu'à  ce  que  le 
metteur  en  scène,  tout  blanc  de 
colère,  commence  à  me  distribuer 
des  gifles  en  arrachant  de  mon  corps 
le  costume  du  gendarme.  Tel  que 
j'étais  à  moitié  nu,  on  me  chassa 
dehors  dans  le  jardin  et  quelques 
instants  après  on  me  jeta  mes  vête- 
ments par  la  fenêtre.  Dans  un  coin 
perdu  du  jardin,  je  me  rhabillai  ma- 
chinalement. Puis  je  m'en  allai.  Je 
pleurais. 

Je  me  retrouvai  après  chez  Ka- 
mensky,  je  ne  sais  comment.  J'y  suis 
resté  deux  jours  dans  une  cave  ayant 
peur  de  sortir  dans  la  rue.  Il  me 
paraissait  que  tout  le  monde,  la  ville 
entière,  même  les  vieilles  ménagères 
qui  étaient  en  train  d'étaler  leur  linge 
dans  la  cour,  tous  enfin,  étaient  au 
courant  de  ma  triste  aventure. 

Enfin,  je  me  suis  décidé  de  ren- 
trer à  domicile  et  ce  n'est  qu'alors, 
chemin  faisant  que  je  me  rappelais 
soudainement  que  cela  faisait  déjà 
trois  jours  que  je  n'étais  pas  allé  à 
mon  bureau.  Ma  mère  me  demanda 
d'où  je  venais.  Je  répondis  par  un 
vague  mensonge  quelconque.  Elle 
hoche  tristement  la  tête  et  me  dit  : 

Sûrement  on  va  te  chasser  de  l'Ou- 
prava.  On  est  déjà  venu  demander 
deux  fois  pourquoi  tu  ne  te  montre 
pas. 

Le  lendemain  je  me  présentai  quand 
même  au  bureau  et  je  demandai  au 
stepan,  le  gardien,  ce  que  l'on  allait 
faire  de  moi. 

—  Mais  ta  place  est  déjà  prise  par 
un  autre,  mon  petit,  répondit  celui-ci. 

Je  restai  quelques  instants  immo- 
bile, puis  je  rentrai  lentement  chez 
moi. 


Dans  ma  famille,  les  affaires  n'al- 
laient pas  du  tout  :  mon  père  buvait 
de  plus  en  plus.  Chaque  jour  il  ren- 
trait ivre-mort.  Ma  mère  s'épuisait 
aux  lourds  travaux  de  ménage  en 
ville  Je  continuai  de  chanter  dans 
le  chœur  de  l'église,  mais  cela  ne 
rapportait  pas  beaucoup  et  puis  ma 
voix,  avec  l'âge,  avait  perdu  son 
timbre  enfantin,  sans   avoir  acquis 


encore  la  gravité  d'une  voix  d'homme. 

On  m'avait  suggéré  l'idée  de  faire 
une  demande  au  greffe  du  Tribunal 
Civil  pour  obtenir  une  place  de 
scribe.  Contrairement  à  toutes  mes 
prévisions  je  fus  nommé  commis  aux 
écritures  et  me  voici  de  nouveau 
dans  une  pièce  étroite,  toute  remplie 
de  fumée  de  cigarettes,  en  train  de 
recopier  les  arrêts  du  Tribunal. 

Ici  les  fonctionnaires  n'étaient  pas 
en  veston  ou  en  redingote  comme  à 
l'Ouprava,  mais  en  uniforme  aux 
multiples  boutons  dorés. 

Tout  autour  avait  l'air  très  distin- 
gué, sévère  et  grave,  j'en  ressentais 
un  grand  respect  pour  toutes  ces 
choses  solennelles  et  importantes, 
mais  au  fond  de  mon  cœur  j'avais  le 
pressentiment  que  je  ne  resterai  pas 
longtemps  dans  ce  temple  de  Thémis. 
Ici  pour  la  première  fois  dans  ma 
vie,  je  goûtai  le  plaisir  de  boire  du 
café,  un  breuvage  complètement  in- 
connu pour  moi  jusqu'alors.  On  se  le 
procurait  chez  les  gardiens  au  prix 
de  cinq  kopeks  la  tasse.  Comme  je 
ne  touchais  que  quinze  roubles  par 
mois  je  ne  pouvais  me  payer  ce  luxe 
tous  les  jours.  Mais  je  m'arrangeai 
pour  travailler  des  heures  supplé- 
mentaires en  remplacement  de  nus 
camarades,  ce  qui  me  rapportait  cin- 
quante kopeks  de  plus  pour  chaque 
séance  et  ainsi  je  pus  bientôt  boire 
presque  autant  de  café  que  le  chef  de 
bureau  en  personne.  Ce  chef  était  un 
personnage  très  important.  Il  avait 
l'air  très  bien  avec  ses  cheveux  gris, 
sa  moustache  fine  et  une  petite  bar- 
biche, toujours  soigneusement  tail- 
lée. Il  avait  une  voix  magnifique, 
sonore,  une  vraie  voix  de  théâtre  et 
c'était  un  vrai  plaisir  de  l'entendre 
prononcer  les  paroles  même  les  plus 
insignifiantes.  Je  parle  de  lui  avec 
autant  de  détails,  car  jusqu'à  ce  jour 
je  n'ai  pu  comprendre  comment  cet 
homme  aux  manières  si  distinguées 
put  me  mettre  à  la  porte  si  grossiè- 
rement. 

Comme  je  n'arrivais  pas  à  recopier 
tout  ce  qu'on  me  confiait  pendant  les 
heures  de  présence  au  bureau,  j'em- 
portais le  reste  à  mon  domicile  pour 
y  achever  ma  tâche. 

(A  suivre)  L.  Valter,  trad. 


DUCHESNE 


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